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 La Mémoire, ce fléau des malheureux ?

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Madly Johnson
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MessageSujet: La Mémoire, ce fléau des malheureux ?   Lun 19 Juin - 21:32

Il lui était impossible de savoir depuis combien de temps elle marchait. D'habitude, Madly savait parfaitement dire qu'au bout de, aller, trente minutes, elle était totalement épuisée. Du moins elle en avait un très vague souvenir. Cette réflexion lui faisait dire qu'elle avait des escaliers à monter pour aller chez elle... Combien d'étages ? Combien de marches ? C'était-elle déjà amusé à compter ?

Madly était paumée. Dans tous les sens du terme. Elle n'avait pas fait attention à son itinéraire, n'avait pas pris la peine de regarder le nom des rues qu'elle avait emprunté, et ne savait même plus où elle avait tourné. En même temps, elle ne cherchait aucune voie. Aucune adresse. Pas d'objectif. Ou plutôt, si. Beaucoup trop d'objectifs et de buts pour qu'elle puisse tous les atteindre. Du moins, autant être raisonnable, le seul réellement important, ce ne serait sans doute pas ce soir qu'elle l'atteindrait.

Marcher n'était pas désagréable. Elle n'avait aucune douleur dans les jambes, pas de crampes. C'était presque effrayant, mais elle ne ressentait pas non plus d'angoisse. Cet état-là la perturbait, et cela lui faisait se poser beaucoup de questions. Beaucoup trop. Elle aurait sans doute dû avoir mal à la tête ? Madly soupira. Elle ne se rappelait pas de grand chose sur elle-même, mais il était impossible d'oublier qu'elle était désormais un zombi. Ce qui la laissait encore choquée était son absence de nez, mais, en passant devant une grande bâtisse aux vitres luisantes, elle eut la surprise de constater l'ampleur des dégâts.

L'oeil blanc, les cicatrices... Elle constata que ses éventuelles blessures étaient refermées... Est-ce que c'était un des effets de sa nouvelle nature de morte-vivante ? Avait-elle, avant ce jour, été se renseigner sur ce qu'était un zombi ? Sans doute que non, enfin, elle ne s'en souvenait plus. Et c'était presque un regret. Pourquoi personne ne se soucie de ce qui peut arriver après la mort, pourquoi choisit-on son cercueil, mais ne se renseigne-t-on pas sur les zombis ?!

Un vide empli de questions, voilà ce qu'était sa tête. Elle avait dans la main la petite étiquette qu'elle portait à la cheville quand elle s'est réveillée. Madly Johnson. C'était assez étrange de se dire que ce nom ne lui disait rien. Elle se demandait même si c'était vraiment un prénom, Madly. L'écriture était penchée, un peu brouillonne. Aurait-elle reconnu son propriétaire, si elle avait encore toute sa mémoire ? Un proche ? Un collègue ? Une de ses certitudes était qu'elle bossait dans une Morgue. Laquelle ? Quelle ville ? Quel état ?
En errant au hasard, Madly se disait qu'elle allait avoir des flashes, tout se rappeler, et rentrer chez elle. Mais depuis plusieurs heures qu'elle tournait sans but, rien ne venait. Pourtant, ça semblait être de cette manière que cela fonctionnait dans les films non ? Pour ce qu'elle se souvenait toujours...

Les rues lui semblaient tout autant familières et étrangères, si bien que ne rien se rappeler à cette vue la désespérait déjà. Et sans parler de ses autres préoccupations... Comment et pourquoi elle était morte, qui l'avait tué, que voulait-il cacher ? Et cerise sur le gâteau, qui l'avait réanimé, dans quel but, et... est-ce qu'il ou elle la contrôlait, actuellement ?

Et elle ne regardait pas où elle allait...trop enfouie dans ses pensées, à se poser mille questions... si bien qu'un choc fut bien vite arrivé.
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Jesse Coleman
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MessageSujet: Re: La Mémoire, ce fléau des malheureux ?   Mer 21 Juin - 1:36

La journée avait été particulièrement longue. Jesse ne savait pas exactement s'il devait imputer cette sensation aux heures de synthèse des données chiffrées de sa recherche, aux questions désagréables d'élèves qui ne prenaient apparemment pas la peine de noter ce qu'il disait et lui demandait donc de répéter l'intégralité de son cours, ou aux courtes nuits qui -depuis quelques semaines- influaient sur sa patience, mais son humeur n'était pas des plus joyeuses. Heureusement, la journée de travail touchait à sa fin, et il pouvait se concentrer sur le fait qu'à présent, tout devrait être plus facile.

Du moins le pensait-il.

L'universitaire venait de quitter le tramway (moyen de transport désuet mais si typique de la ville) et marchait à présent pour se rendre chez lui, dans l'idée de se reposer un peu. Fidèle à lui-même, il observait les alentours, s'amusant discrètement de certains comportements des passants, ou des message subliminaux transmis par l'agencement des vitrines à côté desquelles il passait d'un pas désinvolte.

