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 Premier contact

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Lukumi
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MessageSujet: Premier contact   Jeu 8 Déc - 12:31

Pieds nues, jean délavé, chemise crème en lin, veston violet et chapeau fétiche. Lukumi arrive aux abords du temple, comme à la maison. Une clairière, des arbres perchoirs, un bassin et un poteau mitan. Tout y est. Oh bien sûr, les oiseaux ne sont pas aussi colorés que chez lui et la chaleur pas aussi étouffante. Mais il n’est pas mécontent de pénétrer dans un lieu qui lui rappelle la maison. Même si en vérité, il ne se rend pas souvent à l’hounfor ces derniers temps. Avec ce qu’il a fait, il y est même plus vraiment le bienvenue. Le mambo n’apprécie pas beaucoup, ceux qui jouent des deux mains et font appel aux loa petro. N’importe où, la vue d’un portail en fer forgé avec le vévé de Papa Legba est réconfortante.

Clope de coca au bec, ici papa Zaka veux bien communiquer avec lui. Le loa lui chuchote à l’oreille si bas qu’il ne l’entend pas le nom des plantes qu’il voie pousser et leurs utilisation. Mais la fumée verdâtre n’est pas suffisamment concentrée pour que le vaudoun puisse prêter attention aux divagations du ministre de l’agriculture. Il est ici pour une raison bien précise. Il veut apprendre. Apprendre tous ce qu’il peut sur toutes les sortes de vaudouns possibles avant avent que sont temps ne soit écoulé. Avant de passer le contrat avec papa Legba et jouer au poker avec le Baron.

Le caraïbien tousse et attrape sa cigarette avant de la faire tomber .Il ne faudrait pas que fâcher les loa à cause des restes du cancer devienne une habitude. La quinte de toux se calme et il crache un mélange de salive et de sang. Sa gorge est bien irritée aujourd’hui. Il faut dire que depuis qu’il est en ville il ne lâche quasiment jamais ses cigarette de coca. Comme un gamin dans un lieu inconnu qui ne veut pas lâcher la main de ses parents. Il se sent plus rassurer de sentir la présence de loa prêt de lui à tout moment. Il sait que sa consomme beaucoup d’énergie. Après tout il dormira quand il sera mort. Lukumi remet la clope au bec et le brouillard verdâtre se reforme autour de lui.

Habillé ainsi, le tatouage n’est visible que sur le coup et la partie de l’avant bras qui n’est pas recouvert de tissus, tout comme la brûlure. Un mélimélo de vévé, signes vaudouns et représentations de saints. Tantôt passant sur les brûlures tantôt les subliment. Lalie a vraiment fait un travail extraordinaire. De plus une vaudoun tatoueuse c’est vraiment sexy. Pourtant, jamais il n’a tenté quoi que se soit avec elle. Même quand elle était imbibée. Le risque de provoquer un jour sa colère, est beaucoup plus terrifiant que la colère de Mama Brigitte elle-même.

Lukumi pose le pied sur le sol consacré du hounfor et se laisse imprégner de l’ambiance. Les loa, les esprits, les ondes, tous ici poussent à la méditation. Il  ne rêve que de s’assoir devant le poteau mitan et d’entrer en transe pour se faire chevaucher par tout se qui peut passer ici. Pourtant le mulâtre va briser cette atmosphère.

« B’jour. »

La voix du vaudoun, râpeuse et pourtant tinté d’une douceur étrange mêlée à son accent, s’élève dans le temple.
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Lincoln Greenwater
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MessageSujet: Re: Premier contact   Dim 11 Déc - 18:48

Le fond de l'air était frais en cette soirée, une douce brise faisait danser et tourbillonner les flammes des braseros dont la fumée âcre fit froncer le nez de vieil homme, adossé à l'un des arbres entourant la clairière. Il n'approchait plus trop du poteau mitan dernièrement. Il sentait que quelqu'un ou quelque chose l'attendait là, et il sentait bien cette force invisible qui l'invitait à y poser la main. Mais il était vieux, son corps n'avait plus la vigueur de ses jeunes années, et il n'était pas certain de survivre à une nouvelle transe. D'autant plus que sa dernière remontait à une bonne dizaine d'années.

