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 Rencontre fraternelle

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Jesse Coleman
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Jesse Coleman

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MessageSujet: Rencontre fraternelle   Rencontre fraternelle Icon_minitimeLun 1 Oct - 0:46

Les deux plus grandes qualités de Jesse étaient sans aucun doute son intelligence et sa patience. Acérée, la première lui permettait de tirer des conclusions presque toujours exactes de ses observations, en suite de quoi il pouvait effectuer autant d'expériences qu'il le souhaitait, menant à de nouvelles observations et de nouvelles conclusions dans un cycle sans fin. La seconde, paraissant infinie, faisait qu'il était prêt à attendre tout le temps qu'il faudrait pour mettre une expérience en place, si le jeu en valait la chandelle.

Ce soir, alors qu'il jetait un coup d’œil à la dérobée à la petite assemblée qu'il était parvenu à réunir pour le weekend, il estimait que c'était tout à fait le cas.

Plusieurs mois plus tôt, il avait fait irruption dans l'appartement d'Asch Räder. Un mec qu'il connaissait de vue, sans plus, parce qu'il bossait dans le bar où il lui arrivait de passer pas mal de son temps. Un mec à qui il n'avait pas prêté plus d'attention que cela jusque là. Jusqu'à ce qu'il comprenne par des bribes de conversation que le jeune homme était très probablement dans un état dépressif grave, et qu'il pourrait attenter à sa propre vie.

Il avait empêché Asch de se suicider. Ce genre de geste avait tendance à rapprocher les gens, sans avoir besoin d'ajouter de syndrome du héros ou du sauveur. Ce soir-là, Asch et Jesse avaient appris à se connaître. Et Jesse avait compris qu'Asch était bien plus que ce que les bruits de couloirs des Plaisirs Coupables annonçaient. Il y avait chez lui une intelligence brute, émotionnelle, intense, qui ne demandait qu'à s'afficher. Et le doctorant avait été intrigué. Assez pour décider de faire son maximum pour permettre à ce potentiel de s'épanouir, histoire de pouvoir l'observer en toute tranquillité.

...Bon. Et aussi parce qu'au fond, il l'aimait bien, ce méta-loup coincé.

C'était tout cela qui l'avait amené à chercher, dans le téléphone d'Asch, le numéro de sa sœur. Karin. Il n'avait pas obtenu beaucoup d'informations à son propos, si ce n'était qu'elle paraissait à la base de l'équilibre (notamment émotionnel) du métamorphe, et que ce dernier s'obstinait à ne pas la contacter de peur que cela remonte aux oreilles de leur mère...

...Jesse n'avait pas ces scrupules.

Une rapide recherche Internet lui avait permis d'apprendre tout ce dont il avait besoin sur Karin Räder : son excellence scolaire, son domaine d'études, sa spécialisation, et même un vieil article sur sa participation à une foire aux sciences : plus jeune participante à présenter un projet d'envergure universitaire... et à gagner le prix ! Il ne lui en fallait pas plus.

En quelques semaines, Jesse avait organisé un colloque inter-Etats gravitant autour d'un domaine de sciences qui lui était totalement inconnu, mais dont la jeune femme était spécialiste : impossible de ne pas l'inviter ! A celleux qui lui demandaient pourquoi lui décidait d'organiser un truc pareil, il répondait que l'un de ses parents était prof de sciences et qu'il avait toujours eu envie d'organiser une conférence. Une admission tout ce qu'il y avait de plus vraie !

Le doctorant avait ensuite eu plusieurs échanges téléphoniques avec les divers participants, dont Karin. Si la jeune femme était un peu septique au départ, elle avait fini par se laisser convaincre.

Et voilà comment Jesse était parvenu à ce que Karin Räder rejoigne la Nouvelle-Orléans sans que cela ne risque de revenir aux oreilles de sa mère de façon dangereuse. De ce qu'il avait compris, la marâtre était même ravie que son enfant chérie obtienne une distinction de plus à son CV !

Restait maintenant à amener Karin et Asch à se rencontrer. Mais pour cela aussi, Jesse avait un plan. Qu'il était plus que temps de mettre en place.

Le colloque était terminé. Tout s'était bien passé et les responsables de l'Ambassade étaient ra-vis. Jesse s'était naturellement porté volontaire pour accompagner les intervenants tout le weekend, avec quelques uns de ses collègues de sciences. Ces derniers étaient actuellement en pleine discussion avec les divers invités. Le californien jeta un coup d’œil à sa montre : Asch ne travaillait pas aujourd'hui (il s'était assuré de cela, allant jusqu'à demander la coopération d'Ailin concernant les horaires de ses collègues) mais il ne leur faudrait pas trop tarder non plus. Il estima donc que l'option la plus simple était d'aller droit dans le mur, avec l'honnêteté brutale qui le caractérisait. ...Ou presque.

Il profita d'un moment de creux dans la discussion pour s'adresser spécifiquement à la jeune wiccane.

"Karin, si tu n'es pas trop fatiguée, est-ce que tu voudrais bien venir boire un verre avec moi ? Il y a quelque chose dont j'aimerais te parler."

L'étudiant-chercheur ne prêta pas la moindre attention à ses collègues de l'Ambassade, mais il pouvait sans problème imaginer la tête choquée de ces derniers : il était vrai que s'il arrivait à Jesse d'être aimable au travail, le voir inviter une personne en particulier relevait presque de la science-fiction.

Et cela, même Karin s'en était probablement aperçue, même en si peu de temps. De là à ce qu'elle soit effectivement intriguée par ce que le jeune homme pouvait bien avoir à lui dire, il n'y avait qu'un pas. Et si elle décidait de ne pas le franchir, il lui restait la solution de faire venir Asch ici. Son appartement n'était pas si loin, après tout.
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MessageSujet: Re: Rencontre fraternelle   Rencontre fraternelle Icon_minitimeMar 9 Oct - 1:12

Colloque, lumières, sourires, blablabla. Karin est sage, elle écoute, répond ce qu'il faut quand il faut. Ne laisse rien transparaître de son impatience. Mais la vérité, c'est que si tout cela était en effet assez intéressant et qu'elle avait adoré en apprendre plus au travers des présentations que les autres avaient fait.. Le fait est que là, tout de suite, elle a envie de se casser. Faire les trucs mondains c'est bien joli, mais elle a autre chose à faire.

Karin n'avait jamais entendu parler de cette Université, et d'ailleurs elle plaçait la Nouvelle-Orléans sur une carte mais n'en savait pas tant que ça sur la ville. Recevoir une invitation pour ce genre de rassemblement académique avait été surprenant, mais flatteur. Parce que justement elle n'en avait jamais entendu parler auparavant, la rousse avait d'abord été un peu méfiante. Mais finalement, il était apparu que oui, c'était bien quelque chose de sérieux. Rachel était ravie, évidemment. Il avait même été question que la jeune fille aille saluer son ancien prof, Skyler. A voir si elle en aurait le le temps.

Parce que oui, outre le colloque, la jeune wiccane a prévu bien des choses. Notamment parcourir la ville et certains endroits clef, pour tenter de retrouver son frère. L'opportunité est trop belle de pouvoir explorer une autre ville sans alerter la Reine Mère. Il était hors de question de la gâcher.

Colloque, lumière, sourires, blablabla. Karin offre son sourire innocent numéro deux, celui qui est ingénu et ne laisse rien transparaître du fait qu'elle veut se casser d'ici dare dare. Intérieurement, elle réfléchit à un moyen de d'exiler loin de tout ce foutu truc mondain sans paraître rude ni griller les quelques contacts qu'elle vient de se faire.

Et c'est là que tu arrives, Jesse. Pour peu, on se serait cru dans un mauvais feuilleton tellement c'est parfait : la belle qui s'ennuie et veut s'enfuire, le beau jeune homme galant qui offre une sortie de secour, les regards estomaqués d'un tel comportement. Karin sourit, ses yeux pétillent d'un enthousiasme qui n'est pas feint.

