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 Fausse bonne idée, ou peut-être pas

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Denise Courvoisier
Normes
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MessageSujet: Fausse bonne idée, ou peut-être pas   Dim 11 Mar - 23:46

L’annonce des nouvelles lois avait décidé Denise : si elle voulait vraiment mieux comprendre les Outres, il fallait qu’elle en rencontre. Elle avait donc mené sa petite enquête - comprenez qu’elle avait parcouru pendant sa pause de multiples flyers ramassés dans la salle d’attente de l’hôpital, à la recherche d’un endroit où il serait simple de rencontrer des Outres dans un contexte détendu.

Elle aurait pu se contenter de se balader dans le quartier sanglant jusqu’à trouver un bar sympa, mais l’idée ne l’enchantait pas trop. Elle mettait un point d’honneur à éviter les préjugés : le problème n’était pas que ce soit un quartier connu pour être tenu par des Vamps, mais plutôt que l’heure moyenne d’ouverture des bars là-bas ne lui assurait pas le confort de rentrer avant 22h, heure après laquelle elle n’avait plus le temps de boire une tisane et lire un peu avant de se coucher.

Finalement, donc, entre une pub pour une crème contre l'arthrite et une annonce pour des baby-sitting, elle était tombée sur un papier abimé annonçant l’ouverture d’un bar à métas… près de 7 ans plus tôt. Il y avait un risque que celui-ci ait fermé depuis le temps, mais elle avait quand même mis le flyer dans sa poche, se promettant d’y aller quand elle aurait le temps (et de faire un peu de rangement dans la lecture offerte aux patients).

C’est donc ainsi que pour son jour de repos, elle se retrouvait devant le Wild Bar, qui, elle en fut soulagée, était toujours ouvert. De l'extérieur, on ne voyait pas vraiment ce qui se passait l'intérieur, mais elle apercevait quand même de la lumière et quelques silhouettes.

Elle s’était préparée psychologiquement, avait pensé à diverses façons d’aborder quelqu’un, fait quelques recherches sur les Métamorphes pour éviter au maximum les impairs. Pourtant, elle hésitait encore à entrer, craignant de passer son début de soirée à boire des verres seule au comptoir. Après tout il n'était forcément évident de se faire des amis en annonçant que l'on cherchait des Outres à qui parler. De la part d'une Norme, elle avait conscience que cela pouvait être mal interprété.

Pour gagner du temps, elle lut attentivement les horaires affichés sur la porte, ainsi que l’écriteau annonçant que l’happy hour avait commencée. Puis elle se reprit, la voix de son grand-père résonnant dans son esprit.
« Si tu n’oses rien, Nissa, tu n’apprends rien. »
Elle pria rapidement, portant par reflex sa main à la croix qui pendait à son cou, puis prit une grande inspiration et entra, un peu plus confiante.

A cette heure-ci, le bar n’était pas rempli, mais plusieurs tables étaient déjà occupées. L’ambiance du bar en lui même était assez agréable, chaleureuse. Malgré cela, la confiance que Denise avait ressenti en entrant disparu rapidement. Elle n’était pas sûre d’à quoi elle s’était attendue. Pas à ce qu'on lui jette des fleurs, c'est sur, mais certainement pas non plus à l’hostilité dont faisaient preuve certaines tables à son égard. Face aux regards froids qui lui étaient adressés, une partie d’elle-même voulait faire demi tour et se terrer chez-elle, mais elle se retint, et préféra s’asseoir au bar, attendant poliment que le barman finisse d’essuyer ses verres pour commander.
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Matthew Williams
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MessageSujet: Re: Fausse bonne idée, ou peut-être pas   Lun 19 Mar - 15:53

