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 Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.

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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeJeu 16 Juil - 22:36

Il y avait des limites même à la naïveté d'Esteban ainsi qu'à son incroyable capacité à ne saisir aucun sous-entendu. Ou peut-être était-ce simplement qu'il connaissait trop bien sa tante. Luisa avait mis de très très gros sabots, à croire qu'elle voulait être sûre que le vampire avait bien compris où elle voulait en venir. Cessant brièvement de fouiller leurs affaires, le jeune homme se retourna et lança à son aînée un regard noir dont la signification n'aurait pas pu être plus claire : "Ne me compare pas à toi, ça n'a rien à voir".

Quelques préparatifs plus tard, ils étaient tous les deux quasiment habillés et enfermés dans la même salle de bain. Esteban était plus impressionné (et plus satisfait) de leurs apparences qu'il ne voulait l'admettre, mais il finit évidemment par ne se concentrer que sur le négatif : ce changement de style brutal le rapprochait de l'image qu'il se faisait d'un vampire. Il vit du coin de l’œil que sa remarque n'avait pas plu à Luisa, mais il ignora la réaction de sa tante.

Elle savait tout le  mal qu'il pensait de sa situation. Combien il était dévasté. Ce qu'il avait prévu de faire dès son procès terminé. Il faisait de son mieux pour "fonctionner", parce qu'il devait se nourrir, et qu'il n'avait d'autre choix que d'aller chercher le sang là où il était. Cependant, il n'allait mieux qu'en apparence, et faire semblant était épuisant. Son manque d'entrain ne devait pas réellement étonner Luisa. Elle n'était pas du genre à croire aux contes de fée.

"Merci..."

Il ajusta les maillons par dessus la résille que dévoilait le col de sa chemise, dont il avait laissé les derniers boutons ouverts. Il avait l'impression d'être sur le point d'aller faire le trottoir... Et le pire, c'est que ce compte-tenu des effets de la morsure vampirique, ce parallèle n'était pas entièrement absurde. Quelle déchéance...

La discussion tournait maintenant autour d'une tresse que Luisa envisageait de mettre dans ses cheveux. Il avait plus ou moins appris à les faire grâce à l'une de ses petites-amies, Jane. Il était impressionné que ce nom dise quelque chose à Luisa. Une grimace déforma brièvement ses traits.

"Tu as bonne mémoire, compte-tenu du fait que ça n'a tenu que trois semaines..."

Avant Erin, il n'avait eu que deux petites amies. Deux désastres. Ça n'avait jamais duré très longtemps, et il s'était fait larguer au téléphone. Deux fois.

Quant à Erin... Eh bien, c'était un désastre aussi. Mais pour d'autres raisons.

Bref. Les tresses.

Esteban n'était pas certain que ce type de coiffure fut adapté à leur destination, mais Luisa voulut le détromper. Ce qu'elle fit un peu trop efficacement.

"Cela laisse un certain accès au cou. C'est une potentielle invitation."

Les yeux du vampire tombèrent sur la courbe que Luisa l'avait invité à regarder. Il se souvint un peu brutalement qu'il n'était pas nourri. Son organisme trop longtemps privé lui fit un coup en traître. Les pupilles d'Esteban se dilatèrent. Sa gorge lui donna subitement l'impression d'être sèche à l'en brûler, et une douleur tirait sur ses crocs, dont il sentait la présence comme jamais. Il prit mieux conscience de l'odeur agréable du sang, répandue dans tout l'appartement. Soudain, il n'entendait plus que le pouls de Luisa. Ses yeux étaient capables de voir les légers mouvements de sa jugulaire, sous le ras de cou, qui s'abaissait et se soulevait à chaque nouveau battement.

... Il s'arracha brutalement de cette vision tentatrice et s'appuya sur l'évier de la salle de bain, terriblement embarrassé. Ses yeux préalablement vidés de toute autre émotion que sa soif animale exprimaient la honte et la culpabilité. Il faisait de son mieux pour ne plus regarder Luisa, de peur que tout recommence. Esteban cacha sa bouche et le bas de son nez dans la paume d'une de ses mains.

"... Je te crois sur parole..."

Euphémisme. Mais que pouvait-il dire d'autre ? Un "Je vois" aurait peut-être été moins incriminant, certes, mais pas de beaucoup.

Il cessa à nouveau de respirer, craignant un nouvel accident. Il ne le ferait que lorsqu'il aurait besoin d'air pour parler.

"... D'où est-ce que tu sais tout ça, exactement ?"

Pour la seconde fois en trop peu de temps, il regretta immédiatement sa question.
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Luisa Selva Moreno
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeVen 17 Juil - 11:57

Ah ! Il était là ! Le regard noir si caractéristique, qu'il lui lançait à chaque fois qu'elle pouvait faire une pique de ce genre. Luisa aurait pu se vexer d'un tel comportement, en réalité. Elle aurait pu se fatiguer qu'on estime sans arrêt qu'elle ne soit pas un exemple à suivre, qu'elle ne faisait que le contraire de ce qu'on lui demandait de faire. Car c'était faux, et tous le savait. La cheffe d'entreprise était extrêmement douée pour ce qu'elle faisait. Elle avait juste légèrement dévié du chemin.

De toute façon, elle ne s'en vexait pas. Loin de là. Au contraire, c'est un éclat de rire qui sortit de sa bouche en réponse, honnête et sincère comme elle n'en avait pas eu beaucoup depuis le début de cette soirée de l'Enfer. Elle se moquait bien de ce qu'Esteban pouvait dire ou penser à ce niveau. Ils se ressemblaient beaucoup plus qu'il ne voulait l'admettre, et il finirait bien par s'en rendre compte un jour (et réaliser que ce n'était pas une malédiction).

La suite lui retira un peu de sa bonne humeur, mais elle aurait dû s'y attendre. Elle n'allait pas changer la psyché de son neveu en deux coups de ciseaux et trois cocktails bon marché. Au moins, elle essayait ! Elle savait qu'il s'agissait d'un marathon, de toute façon.

Sans s’appesantir plus là-dessus, elle obtempéra et aida son filleul à mettre la chaîne qu'il avait dans les mains. Elle le laissa l'arranger comme il souhaitait tandis qu'elle-même réfléchissait à vois haute à sa mise en plis... Le nom d'une jeune femme fit son apparition, Esteban s'étonnant qu'elle s'en rappelle. Elle haussa légèrement les épaules.

"Je m'intéresse à ta vie amoureuse, qu'est-ce que tu crois ?! Je risque de me coltiner cette personne à toutes les réunions de famille, je te signale !"

Luisa aurait pu lui dire qu'en réalité, sa mère était celle qui s'y intéressait le plus, et qu'elle ne faisait qu'écouter, dans sa grande bonté d'âme. Mais mentionner Olivia n'était pas une excellente idée actuellement. Sans compter qu'elle n'avait pas menti : elle se coltinait déjà assez de rabats-joie aux réunions de famille en l'état, elle avait bien l'intention que la personne qui la rejoindrait via son neveu serait plus intéressante que la moyenne !

...Enfin, elle n'allait pas choisir à sa place, et la situation actuelle rendait lesdites réunions de famille plus ou moins caduques, mais l'idée était là.

Bref, il lui demandait pourquoi des tresses, pas vraiment convaincu par l'intérêt de la chose. Magnanime, Luisa décida de lui prouver le contraire.

Comme cela pouvait lui arriver plus souvent qu'elle ne voulait bien l'admettre, elle avait agit avant de réfléchir jusqu'au bout. Sa tendance à vouloir considérer son neveu comme un être humain normal (ce qu'il était, vous ne lui ferez pas dire le contraire) lui faisait mettre de côté le fait que ses besoins n'étaient plus les siens, et que ce qu'elle lui montrait lui parlait trop. Beaucoup trop.

Gardant son calme, Luisa observait son vampire de neveu sans rien dire. Elle ne recula pas, mais elle n'avança pas non plus. Elle ne bougeait pas d'un pouce, le regard fixé sur son visage, consciente qu'il était de toute façon trop tard pour faire quoi que ce soit s'il décidait d'attaquer. Ils étaient enfermés dans une pièce d'une taille certes raisonnable, mais qui restait une salle de bains. Et de toute façon, ce n'était pas comme si elle pouvait espérer lui échapper en courant un sprint.

Plus calme d'apparence qu'elle ne l'était intérieurement, Luisa attendait que l'instant passe. Il n'y avait rien d'autre à faire. Lorsqu'Esteban s'appuya sur l'évier, la mexicaine ferma les yeux un court instant, soulagée. Puis elle reprit son ouvrage, sans répondre au jeune homme. Ils avaient tous deux eu la preuve qu'ils attendaient.

Luisa s'était donc mise à vaguement tresser ses cheveux sur le côté (elle n'était pas très douée, mais au pire, cela ferait un effet qui pouvait toujours convenir) en faisant une moue concentrée, quand la question de son filleul la stoppa brutalement. Son regard dévia sur le côté et son silence fut un peu plus long que la normale avant qu'elle ne reprenne ce qu'elle était en train de faire et réponde sur un ton qui montrait qu'elle aurait préféré garder cela pour elle.

"...Disons que l'immense appartement-terrasse au dernier étage de mon immeuble n'est pas le premier endroit où j'ai cherché."

Mal à l'aise, elle évitait son reflet. Luisa était beaucoup de choses, mais elle n'assumait pas toujours le fait d'être une tante-poule inquiète pour le bien-être de son neveu et filleul adoré. D'autant qu'elle faisait son possible en tous temps pour ne pas en donner l'impression. Elle changea rapidement de sujet en pointant du doigt une brosse à cheveux sur l'évier, dont le manche était recouvert d'élastiques.

"Passe-moi un élastique, veux-tu ?"
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeVen 17 Juil - 13:26

"Quelles réunions de famille... ?"

Luisa y avait pensé tardivement : pour Esteban, il n'y aurait plus de réunions de famille, de toute façon. Cette notion avait en revanche éclaté à la figure du vampire comme la plus limpide des évidences. La pique de Luisa lui était de ce fait apparue comme absurde et relativement inadaptée. C'était comme si elle avait oublié à qui elle parlait, la catastrophe qu'il avait subie et le détail des implications qui suivaient.

