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 Certaines rencontres sont destinées à arriver

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Blake Davis
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Emploi: Tueur à gages
Age apparent: 45
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22/30  (22/30)

MessageSujet: Certaines rencontres sont destinées à arriver   Mar 5 Déc - 15:36

En descendant du train, Blake s'était demandé ce qu'il foutait exactement. Notons qu'il se l'était aussi demandé lorsqu'il avait pris son billet, et même lorsqu'il avait envisagé de revenir dans cette ville, qui avait détruit le peu qu'il restait de lui. Et pourtant, voilà qu'il y était, avec ses mains pleines de sang invisible et sa dégaine invariablement menaçante. Se balader dans ces rues où il avait été quelqu'un d'autre lui laissait une étrange impression. Quelque chose d'amer. Peut-être était-ce la culpabilité qui le rongeait, quelque part... Mais était-il encore capable de ressentir ce type de sentiments ?

Lorsqu'on avait commencé à tuer, quelque chose changeait, devenait dur comme la pierre et froid comme la glace. On devenait moins humain. Blake était foutu depuis longtemps : il n'y avait aucune rédemption qui l'attendait. Longtemps, il n'avait plus été qu'un déchet qui menait une vie active. Maintenant il était un déchet à la retraite. Dans le fond, ça ne changeait pas grand chose. Dans tous les cas, Ellie aurait eu honte de ce qu'il était devenu, et il était content que ses gosses n'aient pas eu à voir leur père devenir l'ordure qu'il était. Quand bien même tout aurait été bien différent si les gamins avaient survécu... Tout aurait été très différent.

C'est marrant. Ce genre de pensée, il ne s'était jamais autorisé à les avoir. Il n'avait jamais réussi à envisager la mort de sa femme et de ses enfants avec calme. Sans doute n'avait-il jamais fait son deuil et s'était contenté de fuir de la pire des façons. Sa fuite au Canada avait été révélatrice, en un sens... Soucieux de quitter tous ces métamorphes qui lui faisaient du mal en essayant de l'aider, il avait décidé de faire d'une pierre deux coups : honorer le contrat qu'il avait avec la Sorcière, et échapper à ses "geôliers". Ça ne s'était pas exactement passé comme il l'aurait voulu. L'assassinat pour lequel il avait été commandité s'était déroulé sans accrocs, ça n'était pas le problème... Il bossait bien, et même dans son état actuel il restait capable de mener à bien les tâches qui lui étaient confiées. Seulement, à l'intérieur, ça n'était plus pareil. La Nouvelle-Orléans l'avait changé. Forcé de renouer avec le loup qu'il avait si longtemps abandonné, il s'était fait submerger de souvenirs, de réminiscences. La brisure entre son passé et son présent s'était atténuée. Blake était un peu, juste un peu, redevenu celui que la douleur avait tué, plus d'une décennie au préalable. Et cet homme là ne pouvait pas se contenter de la traque, ni de l'amoralité de ce boulot de tueur à gages. La colère si longtemps retenue lui était retombée sur la gueule : non seulement il avait failli devenir comme Terry, mais il avait tendance à se demander si la hargne ne lui avait pas fait faire pire. Combien de parents avaient-ils pleuré leurs gosses, de sa faute ? Qu'une balle ait remplacé les griffes, et que le meurtre ait été de sang froid plutôt que consécutif à la folie, cela changeait-il vraiment quelque chose ? Ok, si il ne l'avait pas fait, quelqu'un d'autre s'en serait chargé, mais ça n'était pas une véritable excuse. Le pire dans tout ça, c'est qu'il n'arrivait pas à regretter quoique ce soit. Il continuait d'être mort à l'intérieur, imperméable à tout, sauf à cette souffrance, cette vieille amie, ce poignard glacé entre ses omoplates, et le trou noir béant qui remplaçait son organe cardiaque.

Ce job n'avait plus aucun sens. C'était fini. Il avait décroché. Il se demandait pourquoi il n'avait pas réessayé d'attenter à sa vie depuis : qu'aurait-il pu faire de ses vieux os maintenant qu'il avait perdu le seul truc qui lui permettait d'avancer ? Mais dans le fond encore une fois, ça n'était pas nouveau... Des envies de suicide, il en avait depuis le début de sa descente en enfer. Pourtant, il n'était jamais passé à l'acte. Sauf une fois où il avait essayé, et où on l'avait empêché d'aller jusqu'au bout. Et plus jamais depuis. Il était resté au Canada. Il n'y avait pas foutu grand chose : il vivait sur ses économies. Il fallait dire qu'il en avait pas mal. Les jours s'étaient succédés, tous similaires les uns aux autres. Il pensait beaucoup. Passait des journées entières à ne faire que ça, et à fumer, parfois sur la terrasse d'un café, parfois adossé au mur d'une rue quelconque, ou assis dans un champ, voire couché, presque avec l'espoir qu'un tracteur lui passerait dessus. Enfin, il avait renoué avec le loup. Il n'avait plus aucune raison de le rejeter : dans tous les cas, le retour de bâton qu'il avait tenté d'éviter tout ce temps, il avait fini par se le prendre, et bien comme il faut en plus. La solitude lui pesait plus que jamais, mais au moins, il avait récupéré ses cinq sens. Il n'était plus aveugle ni sourd, ni incapable de rien sentir, comme il l'avait longtemps été. Être avec ce vieil ami en permanence lui donnait l'impression d'être un peu moins isolé. Et pourtant... et pourtant, il n'en pouvait plus d'être seul. Là encore, le sentiment n'était pas nouveau, mais il faisait partie de ceux qu'il avait longtemps refoulés. Ce qui était bien dans cette région, surtout en hiver, c'est qu'il y avait de la neige et qu'il faisait froid. En se baladant dans des forêts ensevelies, en s'enterrant sous ces couches de neige, il avait réussi à retrouver un peu de calme. La froideur anesthésiante et douloureuse de cette nature avait été salvatrice. Il aurait presque pu remercier Précieuse de l'avoir envoyé dans ce coin perdu... Ça faisait du bien, d'être dépaysé, lorsqu'on était incapable de supporter le poids des paysages du passé.

