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 Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons.

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Winruna
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MessageSujet: Re: Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons.   Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons. - Page 2 Icon_minitimeSam 22 Oct - 11:39

Mélange de bonheur et de contrariété, un fort éclat de rire quitta sa gorge gonflée. Qu'elle apprenait vite, la Cadette ! Il l'avait toujours su, elle leur avait toujours prouvé. Mais la structure de ses mots ravissants n'en changeait pas la teneur angoissante. Des convenances, Winruna ne s'était jamais guère soucié. Mais des fréquentations dangereuses, Andele savait s'en faire plus que de raison. C'était d'ailleurs ainsi qu'il l'avait rencontrée.

"Qu'est-ce qu'une convenance ? Un humain tout fripé ?
L'esprit tordu, coincé, un peu trop étriqué ?
Prend garde, malgré tout, je les sens périlleux..."

Quelques cabrioles plus tard, afin d'échapper aux papillons malins qui couraient dans ses frusques, il termina sa phrase et repartit jouer :

"... Ces rendez-vous naïfs, affûtés comme des pieux."

Il s'arrêta brutalement sous l'effet d'une réalisation. D'abord il eut en tête qu'il était bien étrange d'user d'alexandrins dans la langue lorialet. Rythmée naturellement, elle rendait l'exercice plutôt compliqué. Même pour eux ! Mais enfin... C'était loin d'être ça qui venait de frapper aux portes de son esprit, confus par nature et pourtant très précis.

"Oh ! Mais c'est que tu ne sais pas !"

Quoi donc ? Il le dirait, mais plus tard dirait-on car voilà qu'il était encore en train d'aller, de venir, de tourner, et puis de sautiller. Un grand bond, un écart, un pas de danse distrait. Des papillons féroces, puis de peur dispersés. Puis enfin, épinglés, et rendus comme une cape. Leurs longues discussions auraient lieu, sans nul doute. Bien avant qu'elle sorte et puisse faire des âneries, ils lui auraient tout dit, afin d'en diminuer la probabilité. Le temps n'était plus aux conseils, ni aux mises en garde. Des retrouvailles humides approchaient. Il les sentait si proche que leur réalité pesait sur ses épaules comme une chape indiscrète. L'épiait-on dans l'ombre ? Non. Point de Mareti. Point de Monomen. Point de Sagrara et point de tous les autres. Là n'était pas une raison pour oublier de se préparer.

L'énorme capillon fondit sur l’Éveillée, qui prostrée accroupie, entourée par ses bras, ressemblait maintenant à un gros cocon bleu. La prochaine fois qu'il éclorait, la lune vibrerait des émotions brûlantes de ses autres frères et de ses autres sœurs de cœur face à la sublime vérité. Leur petite fleur grise était de retour, fragile, mais plus pure et lumineuse que jamais.

Le silence s'était abattu sur Nelurin. Agréable pour l'un, peut-être pas pour l'autre. Elle devait voir très bleu dans ce masque membraneux, mais il doutait que cela suffise vraiment. Il dressa son chapeau sur sa tête échevelée afin d'effacer les dernières traces de sa course euphorique. Sa mise affolée gâcherait l'effet de surprise. Il ne devait pas paraître trop joyeux. Un sourire mystérieux aux lèvres, il se mit à chanter pour accompagner Andele malgré la distance que pour accomplir leur mutin méfait, ils devaient garder. C'était une ballade ancienne, que les feux follets entonnaient de manière récurrente lorsqu'ils se retrouvaient, tous ensemble, suite à une longue séparation. Un chant plein d'émotion, de joie, parfaitement adapté à la situation. Les yeux perdus dans le firmament éternellement sombre du Carillon, il avança à pas lent, caché dans sa grande cape, et atteignit la vitre. Une silhouette arrivait dans leur direction. Il ne fut pas surpris de reconnaître la petite stature d'un de ses plus anciens amis.

Luonsäa se détourna sans se départir de son sourire abscons. Il avança à pas lents, la voix toujours chantante, trouva le milieu de la pièce et jeta une pincée de poudre invisible à ses pieds. Le fantôme d'un feu de bois fit une apparition brutalement évanescente. Sa flamme transparente lécha l'immensité sans rien brûler puis bientôt se calma, familière, crépitante. Combien de fois s'étaient-il réunis autour de ce point de chaleur et de convivialité précis ?

Il entendit Nelurin s'ouvrir au passage d'un Monomen dont il était capable de palper l'anxiété. Combien de temps Andele saurait-elle tenir ? Probablement très peu car de tous ceux qui auraient pu être cibles de sa plaisanterie, leur brownie préféré était celui qui la vivrait le moins bien. L’Éveillée, jamais, ne voudrait l'attrister. Ni Winruna, d'ailleurs, qui pour cette raison évitait de parler dans un sens ou dans l'autre. Ou presque, car tout de même, il fallait plaisanter :

"Que vois-je, mais que vois-je ? Gâteau prématuré.
Le fond trop cuit, le cœur trop mou, le front plissé,
Oreilles tintinabullées... Tu chantes tant.
Peur et rythmes, tu trembles, tes poils deviendront blanc !
Qu'avons-nous fait de toi ? Lunatique effaré."

Winruna se tourna vers Monomen, un sourire attendri aux lèvres. Le brownie agissait parfois comme un lorialet, l'esprit déformé par leur folie latente et partagée. Il sentait cette énergie agitée dans sa présence et la lisait dans ses yeux affolés. Sans peur, sans se presser, l'antique Prophète alla au pied du lit récupérer une Sëbaka qui s'y trouvait. Il alla calmement s’asseoir près du feu et se mit à en jouer. Sa voix s'éleva dans le même temps, pour reprendre cette fameuse chanson. Celle des retrouvailles, de la vie. L'heure n'était pas au deuil, mais aux réjouissances.
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MessageSujet: Re: Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons.   Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons. - Page 2 Icon_minitimeDim 8 Jan - 17:35

Mélanger sons, langues, règles et métriques était un jeu dont les lorialets n'étaient pas peu friands. Ceux d'Ida, particulièrement, chanteurs parmi les chanteurs, et plus encore les voyageurs. Car qui pourrait mêler s'il n'avait point vu ? Car Voir ne servait pas, dans ce genre de jeu. Andele s'amusait particulièrement avec les mots, d'où sa frustration à l'idée de devoir apprendre encore une nouvelle forme d'anglais. Non pas que l'apprentissage lui soit pénible, mais cela retarderait le temps des jeux, ce qui était fort embêtant ! Heureusement, en attendant, elle pouvait toujours jouer avec ce qu'elle connaissait et les nouvelles formes que son A'kiilainen lui enseignait implicitement. Le découpage était étrange, dans la langue de leur tribu, mais il était amusant. En témoignait l'éclat de rire chantant qui passa les lèvres du lorialet maintes fois millénaire, au plus grand plaisir de sa cadette. Combien de temps était-elle restée dans les limbes grises, à espérer entendre ce son de nouveau ? C'était une assurance de plus d'être de retour, et elle comptait bien les cumuler !

