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 Toute la pluie tombe sur toi...

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Gauthier Ovronnaz
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MessageSujet: Toute la pluie tombe sur toi...   Lun 12 Nov - 14:02

Gauthier avait prit ses fonctions depuis un petit moment désormais au sein de l'Administration Vampirique de la Nouvelle-Orléans. Il n'allait pas sans dire que quelques réticences avaient visiblement été émises de la part de la Maîtresse de la Ville à complaire aux exigences du Conseil, mais les choses s'étaient faites plutôt rapidement. Néanmoins, la tâche ne lui serait pas facilitée pour autant. Il fallait être aveugle pour ne pas voir qu'on lui mettait sciemment des bâtons dans les roues, mais c'était quelque chose qu'il pouvait comprendre. Mais, plus généralement, le Vampire était convaincu qu'on essayait de lui cacher des choses, ce qui, par contre, ne jouait pas en la faveur d'Ailin Dyce. Mais si de la mauvaise volonté était démontrée – en toute politesse et savamment cachée – d'un des côtés de l'échiquier, le Majordome faisait contre mauvaise fortune bon cœur et affichait un professionnalisme particulièrement immaculé. Elle souhaitait lui compliquer la vie au maximum, peut-être pour le forcer à jeter l'éponge, mais, malheureusement, les défis étaient généralement une source de motivation supplémentaire. Et même si la position de sa chambre n'était clairement pas adaptée à sa position, il veillait scrupuleusement à ce qu'aucune de ses actions puissent être entachées d'un quelconque reproche. C'était le problème de ne pas être le bienvenu quelque part : la moindre mauvaise action avait le mérite de donner du grain à moudre au moulin de ses adversaires, opportunité qu'il ne comptait pas leur laisser. Toutefois, Gauthier l'admettait volontiers, la résistance dont il faisait l'objet l'amenait à estimer, davantage qu'il ne l'aurait cru, cette personne qu'on lui avait dépeint d'une manière particulièrement... négative. Cela ne l'empêchait pas de penser à sa mission finale, ni d'envoyer régulièrement, quoique discrètement, un rapport d'avancement à son commanditaire, tout en l'avertissant que tout ceci serait un travail de fond et de longue haleine, car il faudrait d'abord gagner une confiance qui semblait bien difficile à obtenir.

Bien entendu, le Vampire cherchait également ses informations à l'extérieur. L'avantage d'être mis à l'écart, était qu'il avait aussi un peu plus de temps libre, puisque, fondamentalement, il n'avait pas à sa charge tous les déplacements de son employeur. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Gauthier profitait généralement de ces occasions pour étendre le champ de ses recherches. Glaner des informations, ici ou là, tenter de connecter des points pour essayer de comprendre et, peut-être à terme, mettre le doigt sur quelque chose de compromettant. Jusqu'à maintenant, il avait fait choux blanc, mais à défaut de trouver de quoi incriminer la Maîtresse de la Ville, il avait pu apprendre deux trois choses sur elle, qui n'étaient pas sans lui déplaire. Peut-être même au contraire. En cette soirée de Novembre pluvieuse, le Majordome remontait l'une des grandes artères du centre-ville, le parapluie à la main, un manteau long recouvrant sa tenue habituelle faites d'un gilet et d'une chemise blanche. La ville, presque toujours animée, s'agitait encore un peu plus sous l'insistance de la pluie : les employés de bureau courraient sous leur serviette à la recherche d'un taxi ou d'une bouche de métro, certains s'entassaient sous des abris de bus et d'autres s'activaient sous un parapluie. La rue vrombissait de moteurs au ralenti, dans ces petits bouchons de fin de journée, si typiques des centres urbains.  Si la pluie continuait ainsi, d'ici quelques heures, seuls quelques braves arpenteraient les trottoirs détrempés, et tout redeviendrait bien plus calme. Indifférent à toutes cette activité inutile, Gauthier bifurqua à l'entrée d'une ruelle. Il ne savait pas vraiment où il avait envie d'aller, mais, ce qu'il savait, c'était qu'il souhaitait un peu plus de calme que l'avenue ne pouvait lui procurer. Quelques pas dans la ruelle lui suffirent à s'exiler du grondement assourdissant, le laissant seul avec le bruit de la pluie sur son parapluie et l'écho de ses pas sur les murs des bâtiments qui flirtaient avec le ciel.

