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 Encre et aiguille.

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Elena Tsvetanov
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MessageSujet: Encre et aiguille.    Dim 10 Juin - 17:24




Clac, clac, clac.

Avec lenteur, les sandales de la gitane frappaient les dalles des rues pavées ; petits clapotis esseulés. Contre le sol traînaient les bords de sa robe abîmée, tandis qu’un voile volatil dissimulait ses traits séraphiques. De fines éclaboussures filaient autour de ses chevilles, à chaque fois que son pied rencontrait la surface trouble d’une flaque d’eau qu’elle n’avait pu apercevoir. Un peu de boue ternissait ses linges, mais elle ne trouvait ni la force, ni l’envie de s’en offusquer.

Ploc, ploc, ploc.

Ainsi se composait une tendre mélopée ; celle d’une lourde pluie s’écrasant sur le monde. Le ciel pleurait, se drapait d’épais nuages sombres, et menaçait de se déchirer sous l’effet d’un éclair à chaque seconde. Les silhouettes des passants défilaient autour de la sienne, pressées et rapides, courant vers un abri le plus proche pour éviter les averses menaçantes. Progressant à contre-courant, Le Spectre voguait parmi un flot de gens l’ignorant. Tous devaient rêver de retrouver la chaleur d’un foyer accueillant, les bras réconfortants d’un parent ; se glisser sous de lourdes couvertures et peut-être voir la pluie perler sur leurs fenêtres.

Les caprices de la nature se fuyaient, mais Elena, elle, n’avait aucun toit pour s’en protéger.

D’habitude, elle plongeait. Là où quotidien rimait avec vices, que la chaleur se confondait avec les pires délices, elle se perdait volontiers dans de secrets abysses.  
Le dédale. Recoin des rats et des scélérats, où innocence et pureté passaient de vie à trépas ; c’était son abri à elle, vagabonde aux maux éternels.
Elle quittait rarement cette ville souterraine, sauf pour s’occuper de ses fleurs ou autres affaires mystérieuses. C’était ainsi exceptionnellement que l’informatrice, après avoir quitté les paysages étroits des souterrains, découvrait l’urbanisme de l’extérieur.
Sur elle, la pluie ne s’arrêtait de couler, le froid mordant tendrement sa peau sans la faire trembler. Contre sa robe de lin, les gouttes formaient une nuée de tâches sombres sur le tissu clair, alors que dépassaient de sous son voile une ou deux mèches brunes humides.

Dans son poing, elle tenait un papier alors chiffonné entre ses doigts fins, sur lequel s’étalaient quelques lettres frappées à la machine.

« La poupée percée » ; boutique de piercing et autres modifications corporelles. Installée depuis un certain temps déjà, cette enseigne avait certainement vu passer bon nombre de visages connus, mais surtout recherchés par les forces du BIAS - qui lui avait ainsi glissé l'adresse. C’était ici que se rendait la macchabée, silencieuse et secrète, ne rechignant jamais devant une nouvelle occasion de récolter quelques secrets. Après tout, vendre une partie de son corps à un artiste, n’était-ce pas un là un moment intime poussant à la confidence ? Qu’y avait-il de plus bavard qu’une peau pour papier, et une aiguille pour plume ? Peut-être trouverait-elle des réponses, peut-être se perdrait-elle simplement dans la contemplation d’un nouvel art.

Le Spectre avait toujours possédé une étrange fascination pour les corps, après tout. Leur manière de se mouvoir, de s’abandonner aux lois de la gravité ; les histoires qu’il était possible d’y lire. Certaines peaux étaient de véritables cartes de la douleur, dessinant des allées de brûlures et des avenues de cicatrices, retraçant des batailles passées. D’autres témoignaient d’une existence tranquille à travers un aspect lisse et immaculé.
Et puis, il y avait celles de ceux qui y marquaient leur vie à l’encre sombre, ou bien l’habillaient de bijoux. Pour s’embellir, pour faire transmettre un message ; esthétisme ou bien symbolisme, il s'agissait de laisser sa propre marque de passage.

Que disait la sienne, d’ailleurs ? Plus grand chose. Toile froide et pâle, elle ressemblait à une oeuvre inachevée.
Abandonnée.

Sans s’annoncer, si on oubliait cette petite clochette postée au-dessus de la porte d’entrée, Le Spectre pénétra ainsi dans les lieux. Accueillie par une musique assourdie, du vieux métal craché par deux enceintes mal dissimulées, la zombie s’approcha du comptoir sur lequel étaient disposées plusieurs photographies ; commandes d'anciens clients et autres croquis. Tandis que ses doigts passaient avec une attention particulière sur les images, une silhouette bien plus imposante que la sienne ne tarda pas à s’élever devant elle, de l’autre côté du meuble.
Peau sombre, regard vif ; bel artiste la saluant d’un mouvement de la tête. Elle avait entendu dire qu’un tatoueur était de passage dans la boutique, était-ce lui ?

« Bonjour, souffla-t-elle en levant doucement les yeux vers son nouvel interlocuteur. Avec la pluie qui tombe dehors, je cherche à me réfugier quelques instants. J’espère ne pas déranger. »

Sa voix était douce, son ton néanmoins paresseux. Comme sortis d’outre-tombe, ses mots volaient sur de drôles de nuages de mélancolie.
Drôle d’harmonie.

« Ils sont de vous ?, demanda-t-elle en désignant d’un index les quelques planches de dessins. »

Curieuse, sûrement trop, Le Spectre ignora à nouveau l'homme pour laisser ses yeux glisser sur les traits finement esquissés. Un travail de détails, forçant son admiration d’ancienne artiste.

« C’est magnifique. »
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Zénon Petitpas
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Ven 15 Juin - 1:21

C'est un de ces jours où Zénon travaille au shop. Une petite boutique de piercing qu'il connait bien, et où il vient régulièrement pour tatouer. On lui a déjà proposé d'y passer plus régulièrement voir de devenir permanant, mais le matou a un peu peur de ne plus avoir son indépendance. Alors ils font cet entre-deux, et pour l'instant ça leur convient.

Les autres sont en pause clope à l'arrière boutique, en savourant enfin un lunch trop tardif pour pouvoir être encore appelé ainsi. Admettons un goûter très très copieux et varié. Zénon, lui, paresse sur sa chaise. C'est un peu mort, aujourd'hui. L'après-midi en tout cas. Il y a eu deux trois clients ce matin, quand il ne pleuvait pas trop, mais maintenant.. Ils rentrent chez eux, et il les comprend.

Quand la clochette tinte, le Chat somnolait presque. Il ne lui faut pas longtemps pour émerger tout à fait et se redresser vers toi. Trempée, menue, drapée d'un peu partout qui n'est pas sans donné un air mystérieux, si on était dans un vieux film cliché. Debout, attentif, Zénon incline la tête sur le côté quand tu lui parles. Il t'a salué d'un moivement de tête, et maintenant attend la suite. Il n'a pas à attendre longtemps. Pendant que tu causes, lui t'observe avec curiosite. Des pieds à la tête, avec un petit crochet par ta main qui tient un bout de papier froissé.

Tu viens te réfugier ici pour échapper à la pluie, donc ? Un léger sourire, mais il ne dit rien et continue de t'observer en silence.

Quand tu lui demandes si les croquis sont de lui, il hoche la tête à l'affirmative. Se penche un peu au dessus de ses oeuvres, en profite pour essayer d'humer ton odeur discrètement. Que le nez d'humain est faible, en comparaison.. Si tu regardes bien, les croquis sont tous signés. Ulthar. Rares sont ceux qui saisissent la référence. Mais ceux qui y parviennent gagne généralement un point dans l'estime du félin, ou en tout cas son intérêt.

- Je fais des commandes, aussi. Je m'adapte.

