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 Faë's Anatomy: Saison 9 épisode 13

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AuteurMessage
Artémis Cyan
Wiccans
Artémis Cyan

Identification
Emploi: Libraire/Grand Mage de la Nouvelle Orléans
Age apparent: Une petite soixantaine
Dangerosité:
Faë's Anatomy: Saison 9 épisode 13 Vote_lcap19/30Faë's Anatomy: Saison 9 épisode 13 160125120054759347  (19/30)

Faë's Anatomy: Saison 9 épisode 13 Vide
MessageSujet: Faë's Anatomy: Saison 9 épisode 13   Faë's Anatomy: Saison 9 épisode 13 Icon_minitimeJeu 11 Avr - 14:15

Une petite musique, légèrement étouffée, s’éleva dans la pièce principale de la Plume Bleue. L'après-midi tirait vers sa fin, et le rythme bien plus tranquille de la librairie n'était plus qu'une attente langoureuse de la fin de la journée pour pouvoir retourner s'asseoir derrière son alambic. Pour tuer le temps, Cyan remontait tous ses rayonnages pour les ordonner selon le classement indiqué. Il n'était pas rare qu'au fil des journées certains clients ne replacent pas le livre au bon endroit, voir qu'ils le déposent à l'autre bout de la pièce.
Le vieil homme réajusta les trois pièces de théâtre qu'il avait sous la main, puis se dirigea vers le comptoir. Il décrocha le téléphone d'un geste vif.

-La Plume Bleu, Cyan, j’écoute.

Une voix visiblement paniquée se mit à parler à toute vitesse contre son oreille. Le libraire, l'air de rien, reprit son travail en coinçant le combiné dans le creux de son épaule lorsqu'il lui fallait attraper un livre. Le flot de parole était saccadé, mélangé, empli de panique, et semblait avoir l'obscur but de lui faire savoir quelque chose. Alors qu’il tendait la main pour ranger un exemplaire de carte de la Caroline du Nord qui avait trouvé sa place deux étagères trop haut, il s’immobilisa net.

-… Je vous demande pardon ?

La voix repris. Le vieil homme se redressa, l’air soudainement bien plus attentif à ce que lui racontait la voix au téléphone. Il n'avait ni l'air paniqué, ni l'air spécialement touché par ce que lui disait son interlocuteur. Mais entre avoir l'air et être, il avait toujours eu un pas énorme.

-Depuis combien de temps ?

Il jeta un coup d’oeil dehors, puis à l’écran d’ordinateur encore allumé sur le comptoir. Il pouvait fermer quelques minutes plus tôt, personne ne lui en tiendrait rigueur. Au pire, il mettrait ça sur le compte de sa vieillesse.

-Vous avez mon adresse ? Alors rappliquez. Et en vitesse.

La voix du vieil homme s’était faite tranchante. Il posa le téléphone, retourna le panneau sur la porte d'entrée - qui claironnait désormais à l'encre bleu que la librairie était fermée - puis se dirigea à grand pas vers son arrière-boutique. Visiblement, il y avait quelques réformes à faire du côté de la jeunesse Wiccane de la Nouvelle-Orléans. Il s'arrêta cependant à quelques pas de la porte de son atelier, et fit demi-tour. Il n'y remis les pieds qu'une fois la carte de la Caroline du Nord rangée.



***


-Mettez-le sur la table.

A la suite de l’alchimiste entrèrent deux jeunes femmes, portant un homme entre elles. A grand renfort de grognements et d’injures à peines murmurées, elles le hissèrent sur la table centrale de l’atelier du magicien, dégagée spécialement pour l’occasion. Confortablement installé dans le large fauteuil en cuir de son maître, dans un coin de la pièce, Gelt observait ce qui se déroule sous ses yeux avec une attention accrue. Le bout de corde épais sur lequel il faisait ses dents avait roulé au sol dans une fine traînée de bave, mais il s’en moquait ostensiblement.

Sur le meuble central gisait donc un homme. Il était livide, le fond fiévreux. Ses lèvres étaient à demi-ouvertes et frémissaient périodiquement. Ses traits étaient creusés, ses yeux clos, son pouls particulièrement faible. Et pourtant, bien qu’il soit aux portes de la mort, le jeune homme était remarquablement beau. Ses cheveux dessinaient une couronne de jais autour de son visage qui semblait taillé dans le marbre ; sa silhouette, alors qu’il avait été presque jeté à bout de bras sur un établi, lui donnait une posture digne des gisants ornant les plus beaux tombeaux.

