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 La Loi c'est moi!

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Lincoln Greenwater
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MessageSujet: La Loi c'est moi!   Dim 11 Mar - 21:53

Il y avait du monde... Beaucoup de monde... Bien plus que ce qu'ils avaient prévu. Certains visages, Lincoln ne les avaient pas vu depuis un moment. Des gens qui avaient jugé bon de prendre leurs distances, d'afficher un peu moins ouvertement leurs croyances. Mais dans cette période de doute, tous s'étaient réunis. Tous attendaient des réponses, voulaient qu'on les rassure. Si ça n'avait tenu qu'à lui, beaucoup auraient déchanté. Mais cela ne tenait pas qu'à lui, et même s'il était un membre influent, il ne pouvait se prononcer au nom de tous.

Certains s'étaient déplacés jusqu'à sa boutique ces derniers jours, espérant tirer quelque chose de lui. Il avait constater que les avis divergeait beaucoup, mais s'était bien gardé de donner le sien, du moins pour le moment.

Il observait cette foule, planté là, se sentant finalement un peu con devant tant de monde. Il n'avait pas vraiment l'habitude de cette attention soudaine, fût une époque on l'écoutait rarement, et on lui adressait la parole encore moins. Le goût du verre de whisky qu'il s'était enfilé juste avant lui restait en bouche, il pouvait même encore sentir un peu la chaleur de l'alcool dans son ventre. Il lui avait fallu ça pour trouver le courage de s'avancer.

Derrière lui, les mines contrites des manbos et houngans qui formaient l'espèce de "conseil" provisoire lui faisait clairement comprendre qu'aucun ne ferait de pas en avant pour se tenir à ses côtés. Il devait annoncer seul une décision prise par tous les autres. Peut-être était-ce là sa punition pour s'être dressé contre l'avis général. Pour avoir voulu envisager l'avenir différemment.

Il se racla la gorge et le micro émis un petit larsen. Ils avaient en vitesse installé un petit groupe électrogène pour y brancher un micro et des enceintes. Il aurait été impossible autrement pour Lincoln de se faire entendre de tous. Alors que le brouhaha des conversations s'était tut, il pris enfin la parole:


"Bonsoir à toutes et à tous,
merci d'avoir répondu à notre invitation.
Je ne m'attarderais pas à vous répéter le pourquoi de cette réunion extraordinaire, vous savez tous pourquoi nous sommes là, et je sais que vous attendez tous des réponses. Alors rentrons dans le vif du sujet:
Devons-nous nous plier à cette nouvelle loi de régulation des outres? Si la question paraît compliqué la réponse reste très simple, oui."


Une vague de protestations secoua l'assemblée, sans l'ombre d'un doute, il y avait des déçus dans l'auditoire. Lincoln leva les bras pour ramener le calme, avant de continuer:


"Notre communauté souffre d'une popularité sans cesse décroissante, la preuve en est ce soir. Une réunion comme celle-ci il y a à peine un an aurait rassembler le double de personnes. Mais aujourd'hui beaucoup ont décidé de retourner dans l'ombre. De taire leur foi, de se cacher, terrassés par la peur et la honte. Si nous devions refuser ces nouvelles contraintes, nous pourrions perdre tout ce à quoi nous tenons. Pire, cela pourrait se terminer dans le sang, le votre, le mien, le leur."

Il pointa du doigt le conseil, et capta brièvement des mines surprises et choquées.


"Alors je vous en prie, pour votre salut, et pour celui de tous les Vodouns, pliez-vous à cette loi." Et allez en paix vous faire massacrer...

Le vieil homme était désespéré d'avoir à éteindre toute forme de rébellion. Mais il était encore trop tôt pour une révolte. Ce serait un bain de sang...


"A tous ceux d'entre-vous, qui songerais à déroger à ce nouvel édit, je vous conjure de n'en rien faire. Un Vodoun pris en défaut, et c'est toute la communauté qui en pâtira. Les lois se durciront un peu plus, et seront plus spécifiques à notre communauté. Nous risquerions de ne plus pouvoir exercer notre pouvoir comme nous l'entendons. Pire, de ne plus pouvoir l'exercer du tout. On pourrait nous retirer nos lieux de culte. Vous imaginez? L'hounfor, détruit? Rasé? Et tout ça pour quoi? Parce que certains d'entre vous auront refusé d'aller pointer? Nous ne pouvons pas laisser faire ça. Je vous appelle à la raison. Si vous voulez préserver vos proches, vos amis, votre quotidien. Allez à la mairie."

