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 L'Aigre-Doux

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Ailla Mowenn
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MessageSujet: L'Aigre-Doux   Mer 7 Mar - 1:04

Malgré l'activité pas loin d'être frénétique qui règne dans l'artère principale du vieux quartier, en passant devant certaines boutiques, on peut sentir le temps ralentir, juste assez pour s'ébaubir devant les vitrines. Chaque pas se perd dans l'espace temps tandis que l'imagination s'enflamme, puis, le coin de la boutique passé, la réalité revient brutalement. Par une bousculade brutale, la voix stridente d'une conversation téléphonique, même les rires vulgaires de certains passants.

Au coin d'une ruelle, le brouhaha de la ville se réduit soudain, distancé par la musique qui s'échappe d'une porte ouverte et s'enroule autour de chaque passant, attirant, même pour un minuscule instant, l'attention vers la vitrine. Les larges vitres sont méticuleusement propres, elles ne portent aucune indication pour le moment, mais une pancarte soigneusement calligraphiée est affichée à l'intérieur.


Ouvert en effet, les présentoirs dans les deux vitrines sont chargés de pâtisseries diverses, multiples même. Les tartelettes, les choux, les gâteaux aux fruits, les génoises à la crème, les feuilletés glacés au sucre, les sachets de bonbons affichant "fait maison" s'étalaient en dégradés de couleurs et de formes, certains posés plus hauts que d'autres. On voit les vides laissés par ce qui a déjà été acheté.

Quand on détache enfin l'oeil d'autant de gourmandise, on réalise que le comptoir au fond du magasin est au moins aussi chargé que les présentoirs. Ils forment manifestement un ensemble, de bois noir, usé par le temps. Ils ont été nettoyés récemment, grattés et frottés, puis cirés. Le reste du mobilier est totalement dépareillé, sur le carrelage vieillot se répartissent des tables flanquées de fauteuils, voire de canapés pour certaines. L'ensemble donne définitivement envie de s'asseoir pour papoter en buvant un thé ou un jus de fruit et en se gavant tranquillement de friandises.

Une haute échelle est appuyée contre la façade. Et tout en haut est perchée une jeune femme qui fredonne sur les chansons, voire se dandine quand la musique se fait plus entraînante. Elle est très occupée à peindre les boiseries qui entourent les vitrines dans un ton bleu lavande très doux. Les colonnes ont déjà été faites, quoi qu'il va sûrement falloir y passer une deuxième couche, et la porte dans son renfoncement entre les vitrines affiche un panonceau "Peinture Fraîche".

Personne à l'intérieur, il n'y a que la blondinette sur son échelle, noyée dans une blouse trop grande, qui a certainement été d'un blanc immaculé avant le début des travaux.
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Lincoln Greenwater
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MessageSujet: Re: L'Aigre-Doux   Dim 11 Mar - 20:54

Lincoln claqua la porte de l'immeuble derrière lui, du plus fort qu'il le pouvait. Il était colère et comptais bien le montrer, quand bien même n'y avait-il pour seul spectateur qu'un chat visiblement peu ému par ses rouspétances. La réunion qui venait de se dérouler n'avait pas eu la tournure qu'il attendait, c'était peu de le dire.

Il avait été sot de penser que les quelques manbos et houngans encore fidèle au bataillon ait la moindre velléité de rébellion. Bien sûr, il comprenait leurs arguments: conserver la paix, gna gna, éviter une trop grand attention, gna gna gna, ne pas risquer la vie de Vodouns, gna gna et re gna. Mais il était déjà trop tard pour ça.
La ville venait de déclarer la guerre aux outres, même si ce n'était pas ouvertement.
Rester discret quand on doit tous les mois aller pointer dans un bâtiment administratif public relevait de l'ordre de l'impossible.
Quant à la sécurité des fidèles, ils étaient certainement bien plus en danger sur le chemin revenant de l'hôtel de ville, des membres du TPH les attendant patiemment aux coins des rues, toutes armes dehors.

C'était un coup dur que devaient encaisser la communauté, et même si la soumission semblait être la voie la plus raisonnable à emprunter, Lincoln ne pouvait s'empêcher de penser qu'il n'y avait qu'une révolution pour changer définitivement les choses. Il souvenait mal de la Révélation, mais les quelques images et flashs qu'il en gardait l'avait profondément marqué. Évidemment, il y aurait des morts, dans tous les camps, parmi toutes les espèces... Mais n'était-ce pas le prix à payer pour espérer voir de meilleurs jours?