L’œil terne, le jeune homme se rembrunissait sensiblement. Son apparente mauvaise humeur cachait une profonde mélancolie, ce dont Luisa se rendrait certainement compte : Esteban avait trop peu de répondant pour être réellement en colère contre elle. Il faisait son possible pour maquiller son abattement en exaspération car il ne pouvait pas se permettre de craquer à nouveau. Pas maintenant. Pas tant qu'il ne se serait pas nourri.

Et d'ailleurs, ils en eurent une démonstration assez parlante. Luisa avait accidentellement provoqué sa soif en lui montrant sa jugulaire dégagée. Ce n'était pas passé loin. Esteban avait bien vu qu'il lui avait fait peur : elle s'était figée comme une proie face à un prédateur. C'était d'ailleurs exactement ce dont il était question.

Dieu... Il ne voulait pas être un prédateur. Il ne voulait pas être dangereux. Il ne voulait pas être effrayant.

Le regard de Luisa, quoique nettement plus retenu, lui avait rappelé le comportement de sa mère lorsqu'elle l'avait découvert transformé. Elle pouvait peut-être se rendre inexpressive à l'envie, mais elle ne pouvait pas masquer l'accélération de son rythme cardiaque. Ni la légère odeur de sueur qui émanait d'elle à l'instant. Cela suffisait au vampire pour comprendre la signification de cette subtile brillance qu'il avait lue au moment presque inexistant où leurs yeux s'étaient croisés.

Sa honte n'en était que plus cuisante. Il avait envie de pleurer. De se confondre en excuses. De se caler dans la baignoire, roulé en boule, et de ne plus en bouger.

Mais cela aurait été très malvenu. Encore une fois : plus que jamais, ce n'était pas le moment qu'il craque. Ce genre d'accidents ne devait plus survenir. Être fonctionnel, sortir, boire du sang, rentrer. Après cela seulement il pourrait permettre à ses nerfs de lâcher.

Ils firent mine de rien, l'un comme l'autre. Luisa l'avait convaincu : ce type de coiffure devait effectivement faire fureur dans le Quartier Sanglant. Maître de lui-même, il lui aurait sans doute conseillé de chercher autre chose. Cette "potentielle invitation" aurait tôt fait de devenir synonyme de danger excessif, assumée face à une bande de vampires affamés.

Perturbé comme il l'était, ce fut tout à fait autre chose qui sortit de sa bouche : d'où en savait-elle tant sur la façon d'attirer les vampires et d'attiser leurs plus sombres envies ? Certes, sa tante savait plein de choses. Lorsqu'il s'agissait de sortir des sentiers battus, elle avait beaucoup plus d'expérience que lui et que sa mère réunis pour la bonne raison qu'elle ne se refusait pas grand chose. Elle faisait peu de cas des limites établies par la famille.

Mais... Tout de même. Les vampires. L'acte de morsure, et le contexte dans lequel ce dernier pouvait survenir. Même pour Luisa, cela lui paraissait exagérément osé.

"...Disons que l'immense appartement-terrasse au dernier étage de mon immeuble n'est pas le premier endroit où j'ai cherché."

C'était trop détourné pour qu'Esteban et ce qu'il restait encore de son incroyable naïveté comprennent tout de suite où elle voulait en venir. Il ne comprenait pas le rapport entre cette réponse et sa question, ce qui se voyait à la façon dont il fronçait les sourcils. On pouvait visualiser les rouages dans sa tête qui tournaient. Dans le vide.

"Euh... oui, attend."

Il chercha des yeux la fameuse brosse puis s'échina à en retirer l'un des élastiques. Luisa n'avait pas réussi à détourner son attention du précédent aveu : il n'avait toujours pas compris, alors il continuait de réfléchir à plein régime.

"Tiens."

Les facultés de réflexion du vampire commençaient certainement déjà à évoluer, entraînées par les épreuves qui se succédaient. Son innocence s'effritait doucement mais sûrement. Là où le pourquoi du comment lui aurait entièrement échappé au préalable, il parvint à une conclusion tout seul. En retard, certes, mais tout seul.

Approximativement au moment où leurs doigts se rencontraient pour passer le fameux élastique d'une main vers l'autre, la connexion se fit. Esteban dressa subitement la tête, entraîné par une profonde surprise. Une surprise presque ingénue, tant elle était sincère.

De ce qu'il avait compris, l'emménagement de Luisa dans le même immeuble que lui avait été un pur hasard. Il s'était bien imaginé que Karl chercherait à le retrouver... Mais sa famille ? L'abandon d'Olivia l'avait marqué bien au-delà de ce dont il avait conscience. Il s'était imaginé que Luisa avait emménagé à la Nouvelle-Orléans pour soutenir sa sœur dans le moment difficile qu'elle vivait. Qu'il s'agissait de l'unique raison de sa venue. Que ce n'était qu'un énorme coup du sort qui l'avait amenée à le trouver lui, et qu'elle n'avait décidé de l'aider que parce que sa tante était une bonne personne, indépendamment de son manque de convenance. Elle n'avait pas pu consentir à le laisser seul là haut, dans cet état. Mais de là à penser que...

"... Tu m'as cherché.. ?"

Pourquoi cela faisait-il monter en lui une telle émotion ? Ses yeux étaient certainement en train de briller beaucoup trop fort. Cela dit, il y avait maintenant un autre sentiment. De l'effroi. De la peur pour la sécurité de Luisa. Il n'y avait pas dix mille endroits où elle aurait pu se renseigner sur les habitudes des groupies. Elle n'avait quand même pas pu prendre de tels risques ? Pas juste pour lui ?

"... Là-bas ? Tu m'as cherché là-bas ?"

Il n'en méritait pas tant.

Et les déductions venaient par grappes. Ça, ce n'était vraiment pas quelque chose dont il avait l'habitude. Si elle avait appris les mœurs des groupies, cela signifiait-il qu'elle était allée jusqu'à.. ?

Il porta une main devant sa bouche, horrifié. S'était-elle fait mordre par sa faute ? Avait-elle risqué le même genre d'agression que celle qui avait coûté la vie à Esteban ?

"Est-ce qu'ils t-ont... ?"

Mais il n'arrivait plus à parler, et bientôt, il allait certainement pleurer. Heureusement que Luisa n'avait pas encore essayé de le maquiller.
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Luisa Selva Moreno
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeVen 17 Juil - 14:11

"..."

Luisa ne répondit pas, se contentant de lever les yeux au ciel en faisant comme si elle n'avait rien entendu. Là dessus, elle savait qu'ils ne seraient pas d'accord avant des lustres et elle n'avait pas la moindre envie de se lancer dans ce débat. D'autant qu'elle entendait à la voix et à la véhémence de son neveu qu'il était sur le point de se mettre en colère, et qu'elle n'avait pas envie que cela arrive. De plus, elle savait qu'elle avait merdé et qu'elle aurait dû se taire au lieu de laisser échapper quoi que ce soit sur ces fameuses réunions.

La conversation changea, et même si sa pokerface était irréprochable (à force de travailler avec des requins, on apprenait à donner le change), Luisa était incapable de cacher les signes physiologiques qui montraient qu'elle était plus que consciente du danger. Et elle remarqua assez rapidement que son neveu s'en était lui aussi rendu compte. Il le vivait bien moins bien qu'il tentait de le faire paraître, lui aussi, en touchant ses crocs face au miroir. Luisa n'avait pourtant pas peur de son neveu au sens strict du terme : sinon, elle ne l'aurait pas nourri plus tôt dans la journée. Cependant, voilà où ils en étaient. Esteban restait un vampire qui pouvait la vider de son sang si l'envie l'en prenait. Le problème n'était pas qu'il le fasse ou non, car elle lui faisait entièrement confiance, mais le fait qu'il soit dans un état le lui permettant. Et ça, ce n'était pas encore le cas. Pas pour rien qu'ils se préparaient à sortir.

L'incident passa et ils continuèrent leurs préparatifs, jusqu'à ce qu'Esteban pose une question à laquelle elle n'avait pas envie de répondre. Oh, elle aurait pu choisir la solution de facilité : mettre ça sur le compte de son éternelle "non-convenabilité" dont on semblait l'avoir affublée à la naissance d'une ou deux phrases bien choisies. Mais si elle mentait à son neveu sans vergogne sur certains sujets, elle n'était pas entièrement sereine face à l'idée de ne pas avouer le pourquoi du comment cette fois-ci, simplement parce qu'elle refusait de montrer ses faiblesses. C'était Esteban. Il avait le droit de savoir.

De bien des manières, il avait besoin de savoir.

La réponse sortit donc de manière légèrement tendue, aveu à contrecœur qu'elle cacha bien vite sous une autre préoccupation. A la façon dont il répondit à sa demande, Luisa se rendit rapidement compte qu'Esteban n'avait pas entièrement compris ce qu'elle venait de lui dire. C'était tant mieux, en un sens.

"Merci."

L'espace d'un instant, elle se crut sauvée. Faire comme si de rien n'était avait fonctionné, et elle était tranquille. C'était avant de croiser la surprise dans le regard de son filleul alors qu'elle prenait l'objet dans ses mains. Elle grimaça, à la fois parce qu'elle savait ce que cela voulait dire pour elle et parce qu'elle n'aimait pas du tout l'idée que cela puisse l'étonner ainsi. Il avait toujours été choyé, comment pouvait-il penser que ce ne serait plus le cas à présent ?! Après tout, il le disait lui-même, elle était la moins recommandable de la famille.

Cela ne voulait pas dire qu'elle était celle qui l'aimait le moins. Loin de là.

Cachant son émotion en déviant son regard sur ses cheveux, Luisa prit un temps bien plus long que la moyenne pour attacher le fameux élastique. Esteban avait déjà reprit la parole, et elle répondit plus sèchement qu'il ne le méritait.

"Evidemment que je t'ai cherché."

"Ne sois pas stupide"
était la suite impliquée, qu'elle n'avait cependant pas dit à voix haute. Elle avait terminé avec ses cheveux. Son regard fixé sur le miroir, elle décida de passer au maquillage. S'ils continuaient à passer autant de temps à discuter au lieu de se préparer, il ferait jour avant qu'ils ne sortent.

Oui, la mauvaise foi, c'était de famille.