La réponse de Winruna lui fit hausser les épaules, grand sourire aux lèvres. Les convenances n'avaient jamais été beaucoup plus qu'un mot aux consonances agréables les concernant, et Andele ne s'en souciait pas plus que cela. Elle ne les connaissait déjà pas à l'époque, et aujourd'hui, elle n'avait bien l'intention de n'apprendre que les règles que sa famille pensaient utiles, qui à coup sûr ne plairaient pas à tout le monde ! Il n'en avait jamais été ainsi.

L'Antique parvint néanmoins à capter un peu plus son intérêt par une annonce à laquelle elle savait qu'il ne répondrait pas. Sa voix répondit, absente tout en étant là, quelque peu éloignée par la proximité des papillons et du jeu.


"Je sais que je ne sais pas ! Mais je ne sais pas quoi !"

La chasse aux papillons les fit tournoyer dans tout le globe transparent, sautant au-dessus des meubles et des objets. On fit néanmoins attention aux plantes, alors que les animaux de fumée disparaissaient comme des bulles de savon lorsqu'on les touchait. L'épée en pinça un, avant qu'un lorialet malin ne souffle dessus et qu'il grossisse jusqu'à servir de cachette à la cadette qui s'était cachée dans un coin. La fête approchait, et c'était rassurant, Andele sentait l'excitation des retrouvailles à venir aussi sûrement que si elle s'y trouvait déjà ! C'était partiellement ce qui l'empêchait de se dire qu'il faisait bien bleu sous ce gropillon, et que même si ce n'était pas gris, c'était tout de même bien triste ! Ça, et la voix de son A'kiilainen qui chantonnait un air qu'elle connaissait bien. Aurait-elle pu qu'elle aurait chanté avec lui, mais ce serait gâcher la surprise ! Et alors, le début de l'acte deux serait tout raté ! Il ne resterait plus qu'à célébrer, ce qui serait déjà bien, mais pas autant qu'elle le voudrait.

Andele fit donc de son mieux pour ne rien dire, mais un œil avisait noterait le léger tremblement du gropillon, qui riait silencieusement. Est-ce qu'articuler silencieusement les paroles lui ferait avaler de la fumée ? Elle ne pouvait tout de même pas manger sa cachette, cela ne serait pas convenable et gâcherait la fête !

Peu importe, elle n'en eut pas le temps, car rapidement la porte de la lune s'ouvrit, et une silhouette les rejoignit. Sa coiffure et ses vêtements n'étaient pas ceux dont elle avait le souvenir, mais cela n'empêcha pas Andele de reconnaître son plus grand compagnon de jeu parmi ses frères. La joie qu'elle ressentait de le voir là outrepassa rapidement l'anxiété qu'il ressentait et qu'elle pouvait percevoir, et heureusement d'ailleurs, car il n'aurait pas été très à propos de se mettre à hurler de peur... mais pourquoi cela, déjà ?

Le gropillon frissonna à nouveau alors que Winruna parlait, rire toujours silencieux mais qui ne tarderait pas à se matérialiser. L'idée d'imaginer leur frère avec des poils blancs était très divertissante, ainsi il leur ressemblerait encore plus ! Peut-être était-ce possible, maintenant ? Il faudrait essayer ! Elle était certaine que Monomen ne lui dirait pas non. Après tout, il ne l'avait jamais fait, à aucune des jeux qu'elle avait proposé, alors pourquoi maintenant ?

Elle faillit lancer le pari, mais le brownie tournait sur lui-même en semblant chercher quelque chose. Andele fronça les sourcils et jaillit de sa cachette, comme un chat venant de trouver sa proie. Elle atterrit directement sur le dos du Feu Follet nouvellement arrivé, auquel elle s'agrippa de toute sa maigre force retrouvée.


"Je ne suis pas une cloche !"

La voix, boudeuse, s'était exprimée dans la langue de leur première rencontre, et était contredite par la façon dont elle s'accrochait à lui malgré leur différence de taille, l'enserrant de ses bras au niveau de cou et de ses jambes autour de sa taille.

"Monomen !"

Andele avait toujours eu une manière particulière de prononcer son nom. Elle s'en amusait d'autant plus que le brownie n'avait jamais été capable de l'imiter. Cette fois, cependant, ce n'était pas la douce moquerie qui animait la lorialet, mais bel et bien le ravissement de pouvoir à nouveau tenir ce genre de discours et agir avec une telle attitude. Elle plongea sa tête grise dans le creux de son cou, chantonnant en chœur le rythme que son A'kiilainen avait repris. Le temps était aux retrouvailles, et elles étaient fantastiques. Andele n'avait plus qu'une hâte, c'était que les autres les rejoignent, et qu'elle puisse enfin profiter de leur présence sans le monde gris autour d'elle. Les explications attendraient.

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MessageSujet: Re: Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons.   Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons. - Page 2 Icon_minitimeLun 9 Jan - 12:37

La course musicale effreinée se trouva terminée lorsqu'il passa enfin dans l'astre lumineux, empli de plantes et d'une lueur chaude et rassurante. Elle l'aurait été d'autant plus s'il avait pu apercevoir la silhouette tant attendue. Qu'elle ait été allongée ou debout, il n'aurait attendu pour un sous... Pourtant voilà qu'elle était absente, le lit vide comme un berceau que l'on attend de trouver plein. Panique et angoisse le prirent, sans vergogne ni répit il ne put que se tourner vers son mentor, qui demeurait droit en le contemplant. Au centre de la salle une flamme intact et luisante, telle qu'il la reconnaissait dans ses souvenirs, le feu des retrouvailles et des chants, des danses folles et des musiques d’antan. S'il avait lui même compris les rhymes dans son esprit, il n'aurait que songé que cela lui était naturel, et aurait sourit.

Maintenant Winruna éleva la voix, et quelque part Monomen comprit que ces amicales plaisanteries n'auraient pu avoir lieu si l'événement tant craint était arrivé. Il se détendit, non sans regarder autour de lui, à la recherche de la silhouette familière, qui mettrait fin à son inquiétude. Aux mots de son père de coeur il se vit les poils blancs sous sa forme originelle... Amusante diversion, qu'il voyait pourtant naturelle. Lui-même aux poils blanc ressemblerait à ses compagnons, et cela n'aurait rien d'inquiétant. Le sourire attendrit de Winruna le rassura, mais l'absence se faisait sentir. Il devait la voir, il devait l'enlacer. Il tournait, à la recherche de la lorialet tant attendue, superbe lunatique sur laquelle il avait veillé. Il songeait à leurs jeux et joyeuses plaisanteries, leurs recherches du parfait humain de compagnie. Il voulait la voir, mais pourquoi lui était-elle invisible?

Trève de plaisanteries!
Aurait-il voulu dire, mais aussitôt il sentit les bras autour de son cou, la voix mélodieuse comme une vague et son remous. Toute peur et angoisse disparut, un rire lui échappa, tant inattendu. Sa voix boudeuse comme elle savait si bien l'être, il rit et tint ses mains dans les siennes, heureux, paisible... Enfin il avait retrouvé l'Endormie, maintenant Eveillée. Avec ses jambes autour de sa taille, Monomen rit et tournoya doucement, voyant dans sa danse Winruna qui avait commencé à jouer. Son esprit était diffus et pourtant bien présent, il se sentait renaître ici et maintenant.