Il était trop énervé pour réfléchir à cela. Il n'aimait pas les conclusions qu'il portait à tout ça, ce n'était pas lui. Et pourtant...

C'est à ce moment que l'échelle se précipita à sa rencontre. Il eut à la fois la surprise de découvrir qu'il s'était mis en mouvement sans même y songer, et à la fois celle de constater qu'il ne regardait pas du tout où il allait.
Son pas vif rendait tout freinage d'urgence impossible à cette distance, bien évidemment, et tout son être vint se projeter avec la force de la négligence contre l'obstacle.

Il crut vaguement entendre un cri alors que la douleur se répandait dans tout son corps. Puis, deuxième effet kisscool, il reçu une buche sur le dos (Ou du moins quelque chose de suffisamment lourd pour qu'on puisse imaginer une bûche) et se retrouva face contre terre, sonné, et tous ses membres affreusement endoloris. Il voulu exploser en imprécations, mais l'air ayant été complètement soufflé de ses poumons, il ne réussit qu'à gémir lamentablement...
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Ailla Mowenn
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MessageSujet: Re: L'Aigre-Doux   Dim 11 Mar - 21:35

La peinture. La peinture était une activité qu'elle découvrait depuis qu'elle avait décidé de pratiquer cette nouvelle manie que tout le monde appelait "l'intégration". L'idée lui semblait bonne sur le papier, surtout pour quelqu'un qui, comme elle, ne faisait pas de plans sur l'avenir.
Elle ne saisissait pas encore bien le concept pour tout dire, mais avait validé qu'elle pouvait la plupart du temps hocher la tête avec un sourire. Mieux, un "oh", ou un "oui", et là, plus un humain ne se souciait d'entendre son avis.

La peinture n'avait rien d'attrayant, aujourd'hui deuxième jour, elle s'appliquait parce qu'elle n'allait pas s'en laisser remontrer par l'échelle et le pinceau, quelle honte serait de se montrer incapable de faire ce que le plus simplet des humains peut réaliser sans y penser. Mais vraiment, elle commençait à se demander si ce n'était pas quelque chose qui devait être laissé aux "sous-traitants". Ce "salon" auquel elle s'était rendue presque par inadvertance lui avait permis d'apprendre plein de vocabulaire humain. Elle y avait croisé moults "passionnés de leur métier" qui désiraient "fidéliser leur clientèle" et "se faire un nom grâce à leurs créations originales". Elle n'avait rien saisi mais s'était fait une joie de sourire, de hocher la tête et de croiser les bras. Jusqu'à ce que la présence de fer dans toute la structure du bâtiment ne se révèle  trop envahissante. Elle avait quitté les lieux rapidement et voilà qu'elle se retrouvait à "repeindre la devanture elle-même".

Au moins la musique lui occupait l'esprit et la tâche n'était-elle pas difficile.

La collision vint de nulle part, un instant elle peignait les montants de bois avec minutie, l'autre elle se retrouvait à flotter dans le vide. Puis de flotter, elle se retrouva rapidement à tomber. Un cri de surprise lui échappa, puis un ouf quand elle atterrit sur quelque chose.
Pendant ce temps là, le seau suivait le même scénario, à ceci près qu'il tourna sur lui même et aspergea la vitrine de peinture avant de tomber à quelques centimètres à peine de la tête du Vodoun. Le pot toucha le sol avec un bruit retentissant, rebondit sur quelques centimètres de haut, puis roula sur le trottoir jusqu'à s'immobiliser, repeignant le sol également.

Ailla gigota moins d'une seconde avant de parvenir à se relever et bondir vers le seau.
Il ne restait plus rien dedans. Elle soupira puis leva le nez et suivit les traces de peinture de haut en bas.

C'est là qu'elle avisa son matelas improvisé. Elle posa le seau de côté et se pencha sur le Vodoun, l'air plus perplexe qu'inquiet à l'entendre gémir.

- Vous avez mal?


Dernière édition par Ailla Mowenn le Mer 14 Mar - 20:28, édité 1 fois
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Andele
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MessageSujet: Re: L'Aigre-Doux   Mer 14 Mar - 20:08

Avec l’école, son retour comme chanteuse de Will-O’-The-Wisp, son rôle en tant que membre des Feux Follets et tout ce que cela impliquait, Andele passait de plus en plus de temps hors du sidhe. Elle continuait de préférer Nelurin en période propice du Carillon lorsqu’elle avait besoin de calme (besoin qui restait important, même si elle était Eveillée depuis plusieurs années maintenant) mais restait volontiers dans le monde humain sur de longues périodes, résidant dans le studio de Monomen, son comparse de toujours, ou plus exceptionnellement chez Peter, généralement lorsque son A’kiilainen s’y trouvait aussi.

Cela faisait cependant un moment qu’elle n’était pas sortie dehors. On lui avait demandé de rester dans le nid de son ami brownie quelques temps : de ce qu’elle avait compris, une annonce des humains avait perturbé d’autres humains, et on craignait que les réactions (colère, fatigue, désespoir et haine pour n’en citer que quelques unes) déclenchent une crise chez la lorialet, pour qui ces émotions négatives étaient aisément perceptibles et entraînaient des rappels malheureux. Aujourd’hui, néanmoins, on avait estimé que le plus gros de la tempête était passé, et la lunatique avait donc décidé de se balader à nouveau dans les rues.

Flocon trottinait près d’elle, ses petites pattes produisant un clic-clic-clic-clac amusant contre le pavé. Elle suivait le rythme de l’animal en dodelinant de la tête, son regard gris grand ouvert absorbant, comme toujours, tous les mouvements autour. Sa Trace, halo vert pomme relativement lumineux aui retraçait ses contours, était visible pour tout faë croisant son chemin, une autre de ces précautions en cas de crise soudaine : les faës n’avaient pas appris l’entraide inter-espèce depuis très longtemps, mais s’il y avait une chance de la provoquer, c’était bien mieux. D’autant que la silhouette gracile de la feu follet n’était pas inconnue, si elle se fiait aux regards en coin qu’elle croisait parfois...

...ou alors, c’était à cause de l’absence de chaussures, que l’on notait facilement au rythme de ses pas dansants. Il semblait que personne ne s’y habituait vraiment.

Soudain, un grand bruit dans une rue non loin. Andele grinça des dents, et son pas se fit chancelant. Heureusement, le petit chien blanc se mit aussitôt à aboyer, couvrant de son mieux les sons disgracieux. La faë s’accroupit, passant une main distraite sans les poils de l’animal pour faire refluer toute possibilité de crise. Les bruits cessaient, et c’était maintenant la curiosité qui dominait. Les yeux gris se plongèrent dans les prunelles noires de leur compagnon canin.

« Jettons un léger coup d’oeil ? »

Flocon jappa de nouveau, lécha la main de sa maîtresse et se remit à trottiner dans la direction d’où était provenue tout ce boucan. Andele se releva et le suivit en riant, toute angoisse partielle envolée. Bientôt, ils arrivèrent face à une petite boutique pleine de couleur, une échelle renversée et deux personnes à terre. Le temps qu’ils traversent, l’une des deux s’était relevée. Sa Trace aussi visible que la sienne, Andele reconnut son appartenance aux fées. Elle lui fit un grand sourire tandis que Flocon se dirigeait vers l’autre personne toujousr à terre, mettant les pattes dans la peinture fraîche avant de venir lécher le visage de l’homme et poser ses pattes avant sur son bras. Oups.

La lorialet avait également mis les pieds dans le plat (ou plutôt la peinture), mais de sa part c’était à dessein : la voilà en train de danser au rythme de la musique provenant du salon de thé, ses pieds nus laissant des marques bleu lavande partout où ils se posaient. Son regard se tourna à nouveau vers la fée.

« Splendide idée de peindre des trottoirs trop souvent tristes ! »
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Lincoln Greenwater
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MessageSujet: Re: L'Aigre-Doux   Mer 21 Mar - 20:55

Tout était noir et Lincoln étouffait. A son âge ce genre de sensation apportait très rapidement les questions évidentes comme "ça y est? C'est la fin?" ou "Alors c'est ça la mort? Pas vraiment ce que j'imaginais.". Bref la pensée guillerette que peut-être on en avait fini avec ce monde de merde et qu'on allait enfin pouvoir passer à autre chose, de plus cool, dans l'idéal.

Et puis la douleur éclata, rappelant Lincoln à sa condition d'être de chair bien vivant. L'air s'engouffra à nouveau dans ses poumons, non sans souffrance. Et la vu lui revint, quoique brouillée par des larmes exprimant le ressenti de toute sa personne.

Vous avez mal? VOUS AVEZ MAL?! Mais bordel, c'était quoi cette question à la con? Lancée sur le ton le plus innocent du monde en plus, quoiqu'avec une certain détachement propre à la personne pour qui ça importe finalement relativement peu. La bûche que Lincoln avait reçut sur le râble était finalement une personne, et pas une dégourdie apparemment.

