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 Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.

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Luisa Selva Moreno
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Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMar 10 Mar - 19:12

Il avait l'air de se calmer un peu...

Ironiquement, une partie de l'esprit de Luisa se demandait combien de fois ses pensées allaient passer par ce stade. Il lui semblait que, depuis le début de la soirée, elle avait oscillé entre celle-ci et "Oh mon Dieu, ça recommence". Il fallait dire qu'Esteban était vraiment dans un état lamentable et qu'il avait été heureux qu'elle parvienne enfin à le retrouver. Néanmoins, la situation commençait également à peser sur ses nerfs. Elle état têtue, elle était forte, elle n'était pas du genre à abandonner, mais l'état critique de son neveu lui donnait l'impression d'affronter un monstre invisible. Ou en tous cas, un qu'elle n'était certainement pas capable de combattre seule.

En attendant, elle venait de réussir à convaincre son filleul d'arrêter de s'enfoncer les crocs dans la main. La mexicaine retint une nouvelle grimace : avait-il seulement conscience de la sensation qu'il donnait à des personnes dont la douleur serait bien plus constante avec un même geste ? Non, certainement pas. Il était bien trop mal pour avoir un tel raisonnement, c'était évident.

Néanmoins, il avait encore quelques réflexes. Dont celui d'ôter de suite sa main ensanglantée de celle de Luisa pour l'essuyer, et ainsi éviter qu'elle ait un quelconque contact avec son sang. La brune jeta un regard sombre à son vampire de neveu : ce n'était pas un geste anodin. Le fait que ses priorités soient ainsi faites montraient le point auquel il avait été traumatisé par cette histoire. Esteban n'avait jamais fait attention à grand chose par le passé, ce n'était pas dans ses habitudes de s'inquiéter pour quoi que ce soit. Et pourtant, en ce moment précis, alors qu'il allait vraisemblablement extrêmement mal, il pensait encore assez aux autres pour les empêcher d'avoir la moindre chance de finir comme lui. C'était louable, en réalité.

La grimace laissa place à un léger sourire. Malgré toute cette situation, Luisa trouvait qu'Esteban avait bien plus de courage et de noblesse d'âme qu'aucun pourrait le penser. Evidemment, ce n'était pas le moment pour mettre tout cela en mots. Mais peut-être aurait-elle un jour l'occasion de le lui admettre (car cela n'était pas non plus un aveu facile de la part de la cheffe d'entreprise).

Pour le moment, l'essentiel était de parvenir à se relever. Esteban fut extrêmement réceptif à sa proposition et la mexicaine fronça légèrement les sourcils, l'observant avec un peu d'inquiétude. Elle sentit la catastrophe arriver avant d'avoir eu le temps de prononcer le moindre mot ou de se relever complètement. La casserole se renversa, son contenu se partageant entre le sol (qui heureusement en reçut la plus grande partie) et Luisa elle-même, qui ne parvint pas cette fois à retenir un râle de dégoût, heureusement étouffé par le boucan de l'ustensile échouant au sol. Gael se leva aussitôt et accourut après avoir jeté un œil en direction de Karl : l'étudiant avait froncé les sourcils dans son sommeil, mais était apparemment bien trop loin pour se réveiller. C'était heureux.

Le temps que le garde du corps rejoigne les deux autres dans la cuisine, Esteban avait disparut. Ils entendirent une porte claquer, Luisa se tourna vers celle de l'entrée avec panique, mais soupira bientôt en entendant le bruit du loquet. Il s'était enfermé dans une salle de bains. Elle échangea un regard inquiet avec Gael avant d'observer le gâchis qu'étaient ses vêtements. Elle posa une main sur le bas de son visage. Elle ne se sentait pas extrêmement bien.

"Va te changer, je vais nettoyer ça."

Le ton de Gael était calme, factuel. Rassurant, en quelques sortes. Elle hocha la tête avant de se diriger vers sa chambre. C'est en passant devant la porte de l'endroit où son neveu venait de s'enfermer qu'elle l'entendit et lui répondit, sur un ton qu'elle voulait le plus tranquille possible.

"... D'accord. Ne t'inquiète pas pour ça. Prend ton temps."

Prendre son temps pour quoi ? Elle n'en avait aucune idée. Même pour elle, éternelle optimiste jamais à cours de solutions, cela commençait à devenir compliqué. Luisa se rendit dans sa chambre pour prendre de quoi se changer avant de se glisser dans la salle de bains attenante. Elle avait tenu à ce que l'appartement en possède au moins deux, et vraisemblablement elle avait bien fait.

Sous la douche, ses pensées gravitaient toujours autour de la même chose : Qu'allaient-ils faire ? Comment pouvaient-ils trouver une solution ? A quel point était-il sage de faire ceci, ou cela ? Au final, elle dura probablement beaucoup plus longtemps que ce qu'elle avait songé, et elle n'était pas beaucoup plus avancée alors qu'elle sortait de la suite parentale, changée de la tête aux pieds.

Gael, de son côté, avait nettoyé le sol de la cuisine et toutes les autres surfaces qui avaient pu être touchées. La casserole était retournée dans son placard, et aucune trace du verre tendu à Esteban plus tôt. L'argentin était depuis retourné à son poste, au chevet de Karl. Il leva la tête vers Luisa lorsqu'il l’aperçut, la question du regard. Pour toute réponse, la brune haussa les épaules, avant de se tourner en direction de la salle de bains.

"Je crains que nous n'ayons pas énormément de solutions, Tebi... Que préfères-tu ? La nuit n'est pas encore terminée, nous pouvons toujours sortir."

Elle n'était pas certaine que ce soit la meilleure solution : Karl restait épuisé et le laisser seul n'était pas forcément une bonne idée bien qu'il manque simplement de sommeil, mais Gael ne la laisserait probablement pas sortir seule avec Esteban -bien qu'elle pouvait toujours tenter de le persuader. Restait l'autre proposition.

"...Nous pouvons aussi faire venir quelqu'un ici."

La brune avait moins froid aux yeux que le garde du corps. Elle était de toute façons prête à faire ce qu'il fallait pour garantir le rétablissement de son neveu, et si cela devait passer par faire affaire avec des gens et/ou un trafic potentiellement douteux, cela ne la dérangeait pas foncièrement. Tout le monde avait des squelettes dans son placard, après tout.

Néanmoins, elle pensait d'abord à réfléchir à faire usage de son propre réseau de connaissances. Aux USA, il n'était pour le moment pas très étendu, mais les mexicains qui passaient -légalement ou non- la frontière étaient légion, et elle était certaine de pouvoir trouver d'autres personnes lui devant un service et dont la sœur/beau-frère/arrière petit cousin du côté de la fille de sa grand-tante pourrait donner un coup de main.

