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 [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité

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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Dim 6 Nov - 20:04

Esteban appuya sur le bouton de son téléphone afin de remettre l'écran de veille, le sourire aux lèvres. Il avait suivi toute la conversation, à défaut de pouvoir y participer pleinement. Il n'en avait pas ressenti le besoin, principalement parce qu'il était encore trop extérieur à ce qu'il se passait pour ne pas se sentir largué. Bien sûr il avait lu toutes les conversations intéressantes sur le Sh4d3Net et sa tante lui avait fait un résumé complet de ses découvertes, mais c'était énormément d'informations à assimiler, et il ne les maîtrisait pas encore suffisamment pour se joindre aux déductions. Sinon, il aurait dialogué par message.

A défaut il avait attendu qu'ils en aient terminé. Ça avait pris un moment et le jeune vampire avait fini par se sentir un peu somnolent, mais il était patient. Il savait que ces échanges étaient de la plus haute importance. De l'ordre, pour ces jeunes gens, de ce qu'était le procès qu'il menait contre son père pour lui. Sa contrariété, face à une telle priorité, n'avait que bien peu de poids. Alors, il s'était tassé contre son lit et avait attendu patiemment que Luisa prenne congé de ses invités, avant de lui envoyer un message pour l'inviter à monter.

Elle lui avait fait peur, à quasiment révéler à Grin et Lullaby les implications de leur famille dans le TPH. Lullaby était une norme, de ce qu'il avait compris. Mais ce n'était pas le cas de Grin, et vu ce que semblait être son passé, il lui paraissait normal que le jeune homme ait une dent contre les organisations similaires. Elle avait vraiment eu de la chance qu'il comprenne à quel point la situation était bancale non seulement pour lui, mais pour eux tous.

En trois ans, ce qui avait été un laboratoire photo avait été complètement rénové. Esteban avait fait agrandir l'igloo correspondant - à l'instar des autres. La moitié de la pièce était recouverte d'une mini-terrasse, comme une mezzanine. Au dessus, un lit immense recouvert de coussins dans lesquels on pouvait s'étaler de tout son long. Il y en avait même sur les murs. Au début, cela lui avait permis d'éviter de s'y arracher les ongles et de s'obliger au contraire à s'entourer de douceur. Maintenant, c'était un ajout particulièrement confortable à la pièce. Au pied de la mezzanine, son bureau résidait, sur lequel un matériel informatique incroyable figurait. Le bureau et les plateformes adjacentes étaient motorisés, permettant avec une simple commande de faire monter l'ordinateur au niveau du lit s'il n'avait pas envie d'en descendre.

Sous la mezzanine s'étalait une sorte de minuscule jardin d'intérieur où figuraient de véritables plantes, des poufs, des lumières savamment dosées afin de remplacer au mieux celle du soleil, qu'il avait perdue. Une petite fontaine coulait dans le coin du fond et formait un étang dans lequel il était possible de barboter à l'envie. Des voilures légères cachaient cette oasis de calme naturel, qui apparaissait au travers comme en ombre chinoise. De l'autre côté de la pièce, le mur entier servait d'écran à un vidéo projecteur qui pouvait projeter à la fois la télé, le contenu de son ordinateur et celui de ses consoles. Cette partie était meublée. Armoires, commodes, et un grand tapis de soie bleu qui recouvrait un sol de plancher noir magnifique. Une trappe dans le sol amenait à un sous-terrain décoré à la façon d'un navire qu'il avait fait creuser - en achetant ce qu'il fallait de l'immeuble - afin de relier entre elles les pièces à l'abri de la lumière du soleil. Le volume qu'il avait ainsi acquis avait été reconverti en pièces annexes : stockage, home cinema, et autres agréments nombreux. Il avait fait installer des sas devant chaque porte d'igloos afin de ne pas risquer que la lumière du soleil ne le blesse quand quelqu'un rentrait dedans en journée.

La porte de la chambre s'ouvrit. Il se redressa vaguement dans son lit, afin de regarder Luisa par dessus un coussin.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Dim 6 Nov - 20:40

La discussion avait été... éprouvante. La semaine entière, en réalité. A part quelques moments récréatifs (qui, à la lumière des révélations qu'elle venait d'avoir, ne l'étaient plus tout à fait autant), elle n'avait pas arrêté d'aller et venir dans tous les coins de la Nouvelle-Orléans pour faire le point sur cette affaire. L'incompétence du BIAS sur ce coup-là l'étonnait. De ce qu'elle en savait, cette police ne se débrouillait pas si mal, d'ordinaire, mais là... C'était à se demander si l'un des enquêteurs sur l'affaire n'était pas un complice, ou une taupe là pour empêcher le BIAS d'avancer.

Au vu de tout ce qu'elle avait découvert en si peu de temps, ce ne serait pas étonnant.

Son retour express à Mexico, cependant, l'avait fatiguée plus que nécessaire. Pour qu'on demande son retour afin de gérer des litiges, c'était que le souci était plus important que la moyenne, et elle n'aimait pas ça. Le fait qu'elle ait dû partir alors qu'elle venait de proposer à Grin' de l'héberger la dérangeait particulièrement mais, malheureusement, elle n'avait rien pu faire. Esteban avait accepté de prendre le relais, ce qui - d'un point de vue stratégique- était la meilleure solution : Olivia aurait tôt fait de hurler si elle découvrait les deux jeunes dans son appartement. Dans le penthouse d'Esteban, cependant, s'ils étaient suffisamment silencieux, personne ne les repèrerait.

Et puis, il y avait cette demande, qu'elle s'était sentie obligée de faire. Elle savait que le Talion -que Skyler, réalisait-elle doucement- voulait profiter des talents de hackeur de GrinningSkull. Elle avait elle-même témoigné des talents du jeune bassiste. Si ils cherchaient les noms de membres du TPH, pour les cibler, il y avait de fortes chances qu'ils découvrent la haute implication des familles Selva Moreno et Luz-Descalzo... et qu'ils soient les premiers sur la liste des personnes à atteindre.

Luisa ne pouvait pas se le permettre. Elle avait beau ne pas porter tous les membres de sa famille dans son coeur (plus particulièrement son enfoiré de beau-frère), elle avait eu l'occasion de les protéger, au moins pour un temps limité, et elle l'avait saisie. S'il fallait s'engager pour qu'en retour, les mêmes membres ne partent pas à la chasse aux de Boberil, elle le ferait sans hésiter. La sécurité des siens (aussi pourris soient-ils, eux et leur idéologie) valait bien cela.

Ambroise l'avait compris, et c'était ce qui lui avait permis de négocier. Luisa avait certainement signe par cet accord tacite le contrat le plus important de toute sa vie.

Après cela, ils avaient discuté un moment des pistes qui s'offraient à eux. Le sujet était devenu toujours aussi important, mais paradoxalement plus léger. Mais l'esprit de Luisa était resté partiellement concentré sur tout cela. Les effets, les implications, tout ce qu'il allait falloir surveiller, à commencer par elle-même... Pour une rare fois, elle avait l'impression de ne plus en voir le bout.

Quand ils avaient épuisé le sujet, Luisa avait émis le souhait de rendre visite à son neveu. Les deux jeunes l'avaient laissé faire, notifiant qu'ils la préviendrait en cas de besoin, et elle avait reçu un sms d'Esteban annonçant qu'il l'attendait. Elle avait eu un mince sourire à la lecture. Evidemment, qu'il avait tout écouté.

Elle était montée jusque dans la chambre, poussant la porte et pénétrant dans le sas qui évitait à son filleul de se prendre la lumière du soleil en pleine figure quand on venait lui rendre visite de jour. Elle avait l'habitude de ce décor, mais elle parvenait encore à s'en étonner. Elle ne se souvenait que trop bien des murs tâchés de sang qui avaient peuplé ses nuits pendant de longs mois. Esteban était sur son lit, et avait relevé la tête en la voyait arriver. Sa tante lui jeta un regard poignant, qu'elle n'avait pas réussi à retenir plus longtemps : elle était éreintée, elle était bouleversée, et pour une fois elle était celle qui avait besoin de la douceur des coussins.

Sans un mot, Luisa posa son ordinateur portable sur un coin du bureau et monta dans la mezzanine, pour rejoindre le lit sur lequel elle s'allongea, à côté de son neveu. Une fois ceci fait, elle tenta un léger sourire et tendit les bras dans sa direction. Elle n'avait pas envie de parler pour le moment. Elle l'avait trop fait. Beaucoup trop.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Dim 6 Nov - 23:03

Quelque chose passa dans le regard clair du vampire lorsqu'il remarqua l'expression de sa tante, inhabituellement émotive. C'était une expression qu'il avait l'habitude de voir sur le visage de sa mère. Mais sur Luisa ? C'était si rare que cela en devenait inquiétant. Les sourcils froncés, il se redressa et voulut prendre la parole.

Néanmoins quand il la vit bouger et faire en sorte de grimper pour le rejoindre, il s'abstint. Il y avait quelque chose de sacré dans ce silence entre eux, à cet instant donné. Il était apaisant. Peut-être parce qu'il les avait entendus parler énormément, et qu'il était lui-même éreinté d'avoir à réfléchir aux tenants et aux aboutissants de cette affaire. C'était une impression inhabituelle pour lui, d'aimer le silence. Il avait longtemps été l'un de ses pires ennemis, car un témoin cruel de la solitude dans laquelle il s'était de force muré.

Elle était moins grave qu'avant, mais il restait obligé de passer énormément de temps en intérieur, aux heures où ses proches étaient éveillés, tandis qu'ils dormaient la plupart du temps où il était en mesure de sortir. Si on devait rajouter à cela la prudence dont il faisait encore preuve pour échapper au TPH - même si il était devenu bien moins précautionneux qu'un temps - cela faisait énormément de moments qu'il était bon gré mal gré forcé de passer sans aucune compagnie. Ça ne l'aurait probablement pas autant dérangé si il n'avait pas été justement obligé de s'en tenir à ces interactions sociales limitées.

Luisa venait d'arriver sur le matelas. Elle s'étala dans les coussins d'une manière qui le fit sourire et elle lui tendit les bras. Sans attendre, il vint vers elle et se lova contre son ventre, un bras au travers de sa hanche. Il glissa son nez dans son cou et soupira d'aise.

Esteban avait toujours été très affectueux. Cette tendance atteignait néanmoins des sommets depuis sa transformation, pour les raisons citées précédemment, mais aussi parce que certaines choses avaient profondément changées, depuis qu'il était devenu vampire. Plus jeune, on lui avait toujours fait comprendre que l'affection qu'on lui donnait lui était due. Il n'avait jamais cherché à savoir si il la méritait ou non, car c'était l'évidence même. Les démonstrations de tendresse faisaient partie de son quotidien. Il les appréciait sans vraiment les goûter, sans du moins les considérer comme quelque chose d'inhabituellement positif.

Cela avait bien changé depuis les sordides événements qui avaient ancré en lui un solide sentiment de rejet et de démérite. Il avait désappris à se sentir aimé, ainsi qu'à considérer que c'était une chose qui lui était due. Malgré les efforts que ses proches avaient fait par la suite pour lui prouver que c'était faux, des dégâts probablement irrémédiables avaient été faits. Il perdait très vite confiance. Son estime de soi s'effritait à la moindre contrariété, ainsi que son humeur, facilement rendue sombre. Et enfin, il fallait lui rappeler couramment qu'on tenait à lui, car ce qui était auparavant naturel était devenu l'exception, et il recommençait à douter sans pouvoir s'en empêcher à la moindre latence. Ainsi, il cherchait les contacts plus qu'il ne l'avait jamais fait, ce qui avait tendance à le transformer en véritable gerbille à l'occasion des visites d'Olivia (évidemment), et même de Luisa, qu'il n'avait pas habituée à ces échanges avant.

Après quelques minutes, ses batteries rechargées, il ouvrit les yeux. Il entendait les bruits et les conversations de Grin et Lullaby, plus bas. Cela ne le dérangeait absolument pas, mais ce rappel le laissait pensif. Combien de temps cela allait-il durer ? Il était très loin d'être contre des colocataires provisoires, même si le fait que l'un d'entre eux soit un métamorphe le laissait perplexe. Il craignait juste l'issue de cette affaire.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Dim 6 Nov - 23:42

Esteban semblait avoir remarqué qu'elle n'était pas dans son assiette. Elle n'avait pas réussi à le cacher, et elle s'en voulait un peu, mais elle sentait peser sur ses épaules le poids de toute cette affaire et le manque de sommeil raidir ses muscles déjà maltraités avec les diverses allées et venues dans tous les coins de la ville. Cette fatigue physique l'empêchait d'appréhender aussi bien que d'habitude l'épuisement émotionnel qu'elle ressentait depuis quelques jours déjà. Elle fut donc reconnaissante à son neveu pour ne pas dire la moindre parole, car elle aurait été incapable de lui répondre sereinement pour le moment.

Ce silence lui faisait du bien. Elle entendait l'eau clapoter dans l'étang sous la mezzanine, bruit relaxant et agréable. Une fois confortablement installée parmi les coussins, elle se sentait déjà un peu mieux. Comme si être là lui donnait le droit de relâcher un peu de cette pression qu'elle avait senti en bas, s'abattre sur eux avec force dans un silence pesant de plus en plus long. Mais elle n'avait pas eu le choix...

Elle tendit les bras vers son filleul et il vint se lover contre elle. Ca aussi, c'était rassurant. Et c'était nouveau. Luisa n'avait jamais été très affectueuse. Oh, elle n'était pas contre les marques d'affection, et il lui arrivait d'en avoir, mais rarement de ce type, à rester enlacés sans rien dire. C'était une habitude qui était née entre eux après la transformation d'Esteban. Quand il avait réappris à s'ouvrir au monde. Elle se souvenait encore de la façon dont il l'avait repoussée, sans forcément le vouloir, quand ils étaient venus avec Karl et Gael pour le sortir de son cauchemar. Elle avait craint de ne plus jamais retrouver la peluche qu'était son neveu (principalement avec sa mère). Et même si elle n'était pas du genre à le câliner, elle avait vécu comme un soulagement le fait qu'il accepte à nouveau de se laisser approcher, puis qu'il recherche leur présence. La mexicaine ne lui avait plus jamais refusé une scène comme celle qu'ils étaient en train de vivre depuis.