Tu flattes son égo. Zénon prend. A quoi bon rechigner ? Un compliment c'est toujours agréable, pour ce qu'il vaut. Même lorsqu'on lui en a fait dans le but de lui demander service, le Chat a pris avec la même gourmandise. Il n'a pas acceéé à la requête pour autant, ceci dit.

- Merci. Ceux là sont les plus récents. Des modèles uniques, je ne tatoue jamais deux fois le même motif. Sauf si c'est prévu et demandé par le client de le partager.

Qui n'a jamais fait de matching tattoo dans ce métier ? Des grosses pièces complexes aux petits coeurs entremêlés, il en a vu quelques uns passer.

- Si c'est pour les piercings, l'équipe sera bientôt de retour, Vous pouvez vous mettre à l'aise.


Si c'est pour un tatouage, son attention t'es acquise. Ou alors c'est pour rien. Juste faire la causette en attendant que la pluie ne cesse, c'est ça ?

Zénon sourit un peu, et t'observe placidement. Ses yeux placides pétillent presque, va savoir si c'est de l'amusement ou de l'espièglerie.
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Elena Tsvetanov
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Ven 15 Juin - 11:35

Les gouttes de pluie se détachaient de ses longs cils, croulant sur le long de ses joues creuses comme des larmes silencieuses. Sur sa robe perlait l’eau salée, créant sur le tissu de fines rivières sombres. Si seulement son corps réagissait encore normalement aux températures, ses lèvres seraient sans doute bleutées, sa peau granuleuse de frissons incontrôlés ; à n’en pas douter, elle se mettrait à trembler.
Mais non. Tout son être reconnaissait la sensation familière du froid sans y réagir. Ses mouvements étaient lents, délicats, mais mus dans une stabilité peu commune. La pulpe de ses doigts caressait les planches avec une tendresse particulière, tandis que le bout de papier toujours froissé dans sa seconde paume se réfugiait dans l’une des poches de sa robe aérienne. Ses lèvres s’entrouvraient, comme pour laisser s’échapper un souffle qui ne viendrait jamais.

Cela faisait trop longtemps, qu’elle avait rendu son dernier.

Lorsque la voix de son interlocuteur lui parvint, Le Spectre daigna enfin relever les yeux vers ce dernier. Croisant son regard, elle devina dans ce dernier une fine lueur joueuse, voire tendrement moqueuse. Elle le devinait légèrement espiègle, empreint d’une fourberie certainement innocente, à laquelle Elena ne saurait cependant pas répondre. Presque sévère, tout simplement glaciale et morose, la jeune fille paraissait trop sage pour son âge.
Etait-ce la mort, qui l’avait ainsi fait vieillir ? Il était peut-être encore trop tôt pour le dire.

Doucement, la chaleur ambiante de la pièce ne tarda pas à envelopper le corps drapé de la zombie, qui se délecta de cette sensation réconfortante - même si elle n'était habituée aux technologies, elle ne pouvait que bénir le Digital Angel pour lui offrir un pouvoir de ressenti. Sa poitrine se souleva, comme dans un soupir de soulagement, qui ne fut suivi d’aucun son.
Elle se contenta de secouer la tête dans un signe de négation.

« Je n’ai pris aucun rendez-vous, confessa-t-elle. »

A vrai dire, elle n’était même pas certaine de pouvoir apporter la moindre modification à son corps, étant donné sa condition. Ce dernier doté d’un don de régénération poussé à l’extrême, si seulement elle était capable de s’arracher un bras sans craindre de le perdre à jamais, que serait le passage d’une aiguille contre sa peau laiteuse ? Pas grand chose.

Parfois, Le Spectre avait ainsi la cruelle impression d’être prisonnière de son propre corps. Piégée dans une enveloppe charnelle décomposée, enfermée dans une éternelle existence, elle se donnait parfois le sentiment de n’être qu’à peine la spectatrice de sa propre triste vie. Comme si ses yeux n’étaient que deux trous percés dans une boîte, elle voyait sans jamais déceler les limites de l’horizon.
Elle piétinait lorsqu’elle souhaitait s’envoler, en venait presque à désirer s’affamer.

Juste pour retrouver l’envie, le besoin ; l’illusion d’être en danger.
Mais elle n’était plus qu’une ombre, la pauvre gamine.
Une enfant à la triste mine.

« Tous ces dessins, souffla-t-elle en inclinant innocemment la tête sur le côté. Ils doivent tous raconter de belles histoires. »

Dans son ancienne troupe, plusieurs artistes étaient tatoués. Comme une œuvre illustrée, il suffisait d’observer les dessins pour lire l’histoire inscrite sur cette peau abîmée.

« Vous devez être témoin de biens des confessions, n’est-ce pas ? Ou au moins collectionner les souvenirs. »

Elle avait toujours eu cette manière décousue de s’exprimer. Peu compréhensible, en réalité. Elle parlait par énigmes, bien souvent, ou se contentait d’employer des mots qui en apparence n’avaient fait que trébucher sur sa langue.
Mais elle savait ce qu’elle disait. Toujours.

« C’est un beau métier. D’être si proches d’inconnus, de connaître leurs histoires en marquant leur peau. »

D’être un peu comme elle. Un gardien de secrets enfouis.
Sauf qu’elle, elle ne les dessinait pas.
Elle les utilisait comme monnaie d’échange.

« Vous avez de la chance. »
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Zénon Petitpas
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Ven 15 Juin - 21:50

Tu gouttes, gouttes au sol sans broncher. Zénon t'observe, et essaye de faire le tri dans les odeurs qu'il a pu espionner. Fleurs, plusieurs. Il n'en connait pas le nom, simplement les fragrances famillières. C'est agréable. Mais il n'y a pas qu'elle. Ton odeur à toi est tapie derrière, et il peine à la trouver. Sous sa forme de chat, ce serait plus simple.

Tu sembles embarassée, quand tu dis ne pas avoir de rendez-vous. Le Chat hausse des épaules, et balaye cette information qu'il considère comme triviale et sans intérêt. Les rendez-vous, ce n'est pas si courant. Enfin, ça dépend des jours. Mais là encore, tout dépend si tu es là pour la pluie, un ou des piercings, ou de l'encre sur toi. Que tu sois venue ici par hasard, il en doute. Tu es rentrée trop brusquement, trop vite, sans prendre le temps d'observer autour de toi tant que ça. Sans avoir l'air étonnée, ou au moins attentive à ce nouveau terrain. Peut-être qu'il se trompe, mais le tatoueur se dit que tu es venue ici dans un but précis. Moins vague, en tout cas, que te protéger de la pluie. D'ailleurs, tu ne fais pas grand chose pour t'essuyer, c'est bien qu'elle ne te gêne pas tant que ça. Pour l'instant, Zénon se dit donc que tu connaissait l'adresse et savait quelle boutique y trouver. Peut-être n'osais-tu simplement pas y entre. Ce genre de magasin, ça peut être impressionnant, après tout. La pluie toffrait aussi un bon prétexte. Ne t'en fais pas, il ne relèvera pas ça. Inutile donc de se formaliser pour si peu, l'impro c'est très bien aussi. C'est d'ailleurs ce qu'il allait te dire alors que tu feuillettes encore et toujours les dessins -qui sont sous pochette plastique, on les lui a trop souvent ruiné- quand tu reprends la parole et lui coupe l'herbe sous le pied. Et là.. Le coup des histoires de ses oeuvres, admettons. C'est banal, mais souvent vrai. Par contre, la suite.. Zneh ne s'y attendait pas.

Des confessions ? Hein ? Quoi ??

Poker face parfaite, le Chat se contente d'incliner la tête sur le côté et de te fixer en attendant que tu aie terminé. Pour avoir plus d'informations, pour mieux comprendre ce que tu veux dire. Et finalement, même lorsque tu conclues, Zénon t'observe encore un peu pour faire bonne mesure. Peut-être que ce n'est pas juste par timidité que tu viens, finalement. Ou alors c'est l'inverse, si timide que tu repousses le moment de demander davantage d'info pratiques. Il ne saurait le dire, et de toute façon, ça ne changerait rien au fait que ton approche n'est pas courante

Un léger reniflement, et le chat hausse finalement des épaules. Que répondre à ça ?