Pourtant, il avait fini par revenir à la Nouvelle-Orléans, alias le dernier endroit où il aurait dû vouloir être. Il avait fait son possible, plusieurs semaines durant, pour ne croiser personne. Maintenant, l'hiver touchait à sa fin. Ses pas l'avaient naturellement mené jusqu'à Weston Park, où il s'était assis sur un banc et regardait le jour encore jeune se déployer. Blake était bien incapable de sentir les prémices du renouveau poindre dans l'air frais, probablement vivant. Il ne voyait que la mort et la désolation dans ce paysage blanchi par le givre. Dans ces branches sombres et chauvres qui pointaient leur forme torturée vers le ciel. Il apercevait au travers de ce paysage serein le fantôme des grandes étendues de neige où il avait enterré sa souffrance, et regrettait presque de ne plus s'y trouver.  Quelle heure était-il ? Sept, huit heures du matin ? Il n'avait rien sur lui pour mesurer le temps. Il avait fait une nuit blanche. Il était crevé. il ne savait plus rien. Les coudes sur les genoux, plié en deux sans élégance, il aurait facilement pu être confondu avec un clochard. Son regard vide observait les arbres plus loin. Il se souvenait de ce qui s'était passé ici, un an plus tôt... Une éternité plus tôt, lui semblait-il. Ce jour là avec Précieuse, tout avait fini par basculer. Il avait perdu ce qui lui restait du contrôle de sa vie. Le reste... le reste n'aurait pas pu se passer autrement. Dès le début, tout avait été écrit.

Cette dernière année, Blake n'avait pas vieilli. Paradoxalement, il donnait même l'impression d'être plus jeune qu'avant, et en meilleure forme. C'était sans doute sa "reconnexion" avec le loup et la nature qui lui valait ce changement. Par contre, ses cheveux étaient devenus légèrement plus grisonnants qu'ils ne l'avaient été lors de son départ. L'effet du stress, vraisemblablement. Il portait un jean noir usé de tous les bouts. Les genoux étaient troués, et pas qu'un peu. Il n'en avait évidemment rien à foutre. Il avait continué l'entraînement : entretenir son corps avait tendance à l'empêcher de penser, et il serait devenu encore plus fou qu'il ne l'était déjà si il ne l'avait pas fait. Au dessus, son traditionnel débardeur noir, associé à un blouson en cuir qui cachait ses flingues. Au dessus encore, le froid l'avait obligé à enfiler un vrai manteau d'hiver, toujours en cuir, mais agrémenté d'une doublure épaisse. Blake aurait été capable de sortir sans, mais il était trop crevé pour se le permettre en ce moment. Métamorphe ou pas, il aurait été capable d'attraper la mort. Pas qu'il s'en souciât véritablement.. Il avait juste eu le réflexe de se dire que ce n'était pas la meilleure idée du monde, déjà qu'il avait envie de se laisser crever.

Ses flingues... Il les avait toujours sur lui. Il avait peut-être raccroché, mais se balader sans ses armes lui donnait l'impression d'être nu. Puis il continuait d'apprécier les armes à feu. Ça l'avait toujours botté, et même maintenant qu'il avait juste envie de mourir, il continuait d'entretenir sa collection. Peut-être que le désir de se donner la mort et sa manie des armes à feu étaient liés. Ça aurait été facile. Il n'avait qu'à le tirer de son blouson et se le pointer sur la tempe. Pour la énième fois, il glissa sa main contre le holster et sortit l'un des deux semi-automatiques. Celui avec les balles en argent. Il le regarda, sombre, inexpressif, durant plusieurs longues secondes. Tout aurait pu se terminer maintenant. Pourquoi n'arrivait-il pas à se convaincre de le faire ? Pourquoi n'y était-il jamais arrivé ? En colère contre lui-même, il soupira, rangea l'arme, et sortit une nouvelle clope qu'il alluma, lentement. Peut-être que son truc, c'était plus le suicide à petit feu... On pouvait même dire qu'il était devenu spécialiste en la matière.
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Alice Mewryan
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MessageSujet: Re: Certaines rencontres sont destinées à arriver   Mer 17 Jan - 8:46

