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 La loyauté d'un loup

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Blake Davis
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MessageSujet: La loyauté d'un loup   Jeu 17 Nov - 17:08

Une fois n'était pas coutume, Blake avait décidé de ne pas veiller toute la nuit. Il avait beau être du genre noctambule, ses insomnies chroniques le fatiguaient excessivement et il ne devait de tenir le coup qu'à sa capacité retrouvée à communier avec le loup, qui lui avait permis de retrouver une meilleure forme physique. Reste que de temps en temps, il fallait qu'il essaie de dormir correctement. Ce soir était l'un de ceux où il avait fait en sorte d'au moins essayer.

Il était couché dans sa bagnole, sur la banquette arrière, qu'il avait essayé d'aplatir au maximum afin de se donner plus de place pour bouger. On pouvait à juste titre se demander pourquoi il choisissait de crécher ici quand il aurait largement eu les moyens de se payer une chambre d'hôtel. Il avait décroché, mais ces presque deux décennies de travail lui avaient permis d'accumuler un pactole coquet, qui lui aurait largement permis de se payer une vie de luxe pendant un petit nombre d'années. C'était que paradoxalement, sa voiture lui paraissait plus confortable. Dans un environnement inconnu, il était à peu près certain qu'il n'aurait jamais réussi à vaincre cette incapacité handicapante à s'endormir.

Une pluie finie commençait à tomber sur les vitres. Le silence des rues l'apaisait, puis il y avait ces effluves familières. Le toucher caractéristique des sièges. L'odeur de clope froide, de cuir, et même ce fond d'hémoglobine qui finirait par disparaître entièrement à force que cette bagnole ne serve plus à cacher ni à transporter aucun cadavre l'entouraient d'un voile agréable. C'était ce qui ressemblait le plus pour lui à une maison. Un endroit où il pouvait provisoirement oublier le creux béant qu'il avait au milieu de la poitrine et qui cherchait en permanence à l'absorber dans sa noirceur. Il aurait été aisé de retomber. L'effet des réalisations qui l'avaient frappé durant son année au Canada commençaient à s'atténuer, et sa vie était toujours aussi vide et dénuée de sens. Pas qu'il en fut grandement étonné... Il n'était pas revenu à la Nouvelle-Orléans dans l'espoir de reconstruire sa vie, qu'il savait de toute façon foutue dans des proportions indécentes. Seulement, il avait pris des décisions qui lui étaient devenues difficiles à tenir. Revenir en arrière, respecter ses désirs profonds, c'était bien beau, mais quel intérêt si c'était pour finalement n'en avoir que plus envie de crever ?

Il se raccrochait au souvenir de ce qui avait failli lui arriver. Son loup était en train de devenir taré. Il aurait fini comme Terry. Même au fond du trou, même durant ses périodes les plus noires, il s'était toujours fait un devoir de ne pas finir comme cet enfoiré. Comme l'homme qui avait massacré sa famille. Il en avait blessé bien d'autres, des familles, mais au moins avait-il été conscient de ce qu'il réalisait. D'autant que cela n'avait pas changé grand chose qu'il participe à cette chasse à l'homme géante. Maintenant, d'autres le faisaient à sa place. C'était ainsi que fonctionnait ce monde de merde. Cette constatation le frappait avec la même réalité froide que du temps où il était complètement coupé de ses émotions humaines. Une vague de cynisme s'était réinstallée sur son terrain interne laissé vierge, effacé par les neiges du Grand Nord il y avait cela de longs mois.

Il grogna. Son dos grinçait. Il fallait bien avouer que la position n'était pas extrêmement confortable, surtout compte tenu du fait que son corps avait vieilli et ne supportait plus aussi bien ce type d'épreuves qu'avant. Il songea à se transformer. Les pensées du loup étaient moins retorses. Les laisser prendre le devant de sa scène mentale l'aiderait probablement à trouver le sommeil. Puis il douillerait aussi probablement moins, comme c'était quand même nettement moins inconfortable pour un canidé de dormir sur la banquette d'une voiture que pour un humain.

Au moment où il commençait à y songer sérieusement, son téléphone sonna. Il bugua quelques secondes, étonné qu'on l'appelle à cette heure. A une époque, ça aurait été courant. Mais ça faisait un moment qu'on avait cessé de l'appeler de manière trop récurrente pour lui proposer des contrats. La nouvelle de sa retraite commençait à s'être pas mal répandue. Blake se contorsionna pour attraper l'appareil. Dès qu'il vit le nom d'Esmera s'afficher, il répondit.

C'était pour ce genre de raisons qu'il n'avait pas encore complètement reviré. Il y avait des gens qui comptaient sur lui. Il avait bien l'intention de ne pas les décevoir.

"Allo ?"

Lentement, ses yeux s'ouvrirent alors qu'elle était en train de lui exposer son problème. Enfin... Elle était très vague, mais le principal y était. Il se redressa énergiquement en position assise.

"Donne moi ta position exacte. Je suis là dans dix minutes."

Les détails attendraient qu'il soit vers elle. Elle paraissait totalement retournée. La priorité était donc qu'il la rejoigne, car elle paraissait avoir besoin de son soutien, et pas seulement téléphonique. Par chance il n'était pas très loin d'une entrée des égouts. Il avait passé sa soirée dans le squat, qui était encore l'un des endroits où il préférait... squatter (tadam) lorsqu'il n'avait pas de raisons de se trouver ailleurs. Elle avait eu du bol qu'il décide de remonter pour dormir. Là en-bas, il n'était pas certain que ça aurait capté.

Dès qu'il eut les bonnes infos, il se pressa en direction de la bouche d'égout, qu'il souleva. L'odeur lui retourna vaguement l'estomac. C'était le souci lorsqu'on retrouvait subitement un odorat surhumain dont on n'avait plus l'habitude depuis plus de quinze ans... Face à ce type de puanteur, ça devenait un peu difficile de ne pas défaillir. Néanmoins il n'était plus à sa première fois, et il avait vu et senti des trucs encore plus dégueulasses au cours de sa vie. Comme à son habitude il prit sur lui et descendit dans les conduits sombres afin d'y retrouver Esmera.

Plusieurs minutes d'exploration plus tard, il entendit plus qu'il ne vit sa destination approcher. Il n'eut aucun mal à reconnaître la silhouette de la jeune femme malgré la pénombre épaisse. Il s'approcha d'elle à pas mesurés, désireux de ne pas la surprendre. Si elle s'était cachée ici, c'est qu'elle craignait d'être suivie. Ou recherchée. Elle lui avait annoncé avoir été piégée, n'est-ce pas ? Ça ne lui disait rien qui vaille. Le métamorphe s'accroupit à côté d'elle, vaguement soucieux.

"... Esmera. Je suis là."

Il aurait voulu enchaîner pour s'enquérir de ce qui lui était arrivé, mais il ne voulait pas trop lui en demander. Pour le moment, c'était déjà important qu'elle se rende compte de ça. Du fait qu'il était là, et qu'elle n'était plus toute seule face à son problème.
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Esmera Yanis
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Ven 18 Nov - 16:30

Dix minutes…Ce n’est pas la mer à boire, mais là tout de suite ça me parait une éternité. Et moi qui pleure devant ma bougie et une vielle bouteille de la prohibition…J’ai l’air totalement ridicule. Et en même temps, je me sui faite piégée comme une idiote. Ce petit enfoiré est tellement bon, que si je n’étais pas se que je suis, je pourrais presque croire que c’est vraie. Que c’est moi qui l’ai agressée. Qu’en fait il ne voulait pas se faire mordre mais juste avoir une aventure. Sainte Vierge ! Besse m’avait dit de me méfier des maquillages trop prononcés !

Bon, il faudrait que je bouge un peu. Je ne suis pas sûre que mes explications fussent très claires et les caves des speakeasy n’étaient pas faites pour que n’importe qui tombent dessus par hasard. Mais prendre le risque de sortir… Non, ça ne devrait pas être dangereux…pas encore. Il faut que le BIAS arrive, puis calme la foule en colère, recueille la déposition de Caïn, si seulement c’est bien son nom, compare les descriptions pour faire un portrait robot et enfin se mettre à ma recherche. Je sors donc de la cave pour être un peu en vue dans les tunnels.

Le mur froid et humide contre mon dos nue encore une sensation bien réelle. Je me laisse glisser au sol. Le jupon en voile tombe mollement sur le côté de mes cuisses. Et si c’était vrai ? Et si je l’avais vraiment agressé ? Comment est-ce que je peux être certaine que je ne l’ai pas attaqué ? Est-ce qu’une seule fois il a dit clairement qu’il voulait être mordue ? Il l’a sous-entendue. Toute la soirée… Toute la soirée il ma pousser à changer mes habitudes, mais jamais il n’a dit le mot… C’est sur ce détaille que tout va se jouer.

Mais comment ai-je pue être aussi crédule ? Je l’ai laissé mener la danse. Je l’ai laissé me mener où il voulait. Maintenant je vais me faire arrêter et juger. Qu’est-ce qu’on fait aux vampires qui agressent les gens ? On les enferme peut être. Mais combien de temps ? Si ce n’est pas le TPH qui me met la main dessus avant les véritables forces de l’ordre.

Non ce n’est pas possible ! Pas avec se qui s’est passé il y a trois ans. Je me suis moi-même exilé pendant trois ans. Trois ans pour me convaincre. Je ne suis pas un monstre. Je le sais ! Je ne l’ai pas agressé ? Je ne lui ai pas volé son sang, il me l’a offert.

Je sens sa présence, ou plutôt je sens son odeur de métamorphe. Pourtant, je ne me sens pas la force de bouger. Je n’ai que la force de pleurer, mais pas avec violence. Non ! Tous les sanglots et les cries, je les ai déjà tous poussés il y a trois ans. Il ne me reste plus que des larmes silencieuses qui coulent tel un torrent. Pas de hoquet, ni de soubresauts gémissants. Juste des larmes. Seul le mur derrière moi m’empêche de trembler.

Je sens du mouvement. Il a due s’accroupir prêt de moi, mais je n’arrive toujours pas à bouger. Aucune motivation et toujours ces larmes qui coulent et qui ne se tarissent pas.

