Qui est en ligne ?
Sur Discord, en ce moment.



 

Partagez
 

 Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant
AuteurMessage
Luisa Selva Moreno
Normes
Luisa Selva Moreno

Identification
Emploi: Gérante d'entreprises
Age apparent: 38 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMar 10 Mar - 19:12

Il avait l'air de se calmer un peu...

Ironiquement, une partie de l'esprit de Luisa se demandait combien de fois ses pensées allaient passer par ce stade. Il lui semblait que, depuis le début de la soirée, elle avait oscillé entre celle-ci et "Oh mon Dieu, ça recommence". Il fallait dire qu'Esteban était vraiment dans un état lamentable et qu'il avait été heureux qu'elle parvienne enfin à le retrouver. Néanmoins, la situation commençait également à peser sur ses nerfs. Elle état têtue, elle était forte, elle n'était pas du genre à abandonner, mais l'état critique de son neveu lui donnait l'impression d'affronter un monstre invisible. Ou en tous cas, un qu'elle n'était certainement pas capable de combattre seule.

En attendant, elle venait de réussir à convaincre son filleul d'arrêter de s'enfoncer les crocs dans la main. La mexicaine retint une nouvelle grimace : avait-il seulement conscience de la sensation qu'il donnait à des personnes dont la douleur serait bien plus constante avec un même geste ? Non, certainement pas. Il était bien trop mal pour avoir un tel raisonnement, c'était évident.

Néanmoins, il avait encore quelques réflexes. Dont celui d'ôter de suite sa main ensanglantée de celle de Luisa pour l'essuyer, et ainsi éviter qu'elle ait un quelconque contact avec son sang. La brune jeta un regard sombre à son vampire de neveu : ce n'était pas un geste anodin. Le fait que ses priorités soient ainsi faites montraient le point auquel il avait été traumatisé par cette histoire. Esteban n'avait jamais fait attention à grand chose par le passé, ce n'était pas dans ses habitudes de s'inquiéter pour quoi que ce soit. Et pourtant, en ce moment précis, alors qu'il allait vraisemblablement extrêmement mal, il pensait encore assez aux autres pour les empêcher d'avoir la moindre chance de finir comme lui. C'était louable, en réalité.

La grimace laissa place à un léger sourire. Malgré toute cette situation, Luisa trouvait qu'Esteban avait bien plus de courage et de noblesse d'âme qu'aucun pourrait le penser. Evidemment, ce n'était pas le moment pour mettre tout cela en mots. Mais peut-être aurait-elle un jour l'occasion de le lui admettre (car cela n'était pas non plus un aveu facile de la part de la cheffe d'entreprise).

Pour le moment, l'essentiel était de parvenir à se relever. Esteban fut extrêmement réceptif à sa proposition et la mexicaine fronça légèrement les sourcils, l'observant avec un peu d'inquiétude. Elle sentit la catastrophe arriver avant d'avoir eu le temps de prononcer le moindre mot ou de se relever complètement. La casserole se renversa, son contenu se partageant entre le sol (qui heureusement en reçut la plus grande partie) et Luisa elle-même, qui ne parvint pas cette fois à retenir un râle de dégoût, heureusement étouffé par le boucan de l'ustensile échouant au sol. Gael se leva aussitôt et accourut après avoir jeté un œil en direction de Karl : l'étudiant avait froncé les sourcils dans son sommeil, mais était apparemment bien trop loin pour se réveiller. C'était heureux.

Le temps que le garde du corps rejoigne les deux autres dans la cuisine, Esteban avait disparut. Ils entendirent une porte claquer, Luisa se tourna vers celle de l'entrée avec panique, mais soupira bientôt en entendant le bruit du loquet. Il s'était enfermé dans une salle de bains. Elle échangea un regard inquiet avec Gael avant d'observer le gâchis qu'étaient ses vêtements. Elle posa une main sur le bas de son visage. Elle ne se sentait pas extrêmement bien.

"Va te changer, je vais nettoyer ça."

Le ton de Gael était calme, factuel. Rassurant, en quelques sortes. Elle hocha la tête avant de se diriger vers sa chambre. C'est en passant devant la porte de l'endroit où son neveu venait de s'enfermer qu'elle l'entendit et lui répondit, sur un ton qu'elle voulait le plus tranquille possible.

"... D'accord. Ne t'inquiète pas pour ça. Prend ton temps."

Prendre son temps pour quoi ? Elle n'en avait aucune idée. Même pour elle, éternelle optimiste jamais à cours de solutions, cela commençait à devenir compliqué. Luisa se rendit dans sa chambre pour prendre de quoi se changer avant de se glisser dans la salle de bains attenante. Elle avait tenu à ce que l'appartement en possède au moins deux, et vraisemblablement elle avait bien fait.

Sous la douche, ses pensées gravitaient toujours autour de la même chose : Qu'allaient-ils faire ? Comment pouvaient-ils trouver une solution ? A quel point était-il sage de faire ceci, ou cela ? Au final, elle dura probablement beaucoup plus longtemps que ce qu'elle avait songé, et elle n'était pas beaucoup plus avancée alors qu'elle sortait de la suite parentale, changée de la tête aux pieds.

Gael, de son côté, avait nettoyé le sol de la cuisine et toutes les autres surfaces qui avaient pu être touchées. La casserole était retournée dans son placard, et aucune trace du verre tendu à Esteban plus tôt. L'argentin était depuis retourné à son poste, au chevet de Karl. Il leva la tête vers Luisa lorsqu'il l’aperçut, la question du regard. Pour toute réponse, la brune haussa les épaules, avant de se tourner en direction de la salle de bains.

"Je crains que nous n'ayons pas énormément de solutions, Tebi... Que préfères-tu ? La nuit n'est pas encore terminée, nous pouvons toujours sortir."

Elle n'était pas certaine que ce soit la meilleure solution : Karl restait épuisé et le laisser seul n'était pas forcément une bonne idée bien qu'il manque simplement de sommeil, mais Gael ne la laisserait probablement pas sortir seule avec Esteban -bien qu'elle pouvait toujours tenter de le persuader. Restait l'autre proposition.

"...Nous pouvons aussi faire venir quelqu'un ici."

La brune avait moins froid aux yeux que le garde du corps. Elle était de toute façons prête à faire ce qu'il fallait pour garantir le rétablissement de son neveu, et si cela devait passer par faire affaire avec des gens et/ou un trafic potentiellement douteux, cela ne la dérangeait pas foncièrement. Tout le monde avait des squelettes dans son placard, après tout.

Néanmoins, elle pensait d'abord à réfléchir à faire usage de son propre réseau de connaissances. Aux USA, il n'était pour le moment pas très étendu, mais les mexicains qui passaient -légalement ou non- la frontière étaient légion, et elle était certaine de pouvoir trouver d'autres personnes lui devant un service et dont la sœur/beau-frère/arrière petit cousin du côté de la fille de sa grand-tante pourrait donner un coup de main.

Mais pour cela, encore fallait-il qu'Esteban accepte l'une ou l'autre de ces plans et sorte de cette salle de bains.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t4341-luisa-selva-moreno
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
Esteban Luz-Descalzo

Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap14/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (14/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMar 17 Mar - 17:10

La réponse de Luisa fut courte. Succincte, même. Esteban était parvenu à la convaincre qu'il n'allait pas repartir dans une quelconque nouvelle crise... Mais en était-il bien certain ? Pas vraiment. Il ne voulait pas être un poids pour Luisa. Ni pour Gaël, ni pour personne. C'était l'une des raisons qui l'avaient conduit à couper tout contact avec eux. Il était très déterminé à garder la face, à ne pas rendre les choses plus difficiles qu'elles n'étaient déjà... Cela dit, il fallait bien admettre qu'il n'était pas en contrôle de grand chose. Ses nerfs étaient au bord d'une nouvelle rupture. Il était bien incapable d'agir en le sens d'un retour au calme.

Tout ce qu'il pouvait faire, c'était attendre. Espérer. Faire en sorte d'oublier ce qui l'avait mis dans cet état, malgré les effluves sanguines et les battements de cœur qui lui parvenaient toujours, depuis l'autre côté.

"Ou... i. Oui. Je vais faire ça."

Prendre son temps. Cela allait-il calmer sa soif ? Non. Mais peut-être deviendrait-elle plus supportable si ses émotions cessaient de déborder. Il avança jusqu'à l'évier, sur lequel il se hissa à moitié. Il soupira tout en passant une main contre son visage, et en l'y laissant. Un oeil morne se tourna vers le miroir, lequel lui renvoyait toujours la même image... Pâle. Étrangère.

Moins pâle qu'avant, c'était certain. Cela dit il continuait de voir la différence avec sa carnation naturelle. Ce n'était pas lui qu'il voyait dans la vitre, c'était un vampire.

Son degré d'acceptation de la situation était aussi instable que tout le reste de sa personne. Parfois, c'était avec un cynisme martelant qu'il tentait de se fourrer la vérité dans le crâne, de l'accepter une bonne fois pour toutes. Souvent cela dit, le sentiment de dissociation était dominant. Il n'arrivait pas à s'associer à la créature qu'il était devenu, et cela allait au-delà du simple refus conscient de sa situation.

Il allait pourtant falloir qu'il dépasse ça, d'une manière ou d'une autre. Pour le temps qu'il lui restait à vivre sur terre, il fallait qu'il soit un vampire, et qu'il agisse comme tel à tous les niveaux. Sans cela, pas de sang pour lui. Et sans le sang, il y aurait des blessés, probablement parmi ceux qui étaient les plus proches de lui, étant donné qu'ils refusaient de le lâcher.

Il n'avait pas le courage de fixer plus longtemps cette image décharnée. Il n'était plus que l'ombre de ce qu'il avait été.

Il se détourna avec un nouveau soupir et se glissa plutôt sous la douche, tout habillé. Après quelques secondes d'hésitation, il ressortit et plia ses vêtements, qu'il posa sur une chaise. Ce n'était pas pour lui qu'il faisait ça. C'était pour Luisa, Karl, Gael. S'il sortait de là trempé de la tête aux pieds en passant par ses vêtements dégoulinants, il allait encore les inquiéter, et leur causer des problèmes.

Accroupi, il se cala dans un coin et laissa le jet d'eau le masser, le bercer, pendant un temps qu'il ne compta même pas. Ses yeux fixaient le plafond sans le regarder. Son esprit était parti ailleurs. Il flottait dans une sorte de mélancolie humide, rythmée par les nuages de vapeur d'eau qui passaient devant son regard flou. Il était triste sans sujet, et d'ailleurs, des larmes durent couler en plus de l'eau qui glissait contre son visage.

Si sa soif pouvait être comparée à un océan, alors Esteban quelques instants auparavant avait été l'image même d'un voilier en perdition dans une tempête noire et terrifiante. A force de ne plus rien penser, le vent se calmait, les vagues retrouvaient une taille normale. Le bateau ne craignait plus le naufrage. Retour au calme. La mer était toujours présente, mais il contrôlait son navire.

Le silence était désormais tonitruant. Mécaniquement, il essuya son corps, ses cheveux, puis passa à nouveau ses vêtements. Y avait-il un sèche-cheveux par ici ? Était-ce prioritaire ? Coupée n'importe comment, sa tignasse ne ressemblait plus à rien.

Il décida de sortir. Il se sentait désormais capable de faire face aux autres sans leur sauter à la gorge, et il jugeait cela comme une information rassurante, qu'il comptait leur révéler par cette initiative. Son regard était en revanche vacant. Il se sentait vide et abruti. Puis il y avait toujours ce problème irrésolu, prêt à tourner en boucle dans sa tête : Comment allait-il se nourrir ?

Luisa s'approcha de la salle de bain et lui adressa la parole à l'instant pile où il en sortait. Il ferma le battant derrière lui et s'appuya dos contre la porte, l'air hagard. Il paraissait être en train de se demander comment il allait se sortir de ce guêpier... Et c'était bien ce dont il s'agissait. Luisa venait de formuler en mots ce à quoi il s'était jusqu'à présent refusé de penser.

Horrifié, terrifié, terriblement peu confiant. Voilà ce qui résumait à la fois ce qu'il ressentait, et l'expression qui débordait de son visage.

"... Je ne sais pas si je peux faire une chose pareille."

En fait si, il le savait : il ne POUVAIT pas. Sauf qu'il n'avait pas le choix. Que Dieu le pardonne ou, à l'inverse, le foudroie... Il allait devoir y parvenir d'une manière ou d'une autre.

Faire venir quelqu'un ici ? Et qui donc exactement ? Il savait qu'il existait des services de livraison à domicile spéciaux pour... Les gens dans son cas. Cela dit il n'avait pas assez confiance pour faire venir un étranger, même si ce n'était pas chez lui mais chez Luisa. Ils vivaient tout de même dans le même immeuble. On aurait tôt fait de comprendre qu'il avait acheté le penthouse juste au dessus.

Catastrophé, il soupira encore et posa une main sur son front.

"... Et je ne peux pas non plus sortir comme ça. Tia... On ne peut pas faire venir plus d'une personne, c'est trop risqué. Ça ne me laisse que peu de choix."

Nouvelle main qui frottait sa bouche alors que son regard, hanté, se posait sur un vide très lointain. De quoi allait-il avoir l'air, franchement ? "D'un vampire", lui répondait la petite voix dans sa tête. "Exactement ce que tu es, au cas où tu l'aurais oublié". Il n'avait pas oublié, mais il aurait voulu pouvoir continuer à faire semblant du contraire.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Luisa Selva Moreno
Normes
Luisa Selva Moreno

Identification
Emploi: Gérante d'entreprises
Age apparent: 38 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeLun 22 Juin - 16:52

Il était sorti de la salle de bains au moment où elle s'apprêtait à lui parler. En soi, Luisa estimait qu'il s'agissait d'un signe positif, même si Esteban n'avait pas non plus l'air prêt à gravir l'Everest qui s'annonçait devant eux. Néanmoins, le serait-il jamais ? Clairement pas avant d'avoir essayé, selon sa tante. C'est pourquoi elle lui proposa les deux solutions qu'il leur restait, bien qu'il était évident aux émotions qu'elle pouvait lire sur son visage que cela allait être extrêmement compliqué, peu importe ce qu'ils choisissaient de faire.

Le jeune homme n'était pas sûr de lui. Pire que cela, il était catastrophé par l'idée même de faire quoi que ce soit. Cependant, il en était arrivé à la même conclusion que Luisa il y a peu : il ne pouvait pas rester comme ça, il fallait bien qu'il fasse quelque chose. Comme il le disait, ses options étaient limitées. Très limitées. Cela ne voulait pas pour autant dire qu'elles étaient nulles.

"...Si tu le souhaites, il reste l'éventualité qu'une seule personne nous rende deux services, mais..."

Elle ne connaissait pas ce cousin dont elle avait parlé plus tôt, mais donnerait le bon dieu sans confession à la jeune femme à qui elle avait rendu service par le passé. Sans compter que des deux problèmes qu'ils pouvaient avoir, la coupe de cheveux de son filleul était bien en-dessous dans leur liste de priorités.

Le problème était qu'une seule personne ne serait pas forcément suffisante. Et cela, Luisa l'avait compris. Esteban en était probablement conscient également. Il ne s'était pas nourri depuis des semaines et même s'il avait déjà beaucoup pris de réserves chez deux humais de relativement bonne constitution, il était encore affamé. Son attitude le prouvait. Faire venir plus d'une personne augmentait les risques, mais n'en faire venir qu'une seule ne faisait probablement que retarder l'échéance... Et s'ils laissaient passer l'opportunité de la nuit, la journée à venir allait être très compliquée.

"Si tu sors, je viens avec toi." Cette partie n'était pas négociable. "L'idéal serait de te grimer un peu pour éviter que l'on te reconnaisse. Est-ce que cela t'irait, Tebi ?"

Derrière elle, elle pouvait sentir le regard désapprobateur de Gael lui percer le dos. Elle savait qu'il n'était absolument pas d'accord avec ce plan, qu'il trouvait beaucoup trop imprudent et dangereux. Néanmoins, comme le jeune vampire l'avait dit lui-même, ils étaient à court de choix. Et il était hors de question que Luisa l'abandonne. Ni maintenant, ni jamais.

La mexicaine prit doucement la main de son neveu dans la sienne pour la serrer délicatement avec un sourire rassurant.

"Quoi que tu décides de faire, je ne te lâche pas d'une semelle."

Bien entendu, cela deviendrait compliqué s'il décidait de s'enfuir à la vitesse grand V(amp), mais c'était encore trop tôt pour ce genre d'humour. Si Esteban décidait de jouer le tout pour le tout à l'appartement, elle contacterait son amie sans attendre. Sinon, elle irait chercher son nécessaire de maquillage pour une petite séance de retouche qui ne serait pas sans rappeler des souvenirs (bien qu'Esteban n'ait jamais été très joueur à ce sujet).
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t4341-luisa-selva-moreno
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
Esteban Luz-Descalzo

Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap14/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (14/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMer 8 Juil - 20:50

"...Si tu le souhaites, il reste l'éventualité qu'une seule personne nous rende deux services, mais..."

Malgré la main qui cachait la moitié de son visage, Esteban jeta sur sa tante un regard en coin, aigu, sombre, inhabituellement lucide de la part du jeune homme, lequel avait habitué son entourage à son étourderie chronique (... à l'inverse, en somme). Cela ne suffirait pas, et de toute façon, il n'aimait pas cette idée.