Mais pour cela, encore fallait-il qu'Esteban accepte l'une ou l'autre de ces plans et sorte de cette salle de bains.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMar 17 Mar - 17:10

La réponse de Luisa fut courte. Succincte, même. Esteban était parvenu à la convaincre qu'il n'allait pas repartir dans une quelconque nouvelle crise... Mais en était-il bien certain ? Pas vraiment. Il ne voulait pas être un poids pour Luisa. Ni pour Gaël, ni pour personne. C'était l'une des raisons qui l'avaient conduit à couper tout contact avec eux. Il était très déterminé à garder la face, à ne pas rendre les choses plus difficiles qu'elles n'étaient déjà... Cela dit, il fallait bien admettre qu'il n'était pas en contrôle de grand chose. Ses nerfs étaient au bord d'une nouvelle rupture. Il était bien incapable d'agir en le sens d'un retour au calme.

Tout ce qu'il pouvait faire, c'était attendre. Espérer. Faire en sorte d'oublier ce qui l'avait mis dans cet état, malgré les effluves sanguines et les battements de cœur qui lui parvenaient toujours, depuis l'autre côté.

"Ou... i. Oui. Je vais faire ça."

Prendre son temps. Cela allait-il calmer sa soif ? Non. Mais peut-être deviendrait-elle plus supportable si ses émotions cessaient de déborder. Il avança jusqu'à l'évier, sur lequel il se hissa à moitié. Il soupira tout en passant une main contre son visage, et en l'y laissant. Un oeil morne se tourna vers le miroir, lequel lui renvoyait toujours la même image... Pâle. Étrangère.

Moins pâle qu'avant, c'était certain. Cela dit il continuait de voir la différence avec sa carnation naturelle. Ce n'était pas lui qu'il voyait dans la vitre, c'était un vampire.

Son degré d'acceptation de la situation était aussi instable que tout le reste de sa personne. Parfois, c'était avec un cynisme martelant qu'il tentait de se fourrer la vérité dans le crâne, de l'accepter une bonne fois pour toutes. Souvent cela dit, le sentiment de dissociation était dominant. Il n'arrivait pas à s'associer à la créature qu'il était devenu, et cela allait au-delà du simple refus conscient de sa situation.

Il allait pourtant falloir qu'il dépasse ça, d'une manière ou d'une autre. Pour le temps qu'il lui restait à vivre sur terre, il fallait qu'il soit un vampire, et qu'il agisse comme tel à tous les niveaux. Sans cela, pas de sang pour lui. Et sans le sang, il y aurait des blessés, probablement parmi ceux qui étaient les plus proches de lui, étant donné qu'ils refusaient de le lâcher.

Il n'avait pas le courage de fixer plus longtemps cette image décharnée. Il n'était plus que l'ombre de ce qu'il avait été.

Il se détourna avec un nouveau soupir et se glissa plutôt sous la douche, tout habillé. Après quelques secondes d'hésitation, il ressortit et plia ses vêtements, qu'il posa sur une chaise. Ce n'était pas pour lui qu'il faisait ça. C'était pour Luisa, Karl, Gael. S'il sortait de là trempé de la tête aux pieds en passant par ses vêtements dégoulinants, il allait encore les inquiéter, et leur causer des problèmes.

Accroupi, il se cala dans un coin et laissa le jet d'eau le masser, le bercer, pendant un temps qu'il ne compta même pas. Ses yeux fixaient le plafond sans le regarder. Son esprit était parti ailleurs. Il flottait dans une sorte de mélancolie humide, rythmée par les nuages de vapeur d'eau qui passaient devant son regard flou. Il était triste sans sujet, et d'ailleurs, des larmes durent couler en plus de l'eau qui glissait contre son visage.

Si sa soif pouvait être comparée à un océan, alors Esteban quelques instants auparavant avait été l'image même d'un voilier en perdition dans une tempête noire et terrifiante. A force de ne plus rien penser, le vent se calmait, les vagues retrouvaient une taille normale. Le bateau ne craignait plus le naufrage. Retour au calme. La mer était toujours présente, mais il contrôlait son navire.

Le silence était désormais tonitruant. Mécaniquement, il essuya son corps, ses cheveux, puis passa à nouveau ses vêtements. Y avait-il un sèche-cheveux par ici ? Était-ce prioritaire ? Coupée n'importe comment, sa tignasse ne ressemblait plus à rien.

Il décida de sortir. Il se sentait désormais capable de faire face aux autres sans leur sauter à la gorge, et il jugeait cela comme une information rassurante, qu'il comptait leur révéler par cette initiative. Son regard était en revanche vacant. Il se sentait vide et abruti. Puis il y avait toujours ce problème irrésolu, prêt à tourner en boucle dans sa tête : Comment allait-il se nourrir ?

Luisa s'approcha de la salle de bain et lui adressa la parole à l'instant pile où il en sortait. Il ferma le battant derrière lui et s'appuya dos contre la porte, l'air hagard. Il paraissait être en train de se demander comment il allait se sortir de ce guêpier... Et c'était bien ce dont il s'agissait. Luisa venait de formuler en mots ce à quoi il s'était jusqu'à présent refusé de penser.

Horrifié, terrifié, terriblement peu confiant. Voilà ce qui résumait à la fois ce qu'il ressentait, et l'expression qui débordait de son visage.

"... Je ne sais pas si je peux faire une chose pareille."

En fait si, il le savait : il ne POUVAIT pas. Sauf qu'il n'avait pas le choix. Que Dieu le pardonne ou, à l'inverse, le foudroie... Il allait devoir y parvenir d'une manière ou d'une autre.

Faire venir quelqu'un ici ? Et qui donc exactement ? Il savait qu'il existait des services de livraison à domicile spéciaux pour... Les gens dans son cas. Cela dit il n'avait pas assez confiance pour faire venir un étranger, même si ce n'était pas chez lui mais chez Luisa. Ils vivaient tout de même dans le même immeuble. On aurait tôt fait de comprendre qu'il avait acheté le penthouse juste au dessus.

Catastrophé, il soupira encore et posa une main sur son front.

"... Et je ne peux pas non plus sortir comme ça. Tia... On ne peut pas faire venir plus d'une personne, c'est trop risqué. Ça ne me laisse que peu de choix."

Nouvelle main qui frottait sa bouche alors que son regard, hanté, se posait sur un vide très lointain. De quoi allait-il avoir l'air, franchement ? "D'un vampire", lui répondait la petite voix dans sa tête. "Exactement ce que tu es, au cas où tu l'aurais oublié". Il n'avait pas oublié, mais il aurait voulu pouvoir continuer à faire semblant du contraire.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeLun 22 Juin - 16:52

Il était sorti de la salle de bains au moment où elle s'apprêtait à lui parler. En soi, Luisa estimait qu'il s'agissait d'un signe positif, même si Esteban n'avait pas non plus l'air prêt à gravir l'Everest qui s'annonçait devant eux. Néanmoins, le serait-il jamais ? Clairement pas avant d'avoir essayé, selon sa tante. C'est pourquoi elle lui proposa les deux solutions qu'il leur restait, bien qu'il était évident aux émotions qu'elle pouvait lire sur son visage que cela allait être extrêmement compliqué, peu importe ce qu'ils choisissaient de faire.

Le jeune homme n'était pas sûr de lui. Pire que cela, il était catastrophé par l'idée même de faire quoi que ce soit. Cependant, il en était arrivé à la même conclusion que Luisa il y a peu : il ne pouvait pas rester comme ça, il fallait bien qu'il fasse quelque chose. Comme il le disait, ses options étaient limitées. Très limitées. Cela ne voulait pas pour autant dire qu'elles étaient nulles.