Le vieil homme récupéra les pots et les sachets qu’il avait déjà pré-sélectionné avant l’arrivée des 3 jeunes gens. Les deux qui n’étaient pas évanouies sur la table se tenaient plantées près de la porte, visiblement mal-à-l’aise, tandis que l’alchimiste s’affairait entre ses potions et ses poudres. Cyan ne les avait regardé qu’une fois, lorsqu’elles avaient passé la porte d’entrée. Depuis, son regard trouvait toujours soigneusement un autre endroit où se poser. Dans un mortier, il entreprit de broyer quelques herbes séchées auxquelles il ajouta une goutte de liquide ambrée. A l’odeur entêtante des bâtons d’encens qu’il avait allumé avant leur arrivée s’ajouta celle (plus discrète) des herbes médicinales.

-Quel sortilège ?

Les deux filles se lancèrent un regard mal-à-l’aise. Finalement, ce fut celle de droite -grande, brune, avec des yeux noirs et des dents légèrement de travers- qui prit la parole.

-On voulait voir si on pouvait s’en servir de… batterie pour nos sortilèges, histoire qu’ils se maintiennent et se rénovent tous seuls.

A l’aide d’un pinceau, Cyan entreprit d’étaler la pâte obtenue sur le front et les joues du gisant. Puis, il ouvrit sa chemise et continua à dessiner sur son torse.

- Et ?

Nouveau silence mal-à-l’aise.

-Et il s’est mis à suffoquer, à trembler, avant de s’évanouir. Depuis qu’on est parti, il semble aller de moins en moins bien. Il était encore à peu près conscient quand on vous a appelé. On ne sait pas ce qui n’a pas marché.

Le vieil homme posa son pinceau, et contourna la table. Il se dirigea vers un angle de la pièce, près du grand fauteuil dans lequel Gelt s’était installé et dont il n’avait pas bougé depuis l’entrée des Wiccanes, et attrapa dans une corbeille une pomme rouge. Reprenant son pinceau, il dessina quelque chose sur la moitié du fruit.

-Et en quelle occasion l’avait vous rencontré ?

Cette fois, ce fut celle de gauche qui répondit. Si il n’y eut pas de silence particulièrement long, le rose grimpa rapidement aux joues de sa voisine.

-Dans un bar. Il s’est vanté d’être un faë, semblait passablement ivre, et apparemment on lui avait tapé dans l’oeil. Alors…

-Vous avez sauté sur l’occasion.

Cet fois, le silence mal-à-l’aise reprit ses droits, penchant discrètement vers le honteux. Cyan, une fois satisfait de son dessin, croqua le fruit à pleine dent.
Le goût était atroce et envahissant. C’était comme mordre dans de la chair avariée, ou prendre une cuillerée de vase. Il retint un haut le coeur de justesse, et recracha le morceau (en outre, parfaitement sain) sans cérémonie sur le sol, à la surprise des deux filles. Il reposa la pomme sur la table et se mit à tousser bruyamment. Après un instant de réflexion, il alla se chercher un grand verre d’eau. Ça n’avait pas grand effet, mais il faudrait faire avec.
Le visage grimaçant, le vieil homme rassembla d’autres fioles et d’autres herbes. Il se passa la langue sur dents de manière presque machinale, cherchant à en nettoyer le goût infect.

-Cela ne répond pas à ma question, cela dit. Quel sortilège ?

-Le... le Syphon. Le Syphon d'Alexandre.


Cyan marqua un court silence, mélangeant d’autres potions dans un autre mortier. A nouveau, il passa sa langue sur ses dents. Il ne parvenait pas à se débarrasser du goût - et rien que d'y penser, il avait la nausée.

-Intéressante théorie. Simpliste et visiblement dangereuse, mais intéressante néanmoins. L’énergie magique est trop complexe pour le sortilège du Syphon, a fortiori l’énergie magique Faërique.

Le vieil homme lâcha son pilon et pour la première fois depuis qu’elles étaient entrée, planta ses yeux bleus dans le regard des jeunes femmes.

-C’est un sort qui sert à allumer des ampoules sans passer par des fils, mesdemoiselles, ou à jouer avec des petites sources de lumières. Pas à manipuler des flux de magie pure.

Les Wiccanes baissèrent la tête. Cyan prit un deuxième pinceau, et se mit à dessiner d’autres symboles sur la deuxième moitié de la pomme. Il en rajouta quelques uns sur le torse du jeune homme étendu, et croqua dans le fruit. Cette fois, l’aliment n’avait ni goût ni consistance. Au mieux sentait-il vaguement un léger courant d’air chaud passer sur sa langue. Cyan recracha à nouveau le morceau de pomme, mais cet fois dans un récipient. Non pas parce que le goût était intenable, mais bien parce que les risques d’étouffement étaient ridiculement élevés.

Cyan prit les noms des deux jeunes femmes, et les renvoya sans plus de cérémonie. Il s’occuperait d’elles plus tard. Pour l’instant, sa priorité était de soigner un Faë dont il ne connaissait rien. Ni l’anatomie, ni les traitement médicaux habituels, ni la sous-espèce. Une vraie partie de plaisir, somme toute.
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Faë's Anatomy: Saison 9 épisode 13

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