Il grommela:


"Un peu..."

Retenant une nouvelle larme bien décidée à faire valoir ses droits, il tenta tant bien que mal de se remettre sur pieds. Il attendait que la jeune femme qui lui avait pété la colonne fasse preuve d'un minimum de compassion et lui prête un bras pour l'aider. Peine perdue...

Il réussit finalement à retrouver la position debout, chancela légèrement avant de s'adosser à la vitrine de l'échoppe. C'est là qu'il découvrit une autre jeune femme, qui dansait gracieusement, et tartinait de la peinture partout dans la rue... Du moins plus que ce qu'elle n'était déjà tartinée. Lui même se découvrit repeint. Il eut alors un mauvais pressentiment et se retourna lentement, pour découvrir l'horreur dont il était, il le reconnaissait avec mauvaise foi, le malheureux responsable.

Quelque peu décontenancé, il se tourna vers celle qu'il avait fait tomber et bredouillant:


"Je... Je suis vraiment navré..."

Il était rare que Lincoln s'excuse, il avait réussi la plupart du temps à s'éviter les situations où l'on devait présenter ses excuses. Mais il n'avait ici pas d'autre choix, et il allait probablement devoir casquer pour le nettoyage...
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Ailla Mowenn
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MessageSujet: Re: L'Aigre-Doux   Jeu 22 Mar - 3:35

Aila ne vit pas le sourire qui lui était adressé. Heureusement pour le Vodoun pourrait-on dire, puisqu'elle lui accordait encore un peu de son attention baladeuse.

- Il vous faudrait un... Un... Elle secouait légèrement la tête, agitant la main à chaque itération répétée. Un... Puis jeta un bref coup d'oeil derrière elle, trop bref. Un secours !

Pour finir, elle fit les gros yeux, de l'air de quelqu'un pas qu'un peu soulagé d'avoir enfin trouvé le mot qui lui restait sur le bout de la langue.

- Un secours, vous devriez l'appeler, vous...

Posant une main sur l'épaule, ou le bras, ou peut-être le front du Vodoun, ou même sur le trottoir, elle tourna la tête plus lentement.

- Vous devriez... continua-t-elle rêveusement. Aller. Appeler. Le premier. Le... secours.

Elle se redressait à mesure, comme dans un fantasme éveillé, l'ébahissement ouvrant plus grand ses yeux et sa bouche à chaque seconde qui passait.

- Ils sont trop tristes, répondit-elle sans même songer à ce qu'elle disait.

Elle était là, debout, n'ayant pas même remarqué la présence du chien, oublié celle du Vodoun, de la rue, de sa boutique, du ciel, de la terre et des oiseaux. Venue du plus lumineux du Sidh, elle était là. Elle dansait.

- Je suis peut-être morte finalement, murmura la sensément jeune femme, en un écho inconscient aux pensées que le vieil homme avait eues.

Le regard qu'elle rendait à Andèle, s'il était toujours posé sur la minuscule petite nourricière qu'elle était, s'emplissait de larmes d'émotion. Il se plissait d'un sourire de ravissement comme on en voyait peu sur le visage d'une personne adulte.

Elle entreprit de frapper dans ses mains, ajoutant un rythme plus complexe et typiquement faë à la musique qu'elle n'entendait plus vraiment. Elle sautillait à peine, faisant du surplace, incertaine de son droit à rejoindre une si grande et belle personne.

Le Vodoun ne fut gratifié que d'un air agacé et d'un froncement de sourcils imposant un silence qui aurait du être évident. "Repeindre soi-même la façade" s'était perdu dans les limbes, accompagné de "la vitrine est couverte de peinture", "l'acquisition de clients", "les populations cibles" et les "normes d'hygiène et de sécurité". Le tout tournoyant dans le néant non loin d'un vieil homme au dos douloureux.

Elle tendit tout de même la main vers lui, sans se tourner cette fois, pour s'assurer qu'il ne troublerait plus la musique, et surtout la danse, avec son bavardage.
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MessageSujet: Re: L'Aigre-Doux   Mar 27 Mar - 0:08

Qu’il était amusant d’ainsi dessiner avec ses pieds sur ce trottoir trop gris ! C’était une couleur qu’Andele n’appréciait plus lorsqu’elle était en majorité. Ce pourquoi elle préférait de loin se promener dans les Vieux Quartiers de la Nouvelle-Orléans, toujours colorés, au contraire du centre-ville, proche de l’université, qui était lui parsemé de hauts bâtiments gris.