Esteban n'avait pas tendance à se sentir redevable à l'égard des personnels que lui ou sa famille employaient - après tout, ils étaient payés pour le travail qu'ils accomplissaient, non ? Grassement, de surcroît, surtout quand on les faisait appeler dans l'urgence ou à des heures indues. Cependant, la situation était inhabituelle. Appeler une coiffeuse à domicile en urgence était un acte en soi banal. Le contexte, en revanche, ne l'était pas. A un degré ou à un autre on allait mettre cette personne dans la confidence, et potentiellement lui faire prendre des risques dont elle n'avait pas entièrement conscience. Lui demander du sang, lui infliger la morsure en plus de cela, c'était trop.

... Il préférait encore satisfaire les âmes perdues qui erraient probablement dans les rues du quartier sanglant à la recherche du blasphème - pardon, de sensations fortes. On pouvait difficilement appeler ça un "service rendu" : c'était avant tout une abomination et Esteban ne ferait qu'encourager ces malheureux égarés dans leurs péchés. Mais cela restait moins embarrassant que de forcer la main à qui que ce soit, surtout si ce quelqu'un lui apportait déjà son aide par ailleurs.

Du moins, il l'espérait. L'idée de rencontrer ces fameuses groupies - dont il avait appris l'existence sur internet - le terrorisait plus qu'autre chose.

Ces réflexions n'avaient durées qu'une fraction de secondes, temps qu'il fallu à Luisa pour aller au bout de son idée :

"Si tu sors, je viens avec toi."

Toujours malgré la main au travers de son visage, Esteban eut subitement l'air embarrassé. D'un côté, l'idée d'être accompagné le rassurait. La présence de Luisa l'aiderait certainement à ne pas paniquer, ainsi qu'à ne pas se sentir en complet décalage avec les lieux qu'il lui faudrait désormais visiter. De l'autre, il aurait voulu qu'elle ne le voie pas comme ça. Ni en train de faire ça. Bien sûr, c'était déjà trop tard, compte-tenu de la façon dont il lui avait sauvagement sauté dessus quelques heures au préalable... Mais ce serait la première fois qu'elle le verrait agir de la sorte de façon volontaire et contrôlée. C'était une autre forme d'humiliation.

Une humiliation de plus, qu'il lui fallait accepter. Il se rendait bien compte qu'il n'était pas suffisamment stable pour sortir sans escorte. Qu'est-ce que cela pourrait bien changer, de toute façon ? Son existence s'était déjà écroulée et avec elle, sa santé mentale et toute notion de mérite ou d'amour propre. A quoi bon préserver le fantôme d'une fierté qui n'avait plus lieu d'être ? Refuser sa nature vampirique n'était parvenu qu'à causer du tort à Luisa et à Gael et, comme ses réflexions chaotiques dans la salle de bain du penthouse lui avaient permis de le remarquer, ce n'était peut-être même pas ce que Dieu attendait de lui. S'Il ne l'avait pas rejeté, alors il l'avait mis sur ce chemin et il lui fallait accepter humblement son destin. Quand bien même ce destin impliquait qu'il assiste le Démon dans son oeuvre. S'Il avait renié son existence impie, cela revenait au-même, car il aurait été orgueilleux de la part du vampire de penser qu'il pouvait encore se racheter par ses actions.

Il tournait en rond. Il fallait que cela cesse. Malheureusement, faire passer ses décisions par la grille de la religion était une habitude qu'il lui fallait perdre. Cela ne fonctionnait plus, et encore moins lorsqu'il lui fallait agir rapidement.  Son sens moral et son pragmatisme étaient les seuls guides fiables qu'il avait à disposition.

Encore une fois, tout avait été très rapide. Les pensées se mêlaient à ses émotions et formaient un amas tout à la fois confus et clair. Il aurait pu les lire avec précision s'il avait pris le temps d'en démêler les fils, mais ses priorités étaient ailleurs.

"L'idéal serait de te grimer un peu pour éviter que l'on te reconnaisse. Est-ce que cela t'irait, Tebi ?"

Sans y réfléchir, il laissa retomber sa main et une sorte de semi-rictus amer remplaça doute comme affolement. Des images douloureuses lui revenaient. Cette fois, son esprit réagissait en formant autour du jeune homme cette coquille de cynisme inhabituelle que Luisa avait déjà eu l'occasion d'apercevoir.

"La dernière fois que je me suis grimé pour sortir, les choses ont mal tourné. L'avantage, c'est que ça pourra difficilement moins bien se passer..."

Il entendit Luisa qui lui laissait encore le choix, bien inutilement, car il avait déjà pris sa décision. Elle insistait encore pour venir avec lui et il n'allait pas lutter. Il se savait incapable d'aller au bout de cette idée tout seul, et c'était la seule solution pour qu'il reste capable de maîtriser sa soif à court comme à long terme.

"... J'espère que tu entends avoir l'air au moins aussi ridicule que moi, alors."

Oui, c'était une plaisanterie. Une tentative de plaisanterie, tout du moins, dite sur un ton détaché particulièrement inadapté. Il avait partiellement conscience de ce que son actuel comportement avait de décalé par rapport à la personne qu'il était censé être et il ressentait le besoin de s'en excuser, ou tout du moins d'essayer de réchauffer un peu l'ambiance.

Sa gorge se serra et une terreur nouvelle s'empara des prunelles claires tandis qu'il se rendait compte de ce que cette balade nocturne impliquait réellement pour Luisa. Il se tourna vers elle et se corrigea très rapidement :

"...... C'est sans doute une très mauvaise idée compte-tenu des fréquentations des endroits où... Oh mon dieu, elle pourrait être encore là. Ou un autre. C'est encore plus dangereux pour toi que pour moi, dire que ça ne m'avait même pas effleuré, je suis désolé. Il est vrai que je n'avais pas même réussi à rejoindre les bonnes rues, c'est probablement moins risqué en descendant directement sur les avenues fréquentées, personne n'osera rien faire si c'est en public et..."

Pour une rare fois, Esteban s'arrêta tout seul. Il ferma les yeux, soupira, et contint le flux de paroles inattendu provoqué par la peur et toutes les sensations traumatiques que lui évoquaient le souvenir de son agresseuse. L'idée de pouvoir la croiser lui dressait les cheveux sur la tête. Les jambes molles, il avança jusqu'au premier siège inoccupé venu.

"Il faudra sortir. Il n'y a en réalité guère d'autre solution, surtout si cela doit devenir quotidien."

Il se frottait à nouveau le visage. Tout cela le rendait très nerveux.

"... Les affreuses nippes que j'ai été bien mal inspiré de porter quand j'ai... quand je... Bref. Pour me noyer dans le paysage doivent être encore quelque part en haut, dans un carton."

Cependant, ainsi qu'en témoignait son ton incrédule, il n'était pas certain d'avoir envie de les enfiler à nouveau... Ces vêtements représentaient la pire expérience qu'il avait jamais eue de sa vie. Il avait été agressé et il était mort dedans.

"... Avant de prendre la moindre décision, il reste de toute façon nécessaire de faire appel à quelqu'un pour... ça."

Il souleva la mèche de cheveux disgracieusement amputée et constata du même temps que son corps avait décidé de se remettre à trembler sans demander l'avis de son esprit, lequel avait rarement été aussi clair durant cette soirée, aidé par l'absence de choix réels qui se présentait à lui. Parfois, les nerfs lâchaient indépendamment de l'intellect.

"J'aurai du mal à passer inaperçu si je sors avec une coupe de cheveux aussi... improbable et inappropriée. Commençons par régler ce souci...De toute façon, il est encore trop tôt. Tout à l'heure le contexte rendait ça compliqué, mais ça va mieux. Je peux me retenir jusque là. Enfin. Tant que personne ne s'amuse à transformer en bombe à eau les poches restantes..."

Il aurait adoré profiter du probable après-midi ensoleillé qui l'attendait derrière les stores fermés mais... Eh bien, s'il en avait encore été capable, aucun de leurs autres soucis n'aurait existé.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Luisa Selva Moreno
Normes
Luisa Selva Moreno

Identification
Emploi: Gérante d'entreprises
Age apparent: 38 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeVen 10 Juil - 17:38

Les conditions avaient beau être tout sauf optimales, Luisa ne pouvait nier le fait qu'il était étrangement agréable d'avoir en face d'elle un filleul plus lucide qu'auparavant. Les conditions de cette épiphanie restaient un désastre, mais il fallait avouer qu'elle n'était pas de trop. Evidemment, la mexicaine n'irait jamais jusqu'à le dire à voix haute. Pas tant qu'Esteban ne serait pas réconcilié avec lui-même, ce qui risquait de prendre énormément de temps. Mais c'était quelque chose de positif, au milieu de tout cet océan d'horreur. On se consolait comme on pouvait.

Luisa ne fut donc pas étonnée de voir dans le regard de son neveu qu'il était d'accord avec elle : demander à cette personne un tel service n'était pas une bonne idée, plus encore si ce n'était que pour retarder l'inévitable. Cela leur permit d'avancer sur le prochain point, à savoir comment ils allaient sortir. Luisa l'accompagnait et était intransigeante sur ce point. Elle ne voyait pas vraiment pourquoi Esteban se sentait mal à l'aise : ils étaient partis à l'aventure des dizaines de fois et s'étaient mis dans des situations qui, elle en était certaine, seraient plus humiliantes que celle à venir. Evidemment, Esteban n'avait jamais été un vampire auparavant, mais l'avis que la cheffe d'entreprise avait de cette espèce aux dents longues différait de celui de toutes ses proches connaissances... C'était probablement pour cela qu'elle ne comprenait pas. Elle pourrait le faire si elle prenait le temps, mais ce n'était manifestement pas sa priorité pour le moment.

La priorité était la sécurité du fils de sa sœur. Pour cela, il était évident qu'il allait falloir tout faire pour qu'il ne puisse pas être reconnu. Cela passait par son apparence et aussi bien du point de vue coupe et maquillage que vestimentaire.

A sa proposition, Esteban eut une réplique qui manqua de faire grincer les dents de sa tante. Heureusement il ajouta bien vite d'autres mots qui lui permirent de comprendre qu'il ne s'agissait là que d'une autre mise en relief de son changement de caractère, beaucoup plus cynique qu'avant. Elle lui fit un léger sourire compréhensif, avant de prendre l'air faussement offensé.

"Je ne suis jamais ridicule, voyons."

Mais effectivement, elle avait elle aussi l'intention de se prêter au jeu. Cependant, au contraire du reste de la famille qui ne jurait que par les costumes superbement bien taillés et les robes de bal, Luisa avait un goût vestimentaire plus... éclectique. Il y aurait certainement de quoi convenir dans son dressing.

Elle était justement en train de se demander si elle avait amené avec elle ce superbe corset aux reflets dorés quand Esteban se remit à parler d'une façon qui lui était très caractéristique : inquiet, il s'emportait en racontant tout ce qui lui passait par la tête. Il ne fallait pas être devin pour voir qu'il avait peur qu'il arrive à Luisa la même chose qui lui était arrivée quelques semaines plus tôt. L'air serein, la mexicaine s'apprêta à le couper pour le rassurer...

...Mais celui-ci s'arrêta de lui-même. Sa tante haussa un sourcil, vaguement impressionnée. C'était nouveau, ça aussi. Pas une raison pour qu'elle n'aille pas au bout de sa pensée, néanmoins. S'asseyant sur l'accoudoir du fauteuil où son neveu avait pris place, Luisa posa tendrement une main sur son épaule.

"Ce sera différent, Tebi. Après tout, on sera deux, non ? Je surveille tes arrières, et toi les miennes. Ça a toujours été comme ça."

Parce qu'aussi insouciante qu'elle pouvait être lorsqu'elle l'emmenait en balade en plein cœur des quartiers mal-famés de Veracruz, Luisa s'assurait toujours qu'il n'arrivait rien à son filleul. Cette fois, il serait probablement amené à lui rendre la pareille, à présent qu'il était plus avantagé sur certains points.

Ce n'était pas le moment de s'épancher. Luisa hocha la tête, factuelle. Elle appréciait le fait qu'Esteban se résigne sans pour autant être totalement abattu. Selon ses standards, c'était une amélioration par rapport à plus tôt dans la journée. Le fait qu'il prenne des décisions quant à la suite des événements l'était encore plus. La mexicaine claqua des doigts et tendit la main devant le nez de son neveu.

"Donne-moi ton téléphone."

Une fois celui-obtenu, elle se mit à chercher le nom d'une boutique qui lui arrivait de fréquenter, dont les styles pouvaient convenir à ce qu'ils cherchaient tout en correspondant à une qualité qu'Esteban apprécierait. Du "Gothique Chic", en quelque sortes. Il s'avérait qu'ils avaient une boutique à la Nouvelle-Orléans. Laissant échapper un soupir de satisfaction, Luisa mit la page internet sous le nez de son filleul.

"Tiens. Commande ce que tu veux. C'est à mon nom, je demanderai à Cristobál de passer le chercher en venant."

En parlant de Cristobál, la multimilliardaire sortit son propre téléphone pour appeler le contact qui lui fournirait le coiffeur en question. Se levant de son siège improvisé, Luisa attendit impatiemment la fin de la tonalité.

"Hola ?
-Hola María, buenas tardes, soy Luisa...
-Señora Luisa !"


Il ne fallut pas longtemps pour que l'enthousiaste jeune femme à l'autre bout du fil communique le numéro de son cousin coiffeur, ravie qu'elle était de rendre un service à celle qui avait permis à son rêve de devenir réalité. Après un échange rapide de banalités, Luisa raccrocha et revint vers son neveu.

"Tu as choisi ?"

Elle préférait attendre d'avoir le numéro de commande avant de demander au fameux coiffeur de quitter son domicile. Même si, connaissant María, le cousin devait déjà être au courant et guetter son téléphone avec impatience.

Sans compter le fait que Luisa préférait jeter un œil à la commande en question avant de la valider. non pas qu'elle n'ait pas confiance en Esteban lorsqu'il s'agissait de choisir ses vêtements -Grands Dieux, sa mère le laissait faire depuis qu'il était capable de nommer les couleurs-, mais elle préférait être certaine qu'il n'allait pas choisir quelque chose de... trop. Ou pas assez. On parlait d'Esteban, après tout.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t4341-luisa-selva-moreno
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
Esteban Luz-Descalzo

Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap14/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (14/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeVen 10 Juil - 20:30

La main sur son épaule, Luisa essayait de le rassurer quant aux risques que comportait leur future sortie dans les rues nocturnes de la Nouvelle-Orléans. Le retard que prit la réaction du vampire en disait long  sur son (manque) d'assurance. Inquiet, il fixait le sol et ne pouvait s'empêcher de penser que face à un autre vampire, être deux ne leur apporterait aucun avantage. Non. Face à ce type d'agresseur, la sécurité de Luisa ne tiendrait qu'à la capacité de réaction d'Esteban, lequel ne savait absolument pas faire face aux situations de violence, pouvoirs surnaturels ou non. De plus, l'attaque qui lui avait coûté son humanité avait laissé des séquelles : il n'était pas certain d'être en mesure de rester calme. Il y avait aussi un risque pour qu'il se montre paranoïaque, prompt à voir le danger là où il n'existait pas, et ce faisant, à l'attirer.

"Pas de crochet par des rues vides ou malfamées. On reste uniquement sur les artères. Ou sinon, je ne marche pas."

Cela comportait plusieurs inconvénients : ils croiseraient plus de monde. Il y avait plus de chance qu'on le reconnaisse. De plus, Esteban n'était pas sorti de chez lui depuis plusieurs grosses semaines. Il craignait de croiser la moindre présence humaine et avait déjà mal vécu le passage dans le couloir de l'étage... Son ochlophobie n'avait jamais été aussi prononcée. Seul point positif : grimé de la tête au pied, il jouerait un rôle. Être perçu par autrui comme un vampire lui serait sans doute moins difficile si il n'était pas tout à fait lui-même.

Autre problème : il serait plus compliqué de trouver un coin discret lorsqu'il lui faudrait se nourrir. Mais ils trouveraient bien quelque chose. Il fallait qu'il cesse de tout anticiper de la sorte, sans quoi il allait finir par se dégonfler. Et ce n'était pas une option viable.

Esteban était une épave. La manière brutale dont il venait de prendre le taureau par les cornes n'y changeait rien. C'était la même résilience qui lui avait permis d'acquérir son appartement et d'y faire livrer ses affaires lorsque son existence autant que sa santé mentale étaient en train de partir en lambeaux. La situation demandait à ce que des décisions urgentes soient prises. Ainsi, il prenait ces décisions urgentes mécaniquement, avec logique, parce qu'il fallait survivre et que de mettre en danger ses proches par son inaction  n'était pas une issue acceptable. Cependant, cette proactivité lui demandait une énergie qu'il n'avait pas. Cela le drainait, l'épuisait. Heureusement, il était déjà assis.

"Donne-moi ton téléphone."

Il jeta un coup d’œil interrogatif à sa tante mais ne broncha pas. Il lui tendit l'appareil sans faire d'histoires. L'instant suivant elle le lui rendait, et il baissa les yeux sur l'écran. Lorsqu'il comprit de quoi il était question, une tension en lui disparut. Il avait réellement envisagé de porter les vêtements dans lesquels il avait été agressé. L'idée de Luisa était bien meilleure, pour de nombreuses raisons. L'espace d'un instant, il se demanda qui était Cristobál. Il faillit le demander à Luisa, et lui faire remarquer qu'il était imprudent de faire venir quiconque d'autre que la personne qui était censée lui couper les cheveux.

