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 Le moment que l'on attendait tous

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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeSam 18 Juil - 15:10

Maintenant que Patrick était parti et que tout le monde s'affairait à préparer l'arrivée de la princesse dans sa nouvelle vie, Esteban avait tout le loisir de se concentrer sur son propre état. Il avait bien conscience de ce en quoi constituait la prochaine étape pour lui : se nourrir afin que la blessure dans son ventre daigne enfin disparaître, ou à tout le moins suffisamment réduire pour qu'il puisse se considérer fonctionnel.

Quelque chose lui disait qu'il allait devoir boire plus de sang qu'il ne l'avait jamais fait en une seule soirée.

Luisa s'approchait de lui et le rappela justement à cette réalité. Il acquiesça en silence pour lui indiquer qu'il n'avait pas oublié. Il n'avait pas été en état d'entendre les dernières directives du médecin, cela dit, si bien qu'il dressa son regard dans celui de sa tante afin d'écouter plus attentivement.

Esteban soupira, contrarié, mais résigné.

"Ça ne va pas être pratique, pendant trois jours... Je dois pouvoir être disponible pour Tess et je préférerais éviter qu'elle assiste à... ce genre de choses. Dans les premiers temps."

Mais être disponible, ça voulait aussi dire guérir. Être en forme pour rattraper toutes les catastrophes qui risquaient de pointer le bout de leur nez durant les prochains jours... Les prochaines semaines. Les prochains mois. Pour Esteban, cela avait pris des années. Il était impossible de savoir comment la princesse allait réagir. Il tablait sur "mal". Mais il n'était pas certain de savoir à quel degré on se placerait sur l'échelle de ce mal.

"Je me débrouillerai, ne t'inquiète pas. Et je vais passer ce coup de fil immédiatement, mais... Tu le sais déjà. Fais ce qu'il faut pour que mama évite de passer par ici pendant que ces gens seront là."

Une émotion triste monta comme une vague dans le regard du jeune homme puis disparut presque aussitôt. C'était toujours la même rengaine : c'était difficile pour lui de cacher des parties de son être à sa mère. Oui, il avait énormément évolué. Pourtant, même lorsque Olivia n'était pas là, la conscience de la peur et de l'horreur que sa nature de vampire lui procurait encore inhibait sa capacité à assumer les besoins et les envies qu'il pouvait avoir et qui étaient propres à son espèce.

Il s'empêcha d'y penser trop longtemps car ces pensées étaient malvenues. Il se devait d'être dans l'action, et de ne plus se laisser ensevelir par ce qu'il ressentait.

Dès que Luisa fut repartie, Esteban dégaina son téléphone. Tess avait été déplacée dans la chambre adéquate. Cela limitait les risques de  rumeurs inappropriées, quand bien même il ne pouvait pas cacher sa blessure.

"Oui allô ? J'aurais un besoin immédiat pour deux personnes, de grande taille et robustes de préférence. Qui n'ont pas fait de dons cette semaine. Vous comprendrez qu'il s'agit d'un besoin en quantité assez important, prévenez les. Surtout pas de métamorphes, s'il vous plaît. Oui. D'accord. Parfait. Je vais vous donner l'adresse..."

Après avoir particulièrement appuyé sur la nécessité que les donneurs de sang soient ponctuels et avoir graissé la patte de la société pour s'assurer que ses demandes seraient entendues, Esteban raccrocha, et attendit. Il n'aimait pas attendre sans rien faire. Il risquait de se mettre à penser. Il ne fallait pas qu'il se mette à penser, il risquait de perdre en solidité, et c'était hors de question.

En plus, il ne pouvait appeler personne pour alléger sa solitude. Luisa était avec sa mère. Octavio et Gael s'occupaient de tout préparer pour le réveil de la princesse. C'était rageant, mais il fallait qu'il lutte seul contre les pensées intrusives qui voulaient lui faire perdre confiance et éveiller en lui une panique nouvelle, ainsi que cette tristesse terrible qu'il ressentait par procuration, à la place de Tess, parce qu'il s'identifiait beaucoup trop à elle.

Heureusement, il s'était montré convaincant (son nom et son porte-monnaie étaient un plus non-négligeable, mais encore fallait-il savoir les utiliser). Ses deux "invités" sonnèrent à la porte en moins de vingt minutes. Le peu de mélancolie qui lui était revenu s'envola dès lors qu'il eut à traiter avec les deux montagnes de muscle qu'on lui avait envoyé. Esteban n'était pas très à l'aise à mordre ce genre d'individus, mais bon... L'avantage était qu'il pourrait boire beaucoup sans mettre leur vie en danger.

"Je vous remercie d'être venus si vite. Je vous en prie, asseyez-v... Non, voyons. Nul besoin de retirer votre chemise, je préfère prendre votre poignet... Merci."

Parfois, Esteban se demandait quel genre de services on pouvait habituellement demander à ces gens... Ce n'était pas la première fois qu'on essayait de se déshabiller devant lui. Il eut presque peur que les deux hommes lui sautent dessus en même temps, avec une idée un peu bizarre derrière la tête... Heureusement, ils devaient avoir compris que l'ambiance n'était pas à ce genre de... comportement... indécent. Sa blessure, évidente, l'immunisait au moins contre ce type de situations affreusement embarrassantes.

--

"Octavio... Pouvez-vous faire descendre à ces messieurs de quoi boire et se repaître avant qu'ils ne repartent ?"

Le colombien tourna sur son employeur un regard involontairement fatigué, et Esteban se rendit compte, dans un élan de culpabilité, qu'il lui en demandait peut-être trop. Il ne lui avait pas laissé le temps de respirer.

"... C'est probablement la dernière chose que je vous demanderai ce soir. Il faut que vous alliez dormir, vous avez une mine affreuse."

Esteban avait l'impression d'être un ballon de baudruche. Il avait beaucoup trop bu d'un coup, mais il ne pouvait pas perdre de temps en espaçant ses deux repas. Tant pis pour sa pseudo-nausée... Elle finirait bien par passer. En attendant, le résultat était au rendez-vous : sa peau était aussi colorée que du temps de son humanité perdue. Il sentait une énergie chaude et agréable descendre dans sa blessure. Des picotements de bonne augure. Il s'était remis à guérir correctement.

Il fut bientôt capable de se relever. Cela faisait encore un mal de chien, si bien qu'il serra les dents. Mais il était debout. Et il pouvait marcher, même si c'était encore en boitant. Il se traîna jusqu'à son dressing, puis dans la salle de bain la plus proche.

Il ne pouvait pas prendre de douche. Pas avec ce bandage. Il entreprit de faire une toilette avec un gant histoire de se rafraîchir tout de même et d'évacuer les impuretés autant que ses souvenirs trop vifs. Les images de cette affreuse tentative (?) d'assassinat le hantaient, qu'il l'admette ou non.

Esteban enfila une chemise Armani décente, mais confortable. Mieux ne valait pas appuyer sur sa blessure avec des vêtements trop près du corps. Il avait opté pour un tissu noir car il craignait que le bandage ne suinte. Au moins comme ça, si c'était le cas, la tâche de sang ne se verrait pas. Il attacha ses cheveux dans une queue de cheval relâchée comme il avait toujours aimé le faire depuis qu'il les avait longs.  Il avait "accidentellement" changé de coupe de cheveux quelques semaines après sa transformation et beaucoup de mèches n'étaient plus prises dans l'élastique, mais ça n'avait guère d'importance.

De retour sous l'arche de verre, il avait encore mal, mais il boitait beaucoup moins. L'heure tournait. Plus qu'une heure et demi... Devait-il songer à prévenir la Maîtresse de la Ville dans le temps qu'il lui restait ? Pensif, il pesait le pour et le contre tout en se rendant dans la cuisine où il espérait retrouver sa mère et Luisa. Arrivé à destination, il s'appuya contre un meuble. Il grimaça involontairement, une main contre son ventre. Il avait eu un élancement bien désagréable.

"Je commence à me sentir mieux. Vous devriez bientôt songer à descendre... La princesse ne se réveillera plus dans si longtemps."

Mais il lui restait quelque chose à vérifier. Il chercha le regard de sa mère dans lequel il espérait lire une amélioration, même légère.
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Luisa Selva Moreno
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeSam 18 Juil - 16:32

"Praticité et nécessité ne font malheureusement pas toujours la paire..."

Ce n'était pas vraiment le genre de Luisa d'énoncer ce type d'évidences, ce qui en disait long sur son état de fatigue personnel. Cependant, elle faisait également un constat : au fil des années, que ce soit pour gérer ses affaires ou les méandres de sa vie privée, elle avait du faire des choix qui n'avaient pas été des plus pratiques, mais extrêmement nécessaires. Déménager à la Nouvelle-Orléans alors que plus de 80% de ses affaires se trouvaient au Mexique, par exemple.

Esteban lui confirmait qu'il allait appeler, ce qui la rassura quelque peu. En retour, elle hocha la tête à la mention de sa mère, qui n'était pas en état de le voir se nourrir et ne le serait probablement jamais : les traumas avaient la vie dure.

"Ne t'inquiète pas, je l'ai à l’œil."

Luisa lui répondit avec un clin d’œil amusé, cherchant toujours à désamorcer certaines situation en agissant comme le pitre attitré de la famille. Elle se mit rapidement en route pour rejoindre sa sœur et l'entraîner dans une conversation qui, elle le savait, allait durer des heures.

"Dis-moi Liv', est-ce que tu as des plans pour Noël prochain ?"

Le visage de l'héritière, toujours rivé sur les volutes de thé qui imprégnaient peu à peu l'eau chaude, s'éclaira, et elle leva le nez vers sa cadette qui eut un sourire interne : ça marchait à tous les coups.

-

Avec compassion -mais aussi un certain amusement bien caché- Gael tapa sur l'épaule d'Octavio, à qui Esteban venait de donner une énième tâche alors qu'il était vraisemblablement sur les rotules (on le serait à moins, avec la nuit blanche qu'il venait de passer).

"Je m'en occupe."

Il était peut-être plus vieux, mais il restait en forme (les avantages du métier) et s'était moins dépensé que son collègue. Surtout, il avait eu l'occasion de se reposer. Esteban ne lui demandait pas de le faire car il n'était pas à ses ordres mais à ceux de sa mère, cependant Olivia n'avait pas besoin de lui pour le moment. Il pouvait donc sans problème donner ce genre de coup de main. Il partit donc s'affairer pour préparer une collation aux... invités du jeune vamp.

-

"Pourquoi pas le Canada ?
-Hum, je ne sais pas... A-t-on vraiment envie de croiser des élans ?"


Luisa s'amusait comme une petite folle. La tête de sa sœur était à mourir de rire. Elles avaient déjà fait trois fois le tour de la planète et ne semblaient pas prêtes de s'arrêter. A moins que...

"...Je ne vois plus que la Lune, alors."

Elles échangèrent un regard pétillant du même amusement, bien qu'à un degré moindre pour la plus âgée. Le thé tait bu, et l'angoisse était passée. Pas disparue, elle ne le faisait jamais totalement, mais il y avait du progrès et c'était là l'essentiel. Olivia était à nouveau quasiment fonctionnelle. C'était une bonne nouvelle pour tout le monde.

Ce fut Luisa qui, face à la porte, vit la première Esteban arriver. Elle fronça les sourcils en le voyant grimacer mais ne dit rien, n'ayant pas envie de jouer les mères poules. L'intéressée était déjà en train de se retourner pour savoir de quoi il était question, de toute façon.

Esteban put donc voir dans le regard de sa mère une grande fatigue, mais quelque chose d'à peu près stable. Cela ne dura que peu de temps néanmoins, car bientôt remplacé par une inquiétude caractéristique.

"Niñito, tu aurais dû nous appeler au lieu de te lever, il faut que tu te reposes autant que possible..."

Elle ne savait pas en quoi consistait le réveil d'un vampire et n'avait aucunement l'intention de se renseigner sur la question, mais elle était bien consciente que son fils n'était pas en très bon état. Luisa prit le relais.

"Nous allons descendre. Gael et Octavio ont terminé ?"

La confirmation lui fut apportée par l'apparition des deux hommes, qui devaient en avoir mis deux autres à la porte quelques minutes plus tôt. La mexicaine leur adressa un regard amusé.

"Quel timing ! Alors, si tu n'as plus besoin de nous, Tebi, nous y allons."

Elle s'approcha pour serrer rapidement son neveu dans les bras, chose qui lui était devenue beaucoup plus naturelle ces dernières années tout en lui murmurant un "Tiens-nous au courant" à l'oreille. Ce fut Olivia qui s'approcha ensuite et entama le même geste, peut-être un peu plus fort et un peu plus longtemps que d'habitude. La gros de la crise était passé, mais les restes étaient encore là. Elle l'embrassa tendrement sur la joue avant de s'éloigner à son tour.

Il était temps que les humains partent. Ce qu'il restait à faire, à présent, était une histoire de vampires.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeSam 18 Juil - 18:05

Ce fut très court, mais ce qu'Esteban vit dans le regard de sa mère fut suffisant. Elle était sur la bonne pente. Voilà qui le rassurait grandement. A l'inverse, Olivia n'était vraisemblablement pas très heureuse de le voir déjà debout. Luisa non plus, d'ailleurs. Il l'avait bien vue froncer des sourcils. Il leur adressa un sourire qui se voulait rassurant.

"Ne t'inquiète pas, mama... Il fallait de toute façon que je me change. Demain, je serai déjà presque comme neuf."

Convalescent pour trois jours, peut-être, mais plus aussi estropié. C'était certain. Sa guérison ne dépendait de toute façon que très peu de la position dans laquelle il daignait ou non rester. C'était avant tout une question de sang. Mais il ne pouvait pas le rappeler à sa mère. C'était encore l'un des nombreux tabous qui existaient entre eux.

Esteban ne savait pas où Gael et Octavio en étaient. Il ne les avait pas croisés depuis la dernière instruction qu'il avait donnée. Il aurait donc été bien en mal de répondre à la question si les deux intéressés ne s'étaient justement pas manifestés. Voilà qui tombait bien ! La remarque de Luisa accompagna sa pensée.

Puis sa tante fit ce geste qui ne leur était devenu naturel qu'assez récemment sur l'échelle des années depuis lesquelles ils se connaissaient : elle l'enlaça brièvement. Il lui rendit son étreinte. Il avait l'impression d'être sur le point d'aller décrocher un record de saut en altitude et de dire au revoir à sa famille au cas où il ne s'en serait pas sorti. Il faisait de son mieux pour convaincre les autres (et lui-même) qu'il gérait la situation, mais il avait une boule d'angoisse qui commençait à grossir dans sa gorge. Il ne savait pas quand elle allait partir.

"Tiens-nous au courant"

"Je n'y manquerai pas."

Il n'était pas certain de savoir quand exactement il allait avoir le temps de leur transmettre les nouvelles, cela dit. Son attention allait être pleinement tournée sur Tess durant de nombreuses heures, c'était une évidence.

Au tour de sa mère de le prendre dans ses bras. Il lui rendit son étreinte avec force (enfin, autant qu'il pouvait en mettre sans risquer de la blesser). Il y puisait un courage dont il allait avoir grand besoin dans les heures qui allaient venir. Ce n'était pas tout, cependant. L'épisode affreux qui avait eu lieu plus tôt n'était pas entièrement oublié. A voix basse, il glissa dans son oreille :

"Je t'aime."

Puis il fallut qu'il les laisse partir, tous autant qu'ils étaient. Il les accompagna jusqu'à la porte, qui se referma derrière eux dans un "clac" qui lui donna l'impression de résonner exagérément dans l'air, à moins que ce ne fut à l'intérieur de sa propre tête. La main sur la poignée, il fixa le battant durant une bonne dizaine de secondes.

C'était quelque chose qu'il devait faire seul. Si déterminé qu'il fut, il fallait bien admettre qu'il était aussi terrorisé.

Il prit une grande inspiration, souffla, puis boitilla en direction de la chambre où reposait la princesse "endormie". Il y avait un silence de mort, dans cet appartement. Et il fallait bien dire que la mort y était omniprésente, sous une forme ou sous l'autre.

Il repoussa ces idées sombres loin de lui. Il voulait absolument éviter de penser les choses sous cet angle. Ils n'étaient pas morts. Juste... différents.

Arrivé sur le seuil de la porte, Esteban dut s'arrêter. Son téléphone vibrait. Il soupira en voyant le nom de la Maîtresse de la Ville s'afficher sur l'écran. Il préférait l'époque où Ailin ne possédait pas encore de téléphone personnel. Il était certes aussi crispant que perturbant de l'entendre parler dans sa tête afin de le convoquer - pour une raison ou pour une autre - mais au moins, il n'était pas obligé de répondre immédiatement.

"Madame Dyce.
- Esteban. Toujours aussi obséquieux..."

Le jeune vamp grimaça puis se déplaça bon gré mal gré jusqu'à un fauteuil installé au chevet du lit. Il allait lui en donner, de son comportement obséquieux, tiens... Elle attendrait qu'il soit installé pour qu'il lui réponde.

"J'en déduis à vos couinements que les images qui ont contaminé tout l'internet en moins de deux heures ne sont pas truquées.
- Malheureusement, non. Tout est vrai. Enfin, je suppose. Nous n'avons pas exactement eu le temps de vérifier ce que les rumeurs racontent.
- Comment se porte votre blessure ?
- De façon béante et trop handicapante pour ce qu'il me reste à accomplir, si vous voulez tout savoir."

Esteban était agacé. Il n'avait pas envie d'entendre la voix d'Ailin ce soir. Ils ne s'entendaient "pas si mal", pour des partenaires commerciaux, mais la Maîtresse Vamp avait tendance à le prendre de haut (et à se moquer royalement qu'il le remarque). Il n'aimait pas ses piques. Il n'y avait que Luisa qui avait le droit de lui lancer des piques. Et encore : ce n'était que parce qu'il savait qu'il avait le droit de les lui rendre. Et qu'elles n'étaient jamais vraiment méchantes.

"Et pourtant, vous semblez tenir le coup. Voilà qui n'était guère prévisible. Vous n'avez plus rien du chiot qu'on a ramassé dans une poubelle il y a cinq ans. C'est bien."

Esteban se tut. Être comparé à un chiot était humiliant, mais il connaissait suffisamment bien Ailin pour savoir que c'était la chose la plus proche d'un compliment qu'elle lui avait jamais fait.

"En parlant de cette fameuse poubelle, il y a une chose que vous devez savoir, Ailin. Notre agresseur n'était autre que Bess Butler. Je ne l'ai pas vue de près, mais j'ai de bonnes raisons d'en être certain. Je veux sa tête. Mes moyens seront les vôtres s'il le faut, mais la retrouver n'est plus une option. Il en va de la sécurité de la Princesse de Cambridge, à qui elle a déjà bien trop pris."

Il ne faisait que prendre de l'avance sur le Rituel Pourpre de Tess. Il était inutile de cacher leurs informations à Ailin : elle saurait tout très vite. Et selon Esteban, plus vite elle savait, plus vite ils seraient efficaces.

"C'était ma seconde question, et vous y avez répondu. La princesse a réellement été contaminée par votre sang.
- ... Malheureusement, oui."

La voix d'Esteban s'éteignit avant qu'il n'ait réellement terminé de parler. Il avait échoué à la sauver. Il l'avait condamnée à une existence dont elle ne voudrait peut-être pas. Et il ne le vivait pas bien du tout.

"Êtes-vous prêt ?
- Autant que je peux l'être. Insuffisamment. Mais je ferai ce qu'il faut.
- Je n'en doute pas, c'est votre spécialité...
- Elle se réveillera dans moins d'une heure. Je ne peux pas rester trop longtemps au téléphone.
- Cela va sans dire. Mais voilà ce qu'il faut que vous sachiez : vous devrez me transmettre les décisions prises par la famille royale sans faute. Cette situation est délicate pour notre communauté toute entière, et particulièrement pour celle de la ville. A moins que la situation n'évolue, j'entends laisser à votre protégée un délai d'une semaine. Ensuite, elle devra se soumettre au Rituel."

Esteban serra les dents. Une semaine. Ailin se montrait magnanime, et même si cela lui paraissait trop court étant donné ce que Tess avait vécu, ainsi que le milieu duquel elle venait, il savait qu'ils n'auraient pas mieux que ce répit. A moins que...