Aujourd'hui, elle en ressentait autant le besoin que lui. Luisa avait également fermé les yeux, et ses mains s'étaient déplacées de façon presque automatique : l'une ceinturait le garçon pour le garder contre elle, et l'autre jouait avec ses cheveux, ces mèches à présent trop courtes pour être attachées et qui faisaient son plaisir ainsi que celui de sa soeur. Un sourire doux fleurit sur ses lèvres, mais ses yeux ne s'ouvraient pas. Là, concentrée sur les sensations qui l'entouraient (la douceur des cheveux de son neveu, son parfum, son poids contre elle et sa chaleur -il avait dû penser à se nourrir pour éviter un drame avec les invités-, le moelleux des coussins) et les bruits relaxants du jardin et de la respiration -même inutile d'un point de vue technique- de son neveu, Luisa se sentait apaisée, et apte à retrouver son calme.

Elle ne sut pas combien de temps était passé quand elle r'ouvrit les yeux. Ca se trouve, elle s'était endormie quelques minutes, ce qui n'aurait rien eu d'étonnant. Son regard tomba sur celui de son filleul et elle lui sourit doucement, avant se bouger suffisamment pour l'embrasser sur le front. Enfin, elle parla.

"Je suis désolée de t'imposer tout ça, Tebi. Tu as raison, j'aurais dû laisser la police faire son travail plutôt. C'était divertissant au début, mais là..."

Cela prenait des tournures pour le moins inattendues. Elle soupira. Pour qu'elle dise tout cela, elle devait avoir laissé tomber un certain nombre de ses barrières. Mais elle s'était rendu compte qu'elle le faisait assez naturellement avec le "nouvel" Esteban. Celui qui était plus mûr, réfléchi. Plus triste, aussi. Parfois plus sombre. Mais en ce moment, elle avait l'impression que ça allait.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Lun 7 Nov - 0:28

Il faisait chaud, contre Luisa. Il sentait le sang battre dans ses veines et collé contre elle, il était presque en mesure de se sentir lui aussi vibrer de cette vie qui ne lui appartenait plus. C'était une autre des raisons pour lesquelles il aimait plus que jamais se lover contre ses proches, lorsqu'il le pouvait. Une raison qu'il n'aurait jamais admise tout haut, mais qu'il avait appris à considérer comme valable et à accepter, au moins d'un point de vue personnel. Peut-être cela risquerait-il de paraître glauque à un norme, mais c'était probablement parce qu'il n'avaient jamais expérimenté la sensation glaçante de n'être plus qu'un morceau de chair inerte.

Les palpitations organiques le réconfortaient. Il se concentrait sur les agréables battements de son cœur. Sur les cycles qu'il était en mesure de capter par l'ensemble de tous ses sens, et dans lesquels il se mêlait par la pensée. Ainsi, il redevenait humain l'espace d'un rêve éveillé.

Il frissonnait sous ses doigts. Les caresses dans ses cheveux renforçaient prodigieusement sa sensation de confort. Il perdit probablement la notion du temps. C'était quelque chose qui lui arrivait souvent, depuis qu'il en avait presque le double à tuer, comme dormir n'était plus maintenant pour lui une nécessité. Peut-être était-ce encore un autre reste de la sombre période durant laquelle il avait commencé à développé ce type de troubles de la conscience.

Les voix de Grin et Lullaby lui permirent d'émerger. Il était reposé. Il se mit à penser aux implications de leurs actes récents, moins parce qu'il voulait vraiment le faire que parce que ces pensées s'imposaient à lui sans qu'il sache les contrôler. C'est alors que Luisa dut se réveiller d'une quelconque manière, car il remarqua qu'elle le regardait. Elle prit la parole, amenant un pli soucieux à apparaître au niveau des sourcils du jeune homme, qui se tortilla pour monter à son niveau et glisser une main qu'il voulait rassurante dans son dos.

"Tu ne m'imposes rien du tout... J'ai accepté d'aider. Est-ce que cela change beaucoup mon quotidien ? Je vis dans le même genre de danger depuis trois ans, tu le sais bien... Et ce n'est pas comme si je risquais ma réputation."

C'était peut-être parce qu'il avait de suite senti un lien avec Ambroise, quand il avait lu son histoire. Il avait pris sa défense sans réfléchir. Il s'était senti affreusement mal en imaginant l'état du pauvre garçon, dont on révélait la nature - de surcroît peu glorieuse - tandis qu'il essayait juste de vivre comme un humain normal. Tout comme lui s'était accroché à son humanité perdue jusqu'au bout. Le protéger du TPH, c'était la suite logique. Cela faisait depuis longtemps maintenant qu'il avait été forcé à une rupture douloureuse avec l'organisation familiale comme avec son idéologie.

Quoiqu'il en soit, Luisa devait être épuisée. Ce n'était pas son genre de se laisser écraser par les événements, même lorsqu'ils étaient aussi compliqués. Ni d'admettre sa défaite face à une quelconque institution. Ni d'admettre qu'Esteban avait eu raison plutôt qu'elle, d'ailleurs.

"Tu as fait un excellent travail Tia... Mieux que la police. Tu avais raison sur un point : ils sont lents et ils n'arrivent à rien, en comparaison de ce que vous avez accompli. A croire que cette affaire ne leur est pas prioritaire. Il n'est pas encore trop tard pour aller leur donner des informations qui leur manquent, si jamais tu souhaites tout de même te reposer sur leur travail..."

Une brève pause, pendant laquelle il la regarda. Oui. Elle n'avait pas assez dormi et trop de choses s'étaient passées d'un coup, à point c'était tout. Peut-être était-ce aussi qu'elle en faisait trop toute seule. Aurait-il dû appeler Karl à la rescousse ? Lui-même n'était pas certain d'être d'une aide terrifiante, ne serait-ce que parce qu'il était immobilisé durant la journée.

"Tu es éreintée... Tu n'es pas objective. Il n'est plus temps de penser à tout ça... Tu devrais dormir. Je vais faire pareil. Ça fait des lustres que je n'ai pas dormi... J'ai besoin de faire une pause aussi."

Il attendit sa réaction pour fermer les yeux.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Lun 7 Nov - 10:43

C'était la paix, qui lui avait manqué depuis une semaine. Oh, bien sûr, elle s'était détendue : avait fait de nouvelles rencontres, avait bu un verre (ou deux...), s'était baladée tranquillement... Mais elle n'avait as encore pris le temps de profiter simplement d'un moment de calme, ou rien ne serait attendu d'elle.

C'était ce qu'Esteban lui offrait à présent. La seule chose qu'il lui demandait, c'était d'être là, ce qu'elle était encore tout à fait capable de faire. Il ne demandait ni son attention, ni sa conversation... juste sa présence, près de lui, ce qui l'arrangeait car c'était également ce dont elle avait besoin. Les évènements des derniers jours, et les corrélations qu'elle faisait entre Grinning et Esteban, l'amenaient à vouloir s'assurer de plus en plus fréquemment que son neveu allait bien, pour des raisons totalement illogiques. Elle aurait pu prendre de ses nouvelles en passant par Olivia, qui venait le voir presque tous les jours, mais il était hors de question qu'elle mette sa soeur au courant de quoi que ce soit (car cette dernière aurait rapidement dénoté son comportement "anormal", elle qui en général laissait son aînée s'inquiéter pour tout le monde, et aurait tôt fait de la cuisiner pour lui sortir les vers du nez). Et puis, maintenant, elle avait une raison de plus pour monter les étages qui la séparaient du penthouse : les invités de son neveu.

C'est en pensant à eux qu'elle prit enfin la parole. Elle avait posé sur les épaules d'Esteban un fardeau qu'elle avait initialement eu l'intention de porter elle-même, et elle s'en voulait un peu. Elle avait certes toujours souhaité que son filleul prenne un peu plus d'initiatives dans les affaires de la famille, mais là, c'était complètement différent.

Elle sentit Esteban changer de position et le regarda faire sans rien ajouter. Sa main dans son dos était apaisante, et elle se sentait sourire, à la fois attendrie et amusée. Depuis quand était-ce lui qui cherchait à la rassurer ? C'était le monde à l'envers... mais cela faisait du bien, de temps en temps.

Luisa hocha doucement la tête. Elle savait très bien ce qu'il était en train de lui expliquer. C'étaient même les raisons qui avaient fait qu'elle le lui avait demandé à lui en priorité, mais... quelque chose la gênait, et elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. C'était d'autant plus frustrant et angoissant que la discussion précédente n'avait pas été sans heurts. Peut-être était-ce ça, qui la gênait réellement.

"J'étais obligée de proposer cet arrangement. Si le Talion lui propose un emploi, il pourrait très facilement découvrir ce qui se cache sous l'iceberg... Tu as vu comme il est doué, il est capable de pirater les sites gouvernementaux... Je n'avais pas le choix."

La voilà, la boule qui lui serrait la gorge. Pour la première fois depuis très, très longtemps, Mademoiselle Selva Moreno craignait d'avoir fait une erreur de jugement. Elle n'avait rien confirmé, rien infirmé, simplement demandé à leurs invités de garder un secret qu'ils aurait pu finir par découvrir. Elle avait été dans une position où l'issue du deal leur était très probablement favorable. Une fois toute cette histoire terminée, Ambroise ne se serait pas forcément rappelé qu'il devait une fière chandelle à des membres de cette même famille. Face à lui, tout à l'heure, elle avait eu une opportunité de faire pencher la balance en sa faveur, et elle l'avait prise. Elle avait cherché à protéger sa famille, un peu plus longtemps.

En contrepartie, elle savait qu'elle ne pouvait pas abandonner ce jeune homme à sn sort, quand bien même elle l'aurait voulu. Cette enquête était en train de l'amener dans les profondeurs de réseaux dont elle n'avait fait que connaître l'existence sans vouloir s'en mêler plus que cela, et voilà qu'elle devait mener de front une énigme policière, une couverture auprès du Talion et une autre face au TPH, en s'assurant que chacun n'ait que les informations qui leur permette de les aider sans leur mettre du plomb dans l'aile. Elle ne voulait pas de tout ça. Elle était fatiguée.

Esteban lui parlait du BIAS, et elle secoua la tête. Elle savait que ce serait la solution la plus simple pour se séparer d'une partie du poids qu'elle sentait peser sur elle, mais ce n'était pas la bonne solution, pour plusieurs raisons.

"Grin' ne veut pas. C'est lui le plus concerné dans cette histoire, pour le moment. Et puis, j'ai peur que s'ils n'avancent pas, c'est parce qu'ils ont dans leur équipe quelqu'un qui les empêche de le faire... Tu sais aussi bien que moi que la corruption est partout. Et puis... je ne peux pas les abandonner. Si je les trahis comme ça, qui dit qu'ils ne feront pas la même chose..."

Elle ne se pardonnerait pas d'avoir jeté un gamin innocent en pâture aux coupables simplement en pensant faire ce qui était juste. Elle était trop impliquée à présent. Et elle avait une peur bleue pour le reste de sa famille. Elle avait beau détester cette haine qui les forçait à avoir des actions horribles envers les outres, ils restaient sa famille... Elle ne pourrait pas vendre Christian ainsi, pour ne parler que de lui.

Elle avait les larmes aux yeux quand Esteban reprit la parole pour lui faire constater l'évidence : elle était épuisée, à bouts de nerfs. Toutes les différentes implications tournaient dans sa tête et cela devenait même physiquement douloureux d'y penser. Elle ferma les paupières. Il fallait qu'elle se repose.

"...Tu as raison. Dormons un peu."


Instinctivement, elle avait resserré son emprise autour de son filleul. C'était bon, de le savoir là. Il allait bien. Il irait bien. Et tous les autres aussi, quand ils auraient enfin trouvé une solution à tout ça.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Lun 7 Nov - 12:36

Esteban était étonnamment posé et silencieux. Bien sûr il l'était devenu beaucoup plus suite à tout ce qui lui était arrivé. Il avait appris dans une certaine mesure à écouter, plutôt qu'à bavasser sans prendre la peine d'utiliser son cerveau. C'était encore quelque chose qu'il faisait couramment - un étourdi tel que lui ne pouvait pas non plus changer du tout au tout. Néanmoins, ces moments étaient devenus un peu plus espacés, séparés par des périodes de calme mélancolique où le jeune homme faisait preuve d'une subtilité que beaucoup ne l'auraient pas cru capable d'avoir.

Ainsi il fixait Luisa sans ciller, une lueur d'intense préoccupation dans le regard. Il comprit qu'elle doutait. Elle n'était pas certaine d'avoir pris la bonne décision, et pourtant, c'était la seule qu'elle avait cru possible à ce moment donné. Elle essayait de s'en convaincre, en proie à une frayeur et une culpabilité qui ne lui ressemblaient guère, ou du moins qu'elle ne montrait jamais. Il était plus retourné qu'il ne l'aurait admis. Quelle étrange chose, de voir Luisa perdre sa confiance flamboyante... Il eut un pâle sourire.

"C'est le cas de beaucoup d'Anonymous... Tu connais l'histoire de ce collectif j'imagine ? C'est vrai qu'ils ont du poids, et qu'ils sont capables de faire des choses étonnantes. Mais ne t'inquiète pas outre mesure... Nous ne sommes pas si mauvais non plus. Je ne doute pas que Juan et m.. mon père, qui sont actuellement les plus actifs à cet égard, ont pris toutes les dispositions nécessaires pour masquer les preuves. Cela fait des années que tout un tas d'organisations posent des yeux suspicieux sur notre famille. Les tentatives similaires ont dû être nombreuses."

Mais il se rendit vite compte que de mettre cela en avant ne rassurerait pas sa tante quant à la justesse de son entreprise. Elle risquait de se mettre à penser qu'elle avait eu une mauvaise idée et qu'elle les avait mis en danger plutôt que le contraire. Et même si c'était effectivement l'impression qu'il avait eu au premier abord, il ne voulait pas qu'elle culpabilise. Elle faisait de son mieux. Et elle le faisait brillamment.