Il me parle et plus que tout, sa voix me fait l’effet d’un électro-choque salvateur. Je lève à peine un visage en larme .J’aurais au moins pue me frotter la bouche, la peau des lèvres me tire, je dois encore avoir du sang. Ça c’est une tête d’innocent.
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Dim 20 Nov - 20:39

Esmera n'avait pas réagi à son approche. Elle ne s'était même pas tournée vers lui lorsqu'il s'était accroupi à côté d'elle. Le visage du vieux loup était un masque inexpressif qui ne montait rien des émotions qui l'assaillaient actuellement. Et pourtant, il était inquiet. Il en avait déjà eu la vague idée tout à l'heure au téléphone, mais quoiqu'il put être arrivé à Esmera, c'était grave. L'état de choc complet dans lequel il venait de la trouver en était la preuve.

Il ne voulait pas la brusquer, n'étant même pas certain qu'elle avait repéré sa présence, alors il commença par lui parler pour qu'elle le remarque. Il obtint enfin une réaction. Elle leva le bout de son nez et il put voir son visage en larmes, déformé par tant de détresse qu'il sentit son coeur se serrer. Ses lèvres se pincèrent. Ses yeux au prélable moribonds se  teintèrent d'une lueur compatissante.

Elle avait le visage ensanglanté, mais il n'en tint pas rigueur. Il se rappelait ce qu'elle lui avait dit au téléphone : on l'avait piégée. Plusieurs théories commençaient à germer dans son esprit. Et puis même si ça n'avait pas été le cas... Même si elle avait réellement agressé quelqu'un et que c'était à cause de ça qu'elle avait besoin d'aide, ça aurait été du pareil au même.

Il avait donné sa parole à Esmera et il n'en avait qu'une. Il l'aiderait quoiqu'il arrive, quoiqu'elle fasse. Ils n'avaient toujours pas réussi à mettre la main sur l'enfoiré qui l'avait transformée, mais c'était évidemment toujours au goût du jour, et si cette épreuve supplémentaire n'avait rien à voir, il s'en foutait pas mal. C'était pour ça qu'il était encore en vie. C'était la seule chose qui donnait du sens à son existence, en ce moment. Elle avait pris de l'espace dans son coeur en cours de décomposition, là où l'amour qu'il avait pour ses enfants résidait. Au début, il avait vu sa fille en elle, si elle avait eu l'occasion de grandir. Maintenant, le sentiment avait évolué. Il savait qu'Esmera n'était pas Kathleen, et pourtant, il était resté attaché. Dans le fond, il l'avait probablement un peu adoptée.

Elle était désespérément seule et dans le besoin. Abandonnée par les siens aussi sûrement que Blake avait abandonné le peu qui lui restait quand on l'avait mutilé de sa vie. Des âmes pétées comme les leurs ne pouvaient que s'entendre. Une belle famille de bras cassés recomposée, à qui il arrivait des crasses et qui en faisaient en retour, parce qu'on ne ressortait jamais intact de ce genre d'épreuves, à moins vraiment d'être un foutu ange.

Calme et posé, Blake réfléchissait à la meilleure approche à adopter. Elle n'était pas prête à parler. Se laisserait-elle toucher ? Il pensait qu'elle en avait peut-être besoin, mais en même temps elle pourrait aussi paniquer, se sentir oppressée si il l'approchait. Se faire rejeter ne lui aurait personnellement fait ni chaud ni froid. Il n'avait pas de fierté immature à protéger et, froidement, il fonctionnait en terme d'intentions : il cherchait à la soutenir. Si le biais par lequel il passait pour ce faire était mauvais... Eh bien ça arrivait. Pas de quoi en faire tout un pataquès. Dire qu'il n'était pas parfait aurait été un sacré euphémisme. A quoi bon craindre d'en donner la preuve supplémentaire ?

Non par contre, ce qu'il voulait à tout prix éviter, c'était d'empirer son état. Néanmoins l'inaction n'allait probablement pas lui faire beaucoup de bien non plus, alors ça valait probablement le coup qu'il essaie. Il tenta d'approcher doucement une main de sa joue pour essuyer les larmes qui coulaient. Il voulait voir si ses réactions à cette première tentative étaient ou non positives. Il essaya de l'amener à le regarder. A approcher son front du sien.

"Esmera... Hey. Regarde moi. Je suis là, et je vais t'aider. Quoiqu'il ait pu t'arriver... On va s'en occuper, d'accord ?"

Lentement, il essayait de poser son autre main contre son épaule afin de l'amener dans une étreinte qu'il voulait ferme et rassurante. Il n'irait au bout de son geste que si elle ne montrait aucun signe de résistance. Blake n'était plus vraiment habitué à ce qu'on l'accueille ouvertement.

"Ça va aller. Personne ne viendra nous chercher ici dans la minute. Et même si c'était le cas je saurais où aller."

Tenter de la rassurer sur leur sécurité relative était la deuxième meilleure idée qu'il avait pour le moment, afin d'essayer de lui venir en aide.
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Lun 21 Nov - 10:57

Sa main approche et se pose sur ma joue. Elle est chaude, sa me donne envie sangloter, mais je n’en ai pas la force, juste des larmes silencieuses. Je le laisse faire, me concentrent sur ce qu’il me dit. Mon front touche le sien. J’écoute…Se sont des mots de réconforts. Il ne sait pas encore se qu’il s’est passé, mais il dit qu’il va m’aider. J’ai envie de le croire, mais je ne voie vraiment pas comment on pourrait s’occuper de ça. C’est bien trop catastrophique. Mais j’ai envie de croire se qu’il me dit, sinon, il ne me reste plus qu’à mourir.

J’hoche la tête. Je suis sûre que si j’ouvre la bouche, un flot incompréhensible de sons en sortirait, alors je préfère ne rien essayer de dire pour le moment et laisser cette boule qui m’étouffe à sa place. Je ne veux pas qu’elle remonte. Même si j’ai l’impression que sa me soulagerais, je ne veux pas être soulagé, car quand sa arrivera, je devrais voir la réalité en face et chercher un moyen de m’en sortir.

Il me prend dans ses bras et là c’est trop. Ma gorge va exploser en milles morceaux si je me retiens d’avantage. La boule est aux bords de mes lèvres et je la libère. Me voilà secoué de sanglots bruyants.

« Je…je…j’suis trop b…b…bête... je…je…je…j’aurais…ais…du…due…m…m…méfier. Pa…pa…pa…pardon…J…je…j’aurais….pas due….mordre.»

Et voilà, ça ressemble à rien, ça n’explique rien, ça ne sert à rein !

« Tais-toi … »

La tête enfuie dans l’épaule de Blake, je ne suis pas sûre qu’il entende ce que je dis et encore moins qu’il comprenne au milieu des larmes qui sont maintenant très bruyantes. Les phrases saccadées et entrecoupées de pleures, et voilà que je me parle à moi-même. Ça me pendait au nez. J’essaye de me calmer, mais c’est peine perdue.

Les mots de Blake n’aident pas mais sont réconfortant. Elle aussi à trouver un endroit où se cacher, mais elle est rassurée de savoir qu’il a déjà prévue un lieu sécurisé. Elle voudrait lui dire que la cave n’est pas loi, mais elle n’arrive plus à aligner deux mots. Et puis là au sol dans ses bras, elle est bien, elle peut se laisser aller et ça, ça aide un peu.

« M...m....meu...meu...»

Même bredouiller un merci est devenue trop compliqué pour elle.
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Sam 10 Déc - 21:05

Blake était coincé entre deux sentiments contradictoires. D'un côté, l'inquiétude résidait. Il était évident que quoi qu'ait pu vivre Esmera, c'était quelque chose de grave, et la sortir de ce mauvais pas n'allait pas être de tout repos. Le loup noir n'était jamais contre un bon challenge et il n'en était pas à son premier contrat difficile, mais avec le peu qu'il savait à l'heure actuelle, rien ne lui permettait de savoir si ses compétences suffiraient. Celles de certains de ses contacts feraient très certainement le reste, mais d'ici là, il allait falloir mettre Esmera en sécurité, sachant qu'il y avait de bonnes chances pour que le BIAS soit après son cul.

...Eh bien ça ferait deux d'entre eux. Le BIAS n'était pas activement à sa recherche, comme il avait miraculeusement réussi à sauver sa couverture malgré les conneries énormes qu'il avait enchaînées lors de sa première arrivée dans cette ville, mais si ils avaient su de quoi il était coupable, nul doute qu'il aurait fait un aller simple en direction du couloir de la mort.

D'un autre côté, il était rassuré de voir que ses tentatives d'approche fonctionnaient et qu'elle ne le rejetait pas. Elle l'avait appelé, donc en un sens c'était qu'elle voulait quelque chose de lui, mais dans l'état qui semblait être le sien à l'heure actuelle, elle aurait tout aussi bien pu refuser tout forme de réconfort. Ou bien ne pas avoir ce genre d'attentes le concernant.

Néanmoins elle avait clairement besoin de soutien, et c'était donc une bonne chose qu'elle réagisse positivement à sa présence. Subitement, il la sentit imploser entre ses bras. Elle vint enfouir son visage dans le creux de son épaule. Il la serra fermement contre lui, afin qu'elle comprenne par les gestes qu'il n'avait aucunement intention de la lâcher. Au sens propre, comme au figuré. Le menton posé sur sa tête, il se mit à caresser doucement ses cheveux et il ferma les yeux, concentré sur les sanglots qui la secouaient pour essayer d'y comprendre quelque chose.

C'était presque peine perdue. Elle n'était pas en état de parler, et le peu qu'il parvenait à deviner de ses propos ne lui apprenait pas grand chose de neuf. Si ce n'est qu'elle aurait dû se méfier, et qu'elle avait mordu la mauvaise personne. Ça allait dans le sens de ses théories, et ça n'augurait rien de bon. Mais avant d'y mettre la moindre pensée supplémentaire, il attendrait qu'Esmera aille un peu mieux. Ce n'était pas le moment de tracer des théories dans le vent. Elle était en détresse, et ce n'était pas de parler, qu'elle avait besoin à cet instant précis, mais d'évacuer ce trop plein d'émotions et de tension qui débordait de tous les bouts. Il ne fallait pas qu'elle lutte. Elle n'avait pas besoin de se justifier avec lui.