La douce chaleur de cette fin de printemps l'avait amené à remonter les manches de sa chemise gris pâle, assortie à son regard caché derrière ses lunettes à bords noirs. Il portait un pantalon droit et des chaussures de cette même couleur, gardant donc son image de jeune homme propre sur lui, mais accessible.

On pourrait croire qu'à force de passer son temps à observer les autres, Coleman avait développé une capacité certaine pour prévoir les mouvements de ses compatriotes et ainsi éviter de ses les prendre en pleine figure. Malheureusement, il fallait croire qu'à l'instant présent, il était un peu trop fatigué pour éviter la collision qui le frappa donc de plein fouet.

"Oh, pardon."

Il s'excusa par réflexe, avant même de tourner le regard vers la personne qu'il venait de bousculer. Et lorsqu'il le fit, ce qui le frappa fut tout d'abord l'œil blanc, qui ajouté à l'absence de nez, lui fit hausser un sourcil intrigué sans pour autant le faire reculer. Au contraire, par un instinct un peu naïf, il baissa la tête, comme pour s'assurer que le morceau de chair n'avait pas atterri à terre. Cela aussi, en disait long sur son manque de sommeil. Dans un autre contexte, il se serait plutôt contenté d'une remarque à l'humour fin mais pas toujours apprécié dont il était l'expert.

Il releva rapidement le visage à hauteur de celui de la personne qui lui faisait face, remarquant qu'elle n'avait pas l'air au mieux de sa forme... et par uniquement pour des raisons évidentes. Elle paraissait... perdue. Ce qui l'amena à se montrer un peu plus loquace que d'ordinaire lors d'une première rencontre.

"J'ai le sentiment de poser une question stupide, mais allons-y tout de même...Vous allez bien ?"

Comme quoi, il lui restait tout de même un soupçon d'ironie.
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Madly Johnson
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MessageSujet: Re: La Mémoire, ce fléau des malheureux ?   Mer 21 Juin - 22:51

Même les chocs dans la rues étaient décevants. Elle s'attendait à avoir un choc. Physique. Une douleur. N'importe quoi. Mais juste rien au final. Madly ne put s'empêcher de soupirer, même si ce n'était pas un comportement des plus poli, elle n'avait pas pu s'en empêcher. Le vide immense qu'elle portait en elle la frustrait encore plus...

Elle releva la tête et ne réfléchit pas exactement à ce qu'il conviendrait de dire. Dans sa tête, rien n'était vraiment net. Et encore moins maintenant qu'elle était obligée d'adresser la parole à quelqu'un. Juste ouvrir la bouge semblait bizarre. Est-ce que sa voix serait pareil ? ... Elle se rendit compte qu'elle n'avait sans doute pas encore parlé depuis. Depuis. Sa mort. Et sa réanimation. Madly observa la personne en face de lui, c'était un jeune homme, il avait l'air sérieux. Cela s'arrêtait là pour sa capacité actuelle d'observation au premier coup d'oeil.

"Désolée."
Sa voix était bizarre. Ca ... sifflait... sans son nez. Enfin dans son trou où il y avait eu son nez. Comment pouvait-on 'parler du nez' alors que l'on n'avait plus rien à cet endroit ? Madly sembla étonnée elle-même de parler ainsi. Et s'en rendit compte immédiatement.

"Pardon. Je ne regardais pas devant moi." C'était une des seules certitudes qu'elle avait ... Son oeil valide était sans cesse en train de regarder sur les côtés, suspicieuse. Pourquoi quelqu'un de sérieux se montrait sympathique envers elle ? Il n'avait pas vu qu'elle était un zombi ? Et ceci, Madly trouvait que c'était une attitude très louche. Totalement paranoïaque, elle se demanda même si un Vodoun pourrait avoir ce style vestimentaire ? Ses yeux s'agrandirent et elle fit un pas en arrière.

"Qui êtes vous ?"
Madly fronça les sourcils. Quelque chose en elle lui dicta de fuir. Comme avec le chauffeur du pick up dans le bayou... Mais fuir pour où ? Encore ? Combien de temps cela durerait-il ? Une vieille femme passa près d'eux sans les regarder, elle était voûtée et marchait en canard... Louche aussi. La Zombie la fixa jusqu'à ce qu'elle sorte de son champ de vision, réduit se rendit-elle compte. Sans doute à cause de cet oeil blanc. Son attention se reporta sur l'inconnu qu'elle avait percuté.

Il lui avait posé une question. Il avait donc clairement émis l'envie de s'assurer qu'elle allait bien. Même si c'était par simple politesse, c'était pour le moins gentil. Un doute l'assaillit. Est-ce qu'elle le connaissait ? Non, sans doute pas. Après tout, il ne la regardait pas comme s'il cherchait à savoir ce qui était arrivée à sa grande amie Madly, pour peu que ce soit son prénom.