C'était tellement dur. Il se devait de rester impassible, mais il pleurait intérieurement. Le vieil s'appliquait à achever une liberté déjà à terre.Il était furieux contre les autres membres du conseil. Des lâches, des faibles. Certains d'entre eux pensaient comme lui, mais aucun ne l'avait soutenu. Ils avaient tous trop peur, peur pour eux, peur pour leurs familles. Mais n'étaient-ils finalement pas tous déjà en danger maintenant, et à chaque heure qui passait? Et pour combien de temps? Combien de temps avant que cette loi ne se durcisse? Combien de temps avant que les contraintes ne deviennent si absurdes qu'elle rendent toute sujétion impossible? Combien de temps avant qu'ils ne soient tous chassés et abattus pour un rendez-vous raté?


"Je sais que pour beaucoup, la pilule est dure à avaler. Mais nous surmonteront cette difficulté, ensemble, comme une seule entité. Et nous en sortiront grandit, plus forts que jamais.
Pour vous aider à encaisser la nouvelle, je vous invite à profiter, avec nous, et pour montrez à la Nouvelle-Orléans que les Vodoun ne se laisseront pas abattre par les difficultés. Pour ce soir, oublions tout les maux, oublions les craintes et les hontes. Et célébrons, comme nous savons si bien le faire!"


Alors qu'il posait son micro, il y eut des applaudissements, beaucoup, des huées aussi, moins nombreuses cela dit.
Il se sentait vidé. Il fit volte-face et s'engouffra dans la maison sans un regard en arrière. Il attrapa la première bouteille d'alcool qui croisa sa route, et s'en envoya une longue gorgée. Du rhum...

Il se jeta dans un fauteuil en osier, bien décidé à se cuiter comme jamais. Ce soir, on célébrait un deuil, et il comptait bien rendre un dernier hommage digne de ce nom...


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Evie Methali
Vodouns
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MessageSujet: Re: La Loi c'est moi!   Mer 14 Mar - 16:03

Evie savait que la réunion avait eu lieu, mais surtout par chance à la base; depuis la nouvelle du Flash Info, elle avait passé la majeure partie de son temps à boire... Pas que ça changeait de d'habitude, mais là elle était vraiment agacée. Elle était quelqu'un de foncièrement diplomate et pacifiste à la base, or là elle avait des envies de destruction. Que le gouvernement puisse se permettre un tel acte, qui entravait la liberté de certains de ses citoyens, c'était pas normal, c'était injuste, et injustifié. Oui il y avait eu un incident isolé, mais est-ce que ça expliquait une restriction sur TOUTE la communauté Outre? Non, absolument pas. Ca serait comme restreindre tou.te.s celleux d'une même foi, sur la base qu'ils étaient croyants et appartenaient à une religion autre que leurs oppresseurs... Chose qui s'était faite par le passé, et qui avait juste mené à des génocides.

La vodoune était énervée. Vraiment. On l'avait rarement vue aussi acide, et avec ça l'alcool n'aidait en rien. Déshinibée elle n'hésitait pas à frapper dans des objets divers, insulter des gens de tous les noms, et maudire les politiciens sur plusieurs génération. Pour éviter de trop se mettre en scène elle s'était terrée chez elle un moment, puis avait reçu un message de son père : quelqu'un était passé à la boutique pour prévenir d'une réunion à venir, où le Conseil Vodoun allait donner des instructions sur la marche à suivre. Evie se devait donc de s'y présenter, ne serait-ce pour savoir ce qu'ils avaient l'intention de faire... Car ils avaient bien l'intention de faire quelque chose, n'est-ce pas?

Néanmoins avant de partir elle regarda son téléphone. Elle savait pas si c'était adapté, mais elle serait pas gênée d'avoir un peu de compagnie dans l'affaire... Elle regarda vaguement la liste de contact. Le dernier ajouté, Blake, aka B.G.W (Big Good Wolf) apparut immédiatement. Elle contempla le numéro assez longtemps avant de composer un message - inutile de dire qu'avec son taux d'alcoolémie il lui était difficile de faire quoi que ce soit de cohérent.