Dans ce silence presque ininterrompu, il retrouva finalement assez d'espace pour réfléchir, mettre à plat ses données récentes et mettre en place ses prochains mouvements. C'était, bien entendu, sans compter sur quelque chose qui attira son regard quelques mètres devant lui. Une petite masse, sombre, malingre et immobile, qui reposait dans l'angle entre le sol et le mur. Un mendiant ? Généralement, ils ne persistaient pas, surtout quand le temps tournait au vinaigre comme cette nuit. Mais, quelque chose n'allait pas, ou, plus exactement, il y avait quelque chose de... familier. Il s'approcha sans crainte – conscient que si, des deux, il devait y avoir une menace, elle venait probablement de lui – et un léger sourire s'esquissa sur ses lèvres au fur et à mesure qu'il s'approchait. Il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour comprendre pourquoi il avait eu cette sensation familière. Une fois encore, le hasard la mettait sur sa route. La petite vendeuse de fleurs et son chariot, qui se trouvait derrière elle et qu'il n'avait pas reconnu tout de suite car il n'était plus autant fourni que lors de leurs dernières rencontres. Il poursuivit sa réduction de l'espace les séparant et s'arrêta à quelques centimètres d'elle, baissant la tête vers une silhouette détrempée. Il avait tendu son bras pour que son parapluie les couvre tous les deux. « Aimez-vous donc tant la pluie pour ne même pas chercher à vous en abriter un minimum ? » Sa voix était étrangement curieuse et loin d'être moqueuse. « Je sais que des personnes comme nous ne peuvent pas attraper froid, mais là, c'est quand même plutôt ridicule, vous ne trouvez pas ? » Nul doute qu'elle l'avait reconnu, peut-être même avant qu'il ne prononce le moindre mot. Il avait apprit à ne pas la sous-estimer, après tout, elle avait réussi à trouver son nom et démontré qu'elle était capable de bien des choses. Il s'en méfiait peut-être autant qu'elle ne l'attirait par son mystère, si ce n'était plus.
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Elena Tsvetanov
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MessageSujet: Re: Toute la pluie tombe sur toi...   Mar 13 Nov - 20:53

Il y a leurs chaussures qui sur le pavés humides, claquent. Leurs semelles qui écrasent les flaques. Leurs dents se cognent, leurs lèvres tremblent, leurs cheveux se collent contre leur front ; au froid et à la pluie, ils font un terrible affront. Ils courent pour fuir l’averse, s’échappent pour se protéger du ciel qui, comme une cascade, se déverse. Une main dans l’autre, l’autre battant le vent, ils ne voient presque rien. La tempête brouille leur vue, à ces deux inconnus ; leurs capuches sont tombées et leurs visages sont à nus. Ils pourraient bien pleurer, ces enfants déboussolés, qu’on ne verrait pas différence avec leurs larmes et les gouttes salées.
Mais ils préfèrent rire. Rire, jusque dans le délire.

Ils n’ont vraiment rien à perdre.

« Là-bas !, s’écrie le garçon, pointant du doigt de sa main libre la silhouette d’une vieille maison. Elle a l’air abandonnée, on pourra se mettre à l’abri.
- Tout plutôt que de continuer à courir sous la pluie ! »

Elle a la voix rauque, un peu enrayée ; Alphonse ne saurait dire s’il s’agit du premier symptôme d’un prochain rhume ou les conséquences de sa mauvaise manie à toujours hurler. Dans tous les cas, ils sont décidés : cette baraque laissée pour ruines sera leur paradis de fortune.
Ils accélèrent le pas, comme si c’était possible. Elle est féline, agile et tranquille, tandis que lui galope comme un chien errant à la recherche d’une niche. Pattes boueuses, poils souillés, ils ont pourtant le sourire aux babines.
Peut-être parce qu’ils sont enfin heureux de pouvoir se reposer.