"Je... vais..."
Excellente question. D'un coup, elle ferma la bouche, resta sans voix. Elle avala facticement sa salive qu'elle n'avait plus. "Je suis morte." Souffla -t-elle en baissant les yeux. C'était la première fois qu'elle se le disait, en vrai, du moins, tout haut. C'était horrible.
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Jesse Coleman
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MessageSujet: Re: La Mémoire, ce fléau des malheureux ?   Ven 23 Juin - 5:11

En toute honnêteté, Jesse ne remarqua pas le soupir (et par là-même le manque de civilité) de la personne contre laquelle il venait de se cogner. Il était bien trop occupé à scruter le sol, à la recherche d'un possible bout de nez. Il entendit les excuses de sa rencontre inopinée alors qu'il relevait la tête et lui fit un simple hochement de tête ce qui, chez Jesse, était le plus proche de l'air compréhensif.

"Ce sont des choses qui arrivent."

Après tout, ne venait-il pas de faire exactement la même chose, raison pour laquelle il y avait eu collision ? Il aurait été mal avisé de sa part de le lui reprocher. Son attitude suspicieuse, par contre ?

Haussant un sourcil, l'universitaire leva les mains ouvertes à hauteur de son visage, paumes vers l'inconnu.e, pour lui montrer qu'il n'était pas un danger. La façon dont elle s'était reculée, son ton et ses yeux agrandis par la peur (enfin, pour être honnête, cette dernière était surtout visible dans un œil) montrait clairement qu'elle n'était pas à l'aise. Et, même si le jeune brun n'appréciait pas du tout la question posée, il était assez observateur pour savoir que ce n'était pas exactement dirigé contre lui.

"Je m'appelle Jesse. Je viens de Californie et je suis doctorant à l'université de l'Ambassade. ...et je suis certain que cette personne âgée ne va pas se jeter sur vous d'une minute à l'autre. Moi non plus d'ailleurs."

Car oui, il avait noté le regard en biais et l'avait suivi du coin de l'œil, pour voir de quoi il s'agissait. Quoiqu'il fut arrivée à cette personne, se dit-il, elle n'était clairement pas rassurée et se sentait suivie, voir persécutée. Cherchant à détendre l'atmosphère, il lui posa à son tour une question, qui l'amena à laisser de côté son insécurité pour réfléchir. Puis vint un constat qui tombait comme une sentence, plutôt amère si Jesse en croyait l'expression de la jeune femme.

"Malheureusement... ce sont aussi des choses qui arrivent."

Il n'avait pas l'air surpris. A dire vrai, il avait déjà remarqué qu'elle n'avait pas l'air particulièrement vivante : il faut dire qu'avec un nez en moins, on s'attend rarement à être en face d'un être vivant. Mort-vivant serait plus proche de la réalité. Restait donc la possibilité d'un vampire particulièrement mauvais avec ces progénitures et qui s'amusait donc à les mutiler avant de les transformer, peut-être pour les faire regretter leur beauté antérieure ? Après tout, si l'on faisait abstraction de ce nez manquant, et de menus détails, le visage de la jeune femme était plutôt agréable.

Ou, il pouvait aussi s'agir d'une zombi. Ce n'était pas impossible, et finalement, cela pouvait expliquer la collision plus facilement que l'hypothèse du vampire, qui aurait facilement pu l'éviter. De plus, elle semblait avoir peur plus que d'avoir envie de le vider de son sang, ce qui en soi était appréciable.

Mais il n'était pas très civil de sa part d'en rester à ce constat trivial qu'il venait de faire, aussi Jesse reprit en baissant les mains pour les glisser dans ses poches, où elles se trouvaient jusqu'à ce qu'il décide de plaider innocent.

"Je comprends que ça doit être difficile à accepter, surtout si ce n'était pas prévu, comme vous en donnez l'impression. Mais il y a des gens qui s'épanouissent dans la mort, vous savez."

Il n'avait pas particulièrement envie de s'étendre en explications. Il avait évidemment un exemple bien concret à l'esprit, mais ne le partagerait que si sa nouvelle rencontre insistait. Pour le moment, il préférait détourner la conversation.

"Et si je peux me permettre... Qui êtes-vous, vous ?"
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MessageSujet: Re: La Mémoire, ce fléau des malheureux ?   Mar 27 Juin - 18:38

Jesse. Californie. Est-ce qu'elle le connaissait ? Est-ce qu'elle venait de Californie ? Est-ce qu'elle y avait déjà été ? Un énorme vide accompagnait ses questions, aucune réponse n'était possible. Mais ce visage ne lui disait rien, elle se dit de fait que ce devait être la première fois qu'ils se rencontraient. Eh puis, cet intello n'avait pas l'air amnésique, lui, et il l'aurait reconnue si son visage était familier.

