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 Rituel Pourpre de 2053

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Ailin Dyce
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Emploi: Maîtresse Vampire, ex-strip-teaseuse aux Plaisirs Coupables
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MessageSujet: Rituel Pourpre de 2053   Lun 31 Oct - 9:25

Tant de faste, et tant d'espace impressionnant rempli par tant d'objet brillants et de tentures épaisses... Rien de tout cela n'aurait dû l’étonner. Après tout, c'était dans un luxe similaire qu'elle avait longtemps vécu. Des souvenirs du château de son enfance jusqu'à celles des résidences multiples de Sigmund à Atlanta... Son passé était gorgé d'images similaires, certes tachées par les courts intervalles de temps où sa vie avait entièrement basculé dans l'exact opposé. La misère noire, et l'indignité.

On lui avait plongé une fois de plus la tête au fond d'une bassine d'excréments. Elle en ressortait blessée, mais pas vaincue. Rendue plus forte que jamais par cette épreuve supplémentaire, qui lui avait néanmoins fait oublier ses années majoritaires, glorieuses, brillantes, comme cette salle vide dans laquelle elle évoluait silencieusement. Chacun de ses pas légers claquait dans l'air. Leur écho s'élevait religieusement, comme pour participer au recueillement mélancolique de leur propriétaire. Ailin s'arrêta d'avancer, le regard fixe tandis qu'elle remarquait l'état des vitres, suffisamment couvertes de poussière pour que cela se voie malgré la nuit sombre.

"Léonard... Pourriez vous songer à faire programmer le nettoyage des façades extérieures au domaine ? Je crains qu'il n'ait été que très peu entretenu ces derniers mois. Faites fermer les rideaux. Nous ne voudrions pas que nos invités remarquent ce détail peu crédibilisant."

Le majordome dressé comme un piquet à droite de la porte d'entrée inclina son buste avec raideur. Elle lui accorda un sourire qui pour une rare fois lui montait jusqu'aux yeux. Elle n'était pas particulièrement attachée au vieil homme, comme à quiconque d'ailleurs puisqu'elle n'avait jamais été que néant émotionnel, à quelques détails près. Néanmoins, elle appréciait de l'avoir à nouveau sous ses ordres directs. Elle avait envoyé des missives à tous les survivants d'Atlanta afin de les faire venir ici, à la Nouvelle-Orléans, où on leur offrirait l'asile, une position probablement plus confortable, et où ils consolideraient d'avance sa base de pouvoir. Léonard faisait partie de ceux qui avaient répondu à l'appel. Il avait même été le premier à réagir, ce qui ne l'avait nullement étonnée, car il lui avait toujours été d'une loyauté sans faille.

Elle avait besoin de ses ouailles, plus que ça n'avait jamais été le cas. Le Conseil l'avait placée dans une situation difficile. Elle était chargée de réussir là où plusieurs Maîtres de la Ville s'étaient succédés sans jamais y parvenir, et on ne lui donnait pas droit à l'erreur. Pire. Si à Atlanta elle disposait encore d'une popularité raisonnable, à la Nouvelle-Orléans, sa réputation avait largement souffert de l'humiliation publique à laquelle elle avait été soumise, et bien qu'elle sût comment s'y prendre pour remédier à ce problème, toute aide supplémentaire à l’affirmation de sa nouvelle image prestigieuse ne serait pas du luxe.

Elle comptait sur son manque de notoriété en tant qu'Ailin, vampire déchu et strip-teaseur (dans l'esprit des autres) aux Plaisirs Coupables. Sa vie mondaine durant les dernières années ressemblait à un encéphalogramme plat. Il n'y avait probablement pas tant de vamps que ça au courant de ce qui lui était arrivé depuis la débâcle d'Atlanta. Ceux là ne feraient pas le lien avec son alter ego dénudé, et cela même si ils étaient clients des Plaisirs Coupables. Car c'était évidemment avec un immense plaisir (pas coupable, celui là) qu'elle avait retrouvé ses habitudes vestimentaires perdues. On pouvait même dire qu'elle les avaient amenées à un tout autre niveau, consciente qu'il faudrait bien cela pour que les plus sceptiques de ses nouveaux sujets lui accordent le respect qu'ils lui devaient. Un sourire fleurit sur ses lèvres délicatement couvertes d'ocre brun, lorsqu'elle imagina la réaction de ceux qui n'avaient pas entendu parler d'elle depuis la mort de Sigmund. Elle les visualisait surpris d'apprendre qu'elle existait encore, ou bien se demandant où exactement elle avait pu passer durant toutes ces années.

"Cette salle est magnifique... Ne trouvez-vous pas, Léonard ? Je veux dire... Je me souviendrai à jamais du rituel pourpre de Sigmund, et le décor était lui aussi à tomber à la renverse, mais j'aime tout particulièrement cet environnement. Ces draperies rouges ressemblent à s'y méprendre à des rideaux de théâtre... Et ce vieux parquet craquant à souhait ! Et cette estrade, et ce mobilier ! J'aime ces candélabres, aussi. Ne trouvez-vous pas qu'on se croirait dans une chapelle ? Une chapelle destinée à accueillir des rituels de sang... Quelle délicieuse ironie. Peut-être devrait-on songer à développer ce parti-pris scandaleux avec encore plus de conviction... Oh ! Et renommer cet endroit en fonction. La Chapelle. J'aime la façon dont ce mot sonne à l'oreille. Puisqu'il y a déjà une Crypte, pourquoi ne pas avoir une Chapelle ?"

Mais si le Majordome était indécemment efficace lorsqu'il s'agissait d'obéir à un ordre, il n'avait jamais été capable d'avoir un avis propre. Il se contenta donc de faire miroiter le sien au travers de son approbation sans concessions. Ce qui lui arracha un sourire rayonnant : elle n'attendait rien d'autre de lui.

Mais le temps n'était plus à se pâmer devant les merveilles que le Conseil avait placé entre ses mains. L'heure était bientôt arrivée où cette salle se remplirait et où elle devrait faire figure d'autorité face à une assemblée féroce et indubitablement perverse, pour les plus anciens vampires qu'elle réunirait à tout le moins. C'était un travers culturel qui, si il était absent chez les plus jeunes d'entre eux, finissait par se développer à force d'années passées à essuyer les coups tordus des vétérans. Les leurs ne savaient pas faire sans quelques tortillons manipulateurs saupoudrés de ci de là pour pimenter leur vie de tous les jours.

Elle avança vers l'estrade où elle prit place dans le plus luxueux fauteuil de la pièce. Style Louis XV. Velours carmin de qualité, entremêlé dans un brocart de soie plus sombre somptueux représentant un motif végétal. D'un geste elle repoussa sa longue chevelure si blonde qu'à la lueur des candélabres, elle paraissait presque blanche.  Une permanente avait permis d'en boucler légèrement les extrémités, et leur offrait un volume supplémentaire juste suffisant pour mettre son visage en valeur. Outre la touche d'ocre sur ses lèvres, elle avait orné ses paupières d'un fard vermeil discret. Des traits de kohl parfaitement mesurés aidaient son mascara à intensifier son regard gris clair. Elle avait sorti ses vieux ornements des cartons, si bien que d'antiques bijoux capillaires en or blanc sertis de perles, de rubis et de diamants, avaient retrouvé leur place sur sa tête. Ses ongles effilés étaient peints en rouge sombre. Une ancienne robe de bal en brocart doré mettait en valeur sa silhouette longiligne tout en l'évasant élégamment au niveau des pieds. Son buste artificiellement comblé se dressait dignement. Le col haut de sa robe lui donnait un côté austère. Les fanfreluches décorant ses baleines cassaient avec brio ce côté rigide que sa prestance à elle seule aurait déjà su compenser. Telle une poupée de porcelaine à taille adulte, elle patientait.

PrésentsEn attenteAbsents
  • Ailin Dyce
  • Mia Magnusson
  • Ciel
  • Esteban Luz-Descalzo
  • Esmera Yanis
  • Thaddeus O.Lann
  • William Delacroix
  • Bess Butler
  • Jaana Svanhilde

_________________



Dernière édition par Ailin Dyce le Lun 14 Nov - 15:19, édité 3 fois
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Mia Magnusson
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Lun 31 Oct - 14:21


Quand on avait presque 300 ans, le temps avait tendance à défiler différemment. Il paraissait parfois s’étirer à l’infini, faisant perdre leur importance aux évènements qui le ponctuaient. L’annonce de la destitution de Camille avait jeté un gros pavé dans la marre plus si tranquille des Vamps. Certains s’insurgaient contre la nouvelle, d’autre la félicitaient. Ceux qui ne voyaient pas l’incompétence de Camille ferait mieux de se laver les yeux à grands coups d’acide et ceux qui se réjouissaient de ce changement feraient bien de faire preuve de retenue. Mia, bien qu’appartenant à la catégorie des satisfaits, avait attendu de voir la suite. Il était facile de se réjouir du départ de Camille, mais il ne fallait oublier que quelqu’un allait devoir la remplacer et comme le disait l’adage ”On savait ce qu’on perdait, pas ce qu’on allait retrouver derrière.”

Bess ne semblait plus faire parti des potentiels candidats au poste de Maître de la ville et Mia avait fait le choix de vivre la chose de loin. Bourreau sans Maître, elle se contentait de s’occuper du Danse Macabre sans trop se mêler de cette affaire. C’était dans ces moments-là que la notion du temps vampirique pouvait s’avérer pratique. Elle avait laissé les jours filés, les mois aussi, comme une ellipse dans sa vie, elle avait fait abstraction du futur pour ne vivre que le présent.

L’annonce avait fini par tomber et elle avait dû s’asseoir pour assimiler pleinement la chose, tiraillée entre la surprise et le contentement. La nomination d’Ailin au poste de Maîtresse de la ville allait en faire jazzer plus d’un. La gentillesse ne serait pas forcément de mise, la stupeur, par contre, aurait toute sa place dans l’assemblée qui devait se tenir le soir même. Un nouveau Rituel Pourpre pour une nouvelle allégeance. Changement de figure d’autorité, changement de politique.

La surprise passée, les lèvres de Mia s’étirèrent en un sourire satisfait. Avec Ailin à la tête des Vamps de la Nouvelle Orléans, les choses allaient changer et sa retraite forcée pourrait bien prendre fin. Sa hache n’attendait que ça et elle plus encore. La rousse quitta le fauteuil de son bureau pour aller ouvrir un placard duquel elle sortit un coffret en bois massif. Derrière les petites serrures en or se cachait celle qui l’avait suivie depuis son premier poste de Bourreau. Cadeau du Maître de Paris, cette merveille ne l’avait jamais quitté et avait tranché plus de têtes que Mia ne pouvait se le rappeler.

Elle la déposa sur son bureau avant de le quitter. Le Danse Macabre n’ouvrirait pas ses portes ce soir et elle congédia les employés après fait avoir fait afficher une note à la porte.

En ce jour spécial, le Danse Macabre n’ouvrira exceptionnellement pas ses portes ce soir.
Merci de votre compréhension.

Comprendrait qui pourrait. De toute façon la majorité de sa clientèle était composée de Vamps qui, comme elle, devrait se rendre au Domaine Beauregard s’ils désiraient conserver leur légitimité.

Un sourire carnassier étirait ses lèvres quand elle retourna dans son bureau. Elle avait hâte de voir les réactions diverses que cette nomination allaient susciter. Satisfaction, crainte, jalousie, complots… Elle-même ne serait pas une gêne pour sa vieille amie, au contraire, sans même l’avoir vu, la blonde pouvait s’assurer de sa loyauté sans faille. Sa hache était à son service et, bien que cantonnée dans ce rôle, Mia n’hésiterait pas, sur demande d’Ailin, à faire taire les langues un peu trop pendues.

Il n’était pas encore temps de penser à tout ça, elle aurait le loisir de s’entretenir avec Ailin plus tard. Pour l’heure, elle s’attela, non sans joie à redonner son aspect d’antan à sa hache, nommée Tyrfing en l’honneur d’une épée maudite de la mythologie nordique censée provoquer trois malheurs si elle devait apporter la victoire à son porteur. La mort d’un congénères n’étant jamais une victoire en soit, Mia avait prit plaisir à donner ce nom à son arme de prédilection, bien qu’elle l’utilise rarement en public.

Plus brillante et tranchante que jamais, Tyrfing avait retrouvé son écrin pour laisser le temps à Mia d’aller se faire une beauté pour cette grande soirée. Le pomponnage fut rapide et le soleil avait à peine eut le temps de disparaître à l’horizon qu’elle débarquait déjà au Domaine Beauregard. Talons hauts, leggings noir, longue tunique pourpre retenue à sa taille par une ceinture noir, cheveux lissés et regard relevé par une pointe de maquillage, Mia avait opté pour du chic, simple et passe-partout. Le vaste des lieux la laissait de marbre et elle se contenta de traverser la pièce sans prêter attention à la décoration. On ne pouvait jamais se rendre à un nouveau Rituel Pourpre l’esprit totalement serein mais la vue d’Ailin installée telle une reine sur son trône chassa le peu de craintes qu’elle pouvait avoir. Elle s’approcha tranquillement, l’air détâché.

”Ailin.” Elle s’inclina respectueusement avant de se redresser, un sourire sincère aux lèvres. ”C’est décidément le rôle qui te va le mieux au teint.”
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Ciel
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Mar 1 Nov - 15:49

Ciel se regardait dans le miroir du salon, se tournant un peu, à droite, à gauche... Finalement iel haussa les épaules avant de se rassoir. Iel n'avait pas envie de sortir, mais Sebastian avait été clair : c'était quelque chose de nécessaire afin qu'iel ne soit pas en danger. Lae vamp avait plus ou moins été préparé.e au cours des dernières semaines, avec des sorties de plus en plus fréquentes... Mais Ciel n'était pas préparé.e à une chose : cette fois-ci, Seb ne pouvait pas l'accompagner. L'idée lae terrifiait, car ça serait la première fois sans lui. Le monde extérieur était trop grand, trop inquiétant sans le métamorphe pâle. Il y avait encore trop de choses inconnues source de peur et d'angoisse... Iel secoua la tête, essayant de ne pas y penser tout de suite; il y avait encore un peu de temps avant qu'il faille se mettre en route.

Iel ramassa son casque et alluma la tablette, suivant des cours de plus en plus complexes. Maintenant que la langue était moins problématique, du moins pour les choses de tous les jours, Ciel s'expérimentait à des choses bien plus étranges pour iel encore : des mathématiques, des cours sur l'histoire de l'Europe. Iel s'intéressait à beaucoup de choses, et il y en avait tant à découvrir. Iel ne connaissait rien de tout cela, n'ayant jamais été à l'école, même lorsqu'iel avait été humain.e... Et puis les décennies passées dans une cave n'avaient rien eu d'éducatif à ce sujet.

Alors que lae vamp travaillait sur la géographie du continent américain, Sebastian entra, cheveux attachés en une queue de cheval serrée. En l'absence de Ciel il allait se rendre au BIAS pour donner un coup de main, vu qu'il n'y avait pas mis les pieds depuis l'arrivée surprise du vamp. Il semblait aussi troublé que Ciel se sentait. On pouvait voir l'inquiétude sur son visage alors qu'il posa son regard sur ellui. Lae regardant de haut en bas, il tenta un sourire rassurant; mais il était teinté d'anxiété à son égard.

"Ca te va bien ces vêtements."


Ciel hocha la tête avec un sourire faible. Iel n'aimait pas devoir s'habiller ainsi pour l'occasion, et encore moins porter des chaussures. Mais Seb voulait à tous prix que Ciel s'intègre, au moins physiquement, dans une foule de vampires. Il avait eu le temps de lui expliquer les événements autour de la hiérarchie vampire, bien que lui-même n'était au courant que par une connaissance. Il n'était pas impliqué dans la politique, et encore moins dans celle d'une autre espèce d'Outres... Ils avaient déjà assez d'emmerdes avec la meute. Lae vamp était donc au courant de la nécessité de cette cérémonie; on ne voulait surtout pas qu'iel soit considéré comme un.e rénégat.

Bien sûr pour une telle occasion, Sebastien ne savait absolument pas quel genre de tenue était de mise. Ne s'étant jamais pointé dans une cérémonie officielle vamp, il avait du mal à imaginer ce qu'ils devaient porter... Mais vu les vampires de cette ville, il devait y avoir un peu de tout. Trouver la tenue n'avait pas été chose facile; trouver une tenue convenable dans du 12/14 ans tenait plus du miracle; dans ces tailles là, c'était plus du déguisement qu'autre chose. Heureusement pour lui, Erika avait déjà assisté à un mariage, et ses neveux avaient été vêtus du genre de chose qui irait pour le rituel. Elle fut donc celle qui apporta les vêtements. Ciel fut content.e de la voir, se souvenant qu'elle était venue lae voir à l'hôpital lorsqu'iel y était encore. Elle était une personne sympathique, et Sebastien était moins sec avec elle qu'avec d'autres. Il devait l'apprécier.

Elle n'avait pas pu rester longtemps, et était partie rapidement. Ciel avait donc prit le temps de se vêtir. Chemise blanche, cravate noire, veston sombre avec des rayures blanches fines. Le tout recouvert d'une veste noire dont les manches avaient le défaut d'être un peu trop longues. Il avait fallu faire des ourlets pour le pantalon, mais somme toute, iel devait paraitre bien convenable... mais les chaussures. Iel trouvait ça nettement plus confortable de faire sans, bien que Seb ait réussi à lae faire mettre des baskets au moins pour sortir. Là, c'était des chaussures noires en cuir, cirée, sobres mais élégantes... Et inconfortables à souhait.

Mais il n'y avait plus le temps pour trouver autre chose. Seb lui fit signe qu'il était l'heure. Le méta allait l'accompagner jusqu'à là-bas, mais ne pourrait y rester, et partirait de son côté. Ciel était terrifié.e de se retrouver seul.e, mais ne voulait pas non plus que Seb soit en danger, entouré de vamp inconnus dont on ne connaissait ni le caractère, ni les intentions.


Le domaine paraissait immense, impressionnant, et intimidant. Ciel s'était accroché.e à Seb en chemin, et ne le lâchait plus, regardant autour d'eux comme si n'importe quoi allait sortir de l'ombre pour les agresser. Iel ne voulait vraiment pas se retrouver seul.e... Mais il n'y avait plus le choix maintenant. Comme promis, Seb l'accompagna jusque là. Lorsqu'il s'arrêta, la gorge de Ciel se ferma, et une boule se forma à l'emplacement de son estomac.

"Tout va bien se passer, ce n'est qu'une formalité. Tu sais comment m'appeler pour que je vienne te chercher?"


Ciel hocha la tête et sortit le portable qu'il lui avait offert de sa poche. Le méta sourit, comme il le faisait uniquement pour lae vamp. Tremblant.e, Ciel s'accrocha à la taille du grand homme, qui mit ses bras autour d'ellui. Comme ça, ils avaient vraiment l'air d'être un enfant et son parent.

Une fois décroché.e, Ciel se détourna, et marcha à petits pas jusqu'au bâtiment. Une fois à l'intérieur, iel fut surpris.e des lieux. C'était immense, imposant, terrifiant. Prenant son courage à deux mains, iel avança dans le hall immense, dont toutes les surfaces murales étaient décorées de tentures, et des objets brillants ornaient les meubles. Lae vamp approcha, vit d'autres vampires, mais dévia sa trajectoire pour se mettre dans un coin; du moins le plus près du coin possible, afin de s'y dissimuler tout en essayant de ne pas attirer l'attention. Iel voyait le trône d'ici, sur lequel siégeait une silhouette élégante, qui était imposante par sa présence. Ciel avala nerveusement, jetant des coups d'oeil autour d'ellui.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Dim 6 Nov - 0:41

Devant le miroir, Esteban observait son reflet. Il paraissait soucieux, et à juste raison : Ce soir, pour la seconde fois en trois ans, il allait lui falloir marcher parmi les (autres) vampires, à l'occasion d'une cérémonie qu'il ne pouvait se permettre de rater. Le rituel pourpre.

Rien que ce nom sonnait comme impie à ses oreilles. A force de temps, il avait bien fallu qu'il s'habitue à certaines des choses qui faisaient le quotidien d'un outre de son espèce, mais il y en avait encore beaucoup d'autres qui lui posaient problème et qui, à défaut de le faire sauter en l'air comme ça avait été le cas au début, étaient en mesure de le crisper durement. Les yeux dans le vague, il porta la main à l'endroit où Camille l'avait mordu, ce qu'il lui semblait être une éternité auparavant. Il frissonna au souvenir de ce moment malsain et ses lèvres se serrèrent. Les paupières closes, il prit une forte inspiration. Doucement, son souffle sortit de sa bouche entrouverte et il parvint à retrouver un calme relatif. Ou du moins, à faire passer cette impression de contrariété durable qui rendait sa cage thoracique douloureuse.

