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 Grigris ou piments

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Rose Allen
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MessageSujet: Re: Grigris ou piments    Jeu 17 Nov - 16:01

Évidemment que non, Rose ne comprenait pas, d'ailleurs comment l'aurait-elle pu ? mais au moins sa tentative était-elle pleine de bonne volonté et les sourires qu'affichaient Lukumi lui faisait dire qu'au moins il ne le prenait pas mal... jusqu'à-ce qu'il éclate de rire. Les premières secondes, ce fut d'abord l'indignation chez celle qui croyait qu'il se moquait de sa façon de penser, avec ce besoin presque convulsif de soigner quiconque serait blessé en sa présence, mais rapidement elle la perçue, cette différence dans le ton et les gestes. Le Vodoun ne riait pas d'elle, il riait parce qu'il ne s'y attendait pas, à tel point qu'il bascula la tête en arrière avec sa main sur son visage en un effet presque comique, son grand chapeau tombant au sol sous les yeux étonnés de la Métamorphe qui, si elle fut tentée d'afficher une moue boudeuse, ne parvint qu'à sourire d'amusement et de honte mêlés, ne pouvant faire autrement face à une telle hilarité.

- Arrêtez ce n'est pas drôle !

Et pourtant elle avait l'air d'être sur le point de rire à son tour, un irrépressible sourire aux lèvres malgré ses tentatives pour l'atténuer. Les gens comme elle ne savaient mentir. Préférant lui laisser le temps, Rose se rassit sur sa chaise et le regarda se calmer progressivement, profitant de ces quelques longues secondes pour scruter les cheveux désordonnés et colorés de Lukumi, essayant de faire le compte du nombre de colorations qu'il avait pu faire, en vain. Quand enfin la crise de rire cessa et que le chapeau fut posé sur la table, la jeune femme secoua doucement la tête.

- Je n'ai pas mal quand on me coupe des poils moi.

Justifia-t-elle simplement quand il fut question de son inquiétude, avant de sourire avec un soulagement partiel en entendant le Vodoun dire qu'il ne couperait pas profondément et qu'il la laisserait faire. Bon, elle n'était pas dupe, ça restait une chose douloureuse pour lui, mais il avait l'air tellement à l'aise avec ça qu'elle ne pouvait pas non plus en faire tout un cirque. La mention de l'hôpital ne lui échappa pas, mais se rappelant qu'il avait parlé d'une maladie en rémission, elle laissa courir et entreprit de terminer son thé d'une traite à la place.

- Bon et bien, je crois qu'il est temps.

Sourire, suivit de sa veste qu'elle ôta pour la poser sur le dossier de sa chaise, révélant un chemisier blanc en lin très sobre, aux manches courtes laissant voir des bras aussi menus que le reste de sa personne. Rose s'éloigna de quelques pas pour se placer au centre de la pièce, ôtant ses chaussures et ses chaussettes qu'elle disposa sagement de côté avec une habitude évidente. Une hésitation se fit alors qu'elle songeait tout à coup à ce qu'il convenait de faire.

- Heu... attendez un instant.

Elle alla à l'une des étagères et attrapa un des draps de lit, le passant autour de ses épaules pour s'en entourer pudiquement. Une fois fait elle ôta le reste de ses vêtements avec une certaine gêne, le rouge commençant à monter à ses joues : elle regrettait de ne pas avoir de paravent. Nouant le drap au-dessus de sa poitrine telle une toge improvisée, elle inspira profondément, scrutant son invité pour voir s'il était prêt, essayant de faire abstraction du couteau et attendant son signal.
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Lukumi
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MessageSujet: Re: Grigris ou piments    Ven 18 Nov - 10:09

Le rire a ça de bien qu’il est contagieux, et Lukumi voie comme elle aimerait faire croire qu’elle est en colère, mais en réalité, elle n’est pas loin de le suivre dans l’hilarité. Même sa justification est à deux doigts de faire repartir le vaudoun dans une nouvelle crise de rire. Il s’imagine esthéticienne pour métamorphe, en train d’épiler toute sorte de bestioles. En attendant, ça serait un bon plant pour récupérer des ingrédients.

