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 Juste une Question d'Éducation...

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Matthew Williams
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MessageSujet: Juste une Question d'Éducation...   Mer 28 Mar - 9:29

Une fois n'est pas coutume, Matthew était resté assez tard à son bureau de l'Université de l'Ambassade, assurant une permanence pour ses étudiants ainsi que pour corriger des copies et s'occuper de quelques formalités administratives. Profitant de la tranquillité de son bureau et d'un bon vieux jazz pour occuper l'espace sonore, le Métamorphe avait passé quelques heures à barioler de rouge quelques copies, plutôt satisfaisantes d'ailleurs, tout en sirotant un petit smoothie récupéré avant la fermeture d'un des petits stands sur le campus. La nuit s'était glissée sur la Nouvelle-Orléans et l'Université elle-même était devenue, un peu, l'ombre d'elle-même, bien que jamais véritablement endormie, puisque, à la nuit tombée, quelques classes d'étudiants Vampires – et autres volontaires nocturnes – permettaient de suivre les mêmes cours que la journée. L'esprit encore aux dernières lois passées il y a peu, le Jaguar observait le Campus depuis sa fenêtre, pensif, songeant aux complications et, surtout, à ce que cela pouvait induire comme conséquences à long terme. Car si les Normes pensaient pouvoir commencer à ficher les Outres, ils ne manqueraient pas de continuer à tirer sur la cordes, encore et encore. La LEDO s'acharnerait à trouver de quoi abroger ou assouplir cette loi, mais le Sachem était convaincu que ce ne serait que la première d'une longue poignée et que les suivantes ne seraient probablement pas du même acabit. La perspective de revenir presque quarante ans en arrière n'était pas des plus réjouissantes, pire encore, celle de revivre une guerre civile l'était encore moins. D'un côté, on ne pouvait pas reprocher aux Normes d'avoir peur et peut-être l'aurait-il était aussi – même s'il en doutait de part sa nature plutôt optimiste – mais les Outres avaient démontré à plusieurs reprises qu'ils n'étaient pas foncièrement plus méchants que n'importe qui et qu'il n'y avait aucune raison de les traiter différemment, même si, et il le convenait bien, il était généralement plus difficile d'arrêter un Métamorphe ou un Vampire. Mais, pour ces cas spéciaux, les Communautés elles-mêmes étaient parfaitement capables de gérer leurs membres renégats, quitte à collaborer étroitement avec le BIAS.

Matthew soupira légèrement avant d'inspirer une dernière – et inutile – fois dans sa paille, lui apportant plus d'air que de liquide dans ce bruit si caractéristique des fins de gobelets. Après un dernier regard sur le campus, il se détourna de la fenêtre et jeta son gobelet dans la corbeille prévue à cet effet. Un regard sur l'heure lui intima qu'il était probablement temps qu'il retourne chez lui. Il commença donc à ranger ses affaires sur fond de musique jazz avant de couper cette dernière, d'éteindre la lumière et de quitter son bureau, non sans le fermer à clef. Il traversa tranquillement, sans se presser, les longs couloirs du bâtiment, certains plongés dans la pénombre, sans prendre la peine d'allumer. Encore pensif, il espérait que ses ouailles n'allaient pas faire de bêtises avec ce durcissement administratif. La dernière chose qu'il voulait, c'était de commencer à devoir traquer les siens. D'autant qu'avec les dispositifs mis en place par la Mairie pour faire peur aux contrevenants, le Sachem ne doutait pas une seconde qu'ils ne feraient pas preuve de compréhension, d'une façon ou d'une autre. Bien entendu, c'était là le meilleur moyen pour mettre le feu aux poudres, mais, visiblement, il allait être difficile de les faire changer de point de vue à ce sujet. Des actions se préparaient pour essayer de rassembler les différentes communautés autour de marches et de manifestations diverses, encore fallait-il espérer que cela ne dégénère pas, d'une façon ou d'une autre. Sans quoi... L'effet conséquent ne serait probablement pas fidèle à l'effet attendu. Tandis qu'il déambulait, perdu dans ses pensées, dans les couloirs, Matthew marmonnait entre ses lèvres l'air du dernier morceau qu'il venait d'écouter, essayant de ne pas trop penser à tous les scénarios catastrophes qui pouvaient découler de la situation actuelle. Un retour à la normale pouvait être espéré, mais il faudrait montrer patte blanche, et, même-là, il serait probablement compliqué de convaincre. La question était de savoir si la situation allait rester sur ce statu quo ou si elle allait rapidement évoluer... pour le meilleur ou pour le pire.

Alors qu'il venait de sortir du bâtiment, Matthew entendit quelques éclats de voix à proximité. Accélérant le pas, il arriva rapidement à hauteur de quelques silhouettes, un peu plus d'une demi-douzaine, qui se chahutait plus ou moins physiquement. A vue de nez, des Métamorphes. Chouette. Le Sachem décida d'intervenir avant que les choses ne dégénère, après tout, le règlement intérieur de l'Université était clair à ce sujet. « Messieurs ! Messieurs. Y'a-t-il un problème ici que vous ne sauriez régler à l'amiable ? » Le Jaguar s'était approché à hauteur du groupe de jeunes, quelque chose n'allait pas, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. « C'est pas vos affaires. » Le professeur de géographie observa son interlocuteur belliqueux. « Ça, jeune homme, c'est à moi de le décider. Est-ce que vous pouvez me dire ce qui agite autant vos hormones ? » Clairement, ce n'était pas les effets de la Saison qui poussaient ces étudiants à ce tourner autour, aussi, il devait bien y avoir une raison. « Ils nous cherchent, mais ils vont pas tarder à nous trouver. » Une réponse des plus... satisfaisantes. Matthew fronça les sourcils, visiblement peu convaincu. « Mais allez-y ! Vous ne ferez que prouver que vous êtes la raison pour laquelle les Normes durcissent leurs lois. » Le camp opposé avait visiblement des choses à dire. « Vous n'êtes que des animaux de toute façon, vous ne savez que vous balader à poils et bais... » Le Sachem fit volte-face, toujours un peu perturbé par ce détail sur lequel il n'arrivait pas à mettre la main. « Dites-donc ! Surveillez un peu votre langage vous. » « Sinon quoi ? » La bravade était sèche et il allait falloir régler le problème rapidement. « Si tu le prends comme ça... » Il s'approcha de lui et commença à réaliser soudainement ce qui clochait. Un Vampire. Et ses deux acolytes certainement aussi. La présence des quatre étudiants Métamorphes qui l'entouraient lui avait fait zapper ce détail. Il ne montra rien et poursuivit. « Tous les trois. Dans mon bureau. Maintenant. Quant à vous autres, demain matin, huit heures et pas une seconde de retard. » Il avait tourné la tête pour s'assurer qu'ils avaient bien compris. Le regard surpris de l'un d'eux le poussa à reconsidérer le groupe de Vampire. Pile à temps pour essuyer une droite bien sentie au niveau de la mâchoire le projetant au sol. Maudit soit cette force des Vampires... Le professeur se releva tant bien que mal, passant une main sur son menton pour s'assurer que rien n'était cassé. « J'ai pas d'ordre à recevoir d'une boule de poils stupide. » Conscient que la situation n'était pas à son avantage, Matthew, relevé, s'était placé devant ses étudiants. Le meneur Vampire semblait bien décidé à mettre les poings sur les i, même si ses collègues étaient plus timorés et étaient prêts à déguerpir au plus vite.   « Demain matin, huit heures, sans faute. Filez maintenant. Et tâchez de prévenir quelqu'un. » Il reposa son attention sur le petit malin. « Je peux encore passer l'éponge. Mais crois-moi, je peux aussi te botter le cul. C'est comme tu préfères. » L'autre se contenta d'un sourire narquois. « Compte là-dessus, Papy. »
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Jesse Coleman
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Mer 28 Mar - 17:59

Le soleil venait de se coucher. Quand la plupart des gens rentraient tranquillement chez eux après une dure journée de labeur, ou s'apprêtaient à sortir au restaurant ou ailleurs, seul, en famille ou avec des amis, d'autres commençaient ce qu'ils appelaient leur "journée". Jesse était de ceux-là. Vampire récemment transformé, la nuit était le seul moment où il pouvait librement se promener dans les rues de la ville, sans passer par le Dédale, qu'il connaissait bien à présent. Bien entendu, vivre la nuit ne voulait pas dire qu'il passait son temps à ne rien faire lorsque le soleil était levé : d'abord, parce qu'il était incapable de rester inactif très longtemps, mais aussi parce qu'entre ses recherches, ses cours et sa nouvelle position au sein de la hiérarchie vampirique, il ne pouvait pas se permettre le luxe d'un sommeil qui lui était à présent inutile.

Maintenant qu'il était plus libre de ses mouvements, il se dirigeait vers l'Université, dans le but de préparer quelques uns de ses cours avant d'en donner un autre. Il évitait de ramener trop de travail universitaire à la Résidence, même s'il savait que cela ne dérangeait pas Ailin et qu'il lui arrivait tout de même de rentrer avec des copies à corriger. Dans l'ensemble, s'ils n'étaient pas occupés avec leurs diverses responsabilités auprès de la communauté, il préférait simplement s'octroyer le plaisir de sa compagnie. D'autant qu'avec les derniers événements, il leur était plus difficile d'avoir effectivement un peu de temps libre. L'annonce de ces nouvelles régulations et les réactions qui avaient suivies instauraient un climat de tensions qui n'était bon pour personne, encore moins pour les institgateurs de la dite loi. Jesse se demandait jusqu'où tout cela allait aller, car il était évident que ce n'était qu'un début et que les plus belliqueux des normes ne tarderaient pas à répondre aux protestations initiées par les outres, pour le moment uniquement par le biais de leurs représentants légaux, mais il ne serait pas étonnant qu'ils finissent pas descendre dans la rue. Lui-même le ferait, probablement, si c'était possible.

Le chemin entre la Résidence Lalaurie et le Campus de l'Ambassade n'étant pas très long, il se retrouva rapidement face aux divers bâtiments composant l'université. Sur son chemin, il croisa un groupe d'étudiants qui semblaient particulièrement agités. Sa curiosité titillée s'estompa presque aussitôt quand l'odeur particulière de leur sang lui parvint aux narines : des métamorphes. Avec la saison des amours qui venait de commencer, il n'y avait rien d'étonnant à ce que quelques membres de l'espèce trouvent cette fin de mois difficile. Plus encore s'il s'agissait de jeunes qui n'avaient pas vécu énormément de saisons. Malgré le côté alléchant de la situation, le californien ne s'attarda donc pas plus que cela... jusqu'à ce que des bribes de leur conversation parviennent à ses oreilles affutées.

"Tu crois qu'on devrait prévenir les flics ?
-C'est ça ! Allons voir le BIAS, quelle idée brillante ! Ils attendent la moindre excuse pour nous jeter au trou, t'as pas réalisé encore ?!
-Mais Williams s'est quand même pris un pain... Je veux bien qu'il soit costaud, mais il peut probablement pas grand chose contre trois vamps, même des abrutis comme eux..."


Voilà qui eut le mérite d'attirer définitivement son attention. Les bagarres entre divers espèces n'étaient pas légion, mais elles n'étaient pas non plus si rares que cela, malgré l'entente globale. De plus, en cette période de l'année, les esprits s'échauffaient plus rapidement et il n'était pas étonnant que certains ne parviennent pas à se montrer aussi raisonnables que le reste de l'année. Cependant, ce n'était pas une raison pour cautionner ce genre de choses, d'autant que le règlement de l'université était très clair à ce sujet. Sans compter qu'à présent, la position du doctorant au sein des vamps lui demandait d'assumer certains responsabilités, dont celle de s'assurer du bon comportement de ses ouailles. Frapper l'un des professeurs de l'université n'entrait probablement pas dans le cadre de la légitime défense, d'autant que Matthew Williams était assez connu -à la fois par le personnel et par les étudiants- pour s'attirer des ennuis de ce genre en cherchant régulièrement à empêcher ces bagarres.

Dans tous les cas, faire montre d'irrespect envers le chef de la communauté métamorphe de la Nouvelle-Orléans n'était pas très malin de la part de ces vampires, ce que Jesse comptait bien leur rappeler.

Il s'avança donc vers le groupe d'étudiants avec une attitude qui avait tout pour paraître nonchalente. Entre son pantalon droit gris, sa chemise parme aux manches retroussées et son sac en bandoulière, il donnait plus l'air d'un étudiant que d'un professeur, mais comme il appartenait plus ou moins aux deux catégories, ce n'était pas vraiment dérangeant. Et de toute façon, l'aura d'autorité tranquille qu'il dégageait avait tôt fait de dissiper tout doute.

"Où sont-ils ?"

Les métamorphes se tournèrent vers lui avec étonnement. Il reconnut l'un d'entre eux pour avoir participé à l'une de ses classes l'année précédente. Ce fut d'ailleurs lui qui lui répondit, pointant du doigt en direction de l'entrée d'un des bâtiments. Jesse hocha la tête et continua son chemin, sans se soucier de la conversation qui reprit aussitôt après son départ. Il avait autre chose à faire.

Alors qu'il approchait, il remarqua que la situation paraissait toujours tendue. Les trois vamps lui tournaient le dos, ce qui n'était pas le cas du professeur de géographie, qui était d'ailleurs légèrement amoché. Probablement le coup dont avaient parlé les autres étudiants. Jesse s'arrêta derrière ses congénères, juste à temps pour entendre le plus agressif d'entre eux se fendre d'une (nouvelle ?) réplique désagréable. Le californien croisa les bras sur son torse avant de prendre négligemment la parole.

"A ta place, je m'arrêterais tout de suite."

Deux des vampires sursautèrent. Vraisemblablement, ils n'étaient pas transformés depuis très longtemps, où ils l'auraient entendu arriver. L'un des deux jeta un regard en arrière avant de lâcher un "Merde !" éloquent. Jesse eut un sourire sans joie, qui ne monta pas jusqu'à son regard gris, fixé sur le dernier membre du trio. On l'avait reconnu.
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Matthew Williams
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Mer 28 Mar - 20:36

Les étudiants Métamorphes ayant décidé d’obéir, soit à au professeur, soit au Sachem, selon leur préférence, Matthew était déjà moins concerné par l’idée que la situation puisse dégénérer. Bien entendu, se retrouver dans un pugilat avec trois Vampires ne le motivait pas particulièrement, néanmoins, mieux valait qu’il soit blessé lui, que trois étudiants visiblement encore peu inexpérimentés. Quant aux conséquences de cette altercation, il serait largement temps d’y penser lorsqu’elle serait terminée, d’une façon ou d’une autre. Une chose était certaine, l’étudiant Vampire n’avait visiblement rien à faire de ce qui pourrait lui arriver pour avoir agressé quelqu’un, un professeur qui plus est. Bien qu’il semblait déterminé à l’idée de régler cette affaire aux poings, les deux principaux protagonistes se regardaient en chiens de faïence. Le Métamorphe avait laissé glisser au sol sa pochette en cuir, l’avait même éloigné d’un petit coup de pied pour éviter qu’elle ne lui traîne dans les pattes. Il observait ses trois adversaires, ou plutôt son adversaire, car les deux compagnons du plus belliqueux ne semblaient pas particulièrement chauds à l’idée de se joindre à la querelle entre les deux protagonistes. Et il fallait dire que cela arrangeait grandement Matthew ainsi. Il aurait déjà probablement fort à faire avec un, car même s’il était habitué, en quelque sorte, à se battre ainsi, la force et l’agilité supérieure des Vampires leur donnaient un avantage non-négligeable, même face à des combattants aguerris. Avec un peu de chance, il s’agissait d’un Nouveau-né et les propres compétences du Sachem lui permettrait de limiter les dégâts. « Je te laisse encore le choix. Rentre chez toi. Réfléchis à ce que tu as fait ce soir et reviens me voir demain matin. On trouvera une solution. » L’autre esquissa un sourire qui en disait long sur son choix. Matthew resserra ses poings, tendant ses muscles. « On va régler ça ici et maintenant, j’ai pas besoin de réfléchir. »

Joignant le geste à la parole, il s’élança vers le Jaguar, ce qui permet à ce dernier d’avoir une idée de sa vitesse, supérieure à la normale, mais pas ingérable, heureusement. Ses deux acolytes ne semblaient vraiment pas déterminés à rentrer dans la danse et étaient même plutôt surpris de voir leur camarade passer véritablement à l’action. Matthew fit un pas de côté, esquivant l’attaque directe qui lui était destinée et rendit à son agresseur la monnaie de sa pièce, enfonçant un direct du gauche dans ses côtes, suffisamment fort pour le détourner de sa trajectoire. « Allez, sois raisonnable. Tu ne fais qu’empirer la situation. » Et le professeur parlait simplement de conséquences universitaires, sans même potentiellement penser aux conséquences beaucoup plus graves qui pouvaient découler de l’attaque directe d’un représentant d’une Communauté. Certes, ce n’était pas écrit sur son front, mais l’ignorance n’impliquait pas nécessairement la clémence. Et, de ce qu’il avait pu en apprendre, les Vampires n’étaient pas des tendres entre eux. Ceci étant dit, les Métamorphes ne l’étaient pas spécialement non plus… L’étudiant, visiblement énervé d’avoir été pris de court n’était cependant pas particulièrement blessé, mais, après tout Matthew ne frappait pas nécessairement pour faire mal. Néanmoins, il n’était pas particulièrement pressé d’être raisonnable. Il combla la distance qui le séparait du professeur de géographie et, d’une feinte admirablement exécuté, attira une esquive de ce dernier d’un côté avant de frapper d’un coup droit à nouveau dans la mâchoire. Décidément. La force était… surhumaine, mais pas insurmontable. Le Sachem se redressa d’un bond, essuyant du revers du poing le goût métallique qu’il avait dans la bouche. Alors qu’il allait dire quelque chose, il remarqua que quelqu’un s’approchait, arrivant derrière les deux autres Vampires. De l’aide ? Visiblement, elle n’était pas pressée en tout cas. « Alors, Papi, toujours prêt à déguster ? »

Le Sachem n’eut même pas besoin de rétorquer que la voix retentit derrière ses assaillants, conseillant à son adversaire d’arrêter immédiatement. L’ordre, s’il était donné avec une certaine nonchalance ne manqua cependant pas de surprendre les deux spectateurs du combat, visiblement sourds à l’arrivée du nouveau protagoniste de la situation. L’intéressé ne se retourna pas immédiatement, attendant visiblement d’être sûr que le professeur ne tenterait pas un coup bas pendant qu’il aurait le dos tourné. Matthew, lui, attendait, mais se détendit quelque peu lorsque l’un des deux Vampires se fendit d’un juron particulièrement coupable. Curieux, face à la tournure que prenaient les évènements, il concentrait presque toute son attention sur le nouveau-venu, dont le visage et l’allure lui disait vaguement quelque chose, mais avec l’obscurité… Il avait l’impression de l’avoir déjà croisé à l’Université, et son accoutrement lui laissait penser, qu’effectivement, il n’était pas uniquement là par hasard. « Qu’est-ce qu’il y a ? C’est qui le preux chev… » Il ne termina visiblement pas sa phrase, mais le Métamorphe n’eut pas le loisir de voir son visage. Les trois Vampires lui tournaient désormais le dos et ne semblaient pas des plus enjoués à l’idée de croiser ce qui ressemblait pourtant à un autre étudiant… Jesse. Ah ! Oui ! Voilà que cela lui revenait. Un doctorant, chargé de TDs, qu’il avait pu croiser à l’occasion dans les couloirs de l’Université. Ils avaient probablement dû échanger quelques mots de temps à autres, des politesses. Mais, aux dernières nouvelles, il n’y avait aucune raison qu’un Norme ait un tel effet sur trois Vampires, surtout si ces derniers n’étaient pas effrayés à l’idée de se frotter à un Métamorphe. Croisant les bras, curieux de voir la suite, Matthew essayait de comprendre ce qui se passait…
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Jeu 29 Mar - 7:23

Aux postures des quatre Outres, il était évident que le "combat" dont les étudiants métamorphes avait parlé ne s'était pas terminé avec leur départ. Jesse notait cependant que deux des vampires se tenaient en retrait : apparemment, il n'y en avait qu'un de réellement belliqueux. Ce qui était une bonne chose, car il n'était pas beaucoup plus apte que Matthew à s'occuper de ces trois-là en cas de bagarre rangée. Ce n'était de toute façon pas son fort.

Il jeta un rapide coup d'oeil à son collègue professeur alors qu'il approchait et il sentit son nez le gratter, bien plus qu'il ne l'avait fait plus tôt alors qu'il était face à un groupe. Néanmoins, le doctorant ne s'encombra pas plus longtemps de cette réflexion, car le vamp semblait prêt à remettre le couvert : le plus important pour le moment, était de l'arrêter.

D'une simple phrase, il obtint bien des réactions. Deux têtes se tournèrent vers lui, dont l'une plus rapide -ou plus expressive- fit montre d'une certaine reconnaissance de son statut. Une autre tête, déjà fixée sur lui depuis un petit moment, sembla baisser d'un ou deux centimètres alors que ses épaules se détendaient, signe qu'il avait compris qu'il n'était pas un danger supplémentaire. Ironiquement, la seule tête qui ne réagit pas aussitôt était celle dont il espérait une réaction directe. Jesse leva imperceptiblement les yeux au ciel : ils étaient vraisemblablement face à un cas typique de jeune en recherche d'attention, et qui semblait n'y parvenir que par l'affrontement. Il n'avait ni l'envie, ni le temps de jouer les psychologues ce soir.

Patient, il attendit que le dernier vampire se tourne vers lui. Il allait finir par le faire, puisqu'il n'était plus le centre de l'attention. L'universitaire était même prêt à parier qu'il allait se fendre d'une remarque qu'il voudrait particulièrement salée... et qui n'allait pas l'être, dès lors qu'il réalisait l'identité de son interlocuteur. Si c'était possible, on pourrait même croire que le vamp avait légèrement pâli. Jesse, lui, n'avait pas quitté son sourire froid. Il n'avait d'ailleurs pas bougé d'un pouce.

"Bonsoir, Thomas."

Il se faisait un devoir de connaître au minimum l'identité de chaque membre de sa communauté, plus particulièrement ceux qui côtoyaient le campus et le squat. Bien évidemment, il n'avait pas le niveau de connaissance d'Ailin en la matière, qui était liée à chacune de ses ouailles de manière bien plus personnelle, mais il avait une excellente mémoire. De plus, celui-là faisait également partie de ses élèves. Ça aidait.

"Nick, Evan."

Il ponctua chaque prénom d'un léger signe de tête envers les deux autres, qui s'étaient figés depuis qu'ils l'avaient reconnu. Il retourna ensuite son attention vers le métamorphe, sans pourtant cesser de s'adresser aux étudiants.

"Il me semble que vous devez tous trois des excuses au professeur Williams. Et à un certain groupe d'étudiants que j'ai croisé un peu plus tôt.
-Oui M'sieur, bien sûr..."


Nick et Evan se détournèrent aussitôt pour marmonner des excuses à peine audibles en direction de Matthew. Jesse ne fit aucun commentaire. C'était à l'autre homme d'accepter ou non cet effort. Il préféra se concentrer sur celui qui, bien que s'étant montré bravache jusqu'à présent, n'ouvrait plus la bouche et dardait sur le doctorant un regard qui s'apparentait à du dégoût. Le californien haussa un sourcil.

"Je peux aussi faire en sorte que quelqu'un d'autre apprenne votre comportement de ce soir. Je doute que tu souhaites réellement que les sanctions dépassent le cadre universitaire, Thomas."

L'autorité de Jesse en tant qu'Ombre de la Maîtresse Vampire était peut-être remise en cause par les plus vieux membres de la communauté, qui voyaient d'un très mauvais oeil sa nomination alors qu'il n'était qu'un nouveau-né selon leurs critères, mais ceux qui avaient eu l'occasion de connaître le Norme savaient qu'il ne devait pas être pris à la légère. Thomas, malgré une mauvaise foi évidente, était parfaitement au courant du tempérament du brun et savait que la menace était réelle. Il se tourna donc vers le géographe, et présenta ses excuses avec mauvaise grâce. Une fois de plus, Jesse attendit une réponse de la part du Sachem avant de reprendre la parole.

