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 Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).

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Asch Räder
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Dim 17 Déc - 23:39

Si Jesse avait essayé de répondre aux explications d'Asch par la plaisanterie, ce dernier ne le comprit pas ainsi. Peut-être parce que la logique inhérente à ce que venait de dire l'étudiant lui échappait. Une blague n'allait généralement jamais aller chercher si loin qu'elle vous obligeait à prendre en compte des éléments de la situation que vous ignoriez précédemment. C'était plutôt l'apanage des discussions diablement sérieuses.

Le jeune homme fronça donc les sourcils et tourna sur Jesse un regard involontairement interloqué. Il était d'accord pour dire, à la lumière de ce qui venait de se dire, que Stephan avait abusé ce matin.

Mais voilà : c'était ce matin.  Rien à voir avec une quelconque définition du terme "aussi longtemps", qui impliquait de regarder bien avant dans le passé, à une période où Asch se pensait intégralement responsable de la mésentente qui existait entre lui et le barman. C'était lui qui avait fait en sorte d'éviter de lui parler et de l'ignorer royalement, parce que ce qui était arrivé entre eux le gênait atrocement. Lui aussi qui avant même cela s'était comporté de manière invariablement désagréable, parce qu'il avait eu une mauvaise première impression qui l'avait amené à s'agacer de la présence du concerné dès qu'il était à moins de dix mètres.

"... Tu dois te tromper de gars. Je suis pas vraiment du genre à supporter longtemps quoique ce soit... la preuve, justement, me semble."

Asch n'avait jamais vraiment eu conscience des responsabilités que Stephan portait au sujet de cette soirée désastreuse, passée dans les toilettes des Plaisirs Coupables. Il n'avait pas été assez conscient pour bien se souvenir de tout ce qui était arrivé, d'une part, et de l'autre, il était trop habitué à être l'origine des problèmes de tout le monde. Par conséquent, comme tout le reste, cette issue avait été de sa faute. Il s'était persuadé que la saison lui avait fait perdre la tête au point de le rendre peu regardant quant au genre de son partenaire, mais persuadé d'avoir provoqué cette situation, tout comme son géniteur avant lui, au moment de le concevoir. Dans le fond, heureusement que Stephan s'était montré très clair quant au fait d'être consentant, car sinon, Asch n'aurait pas forcément été capable de vivre avec ce qu'il s'était passé, et ce bien avant l'agression en forêt qui avait eu raison de sa santé mentale.

Et puis il avait été trop occupé à supprimer de son conscient jusqu'à l'existence même du barman, malgré le fait de bosser avec lui, pour revenir mentalement là-dessus de façon plus approfondie. Surtout qu'il aurait préféré pouvoir effacer l'entière expérience de sa mémoire.

Suite à cet interlude, Asch retourna s'asseoir et Alcide provoqua l'une des catastrophes dont il avait le secret, amenant son maître à hurler puis à se fâcher quelques secondes, avant de se résigner à le caresser malgré la rancune qu'il lui vouait encore. Si Asch ne s'occupait pas du chien, ce dernier allait juste se montrer de plus en plus insistant et risquait de faire une nouvelle connerie.

Jesse fit une nouvelle remarque, qui amena le métamorphe à esquisser une petite grimace. Selon lui, Alcide ne méritait pas autant de crédit. Ce crétin lui avait fait mal, et il aurait préféré l'envoyer bouler dans sa panière plutôt que de lui faire des câlins, si ça avait été une solution viable. Il aurait préféré lui faire ces fameux câlins dans un moment où il aurait été au moins un peu méritant.

"Mouais. C'est pas grâce à lui. Le coup d'adrénaline réveille, mais c'est bien tout ce que ça fait de bien..."