... Puis, une fois n'était pas coutume, ses neurones se connectèrent tous seuls, et il comprit qu'il devait s'agir du coiffeur.

Enfin, il se fit la réflexion que tout cela n'avait guère d'importance. Il n'était pas assez disponible mentalement pour se soucier des détails. Il s'enfonça plutôt tout au fond du fauteuil, aussi confortablement qu'il en était capable. Cela lui permettrait de relâcher des tensions nerveuses, ou ce qui s'y apparentait lorsqu'on avait son métabolisme.

"Parfait. Voyons voir ça..."

Il ouvrit le menu de la boutique avec une grimace peu convaincue. Ses yeux s'attardèrent sur certaines sections qu n'avaient l'air véritablement pas convenables. Hébété par leur existence, il perdit quelques secondes, ne cliqua SURTOUT PAS dessus, puis se plongea plutôt dans les collections qui l'intéressaient. Pour le commun des mortels, il s'agissait de produits de luxe, assez chers, parfois même trop chers. Pour Esteban, les prix étaient à l'inverse douteusement donnés. Avec la somme qu'il mettait habituellement dans une chemise (qui ne faisait pas partie de ses meilleures chemises) il allait réussir à composer un ensemble complet.

Luisa venait de raccrocher, de son côté. L'air distrait, atone car trop fatigué pour éprouver ou simuler la moindre émotion, il fit remarquer :

"Les prix sont ridicules... Tu es sûre que ça ne va pas se déchirer en deux heures ?"

Au tour de Luisa de lui poser une question

"Attend."

Il n'avait pas encore parfaitement terminé sa sélection. Esteban était exigeant, et il n'était pas forcément très rapide lorsqu'il s'agissait de choisir ses vêtements. Que ce fut un déguisement n'y changeait pas grand chose. Il essayait de faire ça bien : il fallait qu'il sélectionne des choses qu'on ne l'aurait pas imaginé porter, sans quoi on aurait eu tôt fait de le démasquer. Cela dit il y avait une limite à ce qu'il se sentait en mesure de sacrifier. Il aurait plus facilement plongé sa main dans l'acide que porté certains des items proposés. Trop déshabillés, trop osés, trop satanistes, trop... trop.

Il s'arrêta finalement sur une chemise sans manche (qui portait des chemises sans manches, franchement ?) décorée d'une absurde quantité de fermetures éclairs, lesquelles pour les trois quarts ne servaient absolument à rien. Comble de la non-convenabilité (et donc de l'illusion) : il y ajouta plusieurs bracelets en cuir ainsi qu'un maillot en résille qui couvrait les bras et le dos des mains. Il jugeait cette matière particulièrement obscène, aux antipodes de tout ce qui le définissait. Il avait déjà fait ce choix la première fois qu'il était sorti déguisé et il recommençait sans hésiter : probablement PERSONNE ne l'en imaginait capable, même dans le cadre d'une tentative pour garder l'anonymat. Puis il y avait la sensation du tissu contre son épiderme. Cela lui rappellerait efficacement qu'il n'était pas tout à fait dans sa propre peau, et il sentait qu'il allait en avoir besoin pour tenir psychologiquement.  Plusieurs bagues métalliques s'ajoutèrent, noires et argentées, ainsi que plusieurs chaînes à maillons épais, pour le cou et les poignets. C'était de l'ordre du détail, mais c'était dans le détail que résidait l'illusion. Il n'avait pas envie de porter une jupe, quand bien même certaines figuraient dans les collections masculines. Il opta plutôt pour un pantalon, avec la nette impression d'être face à un choix unique : ils étaient presque tous pareils. Avec trop de sangles et de fermetures éclairs. C'était juste la couleur et la matière qui différaient. Esteban préférait rester sur du noir. Il ne voulait pas trop attirer l'attention sur lui, les couleurs vives et les tartans étaient donc proscrits. La dernière fois, il avait pris du cuir. Cette fois, ce serait plutôt du coton. Parce qu'il y avait déjà assez de cuir dans le long manteau qu'il avait finalement décidé d'ajouter. Cela cacherait ses bras et la fameuse résille mais... Eh bien on la verrait toujours dépasser, et il était possible que certaines situations demandent à ce qu'il retire cette couche, avec laquelle il se sentirait tout de même plus à l'aise dehors. Enfin, les chaussures. Ou plutôt, les bottes, car on ne trouvait presque aucune chaussure basse dans la liste. Les bottes étaient une bonne idée, de toute façon : il n'en portait jamais. Son choix se porta donc sur l'une de ces paires chargées de beaucoup trop de ceinturettes et de boucles. Cela restait sobre par rapport à certains modèles à pics, et cela le distinguait bien suffisamment de son image habituelle.

Des sangles, des fermetures éclairs, des ceintures et des boucles. Les stylistes qui travaillaient pour ces boutiques spécialisées semblaient n'avoir que ça en tête...

Il soupira puis tendit son téléphone à Luisa tandis qu'il plongeait le front dans sa main, dépité. Il allait avoir l'air parfaitement indécent.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Luisa Selva Moreno
Normes
Luisa Selva Moreno

Identification
Emploi: Gérante d'entreprises
Age apparent: 38 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeSam 11 Juil - 13:43

"Ca me va."

Luisa était aventureuse, certes, mais elle n'était pas totalement imprudente : dans une ville qu'elle ne connaissait pas comme sa poche (au contraire de celles où elle avait souvent traîné son neveu dans des expéditions multiples), elle n'allait pas jouer plus que de raison. Elle était consciente que sa présence dans un quartier majoritairement fréquenté par des vampires et leurs sympathisants était suffisamment dangereux comme cela. Cependant, elle avait son anonymat pour elle : à la Nouvelle-Orléans, elle n'était qu'une femme comme les autres. C'était Esteban qui risquait le plus, surtout s'il voulait rester dans des rues passantes.

Néanmoins, sa tante était d'accord pour dire qu'il s'agissait de la moins mauvaise solution. Ce pourquoi elle se contenta d'accepter sans rechigner. De toute façon, s'ils décidaient de vraiment mettre leur plan à exécution, Esteban ressemblerait suffisamment à l'image de ce qu'il n'était jamais pour passer inaperçu parmi les réguliers du Quartier Sanglant.

A cet effet, Luisa emprunta donc le téléphone de son neveu pour le diriger vers un site qui pourrait lui permettre d'acheter des vêtements de qualité convenable. Hors de question qu'il remettre ceux qui avaient été témoins de sa transformation : Luisa n'était pas la plus attentionnée des membres de la famille, mais elle possédait un minimum de décence. Elle savait pertinemment qu'il ne s'agirait que d'un traumatisme de plus, et au vu de l'état du jeune homme, mieux valait éviter.

D'autant que la recherche vestimentaire aurait l'avantage de l'occuper quelques minutes, le temps qu'elle passe son coup de fil.

Assis sur le canapé aux pieds de Karl, Gael observait la mise en scène d'un œil circonspect. Il ne fallait pas être devin pour se rendre compte que toute cette histoire ne lui plaisait pas du tout. D'un autre côté, tandis qu'il jetait un œil à un Esteban absorbé par les contenus du site en question (et probablement surpris/atterré, si l'on se fiait à sa mine congestionnée qui l'aurait fait ricaner sous cape dans n'importe quel autre contexte), il était obligé de convenir qu'il s'agissait de la meilleure solution à court terme -ou plutôt la moins pire. Faire venir plus d'une personne à l'appartement était dangereux et il ne pouvait pas accompagner Esteban lui-même, vu son état. Par ailleurs, ce n'était pas forcément la solution la plus discrète : les gardes du corps et autres employés n'étaient pas ceux sur qui l'attention s'attirait, mais ceux qui recherchaient activement le néo-vamp devaient probablement surveiller ses propres allées et venues. Sans compter que l'argentin passait pas mal de temps aux côtés du meilleur ami de l'héritier disparu, ces dernières semaines.

C'était d'ailleurs le dernier point : quand bien même Gael aurait été en forme pour accompagner les deux têtes de mules qu'étaient Luisa et Esteban, il était hors de question de laisser Karl seul ici. Et le petit avait besoin de repos. Dieu savait que ses nuits étaient courtes, depuis la transformation du gamin. Au final, et bien que cela ne lui plaise absolument pas, rester ici était probablement la meilleure chose à faire... mais cela ne voulait pas dire qu'il appréciait l'idée.

Raccrochant le téléphone, Luisa envoya valser les inquiétudes de son filleul d'un geste nonchalant de la main.

"Sûre. J'ai commandé plusieurs fois chez eux, je n'ai jamais été déçue."

Gael leva les yeux au ciel. Impossible de savoir si la mexicaine était sérieuse ou si elle disait cela uniquement pour déclencher une réaction du type "questionnement de convenabilité" de la part de son neveu. Cependant, il était prêt à parier qu'elle ne mentait pas... il avait vu Luisa dans d'autres cadres que les réunions de famille et savait qu'elle était beaucoup moins portée sur le politiquement correct que sa soeur. Et son neveu, par extension.

Revenant se poser sur l'accoudoir du fauteuil d'Esteban, la cheffe d'entreprise surveillait du coin de l’œil les items choisis sur le téléphone avec un petit sourire satisfait. Vraisemblablement, son neveu avait l'intention de jouer plus que correctement le jeu. C'était bien.

"Oh, très bon choix ce bracelet ! Prends-m'en un, veux-tu ?"

Elle n'était pas vraiment du genre à porter de nombreux bijoux, mais celui-ci irait certainement très bien avec l'ensemble qu'elle avait en tête. Ceci dit, il lui faudrait peut-être en rajouter un peu... Quand Esteban lui tendit le téléphone pour une dernière vérification, Luisa jeta un œil à la boutique et ajouta un ras-du-cou en dentelle noire au panier, ainsi qu'une paire de collants décorés de motifs comparables. Enfin, elle procéda au paiement de la commande, s'assurant un retrait en boutique dans l'heure, prit en note le numéro de commande sur son propre téléphone, avant de rendre le téléphone à sn propriétaire.

"Voilà qui est fait ! Passons à la prochaine étape."

Quelques secondes plus tard, la voilà au téléphone avec un quasi-inconnu, expliquant dans un espagnol rapide ce dont elle avait besoin (soit d'un coiffeur talentueux et discret, qui puisse venir chez elle dans l'heure tout en passant récupérer un colis sur son chemin). Heureusement pour eux, Cristobál était plus que ravi de donner un coup de main : il semblerait que l'investissement de Luisa était ce qui avait permis à sa cousine d'investir à son tour dans son entreprise, lui permettant de créer son salon. Cela lui paraissait donc être un naturel retour des choses. L'affaire fut réglé en quelques minutes et Luisa raccrocha avec un soupir de contentement.

"Il sera bientôt là. En attendant, je suppose que je pourrais commencer à me changer..."

Il n'y avait pas grand chose à faire de plus, à part attendre. Luisa se dirigea donc vers sa chambre. Elle ressortit quelques minutes plus tard, vêtue d'une sorte de corset (possédant tout de même de très fines bretelles) noir dont la partie supérieure paraissait être en cuir (vegan, bien entendu). En-dessous de la poitrine, ils'agissait majoritairement de dentelle, bien que des bandes de cuir verticales coupaient ci et là le motif, affinant la taille. Le dos, intégralement en cuir, était fermé par une fermeture éclair.

Elle avait laissé dans sa chambre la jupe courte noire comportant des sangles et chaînes inutiles (du même type que celles se trouvant sur le pantalon commandé par son neveu) ainsi que les bottes hautes de même couleur qu'elle avait l'intention de mettre, au vu de ce qui l'attendait dans le colis.

Au regard mi-amusé mi-interrogateur que lui jeta Gael, elle hocha la tête en signe de négation.

"Ne pose pas de question dont tu ne souhaites pas réellement obtenir la réponse, Gaucho..."

Prenant place dans l'un des fauteuils restants, elle sortit à nouveau son téléphone : elle avait demandé à leur ami de la prévenir de son arrivée, histoire de faire le moins de bruit possible : Karl avait beau être complètement épuisé et ne pas bouger d'un pouce malgré les trois adultes en conversation à ses côtés, ce n'était pas une raison pour lui mettre la sonnette de l'interphone dans les oreilles.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t4341-luisa-selva-moreno
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
Esteban Luz-Descalzo

Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap14/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (14/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeSam 11 Juil - 15:04

Esteban se montrait conciliant, Luisa se montrait conciliante... Les poules auraient bientôt des crocs, cela ne faisait pas l'ombre d'un doute !

Cependant, il n'était pas si étonnant qu'ils soient sur la même longueur d'onde : ils n'avaient que très peu d'options prudentes et réalistes et étaient tous les deux déterminés à s'y tenir, pour des raisons plus ou moins différentes. Le plan dressé et accepté par les deux partis, chacun s'occupa de son propre téléphone. Luisa eut tôt fait d'obtenir son coiffeur à domicile. Esteban fut un peu moins rapide à composer sa tenue de sortie. Les prix l'inquiétaient, mais il faisait confiance à Luisa, laquelle assurait avoir déjà commandé ici et n'avoir jamais été déç...

... Pardon ? Que venait-elle d'admettre ? Esteban leva un regard perplexe sur sa tante.

"... Mais pour quoi faire ?"

De façon très ingénue, il n'imaginait pas Luisa acheter de tels articles pour le simple plaisir de les porter. Il devait forcément y avoir eu un plan, elle devait avoir eu une raison, tout comme Esteban avait aujourd'hui une raison précise d'ajouter pièces après pièces dans son panier.

Sur son épaule, Luisa avait pris le train en route. Elle l'interrompit dans sa recherche afin de le complimenter sur un choix de bijou.

"Tu ? Euh, d'accord..."

Deux bracelets plutôt qu'un, donc... Il commençait à avoir des doutes. Luisa paraissait prendre un peu trop plaisir à cette farce. Voulait-elle de ce bracelet pour pimenter sa propre tenue de soirée, où lui plaisait-il vraiment ? Son sourcil resta longuement soulevé tandis qu'il tapotait l'écran pour ajouter l'article supplémentaire à la sélection.

Il termina et montra le résultat à sa tante, peu convaincu par ses propres choix.

Enfin, ne nous y trompons pas. Il était convaincu que cela ferait illusion. Il n'était en revanche pas très heureux de devoir porter et assumer de telles horreurs en public. Il devait l'admettre : il comprenait ce qui pouvait plaire à l’œil dans cette mode. Il la trouvait cependant très impudique, très incorrecte. Indigne d'eux, au bas mot.

Esteban laissa Luisa finaliser la commande. Il n'avait plus rien à faire, et il glissa avec soulagement et facilité dans une nouvelle forme de torpeur. Il se désintéressa de tout ce qui se passait autour de lui. Sa tante, qui téléphonait. Gael, probablement occupé à subir leurs décisions. Karl, qui de toute façon dormait. Toute lueur quitta ses yeux. Il n'était à nouveau plus qu'une forme prostrée dans un fauteuil. Un visage sans vie, sans émotions, à moitié tourné vers le plafond. Il reposait ainsi son esprit. Dieu savait qu'il aurait besoin d'être bien reposé avant de faire face à l'extérieur...

"Oui, tu pourrais..."

Combien de temps s'était-il écoulé ? Il n'en avait aucune idée. Lorsqu'il entrait dans ce genre d'états, il en perdait entièrement la notion. Comme Luisa s'adressait plus ou moins à lui, il avait répondu mécaniquement, mais à l'instant suivant, un peu comme au sortir d'un rêve, il avait déjà oublié le pourquoi du comment.

Il sortit de sa léthargie un peu inutilement, étant donné que Luisa prenait le chemin de sa chambre et le laissait seul avec Gael et Karl - aucun d'entre eux ne lui adresserait la parole. Elle n'en sortit que plusieurs minutes plus tard. Et Esteban eut la certitude d'être bien réveillé.

Quoique. S'était-il endormi sans s'en rendre compte ? Était-ce bien la réalité ? Il écarquilla des yeux ronds. Son regard s'attarda tout particulièrement sur l'immense zone de dentelle. Ça... Faisait beaucoup de trous. Sans même parler du style inhabituel, c'était plus osé que tout ce que Luisa avait jamais porté devant lui. Et pourtant, de toutes ses connaissances et à l'exception d'Erin, peut-être, Luisa était celle qui osait le plus de choses.

Ça ne lui allait pas si mal. En réalité, elle le portait même plutôt bien. Voire plutôt très bien. Mais ça n'était pas le problème ! Ce n'était PAS CONVENABLE DU TOUT. Parfait pour ce soir, en somme. Sauf que ce n'était pas ce qui le perturbait. Comment Luisa en était-elle arrivée à posséder ce genre d'articles dans sa garde-robe ? Là était la véritable question.

"... Mais POURQUOI ?"

Il faillit se mordre la langue et regretta presque immédiatement sa question. Les mots de Luisa résonnaient dans sa tète : "Ne pose pas de question dont tu ne souhaites pas réellement obtenir la réponse, Gaucho...". Ce n'était pas à lui qu'elle parlait, mais il aurait probablement eu mieux fait de faire tout comme.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Luisa Selva Moreno
Normes
Luisa Selva Moreno

Identification
Emploi: Gérante d'entreprises
Age apparent: 38 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeDim 12 Juil - 15:48

Luisa ne répondit pas directement aux diverses sollicitations d'Esteban. Il pouvait bien se questionner encore un peu sur sa garde-robe. D'ailleurs, elle s'étonnait presque qu'il s'en étonne : après tout, le style était sympa, les tissus agréables à porter. Il devait s'en rendre compte... mais il n'allait pas l'avouer. Evidemment. Luisa, elle, avait dépassé les écueils de ce qui était convenable ou non depuis si longtemps que cela ne lui venait plus vraiment à l'esprit...