"Personne ne savait où tu étais, Tebi. C'était un choix comme un autre. Une décision logique."

Que personne d'autre n'aurait prise. Elle eut un léger rire, un peu moqueur, qui s'adressait plus à elle-même qu'autre chose.

"Après tout, qui d'autre aurait été assez peu convenable pour le faire ?"

Sans compter que peu avaient effectivement cherché à le faire.

Elle avait presque l'impression qu'elle s'en était sorti. Qu'il n'allait pas insister plus que cela. L'air horrifié qui se peignit sur son visages quelques secondes plus tard, certainement via une autre épiphanie interne, la dissuada. Cependant, cette fois, elle se tourna vers lui, laissant tomber les outils de maquillage qu'elle avait pu commencer à sortir. Elle posa ses deux mains de chaque côté du visage de son neveu, s'assurant qu'elle avait son entière attention.

"Ils ne m'ont rien fait, Tebi." Rien qu'elle n'avait pas voulu, du moins -mais il n'avait pas besoin d'entendre ce genre de détails. "Je suis restée dans des lieux relativement populaires, me suis contentée de rechercher des informations, pour savoir si l'un d'entre eux t'aurait aperçu. Rien de plus."

Avec un très léger sourire, elle haussa les épaules et tenta de dédramatiser à nouveau la situation.

"Et puisque tu te parquais là-haut, je n'ai rien appris. Finalement, ce fut aussi décevant qu'une sortie dans les nightclubs d'Ibiza."
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeVen 17 Juil - 16:36

Il accusa le coup en clignant des yeux et en fermant la bouche un peu trop promptement. Esteban avait toujours été trop sensible pour son propre bien. Depuis quelques temps, il encaissait encore moins bien qu'avant. L’ego ravagé par tout ce qui lui était arrivé, les nerfs à fleur de peau, il supportait très mal de se faire aboyer dessus. Surtout que c'était injuste.

Parce que non. Qu'un membre de sa famille l'ait activement recherché pour une autre raison que son élimination systématique,  cela n'avait rien d'évident. Même si c'était Luisa. Sa tante finançait le TPH à l'instar de ses autres parents, et ce n'était pas parce qu'elle était moins portée sur les bonnes mœurs que les autres que cela voulait systématiquement tout dire. Sa propre mère l'avait regardé comme un étranger, avec peur et dégoût. Son oncle, qu'il considérait comme un père, était certainement en train de planifier son assassinat. A quoi aurait-il dû s'attendre ?

Tout cela, Luisa devait le savoir autant que lui.

"Personne ne savait où tu étais, Tebi. C'était un choix comme un autre. Une décision logique."

Un choix comme un autre. Une décision logique. A tout vouloir rationaliser de la sorte, Luisa recréait volontairement une distance entre eux. On aurait dit qu'elle cherchait à lui faire comprendre qu'elle avait décidé de partir à sa recherche comme elle aurait choisi d'aller faire du shopping sur les Champs-Elysées : parce qu'elle le pouvait et qu'elle en éprouvait une envie banale. Désintéressée.

Ce n'était pas parce qu'Esteban pensait que ceux qui avaient choisi de l'abandonner avaient raison qu'il vivait mieux cet abandon. Il se sentait terriblement seul. Il avait terriblement besoin de la présence, de l'attention, de l'amour de ses proches. Même s'il pensait devoir les rejeter. Même s'il pensait ne plus rien mériter de tout ça.

Il n'avait plus assez confiance en lui. Plus assez de considération à l'égard de sa propre personne pour prendre le recul nécessaire et pour être en mesure d'analyser les propos de Luisa sous un angle plus objectif. Il avait froid. Il se sentait mal. Son cœur lui paraissait encore être sur le point de se déchirer. Les assurances données la veille auraient dû suffire à lui faire comprendre qu'il interprétait mal les propos de sa tante, mais il n'avait pas été assez lucide : tout résidait dans un flou insuffisant. Ou trop important, peut-être, car à cet instant précis, il n'arrivait plus à réfléchir correctement. Un morceau de son esprit perdit pied, se détacha, éclata sous la forme d'une pensée irrationnelle, paranoïaque : Eh, quoi ? Dans ce cas, pour elle, il n'était qu'un jouet ? Une distraction, pour passer le temps. Un vampire n'était guère plus qu'un objet et on pouvait certainement l'utiliser pour son divertissement personnel

De l'amertume. De la colère. L'envie de faire mal autant qu'il avait mal. Une lueur sombre, dure, étrangère, légèrement démente enfin s'alluma dans le regard du jeune homme avant de disparaître presque immédiatement.

Confus, il se rendit vite compte que rien de tout cela n'avait aucun sens. Pourquoi se serait-elle mise en danger, pourquoi aurait-elle fait tant d'efforts avec lui si elle n'avait cherché qu'à passer le temps ? S'occuper de lui était loin d'être une sinécure, il en avait conscience. Et de toute façon, Luisa n'était pas comme ça.

Que devait-il comprendre, alors ? Pourquoi faisait-elle tout ça ?
Il n'en savait plus rien. Il ne voulait plus y penser.

Il gardait les yeux détournés. La bouche fermement serrée. Il se serait probablement muré dans le silence si il n'avait pas pris conscience d'autre chose. Une chose suffisamment choquante à son goût pour le secouer, et pour forcer la réouverture d'un lien qui se serait autrement avérée difficile.

Les mots qu'elle prononça eurent autant d'effet sur lui que la sensation de ses mains contre son visage. Ses yeux vacillèrent légèrement avant de parvenir à s'arrêter dans ceux de Luisa. Bien sûr, il était rassuré d'apprendre qu'elle n'avait rien fait de (trop) stupide. Qu'il ne lui était arrivé rien de mal. Mais il n'était absolument pas en mesure de prendre à la légère l'espèce de plaisanterie sur laquelle elle voulut achever son explication.

Il avait les yeux brillants. Il avait froid. Il avait mal. Il tremblait. Il se sentait encore délaissé. L'image de son téléphone dans les premiers jours lui revenait. Erin. Karl. Et c'était à peu près tout. Jamais un seul message de la part d'Olivia. Jamais une tentative d'appel. C'était normal. C'était rassurant.

... C'était horrible.

Sans oublier d'arrêter sa respiration pour ne rien risquer, il posa son front sur l'épaule de Luisa et il la serra dans ses bras. Un appel à l'aide de plus. Il allait tomber. Il lui fallait une assurance. Il ne pouvait plus continuer sans personne. Il allait devenir fou si ce n'était pas déjà fait. Elle ne faisait pas semblant... Elle ne faisait pas semblant, n'est-ce pas ?

"... j'ai peur... Ne me laisse pas tout seul... Je ne reconnais plus personne... Je ne sais plus qui je suis... Ne me crie pas dessus... Arrête de faire ça... S'il te plait..."

Restait à savoir si cela ferait sens pour Luisa, mais c'était ce qu'Esteban ressentait, et il n'avait trouvé que cette solution pour ne pas perdre entièrement les pédales et compromettre leur soirée à venir : il fallait qu'il mette des mots sur ce qu'il ressentait. Qu'ils parviennent à communiquer et à effacer ces doutes affreux.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeVen 17 Juil - 17:24

Esteban et Luisa avaient toujours eu du mal à se comprendre. Parce qu'ils se ressemblaient beaucoup trop, avec la même fierté mal placée et les mêmes envies de tout envoyer balader mais qu'elle était la seule à assumer (quoi qu'il en dise). Durant toute l'enfance et l'adolescence du jeune homme, sa tante avait été là, le surveillant à sa manière tout en jouant les petits diables sur son épaule parce que, avouons-le, c'était beaucoup plus amusant (surtout quand sa faisait rager sa mère). Elle avait tenté, avec l'aide de son parrain, de lui inculquer les valeurs qui lui seraient essentielles pour faire prospérer le nom de la famille et leurs acquis, mais sans jamais oublier de lui rappeler qu'il n'avait pas à leur obéir au doigt et à l'oeil. Ça, Juan ne l'avait jamais apprécié, mais il avait laissé faire, convaincu qu'Esteban était de toute façon bien trop malléable pour les compromettre.

Il s'était mis le doigt dans l’œil jusqu'au coude et la mexicaine s'en enorgueillait chaque jour que Dieu faisait. Même à présent qu'il était là, des crocs dans la bouche et l'air complètement désemparé, elle ne pourrait jamais être plus fière de lui.

Mais ça, ce n'étaient pas des choses qu'elle disait. Elle laissait Olivia s'en charger. La mère parfaite qu'elle était était faite pour exulter sous les exploits de son rejeton. Elle, elle était là pour lui garder les pieds sur terre et l'entraîner avec elle dans ses folies de temps en temps. Cela lui convenait.

Avec les derniers événements, l'équilibre avait été bouleversé. Olivia n'était plus là. Esteban n'était plus le même. Elle, elle n'avait pas changé et c'était là tout le problème : sa fierté mal placée leur causait du tort. Elle s'en rendit compte un peu trop tard, en voyant le regard de filleul s'allumer d'une étincelle qu'elle ne l'y avait jamais vue. Sombre et dangereuse. Pour lui plus que pour elle.

Aussi, quand il finit par lui demander s'il lui était arrivé quelque chose pendant ses précédentes balades dans le Quartier Sanglant, elle n'avait pas hésité avant de s'approcher et d'initier un contact, malgré la mauvaise expérience qu'ils avaient eu avec sa gorge un peu plus tôt : c'était son neveu, son filleul, le gamin qu'elle avait vu grandir et qu'elle s'était toujours juré de protéger. Le reste n'avait que peu d'importance.

Elle sut qu'elle avait réussi à l'atteindre au moment où son regard rencontra le sien. Elle sut également qu'il allait mal, qu'elle avait déclenché quelque chose qu'elle n'avait pas anticipé. Elle se flagella intérieurement. Elle savait pourtant qu'elle devait changer de paradigme avec son neveu, qu'il ne réagissait plus comme avant. Mais c'était difficile de s'en rappeler constamment et de parvenir à être une parfaite mère de substitution.