Il prit ses doigts et les étira pour qu'ils soient ensemble comme les branches étendues d'un arbre, et tournoya doucement, tenant Andele pour qu'elle ne tombe pas, ses jambes bien accrochées.

"Regarde! On est un papillon!"


Il se mit à sautiller gentiment autour de la salle, la tenant toujours, ne sachant pas comment exprimer la joie qui le tenaillait. Elle lui semblait encore contenue, cette joie, mais comment faire pour la libérer sans faire de mal à l'Eveillée? Il aurait pu hurler, pleurer, mais jamais ne voulait-il la blesser. Il approcha alors de Winruna, et posa leurs quatre bras autour de son cou pour qu'il soit le perchoir du papillon. La voix de Monomen, moins mélodieuse que celles des lunatiques, s'éleva néanmoins pour suivre celle de Winruna, son coeur battant dans ses tympans dans une joie immense.

Ils étaient là, ils étaient réunis, et enfin l'Endormie s'était éveillée, pour chanter à nouveau parmi les Feux Follets.
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"For we may or might never all meet here again."

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MessageSujet: Re: Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons.   Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons. - Page 2 Icon_minitimeJeu 16 Mar - 15:37

Pour un temps, Winruna avait cessé d'être acteur de cette scène. Il avait retrouvé un rôle qui lui était tout aussi naturel. Celui de l'observateur éternel, dont l'intérêt vif, flamboyant, l'avait mené si loin de sa contrée natale à une époque où aucun faë n'entreprenait jamais de tels voyages. Ici, c'était les siens, qu'il observait. Ses compagnons de route. Ces extensions de sa propre identité, car les connaître depuis tous ces siècles, depuis tous ces millénaires pour certains, comme Monomen qui faisait partie de ses plus anciens amis, les avaient rendus plus proches qu'aucun mortel ne pourrait jamais en faire l'expérience.

C'était un regard d'amour et de bienveillance, que l'Ancien portait sur ses enfants, ses frères, ses partenaires, ses miroirs, ses confidents, seuls témoins d'époques désormais oubliées, seuls autres cœurs que lui à contenir leur souvenir. Lentement il partit s'installer alors que Monomen tournait dans tous les sens son regard impatient. Celle qu'il cherchait ne le fit pas attendre bien longtemps. Le rusé brownie avait de toute façon bien compris de quoi il devait être question, rien qu'à la façon dont Winruna l'avait accueilli, ainsi qu'à la vue du lit vide. La surprise était peut-être un peu gâchée, mais le vieux lorialet n'avait aucun regret. Faire croire le pire à leur ami eut été bien cruel. Et on pouvait compter sur son I'kiilainen pour tirer le meilleur de cette situation, même différente de ce qu'elle avait d'abord eu en tête.

Avec un fin sourire, sans vraiment regarder, il assista dans le coin de sa vision à la course, puis au bond que le gros papillon initia sans prévenir. L’Éveillée dévoilée fut bien vite hissée sur les épaules de leur percussionniste préféré, dont la joie contenue éclata tout de même, au moins dans le cœur et dans les perceptions transcendantes des lunaires. Andele n'était-elle pas une cloche, vraiment, ou bien partie d'une d'elles ? Car si son porteur était un dôme d'airain, elle en était clairement le battant. Lorsqu'elle l'avait heurté, forte et vive, cette énergie bruyante avait été transmise. Monomen brillait, riait, tournait. Le son de sa voix était l'un des plus merveilleux qu'il avait jamais été donné d'entendre à Luonsäa depuis d’innombrables moments, à l'exception peut-être de ceux qu'Andele elle-même formaient. L'air était empli d'odeur d'épices et de fraîcheur heureuse. Du pouvoir et de l'envie de faire, et du soleil naissant frappant sur son visage, au gré d'un vent léger. Le sommet d'une montagne. Une belle rue pavée. Une clairière odorante. Une scène éclairée. Toutes ces mémoires anciennes, et pourtant très récentes, de nouveau faites siennes, sans brisure déprimante.

Ils n'avaient certes toujours pas récupéré le Sidh. Mais ils lui avaient repris l'un de ses joyaux perdus.

Fort de ces émotions qui enflaient sous son plexus solaire, prêt à exploser d'inspiration, Winruna continuait de glisser ses doigts contre la Sëbaka. Sa voix prenait le vent, comme une voile modérément gonflée au port qui gagnait de l'aisance et de l'audace à l'approche de la haute mer. Des bras se nouèrent autour de son cou. Voilà qu'ils étaient tous les trois entassés, réunis par le chant que tous avaient rejoints. Ravi, Yaseeja, plus si solitaire, tourna la tête afin d'apercevoir celle des autres. Ils chantèrent un moment, trop sages pour être feux follets. Cette réunion avait quelque chose de religieux. On se recueillait. On remerciait l'avenir.

Mais on ne pouvait pas éternellement aller contre sa nature, et c'est ainsi que d'heureux et concentré, le regard du Compositeur vira à la malice sucrée. Au dessous de cette joie sournoise, un immense sourire s'étirait, joyeusement dément. Il se mit à taper du pied par terre, au rythme d'une mélodie qui évoluait du langoureux mélancolique au dynamique facétieux. Et pendant tout ce temps, Winruna fixait Monomen avec tant de force qu'on eut cru qu'il tentait de lui regarder le fond du crâne. C'était bien évidemment une invitation. Un défi, parmi les milliers d'autres qu'ils s'étaient déjà fixés.

Exploitant une pause élégante dans la chanson, Winruna éclata d'un rire joyeux. Sa main racla le sol et ramassa des pierres qu'il lança au visage de son ami poilu. Quels sons minéraux saurait-il en tirer ? Profitant qu'il serait obligé de libérer ses mains pour les intercepter avant qu'elles ne lui touchent le visage, le grand faë se libéra de l'étreinte de son cadet sans jamais cesser de rire. Puis, en temps et en heure, sans rater le bon rythme, il tournoya autour du feu, et se remit à jouer. Placé de l'autre côté du foyer, il eut tout l'occasion de voir la scène que leur réservait une nouvelle venue qui s'était faite discrète, du moins jusqu'au moment de mettre son illusion.

Mareti apparut à l'entrée de la lune, nue comme un ver et peu soucieuse de l'être. Ses yeux écarquillés apparaissaient au dessus de deux mains blanchies par la pression à laquelle elle soumettait son visage. Puis elle ouvrit grand les bras, et elle se mit à courir en direction du papillon bleu à deux têtes.

"ANDEEEEEEEEEEEEEEEEEEELE !"

L'exclamation de joie, plus qu'un véritable cri, avait trouvé sa place dans l'harmonie musicale car Winruna, qui l'avait vue venir, la lui avait entièrement préparée. Sans beaucoup de délicatesse, Mareti sauta dans les bras de l’Éveillée et la serra très fort contre elle. L'élan qu'elle avait pris fit perdre l'équilibre à tout le monde.