De là où il était il pouvait embrasser toute la clairière du regard, et il avait une vue d'ensemble sur la cérémonie qui se déroulait. Le houngan et les fidèles psalmodiait les prières à Legba, alors qu'aux pieds du prêtre un officiant se tordait convulsivement, un sourire extatique figé sur le visage. Lincoln murmurait lui aussi les mots, même s'il ne participait pas à la cérémonie. Il était venu en pensant ne trouver que quelques dévots en prière, il était mal tombé.

Alors qu'il s'apprêtait à rebrousser chemin, il sentit quelque chose. Quelqu'un était entré dans le cercle des arbres, mais le vieil homme l'avait ressentit avant même de le voir. Le nouveau venu s'immobilisa à l'orée des arbres, à quelques mètres de Lincoln, ce qui lui permit de bien le détailler. Cet homme était dans un sale état, et la quinte de toux qui le prit subitement n'en était qu'un des symptômes. L'aura qui l'entourait était puissante, une véritable pompe à énergie. Peu importe celui qui "accompagnait" le visiteur, il était gourmand. Le houngan balbutia quand il sentit l'aura et tourna la tête vers l'intrus, deux ou trois autres têtes firent de même dans l'assemblée.

Alors que l'homme lâchait un bonjour désinvolte, le chevauché encore en pleine transe se releva soudainement, et se tint tout droit, son visage avait finit de sourire et n'affichait plus désormais qu'un air livide, ses yeux révulsés ne tremblaient plus et son regard blanc était tourné vers le nouveau-venu. L'espace d'un instant on eut dit qu'une ombre s'était abattue sur l'hounfor, alors même que le silence s'était fait.
L'officiant en transe leva un bras tremblotant et pointant du doigt l'inconnu marmonna des imprécations dans la langue des Loas, avant d'ouvrir grand la bouche et de lâcher un hurlement inhumain. Alors que Lincoln pensait que ce hurlement ne s'arrêterait jamais, tout s'arrêta soudainement. Les braseros reprirent de leur vigueur, l'ombre se dissipa et le chevauché s'effondra, inerte.

Alors que les fidèles autour de lui, ainsi que le houngan se précipitaient pour vérifier son état, Lincoln fit volte-face et s'avança d'un pas pressé vers l'inconnu. Lui attrapant le bras sans ménagement, il le traîna hors du cercle des arbres.


"On peut savoir ce que c'était que ça?" Lui dit-il d'un ton furieux, quand il s'estima suffisamment loin de la scène du drame. Il n'était peut-être que maître des poupées, mais il restait l'un des garants de la communauté et de la sécurité des fidèles. Il se devait de trouver des explications, car on allait bientôt lui en demander...

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Lukumi
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MessageSujet: Re: Premier contact   Mar 20 Déc - 11:53

Lukumi n'avait pas spécialement envie de déranger. Il se serait bien vue comme simple spectateur de la cérémonie. Mais il faut croire que les loa ne le voyaient pas comme ça. Il semblerait que Lukumi se soit incrusté pendant une possession et visiblement ce n'était pas la meilleure de ses idées. D'un autre côté, il ne pouvait pas savoir. Il serait chez lui il saurait les lundi, jeudi et dimanches il ne doit pas mettre les pieds au temple. Mais ici il ne connaît pas encore. Déjà est-ce qu'il y a des jours de la semaines qui sont dédiés aux possessions ? Se sont des choses qu'il devra très vite apprendre pour éviter les situations comme celle-la.

