Qui est en ligne ?
Sur Discord, en ce moment.



 

Partagez | 
 

 Panique et bonnes intentions.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ciel
Vamps
avatar

Identification
Emploi:
Age apparent: 12/14 ans
Dangerosité:
16/30  (16/30)

MessageSujet: Panique et bonnes intentions.   Ven 16 Fév - 15:27

C'était l'un de ces jours. Ciel était allongé.e sur le canapé, casque sur les oreilles à écouter Holst, the Planets. C'était le répertoire habituel lorsqu'iel s'ennuyait, cela lae maintenait dans un état de concentration, à étudier avec enthousiasme les crescendos qui lui auraient probablement donné des frissons si iel en avait encore été capable. La journée était passée lentement, Seb avait dû sortir dès le matin, laissant lae vamp seul.e dans l'appartement. Iel avait étudié quelques cours sur sa tablette, mais plus le temps passait et moins il lui était facile de rester concentré.e sur quelque chose.

Cela faisait maintenant plusieurs semaines que Seb et ellui sortaient quasiment toutes les nuits, l'habituant ainsi à gérer de plus en plus facilement le contact avec d'autres individus. Jusque là ça avait bien marché, avec des temps de plus en plus longs... Mais lors d'une de ces sorties ils étaient tombés sur deux gars qui se frappaient bien brutalement pour une histoire que personne ne comprenait, tous les deux ivres... Seb avait participé à les séparer, mais Ciel s'était retrouvé.e figé.e devant les gueules ensanglantées, son être entier incapable de se mouvoir d'une quelconque façon. Ca n'était jamais réellement arrivé avant, mais la violence qu'ils avaient eu envers l'un et l'autre avait fait surgir des souvenirs qui avaient, jusque là, été écartés. Le rappel n'avait pas été agréable, et Seb avait du prendre bien une heure à lui parler pour qu'iel reprenne un minimum conscience et contrôle de son corps. Des absences comme ça, c'était dangereux pour ellui.

Depuis Ciel avait refusé de sortir la nuit. La terreur était encore là, l'incertitude devant sa capacité à gérer les inattendus, les surprises telles qu'elles soient que l'on pouvait croiser à tout coin de rue. Jusque là il n'y avait pas eu de problèmes, mais ce retour en arrière faisait guise de rappel : iel n'était pas soigné.e, iel pouvait encore être un danger.

Seb avait été patient, bien que peiné par le refus catégorique de communiquer à nouveau. Depuis le Rituel Pourpre, Ciel avait réussi à s'ouvrir, à communiquer verbalement plus facilement, et ça tout le monde en avait été ravit. Maintenant c'était la déception. Lae vamp s'en voulait mais c'était le temps qu'il lui fallait pour se remettre des événements. Maintenant qu'iel avait passé ces derniers jours et nuits au calme, iel s'était dit qu'il était temps de remettre les chaussures et oser poser le pied dehors. Holst lui donnait cette motivation, mais il fallait encore attendre l'arrivée de la nuit et que Seb revienne.

Son téléphone vibra alors : un message de Seb. "A l'hôpital avec Erika, elle est encore tombée dans les pommes. Je sais pas quand je rentre, désolé. A plus tard."

Ciel soupira. Ca tombait mal quand même... Sebastien voudrait probablement s'assurer qu'Erika ne fasse plus des siennes et prenne ses congés; la semaine dernière déjà elle avait totalement oublié de manger et dormir, au profit de son travail... Déjà Seb avait été irrité et inquiet, que ça se reproduise à nouveau... Il passerait probablement la nuit là-bas à s'assurer que l'agente ne s'enfuie pas pour retourner à son bureau.

Misère, juste quand Ciel ressentait le besoin de sortir.

Il ne lui fallu que quelques secondes pour se décider; iel mit ses chaussures et son manteau, puis s'assit sur le bord du canapé, fixant l'horloge comme un jouet en peluche le ferait, les yeux larges ouverts sans cligner. Une demie-heure plus tard iel savait le soleil couché, et se leva. Clés et portable en poche, lae vamp sortit, direction l'hôpital.

Tout le long du trajet iel ne leva pas les yeux, faisant plus mine d'enfouir son nez dans son manteau, mains dans les poches comme s'il faisait froid. Heureusement il n'y eu pas d'incidents en chemin, bien que quelques personnes lae regardèrent; croiser quelqu'un ayant l'air si jeune, seul.e à la nuit tombée, ça faisait mouche dans quelques esprits. Mais Ciel avait l'habitude d'ignorer les regards maintenant; entre ses cheveux blancs et son allure, il n'y avait que peu de personnes qui détournaient les yeux au premier instant.

Enfin iel arriva devant les portes et entra, relevant le nez de dans son manteau... Plus qu'à trouver Sebastien. En chemin iel s'était imaginé sa surprise et son soulagement de voir Ciel prendre l'initiative de sortir d'ellui-même... Mais devant le fait accompli, c'était pas encore gagné: il restait à parler, pour demander la chambre d'Erika. Il y avait pas mal de gens assis à attendre, et Ciel se trouva bête, debout pendant un temps qui parut trop long. L'angoisse de devoir parler lae pris. Iel essaya de paraitre simplement patient.e mais ses yeux lae trahissaient, dartant d'un visage à un autre, remontant sur les personnes à l'accueil. Parler à Seb c'était possible, mais là alors qu'il y avait tant de gens autour, ne serait-ce qu'ouvrir la bouche lui paru impossible. Ses yeux étaient larges, incertains. Tourner les talons pour repartir paraissait bien lâche, il fallait passer outre... Envoyer un message au métamorphe? Ca aurait facilité la chose, mais ce n'était pas en comptant constamment sur Seb qu'iel allait arriver à faire quoi que ce soit... Non il n'y avait pas le choix, il fallait rester, quitte à attendre avant de trouver le courage d'aller demander des informations à l'accueil.

Inutile de dire qu'iel avait juste l'air d'un.e enfant complètement perdu.e à l'entrée de l'hôpital, regardant avec angoisse alors que des gens bougeaient autour d'ellui, jalousant qu'eux au moins pouvaient agir sans être terrifiés.


Dernière édition par Ciel le Ven 23 Fév - 18:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4340-ciel#71279
Denise Courvoisier
Normes
avatar

MessageSujet: Re: Panique et bonnes intentions.   Ven 16 Fév - 21:03

Durant ses premiers jours au Charity’s Hospital, Denise avait prit l’habitude de passer sa pause en salle de repos, à se détendre avec un peu de lecture et un bol de thé. Aujourd’hui, toutefois, pour sa première garde de nuit, elle s’était offert un petit plaisir et avait troqué son habituel Earl Grey contre un chocolat chaud mousseux aux épices, dont la recette se transmettait de mère en fille depuis des générations dans sa famille.

 Malheureusement, la préparation avait été un peu plus longue que prévue. Quelqu’un, et si elle retrouvait qui elle ne manquerait pas de lui faire remarquer, avait vidé la boite de cacao sans en remettre une pleine dans le placard, forçant l’infirmière à sortir en racheter en vitesse à l’épicerie du coin. Au final, le temps de mélanger le cacao au lait et aux épices, de faire chauffer la boisson et de la fouetter, ce qui était le secret de sa texture mousseuse, il était l’heure pour Denise de reprendre le service, et elle s’était résignée à verser le breuvage dans un thermos avant de rejoindre son poste aux admissions.


Elle jeta un coup d’oeil à la liste des patients en salle d’attente. La réception avait indiqué que deux personnes étaient parties en consultations, et qu'une nouvelle personne s’était enregistrée, attendant une auscultation pour une cheville a priori tordue. Elle leva les yeux de sa fiche pour repérer la nouvelle arrivante, une femme d’une cinquantaine d’années selon sa fiche, mais son attention fut retenue par quelqu’un d’autre.

Un enfant.. Une enfant ? Enfin, un ou une, cela importait peu : l’enfant, qui n’avait clairement même pas quinze ans, restait debout dans l’entrée, avec le même air perdu que les plus jeunes qui ne retrouvent plus leurs parents dans les allées du supermarché.


Denise relut sa liste, cherchant la mention d’une personne mineure non accompagnée, mais il n’y avait rien. L’enfant était sans doute là depuis peu. Elle prit un moment pour considérer sa patiente, assise un peu plus loin et qui n’avait pas l’air de trop souffrir, puis l’air angoissé de l’enfant, ses regards furtifs lancés en direction de la réception, la nuit froide à l’extérieur et enfin le thermos de bon chocolat chaud réconfortant dans sa propre main. Elle n’hésita pas très longtemps. Certainement, à la façon dont les choses s’étaient passées, cela ne pouvait être qu’un signe. Un signe que ce chocolat chaud n’était pas pour elle mais pour quelqu’un qui en aurait plus besoin. Elle en servit une grande tasse et s’approcha de l’enfant

- Bonsoir, je m'appelle Denise, je suis infirmière. Tu viens d’arriver n’est-ce pas ?

Elle avait posé la question de sa voix la plus rassurante, sans réellement attendre de réponse, et lui avait tendu la tasse de chocolat en souriant.

- Tiens, ça va te réchauffer, il doit faire froid dehors. Tu viens pour une consultation ? Si tu t’es fait mal quelque part, il faudra que je t’ausculte et que je t’enregistre aux admissions. Normalement il faut d’abord passer par la réception mais du moment que les papiers sont faits… Ou peut-être que tu cherches ton chemin ? Ici c’est le Charity’s Hospital. Si tu veux je peux trouver une carte de la ville, ou un téléphone pour que tu appelles chez toi.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4538-denise-courvoisier
Ciel
Vamps
avatar

Identification
Emploi:
Age apparent: 12/14 ans
Dangerosité:
16/30  (16/30)

MessageSujet: Re: Panique et bonnes intentions.   Sam 17 Fév - 15:07

Ciel avait bien rermaqué qu'outre attirer les regards, iel avait aussi tendance à naturellement attirer la sympathie. Jusque là il n'y avait pas eu besoin d'en profiter, puis Seb était suffisamment imposant voire effrayant pour éviter qu'on approche lae vamp, quelque soit les intentions... Là étant seul.e, iel perçu bien rapidement la façon dont on lae regardait. Iel se serait senti.e vulnérable si iel n'avait pas la conscience que c'était eux qui couraient des risques, pas ellui.

Comment agir? Comment réagir? Rester planté.e là comme un piquet n'allait l'amener à rien, pourtant il lui fallait prendre le temps de réfléchir, trouver sa voix pour demander où se trouvait Erika... Aller s'assoir aurait été une bonne idée, mais Ciel n'avait pas encore suffisamment pris les repères pour certains codes sociaux - très peu de choses lui étaient naturelles. Il lui avait fallu plusieurs semaines avant d'aller s'assoir d'ellui-même dans un fauteuil chez Erika au lieu de rester planté.e à l'entrée incapable de savoir quoi faire de son corps. Prendre des initiatives, quand on a passé des décennies à suivre des ordres, ce n'était pas chose facile.

Ainsi malheureusement cette position et posture lae rendaient on ne peut plus visible, et certainement hors de place. Ciel se rendit rapidement compte qu'une des personnes de l'accueil l'avait vu. Ah, c'était embêtant. D'un coup il fallu combattre son instinct de fuite et laissa la personne s'approcher. C'était une jeune femme aux cheveux sombres, au sourire chaleureux aux lèvres et à la voix - il s'avéra - très rassurante. Ciel fut néanmoins figé.e devant cette personne qui pourtant était, en théorie, tout sauf intimidante.

Elle se présenta, tasse à la main... Lae vamp ne pu que la regarder, yeux larges comme une chouette. Réfléchir, réagir, s'adapter... Toutes ces sorties et voilà qu'une fois seul.e Ciel était incapable de faire quoi que ce soit naturellement.

L'infirmière, Denise, lui tendit la tasse qu'elle avait en main - immédiatement les sens de Ciel l'alertèrent sur le contenu de dit récipient. Déjà, c'était chaud, mais pas au point où cela serait dangereux pour lae vamp de tenir la tasse... Ensuite cela contenait quelque chose de sucré? Epicé? Une mixture étrange qui ressemblait au premier abord à ce qu'Erika servait à ses neveux quand ils lui rendaient visite... Ciel avait déjà eu l'occasion de renifler cette chose qu'on appelait du chocolat chaud. Le reste des odeurs étaient plus étranges, mais pas méconnues en dehors de ce contexte. En soi le mélange était tout à fait incapable de lae blesser...

Or cet échange voulait bien dire quelque chose, et les mots de la jeune femme aussi : elle pensait qu'iel était simplement un.e enfant norme, qui craignait le froid et qui était potentiellement perdu.e ou blessé.e. Le manteau avait été une idée de Seb qui lui avait bien fait comprendre que promouvoir sa nature pouvait être quelque chose de dangereux, et se balader en tank-top en hiver ça ne passait pas pour quelque chose de très ordinaire, même dans une ville telle que celle-ci. Ciel avait suffisamment étudié l'histoire de la Grande Révélation et ce qui s'en était suivit pour savoir que pas tout le monde n'était très approbateur des Outres, voire qu'il y avait des organisations entières qui oeuvraient contre cette partie de la population.

Sans savoir à qui on avait affaire, il était important de tout d'abord cacher sa nature autant que possible, au risque de se mettre en danger. La perosnne devant lui était norme, iel le sentait clairement de son sang, et rien ne pouvait signifier qu'elle ne changerait pas de comportement du tout au tout si elle savait qu'iel était un.e vamp, bien que rien ne suggérait le contaire non plus. En l'absence de certitude, autant ne pas prendre de risques.

Ciel prit la tasse dans ses mains, prenant soin de ne pas toucher celles de la jeune femme qui aurait tout de suite sentit que les siennes étaient froides, du genre mortes. Iel prit le temps de renifler l'odeur étrange mais concrètement pas du tout alléchante pour ellui. Iel prit une gorgée. C'était... vide. Pas désagréable, pas agréable non plus, sans réelle texture ou saveur, rien comme le sang qu'iel consommait. Iel s'était déjà entraîné.e à manger et boire des choses banales comme ça, mais c'était pas l'expérience la plus agréable.

Malgré cela Ciel sourit, préférant rassurer Denise. Maintenant il fallait aussi lui répondre, sans prendre trop de temps, mais sans se presser non plus.

"Je..." Le mot resta un peu coincé, mais l'apparente hésitation n'était pas non plus trop un problème si Ciel voulait en effet se faire passer pour un.e enfant perdu.e. "Je m'appelle Ciel."

Iel regarda autour d'ellui avant de baisser son nez sur la tasse - il y avait beaucoup de gens quand même, ça n'aidait pas à paraitre un peu plus détendu.e. Enfin après une seconde qui parut longue iel releva les yeux pour les plonger dans ceux de Denise. Les siens doux, couleur noisette.

"Je ne suis pas blessé.e." Sourit-iel timidement, essayant de trouver la bonne formulation pour expliquer, sans trop de mots. "Mon oncle est en visite ici."

Si son coeur avait encore eu la capacité de battre, ce dernier se serait emballé. Iel avait réussi à s'exprimer malgré les gens, et devant une personne inconnue! C'était terrifiant mais aussi gratifiant. De l'extérieur on ne comprendrait probablement pas ce ressentit là, mais il était clair que Ciel paraissait d'une certaine façon soulagé.e. Mais maintenant qu'iel avait réussi à venir jusque là, iel avait l'impression que c'était l'occasion de continuer, de discuter avec cette personne. Lae vamp prit son courage à deux mains, essayant de prendre en assurance pour sourire un peu plus.

"Je ne veux pas le déranger, juste l'attendre... S'il y a quelque part où je ne gênerai pas...?"

De tout son être Ciel espérait que l'infirmière lae prendrait en pitié et voudrait lui tenir compagnie, peut-être discuter un peu plus... Même si l'idée lae terrifiait, iel avait la volonté de persévérer. Après elle voudrait probablement retourner à son travail, peut-être lui dire qu'iel ne gênerait pas? Ca serait peut-être pousser la chose trop loin, Seb lui avait bien fait comprendre que chaque personne avait son propre agenda et qu'il fallait respecter la volonté d'autrui... Non, autant attendre sa réponse pour savoir quoi faire ensuite. Pris.e d'une nouvelle énergie lae vamp maintint un air tout de même gêné. S'iel y arrivait à avoir une conversation avec cette inconnue, ça serait sa plus grande victoire depuis son arrivée à la Nouvelle Orléans!
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4340-ciel#71279
Denise Courvoisier
Normes
avatar

MessageSujet: Re: Panique et bonnes intentions.   Sam 17 Fév - 18:59

Denise avait regardé avec satisfaction l’enfant, Ciel puisque c’était son nom, prendre une gorgée de chocolat chaud et sourire, ce qui finit de la persuader qu’elle avait agit au mieux en lui offrant la tasse. Le chocolat chaud avait décidément sa place parmi les meilleurs remèdes à l'hiver.

Elle écouta avec attention Ciel lui expliquer la raison de sa venue, rassurée de savoir que ce n’était pas pour une raison médicale, mais un peu surprise quand Ciel annonça ne pas vouloir rejoindre son oncle. A vrai dire, elle était déjà prête à lui indiquer la chambre où le trouver.
Elle hésita à lui poser plus de question, mais, malgré son sourire, Ciel avait l’air de ne pas savoir où se mettre et elle ne voulait pas l’embarrasser encore plus.

Peut-être que ses parents, ou quiconque lui avait dit de venir rejoindre son oncle, lui avaient donné comme consigne de ne pas le déranger pendant sa visite ? Peut-être que l’état de la personne que son oncle visitait requerrait un nombre restreint de visiteurs ? Quelle qu’en soit la raison, Ciel cherchait un endroit où attendre, et ses grands yeux clairs semblaient supplier Denise de ne pas l’abandonner dans ce hall au milieu de tout ces inconnus.

Elle passa en revue différentes options. Il y avait bien une salle de loisirs dans l’aile pédiatrie, mais elle se trouvait à l’autre bout de l’hôpital, et Ciel n’aurait aucun moyen là-bas de savoir si son oncle sortait. De la salle de repos, une vitre donnait sur l’entrée, mais Denise craignait que Ciel ne s’y ennuie, et elle ne voulait pas risquer que l’enfant se fasse embêter par la sécurité, l’accès à la salle étant restreint. Finalement, le nombre de possibilités se réduit à une seule.                                                                                                                         
Si elle pouvait convaincre son collègue de la réception d’échanger de postes pour la soirée, elle pourrait installer Ciel avec elle dans la cabine, d’où l’enfant pourrait voir son oncle passer et le rejoindre. Ce ne serait d’ailleurs probablement pas très compliqué. Tout le monde savait que l’accueil était le poste le moins intéressant : qui avait envie de passer sa soirée à faire de la paperasse et à indiquer le chemin des différentes salles ou, le plus souvent, celui des toilettes ? Bien sûr, Denise était d’avis que, comme tous les autres postes, il était important et garantissait le bon fonctionnement de l’établissement, mais comparé aux moments où les infirmiers devaient procéder à des examens permettant aux médecins des diagnostiques, ou encore à ceux où ils appliquaient des traitements, il fallait avouer que ce n’était pas la partie la plus attractive de leur métier.

- Attends moi ici une seconde, je pense que j’ai un endroit où tu pourrais attendre.

Denise traversa les quelques mètres les séparant de la réception. Elle n’eut même pas besoin d’argumenter : sitôt qu’elle eût proposé l’échange de postes à son collègue, il accepta avec le visage de l’homme qui vient de gagner au loto. Elle lui indiqua la patiente à ausculter, qui attendait toujours en se massant mollement la cheville et retourna d’un pas vif vers Ciel, adressant à l’enfant un sourire rassurant.

- Si tu veux bien m’accompagner, il y a un fauteuil dans la cabine de l’accueil. Tu n’auras qu’à attendre là que ton oncle ait fini sa visite. Je serai avec toi si jamais tu as besoin ou envie de quoi que ce soit. Je te demanderais juste de ne pas me déranger quand j’enregistre des patients, mais ça ne prend pas longtemps en général, et c’est plutôt calme ce soir !

Ce n’est qu’à ce moment qu’elle s’interrogea sur les implications de la présence de Ciel dans la cabine, au niveau du secret professionnel, mais un coup d’oeil en direction de la réception lui montra que le fauteuil était assez loin du bureau pour que la zone de confidentialité soit respectée, et elle fut soulagée. Là derrière, Ciel pourrait s’installer confortablement, et Denise était pratiquement certaine de pouvoir lui trouver de quoi lire ou dessiner, si besoin.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4538-denise-courvoisier
Ciel
Vamps
avatar

Identification
Emploi:
Age apparent: 12/14 ans
Dangerosité:
16/30  (16/30)

MessageSujet: Re: Panique et bonnes intentions.   Mar 20 Fév - 19:09

Ciel n'avait quasiment jamais donné son nom à un.e inconnu.e, et encore moins échangé plus de trois mots. Souvent c'était Sebastien qui le faisait, ou lorsqu'il encourageait lae vamp à le faire, iel bloquait et finissait par ne plus dire un mot. Inutile de dire que Ciel était plus souvent un fardeau qu'autre chose, muré.e dans un mutisme qui revenait comme le reflux de la mer. Des fois, à certaines périodes, c'était plus facile, mais ça ne tenait pas du miracle non plus.

Donc réussir à parler à cette norme étrangère lui apporta une grande joie, contre toute attente, malgré la terreur qui berçait un coin de son esprit. Ses sens étaient interpellés par tant de chose, les mots venaient plus aisément, la chaleur de la tasse pas non plus désagréable, et l'odeur qui se dégageait de la boisson avait quelque chose de rassurant, doux. En vérité c'était plus agréable de sentir la chose que de la boire, mais ça aurait paru étrange de juste la renifler sans y toucher.

Ces circonstances faisaient que le moment lui avait paru adapté, pour demander, d'une certaine façon, de prolonger la conversation. Ciel avait envie d'échanger avec cette personne, savoir ce qu'elle pensait, de quoi son monde à elle était constitué. Une curiosité qui n'avait jamais occupé une telle place. Et puis communiquer, voir jusqu'où iel pouvait aller, connaître ce que c'était d'avoir une discussion, aussi anodine soit-elle. Même avec Seb souvent les questions et réponses étaient limitées, brèves, le métamorphe n'étant pas le plus vocal des gens. Erika avait plus cette capacité, mais Ciel était toujours impressionné.e et intimidé.e par la jeune femme, qui était du genre franche et vive.

Cette opportunité d'échanger avec quelqu'un de nouveau, au tempérament semblant calme et doux, c'était quelque chose à saisir. Alors iel dit uniquement vouloir attendre "son oncle" (il avait été déterminé avec Seb qu'à force de se faire appeler parent et enfant iels pourraient jouer de ce semblant de lien- expliquer les circonstances de la venue de Ciel chez le grand blond aurait été... Peu évident.)

Ciel hocha la tête lorsque la jeune femme lui dit d'attendre, non sans une petite crainte à l'arrière de son esprit qu'elle ne lae laisse seul.e. En tous les cas iel pouvait toujours envoyer un message à Seb ensuite, s'iel venait à se retrouver dans cette position. Néanmoins lae vamp croisa les doigts.

Iel observa alors que l'infirmière échangea quelques mots avec son collègue de l'accueil, non sans mettre son nez dans la salle pour renifler le parfum chaud du chocolat aux épices. Ciel n'avait pas connu ce genre de chose étant humain.e, son village trop isolé, sa famille trop pauvre, et ça avait probablement été une rareté à l'époque. Tout était tant à portée de main maintenant. Comparer son époque et celle-ci lae faisait toujours halluciner. Cent cinquante ans. Si peu à l'échelle de la planète, et pourtant à l'échelle humaine il y avait eu tant de changements, de technologies, de connaissances... Mais pas que du bien non plus.

La vamp sortit le fil de pensée de son esprit lorsque l'infirmière revint et lui proposa de l'accompagner dans la cabine de l'accueil. Elle serait avec ellui. Ses yeux luirent. Un sentiment d'excitation et de joie lae prirent - iel vivait une aventure toute nouvelle comme ceci, c'était génial, et terrifiant, mais vraiment génial. Si lae vamp avait eu la capacité de rougir, iel aurait probablement été tout.e émoustillée en apparence. Uniquement son sourire de soulagement parut, mais ce fut suffisant. Iel hocha la tête et suivit la jeune femme, tasse toujours en main. Imitant l'infirmière, iel s'assit et regarda la norme. Tout de même iel s'en voulait de lui mentir sur son identité, qu'iel n'était pas du tout aussi jeune que son apparence faisait croire, mais ça serait transgresser la règle de Seb de garder sa nature secrète... Enfin techniquement iel n'avait pas menti au sens clair du mot, mais iel avait tout de même fait semblant d'être un.e simple enfant, et ça, ça lae gênait.

Néanmoins iel sourit et parut un soulagé.e d'être assis.e et "en sécurité". Tasse toujours en main, Ciel sirota doucement le chocolat. Dommage que ça n'avait pas de réelle saveur.

Comme l'avait dit Denise auparavant, c'était calme ce soir-là, et les circonstances étaient parfaites pour explorer les possibilités.

"Merci." Dit Ciel en regardant l'infirmière. "Vous êtes infirmière depuis longtemps? Mon oncle dit que c'est un travail difficile mais important... Ca doit être dur des fois, non?"

Commencer une conversation... Une étape importante, et le sujet serait plus facile à aborder qu'autre chose de toute façon.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4340-ciel#71279
Denise Courvoisier
Normes
avatar

MessageSujet: Re: Panique et bonnes intentions.   Mer 21 Fév - 12:16

Denise rejoint la cabine, Ciel sur ses talons. Elle s’assit au bureau, sentant le regard de l’enfant dans son dos. Elle avait vu ses yeux s’illuminer quand elle lui avait proposé de venir avec elle; de toute évidence Ciel avait besoin de compagnie. Cet air perdu, cette apparente joie face aux plus petits gestes de gentillesse… Quelque part, l’enfant lui rappelait sa soeur, quelques années plus tôt, à l’époque où Nathalie rentrait du lycée avec des trous dans ses vêtements et des bleus sur ses jambes. Denise faillit demander à Ciel si tout se passait bien à l’école, sachant d’expérience que les collégiens n’étaient pas vraiment plus tendres entre eux que leurs aînés, mais l’enfant la devança, la remerciant d’abord, puis l’interrogeant sur son métier. Denise ne manqua pas de remarquer que l’oncle de Ciel semblait être son seul adulte de référence, mais n’en dit rien, de peur de commettre un impair.

- J’ai commencé il y a peu, à vrai dire, avoua-t-elle. J’ai passé mon diplôme il y a quelques années mais ma région n’offrait pas vraiment de postes et j’avais des choses à régler avant de déménager, alors je ne suis vraiment infirmière que depuis une dizaine de jours.

Elle adressa un petit sourire gêné à Ciel, avant de baisser les yeux vers le badge à son nom qui ornait sa blouse blanche. Elle avait beau se savoir légitime à son poste, annoncer son inexpérience comme cela lui donnait l’impression d’avoir obtenu son contrat dans une pochette surprise. Elle chassa ce sentiment de son esprit, releva la tête et continua .

- C’est vrai, ce n’est pas facile tous les jours, parfois…

Elle s’interrompit de nouveau. Que pouvait-elle lui dire ? « Parfois on est pas sûrs que les patients survivent » ? « Parfois il faut annoncer de mauvaises nouvelles » ? « Parfois administrer un traitement se transforme en un combat à mains nues contre le malade » ? Elle ne pouvait pas dire ce genre de chose à Ciel, elle aurait trop peur de l’effrayer. « Parfois on reste des heures dans une cabine a inscrire des noms sur une liste » ? Non, ça sonnerait définitivement comme un reproche. Elle finit par choisir une option assez vague.

- Parfois on est fatigués. Les gens viennent ici parce qu’ils sont malades, ou blessés. Ce n’est pas évident d’être toujours face à des personnes qui souffrent. Mais on tient en se disant que c’est grâce à nous qu’ils peuvent aller mieux. Tous les métiers ont leurs avantages et leurs inconvénients, à chacun de voir ce qu’il préfère. Tu as une idée de ce que tu voudrais faire plus tard ?

Même si les véritables vocations venaient plus ou moins tard, c’était le genre de choses auxquelles on réfléchissait assez jeune, non ? Et puis, maintenant que son premier instinct de protection envers Ciel était satisfait, sa curiosité grandissait.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4538-denise-courvoisier
Ciel
Vamps
avatar

Identification
Emploi:
Age apparent: 12/14 ans
Dangerosité:
16/30  (16/30)

MessageSujet: Re: Panique et bonnes intentions.   Jeu 22 Fév - 16:25

Ciel avait décidé en prendre les devants et de poser une question à Denise, avant qu'elle ne lui en pose une. Il était préférable, dans les circonstances, de commencer doucement à se mettre dans le bain, d'écouter, d'apprendre à qui on avait affaire avant de se lancer. De plus, il lui fallait se remettre de ses émotions qui étaient soulevées par la tournure des événements. Jusque là tout se passait très bien, dans son sens, d'une façon qu'iel n'aurait jamais pu prévoir. Iel discutait avec une inconnue, c'était un territoire tout nouveau, et une avancée phénoménale dans son évolution pour s'ouvrir et s'intégrer dans le monde.