Et comme pour illustrer ses propos, Asch repoussa à nouveau le chien qui, maintenant qu'il avait obtenu ce qu'il désirait, accepta de revenir au sol sagement puis de s'éloigner de quelques pas. Le husky bailla bêtement. Asch, qui l'observait en arborant l'un de ses typiques airs blasés, soupira lourdement, soulevant accidentellement une mèche de cheveux qui traînait au milieu de son visage.

Il se tourna ensuite en direction de son assiette, avec l'air d'être sur le point de relever un challenge irréalisable. Genre avaler un burger à vingt étages. Ou un bol de nourriture de la taille d'un gros saladier.

"Bon... Je vais essayer..."

C'était ce qu'il pouvait faire de mieux. Il attrapa sa fourchette sans conviction, la balada à quelques reprises dans la nourriture pour fouiller, piquer, à la recherche d'une section d'assiette qui lui donnait moins la gerbe que le reste, et puis il fourra le contenu rempli dans sa bouche, avant de mâcher sans joie, avec dans le regard une lueur désabusée presque comique. C'était probablement bon, même si un peu refroidi... Mais comme prévu, la nourriture avait un goût de carton pâte, parce qu'il n'était pas assez en forme pour l'apprécier, et qu'il se concentrait déjà pour tenir la nausée au loin.
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Jesse Coleman
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Mar 19 Déc - 18:48

Bien. Visiblement, Asch n'avait pas compris où l'étudiant voulait en venir. Ce n'était pas un problème, dans le sens où il n'était pas rare que Jesse provoque cette réaction. Il y était donc étrangement habitué et s'en souciait rarement. Lorsqu'il estimait que cela valait le coup, il explicitait. Sinon, il laissait tomber cette partie de la conversation.

Normalement, il aurait opté pour cette seconde solution. Après tout, il ne s'agissait que d'une petite plaisanterie, certes teintée de vérité, mais remuant quelque chose qui n'allait probablement être du goût de son hôte. Inutile donc d'épiloguer à ce sujet.

Mais ça, c'était avant que le métamorphe ne lui réponde, lui faisant clairement comprendre que ce n'était pas qu'il ne voulait pas revenir sur le sujet (bien que, quelque part, il y avait certainement de cela aussi), mais plutôt qu'il n'avait pas compris ce que le doctorant avait insinué. Parce qu'il n'avait pas dû voir l'événement de cette façon.

Derrière les lunettes rondes, le regard gris s'agrandit légèrement, témoin d'un étonnement léger empli de flegme. Comme quand on s'attend à quelque chose en se disant que cela ne peut pas être pire, et que finalement si. Le degré auquel le rouquin n'essayait même pas de voir la culpabilité d'un.e autre avant d'admettre la sienne était affligeant.

Poussant un soupir, l'universitaire monta une main au niveau de son visage pour passer deux doigts sous ses yeux dans un geste dont la lassitude était évidente. Ce qui expliqua peut-être pourquoi il ne prit pas la peine de mettre des gants. ...Quoique, il n'en mettait jamais vraiment.

"Tu sais, cette façon que tu as de te rendre coupable de tout sans même chercher à comprendre est la raison pour laquelle il est si facile de s'en prendre mentalement à toi. Je serai étonné d'apprendre que ta patronne ne s'en soit jamais servi pour te faire te sentir misérable, ou déclencher une de ces rages derrières lesquelles tu caches ta douleur.

...Enfin. Tu n'es pas sans savoir que ma source d'information a de très bonnes oreilles, et elle a clairement entendu le barman essayer de te convaincre par une rhétorique assez fumeuse -à son avis- avant de te titiller assez pour que tu laisses tomber toute réticence."


Il ajouta, dans un haussement d'épaules désintéressé.

"Je vois mal l'intérêt qu'aurait Ailin à me mentir là-dessus. Ce qui veut dire que le responsable qui a initié tout cela, ce n'est pas toi, mais Stephan. Encore. Et que ce matin n'est donc pas la première fois que tu dois supporter ses conneries. Peu importe la responsabilité que tu portes effectivement dans l'évolution de votre relation après coup."