"Bien. Que cela ne se reproduise pas, ou je m'assurerai que votre comportement résulte en une convocation à la Résidence Lalaurie. Si Monsieur Williams n'a rien à ajouter, je vous conseille de déguerpir en vitesse."

Il laissait au professeur le choix d'infliger une punition à ces étudiants. Après tout, lui n'avait fait que les réprimander et les menacer de les dénoncer à leur hiérarchie, mais il n'avait pas exactement l'autorité de les convoquer dans un bureau qu'il ne possédait même pas. Par ailleurs, il n'avait été témoin de presque rien, ce n'était donc pas à lui de prendre des sanctions, mais bien au professeur de géographie. Le laissant se débrouiller et permettre définitivement au trio de vampires de s'en aller, il bougea enfin et s'avança pour récupérer la pochette de cuir qui était au sol. Le temps qu'il se relève, les vamps avaient disparu. Il tendit l'objet en direction du métamorphe.

"C'est à vous, je suppose."

L'odeur de sang lui montait à nouveau aux narines.
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Matthew Williams
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Jeu 29 Mar - 9:30

Devenu, à l'arrivée d'un nouveau personnage dans la scène, de protagoniste à spectateur, Matthew observait le nouveau rapport de force qui venait de s'installer et qui, étonnamment, semblait être en la faveur d'un individu qu'il n'aurait jamais soupçonné capable de tenir en respect trois Vampires. Bien entendu, ce qui était surprenant n'était pas nécessairement stupéfiant. La Nouvelle-Orléans et ses communautés rendaient certaines choses beaucoup moins impossibles que d'autres et la présence du doctorant en ce début de nuit n'était probablement pas fortuit. Une chose était certaine pour que des Vampires, visiblement assez peu enclin à considérer d'autres membres d'autres communautés, il fallait probablement que le Sachem revoit sa copie sur la nature de Jesse. Si ce dernier était Norme dans les souvenirs de leurs dernières rencontres, il n'était pas à exclure qu'il ait été transformé récemment. Cela ne justifiait pas nécessairement cette autorité naturelle qu'il avait réussi à imposer aux autres Vampires en présence, mais au moins cela expliquait pourquoi ces derniers ne lui avaient pas simplement sauté à la gorge, pour le principe. Beaucoup plus détendu que quelques minutes, voire quelques secondes auparavant, l'Once ressentit une douleur lancinante sur le côté gauche de son visage. Sans quitter la scène des yeux, il passa une main distraite sur celle-ci et put constater que le coup, bien que non-nécessairement dangereux, avait laissé son empreinte, sans parler de ce goût métallique et sirupeux qui lui envahissait la bouche. Rien de bien dramatique, ou du moins qui ne serait rapidement régénéré d'ici quelques heures tout au plus, mais qu'il ne pouvait empêcher pour le moment. Le tout s'arrêterait de lui-même le moment venu. Finissant de masser sa mâchoire distraitement, il continuait à profiter du spectacle. Les trois étudiants s'étaient arrêtés et semblaient particulièrement penauds à l'idée de se retrouver devant ce nouvel arrivant. A tel point que cela en était presque risible. Pour un peu, il les aurait presque pris en pitié.

Sûr de lui et avec un calme impassible, Jesse utilsa peut de mots pour se faire comprendre et suffisamment pour se faire obéir. Les moins belliqueux adressèrent alors quelques excuses, à peine audibles, à l'attention du professeur de géographie. Heureusement que son ouïe était bonne ! Cependant, et étant donné leur participation plus que relative aux derniers développements de cette histoire, ce n'était pas eux qui risquaient le plus gros dans cette affaire. Du moins, cela allait dépendre de la version que donneraient les trois étudiants Métamorphes le lendemain... « Ca ira, pour vous. » Le ton était un peu plus relâché, mais néanmoins pas moins incisif. S'il n'avait rien de particulier à reprocher à Nick et Evan, ses deux derniers mots indiquaient cependant assez sèchement que ce n'était pas réellement d'eux qu'il attendait des excuses plus poussées. Après tout, frapper un professeur rentrait dans le cadre des infractions graves que pouvait commettre un étudiant de l'Université, au même titre que le recel de drogues d'ailleurs. D'ailleurs, puisque le principal concerné, dénommé Thomas, ne semblait pas particulièrement motivé à émettre de mêmes excuses, on tâcha de le motiver d'une manière un peu plus explicite. Aux paroles de Jesse, le Sachem haussa un sourcil de surprise. Quelqu'un d'autre... Voilà qui était... Intéressant. Il n'y avait pas beaucoup de personnes auxquelles on pouvait faire remonter un incident de ce genre, encore moins de personnes suffisamment influentes pour agir comme une réelle menace pour une personne d'une Communauté donnée. A la manière dont les enfants pâlissaient souvent quand on menaçait de prévenir leurs parents, le Jaguar imagina, qu'à l'instar des Métamorphes peu enclin à l'idée que leur Sachem soit au courant de leurs bêtises, ces Vampires-là n'avaient pas l'intention que la Maîtresse de la Ville soit mise au parfum de leurs petits dérapages. Néanmoins, cette menace, car cela n'était rien d'autres, ne manqua pas d'éveiller la curiosité de Matthew, donnant, a posteriori, une autre raison pour laquelle les trois étudiants Vampires s'étaient écrasés en la présence du doctorant. S'il connaissait Ailin Dyce, personnellement, cela changeait probablement énormément la donne au niveau hiérarchique.

Visiblement peu enclin à l'idée de se faire taper sur les doigts plus sérieusement qu'au niveau universitaire, Thomas, le belliqueux, décida de jouer le jeu, du moins le minimum nécessaire, voire vital, probablement. Le professeur de géographie le regarda dans les yeux et put voir que les excuses n'étaient pas les plus sincères du monde, que cela lui arrachait probablement une énorme partie de son ego de devoir agir ainsi, mais il fallait admettre que c'était la moindre des choses.  « C'était pas les excuses les plus convaincantes que j'ai entendues, mais je pense que je m'en contenterai. » C'était plus leur impact psychologique que leur sincérité qui était important de toute façon. Le Sachem laissa les intéresser finir de régler leurs histoires, quelques menaces planant encore avant de libérer les fautifs. Jesse laissa au Jaguar le mot de la fin, ce qui le surprit un peu, avant qu'il ne réalise que, finalement, au moins sur le plan universitaire, c'était lui qui représentait l'autorité et non l'inverse.  « Je vais être obligé de remonter l'incident. Attendez-vous à avoir des nouvelles du Doyen. Vous pouvez filer. » Ils déguerpirent plus rapidement que prévu. Dans tous les cas, si Matthew avait prévu de faire remonter l'incident, il ne savait pas encore dans quelle mesure. Il attendrait probablement le lendemain. Au pire, simplement avec la menace de potentielles sanctions, ces trois-là se tiendraient peut-être à carreaux dans les mois à venir. Même si la perspective de rencontrer la Maîtresse de la Ville était certainement plus effrayante que celle de passer devant le conseil de discipline de l'Université. Enfin... Quoique. Le Doyen ne plaisantait pas non plus. Alors qu'il quittait les trois étudiants des yeux, se retournant vers son sauveur, le Jaguar le vit s'approcher, sa sacoche en cuir dans une main tendue vers lui. Il prit l'objet avec dans un demi-sourire.  « En effet, merci ! » Des remerciements, qui valaient autant pour la sacoche que pour l'avoir tiré d'un mauvais pas. Prenant sa sacoche de l'autre main, il retendit la première en direction de Jesse. « Jesse... Crawman, c'est ça ? » Il avait un sérieux doute sur le nom et s'était probablement minablement trompé, mais ce n'était pas forcément le plus important de toute façon. « Merci encore d'être intervenu. »
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Ven 30 Mar - 3:43

Jesse était parfaitement conscient que chaque mot qu'il prononçait était bien plus analysé par le professeur que par les trois vampires à qui il s'adressait. C'était l'autre raison pour laquelle il faisait en sorte d'en dire le moins possible. La principale était que, de toute façon, il n'était pas de ceux qui s'embourbaient dans de longs discours. Non pas qu'il ne faisait pas confiance à Matthew Williams, mais il n'avait aucune raison de lui donner plus d'informations que nécessaire. Ce à quoi il allait avoir accès à présent était amplement suffisant.

L'universitaire se chargea donc de réprimander ses ouailles et de faire en sorte qu'ils s'excusent envers le géographe. Ce fut bien plus simple pour les deux premiers. Thomas, qui avait apparemment un intense besoin de défier l'autorité, fut un peu plus complexe à persuader. Cependant, la menace d'entendre que ses actions seraient rapportées à la Maîtresse de la ville sembla suffire pour qu'il prononce des excuses qui paraissaient plus contrites que réelles, mais il était évident que Williams n'obtiendrait rien de mieux. Ce qu'il parut remarquer, si l'on se fiait à sa réplique. Le coin gauche des lèvres du californien se souleva légèrement, témoin de son amusement. Il appréciait l'ironie contenue dans les paroles et le ton de son collègue, mais ne fit pas la moindre remarque à ce propos, préférant terminer cette discussion avec ses étudiants sur une menace très claire : Au vu des événements récents, il était hors de question qu'il cautionne ce genre de débordements au sein de la communauté vampirique. Il savait qu'il en était de même pour Ailin et qu'elle serait donc tout à fait d'accord avec ce qu'il était en train d'énoncer.

Néanmoins, l'incident était arrivé sur le Campus, entre étudiants (et professeur). S'il pouvait faire un rappel hiérarchique, il fallait replacer les événements dans leur contexte, et donner à ces jeunes hommes une leçon qu'ils feraient bien de retenir à l'avenir : être surnaturel ne voulait pas dire ne pas avoir à se soumettre aux lois qui régissaient tout à chacun, notamment à l'université, qui possédait ses propres règles. Jesse laissa donc le dernier mot au représentant de cette autorité qu'était le métamorphe. Il nota son étonnement, ce qui déclencha le même rehaussement du coin de ses lèvres mais par cynisme, cette fois. Ce n'était pas parce qu'il avait été propulsé plus haut encore dans la chaîne alimentaire qu'il oubliait de rendre à César ce qui lui appartenait. Avoir les yeux plus gros que le ventre ne faisait pas partie de ses stratégies. Par ailleurs, avoir le Sachem dans ses petits papiers (ou du moins qu'il n'ait pas de dent contre lui) ne pouvait être qu'une bonne chose pour lui et donc pour Ailin et la communauté vampirique. Il allait donc falloir qu'il rattrape la crise d'ego et d'attention du jeune Thomas, autant que faire se pouvait.

Il commença par récupérer au sol la pochette du professeur tandis que ce dernier adressait quelques paroles aux vamps qui s'enfuirent aussitôt. Le doctorant lui tendit alors son bien et répondit à son remerciement d'un signe de tête poli. La double signification n'était perdue pour personne : il était lui-même adepte de ce type de formulations. Cela permettait d'en dire plus tout en en disant moins, ce qu'il préférait. D'autant que cela testait également la compréhension de ses interlocuteurs.

Jesse serra brièvement mais fermement la main qu'on lui tendait tout en le corrigeant.

"Coleman. Mais je ne suis ni l'un de vos étudiants ni l'un de vos collègues réguliers, donc je suppose que l'erreur est compréhensible."

Le vampire balaya les nouveaux remerciements d'un geste nonchalant de la main avant de lier ses paumes dans son dos dans une attitude somme toute assez professionnelle, mais qui était dans ce cas précis à double effet.

"J'ai entendu vos ouailles parler alors que je me dirigeais vers le bâtiment. J'avais les moyens d'éviter que l'affrontement se prolonge et j'en ai profité, même si je sais que vous savez vous défendre. Vous êtes plutôt connu pour ça au sein de la communauté étudiante."

Et professorale, mais inutile de le préciser. Le ton du californien était resté très factuel, presque clinique : il énonçait un fait, et on sentait qu'il n'émettait aucune opinion. Bien qu'il en avait très certainement une. Ce ne fut qu'après un léger silence qu'il fit part d'un autre fait.

"Vous saignez."

Ce n'était pas une question. Jesse ne pouvait pas voir la blessure (même si, au vu de l'hématome qui commençait à poindre sur la mâchoire du professeur, il pouvait aisément deviner où elle se trouvait) mais il la sentait. Ce n'était cependant pas un problème. Bien qu'il ne se soit pas encore nourri aujourd'hui, il savait faire preuve de contrôle. Il avait toujours fait preuve de contrôle dans tous les aspects de sa vie jusqu'à sa transformation. Il n'y avait aucune raison pour qu'il n'en soit pas de même à présent, même si les premiers temps avaient été... particulièrement désagréables, dirons-nous.
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Ven 30 Mar - 9:46

La situation désamorcée, il ne restait plus qu'à régler les formalités administratives quant aux conséquences des actes de chacun. Jesse, semblait enclin à laisser filer les étudiants, pour cette fois, mais quelque chose disait au professeur de géographie que les choses ne se passeraient peut-être pas aussi facilement si ces trois-là devaient finir par se retrouver dans une situation similaire à l'avenir. Il émanait de lui une force tranquille que possédaient peu de personnes et qui étaient souvent révélatrice d'une position dans laquelle ils se trouvaient et qu'ils pensaient, souvent à plus d'un titre, indiscutable. Si les menaces de rapporter l'incident à la Maîtresse de la Ville suffisait à faire reculer les trois Vampires, il n'y avait qu'une chose à comprendre, c'était, qu'au minimum, il avait l'oreille attentive de celle-ci, ce qui, au fond, était déjà loin d'être insignifiant. C'était d'ailleurs en repensant à Ailin Dyce qu'il se rappela soudainement qu'il avait effectivement aperçu le doctorant en dehors de l'Université. En effet, le changement de hiérarchie au sein de la Communauté Vampire était relativement récent. Particulièrement concerné à l'idée d'entretenir de bonnes relations avec l'ensemble des communautés Outres de la ville, Matthew s'était présenté à la résidence Lalaurie – mentionnée d'ailleurs par le chargé de TD quelques instants plus tôt – pour des présentations formelles et quelques gages d'entente cordiale sur les sujets concernant leurs communautés respectives. Pour le Sachem, c'était l'occasion de tendre la main vers les autres, sincèrement, conscient qu'ils ne pouvaient pas nécessairement se contenter de rester dans leurs coins. Si le rendez-vous avait répondu à ses attentes, ce n'était pas pour cela qu'il s'en rappelait, mais plus pour le souvenir qu'il avait d'avoir effectivement croisé Jesse, bien, qu'à l'époque, il lui semblait qu'il était encore Norme. Mais peut-être que sa mémoire lui faisait défaut. Dans tous les cas, si sa mémoire le replaçait à la Résidence Lalaurie, il y avait fort à parier qu'il était proche de la Maîtresse de la Ville, d'une façon ou d'une autre, ce qui, de toute façon, ne le regardait probablement en rien et qui ne le perturbait pas plus que de raison.

Après tout, au mieux, deux personnes avec des responsabilités dans leurs hiérarchies respectives se faisaient face, sans aucune raison de montrer des signes d'animosité, d'une façon ou d'une autre. Matthew, d'ordinaire particulièrement bienveillant n'avait pas vraiment de problèmes avec les Vampires, sauf une. Une mauvaise expérience datant de son arrivée à la Nouvelle-Orléans. Une expérience qu'il préférait oublier, mais qui, finalement appartenait au passé. De plus, il ne pouvait décemment laisser cet incident marginal prendre le pas. Cela aurait été particulièrement injuste. Le doctorant le reprit concernant son nom.  « L'erreur est peut-être compréhensible mais il est toujours désagréable d'entendre quelqu'un écorcher son nom. J'en suis navré et je tâcherai de m'en souvenir. » Il était sincèrement désolé, sans en faire une montagne, bien entendu. Il remercia aussi son interlocuteur pour son intervention particulièrement salvatrice, qu'il commenta comme une simple conséquence de bon sens au vu de ses moyens. Matthew esquissa un sourire un peu gêné lorsqu'il fut fait mention de sa réputation. Il fallait dire, qu'avec sa chance légendaire, le professeur de géographie avait effectivement eu le don de se faire connaître pour quelques débordements... Bien entendu, il n'avait jamais fait autre chose que se défendre. L'épisode, qui circulait peut-être encore parmi les étudiants, avec le Zombie était probablement le plus populaire. Ceci étant dit, la rumeur était loin d'être dommageable et, pour le corps enseignants, il avait été apporté la preuve que leur collègue avait toujours agit dans l'intérêt des étudiants, ce qui était plutôt à créditer à son mérite. Mais, malgré tout, la situation aurait potentiellement été... désastreuse sur le plan humain. Contre trois Vampires, Matthew n'aurait probablement pas eu d'autres choix que de se transformer et là, les choses auraient été plus.. compliquées.

Étonnamment, Jesse – Coleman, donc – semblait particulièrement... professionnel. Le Sachem ne se souvenait pas de lui ainsi, mais peut-être n'y avait-il seulement pas porté plus d'attention que cela. « Vous avez bien fait, j'ai bien peur que cela aurait mal fini sinon. » Tant qu'à faire, si les choses pouvaient se terminer sans que personne, ou presque, ne soit blessé, cela lui convenait parfaitement. D'ailleurs, à ce sujet, le Vampire lui fit remarquer qu'il saignait. Matthew déjà au courant, réalisa qu'effectivement, ce dernier devait avoir une facilité non-négligeable de détecter ce genre de... désagrément. L'épisode de son arrivée lui revint en mémoire un instant, mais il l'écarta rapidement. Le doctorant était loin de faire mine de vouloir lui sauter à la gorge. Tant mieux d'ailleurs. Le Métamorphe haussa les épaules en passant sa main libre sur sa joue, par réflexe. « En effet... Rien de grave. L'un des coups de poings de Thomas a dû m'ouvrir l'intérieur de la joue. Cela devrait cicatriser rapidement. Après tout, j'ai connu pire. » Dans tous les cas, ça ne nécessitait pas de voir en urgence un médecin, pas avec les facultés des Métamorphes en tout cas. Laissant un petit silence s'installer entre eux, l'Once décida de le rompre, pour satisfaire à une pointe de curiosité qu'il n'estimait pas trop mal placée. Au pire, son interlocuteur lui dirait de se mêler de ses oignons et cela n'irait pas plus loin. « Je me permet de vous poser la question, Jesse, envoyez-moi sur les roses si ce n'est pas mes affaires. Mais, dans mes souvenirs, vous n'étiez pas Vampire en arrivant à l'Université, je me trompe ? » Ses souvenirs pouvaient, encore, lui jouer un tour, mais quand même, à sa connaissance, il ne souffrait pas encore d'Alzheimer. Le ton du Jaguar était principalement à la curiosité. Il n'y avait aucune méfiance, aucun reproche, simplement un besoin de confronter ses souvenirs avec la réalité, de lever un doute pour s'assurer que ça tournait encore rond là-dedans où que le choc de cette nuit était peut-être celui de trop...
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Ven 30 Mar - 20:13

La réplique du Sachem amena Jesse à lui adresser un haussement de sourcil entre amusement cynique et scepticisme. Le comportement du métamorphe était contredit par ses paroles. S'il était navré de faire une erreur, et s'il était effectivement incertain dès le départ -comme l'avait montré son ton- pourquoi prenait-il le risque de faire cette erreur et donc de passer pour une personne désagréable en écorchant un nom au lieu de simplement le demander en avouant qu'il ne s'en souvenait pas avec certitude ? Une attitude... intéressante, au bas mot. Le californien ne fit cependant aucune remarque : il n'était pas là pour se mettre le représentant de la communauté métamorphe de la Nouvelle-Orléans à dos, d'autant que son repentir avait l'air sincère. Il n'était probablement même pas conscient de ce mécanisme, ce qui le rendait plus intéressant encore. Mais ce n'était ni le lieu ni le moment de se prêter à ce genre d'expérience. Dommage.

La conversation suivit donc son cours, entre remerciements et explications concises. L'étudiant accepta la nouvelle validation du professeur d'un hochement de tête sec. Il était tout à fait conscient que sa réaction avait été la bonne, sinon il ne se serait pas mêlé à toute cette histoire. Comme Thomas l'avait très bien compris en s'interrompant avant la fin de sa phrase, Jesse n'avait rien d'un preux chevalier. Il ne prenait pas la défense de n'importe qui dans la rue sans aucun prétexte valable. Secourir la veuve et l'orphelin n'était pas son truc. Empêcher des membres de sa communauté d'agir stupidement contre d'autres membres d'autres communautés, et plus encore contre le haut du panier, faisait partie de ses responsabilités à présent. Il était impossible qu'il ignore ces situations, quand bien même il préférait en général s'en tenir éloigné. La bagarre, rangée ou non, ce n'était pas vraiment son truc. Au contraire du métamorphe, qui était plutôt connu pour faire usage de sa force dans des cas similaires.

Par ailleurs, il subissait les conséquences de l'impulsivité du trio de vampires. L'odeur de son sang était bien plus vibrante que lors d'une rencontre normale, ce qui signifiait qu'il y avait un endroit où il sortait de son corps au lieu de continuer à circuler à l'intérieur. Au vu de l'état de la mâchoire du géographe, il était aisé de se dire qu'il avait dû s'ouvrir l'intérieur de la joue. Ce que Matthew confirma rapidement. Le californien hocha à nouveau rapidement la tête. Si le principal intéressé estimait que ce n'était pas grand chose, ce n'était pas à lui d'insister.

Le silence se prolongea donc un peu, jusqu'à ce que Williams pose une question que Jesse attendait depuis un petit moment. Ils s'étaient croisés plusieurs fois. A l'université, de jour, à la Résidence Lalaurie, peu après la nomination d'Ailin... La suite était logique. Il eut un très léger sourire.

"Non, en effet. C'est une décision récente, mais volontaire et mûrement réfléchie, si c'est là que votre curiosité vous amène." Un instant de silence avant qu'il ne continue. "Malgré les circonstances actuelles."

Difficile de ne pas en venir au sujet de ces nouvelles lois mises en place lorsqu'on parlait de sa nature d'Outre avec un autre Outre. D'autant que c'était une façon comme une autre de changer de sujet et d'éviter de appesantir sur sa vie et ses choix personnels.
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Mar 3 Avr - 9:20

S'il avait su se souvenir des thèmes de recherche du doctorant, Matthew aurait probablement pu s'imaginer que ce dernier l'étudiait, lui et son comportement, d'un œil averti lors de leur petite discussion. Il était vrai qu'il pouvait être contradictoire d'essayer d'appeler quelqu'un par son nom, au risque de se tromper, tout en estimant qu'une erreur était potentiellement désagréable pour l'intéressé et gênante pour le fautif. Ceci étant dit, pour le Sachem, le risque pris n'engendrait, dans le cas présent, pas de conséquence catastrophique, pas assez en tout cas pour donner raison à ses doutes en la matière. Il aurait peut-être mieux valu qu'il se contente de lui redemander son nom, mais l'interprétation aurait été potentiellement différente. Dans un cas, le Jaguar avait suffisamment d'intérêt pour son collègue pour se souvenir, partiellement de son nom, soulignant peut-être le fait qu'ils n'avaient pas passé suffisamment de temps ensemble, ou du moins que le nom de l'intéressé n'était pas assez souvent arrivé aux oreilles du Métamorphe. Dans le second cas, cela signifiait plus qu'il n'avait probablement jamais pris la peine de le retenir, ce  qui n'était pas le cas, en tout cas ici. Dans ses souvenirs de leurs précédentes rencontres – outre le fait de l'avoir aperçu à la résidence Lalaurie – le professeur de géographie n'avait jamais rien eu à redire à la présence de Jesse, qui, et cela lui revenait un peu maintenant qu'il y réfléchissait, avait toujours eu cet air plus mature et professionnel que bon nombre d'étudiants, de son âge, ne possédait pas encore. Dans tous les cas, son erreur justifiait au mieux une volonté de bien faire, quitte à faire des erreurs, plutôt que de préférer l'inaction. Ceux qui n'essayent jamais, ne font jamais d'erreurs. Un proverbe qui ne s'appliquait jamais au comportement du Sachem. Pour lui, mieux valait toujours agir, quitte à se tromper.