Les nouvelles lois pour les Outres... Parlons-en tiens! Elles étaient arrivées comme un cheveux sur la soupe, mais, en toute honnêteté, Matthew n'aurait pas pu dire que cela ne leur pendait pas au nez. D'autant plus qu'avec leur nouveau Maire, il y avait peu de chances que les choses s'adoucissent dans le bon sens. Ceci étant dit, il ne s'attendait pas à ce que l'on revienne pas loin de quinze ans en arrière au niveau national. Certes, ce n'était pas le pays lui-même qui avait pris la décision, mais avec ce nombre d'états partenaires, on flirtait avec la notion. Mais, le plus problématique, dans cette histoire était qu'il devait trouver une solution pour les Métamorphes. Pointer tous les mois n'allait pas être des plus évidents, d'autant que certains privilégiaient parfois une vie plus sauvages, déconnectée le plus souvent de la ville, et pour qui l'existence d'une Mairie était simplement... anecdotique. Pourquoi ces personnes devraient-elles souffrir d'une réglementation alors qu'elles ne font de mal à personne ? Cependant, la perspective de devoir échanger plus passionnément sur le sujet avec le Maire n'était pas des plus engageante, d'autant que les spécificités des Métamorphes impliquaient quelques relaxes en termes administratifs, la jurisprudence engendrée pousserait les autres communautés à en demander également, ce que l'Administration jugerait probablement inadmissible, se contentant alors de fermer la porte à toute négociation possible, pour se simplifier l'existence. Néanmoins, le temps de trouver une solution convenable, car se résoudre à accepter la situation en l'état ne l'était pas, il fallait trouver de bonnes idées et arriver à maintenir la communauté dans une stabilité relative pour éviter tout débordement qui risquerait de les placer en porte-à-faux vis-à-vis de n'importe quelle entité législative. Peut-être y avait-il d'ailleurs un moyen légal de faire annuler ces décisions, car si ces lois étaient étatiques, elles entraient peut-être en conflit avec d'autres lois, fédérales, en rendant l'exécution caduque. Même si Matthew n'y croyait pas trop.

Après un dernier cours à l'Université, le Sachem avait décidé de se rendre au Wild Bar pour boire un verre et échanger avec quelques membres de la communauté Métamorphe, afin de recueillir leurs points de vue, leurs ressentis, leurs idées sur la façon dont gérer ce coup porté à leur liberté. Le but était de garder une ligne de dialogue, mais également de faire passer un message d'attente et de patience. Le tout était d'éviter que la situation ne dégénère, le moindre incident pouvant avoir une conséquence catastrophique à leur égard. Installé à une table dans le fond du bar, avec une vue relative sur l'ensemble de la salle, Matthew discutait tranquillement avec une jeune Métamorphe, plutôt inspirée et impliquée, qui ne manquait pas de lui donner l'ensemble de ses points de vue sur toutes les questions sus-mentionnées. Il l'écoutait avec intérêt, surpris qu'une personne aussi jeune qu'elle – et il ne faisait pas référence à son apparence – soit autant impliquée dans sa communauté. C'était encourageant et le poussait à s'investir encore davantage pour eux. Tandis qu'ils échangeaient sur les spécificités des comportements Métamorphes, et de leur potentielle faible compatibilité avec l'idée d'un pointage mensuel, l'atmosphère détendue du bar sembla soudain se tendre instantanément, les petits bruits de bavardages se taisant progressivement, les regards se tournant en direction du comptoir où s'installait une jeune femme. Surpris, le Jaguar ne comprit pas de suite, et dut attendre que les quelques bavardages sur le sujet ne parviennent à ses oreilles. Une Norme ? Que faisait-elle là ? C'était probablement ce que tout le monde se demandait. Elle ne semblait pas bien méchante, une jeune femme comme les autres. Certes, le Wild Bar était connu pour être un refuge à Métamorphes, il avait été construit dans ce but, mais il n'était jamais refusé la compagnie des autres personnes, hormis peut-être des Wiccans, pour des causes historiques, et encore, lorsqu'ils entraient avec des amis Métamorphes, certains étaient tolérés. Ceci étant dit, il fallait être assez courageux pour pousser la porte du bar sans connaissances particulières.