Il n'était peut-être pas très malin de la part du californien de casser à nouveau du sucre sur le dos du barman alors que le videur avait déjà des griefs imposants contre lui. Mais ce n'était pas non plus une bonne chose de le laisser continuer à penser qu'il était le seul coupable de la catastrophe qu'avait été cette soirée aux Plaisirs Coupables. Et puis au fond, cela allait également forcer Stephan à regarder ses propres responsabilités en face, ce qui ne serait vraiment pas un mal.

La conversation finit par dériver, uniquement parce que le méta loup avait entreprit de s'asseoir et qu'Alcide en profita pour faire des siennes. A la dernière réplique de l'outre, Jesse eut un autre de ces rictus auquel il avait dû habituer son vis-à-vis depuis le début de la soirée avant d'observer le chien descendre des genoux de son maître.

"Et moi qui tentait d'être modeste..."

Oui, il plaisantait. Même si personne dans cette pièce ne pouvait nier l'influence positive de l'étudiant. Ne serait-ce que parce que le canif était toujours dans sa poche, et pas planté dans un bras.

Ayant suivi le regard d'Asch sur l'animal, il ne remarqua pas la façon dont son souffle blasé avait fait voler ses cheveux, et c'était heureux pour le locataire des lieux, qui aurait eu droit à une autre comparaison cinglante avec ce personnage dont il a eu le malheur d'utiliser un peu plus tôt (même si, au fond, cela avait été bien utile). Puis il fit mention d'essayer quelque chose, et le norme se tourna à nouveau vers lui, juste à temps pour le voir tenter d'avaler sa nourriture avec autant d'entrain que si on lui avait proposé de manger de la terre. Jesse le regarda faire avec un air vaguement amusé, appuyé contre le dossier de sa chaise qu'il avait rejoint plus tôt.

"Je suppose que tu as déjà profité de ce type de nourriture avant... Sinon, garde-là pour un jour où tu seras en mesure de l'apprécier, c'est vraiment délicieux et ça se réchauffe très bien."

Comme pour appuyer ses propos, l'étudiant plongea à nouveau la main dans la boîte pour en sortir un troisième beignet.
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Asch Räder
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Mer 20 Déc - 12:13

Celle là, Asch ne s'était pas attendu à se la payer. Il ne l'avait juste pas vue venir. Jesse était sans prévenir repassé en mode "Bélier de Guerre" et avait foncé dans le tas sans délicatesse, le mettant KO sans lui laisser aucune chance de se défendre. Allez en prison, ne passez pas par la case départ.

Il tiqua, tourna un regard aigu sur l'étudiant mais ne répondit rien immédiatement, en grande partie parce que Jesse n'avait lui-même pas fini et qu'il continuait de lui asséner une pluie de coups à laquelle il perdait progressivement toute capacité de réagir, parce qu'il y avait juste trop de choses à penser. Des choses qu'il n'avait jamais vraiment vues, et qui le rendaient confus.

Il était évident que Précieuse jouait avec ses faiblesses. C'est ce qu'elle faisait avec tout le monde. Il n'apprenait donc pas grand chose de nouveau sous le soleil sachant que de se rendre compte de tout ça n'allait rien changer : ce n'était pas quelque chose qu'il contrôlait. Il pouvait essayer, mais n'arriverait pas à grand chose tout simplement parce qu'on ne pouvait pas modifier son subconscient, et que tout se jouait ici. Merci Rachel.

Par contre, le point de vue de son interlocuteur sur le comportement de Stephan était -  encore une fois - très différent de tout ce qu'il avait jamais vu et pensé de cette situation dans les toilettes des Plaisirs Coupables, certes en partie parce qu'il avait fait de son mieux pour éviter d'y penser tout court. Il l'obligeait à changer de point de vue. Ça picotait aux entournures.

