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 Si Vis Pacem Para Bellum

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Matthew Williams
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MessageSujet: Si Vis Pacem Para Bellum   Mer 4 Avr - 14:54

A l'annonce – surprise – des nouvelles lois en vigueur à la Nouvelle-Orléans concernant le recensement mensuel des Outres, les réactions avaient été immédiate. Matthew et Arn s'étaient presque littéralement appelés simultanément, faisant part de leurs inquiétudes personnelles respectives, mais, au-delà de ce simple état de fait, de leurs inquiétudes vis-à-vis de l'ensemble de la Communauté des Métamorphes dont ils avaient désormais la responsabilité. Ils prirent le temps de se raisonner mutuellement, car il était inutile de céder à la panique ou à l'empressement. Il était de toute façon trop tard pour tenter quoi que ce soit avant la fin du premier recensement. Il fut convenu d'organiser un petit concile, avec Alice, afin qu'ils puissent discuter, à tête un peu reposée, de ce qui était en train de se passer, et, surtout de comment gérer la situation à l'échelle de la ville pour les Métamorphes. Car si eux avaient été choqués par cette annonce, leurs camarades n'étaient probablement pas en reste et, surtout, il ne fallait pas trop tarder à apaiser les esprits, qui commenceraient à s'échauffer bien trop rapidement dans l'idée du Sachem. Le rendez-vous fut donc pris, le lendemain même de l'annonce. Le Sachem, la Namir-Ra et la Combattante se retrouvèrent chez la vétérinaire pour mettre sur la table les problématiques et les solutions qui s'offraient devant eux. L'ensemble fut moins compliqué que le professeur de géographie aurait pu l'imaginer. Ils semblaient partager une vision relativement commune tous les trois, au moins sur les idées générales, apportant chacun leurs pierres à l'édifice de la solution. La prudence était de mise, mais, surtout, il fallait se rendre à l'évidence, ils ne pouvaient pas déconseiller d'aller se faire recenser : les conséquences étaient bien trop sévères. Certes, ce serait probablement au Sachem, et à la Combattante, de s'occuper de livrer les éventuelles récalcitrants au BIAS, permettant de faire tampon. Hélas, l'autorité Métamorphe serait rapidement montrée du doigt si elle manquait à répondre à ces attentes, impliquant un potentiel durcissement général à leur encontre. En clair, il était difficile de passer à côté du recensement, au moins pour ce mois-ci.

Toutefois, cela ne devait pas les forcer à se résigner. Matthew, comme Arn et Alice, n'avaient pas la volonté de laisser les choses en l'état, tous les trois bien conscients que cela représentait un retour en arrière laissant présager le pire pour la suite. Le Jaguar se proposa de contacter les responsables des autres Communautés Outres, dans l'espoir de faire un éventuel front commun devant cette abolition, pure et simple, d'une partie de leur liberté. Alice proposa de mettre en place des plans pour d'éventuelles manifestations, avec ou sans les autres Communautés, pour faire entendre leur position. Dans le même ordre d'idée, la Namir-Ra mit en avant la possibilité d'essayer de joindre l'ancienne Sachem, Antufa, qui, selon elle, s'était déjà occupée d'organiser des manifestations lors de la Révélation, l'expérience pouvant être particulièrement utile dans cette situation, puisque, mine de rien, on se dirigeait peut-être vers un scénario de la même envergure, malheureusement. Alors que les idées se mettaient progressivement en place, le rendez-vous pour l'ensemble de la Communauté fut lancé. Les Munins, par le biais d'Arn, permirent de lancer l'appel. Comme à chaque grande occasion, tout ceci aurait lieu au Mentis Animalis, le cœur de la Réserve, leur domaine. Matthew, conscient que les Munins seraient bien plus efficaces que le bouche à oreille se permit toutefois de faire passer le message à ses étudiants, s'assurant que la jeune génération, et donc possiblement la plus impulsive fasse le déplacement jusqu'au Mentis pour écouter ce qu'il allait se dire, et, potentiellement, participe aux actions qui allaient se mettre en place. Il fallait impliquer la Communauté, que tous se sentent investis. Ils ne pouvaient décemment par rester désunis face à ce qui se tramait à l'extérieur. Il fallait maintenant simplement espérer qu'ils seraient nombreux à répondre à l'appel.

Matthew s'était rendu au Mentis Animalis très tôt dans la journée. Le lieu était désert, le rendez-vous ayant lieu en début de soirée, mais il avait ressenti le besoin de venir s'imprégner de l'endroit avant, comme si cela pouvait faire une différence. La solitude, la solennité du lieu également... Tout lui permit de faire le point sur ce qui allait devoir être dit, sur les réactions qui allaient probablement s'élever ici ou là, sur les tensions qu'il faudrait apaiser, sur les actions qu'il faudrait mener. Éviter à tout prix les débordements, mais ne pas se laisser marcher sur les pieds et courber le dos. Ce n'était pas l'objectif. Déjà, le recensement mensuel était loin d'être pratique. Avec la Saison, qu'il faudrait probablement gérer ce soir – et il espérait que tous aurait suffisamment à cœur le sérieux de l’événement pour garder leur concentration -, certains Métamorphes redoutaient de sortir, préférant préserver leurs instincts de la tentation. Quelques dérogations ne seraient pas de refus. Hélas, il faudrait probablement batailler sévèrement pour les obtenir, puisque, du point de vue de l'Administration, une quelconque entorse à leur encontre serait une potentielle faille pour les autres communautés Outres de la ville. Assis en tailleur sur une pierre, le Sachem réfléchissait calmement. Il sentait la pression commencer à lui peser, mais il n'avait pas envie de fuir, simplement que tout se passe pour le mieux. Au fil des heures, la lumière commença à baisser et, ensuite, les premiers visages commencèrent à arriver. Parmi eux des inconnus, des visages qu'il reconnaissait du jour de sa nomination, puis d'autres, plus familières. Celles de la Namir-Ra et de la Combattante qui vinrent le rejoindre à ses côtés. Il prit d'ailleurs la main d'Arn dans la sienne pendant quelques minutes tandis qu'ils revoyaient rapidement les quelques points de la soirée. Lorsqu'enfin le Mentis se fut rempli, il sut qu'il était temps. Il esquissa un sourire, un peu tendu, à l'encontre des deux jeunes femmes, lâcha la main de la panthère et s'avança, embrassant du regard l'ensemble des Métamorphes qui avaient daigné faire le déplacement.

 « Bonsoir à toutes et à tous. » Sa voix avait facilement rompu le léger brouhaha qui régnait dans l'enceinte naturelle, imposant naturellement le silence aux présents. « J'aurais aimé pouvoir vous réunir dans des circonstances plus agréables, et même si nous pouvons prendre cette soirée pour nous retrouver un peu, nous devons avant toute chose évoquer un sujet plus grave dont vous êtes probablement tous informés : les nouvelles lois concernant le recensement des Outres. » Il marqua une pause, passant son regard dans la foule, sondant les visages. « Autant aller droit au but. Il n'y a pas d'alternative pour le moment : nous devons accepter ce recensement. Pour le moment. » Avant que les voix ne s'élèvent, car il avait déjà vu la surprise de certains de ses camarades. « J'insiste. Pour le moment. Les délais sont trop courts et les conséquences bien trop importantes. Je ne veux pas me retrouver à devoir traquer certains d'entre vous, sans compter les préjudices que cela porterait à la Communauté dans son ensemble. » Non, s'il y avait bien une chose qu'il voulait éviter, c'était devoir traquer certains d'entre eux. « Nous sommes probablement tous d'accord sur le fait que ces lois sont inacceptables et nous font reculer des années en arrière, nous rapprochant, s'en rappelleront certains, des heures les plus sombres de la Révélation. Mais quand je vous demande de vous recenser, pour le moment, je ne vous demande pas de renoncer à vous battre pour nos droits. » Le Sachem fit une nouvelle fois le tour de son audience.  « Car il est hors de question de renoncer à ce pourquoi nos prédécesseurs se sont férocement battus. Alice, Arn et moi-même avons déjà avancé des propositions concernant des actions, des manifestations pour nous faire entendre. Mais, pour que ces actions portent, pour qu'elles soient efficaces, nous devons nous faire entendre d'une seule et même voix, forte, puissante, celle d'une Communauté soudée et solidaire. C'est pourquoi je vous demande de prendre votre mal en patience, de faire preuve de courage et d'abnégation pour le moment, le temps que nous mettions en place notre réponse à ceux qui pensent devoir nous ficher. » Il prit un nouveau moment de silence. « Je m'occuperais personnellement d'aller contacter les responsables de chacune des autres communautés Outres de la ville ainsi que la LEDO. Nous sommes tous dans le même bateau, quoi qu'on en pense. Et nous aurions bien plus de poids ainsi réunis. Mais quoiqu'il arrive, les Métamorphes se feront entendre. Je vous le promet, je ne permettrai pas que la situation reste en l'état. » Et ça, il le pensait sincèrement. Même s'il ne devait qu'obtenir quelques entorses pour sa Communauté, il se battrait, probablement littéralement s'il le fallait. « Encore une fois, à toutes celles et tous ceux qui veulent aider, nos portes sont ouvertes et vos idées les bienvenues. Pour les autres, je sais que vous répondrez à l'appel une fois que nous aurons décidé comment agir. Acceptez les nouvelles règles du jeu, pour le moment, même si elles sont truquées. Des tensions ne feraient que limiter nos possibilités et nous aurons tout à gagner à montrer notre bonne volonté. » Qui plus était, il serait toujours temps de montrer les crocs s'il ne restait plus que cette alternative. Car ce que les Normes oubliaient peut-être, c'était qu'un animal sauvage était probablement bien plus dangereux dans une cage qu'à l'état naturel. Laissant ses paroles retomber un peu, le Sachem conclut son discours improvisé. « Maintenant, à toutes celles et ceux qui ont des questions, des doutes, des craintes, sachez que vous trouverez ici une oreille attentive, aussi, n'hésitez pas à vous exprimer. Profitons également de cette soirée pour nous entendre et, plus simplement, pour être là pour tous. Après tout, nous sommes une Communauté. »
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Blake Davis
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MessageSujet: Re: Si Vis Pacem Para Bellum   Sam 12 Mai - 14:14