Une étude avait démontré depuis de nombreuses années que les créatures jeunes que l'on trouvait mignonnes avaient un pourcentage de survie nettement plus élevé, et que c'était d'ailleurs la raison (pourtant secondaire) de leurs pelages duveteux et leurs larges yeux. C'était une histoire de prendre un prédateur potentiel en pitié. Ca ne marchait pas pour tout, que ce soit prédateurs ou proie, mais ça fonctionnait bien pour les humains... Sinon pourquoi vendait-on bien plus de chiots et chatons que jeunes animaux de ces espèces là ayant l'air déjà plus adultes. On pouvait répondre "pour éduquer la bestiole" et tout ça, mais pour la grande majorité, c'était les larges yeux, l'aspect boule de poils et les petits couinements et miaulements qui faisaient juste craquer les internautes.

Mais ça, ça ne marchait pas que pour les animaux. Si les humains trouvaient leurs propres bébés laids, ils ne s'en occuperaient probablement pas, ou moins bien. Puis n'avait-on pas toujours entendu que l'on trouvait nos bébés beaux mais pas ceux des autres? Soyons-en donc rassurés : notre bébé était laid aux yeux des autres... Mais nous étions aveugles de sa laideur pour lui permettre de survivre.

Petite interlude à part, Ciel se trouva dans cette situation de réflexion où iel se demanda si Denise aurait été aussi sympathique et amicale si iel avait été un peu plus âgé.e à sa transformation. Peut-être sympathique, mais de façon plus distance, plus polie, et ne lui aurait clairement pas proposé de s'assoir avec elle derrière l'accueil. Son aspect était tout aussi pratique aujourd'hui que lorsqu'iel avait été libre lors de la seconde guerre mondiale, où iel avait été un.e prédateurice hors paire, mais pas avec la même finalité. Il ne serait pas venu à l'esprit de Ciel d'attaquer Denise d'une quelconque façon, iel avait déjà bien trop tué.

Ecartant son esprit des souvenirs, lae vamp écouta avec attention la réponse de l'infirmière. Ses yeux étaient larges, fascinés. Iel reconnu l'air gêné, les yeux bas... Il y avait de l'incertitude dans son regard, dans sa posture... Comme Erika lorsqu'elle n'arrivait pas à résoudre une affaire aussi vite qu'elle le voulait. Néanmoins la jeune femme continua, cachant ainsi ce doute ou ce malaise qui l'avait prise juste avant.

- C’est vrai, ce n’est pas facile tous les jours, parfois…

Elle ne finit pas sa phrase tout de suite. Elle sembla chercher ses mots. Ciel dressa un sourcil. Ah, elle avait ce même regard que Seb avait arboré lorsqu'il avait eu sa première conversation sérieuse avec ellui, pour lui expliquer combien de temps s'était écoulé, puis où iel était... C'était le regard de quelqu'un qui voulait mettre la vérité sous une couche de sucre glace. Chose logique en soit, le métier n'étant pas non plus sans risques et sans traces.

Lae vamp avait passé du temps dans l'hôpital, et avant ça quelques fois à l'arrière des tranchées pendant la guerre. Ce n'était pas toujours propre. La guerre lui avait montré le pire possible, le Charity's Hospital lui avait montré qu'on pouvait venir se faire soigner pour tout et rien, mais que justement il y avait de tout. En arpentant les couloirs lae vamp avait bien vu des gens qui venaient avec des choses néfastes à l'intérieur même de leur corps, et avait apprit par la suite par son cours de biologie comment le système immunitaire fonctionnait, et d'où provenaient les cancers et ainsi de suite. C'était le genre de chose qui lui avait été totalement inconnu jusque là. Des recherches plus poussées l'avaient mené.e sur des images et des vidéos d'opérations à corps ouvert et ainsi de suite... La chirurgie n'était pas l'activité des infirmières, mais elles participaient à tout ce qu'il se passait autour, et s'occupaient des patients avant et après.

Pas étonnant que Denise veuille lui cacher ça en pensant qu'iel n'était qu'un.e enfant. Ce qu'elle dit donc fit sourire lae vamp. Seb avait si vite arrêté de parler avec cette innocence qui n'avait pour but que de protéger l'interlocuteurice. Iel hocha la tête, voulant faire perdurer son illusion. Pourtant c'était vrai ce qu'elle disait, juste ça ne devait pas être la moitié de ce qu'elle pensait réellement. Elle fit la remarque que chaque métier avait ses avantages et ses inconvénients, et là Ciel était bien d'accord.

Puis Denise posa une question, et Ciel se trouva dans cette petite spirale de réflexion. Il lui était déjà arrivé de penser ce qu'iel pourrait faire comme métier - une fois intégré.e dans le monde actuel... Mais concrètement iel n'avait pas la moindre idée. Il y avait encore beaucoup trop de choses à apprendre pour se fermer à juste un domaine et se spécifier dedans.

Ciel haussa les épaules avec un sourire.

"J'ai envie d'apprendre d'abord... Savoir ce qu'il y a dans le monde avant de décider... Mais rien avec les animaux."

Iel avait remué son nez disgracieusement sur la fin - son expérience de combat avec des créatures diverses et variées l'avait clairement dégoûté de ça, l'approche même d'un petit chien aboyant lui donnait des frissons et faisaient ressurgir des pulsions jusque là enterrées. Néanmoins iel retrouva un sourire en remuant le liquide dans la tasse, imitant ce qu'il avait vu des neveux d'Erika.

"Pour le moment je veux aller à l'Université! Faire des rencontres, discuter avec pleins de gens différents, comprendre comment ils voient le monde... Et jouer de la musique dans un orchestre!"

Ciel ne s'emportait pas. Ciel ne s'emportait jamais. Ciel était une personne foncièrement timide qui ne parlait que très peu et préférait observer avec attention ce qu'il se passait autour. Aujourd'hui Ciel s'était revêtu.e de confiance, et avait laissé son enthousiasme (jusque là préservé soigneusement à l'intérieur d'ellui) s'exprimer. Même Seb n'avait jamais entendu lae vamp dire ça, c'était encore "un secret" bien que son amour de la musique classique l'était moins.

"Tu sais jouer d'un instrument? Tu aimes quel genre de musique?"

Question bête et basique mais qui valait le coup, maintenant Ciel la regardait avec une certaine anticipation. Connaissait-elle des artistes qu'iel ne connaissait pas? Quel genre de musique écoutait-elle? Ce simple début de conversation venait d'ouvrir tout un panel de curiosité pour lae vamp, qui jusque là ne connaissait que deux personnes réellement dans son entourage. Comme avec la Maîtresse Vampire de la ville, Ciel avait un très bon feeling avec l'infirmière, et espérait réellement qu'aucun patient ne vienne l'empêcher de parler.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4340-ciel#71279
Denise Courvoisier
Normes
avatar

MessageSujet: Re: Panique et bonnes intentions.   Lun 26 Fév - 21:25

Denise fut assez surprise de la réponse de Ciel. Pas en mal, bien sur; mais elle s’était attendue à une réponse comme « architecte » ou « scientifique », ou quoi que ce soit que les enfants voulaient faire de nos jours, or la réponse de Ciel inspirait une maturité qu’elle avait du mal à associer à l’enfant errant dans l’accueil quelques minutes plus tôt. . « Savoir ce qu'il y a dans le monde », « discuter avec pleins de gens différents », c’était des choses que Denise elle-même, à 25 ans, recherchait. Oui, plus Ciel parlait, plus Denise se dit qu’elle avait sans doute sous-estimé son âge.

