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 Commande convenablement sucrée

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Olivia Luz-Descalzo
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MessageSujet: Commande convenablement sucrée   Dim 8 Avr - 22:57

Depuis la voiture aux vitres tintées garée juste en face, Olivia jeta un regard critique à la devanture de la boutique. Le lieu paraissait calme et apaisant. De ce qu'elle distinguait, les vitrines étaient remplies de pâtisseries et elle pouvait même apercevoir quelques personnes assises par-delà la vitre.

Margaret lui avait assuré que ce nouveau petit salon de thé était ce qui se faisait de mieux en ville. Selon elle, c'était "succulent" et la propriétaire était "aimable et professionnelle". Tout ce qu'Olivia désirait.

Le printemps revenait, et avec lui le temps des galas et autres congrès que la richissime Luz-Descalzo adorait. Selon elle, il n'y avait rien de mieux pour remonter le moral qu'un événement caritatif organisé en bonne et due forme et qui se déroulait à merveille. La mexicaine avait déjà le lieu, la date, le programme et les invités. Il ne lui manquait plus que le traiteur. Ce pourquoi elle était devant ce salon de thé aujourd'hui.

Evidemment, elle aurait préféré être au Mexique avec son fils, mais il était bien trop tôt pour qu'elle le suive : on se serait douté de quelque chose, et il était de toute façon certain que Darian et/ou Juan la faisaient suivre elle aussi. Luisa était donc partie pour veiller sur Esteban et tirer quelques ficelles qui permettront plus tard à Olivia de devenir à son tour indétectable une fois la frontière passée, même par les moyens des Luz-Descalzo. Après tout, de l'autre côté du Rio Grande, c'était bien sa petite soeur qui avait les rennes, bien qu'elle use parfois de méthodes... particulières. De plus, les ramifications du TPH ne s'étendaient pas aussi bien là-bas, le pays étant bien plus tolérant (d'une certaine manière) et donc plus difficilement prêt à faire preuve de discrimination aussi flagrante envers les Outres. Ce qui était évidemment l'une des raisons pour lesquelles Esteban s'y était réfugié dès la proclamation de cette nouvelle loi.

En attendant de pouvoir retrouver son fils adoré, donc, Olivia s'occupait comme elle pouvait. Son association de protection et défense des animaux était l'un des meilleurs moyens pour elle de détourner son esprit des ennuis que Luisa allait forcément attirer à son fils, bien qu'elle lui fasse entièrement confiance concernant sa sécurité : elle l'aimait bien trop -quoi qu'elle en dise- pour lui faire courir le moindre risque vital... mais elle aimait bien trop le taquiner pour le laisser tranquille.

La porte arrière de la voiture s'ouvrit, la sortant de ses pensées. Elle sortit en adressant un petit sourire à Gael, son chauffeur, garde du corps et ami, avant de lui faire un léger signe de la main signifiant qu'elle n'aurait pas besoin de lui dans les minutes à venir. Qu'il aille donc prendre un café ou rendre visite à qui il voudrait en attendant : elle savait parfaitement qu'il n'était pas du genre à parler chiffons et dégustations de viennoiseries. Son fils lui, aurait grandement apprécié et aurait probablement été d'une aide précieuse... avant qu'il ne perde son goût pour le sucre au profit du sang, évidemment.

Refusant sciemment de s’appesantir sur cette question, Olivia traversa prudemment avant de se rendre dans le petit salon de thé, dont elle appréciait déjà le sobre mais agréable extérieur.

Elle pouvait faire confiance à Margaret pour ces choses-là.


"Bonjour..."
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Ailla Mowenn
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MessageSujet: Re: Commande convenablement sucrée   Lun 9 Avr - 4:42

Autour d'une table basse ronde, entourée de fauteuils dépareillés qui vont pourtant très bien ensemble, un petit groupe jette à peine un oeil, trop occupés à boire, manger et discuter. En tendant l'oreille, leur discussion tourne essentiellement autour de ce qu'ils boivent et mangent. Ils sont ravis. L'entrée ne semble pas avoir été remarquée.

Personne derrière le comptoir massif, bois et verre, à l'ancienne, rutilant. Les pâtisseries s'alignent, joie de couleurs et de formes variées, qui font l'effet "Plutôt celui-là" comme l'appelle Ailla. A chaque nouvelle mignardise qui attire l'attention, on se dit qu'on goûtera plutôt celle là. Autant dire qu'à moins de compte acheter tout le stock, le choix est complexe.
Chaque panneau, chaque étiquette a été écrite à la main, avec un soin minutieux. Les boissons, elles, sont listées de la même écriture sur une ardoise qui fait la même largeur que le comptoir. Il semble qu'on puisse boire à peu près n'importe quoi, notamment une collection de jus de fruits impressionnante et un choix presque infini d'infusions et de thés. Seul l'alcool n'est pas au menu.
Par la porte ouverte qui donne sur la cuisine, dont on ne voit pas grand chose,  un filet de musique coule, quelque chose de doux et guilleret.

Sur le comptoir, non loin de la caisse, trône une clochette de cuivre accompagnée de l'écriteau : Sonnez-moi. Le manche en bois figure des branches entrelacées dotées de feuilles sculptées, le corps un gland. Il suffit de la secouer pour en tirer un tintement cristallin, et faire apparaître une petite blonde avec un sourire par la porte de la cuisine.

- Bonjour, dit-elle en premier lieu.

Elle essuie ses mains pleines de farine dans un torchon, le coince dans sa ceinture, et rejoint sa place derrière le comptoir, sans avoir cessé de sourire.

- Que puis-je pour vous?