Garé dans le fond d'une rue étroite et peu fréquentée, Blake fouillait la boîte à gant de l'épave qui lui servait de voiture à la recherche d'une recharge neuve pour son briquet qui commençait à rendre l'âme. Il ne s'était pas attendu à ce qu'on le dérange pendant sa fouille, que ce fut de manière physique ou métaphysique, et pour cette raison, il releva la tête un peu trop rapidement.

"... Aie !"

De retour dans le siège conducteur, l'ex-tueur à gage se massa le haut du crâne quelques secondes à l'endroit qui avait heurté le tableau de bord, non sans pester silencieusement. Ses yeux avaient subi une semi-transformation dont il ne se rendit compte que lorsqu'il croisa son propre reflet dans le rétroviseur central. Leur lueur jaune le fixait dorénavant, porteuse d'une interrogation perçante. L'image lui donnait l'impression d'avoir pris vie et de l'accuser silencieusement de ce qui était en train d'arriver.

Parce qu'il avait été longtemps coupé de sa bête et qu'il n'avait plus ressenti cela depuis des années, il lui fallut un moment avant d'être certain de ce qui était en train d'arriver. Les munins lui avaient pourtant posé de sacrés problèmes quelques temps au préalable, lors de la nomination du Sachem à laquelle il était tout de même parvenu à ne pas aller, puis lorsqu'Arn avait utilisé sur lui ses pouvoirs pour le forcer à se transformer. C'était à croire qu'il oubliait vite. Bien sûr, c'était aussi très différent : les esprits, ici, ne cherchaient pas à forcer le passage jusqu'à lui. Ils venaient en paix, certes avec des demandes précises, mais rien contre quoi Blake souhaitait cette fois se rebeller.

Il les sentait contre lui, à un niveau qui n'était pas vraiment physique. C'était le loup qui réagissait à leur présence et qui devenait intenable, tant il voulait répondre positivement à leurs demandes silencieuses. Blake ne les entendait pas murmurer, et pourtant, il les sentait parler.

Sans réfléchir, le métamorphe sortit de sa voiture et claqua la portière. Il fit un pas en avant, et puis il recula immédiatement en poussant un grognement de mécontentement. Blake passa une main contre son front en même temps qu'il s'appuyait contre le véhicule et serrait la poignée aussi fort qu'il le pouvait sans la briser. Un peu plus, et il se serait transformé en pleine ville afin de courir dans la direction qu'on lui indiquait sous la forme qui, sous l'emprise des esprits, lui paraissait être la plus naturelle.

Mauvais plan. D'une part, il était certain qu'il allait retrouver à destination une bonne partie de la communauté métamorphe de la ville, si ce n'est sa totalité. Les changelings n'étaient pas les plus pudiques des outres, surtout pas en ces temps de saison des amours, mais Blake préférait tout de même porter des vêtements lorsqu'il arriverait là-bas.

D'autre part, c'était une bien mauvaise période pour un métamorphe prédateur, pour se transformer en plein milieu d'une zone urbaine blindée de normes flippés de la vie, armés jusqu'aux dents, qui risquaient de tirer à vue sur lui. Ce genre de conneries arrivaient déjà couramment le reste du temps. Maintenant, ils risquaient d'avoir la gâchette encore plus facile. Les normes avaient affermi leur position de force. Supprimé l'illusion fragile d'une égalité entre leurs espèces. Il était devenu illégal et passible d'exécution d'oublier de venir faire la queue une fois par mois pour décliner adresse et identité, alors on imaginait sans mal le déroulement d'un éventuel procès. L'argument "Je me suis senti menacé, j'ai pensé qu'une bête sauvage allait m'attaquer" n'aurait jamais eu autant la côte auprès des jurés qu'en cette période.

Dents serrées, Blake se força donc à retourner au volant de sa voiture, dont il décida de se servir au moins jusqu'à atteindre l'extérieur de la ville. En chemin, il croisa sur un trottoir la silhouette voûtée d'un individu qui semblait peiner à marcher correctement. Pris d'un doute, le californien ralentit et se pencha en avant pour mieux regarder. Arrivé à la distance du jeune homme, il comprit que ses soupçons avaient été fondés, s'arrêta, et descendit la fenêtre en même temps que le piéton perplexe se retournait vers lui.

"Je te dépose ?"

Il fallut le temps que le sous-entendu monte au cerveau - Blake avait encore les yeux jaunes donc ce n'était pas bien difficile, et puis le changeling accepta. Il monta côté passager. Le moteur de la voiture redémarra. Quelques minutes plus tard, et quoiqu'il fut difficile de maintenir une conversation sous l'influence des munins, le vieux loup avait appris que son covoiturage surprise s'appelait Cedric Copeland, venait de Sorrento mais s'était installé à la Nouvelle-Orléans pour ses études universitaires, et que son animal totem était le zèbre. En retour, il ne lui avait pas révélé grand chose, à part son propre totem.

"Tu penses que ça va être à quel sujet ? Pas encore un nouveau Sachem ?
- Non. Enfin, rien n'est impossible, mais je pense que c'est plutôt en rapport avec la grande actualité du moment...
- Tu veux parler des nouvelles lois ?
- Hmm hmm..."

Ils s'enfoncèrent bientôt en périphérie de la ville, dans une nature qui devenait de plus en plus difficile à dompter. Les deux métamorphes lâchèrent la voiture à l'entrée de la réserve et firent le reste du chemin à pieds. Blake n'était jamais venu au Mentis Animalis, mais ne fut guère surpris de découvrir l'endroit, particulièrement propice au regroupement d'une communauté d'hommes bêtes.

Grâce aux esprits, ils n'avaient pas besoin de réfléchir pour s'orienter. Il arrivèrent donc rapidement au beau milieu d'une foule d'outres déjà compacte. Blake la balaya du regard, s'arrêtant à quelques reprises sur des visages connus. Ce n'était pas le moment qu'il aille déranger Alice ou Arn, cependant. Il se cala plutôt dans un coin, assis sur une pierre. Cedric prit congé de lui après l'avoir remercié, et alla retrouver plus loin quelques amis étudiants qu'il avait repérés.

De retour à son habituelle solitude, Blake attendit patiemment que le discours commence. Parce qu'il y allait en avoir un. C'était certain. Un homme se détachait du reste de la foule et semblait attirer à lui la plupart des attentions. Ainsi, c'était donc lui, le Sachem. C'était la première fois que Blake voyait son visage.