Bien entendu, certaines situations nécessitaient davantage de réflexion avant de réaliser une action. Notamment lorsqu'il s'agit de prendre des décisions pour une communauté toute entière, mais, dans son cadre personnel, l'inaction était quelque chose qu'il ne comprenait pas. Ce qui, bien entendu, lui valait souvent de tomber dans les ennuis, parfois les plus inexpugnables, mais il était ainsi fait et, malheureusement pour lui, il ne changerait probablement plus. Quoiqu'il en fut, et même si cela devait lui coûter la vie un jour, ce n'était pas une façon de faire qu'il avait prévu de modifier un jour prochain. La preuve en était d'ailleurs faites avec la situation actuelle où, sans intervention extérieure, le Sachem aurait probablement passé un mauvais quart d'heure. Il ne s'en sortait finalement pas trop mal, avec une simple coupure à l'intérieur de la joue, sur laquelle il passait régulièrement sa langue, plus pour se passer du goût métallique, pas nécessairement agréable, du sang dans sa bouche, que pour tenter d'aider à la cicatrisation. Il espérait cependant que ce petit désagrément ne pousserait pas Jesse à agir impulsivement. Malgré tout, son air stoïque et droit laissait présager à Matthew qu'il n'avait pas trop besoin de s'en faire à ce sujet. Au pire, s'il venait de tomber de Charybde en Scylla... Il commençait à avoir l'habitude. Ceci étant dit, le doctorant semblait davantage du genre à prendre congé en cas de désagrément, plutôt qu'à tenter de lui sauter dessus. Mais, encore une fois, il pouvait se tromper. Là où il ne s'était guère trompé, c'était sur la transformation récente du jeune homme. Toutefois, à la réponse de son collègue, il eut l'impression d'avoir émis un sentiment de jugement, ce qui n'était absolument pas le cas. Certains pouvaient s'interroger de ses motivations, surtout, et effectivement, dans un contexte tel que celui dans lequel ils étaient, mais ce n'était clairement pas au Sachem de juger des décisions d'autrui, du moins quand elles ne concernaient pas la Communauté des Métamorphes.

Le professeur eut un sourire rassurant. « C'était davantage pour m'assurer que je ne perdais pas la tête. Vos motivations ne regardent que vous et vous seul. » Il était toujours bon de savoir que cette transformation était de sa propre volonté, mais le Sachem n'avait aucune raison de douter ou d'affirmer ses choix. Cela ne le regardait vraiment pas. Sauf si, bien entendu, l'intéressé désirait en parler, mais cela ne semblait de toute façon pas être le cas. « De plus, j'ai souvenir que s'il y a bien quelqu'un pour prendre une décision mûrement réfléchie ici, c'est bien vous. » Des deux, il était nécessairement le moins impulsif, même si cela ne signifiait pas que Matthew était dénué de toute réflexion. Ceci étant dit, il y avait de fortes chances que, comparé au doctorant, n'importe qui ne puisse passer pour un impulsif... D'ailleurs en parlant de réfléchir, ils n'allaient probablement pas passer la nuit, là, plantés comme des piquets à attendre que le soleil se lève, n'est-ce pas ? Malgré tout, le Métamorphe se sentait redevable de la situation et c'est presque naturellement qu'il rompit à nouveau le silence. « J'imagine que vous aviez prévu d'autres plans en arrivant à l'université, mais, puis-je vous proposer de vous offrir un verre, en gage de remerciements ? Sauf si, bien entendu, vous avez mieux à faire. Ce que je comprendrais. » Encore une fois, il pensait chacun de ses mots et ne s'offusquerait pas d'un refus, bien au contraire. Malgré tout, l'invitation était lancée plus que cordialement, cela se sentait. Ce n'était pas uniquement par principe, pour remercier son sauveur. Le prétexte était là et, comme le disait le proverbe, l'occasion faisait le larron, mais c'était aussi une proposition qu'il faisait de bon cœur, entre collègue, comme il est d'usage d'en faire pour s'aérer un peu l'esprit ou s'offrir une pause.
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Sam 7 Avr - 6:36

Qu'on ne se méprenne pas, Jesse ne portait pas de jugement sur l'attitude du professeur de géographie. Il se contentait de remarquer un comportement et de s'y intéresser de manière objective, scientifique et désabusée. Cela éclairait le portrait du personnage, qu'il n'avait jusqu'à lors que peu rencontré. Pas forcément par absence d'envie ou d'intérêt, simplement que l'occasion ne s'était jamais réellement présentée, les circonstances de leurs diverses rencontres faisant qu'ils étaient occupés d'une façon ou d'une autre. En réalité, Jesse avait entendu parler du côté aventurier de métamorphe et s'était avoué intrigué. Non pas par le personnage, mais par les récits qu'il pouvait avoir ramené avec lui de ses divers voyages. L'anthropologue qui sommeillait en lui était toujours avide de connaissances sur le monde et les différents êtres et sociétés qui l'habitaient et le Sachem avait en sa possession des informations pouvant éclairer ce portrait du monde que le jeune californien ne se lassait jamais de dessiner... plus encore maintenant qu'il avait l'éternité pour le faire.

En parlant de cela, Williams posa une question que le doctorant entendait régulièrement depuis quelques mois... depuis la nouvelle rentrée universitaire, en réalité, où il avait changé son planning pour ne plus donner que des cours de nuit et n'était donc plus entouré du même personnel. Certains, cependant, ne faisaient pas preuve de la même sorte de délicatesse que celle que l'homme lui faisant face paraissait aborder. Plusieurs de ses collègues normes, travaillant sur leurs propres thèses, n'avaient pas compris ce qui lui était arrivé. Non pas qu'il se soit fatigué à leur expliquer ses raisons : elles ne regardaient que lui et la personne qui l'avait transformé, et il avait aperçu suffisamment de leur caractère obtus pour savoir que des explications, aussi longues et logiques soient-elles, ne changeraient rien à leur opinion. Comme il se souciait très peu de ce que les autres pouvaient penser de lui, il laissait dire, se contentant de signifier à tous, comme il venait de le faire à Matthew, que ce choix était délibéré. Il n'avait aucune envie d'attirer des ennuis à sa créatrice en laissant penser le contraire.

Entendre le métamorphe énoncer ce qu'il pensait tout bas était donc étrangement rafraîchissant. Étrange, dans le sens où ces réflexions auraient dû être celles de la majorité. Après tout, comme cela venait d'être énoncé, il faisait bien ce qu'il voulait. Tant que ses actions n'étaient pas préjudiciables pour le reste de l'humanité, il ne voyait pas en quoi cette dernière se pensait capable de juger et -pire encore- de lui conseiller un autre mode de vie. Evidemment, ces adeptes étaient également les derniers à mettre en place leurs propres conseils, ce que Jesse finissait par leur signifier avec la franchise qui était la sienne.

Ce fut cette même franchise qui l'amena à adresser un sourire amusé à l'affirmation suivante du sachem, selon laquelle il était bien le plus réfléchi des deux. Son éducation fut ce qui l'empêcha de répondre voix haute, mais la légère trace de malice présente dans son regard généralement froid et distant valait toutes les paroles qu'il aurait pu dire. Il ne lui ferait pas l'affront de le confirmer à haute voix, mais ce n'était pas comme s'ils étaient tous deux des imbéciles. Par ailleurs, la situation dont ils venaient de s'extirper en était le témoin éloquent : l'étudiant étaient effectivement extrêmement réfléchi, quand le professeur savait se montrer plus impulsif. Une histoire de contrôle, probablement. D'animal-totem peut-être également.

A l'invitation du géographe, Jesse haussa un sourcil vaguement intrigué. Il était venu si tôt dans l'optique d'avancer dans ses préparations de cours, mais il n'était pas non plus extrêmement pressé : il faisait partie de ces personnes particulièrement organisées, qui n'avaient par conséquent aucun problème à prendre de l'avance. Ce serait peut-être l'occasion d'avoir ces conversations qui pourraient être si intéressantes. Néanmoins, l'idée d'un verre n'était peut-être pas la même pour tous... Un léger sourire, presque roublard, se dessina sur les lèvres du californien.

"Tout dépend du contenu du verre... Seriez-vous prêt à vous jeter dans la gueule du loup, monsieur Williams ?"

En réalité, en sa présence, il ne risquait par grand chose : les grandes pompes vampiriques qui ne voyaient en lui que le joujou obéissant et ignorant de la Maîtresse n'étaient pas du genre à fréquenter les bars du Quartier Sanglant... Mais Matthew n'avait pas besoin de connaître tous ces détails. Et autant l'avouer, parce que c'était bien assez rare pour être mentionné : Jesse était curieux de savoir jusqu'où le Sachem pouvait aller.
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Matthew Williams
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Dim 8 Avr - 23:13

S’il avait été transformé, nul doute que ce n’était pas la première fois que l’ancien Norme entendait la question lui être adressé, que ce soit sous couvert de curiosité ou de surprise. Dans le cas de Matthew, c’était principalement pour tenter de s’assurer que sa mémoire n’était pas aussi défaillante que la réalité semblait vouloir le lui faire croire. Pour le reste, il n’avait aucune intention de juger sur les motifs qui avaient pu pousser le jeune homme à vouloir devenir un Vampire. Tout au plus fallait-il peut-être s’assurer qu’il n’avait pas été transformé contre son gré, mais, là encore, ce dernier semblait suffisamment… serein, pour croire, légitimement, que ce n’était pas le cas. Quelles que furent les raisons qui poussèrent Jesse à subir cette transformation, elles ne regardaient que lui et lui seul. Chacun était seul juge de ses propres actes et décisions le concernant. Ce choix-là n’influençait pas, ou pas directement, d’autres personnes et ne nécessitait l’aval de quiconque, si ce n’est de son Géniteur. Matthew avait toujours prit à cœur le respect du choix des autres, mais, peut-être était-ce simplement, juste une question d’éducation. Dans tous les cas, le doctorant n’avait pas à craindre de remarques ou de jugements de la part du Sachem, quoiqu’une part de lui imaginait que, de toute manière, il n’en aurait probablement rien eu à faire. Ceci étant dit, son interlocuteur sembla quelque peu… soulagé, que le sujet ne soit pas évoqué davantage, d’une façon ou d’une autre, qu’il s’agisse d’approfondir la curiosité du Sachem ou de discuter, vainement, de raison et de logique, d’avantages et d’inconvénients, de contexte et d’envie individuelle. Et encore une fois, dans ses souvenirs, le doctorant était parfaitement à même de mener des raisonnements logiques et sensés, de manière plus soutenue que le professeur de géographie ne le ferait probablement jamais. Après tout, le Sachem avait toujours vécu suivant davantage son instinct.

En parlant de son instinct, à l’idée de proposer un verre de remerciement à son sauveur, il n’avait pas particulièrement imaginé l’idée de rejoindre le Quartier Sanglant pour trouver de quoi boire. Cependant, à la proposition, non sans malice, de son interlocuteur, il fallut se rendre à l’évidence, il n’était effectivement pas très courant de trouver des bars servant de quoi satisfaire la soif d’un Vampire. Un dilemme se posait alors. Fondamentalement, le Sachem n’était pas spécialement contre l’idée d’aller dans un bar du choix de Jesse, conscient que, de toute manière, il y avait peu de chance que ce dernier l’ait sauvé d’une mauvaise situation pour le pousser directement dans un nid à vipères, néanmoins, on ne pouvait pas forcément admettre que le Jaguar avait un bon souvenir de sa première rencontre avec une des créatures de la nuit de cette ville. Après tout, il avait bien failli mourir cette nuit-là, sans compter la présence d’Arn. Bien entendu, entre temps il avait pu rencontrer d’autres Vampires qui n’avaient pas particulièrement essayé de le tuer, mais, malgré tout, cette expérience restait particulièrement ancrée dans son esprit. C’était peut-être pour ça que son animal-totem n’était jamais réellement apaisé en leur présence. Matthew se fendit néanmoins d’un léger sourire. « Voilà qui est très malin de tourner la chose de cette manière, Jesse. » En effet, lui proposer cette prise de risque sous la forme d’un défi était probablement le meilleur moyen pour qu’il accepte. Qu’il le fasse sciemment ou non. Mais, du souvenir qu’il avait de cet étudiant, quelque chose lui disait que ce n’était pas complètement un hasard. Le Métamorphe haussa les épaules. « J’imagine que pour que ce verre fasse bonne mesure, il serait judicieux que vous l’appréciez. Ainsi donc, à vous de choisir votre bar ! Je vous suis. » Le professeur se contenta de passer sa sacoche en bandoulière. « Reste à savoir si vous me jetez dans la gueule du loup, ou si vous le faites entrer dans la bergerie. »

Bon, il ne fallait pas se le cacher, Matthew n’avait probablement rien d’un grand méchant loup, même s’il était capable de devenir… méchant, si on le cherchait un peu trop fort. Il y avait donc fort à parier que c’était davantage la première possibilité plutôt que la seconde, mais le Métamorphe avait toujours eu cette pointe taquine qui le caractérisait souvent. Il emboîta le pas au Vampire, espérant que, d’ici leur arrivée, sa blessure serait cicatrisée en grande partie, sans quoi un bon nombre de regards seraient probablement vissés sur lui. Bah. Il verrait bien le moment venu. « Vous menez une thèse actuellement, si je me souviens bien. Vos travaux avancent bien ? Quel en est le sujet ? » Il ne s’agissait pas seulement de faire la discussion pour éviter un silence aussi long que la distance qui les séparait de leur destination, mais bel et bien un intérêt sincère de la part du Sachem. S’il n’avait pas particulièrement pu faire connaissance avec son interlocuteur jusqu’à maintenant, comme le disait le proverbe l’occasion faisait le larron et il aurait été idiot de s’en priver. Encore une fois, on pouvait juste l’envoyer sur les roses, mais, contrairement à ses motivations de devenir un Vampire, son sujet de thèse était difficilement quelque chose de véritablement personnel. Il pouvait ne pas avoir particulièrement envie d’en parler avec un néophyte en la matière, car s’il y a une chose qui était certaine pour le Jaguar, c’était que ses travaux ne concernaient pas la géographie. Car, si cela avait été le cas, il aurait probablement croisé l’étudiant de manière plus… soutenue. Matthew n’avait pas le droit d’encadrer des recherches, mais, malgré tout, ses collègues, qui enseignaient la même matière, eux le pouvaient, et il les côtoyait suffisamment pour savoir qu’ils n’avaient pas Jesse comme doctorant. Ou alors il fallait qu’il pense à revoir la composition du département de Géographie de l’Université…
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Lun 9 Avr - 6:53

Il ne fallut pas plus d'un échange de regards pour savoir que Matthew avait parfaitement compris où le doctorant voulait en venir... et qu'il était en train de peser le pour et le contre. S'il souhaitait vraiment lui offrir un verre pour le remercier, il devait s'agir de quelque chse qu'il était effectivement en mesure d'apprécier. Evidemment, les convenances auraient également voulu qu'il fasse des efforts et se contente de ce qu'on lui proposait. Mais c'était mal connaître Jesse, qui se faisait une spécialité de pousser les gens avec qui il interagissait dans ses retranchements, lorsqu'ils en valaient la peine. Sa relation avec Asch Räder en était un exemple flagrant. A la première réplique du géographe, l'étudiant sut qu'il avait gagné. Non pas qu'il en doutât : il savait déjà l'homme difficilement capable de renoncer à une proposition énoncée de la sorte. D'ailleurs, n'était-ce pas exactement ainsi que Thomas avait réussi à lui en coller une, en le mettant au défi ? Le sourire du californien s'étendit, réponse sous-entendue à une question indirecte. Oui, il était effectivement très malin. Ils le savaient tous les deux, et c'était probablement la raison pour laquelle Jesse allait obtenir ce qu'il voulait, ce qui fut confirmé par la réponse suivante, qu'il approuva d'un simple signe de tête avant de se mettre directement en marche. A la réplique sur la bergerie cependant, Jesse tourna la tête vers son presque collègue, son regard froidement amusé, tout autant que le sourire qu'il lui adressa et qui cette fois laissait apparaître l'une de ses canines, plus proéminentes que la normale.

"Oh, nous allons bien dans la bergerie, n'ayez aucune inquiétude à ce sujet. Néanmoins, ne présumez pas trop vite de l'identité du loup."

Bien qu'ils étaient probablement d'accord pour dire que le Sachem n'avait pas l'apparence d'un grand méchant loup, et ce même lorsqu'il jouait les durs avec des étudiants récalcitrants. Jesse avait clairement profité de l'ouverture laissée par le jeu de mots du métamorphe pour laisser un message concernant son propre statut, message qu'il était convaincu que son interlocuteur comprendrait, au moins en partie, au vu de la façon dont s'était déroulée leur rencontre de ce soir.

Ils continuèrent donc leur chemin dans un silence relatif, du moins jusqu'à ce qu'un nouveau sujet apparaisse dans la conversation. Sujet facile, mais non pas moins passionnant : quiconque connaissait un minimum le doctorant savait que le meilleur moyen de le faire parler était de mentionner son projet de thèse. Le jeune homme hocha la tête avec ce qui, pour lui, correspondait à un certain enthousiasme.

"En effet, en sciences comportementales. Psychologie, anthropologie et sociologie, même si mes travaux reposent principalement sur les deux dernières. Ils avançaient bien, avant le mois dernier." Il soupira. "Ces nouvelles lois, en plus du reste, m'obligent à retravailler près d'un tiers de ce que j'avais déjà écrit."

Il s'interrompit, le temps de traverser à un passage piéton assez bruyant. Heureusement pour eux, le Quartier Sanglant n'était pas très loin, et Jesse avait bien l'intention de s'arrêter à l'un des premiers bars servant les vampires. Pousser jusqu'au Danse Macabre ne leur serait d'aucune utilité : s'il y avait bien un endroit où les imbéciles qui le méprisaient pouvaient éventuellement se réunir, ce serait là. Et malgré son discours, l'étudiant n'avait aucune intention de les mener tous deux droit dans la gueule du loup. Il continua sur le même ton factuel, mais la façon dont il s'épanchait traduisait la passion qui l'animait.

"Je travaille sur les relations entre Normes et Outres et l'impact des diverses révélations et du coming-out des faës sur ces premières, ainsi que sur les relations inter-Outres au travers de ces mêmes paradigmes, notamment sur l'opposition entre faës et vampires, qui se disputent à présent les faveurs de la communauté Normes, quand les seconds avaient jusqu'à présent toujours eu l'avantage. La Nouvelle-Orléans est le terrain le plus fertile des Etats-Unis pour étudier les interactions entre ces différents groupes sociétaux, raison pour laquelle Yale a accepté de me "prêter" à l'université de l'Ambassade."

Il haussa les épaules, ne cherchant pas à cacher la légère amertume de son ton. "Autant vous dire que j'ai dû revoir certaines de mes conclusions ces dernières semaines."
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Matthew Williams
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Lun 9 Avr - 9:47

Certains diraient, une nouvelle fois, que Matthew ne réfléchissait pas assez, qu'il était facile de le mener en bateau. Ils avaient peut-être raison, ou peut-être pas. Il était évident que son interlocuteur avait su jouer sur la forme pour influencer, un minimum, le choix du Métamorphe d'accepter ce petit défi, mais cela ne voulait pas nécessairement dire qu'il fonçait les yeux fermés dans un piège. Il y avait probablement un intérêt à choisir un bar où l'on servait les Vampires et peut-être même que Jesse en profitait pour comprendre davantage le professeur de géographie au travers de ses actes et de ses réactions. S'il s'était souvenu de son sujet de thèse à ce moment-là, la conclusion aurait été parfaitement logique. Ceci étant dit, d'un naturel généralement optimiste, le Sachem s'imaginait simplement qu'il n'y avait à cette petite provocation qu'une volonté de le taquiner. Et si les choses devaient finir par lui déplaire, il pourrait simplement rentrer chez lui. Si les choses devaient se gâter, il trouverait un moyen de s'arranger, comme à son habitude. La proposition de lui laisser choisir leur destination sobrement acceptée, d'un simple signe de tête et d'une mise en mouvement quasi-immédiate, le Jaguar lui emboîta le pas en se demandant dans quel bar du Quartier Sanglant ils s'arrêteraient finalement. Il connaissait assez peu le quartier – qui n'était pas son coin de prédilection – mais quelque chose lui disait que le lieu lui en dirait peut-être long sur les motivations. Ceci étant dit, Jesse ne manqua pas de rebondir sur sa plaisanterie, manquant de faire remarquer qu'il ne fallait pas présumer trop rapidement de l'identité du loup. Elle pouvait être une simple répartie verbale, un jeu de mots voué à semer le doute, pour le plaisir. Mais au regard et au sourire de son initiateur, l'Once pouvait réaliser que ce n'était pas particulièrement des menaces – le mot était véritablement fort pour la peine – en l'air. Ainsi fallait-il croire qu'il était en présence du loup lui-même ? Au vu de la façon dont il avait réussi à se débarrasser des trois jeunes Vampires, Matthew savait qu'il valait mieux qu'il soit sur ses gardes concernant l'étudiant, mais quelque chose lui disait que leurs hiérarchies respectives laisseraient les événements à leur niveau le plus cordial.  « Je tâcherai de m'en souvenir. » S'était-il alors contenté de répondre, répondant au sourire du jeune homme.

Pensant bien faire en rompant le silence qui s'installait dans la nuit durant leur trajet à pied, le Sachem eut l'occasion de se rendre compte qu'il avait frappé dans le mille s'il souhaitait faire parler ce Vampire au demeurant assez concis dans ses propos. Ses travaux de thèse, dont il semblait particulièrement volubile, lui tenaient visiblement à cœur. Assez pour déplorer d'ailleurs que les événements récents le forçaient à revisiter bon nombre de ses conclusions déjà établies. Il était vrai qu'en termes de sociologie, les récentes lois impliquaient nécessairement des changements importants, notamment au point de vue des relations entre les Normes et les Outres. Matthew écouta avec soin le doctorant exposer son sujet de recherche. Une chose était certaine, il y avait effectivement matière à écrire une longue thèse sur l'ensemble de ces sujets et il comprenait en effet pourquoi l'Université de Yale avait accepté de l'envoyer à la Nouvelle-Orléans. La ville était réputée pour faire partie de celles avec la plus grande concentration d'Outres, probablement originellement à cause de son affiliation à la culture Vaudou, et, plus récemment, à cause de sa réputation d'oasis pour les communautés Outres. Dans tous les cas, il partagea l'amertume dont Jesse fit preuve lorsqu'il mentionna une nouvelle fois l'impact des événements récents sur ses travaux. « Ce genre de lois n'est pas sans impact sur la société, c'est évident. » Lui-même en était bien conscient et la ville serait probablement au cœur des premières transformations, compte-tenu, justement de son statut particulier.  « Néanmoins, j'imagine que le contexte de la société influe toujours sur les comportements. Au-delà de modifier vos conclusions, ces nouvelles conditions rajoutent de l'eau à votre moulin en vous fournissant des contextes supplémentaires à étudier, voire de nouveaux angles de réflexion. » Le Métamorphe restait pragmatique. Il ne connaissait pas grand-chose du domaine de la recherche, car, après tout, il n'en avait pas fait. Mais des contacts avec ses collègues, il avait su comprendre que les esprits scientifiques réussissaient toujours à tirer de l'expérience de tout échec ou changement de direction. Nul doute que le Vampire trouverait de quoi rebondir malgré les difficultés. Puis il ne semblait pas le genre à baisser les bras.