Se laissant emporter dans l'étreinte de son neveu, Luisa l'embrassa sur la tempe et passa une main douce dans ses cheveux, l'autre caressant son dos. Elle posa sa tête contre la sienne avant de répondre, avec un ton doux qu'elle n'avait presque jamais.

"Je suis là, Tebi. Je serai toujours là. Je n'ai pas changé d'un iota et ce n'est pas demain la veille que ça va arriver. Tu peux compter sur ça. Tu peux compter sur moi. Je ne t'ai jamais abandonné et je ne t'abandonnerai jamais. Je te le promets."

Elle soupira et ravala sa fierté. Ce n'était pas la première fois, simplement peut-être la première face à son neveu.

"Je t'ai cherché partout parce que je me faisais du souci pour toi. Je me suis toujours fait du souci pour toi, tu sais ? Et je m'en ferai toujours. En attendant, je suis là pour toi, d'accord ? Je reste avec toi et je ne t'abandonnerai pas. Ni maintenant, ni jamais. Tu me connais. Bien mieux que tu ne le penses. Tu sais que je ne te mentirai jamais là-dessus. Maintenant que je t'ai retrouvé, je ne te lâcherai pas. C'est promis."

Et si sa psyché cassée n'arrivait pas à le croire, qu'il se persuade en sachant que sa tante n'avait jamais été friande des démonstrations d'affection et que si elle les mettait en mots, c'était qu'elle y croyait plus qu'elle ne pourrait le dire.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeVen 17 Juil - 20:41

Le résultat du changement de comportement de Luisa fut quasiment immédiat. Le vamp poussa un énorme soupir et devint légèrement plus lourd dans les bras de sa tante, juste le temps d'un vacillement. Ses jambes avaient failli le lâcher.

Il tremblait encore. Il ne la lâchait plus. Il avait le sentiment irrationnel que si il le faisait, Luisa allait disparaître. Il ouvrirait la porte de la salle de bain pour découvrir qu'il était encore dans son penthouse et que ni Gael, ni Karl ne l'attendaient  de l'autre côté.

Pourtant, les mots de la mexicaine ne tombaient pas dans l'oreille d'un sourd. Il s'en nourrissait. Il les utilisait comme matière première pour combler les trous dans son esprit morcelé et pour revenir à une perception plus normale de lui-même, de son environnement, et enfin de Luisa. Les phrases étaient comme un onguent venu calmer ses plaies, couche par couche.

Elle n'avait pas changé.

Il pouvait compter sur elle.

Elle ne l'abandonnerait pas.

Je t'ai cherché partout parce que je me faisais du souci pour toi.

Les tremblements devinrent plus prononcés. Il perdit un sanglot unique dans l'épaule de Luisa, ce qui lui valut une inspiration accidentelle. L'odeur du sang l'assaillit. Il expira tout l'air qu'il venait de prendre et retint de plus belle sa respiration. Cependant, il était encore trop confus pour que la soif soit un problème immédiat. Elle ne formait qu'une information de plus au sein d'un océan de signaux.

Par cette phrase avouée, Luisa remettait la réalité en place. Le filtre tordu par lequel l'adolescent regardait disparut dans les flammes qui, quelques instants auparavant, le brûlaient encore de l'intérieur.

Elle ne faisait pas semblant. Elle ne se moquait pas de lui. Elle n'allait pas le piéger. Elle n'allait pas le laisser, le trahir, lui raconter des horreurs. C'était toujours Luisa. Luisa qui passait son temps à lui casser les pieds. Luisa qui l'entraînait dans des aventures absolument abracadabrantes dès qu'elle le pouvait, au grand dam de tout le monde.

Luisa, qui ne lui avait jamais dit tout ça. Tout comme il ne lui disait jamais vraiment combien il tenait à elle. Il préférait généralement lui rappeler combien elle l'exaspérait. Mais la situation n'était plus la même. Il n'avait plus rien d'autre à quoi se raccrocher.

En venant à sa rescousse ainsi qu'elle l'avait fait, sa tante était devenue la seule raison pour laquelle il tenait à peu près debout en se forçant un peu. Sa prise sur lui était encore fragile. Les nouveaux repères d'Esteban n'attendaient qu'un instant de doute pour lui glisser des mains. Et si cela devait arriver, alors...

Il sombrerait encore dans l'horreur et dans l'incohérence.

Quelques minutes passèrent. Esteban attendit d'être sûr de lui avant de la lâcher. Il avait peur de ses propres réactions. Peur de se laisser de nouveau happer. Il s'éloigna d'une dizaine de centimètres, gardant ses mains sur les épaules de Luisa. Il avait l'air secoué, mais il était bien là. Entièrement là.

"... Je suis désolé. Merci."

Dans un soupir, il alla s'asseoir sur le bord de la baignoire. Il tremblait encore un peu.

"... Je perds complètement la tête... N'est-ce pas ? Encore... Je suis désolé d'être comme ça, et que tu doives le supporter..."

Il essuya encore ses yeux, décidément heureux que son visage soit encore nu. Il aurait pu mettre ces accès de rage étranges sur le compte du démon qui sommeillait en lui, mais peu à peu, il se rendait compte que cela n'avait rien à voir. Cependant, cette folie latente le terrorisait presque autant que le vampirisme dont il était atteint.

Il n'était plus trop sûr d'avoir envie de sortir. Il n'avait pas confiance en ses capacités à garder la tête froide jusqu'à leur retour à l'appartement. Cela dit, cette visite du Quartier Sanglant n'avait jamais été optionnelle. Il s'agissait du dernier des choix qu'Esteban aurait fait. Alors, bien que reniflant et chevrotant un peu, il essaya de dédramatiser et de recentrer le discours sur ce qu'il leur restait encore à faire. Il se triturait les doigts et les observait sans ciller :

"Bref... Je vais te laisser te maquiller. Et j'espère que tu ne comptes pas me transformer en pot de peinture..."
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeSam 18 Juil - 10:32

Luisa soupira intérieurement de soulagement en sentant son neveu s'appuyer un peu plus sur lui. Il lâchait du lest. C'était une bonne chose, mais pas pour autant qu'elle cessa de lui parler, de lui dire ces mots rassurants qu'elle ne disait jamais parce que ce n'était pas son genre. Ce n'était pas qu'avec Esteban : elle s'était forgé une carapace au fil des années et n'était pas douée pour ce genre de mots. C'était sa sœur, qui y excellait.

Mais Olivia n'était pas là alors il était essentiel qu'elle prenne sa place à ce niveau. Pour rassurer son filleul et s'assurer qu'il continuerait sa bataille internet, jusqu'à la gagner.

Luisa ne laisserait pas une autre fin arriver.

Il fallut un moment avant que le jeune homme ne se calme définitivement et déserre son étreinte. Luisa n'avait pas cherché à le brusquer, attendant simplement qu'il soit assez en état de le faire, passant une main dans ses cheveux pour l'y aider. Quand il s'éloigna en s'excusant et en la remerciant, la mexicaine lui sourit, quelques chose de beaucoup plus doux que ce qu'elle esquissait habituellement.

"Pas de problème, Tebi."

Elle était là pour l'aider, elle l'avait dit. Et si cela comprenait calmer ses craquages nerveux plus dangereux les uns que les autres, so be it. Ce n'était pas son genre de faire des promesses en l'air.

Luisa suivit son neveu du regard et fronça les sourcils en l'entendant. Elle s'approcha pour s'agenouiller devant lui, face à la baignoire.

"Hey. Ne t'excuse pas, Tebi. Avec ce que tu vis ces derniers temps, c'est normal. Certaines personnes n'auraient pas eu ta résilience et ton courage."

Un sourire, alors qu'elle se relevait pour l'embrasser sur le front.

"Alors, ne t'inquiète pas pour ça, d'accord ?"

Elle était là pour lui, et cela incluait tous les soucis engendrés par les derniers événements (et les précédents). Retournant vers le miroir, elle secoua la tête en se mettant à nouveau à fouiller dans sa trousse à maquillage.

"Non... Je me disais qu'un trait de khôl sous les yeux devrait te suffire... Du mascara aurait pu être intéressant aussi, mais tes cils sont plutôt longs au naturel, donc ce n'est pas la peine d'en rajouter."

Tout en parlant, elle avait sorti les deux objets dont elle parlait, qu'elle posa sur la vasque devant elle. Elle chercha ensuite la palette d'ombres à paupières sur l'étagère et l'ouvrit, passant son doigt au-dessus de plusieurs couleurs avant d'opter pour un rouge foncé tirant sur le marron qu'elle appliqua au centre de ses paupières. Elle continua avec un marron, puis un noir, dessinant un dégradé vers l'extérieur.

Deux traits de khôl, un coup d'eye-liner et une pointe de mascara plus tard, elle revenait vers son filleul avec le crayon en main.

"Lève la tête et regarde vers le plafond."

Une fois ceci fait, elle appliqua le crayon noir sous les yeux d'Esteban, lui donnant l'air encore un peu plus sombre. Ce fut l'affaire de quelques dizaines de secondes et bientôt Luisa claquait la langue avec satisfaction.

"Bien ! Ne reste plus que le rouge à lèvres, et nous pourrons nous attaquer à ce fameux vernis."

En souriant, elle se dirigea vers l'étage qui contenait lesdits produits de beauté. Elle opta pour un rouge foncé qui ressemblait à celui qu'elle avait sur les yeux et l'appliqua, avant de se tourner vers son neveu et de l'étudier d'un œil critique.

"Hum... Non. Peut-être pas."

Ce n'était pas la peine de lui mettre quoi que ce soit sur la bouche au vu de son objectif durant cette sortie, en réalité. En plus, les marques de rouge à lèvres foncé étaient particulièrement tenaces sur la peau.

...Oui, elle s'était vraiment beaucoup renseignée.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeSam 18 Juil - 12:05

On aurait pu trouver la sobriété d'Esteban dérangeante, étant donné tout ce que sa tante venait d'admettre face à lui, elle qui ne disait jamais ces choses. Cependant, elle se justifiait par de nombreux points. Déjà, par son état de nerfs lamentable. Le jeune homme n'était pas en état de se montrer aussi expansif qu'il l'aurait pu en temps normal.

