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 NewOTV : Conférence de Presse de la Hiérarchie Vampirique

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John Doe
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MessageSujet: NewOTV : Conférence de Presse de la Hiérarchie Vampirique   Lun 30 Juil - 18:34

Sans surprise, tout avait été préparé aux petits oignons pour la conférence de presse de la hiérarchie vampirique. La Maîtresse Dyce était de ce genre de personnes qui souffraient peu que quelque chose ne soit pas aussi parfait qu'elle l'avait imaginé. Les vampires - c'était de notoriété commune, un véritable travers culturel - ne faisaient jamais rien à moitié, et voyaient les choses en grand. Cela  tenait probablement au fait qu'un certain nombre d'entre eux provenaient d'époques anciennes, et de milieux sociaux hauts placés. Le faste et la mise en scène avaient alors plus d'importance encore qu'en ces temps modernes, aux priorités différentes.

La réunion aurait donc lieu dans l'une des salles de conférence d'un grand hôtel de l'Offensive. La pièce était immense, et commençait à se remplir doucement. L'estrade disposait d'un pupitre recouvert de velours bleu sombre avec micro, derrière lequel les têtes de la hiérarchie locale se tiendraient probablement sous peu. Un peu en retrait, à droite, on avait installé un second micro sur pied. Des rideaux noirs, tout à l'arrière, cachaient les loges. Des spots indigo placés au sol en éclairaient les pans de façon esthétique. Des deux côtés de la pièce, de grands écrans permettraient de retransmettre au besoin l'image, si on en venait à utiliser les rangées du fond, disposant d'une mauvaise vue sur l'estrade. Pour le moment, l'un diffusait les figures des invités - la plupart en grande discussion avec leur voisin - et l'autre était fixé sur l'estrade, montrant l'image du pupitre et du micro secondaire.

Le plafond couleur crème disposait d'un éclairage en LED caché dans ses moulures ainsi que d'un ensemble de lustres en matière translucide dans lesquels d'élégantes arabesques métalliques étaient forgées. Les sièges de satin noir, aussi luxueux que confortables, étaient eux-même décorés de dorures géométriques. Tout était bien plus moderne qu'au Domaine Beauregard, mais à côté de cela, rien à redire : le standing était le même.

Des caméras étaient installées discrètement aux endroits stratégiques, s'assurant que la conférence serait retransmise aux yeux et oreilles de toute la population locale. D'autres, encore bien plus discrètes, faisaient partie intégrante de l'important dispositif de sécurité. L'oreillette bien en place, un certain nombre de gorilles vêtus de costards noirs avançaient lentement dans la pièce, s'arrêtaient dans un coin, observaient l'air sombre ses occupants ainsi que les diverses entrées. Ils restaient très droits, les mains croisées sous l'abdomen.

Un vampire patibulaire évoluait parmi eux : Ludwig, gros bras bien connu de la hiérarchie en place, était facile à reconnaître. C'était un colosse imposant. Son œil borgne était masqué par son éternel cache-œil et ses cheveux blond cendré, comme toujours gominés. Très sérieux, il allait souffler quelques directives à certains et s'assurait des derniers préparatifs. Partout où la hiérarchie se déplaçait, Ludwig prenait la tête de l'équipe assurant sa sécurité.

Les derniers journalistes, responsables d'entreprise invités et autres curieux autorisés s'installèrent avant que ne se referment définitivement les pièces de la salle de conférence, dans laquelle plus personne ne serait maintenant accueilli, à l'exception de ses acteurs, qui ne mirent que peu de temps à émerger des lourds rideaux, sous les applaudissements polis du public.
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Ailin Dyce
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MessageSujet: Re: NewOTV : Conférence de Presse de la Hiérarchie Vampirique   Lun 30 Juil - 18:35

Ailin avait pris avec elle les trois personnes dont la présence se justifiait par leurs fonctions : Jesse, officiellement son second - qui dans l'Ombre s'adonnait aux activités qu'Ailin, ni qu'aucun Maître Vampire ne pouvait se permettre d'assumer publiquement. Gauthier, son nouveau Majordome à qui elle ne faisait absolument pas confiance, mais dont la fonction d'homme à tout faire impliquait sa présence obligatoire - pour les préparatifs, le rangement, et tout ce qui entre deux pourrait s'avérer nécessaire. Son second garde du corps enfin, Vincent, ne la quittait jamais d'une semelle du moment qu'elle mettait un pied dehors. On ne savait jamais ce que le TPH et ses alliés pouvaient manigancer, sans même compter qu'Ailin avait bien des ennemis en dehors de ces organisations malveillantes.

La Maîtresse monta les marches qui menaient à l'estrade, comme à son habitude vêtue d'une imposante robe d'époque victorienne. Celle-ci était en brocard brillant, vert d'eau, presque  gris. Le tissu était décoré de motifs végétaux. Au centre, un pan de satin plus sombre brisait la monotonie. Les coutures étaient rehaussées de dentelle noire. Les manches s'évasaient au niveau du coude, mais ne s'étendaient ensuite pas plus loin que le milieu de l'avant bras. La robe était munie d'un cache-cou cousu dans le même brocard, et décoré de la même dentelle. Les cheveux blonds, presque blancs de la maîtresse étaient ornés d'une parure d'or blanc sertie de joyaux verts. Elle avait aussi assorti subtilement son maquillage. Jusqu'à là, rien d'inhabituel : Ailin ne sortait jamais publiquement sans moins.

Pour une fois, néanmoins, on notait un ajout original. Il était rare que la Maîtresse Dyce parle de ses origines écossaises, et plus encore qu'elle les laisse entendre dans son phrasé. Pourtant ce jour, par dessus sa robe, elle portait un arisaid. Le plaid en tartan était aux couleurs - vertes - du clan Dyce. Attaché avec une broche, sous la gorge, il formait comme un caperon, car il était ceint à la robe d'Ailin au niveau de la taille. Ses pans terminaient ensuite librement leur course contre le riche tissu qu'elle portait en dessous. Le mélange était inhabituel, mais Ailin avait évidemment tout fait pour le rendre élégant, à la hauteur de l'image qu'elle se devait d'offrir au public.

Un fin sourire aux lèvres, elle prit place derrière le micro, puis vérifia que sa suite était bien installée. Elle offrit un généreux regard périphérique à l'ensemble de la salle, s'arrêtant à quelques reprises sur des visages bien connus, puis enfin, elle ouvrit le bal en une phrase. Sa voix douce résonna dans la pièce entière, prouvant que les micros fonctionnaient à merveille. Encore heureux.

"Eh bien, nous voici tous réunis à l'occasion de cette conférence, que certains d'entre vous attendaient depuis longtemps. Je vous en prie, débutons sans attendre. Je commencerai par répondre à vos questions, car je ne doute pas une seconde qu'elles doivent être nombreuses. Ensuite, nous aviserons."

Son accent restait très contrôlé. Ailin avait choisi d'afficher ses origines plus qu'elle n'en avait l'habitude, mais n'en était pas encore au point de laisser le naturel entièrement l'emporter. Cela aurait trop tranché avec l'image qu'elle avait offert jusqu'à présent, et ils n'étaient pas ici pour créer des ragots. C'était plutôt l'inverse, en fait.

La Fouine :

Une main se leva aussitôt, stylo tournant autour de ses doigts en prime. Un air malicieux sur le visage, le journaliste le plus fouineur de la Nouvelle-Orléans attendit sagement (...plus ou moins) qu'on lui donne la parole pour poser l'une des questions qui lui brûlaient les lèvres.

