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 Panser les blessures [PV Asch]

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Cooper Lancaster
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MessageSujet: Panser les blessures [PV Asch]   Dim 6 Nov - 1:35

La route s'était faite sans incident ni problème d'aucune sorte. Il semblait en définitive que ce qui était arrivé juste avant de prendre le volant était davantage du à la poudre qu'on lui avait jeté en pleine figure qu'aux coups qu'il avait reçu, encore que le tout combiné eut provoqué sa chute et son étourdissement. Au final Asch était venu le réveiller d'un coup de langue sur sa joue, récoltant un peu de cette poudre restante dont l'effet sur le Norme avait été aussi imprévu que singulier, avant de servir de vigie au conducteur qui avait roulé prudemment tout le long du chemin. Où aurait-il pu emmener le métamorphe si ce n'est chez lui ? Il n'avait pas les clefs de chez le videur et peu l'emballait de forcer sa porte ou d'aller frapper à celle de quelqu'un d'autre. Bien qu'il ait été mandaté pour porter secours à Alice et à Asch, le fait était qu'il n'avait pas tout à fait l'impression d'avoir réussit à jouer son rôle et il s'en voulait passablement de n'avoir pas su faire face à des Outres, lui qui pourtant n'était qu'un simple humain. Garant la voiture devant sa petite maison dans la rue principale, il sortit en ne titubant plus vraiment, claqua la portière en grognant de mécontentement et eut l'agréable surprise de voir le loup réussir à ouvrir la sienne sans aucune aide, ce qui eut le mérite de faire naitre sur ses lèvres son premier sourire depuis des heures.

- Petit futé va.

Ses gestes demeuraient encore ralenti, bien qu'il attribua davantage cela à de l'épuisement qu'à des effets secondaires de la poudre qu'il avait reçu, se dirigeant vers son perron en farfouillant dans la poche de son jean pour en tirer les clefs de chez lui. D'ailleurs il lui semblait que c'était bien la première fois que son ami venait ici, dommage que ça soit dans de pareilles circonstances.

- Bon heu... j'ai pas fait le ménage, alors fait pas attention.

Il déverrouilla la porte et en poussa le battant, pénétrant à l'intérieur en allumant la lumière au passage, attendant que Asch soit passé pour refermer à clef derrière lui. L'entrée était petite, pourvu d'un placard et d'un petit meuble à chaussures qui servait peu. Cooper se délesta de ses chaussures sur le palier et se dirigea vers la pièce principale, une sorte de salon-salle à manger d'une vingtaine de mètres carrés, avec une cuisine américaine classique donnant dessus. Il y avait deux portes, l'une donnant sur un couloir avec trois autres portes, l'autre sur des toilettes. Il y avait un canapé trois places en état convenable avec un plaid jeté dessus, une table en bois avec quatre chaises sur un tapis confortable, une télévision de bonne taille sur son meuble avec une série de consoles branchées devant. Un carton vide de pizza trainait sur la table avec quelques canettes de bière vides. La cuisine était propre et relativement rangée, on sentait que le Norme avant de partir en soirée s'était offert un repas sur le pouce et n'avait pas songé un seul instant qu'il rentrerait au beau milieu de la nuit après tant de péripéties. Le couloir permettait l'accès à deux chambres, une d'amis, l'autre de Cooper, ainsi qu'une autre pièce comportant un bureau et quelques appareils de musculation, rien que du très classique quand on connaissait un peu le propriétaire des lieux.

- Fait comme chez toi mon vieux, j'vais aller te chercher une gamelle d'eau.

A défaut d'avoir un ami sous forme humaine, il pouvait au moins faire ça pour lui en attendant qu'il reprenne contenance. Le Norme alla à la cuisine et prit un saladier qu'il rempli d'eau fraiche du robinet, revenant dans le salon pour poser le récipient à même le sol près du canapé, dans lequel il se laissa tomber en soupirant fortement, visiblement épuisé par tout ce qui était arrivé.
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Asch Räder
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MessageSujet: Re: Panser les blessures [PV Asch]   Sam 12 Nov - 13:25

Le loup leva un regard plat sur son ami, qui venait de le qualifier de "petit futé" sous prétexte qu'il venait d'ouvrir une portière. Un bruit de gorge lui échappa. Ce devait probablement être sa façon d'exprimer un quelconque sentiment blasé à l'égard du norme qui se comportait avec lui comme si il n'était plus capable de comprendre la pensée humaine, ni de faire preuve de la même intelligence que tout bipède qui se respectait.

C'était vrai que le loup éloignait de lui une partie de ses émotions de primate et que c'était d'ailleurs pour ça que ses nerfs avaient brièvement cessé de craquer, mais il y avait des limites. Ok il était en train de les apprendre lui-même, n'ayant au préalable jamais réussi à contrôler l'une de ses transformations. Mais quand même. C'était presque vexant. Il avait l'impression d'être retombé en enfance, en version beaucoup plus... poilue.

Loin de lui l'idée de s'énerver contre celui qui l'avait sauvé ce soir, dans tous les sens du terme. Cooper était son ami. Il lui avait prouvé. Il pouvait lui faire confiance et surtout, actuellement, il ne voulait plus le quitter. Il ne voulait pas se retrouver seul. Il ne s'était jamais senti aussi reconnaissant envers quiconque, à part sa sœur. Personne n'avait jamais pris la peine de se donner tout ce mal pour lui.

C'était donc la première fois qu'il venait chez Cooper. Malgré son odorat de loup exacerbé, l'état du ménage ne lui faisait ni chaud ni froid. Il aurait vu son appartement... C'était pas mieux. Et quelque chose lui disait que dans les semaines à venir, ça ne risquait pas de s'améliorer. Il le fixa en clignant des yeux, ne sachant trop comment exprimer son assentiment de manière compréhensible pour un être humain tandis qu'il était sous cette forme. Il se sentait con, parce que c'était plus un truc de chat que de canidé, comme manière de faire passer l'information.

Asch passa derrière Cooper. Il fit quelques pas sur le côté et regarda autour de lui alors qu'il attendait qu'il se déchausse. Il le suivit dans le salon, et se rendit compte qu'il ne savait pas trop quoi faire de sa carcasse. C'était la première fois qu'il restait durablement transformé, et la première fois aussi qu'on l'invitait tandis qu'il marchait sur quatre pattes. Déjà qu'il était pas doué avec ce genre de trucs lorsqu'il n'en avait que deux.

Cooper lui proposa de s'installer. Il ne savait pas trop si il pouvait se permettre de monter sur le canapé... Il allait foutre des poils partout, et c'était un truc qui ne plaisait pas à tout le monde, même si il ne pensait pas que ça soit le genre du norme. Mais ce qui le perturba surtout, c'est ce qu'il lui annonça juste après.

... Une gamelle d'eau. Euh ?

Les oreilles du loup se baissèrent et il émit une sorte de long grognement courroucé. Il aurait encore voulu avoir un bâton et de la terre molle à disposition pour écrire son mécontentement à Cooper qui le traitait comme un foutu clebs. Alors d'une déjà, il n'était pas un clebs, mais un loup. De deux, il n'était pas juste un loup, mais aussi un métamorphe avec sa fierté. Et une fichue fierté aussi, même si au delà de l'oasis de calme que lui offrait sa bête en éloignant de lui ses démons, cette dernière avait été entièrement pulvérisée dans la soirée.