- Oh ? Voilà qui est intriguant, c'est une offre que je ne peux refuser. Messieurs dames, veuillez m'excuser. Ce fut un plaisir d'échanger avec vous, et je serais ravie de reprendre cette conversation une prochaine fois.

Un sourire poli mais presque mutin offert au petit cercle de personnes que tout cela prend de court, et la voilà qui te rejoint et attrape ton bras dans la foulée. Karin est jeune, mais elle n'a peur de rien à te suivre si vite. Le sujet dont tu veux lui parler l'intrigue, clairement. D'autant que grâce à toi elle peut enfin s'extirper de ce chiasme de parlote. Il sera toujours temps de te dire au revoir une fois que tu lui auras dit ce que tu as en tête, et de chercher Asch ensuite. Ce n'est pas comme si elle avait besoin de beaucoup de sommeil.

Quelques foulées plus loin, elle te jette un rapide coup d'oeil amusé, et te suit sans broncher.

- C'est une tradition de la Nouvelle-Orléans, d'inviter les mineures à boire un verre ? L'approche était très mystérieuse, ceci dit.

Ca n'a pas l'air de la déranger plus que ça, ceci dit.
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MessageSujet: Re: Rencontre fraternelle   Rencontre fraternelle Icon_minitimeJeu 6 Déc - 16:28

Les lèvres de Jesse s’étirèrent en ce demi-sourire qui lui était propre en entendant la réaction de la jeune Karin. Ce qu’il avait décelé en nuances subtiles - car peu exploitées - chez le frère brillait de mille feux chez la cadette, et il ne pouvait nier qu’il était intrigué. Cet intérêt pour autrui était aussi rare qu’il s’exprimait peu, ce qui expliquait l’apparente surprise des collègues. Si Karin prit le parti de s’en amuser, le doctorant persista dans sa désinvolture et son désintérêt ordinaires. Il savait déjà que l’Université serait parcourue de bruits de couloirs dès ce soir et il s’en amusait hautement. Il se demandait bien ce qu’ils allaient être capables d’inventer : une expérience comme une autre sur le comportement humain qui le fascinait tant.

Lorsque la jeune wiccane prit congé auprès de leurs camarades, le californien se contenta donc d’un léger signe de tête, avant de s’apprêter à prendre la route et se laisser emboîter le pas. Il ne s’attendait pas à ce qu’il se passa ensuite.

La prise sur son bras était aussi surprenante qu’effrontée, et quiconque d’autre que Jesse aurait eu tôt fait d’ouvrir grand les yeux dans un étonnement non feint, voire avoir un mouvement de recul face au geste inattendu. Mais il s’agissait de Jesse, l’éternel imperturbable. Ou presque, car il se contenta de rire. Un éclat bref, allié à un pétillement amusé derrière ses lunettes ovales, ce qui équivalait chez lui à un fou rire. Au temps pour l’absence de réaction auprès des collègues. Ceci dit, niveau bruits de couloirs, il allait être servi. Car il était évidemment hors de question de ne pas profiter de la situation.

C’est donc avec la jeune femme au bras que Coleman quitta l’enceinte de l’Université pour arpenter les rues du centre-ville. Ce n’est que lorsque Karin prit elle-même la parole que le brun tourna vers elle un sourire aussi mutin que celui qu’elle arborait.

« J’ai toujours adoré les mystères. Ils ne rendent les surprises que plus… surprenantes. »

Qui connaissait le doctorant savait qu’il ne butait pas sur les mots. Manquer de vocabulaire n’était pas son style. Quant à occulter la question, ce n’était clairement pas un oubli involontaire.

« Je pense que la Nouvelle-Orléans te réserve bien des surprises, Karin. Moi-même, je n’en suis pas encore venu au bout depuis mon arrivée dans cette ville. »

Ils avançaient dans les rues sans donner l’impression d’avoir un but précis. Vu de loin, ils avaient tout d’un couple flânant lors d’une balade après un dîner romantique. Mais le californien savait très bien où leurs pas les menaient.

« Si tu souhaites réellement boire un verre, rien ne nous empêche de nous arrêter en chemin. Je parie qu’ils font des cocktails sans alcool à emporter. »

Sans paraître plus gêné que cela par les sous-entendus qu’il offrait, Jesse continuait à marcher, demi-sourire aux lèvres, donnant l’impression de rien. Pourtant, il était extrêmement attentif aux réactions de la jeune scientifique. Plus encore quand il reprit la parole.

« Quelle serait la meilleure surprise que la Nouvelle-Orléans pourrait t’offrir, Karin ? »

En toute honnêteté, le doctorant était impatient de savoir quelles informations l’esprit brillant de la rousse allait pouvoir déduire efficacement. Les enfants Räder étaient vraiment des expériences passionnantes.
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MessageSujet: Re: Rencontre fraternelle   Rencontre fraternelle Icon_minitimeVen 18 Jan - 0:57

Il n'était pas juste question de boire un verre et de baguenauder gaiement. De cela, la rousse était à peu près certaine. Pas qu'elle ne te connaisse vraiment, non. Mais son instinct lui soufflait qu'il s'agissait d'autre chose. Recrutement pour l'Université, lui parler de cette asso charitative pour la cause des nains de jardins unijambistes.. Allons, soyons sérieux. Ou pas. La jeune femme s'était amusée à imaginer les raisons les plus farfelues  à ton invitation. Pour ne pas s'attarder à des spéculations plus sérieuses mais qui ne seraient basées sur rien. Inutile de réfléchir à quoi que ce soit, quand on ne dispose d'aucune donnée. Comme en labo, comme pour confirmer n'importe quel théorème : il faut des faits, des éléments avant de se lancer dans l'expérimentation. Quitte à faire n'importe quoi avec ensuite. For science.

Quand tu te tournes vers elle, Karin se dit que y en a pas un pour rattraper l'autre : t'as l'air aussi espiègle qu'elle. Ca doit jaser, dehors. Drôle. Qu'ils s'amusent donc des ragots. La jeune femme espère que ceux-ci ne te gênent pas, mais compte tenu de tes réactions -et de ton entrée en matière- elle en doute fortement. Peut-être même que cela t'amuse, ce ne lui semblerait pas si aberrant.

Mais quand même : elle te trouve un peu poseur. No offence. Surtout avec la petite pause dans ta phrase, là. Tu veux te la jouer mystérieux ? Ok. Mais c'est un peu un truc de kéké, hein. No offence, encore une fois. Karin se contente de sourire poliment, avec le regard qui pétille mais un sourcil qu'elle hausse. Va savoir ce qu'elle en pense, tiens. Mais il en faudra davantage pour l'impressionner, ça au moins c'est évident.

Tu enchaînes, tout à ton affaire d'homme mystère et de guide. Enfin, guide c'est vite dit. La visite de la ville, elle se la fera sans doute de son côté. Discrètement, elle note le chemin que vous empruntez pour pouvoir se repérer ensuiite. D'une, parce qu'elle aime son indépendance. Et de deux.. Simple prudence. Elle ne voudrait pas dépendre de ta bonne volonté pour se diriger, d'autant plus qu'elle ne te connaît pas. Tu blablates encore, de ton côté, à dire que la Nouvelle-Orléans te surprend encore. T'es bien gentil, mais Karin ne connait pas ta vie. Elle ne sait pas quand tu es arrivé, donc ce que tu lui racontes, ça ne lui parle pas vraiment.