Glissade de cordes sur la Sëbaka pour illustrer la dégringolade. Winruna gloussa encore, puis reprit la mélodie de leur joyeuse réunion, avec son instrument et avec sa voix. Les autres ne tarderaient pas à récupérer leur place dans l'interprétation.
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MessageSujet: Re: Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons.   Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons. - Page 2 Icon_minitimeSam 15 Avr - 18:02

La joie n'avait peut-être pas explosé en cris et en rires, mais c'était tout comme dans l'esprit des lorialets, plus encore en cet endroit et période, où le Carillon brillait de mille feux pour reproduire les émotions si positives qui les entouraient. Nelurin luisait de bonheur et sa surface irisée était le reflet des rires, des musiques et des danses, alors que le brownie, qui dans un autre temps n'aurait pas été de ceux qui faisaient le si long pèlerinage au bord de la falaise, faisait éclore mille couleurs par l'abondance d'envies qui lui passaient en tête et que le lieu transformait. Ou était-ce le pouvoir de perception des lorialets ? Probablement l'un, l'autre, ou les deux, alors qu'Andele entendait son frère rire avec une pureté qui lui donnait envie de chanter.

Ce qui tombait drôlement bien, car Winruna avait entamé le chant bien connu qu'elle s'empressa de reprendre, la tête dans le creux du coup de son ami de longue date, lui chatouillant probablement les oreilles. Mais cela ne sembla pas l'ennuyer, car il se prit au jeu et étira leurs mains pour voler dans la pièce, faisant rire aux éclats la jeune lorialet.


"Un gropillon ! Volons !"

Répondant à ses sauts, elle battait des ailes, ses bras contre les siens, mouvement aérien. On aurait dit deux enfants sous bonne garde de leur père, qui avaient envers eux un regard bienveillant, heureux de les voir à nouveau réunis. Mais il n"y avait pas qu'eux, et on allait bientôt le leur rappeler. Pour le moment cependant, le temps était aux réjouissances calmes. Tous agglutinés sans pour autant manquer de place, ils chantaient doucement au rythme de la Sëbaka mélancolique, sans pour autant être triste, car elle ne l'était jamais vraiment.

Sa tête posée contre celle de son frère et ses mains bien ancrées dans le cou de son A'kiilainen, Andele avait un grand sourire aux lèvres qui ne semblait vouloir cesser de s'agrandir. Ce calme, fusse-t-il peu habituel pour eux, était agréable, rythmé par la chaleur et les voix qui lui avaient tant manqué. Mais il n'était pas fait pour rester, et tout à chacun le savait. Car même si Nelurin, et le Carillon, étaient en général lieux de contemplation, ils n'étaient pas ainsi faits. Par ailleurs, il y avait bien des façons de contempler, et les Feux Follets se faisaient un devoir de les multiplier. Notant le regard sucré que Winruna riva sur leur ami aux poils pas encore blancs, Andele anticipa et ôta délicatement ses bras, tout en gardant ses jambes fermement agrippées à la taille du brownie. Ils étaient assis, si bien qu'elle ne risquait pas de se retrouver par terre (quand bien même ce n'aurait pas été un véritable problème). Attentive, le sourire en coin comme une enfant qui prépare un mauvais coup (sauf qu'elle se contentait de se douter de ce que le lorialet millénaire avait en tête), l'Eveillée attendait l'arrivée de la rythmique, du défi Antique.

L'éclat de rire arriva et les éclats de roche eurent tôt fait d'atterrir dans les mains expertes du leur compagnon. Riant à son tour, emportée par la joie, Andele lui chipa une pierre avec laquelle elle joua, s'amusant à la faire rebondir contre le matelas végétal, son étouffé et discret qui se mariait aux autres, dans l'harmonie des Feux Follets.

Voilà un autre son qui mettait son grain de sel ! Andele eut à peine le temps d'entendre son nom qu'elle se fit assaillir par un missile de joie, pixie sous illusion qui très fort l'agrippa. L'Eveillée la reçut entre ses bras ouverts, mais sous la force du bonheur fut jetée en arrière, ses jambes toujours fermement attachées à Monomen entraînant ce dernier dans leur chute. Puis elle se détacha pour rouler sur le lit, tout cela sous l'impulsion de l'adroite Mareti. Andele n'entendait plus rien d'autre que des rires, submergée par la joie et l'agréable surprise. La lorialet d'Ida avait envie de dire bien des choses à sa soeur, mais comme il s'agissait de Winruna elle le savait sans doute déjà. Allongée sur le lit, pas mécontente de se reposer un peu, consciente que ses maigres forces atteignaient leur limite, mais un peu contrariée de le réaliser, la lunatique passa une main dans les cheveux roses, grand sourire aux lèvres et rire dans les yeux.


"Maretiiii ! Tes jolies fleurs sentent jusque chez le Gris !"

Elle n'avait pas cet air vaguement triste qu'elle avait pu arborer en présence de Winruna en mentionnant ce monde, parce qu'à l'heure actuelle elle ne le pouvait plus : tant de joie, de couleurs, de vibrations délicieuses, comment aurait-elle pu ? Elle était fatiguée, mais voulait tout de même danser. Et tant mieux, car sa meilleure compagne pour ce genre d'activités était arrivée ! Laissant à Monomen et Winruna le bon soin de la musique, elle roula à nouveau avec Mareti jusqu'à atteindre le bord du lit, prenant ses mains dans les siennes pour l'entraîner dans sa danse, suivant son aîné tournoyant autour du feu, la douceur de sa voix agrémentant parfois le fil des retrouvailles bienheureuses.
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MessageSujet: Re: Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons.   Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons. - Page 2 Icon_minitimeLun 14 Aoû - 16:40

Il y avait mille façons d'accueillir la nouvelle scène, les retrouvailles et la joie, ainsi que mille autres chansons qui pouvaient être chantées pour l'occasion. Mais celle qui se déroulait à l'heure actuelle était, à l'oreille du fin brownie, plus belle et magique que jamais. Il n'aurait imaginé la situation autrement. Amour se déversant dans son rire et son contact avec l'Eveillée, Monomen se laissa emporter, prenant avec lui la lorialet sur qui il avait tant veillé.

Le gropillon se posa sur le dos de Winruna alors qu'il avait entamé une chanson, et tous chantaient en coeur. C'était un moment plus calme qu'attendu, mais aussi agréable que s'il avait été fait dans toute son ampleur. Ce ne fut cependant pas long, et le grand lorialet riait en chanson, avant de lancer des cailloux en direction du brownie, qui les attrapa agilement ; une presque perdue fut attrapée avec l'usage de sa télékinésie, et ainsi toutes se retrouvèrent dans ses mains. Andele en pris une et joua avec, l'utilisant pour produire un son légèrement étouffé mais qui allait en coeur avec la musique de Winruna. En même temps, comment aurait-ce pu être autrement?