Spirales, pirouettes et autres cabrioles furent donc peintes dans le béton avant qu’une voix ne réponde à ses élucubrations. Trop tristes, évidemment ! Elle venait de le dire, mais qu’il était bon de rencontrer quelqu’un partageant son avis. Une fée, qui plus est ! Ce n’était que rarement le cas de Neama, bien plus terre-à-terre que sa soeur adoptive. A nouveau, elle adressa un sourire radieux à la jeune femme qui s’était tournée vers elle, remerciement silencieux (car il ne fallait jamais le prononcer !) avant de continuer à danser.

Flocon, lui, était toujours intrigué par le vieil homme qui paraissait peiner à se relever. Il avait une odeur bizarre... Plein d’odeurs différentes, en réalité, que l’animal ne reconnaissaient pas et qui l’intriguaient. Faisant cliqueter ses pattes griffues sur le sol, le peinturlurant au passage à l’image de sa maîtresse, il suivit le vodoun et s’assit face à lui, avant de japper d’une façon que l’on pourrait qualifier d’interrogatrice.

Dans le doute, il tendit une patte, puis aboya à nouveau. Sait-on jamais, il y avait dans ce tas d’odeurs des choses alléchantes, peut-être avait-il un biscuit pour lui !

La lunatique de son côté n’avait pas cessé de danser, bien que la peinture avait déjà commencé à sécher sous ses pieds. Elle reconnut le rythme frappé et rit avant de le reprendre à son tour, sans cesser de tourner. Mais toute tête tournante finit par tourner, et il ne fallut pas longtemps avant qu’elle ne s’arrête, s’asseyant sur ses entrefaites en plein milieu de son oeuvre, un rire doux sortant de ses lèvres pâles.

Sourire qui se transforma en une moue intriguée quand sa tête se pencha sur le côté pour regarder le vieil homme posté contre la vitre.

« Navré, Vraiment ? Vraiment Navré ? Voilà un étrange nom ! Enchantée Navrée, Vraiment ! »

Dans un geste élégant, elle se releva, remettant en même temps sur son crâne la capuche qui couvrait ses longs cheveux gris et empêchait le soleil de brûler sa peau trop claire. Elle était évidemment tombée pendant la prestation.

« Navré ou Vraiment, n’est-ce pas mignon ainsi ? »

Elle s’approcha de l’homme, prenant la main de la fée au passage pour la traîner avec elle, son sourire lunaire toujours aux lèvres, jusqu’à arriver face à la vitre et à son rayon bleu.

« Viens ! Voyons voir si nous pouvons varier les versions ! »

La lorialet lâcha la main de la faë pour la poser sur la vitre, dans la peinture et commença aussitôt à dessiner de nouvelles formes abstraites, prenant en compte les divers présentoirs toujours visibles de l'autre côté. Brièvement, elle s'arrêta, le temps de tourner un oeil vers le vieil homme.

« Tu nous aides, Navré ? »

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MessageSujet: Re: L'Aigre-Doux   Mar 17 Avr - 14:42

Lincoln avait quelques difficultés à comprendre ce qui pouvait bien se passer. Il avait tapé contre une échelle et avait visiblement basculé dans le pays des Merveilles. Il était clairement entouré de deux foldingues, bien, bien tapées... Ou alors il délirait. Il fallait bien avouer que le coup avait été rude pour sa pauvre personne. Y avait-il laissé quelques neurones? Un paquet dans ce cas, car la scène qui se déroulait devant ses yeux semblait irréelle.

Ses deux femmes aux physiques atypiques à défaut d'être beau, dansant dans la rue, dessinant des ronds de peinture avec leurs pieds au beau milieu de la route, visiblement totalement inconscientes de ce que coûtait une telle dégradation d'un bien public. Lincoln le savait, plus jeune il avait voulu peindre des vévés sur le trottoir devant le magasin, une technique commerciale pour faire lever le nez aux accros aux portable. La mairie n'avait pas apprécié et lui avait collé une amende de 3000 dollars, plus les frais de nettoyage dudit trottoir. Et à l'époque son vévé recouvrait un petit mètre carré. Là... Là il s'agissait de plusieurs mètres, aussi bien sur la route que sur le trottoir...