Elle ajouta quelque chose qu'il ne fut pas certain de comprendre, car ça paraissait hors contexte, à moins qu'elle ne soit rendue au stade où elle se parlait à elle-même. Peu importait : quand on était dans ce genre d'état, c'était plus ou moins normal de dire n'importe quoi, et parfois c'était ce dont on avait besoin, alors il ne ferait aucun commentaire, et il se contenterait de garder sa propre ligne de conduite, qui consistait à essayer de la rassurer. De lui montrer, doucement mais sûrement, qu'il n'y avait aucune raison concrète de paniquer tant qu'ils étaient dans cet environnement secret, protégé. Et qu'ils auraient tout le temps de penser son problème de façon rationnelle afin de le régler, en minimisant au possible les dégâts.

Il n'eut pas l'impression que ce qu'il disait avait le moindre effet. Elle se détendait lentement, mais il y voyait là le résultat de la façon dont elle était en train de tout lâcher plus que d'une quelconque intervention de sa part. Ça ne l'empêchait pas d'essayer. Il savait par une expérience acquise il y avait de cela une éternité que le ton d'une voix rassurante était en mesure d'aider tout créature animale ou humaine à retrouver l'apaisement qui lui manquait. Par extension, ça fonctionnait aussi sur les vampires.

"Prend ton temps... Lâche tout... C'est le plus important pour le moment. Ne te soucie pas du reste... On va s'en occuper."

Il se répétait, mais on s'en foutait un peu. L'important, c'était que le message passe.
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Jeu 29 Déc - 11:11


Depuis combien de temps suis-je entrain de pleurer ? Combien de minutes à tremper la veste du métamorphe loup ? Je suis pathétique, ridicule et détestable ! Pourquoi a-t-il fallu que je sois si faible ? Pourquoi suis-je passée par cette ruelle au lieu du grand boulevard ? Pourquoi ai-je voulu faire la fête il y a trois ans ? Pour quoi on m’a transformé puis abandonné ? Suis-je si pathétique ? Si haïssable que même mon monstrueux créateur n’a pas voulu de moi ? Et maintenant je suis punie pour un crime que je n’ai pas commis ce soir mais il y a trois ans. Peut être que ce n’est pas plus mal. Peut être que je devrais laisser Caïn ou quelque soit son véritable nom, faire. Je devrais me rendre, comme ça se serait réglé. Et ma vengeance alors ? Personne y pense ? Je ne me laisserais pas tuer une deuxième fois sans avoir d’abord fait payer celui qui est responsable de tout ça ! A quoi bon ? Jamais on ne le retrouvera. Ça fait trois ans maintenant. C'est impossible qu'on tombe dessus par hasard, et quand bien même. Plus le temps passe plus le nombre de mes alliés diminue à vue d’oeil. Bess me l’a dit : plus il est vieux, plus le vampire est fort. Je ne serais donc jamais en mesure de le détruire. C’est certain que ce n’est pas en pleurant que les choses changeront.

Les sanglots diminus. Les caresses semblables à celles de mon père commencent à m’apaiser, faisant appel à des souvenirs agréables, si loin de maintenant. J’aimerais suspendre le temps...mais c'est chose vaine. Au moins j'étais à l’abris enfermée dans ma maison. Je n'aurais pas dû sortir. Devenir un hermite n’est pas une solution. Je le sais mais c'est tentant.

Il est gentil de vouloir s’occuper de moi, moi qui n’est rien fait pour lui. Je ne sais pas se qu'il pourrait bien faire. Le mal est déjà fait. J’imagine facilement Caïn en train d’expliquer aux agents du BIAS comment je l’ai agresseur alors qu'il pensait avoir à faire à une jeune femme normale. Tout en jubilant intérieurement comme le monstre qu'il est. Il a bien choisi son nom. Caïn, le premier assassin, le premier monstre.

”Merci... “

Ça y est, j’arrive enfin à prononcer des mots entiers. Pas certaines que je puisse réaliser le même exploit avec des phrases. Complètes. Mais il le faut. Il faut qu'il se rende compte de la gravité de la situation.

Je ne veux pas échapper à son étreinte et m’accroche à son dos. J’essaye tan bien que mal de mesurer la force qui est mienne, mais je ne sais pas si j’y arrive. La dernière fois il ne s'est pas plaint alors que j’enfonçais mes ongles dans sa chaire. Je garde ma tête dans son coup. Il faut croire que je suis dans un état bien étrange. Posée contre sa carotide, j’entend son pull et pourtant...la Soif ne se manifeste même pas.

” Il était gentil avec moi...mais il voulait que je le morde...je le jure. Je ne voulais plus mordre les gens.“

Ça non ! Je ne voulais plus et me voilà vacciné pour un long moment.

”Il m’a poussé à le faire. Il m’a fait entrer dans un bar d’humain et il a râlé quand j'ai voulue boire une bière.“

J’essaye d’organiser mes pensées pour dire les phrases dans le bon ordre mais ce n’est pas facile. Ma rencontre avec ce personnage incongru, je n’aurais pas dû rester avec lui. Son numéro digne d’un mauvais filme et moi qui tombe dans le panneau.

”Il a tout fait pour me convaincre et quand je l’ai mordue il s’est mis à hurler et tout le monde à crue que je l’attaqué...m..m…mais c'est pas vrais. “

Les pleurs reprennent le dessus pendant quelques secondes. Qu'est-ce que j'aimerais pouvoir m’endormir d’epuisement.
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Mer 8 Mar - 18:07

Le silence profond coupé uniquement de respirations saccadées qui se réverbéraient contre les murs des souterrains formait le dernier repère qu'il était possible de garder dans cet environnement. Ça, et le contact frissonnant du corps de la jeune vamp inconsolable. Il faisait sombre. Blake finit par perdre la notion du temps, uniquement concentré sur la tâche qui lui incombait de soutenir Esmera dans cette nouvelle épreuve, survenue alors même qu'ils n'étaient encore arrivés à rien concernant la première - son créateur, son violeur, était toujours dans la nature.

Il restait aussi concentré sur les éventuels parasites sonores qui auraient pu naître dans l'obscurité sans qu'aucun d'eux deux, ni un quelconque rat aussi aventureux qu'inoffensif, en soit à l'origine. Il avait beau eu dire et répéter qu'ils ne risquaient rien tant qu'ils étaient cachés ici, on n'était jamais trop prudent. Il existait toujours un risque faible pour qu'Esmera ait été remarquée par des témoins, ou suivie, ou encore pour qu'un agent un peu trop malin ait deviné qu'elle viendrait se planquer ici.

Au bout d'un temps qui aurait pu ne durer que quelques secondes autant que plusieurs dizaines de minutes, il la sentit remuer contre lui, ce jusqu'à ce qu'elle parvienne à articuler deux syllabes. Un mot stable, un mot cohérent. Le premier depuis qu'il était arrivé. Mieux ne valait pas crier victoire trop vite cela dit. Il sentait à son étreinte forte que ce calme illusoire ne tenait qu'à un fil et qu'il aurait suffi de rien pour qu'elle se noie à nouveau dans les eaux gluantes de la panique et de la détresse. A vrai dire, ça aurait probablement été douloureux si son corps avait été moins entrainé. Sa nature métamorphe et sa musculature solide lui donnaient les moyens de supporter cette pression sans véritable handicap. Ça aurait été gênant qu'il soit obligé de lui demander de restreindre ses ardeurs afin qu'il puisse respirer. Il ne voulait pas la perturber. Elle en avait visiblement déjà eu assez.

Elle resta encore un moment ancrée à lui sans ajouter un mot de plus. Il fit de même, les yeux posés sur ce qu'il apercevait du haut de son crâne échevelé, sans cesser de lui rendre son étreinte, qu'il cherchait à rendre la plus rassurante possible.

Elle parvint enfin à parler. Blake n'accusa aucune surprise. Les traits de son visage s'assombrirent, mais on ne pouvait y lire qu'une résignation mortifiée. Elle était en train de confirmer ses craintes. Ces théories auxquelles il n'avait pas voulu donner de suite avant qu'elle ne le mette effectivement sur leur piste.

Placide, impavide, il écouta les explications d'Esmera sans chercher à l'interrompre. Elle avait donc rencontré une personne qui avait été gentille avec elle et qui souhaitait qu'elle la morde. Esmera avait eu de mauvaises expériences qui l'avaient amenée à éviter cette façon de s'alimenter mais on l'avait convaincue après l'avoir "innocemment" invitée à aller boire un coup dans un endroit d'apparence anodin. L'infâme marionnettiste devait être très fort, parce qu'il avait malgré tout réussi à obtenir ce qu'il demandait. Et dès que c'était arrivé, il avait retourné sa veste afin de faire croire à un viol sanguin.

Blake devait doucement mais sûrement s'être mis à grincer des dents, car il prit subitement conscience qu'il avait les mâchoires serrées et douloureuses. Il relâcha la pression et soupira, cherchant l'ordre dans lequel délivrer les informations qu'il avait en sa possession. Ce mode opératoire lui était trop familier pour que ça ne soit qu'une coïncidence. Il fallait qu'il informe la rouquine. Il fallait qu'elle sache ce à quoi elle avait à faire. Et qu'elle comprenne qu'elle n'y était pour rien. Cette ordure était un professionnel, au même titre que Blake l'avait été. Il n'y avait pas de quoi être fier de ce genre de records.

"Le marchand de mort. Il est en ville et il t'a prise pour cible. C'est une des pires raclures dont j'ai jamais entendu parler..."

Il marqua une très brève pause afin d'organiser ses pensées.

"On en sait très peu sur lui. A vrai dire on ne sait même pas si c'est une personne unique ou bien si ils sont plusieurs. C'est un manipulateur expert, un acteur, un pro du déguisement, si bien qu'il reste parfaitement anonyme parce qu'il n'arbore jamais la même identité. Cela dit on penche plus pour une personne unique dans le sens où aucune de ses actions n'a jamais eu lieu à deux endroits simultanément ni sans qu'il ait eu le temps de faire le trajet correspondant. On le pense affilié au TPH dans le sens où ça serait  presque impossible qu'il puisse masquer ses pistes aussi efficacement si il faisait cavalier seul. Comme je disais, une vraie petite raclure, qui prend plaisir à jouer avec le mental de ses victimes."