Le coeur de Monomen s'emballa, jouant avec le frottement des minéraux dans sa main, son ouïe fine repérant lesquelles allaient le mieux ensemble, le ton subtilement différent. Il eut le temps de les séparer en groupe dans ses mains, ajoutant une étrange mélodie discrète qui allait en coeur avec le reste... Puis une voix s'éleva, allant en coeur avec la musique bien élaborée par Winruna, qui devait avoir prévu le coup. Le percussionniste sourit, se laissant prendre dans la chute, se sachant en sécurité en ces lieux; Andele non plus ne risquait pas de blessure. Il rit en tombant, puis se vit libéré alors que l'attention de l'Eveillée se concentra sur la pixie. Alors le brownie se tourna vers le feu, le regard provocateur de Winruna sur lui. Il lui rendit un sourire défiant et roula des pierres dans ses mains, le son comme un léger éboulement mélodieux. Il tapa du pied en contre-coup de son père de coeur, jouant avec les minéraux dans une main, les tons plus graves. Voyant Andele et Mareti sous illusion se lever pour danser, il lança la seconde poignée de cailloux en l'air et en rattrapa deux alors que le reste resta plus longtemps, tombant plus au ralenti avec la télékinésie. Seulement quand il daigna s'en servir il en laissa tomber plus bruyamment, le son plus aigû mais doux, comme des gouttes d'eau tombant sur des roches sèches, puis accélérant comme une pluie tombante. Il jongla avec les pierres, faisant ceci avec une main, alors que l'autre, libérée des minéraux, prit quelque chose de sa poche.

S'ajouta le carillon de clés sur le fil, et les pierres montèrent de plus en plus faut pour descendre frapper les clés par sonorité. Des frissons montèrent dans son dos et il regarda fixement Winruna pour jouer en coeur, les flammes au coeur de la salle dansant avec leurs émotions. Il dansait autour du feu, cailloux et clés comme une guirlande gaie qui le pourchassait dans ses pas. Le son pouvait paraitre étrange, mais il doutait que quiconque trouvait cela désagréable. Il prit la corde de clés dans ses dents alors qu'une main prit deux cailloux, les frappant ensemble en rythme avec une sorte de tick tick harmonieux qui allait de paire avec la chanson. Avec les clés dans ses dents il ne pouvait chanter, mais il savait sa voix bien moins belle que celle des autres, et leur laissait l'honneur de l'élever pour lui, qui aimait bien plus se créer des instruments et des sons avec des objets tels que les minéraux actuels; d'ailleurs, il avait bien l'intention de garder les deux qui sonnaient comme des cloches sans trop de résonance.

Il tournait la tête de droite à gauche, faisant danser les clés qui se tapaient les unes aux autres, et les grelots dans ses cheveux accentuaient la percussion de fond dans un rythme simple alors que les cailloux jonglés participaient à la mélodie de l'instrument de Winruna. Il corps entier riait de joie. Il regarda Andele et Mareti d'un oeil rassuré, soulagé, un regard qui ne traduisait que son amour pour cette famille. Aucun mortel ne pouvait comprendre ce lien, ni le vivre si profondément qu'eux.

Il joua avec les sonorités végétales dans la salle, lançant parfois une pierre qui vint rebondir avec un son nouveau, élaborant encore et toujours la chanson. Il n'y avait rien d'étranger à cette situation, rien d'anormal, et surtout, rien de désagréable. Il n'y avait pas de mot pour décrire l'instant, la chanson le faisait pour eux, réchauffait leur coeurs et les faisaient danser ensemble. Ils étaient en vie, et quelle vie ils exprimaient. Le vide qu'avait laissé l'Endormie était comblé de chaleur et de joie, de vie et de musique. C'était tout ce que l'on attendait de l'endroit et des gens qui formaient notre foyer.
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MessageSujet: Re: Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons.   Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons. - Page 2 Icon_minitimeDim 28 Jan - 12:22

Si on devait en nommer une, au sein de leur troupe trop loufoque pour qu'aucun d'eux soit en reste, alors il était de bon ton de choisir Mareti : elle était la reine des pirouettes ! De ses acrobaties, elle se remit donc bien vite, autant que des montagnes russes sur lesquelles son cœur glissait depuis qu'elle était arrivée. L’Éveillée passait sa main dans ses cheveux et le visage de la pixie n'était déjà plus qu'un masque souriant sous un regard en bille, si semblable à celui de l'Ancêtre qu'à moins d'autant les connaître que leurs frères feux follets, on aurait trouvé cela immanquablement perturbant.

"N'est pas Gris ce qui est Grisant ! J'espère que ça tinte ! Andele, tes beaux yeux sont ouverts, mais pas tous verts. Ça teinte autrement !"

La petite faë avait pris l'humour et les jeux de mots de son âme sœur, à moins qu'elle ne les ait lus dans son esprit, mais contrairement à lui, elle paraissait toujours parfaitement au fait de leur étrangeté.

Peut-être. Rien n'était moins sûr. En tous les cas, elle avait lancé un clin d’œil à la plus jeune des lorialets avant d'éclater d'un nouveau rire joyeux et mélodique, dans les éclats semblaient se joindre à la musique avec une perfection qui n'avait rien d'humaine. Mareti se laissa emporter par la tornade mécanique d'Andele, et puis dans sa danse, ensuite, avec toute la bonne volonté qu'on lui connaissait.

En arrière de leurs jeux dynamiques, les autres protagonistes de cette heureuse scène n'étaient pas en reste. La musique avait pris ampleur, vitesse et facétie. Winruna tournoyait tel un derviche autour du feu en même temps qu'il jouait de son instrument. Monomen avait bien évidemment relevé son défi et le complétait avec les honneurs, changeant ses maigres instruments pierreux en spectacle complet, élégant, esthétique et inventif.

De tous les feux follets, le brownie était celui avec lequel Winruna partageait le plus cette soif de créer des sons nouveaux, et parfois de les trouver dans les endroits les plus incongrus. A l'exception de Mareti, aucun autre de ses compagnons n'était mieux capable que lui de comprendre comment toute cette grande aventure avait commencé : dans l'envie et le besoin d'inventer et de découvrir quelque chose de neuf et de magnifique. Quoi de mieux alors, une fois qu'on avait entièrement tiré partie de son environnement, que de voyager à la découverte du reste des merveilles dont regorgeait le monde ? Et que de voir ce que d'autres, avec les limitations qui les déterminaient - comme le fait d'être humains et de vivre terriblement peu longtemps - avaient été capables de créer, de transmettre, durant ces périodes où il n'y avait pas été ?

Winruna aurait voulu pouvoir transmettre ses visions à son ami. Les toutes premières. Celles de sa jeunesse où il avait entendu avant l'heure des sons qui n'avaient aucun sens à son époque, ni parmi les communautés alors trop conventionnelles des tribus lorialets. Il les lui avait racontées mille fois, avec toute la verve dont il était capable, mais cela ne serait jamais totalement équivalent au sentiment qu'on éprouvait en les vivant pleinement, par tous les sens à sa disposition, dont ceux qui étaient spécifiques aux lorialets.