Une autre grande inspiration plus tard, il ouvrait les yeux et se gonflait de tout le courage qu'il était capable de réunir. Ça ne pouvait pas être pire que lorsqu'il devrait enfin affronter son père devant le tribunal. Le procès n'avait toujours pas suffisamment avancé pour qu'on envisage une comparution devant la cour. Dire qu'il y avait une éternité de cela, il avait pensé avoir une chance infime d'en voir la fin avant de mourir de sa maladie... Puis, avant d'être obligé de consommer la moindre goutte de sang. Il avait été outrageusement optimiste dans son désespoir. Ce qui était d'une ironie particulièrement mordante. Sans aucun mauvais jeu de mot en rapport avec le thème de la soirée...

Et en parlant de ça, il aurait apprécié de pouvoir se nourrir avant de partir pour le domaine Beauregard. Garder l'estomac vide à l'occasion d'une telle réunion, où tous les vamps de la ville allaient en théorie se retrouver, ne manquerait pas de le rendre terriblement nerveux. Il gardait quelques poches dans un frigo en cas d'extrême urgence mais n'avait pu se résoudre à tenter d'en consommer une ce soir. La phobie qu'il avait développé à l'égard du sang froid, contenu dans un récipient plutôt que drainé à la veine, le bloquait complètement. Pour se consoler, il songeait à ce qui serait probablement arrivé même si il avait cherché à se forcer : il aurait tout régurgité dans les toilettes sans pouvoir s'en empêcher de la moindre manière, et cela n'aurait fait que le contrarier doublement.

Et il n'était évidemment pas question de trouver un volontaire en chemin : il risquait de tâcher ses vêtements, ce qui n'était pas une option. Vampire, peut-être, mais Luz-Descalzo et Selva Moreno, toujours. Et un Luz-Descalzo comme un Selva Moreno ne se présentaient pas à un événement mondain quel qu'il soit avec autre chose qu'une tenue parfaitement assortie, repassée et il allait sans dire, plus propre que si elle avait été neuve !

Afin d'éviter de penser plus avant à ce qu'il attendait, le jeune vampire décida d'ailleurs d'inspecter pour la dixième fois consécutive l'effet que produisait sa tenue choisie. Pour une rare fois, il n'était pas allé dans les tons bleus. Il s'agissait d'un rituel "pourpre", après tout, et il allait être question de beaucoup de sang. Ce qui était évidemment déplaisant, mais ce qui n'empêchait pas de faire preuve de bon goût et, pour l'événement, d'éviter de mélanger des teintes absolument incompatibles. Il portait donc un costume trois pièces taillé sur mesure chez Cifonelli, de facture évidemment parfaite, et dans un tissu soyeux juste ce qu'il fallait. Le costume était gris anthracite, presque noir. Des stries ébènes, donc très discrètes, quadrillaient sa surface à la lointaine manière d'un tartan. De loin ce motif ne se voyait guère, mais donnait une sorte de volume indescriptible au costume. En dessous, une chemise rouge sombre tirant sur le bordeaux, dont les manches sortaient élégamment de la veste. Une cravate noire finalisait sa mise, à l'instar d'une paire de souliers brillants, de la même teinte. Au doigt, il portait une chevalière ornée d'un rubis. Il n'allait évidemment pas porter celle de sa famille ce soir. C'eut été de mauvais goût.

Après avoir soigneusement brossé ses cheveux, il tenta de les ceindre d'une main pour voir si cela valait vraiment le coup qu'il les attache. Il avait un jour accidentellement coupé des mèches à l'avant et s'était retrouvé obligé d'égaliser l'ensemble. Le résultat lui avait inopinément plu. Depuis il avait donc réitéré l'opération dès qu'il voyait un coiffeur, pour le plus grand bonheur de sa mère et de sa tante qui, incompréhensiblement, le préféraient avec les cheveux détachés. Lui-même trouvait relativement peu convenable de sortir à l'occasion d'une soirée importante, et vêtu sur son trente et un, en gardant une telle tignasse à l'air libre. Néanmoins, ses mèches courtes lui rendaient la tâche impossible et il n'aurait que l'air ridicule à tenter une fois supplémentaire de discipliner l'ensemble dans un catogan. Il abandonna donc l'idée. De toute façon, se disait-il depuis trois ans, il était bien compliqué d'être convenable lorsque, déjà, on était un vampire. S'offusquer de ce détail aurait été comme de se plaindre d'une égratignure sur un membre fraîchement coupé. Un dernier coup de peigne, donc, et il était prêt.

Nerveux, il chercha son téléphone, qu'il regarda un long moment en silence. Il n'avait pas prévenu sa mère de ce qu'il était censé faire ce soir. Il ne comptait pas le lui cacher, mais il était certain qu'elle se ferait du mouron et qu'elle risquerait d'être contrariée à se rendre malade à l'idée de le savoir à ce genre d'événement. Peut-être la même idée qu'à lui lui passerait par la tête : Y avait-il le moindre risque pour qu'à l'occasion de ce rituel pourpre géant, celle qui l'avait attaqué et transformé se présente ? Et si oui... Comment réagirait-il ? Comment réagirait-elle ? Non. Vraiment, il n'était pas concevable qu'il inquiète Olivia. Elle apprendrait bien assez tôt que ce cruel moment d'initiation était passé. De toute façon, elle n'aurait pas pu l'accompagner.

Il avait l'estomac noué et les jambes en compote. Les mains tremblantes. Il y avait bien quelqu'un qui pouvait peut-être atténuer l'impression qu'il avait d'être seul face à un océan constitué de requins plus que d'eau. Bien sûr il avait des amis et aurait pu profiter de leur soutien... Mais ce n'était pas de ça, dont il avait besoin. Il pianota le numéro de sa tante et attendit qu'elle réponde.

"... Allo. Tia ?"

On aurait dit qu'un chat lui griffait la gorge, et s'était lové à l'intérieur pour la bloquer, non sans laisser un bon paquet de poils sur sa glotte. Luisa était occupée mais dès qu'elle vit le numéro de son neveu, elle décrocha.

"Tebi ?"

Il cligna des yeux, se rendant compte qu'elle n'était pas au courant. Il n'avait prévenu personne et il n'en avait même pas pris conscience. Ses habitudes de secret lui jouaient de drôles de tour.

"... C'est ce soir."

Si il fallait, il développerait. Mais il éprouvait des difficultés soudaines pour parler, et espérait que Luisa ferait preuve de son habituelle intuition. Luisa n'était pas très concentrée, mais dès qu'elle entendit le ton et les paroles de son neveu, elle comprit. Elle prit son ton le plus calme possible pour lui répondre.

"Ça va aller, Tebi. Ce n'est qu'un mauvais moment à passer"

Il avala sa salive et acquiesça en silence, avant de se rendre compte qu'elle ne pouvait pas le voir.

"Je sais... Mais. Voilà. Je vais y aller...
- Tu veux que je t'accompagne et que je t'attende dans la voiture ?"

Il hésita. Ce n'était pas ce qu'il avait eu en tête. Il avait juste eu besoin d'entendre une voix familière afin de se rassurer, mais il aurait été effectivement encore plus rassurant d'être ainsi accompagné. Cela lui laissait une impression étrange. Jusqu'à présent, il avait toujours été seul face à tout ce qui touchait à sa transformation. Notamment parce qu'il avait toujours refusé de se laisser aider.

"... Je ne veux pas t'embêter. Ça devrait aller...
- "Ça ne m'embête pas, Tebi. Tu me connais. Tu sais très bien que je ne te proposerai pas, sinon."

Luisa avait son ton amusé habituel, teinté de cette douceur qu'elle lui réservait. Ses épaules se détendirent. Doucement, il commençait à mieux se sentir. C'était pour ça, qu'il l'avait appelée. Il était content de ne pas s'en être privé. et il batailla encore à l'occasion de quelques répliques pour la forme, avant d'abdiquer. Quelques minutes plus tard il était en bas, où son chauffeur personnel l'attendait au volant d'une voiture que ses proches auraient reconnue entre mille pour ses fenêtres teintées, lesquelles pouvaient en réalité devenir parfaitement opaques au besoin, quand Esteban avait besoin de voyager de jour. Il s'agissait d'une limousine petit format, un compromis entre confort et discrétion qu'Esteban avait acquis relativement récemment. Il avait d'autres véhicules plus fonctionnels, mais avait songé que faire le trajet dans celui-ci l'aiderait probablement à se lester de son angoisse. Sa tante était déjà dans la voiture quand il grimpa. Elle l'embrassa sur la joue quand il s'assit et le complimenta sur son apparence, notant toutefois qu'elle le préférait en bleu.

"Il faut tester autre chose, parfois... Puis cela me semblait plus à propos."

Elle hocha la tête et fit mine d'attendre. Esteban s'impatienta rapidement.

"Eh bien, qu'attendez-vous, Octavio ? Du nerf je vous prie ! Nous allons êtes en retard..."

Le chauffeur s'excusa platement du retard qu'il avait pris à faire démarrer le moteur et, enfin, l'engin démarra. Elle posa sa tête sur son épaule, ce qui lui arracha un sourire doux. Oui, vraiment... C'était une bonne chose qu'elle vienne. Esteban proposa un verre à Luisa. Qu'elle l'acceptât ou non il ne prit rien pour sa part, soucieux de ne pas s'alourdir d'un quelconque bagage alimentaire dont il lui faudrait se séparer plus tard. Avec son talent habituel, la mexicaine parvint à lui faire provisoirement oublier ses problèmes, si bien qu'au moment de leur arrivée à proximité du domaine Beauregard, ils parlaient tous les deux dans un espagnol rapide et enjoué, fréquemment coupé de ces rires insouciants qu'Esteban avait réappris à avoir à force de temps, malgré la paire de crocs qui luisait immanquablement dans sa bouche à chaque fois que son hilarité s'exprimait. Son humeur comme sa personnalité restaient encore loin d'être aussi constantes ni semblables à celles qu'il avait eue en tant qu'humain. Il avait des périodes. Celle-ci devait probablement paraître nostalgique à ceux qui le connaissaient depuis longtemps.

Octavio gara la voiture où il le put. Le chauffeur vint ouvrir la porte aux deux habitants du luxueux habitacle et Esteban se tourna vers sa tante, le regard poignant. Il n'avait clairement aucune envie de sortir de ce cocon de paix familière. Il vérifia la présence du talisman à son cou, qu'il avait activé avant de s'habiller, et qui devrait encore fonctionner pour la nuit. Il espérait que le sort avait bien marché, et qu'il ne se retrouverait pas face à une mauvaise surprise au cours du rituel. Mais si cela avait fonctionné la première fois... Il n'y avait pas de raisons que ça ne soit pas le cas à la deuxième, n'est-ce pas ?

"Es-tu sûre que tu veux attendre dans la voiture, Tia ? Octavio pourrait t'accompagner. N'hésitez pas à vous dégourdir les jambes..."

Luisa hocha la tête de gauche à droite avec un joli sourire.

"Honnêtement Tebi, je préfère rester à l'intérieur. J'ai un certain goût du danger mais pas au point de me promener autour d'un domaine avec une réunion de vampires... Mais je préfère rester dans le coin."

Quoique parfaitement justifiée selon les paradigmes de pensée qu'ils avaient en commun par leur éducation, la remarque de sa tante le fit vivement tiquer et le blessa sans qu'il puisse contrôler l'intensité de la douleur. Il avait toujours eu tendance à être susceptible, mais depuis sa transformation, c'était devenu encore autre chose. Il détourna vaguement les yeux sans quitter son sourire. Bien sûr. C'était normal. N'avait-il pas lui-même peur d'être ici, entouré par tous ces prédateurs nocturnes ?

".. Oui bien sûr. A tout à l'heure tia..."

Elle l'embrassa à nouveau sur la joue, comme pour s'excuser.

"A tout à l'heure, Tebi."

Sur ces derniers propos échangés, il sortit du véhicule et prit le chemin de l'immense bâtiment. Un dernier regard derrière lui, presque comme un enfant qui regarde ses parents lui faire des signes de main pour son premier jour d'école, avant de l'abandonner à l'inconnu. Il esquissa un sourire bravache, puis se tourna vers la porte massive, subitement moins guilleret. Lèvres pincées, il entreprit de pousser le battant, et il se retrouva à l'intérieur d'une immense pièce presque vide. Cette vision le soulagea instantanément, et son regard expert se tourna sans attendre vers les tentures et les lourdes décorations. Une lueur appréciatrice passa brièvement dans les yeux clairs. Esteban n'était pas dépaysé. Cela avait quelque chose de rassurant. Il constata qu'il avait eu un excellent choix de couleur. Le dos droit, la démarche noble, il avança en ayant l'agréable impression de ne pas dénoter. Grâce à elle, il parvint à garder contenance face aux trois autres personnes présentes dans la pièce, qu'il salua avec toute la révérence dont on l'avait appris à faire preuve dans ce genre de situations. Il buta sur le visage de celle qui devait être la nouvelle maîtresse vampire, en remplacement de la tutrice Butler qui ne verrait jamais le fruit de ses manigances sordides... Bien fait pour elle. Mais cette Dyce dont il n'avait jamais entendu parler avant lui disait étrangement quelque chose... Il n'arrivait pas à se la remettre.

Perturbé, il faillit trébucher sur ses propres chaussures, ce qu'il évita de justesse. Il n'en fallut pas plus pour lui faire perdre sa belle contenance, ce qu'il tenta au mieux de cacher en prenant la direction d'une rangée de chaises vers lesquelles personne n'était. Il remarqua alors qu'il avait ignoré la présence d'un autre invité, qui attendait debout dans un coin avec l'air de ne pas savoir où se mettre. Esteban prit le parti de s'asseoir sur l'une des chaises en bois massif à haut dossier - après tout elles étaient là pour ça. Il tourna ensuite sa tête vers la petite personne, dont il n'aurait su donner d'autre description : petite, et pâle. Insaisissable. Était-ce une couleur de cheveux naturelle ? L'héritier Luz-Descalzo ne se rendit pas compte qu'il fixait l'adolescent (adolescente ?) depuis quelques longues secondes, partagé entre inquiétude et fascination. Ce vampire paraissait être à peu près aussi content d'être ici que lui-même.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Lun 14 Nov - 11:05

Alors c'est comme ça que ça se passe chez les vampires ? Quelqu'un envoie une convocation et les autres rappliquent comme de gentils chines chiens. Pour quoi cette façon de faire ne me convient pas ? Lorsque les anciens appels au rassemblement de la communauté les gitans accourent. Là se ne sont pas des tziganes, mais des suceurs de sang. Ceux des légendes de ma terre natale, qui se nourrissaient sur mon peuple. Là il s'agit du chef des sangsues qui ordonnes à toutes les sangsues de déplacer leur cul décharné pour la vénérer. Mais puisqu'il le faut. Je ne ferais pas honte à la tutrice qui à si bien prit soin de moi. Mais qu'ils ne compte pas sur moi pour me la jouer entretient avec un vampire. Et puis ils étaient où quand moi je me caché pour fuir alors que je suis innocente ?

« Rahat ! În cazul în care este combinația mea ? »

Le chat fuit à l'autre bout du mobile-home pour fuir ma colère.
Je suis heureuse de voir que mon apprentissage du roumain avance bien, mais si je pouvais l'utiliser pour autre chose que jurer...Merde à la fin ! A non c'est bon elle est là. J'attrape la combinaison de cuir noir que visiblement j'avais jeté négligemment sur l'un des fauteuils. Bon pantalon de cuir noire, bottes montantes noires bustier noir, je sais que je fais très underworld, mais au lieu du manteau long, j'ai ma combinaison de moto, qu'au lieu d'être brune au yeux bleu, je suis rousse au yeux verts et que mon maquillage est illuminé par des lèvres pourpres pour que mon teint est l'air plus blanc qu'à son habitude.

Le sujet sera forcément abordé. Qu'est-ce que je vais dire ? C'est pas possible que le grand chef ne soit pas au courant. Je l'em...non c'est vrais, je ne peux pas. Mais dans le principe, il y a de l'idée. Bref ! On verra quand on y sera. Je ne sais pas comment ça va se gérer mais de toute façon, même si les autres chimolo ne croient pas l'un des leur je n'ai pas le choix. J'y vais pas et on me tue. J'y vais et je me fais juger pour viol sanguin et on me tue. Dans tous les cas, je préfère choisir ma mort. Et actuellement sa passe par la regarder en face et lui faire un doigt. J'attache mes cheveux? Non ! Et pas de casque ce soir. Un peut de liberté que diable. Je passerais la masse de mes cheveux sur un côté du coup pour qu'on puisse admirer la roue rouge tatouée. Ce soir je deviens prédateur.

Pas le temps de rester. On ne sait jamais qui se cache à proximité de chez moi en ce moment. Des gas du TPH, ou du BIAS. Je suis passée en coup de vent pour prendre de quoi me changer pour l'occasion. Hop ! J'enfourche la moto et démarre comme une furie. La moto et sa vitesse c'est encore une des rare choses qui me font croire que je ne suis pas morte.

Je m'arrête devant la batisse. C'est pas ma première fois ici. Bess m'y avait déposé pour que je me présente à l’ancien propriétaire des lieux. Une luxueuse voiture est garée. Je peux sentir l'odeur des humains à l'intérieur. Je la fixe un moment. Qu'est-ce qu'il font ici ? N'ont-ils pas peur de s'approcher de ce domaine alors que ce soir en particulier, il est plein de vampires ? Les humains sont vraiment inconscients... Je laisse la moto ici et continue à pied. Si quelqu'un est venue avec son dîné c'est son problème pas le mien.

J'ouvre la grande porte, mais cette fois je ne me fait pas avoir par l'étalage de luxe qu'il y a en ce lieux. Je me dis juste que je suis en Roumanie et que je visite le château de Dracula, voilà tout. La décoration, c'est juste pour dépayser les touristes, cela ne m’atteint pas. Je retire ma combinaison, pas besoin de la garder ici et la pose sur un rebord de fenêtre. J'avance. Le menton levé, le dos droit et presque une regard de défit. Ce regard me sauve la vie en ce moment dans la rue, alors s'il est bon dehors, il est bon ici aussi. Ce soir je ne suis pas fugitive, un point c'est tout.

« Bună seara »


Parler en roumain...Et pour quoi pas ? De toute façon sa ressemble pas mal à l'espagnol pour le coup. Bon alors...Premier réflexe, je cherche les issues de sortie potentielles. Derrière ces lourds rideaux doivent se cacher des fenêtres, je devrais pouvoir passer par chacune d'elle, plus la porte derrière moi maintenant devant laquelle il n'y a personne. C'est bon signe ça. Je décide de rester debout.

Tien un visage familier. Je fait un signe de tête pour saluer Esteban. Il est...égal à lui-même j'ai envie de dire. Il a l'air d'avoir fait du chemin depuis le temps. Les autres ne me disent rien et je suppose que la blonde décolorée sur son trône est la nouvelle propriétaire. Je me met devant l'un des rideaux et j’attends sans la lâcher du regard. Peut être que ma sentence sortira de sa bouche. Et comme j'ai décider de regarder la mort dans les yeux.. On dirait qu'elle vient d'un autre temps d'une autre époque. Pour le coup je fais plus que tâche dans ce décor. Une façon inconsciente, je suppose, de montrer mon refus d'être chimolo. Mais je sais maintenant que se refus ne sert à rien.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Jeu 24 Nov - 15:29

La grande porte de bois s'ouvrit, laissant passer une première silhouette. Ailin fut ravie de constater qu'il ne s'agissait de personne d'autre que Mia. De toutes les figures qu'elle allait voir ce soir, celle de sa vieille amie était probablement la plus rassurante. Surtout maintenant qu'elle avait retrouvé l'apparence et la posture adéquates, selon elle, à l'entretien de leur relation. Elle n'aimait pas être vue en position de faiblesse par ses alliés. Moins encore que par ses ennemis.

Elle lui offrit un sourire radieux en réponse à son compliment, et la salua d'un mouvement de tête avenant. Elles étaient seules avec Léonard et Jesse. C'était encore quelque chose qu'elle pouvait se permettre. L'image qu'elle aurait ensuite à montrer durant l'assemblée des vampires serait bien différente.