...Enfin si, quand il s'agissait de faire tourner sa mère, sa sœur ou son neveu en bourrique.

Sans répondre, donc, la mexicaine continua à s'occuper de ses affaires, passant un coup de fil, ajoutant et faisant ajouter divers achats à la commande avant de téléphoner à nouveau. Le coiffeur paraissait particulièrement enthousiaste et un sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Quelque chose lui disait que le sketch des prochaines heures allait être passionnant.

N'ayant rien d'autre à faire, elle profita de ce temps de pause pour choisir les vêtements adéquats de sa garde-robe t commencer à se changer. Quand elle retourna dans le salon, ce fut pour tomber nez à nez avec Gael, toujours assis sur le canapé, qui la regardait avec un air d'amusement mêlé d'interrogation. Elle répondit sans totalement le faire à sa question sous-jacente, mais c'était sans compter sur son cher filleul, qui ne tourna pas sa langue sept fois dans sa bouche avant de s'étonner bruyamment.

S'affalant aussi élégamment que possible dans un fauteuil disponible, Luisa sortit son téléphone et posa un index sur ses lèvres en direction du vampire.

"Chuuuut, ne crie pas comme ça, tu vas réveiller Karl."

Le jeune homme ne la portait peut-être pas dans son cœur pour le moment, mais ce n'était pas une raison pour se le mettre encore plus à dos. A terme, Luisa comptait bien s'en faire un allié de poids.

"...Parce que j'aime bien. Je suppose que tu as entendu parler de mon année dans le public ? Certains de mes amis étaient friands du genre. Ça a dû déteindre."

C'était la plus gentille des histoires qu'elle avait à portée de main. Elle aurait aussi pu lui dire qu'elle avait déjà fouillé le Quartier Sanglant à sa recherche et qu'il valait effectivement mieux se fondre dans le décor, mais ce n'aurait pas été très charitable de sa part, même si vrai. Esteban n'était pas des plus fonctionnels actuellement et si sa tante s'amusait souvent à lui faire croire tout et n'importe quoi, elle préférait éviter une explication qui risquait de le faire culpabiliser. D'autant qu'elle aimait vraiment bien ce style, même si elle avait très peu d'occasions de le porter.

La conversation dura plus ou moins longtemps, jusqu'à ce que le téléphone de la cheffe d'entreprise se mette à vibrer. Décrochant aussitôt, Luisa se leva pour aller ouvrir l'interphone, continuant de guider son hôte improvisé au travers de l'immeuble, jusqu'à lui ouvrir la porte.

"Bonjour Cristobál, merci encore d'être venu si vite. Entrez, je vous en prie."

S'effaçant dans l'entrée, Luisa laissa passer un jeune homme dans la trentaine, propre sur lui, vêtu d'un pantalon de costume et d'une chemise aux manches retroussés à laquelle s'ajoutait un veston. Dans les poches de ce dernier, on pouvait voir dépasser plusieurs paires de ciseaux, un peigne et plusieurs attaches. Il s'agissait vraisemblablement de ses outils de travail. Sa peau basanée et son regard foncé traduisait des origines similaires à celles de la propriétaire de l'appartement. Ses cheveux décolorés semblaient arborer une myriade de couleurs différentes, bien que le blond y reste majoritaire. Un excentrique enthousiaste, si l'on se fiait à son grand sourire et à son air quasi-émerveillé. Probablement une bonne chose.

Il tendit une boîte en direction de Luisa (certainement les fameux vêtements) et traînait une petite valise à roulettes dans l'autre main. Posant le colis sur la commode la plus proche, Luisa reprit la parole avant que son invité ne le fasse -et risque par là même de faire une boulette.

"Nous allons peut-être passer dans la salle de bains, plutôt ? Tebi ?"

C'était une question rhétorique. Cela permettait à Karl de continuer à dormir et au coiffeur de faire son travail sous des lumières adéquates. D'un geste de la main, la mexicaine indiqua le chemin à suivre, laissant Esteban et Cristobál passer devant. Dans le dos du premier, le second analysait déjà sa cible.

"Bien sûr, bien sûr ! Alors, qu'avons-nous là ?! Oh, je vois... Vous avez fait une mauvaise rencontre avec une paire de ciseaux mal intentionnée mon cher ! Je sais que le déstructuré est à la mode, mais ce n'est tout de même pas une raison pour faire n'importe quoi !"

Derrière elle, Luisa entendit ricaner. Elle soupira, sans s'empêcher pour autant de sourire également : raison numéro trois pour laquelle il valait mieux ne pas faire ça dans le salon. Elle savait que Gael allait rester avec Karl, et qu'elle n'aurait jamais pu rester aussi sérieuse qu'elle le pouvait si l'argentin était dans le coin. Ils avaient beaucoup trop mauvaise influence l'un sur l'autre.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t4341-luisa-selva-moreno
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
Esteban Luz-Descalzo

Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap14/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (14/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeDim 12 Juil - 19:00

Il n'avait pas attendu Luisa pour se faire la réflexion qu'il avait parlé trop fort. Il ferma sa bouche précipitamment. Karl grogna et bougea légèrement dans son sommeil, sans pour autant se réveiller. Ouf... Incident évité. Malgré son état pitoyable, Esteban avait conscience de tout ce que son meilleur ami avait fait pour lui durant la précédente nuit. Il s'en serait voulu d'interrompre prématurément son sommeil.

Ça ne répondait pas à sa question. Pourquoi sa tante possédait-elle de telles pièces dans sa garde-robe ? Il ne pouvait imaginer qu'elle n'ait à cela aucune raison spécifique, si ce n'est le goût qu'elle avait de les porter. Et pourtant...

Il écouta l'explication jusqu'au bout, son expression évoluant progressivement d'étonnée à désabusée.

"..."

Il fixait dorénavant Luisa avec un œil terne, un bras sur l'accoudoir, le visage retenu entre trois doigts.

"... Je crois décidément qu'Abuela a pris la pire décision de sa vie le jour où elle a choisi de te faire aller dans le public."

Comment cela, il pouvait bien parler ? Oui, Esteban avait choisi de tenir tête à la famille Luz-Descalzo en suivant Karl à l'Université publique. Mais ce n'était pas pareil. Déjà, c'était l'université. C'était plus tardif, ça n'avait pas impacté sa construction ni son éducation. Ensuite, il était trop préoccupé par le procès à venir pour réellement se soucier de son avenir. Il était aussi question de contrarier son père.

... Cette dernière raison se rapprochait de quelque chose dont Luisa aurait pu être capable, mais encore une fois, c'était très différent. Il avait d'excellentes raisons de vouloir contrarier Darian. Bref. Luisa était incorrigible, pas lui. Un point c'est tout.

Le téléphone de sa tante sonna, ce qui coupa court à la conversation. Vaguement nerveux, Esteban se redressa. Leur coiffeur était arrivé. Être confronté à un inconnu était actuellement très angoissant pour lui pour les raisons qu'on connaissait déjà. Il avait peur qu'on reconnaisse le vampire en lui, et qu'on le traite comme tel. D'un autre côté, il valait peut-être mieux que l'homme sache à qui il avait à faire s'il devait s'approcher de lui à moins de cinquante centimètres.

... Qu'est-ce que Luisa lui avait raconté, exactement ? De quoi était-il, ou n'était-il pas au courant ? Fichtre. Il aurait sans doute eu mieux fait de tendre l'oreille.

Angoisse et doute s'éclipsèrent au moment où ses yeux croisèrent la silhouette du nouveau venu. Mais était-ce vraiment une bonne chose ? Interdit, il se figea et écarquilla de grand yeux ronds sans vraiment s'en rendre compte. Il ressemblait à un lapin pris entre les phares d'une voiture, et ce n'était que le début.

Mais... Qu'est-ce que c'était que ça, enfin ! Si il n'avait rien à redire quant aux choix vestimentaires du nouveau venu, ses cheveux ou plus précisément leur couleur le laissait pantois, et très inquiet. Cet homme venait justement s'occuper de SES cheveux. Bien sûr, la fantaisie capillaire était un travers courant de cette profession, mais tout de même !

...Respire, Esteban, tout va bien se passer. Il ne vient que pour rafraîchir ta coupe et il a tout intérêt à suivre tes instructions à la lettre.

"Euh... Oui... Hm... J'arrive."

Sa voix n'était plus qu'un filet ridicule. Il eut envie de se frapper, mais le moment n'était pas à l'auto-flagellation. Il voulut avancer jusqu'à leur destination, seulement, la voix du coiffeur l'arrêta. Ce n'était pas juste son apparence. De caractère aussi, cette personne était décidément très exubérante. Et puis aussi un peu... Était-ce un cliché ? Un préjugé ? Tout de même, il lui paraissait un peu... Précieux ? Maniéré ?

Comment ça, encore une fois, Esteban pouvait parler ?

Oh, non. C'était trop tard, les soupçons étaient là, et Esteban était très mal à l'aise, maintenant. Et ce n'était plus parce qu'il risquait d'être perçu comme le vampire qu'il était. Il sentait le regard insistant de cet homme sur lui... Enfin sur ses cheveux, quoi, et il n'aimait pas ça du tout. Une chose était certaine : il ne s'habillerait PAS tant que ce Cristobál n'était pas reparti chez lui. Cela serait bien trop malaisant.

Par ailleurs, comment pouvait-il penser qu'Esteban avait volontairement fait ça à ses cheveux ? C'était vexant ! Sans quitter son grand regard rond et affolé, Esteban se tourna en direction du coiffeur et l'observa en silence durant une à deux secondes.

"... C'était un accident avec un mir... Bref. Un accident."

Oui, non, mieux valait éviter les détails. Il n'allait tout de même pas raconter à un inconnu comment dans un instant d'auto-détestation extrême il avait brisé un miroir qui lui avait sauté au visage et avait sectionné une mèche de cheveux.

Humain, Esteban n'aurait pas entendu Gael ricaner : il était trop loin. Cependant vue sa nouvelle condition, il ne pouvait pas le manquer. Il jeta sur le garde un regard noir accompagné d'une moue comme sortie d'outretombe : elle n'appartenait pas au nouvel Esteban, mais plutôt au fantôme de l'ancien. Elle disparut presque aussitôt tandis que le jeune vamp soupirait, l'humeur décidément assombrie. Enfin, ce n'était pas non plus comme s'il avait été très jovial jusqu'à présent.

"... De ce fait, j'espère que vous trouverez une façon de corriger le problème qui implique le moins de changements possibles. Ce n'était pas prévu."

Il entra dans la salle de bain et en inspecta pensivement le mobilier. Bien... Où seraient-ils le mieux installés ?
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Luisa Selva Moreno
Normes
Luisa Selva Moreno

Identification
Emploi: Gérante d'entreprises
Age apparent: 38 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeLun 13 Juil - 14:17

A la remarque de son neveu, Luisa adressa un sourire qui tenait plus de la sournoiserie qu'autre chose. Son regard, lui, pétillait d'amusement contenu. Elle n'avait pas besoin d'ouvrir la bouche pour savoir ce qu'elle pensait : Oui, très certainement. Et ce n'est pas faute de l'avoir prévenue ! Car tout le monde l'avait fait, de son mari à sa fille aînée, en passant pas Luisa elle-même. Sans ce passage dans le public, elle aurait probablement été plus docile. Peut-être. Au moins plus convenable. La décision d'Alejandra avait fait sauter le peu de réserve qu'il restait à l'adolescente qu'elle était alors. Sa mère s'en mordait sûrement les doigts chaque jour que Dieu faisait... Bien fait pour elle.

La mexicaine ne fit pas de remarque sur l'incursion de son filleul dans le public. Oh, elle aurait pu, ils avaient tous deux la mauvaise foi nécessaire pour que ce genre de discussion ailler très loin... Mais elle restait consciente qu'il s'agissait de deux paradigmes bien distincts : Pour Luisa, il était censé s'agir d'une punition. Pour Esteban, d'une libération. Bien qu'au final, cela s'était probablement inversé... surtout quand on voyait la taille du studio dans lequel il avait été obligé de vivre. Brr.

"Accordons-lui le fait que cela m'a forgé le caractère et que je ne mènerai pas aussi bien la barre de nos compagnies si elle n'avait pas pris cette décision."

Clairement pas l'objectif de la vieille femme initialement, mais si elle voulait considérer son coup de colère comme une victoire, il ne lui restait que cela.

La conversation fut bientôt interrompue par un coup de fil et l'arrivée du coiffeur. Luisa se précipita pour l'accueillir, manquant le changement d'expression d'Esteban. Gael, par contre, était aux premières loges et retenait difficilement un éclat de rire. Sur certains points, le riche héritier était loin d'avoir changé, et c'était une bonne chose. Plus ou moins.

Ce ne fut que lorsqu'elle se retourna vers lui pour l'interpeller que Luisa remarqua le manège de son neveu. Elle lui fit les gros yeux à son tour -était-ce convenable de dévisager un nouveau venu ainsi ?!- sans que cela ait le moindre effet. Elle n'avait probablement pas le pouvoir de persuasion d'Olivia. Ou alors Tebi était beaucoup trop sous le choc. Possible aussi. Cependant, ce n'était pas comme s'ils avaient énormément de choix : il leur fallait passer par des chemins détournés, et nécessité faisait loi. Impossible pour les Luz-Descalzo de relier Cristobál à Esteban. Il restait donc leur meilleur choix. Quoiqu'en pensait le néo-vamp.

Alors qu'ils se rendaient dans la salle de bains, Luisa observait les deux autres en fermant la marche. Maintenant qu'elle y regardait de plus près, elle n'avait pas l'impression que c'était le coiffeur en lui-même qui perturbait Esteban, mais plutôt l'image que son neveu s'en faisait... Il fallait dire que la remarque de son invité n'aidait pas, même si elle étouffa un rire en marmonnant quelque chose qui ressemblait à :

"Il a parlé de "coupe mulet", aussi..."

Oh, elle allait recevoir un regard tueur, elle le savait. Mais ça valait le coup. C'était probablement ce que Gael se disait, alors qu'il laissait échapper un éclat de rire qui lui valut une moue pincée typique. Il se pinça les lèvres pour éviter d'en montrer plus, mais on pouvait voir l'amusement dans son regard chocolat. Et une certaine pointe de soulagement, également. Il était toujours bon de se rendre compte que le gamin n'avait pas complètement disparu.

Heureusement pour Luisa, Cristobál ne lui avait pas prêté la moindre attention, trop occupé à répondre aux paroles de son sujet du jour. Observant toujours la masse capillaire qui lui faisait face, il fit la moue, réfléchissant à voix haute.

"Hum, je vois, je vois... Ceci dit, il va falloir raccourcir tout ça si vous ne voulez pas passer pour un parfait imbécile heureux. Certaines mèches sont beauuucoup trop courtes par rapport aux autres... Est-ce qu'un dégradé est acceptable ? Sinon, il faudrait envisager de tout mettre à la même hauteur, soit..."

L'une de ses mains s'approcha de l'épaule d'Esteban. Luisa fut plus rapide, la prenant dans la sienne.

"Oh, très jolie cette bague ! C'est de l'inox ? De l'argent ?"

Le coiffeur lui adressa un sourire resplendissant en bougeant les doigts pour faire ressortir les dessins gravés dans le bijou.

"De l'or blanc. On ne sait pas toujours à qui l'on fait face dans cette ville et il n'est jamais bon d'endommager les clients. Je travaille avec toutes sortes de gens ma chère, vous savez..."

Luisa hocha la tête, vaguement impressionnée du fait que l'homme n'hésite pas à faire ce genre de remarque à voix haute chez elle. Il connaissait son nom et sa famille maternelle, ainsi que l'intolérance dont elle faisait normalement preuve. Certes, Luisa avait publiquement œuvré à minimiser ces préjugés lorsqu'elle avait soutenu de nombreux projets initiés par des Outres, mais ce n'était pas pour autant qu'elle pouvait ne pas être aussi ouverte qu'elle y paraissait. Dans le jargon, on parlait de façade, de couverture. Que Cristobál puisse parler aussi librement... elle trouvait cela assez culotté. Dans le bon sens du terme.

Elle ne remercierait jamais assez María pour ce contact.

"Alors ?"

Le coiffeur s'était retourné vers Esteban, l'interrogeant du regard au travers du miroir de la salle de bains. La pièce était très bien éclairée et relativement spacieuse, possédant d'un côté une douche à l'italienne dont la colonne indiquait plusieurs types de jets massants et de l'autre une baignoire à pieds, appel à la détente. A côté, une petite table où poser un verre de vin et peut-être même un livre. En face se trouvait une vasque et quelques meubles, ainsi que le fameux miroir. Luisa s'installa sur le rebord de la baignoire, montrant du doigt le tabouret qui se trouvait dans un coin, et sur lequel elle posait généralement ses vêtements.

"Tiens, tu peux t'asseoir là-dessus, Tebi."

Elle restait plus pour rassurer son neveu qu'autre chose. A elle, ce coiffeur avait déjà fait très bonne impression.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t4341-luisa-selva-moreno
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
Esteban Luz-Descalzo

Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap14/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (14/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeLun 13 Juil - 17:23

C'était sans doute vrai, que ce passage dans le public avait aidé Luisa à se forger un caractère et à devenir la femme d'affaires intraitable qu'elle était aujourd'hui. Esteban n'avait pas envie de lui concéder ce point ni d'admettre qu'il y avait pu avoir des impacts positifs en marge de l'absence de convenabilité catastrophique dont cette période avait doté sa tante. Et à ce sujet, il n'était pas bien difficile d'être de mauvaise foi :

"Comme si ton caractère avait eu besoin de cela..."