Assez horrible de se dire qu'elle était morte et que la seule chose qu'on pouvait en dire était "ça arrive". Oui, les guerres aussi. Madly fronça les sourcils sous cette réponse, mais n'avait de toute façon ni le cran ni l'envie de répliquer, encore trop chamboulée par cette révélation.

Elle allait rester sur cette impression négative mais le dénommé Jesse de Californie se rattrapa. C'était la première personne à qui elle adressait la parole depuis sa ... mort. Et malgré la suspicion permanente, Madly se senti rassurée par les quelques mots qu'il prononça. Déjà, elle se demanda si finalement sa mort était volontaire ou pas, mais elle raya cette option. Impossible qu'elle se soit suicidée, de ce qu'elle se souvient de sa vie, c'était sympa ; et elle avait quelques bribes de souvenirs concernant les instants juste avant... C'était certain, son trépas n'était pas souhaité.

"S'épanouir dans la mort..."
Elle sembla pensive. Comment pouvait-on aimer être un zombi ? Ne rien ressentir, ne plus manger, ne pas vieillir. Bon, ok, pour ce dernier point, c'était peut-être le seul avantage à être mort-vivant. Son oeil valide était vide, elle essayait de se convaincre qu'il pouvait dire vrai. Mais c'était certainement trop tôt pour réussir à en être persuadée.

Elle releva le visage, l'ombre de son chapeau emprunté on ne sait où révélant son oeil blanc et ses balafres.

"A priori je m'appelle Madly." Un mouvement de recul trahit sa pensée immédiatement après avoir prononcé son nom. Et s'il mentait ? S'il était lié à son meurtre, et qu'il voulait juste une confirmation de son identité ? Ce serait très intelligent d'agir ainsi. Mais il pouvait aussi l'aider, peut-être ? Son corps se souvenait encore comment on réagissait quand on avait peur, et se tendait inutilement, comme un lointain réflexe désuet. Lui parler ou se taire ? Lui demander de l'aide ? Fuir ? La toute nouvelle zombie n'était pas encore prête à faire confiance si facilement.

"Mais je n'en suis pas sure."
Dans ces deux hypothèses, qu'il soit lié ou non à son assassinat, Madly s'était dit qu'il serait ravi d'apprendre qu'elle était amnésique, notamment s'il était dans cette conspiration géante et planétaire, si elle ne savait plus ce pour quoi on l'a tuée, alors plus de problème...

"Je ne me souviens plus de rien depuis... depuis que..."
Elle haussa les épaules, gênée. "Depuis que je me suis relevée.'
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MessageSujet: Re: La Mémoire, ce fléau des malheureux ?   Jeu 13 Juil - 21:56

Sa remarque n'eut pas l'air de plaire à son interlocutrice. Pourtant, Jesse n'avait fait qu'énoncer un fait. Il oubliait parfois qu'être trop factuel parvenait à le faire passer pour insensible. Le reste du temps, il s'en moquait. Cette fois, cependant, il décida de faire preuve d'un peu plus de sensibilité. Certainement parce qu'il avait remarqué que la jeune femme ne prenait pas la nouvelle si bien que cela... Ce qui n'était pas très étonnant si, comme il le supposait, elle ne s'y attendait pas. L'étudiant fit donc une remarque qui se voulait apaisante, et qui entraîna une petite période de réflexion chez la supposée-zombi qu'il prit bien soin de ne pas interrompre.

Elle répéta la fin de sa phrase et il comprit rapidement que l'argument avait touché, même si elle n'allait pas forcément se ranger de suite à son avis. Ce n'était pas ce qu'il attendait d'elle. Il n'avait fait que lui ouvrir une possibilité de réflexion. ce qu'elle faisait ensuite ne le concernait pas.

Pour relancer la conversation -et lui rappeler de manière détournée qu'elle n'avait pas été des plus polies lorsqu'elle lui avait demandé de se présenter- Jesse lui retourna la question. Sa réponse lui fit hausser un sourcil. "A priori" ? Certes, Madly n'était pas un nom très commun, mais le doctorant était relativement bien placé pour savoir que certains prénoms possédaient des origines qui pouvaient paraître obscures à des non-concerné.e.s. Cependant, que la jeune femme utilise elle-même cette formule montrait qu'elle n'était pas certaine de sa propre appellation... Comment cela était-ce possible ?

"Madly", ajouta qu'elle n'en était pas sûre, ce qui fit froncer le sourcil précédemment haussé. L'hypothèse induite par cette phrase était évidente, et pourtant Jesse ne parvenait pas à l'appréhender totalement. Parce que ce qui était déjà supposé par les précédentes bribes de leur discussion rendait cette hypothèse particulièrement inquiétante.

Et, finalement, Madly prononça à haute fois ce dont Jesse, particulièrement intelligent et observateur, se doutait depuis quelques secondes. Elle ne se souvenait de rien depuis sa mort. Elle ne savait probablement pas comment (ou de quoi) elle était morte. Il comprenait mieux pourquoi elle n'avait pas très bien réagi à sa première affirmation (qui n'en restait pas moins vraie).