Quand enfin, le chef des métamorphes fit le silence et commença à parler, Blake eut l'impression de retourner quelques jours en arrière. Il avait un peu "accidentellement" assisté à ce même type de réunion, mais chez les vodouns, lesquels avaient permis à des membres d'autres communautés d'assister au rassemblement. L'expression grave, il préférait ne rien supposer d'avance. Il avait été déçu des décisions prises par la tête des mages réanimateurs. Il espérait que les métamorphes feraient mieux que ça. D'autant qu'ils étaient probablement les mieux placés pour porter la révolte dans la rue. Il voyait mal les vampires faire. Les wiccans ? Il doutait fortement que cela fasse partie de leurs méthodes privilégiées. Quant aux faës, ces types là étaient trop bizarres pour qu'on puisse prédire leur réaction.

" Autant aller droit au but. Il n'y a pas d'alternative pour le moment : nous devons accepter ce recensement."

Eh merde. Blake esquissa un début de grimace contrariée, mais s'arrêta immédiatement en entendant la suite.

"Pour le moment."

.. Oh. Une nuance intéressante. Bien que méfiant, il était prêt à écouter la suite. Il croisa les bras et fixa prudemment le Sachem, attendant d'entendre ce qu'il mettait derrière ces trois petits mots qui pouvaient tout changer.

La suite directe l'apaisa considérablement : en effet, les normes les mettaient au pied du mur. Un mois, même pas, c'était trop peu pour organiser une révolte massive. Un boycott de la mairie n'aurait de sens que si il était très suivi. Dans le cas contraire, les rebelles s'exposaient à des conséquences très graves. Il allait sans dire qu'elles allaient en effrayer plus d'un, ce qui rendait tout plan de ce genre plus difficile encore à mettre en place. C'était des pensées qui avaient déjà traversé l'esprit de Blake lors du rassemblement des vodouns.

Obéir à l'ordre gouvernemental n'était donc pas une fin en soi, mais un palliatif, le temps d'être en mesure d'organiser une action commune efficace. Ça avait du sens. Ça voulait dire aussi que les métamorphes seraient finalement au cœur de la lutte. Même si l'injonction à agir selon les décisions des chefs de la communauté uniquement, à éviter toute forme de tensions, portait à la controverse, c'était déjà tellement mieux que ce à quoi il avait assisté dans la vieille plantation qu'il était prêt à faire l'impasse sur ce détail.

Pour le moment.

Cependant, Alice, Arn et le Sachem n'étaient pas en reste de bonnes idées. Unir leur voix à celle des autres communautés (... à condition qu'elles comptent l'ouvrir un peu) était selon Blake une excellente idée. Il appréciait aussi qu'ils laissent les avis et les idées d'action s'exprimer plutôt que d'enjoindre tout le monde à danser et à faire la fête après avoir jeté son cerveau dans un sac à vomi.

Blake ne profiterait pas de cette opportunité pour parler, cependant. Pour de très multiples raisons, il avait tout intérêt à se la fermer, à rester discret. A ce stade, il préférait donc garder un rôle d'observateur critique. Il leur manquait aussi un élément crucial pour construire la suite : les points de vue de toutes les communautés d'outres sur la question.

Néanmoins, le loup ne rechignait jamais à user d'un peu d'huile de coude pour une cause qui lui parlait. Si son concours pouvait se montrer utile à un moment donné ou à un autre, il n'était pas dit qu'il ne se propose pas. Si sa participation verbale lui paraissait avoir du sens dans les discussions qui viendraient, il reviendrait aussi sur son attitude, et prendrait les risques qui s'imposeraient.
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Asch Räder
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MessageSujet: Re: Si Vis Pacem Para Bellum   Mer 16 Mai - 23:40

Il était en train d'arriver dans cet appartement le genre de choses qui peuvent arriver lorsque sont réunies en privé deux personnes s'étant préalablement mises d'accord sur une certaine forme d'intimité. Deux personnes qui, de plus, étaient tout aussi sensibles l'une que l'autre à la saison naissante.

On ne décrirait pas les mouvements de ce fait occasionnés. On se contenterait de préciser que l'action avait lieu dans la chambre, sur le lit, et qu'aucun vêtement n'avait survécu à la bataille. Le reste, bien qu'intéressant à lorgner dans un autre contexte, n'allait ici pas longtemps rester pertinent. Un plan serré ne servirait donc qu'à se sentir balourd et embarrassé, avant de faire immédiatement machine arrière.

Quand on parlait du loup : Asch cessa subitement toute forme de gestes, d'impulsion ou de balancement. Et ce n'était pas parce qu'il avait atteint le moindre point culminant. Le jeune homme releva la tête avec une expression qui aurait probablement été comique si il n'avait pas eu l'air aussi effrayé, et si l'interlocuteur à qui il destinait ce visage défait n'avait pas été Stephan. Le métamorphe chèvre n'était pas du genre à se moquer des autres lorsqu'ils étaient en proie à un instant de faiblesse.

Il ne fallait jamais grand chose pour activer chez Asch des transformations partielles qu'il n'avait pas souhaitées. Ses ongles étaient déjà en train de noircir pour se changer en griffes, ses yeux avaient changé de couleur sans crier gare, et des crocs commençaient à s'allonger dans sa bouche entrouverte.

"... C'est quoi ce merdier ?"

Asch sentait quelque chose d'inhabituel monter en lui, ou autour de lui, et ça n'avait rien à voir avec la tension sexuelle qui aurait dû être de mise à cet instant. Son loup répondait à un puissant appel dont il n'avait aucune notion de la nature. Il était à deux doigts de briser sa peau, de s'en extraire en bondissant puissamment, et puis de courir dans une direction qui inexplicablement lui paraissait aussi claire qu'évidente. Le rouquin contrôlait si mal son loup, et avait eu tellement de soucis par le passé (et pas que) qu'il lui paraissait inconcevable de céder à cette pulsion, dont il n'était même pas certain qu'elle ne concernait que lui - se tapait-il un nouveau type de perte de contrôle ? - ou bien qu'elle touchait tous les métamorphes dans le périmètre.

En réponse, Stephan se redressa avec un sourire qui se voulait rassurant. Il posa une main sur son épaule et expliqua simplement :

"Tout va bien. C'est un message des munins. Les chefs de la Communauté demandent un rassemblement."

Rassuré de voir que tout ça ne venait pas de lui, n'était pas dans sa tête, Asch poussa néanmoins un grognement mécontent. Ce type de "messages", ça n'était pas son kif. Mais alors pas du tout.

"... C'était trop compliqué d'utiliser un téléphone ? Ou bien de faire une liste d'envoi et de balancer des mails de groupe ?"

Poussant un nouveau grognement mêlant douleur et tentative désespérée de retenir la transformation beaucoup moins partielle qui s'imposait à lui, Asch se décala, afin de laisser Stephan passer, et de pouvoir mieux se replier sur lui-même. C'était bien beau cette histoire, mais il ne voyait pas comment il allait réussir à se pointer à ce fameux "rassemblement" dans des conditions adéquates. Ça lui faisait le même effet que si une colique subite l'avait pris en plein milieu d'un boulevard, sans toilettes publiques à proximité.

"Et on fait comment.. ? A ce rythme, je vais y aller à quatre pattes."

"C'est pas très grave, je peux te prendre des vêtements."

Le regard de chien battu choqué que tourna immédiatement le prédateur sur son compagnon à l'entente de sa réponse dissuada tout aussi immédiatement Stephan de considérer cette option comme valable. Outre le fait qu'Asch n'était toujours pas entièrement à l'aise à l'idée d'arborer sa forme animale en public, il y avait des raisons bien précises pour qu'il souhaite l'éviter à tout prix : il ne voulait pas risquer de blesser quelqu'un. Il n'était pas non plus entièrement sûr que personne n'essaierait de LE blesser. Croiser en pleine rue un loup au pelage rutilant pouvait surprendre.

Quelques minutes plus tard, bon gré mal gré, les deux métamorphes avaient réussi à se rhabiller et à se rendre à peu près présentables. Asch suait à grosses gouttes et se rongeait nerveusement les ongles/griffes en attendant le taxi que Stephan avait appelé pour venir les chercher.

Quelques minutes encore plus tard, il était dans l'exacte même position, mais le cul sur la banquette arrière d'une voiture étriquée, fixant l'horizon par la fenêtre avec à côté de lui Stephan et devant, un chauffeur méfiant qui leur jetait des regards interloqués dans le rétroviseur à intervalle régulier.

"Ça va aller, on en a plus pour long..."

"Vous êtes malade ? Vous voulez que je roule moins vite ?"