"Mia. J'entends et j'apprécie ton agrément. Il me tarde de reprendre notre collaboration là où nous l'avions laissée, à Atlanta."

Elle se tourna ensuite brièvement dans la direction du seul humain de la pièce. Jesse était assis à côté de son siège d'une manière qui montrait nettement leur relation hiérarchique. Ce soir, il était son calice dévoué. Bon... Il l'était déjà en temps normal, mais il fallait bien avouer qu'il n'était pas toujours aussi docile, chose qui l'aurait profondément ennuyée et avec laquelle elle n'aurait pas autant apprécié sa compagnie. Tout cela faisait partie d'une mise en scène finement calculée. Elle avait tenu à ce qu'il soit présent non seulement parce qu'elle voulait faire étalage du pouvoir qu'elle possédait déjà, mais aussi parce qu'elle avait la ferme intention de faire de lui l'un des légitimes membres de cette assemblée, plus tôt que tard, d'ailleurs. Et elle lui réservait une place de choix. Elle lui avait demandé d'observer leurs sujets et d'apprendre de leurs comportements. Elle savait que c'était un rôle qui lui seyait à merveille et qu'il allait adorer. Tout comme cela avait été son cas, à l'époque, quand Sigmund avait fait de même avec elle. Elle eut un sourire doux à son égard. Il avait même fait l'effort d'accorder sa tenue aux couleurs qu'elle arborait... Elle passa une main fine dans les cheveux de l'humain, avant d'être obligée de se désintéresser de lui.

Le nez dressé, elle prit subitement de la hauteur. Royalement inatteignable, elle se tourna vers la porte qui venait à nouveau de s'ouvrir pour laisser passer un nouveau vampire. Celui là, elle ne l'avait jamais vu. Elle était d'ailleurs bien incapable de deviner la plus probable des manières dont elle aurait dû le genrer. Cela ne la perturbait guère. Elle se contenterait de ne pas le faire jusqu'au moment où le sang de cette frêle créature passerait entre ses lèvres et où les informations qui lui manquaient viendraient remplacer ses actuels doutes. La petite personne se cala dans un coin de la pièce, l'air nerveux et particulièrement mal à l'aise. Elle retint un rictus amusé. Les portes s'ouvraient encore. Bientôt, le gros des invités rentrerait dans la salle et viendrait s'installer. Elle préférait garder la mine impassible, neutre jusqu'au moment où elle s'adresserait à eux et laisserait entendre la couleur dont son nouveau règne serait affublé. Le rouge serait probablement dominant, à en croire la nécessité de cette ville en perdition.

Elle reconnut l’héritier Luz-Descalzo, dont elle savait qu'il avait œuvré avec Bess Butler à la chute de Camille Laroche Saint-Clair. Une trace d'intérêt naquit dans ses yeux. Ce jeune vampire l'intéressait. C'était une créature toute en contrastes et toute en contradictions, ce qui par principe faisait un spectacle appréciable. Mais ce n'était pas tout. Il était riche, et il était puissant. L'ancienne Tutrice avait été bien avisée de se servir de lui comme elle l'avait fait. De la même manière, Ailin devrait le garder dans sa poche tant parce qu'il renforcerait la main qu'elle avait sur la ville, que parce que le contraire eut pu lui être dangereux. Il était indécemment fragile et indécemment agaçant, mais aussi indécemment influent. Indécemment bien habillé, fut-elle bien obligée de s'avouer. Il paraissait presque adulte, attifé de la sorte et muni de cette expression confiante qu'elle ne lui avait jamais vue auparavant - surtout pas quand il s'était présenté aux Plaisirs Coupables il y avait quelque chose comme deux ans et demi. Dans d'autres circonstances... Bref. Un peu de sérieux.

Comme les autres avant lui, elle salua le jeune homme. Une dizaine de vampires entrèrent et s'installèrent. Certains faisaient partie des anciens sujets de Sigmund à Atlanta et à leur tour, ils eurent droit à leur moment d'intérêt, quoique groupé car ils étaient arrivés trop nombreux pour qu'elle leur accorde un regard à chacun.

Une nouvelle arrivée, plutôt colorée et remarquable. Ailin observa avec un intérêt évident une fusée rousse débouler dans la pièce. Cette vamp là, elle l'avait déjà vue aux Plaisirs Coupables. Elle ne s'était jamais vraiment intéressée à elle, mais son visage ne lui était pas inconnu. Elle paraissait particulièrement remontée...  Nerveuse ? Avait-elle quelque chose à se reprocher ? En tous les cas, il aurait été difficile de manquer l'hostilité qu'elle jeta dans sa direction quand elle prit la parole pour la saluer. Dans une langue qu'elle ne pratiquait pas, mais qui ressemblait suffisamment au peu de bribes latines qu'elles connaissait pour qu'elle en comprenne la teneur. Dans un autre contexte, elle se serait peut-être amusée à lui répondre en écossais ou en suédois. Malheureusement il n'était pas question de s'amuser, ce soir. L'instant était trop important pour qu'elle se laisse aller aux caprices de son humeur. Elle avait une lourde responsabilité, et devait agir en fonction. Une fois de plus, elle se contenta donc d'un hochement de tête noble et d'un sourire aseptisé. Froide et distante, elle asseyait prestance et autorité, et se préparait pour la prise de parole qui allait suivre.

D'autres minutes encore passèrent. et la salle commença à être bien remplie. L'heure dite arrivait. Elle sentait une agitation couver. Les vampires s'impatientaient. Des regards étaient tournés sur elle et ne quittaient plus sa silhouette, certains approbateurs, d'autres neutres, d'autres ouvertement hostiles. Elle était certaine que tous n'étaient pas (encore ?) arrivés, mais elle ne les attendrait pas plus longtemps. Elle n'était pas responsable des retardataires, qui devraient d’ailleurs se justifier de leur absence avec brio, car elle ne ferait pas de cadeaux aux insurgés.

Souveraine, elle se leva de son siège avec une telle délicatesse qu'on l'eut presque vue glisser d'une position à l'autre sans discontinuité. Elle avança pour faire face à l'assemblée, et attendit que les discussions se taisent et que tous les regard furent tournés sur elle. Il ne fallut que peu de temps. Ailin possédait une forme d'autorité naturelle qui lui serait probablement très utile dans les prochains mois.

"Mes frères et sœurs de sang. Il est temps d'en venir aux raisons qui nous réunissent ici ce soir, en cette magnifique salle du Domaine Beauregard, où l'Histoire de notre communauté se joue une fois supplémentaire. Je vois à vos regards que certains me connaissent déjà. D'autres se demandent probablement quelle mouche a piqué le Conseil de nominer une inconnue à la tête des vampires de la ville. Laissez moi donc me présenter afin de couper court à tout malentendu. Je me nomme Ailin Dyce, et jusqu'en 2049, j'étais aussi l'Ombre de Sigmund Möller, mon regretté Créateur, et Maître de la Ville d'Atlanta, en Géorgie. Un désaccord politique a mené à la fin de la gouvernance de Sigmund, et à mon arrivée ici, en Louisiane, et dans cette belle ville qu'est la Nouvelle-Orléans. A la destitution de Camille, le Conseil Vampirique a jugé mon expérience à même d'être mise à contribution dans l'espoir de redresser la situation compliquée dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Soyez assurés de la pertinence des avis de nos aînés."

Ferme et confiante, elle balaya la salle du regard sans laisser les réactions sceptiques ou méprisantes l'atteindre de la moindre manière.

"Et je voudrais d'ailleurs dire un mot rapide concernant les événements sordides au centre desquels se trouve notre communauté, devenus bien trop courants, faute au laisser-faire intolérable dont le Pouvoir a fait preuve ces dernières années. Vos craintes et votre mécontentement sont aussi les miens. Sachez qu'une telle négligence ne se produira plus jamais tant que je serai à la tête des vampires de cette ville, aidée par des personnes compétentes, dont je connais déjà la valeur pour l'avoir éprouvée en Géorgie."

Elle se tourna vers Mia à qui elle accorda un sourire bienveillant et qu'elle invita à la rejoindre en tendant la main dans sa direction.

"Parmi ceux là figurent quelqu'un que vous connaissez déjà bien, puisqu'il ne s'agit de personne d'autre que Mia Magnusson, Bourreau de Camille et qui sera aussi le mien, cela va sans dire, car ses capacités ne peuvent être remises en question. Cette coopération fructueuse devrait dès très bientôt faire entendre parler d'elle, ainsi que vous aurez l'occasion de le découvrir."

Elle attendit que Mia s'approche. Cette invitation était un geste politique qui n'était pas anodin. Avec le Bourreau à sa droite, tandis qu'elle discourait, elle annonçait en des termes clairs la dureté des méthodes dont elle avait l'intention de faire preuve pour que le calme retombe sur la ville.

"Mais loin de moi l'idée de mettre à l'écart les résidents de longue date, dont l'aide et l'implication seront jaugées et appréciées avec autant d'ouverture que celles de mes anciens amis. D'ici quelques temps, des nominations auront lieu pour donner à notre hiérarchie locale le commandement productif, fonctionnel, dont elle a trop longuement manqué."

Nouveau temps d'arrêt qu'elle marqua, avant qu'un sourire de sadisme sucré ne monte sur ses lèvres, surmonté d'un regard aride, si détaché de toute forme d'humanité, qu'il en devenait glaçant d'effroi. C'était ici que son absence de miséricorde lui devenait plus utile que jamais.

"La reprise s'opère dès ce soir. Ceux qui ne daigneront pas se présenter au Rituel devront répondre de leurs actes à moins de vouloir terminer de la pire des manières. Ce rituel pourpre est aussi l'occasion pour moi de faire le point sur les problèmes que chacun d'entre vous a pu rencontrer au cours des dernières années. Je pense notamment aux plus jeunes d'entre vous, amenés à faire partie des nôtres contre leur gré. Injustice qui, dans une majeure partie des cas, n'a pas encore été réparée. C'est l'une des choses auxquelles je compte m'atteler activement. Il est hors de question qu'on continue de parler de viols sanguins en pagaille, et de transformations forcées, et de vampires nouveaux nés abandonnés sur le pavé comme de vulgaires mouchoirs usagés. Une majeure partie de ces pratiques étaient déjà proscrites avant que la Révélation ne nous oblige à resserrer nos législations. Elles sont indignes de nous, et ceux qui les propagent paieront le prix en conséquence. Et je n'ai cité qu'un court extrait des problèmes auxquels il nous faudra nous confronter activement."

Le visage grave, elle marqua un dernier temps au cours duquel elle balaya encore la salle de son regard inquisiteur.

"Les actions seront privilégiées sur les discours stériles, n'aboutissant qu'à un immobilisme malsain et qu'à des compromis mollassons, à long terme plus que contre-productifs. C'est pour cette même raison que j'arrête ici de parler, car tout est dit. Je vous demanderai de monter sur l'estrade l'un après l'autre afin que nous procédions à la lecture du sang, ainsi qu'il est d'usage. Et la première d'entre vous est déjà avec moi."

Elle se tourna vers Mia, que d'un sourire et de deux bras tendus, elle invita à approcher.


Règle pour les tours à venir :


Avant/Pendant le premier tour de post : Réaction de Jesse à l'introduction de la cérémonie.

Dans l'ordre d'arrivée, pour chaque personnage :
  • Post de réaction à l'introduction de la cérémonie. Le personnage se lève et s'avance vers Ailin pour recevoir la morsure.
  • Court post d'Ailin en réaction.
  • Post de morsure du personnage donnant lieu à un flashback où le sujet voit sa vie défiler tandis que ces informations sont transmises à Ailin.
  • Court post d'Ailin en réaction, pouvant éventuellement donner lieu à la prise d'un rendez-vous personnel.
  • Court post où le personnage retourne à sa place.
  • Intervention de Jesse

Passage au personnage suivant.

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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Ven 25 Nov - 18:09

La nouvelle de la nomination d'une Nouvelle Maîtresse de la Nouvelle-Orléans avait fusé à la vitesse de la poudre. La destitution de Camille Laroche-Saint Clair était sur toutes les lèvres de quiconque un minimum intéressé.e par la communauté vampirique depuis des mois, et tous attendaient l'identité de la personne qui la remplacerait. Jesse avait eu ouï dire que la Tutrice, Bess Butler, était en tête des sondages, aidée par l'influence du jeune Luz-Descalzo (comme quoi, le jeune homme avait peut-être appris à communiquer efficacement, et pas uniquement à faire parler de lui lors de ses excès).

Ce qui expliqua potentiellement la surprise qu'il ne parvint pas à cacher quand Ailin en personne lui annonça la nouvelle.

Il fallait aussi dire qu'elle avait sonné en plein milieu de la nuit, alors qu'il était déjà couché depuis plusieurs heures. Le norme en avait sursauté dans son sommeil et s'était traîné jusqu'à la porte avec la certitude d'y trouver Ailin. Ce n'était pas comme si n'importe qui d'autre pouvait chercher à le voir à cette heure, mais la partie la plus éveillée de son esprit se demandait bien ce qu'elle pouvait lui vouloir. Jesse avait ouvert sans grande conviction et jeté un regard à la fois peu réveillé et peu amène sur la vamp. Regard qui s'était éclairé (malgré l'absence de lunettes qu'il n'avait pas pris la peine de mettre sur son nez) quand il avait remarqué sa tenue. Et son regard à la fois exalté et interdit.

"... Comment ?"

Comment avait-elle pu gagner le droit de porter à nouveau des tenues féminines sans la supervision de Précieuse ? Parce qu'il était convaincu que la wiccane n'était pas dans le coin, pour de nombreuses raisons. Il avait fait entrer la vampire, qui lui avait expliqué les raisons de sa venue. Sa nomination. Et tout ce que cela impliquait.

Elle le voulait au Domaine dès le lendemain soir, pour le Rituel Pourpre. Elle avait déjà tout prévu, et Jesse l'avait écoutée avec ce petit sourire caractéristique de leurs entretiens. Il n'était pas contre l'idée. Du point de vue de ses recherches, c'était même une véritable aubaine : assister à un Rituel Pourpre, lorsqu'on est un norme, n'est pas donné à tout le monde. D'autant plus lorsqu'on est invité par le haut du panier. Et puis... Ailin voulait qu'il vienne. Il n'allait pas lui refuser ce plaisir.

Jesse n'avait pas beaucoup dormi quand il se mit en route pour l'Université le lendemain matin. Heureusement, pas de cours prévus, seulement de la recherche. Il faillit s'endormir sur ses statistiques, ce qui ne passa pas inaperçu auprès de certains de ses collègues, mais ils connaissaient tous bien trop son caractère pour lui faire la moindre remarque, d'autant qu'il avait déjà répondu aux regards en coin un peu rieurs par son humeur sombre et désintéressée habituelle.

A la fin de la journée, il avait pris le temps de passer en ville avant de rentrer chez lui se changer. Ailin avait laissé tomber des détails sur sa tenue le long de leur conversation, et il avait estimé qu'il serait plus crédible de jouer le jeu jusqu'au bout. L'humain avait donc opté pour l'achat d'un gilet en brocart sombre, brodé de doré, qui serait du plus bel effet sur une chemise blanche et un pantalon noir. Sobre, mais élégant, comme à son habitude et tel que, il le savait, cela plairait à la vamp.

Le doctorant avait ensuite rejoint le Domaine Beauregard peu avant les autres invités, conscient que la nouvelle Maîtresse devait avoir encore bien des choses à préparer. Et même si l'idée de l'ennuyer un peu était... particulièrement tentante, la soirée était trop importante pour qu'il prenne la liberté de jouer un rôle autre que celui qu'on lui avait octroyé ce soir. Il avait parcouru les différentes pièces avec un intérêt non dissimulé, son petit côté historien-anthropologue titillé. Ces murs devaient avoir connu des siècles d'histoire vampirique, et semblaient bien partis pour encore des centaines d'années. Comme il serait intéressant de connaître les secrets que ces pierres et tentures recelaient.

Laissant ses chaussures et son manteau dans une pièce annexe, Jesse s'était avancé dans le salon principal et ses prunelles grises avaient effleuré l'ensemble de la pièce avant de se poser sur la nouvelle propriétaire des lieux, magnificence pure. Nonchalant, il s'était approché d'un pas rendu silencieux par l'absence de chaussures (mais pas assez pour des vampires, cependant) et avait posé une main sur la joue de la vamp, sourire en coin.

"Vous êtes resplendissante, Maîtresse."

Il avait ensuite continué son chemin sans attendre la moindre réponse ou réaction et avait pris la place qu'on lui avait assignée. Agenouillé face à l'entrée, juste à côté du somptueux fauteuil où la Maîtresse de séant s'assit à son tour pour attendre ses invités. Mains docilement posées sur ses cuisses, Jesse patientait, avec cette étincelle de curiosité presque malsaine dans le regard. La soirée qui s'annonçait ne serait comparable à aucune autre, il le savait déjà.

Il reconnut la première arrivée comme le Bourreau officiel de l'ancienne Maîtresse de la ville. De ce qu'Ailin lui avait révélé de Mia Magnusson, nul doute qu'elle garderait son rôle durant ce règne-ci. D'autant que l'attention particulière dont Ailin faisait preuve dénotait l'amitié qu'elles pouvaient se porter. Il sentit soudainement une main légère passer dans ses cheveux et tourna un regard intrigué vers l'instigatrice du geste, non sans un sourire satisfait. Ils n'eurent cependant pas le temps de communiquer plus que cela, car les invités commençaient à arriver en nombre, et l'un comme l'autre avaient des obligations.

Il était intéressant de voir combien les comportements d'Ailin et de Jesse pouvaient être similaires. Tous deux observaient l'affluence des vampires de toute la ville, l'une avec une dignité royale, l'autre avec un intérêt savamment dissimulé derrière ses lunettes. On ne prêtait pas la moindre attention à l'objet-humain qu'il était, ce qui était exactement l'objectif recherché. On ne se méfie jamais assez que ce que des yeux inconnus (et peu considérés) pouvaient analyser. Plus encore lorsqu'il s'agissait de sa spécialité.

Certains des visages qui passaient la porte lui étaient connus, soit pour les avoir croisés dans le Quartier Sanglant, soit parce qu'ils faisaient partie de l'ancienne hiérarchie (et qu'il était très bien renseigné), soit par qu'il s'était servi d'eux comme de sujets de recherche. D'autres étaient des visages totalement inconnus et c'était principalement vers eux que ses yeux se tournèrent. Un être d'apparence fragile qui ne donnait aucune envie d'être ici, une personne qui s'élançait en conquérante en prônant des mots qui lui sont inconnus... provocatrice, mais pas aussi sûre d'elle qu'elle voulait bien en donner l'air, car le norme ne manqua pas ses légers regards vers les lourds tissus dissimulant les fenêtres. Et son signe de tête à... ah. Elle connaissait l'héritier Luz-Descalzo. C'était un indice à prendre au sérieux. Avec un sourire sarcastique, Jesse se demandait si le jeune homme le reconnaîtrait. Pas qu'il ait été très attentif en cours, même si les raisons lui paraissaient évidentes à présent.

Un léger courant d'air sur le côté le prévint qu'Ailin s'était levée. Il baissa brièvement la tête, respectueux, et la laissa commencer son discours avant de la relever juste assez pour observer les réactions de la foule. Observateur, son regard glissait sur l'auditoire, ne s'arrêtant jamais assez sur une personne en particulier pour que cette dernière ne le note, mais suffisamment pour qu'il puisse observer le plaisir, la contrariété ou même la peur émaner de certains.

Si ses yeux étaient sur les personnes lui faisant face, ses oreilles étaient rivées sur le discours de la nouvelle Maîtresse Vampire. Et un nouveau sourire satisfait s'entendit sur ses lèvres. Ailin amenait, par ses paroles, la manipulation des foules à un tout autre niveau. Elle parvenait à menacer l'ensemble tout en montrant sa compassion pour des individus et son absence de clémence pour quiconque lui désobéirait, le tout sur un ton et des formulations qui rendaient impossible de s'insurger sans montrer que l'on avait vu clair dans son jeu. Et pour cela, il aurait fallu appartenir à l'un des partis concernés. C'était brillant, et une étincelle de fierté filtra dans le regard qu'il posa brièvement sur son dos, avant de baisser à nouveau la tête.