"Justement, en parlant de conférence qui prend du temps... Est-il possible d'avoir une explication quant à la latence entre la déclaration de sa tenue et son arrivée effective ? Je veux dire, je suis certain que nos supérieurs divers ont eu ce qu'ils attendaient, mais afin que le grand public ait également accès à ces informations ?"


Ailin se tourna toujours aussi souriante vers la Fouine et accorda au journaliste un mouvement de tête respectueux, saluant la pertinence de son intervention.

"C'est en effet l'un des premiers points qu'il nous faut élucider, mais je suis certaine que vous devez poser la question en ayant déjà une idée de la réponse en tête... Vous n'êtes probablement pas sans avoir entendu parler de la récente mort de Richard Keegan, qui faisait partie des plus vieux vampires vivant encore aux USA mais qui se trouvait être aussi Maître de la Ville d'Atlanta, dont j'ai moi-même été membre de la hiérarchie à l'époque où mon créateur Sigmund Møller était encore de ce monde. Je ne pouvais faire autrement que de me déplacer pour assister à ses funérailles, à l'instar de nombre d'autres Maîtres et Maîtresses Vampires, ainsi que d'anciens qui le connaissaient bien. Malheureusement, le BIAS local a peu de temps après cela découvert que la mort de Richard était d'origine criminelle. Nous fûmes nombreux, parmi les vampires invités, à ne plus pouvoir quitter la ville avant que notre innocence soit prouvée. Mon second, Jesse Coleman ici présent, a assuré avec brio la relève en attendant mon retour mais il était hors de question de tenir cette conférence avant que je puisse parler pour moi-même. Dès mon retour, nous avons organisé l'événement aussi rapidement que nous en étions capable."

Elga Pollitzer :

La flamboyante Elga Pollitzer - dont personne en ville n'ignorait l'identité, - renchérit presque aussitôt, manquant de mettre accidentellement un coup de coude à la Fouine, à côté de laquelle elle était assise. Le sujet, bien éloigné du thème de la soirée, était évidemment trop scandaleux pour qu'elle le laisse passer si facilement. La chroniqueuse de DollRadio se tortilla de malice sur sa chaise, alors qu'elle demandait, grand sourire - faussement innocent - aux lèvres.

"Atlanta... A votre place, j'en aurais fait une cité interdite ! De gré ou de force, par ailleurs. Vous n'avez pas fait trop de... rencontres malencontreuses, sur place ? Jamais craint pour votre non-vie ? Après tout, c'est là-bas qu'elle a déjà failli passer à la trappe. Beaucoup d'invités ont dû douter de votre innocence. Et j'imagine que ce n'était pas pour rien, si vous faisiez partie de la liste de suspects du BIAS... Non ?"


La Maîtresse Vamp émit un rire doux, presque attendri. Rendant à Elga son regard malicieux, elle répondit sans hésiter une seule seconde :

"Effectivement, le BIAS d'Atlanta ne m'a pas à la bonne, pour des raisons qui ne sont inconnues de personne. Néanmoins, c'était bien là le seul problème : à l'époque où le Conseil a décimé notre hiérarchie, ce fut un véritable massacre, dont je suis comme vous l'avez indiqué chanceuse d'être sortie vivante. Ou "non-vivante", si tel est le terme que vous préférez. Ce fut une époque traumatisante. Ceux qui ne sont pas morts ont pour la plupart préféré quitter la ville et je puis vous assurer que les risques, déjà à cette époque, étaient loin de se cantonner à notre modeste cité. Je n'étais pas moins en sécurité là-bas qu'ici, ou qu'ailleurs. De plus, pourquoi aurais-je cherché des noises à Keegan ? Je suis la première à me considérer chanceuse d'accéder à une seconde chance ici, à la Nouvelle-Orléans, et je n'ai aucunement l'intention de la gâcher bêtement. Je suis Maîtresse au même titre qu'il était Maître. C'était un individu charmant, très qualifié, très expérimenté, dont la nomination n'avait absolument aucun lien avec la décision du Conseil de décimer notre précédent régime... A cela près qu'il s'agissait de la personne idéale pour reprendre en main la ville, laissée par cette purge violente dans un état bien misérable. Fort heureusement, nos amis du BIAS, d'ici comme d'ailleurs, sont capables de reconnaître assez rapidement leurs erreurs de jugement."

Sous-entendu "fort heureusement", parce qu'ils en faisaient souvent ? Noooon... Absolument, pas, voyons. Ne voyez pas le mal partout.

"Cela dit, sans vouloir vous brusquer, je pense qu'il serait grand-temps d'en venir au thème principal de notre conférence. Nous ne sommes ici ni pour parler de moi, ni pour parler d'Atlanta. Venons-en donc au sujet du "Bonbon Soleil" - que vous trouverez évidemment dans vos pharmacies sous un autre nom. Je m'étonne d'ailleurs que nos amis de l'Eglise, habituellement si sérieux, si formels, aient choisi d'en délivrer le surnom affectueux plutôt que la dénomination complète."

Semi-sourire aux lèvres, elle balaye des yeux l'assemblée, attendant la prochaine question.

Attention, ne participez pas si vous n'y avez pas été invité !

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Gauthier Ovronnaz
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MessageSujet: Re: NewOTV : Conférence de Presse de la Hiérarchie Vampirique   Mar 31 Juil - 10:31

Cela avait été l'une de ses premières tâches suite à sa nouvelle affectation au service de la Maîtresse de la Nouvelle-Orléans. Une chose était évidente, sa nouvelle maîtresse, Ailin Dyce, ne semblait pas particulièrement joyeuse à l'idée de se coltiner dans les pattes un nouveau majordome sur lequel elle ne savait pas grand-chose. Oh, bien sûr, il s'était livré sans ciller au Rituel Pourpre et lui avait laissé toute latitude pour boire son sang sans même hésiter une seule seconde, même s'il avait tenu à préciser les choses clairement avant qu'elle n'ait une mauvaise surprise : la période la plus récente de son passé lui serait interdite, par ordre du Conseil. Aussi, le majordome pouvait comprendre que cela pouvait laisser la Vampire sur sa faim, littéralement, et la rendre des plus méfiantes. Cette difficulté avait été envisagée sous toutes les coutures par le nouvel arrivant et il s'était déjà préparé à l'idée de devoir se rendre particulièrement efficace et utile pendant les premières semaines de son service. Non pas que cela lui demande un effort particulier, compte-tenu de ses états de service précédents, mais il y avait une légère pression supplémentaire à devoir être parfait sous tous rapports. Mais c'était là le rôle qu'il s'était ingénié à prendre depuis qu'il s'était présenté sur le perron de la demeure de la Maîtresse de la ville. Abandonnant, pour un temps, ses recherches qu'il avait commencées à son arrivée en ville, il œuvrait désormais exclusivement dans l'intérêt d'Ailin, dans un professionnalisme qui en disait long sur ses compétences à savoir se rendre utile et parfaitement invisible. En quelques heures, il avait mémorisé la demeure, dans son intégralité, s'était familiarisé avec les différents personnels. En quelques jours, il avait appris à cerner les habitudes de son employeuse et commencé à anticiper ses besoins les plus courants, comme tout bon majordome sait le faire. Une semaine lui suffisait généralement pour connaître sur le bout des doigts et gérer, sans la moindre fausse note, les affaires les plus courantes.