Au moins, en réponse à sa remarque, tu as la décence d'admettre à demi mot que non, vous n'allez pas boire un verre. Bin voyons, elle n'est pas si surprise. Mais bon, brave fille, elle fait genre de l'être. Un peu. Juste assez pour que ce soit une réaction qui semble maitrisée, comme si elle l'était vraiment mais tentait de le masquer. Karin s'amuse, certes, mais reste prudente. Sembler réellement abasourdie ne serait pas rendre hommage à ce qu'elle perçoit comme finesse chez toi. Montrer à quel point elle ne l'est pas, en revanche, met un peu trop en avant le fait qu'elle ait flairé qu'il y a anguille sous roche -et donc qu'elle ait pu anticiper quelque chose. S'il y a une chose que Rachel l'a forcé à apprendre, c'est à doser ce qu'elle montre de ses émotions -et lesquelles montrer. Avec cette chère petite maman, chaque erreur peut se montrer fatale. Karin s'imagine parfois comme une funambule qui marche littéralement sur le fil d'un rasoir. Et cela l'amuse, la grise. A trop frôler le danger, il en devient banalisé -mais non moins redoutable.

Et toi, hop ! T'es reparti avec tes surprises. Si elle avait mis l'insistance sur cette thématique sur le compte d'un effet de style au premier abord, Karin se dit maintenant que c'est plus que cela. Tu ménages tes effets. Tu prépares le terrain. Tu veux lui montrer quelque chose, plus tard. Sans doute à la fin de cette sortie, ce serait logique. A quoi joues-tu, Monsieur Poseur ? Curieuse, la jeune femme l'est. Mais d'autant plus aux aguets aussi. Il ne lui semble pas, instinctivement, que tu ne lui veuilles du mal. Pas physiquement, en tout cas. Tu n'aurais pas affiché à tous que tu allais t'isoler avec elle, sinon. Non, l'enjeu est autre. Mais quel est-il ?

Une chose est certaine, bien qu'elle n'en montre rien la wiccane n'aime pas la dernière question. C'est l'exemple parfait d'interrogation pour soutirer mine de rien des informations. Rachel, décidément, a été une bonne école. Dommage que Karin ne puisse jamais la remercier directement pour ça. Avec un sourire ingénu -le genre qui a sincèrement l'air innocent et amusé à la fois- Karin hausse des épaules en guise de réponse. Puis, développe un peu avec une apparente joie simple qui n'est même pas si mensongère.

- Oh, je ne sais pas que qu'elle a à m'offrir, alors pourquoi me fermer des possibilités ? Et toi, ce serait quoi ?

Grand sourire.

Chacun son tour. Tu vas lui raconter quoi, du coup ? Un peu plus d'info sur ce qui se trame, ce serait appréciable.
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MessageSujet: Re: Rencontre fraternelle   Rencontre fraternelle Icon_minitimeVen 1 Mar - 11:56

Jesse se doutait qu'il était analysé pour le moindre de ses mots et gestes. Il s'en doutait, parce que c'était ce qu'il aurait fait lui-même et qu'il avait bien l'impression que la jeune Räder était faite du même bois. Ou alors elle ne l'était pas, et en ce cas le doctorant ne ferait que s'amuser l'espace d'une soirée : la fratrie serait bien moins intéressante s'il s'avérait qu'il les avait sur-estimés. Mais le californien était plutôt bon juge de caractère.

D'autant que les réactions en réponse à ses prises de parole le confortaient dans son opinion. Vraisemblablement, la rousse s'amusait un minimum, si ce n'était autant que lui. Ou presque : Jesse avait cet avantage de savoir où tout cela allait les mener et donc de pouvoir s'en délecter à l'avance. Les seules inconnues étaient les réactions de Karin le long du chemin... et pour le moment, elles étaient tout à fait à la hauteur de ce qu'il espérait.

L'étudiant n'avait pas l'intention de lui faire peur ou au contraire de lui faire réaliser de but en blanc ce dont il était question. Alors ces réactions en demi-teinte, ces yeux pétillants de malice, ces faux airs surpris et ces sourires à demi-amusé, c'était exactement ce qu'il attendait. Peu lui importait que Karin en sache plus qu'elle n'en dise ou qu'elle soit assez bonne actrice pour faire croire que c'était le cas : d'une façon ou d'une autre, elle possédait l'intelligence et la ruse suffisante pour mettre ces stratagèmes en place. C'était quelque chose que Jesse voyait trop peu chez ses semblables et qui pouvait l'amener à les estimer. Concernant la wiccane, il n'en était pas encore là, mais disons que l'expérience montrait pour le moment des résultats favorables.

Le brun se décida à poser une nouvelle question directe, rendant la parole à son "invitée" qui une fois de plus ne le déçut pas. L'absence de réaction était parfois la plus parlante de toutes, mais aussi la plus énigmatique. On pouvait cacher bien des choses en faisant mine de ne pas réagir, Jesse était bien placé pour le savoir. Puis, un sourire ingénu, un haussement d'épaules et enfin, une réponse. Le regard gris pétilla derrière ses lunettes. Cette conversation s'avérait de plus en plus passionnante de minute en minute. Il ne chercha même pas à cacher son amusement en répondant à son tour.

"Les rencontres, sans hésiter. Autant qu'on puisse prévoir et mettre en place quelque chose, il suffit d'une rencontre pour tout faire basculer. La Nature humaine est une véritable énigme, d'autant plus passionnante à étudier qu'au fond elle permet de se comprendre soi-même, sans jamais totalement y parvenir..."

Il fit une pause, ralentissant inconsciemment le rythme de ses pas.

"J'aime être surpris. J'y parviens rarement. Mais cette ville regorge du plus inattendu."

Jesse s'arrêta tout à fait cette fois, entraînant la jeune femme avec lui. Il la regarda avec un demi-sourire amusé.

"J'ai l'impression de ne pas être le seul dans ce cas... mais va savoir si je suis ou non à la hauteur de la tâche."

A son tour, il haussa les épaules, dans un geste faussement désinvolte. Jesse ne doutait pas de lui-même. Il se demandait simplement jusqu'où l'intelligence et l'esprit de déduction de Karin allait bien pouvoir la mener. Quelles hypothèses diverses et variées allait-elle pouvoir fomenter. A quel point les indices qu'il donnerait le long du chemin lui permettrait de rayer certaines hypothèses de sa liste et en créer d'autres. Peut-être qu'il se servait d'elle comme d'un sujet d'expérience. Comme il le faisait avec son frère. Mais c'était différent, avec ces deux-là.

Il avait également envie de les aider.

L'étudiant se tourna vers la vitrine de l'épicerie de quartier à côté de laquelle ils s'étaient arrêtés et fit mine de réfléchir à voix haute.

"Une bouteille de vodka ne sera pas de trop... Karin, c'est l'instant de vérité : verre ou pas verre ?"

Ou plutôt canette, au vu de l'endroit où ils étaient, mais ce n'était pas l'information la plus importante de cette discussion.
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MessageSujet: Re: Rencontre fraternelle   Rencontre fraternelle Icon_minitimeDim 3 Mar - 14:46

Le courant passe plutôt bien, entre vous. Ou plutôt, il pourrait bien passer si Karin ne se méfiait pas autant. C'est à dire qu'elle adore les surprises et les mystères. Quand c'est elle aux commandes. Alors tout ton numéro.. Bien évidemment qu'elle ets intriguée, mais sa méfiance déjà très présente d'ordinaire (il faut bien) est ici décuplée. Quand elle saura ce que tu lui veux, ça ira peut-être mieux.

La jeune femme donne donc le moins d'informations possible, tout en sachant bien que dans tous les cas il y en a qui filtreront. Surtout face à quelqu'un comme toi qu'elle perçoit comme intelligent, observateur voir calculateur. Alors, soit : elle ne te donne rien que tu ne puisse percevoir de toi-même. Rien d'intime en tant que tel. Si tu veux en savoir plus, trésor, il faudra batailler pour cela. Et elle ne compte pas te faciliter la tâche.