"...Je suis désolé."

Il ne s'excusait pas de son comportement, loin de là. Il était simplement désolé pour la jeune femme, car quoi qu'on ait vécu, il estimait que perdre ses souvenirs devait être une expérience particulièrement difficile. C'était la perte de tous repères, bons comme mauvais, sans la moindre distinction. C'était quelque chose qu'il ne souhaitait à personne, d'où l'expression de compassion qui venait de passer dans ses paroles, bientôt suivie par une question qui avait une chance sur deux d'être mal interprétée. Mais bon.

"Vous savez où vous allez ?"

Jesse était capable de faire dans la dentelle, mais pas d'une façon qui amenait les autres à l'apprécier. Il testait les gens en permanence. Et il l'assumait parfaitement. La question était volontairement aussi pointue que floue, car la réponse que lui ferait la zombi en dirait long sur sa psychologie... ce qui était son terrain d'expertise favori.

Et puis, suivant sa réponse, il pourrait éventuellement l'aider.
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MessageSujet: Re: La Mémoire, ce fléau des malheureux ?   Jeu 20 Juil - 22:17

Où aller... Où aller ?
Madly dut afficher une figure assez pensive. En réalité, elle était perdue. Elle ne s'était pas encore posé cette question, ou du moins, ne l'avait pas encore formulé ainsi. La Zombie marchait au hasard, sans chercher quelque chose de précis. Plutôt, si. Elle cherchait la solution à cette situation. La mémoire.

Où allait-elle ? Chez elle ? Dans de la famille, un proche, quelqu'un qui saurait la rassurer et lui en dire plus ? Certes non. Ou si c'était le cas, elle n'en avait même pas conscience.

"Où vont les zombis quand ils se relèvent ?
" Osa-t-elle demander, alors que prononcer ce mot était vraiment effrayant, et en même temps... elle ne ressentait aucune peur en elle. Ces sensations, en fait, l'absence de sensations, étaient terriblement perturbant.

Mais là était la vraie question. Où allaient les zombis relevés fraîchement ? Elle déplorait désormais sa méconnaissance du culte Vaudou. Mais sa première pensée fut...

"Vers son maître..."
Sa voix s'était brisée dans sa gorge sèche à la salive absente. Est-ce que cela voulait dire qu'elle se dirigeait non pas au hasard, mais droit dans les pas d'un Vaudouns qui la contrôlait ? C'était paniquant !

Son grand oeil rond chercha le regard de Jesse. A priori, ce n'était pas lui, son maître. Elle imaginait les prêtres vaudous totalement différent que celui qu'elle avait devant elle. Noir, chevelus, mystiques. C'était un à priori. Peu importait.

"Je ne sais pas."
Madly préférait être honnête. "Je ne sais rien. Je ... marche. En espérant trouver." Est-ce qu'il pouvait l'aider ? C'était effrayant de ne pas savoir. Rien savoir. Se poser mille questions. Avoir des doutes. Et ne rien ressentir pourtant. Comment pouvait-on s’accommoder de cette non-vie ?

"J'ai peut-être de la famille ici. Peut-être pas. J'ai peut-être un appartement. Mais je ne reconnais rien par ici." Elle retira son chapeau, passa sa main dans ses cheveux sales, puis sur son visage mutilé par la Mort, respira sans en avoir besoin, souvenir d'anciens réflexes vitaux, puis dégagea sa figure.

"Est-ce que vous me connaissez ? Mon visage vous dit quelque chose ?" S'il pouvait dire oui, et annoncer qu'il était, peut-être un frère ou juste un voisin ? Ce serait plutôt facile dans ce cas. Quelques jours à discuter et elle se souviendrait de toute sa vie, tout irait déjà bien mieux. Il ne lui resterait plus qu'à trouver les circonstances de sa mort, puis la cause.
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MessageSujet: Re: La Mémoire, ce fléau des malheureux ?   Jeu 27 Juil - 21:25

L'air pensif qui se peignit sur les traits de Madly répondait en soi à la question que l'étudiant venait de poser. Vraisemblablement, elle ne savait pas où elle se rendait... pour un peu qu'elle ait un lieu où se rendre. Quand elle disait ne se souvenir de rien, ce n'était apparemment pas juste une façon de parler ou une perte de mémoire courte (même s'il s'en doutait déjà vu qu'elle n'était même pas certaine de son prénom), mais de quelque chose de bien plus sérieux. Jesse se demandait si c'était quelque chose de courant chez les zombis... Après tout, peut-être que ceux qui avaient passé beaucoup de temps sous terre perdaient les souvenirs de ce qu'ils avaient vécu de leur vivant...

"Vous savez en quelle année nous sommes ?"