Mais il n'y avait pas que ça. Luisa n'était pas prompte aux effusions affectives. Il le savait. Lorsqu'il était très jeune, il en avait fait les frais (... il avait plusieurs fois essayé de lui sauter dessus comme il le faisait continuellement avec sa mère, et la jeune femme ne l'avait pas très bien accueilli. Elle l'avait même déjà fait pleurer. Et s'en était immédiatement voulue. Bref. L'idée était là).

Contrairement à ce que l'on aurait pu croire en vue de son comportement, il avait entendu tout ce qu'elle lui avait dit et il lui en était extrêmement reconnaissant. Il savait qu'elle était allée contre son naturel, et il ne voulait pas l'embarrasser plus longtemps. Alors, plutôt que de mettre les pieds dans le plat, il avait jugé plus adéquat de lui rendre son espace, sa zone de confort. Il s'était excusé car il s'en voulait de la mettre ainsi en difficulté. Il l'avait remerciée d'un simple mot. Il espérait qu'elle comprenait tout ce que ces deux petites syllabes convoyaient réellement.

Elle n'arrêtait plus de le sauver.

Assis sur la baignoire, il tremblait, pas tout à fait stabilisé. Il s'excusa encore. Il se faisait peur tout seul. Il s'en voulait d'être un tel boulet pour sa tante, elle qui déjà mettait en jeu son âme pour sauver un vampire qui par définition était au-delà de toute possible rédemption.

Elle trouvait encore le moyen de le déculpabiliser. Il ne méritait pas qu'elle fut si magnanime à son égard... Quelques nouvelles larmes coulèrent contre son visage. Il retint une grimace, se mordit la lèvre. Reprit, enfin, avec une voix qui tremblait tellement qu'elle allait bientôt se briser.

"Je ne me sens pas du tout courageux..."

Il essuya ses larmes, essayant pourtant d'écouter ses conseils. Muet, il renifla encore bien fort et acquiesça. Il allait tenter de ne "pas s'inquiéter pour ça", mais c'était avant tout parce qu'ils avaient mieux à faire. Cette sortie était toujours d'actualité.

Il lui avait demandé de ne pas le transformer en pot de peinture, mais à vrai dire, cette phrase n'avait guère été plus que rhétorique : il tentait de rétablir une connexion normale entre eux en émettant le genre d'exigences qu'il aurait pu avoir dans une situation qui leur aurait été plus habituelle.

En réalité, il n'y a pas grand chose qu'il n'aurait pas fait pour être certain que personne ne le reconnaîtrait dehors. S'il l'avait fallu, il aurait été capable de se travestir. La mention du mascara ne l'effraya donc pas. Il se demanda platement s'il avait de si longs cils que ça. Avec cette nouvelle coiffure, il n'aurait décidément pas été bien difficile pour lui de se faire passer pour... Bref.

Il était tout de même content que cette idée ne leur soit pas passée par l'esprit avant.

"D'accord. Tu es sûre que personne ne va me reconnaître ? J'ai dit ça, mais je préfère ressembler à un pot de peinture plutôt que de risquer moindrement qu'on m'identifie..."

Il observa en silence Luisa appliquer son maquillage, vaguement impressionné. Cela paraissait demander beaucoup de pratique et de précision. C'était très intéressant, en réalité, et se concentrer sur les gestes de la jeune femme lui permettait de se calmer progressivement. Cela lui donnait presque envie d'essayer. Pas sur lui, évidemment ! Mais sur quelqu'un d'autre. Pour voir s'il y arrivait, et s'il était capable d'associer les couleurs aussi élégamment que ce qu'il faisait depuis tout jeune avec les vêtements.

"Lève la tête et regarde vers le plafond."

Il ne se fit pas prier. L'impression de se faire mettre le crayon dans l’œil le fit grimacer (et accidentellement reculer la tête) à deux ou trois reprises, mais Luisa parvint malgré tout au bout de ses peines sans difficulté majeure.

Il cligna des yeux à deux ou trois reprises puis se regarda dans le miroir, saisi par le résultat. C'était la seconde fois de sa vie qu'il se retrouvait avec un trait noir sous les yeux et c'était toujours la même rengaine : cela lui semblait bien mieux rendre qu'à sa première tentative. Vampirisme ? Coupe de cheveux ? Main plus adroite de Luisa ? Il n'en savait rien, mais ce qui était certain, c'est que son regard était devenu véritablement captivant. En toute modestie.

"... Sois honnête. Ne m'épargne pas. Si ça ne suffit pas, je te laisse faire ce qu'il faut."

Il ouvrit la bouche, hésitant à dire quelque chose. Il ne savait pas vraiment si le charme vampirique fonctionnait sur les vampires eux-mêmes, ou bien si ce pouvoir ne touchait que les humains. Il ne savait pas non plus si on pouvait s'auto-ensorceler.

"... J'ai un peu peur. J'ai encore besoin que tu sois honnête. Est-ce que je suis juste beaucoup plus fort et plus rapide qu'avant, ou bien est-ce que... Je ne sais pas si j'ai envie que ça soit le cas. C'est très embarrassant."

Et ça le deviendrait encore plus là où ils se rendaient...
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeSam 18 Juil - 18:50

A son aveu, Luisa se contenta de sourire. Evidemment qu'il ne se sentait pas courageux. C'était l'apanage des bravaches, de sentir le courage (alors que finalement, ils n'en avaient pas tant que cela). Elle savait la propension de son filleul à minimiser ses actions et elle savait qu'il ne mentait pas ou qu'il ne cherchait pas à se faire mousser en disant cela : il le pensait vraiment. Et c'était probablement ce qui confortait la mexicaine dans son opinion.

Elle ne se lança pas sur ce terrain. Ils avaient encore beaucoup à faire avant de sortir, et une discussion philosophique de ce genre avec les deux têtes de mules qu'ils étaient serait trop longue (...oui, elle admettait facilement qu'elle était butée lorsqu'elle n'était pas la seule).  Le maquillage revint donc sur le tapis et Luisa réfléchissait à voix haute, incluant Esteban dans le processus de décision, même s'il semblait lui faire confiance. A sa question, elle secoua la tête.

"Sûre. De plus, le risque serait qu'en en faisant trop, on attire l'attention sur le fait que tu caches quelque chose."

Surtout s'il n'agissait pas de manière naturelle, comme s'il se fardait ainsi tous les jours. D'autant qu'elle ne serait pas forcément là pour le maquiller tous les soirs : elle n'allait pas l'abandonner, mais ce n'était pas pour autant qu'elle n'avait pas d'obligations qui lui tomberont sur le nez à un moment ou un autre. Elle avait bien entendu tout fait pour éviter cela, notamment en installant une salle de conférences dernier cri dans la troisième chambre de l'appartement, qui lui permettrait de diriger et surveiller l'essentiel par visioconférences, mais personne n'était à l'abri d'un pépin. Sans compter qu'elle devait dormir, de temps en temps.

La mexicaine se maquilla tranquillement, sous le regard instigateur de son filleul, qui semblait passionné par la manœuvre. Cela ne l'étonnait pas vraiment : Esteban avait toujours démontré une passion et un talent certain pour tout ce qui avait attrait à l'agencement des couleurs. Vêtements, décoration, restauration... Qu'il en soit de même avec le maquillage avait beaucoup de sens, au fond.

Quelques minutes plus tard, elle s'occupait de lui. Evidemment, le khôl n'était pas la chose la plus agréable à appliquer, encore moins quand on ne le faisait pas soi-même : les mouvements de recul et la peur de se faire crever un œil étaient compréhensibles. Malgré tout, l'ouvrage fut bientôt terminé et le jeune homme se regarda dans le miroir, surpris par son propre reflet. A ses côtés, Luisa continuait ses affaires, non sans un petit sourire.

Lorsque son neveu commença à prendre un ton trop sérieux, voire alarmiste pour lui parler, Luisa se tourna vers lui avec un haussement de sourcil intrigué. Que voulait-il donc savoir pour faire tant de manières ? En temps normal, elle aurait posé cette question à voix haute, mais l'épisode précédent lui rappelait que toutes ses taquineries habituelles n'étaient pas forcément les bienvenues...

...Ce n'était pas pour autant qu'elle allait toutes les supprimer de son éventail de réactions. Encore moins quand elle comprit où son filleul voulait en venir. Avec un sourire amusé, Luisa se décala pour passer derrière Esteban, posant ses mains sur ses épaules et penchant la tête sur le côté pour lui répondre.

"Tu as toujours été très beau, tu sais. C'est un héritage familial."

Elle lui fit un clin d’œil amusé. Il allait râler -et elle allait s'en délecter. Mais c'était de sa faute aussi ! Elle ne pouvait pas résister à sa bouille contrariée.

Oui, la mauvaise foi était également un héritage familial.

Luisa retrouva cependant rapidement son sérieux et finit par répondre.

"Je pense que tu as effectivement gagné beaucoup de charisme. Il se dégage de toi une assurance séduisante qui n'était pas là auparavant." Et vu le déchet qu'il était quand elle l'avait retrouvé, on ne pouvait pas uniquement se dire que la façon dont il gérait les divers événements en était la cause. "Et aussi un petit quelque chose de..."

Elle s'interrompit. Comment trouver un synonyme de "bestial" qui n'allait pas le faire sauter au plafond ? Sauvage ? Non. Viril ? Mieux, mais pas sûr.

"... d'indomptable."

Luisa grimaça imperceptiblement. Mouais. Elle aurait pu faire pire.

Histoire d'éviter que son neveu ne gamberge trop là-dessus, elle le prit par la main et l'attira vers la sortie de la salle de bains.

"Viens, retournons dans le salon. Ce sera beaucoup plus simple d'avoir une table pour se faire les ongles."

Et après ça... Ils seraient partis.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeSam 18 Juil - 19:59

Il eut d'abord une moue circonspecte, puis il finit par l'admettre en hochant vaguement la tête : Luisa avait raison. Plus il en faisait, plus il lui faudrait jouer un rôle pour que son déguisement paraisse crédible. Et il n'était même pas exactement sûr de comprendre ce rôle. Il n'avait d'expérience ni dans l'univers du Quartier Sanglant, ni dans ce qu'on appelait les "milieux gothiques", desquels il ne connaissait absolument rien que l'appellation. Il évitait les jeux vidéos et les films qui mettaient en scène ce genre de choses. Ce n'était pas suffisamment chrétien à son goût.

