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 Jazz, Nuit et Folie

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Winruna
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MessageSujet: Jazz, Nuit et Folie   Dim 29 Juil - 22:41

Le vil lutin Peter, filleul malicieux, avait jeté sur tous un sort des plus vicieux. Précieuse, séductrice, était bien habituée. Les regards envoûtés sont sa spécialité. Ce sort pourtant tranchait en ce sens qu'il forçait tous les aïeux présents à lorgner fortement. Certains des plus anciens n'étaient pas coutumiers des envies très charnelles subitement imposées. Qui cela gênait-il ? Déjà, pas le Doyen. Intrigué, au contraire, il s'en amusait bien.

--

Les yeux vairons se parèrent d'une nouvelle lueur roublarde car Peter faisait une chose étrange : plonger la main dans son chapeau, comme un prestidigitateur qu'il n'était pas, et encore moins en vue du frisson d'énergie que libéra l'action. L'ensemble des feux follets tourna un regard intrigué en direction du jeunot. Winruna, impassible, récupéra son chapeau. Il avait vu le morceau de carton avant qu'il disparaisse. De la magie humaine ? Vraiment, il n'y avait aucun doute : ce lutin là n'avait rien volé de son hérédité, tant dans les risques qu'il prenait que dans l'absence de scrupules qu'il exerçait au passage.

"Allons allons, coquin, mais gare à ton croupion..."

Sur demande du lutin, Bess la contrebassiste entreprit de modifier la musique jusqu'à atteindre le degré charlestonesque qui était de mise. Il va sans dire que les feux follets suivirent sans un accroc, fluides et déjantés comme ils savaient toujours l'être : depuis des millénaires qu'ils jouaient aux chaises musicales avec Winruna et s'amusaient à suivre ses folies comme elles venaient - ainsi qu'à laisser les leurs s'exprimer, ils étaient devenus des spécialistes de ce genre de transition. Bien sûr leur façon de jouer était spécialement et volontairement dynamique et survitaminée, avec quelques arabesques saxophoniques à l'occasion offerts gracieusement par Boka, sur le devant de la scène, qui ne pouvait s'empêcher de danser en jouant. Quiconque ne l'aurait jamais vu faire avant se serait demandé comment il arrivait encore à respirer et à ne pas faire de fausses notes. Evidemment, il n'était pas le seul parmi les musiciens à avoir la bougeotte. Si ça continuait ainsi, on pouvait décemment penser que ça allait se terminer par des étages détruits en rythme à la façon des musicats d'un certain film où tout le monde voulait en être un. L'air était entraînant et Winruna, ravi par toute cette bonne humeur, ne pouvait s'empêcher de bouger en rythme lui-même : sans doute n'allait-il pas tarder à prendre un instrument, ou bien simplement à aller rejoindre la piste de danse pour déranger ceux qui s'y trouvaient déjà.

L'air absent, le regard fou, il se détourna brièvement de la piste afin de balayer la salle des yeux. Arrivé aux gérants qui s'activaient derrière le bar, il donna l'impression d'être encore plus distant qu'il ne l'avait été jusqu'à présent. Les billes dépareillées revinrent lentement sur leur trajet, puis s'arrêtèrent sur une certaine wiccane, alors que le lorialet émettait un son dont il était difficile de savoir si il était intéressé... Ou tout le contraire :

".. Hm ?"