« Je ferais s’qu’il faut pour. »

Non, il ne compte pas lui faire mal. Il s’en voudrait beaucoup, mais fort heureusement, sa main est dénué de tremblement. Une bonne chose que le cancer n’a pas réussit à lui prendre.

Il est temps ? Ah oui, c’est vrai…le travail… Le retour à la réalité ne va pas tardé à arriver. Il le savait, tout comme le reste de sa vie, cet instant ne pouvait qu’être fugace. Et voilà qu’il se termine bientôt.

« Très bien. »

Il la regarde ôter sa veste, découvrant des bars nue et immaculés de toutes cicatrices ou tatouages. C’est rare pour lui de fréquenter ce genre de personne qui n’a pas fait de son corps le tableau vivant des épreuves endurées. Une toile vierge, sa à quelque chose de reposant pour lui. Pas de dessins à déchiffrer ou de cicatrices à décodées.

Malgré une envie évidente d’assister à une métamorphose complète, c’est quand Lukumi voit Rose s’entourer d’un drap et devenir rouge, qu’il se souvient qu’une métamorphose ne comprend pas les vêtements. Pour certaines personnes, ça ne le gênerait pas de se montrer aussi intrusif, mais il sait que se n’est pas la chose à faire ici. D’une main il fait tourner sa chaise et suit le mouvement pour être de dos à sa scène.

« Faites moi signe quand vous aurez finie. »

Comment ? C’est la question bonus. Mais bon, il se doute qu’elle trouvera une façon d’attirer son attention.

Pendant se temps, il se prépare et fredonne en créole un air gaie à l’attention des loa.

« Atibô-Legba, l’uvri bayè pu mwê, Agoé !
Papa-Legba, l’uvri bayè pu mwêPapa-Legba
Pu mwê pasé
Lò m’a tunê, m’salié loa-yoLorsque
Vodu Legba, l’uvri bayè pu mwê
Pu mwê sa râtréPour
Lò m’a tunê m’a rémèsyé loa-yo, Abobo. »


Le portail est ouvert. Il ne fera venir personne, mais il aime dédier ses actions aux loa. C’est toujours une bonne chose de faire de la lèche aux grands patrons. Et quand il s’agit de se faire passer pour le premier de la classe, Lukumi est très fort.
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Rose Allen
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MessageSujet: Re: Grigris ou piments    Ven 18 Nov - 11:40

L'heure était venue et, si en temps normal se transformer ne posait aucun problème à la Métamorphe, cette fois elle avait un "public" et c'était une première hors du cadre de ses semblables ou même de feu sa famille. Elle avait désiré s'entourer d'un drap afin de cacher sa nudité, attendant son signal pour commencer, mais elle fut surprise de le voir se retourner, probablement par souci de respecter la gêne qu'elle éprouvait. C'était adorable, vraiment. Bon, pour cette fois elle pourrait rester pudique et elle n'allait pas s'en plaindre, aussi inspira-t-elle profondément avant de se lancer. Dans le dos du Vodoun, il y eut d'abord des grincements, puis des craquements teintés de gémissements étouffés et d'une respiration un peu forte, le bruit de quelque chose d'humide qui glissait, se déchirait, jusqu'à-ce que finalement il entende le claquement de sabots contre le sol et un son d'animal expirant fortement un bon coup. Il avait à peine terminé son petit chant qu'une langue chaude vint lécher la paume de sa main et qu'un petit coup de tête fut donné à la suite.

- Niiiiiiih.

La Daine reculait de quelques pas, l'observant de ses yeux noirs, le bout de sa queue courte frétillant brièvement dans l'air avant que l'animal ne saute sur place, ses quatre sabots frappant le sol en même temps. Puis la voilà qui fait le tour de la pièce, venant renifler les tasses sur la table, le chapeau de Lukumi, puis revenant vers celui-ci, s'arrêta sagement pour l'observer le scruter sans que l'on puisse déchiffrer une quelconque expression.

- Niiih.