Il n'avait pas été là pour le voir, mais sa mère lui en avait assez raconté.

... Cependant, il n'était pas bon que son esprit s'égare de ce côté. Ce n'était pas le moment qu'il se laisse emporter par un élan de tristesse aussi insondable qu'inopportun.

Il n'en aurait de toute façon pas l'occasion, comme son coiffeur était arrivé. L'apparence de cet homme autant que son exubérance, associée à la façon dont il s'exprimait, eurent raison de la politesse d'Esteban. Trop effaré pour le cacher, il s'attira les moqueries de Gael puis de Luisa, un peu plus tardivement.

Esteban lui fit les gros yeux. Non mais elle n'allait pas bien de parler de cette histoire de coupe mulet à un homme qui avait de multiples paires de ciseaux dans ses poches ?! Et si il la prenait au sérieux, hein ? Esteban n'avait pas envie de ressembler à un hybride entre balai brosse et serpillière sous prétexte que son coiffeur aurait mal interprété ses goûts !

Bien heureusement, le fameux Cristobál n'avait pas donné l'air de prendre garde à ses bêtises. Il répondait plutôt aux exigences d'Esteban sur un ton et avec un professionnalisme qui plaisaient bien mieux au concerné que les précédentes histoires de paire de ciseaux malintentionnées et de coupe déstructurée ratée.

Pouvait-il souffrir un dégradé ? Avait-il même notion de ce qu'était un dégradé ? Certes, Esteban prenait très soin de lui, mais ce n'était pas pour autant qu'il avait mémorisé tous les termes techniques en coiffure. Il utilisait des masques et des soins, et des shampoings spéciaux pour nourrir sa chevelure et lui permettre de rester en pleine santé, mais son chemin ne croisait pas très régulièrement celui de la moindre paire de ciseaux. Lorsque c'était le cas, ça n'avait jamais été que pour couper ses pointes et garder ses cheveux à une longueur acceptable. Il ne pouvait tout de même pas se permettre de les avoir au milieu du dos.

Luisa interrompit ses réflexions en empêchant Cristobál de lui toucher l'épaule. Il n'avait pas trop compris la raison de ce geste, mais la discussion qui s'en suivit l'interpella. Il leva un regard aigu sur le coiffeur. Que savait-il ? Que ne savait-il pas ? Il aurait vraiment fallu qu'il écoute sa tante parler au téléphone, plutôt que de se perdre dans des rêveries éveillées...

Faire un commentaire ou se taire ? Quand bien même Luisa n'aurait rien dit, avait-il été reconnu ? Impossible de le savoir. Il avait beau être célèbre, il n'était pas acteur de cinéma : il arrivait que les gens du commun passent à côté de lui sans l'identifier. Dans le fond, Esteban préférait garder l'anonymat. Il préférait aussi que le coiffeur n'en sache pas trop sur sa condition. Cependant, il avait la sensation que le laisser dans l'ignorance serait parfaitement malhonnête.

Sans le savoir, il détiendrait en sa possession de dangereuses informations. Si ces informations tombaient dans les mauvaises oreilles, ce ne serait pas juste Esteban qui serait en danger. Cet homme risquait de devenir un dommage collatéral pour sa famille, le TPH, ou les deux en même temps.

Ce n'était pas beaucoup plus honnête de le laisser mettre ses doigts tout près de son visage sans le prévenir qu'il était en train de s'occuper d'un vampire légèrement assoiffé. Esteban pensait être en mesure de se retenir, certes, mais tout de même. C'était mal, c'est tout.

"Excusez-moi, j'ai besoin de savoir... Tia. Qu'est-ce que tu lui as dit ?"

Lorsqu'il se rendit compte qu'elle ne lui avait pas dit grand chose, il soupira et baissa les yeux. Ça ne lui plaisait pas. Ils n'avaient pas eu le choix, d'accord, mais ça ne lui plaisait pas quand même.

"Dans ce cas, il faut sans doute vous prévenir : rien de ce qui se passe dans cet appartement ne doit en sortir, même si cela peut vous paraître anodin. Et aussi ne soyez pas surpris... Je risque de cesser de respirer plusieurs minutes pendant que vous.. Bref."

Honteux, malheureux comme les pierres, Esteban n'était plus capable de croiser le regard de quiconque. Il gardait les yeux résolument baissés sur ses genoux. L'expression vacante typique des pires moments de la nuit précédente était revenue. Il lui avait fallu passer par des moyens détournés pour avouer sa nature d'outre au coiffeur. Dire les mots bruts à cet inconnu était au-delà de ses capacités. Au moins, il aurait la conscience légère.

Il n'avait vraisemblablement pas dissuadé l'homme de s'occuper de ses cheveux, ce qui le rassura un peu. Si cela avait été lui, il aurait tout bonnement refusé de coiffer un vampire qui ne s'était pas nourri, quand bien même ce vampire lui aurait assuré être en contrôle.

... D'un autre côté, il aurait probablement refusé de coiffer un vampire. Tout court.

"Alors ?"

Le regard morne du jeune homme quitta enfin le sol pour se perdre plutôt dans le miroir, dans son reflet... Diable. Il avait l'air pitoyable. Il était complètement débraillé. Sa fatigue psychologique était sensible malgré le grain parfait de sa peau. Sa pâleur en accentuait l'évidence. Pâleur qui certes était toute relative, mais quand même, il savait que ce teint grisâtre ne lui était pas naturel. Cette mèche coupée n'importe comment n'était que le début du problème... Ses cheveux avaient vu de meilleurs jours.

Il avait l'air d'un épouvantail et il n'arrivait même pas vraiment à en avoir quoique ce soit à faire.

Couper court serait bien plus convenable. L'option du dégradé lui permettrait de garder les cheveux longs. Dans les deux cas, la nouvelle coupe associée à son déguisement aiderait à ce qu'on ne le reconnaisse pas lors de sa visite du Quartier Sanglant.

Il n'avait pas le cœur à se séparer de sa longueur de cheveux. Il ne se reconnaissait déjà pas dans le miroir, alors ensuite, qu'est-ce que cela serait...

Il n'y avait de toute façon déjà plus rien de convenable à son existence. Alors tant pis. Ça n'avait en réalité plus la moindre d'importance. Il lâcha prise. Quelque chose changea dans son attitude. Il avait l'air encore plus distant, mais aussi plus décidé.

"Faites votre possible pour ne pas trop entamer la longueur dans sa globalité... Peu m'importe comment."

Oui. Il lui laissait plus ou moins carte blanche. Malgré son exubérance, ses cheveux multicolores et son probable goût pour... Bref. C'était lui le professionnel, et Esteban n'avait pas l'énergie de se montrer aussi exigeant, aussi soucieux qu'il pouvait l'être en temps normal. Il s'installa docilement là où Luisa venait de le lui indiquer.

L'heure était venue de déchoir encore un peu plus. Et c'était étrangement logique, étrangement adapté. N'aurait-il pas été si têtu, il aurait même pu trouver cela libérateur. C'était trop dur de se forcer à être ce qu'on n'était plus. Le carcan dans lequel il avait grandi et évolué jusqu'à présent n'était plus à sa taille. Il l'étouffait.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Luisa Selva Moreno
Normes
Luisa Selva Moreno

Identification
Emploi: Gérante d'entreprises
Age apparent: 38 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMar 14 Juil - 11:54

Luisa leva exagérément les yeux au ciel, montrant tout le bien qu'elle pensait de la réplique d'Esteban. Elle se mettait du côté de sa mère (pour une fois !) et on trouvait encore le moyen de lui reprocher ses traits de caractère. Hé bien, qu'ils aillent tous se faire voir ailleurs si elle y était ! L'attitude de son neveu, même si typique et pleine de mauvaise foi caractérisée, ne lui plaisait pas du tout.

Elle ne fit cependant pas de remarque plus élaborée, notamment parce que son téléphone se mettait à vibrer, signalant l'arrivée du coiffeur. Quelques instants plus tard, elle répondait aux gros yeux de son filleul par un clin d’œil amusé et un sourire vainqueur. Il n'avait que ce qu'il méritait ! Et de toute façon, Cristobál n'avait pas bronché. Probablement qu'après une entrée en matière telle que celle qu'il avait faite et qui n'avait pas pris, il n'avait besoin de personne pour se douter que cette histoire de coupe mulet n'était qu'une affreuse blague.

Ils arrivèrent tous trois dans la salle de bains, et tandis que le coiffeur continuait d'expliquer ce qu'il était possible de faire, Luisa lui prit rapidement la main, cherchant à éviter un contact avec Esteban. Ou plutôt entre Esteban et la bague qu'elle avait remarquée sur le majeur de son invité, et dont la couleur laissait planer le doute quant au matériel utilisé. Doute qui fut très rapidement levé, tandis que l'homme faisait preuve d'une ouverture d'esprit qui aurait pu être dangereuse face à n'importe quel autre membre de la famille (qu'il s'agisse des Selva Moreno ou des Luz-Descalzo). Brièvement impressionnée, la mexicaine laissa faire.

C'était sans compter sur Esteban, qui semblait réaliser que quelque chose n'allait pas. Selon lui, toujours. A la question qu'il posa, sa tante lui répondit, moue pincée en place.

"Le strict nécessaire."

A savoir qu'il serait plus que grassement payé tant qu'il ne parlait de ce rendez-vous et de son contenu (en terme d'actions comme de personnes présentes) à personne. Elle aurait dû se douter que l'innocence et la naïveté crédule d'Esteban allaient l'amener à en rajouter. Elle l'en aurait empêché si l'employé ne lui avait pas fait si bonne impression quelques instants plus tôt. Il semblait ouvert sur la question des Outres et assez droit dans ses bottes pour le mentionner à quelqu'un dont la réputation laissait entendre que ce n'était pas forcément le cas. Son instinct lui disait qu'il ne serait pas un danger pour son filleul, ce pourquoi elle laissa ce dernier s'exprimer. Même si on pouvait voir dans son attitude, bras croisés sous la poitrine alors qu'elle s'asseyait sur le rebord de la baignoire et moue pincée toujours présente, qu'elle n'était pas ravie par la tournure que prenait la situation.

Cristobál hocha succinctement la tête. Il était déjà au courant de la première partie, si bien que cela ne l'étonnait guère. La seconde cependant... il ne l'avait pas vue venir. Notamment au vu de ce qu'il savait de la famille de Mademoiselle Luisa, justement. Ses yeux s'écarquillèrent légèrement l'espace d'un instant, avant qu'il ne reprenne son calme.

"...Je vois."

Il n'avait pas grand chose de plus à dire, en réalité. María l'avait fait promettre de rendre ce service, et Luisa elle-même s'était montrée très généreuse... il comprenait pourquoi, à présent. Maintenant qu'il était là, il serait ridicule de refuser son aide. Et puis, il suffisait de regarder la tête de ce gamin... il n'osait même plus le regarder. Ce n'était pas l'attitude de quelqu'un qui comptait profiter de ses semblables. Le requin derrière lui, peut-être... Mais il était évident à présent que ce n'était pas pour Mademoiselle Luisa qu'il était venu et qu'elle était très attachée à ce garçon. D'ailleurs, ils se ressemblaient beaucoup, maintenant qu'il y regardait de plus près...

Cristobál secoua la tête. Il se pencherait sur l'arbre généalogique de la famille la plus riche du Mexique plus tard. Pour le moment, il avait du travail.

D'un "Alors ?" tout ce qu'il y avait de plus simple, il remit la conversation sur les rails appropriés. Il vit au travers du miroir plus qu'il n'entendit Luisa soupirer brièvement de soulagement. A la réponse du jeune vampire, il frappa une fois dans ses mains.

"Parfait ! Je vois que vos cheveux son déjà propres, nous allons donc nous concentrer sur un élagage des pointes pour ensuite avoir une idée de la longueur maximale... Pour la minimale, peut-être... ici ? Avez-vous déjà porté une frange, mon cher ? A ce niveau, quelque chose de correctement déstructuré ferait des merveilles ! Peut-être désépaissir un peu sur l'arrière du crâne, éviter que le dégradé soit trop à plat sur les côtés ? Hum..."

Il parlait tout seul plus qu'autre chose, tenant les mèches lorsqu'il cherchait à illustrer ce qu'il disait tout en sortant un peigne de son veston et commençant à dompter la masse capillaire de l'héritier. Luisa les observait sans rien dire, jugeant que son avis n'était pas nécessaire. Pour le moment, elle était d'accord avec ce qu'elle entendait. Si ce n'était...

"Cristobál ? Est-ce que vous auriez quelque chose d'un peu...festif ? Temporaire, évidemment, mais qui mettrait un peu plus... d'énergie ?"

Dans le miroir, le regard du coiffeur croisa celui de la cheffe d'entreprise. Il lui fit un sourire complice et un clin d’œil. Il voyait exactement ce qu'elle voulait dire.

"Tout à fait, tout à fait ma chère ! Si vous voulez bien ouvrir ma valise..." Il se pencha vers Esteban. "Jeune homme, que diriez-vous de mettre quelques pointes de couleur dans l'existence ébène de votre système capillaire ? J'ai avec moi les meilleurs produits -temporaires, un, dix ou trente jours selon ce que vous décidez- et quelques mèches seraient du meilleur effet sur votre chevelure ! Un peu de bleu, pour mettre votre regard en valeur ?"

S'étant déplacée près des deux hommes pour exécuter la demande du coiffeur, Luisa se pencha de l'autre côté d'Esteban.

"Si tu veux, je te suis."

Elle n'irait pas jusqu'à dire que c'était une excuse, mais presque.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t4341-luisa-selva-moreno
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
Esteban Luz-Descalzo

Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap14/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (14/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMar 14 Juil - 13:17

"Le strict nécessaire". Ça ne voulait absolument rien dire, car tout dépendait ce qu'elle entendait comme étant nécessaire ou non. Il était tout à fait possible que Luisa n'en partage pas la même vision que lui, ne serait-ce que parce qu'elle tolérait des choses qui aux yeux d'Esteban étaient tout simplement intolérables. Comme l'existence des vampires, par exemple.

Cet homme prenait des risques en s'approchant de lui. Diable... Ils n'avaient pas été loin de lui demander "deux services plutôt qu'un", alors ils pouvaient bien se montrer honnêtes et lui expliquer ce à quoi il s'exposait exactement. De toute façon, il aurait certainement remarqué l'absence de respiration d'Esteban à un moment où à un autre, penché comme il allait certainement l'être sur sa tête. Et il pouvait difficilement manquer la probable froideur de sa peau. Et Esteban ne sachant pas spécialement cacher ses crocs, il était encore possible qu'il les aperçoive à un moment ou à un autre, à moins que le vamp ne se mure dans le silence et garde la bouche bien fermée. Luisa préférait-elle réellement que Cristobál se rende compte, tandis qu'il effectuait son travail, qu'on avait omis de lui donner cette information de taille ?

C'était hors de question pour Esteban, n'en déplaise à sa tante et à sa moue contrariée. Alors, il fit ce qu'il avait à faire. Il craignait que le coiffeur ne prenne ses jambes à son cou. Il aurait l'air très bête si cela arrivait, les cheveux toujours ruinés, et sans véritable autre option que de prendre des risques et de faire venir quelqu'un d'autre. Mais Cristobál ne se défila pas, ce qui lui apporta un grand soulagement malgré la honte cuisante qu'il ressentait maintenant qu'il lui avait avoué sa nature de vampire.

Sa tristesse rampante l'avait rattrapé, et avec elle le désintérêt profond qu'il éprouvait à l'égard de sa personne. Esteban se considérait souillé, perdu, irrécupérable. Que cela se voie ou non à son apparence n'avait plus vraiment d'importance. Faire semblant ne comportait plus aucun intérêt.

C'était ce que sa psyché lui dictait, et c'était effectivement une partie de ce qu'il ressentait. Cependant, il fallait bien avouer que les choses étaient plus complexes que cela. Si ça n'avait pas été le cas, il n'aurait pas bataillé comme il l'avait fait pour éviter de boire la moindre goutte de sang jusqu'à ce jour. La perspective de visiter le Quartier Sanglant habillé très vulgairement l'aurait aussi moins travaillé. Il avait l'impression d'être en train de trahir sa famille. Plus spécifiquement, il avait l'impression d'être en train de trahir sa mère. Cette idée lui était à peine supportable.

Il avait beaucoup de mal à se concentrer sur les explications du coiffeur. Elles étaient denses, rapides, et lui-même n'était que très peu disponible mentalement. Il faisait de son mieux, mais on lisait clairement à son expression qu'il était dépassé par les événements.

"Euh... Oui ? D'accord... Oui, plus ou moins..."

Il ne savait pas trop si on pouvait appeler ça une frange, mais jusqu'à ce qu'il décide de se laisser pousser les cheveux (l'une des décisions les moins convenables qu'il avait jamais prise volontairement) il les portait à une longueur relativement similaire à celle de Karl. Les cheveux dans les yeux, il connaissait donc plutôt bien. Ça ne le dérangeait pas outre mesure, si c'était par là qu'il leur fallait passer pour éviter la fameuse coupe mulet...