Un grognement énervé lui échappa enfin tandis qu'il rajoutait entre ses dents serrées :

"... Mais il ne va plus rire très longtemps. Il ne peut pas se casser immédiatement à moins de vouloir griller sa couverture, ça le rendrait trop facile à identifier, à pister. On va se le faire avec des petits oignons..."

Et effectivement, le contexte leur était favorable. Blake n'était peut-être pas fan des cosmétiques capillaires, des lentilles, des postiches et autres atours favorisant l'anonymat, mais lui aussi était un professionnel reconnu dans le milieu de l'assassinat rémunéré. Mieux : la traque était l'une de ses spécialités, si bien qu'il relevait le défi avec joie. Cette pointe d'excitation malsaine qu'il ressentait toujours avant la chasse se distillait présentement dans ses veines, accompagnée d'un nuage de culpabilité nettement plus exotique. C'était un sentiment qu'il n'avait réappris que récemment.

Sans compter qu'ils ne seraient pas seuls. Il aurait mis sa main au feu que le marchand de mort faisait partie des cibles numéro un du Talion. Il n'avait pas de contacts louisianais dans l'organisation, mais il savait de source sûre qu'il était bien présent dans la région. Non vraiment... Cette racaille avait mal choisi sa cible. L'heure des comptes avait sonné.
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Jeu 14 Sep - 10:12

Le quoi ? Qu'est-ce que c'est un marchand de mort ? Pour quoi il s'en est prit à moi ? J'écoute ce que Blake me dit sans vraiment comprendre. Il y aurait vraiment des gens dont la seule passion dans la vie serait de pourrir celle des autres à ce point ? Je n'arrive pas à y croire. Et pourtant n'est-ce pas ce qui vient de m'arriver ? C'est carrément surréaliste !

Pas tan que ça... après un petit temps de réflexion. Ce n'est pas plus difficile à croire que les nazis qui persécutaient les gitans et les juifs. En fait, l'Homme de change pas et s'attaque encore et toujours à ce qui est différent de lui. La cible change, mais pas les raisons...la peur de la différence. Je vais lui donner des raisons d'avoir peur... Non ! Je ne dois pas laisser la colère m'envahir. Tout ça arrive parce que je suis bien trop naïve.

Il joue avec le mental de ses victimes ? Voilà qui me fait l'effet d'une douche froide. Ça me renvoie à mon instabilité qui dure depuis bien trop longtemps. Je suis déjà brisée ce n'est pas un scoop. Mais c'est vrai que je tentais de me reconstruire ce soir. Et voilà le résultat. Ça n'a pas due être trop dur avec moi pour le génie de la manipulation que me décrie le métamorphe.

Le choc a eu ça de bon que je ne pleure presque plus. Mes sanglots se sont arrêter, même si les larmes elles continuent a couler, au moins je ne suis plus secouée de tremblements. J'arrive à lâcher Blake. Mon sauveur. Le seul en trois ans qui n'a pas essayer de me faire du mal.

Qu'est-ce que je peux faire maintenant ? Je relève la tête et lâche sans conviction mon étreinte. J'ai beaucoup de mal à quitter la sécurité de la chaleur corporelle qui m'offre si gentiment. C'est bien trop dur de m'éloigner et de me priver ainsi de ses bras réconfortant, mais je dois le faire...pour avancer !

« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? »

Voix faible et presque implorante. Je ne sais pas qu'est-ce que j’attends de lui. Est-ce que je l'ai appeler seulement pour avoir du réconfort ? Ou je voulais plus ?
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Sam 11 Nov - 12:10

Esmera l'avait lâché et elle s'était redressée, accroupie face à lui mais moins effondrée maintenant qu'elle avait pu dans une certaine mesure évacuer angoisses et affliction. L'étreinte avait été remplacée par une connexion invisible, dans le noir. Il observait les seules choses qui s'en détachaient : sa silhouette dans la pénombre. Ses yeux dont la cornée brillait du peu de lumière qui parvenait à passer dans ces couloirs profondément isolés de la moindre source directe.

Ses yeux, qu'il devinait exprimer un doute qui n'avait pas lieu d'être. Ne lui avait-il pas déjà offert son aide ? Ne s'était-il pas déjà lié à elle par un serment, prononcé sur un coup de tête lors d'une soirée printanière étrange où le son d'un violon l'avait guidé au travers de la forêt ? Même à l'époque où on ne pouvait plus se fier à lui, car il était capable de retourner sa veste contre un ancien employeur dès qu'il avait mené à bien la mission qui lui avait été donnée, Blake avait toujours mis un point d'honneur à honorer ses contrats. Cette époque était révolue, il avait retrouvé des parties de lui qu'il avait crues mortes et enterrées pour de bon. Ce contrat là, de ce fait, n'avait ni date de péremption, ni limite de cibles définie.

"Je t'ai dit que je t'aiderais à retrouver l'enfoiré qui t'as transformée. Parce que c'est une ordure, et parce qu'il t'a fait du mal. Le monde se  portera mieux sans lui. Eh bien il se trouve que le marchand de mort correspond aussi à cette définition. La nuance, c'est qu'il va falloir le piéger avant de l'étriper, si on veut avoir une chance de t'innocenter. La bonne nouvelle, c'est que je sais avec qui nouer des contacts pour y parvenir."

Il marqua une pause de plusieurs secondes alors qu'il réfléchissait. Il y avait bien d'autres choses qu'il voulait dire, mais cela faisait longtemps qu'il n'avait plus aucune expérience en terme de quelconques effusions et il n'était pas certain de réussir à s'exprimer clairement. Ni tout à fait sûr d'avoir envie d'en dévoiler autant. Esmera avait essuyé un nouveau coup dur et on pouvait compter sur le marchand de mort pour avoir creusé une estime de soi qu'il savait vacillante. De là, les états d'âme de Blake ne comptaient plus. Il se considérait encore et toujours comme un homme mort qui foulait par accident la terre, parce qu'on avait oublié de l'achever. Lui était foutu. Il avait fait son temps. La meilleure chose qu'il lui restait à faire, c'était d'utiliser cette capacité qu'il avait encore d'agir sur le monde physique au profit de ceux à qui il tenait. Ian, Stephan, et maintenant Esmera. Peu importait ce qui était bon ou pas pour lui.

Il posa un genou à terre de sorte à s'approcher plus près de la jeune vamp, sur l'épaule de laquelle il posa une main ferme.

"Le soir où je suis arrivé chez toi pour la première fois, j'errais sans but. J'avais perdu toute raison de continuer à vivre depuis un grand nombre d'années, et j'avais aussi perdu ce qui depuis m'animait, à la place. La haine, la rage, le goût de la traque, la mécanique facile d'une vie qui leur est dédiée : accepter une cible, trouver la cible, piéger la cible, éliminer la cible, et puis recommencer. Je me suis retrouvé plus jeune dans certaines des épreuves que tu as vécues. Tu... m'as évoqué d'autres choses, parmi celles que j'ai perdues. Et puis quelque chose s'est passé au fil de la discussion. Je ne t'ai pas proposé mon bras uniquement par charité."

Il arrivait que des semi-transformations arrivent lorsque un métamorphe ressentait une forte émotion. Le plus souvent, il s'agissait de la colère. Mais cela pouvait aussi arriver avec d'autres, telles qu'un fort élan de loyauté et d'affection inconditionnelle. Les yeux que Blake pointait sur la rousse étaient maintenant différents. L'éclat jaune vert typique des prunelles d'un prédateur nyctalope dardait sur elle sans faillir.

"Je veux que tu saches que tu peux compter sur mon aide, si tu en veux, peu importe la situation. Tu mérites d'être heureuse et de prendre ta revanche sur cette bande de connards, et sur le monde au passage. Hors de question que je les laisse pourrir ton existence les bras croisés. Ni que je les laisse te convaincre que tu n'en vaux pas la peine. Ni eux, ni personne d'autre."
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Mer 22 Nov - 13:39

Ce n’est pas possible d'être aussi niang-niang. Je n'ai jamais eu d’illusions sur les activités du metamorphe loup, même s’il ne l’a jamais verbalisé. Blake est loin d’etres un bon samaritain. Nin ce n’est pas une surprise, mais ce n’est pas pour cela que je l’ai appelé. Alors c'est pour quoi ? Non parce que ça va bien cinq minutes de se mentir… Je ne mens pas ! Je n’ai personne d’autre vers qui me tourner. Oh pitié ! Aucuns amis, tu en es sûre ? Je ne peux plus me tourner vers eux. Je suis morte !

Ce n’est pas en le prenant la tête avec moi-même que je pourrais avancer. J’ai bien vue le résultat que ça donne pendant trois ans : l'immobilisme. En même temps, je n’aurais dû attendre que mes problèmes se règlent d’eux-mêmes.

C’est à croire que nous sommes connecté lui et moi. La boule que j'ai encore dans la gorge, m'empêche de lui répondre. Il faut croire que j’ai sacrément offensé une divinité pour qu'on m’a posé deux monstres dans ma vie. Et maintenant que mon existence ne peut plus avoir de fin naturelle, je ne suis pas à l’abris d’en croiser d’autres. Blake est une personne extraordinaire. Il commence déjà à chercher un moyen de s'innocenter. Alors que moi, je suis incapable de réfléchir correctement, son cerveau travaille à plein régime. Il parle des personnes qui vont pouvoir m'aider. Malgré tout, je ne suis pas naïve, et je ne veux même-pas chercher à livrer ce type à la police. Même de mon vivant je n’ai jamais rien attendue de sa part. Ça ne va pas changer de sitôt. Etriper Caïn me semble une excellente idée. Je ne suis pas d’humeur à planifier une vengeance.

