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 Les aventures de Tintin dans le bayou. [PV: Artémis]

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Alexander Dane
Wiccans
Alexander Dane

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Emploi: Psychiatre / Psychologue / Mage de la Trinité
Age apparent: 51 ans
Dangerosité:
17/30  (17/30)

MessageSujet: Les aventures de Tintin dans le bayou. [PV: Artémis]   Mer 30 Jan - 14:47

Si notre cher Alexander avait bien vécu de longues années à la campagne, il commençait à être loin le temps où il arpentait champs et bosquets muni d’une paire de bottes épaisses et d’un imperméable indispensable à ce genre de vadrouilles. Il aimait ça, terriblement, durant son enfance. Mais aujourd’hui, c’était bien différent. Oh, il prenait toujours plaisir à se balader dans les oasis de verdures peuplant la Nouvelle-Orléans, mais sûrement manquerait-il de confiance en lui si on lui demandait de se rendre de nouveau sur des terrains labourés, la boue jusqu’aux genoux, pour le simple plaisir de prendre l’air. La vie urbaine vous affecte de manière fulgurante et il est souvent difficile, par après, de retourner à ses racines rurales et de retrouver les réflexes d’une telle vie. Et pourtant, il ne doit pas y avoir ironie plus cinglante que celle d’un wiccan qui n’est pas euphorique de se rendre en pleine nature. Mais la vie est ainsi faite et probablement que, à la fin de sa très longue vie, le Mage de la Trinité retourna là où ses pieds se posèrent pour la première fois et retrouverait plaisir à barouder dans de tels décors.

Mais aujourd’hui, à cet instant précis, ce qu’il s’apprêtait à faire ne l’enchantait pas vraiment. Avec son supérieur, le Grand Mage, ils avaient convenu du fait qu’il fallait reprendre la confiance de la communauté wiccane de la Nouvelle-Orléans. Et après mure réflexion, il a été convenu qu’il fallait commencer par les foyers les plus laissés pour compte lors des divers rassemblements ou même simplement des prises de décisions. Ceux qui vivent dans les alentours de la Nouvelle-Orléans, qui sont aussi inaccessibles qu’ils n’ont pas envie de l’être. Alexandre n’avait pas vraiment eu l’occasion de se balader dans le bayou depuis son arrivée dans la région. En règle générale, il n’avait rien à y faire de toute façon et une bonne moitié de l’année c’était carrément dangereux. Mais il y avait des gens à qui cela ne faisait pas peur du tout et c’est eux que le psychologue et Artémis comptaient débusquer pour avoir une discussion et essayer de regagner leur confiance et leur intérêt pour la communauté.  

Les deux mages s’étaient donnés rendez-vous à la librairie du vieil homme. Alexander avait amené sa voiture, quand bien même elle ne serait peut-être pas utile jusqu’au bout du voyage. C’était une petite citadine noire électrique, bien pratique pour se déplacer à la Nouvelle-Orléans, confortable, mais lorsqu’il s’agissait de partir en vadrouille dans la campagne c’était une autre paire de manches. Mais bon, le psychologue faisait confiance à sa monture, elle parviendrait à les mener à bon port. Littéralement à bon port, car pour sillonner le bayou et en atteindre les coins plus reculés, mieux valait louer une petite embarcation pilotée par un guide chevronné… et membre de la communauté, si possible. Sinon, ce serait d’autant plus difficile de lui expliquer la démarche des deux hommes. Alors, Alexander était un petit cachotier sur ce coup. Il avait bien expliqué au Grand Mage l’étape voiture du périple, mais avait omis d’évoquer le passage en barque, de peur de trop refroidir son supérieur. C’était peut-être un peu cruel de faire une telle surprise à un homme de cet âge, mais l’avenir de la communauté primait avant tout !

Prévoyant, Alexander avait revêtu, pour l’occasion, une tenue qu’il enfilait rarement pour ainsi dire. Un pantalon en tissu résistant et imperméable, une paire de bottes et une veste épaisse et chaude sans être trop perméable également. Il ne fallait pas oublier que l’on était toujours en hiver. Quand on y pense, dans quel bourbier allaient-ils s’empêtrer ces deux-là ? A vrai dire, le mage de la Trinité n’était pas vraiment inquiet de son côté. Il avait consacré la journée précédente à graver et consacrer une paire d’amulettes toutes neuves en bronze pour lui et Artémis qui, il l’espérait, leur apporteraient protection et fortune dans leur entreprise. Peut-être que se voir offrir cette protection ferait plus passer la pilule du bateau dans les marais ? Puis peut-être aussi que le Grand Mage serait ravi de partir en vadrouille, finalement ? Qui était Alexander pour juger. Il avait le droit d’être inquiet, pour sûr, mais on ne pouvait pas être certain de la réaction du libraire. S’il s’écoutait, le wiccan ferait tout de même une prière furtive pour que ce soit véritablement le cas. Il était rarement conseiller de fâcher un Grand Mage, quand bien même on faisait partie de son entourage.