Le chevauché le pointe du doigt et se met émettre un son à la limite de se que sa gorge est capable de supporter. Ça c'est du comité d’accueil. Un sourire carnassier fugace apparaît sur le visage du vaudoun, il sait à quoi s'en tenir. Papa Zaka est trop absorbé par les plantes pour lui dire quoi que se soit, même le crie ne capte même pas son attention. Lukumi ne se sent pas en danger, il sait juste que se n'est pas le moment de s'approcher du poteau mitan. Les loa qui y sont actuellement ne sont pas ses plus grand fan. Peut être Erzulie ? Le caraïbien n'ira pas vérifier. Il est téméraire, souvent à la limite de l’inconscience, mais pourtant, il n'est pas suicidaire. Il n'est pas suffisamment puissant pour se frotter à un loa en colère. Est-ce qu'un l'est seulement ? Il ne se souvient pas que Papa Zaka est d'ennemis ou des loa qui ne l'aime pas, c'est donc que la colère est bien tourner sur le jeune vaudoun.

Quelqu'un attrape violemment le bras de Lukumi. Surpris, il regarde l'ancêtre. Ancêtre c'est peut être exagéré, mais quand même, le mulâtre voie bien qu'il y a un écart certain avec celui qui le traîne loin du temple. Lukumi se laisse faire, en même temps ce n'est pas le ministre de l’agriculture qui l’aiderait à opposer une grande résistance physique et il n'est pas lui même un modèle de musculature.

Il sent une certaine puissance émaner du type. Un confrère donc... puissant en plus. Voilà qui pourrait ravir Lukumi si on ne lui parler pas sur un ton furibond. Pourtant, il n'a rien fait lui. Pas ici et pas encore, serte mais pour le coup, il n'a vraiment rien fait.

Lukumi récupère son bras et lève les mains comme pour montrer qu'il n'a rien. Il offre son sourire spécial vaudoun, celui du charmeur qui t'entourloupe.

« He ! »

Sa voix est calme et son ton absolument pas pas menaçant. La situation l'amuserait presque. Il ne s'est pas encore présenté qu'on le classe dans la catégorie nid à embrouille. Il baisse les mains en faisant de grand geste lent.

« Pour l'coup, moi j'ai rien fait. P'être q'ma trombine revient pas à celui là. C'est vrai q'j'en ai fâché quelques uns, mais quand même.. »

Il pointe le temple du doigt pour appuyer ses dire. Pour une fois qu'il ne vient pas pour créer des problème.

« Écoute mon frère. J'suis pas venue foutre l'merde au Hounfor. J'suis là pour apprendre. »

C'est qu'avec lui, difficile de savoir s'il est sincère, mais pour une rare fois c'est le cas. Lukumi est venue dans cette ville pour apprendre tout se qu'il pourra avant son dernier voyage.

« Moi c'est Lukumi. »

Il tend une main à la personne en face de lui et lui offre un sourire qui se veut chaleureux. Mais sur la face d'un cancéreux avec des aires de chapelier fou, ça ne rend pas très bien.
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Lincoln Greenwater
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MessageSujet: Re: Premier contact   Mer 25 Jan - 10:35

[HRP: Bon je suis vraiment désolé du temps de réponse, mais entre les fêtes de fin d'année et un début d'année plutôt mouvementé, j'ai malheureusement un peu négligé le RP, je te prie de m'en excuser...]

Le ton du nouveau venu fit vaciller la colère de Lincoln l'espace d'un instant. Etait-il à ce point inconscient de ce qui venait de se passer? Ce n'était pas une excuse!
Le Vodoun face à lui ne savait peut-être pas ce qu'il avait provoqué, mais il en était quand même responsable. Un jeune était peut-être mort à cause de lui, ou pire, rendu complètement fou par un Loa furieux. Et tout ça pour quoi?

Maintenant qu'il l'avait en face de lui, la puissance qui émanait du Vodoun lui provoquait une sensation de picotements, et lui donnait une furieuse envie de se gratter. Il connaissait ce genre de sensation, même s'il ne l'avait expérimenté que rarement. Quoi que ce soit qui accompagne ce jeune homme, c'était suffisamment puissant pour avoir énervé Samdi. D'un autre côté le Baron n'était pas vraiment réputé pour aimer partager la vedette quand il faisait son show, ça aurait pu expliquer sa réaction. Ou alors le Loa qui accompagnait celui qui se présenta sous le nom de Lukumi, n'était pas un Loa très apprécié.