Semblant pouvoir attendre une réponse jusqu'à la fin des mondes, elle regarde sa cliente, exsudant la même douceur guillerette que la musique.
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Olivia Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Commande convenablement sucrée   Mar 10 Avr - 6:18

Personne ne répondit initialement à son salut, ce qui n'étonna guère la richissime héritière. En effet, il n'y avait personne de l'autre côté du comptoir et les personnes présentes semblaient prises dans une discussion animée. De ce qu'elle entendait, cela concernait les gourmandises dont ils profitaient, et ils en paraissaient totalement ravis.

Ce qu'Olivia pouvait comprendre. Avant même de poser son regard sur la clochette permettant de se faire remarquer, elle avait parcouru de ses profonds yeux noirs les diverses rangées de mignardises colorées avec un sourire satisfait suintant l'appréciation. Margaret ne lui avait vraiment pas menti. La mexicaine n'avait encore goûté à rien, mais tout semblait si succulent qu'il aurait été étrange que l'apparence et l'odeur ne correspondent pas au goût.

Ses yeux parcoururent la liste des boissons et son regard parfois si jeune qu'il en paraît enfantin se met à pétiller. Certains des noms lui rappellent son pays natal, et ses jus de fruits et de fleurs si particuliers. Elle n'était pas soumise à la nostalgie : il lui était bien facile de se procurer ces ressources lorsqu'elle le voulait, mais il y avait toujours cette satisfaction de les trouver sans avoir besoin de le demander.

Enfin, elle fit sonner la clochette dans un geste délicat, signe de l'habitude : elle avait longtemps possédé l'exact même ustensile dont elle se servait pour appeler les employés dans l'immense villa de Little Rock. Elle en apprécia le son, qui collait étrangement bien à l'entière atmosphère, dépareillée et pourtant possédant une unité indéniable.

La propriétaire des lieux finit par se montrer. A la façon dont elle s'essuie les mains, elle était probablement en train de préparer une nouvelle fournée de pâtisseries. Olivia sourit poliment avant de répondre.


"Je vais vous prendre un thé à la menthe et l'une de ces pâtisseries au caramel. Avez-vous quoi que ce soit qui contienne des épices et/ou du piment ?"

Car il était fort probable qu'elle se laisse tenter, surtout s'il s'agissait de chocolat : elle ne résistait jamais à un bon mélange de chocolat noir et de piment.

"Aussi, j'aimerais m'entretenir avec vous sur la possibilité de me procurer vos talents lors d'un événement caritatif que j'organise dans quinze jours, si cela vous intéresse. Mais je tiens d'abord à vous laisser terminer ce que vous êtes en train de préparer. Je vais en profiter pour déguster ce que vous avez à m'offrir."

Le ton et le sourire de l'aristocrate était tout ce qu'il y avait de plus aimable. Elle ne s'était pas présentée, mais c'était normal : elle ne souhaitait pas donner inutilement son nom si la jeune femme n'était pas intéressée le moins du monde par sa proposition. De plus, il était bien rare qu'on ne la reconnaisse pas. D'autant qu'elle était établie à la Nouvelle-Orléans depuis plusieurs années maintenant. Les civilités allaient devoir attendre que la jeune blonde ait terminé ce qu'elle avait à faire, car Olivia s'en voudrait vraiment de la déranger dans son travail. Pas qu'elle s'en soucie beaucoup en temps normal, mais c'était principalement parce que ceux à qui elle s'adressait travaillaient déjà pour elle.
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MessageSujet: Re: Commande convenablement sucrée   Mer 11 Avr - 0:21

Difficile de dire si la pâtissière hoche la tête en écoutant sa cliente ou au rythme de la musique. Qu'elle continue à la hocher après que la femme aux cheveux noirs ai fini de parler peut donner un indice. La blondinette regarde rêveusement sa cliente, note l'attirail qu'on nomme, paraît-il, signes extérieurs de richesse, hausse les épaules intérieurement, puis se fend d'un sourire radieux qui lui plisse les yeux et esquisse une fossette sur sa joue gauche.

Elle ouvre la bouche, fronce le nez et lève deux doigts puis se tripote les lèvres avec les dits doigts.

- Bien sûr, répond-elle enfin. Installez-vous, j'arrive tout de suite.

Et tout de suite elle arrive, Olivia a tout juste le temps de s'asseoir à la place qui la tente le plus, fauteuils ou chaises rembourrées, canapés ou tabourets, tables rondes ou carrées, en bois simple ou décoré. Devenue serveuse, Ailla tient un plateau de bois sur une main, adroitement, elle dépose une théière qui fume presque tant elle est chaude, une adorable tasse en céramique accompagnée de sa petite cuillère en bois, un sucrier contenant une collection de sucres allant du muscovado d'un brun profond au sucre cristal presque transparent, un petit pot de lait, un de crème, un verre d'eau pour patienter, et une de ces pâtisseries au caramel dans une petite assiette assortie à la tasse et portant la jumelle de la petite cuillère. Pâtisserie qui ressemble à un mille feuille, empilement alternant un biscuit sablé de quelques millimètres d'épaisseur, deux fines couches d'une ganache caramel aussi aérienne que la dentelle de caramel croquant entre les deux, et ce jusqu'à se terminer sur le biscuit sablé, dans lequel on a imprimé quelques arabesques.

- Je reviens sous peu, dit-elle avec un sourire. En s'inclinant légèrement, pur automatisme dont elle n'a pas la moindre conscience, elle retourne un sablier et le pose sur la table, à côté de la théière. Sûrement pour vous servir le thé.