Asch se tourna un peu trop fort et trop vite dans la direction du conducteur, lequel ne remarqua qu'à ce moment précis la forme qu'avaient pris ses yeux, ainsi que la taille de ses griffes qui croissaient à vue d’œil.

"Non. SURTOUT pas moins vite."

Inutile d'en dire plus : le message était passé et le chauffeur eut le bon sens - et la sympathie - de ne poser aucune question supplémentaire et de ne pas se montrer contrariant. Cela dit, vu la teinte gris-jaune qu'avait pris son visage, il était peut-être aussi tout simplement terrorisé et n'avait pas osé se plaindre, de peur de se faire littéralement bouffer. Pour sa défense, il arrivait couramment à Asch de faire cet effet aux gens, même quand il n'était pas en train de se transformer, et même quand ces derniers n'étaient pas normes. Un truc qui avait à voir avec son gabarit, sa classique mauvaise humeur et les attitudes patibulaires qu'il prenait presque sans s'en rendre compte.

Le taxi les déposa à l'entrée de la réserve. Ils allaient devoir faire le reste à pied, mais c'était normal. Polluer plus qu'il ne le fallait cet endroit aurait été dommage. Les routes n'y étaient pas non plus très larges, ni bien entretenues. Après avoir payé, les deux métamorphes s'enfoncèrent en pleine nature, guidés par un sens inexplicable du lieu où ils devaient se rendre.

Asch avait toujours bien du mal à contenir le loup qui aurait souhaité sortir de lui comme un diable de sa boîte, mais malgré tout, le fait d’être presque arrivés, et de se trouver dans un environnement qui lui était plus naturel et confortable que la ville rendait l’urgence et les exigences de la bête moins pressantes. En laissant libre cours aux semi-transformations, Asch parvint à trouver un terrain d’entente entre les diverses parties de son identité. Cette stabilité était fragile, mais lui permettait malgré tout d’avancer debout plutôt que plié en deux, et aussi de se concentrer sur autre chose que son propre désordre intérieur.

Des dents débordant de partout de sa bouche, un duvet rouge sortant par plaques de son visage au niveau des tempes et des joues, Asch leva la tête et contempla ce qui l’entourait.

Avec Alice, il avait déjà visité le Bayou à de nombreuses reprises. Ils n’étaient par contre jamais venus ici. Le jeune homme découvrait donc ce lieu pour la première fois et ne put s’empêcher d’ouvrir des yeux ronds comme des billes lorsqu'ils arrivèrent à proximité du Mentis Animalis et de ses galeries minérales dignes d’un conte. Qui eut cru qu’on pouvait trouver un tel endroit juste à quelques minutes de route de la ville ?

Asch n’était pas quelqu’un qui s’émerveillait facilement de grand-chose. Tout le laissait généralement de marbre, en bon blasé de la vie qu’il était. La présence particulièrement intense du loup le rendait plus sensible à son environnement, si bien qu’il se montrait plus curieux qu’à l’ordinaire. Il n’avait jamais été suffisamment apaisé non plus pour être en mesure de se concentrer sur ce qui était extérieur à lui. À ce niveau, sa relation avec Stephan et ce qu’elle (avait fini par) lui apporter de validation existentielle l’avait probablement fait changer. Il était beaucoup moins colérique, beaucoup plus posé qu’à une époque. Toutes proportions évidemment gardées.

Rien à dire : les outres avaient le sens de la mise en scène. Ce n’était pas à l’époque où il faisait encore virtuellement partie de l’autre vaste section de la population qu’il aurait eu l’occasion de voir un truc pareil en dehors d’un parc à thème tout ce qu’il y avait de moins authentique. Il se prit à penser que dans les moments difficiles, se recueillir ici, ou du moins en pleine nature, avec ou sans Alcide, aurait pu ou pourrait l’aider. L’idée ne lui était jamais venue car il avait toujours été un citadin indécrottable, et puis qu'il n'avait pour des raisons évidentes jamais su faire, mais peut-être cela avait-il aussi changé par la force des choses. Aucun métamorphe un tant soit peu en phase avec son totem ne pouvait entièrement se plaire en environnement urbain.

Quand ils arrivèrent à destination, il y avait déjà beaucoup de monde sur place. C'était une bonne chose qu'ils se soient "amusés" avant de venir, même si ils n'avaient pas eu le temps de terminer. Il était d'ailleurs en train de se demander comment ceux qui n'avaient pas eu cette occasion allaient réussir à tenir, et puis surtout à repartir chez eux sans que ça ne parte en steak.

Il était probablement encore très naïf à certains sujets.

Mal à l'aise malgré tout, Asch avança jusque dans un coin peu - ou moins - fréquenté en faisant de son mieux pour poser les yeux sur le moins de personnes possibles. Il remarqua tout de même quelques visages connus, comme celui du mec qui l'avait empêché de se vider de son sang lors d'une soirée Halloween qui avait mal tourné aux PC. Il aurait difficilement pu manquer Alice, qui était bien en vue, bien qu'elle ne fut pas celle qui prit finalement la parole.

Asch porta les yeux sur celui qui devait être le Sachem en essayant de garder un regard parfaitement neutre, et de se concentrer sur ce qu'il racontait. On ne se rendait pas compte du point auquel ça pouvait être compliqué, dans ce genre de circonstances.

Ils étaient donc réunis pour discuter des nouvelles lois qui venaient de sortir, et de la façon dont ils devaient les accueillir. Il aurait dû s'en douter, mais il avait été vaguement préoccupé par autre chose jusqu'à présent. Il avait du mal à se concentrer, et donc à suivre, d'autant plus qu'il avait soudain l'impression d'être de retour à l'école, obligé d'écouter le blabla incessant d'un prof, mais rien de ce qu'il entendit ne le choqua vraiment.

Tout paraissait relativement évident. Asch n'avait pas eu l'intention de refuser de pointer à la mairie : ça aurait été suicidaire, surtout qu'il avait un passif lourd et qu'on ne lui aurait pas fait de cadeaux. Bien sûr l'idée de donner à sa mère un moyen aisé de le retrouver, à condition qu'elle ait des pions dans l'administration - et elle en avait sûrement - ne l'avait pas ravi, mais si il devait comparer les risques associés, la balance penchait tout de même fort dans le sens d'une "obéissance" qui tenait plus de l'instinct de survie.

Par contre, il paraissait normal d'organiser une contre-attaque et il ne comprit donc pas qu'en envisageant des actions, des manifestations, les chefs métamorphes faisaient un pas de plus en avant que beaucoup d'autres communautés. Il aurait été sur le cul de l'apprendre, et pas non plus spécialement ravi.

La fin du discours arrivé, Asch n'avait pas l'impression d'avoir appris grand chose qui lui serait utile. Il n'y avait encore ni dates ni événements concrets à partager, informations qu'il aurait de toute façon chopées par ailleurs.

... Ça valait vraiment le coup de faire se déplacer toute la Communauté en plein début de Saison des Amours ?

Par ailleurs il était rigolo le Sachem, mais justement parce que c'était la mauvaise période, Asch se voyait mal "profiter de la soirée" pour partager avec les autres métamorphes de la ville. Les fameux munins le laissaient tranquille depuis le moment où ils étaient arrivés et de ce fait il avait réussi à retrouver forme un peu plus humaine, ainsi qu'un contrôle décent sur son loup, mais on n'était pas à l'abri d'un dérapage sexuellement incontrôlé. Il en avait déjà vécu suffisamment à son goût les années passées.

Asch se tourna donc vers Stephan afin de demander :

"On y va ? Sa petite sauterie je la sens pas trop là... Justement parce que j'aimerais éviter que ça tourne à la sauterie."

Ceux qu'il avait aperçus mais pas salués ne lui en voudraient probablement pas pour ça. La période excusait pas mal de choses.
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Zénon Petitpas
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MessageSujet: Re: Si Vis Pacem Para Bellum   Ven 15 Juin - 0:49

Il fait nuit. Une nuit artificielle, celle des rideaux fermés, des volets tirés. Il fait nuit dans l'antre de Zénon, et il n'y a rien pour éclairer la pièce. Assis dans l'obscurité, en tailleur sur son oreiller, il écoute. La vie dehors suit son cours, il y a des klaxons, des rires, quelques bruits de discussions. Derrière lui, une toile inachevée qui le nargue. Il manque quelque chose, mais le Chat ne sait pas quoi. Face à lui.. Le mur. Qu'il fixe. Sans bouger.