La conférence avait bien entendu eu un impact sur ses prérogatives, même si, pour le moment, il semblait évident qu'Ailin ne lui déléguait qu'un minimum de choses. Une preuve, s'il en fallait une, qu'elle ne lui faisait pas le moins confiance. Car s'il aurait pu se rendre utile sur de nombreux plans, il n'eut pas l'occasion de faire montre de ses compétences en la matière. On se contenta de lui donner le lieu où se tiendrait la conférence – chose dont il aurait parfaitement pu s'occuper – ainsi que les détails de la sécurité, qui lui furent transmis, et encore, uniquement à titre informatif, par Ludwig et Vincent, même s'il se permit quelques commentaires à ceux-ci pour assurer que sa mission ne serait pas mise en péril par la leur. Ainsi donc, il n'eut qu'à s'occuper de la logistique. Il ne s'en était pas plaint, loin de là, conscient qu'il allait probablement devoir mériter de pouvoir en faire davantage, et préféra remplir le rôle qu'on lui avait confié – aussi maigre soit-il – à la perfection. Il fit quelques allers-retours avec l'hôtel, pour coordonner l'événement de la manière la plus efficace, qu'il s'agisse des équipes de l'hôtel ou des personnels supplémentaires embauchés pour l'occasion, voire même des équipes de télévision qui allaient retransmettre l'événement. Il briefa les différents personnels, s'assurant que les invités seraient traités avec professionnalisme, de leur arrivé jusqu'à leur départ. L'essentiel était que tout ce petit monde soit, à son image, quasiment invisible et, pourtant, parfaitement présent pour assurer leurs fonctions respectives.  Le soir venu, il s'était occupé du transport de Jesse et d'Ailin, prenant son rôle très à cœur, malgré ce que l'on pouvait penser, ou non, de lui. Une fois qu'il ne fut plus nécessaire, il se rendit parfaitement invisible, jouant son rôle de chef d'orchestre, tirant les ficelles en coulisses afin que tout se déroule sans accroc. Il observa d'un œil l'arrivée des premiers invités, le bal des voituriers, des vestiaires et des serveurs qui distribuaient de quoi attendre tranquillement et dans la bonne humeur le début de la conférence. Lorsqu'elle commença, une fois que tous se furent installés, Gauthier se glissa, loin des projecteurs, à un endroit d'où il pourrait tout observer, le plus naturellement du monde. Personne ne pouvait le méprendre pour un agent de sécurité, mais certains se doutaient peut-être qu'il n'avait rien à leur envier. Un œil sur la Maîtresse de la Ville quand elle commença à prendre la parole, il l'écouta en silence, s'assurant que rien ne viendrait perturber cette soirée, quelque soit l'origine de la perturbation.
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Artémis Cyan
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MessageSujet: Re: NewOTV : Conférence de Presse de la Hiérarchie Vampirique   Mer 1 Aoû - 19:14

Quelque part, dans les tréfonds de la librairie, une horloge sonna. Son ding régulier sonna deux coups, puis se fit silencieux à nouveau. Pendant un très court instant, une chape de non-bruit se répandit dans la Plume Bleue, de la porte d'entrée jusqu'à l'arrière boutique.

Cyan ouvrit les yeux. Il était l'heure.

Il observa un court instant son autel. C’était une table de bois solide, dont les pieds étaient gravés de longs noms runiques, recouverte d’un fin tissu blanc. Un bol d’eau en bois simple, marqué par le signe alchimique de la lune, était posé à l’ouest ; une bougie droite et rouge pour le sud, marquée du symbole alchimique du soleil ; un peu de terre des Tables d’Olaria au nord, et de l’encens à l’est, tout cela posé en une curieuse rose des vents. A droite, la bougie et le sel étaient posés à proximité de son athamé et d’un os de cerf, gravé de runes, ainsi que d’une pointe de flèche en pierre elle aussi gravée. A gauche, autour du bol d’eau et du bâton d’encens, Cyan avait disposé un cercle de pierres récupérées au cours de ses voyages à travers le monde, diverses fleurs et trois pommes. Enfin, marquant le centre de la table comme une véritable clef de voûte, le magicien avait sceau marqué d’un pentacle. Habitude d’alchimiste.

Autour de lui, posées à même le sol, diverses bougies formaient un cercle lumineux. Enchantées pour ne pas marquer le parquet et pour s’éteindre selon son bon désir, elles étaient de couleurs variées : argents, bleues ciel, beiges ou blanches. Son regard balaya attentivement chaque objet, chaque parcelle de l’autel avec une attention toute pensive. Ses yeux voyaient mais son esprit était ailleurs, encore à réfléchir dans le confort paisible de son crâne et de sa foi. Cyan inclina la tête, murmurant une prière à ses dieux.

Il méditait ici depuis un moment déjà, tout à ses pensées et à ses plans. Mais il était attendu ailleurs.  Il se pencha en avant, et délicatement souffla la bougie sur la table. Dans le même mouvement, il éteignit l’encens. Il s’appuya sur sa canne, jusque là posée sur ses genoux, pour se relever et grimaça de douleur: il n’avait lancé aucun sortilège sur sa cheville avant de s’asseoir. Méditer auprès des dieux en cherchant à cacher ses faiblesses et défauts lui semblait contradictoire, et fondamentalement vain. Le cercle de bougies se souffla lui-même, parfaitement synchronisé avec sa levée. Il l’enjamba, et quitta la pièce avec les traits tirés. A le voir faire, c’était comme quitter la pièce d’un enfance endormi : doucement, délicatement, respectueusement et discrètement.

Il déboucha dans son atelier principal, qui lui même donnait directement sur la libraire. A son entrée, Gelt leva les oreilles et se dirigea vers lui. Il se glissa devant ses placards, et lui caressa affectueusement la tête en cherchant parmi les étagères. Il en tira une boîte, qu’il posa sur la table. Il en déverrouilla le couvercle et en tira une fiole rempli de liquide vert pomme. Il fit sauter le bouchon, et la vida presque d’un trait. Il serra les dents alors que la potion se répandait dans sa gorge et dans son organisme, sous le regard peiné de son familier.
La magie alchimique était limitée dans le temps, ce qui rendait ses anti-douleurs efficace seulement pour un instant. Le magicien y préférait depuis longtemps les décoctions capable de booster les capacités de son corps à diminuer la douleur et cicatriser un peu sa cheville. C’était comme soudainement être atteint de paresthésie, depuis la gorge jusqu’au bout des cils à une vitesse fulgurante. Sa main se crispa sur la poignée de sa canne, et il lâcha la bouteille sur le plan de bois avant de la fracasser entre ses doigts ou sur le sol. Son chien l’observait avec un air inquiet, puis couina d’un air un peu paniqué. Au fur et à mesure que la potion faisait effet, les muscles de la gorge du magicien, saillants de son col de chemise, se détendirent. Ses veines se firent moins apparentes et Gelt se calma.

Cyan inspira longuement, puis expira. C’était tout sauf agréable. Mais au moins ça marchait. Il cligna plusieurs fois des yeux, inspira à nouveau… puis son regard tomba l’invitation posée en évidence au milieu de la table. Le magicien rangea lentement la fiole dans son coffret, et en fit tomber le couvercle. Puis il caressa à nouvea la tête de son chien pour le rassurer, l’air pensif. Tous deux étaient attendus. Ils allaient devoir se faire beaux.






Il tendit le papier au mort en costume noir, lequel se saisit de l’invitation entre ses doigts fins. Ses yeux froids en balayèrent rapidement les lignes, puis il lui rendit la missive avec un sourire carnassier, bien qu’étonnement rayonnant.

-Bienvenue, Grand Mage.