"Vous prolongerez ce délai si nécessaire, vous ne risqueriez pas de vous mettre la famille royale britannique à dos avec un scandale.
- C'est votre tante qui doit être fière de vous.. !
- Laissez Luisa en dehors de tout ça...
- Votre tante se laisse bien en dehors de ce qu'elle veut tout seule, ou non, vous le savez autant que moi. Je ne fais que vous prévenir, pour que vous le sachiez : une semaine. Il se peut que ce soit plus long, mais il se peut que cette échéance reste. Vous voudrez certainement la préparer à cette idée.
- Je vous remercie de m'avoir prévenu.
- Et je note votre engagement. Notre ancienne tutrice ne dormira bientôt plus sur ses deux oreilles.
- Oui.
- Parfait. Bon courage, Esteban. Je ne doute pas que vous en aurez besoin.
- ... Merci. Je vous tiens au courant."

Il raccrocha. La discussion avec Ailin avait presque été cordiale. Presque. C'était décidément le soir de tous les possibles...

Bientôt 7h10... A partir de maintenant, le réveil de la jeune femme pouvait survenir à tout moment. Le vampire se laissa retomber au fond de son fauteuil, épuisé et encore trop endolori pour ne pas s'avachir. Dès les premiers signes du réveil de Tess, il se redresserait. Il ne fallait pas qu'elle le découvre dans une position si peu convenable.

Son regard mélancolique s'arrêta sur la silhouette inerte. Sur ce visage si doux... Si vivant, si joyeux quelques heures au préalable. Il la revoyait encore s'extasier devant son 21 parfait au Black Jack, ou devant les merveilles que permettait la réalité virtuelle de nos jours. Il la revoyait faire la moue, les yeux sur le côté, les joues rosies par une gêne qui à ce stade de la soirée lui apparaissait comme la plus gentillette des choses, bien qu'ils l'aient mal vécue au moment où elle était arrivée.

Maintenant, elle était pâle. Ses joues ne rosiraient plus jamais. Son cœur ne battrait plus sous l'effet de l'excitation ou de la joie. Pour elle aussi tout cela, c'était terminé.

Un soupir douloureux lui échappa. Il se frotta le front. Retint des larmes inacceptables. Finalement, il allait se redresser dans son siège tout de suite, et attendre bien droit jusqu'à ce qu'elle ouvre les yeux. Il n'était pas temps de flancher.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeSam 18 Juil - 23:31

Après une soirée arrosée de gin et de vin, l’on croirait que la Princesse allait se réveiller avec une gueule de bois royale. Cela faisait depuis très longtemps qu’elle ne s’était pas autant amusée et autant bu d’un coup. C’était peut-être le médicament pour son mal de tête qui lui avait refait complétement la santé.

Sauf que ce médicament n’avait pas empêché la sécheresse Sahara’esque qui se tramait dans sa bouche et sa gorge. Elle avait atrocement soif et sa priorité allait être une visite dans la salle de bain. Sauf qu’en tournant la tête elle vit le jeune héritier assit tout droit. La princesse n’arrivait pas à décortiquer ce qui se tramait dans sa tête, mais il avait l’air angoissé.

‘Esteban? Que faites…?’

Soudain elle se souvint du vol qu’elle devait prendre. Ce vol de 20h qui était destiné à la ramener chez elle avec Patrick. Esteban avait cet air très sérieux et elle s’attendait à ce qu’il lui dise qu’elle avait raté l’avion. La famille royale n’allait jamais lui pardonner un tel affront, c’était certain. Fini la compétition, Patrick allait se faire suspendre, ou pire, il allait se faire licencier. Sentant son adrénaline monter elle se mit en position assise, très brusquement et avec une rapidité impossible. Cependant elle avait complétement loupé le fait que ses mouvements étaient inhabituels à ce moment.

‘Mon vol!!! Quel jour sommes-nous?! Quelle heure est-il?’

Vers sa dernière question on pouvait entendre ses cordes vocales desséchées, elle commença à tousser violemment et en couvrant ses lèvres de sa main, elle remarqua son teint. En enlevant sa main de sa bouche, elle la plaça devant ses yeux et vit la blancheur de sa peau. Cet air grisâtre et malade. Puis elle sentait un manque de tissus sur la peau de son ventre et en baissant sa tête elle vit ses abdominaux à découverts. Sa belle robe a été complétement ruinée et elle était estomac à découvert dans une chambre aux côtés de son hôte qui avait cet air…

Non, elle ne pouvait pas toujours mettre le doigt dessus. Une autre pensée lui revint, ils se faisaient raccompagner, elle se cogna contre Patrick et après elle sentit juste quelque chose la frapper très fort contre l’estomac. Elle semblait être en pleine forme et rien ne lui était arrivé (du moins à ce qu’elle voyait).

Un attentat?

Elle regarda à droite et à gauche pour voir si par hasard Patrick se cachait dans les parages. Sauf qu’elle avait l’impression de bouger à une vitesse inimaginable et sa vue semblait plus nette. Automatiquement, elle plaça sa tête entre ses mains comme pour s’arrêter de bouger. Ses pensées jouaient un championnat de tennis de table.

Patrick s’est fait attaquer? Esteban va m’annoncer qu’il est mort? M’a-t-on enlevé et retrouvé? On m’a operée? On m’a injecté quelque chose? Suis-je sous l'effet d’une drogue?


Elle ne voulait pas le dire à voix haute. Tout semblait être plus intense, plus vif, ses mouvements étaient plus rapides, elle avait très soif, mais avant tout elle pétait la forme et elle était prête à soulever des montagnes. Elle semblait se souvenir d’un article au hasard sur les drogues dures et les effets étaient similaires, mais elle voyait toujours les résultats: la mort de ces jeunes gens qui voulaient sentir quelques heures de plaisir au détriment de leur vie. Allait-elle mourrir? En essayant de se calmer elle prit quelques grandes inspirations, mais elle trouvait cela très laborieux et elle plaça sa main sur sa nuque ou elle avait essayé à plusieurs reprises de mesurer son pouls. Qu’elle n’arrivait pas à trouver. La panique commençait à bien s’installer, comme un invité non-annoncé dans son cerveau au fur des tentatives et elle se recula vers le dos du lit, main sur la nuque et genoux relevés. Elle fixait le mini-frigo avec un air terrifié.

Suis-je au purgatoire?

‘Que s’est-il passé devant l’hôtel? Où est Patrick?’
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeDim 19 Juil - 0:56

Elle venait d'ouvrir les yeux. Esteban cessa brièvement de respirer, saisi par une terreur difficilement contrôlable. Il se fit violence. Ne bougea pas, ou juste un peu pour se rapprocher. Tess tourna les yeux sur lui. Elle était extrêmement surprise de le voir, et c'était bien normal. Elle devait certainement se demander où était passé son garde. Bientôt, elle se demanderait où elle était. Puis elle risquait de se rendre compte d'autre chose.

Parce qu'il ne voulait pas précipiter la prise de conscience de Tess vis-à-vis de son nouveau métabolisme, Esteban éviterait scrupuleusement toute question de l'ordre du "Princesse, comment vous sentez-vous ?". Il y avait bien réfléchi. La première chose qu'il se devait de lui demander, c'était plutôt ce dont elle se souvenait exactement. Puis il lui faudrait compléter les blancs, jusqu'à ce que la vérité lui apparaisse dans toute sa catastrophique cruauté.

Il n'eut pas vraiment le temps de prendre l'initiative. Paniquée, la princesse venait de lui poser une question inattendue. Une question qui dans ce contexte actuel n'était plus pertinente... Mais elle ne le savait pas encore, et il était hors de question de la brusquer plus que nécessaire.

"Il n'est que 7h45 du matin. Votre vol n'est pas encore parti."

Il parlait sur un ton calme. Il essayait de se montrer rassurant. Aussi rassurant qu'il pouvait l'être dans une situation pareille, en attendant.

Il se tut, laissant à la jeune femme l'espace dont elle semblait avoir besoin. Il aurait voulu pouvoir lui expliquer les choses avant qu'elle ne se lance ainsi dans l'exploration de son corps et de ses nouvelles propriétés, mais c'était un luxe qu'il n'aurait vraisemblablement pas. Alors il attendit, patient, compréhensif. Il essayait de masquer la tristesse irrépressible que lui inspirait chaque geste qu'elle avait. Cela ne lui rappelait que bien trop sa propre transformation.

Il avait lui aussi regardé sa peau trop claire. Constaté le trop de réactivité de son corps, le trop de couleurs et de détails que captaient ses yeux. Il se souvenait comme si c'était la veille de cet instant où il avait pris son pouls et où il ne l'avait jamais trouvé. C'était exactement ce que Tess était en train de faire en cet instant. Son regard vacilla très brièvement. Ses lèvres tremblèrent imperceptiblement.

Il prit encore sur lui, autant qu'il en était capable, pour ne pas montrer toute la douleur que lui procurait cette vision. Oh, comme c'était dur de la voir vivre ce moment. Les émotions de cette fameuse nuit où il s'était réveillé mort sur un trottoir étaient bien trop près de lui revenir, aussi brutales qu'à l'époque.

Il aurait voulu prendre ses mains entre les siennes pour l'empêcher de toucher sa jugulaire inerte. Le protocole ne le leur interdisait certainement plus. Esteban doutait que Tess puisse garder son titre maintenant qu'elle était une outre. Cela dit, ce mouvement aurait été très maladroit pour diverses raisons. Il aurait confirmé ses doutes. Quant à sa probable éviction de la royauté, la jeune femme n'était pas encore au courant. C'était une perte qu'elle risquait de bien mal vivre. Hors de question qu'il précipite cette autre prise de conscience. Hors de question qu'il ne la traite comme moins que ce qu'elle avait toujours été sous prétexte qu'elle était devenue différente. C'était injuste. Ça n'aurait pas dû fonctionner comme cela. Mais c'était à la couronne britannique d'en décider.

"Princesse... Regardez-moi je vous prie."

Il essayait de capter son attention, mais ce n'était pas évident. Elle comprenait trop vite. La voilà qui était maintenant prostrée tout au fond du lit et qui observait ce mini-frigo avec un air terrifié qui en disait long. Ce qui la séparait de la vérité ne devait être guère plus qu'une couche de déni résiduelle. Il pouvait au moins la rassurer sur un point.

"Patrick va bien, Tess. Il a dû s'absenter quelques heures mais il compte revenir vous voir."

Des vérités partielles, encore, mais qu'il espérait apaisantes. Les réponses qu'il avait à apporter à son autre question étaient en revanche beaucoup moins réjouissantes...

Esteban voulu approcher son fauteuil du lit. Bien mal lui en prit. Il serra les dents et posa très brièvement la main sur son ventre blessé. Comme si de rien n'était, il chercha le regard de Tess et reprit, avec une lenteur et une douceur qu'il espérait être en mesure de mieux faire passer la pilule... Si une telle chose était possible.

"Nous avons été attaqués. Il y avait un sniper posté au sommet d'un immeuble dont l'objectif clair était de vous assassiner. Nous n'en avons pas pris conscience à temps. Dans le très court instant qui a séparé le tir du moment où la balle allait vous toucher, j'ai tenté de vous pousser hors de sa trajectoire, mais..."

Sa voix se brisa. Une inspiration plus forte que les autres. Honteux, coupable, il faisait de son mieux pour ne pas regarder ses genoux. Il lui fallait soutenir le regard de Tess. Peut-être en avait-elle besoin. Peut-être pas. En tous les cas, il ne pouvait pas surveiller ses réactions s'il baissait la tête, accablé par sa propre insuffisance.

"Ce fut un échec. Je n'ai pas de mots pour exprimer combien je suis désolé pour ce qui est arrivé, Princesse. La balle m'a touché. Elle m'a traversé, puis elle vous a touchée à votre tour."

Comprenait-elle ce que cela signifiait ? Il la regardait, elle le regardait, le silence s'éternisait, et l'air vacant qu'elle lui retournait lui donnait l'impression du contraire. Il ne pouvait pas l'en blâmer : à l'époque, il aurait lui-même été incapable de saisir ce type de sous-entendus. Il en connaissait bien trop peu sur les vampires.

"... Il y avait mon sang sur la balle."

Nouveau silence. Nouvel instant passé à se regarder sans que le message semble vouloir arriver à destination. Refusait-elle d'accepter ce qu'Esteban lui expliquait, ou était-ce simplement qu'elle ignorait tout du processus de transformation d'un norme en vampire ? Il y avait peut-être des deux. Encore une fois, il n'avait lui-même pas été bien plus renseigné lorsqu'il avait accidentellement perdu la vie.

Il ajouta enfin, à voix plus basse, sur un ton plus doux.

"Tess... Le vampirisme se transmet par le sang. Et il n'en faut pas beaucoup..."

Cette fois, elle pouvait difficilement passer à côté de ce qu'il était en train d'essayer de lui expliquer. Ou du moins, il l'espérait très vivement. Il aurait été très contrarié de devoir le lui expliquer en ces termes : "Tess, je vous ai accidentellement changée en vampire".
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeDim 19 Juil - 14:13

Si Esteban lui donnait donna la réponse à sa question précédente sur son vol, elle n’avait pas confirmé sa réception. Elle était trop préoccupée par son état ambigü et elle était presque certaine qu’on l’avait droguée, méchamment.

En faisant de l’exercice, en sentant l’adrénaline monter et en temps nerveux elle pouvait sentir ses oreilles chauffer, son coeur battre plus vite et comme des papillons qui traversaient entre son ventre et son torse. Sans compter la chaleur sur ses joues. Sauf que cette fois elle ne sentait plus rien et cela la rendait folle. Où était ce sentiment où l’on sentait son sang traverser le corps entier et le cœur faire des sauts à l’élastique? Elle ne bougea pas sa tête, de peur d’affronter ce mouvement qui lui était inconnu. Tess avait l’impression que tout ce qui l’entourait allait bien plus lentement et c’était elle qui était trop rapide, mais elle essaya de rencontrer le regard du jeune homme en bougeant ses yeux uniquement.

Encore cette fois c’était assez rapide, mais moins brusque qu’un mouvement de tête. Entendre son nom dans la bouche d’Esteban la calmait un peu et pendant qu’il l’assura que Patrick allait revenir elle se demandait pourquoi il était parti dans un premier temps? Il ne l’aurait pas laissé comme ça, sans bonnes raisons et même. Ses yeux écarquillés étaient posés sur Esteban et elle remarqua à quel point la couleur de sa peau était… vif. Elle était blanche.

Oh ciel, est-ce qu’il a finalement décidé de me…?’

Elle avait bien trop peur de lui poser cette question et elle ne broncha pas du tout, pétrifié toujours par le fait qu’elle n’arrivait pas à trouver son pouls. Était-ce simplement une réaction après la morsure? Cela aurait expliqué son comportement, il était terrifié de lui annoncer qu’il s’était jeté sur elle. Allait-elle lui pardonner? Après tout… La situation dans la sauna…
Tess allait revenir dans un souvenir lointain quand Esteban la fit revenir d’un coup en mentionnant l’attaque.
Effectivement la princesse se souvint qu’ils s’étaient tous arrêtés devant l’hôtel, mais sans plus. Il fallait qu’elle se concentre et de ce fait elle ne le lâchait pas du regard et buvait ses mots un par un. Elle buvait son apparence aussi, il avait changé. Non pas ses vêtements, mais c’était moins… Il y avait quelque chose en moins. Tess n’arrivait pas à l’expliquer non plus et cela la tiraillait. Elle attendait qu’il continue, sa voix s’était brisé et elle ne put s’empêcher de froncer les sourcils avec inquiétude.

"Ce fut un échec. Je n'ai pas de mots pour exprimer combien je suis désolé pour ce qui est arrivé, Princesse. La balle m'a touché. Elle m'a traversé, puis elle vous a touchée à votre tour."

Si la balle l’avait touché, elle n’a pas dû la toucher bien fort, mais assez pour la mettre dans les pâmes. Tess le fixait toujours de ses grands yeux noisettes et elle se disait qu’il avait quand même plus à lui dire? Elle se demandait si son état de Vampire lui permettait de s’en sortir plus vite qu’elle, mais un sniper…

"... Il y avait mon sang sur la balle."

Pourquoi est-ce qu’il soulignait l’évident? Ses yeux étaient toujours plantés dans le vert des siens, la princesse attendait autre chose, elle ne savait pas pourquoi cela lui prenait autant de temps pour s’expliquer quand finalement l’affirmation fit son entrée:

"Tess... Le vampirisme se transmet par le sang. Et il n'en faut pas beaucoup..."

Tess ne bougea pas d’un cil. Elle le fixait et on aurait dit que les rouages refusaient de s’activer. D’ailleurs, pendant tout ce temps elle avait finalement réalisé qu’elle n’avait même pas expiré car… finalement elle n’avait même pas prise une inspiration dès le départ. Tess cligna des yeux une fois. Une seule fois. Puis en ouvrant la bouche très lentement, on aurait pu penser qu’elle allait hurler, pleurer... Qu'importe. Les crocs étaient bien visibles, mais elle ne les toucha pas de sa langue, ce qui suit était très différent.

‘Une douche.’ elle annonça, comme si elle annonçait quelque chose d’évident ‘Je veux une douche chaude. Où est la salle de bain? J’ai besoin d’une douche. Je veux une douche chaude.’ elle vit une porte à côté d’Esteban qu’elle pointa du doigt avant de ne réaliser que son mouvement une fois de plus était bien trop rapide, la main revint nerveusement sur son ventre ‘C’est la salle de bain, là? Je veux une douche. Pouvez-vous m’amener? J’ai trop peur de bouger toute seule. Le temps est trop lent, ou je suis trop rapide. Ou l’inverse. Ou un bain. Oui, un bain chaud. Ou une douche.’

Si Tess avait comprise ce qu’il venait de lui expliquer, elle ne le montrait pas.

Non. Non, non, non, non. Une douche. Une douche c’est bien. Une douche et puis wing chun ou… Ou boxe, ou les base de krav maga avec Patrick. Oui, il faut bouger, mais il faut attendre que l’effet de la drogue s’estompe. Oui, il fallait bien me donner quelque chose si la balle était passé par moi. Esteban pourra m’aider, il saura que faire. Mais d’abord une douche.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeDim 19 Juil - 15:39

Dès qu'Esteban avait compris ce qui était arrivé à la princesse, il avait su que ça n'allait pas être facile. Il n'était donc pas vraiment surpris de la tournure que prenait la scène. Il avait préparé un certain nombre de réactions face à des situations qu'il avait imaginé pouvoir survenir. Ils sortaient déjà de ces cas de figure, et le jeune homme était donc plus démuni qu'il ne l'aurait voulu.

Mais. Ça ne l'étonnait pas, et c'était sans doute déjà ça : il était préparé à ne pas être préparé. Il l'avait clairement dit à Ailin, sur laquelle il avait déversé tous ses doutes et toutes ses peurs. Elle l'avait appelé au plus mauvais moment. Et puis Esteban savait que ses états d'âme ne feraient pas ciller la Maîtresse Vampire, contrairement à ses proches qui se seraient trop inquiétés.

Pendant ce qui lui avait paru être une éternité, Tess n'avait pas réagi. Il s'était figé et l'avait fixée sans respirer, attendant avec anxiété que l'information monte jusqu'à son cerveau puis qu'elle soit intégrée. Et puis d'un coup, la princesse s'était mise à paniquer.

Était-ce de la panique ? Cela y ressemblait car on aurait dit qu'elle cherchait absolument à s'occuper, à bouger, mais tout à la fois à ne pas bouger car ses gestes visiblement l'effrayaient. D'un autre côté, elle paraissait lucide. Trop lucide. Ce n'était pas naturel.

Oui. C'était de la panique. C'était probablement aussi du déni, ce qu'il comprenait entièrement. Le souci avec le déni, c'est que lorsqu'on n'était pas dans la tête de l'autre, on ne pouvait pas être certain de son intensité.

Le jeune homme se leva et s'approcha du lit pour s'y asseoir. Il sentit un pincement au niveau de ses muscles abdominaux, mais il n'y pris pas garde une seule seconde. Ses yeux étaient rivés sur Tess et il paniquait presque autant qu'elle, même s'il essayait de ne rien en montrer.

"Princesse. Je dois vous prévenir, même si votre demande me laisse à penser que vous en avez conscience : la situation exige que nous mettions le protocole de côté. Votre sécurité et votre bien-être sont ma priorité absolue."