"Yo jz vais a une réunion  demeure colonmaile ds la veille plqntqtion. Tuvien? gznez evirvon dans 1heur?? Bisou."

Incapable de se relire ou quoi que ce soit, elle ferma le téléphone après l'envoie, et commença à s'habiller à peu près correctement. Aujourd'hui le treillis était de mise. Le large pantalon baggy tombant de ses hanches avec deux ceintures croisées décorées de clous et de biques - avec un haut noir simple, très peu décolleté. Elle ne pu cependant pas se séparer du haut de forme qu'elle portait en toutes circonstances. Elle enfila ses rangers (avec difficulté pour ses lacets), mis sa veste en faux cuir et sortit - claquant la porte en oubliant ses clés à l'intérieur. Détail à part (dont elle se rendit compte immédiatement, elle haussa les épaules et descendit les escaliers de l'immeuble - elle se soucierait de ses clés plus tard.

Un tour de bus plus tard elle arriva à la vieille plantation; elle n'était pas la seule vodoune dans le bus : au moins elle était sûre de ne pas être la seule en retard, si c'était réellement le cas. Lorsqu'elle descendit du bus elle se rendit compte du nombre de gens présents. Heureusement qu'elle était déjà bien ivre, sinon elle aurait été tentée de sortir la flasque de whisky de sa veste.

Ce n'est que quand elle entendit le micro qu'elle réussi à fixer son attention sur la personne qui parlait au travers; maintenant qu'elle le voyait elle n'avait pas l'intention de le lâcher des yeux, et lança toute sa concentration pour écouter et comprendre ce qu'il se disait. Il lui fallut un moment pour comprendre qu'elle avait déjà vu le papy qui parlait, il était passé à la boutique quand elle avait commandé des fournitures chez lui... Ca commençait à faire un moment quand même, les souvenirs étaient flous pour plusieurs raisons.

Elle oublia vite cela quand elle comprit ce qu'il venait de dire.

"Devons-nous nous plier à cette nouvelle loi de régulation des outres? Si la question paraît compliqué la réponse reste très simple, oui."

Sa bouche s'ouvrit de stupéfaction, et elle fit partit des voix qui s'élevèrent en protestation. Lincoln (elle se souvenait maintenant de son nom) tenta d'apaiser la foule, levant les bras avant de continuer. Quoi? Ils avaient peur pour la "popularité" des vodouns? C'était une blague? Les gens avaient toujours du mal avec les réanimateurs, quelque soit l'époque... Ce n'était pas se plier à ces conneries qui allaient changer ça. Ce qu'ils demandaient c'était de se conformer à des lois injustes.

Evie était subitement très sobre, voire trop. Vraiment? De toutes les communautés existantes au sein du terme "Outre" les vodouns étaient pas franchement les plus dangereux, et leur foi ne faisait pas de mal... S'il y avait bien un groupe qu'ils devaient offenser, c'était les ligues de protections animales, parce qu'ils faisaient bien des sacrifices pour les rituels... Mais en dehors de ça, vraiment...?

Elle fixa les membres de leur dit "Conseil" froidement, puis Lincoln à nouveau. Une grosse bande de lâches. Tous. Ne se rendaient-ils pas compte de ce qu'ils demandaient? De juste se taire, baisser la tête alors qu'on piétinait leurs droits? Evie était familière avec les oppressions qu'elle subissait, et en rajouter une de façon légale sans honte était totalement absurde.

"Et tout ça pour quoi? Parce que certains d'entre vous auront refusé d'aller pointer?"

Alors voilà, on accusait celleux qui voulaient se battre contre l'édit de desservir leur cause maintenant? Celleux qui ne voulaient pas vivre cette oppression? Oh elle n'avait plus envie d'écouter cette merde, elle voulait foutre le feu au bâtiment administratif le plus proche.

Elle se reprit avec un soupir. Elle était pacifiste, elle était énervée, il ne fallait pas qu'elle se laisse emballer au risque de faire une connerie, mais restait que ce qu'ils demandaient était totalement injuste. Elle voulait juste un peu d'égalité, mais si c'était trop demandé, qu'est-ce qu'elle pouvait faire? La réanimation de son frère allait être assez difficile sans toutes ces restrictions, c'était qu'une question de temps avant qu'il faille de nouvelles étapes administratives pour ranimer quelqu'un... Probablement y mettre le prix connaissant le fonctionnement de l'administration.