Fit-elle de nouveau, ses cils papillonnant devant ses yeux de biche, ou plutôt de Daine, avant qu'elle ne lui tourne le dos et attende, tremblant légèrement et lui jetant des regards toutes les deux secondes pour voir ce qu'il faisait.
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Lukumi
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MessageSujet: Re: Grigris ou piments    Ven 18 Nov - 22:28

Les sons dans son dos entrer en effervescence l’imagination du vaudoun. Il n’arrête pas de chanter pour autant espèrent qu’il aura fini avant l’achèvement du processus. Ça ne plairait pas à PapaLegba qu’il ne termine pas sa chanson. Cette chanson qu’il connait depuis l’enfance. C’est la première qu’on enseigne aux jeunes caraïbiens. Qu’ils aient le dont ou pas. C’est comme une comptine, on ne peut pas en oublier les paroles, elles sont gravées dans la mémoire. On la fredonne toute la journée, dès qu’on l’a dans la tête, elle ne nous quitte plus.

Les yeux fermés, Lukumi entre dans la transe nécessaire au rite.  La présence des morts, protecteurs, de ces lieux…Il la ressent aussi clairement que s’il était entrain de fumer des feuilles de coca. Quelque chose de chaud et humide se frotte contre sa paume. Il ouvre doucement les yeux pour voir une daine lui donner un petit coup de tête et émettre un son tout à fait remarquable.

Elle s’éloigne et il se lève avec précaution tout en se retournant et en quittant sa veste. Il l’observe tout en déboutonnant les premiers boutons de sa chemise de lin, mais il se fige et écarte les bars, mains ouvertes,  lorsque la daine fait un saut qui reste impressionnant pour lui. Surtout le son produit par quatre sabots solides frappant le sol…

Lukumi recommence à respirer seulement quand elle commence à faire le tour de la pièce. Il reprend son action. Il retire doucement sa chemise, révélant quantité de cicatrice sur un corps fin et muscler. Ses bars secs  laissent deviner des muscles qui dansent sous la peau fine.  Il pose le vêtement au sol juste devant ses pieds. A la base droite de son cou il y encore la trace d’une voie veineuse centrale. Pour le reste, principalement des traces de coupures à l’arme blanche et de brûlure. Revenons sur son cou : côté gauche démarre une brûlure bien particulière, visiblement elle disparait au niveau de sa clavicule pour repartir sur l’épaule et ainsi de suite sur quasiment toute la longueur de son bras. Comme s’il avait reçut des gouttes incandescentes qui lui avaient brûlé les chaires. La vérité n’est pas très loin. Ces brûlures jouent à cache-cache avec d’obscurs tatouages représentant des symboles vaudou, des figures saintes et des flammes.

Rose revient vers lui et attend. Délicatement il pose une main sur le cou de la métamorphe. Lukumi trouve cette scène fascinante.

« Magnifique. Même ainsi, vous restez d’une beauté à couper le souffle. »

Elle émet un nouveau son et elle lui tourne le dos, mais garde un œil inquiet sur lui. Le vaudoun croie déceler des tremblements, mais il ne serait dire si c’est de l’anxiété ou juste la manifestation du comportement vif de la daine.

Tout en gardant des mouvements lents, il attrape le couteau sur la table et s’entaille le ventre. Etant droitier, il devrait en toute logique s’ouvrir le bras gauche, mais il s’en voudrait si par erreur il mutilé le travail de sa tatoueuse. A coup sur elle le maudira, au figuré comme au propre. Bien entendue cela sou entendrait qu’il rentre chez lui. Ors il s’est bien que cela n’arrivera pas. Quelque soit la plaie, le ventre, sa saigne, ou y peut rien. Fort heureusement, la chemise est là pour que le sol ne garde aucunes traces.

« File ma file
Damballah Wèdo  se koulèv o. »


Il chantonne à nouveau, pour attirer le regard du bon loa. Passe sa main gauche sur la plaie et se tache de sang les doigts.

« Damballah Wèdo, aksepte ke sana k gade nan piti ou a.  »

Il regarde Rose et applique sa main sur son pelage. Le contact est appuyé, mais reste court, puis il essuie ses doigts sur son jean. Avec précaution il approche la main droite tout en gardant un carré de peau tendue entre deux doigts. Le geste qui suit est extrêmement rapide. La lame frotte la peau de Rose et à la manière d’un rasoir, emporte le pelage ensanglanté au passage. Le vaudoun s’éloigne vivement, pose le couteau, son butin sur la lame, sur la table et attrape sa chemise pour l’appuyer sur le ventre. Il recule encore de deux pas au cas où.
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Rose Allen
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MessageSujet: Re: Grigris ou piments    Sam 19 Nov - 18:06