L'intervention de Luisa le sortit partiellement de sa léthargie. Il savait qu'il n'était pas censé bouger, mais c'était plus fort que lui. Une fois de plus, il lui fit les gros yeux. Que racontait-elle donc ? Du festif, temporaire, qui mettrait de l'énergie ? Il n'était pas certain de savoir à quoi elle faisait référence, mais une chose était sûre :

"... Ce n'est pas du tout ce qui était convenu."

Il voyait les regards échangés entre le coiffeur et sa tante et cela le terrorisait complètement. Vraiment, dans ce genre d'instants, on pouvait se demander si ce n'était pas le Diable lui-même qui lui soufflait ces idées. Voilà ce qu'elle récoltait à se montrer si peu croyante. Et à aider un vampire, fut-il de sa famille.

L'éclat d'Esteban n'avait pas dissuadé Cristobál d'essayer. Très hésitant, Esteban fixa l'homme quelques secondes. Des mèches bleues... Que ne fallait-il pas entendre. Cela dit, dans le cadre de leur future sortie, ce n'était pas si bête. C'était un peu comme la résille : absolument PERSONNE ne devait l'imaginer capable de telles extrémités. C'était donc une garantie supplémentaire que personne ne l'identifierait. Une source d'inquiétude en moins.

Coup d’œil très bref, très anxieux sur Luisa, qui lui indiquait être prête à le suivre. Étrangement, ça ne le rassurait pas.

"Lorsque vous dites temporaire... Cela signifie.. je veux dire. Temporaire. Très temporaire. Entièrement temporaire, j'espère. C'est hors de question qu'il y ait la moindre forme de restes. Est-ce seulement possible ?"

Ses cheveux étant extrêmement foncés, il ne voyait pas comment on pouvait y mettre du bleu sans les décolorer. Il n'allait pas être ravi si on lui expliquait que ça n'était possible que grâce à la magie wiccane. Mais était-il à cela près ?

"... Ecoutez, je préfère en parler plus tard en fait. Commencez... Commencez par tout le reste, s'il vous plaît."

C'était trop d'un coup. Il craignait déjà de voir comment sa nouvelle coupe de cheveux allait changer son visage ainsi que son apparence globale. Si quelqu'un, n'importe qui lui parlait encore de mèches bleues tant qu'il n'avait pas encore constaté et accepté le résultat, il allait imploser.

Lorsque les premiers coups de ciseaux commencèrent enfin à grincer dans l'air et que les premières mèches volantes vinrent chatouiller son front et son nez, Esteban baissa à nouveau les yeux sur ses genoux. Ce n'était l'imagination de personne : ses yeux brillaient un peu trop fort. Il retenait des larmes d'amertume et de culpabilité. Il n'avait plus en tête que sa mère et la façon dont elle aurait désapprouvé tout ce qu'ils étaient en train de faire.

Elle désapprouvait déjà son existence... Maintenant, ça ne tenait plus seulement de ce qu'il ne contrôlait pas. Si elle avait pu le voir faire, elle aurait été horrifiée de ses choix comme de son attitude. Il détestait cette partie de lui qui se sentait soulagée, libérée, qui avait presque hâte d'aller dehors et d'enfin laisser parler ce qui dormait au plus profond de lui. Que la Soif fut en partie responsable n'était pas une excuse. Quoiqu'il en soit, c'était bien la preuve du changement qui s'était opéré en lui. Il ne serait plus jamais le même. Il ne serait plus jamais son enfant.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Luisa Selva Moreno
Normes
Luisa Selva Moreno

Identification
Emploi: Gérante d'entreprises
Age apparent: 38 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMar 14 Juil - 21:00

La réaction d'Esteban était totalement anti-climatique. Et d'un autre côté, Luisa aurait dû s'y attendre. C'était beaucoup de choses d'un coup et il aurait probablement mieux valu qu'elle s'abstienne. Tant pis.

D'un autre côté, elle avait remarqué son air triste et c'était dit qu'à défaut de le faire acquiescer, elle allait au moins le faire réagir sur l'un de ses énièmes manque de convenabilité (puisqu'apparemment il ne retenait que cela chez elle), mais il était apparemment déjà trop loin pour cela. C'était plus inquiétant qu'autre chose, en réalité.

Pourtant, la mexicaine garda son cap, se contentant de lui faire un clin d’œil amusé lorsqu'il signifia que sa proposition ne rentrait pas du tout dans ce qui avait été convenu (depuis quand se contentait-elle uniquement de ce qui était convenu, au juste ?) et d'insister un peu, pour voir.

Cristobál s'apprêta à répondre à la question du jeune homme, lui expliquant que ses "outils" pour ce genre de procédure étaient des sorts wiccans créés pour ne durer qu'un temps préalablement défini et ne heurtant le cheveu en aucune façon, mais le voilà déjà qui expliquait qu'il préférait voir cela plus tard. Le coiffeur haussa les épaules en signe d'acceptation. Le client était roi. Plus encore quand il payait aussi grassement.

C'était parti. Luisa était de retour sur son siège improvisé, mais son regard ne quittait pas le miroir. Elle avait vu quelque chose passer dans les yeux de son neveu avant qu'il ne les baisse. Quelque chose qui s'apparentait dangereusement à de la détestation de soi, et qu'elle avait bien trop vu ces dernières 24 heures. Elle ne savait pas encre exactement de quoi il était question, mais elle connaissait son filleul bien mieux que celui-ci ne le pensait -et qu'il estimait nécessaire, probablement. Il y avait un bon quatre-vingt pour-cent de chance pour que cela concerne sa mère.

Se relevant, Luisa s'étira avant de reprendre la parole.

"Je vais aller me faire un café." La journée avait été longue malgré le repos, et la nuit s'annonçait l'être tout autant. Un peu de caféine ne serait donc pas de trop. "Cristobál, cela vous intéresse ?"

Entièrement à son ouvrage,  l’interpellé ne répondit que par un signe de la main que la cheffe d'entreprise décida plus ou moins d'interpréter positivement. Elle s'approcha, observant le visage de l'employé pour y chercher les réponses aux questions qu'elle posait.

"Sucre ? Lait ? Parfait."

Avant de se détourner, elle posa sa main sur l'avant-bras d'Esteban et lui murmura, de façon à ce qu'il soit le seul à pouvoir distinguer exactement ce qu'elle disait.

"Je pense qu'elle serait contente que tu aies choisi de garder la longueur, Tebi. Quoi que tu en penses actuellement."

Sans réellement attendre de réponse, la mexicaine s'éloigna avec un léger sourire, qui disparut dès qu'elle fut hors de vue du vampire. Elle allait incendier son aînée. Vraiment.

-

Le temps qu'elle revienne avec deux tasses de café noir brûlant, Cristobál avait bien avancé. Les pointes étaient toutes élaguées, l'arrière désépaissi et il s'attaquait à présent à rendre aux mèches de devant une apparence potable tout en s'harmonisant avec celle qui avait malencontreusement été coupée par les bris de miroir.

Posant la tasse destinée au coiffeur sur le bord du meuble qui lui était le plus proche, Luisa se permit un nouveau commentaire.

"Ca rend drôlement bien ! Vous êtes doué."

Et heureusement, pensa-t-elle intérieurement. S'il n'avait pas été compétent, Luisa ne sait pas ce qu'elle aurait fait de l'homme... Bien qu'Esteban ne semblait vraisemblablement pas d'humeur à critiquer.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t4341-luisa-selva-moreno
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
Esteban Luz-Descalzo

Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap14/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (14/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMar 14 Juil - 23:40

Il ne s'était jamais expliqué comment, mais Luisa disposait sur lui d'un étrange pouvoir. Même sa propre mère, qui le connaissait pourtant mieux que personne, ne se montrait que rarement si perspicace. A ce stade, on aurait presque pu penser à de la télépathie. Ce que sa tante murmura juste pour lui avant de quitter la salle de bain tapa dans le mille. Peut-être un peu trop fort. L'émotion grimpa d'un coup, si brutale qu'il ne fut pas certain d'être capable de la contenir. Il serra les poings sur ses genoux et dut utiliser toutes les ressources qu'il avait en lui pour ne pas laisser ses larmes couler. Il ne voulait pas pleurer face au coiffeur. C'était gênant, et ça risquait de mettre Cristobál mal à l'aise.

L'émotion força une expiration moins discrète qu'il ne l'aurait voulu, suivie d'une inspiration involontaire. L'odeur du sang humain lui monta immédiatement à la tête. La Soif s'invita. Esteban se crispa mais ne bougea pas d'un poil, malgré une légère sensation de vertige, et malgré la pulsion détestable qu'il s'était forcé à retenir : l'envie affreuse de saisir le poignet du coiffeur pour y plonger ses crocs s'était emparée de lui durant cet instant d'égarement.

Il tiqua, adopta une moue pincée, cacha brièvement son nez dans le creux de sa paume, puis revint finalement à une position plus neutre. Comme si rien ne s'était passé.

C'était vrai... Olivia aimait ses cheveux longs. Elle le préférait d'ailleurs avec les cheveux détachés, c'était dire. Cependant cette nouvelle coupe de cheveux...C'était autre chose. Mais cela valait-il bien le coup de songer à tout ça ? La désapprobation de sa mère allait bien au-delà de ce simple problème capillaire.

Luisa fut rapidement de retour, portant deux tasses de café. Elle ne lui en avait pas proposé. Il n'avait rien dit non plus, mais cela lui avait fait un pincement au cœur. Il savait que le breuvage n'apporterait plus rien à son organisme. Que cela le forcerait juste à se faire vomir un peu plus tard. Cependant, c'était dur pour lui de recevoir ce traitement différent. Cela mettait l'accent sur ce qu'il était... sur ce qu'il n'était plus. Il se sentait bêtement exclus du monde normal. De ces petites banalités qui égayaient le quotidien. C'était stupide, sans doute, mais cela rajoutait à une tristesse qui déjà perçait le plafond.

"Ça rend drôlement bien ! Vous êtes doué."

Circonspect, Esteban attendait le résultat final. Il était un peu trop d'accord avec Luisa à son goût, et il y avait à cela quelque chose qui le dérangeait.

--

Lorsque Cristobál eut entièrement fini de jouer avec les ciseaux, il tira sur ses mèches pour les disposer correctement autour de son visage. Esteban arborait une expression étrange. On aurait dit qu'il contenait une forme de surprise scandalisée qui ne ressemblait pas du tout à de la désapprobation.

... Cette coupe de cheveux n'était pas du tout convenable, c'était certain.

Et pourtant, il ne pouvait pas s'empêcher d'apprécier le résultat. Cela lui allait bien. Cela lui allait même très bien. Fichtre. Ça lui allait bien mieux que sa précédente coupe. Il n'était pas près de l'admettre tout haut.

Il n'allait jamais pouvoir tout prendre ensemble lorsqu'il voudrait les attacher. Vraiment, c'était le comble. Il aurait tôt fait de laisser ses cheveux pousser.

... Mais cela mettait clairement son visage en valeur. Cela lui donnait même l'air un peu moins jeune, un peu plus mature, et ce n'était pas de trop. Surtout maintenant qu'il ne vieillirait plus jamais.

Non. C'était affreusement gênant : cette coupe affinait ses traits, leur donnait l'air plus féminin. Déjà qu'on n'arrêtait pas de lui demander si il était en couple avec Karl, cette fois, les remarques n'allaient plus cesser de fuser... Il fallait mettre son tout nouveau charisme sur le compte du charme vampirique, point final. Evidemment, jusqu'à présent, ça ne s'était pas remarqué puisqu'il était totalement décoiffé en permanence.

... Non, rien à faire. Il n'arrivait pas à se convaincre du contraire : malgré tous les inconvénients cités, il aimait vraiment beaucoup le résultat.

"... En effet. Vous avez bien rattrapé le coup."

Il... Ne dirait rien de plus. C'était beaucoup trop embarrassant.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Luisa Selva Moreno
Normes
Luisa Selva Moreno

Identification
Emploi: Gérante d'entreprises
Age apparent: 38 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMer 15 Juil - 1:19

Luisa avait beau être très douée pour lire au travers des émotions de son neveu et filleul, ce n'était pourtant pas une science exacte. La preuve, elle pensait user de délicatesse en ne proposant pas cette fameuse tasse de café à Esteban. Elle ne voyait pas l'intérêt qu'il la refuse poliment -au mieux- ou se fasse vomir avant qu'ils ne sortent -au pire. Pourtant, c'était apparemment un faux pas. Il y avait parfois des choses que cet enfant tenait beaucoup trop de sa mère pour elle, probablement.

Cependant, tout cela, la mexicaine ne le réalisa pas et se contenta de faire une remarque sur ce qu'elle avait été capable de voir. Et tapa dans le mille. Esteban avait un avis très arrêté sur ce qu'il était et ce qu'il pensait que les autres pensaient qu'il était -il suffisait de voir la façon dont il avait réagi à sa présent, puis à celles de Gael et Karl. Plus particulièrement, l'image que sa mère avait de lui. Si Olivia n'avait pas eu la bonne réaction à vif, elle avait des circonstances atténuantes. Depuis trois semaines, cependant, elle aurait eu plus que le temps de trouver le moyen de dire quelque chose, à défaut d'agir correctement. Cela mettait sa cadette en rogne, qui ferait son possible pour trouver un moment pour aller dans la villa du dernier Luz-Descalzo dire le fond de sa pensée.

Néanmoins, Esteban restait sa priorité. Tant qu'elle n'était pas convaincue de son équilibre mental (... du minimum fonctionnel, disons) et qu'il n'irait pas se jeter sous sa verrière en plein soleil dès qu'elle aurait le dos tourné, elle ne le lâcherait pas d'une semelle. Ca aussi, cela faisait partie de son "sale caractère".

Quand elle revint dans la salle de bains, Cristobál avait fait près des trois-quarts du travail. La mexicaine se fendit d'un compliment qui fut reçu par un sourire resplendissant (et un peu suffisant ?) de l'employé : Oui, il le savait.

"Merci, Mademoiselle. Ma mère disait toujours "Quand on est doué pour quelque chose, il faut partager ce don avec le monde". C'est ce que j'essaie de faire, à mon niveau."

L'homme ne s'était pas détourné de sa tâche et ne le fit pas avant d'avoir terminé. Luisa avait depuis longtemps fini son café et le sien devait être froid, mais cela lui importait peu. Rangeant ses ciseaux dans la poche de son veston, il remit quelques mèches en place sur le front d'Esteban avant de reculer de quelques dizaines de centimètres pour observer le résultat d'un œil critique. Enfin, il sourit.

"Parfait. C'est beaucoup, beaucoup mieux que lorsque nous avons commencé, mon cher !"

Luisa ne pouvait qu'être d'accord. Se levant de ce qu'elle avait élit comme son nouveau siège, elle s'approcha, sifflant d'appréciation.

"Tebi, futur bourreau des cœurs !"

La réponse du principal concerné était beaucoup plus modéré, mais sa tante savait lire dans cet air pincé comme personne. Prenant le ton de la confidence -tout en sachant pertinemment que cela ne servait à rien avec les oreilles vampiriques qui se trouvaient à moins d'un mètre d'eux- elle se pencha vers Cristobál pour lui murmurer à l'oreille.

"Ça, c'est son mouvement de défense typique : quand il n'a pas envie d'avouer qu'il est d'accord, il se contente de dire que c'est bien joué." Une pause, avant de continuer avec un regard pétillant de malice. "...Ou de faire une remarque sur votre caractère."

Des fois, on se demandait qui était l'adulte et qui était à peine sorti de l'enfance, avec ces deux-là.

Après un éventuel moment de discussion (dispute ? échange de piques ?) entre les deux membres de famille prestigieuse, Cristobál se racla la gorge, coupant court au désastre. Une fois l'attention de tous obtenue, il se tourna ensuite vers l'image que lui renvoyait les deux Selva Moreno dans le miroir.

"Bien. Maintenant que nous en avons terminé avec la coupe..."

Il sortit de sa valise quelques produits, qu'il montra à Esteban.

"Il s'agit d'une sorte de potion wiccane, qui permet de changer la couleur de ce sur quoi elle est appliquée pendant un temps donné. C'est efficace sur tous types de cheveux, sans l'agresser ou nécessiter une décoloration. Je l'utilise moi-même." Il fit un geste en direction de sa tête. "Il existe plusieurs durées possible, mais je peux vous proposer celle de 8 heures, pour commencer." Un regard vers Luisa. "C'est très apprécié lorsque l'on veut modifier quelque chose pour une soirée uniquement..."

La cheffe d'entreprise le regarda, un sourcil haussé et une moue vaguement admirative sur le visage. Ah, elle se répétait, mais il était doué.

"Alors ?"
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t4341-luisa-selva-moreno
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
Esteban Luz-Descalzo

Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap14/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (14/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMer 15 Juil - 11:32

"... Tia..."

Luisa n'avait pas son pareil lorsqu'il s'agissait de trouver quoi dire pour l'embarrasser. Et c'était encore pire lorsque dans le fond elle disait des choses vraies, mais des choses qu'Esteban n'aurait pas été capable d'admettre à voix haute. Et effectivement : il n'aurait pas imaginé qu'il possédait ce potentiel. Il était à deux doigts de se trouver lui-même très séduisant malgré tout ce qui le dérangeait habituellement chez lui : sa croissance inachevée, sa minceur trop prononcée, cet air trop jeune et trop innocent contre lequel il ne pourrait jamais vraiment lutter, maintenant qu'il était à jamais figé dans l'année de ses dix-huit ans.