Asch paraissait donc perdu dans ses pensées chaotiques alors qu'il cherchait à se remémorer ces instants bannis de sa mémoire, et à considérer la vérité qui se dégageait des propos de son interlocuteur. En même temps qu'il considérait aussi ce qui n'était pas vrai, ou bien pas entièrement.

"..."

Finalement, rien ne voulut sortir. Peut-être parce que les pensées se bousculaient encore dans sa tête et que les réponses possibles formaient un embouteillage à l'heure actuelle inextricable. Peut-être qu'il reviendrait dessus. Peut-être pas. Il n'était pas sûr d'avoir envie d'en parler.

Il retourna donc plutôt au niveau de la table, où le chien lui montra un peu trop son enthousiasme. Jesse complimenta la bestiole alors qu'elle ne le méritait, selon Asch, absolument pas. Après avoir exprimé son scepticisme il repoussa Alcide qui accepta enfin de cesser de lui coller aux basques, et Jesse fit une plaisanterie mêlée de vérité qui lui décrocha un léger sourire, emmêlé dans un ricanement court. Clairement, Jesse avait été plus efficace que le husky, même si on ne pouvait retirer au chien la façon dont il l'avait maintenu en vie jusqu'à l'arrivée du brun, qui avait ensuite pris le relais. Mais depuis, l'abruti poilu ne s'était pas montré très utile.

Asch essaya de manger. Il n'avait absolument pas faim, l'estomac toujours retourné malgré l'amélioration drastique de son humeur. Il n'était plus sur le point de se planter, mais malgré son talent, Jesse n'était pas encore devenu wiccan, et il aurait fallu faire de la magie pour réussir à faire aller Asch bien en l'espace d'une soirée. Ou bien le mettre sous drogues. Bref... Ça allait mieux, mais pas assez pour qu'il retrouve l'appétit. Il picora donc quelques fourchettes difficiles, avant que Jesse ne lui indique qu'il n'était pas obligé de se forcer, et qu'il pouvait garder le plat pour le faire réchauffer plus tard.

Le métamorphe hocha la tête en silence, mais reprit une fourchette avant d'expliciter :

"Je ferai ça quand j'en pourrai plus..."

Il n'avait pas bouffé de la journée, ça n'aurait pas été raisonnable de ne même pas essayer de corriger ce problème. Il n'avait pas faim, mais son corps avait tout de même besoin de cette nourriture. Puisqu'il avait accepté de faire un effort pour survivre un peu plus longtemps, autant qu'il le fasse vraiment.

Dans un coin de son esprit, le sujet avorté plus tôt continuait à trotter, à tourner en rond, et cela finissait par devenir insupportable. Il allait être obligé d'en parler, sous peine de se faire des nœuds de cerveau supplémentaires. Il soupira, et lâcha donc sa fourchette pour regarder Jesse dans les yeux. Au moins, cette pause lui avait permis de retrouver un ordre cohérent dans lequel dire les choses.

"Juste... Pour revenir sur ce que tu disais. Je fais rien de tel volontairement. Je veux dire... Ça a même tendance à me saouler prodigieusement, cette manière dont c'est toujours MA faute selon tout le monde. Comme cette fois où l'autre furie de vampire m'a pété un verre sur le crâne, arraché la moitié du ventre, mais que c'est quand même moi contre qui tout le monde en avait..."

Oui non vraiment. Il avait très mal vécu cet épisode. Le souvenir en était encore cuisant, et ce n'était pas à cause de la souffrance de son ventre en charpie ni même de la façon dont il avait failli se vider de son sang dans les toilettes.

"... Pour Stephan par contre, le truc, c'est que c'était un malentendu. Il a pas compris que j'essayais de lui dire que je voulais pas. Les signaux étaient pas clairs à cause de la saison. Et puis ensuite toujours à cause de la saison j'ai... Et puis en plus c'est moi qui l'ai... bref."