Oh, comme c'était amusant ! Voir qu'après des millénaires, il était encore possible d'expérimenter des choses jamais testées au préalable, c'était toujours une découverte vivifiante, qui avait tendance à le rendre euphorique à l'instar d'une Elpagäa particulièrement réussie. Plus les secondes passaient et plus il avait l'air dément. Un large sourire se dessina sur ses lèvres, tandis qu'il partait dans un rire solitaire que seul lui - et Mareti - pouvait comprendre. A voir la façon dont Bess avait cessé de jouer et dont la seconde employée de Précieuse gigotait, il n'était pas le seul à ne pas être dans son état "normal" (mais pouvait-on vraiment parler d'un état normal lorsqu'on considérait l'existence de Luonsäa ?). Les autres n'avaient pas l'air de prendre aussi bien ce coup du sort que le lorialet. Il fallait dire qu'ils n'avaient vraisemblablement pas compris qui était à l'origine de tout ce beau chantier. Quelqu'un avait l'imaginaire développé : il y avait des anges enflammés et des allumettes qui elles ne l'étaient pas, et ces images sans sens aucun avaient tendance à élargir son sourire déjà pourtant très étendu. Sagrara avait des oreilles pointues. Pour un gobelin, c'était relativement normal, mais pas lorsqu'elles étaient de chair et sinueusement petites.

"Soufre, souffre et abat-jour, vraiment quel humour..."

Il avait envie de parler d'ampoules avec quelqu'un, mais il se trouve qu'il n'y avait personne d'assez disponible pour cela, et surtout, il avait mieux à faire. Quant à avoir des idées lumineuses, il en avait quelques unes mais se les réservait pour plus tard. D'un geste de main il appela la patronne afin de prendre une commande.

"Madame Mewryan, vous m'avez l'air pensive ?
Est-ce une étincelle qui vous jouerait des tours ?
Mais avant toute chose, pour cette convive..."

Il pointa Précieuse du doigt brièvement.

"Je voudrais commander un verre de champagne,
Pouvez-vous lui donner ? Et lui dire, entendue,
Qu'il est bien de ma part, que ce soir elle gagne,
Mes hommages en ce jour loin d'être inattendu..."

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MessageSujet: Re: Jazz, Nuit et Folie   Dim 29 Juil - 23:03

Post de Alice Mewryan, patronne du bar :

Ouf ! De quoi m'occuper, mon saltimbanque préféré m’appelle...

« Qu'est-ce que je peux faire pour ton plaisir ? »

Pensive ? Moui, c'est le mot. Je le regarde un peu suspicieuse. De quoi il parle avec son étincelle ? Il sait quelque chose ? C'est vrai qu'il dit être bien plus réceptif que moi à la magie, mais il pourrait pas le dire clairement non ? Je vais pour ouvrir la bouche et lui poser directement la question, mais il ne m'en laisse pas le temps et me désigne Précieuse.

Rah ! Décidément c'est un effet de mode ! Je masque difficilement le grondement qui monte dans ma gorge. Son sourire malicieux, voire un peut dément m'apaise un peu. S'il compte jouer un sale tour à Précieuse, après tout je peux bien être sa complice, même si c'est indirectement.

« Ca marche. »

Je retourne derrière le bar, débouche une bouteille de champagne et sort même une flûte en cristal que je remplis doucement.

Je m'approche de Précieuse, l'interpelle en pleine conversation d'un « hep ! » et lui pose le verre juste devant elle tout en me penchant sur le comptoir.

« Vous voyez le charmant monsieur vairon là bas ? »

D'un geste de menton je lui montre la personne désignée.

« C'est pour vous, de sa part et je cite : « ce soir elle gagne, mes hommages en ce jour loin d'être inattendu... Voilà, à la votre. »

J'offre mon plus beau sourire commerçant à la patronne des Plaisirs Coupables et apaise la bête en moi qui aimerait l'étriper. Sans pour autant attendre de réponse de sa part, je m'éloigne de la sorcière.
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Précieuse
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MessageSujet: Re: Jazz, Nuit et Folie   Dim 29 Juil - 23:09

Précieuse pouvait être qualifiée de nombreuses choses -égoïste, garce, manipulatrice, sadique, cruelle, j'en passe et des meilleures- mais s'il y avait bien un qualificatif qu'on ne lui accordait jamais, c'était celui d'idiote. La wiccane était loin d'être stupide et son entourage, lointain comme proche, le savait parfaitement. Tout comme il ne lui avait pas fallu très longtemps pour sentir la vague de magie qui s'était plus ou moins jetée sur elle, elle avait rapidement remarqué que Bess n'était pas la seule à la regarder avec plus d'insistance que précédemment. De là à conclure que le sort dont elle était victime affectait plutôt ses pairs dont elle serait la cible, il n'y avait qu'un pas, que Précieuse franchit allègrement quand elle nota le comportement étrange de son vampire d'employé.e. Elle s'apprêtait à continuer plaisamment leur conversation quand la patronne de l'établissement l'interpella.