Ta réponse la laisse pensive, parce que bien évidemment elle n'en rate pas un mot. Karin les tourne et les retourne dans sa tête, cherche à en extraire tout leur sens -non sans se départir de cette attitude poliment enjouée qu'elle a décidé de garder avec toi. Depuis tout à l'heure, tu parles du même thème général : les surprises, l'impromptu. Là, le nouvel élément que tu instille c'est l'humain. Enfin, la rencontre, plus précisément.. Qui est mise en parallèle avec un aspect plus stratégique. Qu'est-ce que tu mijotes, Jesse ? La rencontre, Karin doute que ce soit celle entre vous deux : après tout, vous avez déjà échangé auparavant bien que dans un cadre professionnel. A moins que tu ne parles de votre rencontre de ce soir, premier face à face réel ? Hmm, c'est aussi une possibilité. Mais dans ce cas, pourquoi parler de soi-même ? Un bref instant, Karin se demande si cet bout là de ton discours n'est pas juste un ajout pour faire joli et mieux vernir les phrases à double sens que tu lui sers. Parce que oui, la jeune femme en est certaine : il y a plusieurs couches à ce que tu dis.

Et une fois encore, la ville surprenante. Tu te répètes, Jesse. Tout son instinct hurle à la jeune rousse que ce n'est pas un hasard, que ce soit conscient ou non de ta part. La ville surprenante. Mais du coup.. Pour qui ? Parce que oui, tu parles d'être à la hauteur de la tâche. Quelle tâche ? Si la ville te surprend, que tu aimes les rencontres qui peuvent faire tout basculer et que tu veux accomplir quelque chose..

De qui parles-tu, vraiment, quand tu parles de rencontres surprenantes à la Nouvelle-Orléans, Jesse ? Pour qui sont-elles ce soir, ces fameuses surprises dont la ville semble regorger ? Là encore, la jeune femme a l'impression que tu cherches à lui faire passer un messgae, que tu tâte le terrain. Dans ce cas, s'il y a une tâche à accomplir comme tu dis, c'est qu'il ne s'agit pas que de vous deux. Il y a un autre but derrière. Quoi ?

Et d'ailleurs, quand tu dis avoir l'impression de ne pas "être le seul dans ce cas", de quoi parles-tu ? Du fait d'aimer être surpris, ou bien de rarement l'être ? Sans doute cette seconde option, cela aurait du coup plus de sens si on le rattache à ce que tu es supposé accomplir. Donc, tu veux la surprendre elle ? Comment ?

Cette interrogation pèse, dans l'esprit de la jeune wiccane. Oh, elle ne doute pas que tu soit intelligent, que tu sache qu'elle aussi. C'est un étonnant ballet que vous avez entamé, entre reconnaissance mutuelle de vos armes et règles floutées. Karin, justement parce qu'elle ne veut pas te sous-estimer, est d'autant plus méfiante quant à ce que tu peux lui vouloir ou ce dont tu es capable.

En attendant, elle te sourit de tout son velour et te laisse parler tout ton saoûl. Après tout, ce n'est pas poli d'interrompre, n'est-ce pas ? D'autant plus quand l'interlocuteur semble s'amuser si follement. Mais intérieurement, elle réfléchit à tout ce qui pourrait lier les différents éléments disséminés ça et là dans ton babillage faussement léger. Et l'ajout de tout ce passage sur "se comprendre soi-même" la titille. Plus elle y réfléchit, moins elle se dit que tu aurais ajouté ça juste pour la déco. Donc il s'agit d'une autre pièce du puzzle. Sans doute elle, d'une façon ou d'une autre. Mais comment pourrais-tu la pousser à se connaître mieux elle même alors que vous ne vous connaissez pas ? Cela ne peut pas venir que de toi, donc il s'agit d'un élément extérieur. Lequel ? Sans doute quelque chose d'extrême ou d'intense, puisque c'est lorsque nous sommes poussés hors des zones de conforts que nous nous révélons. Voilà qui pourrait être une conclusion, mais celle-ci n'a rien pour la rassurer. Au contraire.

Autour, la ville est pleine de vie et semble indifférente à tout ce jeu d'énigme. Divers bruit combinés semblent former sa voix pour qui peut l'entendre. Karin, tout en réfléchissant et marchant à tes côtés alors que tu parles, n'a pu s'empêcher de l'entendre avec uen attention plus ou moins relative. Ca et là les voitures qui roulent, quelques conversations qui se croisent. Un croâssement, un autre en réponse, et des pépiements qui viennent en renfort. Quelques enfants qui parlent trop fort, un scooter qui laisse dans on sillage pétaradant une fumée trop noire pour que ce soit bon signe. La vie continue son chemin avec indifférence alros que votre monde est bien plus restreint, concentré sur la conversation que vous avez. Mais de percevoir tout cela autour, ou au moins une partie de ce brouaha ambiant, la rassure un peu.

Quand vous vous arrêtez devant l'épicerie, que tu parles de vodka et que tu rappelles la possibilité de boire un verre, Karin incline la tête sur le côté et te fait un sourire cryptique. Si vous achetez ici, c'est que ce sera à emporter. Si c'était juste pour causer, vous auriez pu vous poser dans un bar. Donc tu veux l'emmener quelque part de précis. Pas forcément un endroit publique, d'ailleurs. Tout ça, c'est un cri de son instinct, une conclusion consciente à moité seulement. La vraie question, au dela du verre que tu offres, n'est pas si elle veut boire ou non. Il lui semble que c'est plutôt : "tu me suivras, ou pas ?"

- Ah ! Et moi qui pensais qu'on se poserait dans un bar discret mais animé, le genre de truc cliché que les habitants montrent aux touristes à qui ils font visiter. Une épicerie, vraiment ?

Non, elle n'est pas dupe, Jesse. Mais, toute méfiante qu'elle est, toute pleine de questions, de doutes.. Il y a une autre chose qui reste indéniable : si tu devais lui faire du mal, du tort, tu ne te serais pas autant affiché à partir avec elle, une mineure de surcroît, devant tout le monde. Et ça, c'est aussi un élément non-négligeable. Ceci étant, elle ne t'imaginais pas amateur de vodka. Mais c'est vrai qu'elle ne te connait pas.

Un haussement d'épaule fataliste, et la rousse finit par te faire un sourire presque de sale gosse.

- Verre. Si je m'ennuie de la visite, j'aurais au moins gagné ça. Au pire du pire, je te le verse dessus.

A bon entendeur, salut !

Et les questions qui restent, toujours, et qu'elle rumine en parallèle. Plus elle y pense, plus elle se dit qu'effectivement tu prépares le terrain. Les surprises, pour aujourd'hui, elle se dit que c'est sans doute pour elle. Sinon, pourquoi tant de mystères ? Et pourquoi mentionner ce que tu dois accomplir ? Reste à savoir ce que tu voulais dire par rencontre, et se connaitre soi-même.. Si c'est une tâche, si tu n'es que l'excécutant.. La rencontre pourrait-elle être entre elle et quelqu'un d'autre ? Ca expliquerait que vous ne vous posiez pas dans un bar quelconque.

Mais si tel est le cas.. Qui ? Pourquoi ?

Un léger pincement au coeur, trop habituel pour qu'il ne la surprenne ou qu'elle n'en fasse grand cas. Il y a toujours ces petites choses qui vous rappellent un être cher, quand celui-ci n'est plus là. Que ce soit une disparition, un décès, une séparation, il s'agit toujours d'une forme de deuil. Karin ne manque pas à la règle, et la mention de la vodka lui rappelle évidemment son frère, dont c'est l'alcool préféré.. Pour des raisons plus ou moins douteuses. L'aflux de souvenirs de soirées passées ensemble à boire lui laisse un goût amer en bouche, qu'elle prend soin de masquer. Tu n'as pas besoin de savoir ça, toi. Mais la douleur sourde, habituelle, devient un peu plus marquée : c'est bien pour ça qu'elle essaye de rester concentrée sur ses objectifs, plutôt que de laisser l'amertume gagner du terrain.