"... Mais Grin et Lullaby sont plus proches de nous qu'aucun autre outre ou qu'aucun autre hackeur ne l'a jamais été jusqu'à présent. La personne a qui j'ai acheté le sortilège pour mes rituels pourpres aurait de bonnes raisons de se douter de quelque chose. Si tu n'avais rien fait, il y aurait pu avoir des conséquences, c'est vrai. Et puis tu n'as rien confirmé. Ce n'est pas comme si ces doutes étaient nouveaux. Je suis désolé si je t'ai donné l'impression contraire tout à l'heure... J'ai eu peur. J'ai sauté en l'air."

Esteban n'était pas du genre à pondre ce genre de raisonnements de manière rapide ni instinctive. Il en était capable tout de même, mais cela lui prenait beaucoup de temps et de concentration. Sa tante aurait sûrement la puce à l'oreille, de l'entendre s'exprimer si clairement. C'était des choses auxquelles il avait beaucoup réfléchi. Il y avait été obligé pour sauver sa propre peau. Il avait fait des alliances qu'il aurait préféré éviter, lui aussi... Il n'en avait jamais parlé à personne, de peur d'être jugé et d'inquiéter tout le monde, une fois supplémentaire. Peut-être était-il temps qu'il en touche un mot à Luisa... De tous ceux à qui il aurait pu se confier, elle était la plus à même d'entendre ce qu'il avait à raconter. L'esprit à moitié ailleurs, il l'écouta parler du BIAS. Il paraissait pensif.

"Tu.. Tu as raison. C'est vrai. Je n'avais pas vu les choses sous cet angle..."

... Comme souvent, avec Esteban. Il brûlait de l'envie de lui parler de tout ce qu'il avait dû faire pour préserver le secret de son logement et se protéger du TPH, mais elle paraissait bien trop fatiguée. Il décida de le faire plus tard. A son réveil, peut-être.

"Bonne journée Tia..."

Eh bien... Il avait fini par s'habituer à fonctionner selon un modèle inversé. Cette formulation lui tirait  toujours un petit pincement au cœur, mais elle lui paraissait naturelle, maintenant.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Lun 7 Nov - 15:38

Luisa avait laissé tomber ses défenses. La cheffe d'entreprise mexicaine, véritable requin des affaires, avait des doutes, et elle les énonçait à haute voix. C'était assez rare pour être remarqué. Mieux encore, c'était à son neveu, qu'elle énonçait ces doutes. En général, elle préférait le laisser en dehors de tout cela, lui et sa mère. Elle ne souhaitait pas les ennuyer avec ça, notamment parce qu'elle songeait qu'ils étaient trop doux pour qu'elle les mettent face à ces considérations. Pour remuer ses méninges de la sorte, elle préférait parler avec Gael, voire Karl, comme elle avait pu le faire avec Juan à une époque (aujourd'hui, il y avait entre eux une entente cordiale, mais plus cette connivence).

Et pourtant, c'était à Esteban qu'elle se confiait ce matin. On le lui aurait dit, elle ne l'aurait pas cru. Luisa écoutait les paroles de son neveu avec attention, sachant qu'il était aussi, voire plus concerné qu'elle. Au Mexique, le TPH n'était pas aussi puissant qu'ailleurs. Les cultures incas, mayas et aztèques, qui fondaient une bonne partie de la culture mexicaine, étaient pleins de créatures mythiques, dieux animalisés et autres totems qui faisaient que, dans son pays, l'acceptation était plus grande. Pas de beaucoup, mais la différence entre mettre les Premières Nations dans des réserves et les inclure comme partie de leur culture, on en arrivait à la nuance.

Les premières paroles de son filleul n'étaient pas vraiment pour la rassurer. Elle s'était doutée que Darian comme Juan devaient avoir une équipe à leur disposition afin d'éviter ce genre de problème... Mais elle doutait qu'ils aient été face à un outre sur le point de s'engager pour le Talion.

Cependant, Esteban avait raison. Les tentatives de prouver l'inculpation de leur famille devaient avoir été nombreuses au vu des spéculations qui tournaient depuis plusieurs dizaines d'années, et ils avaient toujours été protégés jusqu'à présent. Elle avait peut-être réagi un peu brusquement... Néanmoins Esteban rajouta aussitôt des paroles qui furent bien plus rassurantes. Elle n'avait effectivement rien confirmé. C'était quelque chose auquel elle avait fait très attention, elle qui n'était pourtant pas dans la modulation de ses paroles en temps normal. Esteban lui confirmait qu'il y aurait pu avoir des conséquences. Luisa sentit alors un poids la quitter de façon presque physique. Le fait qu'on reconnaissait qu'elle n'avait pas imaginé le danger lui ôtait la plus grande partie du doute qui l'avait submergée au moment de cet affreux silence qui les avait entourés tous les quatre.

Elle secoua la tête aux excuses de son neveu. Il n'avait pas à s'excuser, il avait eu peur, c'était normal. Elle le comprenait. Elle-même avait eu peur quand elle avait lancé la discussion.

"J'espère que tu ne t'es pas cogné la tête..."

Luisa avait un tout petit sourire. Si elle trouvait le moyen de faire de l'humour, c'est que cela allait un peu mieux. Et puis le sujet du BIAS revint à la page, et elle se fit plus sérieuse. Une fois de plus, son inquiétude s'exprima. Ambroise lui avait déjà montré qu'il avait tendance à se vexer assez facilement. Si elle retournait voir le BIAS maintenant, rien ne disait que le jeune homme vexé n'irait pas directement chercher des informations compromettantes pour les mettre directement entre les mains de ceux qui pourraient agir contre les Luz-Descalzo. Une vague d'anxiété la reprit, et cela dut se voir sur son visage car son filleul lui en fit la remarque : elle était épuisée, et c'était effectivement le cas. Il fallait qu'elle dorme, c'était vrai.

Ce n'était pas pour autant qu'elle avait ignoré les paroles de son neveu. Il avait acheté des talismans pour le Rituel Pourpre. Il avait caché ses propres informations. Il avait dû se retrouver dans la même situation qu'elle.

Il lui souhaita une bonne "journée", et cela la fit sourire. Avant de s'endormir, Luisa l'embrassa une nouvelle fois sur le front.

"A tout à l'heure, Tebi. Nous reparlerons de tout ça à têtes reposées."

Il comprendrait certainement qu'elle ne mentionnait pas son propre discours. Elle pensait avoir dit tout ce qu'elle avait à dire. Esteban, cependant, lui donnait l'impression de vouloir parler, et il aurait été malvenu qu'elle l'en empêche. Une fois reposée.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Lun 7 Nov - 20:42

Il esquissa une moue faussement agacée suite à la plaisanterie de Luisa, qui insinuait, tout de suite, qu'il aurait été capable de se cogner la tête en sursautant. Non mais qu'est-ce que ça voulait dire, ça alors ! Loin d'être réellement vexé - pour ça, il aurait fallu qu'un tel accident soit effectivement capable d'arriver - il fondit comme du beurre et retrouva la douceur précédente.

La discussion continua sur quelques répliques avant de finalement s'assoupir autant qu'eux. Il ferma les yeux, vague sourire aux lèvres en sentant ses lèvres sur son front. Puis il acquiesça sans réfléchir ni s'étonner de voir qu'elle savait qu'il avait quelque chose en tête. Quelque chose dont il envisageait de parler.

Il lui fut extrêmement aisé de s'assoupir, malgré l'absence de fatigue caractéristique de son état mort-vivant. Il était bien installé, tout était doux, chaud et confortable... Comment aurait-il pu faire autrement que de somnoler puis de tomber dans un sommeil de plomb dans les minutes suivantes ?

Lorsqu'il émergea, Luisa dormait encore. Il l'entendait à la fois à sa respiration très lente et très régulière, et aux battements de son cœur, ralentis gentiment. Il n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait bien être maintenant et en toute franchise, il n'en avait rien à faire. C'était un critère qui était devenu sans importance. Peut-être en aurait-il à nouveau un jour si il reprenait l'université mais pour le moment, c'était difficilement envisageable. A cause de son père. A cause de Juan. A cause de ce qu'ils pourraient lui faire, si ils étaient en mesure de le localiser. C'était frustrant. Il n'était plus prévu qu'il se laisse détruire par le soleil à la fin du procès et il retrouvait l'envie d'évoluer. Cela faisait trop longtemps que son existence s'était arrêtée. C'était vrai pour son cycle biologique, mais tout avait-il besoin d'être ainsi figé à jamais ? C'était déprimant. Il faudrait qu'il trouve une solution, à un moment donné.

Il ne bougea pas d'une semelle, désireux de ne pas la réveiller inutilement. Puis il était toujours aussi bien calé, et il profitait de chaque minute, de chaque seconde, comme si il s'était agi d'un trésor. Il n'éprouvait pas le besoin que quoique ce soit change à cette configuration.

Puis il sentit que quelque chose évoluait. Une inspiration saccadée, peut-être. Plus rapide. Plus ample. Des battements qui prenaient de l'allure. Il sut qu'elle était réveillée.

Alors il s'extirpa à regret de ses bras et lui accorda un nouveau sourire, en guise de "bonjour" silencieux. Car pour lui, ce qu'ils venaient d'avoir était l'équivalent d'une "journée" de sommeil. Il détourna la tête, légèrement anxieux. Il n'avait pas oublié ses pensées de tout à l'heure. Ça avait été trop important. Il ramena ses jambes contre lui et passa ses bras autour, comme si il avait cherché à prendre la forme d'un œuf. Son regard, mélancolique, lointain, fixait le matelas. Il brisa le silence sur un ton similaire :

"... Tu ne m'as jamais vraiment demandé comment j'avais fait pour échapper aux recherches de Juan et de mon père, en fait."

Ou bien était-ce qu'il avait éludé le sujet ? Il ne parvenait plus à s'en rappeler...
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Sam 12 Nov - 20:36

Luisa s'était endormie extrêmement rapidement, d'un sommeil profond, sans rêves, comme ceux qu'elle aurait aimé avoir depuis le début de cette affaire. Avec tout ce qui était arrivé depuis le début de la journée et qui lui trottait dans la tête, sans compter toutes les informations qu'elle avait recueillies de façon directe ou non et qui la chamboulaient à un certain point, il était presque étonnant qu'elle ait mis si peu de temps à trouver le sommeil. Mais elle devait tellement en manquer que même son cerveau habituellement survitaminé avait décidé de battre en retraite. Ou alors, il y avait des calmants dans le café qu'elle avait bu en bas. Avec Lullaby, c'était possible.

La mexicaine s'était donc endormie dès que sa tête avait reposé sur les coussins, après avoir embrassé son filleul pour lui souhaitait ce qu'il appelait à présent une "bonne journée". Elle ne sut pas exactement combien de temps avait passé, mais quand elle battit à nouveau des paupières, elle se sentait bien plus en forme qu'elle ne l'avait été ces derniers jours ! Il fallait dire qu'avec le peu de sommeil qu'elle s'était accordé, ce n'était pas bien compliqué.

Esteban était déjà réveillé et lui souriait doucement. Luisa lui répondit, sans comprendre de suite que leur étreinte était terminée. C'est la soudaine fraîcheur (...toute relative) qu'elle ressentit qui lui fit comprendre que son filleul s'était éloigné. Quand on disait que Luisa n'était pas du matin, ce n'était pas exactement cela : elle n'était pas du réveil. Quelle que soit l'heure à laquelle ce dernier arrivait. Le matin, cependant, elle avait plus de chances d'être de mauvaise humeur. Là, elle était juste un peu dans les choux.

L'attitude de son neveu l'amené néanmoins à émerger plus rapidement que d'habitude. Elle le regarda, sourcils froncés. Elle n'aimait pas quand il se prostrait ainsi, elle avait l'impression qu'il se fermait, et qu'il redevenait plus sombre. Elle n'avait pas aimé cette période dans la (non)vie de son neveu, et elle n'aimait pas plus quand il retrouvait cette froideur. Mais cette fois, il semblait que ce n'était qu'une fausse alerte.

Elle l'écouta sans le quitter du regard. Elle eut un léger sourire. Ils n'avaient peut-être pas abordé le sujet, ayant eu bien des choses à faire depuis qu'ils s'étaient retrouvés. Il avait fallu réparer de bien des manières la relation d'Esteban au monde, puis à ses proches, et finalement à sa nature. Cela avait été un travail de longue haleine, toujours pas terminé, la mexicaine le savait. Mais c'était à Esteban de choisir. Eux se montraient présents et prêts à l'épauler sans conditions dès qu'il en éprouvait le besoin. Une famille, une vraie, aux yeux de sa tante.

Cela ne voulait pas dire pour autant que la question ne l'avait pas intriguée. Après tout, il était resté à la Nouvelle-Orléans, ce n'était pas comme si il avait fui le pays (ni même la ville) et Juan et Darian avaient des moyens plus que conséquents pour retrouver la trace d'outres disparues. Plus encore quand ces dernières étaient de leur sang. La discussion n'avait jamais été franchement abordée, néanmoins. Parce qu'elle ne le lui avait jamais vraiment demandé ou parce qu'il n'avait jamais vraiment répondu, elle n'aurait su le dire. Mais ils semblaient prêts à avoir cette discussion à présent.

Luisa tendit la main pour la poser sous le menton de son filleul et le relever pour que son regard croise le sien, empli de douceur. Elle lui répondit avec un sourire malicieux au bord des lèvres.

"Très bien, Tebi... Comment as-tu fait pour échapper aux recherches de Juan et de ton enfoiré de père ?"

Il lui était impossible d'être polie en parlant de Darian. Surtout face à Esteban et Olivia. Elle avait l'impression que ces deux-là faisaient encore trop d'honneur à l'ordure qu'il était et se faisait une joie de rappeler son "statut" dès qu'elle se voyait forcée de parler de lui.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Sam 12 Nov - 21:33

Esteban ne s'était pas attendu à ce que Luisa le touche. Il prit donc un air surpris lorsqu'elle lui releva le menton afin de faire se croiser leurs deux regards. On sentait qu'il était un peu tendu. Ce qu'il avait à dire n'était pas évident, notamment parce qu'il n'était pas excessivement fier des décisions qu'il lui avait fallu prendre. Et aussi pour d'autres raisons, qu'il aurait le temps d'aborder avec Luisa lorsqu'il serait venu à bout de ses explications.