Je suis tellement surprise de voir Blake posé un genoux à terre et se rapprocher si près de moi que j’en ferais presque un mouvement de recul. Mais le mur m’en empêcherait de toute façon. Je ne m’attendais pas à ce qu'il se confie à moi. Encore moi maintenant. C'est sûr, je me repose trop sur le métamorphe loup, Alors que lui aussi a vécu des choses horribles. Il a besoin de se reconstruire et pas de se concentrer sur moi. Ses mots me touchent. Comment pourrais-je un jours lui rendre ? Si au moins je pouvais stopper le flot de larmes silencieuses et afficher un air plein de reconnaissance comme il le mérite. Je ne sais pas ce que j'ai bien pue lui évoquer et certainement qu’un jours je voudrais le savoir. J'essaye vraiment de me placer de son côté. Peut être que me consacrant à Blake, je pourrais oublier la douleur et la peur. Même qu’un temps.

Les muscles de mon dos sur la brique froide se détendent à la vue des yeux du loup. Leur éclat, de celui qui voit dans la nuit, dans l’obscurité la plus sombre, me rappelle qu'ils peuvent déceler la vérité. Je sais qu’il la trouvera avec la hargne e du prédateur obstiné. Je devrais donc arrêter de me ronger les sangs et penser plutôt à la façon dont lui venir en aide.

Je fronce les sourcils. Les phrases qu'il prononce me semble trop décalées pour avoir le moindre sens dans cet égaux. Je préfère les garder dans un coin et j’y réfléchirai une autre fois. Quand j’en aurais l’occasion. Je pose une main sur la sienne et force un petit sourire.

“Je ne sais ce que tu attend de moi. On fera fera certainement un beau couple de ravagés de la vie. Et là de suite, je suis trop en morceau pour te témoigner de toute l’affection que tu mérites de recevoir ; mais je te promets que tu l’auras quand j'aurais recollé quelques morceaux.”

Ce n’est ni le lieu, ni le moment de savoir ce à quoi j’ai droit ou ce que je mérite. Ce qui importe c'est ce que je veux pour la suite. Et pour le moment, que j’y ai droit ou pas, que je le mérite ou non, je veux un peu de justice. Pas la Justice froide et aveugle. Non, je veux justice pour moi ! Le comment importe peu, je veux que Caïn pleure autant que j’ai pleuré. Qu'il soit désespéré et me supplie du regard, car je ne veux surtout plus entendre sa voix perfide et mielleuse.
Une chose gonfle en moi, elle prend de l'ampleur. Je ne sais pas ce que c'est mais j’ai arrêté de pleurer. Pour le moment, c'est tout ce qui importe.

“Je t’en peu Blake, dis moi ce que je dois faire. Je ferais exactement comme tu voudras. Je ne dois plus être une victime, il faut que ça change...il faut que je change.”

J’ai suffisamment pleurer.

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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Sam 2 Déc - 19:57

(je reprécise parce que c'est compliqué à force de prendre du retard et que ça irait vite de se planter qu'Ailin était pas encore maîtresse vampire à ce moment XD)

Blake ne cligna pas des yeux, mais ce fut tout comme. On y lisait maintenant une vague perplexité. La réponse formulée par Esmera n'était pas celle qu'il avait attendue. C'était un peu perturbant. Il avait l'impression qu'elle avait compris ce qu'il avait essayé de lui dire de travers. Peut-être n'était-ce pas plus mal, finalement. Si cela pouvait signifier qu'elle allait mieux que ce qu'il croyait.

Elle lui avait donné l'impression de se fustiger. De se sentir une responsabilité dans ce qui s'était passé ce soir alors qu'elle était la victime. Ça n'aurait pas été étonnant : ce genre de coups tordus étaient typiques du marchand de mort. Il avait entendu de nombreuses histoires. Elle lui avait paru ne pas se rendre compte qu'il allait quoiqu'il en soit l'aider, parce qu'elle le méritait et parce qu'elle avait de toute façon depuis longtemps gagné son soutien indéfectible.

Donc, il lui avait paru bon de s'ouvrir à elle afin qu'elle ne puisse plus douter. Ce n'était pas quelque chose de naturel pour Blake qui n'était pas du genre à s'épancher, mais il l'avait fait quand même parce qu'il avait pensé qu'elle en avait besoin, et qu'il se souciait peu de narguer ouvertement les codes virilistes. Oh, il n'était pas parfait, et en ayant été élevé dans cette société il y restait vaguement sensible, mais peu importait : ça restait de la connerie, et de toute façon, sa vie et sa fierté ne valant déjà plus rien, négliger l'un, l'autre ou les deux n'était pas un problème.

Si elle avait compris autre chose, c'était peut-être que finalement, elle savait déjà tout ça, et que ces précisions étaient inutiles. Juste au cas où, il fallait par contre qu'il en apporte d'autres. Qu'elle ne se fasse pas d'idées et ne croie pas qu'il était en train de lui faire des propositions indécentes. Parce que là, on pouvait se demander...

Il arbora un sourire entre plateur et bienveillance. Le genre de trucs qu'on arrivait rarement à lier ensemble, mais qu'on pouvait trouver en harmonie, mêlés à de la fatigue et de la lassitude, sur le visage d'un ravagé de la vie comme Blake.

"Je n'attends rien de toi Esmera, c'est justement ce que j'essayais de dire. Je ne te disais pas ça pour réclamer quoique ce soit. Tout ce que j'attends de ta part, c'est que tu t'accroches autant que tu le peux. Il faut que tu tiennes le coup. Et je vais faire de mon mieux pour t'y aider."

Quelque chose était en train de changer chez la jeune vamp. Le rythme de sa respiration se modifiait. Elle se tenait plus droite. Elle tremblait moins. Elle regagnait du poil de la bête. Parfait. C'était ce qu'il avait voulu voir. Malgré tout, dans ses yeux, naquit une vague lueur triste et mélancolique.

Il était vrai qu'on ne pouvait se tirer de ce genre d'épreuves sans changer. Il était bien placé pour en parler. Il aurait voulu épargner ça à la jeune vamp pas parce qu'elle était une fleur fragile qu'il fallait protéger, mais parce qu'une part de lui ne cesserait jamais de regretter la personne qu'il aurait pu être si sa vie n'avait pas pris de tournant tragique. Cette personne, il ne pourrait plus jamais entièrement l'incarner. Il essayait, en ce moment, mais la preuve était là : il galérait. Il en aurait fallu peu pour qu'il retombe dans le trou qui existait en lui, empli de cynisme et d'absence d'émotions, et qu'il reprenne la traque histoire d'occuper sa carcasse moribonde. Il aurait voulu épargner cette issue à Esmera et c'était d'ailleurs pour ça qu'il s'était proposé pour la venger de son violeur en premier lieu, mais bien sûr, il ne pouvait pas entièrement la protéger de cette évolution, et ce n'était pas sa décision. Il ne pouvait qu'essayer de l'avertir.

"Bien. C'est la bonne attitude. Cela dit, un conseil d'ami : ne change quand même pas trop. Ils ne méritent pas d'avoir ton âme."

Plus important maintenant : elle comptait sur lui pour trouver quoi faire ensuite. La priorité restait la même : il fallait empêcher le BIAS de mettre la main sur elle. Elle pouvait compter sur lui pour gérer le problème. Il était recherché par la police depuis si longtemps que ces magouilles étaient devenues une seconde nature pour lui. Blake posa une main sur son menton et se mit à réfléchir.

"Bon. Là, maintenant, tout de suite, le plus urgent, c'est d'empêcher que le BIAS te tombe dessus. Ma bagnole est juste en haut, donc on a plusieurs options. On peut s'éloigner, squatter un coin de nature à proximité, c'est moins glauque que les tunnels, mais tu n'es pas une métamorphe donc ça sera quand même inconfortable, et vu l'endroit où tu vis, on est pas à l'abri d'une battue. On peut aussi t'éloigner de la ville le temps de régler son compte à cet insecte, mais je ne pourrai pas rester avec toi, et si pour une fois ces branquignoles se montrent efficaces, c'est pas dit que ça suffise à te protéger. Surtout que les vampires ont des règles rigides en ce qui concerne leurs territoires, ça risque de te mettre en danger plus qu'autre chose. Non... Le mieux serait peut-être finalement que tu disparaisses un moment..."

L'idée était amusante et lui arracha un rictus sombre. Il n'aurait jamais pensé utiliser ce genre de contacts pour une opération de sauvetage. Oh. Il aurait aussi pu essayer immédiatement de se faire des amis dans le Talion, il savait de source sûr que certaines de ses connaissances dans le Nevada sauraient lui faire mettre un pied dans la structure,  mais il avait suffisamment de moyens pour se passer d'eux, sachant qu'il faudrait un voyage pour que Blake trouve la seule entrée qu'il possédait à l'heure actuelle... Ses "potes" (si on pouvait dire ça de mafieux sociopathes irrécupérables et absolument pas fiables) ne se contenteraient pas d'un coup de fil. Hey. Et pourquoi pas tout faire d'un coup, finalement ? Certains des meilleurs faussaires que Blake connaissait étaient aussi basés à Las Vegas. Ça lui éviterait de devoir laisser Esmera en roue libre lorsqu'il devrait faire cet inévitable voyage. Son sourire s'étira encore un peu.

"Reste le problème du rituel pourpre. Tu l'as passé, non ?... Je reviens sur ce que j'ai dit. S'éloigner de la ville affaiblira le lien du maître vampire avec toi, tu seras moins facile à trouver. Même si y a moyen de la mettre de notre côté - on s'en occupera en revenant, pour le moment, ses faits et gestes vont être surveillés, on s'attend sans doute à ce que tu la contactes pour demander sa protection. Tu as besoin d'une fausse identité pour pouvoir vivre décemment en attendant qu'on coince l'autre empaffé, et j'ai besoin de voir des gens là-bas, qui nous permettront de prendre contact avec le Talion. Un roadtrip dans le désert des Mojaves, ça te tente ? J'ai même une baraque pas trop dégueu à te proposer le temps des vacances..."