Alors qu'il croisait son reflet, Esteban se fit la réflexion qu'il portait un peu trop bien tout cet attirail. Ce n'était pourtant pas si différent de la tenue dont il s'était affublé à peine un mois plus tôt, si on oubliait sa coiffure. Il commençait à trouver cela suspect. D'un autre côté, il n'était pas certain que les vampires furent sensibles aux effets de leur propre charme... Ce qui n'était pas forcément moins problématique. Parce que ça voulait aussi dire qu'il n'avait pas nécessairement conscience de l'effet qu'il faisait aux humains.

Il fallait qu'il sache. Alors il demanda à Luisa. Laquelle ne lui répondit pas sérieusement. Le visage du jeune vamp se défit et il commença à balbutier des syllabes sans queue ni tête. Beaucoup voyaient en lui un Narcisse : il passait beaucoup de temps à prendre soin de lui. Il était pédant. Il avait un passif d'arrogance, de morgue, qu'on ne pouvait pas lui retirer. Esteban n'avait pourtant jamais été aussi superficiel qu'il pouvait en donner l'impression. Ce n'était que la partie visible de l'iceberg.

La partie cachée, on la connaissait : un gamin abusé par son père et tenu au silence par sa famille, lequel avait dû bon gré mal gré lui tenir tête pour tenter d'obtenir justice. Il n'avait jamais eu autant confiance en lui ou en sa prétendue "beauté" qu'il avait pu en donner l'impression. Il y avait toujours eu de nombreuses choses dans son apparence comme dans son caractère qui le complexaient. Et il n'était absolument pas à l'aise face à de tels compliments. Surtout venus de Luisa.

Il parvint enfin à articuler quelque chose de cohérent :

"... Ne te moque pas de moi ! Tu sais de quoi je parle... Je suis sérieux !"

C'était Luisa : Fort heureusement, elle finissait toujours pas revenir au bon ton, même s'il fallait toujours qu'elle commence par l'embêter. Sa moue embarrassée disparut au profit d'une expression attentive.

Bientôt, ce fut encore tout à fait différent : il écarquillait de gros yeux ronds et sa bouche entrouverte exprimait l'étendue de son désarroi.

Charisme. Assurance séduisante.
... Indomptable.

Euh. Ce n'était probablement pas de lui, qu'elle parlait, là, hein ? Elle décrivait Christian, à la limite. Ou une quelconque star de cinéma.

Ça ne pouvait vouloir dire qu'une chose : il possédait ce fameux pouvoir. Et pour que Luisa parvienne à faire de lui une description pareille alors qu'il était dans cet état de nerfs lamentable, il avait potentiellement été bien mieux doté qu'il ne l'aurait voulu. Il leva les yeux au ciel et un éclat lui échappa sans même qu'il y réfléchisse :

"Dios mi.. ! .... Hm."

Il avait commencé à se signer et s'était là aussi arrêté en plein geste, comme il semblait prendre conscience d'un problème. Les rouages tournaient dans son cerveau : il n'était plus vraiment censé appeler Dieu désormais, non ? Quant à faire ce signe alors qu'il était une créature du diable, c'était plus un blasphème qu'autre chose... Peut-être ?

Il n'était pas certain du comportement qu'il était censé adopter. Dans le doute, il allait éviter d'importuner Dieu.

Et se laisser plutôt traîner par Luisa dans l'autre pièce.

"Eh, att.. !"

Elle n'attendit pas. Voilà qu'il faisait de nouveau face à Gael, lequel devait immanquablement tirer une tête... immanquable. L'aurait-il pu, Esteban aurait été rouge de honte. Et ça se voyait à la manière dont il essayait de se cacher dans ses cheveux et ses propres jambes. Il n'était pas loin de tirer son aînée en arrière.

"... Tiaaaaaaaaaaa... ! Je t'ai dit d'attendre !"

Le bruit réveilla Karl. Ou peut-être pas. Le jeune homme se redressa dans son fauteuil ou plus précisément mit vaguement le nez par dessus le dossier. Il jeta un regard endormi sur le duo improbable. Il dut penser qu'il était en train de faire un drôle de rêve, car il souleva un sourcil perplexe avant de se retourner et de se rendormir, en lâchant un raclement de gorge amusé.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeSam 18 Juil - 20:58

Luisa observa la réaction de son neveu avec une envie de rire quasi irrépressible. Elle n'en fit cependant rien : c'était toujours très amusant de voir Esteban balbutier ainsi, mais si elle se moquait trop ouvertement, il allait prendre la mouche. Et, de suite, cela devenait beaucoup moins agréable. Aussi, quand il lui demanda d'expliciter, elle ne se fit pas prier. Sa question était légitime, et il avait besoin de savoir l'effet qu'il faisait au commun des mortels... même si elle tâcha d'y mettre des formes suffisantes pour qu'il ne parte pas en hurlant.

En le voyant commencer à se signer, elle eut peur d'avoir été trop brutale, mais il se reprit rapidement. Assez rapidement pour qu'elle craigne qu'il veuille mettre encore plus le sujet sur le tapis. La mexicaine fit donc ce qu'elle faisait toujours lorsqu'elle était gênée ou stressée : attaquer la première. Elle prit la main d'Esteban et le traîna derrière elle, ignorant sciemment sa demande.

Il ne leur fallut que quelques secondes pour arriver face à Gael, qui tourna la tête vers eux naturellement en les entendant arriver. Il était sur le point de retourner à sa lecture sur smartphone quand des connexions durent se faire, d'une façon ou d'un autre. Il tourna à nouveau la tête, regardant les deux Selva Moreno, les yeux très légèrement écarquillées. En entendant Esteban se plaindre -un peu trop fort d'ailleurs- il cligna des yeux. Une fois, deux fois, trois fois. Puis un autre bruit le sortit de sa contemplation.

Apparemment, l'éclat de jeune vampire avait réveillé Karl. Ou du moins, l'avait assez perturbé pour qu'il se redresse l'espace de quelques secondes. Sa réaction, typique d'une personne à moitié endormie, arracha un sourire amusé à l'argentin. Voilà qui lui donnait presque envie de rire à son tour.

Luisa attendit d'être certaine que Karl était reparti dans les bras de Morphée (qu'il ne semblait pas avoir entièrement quitté) pour se tourner vers son neveu et lui répondre, en chuchotant mais non sans malice.

"Si tu voulais attendre le temps de te cacher sous mes jupes, désolé de te décevoir, mais elles sont trop courtes !"

Gael, qui voulait donner l'impression d'être retourné à sa lecture, manqua de s'étouffer avec sa salive. Échec.

S'installant sur une des chaises qui entouraient la table, Luisa tapota celle qu'il était à côté d'elle tout en regardant son filleul.

"Allez, viens, je vais commencer par toi. Ce sera plus simple."

Pour elle, car il était bien connu qu'il était beaucoup plus difficile de se faire soi-même les ongles, mais aussi pour lui, car cela signifiait qu'il y gagnait un peu sur le temps de pose. Une fois Esteban installé, elle lui prit la main gauche et la posa à plat devant elle.

"Essaie de ne pas bouger."

La mexicaine allait évidemment s'appliquer, mais il fallait qu'il y mettre également du sien.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeSam 18 Juil - 22:51

Pourquoi avait-il fallu qu'elle se comporte comme un bulldozer, ignorant ses limites et le forçant à sortir de la salle de bain sans préparation ? Ne se rendait-elle pas compte qu'il avait besoin de se faire à l'idée, comme on se mouillait la nuque et les bras avant d'entrer dans l'eau d'une piscine trop froide ?

Il allait mourir de honte, c'était certain. Même Karl se moquait de lui alors qu'il était encore endormi. C'était un comble. Il n'avait pas non plus manqué la façon dont Gael les avait regardés. Deux fois. Il voulait s'enfoncer dans le sol et disparaître.

... Au moins était-il capable d'une émotion normale, cohérente avec l'humain qu'il avait été, même si cela ne durerait qu'un très bref moment. Il n'était déjà pas anodin qu'il se fasse cette réflexion alors qu'il était encore absolument submergé par l'embarras.

Il serra les dents face à la réflexion de sa tante, laquelle était terriblement provocatrice. Elle semblait prendre un plaisir fou à ce pied de nez qu'ils faisaient aux convenances familiales, ce qui n'était guère étonnant, à cela près qu'elle commençait à le fatiguer. Il avait consenti à beaucoup de choses. Elle aurait pu lui laisser un répit, plutôt que de taper du pied dans ce nid de guêpe incessamment, au risque de le réveiller.

Et ne nous y méprenons pas. Esteban avait AUSSI entendu Gael s'étouffer. Aurait-il été plus à l'aise avec lui, le jeune vampire lui aurait probablement adressé un regard noir associé à un "Bon CA VA ALLER HEIN" bien senti. Mais leur non-relation était bien trop compliquée. Il se contenta plutôt d'ignorer l'homme et de se noyer dans la honte. Et de râler sur Luisa sur un ton acide, voire corrosif. Ses yeux lançaient des éclairs particulièrement teigneux. Si elle ne se calmait pas bientôt, elle allait prendre pour deux. Voire pour trois. Deux et demi. Il n'excusait Karl que parce qu'll n'avait clairement pas fait exprès.

"Tia. Un peu de tenue, je te prie. C'est indigne de toi."

L'air renfrogné, il s'installa, mais de bien mauvaise grâce. Il était toujours aussi mal à l'aise. Passé au travers des couches de mauvaise foi qu'il avait été obligé de dresser entre lui et le monde pour se protéger de ces émotions trop brutales et trop vives, cela donnait : Luisa l'avait vexé.

Il lui tendit sa main, mais il boudait. Il ne la regardait plus. Il grommela avec une mauvaise humeur évidente :

"Oh ne t'inquiète pas j'hésite à ne plus jamais bouger. Du tout. Pour toujours."

Il avait bien assimilé sa demande, cependant. Et il ne bougeait pas. Il ne respirait pas non plus. Il était aussi immobile qu'une statue, si bien qu'on aurait presque eu l'impression qu'il n'était plus vraiment là.