Les choses auraient pu s'arrêter là. Elle aurait probablement pu commander tranquillement et s'installer au bar, profiter d'un moment en agréable compagnie, ou simplement en solitaire. Malheureusement, il fallait croire que les récents événements étaient plus facilement supportables par certains que par d'autres. Alors qu'elle commandait auprès du barman, un grand gaillard se leva dans le fond, attirant le regard intéressé de Matthew qui observa la scène, légèrement tendu.  « On ne sert pas les Normes ici, petite. » Le ton n'était pas des plus accueillants, cela allait sans dire. Quelques voix s'élevèrent, à peine. Le Sachem, à l'autre bout du bar, se leva sans attendre. « Allez, petite. Va voir ailleurs si j'y suis. » Une chose était certaine, le principal intéressé n'était clairement pas sobre. De là à dire qu'il était imbibé, il y avait un pas à ne pas franchir, mais en tout cas, la désinhibition était en marche. Matthew s'approchait du bar, attirant des regards. Voyant que l'intéressée ne réagissait pas assez vite, le grand gaillard posa une main franchement non-amicale sur son épaule. « Tu m'écoutes oui ? » Alors qu'il arrivait à sa hauteur, le Jaguar posa à son tour une main sur l'épaule de l'empêcheur-de-tourner-en-rond. « Si la demoiselle veut boire un verre, elle boira un verre. »  « De quoi je me mêle le chevalier en armure ? » Le Sachem n'eut même pas le temps de répondre à cette question qu'un coup droit, ayant lâché l'intéressée, pour le coup, vint s'écraser contre sa mâchoire l'envoyant sur une table, renversant des boissons au passage. Se redressant en titubant légèrement, le Métamorphe se massait la joue gauche. « Je vais mettre ça sur le coup de la boisson. Maintenant tu vas te rasseoir, finir ta bière et retourner te coucher. »  « Sinon quoi ? J'en ai rien à foutre que tu sois Sachem ! C'est une putain de Norme ! Les mêmes qui veulent nous ficher comme des animaux de ferme ! Et tu vas la laisser boire un verre ici ? Tu veux pas lui torcher le cul tant que t'y es ?» « Si elle veut boire un verre ici, elle le fera. Et pour le reste, elle a l'air suffisamment grande pour le faire elle-même. C'est pas en essayant de leur faire peur que tu te feras mieux voir d'eux. » « Mais je m'en fous de mieux me faire voir d'eux. C'est eux qui devraient avoir peur de nous, pas l'inverse. »  « C'est justement parce qu'ils ont peur qu'ils réagissent comme ça. Continue comme ça et on finira probablement tous dans des cages. C'est ça que tu veux ? » Son interlocuteur maugréa quelque chose d'incompréhensible et regagna sa tablée avant de plonger son nez dans sa bière. Soulagé, Matthew posa son regard sur la principale intéressée et s'approcha d'elle.  « Je suis navré que vous ayez dû subir cela. Je vous en prie, restez autant que vous le souhaitez. Nous ne mordons pas autant que certains le laisseraient croire... » Il se tourna vers le barman. « Ce qu'elle prend est pour moi. »
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Denise Courvoisier
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MessageSujet: Re: Fausse bonne idée, ou peut-être pas   Jeu 29 Mar - 16:16

« On ne sert pas les Normes ici, petite. »

Denise ne savait pas quoi répondre. Il est vrai qu’elle n’avait pas vérifié si les Normes étaient ne serait-ce qu'autorisés dans le bar. Toutefois, le ton de l'homme indiquait un certain état d'ébriété et de l'agacement, plutôt qu'un rappel poli des règles. Plus client qu'agent de sécurité, donc. D’où il était, avec la musique, il était raisonnable de faire semblant de n’avoir rien entendu, et c'est ce qu'elle fit.

Bien sûr, l'homme ne s’arrêta pas là. Il se rapprocha, si bien que l'excuse de Denise de ne pas entendre ne tenait plus. Si elle continuait de l’ignorer, il allait s'énerver, et elle risquait des problèmes. Une main se posa sur son épaule, et elle se retourna, consciente de ne plus pouvoir éviter la confrontation. Elle avait, instinctivement, agrippé ses clefs dans sa poche, prête à s’en servir pour se défendre.

L’attention de l’homme, toutefois, s’était déjà détournée d’elle ; un autre homme, moins grand, mais d’une certaine façon plus imposant, l’avait interrompu, prenant la défense de Denise. L’agresseur répliqua, d’abord verbalement, puis par un méchant coup qui envoya son nouvel adversaire sur une table. L’allié de Denise ne sembla pas s’en formaliser, se relevant et réitérant sa demande de la laisser tranquille, poliment. Elle avisa rapidement la rougeur sur sa joue - probablement rien de grave, tout au plus un bleu en préparation.