Face à la désinvolture du Vodoun, Lincoln n'eut d'autre choix que de se calmer. Rester énervé n'aurait de toute façon servi à rien, et ce n'était visiblement pas en brusquant son interlocuteur qu'il en tirerai quelque chose.

L'homme était jeune, mais paraissait avoir vieillit précipitamment, son corps était visiblement sur le déclin, ce qui s'expliquait facilement quand on se traînait un Loa toute la journée. Bien qu'encore un peu remonté, le vieil homme serra la main de Lukumi.


"Je suis Lincoln. Si tu viens pour apprendre Lukumi, il va déjà falloir t'enseigner qu'on évite de se pointer à une cérémonie accompagné d'un autre Loa. Les Ghédés n'aiment pas partager la scène, tu devrais le savoir."

Sortant sa pipe d'une de ses poches, il jeta un regard inquiet vers le poteau mitan dont s'élevait des exclamations qui ne semblaient pas hystériques. Le chevauché avait dû reprendre connaissance. Alors qu'il bourrait son instrument d'herbe à fumer, son regard retomba sur Lukumi.

"Ton accent me dit que tu n'es pas du coin, qu'est-ce qui t'amène à la Nouvelle-Orléans? Il n'y a pas de communauté là d'où tu viens?"

Etant l'un des guides de la communauté, Lincoln se devait connaître un tant soit peu ses fidèles, et puis il devait bien le reconnaître, le jeune homme l'intriguait...
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MessageSujet: Re: Premier contact   Lun 3 Avr - 9:47

« Enchanté Lincoln. »

Pour le savoir, on peut lui faire confiance. Lukumi a souvent eu l'occasion de découvrir se que les loa n'apprécient pas et une bonne palette de la façon qu'ils aiment de le faire savoir. Pour autant peut-on lui reprocher d'être venue foutre la merde, alors qu'il ne savait pas que justement il y avait une cérémonie au temple et que justement la cérémonie en question était une séance de possession ? … On peut dire que oui. Avec lui, on est jamais sûr de rien. Dans le doute l'accuser c'est souvant taper juste et il ne se plaint pas de ce rôle.

« Désolé. Je t'avoue qu'si j'avais sue, j'serai venue une autre fois, j'veux pas mettre la pagaille moi. »

En signe de bonne volonté, le mulâtre écrase sa cigarette dans sa main et remercie de quelques mots inaudibles le ministre de l'agriculture pour avoir partager ses pas. Très vite la fumées verte persistante se dissipe.

Au ton autoritaire, Lukumi se demande sur qui il a bien pue tomber ? Cette personne lui fait penser au grand prête de son village et à la façon qu'il avait de parler juste avant de lui flanquer une punition dont il ne se relevait pas avant plusieurs jours. Il était dur mais son enseignement inestimable, c'est lui qui lui a tout apprit sur les grigris. Il était capable de jetter la malédiction sur tout un village avec seulement une chèvre. Un sacret vaudoun.

Lukumi sourie quand son interlocuteur fait remarquer qu'il est un étranger sur ces terres. A moins que ce ne soit ses terres... Lukumi a mise toutes ses dernières forces et ses derniers sous dans ce voyage de la plus haute importance pour lui. La fin avec un grand F est proche pour lui, mais il se refuse à partir sans un grand final. Il lui faut plus de connaissances, plus de pouvoir, plus de temps...à non ça c'est vrais, il n'en à presque plus. Rare sont ceux qui peuvent dire avec certitude qu'ils savent combien de temps ils leur reste.

« Non M'sieur, j'suis pas d'ici... »

Une quinte de toux secoue Lukumi qui attrape son mouchoir imbibé et se le colle contre la bouche. La brûlure passe et il reprend son souffle.