- Les gens viennent, je les tatoue parfois. Pas toujours, des fois il faut qu'ils reviennent. Mais il n'appartient qu'à eux de me dire pourquoi ils m'amènent tel motif, pourquoi ils choississent tel dessin dans mes créations.

Les histoires, les vraies, il ne les obtient généralement pas par les mots. Recouvrire des cicatrices, tatouer un portrait, voir diverse émotions quan dles gens parlent de leurs motifs. Voilà ce qui le rapproche d'eux. Il tatoue qui veut, Zénon. Avocat ou malfrat, peau intacte ou protection contre d'ancienne blessures trop évidentes. Certains viennent le voir pour être encré par un confrère Outre, d'autres parce que c'est tendance et excitant d'en approcher un. Quelques uns, aprce qu'il ne parle ni de ce qu'il entend, ni de ce qu'il voit. Même quand il s'agit de recouvrir un tatouage de gang -c'est arrivé une fois- ou quoique ce soit, Zénon ne juge pas.

Il t'observe un moment encore, après t'avoir répondu, puis décide de te sourire un peu. Tu es sérieuse, mais il y a de la poésie dans tes mots. Que veux-tu, au juste ?

- Je ne sais toujours pas si c'est pour la pluie, les piercings, ou un tatouage.

Ce n'est pas une critique, juste un constat. Puis, avec beaucoup trop de retard..

- Vous voulez une serviette, pour vous essuyer de la pluie ?

Mieux vaut tard que jamais.
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Elena Tsvetanov
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Sam 16 Juin - 13:13

Plus jeune, Elena s’était toujours demandée quel motif pourrait bien orner sa peau. Etant une grande aventurière, elle aimait l’idée de se marquer, autrement que par quelques cicatrices égarées. Elle se blessait, souvent, aux entraînements ou en jouant les mauvais enfants ; ses jambes et son dos étaient recouverts de bleus et autres égratignures inoffensives. A la lisière de l’adolescence, en observant d’un oeil rêveur les tatouages de ses pairs, elle s’était innocemment dit qu’un jour, elle aussi, elle décorerait son corps comme un seul habit. Elle traînait le titre de Spectre, mais n’avait jamais été certaine de pouvoir le représenter fidèlement à l’idée qu’elle se faisait de ce dernier ; dans son esprit, il s’agissait bien plus d’une entité qu’une réelle identité.
Lorsqu’elle marchait sur cette corde tendue, la jeune fille ne sentait plus son corps. Elle n’était plus qu’adrénaline, légèreté et danger ; une source immatérielle de beauté. Elle reflétait la lumière sur ses costumes pailletés sans ressentir la moindre chaleur l’irradier. Sa poitrine s’élevait et s’abaissait dans des soupirs, mais elle n’avait plus l’impression de respirer.
Elle était déjà un petit fantôme perché, même lorsqu’elle était au plus proche de cette impression de vitalité ; parce que c’était dans ces moments-là, qu’elle frôlait le risque de la perdre.

Puis. Il y avait également ce second surnom, que lui avait donné Alphonse - cousin, meilleur ami, officiellement futur fiancé. Une appellation à laquelle il donnait des airs d’insulte, notamment au travers de son ton tendrement moqueur, dont il l’affublait lorsqu’elle commençait à filer vers les hauteurs.
Petite araignée. C’était comme ça, qu’il l’appelait.
La petite araignée.

Et celle-ci, elle la voyait. Elle l’imaginait facilement, tissant sa toile dans le coin d’une pièce, glissant entre les larges poutres apparentes d’un vieux plafond menaçant de s’échouer. Elle devinait les perles de rosée reflétant les lueurs matinales sur ses fils fragiles, ses longues pattes et sa grâce volatile. Délicate créature, modèle d’agilité ; c’était la tête en bas qu’elle se sentait parfois la plus à l’endroit.

Mais cette idée, elle l’avait toujours tue. Ce n’était qu’en voyant les créations de l’artiste que ces pensées vinrent toquer à la porte de sa mémoire.
Néanmoins, elle n’eut le temps de s’y attarder : le voilà reprenant la parole.

Elle n’avait toujours pas été claire sur ses intentions ; mais elle ne l’était jamais, en réalité. Elle-même n’était pas certaine de parfaitement le savoir. Le Spectre oscillait entre deux moralités, lorsqu’elle daignait penser en posséder au moins une. D’un côté le profit, de l’autre la curiosité. Elle collectait les secrets à défaut de rassembler les souvenirs heureux - peut-être espérait-elle ainsi s’amuser de ceux, bien plus honteux, des malfrats de la pègre.
Elle n’en savait rien. S’en fichait, un peu.
Elle n’avait rien d’autre à faire que de vagabonder, de toute façon.

« Oh, c’est aimable à vous, dit-elle en hochant doucement de la tête. Je ne voudrais pas ruiner votre boutique, alors si je peux éviter de l’inonder… »

Effectivement. Même si Elena ne s’offusquait pas du droit - le sentir étant presque une bénédiction -, souiller le sol du salon d’eau de pluie n’était pas des plus plaisants. D’une main caressante, la voilà passant alors une dernière fois cette dernière sur les pages plastifiées de l’album, avant de lentement le refermer. Elle recula ensuite de quelques pas.
Passa une main sous sa capuche, pour rabattre une mèche brune derrière son oreille.

« Et, pour être honnête, reprit-elle d’une voix presque abyssale, je ne suis pas certaine de pouvoir profiter de vos services. Je crains que mon corps ne soit pas… disposé à les recevoir. »

Après tout. On pouvait bien lui arracher le bras, piétiner son coeur immobile, ou encore découper sa tête avec une hache ; qu’importaient les sévices et les tortures, il n’en resterait qu’un mauvais souvenir.
Sa peau était une toile solide. Figée dans la mort.

Mais, qui sait. Peut-être se trompait-elle.
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Zénon Petitpas
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Dim 24 Juin - 20:29

Tu ne réagis pas plus vite que lui, par rapport à la pluie qui goutte sur le plancher. Il a un demi sourire, le chat, quand tu parle de ruiner "sa" boutique. Il n'est qu'invité, ici. Un régulier, qui connait bien l'endroit et qui peut-être s'y installera pour de bon. Mais un invite malgré tout. D'ailleurs, il devrait peut-être te le dire, non ? Ouais, oui. Sans doute. Allons-y, ça ne peut pas faire de mal.

- Oh, ce n'est pas ma boutique. C'est un salon de piercing, surtout. Mais des fois, je viens travailler ici. Ils n'ont pas de tatoueur attitré, alors ils en invitent. Ca arrange tout le monde.

Ses yeux sourient un peu, et il s'éloigne pour aller chercher de quoi t'essuyer. Mais de serviette, il n'y en a pas vraiment, en fait. Ah, qu'à cela ne tienne. Il revient vers toi avec un rouleau de papier essuie-tout médical. Ca, dans une boutique de piercing, il y en aura toujours. Faut en mettre sur les fauteuils avant d'installer les clients, c'est donc une valeur sûre. Avec un air un peu désolé, il t'en tend plusieurs feuilles encore liées. Si tu as besoin de plus, il y a du rab. Pas de soucis.

- Y avait pas mieux, navré.

Puis, il avait regardé le book que tu avais refermé. Oh, tu ranges après avoir utilisé les choses. C'est plutôt à ton honneur, ça. Beaucoup de gens n'y prêtent pas attention, ils viennent, regardent tout, et parfois repartent sans rien avoir fait d'autre que de semer la pagaille.