L'amertume sombre se lisait sur son visage. Voilà qu'on appelait à la fête maintenant? Ouais ouais, et combien de temps est-ce qu'ils allaient laisser ça durer aussi? On critiquait déjà suffisamment les soirée vodounes parce qu'elles avaient tendance à "dégénérer", durer trop longtemps et embêter les voisins (tout était une bonne excuse pour empêcher les gens de s'amuser, surtout des Outres.) Elle ne se faisait pas d'illusion : si tout continuait comme ça avec les lois, un jour ou l'autre il y aurait des raids, on empêcherait les réunions en non-mixité Outre et on les accuserait de communautarisme. Bien sûr ils n'y étaient pas encore, mais Evie ne pouvait pas se dire optimiste sur le sujet.

Le discours se finit, Evie ne fit rien, elle resta juste là, baignée dans un bain glacé d'angoisse, immobile. Ils venaient de faire un pas astronomique en arrière, et le Conseil ne voulait même pas faire une manif pour exprimer son désaccord. Ils avaient décidé de faire le tapis de sol, et se laisser marcher dessus...

Elle regarda des gens s'engouffrer dans la bâtisse, mais elle resta dehors un moment, dos rigide. Pour une fois, elle n'avait pas envie de boire. Elle regarda autour d'elle néanmoins, à la recherche de quelques visages qu'elle pourrait reconnaitre, histoire de ne pas rester dans cet état. Il fallait qu'elle se change les idées, sinon elle partirait dans le prochain bus. Elle n'avait pas envie de fêter le début d'une vie légalement opprimée.
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Blake Davis
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MessageSujet: Re: La Loi c'est moi!   Jeu 26 Avr - 21:45

Une heure auparavant, Blake avait reçu un message d'Evie presque inintelligible, mais qu'il avait tout de même réussi à déchiffrer grâce à une pratique experte du langage bourré, qu'il n'avait d'ailleurs cessé d'améliorer ces derniers temps, depuis qu'il avait fait la connaissance de la pétulante vodoun.

Il avait rapidement compris qu'il n'était probablement pas spécialement attendu à la réunion à laquelle la jeune femme avait pris la liberté de l'inviter. La demeure coloniale, dans la Vieille Plantation, était un lieu qui appartenait à la Baronne et on n'aurait pas pu faire plus connoté. Tout comme on ne se pointait pas au domaine Beauregard ni à la maison Lalaurie si on n'avait rien à voir avec les vamps locaux. Blake n'était pas d'ici, mais à l'époque où il avait "bossé" dans cette ville il s'était un minimum renseigné sur les lieux de pouvoir et sur les groupes qui y avaient de l'influence. Il était vital, pour un traqueur, d'avoir une connaissance acérée de son environnement, de ses dangers, et des possibilités qu'il offrait.

Blake aurait pu s'en arrêter à ce constat : il était métamorphe. Il n'allait pas se pointer à une réunion de vodouns. Pourtant il ne le fit pas, pour plusieurs raisons. La première et la plus évidente était qu'Evie paraissait complètement torchée, alors qu'il était encore bien tôt. Si il pouvait lui éviter de finir dans le caniveau et de se vomir dessus, c'était déjà une bonne raison pour imposer sa présence à la communauté des mages réanimateurs. Bien sûr elle était peut-être déjà accompagnée, mais il n'avait aucune certitude.

Ensuite, il devait bien admettre qu'il était curieux. Les deux outres s'étaient rencontrés dans des conditions particulières. Les nouvelles lois en vigueur avaient été jusqu'à présent leur principal, si ce n'est unique sujet de discussion, et il n'imaginait pas que cette fameuse réunion soit au sujet d'autre chose, puisqu'Evie n'avait même pas jugé nécessaire de lui en préciser le sujet - ok elle était déchirée, mais quand même.

Il s'était attendu à ce que le monde des outres réagisse plus vite que cela. Il n'était donc pas étonné de la nouvelle, mais volontiers plus surpris de n'avoir entendu parlé d'aucune action qui aurait été mise en place avant cette date. Blake avait envie de voir comment les vodouns allaient réagir à cette attaque. Après la Révélation, ils avaient longtemps été interdits de pratiques. Ces nouvelles discriminations devaient tout particulièrement les toucher, et leur rappeler de mauvais souvenirs. Ce serait peut-être eux qui lanceraient le mouvement.