Pendant qu'il y étaient, autant faire un pied de nez à la vie. Transformer une catastrophe en aventure palpitante pourrait s'avérer être une douce vengeance. En attendant celle, plus sanglante, qu'ils réservaient à cette raclure goût TPH. Le marchand de mort ne perdait rien pour attendre.
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Mer 6 Déc - 19:58

Vue sa réaction ce n'est pas la réponse qu'il attendait de moi. Conclusion : je ne suis vraiment pas en état de lui répondre puisque je ne comprend pas le message qu'il me fait passer. Non sérieusement, je réfléchirais à sa tirade une autre fois. Quand je serais dans un état plus stable. Je suis perdue, in ne m'a pas proposé son aide uniquement par charité ou il n'attend rien de moi ? Plus tard. Le plus important c'est qu'il soit là. Peut importe le reste, on y reviendra plus tard. Il vaudrait mieux que je m'accroche oui. Je n'ai pas survécus à un viol et un assassina pour me laisser avoir par un manipulateur. Aussi bon soit-il. C'est juste que je ne sais pas encore comment. J'essuie les larmes sur mes joues. Elles ont finit par arrêter de couler. Même si j'ai une envie irrépressible de retourner me réfugier dans la chaleur sécurisante des bras du loup, je me retiens fortement. Si je ne veux plus être une victime, je dois commencer par éviter d'en adopter le comportement.

Ne pas trop changer ? Mon âme?

« J'ai peur que... »

S'il savait...mon âme m'a déjà été volé, par l'odieux connard de il y a trois ans. Et j'ai déjà commencé à changer, à chaque fois que j'ai mordue quelqu'un. Je hoche pourtant la tête pour ne pas l'inquiéter. De toute façon c'est certainement trop tard pour que je reste la même. Je voie mal comment je pourrais m'en sortir si je ne change pas. Déjà, je suis morte, donc je ne peux plus être la femme que j'étais, car elle était vivante. Et on a bien vue le résultat de trois années à vouloir s'accrocher à la mort. Non, il ne faut plus compter sur l'immobilisme pour avancer. Mais s'il veut avoir cette conversation, nous l'aurons une autre fois.

Il énumère les différentes options qu'il a en tête et je l'écoute attentivement. Plus il parle, plus je me rend compte à quel point il sait de quoi il parle. Il faut croire que Blake a une certaine habitude ou à défaut de l'expérience dans ce domaine.
Il évoque la possibilité de me laisser quelque part. Ce n'est pas bon, la panique me gagne à nouveau et je ne peux pas m’empêcher d'agripper d'une main désespéré ses vêtements.  Si j'ai l'air de tenir, c'est uniquement parce qu'il est là. Même s'il faut que je disparaisse, je ne veux pas être seule, mais plus que tout, je crois bien que j'ai besoin de lui. Même en matière de règle vampirique j'ai l'impression qu'il en sait plus que moi. Je suis perdue s'il me laisse.

« Je...heu...Oui il y a trois ans. J'ai rencontré Camille. »


Le lien ? Cela m'évoque quelque chose, mais je ne sais plus se que c'est. Et ce n'est pas le moment de refaire ton éducation vampirique. Je n'avais même pas pensé que le maître pourrait m'aider si je lui demandai. Vue qu'il ne l'a pas fait il y a trois ans.

Mes yeux clignes et mon air ahuri fait le reste. Blake me propose carrément des vacances ? Il est sérieux dans s e qu'il dit ? Mais non, quelle idiote. Il dédramatise la situation. Je sourie. L'idée de transformer cette situation en vacances, reste dans le thème de la fuite en avant que je pratique depuis un moment mais elle reste plus séduisante que de me séquestrer dans un marais.

« J’espère que tu as une cave ou des rideaux épais là bas. »


Non stop ! On ne peut pas lui demander de quitter sa vie ici pour me sauver. Cela pourrait inquiéter des gens. Non c'est sûr que de mon côté, personne ne va s'inquiéter de mon absence soudaine, mais mon cas est loin d'être une généralité.

« Mais et toi ? Tu ne peux pas planter ce que tu as ici sur un coup de tête. Les gens vont s'inquiéter pour toi. »

C'est tellement inconcevable que personne ne s’inquiète pour lui. Je sais bien pour sa famille, mais je suppose qu'il est en contact quotidien avec des personnes.
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Mar 12 Déc - 10:49

Une phrase inachevée amena Blake à tourner son regard aigu mais fatigué sur la jeune femme. Le vieux loup n'était pas d'un naturel optimiste, pour des raisons qui paraissaient évidentes dès lors qu'on connaissait les épreuves qu'il avait traversées. Il avait une idée précise de ce qu'Esmera avait voulu dire par ce "J'ai peur que...". Evidemment. Il n'aurait pas imaginé qu'il puisse en aller différemment. Ainsi qu'il s'en était fait la réflexion plus tôt, ces choses là nous changeaient. Qu'on le veuille ou non.

"C'est normal. C'est le contraire qui aurait été étonnant."

Maintenant, qu'elle résiste à cette pente glissante ou qu'elle se laisse sombrer dedans oublieusement, ainsi que Blake l'avait fait plus jeune, c'était ça qui dépendait de son bon vouloir, ou plus précisément de sa volonté. Pour elle, il espérait vraiment qu'elle ferait le bon choix. Ou bien qu'elle arriverait à le faire. Parce que la volonté n'était pas toujours suffisamment forte.

Le sujet passa. Peut-être qu'ils en parleraient plus tard. Peut-être qu'Esmera ne pouvait pas exactement comprendre ce qu'il essayait de lui signifier si il continuait à se montrer aussi énigmatique. A ne parler que de façon détournée de sa propre expérience. Si ils voulaient avoir cette conversation, il faudrait que Blake lui en raconte un peu plus sur les événements qui avaient foutu sa vie en l'air et il n'était pas certain d'y être prêt. Il avait fait un immense pas en avant rien qu'en redevenant capable de repenser aux événements de cette nuit maudite et de les mettre en mots, à plusieurs reprises, mais ça ne voulait pas dire qu'il était guéri de son traumatisme ni qu'il avait entièrement accepté son deuil. En tous les cas, ce n'était pas le moment qu'ils en parlent. Outre le fait qu'il ne se sentait pas de le faire, Esmera était encore sous le choc de ce qui venait de lui arriver, et elle avait besoin de son aide urgente. Il y avait des agents du BIAS là-haut qui n'allaient pas tarder à se mettre à sa recherche. Dans l'idéal, il faudrait qu'ils soient partis avant ça. Manquerait plus qu'ils placent des contrôles de sécurité aux sorties de la ville pour empêcher la vamp d'en sortir... Bon. Généralement, il en fallait plus pour qu'ils en arrivent à ce genre d'extrémités, surtout qu'ils ne devaient pas s'attendre à ce qu'elle soit aidée d'un complice. Le jour allait finir par se lever. Une vamp ne pouvait pas prendre la route sans danger à cette heure : ça aurait été compliqué de conduire depuis le coffre, et c'était le seul endroit où on pouvait être sûr d'être protégé de la lumière du soleil. Malheureusement. Parce que c'était aussi l'endroit qui puait le plus le cadavre de sa bagnole : pour des raisons évidentes, c'était là qu'il planquait les corps lorsqu'il devait les transporter.

Comme Esmera lui demandait son aide pour envisager la suite, il en vint d'ailleurs à effectivement envisager cette solution de fortune. Bon... Si ils le pouvaient, ils s'arrêteraient dans une auberge en route lorsqu'il ferait encore nuit, ou bien trouveraient un hôtel disposant d'un garage souterrain histoire d'attendre plus correctement que le jour passe, et qu'ils puissent reprendre leur route tranquillement. Blake n'avait pas spécialement envie d'imposer douze heures d'un coffre puant la mort à Esmera si ce n'était vraiment pas nécessaire... Et cela même si ils allaient devoir carburer si ils souhaitaient faire ce voyage dans le Nevada vite fait bien fait, et revenir alors que le marchand de mort était encore à la Nouvelle-Orléans.

Un sourire était apparu sur le visage de la vamp. Blake voyait bien qu'il ne s'agissait pas là d'une expression de joie pure - et en même temps il n'y avait vraiment pas de quoi se réjouir de la situation - mais c'était mieux que rien. Cela prouvait qu'elle était en train de reprendre pied. Elle laissait la panique derrière elle et enclenchait le fonctionnement mécanique, pragmatique, qui permettait de continuer à vivre même lorsque cette idée était devenue impossible, ou aberrante.

... Au temps pour l'influencer convenablement et l'empêcher de devenir une créature cynique, dangereuse et insensible, à l'instar de celle que Blake incarnait.

« J’espère que tu as une cave ou des rideaux épais là bas. »

Ce fut son tour d'accrocher un sourire sombre sur ses lèvres. Un sourire inquiétant, qui ne lui monta pas jusqu'aux yeux.

"T'inquiète pas pour ça... J'y vais presque jamais, ça augmente donc le risque de cambriolages. C'est blindé de matériel sensible que je préfère éviter de laisser traîner à la vue potentielle de tous. Ça implique des grandes zones où la lumière passe pas."

Esmera l'acheva littéralement avec son soudain cas de conscience, inattendu, surprenant. Il n'avait rien entendu de si décalé depuis longtemps. Elle pensait vraiment que quelqu'un, ici ou ailleurs, pouvait encore en avoir quoique ce soit à faire de lui, ou bien l'attendre ? Il connaissait des gens qui pouvaient vouloir sa mort. D'autres qui auraient bien aimé pouvoir encore l'embaucher. Quelques uns, à cause de qui il était certes revenu ici, qui avaient pris pitié de lui mais qui dans le fond faisaient bien leur vie sans lui. Il n'était pas important.

La vague d'amusement cynique qu'il ressentit subitement déchira le voile qui le séparait du persona froid, effrayant du tueur à gages qu'il essayait de tenir à distance, pour ne pas redevenir cette incarnation de la destruction impassible et désintéressée. L'espace d'un bref instant, il redevint l'être intérieurement décharné qu'il s'était contenté d'être durant presque vingt ans. L'aura noire qui l'entourait en permanence et foutait les jetons à quiconque le croisait éclata dans les ténèbres, qui agissaient sur elle comme l'oxygène qui nourrissait le feu. Son sourire devint un rictus carnassier qui n'avait plus rien d'humain. Ses yeux se vidèrent de toute trace de vie ou d'empathie. Il n'était plus rien que du vide. Un immense trou béant, qui aspirait tout ce qui était positif et le transformait en son contraire.

Un ricanement désincarné, un amusement pur et pourtant tout sauf amusé retentit, seul son qui brisait le silence de mort.

"J'ai l'air de quelqu'un qui a quelque chose à planter ici ? Ça fait longtemps que je n'ai plus aucune attache, Esmera. T'inquiète pas pour moi... Ça serait franchement gâcher ton temps."

Le sourire disparut. Pas l'aura inquiétante, ni le regard mort qu'un vampire pouvait certainement analyser même dans un noir aussi complet. Il lui faudrait un moment avant de retrouver l'étincelle de vie que quelques mois de rééducation sociale, une année d'introspection au Canada, et la découverte d'une jeune femme à qui il pourrait se mettre à vraiment tenir lui avait permis de retrouver. Il lui tendit une main, pour l'aider à se relever en même temps qu'il le ferait lui-même, et pour essayer d'être moins flippant. Parce qu'il savait que lorsqu'il était comme ça, il avait un peu tendance à faire fuir tout le monde.

"Je propose qu'on parte sans tarder. Soyons plus rapides que le BIAS."
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Mer 31 Jan - 20:15

Les mots semblent inutiles. C'est comme s'il me comprenait sans que je n'ai besoin de m'expliquer. Mais l'inverse n'est pas vrais au vue de mon manque de compréhension. C'est extrêmement rassurant de sentir Blake prêt à m'aider. De voir qu'il sait se qu'il fait. La personne la plus stable dans mon existence depuis... Ah non ! Le bureau des pleurs ne va pas rouvrir ce soir. Il ne manquerait plus que je tombe amoure... Non mais ça va pas bien ? Je ne suis pas amoureuse de Blake ! Que ce soit bien clair. Il est un pilier important dans ma vie actuellement. Sans lui je m'écroule. Mais certainement pas, non, je n'ai pas ce genre de sentiment pour lui ! La discussion est close !

Quelque chose approche...ça ne sent pas bon. J'ai beau savoir que je suis du côté des prédateur, je frissonne et je suis en alerte comme une biche blessée qui a senti l'odeur du loup. Je cherche rapidement des yeux d'où cela peut venir. Mon regard retombe sur Blake. Même dans l'obscurité, je peux le voir... Ce n'est plus la même personne qui m'a prise dans ses bras tout à l'heure, pour me rassurer et me réconforter. Qu'est-ce qui ce passe ? J'ai l'impression qu'il suffirai d'une soif de sang et il pourrait bien me tuer dans l'instant sans que je n'ai pue réagir. On dirait une incarnation de la Mort. Un avatar sans volonté ni envie de vivre. Pour la première fois, j'ai vraiment peur de lui. Je l'ai toujours plus ou moins craint. Je ne suis pas naïve. Mais là...je me sens en danger...

Quelle horreur ! Je l'ai blessé. Comment ai-je pus ? Je ne voie pas qu'est-ce que cela pourrait être d'autre. Je dois lui taper sur le système à rien comprendre. Même s'il a envie de m'aider, sa patience a forcément des limites et je les ai vraisemblablement atteintes. Quelle idiote je fait ! Je ne suis pas certaine que se soit ça... Et qu'est-ce que cela pourrait être d'autre ? IL fat que je trouve comment me faire pardonner. Je ne veux pas créer un malaise entre lui et moi.

Au vue de ce rire... Oui bon il est cynique, ce n'est pas nouveau...Je dirais sinistre plutôt... Je reste bouche-bée. Je ne m'y attendais pas. J’entends le reproche. Je comprend en quoi je l'ai blessé en sous-entendent qu'il avait un cercle proche alors que ce n'est pas le cas. Je n'ai fait que le renvoyer à sa solitude et j'ai honte. Pourtant...une colère salvatrice monte doucement en moi. Je refuse sa main en la repoussant avant finalement de m'en saisir pour me propulser sur mes pieds.

« Comment pourrais-je le savoir ? Tu ne me parle pas de ton quotidien. »  

Pour quoi je m'énerve moi ? Et comment est-ce que je suis censée deviner à quoi ressemble sa vie ? Il ne me dit rien et après il me fait un reproche comme si tout cela coulé de source. Est-ce que j'ai une tête à avoir été rejeté de toute ma communauté ? Non, bien entendue. Ce n'est pas tatoué sur mon front. Et puis c'est quoi cette colère ? Avec ce ton agacé, je ressemble à une adolescente qui tape une crise.

« Depuis ma mort personne n'a été aussi extraordinaire et attentionné que toi avec moi. »

Alors excuse moi de croire que les gens t'apprécie au moins autant que moi. Mais pour quoi je cris ? Cela me paraît si absurde que personne n'en ai rein à faire de lui que j'ai envie de hurler au Monde à quel point il se trompe. Et puis d'abord c'est entièrement faux. Moi je n'en ai pas rien à faire de Blake.

« Tu es la personne la plus importante dans ma vie. Alors je ne perd pas mon temps quand je m’inquiète pour toi ! C'est comprit ? »

Voilà. Je l'ai dit. Il fallait bien que ça sorte un jours. Ce n'est ni le moment ni le lieux idéale...Il semblerait que j'ai un certain talent pour ça. J'aurais quand même pue trouver mieux comme façon de lui dire que de lui crier dessus. J'ai un peu peur qu'il soit du genre à filer quand on s'attache à lui. Tout est la faute à son aura de tueur à gage. On dirait un anti-héros de film. Je le regarde dans les yeux, un air de mauvaise foi.

« Et puis arrête d'essayer de me faire peur avec ton regard de grand méchant loup. Je sais bien qu'au font tu es un gentil. »

On va se calmer à. Il est peut être pas si gentil bisounours que ça finalement. N'importe quoi ! Je sais avec qui j'ai échangé un boit d'histoire de ma vie. Je sais avec qui j'ai passé un accord. S'il le faut je suis prête à tout pour lui rendre l'appareil.

La colère retombe un peu. Elle m'a donné le coup de fouet dont jamais besoin pour me bouger. Mais j'ai un peu honte de mettre défoulé sur Blake alors qu'il a accouru à mon secour.

« Pardon. Je ne sais pas pourquoi je me suis emportée comme ça. Ce n'est vraiment pas le moment en plus. Tu as raison, il faut partir. »

Je suis tellement reconnaissante à ce métamorphe. J’espère que mes yeux transmettent ce sentiment, même un tout petit peu.

« Montre moi le chemin. »

De toute façon je suis déterminée à le suivre.
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Jeu 1 Fév - 2:13

Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'était inattendu. Blake n'avait absolument pas anticipé la réaction de la vamp rousse, ce qui l'aida peut-être à reprendre pied plus rapidement. Le spectre meurtrier rodait encore tout près d'ici, caché dans les ombres de son visage, mais l’étonnement sincère qui avait brièvement teint ses traits quand Esmera avait repoussé sa main, repris sa main, puis finalement éclaté sans prévenir, était parvenu à l'éloigner un peu.

"..."

Le loup était profondément perplexe, et cela se voyait gros comme le nez au milieu de la figure. Elle l'avait pris de cours : il ne savait même pas quoi répondre. Elle avait à la fois terriblement tort et terriblement raison.

Blake ne lui parlait peut-être pas de son quotidien, mais de quel quotidien aurait-il de toute façon bien pu parler ? Il ne vivait plus. Il n'existait plus. Il n'avait donc pas grand chose à raconter, si ce n'est ce qui était arrivé avant que sa vie ne bascule complètement. Faire la conversation en lui racontant ses derniers contrats paraissait aussi fondamentalement inadapté. "Oh oui, hier j'ai tiré trois balles entre les yeux d'un métamorphe bélier, t'aurais dû l'entendre bêler juste avant que sa tête explose c'était trop drôle. Il s'est complètement chié dessus !". Evidemment, compte tenu du fait qu'il avait raccroché, ça ne risquait maintenant plus d'arriver, mais ce n'était pas pour autant qu'il se sentait libre de parler de ses anciennes missions.

Lorsqu'on avait vécu plus de quinze ans comme un tueur à gages, on devenait nettement moins enclin à raconter sa vie. D'une part, c'était dangereux, et de l'autre, ça mettait rarement grand monde à l'aise. Ce n'était pas en terrorisant Esmera et en l'amenant à le fuir qu'il allait pouvoir l'aider.

Ironiquement, Esmera était aussi la première et l'une des seules personnes à qui il avait réussi à raconter le meurtre de sa famille. Elle lui reprochait de ne rien dire de lui alors qu'elle en savait plus que tout le monde, à l'exception de ceux qui avaient directement témoigné de cette abomination, ou qui connaissaient ces témoins. Et ceux là ne l'avaient pas appris par lui, puisqu'il avait fui San Jose pour ne plus jamais revenir.

"..."

Il n'allait pas nier : il en faisait beaucoup pour Esmera, mais ça n'était pas étonnant compte tenu du fait que l'aider était la seule chose qui faisait encore sens dans son existence. Elle lui avait rappelé sa fille, ou bien la jeune femme qu'elle aurait pu devenir. Elle lui avait aussi rappelé la personne qu'il avait été, les épreuves qu'il avait subies. Tout cela avait fini par amener à un attachement sincère, étrangement semblable à celui qu'il avait eu pour ses enfants. Pouvait-on parler d'altruisme quand on aidait aussi les autres pour soi ?

Peut-être que la réponse à cette question n'était pas importante. Il aurait dû se douter qu'en se comportant avec elle comme il le faisait, il allait prendre pour elle de l'importance, ainsi qu'elle le lui expliquait. A quel moment avait-il oublié que ce genre de liens tendait à être réciproque ? Il n'en savait rien. C'était juste bizarre de se dire que quelqu'un tenait à lui. C'était idiot, mais il n'en avait tellement plus l'habitude qu'il n'avait même pas calculé, alors que c'était pourtant évident. Son esprit avait volontairement occulté ce "détail". C'était elle qui avait besoin d'aide et d'affection, s'était-il dit. En oubliant qu'aux yeux d'une tierce personne, il n'y avait a priori pas de raisons qu'il soit incapable d'en recevoir à son tour. Il ne pouvait pas lui reprocher de s'inquiéter. Surtout pas quand c'était lui qui s'était initialement rendu nécessaire. C'était son oeuvre, mieux valait qu'il l'assume. Jusqu'à là, elle avait raison.