Matthew suivait toujours Jesse, observant les alentours. Le Quartier Sanglant était toujours animé de nuit, et ne se réveillait généralement qu'aux premières lueurs de l'aube. Ici se côtoyait le patchwork de la ville, même si les Vampires étaient plus présents que les autres Outres. Les Normes affluaient toujours autant, malgré la nouvelle concurrence des Faës dans le domaine de l'adoration, comme l'avait souligné le doctorant. Le Sachem essayait d'être attentif, plus ou moins discrètement, aux devantures de magasins, essayant de déterminer combien de bars ils passeraient avant d'en choisir un. Non pas qu'il ait une préférence particulière, mais simplement pour savoir si le loup était intéressée par une bergerie en particulier ou simplement par la première disponible. « Que pensez-vous des dernières lois d'ailleurs ? Au-delà des conséquences sur vos travaux, loin d'être agréables, j'imagine qu'elles ne vous ont pas laissée indifférent. » Il fallait admettre que personne n'y était vraiment resté indifférent. Les Outres, de leur côté, se sentaient généralement et, à juste titre, outrés. Les Normes... étaient probablement partagés entre le sentiment de sécurité – totalement illusoire – que cela leur procurait lorsqu'ils ne portaient pas les autres dans leurs cœurs, ou l'indignation face à ce que cela impliquait en matière de droits civiques. Malheureusement, ces derniers étaient bien trop peu nombreux au goût du Sachem. De telles décisions auraient du faire scandale, et, pourtant, elles étaient presque acclamées sans protestation. Ces gens-là avaient-ils oubliés l'époque de la Révélation ? L'oppression n'avait pas franchement réussi à la société à cette époque... Mais peut-être avaient-ils simplement la mémoire courte, ou trop peur pour s'en rappeler. Le Métamorphe soupira légèrement face à ses propres réflexions. Mieux valait penser à autre chose.
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Mar 10 Avr - 7:04

La malice de Jesse ne constituait en rien une menace. Du moins, pas pour le professeur de géographie qui l'accompagnait. Même si, pour être tout à fait honnête, il n'était pas non plus à lui de jouer le loup dans la bergerie. Il avait plutôt le rôle de chien de troupeau, chargé de garder les moutons dans le droit chemin... tout en leur proposant parfois des chemins de traverse appropriés et approuvés par le berger qu'était sa hiérarchie, que les autres membres de la communauté soient ou non au courant de ce fait. En faisant dans l'Ombre tout ce que la Maîtresse, toujours en pleine lumière, ne pouvait se permettre, l'étudiant possédait tout de même un statut dangereux, car il savait mieux que quiconque encore présent sur cette planète ce dont Ailin était capable.

Néanmoins, là n'était pas le sujet. Il n'était pas en mission ce soir, à peine en représentation, et s'était simplement contenté de rebondir sur la pique lancée un peu plus tôt par le métamorphe. La réponse qu'il donna lui arracha d'ailleurs un très léger éclat de rire amusé. Matthew savait pertinemment que le californien ne lui voulait pas le moindre mal ce soir, auquel cas il aurait agi totalement différemment lors de son arrivée. Mais cela ne voulait pas dire que cet état de faits était immuable, en effet.

La discussion s'orienta ensuite sur la thèse du doctorant qui, comme à son habitude, devint bien plus loquace : dès que l'on touchait à ses sujets de prédilection (et ses travaux en étaient un, à n'en point douter), il donnait l'impression de s'illuminer. Ce n'était pas exactement le cas, mais il était évident qu'il appréciait énormément ce qu'il faisait, malgré les désagréments qu'il était en train de conter. Jesse hocha sèchement la tête à la première réplique du Sachem. Oui, en effet, c'était une évidence, ce pourquoi il ne prit pas la peine de se fendre d'une remarque verbale et préféra continuer son chemin. Il rebondit cependant sur la suite.

"Bien évidemment. Et les événements des mois à venir s'annoncent tout à fait passionnants, tant et si bien que je songe à reporter la date de ma défense pour en inclure le plus possible. J'ai peut-être le léger regret de ne pouvoir en être un observateur neutre à présent, ce que l'on ne manquera pas de me faire remarquer si mes réflexions semblent prendre un parti qui déplaît à mon auditoire."

Il avait cependant la chance d'avoir des directeurices de thèse, que ce soit ici, à l'Ambassade, ou à Yale particulièrement ouverts sur les questions et enjeux Outres. Et heureusement, sinon il n'aurait pas pu ne serait-ce qu'imaginer travailler sous leur tutelle. D'ailleurs, la personne qui le suivait à Yale lui avait déjà conseillé quelques lectures en provenance de ses collègues du Connecticut, état qui n'avait pas approuvé cette loi et possédait donc un avis bien différent sur la question. Il songeait également à aller s'informer du côté de son état de naissance, la Californie, qui avait toujours été relativement progressiste concernant les mouvements sociaux. L'opportunité de comparaison était tentante, mais à ce rythme il allait devoir songer à un post-doc plus qu'à un simple doctorat.

Pris dans ses réflexions, Jesse ne répondit pas de suite à la dernière question du géographe. Et pourtant, il avait lui-même lancé des indices pour parvenir à cette discussion un peu plus tôt, alors qu'ils étaient encore sur le campus. Il tourna à gauche, entrant dans une rue un peu moins fréquentée, préférant éviter les Vampfans, avant de reprendre la parole.

"Elles peuvent difficilement laisser quiconque indifférent. D'un point de vue strictement matériel, ces nouvelles obligations sont une perte de temps phénoménale, et pour les Outres, et pour les Normes. Seule une petite partie d'entre eux bénéficie réellement de ce qui est en train de ce passer, et cela n'augure malheureusement rien de bon."

Il était inutile d'essayer de nier l'influence du TPH dans toute cette histoire. Le groupe était le seul à réellement gagner au change, quoi qu'on tente de faire croire à de pauvres Normes qui avaient la sensation de se sentir plus en sécurité : ils n'avaient jamais été autant exposés, au contraire, car lorsque les Outres se décideraient à répondre, elles le feraient sans le moindre scrupule. Jesse le savait de source sûre.

"On est en train d'assister à ce qui va sûrement devenir la plus grande montée d'extrémisme depuis la Révélation. Et encore, à l'époque les Outres n'étaient pas assez organisés pour se défendre, ayant été pris par surprise par la décision de ce vampire français de se dévoiler. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Pour être tout à fait franc, je pense que les Normes ont fait une erreur magistrale avec ce que certains d'entre eux pensent être un coup de maître."

Il s'arrêta devant la porte d'un pub tout ce qu'il y avait de plus banal, qu'il poussa avant de faire signe à son interlocuteur de le suivre. L'intérieur avait cette ambiance typique des bars irlandais, musique celtique et scène ouverte comprises. Cette dernière était encore inoccupée, car la soirée ne faisait que commencer. Les murs étaient couverts de vieilles publicités pour diverses bières et autres cidres directement importés de Grande-Bretagne, les étagères derrière le bar regorgeant également de divers whiskys et liqueurs du pays. Le lieu paraissait étroit, mais possédait un grand sous-sol et était directement relié au Dédale -ce qui était toujours pratique. D'un autre côté, cela voulait également dire qu'on ne savait jamais de quel côté les moutons allaient surgir. D'un signe de la main, Jesse suggéra à son camarade de choisir où s'installer, non sans relancer la discussion.

"Et vous alors ? Je doute qu'il fut facile de convaincre tout le monde de rester dans le rang. Vos ouailles sont du genre à avoir le sang chaud, si je ne m'abuse."

A l'image de leur chef, sans aucun doute. La réflexion n'était une fois de plus pas dénuée de malice.
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Mar 10 Avr - 12:23

Matthew était loin de se sentir en danger en présence du Vampire, même si, en toute honnêteté, il était difficile de faire taire ses instincts les plus primaires. Son animal-totem n'était jamais entièrement apaisé lorsqu'il se trouvait à proximité de l'un d'entre eux. Toujours aux aguets, la perspective de finir une nouvelle fois en casse-croûte pour suceur de sang ne lui plaisait pas plus que ça, justifiant probablement son état de vigilance, même si, globalement, il était loin d'être nerveux, bien loin de là. Après tout, il avait une confiance relative envers Jesse, probablement due à son intervention quelques dizaines de minutes plus tôt, mais également de part leur relative proximité. Au-delà de ses capacités à tomber de mal en pis, le Sachem avait toujours eu de bons instincts concernant les gens et leurs réelles intentions et, pour le moment, ce Vampire-là ne semblait pas vouloir le mener vers l'abattoir. Restait à voir si la situation évoluerait ou non... Ils continuaient leur petite marche dans les rues de la ville, se dirigeant lentement mais sûrement vers leur destination. Ravi de trouver un sujet de discussion pour lequel son interlocuteur se montrait plus loquace, le Métamorphe ouvrit grand ses oreilles et l'écouta évoquer ses travaux et les conséquences des événements actuels. Il ne fut pas surpris d'apprendre qu'il les envisageait comme des faits passionnants, véritablement curieux sur la tournure que prendraient les prochains mois. C'était probablement le scientifique qui transpirait à travers ces mots car le professeur de géographie, en tant que guide de sa Communauté, les appréhendait plus qu'autre chose. Ceci étant dit, son travail n'était pas d'en étudier les conséquences comportementales, aussi n'avait-il probablement pas le même état d'esprit. Toutefois, si les intuitions de Matthew étaient correctes, une petite partie du Vampire devait également un peu redouter la tournure, potentiellement dramatique, que pourraient prendre ces fameux événements.  « J'ai du mal à penser que même un simple Norme puisse rester véritablement objectif. » Enfin, peut-être faisait-il référence au fait que personne ne pouvait rester objectif dans un tel contexte, et ne se référait-il pas seulement à sa récente transformation...Néanmoins, pour le Sachem, un jury serait effectivement plus prompt à le qualifier de biaisé dans sa nouvelle condition que dans la précédente.

L'Once continuait à suivre le Vampire dans ses pérégrinations, laissant le cours de leur discussion agrémenter le trajet de façon assez plaisante. Après tout, il était toujours agréable de faire connaissance, principalement avec une personne déjà côtoyée à plusieurs reprises mais avec laquelle il n'avait simplement pas eu le temps de prendre le temps. Le professeur hocha positivement de la tête lorsque Jesse mentionna l'énorme perte de temps qu'impliquaient ces nouvelles procédures. Il était également conscient que ces fichages ne permettaient qu'à certaines personnes de s'offrir des moyens de pister les Outres, plus que pour protéger les populations locales d'éventuels débordements. Une seule faction, ou peut-être d'autres, mais dans de moindres mesures, pouvait bénéficier de telles procédures : le TPH. Cette idée n'était pas des plus plaisantes, mais, pour le moment, ils devaient se contenter de jouer le jeu. Malgré tout, le raisonnement du Vampire était parfaitement logique et fondé. Ses comparaisons avec la Révélation étaient justes et sensées et son analyse rationnelle et sans faille. C'était indéniable, les conséquences seraient plus désastreuses qu'à la Révélation si conflit ouvert il devait y avoir entre Normes et Outres. Si ces dernières devaient être ostracisées d'une façon, ou d'un autre, elles ne manqueraient pas de faire comprendre leur point de vue, de manière plus ou moins brutale. La meilleure solution, pour les Normes, serait peut-être d'appliquer le concept de diviser pour mieux régner, mais, visiblement, la politique actuelle était de s'aliéner l'ensemble des Communautés Outres, sans distinction, ce qui, comme le pensait Jesse, était loin d'être une excellente idée. Matthew ne put que se contenter d'aller dans le sens des paroles de son interlocuteur. Il aurait été difficile d'argumenter contre, en tout cas, pas dans leur camp. « Je ne peux pas vous contredire sur ces points-là. Je ne suis effectivement pas convaincu que les Normes se rendent compte qu'on vient de mettre le doigt dans un engrenage dangereux. La suite logique des événements n'augure rien de bon, ni pour nous, ni pour eux. J'ai du mal à croire qu'ils ne soient pas conscients qu'ils peuvent faire face à un soulèvement généralisé et, c'est déprimant de voir l'immobilisme d'une majeure partie de la population face à un risque de guerre civile... »

Parce que cela finirait inévitablement comme ça. Sous l’oppression, une minorité commençait d'abord par accepter, puis, sous le poids, finissait par se révolter. Sauf que, dans le cas présent, la minorité n'était pas si minoritaire que cela. Et quand bien même chaque Outre disposait de son point faible, le Sachem n'arrivait pas à comprendre pourquoi la plupart des Normes ne pouvaient pas voir plus loin que le bout de leur nez, pour vous ce qui y pendait. Ils arrivèrent finalement devant un pub irlandais qui ne payait pas de mine. A l'invitation de son guide du soir, le Métamorphe rentra, découvrant l'atmosphère atypique, mais pas désagréable, de l'établissement. Il se dirigea vers une table, un peu à l'écart, ou du moins ce qui y ressemblait le plus, avec une vue sur toute la pièce, comme il le faisait souvent lorsqu'il découvrait un nouvel endroit. Il s'installa sur une chaise tandis que le Vampire lui retournait sa propre question, l'étendant même à ses confrères, dont il avait la charge. Le professeur haussa les épaules dans un demi-sourire. « Pas plus que les vôtres, à en juger par cette soirée. » Il s'intalla un peu plus confortablement et soupira légèrement. « Il n'y a rien de bon à espérer de ces nouvelles lois. Elles engendreront plus de problèmes que de solutions. Quant aux Métamorphes, fidèles aux animaux sauvages, ils n'apprécient que moyennement le fait d'être fichés. Sans compter les problématiques que peuvent engendrer des pointages mensuels, notamment lors de la Saison. » Nul doute que Jesse savait parfaitement à quoi faisait référence son interlocuteur. A étudier les comportements des Outres et des Normes, il avait forcément entendu parler de cette particularité des Métamorphes à l'approche du printemps.  « Ils ne devraient pas y avoir de problèmes pour les prochains recensements de notre côté, à part peut-être quelques cas isolés... » L'idée de devoir traquer les siens ne lui plaisait que moyennement et il espérait que son message avait été entendu.  « … Mais il est hors de question de laisser les choses en l'état et nous comptons bien faire entendre notre voix. » Sans compter que... Finalement, il n'était pas en face de n'importe qui. « Je compte d'ailleurs en parler personnellement avec les autres représentants des différentes Communautés d'Outres de la Nouvelle-Orléans. Comme vous l'avez mentionné tout à l'heure, nous aurons de meilleures chances si nous sommes organisés. »
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Mar 10 Avr - 21:30

En tant qu'anthropologue chevronné, Jesse était habitué à observer tout ce qui se déroulait sous ses yeux avec détachement et précision scientifique. Tant et si bien qu'il donnait parfois l'impression de ne pas faire partie du monde qu'il avait sous les yeux, ou encore de ne pas s'y intéresser. Rien n'était plus loin de la vérité. C'était dans l'observation neutre qu'il puisait ses réflexions, et avec ces dernières des moyens de mieux comprendre et envisager ce qui se présentait à lui. A la manière dont il parlait, on pourrait croire qu'il se désintéressait de l'impact de ces lois, en dehors des possibilités d'analyse de comportements qu'elles recelaient. Ce n'était pas tout à fait vrai. Il était bien plus ennuyé personnellement par tout cela qu'il ne le montrait. Mais il ne pouvait empêcher l'observateur en lui de vouloir laisser les événements se faire, pour pouvoir ainsi en apercevoir les conséquences et les évolutions au sein de cette société particulière. Le manque d'empathie qu'il éprouvait généralement à l'égard de toute chose était potentiellement également à blâmer pour ce détachement rationnel. Raison et logique dont il fit à nouveau preuve en répondant à la notion d'objectivité qu'il avait lui-même abordée.

"Personne ne peut l'être, dans ce cas précis. Mais vous savez aussi bien que moi que les oppresseurs sont toujours considérés bien plus objectifs que les opprimés, et ce dans toutes les strates de l'Histoire, depuis la naissance des civilisations. Ce n'est pas pour rien que les récits viennent des vainqueurs."

L'histoire du pays dans lequel ils se trouvaient en était l'exemple flagrant, depuis sa soi-disant découverte jusqu'aux événements de ces dernières semaines. Il suffisait d'analyser le discours utilisé dans ce fameux communiqué pour trouver encore d'autres preuves.

La discussion continua autour de l'avis du doctorant concernant ces lois, opinion que le professeur corrobora avant d'ajouter quelque chose de plus concernant les Normes. Ce fut au tour de l'étudiant d'acquiescer rapidement, non sans apporter ses propres précisions à un débat qui, véritablement, le rendait bien plus bavard que quoi que ce soit d'autre ne l'aurait pu... ou presque.

"La plupart des Normes se contentent de suivre le mouvement de manière passive, donnant l'impression de subir les événements aux yeux de la communauté internationale. C'est d'autant plus dangereux qu'à la moindre attaque, quel que soit son type, contre l'une de ces personnes, elles deviendront des victimes aux yeux de tous. Ce qui est probablement l'objectif de ceux qui ont imaginé ces lois en premier lieu. Quoi de mieux que de prendre un personnage public potentiellement "innocent" et de l'ériger en martyr ? C'est bien ainsi que la Première Guerre Mondiale a commencé. En réalité, je ne serais même pas étonné qu'ils s'arrangent ainsi pour causer eux-mêmes le conflit et nous en incomber la faute, si nous n'agissons pas avant eux."

Jesse n'était pas particulièrement conspirationniste, mais il avait l'habitude du jeu des manipulations politiques plus ou moins habiles. Et si le schéma qu'il venait de dérouler était particulièrement alarmiste et très certainement la dernière option aux mains du TPH, il ne doutait pas qu'il s'agissait d'un plan bien tapi quelque part. Après tout, ces lois n'étaient que la partie émergée de l'iceberg, il suffisait d'un minimum de rationalité pour s'en rendre compte, Matthew l'avait signifié aussi bien que lui en énonçant le premier la notion de guerre civile, à laquelle l'étudiant concordait tout à fait. Cependant, lorsqu'il parlait d'agissement de la part des Outres, il n'impliquait pas forcément la force. Idéalement, il faudrait avant tout tenter les issues diplomatiques pour pouvoir sortir de ce conflit de la manière la plus pacifique possible, même si le californien ne croyait aucunement à une telle solution. Ce serait insuffisant, c'était certain. Il espérait simplement que les conséquences d'une rétaliation ne seraient pas trop catastrophiques. Car il ne se faisait aucune illusion : le Talion avait déjà mis les mains dans le cambouis quelques semaines plus tôt à Vegas. Avec la promulgation de ces lois, il était impossible qu'il n'agisse pas, et par la force.

La conversation se tarit brièvement par la force des choses, alors qu'ils pénétraient dans l'un des bars les plus calmes du Quartier Sanglant. Calme, car éloigné des rues principales et donc de l'affluence de vampfans, ce qui en réalité en faisait un lieu privilégié de la part des vamps pour mener leurs propres activités. Jesse savait que certaines des plus illégales de ses ouailles venaient opérer quelques uns de leurs trafics ici, sous le regard plus ou moins bienveillant du propriétaire et barman, ancien membre de la mafia irlandaise de Saint-Louis à l'époque de la Prohibition américaine. Il avait perdu sa place avec sa transformation, ayant été déclaré mort, mais n'avait pas cessé ses activités pour autant. L'Ombre l'avait très discrètement approché à l'époque où il était encore un humain parmi d'autres, ayant connaissance de son statut par un bouche à oreilles underground particulièrement efficace. Il lui avait été difficile de gagner la confiance de l'homme, mais il était -pas si étonnamment que cela- plus loquace depuis qu'ils faisaient partie de la même "famille", comme il le disait.

L'étudiant laissa au métamorphe le soin de choisir la table. C'était tant un choix politique que stratégique. En effet, il avait décidé du lieu, la moindre des choses était de laisser à son interlocuteur celui de sa table. Mais surtout, cela lui permettait d'observe un peu plus le Sachem et son rapport à ses alentours. Pour qui était au minimum au courant de la nature du géographe, il était évident que son totem influençait l'endroit où il décida de les mener. Sans être dans un coin, il s'agissait d'une table légèrement éloignée, mais qui possédait une vue suffisante pour pouvoir surveiller les allées et venues depuis l'entrée principale. L'animal devait être un adepte des sorties rapides, ou bien d'être suivi assez régulièrement. Une fois encore, c'était en adéquation avec ce que le californien savait de lui, mais cela n'enlevait rien à la satisfaction de voir ses théories vérifiées. D'un autre côté, s'il s'attirait régulièrement des ennuis du genre de ceux dont il l'avait tiré un peu plus tôt, il était normal qu'il identifie les issues.

Sans faire le moindre commentaire à ce propos, Jesse préféra retourner à leur discussion initiale en renvoyant à Matthew la question qu'il lui avait faite un peu plus tôt, non sans une pique malicieuse qui lui fut rendue à force égale. Il apprécia la répartie du professeur avec un sourire fin et un léger hochement de tête, avant de s'asseoir à son tour, face à son interlocuteur qu'il écouta sans l'interrompre. Les implications de la saison des amours lui étaient effectivement déjà apparues, mais il était appréciable d'en entendre la confirmation de la part d'un concerné. Il haussa les épaules lorsque le géographe fit mention d'éventuels déserteurs. Ce n'était pas comme s'ils pouvaient l'éviter. Il y aurait forcément, chez toutes les espèces d'Outres, des rebelles, des récalcitrants, qui refuseraient de se plier à ces lois injustes, quoi qu'en disent leurs hiérarchies. C'était également pour cela qu'il existaient des Renégats au sein de la communauté vampirique.

Le sujet passa subtilement de la discussion amicale à la négociation diplomatique, ce qui n'étonnait absolument pas l'étudiant, qui laissa un nouveau sourire à la limite de l'amusement cynique se dessiner sur ses lèvres. Il fut cependant interrompu avant d'ouvrir la bouche par le propriétaire du bar qui s'était finalement décidé à venir les accueillir.

"Ne me dis pas que tu as amené ta nourriture ici pour boire à l'oeil sous mon nez, Coleman."

Un éclat de rire amusé fut tout ce que l’interpellé répondit à la voix à fort accent irlandais, avant de se tourner vers lui.

"Riagán, je te présente le chef de la communauté métamorphe de la Nouvelle-Orléans. Matthew, voici Riagán Darcy, le propriétaire.
-Ah. J'en déduis que ça va être difficile de le convaincre d'augmenter mes réserves. Qu'est-ce que je vous sers ?"


L'homme prit les commandes avant de s'éloigner et Jesse reprit les rennes de la conversation, comme il avait l'intention de le faire avant d'être interrompu.

"Parler avec les représentants de toutes les communautés Outres serait évidemment une bonne chose à faire. Cependant, je suppose que nous sommes tous occupés, chacun à notre manière. L'idéal serait de parvenir à organiser une réunion entre toutes ces personnes en même temps, car il serait ridicule de perdre du temps à obtenir une audience auprès de chacun. Reste à voir comment vous prévoyez de contacter tout le monde, certains sortent bien peu de leurs retraites."

Il pensait notamment au Grand Mage, qu'on voyait très peu sur le devant de la scène. De ce qu'il avait entendu, il paraissait d'ailleurs peu décidé à intervenir d'une quelconque façon. Mais le doctorant n'était pas certain de pouvoir faire confiance à l'opinion de Skyler sur ce coup-là. Le wiccan était probablement entièrement pour une solution de force, et les échos qu'il avait eu du chef spirituel wiccan étaient qu'il s'agissait avant tout d'un pacifiste. Le tempétueux russe devait avoir beaucoup de mal avec cela. Evidemment, Jesse avait lui-même les moyens de contacter plusieurs représentants influents (ou connaissances d'influents) des différentes espèces Outres, mais il n'avait pas l'intention de proposer son aide de suite. Il voulait d'abord en savoir plus sur ce à quoi Williams avait réfléchi, et s'il possédait lui-aussi ces moyens.