Andele avait entraîné Mareti autour du feu et c'était maintenant l'inverse qui semblait se produire : La rotation initiée avait été reprise par la pixie pleine de vie. Elle tenait les deux mains de l’Éveillée et l'entraînait dans une course folle et tout en rond. Si l'une d'entre elle lâchait, elle allait s'envoler !

Avant qu'un tel accident ne puisse arriver, la maligne tête rose ralentit la cadence et cessa de tenir les mains d'Andele pour ne plus former qu'un contact avec les yeux, néanmoins tout aussi fort : sa malice était peut-être plus palpable encore que ses petites mains potelées comme des doigts d'enfant. Araignées vivaces virtuoses, elles se rangèrent en prolongation de sa bouche et se mirent à jouer d'une flûte invisible, alors que leur propriétaire reculait, peu à peu, en direction d'un des autres instruments lorialets qu'on trouvait dans Nelurin : l'Itrik fut bientôt réellement contre sa bouche et ses phalanges, et dans le respect de l'oeuvre en cours, elle se mit à en jouer pour en grossir encore l'harmonie. Mareti s'approcha en sautillant d'Andele et lui mit un coup de hanche pour l'inviter à suivre puis, elle alla rejoindre le joueur de Sëbaka dans son grand tournoiement.

Ravi et amusé, Winruna éclata d'un rire musical sans cesser au moindre instant de jouer, à l'exception d'une pause experte dont il profita pour lever le bras au ciel avec puissance et inviter le feu à grossir et suivre leur mouvement : une colonne d'incandescence se leva provisoirement, ajoutant ses crépitements puissants à l'ambiance vibrionnante.

Il remarqua alors du coin de l’œil une présence discrète à l'entrée de la lune. Les perles asymétriques se tournèrent sur l'arrivante avec grande précision, et sans qu'il ne quitte son sourire fin alors que pourtant, son amie, tout au fond, semblait vivre un passage difficile.

Sagrara avait toujours été plus émotive qu'elle n'aimait le montrer. Voilà qu'elle luttait pour ne pas pleurer, les mains sur la bouche, arborant l'air affolé de celle qui ne sait pas vraiment quoi faire face à une situation. Elle fixait Andele sans oser vraiment y croire. Le vieux lorialet fit un geste dans la direction de la gobeline pour l'inviter à se joindre à eux. Quelle autre réaction aurait-elle pu avoir ?
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MessageSujet: Re: Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons.   Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons. - Page 2 Icon_minitimeMar 20 Mar - 4:23

Après avoir volé et chanté, il fut temps de voler à nouveau, mais pas dans la même direction. Elle était fatiguée et avait besoin de repos, sans avoir la moindre envie d'y céder. Voler sur le lit paraissait un bon compromis, surtout si c'était sous l'influence de Mareti. Sa soeur avait des yeux tous ronds, toujours aussi vibrants que dans son souvenir. Un peu fous, peut-être... mais qui ne l'était pas ici ?

"Ca tinte et ça grelotte ! Mais plus à cause du froid !"

Andele répondait-elle vraiment à la pixie, ou s'était-elle approprié ses mots pour faire passer un autre message ? Peut-être, peut-être pas, probablement les deux, et il était inutile de lui poser la question. L'euphorie ambiante jouait sur son esprit aussi efficacement que sur son humeur. L'éclat de rire de Mareti trouva son écho dans celui de la lunatique qui l'entraîna rapidement dans une joyeuse danse au rythme de la musique que leurs frères jouaient. Monomen avait sorti ses clés et Andele eut un rire ravi : il en avait trouvé d'autres ! Entres deux pas de danse, dans une pause mélodique approprié, elle se pencha vers son compagnon de toujours en tapant du bout du doigt sur une clé.

"Tu me raconteras leurs histoires !"

Peut-être avaient-elles appartenu à tous ces humains de compagnie qu'il s'était procuré pendant son Sommeil. Peut-être en avait-il volé une nouvelle à chaque endroit que Winruna lui avait montré sur cette carte fumée. Peut-être même que l'une d'entre elles était celle de sa maison, ici, en... -comment A'kiilainen avait-il dit ?- Amérique. Oh, comme elle avait hâte d'entendre tout ce qu'on avait à lui raconter !

Mareti prit ses mains et se mit à tourner dans le sens opposé. Andele suivit avec entrain, jusqu'à fatiguer. Mais la pixie était bien trop maligne, ou peut-être avait-elle vu quelque chose dans son regard ou celui de l'Ancien : elle ralentit bien avant que les jambes de l’Éveillée ne parviennent plus à la porter. Yeux dans les yeux, la petite rose fit mine de se mettre à jouer d'un instrument qui n'allait pas tarder à lui tomber dans les mains. Avec un grand sourire, la lunatique suivit, reprenant le chant où elle l'avait arrêté sans la moindre dissonance, s'accordant à l'harmonie ambiante, vivifiante et chaleureuse.

Le rire de Winruna la fit se retourner, et élargir ses grands yeux gris en suivant le feu qui grossissait et ondulait. Toujours chantante, la cadette fit la même chose, tournant doucement sur elle-même au même rythme que les flammes.

C'est au détour d'un de ces tours qu'elle se tourna vers l'entrée. Une former perturbait l'éclatante transparence de la lune. Il ne fallut pas longtemps à Andele pour comprendre qu'un autre de ses frères et soeurs était arrivé. Elle ondula dans sa direction et s'arrêta à une distance raisonnable, reconnaissant Sagrara.

La gobeline n'était pas à l'aise avec les contacts. Du moins, elle ne l'était pas à l'époque où Andele l'avait connue. Et si elle était extrêmement ravie de la revoir, elle ne voulait pas lui sauter dessus. Cela ne dérangeait jamais Monomen. Mareti était la plupart du temps trop rapide pour elle. C'était différent avec A'kiilainen. Mais Sagrara était fière et visiblement tourneboulée. Andele respectait ces émotions pour les avoir éprouvé, quelques instants plus tôt.

Non loin de Winruna qui brandissait déjà une invitation, Andele sourit et ouvrit ses bras sans quitter sa soeur gobeline de ses yeux pétillants de vie. Elle comprenait son émoi, même si elle ne savait pas à quel point il était justifié.

Et elle continuait de chanter.

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MessageSujet: Re: Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons.   Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons. - Page 2 Icon_minitimeVen 27 Avr - 0:51

Au contact de Mareti, Andele luisait, comme elle faisait briller leur coeurs éclatants de joie. Joie qui tourna au jeu, éternel compagnon des Feux Follets, dont la musique restait la principale élocution. Pas de mots pour décrire ces émotions, pas de langage ne pouvait traduire cette élancée dans le chant qui avait commencé doucement, avant de prendre de l'ampleur. Les pierres avaient été une improvisation adaptée, rappelant au percussionniste ses premiers essais avec les sons.