Jusqu'ici, elle n'a pas donné l'impression d'avoir entendu la proposition que sa cliente lui a fait, ni de l'avoir reconnue. D'ailleurs, il est difficile de croire qu'elle est au boulot, à la voir, non pas qu'elle travaille joyeusement mais simplement que rien ne semble lui être un effort dans cette boutique. Elle a presque l'air de faire partie des meubles, on pourrait penser par inadvertance qu'elle s'achète avec le fond de commerce. Après mûre réflexion, elle avait décidé de donner l'impression à ceux qui entrent chez elle qu'elle est ici depuis longtemps, et que sa vie se résume à tenir ce salon de thé et pâtisser à l'arrière. Cela lui avait semblé la meilleure stratégie pour rester discrète comme elle le devait. Et à vrai dire, malgré la présence de fer alentour, il faudrait qu'elle voit quelqu'un pour ça un de ces jours, elle se sent parfaitement chez elle dans ce lieu.
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MessageSujet: Re: Commande convenablement sucrée   Mer 11 Avr - 22:19

Dans un autre contexte, Olivia aurait définitivement trouvé l'attitude tête en l'air de la jeune femme quelque peu irritant, pour ne pas dire extrêmement agaçant (oui, les Selva Moreno étaient aussi prompts à l'exagération qu'à l'euphémisme. Ou l'inverse). Néanmoins, l'atmosphère agréable, la musique apaisante, la corpulence fluette de la jeune femme... tout portait à adoucir son jugement. Cela, et le fait qu'elle était en réalité plus que coutumière de ces situations où on ne donnait pas l'impression de l'écouter (et/ou qu'on ne le faisait effectivement pas) : Esteban était un maître en la matière et ce depuis son plus jeune âge, lui qui s'intéressait tellement à tout ce qu'il se passait autour de lui qu'il ne parvenait que difficilement à concentrer son attention sur une seule chose. Cela avait un peu évolué avec sa transformation, mais il y avait des comportements bien ancrés que même cette horrible période n'était parvenue à totalement effacer.

L'héritière était donc bien plus indulgente qu'elle ne l'aurait pu, pour toutes ces raisons et probablement aussi parce que la jeune femme n'était pas (encore) sous ses ordres, et qu'elle finit tout de même par lui répondre. Ce qui voulait bien dire qu'elle l'avait écoutée, au moins en partie. Elle hocha donc sobrement la tête lorsqu'on lui proposa de s'installer et se dirigea de sa démarche aristocratique naturellement travaillée vers un fauteuil qui avait l'air agréable, même si loin de son confort habituel. Elle l'avait principalement choisi pour son emplacement, car il lui permettait de jeter un oeil sur l'arrière boutique, et ainsi jeter un oeil sur sa propriétaire au travail.

Il fallait avouer que la curiosité d'Olivia était piquée. Elle n'avait jamais eu de grands talents de cuisinière (elle préférait manger, et de loin, les mets délicieux qu'on préparait pour elle sans qu'elle ait à lever le petit doigt), mais elle avait toujours adoré regarder les experts au travail. Quand Esteban était plus jeune, elle avait régulièrement fait des ateliers avec Hannah, la gouvernante, même si dans la plupart des cas les deux mexicano-américains finissaient par regarder, subjugués, l'employée finir le travail (et bien souvent rattraper leurs bêtises). Le talent avait ceci de particulier qui faisait qu'on ne pouvait que l'admirer, où qu'il se trouve.

Et dans l'instant, il se trouva sur la table en face d'elle. Une main délicate y posait une théière fumante et tout le nécessaire associé, avant d'y ajouter une pâtisserait qui avait l'air plus attirante encore maintenant qu'elle n'était plus sous verre. Une fois encore, la mexicaine eut une pense pour son cher fils, à qui cet endroit plairait décidément beaucoup dès qu'elle pourrait le lui montrer. Bien que son appétit pour le caramel n'existe plus, on ne pouvait pas tout à fait en dire autant de sa gourmandise.

Olivia tourna la tête vers la serveuse improvisée lorsqu'elle lui adressa la parole, et lui répondit d'un sourire allié à un léger hochement de tête, purement ravie de son comportement. Pour elle, c'était évidemment quelque chose d'habituel, mais il fallait dire qu'elle n'avait pas toujours été aussi bien traitée lorsqu'elle passait dans les boutiques de rues, comme n'importe qui. Les pires histoires qu'elle avait à raconter à ce sujet se déroulaient d'ailleurs dans ce même quartier, à quelques rues d'ici... Sa main trouva inconsciemment le chemin de son cou, effleurant l'endroit où, des années plus tôt, une paire de canines mal avisée avaient laissé une marque qui hantait encore ses nuits les plus noires.

Secouant la tête pour se sortir de ces pensées funestes, la multimilliardaire choisit de prendre sa cuillère pour la plonger dans la pâtisserie qu'on lui avait apporté. Les différentes textures craquaient, fondaient et se brisaient de différences manières sous l'impulsion de l'outil de bois promettait beaucoup.

Quand la jeune femme revint, la brune prenait une gorgée d'eau après sa troisième cuillerée. Elle lui fit un sourire éblouissant, les yeux pétillants de malice.


"C'est réellement délicieux, tous mes compliments."

Les Selva Moreno, autant que les Luz-Descalzo, se plaignaient très facilement dès que la moindre chose ne leur plaisait pas. Ils étaient habitués à être obéis au doigt et à l'oeil et contentés selon leurs moindres désirs. Parallèlement, lorsqu'ils étaient extrêmement satisfaits, ils le montraient aussi. Généreusement.
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MessageSujet: Re: Commande convenablement sucrée   Jeu 12 Avr - 23:18

De sa place, la milliardaire peut voir Ailla évoluer dans son univers, comme certaines chambres peuvent dégouliner de la personnalité, souvent ringarde, de leur habitant, la cuisine de la jeune femme est organisée en fonction de son esprit volage et reste hermétique à qui que ce soit d'autre.