La suite de ton discours l'intrigue. Pas une bonne condition pour ? Ca veut dire quoi ? Hemophilie, peau sensible et allergique..? Ou alors, tu es une Outre. Et tu ne sais pas que lui oui. Et tu ne veux pas le révéler de peur d'un rejet. Mais ce serait peu probable, tout de même, surtout que la boutique ne se cache pas être pro-Outre, que l'emplacement est parlant. Donc.. Quoi ?

- Pardon si c'est indiscret, mais pourquoi ne pourriez-vous pas être tatouée ou percée ?

Ton discours sous entend que c'est par du tatouage mais tu n'as encore rien confirmé. Derriere le chat, un bruit de porte, et deux personnes entrent. Une vague odeur de cigarette plane dans l'air un bref moment, puis disparaît face à l'encens que l'on allume. Bois de santal. Zénon aime bien, mais ça le fait quand même éternuer. Les deux nouveaux venus -un gars une fille- saluent brièvement Zneh et te jettent un regard curieux qui demande clairement s'ils peuvent t'aider pour quoi que ce soit.

- Mademoiselle a fuit la pluie, et pour le moment elle regarde. Je vous appelle si c'est pour vous.

Un bref sourire, et les deux autres font signe que tout va bien. Ils vont vaquer à leurs occupations, et Zénon se tourne à nouveau vers toi avec un sourire de chat.

- Ou en étions-nous, dejà ?


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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Lun 25 Juin - 12:48

D’une main, Le Spectre vint lentement attraper les différentes feuilles de papier que l’artiste lui tendait, le remerciant silencieusement d’un hochement de tête plein de gratitude. Tout aussi doucement, la voilà passant ainsi le sopalin sur sa peau opaline. D’abord, elle fit glisser celui-ci sur ses bras, venant absorber les quelques gouttes de pluie perlant à la surface de son épiderme. La sensation du papier contre ses membres ne tarda pas à la faire doucement sourire sous son voile ; la voilà s’amusant encore de la sensation du toucher qu’elle retrouvait grâce au Digital Angel. Néanmoins, elle en vint presque à regretter de ne pas en avoir la chair de poule.
Le souvenir d’une nuée de frissons parcourant son échine la hantait souvent, en réalité. Lorsqu’une caresse à peine plus délicate que celle d’une aile de papillon effleurait sa joue, qu’une voix mélodieuse embrassait ses oreilles, que le vent s’infiltrait sous ses jupons… il s’agissait d’une réaction normale du corps, innée.
Maintenant arrachée.

La seconde suivante, Elena sécha le plus rapidement possible ses cheveux sous son voile, avant de se rendre compte que ce dernier était certainement ce qui laissait le plus d’eau se répandre sur le sol. Si elle ne pouvait pas se déshabiller entièrement, elle pouvait au moins ôter sa capuche, n’est-ce pas ?
Elle hésita, et profita de l’intrusion des deux autres protagonistes pour considérer la question. D’un côté, elle ne rechignait jamais réellement à l’idée de découvrir son visage - le voile la protégeait surtout des rayons du soleil. Néanmoins, si elle devait recueillir quelques informations auprès de ce tatouer, il valait mieux garder l’anonymat.
Ainsi, elle ne le retira pas, se contentant de l’essorer légèrement dans les feuilles de papier.

Une fois sa besogne terminée, elle rendit les lambeaux de sopalin à son interlocuteur, une fois les ‘’intrus’’ disparus.

« Où en étions-nous, déjà ?, reprit-il.
- Vous m’aviez posé une question, me semble-t-il. »

Elena releva doucement le menton, avant de légèrement pencher la tête sur le côté dans un moment de réflexion. L’air ailleurs, elle s’examina silencieusement, faisant passer devant ses yeux ses mains délicates. D’abord, elle scruta l’intérieur intact de ses paumes, autrefois pourtant toujours recouvert d’égratignures et autres plaies bénignes à force de s’agripper aux cordes et de jouer avec les couteaux de ses camarades.
Elle guérissait si vite, désormais. De pratiquement tout.

Elle n’avait aucun problème à révéler sa nature. Bien que le Spectre n’en fût pas particulièrement fière, elle était suffisamment lucide pour se douter que cela ne servît à rien de taire ses origines.
Au pire, on la fuyait. Au mieux, on grimaçait.
Elle ne demandait jamais de sympathie.

« Je suis une zombie, déclara-t-elle en éloignant ses mains de devant son visage. Vous voyez, je ne crains ni les lames, ni les balles. Je guéris des pires blessures en un rien de temps. Alors… j’ignore si ma peau peut être percée par une simple aiguille, ou encore si elle garderait l’encre d’un tatouage. »

Oui, mais voilà : elle l’ignorait. Elle ne faisait que supposer.
Alors, finalement, peut-être se trompait-elle.

« Avez-vous déjà tatoué des gens comme moi ? »
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Lun 2 Juil - 0:41

Tu gardes mieux le cap que lui, et quand il te demande où vous en étiez davantage par politesse, tu réponds sans sourciller. Oui, il t'avait posé une question. Et un jour ou l'autre, il va bien falloir que tu lui donnes uen réponse. Depuis le début vous tournez autour du pot. Mais ce n'est pas tenable éternellement, n'est-ce pas ? Patient, le chat hoche tranquillement à ta réponse, et attend le reste. Zénon estime t'avoir offert suffisemment d'opportunités, et qu'à présent cela va être ton tour de jouer le jeu. Mais ne t'en fais pas, il sait être patient.

Et enfin, après un bon moment, enfin tu parles. Et dès la première phrase, tu captes davantage l'attention du chat, si possible. Zombie ? Han ! Intéressant ! Il incline la tête et réfléchit, alors que tu développes sur le sujet. Et une phrase retient son attention. "Je guéris des pires blessures en un rien de temps." Ce n'est pas la même chose d'être invulnérable ou de guérir très vite. Et peut-être bien que la nuance est là. Toujours en plein réflexion, Zénon réfléchit à s'il a déjà entendu parler de Zombies tatoué. Ca lui dit quelque chose, oui. Et il ne lui faut pas longtemps pour se souvenir.

Avec un haussement d'épaule, le chat te répond enfin. Tu n'aimeras sans doute pas ça, mais tant pis. Quoique, c'est porteur d'espoir, au fond.

- Guérir très vite, c'est différent de ne pas pouvoir être blessé. Y a une grosse nuance là dedans.

Il te fait un clin doeil, avec un sourire en coin. Comme s'il venait de te coincer dans un débat d'argumentaire. Nouveau haussement d'épaule, et le voilà qui croise tranquillement des bras, franchement appuyé sur le comptoir. Que tu sois zombie ou miss Gala 2055, il a l'air de s'en foutre royalement. Et pour cause : c'est le cas. Ses yeux ne te quitte pas, et un sourire de chat anime son visage à nouveau.

- Ca serait intéressant à faire. Un sacré défi. Et oui, c'est possible. Je connais un artiste tatoueur qui a déjà encré un zombie. Il m'expliquait que comme vous cicatrisez très vite, il faut travailler tout aussi vite. Pas le droit à l'erreur, ni au shadowi.. Euh. Faire les ombres. En gros, il faut que le motif soit de la ligne pure, ou du remplissage.

Nouvelle pause, alors qu'il cherche à se souvenir de sa conversation avec son ami.

- Comme vous cicatrisez très vite, l'encre reste. C'est un peu comme un tatouage instantané, en somme.

A nouveau, il incline la tête en t'observant. Pour ceux qui le connaissent et savent quel est son totem, il est aisé d'imaginer les oreilles dressées par l'attention.

- Reste à voir si vous voulez vraiment en avoir un. si vous avez un motif en tête. Et si tout ça est à la positive, est-ce que vous êtes prête à me laisser faire, sachant que je n'ai encore jamais tatoué de zombie avant ?