Il regarda le saladier d'eau arriver. Il resta immobile, à le fixer, tandis que Cooper s'installait lourdement dans le sofa. Enfin il leva des yeux accusateurs sur son ami, avec une expression si éloquente malgré sa tronche de loup qu'on aurait presque pu l'entendre dire : "... Tu m'as offert une GAMELLE ? Sérieusement ?"
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Cooper Lancaster
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MessageSujet: Re: Panser les blessures [PV Asch]   Sam 12 Nov - 15:06

Cooper avait ôté ses chaussures de façon machinale et avait invité son ami à s'installer comme il le désirait. Il ne pouvait plus vraiment communiquer facilement avec Asch, aussi espérait-il que ce dernier n'hésita pas à grimper sur le canapé ou quoi que ce soit de ce genre. Lui-même crevait de soif, aussi prit-il le temps de boire à la cuisine avant de fouiller dans ses placards, cherchant le plus gros saladier qu'il avait en sa possession et qu'il remplit d'eau fraiche avant de le ramener au salon. La déception du Norme fut à la mesure de sa bonne intention quand après avoir calculé que le grondement qu'il avait entendu un peu avant provenait du loup et que ce dernier le fixait à présent avec un air blasé que même son apparence ne parvenait pas à dissimuler, faisant s'installer un bref silence gêné entre les deux protagonistes.

- Quoi ? ... Tu voulais un verre peut-être ? Une coupe de champagne ? Et t'aurais fait comment avec tes papattes, hein ?

Cooper avait l'air plus gêné que désolé, mais il fallait reconnaitre qu'il ne s'imaginait pas filer une bière à son pote sous sa forme lupine, surtout pas après toutes les émotions qu'ils venaient d'endurer et l'état dans lequel cette nuit ô combien agitée les avaient laissés. Grommelant quelque chose à propos de la reconnaissance qui était morte, il soupira et finit par tapoter la place libre sur le canapé à ses côtés, lançant un regard d'avertissement à son ami.

- J'te préviens Asch, si tu m'mord, j'te mord. Maintenant si c'est juste que tu veux boire autre chose que d'l'eau, j'peux te verser de la bière dans le saladier à la place, mais vient pas me dire que tu préfèrerais un verre, parce que niveau praticité c'est pas crédible.

L'humain soupira et se passa une main sur le visage, évacuant un peu du reste de ce stress qu'il avait emmagasiné durant la soirée. Il espérait à présent que Alice irait bien, que cette nana blessée s'en tirerait avec ses potes cinglés et que le métamorphe à ses côtés se remettrait de cette histoire abracadabrantesque. D'ailleurs sitôt que le loup fut à portée, le Norme en profita pour passer ses bras autour de son encolure et le serrer doucement, avec précautions et sans geste brusque, soupirant de nouveau.

- T'm'as fait peur mon vieux, j'vais pas t'mentir... mais t'as été très courageux là-bas et j'suis fier de toi.

Il lui apparaissait comme important de le redire, quelque chose comme une impulsion au sein de son cœur d'humain, de sa pensée bienveillante dirigée vers l'Outre qui avait vraiment du en chier pour en arriver là. Lui-même se demandait parfois quel genre de non-humain il aurait fait, s'il avait été le dépositaire d'un pouvoir quel qu'il soit... si ça se trouve, il aurait davantage ressemblé à Skyler ou pire encore. De quoi donner à réfléchir.
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MessageSujet: Re: Panser les blessures [PV Asch]   Mer 16 Nov - 22:31

Si c'était encore possible pour Asch d'aplatir les oreilles, il le fit. Il poussa un souffle agacé, l'air toujours aussi blasé qu'un loup pouvait l'avoir. Ouais... Il aurait encore préféré laper dans un verre d'eau, quitte à galérer. Et puis pas par terre... C'était sa première transformation contrôlée et c'était déjà suffisamment perturbant sans qu'en plus on le pousse à avoir des comportements plus animaux que ceux qui ne lui venaient naturellement.

Il régla le problème en choisissant de ne pas se désaltérer. Ca n'aurait certes pas été désagréable, mais il pouvait faire sans. Franchement, ce soir, il était très loin d'être à ça près. Une douleur violente remontait encore depuis ses lombaires, là où quelque chose avait craqué, plus tôt, quand Alice l'avait balancé contre l'arbre. Lorsqu'il y songeait, il se souvenait qu'il avait tout de même perdu l'usage de ses jambes durant plusieurs minutes. Encore maintenant chaque pas lui envoyait des signaux électriques aigus dans la colonne vertébrale. Si il avait été un norme, la blessure aurait probablement été grave. Là, elle était quasiment soignée, mais elle restait particulièrement gênante. De quoi mettre les choses en perspective... Il était plus pressé que cette douleur disparaisse complètement que de boire à sa soif.

Cooper tapota sur le canapé. Comprenant qu'il lui proposait de monter, il s'en approcha donc, mais se figea avant d'avoir eu l'occasion de grimper dessus.

"J'te préviens Asch, si tu m'mord, j'te mord."

... Ce n'était pas vraiment pas le truc à dire au métamorphe après ce qui venait d'arriver. Il eut la même réaction que si Cooper avait menacé de le frapper. Museau plongé vers le sol, il poussa finalement ce qui ressemblait à un éternuement perturbé. Il était tenté de croire Cooper sérieux. Après tout il lui avait donné des raisons de se méfier. Il avait vu l'état dans lequel il avait mis cette fille... Mais cette soirée avait déjà été trop riche en émotions et celles du Asch humain redevenaient dangereusement proches de lui. Pour éviter que le barrage ne craque, il fallait qu'il cesse d'y penser. Qu'il considère donc que ça avait été une sorte de plaisanterie maladroite.

Lorsqu'il grimpa sur le canapé, les coups de jus dans son dos faillirent le faire se vautrer. Il se rattrapa maladroitement, pour se retrouver bien vite entre les bras du norme. Il le laissa faire ce qu'il voulait. Ce soir, il en avait besoin. Et sous forme de loup, c'était pas pareil. Sa fierté pouvait le supporter.

Cooper prit une dernière fois la parole. Asch sentit son coeur se pincer. Une douleur vivace. De la culpabilité. Un sentiment d'imposture. Il disait qu'il avait été courageux ? Et en quoi exactement ? Il avait blessé quelqu'un. Tout le monde - sauf Cooper - l'avait lâché. On l'avait recouvert de reproches. A juste titre. Si Alice n'était pas intervenue, ça se serait terminé en un véritable massacre et il aurait été passible d'être exécuté. C'était peut-être déjà le cas. Il connaissait mal les lois qui régissaient la vie des métamorphes... En tous les cas, si le BIAS l'apprenait, il finirait au minimum en taule pour un petit bout de temps.