En temps normal, la sorcière aurait certainement pris la peine de terminer sa phrase. Mais là, il s'agissait de la Combattante, cette pseudo assistante sociale métamorphe, qui lui adressait la parole. C'était suffisamment rare pour qu'elle y prête l'attention qu'il fallait... non sans émettre un claquement de langue désapprobateur, signifiant bien qu'elle n'appréciait pas qu'on la stoppe ainsi dans ses discussions.

Néanmoins, elle se tourna vers Alice, qui lui posa une coupe de Champagne sous le nez. Ok, elle avait gagné l'intérêt de la wiccane. Était-ce encore ce sort qui faisait tourner les têtes à ce point ? Dans ce cas, elle pourrait peut-être s'en accommoder... si elle parvenait à trouver le lanceur, ce qui calmerait la partie de son esprit légèrement affolée par la situation, quoi qu'elle en dise.

Son regard clair vira vers Winruna quand la métamorphe le mentionna. Il était en train de chuchoter quelque chose dans l'oreille de la petite aux cheveux roses -Mareti, si ses souvenirs étaient bons. Un sourire presque authentique bourgeonna sur les lèvres de Précieuse... pour s'effeuiller aussitôt qu'elle entendit la suite des paroles de la métamorphe. Elle se détourna brusquement vers elle, dans un mouvement de panique instinctive donc elle ne réalisa que trop tard la portée.


« ...Pardon ? »

Mais Alice était déjà partie, ravie d'avoir terminé son office avec un grand sourire commercial plutôt que des crocs enfoncés dans une gorge chaude. Seulement, Précieuse aurait presque préféré l'inverse. Elle n'avait pas besoin de miroir pour savoir qu'elle avait pâli de plusieurs tons, et que cela n'échapperait pas à grand monde, et surtout pas à la vampirette à ses côtés. Les précieuses (...haha) secondes qu'il lui fallut pour retrouver son calme furent de trop.

Les paroles de la Sauterelle pouvaient être énigmatiques pour beaucoup, toujours était-il qu'elles trouvaient un peu trop leur résonance dans l'esprit de la blonde exceptionnellement sans chapeau. Et qu'elle n'était pas parvenue à cacher l'inquiétude que cela créait en elle. D'abord, un sort lancé par un inconnu non-repéré dont elle était la cible, et maintenant ça... Il lui fallait en avoir le cœur net.

Prenant la coupe posée sur le bar pour la placer élégamment dans sa main, la sorcière la porta à ses lèvres. Elle ne sentait pas la moindre magie en émaner, ceci dit cela ne l'étonnait pas vraiment : la Combattante n'était pas du genre à user de ce type de stratagèmes. Ce n'était pas pour autant que Précieuse décida de ne pas se méfier : les drogues les plus efficaces n'étaient pas forcément d'origine magique. Et vu le jeu qui était en train de se déplier ce soir, elle devait rester en contrôle de ses pleines capacités...


« Eh bien, je te laisse, mon bichon. Il serait malpoli de ne pas remercier le gentleman. »

Un sourire amusé et un clin d’œil faussement entendu : la patronne des Plaisirs Coupables avait retrouvé son flegme. Certainement pas assez rapidement pour que cela passe tout debout auprès d'Ailin, qui -en plus d'être un Vampire particulièrement doué pour observer les expressions faciales et corporelles- la connaissait trop bien pour ne pas avoir saisi son trouble (même si la raison devait lui rester au moins partiellement obscure), mais assez pour qu'elle puisse se rendre directement auprès du principal intéressé pour rechercher des informations. Après, la question était de savoir si le lorialet allait les lui donner... elle n'avait pas besoin de le connaître plus que cela pour en douter.