De toute évidence, lui il est intéressé par ce challenge. Mais tu es tout de même la principale concernée.
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Elena Tsvetanov
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Mar 3 Juil - 12:09

La particularité d’être éternelle engendrait chez Elena un drôle de phénomène : une nonchalance exagérée. Elle ne s’inquiétait plus du présent, comme si elle en avait perdu la simple notion, et ne s’embarrassait plus d’anciennes conventions. Elle ne demandait plus l’autorisation pour rien, se mettait parfois en danger sans s’en offusquer, et surtout, elle se fichait de ce qui pouvait lui arriver. Aussi, lorsqu’elle vit la curiosité du tatoueur être happée par ses précédentes paroles, le Spectre se contenta d’à peine incliner la tête sur le côté dans un réflexe interrogatif. Elle le voyait s’agiter, se pencher vers elle, avant de la targuer d’un clin d’oeil taquin.
Ainsi, elle commençait à comprendre. Elle qui ne connaissait rien de l’art du tatouage s’était trompée sur l’impact de sa capacité accrue de régénération. Etait-ce finalement une sorte d’atout, lorsqu’il s’agissait de faire passer de l’encre dans sa peau d’immortelle ? Elle guérissait vitre, mais pouvait tout de même subir l’assaut de plusieurs aiguilles contre son épiderme.

Alors, pourquoi pas, songea-t-elle. Son corps ne représentait plus grand chose pour elle, dans l’état actuel ; juste une carcasse lui servant de transport entre les ruelles sombres de la ville. Encore quelques temps plus tôt, il était totalement insensible, quelque chose que le Digital Angel parvint à régler. Peut-être qu’en le décorant à sa manière, en lui infligeant une seule modification… peut-être se donnerait-elle la maigre impression de le récupérer, de se le ré-approprier.
D’en faire quelque chose d’autre qu’un tableau brisé.

Elle se mit à réfléchir, alors. Lorsque le chat commença à parler de simples lignes, une fine idée germa dans son esprit, et elle se mit à songer. Une ligne, c’était futile, mais pour elle, cela pouvait signifier trop de choses.
Un fil, par exemple. Celui sur lequel elle avait tant de fois marché, flirtant avec le vide. Celui de son existence qui s’était brisé. C’était trop beau, pour une funambule, et une jeune fille en quête de liberté.

Un fil.
Juste un fil. Qui se tord, qui ondule, qui se tend et se casse.
Ça lui ressemblait bien.

« J’ai peut-être une idée, mais j’ai peur d’insulter votre travail en vous proposant quelque chose d’aussi simple. »

Après tout, elle avait admiré ses croquis un peu plus tôt. Elle reconnaissait chez son interlocuteur un soucis du détail, ainsi qu’un travail tout en subtilités. Un concept aussi minimaliste ne saurait lui offrir du challenge, si on oubliait sa condition singulière.
Elle s’approcha encore un peu, l’air désolée.

« De plus, je ne suis qu’une vendeuse de fleurs ambulante, sans domicile fixe. Je ne sais pas si j’aurais de quoi vous payer. »

Après tout, les bénéfices qu’elle tirait de la vente de ses fleurs et de ses informations repartaient directement dans son petit commerce nomade. Elle ne gardait pratiquement rien pour elle, qui n’avait ni besoin de se nourrir, ni de boire, et ne désirait pas particulièrement se loger. Bien sûr, elle conservait une simple marge pour sa consommation personnelle de Brain Juice, mais cela s’arrêtait là.
Dans ses poches, elle n’avait que quelques pièces se battant dans un concert métallique. Ce n’était pas grand chose ; pas suffisant, selon elle.

« Mais… quand vous m’avez parlé de lignes, j’ai pensé à un fil. C’est quelque chose de terriblement simplet, mais c’est une image qui résonne en moi. Un fil qui ferait peut-être une boucle, ou un noeud, qui donnerait l’impression de ne pas se terminer. C’est une idée… »
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Zénon Petitpas
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Mar 3 Juil - 21:30

Il est patient, le chat. Il attend, tranquillement. Que tu te décides, enfin. Son demi-sourire toujours aux lèvres. bien calé, il attend et il réfléchit. Si tu cicatrises vite, il faudra que ses lignes soit impeccable. Mais au moins ton corps ne fatiguera pas, donc si tu veux un truc un peu compliqué ou ambitieux, il pourra y aller franco. Déjà, il espère que tu voudras te faire tatouer, oui. Pour ajouter ça à son expérience, pour le plaisir de tester quelque chose de nouveau. Bon, en croisant les doigts pour que tu ne demandes pas un truc du genre "une main qui croise les doigts" ou un "paysage dans un diamant" parce qu'il en a déjà fait plein. C'est un peu routinier, train train. Mais quel que soit le sujet, ce sera intéressant.

Finalement, tu t'animes à nouveau. S'il avait été en chat, ses oreilles se seraient redressées bien droites. Et quand tu parles, il est à la fois excité -ça veut dire que y a des chances que tu veuilles te faire encrer !- et anxieux. Comment ça un truc trop simple ? Pitié pitié. Pas une flèche ou un truc symétrique de trois milimètres, il en a déjà fait trop.

Quand tu parles de ne pas avoir les moyens, Zneh n'est pas vraiment étonné. T'as pas l'air d'être crésus, même si on peut toujours être surpris. Bon, c'est quoi ton idée alors ? Acouche ! Il veut savoir, lui. Et il ne te lâche pas du regard, tout le temps que tu causes. Concentré, le chat, avec la même intensité que devant le pointeur rouge d'un mini laser.

Et enfin, ton idée. Un fil.

- Hein ?

Il cligne un peu des yeux, se redresse vaguement sous la surprise. Te fixe, un peu étonné, et essaye de visualiser ça. Un fil. Une ligne, quoi ? Juste une ligne toute simple ? Bon, sans doute avec deux trois zigouigouis pour orner ça mais.. Fouh. Une ligne. Un fil.

- Ok, vous avec une idée plus précise en tête ? L'endroit, la longueur ? Vertical ou Horizontal ? Ca ferait une boucle fermée, ou pas ?


Un fil. De la ligne pure, sans fioriture ou motif derrière lequel se cacher. Juste un fil qu'il faudra faire sans cahot ni accrochage. Rien que ça, c'est un défi si tu las veux longue. Mais en plus sur une peau de zombie, ou il n'a pas le droit à l'erreur ? Il sera sur le fil du rasoir tout le long de l'encrage.. Et il ricane in petto de son humour débile. Mais m'empêche..

- Si c'est un minimum long -ou grand, je ne sais pas trop comment dire dans ce cas- je vous le fais gratuit en échange d'une bonne photo pour le mettre dans mon book. Faire de belles lignes, avec juste ça, sur une peau de zombie ? C'est un joli défi !

Pour l'amour de son art, pour la soif d'une nouvelle expérience, oui. Il le propose à l'oeil sans hésiter. Ca en vaut largement la peine.

- Si ça vous va, on peut se caler un peu plus loin, je sors de quoi croquer, et on peut étudier ça.

Alors alors ? C'est un marché conclu ?
Pitié oui. Il veut relever ce fameux défi.
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Mer 4 Juil - 18:43

Elena était consciente que sa proposition était déconcertante, voire décevante. La plupart des clients du tatoueur devaient lui offrir bien plus de précisions, ou bien des concepts plus intriqués qu’un simple fil passant à travers un corps cadavre. Après avoir vu son travail, la jeune femme se sentait presque honteuse d’énoncer un projet si peu ambitieux, ne réalisant pas totalement que le seul fait de faire courir une aiguille sur sa peau translucide en constituait un en lui-même. Peut-être que finalement, lui proposer un véritable travail de délicatesse et raffiné suffirait à satisfaire ses envies de se surpasser, de relever un énième défi d’artiste avéré.
Lorsqu’il la rassura sur le prix de la prestation, lui déclarant que cette dernière serait gratuite si relativement intéressante, la jeune femme ne put s’empêcher de ressentir une pointe de culpabilité piquer son coeur arrêté. Elle n’aimait pas l’idée de simplement s’offrir, sans rien donner de concret en retour. Malheureusement, la réalité la suivait comme une malédiction : elle n’avait rien d’autre que son épiderme si singulier à lui donner volontiers.

Volontiers, oui. Parce qu’au fil de cette conversation, l’envie commença à grandir dans l’esprit de la zombie. De la nonchalance d’un « pourquoi pas », elle passa à un véritable désir. Peut-être qu’un tatouage était ce qui manquait à cette enveloppe charnelle à la dérive, pour la rendre plus humaine. Elle deviendrait bien plus qu’un simple moyen de transport, un fardeau, sa propre tombe éternelle ; elle serait embellie par un dessin rappelant une ancienne vie. Quelque chose qui ne serait pas qu’un souvenir flou à la surface de sa mémoire, mais un élément matérialisé, encré au sens le plus pur du terme contre elle.

Alors, elle se contenta d’hocher la tête, s’avançant vers l’artiste qui la laissa passer derrière le comptoir.

« C’est d’accord. »

Ce dernier désirant des précisions sur le dessin à réaliser, Elena commença à réfléchir. Assez instinctivement, elle connaissait l’emplacement, qui lui parut comme une évidence : près de son coeur. Si ce dernier ne battait plus, elle pouvait au moins lui insuffler un peu de vitalité, un peu de chaleur.

« Peut-être… que je peux essayer de dessiner ? Je ne suis pas très douée, mais cela peut vous donner une idée. »

Sans trop de problèmes, Elena eut rapidement entre les mains de quoi esquisser une ébauche de dessin. Ses mains étaient peu habiles, maladroites lorsqu’elle ne consommait pas de Brain Juice. Ainsi, sa prise sur le crayon fut approximative ; mais elle s’appliqua du mieux qu’elle pouvait.
Avec précaution, la voilà commençant à décrire un long fil, se perdant dans des boucles et des ondulations, suivant les courbes de ses seins. Entre ces deux derniers, là où les extrémités se rejoindraient, elle imaginait un noeud, quelque chose pour sceller le lien.
C’était encore brouillon, mais au moins, quelque chose se représentait : quelque chose de moins abstrait.

Elle se redressa, déposant rapidement le crayon près de la feuille.

« Je vous l’ai dit, j’ai très peu de talent. Mais j’imagine quelque chose comme ça… dans l’idée. Sous ma poitrine, si cela ne vous dérange pas. »

Et elle ? N’était-elle pas un minimum pudique ?
Elle ne l’avait jamais vraiment été. De son vivant, elle ne s’inquiétait pas de se dévoiler, la belle étant trop habituée à jouer de ses charmes naissants sous les feux des projecteurs. Maintenant qu’elle ne se considérait plus que comme un cadavre ambulant, impossible pour elle de s’ériger en objet de désir ; elle n’était plus une femme, juste un souvenir.

Elle tourna le regard vers son interlocuteur, attendant son verdict, espérant silencieusement une approbation.
Pourvu qu’il ne fût pas déçu.
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Zénon Petitpas
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Mer 25 Juil - 0:10

" C’est d’accord. "

Oh phrase merveilleuse ! Un bref sourire anime le visage du chat alors qu'il te guide derriere le comptoire. Ah, parfait parfait ! Tu as l'air d'avoir une idée assez précise en plus, et il te présente volontiers papier et crayon pour que tu lui montres ce que tu veux porter comme motif. Et le résultat, si maladroit, n'en est pas moins clair pour autant. Il faudra que sa ligne soit parfaite pour ne montrer ni reprise, ni rigidité. Tout est dans la courbe et la simplicité. Et celle-ci est loin de signifier la facilité. Un bref sourire, à nouveau, et le chat hoche la tête. Ouais, oui. Ca, sur son book, sur une peau de zombie, ca peut être intéressant. Les cas difficiles sont souvent ceux qu'il préfère. Il a le sens du challenge, le matou.

- Ca peut. La ligne pure en tant normal, c'est déjà un exercice où faut pas se planter. Mais sur une peau de zombie, ça peut devenir carrément intéressant.

D'un geste, il balaye ta dernière remarque.

- C'est un endroit qui peut être sensible, mais comme de toute façon vous ne ressentirez pas la douleur, non seulement vous allez sans doute moins bouger, mais en plus on pourra le faire sans pression du temps. Enfin, un boulot comme ça ne me prendrait pas trop longtemps de toute façon en temps normal, mais..

Il se redresse d'un coup, en te regardant soudainement.

- D'ailleurs, on ira dans la pièce à coté si vous préférez. Pour ce genre d'emplacement, les gens préfèrent en général. Question de pudeur, sans doute. D'ailleurs, juste pour être sûr. Même avec cet endroit, ça vous va si je prends une photo ensuite pour mon book ? Je centre sur le motif et vous pourrez la cacher, évidemment, mais comme ce sera proche de la poitrine, on la verra forcement un peu le bas.

Autant prévenir. Se frottant la nuque machinalement, il regarde ton croquis quelques instants, avant de reprendre la parole.

- En temps normal, ce genre de motif ne me prendrait même pas une heure. Mais comme je ne sais pas encore comment votre corps réagira, je voudrais y aller un peu doucement. Pour vérifier comment ça se passe, toussah. D'ailleurs, ça vous va si je reproduis le design sur le vif, otentiellement avec des petites personnalisations ? Ou vous préférez que je reproduise exactement le même avec un. Euh. Calque ?

Avec ses nouveaux clients, Zénon essaye d'éviter le jargon technique. Il a toujours détesté quand quelqu'un étale sa science, donc il essaye de faire simple.
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Lun 30 Juil - 20:58

Elena avait toujours aimé entendre parler les gens de quelque chose qui les passionnait réellement. Une fois son accord donné et une première idée de dessin esquissée d’une main maladroite, la jeune zombie décela dans le timbre de son interlocuteur quelques variations qui ne manquèrent pas de la faire doucement sourire. Il aimait son travail, c’était évident, mais jamais Le Spectre n’aurait-elle pensé qu’il montrerait un tel enthousiasme face à son projet minimaliste. Lorsqu’il lui proposa ainsi de s’éloigner de l’entrée, la fleuriste ambulante le suivit, tout en jetant encore un petit coup d’oeil au croquis qu’elle avait gribouillé précédemment. Elle se demanda un instant si un tel schéma aurait plu à ses amis, à sa famille, et si quelqu’un n’aurait pas été là pour la réprimander ; les tatouages, chez elle, étaient réservés aux adultes, après tout.
Mais elle n’avait plus à y songer. Elle n’avait plus personne, désormais.

Evidemment, la douleur ne serait pas un problème. Même si grâce au Digital Angel, son corps avait retrouvé la plupart de ses capacités sensorielles, la souffrance demeurait minime, comme un souvenir laissé sur sa peau. Quelques picotements, un tiraillement tout au plus ; elle saurait facilement en faire abstraction. Si elle était capable de s’arracher un bras pour mieux le recoller par la suite à son buste, une aiguille contre sa poitrine ne serait pas grand chose pour elle.

Lorsque l’artiste lui demanda l’autorisation de la prendre en photo une fois le travail terminé, la jeune femme fronça doucement les sourcils derrière son voile. Elle n’avait pas pensé à cette éventualité ; mais au fond, cela avait peu d’importance. Le concept de pudeur ne s’appliquait plus à elle, qui ne se considérait plus tellement comme une femme. Certes, elle portait les formes d’une demoiselle, la courbe de ses hanches et sa poitrine étant là pour le prouver, mais elle n’y voyait plus aucune marque de sensualité.

« Ne vous en faites pas. Ce serait même un honneur, de faire partie de votre collection. »

Elle était sincère. Se voir parmi plusieurs autres oeuvres du chat lui plaisait.
Elle se sentirait peut-être plus belle.

