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 De révélations en célébration

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Jesse Coleman
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MessageSujet: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:12

[Depuis ici]

Ils continuèrent à marcher ainsi un moment en silence, quittant les rues animées du vieux carré pour arriver sur l'une des artères principales menant au centre-ville, bien moins peuplée à cette heure de la nuit puisqu'elle n'avait pour vocation que d'être un lieu d'habitations et le plus court chemin entre le centre et les vieux quartiers. Jesse ralentit le pas à l'approche d'une maison typique de la Nouvelle-Orléans, recouverte de bois peint dans une nuance de bleu clair, rendue atypique par le mur tagué qui délimitait le jardin et la propriété publique.

"Nous y voilà."

Il défit gentiment sa main de l'étreinte afin de la glisser dans la poche de son manteau pour récupérer ses clés. Il sortit tout d'abord une sucette, qu'il remit aussitôt à sa place, avant de trouver l'outil qui allait lui permettre de déverrouiller la porte. Bien que vivant chez l'habitant, il possédait son propre studio, les propriétaires vivant à l'étage. Il poussa la porte et invita d'un geste de la main Ailin à entrer.

"Première porte à droite."

Celle d'en face menait au fameux étage. En poussant la porte de droite, donc, on entrait dans un studio de taille convenable, équipée d'une cuisine à l'américaine. Il n'y avait pas de canapé, mais quelques poufs dans des tons pastel posés autour d'une table basse, et un lit double un peu plus loin, près d'une porte donnant accès à la salle de bains. Un coin de la pièce était réservé à une autre table basse pleine de notes surplombées d'un ordinateur portable (qu'on ne pouvait décemment pas appeler "bureau" mais qui y ressemblait fort), tandis que sur la gauche de la porte se trouvait un tabouret et la contrebasse du jeune homme, que ses parents lui avaient spécialement fait envoyer pour le féliciter d'avoir terminé son travail. Il aurait aimé avoir la place pour le piano également, mais se consolait en utilisant régulièrement celui de la salle de musique de l'Université.

Jesse avait suivi Ailin, et ferma la porte derrière eux avant de se tourner vers son invité.e avec un sourire amusé tinté d'une légère ironie.

"Bienvenue dans mon humble logement étudiant."

Il ne se plaignait pas vraiment, ayant réussi à l'arranger autant à son goût que possible, mais il fallait avouer que même lui, pourtant très facilement adaptable, parvenait à penser qu'il manquait parfois de place.
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Ailin Dyce
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:15

La voix de Jesse, plus que l'arrêt du mouvement, tira Ailin des pensées nébuleuses dans lesquelles elle avait fini par se perdre en chemin, tandis qu'ils avançaient sans se parler. Ce silence était révélateur : lorsqu'elle jouait la comédie, lorsqu'elle séduisait ce qu'elle ne considérait que comme de vulgaires jouets, et des poches de sang ambulantes, la blonde avait tendance à jouer de sa langue acérée sans longues interruptions. Au naturel, pourtant, si elle appréciait toujours un bon duel de mots, Ailin pouvait se montrer plus silencieuse, car elle ne voyait pas l'intérêt de parler si c'était pour ne rien dire ni de savant, de piquant, ni d'intéressant.

En cela, elle savait que l'étudiant partageait son avis et elle ne s'était donc pas inquiétée d'une quelconque possibilité que ce blanc puisse devenir embarrassant.

Elle libéra ses doigts, laissant la sensation de chaleur s'effacer. Le contraste était d'autant plus flagrant qu'elle n'avait pas bu de sang depuis la veille et qu'elle commençait donc à être à sec. Elle ne mettrait pas Jesse au pied du mur. Avec d'autres, elle n'aurait eu aucun scrupule, mais elle ne souhaitait pas l'obliger à lui servir de calice après s'être déjà imposée pour la nuit. Si besoin, elle tiendrait sans problème jusqu'au lendemain. Elle n'était pas née de la dernière plus et savait très bien contrôler ses besoins. Elle avait déjà jeûné pendant bien plus longtemps.

Sans rien dire elle leva le nez pour observer la bâtisse qui lui faisait face, pour en mémoriser le charme et les détails, comme elle aimait le faire lorsqu'elle arrivait dans un nouvel endroit.

La porte d'entrée céda et Jesse l'invita à entrer, ce qu'elle fit donc sans quitter son pas gracieux, après lui avoir accordé un sourire d'amabilité. Suivant ses directives, elle avança jusqu'à la bonne porte, laquelle dévoila finalement un spectacle qui ne la surprit guère dans le sens où le logement était tout à fait typique de ce qu'on pouvait s'imaginer d'un étudiant très travailleur dans ses dernières années universitaire. D'autres se seraient probablement étonnés du mobilier ou de la taille de l'appartement, mais Ailin était bien placée pour savoir que les manières ne faisaient pas forcément les goûts ni l'intérieur, et qu'on pouvait aussi en avoir plusieurs types. En préférer certains dans des logements de taille restreinte, d'autres dans de plus grands espaces, parmi les nombreux facteurs qui pouvaient régir un choix d'ameublement.

Et en parlant de ça... Le commentaire ironique qui fusa derrière elle lui arracha un rire de la même trempe. Elle se retourna à moitié, les yeux rieurs :

"... Dit-il à celle qui vit dans la cave de sa propre maison."

Ça ne la dérangeait pas, dans le sens où de cette façon, elle était certaine de ne pas voir le soleil même si elle "oubliait" de fermer les volets. De plus, elle se permettait tout à fait d'occuper les autres pièces à l'occasion, même si Peter aurait probablement préféré qu'elle reste en permanence cloîtrée en bas. Elle avait très bien aménagé son espace personnel, mais on ne pouvait pas non plus faire de miracles : en comparaison, le studio de Jesse paraissait déborder de luxe et de confort.

L'utilisation du féminin n'avait pas été accidentelle. Ce n'était pas un sujet qu'elle appréciait traiter brutalement et depuis le début de leur discussion elle avait fait en sorte de l'introduire en douceur afin de n'avoir pas besoin d'une explication trop brutale quand viendrait le moment.

Elle ne fit pas un geste pour retirer son manteau. En réalité elle aimait le garder un peu plus longtemps, car il masquait sa silhouette et qu'elle se sentait donc grâce à lui un peu moins mal à l'aise. et puis elle se déshabillait bien assez souvent dans son métier, ce n'était pas la première chose qu'elle avait envie de faire quand elle en était libérée.

Elle se tourna entièrement pour lui faire face et modula sa voix, à laquelle elle permit de retrouver sa douceur habituelle. Aux Plaisirs Coupables, elle en utilisait une autre qui convenait mieux au rôle qu'on lui avait attribué. Par ce biais, elle parvenait aussi à mieux compartimenter ses identités, même si celle-ci avait alors presque disparu au profit de l'autre détestée. Au point où même au dehors du travail, elle ne faisait plus d'effort pour sonner moins masculine.

"... Alors. Curieux de recueillir de nouvelles informations sur l'un de vos sujets de recherche ?"

Elle retint un frisson. Le son de sa propre voix, trop longtemps oublié, avait fait monter une violente émotion.

Mais ce n'était pas uniquement de questions de genre qu'elle avait l'intention de parler. Ce qu'elle sous-entendait, c'était aussi qu'il avait l'occasion d'apprendre des choses sur son passé qu'elle ne lui avait pas révélé avant. Pour ne pas trop en révéler, elle avait dû rester très évasive.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:18

En ironisant sur la qualité de son chez-soi, Jesse ne s'attendait pas vraiment à ce qu'Ailin lui réponde de cette manière. Oh, ne vous y trompez pas : la répartie fine, il l'avait attendue. C'était plutôt les accords qui s'y trouvaient, qu'il n'avait pas prévu, supposant que la (donc) vamp aurait préféré s'installer aussi confortablement que possible avant de relancer le sujet. Néanmoins, ce n'était pas lui que cela regardait, mais bel et bien Ailin, qui devait être consciente que l'étudiant ne manquerait pas de noter l'indice envoyé. Il ne rebondit pas de suite dessus, estimant qu'il était de toute façon à Ailin de choisir quand elle voudrait définitivement aborder le sujet, et s'attarda plutôt sur l'autre partie de la phrase.

"Il existe des caves très bien agencées..."

Pour sa part, l'étudiant entreprit de retirer ses chaussures, non pas parce qu'il était de ces personnes qui ne supportaient pas que l'on porte des chaussures à l'intérieur, mais simplement parce qu'il appréciait de sentir le sol de son chez-lui sous ses pieds. Cela lui donnait l'impression d'être enfin arrivé et de pouvoir se détendre complètement avant d'éventuellement commencer une séance de travail (ce qu'il ne ferait pas cette fois, évidemment). Ainsi, c'était toujours le premier geste qu'il exerçait quand il rentrait chez lui.

Le temps qu'il l'effectue, Ailin avait fini sa petite inspection typique de ceux qui visitent un lieu pour la première fois, et se tournait vers lui pour lui poser une question qui lancerait la discussion. Une étincelle d'étonnement perça dans le regard gris sous verre en entendant sa voix. Elle sonnait définitivement plus féminine que ce à quoi elle l'avait habitué, et même s'il avait compris depuis un petit moment que ses doutes initiaux étaient finalement fondés, il ne s'attendait pas exactement à un tel changement. Qu'elle en vienne à se forcer jusque dans la voix au travail (et ailleurs, vraisemblablement, puisqu'ils s'étaient aussi côtoyés hors des Plaisirs Coupables) en disait long sur la torture psychique permanente qu'elle devait subir. L'étudiant savait qu'Ailin n'était pas une blanche colombe, loin de là, et qu'elle possédait une forte résilience, mais il y avait des choses qu'il ne souhaitait à personne. Encore moins à des personnes qu'il appréciait, de fait.

"Hm. Il y a bien quelque chose, en effet..."

Avec un sourire joueur, il laissa sa phrase en suspens et se décala, ôtant son manteau pour le poser sur le lit et en profiter pour fermer les volets avant d'oublier : il ne savait pas à quelle heure Ailin songeait à partir, mais le soleil se levait tôt, et autant éviter de lui imposer de se cacher dans la salle de bains à l'aube. Un fois ceci fait, il prit place dans le pouf le plus proche, une énorme poire dont la couleur lavande rappelait cette nuance qui apparaissait parfois dans ses yeux.

Yeux qui fixaient la vamp alors que, d'un geste, il lui proposait de s'installer à son tour.

"Alors... Comme ça, vous êtes écossaise ?"

Bon, il tendait peut-être un peu le bâton pour se faire battre mais... tant pis.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:20

Elle émit un gloussement d'amusement acide qui en disait long sur ce qu'elle pensait des "caves très bien agencées". La plupart du temps, un tel descriptif impliquait un matériel bien spécifique qu'elle ne possédait malheureusement pas dans ses quartiers. Quoique pas forcément dans les règles de l'art, et sans jamais qu'elle s'implique physiquement à cette époque là, à moins que ce ne fut avec Sigmund, il lui était arrivé de s'adonner à ce genre de pratiques. Après tout, sa salle de tortures avait été très polyvalente...

Comme c'était de Jesse dont on parlait, elle doutait qu'il ait pu dire une chose pareille sans savoir ce qu'il avait immanquablement évoqué. Le double-sens était après tout beaucoup plus distrayant que la première lecture, de laquelle elle n'aurait pas pu faire grand chose, car si il était probable qu'on puisse aménager une cave de façon très satisfaisante, la sienne ne l'était pas à ce point.

"Disons, alors, que l'ameublement de celle-ci manque de piquant."

Elle modifia la tonalité de sa voix pour qu'elle reprenne les accents qu'elle avait eu durant de longues années, avant que Précieuse ne prenne plaisir à briser son identité par la torture psychologique. Elle nota avec une certaine satisfaction la surprise dans les yeux du jeune homme. Lorsque c'était dans ce sens là, il était beaucoup plus agréable de produire des réactions chez ses interlocuteurs. Et puis il était si flegmatique qu'elle ne pouvait s'empêcher de considérer chaque fois où elle le désarçonnait comme une petite victoire personnelle.

Il ne lui laissa que peu de temps pour en profiter, comme il la prenait à la lettre et lui promettait l'arrivée imminente de ses interrogations. Elle le suivit des yeux tandis qu'il s'installait, et à sa permission, prit à son tour place sur l'un des poufs à disposition. Le dos droit, l'allure fière, Ailin possédait une stature naturelle qu'il était étrange de voir installée sur un pouf. Pourtant, ce contraste n'avait pas l'air de la déranger. Elle croisa les doigts sur ses genoux et se dota d'un faux sourire mystérieux.

"On aurait pu faire plus discret, n'est-ce pas ?"

Référence à la façon de parler qu'elle avait volontairement pris aux Plaisirs Coupables, lorsqu'elle lui avait implicitement promis de lui raconter son histoire. Il n'aurait pas pu manquer le coche. l'accent naturel d'Ailin était loin d'être léger.

"C'est exact. Mon père était l'héritier d'un domaine à la pointe nord de l'Ecosse, à proximité de Kinlochbervie, dans le cas improbable où vous en auriez déjà entendu parler... Je vous le dis tout de suite : la vie de château, c'est surfait."

Et sur cette pointe de malice, elle redressa le nez et passa la main à son interlocuteur.

On notera qu'elle n'avait pas été moindrement surprise du manque de réactions de Jesse, qui à ses révélations s'était contenté d'adapter les accords qu'il utilisait pour parler d'elle. Ce qu'il s'était passé au club lui avait suffi pour comprendre que Jesse saurait faire preuve de ce genre d'ouverture. Elle n'avait jamais rencontré personne avant lui qui fasse preuve d'une telle ouverture d'esprit, mais pour autant elle avait su, parce que c'était Ailin, qu'elle commençait à très bien connaître le jeune norme, et qu'elle était fine analyste à ce point.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:21

En effet, Jesse savait très bien ce qu'il sous-entendait. Comme chacun des mots qui sortaient de sa bouche, ils étaient savamment pensés et envisagés selon son auditoire. Avec Ailin, il savait qu'il pouvait pousser la finesse et les doubles-sens très loin, et ce dans une variété de modèles. De plus, il n'avait pas envie que cette discussion soit à sens unique. A sa façon, il éclaircissait donc son propre portrait, pour un peu qu'elle soit capable d'en saisir les indices. Ce qui, de ce qu'il connaissait d'Ailin, ne faisait aucun doute.