Un anthropologue avisé observait son entourage avant d'en imiter les us et coutumes pour se fondre dans le décor et se mêler à la société qu'il avait sous les yeux. Matthew Williams n'en était qu'un seul exemplaire, mais il illustrait parfaitement le microcosme qui avait piqué sa curiosité ce soir.
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Mer 11 Avr - 0:21

« Encore faut-il que les oppresseurs soient les vainqueurs. » Le Métamorphe eut un petit sourire accompagnant sa réplique prononcée avec une légère malice. Ceci étant dit, Matthew approuvait parfaitement les paroles du Vampire. Généralement, on donnait facilement raison à ceux qui avaient le dessus. Toutefois, ce n’était pas parce que les Normes, ou, dans le cas présent, le TPH, avaient la mainmise sur la situation actuelle, cela ne signifiait pas que cela serait toujours le cas. Plusieurs exemples dans l’Histoire, comme le mentionnait admirablement Jesse, mettait également en lumière des scénarios où les civilisations oppressées ont fini par vaincre. Du coup, qui est considéré comme le plus objectifs ? Le vainqueur ou l’oppresseur ? « Sauf si on considère que le vainqueur, même initialement oppressé, devient inexorablement l’oppresseur. » Mais cette conversation prenait peut-être une tournure plus philosophique à laquelle le Sachem n’était pas nécessairement prêt, ou, en tout cas, jugeait inutile d’aller aussi loin dans ce genre de considérations compte-tenu du contexte actuel. Dans tous les cas, encore une fois, le doctorant faisait montre d’une intelligence redoutable, sans parler de son verbe. C’était relativement stimulant et cela faisait un petit moment qu’il n’avait pas eu une soirée aussi… prometteuse sur ce plan-là. Plus habitué aux soirées mouvementées, le Jaguar devait admettre que quelque chose d’un peu plus calme mais tout aussi stimulant, sur un autre plan, n’était pas forcément désagréable. Loin de là. Et pour en revenir au sujet de leurs discussion, l’Once était effectivement convaincu que les autorités n’attendaient qu’un premier faux-pas de la part des Outres pour lancer les hostilités de manière plus généralisées, et, surtout de façon plus corsée qu’un simple recensement. L’argument consistant à imaginer qu’ils ne manqueraient peut-être pas de s’arranger pour le provoquer eux-mêmes était également… probable. « Sont-ils véritablement innocents ? Être des acteurs passifs de cette situation ne les rend-il pas coupables, par défaut ? » Encore une fois, la discussion s’élevait vers des débats peut-être trop tirés par les cheveux.  

Quoiqu’il en fût, Matthew n’était même pas certain d’adhérer à cette façon de penser. Certains Normes jugeaient simplement bon de ne pas se mêler de ces histoires, ne serait-ce que par peur, ou simplement par la volonté de ne pas s’afficher vis-à-vis de leurs compatriotes. Des comportements dommageables, car ils biaisaient les véritables volontés majoritaires – tout comme lors d’une élection – mais il était difficile de les blâmer, compte-tenu qu’ils seraient rapidement marginalisés, avec les Outres. On ne manquerait pas de pointer du doigts ses traîtres préférant prendre la cause des monstres plutôt que de leurs congénères. D'ailleurs, il était curieux de voir comment les fans de Vampire allaient être perçus par la société maintenant que s’afficher avec une Outre n’était peut-être plus aussi… à la mode. L’arrivée au pub Irlandais permit peut-être à la discussion d’éviter de s’égarer dans des considérations métaphysiques, se recentrant sur des considérations plus concrètes et terre à terre, mais surtout, plus actuelles. Après tout, ils auraient tout le loisir de savoir s’ils devaient prendre, ou non, des précautions sur quels Normes cibler par d’éventuelles représailles. Mais pour le moment Matthew voulait encore espérer trouver une solution plus ou moins pacifiste à l’engrenage qui venait de s’enclencher. Il était peu convaincu, lui d’ordinaire assez optimiste, mais il se devait d’essayer. Le recours à la force devait être l’ultime nécessité, la lutte pour la survie justifiant seule de se lancer dans une guerre civile d’où les deux camps sortiraient profondément meurtris et qui menacerait de les plonger dans une situation où la seule issue possible serait probablement dans la suprématie de l’un ou l’autre des deux camps, et pas avant. Prenant place à la table du pub, Matthew tacha de se vider un peu l’esprit, rebondissant sur les petites piques gentillettes de son interlocuteur pour penser à des choses un peu moins sombres, et encore. Parler d’éventuels renégats ne l’enchantait pas beaucoup plus.

Ils furent interrompus par l’arrivée du barman, qui, à première vue, était également un Vampire. Le Sachem ne montra aucun signe particulier de gêne, si ce n’était peut-être un haussement de sourcils de surprise à la remarque de celui qui était, également, le propriétaire de l’établissement selon les propos de Jesse. La remarque de l’Irlandais ne le fit pas spécialement rire mais il tendit une main ferme et amicale en direction du tenancier lorsqu’il fut présenté à ce dernier. « Je crains de jouer les égoïstes ce soir, désolé. Enchanté tout de même. » Mieux valait le prendre sur un ton léger. Il ne s’était cependant pas risqué à prononcer le prénom du barman, visiblement typiquement gaélique, auquel il n’avait pas suffisamment porté attention pour pouvoir reproduire avec brio les sons qui étaient sortis des lèvres du doctorant. Il commanda, probablement à la surprise générale, un lait-fraise. Avec un léger goût de sang dans la bouche, Matthew avait trouvé déplacé l’idée de commander un whisky, probablement plutôt bon, pour en faire passer la saveur. Cela aurait été du gâchis aussi. Et puis, un peu de sucre ne lui ferait pas de mal. Il laissa l’Irlandais partir avec la commande et se concentra sur Jesse qui reprit la parole, poursuivant la discussion auparavant interrompue. Encore une fois, il soulevait un point intéressant. La disponibilité était l’un des points faibles des représentants, et, à vrai dire, le Sachem avait espéré jouer sur sa propre disponibilité pour faire le liant entre ceux qui dont les emplois du temps étaient plus… serrés. Mais le Californien marquait un point, une réunion au sommet serait peut-être plus efficace et permettrait d’échanger plus facilement les points de vue. « J’ai eu le loisir de les rencontrer, plus ou moins brièvement, à l’occasion de ma nomination. J’ai quelques points d’entrée, plus ou moins directs, que je pourrais utiliser pour faire passer mon message, mais, je dois admettre que je comptais également sur la collaboration des plus… accessibles pour tenter de convaincre les autres. J’ose imaginer que chacun ne peut que voir l’intérêt de nous regrouper, dans une certaine mesure, dans cette situation. » Il fallait être raisonnable. Certaines tensions seraient difficilement apaisées mais il n’était rien d’impossible. Et si Métamorphes et Wiccans ne pouvaient pas se supporter, on pouvait toujours les mettre d’un bout à l’autre d’un cortège de manifestation, par exemple. Toutefois, avant ce genre de considérations, il fallait effectivement s’assurer du bon vouloir des représentants. « Et puis, avec un peu de chance, je ne serais pas le seul à avoir cette idée, ce qui en poussera peut-être à s’aventurer hors de leurs retraites pour une situation comme celle-ci. Ou, à défaut, leurs subordonnés directs. » Après tout, il y avait beau n’y avoir qu’une seule tête au sommet de la pyramide, on pouvait également frapper à la porte du barreau de l’échelle juste en-dessous, voire remonter l’échelle de bas en haut. Matthew ne manquait pas de motivation pour cela, si nécessaire.
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Jeu 12 Avr - 5:00

Jesse tourna un regard critique sur son interlocuteur. Le sourire qu'il arborait laissait entendre qu'il parlait probablement de la suite de cette histoire, bien qu'il n'y avait aucune façon d'en être tout à fait convaincu autre que celle de demander des précisions, et le doctorant n'allait pas s'y risquer. On sentait cependant à son regard qu'il ne croyait que très peu à cette éventualité. Appelez-le "pessimiste" si vous y tenez, mais les civilisations opprimées n'avaient pas vraiment remporté de grandes et indiscutables victoires qui étaient contés dans les cours d'histoire de tous les pays du monde. C'était déjà un miracle qu'on parvienne à obtenir le point de vue des Premières Nations sur l'histoire du continent américain. On parlait encore de "découverte". Sans compter les territoires sans cesse menacés à l'époque moderne, la façon dont les mélanges de si mal nommées "races" étaient toujours aussi mal vus... Et tout cela ne concernait que les relations entre les Premières Nations et ceux qui s'étaient appropriés leur continent. La liste était malheureusement bien plus longue. A la seconde remarque de Matthew sur le sujet, le doctorant entreprit de répondre.

"Scission et oppression ne sont pas forcément la même chose. Prenez l'exemple de la révolution américaine : évidemment que les colons se sont sentis oppressés par des taxes de plus en plus importantes, des directives à suivre d'une couronne bien lointaine qu'ils avaient quitté de plein gré ou parce qu'on leur avait forcé la main. Cela ne veut pas pour autant dire que les anglais eux-mêmes ne subissaient pas également des taxes pour subvenir au développement des colonies. Pourtant, aujourd'hui dans les livres d'histoire, la Révolution est vue comme l'oeuvre de gentils colons sous l'emprise du très méchant Empire Britannique. Ce sont les Patriotes qui ont brûlé et massacré des villages entiers de tribus des Premières Nations pour pouvoir s'approprier leurs terres et éviter qu'ils ne se battent aux côtés des Loyalistes anglais. George Washington lui-même en a parfois donné l'ordre. Sans rentrer dans un système de hiérarchie des oppressions, il me semble tout de même que la voix des personnes peuplant encore aujourd'hui des réserves arbitrairement délimitées sont très peu entendues. Mais ce n'est qu'un exemple parmi d'autre."

Ils n'étaient pas là pour se lancer dans des débats sur la façon dont l'Histoire était enseignée, mais les lacunes de ce pays (et d'autres, car il en était de même avec les Premières Nations d'Australie, du Canada, d'Amérique Centrale et du Sud, pour ne parler que de la période de la première colonisation européenne) et de ses habitants concernant leur passé avait tendance à l'irriter. Ayant été élevé lui-même par un indien Hopi, Jesse était particulièrement proche de ces questions, ce pourquoi il avait choisi d'illustrer son argumentaire avec cet exemple, mais la liste des versions des grandes périodes de l'Histoire du monde était peuplée de divergences de ce type. D'autant que c'était un phénomène qui se répétait : il suffisait de regarder leur situation actuelle. Une fouille, une seule, exhumait de soi-disant preuves que leurs espèces pourraient être liées à des Démons et le monde entier les prenait en chasse sans prendre la peine de vérifier une seconde fois leurs informations, tout simplement parce que ce qui -de source sûre- ne descendaient PAS de créatures démoniaques étaient plus nombreux et possédaient le pouvoir.

La conversation vint sur les Normes et sur l'inaction de la plupart d'entre eux. La question plus ou moins rhétorique du professeur de géographie sur la réalité de l'innocence de ces humains passifs amena le californien à hocher brièvement la tête de gauche à droite, dans un "Non" quasi-universel et catégorique.

"C'est un jugement de valeur que de poser cette question. On ignore les raisons de cette passivité. Ils n'ont peut-être pas les moyens de s'élever contre la voix majoritaire, pour des questions personnelles qui vont de la simple anxiété sociale à quelque chose de plus dangereux, comme des menaces de la part d'une connaissance. La peur est un argument très fort... Preuve en est avec la promulgation de cette loi en premier lieu."

Le débat (qui n'en était pas vraiment un, car les deux étaient d'accord sur le fond, même s'ils s'exprimaient différemment dans la forme) donnait vraiment plus l'impression d'être une haute réflexion sociétale qu'une simple discussion entre amis. On imaginait très facilement le jeune vampire prendre le même ton lorsqu'il tâchait d'expliquer certaines notions lors de ses TD ou même lorsqu'il essayait de réduire au silence des débats échauffés entre étudiants, par le biais de son argumentation logique et qui se voulait la plus objective possible. Jesse n'était pas infaillible, bien sûr, comme tout à chacun, mais il était difficile de nier son pouvoir discursif et persuasif quand on l'avait sous les yeux. Peut-être que les soi-disant grandes figures vampiriques qui remettaient sa nomination en questions comprendraient mieux les raisons de celle-ci, s'ils faisaient l'effort de l'écouter parler.

L'arrivée au pub les ramena à des considérations plus actuelles et moins métaphysiques, dans le sens où ils redirigèrent la discussion sur ce qu'il se passait à la Nouvelle-Orléans en ce moment et ce qu'ils pouvaient y faire plutôt que sur des considérations globales sur le fonctionnement de la société occidentale et plus particulièrement américaine. L'interruption de Riagán fut la bienvenue, les sujets sérieux comme celui-ci pouvant parfois mener à des considérations beaucoup plus pessimistes, ce qui paraissait être le cas jusqu'à ce que l'irlandais fonce dans le tas avec sa franchise habituelle. C'était quelque chose que Jesse appréciait chez lui, même s'il arrivait parfois à en jouer au point de le mettre vaguement dans l'embarras.

Pour le moment néanmoins, c'était son collègue qui paraissait ne pas savoir comment prendre la réplique du barman. Il fallait dire que se trouver entouré de personnes qui vous considèrent ouvertement comme de la nourriture (et se l'entendre dire) ne devait pas être très réconfortant, encore moins quand on avait l'habitude d'être l'animal prédateur plutôt que la proie. Mais Williams parut cependant s'en sortir avec une nouvelle pirouette, que l'Ombre apprécia d'un très léger sourire. L'autre vampire, lui, serra la main qu'on lui tendait avec la même fermeté, tout en faisant un coup de tête sur le côté pour pointer Jesse alors qu'il répondait au métamorphe.

"Que vous croyez ! Si vous n'offriez absolument rien, vous seriez pas là. Ce gosse-là ne fait pas dans l'altruisme."

Il prit les commandes sans bouger un cil et repartit aussi sec. L'étudiant lui s'était contenté de secouer légèrement la tête en passant commande, sans confirmer ni infirmer les propos du propriétaire du pub. Par ailleurs, Riagán avait raison : Matthew était celui qui offrait les boissons. Ce dernier n'avait pas besoin de savoir que ce n'était pas exactement à cela que le vampire faisait allusion et qu'il était vrai que Jesse ne faisait pas dans les rapports sociaux lorsqu'il les jugeait inutiles. Il fallait généralement plus qu'un simple verre offert pour le convaincre de s'octroyer la compagnie de quelqu'un d'autre. Ce soir, sa curiosité avait été suffisante.

N'ayant aucune intention de s'appesantir sur la question, le doctorant rebondit donc habilement sur la proposition d'une action groupée de la part de toutes les espèces Outre : c'était évidemment une excellente idée, mais qu'il leur fallait organiser au mieux pour perdre le moins de temps possible. Et cela commençait probablement par une réunion au sommet des Outres de la Nouvelle-Orléans. Léger problème : la plupart n'étaient pas aussi accessibles que le Sachem.

Ce dernier semblait avoir également saisi le problème et fit une hypothèse qui amena Jesse à faire revenir son sourire roublard. Il l'écouta cependant terminer sans rien dire, pour hocher brièvement la tête sur la fin de la première partie. Effectivement, l'intérêt de se réunir devrait apparaître à tous... à peu de choses près.

"Les faës ont toujours fait bande à part. Encore maintenant, ils sont moins concernés que les autres : ils n'ont pas de prétendues origines démoniaques, eux. Ils pourraient facilement surfer sur cette vague et se prétendre de l'autre côté pour garder les faveurs des Normes. Cependant, s'ils n'ont pas encore sauté sur l'occasion, peut-être ne le feront-ils jamais... Leurs membres du Conseil sont cependant un peu compliqués à débusquer... Peut-être faudra-t-il passer par l'un.e de vos élèves faës pour ce faire... J'ai cru comprendre que la jeune Andele suivait vos cours ?"

C'était toujours difficile d'être certain de quoi que ce soit avec cette étudiante, tellement elle avait un parler particulier. C'était la raison pour laquelle il avait décidé de l'éliminer de ses recherches : si elle était difficilement déchiffrable pour lui, elle resterait probablement un véritable mystère pour ses lecteurs. Inutile, donc. Mais il avait cru comprendre qu'elle faisait des études d'Histoire-Géographie, ce qui entrait donc dans le domaine du professeur.

"Je peux évidemment en parler à ma propre hiérarchie. La Maîtresse voudra probablement participer elle-même à une réunion de ce type, mais il est possible que nous l'accompagnions."

A nouveau, il mentionnait implicitement son rôle au sein de la hiérarchie vampirique, sans en donner exactement la teneur. Il était évident que le Conseil, s'il avait vent d'une telle manœuvre, insisterait également pour que le Majordome les accompagne. A moins qu'il y ait d'autres choses toutes aussi importantes à faire, ils s'y rendraient certainement tous les trois. Restaient...

"Pour ce qui est des wiccans et des vodouns, mes contacts sont probablement moins directs que les vôtres, car ils ne vont pas partie de leurs hiérarchies respectives. Néanmoins, on m'a dit que le Grand Mage avait choisi de se laisser porter et incitait sa communauté à la même passivité... Je doute qu'il soit réellement utile de le contacter, bien que la bienséance vous le demande, je suppose."

Même si en réalité, de part sa double implication au sein du Talion et de la Mafia W, il serait de bon ton que Skyler participe à une telle réunion... Ne serait-ce que parce que ces organisations seraient celles qui pourraient faire bouger les choses à un autre niveau que la démocratie obligatoire des hiérarchies Outres officielles.
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Jeu 12 Avr - 10:32

L'Histoire était remplie, où que l'on regarde, étayait les propos de Jesse avec soin, et, en toute honnêteté, le Sachem n'avait pas spécialement de divergences d'opinion avec son interlocuteur d'un soir, mais c'était plus sa façon habituelle de reformuler les problématiques et d'envisager, potentiellement les choses sous un autre angle. Il n'était cependant peut-être pas complètement d'accord avec l'exemple utilisé. En réalité, il comprenait bien la différence entre scission et oppression, notamment dans le fait qu'on pouvait avoir l'un sans l'autre, et, pour ainsi dire, il imaginait parfaitement qu'on puisse également avoir une scission parfaitement pacifique, même si c'était probablement utopique, mais il ne voyait pas véritablement la pédagogie de l'exemple. Moins, en tout cas, que l'oppression des gentils colons contre les populations natives américaines, dont les droits, aujourd'hui, sont effectivement bafoués, peut-être même plus encore que ceux des Outres, d'une certaine façon. Il était cependant d'accord que des pans entiers, ou plutôt, des versions entières de l'Histoire manquaient à l'appel, ne serait-ce que pour se faire une réelle idée des différentes situations et des événements. On ne pouvait pas se targuer de connaître un contexte tant qu'on en avait pas une vision complète, qui passait, forcément, par le point de vue des oppresseurs, des oppressés, des vainqueurs et des vaincus. Matthew se demanda aussi rapidement si l'exemple avait été choisi au hasard, mais, sur le sol américain, il était logique de penser en premier lieu à la Guerre d'Indépendance et aux atrocités infligées aux populations locales, que ce soit avant, pendant ou après, d'ailleurs, aussi ne s'y attarda-t-il pas plus que ça. Un exemple parmi tant d'autres, en effet. « J'imagine que l'image d'une révolution est principalement donnée par l'objectif principal qu'elle revendique. La liberté, par exemple, est un grand mot pour lequel on a massacré beaucoup de personnes, justement ou injustement, et, pourtant, comme vous le dites, l'Histoire retient rarement  de ces révolutionnaires une image écornée, malgré les atrocités commises. Pourtant, si l'objectif est mois noble... Si tant est qu'on peut dire que le désir de liberté reste noble lorsqu'on est prêt à assouvir les autres pour l'obtenir... l'image de la révolution est déjà moins... étincelante et immaculée. » Le Sachem n'avait pas forcément eu l'occasion de beaucoup se pencher sur la question de lui-même, et, pour ainsi dire, il n'avait potentiellement pas les mêmes intérêts que le doctorant, ou les mêmes motivations. Lui qui avait été surtout au contact de la nature avait rencontré des populations locales, souvent marginalisées et peu considérées, mais n'avait pas forcément été bercé par les mêmes interrogations.

Le Métamorphe ne fut pas surpris de voir Jesse réfuter immédiatement sa question, assez rhétorique, sur la culpabilité par l'absence d'actions ou de prise de position. Il fallait admettre que juger quelqu'un sans connaître ses raisons était quelque chose qu'il ne se permettait pas de faire de manière générale. Comme le Vampire le fit remarquer, trop de paramètres étaient à prendre en considération, pour chaque personne, pour se permettre de porter un jugement quelconque. Une philosophie que partageait parfaitement Matthew, principalement au niveau de la peur. Cette dernière avait démontré à plusieurs reprises, dans l'Histoire justement, qu'elle pouvait forcer à l'immobilisme ou à prendre des actions démesurées, voire irrationnelles. Mais, comme toujours, la peur était souvent beaucoup plus forte que la raison. « La peur... » Le Sachem soupira pour lui-même. On justifiait trop de choses par la peur et, souvent, simplement parce qu'on ne prenait pas la peine de prendre connaissance de l'image d'ensemble. Mais oui, les politiques avisés savaient jouer sur la peur pour faire passer les mesures les plus extrêmes sans que les populations, ou une grande partie d'entre elles, ne lèvent le petit doigt. « Oui, il serait prétentieux de juger. Mais l'Homme qui cède à la peur ou la faiblesse et préfère ne plus s'affirmer sous peine de représailles ne se rend-il pas coupable ? Peut-être pas de collaboration passive, mais de quelque chose de plus grave encore ? Il renonce à sa liberté sans se battre et accepte de vivre dans une cage, construite par d'autres, laissant ces mêmes personnes en poser les barreaux sans lutter. » Le ton du professeur de géographie indiquait clairement, une nouvelle fois, qu'il n'était pas dans le jugement, mais plus dans le questionnement rhétorique de la question de fond. Lui-même aurait peut-être été dans un cas similaire s'il avait été de l'autre côté, car, bien longtemps, toutes ces questions n'avaient pas été son actualité. Baroudeur dans l'âme, tant qu'on ne l'empêchait pas de s'enfoncer aux cœurs des forêts équatoriales ou dans les montagnes, les pérégrinations de la société l'avaient toujours peu intéressées. Mais peut-être avait-il l'excuse de vivre à la marge d'une société dont il ne faisait pas vraiment partie. Et maintenant qu'il n'était plus cet ermite voyageur, il ne s'imaginait pas ne pas prendre position, simplement. Quoique cela puisse impliquer. Certes, il avait ses responsabilités de Sachem, un sens du devoir qui le poussait à agir, mais même sans cela... Mais peut-être n'arrivait-il pas à comprendre, simplement. Après tout, il n'était pas dans leurs bottes.