Il n'était absolument pas convenable, il craignait que tout le monde lui prête dorénavant des goûts dignes de Sodome et Gomorrhe, mais le tout avec suffisamment de style pour que cela lui paraisse beaucoup moins grave (Que Dieu lui vienne en aide... Enfin, non. Plus maintenant). L'espace d'un très bref instant, il en aurait presque oublié les crocs inélégants qu'il avait dans la bouche ainsi que ce teint maladif dont il ne s'était que très brièvement départi la veille, après s'être nourri pour la première réelle fois.

Il remercia le coiffeur avec autant d'enthousiasme que la bienséance lui paraissait permettre. S'il avait l'air trop heureux du changement, qu'allait-on penser de lui ?

Luisa eut l'air de trouver son commentaire trop tiède, car il fallut qu'elle en rajoute une couche. Ou bien était-ce qu'elle n'avait toujours pas avalé la remarque qu'il lui avait faite plus tôt concernant sa grand-mère ? C'est ce que semblait signifier sa mention aux remarques sur le caractère.

"TIA.. !!!!"

On avait dû l'entendre crier jusqu'à l'extérieur de la pièce. Il pensa brièvement à Karl, espéra ne pas l'avoir réveillé. C'était plus fort que lui. Il aurait probablement pris la couleur d'une pivoine congestionnée si telle chose avait encore été possible pour lui. La vive gêne que le commentaire de sa tante lui avait inspiré était sortie par la première soupape venue pour lui éviter d'imploser. On en lisait l'expression douloureusement sincère sur son visage, dans le regard colérique qu'il dardait sur la responsable au travers du miroir, et dans la grimace qui déformait ses lèvres (... et qui dévoilait immanquablement ses crocs, par ailleurs).

Selon les expériences et la finesse psychologique du coiffeur, ce dernier comprendrait peut-être qu'Esteban ne cherchait pas réellement à se montrer désagréable, ni à se comporter comme un adolescent mal léché. Il avait le comportement typique de ceux qui refoulent beaucoup trop de choses, qui tentent de se fondre dans un moule inadapté et qui enfin, honteux de se montrer tels qu'ils étaient vraiment, réagissaient par la colère à toute forme d'intrusion dans cette intimité à leur goût inavouable, et qu'ils n'étaient pas capables de regarder en face.

Dans une autre situation, il aurait probablement continué de râler à base de "c'est absolument n'importe quoi" et de "tu n'as pas honte de raconter des bêtises pareilles ??". Mais ça n'aurait pas été très gentil pour le travail du coiffeur. Esteban avait en règle générale beaucoup moins de considération pour ses employés. Disons, en tous les cas, qu'il se montrait désagréable ou vexant, ou sans gêne sans vraiment s'en rendre compte.

Sa transformation paraissait lui avoir offert plus de recul sur ses propres actions, plus d'empathie à l'égard des petites gens qui travaillaient à son service. C'était pour de mauvaises raisons : il avait la sensation d'en demander trop par principe en les amenant à servir un vampire. Cependant, certains trouveraient peut-être cela prometteur. Pas lui, bien sûr. Esteban n'imaginait pas son avenir au-delà du procès contre son père.

Cristobál recentra l'attention du vampire sur cette histoire de couleurs, maintenant que la coupe de cheveux était achevée. L'expression du vampire lorsque son interlocuteur prononça le mot "potion wiccane" fut impayable. Esteban était incapable de masquer sa consternation. Si le coiffeur avait des doutes quant aux vues politiques du jeune homme, maintenant, ils étaient sans doute évaporés. Pas de doute : Esteban n'était pas bien différent du reste des Selva Moreno, quand bien même les crocs dans sa bouche auraient pu laisser entendre le contraire.

Il lui fallut quelques  très longues secondes pour retrouver son calme, se remettre du choc. Puis il soupira. Son expression résignée était de retour.

"... Huit heures, vous dites. Alors faisons ça."

Par politesse, il n'avait pas rajouté "Je ne suis plus à cela près", mais il n'en avait pas eu besoin. Le ton de sa voix et l'expression de son visage étaient particulièrement éloquents.

Un vampire avec un sortilège wiccan sur la tête, ce n'était sans doute pas bien pire qu'un vampire tout court. Il était au-delà de ces considérations... Ce n'était pas comme s'il pouvait encore sauver son âme.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Luisa Selva Moreno
Normes
Luisa Selva Moreno

Identification
Emploi: Gérante d'entreprises
Age apparent: 38 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMer 15 Juil - 16:36

C'était tellement facile, et ça ne manquait pas : la réaction d'Esteban était toujours la même. Le regard pétillant de malice, Luisa répondit à ce "Tia" par un clin d’œil amusé. Hé, elle n'y pouvait rien qu'il était beau, le Niñito !

Voilà quelque chose qu'elle aurait probablement dit à voix haute si la situation avec sa mère n'avait pas été ce qu'elle était. La mexicaine adorait titiller son filleul, mais elle gardait tout de même un certain respect pour ses limites (?). Elle ne frappait jamais intentionnellement là où ça faisait mal. Pas sans raison.

De son côté, Cristobál était en train de réfléchir, l'air de rien, à ce qui était en train de se dire. Pas au fait que son client était ou non un bourreau des cœurs, mais plutôt au mot utilisé par celui-ci. Friand de potins et d'histoires mondaines de son pays d'origine, il trouvait amusant de chercher à savoir à qui il faisait face exactement. Si Luisa était sa tante, cela faisait de lui... quoi, le fils d'Olivia, non ? Il lui semblait que les Selva Moreno n'avaient que deux filles, et Luisa n'était pas mariée, il ne s'agissait donc pas d'un membre de sa belle-famille... Ils se ressemblaient trop physiquement pour cela, de toute manière.

Fils d'Olivia, donc. Avec qui s'était mariée l'aînée, déjà ?

"...Ah !"

Le cri passa inaperçu, car il se produisit au même moment où Esteban Luz-Descalzo (car c'était donc lui !) réprimait à nouveau sa tante, beaucoup plus fort que la première fois. Luisa, néanmoins, remarqua l'air profondément surpris du coiffeur et fronça légèrement les sourcils. Ce qu'elle venait de dire ne méritait pas une telle expression. A quoi pensait-il ?

Cela ne l'intrigua que modérément, car la réaction d'Esteban était bien trop parfaite pour qu'elle ne s'y attarde pas. Au travers du miroir, elle lui jeta un regard faussement ingénu, voulant clairement dire "Ben quoi ?". Elle ne le fit pas à voix haute, cependant, car elle n'avait pas l'intention d'en rajouter. Comme dit, elle avait ses limites.

Cristobál ne s'offusqua pas de la réponse du jeune homme. Maintenant qu'il l'avait replacé, beaucoup de choses prenaient énormément de sens, donnant des raisons à son comportement à défaut de le justifier complètement. Il préféra faire comme si de rien n'était et récupérer l'intérêt des deux enfants (...oui) en se raclant la gorge, avant d'enchaîner sur la présentation du produit dont ils avaient commencé à parler un peu plus tôt.

La tête de son neveu était immanquable. Luisa était vaguement amusée par cette naïveté qu'il parvenait à garder malgré tout. A quel type de produit pensait-il pouvoir avoir à faire, s'il n'y avait pas de décoloration ou de dégâts à long terme ? La technologie norme ne permettait pas ce genre de choses... Parfois, elle demandait dans quel monde il avait réussi à évoluer jusqu'à présent... Puis, elle se rappelait qu'il s'agissait du fils d'Olivia. Il ne l'était jamais tant que lorsqu'il faisait preuve de cet oubli naïf et étrangement touchant -parfois.

Le coiffeur vendit assez bien son produit pour que le jeune vampire accepte, bien qu'avec une mauvaise grâce évidente. L'employé hocha la tête, mit des gants et jeta un œil expert au visage de son client.

"Hum... Des mèches entières seraient peut-être de trop sur les plus grandes longueurs... Des pointes de ci de là, cependant, pourraient être du meilleur effet..."

Il était évident qu'il parlait tout seul, réfléchissant à voix haute. Il ne fallut pas très longtemps pour qu'il se mettre au travail, et quelques minutes plus tard, les cheveux d'Esteban étaient parsemés d'élégantes touches de bleu, mettant -comme promis- son regard en valeur. Le coiffeur de décala, le produite toujours à la main, admirant son oeuvre d'un regard critique avant d'hocher la tête avec satisfaction.

"... Et voilà qui est fait !"

C'est le moment que choisit Luisa pour s'approcher à nouveau avec un sourire satisfait. Esteban pouvait dire ce qu'il voulait, cette coupe lui allait à ravir. Une main sur l'épaule de son filleul, son visage était néanmoins tourné vers le coiffeur.

"C'est excellent. Merci beaucoup Cristobál. Vous faites un superbe travail."

L'homme lui offrit un sourire resplendissant.

"C'est moi qui vous remercie, Señorita Luisa. Au plaisir de vous recevoir dans mon salon l'un de ces jours !" Son regard dévia sur Esteban. "L'un comme l'autre."

Quelque chose lui disait que ce bout d'homme n'était pas prêt de recevoir autant de soutien qu'il en avait réellement besoin.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t4341-luisa-selva-moreno
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
Esteban Luz-Descalzo

Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap14/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (14/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMer 15 Juil - 20:11

Il était heureux que le coiffeur parle pour lui-même et n'attende aucune réaction spécifique de la part d'Esteban, car ce dernier n'aurait pas été capable de lui donner satisfaction. Il le regardait faire avec une inquiétude sensible, bien que limitée par la perspective d'un évanouissement très rapide des couleurs ajoutées à sa chevelure.

Il louchait sur la fiole de produit comme si il avait craint qu'elle lui explose à la figure. C'était la première fois qu'il était si proche d'un objet magique - d'un objet démoniaque, donc. Cela l'impressionnait énormément. Et bien sûr, cela l'angoissait beaucoup.

Était-ce vraiment sans danger ? Sans risque d'effet secondaire, si ce n'est la damnation qui le guettait déjà ?

La torture ne fut que de courte durée, car les gestes de Cristobál étaient sûrs, rapides, et l'effet du produit presque immédiat. La bouche entrouverte, le jeune homme inspectait son reflet. Ce n'était pas quelque chose qu'il aurait porté par choix au quotidien, mais une fois de plus, il lui fallait admettre que Cristobál savait s'y prendre. Il avait l’œil pour mettre en valeur les atours de ses clients, même s'il s'y prenait de façon parfaitement inconvenable.

Esteban n'était pas tout à fait certain que cela soit une bonne idée de mettre l'accent sur la couleur de ses yeux, cependant. Pour sa carnation - désormais plus pâle, mais tout de même - elle n'était pas courante. C'était peut-être ce qui risquait le plus de trahir son identité...

... Il s'inquiétait sans doute trop. Il arrivait à peine à se reconnaître dans le miroir, alors que dire d'une bande d'inconnus ?

"C'est excellent. Merci beaucoup Cristobál. Vous faites un superbe travail."

La voix d'Esteban restait coincée dans sa gorge. Il n'arrivait pas à savoir ce qu'il pensait de ce résultat. Ni ce qu'il acceptait d'en dire. Il était heureux que Luisa parle pour lui.

Le jeune homme tourna un regard plus timide que mauvais sur le coiffeur qui n'était plus très loin du départ, comme son ouvrage était désormais terminé. Son invitation n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd, quand même bien Esteban n'était pas certain d'avoir envie de visiter le salon de coiffure de cet énergum... Bon. Il exagérait, d'accord. Ils vivaient dans deux mondes différents, mais Cristobál s'était montré bienveillant à son égard. A sa place, Esteban ne l'aurait pas été autant.

Pour l'âme éternelle de cet homme, ce n'était probablement pas une bonne idée qu'il se montre si généreux à l'égard d'un vampire comme lui. Cependant, Esteban depuis cette nuit avait compris que ce genre de décisions ne lui revenaient pas. A tenter de sauver les gens de leurs propres travers, il ne faisait que s'épuiser inutilement.

D'autant qu'il lui était impossible de continuer à survivre isolé. C'était soit mourir immédiatement, soit accepter son rôle néfaste au sein du monde.

"... Merci."

Il n'était pas certain que de se déplacer jusqu'à ce salon de coiffure soit très prudent pour lui, mais il pourrait envisager de faire revenir le coiffeur au besoin... Si... par exemple... Il choisissait d'entretenir cette coupe de cheveux.

Parce qu'il lui faudrait souvent descendre au Quartier Sanglant, désormais. Alors autant faire en sorte que son déguisement reste le plus crédible possible.

Ahem.

Il n'y avait aucune autre raison à cette décision, non, absolument pas.

Bref. Cristobál partageait désormais leur secret. Il aurait été absurde de compter sur un autre contact.

Lorsque la porte de l'appartement se referma derrière le coiffeur, Esteban soupira, puis il se redressa. Il balaya quelques mèches retorses qui étaient restaient coincées sur ses épaules puis il ouvrit la porte de la salle de bain sans réfléchir.

Il tomba nez à nez avec Gael, toujours assis dans un canapé. Ils échangèrent un regard tel que Luisa allait probablement mourir de rire si elle était là pour les voir. Esteban faisait à nouveau cette tête qu'on ne pouvait rapprocher que du lapin prit entre les phares de cette fameuse voiture. Voire, à ce stade, d'un camion remorque.

Il avait oublié que tout le monde n'avait pas suivi étape par étape sa brutale évolution capillaire.

"C'est... provisoire. Huit heures. Pour le déguisement. Evidemment. Hm."

Il se sentait obligé de le préciser. Intérieurement rouge de honte, il prit un virage maladroit. Il venait de repérer la valise de vêtements. Il n'avait qu'une seule hâte : retourner se cacher dans la salle de bain. Et ne pas en ressortir trop vite, parce que ça allait être encore pire une fois qu'il se serait habillé.

Le vamp commença à trier consciencieusement les objets pour séparer ses affaires de celles de Luisa... Mon dieu. Avait-elle réellement acheté ça ? Il souleva une petite fiole sombre : du vernis noir. Ça, c'était son idée. Il s'était dit que c'était encore le genre de choses que personne ne l'aurait imaginé porter. Il espérait que Luisa savait comment s'y prendre avec ce genre de produits, car ce n'était pas lui qui allait être capable de l'appliquer correctement...
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Luisa Selva Moreno
Normes
Luisa Selva Moreno

Identification
Emploi: Gérante d'entreprises
Age apparent: 38 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMer 15 Juil - 21:14

Cristobál répondit aux remerciements du jeune homme part un clin d’œil complice. Il n'avait pas besoin d'en rajouter. Tranquillement, il ôta ses gants qu'il lava rapidement dans la vasque avant de les ranger dans la valise avec le reste de ses affaires de coiffure. Ils n'avaient pas eu besoin de tout cela, mais mieux valait être préparé.

Après des salutations d'usage, Luisa escorta le coiffeur jusqu'à la porte, le remerciant à nouveau et l'enjoignant à ne rien partager de ce qu'il avait fait ici ce soir, y compris à sa cousine. Ayant réalisé l'identité d'Esteban et tout ce que cela pouvait entraîner, l'homme comprenait un peu mieux les tenants et les aboutissants d'une telle demande, ce pourquoi il se contenta d'hocher la tête sans discuter.

Alors qu'il passait la porte qui se fermait tranquillement derrière lui, Cristobál laissa échapper un soupir. Une telle oeuvre d'art, et il lui était impossible d'en récupérer le crédit... Quel dommage. Il finit par hausser les épaules. Il espérait bien que cet état de faits ne serait que temporaire. Et si Esteban était réellement heureux de sa coupe, il reviendrait le voir. C'était l'essentiel.

Tandis qu'elle tournait le dos à la porte qu'elle venait de refermer pour rejoindre les autres, Luisa tomba sur une scène qui lui arracha un éclat de rire : Gael et Esteban étaient face à face, arborant à peu de choses près la même expression surprise (...bon, elle mentait un peu, celle de Gael était tout de même moins visible). Karl, lui, dormait toujours comme un loir. Une bonne chose, probablement, car il n'aurait peut-être par pu garder sa pokerface à l'entente de l'excuse de son meilleur ami. Gael secoua légèrement la tête avec une minuscule ébauche de sourire.

"...Ça te va bien. La coupe, surtout."

Il n'était pas très fan des couleurs dans les cheveux de manière générale, même s'il n'avait rien contre non plus. C'était ce genre de choses qu'il comprenait facilement chez les autres mais qu'il n'aurait jamais idée d'arborer lui-même. Ce n'était plus de son âge, de toute façon.

Heureusement, il n'avait pas fait ces explications à voix haute, car Luisa n'aurait pas perdu une seconde pour le chambrer et insister sur le point auquel il avait l'air vieux-jeu en disant une chose pareille. Cette conversation n'ayant pas réellement eu lieu, la mexicaine ne fit que suivre son neveu en direction des objets de leur commande. Elle récupéra rapidement ce qu'Esteban avait commencé à lui mettre de côté, avant de jeter un œil sur ce qu'il avait dans les mains et d'hausser un sourcil.

"...Ah oui, tu as poussé le vice à ce que je vois... Je peux te le mettre, mais tu devras attendre que nous ayons fini le reste."

Hors de question d'appliquer du vernis alors qu'ils risquaient de faire le moindre mouvement qui pourrait le coller n'importe où ensuite. La première étape était donc de s'habiller entièrement, puis les bijoux, maquillage et autres accessoires, et ensuite pourrait-elle mettre en pratique les restes de ses soirées entre filles à Haïti.