Voilà qui justifierait son soudain changement de comportement. Esteban ne voulait pas que la jeune femme se fasse des idées, ni qu'elle soit trop choquée par les libertés qu'il risquait de prendre. Ou plus exactement d'être obligé de prendre. Il avait extrêmement mal vécu la différence d'attitude que son statut de vampire avait provoqué chez presque tout le monde. Il ne voulait pas le lui faire subir à son tour, même s'il savait qu'il ne pourrait pas éternellement la préserver du monde et de son injuste réalité.

"Je vais vous porter jusqu'à la baignoire. Elle est équipée d'une douche, vous aurez le choix entre les deux. Vous pouvez même faire les deux tout à la fois si vous le souhaitez."

Dans sa tête, il réfléchissait à toute vitesse... Avait-elle compris qu'elle était devenue comme lui et avait-elle besoin de cette douche pour avaler l'information ? Pour en envisager toutes les implications et enfin, pour être en mesure d'imaginer la suite ? Ou bien était-elle en train de refuser en bloc ce qu'il venait de lui expliquer ? S'il la laissait seule dans la salle de bain, l'exposait-il au risque que la vérité lui explose à la figure d'un coup, de la plus violente des façons ?

Il ne pouvait pas rester alors qu'elle allait se mettre nue pour prendre un bain. Il allait lui falloir la surveiller étroitement en écoutant ce qu'il se passait, il n'avait pas d'autre choix.

Il lui faudrait prier pour ne pas avoir à intervenir en urgence.

Il avait tout oublié de son propre état, ou presque. Il glissa une main sous les genoux de la princesse, l'autre dans son dos, et il la souleva trop fort, trop vite, sans réfléchir.

Un glapissement lui échappa. Ses genoux plièrent. Son visage se crispa sous l'effet de la douleur, dévoilant brièvement les crocs du vampire. Il eut ce qui se rapprochait le plus de sueurs froides à l'échelle d'un mort-vivant. Enfin, il essaya d'esquisser un sourire et il commenta, un peu enroué :

"Veuillez m'excuser, je ne suis pas totalement rétabli... Ça ne durera guère."

Il la transporta dans la "petite" salle de bain (plus grande que celle d'un grand nombre d'appartements standards, mais passons). Il observa leur reflet dans le miroir, et il hésita. Aurait-il dû attirer son attention sur leur visage et s'assurer qu'elle avait bien intégré de quoi il en retournait ?

Patrick lui avait dit de la laisser faire. Même si le métamorphe ne lui avait pas donné ce conseil, Esteban aurait eu l'intuition qu'il lui valait mieux rester en retrait pour le moment : il la voyait comme au centre d'une tempête, inaccessible. Toute information supplémentaire serait de trop.

Alors, il la déposa dans cette baignoire et rapprocha d'elle un tabouret vide afin qu'elle puisse y poser ses affaires. Il en avisa un autre, sur lequel Gael ou Octavio avaient disposé une tenue propre à l'intention de la jeune femme.

"Vous trouverez des vêtements propres juste ici."

Il s'agenouilla pour lui faire face et la regarda dans les yeux, ajoutant avec douceur :

"Avez-vous besoin de quoique ce soit d'autre, Tess ?"

Si ce n'était pas le cas, il sortirait de cette pièce et attendrait juste derrière la porte, l'oreille attentive à tout bruit suspect, prêt à voler à sa rescousse en cas de signe de détresse flagrant.

Faire le deuil de soi-même était une étape extrêmement compliquée. Elle n'était qu'au tout début d'un processus. Un début qui, il le savait d'expérience, pouvait s'avérer violent.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeDim 19 Juil - 22:43

Elle voulait juste une douche.

Une petite douche de rien du tout. Bien chaude, bien agréable sur la peau. Elle n’entendait qu’à moitié ce que lui disait Esteban, quelque chose sur le protocole et sa sécurité et son bien-être. Tess n’était plus tellement sûre de ce qui se passait autour d’elle. La douche était finalement sa priorité et son souhait allait être exaucé, à ce qu’elle avait comprise finalement.

Elle avait senti qu’il la soulevait. Puis elle avait entendu le glapissement qui lui avait échappé et elle leva les yeux vers lui sans bouger sa tête; elle vit ses crocs instantanément et elle détourna le regard, fixant le mur de l’autre côté de la chambre. Il la rassurait qu’il allait se rétablir, mais elle ne pensait qu’à l’eau chaude qui allait toucher sa peau et la purifier, la faire revenir d’un monde qui n’était pas le sien. Elle espérait seulement que l’effet de la drogue qu’elle était convaincue d’avoir reçu allait s’estomper.

Quand il la portait, ce n’était qu’une histoire de quelques secondes, mais on avait l’impression qu’elle s’était presque blotti comme un chat qu’on venait tout juste de sauver d’un sac qu'on a tenté de noyer. Elle avait peur de mourir, elle ne voulait pas mourir comme ça. Il fallait qu’elle prenne aux moins une bonne douche.

Puis ce reflet dans le miroir.

Une douche.

Elle ne vit qu’une milliseconde de leur reflet avant de fermer les yeux, mais cette image resterait surement gravée quelque part où le déni finira par disparaitre. Finalement dans la baignoire, Tess prit une grande inspiration et entendit Esteban parler de vêtements propres. En se concentrant autant qu’elle le pouvait, elle réussit à se ralentir, sauf que là ce n’était même plus à une vitesse humaine. C’était à une vitesse de tortue qu’elle approchait sa main du robinet avec un cercle rouge. Ce rouge qui lui semblait tellement plus vif que d’habitude. Ses yeux étaient dans les siens. “Tess”. La manière dont il disait “Tess” était tellement belle, sa voix la calmait et elle semblait oublier pour un bref instant le besoin de se purifier.

‘Non.’

Elle répondit très doucement. Apeurée par ce qui pouvait se passer, la princesse continuait de se concentrer autant qu’elle le pouvait et avec toute la délicatesse qu’elle arrivait à trouver en elle, elle s’était levé pour allumer le robinet de douche. Esteban avait quitté la salle de bain et elle était seule. Toute seule avec le son de l’eau qui coulait et l’eau qui commençait à s’ajuster mais elle n’entendait toujours pas son cœur. La pâleur de sa peau commençait à la perturber plus qu’avant… Une horrible pensée essayait de se ferrer le chemin dans sa tête. Une pensée qui avait la voix encore étouffée. Comme un voisin fou qui n’arrêtait pas de taper sur son mur pour aucune raison, où elle était complétement à la merci de ce monstre vicieux jour et nuit. Qui ne venait jamais, mais on pouvait l’entendre et l’on avait toujours peur qu’un jour il allait finalement détruire le mur pour l’anéantir.

Elle regardait le robinet bleu avec un air vacant et très doucement elle le fit couler qu’à une petite dose. Puis finalement elle se décidait d’enlever sa robe. Sa robe qu’elle avait réussi à déchiqueter, mais ça elle ne l'avait même pas remarqué.

Esprit sur la matière. Oui, Patrick. Esprit sur la matière.

Si cela devenait insupportable elle allait sortir. Il fallait qu’elle reprenne de la couleur et cette pisse de Satan allait surement l’aider. Elle sentait les nerfs de ses paupières se tendre, ses muscles contracter et pourtant elle n’arrivait toujours pas à sentir son cœur battre. Le pire c’était quand la chaleur passait de ses cheveux à son dos et puis à son ventre… La salle de bain était remplie de vapeur et au moment où elle se sentait de hurler de douleur elle passa un pied de l’autre côté de la baignoire pour en sortir. Tess oubliait le fait que l’eau coulait toujours, elle ne voyait que sa silhouette dans le mirroir et celui-ci était recouvert de buée. Figée, elle restait devant, comme hypnotisée.

Tess entendait ce voisin hurler de l’autre côté du mur. La voix se faisait plus forte et elle s’approchait lentement, à pas de chat, du lavabo. Sa main hésitait à essuyer la buée, puis elle avait remarqué qu’elle était toujours aussi pâle.

Non.

Cette même main était passée sur le miroir, dévoilant son visage blanc comme neige. Ses cheveux noirs aux reflets bleus étaient bien plus en contraste et ses yeux noisette semblaient ressortir beaucoup plus, puis elle entre-ouvrit la bouche.

Ce qui suit était d’un boucan atroce. Ses yeux écarquillés, elle oublia tout ce dont Patrick lui avait apprise. Au diable la concentration, ce voisin s’était ferré le chemin vers elle. Elle voulait s’appuyer sur le lavabo, pensant qu’elle allait tomber de haut et celui-ci s’écroula sous sa force (et effectivement, elle était tombée). Le marbre sous ses mains elle hurlait comme une furie. Elle rampa en arrière et rentra droit dans la baignoire, cette force qu'elle avait était complétement incontrôlable et elle se frayait un chemin tel un bulldozer. La douche l'aspergea une fois de plus de son feu et finalement elle s'était crée un énorme trou dans le mur.

Si Esteban était dans la salle de bain à présent elle ne le savait pas. Il pouvait surement remarquer les jambes en premier qui ressortaient de la crevasse.

Tess ne savait même pas si elle se trouvait entre deux pièces ou si elle était dans une pièce complétement différente. Elle sanglotait, tête entre les mains en fixant ses cuisses pour ne pas voir quoi que ça soit d'autre. Elle n’arrivait plus à formuler une phrase cohérente, à part le "non" qui revenait de temps à autre.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeLun 20 Juil - 0:41

Plus le temps passait, plus il observait le comportement de la princesse, et plus son anxiété grandissait. L'option du choc, potentiellement du déni complet devenait de plus en plus probable : il lui parlait mais elle ne semblait pas vraiment l'écouter. Elle paraissait absente. Hagarde. Un instant blottie contre lui comme s'il avait pu la protéger de cette réalité qu'elle ne pouvait pas voir. Le suivant installée dans cette baignoire à en fixer les robinets comme si sa vie en avait dépendu.

Face à cette évolution, il rechignait à la laisser seule dans la salle de bain, mais il savait aussi qu'il n'avait guère d'autres options : il continuait de lui parler comme si elle avait été entièrement apte à l'entendre dans l'espoir que sa voix lui soit d'un quelconque réconfort, mais il ne se leurrait pas. Elle était imperméable aux mots. Et aucun geste n'aurait pu l'aider.

Il fallait qu'elle revienne seule de l'endroit où elle s'était perdue. Peut-être avait-elle besoin de ce temps, et de son intimité, pour mieux assimiler ce qui lui arrivait.

"Très bien. En ce cas je m'en vais. Je serai à côté, si vous avez moindrement besoin de moi."

Il sortit donc et ferma la porte. Il écouta un instant ce qu'il se passait dans l'autre pièce, mais pour le moment, rien de notable : l'eau coulait tranquillement. Avait-elle seulement eu le temps de se déshabiller ? Y avait-elle songé, ou bien était-elle trop sonnée ?

Esteban se laissa lourdement retomber sur le lit en position assise. Les yeux fermés, il plongea son visage dans ses mains et soupira bien fort. Dans la catégorie des pires réveils possibles, il aurait été prêt à subir la colère de la jeune femme. A lui servir de défouloir, de coupable désigné, si cela pouvait l'aider à décharger ses émotions. Il n'avait pas tiré sur la gâchette, mais il restait partiellement responsable de son état. Face à ce type de réactions, il se sentait en revanche terriblement impuissant, et il n'aimait pas ça. Il n'avait pas de prise sur elle. Il n'avait donc aucun moyen d'adoucir son calvaire.

Esteban sortit son téléphone. Ça risquait d'être très long. Autant prévenir Luisa.

"La princesse est réveillée. Comme on pouvait s'y attendre, la pilule passe mal. Son esprit refuse d'accepter la situation. Cela pourrait être long avant qu'elle ne soit en mesure de se nourrir. Dis à Octavio de prévenir Patrick qu'il vaudrait mieux qu'il se rende chez toi dans un premier temps. Je te préviendrai lorsque les choses auront évolué."

Esteban rangea son téléphone puis retourna mettre le bout de son nez entre ses mains. Il gardait les yeux sur ses genoux, mais son esprit était entièrement tourné vers ce qu'il se passait dans la salle de bain. Il écoutait l'eau couler. Il écoutait, surtout, les bruits que Tess faisait, légèrement masqués par le filet d'eau.

A un moment, il redressa légèrement la tête. Il l'avait entendue sortir du bain. Marcher, sur quelques pas. Elle n'avait pas coupé l'eau. Ce n'était pas grave, mais cela ne lui disait rien de bon quant à son état psychologique. Tendu, il s’apprêtait à tout moment à devoir sauter sur ses jambes pour interrompre une catastrophe.

Il fit bien de se préparer, car cela ne manqua pas.

Il y eut un bruit énorme, comme si on avait arraché quelque chose au mur et que, quoique ce fut, c'était tombé par terre. Tess s'était simultanément mise à hurler. Les yeux d'Esteban bougèrent si vite dans leurs orbites qu'ils donnèrent l'impression d'être passés d'une position à une autre sans étapes intermédiaires. Il fixait la porte avec un sérieux que ne permettaient que les pires situations de crise.

Il disparut du lit pour réapparaître instantanément dans le cadre de la porte de la salle de bain, désormais ouverte. Il faisait une chaleur d'enfer. Il y avait de la buée partout. Il entra juste à temps pour voir la princesse reculer dans la baignoire, défoncer la céramique et puis le mur, dans lequel elle tomba.

Brièvement interdit, il songea qu'il n'aurait pas cru qu'il était possible de casser la salle de bain en marche arrière, sans même y prendre garde. Il aurait lui-même été capable de briser ce mur, ainsi que le mobilier de douche, mais pas en trébuchant. Cela aurait demandé à ce qu'il serre fort avec ses mains, ou à ce qu'il coure, ou à ce qu'il utilise ses jambes, ou ses bras.

"... Tess !"

Il n'était pas temps de penser à ces détails. Il voyait les jambes de la princesse dépasser et il sut qu'il devait la sortir de là. Il s'approcha prestement, ignorant la douleur lancinante de son abdomen sur lequel il devait certainement trop tirer. Il finirait par guérir, ce n'était pas important.

Il cassa encore quelques bouts de plâtre afin d'être en mesure de rentrer dans la fente. D'un coup d’œil rapide, il remarqua qu'ils étaient dans une sorte d’entre-mur, et que ce dernier contenait de nombreux câbles électrique. L'eau de la baignoire continuait à se déverser. Elle commençait à traverser ses chaussures. C'était brûlant ! Avait-elle essayé de s'ébouillanter ?

Esteban se baissa sans réfléchir. Il essaya de prendre Tess dans ses bras mais cette dernière échappa à ses doigts : elle se débattait, elle refusait de bouger. Les yeux arrondis par la surprise, il constata qu'il lui était impossible de rivaliser avec elle en terme de force : elle le repoussait comme s'il n'avait été qu'un enfant.

S'ils restaient ici trop longtemps, ils risquaient l'électrocution. Esteban ne pouvait pas se résoudre à laisser la princesse dans cette position. Et il n'avait vraiment pas envie de subir ce genre de choc pour la seconde fois de la soirée. Il prit le temps de fermer le robinet d'eau, puis il s'agenouilla en face de la jeune femme.

"Tess. Je suis désolé, mais je ne peux pas vous laisser ici, c'est trop dangereux. Je vous ramène dans la chambre."

Il fit une nouvelle fois appel à sa vitesse la plus importante. Esteban prit la princesse dans ses bras et ils disparurent de leurs positions pour réapparaître quasi instantanément sur le lit. Esteban retourna sans attendre dans la salle de bain pour prendre une grande serviette de douche, qu'il enroula autour des épaules de Tess afin de lui rendre sa décence. Et, espérait-il, de la rassurer un peu.

Il n'avait qu'à peine posé les yeux sur sa nudité. Il y avait trop en jeu. Ce n'était actuellement que de l'ordre du détail, il ne parvenait même pas à être gêné.

Esteban s'agenouilla encore en face de la princesse et tenta de mettre ses mains sur ses épaules. Elle se recroquevilla. Il la lâcha. Très bien, d'accord : les geste n'aidaient pas. Il ne lui restait donc plus que la parole. Et la prière.

Il était bien malheureux qu'il ait cessé de croire en Dieu.

"Mademoiselle... Princesse.... Tess. Pouvez-vous m'entendre ? Je suis juste devant vous. S'il vous plaît, regardez-moi..."

En avait-elle seulement quelque chose à faire ?

Il n'osait pas lui dire que tout allait bien se passer. Qu'elle ne devait pas se faire de souci. C'était faux, et si quiconque lui avait raconté des bêtises pareilles à l'époque, il aurait eu envie de l'envoyer valser dans le mur. Elle en était encore capable (voire peut-être de lui en faire traverser deux d'un coup). Bien sûr, elle finirait par s'habituer à sa condition. Les choses finiraient en un sens par s'arranger. Mais pour le moment, c'était trop loin pour qu'elle le voie. Bien trop loin.

"Je ne sais pas si cela vous sera d'un quelconque réconfort, mais sachez que je suis là et que je vous soutiendrai quoi qu'il advienne."

Il voulait l'aider à se calmer mais les réactions de la jeune femme lui faisaient craindre de se faire envoyer balader, ce qui inhibait son envie d'intervenir de façon trop intrusive dans sa crise de panique. Si elle ne se calmait pas toute seule, cela dit, il lui faudrait bien essayer quelque chose.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeLun 20 Juil - 14:03

Tess sentait qu'on voulait la sortir de son trou, sauf qu'elle se sentait bien dans ce petit espace morbide qui en soit lui était synonyme avec sécurité. Les câbles électriques étaient loin d'être une priorité dans son esprit, alors qu'ils devaient l'être. Sa priorité était de fixer ses jambes et surtout de ne pas regarder dans le miroir.

Sentant qu'on essayait de la sortir, elle essayait de s'échapper. La princesse ne voulait pas qu'on la voit dans cet état. Elle voulait être seule et le rester ainsi jusqu'à la fin de ses jours. Puis elle entendit "Tess" une fois de plus. Son "autre" essayait de s'accrocher à cette voix qui lui était plaisante, cette voix qui en quelque sorte tentait de la guider hors du labyrinthe de ses pensées chaotiques qui venaient comme une torture par eau.

Elle n'eut pas le temps de cligner des yeux qu'elle était déjà assise au rebord du lit, enroulée dans une grosse serviette qui sentait la lessive. Cette même lessive que l'on utilisait dans le palais et elle s'était tendu encore plus. Une pensée qui lui traversait la tête en éclair était au sujet de sa famille et à ce moment Esteban voulait la réconforter, mais elle se recroquevillait et se refermait comme une palourde.

La dernière chose qu'elle voulait dans un état pareil était de la toucher, elle tenait à bout de fil et le réconfort en utilisant les méthodes tactiles était hors de question. Le réconfort venait de sa mère ou de son père (plus souvent du père). Ils s'asseyaient en silence a ses côtés et attendaient qu'elle fasse ses "demandes". En général elle demandait que l'on lui parle, puis éventuellement on pouvait la toucher, mais pas si elle était encore dans un état de grande fragilité. C’était toujours à elle de faire ce premier pas dans son état difficile. Autant dire que ses problèmes d’intimité étaient bien plus profonds et elle étendait sa famille comme les inconnus. Dans son cercle immédiat, seul Patrick et ses parents pouvaient se montrer tactiles sans qu’elle le leur demande. Le résultat d’un contact physique sans sa permission revenait au même, qu’il soit une tape sur l’épaule ou une bise: elle restait figée comme une pierre.

Les mains sur les genoux, elle fixait le frigo. La soif était toujours là et très lentement les rouages commençaient à débloquer, puis bloquer une fois de plus. Tess ne voulait pas croire ce qu’elle avait vue, car ce qu’elle avait vu dans le miroir de la salle de bain était quelqu’un d’autre. Elle voyait cette femme sur la photo, elle reconnaissait les traits, les cheveux noirs au reflets de bleus qui la caractérisaient et la forme de son nez et de sa bouche. Seul les yeux n’étaient pas Cardwell. Cette image n’était pas tout à fait correcte, son cerveau semblait accentuer beaucoup plus les traits qu’elles partageaient et Tess ne savait plus si finalement elle était bien elle.

Elle entre-ouvrit la bouche pour parler, mais elle ne dit rien encore. La sécheresse de sa bouche et de sa gorge commençaient à devenir insupportable. La notion du temps lui était inconnue, elle ne savait pas si des heures étaient passés ou quelques minutes avant qu’elle ne fasse quoi que ça soit. Puis finalement il y eut un mouvement.