Dans le bar, la proximité de deux Vampires était... déroutante, mais pas nécessairement déstabilisante. S'ils s'étaient mis à montrer les crocs cela aurait été une autre histoire, mais, pour l'instant, tout était suffisamment cordial et presque bon enfant. La remarque du barman ne tomba cependant pas dans l'oreille d'un sourd car Matthew commençait peut-être à cerner un peu le personne qui l'avait tiré d'un mauvais pas et, même s'il ne connaissait pas bien le doctorant, il commençait effectivement à voir le personnage comme quelqu'un de particulièrement réfléchi, peut-être un brin manipulateur et probablement intéressé. Dans le cas présent, le verre n'était peut-être pas la seule motivation à sa présence ici. Mais, c'était de bonne guerre et l'idée d'intéresser le Vampire, d'une manière ou d'une autre, ne le dérangeait pas plus que ça. D'autant qu'il devait davantage s'agir de sa position hiérarchique que de son sang. Au moins pour le moment. Le Métamorphe ne jugea pas spécialement intéressant de rebondir sur la remarque, se contentant de la noter pour mettre en perspective les événements. Ils reprirent finalement leur discussion, notamment au sujet d'une rencontre au sommet. Les Faës... Oui, le Jaguar avait toujours eu un peu de mal à les cerner. Il n'avait rien de particulier contre eux, loin de là, mais leur atypisme était parfois... troublant. A la mention du Vampire, il se rappela effectivement d'une étudiante prénommée Andele. Mais il n'était pas certain d'y avoir porté davantage d'attention. Dans tous les cas, si c'était avéré, ce serait probablement un point d'entrée de choix pour faire porter un message. « C'est un prénom qui m'est familier, il faudra que je fasse un peu plus attention. Mais oui, mes étudiants sont, pour la plupart, un bon vecteur pour transmettre des messages et j'ai déjà eu recours à leur aide. » Il l'avait d'ailleurs fait pour la réunion au Mentis. Puis il était agréable de se sentir un minimum soutenu. Le doctorant mentionna la possibilité d'en référer à sa hiérarchie, indiquant que Ailin ne manquerait pas de participer en personne, tout en mentionnant qu'elle ne serait pas seule, s'incluant dans un nous qui devait également impliquer une partie de la hiérarchie. Dans tous les cas, Matthew ne s'était pas trompé pour l'importance du jeune homme dans la chaîne de commande vampirique.

« Si vous pouviez faire remonter mes intentions à votre Maîtresse, ce serait parfait. Et si des propositions quant à l'organisation de l’événement venaient à être émise, je ne doute pas que vous sauriez trouver comment m'en faire part. » La perspective de pouvoir se reposer sur la bonne volonté d'autres âmes convenait parfaitement au professeur de géographie qui, s'il pouvait éviter de devoir démarcher l'ensemble des responsables lui-même, accepterait bien volontiers l'aide de Jesse. Non pas que sa dernière visite avec la Maîtresse de la Ville n'ait été désagréable, bien au contraire. « J'ai effectivement entendu dire que le Grand Mage s'était laissé aller  à une certaine passivité, plutôt regrettable de mon point de vue. Les Vaudouns ne semblent pas officiellement dans une optique de manifestation. Mais j'imagine que ces postures ne les empêchent pas de participer, quitte peut-être même à vouloir tenter de nous ramener à la raison. » Matthew ne se berçait pas d'illusion, mais, encore une fois, s'il conviait tout le monde autour de la table, les éventuels absents ne l'empêcherait pas d'essayer de faire le maximum avec ceux qui se sentaient concernés. « J'ai quelques contacts qui devraient réussir à faire passer un message relativement haut. On peut éventuellement supposer que l'ensemble des deux Communautés ne partagent pas forcément le point de vue de leurs leaders et à défaut de profiter d'une volonté communautaire, on peut également se contenter de faire appel aux volontés individuelles de chacune. Je doute que tous partagent la même opinion passive du Grand Mage. » Restait à savoir s'ils oseraient aller contre les recommandations de leurs hiérarchies, même s'il n'y avait probablement pas de mal à prôner, au moins pacifiquement, son désaccord envers de nouvelles législations. La limite serait plus tenue lorsqu'il s'agirait, peut-être, d'engager des actions moins... pacifistes. « Mais il est inutile de mettre la charrue avant les bœufs. Si l'on peut trouver un accord au sommet ce sera l'idéal. Dans le cas contraire, nous verrons peut-être pour court-circuiter quelques chaînes de commandements. »
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Dim 15 Avr - 2:30

Jesse eut un très léger sourire qui ne monta pas jusqu'à ses yeux (pas que ces derniers ne le fassent très souvent d'ailleurs).

"Vous vous écartez du sujet. Je ne suis pas en train de remettre en cause le principe des révolutions -l'idéal de Liberté est d'ailleurs quelque chose avec lequel je suis parfaitement en accord, sur bien des domaines et dans bien des contextes, tant qu'il ne nuit pas à autrui. Ce qui est le coeur du problème. Cette phrase a été tournée de bien des manières pour arranger bien des politiques et les détenteurs du pouvoir de manière générale, mais ce philosophe français avait raison, lorsqu'il disait que notre liberté s'arrête là où commence celle des autres. C'est en franchissant cette ligne qu'on passe de la liberté au pouvoir, ce qui est une dynamique toute à fait différente. Les colons voulaient la liberté par rapport aux anglais, mais le pouvoir sur des terres qui n'étaient pas les leurs ainsi que sur des populations qui n'avaient rien à faire dans tout cela. On les a manipulées pour prendre part à une guerre qui ne les concernait pas tout en les empêchant de se battre pour leur propre liberté : celle de garder leurs terres et leurs modes de vie. L'esclavage en est un autre exemple, si ce n'est que là où les Premières Nations ont été traitées comme un furoncle dans le paysage qu'il fallait faire disparaître, les personnes de couleur l'ont été comme de la marchandise. Et quand ils ont réussi à se libérer, elles ont continué à être soumises au pouvoir de la ségrégation. Leur liberté ne leur a jamais été totalement acquise, ne l'est toujours pas et je doute qu'elle le soit un jour, au vu de la société de suprématie blanche occidentale dans laquelle nous vivons. L'Histoire est pleine de ce genre de situations, mais cela ne veut pas dire que les illustrations ne sont pas présentes au quotidien."

Son sourire se fit un peu plus sournois.

"Regardez-nous, par exemple. Deux êtres humains tout à fait libres, dans les contraintes que la société nous octroie et nous impose. Je suis libre de vouloir boire votre sang, d'assouvir le besoin somme toute primal de me nourrir, d'autant que cette blessure dont vous souffrez est particulièrement... distrayante. Vous êtes tout aussi libre de refuser. Il me reste cependant la liberté de faire usage des pouvoirs que me confère mon statut de vampire pour tenter de vous faire changer d'avis... Tant que je ne fais pas usage de la violence, tout est permis par la loi, n'est-ce pas ?"

Sa question était rhétorique et n'attendait pas de réponse. Par ailleurs, on sentait dans le velours que prenait le ton de sa voix ainsi que dans son attitude que Jesse était effectivement en train de déployer ce charme magique que chaque créature de la nuit possédait. Ce n'était cependant que pour le bien de l'argumentation et il continua aussitôt.

"Cependant c'est là qu'on en revient au pouvoir. En faisant cela, je tronquerais une part de votre liberté, et notre relation ne serait plus égalitaire, mais oppressive. Quand bien même je serais dans une situation qui m'imposerait de me nourrir sous peine de souffrance extrême ou quoi que ce soit d'autre, faire usage de mon pouvoir sur vous vous priverait de votre liberté. L'idée est donc de s'en tenir à un refus, car il n'y a que vous pour décider qu'il n'est pas définitif. Vous, et la liberté à laquelle vous avez intrinsèquement droit en tant qu'être humain. Ce que les personnes haut placées, ou détentrices de pouvoir quel qu'il soit ont tendance à oublier."

L'influence du charme disparut aussi vite qu'elle était arrivée. Le sourire du doctorant également, son expression neutre faisant son retour. La conversation dériva sur les Normes et leur "manque" de réaction face à ces lois. Il était évident que la peur était en cause. Pas uniquement chez eux, d'ailleurs, mais chez chacun des êtres surnaturels également. Qui n'avait pas peur de perdre le peu qu'iel avait réussi à construire depuis la Révélation en désobéissant à cette loi ? Il paraissait bien hâtif de ne juger que les Normes pour leur absence de prise de position (autre que celle de l'extrême). Williams semblait avoir un avis relativement tranché sur la question, malgré l'opposition que Jesse venait de lui fournir. Ce dernier fronça légèrement les sourcils et insista donc, bien que son ton reste extrêmement factuel.

"Vous continuez de juger en disant cela. Vous faites même preuve d'un jugement qui me paraît hâtif et dégradant pour les personnes concernées, peu importe le ton que vous adoptez. La philosophie juge. Vous parlez de faiblesse comme si c'était uniquement un défaut, comme si la force ne pouvait pas exister dans celle-ci. Mais ne faut-il pas faire preuve de force pour accepter de courber l'échine, jusqu'au moment où le hasard tourne suffisamment en votre faveur pour frapper à votre tour ? Les esclaves qui ont accepté leur destin ont-ils pour vous uniquement fait preuve de faiblesse ?

Vous portez un jugement selon votre propre façon de penser et votre éducation, les principes qui vous ont été inculqués par votre société et votre éducation, ainsi que ceux que vous vous êtes forgés par l'expérience. Ces questions, vous les posez par rapport à votre unique point de vue et vous oubliez donc de prendre en compte des milliers de variables anthropologiques.

Votre situation, malgré ses "défauts" selon notre société actuelle, est privilégiée. Par la couleur de votre peau, par votre appartenance à la catégorie "mâle" de la société, par l'accès que vous avez eu à l'éducation, par les expériences que vous avez pu avoir... et peut-être même également par votre hétérosexualité, bien que je n'ai pas de quoi le confirmer. Vous êtes certes un Outre, mais vous restez privilégié de bien d'autres manières dans une société qui porte aux nues le modèle de l'homme blanc cisgenre hétérosexuel. Bien des Normes n'ont pas ces privilèges et préfèrent peut-être lutter contre des choses qui les concernent de plus près : le racisme, la LGBT-phobie quelle qu'elle soit, le droit à l'éducation... ou simplement lutter pour pouvoir eux-mêmes avoir la vie qu'ils souhaitent. On ne peut pas leur demander de se battre pour nous, quand bien même ils seraient contre ce qu'il se passe en ce moment. Nous ne sommes pas dans leurs têtes, nous n'avons pas vécu leurs expériences, nous ne sommes pas en droit de juger cette absence d'action. Ce qui apparaît comme une absence de liberté pour vous ne l'est pas forcément pour eux.

Mes parents sont Normes, et iels sont indignés par ce qu'il se passe. Je leur ai pourtant demandé de rester à l'écart, parce que je ne veux pas qu'iels se mettent en danger pour une cause qui n'est pas la leur. Cela veut-il dire qu'iels font preuve de faiblesse en m'écoutant ? Que j'en fais preuve moi-même ? Et si tel est le cas, est-ce réellement une mauvaise chose ? Suis-je en train de construire leur cage ?"


Matthew venait de réaliser ce que beaucoup considéreraient comme un exploit : faire parler Jesse pendant près de trois minutes, tout en réussissant à lui arracher un indice sur sa vie personnelle. Non pas qu'il n'aimait pas parler de lui, ou qu'il se faisait une politique de ne jamais le faire... Simplement, il en voyait très rarement l'intérêt. Ici, il avait fait référence à sa famille car l'exemple se portait bien à la discussion en cours. Ceci dit, il avait déjà une idée sur la réponse qu'on allait lui apporter.

Il était intéressant de voir que, malgré la différence de statut entre les deux Outres, le rapport s'était subtilement inversé. Depuis un moment, le métamorphe était celui qui questionnait presque comme un étudiant, quand le doctorant apportait des réponses sur un ton professoral. Le californien se demandait si les raisons qui l'avaient poussé à accepter cette invitation n'étaient pas en réalités les mêmes que celles qui avaient poussé le Sachem à la faire. La situation créée tendait à corroborer cette hypothèse.

Dans le bar, la conversation continuait avec toujours le même entrain. L'intervention du barman fut l'occasion pour eux de commander de quoi boire et pour lui de jouer un peu avec ses clients. Jesse avait l'habitude du caractère de son collègue vampire et savait ce que cachait son attitude, mais il était toujours intéressant de voir comment d'autres réagissaient à ces piques pas toujours très agréables. Matthew cependant n'était pas de ceux qui s'agaçaient ou se vexaient facilement, et il possédait assez de verve pour renvoyer habilement le propriétaire sur les roses. L'étudiant ne fit pas la moindre remarque, se contentant d'analyser la scène, comme à son habitude. On parlait de lui, mais cela ne lui faisait ni chaud ni froid : le vampire ne faisait de toute façon que transmettre des informations que le métamorphe devait déjà avoir devinées.

La discussion se porta ensuite vers une éventuelle réunion de tous les responsables Outres de la ville, afin d'organiser ce qui pourrait être qualifié de résistance commune. Jesse fit part de son point de vue, en commençant par les faës et indiquant une étudiante qui pourrait servir de point d'entrée dans le monde de ces mystérieuses créatures. Evidemment, il aurait pu lui-même en parler à Andele, ou encore contacter Peter (qui était bien plus facile à comprendre) mais il s'agissait de l'idée du Sachem. Et si l'Ombre acceptait de lui prêter main forte, il n'avait pas non plus l'intention de faire plus que le strict nécessaire pour le moment.

"Ne vous fiez pas trop à la façon dont elle parle. Elle paraît étrange et dans la lune -et elle l'est, cela ne fait aucun doute- mais elle est intelligente et sa mémoire est redoutable."

Il en avait été témoin à plusieurs reprises, que ce soit lors de leurs discussions dans la salle de musique de l'université ou lorsqu'elle lui faisait la surprise de venir à son cours. Il pourrait aussi éventuellement le prévenir de sa curiosité, mais ce serait lui gâcher un peu trop la surprise. Il continua donc en changeant d'espèce, s'intéressant à la sienne. Jesse acquiesça d'un bref hochement de tête à la demande du métamorphe. Il n'aurait de toute façon pas proposé tout cela s'il n'avait pas eu l'intention d'en parler à Ailin. Après tout, c'était elle le visage de la communauté vampirique. Ou Gauthier. Lui n'était normalement pas destiné à ce genre de missions diplomatiques... mais l'occasion faisait le larron, comme disait l'expression.

"Je suppose que vous avez déjà une idée d'un lieu neutre qui pourrait convenir à tous ? Il serait bien mal avisé de tenter d'unir les forces dans un lieu qui donnerait clairement l'avantage à l'une ou l'autre des espèces réunies."

Ce qui voulait donc dire que le Mentis, les Tables d'Olaria, le Village faë, la demeure coloniale, la Résidence Lalaurie et le Domaine Beauregard étaient hors course. Un bar comme celui-ci était probablement un bon choix, mais rares étaient ceux qui acceptaient sans le moindre dédain des membres de toutes les espèces, qu'elles soient Norme ou Outres. Et parmi ces établissements, il n'était pas dit que tout le monde accepte de s'y rendre, même dans de telles circonstances.

Ils parlèrent ensuite des vodouns et des wiccans, dont l'attitude n'avait pas été aussi vindicative que l'on aurait pu le croire (des échos que Jesse en avait eu, du moins). Jesse haussa les épaules.

"Qu'ils aient envie d'agir ou non, je doute qu'ils essaient de nous "ramener à la raison", comme vous le dites. Au mieux ils se rangeront à l'avis des autres ou continueront à rester neutres, au pire ils profiteront de cette scission pour donner le beau rôle à leur espèce quand tout éclatera. C'est ce que je ferais à leur place."

Si l'on se posait encore des questions quant à l'esprit vif du doctorant et sa capacité à manipuler les foules, voilà qu'on serait servi. Il secoua la tête aux dernières paroles du Sachem.

"Si vous voulez trouver un accord et faire avancer les choses,  je vous conseille tout de même d'étendre cette invitation à des membres de la communauté qui ont envie d'agir. Le Grand Mage n'est pas connu pour être proche de ses ouailles, je doute même qu'il en connaisse exactement le nombre. Je ne sais pas ce qu'il en est pour les Mages de la Trinité, mais les wiccans sont une espèce particulièrement disparate, peut-être plus encore que les métamorphes, du moins ici à la Nouvelle-Orléans."

Jesse s'était spécialisé dans l'étude des Outres. Bien que sa thèse soit explicitement sur l'interaction entre vampires et faës, cela ne voulait pas dire qu'il n'était pas renseigné sur les autres espèces, notamment leur fonctionnement et leurs hiérarchies. Il en savait évidemment bien plus sur les deux premières (malgré le secret fait autour de la dernière révélée en date), mais il en connaissait assez sur les autres pour pouvoir faire ces affirmations.

"Laissez-moi contacter un membre de la communauté wiccane dont je connais les engagements et qui aura très certainement envie de prendre part à cette petite révolution. Rien ne vous empêche de convaincre le haut du panier de se joindre également à nous. Mais au moins, au cas où la passivité reste de mise chez eux, nous aurons quelqu'un qui pourra parler autour de lui et faire bouger les choses à son échelle. Le bouche à oreilles est toujours un outil particulièrement efficace."

Le bruit d'un verre posé sur la table de bois les coupa une fois de plus dans leur discussion. Le regard gris sous verre se détourna vers le barman devenu serveur, qui posa un autre verre tout en répliquant.

"Et tu sais de quoi tu parles hein ! Voilà pour vous ! Coleman, tu sais ce que ça va te coûter."

Le californien offrit à l'irlandais un sourire aussi malicieux qu'inquiétant, révélant à nouveau ses canines.

"Oh non, pas ce soir : je suis invité. D'ailleurs, je n'ai pas le temps : je donne un cours juste après."

L'autre vampire s'éloigna dans un "Pfft" mécontent, qui fit doucement ricaner le doctorant avant qu'il ne retourne son attention vers le métamorphe. Son verre empli d'un liquide rouge si foncé qu'il paraissait noir dans une main, il le souleva légèrement.

"A la vôtre ?"
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Matthew Williams
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Lun 16 Avr - 17:22

La discussion s'envolait presque soudainement vers des strates supérieures auxquelles le Métamorphe n'aurait probablement jamais songé de prime abord. Non pas que cela fût désagréable, loin de là, mais il n'était peut-être simplement pas prêt à échanger de manière aussi soutenue, principalement après une longue journée de travail. Enfin si la fatigue pouvait commencer à se faire sentir, la stimulation cérébrale de la conversation le maintenait dans un état suffisamment affûté pour continuer à disserter sur les questions soulevées par leurs dissertations successives. Même si, dans le cas présent, c'était surtout Jesse qui dissertait et s'évertuait à présenter les faits et les conclusions logiques. Il n'y avait pas de failles particulières dans le raisonnement du doctorant et, pour ainsi dire, Matthew partageait probablement bon nombre de ses points de vue, mais il avait toujours eu l'envie de poser les questions dans d'autres sens, de triturer les mots et leurs sens pour, justement, voir s'il n'y avait pas de voies détournées, des possibilités diverses. Une curiosité qu'il avait depuis son enfance et qu'il n'avait pas perdue. Certains pouvaient trouver cela ridicule ou parfaitement inutile, mais à cela, il n'avait probablement rien à dire. Qui plus était, le Sachem était suffisamment ouvert d'esprit pour apprécier l'ironie de se faire donner une leçon par un étudiant, surtout quand ce dernier avait probablement plus d'expérience dans ce domaine. Il aurait cependant pu rétorquer ne pas s'être réellement éloigné du sujet, pointant du doigt qu'il s'était contenté de faire remarquer que toutes les révolutions n'avaient pas nécessairement cette belle image étincelante où l'idéal de Liberté primait sur toutes les atrocités qui avaient pu être commises. De nombreux conflits d'indépendance ou révolutionnaire étaient suffisamment teintés de sang, voire commis pour de mauvaises raisons, ou, tout du moins de la mauvaise manière, pour avoir une image plus... négative. Mais l'Once reconnaissait effectivement qu'il pouvait s'agir là d'une digression par rapport au sujet initial et qu'il n'était pas forcément besoin d'aller plus avant. Quoiqu'il en fut, Jesse ne lui laissa pas véritablement l'occasion d'objecter, enchaînant sur un exemple qui les concernait davantage pour étayer ses propos.

Et alors qu'il mettait en avant ses arguments, présentant la situation, presque actuelle, qui pouvait se dérouler entre eux, le Métamorphe n'eut pas de mal à ressentir, alors même qu'il en faisait mention, que quelque chose venait de changer. Il connaissait le charme des Vampires, cette faculté à séduire plus facilement que d'autres, à influencer les esprits pour tenter d'obtenir ce qu'ils voulaient d'eux. En temps normal, Matthew y aurait probablement été davantage insensible, mais, avec la Saison, il y avait là une tentation supplémentaire. Le professeur sembla visiblement essayer de faire la part des choses, consacrant une bonne partie de sa concentration à tenter de résister convenablement à ce qui n'était, d'ailleurs, qu'une simple démonstration. L'étudiant avait raison, sur bien des points, en choisissant d'essayer de l'influencer, il limitait sa liberté. Ceci étant dit, vouloir tenter de le convaincre, en utilisant cette force était-elle à attribuer uniquement au pouvoir ou s'assimilait-elle à de la violence ? Était-ce véritablement rester dans les limites de la lois que d'agir ainsi ? Il ne connaissait pas assez le droit pour en avoir une quelconque idée. De plus, il aurait probablement été trop facile pour quelqu'un de se contenter de dire « Le Vampire m'a forcé à le faire » pour le désigner comme responsable, devant la loi, des exactions commises. Et, étonnamment, on finirait inexorablement par retomber devant les mêmes affaires qui avaient déjà secoué le monde lorsqu'il était question de crimes et d'obéissance.  La disparition du charme lui permit de respirer davantage et, surtout, de se libérer l'esprit. L'Once lui fut d'ailleurs redevable de ne pas être allé plus avant du domaine de l'exemple, même si, en toute honnêteté, il se serait passé de la partie expérimentale. Après tout, il avait suffisamment d'imagination pour voir où cela pouvait mener. « Je... Hum... » Le Sachem se frotta les yeux quelques instants. « Un bon exemple, j'en conviens. Reste à savoir si la libre utilisation de votre pouvoir sur moi s'apparente simplement à de l'oppression ou à une violence caractérisée, somme toute relative, à mon encontre. Même s'il resterait encore à le prouver aux yeux de la loi. Sans compter que cela reviendrait aussi à potentiellement inculper tous les excellents orateurs, capables de renverser des foules de pensées avec de simples mots et sans pouvoir surnaturel particulier. » Le Jaguar réfléchissait plus à voix haute qu'il n'opposait d'arguments. D'ailleurs il ne cherchait pas spécialement à contredire le Vampire. Encore une fois, c'était principalement une façon de remettre en cause certains acquis, de s'assurer de la définition des mots et des actions. « Pour le reste, je pense que nous sommes sur la même longueur d'ondes. Mais est-il possible d'acquérir du pouvoir sans succomber à son attrait ? De ne pas perdre de vue les responsabilités qu'il engendre et de ne pas se laisser tenter à l'idée de simplement en profiter ? Vous-même d'ailleurs. Ne serait-ce que pour le plaisir de l'exemple, jugez vous l'utilisation de votre pouvoir à mon insu responsable ou outrepassez-vous déjà quelques limites, pour la bonne cause. » Oh, Matthew n'était pas rancunier, loin de là, mais l'exemple était suffisamment immédiat pour le prendre comme point de référence. Pour le reste, ce n'était pas comme si Jesse avait véritablement essayé de l'abuser, d'une façon ou d'une autre.