Quelques pas d'un déhanché contrôlé faisant frissonner les franges de sa robe plus tard, la wiccane se retrouva à côté du vieux faë. Comme à son habitude, elle s'appuya contre le bar, tournant le dos au comptoir pour observer la scène, à laquelle une jeune femme rousse venait de s'ajouter. Apparemment, elle savait jouer du violon, un talent que la sorcière était capable d'apprécier, elle qui n'avait jamais été capable de produire la moindre musique. Par contre, elle pouvait danser presque n'importe quoi avec brio. La faute aux années de fuite passées dans divers bars et autres night-clubs.

Sans le regarder directement, donc, elle s'adressa au faë aux cheveux blancs, avec un sourire vaguement amusé.


« Votre Chapelier à l'air des plus doués. »

Puis elle leva légèrement le verre de cristal qu'elle tenait toujours à la main.

« Je vous remercie. Rares sont ceux qui ont accès à une telle information. »

Les paroles étaient prononcées sur un ton bas, assez pour que même les oreilles les plus fines ne puissent pas forcément l'entendre, entre la distance, la musique et le capharnaüm ambiant. Précieuse préférait éviter qu'Ailin en apprenne plus encore qu'elle n'en savait déjà : elle avait beau asseoir de la pire des manières sa domination sur le bichon, elle n'était pas encore convaincue de la réussite totale de ses plans, et ne tenait pas à lui glisser plus d'armes qu'elle n'en possédait déjà.
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MessageSujet: Re: Jazz, Nuit et Folie   Dim 29 Juil - 23:18

D'un coup d’œil entendu, Winruna observa la scène qu'il avait provoquée. Des élans peu connus même de son grand âge continuaient de forcer ses yeux sur le comptoir. Il les tourna mais les baissa bien vite : son message avait fait mouche et Précieuse, dynamique, n'avait pas attendu. Elle fut bientôt sous ses yeux ravis. Un geste émoustillé souleva le chapeau qu'elle venait d'apprécier d'une phrase dédoublée. Dédoublée ? Mais d'où ?

Ah ah. Un mystère comme un autre.

"Et que dire du votre ? Il est évanescent."

Un sourire mutin passa sur les lèvres du Blanc. Ses yeux dépareillés lançaient mille couleurs, toutes munies d'une pointe taquine, et de démangeaisons. Parler franc ? Allons-bon ! Ne manquerait plus que ça : ni Précieuse ni lui n'étaient des habitués de ce genre de coutumes. Bien sûr, des avantages lui manquaient : de lui, elle ne savait probablement rien, tandis que son filleul, au moins par la pensée, s'était fait plus bavard. C'est très nonchalamment qu'il appuya son coude sur le comptoir, reposa son chapeau pour finir son salut, et puis enfin laissa sa tête se pencher. Un mouvement aquatique, courbe et très détaché. Le couvre-chef glissa juste assez pour se dire qu'il n'avait rien à faire de le voir tomber.

"Je suis très honoré, Précieuse abandonnée,
De voir votre visage, si longtemps raconté.
Mon filleul coquin n'est pas si médisant,
Lorsqu'il s'agit, je crois, de vanter vos dépens."

Sans laisser le temps à personne de comprendre la signification de ce qu'il venait de dire, le faë eut un sourire aussi large que dément. Ses yeux brillèrent d'une lueur inquiétante et dans un geste souple, il souleva la main de la sorcière pour la prendre dans la sienne et déposer sur elle le plus léger baiser. Le tout, sans à peine lui-même se baisser. Ses yeux dévoraient ceux de son intéressée, conscients que tout autour, d'autres étaient attirés.