"...Si tu le souhaites, il reste l'éventualité qu'une seule personne nous rende deux services, mais..."

Elle ne connaissait pas ce cousin dont elle avait parlé plus tôt, mais donnerait le bon dieu sans confession à la jeune femme à qui elle avait rendu service par le passé. Sans compter que des deux problèmes qu'ils pouvaient avoir, la coupe de cheveux de son filleul était bien en-dessous dans leur liste de priorités.

Le problème était qu'une seule personne ne serait pas forcément suffisante. Et cela, Luisa l'avait compris. Esteban en était probablement conscient également. Il ne s'était pas nourri depuis des semaines et même s'il avait déjà beaucoup pris de réserves chez deux humais de relativement bonne constitution, il était encore affamé. Son attitude le prouvait. Faire venir plus d'une personne augmentait les risques, mais n'en faire venir qu'une seule ne faisait probablement que retarder l'échéance... Et s'ils laissaient passer l'opportunité de la nuit, la journée à venir allait être très compliquée.

"Si tu sors, je viens avec toi." Cette partie n'était pas négociable. "L'idéal serait de te grimer un peu pour éviter que l'on te reconnaisse. Est-ce que cela t'irait, Tebi ?"

Derrière elle, elle pouvait sentir le regard désapprobateur de Gael lui percer le dos. Elle savait qu'il n'était absolument pas d'accord avec ce plan, qu'il trouvait beaucoup trop imprudent et dangereux. Néanmoins, comme le jeune vampire l'avait dit lui-même, ils étaient à court de choix. Et il était hors de question que Luisa l'abandonne. Ni maintenant, ni jamais.

La mexicaine prit doucement la main de son neveu dans la sienne pour la serrer délicatement avec un sourire rassurant.

"Quoi que tu décides de faire, je ne te lâche pas d'une semelle."

Bien entendu, cela deviendrait compliqué s'il décidait de s'enfuir à la vitesse grand V(amp), mais c'était encore trop tôt pour ce genre d'humour. Si Esteban décidait de jouer le tout pour le tout à l'appartement, elle contacterait son amie sans attendre. Sinon, elle irait chercher son nécessaire de maquillage pour une petite séance de retouche qui ne serait pas sans rappeler des souvenirs (bien qu'Esteban n'ait jamais été très joueur à ce sujet).
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMer 8 Juil - 20:50

"...Si tu le souhaites, il reste l'éventualité qu'une seule personne nous rende deux services, mais..."

Malgré la main qui cachait la moitié de son visage, Esteban jeta sur sa tante un regard en coin, aigu, sombre, inhabituellement lucide de la part du jeune homme, lequel avait habitué son entourage à son étourderie chronique (... à l'inverse, en somme). Cela ne suffirait pas, et de toute façon, il n'aimait pas cette idée.

Esteban n'avait pas tendance à se sentir redevable à l'égard des personnels que lui ou sa famille employaient - après tout, ils étaient payés pour le travail qu'ils accomplissaient, non ? Grassement, de surcroît, surtout quand on les faisait appeler dans l'urgence ou à des heures indues. Cependant, la situation était inhabituelle. Appeler une coiffeuse à domicile en urgence était un acte en soi banal. Le contexte, en revanche, ne l'était pas. A un degré ou à un autre on allait mettre cette personne dans la confidence, et potentiellement lui faire prendre des risques dont elle n'avait pas entièrement conscience. Lui demander du sang, lui infliger la morsure en plus de cela, c'était trop.

... Il préférait encore satisfaire les âmes perdues qui erraient probablement dans les rues du quartier sanglant à la recherche du blasphème - pardon, de sensations fortes. On pouvait difficilement appeler ça un "service rendu" : c'était avant tout une abomination et Esteban ne ferait qu'encourager ces malheureux égarés dans leurs péchés. Mais cela restait moins embarrassant que de forcer la main à qui que ce soit, surtout si ce quelqu'un lui apportait déjà son aide par ailleurs.

Du moins, il l'espérait. L'idée de rencontrer ces fameuses groupies - dont il avait appris l'existence sur internet - le terrorisait plus qu'autre chose.

Ces réflexions n'avaient durées qu'une fraction de secondes, temps qu'il fallu à Luisa pour aller au bout de son idée :

"Si tu sors, je viens avec toi."

Toujours malgré la main au travers de son visage, Esteban eut subitement l'air embarrassé. D'un côté, l'idée d'être accompagné le rassurait. La présence de Luisa l'aiderait certainement à ne pas paniquer, ainsi qu'à ne pas se sentir en complet décalage avec les lieux qu'il lui faudrait désormais visiter. De l'autre, il aurait voulu qu'elle ne le voie pas comme ça. Ni en train de faire ça. Bien sûr, c'était déjà trop tard, compte-tenu de la façon dont il lui avait sauvagement sauté dessus quelques heures au préalable... Mais ce serait la première fois qu'elle le verrait agir de la sorte de façon volontaire et contrôlée. C'était une autre forme d'humiliation.

Une humiliation de plus, qu'il lui fallait accepter. Il se rendait bien compte qu'il n'était pas suffisamment stable pour sortir sans escorte. Qu'est-ce que cela pourrait bien changer, de toute façon ? Son existence s'était déjà écroulée et avec elle, sa santé mentale et toute notion de mérite ou d'amour propre. A quoi bon préserver le fantôme d'une fierté qui n'avait plus lieu d'être ? Refuser sa nature vampirique n'était parvenu qu'à causer du tort à Luisa et à Gael et, comme ses réflexions chaotiques dans la salle de bain du penthouse lui avaient permis de le remarquer, ce n'était peut-être même pas ce que Dieu attendait de lui. S'Il ne l'avait pas rejeté, alors il l'avait mis sur ce chemin et il lui fallait accepter humblement son destin. Quand bien même ce destin impliquait qu'il assiste le Démon dans son oeuvre. S'Il avait renié son existence impie, cela revenait au-même, car il aurait été orgueilleux de la part du vampire de penser qu'il pouvait encore se racheter par ses actions.

Il tournait en rond. Il fallait que cela cesse. Malheureusement, faire passer ses décisions par la grille de la religion était une habitude qu'il lui fallait perdre. Cela ne fonctionnait plus, et encore moins lorsqu'il lui fallait agir rapidement.  Son sens moral et son pragmatisme étaient les seuls guides fiables qu'il avait à disposition.

Encore une fois, tout avait été très rapide. Les pensées se mêlaient à ses émotions et formaient un amas tout à la fois confus et clair. Il aurait pu les lire avec précision s'il avait pris le temps d'en démêler les fils, mais ses priorités étaient ailleurs.

"L'idéal serait de te grimer un peu pour éviter que l'on te reconnaisse. Est-ce que cela t'irait, Tebi ?"

Sans y réfléchir, il laissa retomber sa main et une sorte de semi-rictus amer remplaça doute comme affolement. Des images douloureuses lui revenaient. Cette fois, son esprit réagissait en formant autour du jeune homme cette coquille de cynisme inhabituelle que Luisa avait déjà eu l'occasion d'apercevoir.