Nerveux, il détourna les yeux. C'était étrange ce besoin de parler, et qui en même temps se mêlait d'appréhension et de crainte d'être jugé... Et pourtant ce n'était "que" Luisa. Si ça avait été sa mère, c'eut été très différent. Là, il pensait qu'elle comprendrait. Et peut-être aussi qu'elle se ferait moins de mouron à propos d'Ambroise et des propositions qu'il recevait. C'était loin d'être leur premier contact rapproché avec l'organisation du Talion. Ce pas aventureux, c'était lui qui l'avait initié. Et il allait maintenant lui dire comment.

"Lorsque j'ai acheté l'endroit... C'était en toute hâte. Tu le sais. Je n'avais pas prévu que ça se passe ainsi et je n'ai pas eu le temps de prévoir d'avance un plan de retraite. Donc je suis passé par nos réseaux habituels. J'étais approximativement assuré du silence des personnes impliquées. C'était ce que je pouvais faire de mieux à ce moment là mais c'était évidemment provisoire, ne serait-ce que parce que tout était directement à mon nom."

Il inspira pour se donner du courage et se décala un peu. Ce n'était pas évident de parler tandis qu'elle le regardait de cette manière. Il retourna dans sa position d’œuf, le doigt grattant nerveusement contre le tissu des couvertures.

"... Il fallait détourner leur attention de manière plus solide. Mais je ne voulais pas à nouveau passer par ces biais trop prévisibles. Ou même par les tiens. Dans le premiers cas, c'était rester dangereusement proche du réseau d'influence de Juan et de mon père. Dans le second... Eh bien c'était ici qu'ils chercheraient ensuite, si dans le premier cas ils ne trouvaient rien. Donc il fallait quelque chose à quoi ils ne s'attendraient pas. Et qu'ils n'auraient aucun moyen d'infiltrer."

Il leva la tête, troublé. Il la fixa un moment sans rien dire. Il se demandait si elle avait déjà compris où il comptait en venir. Néanmoins sa nervosité était passée, remplacée par une chape lourde, inerte, qui transformait son visage en pierre et faisait naître dans le fond de ses yeux une lueur familiale, qu'on l'avait pourtant toujours cru incapable de jamais acquérir : le pragmatisme nécessaire à un Luz-Descalzo. Juan et Luisa avaient fait de leur mieux pour lui apprendre et pensaient probablement n'être arrivés à rien - pour Juan, en tous les cas c'était certain. Pourtant, Esteban avait appris. Il mettait en pratique quand c'était important, et quand ça l'arrangeait.

"... Tu as dû entendre parler de Blake Davis, si tu n'as jamais fait recours à lui ?"

Ça avait été le cas de Juan. Un certain nombre de fois. Ainsi, Esteban connaissait plutôt bien le tueur à gage. De vue, du moins. Même le ton de sa voix paraissait plus posé qu'à l'habitude.

"J'ai entendu parler de lui en des termes... étonnants. J'ai appris qu'il avait cessé ses activités et qu'il s'agissait en réalité d'un métamorphe. Juan serait vert de l'apprendre... Et il aidait quelqu'un que je connais. Sans rien demander en retour... Juste parce qu'elle avait besoin de lui. Entre ce revirement et ses anciennes occupations... J'ai pensé qu'il serait peut-être la bonne personne pour tisser le lien qui me manquait. Donc, je l'ai contacté. Il devait être intrigué par cette demande car il a répondu à l'appel, malgré le fait qu'il soit censé en avoir terminé avec tout ça. Je lui ai proposé un contrat inhabituel, lequel constituait à me mettre en rapport avec le Talion sans que cela se sache."

Il avait prononcé le "gros mot". Cela le fit frissonner.

"... Et donc j'ai fait une bonne pioche car il connaissait effectivement quelqu'un. Pas d'ici. De la branche du Nevada. Il a accepté ma proposition."

Il décida de s'arrêter brièvement le temps pour sa tante d'avaler toutes ces informations. Et aussi la surprise d'apprendre que son neveu avait, parfois, quand il prenait la peine de l'utiliser, un cerveau fonctionnel entre ses deux oreilles. Evidemment, cela lui avait pris longtemps à fomenter. Il avait dû écrire son plan, repérer ses propres inepties - dont on le savait capable à profusion - les remplacer par de bonnes idées, et prier pour ne rien avoir oublié. C'était seulement grâce à tous ces efforts qu'il était arrivé à une telle conclusion, sans boulettes, ni étourderie.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Dim 13 Nov - 11:03

Luisa avait clairement senti que son neveu n'était pas dans son assiette, ce pourquoi elle n'insista pas lorsqu'il détourna les yeux. Quoiqu'il soit sur le point de lui dire, c'était compliqué pour lui, et malgré cette capacité qu'elle avait de toujours le gêner quand elle en avait l'occasion (notamment concernant Karl), elle savait que là ce n'était pas le moment. Et, elle devait l'avouer, sa curiosité était piquée. Elle savait qu'Esteban n'était pas passé par le réseau de ses parents (enfin, celui de Darian et Juan, Olivia ne possédant rien de ce genre), ni par le sien (on l'aurait prévenue. C'était impressionnant cette fidélité qui s'était développée à force d'aider des entreprises à émerger). Les possibilité étaient donc restreintes, et même si elle avait une idée de ce qu'il avait pu faire, elle restait intriguée de savoir comment.

Elle l'écouta parler de ce penthouse sans un mot, hochant simplement la tête à ses premières paroles. Oui, elle connaissait déjà cette partie de l'histoire. Déjà à ce moment-là elle s'était demandé comment il avait fait, mais le fait qu'il soit passé par leur réseau habituel ne l'étonnait guère. Il n'avait pas eu le temps de faire plus, et c'était déjà une bonne réaction. Luisa fixait son neveu sans ciller, une lueur sérieuse, mais doucement appréciatrice, dans le regard. Elle le laissa de décaler sans bouger. Si elle voulait le fin mot de l'histoire, il allait falloir qu'elle le laisse la conter comme il le souhaitait.

Les prochaines paroles de son filleul confirmaient ce qu'elle savait déjà. Elle connaissait la capacité d'Esteban à analyser certaines choses, et le fait qu'il ait réalisé que cet achat ne passerait pas inaperçu longtemps ne l'étonnait guère. Non, ce qui parvenait à arracher son étonnement, un léger haussement de sourcil, c'était la réflexion qu'il avait fait sur la façon de cacher cet achat. Elle savait qu'il n'était pas passé par leurs réseaux... cela ne voulait pas dire qu'elle n'était pas positivement surprise du fait qu'il ait compris que le faire aurait effectivement été une mauvaise idée. Il avait appris bien plus que Juan ou elle ne l'aurait pensé, et elle n'était pas au bout de ses surprises.

Elle commençait à comprendre où il voulait en venir, cependant elle ne dit rien. Quand elle croisa son regard, elle sut que l'hypothèse qui se formait dans son esprit était la bonne. Elle sut également que, quoi que puisse en penser Juan (et qu'elle a pu également penser à certains moments), ils n'avaient pas perdu leur temps avec Esteban. La lueur d'approbation se fit plus importante dans le regard sombre de la mexicaine, et elle lui accorda un nouveau sourire. Luisa voyait que son neveu n'était pas très sûr de ce qu'il avançait : non pas parce qu'il ne savait pas ce qu'il disait, mais par rapport à toutes les implications que cela dévoilait. Elle n'était pas là pour le juger. Il s'était sauvé lui-même la vie en agissant ainsi. Et pour le moment c'était tout ce qui comptait.

Luisa hocha la tête. Elle connaissait Davis, de réputation. Juan avait effectivement souvent fait appel à lui, et le lui avait également conseillé. Elle était familière du personnage. Ses deux sourcils se haussèrent en signe d'étonnement quand elle entendit l'histoire du tueur à gage. Il avait décroché, vraiment ? Lui qui paraissait si bon dans son job, et qui s'y complaisait, de ce qu'elle savait... Un sourire sarcastique lui monta aux lèvres. Un métamorphe. Bah tiens. Juan mériterait de l'apprendre, celle-là. Cela le ferait peut-être descendre de son piédestal où il pensait que lui et tous les autres gens "bien" (comprendre les normes) devaient se trouver parce qu'ils étaient si supérieurs et seuls à former partie de la race créée par Dieu... Bref, il fallait qu'elle arrête d'y penser et qu'elle suive le récit d'Esteban, sinon elle ne comprendrait rien de ce qu'il allait raconter ensuite. Il avait beau adopter un ton beaucoup plus calme et un rythme beaucoup plus lent que lorsqu'il partait habituellement dans ses tirades, il n'en restait pas moins qu'elle devait rattraper pas mal de choses !

Luisa retrouva immédiatement son sérieux quand Esteban lui dit qu'il avait contacté lui-même Blake Davis. On touchait au coeur du sujet. Le contact avait répondu, sûrement parce que la demande intriguait. Ouais. On se demande toujours ce qu'un Luz-Descalzo peut préparer. Et quand il s'agit du dernier rejeton de la famille, qui n'est pas très bien vu par cette dernière... Forcément, ça pose question.

Cette fois, la mexicaine ne fit rien pour cacher sa surprise en entendant les paroles de son neveu. Il était entré en contact avec le Talion. De lui-même. Elle s'en doutait depuis le début de la discussion, mais le fait qu'Esteban prononce les mots donnait une autre valeur à la chose. Lui donnait une consistance. Cela devenait un fait. Avéré. Et pas une simple supposition. Et Luisa était, pour parler peu convenablement, sur le cul.

Oh, elle n'avait jamais douté qu'Esteban pourrait faire ce pour quoi il avait été élevé en temps voulu. Elle avait juste craint que ce temps n'arrive jamais, faute aux surprotections constantes de sa soeur et au cocon dans lequel elle essayait jalousement de le garder. Mais ses enseignements et ceux de Juan avaient portés leurs fruits. Alors, bien sûr, c'était extrêmement rare, et il semblait que le gamin ne faisait preuve de pragmatisme et d'analyse que lorsque cela l'arrangeait (genre maintenant, et quand il avait décidé de traîner son père en justice), mais c'était un début. Avec une vie vampirique devant lui, Luisa sentit soudain un espoir refleurir pour le futur de ses entreprises (...tiens, elle se demandait si Esteban savait qu'il était seul détenteur des actions et de sa fortune dans son testament... Mais le moment n'était peut-être pas approprié pour le lui dire).

Blake avait contacté la branche du Nevada. C'était une bonne chose. Il ne s'était pas directement attaqué à la branche de Louisiane, même si Luisa ne doutait pas que c'était à eux de remplir la part du marché qui consistait à garder Esteban à l'abri du TPH... à l'abri de sa propre famille. C'était tout de même cocasse, comme situation.

Esteban s'arrêta et Luisa l'observa. Il était toujours aussi peu sûr de lui. Il avait certainement l'impression d'avoir trahi (une nouvelle fois) sa famille et leurs idéaux. Cependant, il l'avait fait pour une bonne raison. Egoïste jusqu'à un certain point, peut-être, mais jamais Luisa ne viendrait à lui reprocher d'avoir protégé sa propre vie. Au détriment d'aucune autre, en prime. Elle l'aimait trop pour ça, peu importe les moyens qu'il avait dû prendre. Elle décida de lui répondre avec une honnêteté qu'elle ne possédait pas toujours.

"Je suis épatée, Tebi. Cela a dû te demander énormément de réflexion et d'abnégation pour accepter de te résoudre à une telle chose. Je suis... désolée que tu aies dû en arriver là, mais heureuse de savoir que ces heures passées à t'enseigner tout ce que Juan et moi avons pu essayer de t'apprendre n'ont pas été perdues."

Elle lui fait un sourire doux, et dans son regard sombre transperce une certaine fierté. C'est bien son filleul. Et il n'a pas à ce sentir mal de lui révéler tout cela. Elle l'engage à continuer, en posant une main sur celle qui, plus tôt, grattait les couvertures.

"Je suppose que tout cela ne s'est pas arrêté au Nevada..."
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Dim 13 Nov - 11:58

Les yeux du vampire se gorgèrent d'une forte émotion à la réponse de Luisa. Il resta un moment silencieux, mais un message passa. Son approbation était extrêmement importante. Comprenons bien qu'Esteban ne regrettait rien de ce qu'il avait fait. C'était comme pour le procès, et toutes ces années passées à ne rien dire à personne ou presque. Comme le fait d'avoir caché sa maladie jusqu'au dernier moment. Comme celui d'en être arrivé à choisir le vampirisme plutôt que de mourir complètement avant l'heure et sans que Darian ait subi le juste châtiment qu'il méritait. Des actions pragmatiques, il n'avait cessé d'en accomplir dans le dos de tout le monde et là où personne ne s'était jamais attendu qu'il le fasse.

C'était peut-être tout ce qui était arrivé sans que personne ou presque ne le sache qui avait aidé à lui forger ce caractère, que Luisa avait cru à jamais trop tendre faute à la façon dont Olivia le couvait. Elle n'avait jamais pu que le faire partiellement, longtemps mise à l'écart des pans les plus sombres de son existence. Et même encore maintenant. Il l'en protégeait, car il savait qu'elle ne pourrait ni les admettre, ni les supporter.

Bref. De ces actions regrettables dictées par la raison et la logique froide, ce n'en était qu'une de plus qu'il avait réalisée. Mais vraiment pas des moindres. Là non plus, il ne regrettait rien. Néanmoins la partie de lui qui restait douce et sensible s'en voulait terriblement, pour plusieurs raisons. Dont certaines qu'il aborderait plus tard. Lui dont l'amour propre était devenu chancelant, terriblement blessé, profitait de cette lueur qu'il voyait dans les yeux de sa tante à défaut de la voir dans ceux de sa mère. Ce n'était pas qu'une simple substitution. L'avis de Luisa avait toujours compté énormément. Néanmoins il aurait préféré qu'elle ne soit pas seule à voir les choses sous cet angle.

"Tu sais que ce n'était pas la première fois que je m'y prêtais... Chaque fois que je pense enfin pouvoir être honnête avec elle, je me trouve dans l'obligation de lui cacher une chose supplémentaire. Je suis fatigué de ce schéma et pourtant, je ne peux vraisemblablement pas m'en extraire. Je prie pour qu'elle n'apprenne jamais rien de tout ça... Elle ne me le pardonnerait jamais."