Les invectives continuèrent un moment. Elle n’aurait pas dû s’en étonner, les récents évènements politiques s’y prêtant, mais la haine de ce Méta, et ce n’était sans doute pas le seul, envers les Normes lui sautait au visage. Bien sûr, ce n’était sans doute pas pratique de devoir pointer tous les mois, et elle comprenait bien que personne ne voulait être fiché, mais cela justifiait-il une telle violence à l’égard de tous les Normes qui passent ? Non, sans doute y avait-il plus que ça, quelques chose qu’elle ne pouvait pas comprendre, qu’elle n’avait pas les clés pour voir.

«  Continue comme ça et on finira probablement tous dans des cages. C'est ça que tu veux ? »

Denise aurait voulu répondre que non, que personne, même chez les Normes, ne voulait mettre les Métamorphes en cages, mais elle repensa à son père, son oncle, ses cousins. La flamme dans leurs yeux quand ils parlaient des Outres, des « Monstres contre-nature », de ce qu’ils leurs feraient s’ils « osaient mettre les pieds dans le canton ». Elle eut un frisson, et fut soulagée de voir que l’homme injurieux s’éloignait. En temps normal elle l’aurait rattrapé, aurait parlé avec lui pour régler la situation, mais elle était un peu secouée et plus très sûre de ce qu’elle aurait pu dire. Elle commençait à comprendre que ce n'était pas simplement une histoire de pointage, mais plutôt ce que ça impliquait, les potentielles aggravations, légales ou non. Sans doute que son trouble était visible car son « chevalier en armure », comme avait dit l’autre, s’excusa et annonça lui offrir son verre.

Elle aurait pu refuser, l’homme en ayant bien assez fait pour elle, mais elle n’était pas vraiment sûre que cela ait été très poli. Au lieu de cela, elle consulta rapidement la carte pour trouver la boisson la moins cher, grimaça en constatant qu’il s’agissait de l’expresso, en commanda tout de même un, puis saisi sa chance de parler avec un Métamorphe ni saoul, ni fermé à toute discussion.


« Merci pour tout, et c'est à moi d'être navrée, après vous avoir causé des problèmes comme ça. Excusez-moi, c’est peut-être indiscret et je ne voudrais pas abuser de votre temps, mais cet homme à bien dit que vous étiez Sachem ? »

Si elle se souvenait bien de ses recherches, le Sachem était figure d’autorité parmi les Métas. Si elle ne se trompait pas, c’était une opportunité très intéressante qui s’offrait à elle. Elle comprendrait qu’après ce qui venait se passer, il ne souhaite pas s’éterniser à discuter avec elle, d’autant que son statut signifiait très probablement qu’il avait autre chose à faire que de renseigner une inconnue sur son espèce, mais une part d’elle même espérait tout de même pouvoir en apprendre plus d’une source des plus fiables, et s’en réjouissait d’avance.

Elle réprimanda intérieurement cette part d'elle-même, se rendant compte qu'elle lui avait momentanément fait perdre les bases de la politesse. Son visage avait prit une couleur proche de celle d'un camion de pompiers quand elle reprit.

" Oh, pardon, je ne me suis même pas présentée et je vous pose déjà des questions personnelles ! Je m'appelle Denise. Denise Courvoisier."
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Matthew Williams
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MessageSujet: Re: Fausse bonne idée, ou peut-être pas   Ven 30 Mar - 9:08