Son ouïe fine et son oeil clair, il suivait Winruna en contre temps, regardant frissonnant le lorialet tournoyant, coeur enflé de joie alors que son sourire suivait, cordelette entre ses dents, les percussions d'abord plus sauvages avant de se teinter d'une mélodie accompagnant la Sëbaka. Bien que moins élaborée elle faisait écho une fois de plus aux sons produits.

Le lieu était devenu un théâtre de sens, de lumières et de sons. Plusieurs fois le brownie s'était interrogé, si à suivre les lorialets il n'aurait pas partagé un peu de cette caractéristique qui leur était propre, dans une mesure moindre, comme les poussières d'une étoile encore radiante. Winruna avait toujours chanté, raconté ses voyages, récits qui l'avaient envoûté dans son envie de faire de même... Il savait qu'il n'était pas un lunatique, il en avait conscience, mais à les écouter, les côtoyer, il pensait parfois leur ressembler. La teinte blanche de sa fourrure lui aurait bien rappelé cette idée.

Le brownie ferma les yeux alors qu'il jouait avec les pierres sur les clés, créant ainsi une nouvelle forme de carillon encore. Il sentit la vibration d'un autre contact et ouvrit les yeux : Andele tapait sur une clef, ajoutant ainsi qu'elle voulait connaitre leurs histoires. Monomen hocha la tête, tintant des clés et des pierres, jetant un clin d'oeil à l'Eveillée.

La danse continua, musique évoluant encore et toujours, jamais statique, jamais la même. Mareti et Andele dansaient, puis la grande amie aux cheveux roses joua de sa flûte sans encore la toucher. Monomen sourit et s'accroupit, rangeant la corde dans sa poche, sans jamais cesser de faire tinter les minéraux ensemble de l'autre main. Un claquement qui rythma ensuite sa main libre, qui tapa légèrement sur le sol. Les clés avaient cela d'être parfois trop brusques pour se mêler à d'autres instruments tels que la flûte - il aurait pu faire avec, rendre cela beau, mais préférait changer de sons et commença de sa paume.

Accroupi ainsi, sa main frappa le sol lumineux alors que les flammes s'élevèrent plus hautes encore. Il leva les yeux, se redressant, tapant se ses pierres puis de ses pieds, qui dansèrent en produisant un son léger mais vibrant, qui se devait plus fort pour accompagner la danse.

Les sons étaient là, enivrants, les pierres reprirent première position dans ses mains, tintant avec une force plus ou moins élevée, qui était maintenant adoptée dans la chanson. Ces retrouvailles tant méritaient donnaient leur sens à cette mélodie, qui était leur et libératrice.

Il était rassuré, il avait hâte, de tous les lendemains qui étaient ouverts à eux, de tous ces moments qu'ils allaient pouvoir partager ensemble. Ils n'étaient pas au complet, mais d'autres allaient apparaître, et il y aurait le temps d'amener l'Eveillée dans ce nouveau lieu qui lui faudrait découvrir. Tant de choses à raconter, dans de clés à lui montrer. Il laissa ces perspectives guider ses mains et sa voix qui s'éleva légèrement. Il jeta un regard complice à Mareti, dont l'instrument semblait être en accord unique avec elle. Cette vue l'enchantait toujours.

Au détour d'un regard il vit, peu avant Andele, la silhouette de l'autre côté des flammes. Il sortit sa cordelette à nouveau, jetant des minéraux en l'air, qui atterrirent dans sa main dans un changement de rythme subtile qui ne détournait pourtant pas l'essence du jeu.

Un rire lui échappa entre deux chants, et fit répondre ses clés aux sonorités plus graves. Elles étaient vibrantes et contenaient une fierté sous-jacente, à l'image de la voix parfois étonnante de la gobline, qui ne cessait d'émerveiller.

On ne pouvait être plus reconnaissant à l'heure actuelle, que l'Eveillée se trouve ainsi, et que les Feux Follets se regroupent autour d'une chaleur partagée, dansant avec les flammes de leurs retrouvailles, qui ne s'éteindraient jamais en eux.
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MessageSujet: Re: Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons.   Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons. - Page 2 Icon_minitimeSam 19 Mai - 20:52

Ils n'étaient encore que peu, et pourtant, cette ambiance folle et moussue qui les caractérisait était déjà en train de prendre possession de la lune tout entière. Winruna jouait tout en observant les siens, comme l'être d'actions modérées, et de beaucoup de contemplations, qu'il avait été durant l'espace de beaucoup de vies.

Quel plaisir de lire ces expressions sur les visages d'Andele, de Monomen et de Mareti ! Quel plaisir d'accompagner leur musique en liesse en y ajoutant sa propre joie et ses propres espoirs !

Il nourrissait le feu, le feu le nourrissait. Ce faisant, comme lui, il tournoyait, et son instrument gémissait au gré des volontés diverses.

Elles allaient des coups harmonieux aux riches vibrations. Des folles échauffourées aux étranges vocalisations. Rien n'était de trop. Rien n'était insuffisant.

Sagrara s'ajouta à la pièce, comme une voix de basse se serait subtilement superposée à l'harmonie déjà présente. Elle paraissait choquée. En effet, rien n'aurait pu leur permettre de deviner qu'en ce jour, qu'en cette heure, l'Endormie se départirait de son nom pour en prendre un autre bien plus élégant, bien plus agréable aux oreilles de ceux qui l'avaient connue.

Andele ne lui sauta pas dessus, mais ouvrit plutôt ses bras , pour permettre à la gobeline de faire ce qu'elle le souhaitait des émotions qui, sans le moindre doute, étaient en train de prendre le dessus sur elle.

Aussi fière et peu prompte au contact qu'elle fut, Sagrara n'hésita pas longtemps. Aussitôt l'invitation silencieuse lancée, elle fonça dans les bras d'Andele pour la serrer contre elle si fort qu'on pouvait se demander si elle n'était pas en train de lui briser les côtes. Tout semblait pourtant aller pour le mieux, et il ne fallut que peu de temps avant que la gobeline ne se mette à rire de sa voix grave et posée tout en faisant tourner le corps frêle d'Andele entre ses bras.

Elle lui permit de rejoindre le sol et de retrouver Mareti et ses facéties en même temps qu'elle regardait partout autour d'elle pour trouver un instrument convenable, qu'elle pourrait jouer, pour assister l'harmonie à laquelle elle comptait bien rajouter sa propre joie.

Rien de tel n'arriva dans les premières secondes qu'elle chercha : Nelurin n'était dotée que de peu d'instruments. Ceux des lorialets : l'Itrik, l'Ossua, la Sëbaka étaient présents car ceux qui en incarnaient l'importance vivaient ici ou venaient couramment et les avaient donc apportés afin d'être en mesure d'en jouer quand ils voudraient. La gobeline néanmoins ne partageait pas ce don, ni  ces capacités. Aucun de ces instruments n'atteignait les notes qu'elle avait l'habitude de faire vivre. Aucun d'entre eux ne ferait donc honneur aux accents qui lui venaient, auxquels elle aurait voulu donner corps.