De pouvoir
r e s p i r e r.

C’est la silhouette de son cousin qui s’élance dans l’obscurité de la maison condamnée avant celle d’Elena; il a toujours été plus doué pour saluer les ténèbres. Ils ont dû défoncer la porte, bloquée par des blanches en bois clouées contre la façade. Une fois enfermés à l’intérieur, les cris de la pluie sont assourdis par les murs solides, faits de pierre. Il s’agit d’une ancienne propriété privée, qui avait dû être bien chaleureuse lorsqu’elle avait été habitée.
Malgré le nuage de poussière que le moindre pas soulève, il y a des restes de convivialité flottant dans les airs.
Ici, il y avait eu une tendre atmosphère.

Ils s’y sont réchauffés, dans cette petite maison ; ils y avaient trouvé un refuse de désillusions. Imaginez-les, ces enfants aux sourires trempés, aux vêtements alourdis d’eau et aux mains frigorifiées.
Ils venaient s’étreindre pour se réconforter, s’échanger un peu de chaleur et de tendresse ; ils avaient fini par tomber dans la paresse.
Ils avaient été heureux de courir sous la pluie, la bulgare s’en souvenait. De leurs rires éclatant en écho contre le vent, comme les clapotis grosses gouttes d’eau s’écrasant.

Ils avaient été de beaux insouciants.

Maintenant, Le Spectre laissait couler ses souvenirs sur ses paupières comme l’eau pluvieuse s’effondrait sur la ville. Elle aimait encore s’y rendre, quand les trottoirs étaient désertés, que les agitations de la ville se noyaient dans la pluie.
Elle ne craignait plus le froid, en cherchait la sensation, comme une délicieuse délectation ; au loin, elle espérait peut-être encore entendre les hilarités de gamins fuyant l’averse. Comme pour se planter la lame de la nostalgie en plein coeur.
De toute façon, il ne saignait plus.
Plus vraiment.

Ses fleurs, elle les avait laissées derrière elle, dans leur chariot. En novembre, c’était rare d’en vendre, mais elle savait que les endeuillés avaient toujours des bouquets à offrir aux tombes. Alors, parfois, elle quittait les rues bondées des villes désertées une fois l’été envolé pour retrouver les stèles et les sillons funéraires.
Elle s’y sentait chez elle, un peu comme près de sa rivière - c’était le sien, de cimetière.

Mais la pluie l’avait surprise, elle qui ne suivait jamais les infos, elle qui n’avait jamais aucune idée de la météo.
Elle n’avait pas quitté le centre-ville.

La voilà désormais, le visage levé vers le ciel, ce dernier pleurant sur ses joues creuses et entre ses lèvres pâles. Ses voiles et ses tissus collaient à sa peau translucide, révélant malgré elle sa silhouette de jeune femme.
Elle aimait avoir froid, à défaut de tomber malade. Juste pour avoir l’illusion de sentir s’hérisser dans son dos une nuée de frissons. La morsure glacée des pluies de novembre, ça lui manquait.

Alors, elle s’était coupée du monde. Avait fermé les yeux, pour ne plus l’entendre, ni le voir ; juste essayer de le ressentir, vous savez.
De faire exactement ce que sa condition lui avait enlevé.

Ce fut à ce moment-là qu’il apparut, lui et son sourire insolent ; lui, son parapluie, et ses yeux d’arrogant. Il la protégeait, sans qu’elle ne sache pourquoi, de cette tempête qu’elle ne craignait pas.
Son visage s’était redressé vers le sien, vers celui de ce monstre qu’elle n’avait plus croisé depuis quelques temps ; il lui fallut presque trop de secondes, pour se rappeler qu’elle était censée le détester.

Mais elle était au ralenti, la pauvre zombie. Comme si l’eau de pluie avait dilué de sa fureur.
Elle était d’une dangereuse douceur.