"C'est bien dommage."

La façon dont Ailin était capable de moduler sa voix l'avait effectivement étonné, d'autant qu'il ne s'y attendait pas vraiment. Si son ton de base n'était pas totalement féminin, il n'en restait pas moins suffisamment androgyne, mais la douceur qu'elle était capable d'y rajouter (et de s'y tenir assez facilement) finissait de lui prouver le point auquel elle avait été obligée de "faire semblant", d'une façon ou d'une autre.

Et puis, il devait avouer que ce ton-là raisonnait encore plus agréablement à ses oreilles. Ce qui lui rappela une scène qui était arrivée un peu plus tôt et motiva donc sa première question.

Avant cela, il préféra s'occuper de fermer les volets, parce qu'il savait d'avance que la discussion pourrait les passionner suffisamment pour qu'ils devisent jusqu'au lever du jour... ou oublient, tout bêtement. En s'asseyant, il invita la vampire à faire de même, s'amusant intérieurement de la façon dont, aussi incongrue que sa présence pouvait paraître dans ce lieu et sur l'un de ces poufs colorés, elle parvenait toujours à irradier par sa prestance. Ce n'était pas pour rien, qu'elle attirait autant de monde au Club, certainement.

Les yeux de l'étudiant pétillèrent en réponse à la question rhétorique par laquelle Ailin commençait à lui répondre. Il lui accorda un nouveau point.

"Peu discret, peut-être, mais agréable à l'oreille, en tous cas."

Sans rien ajouter de plus, il écouta sa réponse avec attention. Un léger éclat de rire ponctua le trait d'humour dont elle fit preuve, même s'il y avait certainement un fond de vérité dans l'affirmation. Plus encore si elle n'avait pas rencontré le soutien de sa famille concernant son identité de genre. D'après les détails que l'étudiant avait pu récolter dans leur conversation précédente, notamment quand elle parlait des normes "de son époque", la jeunesse d'Ailin n'avait pas dû être des plus simples... Ce qui motiva sa question suivante.

"Je vous crois sur parole. Personnellement, je n'ai connu que la vie en maison pavillonnaire et les studios étudiants. Vous étiez fille unique ?"

Il n'était pas non plus étonné qu'Ailin ne s'étonne pas de la façon rapide avec laquelle il s'était adapté. Après tout, aussi doucement qu'elle avait essayé de lui faire comprendre qui elle était, il lui avait fait comprendre qu'il était suffisamment ouvert et renseigné sur la question pour ne pas avoir de problème à changer ses accords. Bien entendu, ce n'était pas tout à fait la raison principale, mais ce n'était pas de sa propre famille dont ils parlaient pour le moment. Quoique, peut-être que les petites explications qu'il fournissait à son tour amèneraient Ailin à faire également preuve de curiosité.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:24

Jesse osa une affirmation, trois mots, qui amenèrent la blonde à tourner sur lui un regard aigu, précis comme le scalpel d'un chirurgien. Le bref silence qu'elle marqua, associé à son regard de braise, indiquait à sa cible que l'information, loin de se perdre, était entrée dans une oreille très intéressée. C'était d'autant plus vrai que l'étudiant n'avait jusqu'à présent donné aucun signe d'intérêt envers la moindre préoccupation charnelle. Ce premier indice prenait donc une saveur toute particulière. Goguenarde, elle étira un sourire entre connivence et mystère.

"... Je trouve aussi."

Puis elle avait modifié la tonalité de sa voix et elle était parvenue à déstabiliser Jesse, ce qu'elle avait vu dans son regard très brièvement allumé. Elle en éprouvait une certaine satisfaction, d'une part car, comme on l'avait déjà dit maintes fois, il n'était pas facile de faire avoir la moindre réaction visible à l'étudiant flegmatique, mais aussi parce que pour une fois, elle rétablissait la vérité. Les murs d'incompréhension qui la séparaient du reste du monde s'affinaient grâce à leur rapport changeant. Elle avait l'impression de retrouver le chemin de son être profond. Si il était vrai qu'Ailin adorait vivre dans l'imposture et le théâtre perpétuel, son genre dissonant l'empêchait d'être parfaitement à l'aise, dans un environnement où personne ne validait son identité.

Jesse alla fermer les volets, geste qu'elle apprécia car il lui indiquait par là qu'elle n'avait pas forcément à se presser, et que si le jour se levait avant qu'ils ne soient las de las compagnie de l'autre, il l'autorisait tout de même à rester. Puis ils s'installèrent et il lui posa une question à laquelle elle aurait facilement pu s'attendre.

Décidément, son accent naturel paraissait lui avoir fait de l'effet. Elle avait pris l'habitude de le masquer car il en révélait trop sur elle à son goût d'une part, mais surtout parce qu'on lui avait longtemps fait comprendre qu'il n'était pas assez élégant. Elle savait que ce n'étaient là que des idioties, mais s'y était tout de même pliée car la séduction importait plus, dans son existence, que l'authenticité. Il était amusant de voir combien les mœurs pouvaient changer. Jesse lui donnait presque l'impression d'être inopinément devenue "à la mode". Aurait-elle dû cesser de cacher ses intonations ? Elle n'était pas certaine d'en être capable, marquée par les raisons qui l'avaient en premier lieu amenée à s'en débarrasser.

"Vous trouvez ? Ce n'était certainement pas l'avis de la majeure partie des gens à Londres, lorsque j'y habitais encore..."

... Allez. Parce que c'était lui, elle conclut par une remarque dans laquelle elle laissa une fois supplémentaire son accent déborder. C'était la seconde fois qu'elle le faisait volontairement dans la même soirée. Un record.

"... Mais je prendrai en compte votre appréciation... à l'avenir."

Malicieuse, elle savoura l'instant durant quelques secondes avant de répondre pour de bon à la question qui lui avait été posée. Elle parla de son lieu de naissance, et laissa entendre qu'elle avait grandi dans le château hérité par son père. Jesse renchérit en lui offrant, à son tour, quelques informations sur son passé. Elle aurait certainement pris cette occasion de poser à son tour quelques questions pour en apprendre plus sur lui si seulement elle n'avait pas été au devant d'un moment compliqué.

Le passé d'Ailin avait été difficile. Elle avait beau être froide, à peine humaine, les souvenirs qu'elle avait des passages les plus sombres de son existence constituaient chez elle une véritable faiblesse. C'était bien pour cela qu'elle faisait généralement en sorte de ne pas se les remémorer. Cependant, elle avait envie que Jesse sache ce qu'elle avait traversé. Qu'il sache qui elle était réellement, dans son entier. Et pour cela, elle était prête à affronter ses démons aussi longtemps qu'il le faudrait.

Cela reportait l'histoire de Jesse à plus tard, mais il ne fallait pas s'inquiéter : elle y reviendrait. Lorsqu'elle serait trop émue pour continuer son récit ou pour trouver un bon sujet de substitution, alterner les rôles de conteur et d'écoutant lui permettrait certainement de retrouver un peu de contenance.

La question sur sa famille la fit vaguement grimace. Elle répondit sans réfléchir - ce qui en disait long sur le dégoût que lui inspirait l'idée.

"Grands Dieux non... Et heureusement. Si cela avait été le cas, je ne serais probablement pas devant vous à ce jour, car mon père m'aurait certainement obligée à lui succéder d'une façon ou bien d'une autre. J'avais deux frères. L’aîné était un tas de muscles qui n'avait pour seule volonté que de plaire à nos parents, ce qui était terriblement arrangeant comme il s'agissait de leur héritier direct. Le cadet me ressemblait plus, mais il était fragile. De corps, comme d'esprit. J'ai souvenir de lui comme d'un enfant chétif et naïf."

Elle marqua une brève pause.

"... Mais ça n'a pas empêché mon père de me nuire dès qu'il a compris ma différence. Il s'est longtemps convaincu tout seul que cela me passerait et, lorsqu'il s'est avéré que ce n'était pas le cas, il a cherché à se débarrasser de moi en me faisant rentrer dans les ordres. Toujours selon lui, cette solution était censée me débarrasser de l'influence du Diable."
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:26

Le regard perçant qu'Ailin tourna sur lui montra que l'information qu'il venait de donner n'était pas entrée dans l'oreille d'une sourde. Mieux, ce regard aurait fait faire des tours à des hormones moins calmes que les siennes. L'étudiant se contenta néanmoins d'un fin sourire, que la réponse de la vamp agrandit brièvement, avant de se transformer en étonnement face au ton qu'Ailin venait d'adopter.

Avant de commencer son interrogatoire, Jesse alla d'abord fermer les volets, s'assurant ainsi que le lever du soleil ne les interromprait pas s'ils étaient d'humeur loquace. Ils commencèrent d'abord par parler des origines de la vamp, revenant au passage sur son accent écossais, que l'étudiant appréciait particulièrement, et qu'il fit remarquer. Ailin parut s'en étonner, mais lui fit le cadeau d'une nouvelle petite démonstration. Avec ce ton plus haut, c'était toujours aussi agréable, ce qu'il signifia par un regard pétillant.

"Je le trouve charmant."

Elle l'avait déjà compris, inutile de le cacher. D'un autre côté il lui précisait que c'était effectivement un avis personnel, qu'il n'était donc pas détenteur de l'opinion de la société américaine... même si, de ce qu'il savait, l'accent britannique était bien plus apprécié par ceux qui ne réalisaient pas vraiment qu'il existait une multitude d'accents sur le territoire...

Enfin, la discussion n'était pas là, et l'universitaire écouta donc avec attention le récit d'Ailin sur son lieu de naissance. Choisissant de répondre en donnant à son tour quelques détails de sa vie personnelle, il ne voulait pas pour autant tourner entièrement la conversation sur lui : c'était bel et bien Ailin qui avait éprouvé l'envie de se raconter, et il n'allait pas lui voler cette envie. Cela dit, il tenait à lui faire comprendre qu'elle pouvait également faire preuve de curiosité, d'où ses remarques plus longues que ce qu'il ferait en temps normal.

Il enchaîna néanmoins sur une autre question, à laquelle la blonde répondit si rapidement qu'il serait impossible de douter de ce qu'elle était en train de dire. Le tout retira un regard amusé au jeune homme, avant de retrouver une concentration entière sur l'histoire qu'on lui contait.

Il ne prenait pas de notes, mais c'était tout comme. La vérité était qu'il aimait effectivement beaucoup l'idée d'apprendre à connaître Ailin, et le fait qu'elle soit prête à partager autant de choses signifiait énormément.

La fin des explications lui retira une grimace, étrangement similaire à celle de la vampire un peu plus tôt.

"Voilà une idée qui a traversé les siècles. Malheureusement."

Se redressant sans son pouf, l'étudiant posa ses coudes sur ses genoux, croisa les mains et posa son menton sur ces dernières, son regard gris fixé sur le visage de son interlocutrice : il se prenait au jeu, c'était évident.

"Je doute que vous l'ayez laissé faire, cependant. Vous êtes partie, n'est-ce pas ?"

Un parcours encore typique, même si elle venait d'une autre époque. Pour tout dire, aurait-il été dans sa situation, Jesse aurait probablement fait la même chose.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:29

Un bref hochement de tête, et un sourire d'appréciation poli. Ce fut tout ce qu'Ailin répondit au compliment ouvert de Jesse concernant son accent, parce qu'il lui avait fait comprendre depuis plusieurs minutes maintenant qu'il appréciait chez elle cette façon de s'exprimer et que l'information ne pouvait donc plus vraiment être considérée comme nouvelle. Aucun d'eux deux n'était du genre à enfoncer plus que de raisons les portes ouvertes, il aurait été dommage de perdre du temps et de la hauteur dans le débat à se confondre en remerciements profus.

Elle s'amusa de l'expression arborée par le jeune homme lorsqu'elle aborda les mesures qu'avait pris son père pour tenter de la remettre "sur le droit chemin". C'était un miroir parfait de celle qu'elle avait eu plus tôt. Elle n'était absolument pas étonnée : si elle n'avait pas cru l'étudiant parfaitement apte à comprendre ce qu'elle avait vécu ni à se mettre sur la même longueur d'onde qu'elle, elle n'aurait jamais décidé de lui en révéler autant.

Après tout, elle lui offrait des moyens de l'atteindre qu'elle n'aurait probablement donné à aucun autre. Elle se mettait en danger. Méfiante comme elle était, cela en disait long sur la confiance qu'elle avait en lui.

La réflexion de Jesse lui arracha un nouveau rire amer. Une idée qui avait traversé les siècles... l'image était d'autant plus frappante qu'Ailin les avait accompagnés, voyageuse temporelle qui, tout comme ces viles idées, ne prenait aucune ride malgré l'effervescence ambiante dans laquelle l'humanité se perdait glorieusement, bien peu lucide de l'abysse dans lequel les sables mouvants l'emportaient, doucement mais sûrement, jusqu'à ce que le bec du sablier l'avale.

La vamp leva un sourcil comique, feintant un accablement fruité.

"Je ne vous le fais pas dire..."

Elle avait kidnappé l'intérêt du jeune homme, ainsi qu'elle s'en rendit compte à la posture qu'il prit. Elle-même se redressa un peu sur sa chaise... ou son pouf, peu importait. La nouvelle question posée lui arracha un sourire satisfait. D'autres lui auraient probablement demandé si son père était parvenu à ses fins. Jesse était suffisamment fin pour avoir compris que non, et pour avoir immédiatement fait la supposition correcte.

"... Tenez, c'est amusant... Cette configuration ne vous donne t-elle pas l'impression d'être devenu protagoniste d'une nouvelle version d'Entretien avec un vampire ? Je suppose que vous connaissez cet ouvrage ?"

... L'idée lui était venue brutalement, et elle n'avait pas pu s'empêcher d'en faire un aparté. Elle reprit suffisamment rapidement :

"C'est effectivement ce qu'il s'est passé. J'ai endormi la méfiance de mes parents et fait en sorte qu'on me charge d'une tâche de messagère, sauf qu'une fois ma mission effectuée, je ne suis jamais rentrée. A vrai dire je ne sais même pas si ils m'ont cherchée bien longtemps... Il est possible qu'ils m'aient pensée morte, la gorge ouverte sur le bas-côté d'une route, victime des bandits, d'un clan ennemi ou d'un quelconque patriote, malgré l'époque toujours un peu trop zélé."