Matthew se massait encore un peu la joue gauche. Le choc avait été quelque peu abrupt mais rien qui ne serait rapidement passé. Il resta d'ailleurs un peu plus longtemps à côté du comptoir, d'abord pour s'assurer que son invitée choisisse sa boisson, mais également pour demander au barman un glaçon qu'il fourra l'intérieur de sa bouche, croqua un peu avant de, à en croire la joue de hamster que cela lui fit, plaqua les morceaux contre la paroi de sa joue, dans le but d'apaiser un peu la légère douleur lancinante résiduelle. Pensif, il réalisait que cette histoire en disait long sur l'ensemble de la mentalité actuelles, notamment vis-à-vis des nouvelles régulations, et, potentiellement de ce qu'elles pouvaient impliquer pour le futur. Car, effectivement, ce n'était pas tant la perspective de devoir pointer tous les mois qui agaçait les Outres de cette ville, mais plus le fait que cela correspondait à un retour énorme en arrière, sans parler le fait que cela représentait une porte ouverte vers davantage de restrictions, sans forcément aller jusqu'au port ostensible d'une marque reconnaissable par tous, mais peut-être pas loin. Et l'Histoire avait déjà démontré, par le passé, qu'une telle solution ne finissait pas de la meilleure des manières...Dans tous les cas, une convocation au Mentis Animalis s'imposait, ne serait-ce que pour faire le point et mener la Communauté sur des bases saines et communes. Aucun d'entre eux n'appréciait les nouvelles régulations, mais il fallait montrer patte blanche avant de commencer n'importe quelle action. Il voulait s'assurer que l'ensemble des Métamorphes avaient conscience de cet état de fait, mais également entendre leurs voix et leurs idées. Il était peut-être Sachem, mais, pour lui, cela ne signifiait pas qu'il prenait seul les décisions. De ce qu'il en avait compris, c'était davantage un rôle de guide que de chef, et cela lui convenait parfaitement. S'il pouvait arriver à mettre un peu de bon sens dans la démarche, c'était probablement déjà un immense pas en avant. Parce que si des Outres commençaient à s'en prendre à des Normes, pour de bonnes raisons ou non, ils allaient au devant de conséquences bien plus graves que de simples pointages mensuels.

Une voix le sortit de ses pensées. Tournant la tête, il réalisa que la jeune femme se trouvait désolée de lui avoir causé des problèmes, tout en lui demandant si l'homme qu'il venait d'éconduire l'avait bel et bien appelé Sachem. Un peu surpris par la question, Matthew acheva d'avaler son glaçon – parce qu'on ne parle pas la bouche pleine en étant poli – ce qui sembla prendre suffisamment de temps pour que la jeune femme réalise qu'elle ne s'était pas présentée et s'en retrouve parfaitement et complètement éhonté. La rapidité avec laquelle lui était monté le rose aux joues était... impressionnante. Le Jaguar fit un signe de tête pour la rassurer et lui tendit la main. « Matthew Williams. Enchanté, Denise. Si je peux me permettre, de vous appeler Denise, bien entendu. » Généralement, le professeur de géographie s'embêtait rarement avec les noms et devenait rapidement familier avec ses interlocuteurs, sauf, bien entendu, dans des cadres beaucoup plus formels, qui, cependant, restaient très rares. Même avec ses étudiants, le Sachem était connu pour privilégier une certaine proximité, qui, cependant, n'était pas dénuée du respect nécessaire à la relation entre professeur et étudiants. « Et ne vous en faites pas pour le reste. Les esprits sont un peu échauffés ces derniers temps, mais cela finira sûrement par passer. » A vrai dire, il n'y croyait pas trop, mais il fallait continuer à l'espérer. Ceci dit, avec la piqûre de rappel mensuel, les esprits ne se calmeraient probablement pas tout de suite, du moins pas avant qu'ils n'y aient des progrès dans le bon sens ou que cela ne finisse par rentrer dans une routine monotone. L'Once se rappela de la première question qu'elle lui avait posée et, alors que le barman apporté le fameux café commandé, il confirma les propos de son camarade. Il ne s'attendait cependant pas spécialement à ce que son interlocutrice soit particulièrement au fait de ce que cela signifiait. « Pour en revenir à votre question, il m'a bien appelé Sachem. En gros, je suis une sorte de guide pour l'ensemble des Métamorphes de la région. » Il aurait probablement pu rajouter qu'il avait été désigné par les esprits d'anciens Métamorphes, les Munins, mais réalisa que l'information n'était peut-être pas nécessaire, et, surtout, potentiellement déroutante pour les... non-initiés.Il fallait dire que certains pouvaient trouver ces façons de réaliser quelque peu chamaniques et, en un sens, on n'en était pas nécessairement loin.