Les lèvres de Cyan frémirent en un demi-sourire rapide, puis il s’engouffra avec le reste des invités à l’intérieur de l’hôtel. A vrai dire, ça faisait beaucoup de morts au-même endroit : les recoins d’ombres de la pièce, où rôdaient service et sécurité, étaient un gouffre aurique béant. Non pas qu’il se sente mal à proximité de tant de cadavres ambulants (qui disons le, semblaient le vivre plutôt bien), mais ça ne lui était pas arrivé souvent. D’autant qu’avec la position de Grand Mage vient un tout nouveau lot de sensation magique, qui était source de nouvelles situations.
L’endroit respirait d’un charme et d’une richesse rare. L’alchimiste observait moulures et dorures d’un œil attentif, se délectant de la beauté de la pièce. Beaucoup de paillettes pour noyer le sujet sensible, peut-être. Il observa les diverses caméras, qui pointaient parmi la foule comme autant de lunettes astronomiques rivées vers le centre d’intérêt de la soirée, délaissé pour le moment. Visiblement, ça ne troublait pas les équipes des journalistes. Tout ces appareils clignotant pointaient droit vers l’estrade, prêts à saisir images et paroles de la hiérarchie vampiriques.

Le magicien s’avança un peu, observant l’endroit et plus particulièrement les gens. Il déambulait dans la foule, vêtu d’un costume bleu sombre soigné, discutant avec quelques personnes et quelques têtes connues. Peu avant que la Maîtresse Vampire de la Nouvelle Orléans fasse son apparition, le magicien passa un long moment à discuter avec le professeur Harper, d’abord de magie puis de médecine. Il y a de très, très nombreuses années, Cyan avait étudié la médecine, en Grèce. Il avait très vite tout arrêté pour se consacrer à l’histoire, mais il n’en n’était pas moins curieux. Les discussions allaient bon train, mais les invités n’étaient pas là pour parler entre eux.

Cyan prit place à côté d’Harper, Gelt assis à ses pieds. Il joignit ses mains sur sa canne, et observa de son regard glacial Ailin Dyce. Il l’écouta parler de sa vie avec un intérêt sommes toutes poli mais profondément désintéressé.
Le sorcier n’avait certes pas de questions immédiates sur le Bonbon Soleil et ses implications, préférant laisser la conversation suivre son cours, et il était tout a fait reconnaissant à la hiérarchie vampirique de lui avoir fait parvenir une invitation. Mais il n’était pas là pour écouter Elga poser des questions sur la vie privée d’Ailin Dyce, dont il se moquait éperdument (… ce soir, du moins).


Dernière édition par Artémis Cyan le Dim 5 Aoû - 0:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: NewOTV : Conférence de Presse de la Hiérarchie Vampirique   Jeu 2 Aoû - 13:38

"Alors ?! La rouge ou la bleue ?
-Elle est pourpre, tia. Que tu ne le saches pas ou que tu moques de la dénomination exacte est indigne de toi ! Comment veux-tu qu'on te fasse ensuite confiance pour le choix d'une garde-robe ? La différence de signification est ÉNORME et tu sais que tu...
-Je sais Tebi. Et ça m'est complètement égal. Peut-on continuer ?
-... DE TOUTE FAÇON PEU IMPORTE. Je refuse de continuer cette discussion tant que tu comptes m'évincer d'une conférence où j'aurais ma place toute légitime, alors que tu n'as fait que me forcer à signer un papier malvenu.
-Je ne t'évince de rien du tout ! Penses-tu vraiment que nous avons réalisé cet enregistrement pour le plaisir ?
-C'est un enregistrement, autant de choses que j'aurais dû dire de visu à tous ces gens ! Si Ailin ne m'y avait pas forcé, je ne m'y serais jamais soumis. Et il n'est absolument pas correct que je ne sois pas présent pour répondre moi-même aux questions posées !
-Au contraire, tu montres ainsi le point auquel vous êtes bien préparés et avez anticipé leurs questionnements. C'est une excellente tactique !"


Esteban n'était absolument pas convaincu par la tentative, ce qui se vit et s'entendit clairement.

"... Oh oui bien sûr, la preuve : c'et pour ça que TU y vas. Cette vidéo n'est qu'une piètre introduction. Tu penses vraiment m'entourlouper si facilement ?
-Hey ! Il y a quelques années, ça serait passé tout seul ! Mais peu importe Tebi, nous en avons déjà parlé : c'est trop dangereux pour toi.
-L'événement sera diffusé au minimum dans tout l'Etat, et je n'imagine pas Ailin risquer le moindre défaut de sécurité. Tu sais que par conviction, ils ne pourront rien contre... ce qu'elle mettra en oeuvre.
-Je n'en suis pas si sûre... Cet Hamilton fait partie des invités, et nul doute qu'il peut leur offrir une porte de sortie parfaite. C'est un coup de poker qu'Ailin joue ce soir, même avec la meilleure sécurité vampirique.
-Elle n'a pas que des vampires à son service. Tu le sais autant que moi. Hamilton ne risquerait pas une balle perdue. TOUT se passera bien.
-Et tu sais aussi bien que moi que même eux ne sont pas à l'abri de la pire des mauvaise foi si ça peut leur permettre d'obtenir ce qu'ils veulent. Il y aura bien plus d'Outres que de Normes sur place ce soir-là. Aux yeux de certains, le jeu pourrait en valoir la chandelle et cela leur permettrait même de lancer une rumeur de guérilla inter-outres."


Silencieux un instant, le vampire qui tournait en rond dans la pièce s'arrêta avec humeur devant la fenêtre, blasé par le paysage invariablement sombre qui s'étendait sous ses yeux. Evidemment il s'était lui-même posé ces questions sans l'aide de Luisa mais avait décidé d'ignorer ce risque, qu'il jugeait presque inexistant

"... Je doute qu'ils aillent jusque là. Poussés dans leurs retranchements peut-être... Mais ils gagnent, en ce moment."

Cela valait-il pour autant la peine de prendre ce risque, même minime ? Là encore, il avait décidé d'ignorer cette question. Il se retourna et appuya ses mains contre le dossier d'une chaise, cachant difficilement son air malheureux. Vivre au Mexique lui convenait très bien. Cependant il détestait se sentir banni de chez lui, et de toutes ces affaires qui le concernaient directement, sous prétexte de la paire de crocs qu'il cachait dans sa bouche et qui plaisait peu à sa famille. Car c'était bien de cela qu'il était question.

"... En ce cas je ne comprends toujours pas pourquoi il serait impossible de réaliser une véritable vidéoconférence, plutôt que de poster cette maigre vidéo." A son ton soupirant, on sentait qu'il retenait mal-être et mélancolie.

Soupirant à son tour, Luisa abandonna son attitude un peu distante pour s'approcher de lui et poser une main amicale sur son épaule.

"Parce que c'est une opération qui doit être parfaitement millimétrée, Esteban. Et que les journalistes ne vont rien t'épargner. Tu penses vraiment que s'ils ont accès à un quelconque moyen de communication avec toi, ils vont se contenter de parler de ce Bonbon Soleil ?"

L'héritier Luz-Descalzo tourna un regard légèrement assombri sur sa tante et marraine. Ce genre de regard inhabituellement mature qu'il n'avait jamais eu avant que cette transformation subite vienne chambouler toute son existence.

"Quelles questions poseraient-ils auxquelles je n'ai pas déjà dû répondre des dizaines de fois ? Si ils veulent savoir où je suis, il me suffira de refuser de répondre. Me crois-tu incapable de les ramener sur le sujet qui importe ? Je commence à avoir l'habitude de leurs questions intrusives, tu sais... Je sais ce que je risque."

Le regard de Luisa avait également perdu de son amusement habituel. Ce n'était plus la tante qui s'adressait à son neveu, mais la femme d'affaires qui connaissait les rouages -et s'en lassait autant que lui.

