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 Chassez le naturel, il revient au galop

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Nashoba Ogier d'Ivry
Zombis
Nashoba Ogier d'Ivry

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Emploi: Mannequin et Auteur (Nashoba) / TDS (Huan) / Animateur bénévole (Oliver)
Age apparent: 32 ans (mais fait plus entre 25 et 27)
Dangerosité:
Chassez le naturel, il revient au galop Vote_lcap17/30Chassez le naturel, il revient au galop 160125120054759347  (17/30)

Chassez le naturel, il revient au galop Vide
MessageSujet: Chassez le naturel, il revient au galop   Chassez le naturel, il revient au galop Icon_minitimeDim 21 Juil - 18:40

La journée de travail était terminée. Il était dix-neuf heures passées. C'était l'heure où toute chose semblait comme prendre vie. La lumière du soleil était chaude, vibrante. Le ciel commençait à rougeoyer délicatement. L'ombre diffuse des arbres parsemait le sol d'une myriade de tâches sombres. Le chant des oiseaux et le crissement des insectes, cachés dans la végétation alentour,  devait très certainement s'accompagner d'une bonne odeur d'herbe et de plantes. Le vent doux qui se levait progressivement pour éteindre les ardeurs de ce chaud mois de juillet était sans doute très agréable, à cela près que Nashoba était bien incapable de sentir sa caresse. En plein hiver, en automne ou au printemps, ses perceptions auraient été les mêmes : inexistantes.

Ainsi, il ne se promenait pas pour profiter de la soirée naissante. Encore plus mort à l'intérieur qu'il ne l'était à l'extérieur, il restait insensible au paysage paisible. Il errait sans véritable but. Une chose était certaine : il n'avait aucune envie de retourner chez lui. Angus l'y attendait très certainement, et Nashoba fuyait cet homme comme la peste. Au mieux, le vodoun se montrerait désagréable. Au pire, il le forcerait encore à faire quelque chose qu'il n'avait pas envie de faire : trimer sur ses notes et mémoires chiffrées tandis qu'il n'avait plus aucun moyen d'en décrypter le contenu, écrire quand il n'arrivait plus à pondre la moindre ligne correcte... C'était là les tâches les plus classiques qu'on pouvait lui confier lorsqu'il restait trop longtemps oisif à proximité du vodoun, mais Angus savait parfois se montrer original, et ce n'était jamais une bonne nouvelle non plus.

Ainsi, il fallait bien qu'il s'occupe. S'asseoir sur un banc et attendre que le temps passe n'était pas une solution viable à long terme. Il l'avait fait de longues heures durant mais n'avait pas pu continuer. Force était de constater que les zombis n'étaient pas insensibles à l'ennui, bien qu'ils le furent à presque tout le reste. Lourd, désagréable, l'ennui n'avait fait que rendre sa non-vie plus insupportable encore. Il lui laissait trop de temps pour ressasser. Pour sombrer plus profondément dans ses sentiments moroses. Parfois, des souvenirs noirs, des souvenirs brutaux lui revenaient. L'absence d'activité, non contente d'être en soi pénible, pouvait donc être déclencheur d'une perte de conscience désastreuse. Lorsqu'il s'en était rendu compte, Nashoba avait compris que tant qu'il serait de ce monde, il ne pourrait pas tricher. Son existence n'était pas une option.

Des regards se tournaient parfois sur son passage. Il n'aimait pas ça, mais il n'y pouvait rien : fraîchement sorti du studio, il avait une apparence très proche de celle qui avait été sienne de son vivant. La magie avait rendu à ses cheveux leur teinte noire naturelle. Le maquillage lui avait quant à lui redonné son teint halé. Les lentilles de contact grimaient son regard éteint, qui retrouvait sa lueur marron vivace. Angus avait fait de lui un mannequin. Son image était donc connue du grand public, à son grand dam. Porter un manteau disposant d'une capuche lui aurait permis de cacher son visage, mais ne l'aurait pas rendu moins discret : il faisait trop chaud pour s'habiller ainsi sans attirer la curiosité des passants. Nashoba se contentait donc d'avancer en baissant la tête. Il portait tout de même un col roulé très fin : personne ne l'aurait convaincu d'exposer la blessure de sa gorge, invariablement béante.

Arrivé devant les portes de la bibliothèque de la ville, il redressa le nez. L'appel des pages poussiéreuses avait perdu sa magie, et pourtant... Si il y avait bien un endroit où il était logique que Nashoba se rende, c'était ici. Il entra sans hésiter et tenta de se perdre dans la contemplation des hautes étagères. Mais comment rêvasser alors qu'il restait hermétique à tout ? Qu'était une bibliothèque sans son odeur de papier jaunie ? Comment créer l'intimité avec un livre dont il ne touchait pas les pages, dont il ne sentait pas le grain ? L'émotion était d'emblée mutilée. S'il lui fallait compter sur son enthousiasme intrinsèque, alors on pouvait être certain qu'il ne trouverait aucun plaisir à cette énième visite.

Peut-être, cependant, pouvait-il rendre son temps utile. Il se dirigea donc vers le département d'Histoire et plaça son doigt sur la tranche d'un ouvrage. Il se mit à frôler les titres successifs à mesure qu'il les parcourait. Beaucoup de choses ne lui évoquaient rien : ces livres témoignaient de temps qui lui étaient parfaitement inconnus. Il allait falloir qu'il avance progressivement, à commencer par lire ce qui concernait les périodes qui suivaient directement l'époque de sa mort.

Le zombi fit une pause pour aller chercher dans sa poche une flasque métallique qu'il ouvrit, et dont il avala plusieurs longues lampées.

"Monsieur... Les boissons sont interdites dans la Bibliothèque. A fortiori les boissons alcoolisées."

Nashoba tourna un très bref regard en direction de la personne qui lui avait parlé. C'était un employé très jeune, qui ne paraissait pas l'avoir reconnu. Fardé comme il l'était, il avait l'apparence d'un vivant. L'erreur était donc toute naturelle. Sans un regard de plus pour ce jeune homme, il se remit à scanner les ouvrages à sa disposition. Son langage devait s'améliorer car il avait approximativement cerné ce qu'on lui reprochait.

"Aucun problème, c'est un médicament."

Son anglais était encore très approximatif, et son accent indéfinissable le rendait difficile à comprendre. Sans même le regarder en face, Nashoba pouvait dire que son interlocuteur n'était pas convaincu. Mais qu'allait-il lui faire, tant qu'il ne sortait pas sa flasque en face de lui une seconde fois ? Nashoba n'avait de toute façon pas menti. Si le Brain Juice n'était pas un médicament pour soigner sa condition, alors quoi d'autre ?
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