Ne pas regarder, c'était ça la clef, un peu comme lorsque vous avez la phobie des aiguilles et qu'on doit vous faire une prise de sang : vous détournez la tête et espérez que cela passe rapidement, en essayant de ne pas trop trembler. Pour Rose, ce moment ressemblait un peu à cela, à ceci près que ce n'était pas elle qu'on allait blesser, mais Lukumi qui allait devoir s'entailler la chair pour user de son sang. Le compliment dont avait fait preuve le Vodoun a son égard avait quelque peu rassuré la Métamorphe qui avait tenté de rester aussi immobile que possible quand elle vit la lame du couteau hors de son fourreau, se forçant à regarder ailleurs -son tas de vêtement sur le sol devant serait parfait- et à ne pas penser à l'odeur du sang qui emplit soudain toute la pièce. Il venait de se couper là ?! N'est-ce pas ?! La voix qui s'élève chantonne, presque doucement, étrangement agréable à l'oreille, ce qui n'empêche pas la Daine de tressaillir quand la main vint barbouiller son pelage de sang. Le reste alla très vite, si vite en vérité que ce fut salutaire pour l'homme qui coupa les poils à ras, s'écartant assez vite pour éviter un sabot qui venait de reculer un peu trop rapidement dans sa direction en un sursaut de nervosité. L'animal se retourna et, découvrant la scène du t-shirt pressé contre le torse -est-ce que ça n'aurait pas du être le bras ? Il lui avait dit le bras !- laissa exploser un bref cri rauque de protestation, un peu flippant et un peu flippé aussi.

- Huuuuuuuoiiiiiiinnn !

Cela aurait pu prêter à rire, s'il n'y avait eu une sorte de peur dans le son émit, bien peu gracieux en comparaison de l'apparence de la Métamorphe qui s'approcha, reniflant l'air avant de laisser échapper de nouveau le même son, en plus ténu, presque comme un gémissement. Puis l'animal recula, allant vers le drap au sol qu'il attrapa entre ses dents, donnant des coups de tête pour essayer de le jeter par-dessus celle-ci et, une fois qu'il eut parvenu à le faire glisser sur son encolure, la transformation s'inversa. Des bruits de déchirures, d'humidité qu'on frottait et des craquements sinistres résonnèrent, alors que sous les yeux de Lukumi le corps se tassait, s'allongeait, s'étirait puis se recroquevillait en des spasmes saccadés, la fourrure disparaissant pour ne laisser que cette peau pâle dénuée de toute imperfection, cette chevelure rousse qui cascada autour des frêles épaules faute d'une pince pour les tenir, celle-ci trainant sur le sol au milieu des vêtements. Le corps nu se révéla, brièvement, avant qu'une main encore tremblante n'attrape le drap pour en entourer la silhouette au souffle un peu rapide et aux traits passablement tirés. Deux transformations en un laps de temps si court était des plus éprouvants. Assise à même le sol, Rose leva sur Lukumi un regard ambre passablement chargé de reproches.

- Vous... Vous aviez dit le bras !

Seuls mots qu'elle parvint à prononcer avant de chercher son souffle, passant sa propre main sur sa hanche pour en essuyer le peu de sang déjà en train de sécher qui y restait. La jeune femme était ainsi, elle faisait parfois quelques petites fixations sur des détails qui, la plupart du temps, n'intéressaient personne d'autre qu'elle.
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Lukumi
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MessageSujet: Re: Grigris ou piments    Lun 21 Nov - 9:35

Lukumi voie le sabot et se félicite d'avoir autant reculé. Certain qu'il lui était destiné. Mais quelle en était la raison ? Est-ce qu'il lui a fait mal ? Il ne pense pourtant pas avoir appuyé fort. Il est même certain de son geste. Mais le coup de sabot et le cris de protestation lui mettent le doute. Il cherche une plaie éventuelle, un saignement, mais il ne voie rien.

« J'suis désolé ! »

Il se sent un peu penaud, il ne comprend pas se qui justifie ce crie plaintif. Il a pourtant fait attention. De l'inquiétude se lit sur son visage. Mais tant qu'elle n'aura pas repris une forme plus humaine, il ne pourra pas en savoir plus. Il est donc dans l'attente et celle-ci est interminable. Pourtant il garde à l’esprit l’intimité de la personne et se remet de dos lorsqu’elle se débat avec le drap. Les bruits de la transformation son tout aussi dérangeants dans un sens que dans l’autre. Il a du mal à imaginer les changements qui s’opèrent à l’intérieur du corps de la métamorphe.

Surpris il se retourne et voie le regard plein de reproche qu’elle lui lance. C’était donc ça ? Le bras…Un sourire attendri apparait sur le visage de Lukumi. Encore une fois elle le surprend par tend d’attention à son égard, lui qui n’est pourtant rien d’autre qu’un passant éphémère dans la vie de Rose. Puis un air malicieux prend la place. Une voix faussement innocente.

« J’avais dit le bras ? »

« J’suis désolé, j’ai dit bras par habitude, mais en vérité si j’ai l’malheur d’abimer l’travail de ma tatoueuse elle m’a promis toute une série de malédiction plus humiliantes les une que les autres. Pour dire la vérité, elle m’fait un peu peur quand elle est en colére. »

Il sourie désolé et essaye de faire retomber la tension pour que Rose se détende à nouveau. Il s’assoie sur la chaise et attend patiemment, qu’elle finisse de se rhabiller. Mais oui, il sait de quoi est capable Lalie, rien que pour l’avoir vue se venger d’un amant infidèle. C’est une femme effrayante quand elle est furie, et Lukumi ne veut surtout pas être un jour la cause de sa colère.

« J’espère que vous m'en voulez pas. J'ai pas coupé profond, en plus le ventre c'est moins risqué que l'bras. Pas d'risque de couper un tendon ou une artére.»

Il cherche à se justifier, mais en vérité, il s'en veut de l'avoir mise en colère.

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Rose Allen
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MessageSujet: Re: Grigris ou piments    Dim 27 Nov - 9:17

Il n'avait même pas l'air inquiet de sa blessure au ventre et, au lieu de s'assurer qu'il ne risquait rien, s'offrait le luxe de sourire et même de la taquiner un peu. Oui, il avait dit le bras et pour elle c'était une nuance d'importance, une façon de se préparer à voir une blessure à un endroit précis, avec une vague idée de ce que cela pouvait donner. Et puis le bras, c'était tout de même plus pratique que le ventre, zone délicate à ses yeux. L'argument d'une redoutable tatoueuse sembla pourtant passer et Rose, après quelques secondes de silence scrutateur, finit par soupirer fortement, secouant légèrement la tête.

- Non je ne vous en veux pas.

Elle s'inquiétait, voilà tout, comme le prouvait le ton radoucit avec lequel elle venait de parler. Ses propres muscles et tendons lui sont essentiels, elle comprend la nécessité de les préserver : un bras blessé et une fois Daine elle ne pouvait plus courir, une vrai calamité. Aussi la jeune femme se releva-t-elle, maintenant le drap contre son corps et ramassant ses vêtements sur le sol d'un geste légèrement tremblant. Son estomac grogna en sourdine et elle le sentit très distinctement se tordre à vide : deux transformations et la voilà à plat, elle aurait mieux fait de manger ce matin.

- Asseyez-vous, j'arrive tout de suite avec de quoi vous soigner.

La Métamorphe sourit légèrement, puis file en direction de la petite salle de bain de son studio, refermant la porte derrière elle dont Lukumi peut entendre le verrou, un vieux réflexe qui ne l'a jamais quitté. Se changer est le plus facile, l'eau coule brièvement dans le lavabo quand la rousse se rafraichit un peu au passage, puis elle ressort moins de deux minutes plus tard avec une trousse de soins de taille moyenne qu'elle vient poser sur la table de la pièce de vie. L'ouvrant d'un geste mu par l'habitude, elle fait une brève moue avant d'en tirer une grande bande de tissu, des compresses stériles et du désinfectant qu'elle pose prestement. Son regard ambré va du Vodoun à la trousse, dont le contenu semble encore conséquent, puis elle opte pour du scotch d'infirmière qu'elle place à côté de la bande. Satisfaite, Rose hocha la tête et leva pour de bon un regard brillant sur celui qui s'était mutilé pour l'aider. Que ce soit son travail n'entrait pas en ligne de compte à ses yeux.