Ciel avait mentionné vouloir aller à l’université, et elle l’avait interprété comme la prochaine étape dans son parcours. Donc Ciel était sans doute au lycée… Denise calcula rapidement dans sa tête ; à cette période de l’année, les lycéens avaient 16 ans, 17 pour ceux nés en début d’année. Elle détailla Ciel. Même pour quelqu’un qui aurait eut une puberté tardive, car après tout certaines personnes n’atteignaient vraiment la puberté qu’à 15 ans, son corps n’avait rien d’adolescent. Aucun signe d’une poussée de croissance, son grand manteau ne laissait pas voir grand chose de ses éventuelles formes, pas d’acné, et s’il y avait quelques poils blancs sur son menton, ce dont Denise doutait fortement, alors ils étaient complètement indétectables. Même en imaginant que Ciel ait sauté une classe, ce qui collait avec sa maturité, cela lui donnait 15 ans, ce qui restait extrêmement peu probable… Ah ! Bien sûr ! Elle avait oublié que le système américain était différent. Un an de plus au lycée, oui, 14 ans c’était déjà plus probable même si…

-…Et jouer de la musique dans un orchestre!"

En autant de temps qu’il avait fallu à Denise pour se décider sur un âge à lui donner, Ciel avait retrouvé toute sa candeur enfantine, la faisant douter à nouveau. Elle renonça à trouver le chiffre exact : ce que Ciel venait de dire était bien plus important, ou du moins la façon dont Ciel l’avait dit. De toute évidence, la musique était un sujet qui lui tenait à coeur. Si sa motivation à entrer dans un orchestre était telle, Denise ne voyait pas ce qui pourrait l’en empêcher.

Elle s’imaginait bien Ciel en train de jouer de la flute traversière, un instrument aérien au son clair qui irait bien avec son air angélique. Ou bien du hautbois. Oui, du hautbois correspondait plus, moins classique, angélique, certes, mais particulier…
Enfin là, c’est à elle qu’on demandait si elle faisait d’un instrument. Ciel la regardait, ses grands yeux semblant l’inviter à dire tout ce qu’elle pouvait sur le sujet, et elle se lança.

- Ah, ce n’est pas très glorieux mais il y avait un ensemble flutes à bec dans mon école. J’y ai joué de la flute ténor pendant ma scolarité là-bas. Pour ce qui est de que j’écoute, c’est surtout ce qui passe à la radio…

Bravo Denise, se dit elle, Ciel te parle d’orchestre et tout ce dont tu trouve à parler c’est de la radio.

Elle reprit, un souvenir s’étant imposé dans sa mémoire.

- Ah, mais il y a cette musique que mon grand-père m’a fait écouté, quand j’étais jeune. Il en avait un disque; un cantique que l’on chantait au temple, mais une version magnifique avec des cordes…Notre unique espéran-an-ce

Elle avait chanté, même si c’était un bien grand mot pour « marmonner rapidement sur un air à peu près juste » ces derniers mots, tentant de remettre un titre sur cette musique, mais ce fut sans succès. Elle renvoya la question à Ciel, à la fois pour cacher son embarras et satisfaire sa curiosité. Après tout, ce n'était un vilain défaut que quand cela tirait vers l'indiscrétion...

- Et toi, tu joues déjà d’un instrument ? Ou bien tu en as un en tête ? Il y a un morceau en particulier que tu aimerais jouer quand tu seras dans un orchestre ?

Tout en posant sa question, elle jeta un coup d'oeil à la porte d'entrée qui venait de s'ouvrir, mais l'homme qui entra rejoint directement un petit groupe dans la salle d'attente, lui permettant de garder son attention sur Ciel. Elle savait que si un patient arrivait, elle serait obligé d'interrompre cette conversation pour le moins intéressante, mais jusque là, les seules arrivées se faisaient par ambulances, lui évitant d'avoir à les enregistrer.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4538-denise-courvoisier
Ciel
Vamps
avatar

Identification
Emploi:
Age apparent: 12/14 ans
Dangerosité:
16/30  (16/30)

MessageSujet: Re: Panique et bonnes intentions.   Jeu 8 Mar - 2:47

Ciel était lancé.e sur la musique, sans s'apercevoir de la réflexion que Denise semblait avoir à son égard, surtout concernant son âge... Mais ça avait bien peu d'importance, en revanche en d'autres circonstances il lui faudrait bien faire attention à cela. Pour le moment iel se sentait en sécurité, à l'aise.

Iel écouta avec attention, oubliant la tasse dans ses mains qui devaient se refroidir à vu d'oeil (surtout vu que c'était un.e vamp qui la tenait après tout; ses mains ne risquaient pas de maintenir la chaleur). Alors elle avait joué de la flûte à l'école... Quelle chance. Ciel aurait voulu avoir cette occasion lorsqu'iel avait été norme, mais après réflexion iel n'aurait certainement pas eu le même goût pour cet art si cela avait été le cas. Ciel sourit lorsqu'elle admit n'écouter que ce qu'il passait à la radio. Seb était pareil, pire même; il préférait les émissions sérieuses et ne tendait pas l'oreille quand il y avait de la musique... A moins qu'il n'y ait des grosses basses. Ciel avait été fasciné lorsqu'iel avait découvert la radio contemporaine. Il y avait des millions de chaînes, de différents pays, de tous bords musicaux, sur tous les sujets possibles et imaginables - il n'y avait rien de surprenant ni gênant que ce soit son choix, au moins il devait y avoir de la variété!

Néanmoins lae vamp sourit largement à l'annonce d'une chanson dont Denise sembla se souvenir. Ciel la regarda donc. Un cantique? Temple? Parlait-on là de religion? Lae vamp avait eu une religion plus ou moins religieuse, mais peu tout de même; il y avait eu deux ou trois fois où quelqu'un était monté dans son village pour prêcher, mais jamais pour longtemps... Pourtant sa mère avait été fervente croyante... Mais les souvenirs étaient bien trop vagues.

Si les oreilles de Ciel auraient pu se dresser comme celles d'un chat, elles l'auraient faites. Ce n'était pas là un chant à gorge ouverte mais tout de même quelque chose! Lae vamp sourit (sans montrer les dents quand même - montrer au monde ses crocs n'était pas l'idée). Iel hocha la tête, encourageant.e dans sa démarche bien qu'iel vit rapidement que l'infirmière ne le fit que quelques brèves secondes. Elle sembla réfléchir au nom, cela ne signifia rien pour lae vamp qui se contenta de la regarder, sans oublier de cligner fréquemment des yeux.

Puis elle lui posa une question. Là iel ne pu s'empêcher de sourire plus largement, montrant un instant ses dents. Son corps aurait été agité de partout avec l'adrénaline si cela avait été possible. Iel dû se retenir de sauter sur sa chaise. Lae vamp n'avait jamais eu l'occasion de parler d'instruments avec Seb, c'était pas du tout son domaine, et ça ne l'intéressait pas outre mesure... Même s'il aurait probablement tout lâché pour écouter ce que Ciel allait justement dire à ce sujet.

"je ne joue pas encore mais j'aimerai beaucoup!"

Iel oscilla très légèrement mais gaiement sur sa chaise, regardant momentanément le plafond.

"Je veux essayer tous les instruments! Mais surtout le piano, le violon, la contrebasse, la flûte traversière, la clarinette..."

Maintenant iel énumérait tout dans sa tête, et ça se lisait dans ses yeux qu'iel y réfléchissait sérieusement pour retrouver chaque instrument.