Pour finir, et ce n'était pas anodin, Blake se foutait bien de ce qu'on pouvait penser de lui. Il avait l'habitude que sa présence effraie ou importune, si ce n'est les deux. Les regards noirs de quelques mages courroucés ne l’inquiétaient donc guère. Si il voyait qu'il n'était pas à sa place en arrivant, que ce n'était pas décent qu'il reste, il s'en irait. Sinon, eh bien on aurait du mal à le déloger.

Il arriva à l'heure et entreprit de retrouver Evie, mais il y avait déjà énormément de monde, et ce n'était pas chose aisée. A la Nouvelle-Orléans, sans surprise, les vodouns étaient très nombreux. De plus, il n'était vraisemblablement pas le seul à être venu sans faire partie à proprement parler de la communauté. Il y avait des normes vaudouisants - probablement les familles des principaux concernés, en grande partie. Il y avait aussi quelques autres types d'outres disséminés ici et là. On s'était pas mal donné le mot.

Il crut repérer sa nouvelle amie à plusieurs reprises mais fit erreur à chaque fois, si bien que le discours commença finalement avant qu'il ne l'ait retrouvée. Il s'arrêta donc pour écouter le porte parole de la communauté s'exprimer. C'était un homme assez âgé, qui lui donnait l'air d'avoir envie de se pendre plutôt que de devoir prendre la parole. Il hallucinait peut-être ce qu'il voyait, mais il avait l'impression de déceler une certaine tension entre le porte parole et les gueules de déterrés (... qui étaient ceux qui déterraient mais passons) plantées comme des piquets derrière lui.

"Devons-nous nous plier à cette nouvelle loi de régulation des outres? Si la question paraît compliqué la réponse reste très simple, oui."

Blake croisa les bras et fronça les sourcils. Si ça commençait comme ça, c'était mal barré. Enfin. Il pouvait toujours leur accorder le bénéfice du doute. Proposer un acte de désobéissance civile de masse type boycott des registres par les représentants d'une espèce entière aurait été sacrément couillu. Ça aurait eu de la gueule, mais ça n'était probablement pas susceptible d'arriver de si tôt étant donnée la surprise de l'annonce, qui avait été maintenue  secrète alors même que les décisions étaient en train de se prendre. Etant donné aussi le peu de temps qu'on leur laissait pour s'organiser, et puis le risque impliqué. Si ce n'était pas suivi, les rares dissidents auraient risqué leur vie à se rebeller de la sorte.

"Les lois se durciront un peu plus, et seront plus spécifiques à notre communauté. Nous risquerions de ne plus pouvoir exercer notre pouvoir comme nous l'entendons. Pire, de ne plus pouvoir l'exercer du tout. "

Non, en fait ça puait tout court. Les vodouns courbaient l'échine, par peur d'être à nouveau privés de leur droit d'exercer. Blake esquissa une moue de mauvaise humeur. C'était éloquent, et assez ironique, qu'ils citent les risques de retombées spécifiques à leur espèce. De durcissement des règles à leur égard spécifique. C'était exactement ce qui était déjà en train d'arriver, mais aux wiccans. Blake savait que ce n'était pas le grand amour entre les membres de ces deux espèces en règle générale, mais quand même. C'était sacrément égoïste de la part de la Baronne et de sa clique. Et puis sacrément idiot. Parce que si ils croyaient vraiment que c'était en restant bien sages, dociles et silencieux qu'ils allaient rééquilibrer la balance, alors ils se fourraient le doigt dans l’œil jusqu'au cul, et peut-être même ressortaient-ils de l'autre côté.

Le plus hallucinant était à venir. Parce que l'assemblée générale était déjà terminée. Personne n'aurait l'occasion de donner son avis ni de lancer le moindre débat constructif sur ce qu'il allait falloir faire maintenant, tout simplement parce qu'ils ne voulaient rien faire. Ils déconseillaient toute action individuelle et condamnaient le groupe à se laisser lobotomiser à force de danse et d'alcool plutôt que d'engager une vraie discussion. C'était tout simplement lamentable.