"La dernière fois que je me suis grimé pour sortir, les choses ont mal tourné. L'avantage, c'est que ça pourra difficilement moins bien se passer..."

Il entendit Luisa qui lui laissait encore le choix, bien inutilement, car il avait déjà pris sa décision. Elle insistait encore pour venir avec lui et il n'allait pas lutter. Il se savait incapable d'aller au bout de cette idée tout seul, et c'était la seule solution pour qu'il reste capable de maîtriser sa soif à court comme à long terme.

"... J'espère que tu entends avoir l'air au moins aussi ridicule que moi, alors."

Oui, c'était une plaisanterie. Une tentative de plaisanterie, tout du moins, dite sur un ton détaché particulièrement inadapté. Il avait partiellement conscience de ce que son actuel comportement avait de décalé par rapport à la personne qu'il était censé être et il ressentait le besoin de s'en excuser, ou tout du moins d'essayer de réchauffer un peu l'ambiance.

Sa gorge se serra et une terreur nouvelle s'empara des prunelles claires tandis qu'il se rendait compte de ce que cette balade nocturne impliquait réellement pour Luisa. Il se tourna vers elle et se corrigea très rapidement :

"...... C'est sans doute une très mauvaise idée compte-tenu des fréquentations des endroits où... Oh mon dieu, elle pourrait être encore là. Ou un autre. C'est encore plus dangereux pour toi que pour moi, dire que ça ne m'avait même pas effleuré, je suis désolé. Il est vrai que je n'avais pas même réussi à rejoindre les bonnes rues, c'est probablement moins risqué en descendant directement sur les avenues fréquentées, personne n'osera rien faire si c'est en public et..."

Pour une rare fois, Esteban s'arrêta tout seul. Il ferma les yeux, soupira, et contint le flux de paroles inattendu provoqué par la peur et toutes les sensations traumatiques que lui évoquaient le souvenir de son agresseuse. L'idée de pouvoir la croiser lui dressait les cheveux sur la tête. Les jambes molles, il avança jusqu'au premier siège inoccupé venu.

"Il faudra sortir. Il n'y a en réalité guère d'autre solution, surtout si cela doit devenir quotidien."

Il se frottait à nouveau le visage. Tout cela le rendait très nerveux.

"... Les affreuses nippes que j'ai été bien mal inspiré de porter quand j'ai... quand je... Bref. Pour me noyer dans le paysage doivent être encore quelque part en haut, dans un carton."

Cependant, ainsi qu'en témoignait son ton incrédule, il n'était pas certain d'avoir envie de les enfiler à nouveau... Ces vêtements représentaient la pire expérience qu'il avait jamais eue de sa vie. Il avait été agressé et il était mort dedans.

"... Avant de prendre la moindre décision, il reste de toute façon nécessaire de faire appel à quelqu'un pour... ça."

Il souleva la mèche de cheveux disgracieusement amputée et constata du même temps que son corps avait décidé de se remettre à trembler sans demander l'avis de son esprit, lequel avait rarement été aussi clair durant cette soirée, aidé par l'absence de choix réels qui se présentait à lui. Parfois, les nerfs lâchaient indépendamment de l'intellect.

"J'aurai du mal à passer inaperçu si je sors avec une coupe de cheveux aussi... improbable et inappropriée. Commençons par régler ce souci...De toute façon, il est encore trop tôt. Tout à l'heure le contexte rendait ça compliqué, mais ça va mieux. Je peux me retenir jusque là. Enfin. Tant que personne ne s'amuse à transformer en bombe à eau les poches restantes..."

Il aurait adoré profiter du probable après-midi ensoleillé qui l'attendait derrière les stores fermés mais... Eh bien, s'il en avait encore été capable, aucun de leurs autres soucis n'aurait existé.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeVen 10 Juil - 17:38

Les conditions avaient beau être tout sauf optimales, Luisa ne pouvait nier le fait qu'il était étrangement agréable d'avoir en face d'elle un filleul plus lucide qu'auparavant. Les conditions de cette épiphanie restaient un désastre, mais il fallait avouer qu'elle n'était pas de trop. Evidemment, la mexicaine n'irait jamais jusqu'à le dire à voix haute. Pas tant qu'Esteban ne serait pas réconcilié avec lui-même, ce qui risquait de prendre énormément de temps. Mais c'était quelque chose de positif, au milieu de tout cet océan d'horreur. On se consolait comme on pouvait.

Luisa ne fut donc pas étonnée de voir dans le regard de son neveu qu'il était d'accord avec elle : demander à cette personne un tel service n'était pas une bonne idée, plus encore si ce n'était que pour retarder l'inévitable. Cela leur permit d'avancer sur le prochain point, à savoir comment ils allaient sortir. Luisa l'accompagnait et était intransigeante sur ce point. Elle ne voyait pas vraiment pourquoi Esteban se sentait mal à l'aise : ils étaient partis à l'aventure des dizaines de fois et s'étaient mis dans des situations qui, elle en était certaine, seraient plus humiliantes que celle à venir. Evidemment, Esteban n'avait jamais été un vampire auparavant, mais l'avis que la cheffe d'entreprise avait de cette espèce aux dents longues différait de celui de toutes ses proches connaissances... C'était probablement pour cela qu'elle ne comprenait pas. Elle pourrait le faire si elle prenait le temps, mais ce n'était manifestement pas sa priorité pour le moment.

La priorité était la sécurité du fils de sa sœur. Pour cela, il était évident qu'il allait falloir tout faire pour qu'il ne puisse pas être reconnu. Cela passait par son apparence et aussi bien du point de vue coupe et maquillage que vestimentaire.

A sa proposition, Esteban eut une réplique qui manqua de faire grincer les dents de sa tante. Heureusement il ajouta bien vite d'autres mots qui lui permirent de comprendre qu'il ne s'agissait là que d'une autre mise en relief de son changement de caractère, beaucoup plus cynique qu'avant. Elle lui fit un léger sourire compréhensif, avant de prendre l'air faussement offensé.

"Je ne suis jamais ridicule, voyons."

Mais effectivement, elle avait elle aussi l'intention de se prêter au jeu. Cependant, au contraire du reste de la famille qui ne jurait que par les costumes superbement bien taillés et les robes de bal, Luisa avait un goût vestimentaire plus... éclectique. Il y aurait certainement de quoi convenir dans son dressing.

Elle était justement en train de se demander si elle avait amené avec elle ce superbe corset aux reflets dorés quand Esteban se remit à parler d'une façon qui lui était très caractéristique : inquiet, il s'emportait en racontant tout ce qui lui passait par la tête. Il ne fallait pas être devin pour voir qu'il avait peur qu'il arrive à Luisa la même chose qui lui était arrivée quelques semaines plus tôt. L'air serein, la mexicaine s'apprêta à le couper pour le rassurer...

...Mais celui-ci s'arrêta de lui-même. Sa tante haussa un sourcil, vaguement impressionnée. C'était nouveau, ça aussi. Pas une raison pour qu'elle n'aille pas au bout de sa pensée, néanmoins. S'asseyant sur l'accoudoir du fauteuil où son neveu avait pris place, Luisa posa tendrement une main sur son épaule.