"N'êtes vous donc pas nue, loin de votre cachette ?
On m'avait dit pourtant que racines masquées,
Faisaient comme partie de votre identité.
Mais voyons ! Quel truand. A vous compter causette,
J'en oublie la plus simple des mondanités."

On leur avait apporté la bouteille entière et un deuxième verre, vide, trônait à côté. Quelle prévoyance ! Il en versa donc un pour lui et le souleva en miroir de celui de Précieuse, prêt à trinquer lorsqu'elle lèverait son verre aussi.

"La musique vivra... Buvons ! Si vous voulez."

Le sort jeté par son agaçante pupille lui donnait, à vrai dire, matière à s'amuser : il était distrayant de voir comme ses perceptions semblaient limitées dès lors qu'il se laissait aller à fixer la wiccane. En d'autres circonstances, c'eut été fort gênant. Peter un jour risquait de payer cher : ses drôleries étaient certes dignes du petit-fils de Genmo, mais auraient-elles gêné une opération que Winruna aurait dû sanctionner son oisif protégé.

Plus loin, Mareti souriait à pleines dents, sans cesser de tenir le violon. Elle pencha la tête sur le côté face à l'hésitation de la musicienne vampire. Winruna dut bien glisser son œil sur le côté. La musique était toujours prioritaire.

"Allons ! N'hésite pas. Si Yaseeja te fait jouer, c'est qu'il te sait capable.

Une touche de toi égaiera tout le monde..."


"Et toutes ces couleurs..."

"... on ne veut pas gâcher !"

"Elle vivent et virevoltent !"

"On veut les écouter !"

"Si on hurle à l'argent ?"

"Voudras-tu bien nous croire ?"

Frisson ! Quelle beauté. La musique changea. La touche sauvageonne timide, pointa. Attendrissante hésitation. Comme attendu, elle quitta bientôt les sentiers et tel un souffle apeuré frissonna, bien avant de gonfler. Des voiles s'en gorgèrent, et voilà ! Elle prenait de l'allure, elle prenait ses droits. Les autres, habitués, s'adaptèrent souplement : c'était comme une armure qui glissait sur la rousse, une seconde peau toute en notes, toute en joute. Un jazz différent égayait leurs oreilles : aucune dissonance. Tous savaient quoi faire.

Des yeux exorbités glissèrent sur le côté. Les élans douloureux criaient contre l'archet, et le sort l'étirait, et le faë profitait. Un danger nourrissant clapotait dans son ventre.
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MessageSujet: Re: Jazz, Nuit et Folie   Dim 29 Juil - 23:26

Laissant la blonde platine sur une simple remarque qui n'avait rien à voir avec la panique dont elle avait été témoin, Précieuse se dirigea d'un pas assuré vers le leader du groupe qui en savait apparemment un peu trop. L'ironie de toute cette situation ne lui échappait absolument pas, elle qui se faisait initialement un plaisir de rencontrer le groupe. A croire que sa première impression lorsqu'elle avait croisé de regard de O'Callaghan ne faisait que se confirmer. Pire : elle-même semblait ignorante de l'étendue du danger qu'il représentait, ce qui n'était évidemment absolument pas à son goût. Quitte à avoir les deux pieds dans la fourmilière, autant essayer d'en retirer un minimum d'informations, ce pourquoi Précieuse se décida à aller adresser la parole au chef de Will-O'-The-Wisp.

Le fait qu'il s'agisse d'un de ses groupes préférés et que c'était une occasion en or ne rentrait pas du tout en ligne de compte. Voyons.

Fidèle à elle-même, la wiccane salua le faë d'une phrase aux sens multiples, qu'il prit avec tout l'amusement qu'il semblait posséder, répliquant avec une finesse qui retira un léger sourire amusé à la blonde qui, malgré l'étrangeté et le danger de toute cette situation, recommençait à se détendre. Bien sûr, l'identité du jeteur de sort lui était toujours inconnue, mais il ne semblait pas particulièrement offensif tant qu'elle surveillait ses arrières... et ses avants, si elle en croyait les regards en coin qu'elle percevait de partout. Cependant, pour le moment, un seul retenait son intérêt, et ce n'était pas uniquement parce qu'ils étaient vairons ou inspiraient le danger.