Intrigué, Matthew réalisa que cette Norme semblait visiblement assez curieuse et que, peut-être, cette question ne serait pas la dernière. Cela ne le dérangeait pas particulièrement, au contraire même. Après tout, il préférait que les Normes montrent de la curiosité pour leur Communauté que de la haine, qu'ils ne méritaient de toute façon pas, même si certains s'ingéniaient, par leurs bêtises, à démontrer le contraire. « J'ai peut-être une petite idée de la réponse, mais pourrais-je savoir ce qui vous a motivé à pousser la porte du Wild Bar ? » Il n'y avait pas une once de reproche dans cette question, bien au contraire, simplement une curiosité naturelle et logique. Après tout, le bar était connu pour être the-place-to-be pour les Métamorphes, un lieu communautaire, et même si les non-Métamorphes n'étaient pas refoulés à l'entrée, pour eux, c'était un peu comme rentrer dans un bar de bikers sans en être un. En considérant que les Métamorphes étaient gentils comme bikers, même si certains événements passés à la Nouvelle-Orléans avaient d'ailleurs mêlés deux bandes de bikers Métamorphes et ça n'avait pas été joli à voir... Dans tous les cas, si Denise avait décidé d'être curieuse aujourd'hui et de tenter de partir à la découverte, elle avait peut-être eu la chance de tomber sur une personne définitivement prête à lui offrir une oreille attentive et, peut-être même, les réponses qu'elle cherchait.
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Denise Courvoisier
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MessageSujet: Re: Fausse bonne idée, ou peut-être pas   Lun 9 Avr - 12:13

Denise serra avec le plus d’aplomb possible la main de Matthew, puisque c’était son nom, et l’écouta avec intérêt. Elle ne se formalisa pas qu’il l’appelle par son prénom - qu’il ne le fasse pas l’aurait sans doute bien plus gêné, elle avait toujours l’impression que l’on avait quelque chose à lui reprocher ou à lui vendre quand on utilisait  son nom de famille. L’homme la rassura, et elle en fut reconnaissante. Elle n’était pas vraiment inquiète, mais un peu secouée. Elle ne s’était pas attendu à une confrontation aussi directe, et n’était pas à l’aise avec le coté imprévisible des gens sous l’emprise plus ou moins forte de l’alcool. Enfin, c’était fini. Elle jeta un coup d'oeil discret au fauteur de trouble qui était retourné à sa place. Il avait toujours l'air contrarié mais ne semblait pas vouloir revenir à la charge.

Son café arriva, et elle se prépara à feindre de ne pas être complètement dégoutée par le liquide amer, mais Matthew s’adressa de nouveau à elle, et elle opta pour reposer la tasse. Avec un peu de chance, elle pourrait laisser refroidir son café le temps de la conversation et aurait une bonne excuse pour grimacer. Personne n’aimait le café froid, n’est-ce pas ?

Elle oublia assez rapidement son problème caféiné. Non seulement Matthew confirma qu’il était bien Sachem, mais il prit même le temps de repréciser exactement la signification de ce rôle, montrant qu’il était ouvert à la discussion et prêt à partager sur sa culture. Oui, Denise était définitivement bien tombée. Un millier de question lui venaient à l’esprit sur les Métas, dans des domaines s’étalant de la pure biologie à la sociologie, mais elle fut interrogée avant d’avoir pu en formuler une seule.

Matthew lui demandait ce qu’elle venait faire au Wild Bar. La question aurait pu sonner comme un reproche, voir une menace, mais le ton de l’homme excluait toute hostilité, et Denise comprit qu’elle pouvait répondre ouvertement. Elle prit une inspiration profonde et se lança, essayant au mieux de structurer sa réponse, même si cela avait quelque chose d’embarrassant d’admettre le cheminement qui l’avait mené précisément ici.