Toujours est-il qu'elle attrape une casserole, dont elle fait tourner la poignée dans sa main avant de la poser sur le feu, de l'autre elle attrape une bouteille en verre donc elle verse une dose de crème, puis le beurre, sans même se retourner. Et alors qu'on pourrait se demander où est sa balance, la musique change. Elle saupoudre quelque chose dans la casserole en rythme, chantant sans se soucier qu'on l'entende, elle chante plutôt bien d'ailleurs même si la chanson n'est pas tout à fait adaptée, se déhanchant à petit pas devant la gazinière. D'une pirouette, elle ôte la casserole du feu et la pose de côté.

Le temps de servir un client qui semble regretter de ne pas avoir les moyens de tout acheter, boîte en carton et ruban tournicoté inclus, elle retourne à sa cuisine. Armée d'une spatule, elle verse le contenu de la casserole, mélange, goûte, avec une cuillère en bois, puis met le tout dans un congélateur. Le temps de se laver les mains et elle retourne à la pâte qu'elle a délaissée depuis l'arrivée de son avant-dernière cliente.

Mais elle n'a que quelques minutes à peine avant que le petit groupe ne sonne la clochette. Même chose, elle s'essuie les mains sur le torchon, se poste derrière le comptoir avec un sourire. Elle les encaisse grâce à cette machine antique, qui claque et sonne comme un bourdon en s'ouvrant, et ne remarque pas le signe de la main qui lui est adressé quand ils sortent du salon de thé.

Se trémoussant toujours, elle retourne, encore, à sa cuisine, rouvre le congélateur et en ressort le saladier couvert de givre. Elle se lave les mains en agitant les pieds, puis revient et forme adroitement des boulettes qu'elle roule dans une poudre marron et dépose dans un petit bol tiré d'une rangée de vaisselle dépareillée elle aussi.

Elle s'attrape une théière et une tasse et revient, le sablier n'est pas tout à fait terminé, ça n'a pas duré plus d'une dizaine de minutes. Avec un sourire doux, elle pose le bol de truffes au piment d'espelette à côté de l'assiette de sa cliente, s'arroge un fauteuil et encombre la table de ses affaires.

- Donc. Vous voulez m'employer pour un de vos événements, c'est ça?

Elle s'empare de la théière de thé à la menthe, vise, vise encore, et verse son contenu en soulevant progressivement la théière jusqu'à ce qu'elle soit à une hauteur dangereuse pour les genoux.
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MessageSujet: Re: Commande convenablement sucrée   Lun 16 Avr - 0:38

Installée aussi confortablement qu'elle le pouvait dans un lieu public (elle ne s'attendait jamais à ce que le confort de ces endroits rivalise avec celui dont elle avait généralement l'habitude), Olivia partageait son attention entre les gourmandises qu'on lui avaient apportées et son observation de la jeune femme qui, de retour dans la cuisine, semblait s'atteler à une nouvelle création.

Des dizaines d'années de mécénat auprès de diverses professions, qu'elles soient artistiques ou de recherche, lui avaient appris qu'elle-même n'avait rien d'une artiste. Néanmoins, cela ne l'empêchait pas d'avoir l'oeil pour repérer le talent lorsqu'elle le croisait. Et le petit bout de femme qui alliait dextérité, rigueur et concentration dans sa cuisine, semblant avoir l'esprit entièrement destiné sur ce qu'elle était en train de faire, en possédait sans doute aucun une large dose.

La musique qui passe est à la fois douce est rythmée, ce que la mexicaine ne peut qu'apprécier. Douce, elle permet de laisser place aux conversations sans avoir besoin de hurler mais également de se laisser aller au silence et à la contemplations. Rythmée, elle lui rappelle les paysages de son enfance, son pays ensoleillé et se danses typiques, que sa soeur apprécie tant. Olivia n'est pas mauvaise lorsqu'il s'agit d'une salsa dans les règles, mais Luisa est décidément celle à qui l'improvisation va le mieux... et ce dans toutes sortes de cas, par ailleurs.

La richissime héritière se prend au jeu : entre deux cuillerées de sa (délicieuse, soit dit en passant) pâtisserie, elle murmure entre ses lèvre fermées le thème principal de la chanson qui passe, accompagnant inconsciemment la blonde qui en chante les paroles avec justesse.

Les clients vont et viennent et cela ne paraît pas le moins du monde déranger la propriétaire, qui semble adapter son rythme de travail aux allées et venues des gens de passage. C'est comme si la jeune femme s'attendait à ce que des gens l'appellent précisément aux instants où ils le font, rien ne perturbe son engrenage bien huilé et elle accueille chaque personne avec le même sourire aimable et la même attitude avenante que rien ne semble pouvoir déranger. Plus elle l'observe, plus Oivia est impressionnée. Elle devra vraiment remercier Margaret : ce salon de thé -et sa propriétaire- sont de vraies perles.

Quelques minutes plus tard, la mexicaine est tirée de sa rêverie par le bruit d'un bol posé sur la table derrière laquelle elle se trouve. Posant à son tour le verre d'eau qu'elle avait à la main, elle complimente la pâtissière alors que cette dernière s'installe en face d'elle. Olivia porte un regard curieux sur les truffes qui viennent d'arriver, avant de reporter son attention sur la blonde (se serait malpoli de se goinfrer ainsi alors que la compagnie vient de la rejoindre : l'étiquette demande de prêter d'abord attention aux êtres humains, et ensuite aux plats. A moins qu'il ne s'agissent uniquement d'employés, bien entendu). La brune hoche la tête avec un sourire et attend que le thé soit versé avant de donner de plus amples explications. Elle n'a pas envie d'élever la voix pour couvrir le bruit de l'eau aromatisée adroitement versée.