"Le trombone, la trompette, le cor, le xylophone en bois, les timbales... Puis un jour j'espère vraiment que j'aurais l'occasion de jouer de l'orgue! Mais pour ça peut-être déjà apprendre le piano.."

Le temps reprit son cours normal, comme si tout avant s'était accéléré, et lae vamp se trouva subitement assez bête de son engouement presque viscéral pour les instruments. Si Ciel aurait pu rougir, iel l'aurait fait, subitement son enthousiasme avait prit son envol et iel avait l'impression de ne jamais avoir autant parlé de sa vie. Iel redescendit de cette émotion étrange avec un sourire gêné. Seb ne l'aurait pas reconnu.e s'il était passé à côté.

"Désolé.e." Dit-iel en regardant subitement sa tasse, jusque là oubliée, qui était maintenant la chose la plus intéressante au monde pour détourner son attention de cette étrange vague d'enthousiasme. "Ma musique préférée de tous les temps est de Gustav Holst, The Planets. La Suite entière est magnifique mais j'adore Mars et Jupiter... Deux ambiances très différentes. Si j'avais un souhait à faire, ça serait de jouer ça avec un orchestre... Mais quel instrument? J'en sais rien."

Iel eu un rire gêné. C'était un peu stupide de ne même pas savoir jouer et déjà imaginer jouer dans un orchestre, sur une musique complexe qui plus est... Mais iel n'avait pas eu de rêve ou de but en des décennies, retrouver au moins ça était une bonne nouvelle. Iel ne songea pas un seul instant que Denise pouvait ne jamais avoir entendu quoi que soit de Holst, ni même qu'elle ne sache pas qui c'était - car après tout c'était tout de même un compositeur assez ancien, même si sa musique avait traversé les siècles.

"Pour le moment je voudrais me concentrer sur mes cours..."

Puis comment expliquer l'impossibilité de sortir juste comme ça comme tout le monde, vivre une vie tout à fait ordinaire comme le commun des (im)mortels... C'était un calvaire, et pourtant ce n'était pas faute d'essayer. Seb était confiant (malgré les retours en arrière fréquents) que Ciel arriverait à s'adapter, à s'intégrer dans ce monde. Cela faisait déjà presque trois ans déjà qu'iel était arrivé à la NO... Et c'était toujours difficile.

Mais peut-être qu'aujourd'hui marquait un tournant? C'était peut-être le début d'une toute autre évolution dans sa vie sociale, qui jusque là avait été très limitée. Tout le monde était différent, de ça Ciel avait parfaitement conscience, mais si iel arrivait à avoir une conversation avec Denise, peut-être que la prochaine fois iel arriverait à avoir une conversation avec quelqu'un d'autre, puis quelqu'un d'autre? Est-ce qu'un jour parmi ces gens iel trouverait des allié.es?

Lae vamp se rendit vite compte que maintenant que son humeur était un peu retombée, iel regardait dans le vide, en pleine réflexion sur le futur, en oubliant complètement le présent. Iel bu donc la fin de sa tasse avec un sourire puis regarda Denise à nouveau, espérant qu'iel ne l'avait pas froissée d'une façon ou d'une autre?

"Merci c'était très bon." Dit-iel avec un sourire sincère.

Iel passa une mèche de cheveux blanche derrière son oreille, incertain.e de quoi dire ou faire maintenant... Seb ne lui avait jamais dit quoi faire une fois qu'on commençait à manquer de sujets de conversation.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4340-ciel#71279
Denise Courvoisier
Normes
avatar

MessageSujet: Re: Panique et bonnes intentions.   Lun 12 Mar - 19:57

L’enthousiasme de Ciel déteignait inévitablement sur Denise, au point qu’elle se demandait ce qui l’avait poussé à garder sa flute enfermée dans son étui aussi longtemps, et se félicita de ne pas l’avoir laissée en Suisse. Quand Ciel s’excusa, Denise lui adressa un sourire rassurant et un petit signe de tête, signifiant que ce n’était pas grave, mais l’enfant avait baissé la tête sur sa tasse de chocolat chaud trop vite pour la voir, avant d’enchaîner sur Holst, dont le nom ne parlait que vaguement à l’infirmière. Elle nota dans un coin de sa tête de trouver un enregistrement à la bibliothèque, à l’occasion. Holst, The Planets, Mars et Jupiter.

Après avoir mentionné ses cours, Ciel sembla avoir un moment de flottement et Denise se demanda si tout se passait bien au niveau de scolarité. Après tout, le système scolaire, en général, n’était pas forcément très adapté aux élèves plus tournés vers l’art que vers les mathématiques et la grammaire, même si des efforts avaient été faits là-dessus. Face à la passion que Ciel avait laissé paraître pour la musique, Denise devinait facilement de quel coté son coeur penchait, et se dit que c’était peut-être là la cause de son trouble. Bien sûr, ce n’était que des suppositions; Ciel pouvait tout aussi bien exceller dans des matières plus « scolaires » et adorer la musique.
En tout cas, quoi que c’était, cela passa aussi vite que c’était arrivé, et Ciel finit son chocolat avec un sourire qui ravi Denise tout autant que les remerciements qui suivirent.

Elle prit le temps de noter que Mme Foster, pour la douleur dentaire, était partie en consultation, puis se leva prestement, décidée à vider le reste de son thermos dans la tasse de Ciel.

"Tiens, je vais t'en..."

Elle fut néanmoins coupé dans son élan quand, en voulant récupérer la tasse pour la re-remplir, ses doigts entrèrent en contact avec la peau beaucoup trop froide de Ciel. Elle l’observa un moment, cherchant des symptômes éventuels tout en passant dans sa têtes différents diagnostiques potentiels - l’hypothermie était peu probable vu le temps depuis lequel Ciel était à l’intérieur, et son état général ne laissait pas penser à de l’anémie. Le chocolat chaud était assez sucré pour être certain que ce n’était pas une hypoglycémie, et ses deux mains étaient froides ce qui éliminait l’embolie. Restait le syndrome de Raynaud, mais le teint d’albinos de Ciel rendait impossible l’observation d’une éventuelle décoloration aux extrémités de ses doigts. Elle n’aurait même pas pu dire si sa pâleur était inquiétante ou habituelle.



Paleur. Froid. Une  possibilité s’insinua dans son esprit. Un diagnostique qu’elle n’avait pas encore cherché à poser…Oui, après tout elle était à la Nouvelle Orléans à présent, les Outres étaient partout. Alors pourquoi pas ..

Parce que ce n’était pas possible, voilà pourquoi pas. Denise n’y connaissait pas grand chose sur les Outres, mais elle savait quand même qu’il n’y avait pas d’enfants vampires. Les Vamps ne se reproduisaient pas, et mordre une personne mineure était clairement illégal. Aussi flou soit l’âge exact de Ciel, ce n’était clairement pas au dessus de 16 ans. C’était donc impossible que Ciel soit un.e Vamp. De toute façon les Vamps ne buvaient pas de chocolat chaud, si ?

Oui voilà, ce n’était probablement qu’un problème de circulation. Pourtant elle n’arrivait pas à détacher son regard des mains de Ciel.