L'espace d'un instant il eut peur que la jeune femme qu'il avait renversé lui mette tout sur le dos, et qu'il se retrouve obligé de payer les dégâts public en plus des siens. Mais elle semblait bien trop occupée à virevolter pour lui reprocher quoi que ce soit.
Un jappement lui fit baisser la tête, et découvrir un petit chien, blanc, visiblement très intrigué par son pantalon.

Quand il releva la tête, il croisa le regard de la passante, celle qui avait commencé la première à danser dans la peinture. Il eut alors une sensation qu'il n'avait découvert que récemment. Il était en présence d'un Faë, il aurait été bien en peine de décrire ce qu'il ressentait, mais cette sensation était semblable à celle qu'il avait expérimenté cette nuit-là, dans le bayou, en compagnie de la charmante mais mystérieuse Abigail... Il n'était évidemment sûr de rien, aussi n'osa-t-il pas trop s'avancer. Et pourtant l'apparence son apparence même trahissait une différence difficile à ignorer.

Il n'eut guère plus de temps pour la réflexion que les deux jeunes femmes l'entouraient, ayant fini de dessiner dans la rue, les voilà qui s'attaquaient à la vitrine désormais...


"Non, mon nom n'est pas Navré, je m'appelle Lincoln, mais je suis navré pour l'accident."

Il tentait de parler normalement, réprimant une furieuse envie d'articuler chaque syllabe et de parler fort, comme une parlerai à un débile ou à un très jeune enfant. Il s'en voulu d'avoir ce genre de réaction, tellement il était ridicule de penser que parce qu'une personne était différente cela voulait forcément dire qu'elle était bête, ou sourde...

Il aurait bien voulu repartir, continuer sa route, aller... Aller où déjà? La situation lui avait complètement fait oublier ce qui l'avait tellement obnubilé quelques minutes plus tôt. Sa curiosité revenait à la charge, comme cette nuit-là dans la vieille cabane. Il ne connaissait quasiment rien au Faë, et même s'il y avait toujours une possibilité que la jeune femme aux cheveux gris soit simplement une humaine un peu bizarre, il se devait d'aller au bout de son intuition
.

Mais comment procéder? Il prit son courage à deux mains, décida de s'alléger de son scepticisme et trempa un doigt encore hésitant dans une des coulures de peintures de la vitrine, avant de commencer à tracer quelques traits...
Il jetait régulièrement des coups d'oeils aux deux artistes dérangées. N'ayant pas forcément la fibre artistique, il commença à dessiner les lignes d'un vévé.
Était-ce de l'amusement qu'il commençait à ressentir? Il n'aurait su dire, mais une chose était certaine, il n'eut bientôt plus qu'une idée en tête, finir son dessin...
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MessageSujet: Re: L'Aigre-Doux   Mer 18 Avr - 16:04

Un soupir de contrariété lui échappe, ça y est, le vieil homme a réussi à troubler la danse d'Andele. Parce que bien sûr, elle l'a reconnue. Comment se tromper?
Mais ses râleries intérieures disparaissent comme par magie quand la lorialet lui prend la main. Le geste lui tire un gloussement ravi.

Elle peinturlure un instant, regarde ce que font les autres, les copie un peu. Mais non, ça ne va pas, ça ne veut rien dire ce qu'elle fait, ça ne sert à rien. Un soupir contrarié encore, immédiatement suivi d'un sourire, elle se rappelle alors que son art n'est tout simplement pas dans la peinture mais dans la cuisine.

Elle s'éclipse sans que les deux artistes peintres ne le remarque et fil en cuisine, où elle commence par se laver les mains puis enfiler son tablier, par simple réflexe. Elle met de l'eau à chauffer, s'empare d'un plateau, et va examiner la vitrine pour y choisir un assortiment de douceurs qui viennent vite couvrir la surface de bois.
Retour à la cuisine, un deuxième plateau reçoit une théière dodue et fumante, des tasses, des verres, une carafe d'eau, après réflexion une petit bouteille de liqueur de fruit, un sucrier plein à ras bord.

Elle pose les deux plateaux sur le comptoir et s'empare d'une table, la plus petite et la plus légère, qu'elle vient installer dehors, les pieds dans la peinture, admirant au passage les décorations proposées par la Faë et le vieil homme. Puis au tour des chaises, toutes avec un coussin pour être mieux assis. Et enfin, le deuxième plateau, elle dispose tout le nécessaire à se désaltérer sur la table, rapidement parce qu'elle en a l'habitude, soigneusement parce qu'elle tient à ce que l'effet soit joli. Pour finir les douceurs elles, ont trouvé des pieds et le plateau est posé à hauteur de table, juste à côté.