A ce stade Blake cessa d'écouter. Il roula des yeux et se remit à chercher Evie. C'était plus facile alors que la masse était immobile et silencieuse. Il la trouva alors que le vieux vodoun prononçait les derniers mots de sa sentence. Aussitôt, un mouvement de foule s'engagea dans la direction du bâtiment, mais par chance Evie ne changea pas de position. A dix mètres, il pouvait déjà voir qu'elle était totalement ulcérée par ce qu'elle venait d'entendre. Comme c'était surprenant.

"... C'était édifiant. J'arrive pas à savoir quel qualificatif convient le mieux... Pleutres, naïfs, ou bien juste décérébrés ?"

Il émit un rire sec et puis sortit une clope, parce qu'il se rendait compte qu'il en avait besoin.

"C'est moi ou le porte-parole donnait l'impression d'avoir bu une flasque de vitriol par contre ?"

Le vieil homme s'était d'ailleurs cassé à la vitesse de la lumière. Blake ne l'avait même pas vu faire... Il chercha le reste du Conseil des yeux.
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Lincoln Greenwater
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MessageSujet: Re: La Loi c'est moi!   Lun 21 Mai - 0:43

La soirée semblait défiler à une vitesse d'escargot, mais l'alcoolémie du vieux vodoun se portait plutôt bien. Il avait descendu sa première bouteille de rhum quasiment cul sec, avait légèrement lutté pour ne pas en recracher la moitié, puis une fois le feu passé, s'était mis en quête d'une deuxième bouteille.

La-dite bouteille proprement trouvée et débouchée, il y allait à grandes rasades, que son état d'ébriété éparpillait en partie dans sa barbe et sur sa chemise. Il tanguait, errait dans les pièces en enfilade du sanctuaire, heurtant régulièrement des fêtards aux mines sombres. Personne ne semblait vraiment se réjouir, mais comment l'aurait-il pu? Il venait d'envoyer toute la communauté à l'abattoir. Cette loi n'était que la première d'une longue série, et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, ils se retrouveraient parqués dans des enclos, un numéro tatoué au fer rouge dans la nuque.

Il se détestait. Plus qu'il ne s'était jamais détesté. Il avait laissé la peur prendre le dessus, lui dicter ses actions. Mais peut-être qu'il n'était pas trop tard...

Sa vessie se manifesta, lui intimant la nécessité de trouver rapidement un endroit où pisser au risque de se retrouver à mariner dans son urine. Lincoln était certes saoul, mais pas au point de se laisser aller à une telle déchéance.
Il prit donc le chemin de l'extérieur. Certaines personnes s'était rassemblées devant la maison, en petit groupes plus ou moins épars. Il reconnu quelques visages, malgré le flou alcoolique, et constata même qu'il n'était pas le seul à avoir forcé sur la bouteille.

S'éloignant un peu dans les fourrés, il put soulager sa vessie en toute pudeur. Alors qu'il s'apprêtait à retourner à l'intérieur, un visage l'interpella.

C'était cette jeune femme, la fille de ce connard de Methali. Il se souvenait lui avoir apporté une commande, cela lui semblait une éternité maintenant. Elle le fixait d'un regard noir. Comment deux yeux pouvait-il contenir dans de reproches et de rancoeur?

Il avait besoin de s'expliquer. Il avait bien sentit que la majorité des gens l'évitaient depuis le discours. Beaucoup l'identifiait comme le porteur de mauvaises nouvelles. Comme celui qui avait décidé de se coucher et de se laisser mourir.
Mais il n'avait fait que suivre une décision qui avait été prise par la majorité. Sans Baronne ou Baron pour trancher, le vote s'était imposé de lui-même et à une voix contre neuf, il avait dû s'avouer vaincu. On l'avait même puni pour avoir même parlé de se révolter, et il s'était retrouvé à devoir annoncer à tous les vodouns de la Nouvelle-Orléans qu'ils allaient devoir accepter d'être traiter comme des parias.

Il ne vit qu'au dernier moment que la jeune femme était accompagnée. Cette tête-là il ne la connaissait pas, et il n'était pas tout à fait sur de vouloir la connaître. Il eut cependant un petit geste de la tête pour le saluer.

Il s'adressa à Evie, abruptement, sans y mettre les formes, mâchant un peu ses mots à cause de la boisson.


"J'imagine que ce que tu as entendu ne t'as pas plu?"

Il prit une nouvelle gorgée de rhum, il allait en avoir besoin...
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La Loi c'est moi!

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