La question du doctorant pouvait paraître incongrue, mais pas plus que tout ce qu'il s'était passé jusqu'à présent. Peut-être que la réponse à cette simple question contiendrait une explication tangible quant à la perte de mémoire de Madly. Le scientifique qu'il était refusait de ne pas trouver de solution.

Il ne sut pas si la femme au chapeau (encore une) l'avait entendue, car elle paraissait toujours dans ses pensées. Elle en sortit en posant une autre question, qui fit hausser un sourcil au californien, avant qu'il ne le fronce en signe de réflexion.

"Malheureusement, les zombis ne font pas partie de mon domaine d'étude principal, mais je suppose qu'ils vont..."

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Madly répondit, mettant en mots l'une des hypothèses qu'il allait énoncer, la seconde étant "vers leurs proches". Puis elle releva la tête vers lui et son oeil valide lui montra qu'elle cherchait à évaluer la possibilité qu'il corresponde à ce qu'elle venait d'énoncer. Un demi-sourire illumina son visage alors qu'un certain amusement se peignait sur ses traits.

"Je ne sais pas si je vais vous ravir ou vous décevoir, mais je suis tout ce qu'il y a de plus norme. Je doute donc que votre subconscient vous ait conduit vers moi, malgré les circonstances de notre rencontre."

Il faisait bien évidemment référence à la façon dont ils s'étaient plus ou moins foncés dedans. Et vu comme Madly semblait regarder tout le monde comme s'ils allaient l'attaquer d'un instant à l'autre, il avait préféré être honnête, même si elle était probablement arrivée seule à la conclusion qu'il ne devait pas faire partie du monde voudouisant, pratiquant ou non.

Finalement, la jeune femme décida enfin de répondre à la question qu'il lui avait posée plus tôt, à savoir si elle savait où elle se rendait. Et sa réponse n'était pas des plus encourageante. Jesse l'observa attentivement sans émettre le moindre son, comme s'il cherchait à déterminer la véracité de ses propos. Il réfléchissait sans en donner l'air aux possibilités qui s'offraient à lui. Il pourrait partir, bien évidemment. Laisser Madly tenter de trouver cette famille qu'elle possédait peut-être, cet appartement dont elle n'avait probablement pas les clés (sinon elle les lui aurait peut-être montrées pour voir s'il ne pouvait pas lui dire de quel type d'immeuble il s'agissait), lui souhaiter bon courage et tourner les talons. Rien ne l'empêchait de le faire.

Mais rien ne l'empêchait de l'aider non plus, n'est-ce pas ?

La zombi lui adressa à nouveau la parole, et ce furent ses mots qui terminèrent de décider l'étudiant. Peu importe qui elle était et ce qu'elle était, cette personne était clairement désespérée à l'idée d'être seule, perdue, et de ne rien reconnaître. Et Jesse ne pensait pas qu'elle jouait la comédie : il côtoyait l'une des meilleures dans ce domaine depuis de nombreux mois, il avait appris à déceler le mensonge, d'autant qu'il était assez fin psychologue pour rarement se laisser prendre. Il ne risquait donc rien à lui apporter son aide. Pour le moment, du moins.

L'étudiant secoua doucement la tête.

"Malheureusement, non. Mais cela ne veut pas pour autant dire que je ne peux pas vous aider. Je ne sais peut-être pas qui vous êtes, mais je peux compléter la liste de ce que vous n'êtes pas."

Le californien croisa le regard de la zombi et lui fit un léger sourire. Ce n'était probablement pas ce qu'elle attendait, et elle allait peut-être le prendre pour un excentrique, mais à vrai dire il s'en moquait un peu, tant qu'elle le laissait terminer.

"Je peux vous dire que vous n'êtes pas employée de l'Université de l'Ambassade, puisque je connais tous mes collègues. Je peux également affirmer que vous n'êtes pas une étudiante en sociologie ou sciences comportementales, que ce soit comme mineure ou majeure. Enfin, je peux vous dire que vous ne suivez pas le cours d’anthropologie, même si vous pouvez suivre un autre cursus."

Le doctorant lui fit un imperceptible clin d'oeil avant de continuer.

"Votre visage ne me dit rien, et cela veut certainement dire que nous ne fréquentons pas les mêmes lieux de socialisation. Mon métier repose essentiellement sur l'observation, et même si personne n'est parfait, je suppose que j'aurais pu vous reconnaître si nous nous étions déjà croisés."

Il fit une nouvelle pause. Bien entendu, c'était difficile de prendre le problème à l'envers, et la liste de ce que Madly n'était pas était sensiblement plus longue que celle de ce qui faisait son identité, mais il fallait bien commencer quelque part. Jesse espérait qu'elle retrouverait ainsi un peu de panache.