Le sujet des Normes était un peu plus complexe. Peut-être, effectivement que le Sachem était prompt à juger. Mais peut-être également était-il facile de croire que les questions qu'il formulait étaient véritablement les siennes plutôt qu'une façon de poser le problème afin de soulever des réponses. Cependant, il convenait parfaitement et sans discuter que ses propres questions, ses propres pensées, voire même ses propres façons de reformuler les problèmes et les contextes n'étaient que le reflet d'un contexte qu'il lui était propre, individualisé, potentiellement façonné par bons nombres de privilèges dus à sa couleur de peau, à son genre et à toutes les autres composantes de sa personne. Cependant, personne n'échappait à cette contextualisation. Pour le Jaguar, il était bien délicat de pouvoir dire qu'on pouvait abstraire son raisonnement et sa réflexion de ce contexte individualisé. Certains pouvaient s'intéresser aux contextes des autres, se mettre dans leur peau, voire tenter de les comprendre, mais cela n'était qu'une augmentation de leur propre contexte personnel. Aussi, n'importe quel choix, n'importe quel acte, n'était finalement qu'un reflet contextuel, individuel, et jamais davantage. Un point de vue global sur la question n'existait pas, aux yeux du Métamorphe. Peut-être se trompait-il, mais il avait du mal à imaginer qu'une personne, quelque soit sa couleur de peau, qu'elle aiit dû subir, ou non, des difficultés de par celle-ci, ait la vérité. Deux personnes, auront potentiellement du mal à se comprendre, mais dire que la première avait tort sous prétexte qu'elle était blanche, ne revenait pas à dire que la seconde avait raison. Il était cependant important de chercher à penser en dehors des sentiers battus, d'assimiler les points de vue d'autrui sans les refuser d'emblée, mais ces considérations-là étaient valables quelque soit le genre, la couleur de peau et tout le reste. Ce même jugement était probablement faussé dès le départ. Mais cet argument s'appliquait à n'importe qui, et pas seulement à ceux que l'on jugeait privilégiés. Cependant, l'Once nota l'exemple personnel dont se fendit l'ancien Norme. Apprendre que le Vampire avait demandé à ses parents de rester en dehors de cette histoire ne le choquait pas plus que de raison. N'importe qui préférait savoir ses proches à l'abri de potentiels risques, néanmoins, oui, ce sentiment n'était pas nécessairement des plus objectif. « Si je puis me permettre Jesse, prenez garde à ne pas confondre interrogations et prises de position. » Le Sachem eut un léger sourire. « Mais je suis d'accord en grande partie avec vos propos, une fois encore. Néanmoins, pour reprendre votre dernière question, pour quelles raisons avez-vous demandé à vos parents de ne pas intervenir ?  Les avez-vous convaincus ? Est-ce que l'affection que vous leur portez n'a pas joué dans le choix de vouloir les savoir en sécurité ? N'êtes-vous pas allé contre leur liberté de se battre pour leurs convictions, quel qu'en soit le coût ? »

Matthew jeta un œil aux alentours. « Je crois bien volontiers que nous sommes tous le fruit de nos contextes respectifs, qu'ils soient personnels, physiques et sociétaux. Néanmoins, personne ne peut réellement s'extraire de ce contexte, nous en avons tous un à partir duquel nous forgerons nos avis, nos décisions, nos actes, nos jugements. Tout au plus pouvons nous l'ouvrir au maximum, y inclure d'autres sources, d'autres avis, pour essayer d'avoir une décision la plus éclairée possible. Mais je crains qu'il ne soit possible de faire plus. » Il soupira silencieusement. « Toutefois, je ne suis pas particulièrement d'accord sur la notion de combattre un problème au plus près. Prenez, par exemple, les violences faites aux femmes. Je ne les tolère pas et je serais prêt à les punir le plus sévèrement du monde, mais pourquoi tant de précisions ? Je ne parle pas de mentionner qu'il existe des violences faites aux hommes, voire aux Outres, qui seraient ainsi passées sous silence, mais simplement que n'importe quelle violence, sur n'importe quelle personne, est inacceptable. Je ne comprends pas pourquoi faire de la spécificité dans ce contexte. Et je pense qu'on peut appliquer le même raisonnement au racisme, ou pour le droit universel de chaque personne dans ce monde, quelles que soient ses caractéristiques ou ses revendications. Pourquoi faire la distinction entre le droit des Outres et le droit des LGBTs ? Nous savons tous les deux que les uns, autant que les autres, méritent les mêmes droits, en tant qu'êtres humains. Pourquoi alors décider de se battre pour les uns et pas pour les autres si ce n'est, peut-être parce qu'il n'est pas clair que chacun fera le même effort de se battre pour l'autre en réalisant qu'il se bat aussi pour lui-même dans cette action ? » Cela, par contre, reflétait davantage les véritables inclinaisons du Sachem, que cela plaise ou non, et à défaut de poser des questions, il avait effectivement, et peut-être, presque pour la première fois de la soirée, donné son avis sur une question. Il n'était peut-être pas aussi bon orateur que son interlocuteur, mais le message était là, plus ou moins. De toute manière, il n'y avait aucun reproche, ni aucune conclusion hâtive. Il pouvait avoir tort, mais c'était son état d'esprit actuel, les conséquences de son contexte personnel, qui, peut-être serait modifié après la rencontre de cette soirée...

Une fois dans le bar, ils abandonnèrent ces discussions pour d'autres, plus politiques. Après avoir échangés quelques idées sur le monde, voici qu'ils complotaient pour le modifier. Lorsque Jesse mentionna le caractère un peu... éclectique d'Andele, Matthew eut l'impression de se rappeler effectivement de la personne à laquelle il faisait mention et quelques souvenirs de cours précédents lui revinrent en mémoire. « Je tâcherais de me souvenir de cette mise en garde. » Toutefois, il essayerait peut-être de parler à cette étudiante. Si elle était un point d'accès à la hiérarchie Faë, il aurait été idiot de se priver. Le Vampire lui demanda alors s'il avait déjà choisi un lieu, de préférence neutre, qui pourrait convenir à la réunion. L'idée lui avait déjà frôlé l'esprit et il n'y avait pas prêté, pour le moment, plus d'attention qu'à cela, mais, effectivement, la présence des cinq représentants limitait énormément les choix pour un potentiel lieu de rencontre. « Une première idée était l'Université de l'Ambassade elle-même. Le caractère hétéroclite de sa population étudiante en faisant un choix idéal de neutralité. Mais je n'en ai pas encore parlé au Doyen. Sinon, j'imagine qu'un bar, idéalement choisi pourra faire l'affaire. Il resterait juste à trouver lequel. » Des caractéristiques neutres et une propriétaires suffisamment ouvert à l'idée... Ce ne serait pas facile à trouver, mais potentiellement pas impossible. Après tout, la Nouvelle-Orléans était suffisamment vaste. Et, au pire, un bâtiment neutre et quelconque finirait bien par être déniché. Quoiqu'il en fut, Matthew, s'il s'était montré à l'initiative de l'idée de rassemblement des Outres, n'était pas non plus forcément le plus indiqué à diriger les opérations, conscient que, de toute manière, il y avait des gens bien plus efficaces que lui dans ce domaine, peut-être même, voire surement, à commencer par celui en face de lui. Sa proposition à inclure toutes les personnes ayant la volonté d'agir le laissa quelque peu... sceptique. L'idée était surtout de pouvoir arriver à faire une table ronde avec suffisamment d'interlocuteurs pour que cela ait un sens, mais pas non plus un entrepôt entier... Ceci étant dit, Jesse ne faisait potentiellement pas mention à toutes les Communautés, mais peut-être des entités moins... officielles. La perspective n'était pas particulièrement engageante, mais si cela avait le mérite de bousculer davantage certaines Communautés que la voie officielle... C'était un sacrifice qu'il était prêt à consentir. Il n'eut cependant pas le temps de répondre qu'on vint déposer leurs boissons sur la table, le barman s'improvisant serveur dans un commentaire piquant. Difficile de savoir à quel prix ils faisaient référence mais le Sachem ne chercha pas plus avant, levant son verre face à celui de l'étudiant pour trinquer avec lui. « A la votre. »

Qu'il boive du sang ne le gênait pas le moins du monde, hormis peut-être la manière que cela avait de chatouiller ses narines. Prenant une gorgée de sa boisson probablement aussi surprenante que celle de Jesse, Matthew en apprécia la fraîcheur et le petit goût sucré. Visiblement le barman n'avait pas eu la main lourde sur le sirop et c'était pour le mieux. Il reposa son verre, visiblement satisfait. « Pour répondre à votre proposition, n'importe quelle personne est la bienvenue pour tenter de définir et coordonner nos actions. Si vous pensez qu'elle sera à même de servir l'intérêt de cette réunion, n'hésitez pas à la contacter. Plus on est de fous... » Le Sachem était conscient qu'il devait exister des organisations parallèles à la Nouvelle-Orléans, comme partout ailleurs, mais n'avait pas spécialement de connaissances à leur sujet, ni même la moindre idée de leurs exactions. Il avait bien entendu eu écho de la Mafia W, comme beaucoup d'autres, mais elle n'était très certainement pas la seule. Ceci étant dit, l'Once avait de lui-même suggéré une nécessité de faire abstraction de certains détails pour mener cette lutte, mais peut-être serait-il judicieux de ne pas savoir d'où cette aide viendrait réellement. Au pire, il en saurait sûrement davantage le jour venu. « J'avais prévu de laisser à chacun le droit, dans une limite raisonnable pour faciliter les échanges, d'inviter d'autres personnes qu'ils jugeraient judicieux d'intégrer à cette réunion. J'ai conscience de mes propres lacunes en matière de politique et de connexions. » Encore fallait-il faire suffisamment confiance aux autres pour choisir, de manière effectivement judicieuse, ces fameuses personnes. Pour sa part, il n'y avait pas d'organisations secondaires chez les Métamorphes, du moins, pas à sa connaissance, comme il y avait pu en avoir du temps des gangs de motards quelques années auparavant. Aussi, il n'avait pas particulièrement de personne supplémentaire à intégrer à la réunion.
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Mer 18 Avr - 17:16

L'idée de révolution et de besoin d'indépendance et de liberté n'avait été qu'un exemple dans la rhétorique du doctorant. Il trouvait particulièrement intéressant que le géographe se soit ainsi évertué à protéger l'un comme l'autre, quand ils étaient partis sur la différence entre scission et oppression. Les raisons de ce cheminement étaient peut-être inconnues de l'étudiant, mais cela en disait long sur la personnalité de son interlocuteur. Ce pourquoi il n'avait pas cherché à retourner au sujet d'origine mais avait tout de même tenu à préciser qu'il ne s'agissait pas ce qu'il avait cherché à véhiculer.

La conversation évolua et Jesse prit l'occasion de jouer un peu avec le professeur, usant de ce charme vampirique que sa transformation lui avait accordé en quantité non négligeable pour donner un peu plus de force à son argumentation. Le coin de ses lèvres se retroussa légèrement, marque d'amusement imperceptible. Il ne jouait que très rarement de son charme, principalement parce qu'il n'en avait pas l'utilité. De manière générale, son intelligence et sa rhétorique lui suffisaient pour obtenir ce qu'il voulait, d'autant qu'il ne mentait pas en se disant fervent partisant des libertés individuelles : il n'était pas du genre à forcer aussi arbitrairement la main de personnes qu'il estimait un minimum.

Finalement, le charme s'estompa et Matthew finit par répondre. Cette fois, Jesse ne chercha pas à faire refluer le rire froid qui passa ses lèvres.

"Simplement de l'oppression ? Une formulation extrêmement intéressante."

Il ne commenta pas plus avant. Le californien était certes d'humeur à avoir une conversation stimulante, mais pas à faire ce genre de pédagogie. Racisme, sexisme, homophobie, transphobie, classisme et bien d'autres encore étaient des oppressions. Systémiques, par ailleurs, créées par la société et envenimées par le système économique actuel. Que le métamorphe face une différence entre oppression et ce qu'il appelait "violence caractérisée" était particulièrement révélateur, aux yeux de Jesse. Cela lui permettait d'affiner le portrait interne qu'il se faisait du professeur, de façon tout à fait objective. Il prit cependant la peine de répondre aux questions qu'on lui posait.

"Cela dépend d'énormément de choses. Du contexte où l'on se place, du caractère des personnes en question... Mais laissez-moi vous retourner la question : N'outrepassez vous-même pas les limites lorsque vous jouez des poings avec des étudiants, même si vous n'êtes pas celui qui donne le premier coup ?"

Le ton du doctorant est vaguement amusé, comme le prouvait également le retour de son léger sourire en coin.

"Je dois avouer qu'à ce moment là, j'ai en effet profité de mon pouvoir. Pour la bonne cause."

La discussion continua encore et toujours, s'attardant cette fois sur les raisons qui pouraient pousser les Normes à ne pas prendre position face à ces nouvelles lois dégradantes pour les Outres. Matthew avançait des arguments selon lesquels une absence de position était pire que tout, ce sur quoi Jesse n'était pas d'accord, comme il le formula ensuite. Le Sachem eut alors une réflexion qui amena le doctorant à lui adresser un sourcil haussé.

"Si vous posez ces questions pour le simple plaisir de le faire, il n'y a aucune réponse à donner. D'un point de vue philosophique, elles sont rhétoriques et ne servent qu'à torturer les jeunes esprits qui planchent devant leur copie en salle d'examen. La prise de position me paraît bien plus intéressante, même s'il ne s'agit pas de la vôtre à proprement parler. De plus, qu'on le veuille ou non, les mots que l'on prononce sont toujours révélateurs de quelque chose nous concernant."

Il haussa les épaules, donnant l'impression que le sujet ne l'intéressait pas plus que cela et qu'il n'avait pas l'intention de s'étendre là-dessus. Aux questions suivantes, il eut un soupir.

"Evidemment que l'affection que je leur porte joue. Tout comme l'affection qu'iels me portent a joué sur leur volonté initiale. Il serait ridicule de diminuer l'impact des relations sociales dans ce genre de décisions. Cependant, je ne leur ai pas interdit ni cherché à les convaincre de faire quoi que ce soit. Je vous l'ai dit, je leur ai demandé. Iels font ce qu'iels veulent, et quand bien même je souhaiterais les en empêcher, je ne le pourrais pas."

Il se tourna vers son interlocuteur avec un sourire rusé, signifiant qu'il avait encore un atout dans sa manche.

"Mais dites-moi... une fois encore, laissez-moi vous retourner la question. Je suppose que vous avez demandé aux métamorphes sous votre autorité de montrer patte blanche. N'êtes-vous pas allé contre leur liberté de se battre pour leurs convictions, quel qu'en soit le coût ?"

Il lui répétait sa question au mot près. Et si une étincelle de malice transparaîssait dans son regard gris, ce n'était pas malveillant. C'était une façon d'illustrer ce qu'il venait de dire auparavant, sur la rhétorique des questions philosophiques. Il n'y avait pas de bonne ou de mauvaise réponse, il n'y avait pas de tort ou de raison. Simplement, poser une question pour le plaisir de la poser, ce n'était pas converser, aux yeux du doctorant. C'était aussi inutile que de parler de la pluie et du beau temps, bien que le sujet soit hautement plus instructif. Il aimait les prises de position, qu'il valorisait par ailleurs dans ses cours, même si parfois cela lui donnait envie de se taper la tête contre la table (ce qu'il ne faisait jamais, du moins pas devant les autres étudiants, évidemment).

La suite... fut déplaisante, pour le doctorant. Il avait déjà bien trop entendu ce genre de discours lorsqu'il suivait Dylan dans les manifestations et autres événements pour les droits des personnes LGBT+. Ou dans sa vie de tous les jours, en réalité. Il suffisait d'être un minimum impliqué et renseigné, et de se lancer dans un épisode de pédagogie, pour se retrouver face à des personnes qui possédaient une opinion du même type que celle que le métamorphe était en train de lui soumettre. Un point de vue humaniste qui était à valoriser, sans aucun doute, mais qui laissait de côté un point essentiel.

"Parce que ces oppressions -car c'est ainsi qu'on nomme la discrimination systémique d'un groupe social- ne sont pas les mêmes. Parce qu'une femme hétérosexuelle ne subit pas les mêmes violences qu'un homme de couleur, qu'une personne trans, ou qu'un Outre reconnu comme vous. Parce que ces violences existent dans une pluralité et que c'est ainsi qu'il faut les les reconnaître et les combattre, pour mieux les apréhender et les éradiquer. Parce que lorsque Thomas vous a appelé "Papi", il vous a insulté et a fait preuve d'âgisme et que c'est une forme de violence, mais pas la même que celle de vous coller un poing en pleine mâchoire. Mais cela ne veut pas dire que l'une est moins grave que l'autre et qu'il ne faut pas s'en préoccuper.

La visibilité donnée à la lutte contre un type d'oppression plutôt qu'à un autre est une décision médiatique et politique des pouvoirs en place. Elle ne vient pas des oppressé-e-s elleux-mêmes."


Ce fut à son tour de soupirer en silence.

"Et aussi parce que, parfois, les différentes victimes de ces oppressions ont besoin de se retrouver entre elles pour parler de leurs ressentis sans l'influence d'autres personnes. Parce qu'elles ne vivent pas les mêmes choses. Comme vous l'avez très bien dit vous-même, nous sommes le produit de nos contextes respectifs et il est très difficile de s'en défaire. Il est plus difficile encore de comprendre ce que l'on ne ressent ou ne subit pas au quotidien. Un homme ne pourra jamais savoir exactement ce que ressent une femme qui subit le sexisme au jour le jour. Parce qu'il ne sera jamais une femme. Il peut tenter de s'en approcher au maximum, être ouvert à la discussion et on peut essayer de lui montrer de diverses façons... mais jamais il ne l'expérimentera. Et c'est là toute la différence. Si l'on ne prend pas conscience que ces oppressions sont multiples et diverses et qu'on essaie de lutter contre quelque chose d'unique et d'indivisible, c'est comme se battre contre des moulins à vent.

Je préfère de loin que certains Normes s'abstiennent de se battre pour nous, si cela signifie qu'ils se battent pour autre chose. Et ils le font très certainement, à leur échelle. Vous l'avez dit plus tôt, vous doutez que les Normes soient entièrement objectifs. Pour ma part, je doute qu'ils soient entièrement passifs, même si c'est l'impression qu'ils donnent, ou même ce qu'ils prétendent."


Le ton de Jesse était resté le même, calme et factuel. Il ne faisait que donner des explications et tâchait de les rendre les plus compréhensibles possible, même si lorsque l'on touchait ce genre de sujets il était difficile de faire simple sans tomber dans le trop de simplicité, qui devenait dangereux. En temps normal il ne se serait pas fendu d'autant de phrases, mais Matthew avait déjà réussi l'impossible en lui faisant mentionner sa vie personnelle un peu plus tôt, il n'était donc pas si étonnant que cela de le voir accomplir un nouvel exploit.

Une fois dans le bar, ils se lancèrent dans des discussions sur une éventuelle réunion au sommet, que le Sachem semblait vouloir organiser. Jesse proposa un appui logistique concernant les faës, puis les wiccans, avant d'embrayer sur un lieu. Il se montra ouvertement amusé quand l'idée d'un bar fit son chemin.

"L'Université peut être un bon choix si tant est que le Doyen accepte et que vous lui faites assez confiance pour répondre de lui. Il s'agit tout de même d'organiser une réunion qui a pour but de prendre position contre les lois en vigueur. Même de manière pacifique, cela ne peut pas être bien vu par tout le monde. Pour les bars... Je ne connais qu'un seul bar en ville qui ne fait aucune discrimination ni dans sa clientèle, ni dans ses employés."

Les bars Normes étaient rayés de la liste par la force des choses. Le Cadavre Rieur et le Oogie Boogie Club étaient ouvertement vodouns, tout autant que le Danse Macabre (ou le bar dans lequel ils se trouvaient actuellement) étaient affiliés aux vamps. Le Trick'O'Clink affichait un rejet des wiccans (enfin, surtout leurs propriétaires) et le Wild Bar, bien que plus pondéré, préférait tout de même la clientèle métamorphe (et il était de toute façon peu habile d'y organiser un événement en plein milieu de la Saison). Restait...

"Les Plaisirs Coupables. Mais je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée."

Ou plutôt si, il trouvait l'idée excellente. Cela se voyait à la façon dont ses yeux pétillaient de malice. On se demandait s'il n'avait pas orienté la discussion autour du lieu précisément pour arriver à cette conclusion et étudier les réactions de son vis-à-vis. Le connaissant, c'était possible.

Ils continuèrent de parler, cette fois des potentiels invités, jusqu'à ce que Riagán les interrompe pour leur apporter leurs boissons et tenter d'obtenir quelque chose du doctorant, qui le lui refusa avec toujours autant de malice. Aimablement, Jesse proposa de trinquer, mouvement qui fut suivi par son interlocuteur et chacun but un peu avant de s'en retourner à leur discussion. Le californien hocha brièvement la tête.

"Disons que si la hiérarchie wiccane continue de faire le dos rond, cela peut être intéressant d'avoir la présence d'un membre de cette même communauté possédant un autre avis et qui pourrait relayer le contenu de cette réunion à d'autres intéressés."

Tout simplement. Il n'était pas question d'activités illégales ou de représailles plus musclées pour le moment, mais d'avoir la certitude que le message serait transmis à tous ceux que cela pourrait intéresser. C'était bien l'idée de départ, non ? A la mention du nombre, l'étudiant haussa imperceptiblement les épaules.

"Je vous ai dit tout ce que je savais. Je n'ai pas vraiment de contacts parmi les vodouns, je ne peux donc pas vous aider là-dessus. Pour les vampires, j'en parlerais à la Maîtresse Dyce et selon ce qu'elle souhaite nous serons entre un et trois. Et évidemment, impossible de savoir à combien les faës vont se présenter..."

Même si les concernant, cela pouvait parfois grandement faciliter les échanges lorsqu'ils étaient en plus grand nombre : il finissait toujours par y en avoir un capable de s'exprimer de façon plus intelligible que les autres.
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Matthew Williams
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Lun 23 Avr - 17:02

Pour un étudiant en comportements, psychologie et sociologie, nul doute que Jesse avait, et ce depuis le début de cette conversation, analysé, d'une façon ou d'une autre, tout ce qu'avait pu faire ou dire, ou ne pas faire ou ne pas dire, le professeur de géographie. Ce n'était pas quelque chose qui dérangeait Matthew, loin de là. De toute manière, ce n'était pas comme s'il pouvait faire quelque chose pour l'en empêcher. Quelle que soit son action ou son inaction, celle-ci aurait été interprété comme une simple donnée. D'ailleurs il était difficile de déterminer si le doctorant poursuivait la discussion par intérêt ou par simple curiosité professionnelle. Il y avait probablement un peu des deux, même si l'utilisation d'exemples plutôt personnels laissaient entendre que la conversation lui tenait quelque peu à cœur. Mais, encore une fois, le Sachem n'avait aucun moyen de s'assurer que ce n'était pas là un stratagème, visant à fournir de, possiblement fausses informations personnelles, afin de s'attirer la sympathie du sujet de test. Cela n'aurait pas été la première fois que de telles méthodes sont utilisées dans des contextes d'observation sociologiques. Naturellement optimiste, le Jaguar avait préféré opter pour la solution de confiance, celle où ils ne faisaient que discuter, plus ou moins profondément, du sens de la vie et de toutes ces choses, plus ou moins importantes, qui gravitaient tout autour. Une discussion stimulante, qu'il aurait peut-être été préférable d'avoir autour d'une table qu'au milieu de la rue, mais exprimer son opinion n'était pas un crime, du moins pas pour le moment. Aussi, les oreilles curieuses, si elles s'offensaient des propos déclamés à l'envie, n'auraient qu'à se blâmer pour leur propre curiosité déplacée. Le Vampire souleva un point particulièrement sensé, faisant remarquer au professeur que lui-même dépassait peut-être les limites en jouant des poings avec ses élèves, même dans la simple application du principe de légitime défense. Le Métamorphe haussa les épaules dans un sourire également amusé.  « Touché. » Il avait dit cela dans la langue de Molière, avec un accent typiquement anglophone. Matthew était conscience qu'il y nécessairement un peu d'abus à sermonner physiquement ses étudiants, même quand ils le cherchaient. « J'imagine qu'il faudra s'inquiéter le jour où je commencerai à prendre du plaisir à enseigner les bonnes manières à mes étudiants avec mes poings plutôt qu'avec mes mots. » Ce jour-là, il faudrait probablement qu'il relativise son rôle au sein de la communauté universitaire. Mais oui, pour le moment, il jouissait d'une certaine autorité, d'un certain pouvoir, par son statut de professeur – et de Métamorphe pour sa force et son endurance – qu'il utilisait parfois... pour la bonne cause, lui aussi.