Le discours d'investiture touchait à sa fin, annonçant le début du Rituel Pourpre en lui-même. Jesse scanna la salle une nouvelle fois. Apparemment, l'annonce d'actions ne plaisait pas exactement à tout le monde. Il y en avaient vraisemblablement pour qui l'immobilité de Camille allait être regrettée... de manière expéditive.

Changeant rapidement de position pour s'asseoir en tailleur (et ainsi éliminer provisoirement les fourmis qui commençaient à lui chatouiller les pieds), Jesse tourna la tête vers le premier "couple" du rituel avec un intérêt non feint. C'était quand même quelque chose, d'assister à la lecture du sang de l'intérieur, sans être vampire soi-même. Il avait plutôt hâte de voir cela.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Ven 20 Jan - 14:06

Ciel faisait à peu près tout pour éviter d'on lae remarque. Se mettre dans un coin avait été une bonne idée sembla-t-il; les vamps qui entraient ne semblaient pas faire attention à ellui. Heureusement d'ailleurs. Malheureusement, la personne siégeant sur le trône l'avait bel et bien remarqué. Cela aurait été surprenant autrement, mais cette réalisation ne venait pas sans une certaine angoisse à l'idée d'être sous les projecteurs mentaux de cette personne. Il sentit ses yeux sur ellui; iel détourna ses yeux sur des décorations pour essayer d'ignorer cette sensation. Aussitôt iel ne se sentit plus observé.e, et pu à nouveau regarder la salle avec des yeux humides. La sensation de ne pas être à sa place était plus forte que toute autre.

Iel regarda le trône et les gens à côté. Quelle fut sa surprise lorsqu'iel réalisa qu'iel n'avait pas vu la silhouette à côté de la maitresse de la ville. Si iel avait eu un coeur, il se serait mit à battre rapidement. Il n'y avait rien de surprenant à ce qu'un humain, certainement un calice, fasse partie de l'assemblée... Mais pour un rituel pourpre, Ciel s'était attendu à ce qu'il n'y ait que des vampires... Secouant intérieurement la tête, iel détourna son attention sur les autres invités.

Quelqu'un fit son apparition, bien vêtu dans un costume trois pièces. Ciel ne pu s'empêcher de regarder ses chaussures, du même genre que ce qu'Erika lui avait donné, mais dont la brillance lui donnait presque le tournis. Voir cela lui rappela inévitablement qu'iel était chaussé.e, et que c'était fort désagréable. Suivant les mouvements du vamp des yeux, iel le vit saluer les hôtes, puis... Trébucher légèrement? Lae vamp fronça un sourcil. Avec toute la finesse dont il avait fait preuve, c'était plus étonnant qu'autre chose qu'il trébuche. Est-ce que cela avait été volontaire? Etait-ce une façon de se démarquer, attirer l'attention sur lui? Difficile de dire quel était l'intérêt d'une telle chose, surtout pour Ciel qui voulait juste devenir un caméléon pour se fondre dans le décor, ou une fougère, ou même un ficus.

Il reprit non sans mal un peu de sa posture et partit s'assoir. Ciel aurait cessé de faire attention à sa personne s'il n'avait pas gardé son regard fixement sur ellui. Etre sujet d'inspection quelconque était une chose terrifiante, et il n'y avait pas Seb à côté pour lae rassurer que cette personne était peut-être juste curieuse à son égard. La seule chose qu'iel pu faire, c'était de retourner ce regard fixe, non sans garder des yeux de chouette, larges et immobiles. On aurait pu dire que c'était un regard un peu prédateur, comme fixé sur une proie vu de l'extérieur, mais c'était un tel chantier dans la tête de Ciel dans cet instant qu'iel ne pouvait même pas s'en rendre compte. Iel était tétanisé.e à l'idée qu'on lae regarde.

Cet écart d'attention, qui demeurait encore et toujours fixée sur l'individu bien vêtu, Ciel rata l'entrée d'une autre vamp, qu'iel ne vit que du coin de l'oeil. Malgré tout, iel ne pu détourner les yeux de chouette dans une quelconque direction. Iel était fait.e de marbre dans l'instant, incapable de se sortir d'une torpeur qui lui était interne... Jusqu'à ce qu'iel aperçoive du mouvement. La Maîtresse de la ville se leva. Immédiatement Ciel la regarda, non sans se rendre compte qu'iel avait planté ses ongles dans le mur derrière ellui. Seb ne serait pas très fier de voir ça.

L'autorité et le charisme de la Maîtresse vamp ne faisait aucun doute lorsque sa voix s'éleva pour s'adresser à l'assemblée. Ciel ne se sentit pas très concerné.e par le début du discours; iel ne connaissait personne ici, et n'avait aucunement l'intention d'aller contre la décision de qui que ce soit en pensant du mal d'un quelconque Conseil. Iel apprenait à faire des divisions en ce moment, pas de la politique. La vamp dit enfin son nom, et Ciel stocka l'information dans un coin de sa tête pour s'en souvenir. Il y avait tant d'informations qui entraient quotidiennement dans sa tête, iel avait peur d'oublier certaines choses, comme si elles allaient être remplacées par d'autres.

Iel écouta attentivement les mots, non sans froncer un peu les sourcils. Ciel ne comprenait rien aux histoires politiques, des événements et de la situation compliquée dans laquelle iels se trouvaient tou.te.s. Iel allait devoir se renseigner un peu plus... Mais l'envie ne s'en faisait pas pressante. Les sentiments dans l'assemblée semblaient partagés, chose que Ciel observa de loin, comme pour mettre une étiquette sur quiconque pourrait avoir un comportement dangereux... Lae vamp savait assez bien ce que c'était de se laisser emporter par ses émotions. Iel dressa un sourcil lorsque la Maîtresse Vampire dit énoncer certains des problèmes. Maintenant elle avait toute l'attention de lae vamp, qui voulait juste comprendre ce qu'il se passait, et quel risque iel et Seb pouvaient encourir.

C'était bizarre d'être présent.e mais ne rien comprendre, ne pas avoir la sensation qu'iel était à sa place, et méritait sa place en ce lieu. C'était terrifiant, et Ciel visualisait bien les vampires aux alentours se retourner contre ellui parce qu'iel ne faisait pas partit des leurs. Ce n'était pas près d'arriver, mais tout son être lui hurlait de juste partir avant qu'iel fasse une bêtise et attire l'attention de tout le monde. Rester concentré sur le discours n'était pas chose facile quand iel avait l'impression d'avoir une épée de Damoclès au-dessus de sa tête.

Ca parlait de nominations et de hiérarchie... Sebastian lui en avait parlé un peu, mais Ciel avait du mal à se sentir concerné.e. C'était déjà une épreuve d'être là sans lui, iel se voyait mal occuper une quelconque place ailleurs que dans le petit appart à traîner dans le canapé à étudier ses cours.

Iel essayé néanmoins de suivre chaque mot, comprendre chaque sens, chaque phrase... Mais déjà sa tête était embrouillée par la peur, et l'envie de revoir Seb au plus vite. La froideur avec laquelle la menace se présentait avait quelque chose de plus terrifiant et familier qu'autre chose. Subitement iel revit le visage d'Enrick, son bourreau qui l'avait persécuté pendant un siècle... Il avait été bon à menacer, et à mettre ces menaces à exécution. Il n'y avait rien de plus terrifiant que de lier mentalement cette nouvelle Maîtresse de la ville au vamp qui l'avait torturé.e. L'image de son bourreau était telle qu'iel vit à peine la vamp rousse monter vers la vamp charismatique et autoritaire, noyé.e dans ses souvenirs qui faisaient qu'iel regardait le sol à ses pieds, yeux larges et immobiles.

Iel dû se secouer, se souvenir de ce que Seb lui disait, que c'était passé, qu'iel était en sécurité maintenant, et qu'il ne laisserait personne lui faire du mal. La réalisation fut imprégnée au bon moment... C'était son tour. Iel s'était avancé.e sans vraiment le savoir, se mettant en ligne avec les autres. Iel était figé.e, immobile, terrifié.e.

Maintenant il n'y avait plus personne entre Ciel et la Maîtresse Vamp. Iel avança d'un pas, peut-être trop rapide, peut-être trop lent, contrôlé le plus possible et pourtant trahissant une incertitude totale. Iel était enfin devant Ailin, et iel leva les yeux vers elle, terrifié à l'idée de revivre quoi que ce soit de son passé... Mais iel étendit la main, sachant déjà que la morsure était inévitable.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Sam 11 Mar - 17:45

Mia était montée sur scène, et son rituel pourpre avait tenu lieu d'ouverture pour cette cérémonie. Les souvenirs de son amie avaient assaillis Ailin. Certains qui lui étaient familiers... D'autres, au contraire, très nouveaux. Voir le visage de Sigmund émerger des mémoires de la rousse la déstabilisa légèrement mais par chance, les choses avaient changé. Cette image ne fut pas aussi bouleversante qu'elle aurait alors pu l'être, quand bien même Ailin aurait su garder bonne figure dans tous les cas.

Le bourreau redescendit, et le bal des morsures commença. Ailin buvait avec autant de retenue que possible. Il n'y avait rien de bon à abuser du sang de vampire et ce soir, elle allait s'en abreuver à de nombreuses sources différentes. Sa compréhension de chacun des sujets de la ville augmentait au fur et à mesure qu'elle partageait leur suc. Elle sentait un lien puissant naître entre elle et chacun d'entre eux. Une influence qui, progressivement, montait, grouillait en elle telle une boule d'énergie grisante. C'était une expérience incroyable que de vivre l'autre côté du rituel pourpre. Elle se sentait étourdie, l'esprit toujours et encore plus étendu chaque fois qu'elle plongeait ses crocs dans une nouvelle pomme de connaissances.

Enfin, une créature frêle s'avança dans sa direction. Avec son air effrayé et son apparence ambiguë, elle avait déjà attiré son attention au préalable. Quelque chose en elle attirait Ailin, qui se trouvait à la fois intriguée, et aussi attendrie qu'elle était capable de l'être (... soit pas énormément, certes). Peut-être était-ce une fausse impression, mais elle sentait comme un fil qui d'avance la reliait à ce vampire aux cheveux clairs. Un point commun qu'ils partageaient, peut-être... Elle ne pouvait évidemment pas en être certaine, mais elle n'aurait pas été étonnée d'apprendre qu'ils partageaient le même type de "non conformité".

L'enfant paraissait terrorisé. Peut-être n'en avait-il que l'apparence, mais tout dans son attitude indiquait un jeune âge, si bien qu'Ailin ne le pensait pas très ancien. Il fallait dire qu'elle avait fait en sorte de faire passer un message dur, cruel. Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce qu'il la craigne, elle et l'autorité qu'elle incarnait désormais.

Ailin se devait aussi, paradoxalement, d'être une figure de bienveillance à l'égard de sa communauté. Lorsque la situation l'exigeait, le masque souriant tombait, laissant place à l'être froid, pragmatique, qu'elle n'avait aucun mal à devenir lorsque c'était nécessaire. Reste que cette cruauté n'était pas gratuite : son rôle exigeait qu'elle soit au service des vampires de la Nouvelle-Orléans. La répression qu'elle avait promise était une condition nécessaire pour qu'ils puissent vivre en harmonie avec les autres espèces, et en particulier les normes qui ironiquement se trouvaient être les plus dangereux pour eux, faute aux idées extrêmes que certains pouvaient couver.

C'était bien pour cela qu'on avait forcé les vampires à cesser de tuer impunément suite à la Révélation, après tout. Le Conseil n'avait strictement rien à faire du bien-être des normes. Tout n'avait jamais été question que de préserver leur espèce en évitant de donner à leurs proies des envies de génocides.

Le temps des menaces était donc révolu. L'heure était venue de se montrer douce et généreuse. Dans le cas de son actuel vis-à-vis, ce n'était pas bien difficile. Elle l'aimait bien, ou du moins aimait-elle bien ce qu'elle voyait. Elle était donc presque sincère tandis qu'elle ouvrait ses bras pour l'accueillir, avec aux lèvres un sourire rassurant qui lui montait jusqu'aux yeux. Ses prunelles grises, un temps glaciales tandis qu'elle prononçait le discours d'introduction, débordaient dorénavant d'une chaleur apaisante.

Malgré tout elle ne se contenterait pas de mordre son bras, ainsi que le vamp le lui proposait. L'étreinte, la morsure dans le cou, étaient autant de symboles qui actaient sa prise de contrôle. Elle pouvait se montrer avenante, accueillante, mais elle ne transigerait pas. Car elle ne laisserait personne remettre en question son autorité. Par ce geste muet, montrant qu'elle attendait de son vis-à-vis qu'il s'approche réellement, elle entendait se faire comprendre avec douceur, mais fermeté.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Dim 12 Mar - 17:50

Ciel ne s'était pas aperçu.e que la nouvelle Maîtresse de la ville ne se satisfaisait pas juste d'une morsure dans le bras... Iel n'avait pas voulu trop porter son attention sur ce qu'il se passait avec les vampires devant lui, mais peut-être aurait-il été sage d'anticiper un peu mieux... Malheureusement iel était une boule de nerfs incertaine, qui ne savait ni où se mettre, ni comment se tenir, et pourtant iel n'avait pas le choix que de s'avancer.
Le message froid et rigide qu'avait fait passer la maitresse vamp avait fait son effet sur lae vamp qui regrettait déjà d'être sortit d'une boîte en pleine redirection politique. Malgré tout Ciel tentait tant bien que mal de se maintenir dans un état de calme, mais c'était dur sans sa musique, et il doutait que se pointer devant la maitresse de la ville avec un casque sur les oreilles aurait fait bonne impression... Les efforts demeuraient vains, iel tremblait, et était quasiment transparent.e dans sa crainte de la situation. Ce n'était pas comme si Seb ne l'avait pas préparé.e, mais restait que devant le fait accompli, Ciel n'était pas prêt.e.

Aux premiers abords, Ciel n'arrivait pas à comprendre le regard que la Maitresse de la ville avait posé sur ellui. Elle portait en ses yeux quelque chose d'indéchiffrable, mais quelque chose dans le fait d'être plus proche laissait transparaitre une once d'émotion compréhensible. Il y avait quelque chose, était-ce de la curiosité, de l'intérêt envers ellui? Iel n'était pas certain.e et ne voulait surtout pas se faire d'illusions : l'expérience n'allait être agréable en aucun cas. La terreur que cela provoquait en ellui lae suivit pour monter jusqu'à la Maitresse. Comme dit avant, iel n'avait pas vu les autres et la façon dont la morsure se faisait... Ciel avait tendu son bras, seulement pour la voir ouvrir les siens afin d'encourager une étreinte. Iel eut une montée d'angoisse à l'idée d'être aussi proche de quelqu'un d'autre que Seb, mais c'était nécessaire, et quelque chose dans les yeux de la maitresse lui disait que ça irait bien... Ou du moins pas aussi mal que ce qu'iel était capable d'imaginer.

Poussant ses peurs au fin fond de son esprit, iel avança et se laissa tenir. Il y avait quelque chose d'étrangement chaleureux dans l'instant, comme une invitation plus qu'à un devoir ou un ordre. Certes il y avait une fermeté avec laquelle iel était tenu.e, mais ce n'était pas dans le but de faire peur ou quoi... Juste de faire passer un message, clair et précis.

Puis vint la morsure. Ciel ferma les yeux, la peur remontant comme une fièvre enfin retombée, qui nous prend au dépourvu. Les images défilaient devant ses paupières, les bras frêles de sa mère alors qu'elle lui expliquait qu'iel ne pouvait sortir au soleil au risque d'en souffrir... La malnutrition, la fragilité de sa famille, le labeur pour avoir de quoi survivre. Puis les murmures de la guerre, la montée des tensions et ainsi le départ de ses frères au front.
La mort de sa mère, la douleur de la perte, la rencontre avec Hannah, qui l'avait transformé en ce qu'iel était aujourd'hui. Elle avait été tellement compréhensive avec ellui sur beaucoup de points, notamment elle s'était rendue compte que le fait de genrer Ciel lae mettait mal à l'aise en général. Iel ne vit que brièvement les années de paix avec elle, où se nourrir n'était pas un problème mais un jeu... Iel se revoyait en train de courir dans l'obscurité des champs de bataille, sautant sur les soldats endormis pour leur arracher la gorge et soutirer leur sang. Peu importe le camp, peu importe le côté de ces soldats, Ciel prenait grande fierté à être plus vi.f.ve et rapide que Hannah.

Puis trop vite... Enrick. Si Ciel avait encore eu un coeur, celui-ci se serait mis à battre follement, mais malgré ce manque de réaction humain, iel ressentait la terreur lae prendre entre ses griffes, lui tenant l'estomac comme une corde qui se resserrait autour de tout le self-contrôle qu'iel avait acquis au cours des dernières semaines. Il lui fallu toute sa force pour se retenir de crier et repousser la maitresse vampire. Iel revit la cave, l'éternelle et sombre cave de laquelle iel n'était pas sorti.e en cent ans. Iel revit, fragment par fragment, jour par jour la torture, la prise de son sang, l'épuisement... Le manque de sang, l'incapacité de bouger qui était venue avec. Etre à la mercie d'Enrick n'avait pas laissé une seule trace positive. La peur du silence et de l'obscurité, la claustrophobie latente... Ca et le fait qu'Enrick l'avait mis.e très mal à l'aise en étant déterminé à lae genrer au masculin, plus par malice qu'autre chose. Ciel avait tenté de lui expliquer une seule fois, lors d'un moment où son bourreau avait parut plus détendu et attentif à ses demandes... Autant dire que rien n'avait été fait pour améliorer le rapport de Ciel à son genre, ou absence de ce dernier.

La manipulation du vampire SS défilait maintenant devant ses yeux, l'habitude de claquer des doigts en guise de signal pour attaquer ou boire le sang d'une proie, la déshumanisation progressive de Ciel, qui en était venu.e à n'user que d'instinct bestiaux, puis était devenu le jouet favori d'Enrick. Iel entendait les cris et les rires lorsqu'iel se battait contre divers créatures sur ordre de son maître, les métamorphes, parfois d'autres vampires, parfois de simples humains. Le divertissement à la Enrick; il n'y avait aucun visage qu'iel pouvait reconnaitre dans la foule de gens qui regardaient avec délectation lorsque Ciel obéissait au doigt et à l'oeil à Enrick.

Mais cela avait assez duré. La fois où on lui avait prit son dû avait été la fois où iel avait cessé d'obéir, et ainsi avait commencé une toute autre torture. Enrick avait disparut, n'était plus jamais venu lae voir, et l'avait laissé faiblir jusqu'à ne plus pouvoir bouger. La mise dans la cage en argent et le déplacement furent aussi flous que la première fois qu'iel les avait vécus; iel avait été trop épuisé.e, trop faible pour comprendre qu'on l'emmenait sur un bateau en temps que cargaison...
Heureusement, l'image qui suivit vu d'abord sombre, où iel n'entendait que des voix lointaines qu'iel ne comprenait pas, puis l'ouverture de la caisse, la découverte de Ciel dans sa cage.

Revoir le visage de Seb eu pour ellui un effet calmant immédiat, comme si tout ce qu'il s'était passé avant s'était évaporé. L'accueil du métamorphe chez lui fut l'une des situations les plus rassurante à voir; ce dernier était tellement incertain de s'il faisait la bonne chose en lae prenant sous son toit... Puis défilèrent les semaines d'apprentissage, de la langue d'ici, des matières scolaires les plus banales dont Ciel ignorait tout. La chaleur et la protection que lui apportait Sebastian quotidiennement lui donnait l'impression de sureté totale. Même si les derniers temps étaient focalisés sur la prise d'habitude à sortir et voir des gens, ne serait-ce que pendant quelques minutes...

Impossible en voyant à nouveau ces éléments de se dire qu'iel avait une quelconque place ici, c'était absurde. Ciel le savait, iel était trop abîmé.e, trop fragile, trop prône à la peur de tout ce qui l'entourait. Le moindre son pouvait lae faire sursauter, le moindre claquement de doigt lae lançait dans une frénésie incontrôlable où iel ne faisait qu'attaquer, dans le but de déchirer et tuer. Iel aurait voulu ne pas avoir ces pensées, ces souvenirs, c'était trop pour ellui, qui n'arrivait déjà pas à gérer sa vie au quotidien.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Lun 13 Mar - 13:34

Ailin avait beau chercher à se montrer rassurante, son vis-à-vis lui paraissait toujours complètement terrifié. Il semblait anticiper l'étreinte si fort qu'elle avait bien du mal à se l'expliquer. Son comportement était proche de celui d'un animal sauvage, qu'on aurait acculé, et qui craignait pour sa vie. Nul doute qu'elle comprendrait mieux de quoi il était question dans les minutes à venir, lorsque ses crocs perceraient cette peau fébrile, secouée de tremblements nerveux.