"..."

Précieuse avait été sur le point de répondre au musicien aux cheveux blancs en lui retournant le compliment (parce qu'il s'agissait bien d'un compliment, n'est-ce pas ?), mais il enchaîna trop rapidement pour elle, prenant sa main dans l'une des siennes pour un baisemain exercé dans les règles de l'art. Entre ça et ses yeux qui ne quittaient pas les siens, la sorcière se sentait l'âme d'une adolescente en mal d'amour. Ce qui, dans n'importe quel type de contexte, aurait dû la gêner. L'agacer même. Et il fallait avouer que c'était un peu le cas. Mais il s'agissait de Liam O'Callaghan, leader de Will-O'-The-Wisp. A croire qu'on pouvait être une garce sadique et manipulatrice de la pire espèce et garder un jardin secret.

Enfin, vu la couleur (très légèrement) rosée qu'avaient pris ses joues quelques secondes avant qu'elle ne se reprenne, cela n'allait pas être un secret perdu pour tout le monde.

La partie rationnelle de son esprit (celle qui n'était pas parasitée par son attitude de groupie, donc) avait néanmoins eu le temps de remarquer que le faë confirmait les informations d'Ailin, ce qui l'amenait à croire que le reste du discours de cette dernière était tout aussi vrai. Bien entendu, ce n'était pas forcément le cas, mais elle lui donnait le bénéfice du doute. Après tout, ce n'était pas comme si il s'agissait d'une affaire d'état ou de quelque chose qui concernait réellement la vamp, il y avait donc moins de chance qu'elle joue là-dessus. Mais Liam avait continué à parler, et Précieuse l'écouta, faisant de son mieux pour tenter de le suivre. Heureusement pour elle, il restait (pour le moment) assez facilement compréhensible.


"C'est amusant, vous êtes la troisième personne à me le mentionner, mais je suis presque certaine que d'autres l'ont également pensé."

Elle ne répondit pas à sa question, pas plus qu'il n'avait répondu à la sienne. Malgré tout, la wiccane n'en était pas à son coup d'essai, et même si le faë avait de rares armes pour parvenir à la décontenancer avec brio, elle ne lui offrirait pas ce plaisir. D'autant qu'il ne remettait pas le sujet de la date sur le tapis, ce qui lui convenait totalement, tout en lui permettant de retrouver son calme. La blonde leva son verre pour trinquer à la demande du musicien, avec un rare sourire sincère.

"A la musique !"

Le fait qu'il se serve lui-même un verre dissipait ses soupçons sur la possibilité de drogue dans le breuvage, même s'il aurait été possible que certaines agissent sur elle et non sur le faë... mais cette race encore méconnue du grand public semblait proche de la sienne, l'humanité en moins. Les risques étaient donc moindres, d'autant que pour effectivement parvenir à la droguer par se verre, il aurait fallu soit gagner la coopération du Nounours, soit glisser la bouteille dans le stock en s'assurant qu'elle serait celle que le couple Mewryan sortirait... trop d'inconnues pour un plan bancal. Elle était certainement un peu trop paranoïaque sur ce coupla.

Précieuse leva donc son verre au contact de ses lèvres, entre lesquelles elle fit glisser une gorgée du breuvage, en appréciant la délicatesse. Pendant ce temps, Liam lançait des phrases qui n'avaient pas grand rapport entre elles, et qui paraissaient également faire sens. La wiccane savait le parlé du musicien particulièrement ésotérique, mais en être ainsi témoin était autre chose. Étonnement, cela ne lui retira rien d'autre qu'un sourire doux, vaguement mélancolique. Ou était-ce l'addition d'un instrument à la partition générale, qui lui faisait cet effet ?