"Chaque fois où tu les ramèneras sur le sujet qui devrait les intéresser, c'est autant de tentatives qu'ils feront pour t'en détourner. La seule solution sera alors d'éteindre le moniteur... et il n'y aura plus personne pour répondre aux questions qui importent."

Elle s'adoucit le temps d'une pause.

"Et ce n'est pas parce que tu en as l'habitude que tu devrais continuer à injustement les subir."

Les doigts d'Esteban se serrèrent sur le dossier de la chaise qui grinça un peu, éprouvant des difficultés à garder sa forme originale. Il serra les dents et hocha la tête de droite à gauche.

"Le sujet les intéresse. Ils ne pourront pas l'éluder éternellement. A côté d'une telle annonce, ma situation n'est guère prioritaire... Et je m'en fiche. Je me fiche bien d'eux. Ce ne sont pas eux, que je subis : ils peuvent bien continuer à raconter les âneries qu'ils voudront. J'en ai marre d'être exclu de tout... Tout ça à cause de ces lois STUPIDES. J'ai financé ce projet je VEUX être à même de le défendre en personne."

Il tremblait légèrement, tassé, et on le sentait sur le point de renverser tout le contenu de la table d'un revers de main, en proie à ce genre de violence dont il faisait montre plus aisément depuis quelques années, lorsqu'il était auparavant incapable du moindre geste brusque.

"Prioritaire, peut-être pas... Mais il y a parmi les journalistes invités des charognards qui ne te lâcheront pas, Tebi, tu le sais... Te vois-tu infliger un tel spectacle à ta mère ? Tu sais qu'elle regardera à l'instant où on l'aura informée que tu participes à cette conférence."

"On" pouvait être n'importe qui, du proche au membre de son association. Luisa soupira à nouveau.

"Je sais que tu tiens à te défendre seul, Tebi. Mais cette bataille n'est pas seulement la tienne...et il faut également en tenir compte."

Ce n'était pas comme s'ils pouvaient se permettre de se mettre la Maîtresse de la Nouvelle-Orléans à dos. Le regard éteint, un bref sourire cynique s'étira sur les lèvres du vampire avant de disparaître presque immédiatement. Puis il répondit, étrangement inexpressif.

"Si tu ne m'en crois pas capable, arrête de tourner autour du pot et dis-le clairement."

L'air dur, voire fermé, il se tourna vers sa tante, toute sa colère remontée en lui sous forme d'un noyau glacial qui émanait de sa personne... Cela n'arrivait pas souvent, mais personne n'appréciait quand Esteban se mettait dans ce genre d'état. Par le passé, ça a souvent été mauvais signe.

"Parce qu'ils te poseront les mêmes questions du moment qu'ils sauront que tu viens parler en mon nom. Ne fais pas comme si cette dérogation allait régler le problème comme par magie. Mais très bien. J'ai compris. Ce n'est pas comme si on me laissait le choix, n'est-ce pas ? Je ne suis bon qu'à rester planqué et qu'à sortir les billets c'est bien connu. Pourquoi cela devrait-il changer ?"

Sans laisser le temps à Luisa de réagir il se dégagea et s'éloigna à pas rapides, quittant la pièce en claquant la porte derrière lui, assez violemment pour que les gonds grincent et qu'on puisse se demander si il n'en avait pas enrayé le mécanisme. Interdite, Luisa regarda la porte pendant un long moment sans bruit ni mouvement, avant de laisser échapper un (énième) profond soupir qui en disait long sur sa fatigue... et son agacement.

"On ne me laisse pas vraiment le choix non plus. Si tu crois que c'est par plaisir que j'ai pris cette décision, tu te mets le doigt dans l'oeil jusqu'au coude, Esteban."

Enfin, elle se tourna vers l'assistant essayage qui avait été témoin de toute la scène. Il s'était fait tout petit : il fallait dire que ce genre de "discussions" entre les deux parents n'étaient pas rares ces derniers jours. Rien de plus facile pour Luisa, avec sa notoriété et son réseau extrêmement influent dans son Mexique natal, de faire ouvrir n'importe quelle boutique de son choix quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit. Elle en avait eu besoin, afin de trouver le bijou qu'elle pourrait porter pour cette occasion particulière. Chaque boutique visitée n'avait cependant fait qu'accroître la mauvaise humeur de son neveu, qui semblait cette nuit atteindre son paroxysme.

Elle observa les deux pièces de créateur d'un oeil sombre, avant de tendre le bras vers l'une des deux.

"Celle-ci sera très bien."

Et pour qu'elle ne s'épanche pas plus, c'était que la femme d'affaires aussi, en avait plein le dos.

-

Elle avait brièvement songé à prendre directement une suite dans l'hôtel où se déroulait la conférence, mais son pied-à-terre louisianais se trouvant dans le même quartier, cela paraissait être un abus. D'autant qu'elle ne tenait pas particulièrement à informer certains réseaux de sa présence en ce lieu particulier avant l'heure.

Luisa avait reçu son invitation il y a peu, en même temps que tout le monde supposait-elle, mais était au courant depuis bien plus longtemps, pour des raisons qu'elle aurait probablement à expliquer sur place. Théoriquement, c'était Esteban qui aurait dû assister à cette conférence... Mais étant donné son statut actuel au sein de la famille, et le peu d'égards que cette dernière avait pour sa survie, il avait été unilatéralement décidé par Luisa et la Maîtresse Vampirique elle-même qu'elle représenterait son neveu et filleul à l'événement.

Le fait qu'elle saurait probablement bien mieux répondre aux questions (selon les critères de la hiérarchie vamp) des journalistes et autres invités n'entrait absolument pas en ligne de compte. Evidemment que non.

Croyez-le ou non, cela n'avait pas été un choix facile pour l'entepreneure. Luisa tenait à son anonymat relatif aux Etats-Unis, qui lui avait permis beaucoup ces dernières années, à la Nouvelle-Orléans en particulier. Passer sur une chaîne de télévision, même locale, dans un événement qui allait impliquer son nom complet et son "titre" signifiait mettre fin à cet anonymat, tout du moins à la Nouvelle-Orléans et peut-être même dans l'ensemble de la Louisiane. Cela signifiait qu'elle allait devoir faire beaucoup plus attention à tout ce qu'elle allait faire ensuite, voire peut-être engager un garde du corps. Certainement même, au vu des révélations qu'on attendait potentiellement de sa part. Mais il était hors de question qu'elle laisse Esteban souffrir du moindre danger, et elle était bien placée pour savoir que les journalistes allaient forcément poser au minimum une question qui allait requérir sa présence.

Ce n'était pas qu'elle estimait son neveu incapable de parler seul, comme il le lui avait si bien reproché plusieurs fois. Loin de là. Mais cette attitude, ce froid, ce cynisme, cette colère... S'il était certain qu'il saurait la retenir face (ou par écrans interposés) aux journalistes et à la crème néo-orléanaise invitée par Ailin Dyce, la mexicaine n'aurait pas hésité une seule seconde à effectivement réaliser cette conférence par vidéo. Mais Esteban était trop impulsif. Il l'avait toujours été mais depuis sa transformation... c'était devenu dangereux, presque haineux à certains moments. Et cette attitude le desservirait forcément à la Cour. C'était à cela que Luisa avait pensé quand elle avait accepté la demande d'Ailin d'être celle qui prendrait la parole en direct. Et de se déplacer, parce qu'il aurait été trop suspect qu'elle ne le fasse pas et que Juan ou son frère auraient forcément fait le lien avec la façon dont Esteban leur échappait depuis ces nouvelles lois.

Cela ne l'enchantait vraiment pas. Mais pour sa famille, la vraie, celle que constituaient sa soeur et son neveu, elle était prête à bien des sacrifices.

Sacrifices qui l'amenaient à passer ce soir la porte d'entrée de l'hôtel, pour se rendre à une conférence à laquelle elle n'avait pas la moindre envie d'assister, avec un charmant sourire sur le visage.

Bien qu'il s'agisse techniquement d'un rendez-vous d'affaires pour Luisa, c'était également un événement mondain, raison pour laquelle elle avait opté pour une robe et non son traditionnel tailleur. Sa poitrine brodée de motifs fleuris à l'avant et le ruban de satin imitation corset à l'arrière trahissait une inspiration victorienne qui n'était certainement pas fortuite. Une légère ceinture ornée d'un noeud fin au niveau du nombril incarnait une rupture subtile pour ouvrir sur l'évasement de la robe dans une coupe asymétrique moderne qui lui arrivait au genou à l'avant et allait jusqu'à traîner de quelques centimètres derrière elle, lui donnant l'allure d'une robe de soirée sans rapetisser la femme d'affaires. Une paire d'escarpins nude, assortie à la pochette qu'elle portait dans sa main droite, complétait le tout. Elle n'avait pas apporté de modification particulière à ses cheveux, se contentant d'appeler son coiffeur pour qu'il en souligne élégamment le volume tandis qu'elle les portait, comme à son habitude, détachés et rassemblés sur le côté gauche. Un maquillage discret mettait sa peau mate en valeur.

Polie, elle salua d'un mouvement de la tête et d'un sourire étudié quelques visages connus. Pour certains, elle se fendit même d'une phrase sympathique :

"Bonsoir, Gouverneur Hamilton. Mon beau-frère m'a beaucoup parlé de vous. C'est un véritable plaisir de faire votre connaissance en une telle occasion."

Elle remarqua ensuite une figure qui détonnait par son accoutrement complètement inadéquat dans un tel événement... et elle n'en aurait pas attendu moins de lui. Elle ne se dirigea cependant pas vers Skyler, se contentant de lui adresser un clin d'oeil amusé avant de continuer à papillonner parmi les invités, comme elle savait si bien le faire en situation mondaine, jusqu'à ce que la hiérarchie vampirique ne fasse son entrée. Elle s'assit donc et porta son attention sur la conférence qui commençait. La question d'Elga lui arracha un soupir : vraisemblablement, la wiccane était en forme. Au moins, cela la consolait dans sa décision : mieux valait qu'Esteban ne soit pas (virtuellement ou non) présent.
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MessageSujet: Re: NewOTV : Conférence de Presse de la Hiérarchie Vampirique   Ven 3 Aoû - 0:03

Lorsque Skyler avait reçu son carton d'invitation, il n'avait pas été grandement surpris. Après tout lui et Ailin avaient déjà discuté en long, en large et en travers de la pertinence - ou de l'absence de pertinence - de sa présence à cette fameuse conférence.

Il avait fait partie du projet, et pas qu'un peu : c'était pour ainsi dire lui qui avait non seulement coordonné la R&D, mais fourni une bonne partie du fameux boulot de recherche en sa qualité de dealeur de sorts de la W... et de pharmacien wiccan spécialisé dans la modification de principes actifs par le biais de l'Alchimie et de la Minérale.

Précieuse lui avait donné carte blanche : ça touchait à son domaine, elle lui faisait suffisamment confiance pour le laisser s'en occuper, même si elle avait fourré son nez dedans à quelques reprises, plus par curiosité wiccane que par besoin de vérifier la qualité de son travail. Sur la fin néanmoins, la sorcière avait pris le temps de plonger elle aussi son nez à fond dans le projet pour aider, grâce à ses propres connaissances alchimiques, à régler quelques soucis de dernières minutes - des effets secondaires difficiles à contrôler ou diminuer.

Arrivait un moment où on avait trop le nez dans le guidon et toujours besoin d'un avis extérieur - et il n'en connaissait aucun de meilleur que celui de sa collègue dealeuse de sorts, même si elle se montrait encore meilleure en rituelle. Avec la minérale, le problème aurait été vite réglé, mais la patte des bols de Skyler était trop reconnaissable et il était hors de question qu'il en produise en quantité industrielle. Il était tout de même question d'un produit qui allait probablement se répandre dans tout le pays.

La partie "distribution" dépendait aussi de lui. Cette fois-ci ce n'était plus la casquette "W" qu'il portait, mais celle du Talion. Il avait évidement délégué le taf à ses subordonnés - il ne pouvait pas tout faire. Il leur fallait une société vitrine. Assumer publiquement que la hiérarchie vampirique avait bossé avec la W et le Talion pour créer son bonbon magique l'aurait fait moyen. Ce n'avait pas été un souci : à défaut d'attentats brutaux, le Talion avait bien bossé depuis toutes ces années qu'il était en Louisiane. Il était solidement implanté, là où parfois personne ne l'aurait soupçonné. En somme, ils avaient leur couverture. Personne ne se douterait de rien.

De ce fait il était au cœur du projet et soutenait Ailin qui avait dû prendre une décision difficile en retardant la commercialisation du produit. Ça ne lui plaisait guère de faire ce genre de concessions pour plaire aux normes, mais il concevait que ça aurait été con de risquer une seconde Semaine Noire - quoique. Il aurait bien aimé voir ça, en un sens. Ainsi que le brutal code Retaliation que le Talion aurait lancé en retour.

Son lui adolescent aurait hurlé un grand "On s'en fout de leur avis, ça les concerne pas ! Lance le truc et dis leur merde !". Néanmoins son taf d'Ambassadeur l'avait forcé à apprendre à mettre de côté ses instincts primaires afin de prendre des décisions pragmatiques, plus rusées, et bien plus efficaces sur le long terme.

Ce n'était pas comme si Ailin et Jesse avaient prévu de ne JAMAIS sortir le Bonbon sur le marché. De toute façon la W et le Talion l'auraient eu mauvaise - sans compter le gosse Luz-Descalzo. Malgré tout son pouvoir, la hiérarchie vamp ne voulait pas se mettre ces alliés là à dos.

C'était juste qu'elle avait voulu attendre un contexte plus adéquat, ne serait-ce que pour limiter les agressions de vamps en journée par des normes trop échauffés, et cela, il pouvait le comprendre. Voire même, il approuvait.

Ailin tenait donc à ce qu'il soit présent. Il lui avait fait part de son scepticisme : Skyler devait se montrer extrêmement prudent si il ne voulait pas se faire pincer, vu tout ce dans quoi il était impliqué. De ce fait il préférait éviter de se montrer à ce genre d'événements, qui ne collaient pas à son personnage public. On allait se demander ce qu'il foutait là. Il risquait de s'attirer les soupçons des plus malins.

La vamp, toujours aussi futée, avait rapidement apaisé ses peurs en lui indiquant qu'elle comptait inviter une bonne partie du monde médical - particulièrement universitaire - de la Nouvelle-Orléans à la conférence. En cela, la présence de Skyler à l'événement était plus que justifiée : il était l'un des rares pharmaciens wiccans de la ville (peut-être même le seul). Il avait fait sa thèse sur les hybridations possibles entre Wicca et produits pharmaceutiques : on était en plein dans son domaine. D'autant plus qu'il n'avait jamais entièrement coupé les ponts avec la fac. Il s'était peut-être mis à son compte, mais beaucoup d'universitaires le saoulaient par mail pour lui poser des questions sur d'anciennes publications, ou carrément pour lui proposer des travaux communs. Il en envoyait chier les trois quarts parce qu'il n'avait pas le temps, mais participait à deux trois trucs intéressants de temps à autre, pour faire bien. Et il répondait toujours aux questions.

