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 Comme un air de famille...

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Luisa Selva Moreno
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Luisa Selva Moreno

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MessageSujet: Comme un air de famille...   Comme un air de famille... Icon_minitimeSam 11 Mai - 20:34

La soirée était déjà bien entamée, et pourtant le ciel nocturne commençait tout juste à se foncer. C'était l'une de ces soirées de fin d'été comme Luisa les aimait  : elle adorait sa mère Patrie, mais Veracruz était bien trop près de l'équateur pour posséder ces journées allongées ou raccourcies au fil des saisons. Saisons qu'elle ne connaissait pas vraiment non plus, d'ailleurs.

Depuis qu'elle s'était installée de manière plus ou moins permanente à la Nouvelle-Orléans, la mexicaine profitait beaucoup de ces moments pour se balader dans les rues, prendre un dernier verre en terrasse et parfois même continuer la soirée à l'intérieur du bar ou d'un établissement quelconque.

Ces derniers mois, elle avait essayé de traîner Esteban avec elle, pensant que cela lui remonterait le moral, mais le jeune homme était encore un peu sombre et trop préoccupé par l'idée du procès pour accepter toutes ses invitations. Oh, il avait dû en accepter certaines : Luisa était bien trop têtue pour qu'on parvienne à toujours lui dire non.

Ce soir, cependant, elle ne lui avait même pas proposé. Elle revenait d'un voyages d'affaires et n'était pas encore passée à l'appartement, se contentant d'envoyer un chauffeur déposer sa valise auprès du concierge. Elle avait vu le soleil se coucher depuis le tarmac et avait eu envie de prolonger la soirée. Et de se détendre un peu : si elle était parvenue à signer ce contrat, cela n'avait pas été une mince affaire.

Elle avait donc demandé au taxi de l'amener dans le premier bar ou lieu d'amusement équivalent en ville depuis l'aéroport. Le Oogie Boogie était en périphérie, ce qui faisait de lui l'établissement le plus proche. Luisa ne portait pas vraiment les vodouns dans son cœur : elle avait eu à faire à certains en Haïti qui auraient -assez littéralement- vendu leur mère dans l'espoir de gagner quelques billets sur le dos de pauvres gens. Mais elle devait leur reconnaître une chose : ils savaient s'amuser.

Il était encore tôt, la boîte de nuit n'était donc pas bondée comme elle pouvait l'être une fois les carrosses de nouveau changés en citrouilles. La cheffe d'entreprise esquissa un léger sourire satisfait : c'était exactement ce qu'elle cherchait. Boire quelques verres tranquille puis danser jusqu'au bout de la nuit, en faisant potentiellement une agréable rencontre... Voilà un programme qui lui plaisait et lui permettrait de terminer la journée en beauté !

Se frayant facilement un chemin jusqu'au bar, Luisa prit place sur l'un des tabourets qui faisait face au meuble et interpella le serveur présent d'un geste de la main.

"Garçon ! Quelles sont les tequilas de la maison ?"
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MessageSujet: Re: Comme un air de famille...   Comme un air de famille... Icon_minitimeDim 12 Mai - 18:42

Ça faisait beaucoup trop longtemps qu'il était ici. Il avait piégé une suceuse de sang, mais le procès n'avançait pas : cette sale garce s'était volatilisée dans la nature. Le BIAS n'arrivait pas à mettre la main sur elle, la branche du TPH locale non plus. C'était à croire que cette ville lui voulait du mal : il y prenait beaucoup trop de risques, et rien ne s'y passait comme il le voulait.

Il lui était arrivé à quelques reprises de perdre sa cible de vue après l'avoir piégée. Dans ces moments là, il changeait plus régulièrement de couverture. Il n'écartait jamais entièrement l'option de quitter la ville si ça devenait trop dangereux pour lui. Et ça commençait, selon lui, à devenir très chaud. Esme s'était peut-être contentée de fuir, mais on n'était jamais trop prudent... Surtout tandis qu'il se planquait sous les traits du quasi sosie de son stupide frère cadet. Qui vivait spécifiquement dans cette ville.