"Oui, en effet. Je suis présidente d'une association de protection des animaux et nous organisons un gala de bienfaisance ici à la Nouvelle-Orléans dans quelques semaines. C'est un événement qui devrait durer une demi-journée, jusqu'en début de soirée. Bien évidemment, c'est également rémunéré."

Cette fois, elle ne résiste pas à l'envie de prendre l'une des truffes en chocolat délicatement entre deux doigts pour la glisser entre ses lèvres et profiter de son goût délicieusement pimenté avant de continuer. C'était aussi un moyen discursif basique pour laisser le temps à son interlocutrice d'appréhender l'idée qu'elle était en train de lui fournir.

"On m'a dit beaucoup de bien de vos talents, j'ai donc décidé de me rendre ici moi-même afin de vérifier ces dires et de vous faire cette proposition. Je dois dire que jusqu'à présent, je ne regrette aucunement de m'être déplacée. Votre travail est admirable."

Ne restait plus qu'à goûter le thé.
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MessageSujet: Re: Commande convenablement sucrée   Lun 16 Avr - 3:46

- Oh, protection des animaux? D'accord, je le ferai, répond-elle avec un hochement de tête enthousiaste.

Elle n'écoute pas vraiment le reste, qu'est-ce que les humains peuvent bien avoir à faire de si compliqué? Rien, songe-t-elle, sans noter la condescendance dont elle fait preuve. Mais protection des animaux, ça lui semble bien, ils en ont bien besoin. Plus elle vit en ville, plus la réalité environnementale la frappe. La dernière fois qu'elle a voulu aller en forêt, elle ne l'a pas trouvée. Que dire des animaux de la forêt? Introuvables. Où sont les loups, les ours, les cerfs, les biches, les daims, les grenouilles, les chauves-souris, les hiboux, les chouettes, les serpents, les araignées? Nulle part.

Enfin, elle se décide à porter son attention sur la femme qui désire l'embaucher. Mais plutôt que de la dévisager ou de scruter le moindre détail, elle guette son expression quand elle mange une truffe pimentée, les sourcils haussés, la bouche entrouverte, le corps penché en avant, elle tend le cou à mesure que la main remonte vers la bouche. Ses yeux vont et viennent entre la friandise et le visage de la goûteuse. Quand elle voit le plaisir sur ses traits, elle se rassoit et reprend une expression plus normale d'un même mouvement, qui se termine sur un sourire.

- Bien, bien, c'est pour vous, affirme-t-elle en poussant le bol vers sa cliente en hochant la tête. Qu'est-ce qu'il vous faudra alors? continue-t-elle.

Ayant déjà été embauchée pour une fête d'anniversaire rassemblant une vingtaine d'enfants et quelques adultes, elle s'attend à refaire peu ou prou la même chose. Et se demande si il y aura des ballons. Objet de décoration dont elle peine à comprendre l'utilité.

La menthe utilisée pour le thé est fraîche, peut-être même a-t-elle été cueillie pour aller directement dans la théière, et la dose a été généreuse, le thé est agréablement parfumé, sans sucre en revanche, de quoi nettoyer agréablement ses papilles pour passer à une autre douceur.

- Oh oui, c'est vrai. Voilà la réponse qu'elle fait au compliment de sa cliente, sans vantardise, simplement une constatation, elles partagent le même avis. Les truffes ici... Il fait trop chaud, il faut les manger vite.

Elle observe encore l'humaine, attendant plus de voir ses réactions que t'entendre les réponses à ses questions. Après tout, la plupart du temps, lorsqu'on parle à un animal domestique, on ne s'attend pas à ce qu'il puisse répondre. Si leurs regards se croisent, elle fait un doux sourire. Cette idée qu'elle a eue d'ouvrir un salon de thé est vraiment amusante. Nourrir les humains lui permet, juste un peu, de combler ce besoin qu'elle à de s'assurer que ses congénères s'alimentent. Pour le remplir complètement, il va lui falloir être patiente. Quand un faë entrera enfin ici, et goûtera à ce qu'elle fait, le mot se répandra et elle pourra les accueillir et leur remplir l'estomac.
Ailla pousse un soupir de satisfaction à cette idée, sans penser à s'assurer qu'il arrive à un moment opportun dans l'échange qu'elle a avec l'humaine.
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MessageSujet: Re: Commande convenablement sucrée   Mer 18 Avr - 16:16

Olivia haussa un sourcil intrigué. Aussi facilement que cela, vraiment ? Non pas qu'elle allait s'en plaindre, mais les traiteurs à qui elle avait eu affaire à par le passé n'avaient jamais été aussi concillants... pas avant qu'elle ne mentionne en un peu plus de détails le montant de la rémunération, du moins. Cependant, l'étonnement fit rapidement place à un sourire ravi. Pour être aussi enthousiaste, elle devait adhérer à la cause, non ?

"Vous aimez les animaux ? Vous en possédez vous-même peut-être ? Nous avons toujours voulu avoir un chien à la maison, mais mon fils en avait peur quand il était petit et nous ne nous sommes jamais décidés au final. Nous avions des chevaux cependant, mais c'est énormément de travail, bien qu'il soit extrêmement agréable de se balader sur les sentiers du bayou. J'ai également ouvert un chenil pendant quelques années sur une partie de notre terrain, le temps de trouver quelque chose de plus adapté. Vous auriez dû voir les petits chiots courir près de la cascade, c'était adorable ! Les éducateurs étaient cependant bien plus réticents à les laisser se balader aussi librement près des rochers, mais ils semblaient tellement bien s'amuser..."

Et voilà. La "Liv-machine" comme la nommait sa soeur était lancée. Une fois qu'Olivia était un minimum à l'aise et que la discussion partait sur un sujet qu'elle maîtrisait et appréciait, peu importait qu'on ne lui prête pas réellement attention, elle devenait presque impossible à arrêter. Cette fois-ci cependant, elle y parvient seule, ou plutôt sa gourmandise se chargea de lui rappeler qu'elle avait devant elle de merveilleuses douceurs au chocolat auxquelles elle ferait mieux de faire honneur.

La mexicaine avait noté du coin de l'oeil que la petite blonde s'était penchée en avant vers elle, comme pour l'étudier alors qu'elle avalait la bouchée qu'on lui avait préparée. Le commun des mortels aurait tendance à être au minimum intrigué, voire un peu effrayé de susciter ce genre de réactions. Pour Olivia, néanmoins, qui avait vécu dans le luxe et la célébrité depuis sa naissance, c'était à peine plus intriguant que la normale. Après tout, les journalistes et autres paparazzis la poursuivaient depuis toujours, plus encore depuis l'annonce du divorce... Elle avait en quelque sorte pris l'habitude d'être la cible de regards et attitudes étranges. Tant que la jeune femme ne se mettait pas à lui planter des crocs dans le cou, cela devrait aller.

Le moment se termina de toute façon assez rapidement, et l'héritière enchaîna sur des compliments dûement mérités. La pâtissière avait quant à elle un sourire appréciateur aux lèvres, avant d'enchaîner sur une nouvelle question qui amène la brune à esquisser une moue pensive. Elle avait bien une idée générale, mais comme qu'elle ne s'attendait pas à un accord si vite donné, elle n'avait pas pris le temps de réfléchir aux détails. Grand mal lui en prenait, à présent.


"Et bien... Nous prévoyons une centaine d'invités, ainsi qu'une vingtaine d'intervenants. Il n'est évidemment pas dit que tous se présentent, mais ces événements sont en général appréciés. Dans tous les cas, si la nourriture venait à être en quantité trop importante, je suis certaine que le Père Antoine saura en faire bon usage et la distribuer aux plus nécessiteux..."

Donner des détails inutiles (...pour les autres) était sa façon de réfléchir. Un tic qu'elle avait sans aucun doute transmis à son fils, ou quelque chose d'équivalent, vu leur penchant commun pour les longues prises de parole.

"...Au vu de la période de la journée que nous avons arrêté, je ne pense pas qu'il soit nécessaire de penser à des repas complets, ce pourquoi j'ai pensé à un artisan tel que vous. Des assortiments de vos spécialités seraient sûrement du meilleur effet. Pour les boissons..."

La quarantenaire porta la tasse agréablement chaude à hauteur de ses lèvres dans un geste délicat, avant de prendre une gorgée du liquide avec la distinction qu'imposait son rang et qui transparaissait dans chacun de ses gestes, qu'elle le veuille ou non. Elle esquissa un nouveau sourire satisfait. Le parfum était juste assez puissant pour supplanter le goût de la truffe et le sucre du caramel, qui pouvait facilement devenir écoeurant à la longue. Elle reposa la tasse sur l'assiette qui lui était dédiée.

"Une sélection de vos thés serait un parfait accompagnement aux bouteilles de Champagne que j'ai déjà commandées."

Et à l'eau qui serait évidemment en libre-service. La propriétaire du salon de thé fit ensuite une réflexion qui amena Olivia à tourner vers elle un regard presque exalté. Elle adorait organiser ces événements mondains, et cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Darian n'aurait pas pu rêver Maîtresse de Cérémonie plus dévouée... s'il n'avait pas signé sa défection en profitant de son enfant.

"Oh oui, bien sûr ! Vous avez raison, il faudrait que ce soient des mignardises qui ne craignent pas trop la chaleur !"

Elle reprit une truffe dans le bol avant de continuer.

"C'est bien dommage d'ailleurs. Quel est le piment que vous avez utilisé ? Il ne ressemble pas à ceux que l'on utilise dans mon Mexique natal."

Olivia était une bien piètre cuisinière (quel intérêt lorsqu'on pouvait s'entourer de personnel de talent ?), mais était par contre une curieuse invétérée. Surtout lorsqu'on mariait chocolat et piment, deux de ses péchés favoris.
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MessageSujet: Re: Commande convenablement sucrée   Mer 18 Avr - 16:31

- Ca ne se possède pas un animal, dit Ailla tout bas. Puis je n'ai pas de chien, j'ai des clients.

La comparaison lui semble être la bonne, nourrir ses clients, leur parler gentiment, et s'assurer qu'ils ne salissent pas l'endroit. Comme avec un chien. Exactement pareil. Mais la foudre s'abat sur elle.

- Cent vingt? Mais.. Il va falloir... commence-t-elle lentement, elle ne sera pas prise en défaut par une humaine, il faut réfléchir vite, embaucher quelqu'un en plus pour m'aider.

Ouf, elle a trouvé une idée. Elle n'y songe pas, mais effectivement, elle va devoir trouver quelqu'un pour l'aider, et pas seulement à pâtisser. Elle n'a clairement pas les compétences d'organisation nécessaires, ne sait pas conduire, ne montera de toute façon jamais dans une voiture de son plein gré, encore moins une fourgonnette, ne touchera pas aux couverts, ni aux plateaux si ça se trouve. Bref, son esprit évaporé est bien loin de toutes ces considérations, qui vont clairement retomber sur quelqu'un d'autre dans un avenir proche sans que la Faë ne s'en doute le moins du monde.
Elle hoche la tête aux demandes de sa cliente, cette fois-ci juste assez attentive pour noter le principal : assortiment, thé.