Tess leva ses genoux vers son torse et elle tomba sur le lit en boule. Bien entendu elle n’avait appliqué qu’un peu d’effort pour le faire, mais le craquement du bois d’osage retentit dans la pièce. Deux pieds du lit se sont enfoncés dans le sol et le reste se cassa. Le matelas aussi d’ailleurs. Avait-elle seulement prêté attention cette fois? Non. Elle avait quelque chose de pressant à lui demander. C’était d’une très grande importance pour elle.

‘Dites mon nom.’ elle marqua un temps et après qu’elle ne l’ait entendu elle répéta ‘Dites mon nom.’ une autre pause puis ‘Dites. Mon. Nom.’

Elle avait bien énoncé ses trois mots vers la fin. Sa voix rauque ajoutait en morbidité et ses yeux fixaient le bout du frigo qu’elle pouvait encore voir, le matelas bloquant le reste. Plus elle entendait son nom, plus elle arrivait à revenir sur terre. La voix apaisante du jeune héritier semblait la bercer et la calmer. Tess ne respirait pas, elle avait oublié de respirer et cela semblait à présent sans importance. Elle restait silencieuse, mais elle devait absolument l’entendre parler. Cette idée de solitude ne lui paraissait plus si agréable.

‘Parlez-moi.’ son regard toujours fixé vers le frigo ‘Parlez-moi...’

De quoi pouvait-il bien lui parler? À ce point elle ne voulait pas exercer plus de gymnastique mentale qu’il ne le fallait. Elle voulait juste écouter sa voix, quel que soit le sujet. S’il décidait de tout lui dire, elle n’allait pas l’arrêter, elle voulait juste l’entendre. Ce qu’elle ne voulait plus entendre était le dit voisin qui s’était frayé un passage dans sa tête et qui la tenait par les épaules, front sur le sien. Regard horripilant dans ses yeux noisette.

Bess.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeLun 20 Juil - 18:54

Depuis leur rencontre, Esteban avait toujours mesuré ses gestes avec Tess. Protocole obligeait. La jeune femme l'avait conduit à le rompre à plusieurs reprises et lui avait plus ou moins explicitement fait remarquer qu'elle attendait de lui certaines initiatives qu'il n'aurait jamais osé se permettre.

C'était peut-être ce qui l'avait rendu moins prudent. Esteban n'était plus aussi tête en l'air qu'il l'avait été : même à cet instant où il peinait à penser et agir correctement, il gardait en tête que la princesse venait d'un endroit où on se montrait bien moins tactile que dans la patrie d'origine des Selva Moreno (dont il était plus proche que des Luz-Descalzo en terme d'éducation, pour des raisons évidentes). Elle était issue d'une famille royale dans laquelle on limitait traditionnellement les contacts physiques. Cette tendance était certainement très ancrée dans la personnalité de la jeune femme.

Parce qu'il le savait, parce qu'il voulait la traiter comme rien de moins que la princesse qu'elle avait toujours été, et aussi parce qu'ils ne se connaissaient finalement pas si bien que ça, Esteban n'aurait jamais osé le moindre rapprochement à moins de s'en croire obligé. Elle ne réagissait pas à ce qu'il lui disait, elle était en pleine crise de panique, et il fallait qu'il parvienne à lui faire retrouver le chemin de la réalité. Il aurait pensé que des mains chastement posées sur ses bras lui auraient permis de s'ancrer quelque part ailleurs que dans le chaos qui emplissait sa tête, mais visiblement, ça ne fonctionnait pas.

C'est ce qui avait marché pour lui. Luisa n'avait réussi à attirer son attention sur ce qu'elle racontait qu'après lui avoir remis ce pied dans le monde physique. Mais ils n'entretenaient pas le même rapport. Et tout le monde était différent. Tess n'était pas comme lui. Ce qui avait fonctionné dans son cas n'était pas nécessairement la solution ici.

Il ne voyait qu'une solution : parler. Continuer de parler jusqu'à ce que ses mots percent au travers des épais boucliers qu'elle dressait entre elle et le monde. Prier pour que cela finisse par marcher.

A moins de devoir la transporter encore, lui éviter une chute ou un danger imminent, il n'initierait plus entre eux le moindre rapprochement. Au-delà des raisons déjà données, il ne s'en sentait pas légitime. Il était la raison pour laquelle elle se trouvait dans cet état. Elle allait certainement avoir des sentiments mitigés à son égard, et c'était un minimum. Il aurait été plus que malvenu qu'il s'impose, lui qui était potentiellement devenu un indésirable à ses yeux.

Le jeune homme tourna les yeux dans la direction de ce que la princesse regardait : le mini-frigo. Elle devait certainement commencer à comprendre ce qu'il y avait dedans. Esteban n'avait pas spécialement envie qu'elle tourne son attention sur cet objet maintenant. Elle n'était clairement pas en état qu'il lui parle de la Soif, et de la façon dont il allait falloir qu'elle la nourrisse avant d'être en mesure de rencontrer qui que ce soit d'autre que lui. Boire du sang pour la première fois pouvait être un véritable traumatisme, même s'il imaginait que c'était certainement plus facile à vivre lorsqu'on n'était pas obligé de se nourrir à même la veine. C'était une épreuve à laquelle il ne l'exposerait que lorsqu'elle se serait calmée et qu'elle aurait commencé à admettre ce qui lui arrivait.

Esteban se déplaça de sorte à se placer entre Tess et le frigo qu'elle fixait encore. Voilà qui aiderait peut-être à attirer son attention et à ce que ses mots l'atteignent. Le temps qu'il n'arrive de l'autre côté, la princesse eut un mouvement malencontreux et le lit se brisa en deux dans un vacarme tonitruant. Le jeune héritier fronça les sourcils mais ne s'intéressa pas la moindre seconde à son mobilier - c'était de l'ordre du détail, il aurait tôt fait de tout faire remplacer et réparer. Il testa en revanche l'état du sol défoncé en appuyant dessus de ses paumes. Il aurait été malencontreux que le sol s'effondre sous eux et qu'il chutent de 5 mètres. Le penthouse étant construit sur cinq étages et disposant de nombreuses plateformes sans plafond -soit d'une structure aérienne et de hauteurs vertigineuses - même eux risquaient de se faire mal.

"Dites mon nom."

Surpris, il cligna des yeux. La jeune femme répéta.

"Tess."

Si c'était ce dont elle avait besoin, il était prêt à le répéter jusqu'à la fin des temps. Enfin, quelque chose accrochait. Une petite fente, une toute petite porte qui lui permettait de l'atteindre. Un pont, peut-être, par lequel la communication redeviendrait possible.

"Je suis là, Tess. Vous êtes là aussi. Patrick et moi nous vous avons ramenée à mon domicile, Tess, car c'était l'endroit où nous avons jugé que vous seriez le plus en sécurité."

Bon. En vérité, Patrick et Octavio avaient décidé tous seuls. Esteban avait été trop occupé à se vider de son sang sur la banquette de la limousine, mais elle n'était pas obligée de le savoir. Il approuvait largement le choix des deux hommes. Il pensait que la mention de son garde du corps, et l'idée que tout ce qui avait été fait ne l'avait été qu'avec son accord serait en mesure de rassurer la jeune femme.

Quant à lui repréciser qu'elle était bien là avec lui... Disons qu'après sa transformation, Esteban avait eu de nombreuses fois l'impression qu'il ne savait plus qui il était, ni ce qu'il était devenu. Qu'elle lui demande de répéter son nom ne lui paraissait pas anodin. Puisqu'il devait parier sans filet de sécurité, alors voilà ce sur quoi il partait : elle avait besoin qu'on lui rappelle son identité parce qu'elle avait l'impression d'être en train de se perdre. De se noyer. Elle avait peur de bouger car tout était devenu étrange et différent. Elle avait peur d'elle-même. Il ne connaissait que trop bien.

"Parlez-moi."

Elle voulait qu'il lui parle.

"Parlez-moi..."

Pour une fois que sa propension à dire tout et n'importe quoi sans avoir besoin de réfléchir trouvait une utilité, il n'allait pas se faire prier. On ne pouvait en revanche pas être certain de ce qui allait sortir de sa bouche. Esteban ne tenait le coup que parce qu'il y était obligé. Ses nerfs commençaient à accuser très fort la tension terrible de cette situation. Il tremblait plus que ne le supposaient les lésions nerveuses résiduelles dues à l'électrocution. Il y avait une lueur trop lumineuse au fond de ses yeux : il était à deux doigt d'une forme d'hystérie dont personne n'avait besoin, mais sur laquelle il n'avait un contrôle que très minime.

Les coutures craquaient, mais il contenait tout quand même, parce qu'il fallait que quelqu'un reste calme et posé, sans quoi cela serait une véritable catastrophe. C'était ce qu'il devait faire. Il le devait à Tess. Lorsque la tension retomberait, on pouvait être sûr qu'il allait à son tour faire une crise de nerfs.

"Vous êtes la princesse Therese Catherine Elizabeth de Cambridge, mais vous m'avez rapidement fait comprendre que vous préfériez qu'on vous appelle Tess, tout simplement. J'étais très gêné à l'idée de briser l'étiquette, mais vous avez ce petit quelque chose qui fait que les règles les plus strictes et les plus contrariantes sont incapables de tenir. Face à votre sourire, votre assurance, votre volonté de vous dégager d'un trop austérité qui semble vous étouffer, les convenances superflues me sont bien rapidement apparues futiles. Nous nous sommes rencontrés dans un jardin lorsque nous étions tous les deux encore enfants, Tess, et dans des circonstances dont nous n'avons jamais vraiment parlé tant elles étaient embarrassantes. Des années plus tard, nous nous sommes retrouvés, et la fatalité a voulu reproduire un épisode très similaire mais autrement plus gênant pour les adultes que nous sommes devenus. Malgré tout, cette étrange soirée m'a permis de réaliser que je voulais encore vous voir et vous parler. Il y a une fraîcheur, une pureté en vous dont je ne suis pas certain que vous ayez vous même conscience, Tess, et elles m'ont attiré comme un papillon de nuit chercherait la lumière. J'étais ravi de ce rendez-vous que nous nous sommes promis et j'ai voulu vous offrir une soirée que j'espérais inoubliable, une croisière sur le Mississipi, c'est ce qui me paraissait le plus prudent pour nous deux. Si j'avais su que nous n'aurions que ce moment, j'aurais vu les choses en plus grand. Avez-vous déjà vu les aurores boréales, Tess ? C'est magnifique. Elles ne sont pas si inaccessibles, il suffit de quelques heures d'avion."

Les tremblements d'Esteban devenaient moins discret et, surtout, il commençait à avoir du mal à retenir son émotion. Des larmes qui ne coulaient pas encore faisaient briller ses yeux. Sa voix se brisait, tremblait parfois, même si il faisait tout son possible pour que cela ne s'entende pas trop.

"Sur ce bateau, nous avons discuté. Nous avons commencé à nous connaître mieux. Juste un peu, très insuffisamment, mais j'espérais que nous puissions continuer à devenir amis à force de nous rencontrer, ou de nous parler à distance. Il nous est rapidement devenu évident que nous n'avions pas du tout les mêmes types de loisirs. Je savais que vous étiez gymnaste, Tess. Mais je n'ai pas compris ce que cela signifiait vraiment avant que vous ne me l'expliquiez. Je suis admiratif, vraiment. Je vous l'ai dit : les sports ont toujours été ma bête noire. Puis-je vous faire un aveu que je n'ai probablement jamais fait, pas même à ma famille ? Lorsque j'étais humain, j'étais d'une maladresse affreuse. Une véritable catastrophe ambulante. Je n'arrivais pas à mettre un pied devant l'autre sans tomber, vraiment, et j'arrivais encore à accuser mes chaussures, c'était plus simple que de penser que ça pouvait être de ma faute. Ne répétez cela à personne. Alors ce n'est pas grave, si vous ne connaissiez pas les livres dont j'aurais pu vouloir vous parler. Cela ne vous rend pas moins brillante. Oh, et combien vous avez brillé ce soir... J'étais content rien que de vous voir vous amuser et apprécier chacune des activités que nous avons partagé. Les instants de gêne n'étaient rien. J'aurais voulu que tout dure plus longtemps."

... Bien plus longtemps. Aurait-elle subi cet affreux assassinat si le bateau ne s'était pas arrêté à Bâton-Rouge ? S'ils étaient allés plus loin ? S'ils n'étaient rentrés qu'au beau milieu de la journée ?

"... Je... Je sais que... tout cela peut vous paraître bien futile, maintenant. Dans cette situation. Mais c'est important, Tess. Il faut se rappeler de ces moments. Même si tout paraît étrange. Même si tout semble s'effondrer... Personne ne peut vous les enlever. Et tous vos autres moments agréables. Ceux que je ne connais pas, ceux qui ne sont rien qu'à vous. Ils le sont. Oui, ils sont à vous. Ils sont vous. Je... Désolé je commence à me mélanger mais... S'il vous plaît, Tess. N'oubliez pas tout ça. Ne baissez pas les bras. Ne faites pas comme moi... Je vous en supplie..."

Ça ne commençait à plus aller du tout. Ça devenait trop personnel. Il ne voulait pas se souvenir de ces instants où il avait sombré dans le néant. Où il avait été coupé de tout ce qu'il avait été, de tout ce qu'il connaissait, de tout ceux qu'il aimait. Et où plus rien n'avait plus la moindre importance. Sa respiration était désormais haletante, presque similaire à des sanglots silencieux globalement retenus, maîtrisés, mais qui laissaient couler quelques larmes éparses et malvenues.

"Dois-je encore.. ? Tess ? Je suis désolé si j'ai dit n'importe quoi. Je suis responsable pour ce qui vous arrive et je n'aurais probablement pas dû me permettre le quart de ce que je viens de raconter. Mais si vous voulez que je parle, je parlerai. Je parlerai jusqu'à oublier que je suis en train de parler. D'ailleurs je crois que ça commence déjà, je ne sais plus ce que je dis. Mais je peux continuer. Je vous le dois. Je vous dois tout ce que vous pourriez désirer, et même au-delà. Une telle chose ne devrait jamais... Jamais arriver à quelqu'un qui ne l'a pas consenti."

Oui. Si il fallait qu'il continue à déblatérer n'importe quoi, il le ferait. Même si il allait finir par y laisser sa santé mentale.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeLun 20 Juil - 21:48

Entendre son nom de la bouche de l’héritier faisait effet. Avoir l’image de Patrick dans le fond de ses pensées allait surement prendre de l’avant éventuellement, mais voilà qu’il était devant le frigo, sauf qu’elle semblait voir à travers lui comme s’il était un fantôme.

Puis il commença à parler, et parler...Et parler.

La mention du jardin semblait lui avoir fait bouger le coin de sa bouche encore entre-ouverte, c’était subtil, mais c’était visible, elle revenait peu à peu. La voix d’Esteban lui était douce à l’oreille et la berçait, cette têmpete de pensées qui l’entourait faisait des ravages, mais elle arrivait à s’accrocher à sa voix, ses mots. L’image de ce soir où elle avait commencé à “sceller sa destinée” lui était passé en flash et une petite lueur de normalité avait scintillé brièvement dans ses yeux. Elle commençait à revivre cet événement et elle se souvint du baiser qu’elle avait déposé timidement sur la joue froide de l’homme qui allait devenir un ami. Elle ne savait pas vraiment ce qu’il lui avait prise à ce moment, mais elle en sentait le besoin car c’était lui. Il l’avait aidé et elle sentait son estomac se nouer à chacun de ses mouvements.

Il mentionna la croisière, il parlait de leur différences, du sport qui était sa bête noire et de sa maladresse légendaire en tant qu’humain. Un clignement des yeux, cette fois. Elle avait effectivement appréciée toutes les activités qu’ils avaient partagées ensemble. Tess n’avait jamais joué aux jeux vidéos en VR et elle n’aurait jamais cru prendre son pied autant à tirer sur des aliens et des insectes de l’espace. Le diner qu’ils avaient mangé ensemble… C’était finalement son dernier souper. Elle avait fini sa vie humaine avec un jambalaya et elle n’allait jamais autant apprécier une pizza “meat feast” ou quatre-fromage comme avant. Tess aussi voulait que ces moments durent plus longtemps, d’ailleurs elle se rappelait à quel point elle voulait simplement lui prendre la main en voyant les lumières à Bâton-Rouge, mais elle s’était retenue et elle avait arrangé son épinglette sur sa veste qu’elle voyait tomber.

Tess se sentait revenir de très loin. Elle était épuisée par cet instant de folie et ses yeux restaient entre-ouverts. Il parlait et elle reconnu le mal qu’il sentait. Cette fois il paraissait plus humain qu’autre chose, cette humanité luisait comme un phare dans la plus sombre des nuits. C’était inspirant et elle voulait être comme lui. Oui, si elle l’écoutait, si elle avait lui pour modèle, elle ne deviendrait jamais Bess, car cette femme n’était plus humaine, mais une bête noire sortie d’un cauchemar.

Elle toussa. La sécheresse de sa bouche était toujours là, mais elle savait ce qu’elle devait faire. Ses pensées étaient plus claires et elle commençait à se soucier pour l’homme devant elle qui avait des larmes qui coulaient sur ses joues. Il fallait qu’elle fasse ce pas en avant, il fallait qu’elle donne de soi pour revenir dans une normalité (relative ou pas, dans son cas). En hésitant, elle passa le dos de sa main délicatement sur les larmes qui traçaient ses pommettes et cette fois elle regardait droit dans ses yeux, plus à travers son corps. Le frigo était loin de son esprit.

‘Esteban’ sa voix était rauque, mais elle faisait un effort admirable pour parler, même si parler lui venait encore difficilement, plus par un blocage psychologique qu’autre chose ‘Prennez ma main. Aidez… Aidez-moi à me relever. J’ai peur. J’ai peur de m’enfoncer et de me retrouver trois étages plus bas.’

Elle se tût et son esprit se débattait comme un chien qu’on allait endormir pour de bon. La peur ne venait plus de sa force incroyable, ni même de ses gestes plus rapides. La peur venait de ce qu’elle devait affronter, elle devait prendre ce taureau par les cornes et y faire face, sinon elle se voilerait les yeux pour toujours et elle ne s’en sortirait plus. Si Esteban allait être là pour la soutenir, elle n’allait pas le repousser. Cette fois, elle n’avait plus le choix, il fallait le laisser rentrer là où elle voulait affronter ce démon toute seule. Quoi qu’il arrive elle serait seul à le faire, mais il sera à ses côtés et la soutiendrait coûte que coûte. Elle en ressortirait plus forte… Dans un futur proche. Ou très lointain. Les mots de Patrick résonnaient dans sa tête comme un mantra. Son père avait beau la soutenir, c’était son garde du corps, son assistant, son “père adoptif” depuis la mort de John Cardwell qui lui appris à faire face à ses peurs pour en revenir plus forte.

Qui audet adipiscitur. Qui audet adipiscitur…

‘Je dois revenir dans la salle de bain. S’il vous plait. Aidez-moi.’


Elle plaidait, sa bouche l’avait énoncé, ses yeux parlaient presque pour elle, mais son doute était toujours là et Tess se sentait trembler comme une feuille.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeMar 21 Juil - 10:50

Esteban était donc en train de parler, et de parler, et de parler. Et de prononcer son nom. Ça n'arrêtait plus. Il s'accrochait à ces uniques instructions que lui avait donné la princesse comme à une planche de bois en plein naufrage. Il avait l'impression que s'il se taisait, le monde allait s'effondrer sous eux. Il lui parlait d'elle, et de lui, et d'eux durant le peu de temps qu'ils avaient partagé ensemble. Bientôt, son subconscient le rattrapa et avec lui, les traumatismes, les affreux souvenirs que la situation et les réactions de Tess réveillaient.

Ses nerfs étaient au bord de la rupture. La soirée avait été bien trop longue, bien trop chargée. Il avait l'impression de rempiler tout pile après avoir fini un marathon. Après la crise qu'il avait essuyée faute au coup de téléphone de la famille royale, il était parvenu à réunir tout son courage par un énorme effort de volonté. Il était terriblement déterminé à s'occuper de la princesse. Il voulait lui donner le meilleur de lui-même durant cet instant affreusement difficile qu'elle vivait à cause de lui.

Seulement, il était usé, fatigué, fragilisé. L'ensemble de tout ce qui était en train d'arriver tapait dans ses blessures les plus profondes, celles qui avaient le moins bien cicatrisé - c'était dire, il mettait cela au-dessus de ce que son père lui avait fait subir. Il en gardait des traces moins douloureuses, même si ces abus l'avaient profondément impacté et qu'ils étaient à l'origine de nombreuses névroses qu'il n'avait jamais vraiment réglées non plus.