Ses iris grises pétillaient d'une malice vicieuse, comme à chaque fois qu'elle admettait ouvertement les plans retors auxquels elle avait pu avoir recours par le passé. Sur ses lèvres, le sourire était devenu celui d'un renard. Jesse avait déjà une idée relativement précise de ce dont Ailin pouvait être capable, ne serait-ce que parce qu'il avait étudié sa relation avec Peter. Elle ne considérait pas avoir à lui cacher cette facette de sa personnalité. Elle était dangereuse, et il le savait. Il jouait avec le feu en toute connaissance de cause.

"Et pour tout dire, le voyage n'a pas été aisé. Comme vous me voyez maintenant, vous devez vous douter que je ne suis pas particulièrement taillée pour les travaux physiques. J'ai eu beaucoup de mal à trouver le gite et le couvert, ne parlons même pas de ce qui est arrivé une fois que j'eus passé la frontière - je ne savais alors pas masquer mon accent - mais tant bien que mal, j'ai pu rejoindre Londres. Naïvement, je pensais que les choses s'arrangeraient une fois que j'aurais rejoint la Capitale."

Les lueurs de son visage s'éteignaient progressivement, augure d'une suite difficile à entendre comme à raconter.

"On se méfiait de mon apparence encore plus qu'en province, et j'avais un mal fou à trouver le moindre travail. Je n'avais pas non plus spécialement envie de m'habituer aux efforts physiques. Le résultat d'un tel développement aurait été tout particulièrement déplaisant. La ville était cruelle. Elle ne m'a pas laissé le temps ni l'occasion de faire mes preuves auprès d'un quelconque tuteur, qui aurait alors pu m'introduire à des milieux plus adaptés à mes qualifications. Et puis il y avait, bien sûr, que je n'avais pas fait tout ce chemin pour me laisser à nouveau enfermer dans un rôle bafouant ma réelle identité. Il ne me restait plus qu'une seule solution. Malheureusement classique."

Elle trouva la force d'afficher une mine pâle, mais tout de même aimable. Oh, comme elle détestait parler de cette période. D'autres qu'elle prenaient peut-être mieux la chose, voire se satisfaisaient pleinement du mode de vie dont il était question, mais l'écossaise quant à elle avait très rapidement déchanté. Jamais sa dysphorie n'avait été plus forte qu'à ce moment là. Puis elle était mal tombée. On l'avait maltraitée, sans que personne ne cherche jamais à la protéger. Elle s'était souvent demandée si la patronne de l'établissement se montrait aussi nonchalante avec toutes ses pensionnaires, ou bien si sa "singularité" l'avait amener à décréter que si elle devait se défendre, elle devrait le faire seule.

"Mais voyons le bon côté des choses : j'eus enfin l'occasion de réaliser un rêve dans le sens où je pus enfin refaire toute ma garde-robe."
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:31

Etant donné le milieu dans lequel il avait été élevé, Jesse avait énormément de mal avec cette façon qu'avaient certain.e.s d'apparenter au Diable le fait que d'autres puissent ne pas correspondre à l'idée que la société se faisait d'elleux, de manière générale. Plus encore dans ce monde où les créatures surnaturelles les avaient amenés à modifier les paradigmes de pensée, comment ne pouvait-on pas accepter ce qui, somme toute, était naturel et surtout ne faisait de mal à personne, encore moins à celleux qui le pointait du doigt? C'était quelque chose qui le dépassait complètement.

Peu étonnant, donc, qu'il prête autant attention aux paroles d'Ailin et éprouve des sentiments similaires aux siens. La remarque qu'elle ajouta ne fit que confirmer son affirmation, et ils continuèrent leur conversation. L'intérêt de Jesse était piqué pour de nombreuses raisons, comme son langage corporel finit par le traduire, ce qui -bien sûr- n'échappa pas à son interlocutrice. Elle se fendit d'une remarque qui l'amena à darder un regard pétillant sur la vampire.

"Un peu... Mais vous tenez bien plus de Claudia que de Louis, si je ne m'abuse."

Anne Rice était bien l'une des rares à avoir presque correctement cerné la race vampirique, au contraire de ceux qui s'était amusés à les rendre romantiques et luisants au soleil. Ces ouvrages faisaient donc effectivement partie de ceux que Jesse avait pu parcourir au cours de sa jeunesse et qui, peut-être, avaient commencé à bâtir cet intérêt qu'il éprouvait à présent pour les plus célèbres des outres.

Il n'aurait pas été étonnant qu'ils digressent à nouveau, mais Ailin revint à son récit et l'étudiant l'écouta attentivement. Au sourire qu'elle lui avait adressé, il savait qu'il avait fait la bonne supposition, ce qui n'avait rien d'étonnant au vu de la connaissance qu'il avait du caractère de la vamp.

Caractère qui se montrait encore un peu plus alors qu'elle lui expliquait le schéma selon lequel elle était partie de chez elle, manipulant sa famille sans le moindre remords. Cela n'étonnait en rien l'universitaire, qui avait effectivement déjà aperçu cette capacité à élaborer des plans possédant parfois un brin de machiavélisme dont elle ne semblait jamais se séparer totalement. Ce danger avait fait partie de ce qui lui avait donné envie de continuer à côtoyer la vamp, au-delà de ses recherches. Peut-être aimait-il un peu trop jouer avec le feu, en effet.

Ailin racontait son voyage, et Jesse l'écoutait presque religieusement, ses yeux gris brillant d'un intérêt respectueux. L'histoire humaine de la vamp lui donnait une autre vision du personnage, lui permettant d'affiner ce qu'il savait déjà et de mieux la comprendre. Elle n'eut pas besoin de préciser plus lorsqu'elle en vint à parler du travail qu'elle avait fini par accepter à Londres, mais l'universitaire remarquait que c'était quelque chose de douloureux. Et pourtant, quand on voyait l'endroit où ils s'étaient rencontrés, on aurait pu croire que cela aurait été plus simple. Mais Jesse avait déjà compris de nombreuses choses sur Ailin, que ce début de soirée n'avait fait que confirmer. Si elle s'amusait sans vergogne du jeu de la séduction, se déshabiller presque entièrement devant un public aussi nombreux qui la regardait comme ce qu'elle n'était pas n'était décidément pas quelque chose qui la divertissait. Au vu de ce qu'elle venait de révéler, c'était compréhensible, et l'on en déduisait aisément qu'elle n'exerçait pas le métier de strip-teaseuse par plaisir. Du moins, pas dans ces tenues.

Dans son expression filtra la compréhension, ainsi qu'une légère trace de compassion sans que celle-ci n'implique la pitié : ce n'était absolument pas ce qu'il voulait transmettre, et par ailleurs, aussi dures qu'eussent étés les épreuves que la vampire avait subies, le fait qu'elle soit là aujourd'hui signifiait qu'elle était parvenue à les surpasser ou à les mettre derrière elle. Cela ne servait à rien de lui offrir un sentiment qui n'amènerait qu'à ressasser quelque chose de négatif. Il préféra donc rebondir en demandant la suite de l'histoire.

"C'est au hasard des rues que vous avez rencontré la personne qui vous a transformée ?"
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:37

Un point de plus pour Jesse : pour diverses raisons, si Ailin avait dû s'identifier à l'un des personnages du célèbre roman, ça n'aurait alors certainement pas été à Louis. Ce geignard trop vertueux, incapable d'assumer ce qu'il était devenu, l'agaçait plus qu'autre chose. Ce qu'il lui rappelait, c'était surtout les histoires abracadabrantes que les élites financières autochtones étalaient sans gêne sur tous les tabloïds ces derniers  temps... Mais passons.

Elle comprenait largement mieux Lestat, dont elle appréciait la cruauté et l'inventivité acide. Plus encore, le personnage de Claudia lui avait parlé. L'éternelle enfant, interdite de jamais devenir femme par les effets de sa damnation précoce lui rappelait son propre cas, à la fois différent et plein de similarités. La poupée de porcelaine aux boucles blondes disposait aussi d'un sens aigu de la manipulation ainsi que de la félonie, ce en quoi elle se reconnaissait d'autant mieux que, tout comme Ailin savait se faire sous-estimer, Claudia usait de son apparence inoffensive pour mieux tromper ses victimes.

"Je le prends comme un compliment."

... Minauda t-elle, avant de reprendre son récit où elle s'était arrêtée avec un sérieux renouvelé.

Elle raconta son voyage, lequel s'était avéré compliqué car, même à cette époque, son profil ne correspondait à presque aucune des tâches qu'on voulait bien lui confier. Ses origines ne l'avaient en rien aidée, le souvenir des guerres passées n'étant qu'alors encore trop vivace dans les mémoires collectives. Il lui avait pourtant bien fallu quitter l'Ecosse. Sans cela, elle ne se serait jamais sentie libérée de sa famille. Même perdue dans l'une des plus grandes villes du pays, elle aurait toujours craint de croiser une connaissance et d'être ramenée de force auprès des siens.

A Londres, elle avait naïvement cru qu'elle trouverait du travail et pourrait se loger plus facilement qu'elle ne l'avait fait en chemin. Mais la réalité difficile de la cité victorienne, associée à ses propres exigences, l'avaient amenée dans une impasse. Elle avait adopté la mode vestimentaire féminine. Les excellents souvenirs qu'elle avait de cette libération étaient malheureusement souillés par ceux de l'emploi qu'elle avait simultanément trouvé, en maison de passe.

Une fois de plus, Jesse, plutôt que de l'inviter simplement à continuer son récit, décida de lui soumettre une hypothèse. Il avait encore vu juste, ou presque. Elle prit le temps de réfléchir à la possibilité qu'il venait involontairement de lui donner. Si elle le souhaitait, elle pouvait rebondir sur ses mots et omettre tout un pan de l'histoire, ce qui aurait pu lui être utile dans le sens où faire autrement l'obligerait à avouer des crimes dont l'amoralité en auraient refroidis beaucoup.

Il y avait donc une question à laquelle il lui fallait répondre. Pouvait-elle faire à ce point confiance au jeune homme ? Garderait-il ce flegme parfait qui le caractériserait si bien ? Accepterait-il sans broncher les plus sombres des parcelles de sa personnalité ?

Elle ne pouvait pas le savoir avant d'avoir essayé. Cette relation lui tenait à cœur et si elle devait se développer, il fallait qu'elle sache ce qu'elle pouvait vraiment lui dire, et ce qui était hors limite. Les homicides qu'elle avait perpétré il y avait si longtemps que parler de prescription eut été un euphémisme étaient probablement l'occasion rêvée pour tester le terrain.

Et puis, il l'avait forcément vue hésiter. Plutôt que de lui servir un mensonge, ou d'accepter qu'il remarque une omission, elle décidé de parler franchement. Elle accrocha sur ses lèvres un sourire mauvais.

"Oui, mais nous n'y sommes pas encore exactement. Je ne vous donnerai pas le détail de ma vie en maison close, mais si je devais résumer, je dirais qu'elle m'a profondément déplu. Je partais sans a priori, et je me connaissais encore très mal. Il n'existait alors aucun moyen de s'instruire sur le sujet. Mon identité m'était très floue, je la mélangeais à des questions de préférences. J'ai eu l'occasion d'en apprendre et d'en comprendre plus, par moi-même, en même temps qu'on mettait ma santé mentale à l'épreuve."

Elle hocha la tête, dépitée.

"Puis un client régulier perdit de vue toute forme de rationalité. Je l'obsédais et il avait pris goût à me frapper, à m'obliger à faire ce que je lui avais pourtant refusé. Semaines après semaines, la situation allait en s'aggravant. J'ai fini par ne plus le supporter et par voler dans sa ceinture un poignard, par lequel je lui ôtai la vie. Ce n'était pas une décision raisonnée de ma part, j'ai agi sous le coup de l'émotion, et c'est de la même façon que j'ai fui la ville, terrorisée à l'idée qu'on puisse m'accuser. Mes maigres ressources me permirent, bon gré mal gré, d'atteindre l'Irlande. J'étais de retour au point de départ."
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:39

La façon dont elle lui répondit en minaudant lui confirma doublement qu'il avait vu juste : après tout, il était difficile de comparer la blonde au vampire du fameux entretien. S'il y avait bien quelque chose qu'il avait compris d'Ailin dès leurs premières rencontres, c'était qu'elle assumait pleinement son identité de vampire et que c'était une vie qui lui convenait parfaitement. Rien à voir avec le fameux Louis, qui passait plus de temps à s'en plaindre qu'autre chose.

A la phrase qu'elle eut, Jesse se contenta de lui répondre par un regard mutin, qui appuyait sans un mot sa déclaration. C'en était un, effectivement.

Puis vint la suite du récit, pour lequel l'étudiant été bien malgré lui en train de se passionner. Non pas parce qu'il l'apparentait à une histoire romanesque, mais bel et bien parce que l'idée d'en apprendre plus sur la jolie blonde lui plaisait. Il suivit son errance entre l'Ecosse et Londres, l'espoir de pouvoir vivre sa vie suivit d'une désillusion brutale et de l'obligation de se vendre, contre la satisfaction amoindrie de pouvoir enfin se vêtir de façon concordante à son genre...

Ne souhaitant pas particulièrement insister sur un pan de la vie de la jeune femme qu'il pensait (à raison) douloureux, l'étudiant posa une question qui faisait probablement avancer l'histoire. Ailin eut une hésitation dont Jesse profita pour se réinstaller afin d'éviter les fourmis dans ses bras, non sans se douter que la vampire devait se demander si elle pouvait lui donner l'intégralité de son passé. De ce qu'il avait entraperçu de la personnalité d'Ailin, le jeune brun s'attendait déjà à certaines révélations, qui ne l'étonneraient pas vraiment.

Quand la blonde afficha un sourire mauvais, témoin en filigrane du machiavélisme dont elle pouvait également être capable, Jesse sut que ses hypothèses allaient certainement trouver leur confirmation. Avant, néanmoins, elle lui fit quelques précisions qui permirent d'affiner encore un peu le portrait qu'elle dressait d'elle-même. De son identité, de ses préférences, de la façon dont sa psyché avait continué à subir malgré la séparation d'avec ce père qui la comparait au Diable... Chaque information était un coup de crayon de plus dans le portrait mental que l'étudiant dessinait via les dires de son invitée.