« Ridicule ?, s’indigna-t-elle faussement. Je ne vois pas ce qu’il y a de ridicule à rester sous la pluie. Certains pourraient même dire que c’est un agréable temps pour chanter. »

Ou danser - mais elle s’abstint de le préciser.

Les voiles dissimulant ses traits s’étaient plaqués contre ses joues et la naissance de sa nuque, ses cheveux filant sur ses épaules et sa poitrine.
Elle ressemblait à une poupée de chiffon détrempée.
Totalement désarticulée.

« Et vous, que faites-vous ici, sans votre belle voiture ? Vous devez affronter l’averse sans votre carrosse, petit prince ? »

Elle se moquait à peine. Elle se souvenait du scandal causé par la déchirure de son veston ; il était précieux, qu’elle s’était dit.
Ça l’avait fait silencieusement rire.
Outrageusement sourire.

« Vous venez m’acheter une fleur fanée ? »
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Gauthier Ovronnaz
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MessageSujet: Re: Toute la pluie tombe sur toi...   Jeu 15 Nov - 11:52

Plusieurs fois déjà ils s'étaient rencontrés, par hasard. Des coïncidences qui commençaient à avoir un air de destinée. Ou quelqu'un ici essayait de forcer la main du destin, et, clairement, ce n'était pas l'intention de Gauthier. Autant lui avait-il rendu la pareille lorsqu'elle avait montré un intérêt certain pour sa personne, autant il n'avait pas jugé particulièrement nécessaire de forcément retomber sur elle après leur dernière rencontre inopinée et leur danse improvisée. Mais voilà qu'elle était de nouveau là, devant lui, profitant visiblement de la pluie comme peu de personnes étaient capables de le faire : assise dos à un mur, laissant les gouttes d'eau tomber sur elle, dans une passivité presque totale. Alors qu'elle relevait la tête pour le regarder – mais il se doutait qu'elle n'avait pas besoin de ça pour le reconnaître – il lui adressa ce même sourire, celui qu'il lui avait déjà servi maintes et maintes fois, qui, peut-être de manière implicite, lui était, en un sens, réservé. Car, après tout, ce n'était pas si souvent qu'il lui était donné l'occasion de sourire. Il la contempla, créature détrempée, ses vêtements, alourdis par la pluie, ne jouant plus autant leur rôle de pourvoyeur de mystères. D'une certaine façon, il avait l'impression de la découvrir, enfin, à nu, cela aurait presque pu être gênant. Presque. Alors qu'il tenait le parapluie au-dessus d'eux, les protégeant de la pluie, elle s'indigna de ses paroles, prétextant qu'elle ne voyait pas ce qu'il y avait de ridicule à rester sous la pluie. Allant même jusqu'à lui rétorquer que certaines personnes pourraient considérer qu'il s'agissait d'un temps magnifique pour chanter. Il n'était pas très étonné. Au contraire, peut-être aurait-il été surpris qu'elle ne lui tienne pas tête. Car quelque chose lui disait qu'elle aurait été prête à chercher à le contrarier, juste pour le plaisir de le faire. Comme si c'était une de ses habitudes.