« Chez moi y'a autant de communauté que d'île et crois moi, des îles y'en a trop. J'veins des Caraïbes pas loin d’Haïti. J'te l'ai dit, j'suis là pour apprendre. On m'a dit qu'le voudou s'pratique pas pareil ici. Alors j'suis venue voir »

La quête perpétuelle de l'Homme verts le savoir. Que tu sois norme, métamorphe, wiccan, vaudoun, vampire et peut être même certains zombies... nous avons tous le même but, le savoir.

« Écoutes, j'me sens mal pour s'qui vient d'arriver. D'autant qu'sais p'être ma faute. J'en ai fâché certains au pays. Suffit juste de m'dire les jours où vous faite ça, et on m'verra pas.»

Pleins de bonnes volonté ce Lukumi. D'un autre côté, se mettre à dos les vaudouns puissants dès son arrivé ne fait pas parties des bonnes idées à avoir, il faut l'avouer.

« Et j'suis pas venue les mains vides. J'apporte des plantes du pays et des recettes bien utiles. »

Le mulâtre est partie avec pas grand chose, mas il a bourré ses valises de feuilles séchées et de graines. Il se moque pas de Lincoln, il est vraiment venue avec des "cadeaux" pour la communauté de la Nouvelle Orléans.
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Lincoln Greenwater
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MessageSujet: Re: Premier contact   Lun 26 Fév - 11:32

Les Caraïbes hein? La Floride en était un parent proche, et nombre de traditions et coutumes y avaient été amenées par des générations d'immigrants. De ce qu'il en savait, Lincoln lui-même avait des ancêtres caribéens, du côté de sa mère. Il n'avait cependant jamais eu la curiosité d'y voyager. D'un autre côté il y avait déjà tellement à faire à la Nouvelle-Orléans, il lui aurait été difficile de trouver le temps.

Le regard du vieil homme se posa sur la vieille demeure coloniale, qu'on pouvait observer au loin. L'hounfor en était proche, et c'était généralement le lieu où les fidèles se retrouvaient pour faire la fête après les cérémonies. On pouvait apercevoir la lumière vacillante des flammes des bougies aux fenêtres. Évidemment la maison était prête à accueillir les invités, la nourriture avait été amenée pendant le rituel, ainsi que les boissons. Il s'était assuré lui-même de la supervision, faute de mieux. La communauté s'était considérablement dispersée, ses rangs s'étaient clairsemés, et avec eux le nombre de guides spirituels et de leaders. S'il n'avait jamais été très fan de ce rôle de guide, il n'avait maintenant d'autre choix que l'endosser, car il n'y avait personne d'autre.

Il invita Lukumi à le suivre, alors qu'il se dirigeait vers l'ancienne propriété. Il tira une longue goulée sur sa pipe, laissant échapper un nuage épais et odorant.


"Je ne sais pas ce qu'on t'as raconté sur notre façon de pratiquer ici, mais c'est certain que notre communauté à dû faire quelques choix au cours des dernières années. Il y a probablement certaines méthodes que n'approuveraient pas des pratiquants plus... Disons, littéraires.

Un autre nuage de fumée vint s'éparpiller dans la nuit. Lincoln ne savait trop quoi penser. Les fidèles se faisaient rares, à plus forte raison les nouveaux. Ce que ce type cherchait à apprendre, le maître des poupées suspectait que ça avait à voir avec son état de santé. Qui sait ce que Lukumi serait en mesure de faire s'il utilisait ses connaissances à mauvais escient? Certaines personnes désespérées pouvaient agir avec impulsivité, parfois sans trop de considérations pour les dégâts collatéraux. Aussi Lincoln devait-il rester prudent quant à ce qu'il dévoilerait au Vodoun. Et surtout le garder à l'oeil.

"Si tu cherches à apprendre, je peux t'apprendre. Mais te faudra faire preuve d'honnêteté. Notre communauté ne souffre aucun secret, chacun exprime ses craintes et ses peines, ses péchés et ses vices. Nous nous connaissons tous, et nous sommes très soudés. Il te faudra te plier à l'exercice de la vérité si tu veux en faire partie."