Il savait que Luisa savait de qui il parlait. Il savait qu'ils en seraient venus à aborder ce sujet à la fin de ses explications quoiqu'il en soit, ne serait-ce que parce qu'il lui faudrait lui demander de garder le secret. Néanmoins le poids dans sa gorge était devenu trop lourd et ces mots étaient sortis prématurément. Les mâchoires serrées, il observait le matelas avec un air de profonde culpabilité. Une blessure béante qui semblait ne jamais vouloir se refermer.

Néanmoins Luisa lui demanda de continuer son histoire et il sut qu'elle avait raison : ils discuteraient d'Olivia ensuite. Pour le moment il fallait qu'il termine son récit. Il trouva du courage dans la manière qu'elle eut de toucher sa main.

"Donc j'ai été mis en contact direct avec la branche du Nevada du Talion. Nous avons convenu de la marche à suivre : il fallait mettre cette possession" - il parlait du penthouse - "au nom d'un inconnu au bataillon. Un riche immigré dont ni Juan ni mon père n'auraient jamais entendu parler ni d'Eve ni d'Adam, sous prétexte qu'il ne ferait pas parti de leurs connaissances fiables. Bien sûr ce n'était pas juste le penthouse. Il fallait lui créer une histoire, des papiers, tout une existence administrative imaginaire. Mais il fallait aussi qu'il y ait un fond de vérité, sans quoi la supercherie n'aurait pas fonctionné."

Ce genre de manœuvres faisaient partie des spécialités du Talion. Il n'avait pas eu à leur suggérer grand chose, même si il avait travaillé avec eux.

"Ils ont contacté la Dent Colombienne. Encore une fois, mieux valait rester au plus proche de la vérité ce pourquoi le choix se portait naturellement sur les pays hispanophones, à la fois moins... importants dans les négociations familiales..."

Il eut un rictus dur. Les Luz-Descalzo étaient un véritable paradoxe. A la fois fiers de leurs origines latines, et tout aussi racistes que les plus blancs de leurs ancêtres. Bien sûr, ils se justifiaient en évoquant la richesse du pays et son influence géopolitique...

"... Et qui me permettraient au besoin d'avoir des communications crédibles sous cette fausse identité. Bref... Parmi les alliés influents de cette Dent, on trouve la famille Elizondo, suffisamment importante pour qu'il ne soit pas étonnant de voir un de ses membres vivre ici avec ce genre de ressources. L'avantage étant aussi qu'elle n'est qu'en contact très restreint avec les Luz-Descalzo, faute à... des divergences d'opinion évidentes. Donc, ils ont été mis dans la confidence et m'ont octroyé une identité factice destinée à détourner l'attention :  Sebastian Elizondo Del Olmo."

Il releva le nez, un vague sourire aux lèvres :

"... Je suis d'ailleurs passé par eux pour m'octroyer les services d'Octavio. C'était à la fois un gage de crédibilité, et la meilleure des protections, puisqu'il fait aussi partie de cette manigance. Sa famille travaille pour les Elizondo depuis des années. Il était d'autant plus nécessaire que j'acquière mon propre chauffeur qu'il valait mieux éviter qu'on me voie sortir à pied de ce bâtiment... Tu as dû remarquer que je passe toujours par le garage et que j'attends d'être loin de l'immeuble pour quitter la voiture. Et que les autres résidents sont étrangement silencieux. Enfin... Dans ce dernier cas, j'ai comme l'impression que je n'ai pas été seul à agir."

Il soupçonnait Luisa d'avoir, elle aussi, graissé la patte de certains de leurs voisins communs.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Lun 21 Nov - 13:03

Dans un état de fatigue moins intense, Luisa n'aurait pas été aussi bouleversée par ce qu'elle lisait dans le regard clair de son neveu. Ou du moins, elle ne l'aurait pas montré. Là, elle avait l'impression de le regarder pour la première fois depuis longtemps, et de lui donner un respect qu'on lui avait longtemps négligé. Ce n'était pourtant pas le cas : Luisa respectait Esteban, à sa façon. Pour de nombreuses choses d'ailleurs. Elle s'était simplement toujours dit qu'il était un peu trop doux pour faire ce qu'on attendait de lui, et qu'une tentative de le durcir un peu ne serait pas trop mauvaise. Mais, tout comme Olivia, elle n'avait pas été consciente des événements qui avaient très tôt bousculé la vie de son filleul. Et qui l'avaient endurci bien plus qu'elle n'aurait pu le croire.

Cette fois, donc, elle n'avait pas cherché à cacher la fierté qu'elle éprouvait pour les décisions qu'il avait prises. Elle avait même pris la peine de lui répondre sans fard, avec une honnêteté qu'elle ne possédait pas souvent. Mais elle voyait bien que son neveu avait besoin de cela. Et puis, elle venait après tout de le rejoindre dans une position de faiblesse... cela ne servait plus à rien de tenter de garder la tête haute, à présent. D'autant que ç'aurait été particulièrement contre-productif.

La mexicaine lisait dans le regard clair le pragmatisme froid dont Esteban s'était senti obligé de faire preuve. Elle y décelait aussi autre chose : un regret, non pas de l'action en elle-même, mais de certaines de ses conséquences. Elle comprit rapidement à quoi il pensait, plus encore quand il s'exprima dessus. Il ne mentionna pas son prénom, ou sa 'qualité' de mère, mais Luisa sut aussitôt de qui il parlait. Et elle comprenait que cela lui fasse mal. Elle-même cachait bon nombre de choses à Olivia, plus pour son bien que par réelle volonté. Mais elle avait avec sa soeur une relation différente : elle l'avait certes quasiment élevée, mais elle restait sa soeur, et non pas sa fille. La relation fusionnelle qui existait entre Esteban et Olivia était incomparable à aucune autre, ce qui était leur force aussi bien que leur faiblesse... Elle en avait la preuve encore aujourd'hui.

Néanmoins, ce n'était pas encore le moment de parler de sa mère : Esteban n'avait pas fini son histoire, et Luisa tenait à ce qu'il y parvienne avant que le sujet prenne un autre chemin, certes tout aussi important mais qui pourrait les détourner du centre de l'histoire. Ils parleraient d'Olivia plus tard, ne serait-ce que parce que Luisa ne partirait pas tant que son neveu ne lui aurait pas dit tout ce qu'il avait sur le coeur. C'était sa manière à elle de le remercier, en étant présente pour lui comme il l'avait été pour elle un peu plus tôt. Non, elle n'aimait pas les enfants... mais Tebi n'en était plus tout à fait un, et cette discussion le lui rappelait plus encore.

Un geste accueillant et une brève remarque plus tard, Esteban était reparti dans la narration de son histoire et Luisa lui accordait son entière attention. Elle hochait la tête à intervalles réguliers, approuvant la mise en scène et/ou les réflexions qui avaient été faites. Dans son regard, la satisfaction, la surprise et la compréhension s'alternaient, tandis que la main qu'elle avait posé sur celle de son neveu se faisait un peu plus présente, soutien continu.

Elle approuvait la manoeuvre de base. Elle-même avait rapidement fait le lien entre le richissime propriétaire du penthouse de l'immeuble et son neveu (ce qui avait surtout tenu à sa chance insolente), elle voyait donc aisément en quoi mettre le nom d'un autre sur les papiers d'achat pouvait être utile. Même si elle se demandait le point auquel Juan ou Darian pouvaient vraiment rechercher le jeune vampire... on n'était jamais trop prudent.

Un pouffement sans joie passa la barrière des lèvres de la mexicaine, en réponse au rictus qu'affichait son neveu. En effet, les Luz-Descalzo avaient cela "d'intéressant" qu'ils étaient tout aussi fiers de leurs origines qu'ils les dénigraient... Ce n'était pas pour déplaire à Luisa, qui avait au contraire fait de ces origines son cheval de bataille, possédant maintenant un réseau extrêmement bien rôdé de l'autre côté de la frontière... et sans Luz-Descalzo pour y interférer. Elle était cependant étonnée de savoir qu'il existait une Dent colombienne. Le réseau du Talion avait toujours paru plus développé en Europe qu'en Amérique, et savoir qu'il existait donc tant de ramifications avaient de quoi être relativement inquiétant... d'autant plus quand on était impliqué jusqu'au cou dans le mouvement inverse.

Les sourcils de Luisa se relevèrent d'étonnement. La famille avait été mise dans la confidence ? C'était un pas dangereux, d'autant qu'il y avait toujours la solution que le Talion se lasse. Esteban était certes devenu un outre à protéger, comme beaucoup d'autres et selon la procédure normale du Talion, mais il n'était certainement pas le plus apprécié. D'autant qu'elle était certaine qu'il n'avait partagé aucune des informations qu'il avait sur les implications du TPH en échange. S'il avait été jusqu'à acheter un talisman pour protéger ces mêmes informations lors de ses divers Rituels Pourpre, il était évident qu'il n'avait rien dit à une organisation dont le but était d'éliminer les membres du TPH. La protection d'Esteban était précaire, malgré tout, aux yeux de sa tante. Mais c'était une bonne chose qu'il ait fait tout ça. Il était bien mieux protégé que s'il s'était contenté de se terrer dans cet immense appartement-terrasse. Et il avait eu le mérite d'agir de façon rapide et pragmatique, malgré les... imprévus qu'avait impliqué sa transformation subite. Elle rit doucement quand elle entendit l'identité dont on l'avait affublé : Sebastian n'était qu'une autre version d'Esteban, le second étant plus influencé par l'Europe que le premier. Il était amusant qu'ils aient également gardé cette ressemblance. Cela lui paraissait être comme une gentillesse de la part de la famille... A moins qu'Esteban n'ait choisi ce prénom lui-même ?

Elle n'eut pas le temps de lui demander qu'il enchaînait déjà sur la présence d'Octavio. Ah ! On touchait un point qui l'intéressait particulièrement. Quelques jours plus tôt, alors que le Rituel Pourpre avait lieu, elle avait tenté de soutirer quelques informations au chauffeur/garde du corps, mais elle n'avait réussi à rien. Maintenant, elle comprenait un peu mieux pourquoi... Ceci dit, c'était une bonne chose : au moins, l'homme était fidèle à ses principes et semblait avoir développé une certaine loyauté envers Esteban. C'était positif. Elle hocha à nouveau la tête quand il parla de la voiture, et eut un petit sourire mi-amusé mi-coupable quand il parla des autres résidents de l'immeuble. Luisa avait peut-être effectivement joué de son influence pour que les plus réticents de leurs voisins fassent profil bas... mais bon, ce n'était rien de plus que de petites enveloppes et des services rendus. Rien que de l'habituel.

Le silence arriva comme les explications de son filleul touchaient à sa fin, et Luisa sentit qu'il était à son tour de dire quelque chose. Son regard brillait encore de cette fierté sous-jacente, mais aussi d'une douceur et d'une acceptation qu'elle sentait que son neveu recherchait. Et qu'elle ne donnait pas uniquement pour lui faire plaisir.

"Merci, Tebi. Je sais que ce n'est pas facile pour toi, pour de nombreuses raisons. Tes réactions ont été les bonnes, et je sais que tu le sais, mais je tiens à te le répéter. Prendre les bonnes décisions n'est pas toujours facile, et entre souvent en conflit avec ce que l'on aimerait réellement faire. Tu t'es protégé, et tu as utilisé pour cela le meilleur réseau à ta disposition. Personne ne pourra t'en vouloir pour cela."

Et elle savait qu'il comprendrait qui précisément elle incluait en disant "personne". Parce que même si Olivia n'était pas du genre à comprendre ce type de mécanismes et de machinations, elle était prête à tout (ou presque) dès qu'il s'agissait de son fils. Elle lui en voudrait peut-être, oui. Mais elle comprendrait parce qu'elle ne supporterait pas l'idée qu'une "négligence" amène Juan et/ou Darian à lui tomber dessus, Luisa en était certaine.

"Je comprends mieux pourquoi Octavio a évité toutes mes questions l'autre soir... Et ce n'est pas faute d'avoir essayé !"

La mexicaine avait un sourire amusé, tentant d'alléger un peu l'atmosphère. Pour autant, elle n'en était pas moins sérieuse : elle pensait chacune des paroles qu'elle prononçait.

"Je suis intriguée... Est-ce toi qui a choisi ce prénom, où les Elizondo ont-ils étés particulièrement accommodants ? Je n'aime pas beaucoup l'idée que toute une famille de riches colombiens soient au courant de ta... situation, mais je suppose qu'il était impossible de faire autrement. Et effectivement, c'est une des meilleures options pour que Juan ou ton père n'entendent parler de rien."

Elle serra sa main dans la sienne et passa l'autre sur la joue de son neveu, s'assurant que son regard était bien ancré dans le sien avant qu'elle ne continue.

"Je sais le genre de sentiment que ces actions peuvent procurer, Tebi. Tu as fait ce qu'il fallait. Tu as eu le courage et la force d'agir selon des principes pragmatiques qui ne sont pas toujours faciles à suivre. Tu en paies le prix, mais tu es sain et sauf. Et protégé. Et c'est ce qui compte le plus pour nous tous. Y compris ta mère. Surtout ta mère."

Elle amenait le sujet d'elle-même. Elle savait à quel point Esteban détestait lui cacher quoi que ce soit. Mais c'était pour son bien. Leur bien à tous les deux en réalité. Et elle savait que son neveu pouvait comprendre cela, même si l'idée du mensonge par omission le dérangeait profondément.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Lun 21 Nov - 23:54

Esteban était soucieux de l'avis que portait sa tante sur les décisions qu'il avait prises et dont il n’avait jamais parlé à personne parmi ses proches, même si nombre d'entre elles avaient été guidées par le Talion, à ce stade. Il avait néanmoins eu le choix d'accepter ou de refuser leurs termes, si bien qu'il avait tout de même modelé la situation à sa guise, dans une certaine mesure. Donc, il était extrêmement attentif aux réactions qu'il pouvait recueillir. C'était quelque chose de drôle à voir chez lui qui donnait habituellement l'impression contraire. Celle de n'écouter qu'à moitié ce qu'on lui disait et de ne rien voir du tout, tellement il était étourdi.

D'abord, ce rire qu'elle eut au moment où lui même paraissait incapable de retenir son amusement relatif en citant ce... paradoxe ethnique qui existait chez les Luz-Descalzo. Il cessa brièvement son récit. Ses prunelles amusées croisèrent celles de Luisa et quelque chose passa. Il y avait quelques années, il n'aurait jamais pris la liberté d'une telle réflexion : sa famille était Parfaite et en tant qu'héritier principal, il se devait de faire bonne figure et d'en être une effigie correcte. Néanmoins, lui et Olivia n'avaient jamais parfaitement été à l'aise avec ça, même si il s'en était longuement caché en faisant l'autruche. Puis il y avait eu le procès. On lui avait reproché ses choix "égoïstes" et il avait culpabilisé sans pourtant regretter sa décision. Puis sa transformation... A force de temps et d'épreuves, il avait fini par se rendre compte qu'il n'avaient pas forcément raison sur tout et qu'il n'étaient pas des modèles à suivre en tous points, contrairement à ce qu'ils semblaient penser. Ça ne voulait pas dire qu'il avait cessé d'être fier des siens et qu'il avait renoncé à leurs principes, non... Juste, disons que les circonstances l'avaient amené à relativiser certaines choses, et à avoir l'esprit critique sur d'autres.

Il reprit et ne s'arrêta ensuite qu'au moment où il la vit faire les gros yeux. Elle ne paraissait pas ravie que la famille Elizondo soit au courant de sa situation. C'était pourtant nécessaire pour lui octroyer une couverture véritablement solide. Et puis le Talion lui avait assuré qu'il ne courait aucun risque à leur faire confiance et il avait accepté de les croire. Sa tête rentra entre ses épaules tassées. Il se crispa sensiblement mais décida de terminer son histoire plutôt que de se justifier. Ils pourraient revenir là-dessus plus tard.

Il détourna la conversation sur Octavio, puis sur les voisins qu'il avait acheté et qu'il soupçonnait sa tante d'avoir elle aussi un peu... aidé à se coudre la langue. Même Esteban n'était pas assez aveugle pour ignorer ce que signifiait son expression contrite. Elle avouait. Il eut un rire doux, même si le cœur n'y était qu'à peine, car rendu lourd par toutes les implications soulevées par ses révélations.

Son récit était terminé. Il laissa donc le silence retomber, les yeux dérivant lentement sur la main que Luisa avait posé sur la sienne et qui la serrait en soutien. Mais à quel point le soutenait-elle vraiment dans sa démarche ? C'était encore quelque chose qu'il avait à apprendre, même si jusqu'à présent, elle avait semblé plutôt approbatrice. Il leva des yeux craintif sur elle au moment où elle prenait la parole. Il put se rendre compte qu'il se faisait probablement trop de souci. Il fallait dire qu'Olivia aurait déjà levé les bras au ciel et hurlé une bonne dizaine de fois, paniquée à l'idée des risques qu'il avait pris. Mais Luisa n'était pas Olivia. C'était bien pour cela qu'il pouvait lui parler de tout ça, et pas à sa mère.

D'ailleurs, c'était ce sur quoi elle voulait revenir en premier. Ses paupières cillèrent vivement. La lueur dans ses yeux vacilla, à l'épreuve du doute. Elle résumait avec brio ce qu'il avait effectivement cherché à faire. Mais si elle s'en rendait compte et qu'elle admettait l'obligation qu'il avait eu d'en arriver là, Olivia était différente. Pour sa mère, la fin ne justifiait pas toujours les moyens et surtout, l'émotionnel dominait sur le rationnel. Pour cette raison, concernant le fait que personne ne pourrait lui en vouloir de s'être protégé en utilisant ses meilleures options à portée...

"... Je n'en suis pas aussi certain que toi..."

La question resta en suspens à l'instar de sa voix. Les yeux détourné, il resta réflexif jusqu'à ce qu'elle change de sujet. Octavio, qui avait éludé toutes ses questions. Il eut un sourire entre amusement et satisfaction. L'homme était efficace, extrêmement doué. On ne s'était pas moqué de lui en l'assignant à son service. Il n'ajouta rien avant qu'elle revienne sur le faux nom qui lui avait été donné, lequel était effectivement une variante du sien. Il avait trouvé cela amusant, mais il n'était pas l'auteur de ce choix. Puis enfin le point qui fâchait. Cette histoire avec les Elizondo ne lui plaisait décidément pas, sinon, elle n'aurait pas pris la peine de le formuler. Anxieux, il releva le nez et prit une vague inspiration avant de répondre.

"C'est une personne trop importante sur laquelle il serait bien trop facile de faire des recherches et de se rendre compte qu'elle n'existe pas vraiment. Les Elizondo dans la confidence, ils peuvent me fournir autant d'alibis qu'il m'en faudra, et créer autant d'histoires qu'il le voudront sur ce fameux cousin vivant comme un reclus, aux USA... C'était la meilleure option, Tia. Ce sont eux qui assurent ma sécurité, plus que tout le reste de ce que j'ai pu manigancer avec le Talion. Je leur fais confiance... Jusqu'à présent ils m'ont aidé avec une gentillesse hors du commun, et beaucoup d'efficacité. Mais non. Ce n'est pas moi qui ai choisi le nom de Sebastian. Je pense qu'il ont sorti de leurs registres celui qu'il était le moins suspect de voir... revenir à la vie. Pour ainsi dire."

... La façon qu'elle avait de passer sa main contre sa joue - qui lui arracha un frisson, comme bien souvent - lui mit la puce à l'oreille. Elle cherchai à capter son attention. Il se laissa faire et leva donc sur elle un regard vaguement inquiet. Qu'avait-elle à lui dire qui demandait  cette configuration ?

Quelque chose qu'il savait pertinemment. Ses lèvres se serrèrent. Une pointe de douleur s'éleva lorsqu'il l'entendit préciser "Tu en paies le prix". Il commençait à prendre l'habitude de payer ce genre de prix, mais ça ne voulait pas dire qu'il n'en avait pas marre. La gorge serrée, il se dégagea délicatement. Il paraissait réfléchir à ce qu'il allait répondre.

"Je sais Tia... Je sais bien. Si c'était à refaire, je le referais. Comme tout le reste de ce qui est arrivé jusqu'à présent... A l'exception de la façon dont je suis... Dont j'ai... Hm. Changé de régime alimentaire."

... C'était toujours plus agréable que de rappeler qu'il était mort. Il y avait des fois où son humeur était plus sombre et où il pouvait dire ces choses là avec une simplicité brutale. Mais en ce moment, ce n'était pas ça qui dominait chez lui.

Bref. Il avait voulu dire par là que la façon dont il avait été transformé était un véritable désastre. Tout le monde aurait probablement beaucoup mieux vécu une transition à la fois plus douce et plus contrôlée.

"... Mais tu sais aussi bien que moi que si je ne lui en ai pas parlé, c'est qu'il y a une raison. Elle ne verrait pas les choses sous cet angle. C'était nécessaire et je ne regrette rien... Mais ça n'adoucit pas cette amertume ci. Je lui avais promis que je ne recommencerais plus..."

Voilà qu'il avait les larmes aux yeux. Sa voix se changeait en filet.

"... Quelque chose change à chaque fois qu'elle prend conscience de mes mensonges. Je ne sais pas si je pourrais le supporter une fois supplémentaire... La dernière était déjà de trop."

Le visage d'Olivia lorsqu'elle l'avait découvert transformé dans cette salle de bain le hantait encore. Cette image resterait probablement gravée dans son esprit jusqu'à la fin de ses jours.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Ven 27 Jan - 0:52

L'instant de connivence qu'ils étaient en train de partager concernant le paradoxe par excellence des Luz-Descalzo avait un goût de victoire intense aux yeux de Luisa. Ayant été très vite critique envers la famille de ceux qui lui "piquaient" sa sœur tout l'été durant ses jeunes années, elle avait réalisé très tôt cet écart entre la fierté des origines latines et les valeurs blanches promues par les Luz-Descalzo de toutes générations. Petit à petit, de façon plus ou moins flagrante, elle avait également tenté de faire rentrer ces idées dans la tête de son neveu, non pas pour qu'il se rebelle entièrement contre son père et son oncle, mais pour qu'il réalise, tout simplement. Et quelque chose lui disait qu'il avait réalisé depuis bien longtemps, mais qu'il refusait de le montrer. Les yeux de la mexicaine pétillaient d'amusement léger. Elle comprenait, et elle acceptait. L'important étant que maintenant, Esteban avait cessé de faire l'autruche sur ce point. Ainsi que sur de nombreux autres, il fallait l'avouer.

Le récit d'Esteban vira ensuite sur l'implication de la famille Elizondo et sa tante ne put s'empêcher de faire les gros yeux. Elle n'y pouvait rien, elle n'aimait pas cette situation. Ce n'était pas son genre de compter sur d'autres personnes qu'elle-même ou ses plus proches pour se sortir du pétrin, et l'idée que son filleul doive remettre sa vie entre les mains d'inconnus lui collait la frousse. C'était la peur, plus que le reste, qui s'exprimait. La fatigue, certainement. Parce qu'une Luisa rationnelle comme elle l'était en temps normal aurait rapidement compris la nécessité de cet arrangement.

Puis la conversation (enfin... le monologue plutôt) dériva sur Octavio, puis sur leurs voisins, à qui ils avaient apparemment tous les deux signé quelques chèques pour s'assurer de leur silence. Le rire doux d'Esteban amena une expression miroir sur le visage de sa tante. Elle aimait ce son, et elle ne l'entendait plus assez à son humble avis.

Enfin, il sembla qu'Esteban en avait terminé et qu'il attendait la sentence que son avis représentait. Elle le lui donna, sans fard, avec cette franchise parfois malvenue dont elle faisait preuve les trois quarts du temps. Oui, elle avait ses réserves, dont elle parlerait en temps voulu, mais elle reconnaissait avant tout que son neveu avait fait ce qu'il fallait pour ester en vie (...façon de parler). Et qu'elle ne serait pas la seule à le reconnaître, si les explications étaient limpides. Luisa voyait le doute dans les prunelles claires du vampire, et elle savait qu'il ne la croyait pas totalement. Lorsqu'il s'agissait d'Olivia, il ne la croyait jamais, de toute façon. Cela avait toujours été le cas, tout comme il n'admettait jamais les crasses qu'elle avait pu faire plus jeune.

Et pourtant, à l'hésitation que son neveu formula elle opposa un regard ferme, convaincu. Evidemment, Olivia commencerait par lever les bras au ciel et à crier qu'il s'agissait de risques inconsidérés. Mais elle finirait bien par se rendre à l'évidence, comme elle l'avait fait pour la nature vampirique de son fils. Car rien n'importait plus que le bien-être de son chérubin, et ça, Esteban devait cesser d'en douter.

Elle savait cependant que c'était un autre combat inutile. Il n'y aura qu'une seule personne qui pouvait convaincre Esteban qu'il se trompait sur ce terrain-là, et ce n'était pas elle. Luisa dévia donc d'elle-même la conversation en suivant le fil des explications de son neveu. Elle commença par Octavio, qui avait habilement évité toutes ses questions (ce qui n'était pas si simple que cela). Le sourire satisfait qu'elle vit s'esquisser sur le visage de son neveu ne la surprit pas outre mesure. Elle lui répondit d'un ton doux.

"Il est loyal, c'est une bonne chose... Ce n'est pas toujours le cas, mais ta mère et toi avez su vous entourer."

Si Octavio devenait moitié moins aussi dévoué à Esteban que Gael l'était à Olivia, Luisa n'aurait plus jamais de souci à se faire pour lui. Cependant, il restait un point qui la gênait dans l'implication de cette autre famille. Bien qu'elle commença avec une anecdote sur le prénom choisi, la mexicaine finit par faire part de ses doutes, déclenchant une certaine anxiété chez son vis-à-vis. Esteban lui répondit cependant de la façon la plus claire et complète possible. Luisa lui accorda son entière attention, hochant légèrement la tête en signe de résignation.

"Je comprends ce que tu veux dire, Tebi. Je le comprends, et je l'accepte, mais ce n'est pas pour autant que ça me plaît. Tu me connais, je n'aime pas l'idée de laisser les situations m'échapper des mains, quelles qu'elles soient. Mais tu as raison, c'est la meilleure option."

Elle ne le jugeait pas là-dessus, il lui était simplement extrêmement difficile de remettre la vie de son neveu entre les mains de parfaits inconnus. Une chose était certaine : en rentrant chez elle, elle se renseignerait sur cette famille, juste histoire d'en savoir un peu plus sur ceux qui protégeaient son filleul.

Luisa en avait fini avec les détails. Elle s'assura donc d'avoir l'entière attention d'Esteban avant de lui donner son dernier avis, celui qui concernait la façon dont tous prenaient la chose... surtout Olivia. Il avait bien agi, dans le sens où rien n'avait plus d'importance que d'être protégé de l'enfoiré de première qui le servait de père. Et cela, Olivia pouvait le reconnaître. Et il fallait qu'il le fasse aussi.

"..."

Apparemment, il en était plus conscient que Luisa ne l'aurait pensé. Elle le regarda avec un petit sourire appréciateur, hochant rapidement la tête. Oui, ce garçon avait pris beaucoup de plomb dans la tête ces dernières années. Pas de la façon la plus agréable qui soit, mais on ne pouvait nier l'efficacité du résultat. Un mal pour un bien, peut-être ?

Le sourire de la mexicaine se fana quand Esteban reprit la parole. Cette histoire le travaillait énormément, et cela n'étonnait pas vraiment la cheffe d'entreprise. La relation qu'il entretenait avec sa mère avait été si fusionnelle, et la rupture si brutale, qu'il était difficile de penser qu'il pourrait en être autrement. Certes, les choses s'étaient améliorées en trois ans mais... certaines plaies étaient très lentes à cicatriser.

Avec un soupir, Luisa fit glisser sa main le long de la joue de son filleul. Elle n'avait pas réponse à tout, et ne pouvait certainement pas lui garantir qu'Olivia le prendrait bien, mais...

"Ce n'est pas la même chose, Tebi. Tu ne lui mens pas, elle n'a pas besoin de connaître les rouages par lesquels tu es passé. Tout ce qu'elle a besoin de savoir, c'est que tu es en sécurité, à présent. Et qu'elle peut t'aider, à son niveau, à reprendre une activité normale. Crois-moi, elle doit se douter de quelque chose de toute façon. Ta mère est une idéaliste convaincue, mais elle n'est pas stupide pour autant : elle sait bien qu'il y a eu des ficelles de tirées. Mais si tu veux mon avis, elle ne veut pas savoir lesquelles. C'est aussi sa manière à elle de te protéger, à sa façon."

La mexicaine sourit doucement en laissant retomber sa main sur le lit.

"Ce que ta mère déteste, ce n'est pas le mensonge en soi, même s'il fait mal. C'est l'impuissance. Cette impuissance dont elle ne parviendra jamais à s'ôter, parce qu'elle se rendra toujours responsable du geste qui a fait tomber le premier domino. Mais elle s'en remettra. Tant que tu seras là, elle s'en remettra."

Et l'inverse était très certainement vrai.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Dim 12 Mar - 11:04

Une tension invisible qui peu à peu avait enflé dans l'air retomba aussitôt que Luisa admit qu'Esteban avait probablement choisi la meilleure option à sa disposition, même si cette option ne plaisait guère à sa tante. De cela, il ne pouvait pas lui en vouloir. Il n'avait jamais dit qu'il était lui-même ravi par tous les tenants et les aboutissants que supposaient cet arrangement. Il acquiesça sèchement, non pas parce qu'il désapprouvait, mais tout simplement parce qu'il était nerveux et que cela se ressentait dans ses gestes, ses comportements, qui devenaient plus brutaux, plus spontanés. On aurait pu traduire cette façon d'opiner par un "ça, c'est fait" soulagé.

Immédiatement il détourna les yeux, avec sur les lèvres un sourire doux amer sous lequel on pouvait lire une pointe de ce cynisme dont il lui arrivait de faire preuve régulièrement depuis sa transformation. Cette noirceur intérieure qu'il cachait parfois très bien, mais qui pouvait remonter de temps à autre, plus ou moins forte, plus ou moins évidente, plus ou moins prévisible. Parfois comme maintenant, elle touchait la surface au moment où on s'y était le moins attendu.

"Tu sais Tia... Je commence à avoir l'habitude que les situations m'échappent des mains. Ça ne commence presque jamais par un choix, sans quoi on utiliserait une autre expression pour les décrire. Mais une fois que le contrôle est perdu, on ne peut que naviguer pour s'en rapprocher le plus possible et, éventuellement, finir par le retrouver. Ici, j'ai perdu la plupart de mes options le soir de cette agression. Le reste vient en conséquence..."

Si elle parvenait généralement à garder le contrôle sur tout ce qui arrivait dans sa vie, c'est probablement que Luisa avait eu de la chance. Esteban n'avait que rarement eu ce luxe. Il n'avait pas choisi d'être la cible de son père étant enfant. Pas choisi que l'affreux recommence en lui avouant qu'il avait fait du mal à d'autres petits après lui, qu'ils furent ou non des outres. Même son choix de traîner Darian en justice plutôt que de le laisser s'en tirer à bon compte n'avait pas été une décision entièrement libérée, car dans le fond, après avoir appris et subi tout ce qu'il avait appris et subi, n'en déplaise à Juan et aux autres qui affirmaient le contraire, il n'aurait probablement pas pu faire autrement. Plus flagrant encore : il n'avait pas choisi de tomber malade. Tout commençait par une situation qui s'imposait à lui et le forçait à prendre des décisions regrettables, sur lesquelles il n'avait parfois absolument aucun poids une fois qu'elles étaient prises. C'était angoissant, désagréable, mais ça n'en était pas moins le plus sûr chemin en direction d'un état plus stable où il pourrait finalement retomber sur ses pieds.

Cela allait directement avec ce qu'elle lui dit ensuite. Il avait effectivement fait ce qu'il avait à faire pour se protéger, en dépit des conséquences néfastes. Il le comprenait et il le lui fit comprendre. Il n'avait aucun regrets. Néanmoins il n'était pas obligé d'apprécier certains des résultats qui faisaient partie du lot indivisible des conséquences à ses choix. Il cachait une fois de plus des choses à sa mère alors qu'il savait qu'elle détestait cela et qu'elle ne lui avait jamais vraiment pardonné de n'avoir rien dit concernant Darian, puis concernant sa leucémie alors même qu'il lui avait promis qu'il ne lui cacherait plus jamais rien. Il avait cru une fois de plus que c'était fini pour de bon, et pourtant voilà qu'il reproduisait encore ce schéma néfaste.

Il frissonna sous les doigts de sa tante qui prit la parole, cherchant à le rassurer. Il aurait voulu la croire sur parole car cela aurait été nettement plus facile. Et il y avait certainement du vrai dans ce qu'elle lui disait... Cependant, elle n'avait pas été là ces autres fois où Olivia avait appris qu'il ne lui disait pas la moitié de la vérité. Les fois précédentes non plus n'avaient pas été un mensonge... A condition de ne pas considérer l'omission comme un mensonge. Ce n'était pas Luisa qui avait eu à faire au regard blessé, trahi de sa mère. Avait-elle conscience de ces brisures légères qui avaient eu lieu avant la plus grande d'entre elles ? Le soir de son anniversaire lorsqu'il avait révélé la vérité à Olivia, quelque chose entre eux s'était cassé. Elle n'avait jamais admis d'être restée étrangère à toute une partie de l'existence de son fils pendant toutes ces années. Puis tout le reste était arrivé, et cela n'avait fait qu'endommager leur relation plus avant. Depuis, si les choses allaient mieux, elles n'étaient jamais redevenues exactement pareilles. Esteban détestait devoir encore rajouter à cette sordide addition. Il aurait voulu pouvoir n'aller que dans le sens de la réparation.

Il hocha imperceptiblement la tête de gauche à droite, l'air anxieux.

"C'est vrai aussi, mais ce n'est qu'une partie du problème... Quoiqu'il en soit je ne veux pas lui en parler. Je ne veux pas que ça recommence encore."

Il soupira lourdement et sentit subitement le besoin de se coucher, psychologiquement las. Il fit donc, et il attrapa un coussin dans lequel il plongea tout son visage, ses yeux dépassant à peine sous sa tignasse détachée, et de ce fait éparpillée. Hanté, il fixait le vide avec tant de force qu'on aurait pu le croire capable de le percer. Voilà... Il avait avoué ce qu'il avait eu besoin d'avouer. L'envie de discuter était partie, car les sujets qu'ils abordaient maintenant l'angoissaient trop. Il préférait les éluder.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Sam 1 Avr - 7:52

Il avait grandi, son neveu trouillard et capricieux. Malgré tout ce qu'elle pouvait dire, et la façon dont elle continuait de le charrier, Luisa ne pouvait retenir un léger sourire en voyant que les enseignements avaient porté leurs fruits. D'ailleurs, elle ne le mentionnerait jamais à voix haute car la situation était trop précaire entre eux à l'heure actuelle, mais alors qu'Esteban hochait sèchement la tête, mentionnant sa compréhension et fermant le sujet pour passer au suivant, elle trouvait son comportement extrêmement similaire à celui de son oncle... Tant et si bien qu'elle avait presque envie de l'appeler "mini-Juan". Mais si la mexicaine n'était pas la dernière à user de surnoms plus ou moins douteux, elle savait parfaitement que le moment était particulièrement mal choisi pour une telle blague. Ce qui était dommage, par ailleurs, car elle était certaine qu'à quelques années près, Esteban aurait adoré entendre ce genre de choses...

La cheffe d'entreprise perdit cependant rapidement son sourire quand son filleul finit par lui répondre. Une réponse pleine de pessimisme et d'apitoiement sur soi qui se comprenait, mais qu'elle détestait entendre sortir de sa bouche. Esteban n'était pas ainsi, avant. Il avait un caractère solaire, qui donnait envie de sourire, de rire et de mordre la vie à pleine dents, souvent même avec cette inconséquence qui les caractérisait, lui et sa mère. Le voir aussi démuni, harassé par les divers événements qui lui étaient tombés dessus donnait à Luisa se envies de meurtre.

C'était pour cela aussi qu'elle comprenait, peut-être mieux qu'on ne s'y attendrait, la façon de penser de sa sœur. Parce qu'au fond, elle aussi s'en voulait un peu. Elle dont l'intuition et la chance insolente lui permettaient de percevoir ce que bien d'autres ne pouvait imaginer, s'était sentie trahie par son propre esprit en apprenant ce qui était arrivé à son neveu, d'autant qu'elle n'avait jamais totalement fait confiance à Darian.

Cependant, contrairement à sa sœur, elle savait qui blâmer. Rien de tout cela n'était de la faute d'Olivia, qui n'avait rien vu, ni même d'Esteban pour avoir été trop crédule (selon certains). Darian était l'unique coupable, et le seul qui méritait de payer pour toutes ces années. Mais allez dire ça aux deux têtes de mule qui lui servaient de sœur aînée et de filleul préféré...

Elle essaya, pourtant. A sa manière. Mais elle voyait dans le regard et l'attitude de son neveu que si son message passait, il n'était pas entièrement accepté. Luisa manquait probablement d'informations. Tous avaient beau juger la relation entre Olivia et Esteban "fusionnelle, voire malsaine", peu savaient exactement ce dont il était question. Ce qui expliquait certainement pourquoi, malgré tous les arguments que la mexicaine lui opposait, l'héritier n'était pas entièrement convaincu. Néanmoins, Luisa était également certaine de ce qu'elle disait, mais cela ne servait à rien d'en rajouter, si ce n'était entrer dans un débat stérile, qu'elle aurait pu chercher volontairement si elle n'était pas aussi fatiguée, et consciente qu'il en était de même pour son neveu. De plus, sur le fond, ils étaient d'accord.

"Tu n'as pas besoin de lui en parler. Some things are better left unsaid, comme ils disent ici. Je serais mal placée pour te dire d'avouer la moindre de tes manœuvres à ta mère..."

Luisa eut un rire jaune rien qu'à l'idée de raconter ne serait-ce que le quart de ce qu'elle faisait en ce moment à sa soeur. Quant à lui dire qu'elle avait impliqué Esteban, même de très loin... Olivia ne le lui pardonnerait jamais. Elle soupira à son tour, avant de s'étaler sur le lit dans un "pouf" sonore pour que son visage atterrisse devant celui de son neveu, qui devait rebondir un peu suite à ses inepties. Sa tante lui tira légèrement la langue.

"Tu veux vider ton sac ? Sinon, je te parie que je peux te mettre la pâtée à ce dernier jeu que tu as acheté."

Luisa ne lui en voudrait pas d'opter pour la seconde solution. Après tout, ils venaient déjà d'avoir une discussion à cœur ouvert assez pesante (ce qui, de base, leur ressemblait peu), et multiplier les sujets aussi lourds n'était pas vraiment leur genre. Mais si il souhaitait en parler, la mexicaine était là.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Ven 5 Mai - 11:36

Le nez d'Esteban heurta "violemment" le coussin dans lequel il était engoncé suite aux secousses produites par le tremblement de terre Luisa. Fort heureusement, son mobilier était de la plus fine des qualités, sans quoi sa tante et ses manies brutales auraient eu tôt fait d'en casser plus d'une pièce, c'était certain.

Heureusement, aussi, le nez dont il était question ne produisait plus aucunes substances dégoûtantes depuis qu'il avait été transformé. Si cela avait encore été le cas, étant donnée la discussion intense qu'ils venaient d'avoir, on pouvait être sûr que l'appendice en question aurait débordé de la moins convenable des façons, et que le choc suivant en aurait badigeonné le tissu de l'oreiller. Cela aurait été tout à fait désolant. L'idée même d'un pareil accident paraissait incongrue, pour ne pas dire vulgaire.

Fut un temps, cela aurait immanquablement amené le jeune homme à froncer les sourcils et le nez pour exprimer l'outrage le plus plus profond, dans cette expressions que Luisa devait si bien connaître à force d'en être la cible constante de la part de son neveu comme de sa sœur. Le jeune vampire qu'il était devenu aurait encore été capable de réagir de cette façon, mais il était aussi devenu beaucoup moins prévisible. A l'occasion, sa tolérance à l'égard de tout un tas de choses qu'aucune de ses deux familles n'auraient jamais admises pouvait étonner par la façon dont elle s'était étendue. C'était l'une des nombreuses conséquences de son changement de statut. Pour accepter ce qu'il était devenu, il lui avait fallu ouvrir son esprit au delà de ce qu'il aurait cru possible. Au delà de ce que beaucoup de monde aurait cru possible, même, à l'exception de Luisa et de quelques autres malins, comme Karl, qui avaient toujours su, et bien avant lui, qu'il était moins conventionnel dans sa façon d'être et de penser qu'il avait jamais bien voulu l'admettre.

Et c'est donc ainsi qu'il ne prit aucune ride, ou pas de mécontentement en attendant. Rieur, il émit un son léger qui s'envola par delà le plafond, comme une envolée de moineaux. C'était aussi une façon pour lui de dédramatiser l'instant, devenu trop lourd à son goût. Émotionnellement instable, il supportait peu quand ces situations s'installaient et duraient trop longuement. Cela lui rappelait, immanquablement, la pire période de son existence, dont il était à peine sorti.

"Tu n'as pas besoin de casser le lit pour te faire entendre Tia, tu sais... Mes oreilles fonctionnent très bien. Peut-être même trop à ton goût..."

Ainsi, il éludait les derniers mots qu'elle lui avait adressés. Il n'avait pas envie de continuer cette discussion qui n'aurait fait que tourner en rond et serait devenue pesante puis ennuyante autant pour elle que pour lui. Il n'avait peut-être pas besoin de parler de certaines choses à sa mère, mais le fait de ne pas le faire était un problème, car elle le lui avait déjà reproché par le passé et avait été très blessée qu'il lui cache ces pans importants de son existence. A de multiples reprises, il avait promis de ne pas recommencer mais à chaque fois, malgré sa sincérité, le destin voulait qu'il finisse par se parjurer. On pouvait bien débattre des heures de ce qui blessait le plus Olivia et même éventuellement de ce qui se cachait derrière ses reproches, ou même de la pertinence de ses cachotteries, et de l'effet qu'elles auraient sur sa parente si dévoilées, probablement plus néfaste qu'autre chose, que cela n'aurait pour autant rien changé à la vérité préalablement établie, laquelle serait donc revenue dans la conversation, et aurait mené à la répétition éternelle des arguments qui suivaient.