Ses oreilles sont dressées, ses yeux fendus fixent droit devant. Parfois, ça l'aide à deviner de nouveaux motifs. L'inspiration est capricieuse, et Zénon a depuis longtemps accepté d'oublier le bon sens quand il s'agit de trouver comment terminer une oeuvre.

Enfin, il devine quelque chose. Ses yeux se troublent un peu, le focus se floute, et les ombres dansent devant lui. Oui, oui il voit ce qu'il pourrait esquisser, continuer. Jouer de la matière, ajouter du contraste sur les dents mais laisser une zone indécise sur les yeu-

Un feulement, un bond, le Chat est part terre à soudainement regarder fixement en direction de la réserve. Son coeur bat la chamade a lui en faire mal, son souffle devient court, et tout lui se tend dans la même direction. Ses griffes, elles sont plantées dans le plancher alors qu'il reste planté là, tout le corps aux aguets. Il sait qu'il ira. La question ne se pose pas. Tout lui répond à l'appel.

Le temps s'arrête, le temps de rater un battement de coeur, puis repart à toute volée. Déjà, Zénon est là, à chercher rapidement de quoi s'habiller pour sortir. Boxer, chaussettes, futal, t-shirt, clefs port-feuilles. Blouson. Un verre d'eau pour la route, des gros godiots, et le tatoueur attrape son téléphone pour appeler Fox.

De l'autre côté de la porte d'entrée, la sonnerie du renard.

Le chat est déjà sur le perron quand il raccroche. Et quand il ouvre, c'est pour trouver un Fox aux yeux écarquillés qui le fixe, visiblement sous stress. Ou sous le choc. Ou les deux. Un patpat sur l'épaule de celui-ci, et Zénon verrouille derrière lui. Visiblement, le renard a eu le réflexe de faire un crochet par l'appart pour qu'ils y aillent ensemble, et il aime autant.

Ils ne sont évidemment pas les premiers à arriver. Espérons qu'ils ne soient pas les derniers.. Le temps que tout le monde se mettent en place, que les grands pontes s'expriment, que le dawa se calme, il s'est déjà écoulé un bon moment. Zénon est installé un peu en arrière, il aime avoir son espace vital préservé. Ou au moins ne pas le partager avec n'importe qui. La présence d'autant de gens autour le rend nerveux et lui rappelle que la saison des amours est bien trop proche pour que ce soit une situation totalement confortable. Pourtant, il sait bien que le rassemblement est nécessaire.

Après les éternelels et prévisibles promesses que oui oui, on est là pour eux et que ça ne se passera pas comme ça nm d'une pipe, vient l'appel aux questions. Le Chat reste immobile, silencieux. Il attend de voir si certaines vont se faire entendre, si au moins une personne osera prendre la parole.

Sauf que le silence se prolonge. Ou plutôt, il y a des chuchotis mais personne pour formuler quoi que ce soit ouvertement. Zénon roule des yeux, soupire, hésite. Pieds dans le plat, ou pas ?

- C'est bien joli, de dire qu'on se fera entendre. Mais sauf vot' respect, pour l'instant on se fait plutôt avoir. Et pas que nous, d'ailleurs, la plupart des Outres. Tant que les Normes auront peur de nous, ça continuera. Ils feront n'importe quoi, et on aura peur d'eux, et de là.. On est mal barré.

Et merde, Zénon, ta gueule. Sauf que non. Des regards se tourne vers lui, ses yeux pétillent. Le chat et son égo. Lattention, il a toujours aimé ça. Son port s'affirme un peu, le regard est franc et directement braqué vers le Sachem. T'es peut-être le chef, mais a pas peur. Pas intimidé, mais pas agressif ou insolent non plus.

- Vous parlez d'avoir la situation en main, d'y gamberger et de prévoir des manifestations. C'est bien joli, tout ça, et sûrement utile aussi d'une certaine façon. Mais est-ce qu'on ne pourrait pas faire quelque chose aussi pour ouvrir le dialogue de manière moins.. Hérissée ? Vous l'avez dit vous-même, les tensions n'aideront en rien. Pour personne.

Et il continue. Le Chat sent certains plisser des yeux, désapprouver ses propos. Désolé les gars : la haine des Normes, il ne trempe pas là dedans.

- La peur, c'est de l'ignorance. Ca vient de l'ignorance, au moins en partie. Dans les deux sens.

Et de conclure sur un sourire presque narquois. Presque.

- 'Fin je dis ça, je ne suis qu'un méta ordinaire. C'est vous aux commandes.

Petit. Con. Mais il est fier de lui quand même. Evidemment, il obéira aux décisions prises. Mais au moins, il a eu le cran de dire ce qu'il pensait. Croiser le fer, brandir les fourches, sortir les griffes.. Meh. De là à se dire qu'il sera entendu par le Sachem et compagnie, c'est une autre histoire..


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MessageSujet: Re: Si Vis Pacem Para Bellum   Sam 16 Juin - 0:07

Les mains dans les poches, Finn regarde passer la foule. Ça passe et ça se bouscule, ça court et ça rattrape, voilà une bonne heure qu'il fixe le grouillement de la fourmilière. Il est adossé contre le mur, une cigarette entre les lèvres. Il les enchaîne pas mal en ce moment, ça camoufle l'odeur d'Outre, en tous cas pour les Normes. De loin, il fait le parfait petit con qui zone.

Mais Fox observe, il aime bien. Il remarque les démarches, les tics, les expressions, il invente la vie des fourmis, il faut bien ça pour qu'il fasse bien son job. Son pull rapé est presque aussi crade que le mur, mais ça n'a pas l'air de trop le déranger. Il sort son briquet pour allumer la suivante quand il se met à trembler.

Ça le traverse sans crier gare, et il réprime un glapissement. Il ne prend pas le temps de réfléchir, il faut y aller, maintenant, avant qu'il paume ses fringues comme un Hulk roux chétif et pathétique. Il n'hésite même pas une seconde avant de se mettre en route vers la maison : il passe récupérer Zen, et c'est parti. Un éclat ambré disparaît de son regard tandis que sa pupille retrouve peu à peu une forme normale.

En quelques minutes, il a rejoint la porte, et voilà que le chat l'appelle. Il lui lance un air sonné sans rien dire. C'est pas trop son truc l'éloquence dans l'urgence.

* * *

Le dos vouté, les mains aggripées à ses jambes et un air renfrogné. L'appel se calme alors qu'ils arrivent mais Finn donnerait beaucoup pour être ailleurs dès que possible. La foule, la proximité, les grandes histoires et la saison des amours, ça ne fait pas bon mélange. Ah, qu'ils sont mignons avec leurs beaux discours. Il n'en décroche pas une, mais ça le fait doucement grincer des dents. Accepter pour le moment ? Et donc une fois qu'on sera tous fichés, notés et dûment recensés, que comptent-ils faire pour protéger ces informations ? Hypnotiser toute l'administration ?

Oh bien sûr, il ira se faire recenser s'il faut, il n'a pas envie qu'on lui court après, il préfère rester discret et se faire un joli passeport Norme s'il a besoin. Autant se faire oublier et dégager d'ici... Oh bordel Zénon. Tu ne sais jamais quand la fermer sombre crétin de chat.

Ce n'est pas le discours de son ami qui le dérange, au fond, il est plutôt d'accord. Mais lui qui se tue à rester dans son coin, voilà qu'il apparaît juste à côté du trouble-fête. Il ne recule pas cela dit, puisque Zen a parlé, il restera avec lui. Mais Kitty Cat, t'en rates pas une.


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Matthew Williams
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MessageSujet: Re: Si Vis Pacem Para Bellum   Mer 11 Juil - 9:55

Accepter la situation était déjà une épreuve compliquée, Matthew le savait. Demander à ses ouailles de respecter la loi, pour le moment, n'était pas quelque chose qu'il appréciait énormément, mais, dans des délais aussi courts, ils n'avaient pas le choix que de faire bonne figure. Il ne serait pas évident de faire machine arrière, du moins complètement, surtout une fois tous fichés, mais, encore une fois, ce n'était pas comme si on leur laissait le choix. L'ensemble des Métamorphes pouvait se soulever et refuser de se soumettre à ce fichage en règle, mais les conséquences étaient bien trop problématiques. Car si le Sachem refusait de chasser les siens, le BIAS ne manquerait pas de le faire, peut-être même avec le concours d'autres Communautés et ils ne pourraient pas se cacher éternellement, pas en restant ici, à la Nouvelle-Orléans. Mieux valait peut-être mieux de tous finir sur une liste que dans une cage, sous la menace d'une exécution pure et simple. Le Jaguar avait bon espoir de pouvoir réussir à faire quelque chose en réunissant l'ensemble des Outres sous une sorte de même bannière, pour des revendications plus fortes. Il était peut-être trop optimiste, mais cela ne valait pas la peine de s'apitoyer sur son sort sans chercher à l'améliorer. Il aurait tout le temps de revoir ses priorités si ces plans devaient finalement échouer. De plus, il était hors de question de montrer une once de doute face à tous ceux, ou une bonne partie d'entre eux, qui attendaient quelque chose de lui. Il n'était pas infaillible, pas omniscient et n'avait clairement pas la science infuse ou les meilleures idées du monde, mais il se devait d'essayer de faire des choses, pour eux. Maintenant, si des réponses pouvaient venir de certains d'entre eux, pour l'aider à améliorer ses propres idées, il n'attendait que cela, que quelqu'un élève la voix et se décide à rompre le silence.