"Ce sera différent, Tebi. Après tout, on sera deux, non ? Je surveille tes arrières, et toi les miennes. Ça a toujours été comme ça."

Parce qu'aussi insouciante qu'elle pouvait être lorsqu'elle l'emmenait en balade en plein cœur des quartiers mal-famés de Veracruz, Luisa s'assurait toujours qu'il n'arrivait rien à son filleul. Cette fois, il serait probablement amené à lui rendre la pareille, à présent qu'il était plus avantagé sur certains points.

Ce n'était pas le moment de s'épancher. Luisa hocha la tête, factuelle. Elle appréciait le fait qu'Esteban se résigne sans pour autant être totalement abattu. Selon ses standards, c'était une amélioration par rapport à plus tôt dans la journée. Le fait qu'il prenne des décisions quant à la suite des événements l'était encore plus. La mexicaine claqua des doigts et tendit la main devant le nez de son neveu.

"Donne-moi ton téléphone."

Une fois celui-obtenu, elle se mit à chercher le nom d'une boutique qui lui arrivait de fréquenter, dont les styles pouvaient convenir à ce qu'ils cherchaient tout en correspondant à une qualité qu'Esteban apprécierait. Du "Gothique Chic", en quelque sortes. Il s'avérait qu'ils avaient une boutique à la Nouvelle-Orléans. Laissant échapper un soupir de satisfaction, Luisa mit la page internet sous le nez de son filleul.

"Tiens. Commande ce que tu veux. C'est à mon nom, je demanderai à Cristobál de passer le chercher en venant."

En parlant de Cristobál, la multimilliardaire sortit son propre téléphone pour appeler le contact qui lui fournirait le coiffeur en question. Se levant de son siège improvisé, Luisa attendit impatiemment la fin de la tonalité.

"Hola ?
-Hola María, buenas tardes, soy Luisa...
-Señora Luisa !"


Il ne fallut pas longtemps pour que l'enthousiaste jeune femme à l'autre bout du fil communique le numéro de son cousin coiffeur, ravie qu'elle était de rendre un service à celle qui avait permis à son rêve de devenir réalité. Après un échange rapide de banalités, Luisa raccrocha et revint vers son neveu.

"Tu as choisi ?"

Elle préférait attendre d'avoir le numéro de commande avant de demander au fameux coiffeur de quitter son domicile. Même si, connaissant María, le cousin devait déjà être au courant et guetter son téléphone avec impatience.

Sans compter le fait que Luisa préférait jeter un œil à la commande en question avant de la valider. non pas qu'elle n'ait pas confiance en Esteban lorsqu'il s'agissait de choisir ses vêtements -Grands Dieux, sa mère le laissait faire depuis qu'il était capable de nommer les couleurs-, mais elle préférait être certaine qu'il n'allait pas choisir quelque chose de... trop. Ou pas assez. On parlait d'Esteban, après tout.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeVen 10 Juil - 20:30

La main sur son épaule, Luisa essayait de le rassurer quant aux risques que comportait leur future sortie dans les rues nocturnes de la Nouvelle-Orléans. Le retard que prit la réaction du vampire en disait long  sur son (manque) d'assurance. Inquiet, il fixait le sol et ne pouvait s'empêcher de penser que face à un autre vampire, être deux ne leur apporterait aucun avantage. Non. Face à ce type d'agresseur, la sécurité de Luisa ne tiendrait qu'à la capacité de réaction d'Esteban, lequel ne savait absolument pas faire face aux situations de violence, pouvoirs surnaturels ou non. De plus, l'attaque qui lui avait coûté son humanité avait laissé des séquelles : il n'était pas certain d'être en mesure de rester calme. Il y avait aussi un risque pour qu'il se montre paranoïaque, prompt à voir le danger là où il n'existait pas, et ce faisant, à l'attirer.

"Pas de crochet par des rues vides ou malfamées. On reste uniquement sur les artères. Ou sinon, je ne marche pas."

Cela comportait plusieurs inconvénients : ils croiseraient plus de monde. Il y avait plus de chance qu'on le reconnaisse. De plus, Esteban n'était pas sorti de chez lui depuis plusieurs grosses semaines. Il craignait de croiser la moindre présence humaine et avait déjà mal vécu le passage dans le couloir de l'étage... Son ochlophobie n'avait jamais été aussi prononcée. Seul point positif : grimé de la tête au pied, il jouerait un rôle. Être perçu par autrui comme un vampire lui serait sans doute moins difficile si il n'était pas tout à fait lui-même.

Autre problème : il serait plus compliqué de trouver un coin discret lorsqu'il lui faudrait se nourrir. Mais ils trouveraient bien quelque chose. Il fallait qu'il cesse de tout anticiper de la sorte, sans quoi il allait finir par se dégonfler. Et ce n'était pas une option viable.

Esteban était une épave. La manière brutale dont il venait de prendre le taureau par les cornes n'y changeait rien. C'était la même résilience qui lui avait permis d'acquérir son appartement et d'y faire livrer ses affaires lorsque son existence autant que sa santé mentale étaient en train de partir en lambeaux. La situation demandait à ce que des décisions urgentes soient prises. Ainsi, il prenait ces décisions urgentes mécaniquement, avec logique, parce qu'il fallait survivre et que de mettre en danger ses proches par son inaction  n'était pas une issue acceptable. Cependant, cette proactivité lui demandait une énergie qu'il n'avait pas. Cela le drainait, l'épuisait. Heureusement, il était déjà assis.

"Donne-moi ton téléphone."

Il jeta un coup d’œil interrogatif à sa tante mais ne broncha pas. Il lui tendit l'appareil sans faire d'histoires. L'instant suivant elle le lui rendait, et il baissa les yeux sur l'écran. Lorsqu'il comprit de quoi il était question, une tension en lui disparut. Il avait réellement envisagé de porter les vêtements dans lesquels il avait été agressé. L'idée de Luisa était bien meilleure, pour de nombreuses raisons. L'espace d'un instant, il se demanda qui était Cristobál. Il faillit le demander à Luisa, et lui faire remarquer qu'il était imprudent de faire venir quiconque d'autre que la personne qui était censée lui couper les cheveux.

... Puis, une fois n'était pas coutume, ses neurones se connectèrent tous seuls, et il comprit qu'il devait s'agir du coiffeur.

Enfin, il se fit la réflexion que tout cela n'avait guère d'importance. Il n'était pas assez disponible mentalement pour se soucier des détails. Il s'enfonça plutôt tout au fond du fauteuil, aussi confortablement qu'il en était capable. Cela lui permettrait de relâcher des tensions nerveuses, ou ce qui s'y apparentait lorsqu'on avait son métabolisme.

"Parfait. Voyons voir ça..."

Il ouvrit le menu de la boutique avec une grimace peu convaincue. Ses yeux s'attardèrent sur certaines sections qu n'avaient l'air véritablement pas convenables. Hébété par leur existence, il perdit quelques secondes, ne cliqua SURTOUT PAS dessus, puis se plongea plutôt dans les collections qui l'intéressaient. Pour le commun des mortels, il s'agissait de produits de luxe, assez chers, parfois même trop chers. Pour Esteban, les prix étaient à l'inverse douteusement donnés. Avec la somme qu'il mettait habituellement dans une chemise (qui ne faisait pas partie de ses meilleures chemises) il allait réussir à composer un ensemble complet.