Son sourire s'élargit un peu plus alors qu'il jetait un œil aux alentours avant de finalement fixer le ciel noir d'où tombaient d'innombrables perles d'eau. Il soupira. « C'est vrai qu'avec un temps pareil, il y aurait de quoi se prendre pour Gene Kelly ou Billy Joe... » Il reposa son regard sur la Zombie. « Doit-on ajouter le chant à votre talent pour la danse ? J'ai l'impression que vous cachez un bon nombre d'atouts dans vos manches. » Car il se souvenait parfaitement de cette danse improvisée sur un trottoir, de la façon dont elle avait captivé la foule et, il devait l'admettre, son regard également, même si, en ce moment, elle avait perdu un peu de sa superbe, maintenant qu'elle était complètement détrempée. Elle finit par lui demander ce qu'il faisait ici sans sa belle voiture, allant jusqu'à le considérer comme un petit prince sans carrosse. Sa question arracha un large sourire au Vampire, qui, d'abord un peu surpris, se mit à rire pendant quelques courts instants.  « Je suis flatté d'apparaître à vos yeux tel un prince, aussi petit soit-il. Malheureusement, je n'ai rien d'un prince... Tout au plus, peut-on considérer que je ne suis que son écuyer. Et personne n'a déjà vu un écuyer monter le cheval de son maître pour son plaisir personnel. » Son regard trahissait une pointe d'amusement qui ne s'éteignait pas. « Mais, je l'admet bien volontiers, j'aime les balades pédestres. Elles ont un charme non négligeable, surtout avec un temps pareil. » Et puis il aurait été malvenu de ne pas prendre le temps de profiter du trajet quand l'occasion se présente. S'il avait appris quelque chose avec son centenaire d'existence, c'était qu'avec une éternité devant soi, rien n'était véritablement pressé. Et si l'on n'en profitait pas pour profiter des choses les plus simples, on finissait rapidement par devenir simplement fou à lier. Et les cas, parmi les Vampires, ne manquaient pas.

Alors que la pluie qui tombait sur son parapluie rythmait les quelques rares silences qui pouvaient s'installer entre eux deux, Gauthier se demandait à quoi allait les conduire cette nouvelle rencontre. Une nouvelle danse au milieu d'une ruelle, sous la pluie, sans public ? Devait-il à nouveau faire attention à ses vêtements ? Ou peut-être allaient-ils rivaliser d'ingéniosité et trouver encore autre chose ? Elle lui demanda s'il était là pour lui acheter une fleur fanée. Il sembla réfléchir à la question pendant quelques courts instants.  « J'imagine que cela dépend... Vous les appréciez ? » Après tout, la seule fleur qu'il lui avait acheté était également la seule fleur qu'il lui avait offerte. Sous-entendait-il qu'il lui offrirait encore ? Probablement. Après tout, il n'avait pas grand-chose à faire avec une fleur. Non pas qu'il ne les appréciait pas lui-même, mais simplement qu'il avait toujours trouvé cela un peu superflu. Tant d'attention pour quelque chose d'aussi éphémère... Certes, la beauté de certaines justifiait certainement autant de travail et d'investissement, mais tout de même... Cela semblait quand même beaucoup de temps perdu pour pas grand-chose. « Et vous ? Vous appréciez à ce point la pluie pour rester ainsi détrempée, au milieu de nulle part ? » Il jeta un nouveau regard autour de lui. « Vous auriez peut-être pu choisir un cadre un peu plus enchanteur, non ? » Son sempiternel sourire ornait toujours ses lèvres. Y avait-il quelque chose qui pouvait l'en défaire ? Peut-être que oui, peut-être que non.
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MessageSujet: Re: Toute la pluie tombe sur toi...   Sam 24 Nov - 21:45

Ils y étaient visiblement habitués, à se retrouver sur ce bout de trottoir étroit. L’une avec son chariot de fleurs, l’autre avec son sempiternel air charmeur ; aucun des deux capables de chaleur.
C’était presque ironique, de voir le destin s’acharner sur les vies de ces deux cadavres ambulants. Comme si le marionnettiste de ce monde se jouait des ficelles tirant leurs membres pâles, désarticulés, jusqu’à s’enlacer dans des péripéties pourtant silencieuses.
Elle relevait le menton, quelques gouttes de pluie chutant du coin de ses lèvres, donnant l’impression à sa bouche de pleurer à la place de ses yeux secs. On pouvait deviner une esquisse énigmatique en son coin, tendre preuve de son éternel mystère ; même révélée par la pesanteur de la pluie contre ses voiles, elle dégageait une aura étrange. Fantomatique, spectrale si elle osait le dire.
Mariée échappée de l’église, prêtresse surprise par la pluie, ou jeune fille trop joyeuse, on pouvait lui offrir toutes les histoires possibles, ainsi vêtue.