Si le Sachem était désigné par les Munins, ce dernier ne prenait néanmoins pas cette nomination comme celle qui lui donnait le droit de supplanter l'ensemble des Métamorphes présents ici, et même les autres. Matthew considérait qu'il était juste celui sur lequel les autres Communautés pouvaient mettre un visage et à qui s'adresser sur les sujets concernant les siens. Tout au plus s'agissait-il de devoirs et de responsabilités supplémentaires que d'un pouvoir à proprement parler. Toutefois, il avait prit la charge avec humilité et une certaine dévotion : il voulait bien faire. Pour Arn. Pour lui. Pour tous les autres aussi. Aussi, quand une voix s'éleva finalement parmi le léger brouhaha qui s'était créé à la fin de son discours, il tourna la tête dans la direction d'où venait celle-ci. Cherchant dans la foule celui dont la voix imposait petit à petit le silence, il suivit les regards pour finalement croiser celui de son interlocuteur. Il se tourna légèrement, pour lui faire face et d'un geste, l'encouragea à parler un peu plus fort, intimant également aux autres présents, situés un peu plus loin, de bien vouloir écouter. Sans savoir qui s'adressait à lui, le Jaguar ne pouvait qu'être d'accord avec ses paroles, mais avaient-ils le choix ? Ne pas accepter de se faire avoir avait un coût  élevé, trop élevé. Toutefois, la peur était effectivement un problème pour lequel il fallait trouver une solution. Gamberger, manifester, des solutions peut-être utiles, mais seraient-elles efficaces ? Il était légitime d'en douter, mais peut-être s'était-il mal exprimé sur ce qu'il pensait faire dans les semaines à venir. Il laissa le Métamorphe finir ce qu'il avait à dire, sans chercher à l'interrompre, sans trahir quelque chose sinon de l'encouragement à aller au bout de ses pensées. C'était pour ce genre de discussion qu'il avait réuni tout le monde ici, pas juste pour que les gens l'écoutent parler et acquiesce à ses paroles sans ouvrir le dialogue. Cette affaire était celle de la communauté pas juste du Sachem.

 « Je ne suis qu'un Métamorphe ordinaire, tout comme toi. » Matthew esquissa un léger sourire.  « Nous sommes tous au même niveau ici. Pas de quelqu'un aux commandes pour diriger les autres. Je vous ai proposé mon avis, celui que je partage avec la Namir-Ra et la Combattante, mais vos voix comptent autant que les nôtres, nous sommes tous les membres d'une seule et même Communauté. Si ensemble nous décidons de partir dans une autre direction, je ne compte pas m'y opposer. » Son regard avait quitté brièvement celui de son interlocuteur pour embrasser la foule avant qu'il ne se repose sur lui. « Tu as raison, la peur et l'incompréhension nous desservent. Je comptais justement voir, avec les autres Communautés, ce que l'on pouvait éventuellement faire pour essayer d'inverser la tendance, afin de nous faire comprendre des Normes et d'instaurer une relation de confiance entre eux et nous. Mais, en toute honnêteté, je n'ai pas d'idée à proposer pour le moment. » Il n'y avait aucun mal à reconnaître cela, tout du moins aux yeux du Sachem. Encore une fois, il n'était pas tout-puissant.  « Si tu penses, ou si vous pensez, vous tous ici présents, avoir des idées pour aller en ce sens... N'hésitez pas. Ici et maintenant, ou même plus tard. Ma porte vous est toujours ouverte. » Il espérait avoir répondu aux interrogations de son interlocuteur et lui avoir apporté une réponse satisfaisante. Matthew était parfaitement d'accord avec lui, travailler sur la peur des Normes était une chose à faire, mais encore fallait-il savoir comment. On pouvait imaginer des opérations de contact, de proximité, afin de pouvoir échanger les uns avec les autres dans une bonne ambiance, mais serait-il seulement possible de faire cela ? Difficile à dire. Mais c'était aussi pour cela qu'il était ici. Deux têtes valaient déjà mieux qu'une, alors des centaines...
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Blake Davis
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MessageSujet: Re: Si Vis Pacem Para Bellum   Sam 4 Aoû - 23:13

Quelqu'un prit la parole, d'une façon qui fit légèrement froncer les sourcils à Blake. Le fait que les normes avaient peur des outres, ce n'était pas quelque chose de nouveau, et ce n'était certainement pas de faire la carpette ou des ronds de jambe pour leur faire plaisir qui allait régler le souci. D'autres communautés étaient spécialisées en rond de jambes (ou en carpettes, visiblement, vu les décisions prises par les vodouns).

Les métamorphes, ça n'avait jamais vraiment été leur truc, et pourtant, jusqu'à présent, leurs initiatives s'étaient montrées couronnées de succès. Le souci, ce n'était pas juste que les normes avaient peur. C'était que la plupart d'entre eux n'en avaient strictement rien à foutre.

Tant que personne ne prenait la rue ou ne se plaignait de manière claire pour énoncer en des termes éloquents : "il y a un problème, et voilà pourquoi"... Tant que personne ne mettrait les normes devant l'évidence des injustices venues et à venir, il ne se passerait strictement rien de bon.

Parce que le passé se répétait, et on savait déjà comment ça se terminait.

Le métamorphe sortit une cigarette de sa poche et l'alluma, soupirant bruyamment. Ce discours l'agaçait un peu sur les bords. Les tentatives de négociation toutes douces façon LEDO qui marche sur des œufs étaient vouées à l'échec ou ne donnaient jamais rien de plus que des résultats très partiellement satisfaisants. Le loup avait du mal à voir ce que des manifestations pouvaient avoir "d'hérissées". On était pas en train de parler de brûler des bagnoles - pour le moment - mais juste de sortir, et puis de militer pour leurs droits là où certaines personnes ne se rendaient probablement même pas compte du réel souci que ça posait. Des manifestations, c'était très bien : ça posait la gravité du problème. Ça créait un contexte social spécial, propice au changement plutôt qu'à l'inaction. Ça évitait de laisser les politicards pépouze. Ce qui allait être une étape nécessaire.

Parce que fallait pas oublier que ces normes qui avaient la trouille étaient peut-être ceux qui avaient élu la bande de branquignols au pouvoir... Mais c'était cette bande de branquignol, le problème. C'est eux qui avaient la main sur le levier. Du haut de leur siège, ils avaient pas peur de grand chose. Blake était bien placé pour savoir que beaucoup d'entre eux allaient être difficiles à convaincre de quoique ce soit vu les sales trucs dans lesquels ils étaient embrigadés.

C'était eux, qu'il allait falloir emmerder suffisamment pour qu'ils soient obligés de revenir sur leurs décisions. Avec l'aide des normes, probablement, c'était vrai. En cela, il était intéressant des les rallier à la cause. Ce qui ne rendraient pour autant pas obsolètes les manifestations dont on avait parlé plus tôt.

Voilà que le Sachem faisait comme si il n'était pas le roi des animaux... Plutôt drôle de le voir être ainsi modeste quand on savait qu'il pouvait provoquer l'appel des munins et accéder aux mémoires des anciens à l'occasion. Blake eut un demi-sourire amusé, mais sans plus. Ce n'était pas un reproche, d'autant qu'il appréciait l'effort des têtes de cette communauté de se mettre au même niveau que le reste des métamorphes de la région. Ça évitait les emmerdes comme celles qu'il avait eues avec Terry...

... Et c'était vraiment pas le moment d'y penser.