Invitée qui finit par évoquer une histoire plus sombre. L'évocation de meurtre n'arracha pas à Jesse un étonnement comme cela aurait pu être le cas chez certains, mais un hochement de tête sobre, comme s'il s'y était attendu. Et en effet, cela avait fait partie de ses hypothèses. Par ailleurs, au vu de la façon dont c'était conté, on pouvait difficilement blâmer la vampire pour un acte de légitime défense. Irrationnel, déraisonné, porté par la terreur, peut-être, mais qui se comprenait. Et puis, le nombre de femmes qui avaient péri dans des conditions similaires à celles qu'Ailin décrivait avait été nombreux au fil des siècles et les personnes ayant perpétré de tels actes n'avaient certainement pas été inquiétés, eux. La faute au fonctionnement bancal de la société, une fois de plus.

Sans s'émouvoir particulièrement de ce qu'elle venait de lui révéler, donc, Jesse relança à nouveau la conversation par une question supposant des actions de la vamp.

"... Je vois. Et je suppose que ce nouveau point de départ excluait tout retour aux établissements que vous aviez pu connaître à Londres."

Et qu'il lui avait donc fallu trouver une nouvelle façon d'obtenir sa pitance. (Pas si) Étrangement, l'étudiant voyait là le début d'un schéma se dérouler. A voir s'il était (une fois de plus) sur la bonne piste ou non.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:41

Jesse n'eut aucune réaction visible quand elle cita son premier meurtre, mais elle n'était nullement étonnée. Cet assassinat restait moralement acceptable, même selon le sens commun. Elle avait été agressée à répétition. Son esprit las s'était lentement fracturé, morcelé et fragilisée, il n'était pas étonnant qu'elles ait fini par commettre, presque sans s'en rendre compte, un geste qui lui avait peut-être sauvé la vie. Lorsqu'elle avait attaqué, elle était effectivement en situation de légitime défense. Il n'y avait rien de choquant dans son discours, à ce stade. Elle n'en était pas encore arrivée aux révélations plus fâcheuses associées à son périple irlandais.

Toujours aussi vif, l'étudiant l'invita une fois de plus à continuer en émettant une hypothèse qui s'avéra effrayante de justesse. Façon de parler. L'écossaise n'était en rien terrifiée par l'intelligence de son favori. Ravie, galvanisée, auraient été des termes plus exacts. Son attitude transpirait l'approbation à un point excessivement rare, chez elle qui généralement se montrait snob voire méprisant à l'égard de tout et de tout le monde.

Elle se demandait, très curieuse, jusqu'où les limites de sa compréhension avaient réellement pu le porter, car elle était certaine qu'il mesurait ses mots et ne lui laissait voire qu'une faible parcelle de ses déductions. A sa place, c'est ce qu'elle aurait fait. A ce stade, il était évident pour tout le monde qu'ils fonctionnaient selon des modèles assez proches.

"En effet, je ne pouvais pas m'y résoudre, et je ne voulais pas m'y résoudre. Je dois dire qu'à ce stade, j'étais particulièrement amère. La colère et le dégoût étaient devenus chez moi les sentiments les plus prédominants. Je n'aurais pas non plus pu me satisfaire d'un travail de servante dans le cas miraculeux où, cette fois, j'aurais réussi à en dégoter un sans qu'on me mette bien vite à la porte dès mon secret découvert. Non...  A ce stade, il m'était beaucoup plus facile de tourner ma fureur contre ceux qui l'avaient provoquée. J'étais lasse des difficultés. j'ai donc monté tout un réseau de plans, afin de limiter les chances de me faire prendre, car je n'étais pas non plus suicidaire. Et donc, je me mis à faire semblant d'exercer toujours le même métier. Immanquablement, j'attirais ceux que l'offre alléchait, mais je ne les menai plus que vers leur perdition. Nombre d'entre eux ont perdu la vie à cette époque, tués par la même lame qui m'avait sauvé la première fois. Je pouvais alors les dépouiller de leurs biens de valeur, ce qui m'a permis de vivre plus décemment, quoique chichement, car il aurait été dangereux de réitérer mon acte trop souvent."

C'était dit : Jesse avait devant lui une ancienne tueuse en série, qui assassinait sans remord la clientèle des bordels pour s'approprier leur or, et au passage prendre sa revanche sur la vie. Tout cela datait d'une époque révolue, elle n'était alors même pas devenue vampire. Mais c'était maintenant qu'il allait être intéressant de constater la façon dont il prendrait la chose. Maintenant, qu'elle saurait à quel point elle pouvait lui révéler son inhumanité. Ou ce qu'elle devrait cacher, au moins jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment proche pour qu'il ne parvienne plus à lui en tenir rigueur malgré ses réticences initiales.

Elle en était la première étonnée : c'était bien là, qu'elle était rendue. Elle voulait que Jesse soit pour elle le confident, l'allié qu'elle n'avait plus depuis la chute d'Atlanta. Elle se rendait compte tardivement de l'ampleur des espoirs qu'elle plaçait en lui. Même si cela ne se voyait pas, elle était interdite face à tant de passion. Elle ne s'en serait plus crue capable. Et bien sûr, elle était toujours aussi terrifiée.

"Revenons en donc à votre avant-dernière hypothèse : c'est effectivement à ce moment, au hasard des rues, que j'ai fait la connaissance de celui qui m'a ensuite transformée."
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:42

L'attitude d'Ailin, tellement fière, lui retira un éclat de rire amusé. Elle donnait l'impression de regarder son enfant et de se ravir de son intelligence. Il n'aurait pas été étonné plus que cela de la voir frapper dans ses mains de ravissement. C'était la seconde fois de la soirée que Jesse notait une réaction de ce genre, et il se demandait bien quel type d'examen il passait ainsi. Mais il ne se faisait pas de souci : Ailin finirait bien par lui dire le moment venu.

En attendant, l'étudiant se tut et écouta les explications auxquelles il avait droit. Son regard gris, un peu caché par ses lunettes rondes, fixait la vampire avec une certaine anticipation curieuse. Jesse n'aimait rien tant qu'observer le monde et faire des hypothèses sur leurs personnalités et leurs comportements. Dans l'état actuel des choses, il avait envie de vérifier jusqu'où il était parvenu dans sa compréhension de la blonde et c'était partiellement égoïstement qu'il attendait la suite de son récit.

Il ne fut pas déçu. Dès les premières phrases, Jesse se douta qu'il avait vu juste et un éclat de satisfaction pétilla dans ses yeux clairs. Avec ce premier meurtre, même effectué sous le coup de la peur et de la légitime défense, Ailin avait probablement réalisé qu'elle avait là un moyen de retrouver une vie un peu plus digne que celle qu'elle s'était vue forcée de mener jusqu'à présent. Elle évoquait la colère comme l'une des raisons de ses crimes (car c'était bien de cela qu'il s'agissait), mais l'universitaire la connaissait suffisamment à présent pour savoir qu'elle avait dû agir de sang-froid et que si colère il y avait, elle était savamment jugulée, mise à l'oeuvre d'un fameux "plan" qui lui permit de vivre mieux qu'auparavant.

Non, Jesse n'était pas surpris. Une fois encore, il s'y était attendu. Son regard était devenu scrutateur. Une fois encore, il tâchait de comprendre les raisons qui avaient pu pousser la jeune femme qu'Ailin avait été à se conduire ainsi. Qu'on s'entende, le californien n'était pas pour le meurtre gratuit. Mais son esprit pragmatique lui permettait d'envisager la chose. Eusse-t-il été dans la même situation que la vamp, il aurait pu chercher à agir de la même manière. Ces pauvres hères n'étaient que des victimes du hasard, mais d'un autre côté... ils avaient fait un choix. Le mauvais pour leur espérance de vie, certes.

Cette fois, Ailin relança la conversation d'elle-même. Était-ce un signe quelconque, qu'elle ne souhaite pas le laisser parler ? Avait-elle eu peur de sa réaction ? Elle n'en donnait pas l'impression mais, et d'autant plus depuis ce soir, Jesse savait très bien que la vamp était capable de masquer superbement ses émotions. Mais si c'était effectivement le cas, cela déclenchait d'autres questions dans l'esprit de l'étudiant, dont la plus importante : pourquoi ? Pourquoi son acceptation, voire son approbation, ou son contraire, importerait-il tant aux yeux de l'écossaise ? Voilà un mystère qu'il n'était pas certain de savoir résoudre pour le moment. Même si, une fois n'est pas coutume, il avait ses hypothèses.

Il posa sa joue contre son poing serré, coude toujours sur le genou. Un demi-sourire ironique se dessinait sur ses lèvres quand il reprit la parole, et avec elle le cours normal de leur conversation.

"Laissez-moi deviner : il est le seul que votre lame n'a point réussi à faucher."

Il aurait aussi pu se retrouver sur la scène de l'un des crimes par hasard : les vampires étant extrêmement rapides et discrets, elle aurait pu ne pas le repérer. Cependant, Jesse en doutait.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:45

La satisfaction de voir Jesse briller par son esprit acéré, par ses excellentes facultés de déduction, se frottait douloureusement aux émotions que les souvenir évoqués lui inspiraient encore, même toutes ces années plus tard. Ce qu'elle vivait aux Plaisirs Coupables l'avait rendue plus vulnérable encore aux fantômes de son passé, chaque humiliation supplémentaire, chaque fourberie destinée à la briser frappant pile là où il n'aurait pas fallu. Elle s'était lentement reconstruite lorsque Sigmund l'avait prise sous son aile, mais son cœur n'avait jamais entièrement cicatrisé, ce pourquoi il lui était si difficile de parcourir cet historique traumatisant. Précieuse avait fait en sorte de rendre les coutures de ses plaies plus lâches, voire d'en couper certaines entièrement.

La façon dont elle en était venue à se voir en était une preuve cuisante. Elle peinait à se regarder dans la glace. Elle ne le faisait plus que quand c'était strictement nécessaire. Le doute grignotait jusqu'à ses certitudes. Parfois, elle doutait de son identité. Ne s'était-elle juste pas perdue, pendant longtemps, dans une rêverie erronée ? N'était-elle juste pas ce garçon aux manières trop racées qui avait vu sa vie basculer dans l'horreur lorsqu'il avait choisi d'entrer dans la mauvaise maison de passe, sous la tutelle des mauvaises personnes ? Ne courait-elle pas après un rêve inaccessible depuis lors ? Son estime de soi était au plus bas. Elle n'arrivait plus à voir, dans ce reflet écœurant, ce qu'elle avait jamais pu trouver de féminin. Elle ne parvenait plus à ressentir comment elle avait pu être fière de son apparence. Dans ces vêtements serrés, elle avait trop conscience des reliefs inadaptés de son corps. Le sentiment d'être recouverte d'une matière visqueuse dégoûtante s'était accentué. Elle peinait à l'ignorer parfaitement.

Si elle marqua une pause cette fois, ce n'était pas parce qu'elle réfléchissait à ce qu'elle devait révéler ou ne pas révéler. Elle luttait contre un ras de marée soudain. Un moment, elle avait cru qu'elle avait esquivé cette souffrance malvenue. En réalité, celle-ci n'avait fait qu'attendre une opportunité, un vide émotionnel suffisant pour la frapper à retardement. Elle essaya de l'ignorer.

"Sigmund m'avait r... Hm."

Pour ce qui était de cacher son trouble, c'était raté. Il fallait dire qu'elle avait baissé sa garde face à Jesse qu'elle n'avait jamais eu l'intention de lui masquer son ressenti durant cette importante discussion. De ce fait, elle était sujette à des réactions spontanées qui ne lui étaient pas habituelles. Par exemple ici, elle avait perdu le contrôle de sa voix, laquelle avait accidentellement repris le timbre plus grave que l'étudiant lui connaissait depuis leur première rencontre aux Plaisirs Coupables. Sur la fin de sa phrase avortée, l'accent écossais désormais bien connu du norme avait presque refait surface. Elle envisagea d'insister, de libérer sa voix de la cage où son mal-être l'avait enfermée, mais elle se rendit compte qu'elle ne s'en sentait pour le moment pas capable. Pas légitime. C'était idiot... ou ne l'était-ce pas ? Elle frissonna, croisa les bras, serra les jambes, clairement mal à l'aise.

"... Je vous prie de m'excuser pour cette interruption."

Le ton clair et féminin n'était donc pas revenu. Plus tôt, Jesse l'avait mise en confiance et lui avait donné l'impression qu'elle pouvait à nouveau la revendiquer. Cette assurance fugace ayant été balayée par toute cette violence psychologique à laquelle on la soumettait et qu'elle allait jusqu'à s'imposer seule, il faudrait attendre qu'un événement contraire arrive, ou que le temps cicatrise ses plaies.

"Sigmund m'avait repérée depuis quelques temps déjà lorsqu'il m'a abordée. J'étais claire de tout soupçon mais les meurtres arrivaient, les rumeurs allaient bon train. Ces événements datent d'une vingtaine d'années avant ceux de Whitechapel impliquant Jack l'éventreur. Personne ne put donc faire la comparaison, mais vous trouverez peut-être amusant d'apprendre qu'elle a été faite plus tard, rétrospectivement, par des chercheurs qui ont même été jusqu'à remarquer le schéma inversé. En Irlande, on soupçonnait une fille de joie de perpétrer ces assassinats étant donné la nature des victimes et des scènes de chaque crime. A Londres, c'était elles qui au contraire étaient les principales victimes."

Elle continua après avoir étiré un très pâle sourire amusé.

"Mes sécurités étaient loin d'être mauvaises, mais je n'avais bien évidemment pas prévu qu'un vampire se mettrait en tête de me traquer sous prétexte que je l'intéressais. Pendant quelques mois, j'eus l'impression constante d'être épiée. Il m'arrivait de me retourner brutalement, mais chaque fois, rien. C'était comme si ce sentiment de danger était né de mon imagination, et c'est d'ailleurs ce que j'imaginais. Je devenais trop populaire mais il était encore plus risqué de quitter la ville trop brutalement, ce qui selon moi expliquait largement mon anxiété et de ce fait, l'impression persistante que j'avais d'être observée. Puis, un soir de traque, Sigmund décida de croiser mon chemin et de se présenter comme une parfaite opportunité. Evidemment je tombai dans le piège, inconsciente d'être brutalement passée de chasseuse à chassée. Au moment de glisser la lame sous ses côtes, son bras m'a arrêtée et j'ai brutalement fait la rencontre du mur, contre lequel j'eus l'occasion de goûter à ma première et dernière morsure vampirique en tant que mortelle..."

Comme si ce souvenir l'amusait énormément, elle eut un petit rire discret.