- Vous êtes allergique à quelque chose ? J'ai des anti-douleurs pour ce genre de blessures.

A croire qu'elle avait fait une descente dans une pharmacie à son arrivée à la Nouvelle Orléans, mais c'était en vérité sa crainte perpétuelle de ne plus être opérationnelle sous forme animale qui la poussait à toujours avoir ce qu'il fallait : résister aux maladies ne vous rendait pas insensible à la douleur et encore moins indestructible. On était pas dans Jessica Jones quand même.
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MessageSujet: Re: Grigris ou piments    Ven 2 Déc - 9:24

Un soupir de soulagement s’échappe de la bouche du vaudoun. Il est rassurer de savoir qu’elle n’est pas en colère contre lui.

Les bruits plaintifs de l’estomac de Rose ne passent pas inaperçu aux oreilles de Lukumi. Il garde pour lui toutes réflexions pourtant, ne voulant pas appuyer sur cet état qui peut créer des malaises chez certaines personnes. Il se souvient encore de se groupe de réfugier de Cuba. Leur faire remarquer qu’ils avaient faim c’était comme les insulter. Comme pointer du doigt leur pauvreté.

« D’accord. »

Le caraïbien s’exécute et attend sagement sur la chaise. Il entend le verrou mais ne s’en offusque pas. C’est compréhensible. Il y a un inconnue chez elle et elle est en position de faiblesse. Il est tout à fait normal qu’il prenne quelques précautions. Même si jusqu’à maintenant, elle a prouvé qu’elle avait une tendance préoccupante à la confiance.

Elle revient si vite, qu’il se doute qu’elle n’a pas prit de douche malgré le bruit de l’eau qui coulait il n’y a pas si longtemps. La métamorphe a les bras chargés d’une trousse à pharmacie assez conséquente pour soigner tout un régiment. L’envie de jouer le malade traverse l’esprit du vaudoun et née un fantasme…

Il secoue la tête pour se concentrer sur se qu’elle lui dit.

« Je n’ai pas d’allergie. Merci mais je m’passerais d’antidouleur docteur. »

Pas de moquerie dans sa voix, peut être une pointe d’espièglerie mais avec cette voix cassée c’set un peut difficile à dire, même pour lui. Il n’a pas d’allergie, connue en tout cas. Et puis bien entendue qu’il éprouve la douleur de la plaie. Il sent son pouls se déverser dans son ventre dans un rythme lancinant qui picote inconfortablement à chaque pulsation.

« N’y voyez pas une bravade pour parader avec toute ma testostérone d’mâle. Si j’suis friand des cocktails, j’préfère éviter les mélanges de médicaments, sa m’ensuque et me rend moins performant dans mon art. »

Il n’est pas certain que son corps a évacué toutes les saloperies d’intraveineuses qu’on lui a fait passer dans le sang. Déjà que lorsqu’il est sortie de l’hôpital, elle était dans un état tellement lamentable qu’il n’arrivait même plus à contacter un loa, alors il préfère éviter d’en rajouter une couche. D’autant qu’elle n’a pas l’air de plaisanter sur sa possession d’antidouleur. Cette fille est une pharmacie ambulante, il n’en doute pas.

Il se laisse faire docilement, ne montrant aucune réaction lorsqu’elle touche la zone. La plaie est nette et fine ; preuve que le couteau est vraiment bien aiguisé. Lukumi n’avait pas menti à Rose, la plaie n’est pas très profonde. Et la pression qu’il a exercé à commencé à arrêter l’écoulement. Il faut encore nettoyer pour voir qu’il n’y a pas besoin de points.

« Dites moi. »

Le vaudoun sourie gentiment à la métamorphe. C’est la première fois qu’un client veut faire quelque chose pour lui. Pourtant le service c’est son boulot, c’est même pour ça qu’elle l’a appelé.

« Quand j’aurais fait votre amulette. Accepteriez-vous qu’vous offre un verre ? »

Le dîner aurait peut être été de trop. Il se contenterait même d’un thé. C’est quasiment la première personne qu’il rencontre dans la ville. L’autre, n’a pas vraiment envie de l’inviter à boire. En tout cas pas avec les mêmes intentions.
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Rose Allen
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MessageSujet: Re: Grigris ou piments    Dim 11 Déc - 11:42

Une chance pour Rose qu'elle ne sache pas lire les pensées des gens et encore moins les visualiser, sans quoi il est fort probable qu'elle se serait brièvement demandée si c'était une si bonne idée que cela d'insister pour soigner Lukumi, cependant en la connaissant bien, il était évident que de toute façon elle l'aurait aidé avec cette plaie au ventre : c'était plus fort qu'elle, toujours il fallait qu'elle tende la main à autrui et plus encore quand on essayait justement de l'aider, elle, du donnant donnant en quelque sorte. Déjà il refusait de vouloir prendre le moindre anti-douleurs et les explications qu'il lui donna ne manquèrent pas de faire légèrement pencher de côté la tête de la jeune femme, qui cligna des paupières en l'observant avec attention. Bon, il n'avait pas l'air spécialement de souffrir le martyr, mais n'eut été ce qu'il venait de lui dire elle aurait préféré qu'il prenne quelque chose, même minime. Sa main quitta la trousse de secours sans ressortir la petite boite blanche qu'elle avait lâché au fond, ses épaules se soulevant brièvement en signe de reddition avant qu'un sourire ne refasse surface sur ses lèvres.

- Très bien, mais promettez-moi de faire attention alors, une blessure dans cette zone est très dérangeante.

En tout cas à son sens, même si elle n'était pas du tout médecin contrairement à ce qu'il avait insinué avec sa plaisanterie. L'humeur de Rose s'en trouvait améliorée malgré le coup de frayeur qu'elle avait eu en voyant la plaie, ses mains fines se firent aussi douces que possible quand elle entreprit de nettoyer le sang qui avait coulé ainsi que la zone blessée. Des points semblent superflus, mais elle hésite, ne connait pas exactement l'activité de Lukumi ni les mouvements qu'il est habitué à faire. La coupure est nette, peu profonde, aussi finit-elle par sortir des steri-strip qu'elle pose sur le côté, s'occupant de désinfecter au préalable la zone avec application. C'est ce moment que choisit le Vaudoun pour reprendre la parole et l'inviter à aller boire un verre. La main de la jeune femme suspend son mouvement avec la compresse et ses yeux ambrés se relèvent vivement pour fixer ceux de l'homme. Il y a quelques secondes de flottement tandis que ses joues se teintent d'un rose vif qu'elle n'a jamais su contrôler sous l'afflux d'une forte émotion ou d'une grande surprise, puis son regard revient à la plaie qu'elle finie de désinfecter avec application, cherchant rapidement ses mots pour répondre d'une voix passablement gênée.

- Heu... pourquoi pas, oui. C'est-à-dire que je préfère éviter de boire de l'alcool à cette heure-ci, mais je ne dirais pas non à un jus de fruit.

Cela lui rappelle terriblement une situation similaire qui avait eu lieu quelques mois plus tôt et la jeune femme se demande brièvement si les vaudoun et les métamorphes n'ont pas quelque chose en commun qui les poussent ainsi les uns vers les autres, à croire que toutes ces histoires au sujet de l'ancien temps et de ce qui serait arrivé pour les créer, eux tous, était vrai. Ici pourtant il n'y a pas de chevelure rouge ni d'attentions presque osées, quoique positivement troublantes, les choses sont différentes. Tout d'abord il ne s'agit pas d'une rencontre au travail, ou en tout cas pas en ce qui la concerne, ou plutôt les rôles sont en quelque sorte inversés et c'est assez perturbants dans le fond. Et puis cette fois la jeune femme n'a pas cherché à paraitre à son avantage que ce soit dans sa tenue ou sa façon de se comporter, à moins que peut-être ce ne soit de l'avoir entraperçue quand elle se transformait ? Autant de pensées, chaotiques et désordonnées qui tourbillonnent tout à coup dans son esprit, lui donnant vu de l'extérieur un air songeur alors que ses mains s'emparent des petites bandes blanches de steri-strip pour commencer à les apposer en perpendiculaire de la coupure nette, tout le long de la blessure. On sent dans ses mouvements la force de l'habitude, la précision dans l'acte et la concentration qui demeure malgré son trouble. Le rouge de ses joues reflue un peu, la fraicheur revenant à son visage alors qu'elle reprend à son tour la parole.