Ceci dit, elle est du coup d'autant plus décidée à savoir le fin mot de l'histoire rapidement pour ensuite partir à la recherche de son frère.
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MessageSujet: Re: Rencontre fraternelle   Rencontre fraternelle Icon_minitimeMar 5 Mar - 19:50

Inutile de préciser que Jesse s'amusait follement. Cela ne se voyait évidemment pas au premier abord, car il restait d'humeur égale, mais qui savait décrypter ses demi-sourires se rendrait facilement compte qu'il paraissait de bien meilleure humeur que d'habitude. Probablement parce que la compagnie était à la hauteur.

Et pourtant, Karin ne faisait rien. Rien d'autre que d'écouter en souriant. Du moins en apparence. Le californien savait qu'elle était très certainement en train d'analyser le moindre de ses mots et de ses comportements. Elle avait raison  : tout était calculé. Le doctorant n'était pas de ceux qui parlaient pour ne rien dire, il n'aimait pas faire la conversation, au sens mondain du terme. S'il parlait, c'était qu'il avait quelque chose à dire, à faire comprendre. Une expérience à mener, en quelque sorte. C'était bien entendu différent lorsqu'il parlait avec des membres de sa famille ou des amis, des gens qu'il estimait réellement. Son interlocutrice se situait pour le moment dans un entre-deux  : il ne la connaissait pas assez pour se décider à son encontre, mais ce qu'il avait vu jusqu'à présent lui avait plu.

Ils étaient à présent arrêtés devant une épicerie que le jeune homme fréquentait régulièrement puisqu'elle se trouvait entre l'université et son domicile. Malgré son caractère joueur et son manque de considération pour autrui, il n'avait pas l'intention d'effrayer la wiccane. Il la séparait de leurs camarades intervenants sans s'en cacher le moins du monde, passait par des rues éclairés et par des boutiques où il connaissait du monde, histoire de lui prouver sans mot dire qu'il ne lui causerait pas de tort.

Ou que du moins, s'il le faisait, on retrouverait rapidement sa trace.

Au sourire cryptique que la rousse lui fit, l'étudiant répondit par un haussement de sourcil amusé. Oui, il savait qu'elle avait compris qu'ils n'allaient définitivement pas se poser dans un bar. Et non, il n'allait pas lui donner d'indice tout de suite. Pas directement, du moins.

« Dis-toi plutôt que, déciderais-tu de revenir ou rester, tu sauras directement où te fournir à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. »

C'était qu'il en rajoutait, le bougre  ! Et il s'en amusait follement. Mais pas autant que de l'attitude de la jeune femme, dont l'assurance effronté lui arracha un véritable éclat de rire. C'était décidé  : la petite Räder, il l'aimait bien.

« Je prends le risque. »

Avec un sourire canaille digne du poseur -oui, encore- sûr de lui qu'il pouvait prétendre être lorsque ça l'arrangeait, Jesse se détourna pour passer la porte du magasin et s'adressa presque aussitôt à la personne qui en tenait la caisse.

« Bonsoir Robin ! »

Lae susnommé.e Robin -toujours dans la lune- sursauta, avant de regarder ses nouveaux clients et de faire un sourire et un signe de la main à Jesse. Son regard s'attarda ensuite sur Karin, qu'iel salua poliment d'un signe de tête.

« Bonsoir Monsieur Beignets ! Bonsoir dear new costumer ! »

Jesse sourit, vaguement amusé, avant de se diriger vers les boissons. Vodka d'abord. Il se tourna vers sa camarade.

« Une préférence ? »

Non loin se trouvaient des pochettes cadeau, supposément prévues pour les bouteilles de vin. Il en choisit une simple, de couleur rouge. Sortant un stylo de sa besace d'étudiant, il entreprit de marquer quelques mots sur la mini-carte accrochée à la pochette, se souciant peu de savoir si Karin allait ou non lire par-dessus son épaule.

« Toutes les précautions ont été prises, relax. Et profite. »

De quoi faire passer un message, intriguer son invitée et lui donner de nouveaux indices, bien que relativement complexes cette fois. Mais il ne doutait pas que la rousse serait, elle aussi, à la hauteur de la tâche.

Rangeant son matériel, le doctorant jeta un œil à l'intérieur du congélateur sur lequel il s'était appuyé pour écrire.

« Hey, Karin, une petite glace, ça te tenterait ? »

Ils étaient certes en janvier mais la température de la Nouvelle-Orléans n'était jamais bien basse… Et puis, pourquoi pas  ? Une proposition totalement innocente, pour une fois.

« Ils en ont même pour les enfants ! Regarde celle-là, on dirait un ours ! Ou un loup. »

...Quoique.
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MessageSujet: Re: Rencontre fraternelle   Rencontre fraternelle Icon_minitimeMer 6 Mar - 23:43

Ta réplique, quand elle parle de l'épicerie, lui fait hausser un sourcile avec un sourire en coin. Le message est on ne peut plus clair : "Plaît-il ?". Hey, niveau rencard, elle a vu mieux. No offence, babe. Du coup, elle se demande une fois de plus ce que tu as derrière la tête. Pour que tu sous entende qu'elle pourrait avoir envie de revenir ici -ici où ? La Nouvelle Orléans, ou le quartier spécifiquement ?- ça veut dire que ton projet est supposé l'intéresser sur le moyen ou long terme. Combiné à la promesse d'émotions que tu sous entendais.. A moins qu'elle n'ait mal interprêté ? Non, elle jurerait que non. De plus en plus mystérieux.. Et tant mieux : Karin adore les mystères. Même quand elle est frustrée de ne pas savoir ce qui se trame. Ton approche est assez bienveillante pour que mine de rien le jeu soit assez présent pour éviter que la frustration et le sentiment de danger ne prennent le pas.

Une fois de plus, tu éclates de rire à son insolence. Karin en déduit donc que tu aimes ça, petit coquin. Entre cette réplique et la fois où elle t'a chopé le bras pour s'enfuire des mondanités.. Ca lui plaît bien, à la rouquine : ça permet de s'amuser un peu, et d'avoir les coudées franches. Le prout prout, franchement, ça va bien 5 minutes. Qui sait, si elle revient effectivement, peut-être te proposera-t-elle un verre. Une fois le mystère levé, et selon ce que ça vaut.

Quand vous entrez, l'employé.e vous salue et la jeune femme note que tu es visiblement un habitué. A tel point que tu as même ton propre surnom ? Aw, c'est mignon. Elle pouffe un peu en entendant "monsieur Beignet" et se demande bien comment tu as récolté ça. Lorsque Robon se tourne vers elle, Karin se fend d'un hochement de tête avec son sourire poli et charmant d'enfant sage. Mais ses yeux pétillent de malice ce faisant, sans qu'elle ne cherche le moins du monde à le cacher.

- Apellez moi Karin je vous prie.

Même si elle ne te pense pas mal intentionné à son égard, au moins y a-t-il une preuve de plus de son passage ici. En attendant elle te suit, et tu lui demandes son avis quant à la vodka à choisir. Curieuse de voir ce que l'on peut trouver en Louisiane, elle scan le rayon distraitement avant de bloquer sur une bouteille. Ce n'est clairement pas une marque populaire dans le coin, considérant que c'est en bas de l'étagère, mais Karin s'en fout. Avec un léger sourire, elle se penche et attrape la bouteille qu'elle te montre ensuite avec un sourire malicieux. Ce n'est pas la vodka la moins chère, mais puisque tu payes..

- Celle-là, je ne sais pas si tu connais : Hell's Half Acre. Elle est plutôt bonne et originale. Tant qu'à faire.

Indirectement de chez elle, aussi, parce que c'est en Floride qu'est le siège de la boîte. Mais la distillerie en elle-même est plutôt au Texas.. Détail. Karin a toujours aimé le nom et le goût. Elle a donc tout naturellement que ça venait de chez elle, au moins sur le papier. C'est d'ailleurs elle qui avait insisté pour que Asch prenne cette marque, la première fois. Il n'était pas toujours d'accord, parce que ce n'est pas la plus donnée, mais c'était devenu ensuite leur alvool traditionnel. Ah oui, parce que Karin n'en avait et n'en a toujours rien à faire d'être mineur : si elle veut boire, elle boira !

Tout à ses souvenirs, Karin se laisse un instant distraire de sa grande quête de vérité. Ce n'est que lorsqu'elle te voit bouger et saisir une pochette qu'elle se concentre à nouveau sur toi. Un gloussement amusé en te voyant préparer une carte, et la wiccane se demande bien pour qui est la vodka si ce n'est même pas pour vous deux. Mais la couleur rouge est terriblement bien assortie à la bouteille, et aux souvenirs qui y sont rat.. Ta.. Chés. Un bref moment de bug, et Karin te regarde écrire un mot sur la petite carte, sans mot dire. Ca turbine furieusement, et les pièces du puzzle se mettent doucement en place. Mais doucement, oh ! Si prudemment. Une fois n'est pas coutume, Karin a peur de faire confiance à son intuition. C'est flou, encore. Mais les éléments flottent, au milieu de "et si ?". Et si cette rencontre ce n'était effectivement pas vous deux, mais toi et la tierce personne ? Se connaître soi-même, se reconnaître en ce que l'on voit. Un alter égo, une autre moitié. Et si c'était ça, et si c'était vrai ? Oh, Karin n'ose même pas le formuler. Elle se demande si elle vire complotiste, à y ajouter le rouge explosif de la pochette, le choix de vodka qui détonne avec qui tu sembles être. Et si c'était ça ?

Mais pareillement.. Et si elle se trompait ? C'est quand même tiré par les cheveux. Quelle serait la probabilité que. Que ce soit ça ? Est-ce qu'elle n'est pas en train de s'emballer pour trouver à tout prix un sens à cette sortie ? Le doute s'empare d'elle, et Karin te regarde te diriger vers un nouveau rayon en te suivant sans mot dire, gardant son masque souriant par habitude. Mais intérieurement, elle a peur, elle espère. Son ventre est noué, son coeur tambourine de toute sa force. Karin a soudain chaud, et se sent fébrile. Rationnellement, avec méthode, elle déconstruit tout son raisonnement, reprend les éléments un à un, chercher à établire des probabilités et des faits concrets pour ne rien laisser échapper.

Malgré tout, quand tu la tires de ses pensées alors qu'elle te souriait par automatisme -un truc appris grâce à Rachel une fois encore- Karin te regarde un bref instant en incliant la tête de côté. Une glace en hiver ? On pourrait croire que c'est ce qui la trouble, alors qu'elle ne répond pas et que tu continues. Mais quand tu parles du loup.. Le doute n'est plus permis. Cet indice là est bien trop gros, c'est un pavé dans la mare en comparaison de ceux que tu as semé plus tôt.

Le coeur de Karin rate un battement, alors qu'elle te sourit brièvement comme si elle n'était pas intéressée par la proposition. En vérité, elle veut pouvoir se donner le temps de se recomposer avant de te faire face. Reprendre le contrôle, le rôle. Les rênes. Se reprendre elle-même, surtout, parce que le sol semble se dérober sous ses pas. C'est d'une voix à peine altérée qu'elle te répond, en faisant mine de regarder les autres rayonnages.

- C'est pas la saison. Et puis je préfère celle avec Ariel de toute façon.

Si vraiment elle a raison. Si vraiment c'est ça.. Tu devrais comprendre aussi. Ariel, la sirène aux cheveux rouges. Rouge comme Asch. Une question la taraude cependant. Et si, effectivement tu ne voulais pas lui faire de mal mais que tu voulais la piéger ? La faire parler de son frère. La faire sortir de sa zone de confort. Vérifier ce qu'elle sait, ou non. S'assurer, si elle part retrouver son frère, de pouvoir la traquer.

Et si tu étais à la solde de Rachel, en vérité ?


Dernière édition par Karin Räder le Dim 17 Mar - 22:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre fraternelle   Rencontre fraternelle Icon_minitimeSam 16 Mar - 0:11

Robin hocha la tête avec un grand sourire commercial à l'intention de Karin, même s'il était clair qu'iel ne se souviendrait pas plus de son nom que de celui de tout.e.s les autres. Si la rousse pensait pouvoir trouver en l'épicier.ère la personne qui serait capable de donner son identité en cas de fait divers tordu, c'était raté : iel n'avait définitivement pas la mémoire des noms. Pas pour rien qu'iel donnait des surnoms à tout.e.s ses client.e.s. Mais la jeune femme n'était pas de celles qui passaient inaperçues, c'était déjà ça.

Jesse jeta à peine un coup d'oeil au prix de la boisson : ce n'était comme s'il s'agissait de la bouteille la plus chère et ses finances n'étaient pas un problème. D'ailleurs, il en déduisait aisément que la marque en question devait avoir une valeur particulière pour la wiccane : dans le cas contraire, elle n'aurait pas pris la peine de faire ces précisions. Et si elle avait simplement voulu ennuyer Jesse avec un alcool hors de prix elle aurait choisi quelque chose de plus extravagant. Il ne voyait donc pas de raison de la contredire.

"Parfait."

Il n'avait pas l'intention d'y toucher, de toute manière.

Se penchant sur la rédaction de sa carte, le doctorant ne prêta pas plus attention que cela au processus de réflexion de sa collègue. Il savait pertinemment qu'elle serait capable de faire certaines déductions si elle lisait par-dessus son épaule. Il était également possible qu'elle ne soit pas assez curieuse, mais de cela Jesse doutait fortement : Karin ne l'aurait jamais suivi jusque là, si tel avait été le cas.

Une fois sa besogne terminée, le brun décida de lâcher sa dernière bombe. Et il ne fut pas déçu du résultat.

Un regard qui pétille, un sourire entendu. Elle a vraisemblablement compris quelque chose et il tient à lui faire comprendre qu'il s'en est très bien rendu compte, peu importe la façon dont elle peut le prendre. Après ces dernières minutes, en réalité, il aurait été déçu du contraire : ses indices étaient devenus de plus en plus transparents, le prochain stade aurait été d'énoncer clairement le nom d'Asch, ce qu'il n'aurait bien évidemment jamais fait. Ce serait gâcher le plaisir !

Mais Karin était bien assez maligne pour comprendre. Mieux que cela : elle était assez intelligente pour s'approprier le jeu et le transposer à sa sauce. Soit, il la laisserait diriger cette manche : il y avait probablement des choses qu'elle souhaitait vérifier d'elle-même.

"Je vois que tu peux le comparer à Ariel sans risquer de te recevoir "une mandale", comme il le dit si bien. Personnellement, je n'ai pas osé tenter ma chance."

Avec un sourire amusé, Jesse délaissa donc les freezers pleins de glace pour se diriger vers un autre présentoir, prit un paquet qu'il leva en direction de Karin.

"Va pour des beignets, alors."

Il se dirigea ensuite vers la caisse pour payer tous ses achats, avant de mettre la bouteille dans la pochette et de donner l'ensemble à la rousse.

"Cadeau."

Avec un salut poli à l'intention de Robin, l'étudiant quitta ensuite l'épicerie, attendant qu'on le rejoigne pour se faire un peu plus prolixe.

"Il ne sait pas que tu es là. Tu penses bien que si cela avait été le cas, il ne m'aurait jamais laissé faire. Il a cette fâcheuse tendance à penser qu'il ne peut pas se permettre de te mettre en danger vis-à-vis de ta mère."

Quelques pas, un silence.

"Personnellement, je pense que tu es bien assez grande pour faire tes propres choix."

Ce pourquoi tout avait été mis en place de sorte à ce que Rachel ne soupçonne rien et à ce que Karin puisse partir sans voir son frère, si elle le souhaitait : Jesse savait garder un secret.

Mais une fois encore, il doutait que cela se termine ainsi. Continuant sa route, le doctorant tendit le sac de pâtisseries vers la rousse, comme si la conversation qu'ils étaient en train d'avoir était plus que banale.

"Beignet ?"

Pour lui, c'était probablement le cas.
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MessageSujet: Re: Rencontre fraternelle   Rencontre fraternelle Icon_minitimeLun 18 Mar - 0:49

Tu ne bronches pas au choix de Vodka, ne semble d'ailleurs pas vraiment avoir d'opinion là dessus. Ca ne fait que la conforter dans son opinion : ce n'est pas pour toi. Pour qui alors ? Elle ? Lui ? A nouveau son coeur qui s'emballe sans qu'elle n'en montre rien. Avec le temps, son masque au sourire poli est devenu son expression par défaut quant elle n'y pense pas. C'est un peu triste, quelque part. Mais si salutaire. Karin ne se pose d'ailleurs même plus la question de comment seraient ses expressions si elles étaient sponatnées. C'est quelque chose qui lui est simplement impossible à imaginer. Jongler et choisir quel sentiment montrer est tout simplement une part d'elle dont elle ne saurait se défaire, désormais. Sauf avec Lucy, peut-être, parfois. Sauf avec lui, au moins à l'époque, quand elle le pouvait. Quand ça allait.

Voilà longtemps que la jeune femme n'avait plus ressenti tant d'émotions. Tes mots résonnent lourdement dans sa jolie caboche, quand tu mentionnes la "mandale", quand pour la première fois tu l'évoques sans vraiment voiler ton propos. Jamais tu ne l'as nommé, pourtant. Mais pas égard pour vous deux, Karin ne fera l'insulte à personne de remettre en question la personne dont tu parles. Il s'agit de Asch, le doute n'est plus permis. Là où elle a moins de certitude, en revanche, c'est si tu bluff pour lui soutirer des infos ou si tu as un autre objectif. Et à ce sujet, Karin a bien moins de certitudes.

Elle balaye ta réponse d'un haussement d'épaules, se réfugie dans le mutisme pour analyser à sa guise la situation et les nouveaux éléments. Tu ne sembles pas lui en tenir rigueur, et continues même ton petit manège. Lorsque tu lui tends la bouteille dans l'emballage, elle te jette un regard perçant en haussant un sourcil, non sans cesser de sourire. Néanmoins, la wiccane prend le paquet sans broncher. Ce verre est bien plus généreux qu'elle ne l'avait prévu, même si dans un cadre plutôt atypique. Malgré elle, Karin lit distraitement le mot sur la carte -qu'elle n'avait pas déchiffré auparavant, toute occupée qu'elle était à analyser les données en sa possession. Un infime froncement de sourcils à la lecture, un nouveau coup d'oeil inquisiteur alors que tu continue et te remets en route.

Jusqu'où as-tu planifié tout cela, Jesse Coleman ? L'épicerie, les indices, la sortie.. La conférence. Tu es celui qui l'as contacté, après tout. Cette foutue conférence. Si Karin avait eu moins confiance en ses capacités, elle se serait demandée si vraiment elle était une invité légitime dudit évènement, ou bien si c'était juste pour l'amener ici. Mais la jeune femme sait ce qu'elle vaut : elle en déduit donc que si effectivement tu es l'instigateur de la conférence, elle a été invité pour cela de cette façon parce qu'elle est assez brillante pour que ce soit une excuse valide. Reste la question sur tes intentions, et qui tu es vraiment. Ta replique la fait rouler des yeux tout naturellement et elle ne prend pas la peine de le chacher. Et pour cause :

- Je ne comprends toujours pas pourquoi les femmes devraient absolument être protégées par les mâles. On se défend fort bien par nous même aussi.

Une réponse assez générique pour ne répondre à rien, mais faire écho à ta remarque malgré tout. Comme tu le dis toi-même, elle est bien assez grande pour faire ses propres choix. Il serait bien que ce couillon de grand frère le réalise aussi et ne lui impose pas ses conneries de protecteur à la con qui font plus de mal que de bien. L'offre des  beignets lui fait secouer la tête à la négative.

- Merci, je me suis bien assez gavée de petits fours à l'Ambassade.

Gavée, non, certainement pas. Mais la simple idée de manger quelque chose alors que son estomac fait du hula hoop de par sa nervosité la dissuade de goûter à quoi que ce soir.

- Je serais curieuse d'en savoir un peu plus, ceci dit. Sur tout cela, et sur vous, monsieur le mysterieux chevalier servant. Après tout, si les enfants s'étaient méfiés un peu plus de la maison en pain d'épice, ils auraient sans doute eu moins de porblèmes. Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent, n'est-ce pas ?

Qui est-tu, Jesse ? Pourquoi fais-tu ça ? Es-tu la sorcière du conte, avec ta jolie maison de pain d'épice qui piège si bien les enfants trop confiants ? Son frère est-il déjà captif ?
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MessageSujet: Re: Rencontre fraternelle   Rencontre fraternelle Icon_minitimeMar 19 Mar - 0:01

On peut faire dire bien des choses à un silence. Pour certains, il est signe du plus grand des mépris, pour d'autres il s'agit du plus grand des aveux. Pour Jesse, il est clair que si la rousse ne dit rien, c'est parce qu'elle est bien plus perturbée qu'elle ne veut le montrer : jusqu'ici en effet, Karin lui avait toujours répondu par une phrase ou un signe qui variait de l'amusement à l'impertinence. Cette fois-ci, il n'en était rien. Alors peut-être n'avait-elle pas compris la référence, mais le brun en doutait fortement : elle avait été bien trop perspicace jusqu'à présent pour ne pas repérer ce choix de mots, plus transparent que ceux qu'il avait pu faire auparavant.

Quelque part, le doctorant se réjouissait de voir le masque de porcelaine se fissurer : la wiccane était tellement douée pour cacher ses émotions qu'elle serait capable de le faire douter de ses propres capacités. Mais ils se trouvaient ici entre experts, ce qui pouvait rendre la tâche plus ardue. Jesse en arrivait à une conclusion : qui qu'elle soit, la mère Räder n'était pas uniquement une excellente wiccane (comme Asch le lui avait confié) mais aussi une très bonne juge de caractère (bien que très certainement flouée par sa fille).

Le norme comprenait de mieux en mieux pourquoi le videur pouvait haïr à ce point sa patronne.

Sortant de la boutique, Jesse tendit la pochette contenant la bouteille à sa camarade et reçut en retour un regard perçant et un haussement de sourcils. La belle rousse a repris du poil de la bête. En retour, l'étudiant lui adressa un clin d'oeil, toujours aussi amusé, avant de continuer sa route. Il vit du coin de l'oeil qu'elle lisait le message qu'il avait laissé à l'attention du métamorphe et décida donc de se fendre d'une de ses rares explications. La réplique de la jeune femme lui arracha un nouvel éclat de rire, quelque chose d'un peu cynique et désabusé à la fois. Il lui donna son avis, avant de répondre à ce qu'elle venait de dire.

"Par où commencer ? Le patriarcat occidental, poussé à l'extrême par le régime capitaliste des derniers siècles ou la masculinité toxique qu'il véhicule ? Passionnant d'un point de vue sociologique, déprimant d'un point de vue humain, sans aucun doute."

Ce fut son tour de hausser les épaules.

"Je suis fils unique, je suppose qu'il me manque une donnée importante. Avoir une petite soeur change certainement le paradigme de base."

Voilà qui permettrait de lever toute ambiguïté.

Ce fut au tour du doctorant de jeter un regard perçant en direction de Karin lorsqu'elle refusa son offre. Non pas qu'il en était offusqué, loin de là (il paraissait bien impossible de vexer Jesse, de toute façon) mais plutôt parce qu'il savait pertinemment qu'elle ne s'était pas "gavée", comme elle le disait. Il avait passé le weekend avec elle, après tout. Il savait très bien qu'elle ne s'était pas jetée sur les petits fours. Pas plus que le raisonnable, dirons-nous. Il y avait donc probablement une autre raison à ce refus, et le californien ne pensait pas qu'il s'agisse d'une question de goûts.