«  Et bien, ce n’était peut-être pas très malin de ma part de débarquer comme ça sans connaitre personne mais je voulais en savoir plus sur vous. Enfin, pas personellement, sur les Métamorphes en général, et même plus largement sur les Outres. J’ai grandi dans une région presqu’exclusivement peuplée de Normes, et, je ne sais pas, avec tout ce qui se passe en ce moment, les lois, je me suis rendue compte que je n’avais pas d’opinion claire parce que je n’en savais pas assez sur les Outres, alors je me suis dit qu’il fallait que je rencontre des gens, des Outres, pour avoir leur point de vue. Je me voyait mal aborder des gens dans la rue de façon totalement aléatoire, alors j’ai fait ce que ferait n’importe qui cherchant à faire des rencontres, je suis allée dans un bar. Et comme ça aurait totalement inapproprié d’aborder quelqu’un d’un « excusez-moi vous ne seriez pas un Outre par hasard ? » je me suis un peu renseignée. Je me disais bien que ce genre de bar communautaire existait, et j’ai fini par trouver. Et voilà. »

Elle haussa les épaules sur ces derniers mots, consciente que peut-être sa démarche n'était pas habituelle, mais l'assumant totalement.
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Matthew Williams
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MessageSujet: Re: Fausse bonne idée, ou peut-être pas   Mar 10 Avr - 1:08

S’il avait su que la jeune femme avait pris un café juste pour choisir la boisson la moins coûteuse sur la carte du Wild Bar, Matthew aurait probablement intimé à son invitée de se faire plaisir, surtout si elle n’aimait pas ça. Malheureusement, il n’avait pas les moyens de le savoir et, en tout état de cause, n’apprendrait rien en ce sens, du moins pas tout de suite. Le fauteur de troubles ruminait dans son coin et ne viendrait probablement pas les importuner, au moins dans un avenir proche. Ceci étant dit, ce genre de comportement n’était pas surprenant pour le Sachem et, pire encore, il était convaincu que cela ne ferait probablement qu’empirer dans les semaines à venir. Beaucoup de Métamorphes n’appréciaient pas tellement les nouvelles lois ainsi que ce que cela impliquait pour les Outres, et, en particulier, pour eux. La Saison, par-dessus le marché, n’arrangeait pas les choses. Si les autorités avaient choisi le mois de Mars à dessein, ils n’auraient probablement pas pu faire mieux. Dans tous les cas, c’était d’ailleurs là un point que le professeur comptait évoquer lors d’une éventuelle rencontre avec le Maire, ou l’un de ses adjoints, afin d’assurer une certaine clémence des autorités compte-tenu de la période de l’année, potentiellement ingérable pour certains d’entre eux, qui se voyaient mal se rendre dans un lieu public, où, envers et contre tout, ils risqueraient de mettre des personnes en… danger. D’une certaine manière. Si quelques Métamorphes devaient manquer à l’appel de ce premier recensement, certains d’entre eux avaient surement une bonne excuse, suffisamment en tout cas pour justifier d’abord un simple rappel à l’ordre, dusse-t-il être fait par Matthew lui-même, ou par Alice. Mais on ne pouvait décemment pas reprocher à un Outre de rester à l’écart des populations pour éviter de les mettre en danger. Il espérait qu’un argument comme celui-ci ne tomberait pas dans l’oreille d’un sourd.

Cependant, il avait mieux à faire, dans le cas présent, qu’à penser aux problèmes qui l’attendaient dans le jour à venir. En réalité, la présence de la jeune femme dans le bar était suffisamment curieuse pour l’intéresser davantage. Ceci étant dit, il avait une petite idée des raisons qui avaient pu la pousser à passer la porte du bar, mais il préférait l’entendre de vive voix. Avec surprise, il l’écouta, et l’observa, tandis qu’elle lui répondit, d’une traite, sans respirer, ou presque, lui expliquant, plus ou moins avec structure, les raisons pour lesquelles elle se retrouvait à ce comptoir. Oubliant presque de respirer lui aussi, Matthew resta suspendu aux lèvres de la dénommée Denise jusqu’à ce qu’elle conclut sa petite histoire. Il fallait admettre que son raisonnement se tenait parfaitement. Arrêter des inconnus au milieu de la rue aurait été potentiellement problématique et, surtout, pas nécessairement efficace. S’intéresser à l’existence de lieux communautaires était particulièrement malin. L’idée de pousser la porte d’un bar à Métamorphes potentiellement échauffés par les nouvelles lois et par la Saison… Un peu moins. Mais peut-être n’était-elle seulement pas au courant. « Je vois… Je vois. » Il esquissa un léger sourire et fit un signe au barman pour commander une boisson. « C’est louable de votre part d’essayer de vous renseigner sur nous, et les Outres de manière générale, avant de porter un éventuel jugement. Le monde se porterait probablement mieux avec davantage de personnes comme vous, Denise. » Le Sachem resta pensif quelques instants. « Certains auraient probablement d’abord commencé par lire un livre, mais venir à la source est peut-être encore la meilleure chose à faire. Même si la période n’est peut-être pas la meilleure. Enfin, vous ne pouviez pas savoir. » Il esquissa un petit sourire. Après tout, c’était probablement ce qu’il aurait fait dans la même situation. Plutôt instinctif, Matthew était plutôt du genre à agir avant de réfléchir et peut-être l’avait-elle remarqué également.