Luisa venait de raccrocher, de son côté. L'air distrait, atone car trop fatigué pour éprouver ou simuler la moindre émotion, il fit remarquer :

"Les prix sont ridicules... Tu es sûre que ça ne va pas se déchirer en deux heures ?"

Au tour de Luisa de lui poser une question

"Attend."

Il n'avait pas encore parfaitement terminé sa sélection. Esteban était exigeant, et il n'était pas forcément très rapide lorsqu'il s'agissait de choisir ses vêtements. Que ce fut un déguisement n'y changeait pas grand chose. Il essayait de faire ça bien : il fallait qu'il sélectionne des choses qu'on ne l'aurait pas imaginé porter, sans quoi on aurait eu tôt fait de le démasquer. Cela dit il y avait une limite à ce qu'il se sentait en mesure de sacrifier. Il aurait plus facilement plongé sa main dans l'acide que porté certains des items proposés. Trop déshabillés, trop osés, trop satanistes, trop... trop.

Il s'arrêta finalement sur une chemise sans manche (qui portait des chemises sans manches, franchement ?) décorée d'une absurde quantité de fermetures éclairs, lesquelles pour les trois quarts ne servaient absolument à rien. Comble de la non-convenabilité (et donc de l'illusion) : il y ajouta plusieurs bracelets en cuir ainsi qu'un maillot en résille qui couvrait les bras et le dos des mains. Il jugeait cette matière particulièrement obscène, aux antipodes de tout ce qui le définissait. Il avait déjà fait ce choix la première fois qu'il était sorti déguisé et il recommençait sans hésiter : probablement PERSONNE ne l'en imaginait capable, même dans le cadre d'une tentative pour garder l'anonymat. Puis il y avait la sensation du tissu contre son épiderme. Cela lui rappellerait efficacement qu'il n'était pas tout à fait dans sa propre peau, et il sentait qu'il allait en avoir besoin pour tenir psychologiquement.  Plusieurs bagues métalliques s'ajoutèrent, noires et argentées, ainsi que plusieurs chaînes à maillons épais, pour le cou et les poignets. C'était de l'ordre du détail, mais c'était dans le détail que résidait l'illusion. Il n'avait pas envie de porter une jupe, quand bien même certaines figuraient dans les collections masculines. Il opta plutôt pour un pantalon, avec la nette impression d'être face à un choix unique : ils étaient presque tous pareils. Avec trop de sangles et de fermetures éclairs. C'était juste la couleur et la matière qui différaient. Esteban préférait rester sur du noir. Il ne voulait pas trop attirer l'attention sur lui, les couleurs vives et les tartans étaient donc proscrits. La dernière fois, il avait pris du cuir. Cette fois, ce serait plutôt du coton. Parce qu'il y avait déjà assez de cuir dans le long manteau qu'il avait finalement décidé d'ajouter. Cela cacherait ses bras et la fameuse résille mais... Eh bien on la verrait toujours dépasser, et il était possible que certaines situations demandent à ce qu'il retire cette couche, avec laquelle il se sentirait tout de même plus à l'aise dehors. Enfin, les chaussures. Ou plutôt, les bottes, car on ne trouvait presque aucune chaussure basse dans la liste. Les bottes étaient une bonne idée, de toute façon : il n'en portait jamais. Son choix se porta donc sur l'une de ces paires chargées de beaucoup trop de ceinturettes et de boucles. Cela restait sobre par rapport à certains modèles à pics, et cela le distinguait bien suffisamment de son image habituelle.

Des sangles, des fermetures éclairs, des ceintures et des boucles. Les stylistes qui travaillaient pour ces boutiques spécialisées semblaient n'avoir que ça en tête...

Il soupira puis tendit son téléphone à Luisa tandis qu'il plongeait le front dans sa main, dépité. Il allait avoir l'air parfaitement indécent.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeHier à 13:43

"Ca me va."

Luisa était aventureuse, certes, mais elle n'était pas totalement imprudente : dans une ville qu'elle ne connaissait pas comme sa poche (au contraire de celles où elle avait souvent traîné son neveu dans des expéditions multiples), elle n'allait pas jouer plus que de raison. Elle était consciente que sa présence dans un quartier majoritairement fréquenté par des vampires et leurs sympathisants était suffisamment dangereux comme cela. Cependant, elle avait son anonymat pour elle : à la Nouvelle-Orléans, elle n'était qu'une femme comme les autres. C'était Esteban qui risquait le plus, surtout s'il voulait rester dans des rues passantes.

Néanmoins, sa tante était d'accord pour dire qu'il s'agissait de la moins mauvaise solution. Ce pourquoi elle se contenta d'accepter sans rechigner. De toute façon, s'ils décidaient de vraiment mettre leur plan à exécution, Esteban ressemblerait suffisamment à l'image de ce qu'il n'était jamais pour passer inaperçu parmi les réguliers du Quartier Sanglant.

A cet effet, Luisa emprunta donc le téléphone de son neveu pour le diriger vers un site qui pourrait lui permettre d'acheter des vêtements de qualité convenable. Hors de question qu'il remettre ceux qui avaient été témoins de sa transformation : Luisa n'était pas la plus attentionnée des membres de la famille, mais elle possédait un minimum de décence. Elle savait pertinemment qu'il ne s'agirait que d'un traumatisme de plus, et au vu de l'état du jeune homme, mieux valait éviter.

D'autant que la recherche vestimentaire aurait l'avantage de l'occuper quelques minutes, le temps qu'elle passe son coup de fil.

Assis sur le canapé aux pieds de Karl, Gael observait la mise en scène d'un œil circonspect. Il ne fallait pas être devin pour se rendre compte que toute cette histoire ne lui plaisait pas du tout. D'un autre côté, tandis qu'il jetait un œil à un Esteban absorbé par les contenus du site en question (et probablement surpris/atterré, si l'on se fiait à sa mine congestionnée qui l'aurait fait ricaner sous cape dans n'importe quel autre contexte), il était obligé de convenir qu'il s'agissait de la meilleure solution à court terme -ou plutôt la moins pire. Faire venir plus d'une personne à l'appartement était dangereux et il ne pouvait pas accompagner Esteban lui-même, vu son état. Par ailleurs, ce n'était pas forcément la solution la plus discrète : les gardes du corps et autres employés n'étaient pas ceux sur qui l'attention s'attirait, mais ceux qui recherchaient activement le néo-vamp devaient probablement surveiller ses propres allées et venues. Sans compter que l'argentin passait pas mal de temps aux côtés du meilleur ami de l'héritier disparu, ces dernières semaines.

C'était d'ailleurs le dernier point : quand bien même Gael aurait été en forme pour accompagner les deux têtes de mules qu'étaient Luisa et Esteban, il était hors de question de laisser Karl seul ici. Et le petit avait besoin de repos. Dieu savait que ses nuits étaient courtes, depuis la transformation du gamin. Au final, et bien que cela ne lui plaise absolument pas, rester ici était probablement la meilleure chose à faire... mais cela ne voulait pas dire qu'il appréciait l'idée.