"... C'était une autre époque. Les vampires ne s'embarrassaient pour la plupart pas de la sauvegarde des vies humaines car.. eh bien, la plupart des normes qui connaissaient leur existence à ce moment là ne s'embarrassaient pas d'une morale, et les tuaient eux-même sans scrupule sous prétexte d'être ce qu'ils étaient. C'était comme, j'imagine, si la Terre entière n'était peuplée que de fervents militants pro-TPH... Charmant, n'est-ce pas ?"

Elle débordait d'une ironie mordante, pour ne pas dire craquante, même alors qu'elle était encore très mal à l'aise et que cela se voyait à sa posture.

"Il m'a presque entièrement vidée de mon sang et m'a laissé le choix entre deux options : la mort, ou la non-vie."
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Jesse Coleman
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:48

Il y avait eu un changement, dans l'attitude d'Ailin. Elle parvenant d'habitude à être si flegmatique, et ayant retrouvé de sa superbe au fil de leur conversation, paraissait soudainement être repartie en arrière, à ce moment où ils cheminaient dans la rue sous les regards mauvais des passants. La façon dont elle s'interrompit, dont sa voix avait retrouvé une accentuation plus grave, son langage corporel soudain retranché... Tout traduisait un malaise qu'elle peinait à refréner. Jesse n'était pas dupe : La situation n'avait pas changée d'un iota depuis tout à l'heure. C'était le récit, qui était compliqué. Et l'étudiant le comprenait. Ailin avait décidé de se raconter, de s'ouvrir, mais c'était qu'elle chose qu'elle faisait rarement et, au vu de ce qu'il apprenait, il voyait pourquoi. La part d'humanité de la blonde souffrait, et les souvenirs qu'elle contait remettaient au goût du jour des sentiments qu'elle cherchait la plupart du temps à occulter.

Quand elle s'excusa, l'universitaire lui fit un signe de la main, allié à un léger sourire, lui signifiant que ce n'était rien. Dans son regard, pourtant, perçait une pointe d'inquiétude. Il voudrait l'aider à se remettre à l'aise mais, dans sa position actuelle, ne voyait pas vraiment en quoi l'aider. Ils n'étaient plus aussi proches que dans la rue et d'ailleurs, la façon dont les bras d'Ailin étaient croisés et ses jambes serrées lui laissait à penser qu'elle n'aurait pas forcément apprécié un contact corporel. Il ne voulait pas non plus l'interrompre, car si c'était difficile, elle avait néanmoins fait l'effort de continuer son récit et l'empêcher de le faire serait malvenu.

Ainsi, il écouta sa rencontre avec Sigmund, qui n'en était pas tout à fait une. Il l'avait repérée, suivie et traquée comme tout bon chasseur digne de ce nom. En filigrane, le portrait du créateur n'était pas tendre, mais Jesse savait que cela ne voulait pas dire grand chose : Ailin n'était pas tendre non plus. Sauf avec lui, parfois, sans qu'il ne s'explique exactement pourquoi. Bref, la similitude des deux méthodes montrait que vampire comme humaine avaient des traits en commun, ce qui avait probablement incité le vamp à l'approcher.

A la question rhétorique sur les militants pro-TPH, Jesse se contenta d'une grimace, qui en disait long sur son point de vue. Ceux qui étaient contre un type de (non) vie en général avaient tendance à lui sortir par les yeux. Après, chacun était libre de ces choix : on pouvait choisir de se comporter comme un imbécile. Mais, dans ce cas-là, mieux valait ne pas le faire en sa présence. De par sa famille et son éducation, le californien avait son propre côté militant, qui ne transparaissait que quand des sujets du genre étaient évoqués. Il était capable de se lancer dans des débats passionnés et d'argumenter des heures durant avec quelqu'un ayant une opinion contraire à la sienne, rien que pour lui faire remarquer que c'était une opinion ridicule. A l'Ambassade, il lui était arrivé de couper ses cours pour engager un débat avec ses élèves, qui ne comprenaient pas comment il pouvait accepter de donner des cours du soir, à des "enfants de démons". Il avait déjà prévu de leur faire un examen très salé, à ceux-là.

Enfin, on arriva à la fin de l'histoire. Ailin avait été mise au pied du mur (...littéralement) et on lui avait proposé la mort, ou l'immortalité. Pour quelqu'un qui venait de vivre des années de misère au lieu de la libération espérée, qui en était réduite à tuer pour vivre mais qui n'avait clairement pas envie de se rendre, le choix avait dû être relativement vite fait. Plus encore quand on voyait maintenant le point auquel Ailin s'était adaptée à cette vie vampirique, qui lui allait comme un gant. Jesse eut un vague sourire.

"Et vous voilà."

Oh, il se doutait que l'histoire était bien plus compliquée que cela. Mais, comme le récit l'indiquait, ils venaient de clore le premier chapitre. Peut-être était-ce temps pour lui d'essayer de détendre à nouveau son invitée. L'étudiant se leva, parvenant à le faire assez élégamment pour quelqu'un qui sortait d'un immense pouf (la force de l'habitude) et se dirigea vers la vamp.

"C'est passionnant, vraiment, et je suis désolé de devoir vous interrompre, mais cette blonde, bien que délicieuse, a des effets purement biologiques que je suis encore obligé de satisfaire, contrairement à d'autres."

Il posa une main qui se voulait affectueuse sur son épaule, à l'instar de son regard qui s'était réchauffé l'espace d'un instant.

"En échange, j'offre l'interlude musical, si tu le souhaites. Ou quoi que ce soit d'autre."

De son autre main, il montra la contrebasse d'un geste vague. Le tutoiement n'avait rien d'accidentel. C'était une façon de réduire un peu plus la distance qu'ils gardaient entre eux, plus par amusement qu'autre chose... mais il n'était pas dit que cela soit clair pour tout le monde. Au moins, ainsi, c'était vérifié. Puis il ôta doucement sa main et prit le chemin de la salle de bains.

"Je reviens dans quelques minutes. Fais comme chez toi, Ailin."

C'était la première fois de la soirée qu'il prononçait son prénom.

Comme promis, à peine un peu plus tard, il était de retour dans la salle principale et fixait son invitée, les deux sourcils relevés dans un "Alors ?" aussi éloquent que s'il avait été prononcé à voix haute.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:52

Ils arrivaient à un tournant, à partir duquel l'histoire d'Ailin allait brièvement devenir beaucoup moins difficile à raconter. Beaucoup moins longue à raconter aussi, car bien que riche et passionnante, la vie qu'elle avait ensuite mené avec Sigmund ne présentait que peu d'intérêt à être expliquée, à l'exception de quelques détails qu'elle n'était pas tout à fait prête à partager. Jesse avait accepté son passé de meurtrière récidiviste sans broncher, mais il était probable que son jugement soit adouci par le contexte qui avait entouré ces événements. Son amertume, la haine qu'elle pouvait éprouver à l'égard de ceux qui avaient recours à ses services était aisément compréhensible, à l'instar du choix qu'elle avait réalisé pour échapper à la misère noire. C'était à peine si elle avait eu d'autres options. C'était le destin qui l'avait construite, et pas le contraire.

Mais, par exemple, ce qu'elle avait fait quand elle était retournée en Ecosse, plusieurs années plus tard, paraissait en comparaison cruel et complètement gratuit. Typiquement le genre de choses qu'elle ne pouvait pour le moment pas avouer. Ils n'étaient tout de même pas suffisamment proches pour ça.

Elle aurait donc très rapidement fini la revue des périodes brillantes qui avaient suivi. Ses nombreux voyages avec Sigmund, à la découverte de nouvelles contrées, de nouvelles gorges dont se repaître. Leur départ pour les Amériques lorsque son créateur avait été appelé par le Conseil pour devenir maître de la ville à la place de son défunt mentor. La cour d'Atlanta. Le rôle d'Ombre qu'elle avait tenu durant plusieurs longues décennies. Très rapidement, il lui faudrait parler de la débâcle et du massacre auquel elle avait échappé. Puis de sa punition, toujours d'actualité. Cela serait difficile aussi. Peut-être plus encore que de raconter la misère dans laquelle elle avait vécu ses dernières années d'humanité, parce que ces mauvais traitements étaient bien plus récents, qu'elle les subissait encore, et qu'elle ne savait toujours pas dans quel état elle sortirait de ces épreuves lorsqu'ils cesseraient enfin.

Mais visiblement, elle n'aurait pas à vérifier cette hypothèse tout de suite. Plutôt que de relancer la discussion en émettant une nouvelle hypothèse pleine de justesse, l'étudiant décida plutôt de conclure sur une évidence et, ce faisant, de lui offrir une pause. Il avait forcément remarqué son mal-être. Peut-être était-ce sa façon de la soutenir face aux assauts de cet océan de souvenirs dont l'écume s'écrasait durement contre sa psyché à chaque précision qu'elle donnait. Il lui offrait du temps, et l'occasion de retrouver ses moyens avant qu'elle ne continue son récit.

Les yeux rieurs, elle retint les mots d'esprit que lui inspiraient l'évocation de la bière et des "besoins naturels" qu'elle aurait provoqué. Si ils avaient continué à jouer du double-sens qui avait fait le gros de la discussion qu'ils avaient eue au club, alors les besoins dont il était question auraient pu prendre une nature toute différente.

"Ne soyez pas si radical... Je reste très *attachée* à certaines pratiques et, même maintenant, je ne domine pas toujours ces envies. Même si c'est le cas encore assez souvent : la nourriture humaine ne m'a jamais vraiment manqué."

La séduction pure ne fonctionnait pas avec Jesse. Elle avait eu l'occasion de souvent s'en rendre compte par le passé. Néanmoins il lui avait donné plus tôt un indice concernant les pratiques qui pouvaient effectivement l'intéresser et, même alors qu'elle allait très mal, elle n'avait pas pu s'empêcher de sauter sur l'occasion de lui fournir, de manière détournée mais pour le coup très directe, quelques informations supplémentaires sur l'intérêt que ces jeux pouvaient lui inspirer.

Mais le ton restait léger. C'était à peine plus qu'une plaisanterie. L'ambiance, trop sincère, trop amicale, n'était pas aux lourds sous-entendus. Jesse posa la main sur son épaule et se mit à la tutoyer, ce qui ne la fit même pas ciller. Cette issue était depuis longtemps une évidence pour eux deux. Elle restait flattée que le norme ait décidé de rompre le premier cette distance fictive, comme il avait jusqu'à présent été relativement rare qu'il prenne ce type d’initiative. Elle le lui fit comprendre par un sourire ravi. Il était effectivement grand-temps de cesser de jouer de cette fausse politesse. Cela avait été un temps amusant, mais leur relation évoluait à un niveau où l'intérêt se perdait.

Dans la bouche du jeune homme, son prénom vibrait profondément. Elle tressaillit en l'entendant, amusée et étonnée par cette réaction qui lui donnait l'impression de retomber en adolescence. C'était cocasse, car elle n'était habituellement vraiment pas sujette à ce type de passions. Une fois de plus, elle ressentit une pointe de peur fugace. Elle fit en sorte de ne montrer aucune de ces émotions, plus par réflexe que par réelle volonté de cacher à Jesse le trouble qu'il faisait naître en elle. Même si ce n'était probablement pas plus mal : il y avait des sujets qui restaient encore prématurés entre eux, malgré le rapprochement qu'ils étaient en train de connaître.

"Je t'attends, ne t'en fais pas. "

Par cette très courte phrase, elle entérinait définitivement le passage à un autre registre dans leurs échanges verbaux. Elle le laissa donc s'enfuir et elle se mit debout afin de déambuler dans la pièce durant ses quelques minutes de solitude. Elle ne touchait à rien mais ses yeux glissaient sur les détails. Elle observa longuement la contrebasse. Un bien bel instrument, dont elle était très curieuse d'entendre la sonorité.

La stratégie de Jesse fonctionnait : elle se sentait déjà légèrement mieux, même si certaines angoisses résiduelles refusaient de la quitter. Sa voix n'avait notamment toujours pas retrouvé sa douceur perdue lorsque le jeune homme réapparut et lui fit comprendre que la suite dépendait d'elle. Elle avança dans sa direction, pour réduire la distance entre eux. Elle aimait être à proximité de lui. Il l'attirait comme un aimant, presque aussi sûrement que si il avait été celui pourvu de charme vampirique.

"Puisque tu l'as proposé, comment pourrais-je refuser d'entendre ce que ton instrument a à chanter ? Je n'entends plus assez d'instruments à cordes ces derniers temps, aussi ironique que cela puisse paraître compte-tenu de l'identité de celui avec lequel je partage mon logement."

Jouant vaguement avec le bout de ses cheveux, elle accrocha sur ses lèvres un sourire d'invitation. Elle le laissait mener la danse.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 16:55

Se sentant relativement impuissant face au malaise évident d'Ailin, l'étudiant décida que la meilleure chose à faire était probablement de lui offrir une pause. Elle l'avait beau l'avoir voulu, se raconter ainsi n'était pas simple, et même si il se doutait que ses débuts de vie vampirique avaient été assez agréables (on laissait rarement le choix à quelqu'un à l'article de la mort si on n'était pas réellement intéressé et prêt à offrir quelque chose de positif), il y avait certainement une raison pour qu'elle soit à présent obligée de se comporter comme un homme, et Jesse supposait que la conter serait à nouveau une épreuve difficile. Autant lui laisser l'occasion d'une pause, d'autant que lui ne serait pas contre non plus, pour les raisons purement physiologiques, ceci dit.

Une fois de plus, les double-sens continuaient, et Jesse ne fut pas insensible à la façon dont Ailin lui répondit. La façon dont elle insista sur certains termes, ainsi que les informations qu'elle transmettait... tout cela n'était en rien passé à la trappe. Le regard de Jesse pétilla, mais il n'ajouta rien de plus : ce n'était pas tout à fait le moment, l'atmosphère n'était pas réellement propice à ce genre de jeux.

Au lieu de cela, l'universitaire choisit de terminer de briser la fausse glace qui sévissait entre eux, s'octroyant au passage un sourire ravi de la part de son invitée. Il réalisait qu'effectivement, si il n'avait jamais pris ombrage des marques d'amitié dont Ailin avait pu faire preuve, il n'avait jamais initié le rapprochement de lui-même. Il était bien temps. Tout comme il était grand temps de l'appeler par son prénom, ce qu'il venait de faire pour la première fois depuis bien longtemps. Il ne réalisa pas l'effet que cela eut sur la vamp, se rendant simplement compte que c'était bien plus naturel qu'autre chose.