Une matinée frisquette ou une fin de service tout dépend de quel point de vue on se place. Je ne pensais pas que nettoyer le ring prendrait autant de temps. Mais c’est vrai que cette nuit les combats étaient particulièrement virulents surtout qu’il a fallu que j’intervienne deux fois. C’est quand même mieux quand c’est Patrick qui se charge des soirées au ring. Voir des hommes-braves se mettre joyeusement sur la gueule excite un peu trop le grizzly et ça devient compliqué de rester calme. D’autant plus quand il faut que je m’interpose. En même temps ils sont sur le territoire du grizzly et c’est bien connue, les grizzlys sont territoriaux.

C’est la fin de l’hiver, c’est beau de voir encore la neige. Je suis contente de ne pas faire partie de ces espèces qui hibernent. Même si cette saison m’assomme un peu, je garde la possibilité d’en profiter autant que les autres. Tien ! Et si je faisais un tour par le Parc ? Histoire de profiter encore un peu de la végétation sous la neige. Avant que les premiers bourgeons n’apparaissent et que les affres du printemps ne me mettent de mauvaise humeur pour les prochains mois. Et s’il n’y a personne je pourrais laisser le grizzly se rouler dans la neige, lui qui adore tellement ça. Oui bon moi aussi c’est vrais. Sentir les flocons passer entre mon pelage c’est quand même une sensation extraordinaire. Et à l’heure qu’il est, peu de chance pour que quelqu’un soit là pour m’en empêcher.

« Hey Alice ! »

Je tourne la tête, un peu grognon. Comment peut-il y avoir quelqu’un qui me connaît à cette heure si matinale, justement dans le parc où je le trouve ?

« Hey Dave. »

La morosité ne s’entend pas dans ma voix. Quand c’est Dave, il faut dire que c’est moins grave.

Je sourie à l’idée de voir Dave nue se roulant dans la neige. Finalement l’idée me fait rire.

« Je ne crois pas non. Qu’est-ce que tu fais dehors si tôt ? »

On est pas le premier jeudi du mois, c’est donc pas le jours de la tarte aux pommes. J’aime bien cette tradition, savoir que tous les mois j’ai ma pâtisserie, ça fait chaud au cœur.

« Je voulais profiter de la neige le matin tant qu’il n’y a personne dans le parc »

Je lève un sourcil interrogateur. Je ne connais personne qui soit capable de se lever si tôt pour juste sortir et regarder la neige.

« En vraie ? »

Je le regarde se gratter le menton, et  sourire bêtement.

« J’ai rompue avec Louise... »

Encore ? Je me disais bien aussi… Il faut dire que Dave n’a pas son pareil pour sortir avec des filles qui ne lui conviennent pas mais alors pas du tout. Sa gentillesse et sa situation stable attire beaucoup de femmes perdues et précaire. Sans oublier qu’il est un véritable aimant à TPH. Le comble quand on sait que je suis sa plus ancienne connaissance. Pourtant il ne fait rien pour cacher notre amitié.

Une odeur familière me sort de mes pensées. Quelque chose de piquant réveille une vieille brûlure dans mon bras gauche. Mauvais souvenirs et sensation de quasi-échec. L’odeur d’un loup que je connais et qui annonce rarement de bonnes nouvelles.

« Rentre chez toi Dave, je passerais plus tard pour discuter promis. »

L’humain ouvre la bouche pour protester, mais l’anneau ocre dans mes yeux clos net la conversation. Dave fait demi-tour et je le regarde partir du coin de l’oeil. Une brève vibration dans la poche de mon jean me fait dire qu’il vient de m’envoyer un texto pour m’expliquer à quel point il est pas contant.

Après l'odorat, la vue. Je me doutais qu’il était qu’à quelques pas, que je ne tarderais pas à l'apercevoir. Et le voilà. Il a l’air moins maigre, un soupçon plus fringant, mais pour sûr, l’ombre de la mort le suit toujours. Va savoir depuis combien de temps il est de retour en ville et pourquoi ? Je ne suis pas surprise qu’il ne se soit pas précipité dans mon établissement pour me prévenir. Me voilà planté à une dizaine de mètres, distance de sécurité. Je ne sais pas comment j’ai envie de réagir. Je me sens mise à l’épreuve par les esprits.

Les clos clos, je laisse l’air glacé emplir mon corps et le calme m’envahit. Je suis heureuse de le revoir. La présence de Blake ici me laisse dubitative certes, mais je suis heureuse de retrouver une connaissance. J’ouvre les yeux, parfaitement bleus et m’approche de l’homme brave. Emplie de ce sentiment bienfaisant.

« Hey beau brun. »

Je décide de faire abstraction de toute la négativité que j’ai pue associer un jour ou l’autre à Blake. Aujourd’hui, mes sentiments envers lui sont bienveillants.
_________________
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