Raccrochant le téléphone, Luisa envoya valser les inquiétudes de son filleul d'un geste nonchalant de la main.

"Sûre. J'ai commandé plusieurs fois chez eux, je n'ai jamais été déçue."

Gael leva les yeux au ciel. Impossible de savoir si la mexicaine était sérieuse ou si elle disait cela uniquement pour déclencher une réaction du type "questionnement de convenabilité" de la part de son neveu. Cependant, il était prêt à parier qu'elle ne mentait pas... il avait vu Luisa dans d'autres cadres que les réunions de famille et savait qu'elle était beaucoup moins portée sur le politiquement correct que sa soeur. Et son neveu, par extension.

Revenant se poser sur l'accoudoir du fauteuil d'Esteban, la cheffe d'entreprise surveillait du coin de l’œil les items choisis sur le téléphone avec un petit sourire satisfait. Vraisemblablement, son neveu avait l'intention de jouer plus que correctement le jeu. C'était bien.

"Oh, très bon choix ce bracelet ! Prends-m'en un, veux-tu ?"

Elle n'était pas vraiment du genre à porter de nombreux bijoux, mais celui-ci irait certainement très bien avec l'ensemble qu'elle avait en tête. Ceci dit, il lui faudrait peut-être en rajouter un peu... Quand Esteban lui tendit le téléphone pour une dernière vérification, Luisa jeta un œil à la boutique et ajouta un ras-du-cou en dentelle noire au panier, ainsi qu'une paire de collants décorés de motifs comparables. Enfin, elle procéda au paiement de la commande, s'assurant un retrait en boutique dans l'heure, prit en note le numéro de commande sur son propre téléphone, avant de rendre le téléphone à sn propriétaire.

"Voilà qui est fait ! Passons à la prochaine étape."

Quelques secondes plus tard, la voilà au téléphone avec un quasi-inconnu, expliquant dans un espagnol rapide ce dont elle avait besoin (soit d'un coiffeur talentueux et discret, qui puisse venir chez elle dans l'heure tout en passant récupérer un colis sur son chemin). Heureusement pour eux, Cristobál était plus que ravi de donner un coup de main : il semblerait que l'investissement de Luisa était ce qui avait permis à sa cousine d'investir à son tour dans son entreprise, lui permettant de créer son salon. Cela lui paraissait donc être un naturel retour des choses. L'affaire fut réglé en quelques minutes et Luisa raccrocha avec un soupir de contentement.

"Il sera bientôt là. En attendant, je suppose que je pourrais commencer à me changer..."

Il n'y avait pas grand chose à faire de plus, à part attendre. Luisa se dirigea donc vers sa chambre. Elle ressortit quelques minutes plus tard, vêtue d'une sorte de corset (possédant tout de même de très fines bretelles) noir dont la partie supérieure paraissait être en cuir (vegan, bien entendu). En-dessous de la poitrine, ils'agissait majoritairement de dentelle, bien que des bandes de cuir verticales coupaient ci et là le motif, affinant la taille. Le dos, intégralement en cuir, était fermé par une fermeture éclair.

Elle avait laissé dans sa chambre la jupe courte noire comportant des sangles et chaînes inutiles (du même type que celles se trouvant sur le pantalon commandé par son neveu) ainsi que les bottes hautes de même couleur qu'elle avait l'intention de mettre, au vu de ce qui l'attendait dans le colis.

Au regard mi-amusé mi-interrogateur que lui jeta Gael, elle hocha la tête en signe de négation.

"Ne pose pas de question dont tu ne souhaites pas réellement obtenir la réponse, Gaucho..."

Prenant place dans l'un des fauteuils restants, elle sortit à nouveau son téléphone : elle avait demandé à leur ami de la prévenir de son arrivée, histoire de faire le moins de bruit possible : Karl avait beau être complètement épuisé et ne pas bouger d'un pouce malgré les trois adultes en conversation à ses côtés, ce n'était pas une raison pour lui mettre la sonnette de l'interphone dans les oreilles.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeHier à 15:04

Esteban se montrait conciliant, Luisa se montrait conciliante... Les poules auraient bientôt des crocs, cela ne faisait pas l'ombre d'un doute !

Cependant, il n'était pas si étonnant qu'ils soient sur la même longueur d'onde : ils n'avaient que très peu d'options prudentes et réalistes et étaient tous les deux déterminés à s'y tenir, pour des raisons plus ou moins différentes. Le plan dressé et accepté par les deux partis, chacun s'occupa de son propre téléphone. Luisa eut tôt fait d'obtenir son coiffeur à domicile. Esteban fut un peu moins rapide à composer sa tenue de sortie. Les prix l'inquiétaient, mais il faisait confiance à Luisa, laquelle assurait avoir déjà commandé ici et n'avoir jamais été déç...

... Pardon ? Que venait-elle d'admettre ? Esteban leva un regard perplexe sur sa tante.

"... Mais pour quoi faire ?"

De façon très ingénue, il n'imaginait pas Luisa acheter de tels articles pour le simple plaisir de les porter. Il devait forcément y avoir eu un plan, elle devait avoir eu une raison, tout comme Esteban avait aujourd'hui une raison précise d'ajouter pièces après pièces dans son panier.

Sur son épaule, Luisa avait pris le train en route. Elle l'interrompit dans sa recherche afin de le complimenter sur un choix de bijou.

"Tu ? Euh, d'accord..."

Deux bracelets plutôt qu'un, donc... Il commençait à avoir des doutes. Luisa paraissait prendre un peu trop plaisir à cette farce. Voulait-elle de ce bracelet pour pimenter sa propre tenue de soirée, où lui plaisait-il vraiment ? Son sourcil resta longuement soulevé tandis qu'il tapotait l'écran pour ajouter l'article supplémentaire à la sélection.

Il termina et montra le résultat à sa tante, peu convaincu par ses propres choix.

Enfin, ne nous y trompons pas. Il était convaincu que cela ferait illusion. Il n'était en revanche pas très heureux de devoir porter et assumer de telles horreurs en public. Il devait l'admettre : il comprenait ce qui pouvait plaire à l’œil dans cette mode. Il la trouvait cependant très impudique, très incorrecte. Indigne d'eux, au bas mot.

Esteban laissa Luisa finaliser la commande. Il n'avait plus rien à faire, et il glissa avec soulagement et facilité dans une nouvelle forme de torpeur. Il se désintéressa de tout ce qui se passait autour de lui. Sa tante, qui téléphonait. Gael, probablement occupé à subir leurs décisions. Karl, qui de toute façon dormait. Toute lueur quitta ses yeux. Il n'était à nouveau plus qu'une forme prostrée dans un fauteuil. Un visage sans vie, sans émotions, à moitié tourné vers le plafond. Il reposait ainsi son esprit. Dieu savait qu'il aurait besoin d'être bien reposé avant de faire face à l'extérieur...

"Oui, tu pourrais..."