Winruna avait prévu ce revers de situation. Bien évidemment ces travers matériels ne devaient pas restreindre la créativité des feux follets, surtout pas dans un moment si important. Au moment exact où on en avait besoin, de petites créatures malignes brisèrent l'entrée du berceau. A tel point qu'on se demandait ce que Winruna leur avait dit, ou non, quant à l'ordre des choses à faire et aux temps dans lesquels elles devaient être accomplies.

Incarnées dans leur illusion à taille humaine, bien qu'enfantine, les pixies que le vieux lunatique avaient appelées plus tôt entrèrent et firent un boucan monumental. Elles parlaient, riaient, et bougeaient en tout sens, ainsi que Mareti vraisemblablement inspirée par leur manège. Elles mirent entre les mains de Sagrara un instrument qui ressemblait plus ou moins à une contrebasse, et puis elles lâchèrent à côté du lit tout un tas de choses : clavier, alto, cuivres, accordéons, et autres instruments divers. Les feux follets se serviraient dans ce qui leur semblerait utile.

Ils n'avaient jamais été fermés, surtout pas élitistes. Les feux follets s'étaient toujours donnés en spectacle en extérieur : en forêt, dans la rue, peu importait. En tous les cas, rien de ce qu'ils ne faisaient était privé. Chacun avait évidemment le droit d'y assister gratuitement. Même Will O'The Wisp, le groupe qu'ils avaient "joué" du temps où leur identité était encore cachée aux normes ainsi qu'aux outres standards, avait toujours eu une politique très ouverte et peu prompte au profit concernant ses représentations.

Les pixies que leur spectacle intéressait se firent toutes petites, et puis se calèrent dans un coin de la lune pour y assister. Les autres partirent immédiatement.

Bientôt, une nouvelle silhouette fit son apparition sur le chemin étroit reliant la Flèche à l'astre translucide. Sans savoir à quoi s'attendre, Boka entra dans Nelurin. Il n'avait jamais vu Andele. Pas lorsqu'elle était "vivante", du moins. L'expérience allait donc lui être unique. Différente de celle de tous les autres feux follets présents. De presque tous les autres feux follets. Cette différence lui causait souvent de nombreux soucis. Boka avait souvent l'impression que même Winruna le considérait à peine comme un membre de la troupe. Cela venait énormément du fait qu'il était un lutin, au même titre que Genmo, son meilleur ami mort à l'occasion de la révolution industrielle.

En voyant Andele debout alors qu'il l'avait toujours vue inanimée, sans vie, Boka ouvrit des yeux tous ronds et devint très pâle. Il regarda Winruna, puis Mareti, puis Monomen, puis Sagrara, puis enfin Andele avec un regard emprunt de timidité : après tout, il ne la connaissait pas vraiment. Aujourd'hui, ils feraient connaissance.

Winruna était souvent très exigeant envers Boka. Cette nuit, cependant, il lui paraissait mal avisé de se montrer aussi sévère qu'il lui arrivait d'être depuis la mort de son compagnon et comparse lutin, duquel Boka lui paraissait être un miroir imparfait : c'était un temps de réjouissances. Tout le monde devait en profiter. Tout autant qu'aux autres, Winruna lança à Boka un regard chaleureux, bienveillant, qui incita le lutin à entrer dans la liesse comme si il en avait toujours fait partie. Il alla à la rencontre d'Andele avec la volonté brûlante de se présenter, et de créer une nouvelle amitié. Après tout, ils faisaient partie de la même troupe.
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MessageSujet: Re: Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons.   Au clair du Carillon, des paupières, comme des papillons. - Page 2 Icon_minitimeMar 7 Aoû - 2:44

Dans les bras de Sagrara, serrée comme une peluche, Andele riait aux éclats. Elle n'était pas celle qui se retrouvait dans le rôle du doudou d'habitude ! Dans un élan de fraternité tel qu'elle n'en avait pas ressenti depuis... longtemps, elle s'accrochait en retour au cou de la gobeline pour lui murmurer à l'oreille dans la langue faë commune, la première qu'elles avaient partagée.

"Tu m'as manquée, grande soeur."

A quel point ces paroles étaient les siennes, ou celles d'un frère depuis trop longtemps perdu ? Les lorialets n'avaient pas le pouvoir de communiquer avec les faës disparus, et Balko s'était éteint d'un coup, sans même pouvoir se battre, avant qu'Andele ne devienne l'Endormie, mais pouvait-on vraiment savoir ce par quoi elle était passée ? Et quand bien même ce ne serait que son propre message, en cette soirée toute particulière, il pouvait bien prendre valeur universelle.

Dans les éclats de rire qui suivirent, rien de la tristesse possible. Car les Feux Follets n'étaient que rarement tristes, et le montraient plus rarement encore. Qui plus est, comment éprouver de la tristesse plus d'une demi-seconde en une telle soirée ?

Leur envolée partagée, la lorialet retrouva aussitôt les jeux de la plus imprévisible de ses soeurs sans manquer un seul battement. Son chant qui s'était tari avait aussitôt repris, conjointement à celui de la pixie.

L'arrivée des instruments, amenés par les habitantes des jardins, fut bruyante. Peut-être un peu trop bruyante pour les oreilles délicates d'un papillon à peine sorti d'un cauchemar hurlant et répété. L'espace d'un instant, la carapace du Réveil se fissura. Andele eut un long frisson et ses yeux fatigués se voilèrent. Ce fut assez bref pour ne pas aller plus loin, d'autant qu'entre la joie vibrante et la musique qui l'entourait, il aurait été difficile de replonger, mais quiconque l'avait regardée à cet instant aurait bénéficié d'un aperçu de ce qu'une crise pourrait donner.

Une fois encore, le moment passa, et l’Éveillée retrouva sa joie et son innocence légendaires. Papillonnant à nouveau entre les divers invités -car n'étaient-ils pas tous chez elle, à cet instant ? Quel plaisir de les voir enfin en cet endroit plutôt que de les rêver pour oublier le Gris !- la femme-enfant aux cheveux de lune sentit un regard persistant. Elle tourna son regard aussi gris que sa chevelure vers le nouvel arrivant, qu'elle n'avait jamais vu mais que son âme reconnut aussitôt.


"Boka !"

Un immense sourire aux lèvres, Andele se jeta dans les bras du farfadet (ou plutôt, elle lui fonça efficacement dessus et profita de son étonnement pour le serrer dans ses propres bras) pour l'accueillir de la même façon que les autres. Peu importait qu'elle ne l'ait jamais connu "dans la vie réelle" : elle l'avait entendu, elle se souvenait même de certains de ses chants ! Et si ce n'était pas lui, il aurait tôt fait de la reprendre. Dans les deux cas sa conclusion serait la même :

"Je suis très heureuse de te rencontrer."

Et l'on ne pouvait imaginer de phrase plus sincère que celle-ci.

S'appuyer sur un frère lui donnait également l'occasion de se reposer, car la fatigue commençait à prendre invariablement le pas sur cette joie qui lui donnait des ailes. Toujours accrochée au cou du saxophoniste, la lorialet lança à la cantonade.


"J'ai faim !"

Une exclamation qu'elle n'avait pas eue depuis... longtemps !
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