Il avait donc une bonne excuse pour venir et n'hésita pas beaucoup plus longtemps. Vêtu de ses brailles habituelles, cheveux gris anthracites sur les pointes desquels il avait mis de l'orangé - il préférait tout de même se montrer plus discret que d'habitude et évitait pour cette fois les couleurs pétantes - il n'avait pas pris la peine de retirer sa blouse - tâchée, trouée de partout - avant de se pointer à l'événement. Sans cela et le badge qu'il portait indiquant son statut de docteur en pharmacie, on aurait pu sinon lui faire des misères au portail et l'empêcher d'entrer, carton d'invitation ou pas. Avec son look, on aurait plus attendu à ce qu'il se pointe à un concert de punk hardcore en squat que dans une salle de conférence d'un hôtel 4 étoiles huppé, où des invités tirés à quatre épingles devaient probablement être en train de se faire distribuer des canapés.

Même comme ça, le gorille à l'entrée le dévisagea pendant bien dix secondes, amenant Skyler à glisser les mains dans ses poches et à soulever un sourcil interloqué au dessus d'un regard inexpressif - comme d'hab, il avait trop de taf. Réserver sa soirée pour cet événement ne l'arrangeait guère et ne lui donnait que moyennement envie de plaisanter, ce qui se voyait donc à son expression passablement blasée - à la manière blasée des Case.

"Bon, chéri. Tu veux mon numéro sur un post-it, ou bien tu me laisses passer ? Pas de dresscode sur l'invit, vérifie ma carte d'identité si ça te fait plaisir... Je rentrerai d'une manière ou d'une autre."

L'assurance du wiccan avait fini par décider le vigile, qui s'était décalé pour le laisser passer, malgré quelques derniers doutes. Les yeux gris jaunes du wiccan roulèrent dans leurs orbites, il souffla suffisamment fort pour qu'une mèche de cheveux s'envole brièvement, puis il entra dans la pièce beaucoup trop luxueuse à son goût - ça lui filait un peu des boutons, en vrai, mais bon. C'était les vamps. C'était leurs façons de faire, et elles n'allaient pas changer en deux minutes. Le pire, c'est qu'il savait pertinemment qu'Ailin savait se contenter de bien moins. Toute cette mise en scène était une nécessité puante mais... nécessaire.

Il repéra rapidement Cyan dans l'Assemblée et eut trèèèès envie de s'éloigner à toute vitesse, pour plutôt aller squatter avec le reste du personnel médical. Cependant, leurs regards s'étaient croisés : c'est l'ignorer qui aurait eu l'air suspect. Il restait une place libre à côté du Grand Mage, à côté duquel il s'installa donc sans élégance, grand sourire aux lèvres quitte à couper sauvagement la conversation avec Harper.

"Je vois que je suis pas le seul que le détail du procédé de fabrication du Bidule intéresse. Quoique dans le fond, ça m'étonne guère."

Skyler et Cyan s'étaient peu côtoyés ces dernières années, mais le pharmacien en connaissait assez sur son ancien mentor pour savoir qu'il était tout autant que lui assoiffé de connaissances. Après tout c'était peut-être lui, au moins en partie, qui lui avait transmis le goût d'en apprendre toujours plus. D'aller toujours plus loin dans la pratique autant que dans la théorie.

Un bref regard autour de lui permit de donner l'impression qu'il découvrait d'autres visages.

"... Ils ont invité la crème, c'est ça ? Ah, ces vamps..."

Et... Subitement, Luisa. Il devait admettre que la tenue qu'elle avait choisie mettait particulièrement... eh bien tout de sa personne en valeur. L'électricité qui existait entre eux depuis le début n'eut l'occasion de s'exprimer qu'au travers un bref clin d’œil, que Skyler ne rendit que par un haussement de sourcils discret, semi-sourire aux lèvres... Lèvres elles-même à moitié cachées dans sa main, tandis qu'avachi sur sa chaise, il utilisait son coude comme principal appui. Il en déduisait qu'on ne verrait aucun vampire Luz-Descalzo en chair et en os durant la soirée, ce qui était probablement mieux pour sa sécurité. Par contre, il devait être dans une humeur de merde. Il présenterait ses condoléances à Luisa plus tard, si il en trouvait l'occasion.

Pour le moment, le "bal" commençait, presque littéralement. Si il n'avait pas été "obligé" de se montrer discret, il aurait probablement envoyé un ensemble de gestes à Jesse pour le féliciter d'avoir réussi à faire enfiler un arisaid à la Maîtresse Vamp - qui cachait ses origines depuis si longtemps que de la faire changer d'habitudes, et en public en plus de cela, relevait du tour de force.

A défaut il écouta plutôt La Fouine puis Elga... Ah, Elga. Ça faisait trop longtemps qu'il ne l'avait pas """invitée""".. bref. La Fouine et Elga poser des questions indiscrètes sur les raisons du retard de la Conférence puis sur la vie privée de la Maîtresse. Elle aurait pu se contenter d'éluder ces questions, mais elle avait probablement choisi de se justifier dûment parce qu'elle le pouvait, et parce que cela ferait taire nombre de rumeurs.

Rien sur le bonbon soleil, pour le moment. Il n'allait certainement pas être le premier à poser des questions - surtout qu'il en connaissait déjà la réponse. Une fois de plus, il n'était pas là pour attirer l'attention sur lui ce soir. Et les journalistes étaient ceux qui devaient parler les premiers.

Il serait là en soutien et, pour la forme, il glisserait probablement quelques interrogations pointues sur son domaine d'expertise afin qu'on "comprenne" ce qu'il foutait ici... mais plus tard.
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MessageSujet: Re: NewOTV : Conférence de Presse de la Hiérarchie Vampirique   Lun 6 Aoû - 16:41

Depuis une minuscule ouverture dans les loges situées derrière le rideau de velours présent sur scène, Jesse observait la salle de conférence de l'hôtel se remplir peu à peu.

Il n'était pas particulièrement épris de ce genre de bain de foule et autres bazars médiatiques. Son travail d'Ombre nécessitait au contraire qu'il se fasse le plus discret possible, et c'était de loin ce qu'il préférait. Néanmoins, son rôle de second consistait également à apparaître aux cotés d'Ailin lorsqu'il le fallait, et cette conférence était très certainement l'une de ces occasions. Sans compter qu'elle était de retour à la Nouvelle-Orléans depuis peu de temps et qu'il avait dû assumer le rôle de Maître Vampire par intérim entre temps. C'était donc une période où il était sous les feux de la rampe, et il avait fini par s'y habituer.

L'avantage de la présence d'Ailin, c'était qu'il se trouvait à la fois face au public et légèrement en retrait. Il pouvait donc reprendre son rôle d'observateur, tout en étant prêt à répondre à d'éventuelles questions que l'on déciderait de lui poser personnellement. Au vu du rôle qu'il avait récemment occupé, des conditions de sa nomination au poste de second et de l'occasion qui se présentait pour toute la communauté vamp invitée d'éprouver leur curiosité, il était possible que certains en profitent.

Quelques minutes plus tard, il fut temps de prendre place. Jesse suivait la Maîtresse Vampire avec un sourire qu'elle saurait traduire comme satisfait. Il aimait la voir revendiquer ses origines, même par petites touches, car elle avait de quoi être fière d'où elle venait tout autant de ce qu'elle était devenue.  Il avait pour sa part fait refaire sa chevalière dans un matériau qu'il était capable de porter et n'hésitait pas à expliquer la légende de Kokopelli à quiconque faisait preuve d'assez de curiosité pour lui demander ce qu'elle représentait.