"Ce n'est peut-être que peu de chose, mais c'est un début. Je doute que vous parveniez à beaucoup plus en parcourant les rues à cette heure... Je peux vous proposer de me suivre : mon logement n'est pas des plus immense mais il possède les commodités nécessaires," il pensait notamment à la douche, ayant remarqué que sa vis-à-vis était encore pleine de terre "et je me demande si nous ne pourrions pas récolter quelques indices de plus à l'aide d'une connexion internet. Commencer par savoir si votre nom existe réellement, par exemple. Si vous le souhaitez."

L'étudiant s'était exprimé avec un peu plus de douceur qu'au début de leur discussion. Il ne voulait pas donner l'impression de lui forcer la main, d'autant que Madly se méfiait assez des autres (et de lui en particulier à ce moment précis) pour penser qu'il pourrait s'agir d'un piège. Il espérait simplement que les informations qu'il avait données joueraient en sa faveur.

...Bon. Si elle était impliquée dans quelque chose de grande envergure, montrer à la face du monde qu'il essayait de l'aider n'était peut-être pas la meilleure chose à faire pour sa propre protection personnelle. Mais Jesse n'avait jamais réellement été du genre à reculer devant le danger.

Et puis, il n'y avait aucune raison de penser qu'ils mettaient tous les deux les pieds dans quelque chose du genre. Il s'agissait simplement d'aider un neo-zombi complètement perdu.
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MessageSujet: Re: La Mémoire, ce fléau des malheureux ?   Mer 2 Aoû - 21:15

Sa première question lui semblait anodine, et pourtant... Madly rechercha dans ses souvenirs, questionna sa mémoire. Elle se rappelait d'un smartphone, c'était le sien, elle le savait instinctivement, elle revoyait la date dessus. Aller, un petit effort, et elle pourrait clairement la lire, si ce n'était pas si flou... Mais le flash revint d'un coup. Extrêmement net cette fois, assez pour qu'elle écarquille l’œil.

Bonne année 2054. Elle avait reçu un sms "bonne année 2054" de la part d'un certain Harry. Un ami, elle s'en doutait aux smileys nombreux qui suivaient.

Elle releva la tête, presque triomphante.

"Sauf si je suis morte depuis longtemps, 2054." Et c'est là qu'elle perdit de sa superbe. Et si elle avait croupi sous terre, ou dans un sous-bois depuis plusieurs années ? Est-ce qu'elle aurait cette même forme ? Elle pensait que non, mais ne s'y connaissait pas en zombis ; pour elle, elle avait cette étiquette de la Morgue, elle était "presque" intacte, son corps ne s'était pas décomposé... pitié, faite qu'elle n'ait pas de vers sous la peau !

Et alors Jesse se mit à beaucoup parler... Ignorant tout de lui, et son visage comme son attitude ne lui rappelant rien, Madly dut se concentrer pour suivre correctement, malgré les questionnements qui tournaient en boucle dans son crâne.

Étrange cette façon de penser. Elle n'y avait même pas songer, trop occuper à essayer de trouver qui elle était, elle n'avait même pas imaginé pouvoir faire le chemin inverse. Certes, sa façon de faire ne réussirait pas à la mettre sur une piste, songea-t-elle, mais au moins, elle aurait un peu moins de flou autour d'elle.
Son discours confirma une impression ; il était prof, ou docteur en quelque chose, ça allait bien avec cette attitude, et surtout, sa réflexion. Et sa façon assez scientifique et ou logique, de la questionner ou de répondre. Pour la première fois depuis longtemps, elle se prit à sourire un peu. Elle réussissait à réfléchir assez posément pour se rendre compte de ça, c'était presque agréable ! Son clin d'oeil était le premier échange sympathique depuis ... surement longtemps, elle ne se souvenait plus.

Elle aurait bien aimé lui répondre, lui exposer ce dont elle se rappelait clairement. D'une part, elle craignait encore de devoir trop en dire et de s'attirer des ennuis, mais d'autre part, ce qu'il avait fini par dire l'en empêcha ; la perspective d'avoir un lieu calme où souffler était trop belle.

Ce but occulta le reste ; mais elle avait une dernière barrière qui persistait. Avant, c'était certain, jamais elle n'aurait suivi un inconnu rencontré tardivement au hasard d'une rue assez peu fréquentée. Ca, c'était certain. De ce qu'elle savait d'elle-même, et ce que lui dictait une sorte d'instinct de survie inutile puisqu'elle n'avait pas "survécu" techniquement. Mais lui était toujours là...

Devait-elle prendre le risque de le suivre ? Avec tout ce qu'il venait de dire, le seul danger qu'elle pouvait courir, c'était qu'il la noie dans ses discours académique. C'était, somme toute, un moindre mal, et actuellement, elle les trouvait salvateurs. Ignorant ce que son corps et sa condition de zombi étaient capables de lui apporter, mais sentant en elle quelque chose comme, bizarre, une force assez peu commune, Madly ne mit pas plus de temps à réfléchir.

"Je suppose que je ne risque pas grand chose à accepter." Souffla-t-elle, sans se rendre compte que ce n'était pas la façon la plus polie de dire 'merci énormément vous êtes la seule personne qui jusqu'à présent accepte de m'aider'.