Blake avait prévu de se la fermer, mais il s'entendit parler avant d'avoir réussi à s'empêcher de le faire. Vraiment, depuis qu'il avait "renoué" avec son lui passé, il retrouvait certaines impulsions qu'il n'aurait jamais eues quelques années plus tôt.

"Les normes auront toujours peur. C'est quelque chose qu'on peut mal contrôler, même si depuis plusieurs décennies, on tente une cohabitation la plus paisible possible pour leur montrer qu'ils ne risquent rien. Ça n'a jamais fonctionné qu'à moitié. La Grande Révélation n'a fait que remettre de l'huile sur le feu. De ce fait, je doute qu'utiliser de la ouate pour faire passer nos messages change grand chose."

Il renifla et redressa les yeux sur Matthew avant de continuer.

"La plupart d'entre eux reste des personnes censées : à ce stade une majorité a quand même compris qu'on était pas des monstres, mais des personnes sensibles. Et comme ils ne sont eux même pour la plupart pas des monstres mais des personnes sensibles, ils ont besoin de se rendre compte de ce qui est réellement en train d'arriver. De ce que ça peut signifier. La plupart d'entre eux le fera pas tant qu'on aura pas pris la parole ouvertement pour le leur expliquer, tout simplement parce qu'une majorité de gens ne se soucie naturellement que de sa propre gueule. Les tentatives de négociation tiédasses ne mèneront à rien : comprenons nous bien. Les institutions gouvernementales sont pourries jusqu'à l'os, et contre nous. On est pas face à une entité unique, 'les normes'. Ils ont pas tous voté ces lois derrière notre dos pour nous emmerder la vie, non... ils se sont contentés de mettre au pouvoir ceux qui l'ont fait."

Quelques cendres des cigarette par terre plus tard, Blake continua :

"Adressez vous aux médias indépendants si vous voulez avoir la chance de toucher plus de monde, sans biais dégueulasses forcés dans le discours. C'est par ailleurs évident que c'est à voir avec les autres communautés. Toutes n'ont pas les mêmes forces, ni les mêmes faiblesses. Mais n'allons pas croire qu'il va suffire d'être gentil et diplomate pour réussir à faire abroger ces textes de merde. Les manifestations sont une bonne idée : en 2020, c'est ce qui a fonctionné. C'est à partir de ce moment que les choses ont réellement commencé à bouger, que des droits ont commencé à être regagnés. Après... Plus on ralliera de monde à ces événements, peu importe leur nature, évidemment mieux ce sera. 2029, Salem. C'est pas si vieux. Ils sont toujours là, ça m'étonnerait que le mot "démons" inscrit sur trois bouts de pierre vieux de plusieurs millénaires ait fait changer d'avis tout ce beau monde si facilement.

Mais ce qui est certain, c'est qu'il faut créer ce contexte. On a des pourritures haut placées avec lesquelles on va devoir faire un bras de fer pour se faire entendre, c'est une certitude : mettre les normes de notre côté, j'veux bien. Mais ça ne nous affranchira pas de la nécessité d'actions plus fortes. Pensons en ce cas qu'on est pas les seuls à en prendre plein la gueule : on trouvera des alliés parmi d'autres associations habituées à militer. Et là-dedans y a des normes, y a des outres... On aura peu de mal à s'attirer leurs sympathies. Du nombre, de la diversité. Perso, je pense que vous l'avez bien senti : il faut prendre le problème à bras le corps, avant que ça ne risque d'empirer."


... Une trèèèèès longue taffe plus tard, Blake détourna les yeux et espéra que la plupart des regards se détourneraient rapidement de lui. Ça faisait bien longtemps qu'il n'avait pas fait, ni écouté ce genre de discours. Il avait bien appris de Ian, et par la suite, au sein de la meute, il y avait eu des moments où il lui avait fallu élever la voix. Ça s'était super mal terminé. Il n'aurait jamais cru qu'un jour, il recommencerait.
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MessageSujet: Re: Si Vis Pacem Para Bellum   Jeu 9 Aoû - 16:30

Tic tac tic tac... Le temps passe.

La suite de l'histoire est en route, il est temps d'achever ces sujets !
A chaque intervention active de PJ, une réponse du ou des meneurs (ici Matthew Williams, Arn Bullet ou Alice Mewryan) sera attendue.

Sans réaction de PJ 15 jours après la dernière réponse d'un meneur, le sujet sera clôturé.

A tout moment, il vous est aussi possible de faire une intervention passive dans le sujet (arrivée sur les lieux, écoute discrète de ce qu'il se dit, sans participation). Ces interventions passives ne remettront pas à zéro le décompte des jours avant clôture.

Règles spéciales dans ce sujet :

Un débat étant en cours les tours de jeu suivants sont attendus :
- Matthew Williams et/ou Arn Bullet et/ou Alice Mewryan
- Zénon Petitpas
- Matthew Williams et/ou Arn Bullet et/ou Alice Mewryan

Les interventions passives peuvent toujours librement être postées, ces dernières n'ayant pas d'influence sur le déroulement du tour spécial.

La règle normale reprendra ensuite ses droits, sauf si la discussion en cours demande à nouveau la mise en place d'un nouveau tour spécial
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Alicia Wildfire
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MessageSujet: Re: Si Vis Pacem Para Bellum   Jeu 9 Aoû - 22:09

Alicia n'avait entendu l'appel des Munins que deux fois dans sa vie. La première, il y avait bien des années, dans sa jeunesse, alors qu'elle vivait encore en Angleterre. La deuxième fois, cela avait été pendant la Révélation. Elle avait passée toute sa vie en vadrouille de part le monde, et n'était jamais restée assez longtemps quelque part pour que ce soit le cas. Aussi, lorsque son corps se mit à réagir contre sa volonté, et que tous ses sens lui indiquèrent où se rendre, la mercenaire fut prise de court. En soit, ce n'était pas bien grave, mais elle reçu l'appel de plein fouet alors qu'elle était en train de conduire, et dû garer sa moto en urgence sur le bord de la route pour ne pas finir dans un fossé.

"C'est quoi ce bordel ?"

Elle sentait le caracal hurler dans son corps, la suppliant de sortir, et ce qui ressemblait au début d'une épouvantable migraine. Groggy, elle descendit de sa moto et s'assit sur le sol, contre la Triumph. La sensation de vertige dura plusieurs minutes, et stoppa aussi brusquement qu'elle avait commencé, laissant Alicia avec le sentiment d'avoir une énorme gueule de bois, sans même avoir bu quoi que ce soit.
Qu'à cela ne tienne, elle sortit de son blouson de cuir une flasque et bu une énorme gorgée de whisky, pour se remettre les idées en place.
Elle finit par identifier ce qui l'avait frappée. Visiblement, le Sachem du coin avait une information à transmettre aux autres Métamorphes de la New Orleans et de ses alentours.
La mercenaire hésita un long moment. Elle était nouvelle dans cette ville, et s'y était avant tout installée pour l'ambiance et le jazz. Faire ami ami avec d'autres bestioles de son espèce ne l'intéressait guère. D'un autre côté, cela pourrait être intéressant, et avec cette foutue idée de recensement qui venait de leur tomber sur le coin du museau...cette annonce avait presque donné envie à Alicia de plier bagages et de repartir sillonner le monde, mais quelque chose lui disait que ce serait pareil partout. Autant essayer de voir comment la faune locale se déciderait à traiter le problème.

Ne connaissant pas les environs, Alicia eu beaucoup de difficultés à trouver le Mentis Animalis et de s'orienter dans ce foutu labyrinthe. Et ce maudit GPS qui refusait de fonctionner correctement, sous prétexte que ça ne captait pas bien dans le réserve.
Lorsqu'elle arriva enfin, la réunion avait déjà commencé et le Sachem achevait son discours. Du peu qu'Alicia avait pu entendre, il parlait de coopérer avec les autorités pour le moment et de faire le dos rond. C'était quoi la suite du programme ? Écrire sur des pancartes "Vous êtes pas gentils", et on fait une chaîne humaine en se tenant par la main tout autour de la terre ?
Elle décida de tenir sa langue et d'observer la suite des évènements. Elle ne reconnaissait personne dans l'assemblée, mais ce n'était pas très étonnant. Alicia venait tout juste d'arriver et n'était pas vraiment du genre sociable. A son grand étonnement, elle entendit soudain une voix familière s'élever de l'assemblée.

Blake.


Ainsi, le tueur à gages était bel et bien à New Orleans. Elle l'écouta en silence, tentant de l'apercevoir parmi la foule. Si au moins quelqu'un pouvait pousser ce tas de chiffes molles à agir, c'était bien Blake. Il ne mâchait pas ses mots et ne serait pas du genre à jouer au toutou domestique.