Sans un mot, l'Ombre s'installa aux côtés de la Maîtresse Vamp, au niveau du pupitre bien que légèrement en retrait, comme toujours. Il n'avait qu'à tendre le bras sur la droite pour s'emparer du second micro qui, il le savait, lui était destiné au cas où il aurait à prendre la parole. A la manière des gardes du corps, il posa ses mains l'une contre l'autre sur son pantalon noir dans lequel était rentrée sa chemise gris perle. Si son attitude observatrice pouvait être comparée à ces derniers, son fin sourire et les légers signes de tête aimable qu'il esquissait en direction de ses connaissances doctorantes qu'il voyait dans la foule (il ne fallait pas absolument travailler dans le même domaine pour se croiser dans les couloirs de l'Ambassade) trahissait sa non-appartenance à cette catégorie.

Son regard gris tinté de lavande parcourut la salle, constatant l'identité de la plupart des invités. Il avait participé avec Ailin à l'élaboration de la liste des convives, et certaines présences annonçaient sans aucun doute une soirée passionnante.

La Maîtresse Vampire annonça le début de la conférence, et l'attention de Jesse se porta non seulement aux journalistes qui s'empressaient de poser des questions, mais surtout à la réaction des différents invités.

¤ Certains semblent se passionner pour les potins mondains autant qu'Elga... bien qu'il ne s'agisse pas de la majorité. ¤

Cela n'indiquait rien de bon pour la suite de la conférence, mais Ailin se chargea aussitôt de remettre la conversation sur les rails. Il n'en attendait pas moins de sa part, et son commentaire télépathique était bien plus pour communiquer son vague amusement d'autre chose... Mais elle savait parfaitement que, si quoi que ce soit d'important devait passer par son regard perçant, elle en serait aussitôt informée.
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MessageSujet: Re: NewOTV : Conférence de Presse de la Hiérarchie Vampirique   Jeu 9 Aoû - 20:30

Journaliste de NewOTV :

Un homme aux cheveux bruns, coupe en brosse, les traits légèrement émaciés et des cernes proéminentes, lève la main à son tour. On le sent nerveux, malgré sa carte de presse qui lui donne toute légitimité. Peut-être à cause des dernières interview qu'il a fait et qui lui ont valu son burn-out...

"Au risque de poser une question stupide, mais qui est importante pour replacer tout le monde en contexte, invités comme téléspectateurs... Vous confirmez donc les dires de l'Eglise Eternalis sur l'existence de ce médicament surnommé "Bonbon Soleil" ?"


Ailin tourne un sourire aimable sur le journaliste qu'elle reconnaît bien - pour être venue à ses deux plus populaires émissions sur les faës, puis sur la Wicca. Elle se dit avec ironie qu'il doit être heureux, cette fois, de ne pas mener la danse, car le rôle de leader du débat lui avait dans les deux cas mal réussi. Elle hoche imperceptiblement la tête, comme pour répondre par un geste à l'auralecteur, en même temps qu'elle fournit les précisions adéquates :

"En effet, et nous ne l'avons d'ailleurs jamais démentie depuis qu'elle a été éventée... Prématurément, malheureusement. Ce médicament est réel. Loin d'être un prototype imparfait, il sera effectivement commercialisé dans les mois à venir, dès que les derniers détails importants seront réglés : le mot 'Bonbon' tend à faire oublier qu'il s'agit d'un produit pharmaceutique très loin d'être anodin, à utiliser avec précautions."

Elle se tourna brièvement vers le gouverneur Bruce Hamilton, ne posant qu'à peine son regard sur l'homme : elle aurait tout aussi bien pu être en train de regarder quelqu'un derrière lui. Fluide et insaisissable la Maîtresse Vamp balaye ensuite de son regard glacial son principal auditoire : la rangée de journalistes qui lui fait prioritairement face.

"Ce médicament est en phase de radicalement modifier notre paysage urbain, de manière réelle, tangible, loin des légendes qui suffisent parfois à faire lever les foules de bien tristes manières. Vous imaginez tous que cela n'ira pas sans diverses réactions. Ce pourquoi il nous faut faire preuve de la plus grande prudence. A ce jour, nous sommes d'ailleurs encore en train de batailler pour inscrire définitivement sa légalisation dans les lois fédérales."

L'homme semble sur le point de reprendre la parole, quelque peu rasséréné par le calme, la distinction et l'absence de moquerie de la hiérarchie vampirique, mais est coupé par l'éternel fouineur.

La Fouine :

"A ce propos ! Est-ce vraiment la seule et unique raison pour laquelle la commercialisation a été retardée ? Je veux dire... S'il a été testé et breveté, comme l'affirme l'Eglise, obtenir sa légalisation ne devrait pas prendre tout ce temps, n'est-ce pas ?"


Ailin tourne un regard d'étonnement distingué sur la Fouine. Cette expression ne montre en rien qu'elle est perturbée par la question ni qu'elle doit y réfléchir pour répondre. C'est plutôt une façon de faire silencieusement remarquer au journaliste qu'il lui a laissé des failles grandes ouvertes... Choses qui n'arrivent pas si souvent avec le fameux reporter de l'Organe, dont le nez et l'intuition pointus se fourrent partout. Mais peut-être a t-il volontairement omis certains détails par envie d'entendre la Maîtresse Vamp les offrir par elle-même ? Si Ailin en est intimement persuadée, elle n'en montre rien - pas même une once de malice échangée.

"Il serait naïf de croire qu'un changement d'une telle ampleur n'impacte que le monde de la législation médicale. Tout est lié. L'Eglise nous a accusés de retarder la commercialisation du produit pour cause de contexte social inadapté à sa sortie... Il y a d'autres raisons, qui intéresseront plus nos amis universitaires et médecins."

Elle tourne la tête vers eux et leur accorde un sourire agréable, avant de revenir à la Fouine.

"Néanmoins, c'est parfaitement vrai. Mais vous devez bien comprendre que ce n'est pas par gaieté de cœur que nous en sommes arrivés à reporter à plus tard un projet dans lequel nous avons beaucoup investi, et duquel nous attendons beaucoup, certains d'entre nous de façon très personnelle."

Elle jette un bref coup d'oeil sur Luisa.

"Au jour d'aujourd'hui nous vivons dans un monde où les Outres, dans une majeure partie des USA, doivent mensuellement faire recenser leur existence. Beaucoup d'entre nous craignent ce qui viendra ensuite, surtout parmi ceux qui ont vécu les plus sombres années du XXème siècle européen. Des sentences légales existent qui autorisent à retirer à un être humain une partie de son âme - ce qui fait de lui un être vivant - sous prétexte de l'assagir. Les tensions dans le pays n'ont pas été aussi fortes depuis les années qui ont suivi la Révélation. Nombre de métamorphes craignent de sortir à l'extérieur de chez eux sous forme animale de peur de se faire agresser. Qu'en sera t-il des vampires qui oseront s'aventurer dehors de jour, chose singulière qui ne manquera pas d'être remarquée, ni d'inquiéter ceux qui ont déjà peur de nous ?"

Elle hoche tristement la tête.

"Je ne souhaite nullement mettre notre Communauté dans un plus grand danger que celui qu'elle court déjà. Mais n'allez pas croire que cela dépend entièrement de notre volonté : il a été nécessaire de demander la modification d'un grand nombre de textes de lois rédigés de telle sorte à ne prendre en compte que les activités nocturnes de nos pairs. Vous vous rappelez sans doute aussi des assignations à domiciles auxquelles les métamorphes ont dû longtemps se plier au printemps ? Eh bien sachez qu'il existe des groupes qui tentent de faire passer des textes similaires à notre sujet, souhaitant troquer notre incapacité à sortir au soleil contre une interdiction formelle."
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