- Il n'y a que des normes à cet événement? demande-t-elle, clairement pour savoir si elle ajoute d'autres types de spécialités.

Elle regarde l'humaine manger avec une attitude plus normale cette fois.

- C'est du piment d’Espelette, répond-elle sans la moindre trace d'accent dans son parlé français. Ça vient de France, vous connaissez le pays Basque peut-être.

Elle ne pense pas que l'humaine connaisse le pays Basque, elle en serait même franchement surprise, peut-être pas impressionnée mais pas loin. Elle sourit, songer à la France la fait toujours sourire. Même si elle n'envisage pas d'y retourner, tout a trop changé depuis, trop de villes, trop de béton, plus assez de forêt. Elle ne supportera pas de voir sa Brocéliande amputée d'hectares et d'hectares au profit de ces champs stupides tenus par des humains stupides.
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Olivia Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Commande convenablement sucrée   Ven 20 Avr - 16:15

Ailla avait parlé suffisamment bas pour que la mexicaine ne l'entende pas, ce qui était une bonne chose au vu des propos entretenus. Car si la mexicaine aurait été capable d'être tout à fait d'accord avec elle concernant la première partie (sans réaliser la profondeur des contradictions qu'elle incarnerait alors), la seconde avait de quoi perturber n'importe qui... sauf d'autres faës qui, évidemment, comprendraient où la blonde voulait en venir.

La discussion continua donc sans quiproquo, jusqu'à ce que le nombre de bouches à nourrir soit annoncé. La pâtissière semble légèrement prise au dépourvu mais cela n'étonne absolument pas l'héritière : après tout, lorsqu'on possédait un petit salon de thé, on s'attendait rarement à devoir couvrir un gala. Elle lui sourit en faisant un geste de la main pour lui dire de ne pas s'inquiéter.


"Bien sûr, bien sûr... C'est énormément de travail, j'en conviens. Prenez toute l'aide qu'il vous faudra, nous nous chargerons de rémunérer également vos collègues. De même pour les ingrédients d'ailleurs, ne vous faites aucun souci à ce sujet !"

La quarantenaire profita d'une pause dans la discussion pour goûter son thé à la menthe qui, comme tout le reste, était absolument délicieux. Elle s'apprêtait à en prendre une deuxième gorgée quand la question de la propiétaire retentit, la coupant dans son élan. Heureusement qu'elle n'avait pas fini son geste, en un sens, car elle se serait très certainement étranglée avec son thé.

Le visage d'Olivia s'était figé, les yeux légèrement écarquillés posés sur Ailla, la bouche entrouverte. Il était clair que la question ne l'avait jamais effleurée et qu'elle n'était pas tout à fait sereine à l'idée d'y rélféchir. Son teint d'origine bien hâlé avait d'ailleurs quelque peu blanchi.


"Euh... Je... Et bien... Je... C'est-à-dire que... Ce n'est pas une question que nous posons mais je... suppose ? Enfin, maintenant que vous en parlez, il y a bien cette éducatrice canine qui devait intervenir qui a annulé lorsqu'elle a su la date mais c'est certainement parce qu'elle avait d'autres engagements en cette période de l'année... Et l'événement a lieu en plein après-midi, donc..."

Cela avait été l'un des changements qu'elle avait mis en place après l'agression qu'elle avait subie : elle avait longtemps été incapable de mettre le pied dehors une fois la nuit tombée. A présent, cela allait mieux, mais elle restait profondément nerveuse, même lorsqu'il s'agissait d'un simple trajet en voiture. Elle évitait donc au maximum les activités noctures (sauf si c'était pour voir son fils chéri).

Elle prend une autre truffe entre ses doigts, à la fois par gourmandise et pour tenter de se remettre de ses émotions. Finalement, sa curiosité reprend le dessus le temps d'une question dont elle écoute la réponse avec un air ravi.


"Du piment français ? Comme c'est intéressant ! Ce n'est pas une région que j'ai eu le plaisir de visiter. Nous avons fait de nombreux voyages en Europe, et la France en faisait évidemment partie, mais nous restions généralement dans l'hôtel particulier de la famille de mon mari, à Lyon. Charmante ville, par ailleurs, et sa cathédrale est tout à fait splendide ! Mais vous semblez bien connaître ce pays vous-même ?"

Olivia reprit une gorgée de thé. Cette partie de la conversation finissait de la remettre à l'aise et elle se rendait compte qu'elle appréciait et le lieu et la compagnie. Si elles n'étaient pas en train d'en régler les menus détails, elle pourrait presque oublier qu'elle était là pour affaires.
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MessageSujet: Re: Commande convenablement sucrée   Lun 30 Avr - 0:47

- Bien sûr que je connais la France, répond la Faë avec un hochement de tête. Elle ne va pas se vexer, puisqu'il ne s'agit après tout que d'une humaine, et que les humains sont ignorants.

Elle se sert, en thé uniquement, sirote sa tasse, aspire un peu d'air pour en faire ressortir le goût. Le mélange qu'elle s'est fait est très personnel, mentholé, anisé, avec un arrière goût acre qui reste longtemps dans la gorge. Très bien.
Un instant elle songe à ce qu'elle vient d'accepter, son regard se voile et contemple le vide, puis ses pensées passent à autre chose, lui rappellent la bonne odeur de Brocéliande, que les forêts russes ne sont jamais parvenues à égaler. Elle pense aux chênes qu'elle a connus et qui sont sûrement morts aujourd'hui, leurs rejets coupés de la surface par le goudron coulé par les hommes. Il n'y a bien que des inconscients pareil pour tuer un arbre, pire, des dizaines, des centaines peut-être.