Combien de temps s'était-il écoulé ? Il n'en avait aucune idée. Lorsqu'il entrait dans ce genre d'états, il en perdait entièrement la notion. Comme Luisa s'adressait plus ou moins à lui, il avait répondu mécaniquement, mais à l'instant suivant, un peu comme au sortir d'un rêve, il avait déjà oublié le pourquoi du comment.

Il sortit de sa léthargie un peu inutilement, étant donné que Luisa prenait le chemin de sa chambre et le laissait seul avec Gael et Karl - aucun d'entre eux ne lui adresserait la parole. Elle n'en sortit que plusieurs minutes plus tard. Et Esteban eut la certitude d'être bien réveillé.

Quoique. S'était-il endormi sans s'en rendre compte ? Était-ce bien la réalité ? Il écarquilla des yeux ronds. Son regard s'attarda tout particulièrement sur l'immense zone de dentelle. Ça... Faisait beaucoup de trous. Sans même parler du style inhabituel, c'était plus osé que tout ce que Luisa avait jamais porté devant lui. Et pourtant, de toutes ses connaissances et à l'exception d'Erin, peut-être, Luisa était celle qui osait le plus de choses.

Ça ne lui allait pas si mal. En réalité, elle le portait même plutôt bien. Voire plutôt très bien. Mais ça n'était pas le problème ! Ce n'était PAS CONVENABLE DU TOUT. Parfait pour ce soir, en somme. Sauf que ce n'était pas ce qui le perturbait. Comment Luisa en était-elle arrivée à posséder ce genre d'articles dans sa garde-robe ? Là était la véritable question.

"... Mais POURQUOI ?"

Il faillit se mordre la langue et regretta presque immédiatement sa question. Les mots de Luisa résonnaient dans sa tète : "Ne pose pas de question dont tu ne souhaites pas réellement obtenir la réponse, Gaucho...". Ce n'était pas à lui qu'elle parlait, mais il aurait probablement eu mieux fait de faire tout comme.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeAujourd'hui à 15:48

Luisa ne répondit pas directement aux diverses sollicitations d'Esteban. Il pouvait bien se questionner encore un peu sur sa garde-robe. D'ailleurs, elle s'étonnait presque qu'il s'en étonne : après tout, le style était sympa, les tissus agréables à porter. Il devait s'en rendre compte... mais il n'allait pas l'avouer. Evidemment. Luisa, elle, avait dépassé les écueils de ce qui était convenable ou non depuis si longtemps que cela ne lui venait plus vraiment à l'esprit...

...Enfin si, quand il s'agissait de faire tourner sa mère, sa sœur ou son neveu en bourrique.

Sans répondre, donc, la mexicaine continua à s'occuper de ses affaires, passant un coup de fil, ajoutant et faisant ajouter divers achats à la commande avant de téléphoner à nouveau. Le coiffeur paraissait particulièrement enthousiaste et un sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Quelque chose lui disait que le sketch des prochaines heures allait être passionnant.

N'ayant rien d'autre à faire, elle profita de ce temps de pause pour choisir les vêtements adéquats de sa garde-robe t commencer à se changer. Quand elle retourna dans le salon, ce fut pour tomber nez à nez avec Gael, toujours assis sur le canapé, qui la regardait avec un air d'amusement mêlé d'interrogation. Elle répondit sans totalement le faire à sa question sous-jacente, mais c'était sans compter sur son cher filleul, qui ne tourna pas sa langue sept fois dans sa bouche avant de s'étonner bruyamment.

S'affalant aussi élégamment que possible dans un fauteuil disponible, Luisa sortit son téléphone et posa un index sur ses lèvres en direction du vampire.

"Chuuuut, ne crie pas comme ça, tu vas réveiller Karl."

Le jeune homme ne la portait peut-être pas dans son cœur pour le moment, mais ce n'était pas une raison pour se le mettre encore plus à dos. A terme, Luisa comptait bien s'en faire un allié de poids.

"...Parce que j'aime bien. Je suppose que tu as entendu parler de mon année dans le public ? Certains de mes amis étaient friands du genre. Ça a dû déteindre."

C'était la plus gentille des histoires qu'elle avait à portée de main. Elle aurait aussi pu lui dire qu'elle avait déjà fouillé le Quartier Sanglant à sa recherche et qu'il valait effectivement mieux se fondre dans le décor, mais ce n'aurait pas été très charitable de sa part, même si vrai. Esteban n'était pas des plus fonctionnels actuellement et si sa tante s'amusait souvent à lui faire croire tout et n'importe quoi, elle préférait éviter une explication qui risquait de le faire culpabiliser. D'autant qu'elle aimait vraiment bien ce style, même si elle avait très peu d'occasions de le porter.

La conversation dura plus ou moins longtemps, jusqu'à ce que le téléphone de la cheffe d'entreprise se mette à vibrer. Décrochant aussitôt, Luisa se leva pour aller ouvrir l'interphone, continuant de guider son hôte improvisé au travers de l'immeuble, jusqu'à lui ouvrir la porte.

"Bonjour Cristobál, merci encore d'être venu si vite. Entrez, je vous en prie."

S'effaçant dans l'entrée, Luisa laissa passer un jeune homme dans la trentaine, propre sur lui, vêtu d'un pantalon de costume et d'une chemise aux manches retroussés à laquelle s'ajoutait un veston. Dans les poches de ce dernier, on pouvait voir dépasser plusieurs paires de ciseaux, un peigne et plusieurs attaches. Il s'agissait vraisemblablement de ses outils de travail. Sa peau basanée et son regard foncé traduisait des origines similaires à celles de la propriétaire de l'appartement. Ses cheveux décolorés semblaient arborer une myriade de couleurs différentes, bien que le blond y reste majoritaire. Un excentrique enthousiaste, si l'on se fiait à son grand sourire et à son air quasi-émerveillé. Probablement une bonne chose.

Il tendit une boîte en direction de Luisa (certainement les fameux vêtements) et traînait une petite valise à roulettes dans l'autre main. Posant le colis sur la commode la plus proche, Luisa reprit la parole avant que son invité ne le fasse -et risque par là même de faire une boulette.

"Nous allons peut-être passer dans la salle de bains, plutôt ? Tebi ?"

C'était une question rhétorique. Cela permettait à Karl de continuer à dormir et au coiffeur de faire son travail sous des lumières adéquates. D'un geste de la main, la mexicaine indiqua le chemin à suivre, laissant Esteban et Cristobál passer devant. Dans le dos du premier, le second analysait déjà sa cible.

"Bien sûr, bien sûr ! Alors, qu'avons-nous là ?! Oh, je vois... Vous avez fait une mauvaise rencontre avec une paire de ciseaux mal intentionnée mon cher ! Je sais que le déstructuré est à la mode, mais ce n'est tout de même pas une raison pour faire n'importe quoi !"

Derrière elle, Luisa entendit ricaner. Elle soupira, sans s'empêcher pour autant de sourire également : raison numéro trois pour laquelle il valait mieux ne pas faire ça dans le salon. Elle savait que Gael allait rester avec Karl, et qu'elle n'aurait jamais pu rester aussi sérieuse qu'elle le pouvait si l'argentin était dans le coin. Ils avaient beaucoup trop mauvaise influence l'un sur l'autre.
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Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.

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