Il laissa un coup de langue sur la mâchoire du norme pour lui indiquer qu'il appréciait ses efforts, puis il quitta son étreinte. Honteux, il se coucha à côté, le nez entre les pattes. Il pouvait difficilement exprimer son avis autrement que de cette manière.
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MessageSujet: Re: Panser les blessures [PV Asch]   Dim 11 Déc - 11:10

Quand Cooper vit Asch se figer à sa plaisanterie, il su que ce dernier était encore profondément secoué par tout ce qui était arrivé. Les heures s'étaient écoulées, ils étaient rentrés chez lui et se trouvaient dans un cadre sensé être un peu plus rassurant qu'une zone isolée en forêt de nuit et pourtant... Cela fit mal au cœur du Norme qui regarda son ami avec un air parfaitement désolé cette fois, conscient que cette blague destinée à lui arracher un maigre sourire intérieur venait de faire un beau plat. Heureusement le loup finit par grimper et son ami en fut soulagé, le voyant malgré tout peiner à s'installer et fronçant les sourcils tandis qu'il passait ses bras autour de son encolure. Est-ce qu'il était blessé en interne ? Est-ce qu'il était abattu à ce point que ses mouvements en étaient difficiles ? Il choisit de lui redire le fond de sa pensée, sans censure ni filtre, comme il en avait toujours l'habitude. Bien sûr il était le roi des maladroits, le moins qualifié pour réconforter qui que ce soit -on parlait quand même d'un punk plus doué pour la baston que pour les relations sociales- et pourtant il s'évertuait à essayer d'être présent pour son ami, lequel vint lui donner un coup de langue sur la mâchoire et eut le mérite de le faire brièvement éclater de rire. Ah ça, il ne s'y attendait pas et son humeur s'en trouva améliorée, lui qui commençait à s'assombrir d'inquiétude.

- Ahahah ! Fait gaffe mon vieux, tu vas m'rouler une pelle si tu continues !

Mais déjà le Métamorphe quittait son étreinte pour aller se coucher avec le nez entre les pattes -enfin le museau- et ressembla ainsi soudain à ces chiens-loups qu'on voit dans les cages des centres de secours, qui attendent soit qu'on les adopte, soit qu'on les pique. Cette brève vision déchira le cœur du Norme qui sembla soudain plus triste que ce qu'il n'avait jamais montré jusqu'à présent.

- Oh Asch...

Les mots, ça n'était pas son fort et il le savait, aussi plutôt que d'essayer de reproduire un grand discours quel qu'il soit, se leva-t-il pour venir s'agenouiller près du loup étendu, semblant hésiter avant de passer de nouveau ses bras sur lui, le tenant comme il pouvait sans trop le déranger et lâchant un lourd soupir, sa tête près de la sienne.

- Écoute vieux, je... je suis désolé. Je ne sais pas comment faire pour t'aider, j'ai pas le décodeur quand t'es sous cette forme et j'suis pas très doué déjà de base avec les gens.

Rares étaient les fois où Cooper montrait un autre visage que celui du punk fêtard, bagarreur et prompt à s'attirer toutes sortes d'emmerdes. On le voyait de jour comme un coursier un peu fou qui faisait son boulot avec passion, les soirées et les nuits étaient dédiées aux sorties ou au repos selon sa fatigue et son humeur, mais le reste du temps, quand il était seul ici chez lui, véritablement seul sans attendre la moindre visite, alors c'était un tout autre homme qui se révélait, un homme qui préférait demeurer cacher et qui ne savait pas concilier toutes ces facettes de sa personnalité. La présence d'un ami en détresse le forçait à laisser de côté ses conneries habituelles pour se révéler davantage, chose qui ne lui déplaisait pas, mais qui lui faisait exposer ses propres faiblesses, ses propres ignorances inavouées : il n'était pas doué pour les relations, lui non plus. L'une de ses mains se mit à caresser le pelage de Asch, en un geste lent et doux destiné à le réconforter autant qu'à l'apaiser, tandis qu'il reprenait la parole d'une voix plus songeuse et grave.

- Tu sais, j'ai déjà vu des métas se battre une fois, d'assez loin, c'était... impressionnant et assez flippant aussi. J'me suis dit "si y'en a un qui un jour veut m'bouffer, je pourrais rien faire à part crever" et ça m'a foutu la trouille. Et puis un jour, j'en ai rencontré qu'étaient sympa et avec qui j'me suis bien entendu, j'devais avoir quoi... dix ou onze ans à tout casser. J'étais qu'un sale môme déjà à l'époque.

Il eut un pâle sourire dans la voix, qui disparu bien vite lorsqu'il reprit la parole.

- Y'avait ce gars qui nous faisait chier et mon pote de classe était un méta panthère, avec des marques sur la peau quand il était sous forme humaine. Les autres le faisaient chier, mais il disait que c'était rien et même quand j'voulais leur rentrer dedans, il me disait que ça servait à rien, qu'il voulait pas avoir d'ennuis à cause de ça et... et j'sais même pas pourquoi j'te raconte ça, enfin si, je crois...

La prise des bras se resserra un peu autour de Asch et Cooper soupira fortement.

- Ce pote il a déménagé, mais j'ai jamais oublié qu'il avait peur, tout le temps peur... j'trouvais pas ça normal, j'voyais pas pourquoi il avait peur, jusqu'à-ce que j'apprenne ce qu'on faisait aux métas qui blessaient des gens. J'peux rien faire contre ça, mais si y'a bien un truc qui ne me fait pas peur, c'est que ça puisse arriver, d'être blessé. Et quand j't'ai dit que j'te mordrais si tu m'mordais, c'était pas pour t'embêter tu sais, c'est juste que c'est comme ça que je fonctionne et... cette fille là, y'a son pote qu'est venu la chercher, c'était pas un Norme non plus, alors p't'être qu'ils iront pas voir les autorités et... et j'crois que j'm'enfonce encore plus en fait.

Le punk s'arrêta là, ôtant ses bras du loup pour aller s'assoir en tailleur à même le sol comme cela lui arrivait parfois face à un problème insoluble, une façon comme une autre pour lui de se concentrer sur l'essentiel. Il cala son menton dans ses mains, coudes sur ses jambes croisées et scruta son ami avec un air songeur.

- J'vaux pas grand-chose niveau autorité locale Asch, mais j'veux que tu saches que je te lâcherais pas. Pour moi c'est pas ta faute c'qui est arrivé, ça arrive à tout le monde de péter les plombs. Y'a bien des gens qui s'foute sur la gueule pour régler leurs problèmes, y'a bien des gens qui piquent une crise et qui d'un coup de colère bousille du matos et fond des blessés par accident. Ça arrive bordel !

Soudain il s'emballait, se sentait le devoir d'aller au bout de sa réflexion qui lui venait au fur et à mesure qu'il y réfléchissait, déliant le fil de ses pensées à haute voix, les partageant avec le métamorphe sans réfléchir à l'impact que cela pourrait avoir.

- J'te vois là comme ça, t'as l'air de tout sauf d'un coupable mon vieux. Tu t'en veux ça crève les yeux ! Et j'laisserais personne dire que c'est d'ta faute, okay ? Le premier qui l'dit, j'lui pète la gueule, j'm'en fout de qui ce sera, personne dira ça devant moi sans que j'me fasse entendre. Bordel !

Et il expira fortement, frappant du poing sur le sol pour tenter de canaliser sa propre colère face à cette situation singulière et nouvelle, à laquelle il ne savait comment réagir. Pour lui il y avait eut une blessée, mais il s'agissait d'un accident, un putain d'accident comme ça aurait pu arriver en bagnole par un jour d'orage sur une route détrempée.

- Un dérapage, voilà c'que c'était ce soir. Rien qu'un putain de dérapage imprévu, un truc que personne ne voulait pas même toi. Ca arrive bordel, j'vois pas pourquoi tu te le reprocherais ad vitam eternam.

Cooper releva les yeux vers son vis-à-vis avec une forte envie de le serrer encore dans ses bras, chose qu'il s'abstint de faire malgré tout, préférant laisser le choix au loup du contact ou non.

- Je suis ton ami Asch... et c'qui est arrivé ce soir, c'était pas ta faute. D'accord ? J'veux que tu te le répète en boucle mon vieux, jusqu'à-ce que ça rentre. C'était pas ta faute.

Il le fixait à présent avec un mélange de douleur pour lui et de chaleur dans le regard, de cette certitude au fond de ses prunelles sombres tandis qu'il répétait d'une voix plus douce son affirmation, avec toute la sincérité et l'affection qu'il éprouvait à cet instant.

- C'était pas ta faute Asch, vraiment... c'était pas ta faute.

Et il espérait qu'il le croit, il espérait fortement et il était prêt à le dire et le répéter autant de fois qu'il le faudrait, jusqu'à-ce que son ami le croit à son tour, jusqu'à-ce qu'il réalise que personne n'était à l'abri de ce genre d'incident et que pour autant il pouvait aller de l'avant. Et s'il ne voulait plus que cela se reproduise, culpabiliser ne ferait que favoriser un terrain dangereux, tandis qu'essayer de se pardonner soi-même, mais surtout de comprendre qu'il n'y était pour rien, qu'il n'y avait rien eu d'anormal dans tout cela, était essentiel. Un loup qui panique mordrait même une main amie, c'était ainsi et c'était valable pour n'importe quelle espèce, Norme, Outre ou même animale. Rien ni personne n'était à l'abri d'un dérapage, l'essentiel était de l'accepter et de se pardonner.
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MessageSujet: Re: Panser les blessures [PV Asch]   Lun 12 Déc - 21:44

...Ah. Ok. Bien. D'accord. C'était la dernière fois qu'Asch utilisait sa langue comme moyen de communication, même sous forme de loup, parce que si c'était ce que ça évoquait à Cooper, hors de question qu'il recommence. Si le punk n'avait pas encore entendu parler de la tendance qu'avait Asch à refuser avec véhémence tout type d'allusions à une potentielle homosexualité - ce qui avait tout de même de bonnes chances d'être arrivé, comme le sujet arrivait couramment sur le tapis dans les discussions de Skyler et Précieuse - il aurait probablement l'occasion de le remarquer maintenant. Le loup se figea et il jeta à son ami un regard peu amène. Hey. Il ne roulait de pelles à personnes. Enfin euh... Pas à d'autres mecs en tous les cas, même si dans les faits, c'était effectivement à "personne" plus qu'autre chose. C'était pas drôle et il n'avait pas envie d'entendre ce genre de plaisanteries. Il le fit comprendre avec un bref grognement de mauvaise humeur.

Puis il partit, mais ce n'était pas vraiment parce qu'il était agacé. Ce sentiment ne valait rien à côté de l'affliction et de la culpabilité qu'il ressentait. Il était incapable d'accepter les "compliments" que le norme lui avait fait plus tôt. S'éloigner physiquement de lui était la seule manière qu'il avait de le lui faire comprendre, dépourvu qu'il était de sa capacité de parler. Ok il n'en faisait pas grand usage en temps normal. Parler n'avait jamais été un truc qu'il savait faire ni pour lequel il était doué. Reste qu'il fallait devenir complètement muet avant de se rendre compte que c'était une capacité tout de même bien pratique, même lorsqu'on l'utilisait principalement pour formuler des réponses monosyllabiques et des exclamations d'énervements remplies de jurons et de menaces.

Cooper ne le laissa pas faire. Il le suivit, agenouillé par terre où il passa un bras autour de son encolure. Les oreilles aplaties du loup tournèrent un peu, comme pour noter sa présence sans trop savoir comment y réagir. Son regard jaune se tourna dans sa direction. Il abandonna l'idée de bouger plus. Cooper semblait s'en vouloir, et ça l'emmerdait. Ce n'était pas de sa faute si Asch avait fait de la merde, et ce n'était pas de sa faute non plus si il se sentait mal à ce sujet. Il n'y avait rien qu'il pourrait y faire. La façon dont il l'avait aidé et dont il l'hébergeait maintenant, c'était déjà énorme. Plus que ce que personne d'autre n'aurait sans doute fait, et de cela il lui était extrêmement reconnaissant. Raison pour laquelle il lui faudrait bon gré mal gré tenir la promesse qu'il lui avait faite plus tôt de ne plus essayer de mettre fin à ses jours. A l'instant précis, ce besoin était absent de lui. L'instinct du loup le tenait à distance. Cela dit il savait que ça lui pendait au nez. Tout cela reviendrait avec le reste de sa pensée humaine, lorsqu'il retrouverait sa forme d'origine.

Il lui glissa un coup de truffe maladroit sur la joue pour tenter de lui faire comprendre qu'il n'était en rien responsable et qu'il n'avait pas à le prendre personnellement. La langue, c'était prohibé. Mais le bout du museau, c'était encore à peu près safe et personne n'irait trouvait ça tendancieux.. Non ?

Puis il s'immobilisa à nouveau. A défaut d'être en mesure d'alimenter la discussion, il essaya de se concentrer sur l'histoire que Cooper lui racontait, même si il n'était pas certain de savoir quoi en penser. C'était une histoire de métamorphes, avec qui le coursier était devenu ami dans sa jeunesse. Il ne doutait pas une seconde que de faire ouvertement partie de cette catégorie d'outres dès les années de collège ou de lycée ne devait pas être évident. Il n'avait pas cette expérience, sa nature ne s'étant révélée que beaucoup plus tard, mais avec ses tifs qu'il avait rouge vif depuis ses quatre ans suite aux conséquences d'un sortilège raté, il avait une idée plutôt précise de ce que ça pouvait donner.

Asch par contre n'avait jamais eu le problème la différence massive de force physique qui avait empêché l'ami de Cooper de se défendre, associé à la fermeté des autorités vis-à-vis de tout ce qui n'était pas norme. C'était une époque à laquelle il avait eu la même force qu'un humain normal. Il avait grandi comme tel, ignorant de sa véritable identité. Il était devenu spécialement bagarreur, irritable, impulsif et violent. Ça s'était soldé par des gueules cassées. Il y avait eu des gens envoyés à l'hôpital, sans que cela ne le fasse le moins du monde sourciller. Il s'était retrouvé en garde à vue. Il avait eu plein d'emmerdes avec la police mais quand on était norme, on s'en tirait toujours beaucoup mieux. Puis il avait fait d'autres conneries... Des histoires de drogue, de gangs. Il s'était même payé du sursit. Il y avait eu la mafia W, de laquelle il avait fait partie en tant qu'homme de main à la solde de sa mère pendant quelques temps.

La comparaison entre Asch et ce métamorphe jaguar s'arrêtait donc très vite. Le premier avait toujours fait absolument tout ce qu'il voulait, tandis que le second devait se retenir de tout. Asch avait dû attendre sa première transformation à 22 ans pour apprendre la peur de la perte de contrôle et pour regretter son excessive agressivité, issue du manque d'attention qui avait caractérisé son enfance. Il était devenu nécessaire qu'il canalise, mais il en était incapable. Pire : la bête en lui, coincée dans sa peau d'humain tout ce temps alors qu'elle aurait dû sortir depuis longtemps, était devenue complètement folle. C'était quelque chose qu'il n'était pas capable de gérer. Il n'avait pas les codes. Avec Alice, il avait essayé de les apprendre, mais chaque fois qu'il pensait se rapprocher d'une réussite, quelque chose venait lui prouver qu'il n'avait en réalité pas avancé le moins du monde. Ce soir, ce sentiment d'impuissance à contenir sa propre dangerosité atteignait son apothéose.

Il avait un peu perdu le fil... Il lui semblait que Cooper venait de dire que sa victime et les étranges personnes qui l'avaient enlevé n'iraient probablement pas le livrer aux autorités. Il releva sur le norme un regard aigu, rempli d'une douleur frémissante. Ça n'était pas quelque chose qui le rassurait. Quelque part, il continuait à se demander si ça n'aurait pas été mieux qu'il se livre tout seul au BIAS. N'aurait-il pas dû assumer ce qu'il avait fait ? Ces gens savaient comment gérer. Ils avaient de quoi le contenir. Peut-être aurait-il dû accepter le sort qu'ils lui réserveraient.

Cooper le lâcha et s'éloigna. Il était désormais en face de lui. Sa sollicitude mettait du baume sur ses blessures, c'était indéniable, mais il y avait dans le fond quelque chose d'acide, qui ne sonnait pas juste à ses oreilles. Il se mit à lui asséner la même affirmation problématique en boucle. Comme quoi ce n'était pas sa faute.

Et pourtant, selon Asch, rien n'aurait pu être moins vrai. Il baissa les yeux, d'abord sans réagir. Les mots n'avaient pas l'effet escomptés. Ils étaient comme autant de pierres au fond de son estomac. Il aurait voulu expliquer à Cooper que non, tout le monde ne pétait pas les plombs comme lui pétait les plombs. Ni à la même fréquence, ni à la même intensité. Il avait déjà un énorme problème de gestion de colère lorsqu'il était "encore humain", mais maintenant, ce n'était plus un problème, c'en était devenu une forêt. La jeune fille blanche le lui avait dit et les mots étaient rentrés dans sa chair comme autant de lames : se sentir coupable ne lui retirait justement aucune culpabilité. Ce n'était pas un étranger, qui avait agi. C'était lui, même si dans un état où il ne contrôlait plus ni ses gestes, ni ses pensées. Ce soir n'avait pas juste été un dérapage. Ça avait été une catastrophe. Non seulement il avait fini par faire ce qu'il craignait de voir arriver depuis tout ce temps... Non seulement il avait perdu le contrôle, malgré tous les efforts qu'il avait fait en quittant Orlando pour la Nouvelle-Orléans dans l'espoir de trouver une communauté métamorphe étendue où il pourrait apprendre à mieux se connaître sans réaliser de dégâts majeurs, mais en plus, il avait été renié.

Il s'était senti renié. Alice était l'une des seules personnes à qui il s'était jamais autant ouvert. Elle avait pris sur lui un ascendant dont elle n'avait probablement pas eu conscience. Chacun de ses mots, de ses comportements froids et réprobateurs, étaient encore inscrits dans la chair de son ventre au même titre que ses conneries du soir et de la réaction haineuse qu'avait eu sa victime lorsqu'il avait cherché à l'aider pour corriger son horrible bévue.

Il ne s'était pas rendu compte qu'il s'était redressé sur ses pattes. Il titubait. Il descendit du canapé, les yeux dans le vide, la démarche à la dérive, chancelante, peut-être en direction du couloir de l'entrée, peut-être... pas. D'une manière ou d'une autre il était tombé contre un mur en chemin. Il avait la tête qui tournait. Des gémissements dans la voix. Le gouffre s'ouvrit sous lui, affreusement vertigineux. Il sombra dans la mer abjecte de ses émotions, si efficacement repoussées plus tôt, dans la forêt, au moment de sa métamorphose.

L'impossibilité d'accepter les propos de son ami et le besoin d'y opposer des arguments avaient fini par appeler l'être humain, et sans qu'il en prenne vraiment conscience, avait déclenché sa transformation de retour à la condition bipède. Son corps se tordit en deux, sous l'effet d'une douleur qui n'avait rien de physique. Il hurla à la mort, museau entre les pattes. Et ce faisant, son corps commença à changer de forme lentement, à chaque seconde moins loup, à l'instar de son esprit torturé.
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MessageSujet: Re: Panser les blessures [PV Asch]   Dim 18 Déc - 10:13

Cooper était de ces amis qui s'inquiètent pour leur entourage et qui voudraient pouvoir tout régler en épargnant le maximum de souffrance aux gens à qui ils tiennent. C'était le genre d'homme, malgré son comportement parfois singulier ou difficile à suivre, tantôt vantard en plaisantant, tantôt bagarreur et prompt à s'emporter, qui aurait voulu pouvoir sauver le monde et éradiquer la souffrance de ceux qui ne l'on jamais désiré. Un utopiste, un putain d'utopiste caché derrière le voile d'un punk un peu marginal à sa façon, en complet décalage avec les codes sociétaux et les façons de réagir qu'on serait en droit d'attendre de n'importe qui d'autre à sa place. Nombreuses étaient les fois -et il ne les comptaient même plus- où on avait mal compris ses intentions, pris de travers ses paroles et parfois même mal interprété sa volonté, mais toujours ressortait une seule chose de tout ça : sa volonté de ne pas lâcher son entourage.

Asch était un ami et, bien qu'ils ne se connaissent pas énormément et que leurs boulots respectifs les aient toujours empêchés de se voir autant qu'ils l'auraient voulus, le Norme n'en tenait pas moins pour autant au Métamorphe et il ne comptait pas l'abandonner pour ce qui était arrivé ce soir-là. Peut-être que certains diront que c'est une erreur de sa part, les plus mauvaises langues pourraient même aller jusqu'à dire que si c'était lui qui avait été gravement blessé, il aurait certainement vu les choses autrement, mais personne n'était dans la tête de Cooper et personne ne pouvait voir à quel point il était au-delà de toutes ces considérations. Ce n'était pas une forme d'arrogance hautaine ou de mépris pour toutes ces choses, c'était simplement que cela lui passait au-dessus, à des miles de sa tête et qu'à aucun moment il ne se voyait reprocher ce qui était arrivé à son ami. Pour lui, c'était arrivé parce que des facteurs indépendants de la volonté des présents avaient interféré, les choses avaient basculés et le videur avait "juste" perdu pied. Que ce dernier s'en veuille était légitime, mais pour le livreur qui avait une vision biaisée des choses -ou personnelle, selon ses propres dires- il ne voyait pas pourquoi il rejetterait son ami pour ça.

D'aucun dirait qu'il était vraiment con ce Norme au look discutable et aux mœurs particulières, aux fréquentations plus ou moins douteuses et à la moralité différente de la masse, mais il avait pour lui sa conscience et tentait pour l'instant de faire au mieux, en vain de toute évidence car même lui se rendait compte que ses paroles n'avaient pas l'effet escompté et que, faute de pouvoir interpréter comme il fallait les réactions du Métamorphe, il commençait à se sentir suffisamment perdu pour ne plus trop savoir que dire ou que faire pour le réconforter. En proie sans doute à ses propres pensées, Asch se redressa sur ses pattes sous le regard surpris de Cooper qui le voyait tituber et qui le suivit des yeux sans oser d'abord le toucher. Il le vit prendre la direction du couloir, l'entrée se trouvant davantage sur le côté droit, le vit heurter le mur côté gauche et se leva, bondissant du canapé comme un ressort avec l'inquiétude naturelle d'un ami. Des gémissements, des mouvements saccadés, puis un hurlement à vous déchirer le cœur résonnèrent dans la pièce, alors que le Norme entrouvrait la bouche avec un regard attristé. Était-ce du désespoir qu'il entendait dans ce son ou bien de la douleur ? Un mélange des deux ? Il n'aurait su le dire, mais sa première impulsion fut de s'avancer de plusieurs pas rapides, avant de s'obliger à stopper à un mètre du videur.

Certains ne voulaient pas qu'on les touche pendant qu'ils se transformaient, il l'avait appris à ses dépends à une lointaine époque, aussi malgré son vif désir d'approcher n'en fit-il rien, laissant le changement s'opérer sans bouger de là où il était, planté comme un piquet, droit comme un "i", ne détournant pas les yeux malgré ce qu'il voyait et qui lui donnait toujours l'impression d'être douloureux. Ces craquements, ces bruits plus ou moins humides de peau qui se déchire, de ces claquements d'os changeant de place, de taille... Cooper déglutit, la gorge plus sèche qu'il ne l'aurait cru, puis une fois que la transformation fut terminée, s'éloigna rapidement en direction du canapé sur lequel avait reposé tout ce temps un plaid qu'il empoigna vivement, revenant vers Asch pour tenter de le lui poser sur les épaules, avec autant de douceur que cela lui était possible. Pas un mot ne fut prononcé, rien qu'une main serrant brièvement l'épaule de son ami en signe de présence et de réconfort. Peut-être qu'à présent ils allaient pouvoir parler, même si ce n'était pas le fort du Norme, à moins que le Métamorphe n'en ai pas envie. Au moins il allait pouvoir boire dans un verre d'eau cette fois, une pensée qui ne parvint même pas à le faire sourire comme précédemment. Les plaisanteries avaient fait leur temps pour ce soir.
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MessageSujet: Re: Panser les blessures [PV Asch]   Lun 19 Déc - 10:44

A un moment, Asch sentit qu'on posait quelque chose sur ses épaules. Ce fut ce qui lui indiqua que sa transformation devait être terminée, car il n'était pas en état de s'en rendre compte par un autre moyen. Il avait l'impression de sentir mille aiguilles lui rentrer sous la peau. Chaque bouffée d'air était de trop. Chaque son qu'il produisait involontairement en respirant, en bougeant, lui donnait l'impression d'être d'une indécence criminelle.

Il était comme une blessure béante, prostrée sur elle-même pour éviter de saigner voire de déverser tous ses organes internes sur le sol à la moindre tentative faite pour se redresser. Il serrait les dents. Il était figé. Il suffirait d'une pichenette pour briser le peu de contenance qu'il lui restait, laquelle évitait à ce flot terrible de sortir de lui.

D'une main, il vint saisir les bords de la couverture pour la refermer sur lui et éviter qu'elle ne tombe. De l'autre, il plaqua sa paume contre ses yeux pourtant secs. Anormalement secs. Rien ne semblait vouloir passer par là, malgré la violence acide qui lui transperçait l'estomac. En silence, il respira bruyamment à plusieurs reprises. Il tentait tant bien que mal de se calmer. Lorsqu'il y parvint, il regretta presque, car ce qu'il y avait derrière était probablement pire que cette affliction bouillonnante qui refluait, comme avalée par un trou noir à l'intérieur de lui.

C'était comme si toute son énergie partait avec. Toutes les raisons qu'il avait jamais pu avoir d'essayer de continuer, malgré les bâtons qu'on lui mettait dans les roues et malgré le fait qu'il ne comptât presque pour personne, étaient avalées par cette tâche noirâtre dans son ventre.

Lorsque l'émotion retombait, on était censé revenir dans un état stable, plus supportable. Une normalité qui à défaut d'être palpitante se trouvait être néanmoins vivable. Il lui semblait qu'on lui avait subitement volé cette zone de repos affectif. Elle n'existait plus, et elle avait été remplacée par un vide dans lequel il s'enfonçait toujours un peu plus, avec l'impression d'être dans un train rapide qui, quoiqu'il fasse ou qu'il ne fasse pas, fonçait inéluctablement dans le mur avec lui à son bord.

Il attendit longtemps que cette impression passe, ce qu'elle ne fit jamais. Alors, il comprit qu'il était entré dans un nouveau paradigme, et que cela ne ne lâcherait plus avant longtemps. Peut-être avant jamais. Était-ce son défaitisme qui parlait, ou le savoir implicite qui venait avec cette ruine intérieure, dont on pouvait difficilement cerner l'intensité à moins de l'avoir soi-même expérimentée ?

Il cherchait encore des prises au dedans de lui-même. Des endroits où s'accrocher, comme pour se redresser intérieurement et prendre possession de son corps entier, plutôt que de n'en incarner qu'un dixième douloureux. Mais c'était peine perdue. Il avait oublié comment faire.

Comme au ralenti, il fit glisser la main qui cachait ses yeux. Il n'y avait plus qu'une vacuité douloureuse à l'intérieur de ce regard qu'il tournait sur le sol sans vraiment le regarder.
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MessageSujet: Re: Panser les blessures [PV Asch]   Lun 19 Déc - 21:45

La transformation avait été comme un violent tumulte auquel avait finalement succédé un atroce silence des plus pesants. Soucieux, Cooper scrutait à présent la silhouette recroquevillée de Asch, suivant du regard sa main lorsque celle-ci vint empoigner le bord du plaid avec une sorte de manque de force qui le fit tiquer intérieurement, l'observant tandis qu'il resserrait le tissu autour de lui et fronçant les sourcils à la vue de l'autre main qui vint cacher la vision du videur. Le coursier attendit les cris, mais ils ne vinrent pas. Il guetta les larmes, les tremblements d'un corps secoué de sanglots silencieux, mais ils ne vinrent pas. Il guetta l'explosion d'une violente émotion, mais aucune ne se manifesta. Et comme dans ces moments où tout semble suspendu, le temps se figea, ou plutôt il ralentit tant et si bien que seules les souffles du Norme et du Métamorphe étaient audibles à qui tendrait l'oreille. Le premier osait à peine respirer tandis que le second le faisait bruyamment, comme pour canaliser quelque chose d'intangible qui finit par ne plus se manifester. Le punk n'était pas certain que voir son ami aussi calme soit une bonne chose après tout ce qui était arrivé et, lorsqu'il le vit abaisser sa main pour fixer le sol, il compris instinctivement que quelque chose clochait méchamment, bien qu'il n'eut su dire quoi exactement. C'était juste anormal, bien que ce mot ne signifia pas grand-chose selon les contextes et les codes, mais le fait était qu'à la place du loup, en ayant enduré tant et tant d'émotions fortes, il aurait comme perdu pied et aurait pu devenir enragé, désespéré, s'agitant jusqu'à la folie furieuse au point qu'il aurait fallu le stopper de force et là... rien. Rien qu'une absence de réactions qui auraient du être instinctives, rien qu'un calme apparent à faire froid dans le dos et qui n'augurait rien de bon.

- Asch ?

La voix de Cooper avait à peine résonner dans l'air entre eux deux et pourtant elle lui avait donné la désagréable impression qu'elle n'aurait pas du se faire entendre, que c'était presque sacrilège que de briser l'instant, même si cela lui avait soudain apparu être une nécessité. Ce calme n'était pas normal.

- Tu... Qu'est-ce que tu veux ?

Un verre, un repas, du réconfort, en vérité ce n'était pas cela que le Norme avait voulu poser comme question, mais le "comment tu te sens ?" lui avait semblé si atrocement cruel, comme un rappel obligatoire de ce qui était arrivé, que son esprit avait immédiatement dérivé sur un mode plus instinctif, un mode qui lui soufflait que la réponse ne serait pas quelque chose de tangible voué à remplir un estomac, mais davantage à apporter des réponses à cet état qu'il voyait chez son ami. Cooper ne savait pas comment réagir et de cette hésitation naissait une situation teintée d'une lenteur atroce, comme si le monde venait de s'engluer dans une gangue inextricable dont aucun d'eux ne pouvait s'extirper.
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MessageSujet: Re: Panser les blessures [PV Asch]   Mar 20 Déc - 10:54

La voix de Cooper résonna dans le vide. Elle le fit frémir. Il se souvint qu'il n'était pas seul, et ça aidait un peu parce que ça signifiait qu'il pouvait se concentrer sur autre chose que sur ce vide terrifiant à l'intérieur de lui. A défaut de trouver la motivation d'agir pour lui... Peut-être saurait-il générer cette énergie, tournée sur quelqu'un d'autre qui méritait ces efforts ?

Rien n'était moins certain. Cet état était nouveau pour Asch et il ne savait pas quoi en penser, ni sur quel pied danser. Il tourna lentement la tête dans la direction du norme qu'il observa alors longuement, la bouche entrouverte, l'air toujours aussi éteint. Il ne savait ni quoi faire ni quoi dire. C'était comme de se trouver face à une catastrophe domestique quelconque et ne pas savoir par quel bout commencer pour nettoyer.

- Tu... Qu'est-ce que tu veux ?

Cooper lui posait involontairement une colle. Un trait de détresse passa dans les yeux du métamorphe qui les baissa presque aussitôt. C'était bien ça le truc... Si il avait su ce qu'il pouvait bien vouloir, il se serait tiré une immense épine du pied. Sauf que rien ne lui paraissait valable, à l'instant même. Rien ne méritait qu'il se relève, si ce n'est la conscience qu'il ne pouvait pas rester éternellement tassé dans un coin de salon de chez Cooper, qu'il allait finir par embarrasser. Il aurait juste voulu disparaître dans le sol. Que tout s'éteigne, et qu'il cesse de souffrir par défaut. Le simple concept d'exister lui était devenu pénible. Il ne savait pas quoi faire  de sa carcasse. A la recherche de ses mots, il se humecta les lèvres.

"... Je sais pas."

Parfois, la vérité nue était la seule option possible. Asch n'avait pas d'autre réponse à fournir, aussi inquiétant que ça puisse malheureusement paraître. A défaut de mieux, il décida de se lever. Le plaid n'était pas assez grand pour cacher son corps entier si bien qu'il le fit glisser pour sauver la décence. Il n'était pas spécialement à l'aise avec la nudité. Pas lorsqu'il n'était pas seul du moins. Si il avait été parfaitement honnête, il aurait fallu qu'il admette que c'était surtout le cas en compagnie d'autres hommes. Il s'était retrouvé à poil plus qu'il ne fallait avec Alice suite à leurs séances de métamorphose et ça n'avait jamais été un souci.

Sauf qu'Asch était loin d'être honnête à ce sujet. Ni avec les autres, ni avec lui même. Sans compter que pour le coup, il avait d'autres chats à fouetter. Un vague grognement mécontent passa entre ses dents, désincarné. C'était difficile d'y mettre la moindre motivation.

"... Mes fringues sont restées sur place je crois."

Constat affligeant qui le fatigua encore plus qu'il ne l'était déjà. Il poussa un long soupir exténué, ferma les yeux et posa une main sur son front. Tout lui semblait beaucoup trop difficile. Et encore... il s'empêchait de réfléchir à ce qui était arrivé ce soir. Le souvenir était au bord de sa conscience. Il lui bloquait volontairement l'accès à ses pensées.

"... Merci de m'avoir ramené..."

Les mots étaient passés, lointains, détachés. Il fallait qu'il fasse preuve de gratitude. C'était probablement le seul truc dont il était encore certain.
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MessageSujet: Re: Panser les blessures [PV Asch]   Mar 20 Déc - 17:57

Ce regard... Cooper n'aurait su dire exactement pourquoi, mais le regard que Asch tourna dans sa direction le désarçonna bien plus que ce qu'il aurait pu admettre. Il y avait comme du désespoir dans les yeux qui le fixaient et celui qui avait posé la question sentait que ses mots y étaient pour quelque chose puisqu'ils obligeaient à faire le terrible constat qui résonna dans l'air peu après. Il ne savait pas, son ami était perdu et il ne savait que dire ou que faire pour l'aider à retrouver son chemin, celui qui le mènerait à son être intérieur et qui devait probablement agoniser quelque part en dedans de lui-même. Le Norme n'avait jamais été doué pour les relations sociales et il lui était plus facile de communiquer à travers des codes basiques à la limite du cliché que de deviser sur des sujets complexes en tenant des propos tout en nuances. La finesse, ça n'était pas son genre, hélas, et à cet instant il le regrettait amèrement. Le punk suivit du regard le Métamorphe alors qu'il se redressait, le vit se couvrir "convenablement" pour ne pas jouer les exhibitionnistes involontaires, puis en entendant ses mots au sujet de ses vêtements, eut une ombre de sourire involontaire : une pensée de départ valait mieux que rien.

- T'en fait pas pour tes fringues, on ira les récupérer. Et en attendant, j'ai tout un tas de trucs qui devraient t'aller dans mon armoire.

Et ce malgré la différence flagrante de gabarit qu'il y avait entre eux deux. Bon, assurément il allait falloir farfouiller un peu, mais Cooper savait exactement dans quel coin il avait rangé les vêtements amples qu'il gardait pour certaines occasions, notamment celles où il était si esquinté qu'il ne supportait pas le moindre frottement sur ses bandages, cataplasmes et autres plâtres encombrants. Pour une fois que cela servirait à quelqu'un qui n'était pas amoché physiquement -car moralement mieux valait ne pas tenter le moindre constat pour l'instant- c'était déjà ça de pris. Les excuses que son ami lâcha ensuite l'étonnèrent un peu, à vrai dire il n'aurait pas cru qu'il aurait le réflexe de remercier même si à son sens cela n'avait pas forcément lieu d'être. S'avançant vers le videur, le coursier se retint de lui tapoter l'épaule, se rappelant à la dernière seconde qu'il venait juste de se transformer et que peut-être il éprouvait quelques douleurs. Au lieu de ça, son bras suspendu bougea plus doucement et sa main vint à peine pat-pater l'épaule en question, avant de reprendre sa place le long du corps du punk.

- T'as pas b'soin de me remercier Asch, les amis sont là pour ça aussi. J'vais aller te chercher un verre, tu veux quelque chose en particulier ?

Demanda-t-il en commençant déjà à s'éloigner, pressé de pouvoir faire quelque chose d'un tant soit peu utile pour son ami. Il avisa le saladier posé au sol près du canapé, fronça les sourcils, puis s'en alla le remettre rapidement dans la cuisine, direction l'évier et qu'on en parle plus de celui-là.

- T'as p't'être faim aussi non ? J'ai d'quoi manger dans le frigo et les placards, t'as juste à me dire ce dont tu as besoin.

"Pourvu que ce ne soit pas un couteau, moi ça m'va." songea intérieurement Cooper qui prit en passant deux verres propres dans un placard en hauteur, hésitant brièvement avant de prendre un bidon d'eau et un de bière, attrapant un paquet de biscuits salés avant de revenir au salon, déposant le tout sur la table basse avant de scruter son ami, attendant de voir ce qui pourrait lui convenir. Ce n'était pas que le Norme cherchait à fuir la moindre discussion, bien au contraire il était prêt à en parler autant d'heures qu'il le faudrait et que Asch le voudrait, mais à son sens il fallait d'abord pallier à l'urgence du corps et s'assurer que personne ne tourne de l’œil faute d'un estomac vide ou d'une déshydratation sévère. Et la bière dans tout ça ? Et bien après toutes ces émotions, un petit verre ne serait pas de refus.
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MessageSujet: Re: Panser les blessures [PV Asch]   Mer 18 Jan - 12:03

Si c'était encore possible dans son actuel état de déconfiture, les traits d'Asch se défirent. Aller récupérer ses fringues dans la forêt ? Quelle plaie... L'idée seule était exténuante, il ne s'imaginait pas la mettre à exécution. Si ça n'avait été qu'une question de tissu il aurait probablement décidé de tout abandonner sur place. Il aurait plus vite fait de récupérer un change chez lui. Le problème était qu'il avait aussi paumé son téléphone... Ses clés... Son porte-monnaie.. Bref. Tout ce qu'il avait pu porter sur lui à ce moment là. Il allait être dans la merde si il ne retrouvait pas ses affaires. Il ne pouvait actuellement même pas rentrer chez lui. Alcide et Tarek allaient crever de dalle et de soif (... ce pauvre chien avait déjà probablement pissé par terre) si jamais il ne remédiait pas au problème. Les épaules du métamorphe se tassèrent. Au bout du rouleau, il poussa un long soupir. Et par dessus le marché, il emmerdait Cooper, obligé qu'il était de lui emprunter des vêtements. En espérant qu'il en possédât qu'il était capable d'enfiler sans les déchirer.

"... Ouais. Je vais pas avoir le choix désolé."

Il n'y avait pas que du négatif dans le constat qu'il venait de faire. Le clebs et le chat avaient besoin de lui. C'était une chose à laquelle il pouvait se raccrocher. Une raison supplémentaire de ne pas tout lâcher malgré l'envie qu'il avait de crever sans attendre. De se faire foudroyer sur place par une quelconque divinité attirée par l'intensité de sa culpabilité. Il y avait ça et il y avait les appels à survivre du norme dans la forêt qui l'avait supplié sans retenue. Trois petites raisons de rien du tout, fragiles mais envahissantes, qui expliquaient qu'il fut en train de faire le piquet au milieu du salon du coursier plutôt que de courir dans sa salle de bain à la recherche d'une lame de rasoir bien affûtée.

Mais Alcide et Tarek allaient devoir attendre encore un peu. Il n'était pas en état d'aller s'occuper d'eux.

Son absence de volonté le rendait lent. Ses yeux n'étaient plus que deux puits de fatigue éteints. Il se sentait comme mort à l'intérieur, et ça se voyait à l'extérieur. Il tourna la tête en direction de Cooper qui faisait des efforts pour le mettre à l'aise. C'était gentil de sa part. Complètement vain, mais gentil quand même. Il se racla la gorge pour déterrer sa voix, laquelle ne serait sinon sortie que comme un filet désincarné. Déjà, il peinait à se donner la moindre tonalité.

"... Non. T'inquiète pas j'ai besoin de rien..."

Si il avait été parfaitement honnête, il aurait admis avoir envie d'alcool. Mais pas juste d'une bière. De l'alcool fort, beaucoup, et en quantité assommante. L'ivresse lui paraissait être la seule issue atteignable. Trompeuse, pour ne pas dire fausse, et en mesure de ne rien résoudre, certes. Mais elle lui aurait au moins permis de noyer cette douleur insupportable l'espace d'une soirée.

Peut-être. Il n'en était même pas certain. Ses nerfs frémissants lui donnaient l'impression d'être un bleu gigantesque ambulant. L'alcool aurait tout aussi bien pu avoir raison du peu de contrôle qu'il avait encore sur eux. Il ne voulait pas se remettre à hurler.

Cooper revenant près de la table basse, Asch s'en approcha, histoire de rendre la situation juste un peu moins gênante. Qu'il reste planté au milieu du salon rendait leurs échanges sensiblement maladroits, ce qui n'était pas peu dire compte-tenu du fait que ni l'un ni l'autre n'était de base très apte socialement. Il hésita mais finit par prendre place sur le canapé, malgré la petite voix dans sa tête qui lui disait de n'en rien faire, parce qu'il ne méritait pas d'être si confortablement installé. Il fit en sorte de ramener ses jambes contre lui en restant caché dans le plaid, roulé en boule sous la couverture, qu'il ramena sur sa tête pour tenter de se réchauffer. En vain, car le froid qu'il ressentait venait de l'intérieur, et rien n'aurait su le soulager. Asch plongea ses yeux moribonds sur le sol, l'air grave, l'esprit cassé. Il n'avait plus de mots. Il n'avait plus grand chose, si ce n'étaient des lames qui coulaient dans son ventre. Des larmes qui ne voulaient plus sortir. Tandis qu'elles le remplissaient d'un bol de liquide amer, elles lui lacéraient la gorge et l'estomac.
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