Appuyé contre sa petite voiture, l’aboiement de Zéphyr, à l’arrière de la citadine, fit sortir Alexander de ses pensées. Il se tourna vers son petit cocker qui s’excitait sur la couverture disposée sur les sièges arrières, rien que pour lui. Son propriétaire avait estimé que c’était une bonne idée que de l’emmener avec eux. Il avait rarement l’occasion de sortir ainsi en pleine nature et, encore une fois, peut-être que la carte de l’adorable chien adoucirait l’humeur d’Artémis. Le psychologue n’avait pas sorti son diplôme d’une pochette surprise et il comptait bien user de tous ses atouts pour que cette journée se passe au mieux. Mais si Zéphyr avait aboyé d’un seul coup, ça n’était pas pour rien et la porte de la librairie se mit à bouger, faisant tinter la clochette à l’intérieur qui servait à avertir le patron de l’arrivée d’un nouveau client. Alexander esquissa un sourire derrière sa barbe drue, leur périple pouvait enfin débuter.

- Bonjour, Artémis. J’espère que vous allez bien ? Lança-t-il à l’intention du Grand Mage.
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MessageSujet: Re: Les aventures de Tintin dans le bayou. [PV: Artémis]   Ven 1 Fév - 22:28

La boutique était silencieuse. Tous les livres sommeillaient tranquillement sur leurs étagères, impeccablement rangés et triés par genre et nom d’auteurs. On aurait dit une véritable volière : de toutes les formes, de toutes les tailles et de toutes les couleurs, plongés dans la pénombre, la multitude d’oiseaux en papier reposait sur ses étagères de bois. Comme endormis.

On avait récemment fait le ménage. A l’odeur du papier et d’un discret parfum de sapin se joignait les effluves ténues d’un quelconque produit ménager, qui flottait paresseusement dans l’air. Les étagères les plus hautes avaient été dépoussiérée, le sol nettoyé et le tapis à l’entrée décrassé. Un œil attentif aurait même remarqué que le comptoir, avec son vieil ordinateur, avait était tout autant nettoyé et rangé.
Rien ne montait de l’arrière-boutique. D’ordinaire, on pouvait entendre quelques airs de musique, tirées d’un vieux transistor, ou le clapotis discret d’un alambic de cuivre. Rien, cette fois-ci. En tendant l’oreille, on pouvait percevoir le tic-tac étouffé d’une lointaine horloge, mais même ce rythme semblait lointain, a demi-inexistant. Presque imaginé. On aurait pu croire aux battements d’un cœur timide : on ne l’entendait pas vraiment. On ne le percevait que parce qu’on savait qu’il devait être là, quelque part. Que la boutique ne pouvait pas être réellement silencieuse. Pas complètement.
La lumière d’hiver s’infiltrait difficilement dans le bâtiment, fin rayon de lumière froide transperçant les stores tirés et se glissant par les fentes des vieux volets. Dehors, le ciel était nuageux, couvert de nuées oscillant entre le blanc et le gris. Le vent froid, qui soufflait de temps en temps dans la rue, ne s’entendait pas au rez-de-chaussée : il aurait fallut monter à l’étage. Même le bruit des voitures semblait étouffé.

Il n’était pas très tôt : et pourtant, entrer maintenant dans la boutique aurait été comme entrer dans une chambre à coucher aux aurores. Tout paraissait encore en sommeil, en pleine torpeur. Tranquille, peut-être, mais surtout silencieux et immobile.
Personne n’y entrait, pourtant. La Plume Bleue n’était pas une gigantesque librairie, elle ne recevait jamais une clientèle très dense. Mais aujourd’hui était un jour encore plus vide que les autres, puisque pas un client n’avait fait sonné la clochette depuis que le propriétaire y était descendu.
Pour leur défense, on était Dimanche.

Cyan était la seule personne dans la boutique. Il était assis à son comptoir, ordinateur éteint. Crayon à la main, il griffonnait des choses sur un bout de papier, lisant, corrigeant, annotant presque dans un même tour de main. Le bruit de la mine de carbone sur la feuille flottait seul dans l’air. Le vieil homme avait les traits légèrement tirés, mais ses yeux bleus pétillaient d’une réflexion toute autre. On n’aurait pas trop sût dire où il était, ni véritablement ce à quoi correspondaient les chiffres et les notes qui s’entassaient sur le papier sous son nez. Mais il paraît peu probable que quiconque se serait essayer à le tirer de son travail.

Soudain, Cyan s’immobilisa et releva la tête. Un battement de cils plus tard, la silhouette d’une voiture se profilait au travers du store de bois, se garant devant le perron. Le vieil homme jeta un rapide coup d’oeil à la petite montre posée sur le panel de bois. Dane était parfaitement à l’heure. Il posa son crayon, et entreprit de mettre un peu d’ordre dans ses papiers. Tous deux avaient convenu d’un déplacement dans le bayou, à la recherche des branches les plus éloignées de la communauté Wiccane. Cyan marqua une petite pause, puis prit deux feuilles parmi toutes, les plia d’un geste sec et les glissa dans la poche de sa veste. Le reste, il le fit disparaître dans un tiroir du meuble. Il recula son tabouret à roulette, attrapa sa canne et siffla deux notes.
Ils partaient en expédition dans le Bayou, probablement dans les recoins les plus obscurs. Cela méritait au moins quelques protections, contre le milieu si ce n’était contre les bêtes sauvages. Il avait vaguement envisagé de prendre une tenue plus adaptée à ce genre d’escapade, comme des bottes et des vêtements imperméables.
Le libraire contourna son comptoir. Il portait son habituelle redingote bleue, un pantalon sombre et chaud, ses bottines de cuir usées, habituée à battre le pavé bien plus que le sol spongieux d’un marais. Il n’avait pas non plus prit de bâton de marche quelconque, et serrait dans sa main la même canne que d’habitude, noueuse, en bois sombre et à la base ferrée. Réagissant à son appel, surgissant de l’arrière-boutique, Gelt rattrapa son maître alors qu’il tirait une aiguille d’on ne sait trop où. Le vieil homme se piqua le pouce, et laissa tomber une goutte vermillon sur un petit pendentif de bois évoquant vaguement une larme, suspendu sous le comptoir.

Puis il se pencha, et attrapa un vieux sac à bandoulières posé au sol. Il n’aimait pas véritablement arriver chez des gens les mains vides. Il se dirigea vers la porte, puis hésita un court instant. On était en plein hiver, et il s’apprêtait à partir en expédition dans la forêt des ombres, sans trop savoir où exactement, pour rencontrer des gens dont il n’était pas exactement sûr de la réaction. Il aurait parut complètement inconscient de s’y rendre non préparé, vêtu comme si il partait chercher son pain, sans protection aucune contre le froid, les animaux sauvages, le terrain escarpé pour son âge et les autres conditions concrètes du voyage.
Bénissant sa prise de conscience, il attrapa une écharpe grise sur le porte manteau et sorti accueillir le Mage de la Trinité.

-Bonjour, Alexander. Je vais bien, merci. Et vous même ?

Le vieil homme lui avait rendu sa salutation sur un ton cordial, aussi froid que d’habitude, adjoint de son habituel demi-sourire. Ses yeux dévièrent rapidement d'Alexander, cela dit, pour glisser vers sa voiture. Le Grand Mage ne changea ni d'expression ni de ton. Peut-être une fugace lueur espiègle passa-t-elle dans ses prunelles, et son sourire gagna-t-il un demi-millimètre. Ou peut-être était-ce simplement un effet d'optique. Son ton n’avait rien de méchant, mais s’était doté d’une pointe d’amusement.

-Vous cachez un bateau dans votre coffre ? Je doute que nous puissions aller aussi loin que ce que nous avions prévu avec votre voiture (c’est très gentil à vous de m'emmener, d’ailleurs).

Gelt trotta jusqu'au docteur, puis fit le tour de la voiture, reniflant discrètement. Cyan se retourna vers la boutique, et verrouilla la librairie d'un tour de clef. Le cliquetis de la serrure sonna étrangement, comme si le mécanisme de la porte (simpliste au demeurant) était bien plus large et complexe que ne le laissait croire le battant de bois.
Il se tourna à nouveau vers son collègue, ses clefs disparaissant en une pirouette dans les plis de ses vêtements. Il s'approcha de lui et lui serra la main. On aurait facilement pu juger la tenue de Cyan parfaitement inadaptée à leur projet commun, à la limite suicidaire au vu de son âge. Pourtant, il suffisait de payer une légère attention à sa simple présence pour sentir la trace discrète de la magie sur lui. Dans ses cheveux, ses vêtements, son écharpe, même. Il en était plus ou moins enveloppé. C’était quelque chose de discret, mais d’entêtant. Le Wiccan paraissait inconscient de ce qui l'attendait, voir ridiculement non-préparé. Ces volutes, pourtant, plaidaient la cause contraire.

-Ça ne vous dérange pas si j'emmène Gelt ?

Le chien s'était arrêté devant la portière arrière, côté trottoir, et fixait quelque chose à travers la vitre. Cyan mit quelques secondes à remarquer, derrière le verre, un cocker plaqué contre la paroi rendant à l'autre chien son regard. Il était parfaitement incapable de se souvenir de son prénom : il ne lui semblait même pas l’avoir jamais connu. Les deux familiers étaient relativement calme, ensemble, se jugeant silencieusement. Savoir si ce statut quo tiendrait était une toute autre histoire. Sa main droite se glissa dans une de ses poches, sans nécessairement que ses yeux ne quittent les deux chiens.

-J'ai eu d'autres idées, dont je peux sûrement vous faire part durant le trajet.Mes connaissances en économie sont trop limitées pour que je réussisse à définir quelque chose qui me satisfasse, mais nous trouverons quelque chose. Un caramel ?

Cyan, main tendue, avait exhumé de sa veste un petit sachet de papier craft et une des feuilles sur lesquelles il griffonnait juste avant.
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