Rouge de la tête aux pieds, Asch avait commodément plongé les yeux dans son assiette, dans laquelle il était en train de dessiner des ronds avec sa fourchette.
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Dim 7 Jan - 23:31

Une fois de plus, l'absence de réponse n'était pas ce qui dérangeait le doctorant. C'était au contraire la réaction qu'il provoquait la plupart du temps et il n'était donc pas impressionné par la tournure de la conversation... ou son absence, selon le point de vue. Cependant, cela ne voulait pas pour autant dire que la discussion était terminée. Et cela, Jesse l'avait appris très rapidement : on pouvait déduire bien plus de choses dans une silence que dans un échange verbal. C'était en poussant la réflexion chez ses interlocuteurs qu'on faisait évoluer une situation, et cette réflexion n'était pas toujours induite par la parole. Chez certains, il fallait du silence... et du temps. Dans ce cas précis, il était évident que le métamorphe l'avait entendu et prenait en considération ce qui venait d'être dit. Qu'il y réagisse verbalement plus tard ou pas du tout, face à lui ou avec quelqu'un d'autre, n'avait pas grande importance. L'étudiant avait dit ce qu'il avait à dire, à son hôte de voir ce qu'il en faisait.

La conversation dériva ensuite sur le chien et son comportement partiellement problématique, avec son trop plein de gentillesse qui devenait particulièrement agaçant et embarassant à la longue. Le brun saisit l'occasion de faire une légère plaisanterie, qui fut reçue comme il l'attendait. Au moins, Asch n'avait pas (encore) perdu son sens de l'humour.

L'homme-loup décida ensuite de faire honneur à son assiette. Ou de tenter, du moins. La tête qu'il faisait amena le norme à faire une offre de paix, plus parce qu'il trouvait qu'il était vraiment dommage de gâcher la nourriture de ce restaurant, qui valait réellement le coup. Ceci dit, il fallait que le rouquin mange, ce qu'il n'avait probablement pas fait de la journée. A sa réponse, Jesse eut un rapide mouvement vertical de la tête. Il comprenait et approuvait la décision de l'outre. Dommage pour le plat, cependant. Il était vraiment excellent.

Jesse haussa un sourcil en direction du locataire des lieux en entendant le bruit de la fourchette claquer contre l'assiette. En général, quand quelqu'un s'arrêtait de manger, c'était que quelque chose le tourmentait assez dans son repas -moment relativement contemplatif- pour qu'il décide de prendre la parole. Et le jeune homme avait une idée assez précise de ce qui coupait l'appétit -déjà peu copieux- de son sujet d'étude de la soirée.

Une fois encore, le doctorant laissa Asch sortir tout ce qu'il avait envie de dire. Il lui arrivait tellement peu souvent de le faire autrement que par la violence que Jesse ne voulait pas couper ces élans. De plus, qu'il réponde de suite ou attende quelques secondes de plus n'allait pas changer grand chose pour le métamorphe.. quant à lui, cela lui permettait d'avoir plus d'éléments.

"Je sais. C'est un cercle vicieux : on profite d'une faiblesse pour faire de toi une tête de turc, et ensuite ton attitude fait que faire de toi une tête de turc permet de profiter de tes faiblesses. Et au vu des personnes dont tu es entouré, il est difficile d'avoir la paix."

Ce n'était pas parce que Jesse appréciait Ailin qu'il n'admettait pas qu'elle pouvait être une plaie pour ceux qui n'étaient pas dans ses petits papiers... ou ne possédaient pas son sadisme et/ou son intelligence. Cela ne l'empêchait pas de trouver le spectacle distrayant. A chaque coup.

Quant à la soirée à laquelle Asch faisait référence, l'étudiant n'y avait malheureusement pas assisté. Il aurait beaucoup aimé, d'autant que d'après ce que la vamp lui avait raconté, elle avait été passionnante sur de nombreux points. Il tâcherait de ne pas louper la prochaine, thèse et recherches ou non.