C'était aussi l'occasion d'embêter Luisa en lui laissant entendre (sans mauvais jeu de mot) qu'elle avait pu, par le passé, dire des choses derrière son dos lorsqu'il était encore à portée d'oreille vampirique, et qu'elle avait mal évalué la distance et le volume nécessaire à ce qu'il reste hors de certaines de ses confidences. Le croirait-elle ? S'en soucierait-elle ? Il n'en savait rien, car il n'avait pas la capacité de Luisa à comprendre d'instinct les réactions d'autrui.

En ce qui le concernait, il avait très largement assez vidé son sac pour la soirée. Il ne voulait pas se perdre dans les détails de ce qui le hantait, ni risquer d'enclencher le cercle interminables des préoccupations précédemment décrites. Pour autant, il était empli d'une certaine langueur qui allait lui rendre difficile l'acte de se relever aussi rapidement après qu'il se fut couché. Le vampirisme ne guérissait personne de ce genre de paresse. Il soupira donc largement, son ennui rendu plus diffus, plus musical, par la façon dont il souriait largement derrière son cache-nez molletonné.

"Je voudrais bien te voir essayer... Dès que j'aurai retrouvé la force de quitter ce matelas. Tu ne le trouves pas affreusement confortable maintenant qu'il a cessé de se mouvoir comme un trampoline sous ton très délicat appui ?"

Il n'aurait pas été contre une sieste de plus. Luisa avait très certainement le temps pour cela, puis pour jouer une partie contre lui. Si elle s'était décidée à le rejoindre ce soir malgré les multiples urgences avec lesquelles elle devait composer, c'était certainement qu'elle avait prévu de prendre ce temps pour elle, sans concessions, pour la très juste raison qu'elle en avait besoin.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Dim 7 Mai - 7:02

Luisa ne cacha pas un grand sourire de contentement quand elle entendit Esteban rire. D'abord, c'était un son auquel elle avait toujours été sensible, bien qu'elle l'avouât beaucoup moins aisément que sa sœur. Mais le rire de son neveu avait toujours eu le pouvoir de l'adoucir, et ce dans n'importe quelle situation. Elle ne le dirait pas, mais elle l'avait enregistré à une période, pour avoir ce son sous la main dans des périodes un peu compliquées, à l'approche d'un gros contrat à signer, par exemple. Mais cela ne valait en rien la version live.

Ensuite, la mexicaine était très contente d'elle parce que ce son n'était plus aussi aisé à obtenir qu'auparavant : depuis sa transformation, Esteban était devenu plus lunatique et sombre, et le garder de bonne humeur était bien moins facile à présent. Chaque moment où c'était effectivement le cas était donc considéré comme une victoire par ses proches. Luisa n'allait donc absolument pas en vouloir à son filleul d'avoir cherché à éviter l'ambiance lourde qui s'abattait doucement mais sûrement sur leur conversation : s'il ne voulait plus en parler, c'était son choix. Pour le moment, elle le respectait, car elle n'estimait pas qu'il s'agisse d'une urgence.

D'autant qu'elle savait parfaitement qu'Esteban ne changerait pas d'avis, et qu'elle non plus. Têtus comme ils étaient tous les deux, cette discussion aurait plus de chances de virer au dialogue de sourds qu'à quoi que ce soit de constructif, inutile donc d'insister plus que c'était déjà fait.

La brune accepta l'attaque concernant son absence de délicatesse en tirant la langue, réaction puérile qu'elle abordait très souvent avec son neveu et sa sœur. Elle fronça rapidement les sourcils en entendant le vampire sous-entendre qu'il avait pu avoir accès à des informations qu'elle n'avait pas eu l'intention de lui donner, mais eut ensuite un grand sourire en posant un doigt sur ses lèvres, faisant mine de réfléchir.

"Oh, tu veux dire que tu m'as entendue raconter à Karlichou cette fois où tu es venu avec moi signer un contrat et que tu as failli nous attirer des ennuies avec la mafia de Monterrey ?"

Bon, certes, cela avait été une très mauvaise idée d'emmener son filleul de treize ans dans un bar à l'américaine abritant un gang de motards qui semblaient tout sauf aimables... Mais sur le coup, cela lui avait paru amusant. Inutile de dire qu'on lui avait rabâché les oreilles à ce propos pendant des années. Quant à la mention de Karl, eh bien... il l'avait cherché.

Après quelques minutes, la mexicaine finit par demander clairement à son neveu s'il avait encore un poids à sortir, où s'ils signaient la fin de cette discussion à cœur ouvert. Dans un cas comme dans l'autre, Luisa n'avait pas l'intention de s'en aller : elle avait besoin d'une journée au calme, et -étonnamment- il s'avérait que c'était en compagnie d'Esteban qu'elle trouvait le moyen de se relaxer, dernièrement. Bien entendu, elle aurait d'autres manières de se """relaxer""", auxquelles il était hors de question que son neveu participe, mais au vu de ce qu'elle avait cru comprendre plus tôt dans la journée, elle n'avait pas particulièrement envie de voir Skyler, étrangement.

Au soupir du jeune homme, sa tante sut qu'il ne choisirait pas de poursuivre la conversation. Cela lui allait. Elle rit légèrement en entendant sa proposition et s'approcha encore un peu de lui, posant brièvement son front contre le sien avant de se reculer pour le fixer dans les yeux, joueuse.

"Maintenant ou plus tard, je peux te mettre la pâtée, feignasse."

Son ton trahissait son amusement, mais aussi une certaine approbation : elle n'avait pas non plus particulièrement envie de se mouvoir. D'ailleurs, elle se réinstalla plus confortablement contre son vampire de neveu, avant de lui glisser un baiser sur la joue.

"Tu as de la chance que je sois fatiguée, sinon tu aurais eu droit à une bataille d'oreillers en règle."

Peut-être même qu'elle mettrait sa menace à exécution lors de son (nouveau) réveil, avant cette fameuse partie. Mais d'abord, c'était retour à la sieste, qui n'avait rien de malvenue.

Cette fois, elle fut celle qui se blottit contre le torse de son filleul avant de fermer les yeux, profitant pleinement de cette journée de "congé" plus ou moins forcé. Peut-être devraient-ils même en profiter pour passer voir Olivia un peu plus tard ? Il faudrait qu'elle le lui propose. Après la sieste. Et cette fameuse partie : elle avait bien trop d'esprit de compétition pour laisser tomber.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Dim 14 Mai - 10:40

Il aurait pu faire remarquer à Luisa que de tirer la langue pareillement, et surtout à son âge, n'était véritablement pas convenable. Mais elle le savait déjà, et cela n'aurait été que l'engager à continuer son manège plus longtemps. Et puis il devait avouer aimer quand elle se comportait de la sorte. C'était rafraîchissant, ce n'était pas si terrible, et cela lui rappelait certains des meilleurs passages de son existence humaine. Parce que c'était Luisa et parce qu'il avait développé ce réflexe familial consistant à lui reprocher le moindre de ses écarts il remarquait des détails inadéquats partout, qu'il aurait largement laissé passer chez autrui, lorsqu'il ne faisait pas pire lui-même. Erin l'avait par exemple entraîné à faire tout un tas de choses folles. Il l'avait vue rayonner, pétiller, entourée d'une aura d'énergie vitale tonitruante qui l'avait attiré, lui, le mourant qui voulait vivre l'équivalent d'une vie entière en quelques jours, aussi sûrement qu'une lampe l'aurait fait avec un papillon. Ce qui les avait mus durant ces quelques jours à Vegas ressemblait à s'y méprendre cette joie de vivre sans contraintes que Luisa agitait sous le nez de toute la famille d'une manière qui sans cesse les faisait grincer des dents. Plus jeune, elle avait dû beaucoup lui ressembler...

Mais ce n'était certainement pas le moment de songer à Erin. Il avait suffisamment de raisons d'être mélancolique, et aucun envie de sombrer dans un épais auto-apitoiement qui ferait fuir Luisa, et dont il aurait bien du mal à sortir.

Sa tante retournait contre lui sa taquinerie en rappelant à son bon souvenir l'une des bourdes qu'il avait fait plus jeune. Il grimaça, gêné. Avait-elle réellement raconté ça à Karl ou bien était-elle en train de le faire marcher ?

"Tu ne devrais vraiment pas te vanter d'être capable d'amener avec toi un enfant dans un aussi dangereux traquenard... Te rappelles-tu au moins l'âge que j'avais ?"

Esteban esquiva la proposition faite par Luisa de continuer à sortir ce qu'il avait sur le cœur. Pour lui, tout était dit. Revenir sur le détail de son mal-être n'aurait fait que l'entretenir. Il était donc bien plus enclin à accepter le duel vidéoludique qu'elle lui donnait en option, à cela près qu'il préférait le faire après une prolongation de sieste. En tant que vampire il ne ressentait plus l'envie de dormir, mais ils étaient tout de même drôlement bien installés. Il aurait été dommage de ne pas en profiter. Et puis, les journées de Luisa étaient devenues ses nuits. Il gardait le besoin purement psychologique de créer une coupure entre ses instants de conscience, au moins de temps à autre. Sans cela, la vie lui aurait paru n'être plus qu'un très long jour sans fin.

Qu'à cela ne tienne : il venait vraisemblablement de donner matière à Luisa pour lui lancer une pique qu'il jugea parfaitement inadaptée, ainsi qu'en témoigna la moue blasée qui déforma immédiatement ses traits et fit passer dans ses yeux clairs une pointe d'ironie.

"... Dit celle qui ne connaît pas le concept de matinée."

Son visage relâcha lentement cette expression affectée pour ne plus laisser passer que ce qu'il ressentait vraiment : un amusement ténu, empêtré dans un début de somnolence. Il la laissa approcher, frissonna sous ses lèvres - depuis sa transformation, il était devenu très sensible à ces preuves d'affection qui auparavant lui étaient naturelles - et émit un éclat de rire incrédule à la suivante déclaration.

"Laisse donc les oreillers tranquilles... Il fait bien meilleur dessus qu'un peu trop brutalement en dessous. Enfin...C 'est principalement grâce à toi. Tu fais une bonne bouillotte."

Bouillotte vivante qui d'ailleurs se blottit contre lui. Il espérait que sa peau n'était pas trop fraîche. A défaut de produire sa propre chaleur cependant, il était peut-être encore capable de la retenir à la façon d'une couverture. Il aurait été dommage qu'il fut le seul à profiter des bienfaits de cette étreinte. Le jeune homme entoura de ses bras le corps indolent de sa tante, glissa son menton sur son crâne et caressa affectueusement ses cheveux avant de s'immobiliser, les yeux fermés. Il lui faudrait très peu de temps pour s'endormir.
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MessageSujet: Re: [Enquête Dystopia] Un instant de pause bien mérité   Mar 16 Mai - 5:29

C'était les moments comme ça qu'elle appréciait le plus avec Esteban : Quand il était naturel et qu'il ne se souciait pas tant des normes familiales. Quand il était plus comme elle, au fond. Il y avait peut-être de l'égoïsme dans cette vision des choses, mais Luisa savait également qu'à présent, se détacher de l'égide des Luz-Descalzo était encore plus important qu'avant. Elle n'allait donc pas se plaindre quand son filleul daignait laisser son balai au vestiaire, à défaut de le remettre là où tous les autres membres de la famille l'avaient bien haut.

Cela ne voulait pas dire qu'elle allait le laisser s'en sortir comme ça quand il cherchait à se moquer gentiment : il avait bien dix-huit ans de retard sur elle à ce sujet, et il savait à quel point l'esprit vif de la mexicaine l'amenait à retourner la plupart des piques qu'on lui lançait à son avantage, et celle-ci ne faisait pas exception, même si elle ne le faisait que pour l'embêter gentiment. A sa réponse, la brune haussa les épaules, ce qui était relativement difficile quand on était étendue sur un lit de coussins moelleux et rendait donc le geste relativement risible, mais elle s'en moquait bien.

Luisa ne répondit pas à la question, purement rhétorique. Oh que oui, elle se souvenait de son âge : on avait passé des heures à lui faire la morale en lui disant qu'on n'amenait pas de si jeunes enfants dans des endroits aussi dangereux. Bla, bla, bla, à cet âge-là, elle avait déjà fui Veracruz pour Mexico City et erré dans les rues pour retrouver sa soeur, et elle n'en était pas morte !

Malheureusement, la plaidoirie n'avait pas vraiment eu l'effet voulu...

Elle n'ajouta rien, laissant le doute planer sur la véracité de son information. Elle aimerait bien voir Esteban tenter de demander à Karl si il avait effectivement entendu parler de cette histoire, tiens. Elle se demandait si le flegme de l'étudiant tiendrait face à ce récit...

Et puis, le sujet vira de bord, Luisa proposant à son neveu une pause faite de jeux-vidéos, à laquelle il lui opposa une première partie sieste, qu'elle acceptait bien volontiers, non sans laisser parler son esprit de compétition. La réplique d'Esteban lui arracha un éclat de rire amusé. Elle n'avait aucune réponse incisive à lui faire à ce sujet : il était bien vrai qu'elle préférait éviter de se lever le matin. Même si...

"Hey, je ne suis pas venue si tard, aujourd'hui !"

Une fois parmi des dizaines, on en convenait, et le grand sourire amusé de la cheffe d'entreprise montrait que ce n'était pas la peine pour Esteban de préciser ceci à haute voix. Plutôt, elle s'avança contre lui pour l'embrasser tendrement sur la joue avec une dernière petite réplique qu'elle n'avait vraiment pas l'intention de mettre en place : ils étaient tous deux bien trop fatigués pour effectivement lancer une bataille d'oreillers... mais l'idée était tentante, et notée, quoiqu'en dise son neveu qui semblait préférer qu'elle laisse les coussins où ils étaient. Elle bâilla sans pouvoir s'en empêcher alors qu'elle se blottissait contre lui, mettant délicatement sa main devant sa bouche avant de fermer les yeux.

"Je prends ça comme un compliment."

La mexicaine se donnait l'air d'un chat, ainsi calée contre son filleul. Il n'avait peut-être pas beaucoup de chaleur à partager, mais sa présence était réconfortante, bien plus que la brune ne l'avouerait à quiconque. Elle sourit doucement en sentant ses bras l'entourer et sa main dans ses cheveux et ne tarda pas à se rendormir, profitant sans vergogne de la pause qu'Esteban lui offrait dans sa vie mouvementée.
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