L'expérience n'allait probablement pas être agréable. Ni pour le principal concerné, ni pour elle, qui durant ce moment d'échange allait vivre ses souvenirs comme si il lui appartenaient. Qu'elle fut une personne cruelle et insensible en réalité ne compterait plus, dans cet espace-temps carmin, car ses émotions et ses sensations seraient entièrement écrasées par celles du vamp aux cheveux blancs. Sans qu'elle ne le montre de la moindre façon, car il n'était pas question de donner l'ombre d'une faiblesse en pâture à cette assemblée de requins, elle se prépara intérieurement à chevaucher les montagnes russes entraperçues.

Elle avait su que ce moment finirait par arriver. La vie d'un vampire était longue. Rares étaient ceux qui l'avaient eue belle de bout en bout, et si elle avait eu de la chance jusqu'à présent, il fallait bien qu'elle tombe enfin sur des traumatismes plus importants.

Ses bras se refermèrent avec douceur contre le corps frêle de l'adolescent.e. Elle glissa lentement ses doigts contre sa nuque pour dégager l'endroit où elle comptait mordre, et rendre l'acte le plus confortable possible tant pour elle que pour sa victime consentante. Puis, dès qu'elle sentit le moment adapté venir, celui où chacun se détendait un peu et acceptait qu'arrive le moment fatidique, elle plongea ses dents sous la chair et commença à drainer très lentement les gouttes de liquides salées.

L'univers noir en dessous  de ses paupières se dissolut au profit de couleurs floues, fugaces, de formes et de sons venus d'une autre époque. Elle voyait un début de vie laborieux, mais supportable. Beaucoup de travail. La pauvreté, la faim, l'étau désespérant d'une misère qu'elle n'avait elle-même connue que bien plus tard dans sa vie, comme elle avait eu la chance de naître de bonne famille et de grandir dans un château. Le paysage politique se mit à bouillir et vinrent les départ, les batailles, et les morts. Ailin avait vécu cette période, de façon bien plus distante. Elle souffrit avec le pauvre enfant, puis vécut avec lui l'étourdissement de sa transformation.

Elle apprit qu'elle ne s'était pas trompée, et que Ciel partageait avec elle la particularité de ne pas correspondre au genre qu'on avait cherché à lui assigner. Seulement, là où Ailin avait tranché nettement, Ciel était un être fait d’ambiguïté. La maîtresse vampire n'était pas étrangère au concept, bien qu'elle en avait ignoré trop longtemps l'existence. Elle connaissait d'autres personnes aux identités similaires et ne fut donc aucunement perturbée. Au contraire, elle était très satisfaite d'accueillir au sein de la communauté dont elle était la tête un membre de cet autre groupe auquel elle appartenait, et dans lequel elle s'était bien longtemps sentie trop seule. L'intérêt qu'elle éprouvait à l'égard de Ciel s'accentua d'autant plus, ainsi qu'une certaine forme de bienveillance qu'elle pouvait ressentir à son égard.

Puis les couleurs brillantes du paysage s'estompèrent et ce fut le début d'une véritable descente en Enfer. Ciel avait été enlevé.e, tenu.e en captivité, et traité.e comme moins qu'une bête sauvage. On l'avait torturé.e, utilisé.e, affamé.e, cloîtré.e dans cette cage sordide pendant de bien trop longues décennies. Ailin se fit violence pour ne pas serrer les mâchoires, car elle risquait d'arracher un malencontreux morceau de chair si elle n'y prenait garde. Son corps se crispa d'une douleur partagée contre celui qu'elle enlaçait très fort. Dans ses bras, Ciel était dans un état similaire. Probablement pire. Iel luttait pour ne pas fuir, pour ne pas succomber aux souvenirs abjects qu'iel devait revivre. Peut-être était-ce parce que le rituel la forçait à une empathie qui lui était habituellement étrangère... Ou peut-être que la relation qu'elle entretenait avec Jesse l'avait adoucie. Peut-être, encore, cela tenait-il au fait qu'elle appréciait le vamp pour tous les points qu'iels avaient en commun. Elle le prit brutalement en pitié et sentit l'envie naître en elle de le protéger de ce violent passé, et d'adoucir sa peine. Ailin porta la main dans les cheveux du vamp qu'elle se mit à caresser avec une douceur inédite. On eut dit celle d'une mère cherchant à rassurer l'enfant balloté par les mauvais rêves, à cela près qu'elle aussi vivait le même cauchemar.

Elle vit les combats. Elle comprit le problème du claquement de doigts. Au loin, son esprit pragmatique nota l'information, car cette particularité que le destin avait gravé au fer rouge dans la chair de Ciel pouvait devenir un véritable problème. Iel pouvait devenir dangereux contre sa volonté, et cela bien trop aisément. On n'était jamais à l'abri du geste qui pouvait déclencher ses crises. C'était quelque chose sur quoi elle devrait se pencher plus tard. Bien sûr, il y avait le garde-fou. Sebastian. Une personne avec laquelle elle devrait probablement s'entretenir plus d'une fois. Ils avaient de nombreux intérêts communs. Elle entendait bien qu'ils apprennent à être en bons termes, et à coopérer.

Elle fut rassurée de comprendre que le trafic de sang de vampire d'Enrick, ainsi que ces combats illégaux, n'avaient rien à faire avec sa ville. Tout cela avait eu lieu ailleurs. C'était un problème de moins qu'elle aurait à traiter. Bien sûr, il faudrait qu'elle ouvre l’œil de sorte à prévenir l'apparition de ce type de trafic. Si cela était arrivé ailleurs, cela pouvait très bien finir par venir chez elle aussi. Néanmoins, ses craintes demeuraient faibles : elle savait de source sûre que le Talion louisianais formait un barrage efficace contre ces pratiques malvenues, ne serait-ce que parce qu'il avait la main mise sur les denrées correspondantes, et sur la modalité tant de leur extraction que de leur vente sur tout l'état.

Le rodéo mental s'arrêta sur une note plus légère, plus positive. La vie de Ciel avait pris un meilleur tournant depuis qu'iel avait été libéré.e. Cela leur évita de chanceler quand iels se séparèrent l'un.e de l'autre. Mais avant de laisser Ciel retourner à sa place, Ailin fit en sorte de prendre ses mains dans les siennes et de les serrer avec force contre son cœur. Elle lui offrait sa solidarité, ce qui n'était pas peu dire car jusqu'à peu il était relativement incertain qu'elle en possède la moindre once. Ses nouvelles responsabilités, et le risque qui pesait sur sa tête, l'avaient rendue moins sauvage. Un monstre tel qu'elle devenait toujours moins dangereux dès lors qu'il était contrôlé, et qu'il avait de bonnes raisons de ne plus agir que dans son propre intérêt. La voix de la vamp résonna directement dans la tête de son nouveau vassal. Le lien qui existait dorénavant entre eux lui permettait de délivrer ses messages par télépathie à tous ceux qui lui avaient juré fidélité.

¤Je suis ravie de faire ta connaissance, Ciel. Tu es évidemment lae bienvenu.e au sein de la communauté néo-orléanaise. Si tu éprouves la moindre difficulté d'adaptation, n'hésite pas à venir me voir. Mes premiers temps ici n'ont pas été simples non plus, pour diverses raisons, dont certaines que tu comprendrais, je le pense, très bien. Viens me rencontrer avec Sebastian, quand tu le voudras, à la résidence Lalaurie. Je serais honorée de pouvoir converser plus avant avec vous deux... De façon plus civilisée, et moins invasive que ce rituel l'impose.¤

Pour finir, elle afficha un de ces sourires bienveillants dont elle avait le secret. Celui-ci était plus sincère qu'une grande majorité de ceux qu'elle avait jamais décochés. Puis elle libéra Ciel de son influence, et s'apprêta à accueillir le serment suivant.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Lun 3 Avr - 23:52

Ciel avait eu conscience des effets de ce rituel, mais cela ne l'avait pas plus préparé.e à revivre ses souvenirs d'une telle façon. Il était si difficile de ne pas perdre le contrôle, de sentir cette pulsion bouillante de s'extirper de l'étreinte qui lae maintenait pourtant avec une douceur inouïe. Ce conflit interne était pourtant une phase qu'il fallait subir, mais iel avait du mal à se dire ça sur le moment. C'était injuste, ellui qui avait déjà assez souffert de ce monde ingrat, qui ne pardonnait pas la faiblesse et récompensait la douleur affligée à autrui. Iel ne voulait pas revoir ce qu'iel avait vécu, la cave avait été quelque chose qui l'avait détruit.e mentalement, maintenant et pour toujours. Marqué.e au fer rouge par ces événements, iel n'arrivait pas à envisager de pouvoir sortir indemne de son tourment, et de vivre une vie normale et saine comme Seb le souhaitait pour ellui.

Mais les images continuaient dans un flot unstoppable. Revoir les combats était une chose, se sentir possédé.e par Enrick en était une autre. Son emprise avait été telle qu'il lui serait difficile même aujourd'hui de ne pas écouter le moindre mot venant de sa bouche... Si iel venait à le recroiser. Iel en doutait sincèrement, mais plus que tout espérait que cela soit impossible, que ce dernier soit mort dans un fossé, abandonné, mort humilié...

Mais Ciel ne put pas avoir ces pensées avant que le rituel ne soit accompli. Pour le moment, il n'y avait que douleur et torture. Iel sentait la Maîtresse Vampire contre lui, la tension dans ses bras alors qu'elle lae tenait fermement, notamment pendant les passages les plus douloureux pour lae vamp. Les crocs dans sa gorge semblaient si loin à présent... Tout ce qu'iel sentait était leur crispation partagée, la douleur vécue par deux entités.

Au paroxysme de la cela, au moment où Ciel avait perdu toute humanité pour ne devenir qu'une machine à tuer, iel sentit la main de la vamp contre ses cheveux. Cela eu pour effet un soulagement étrange, comme une légère élévation au-dessus de ce qu'iel revivait. C'était comme si la personne qui combattait n'était pas ellui, mais une part obscure et lointaine. Iel ne pouvait se confondre avec cette chose, cette créature sanglante pleine d'envie de déchirer la chair. Ce n'était pas non plus une anesthésie totale, mais iel sentait que la douceur de la vamp lae rassurait, même si seulement légèrement sur l'instant.

Puis tout s'estompa avec la découverte de Seb. Iel revit tout ce qu'il avait fait pour ellui, toute l'aide qu'il avait apporté en le prenant sous son toit, en prenant soin de son bien-être au mieux de sa capacité. Le visage du métamorphe était doux dans ses souvenirs, doux et attentif, même sous forme de tigre, l'individu avait le regard calme et ferme, à l'affût de tout élément qui pourrait mettre Ciel mal.

Cependant ce passage fut bref, comparé aux années vécues dans la cave, qui avaient été bien trop longues et nombreuses pour passer inaperçue. Néanmoins cela permis à Ciel de se remettre un peu sur pied, se remettre de cette revisite de son passé.

Ailin défit lentement son étreinte, mais avant de lae lâcher définitivement, elle prit ses mains dans les siennes et les mirent contre sa poitrine. Ses mains étaient si grandes par rapport à lae vamp, si bien qu'iel vit enfin des détails inexplorés jusque là. Ciel regarda droit dans ses yeux, chose qu'iel aurait été bien incapable de faire quelques minutes plus tôt. Son visage était angulaire mais lisse, ses yeux fermes mais doux à la fois. Iel percevait quelque chose dans ce regard, comme une compréhension de ce qu'iel vivait au quotidien par rapport à son corps et à l'image qu'on pouvait avoir d'ellui de l'extérieur. Iel entendit la voix de la Maîtresse de la ville. Son sourire était sincère et bienveillant, si différent et agréable que ce qu'iel avait attendu. Sa voix se fit alors entendre dans sa tête. Iel écouta, calme bien que toujours légèrement secoué.e par ce qu'il venait de se passer.

Ses mots lui paraissaient sereins, sincères. C'était agréable d'entendre qu'elle voulait rencontrer Seb, car iel était certain.e qu'il serait certainement soulagé de savoir à qui iels avaient affaire. Bien sûr l'image d'Ailin et Sebastian dans la même pièce lae mettait un peu mal à l'aise avec l'incertitude que le métamorphe ne soit pas aussi taciturne et froid qu'avec le reste des gens qu'il côtoyait. Mais en ce qui concernait Ciel, iel ne doutait pas qu'il serait prêt à faire grand nombre de sacrifices.

Que la maîtresse de la ville propose quelque chose de plus civilisé et moins intrusif fit sourire légèrement sourire, et iel hocha doucement la tête, de peur qu'un geste brusque ne lae renvoit dans une fatigue intenable.

Elle lae lâcha, et Ciel s'éloigna d'un bas, se sentant bien plus léger qu'à l'arrivée en ces lieux. Mais avant de retourner à sa place, iel regarda une dernière fois au-dessus de son épaule. Presque automatiquement, un sourire grandit sur ses lèvres, un sourire véritable et honnête... Quelque chose dont seulement Seb avait témoigné à de rares occasions.

Iel se détourna, la légèreté dans son pas presque visible. Iel n'était évidemment pas à l'aise en se retournant vers les autres vampires plus nombreux, mais la peur était moins vive. Iel avait confiance en Ailin, ce qui était bien une première pour qui que ce soit autre que Seb.

Il y avait autre chose dans toute cette expérience qui lae soulageait... C'était que quelqu'un savait ce qu'iel avait vécu. Seb ne connaissait que des bribes de ce qui lui était arrivé, des fragments qu'iel avait réussi à formuler, bien que maladroitement et difficilement. Maintenant Ailin était une personne qui savait tout, mieux ou pire encore pour elle, elle l'avait vécu en même temps. Elle comprenait, de bout en bout la profondeur de son traumatisme, de ses angoisses. Ciel n'avait pas songé un instant qu'avoir quelqu'un dans sa tête, même temporairement, pouvait procurer un tel soulagement.

C'est donc avec l'esprit léger et détendu que Ciel retourna près de la grande table, et tourna son regard vers les autres vamps, curieu.x.se à présent de comment les autres pouvaient vivre le moment le plus invasif du rituel.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Mar 4 Avr - 0:19

Le discours avait lancé le bal, et les différents membres de la communauté vampirique de la Nouvelle-Orléans s'étaient succédés pour prêter allégeance à la nouvelle Maîtresse de la ville. Depuis son poste d'observation, bien plus pratique que certains ne pourraient le croire, Jesse avait vu des vamps s'avancer avec assurance, une légère inquiétude, une sorte de fierté, voire même avec réluctance. Certains étaient retournés à leur place le dos tendu, d'autres avaient retrouvé leurs cercles avec sérénité, et quelques uns n'avaient même pas pris la peine de rester jusqu'à la fin de la fête. Ces derniers faisaient partie des profils qui intéressaient le plus le doctorant, qui savait de part ses nombreuses études sur le mode de vie vampirique que cette soirée était l'une des plus importantes dans la vie d'un vampire. Choisir de s'en aller ainsi, sitôt sa "besogne" terminée, voulait dire beaucoup sur le ressenti de la personne face à sa hiérarchie... et il se doutait qu'Ailin attendait de lui ce type d'informations, étant donne qu'elle était aux prises avec bien d'autres choses, à plonger dans tous les esprits et les mémoires.

Vint le moment où le plus apeuré du lot (du moins aux yeux du l'humain) s'approcha à son tour. Paraissant particulièrement jeune, il avait probablement été transformé avant l'âge légal, mais ne devait pas non plus être très ancien. L'entière cérémonie du Rituel Pourpre lui paraissait étrangère, et il avait apparemment tenté son maximum pour ne pas prêter attention à ce qu'il se passait sur l'estrade, puisqu'il entreprit de présenter son bras à Ailin, alors que tous avaient eu droit à une morsure en bonne et due forme, cherchant la jugulaire. Nul doute que la blonde agissait ainsi pour appuyer son autorité, et Jesse n'aurait pas été surpris de la voir arracher l'artère en question si ce qu'elle voyait ne lui plaisait pas... D'un autre côté, cela aurait ruiné sa robe.

Bien qu'il cherchait principalement à étudier la foule (les sentiments que l'on pouvait laisser passer lorsqu'on se pensait à l'abri du danger, hors du centre d'attention, étaient bien les plus honnêtes), Jesse gardait un œil sur la morsure qui avait lieu à quelques mètres de lui. Les expressions des vamps qui se faisaient mordre étaient également intéressantes à observer, car elles dévoilaient souvent une partie du passé que la Maîtresse parcourrait, et auquel personne d'autre qu'elle n'avait normalement accès. Mais, placé en retrait, le norme avait au contraire une pleine vue sur ces êtres vulnérables. Ca aussi, il était certain qu'Ailin l'avait prévu.

Et de ce qu'il voyait, l'étreinte de cet enfant ramenait des souvenirs particulièrement douloureux. Jesse était incapable de savoir ce qu'il avait vécu rien qu'en le regardant, mais il déduisait aisément que, quoi qu'il se soit passé, de là résultait un traumatisme et probablement la peur de l'autorité que représentait la Maîtresse de la ville en cet instant précis. Au vu de son âge apparent, l'idée de l'abus par un sire n'était pas à exclure.

Le californien baissa légèrement la tête pour cacher le sourire qui se dessina au coin de ses lèvres lorsqu'il nota le geste de la vamp. Il connaissait -bien évidemment- le penchant de la jeune femme qui adorait passer ses mains dans les cheveux des autres (et inversement), mais elle ne le faisait que dans des situations particulières. Là, bien que la tentative de manipulation soit envisageable, Jesse en doutait : le rituel en lui-même était un peu trop intense pour que ce genre de geste, de plus exécuté en plein milieu de l'étreinte, ne soit pas entièrement sincère. Pour lui, qui connaissait la vamp mieux que personne au sein de cette assemblée, la déduction était évidente. Quelque chose chez ce jeune vamp l'avait touchée. Peut-être plus qu'elle ne souhaiterait l'admettre.

Non sans oublier le reste de la mission qu'on lui avait allouée, le norme continua d'observer la fin de l'étreinte, ses soupçons confirmés par la façon dont Ailin prenait les mains du vampire pour les poser contre son cœur. Elle avait toujours un geste pour chacun de ses nouveaux sujets, mais celui-ci avait une saveur particulière aux yeux de Jesse. Il pouvait toujours se tromper, mais cela lui arrivait rarement, et le calme soudain et le léger sourire sur les lèvres de l'enfant ne faisait que le conforter dans son opinion. Quoi qu'Ailin soit en train de lui dire, elle venait probablement de le libérer d'un poids, et quelque chose lui faisait dire que ce n'était pas uniquement lié au passé du vamp.

Il vit la créature s'éloigner et se détourner pour décrocher un nouveau sourire en direction de la Maîtresse, terminant d'ancrer les soupçons de Jesse. Une simple discussion de quelques secondes ne pouvait pas libérer ainsi d'un passé qui semblait très dur, même s'ils venaient de le partager. Il y avait quelque chose dans l'attitude et la gestuelle de ce jeune vamp qui lui faisait fomenter plusieurs hypothèses, qu'il aurait certainement le loisir de discuter avec celle qui détenait la réponse au terme de cette soirée.

En attendant, s'il captait le regard argent de la Maîtresse Vamp avant qu'elle n'invite sa prochaine ouaille, il lui adresserait certainement un très léger sourire, à peine visible, agrémenté de cette lueur de malice pétillante qui le caractérisait. Il l'avait trouvée bien maternelle... lui aurait-elle caché certaines de ses envies ?
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Ven 5 Mai - 21:39

Esteban regretta bien vite sa curiosité étourdie. Il ne prit conscience qu'il était en train de fixer bien trop longuement et bien trop intensément le vampire aux cheveux blancs que lorsque ce dernier lui retourna l'attention, ou plus précisément ouvrit des yeux tous ronds, se figea, et se contenta de ne plus bouger.

Voilà un comportement parfaitement incompréhensible, que l'héritier Luz-Descalzo n'était pas capable d'analyser. Il tenait plus de l'épouvantail que de l'être humain. Du gorille muet qui gardait solidement les entrées de certaines salles critiques, plutôt que de l'adolescent, ou de l'adolescente fragile dont la créature avait le physique. Était-ce une habitude de vampire que sa vie de reclus ne lui avait pas donné l'occasion d'apprendre ? Si c'était le cas, il n'était pas sûr de le regretter.