Seulement, ses supérieurs lui avaient ordonné de rester en position. Il n'avait le droit ni de filer vers une prochaine destination, ni de quitter la peau de ce grand niais de Nathan, serveur au Oogie Boogie. On ne lui avait pas expliqué pourquoi, et il peinait à comprendre les raisons des grands pontes de l'organisation par lui-même. Qu'y avait-il de si important à la Nouvelle-Orléans, au Oogie Boogie club, pour qu'on le laisse sciemment stagner dans une telle situation ? A moins que ce ne fut lié à Esme ? Cette sangsue lui avait paru parfaitement banale, inoffensive, inintéressante, mais peut-être Saul ne savait-il pas tout ? Raison de plus, à son goût, pour qu'il redouble de précautions. Il commençait à se demander si il n'allait pas tout bonnement désobéir aux ordres. La sanction qu'il encourait serait probablement moins radicale que ce qui lui arriverait si cette vamp le retrouvait à un moment où il n'était pas préparé... Ou que le sort qui l'attendait si quelqu'un finissait par le démasquer.

"Hey ! Nathan, ça va ? On dirait que tu as vu la dame blanche..."

Saul s'était retenu de sursauter. Il était spécialement nerveux, en ce moment, pour des raisons évidentes. Il cligna des yeux puis tenta de lever les tensions dans ses muscles faciaux. Son personnage n'était pas du genre à garder les lèvres pincées lorsqu'il s'adressait à ses collègues, aux clients... au monde entier, en fait. Comment ce mec faisait-il pour être tout le temps souriant ? Il l'avait créé de toute pièce, mais il était tellement différent  de lui que parfois il avait l'impression que Nathan agissait indépendamment de sa volonté. Un autre signe qu'il était resté trop longtemps dans ce personnage.

"Ah... Désolé. Pas de souci Elliot, j'étais dans la lune, je dors mal en ce moment !"

Son collègue pouvait bien parler... Il était le premier à décrocher complètement de la réalité pour partir dans ses pensées en plein shift, en ce moment. Il lui décocha un grand sourire, auquel l'autre serveur répondit par une grimace de pitre. Puis Nathan reprit du service, direction les salles de restauration où ses tables attendaient qu'on prenne leur commande, ou d'être nettoyées. Alors qu'il allait justement débarrasser quelques couverts, il fut interpellé par une cliente qui le détourna donc de son itinéraire prévu. Saul aurait bien aligné quelques noms d'oiseau pour évacuer sa frustration, mais Nathan était ravi de se montrer utile. Grand sourire donc, encore. Pas de tensions. Un air angélique, et un ton aimable tel qu'il finirait bien par être élu employé du mois, si il restait ici plus longtemps.

"Bonsoir madame. nous avons de la Tapatio blanche, et de la Jose Cuervo gold."

Serviable, Nathan se glissa derrière le comptoir. Le barman était à l'instant présent surchargé, tandis que le service restauration tournait au ralenti. Il apprécierait probablement le coup de main.

"Je peux vous servir quelque chose ?"
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Luisa Selva Moreno
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MessageSujet: Re: Comme un air de famille...   Comme un air de famille... Icon_minitimeMar 14 Mai - 22:11

Aucun Selva Moreno n'avait l'habitude d'attendre qu'un barman overbooké daigne lui accorder son attention quand quelqu'un de vraisemblablement moins occupé que lui passait par là. Les Selva Moreno n'avaient pas l'habitude d'attendre, en réalité. Qu'importe donc que le serveur puisse se diriger vers une tâche potentiellement importante, Luisa était sur place et à l'instant même rien d'autre que sa satisfaction personnelle ne pouvait prévaloir. Après tout, elle avait le compte en banque prévu à cet effet. Il y avait des comportement qu'une pauvre petite année dans l'humanitaire vingt ans plus tôt ne pouvait effacer. Il était déjà beau que la mexicaine en ait gardé quelque chose.

Elle ne tourna même pas la tête vers le serveur qui lui répondit. Sa moue pincée montrait qu'elle n'était pas entièrement satisfaite des options qu'on lui présentait, mais elle avait beaucoup trop envie de ce verre pour faire la difficile. Bien entendu, elle aurait pu appeler son fournisseur local et lui demander de livrer une bouteille de Clase Azul ici même mais... avait-elle vraiment envie d'attendre ?

Plongée dans sa réflexion, Luisa mit un peu de temps à répondre au jeune homme. C'était que le dilemme était réel ! C'est quand il lui adressa à nouveau la parole que la cheffe d'entreprise reprit contact avec la réalité. Elle soupira -laissant clairement voir sa déception- avant de répondre.

"Va pour la Tapat...wow."

La mexicaine s'interrompit. Elle venait de relever la tête vers son serveur. Et la sienne, de tête, lui disait diablement quelque chose. Incapable de se rappeler où elle avait pu voir ce jeune homme, elle lui posa donc la question qui s'imposait, sourire aimable, un brin amusé, aux lèvres.

"Dites, cela va vous paraître étrange, mais votre tête m'est familière... On se connaît ?"

Ce n'était pas rare qu'une telle chose arrive à Luisa au Mexique, son pays natal, où elle faisait partie des têtes connues et avait rencontré énormément de monde. A la Nouvelle-Orléans cependant... beaucoup moins.

Bon sang, mais de qui s'agissait-il...
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MessageSujet: Re: Comme un air de famille...   Comme un air de famille... Icon_minitimeMer 15 Mai - 9:45

Nathan avait failli dégainer son carnet, puis s'était ravisé : inutile de noter la commande qu'il allait immédiatement servir. Commande qui, par ailleurs, mettait du temps à venir. Le serveur attendit patiemment que sa cliente se décide. Elle paraissait circonspecte. Peut-être avait-elle du mal à choisir... Peut-être était-elle habituée à avoir plus d'options. Pas le problème de Saul. Quant à Nathan, il savait que son travail consistait maintenant à attendre une réponse quelconque et à y réagir avec son amabilité habituelle.

Le choix vint enfin. Nathan entama un mouvement en direction de la bouteille élue. Il fut interrompu par une exclamation parfaitement inattendue, qui lui dressa instantanément les cheveux sur la tête. Ce genre de réactions de mauvaise augure, c'était ce que Saul craignait depuis le moment où il avait décidé qu'il était resté ici trop longtemps. Sourd aux sueurs froides qui coulaient dorénavant contre ses oreilles et dans son dos, le marchand de mort se fit violence pour ne pas donner la moindre impression qu'il avait accusé le coup. Il força ses traits à une impassibilité qu'ils ne perdirent que pour afficher un étonnement discret, puis il se tourna vers la cliente en donnant l'air de ne pas comprendre ce qui la perturbait tant. Ce qui n'était pas tout à fait faux.

"Dites, cela va vous paraître étrange, mais votre tête m'est familière... On se connaît ?"

Les sueurs froides redoublèrent d'intensité. C'était donc bien ce qu'il avait redouté. Hors de question de céder à la panique, cependant : il rentra de plus belle dans son personnage, tout en gardant en tête sa plus sombre identité. Il commença par effectivement atteindre la bouteille de tequila, qu'il ramena avec lui tandis qu'il inspectait son interlocutrice attentivement. Il n'avait pas souvenir de l'avoir déjà croisée au Oogie Boogie - à en croire ses réactions, c'était de toute façon la première fois qu'elle venait ici. Il ne se rappelait pas non plus l'avoir vue, et encore moins lui avoir parlé, alors qu'il arborait le visage de Caïn. En dehors de la Nouvelle-Orléans ? C'était très improbable, d'autant qu'il était presque impossible de faire le lien entre deux de ses visages, grimé comme il pouvait l'être. Il afficha une moue incrédule et hocha brièvement la tête de gauche à droite pour illustrer son affirmation :

"Désolé mais je ne crois pas..."

Retour au travail, maintenant, en espérant qu'elle passerait rapidement à autre chose. Il y avait bien une autre raison pour laquelle elle pourrait avoir l'impression de l'avoir déjà vu, mais mieux valait ne pas parler de malheurs.

"... Un shot, du coup ?"

A moins qu'elle ne veuille la boire autrement.
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MessageSujet: Re: Comme un air de famille...   Comme un air de famille... Icon_minitimeJeu 16 Mai - 17:53

Luisa continuait d’observer le jeune serveur, lèvres pincées. Il venait évidemment de lui dire qu’ils ne se connaissaient pas. Cela ne l’étonnait pas vraiment : c’était la première fois qu’elle mettait les pieds dans ce night-club, et l’homme n’avait pas donné l’impression de l’avoir reconnue. Ils ne devaient donc effectivement pas se connaître.

Et pourtant, il y avait quelque chose qui faisait tiquer la mexicaine. Comme une idée qui lui titillait l’arrière du crâne et qui ne voulait pas sortir, quelque chose qui lui disait que même si il ne la connaissait pas, elle le connaissait. Ou connaissait quelque chose en rapport avec lui. Sa tête lui était vraiment beaucoup trop familière.

« Hum… »

Pas convaincue. C’était bien mal connaître la cheffe d’entreprise de penser qu’elle allait se contenter d’une telle réponse. Il était particulièrement difficile de la convaincre de laisser tomber quoi que ce soit, et son instinct lui disait qu’elle était sur une piste. De quoi ? Aucune idée. Mais elle finirait bien par le découvrir.

« Sel et citron. Vert, si possible. »

Quelques secondes plus tard, elle tendit le doigt vers le serveur.

« Oh ! A moins que vous ayez du chile ? Les vodouns sont plutôt épices-friendly si je ne m’abuse… »

Un moyen détourné de savoir s’ils avaient pu se croiser par hasard des années plus tôt sur une île ? Peut-être… Mais il n’avait clairement pas l’air assez vieux pour ça, il aurait eu quoi ? Quatre, six ans ? Le seul humanoïde de cet âge auquel elle avait prêté attention avait toujours été Esteban.

La pensée de son neveu appela aussitôt son portrait dans son imaginaire mental. Elle essaierait de le sortir à nouveau, maintenant qu’elle était de retour. Elle n’aimait pas le voir aussi renfermé sur lui-même. Heureusement, Karl avait probablement dû lui rendre visite pendant son absence…

« C’est ça ! »

La mention du Norme avait appelé une autre image, qui s’était aussitôt superposée à celle du serveur qui préparait sa commande. Elle sourit de toutes ses dents, ravie d’avoir réussi à résoudre ce mystère.

« C’est fou ça, vous lui ressemblez comme deux gouttes d’eau… Vous n’auriez pas un frère, par hasard ? »

Luisa, ou l’art de viser en plein dans le mille tout en mettant les pieds dans le plat.
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MessageSujet: Re: Comme un air de famille...   Comme un air de famille... Icon_minitimeJeu 27 Juin - 14:14

Il était plutôt content d'avoir détourné l'attention de son interlocutrice sur sa boisson... Cependant, il ne se faisait pas non plus trop d'illusions. Elle allait probablement continuer à réfléchir jusqu'à trouver la raison pour laquelle son apparence lui rappelait quelque chose. Restait à espérer que ladite raison était anodine.

En attendant il voulait bien lui servir tout le sel et tout le citron vert du monde, si cela pouvait la faire taire. Et si elle voulait du chile, elle l'aurait aussi. Nathan avait été formé et connaissait donc tous les produits proposés par l'établissement. Le Oogie Boogie disposait en effet d'une généreuse collection d'épices et de denrées à base d'épices, même si il aurait été incapable de dire si il devait cela aux habitudes culturelles de ses gérants. Si on demandait à Saul, ce dernier répondrait que ce qui caractérisait les vaudouns à ses yeux, c'était surtout l'odeur de charogne pourrie qu'ils lui évoquaient.

Nathan décocha un large sourire et hocha la tête en signe d'assentiment.

"Je devrais pouvoir trouver ça."

Il s'éloigna brièvement le temps d'aller chercher tout ce que Luisa avait demandé, puis il revint pour lui servir, en accompagnement de l'alcool qu'elle avait choisi au préalable.

« C’est ça ! »

... oh que ses épaules étaient nouées. Il lui fallait pourtant donner le change et ne surtout pas montrer sa tension. Cette cliente était stressante. Alors qu'il s'était presque convaincu qu'elle avait finalement lâché l'affaire, voilà qu'elle revenait à la charge sans prévenir. L'air de rien, il leva le nez de son oeuvre récemment achevée. Il affichait une interrogation distraite.

« C’est fou ça, vous lui ressemblez comme deux gouttes d’eau… Vous n’auriez pas un frère, par hasard ? »

... Saul eut l'impression de sentir un seau d'eau froide s'écraser sur sa tête. Lui qui mentait/jouait la comédie comme il respirait eut tout le mal du monde à ne pas accuser le coup. En proie à une panique silencieuse, il essayait de faire taire son besoin primitif de fuir à toutes jambes. Il essayait de se raisonner : c'était probablement une coïncidence. Fâcheuse, d'un humour douteux, mais une coïncidence quand même. Cette ville était grande, quelles étaient les chances pour que cette femme connaisse effectivement son frère ? Le bougre n'était pas exactement célèbre, même si il fréquentait une racaille qui l'était nettement plus. Il ne pouvait tout de même pas s'être laissé avoir par les paparazzis alors qu'il traînait à proximité de sa sangsue de compagnie ? Non. De toute façon, le mort-vivant avait disparu de la circulation. Personne ne semblait savoir où il était. Plus de cadavre ambulant, plus de photos malencontreuses dans la presse à scandales.

Qu'avait-il décidé, pour Nathan, déjà ? Il connaissait habituellement son rôle par cœur, mais son interlocutrice lui avait fait perdre ses moyens. Il ne fallait pas qu'il invente une autre version que celle à laquelle il s'était jusqu'à présent cantonné. C'était comme ça qu'on se faisait avoir. Suite à un bref silence interdit, Nathan leva un sourcil interloqué et afficha un pâle sourire d'excuse.

"... Non, j'ai deux soeurs cadettes, l'une au lycée et l'autre qui est encore en primaire. Je ne savais pas que j'avais un sosie."

Et d'échapper un rire poli. Dieu seul savait comme Saul n'avait pas envie de rire à cet exact moment.
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MessageSujet: Re: Comme un air de famille...   Comme un air de famille... Icon_minitimeVen 28 Juin - 22:02

La réponse du serveur ne donnait pas l'impression d'avoir saisi le sens caché de la question de la mexicaine. Soit ce n'était pas un vodoun, soit il n'avait pas particulièrement envie de se dévoiler à la première inconnue à qui il servait un verre, ce que Luisa pouvait comprendre. Dans tous les cas, quelque chose lui disait qu'elle était sur une fausse piste. Elle acquiesça rêveusement, histoire de montrer qu'elle avait prit connaissance de ce qui venait d'être dit, mais son esprit continuait de tourner afin de trouver le chaînon manquant...

...Jusqu'à Tebi. Puis Karl, qui fut la révélation. Révélation qu'elle s'empressa de partager au serveur qui la regardait de façon vaguement intriguée. Pas de quoi renforcer le trait et heureusement pour lui, car sinon "Nathan" aurait eu bien du mal à parvenir à faire croire quoi que ce soit à la mexicaine et à son instinct hors-normes.

Néanmoins, le silence du serveur pouvait être interprété de plusieurs manières. Il ne s'attendait vraisemblablement pas à une telle conclusion de la part de la cheffe d'entreprise. Soit parce qu'il n'avait jamais entendu une question pareille (ce qui se tenait), soit parce qu'elle venait de mettre le doigt sur quelque chose.

Malgré l'univers dans lequel elle avait été élevée, celui dans lequel elle évoluait à présent et tout ce dont elle avait pu être témoin au cours de sa vie, la cadette Selva Moreno n'était pas prompte à la paranoïa. Le silence du serveur lui parut somme toute normal, d'autant qu'il pouvait s'expliquer par le fait qu'il disait n'avoir que des sœurs : se voir affubler d'un frère avait donc de quoi étonner. Et pourtant, à la mention d'un sosie, la brune ne put faire autrement que de surenchérir.

"C'est impressionnant, la ressemblance est particulièrement troublante..."

On sentait à son ton qu'elle était encore un peu dubitative, pas dan le sens où elle doutait des paroles du serveur, mais plutôt parce qu'une coïncidence de ce genre laissait toujours un peu pensif. Luisa prit son verre et trempa brièvement ses lèvres dans la tequila (comment voulez-vous la goûter autrement ?) avant de le reposer avec ce petit quelque chose dans le regard que ses proches -surtout Esteban- avaient appris à repérer comme une alerte à "plans foireux".