"J'aime beaucoup ce que vous faites. Vos chansons ont tendance à... je ne sais pas, c'est un peu comme si je voyageais dans un autre monde, presque comme une transe. Mais quand un autre musicien s'ajoute, cet effet disparaît."

La wiccane eut un éclat de rire un peu gêné, avant de faire un geste de sa main libre comme pour lui suggérer d'oublier ce qu'elle venait de dire.

"Veuillez m'excuser. C'est un peu puéril comme réflexion."

Heureusement, ils n'eurent pas le temps de s'appesantir sur ce qui serait certainement plus tard ressenti comme un moment extrêmement gênant pour la wiccane (et pourtant porteur d'énormément de sens, mais elle ne le réalisera que bien plus tard), car leur charmante discussion fut interrompue par Peter.

Quelques répliques dans une langue qu'elle saisit lui permit de comprendre que le Farfadet était probablement l'initiateur du sort qui lui pesait sur les épaules... qu'elle sentit s'alléger d'un poids.

D'autres dans une langue qu'elle ne comprit pas l'amena à faire usage de sa ruse/malice/menace habituelle pour renvoyer son employé d'où il venait, n'ayant pas l'intention de partager sa compagnie ce soir. Comment ça, elle voulait son idole pour elle seule ? Mais non voyons, vous vous faites des idées : elle préférait simplement Peter loin d'elle, lors de leurs sorties. Il avait un don pour lui attirer des ennuis. Enfin, des ennuis à la sauce Farfadet : des plaisanteries qui ne faisaient rire que lui. Preuve en était ce soir ce sort qu'il s'était débrouillé pour lui jeter. Même si pour une fois, Précieuse devait avouer qu'il l'amusait aussi... pour le moment.

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MessageSujet: Re: Jazz, Nuit et Folie   Dim 12 Aoû - 11:47

S'il était une chose dont on ne pouvait jamais être vraiment sûr, c'était d'avoir efficacement empêché Winruna de répondre à un sujet posé. Le faë, comme tous les siens, avait bonne mémoire : comment, sinon, se souvenir de presque 8000 ans de vie ? Le faë, comme tous les siens, se souciait peu du temps qui s'étirait - qu'étaient donc ces minutes et ces heures, ou même ces jours sans aucun sens dont parlaient les humains, si ce n'est une différence de luminosité dans le ciel... une grosse sphère de feu qui montait puis descendait en cycles et donc, sans vraiment qu'il n'y ait de réel changement.

Luonsäa se souciait tout aussi peu de l'ordre dans lequel les choses venaient, ou se faisaient. Et que dire, de plus, d'un lorialet, d'un compositeur fou, d'un Prophète des ères antiques, l'un des seuls qui avait survécu à sa propre insanité, chez qui passé, et puis futur se mêlaient, bruyamment, perpétuellement Présent.

Cela, même une wiccane aussi fine que Précieuse et qui sentait le danger ne pouvait s'en douter. Elle lisait dans ses yeux un océan bleu-vert dans lequel, eut-elle eu un accès complet, elle se serait noyée. Les humains n'étaient pas faits pour les comprendre. Leur appréhension du monde était bien trop limitée. Cependant, ils avaient bien d'autres qualités qui, aux yeux du premier Feu Follet, les avaient toujours rendus intéressants et avaient justifié ses sorties, ses voyages, et nombre de gros coups... de soleil, là encore.

C'était l'instant d'avoir la tête dans les étoiles.

Peter, coquin Peter, les empêcha d'aller plus loin dans une conversation qui pourtant s'engorgeait. Cela n'avait aucune forme d'importance. les billes dépareillées se fixèrent sur leur filleul préféré, accompagnées d'un silence attentif et d'un sourire de chat.

-J'espère que vous appréciez cette attention,
Que mon cadeau envers vous semble générer.
Il me faut admettre qu'une telle acquisition,
Même dans mes rêves je n'aurais espérée.
Aussi viens-je avec une moindre requête,
Celle qu'au travail Brume reste ma conquête,
Ne serait-ce que de façon occasionnelle.

Ah... Tel son grand-père, il prenait des risques, vraiment, Coquin. Avouer sa responsabilité au Chef déchapeauté... Était-ce bien prudent ? Mettre les doigts dans le venin d'un serpent puis touiller, tout sourire. "Regardez ! Je ne l'ai pas goûté". L'air tendre et éloigné, le Blanc visualisait des triangles de sable et de pierres, des créatures pleines d'écailles noires et des dangers publics qui éprouvaient ses facultés à l'inquiétude. Ainsi, quand Peter se tourna vers lui pour lui parler, il y eut comme un décalage.

Winruna tourna la tête en lenteur, prenant le temps d'accrocher la réalité et émettant encore ce son, mi-pensif, mi-obscur, mi-malin :

"Hm ?"

Le coude sur un comptoir, il riait par les yeux, visage imperturbable. Son chapeau tout penché tenait par un doigt nonchalant, cheveux sinon au vent, si il y en avait eu. Ah... Le sumérien. Une langue pleine d'images, de sons, de goûts, là encore. De quoi ramener de plus belle son sourire interminable et nourrir le feu de sa démence, qui brillait dans ses yeux comme jamais.

-Vous aussi mon cher parrain vous êtes affecté ?
Vous m'en voyez surpris mais aussi très ravi,
Même si le ravissement est plutôt vôtre,
Puisque ce sort agit même sur les nôtres.

Gloussant tel un grand enfant, ou comme le Malin qu'il était, le lunatique leva sa canne pour la faire tourner dans ses doigts. elle frappa une chope de bière qui se brisa - au temps pour lui, mais sans temps... La patronne savait qu'il paierait. Quelle était la signification de ce geste ? Il était pour Peter, et Peter n'aurait qu'à savoir. A moins que cela ne soit qu'une manifestation de sa démence, qui lui faisait perdre le contrôle de l'espace dans lequel ses mouvements jouaient ?

"Filleul très décalqué, tu me surprends toujours.
Mais prend garde aux serpents, qui te joueront des tours...
Sinueusement, éloigné, loin des sables éclairés,
Coquille a ses limites, Comme Immaturité."

Il venait de lui répondre en Égyptien antique... lui avait-il appris cette langue ? Il reprit, cette fois en assyrien.

"Il est vrai, je m'amuse et c'est bien de ton fait,
Je te remercie donc pour cette nouveauté,
Des nouvelles sûrement, je pourrai t'en donner...
En espérant pour toi qu'elles seront égayées."

L'Antique se détourna d'un Peter qui savait quand ne pas insister, et surtout quand partir, car il avait gagné : il avait obtenu, pour l'instant, tout ce qu'il souhaitait. Mais tout comme les Empires, les vies faisaient des pics... A la prospérité, parfois, succédait le tragique.

Le nez dans du champagne, Winruna glissa ses billes sur son précédent sujet d'intérêt... Et pour une fois, elles glissèrent de bas en haut, s'arrêtant subtilement, fantomatiquement, à des endroits inhabituels jusqu'à en éprouver un plus inhabituel encore contentement. Là encore, il gloussa, avant de plutôt chercher du vert d'eau.

"Une transe, vous dites ? Oh, c'est intéressant...
Puéril, n'y pensez pas... Vous n'en avez pas l'âge.
Ni ce jour, ni un autre... le monde à l'étalage,
N'irait à votre esprit sous ces traits innocents."

Levant sa coupe, l'air à la fois hagard et distant qu'il arborait juste avant se troque contre une bienveillance approbatrice :

"Quant à moi j'aime assez vos jolies métaphores...
Elles sont subtilité et sensibilité.
Vous accédez, je crois, à cette vérité,
Qui dans les sons résonne... Et qui vaut nos Efforts !"

Un coup de tête charmant... Car il l'était tout le temps. Ou bien n'était-ce pas le cas ?
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Jazz, Nuit et Folie

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