Laissant Ailin faire comme chez elle, il lui offrit un dernier sourire à sa réponse, qui scella définitivement la fin de ce vouvoiement de politesse amusé. Il s'éloigna dans la salle de bains, conscient que la vamp ferait probablement un petit tour de la pièce. Malheureusement, Jesse n'était pas vraiment du genre à laisser énormément d'indices sur lui-même dans son lieu de vie (ce qui, en soi, en était un. Certes). Rien de plus que des papiers, notes éparpillées un peu partout sur la table basse qui lui servait de bureau, contenant à la fois des notes pour ses cours, mais aussi pour sa recherche (peut-être même pourrait-elle en apercevoir un qui portant son nom et celui de Peter). Sur le bar, une photo encadrée de quatre personnes. Jesse était devant, avec environ trois à quatre ans de moins. Les trois autres souriaient à pleines dents, et le tout respirait le portrait de famille. Un peu plus loin, un livre de recettes était ouvert à la page d'un gâteau quelconque.

Et, évidemment, la contrebasse. Cadeau de ses quinze ans, l'étudiant n'avait pas pu l'amener avec lui à New Haven pour diverses raisons, la principale tenant au fait que les chambres universitaires de Yale se partageaient à deux et avaient déjà relativement peu de place. Il s'était fait un plaisir de se remettre à pratiquer régulièrement lorsqu'il était rentré à San Fransisco pour son Master par correspondance, et il avait été très touché par l'attention de ses parents de l'envoyer jusqu'ici pour fêter l'obtention de ce nouveau diplôme. D'ailleurs, il en profitait à fond.

Une fois ses affaires terminées, il sortit de la salle de bains, laissant Ailin décider de la suite des événements. Il eut un rire amusé à l'évocation de Peter, avec qui il avait passé bien du temps à deviser musique. C'était bien l'un des rares sujets où le Farfadet retrouvait un minimum de sérieux. On lui avait dit qu'il s'agissait d'une histoire de famille, ou quelque chose comme ça.

Souriant légèrement, il profita du fait qu'Ailin s'était approchée pour glisser sa main sous la sienne et la diriger de nouveau vers le centre de la pièce.

"En ce cas, si Mademoiselle accepte de bien vouloir me suivre..."

Joueur, il fit mine de l'aider à s'installer, tel un vrai gentleman. Puis, il déplaça tabouret et instrument pour pouvoir se préparer à son tour. Dès qu'il fut en position, son sérieux bien connu refit surface, alors qu'il passait l'archet sur les cordes pour vérifier qu'il n'y avait pas de dissonance. Une grimace et un réajustement plus tard, il relevait la tête vers son invitée.

"On va commencer doucement, mais si tu as des envies particulières, n'hésite pas. Je suis à ton service à la mesure de mes moyens."

Son regard gris pétilla à nouveau avant qu'il ne laisse place à la concentration. Quelques secondes plus tard, les premières notes d'un prélude de Bach se firent entendre. Classique, mais efficace pour se refaire la main. Ses doigts pinçaient les cordes avec justesse tandis que l'archet glissait sans mal, créant la mélodie. L'expression du jeune homme perdit progressivement son froncement de sourcils au profit d'une expression calme et sereine, que la musique était l'une des rares à pouvoir lui procurer. Au gré des notes, il tentait de jeter des regards à Ailin, espérant intérieurement que cela parvenait à l'atteindre également, et qu'elle pourrait retrouver un peu de paix.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 17:02

Il fallait bien dire qu'Ailin n'était pas dans un état d'esprit favorisant l'acuité. Son inspection des lieux s'avéra être plus mécanique qu'instructive. Elle déambulait dans la pièce, le regard perdu au delà de ce qu'elle voyait, bien moins curieuse, bien moins calculatrice qu'elle ne pouvait l'être habituellement. Elle remarqua à peine le dossier qui portait son nom. Elle passa peut-être un peu plus de temps à inspecter le fameux cadre photo, témoin d'une scène à la fois classique et singulière. Se dégageait du cliché cette atmosphère si spéciale qu'on trouvait dans les photos de famille. On les différenciait instinctivement de celles qui avaient été prises entre amis. C'était peut-être le jeu des postures, et des relations qui par elles transparaissaient. Ce pouvait être aussi la question des visages et de leurs expressions, discrètement différentes selon les accompagnateurs.

Quelque chose la troublait sans qu'elle ne mette le doigt dessus. L'âge et le nombre des protagonistes sur l'image n'avait rien d'inhabituel : ils pouvaient être des oncles, des tantes, ou même des cousins. Pourtant, Ailin avait l'impression perturbante d'être face à quelque chose qu'elle ne comprenait pas entièrement. Tout comme elle devinait d'instinct que l'image n'était rien de moins qu'un portrait familial, elle sentait sans vraiment comprendre comment que quelque chose à son sujet lui échappait.

Elle secoua la tête, dans un soupir affecté. Ce n'était probablement rien que ses émotions malmenées qui débordaient par dessus la limite autorisée. Elle qui n'en ressentait presque jamais - et encore moins d'aussi fortes - n'avait plus l'habitude de faire avec. Il était donc tout à fait possible qu'elle les interprète mal, au point où son habituelle intuition se brouillait. Au début de cette relation, elle s'en serait probablement mordue les doigts. Mais elle avait en Jesse une confiance rare, qu'elle n'avait presque jamais eue pour personne, et certainement jamais à l'égard d'un norme. Elle ne risquait rien à perdre ses moyens en son unique présence. Rien d'autre que l'effroi de la perte de contrôle, qu'elle contrôlait de mieux en mieux au fur et à mesure que passait le temps.

Enfin elle se tourna vers la contrebasse, qu'elle détailla quelques instants jusqu'au retour de l'étudiant. La façon dont le galant approcha, souleva sa main, puis s'exprima à son égard lui arracha un sourire de ravissement spontané, mêlé d'un trouble qui ne s'assumait pas totalement. Il cherchait à la mettre à l'aise, ce dont elle était reconnaissante. Le geste était touchant au delà des mots. Depuis qu'elle avait commencé à travailleur aux Plaisirs Coupables, plus jamais personne ne s'était ainsi comportée à son égard. Ces manières d'une autre époque remplissaient son cœur meurtri d'un baume chaleureux. D'agréables palpitations gonflaient sa cage thoracique. Des rayons de soleil d'en échappaient, et finissaient leur course contre son épiderme hypersensible, qu'ils caressaient.

Un trait de douleur sourd perça, qu'elle ignora et rendit invisible. Jesse ne lui avait jamais autant rappelé Sigmund que maintenant. Son créateur l'avait traitée toute sa vie de cette exacte façon. Ses attentions lui avaient en permanence induit ce genre de sentiments. Il lui manquait encore. Malgré le bonheur qu'elle ressentait, il y avait de la nostalgie et de l'amertume dans le fond de sa gorge. Elle n'en était pas intégralement débarrassée.

Elle avait décidé d'adopter, pour un temps, un langage muet. Un gracieux geste de la tête pour signifier son assentiment. Un regard sucré, appuyé, alors qu'ils avançaient pour s'asseoir. Ce même regard, toujours plus profond, qui continuait même après qu'il avait lâché sa main et partait rejoindre sa contrebasse. Elle débordait tant de malice qu'on aurait presque pu oublier la fragilité de son humeur.

Elle remit ses cheveux en place, pencha la tête sur le côté, s'installa pour mieux entendre. Jesse accordait son instrument, dont elle apprécia sans attendre le timbre poignant. Il n'y avait rien de tel que les vibrations d'un bel instrument à corde. Le son prenait, lorsque de qualité, des dimensions si diverses, si profondes, qu'il n'y avait plus guère de différence entre cette expérience, et la dégustation d'un grand cru.

"Nous verrons cela... Pour le moment, je préfère te laisser carte blanche."

On rappelait qu'Ailin était âgée, et qu'elle avait énormément eu de temps pour se cultiver malgré ses fonctions d'Ombre. Parfois, c'est en exerçant ces dernières qu'elle avait eu l'occasion d'agrandir ses divers répertoires littéraires, théâtraux, cinématographiques ou encore musicaux. Et ce n'était qu'une portion de ce qu'elle aimait apprendre : elle avait toujours eu un large penchant pour toutes les formes d'arts, peu différente en cela du cliché du vampire, hérité d'Anne Rice puis de la réalité de leurs implications sociétales. Peu lui importait ce manque d'originalité : elle avait toujours entièrement assumé ce qu'elle était. Cela ne la dérangeait pas d'en être, dans une certaine mesure, un stéréotype pertinent.

Tout cela pour dire qu'il y avait peu de chance pour qu'elle ne connaisse pas ce que Jesse allait jouer. Peu importait, donc, ce sur quoi se porterait son choix. Elle en profiterait autant que faire se pouvait.

Elle cacha avec peine le frisson qui la secoua dès les premières plaintes de l'archet formulées. Des nombreuses possibilités que Jesse avait eu, il avait fallu qu'il opte pour un air à la viscosité mélancolique avec lequel elle se considérait relativement intime. Ses notes tout en bémol et en subtilités ouvraient la porte à des souvenirs qui auraient dû être agréables mais qui ne l'étaient plus depuis qu'elle avait dû en faire le deuil, il y avait de cela un temps à la fois brutal dans sa proximité, et affligeant par ce qu'il pouvait lui paraître lointain. C'était presque comme si elle avait accès à la mémoire d'une inconnue. Presque comme si ce passé n'avait jamais réellement existé, et qu'elle n'avait jamais fait que le fantasmer.

La gorge nouée, elle chercha à éloigner de force ces idées désagréables, car elle aurait sincèrement voulu être capable d'apprécier l'interprétation de Jesse à sa juste mesure. Elle crut y parvenir. A un moment, il lui sembla qu'elle sortait la tête hors de l'eau et que la tête bien au dessus de l'intempérie émotionnelle, elle ne risquait plus rien, et certainement pas de chavirer. Pâle sourire aux lèvres, elle ne pensait plus à rien. Ses iris gris fixaient les cordes comme ils se seraient perdus dans une immensité d'étoiles à la recherche du secret que cachait leur naissance.

Mais c'était sous-estimer ses capacités à visualiser, et à se rappeler. Sans qu'elle s'en rende vraiment compte, hypnotisée par la musique, des images se superposèrent à ce qu'elle regardait. Le mouvement d'un vêtement, et le son que faisait chaque pas sur le plancher distingué de la maison de maître, à Atlanta. Les multitudes de rayons ornés de la bibliothèque, entre lesquels crépitait le son chaleureux d'un gramophone. Le confort rassurant des fauteuils, leurs motifs agréables sous la pulpe des doigts, et leur âge complice, similaire aux années qu'avaient passé le couple de vampire installé dans cette ville. L'acoustique résonante des salons, lorsqu'ils avaient invité de jeunes prodiges à prouver leur valeur avant de décider de devenir, ou non, leurs mécènes. Les visages des courtisans, teinté d'un respect auquel elle n'avait désormais plus droit. Ce que son secret caché changeait dans la façon dont ils la regardaient et se comportaient avec elle. Tout bêtement, les yeux du Sigmund. Son visage, dont elle craignait que les traits s'effacent de sa mémoire à force de temps.

Elle s'était progressivement tassée, submergée par une émotion explosive qu'elle n'osait pas laisser sortir, de peur qu'elle soit aussi violente que cette autre fois où, avec son ancienne colocataire, ses nerfs avaient complètement lâché. Son poing fermé, plaqué durement sous son nez, contre sa bouche, témoignait de son combat intérieur.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 17:04

Aurait-il eu accès aux pensées d'Ailin alors qu'elle analysait le fameux portrait de famille, Jesse se serait certainement amusé de ses suppositions. Pour une fois, peut-être même aurait-il été celui qui aurait eu les yeux pétillants de fierté à l'idée de l'entendre soumettre une hypothèse si proche de la réalité.

Mais il n'était pas là et ne pouvait donc pas lui confirmer que, au contraire, son intuition n'avait en rien été impactée par le mal-être qu'elle ressentait. Cela dit, la nuit était encore longue et le weekend ne faisait que commencer, alors il était possible que l'opportunité se reproduise plus tard. Ou bien une autre fois, ce n'était pas comme si ils n'avaient pas le temps. Au final, malgré les mois passés à discuter de tout et de rien, leur relation n'avait été que superficielle. Ils commençaient tout juste à se découvrir, et ce ne serait certainement qu'un début.

Le choix fut fait pour un air de musique, et Jesse l'entraîna à nouveau au centre de la pièce pour prendre place. Certes, il faisait preuve d'une certaine attention envers la vamp, mais c'était aussi partie de son caractère : lorsqu'on passait la barrière de froideur dont il faisait preuve, on découvrait qu'il possédait une sensibilité qui ne s'exprimait qu'envers ses proches. En soi, la façon dont il agissait, pour quiconque le connaissait un minimum, faisait déjà montre de bien des considérations. Mais il était vrai qu'il faisait également un effort particulier pour remettre Ailin à l'aise, notamment en la genrant de manière adéquate. Il nota rapidement qu'elle appréciait le geste, et ce n'était pas comme si il lui coûtait.

Quelques minutes plus tard, Ailin était installée et il faisait de même, accordant la contrebasse avant de lui faire une remarque. La vamp lui signifia son accord et l'étudiant hocha la tête, conscient que les connaissances musicales de la blonde devaient avoisiner les siennes. Sauf qu'elle avait probablement vécu l'ascension de certains des plus grands compositeurs classiques... Oh, voilà une autre conversation sur laquelle il aimerait l'entraîner, lorsqu'ils en auraient l'opportunité.

Pour le moment, c'était à l'archet de parler. Rapidement, le jeune brun prit un air qui lui était propre dès lors qu'il se plongeait dans la musique : il perdait son sérieux autant qu'il était profondément concentré, la musique s'apparentant pour lui à un havre de paix qui lui avait été plus que salvateur dès son enfance. Malgré tout, il n'en oubliait pas son invitée, et parvenait parfois à lui jeter des coups d’œil, pour s'assurer que les notes avaient l'effet voulu.