... Quand on demandait à un vampire de s'immobiliser, le résultat pouvait être impressionnant.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeDim 19 Juil - 10:26

Les bonnes résolutions de Luisa semblaient être parties aussi vite qu'elles étaient venues. Enfin non, la preuve : elle ne se fâchait pas contre Esteban, ne lui criait pas dessus et ne l'abandonnait pas. Cependant, pour ce qui était de lui casser sacrément les bonbons... Il fallait croire qu'elle était incapable de se retenir.

Il y avait aussi le fait qu'elle était beaucoup plus à l'aise avec Gael que le jeune homme ne l'était et qu'elle avait tendance à l'oublier. Pour elle, l'argentin n'était qu'un autre membre de la famille, beaucoup plus silencieux que la plupart, mais partageant un vision du monde semblable à la sienne (...plus qu'à celle du Luz-Descalzo moyen, entendait-elle). Il ne lui venait donc pas à l'idée qu'Esteban puisse éprouver la moindre honte devant lui. pas plus que devant elle.

A la réaction du jeune homme, elle comprit néanmoins qu'elle était allée un peu trop loin. Esteban avait ses répliques typiques, celles dont on pouvait se servir comme d'un mètre-étalon pour mesurer l'étendue de sa colère (ou de son insatisfaction grandissante). Lorsqu'il utilisait les mots "C'es indigne de toi", on pouvait être certain que non seulement c'était le cas, mais que c'était aussi très indigne de lui. En conséquence, soit il boudait, soit il se fâchait tout rouge.

Luisa avait beau adorer les moments où son filleul finissait par se fâcher tout rouge, elle était consciente que ce n'était pas la meilleure idée du monde actuellement. Elle se contenta donc d'un petit sourire d'excuse à l'intention de son neveu (même si son regard contenait encore cette pointe de malice qui lui était habituelle) en tapotant la chaise près d'elle afin qu'il la rejoigne.

Quelques secondes plus tard, il continuait de bouder (pour la forme, probablement) et Luisa lui répondit, sans dévier de son travail, la tête toujours penchée sur les ongles qu'elle avait déjà commencé à peindre.

"Je doute que tu souhaites rester ainsi habillé dans mon salon jusqu'à la fin des temps, Tebi... Mais je t'accueille avec plaisir."

Elle ne le regardait pas et était donc incapable de voir l'allure statuaire qu'il avait prise. Cependant, elle notait que sa main était parfaitement immobile, bien plus que ce qu'elle aurait attendu de sa part. Fredonnant un air typique de sa région natale, Luisa s'appliquait sans y penser et bientôt la main gauche du jeune héritier possédait des ongles noirs comme du charbon. Elle se redressa pour observer son oeuvre dans son ensemble, avec une moue satisfaite.

"C'est joli, ça t'affine les mains..."

Pas dit que cela lui plaise autant qu'à elle, mais peu importe. C'est à ce moment-là qu'elle remarqua la rigidité de pierre dont l'ensemble de son corps faisait preuve. Luisa regarda Esteban, passant la main qui tenait encore le pinceau devant ses yeux avec un air inquiet.

"...Tebi ? Tout va bien ?"

Elle n'était pas entièrement rassurée de le voir si... loin. La dernière fois, cela ne leur avait pas vraiment porté chance. Et comme elle n'avait pas encore réalisé de quoi il était question, cela l'affolait un peu -bien qu'elle tente de son mieux de ne pas le montrer.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeDim 19 Juil - 11:19

Il ne pouvait pas rester énervé contre Luisa bien longtemps. Déjà, parce qu'il n'était pas réellement énervé contre elle (il se contentait d'évacuer son embarras en se persuadant du contraire et en lui criant dessus). Ensuite, parce que ces émotions étaient bien trop lointaines vis-à-vis de l'endroit où le vampire se positionnait psychologiquement depuis sa transformation.

Cela dit, maintenant qu'il avait commencé à bouder, il n'était pas bien difficile de continuer. Il lui suffisait de se taire et d'ignorer sa tante. Rien de tout cela n'était bien compliqué, surtout qu'elle lui avait spécifiquement demandé de s'immobiliser pendant qu'elle lui appliquait le vernis.

Il décida de ne pas réagir à sa pique, parce qu'il boudait. Et parce qu'il n'avait pas grand chose à lui répondre, de toute façon. Il avait épuisé toute son énergie en colère factice. Trouver suffisamment de mauvaise foi en lui pour contrer ses arguments était au dessus de ses forces.

Le temps passa. Le silence était très profond entre Karl qui dormait, Gael qui lisait, Luisa qui était concentrée sur son ouvrage et Esteban qui ne bougeait tellement pas qu'il s'empêchait même de respirer. Bien sûr, cette absence de respiration n'était pas motivée que par la demande de Luisa : il préférait éviter les effluves de sang alléchantes que les trois normes lui mettaient bien involontairement sous le nez. Entendre leurs trois battements de cœur l'appeler simultanément était déjà bien suffisamment compliqué à gérer.

Sa tante termina une main, non sans se permettre une remarque sur la finesse de ses doigts qui l'aurait certainement fait grimacer si Luisa lui en avait laissé l'occasion. Il faillit lui demander : "C'est une bonne chose ?". Mais elle était déjà en train de lui secouer son pinceau sous le nez.

Seul le regard d'Esteban bougea Cela donnait à la scène un côté légèrement surréaliste. Pas tout à fait humain. Le geste était plus digne d'un reptile que du neveu maladroit que Luisa connaissait. L'héritier ne s'en rendit pas compte pour la bonne raison qu'il n'avait pas entièrement pris conscience de l'immobilité monstrueuse dont son vampirisme l'avait rendu capable. L’œil maussade, encore un peu mauvais, il fit encore en sorte d'être désagréable :

"Quoi ? Tu m'as dit ne pas bouger..."

Il s'en voulut quasi instantanément, ce qui dut se voir à la lueur coupable qui traversa son regard clair et fit perdre un peu de cet affreux statisme à sa silhouette. Il n'était pas légitime à lui râler dessus, surtout pas après une question de ce genre. Elle était quant à elle tout à fait dans son droit. Esteban perdait très facilement le sens des réalités, ils en avaient eu plusieurs fois la preuve.

Et il n'allait pas bien. Elle le savait. La véritable question était de savoir s'il était suffisamment bien pour fonctionner normalement en apparence. Pour ne pas lui filer entre les doigts une fois supplémentaire.

Le ton du jeune homme s'adoucit. Il ne demanda pas pardon dans les mots, mais son attitude formait en soi des excuses :

"Je suis là. Ne t'inquiète pas. Merci de t'occuper de ça... Je ne sais pas si j'y serais arrivé seul."

Il observa la main terminée. Il devait admettre que sa main était effectivement jolie... Même si cette couleur était... démoniaque. Le résultat était démoniaquement joli ?

... Non. C'était un blasphème affreux.

Il se força à penser que le noir était une couleur qu'on portait bien ailleurs que sur les doigts sans se dire que c'était mal. Le noir n'était en soi pas une mauvaise couleur. Ce qui était le moins convenable dans l'histoire, c'était probablement qu'il se permette de porter du vernis. Sa mère aurait été verte.

Il avait toujours eu envie d'essayer, mais il ne l'aurait jamais admis.

A vrai dire, Olivia aurait été verte en le voyant tout entier vêtu comme il l'était. Surtout lorsque Karl était à deux mètres à peine de lui. Il fallait qu'il cesse de penser à sa mère sans attendre, cependant, sans quoi il risquait de se rappeler qu'il n'avait désormais plus besoin de s'habiller de la moindre manière spécifique pour la contrarier profondément. Et cela risquait encore de le mettre dans des états inadaptés.

"... Misère."

Il reposa ses doigts sur la  table, soupira, et laissa Luisa s'occuper de l'autre main tranquillement. Il n'assumait pas vraiment la satisfaction qu'il éprouvait face à ce nouveau résultat. Il préférait se concentrer sur ce qu'il risquait de se passer lorsqu'ils seraient arrivés sur place... Il commençait à craindre de ne pas attirer les "bonnes" cibles.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeDim 19 Juil - 12:01

Il n'était pas inhabituel qu'Esteban se contente de bouder dans son coin lorsqu'il était vexé ou en colère, aussi Luisa ne releva pas tout de suite la façon dont il s'était littéralement rigidifié. Il fallut pour cela attendre qu'elle ait fini pour moitié son ouvrage et qu'elle prenne une pause. Ce qu'elle vit en relevant la tête ne lui plut pas beaucoup, mais elle essaya de garder son calme, passant une main devant ses yeux pour s'assurer de la présence mentale de son neveu.

La façon dont il ne bougeait que les yeux aurait pu la faire frissonner si elle ne s'était pas prioritairement sentie extrêmement soulagée. Luisa avait les épaules très larges, mais elle ne savait pas exactement combien de crises elle aurait été capable de désamorcer avant que celles-ci ne lâchent de manière malvenue.

A la réplique acerbe de son neveu, elle sentit lesdites épaules se crisper, mais ne dit rien. Partiellement parce qu'elle aurait dû savoir que, puisqu'il était en train de bouder, il y avait de grandes chances qu'il se montre désagréable. Et partiellement parce qu'il se calma aussitôt, ce qu'elle vit clairement dans son regard clair. Aussi se contenta-t-elle d'un léger sourire quand il reprit la parole, rassurée mine de rien de l'entendre parler ainsi. Il avait compris aussitôt ce dont il était question, et elle lui en était gré. Comme dit, il ne lui était pas si facile non plus de continuer à ce rythme, peu importait la largeur de ses épaules.

La tête penchée sur le côté, la mexicaine observa son filleul regarder sa main sans rien ajouter. Elle avait déjà fait ses commentaires et ne voyait pas l'utilité d'en rajouter. Elle attendit donc patiemment qu'il soit prêt à lui donner sa main droite pour se mettre à nouveau au travail.

Au bout du premier doigt, elle se remit à fredonner, sans y penser. Bientôt, les dix ongles du vampire étaient couverts de cette couche de vernis noir caractéristiques d'un monde à part entière. Particulièrement lorsqu'il était porté par des hommes. Luisa se redressa à nouveau.

"Voilà qui est fait."