- Vous invitez souvent vos clientes à boire un verre ?

Autant être fixée dès maintenant avant qu'elle ne se fasse davantage de fausses idées. L'un de ses nombreux défauts est de rapidement s'emballer et de vite perdre de vue la réalité des choses ou des êtres : un sourire, un air charmeur et avenant, une approche qui fait mouche et elle pouvait rapidement se sentir troublée, touchée, impactée malgré elle, l'inconvénient d'être un cœur d’artichaut en somme, mais l'air de rien cela nécessitait de prendre quelques précautions avant de songer à quoi que ce soit. Lukumi avait cet air un peu cassé, de ces hommes que la vie n'a pas spécialement épargné, mais qui le vivent étrangement bien, qui savourent l'instant présent et qui foncent sans se poser de questions. Si Rose avait parfois ce genre d'anicroche, elle tentait de mettre bon ordre à sa vie pour l'instant assez décousue et manquant de repères, mais elle ne se fermait pas pour autant la porte. Plus qu'à espérer que personne de mauvais ne s'y engouffre, ce qui était déjà trop tard mais qu'elle ignorait encore, notamment au sujet de ce nouveau collègue, Nathan, qui était en apparence si gentil qu'elle n'imaginait pas un seul instant la vérité à son propos. Ah la crédulité.
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Lukumi
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Vodouns


MessageSujet: Re: Grigris ou piments    Jeu 29 Déc - 9:50

La dernière chose dont il a envie c'est de lui mentir et de s'attirer la colère de la belle métamorphe. Il n'oublie pas qu'il n'est pas doué de régénération spontanée. Par contre, il connaît très bien les plantes et il sait lesquelles il pourra faire bouillir pour confectionner un cicatrisant.

« Croix d'bois, crois d'fer. »

Il la regarde un sourire amusé sur le visage. Elle n'a pas tort, une coupure au ventre sa peut gêner pour bien des choses, mais un cancer des poumons tout autant. La douleur et les sensations de gênes sont devenues très relatives pour lui.

Lukumi voie son interlocutrice se détendre avant de le regarder à nouveau et rougir comme une tomate. Il ne s'attendait pas à une réaction aussi vive. Mais même en essayant très fort, il n'arriverait jamais à avoir la même tinte que la métamorphe. La gène de Rose lui arracha un nouveau sourire bienveillant. Il voie son trouble et devine le fouillis de ses pensées. Personne ne peut s’attendre à se que Lukumi l'invite à boire. D'abord parce qu'il n'a pas l'air d'être le genre à vous inviter et ensuite parce qu'on se dit à sa tête de cancéreux qu'il a mieux à faire. Pourtant, là de suite, le vaudoun ne veut rien d'autre que de prolonger l'entrevue avec la métamorphe. Même la perspective de son projet lui paraît un peut fade en comparaison.

Et la question tombe...Après avoir pris contenance en faisant ce pour quoi elle est visiblement douée ou expérimenter, voir les deux peut être ; elle essaye de mettre les choses à plat pour être sertaine de ne pas avoir mal interpréter les propos de l'étrange homme en face d'elle. Il est clair pour lui que même s'il ne connaît pas le véritable âge de la métamophe, physiquement il fait bien plus vieux qu'elle ; d'au moins une dizaines d'années. Pourtant il ne se démonte pas.

« Non. »

Cette simple réponse sans plus d'explications peut avoir le dont d'accentuer un trouble il en est certain, pourtant ce n'est pas son but. Il cherche une justification qui ne ferait pas fuir la métamorphe. Il ne veut pas lui dire de but en blanc qu'il crois au coup de foudre et qu'il vient d'être foudroyé par son regard, sa douceur et sa naïveté de biche. Et puis, c'est une grande ville, il ne sait pas si les coutumes sont très différentes de là d'où il vient.

« J'veux dire, qu'j'invite pas mes clients à boire un verre, mais il s'trouve que j'suis nouveau en ville et que vous êtes la personne à qui j'ai l'plus envie d'offrir un jus de fruit à l'instant. »

Revoilà le charmeur à l’œuvre. Tout en se protègent, il arrive à dire le font de sa pensée.

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Grigris ou piments

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