Ou plutôt dévêtue, au regard de la manière presque outrageante qu’avait le blanc de ses linges de se mêler à la blancheur de sa peau. Sous l’ombre du parapluie du vampire, Le Spectre en venait déjà à regretter les coups de poignard de l’averse contre son corps.
Elle n’arrivait plus à se donner l’impression de frissonner. Mais peut-être était-ce finalement un réflexe trop humain - à noter une nouvelle fois cette cruelle ironie dans l’expression - de vouloir se protéger du mauvais temps. Comme si les nuages grisonnants étaient à craindre, autant que les coups de tonnerre et les éclairs déchirant les cieux.
Elle n’allait certainement pas le remercier. De toute façon, elle ne craignait ni le rhume, ni réellement le froid - et ce n’était pas comme si elle avait un toit pour se protéger de toute manière.

Juste l’embêter, alors. Et répondre à ses questions avec la même incertitude que les regards qu’elle lui adressait en coup de vent.
Juste pour s’amuser. Juste pour voir combien de temps il allait rester, le bras tendu au-dessus de sa tête pour l’abriter d’une menace qui ne la toucherait jamais.

Lorsqu’il lui demanda si elle appréciait les fleurs fanées, Elena ne put s’empêcher de jeter une rapide œillade vers son chariot abandonné. Ses amies les orchidées n’étaient plus autant présentes depuis la fin de l’été, et avant que la pluie ne se mît à tomber, elle avait déjà vendu la plupart de ses plantes.
Ne restaient que les cadavres de quelques roses dénudées, aux robes écrasées par la pluie ; un lit de pétales s’était déposé sur le trottoir comme un linceul déchiré.

« J’imagine que quelque chose en moi ne peut s’empêcher d’aimer tout ce qui est brisé. »

Par empathie, peut-être. Ou pour l’admiration qu’elle portait à la destruction.
Ça la fascinait, vous savez. En un sens, de voir les choses se détériorer ; par le temps, les flammes, la violence. Doucement ou d’un coup, vengeance ou merci.
Quelque chose l’attirait silencieusement vers l’art de l’anarchie.

« Et oui, j’aime à ce point la pluie, répondit-elle simplement. Pour ce qui est du décor, il ne me dérange pas. J’aurais très bien pu choisir un cimetière, mais j’aurais peur de trop m’y sentir chez moi. »


De toute façon, « chez elle », ce n’était pas ici. C’était auprès de ses parents disparus, de son cousin au destin inconnu. C’était en Transylvanie, dans ses caravanes et ses chapiteaux.
À la Nouvelle-Orléans, elle n’avait pas de maison. Parce qu’elle refusait de trahir sa véritable demeure, peut-être, mais aussi par soucis de se sentir libre ; elle pouvait se sentir propriétaire de chaque parcelle de sol qu’elle foulait de ses chaussons usés.

Elle n’était la prisonnière d’aucun mur.
Juste de son ennui, à coup sûr.

« Au fait, avez-vous fait raccommoder votre veston ?, demanda-t-elle, l’air taquine. J’espère que vous m’avez pardonnée, depuis le temps. »

Au fond, elle aimait qu’il lui réponde que non.
Juste pour voir sa réaction, et lui rétorquer qu’elle s’en fichait - véritable gamine trop fière de sa bêtise.
Parce que c’était toujours ancré en elle, vous savez. Ces miettes de haines qui s’agitaient quelque part dans son abdomen, à chaque fois qu’il s’approchait de trop. Cette pulsion qui démangeait sa main pour repousser son parapluie d’un coup trop violent.

Elle se souvenait de qui il était, et de sa nature.
Mais elle paraissait sage, le Spectre était apaisée. Comme si la pluie s’amusait à diluer cette couche de colère en une aquarelle.
Même sa voix semblait plus tendre, malgré le mordant de sa langue.

« Et où alliez-vous, comme ça ? Simple balade, ou filature ? Une potentielle proie a-t-elle attisé votre curiosité ? »

Elle provoquait trop, Elena. Parce qu’elle se moquait toujours du résultat.
Petit démon au sourire angélique.

« Ou bien erriez-vous dans les rues en espérant me revoir ? »
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