Quand Lukumi évoqua les plantes et recettes qu'il ramenait dans ses valises, Lincoln ne pu s'empêcher de hausser un sourcil d'intérêt (Ce qui correspondait à son seuil maximal d'expression faciale). S'il y avait bien quelque chose qui était susceptible de piquer sa curiosité c'était bien ça. S'il s'était tourné vers la confection des poupées, c'était avant-tout parce qu'il n'avait que peu d'affinité avec les Loas. Il les respectait et les vénérait, mais sa dévotion s'arrêtait à un peu de rhum sur un autel, quelques fleurs séchées sur un autre, et un ou deux vévés dessinés ici ou là. Les possessions, les réanimations, les malédictions, tout cela il préférait le laisser aux autres. En revanche, les gris-gris, les potions, les poupées, il avait un don pour ça. Et s'il était désormais un guide que l'on venait consulter souvent, et qui se montrait disponible, il n'en avait pas toujours été ainsi.

"Il faudra que tu me parle plus en détail de ces plantes, et je te serais reconnaissant de partager tes recettes. Je suis habile pour les mixtures, et probablement une des dernières personnes de la communauté à pouvoir me targuer d'un minimum de savoir-faire dans le domaine."

Ce n'était même pas de la fanfaronnade. Avec la disparition d'une bonne partie des manbos et houngans, beaucoup de savoir s'était évaporé avec eux. Et les gardiens des traditions se comptaient sur les doigts d'une main. L'heure était tellement critique qu'il n'était pour le moment même pas question de nommer un nouveau Baron, personne n'était en mesure de gaspiller son temps et son énergie à ce rôle médiatique. On lui avait bien proposé de prendre le rôle, mais Lincoln n'avait jamais aimé la popularité, alors se retrouver sous les feux de la rampe l'inspirait relativement peu.

Le picotement se manifesta à nouveau sur le visage du vieil homme, lui rappelant la présence qui entourait Lukumi. Cela aussi l'intriguait. Et il était bien décidé à en apprendre plus.

En revanche, là où je sèche, c'est en ce qui concerne cette présence qui t'entoure. Qu'est-ce que c'est? Est-ce là de son plein gré, ou l'as-tu contraint?

La différence était importante, car un Vodoun qui contraignait un Loas, devait s'attendre à une sévère et cruelle rétribution si le prisonnier devait retrouver sa liberté. En revanche, si un simple accord était passé, et bien... Un contrat était un contrat.
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MessageSujet: Re: Premier contact   Mar 3 Avr - 22:19

Le vodoun de la Nouvelle Orléans invite Lukumi à le suivre vers la vieille battisse. Le jeune caraïbien lui emboîte le pas avec reconnaissance. Il commençait à penser qu'on allait le virer des lieux comme un mal propre et accueille avec un sourire amusé le nuage de fumé, qui faisait (pour lui) un clin d’œil à ses « cigarettes ». Il écoute avec attention le natif.

« J'suis pas v'nu pour critiquer Au contraire, j'viens voir les évolutions d'l'Art q'ont eu lieux ici...et partager. »

Une toue ponctue sa phrase et il replace son mouchoir sous le nez, ce qui à pour effet de la calmer. Heureusement qu'il n'essaye pas d'avoir l'air d'une figure inébranlable, parce que là c'est raté. Lukumi a une soif d'apprendre insatiable lorsqu'il s'agit du voodou, sauf peut être lorsqu'on parle des zombis. Ce n'est pas qu'il ne les aime pas, mais son manque d'affinité avec cette facette fait qu'il ne pratique pas les réanimations par manque de talent. Il adore échanger des anecdotes sur ses expériences avec les grigris. Quelles différences entre le bec de moineau et la poudre de bec de aras, les petites variations d'effets entre le fiel de caïman et celui d’alligator... Il sait bien que son apparence n'aide pas sa crédibilité quand à son sérieux sur sa pratique du voodou. C'est une chose qu'il cultive pour décourager les moins motiver et qu'on lui fiche la paix.. Sa passion pour les grigris est la même pour l'invocation des loas. Sa sensibilité particulière à leur présence, ainsi que sa pratique sans crainte de la possession sont vraiment hors normes. Bien entendue il lui arrive de faire des erreurs. Les conséquences n'ont jamais rien eu d'une partie de plaisir, mais les bienfait qu'il a put collecter avec certains loas, l'ont toujours encouragé à continuer.

Lukumi léve un sourcil, qu'est-ce que c'est que cette histoire d'exercice de la vérité ? Une communauté où personne n'a de secret les uns pour les autres c'est possible ? Le caraïbien a un doute sur cette affirmation. Comment peut-on imaginer une telle chose ? De son point de vue personne, ça ressemble plus à une façon d'avoir l’ascendant sur les autres. Lorsqu'on connaît tous les petits secrets des autres, on a la main mise sur eux. Après s'il veut connaître la vérité sur le mûlatre, Lukumi peut lui donner la recette d'un grigris qui est très efficace. Mais peut être n'a-t-il pas bien traduit.

« J'suis prêt à répondre aux questions. »

Il peut tout à fait comprendre qu'une communauté soit méfiante avec les étrangers qui cherchent à y entrer. C'est pour ça qu'il vient partager les savoirs et non pas juste vampiriser les connaissances des vodouns de la région. Pour ça, il est prêt à répondre aux questions qu'on lui posera sans souci. Mais s'il doit lister ses vices et ses péchés, ils vont en avoir pour la nuit. Non... Ne sachant pas ce que veut exactement Lincoln, il préfère se contenter de répondre plus ou moins honnêtement aux questions qu'on lui posera. Car si c'est son état de santé qui les préoccupent, il se fera un plaisir de leur expliquer qu'il n'est pas contagieux et que son ancien cancer ne représente une menace que pour la préparation de ses grigris lorsqu’une toux sanglante le prend.

Lukumi est satisfait d'avoir fait naître un certain intérêt pour le contenu de ses valises restaient à l'apparte-hotel. Il écoute à nouveau Lincoln parler de son habilité et de son savoir-faire. Le caraïbien sourit satisfait d'avoir trouver un collègue en la matière.

« J'en'ai prit l'plus possible. Avec un peut d'chance, l'garines ont commencées à germer dans l'coton. Les plus utiles qu'j'avais dans mon jardin à mi... »

Une quinte de toux l’empêche de s’étaler plus sur ses possessions mais c'est un manquement qu'il se fera un plaisir de rectifier une prochaine fois et avec la marchandise en question.

Lukumi ne pet s’empêcher de froncer les sourcils à la phase de l'ancien. Il prend un visage sérieux. Cette fois il est quasiment certain d'avoir compris les mots. Chez lui on ne pose pas ce genre de question sur la façon de pratiquer des uns et des autres. C'est un cruel manque de tact. Il se sent insulté qu'on pense qu'il puisse contraindre un loa. Mais ça, il est vrais qu'il faudrait connaître sa pratique pour pouvoir savoir que jamais il ne contraint les loas. Il se radoucit en se rendant compte qu'effectivement ici il n'est qu'un inconnu suivit par la présence d'un loa. Lukumi a affirmé qu'il répondrait aux questions, voici la première. Autres lieux, autres mœurs.

« Personne est obligé à rien ici, promis. C'pas mon genre. Papa Zaka m'a suivi d'son plein grès. J'me sens un peu perdue dans cete ville, alors d'fois j'invie l'ministre d'l'agriculture ou d'autres à partager m'pas. »

D'autres comme Grans Bwa, mais est-ce intelligent de dire comme ça de bute en blanc qu'en bon wouga, Lukumi peut aussi faire appel à un Gedé qu'à un Petro pour ne pas se sentir seul ? Il ne veut pas tout de suite dévoiler l'étendue de ses capacités. Le mûlatre refuse de passer le peu de temps qu'il lui reste à être instrumentaliser.