Une fois tout bien installé, elle s'attribue une chaise, s'y assoit, et observe les deux en mangeant un gâteau.
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MessageSujet: Re: L'Aigre-Doux   Lun 23 Avr - 16:22

Flocon avait attiré l'attention de l'humain. Il se dit donc qu'il avait gagné, et qu'il allait avoir droit à une friandise, n'est-ce pas ?

...Et non, rien. L'humain baissa la tête avant de la relever et de faire autre chose. Flocon gémit un peu pour voir, mais il comprit bien vite que cela ne servait à rien. Après un aboiement pas moins joyeux que les autres (cet animal ne semblait être attristé par rien de toute façon), il retourna auprès de sa maîtresse, qui était toujours en train de danser et se mit donc à tourner autour d'elle, dansant à son tour en aboyant au rythme frappé par l'autre faë.

On pourrait penser que la lorialet, aussi étourdie qu'elle paraissait, allait trébucher sur l'animal ou même lui donner un coup de pied sans faire exprès, mais Andele était bien plus attentive qu'elle n'en donnait l'air. De plus, ses pas étaient exécutés avec bien trop de grâce pour permettre une telle catastrophe. Sa maîtrise du Tessen y était sans doute pour quelque chose... sans compter les innombrables danses autour du feu avec ses frères et soeurs Feux Follets.

Cependant, la fatigue et le tournis finirent par la rattrapper, et la chanteuse-étudiante s'assit quelques secondes pour prendre le temps de retrouver une vision du monde qui ne tournait pas. Elle en profita pour adresser la parole à l'humain qui avait été assez intrigué pour rester mais pas assez pour prendre la parole de lui-même. Il paraissait ne pas comprendre ce qui se passait, ce qui était normal d'une certaine façon, mais comment pouvait-il ne pas comprendre son prénom ? Les humains étaient étranges parfois.

Sans trop s'en préoccuper, Andele se leva et prit la main de la fée pour l'entraîner avec elle près de l'humain et de la vitrine, qu'elle avait décidé de repeindre à son tour. A son rire ravi, l'autre faë approuvait l'idée. Ne manquait plus que l'autre !

"Lincoln ! Légèrement plus logique que Navré, Vraiment ou Désolée. Les noms humains..."

La lorialet haussa les épaules. Elle ne comprenait pas toujours la logique du nommage humain. Comment décider arbitrairement d'un nom à la naissance ? En attendant l'âge mûr, les lorialets parvenaient à chaque -kiil un nom qui lui correspondait réellement. Elle ne connaissait pas toutes les traditions de nommage faë, mais il lui semblait bien qu'aucune n'était aussi incongrue que celle utilisée par les humains. Il fallait cependant s'y attendre, de leur part. Sans quitter son sourire, elle reprit.

"Je m'appelle Andele ! Ou Paola, parfois."

Inutile de faire part de son nom lorialet. Tout d'abord, personne ne maîtrisant pas la langue des lunatiques pourrait le prononcer correctement. Et puis, elle ne voyait pas l'intérêt de le donner aux humains. Quant à la fée qui était également présente... et bien, son surnom proto-celtique suffisait pour être reconnue auprès de ses confrères faës. Confrère vers laquelle elle se retourna donc alors qu'ils étaient tous en train de s'atteler à la décoration de la vitrine.

"Et toi ?"

Il ne s'agissait pas de simple politesse. Andele était sans doute l'une des Feux Follets les plus amicales... ou plutôt l'une des seules à ne jamais paraître menaçante au premier abord. De plus, sa curiosité pour ses semblables (et pour le genre humain dans son entièreté) faisait qu'elle s'intéressait toujours à eux, parfois plus qu'ils ne le voudraient...

Mais pour le moment, rien de tout cela ! Une fois la réponse à sa question entendue, la lunatique retourna à sa peinture, dessinant sur la vitrine des formes abstraites autour des plateau, mettant habilement en valeur ces derniers et les produits qu'ils contenaient. Toute concentrée sur son art, elle ne vit pas la fée s'éloigner.

Flocon, cependant, n'avait pas perdu le nord. Il suivit l'autre faë dans le bâtiment, le bruit de ses pattes cliquetant contre le sol du salon de thé pour le moment vide de toute présence. Il la suivait dans le moindre de ses mouvements, attiré par l'odeur de la nourriture qu'elle faisait aller d'un point à un autre, avant de s'emparer d'une table. Docile, l'animal préféra s'asseoir au pied du comptoir, directement sous le plateau de douceurs. Peut-être que s'il attendait suffisamment longtemps, l'une d'entre elle allait finir par tomber.