...Non parce qu'évidemment, lorsqu'elle avait besoin de ce genre de choses, elle allait généralement chez des professionnels. Sauf cas de force majeure. Comme ce soir.

Pour le moment, donc, il fallait s'habiller. Les collants qu'il lui manquait à la main, Luisa partit se réfugier dans sa chambre pour se changer. Cela ne lui prit pas très longtemps, et elle s'observa quelques instants dans le miroir en pied de son dressing avant de se diriger dans sa salle de bains privée et fouiller dans une trousse sur l'évier avant de claquer la langue en signe de mécontentement : évidemment, elle avait laissé ce qu'elle cherchait dans l'autre.

"Tebi ? Tu es dans la salle de bains ?"

En attendant sa réponse, elle était déjà en train de mettre le tour de cou qu'elle avait également acheté et récupéré plus tôt, tout en faisant une moue pensive : devait-elle attacher ses cheveux, pour une fois ?
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t4341-luisa-selva-moreno
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
Esteban Luz-Descalzo

Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap14/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (14/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeMer 15 Juil - 23:53

"La coupe. Oui."

L'expression consternée d'Esteban augmenta encore d'un cran en intensité malgré ses tentatives désespérées pour garder l'air neutre. L'empressement avec lequel il avait voulu faire comprendre à Gael qu'il n'appréciait pas plus ces couleurs que lui venait de lui faire accidentellement admettre qu'il aimait en revanche le résultat des coups de ciseaux en eux-même. Il fallait dire que si la coupe était osée, cette histoire de mèches bleues se plaçait à un tout autre niveau.

"Enfin. Je veux dire. Ça a bien rattrapé la catastrophe. Ça fera l'affaire. Hm. Merci."

Pressé de mettre fin à cette discussion affreusement gênante, Esteban se concentra plutôt sur le contenu de la valise de vêtements et d'accessoires. Il fut rapidement rejoint par Luisa qui reconnut tout de suite la nature de la fiole qu'il tenait entre ses doigts. Il se tourna brièvement dans la direction de sa tante. Elle paraissait surprise par son choix.

"Plus il y aura de détails improbables, moins on risque de me reconnaître je suppose... Car si on me reconnaît malgré tout... je ne veux pas imaginer les articles que ça pourrait donner. Quelle horreur."

Il frissonna et grimaça simultanément. Que n'auraient pas été capables d'inventer les journalistes pour justifier son "changement de style brutal"... De quoi le décrédibiliser complètement alors que le procès battait son plein, et que sa transformation en vampire formait déjà un problème de taille. Il avait perdu des alliés, et son témoignage n'avait plus le même poids.

Il allait sans dire qu'il faudrait se charger du vernis en dernier. Il n'en avait jamais mis, mais il avait déjà vu faire des manucures. Il attendrait de ne plus avoir autant besoin de ses doigts.

Luisa prit ses affaires et partit dans sa chambre. Esteban fit de même, mais dans la salle de bain. Il commença par enfiler le pantalon qui par chance n'était ni trop long, ni trop court. Il craignait qu'il soit difficile de l'enfoncer dans les bottes, si bien s'y essaya sans attendre. Il ne rencontra aucun problème majeur. Le tissu dépassait élégamment, sans lui faire mal à chaque mouvement. Prochaine étape : la résille. Il frissonna en enfilant le maillot.

... C'est évidemment à ce moment précis que Luisa choisit de taper à la porte. Il sursauta, et se figea. Un coup d’œil gêné à son reflet. Il ne pouvait pas ouvrir à Luisa dans une tenue pareille. Le tissu parvenait à rendre son torse nu obscène. Il n'aurait autrement pas éprouvé trop de gêne à ouvrir à Luisa à moitié habillé, mais là...

"Attend juste deux minutes..."

Esteban passa à toute vitesse la chemise sans manche et ses multiples fermetures éclairs inutiles. Elle était pile à sa taille. La tenue mettait globalement en valeur sa silhouette svelte. C'était d'autant plus vrai que les bottes le grandissaient grâce à leurs discrets talons compensés. Fichtre... Il avait un bon profil, et ce n'était pas juste son visage. Cela avait-il toujours été le cas ou bien était-ce encore le résultat du vampirisme ?

Il n'avait qu'à moitié fermé sa chemise mais faire attendre Luisa plus longtemps l'angoissait. Gêné de se montrer dans ces vêtements licencieux, il entrouvrit la porte. Et il continua de fermer ses boutons.

"Tu as besoin de rentrer... ?"

Faites qu'elle ne fasse aucune remarque. Faites qu'elle ne fasse aucune remarque.

... Elle allait nécessairement faire une remarque.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Luisa Selva Moreno
Normes
Luisa Selva Moreno

Identification
Emploi: Gérante d'entreprises
Age apparent: 38 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeJeu 16 Juil - 15:16

Bien que toujours sous le coup de la surprise, Gael ne put s'empêcher de redresser très légèrement la courbure de ses lèvres face à l'attitude d'Esteban. Plus il cherchait à se justifier, plus il s'enfonçait. C'était une caractéristique qu'il avait toujours eue, et qui lui venait certainement de sa mère, qui assumait sa mauvaise foi avec un culot que peu auraient.

Avec le temps, Esteban allait sûrement finir par la dépasser dans ce domaine.

Heureusement pour tout le monde, le jeune homme se pencha vers les vêtements et autres accessoires qu'il avait commandé, coupant court à la discussion. Luisa ne tarda pas à le rejoindre, s'étonnant de son choix de vernis à ongles : pas la couleur (elle était évidemment parfaitement adaptée, au contraire), mais l'usage pur et simple de ce type de produits. L'explication de son neveu l'amena à esquisser une grimace qui se voulait approbatrice. Et un peu moqueuse.

"Vrai qu'après Vegas, mieux vaut éviter les récits de soirée..."

De nombreux articles people avaient été publiés depuis celui-là (notamment tous ceux relatant sa transformation, sa disparition et toutes les incidences sur le procès), mais celui qu'on continuait d'appeler "la débâcle de Vegas" aux réunions de famille était définitivement le plus fameux. Aux yeux de Luisa, toujours.

Vint le temps de continuer de se préparer pour la fameuse soirée. Luisa fila dans sa chambre avec ce qu'il lui manquait et il ne fallut pas longtemps pour qu'elle enfile collants, jupe et bottes à talons aiguille. Elle n'était pas aussi à l'aise qu'elle voulait bien le faire croire avec de telles échasses (elle se complaisait dans sa petite taille -tant que ce n'était pas à sa sœur qu'elle faisait face- : il n'y avait rien de plus divertissant que de voir un chef d'entreprise misogyne se confondre en excuses face à une patronne faisant une tête de moins que lui) mais n'en montra rien. Au moins, ces quelques pas à l'intérieur allaient la réhabituer un peu.

Elle se rendit rapidement compte que le maquillage dont elle avait besoin se trouvait dans l'autre salle de bains, où se trouvait Esteban. Elle frappa donc poliment à la porte et attendit l'autorisation de son filleul, tout en attachant le tour de cou en dentelle dont elle venait de faire l'acquisition. Lorsque la porte s'entrouvrit, elle répondit à la question sans vraiment tourner la tête vers son neveu, déjà prise dans d'autres considérations.

"Oui, je crois que j'ai laissé la trousse à maquillage qu'il me fallait dans cette salle de bains au lieu de l'autre... Ah ha !"

Elle s'empara de l'objet avec un petit cri de victoire (Karl était toujours profondément endormi, et mieux valait que cela reste le cas jusqu'à leur départ) avant de tourner la tête vers Esteban, qui finissait d'attacher sa veste.

"..."

Sa tante l'observa sans un mot, de haut en bas, de bas en haut, avant de finalement passer un bras autour de ses épaules et le traîner face au miroir.

"Regarde-nous ! Deux étrangers, peut-être, mais deux étrangers sacrément beaux, laisse-moi te le dire !"

Elle savait que le jeune homme n'appréciait que rarement la dérision dont elle pouvait faire preuve, mais cela ne l'avait jamais arrêté jusque là et cela n'allait certainement pas commencer ce soir. Regardant à nouveau son reflet, elle ôta tranquillement sa main des épaules de son filleul avant de continuer.

"A ton avis, est-ce que je tente d'attacher mes cheveux ? Hum ? Pourquoi pas une tresse, pour changer un peu ?"

Inutile de préciser que, même si elle était réellement intéressée par la réponse d'Esteban et qu'elle ne faisait pas que le charrier, elle s'amusait comme une petite folle. Il fallait bien que ce soit le cas pour l'un des deux.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t4341-luisa-selva-moreno
Esteban Luz-Descalzo
Vamps
Esteban Luz-Descalzo

Identification
Emploi: Etudiant
Age apparent: 18 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap14/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (14/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeJeu 16 Juil - 18:12

"Tu ne me feras pas regretter ce voyage."

C'était sorti très spontanément, sans presque qu'il ait à y réfléchir, le tout sur un ton très sérieux. Cela dit ce n'était pas tant Luisa qui lui faisait des reproches au sujet de Vegas, généralement... Sa mère, elle, l'avait vertement sermonné. Plusieurs fois. C'était l'un des rares points de désaccord qu'ils avaient gardés. Certes, il y avait eu quelques articles embarrassants dans la presse. A son goût, cette aventure, cette rencontre... Cela en avait plus que valu le coup.

Il s'était laissé emporter par l'exubérance ensorcelante d'Erin et pour la dernière fois de son existence humaine, il avait réellement vécu. Il s'était senti libre. Heureux. Indestructible. Pour quelques heures, quelques jours, il avait oublié la fatalité qui lui courait après.

"C'était cet instant ou jamais. Et puis ça n'a rien à voir."

De jeunes gens de bonne famille qui s'amusaient en dépensant leur argent, peut-être un peu ivres, peut-être un peu trop versés dans les koalas et les flamants roses...Ce n'était certes pas tout à fait convenable au sens premier du terme, mais cela restait acceptablement peu convenable. Même Olivia avait fait ce genre de choses dans sa jeunesse (probablement influencée par sa sœur, mais peu importe). Alors c'était dire.

Le temps était désormais à la préparation d'une sortie autrement plus scandaleuse. Esteban n'eut pas le temps de finir de s'habiller que Luisa tapait déjà à la porte. Il se pressa de se rendre acceptablement décent puis il la laissa passer, n'écoutant que d'une oreille les raisons de son intrusion. Il se pencha pour récupérer ses accessoires, et commença à garnir ses poignets de bracelets.

... Le silence était un peu trop pesant. Il se sentait observé. Embarrassé, il se tourna vers Luisa, laquelle était en train de le fixer trop avec bien trop d'insistance à son goût.

"... Quoi ?"

Le ton de sa voix n'était pas très assuré et son regard, très fuyant. Il suffisait de le regarder pour comprendre que l'intérêt de sa tante pour sa mise le gênait atrocement. De relative mauvaise grâce, il se laissa traîner devant le miroir. Il ne répondit rien, ou du moins pas sans une latence dont la longueur était clairement suspecte. Esteban fixait son reflet et celui de Luisa, et il n'arrivait pas à être en désaccord.

Oui, on ne les reconnaissait pas. C'était le but. Mais non, on ne pouvait pas dire qu'ils étaient si mal fagotés que ça... C'était d'un goût douteux, assurément. Mais c'était assez... De façon très tordue, et parfaitement hors de tout ce qui leur était permis... C'était assez... très... réussi. Et probablement affriolant (... obscène, avait-on dit). Cela lui paraissait bien moins ridicule que la première fois qu'il avait porté une tenue de ce  genre.

Mais c'était peut-être l'effet du vampirisme.

Ou de sa nouvelle coupe de cheveux.

Ou bien juste Luisa qui a côté de lui portait cela avec un naturel qui manquait à Esteban. Quoique... Au contraire, la créature qu'il était devenue paraissait être entièrement dans son élément. L'expression légèrement assombrie, il entrouvrit la bouche et dévoila un croc, sur lequel il appuya le gras d'un index, comme pour vérifier une fois supplémentaire que ces choses étaient bien dans sa bouche.

"... Pas de doute, je ressemble vraiment à un vampire, maintenant..."

Le jeune homme soupira et ajouta :

"Au lieu de raconter des bêtises, veux-tu bien m'aider à accrocher cette chaîne ?"

Maladroit comme il l'était, Esteban avait toujours eu un peu de mal avec les systèmes d'ouverture/fermeture des bijoux que l'on mettait autour du cou. Il avait oublié que sa nouvelle condition l'avait probablement rendu moins empoté.

Malgré son humeur sombre, Esteban n'était pas intentionnellement désagréable à l'égard de sa tante. C'était simplement qu'il n'aimait pas ce qu'ils étaient en train de faire, ni ce qu'ils s’apprêtaient à faire. Une partie de lui continuait d'y trouver un plaisir inavouable, et cela lui faisait terriblement honte. Et il ne voulait vraiment pas que cela se remarque.

"Jane m'a déjà demandé de lui faire des tresses mais je crois qu'elle n'a jamais trop aimé le résultat..."

Il n'était pourtant pas si mauvais pour se coiffer lui-même, sauf qu'évidemment, il ne lui serait jamais venu à l'idée de se tresser les cheveux. C'était aux risques et périls de Luisa. Les sourcils froncés, une main sur le menton tandis qu'il réfléchissait, il fixait sa tante et tentait d'imaginer le résultat.

"Ça ne risque pas de faire un peu trop... sage, pour ce quartier ?"

Il l'aurait plus facilement imaginée prendre une bombe de laque et appliquer un effet décoiffé digne d'une revue de mode. Les tresses lui évoquaient tout sauf le genre d'endroits où ils allaient se rendre. Les meilleures écoles de Louisiane et d'Arkansas, certains galas... oui. Le lieu de chasse de prédilection des morts-vivants de la Nouvelle-Orléans ? Beaucoup moins.

Mais après tout, il ne s'y était jamais vraiment rendu...
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t3587-esteban-luz-descalzo
Luisa Selva Moreno
Normes
Luisa Selva Moreno

Identification
Emploi: Gérante d'entreprises
Age apparent: 38 (ou moins)
Dangerosité:
Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vote_lcap17/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 160125120054759347  (17/30)

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitimeJeu 16 Juil - 20:28

"Oh, loin de moi cette idée !"

Les mains levées, paumes ouvertes, en signe d'innocence, Luisa répond tout aussi automatiquement que son neveu, sourire amusé largement en place. Honnêtement, elle avait été la première à justifier le soi-disant écart de son neveu, arguant qu'il était jeune et qu'il avait bien le droit de s'amuser un peu de temps en temps. En y repensant, elle l'avait peut-être desservi auprès de Juan, qui s'était contenté d'un reniflement dénigrant...

"Tu prêches une convertie, Tebi !"

Bon, elle poussait peut-être un peu le bouchon, là... Il était à parier que son filleul n'allait pas le moins du monde apprécier le parallèle, s'il le notait. C'était quitte ou double. Continuant comme si de rien n'était, Luisa farfouilla dans sa trousse avant de se tourner vers Esteban, l'observant dans ses nouveaux vêtements. A sa remarque, elle lui sourit et le traîna devant le miroir.

L'observant du coin de l’œil, Luisa ne pouvait que noter qu'il n'était pas en parfait désaccord avec elle. Eusse été le cas, il se serait récrié de suite. Là, il observait -certes de mauvaise grâce- leurs reflets, ainsi qu'elle l'avait suggéré. La mexicaine était à deux doigts de se dire qu'elle avait gagné une manche... jusqu'à ce que son neveu sorte les crocs et fasse une remarque qui lui retira brièvement son sourire. Décidément, elle avait beau espérer, il était clair que le chemin allait être très long.

Sans répondre à la réplique, elle hocha la tête et posa sa trousse avant de lui prendre le collier des mains pour en ouvrir le fermoir.

"Tourne-toi... eeeeeeet voilà !"

Elle tapota ses épaules, et jeta un nouveau regard dans le miroir, s'intéressant cette fois-ci à sa propre coupe. La réponse de son neveu la fit sourire, et il y avait quelque chose de tendre alors qu'elle l'écoutait.

"Ah oui, Jane... Je crois que je me souviens d'elle..."

Elle ne l'avait jamais croisée longtemps. Après tout, elle était rarement de ce côté du Rio Grande, et elle n'était pas certaine de l'avoir vue à Veracruz... A moins qu'elle se trompe, peut-être ?

...Non. Ce n'était pas comme si Esteban avait eu une tonne de petites-amies.

Elle secoua la tête, un éclat espiègle dans le regard.

"Ça dépend... Tu vois, si on la fait sur le côté, comme ça," elle lui montra en même temps, passant tous ses cheveux d'un côté et les serrant dans sa main, imitant plus ou moins l'effet de la tresse "cela laisse un certain accès au cou. C'est une potentielle invitation."

Et clairement, au vu de là où ils se rendaient, c'était probablement plus répandu qu'Esteban ne le pensait. Sans compter le fait qu'elle n'attachait jamais ses cheveux, hors des minces fois où elle trouvait le courage de faire un jogging. C'était sa manière à elle de jouer le jeu et d'être imprévisible, bien qu'il y ait très peu de chance pour qu'on la reconnaisse dans tous les cas.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.thevoodoochild.com/t4341-luisa-selva-moreno
Contenu sponsorisé


Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 7 Icon_minitime

Revenir en haut Aller en bas
 

Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 7 sur 8Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Voodoo Child :: ¤ SCENE I : Le quartier des affaires ¤ :: ║Le Centre-ville║ :: L'Offensive :: Penthouse d'Esteban Luz-Descalzo-