Au départ, il pensa que c'était le cas. Il nota le regard lointain de la vampire et se dit qu'il s'agissait peut-être d'une façon comme une autre de laisser partir l'angoisse et le mal-être qui était apparu un peu plus tôt au fil de la conversation. Et puis, il nota quelque chose d'autre. La manière dont elle se tassait, doucement mais sûrement, dans l'immense pouf, dont sa main se serrait et se rapprochait de sa bouche, comme pour garder enfermé un trop plein d'émotions... L'étudiant n'aurait pas été étonné de l'entendre hurler d'une seconde à l'autre, s'il n'avait pas s'agit d'Ailin, toujours aussi experte dans l'art de ne pas montrer l'état dans lequel elle se trouvait réellement.

Ce qui en disait d'autant plus long, au vu de ce qu'elle laissait transparaître. Laissant une note plus longue que les autres terminer la session plus rapidement que prévu, Jesse posa l'archet sur le bar et l'instrument contre ce dernier, avant de se lever et de s'approcher sans un mot de la vamp. Soucieux, il s'agenouilla face à elle et posa une main sur le poing serré qu'elle gardait devant sa bouche. 

"Hey... Viens par là."

On ne pouvait ignorer la légère inquiétude qu'on entendait dans sa voix, assez peu présente d'ordinaire pour être noté. Toujours avec douceur, il se releva, juste assez pour se faire à son tour une place sur l'énorme pouf qui servait de siège à la forme recroquevillée d'Ailin. Usant de la main qui avait entouré la sienne, il força juste assez pour lui faire comprendre de se tourner vers lui, et plongea un instant son regard dans le sien.

"...Tu devrais arrêter de lutter, juste pour cette fois. Cela restera entre nous."

Son ton, à l'image de son sourire, était aussi doux que lorsqu'elle avait initié le contact, plus tôt dans la rue. Il lui avait ouvert les bras cette fois, n'attendant qu'un geste de sa part pour les refermer autour du corps de la blonde et la laisser s'épancher (ou non) autant qu'elle le voudrait. Pour le moment, tout ce qui l'intéressait était qu'elle se débarrasse au maximum de cette angoisse et de cette tristesse qui semblait la hanter. Le reste viendrait plus tard.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 17:06

Ailin ne s'était pas immédiatement rendue compte qu'il n'y avait plus de musique, trop perdue dans sa tête et dans sa tentative de ne pas laisser déborder les émotions bien qu'elles eurent déjà atteint des niveaux où les bloquer auraient dû lui être presque impossible. Elle n'entendit pas non plus Jesse descendre de son perchoir pour s'arrêter devant elle. Pour toutes ces raisons, lorsqu'il toucha sa main et par là-même attira son attention, elle eut un long frémissement.

L'invitation la laissa hagarde. Une part d'elle ne voulait pas encore tout à fait se montrer aussi vulnérable, même en face de Jesse. Ses yeux gris fouillaient ceux qui lui faisaient face, leurs mouvements saccadés trahissant angoisse et hésitation. Maintenant qu'il avait cessé de jouer, elle aurait tout aussi bien pu laisser l'émotion refluer. Elle en était capable. Il lui aurait juste suffi "d'appuyer sur le bouton" pour éteindre ses ennuyants élans de douleur et revenir à un comportement qui lui était plus habituel.

Mais, même pour elle, cela n'aurait pas été entièrement sain. La façon dont l'étudiant s'installa à côté d'elle dans le pouf qui, dès lors, chercha à plaquer leurs hanches l'une contre l'autre sous l'effet de la gravité, lui arracha tout reste de résistance.

Elle éprouvait pour lui une attraction magnétique qui l'avait par le passé amenée à initier des rapprochements, auxquels il n'avait jusqu'à présent jamais répondu activement. Ici et pour la seconde fois il était celui qui avait fait le premier pas. Il n'avaient jamais été aussi physiquement proches l'un de l'autre. Elle pouvait sentir sa chaleur collée contre sa propre absence de température corporelle et elle n'avait désormais plus qu'une seule envie : se fondre dedans pour y trouver le réconfort promis.

Il n'eut donc pas beaucoup à insister pour la convaincre. Peut-être l'était-elle déjà avant qu'il ne mette en mot sa proposition et lui ouvre ses bras. Peut-être avait-elle déjà commencé à se tourner vers lui avant qu'il ne l'incite à le faire.

Toujours est-il qu'il ne lui fallu que très peu de temps pour se laisser tomber dans les bras du jeune homme, geste qu'elle avait reproduit à de multiples reprises au cours de son existence, mais bien rarement avec sincérité.

Le visage dans le creux de son cou, les bras ceints derrière ses épaules, elle pensait savoir se contenter de ce réconfort discret.

Grave erreur. Elle n'avait pas compté sur le temps qui s'était écoulé depuis qu'on l'avait prise ainsi pour la dernière fois, ni sur le brutal contraste que cela formait à nouveau avec son existence actuelle. Des larmes silencieuses roulèrent qui, si on en croyait le gargouillement qui la guettait, n'allaient pas le rester très longtemps.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 17:09

En posant sa main sur la sienne, Jesse remarqua que la vamp semblait s'être vraiment perdue dans un monde auquel il n'avait pas accès. Cela ne le dérangeait pas en soi, chacun avait son jardin secret et c'était bien normal : il aurait été bien mal placé pour se vexer d'une telle chose.

Non, ce qui le dérangeait, c'était que ce monde, quel qu'il soit, n'avait pas l'air des plus plaisants. Et il s'en sentait en partie responsable. Non pas qu'il éprouve beaucoup de culpabilité en temps normal, mais Ailin était une personne qu'il appréciait, et qu'il avait cherché à mettre en confiance et à faire en sorte qu'elle puisse se sentir mieux. L'idée d'être partiellement la cause d'un état inverse avait donc tendance à le rendre plus tendre et à chercher à mieux faire. Dans ces cas-ci, il s'appuyait sur ce qui fonctionnait avec ses parents ou ses proches qui pourraient avoir des passages à vide similaires, et décida donc d'opter pour le contact physique, réconfortant tant qu'il était accepté.

Dans les yeux gris d'Ailin, il pouvait noter l'angoisse et l'hésitation. De son côté, l'étudiant gardait ce calme olympien qui le caractérisait, tout en laissant une étincelle de douceur percer dans son regard aux reflets étranges. Il connaissait assez bien la vampire pour savoir qu'elle détestait perdre le contrôle. C'était un autre trait qu'ils avaient en commun, mais c'était peut-être également pour cette raison que Jesse savait qu'elle pouvait lui faire confiance. Il ne chercherait pas à se servir de cet instant, pas plus qu'il ne le ferait des informations qu'elle lui avait données sur sa vie avant la transformation. Et il était conscient qu'elle lui accordait déjà cette confiance. Il avait envie de lui montrer qu'elle n'était pas la seule à vouloir s'investir dans quelque chose de plus. L'universitaire éprouvait rarement l'envie d'être là pour quelqu'un. Et pourtant, depuis le début de cette soirée qui avait retourné bien des situations, c'était le cas. Il voulait être là pour elle, parce qu'elle était quelqu'un qu'il considérait, dont il appréciait énormément la compagnie, et qu'il n'aimait pas voir ainsi abattue.

Cette fois, il décida donc de forcer un peu le contact, dans le sens où il n'attendit pas d'autorisation pour s'installer aux côtés de la blonde, dans un espace qui faisait nécessairement partie de l'espace vital de la vamp. Il ne cherchait pas à l'envahir, mais était conscient que, s'il hésitait lui-même, elle ferait en sorte d'enfermer une fois encore ses émotions, qui ne feraient que lui faire plus de mal plus tard. Des indices qu'il avait récoltés depuis qu'ils se côtoyaient, plus encore ce soir, l'étudiant savait que le rapprochement physique ne la dérangerait pas.

Jesse n'eut pas besoin d'insister longtemps pour qu'elle accepte le contact offert. Le brun n'était même pas certain que les mots qu'il lui avait glissés avaient eu un impact : tout au plus, ils n'avaient fait que renforcer l'idée qu'il voulait transmettre, et qu'elle avait déjà acceptée. Ailin posa sa tête contre lui, passant ses bras derrière ses épaules. En réponse, il enserra sa taille, se rendant peut-être compte pour la première fois du point auquel elle était fine. L'étudiant posa sa joue contre le crâne de la blonde, pas perturbé pour un sou par la fraîcheur du corps contre le sien : ce n'était pas comme si la façon dont ils étaient entourés par le matériel ne procurait pas une chaleur suffisante, en plus de celle qu'il dégageait lui-même.

Doucement, il fit monter et descendre un main dans le dos de la vamp, dans un geste réconfortant. Malgré l'angoisse dont il était témoin, il se sentait personnellement apaisé, ce qu'Ailin devait forcément entendre via les battements de son cœur, calmes après un passage un peu plus rapide lorsqu'ils s'étaient installés. Il n'aurait jamais pensé adopter avec elle cette configuration un jour, pensant que cela n'était pas du tout le genre du personnage qu'il fréquentait depuis des mois, mais il se rendait compte que c'était presque naturel, absolument pas désagréable.

...Disons que cela l'aurait été encore moins s'il n'avait pas conscience des larmes qui coulaient et de la respiration de la vamp qui traduisait le fait qu'elle luttait encore contre ses angoisses. Tendrement, Jesse leva une main pour essuyer une des larmes qui coulaient sur la joue de la blonde avant de décaler sa tête pour la regarder un instant, cherchant à la convaincre silencieusement de se laisser aller. Lutter dans cette disposition ne servait plus à rien, sinon à se faire plus de mal que de bien, et elle avait clairement besoin d'évacuer.

Sans un mot, il replaça sa tête, et sa main glissa de sa joue à ses cheveux, qu'il caressait d'un geste presque distrait. Il espérait simplement qu'il parviendrait à la faire se sentir mieux. Une fois la crise passée, il lui parlerait de ces lieux qu'il avait découverts, et qui lui feraient un bien fou car elle pourrait rencontrer des gens qui vivaient des choses similaires et qui n'étaient ni dans le jugement ni dans le rabaissement. Maintenant qu'il y pensait, il y avait même un nom en particulier qu'il pourrait lui mentionner...

...Plus tard. Pour le moment, Jesse préférait garder le silence et laisser les émotions d'Ailin s'exprimer comme elle le sentait, soutien presque totalement passif, mais présent.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 17:22

Il y avait cette chaleur douce qui l'entourait, et il y avait aussi la fermeté rassérénante du torse contre lequel elle était appuyée, et des bras qui s'étaient refermés sur son dos. Ces sensations en évoquaient d'autres beaucoup plus anciennes et, si agréables qu'elles furent, la nostalgie amère qu'elles impliquaient la déchirait de l'intérieur au point où ses émotions, qu'elle avait un temps cru contrôlables, reprenaient les rennes sans autorisation. Elles l'arrachaient brutalement de la place du conducteur. Elles la jetaient sans tendresse sur le bas côté d'une route pluvieuse, dans les fosses de boue qui s'écoulaient  à gros bouillons, lui remplissaient la bouche, et piquaient enfin la peau de ses joues sous la forme de larmes sauvages, d'abord rares, mais qui gagnaient en intensité.

C'était agréable de sentir sa main parcourir son dos à intervalle régulier, et c'était affreux de se rendre compte que ce contact était devenu inhabituel, exceptionnel. Le confort que lui procurait l'attention du jeune homme, la façon dont il essuyait sa joue, lui inspiraient une joie diffuse impossible à exprimer, mais dans le même temps, l'écho d'un autre temps étirait son ombre pernicieuse sur son ciel intérieur. L'aube aurait dû sentir l'herbe fraîche et la rosée. La présence du filet sordide l'emplissait d'un arrière goût cadavérique. Le renouveau devenait nécrose, et puis la Terre s'ouvrait encore sous ses pieds. Elle sombrait, accrochée plus fort à l'étudiant pour se souvenir que son corps, lui, au moins, n'était pas en chute libre incontrôlée.

L'horrible et délicieux instant se transforma. Bientôt, toute forme d'agrément l'avait désertée, la crise ayant atteint son paroxysme critique. Ailin frissonnait sous les doigts de Jesse qui caressait ses cheveux, d'une façon qui aurait dû lui faire beaucoup de bien. Le silence était coupé de sanglots discrets, à la fois rapides et étranglés. Sa voix lui déplaisait atrocement, comme à chaque fois qu'elle ne la contrôlait pas, soit parce qu'elle pleurait, soit parce qu'elle criait, soit pour toute autre raison similaire. Par réflexe elle porta le poing devant sa bouche pour étouffer les sons détestables, qui lui donnaient envie de grimacer, et de se faire du mal.

Mais même cela passa. Le dégoût visqueux qu'elle se vouait se fondit dans l'abrutissement consécutif à de longues minutes de pleurs bruyants. Ses nerfs exprimés sans nuances ni prudence pour la première fois depuis de très nombreux mois vidèrent tout le surplus dont ils étaient chargés, la laissant très lourde et très plate contre le norme bouillant. Elle n'était pas certaine que sa chute ait entièrement cessé. Elle gardait l'impression d'être en permanence en train de perdre l'équilibre.

Alors, elle put enfin profiter des gestes doux dans ses cheveux, qui lui procuraient des frissons d'aise frais comme un vent de printemps. Elle renifla. Le poids sur sa poitrine s'estompait, comme un éther en évaporation.

Ailin ferma les yeux, l'esprit gourd. Sa main remonta contre la clavicule du jeune homme en même temps qu'un léger soupir passait la barrière de ses lèvres. Elle avait pleuré Sigmund, et son ancienne vie, jusqu'à saturation émotionnelle. Elle n'était plus capable de verser de larmes supplémentaires à ce sujet ce soir, ni de sentir son cœur saigner. Par conséquent, comme en train de laisser sécher ses blessures au soleil, elle constatait, du bout de son nouveau bonheur fragile, malingre, qu'elle n'avait absolument aucune envie de bouger. Elle se sentait bien, dans la mesure du possible, et elle aurait voulu que cet instant s'éternise.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 17:24

Le moment était étrange. Douloureux, difficile et agréable tout à la fois. Jesse s'en sentait aussi étranger qu'impliqué, ce qui était une sensation tout à fait particulière. D'un point de vue totalement scientifique, c'était particulièrement intéressant.

Cependant, il n'était pas là pour agir en tant que socio-anthropologue comportementaliste, mais en tant qu'ami, ce qu'il tentait de faire de son mieux en servant de soutien physique à une Ailin qui paraissait perdre le contrôle de ses émotions pour la première fois depuis très longtemps.