Il n'était donc plus aussi lucide qu'il l'aurait voulu. Il s'entendait à peine parler. Les mots coulaient sans passer par son cerveau, ou du moins sans passer par la case "vérification". Il n'avait pas mal à la tête car céphalées et migraines ne faisaient plus partie de sa vie depuis le soir où on l'avait laissé pour mort sur un trottoir, mais il avait tout de même l'impression que son crâne était énorme. Sa tète bourdonnait. Il était presque capable d'en entendre le vrombissement, comme si il y avait eu trop de pression sanguine dans ses tempes. C'était devenu physiquement impossible, mais ce type d'émotions chez les vampires agissaient à l'instar d'un membre fantôme qu'on aurait encore été capable de sentir : quelque chose en eux les reproduisait.

"Esteban."

Voilà que c'était lui, maintenant, qui avait besoin d'entendre son nom. Une fois suffisait, cependant. Il cessa de se noyer dans son propre flot de paroles. Il s'arrêta, brièvement saisi par cette interruption, et puis il vit Tess. Il la vit vraiment, plutôt que de simplement l'apercevoir, floutée par les larmes qu'il se refusait à laisser trop couler.

Une lueur d'espoir fragile naquit dans les yeux clairs du vampire qui fixait en retour ceux de la princesse. Il osait à peine y croire. Elle paraissait vraiment le regarder. Elle lui donnait l'impression d'être de retour avec lui, et la façon dont elle avait dit son nom, même si c'était avec une voix encore très altérée, allait dans le sens de cette hypothèse.

Le jeune homme essuya ses yeux hâtivement. Ses mains tremblaient encore bien fort, ce qui lui complexifiait un peu la tâche.

"Prenez ma main. Aidez… Aidez-moi à me relever. J’ai peur. J’ai peur de m’enfoncer et de me retrouver trois étages plus bas."

Tout ce qu'elle voudrait. Il n'allait pas la toucher sans son consentement, mais il le lui avait dit (l'avait-elle entendu ?) : ce n'était plus le Protocole qui allait l'arrêter. Le Protocole n'était pas fait pour ce qui était en train de se passer dans cette chambre. Il était totalement hors-sujet. Sans l'ombre d'une hésitation, il saisit la main qu'elle voulait bien lui tendre. Il la sentait trembler entre ses doigts, et ses propres doigts tremblaient. Cela dit, en serrant suffisamment fort, ils seraient peut-être capable de contenir leurs fébrilités respectives.

"... Je ne laisserais pas une chose pareille arriver."

Ce n'était pas de la frime, juste un constat : même si le sol s'effondrait sous leurs pieds, Esteban aurait probablement le temps de porter Tess en sécurité à plusieurs mètres du trou qui se serait formé. Une vive culpabilité naquit dans sa poitrine, cependant, et il regretta légèrement ce qu'il venait de dire. Devant l'hôtel, il n'avait pas réussi à la sauver. Il lui était arrivé quelque chose de terrible, et il n'avait pas su l'empêcher.

"J'ai... j'ai vérifié le sol. Il n'est pas au point de s'effondrer."

Elle n'était probablement pas capable de briser le plancher et de passer au travers en tentant simplement de se redresser.. ? Si ? Il n'en savait rien. Il n'avait jamais vu de vampire aussi fort. Il fallait dire qu'il n'en fréquentait pas tant que ça. Elle était beaucoup plus forte que lui, en attendant, c'était certain.

"Je dois revenir dans la salle de bain. S’il vous plait. Aidez-moi."

Le calme revenait légèrement dans les yeux de l'américano-mexicain qui fixait Tess et voyait au-delà de cette simple déclaration. Il se doutait de ce qu'elle voulait chercher dans cette pièce. Vu l'état dans lequel elle avait laissé la douche, elle n'escomptait clairement pas terminer son bain. Si elle avait voulu enfiler les vêtements qui l'attendaient toujours sur le petit tabouret, elle n'aurait pas eu besoin qu'il vienne avec elle. Puis finalement, ce n'était pas bien difficile à deviner pour lui : il avait un passif lourd avec les miroirs.

Esteban acquiesça, puis il l'aida à se relever. Elle était encore très fragile, et il n'était pas beaucoup plus solide. Cependant, elle paraissait sûre d'elle. Il ne lui vint pas à l'idée de remettre en question sa décision : elle savait ce qu'elle avait besoin de faire.

Au-delà de ce constat, il pensait comprendre la nature de ce besoin. Pour avancer, il fallait parfois fermer toutes les issues par lesquelles on aurait voulu pouvoir fuir. Parfois, pour lui, c'était allé trop loin : il se flagellait à coup de pensées trop violentes pour son degré d'acceptation de l'époque. Ça n'en avait pas été moins nécessaire, et il ne comptait plus les fois où il avait mis les doigts dans sa bouche pour toucher ses crocs, pour tester leur tranchant. Pour s'obliger à regarder la vérité en face.

"Je suis avec vous. Je serai là tant que vous le souhaiterez. Tant que vous en aurez besoin."

Il le lui avait déjà dit, mais il n'aurait de cesse de le lui répéter.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeMar 21 Juil - 14:28

Tess sentait la main d’Esteban trembler dans la sienne. Ce n’était guère étonnant compte tenu de la situation. Il était néanmoins rassurant dans ses paroles et elle s’accrochait toujours autant à sa voix, de peur de repartir une fois de plus dans des pensées bien sombres. La princesse n’osait pas lui serrer la main comme lui l’avait fait, elle finit par comprendre que chacun de ses gestes était bien plus amplifié et sa force était particulièrement prononcée. Elle se concentrait bien plus sur le son de sa voix, en faisant très attention à chaque mouvement de son corps. Ses muscles étaient encore tendus, mais vu qu’elle était un poids plume pour quelqu’un comme lui, il n’avait aucune difficulté à l’aider.

Après avoir demandé au Vampire de l’aider, elle avait fait sa demande de revenir dans la salle de bain. D’ailleurs, elle n’avait pas lâché la main à Esteban. Cette fois elle avait besoin de cette assurance qu’elle n’allait pas s’envoler psychologiquement, mais aussi physiquement parlant. Pour la première fois de sa vie elle ne faisait aucunement confiance à son corps, cela la perturbait énormément. Elle avait toujours beaucoup de contrôle sur ses gestes, mais vu l’amplification elle n’était plus sûre de rien.

En tenant la serviette de l’autre main sur son torse, comme on porterait une cape, Tess avançait à pas lourd vers cette foutue salle de bain qu’elle avait réussi à démonter. La porte était entre-ouverte et elle semblait voir le reflet de l’énorme trou dans le mur qu’elle avait laissé en faisant “marche arrière”. Premier coup. Il lui était difficile de voir ou même de croire qu’elle en était capable. Tess s’arrêta dans ses pas en fermant ses yeux et en inspirant un bon coup, les muscles de sa main commençaient à se tendre et elle lâcha la main d’Esteban pour la secouer brièvement afin de trouver une sorte de détente, puis elle revint dans celle de l’héritier.

Qui audet adipiscitur. Qui audet adipiscitur…

‘Allons-y.’


Presque en murmure, elle ne voulait pas mettre encore plus de pression sur ses cordes vocales. Pas maintenant.

La porte ouverte, elle fit face au ravage qu’elle avait laissé derrière elle. Le lavabo écroulé, la baignoire et ce trou immonde qui décorait à présent les lieux. Elle sentait quelque chose sous ses pieds, c’était les petits bouts de granite dans une flaque d’eau tiède et elle se souvenait de la pâleur de ses mains après cette douche atrocement brulante. Une terrible pensée revint à sa tête et elle n’osa pas encore regarder dans le mirroir qui décorait la majorité du mur à côté d’elle. Elle fit ce tour de 90 degrées pour y faire face, mais elle avait la tête baissée. Sa pâleur n’allait pas disparaitre par quelque coups d’eau brulante, elle se rappelait maintenant clairement de la couleur du jeune héritier avant…

Deuxième coup.

Elle ne voulait aucunement y penser, mais voilà que c’était bien clair dans son cerveau. Tess sentit un sanglot la traverser et elle posa ses mains sur sa bouche, lâchant finalement celle d’Esteban. La tête toujours baissée, son corps entier se débattait de regarder dans le miroir, mais elle savait qu’il fallait tôt ou tard le faire. Mais était-ce trop tôt? Quel serait le meilleur moment pour finalement regarder la vérité en face d’elle? Demain? Dans une semaine? Des mois? L’idée de ce qu’elle devra consommer un jour ou l’autre lui donnait mal au cœur. Pouvait-elle simplement survivre sans se nourrir du tout? Que risquerait-elle? Puis finalement elle y repensa à deux fois et se souvint des difficultés de son ami à côté. Il était dans cet état plus longtemps qu’elle et il semblait encore difficilement contrôler sa soif… Quelles seraient ses chances?

Le moment venait et elle devait prendre son courage à deux mains. Elle prit un pas en avant vers le miroir et elle sentit un peu de douleur dans ses pieds, en marchant sur un plus gros bout de granite. La tête toujours baissée

Qui audet adipiscitur. Qui audet adipiscitur…

Puis finalement elle releva la tête, mais ses yeux étaient toujours fermés et ses lèvres étaient cachés par ses mains. Il lui fallait qu’un seul mouvement pour y faire face et c’était simplement ouvrir ses paupières et regarder la jeune femme devant elle. C’est ce qui était le plus difficile, car elle ne se voyait pas. Elle voyait l’autre. Quand elle avait essuyé la buée la première fois elle voyait l’autre femme devant elle, puis ce qui se trouvait dans sa bouche était une confirmation. Deux gouttes d’eau.

Qui audet adipiscitur!

Elle ouvra les yeux.

Troisième coup.

Figée, elle gardait ses mains sur sa bouche. Elle n’osait pas faire ce dernier pas, pas encore. Elle inspectait chaque trait et plus elle regardait, plus elle voyait l’autre. La princesse sentait une envie affreuse de se gratter la tête et de se débarrasser de sa chevelure qui accentuait son visage de la même manière que l’autre sur la photo. Cependant elle ne pouvait rien faire avec ses mains, car cela voudrait dire faire face à ce qui se trouvait derrière ses lèvres.

Bess. Bess. Bess. Bess. Bess

La petite voix revenait dans sa tête et la torturait ainsi. Les larmes ont recommencé à couler et elle se tourna vers Esteban. La princesse revint vite vers lui et posa sa tête sur son torse, essayant de se blottir contre lui, tremblant comme un chaton et en serrant la serviette de bain dans ses mains.

‘Non, je ne peux pas’ elle sanglotait ‘Je ne peux pas… Vous ne la voyez pas? Quand j’ai vu mon reflet dans le miroir la première fois je l’ai vue. J’ai son nez, j’ai ses lèvres… J’ai ses satanés cheveux! Ces cheveux qui me donnent exactement les mêmes traits qu’elle. Je ne veux pas être ELLE!’’

Elle lâcha un cri agressif et incontrôlable dans la cage thoracique du jeune homme, qui en quelque sorte avait bouché le volume. C’était la première fois depuis très longtemps qu’elle avait lâché un son pareil, cette colère refoulée qui dormait toujours en elle et qui ne pointait que rarement le bout du nez. Tremblant de rage, son corps se tendait comme une pierre et les nerfs de son coup se tendaient et détendaient à la fois. Puis soudain elle s’arrêta.

Tess se retourna une fois de plus vers le miroir, laissant brusquement Esteban derrière elle et cette fois elle était nez à nez avec ce qu’elle voyait. Le même mantra dans sa tête, elle continuait à absorber cette image et elle sentait une partie d’elle se débattre. Cette innocence qui avait commencé à se mourir quand elle avait prise les premiers pas dans sa quête était à bout de souffle. La bête devant elle la fixait et elle semblait plonger dans les abysses les plus profonds, plus elle regardait. Tess se forçait à regarder, à faire face à ce qu’elle était devenue par sa faute. Esteban voulait l’aider, elle ne savait pas comment s’était déroulé cette scène, mais ce n’était qu’un accident. Mais maintenant elle était devenue...

Bess.

‘Trouvez-moi des ciseaux.’


Ses yeux écarquillés fixaient toujours “l’inconnue” qui lui faisait face. Si une tondeuse à cheveux n’était pas accessible, alors elle allait se les couper aux ciseaux. Aux moins elle verrait une nouvelle personne. Peut-être que finalement elle se verrait elle-même.

Elle ne pouvait pas se décoller cette fois du reflet, Tess allait apprendre à s’y habituer. Par force.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeMar 21 Juil - 20:03

Esteban assistait Tess comme il le pouvait. Il restait à ses côtés et tentait de la rassurer à la hauteur de ses moyens. Il surveillait chaque évolution, chaque expression qui passait sur le visage de la jeune femme, tout en essayant de ne jamais la fixer trop longtemps, de peur qu'elle se sente oppressée.

Il vécut plusieurs ascenseurs émotionnels. La première fois qu'elle le lâcha, après s'être crispée comme jamais, il eut peur qu'elle fût en train de lui glisser à nouveau des mains au sens propre comme au figuré.

Il fut extrêmement soulagé qu'elle prenne à nouveau ses doigts entre les siens mais tâcha de ne pas le montrer. Le calme relatif revenu lui permettait de retrouver le contrôle progressif de ses propres nerfs. Il tremblait moins. Il n'avait plus envie de pleurer. Sa respiration était beaucoup plus sereine. Ce qui ne signifiait pas qu'il l'était, lui, serein.

"Allons-y."

"Je vous suis."

Il ne semblait pas utile d'en faire plus. Pas cette fois.

Ils avancèrent jusqu'à atteindre l'entrée de la salle de bain. Tess observait désormais les ruines issues de sa panique. Il avait envie de lui expliquer que dans ses premières semaines en temps que vampire, il avait lui-même massacré une salle d'eau. L'évier et le miroir n'avaient pas supporté qu'il s'énerve dessus. N'étant  pas certain qu'elle ait besoin de cette intervention non sollicitée, ni que ce point commun entre eux la rassure énormément, il préféra garder le silence.

Il y avait un processus en cours dans la tête de la princesse, c'était évident. Il ne voulait pas l'interrompre.

Une lueur de panique gagna le regard de l'héritier alors que Tess lâchait une seconde fois sa main. Tous ses doigts barraient désormais sa bouche. Il avait entendu le sanglot échappé par la jeune femme et par empathie, l'émotion grimpa à nouveau au-dessus du seuil qu'il considérait comme étant acceptable dans cette situation.

Sa lèvre trembla brièvement, mais il ne débordait plus et il parvint à ce que cela reste très discret. Tess était trop occupée pour le remarquer. Elle paraissait être en train de chercher son courage afin de faire face à son reflet. Esteban cessa de respirer. L'attente était difficilement supportable. Il était très anxieux vis-à-vis de ce qui allait se passer dans les prochaines secondes.

Enfin, elle ouvrit les yeux. Il observait le reflet de Tess dans le miroir afin d'être mieux en mesure de voir l'expression de son visage, de comprendre au moins un peu ce qu'elle pouvait être en train de traverser. Quoique ce fut, elle n'avait pas l'air de bien le vivre. Elle paraissait incapable de retirer les doigts qui cachaient sa bouche... et sans doute, ses crocs.

Il fut très surpris de la sentir se blottir contre son torse. C'était la dernière des choses qu'il pensait voir arriver. Une douleur traversa brièvement son abdomen. Il la contint en se mordant plus ou moins la lèvre. Les yeux ronds, il eut pour réflexe de refermer ses bras sur le dos de la princesse. Il n'alla pas au bout de son geste, cela dit. Il se contentait de la frôler. Esteban n'était pas certain de ce qu'il aurait dû faire. Il ne se sentait pas légitime à ce contact du tout.

En revanche, quand il comprit de quoi elle était en train de parler exactement, sa réaction fut immédiate et tranchée. C'était spontané, non réfléchi, brut et sincère.

"... Il n'y a absolument rien à voir entre vous et Bess Butler."

Il comprenait que la ressemblance physique fut perturbante pour Tess, mais c'était là que s'arrêtait la comparaison. Qu'elle fut devenue un vampire ou non.

Elle n'était pas en mesure de l'entendre pour le moment. Avait-il empiré la situation en comprenant immédiatement de qui elle avait voulu parler, et en prononçant son nom ? Elle se décolla brutalement de lui suite à un cri terrorisant faute auquel Esteban se demanda si, ça y était, il venait de la reperdre.

Il ne venait pas de la reperdre. Elle était en revanche toujours très contrariée par son image et par ce qu'elle y voyait qui n'était pas vraiment là. Subitement, il comprit pourquoi Patrick avait demandé à ce que toutes les tondeuses soient retirées du penthouse.

Une boule d'angoisse naquit dans la gorge du vampire. Il comprenait ce qu'elle voulait faire avec ces ciseaux, et il ne pouvait pas laisser ça arriver. Il n'imaginait pas la tête que Patrick lui ferait tout à l'heure s'il laissait la princesse massacrer ses cheveux dans une crise de colère. Malgré toutes les précautions qu'ils avaient prises.

Cependant, il ne pouvait pas contrarier les demandes de Tess. Il avait l'impression qu'elle ne supporterait que très peu qu'on lui refuse ce qu'elle demandait. Il ne voulait pas prendre le risque qu'elle régresse à un stade où il lui serait à nouveau très difficile de la récupérer.

"Laissez-moi regarder..."

Esteban s'approcha du meuble où auraient dû se trouver les fameux ciseaux et il espéra secrètement qu'Octavio avait fait du zèle. S'il le fallait, il mentirait, mais cette idée lui déplaisait atrocement. D'autant qu'il y avait toujours le risque qu'elle se rende compte de la supercherie.

Les ciseaux n'étaient pas à leur place.
Il avait subitement envie d'embrasser Octavio (... Amicalement, sur les deux joues). Son chauffeur avait pensé à tout. Il avait dû se dire qu'il valait mieux retirer toute forme d'objets contondants de la pièce au cas où la princesse, en mal de tondeuse, ne cherche à innover.

"Je suis désolé, je crois qu'il n'y a pas de ciseaux ici... Cependant je peux vous proposer une alternative."

Il revint vers elle, tenant entre ses doigts un élastique noir mis bien en évidence pour qu'elle le remarque tout de suite, avant qu'elle puisse avoir le temps de piquer une quelconque crise. Il lui tendit, mais elle ne le récupéra pas. Il lui apparut qu'elle n'arrivait toujours pas à retirer les doigts de sa bouche.

"Tess, puis-je vous attacher les cheveux ?"

Elle lui indiqua que oui. Très soulagé, il lui adressa un sourire pâle et fatigué, mais qui se voulait aimable. Esteban s'affaira à nouer les cheveux de Tess dans une queue de cheval assez serrée pour éviter qu'aucune mèche ne vienne sur son visage, ce qui simulait un résultat très proche de ce qu'elle aurait obtenu en coupant tout, à cela près que la catastrophe capillaire n'était pas arrivée. En même temps qu'il travaillait, il lui fit une proposition :

"Si vous le souhaitez, tout à l'heure, je demanderai à un coiffeur de venir. Vous pourrez lui demander de raccourcir votre coupe comme vous l'entendez. C'est un contact sûr, très doué dans ce qu'il fait. Un homme discret qui m'a aidé à de nombreuses reprises tandis que je me cachais encore de ma famille et que je ne sortais qu'à peine de cet appartement."

Ça ne le dérangeait pas d'admettre qu'il avait dû longuement se cacher des Luz-Descalzo. Ça ne prouvait rien, si ce n'est qu'il se méfiait énormément de ce que sa famille aurait été capable de faire pour récupérer un héritage qui entre ses mains allait stagner (selon eux). Ce genre d'histoires étaient légions dans les grandes dynasties financières.

Les cheveux de la princesse étant noués, Esteban se recula de quelques pas pour admirer le résultat. Rester debout droit comme un i tirait sur sa blessure, qui n'avait pas aimé les quelques fois où il était passé en vitesse maximale pour rattraper la situation. Il s'appuya  contre un mur pour soulager un peu ses muscles endoloris. Il ne quittait pas Tess des yeux.

Il fallait qu'il lui dise.