Dire que le discours de son coreligionnaire l'étonna serait en-dessous de la vérité. D'un côté, elle reconnaissant bien ses inflexions et son cynisme difficilement dissimulé, mais ses paroles l'abasourdirent. Le Blake qu'elle avait connu n'aurait pas hésité à proposer des solutions plus directes. Et il n'aurait jamais accepté de se faire recenser comme un chien que l'on puce. Peut-être avait-il appris à être un peu plus diplomate avec les années. C'était surprenant mais possible. Peut-être faisait(il semblant de jouer le jeu pour gagner la confiance des autres Métamorphes, qui sait ?

Curieuse, Alicia resta dans un coin, pour écouter la suite du débat.
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Matthew Williams
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MessageSujet: Re: Si Vis Pacem Para Bellum   Jeu 16 Aoû - 9:31

Ce fut le tour d'une autre personne de prendre la parole. C'était une bonne chose. La dernière chose que Matthew aurait voulu c'était que personne ne daigne donner son opinion ou offrir sa vision des choses. Ils avaient tous à gagner en échangeant sur leurs différences de point de vue et la manière d'aborder les événements. En multipliant les propositions, en faisant la part des choses, ils arriveraient plus facilement à décider de ce qui serait le mieux à faire ou non. Le Sachem, par exemple, n'était pas particulièrement de ceux qui avaient un bagage relatif dans le domaine, d'autant qu'il avait passé plus de temps dans la nature, loin du contact de la société et de ses problématiques, et donc, qu'en particulier, il n'était pas particulièrement le plus légitime dans ses propositions, peut-être un peu utopiste. Aussi, lorsque la nouvelle voix s'éleva, avec des mots peut-être plus terre à terre, mais néanmoins particulièrement vrais, le Métamorphe l'écouta comme les autres, conscient, qu'effectivement, il serait peut-être quasiment impossible d'empêcher les Normes d'avoir peur. Car, après tout, à vivre aux côtés de gens qui pouvaient, pour la plupart, vous tuer d'un geste ou deux, il ne pouvait pas ne pas exister de craintes. Il était aussi vrai que cela faisait longtemps maintenant que tous les Outres vivaient en une coexistence plus ou moins pacifique et cela n'avait visiblement pas suffit à apaiser les consciences. Les mots n'étaient pas particulièrement ouatés, pour reprendre ses termes, mais ils n'en étaient pas moins vrais et suffisamment pleins de bon sens. Faire comprendre aux Normes ce que ces lois impliquaient pour les Outres parce qu'ils étaient suffisamment proches d'eux pour attirer une certaine empathie à leur égard. Les négociations tiédasses n'apporteraient rien, mais cela, Matthew en était convaincu. Il allait falloir opposer une force relative pour pouvoir taper du poing sur la table et être entendu, ou plutôt pour forcer la main des autorités actuelles. Pour cela, il fallait s'unir, entre Outres, déjà, mais, effectivement, avec les Normes également. Le Sachem écoutait ce que cet homme avait à dire à tous, brutalement, peut-être un peu trop même, mais que l'on pouvait difficilement nier.

« Merci pour ton intervention. C'est un fait, je pense que nous ne pourrons pas empêcher une minorité des Normes d'avoir peur de nous et peut-être la majorité sera-t-elle de notre côté si elle réalise pleinement ce qui est en train de se produire. » Mais accepteraient-ils vraiment de se joindre à la lutte ? Ne préféreraient-ils pas seulement se battre pour leurs causes ? « Je vais réfléchir à ta proposition de contacter des médias indépendants pour tâcher de faire passer notre point de vue et atteindre les personnes sans filtre, c'est effectivement essentiel que notre point de vue soit entendu du plus grand nombre et ce, sans que quelqu'un ne vienne altérer notre message. » De là à dire qu'il connaissait des entrées, c'était en dire beaucoup. Néanmoins, il n'allait pas être très difficile de faire la liste des stations de radios et des feuilles de choux du coin pour aller finalement taper à la porte des stations et des rédactions pour essayer d'obtenir un peu d'attention. Il quitta du regard son interlocuteur et s'adressa plus généralement à la foule devant lui. « Peut-être même que certains d'entre vous ont des contacts, voire même auraient l'opportunité de nous fournir une tribune ? » Après tout, ce n'était pas parce qu'on était Métamorphe qu'on ne pouvait pas être journaliste ou chroniqueur. Certains travaillaient probablement en collaboration avec le BIAS, avec des connaissances, voire des amis parmi les forces de l'ordre. Ceux-là auraient probablement quelques difficultés supplémentaires à entrevoir dans les semaines, voire les mois à venir. Faire en choix entre son appartenance culturelle et professionnelle n'était agréable pour personne. « Encore une fois, n'hésitez pas à vous faire entendre, votre avis et vos suggestions sont les bienvenus. Chacun à le droit d'être écouté et personne ne vous reprochera de vous exprimer haut et fort, même si vous penser dire quelque chose de désagréable à entendre. » Il avait prononcé ces derniers mots avec un léger sourire et dans un ton un peu plus léger. Le dernier orateur n'y était pas allé avec le dos de la cuillère mais cela ne changeait rien au bien-fondé de ses paroles. Si au moins la moitié de ceux qui étaient présents faisaient de même, ils auraient probablement un plan de bataille avant la fin de la nuit...
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MessageSujet: Re: Si Vis Pacem Para Bellum   Ven 7 Sep - 2:16

Zénon se marre un peu, intérieurement. Il se demande si tu es vraiment démago, ou vraiment inconscient. Personne aux commandes ? Bin voyons. Si les Munin choisissaient le peuple entier ça se saurait. Ce serait aussi un beau bordel. L'espace d'un instant, le chat imagine des Munins anarchistes qui font passer le message de la démocratie direct. Peut-être que c'est ce qui se passe. Peut-être que tu es sous l'inflience d'esprits Anarco, ô grand Sachem.

Ce serait quand même une bonne blague.

Tu parles de partager des idées, et avant même que Zénon puisse une fois de plus exaspérer Fox qui ets tendu comme un string sans élasticité, quelqu'un d'autre prend la parole. Et BAM ! C'est du bourrin des mots, cette fois. Zénon aime bien, il n'est pas le seul clampin à l'ouvrir. Même si pour le coup, l'aurte donne un peu un coup de pied dans ce qu'il venait de dire. Bah, c'est la vie.

Monsieur "C'est la guerre" a un parle de militer, de manif. Ca rejoint un peu ce qui avait été avancé un peu plus tôt, et le chat n'est pas contre. C'est vrai que ça avait marché, après tout. Mais pour combien de temps ?

Et v'là le chef qui reprend la parole. Y a tellement de conciliance -ce qui est plutôt cool, au fond- que le chat a l'impression d'être a une séance politique des Alcoliques Anonyme. Sa connerie le fait s'esclaffer un bon coup, et il perçoit à peine plus loin une jeune femme qui lui jette un regard outré. Quoi qu'est-ce qu'il .. ? Ah. Se foutre de la gueule du Sachem ? Ou alors c'est juste que le rire n'est pas de circonstance, allez savoir.

- Bah les média, c'pas con, ouais. Et les manifs aussi, hein, allez-y, faites-vous plaisir. P'têtre juste gaffe aux casseurs. C'est pas toujours des manifestant, loin de là. Y a pas mal de cas où ce sont des gens extérieurs qui se font passer pour des manifestants, pour que ca retombe sur la gueule de ceux-ci.

A côté, il a l'impression de sentir Foxy boi qui se crispe à nouveau. Courage, tiens bon encore un peu, partenaire.

- Mais en plus des trucs comme ça, militant, j'maintiens qu'il pourrait y avoir un truc plus de cohésion avec les normes -et pourquoi pas les autres peuples. J'veux dire, ok y en aura toujours qui auront peur, c'est pas bien compliqué à comprendre. Mais si on ouvre le dialogue, y a peut-être moyen de minimisé le nombre de psychotés. J'sais pas, moi, ça peut être des trucs artistiques, des asso charitatives, des festivals cools.. Y a plein de possibilités.

Il hausse des épaules, et balance sa conclusion sans trop savoir quoi ajouter.

- A trop ouvrir la main on s'fait avoir, mais à trop serrer le poing on oublie quoi faire d'autre à part cogner.

Pardon, Fox. Promis, il te gavera de pizza en rentrant.
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