Mais bien évidemment, personne ne les nommait comme tels. Ce n'était pas convenable.

"Est-ce que vous me laisseriez prendre une photo, pour la lui envoyer ?"

Dans son malheur, Nathan avait tout de même beaucoup de chance : il était rare que Luisa explique ses plans foireux avant de les mettre à exécution. Généralement, les victimes se contentaient de subir les humeurs de la mexicaine, et les conséquences positives comme -surtout- négatives qui allaient avec. Seulement, il s'agissait d'un sujet sensible : la brune avait eu affaire aux paparazzis plus souvent qu'à son compte et avait un rapport très controversé à ces derniers. Elle prenait donc bien plus au sérieux la notion de droit à l'image que beaucoup -trop- d'autres choses.

Heureusement pour "Nathan", qui avait encore une chance de s'en sortir.
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MessageSujet: Re: Comme un air de famille...   Comme un air de famille... Icon_minitimeJeu 11 Juil - 19:20

"C'est impressionnant, la ressemblance est particulièrement troublante..."

Au goût de Saul, c'était l'insistance de cette femme, qui devenait un peu troublante... Quelles étaient les chances pour qu'il ait un sosie dans cette exacte ville où vivait son frère, SANS qu'il s'agisse effectivement de son frère ? Elles étaient probablement bien maigres. Il devenait urgent pour lui de rompre tout contact avec son interlocutrice, et a fortiori avec le Oogie Boogie club. Ça avait fini par arriver : sa couverture était compromise.

Il écoutait d'une oreille ce que lui disait la cliente et réagissait distraitement à ses gestes et à son contact visuel, mais Saul était déjà en train d'imaginer un plan d'évasion. Peu importait qui était réellement cette connaissance à laquelle Nathan ressemblait tellement, Saul ne pouvait pas se permettre le moindre risque qu'elle amène Karl jusqu'à lui. Par conséquent il lui fallait agir comme si le pire pouvait arriver à tout moment.

Et en parlant de pire... Voilà qu'elle lui demandait une photo. Son sang ne fit qu'un tour. Une QUOI ? Non mais elle n'était pas bien ? C'était bien évidemment hors de question et il ne s'embêta pas à cacher sa réticence dans l'attitude de Nathan. Il y avait plein de gens qui refusaient les photos, et il comptait bien jouer là-dessus pour se tirer d'affaire.

Ignorant son coeur qui battait à tout rompre il leva les mains face à lui comme pour stopper Luisa. Il lui laissa à peine le temps de terminer sa phrase.

"Ah je... Désolé mais je déteste les photos, surtout sur ces téléphones... Maintenant, tout est immédiatement stocké sur le cloud et on ne sait pas exactement ce qu'ils font avec..."

Si par malheur elle transportait sur elle un polaroid caché, il faudrait qu'il trouve une seconde excuse, mais il était probablement tiré d'affaire. Par contre, et si il voulait éviter le moindre soupçon, à ce stade il allait falloir qu'il donne le change. Qu'il cesse de paraître exclusivement sur la défensive, et de vouloir absolument changer de sujet.

"Cela dit vous me rendez curieux... Vous avez une photo de lui sur vous ? Enfin. Si ce n'est pas trop indiscret étant donné que je ne veux pas vous laisser prendre la mienne."

Et d'afficher un léger sourire amusé. Si elle obtempérait, cela lui permettrait aussi de confirmer ses craintes... Ou de les infirmer, dans le meilleur des cas.

... Une photo. Elle en avait d'autres, des idées de ce genre ? On ne prenait PAS le marchand de mort en photo. Jamais. Si elle ne lui lâchait pas la grappe, elle allait finir par lui causer un malaise cardiaque... Jamais dans sa carrière il ne s'était trouvé dans une position aussi délicate. Tout ça à cause de la négligence de ses supérieurs. Ou de leur trahison. Saul ne voulait pas y croire... Et pourtant, l'éventualité lui apparaissait de plus en plus nettement comme étant la seule qui tenait encore debout.

... Mais pourquoi ?
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