... Quand même. Il n'était pas certain de lui avoir fait un cadeau. Il n'était pas exactement quelqu'un de très fréquentable. Et il brûlait la chandelle par les deux bouts : cette histoire allait mal se terminer pour elle, si elle se souciait vraiment de ce qui pouvait lui arriver.

Cette fois-ci, il aurait bien répondu, mais elle le coupa dans son élan avant qu'il n'en ait l'occasion en formulant ce qui allait probablement devenir la blague de l'année. Blake ? Gentil ? Voilà qui lui arracha un nouveau rire cynique, quoique discret. Il ne cherchait pas à se moquer, mais il n'avait pas pu s'en empêcher.

"J'essaie d'y revenir, Esmera. Je m'accroche au souvenir de ce que ça faisait d'être une personne normale. Mais les gens changent. J'essaie pas de te faire peur. Ça fait aussi partie de moi, même si j'essaie de le tenir à distance. Je suis pas un gentil. Je l'ai été, je pense, avant que tout parte à vaux l'eau, mais c'est terminé depuis longtemps. Je suis un assassin. Y a aucune rédemption possible pour ça."

... Au temps pour essayer de ne pas l'effrayer. Mais en même temps, elle devait bien le savoir, au moins un peu. Il n'avait jamais rien formulé clairement, mais il n'avait pas non plus cherché à le lui cacher. Il se redressa. Peu importe ses états d'âme, elle en était arrivée à la conclusion qui s'imposait : il fallait qu'ils partent. Et c'était vrai, mais frustrant. Parce que maintenant qu'il avait eu le temps d'y réfléchir, il y avait plein de trucs qu'il aurait voulu pouvoir lui dire.

"Non t'excuse pas. Je comprends. On était sur des longueur d'ondes différentes. Pas plus mal de s'en rendre compte avant que ça crée des quiproquos. Je suis surtout désolé de t'infliger mon cas désespéré... J'aurais dû y penser avant. Je suis vraiment trop con parfois."

Il soupira puis tourna la tête dans la pénombre, afin de chercher la bonne direction. Il allait falloir prendre la voiture et filer fissa.
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Jeu 15 Mar - 12:30

Bin voilà. J'étais sûre qu'il faisait des efforts. Tu vois qu'il ne le fait pas exprès. Ce n'est pas des masses plus rassurant son histoire. Il se trouve qu'à moi, ça suffit. Alors d'accord, il a tué des gens. Ce n'est pas le premier qu'on rencontre. Surtout avec la Famille qu'on se traîne. Mais on ne parle pas des morts ça porte malheur. Gitane superstitieuse. Le plus important ce n'est pas ce qu'il a pue faire mais ce qu'il fait maintenant. Et de ce que je voies, maintenant il me sauve la vie. Cela fait de lui un homme plus que bien à mes yeux. Même si je pense qu'il n'en a rien à faire du regard des autres. J'ai envie de le lui dire, comme si je voulais apaiser une souffrance qu'il me semble percevoir en lui, mais je ne suis pas certaine de son existence. J'ai tellement envie de faire quelque chose pour lui que je voie peut être des batailles à mener là où il n'y en a pas du tout.

Je fais un pas dans sa direction. Cela au moins je peux le faire. Lui montrer que je ne le crains pas, que je ne voies en lui un tueur dont je dois être terrorisée, mais au contraire un amis, dont la présence me rassure. J'ai confiance en lui, la preuve en est, puisque que je lui confie mon existence en cet instant. Ma main se pose sur son bras.

« Excuse moi. J'ai très envie qu'on ait cette discussion pour mettre à plat notre relation. On la reprendra en temps et en heure. »

C'est trop bête, je sens qu'il pourrait se confier maintenant. Il pourrait m'en dire bien plus sur lui, sur sa vie, son passé. Moi et l'art de faire les choses au mauvais moment. Mais c'est bien sûr ! Le Grand Méchant Loup va se confier et se confesser au Petit Chaperon Rouge. Oh la ferme !

« C'est ce que je disais, un beau couple de cas désespéré. »

Si Blake est un cas désespéré, je ne suis pas mieux. Et ils vécurent heureux et eurent... Non mais c'est pas vrai, ça commence à bien faire ! Je n'ai et je n'aurais pas se genre de sentiment pour lui. Blake, c'est comme papa, il est asexué pour moi.

Je sourie.

« Je n'en ai pas finit avec toi. Tu n'échapperas pas à cette conversation.  »

Je lui fais un clin d’œil. Il n'y a que lui pour me faire oublier le danger de mort qui me pend au nez avec une discussion aussi décalée. Mais il faut revenir à la réalité si j'en crois se qu'il m'a dit, le temps presse.
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MessageSujet: Re: La loyauté d'un loup   Dim 22 Avr - 13:54

Il ne s'était pas vraiment rendu compte que ce besoin existait. Celui de "mettre à plat" leur relation. Mais il fallait dire qu'il avait dû se montrer plus secret qu'il ne l'avait cru, sans bien sûr s'en rendre compte, parce que cette tendance à ne rien dire sur lui était depuis longtemps devenue une seconde nature. Sans même compter les exigences de son ancienne profession, il n'accordait tout simplement pas assez de valeur à sa personne pour considérer que ça vaille le coup d'en parler, ni de rien mettre en avant à ce sujet.

Il doutait d'ailleurs que le peu qu'il avait à dire intéresserait vraiment son interlocutrice. Elle allait probablement être déçue, mais si elle avait besoin de ça, il ne lui refuserait pas. Lorsque le moment serait venu.

Il n'ajouta rien de plus, se contenta de fixer Esmera en silence, tout en retirant du contact de sa main sur son bras une très étrange impression de décalage. On ne lui avait pas montré de soutien ou de compassion de cette manière depuis longtemps. Il n'en méritait pas, et à vrai dire il avait oublié comment on faisait pour recevoir ça correctement, si bien qu'il était plutôt mal à l'aise, sans rien en montrer - pour changer. Il n'avait aucun problème à donner, mais lorsque les rôles étaient inversés, tout était subitement plus compliqué.

« C'est ce que je disais, un beau couple de cas désespéré. »

Il eut un sourire pâle. C'était amusant, mais toutes réserves gardées. Il trouvait triste qu'Esmera se considère comme telle car si leurs cas possédaient quelques ressemblances, ils n'étaient pas en tout point similaires.

Elle avait certes perdu la possibilité de vivre une existence humaine normale, mais contrairement à lui, la plupart de ses chances étaient encore devant elle, et pas derrière. Elle pouvait encore faire quelque chose de ce qui lui restait. Elle n'avait pas de bol, ça c'était clair : entre son violeur et le marchand de mort, elle était servie. Mais c'était des soucis dont ils pouvaient s'occuper, et dont ils allaient s'occuper. Ensuite de ça, même abîmée et changée à jamais, elle pourrait reconstruire.

Elle n'avait pas non plus encore passé le seuil de non-retour à partir duquel toute rédemption devenait un idéal inatteignable. Il espérait que les choses resteraient ainsi. Il lui avait conseillé à de multiples reprises de ne pas s'engager sur la voix obscure qu'il avait prise avant elle, mais il était impuissant au-delà de ça : ce n'était pas sa vie. Ce n'était pas sa décision.

"Commençons par dégager les deux raclures qui t'ont mise là. Ensuite, il sera temps d'aviser."

Il se redressa. Ainsi qu'ils l'avaient compris tous les deux, ce n'était pas le moment de taper la discute et d'échanger leurs états d'âme. Le trait d'humour qu'eut finalement la vamp était teinté de vérité : elle ne le laisserait pas s'en tirer si facilement. Il ricana.

"J'ai cru comprendre que ça n'allait pas être une option... Je doute que ça soit un récit follement passionnant, mais tu l'auras quand on sera en sécurité. Croix de bois croix de fer... Laisse tomber, c'est déjà l'enfer."

Sur ces mots qui résumaient bien la situation, il pointa du doigt une direction.

"Par ici. L'entrée la plus proche. Je suis garé dans une ruelle donc ça devrait aller, mais dans le doute je vais sortir en premier et t'ouvrir le coffre. Désolé à ce sujet d'ailleurs... Tu vas devoir rester dedans un moment, mieux vaut éviter tout risque de contrôle à la sortie de la ville. Je vais tenter de rouler vite, histoire qu'on trouve un endroit où passer la journée qui soit suffisamment loin d'ici."

Il engagea la marche et la guida donc au travers des couloirs souterrains humides et glauques qui soutenaient la Nouvelle-Orléans. L'un comme l'autre avait une bonne vision de nuit grâce aux capacités qu'ils tiraient de leur statut d'outre, c'était une chance. Au bout d'un moment, Blake s'arrêta et leva la tête avant de s'exprimer, sa voix se répercutant de manière caverneuse contre la pierre froide.

"Ok, je sors."

Il monta l'échelle et poussa la dalle métallique. Un bref regard à l'extérieur lui permit de constater que l'endroit était tout aussi désert que lorsqu'il l'avait quitté. Il fit signe à la jeune femme qu'elle pouvait le suivre puis il s'extirpa du passage. Rapidement arrivé à la voiture, sa première action fut d'ouvrir le fameux coffre pour tenter de l'aérer un peu avant qu'Esmera monte dedans... Ça n'allait pas retirer l'odeur de sang, de chair morte et de début de putréfaction qui imbibait tout ce qui était un minimum poreux à l'intérieur du compartiment, mais il pouvait difficilement mieux faire. Il aurait su d'avance, il aurait pu acheter un sort à un wiccan pour nettoyer tout ça de manière express, mais il était relativement rare qu'on prévoie d'avance de faire sortir illégalement une vamp en cavale de la ville où elle était recherchée. Il grimaça vaguement.

"... Ouais. Je vais vraiment tenter de rouler vite."
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