Sans trop attendre, elle se mit à s'occuper de ses propres ongles. La main gauche d'abord, plus simple. Puis, elle leva la tête en direction d'Esteban (où qu'il soit parti entre temps... s'il avait bougé, d'ailleurs) et haussa un sourcil en désignant le pinceau du menton.

"Tu veux essayer ?"

Elle se doutait qu'il n'avais jamais dû s'adonner à ce genre de chose et qu'il risquait de rendre ça moins esthétique que prévu, mais ce n'était pas comme si elle allait faire des merveilles avec sa mauvaise main de toute manière. Et puis, elle ne cherchait pas la perfection et il y avait des limites à ce que sa maladresse maladive pouvait faire sur un ongle de pouce, non ?
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeDim 19 Juil - 13:14

Voilà qui était fait, ainsi que le commenta Luisa peu avant qu'Esteban ne lève ses deux mains devant lui pour observer le résultat. Ses réflexions internes tournèrent à peu près autour des mêmes sujets que ceux qu'il avait déjà épuisé lorsque Luisa avait achevé le vernis de sa première main.

Il tournait un peu en rond. Il ruminait, alors qu'il commençait à douter de ses choix. Il n'y avait effectivement pas grand chose qu'il n'aurait pas fait pour s'assurer qu'on ne le reconnaîtrait pas durant cette sortie, mais ladite sortie commençait à devenir trop réelle à son goût. L'heure tournait. Ils étaient bientôt prêts. Seul le soleil (probablement encore levé) le séparait encore réellement de l'épreuve qui l'attendait.

Enfin. Le soleil, et les ongles de Luisa qui devaient encore subir le même traitement que les siens.

"Tu veux essayer ?"

Alors ça, c'était très inattendu. Esteban tourna sur Luisa un regard surpris et resta silencieux quelques secondes. Puis, l'appréhension prit le dessus. Embarrassé, il se concentra sur ses propres doigts.

"Oh je ne pense pas que ce soit une bonne idée, ce n'est pas encore très sec, je risque de m'accrocher et d'abîmer ce que tu as fait..."

Techniquement, c'était vrai. Mais ce n'était pas la principale raison de son retrait. Enfin si. BIEN SUR, que c'était la principale raison de son retrait.

Parce qu'Esteban n'était PAS maladroit, d'accord ? C'était juste qu'il manquait énormément de chance. Il lui arrivait toujours plein d'accidents malencontreux. On ne voulait pas que Luisa ou son oeuvre en subisse les conséquences.

Puis il n'avait jamais mis de vernis à quiconque, alors ça serait nécessairement raté. Tout le monde ratait la première fois, n'est-ce pas ?

Bref. Il ne voulait pas se rendre responsable d'un massacre. En terme de catastrophes, ils avaient déjà leur dose.

L'air de rien, il secoua les doigts de la main nouvellement ornée. Il avait déjà vu sa mère faire : il paraissait que ça séchait plus vite comme ça.

Il s'arrêta presque immédiatement alors qu'il se rendait compte que ça lui donnait l'air un peu trop maniéré. Il y avait des limites à ce qu'Esteban acceptait de lui-même.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeDim 19 Juil - 13:53

Luisa haussa les épaules. Elle n'allait pas le forcer si cela ne l'intéressait pas, même si elle se doutait que ce n'était pas exactement la raison de son refus. Malgré tout, elle ne pousserait pas ce soir. Ils auraient toutes les occasions du monde de s'improviser des manucures lorsqu'ils seraient tous les deux enfermés dans cet appartement (car il était certain qu'elle ne le laisserait plus seul dans leur avenir proche). Et, au final, il avait un peu raison : au moins, s'ils remettaient cela à plus tard, il n'y aurait pas de problème de ce genre.

Se penchant à nouveau sur son travail, elle pouvait le voir secouer ses mains dans sa vision périphérique. Elle put aussi le voir stopper brutalement ses gestes. Un léger sourire amusé (et non pas moqueur, quoi qu'il en dise) sur les lèvres, la mexicaine prit la parole, sans que son regard ne dévie de ce qu'elle était en train de faire (il fallait rappeler qu'elle s'occupait et sa main droite et tenait par conséquent le pinceau de sa mauvaise main : cela demandait plus de concentration encore qu'au préalable).

"Tu peux souffler dessus, si tu préfères. Ça marche aussi."

Et il aurait peut-être moins d'a priori sur ce geste là. Oh, pas beaucoup moins, mais ce serait déjà cela.

Il ne fallut pas longtemps à Luisa pour terminer son ouvrage. Le pinceau alla retrouver le reste du contenant, qu'elle prit entre deux doigts de chaque main pour le fermer hermétiquement. Une fois ceci fait, elle mit ses mains en forme de serre devant son visage, coudes sur la table, et se mit à souffler alternativement sur les dix ongles. Puis, au bout d'un temps qu'elle estima suffisant, elle déplia ses doigts et les écarta avant de pencher la tête pour juger de son travail d'un œil critique. Enfin, elle secoua les mains et la tête.

"Bien ! Ça fera l'affaire."

Ne restait plus qu'à attendre que le jour se couche, ce qui était à la fois une bonne et une mauvaise chose. Bonne, parce que cela permettrait à Esteban de se préparer mentalement, bien mieux qu'avec l'épisode de la salle de bains. Mauvaise, parce que cela signifiait se tourner les pouces le temps que cela arrive. Et se tourner les pouces n'avait jamais été le fort de Luisa. Sans compter que ce n'était pas celui d'Esteban non plus en temps normal, et que c'était même devenu dangereux pour lui à présent.

Pensive, Luisa fronça les sourcils. A quoi pouvait-elle bien l'occuper en attendant qu'il soit temps pour eux de sortir ? Elle voulait absolument éviter une nouvelle crise.

Son regard tomba sur un magazine de décoration, à l'autre bout de la table. Elle se leva et s'en saisit, avant de revenir s'asseoir à côté de son neveu. Feuilletant les pages jusqu'à arriver à la rubrique qui l'intéressait, elle se tourna vers son compagnon d'infortune.

"Je voudrais acheter quelques meubles et autres pour finir la décoration de cette pièce. J'ai pré-sélectionné quelques articles mais j'ai du mal à me décider... Voudrais-tu me prêter ton analyse et ton bon goût ?"

Elle souriait, d'un sourire agréable, loin d'une moquerie éventuelle. Luisa avait depuis longtemps appris à reconnaître l’œil d'Esteban pour certaines choses. C'était une fois de plus une qualité héréditaire.

...Et c'était aussi comme cela qu'elle occupait Olivia, lorsque cette dernière devait s'ôter de vilaines pensées de la tête.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 8 Icon_minitimeDim 19 Juil - 16:24

Souffler dessus n'était pas bien moins gênant que de secouer ses mains.

"Nous ne sommes pas pressés..."

Eh bien quoi. C'était vrai, non ?

Les deux mains plaquées sur la table, l'air vaguement absent, vaguement endormi, Esteban se contenta donc d'observer Luisa achever sa présentation. Lorsqu'il eut l'impression que ses propres ongles étaient secs et solides, il se redressa et s'approcha de la fenêtre la plus proche, ce qui ne tarda pas à alerter sa tante. Il s'arrêta dans son geste : il avait eu l'intention de pousser légèrement les stores sur le côté pour mesurer la quantité d'ensoleillement résiduel. Il se serait certainement brûlé le bout des doigts, et au passage il se serait ébloui, mais il n'en avait rien à faire...

"... Je voulais juste vérifier où nous en étions."

Il n'avait pas vraiment pensé à regarder l'heure sur son téléphone, non. Et puis il n'avait plus vraiment notion du moment où la nuit commençait à tomber, à force de ne plus y assister. Il était très clair que Luisa n'allait pas le laisser faire. Il n'insista pas, et se laissa plutôt distraire par la demande qu'elle lui dirigea.

Le vampire n'était pas extrêmement motivé, et cela dut se lire sur son visage. Normalement, l'idée d'aider Luisa à terminer la décoration d'une pièce aurait dû l'amener à s'illuminer d'un enthousiasme presque enfantin. Comme il avait perdu goût à tout, Esteban paraissait bien plus désabusé qu'il ne l'aurait dû.

Mais il fonctionnait, et c'était déjà plus que ce à quoi on aurait pu s'attendre la veille, lorsque ses proches l'avaient récupéré dans son penthouse.

"Cette matière est affreuse. Tu ne peux pas faire une chose pareille. Enfin je veux dire, elle n'est pas affreuse, mais compte-tenu du tapis que tu as acheté, ce n'est simplement pas possible. Cela serait inélégant. En revanche, ces fauteuils sont parfaits... regarde, avec cette nuance... Voilà ! Il faut le visualiser, mais je crois que le contraste avec les rideaux et la couleur des murs serait sublime. Qu'en penses-tu ?"

Il venait de donner son avis sur la dernière des pièces d'équipement sur lesquelles Luisa hésitait encore. Il sortit son téléphone et regarda l'heure (cette fois). Karl commençait à bouger de plus en plus fréquemment, son sommeil était plus léger. Il n'allait pas tarder de se réveiller et Esteban voulait absolument qu'ils soient partis avant.

"Il est plus de 19h. On peut peut-être y aller..."

Ses neurones tournaient à toute vitesse... Début mars, à la Nouvelle-Orléans. A quelle heure le soleil se couchait-il ? Il se leva et s'approcha une nouvelle fois des stores. Parce que Luisa en savait potentiellement plus long que lui, cette fois, elle le laissa faire. Il poussa les stores du doigt pour constater que le ciel était sombre. Il lui faisait encore un peu mal aux yeux, mais Esteban ne brûlait pas.

Il ouvrit la fenêtre juste assez grand pour glisser son visage au travers. Il poussa un soupir de soulagement en sentant l'air et le vent s'engouffrer. Une crispation quitta ses épaules. Lui qui avait toujours eu des tendances claustrophobes... Le vampirisme ne lui convenait décidément pas.

Lorsqu'il en eut fini avec son bol d'air, Esteban alla chercher le manteau de cuir qui devait certainement encore traîner sur un fauteuil. Il l'enfila, et il jeta un regard qui se voulait décidé à Luisa. On y lisait plus d'anticipation qu'autre chose.

"Allons-y avant que je n'ose plus faire un pas dehors..."
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Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.

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