Ses mains agissaient sans qu'il n'y réfléchisse vraiment, caressant son dos et essuyant ses larmes. Jesse évitait de trop se questionner sur les raisons qui le poussaient à être plus attentif envers autrui qu'en temps normal. La vamp avait eu besoin de soutien, il était en position de le donner et le faisait donc. Aussi simple que cela. Il ignora consciemment la petite voix (étrangement ressemblante à celle de Dylan) qui lui hurlait "Stratégie d'évitement" intérieurement. Cela n'avait absolument rien à voir.

La blonde s'accrocha un peu plus et l'étudiant serra sa taille avec plus de force, pour lui garantir qu'il était toujours présent. Il n'avait aucune idée des raisons exactes pour lesquelles Ailin paraissait aussi mal, l'ayant empêchée de continuer son histoire. Il pensait que cela avait principalement attrait à la façon dont son identité de genre était bafouée, mais il se doutait aussi que cela devait avoir un rapport avec son créateur, le fameux Sigmund... vraisemblablement, il n'était plus à ses côtés (peu importait la raison exacte) et cela fragilisait la vamp. Du moins, c'était ce qu'il parvenait à déduire de cette situation.

Pour autant, le californien n'allait pas lui demander de confirmer ses hypothèses, cette fois. Il n'avait pas la plus grande sensibilité du monde, étant au contraire du genre frontal, mais il avait ses limites. Et puis, au risque de se répéter, il appréciait Ailin : remuer éventuellement le couteau dans la plaie ne faisait donc pas partie de ses plans.

Il la laissa pleurer un temps qui lui parut à la fois très long et très court. Enfin, à un moment, il eut l'impression de sentir un changement dans l'attitude de la vampire. Dans la façon dont ses sanglots s'étaient espacés, dont il pouvait sentir son poids contre lui, comme si elle s'était relâchée, une tension en moins. L'universitaire garda néanmoins le silence, non sans continuer ses gestes apaisants, attendant de savoir ce qu'il en était réellement.

Le brun frissonna en sentant la main fraîche remonter jusqu'à sa clavicule. Imperceptiblement, mais suffisamment pour qu'une Ailin en pleine possession de ses moyens le remarque. Celle qui était contre lui à l'instant même, cependant... ce n'était pas dit. Ses yeux fermés trahissaient une fatigue émotionnelle typique de ceux qui avaient enfin évacué leur bagage. Un sourire tendre fleurit sur les lèvres de l'étudiant avant qu'il ne se décide à reprendre le cours de la conversation.

"La prochaine fois, tu choisiras la musique. Len m'ayant presque jeté au conservatoire dès l'âge minimum atteint, je pense que je pourrais répondre à presque n'importe quelle demande."

Jesse n'avait pas cherché à changer de position, ni même cessé ses gestes aux vertus apaisantes. Ailin ne faisait pas mine de vouloir se défaire de son étreinte, et cela ne l'ennuyait pas plus que cela de rester ainsi. Il mettait le tout sur le compte de son flegme légendaire, ignorant la figure de celui qu'il venait de mentionner lui rire au nez dans son esprit, dans une parfaite imitation du "Ben voyons" qu'il avait lui-même lancé à Ailin un peu plus tôt, dans un autre contexte. Au lieu d'y prêter attention et de se retourner le cerveau avec des questionnements qui n'avaient donc pas lieu d'être, l'universitaire fit un geste du menton en direction du cadre qui leur faisait presque face.

"C'est celui de gauche. Il a toujours été passionné de musique. J'ai hérité cela de lui, je crois. Cameron et Dylan se plaignent souvent de nos conversations de musicologues, mais sont toujours les premiers à me demander d'utiliser le piano du salon."

Son regard fixait la photo sans vraiment la voir, mais le ton doux de sa voix laissait transparaître l'affection qu'il avait pour les trois personnes qui y figuraient en plus de lui. Bien qu'il ne soit pas du genre à se raconter, il prit l'initiative de préciser de lui-même, bien que la façon dont il avait parlé de Len allié au fait qu'il ressemblait bien plus aux deux autres physiquement pouvait déjà mettre un esprit aussi fin que celui d'Ailin sur la bonne piste.

"Ces trois-là sont mes parents. Ils sont ensemble depuis plus de vingt-cinq ans. Ils se sont rencontrés à l'université, il me semble."

Il eut un petit rire amusé.

"Ma vie en résidence pavillonnaire n'a pas grand chose de "standard", selon les normes sociétales établies."

Jesse n'ajouta rien de plus. Libre à Ailin de rebondir si elle le souhaitait, il en avait déjà beaucoup conté d'un coup selon ses propres critères. Et puis, elle n'était peut-être plus d'humeur à discuter. Cependant, installés comme ils l'étaient, il ne garantissait pas de rester éveillé s'ils cessaient de parler : mine de rien, la nuit avançait, et il faisait (encore) partie d'une race qui avait besoin de sommeil, bien que ce ne soit pas exactement le cas de son invitée.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 17:26

Bien qu'encore très fragile, un sourire plein d'un tendre amusement s'étira sur les lèvres d'Ailin suite à la réflexion que Jesse fit pour rompre le lourd silence. Le morceau qu'il avait choisi lui avait rappelé bien des souvenirs, et de ce fait bien des douleurs, mais dans ce répertoire classique qu'ils semblaient avoir en commun, peu d'options lui auraient en réalité permis d'échapper à cette issue. Ailin avait été longtemps grande consommatrice de ces airs délicieux. Ils étaient tous porteurs de vibrantes réminiscences.

Ce qui la ravissait, c'était la façon dont il présentait la chose, l'air de rien. En plus d'être un prodige universitaire, possesseur d'un bagage qui aurait déjà été impressionnant si il n'avait pas été si jeune, Jesse possédait et entretenait encore d'autres grands talents. Pour l'ironie. Pour la musique. Beaucoup auraient trouvé cela injuste. Quand nombre d'humains peinaient à trouver la moindre valeur à leur vie, dépourvus de toute virtuosité, d'autres comme Jesse les collectionnaient à la pelle.

Ailin n'avait que très peu d'estime pour les normes. Qu'elle en éprouve autant pour ce garçon si jeune, qui n'avait finalement presque rien vu de l'existence, ou en tout cas pas de ses propres yeux, voulait tout dire.

"Oh... Serait-ce un défi masqué ?"

Elle parvint enfin à redresser la tête, avec dans les yeux une douce lueur de malice, encore tourmentée par l'orage récent. Elle s'imaginait bien lui soumettre des requêtes de plus en plus pointues afin de voir jusqu'où s'étendait sa culture musicale, et parmi tout celle-ci, ce qu'il avait mémorisé. Cette occupation les amuserait probablement autant l'un que l'autre.

Elle ne fit aucun geste pour quitter cette étreinte, parce qu'elle n'en avait pas envie. Jesse ne paraissait pas dérangé par leur proximité non plus. Elle ne voyait donc aucune raison d'y mettre fin, malgré cette vague angoisse, au fond de son ventre, qui cherchait à tirer la sonnette d'alarme. C'était toujours aussi effrayant de se sentir ainsi attirée, sans arrière pensée, par quelqu'un qui n'était pas Sigmund. Elle faisait de son mieux pour ne tout simplement pas y réfléchir. A chacun sa stratégie d'évitement.

Jesse lui indiqua le cadre photo qu'elle avait inspecté plus tôt. C'était vrai qu'il lui avait parlé d'un certain Len... Elle apprit très vite qu'il s'agissait de l'un de ses parents. Tout cela n'aurait pu être qu'une information tout à fait banale, quoique forcément intéressante puisqu'elle concernait Jesse, et qu'Ailin était avide de tout savoir sur lui, si il ne lui avait pas immédiatement indiqué qu'il en possédait trois.

Trois parents ? Cela existait-il ? Ailin était bien au courant que certaines personnes préféraient se mettre en ménage à trois et elle ne jugeait pas ce choix, car elle avait elle-même bien trop souffert du jugement des autres, bien souvent basé sur des a priori idiots. Ceci dit, elle était confuse.

Ils étaient trois, et ils avaient eu un enfant ? Comment cela fonctionnait-il, au juste ? Sincèrement curieuse, elle regarda Jesse dans les yeux sans rien dire, puis elle se tourna encore vers la photo. Il ne devait pas être adopté, car certains traits familiaux entre Jesse et certains de ses parents étaient flagrants. Elle pensait avoir deviné lesquels l'avaient engendré, d'un point de vue strictement technique. Cela dit elle s'interrogeait encore beaucoup sur les choix qu'ils avaient pu faire.

Elle gloussa délicatement. Il était vrai qu'ainsi présenté, Jesse et sa famille n'entraient pas exactement dans le cadre de ce que l'américain lambda considérait comme une norme. Cela devait probablement expliquer, du moins en partie, l'ouverture d'esprit dont il avait fait preuve plus tôt, lorsqu'il lui avait cité l'existence du fameux langage inclusif, ou de genres en dehors de la traditionnelle binarité.

"Ta famille me paraît bien plus charmante que la mienne. Ce n'est pourtant pas qu'une question d'époques..."

Elle savait qu'il en existait encore bien trop où les fameuses normes sociétales prenaient des proportions monstrueuses et agissaient comme des monstres qui écrasaient sous leurs larges pieds tous ceux qui refusaient, ou qui ne pouvaient s'y conformer. Elle se tourna ensuite vers Jesse, hésitante, mais l'intérêt trop piqué pour qu'elle puisse garder le silence.

"... Mais dis moi si ce n'est pas trop indiscret... Comment ont-ils décidé ? Ou bien ont-ils laissé agir le hasard ? J'ai depuis longtemps abandonné l'idée de suivre le ballet incessant du progrès et des régressions sociales, je ne sais même pas ce que la loi actuelle autorise..."

C'était déjà vrai pour ce qui concernait les personnes transgenres. Alors qu'elle était concernée, elle avait longtemps ignoré tout ce qui y avait trait et n'avait fait aucun effort pour se joindre à la moindre communauté, comme elle vivait dans le secret, et sans que personne à part Sigmund ne connaisse cet aspect de son identité. Alors en ce qui concernait les naissances "atypiques"... Elle n'avait jamais voulu d'enfants, et avait perdu depuis des siècles la capacité d'en avoir de son sang. Elle était donc parfaitement ignorante.
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MessageSujet: Re: De révélations en célébration   Dim 28 Jan - 17:30

Jesse n'était pas de ceux qui s'étouffaient dans la modestie. Entendons-nous, il n'était pas non plus de ceux qui, comme Skyler, se vantaient à tout va. Mais il était très conscient de ses connaissances et capacités et ne voyait pas l'intérêt de le cacher. Encore moins lorsqu'il s'adressait à quelqu'un à qui il faisait suffisamment confiance pour que l'information ne soit pas mal prise. Et, de ce qu'il notait de l'expression d'Ailin qui trouvait enfin la force de relever la tête vers lui, c'était plutôt l'inverse.

Le californien répondit à sa question -qu'il considérait rhétorique- par un de ses demi-sourire amusé qui étaient sa marque de fabrique, et valaient souvent bien plus qu'une réponse prononcée. Non seulement il s'agissait d'un défi, mais la façon dont ses yeux gris pétillèrent brièvement derrière ses lunettes laissait entendre qu'il se savait plus qu'apte à le relever, d'autant qu'il s'agirait clairement d'un objectif passionnant. Et puis, cela le forcerait à consacrer plus de temps à la pratique de la musique, ce qui ne serait pas plus mal, vu qu'il avait tendance à la négliger depuis le début de ses études universitaires.

L'étudiant changea ensuite habilement de sujet en faisant le lien entre la passion pour la musique et sa famille. Il était temps pour lui de s'ouvrir à son tour comme la vamp l'avait fait, et le cadre photo sur lequel il tourna leur attention à tous les deux était un excellent point de départ.

Ses paroles ne furent perdues pour personne, comme il vit la blonde plonger son regard dans le sien. Il y voyait une confusion curieuse, qu'il accepta avec un vague sourire compréhensif. Ce n'était pas la première fois qu'il déclenchait ce genre de réaction. Au contraire même, il en avait plutôt l'habitude. Cette constatation fut suivie d'une remarque tintée d'ironie qui arracha un léger rire à la vamp, ce dont Jesse se réjouit intérieurement. On était encore loin de l'Ailin qu'il côtoyait depuis plusieurs mois, mais il sentait que sa tristesse descendait légèrement. Il sourit à sa remarque, son regard doux posé à nouveau sur le cadre.

"Non, c'est vrai... Encore maintenant il est très compliqué de parvenir à dépasser les normes établies. Iels ont beaucoup de courage, comme tous celleux qui doivent se battre chaque jour pour le droit d'être qui iels sont."

La vampire entrait sans doute aucun dans cette liste. D'ailleurs, elle paraissait avoir envie de demander des précisions, mais semblait hésiter. Jesse la regarda sans rien dire, ses yeux laissant échapper une étincelle avenante qui pourrait la conforter dans sa curiosité. Il n'avait pas lancé le sujet pour qu'elle ne pose aucune question, après tout.

Question qui s'avérait particulièrement pertinente, par ailleurs. Il hocha la tête, comprenant ses interrogations.

"Je crois qu'iels en ont beaucoup parlé. Finalement, iels ont décidé que Cameron et Dylan seraient mes parents biologiques, parce qu'iels voulaient m'éviter le racisme qui aurait pu découler si j'avais hérité des traits de Len. C'est un indien Hopi, et les Premières Nations sont aussi mal considérées que les outres, de nos jours... Les réserves n'ont toujours pas disparues. C'était un choix de raison, pour m'offrir un white-passing malgré la culture qu'iels ont tenu à m'enseigner."

L'universitaire fit une pause, durant laquelle il tourna son regard vers elle avec un léger sourire.

"Cependant, ils sont parvenus à me reconnaître tous les trois. Ça a été une bataille, d'autant qu'iels ne sont pas marié.e.s, et d'après Dylan, "il a fallu de nombreux sit-ins à la Mairie", mais nous avons cette chance que la Californie soit un état relativement progressiste à ce niveau, plus encore la ville de San Fransisco."

Le jeune homme avait subtilement changé les pronoms qu'il utilisait pour faire référence à ses parents, tout en sachant que cela pourrait éventuellement déclencher d'autres questions, peut-être plus proches du sujet initial. Néanmoins, c'était aussi parce qu'il voulait se raconter entièrement, tout comme Ailin l'avait fait un peu plus tôt, et qu'il s'agissait d'une partie importante de son identité.
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