« Illégal, mais pas impossible » chuchotait une voix dans son esprit, que sa raison n’arrivait pas à faire taire. Elle aurait voulu faire quelque chose, dire quelque chose, remplir cette fichue tasse, conseiller à Ciel de manger plus d’ail pour sa circulation, mais ses contradictions intérieures la paralysaient.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4538-denise-courvoisier
Ciel
Vamps
avatar

Identification
Emploi:
Age apparent: 12/14 ans
Dangerosité:
16/30  (16/30)

MessageSujet: Re: Panique et bonnes intentions.   Mer 18 Avr - 22:55

Les choses se passaient bien. Parfaitement même. Ciel avait l'impression de retirer couche après couche de traumas et de peurs, avec une aise fulgurante. Iel pouvait sortir petit à petit d'une coquille qui lui avait été nécessaire jusque là. Maintenant iel mettait le nez dehors, et sentait les premiers parfums inconnus d'un monde tout nouveau à découvrir. Les portes s'ouvraient, la possibilité était là.

Ciel parlait. Et pas peu. Avec du recul, se jeter à corps perdu ainsi était peut-être extrême après le mutisme qui avait tout de même duré des années, avec quelques maigres exceptions. C'était... Libérateur pour lae vamp, mais iel ne pouvait pas penser qu'il pouvait y avoir un contrecoup ou quoi que ce soit de négatif sortant de cette situation.

Tout de même, malgré l'enthousiasme démontré clairement pour la première fois depuis son arrivée à la Nouvelle Orléans, Ciel se stoppa, mais plus par peur d'ennuyer Denise qu'autre chose. Iel ne savait pas encore jauger l'intérêt d'autrui, et savait par Seb que tout le monde n'aimait pas écouter un monologue enthousiasmé, aussi réel soit-il.

Du coup iel s'excusa rapidement et regarda sa tasse, sans voir le sourire rassurant que Denise lui adressait. Son coeur aurait palpité comme jamais si iel en avait encore eu la capacité. C'était bizarre de retrouver cet écho d'humanité qu'iel avait perdu tant d'années auparavant. Refusant de perdre sa lancée, lae vamp repartit sur le sujet des cours, plus ou moins pour clore le sujet de la musique qui aurait pu lae faire monologuer des heures encore... Mais du même coup iel se trouva devant l'incertitude de quoi faire ou dire ensuite. Il aurait été poli de poser une question, de relancer un sujet, de faire s'exprimer Denise sur un sujet... Or Ciel n'était pas encore toit à fait apte à capter les signaux, et encore moins à guider une conversation.

Alors iel décida que c'était une bonne chose de finir la boisson, et de remercier Denise pour la chose... Le goût n'avait rien d'appétissant, vraiment... Mais l'odeur était envoûtante, et il y avait quelque chose d'amusant dans la douce chaleur (pas très forte du tout après avoir passé du temps entre ses mains) qui lae traversait avec le liquide. Les épices étaient agréable, peut-être qu'iel devait s'entrainer à cuisiner pour les odeurs comme ça... Seb apprécierait probablement le changement de régime, il faudrait en discuter - d'autant que ce n'était pas certain qu'il veuille être cobaye de ses expériences, mais tout de même, iel n'avait aucune certitude... L'initiative le surprendrait probablement plus qu'autre chose.

Lae vamp n'avait pas regardé Denise se lever mais avant sentit la chaleur corporelle s'approcher, or iel n'avait pas réagit outre mesure. Ce n'est que quand sa chaleur humaine toucha ses mains qu'iel se figea aussitôt. Iel n'était pas sûr.e de comment les gens pourraient réagir face à la froideur de ses mains. Seb avait été précautionneux à ce sujet, et honnête : il ne savait pas, tout le monde réagissait différemment aux Outres, et la meilleure solution c'était simplement de cacher le plus longtemps possible sa nature, au cas-où que la révélation lui fasse courir un risque. Mais c'était la première fois que lae vamp était confronté.e réellement à ce genre de situation... Et c'était effrayant.

Ciel avait passé quelques micro secondes à regarder leurs mains, où le contact était encore fait... puis leva ses larges yeux gris pour regarder le visage de Denise. Iel ne comprenait pas ce qu'on pouvait y lire, c'était l'incertitude totale. Une difficulté primaire était comprendre les émotions d'autrui pour anticiper... Là Ciel pouvait juste regarder avec désarroi que l'infirmière était figée, bloquée, comme si elle pensait à toute éventualité qui pouvait expliquer que c'était quelque chose de normal... Que Ciel était normal.e.

C'était douloureux, et attendu à la fois, de comprendre que fatalement, à faire semblant d'être un.e enfant perdu.e on lae prendrait comme tel.le... C'était un mensonge, pur et simple. Si Denise acceptait cela comme une nécessité pour s'intégrer, afin de ne courir aucun risque ou danger, ce serait l'idéal... Mais ne pouvait-on pas voir cela comme une manipulation, pure et simple? Une trahison totale de sa part, qui avait pu son chocolat épicé et qui avait discuté si ardemment de sa passion. Son intérêt pour Denise était réel, sa curiosité par rapport à son métier aussi... Or ça ne se devinait pas quand on avait un flagrant déli de mensonge devant soi.

La fissure se fit, et vint la peur. Ciel était terrifié.e subitement, incapable de bouger. Un rejet serait synonyme d'échec, et bien cuisant dans les circonstances actuelles... Iel avait fait tellement de progrès, et était tellement heureux.se de pouvoir discuter avec quelqu'un de nouveau, pour la première fois qui plus est.

Sa première réflexion fut de retirer ses mains, les éloigner de celles de Denise... Mais qu'est-ce que cela apporterait de plus? Mentir était une possibilité, parler d'une condition médicale ou quelque chose... Mais elle était infirmière, et Ciel n'était pas assez avancé.e en biologie pour trouver des symptômes qui se rapprochaient du vampirisme outre un parallèle dangereux avec la mort. Assumer sa véritable nature?

Impossible. Mais quoi alors?

Le temps ne passait en réalité pas bien vite alors que le cerveau affecté par le vampirisme tournait à toute allure d'une façon qui était bien plus rapide que le commun des mortels... Alors la latence ne dura peut-être que deux ou trois secondes. C'était suffisant pour être gênant, surtout quand la réponse n'était toujours pas à portée de main.

Pourquoi avait-il fallu qu'elle lae touche?

Un hasard tragique qui avait toutes les chances de ruiner l'opportunité en or qui s'était offerte à ellui. Ciel aurait dû réagir, aurait dû retirer ses mains de sorte à ce que le contact ne se fasse pas directement, iel aurait dû porter quelque chose en manche longue peut-être, des gants pour ne pas avoir un contact direct avec la tasse... Des choses qui n'étaient pas réfléchies par le commun des mortels, une fois de plus.

A la place d'une réaction radicale quelconque, Ciel baissa juste les yeux à nouveau vers leurs mains, et glissa ses doigts hors de portée de celles de Denise, s'assurant en même temps que la tasse ne soit pas lâchée directement au sol.

"Désolé.e." Murmura-t-iel, regardant plutôt le sol.

Iel ne savait pas quoi dire. Iel ne pouvait pas lui mentir, ni lui admettre ouvertement la vérité. La fuite aurait été préférable... Selon la réaction de l'infirmière, ça serait chose à faire, et rapidement. Iel n'osa pas lever les yeux vers elle, mais il y avait une tension dans ses muscles qui indiquaient clairement qu'au premier signe de danger, Ciel fuirait par la porte à toute vitesse vampirique, quitte à donner des crises cardiaques aux gens présents...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4340-ciel#71279
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Panique et bonnes intentions.   

Revenir en haut Aller en bas
 

Panique et bonnes intentions.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Voodoo Child :: ¤ SCENE I : Le quartier des affaires ¤ :: ║Le Centre-ville║ :: Charity's Hospital-