Oublieuse du manège de son chien et de sa camarade faë, Andele avait fait une pause et s'était tournée vers les dessins de l'humain. Tête penchée sur le côté, elle faisait alterner son regard entre les doigts de Lincoln qui dessinaient toujours et le regard de l'homme, qui paraissait très investi dans sa tâche. La lunatique eut un grand sourire et pointa le vévé d'un index dont la moitié de la première phalange était à présent d'un bleu lavande soutenu.

"Qu'est-ce que c'est ?"

Elle n'avait jamais vu ce genre de dessins auparavant. Et pourtant, elle en avait vu, des illustrations humaines ! D'Acre à l'Italie en passant par la Chine et le Japon, elle avait été témoin en quatre cent ans de bien des choses, mais c'était la première fois qu'elle observait ce type de dessins... serait-elle en face d'un humain novateur, comme les Feux Follets avaient eu l'occasion d'en côtoyer au fil des siècles ?

Un jappement bien connu la sortit de ses pensées. Flocon était au pied d'un plateau qui en possédait lui-même, assit et la tête levée vers son contenu, qui paraissait fortement l'attirer. La jeune femme aux cheveux gris suivit son regard, et un sourire ravi étira à nouveau ses lèvres. Elle adorait les sucreries, presque autant que son chien ! Elle se recula donc de la vitrine pour s'avancer vers la toute nouvelle table installée sur le trottoir. Ses yeux gris se posèrent sur la fée.

"Qu'est-ce que c'est ?"

Les bras droits devant elle, elle agitait ses dix doigts (dont la plupart étaient peinturlurés) en direction des théières et des pâtisseries, comme incapable de dire avec précision ce qui justifiait sa question. Soudain, l'une des douceurs disparut, happée par un petit chien bien malin.

"Flocon !"

Andele riait, alors que l'animal était parti en courant à l'intérieur du salon pour profiter de sa prise.
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MessageSujet: Re: L'Aigre-Doux   Lun 21 Mai - 0:12

Les doigts de Lincoln se précipitaient à la rencontre de la vitrine avec une effervescence qu'il ne soupçonnait pas. Il avait l'impression que son corps agissait tout seul, il commençait même à douter d'être chevauché par un Loa sournois. Mais non, c'était autre chose. Peut-être le vévé avait-il réveillé quelque chose ne lui?
Une volonté nouvelle? Une détermination jusqu'alors oubliée? C'était peut-être bien ça.

Il ressassait tout ce que les derniers jours avaient amené comme nouvelles, majoritairement mauvaises, voire très mauvaises. Et face au désespoir de jamais parvenir à surmonter ces difficultés, il venait de réaliser qu'il pouvait. Cela allait être compliqué, et surtout cela allait faire de lui un hors-la-loi. Mais c'était un sacrifice qu'il était prêt à faire, pas pour lui, mais pour les vodouns.

Son doigt s'arrêta net au bout d'une ligne, il avait fini. Il prit un peu de recul pour contempler son oeuvre, et eut le plaisir de voir que la propriétaire des lieux avait sortit une petite table et des chaises. Il s'assit donc lourdement sur l'une d'elle, tout en ne quittant pas son vévé des yeux.

Quand celle qui s'était présentée sous le nom d'Andele et Paola (Encore une fois, il était un peu perdu et n'avait écouté que d'une oreille.) lui demanda ce que c'était, il prit quelque instant pour retrouver ses esprits. Il réussit enfin à détourner le regard de la vitrine peinturlurée, pour le plonger dans celui d'Andele.


"C'est un vévé, un dessin rituel religieux. Suivant les motifs, il a différente significations. Celui-ci apporte chance et bonne fortune. Ou c'est du moins ce qu'il signifie."

Il se tourna vers les gâteaux qui se trouvaient sur la table, il en prit un et en prit une bouchée.
Il eut l'impression qu'il venait de croquer un bout de nuage. Il n'avait jamais goûté une pâtisserie aussi bonne. Sans pouvoir se retenir, il se vit engouffrer le reste du gâteau, avant d'en prendre un deuxième. Il prit néanmoins le temps de s'adresser à la propriétaire du magasin.


"C'est proprement excellent! Je serais curieux de savoir comment vous appeler ça?"

Il prit une nouvelle bouchée et se laissa à nouveau bercer par la douceur des arômes.
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L'Aigre-Doux

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