Comme toute personne issue de milieux similaires au sien, Esteban avait peur de ce qu'il ne comprenait pas. Il eut donc un léger mouvement de recul, ses propres yeux à leur tour grand ouverts à cause de la frayeur, d'une façon ironiquement très similaire à celle de l'autre vamp. Il combattit son envie de fuir à toutes jambes et, quand ce fut fait, soit plusieurs longues secondes plus tard, serra les jambes, posa fermement les mains sur ses genoux, puis baissa les yeux sur les dites mains qu'il se mit à contempler comme si ça avait été la chose la plus intéressante du monde.

Le regard de la créature à côté de lui brûlait sa nuque. Il fallut que la porte résonne suite à l'entrée d'un nouvel invité pour qu'il soit enfin entièrement distrait de cet effroi vestigial, réactivé de la plus improbable des manières, par la plus improbable des personnes.

Heureux d'avoir une distraction il se retourna donc quand la porte s'ouvrit et ne put initialement pas reconnaître la nouvelle arrivante, dont l'identité était masquée par son casque. Elle le retira et immédiatement, quelque chose fit tilt dans son esprit alors qu'une masse rousse flamboyante échappait au couvre-chef et tombait en rideau épais dans le dos d'une vieille connaissance.

Esmera s'avançait, l'air inhabituellement digne et distingué. L'héritier n'était pas certain de savoir ce qui justifiait ce changement d'attitude qu'il jugeait positif en cela qu'il lui donnait une stature toute nouvelle, de celles que sa famille approuvait. L'ambiance et la majesté des lieux, peut-être. Ou bien L'importance de la cérémonie à venir. Bien sûr, l'angle d'observation faisait qu'il ne voyait pas le regard que la jeune femme destinait à la maîtresse vampire, sans quoi il aurait compris qu'il faisait largement fausse route.

Elle s'exprima dans une langue inconnue, mais qu'il reconnut comme latine. Le début de phrase lui permit de comprendre qu'il devait s'agir d'une salutation. Étonné, il tira une moue discrète. Il cherchait à comprendre l'intérêt mondain qu'on pouvait trouver à s'exprimer dans une langue que presque aucun des membres de l'assemblée ne devait être capable de comprendre - les américains blancs, ici majoritaires, n'étaient pas exactement connus pour leur adresse ni leur goût pour les langues étrangères. Était-ce une tentative pour paraître savante ? Selon lui, elle risquait surtout de passer pour arrogante et malpolie, ce qui entrait en totale contradiction avec son attitude précédente, qu'il avait trouvée irréprochable.

Il cessa rapidement d'essayer de comprendre, ce qui valait probablement mieux comme il avait - très étonnamment - encore une fois tout interprété de travers.

Elle venait de remarquer sa présence et de le saluer d'un bref signe de tête qu'il lui retourna, avec toute la prestance dont il était capable, et avec sur les lèvres un sourire distingué digne de la reine d'Angleterre. Dans ces circonstances, il n'aurait pas été convenable d'en faire ou d'en dire plus, et il la laissa donc s'installer, à un endroit qui une fois de plus, décidément, ne correspondait pas à l'effort qu'elle avait initialement entrepris.

De longues minutes passèrent durant lesquelles la porte d'entrée battit de plus en plus souvent, laissant passer une horde nombreuse de suceurs de sang. L'ambiance devenait oppressante. Il avait beau s'être dans une certaine mesure habitué à sa condition, il était tout de même entouré par l'ensemble grandissant de tous les vampires officiellement hébergés par la Nouvelle-Orléans. Dans cette foule menaçante, certains ne devaient pas être des agneaux. Certains étaient probablement, ou avaient été des criminels, voire des tueurs, à certains moments de leur existence. Esteban ne savait pas desquels il s'agissait, mais ils étaient autour de lui, à coup sûr. Cela lui donnait l'impression que l'assemblée entière était constituée de dangereux requins. Seul son statut de mort-vivant lui évitait les sueurs froides, ce dont il était relativement content car il aurait été dommage de souiller son costume trois pièces avant l'heure et de mal présenter pour le reste de la soirée, mal attifé, le cheveux gras, le front brillant. Anxieux, il laissait son regard papillonner dans tous les recoins de la salle et on voyait, à la manière inquisitrice dont il fixait la foule, qu'il était à la recherche de quelqu'un. Le flux de nouveaux arrivants se mit à lentement diminuer, jusqu'à devenir inexistant. Il était soulagé de n'avoir remarqué aucune chevelure blanche, ni aucun regard délavé, sa lueur démente lancée dans sa direction. Rencontrer son agresseuse, même dans ces circonstances, lui aurait fondamentalement déplu.

Rasséréné dans la mesure du possible, il se tourna enfin vers l'estrade car il était conscient que le discours d'ouverture allait bientôt commencer. Ce n'est qu'alors qu'il remarqua une présence qui lui avait échappé, peut-être parce que l'homme était assis sur le sol, et que c'était quelque chose qui ne se faisait tout simplement pas, de s'asseoir sur le sol.

Tout comme cela ne se faisait tout simplement pas d'être présent à ce rituel pourpre géant, tenant lieu de cérémonie d'investiture pour la nouvelle maîtresse vampire, lorsqu'on était l'un de ses anciens professeurs à l'université. Croyant avoir la berlue, Esteban cligna trois fois des yeux. Il perdit toute trace de cette distinction guindée qu'il avait cherché à entretenir lorsqu'il se rendit à l'évidence : le professeur Coleman était ici, présent, parfaitement humain, installé au pied du trône de la nouvelle maîtresse comme si il avait été son animal domestique. Cette vision était à peu près aussi inconcevable qu'elle était dérangeante. Surtout lorsqu'on connaissait le caractère de l'enseignant.

Sans la moindre trace de cette politesse dont il faisait pourtant tout un cas, il garda la mâchoire pendante un long moment. Même quand le norme lui rendit son regard et finit, amusé, par lui jeter un clin d’œil, il n'eut pour seule réaction que d'ouvrir encore plus grand les yeux, les sourcils dressés au plus haut. Que ses réactions furent parfaitement inadaptées et qu'il fut en train de se donner en spectacle étaient deux choses dont il avait entièrement perdu conscience, ce jusqu'à ce que la personne à côté de lui coule un regard torve sur sa silhouette, qu'il la remarque du coin de l’œil et qu'il se redresse promptement, dans un sursaut bruyant. Embarrassé, il toussota dans son poing à quelques reprises. Lorsqu'il releva la tête, il s'était subitement passionné pour les motifs de l'impressionnante robe victorienne dont le bas touchait presque le bras du professeur. Avec un peu de chance, on croirait que c'était cela qui depuis le début l'avait à ce point ému.

Le pan de tissu qu'il fixait depuis plusieurs minutes lui échappa subitement des yeux. Il comprit tardivement que la maîtresse s'était levée et c'est donc en sursautant à moitié qu'il redressa la nez afin d'observer son visage, plutôt que ses pieds. C'était assurément la chose à faire si il comptait suivre ce qu'elle allait raconter sans se donner l'air plus idiot qu'il ne l'avait déjà fait.

Il devait admettre que non content d'apprécier l'élégance de sa tenue, il la trouvait particulièrement gracieuse dans la manière dont elle bougeait et noble, dans la façon dont elle se tenait. C'étaient là des critères appréciables, qui lui permettaient de se sentir plus en confiance. C'était presque comme à la maison, à la nuance près qu'aucun des invités des galas auxquels il avait participé n'avaient jamais été des vamps.

Quand elle se mit à parler, Esteban quitta toute gêne et tout tremblement, immédiatement captivé par le discours. Elle s'exprimait très bien, et c'était encore une chose qu'il appréciait beaucoup. Elle paraissait sérieuse et légitime. Toute cette organisation, qui jusqu'à présent ne lui avait paru être qu'une farce magistrale, paraissait enfin rimer à quelque chose de concret, et dans quoi il pouvait placer sa confiance, malgré la population mort-vivante qui la constituait.

Certains paraissaient méfiants, défiants. D'autres ne cherchaient même pas à cacher l'appréhension que le discours de leur dirigeante leur inspirait à dessein. Étonnamment, Esteban ne faisait partie d'aucun de ceux là. Son expression sérieuse muait au fur et à mesure que la blonde s'exprimait. Neutre tout d'abord, elle prit une teinte étonnée, puis de plus en plus approbatrice. Dyce comptait mettre de l'ordre dans cette communauté. Elle avait bien l'intention de constituer une hiérarchie compétente, rapidement, et puis d'agir tout aussi vite contre le laisser-aller qui avait caractérisé les seules années qu'Esteban avait jamais vécu dans cette communauté.

Elle serait, si on l'en écoutait, sans merci. Les écarts ne seraient plus tolérés, cela allant du séjour d'un vampire clandestin en ville à l'une de ces agressions qui constellaient le tissu urbain comme autant de tâches cancéreuses. Il en avait été victime. Esmera en avait été victime. Sa mère en avait été victime, et bien d'autres. Il était grand temps que cela cesse, et il aurait été capable d'applaudir cette déclaration, ainsi que la menace assumée qu'elle sous-entendait.

Ce qu'il fit d'ailleurs à la fin du discours, accompagné par d'autres, énergiques même lorsqu'ils paraissaient mitigés. Esteban s'arrêta tardivement, à la manière de ceux qui font entendre, par la façon dont ils frappent fort et longtemps, qu'ils ont vraiment apprécié le spectacle.

Le rituel pourpre en lui-même commença alors enfin. L'héritier se souvint brutalement que cette partie du rassemblement lui plaisait beaucoup moins, la lecture du sang étant un moment particulièrement gênant et dans son cas, angoissant, car il n'était jamais entièrement sûr que le sortilège qu'il portait aurait l'effet voulu, ni que ce serait suffisamment discret pour ne soulever aucun soupçon.

Il détourna les yeux, peu désireux d'assister à la morsure des autres. C'était obscène, exhibitionniste et pire que tout, ça lui rappelait que ça allait bientôt être son tour. Devant lui, il vit passer une tâche blanche. Il se crispa en réalisant qu'il s'agissait du vamp qui lui avait fait si peur plus tôt, et qu'il s'était considérablement rapproché de lui.

Durant son passage, Esteban ne put s'empêcher de jeter un coup d’œil rapide dans la direction du couple, finalement rendu plus curieux à l'égard de la petite créature par la façon dont elle avait accueilli ses marques d'intérêt. Maîtresse comme vassal avaient l'air de souffrir (sans même parler de ce que les caractéristiques basiques de la morsure affichaient sur le visage de l'un d'entre eux). Ce n'était pas agréable. Il regarda encore ailleurs, de plus en plus nerveux.

Il avait déjà vécu cela une fois. Il savait pertinemment ce qui l'attendait, et ça n'allait pas être brillant. Il y allait avoir Darian, puis il y allait avoir toutes les claques terribles des dernières années. Encore maintenant, il avait peur que d'en revivre le détail le jette au sol avec une violence telle qu'il ne pourrait ensuite plus se relever.

L'anticipation rendait l'attente insupportable et c'est ainsi que, voyant passer la tâche blanche sur son chemin au retour du rituel, il prit une décision impulsive.

... Un peu trop impulsive, dans le sens où il avait bien failli rentrer dans l'autre vampire, qui n'avait pas tout à fait fini de passer. De peur de l'avoir froissé et de se faire attaquer (ou pire : qu'il lui adresse encore ce regard rond tout bonnement terrifiant. Dans cet instant hagard, il perdait le sens des priorités), Esteban fit un pas sur le côté et lui adressa la moue la plus désolée, la plus terrifiée du monde :

"Oh ! Je suis affreusement désolé... Je vous prie de m'excuser c'était involontaire je... Voilà. Je continue... Par ici..."

Il avait eu un coup de sang, au sens vampirique du terme, son cœur mort ne lui permettant plus d'en ressentir les exacts effets physiologiques. Avec cela, au moins, la peur de passer le rituel s'était un peu diluée : il avait failli lui arriver bien pire. Peut-être.

Arrivé devant la maîtresse de la ville il se rendit compte qu'elle était encore plus grande que ce qu'il avait cru. Il était impressionné, et peut-être aussi un peu intimidé. Il approcha, ne grimaçant de dégoût qu'au moment où, happé dans son étreinte, il se rappela du protocole, vaguement omis durant l'instant de battement.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Sam 13 Mai - 18:08

Ailin ne voulait pas faire preuve de favoritisme. Un tel comportement aurait eu tôt fait de fragiliser sa position déjà bancale. Néanmoins, il y avait des individus, parmi tous ceux dont elle apprenait l'intimité ce soir, qui méritaient plus que d'autres qu'elle s'intéresse à eux ainsi qu'aux problèmes qu'ils rencontraient, ou avaient rencontrés. Prévenir valait toujours mieux que guérir, surtout quand on voulait garder intacte sa réputation. Ciel était un individu torturé, et une source de problèmes potentiels qu'il lui fallait au possible juguler, contrôler.

Le faire par la violence aurait été très contre-productif. Il fallait aussi avouer qu'elle éprouvait une forme d'affection, ou ce qui chez elle y ressemblait le plus, à l'égard de cette âme en peine, qui avait connu des fardeaux similaires au sien, et bien pire encore. Sans les puissants effets du Rituel Pourpre, qui lui permettaient d'éprouver une empathie dont elle n'était généralement pas familière, les choses auraient peut-être été différentes. Toujours est-il que Ciel l'aurait intéressée, parce qu'il émanait d'iel ce quelque chose de différent qu'elle retrouvait chez chacun des protégés auxquels elle avait par le passé prodigué ses largesses.

Elle ne pouvait pas se permettre d'insister trop sur cette relation naissante en pleine cérémonie. Cela aurait fait jaser, et pas de la meilleure façon. D'un autre côté, Ciel était effrayé.e par tout ce qui l'entourait et si Ailin avait réussi à lae mettre en confiance, ce n'était que par un tour de force hors du commun, qui avait impliqué leurs ressemblances inattendues et toute l'intensité d'une magie qui permettait à celle qui la pratiquait de s'approprier la vie de son vassal dans son intégralité. C'était un lien fragile, un lien naissant, qu'elle ne voulait surtout pas voir s'effondrer.

Coupant la poire en deux, Ailin décida donc de suivre des yeux lae vamp qui retournait à sa place. A son sourire chaleureux, dont elle connaissait la valeur, elle répondit par un regard. Le coin de ses lèvres se souleva délicatement mais elle resta digne et pleine de son rôle, parce qu'elle n'avait pas d'autre choix.

Il n'y avait plus de file, car beaucoup avaient décidé de rester assis jusqu'à ce que leur tour vienne, et celui qui décida spontanément de passer se trouvait à proximité de Ciel. Si proche, en réalité, que le maladroit faillit bien lui monter dessus. Il se confondit en excuse tandis qu'Ailin faisait de son mieux pour garder son sérieux. L'héritier Luz-Descalzo avait le mérite d'être divertissant, à défaut de paraître aussi distingué qu'il essayait de l'être. Être aussi maladroit devait être terriblement handicapant, surtout dans son milieu clinquant. Si elle en avait eu la moindre chose à faire, elle l'aurait plaint.

Elle n'était qu'à moitié étonnée qu'il ait choisi de passer avant que la première moitié de la cérémonie soit terminée. Il ne venait à elle qu'à reculons. Elle pensait bien qu'il devait détester l'idée de la morsure autant que toute la symbolique de ce rituel, contraire à toutes ses convictions. En plus de cela, il était l'heureux propriétaire d'un passé particulièrement amer qu'elle n'avait absolument pas hâte de partager, surtout si tôt après avoir vécu le calvaire de Ciel. Mais d'un autre côté, plus vite cela serait passé, plus vite ils seraient tous deux soulagés de cette corvée. Elle imaginait qu'il devait s'être dit la même chose.

L'héritier Luz-Descalzo était donc face à elle. Elle lisait dans son regard clair une forte appréhension, et un reste de défiance et de dégoût que malgré les quelques années de vampirisme qu'il avait déjà derrière lui, il n'avait pas encore été capable d'entièrement sectionner de son panel d'émotions et d'a priori. Amusée par les contradictions de ce personnage haut en couleur, elle lui ouvrit ses bras, sans pour autant avoir la moindre envie de planter les crocs dans sa chair aux innombrables zéros du centimètre carré. Elle avait subi son lot de violences sexuelles et n'avait vraiment pas besoin d'écoper de celles des autres.

Elle resta pourtant imperturbable jusqu'au moment où ses canines percèrent effectivement l'épiderme richement parfumé (il prenait décidément grand soin de lui, et elle n'imaginait pas le prix des produits qui finissaient désagréablement sur sa langue). Aucune faiblesse, aucune récalcitrance ne lui serait pardonnée ce soir. Elle espérait néanmoins disposer d'une pause émotionnelle après celui-ci, sans quoi la soirée allait commencer à devenir difficile.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Dim 14 Mai - 22:09

Le moment redouté était donc arrivé. Esteban fut bientôt pris au piège de l'étreinte de la maîtresse vampire, et c'est avec une immense réluctance qu'il la laissa approcher ses lèvres de son cou. Cette obligation de se tenir immobile et de subir l'acte en cours lui rappelait de très mauvais souvenirs. Il était au bord de la panique au moment où les crocs percèrent sa peau et où leur venin pernicieux glissa dans son organisme l'obscène impression de jouissance.

Esteban émit un gémissement entre plaisir et refus effaré. Sur ses traits, dégoût et sensualité bataillaient. Ses jambes devinrent molles. Il dut s'accrocher à sa prédatrice pour ne pas abruptement s'effondrer sur le sol. Elle le remarqua vite et l'aida, la poigne ferme, à garder un semblant d'équilibre qui n'était qu'une apparence. En réalité, elle le portait à moitié.

Elle commença à pomper le sang. Rapidement l'effet de la morsure s'estompa, dilué dans une puissante vision, qui commençait à Little Rock. Son esprit se détacha de son corps, qui ne ressentait plus que de l'horreur. Il s'entendit glapir dans une autre réalité. Cette parcelle d'identité encore attachée au monde physique refusait la chronologique fatalité qui était en face d'eux, mais c'était bien vain, car ce qui devait se passer allait quoiqu'il en soit arriver pour justifier leur actuelle existence.

C'est donc confus, sans plus savoir distinguer rêve et réalité, passé présent et futur, qu'Esteban plongea dans les premières scènes de sa courte existence. Elles étaient tout d'abord floues et emmêlées, les souvenirs de la petite enfance largement érodés par le temps malgré l'efficacité du rituel. Il n'existait qu'une seule chose tangible dans ce monde trop grand, empli de perceptions incompréhensibles. La présence, le contact, l'odeur permanente d'Olivia qu'il aurait reconnus entre mille même en n'étant plus vraiment capable de penser. Le corps qui soutenait son corps en arrière de ses perceptions lui rappelait l'étreinte de sa mère de façon dérangeante, particulièrement inadaptée. Il le serra quand même plus fort contre lui, car il était bien faible contre ces impressions, qu'elles furent ou non malaisantes.

Tout devint rapidement plus net. Il vit passer les premiers moments de son enfance, heureux dans la maison de Little Rock et dans son parc, généreusement dotés d'une fantastique flopée de jeux, et d'installations mirobolantes entre lesquelles il avait passé son temps à papillonner en riant lorsqu'il n'était pas littéralement accroché à sa mère. Ses muscles se détendirent, mais pas pour longtemps. Sa vie qui aurait dû être parfaite avait vite basculé d'ignoble manière, même si il ne s'était rendu que tardivement compte de l'étendue du problème. Maintenant, il savait. Cela rendait ces scènes plus difficiles à vivre que lorsqu'elles étaient réellement arrivées.

Les toutes premières, bien que rares, étaient arrivées avant même son entrée en primaire. Il revoyait ces scènes depuis son point de vue d'enfant, l'immense silhouette de Darian au dessus de lui qui lui murmurait des mots mielleux pour le convaincre de faire l'impensable. Il ne voulait pas rendre papa triste. Il ne voulait pas qu'il tombe malade à cause de lui, alors il acceptait de faire ce qu'il lui demandait pour ne pas que cela arrive. Il fallait que ça reste un secret, sans quoi la maladie l'emporterait à coup sûr.