« Et bien sûr, n’hésitez pas à modifier le dessin… je vous l’ai dit, je ne suis pas très douée. Vous êtes libres de le personnaliser selon votre style ! Je ne fais que donner l’idée de base… »

Après tout, Elena savait que ce n’était jamais une bonne idée, de limiter la créativité des artistes. Elle-même n’avait pas aimé se contenter d’apprendre aveuglément quelques pas de danse pour mieux les reproduire plus tard ; elle ajoutait de sa touche personnelle.
C’était plus authentique, plus honnête ; bien moins formaté et superficiel.

Déjà, ses mains se dirigèrent vers les bords de sa robe, avec peu d’adresse. Malgré son manque certain de pudeur, elle n’était pas certaine de pouvoir totalement se dénuder, ni comment exposer son corps sans en faire trop.

Elle leva le menton en direction du tatoueur, une moue curieuse dissimulée par sa capuche affichée sur son visage.

« Excusez ma totale ignorance, mais… que dois-je faire, maintenant ? »
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Dim 5 Aoû - 22:00

Zénon te sourit un peu -un sourire de chat en demi mesure- et emporte la feuille avec lui quand il te guide dans la pièce un peu plus loin. Elle est aménagée avec un banc de tatouage, une petite table où repose quelques instruments de tatouage. Sur une commode plus loin, une baffle un peu vieille sur laquelle il connecte sont telephone pour mettre un peu de musique. D'un geste, avec un sourire tranquille, il te montre la piece.

- Mettez vous à l'aise. Au fait, vous pouvez m'appeler Zénon. Et vous ? Ah et on peut se tutoyer, aussi, si vous préférez. J'suis pas compliqué.

D'un geste il te montre le banc de tatouage et te fait signe de t'y installer.

- Une musique en préférence ? Ah, et pour le tatouage, une dernière question : en noir tradi, ou en couleur ? Et si oui, laquelle ? Il va falloir retirer le haut, et le soutien-gorge aussi. D'ordinaire je propose de mettre du chauffage, vous en voulez un ?

Selon ta réponse, il met la musique désignée sur son tel, qui est crachoté plutôt proprement par la baffle sans que le volume ne soit trop assourdissant. Tout en te parlant, il prépare son matériel tranquillement. Une nouvelle paire de gants, un nouveau cellophane sur lequel il pose les godets d'encre et la vaseline. Le produit désinfectant et les mouchoirs sont a portée de main.. Il ne lui faut pas plus de cinq ou dix minutes pour tout avoir prêt.

- Je vais juste prévenir que j'utilise la salle. Le banc est prêt.

Il allait proposer de ramener des sucreries en cas de coup de mou pendant la séance.. Puis se souvient que tu n'en auras pas besoin. Oh, que ça va être excitant ! Tout enthousiaste qu'il est, ses yeux pétillent et un sourire ne le quitte pas. Sortant rapidement de la pièce, il appelle ses collègues et les prévient qu'il va encrer quelqu'un et que le comptoire est donc vide. Pas de soucis, qu'on lui répond, et il revient bien vite dans la salle de tatouage. Te souriant à nouveau, il s'assoit sur son tabouret à roulettes et enfile ses gants si toi tu es prête et installée.

- Moi c'est tout bon.. Y a plus qu'à commencer. J'vais le faire à main levée, donc pas besoin d'un croquis avant.

Traduction, c'est quand tu veux.
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Lun 13 Aoû - 10:28

Le Spectre en avait finalement presque oublié la principale raison de sa présence dans le salon de tatouage : rechercher quelques informations sur les clients aux agissements douteux qui pouvaient s’y rendre. Se prenant malgré elle au jeu, et se concentrant sur la prochaine idée que sa peau soit encrée à jamais, elle délaissait ainsi son habituelle méfiance et ses instincts toujours alertes pour laisser ses songes vagabonder vers les horizons que lui proposait l’artiste : le banc de travail, les différentes aiguilles, et puis la musique qu’il avait ordonné aux enceintes de diffuser dans la pièce.
Elle devait lui avoir vaguement répondu qu’elle aimait les sons dansants, plutôt classiques, mais qu’au fond, elle n’y portait pas grande importance : si la musique avait été autrefois une part immense de son quotidien de danseuse, elle préférait aujourd’hui ne plus trop s’y attarder, de peur d’être submergée par une dévastatrice vague de nostalgie.

Si Elena n’avait pas hésité un seul instant à lui dire qu’elle préférait un dessin en noir et gris plutôt que d’ajouter de la couleur, elle sembla néanmoins songeuse face à sa première interrogation : quel était son nom.
La zombie était toujours réticente à l’idée de décliner son identité réelle ; son statut de fantôme et d’informatrice dépendaient notamment de son anonymat. Alors, se mordillant la lèvre à l’ombre de sa capuche, elle laissa quelques secondes de silence s’infiltrer dans l’atmosphère avait d’offrir une réponse :

« On m’appelle Le Spectre. Mon nom n’a que très peu d’importance. »

De toute façon, plus personne ne s’amuserait à le prononcer avec amour ou nostalgie.
Elle n’était personne.

Plus tard, la jeune fleuriste se défit ainsi des tissus recouvrant sa poitrine, et révéla à la lueur artificielle de la pièce une peau laiteuse, presque translucide, à l’apparence fragile. De fines épaules, un torse droit, les courbes d’une jeune fille s’affirmant à peine dans la sensualité ; elle possédait le genre de corps d’une personne qu’on pouvait deviner avoir été belle.
Maintenant, elle portait ce dernier comme un tombeau, un maigre fardeau.

Elle s’installa sur le banc sans frissonner, le froid ne créant qu’une illusion contre sa peau figée. Au retour de Zénon, ce dernier pouvait néanmoins constater qu’elle n’avait pas quitté le voile couvrant son visage.
Quel drôle de personnage.

« C’est quand vous voulez, déclara-t-elle. Je vais essayer de ne pas trop bouger. »

Il y avait de l’ironie, dans sa voix.
Un cadavre ambulant, c’était déjà bien ironique. Mais un zombie sursautant de douleur ? Impensable, certainement.

« Je suis prête. »
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Ven 7 Sep - 1:56

Il se prépare pendant que tu apprivoises les lieux. Zénon est toujours un peu plus dans son monde dans ces moments là, parce qu'il fait gaffe à ne rien oublier, à ne pas sauter une étape. Pour certaines tatoueurs, c'est quelque chose qui se fait sens y réfléchir. Mécaniquement. Mais lui ne veut pas que cela devienne une habitude ou un engrenage trop bien huilé. C'est de cette façon que l'on oublie l'essentiel ou que l'on se repose trop sur la routine. C'est pas bon, non. Du moins, pas à son avis.

C'est à ta réponse qu'il se redresse et te jette un coup d'oeil pour la première fois depuis le début de ses rapide préparatif. Un coup d'oeil bref, mais qui te voit. Toi et tes voiles de mystères, toi et tes barrières d'ombre et de tissus. A force de vouloir être fantome et inconsistante, tu gagnes en réalité. Ton attitude, ta voix qui ne s'élève pas, tout cela il le mémorise. Définitivement, il se souviendra de toi. Et pourtant, il devine que ce n'est pas ce que tu souhaiterais, au contraire.

- Je ne suis pas d'accord. Un prénom c'est important, toujours. Encore plus quand on veut le cacher. Mais ça.. Pas mes affaires.

Il aurait pu choisir de te dire de l'appeler Ulthar, plutôt que Zénon. Il aurait pu se cacher derrière un pseudonyme, comme tu le fais ici. Mais puisque vous allez au delà des apparences et du simple bonjour poli, il trouve ça plus honnête de s edécouvrir aussi. Les gens qui se dévoilent, qui offrent leur peau et leur histoire même sans parler, le Chat trouve que ça mérite un partage en retour. Une sorte d'échange équivalent. Et là, il se sent un peu flouté. Tu offres sans rien donner. Ton visage, il ne le connait pas. Ton prénom non plus. Que cherches-tu à garder sous clef, pour ne rien vouloir dévoiler de qui tu es sans pour autant hésiter à offrir ton corps à la vue du premier venu ?

Mentalement, Zénon note de rester Ulthar.
Mais avec le sourire. Toujours.

- Je ne sais pas trop le genre de sensation que ça va faire du coup, ou même si ça va en faire. On verra bien.

Le tatoueur achève de rassembler son matériel, vérifie que le banc est prêt lorsque tu t'installes.

- Dernière question, avant de commencer. Je fais partir la ligne d'où >

Parce qu'avec tout ça, vous n'avez pas encore délimité la taille du tattoo. Donc ouais, ce serait bien qu'il ait une idée. Bizarrement, ça aiderait.

Une zombie.
Il va tatouer une zombie. Oh, quel beau challenge !

Et dans ses yeux, y a un peu d'excitation qui danse, celle d'un artiste qui va s'aventurer en terra incognita avec son art.
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Sam 8 Sep - 17:34

Un jour, Elena avait demandé à sa mère ce que signifiait son prénom. Pourquoi lui et pas un autre, pourquoi ne pas avoir pioché parmi la longue liste de patronymes typiquement bulgares. Il s’agissait d’une question innocente, d’une simple curiosité d’enfant trop bavarde ; le genre d’interrogation dont on oublie rapidement la réponse, que l’on garde comme simple satisfaction.
Mais elle n’avait jamais oublié ce que sa mère lui avait répondu, ce jour-là. Qu’Elena signifiait « éclat du soleil ». Un morceau pur et brut de cet astre flamboyant, brûlant et empli de vie ; c’était ce qu’elle devait représenter. Et combien de fois avait-elle eu l’impression de brûler sous le feu des projecteurs, à se donner des airs d’Icare en frôlant un peu plus les hauteurs ? Elle avait été un oiseau de feu, un phénix ; une créature radieuse et solaire toute sa vie.

Mais aujourd’hui, regardez-la. Elle n’avait plus rien de lumineuse, ni de vivante, Elena. Teint séraphin, légèrement verdâtre, yeux sombres et corps lent. Elle était un morceau de Lune, désormais. Pâle, argentée et nocturne ; froide et taciturne. Alors, pouvait-elle encore réellement user de ce nom ? Parfois, elle se demandait si elle en avait le droit.
Si ce ne serait pas trahir les espoirs de sa mère, qui avait tant désiré la voir briller jusqu’à son dernier souffle, pour mieux s’éteindre en paix.
Elle s’était juste assombrie, désormais.

Elle s’était installée, regardant attentivement les faits et gestes de l’artiste qui se préparait à la piquer. Curieuse, elle inspectait le moindre instrument sans comprendre réellement sa fonction, tandis que parfois, elle se contentait de les deviner.
L’encre était prête, bientôt, elle ferait partie d’elle-même. Elle n’en revenait presque pas d’être à ce point anxieuse et excitée.

Lorsque le chat lui demanda d’où faire partir la ligne, Le Spectre porta un doigt sous sa poitrine, sous son sein gauche. Remontant légèrement vers le haut, elle désigna le début de la chute de ce dernier, comme si le fil allait le soutenir comme une coupe fragile.
Tenir son coeur, c’était une belle image.

« Par ici, si possible. »

Elle releva les yeux vers le tatoueur, cherchant son approbation : elle faisait des propositions, mais ne savait toujours pas si elles étaient les bonnes. Elle était novice dans ce domaine, et même si elle appréciait la marge de manoeuvre que lui cédait le professionnel, elle avait secrètement peur de paraître idiote.
Comme une enfant.

« Si vous voulez, je peux vous décrire ce que je ressens. Je ne sais pas si ce sera d’un quelconque intérêt pour vous… mais au moins, vous le saurez. Pour compléter l’expérience. »

Et même pour elle, cela en serait une, de pouvoir poser des mots sur des sensations ; elle avait été si heureuse d’être en mesure de les redécouvrir grâce au Digital Angel, après tout.

« J’ai l’impression d’être un petit rat de laboratoire, avoua-t-elle sur un timbre léger. C’est assez amusant. »

D’être au centre de l’attention, pendant un temps.
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    Mer 26 Sep - 20:23

Tu ne réagis pas à sa remarque, et le chat hausse des épaules. Puisque tu veux te la jouer mystérieuse, fais donc. Mais c'est un truc dont il se souviendra, tout comme il se souviendra de toi avec d'autant plus de netteté. Tu sors du lot, à trop vouloir te cacher. Et puisqu'il y a de ce petit jeu entre vous, il décide de rester professionnel.. Mais simplement professionnel. Oh, il va te sourire, te parler si tu lui causes. Mais le chat va également filtrer ce qu'il te dit. C'est un des trucs qu'il a appris à force de trainer avec n'importe qui. Bon, le matou ne l'applique pas toujours pour autant, mais il essaye.

Attentif à l'endroit que tu montres, il hoche de la tête et s'installe pour commencer le travail. Toi, tu te fait plus bavarde en contraste. Ta seconde remarque, pourtant l'intrigue. Parler de ce que tu ressens ? Mais les zombies ont encore des sensations, alors ? Au fond de sa mémoire, de vagues souvenirs d'un machin à prendre pour retrouver certains sens essayent de se frayer un chemin jusqu'à conscience. Ca marche presque, il lui semble avoir une (très) vague impression d'avoir entendu un truc du genre.. Puis plus rien. C'est retombé dans l'oubli, avec le reste des infos que le félin n'a pas pris la peine de vraiment mémoriser. Tant pis.

- Oh pourquoi pas ! Les zombies ont des sensations aussi ? Je ne savais pas. Mais j'y connais rien, alors..

Au moins, on ne peut pas lui reprocher de ne pas savoir mettre les pieds dans le plat. Avec un peu de chance, tu vas développer et expliquer des trucs ? Ca serait aidant, pour rafraichir les limbes épart de ses souvenirs sur le sujet. Il hoche la tête dans tous les cas, pour te faire comprendre que oui oui, parle donc. Explique. Comment est-ce que tu ressens quoi, cachée dans ton corps fantôme ? Le Spectre. C'est pas un nom, ça. Il n'en démordra pas.

- Un tatouage, c'est toujours un peu une expérience. Que ce soit le premier ou un enième. Mais j'avoue que là, ça sera très nouveau pour moi.

BzzZZZzzZZ..

La machine est allumée, les préparatifs terminés. Il est temps de se lancer. Zénon fixe le coin que tu lui as indiqué, jette un rapide coup d'oeil au croquis maladroit que tu lui as fait. Pas de droit à l'erreur, donc. Le moindre écart se verra. Pas de pression, hein ? Et sur ce dernier sarcasme mental, le chat se lance et commence son travail. La peau, qu'il maintient, ne réagit pas tout à fait pareil. C'est plus fragi.. Non. Plus tendre ? Pas vraiment. C'est assez indéfinissable, comme sensation, très nouveau pour lui aussi. Mais il se concentre, et tire doucement le fil sur ta peau. Il pourrait être plus rapide en temps normal, mais comme c'est une première pour lui de tatouer un zombie, Zénon préfère rester prudent.

Parfois, quand il s'arrête pour recharger la machine, il jette un coup d'oeil à ce qu'il a déjà tracé. C'est déjà cicatrisé.

Ca a un côté grisant. Il se demande si c'est ce que ressentent dans une certaine mesure les gens qui escaladent sans cordée. La moindre erreur, et c'est la chute libre.

Et toi, tu le vis comment ?
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MessageSujet: Re: Encre et aiguille.    

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Encre et aiguille.

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