Mais la mise au point de son invitée l'empêcha de se pencher davantage sur ces raisons. Il pencha la tête sur le côté pour la regarder, ses yeux gris pétillants derrière ses lunettes. Il prit le temps de croquer dans le beignet qu'il avait dans la main et de s'occuper de sa bouchée avant de répondre.

"Es-tu bien placée pour sous-entendre que je suis la sorcière de l'histoire, Karin ? Mais je te l'accord, je ne suis pas un ange gardien. Je l'ai déjà signifié à ton frère."

Son regard se fit brusquement moins joueur, plus sérieux.

"Cette conférence n'avait pas uniquement pour but de rassembler les scientifiques les plus doués dans un domaine donné, je l'admets. Mon objectif principal était de te donner une occasion de venir à la Nouvelle-Orléans qui ne mettrait pas la puce à l'oreille de tes parents. Ou de ton frère, qui persiste à vouloir agir comme un masculiniste fini malgré... bref, c'est un autre sujet.

Je ne suis pas là pour te forcer à quoi que ce soit. Tu es libre de rentrer, si tu le souhaites. Je ne doute pas que tu aies repéré le chemin. Ton frère m'a rendu curieux, les recherches que j'ai été amené à faire pour te rencontrer également.

Je pense que vous avez besoin de vous retrouver. Il est dans un état déplorable, et tu sembles être le seul pilier fixe de son existence, bien qu'il ait été assez stupide pour couper complètement les ponts sous des prétextes que nous avons tous deux déjà qualifiés. Par ailleurs, je ne pense pas que tu vives sa disparition aussi bien que tu le présentes, malgré un véritable don pour donner le change et ne rien montrer de ce que tu ressens.

Mais je ne te pousserai pas au travers de son séjour. Pas plus que je ne vous "dénoncerai", toi ou lui, à votre mère, que je ne connais d'ailleurs ni d'Eve ni d'Adam. Je me contente de montrer un chemin. A vous de choisir ce que vous voulez en faire."


Au fil de son discours, Jesse a retrouvé un peu de son amusement perpétuel. Il haussa les épaules à son tour, demi-sourire au coin des lèvres.

"Pas de maison en pain d'épice, mais un sourire sans chat, peut-être ?"

Il fallait dire qu'avec ses conseils parfois alambiqués et ses raisonnements difficiles à suivre pour certains, il pourrait passer pour le Cheshire Cat. Avec un sourire moins étalé.
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MessageSujet: Re: Rencontre fraternelle   Rencontre fraternelle Icon_minitimeLun 15 Avr - 23:37

Tu t'amuses. Tu sembles t'amuser, en tout cas, et pour une raison ou une autre Karin s'en agace soudainement. Tout cela n'est qu'un jeu, pour toi ? Y trouves-tu ton bon plaisir, à jouer des sentiments des gens, à semer des indices en bon seigneur ? Un bref moment, Karin se demande ce que tu peux bien en tirer, si ce n'est pas une douceur d'égo qui te fait jouer le sauveur. La gentillesse ? L'altruisme ? Allons, ne soyons pas naïf. Il y a bien longtemps que Karin n'y croit plus vraiment, et certainement pas de la part d'inconnus. Mais ça, elle ne le montre pas. Et puis, aussi soudainement qu'elle est venu, la colère hainseuse repart. La méfiance, en revanche, reste. Cette bonne blague : comme si elle allait te faire confiance. T'as cru au père noël ? Non, bien sûr que non. Trop malin pour ça. Insuportable, vraiment. Difficile

Quand tu lui réponds sur le patriarcat, elle ne répond même pas. La rousse a beau s'être calmée, ce n'est pas pour autant qu'elle a envie d'ajouter quoi que ce soit. Ce serait un débat sans doute intéressant, mais là elle n'est pas d'humeur. Tout au plus arraches-tu à son masque paisible un regard perçant quand tu enchaînes et lève toute ambiguïté s'il y en avait encore. Mais là encore, elle ne rebondit pas sur cette réplique. Pourquoi faire ? La méfiance est présente, même si elle te sourit avec pétillance.  

De toute façon, tu es assez bavard pour deux. Quand elle te lance quelques phrases, tu lui réponds en paragraphes. Et tu prends la mouche. Ah, on n'aime pas que les gens ne te remercient pas directement et sans remise en question ? Pauvre pauvre homme à l'égo malmené. Oui, l'acide revient avec férocité, et elle te jette un regard perçant presque amusé quand tu lui demandes si elle fait bien d'effleurer l'idée que tu es la sorcière. Est-ce une menace ? Sorcière. Karin trouve le mot presque vexant. Elle hésite à te répondre, cher norme, mais décide de se taire et de t'écouter. Il ne s'agirait pas d'abimer encore ton petit coeur fragile, n'est-ce pas ? Ses yeux se plissent légèrement alors qu'elle t'écoute paaarleeeer. Ceci étant, les infos l'intéressent, et tu peux te vanter d'avoir son intention. La jeune femme met le sel de côté une fois de plus pour se concentrer sur ce que tu lui dis..

.. Sans retenir un soupire exaspéré quand tu parles d'Asch et de sa connerie masculiniste. D'ailleurs pour une fois, elle ne prend même pas la peine de masquer son émotion : la connerie de son frère parfois, oh oui elle en a soupé. Ses yeux roulent, et la tête qu'elle fait maintenant veut tout dire.  

E x a s p é r a t i o n.

- Pff, m'en parle pas.

Et ce sera le seul commentaire qu'elle fera. Mais chaque fois que tu mentionneras le cote borné et stupide des actions et réactions de son frère, tu pourras la voir rouler des yeux si tu y prêtes attention. Oui, il est fatiguant. Jamais elle n'a prétendu le contraire, même si elle affronterait le monde entier et plus encore pour sa caboche mal lunée. Elle tique un peu à certains passage, mais l'avantage de se taire et t'écouter est que ça la force à faire décanter les informations. A prendre du recul. Quand enfin tu termines ton discours avec ta petit blague sur le chat de cheschire -tu en es fier, avoue- la rousse reste pensive un bref instant, le temps de considérer les informations. Même elle, malgré son aisance à analyser les informations, a besoin de digérer tout cela.

Finalement, elle ne sait toujours pas quoi penser de toi, de ce qui motive tes actions, de si elle t'aime bien ou pas finalement. Mais en revanche, une chose est sûre : elle n'a rien à perdre à te suivre. Que Rachel soit derrière cela n'a aucun sens. Elle se serait plutôt débrouillée pour régler ça en douce, sans provoquer la provoquer.

- Pourquoi devrais-je te faire confiance ? Tu n'aimes pas que je me pose cette question si j'en juge à ta réaction de tout à l'heure. Je trouve ça étonnant : tu mets en place tout ça pour ne pas éveiller les soupçons de la reine mère, mais tu ne réfléchis pas aux conséquences que ça peut avoir de vivre avec elle ?

Une dose de sarcasme avec cette question rethorique, un sourire mutin. Mais déjà, la pétillance s'envole du regard de la jeune femme. Karin se redresse un peu plus, le menton fier et le regard perçant malgré son sourire charmant. Elle est déterminée à revoir son abruti lâcheur de frère et à lui remettre les points sur les i. Magistralement. Et bien sûr il faudra l'aider. Evidemment, le soutenir, se débrouiller pour le revoir, régler les choses. Et il n'a clairement pas intérêt à se casser à nouveau.

- Hors de question qu'il m'échappe encore. Je veux le voir.

Et ça va chier si quelque chose se met sur sa route maintenant que son frère est apparemment si proche. Le regard de la jeune femme est chargé d'orage malgré son sourire. Il n'est plus temps de jouer, et d'ailleurs elle en a assez. Un claquement de doigt résonne, deux croâssements répondent plus haut. Huginn et Muninn arrivent et se posent chacun sur une épaule de la wiccane.

Qu'Asch soit dans un état déplorable ne l'étonne pas vraiment. Mais elle redoute un peu l'état dans lequel il va falloir le ramasser.
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