Posant ses coudes sur la table, l'étudiant leva un doigt en direction de son hôte. La gêne de son interlocuteur n'était pas un problème pour lui. Il l'avait déjà prouvé plusieurs fois ce soir.

"Arrête. Malentendu ou non, actif ou passif, ce n'est pas une excuse. Si les signaux ne sont pas clairs, il y a une solution simple : demander le consentement de son partenaire. Il t'a fait part du sien, en effet. Mais a-t-il vraiment cherché à entendre le tien, ou a-t-il tout fait pour profiter des effets de la saison pour obtenir ce qu'il voulait ?"

Jesse baissa le doigt, mordant à nouveau dans son beignet.

"Je ne dis pas qu'il avait de mauvaises intentions. Stephan est un idiot, mais s'il y a bien quelque chose qu'il n'est pas, c'est mauvais. Cependant, tu connais le proverbe : "L'Enfer est pavé de bonnes intentions". Ton cher barman en est certainement l'un des bâtisseurs les plus chevronnés."
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Asch Räder
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Lun 8 Jan - 11:06

Énoncée comme Jesse venait de le faire, la situation lui paraissait encore plus désespérante, car le principe d'un cercle vicieux, c'est qu'on avait un peu de mal à en sortir. Surtout quand, comme dans cette situation, on n'était finalement pas vraiment responsable, ou bien en tous les cas, on n'avait aucun levier sous la main pour modifier la donne. Asch ne pouvait ni modifier son subconscient, ni échapper à la qualité douteuse de son entourage, Précieuse profitant du sort par lequel elle l'avait lié pour lui empêcher toute fuite.

Le jeune homme leva donc un regard sombre démoralisé sur son interlocuteur et poussa un lourd soupir qui valait mieux qu'un discours, dans ce contexte. Il ne lui avait pas échappé que Jesse devait aussi inclure Ailin dans la liste des personnes qui le tourmentaient, malgré la relation qu'il avait avec le vampire. Ce gars était décidément un drôle d'oiseau. Asch n'appréciait qu'à moitié cette capacité qu'il avait à se montrer amical avec les deux partis d'une telle mésentente, mais préférait ne pas y penser. Cette "polyvalence" était de toute façon la principale raison pour laquelle Asch se méfiait de Jesse depuis qu'il était arrivé. La situation avait évolué et il appréciait son aide avec beaucoup plus de sincérité qu'il ne l'avait fait au début, mais ça ne voulait pas dire qu'il avait oublié à qui il parlait. Ni qu'il était prêt à accorder sa confiance aveugle à l'étudiant, qui selon lui aurait été le premier à trouver cela idiot de sa part.

Il préféra passer au second sujet qui le dérangeait. C'était à dire, la façon dont Jesse persistait et signait pour rendre Stephan responsable de quelque chose dont Asch n'aurait jamais pensé à l'accuser. Il essaya de dédouaner le barman en listant toutes les choses qui n'avait pas été de son ressort, lors de cette maudite soirée. Le quiproquo. La saison. Le fait que ce soit finalement Asch qui lui ait sauté dessus malgré tout ce qu'il avait fait pour tenter d'éviter d'en arriver là.

Cela l'obligeait à mettre en mots, ou en semi-mots, des trucs qu'il aurait largement préféré taire, ce pourquoi son visage était une fois de plus devenu couleur tomate tandis qu'il jouait avec la nourriture du bout de la fourchette, qui traçait des petits cercles angoissés dans le riz. Geste aussitôt arrêté lorsque Jesse trouva encore le moyen de le contredire.

Encore une fois Asch était étonné, car l'humain lui dressait un portrait de la situation sous un angle qui ne lui serait juste jamais venu à l'idée naturellement. Stephan avait-il réellement "oublié" de lui demander son consentement ? Non... Ce n'était pas ça, qu'Asch avait voulu dire. