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 Rituel Pourpre de 2053

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Ailin Dyce
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Mar 30 Jan - 14:27

Le soulagement de la jeune vamp rousse se lisait aisément sur son visage précédemment tiré. Si Ailin avait été plus aisément sujette aux émotions, elle aurait pu s'attendrir de cette naïveté qui l'avait faite se sentir coupable d'un crime pour lequel, si il y avait fallu appliquer rétroactivement la loi, presque toute la population vampirique de la ville qui avait connu l'avant Révélation aurait dû offrir sa tête sur le billot. Cependant, elle avait déjà une fois fait preuve de véritable compassion au cours de la soirée, durant le passage de Ciel. L'événement isolé était déjà excessivement rare. Il n'aurait pas été moins que miraculeux qu'elle éprouve cette émotion une seconde fois au cours de la même nuit, même si le Rituel Pourpre était fait d'une telle manière qu'il augmentait les chances pour que cela arrive, puisque la magie de sang lui faisait vivre l'existence de chacun de ses sujets avec une empathie qui lui manquait habituellement.

« Je vais lui en parler. »

Ailin acquiesça sans un mot de plus, ou tout du moins sans un mot de plus prononcé physiquement et à l'oreille de l'entière assemblée, car elle n'en avait pas tout à fait fini avec Esmera. Elle se devait de lui dire quelque chose au sujet de l'une de leurs connaissances communes : le jeune Luz-Descalzo. Elle avait accidentellement mordu sa mère. Cette connaissance n'allait pas l'aider à se sentir mieux. Au contraire, elle était ouvertement perturbée. Ses émotions en friches devenaient délectables, maintenant qu'Ailin n'y était plus connectée contre son gré, mais elle se retint de prendre l'air moqueur, ou même de jubiler : elle avait des affaires à régler avec Blake et Esmera. Elle préférait avoir avec eux une relation qui à défaut d'être de confiance, n'était à tout le moins pas conflictuelle. Cette position serait profitable à tout le monde.

Elle garda donc les flots de sa malice bien rangés derrière la digue froide de sa posture, et de son impassibilité. Elle se contenta d'un dernier sourire en direction d'Esmera, pâle, affable, énigmatique.

Enfin, elle prit une pause, plongeant pour un très court instant dans les prunelles alertes de Jesse qui voyait tout ce qu'il se passait, à l'exception de ce qu'elle était seule à voir. Elle absorba sa compassion, très rapidement. Ça n'avait pas duré plus longtemps qu'un échange de regards accidentel, car c'était exactement ce à quoi ça devait ressembler.

Puis elle se tourna en direction de l'assemblée, qui faisait l'erreur de devenir peu à peu dissipée. Le temps devait être effectivement long, mais il avait été selon elle évident qu'elle ne leur demandait pas moins que leur pleine attention, au cours de cette soirée spéciale. Ceux qui y dérogeaient bravaient ouvertement son autorité et faisaient preuve d'un manque de respect qui ne leur porterait pas bonheur. Surtout à l'un d'entre eux, à vrai dire, assis avec assurance au milieu de la marée de visages dorénavant bien connus, dans la direction duquel elle tourna un regard aigu. Le comte Duhamel remarqua son regard et cessa brièvement de discuter avec son voisin, sans quitter son sourire en coin. Il y avait dans ses yeux une nuance d'insolence et de mépris qu'il n'allait pas garder longtemps. Ailin papillonna des yeux dans sa direction avec un sourire sucré qu'il prit pour un flirt discret.

L'imbécile.

Le bal des visages et des vies reprit pour un temps court : ceux qui n'étaient pas passés se comptaient sur les doigts d'une main, et par chance, leur existence avait été moins compliquée que celles d'un.e Ciel, d'un Esteban, ou d'une Esmera. Elle s'en sortit donc sans trop de mal et parvint même à retrouver suffisamment de force et d'énergie pour être certaine d'arriver à faire bonne figure jusqu'à la dernière seconde du final qu'elle réservait à la cérémonie.

Tout le monde pensait que c'était terminé. Elle le voyait à leurs visages, leur allure, semblable à celle d'une salle de cinéma durant le générique. Ils n'attendaient plus que son mot, qui les libérerait et les autoriserait à rentrer chez eux comme de rien. Avec lenteur, elle savoura le moment, approchant du bord de la scène sans quitter son sourire benoît. Elle laissa le silence s'étendre, balayant d'un regard aussi lent que profond l'assemblée en face d'elle à une, deux, trois reprises. A la fin, ils avaient tous fini par se taire, et par la regarder. Voilà qui était beaucoup mieux.

"Eh bien, nous y voilà. Voilà qui conclut cette cérémonie."

Comme attendu, les raclements de chaises se mirent à crisser de partout. Se donnant l'air faussement surpris, comme en proie à une prise de conscience qui n'en était évidemment pas une, elle leva une main autoritaire afin d'arrêter le mouvement de chacun et ajouta :

"Oh. Attendez. Avant que vous ne partiez... Il reste une dernière chose qu'il me faut annoncer."

L'air bienveillant, elle se tourna en direction du fameux comte Duhamel qui prit un air étonné, mais pas le moins du monde inquiet.

"Voici... Je vous le présente, pour ceux qui ne le connaîtraient pas. Voici monsieur le Comte Honoré Duhamel, charmant produit de l'Ancien Régime français qui a su, contrairement à d'autres, garder la tête sur les épaules." Elle émit un gloussement amusé avant de faire un geste de main élégant pour l'inviter à se dresser. "Je vous en prie, monsieur le Comte... Levez-vous, que tous vous voient."

A ce stade, l'intéressé pensait être sur le point d'obtenir un charmant cadeau, comme probablement une promotion à l'un des rôles vacants de la hiérarchie qu'Ailin devait s'empresser de remplir. Il s'exécuta avec le sourire d'un homme sur le point de déguster un met rare et cher qu'on lui offrirait dans un plat en or, et se pencha pour saluer Ailin à l'aide d'une courte révérence.

"Madame."

En réponse, et sans quitter son doux sourire, Ailin opina brièvement du chef.

"Monsieur le Comte, donc, nous vient d'une lointaine France qu'il a quitté il y a de cela bien longtemps au profit du Nouveau Monde, à l'instar du célèbre Gilbert du Motier de La Fayette dont il est d'ailleurs devenu, à cette occasion, une proche connaissance... N'est-ce pas passionnant ?"

La fausse modestie du comte était à vomir. Ailin vomissait donc ce sourire qui n'en finissait plus.

"Monsieur le Comte a donc, de par son expérience passée, une connaissance respectable des règles de la politique et de la stratégie. Ce qui m'amène à cette constatation :"

Elle marqua une pause afin de profiter de la tension artistique qu'il y avait dans l'air, et de l'expression de jubilation du Comte alors qu'il arrivait au sommet, et qu'il se trouvait sur le point de s'écraser au bas d'une falaise qu'il n'avait pas vue arriver.

"Une constatation surprise, déplorable et déplorée, je dois l'admettre. Monsieur le Comte a t-il donc pris ses marques auprès des mêmes précepteurs que Louis XVI, pour se montrer si mauvais dans ces matières pourtant essentielles à un homme de sa stature, ou bien s'est-il contenté d'endormir sa méfiance à l'approche d'un jupon et d'une rangée de dents agréables ?"

Tandis que le visage du Comte tombait en déconfiture, Ailin se tourna en direction de deux de ses nouvelles ouailles. Elle avait embauché une sécurité qui attendait à l'extérieur de la pièce au besoin, ne souhaitant prendre aucun risque, mais préférait de loin utiliser les ressources à sa disposition tant parce que cela l'aidait à appuyer son nouveau pouvoir que parce qu'il n'existait rien de mieux qu'un vampire, ou que deux vampires, pour contenir un autre vampire qu'on était sur le point d'exécuter. De plus, cette affaire ne concernait personne d'autre que cette communauté.

"Ludwig, Vincent, soyez gentils. Contenez ce vil tricheur, et amenez-le moi sur scène..."

Les deux vampires en question étaient plutôt costauds, et n'étaient pas du genre à faire d'histoire : lorsqu'ils avaient un maître, ils lui étaient loyaux, et ne s'embarrassaient pas de décider par eux-même si ce maître était dans le juste ou non. Ils appliquaient bêtement la loi. Sans surprise, l'un d'entre eux avait été policier.

"Ailin, qu'est-ce donc que ces absurdités ?! Vous ne pouvez pas me traiter ainsi ! Vous allez le regretter amèrement !"

Insensible aux plaintes du condamné - à vrai dire, elle donnait l'impression de ne pas les entendre - la maîtresse vamp expliquait ce dont il était question à son public comme un professeur aurait fait son cours.

"Ainsi que vous le voyez, monsieur le Comte est installé confortablement en Amérique depuis qu'il y est arrivé. La guerre d'indépendance le fit passer pour mort, mais il est en réalité devenu l'un des nôtres à cette occasion, et a disparu de la circulation jusqu'à ce que la Révélation lui permette de revendiquer son nom, son titre, et son histoire. Entre temps, notre homme avait pris de bien curieuses habitudes... Qu'il s'est cru autorisé à garder APRES que de tels carnages aient été interdits par les lois qui garantissent notre entente plus ou moins cordiale avec nos voisins normes."

Duhamel n'était plus en colère. Il avait peur. Il avait compris ce qui l'attendait, et il avait fini par quitter toute fierté. Il était dorénavant en train de supplier pour sa vie. Ailin ne l'écoutait toujours pas. Il était inexistant.

"Mia. Veux-tu bien approcher, mon amie ? Je vais encore avoir besoin de toi. Oui je te prie, prend ton arme. Où en étais-je ? Ah. Oui. Les curieuses habitudes de notre ami le Comte, qui chaque mois est à l'origine d'une disparition... Duhamel est un coquin : il aime attacher ses victimes dans une pièce et s'en servir comme d'un cubi de vin dès que l'envie s'en fait sentir.  Je vous épargne le reste de ses frasques : il a des goûts prononcés pour d'autres types de maltraitances. Ce qui me chagrine sincèrement, c'est que ces disparitions - et ces morts, comme vous vous en doutez - conduisent, ainsi que je vous l'ai expliqué en début de session, à détériorer l'image que le reste du monde se fait de notre communauté. Car avec tous les crimes vampiriques qui sont arrivés ces dernières années, vous vous doutez bien que dans ce genre de circonstances, nous sommes les premiers que l'on pointe du doigt. Quand bien même on disposerait des corps pour qu'ils ne soient pas retrouvés. Figurez-vous que ces crimes, son ancien maître les lui laissait passer, mais qu'une mésentente entre eux l'a forcé à quitter son précédent domicile. C'est avec bien peu de discernement qu'il a ensuite choisi de s'installer dans notre ville, en pensant pouvoir m'acheter, et me manipuler."

Elle sortit un objet de ses vêtements, qu'elle présenta à tous pour qu'ils voient bien ce dont il s'agissait : une bague munie d'un énorme diamant qui avait dû coûter une petite fortune.

"... Avec ceci. Il me l'a glissé dans la main en me promettant d'autres cadeaux, à condition que j'accepte de taire ses méfaits..."

L'écossaise glissa la bague à l'un de ses doigts en observant l'objet l'air de rien, comme si elle n'en avait prodigieusement rien à faire. Elle tendit ensuite sa main pour en observer l'allure et la manucure, en même temps qu'elle s'adressait au Comte pour la première fois qu'elle avait fait tomber le masque. Distraitement, et sans le regarder. Son visage et son regard étaient entièrement vides d'émotions, ainsi que sa voix lorsqu'elle ouvrit la parole :

"Vous pensiez vraiment pouvoir m'acheter si facilement ? Pathétique..."

Elle s'éloigna de plusieurs pas, histoire d'éviter les éclaboussures. Le Comte, désespéré, se mit à hurler :

"Vous n'avez PAS l'autorité de m'exécuter sans procès ! J'exige d'être jugé en bonne et due forme et qu'entre temps, vous me relâchiez comme il se doit !!!"

La maîtresse vamp tourna ses yeux glaciaux sur l'homme qui avait joué en vain sa dernière carte.

"Oh, mais j'en ai tout à fait le droit. Ce pouvoir m'a été octroyé par le Conseil des Vampires en personne. Révisez votre droit contemporain, Duhamel. Le jugement d'un maître vampire sur ses sujets outrepasse la justice humaine, qui n'aurait de toute façon pas été plus tendre avec un outre meurtrier de votre acabit. Le Rituel Pourpre tient lieu de preuve formelle. Seule une décision du Conseil pourrait à cet instant vous relaxer. Vous pouvez vous brosser : ils se contrefichent de votre petite notoriété et sont tout à fait positifs quant à leur volonté de rendre cette ville, et cet Etat plus sûr pour tous. De toute façon, peu vous chaut."

"Pardon ?"

"... Parce que vous êtes mort."

Le tranchant de la hache s'abattit sur le cou de l'aristocrate avant qu'Ailin n'ait fini sa phrase. Lassée, elle poussa un court soupir et retourna s'asseoir à la place qui lui était attribuée, loin de la flaque de sang qui commençait à se répandre et du cadavre écroulé.

"Bien. Nous en avons cette fois réellement terminé. Vous pouvez disposer."

Esmera avait entre temps obtenu une réponse au message qu'elle avait envoyé : "Bonne nouvelle, peu surprenante, elle discute dès que ça l'arrange. On en parle quand on se voit. Méfie toi tout de même, elle est dangereuse". Grâce à sa connaissance des milieux les moins clairs, Blake connaissait Ailin. Sans compter les quelques fois où il l'avait croisée aux Plaisirs Coupables.

Tous les joueurs sont invités à quitter le sujet ainsi que le domaine avec un dernier post de réaction, et de de conclusion.

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Dernière édition par Ailin Dyce le Mar 20 Fév - 21:44, édité 1 fois
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Ciel
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Sam 3 Fév - 16:34

Après avoir quitté la scène d'un pas bien plus léger qu'à l'arrivée, Ciel se redirigea donc vers le coin qui l'avait accueilli.e à son arrivée... Mais c'était sans compter une nouvelle fois sur l'apparition d'un vamp, le même qui l'avait fixé. Le malheureux avait bien failli percuter lae vamp aux cheveux blancs, qui, si son esprit n'avait été occupé à songer à ce qui venait de se passer, aurait aussitôt fait sauté en l'air de panique. Or circonstances aidant, Ciel était encore en pleine réflexion, et admiration du retournement inattendu de situation.
C'est ainsi que lorsqu'Esteban failli lae percuter, Ciel leva juste les yeux vers lui, moins larges que ceux de chouette de tout à l'heure, mais le fixa avec une certaine confusion. La façon dont il marmonna des excuses en panique ne rendirent l'interaction pas moins étrange. Incapable de savoir comment agir ou répondre, Ciel le fixa jusqu'à ce qu'iel se décale afin d'éviter tout contact avec lui, et se dirigea vers son coin. Quel étrange personnage.

A la suite de cela, Ciel demeura dans le coin, à moitié derrière une tenture qui se camouflait suffisamment dans son ombre, et qui faisait que sa vue pouvait se porter sur tous les individus se trouvant dans la salle. A ce qu'iel voyait, il y avait une multitude de différences d'un.e vampire à un.e autre. Certains étaient habillés très richement, d'autres plus sobrement, mais le plus flagrant étiat l'air snob et hautain que certain.e.s semblaient porter comme une critique ouverte à autrui.

Si lae vamp avait apprécié son interaction avec la maîtresse vampire, iel doutait que le contact avec ses autres sujets se ferait aussi agréable. Lae jeune vamp ne connaissait pas suffisamment la politique de la ville, et encore moins les gens qui faisaient cette cour, mais clairement certain.e.s se connaissaient déjà bien, et plus encore, avaient l'avis déjà tranché sur la nouvelle Maîtresse. Sentant son attention distendue à essayer d'écouter ce que l'on pouvait se murmurer, Ciel se recentra et regarda le sol, ou surtout, ses chaussures. Iel constata les petits défauts dans les coutures, la façon dont leur propriétaire avait dû jouer sur un terrain herbeux à en croire le brin sec coincé entre la semelle et la tige.
Observer ces détails lui permis de mettre sous silence le reste de la cérémonie, où Ailin faisait passer le rituel à tous ses sujets. Puis un brouhaha commença à se faire, léger d'abord, puis de plus en plus fort. On pouvait voir la détente chez certaines personnes, l'impatience chez d'autres. Cela devait signifier que la cérémonie touchait à sa fin?

Demeurant en silence, Ciel observa la Maîtresse aux cheveux clairs se lever et s'adresser à l'assemblée. Avant même que l'autorisation ne fut donnée, Ciel décida qu'iel attendrait que la plupart des vamps soient sortis avant de sortir ellui-même des lieux... Autant iel avait une certaine hâte de sortir pour retrouver Sebastian, autant iel n'avait pas l'intention de passer trop près des autres pour se glisser vers la sortie... Puis il faudrait attendre l'arrivée du métamorphe, et autant le faire en solitaire dans son coin jusqu'au dernier moment possible.

La Maîtresse éleva donc la voix... Puis on vit par son geste qu'il restait encore quelque chose à régler. Ciel étant déjà décidé.e à rester plus longtemps que la moyenne afin d'éviter les foules, cela ne lae dérangea pas tant. Autant côtoyer et écouter les autres vamps lui apportaient une angoisse certaine, autant écouter Ailin n'était pas désagréable; iel lui devait bien ça.

Ailin présenta donc un individu en particulier. Ciel regarda avec curiosité, penchant très légèrement la tête pour observer l'homme en question qui se levait pour tirer sa révérence. Son titre passa bien au-dessus de la tête de lae vamp qui était bien loin d'en être à là de ses cours d'Histoire.

L’interaction intrigua autant Ciel qu'elle lae rendit confus.e, mais suivit néanmoins ce qu'il se disait. Iel pensa d'abord que c'était son manque de connaissance du langage qui faisait qu'il y avait une certaine étrangeté dans la familiarité avec laquelle Ailin s'adressait au Comte. Puis le ton changea radicalement, et Ciel fixa d'un oeil grand ouvert la posture de l'homme flétrir. La maîtresse vamp appela deux personnes à s'avancer. L'accusé tentait de se défendre par des mots que Ciel comprit à moitié tant ils étaient teintés d'émotions, de peur et de panique.

Ailin énonça donc les méfaits du Comte, et le dos de lae vamp se raidit. Les mots "disparition",  "attacher" furent suffisants pour avoir toute son attention. Sa propre souffrance encore bien trop fraîche après le rituel, il lui fallut serrer les dents fermement pour s'empêcher de montrer les crocs. Les mots en eux mêmes lui échappaient, mais leur sens global était clair... Lorsque la maîtresse appela la vamp de petite stature aux cheveux roux, Ciel comprit tout à fait ce qui allait se passer ensuite. C'était un jugement, avec exécution - littérale - immédiate.

Il lui fallut quelques instants pour comprendre l'histoire de bague, mais une fois assimilée, Ciel fixa l'homme, probablement comme tout le reste de l'assemblée. Aussi effrayé.e qu'iel était à l'idée d'assister à l'exécution, lae vamp comprenait qu'il n'y avait probablement pas d'autre moyen de traiter la situation. Néanmoins iel mis ses bras autour d'ellui et se serra pour se maintenir immobile.

Le ton d'Ailin était clair et sans scrupules, et la hache tomba en effet. Le corps entier de Ciel se figea, et iel demeura là, fait.e de pierre. Son regard fixé sur le sang qui fut d'abord profus. Il y avait quelque chose d'effrayant avec cette scène, et à la fois une certaine assurance que la nouvelle Maîtresse n'avait pas peur d'agir de façon rapide et sans distraction. Rapide, efficace, l'exécution n'avait pas été brutale.

Maintenant la maîtresse autorisa ses sujets à partir. Ciel envoya donc un message rapide à Sebastian pour qu'il vienne lae chercher, et attendit que le plus gros de la foule soit sortit. Jetant un dernier regard à la Maîtresse vampire, lae petit.e vamp se dirigea vers la sortie, et reçu aussitôt le message que le métamorphe l'attendait près de la voiture. Il devait être revenu au domaine, ou au moins à proximité, après son affaire au BIAS. Ni une ni deux lae vamp pris ses jambes à son cou, puis se dirigea vers la voiture où le métamorphe l'attendait, bras croisés et regard froid en direction des autres vamps qui devenaient de moins en moins nombreux. L'apercevant, Seb sourit et Ciel fonça dans ses bras.

"Aller, rentrons."


Ils quittèrent le domaine, Ciel retira les chaussures dès qu'iel fut en voiture, et Seb lui tapota le sommet du crâne avec un sourire. Il lui faudrait trouver sa voix pour lui dire qu'Ailin souhaitait le rencontrer, mais cela pouvait attendre, pour le moment Seb avait l'air plus rassuré qu'autre chose.

"Alors ça s'est bien passé?"

Ciel réfléchit à la question, et même avec la dernière note sanglante, iel pouvait se dire avec certitude que la cérémonie avait été une bonne "surprise". Iel tourna son regard vers Seb et ouvrit la bouche.

"Oui."
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Lun 5 Fév - 20:19

Esteban fit de son mieux pour ne pas regarder ce qu'il se passait, maintenant que c'était au tour d'Esme de passer l'épreuve du rituel pourpre. Il n'avait pas été souvent en contact avec elle mais il avait une mémoire vive et douloureuse de la première soirée qu'ils avaient passée ensemble. Celle qui suivait sa transformation, sa longue fuite éplorée, et puis la tentative d'enlèvement de Bess.

Lors de cette soirée, elle lui avait fait comprendre qu'à l'occasion de sa transformation, non seulement elle s'était fait agresser, assassinée, mais elle avait aussi été violée. Il avait eu son compte de rappels difficiles. Il était en mesure de sentir le spectre abject des mains de son père sur son corps, et de la douleur abominable lorsqu'il avait...

... Bref. Il n'avait pas le courage de regarder le rituel d'Esmera, parce qu'il avait déjà tout donné, et qu'il n'était pas certain d'émotionnellement supporter les choses qu'il capterait. Le son était déjà de trop. Certains cris, certains hoquets, de l'une ou de l'autre des deux femmes enlacées, le faisaient frémir et lui donnaient envie de se mordre la lèvre jusqu'au sang.

Il ne voulait pas fermer les yeux, pour maintenir l'illusion qu'il n'était pas aussi touché qu'il l'était vraiment, et tenter de se montrer moins vulnérable, mais rien à faire. Les mains jointes sur ses genoux, il tremblait, et son regard clair observait le sol sans rien voir.

Le silence retomba. Quelques bruits de pas indiquèrent que les deux vamps s'étaient séparées. Il redressa donc la tête et tourna son regard sur la scène. Une discussion muette avait l'air d'avoir lieu entre les deux femmes. Il pouvait en imaginer le contenu, étant donné qu'il avait lui-même été appelé de cette façon plus tôt par la nouvelle maîtresse.

Soudain il vit Esme tourner la tête vers lui, pour le regarder. Ça avait été rapide, mais il l'avait remarqué, puisqu'il avait lui-même les yeux rivés sur elle. Étonné, il cligna des yeux, et parut perplexe un bref instant. Il observa ensuite Ailin, sans trop savoir si elle était vraiment responsable. Elle lui avait bien dit des choses absurdes au sujet de Karl... Mais elle n'aurait tout de même pas été raconter de bêtises à cette demoiselle aussi ? Non car vraiment, ce serait déplacé, et très faux ! Leur relation n'avait jamais été de ce type. Et d'ailleurs, ils ne s'étaient presque pas rencontrés. C'était vrai qu'elle avait la même couleur de cheveux qu'Erin, même si les siens étaient roux au naturel, mais ça ne justifiait rien !

... A moins que ce fut elle qui était intéressée, et qu'il ne se fut jamais rendu compte de rien ? Il baissa la tête et regarda ses genoux, terriblement embarrassé. Mais pourquoi se fatiguait-il à essayer de comprendre une conversation à laquelle il n'avait de toute façon pas l'accès ? Il aurait eu mieux fait de se concentrer sur le fait qu'il allait bientôt pouvoir sortir, et rejoindre Luisa à l'extérieur !

Quelques rituels passèrent encore, anodins. Enfin, Ailin s'approcha de l'avant de son estrade. Elle allait probablement mettre fin à la cérémonie en congédiant tous ses nouveaux "sujets"... Diable, qu'il détestait ce terme. Et cette idée. Il avait été attaché à Camille de la même manière précédemment, mais il n'avait jamais pu entièrement accepter la signification de ce lien de sang. Ni son effrayante puissance.

Il resta silencieux et droit jusqu'à ce que la maîtresse vampire ouvre la parole. Elle paraissait attendre le retour au calme, et lui-même était plutôt agacé par le comportement de certains. Ne leur avait-on jamais appris qu'il n'était pas convenable de discutailler durant ce genre d'événements officiels, et tant qu'on ne les avait pas autorisés à se relâcher ? Ils lui rappelaient quelques méprisables goujats qu'ils avaient été obligés de supporter à l'occasion de certains rassemblements. Certaines personnes se pensaient tout autorisé.

Non. Ce n'était absolument pas l'hôpital qui se moquait de la charité. Et d'ailleurs, jamais une pensée pareille n'aurait traversé l'esprit du jeune multimilliardaire. En quoi aurait-il jamais pu être concerné par de tels écarts de comportements ? Il était un parfait gentleman. C'était sa mère qui l'avait dit.

Enfin le mot de la fin fut prononcé. Il était sur le point de se lever lorsqu'Ailin sembla se rappeler de quelque chose. L'humeur légèrement assombrie, le jeune homme retrouva sa place. Mince... Il y avait cru. Voilà qu'il avait presque senti l'air frais et odorant de l'extérieur courir contre son visage, et qu'on l'obligeait à pourrir quelques minutes supplémentaires dans cette atmosphère étouffante et poussiéreuse. Même si le décorum était très joli.

Sans se douter de rien, Esteban se tourna en direction du fameux Comte Duhamel, qu'Ailin introduisait auprès d'eux. Comptait-elle dès ce soir effectuer une première nomination ? Curieux, et parfaitement inconscient de ce qui était réellement en train de se tramer, il assista à l'échange, qu'à ce stade, il jugeait charmant. D'accord, les vampires, c'était toujours un peu mal... Mais enfin, pouvait-on lui en vouloir de trouver fascinante l'idée d'être en face d'un ancien aristocrate français qui avait suivi dans son voyage aux Amériques le très célèbre général Lafayette ? Il s'agissait tout de même d'un personnage historique ! Il avait probablement connu Louis XVI. Échappé de justesse à la Révolution. Le jeune homme féru d'Histoire avait la bouche entrouverte, ses yeux brillaient. Il brûlait d'envie de prendre contact avec le Comte, plus tard, afin de lui poser des questions. D'en apprendre plus sur cette période, sur son vécu... Qui sait ? Peut-être avait-il en poche des anecdotes croustillantes ?

"Une constatation surprise, déplorable et déplorée, je dois l'admettre. Monsieur le Comte a t-il donc pris ses marques auprès des mêmes précepteurs que Louis XVI, pour se montrer si mauvais dans ces matières pourtant essentielles à un homme de sa stature, ou bien s'est-il contenté d'endormir sa méfiance à l'approche d'un jupon et d'une rangée de dents agréables ?"

Figé, Esteban retomba comme un soufflé. Et avec lui, son enthousiasme. Il cligna des yeux. Sa bouche se tordit vers le bas, dans une grimace interloquée. Il regarda Ailin, puis le Comte. Puis Ailin. Puis le Comte. Que se passait-il ? Pourquoi ce revirement ?

Le jeune Luz-Descalzo pouvait parfois être un peu lent, lorsqu'il était question de se rendre compte qu'il s'était trompé, ou qu'on l'avait trompé. Il avait sauté à pieds joints dans la ruse d'Ailin et peinait à assimiler les nouvelles informations à sa portée. Même lorsqu'on conduisit Duhamel sur scène avec brutalité, il était encore en train d'essayer de comprendre pourquoi. Il fallut bien qu'Ailin explique les crimes du mécréant pour qu'enfin, ses neurones se connectent, et que cela fasse sens.

Et comment se connectèrent-ils donc ! A défaut de pouvoir devenir blanc comme un linge, il se glaça et cessa de respirer. L'effroi le pénétra. Il prit possession de ses entrailles. Encore un monstre. Encore un criminel, du même ordre que ceux qui avaient agressé Esme, qui l'avaient agressé lui... Qui par le passé avaient même osé agressé sa mère ! Laquelle, par chance, s'en était bien tirée.

Il comprit avec horreur qu'il allait assister à une exécution, et du même temps, il en fut rassuré. C'était affreux, et c'était normal. Le jeune homme avala sa salive, mais il se redressa, digne. Quelque chose dans ses yeux s'était gelé. Il portait sa détermination horrifiée comme il l'avait fait des années plus tôt, lorsqu'il avait dû surveiller cette cellule dans la cave de la maison de Juan, pour le TPH, derrière laquelle une mère de famille vamp l'avait supplié, jusqu'au matin, de la laisser partir. Qui eut-cru qu'on pourrait trouver des ressemblances entre le TPH et la hiérarchie vampire ? Et pourtant, elle était là. Leur justice était rapide et radicale. Impitoyable. On ne laissait pas place à l'erreur.

Du moins serait-ce le cas maintenant, car ça ne l'avait clairement pas été avant, de son point de vue. A moins que trop peu d'efforts n'aient été faits pour retrouver les criminels. A son goût, ce changement était très bien. Il avait des raisons de se méfier d'Ailin, mais une fois de plus, comme lors de son premier discours, il approuvait ses méthodes.

Approbateur ou non, Esteban n'avait jamais vu quelqu'un mourir, et encore moins assassiné brutalement. Lorsque la hache tomba sur la nuque du vampire, il fit subitement moins le fier. Il eut l'impression qu'il allait défaillir. Ses yeux se révulsèrent brièvement. Il y avait du rouge partout. C'était encore une chance que le sang de vampire ne forme pas de gerbes, au moins, il se répandait sagement, tout autour du cadavre. Mais ça ne l'avait pas empêché de voir la tête du Comte rouler, les traits figés dans une ultime expression de colère terrifiée. Ça ne l'empêchait pas de voir non plus l'os de sa nuque dépasser du tronc sans tête, comme si il s'était agi d'une tranche de gigot.

"Bien. Nous en avons cette fois réellement terminé. Vous pouvez disposer."

Merveilleux. Était-il seulement encore capable de se lever ? Il avait envie de vomir (si une telle chose était encore possible). L'impression d'avoir le tournis. Un vampire pouvait-il perdre l'équilibre et simultanément vider le contenu de son estomac ? C'est ce qu'on allait bientôt découvrir...

Bon gré mal gré, et en dépit d'une démarche un peu maladroite, le jeune vamp parvint à trouver le chemin de la porte. Il y alla directement, sans regarder ni rien ni personne d'autre. Le vent froid lui fit grand bien. Ce qui lui serait encore plus agréable serait de regagner la voiture. Il fonça donc sans tarder à l'endroit où elle était garée, n'attendit pas Octavio, ouvrit la mauvaise porte, manqua de s'asseoir sur Luisa, ferma la porte, fit le tour de la voiture, ouvrit cette fois la bonne et puis s'installa sans mot dire. Toujours droit comme un i. Comme si il avait toujours été assis au milieu des autres vampires.

Luisa se tourna vers lui, pas spécialement troublée par son remue-ménage, probablement parce qu'elle connaissait le genre de réactions qu'Esteban pouvait avoir lorsqu'il était agité, et qu'elle n'avait pas pensé qu'il sortirait de ce rituel sans l'être un minimum, ne serait-ce qu'à cause des souvenirs qu'il avait été obligé de revivre. Elle posa une main sur son genou. Le contact, inattendu car il était ailleurs, le fit brutalement sursauter, mais il essaya de s'apaiser lorsqu'il se tourna vers sa tante.

"Ça va ?"

La porte était fermée. Il entendait moins les sons de l'extérieur, et puis une agréable chaleur commençait à s'installer qui le coupait des événements qui venaient d'avoir lieu. Octavio avait démarré le moteur de la voiture. Ses ronronnements doux aidaient un peu aussi. Cependant il ne pouvait se retirer du crâne l'image obscène du corps coupé en deux qui tombait sur le sol et se vidait de son sang. La question de Luisa lui fit l'effet d'une vanne de barrage qu'on aurait ouvert. Jusqu'à là il avait été incapable de s'exprimer, les rares mots qu'il aurait pu vouloir dire coincés douloureusement au fond de sa gorge. Il se tourna vers elle, les yeux plein d'une émotion brute, encore teintée d'horreur. Il avait besoin de dire à quelqu'un ce qu'il avait vu, ne serait-ce que pour se faire à l'idée. Diantre ! Il avait vu quelqu'un mourir, guillotiné. C'était ignoble !

Et cela lui rappelait qu'il avait déjà vu quelqu'un se faire énucléer. Voilà un souvenir dont il se serait bien passé.

"... Quelqu'un est mort."

Où était donc passée sa verve habituelle ? Voilà qu'il ne trouvait plus ses mots. Il fut obligé d'accompagner cette succincte déclaration d'un geste par lequel il se barrait la gorge d'un doigt, pour mimer la façon dont on avait étêté le Comte. Luisa haussa les sourcils, et commença à répéter :

"Quelqu'un est..."

Voyant le signe qu'Esteban mimait, elle s'arrêta. Elle pinça les lèvres et sans cesser de le regarder, demanda :

"... C'était mérité ?"

Voilà qui le désarçonna, car ce n'était pas le problème, ou en tous les cas pas celui qu'il avait à l'instant même. Il ne faisait aucun doute que le Comte Duhamel avait mérité de se faire couper la tête. Esteban avait été d'accord avec cette sentence dès qu'elle avait été prononcée et expliquée. Ça n'avait pas rendu la scène plus facile à supporter. Ces images avaient été bouleversantes. Il tenta donc d'exprimer tout cela plus clairement en commençant par hocher la tête en signe d'approbation, sans la moindre once d'hésitation.

"Oui mais..." Il refit le signe au travers de sa gorge. "C'était.. je.. Partout. Sale. Tête. Plus. Hache."

A son tour, Luisa hocha la tête, et se contenta d'ajouter :

"Bien."

Ce simple mot, prononcé à la manière sèche et assurée de sa tante, eut sur lui l'effet d'une formule magique. Impressionné, il se tourna vers elle en silence. Son sang-froid était communicatif. Il se mit lentement à moins trembler.

"On y va ?"

Elle passait à autre chose à une vitesse hallucinante... Mais elle avait raison. Ils n'avaient aucune raison de rester ici plus longtemps. Esteban hocha donc la tête une fois de plus pour donner son accord, et puis enfin, il se tassa au fond de son siège plutôt que de rester planté dessus comme un piquet. Il baissa les yeux. Quelque chose le dérangeait, et ce n'était pas Luisa.

C'était plutôt le fait qu'il n'ait pas su réagir comme elle alors que pourtant, il était censé en avoir vu d'autres. Lorsqu'il pensait à ce que nombre de membres de sa famille faisaient, de leur propres mains... Juan, ou même Christian, qui n'était âgé que de quelques années de plus que lui. Même Luisa qui ne participait à rien de tel par elle-même gardait la tête sur les épaules face à ce genre d'événement.

C'était frustrant de voir qu'il n'avait pas changé. Il avait pourtant cru qu'il s'était endurci, mais il suffisait d'un peu de sang et de membres coupés, et il était prêt à tourner de l’œil. Il allait pourtant falloir qu'il apprenne à ne pas se laisser si facilement impressionner. Dans ce monde qu'il avait rejoint sans vraiment le vouloir, il n'aurait pas d'autre choix, à moins de vouloir se faire dévorer par les autres.

L'univers qu'il avait été censé rejoindre avant qu'il tombe malade, et avant sa transformation, n'avait dans le fond pas été bien différent. Juste un peu plus figuré. Beaucoup plus figuré. Parfois, il regrettait que les vampires ne soient pas des gens plus figurés dans l'âme. Même si ils savaient aussi beaucoup l'être. Il s'était figuré qu'Ailin était très figurée, elle en avait donné maintes preuves dans les quelques heures qui venaient de passer. Les vampires étaient donc à la fois figurés et beaucoup trop propres, ou sales, si l'on considérait les tâches de sang.

Fichtre ! En rejoignant cette communauté, il s'était condamné au pire des deux mondes. Il était certain que les métamorphes, par exemple, ne se posaient pas autant de questions et ne s'adonnaient pas à tous ces jeux politiques sournois.

Luisa devait se douter du genre de tempête qui traversait son crâne, tandis qu'il regardait par la fenêtre le parc du domaine Beauregard défiler, et bientôt disparaître tandis qu'Octavio rejoignait la route et accélérait la cadence. Elle posa une main sur la sienne. Elle était chaude et bienveillante. Une tension se libéra dans sa cage thoracique. Il soupira, et puis tenta de se détendre, et d'oublier ces derniers instants. Malheureusement, ce n'était que pour laisser venir à lui d'autres images qu'il avait essayé d'oublier. Ces images de son passé qui avaient été cruellement ravivées par le rituel. Des larmes silencieuses se mirent à couler sur ses joues.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Dim 11 Fév - 12:21

Mais arrête de trembler non de Dieu! Comment pourrais-je arrêter ? Elle vient de faire exécuter un mec comme ça devant tout le monde et sans procès ! Cela aurait pue être moi ! C'est...c'est... Va te terrer dans un coin si ça te chante. Moi je continue dans les résolutions que j'ai prises avant de venir : si je dois mourir, je vendrais chèrement ma peau. De toute façon ce n'est plus maintenant qu'il faut se pisser dessus.

Le portable vibre...il ne lui aura pas fallut longtemps. J'imagine bien le métamorphe assis sur une chaise devant une table sur laquelle est posé son téléphone portable à attendre que celui-ci ne s'allume. Peut être avec un verre de seul Dieu sait quoi à la main.
Je me demande bien à quoi il passe son temps...Non en fait est-ce que j'en ai vraiment quelque chose à faire là maintenant ?

Dangereuse ? Non, sans déconné... Quand elle veut ? Tien ça va être simple de l'approcher maintenant pour lui demander quand est-ce que ça l'arrange de rencontrer un métamorphe loup avec la pommée que je suis... Peut être en passant par l'humain qui à l'air d'être son...son quoi en fait ? Son toutou, son jouet ? J'en sais absolument rien moi. Et puis comment je m'en approche ?

J'attends... adossée à mon mur. J'attends que les gens partent, Même si j'ai une furieuse envie de partir en courant d'enfourcher ma moto et de partir le plus loin possible. Mais je retiens cet instinct primal de survie qui me hurle que ma mort m'attend ici si j'abuse un peut trop de la chance. On dirait bien qui ne reste presque plus que moi. Je griffonne sur une carte de visite que j'ai gardé de Vegas « Il a dit c'est quand vous voulez. » et un numéro de téléphone. Ce fameux numéros que je connais par cœur...après ça il faudra que j'en apprenne un autre, mais bon, je ne me voie vraiment pas retourner parler à la blonde. J'essaye d'accrocher le regard de l'humain. Il avait l'air de regarder dans toutes les directions pendant la soirée, ça serait bien un monde qu'il loupe la seule rousse dans la salle qui le fixe du regard sans se cacher une seule seconde.

Je lève la carte pour qu'il la voie et je la pose sur le rebord de la fenêtre. J'attends peut et continue de le fixer du regard.
Le pauvre, j’espère que je ne lui fais pas peur. Quand on voit qui il fréquente, il y a peut de risque.

Cette fois c'est bon, on peut y aller.
Quel soulagement. J'essaye de ne pas courir ni d'avoir un pas trop pressé, et je décolle de ce lieu qui, heureusement que je ne dors plus, m'aurait refilé des cauchemars pendant des années.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Ven 16 Fév - 1:35

Un bref échange de regards plus tard, le bal des morsures recommençait. Ils étaient cependant plus près de la fin que du début, et cela se voyait non seulement à l'impatience de la foule, mais aussi à l'état d'Ailin, bien que seul le Norme à ses pieds ne soit capable de le discerner réellement. L'inquiétude qu'il n'était que très peu capable de ressentir à moins d'être très attaché à quelqu'un refaisait surface par vagues plus ou moins importantes, que la Maîtresse Vampire parvenait toujours à calmer d'une phrase qui ne lui était pas adressé ou d'un regard faussement accidentel. Hasard heureux, ou était-elle capable de sentir sa (très légère) nervosité ? Ce n'était pas le moment de se poser la question, et Jesse se concentra à nouveau sur les affaires en cours.

Enfin, la dernière morsure eu lieu et Ailin s'avança pour réclamer le silence. Sans un mot, juste par des regards perçants et son charisme naturel qui faisait que, même si cette fois on était quasiment certain de ce qu'elle allait dire, on voulait l'écouter. Le Conseil avait joué un jeu dangereux, et Ailin était sur un trône éjectable, mais on ne pouvait pas dire qu'elle ne tenait pas remarquablement bien le rôle.

Jesse ne s'étonna pas le moins du monde que l'annonce de fin ne soit pas exactement celle qui tout le monde espérait. Il connaissait assez la vampire blonde pour savoir qu'elle avait toujours une carte dans sa manche, et une passion pour les coups de théâtre du troisième acte. Aussi, il préféra plutôt s'intéresser aux réactions alentour : certains paraissaient excédés de devoir encore patienter, d'autres s'en accommodaient sans rien dire, et quelques uns semblaient avoir ce qui ressemblait à de l'attente sur leurs jolis minois. Espéraient-ils que cette soirée allait comporter des nominations autres que celle du Bourreau, et que leur nom allait être dans la liste ? Les pauvres n'étaient pas au bout de leurs peines.

Finalement, ce fut le comte Duhamel que la vampire invita à se montrer. N'ayant pas entendu beaucoup de noms lors de cette soirée, Jesse dut tourner le regard vers la personne qui se levait pour l'identifier. Un sourire moqueur, presque méprisant se dessina sur son visage, qu'il cacha en passant une main devant sa bouche, comme on occulte un bâillement, ce qui aurait été tout à fait probable : il n'avait pas beaucoup dormi la nuit dernière, avait travaillé toute la journée et la soirée était déjà plus qu'avancée. Le doctorant était persuadé que s'il se mettait à y penser, il allait effectivement sentir la fatigue l'envahir.

Pour le moment néanmoins, il était trop curieux de voir la façon dont Ailin allait se jouer du noble. Il avait vu l'échange de bijou, et avait compris à l'instant où il avait reconnu le vamp que la Maîtresse allait ce soir montrer à tous qu'on ne l'achèterait pas aussi facilement. La plupart devait être convaincus du contraire, étant donné le rôle qu'elle avait joué jusque là auprès du monde vampirique. Voilà qu'ils allaient être amèrement déçus...

Ne prêtant donc que ses oreilles à la scène qui se déroulait, Jesse choisit à nouveau de garder son attention focalisée sur les réactions de la foule : le comte Duhamel était déjà fini, mieux valait tenter de trouver celleux qui avaient encore quelque chose à cacher malgré ce Rituel.

Déjà, il était évident que certain.e.s n'appréciaient pas le comte. L'universitaire en avait repéré deux ou trois, qui faisaient la moue en entendant les soi-disantes qualités du vampire, et d'autres qui se moquaient ouvertement de la fausse modestie mielleuse qu'il affichait.

Quelques secondes plus tard, c'était comme si les tables avaient été retournées dans un ouragan. Les réactions auparavant ravies et/ou contentées se défiguraient, les moues déçus se changeaient en regards étonnés, amusés, puis ravis à leur tour. Evidemment, certains restaient blasés, voire ne montraient pas le moindre intérêt pour la situation, comme c'était le cas dula jeune vampire aux cheveux très clairs qui avait attiré son attention. Soit tous ces jeux politiques le fatiguaient car il n'y comprenait rien, soit il s'y intéressait autant que les deux punks de tout à l'heure. Le doute était permis.

L'héritier Luz-Descalzo, quant à lui, aurait pu jouer dans un film muet tant ses mimiques étaient expressives. Il avait tout du "bon public", réagissant exactement au bon moment et de la façon dont on s'y attendait. La jeune rousse était plus réservée, peut-être parce qu'elle était aux prises avec ses propres soucis.

Mais c'est évidement sur ceux dont la réaction n'était pas celle de la majorité que Jesse s'attardait. Les regards mécontents sur la Maîtresse, alors que deux hommes de main traînaient un comte noblement enragé sur scène ; les regards inquiets posés sur ce même comte alors qu'il était obligé de suivre le mouvement ; et évidemment, les regards apeurés qui -plus malins que les autres, ou simplement mieux informés- avaient déjà une idée de ce qui allait se passer et se sentaient... en danger ?

Ailin prit ensuite un ton professoral qui aurait pu faire sourire Jesse s'il n'avait pas été conscient qu'il lui fallait absolument garder son sérieux. Une part de son esprit se demanda tout de même l'effet qu'elle ferait dans un amphithéâtre... Il pourrait envisager de la faire venir dans l'un de ses cours de nuit.

Les paroles de la Maîtresse Vampire faisaient leur effet et déclenchaient une fois de plus une myriade de réactions chez ses interlocuteurs. Comme toujours, Jesse cherchait à identifier les visages les plus affolés, ou en colère (contre elle, et non le comte) pour tenter d'obtenir le plus d'indices possibles sur les personnalités capables de nuire au nouveau règne. Par ailleurs, le discours lui laissait lui-même un goût amer dans la bouche : l'étudiant n'était pas aisément mis mal-à-l'aise, mais il y avait tout de même des actes qu'il n'arrivait pas tout à fait à cautionner. Pas sans consentement, du moins, et il était clair que le comte ne l'avait demandé à aucune de ses victimes. Sans parler du fait qu'il les avaient probablement toutes tuées.

On en arrivait à la partie du récit qu'il avait devinée, et il se permit un coup d'oeil sur le côté pour observer la bague en question. Oh, elle était magnifique, sans aucun doute, pleine d'ostentation sans pour autant être vulgaire... Mais ça, c'était peut-être parce qu'Ailin la portait formidablement bien.

Son regard fut à nouveau attiré par le comte quand celui-ci tenta une dernière fois de plaider sa cause. Cette fois, Jesse ne s'empêcha pas de lever un sourcil, clairement moqueur de la rhétorique. Vraiment, "pas l'autorité" ? Il venait de plier le genou comme chacun ici présent ce soir. Il avait donné de lui-même toute "l'autorité" nécessaire à la nouvelle représentante de la volonté du Conseil des Vampires à la Nouvelle-Orléans.

Ce qu'elle prit le temps de lui expliquer. Conscient de ce qui allait suivre, l'humain tourna à nouveau la tête pour observer les diverses réactions... et éviter d'avoir l’exécution dans sa vision directe. Non pas qu'il était contre les effusions de sang lorsqu'elles étaient méritées, mais ce n'était pas ce qu'il préférait regarder.

Evidemment, l'assemblée était encore partagée. Certain.e.s semblaient extrêmement satisfaits, d'autres plus ou moins convaincus, d'autres encore étaient choqués de la scène, certain.e.s apeurés, affolés, voire carrément terrifiés. Lae jeune personne de tout à l'heure regardait le sang, semblant figé.e, ses mains entourant le reste de son corps. Pour quelqu'un qui avait donné l'impression de revivre des moments assez difficile, Jesse le trouvait bien apathique... A moins que cela ne soit un moyen de défense.

Esteban, en revanche, avait encore une fois tout du public-cible : blanc comme un linge (...autant qu'il pouvait l'être), yeux révulsés par l'horreur et pourtant incapable de se détacher de la scène. La rousse, quant à elle, était une autre version de la terreur : celle qui avait un "ça aurait pu être moi" dans le regard, et celle qui était évidemment la plus intéressante aux yeux du doctorant. Cependant, concernant cette vampire en particulier, son instinct lui disait qu'elle n'était pas aussi dangereuse qu'elle le pensait : elle avait très peur des réactions d'Ailin à propos de quelque chose qu'elle avait fait, c'était évident, mais la Maîtresse l'avait déjà rassurée quelques temps auparavant. Ce n'était donc pas le profil qu'il lui fallait étudier.

Il y en avait d'autres, ceci dit, et Jesse fit de son mieux pour enregistrer leurs visages dans son esprit afin de pouvoir transmettre ses doutes à Ailin plus tard. Probablement pas de suite, car il était certain que la cérémonie avait été épuisante pour tout le monde mais surtout pour elle, qui avait dû revoir tant de vies conjuguées en si peu de temps, d'autant qu'elles n'avaient vraisemblablement pas toutes été agréables. Mais ils en parleraient à un moment ou un autre.

Cette fois, la vampire blonde autorisa l'assemblée à quitter le Domaine, annonçant la véritable fin de la soirée. Les invités ne se firent pas prier, même si certain.e.s traînaient un peu plus la patte, pour des raisons diverses et variées qui pouvaient aller de l'attente d'un chauffeur à une envie de constatation morbide qui les amenaient à s'approcher du corps, en passant par une envie d'échanger quelques mots avec quelqu'un qui était placé bien trop loin de soi.

La salle était presque vide quand Jesse sentit un regard pesant lui alourdir presque physiquement les épaules. Lui à qui on avait à peine jeté un coup d'oeil pendant la soirée (c'était bien là le but recherché), s'étonna qu'on puisse s'intéresser autant à lui à présent. Il tourna la tête pour trouver d'où lui venait cette impression et tomba sur la jeune vampire rousse qui le regardait fixement. Il réprima l'envie qu'il avait de lever un sourcil interrogateur et se contenta de la regarder en retour, pour la voir montrer un morceau de papier qu'elle posa sur la fenêtre à côté d'elle. Un message, donc.

Vérifiant rapidement qu'il n'y avait plus personne d'intérêt majeur dans la pièce, Jesse laissa tomber le masque un instant et hocha la tête avec sérieux, laissant entendre à la jeune femme qu'il avait compris le message. Puis, alors que les derniers invités quittent enfin la salle, il se tourna vers Ailin.
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Rituel Pourpre de 2053

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