Elle pousse un soupir dans sa tasse, repense aux lacs cristallins dans lesquels elle s'est baignée, à l'image bien plus plaisante qu'ils lui renvoyaient, quand elle n'était pas obligée d'avoir l'air d'un humain.
Quelques instants plus tard, elle glousse tout bas en se remémorant une fois où elle s'était dissimulée dans une ramure. Elle avait entendu les humains marcher entre les troncs, et s'extasier du nombre d'arbre. Il lui avait été terriblement difficile de retenir son hilarité, tous ces troncs n'appartenant qu'à un individu unique qui s'étendait sur plusieurs centaines de mètres carrés.
Ah quels idiots songe-t-elle en secouant la tête, vidant sa tasse et la remplissant immédiatement.

Elle regarde ensuite l'humaine, lui fait un gentil sourire, daigne enfin relancer la conversation après de longues minutes de silence rêveur.

- Je vivais en Bretagne quand j'étais jeune.

Une grande inspiration lui emplit les poumons.

- Les pierres dressées, les lieux sacrés, la forêt, ajoute-t-elle sans vraiment préciser où l'envoie sa pensée.

Elle soupire, hoche la tête.

- Les falaises et les tempêtes.

Elle s'est plus d'une fois aventurée sur le littoral, surtout dans les temps qui ont directement suivi sa fuite. L'océan l'a fascinée, elle ne connaissait alors l'eau que sous forme de lacs et de rivières. L'immensité, la puissance et le sel l'avaient estomaquée, et aujourd'hui encore, les seules choses auxquelles elle peut comparer le sentiment de beauté que lui donne l'océan sont la taïga sous plusieurs mètres de neige et les rondeurs de la steppes mongole qui se déploient au pied des montagnes.

Bien sûr, elle ne parle pas des villes, qu'elle n'a jamais vues, au mieux les a-t-elle contournées de loin, encore petites, fortifiées pour la plupart, sujettes aux guerres et aux maladies. Elle ne dispose pas d'autres références communes avec l'humaine que quelques noms de lieux qui n'ont pas changé au cours des millénaires. Elle a encore du mal à digéré l'envahissement de la planète par l'être humain. A vrai dire, mieux vaut qu'elle n'y pense pas trop en profondeur, elle pourrait se découvrir des tendances radicalistes.

De ces réflexions, rien ne transparaît dans son regard doux et son sourire gentil, peut-être même a-t-elle l'air un peu étrange à se perdre ainsi dans ses pensées.
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MessageSujet: Re: Commande convenablement sucrée   Lun 7 Mai - 15:42

De l'extérieur, on se rendait rapidement compte que la jolie blonde ne paraissait pas prêter une extrême attention à la conversation. Ses longs silences et ses réactions (ou leur absence) laissaient à penser que son esprit n'était pas principalement occupé par ce que son interlocutrice était en train de lui dire. Ce qui pourrait être déroutant lorsqu'il s'agissait de répones à des questions qu'elle avait elle-même posées, certes.

Néanmoins, ce n'était pas un problème pour Olivia, qui avait toujours été capable d'entretenir seule une conversation. Don qu'elle avait par ailleurs transmis à son fils. La mexicaine profitait donc de certains des silences pour prendre une gorgée de thé, d'autres pour prendre une bouchée de ce délice caramélisé et d'autres encore pour faire honneur à ces truffes qu'on ne voudrait pas regarder fondre dans leur petit bol.

C'est d'ailleurs au hasard d'une simple question autour du piment utilisé dans ces dernières que la discussion prit son envol. Les deux femmes en vinrent à parler de la France, pays qu'elles semblaient avoir en commun, bien que les connaissances d'Olivia en la matière soient quelque peu limitées. Après une confirmation, la propriétaire du salon de thé se perdit dans ses pensées, probablement en train de se remémorer des souvenirs propres à ce pays. Une cuillèrée de pâtisserie plus tard, l'héritière fit la même chose. De fil en aiguille ses pensées l'amenèrent à cette jeune française qu'Esteban et elle avaient rencontrée au cours d'une soirée sur le Paddle Steamer l'an dernier. Une jeune fille très gentille, un peu timide mais de très agréable conversation...

Ailla reprit finalement la parole et la mexicaine reporta son attention sur elle, sourire poli aux lèvres. A chacune de ses phrases se supperposaient des images de son propre pays : les pyramides maya de Chichen-Itza, les cenotes, la jungle de la péninsule... les falaises de Tulum, d'où l'on a pu voir arriver les premiers bateaux européens, les tempêtes tropicales en pleine saison des pluies...


"J'imagine que s'établir dans un nouveau pays n'a pas dû être facile..."

Ce fut au tour de la mexicaine de soupirer. C'était dans des moments comme ceux-ci qu'elle réalisait le point auquel son pays lui manquait. Elle avait appris à considérer les Etats-Unis comme son pays d'adoption, mais rien n'equivaudrait jamais son Mexique natal à ses yeux. Plus encore lorsque ni son fils ni sa soeur n'étaient là pour lui changer les idées. C'était décidé : après ce gala, elle tâcherait de se rendre quelques jours au sud du Rio Grande.

Cette décision soudaine l'amena à sourire avec entrain, loin de la mélancolie qu'elle avait failli afficher quelques secondes plus tôt. Plantant sa cuillère dans son gâteau, elle la leva à hauteur de son visage.


"Est-ce là que vous avez appris à pâtisser ?"
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Commande convenablement sucrée

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