Prendre position... Oui, c'était bien là quelque chose que comprenait le Sachem. Pour lui, de toute façon, il était impossible de rester neutre, quel que soit le sujet. L'absence d'opinion était relativement impossible. On pouvait refuser d'émettre un avis, publiquement, parce qu'on estimait ne pas avoir assez d'informations, mais quoiqu'il puisse arriver, il y avait toujours un avis sur une question, fortement dépendant de son contexte, mais présent néanmoins. On pouvait préférer ne pas prendre part à un conflit, parce que l'on considère que cela n'en vaut pas la peine, mais l'on prend position en considérant que le droit des Outres n'est pas une priorité personnelle. Une décision que ne comprenait pas nécessairement le Sachem, mais qui en restait une toutefois. Enfin... Il écouta le Vampire préciser qu'il n'avait fait que demander à ses proches de ne pas y prendre part, mais qu'ils restaient libres de leurs actions en définitive. Sous cet angle, il n'y avait effectivement rien à reprocher, mais y avait-il simplement quelque chose à reprocher ? L'Once aurait parfaitement compris que quelqu'un essaie de protéger ses proches. Après tout, si les siens ne faisaient pas partie de sa Communauté, peut-être aurait-il fait de même. Il avait d'ailleurs prévu de prévenir certains de ses étudiants Normes de bien réfléchir avant de vouloir se jeter aveuglément aux côtés de leurs camarades – ou de leurs professeurs – dans les semaines à venir. Les conséquences pourraient être plus importantes qu'ils ne le pensent. Mais là, on touchait plus à l'engouement et la fougue de la jeunesse et ce n'était pas le même sujet. Quant Jesse lui retourna sa question vis-à-vis de ses ouailles, Matthew esquissa un nouveau sourire. Il était définitivement redoutable sur la rhétorique ce garçon. Sans parler que, même s'il n'était pas si surprenant que cela qu'il soit au courant de ce qui ait été dit au Mentis, ce n'était pas non plus anecdotique. « Pour être honnête, je ne leur ai pas interdit de se rebeller, ni de se battre pour leurs convictions. Je n'estime pas en avoir le droit. » Il y avait quelque chose d'un peu plus sombre dans le ton du Sachem. Le poid de la responsabilité peut-être.  « Je leur ai présenté un autre moyen, un autre chemin, que j'estime meilleur, pour eux, pour nous, mais ils sont les seuls à pouvoir décider de l'arpenter. Je n'ai fait que leur demander de montrer patte blanche et de mettre en commun nos efforts. Mais ils sont les seuls à décider de ce qu'ils veulent faire. » Et il savait que certains ne le feraient pas, qu'ils refuseraient de se recenser et qu'il devrait probablement demander à Alice de les traquer. Cela le désolait déjà, mais il ne pouvait rien y faire, peut-être justement parce qu'il n'avait pas imposé sa vision des choses quel qu'en soit le coût. Mais ce n'était pas sa façon de faire. « Chacun est le maître de son destin et doit faire face aux conséquences de ses actes. Je ne suis là que pour essayer de guider une Communauté et agir dans le meilleur intérêt de tous ses membres. »

Bien que relativement organisés, les Métamorphes restaient majoritairement libres de faire ce qu'ils voulaient. Et, de par leurs caractères souvent... sauvages, leur imposer des choses n'était de toute façon pas la bonne démarche. Quoiqu'il en fut, les prochaines semaines permettraient d'y voir plus clair. Les conséquences du recensement prendraient quelques jours au moins et les premiers noms à atterrir sur son bureau également. Ils parlèrent davantage des oppressés, des causes que chacun était à même de vouloir défendre et Matthew exposa son point de vue en la matière, sa volonté de préférer regrouper les causes, de se ramener à des problèmes plus généraux, qui, plutôt que d'élaguer de ça et de là quelques branches, couperait le mal à la racine. Toutefois, il comprenait parfaitement le point de vue de Jesse. Après tout, couper quelques branches pouvait également permettre d'accéder plus facilement au cœur du problème, n'est-ce pas ? Cependant il comprenait davantage que chaque personne préférait se retrouver avec d'autres personnes victimes des mêmes oppressions. On parlait plus facilement d'addiction à l'alcool entre alcooliques qu'à se retrouver en face d'un gamin dont l'addiction se résumait à des pixels du matin jusqu'au soir. « Je pense comprendre votre point de vue, mais ne peut-on pas reconnaître la multiplicité complexe d'un problème tout en essayant de le combattre à la source ? Je partage le sentiment qu'il est plus facile de se retrouver parmi des personnes qui partagent la même expérience pour retrouver de la confiance en soi, pour comprendre qu'on en est pas la cause, mais la victime. Mais même si les femmes, les personnes de couleur, ou mêmes les Outres ne vivent pas les mêmes oppressions, ne peuvent-ils pas lutter ensemble contre ce qui s'apparente aux mêmes injustices ? L'idée n'est pas tant de dénaturer leurs combats et d'unifier les revendications à en faire disparaître leurs spécificités, mais plus à regrouper leurs différentes bannières, bien présentes, dans le même cortège. Parce qu'il est question du droit des personnes de ce monde, quel que soit leur genre, leur origine, leur orientation sexuelle ou même leurs idées. «  On pouvait ne pas adhérer à cette ligne de pensée et il y avait très certainement des arguments contre, l'Once n'était d'ailleurs pas contre de débattre sur le sujet, il était parfois bon de se confronter à des avis contraire, afin de faire avancer le fameux contexte  individuel dont chacun tirait ses propres conclusions.

Dans le bar, les sujets de discussion étaient plus... politiques et surtout plus pratiques. L'organisation d'une réunion au sommet demandait une logistique assez contraignante et le choix d'un lieu en faisait partie. L'Université paraissait suffisamment neutre pour cela, mais, comment le mentionnait Jesse, il faudrait à Matthew l'accord du Doyen. Pour ce qui était de la confiance cependant, il n'y avait pas trop de doute. « C'est le Doyen qui m'a permis d'enseigner malgré mon bagage au combien relatif. S'il y a bien quelqu'un en qui j'ai confiance, c'est lui. Tout le monde change, vous me direz, mais je pense qu'il préférera refuser ma proposition si cela devait lui poser un cas de conscience. » Cependant, les alternatives n'étaient pas des plus réjouissantes. Quant à la proposition avancée par le Vampire, Matthew ne préférait pas y penser. Le lieu était effectivement connu pour être relativement neutre, mais de ce qu'il avait pu en entendre, il n'était pas certain de vouloir remettre l'ensemble de sa réunion entre les mains de la dénommée Précieuse. « Je ne connais pas le lieu personnellement, mais je n'en ai pas eu les meilleurs échos. Enfin peut-être devrais-je laisser le bénéfice du doute à sa propriétaire et peut-être lui soumettre l'idée pour avoir son point de vue sur la question. » Il n'était pas certain de vouloir fermer complètement la porte, d'abord parce qu'il n'aurait peut-être pas le choix, quoiqu'ils pouvaient toujours faire ça chez lui en dernier lieux. Après tout, son domicile était sur le campus de l'Université et, bien que personnel, cela avait le mérite d'être un terrain neutre dans le sens où il était purement civil. Il soupira de la propre bêtise de cette idée. « Au pire, au diable le protocole, vive la bonne franquette et tout le monde dans mon salon... » C'était ridicule mais l'idée avait le bon goût de l'amuser. Il but une gorgée de son verre de lait-fraise et considéra, avec davantage de sérieux le fait de prendre autour de la table des personnes plus impliquées dans leur combat que ne pourrait l'être la hiérarchie Wiccane visiblement encline à courber le dos. « Je ne peux déjà que vous remercier pour vos propositions en la matière, vos idées sont pertinentes et votre aide la bienvenue. Je vais de toute façon mettre les choses au clair avec l'ensemble des responsables, ne serait-ce que par souci d'équité. Je sais que vous transmettrez mon message à votre Maîtresse, mais au pire ça ne servira que de confirmation, au mieux cela nous permettra d'échanger sur les modalités. » Et puis il était inutile d'agir différemment sous prétexte qu'il était passé par un autre canal. Il aurait été idiot de ne pas se présenter à la Maitresse de la Ville parce qu'elle aurait été prévenue autrement. Cela s'apparentait tout de même à un manque de respect. Maintenant que ce dossier était plus ou moins clos, peut-être était-il temps de discuter de choses moins sérieuses ? « Et sinon,  Jesse, le Connecticut vous manque-t-il ? A moins que vous ne préfériez éviter les discussions sans intérêt ? »
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Jeu 26 Avr - 20:47

Plus qu'une question d'études, c'était une question de caractère et d'éducation. Silencieux, observateur et extrêmement intelligent, Jesse avait toujours analysé les choses et les gens autour de lui, plus encore lorsqu'il entrait en contact avec ceux-ci. Elevé dans une famille atypique, loin des normes sociétales imposées, il avait développé très tôt cette facette de son esprit consistant à voir au-delà de ce qui était dit et fait, non-dit et non-fait. Ce qui l'avait certes partiellement amené à entreprendre de telles études mais le comportement de l'étudiant lui venait plus de sa personnalité que des diplômes qu'il était aisément en train d'accumuler. Tout comme les indices qu'il laissait passer de sa vie personnelle n'étaient pas placés là par volonté malicieuse de tester un sujet : Jesse n'avait aucun problème à parler de lui (sauf quelques détails qu'il était bon d'occulter pour sa propre sécurité et celle de personnes qui lui étaient chères) et de sa famille. Il le faisait simplement peu parce qu'il n'en voyait pas l'intérêt.

Le doctorant eut un simple sourire en coin en entendant le professeur de géographie admettre qu'il abusait probablement également de son pouvoir lorsqu'il sortait les poings, même si ce n'était que par défense. Personne n'était à l'abri de l'abus de pouvoir. Par ailleurs, les mots étaient aussi violents que les poings, ce que le métamorphe ne semblait pas tout à fait saisir. La différence qu'il faisait entre les deux était claire aux yeux du vampire, ce qui en disait long, une fois de plus. Cependant, Jesse ne chercha aucunement à relancer la conversation à ce sujet. Il avait obtenu ce qu'il voulait et n'avait pas l'intention de lancer un autre débat quand il y en avait vraisemblablement déjà d'autres en cours.

Matthew donna ensuite l'impression de vouloir se défendre en annonçant que les questions qu'il posait ne véhiculaient pas forcément son point de vue sur les choses, mais cherchaient à ouvrir une discussion au sens large et philosophique du terme. Pour Jesse, ce genre de discussions étaient du temps perdu lorsque l'on se penchait sur ce type de sujets et de débats sociétaux. Parler du fonctionnement de la société en des termes pseudo-philosophiques, c'était comme donner des coups d'épée dans l'eau : cela remuait une partie du cerveau, sans aucun doute, mais cela ne permettait pas d'avancer. Au contraire, cela permettait de se cacher derrière la rhétorique de ces grandes questions sans aller au fond des choses et donner son avis. Le californien valorisait la prise de position, quelle qu'elle soit, car avoir un avis était bien plus important à ses yeux qu'avoir de grandes idées.

Le sujet évolua ensuite dans un esprit proche du précédent, sur la façon dont on usait d'un certain pouvoir en cherchant à convaincre les gens d'aller contre leurs convictions, comme il avait pu le faire en bridant la volonté de ses parents de prendre part à un combat qui ne les concernait pas directement. Evidemment, il s'agissait là de quelque chose de très personnel et Jesse savait pertinemment que sa demande n'allait en rien empêcher ses parents d'agir si iels l'avaient décidé. Particulièrement Dylan, mais Cameron et Len n'étaient pas en reste question tête de mule. Il détourna donc l'argument en le replaçant dans le contexte du métamorphe chef de sa communauté.

Jesse n'était pas au courant de ce qui s'était dit au Mentis. Comme il l'avait dit, il supposait. Cela ne l'empêcha pas de faire une supposition correcte, s'il devait se fier au sourire qu'esquissa le Sachem. Ceci étant dit, ce n'était pas une nouveauté : les suppositions de Jesse étaient rarement éloignées de la vérité, bien qu'il était évidemment possible qu'il ne tombe pas toujours au centre de la cible. Mais ses connaissances globales et l'analyse fine qu'il faisait intérieurement du métamorphe depuis leur rencontre lui avait permis d'arriver à cette conclusion sans trop d'hésitation. Sans compter le fait que s'il y avait eu indication contraire, les métamorphes auraient eu tôt fait de le montrer. Ils n'étaient pas parmi les plus subtils et les plus patients des Outres. Il écouta la réponse du géographe avec cet éternel sourire en coin qui lui donnait l'air d'en savoir plus que ce qu'il ne disait, sans pour autant l'interrompre. Ce ne fut que lorsque l'autre outre eut fini qu'il se décida à reprendre la parole.

"Vous qui aimez les grandes questions sans réponse... Pensez-vous vraiment que prôner l'obéissance, même partielle, agit dans le meilleur intérêt des membres de nos communautés à long terme ?"

L'étudiant n'était absolument pas intéressé par une réponse. Il le signifiait d'ailleurs par la façon dont il posait la question : il n'y avait pas de réponse. Du moins, il n'y avait pas de bonne ou de mauvaise réponse. Il n'y avait que des justifications personnelles qui tourneraient éventuellement autour du pot et/ou des prises de position. La conversation vira ensuite sur la définition d'une oppression (que l'étudiant avait fini par donner malgré son originelle réticence) et sur les raisons pour lequelles elles étaient différenciées. Le vampire fronça légèrement les sourcils à l'entente de la réponse de son interlocuteur.

"Les violences ne sont pas les sources des oppressions multiples, sinon leurs conséquences. Et ce n'est pas contre les conséquences qu'il faut lutter, mais bien contre les sources, qui seraient bien trop abstraites s'il faudrait en considérer une seule les englobant toutes. Ce serait contre la société elle-même en tant qu'entité qu'il faudrait lutter, et comme je viens de vous le dire, lutter contre quelque chose d'unique et d'indivisible c'est comme se battre contre des moulins à vent. Plus encore quand il s'agit d'une chose qui n'a aucune réalité concrète. "La" société comme ensemble hétérogène n'existe pas, je peux vous conseiller de nombreux ouvrages sur le sujet si cela vous intéresse. Je ne dis pas que les luttes ne peuvent pas s'entraider, au contraire, mais nier leurs individualités est totalement contre-productif."

Ils arrivaient au bar, le sujet évolua donc à nouveau. Après une pause offerte par le propriétaire, la discussion vira sur la mise en place d'une réunion entre les différentes hiérarchies Outres. Plusieurs points furent éclaircis, jusqu'à ce qu'ils en viennent à la question du lieu. En plus de l'Université, qui demandait l'accord du Doyen et l'assurance de la part de Matthew que le lieu était sûr, Jesse proposa les Plaisirs Coupables, dans une tentative d'humour qui n'en était pas tout à fait une. Il ne cacha aucunement l'amusement qu'il ressentait à la réponse du professeur concernant les deux lieux énoncés. Il devait cependant lui accorder un point.

"Il a accepté de me garder après ma transformation, je suppose qu'il n'a pas changé tant que cela. Pour les Plaisirs Coupables, vous n'auriez qu'à louer un boudoir. Précieuse se moque bien de ce que vous pouvez faire chez elle tant que vous respectez ses règles. Sa politique de confidentialité est très stricte."

Jesse avait son idée concernant la provenance des "échos" dont le métamorphe lui parlait. Il était également conscient que ses paroles impliquaient qu'il côtoyait assez régulièrement le club dit de mauvaise réputation, mais ce n'était un secret pour personne, encore moins pour ceux qui connaissaient le passé récent d'Ailin... soit quiconque ayant lu l'article annonçant sa nomination. Cela ne lui faisait donc ni chaud ni froid de donner cette information au métamorphe. Au contraire, sa réaction pourrait lui permettre de tracer quelques autres coups de crayon.

Le doctorant ne prit même pas la peine de réagir de quelque façon à la tentative d'humour du Sachem. Il ne le voyait pas proposer d'effectivement tenir cette réunion dans son salon. Ne serait-ce que parce que la notion d'officialité serait d'emblée ternie... parmi d'autres choses. Le vampire préféra donc embrayer sur la possibilité de la nécessité d'inviter d'autres membres de certaines communautés, et ils en vinrent doucement mais sûrement à la fin de leur discussion sur le sujet. Jesse hocha brièvement la tête quand Matthew lui signifia qu'il contacterait lui-même Ailin, bien qu'il le ferait également. Il n'avait rien contre cela et de toute façon ce genre de mondanités était le lot d'Ailin plus que le sien. Il était donc logique qu'elle soit directement contactée.

Le jeune homme porta à nouveau son verre à ses lèvres alors que son interlocuteur changeait totalement de sujet, choisissant volontairement de rentrer dans le domaine personnel. La formulation le fit sourire, faisant ressortir ses canines sous le verre. Il finit ce qu'il était en train de faire et reposa son verre avant de répondre.

"Pas particulièrement. Je n'ai jamais été un grand fan des hivers enneigés par moins dix degrés. En plus de quatre ans, je ne m'y suis jamais fait."

Il ne répondit pas à la seconde question, qui était de toute façon rhétorique. D'ailleurs, Williams devait connaître la réponse : le caractère de l'étudiant était assez transparent à ce niveau. Pour autant, parler de lui ne le dérangeait pas et en ce cas précis il orientait ses réponses de façon à savoir ce que le métamorphe était capable d'en déduire.

Oui, il le testait comme un sujet d'analyse. Et alors ?
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MessageSujet: Re: Juste une Question d'Éducation...   Lun 28 Mai - 12:29

Jesse semblait être un orateur hors-pair, celui à qui l'on préfère ne pas avoir à faire lors d'un débat télévisé lorsque l'on fait de la politique. Il n'avait beau être qu'un étudiant, il avait des avis sensés et construits, ainsi qu'une réflexion poussée, reflet d'une conscience profonde des différents problèmes communautaires et sociétaux. Matthew n'avait pas spécialement de problème à s'avouer incapable de juger tel ou tel problème et, pour être honnête, il n'était probablement pas assez penchés sur certains domaines pour émettre un avis que l'on pourrait considéré d'éclairé. Toutefois, ce n'était pas nécessairement pour ces raisons qu'il ne fallait pas débattre des idées des un et des autres. Au contraire, cette discussion lui permettait d'entrevoir des points de vue différents, potentiellement inconnus jusque là, qui auraient le mérite de lui faire réfléchir plus en avant aux problèmes soulevés, voire, peut-être à le faire changer d'avis. Cette discussion, plutôt stimulante, permettait au Sachem de réaliser qu'il n'avait pas à faire à un simple étudiant, et, surtout, s'il savait déjà qu'il avait une place importante au sein de la hiérarchie vampirique, lui permettait d'appréhender quelles pouvaient être les qualités qui avaient pu motiver une récente nomination à un poste d'importance. Après tout, des personnes à l'intelligence pointue et au sens de la persuasion affûté devaient être particulièrement utiles. Pas pour toutes les positions, mais il était relativement connu que les Vampires avaient toujours su agir dans l'ombre, tirant des ficelles dans un jeu de marionnettes savamment orchestré. Que Jesse fut soudainement nommé à marionnettiste en chef n'était pas particulièrement étonnant et, compte-tenu de la discussion actuelle, tombait même plutôt sous le sens. Il fallait espérer qu'il ne passerait pas pour un abruti complet, même si, de toute façon, les Métamorphes n'avaient généralement pas la réputation d'être des têtes-pensantes. Avec leur instinct et leurs racines, ils étaient plutôt les plus passionnés dans les Communautés d'Outres.

Quant Jesse lui posa à son tour une question rhétorique, le Sachem ne put s'empêcher de sourire. Il n'y avait probablement aucune bonne ou mauvaise réponse à celle-ci. Prôner l'obéissance, même partielle, était potentiellement dangereux, pour de multiples raisons. C'était un mal nécessaire dans le cas présent, mais pas particulièrement une nécessité. Il avait appelé au calme pour éviter d'avoir à traquer les siens, mais il aurait simplement pu laisser les choses se faire et voir comment elles auraient évolué d'elles-mêmes. Mais laisser sa Communauté dans l'expectative et ne pas montrer de signes d'action face aux mesures du gouvernement n'aurait fait que jeter un trouble encore plus grand sur les directions à prendre. Si les Métamorphes commençaient à penser qu'ils n'étaient pas soutenus, c'était très certainement la porte ouverte à l'éclatement de la Communauté et la création de petits groupes plus ou moins dissidents, dont les actions auraient probablement mené le BIAS et la mairie à prendre des actions encore plus drastiques envers les leurs, voire les Outres en général. Malheureusement, si son autorité avait quelque peu réussi à enrayer, à court terme, les dérapages possibles, cela ne signifiait pas, pour autant, que cette ligne de conduite n'aurait pas d'effets néfastes à l'avenir.  « J'imagine que le temps nous le dira. » Il n'y avait que l'expérience pour répondre à cette question, et encore, tout au plus en fournirait-elle une dépendante d'un contexte et dont il serait potentiellement impossible d'extrapoler une vérité générale. Mais encore une fois, ce genre de question n'avait tout bonnement pas de réponse, bonne ou mauvaise. Quant au reste... « Je vois... Je pense que nous sommes, sur le fond, plus ou moins d'accord. Je comprends qu'il soit déjà assez compliqué de se battre pour sa propre cause et de trouver l'énergie nécessaire à participer à celles des autres, même si, de mon avis, l'avancée de l'une, serait forcément un plus pour aider à l'avancée des autres. Mais je veux bien l'un ou l'autre titre d'ouvrage. On dit qu'il faut rester curieux pour ne pas devenir idiot. » Et il y avait de toute façon toujours à apprendre de quelqu'un d'autre et probablement encore plus d'une personne comme Jesse, il aurait été malvenu de ne pas le reconnaître.

Dans le bar, la discussion était toute autre. Et si elle avait abandonné ses tenants métaphysiques, elle n'en restait pas moins sérieuse, au contraire. La remarque du Vampire sur le Doyen fit hocher la tête du Sachem, conscient que responsable de l'Université de l'Ambassade était quelqu'un de relativement ouvert sur la question des Outres, une des raisons pour laquelle le Campus était encore l'un des endroits les plus agréables à vivre à la Nouvelle-Orléans. Quant à faire appel à Précieuse... C'était probablement le choix le plus raisonnable et qui ne mettait la réputation de personne en danger. Cependant, la perspective de se réunir aux Plaisirs Coupables n'enchantait pas particulièrement Matthew, sans réellement savoir pourquoi. Malgré tout...  « Je pense, de plus en plus, que ce sera probablement notre seul et unique choix raisonnable et efficace. Je pense que je placerais quand même l'Université en premier choix et, en fonction de la réponse du Doyen, j'irais rendre visite à Précieuse pour voir ce qu'il est possible de faire. Mais je ne doute pas que nous trouverons un moyen de nous arranger. » Après tout, la responsable du club était connue pour être particulièrement arrangeante, du moment qu'elle y trouvait son compte. Il restait simplement à espérer que la rétribution ne serait pas exorbitante. Toutefois, cette conclusion mit fin à cet échange plus formel concernant le futur des Communautés Outres à la Nouvelle-Orléans, laissant le champ libre à des sujets beaucoup plus légers et une discussion plus... personnelle. Matthew n'avait cependant pas particulièrement envie de forcer Jesse à parler de lui si cela ne l'intéressait pas, mais, maintenant qu'ils étaient autour d'un verre, il n'y avait pas grand-chose d'autre à faire. L'étudiant se montra légèrement prolixe sur sa relation avec son état d'origine, démontrant un intérêt peu marqué pour les hivers enneigés et froids. « Je comprends... Pourtant, un peu de neige de temps en temps ce n'est pas si désagréable. Mais là, c'est peut-être l'animal qui aime évoluer dans la poudreuse qui parle. » Il but une gorgée de sa boisson. « Vous avez déjà une idée de votre après-thèse ? » Il était possible que Jesse se concentrait pour l'instant exclusivement à ses travaux en cours, sans compter que sa récente transformation bouleversait peut-être ses plans, mais cela intéressait tout de même Matthew, curieux de savoir quelle réponse lui serait offerte. S'il y en avait une...
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