« Après j'tellement l'habitude d'avoir un loa pas loin d'mi, qu'm'arrive d'pas voir qu'y à un intrus dans l'lot.. »

Lukumi prend une grande inspiration, tousse comme un pestiféré...prend une plus petite inspiration et se concentre pour essayer de capter si quelqu'un ou quelque chose a passer le portail de Papa Legba à son insu. Une démangeaison familière parcoure les cicatrices de brûlures et un sourire digne du joker naît sur le visage du vodoun.
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Lincoln Greenwater
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MessageSujet: Re: Premier contact   Dim 20 Mai - 23:40

La soirée était désormais bien avancée, Lincoln jeta un regard furtif à sa montre: 22h36. Ils approchaient de la vieille demeure, repaire des vodouns de la Nouvelle-Orléans depuis de nombreuses années maintenant. Il ne lui connaissait pas de propriétaire désigné, et personne n'était venu jusqu'à présent en réclamer le tribut. De mémoire c'était un des anciens Barons qui avait commencé à organiser des soirées à l'intérieur, il s'était abrogé les lieux et depuis les vodouns s'y rassemblaient après les rituels et pour faire la fête.

Elle était haute d'un étages, deux si on comptait les combles, et pratiquement aussi longue qu'un terrain de foot. Lincoln ne s'était jamais embarrassé à compter toutes les pièces, mais un certain nombre à l'étage étaient condamnées. La communauté se contentait généralement  du rez-de-chaussée, et les quelques chambres de l'étage servaient parfois à ceux qui souhaitaient un peu d'intimité.

Quand personne n'y faisait la fête, la bâtisse paraissait complètement abandonnée, avec ses vitres brisées, ses portes défoncées, sa façade décrépite et recouverte de plantes grimpantes. Ces dernières avaient même investit l'intérieur, longeant les murs et s'agrippant au plafond.

Mais alors que le vieil homme s'approchait avec Lukumi de la demeure, on pouvait y apercevoir la luminosité orangée et dansante des bougies, deux braseros encadraient le perron arrière qui donnait sur le verger, qui lui-même amenait à l'Hounfor.
La maison avait connu tant d'évènements, des joyeux, des tragiques, des historiques et des anonymes.
Le lieu lui-même avait été béni des Loas, afin qu'il devienne un sanctuaire où les vodouns pourraient se rassembler sans jamais craindre les dangers de l'extérieur. Un bastion qui les protègeraient contre... Contre quoi exactement? Lincoln n'avait jamais vraiment compris cette histoire de bénédiction. Mais il devait bien reconnaître qu'il avait depuis sentit une fine pellicule de magie envelopper la maison.

Alors que les deux vodouns passent le pas de la porte, une odeur d'encens leur envahi les narines, l'air est chargé d'une brume diffuse, alimentée par les bâtonnets parfumés allumés un peu partout.
Sur les murs, des vévés sont dessinés sans logique ni continuité, chacun à laissé libre cours à son inspiration. La pièce était autrefois une cuisine, une grande table de bois, très ancienne y trônait toujours, simple, brute, mais incroyablement robuste. Lincoln invita Lukumi à prendre place sur l'une des chaises présente, alors qu'il se dirigeait vers un placard d'où il extirpa une bouteille de rhum et deux verres poussiéreux.

Alors qu'il remplissait les verres, il observa une nouvelle fois le nouveau venu. A la lumière des bougies, l'homme paraissait venir d'outre-tombe, son corps ne semblait être que souffrance.


"Parle-moi du Vaudou d'où tu viens... J'ai comme l'impression qu'il se pratique différemment dans les Caraïbes, je serais curieux de pouvoir comparer les différences..."

Il s'assit à son tour, curieux d'en apprendre plus sur les pratiques des îles.
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Premier contact

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