Internet. C'était une excellente idée ; elle se souvenait d'internet, elle savait qu'elle y passait du temps ! Et... Elle baissa les yeux d'instinct vers son pantalon, mis la main dans sa poche, mais n'en sortit rien. Le numéro de téléphone. Est-ce qu'elle devait en parler ? Non. Pas tout de suite, la zombie ne s'en sentait pas encore capable, trop paumée.

Son visage se releva, elle eut un étirement un peu forcé des lèvres abimées et sales, et un signe de tête approbateur.

"Je vous suis." Conclut-elle, observant tout autour pour s'assurer que, lorsqu'elle prononça ses mots, aucune étrange conséquence ne se faisait ressentir.
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MessageSujet: Re: La Mémoire, ce fléau des malheureux ?   Mer 20 Sep - 17:33

Le doctorant observait sa nouvelle connaissance en silence, de ce regard qui donnait l’impression d’en savoir bien plus qu’il ne le disait, mais se faisait un devoir de se contenter de guider sans donner de réponse finale. Ce regard pour lequel la moitié de ses étudiants l’adoraient parce qu’ils étaient alors capables de se laisser aller à leur propre réflexion, sans l’injonction du professeur-autorité suprême et pour lequel l’autre moitié ne pouvait pas le voir en peinture parce qu’ils prenaient cela pour une démonstration de supériorité.

Ce qui n’était pas tout à fait faux.

Cependant, dans ce cas précis, c’était surtout parce qu’il repassait intérieurement toutes les éventualités qui s’offraient à eux suivant la réponse de la jeune zombi. Jesse lui-même n’était pas encore tout à fait décidé lorsque Madly lui répondit enfin, donnant la date de l’année en cours. Il la rassura bien vite en acquiesçant d’un signe de tête. Banco. C’était déjà cela de gagné, probablement. Savoir que l’on n’avait pas perdu plusieurs années de sa (non-)vie pouvait rassurer, parfois. Dans le cas présent, c’était même essentiel pour plusieurs points : si cette Madly avait besoin de ses proches pour retrouver la mémoire, mieux valait que ces derniers ne se soient pas habitués à sa mort... Peut-être même était-elle dans les dossiers des personnes disparues, cela valait éventuellement le coup d’en parler à la police...

Les pensées du doctorant furent interrompues quand la femme sans nez (oh, voilà qui plairait à Skyler, tiens) commença à poser plusieurs questions à voix haute, ce qui ressemblerait à une petite crise d’anxiété si les mort-vivants étaient encore capables de ressentir ce genre de choses. Dans le doute, le doctorant entreprit de chercher à la calmer en lui parlant des hypothèses qu’il émettait déjà dans un coin de son esprit depuis de longues minutes. Son mode de fonctionnement était peut-être atypique, mais c’était le seul qui lui paraissait approprié à l’heure acutelle : Après tout, il n’avait pas de réponse certaine pour la zombi, autant partir des conclusions qu’ils avaient déjà. Son esprit scientifique, habitué à ce genre de chose, voyait déjà la liste des possibilités se restreindre. Pour un peu que Madly possède également ce genre de logique, elle parviendrait à adopter ce fonctionnement pour la suite de ses recherches, sinon... et bien cela aura eu le mérite de la calmer un peu.

Il ne sut pas exactement ce qui le poussa à lui proposer de l’héberger provisoirement. Sûrement le fait qu’il ne pouvait pas finir la conversation là et lui souhaiter bonne chance pour la suite. D’autant qu’elle lui avait avoué ne se rappeler d’absolument rien. La ville n’était pas réellement dangereuse, mais on ne pouvait pas nier que certains Outres y étaient mal vus, les zombis en particulier. Et si Madly ne faisait pas confiance à la population voudouisante pour s’assurer le calme auquel les siens avaient droit, il ne lui restait pas grand choix... On allait encore lui dire qu’il jouait les bons Samaritains.

La jeune morte sembla prendre quelque temps pour penser, avant d’accepter avec une phrase qui fit monter un léger éclat de rire ironique dans la gorge de l’étudiant. Non, en effet, elle ne risquait pas grand chose. Le regard du jeune homme pétillait derrière ses lunettes. Il appréciait la franchise de la zombi, malgré son attitude revêche. Il hocha donc la tête à son tour lorsqu’elle lui signifia qu’elle le suivait (elle pouvait difficilement faire autrement, en vérité) et reprit sa route le long de Canal Street, mains dans les poches, comme à son habitude. Il préféra cependant prévenir.

« Par contre, malgré l’heure tardive, la rue reste populaire. C’est l’axe principal, on y croise pas mal de monde, surtout les étudiants du soir, à cette heure... »

Des vamps, donc. Enfin, en majorité.
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La Mémoire, ce fléau des malheureux ?

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