"Princesse... Vous le savez, je connais Bess Butler. Elle est entrée dans ma vie à plusieurs reprises sans y être jamais invitée. La première fois, elle m'a plus ou moins kidnappé et elle m'a traîné dans les égouts. Elle m'a montré des horreurs à peine concevables pour la personne que j'étais alors. Ce n'était que ma seconde nuit en tant que vampire, et j'avais passé la première à me cacher. J'étais complètement perdu. Elle n'a fait que rajouter à mon horreur. La seconde fois, elle est passée par une vitre de ce penthouse et elle s'est imposée des nuits et des nuits sans que je puisse y faire grand chose. Elle m'a utilisé dans l'espoir de monter dans la hiérarchie vampirique et d'être nommée Maîtresse."

Quant à la troisième fois... C'était encore trop tôt pour en parler.

"Elle vous a pris bien plus qu'à moi, mais j'ai des raisons de lui en vouloir et de m'en méfier tout particulièrement. Quand je vous regarde, malgré ces traits que vous avez en commun, pas une seconde je ne la vois. Vos ressemblances ne sont pas suffisantes à me faire oublier que vous êtes deux personnes foncièrement différentes. Elle ne vous arrive pas à la cheville. Ce sont nos actes qui font de nous qui nous sommes... Certainement pas nos gènes, ou nos ancêtres, ou... notre condition. Car c'est tout ce qu'elle est à votre égard. Un paquet de gènes, cosmétiques à tout le mieux."

Et c'était pareil avec les parents. Esteban refusait la moindre ressemblance avec Darian. C'était évidemment plus facile pour lui : il avait surtout pris de sa mère. Ils n'avaient pas grand chose d'autre en commun que leur genre, mais cela avait parfois été trop pour Esteban, sans doute à cause de la nature des abus qu'il avait subi. Il lui était arrivé de craindre de devenir à son tour un agresseur, de façon parfaitement irrationnelle.

Avait-il bien fait ? Aurait-il dû se taire ? Il n'avait pas pu s'en empêcher.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeMar 21 Juil - 22:19

Entendre le nom de cette femme ne l’avait pas aidé, mais dans ce qui était déjà une frustration et une colère surprenante on ne pouvait pas vraiment savoir de l’extérieur si cela avait fait un réel effet ou pas. Son estomac bouillonnait à la vue de son reflet et cette envie de se déchiqueter les cheveux était brûlante.

Pendant qu’il cherchait les ciseaux, Tess absorbait sa nouvelle image. La princesse n’avait pas bougé d’un cil pendant ce temps, yeux toujours enragé. Une nouvelle envie folle commençait à faire son apparition quand l’absence de ciseaux fut annoncé. Cette envie de frapper le miroir avec son front de toutes ses forces, faire exploser cette horreur en mille morceaux ainsi que le mur sur lequel il était attaché. Heureusement qu’Esteban avait planté cet élastique devant elle, même si elle refusait catégoriquement de décoller ses mains de sa bouche en secouant sa tête de manière presque paniquée.

Les mains délicates de son ami étaient passées par sa chevelure épaisse. Elle avait beau avoir des cheveux coupés au carré jusqu’aux épaules, elle prenait énormément de soin à les garder frais, toujours bien arrangés, toujours ajustés et coupé à ce qu’il n’y ait pas de pointes fourchues. Les couper ou passer une tondeuse à cheveux (comme elle avait tenté auparavant) était un acte désespéré. Une fois de plus il s’était mit à parler et elle se sentait calmer, il maniait sa chevelure comme quelqu’un qui la connaissait depuis longtemps. L’idée de se les couper n’était pas partie, elle se regardait toujours dans le miroir, mais elle voyait mieux ses traits à présent. Ses pommettes étaient différentes, ses joues étaient pleines contrairement à l’autre, ses oreilles, finalement la forme de sa mâchoire… Tess avait l’air d’une jeune fille innocente, mignonne (mis à part sa pâleur) contrairement à l’autre.

Son regard s’était calmé et elle hocha une fois de plus sa tête en clignant des yeux.

La princesse voyait Esteban dans le miroir et il semblait épuisé. Chose qui la peinait, car il prenait toute cette responsabilité sur lui et elle voulait lui dire de se reposer, de ne plus se faire pour elle car c’était une grande fille. Il recommençait à parler et rien qu’à entendre le nom de Bess Butler, sa tête frissonna. Ce genre de frisson que l’on a quand on est enragé par quelque chose, mais elle se reprit assez vite, se concentrant sur les différences entre elle et sur ce que disait son protecteur. Tess ne pouvait imaginer l’horreur des égouts avec une meurtrière, alors elle ne doutait pas qu’il lui en voulait. Elle ne pouvait nier qu’elle se sentait privilégiée et d’un côté soulagé d’avoir quelqu’un comme lui pour la guider, de l’autre elle aurait voulu ne pas être dans cette situation du tout. Au fur et à mesure qu’il la rassurait de son identité, Tess avait laissé ses mains tomber, mais ses lèvres pâles étaient restés encore fermés  par peur de voir ce qu’elle était vraiment devenue.

Il fallait qu’elle subisse le dernier coup. C’était une chose qui était tout simplement d’ordre, pour accepter ce qui venait de se passer et pour ne plus regarder en arrière. Il n’y avait plus d’espace pour le regret, ce qui a été fait a été fait. C’est bien le regret qui commençait à pointer le bout de son nez qui l’empêchait de bouger. Elle regrettait avoir poursuivi Bess et surtout d’avoir trouvé sa planque. Si elle n’était venue que pour son séminaire… Elle n’aurait jamais fait aussi ample connaissance avec Esteban. Qui sait, peut-être que cet attentat allait arriver un moment ou l’autre et si Esteban n’était pas présent...

‘Esteban’ elle baissa les yeux, pour ne pas encore sceller la vérité qui était en face d’elle ‘Si vous n’aviez pas prise cette initiative de me pousser hors de la trajectoire’ elle regarda finalement son reflet avant de continuer ‘Je… Je ne serais pas ici. Je serais dans une morgue, n’est-ce pas? Finalement… Vous m’avez sauvé d’une mort certaine. Ai-je raison?’

Quatrième coup. C’était douloureux, comme si un couteau lui avait transpercé le cœur, mais elle semblait commencer à accepter. Cependant ses yeux se remplissaient de larmes qui étaient impossibles à retenir et elles coulaient les unes après les autres. Ses lèvres tremblaient et elle sanglotait inconfortablement. Comment allait-elle annoncer à sa famille ce qui s’était passé? Le savaient-ils déjà? Elle n’osait pas aller plus loin qu’il ne le fallait, cette fois elle devait se concentrer sur les démarches les plus importantes à prendre.
Elle se tourna vers lui avant qu'il n'ai pu répondre et elle tremblait, son regard dans ses yeux verts qui ne pouvaient plus cacher l’épuisement qu’il sentait. Elle plaidait une fois de plus.

‘Que dois-je faire? Aidez-moi. S’il vous plaît.’

Revenue à ses côtés, elle remit sa main dans la sienne. Son père ne pouvait plus la tenir dans ses bras, Patrick ne pouvait poser sa grande main sur son épaule, mais il y avait ce jeune homme qui lui promit de l’aider et qui avait accepté de lui tenir la main dans cette période qui lui était dévastatrice. Pour elle, sa famille, son futur...

Elle était prête à quitter cette maudite salle de bain.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeMar 21 Juil - 23:45

Il était rassuré de voir que son initiative paraissait être bien reçue par la princesse. Lorsqu'il avait ouvert la bouche au tout début, il n'en avait pas été certain, d'autant qu'il l'avait vue frémir à l'entente du nom de l'ancienne tutrice vampire, qui était le nœud du problème.

Cependant, elle lui paraissait désormais plus calme. Elle avait enfin réussi à retirer les mains de ses lèvres, même si elle ne les avait pas encore ouvertes. La tension lui paraissait enfin descendre en intensité.

Et puis, elle lui posa cette question. Les yeux d'Esteban s'emplirent immédiatement de larmes. Il eut pour réflexe de les baisser, penaud. Il ne lui avait pas encore tout expliqué, mais Tess paraissait avoir compris de quoi il en retournait. Sa description de la situation était très pertinente. Pourtant, Esteban ne pouvait s'empêcher d'être mal à l'aise face à une telle formulation, qui semblait vouloir le décharger d'une bonne part de ses responsabilités.

Il devait avant tout penser à Tess. Elle avait besoin d'entendre sa confirmation. Peut-être lui serait-il plus facile d'accepter sa non-vie si elle avait effectivement en tête que l'unique autre alternative aurait été la mort, la vraie.

"Une balle de ce calibre vous aurait tuée sur le coup, ça ne fait pas de doute. Mais j'aurais voulu mieux faire..."

A quoi cela lui servait-il de disposer d'une telle vitesse si c'était pour ne pas réussir à sauver Tess dans le sens où il l'entendait, c'est à dire entièrement préservée de toute cette horreur ? Cela s'était joué à quelques millisecondes, ou même quelques picosecondes près, tout au plus. S'il ne s'était pas tourné vers Patrick pour lui demander ce qu'il se passait, aurait-il vu le point rouge avant ? Il aurait alors pu agir avant que Bess n'appuie sur la gâchette. Tout aurait été bien différent.

Peut-être devait-il garder ça pour lui. Il pensait mériter les reproches de la jeune femme et il avait très envie de lui avouer la profondeur de son échec, mais il se rendait progressivement compte que cela aurait été égoïste. Il ne voulait pas lui faire plus de mal. Elle aurait bien assez de regrets sans qu'il ne lui mette les siens sur les épaules aussi.

Tout ce qu'il venait de se passer avait comme anesthésié les émotions du vampire. En comparaison de la crise qu'elle avait eu au sortir de la douche, les sanglots de Tess étaient plus doux. Esteban ne risquait plus de perdre le contrôle de ses nerfs. Ça ne signifiait pas pour autant qu'il vivait bien de la voir souffrir , ni de constater l'égarement qui s'emparait progressivement d'elle. Il avait mal à la gorge. Il voulait pleurer avec elle. Il se retenait. Encore une fois, son rôle était d'alléger son fardeau, pas d'y rajouter le sien.

"Que dois-je faire? Aidez-moi. S’il vous plaît."

Une main saisit la sienne et il se sentit légèrement mieux. Le vampire se mit deux ou trois baffes internes. Il fallait qu'il se reprenne, c'était le moment ou jamais : Tess avait besoin qu'il soit sûr de lui et qu'il sache quoi faire. Il glissa un doigt rapide au coin de son œil puis il rendit son regard à Tess, un sourire qui se voulait rassurant accroché aux lèvres.

"Pour commencer, je vous propose de regarder la tenue qui se trouve sur ce tabouret. Je crois qu'elle est intacte. Vous vous y trouverez sans doute plus à l'aise que dans cette serviette."

Il lui indiqua l'endroit où se trouvait toujours l'ensemble, lequel au centre des gravats paraissait effectivement miraculé.

"Ensuite, nous retournerons dans la chambre. Nous allons recevoir de la visite dans la journée mais avant que cela ne devienne possible, nous allons devoir régler une question laissée en suspens, qui ne peut malheureusement guère attendre... J'imagine que vous devez le sentir. Sur vos lèvres et au fond de votre gorge..."

Son sourire se tassa légèrement au profit d'un regard d'excuse. Il détestait devoir attirer son attention sur ce point, mais elle paraissait désormais mieux accepter ce qui lui arrivait, et il fallait impérativement qu'elle se soit nourrie avant que Patrick ne vienne lui dire au revoir. Il avait en tête l'échéance de ce vol transatlantique.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeMer 22 Juil - 13:29

Il se sentait coupable de son état et il l’était, car la balle l’avait touché et elle avait traversé son abdomen. La princesse s’attendait à cette réponse, mais elle avait besoin d’entendre cette confirmation. L’idée d’être morte et enterrée pour toujours lui était affreuse, qu’elle soit encore sur pattes et qu’elle puisse communiquer lui était inimaginable, mais aux moins elle n’était pas six-pieds sous terre et elle avait encore des possibilités.

Quelles possibilités?

Non, reviens, trop loin… Trop loin.

L’héritier l’avait sauvé d’une mort certaine, il n’y avait pas vraiment de débat dans son esprit si elle lui en voulait ou pas. Il semblait souffrir et cela était dû à la blessure, il prit ce gros calibre en plein ventre pour elle. Tess ne savait plus vraiment quelle était l'heure au retour à l'hôtel, mais elle imaginait qu'elle était hors-service plusieurs heures. Que pouvait-il se passer dans la tête d'Esteban ? Patrick?

L'irlandais lui revenait comme un boomerang, elle semblait comprendre la raison pourquoi Esteban était seul dans la chambre avec elle et qu'il n'y avait personne d'autre. Même pas Octavio.

Le jeune homme montrait énormément de courage, il semblait dévasté lui aussi, mais il faisait un effort vaillant en lui expliquant ce qu'il allait se passer. Il fallait qu'elle mette quelque chose sur son dos, c'était une tâche simple et qui n'allait pas lui taxer ses émotions. Une sorte d'interlude avant de continuer. La jeune fille fixait l'habit sur le tabouret, elle semblait avoir un souvenir flou d'une robe à fleur blanche, mais celle-ci semblait bien plus sobre en couleurs (les fleurs étaient là, mais pas autant que sur l’autre).

‘Oui, je… Je crois comprendre. Je pense. Je ne prendrais plus trop de temps. Merci.’

En faisant très attention à chacun de ses mouvements, elle fit tomber la serviette de bain et commençait à enfiler la robe (après qu’Esteban ne la laisse faire sans son audience, bien entendu).

Tess ne doutait pas que c'était une fois de plus à sa mère (ou sa tante). Elles aimaient les fleurs, il n’y avait pas à redire. Cette robe avait de la classe, mais comme avec l’autre robe qu’elle avait dû emprunter l’autre soir elle se sentait serré dans la cage thoracique et les bras. Visiblement, les deux femmes dans la vie d'Esteban étaient grandes et fines pendant que la gymnaste était petite et robuste. Elle avait toujours de gros complexes au niveau de son torse et la nature de son sport a fait qu'elle n'était pas très développée de manière que l'on voulait conventionnellement féminine dans cette région, mais c'était un sacrifice qui en valait la peine. Le bas de la robe tombait au delà de ses genoux, visiblement ce n'était pas ce qui devait arriver, et les parties qu'elle mettait le plus souvent en avant donc les jambes et son derrière étaient couvertes. La jupe ne se collait pas à elle, mais semblait flotter comme une robe d'été.

C'étaient des détails, elle se voyait encore dans le miroir et si ce n’était pas une situation tragique elle aurait ri à la vue de ce qui se tramait. Cette fois Tess n’avait pas trop à se soucier que les coutures des bras allaient exploser, cet habit était d’une bonne élasticité, mais en revanche là où il y avait un joli décolleté pour une poitrine pleine elle semblait flotter. La jeune Vampire fronça du nez et décida de ne plus s’acharner sur son apparence. Revenir à ce loisir lui avait fait presque oublier ce qu’il lui arrivait, elle s’accrochait à ces choses qui étaient complétement banales dans le grand schéma des choses.

Sa tête dans les nuages (ou dans les angoisses diverses) avait fait qu’elle oubliait de respirer. Elle se sentait stupide à chaque reprise, mais elle se demandait combien de temps elle devrait se rappeler que finalement elle n’avait plus besoin de le faire? Elle n’était plus humaine. Elle était…

Bess.

Therese a failli se coller une énorme claque pour revenir “sur terre”. Mais elle savait mieux que de le faire maintenant, elle n’était pas sûre si sa tête allait tenir sur les épaules ou si elle allait se transformer en hibou par accident. L’idée lui paraissait glauque et elle sortit assez vite de la salle de bain.

Le frigo lui faisait face. Techniquement, elle ne savait pas ce qui se trouvait dedans, mais à en croire ce qu’elle avait lu et vu, elle pouvait arriver à certaines déductions. Estomac noué, elle semblait sentir son cœur faire des bonds alors qu’il ne battait plus. Elle n’avait jamais eu autant soif de toute sa vie et elle irait jusqu’au bout pour ne plus le sentir. Irait-elle jusqu’à boire du sang? Avoir soif et envie de vomir instantanément lui rappelait de la plus grande cuite qu'elle avait prise à l'âge de 17 ans.

‘Dois-je vraiment?’ elle regarda Esteban et pointa du doigt le frigo, avec une lenteur qui se faisait vraiment… lente ‘Je ne peux que me douter ce qui s’y trouve. Je ne veux pas… Je ne peux pas. Quelles sont mes options? Est-ce qu'il y a autre chose? Que puis-je faire, dites moi?’

Deux parties se battaient dans son esprit. Une petite voix qui lui disait de s’y mettre comme une bonne fille, l’autre qui hurlait d’horreur à l’idée de boire du sang humain. Peut-être que si elle se disait que c’était le sang d’un animal cela passerait en douceur? Non, pas du tout.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeMer 22 Juil - 15:16

C'était très encourageant. Esteban venait de faire comprendre à Tess qu'elle devait être en train d'expérimenter sa première soif de sang et qu'il allait urgemment falloir qu'elle la satisfasse. Il avait essayé d'être subtil, d'avancer ce problème avec tact, mais il n'y avait aucun moyen d'en atténuer entièrement l'impact. Malgré cela, la princesse paraissait garder son calme - à la hauteur de ce qu'elle en avait retrouvé. Elle acceptait plus ou moins cette idée et restait capable de se focaliser sur la première chose dont il lui avait parlé : Mieux valait qu'elle se vêtisse d'une tenue correcte plutôt que de rester emmitouflée dans une serviette jusqu'à la fin des temps.

Il était à peu près tranquille à l'idée de la laisser seule dans la salle de bain, cette fois. Une nouvelle crise face au miroir n'était pas entièrement exclue, mais il avait un meilleur pressentiment que la première fois.

Il hocha donc agréablement la tête en signe d'accord et laissa Tess à sa toilette. Revenu dans la chambre, il inspecta l'étendue des dégâts.

Ils devraient rester dans cette pièce au moins jusqu'à ce que Tess se soit correctement nourrie. Mieux valait qu'il fasse un peu de ménage. Ils n'allaient pas s'asseoir sur le lit cassé. Il préférait aussi vérifier à deux fois l'état du sol afin d'être encore plus certain de sa solidité. Esteban porta d'abord les draps et le matelas dans un coin de la pièce inutilisé. Il retira le sommier cassé, puis porta les deux parties de bois massif brisées avec le reste des débris. Prenant garde à ses mouvements pour ne pas tirer plus qu'il ne le fallait sur sa blessure, il s'agenouilla par terre et testa encore le sol en plusieurs endroits. Il enleva les lattes de parquet défoncées pour constater que les dégâts n'avaient réellement été que superficiels. Il n'y avait pas de fissure massive dans le béton.

Il se redressa et courut (... de façon toute relative, disons plutôt qu'il marchait vite et d'un pas très allant) jusqu'à la chambre voisine, dans laquelle il récupéra un tapis qu'il disposa au sol. Voilà qui donnait un visage plus avenant à cette pièce dévastée. Il déplaça deux fauteuils (dont celui dans lequel il avait attendu que la princesse se réveille) à une position légèrement plus centrale, en vis-à-vis, puis il s'effondra dans l'un d'entre eux avec un soupir d'épuisement qu'il regretta presque immédiatement d'avoir poussé : il avait brièvement oublié que Tess disposait maintenant d'une ouïe similaire à la sienne.

Esteban ne voulait pas que la princesse se rende pleinement compte de sa fatigue physique comme psychologique. Il grimaça d'embarras et fit en sorte de s'installer un peu mieux que ça. On aurait dit qu'il allait s'évanouir d'une minute à l'autre.

Lorsque la jeune femme sortit de la salle de bain, le regard d'Esteban passa très brièvement sur sa silhouette. On n'avait pas choisi parmi les tenues de Luisa qui correspondaient le mieux à la morphologie de la princesse. Il espérait que cela ne la contrariait pas démesurément. Ce n'était qu'un détail pour le moment, mais il lui laisserait piocher plus tard ce qu'elle voudrait dans le dressing de sa tante, sans bien sûr lui faire remarquer l'inadaptation de la coupe de cette robe. Cela aurait été particulièrement goujat.

Il voulut lui indiquer de s'installer, mais avant qu'il n'en ait eu le temps, il perdit un peu son sourire. Une trace de compréhension sombre passa dans le regard de l'héritier qui, a son tour, posa les yeux sur le frigo.

"Je ne veux pas… Je ne peux pas. Quelles sont mes options? Est-ce qu'il y a autre chose? Que puis-je faire, dites moi?"