Esteban, maintenant adulte, poussa un cri de refus rageur lorsqu'il se vit de son plein gré participer à l'abjection. Son enfance, souillée par un manipulateur dégoûtant qui s'était servi de lui, l'avait criblé de traumatismes silencieux sans aucun remords, alors même qu'il n'était pas capable de comprendre ce filet d'émotion froid et visqueux qui coulait en lui à chaque itération, fragile pousse de son dégoût, de son refus, et de son horreur refoulés.

Les séances étaient entrecoupées de passages de vie plus simples. A l'école, il avait eu peu d'amis. Le contact avec les autres ne l'intéressait pas. Il préférait mama. Malgré tout il fit la connaissance d'Alexander et Natalia. Plonger dans leurs inventions fantastiques lui mettait du baume au cœur et lui permettait de mieux supporter les images suivantes où Darian abusait encore de lui.

Elles devinrent de plus en plus nombreuses, car sa mère avait maintenant son association qui la faisait partir souvent, et son père, de son côté, était entré à la Chambre des Représentants. Toujours avocat, il ne prenait plus que des cas concernant l'Arkansas et ses alentours. De ce fait, il était beaucoup plus souvent à la maison. Esteban devenait moins naïf. Il sentait bien que ce qui se déroulait n'était pas normal, mais son père, tout d'abord bienveillant, s'était maintenant mis à le menacer de le priver de tout. Il le terrorisait, si bien qu'il lui obéissait au doigt et à l’œil.

Il avait maintenant treize ans et il passait plus de temps à Bâton-Rouge. Ces séjours le reposaient. Ses épaules s’allégeaient. Il respirait mieux. Il se vit rompre son serment et avouer à son cousin Christian ce que son père lui faisait. Il se souvint du soulagement associé à la réaction qu'il avait eu : il le comprenait et ne trouvait pas cela normal non plus. D'un autre côté, c'est à cette époque que son horreur avait explosé. Tout était devenu encore plus difficile, car il savait maintenant qu'il était abusé. Voilà de quoi était constitué son passé : des souvenirs et des émotions en demi-teinte, entre bonheur et désastre totaux. Toute son existence n'avait jamais été que dans deux types d'extrêmes.

Juan et Cassandra savaient, mais il fallait se taire. Darian allait devenir gouverneur, il ne fallait pas ternir sa réputation. Ils n'étaient pas ravis, ni entièrement convaincus, mais ils obéirent. Sa colère explosa. L'amour conflictuel qu'il éprouvait pour son père se mua en haine farouche. Esteban serra les dents à s'en faire saigner les gencives. Ses ongles griffèrent la peau de la maîtresse vampire. Il avait envie de la projeter en arrière car il n'en pouvait plus de ces visions et qu'il ne se sentait pas capable de les supporter jusqu'au bout, mais elle le tenait fermement, et il n'avait plus aucune force, ni notion de l'espace.

Quatorze ans. Il n'intéressait plus autant Darian et il essayait de dépasser ce qui lui était arrivé, mais il enchaînait les échecs cuisants. Voilà qui n'allait pas l'aider à mieux encaisser la suite. Tentative de construire quelque chose avec Natalia. Échec. Repas de famille au Texas chez ses grands-parents. La désapprobation blessante de la famille. L'incompréhension généralisée, surtout face au comportement qu'il opposait aux moqueries d'un Darian sûr de son coup. La culpabilité. Les pleurs d'Olivia qui ne comprenait pas pourquoi il voulait s'éloigner d'elle en allant étudier à Bâton-Rouge, quand de très bons établissements existaient bien plus près.

Esteban dans la réalité pleurait aussi. C'était la première fois qu'il l'avait autant blessée, et c'était loin d'être la dernière. Cette scène faisait écho à toutes les autres qui avaient suivi. Elles résonnaient douloureusement en lui, rendues plus fortes les unes par les autres. De cela, il était certain qu'il ne se remettrait jamais. C'était une blessure qui ne pouvait pas se refermer. Tout au plus, ses pans se rapprochaient pour donner l'illusion d'une plaie suturée, mais il suffisait de tirer dessus pour qu'elle soit de nouveau à vif et saignante.

Jane. Un autre échec. En contrepartie et directement derrière il y avait eu Karl, qui lui avait appris la véritable notion d'amitié, plus encore que Natalia et Alexander ne l'avaient jamais fait. Se souvenir des premiers temps de leur relation était un apaisement inattendu, comme si naufragé, suite à une violente tempête, la mer l'avait ramené sur un rivage ensoleillé où une brise tiède avait commencé à souffler délicatement contre son visage. Son cœur manqua d'imploser, mais cette fois-ci de quelque chose de bien agréable. Cette grande affection n'avait pourtant failli ne pas suffire, quand Karl lui avait révélé ses tendances et s'était cru capable de le pervertir. Il grimaça vaguement. Ce fut vite oublié, et heureusement, car l'amitié de Karl était l'une des rares choses qui lui avaient permis de tenir les années suivantes.

Les années de lycée passèrent aussi vite qu'un coup de vent, dans lequel ses murmures et ceux de Karl ruaient. Ils commençaient déjà à conspirer. A parler de ce fameux procès, qu'Esteban ferait à son père dès qu'il en aurait l'âge. Dès qu'il ne serait plus financièrement dépendant de personne, car il aurait reçu comme tout enfant de la famille atteignant sa majorité civile une part importante de son héritage.

Il se crispa si fort que cela dû se voir. Son halètement d'effroi dut aussi s'entendre. Il savait ce qui venait ensuite. Il revenait à Little Rock pour l'été. Sa mère le laissait quelques jours et Darian était là. Il était resté enfermé dans sa chambre dans l'espoir que son géniteur ne prenne aucune initiative, mais il était venu, et il lui avait tenu des propos abjects.

Un hurlement tonitruant retentit dans la grand salle au point d'en faire résonner tous les murs. C'était l'unique fois, des années après qu'il ait arrêté de le toucher, où Darian était allé jusqu'à cet acte si significatif. Il avait été brutal. La douleur était restée longtemps. Son fantôme revenait à chaque fois qu'une nouvelle souillure s'ajoutait aux anciennes et qu'il se retrouvait couvert de honte et de haine de soi. Malade et brisé, Esteban était resté dans sa chambre. Darian avait raconté des sottises à sa mère qui les avait gobées. Elle s'était conduite durement avec lui qui ne pouvait rien avouer, alors qu'il n'avait jamais eu autant besoin de soutien. Sa gorge lui faisait mal. Les pleurs incontrôlables se coinçaient au travers. Leurs bulles gélatineuses se collaient les unes autres autres sans jamais cesser d'arriver. Il avait l'impression d'étouffer.

Il n'eut que peu de répit car vint ensuite son entrée à l'université, presque aussitôt suivie des révélations qu'il avait faites à sa mère, moment spécialement douloureux pour eux deux. C'était encore l'une de ces fois où il avait eu l'impression de trahir sa confiance, et de lui faire si mal qu'aucun d'eux deux ne pourraient jamais s'en remettre.

Le procès était lancé et le scandale qui en découlait aussi. Il ne savait plus que faire des journalistes, ni de l'angoisse associée à cette prise de position. Il avait un million de choses à faire en plus de ses études, devenues secondaires, et il se sentait terriblement fatigué.

Était venue l'annonce du médecin, comme un violent coup de marteau sur sa tête. Il était condamné. Cette vie qui s'étendait à perte de vue devant lui avait été sectionnée en pleine course. Il approchait du précipice, roulant à pleine vitesse. Sonné, il ressentait le déni, la colère, le désespoir... Toutes les étapes de ce deuil qu'il avait été obligé de faire de sa propre vie, sans aide, car il avait décidé de n'en parler à personne. D'abord, parce que c'était trop difficile. Ensuite, parce que ce procès contre Darian était voué à devenir l'oeuvre de sa vie, et qu'il ne voulait pas qu'on l'empêche de le mener à bien. Si son temps naturel ne le permettait pas, il envisagerait le pire. Peu de chose méritaient qu'on se damne pour elles. Mettre son ignoble père en prison en faisait partie.

Un oasis de douceur inattendu : son improbable relation avec Erin. Revivre ces souvenirs lui tira un sourire doux amer. Leur première rencontre, relativement neutre, peut-être un peu méfiante. Cette fête étudiante à laquelle il avait été, très curieux, et de laquelle il était reparti très vite, et très ensorcelé par l'ingénieuse Erin, qui l'avait attiré comme une mouche dans ses filets. Il y avait eu des moments de maladresse et de malaise. Des révélations compliquées. Puis, le monde était devenu fou. Rien n'était plus qu'une orgie de sushis, de champagne - alors qu'il n'avait pas le droit d'en boire - de jouissance et de bulles bouillantes dans un jacuzzi lancé à plusieurs milliers de kilomètres au dessus du sol. De lumières brillantes et de strass, et de l'odeur de stupre et de luxure de l'imposante Sin City. Les casinos, et les cocktails au caramel. Encore un peu de sexe, du shopping, des flamants roses. Beaucoup d'alcool, des visions floues qui n'en étaient pas. Chinatown et des confettis. Une histoire de koalas, et puis encore des flamants roses. Surtout quand ils étaient rentrés. Il y en avait même dans l'hôtel.

Leurs non-vœux exprimés, qui lui avaient semblé si significatifs à cette époque et qui étaient devenus si creux lorsqu'ensuite, Erin avait disparu. Encore un peu de crème arc en ciel, et des churros, et des strass alimentaires. Les souvenirs effacés d'un dîner bienheureux où ils s'étaient comportés comme des fiancés. Il aurait voulu que cette période se fige dans le temps, et qu'elle devienne son éternelle réalité. Bien entendu, ce n'était pas ce qui était arrivé.

Les néons, les flashs et les bulles fuchsias explosèrent pour ne laisser plus qu'un vide effroyable et que l'odeur sinistre de la mort et du sang. Il était glacé. Il n'aurait plus jamais chaud naturellement. Revoir le visage de son agresseuse lui fit l'effet d'un coup de poing dans l'estomac. Le moment de sa transformation lui parut pourtant bien moins violent que lorsqu'elle était arrivée, peut-être parce qu'il savait que ce qui l'attendait ensuite était bien pire.

La réalisation. Le retour catastrophé à son studio. Ces sms qu'il aurait bien dû se garder d'écrire, et puis cette façon dont idiot qu'il était, il avait été forcé de se cacher sous le lit parce qu'il avait oublié que les fenêtre ouvertes et le jour levé n'allaient pas lui faire du bien. L'horreur qu'il avait ressentie lorsque sa mère, Karl, Erin et le frère d'Erin avaient ouvert sa porte pour investiguer l'appartement. On l'avait trouvé. La suite était encore une horreur désolante. Il avait blessé sa mère une fois de plus, et elle le lui avait bien involontairement rendu. Il avait appris ce jour ce que cela signifiait de se sentir extérieur à soi. Elle parlait de lui comme d'une chose révolue, une chose du passé. Il était devenu le Monstre, et il allait le rester un long moment.

Durant l'interlude d'Erin, Esteban avait cessé de pleurer. Il y était maintenant revenu, et il ne tenait plus du tout sur ses jambes, ce qui était devenu évident. Si Ailin ne l'avait pas porté, il n'aurait plus été qu'une chose tremblotante couchée sur le sol.

La suite directe était olfactivement difficile. Cela commençait par une benne à ordures dans laquelle il était bien trop longtemps resté à pleurer, puis ensuite, les égouts. Entre deux il avait vu un homme perdre ses yeux, arrachés par une tutrice vampire impitoyable, et puis ensuite, il avait été poursuivi par des alligators, et il était ressorti de cela très chamboulé. Non seulement il avait tout perdu, mais sa non-vie s'était directement muée en une farce ignoble. C'était à ce moment qu'il avait fait la connaissance d'Esmera, laquelle avait rendu sa première nuit de vampirisme "assumé" un peu moins difficile. Il grimaça en se souvenant de la façon dont le "thé" dans la cuisine l'avait attiré. Il comprenait maintenant qu'il avait bu sa première dose de sang bien avant le jour où il l'avait pensé. A une époque, cela l'aurait probablement bouleversé. Maintenant ? Cela n'avait plus aucune importance. Il avait depuis longtemps dû tirer une croix sur ses pieux vœux d'abstinence hématique.

Il s'était enfui. Il avait réussi à échapper à la tutrice qui voulait l'utiliser, et il s'était caché dans le penthouse de verre qu'il avait acheté, initialement destiné à lui servir de tombe ensoleillée lorsque le moment serait venu pour lui de quitter l'existence. Lorsque son père aurait été condamné. Il souffla et perdit toute force, tandis qu'il se replongeait dans ces longues journées de désespoir et de maladie de l'esprit. La douleur était aussi intense qu'au premier jour. Il était terrifié à l'idée qu'elle puisse rester, même après la fin de ce rituel.

Luisa était arrivée comme un cheveu sur la soupe - ce qui était très elle. Elle avait eu de la chance et était tombée par hasard sur lui. Elle l'avait forcé à sortir de sa retraite. Reprendre contact avec ses proches avait été un soulagement immense, mais aussi une douleur encore nouvelle. Il prenait conscience de sa différence et n'arrivait pas à l'accepter, horrifié par l'idée de n'être plus comme eux. Angoissé par celle qu'il puisse les damner rien qu'en restant proche d'eux, lui que Dieu rejetait. N'était-il pas blasphématoire, pour Ses enfants, de s'acoquiner avec ceux qu'Il avait banni de Sa lumière ?

Sa tante avait vaincu ses résistances, mais pas sans difficulté. Des problèmes déjà sous-jacents s'étaient exprimés de façon plus violente et plus évidente, comme cette haine qu'il avait de lui-même qui le poussait à vouloir se blesser, car c'était la seule façon qu'il avait de pouvoir supporter l'existence. Par la suite, outre ses affaires avec l'avocat et avec le Talion pour assurer sa survie, caché de Juan et de son père qui le cherchaient pour le détruire, tout n'avait plus été question que de sortir de cet état. D'accepter sa nouvelle réalité, de s'y adapter, et de retrouver une existence acceptable.

De renouer avec Olivia, aussi. Ces moments avaient été aussi douloureux que tous ceux qui l'avaient concernée avant, bien que cela se soit terminé sur une note positive, qui tenait guise de douce consolation. Il y avait eu des remous. Esteban avait été empli de colère et d'amertume. Son ancienne personnalité avait presque disparu, dans des moments où il avait été submergé par le cynisme, sentiment qui pourtant lui avait toujours été étranger jusqu'à là. La toile chaotique eut encore quelques soubresauts avant qu'il n'arrive au présent, et qu'il ne fut réaspiré par son propre corps.

Il était presque étonné de ne pas se sentir suant et bouillant contre le corps de la maîtresse vamp qui le portait encore. Il y avait quelques minutes encore, il était humain, avec un cœur qui battait, et une peau qui réagissait à chacune de ses émotions en devenant moite, chaude, ou bien encore glaciale. Devenu vampire, il n'expérimentait plus qu'un panel très limité de ces sensations, même si d'autres avaient au contraire été transcendées.

Ailin dut agir précautionneusement quand elle le reposa au sol car il ne tenait pas vraiment sur ses jambes. Il lui fallut quelques longues secondes pour retrouver l'équilibre, ensuite de quoi il se rendit compte qu'il pleurait encore. Sans aucun souci pour les convenances, qui avaient de toute façon éclaté en morceaux depuis plusieurs minutes, il essuya ses joues avec sa manche. Mais d'autres larmes épaisses sortirent de ses yeux, sabotant tout son travail. Il espérait au moins réussir à contenir son émoi avant de devoir se retourner et faire face à la salle, le temps de rejoindre sa place. Il n'osait pas regarder la maîtresse de la ville, sans trop savoir pourquoi. Une vague honte, peut-être, de lui avoir confié ses calvaires, et jusqu'à la plus profonde et intime de ses pensées.

Ou bien, peut-être était-ce juste qu'il était encore sonné, et qu'il ne savait plus où ni comment placer son regard. Entre ses oreilles, son cerveau bourdonnait.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Lun 15 Mai - 23:40

Ailin avait bien noté le cri du jeune Luz-Decalzo et comprenait que le passage du rituel l'effrayait. Si il disait vrai concernant son passé - et elle ne voyait aucune raison valable pour qu'il mente, quoiqu'en disent les journalistes corrompus - elle comprenait pourquoi. Ce son, produit si tôt, ne la ravissait pas. Elle savait le jeune homme prompt à tout dramatiser mais pensait bien qu'ici, cet appel de détresse était tout à fait significatif. Elle le prenait comme une mise en garde concernant la violence des suivantes images. Elle n'était pas certaine de s'en tirer indemne, elle qui pourtant n'était pas sujette à l'émotivité. Elle soutint donc le corps du jeune vampire déjà vacillant et se fit aussi sérieuse qu'elle en était capable lorsqu'elle était en train d'aspirer son sang par très légères lampées.

Par son opulence dépassant toute limite, la vie qu'avait mené le jeune Luz-Dezcalzo dès le plus jeune âge n'aurait pas manqué d'effarer la plupart des gens. Ailin, néanmoins, partageait quelques points communs avec lui qui l'empêchèrent de trop s'en étonner. Elle était née héritière d'un château écossais et se retrouvait donc, au moins partiellement, dans ces grandes étendues, et dans ces grands couloirs que l'enfant sillonnait. Les Luz-Descalzo étaient plus riches qu'elle et Sigmund ne l'avaient jamais été mais cela ne les avaient pas empêchés de vivre dans un luxe relativement similaire, si on retirait les jets privés et certains de leurs plus faramineux achats.

La proximité que l'enfant avait avec sa mère la perturbait déjà beaucoup plus, elle qui n'avait jamais vraiment connu sa génitrice, morte en couche à la naissance de son cadet, quand elle n'avait même pas deux ans.

Ailin se raidit lorsqu'elle vit les premières images de Darian Luz-Descalzo apparaître. Elle connaissait son visage. Ces dernières années, tout comme celui d'Esteban, on l'avait vu partout affiché à la une des tabloïds et sur les pages de papier glacé d'innombrables magazines. Certains monstres étaient décidément pires qu'elle, qui pourtant excellait en cruauté, comme en manipulation. Darian aurait été pour elle un excellent adversaire, qu'elle n'avait pourtant aucunement envie de rencontrer. Ces abus étaient de trop. Même pour elle.

Une nausée montait. Le sang d'un vampire était peu gustatif ce qui rendait, de base, l'acte d'en boire très peu attrayant. Les scènes qu'elle vivait par procuration résonnaient avec les sévices dont elle avait elle-même été victime, certes pas au même âge. Ecoeurée, elle devait se faire violence pour ne rien montrer de son désagrément, et pour ne pas tout simplement arrêter le rituel. Elle frémissait doucement, mais personne ne devrait s'en rendre compte, à l'exception peut-être des deux seules personnes à sa proximité directe.

A côté de ces éclats de violence, le reste des souvenirs d'Esteban paraissait fade, probablement parce qu'Ailin n'en avait strictement rien à faire. Elle le laissa se débrouiller avec l'école et fit en sorte de supporter les assauts de plus en plus fréquents de son père, ce jusqu'à ce qu'Esteban ait la bonne idée de parler à son cousin. Peu de temps après, ce qu'il ressentait à l'égard de Darian mua. C'était encore quelque chose qui résonnait très fort en elle, car elle avait haï son père avec au moins autant de force, après qu'il eut passé son temps à tenter de détruire sa vie, certes de façon bien différente. Elle absorba toute la colère du jeune vampire. Ses épaules se soulevèrent à l'occasion d'un soupir tendu. Une aura électrique les entourait subitement, constituée d'outrage, de fureur et de dégoût. Elle raffermit sa prise sur le cou de l'héritier et enfonça ses dents plus loin dans la chair.

Esteban et elle étaient à la fois très similaires et très différents. Elle avait un avis presque opposé au sien quant il était question de vampirisme. Cela dit, pour ce qui était de ce besoin de vengeance qu'il nourrissait, flammèche puissante au creux de sa cage thoracique, elle n'aurait pas pu mieux le comprendre. Elle concevait avec une parfaite acuité les sacrifices qu'il avait été prêt à faire pour voir Darian croupir derrière les barreaux. Elle n'avait pas besoin que la vision aille plus loin pour deviner. D'autres scènes fugaces passèrent où l'inimitié qu'ils vouaient ensemble à l'homme continua de grimper tandis qu'il se jouait d'eux. Elle devait admettre que Darian était très doué. Dans un autre contexte, elle aurait admiré son talent.