Le Jaguar paya le barman qui lui apportait ce qui semblait un verre contenant un liquide vert et pétillant, ressemblant en tout point à un diabolo menthe. Il porta la paille à ses lèvres et en aspira une longue gorgée. Il se retourna, s’adossa au zinc du comptoir et posa son regard sur la jeune femme. « Et bien… Puisque vous avez frappé à la bonne porte. Je vous en prie. Posez vos questions ! Je tâcherai de vous répondre le plus objectivement possible. » Il n’avait aucune idée de ce qu’elle allait bien pouvoir lui demander, mais cela ne pouvait pas être si terrible que ça, si ? En tout cas, il n’y avait pas de mal à afficher une image sociable et agréable. Car si la Norme pouvait emmener avec elle autre chose qu’une envie d’enfermer les Métamorphes, ce serait déjà un petit pas, très petit, vers la bonne direction. Et même si le Sachem ne s’attendait pas à ce que l’ensemble de la Communauté Norme ne finisse par passer par le Wild Bar pour en apprendre plus sur eux, le bouche à oreilles était suffisamment puissant pour laisser des traces dans les mentalités. Alors, quitte à choisir, mieux valait que ce soit à leur avantage. N’est-ce pas ?
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Denise Courvoisier
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MessageSujet: Re: Fausse bonne idée, ou peut-être pas   Sam 12 Mai - 13:26

La quantité de questions qui lui avaient traversé l’esprit plus tôt revinrent à la charge. Restait à trouver par laquelle commencer. Elle prit une nouvelle gorgée de café, qui heureusement était servi en tasses assez petites pour être finies rapidement, pour se donner le temps de réfléchir. Il fallait trouver un bon équilibre. Rien de trop personnel, en tout cas pour commencer, cela serait malvenu et indiscret. Rien non plus qui pourrait être mal pris, même si elle n’imaginait pas Matthew comme une homme s’offensant d’un rien. Après tout, il avait à peine haussé le ton face à un homme qui l'avait frappé et insulté. Tout de même, il devait y avoir certains sujets sensibles qu’il lui faudrait éviter, même si elle n’avait pas le bagage culturel pour les connaitre.

 Finalement, elle se dit que la question qui comptait le plus, avant tout, était contextuelle. Et puis, pour commencer cela restait le plus sûr.

«  Mhh, et bien, je vois que les lois récentes ont l’air de causer pas mal d’agitation. »

Elle avait ponctué ses mots d’un petit signe de tête vers le reste de la salle avant de reprendre.

«  A la base c’est ce qui m’a poussé à me secouer et à venir alors j’aimerais bien en savoir un peu plus sur ce qu’elle impliquent exactement. Il y a quelques trucs qu’on peut comprendre, même en tant que Normes, bien sûr, qu’être fichés ce n’est jamais une bonne chose parce que je ne pense pas que beaucoup de personnes aimeraient être officiellement considérées comme dangereuses, ou « à risque »;  mais ça m’intéresserait beaucoup d’avoir un point de vue disons « intérieur » là-dessus. »

D’autant, se rappela-t-elle, qu’elle avait lu dans ses recherches rapides que les Métamorphes ne vieillissaient pas exactement à la même vitesse que les Normes, une spécificité qui l’intriguait. Matthew avait l’air d’avoir à peu de choses près le même âge qu’elle, mais autant qu’elle savait, il pouvait tout aussi bien avoir le double, et même dix fois plus. Il se pouvait alors que ce ne soit pas le premier fichage qu’il connaisse, et cela aussi titillait sa curiosité.
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Fausse bonne idée, ou peut-être pas

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