Encore une fois, cela lui parlait bien trop. Mais c'était peut-être une bonne chose. Oui... Il allait lui parler de son expérience. Cela lui permettrait de temporiser, de repousser légèrement l'échéance de l'ouverture du frigo. Cela lui donnerait aussi une idée claire de ce à quoi elle s'exposait si elle refusait d'accepter la soif de sang.

"Je vous en prie, installez-vous princesse."

Il attendit qu'elle soit confortable avant de commencer ce qui risquait d'être son énième monologue de la soirée. Ses yeux étaient perdus dans le vide et dans les souvenirs d'une époque qui lui paraissait généralement lointaine. Tout ce qu'il s'était passé ce soir en avait ravivé la flamme à tel point qu'il avait de nouveau l'impression que c'était arrivé hier.

"J'ai fait l'acquisition de ce penthouse presque immédiatement après ma transformation. Mon objectif était de m'y terrer, de m'isoler suffisamment du reste du monde afin de n'être jamais rattrapé par la soif de sang. De ne jamais avoir besoin de l'assouvir."

Il n'avait jamais pensé la situation dans le long terme puisqu'il avait initialement prévu de s'exposer au soleil et de mettre fin à ses jours dès le procès contre son père achevé. Mais il n'avait pas spécialement envie de le rappeler à Tess.

"J'ai tenu trois semaines sans boire une goutte. J'imagine que cela aurait pu durer plus longtemps si j'étais resté enfermé mais... Eh bien déjà, je n'aurais pas pu participer aux audiences de mon propre procès depuis les hauteurs de cet immeuble. Ensuite..."

Il soupira. Comment résumer cette situation chaotique ?

"Je m'isolais de mes proches, je ne voulais pas être retrouvé. Mais certains m'ont cherché. Luisa - ma tante - a par un hasard totalement fortuit acquis un appartement dans ce même immeuble, et elle a rapidement eu ses doutes sur l'identité de celui qui vivait au dernier étage. Elle m'a obligé à sortir de mon trou, littéralement... Et si elle ne l'avait pas fait, je pense que j'aurais perdu la raison. J'étais en train de devenir fou. Ce n'est pas directement lié à la soif de sang. C'est l'isolation et le refus de ce qui m'était arrivé qui étaient en train d'avoir raison de moi."

La suite n'allait pas être facile à entendre, mais c'était malheureusement ce qu'elle avait besoin de savoir. Il dressa tristement ses yeux dans ceux de la princesse alors qu'il concluait :

"Trois semaines sans rien boire, et surtout pour un néophyte... C'était beaucoup trop. Je n'ai tenu que parce que l'idée me faisait horreur à un point pathologique. Du moment que Luisa a réussi à me convaincre de la nécessité de me nourrir... J'ai failli tuer le garde du corps de ma mère, Tess. Je n'avais plus aucun contrôle. J'ai failli le vider de son sang. Et ça ne suffisait pas. J'ai dû boire celui de Luisa. Elle non plus n'était pas bien loin du malaise."

Ce soir, il aurait facilement pu tuer un autre garde du corps si le taser ne l'avait pas arrêté. C'était une récurrence qu'il espérait ne pas voir revenir avant longtemps, si ce n'est jamais.

"Je voudrais pouvoir vous dire qu'il existe une alternative, mais malheureusement ce n'est pas le cas, à moins de vouloir passer votre vie entièrement isolée, et c'est encore à condition qu'on vous laisse faire et que vous ne craquiez pas. S'abstenir, c'est prendre le risque de blesser quelqu'un alors que c'est la dernière chose que vous voulez voir arriver."

Il fallait qu'il tempère. Il ne voulait pas qu'elle s'effondre encore.

"... Mais on s'y habitue. C'est quelqu'un qui revient de très loin qui vous en donne la garantie. Le goût est par ailleurs très différent ce que vous devez imaginer... On ne le perçoit plus du tout de la même manière. Vous n'allez pas trouver ça mauvais. Peut-être cela vous écœurera t-il, dans les premiers temps, mais ça ne devrait pas durer... Ce n'est que l'esprit qui fait de la résistance face à quelque chose qu'il se refuse à admettre."

Il tourna son regard sur le frigo.

"Il faut garder en tête que c'est parfaitement éthique. Tout vient de donneurs volontaires. Et vous ne volez pas les hôpitaux : avant la Révélation, il existait déjà un système qui permettait aux vampires de se servir dans les banques de sang. Depuis la Révélation, le nombre de donneurs s'est démultiplié. Il n'y a pas de pénurie. Tout le monde y trouve son compte. On peut d'ailleurs en acheter des réserves dans des magasins tout à fait normaux, et même sur des boutiques en ligne. Comme n'importe quelle autre nourriture, n'importe quelle autre boisson."

Intérieurement, il priait pour que la princesse n'ait pas développé la même phobie que lui. C'était une affliction rare, c'était très improbable, mais on ne savait jamais. Et si c'était le cas, comme Gael et Luisa à l'époque, Esteban ne serait pas sorti de l'auberge...
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeMer 22 Juil - 21:50

Elle s’installa délicatement sur le siège, comme la bonne jeune fille qu’elle était. Essayant tant bien que mal de se mettre à l’aise, elle avait peur de s’affaler et d’entendre le son de la couture arracher (du siège et de sa robe). Il lui était impossible de se mettre à l’aise dans ces conditions. L’ayant entendu soupirer elle se sentait encore moins à l’aise, elle se sentait comme le gros fardeau qu’elle était.

Tess se souvenait bien pourquoi il avait acheté ce penthouse, il voulait en finir assez vite après le procès. Son cerveau avait beau être un comme une passoire, certaines informations y restaient, mais prenaient du temps pour revenir à temps. D’ailleurs, une des choses qu’elle n’arriverait jamais à comprendre. Elle ne savait rien des expériences de son hôte, mais de là à penser que quelqu’un était tellement malheureux qu’il se résoudrait à en terminer pour de bon la dépassait. Il y avait bien des choses qui la dépassaient.

Plus il parlait de son isolement, plus elle considérait cette idée faisable. Elle pouvait passer des journées sans faire de bruit ou sans voir qui que ça soit quand elle s’enfonçait dans sa routine. Aurait-elle le courage de passer à cet acte pour de bon? Ne plus voir personne, du tout? Un nouveau doute. L’option était là, elle allait la garder en tête. Ce mode de vie ne pouvait pas convenir à tout le monde, ça elle s’en doutait. Tess voulait bien le croire qu’il avait du mal, cet homme est bien plus sociable qu’elle.

Elle croisa les bras et serra les dents. Il a failli tuer le garde du corps de sa mère et a dû se nourrir de sa tante. C’était une image qu’elle aurait bien voulu ne pas avoir dans sa tête. Ce jeune homme qui, même en temps normal, elle aurait pu soulever sans plus de soucis a failli…

Non, non, non.

Tess secoua sa tête en se débarrassant du petit film qui tournait dans son cerveau et puis procéda à se frotter les tempes. C’était quelque chose qui la mettait très mal à l’aise et si avant elle pensait à l’isolement comme une petite option pour garder en tête, là elle commençait à être convaincue que c’était la solution. Si s’abstenir était prendre le risque de bleser quelqu’un, alors elle s’isolerait. Un point c’est tout. Mais la laissera-t-on s’isoler? Elle était presque certaine que sa famille allait l’abandonner, Patrick… Elle n’était pas sûre pour Patrick. Esteban? Elle ne voulait pas y penser. De toutes les manières, maintenant dans son état elle ne pouvait plus prendre ce vol, elle était coincée et elle n’avait personne. Sauf Esteban et Patrick.

La princesse ne savait que penser, il parlait à présent de ce sang comme si c’était un steak. Où la vache avait été élevée dans d’excellentes conditions en gambadant les prés. Penser cela des êtres humains lui était perturbant.

Ses yeux noisette posés sur le frigo, elle lâcha un soupir et se frotta les yeux de ses doigts. Quelque chose la tiraillait.

‘Si je décidais de m’isoler, est-ce que vous…’ puis soudain elle posa son regard sur lui et changea d’avis ‘...Non, oubliez ce que j’ai à dire, cela n’est pas important maintenant.’

Elle commençait à s’irriter. Il fallait qu’elle prenne une décision, là, maintenant et elle était absolument dégoutée. La soif la tuait, figurativement parlant, mais l’idée de boire du sang était bien moins glamour que ce que les films et séries télé ne montraient.

Quelle gamine… Non, mais, quelle gamine…

Tess repensait à son attitude quand elle regardait les films avec Edward Metcalf et Annie Larks. La glorification de cet acte lui paraissait à présent complétement obscène et elle avait honte. Tellement honte. Elle passa ses mains sur son visage en regardant le plafond. Il lui fallait calmer cette soif aux moins cette fois si elle voulait voir Patrick, elle croyait Esteban quand il lui disait qu’il avait failli tuer le garde du corps de sa mère. Cela ne rendait pas la situation plus facile et elle frappa de ses poings les accoudoirs de son fauteuil sans y penser à deux fois. Ceux-là se sont effondrés, puis le fauteuil était parti avec elle.

‘Flûte!’ elle sursauta, irritée par ses propres mouvements ‘C’est d’accord. Je le ferais. Oui, je le ferais. Je ne garantie rien, mais je vais essayer.’

Oh ciel, je vais vomir.

Anxieusement, elle reposa son regard sur le frigo. Peut-être qu'il fallait que le frigo s'ouvre pour la réveiller de ce cauchemar? Elle allait se lever, se laver, se préparer pour son vol et revenir à la maison?
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeMer 22 Juil - 23:16

"Si je décidais de m’isoler, est-ce que vous…"

Par réflexe et assez brutalement, le regard d'Esteban retourna sur Tess. Il arborait une expression qu'elle ne lui avait certainement jamais vu au préalable : sérieux, sombre, fermé, avec au fond des yeux une lueur hautement réprobatrice. Il était généralement très conciliant mais si elle avait continué, la princesse aurait probablement essuyé l'équivalent d'un "Non" implacable. Esteban y aurait mis les formes : il était trop diplomate pour faire autrement. Mais le résultat aurait été là : un refus inconditionnel.

Avait-elle seulement entendu ce qu'il venait de lui dire ? S'il lui avait conté son histoire, c'était justement pour lui expliquer combien l'isolement (synonyme d’abstention) était une option piégeuse. Il lui en avait parlé parce qu'il était trop honnête pour lui cacher l'existence de cette fausse possibilité, mais c'est bien tout ce que c'était : une illusion dangereuse. C'est parce qu'il s'était cru plus fort que la soif et qu'il avait pensé pouvoir se couper du monde qu'il avait failli tuer quelqu'un.

Voulait-elle vraiment passer le reste de ses jours (qui pouvaient être très longs) enfermée seule, loin de toute présence humaine ? Incapable de profiter de la moindre activité extérieure ? Personne ne pouvait supporter une chose pareille, et encore moins quand cela pouvait durer des siècles. Quand bien même elle aurait trouvé en elle la volonté de rester enfermée, à plus ou moins long terme c'était prendre le risque qu'on découvre sa cachette et que la soif, trop longtemps laissée insatisfaite, la pousse au meurtre sans qu'elle s'en rende compte.

Non. C'était de la torture, et c'était consentir à se transformer en bombe à retardement. L'abstinence ne valait pas de tels sacrifices. Même Esteban s'était assez vite habitué à se nourrir de sang, et pourtant il avait été obligé de dépasser ses profondes croyances religieuses. Sans compter qu'il était obligé de passer par l'acte de morsure.

Il ne se ferait pas complice d'une telle décision de la part de Tess. Ce n'était pas comme ça qu'il l'aiderait, qu'importe ce qu'elle en pensait à ce stade naïf où elle ne savait pas encore de quoi elle parlait. On lui avait souvent dit que l'expérience n'était pas quelque chose qui se transmettait et qu'il fallait apprendre de ses propres erreurs, mais il aurait tout de même espéré que son récit se montrerait plus dissuasif.

Elle se ravisa, mais il n'était pas entièrement rassuré. Tess lui disait que ce n'était pas important "maintenant". Il espérait que ça ne le serait "jamais". Qu'elle n'allait surtout pas remettre ce sujet sur la  table.

La dureté de son expression fondit quand la princesse frappa de ses poings contre le fauteuil. Il regarda à peine les accoudoirs tomber. Il était en revanche fâcheux que les pieds aient eux aussi lâché... Voilà que la jeune femme était assise presque au niveau du sol.

Avant qu'il n'ait eu le temps de faire le moindre commentaire, elle se décida finalement à essayer de boire. Esteban restait légèrement méfiant car il craignait un revirement futur... Mais peut-être se rendrait-elle rapidement compte que ce n'était pas si terrible.

Il fallait vraiment espérer qu'elle ne soit pas atteinte du même mal que lui car l'acte de morsure, c'était encore autre chose.

"Êtes vous bien installée, princesse ? Prenez plutôt mon fauteuil, cela sera plus confortable."

Esteban se leva, libérant le siège. Il s'essaya à un sourire qui était encore un peu pâle malgré ses efforts pour se rendre le plus bienveillant possible. Qu'elle envisage l'abstinence comme une solution possible ne lui avait vraiment pas plu. Il restait très inquiet.

Le vampire s'agenouilla devant le mini-frigo et prévint son invitée :

"Le frigo est scellé par un sortilège qui empêche l'odeur de sang d'en sortir. Je ne voulais pas que vous soyez perturbée par ce fumet dès votre réveil. Je vais ouvrir la porte et vous allez instantanément le sentir. Pensez que cette odeur qui vous plaira immédiatement se dégagera de tout être humain que vous croiserez à l'avenir. Vous serez aussi capable d'entendre le battement de leur cœur. Bien vous nourrir vous évitera d'être dérangée par ces perceptions. C'est ce qui vous permettra de rester vous même en toutes circonstances."

Il attendit que Tess lui paraisse prête. Puis il avala sa salive, parce qu'il lui fallait aussi se préparer, mais pour des raisons différentes. Esteban ouvrit donc le frigo pour faire face à plus d'une dizaine de coupes alignées proprement. Il tenta de cacher le frémissement de dégoût qui dévala son échine. Sa phobie rendait ce passage très délicat pour lui, d'autant qu'il ne voulait pas montrer à Tess qu'il était perturbé. Elle paraissait déjà suffisamment réfractaire à l'idée de boire du sang sans qu'il lui rende ce passage plus compliqué faute à son comportement douteux.

Il fallait qu'il se concentre sur l'idée qu'il n'allait pas boire le contenu du verre qu'il venait de saisir. La nausée lui retournait le fond du gosier. Ce contenu malade, mort, contaminé, prêt à lui sauter dessus, à polluer sa gorge et à envahir son corps insidieusement et...

... Non. Stop. Il fallait qu'il se fasse violence. Il secoua la tête de droite à gauche puis tendit le contenu de la flûte à la jeune femme, légèrement tendu mais bien décidé à garder la pokerface. De toute façon, Tess devait être trop concentrée sur le contenu du verre pour remarquer ce qu'il manigançait. L'odeur de sang, et maintenant la vision de ce sang avaient forcément réveillé sa soif.

Et on parlait bien de sa première soif. C'était la pire de toutes. Autant dire qu'elle n'allait pas juste "essayer". Son corps n'allait pas lui donner le choix que de réussir à consommer le breuvage. La question était surtout de savoir si elle allait s'en renverser la moitié dessus, ou si elle allait réussir à vider le contenu du verre tranquillement.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeJeu 23 Juil - 1:10

Le regard noir qui s’était posé sur elle l’avait fait baisser la tête et s’enfoncer dans son siège, un peu comme quand l’on réprimande un chien qui était conscient de sa bêtise. Sa question était mal placée et elle ne voulait pas continuer sur ce sujet, il était clair que c’était hors de question. Mais elle gardait toujours l’idée en tête. Naïvement, elle pensait qu’elle allait s’en sortir seule. Heureusement que la princesse ne pouvait pas lire dans les pensées, elle serait mortifiée.

Puis le fauteuil s’était écroulé sous ses poings après son irritation. Elle était plus irritée par le fait qu’elle n’arrivait pas à se contrôler comme Patrick lui avait si bien apprise. Esteban, étant un homme très galant, lui avait offert son siège et elle s’apprêtait à le prendre, sauf qu’elle avait peur de le casser aussi.

‘Merci, mais je vais éviter de continuer à démolir vos meubles, je ne bougerais plus. Je promets.’

Tess pouvait être têtue, mais elle faisait un effort monstre pour s’ouvrir à tout ce qui arrivait. Elle gardait toutes les portes ouvertes au cas où, surtout que plusieurs s’étaient fermés.
Pendant qu’il lui expliquait les fonctions physiologiques qui allaient arriver, elle ne pouvait pas croire qu’elle allait instantanément aimer l’odeur du sang. Alors là, non. C’était impossible, elle avait déjà léché ses plaies auparavant, ce n’était peut-être pas la plus dégueulasse des expériences, mais ce n’était pas non plus la chose la plus plaisante au monde.
Son être ne demandait qu’à en terminer avec la soif, mais cet autre part d’elle ne voulait en aucun cas le faire. Il fallait qu’elle se concentre, car s’il y avait un sort sur ce mini-frigo, c’est qu’elle allait se jeter dessus. Esteban n’allait pas lui mentir pour son propre amusement, elle devait lui faire confiance. Vu que le fauteuil était déjà cassé, elle serra les accoudoirs de ses mains et prit une grande inspiration en craquant son cou. Elle avait l’impression de se préparer pour les Jeux Olympiques.

‘Je suis prête.’

Vint l’assaut de ses sens. L’odeur s’était répandue bien trop vite et Tess faillit se lever brusquement pour aller “se servir” elle-même. Le dégout, l’horreur, la soif, l’excitation… C’était de trop. Des larmes commençaient à se former dans ses yeux pendant qu’elle contrôlait son corps, ce corps qui voulait n’en faire qu’à sa tête et arrêter cette soif qui la desséchait. Ce désert qui avait besoin d’un peu de pluie hurlait, il voulait qu’Esteban arrive plus vite avec la coupe pendant qu’elle se retenait de vomir.
Effectivement, la princesse ne prêtait plus attention au jeune homme qui semblait absolument dégouté par ce qui se trouvait dans le verre. Elle avait soif et il ne restait plus qu’elle et le verre… Et son Autre qui ne voulait rien de tout cela. Cette enfant qui n’arrivait pas encore à comprendre ce qu’il lui arrivait, l’enfant qui essayait de lui rappeler le plan qu’elles avaient toutes les deux concoctés: s’isoler du monde dans le plus profond des trous afin de ne pas faire de mal aux gens. Apprendre à chasser des biches, des petits animaux, ne pas faire de mal aux humains.

Au diable cette petite fille. Esteban avait en main le Graal écarlate qui l’appelait comme un chant de sirènes. La plus belle et la plus chaude des couleurs sur une palette. Ses sourcils froncés, elle se retint de bouger comme elle l’avait promise. C’était bien là la chose la plus difficile à faire, jamais elle ne se sentait plus en contrôle de son corps qui voulait tant boire, mais qui avait un réflexe vomitif semblable à celui d’un chat qui venait d’avaler une arête.
Quand il lui tendit ce verre, Tess avait une main tremblante. Son bras était tellement tendu qu’on pouvait voir les lignes de ses muscles à travers le tissu, l’autre main résidait fermement sur le bout de l’accoudoir qui à présent avait disparu dans sa main, écrabouillé comme si ce n’était qu’une éponge.

Puis le verre en main, elle ne pouvait se résoudre à le toucher de ses lèvres. Elle se le versa droit dans le gosier comme elle le faisait avec les shakes protéinés qu’elle détestait, quel que soit le gout. Sa main était tremblante, ce qui fit qu’elle renversa un peu de ce contenu sur ses joues. Pour la première fois de sa vie, elle avait l’impression de gouter à la chose la plus délicieuse au monde, mais qui lui donnait une envie de gerber à la fois. Son corps avait fini par en faire qu’à sa tête et elle s’était précipité vers le coffre qui détenait ce trésor qui brillait de rouge. Il y avait quelque chose de sauvage dans ses yeux et d’incontrôlable, cette agression qui était toujours sous son contrôle venait de se déchaîner.