Puis il souffrit très fort et Ailin eut l'impression de sentir son esprit prendre une distance surprise alors qu'elle expérimentait sans comprendre vraiment l'ampleur de sa culpabilité. L'attachement qu'il avait à Olivia était, pour Ailin, complètement inconcevable, même alors qu'on la forçait à le vivre avec une empathie qu'elle n'était pas censée posséder.

Peu de choses la marquèrent avant que n'apparaisse la figure de Karl, qu'elle avait déjà eu l'honneur de rencontrer en personne. Elle savait que la relation entre ces deux là n'était pas claire, au bas mot, mais c'était encore autre chose de ressentir la façon dont le vivait réellement Esteban. Bien qu'elle fut encore en train de s'abreuver, un sourire amusé naquit sur ses lèvres en même temps que ce jeune idiot se détendait. Si ce à quoi il venait de lui donner accès n'était que de l'amitié, alors elle était prête à se couper une main.

La pause ne fut que de courte durée. Darian revint au centre des souvenirs d'Esteban de façon très inattendue, autant que le fut l'acte violent qui suivit. Esteban hurla. Ailin chancela légèrement, assaillie par des mémoires très personnelles en même temps qu'elle vivait encore le calvaire du jeune homme. Elle avait chaud et froid en même temps et ne supportait plus qu'à grand peine de porter son poids encombrant. Elle dut encore se faire violence pour ne pas interrompre la séance.

La suite de l'histoire, elle la connaissait, mais pas de ce point de vue, qui lui paraissait bien sombre. Elle savait que l'héritier Luz-Descalzo avait mal vécu sa transformation, mais elle n'aurait pas imaginé qu'il était possible de mal le vivre à ce point. Elle était bien plus sujette à la tristesse et au désespoir qu'elle ne pouvait l'être à beaucoup d'autres sentiments humains. Si elle resta presque insensible aux drames familiaux qu'elle entrapercevait, la fragilité morale du vampire, ses tendances auto-destructrices et cette pointe de cynisme qui l'avait un temps envahi lui parlaient.

Lorsqu'enfin le présent les tira de cette mélasse infâme, elle était à peine moins chamboulée que lui. Contrairement à Esteban, Ailin ne pouvait pas le montrer. Ses capacités d'actrice avaient beau être excellentes, elles étaient mises à rude épreuve. Elle profita du temps qu'elle le reposait sur le sol et l'aidait à retrouver son équilibre pour se refaire une contenance et cesser de frémir comme une feuille d'automne. Elle s'étonnait tout de même d'une chose : rien dans ses souvenirs n'avait trait au TPH. Les liens des Luz-Descalzo avec l'organisation violente n'étaient certes qu'une rumeur que beaucoup pensaient sans fondement, mais leur inimitié à l'égard des outres était réelle, et de notoriété commune. Pourquoi n'avait-elle pas eu l'impression d'en être témoin dans ces souvenirs ? Cela aurait pourtant dû transparaître d'une façon ou d'une autre de manière évidente. Elle flairait quelque chose de peu clair... D'autant plus qu'elle savait qu'il avait, par le passé, déjà fait appel aux services d'une connaissance commune.

Elle eut un sourire de convenance à l'égard d'Esteban, qu'elle libéra avec un hochement de tête. Mais pas sans quelques réflexions télépathiques qu'il avait bien cherchées.

¤Il semblerait que je sois devenue un témoin de choix pour votre procès, Esteban... Mais m'avez-vous bien rendu la pareille ?¤

Elle marqua une brève pause où ses yeux gris grand ouverts sondèrent ceux très mouillés du néo-vamp afin de lui faire comprendre qu'elle n'était pas idiote, et qu'elle le soupçonnait d'avoir triché. Elle était prête, pour le moment, à laisser cela couler en gage de bonne volonté et pour le bien de leurs relations futures, qu'elle souhaitait fructueuses. Mais qu'il n'imagine pas l'avoir roulée dans la farine. Elle usait déjà de stratagèmes similaires quand son grand-père n'était pas né.

¤Bien évidemment nous devrons prendre rendez-vous, concernant votre agression. Nous ne pouvons pas la laisser impunie. Celle qui vous a changé est à l'évidence très instable, très dangereuse, et très absente ce soir. Autant de défauts qui la propulsent immédiatement sur la liste rouge.¤

Elle en avait fini avec lui et le laissa donc s'en aller, dès qu'il se sentit assez mieux pour cela. Elle lui accorda tout le temps dont il avait besoin, car elle comprenait aisément qu'il en ait la nécessité. A vrai dire, elle aussi. Mais elle ne pouvait pas le laisser partir sans ajouter une dernière pique, ce qu'elle fit donc alors qu'il avait le dos tourné et retournait dans l'assemblée.

¤Vous embrasserez bien Karl de ma part. ¤

Ni plus, ni moins. Elle ne voulait pas qu'il se rebiffe contre elle, mais tout en même temps elle avait besoin d'un interlude de légèreté, et c'était l'occasion parfaite. Puis elle avait déjà rencontré Karl, dans des circonstances certes peu recommandables. La formulation était donc entièrement justifiée. Ou presque.

Vraiment, si il le prenait de travers, c'était lui qui avait l'esprit mal tourné.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Jeu 18 Mai - 23:05

Esteban aurait largement préféré que la maîtresse Dyce le laisse tranquille, maintenant qu'il avait fait son devoir. Elle avait vu et vécu les mêmes instants que lui. Elle devait bien se douter qu'il n'était pas d'humeur à mener la moindre discussion mondaine, qu'elle fut ou non télépathique. C'était d'ailleurs même pire qu'elle s'adresse à lui dans sa tête. Il grimaça de désagrément. Il avait déjà détesté cela la première fois, avec l'ancienne dirigeante des vampires néo-orléanais. Il ne s'était toujours pas habitué à cette sensation intrusive, cette impression qu'on lui imposait des pensées qui n'étaient pas les siennes, et qui recouvraient ses propres réflexions. Il espérait qu'il n'aurait pas besoin de s'y faire plus que cela, même si la nouvelle propriétaire des lieux lui donnait l'impression d'en être friande.

Entre les larmes, il lui jeta un regard aigu, souligné d'un espoir inattendu, mais aussi d'un peu de défiance. Il était très difficile de tricher, lors d'un rituel pourpre. Il avait pu le faire en achetant des sortilèges wiccans de qualité sur le marché noir, mais il ne s'agissait que d'omettre des informations qu'il voulait taire. Qu'en était-il de créer de faux souvenirs, qui plus est si profondément traumatisants, et détaillés, que ceux qu'il avait de son père et du temps qu'ils avaient passé ensembles ? Peut-être était-ce possible, mais cela lui paraissait peu crédible.

Ainsi le témoignage de la maîtresse vampire aurait effectivement pu peser lourd sur le procès, si elle avait daigné y venir comme témoin. Il n'était pas sûr qu'elle soit sérieuse cela dit : en jouant ce rôle elle se mettrait en danger. Sans connaître les affiliations TPH de sa famille, on pouvait toujours comprendre qu'ils étaient du genre à ne pas laisser quiconque contrarier leurs prévisions.

Et puis il fallait bien dire qu'Esteban était récalcitrant à l'idée de laisser le moindre vampire s'impliquer publiquement en sa faveur. Il n'aimait pas l'image que cela risquerait de donner de lui auprès des médias, et plus largement du public qui suivait son affaire. Ce reste de scrupules valait-il pourtant le coup qu'il s'ampute d'un atout précieux ?

Enfin, question qu'il n'était pas encore assez naïf pour ne pas se poser : qu'attendrait-elle en retour de son aide ? C'était peut-être le discours qu'elle avait tenu, mais elle ne lui avait pas donné l'impression d'être une personne qui agissait par altruisme.

Il s'arrêta de pleurer tout à fait lorsqu'elle ajouta une remarque qui l'aurait rendu blanc comme un linge si ça avait encore été possible. Elle sous-entendait qu'il ne lui avait pas tout dit, et c'était vrai. Cela dit le sortilège avait fonctionné à merveille. Comment pouvait-elle l'avoir deviné ?

En cet instant précis, elle lui rappelait Luisa. En beaucoup plus blonde, beaucoup plus morte, et beaucoup plus terrifiante.

Ce devait-être une coïncidence. Ou bien du bluff. Ou juste une manière étrange de l'impressionner. En tous les cas, lèvres serrées, il décida de ne rien répondre. Surtout qu'il n'aurait pas pu le faire discrètement.

Elle l'informa d'un rendez-vous prochain. De cela, il lui était reconnaissant. Cela ne faisait que trop longtemps que celle qui l'avait transformé courait. Il ne savait pas si elle avait fait d'autres victimes, depuis, mais il se sentirait en tous les cas bien plus tranquille lorsqu'il ne risquerait plus de la rencontrer par hasard en marchant dans les rues.

Il acquiesça vivement et considéra qu'ils en avaient terminé. Il sécha donc ses dernières larmes et poussa un discret soupir de soulagement, avant de s'en retourner à sa place, les yeux baissés pour éviter de croiser le regard des autres.

Elle l'arrêta en plein chemin avec une remarque inattendue qui lui donna l'impression de prendre feu spontanément. Il se retourna par réflexe, arborant cette expression pincée emblématique qu'il partageait avec sa mère, et qui donnait l'impression qu'il venait de sentir quelque chose de particulièrement nauséabond. Quelle était donc cette réflexion sur Karl ? Comment le connaissait-elle ? Ah. Était-il donc bête. Elle l'avait vu dans ses pensées.

Voilà qu'elle ressemblait encore plus à Luisa. Qu'avait-elle cru comprendre ? Rien que des bêtises, assurément ! Il ouvrit la bouche avant d'avoir eu le temps de se rendre compte que ce n'était peut-être pas une bonne idée et qu'il risquait de se donner en spectacle, même si dans une mesure restreinte.

"... C'était une réflexion tout à fait inadaptée !"

Et puis, fier comme un paon, il retourna s'installer à sa place. Il se tenait tellement droit, et paraissait si ulcéré qu'on aurait dit qu'on venait de lui remettre en place le folklorique balai rectal qui se transmettait dans sa famille de parents à enfants avec une facilité confondante.

Au moins, il ne reniflait plus.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Ven 26 Mai - 5:53

Voilà que son ancien élève approchait. Jesse s'était particulièrement amusé de sa réaction, lorsqu'il avait enfin réalisé qu'il se trouvait au pied du trône. Suivant l'actualité (et connaissant la façon de parler du jeune vampire pour l'avoir expérimentée en direct), il avait presque pu se figurer ce qui lui était passé par l'esprit, ce qu'il avait trouvé plutôt divertissant. L'universitaire était bien conscient que l'image qu'il donnait en temps normal était totalement différente de celle qu'il représentait aujourd'hui. D'ailleurs, il était certain que c'était l'une des choses sur laquelle Ailin avait compté. Jesse était relativement connu auprès de certains membres de la communauté vampirique qu'il avait approchés pour sa recherche, et le voir ainsi dans le rôle de dominé de la nouvelle Maîtresse en faisait certainement réfléchir plus d'un.

Le jeune Luz-Dezcalzo s'était cogné au personnage fragile précédent et se confondait présentement en excuse, ce qui n'était pas sans vouloir redresser le coin des lèvres de l'étudiant, qui s'abstint pour éviter de laisser passer ce qui pourrait être pris comme une marque de désobéissance. Il s'étonnait lui-même d'encore parvenir à être amusé par la maladresse du vampire, dont il avait eu de nombreuses démonstrations déjà lors de ce semestre où il l'avait eu dans ses cours. Comme quoi, s'il y avait bien quelque chose qu'Esteban Luz-Descalzo n'était pas, c'était lassant. Et ce n'étaient pas les journaux à sensations et les magazines people qui allaient le contredire.

L'américano-mexicain s'approcha donc pour subir sa morsure, qu'il avait vraisemblablement autant envie d'avoir que de se retrouver face à son père. Ce que Jesse pouvait comprendre, puisque c'était effectivement ce qui allait se passer.

De l'extérieur, la scène donnait l'impression que le jeune homme se faisait torturer. Quiconque en était témoin pouvait imaginer les horreurs qu'il subissait, et que la Maîtresse Vamp était obligée de subir avec lui. C'était pour la seconde -qu'il connaissait assez pour remarquer les marques de tension dans son dos-, plutôt que pour le premier, que Jesse était véritablement inquiet, connaissant le passé d'Ailin et la façon dont il pouvait résonner avec ce qu'elle était obligée de vivre au premier plan ce soir.

Il n'était cependant pas dépourvu d'empathie, et était au premier plan pour remarquer la façon dont le vampire s'accrochait à sa hiérarchie. Les événements qu'Esteban était forcé à revivre paraissaient horribles, même de l'extérieur. Avec cet indice supplémentaire, il était plus difficile encore de croire à la défense du père, malgré tout ce que les journaux pouvaient en dire. Jesse se demandait si Ailin allait mentionner le procès. Son témoignage pourrait certainement peser lourd dans la balance, pour un peu que les paroles d'une Outre aient la moindre valeur dans un tribunal. Malheureusement, ce n'était pas gagné.

Voilà qu'il distinguait des larmes sur les joues de l'héritier. Jesse se douta qu'il s'agissait certainement d'un souvenir lié à sa mère. Sans être particulièrement fervent des magazines people, on ne pouvait éviter les récits des différends entre la mère et le fils, qui avaient pris un tournant tragique à la transformation du jeune homme. Etant lui-même très proche de ses parents, c'était une chose à laquelle Jesse pouvait s'identifier bien plus facilement qu'Ailin. Il n'avait jamais eu de souci avec ses parents, mais l'idée de les décevoir obscurcissait toujours un coin de son esprit. Il ne serait donc as étonné de savoir qu'une scène de ce type était ce qui amenait les pleurs du Luz-Descalzo.

...Qui sembla se détendre presque instantanément. Jesse haussa un sourcil discret. Quoiqu'il se soit passé à cette période de sa vie, cela lui avait certainement été salvateur. Comme toujours, il avait ses théories, certaines plus amusantes que d'autres.

Un hurlement glaçant retentit, amenant l'ensemble de la salle (même ceux qui avaient pu détourner le regard face aux réactions précédentes) à tourner le regard vers le couple au centre de la salle. Ailin elle-même semblait avoir du mal à accuser le coup cette fois-ci, ce qui donnait au californien une idée relativement claire de ce qu'il pouvait être en train de se dérouler. Une fois encore, Jesse se fit la réflexion que de telles réactions ne pouvaient être simulées. Sans preuve exacte du message qui était passé, il ne pouvait rien affirmer, mais l'ensemble de la salle pouvait être témoin que quelque chose de terrible avait eu lieu dans la vie du richissime jeune homme.

Mais un avocat particulièrement doué comme l'était Darian Luz-Descalzo pourrait certainement détourner cet argument (trop vague) d'un revers de la main. Contre ses cuisses, les poings de l'universitaire se serrèrent. Son aversion pour l'injustice en prenait un sacré coup, sans compter son inquiétude pour Ailin qui augmentait de façon proportionnelle.

La crise de larmes se calma, avant de recommencer. L'universitaire se fit brièvement la réflexion que les glandes lacrymales du vampire paraissaient particulièrement efficaces, pour un être mort. N'allait-il pas finir par se déshydrater ? Ce serait intéressant à observer, tiens...

Puis, le rituel cessa. Les deux vampires restèrent cependant un moment enlacés, probablement le temps que le jeune homme retrouve la force nécessaire pour retourner à sa place. Si l'on se fiait au regard mouillé qu'Esteban dardait sur la Maîtresse Vamp, il n'était pas encore tout à fait rétabli. Il note cependant une brève note d'espoir dans le regard clair (oui, Jesse était vraiment idéalement placé, merci Ailin), ce qui lui permit de supposer qu'elle lui avait fait une offre concernant le procès. L'étudiant se doutait cependant qu'elle ne serait pas gratuite, et Esteban lui-même devait le savoir, vu le monde dans lequel il avait évolué avant de s'en faire brutalement jeter.

Enfin, l'américano-mexicain soupira et de détourna pour reprendre sa place dans la foule. Tous s'attendaient donc à ce que la conversation soit terminée, s'il n'y avait pas eu cet arrêt brutal, puis le regard courroucé qu'il lança à Ailin en se tournant à nouveau vers elle, avant de s'exclamer d'une façon qui fit très légèrement secouer la tête à l'universitaire. Il connaissait extrêmement bien Ailin, il savait un certain nombre de choses sur l'héritier Luz-Descalzo, son intelligence acérée lui permettait de faire une hypothèse qu'il cherchera bien évidemment à valider lorsque tout cette soirée serait terminée et qu'il pourrait profiter d'un tête-à-tête avec la nouvelle Maîtresse.

En attendant, il tenterait une fois de plus de lui glisser un regard, cette fois pour lui témoigner un soutien silencieux, mais presque invisible, parce qu'il ne pouvait pas se permettre plus à l'heure actuelle.

Être témoin de ce Rituel Pourpre était réellement passionnant, mais il commençait à être long. Et périlleux.
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MessageSujet: Re: Rituel Pourpre de 2053   Jeu 14 Sep - 11:08

Sourire amusé fugace. Il semblerait que mes intentions soient mal interprétées, mais peut importe, je suis quasiment prête à mourir ce soir. Il est juste hors de question que je pare sans me battre. Si la sentence doit tomber, elle ne sera pas las seul ça c'est certain.

Enfin elle prend la parole et comment dire ? J'en ai un peut rien à foutre de son CV qu'elle a l'air de prendre plaisir à nous étaler sous le nez comme de la confiture. D'accord elle est vieille et alors ? Qu'est-ce qui la différencie de l'ancienne momie qui dirigeait la ville avant elle ? Qu'est-ce qui va changer maintenant ? Et puis même quelque chose changeait, j'ai envie de dire « trop tard ! ». Mais je me retiens de tout commentaire. Je n'ai pas non plus envie de précipiter ma fin.

Je lève un sourcil et suis la direction du regard de la blonde. Je ne savais même pas qu'on avait un bourreau. J'ai presque envie de lui hurler à quel point elle est nulle dans son boulot. Non mais c'est vraie, on est au moins deux ici à ne pas avoir voulue de notre état. Sans parler du marchand de mort qui m'a si facilement piégée. Tu étais où pétasse ? En tout cas pas à ton poste visiblement.

Nouveau sourire, elle veut faire le point sur les problèmes de chacun ? On va rire...


Ma carapace se fissure. L'image du mouchoir est particulièrement criante dans mon cas. Il faut que je me reprenne et que j'enfile à nouveau mon masque impassible. Je regarde les autres avancer de loin, il semblerait que je sois dans les derniers arrivés. J'ai donc tout mon temps pour observer comment ça se passe. Non parce que la première fois j'étais toute seule  et il n'y avait pas eu de cérémonie aussi grandiose et sa me stresse un peut.

Ok...ils s'avancent, elle les mords, puis fait un commentaire et ils retournent s’asseoir. Pour le moment personne n'a été tué, c'est peut être bon signe. Peut être y a-t-il une sorte de soutien entre vampire que je ne connais pas encore, faute de ne pas les avoir côtoyé. Et le quatre heure vivant reste là à sourire bêtement. Il m'intrigue. Qu'est-ce qu'il fait là ?

Pas le temps de se poser plus la question, il semblerait que ce soit à moi. Mince, il faut en plus que je remonte toute la pièce et que je quitte ma potentielle voie de sortie. Voilà qui ne m'enchante pas. Mais ai-je le choix ? Restons digne !

J'avance donc. Le menton levé, le dos droit . Sans accorder le moindre regard à ceux qui sont assis. Je fais un petit sourire à Esteban comme pour le féliciter s'être plier au rituel. La dernière fois que je l'ai vue il n'en était tellement pas capable. Puis mon sourire disparaît quand je regarde à nouveau la bonde dont je me rapproche. Je fais un effort pour ne pas avoir l'air de nourrir une animosité particulière à son égard. Puisque après tout je pourrais très bien être de très mauvaise humeur. Juste de mauvaise humeur. La mauvaise humeur d'un condamné à mort.

Me voilà devant elle. Certains se sont contenter de tendre le bras, d'autre se sont abandonné à une étreinte mortelle. Je ne me suis plus fait mordre depuis mon attaque et je ne suis pas pressée de le revivre. Je préférerais lui servir mon sang dans un verre, mais visiblement et malgré mes regards perçants, il n'y en a pas. Je choisie donc de la laisser faire et de serrer les crocs. J'écartes les bras et baisse le regard, pas trop non plus
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Rituel Pourpre de 2053

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