Encore. Encore. Encore. Les coupelles les unes après les autres se faisaient vider à une vitesse grand V et si Esteban disait quelque chose elle ne pouvait pas l’entendre à ce moment. Si l’on essayait de l’arrêter on aurait surement à faire à un chat enragé, griffes et crocs à l’air pour défendre son territoire. Ce n’est que vers la fin, quand elle était sur la dernière coupelle qu’elle s’était ressaisie. Ses yeux avaient repris un peu de son air naturel et elle semblait apeurée et confuse par ce qui venait de se passer.

Le pire, elle avait honte. Esteban était témoin de tout ce qui s’était déroulé, elle avait l’impression de s’être exposé de la manière la plus obscène. Pourtant, il l’avait vu nue, dans son état le plus vulnérable, mais ça… En buvant elle sentait un plaisir qu’elle ne se réservait qu’à elle-même, derrière les portes fermés à double-clos, la traverser. La chaleur de ce sang qui pompait ses veines lui était agréable, la couleur de sa peau était revenue sans qu’elle ait recourue à la douche bouillante (qui avait de toutes les manières échouée), mais avant tout elle n’avait plus soif. Ce désert venait de connaître sa première pluie.

‘Ah… Je…’ elle balbutiait, essuyant ses joues avec le dos de ses mains, confuse, mais aux moins sa voix était revenue à son timbre normal ‘Oh ciel… Je suis désolée, je… Non. Oh mon Dieu, qu’ai-je fais? Ne me regardez pas. Pitié…’

Agenouillée devant le frigo elle regardait la lumière blanche qui éclairait son visage. Il n’y avait plus rien et elle avait remarqué à peine le ravage qu’elle avait laissé derrière elle. Les verres vide sur le sol, le sang sec sur ses joues, ses doigts, son menton… Admettre qu’elle aimait ce qui venait d’arriver était comme admettre qu’elle était humaine dans ses besoins intimes, chose qu’elle n’avait fait avec personne. Cette chose privée, honteuse et refoulée. Non, elle n’allait pas l’admettre. La petite fille en elle n’était plus là, le plan d’isolation était complétement abandonnée et elle allait faire ce que l’on avait conseillé pour elle de faire car apparemment elle s’y habituerait. Oui, elle le fera derrière une porte fermée à double-clos.

Elle ne put s’empêcher de se sentir désertée. La princesse voulait qu’on la console, qu’on lui caresse les cheveux et que l’on lui dise que tout irait bien, mais elle se sentait sali par cette expérience et indigne d’un contact physique quelconque.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeJeu 23 Juil - 12:00

Le mécontentement qu'il avait ressenti suite à cette histoire d'isolement potentiel était en train de s'évaporer peu à peu, même si Esteban n'était pas entièrement tranquille. C'était comme d'avoir une sorte de tension, de vigilance permanente qui restait présente en arrière-plan quoiqu'il advienne. Il ne serait pas soulagé avant d'être certain que Tess allait réussir à dépasser le dégoût qu'elle éprouvait à l'idée de boire du sang humain.

C'était une réaction qu'il comprenait pleinement. Il avait lui-même été très radical suite à sa transformation. Cependant, il comprenait aussi la nécessité de dépasser cette réticence initiale ainsi que toutes les émotions conflictuelles que pouvaient générer l'idée de se nourrir de leurs semblables.

Ce n'était évidemment pas quelque chose que Tess allait réussir à faire en un nuit (... ou une journée, vue l'heure). Seulement, il croisait les doigts pour que ce premier repas la mette en chemin dans la bonne direction, et pas l'inverse.

Il souriait avec son naturel habituel, mais on pouvait sentir si on faisait attention aux détails qu'il était encore très nerveux.

"Ne vous inquiétez pas pour le mobilier. Ça n'a aucune forme d'importance. Ce qui m'importe, c'est que vous ne vous fassiez pas mal."

En ce sens, il n'était peut-être pas plus mal qu'elle reste sur le fauteuil cassé, lequel aurait du mal à tomber plus bas (... à condition qu'elle ne finisse pas par briser le sol pour de bon). Il lui laissait de toute façon le choix, il ne voulait pas qu'elle se limite par peur de briser quoique ce fut.

Il lui fit un bref discours d'introduction pour lui expliquer ce qu'elle allait ressentir. Cette fois, son monologue fut de plus courte durée : il ne pouvait pas mettre en mot l’indicible. La soif était une sensation qu'il fallait expérimenter pour comprendre, de même que le plaisir qu'on pouvait avoir à la satisfaire.

Esteban dut se faire violence pour prendre l'une des flûtes dans le frigo et pour la tendre à Tess. Il voulait lui faciliter l'acte en prenant cette initiative, mais la vue du sang mort et froid stagnant dans les verres lui évoquait une morgue. Il ne sentait pas le sang, il sentait plutôt l'odeur doucereuse du formol, ou des diverses substances desquelles on remplissait un cadavre vidé de son fluide. Il sentait et voyait la pourriture noire, jaune, purulente, alors même qu'il savait rationnellement qu'il n'y avait rien de tel dans ces coupes. Juste du sang rouge et probablement délicieux dont le seul tort était d'avoir été prélevé en avance et stocké dans des récipients.

Il essayait de ne pas penser à tout cela et de plutôt se concentrer sur le visage de Tess, qui approchait de lui et qui ne voyait plus que le verre qu'il lui tendait. Jusque là, ses réactions étaient plutôt normales à cela près qu'un vamp (même dans sa première nuit, même réfractaire à l'idée de boire du sang) avait rarement l'air aussi dégoûté lorsqu'il était affamé et qu'il avait le nez à moins d'un mètre de son repas. Une petite cloche d'alarme résonna en lui. Il essaya de l'ignorer.

Le haut-le-cœur violent dont fut saisie la princesse était en revanche impossible à manquer. Les lèvres pincées, Esteban tenta de cacher sa terreur, mais le résultat n'était absolument pas convaincant : il en suintait de toute part. Ses yeux ronds s'étaient fait le temple d'une panique telle qu'il n'aurait pas été loin de faire de la tachycardie si une telle chose était encore possible. Il était heureux qu'elle soit trop concentrée sur ce qu'elle faisait pour remarquer combien il n'en menait pas large.

Elle vida le verre d'un coup. Les secondes qui passèrent furent parmi celles qui de sa vie lui avaient paru les plus longues. Il s'attendait à tout moment à voir la princesse vomir tout ce qu'elle venait de boire sur le sol, en prise au même genre d'épisodes phobiques que ceux auxquels il avait lui-même à faire depuis cinq ans.

Cela n'arriva pas et Esteban cessa de retenir sa respiration. Tess n'était pas loin de ramper vers le frigo. Elle commença à prendre d'elle-même les coupes, une à une, et à les vider avec un plaisir manifeste. Le soulagement d'Esteban fut aussi soudain qu'intense. Il eut l'impression que tous ses muscles se détendaient d'un coup et qu'un énorme poids quittait ses épaules. Et qu'on lui retirait l'espèce de cage étroite qui l'empêchait d'utiliser pleinement ses poumons. L'air lui paraissait frais et délicieux malgré l'odeur du sang mort répandu sur le sol.

Ce soulagement s'exprima par un très gros soupir et il passa la main sur son visage comme pour en essuyer l'inexistante transpiration. Il y avait des réflexes inutiles qu'on ne perdait jamais. Assis sur ses genoux, par terre, Esteban attendit que la princesse en ait terminé. Elle vida l'intégralité du frigo, ce qui ne l'étonna pas outre mesure : on avait toujours énormément soif la première fois.

Elle parut se ressaisir. La soif, certainement, devait commencer à refluer. Il vit les premières traces de honte apparaître dans l'attitude de la jeune femme, sur son visage, et au soulagement succéda un nouvel accès de tristesse qui lui fit encore monter les larmes aux yeux. Encore une fois, Esteban n'était pas étranger au type de sentiments qu'elle pouvait avoir en cet instant où elle se découvrait agenouillée parmi les coupes vides et les tâches de sang involontairement renversées. Comme il s'était senti sale, les premières fois... Comme il avait eu honte de se comporter comme l'animal qu'il n'était pas en face de sa famille... Même encore maintenant, Esteban n'était pas tout à fait à l'aise avec ses pulsions. Il lui arrivait d'en avoir honte et de ne pas oser les assouvir pleinement. Il en avait peur. Il craignait de ne plus avoir l'air assez humain. Il craignait de sombrer dans quelque chose de mal, de malsain. La façon dont Olivia était incapable d'accepter pleinement sa nature de vampire était directement liée à cette difficulté qu'Esteban avait à s'accepter lui-même.

"Ne soyez pas désolée, Tess... Vous n'avez fait de mal à personne. Vous n'avez absolument rien fait de mal, et votre réaction est parfaitement normale. Tout était préparé pour vous et pour ce moment précis. La première fois est la pire. Ensuite, on se contrôle mieux. Je vous le promets, Tess. Ça devient plus facile. Et on ne perd plus le contrôle. Il suffit d'être régulier."

Il n'avait rien d'adéquat sur lui... Il aurait fallu qu'il y pense avant. Esteban se redressa et fouilla dans le tiroir d'une commode en face de lui. Heureusement, il trouva ce qu'il cherchait : un mouchoir en tissu avec lequel il s'approcha de la jeune femme. Il le lui tendit gentiment sous le nez et continua avec douceur :

"Si vous ne souhaitez pas que je vous regarde, je ne vous regarderai pas. Mais vous n'avez pas à avoir honte et je ne détournerai pas les yeux sous prétexte que je suis gêné par ce que je vois. Parce que ce n'est pas le cas. Je ne le ferai que pour vous donner l'intimité que vous jugerez nécessaire."

Ce qu'il ferait immédiatement ensuite dépendrait de la réaction de la néo-vamp, dont il espérait ne pas avoir trop empiété l'espace personnel.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeJeu 23 Juil - 14:38

Elle l’écoutait avec attention, essayant tant bien que mal d’oublier ce qui venait de se passer.  C’était impossible. Penser que cela deviendra aussi normal que de se verser des shakes proteinés dans la gorge l’écoeurait psychologiquement. Mais son corps en disait autrement et elle n’arrivait aucunement à se convaincre. Cette fois il fallait qu’elle parle, sinon elle allait exploser.

‘Est-ce que vous le sentez encore à ce jour?’ elle renifla, sans lâcher du regard la petite lumière qui illuminait le frigo ‘Je ne sais pas si je peux continuer ainsi. Ce sentiment… C’est trop. Je l’ai adoré, j’ai ressenti toutes les fibres de mon corps frémir, je veux le ressentir et ne plus y revenir à la fois. Jamais je n’ai ressenti autant de dégout et autant de… Urgh’ elle plaça son visage dans ses mains ‘Je n’ose pas regarder plus loin. Je n’ose pas le dire à voix haute.’

Elle l’entendait farfouiller le tiroir d’une commode pendant qu’elle parlait, Tess ne doutait pas qu’il l’écoutait et elle s’empêcha de continuer sur cette trajectoire. Certaines choses devaient rester dans sa tête, elle en avait déjà dit trop à son goût. Il y avait des raisons pourquoi la princesse ne gardait pas de journal intime et c’est parce qu’elle avait peur de laisser des traces de ses pensées tomber dans les mains d’autrui. Là où sa vie a été toujours exposé aux médias, ses pensées et ses expériences les plus chères étaient à elle, uniquement à elle. Alors s’ouvrir à un homme qui finalement ne la connaissait que quelques maigres jours? Impensable et scandaleux.

Son fil de pensées fût interrompu par le mouchoir qui venait d’apparaître devant son nez. Elle le prit délicatement et écouta la douceur dans sa voix. Une boule s’était formée dans sa gorge, elle était dévastée et elle ne savait plus que penser. Ce qui vint n’était qu’un flot de mots qui représentaient ses angoisses.

‘Est-ce que vous voulez me regarder?’ elle demanda sans détourner son regard de la lumière froide, son ton était neutre, comme si elle avait demandé s'il voulait manger une pomme ‘Est-ce que vous voulez vous asseoir à côté de moi, me prendre dans vos bras et me consoler? Est-ce que vous ne seriez pas dégouté par ce sang sur mon visage et par l’odeur de mon haleine d’acier? Vous n’auriez pas honte de le faire, de me dire que vous êtes fier de moi, fier de me voir lentement accepter ce qui m’arrive? Vous n’auriez pas honte de me dire que je suis bien comme je suis, à présent?’ elle marqua un temps ‘J’ai aimée cette expérience, je peine à l’admettre à voix haute, mais il le faut. Je dois le dire. Je ne peux plus retourner en arrière... Je veux ressentir cette expérience une fois de plus.’

S’il y avait encore des doutes dans l’esprit d’Esteban quant à cette idée d’isolement, elle pouvait facilement s’évaporer avec ce dernier aveu. Tess se sentait humilié, indigne de l’attention de qui que ça soit et elle voulait simplement vider le mini frigo pour s’enfermer dedans. Elle pensait à ce qu’Esteban ressentait à chaque fois qu’il se nourrissait de la veine, du sentiment que cette personne éprouvait quand elle se faisait vider et du sentiment que le jeune héritier ressentait en le faisant. Le plaisir de se nourrir n’est plus aussi intense, apparemment, que ressentait-il alors? Allait-elle faire ce pas en avant et partager des moments aussi intimes avec des hommes et des femmes qui se donnaient à cœur de joie aux vampires quelconques?

Tess n’en pouvait plus. Mouchoir à présent dans ses mains, puis ses mains sur le visage, ses yeux ne voyaient plus que du noir et elle laissa sa tête baisser. Sa honte n’avait plus de limites, elle se sentait coupable de lui poser un tel fardeau, de lui parler de ses sentiments, de penser ces choses qui n’étaient pas d’ordre du jour… Il lui était impossible d’exprimer à voix haute quant à la peur qui commençait à se faire un nid dans son cœur : qu’allait penser sa famille? Est-ce que Patrick pourra voir à travers sa nouvelle identité et ressortir l’ancienne Tess qui semblait lui échapper à travers les doigts? Ce rapprochement avec son ancêtre s’accentuait, elle sentait comme des démangeaisons nerveuses sur sa tête.
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MessageSujet: Re: Le moment que l'on attendait tous   Le moment que l'on attendait tous - Page 2 Icon_minitimeJeu 23 Juil - 18:20

Malheureux, Esteban écoutait avec attention tout ce qui sortait de la bouche de Tess. C'était la première fois qu'elle s'exprimait autant depuis qu'elle avait pris conscience de ce qui lui était arrivé. Jusqu'à présent, c'était surtout Esteban qui avait parlé, pour répondre aux demandes/questions de la jeune femme ou pour les anticiper. Il fouillait dans ce tiroir à la recherche d'un mouchoir et il pesait le pour et le contre de ce qu'il avait à répondre. Il ne voulait pas la brusquer car elle était déjà bien assez choquée sans qu'il en rajoute. D'un autre côté, il y avait des choses qu'il fallait qu'elle voie, qu'elle sache, qu'elle comprenne, et il n'était pas sûr de lui faire une fleur en repoussant le moment de la prise de conscience.

"Le dégoût disparaît au bout d'un moment."

Lorsque l'esprit daignait accepter l'idée de se nourrir du fluide vital d'autres humains. Lorsqu'on était prêt, on se rendait rapidement compte que c'était en réalité bien plus propre et bien plus moral que de manger des animaux : on ne tuait personne, et on ne prenait que ce qui était offert de manière absolument consciente et consentie. Ce n'était "dégoûtant" que parce que culturellement parlant, on en avait décidé ainsi.

"C'est un changement très dur à accepter, Tess, je le sais. Votre métabolisme a changé, et c'est aussi le cas de votre goût. Notre corps est fait pour aimer la nourriture dont il a besoin pour subsister dans de bonnes conditions... Cela reste agréable même lorsque la soif n'est pas intense. Mais on se contrôle. Dans un verre, j'imagine que cela finit par ne plus devenir aussi... envoûtant."

Il était dur de rester de marbre lorsqu'on s'adonnait à la morsure, mais Tess avait la chance de pouvoir se passer de cette expérience si elle en avait envie. Elle pouvait boire le sang dans une flûte de champagne, un mug ou même un bol de soupe rose à poids verts pour le restant de ses jours si c'était ce qu'elle souhaitait.

Elle ne lui trouverait plus le goût rance et métallique, peu capiteux, qu'il avait sur la langue des humains. Pour eux, tout devenait bien plus riche, délicieux : on pouvait lui trouver un goût légèrement sucré, des arômes de fleurs, ou encore de fruits rouges. Selon la provenance, ce goût pouvait changer. La comparaison la plus proche qu'on pouvait faire était celle du vin : on savait toujours qu'on buvait du vin lorsqu'on buvait du vin, même si le goût n'était jamais exactement similaire.

Il lui tendit un mouchoir pour qu'elle puisse essuyer son visage et ses doigts à l'envie. Elle lui avait demandé de ne pas la regarder mais il voulait lui faire comprendre qu'elle n'avait pas à avoir honte d'elle, quand bien même il se détournerait chastement si c'était là son souhait.

Les déclarations qui suivirent le perturbèrent énormément car il n'arrivait pas à savoir si Tess cherchait à l'accuser, ou bien si ce qu'elle exprimait au travers de ces nombreuses questions était  un besoin de soutien non assumé.

L'héritier hésita un instant, la gorge nouée. Il avait dans les yeux une pointe de terreur. Il ne se sentait pas du tout légitime à ce qu'il allait faire. Il avait peur d'être rejeté. Peur de dépasser les limites invisibles de Tess. Cette idée lui faisait horreur. Elle lui donnait l'impression de devenir son père.

Mais elle était seule et dévastée. Sa famille n'était pas là et allait peut-être la rejeter comme les Luz-Descalzo avaient rejeté Esteban. Son garde du corps, avec qui elle semblait entretenir une profonde relation, n'allait pas pouvoir rester. Coupable de ce qui lui arrivait, Esteban était un soutien bien inadapté, mais elle n'avait aucune autre option. Pour le moment, il n'y avait que lui.

"Ce dont j'ai honte, princesse, c'est de moi et certainement pas de vous. J'ai honte parce que je n'ai pas été assez rapide et qu'au lieu de vous sauver la vie, j'ai transformé votre existence pour toujours. J'ai honte parce que je vous ai infligé une condition dont vous n'avez jamais voulu, alors même que je m'étais promis que cela n'arriverait jamais plus... Je m'étais juré que je ne ferais à personne ce qu'on m'a fait à moi. De cela, j'ai terriblement honte et c'est à peine si je me sens le droit de vous approcher."

C'était pourtant ce qu'il allait faire, à moins que des signaux mixtes lui indiquent un autre mode d'action. Esteban vint s'asseoir à côté de Tess, exactement comme elle l'avait mis au défi de le faire.

"D'avance, je vous prie de m'excuser si j'ai mal interprété."

Il était glacé. Figé. Allait-il réellement réussir à le faire ? Après un instant d'hésitation, il entoura de ses bras le corps de la princesse et la serra contre lui pour lui offrir cette consolation qu'il n'était pas certain qu'elle ait vraiment demandé, mais dont elle devait très certainement avoir besoin quoiqu'il en soit... Car qui n'en aurait pas eu l'usage dans une telle situation ?

"Je ne voulais pas que cela vous arrive et je déteste vous voir souffrir ainsi, mais ça ne signifie pas que ce que vous êtes devenue est honteux. Je vois ce sang. Je le sens autant que vous le sentez. Vous saviez ce que j'étais avant même que nous décidions de nous revoir et pourtant, vous m'avez accepté tel que j'étais, n'est-ce pas ? Cela fait cinq ans que je suis obligé de boire du sang quotidiennement. Vous évitiez peut-être d'y penser, mais malgré tout, vous le saviez. Mon existence avait t-elle moins de valeur à vos yeux en vertu de cette information ?"

Il eut envie d'essuyer le sang au coin de sa lèvre et il esquissa un geste dans cette direction avant de se raviser. Non. Il n'avait pas le droit.

"Et vous avez raison. Vous pouvez être fière. Je sais combien c'est dur à accepter... Mais vous parvenez déjà à y mettre des mots, et à y faire face. Lorsque j'étais à votre place, il m'a fallu des semaines entières pour y parvenir. Vous êtes forte, Tess. Quoiqu'il advienne, vous allez vous en sortir. Je sais que vous y arriverez."

En réalité leurs deux situations n'étaient pas comparables : Tess n'avait jamais détesté les vampires avec autant de force qu'Esteban avait pu le faire. Mais Esteban, lorsqu'il avait été transformé, se savait condamné. La princesse ne l'avait pas vu venir. Leurs épreuves étaient très différentes.
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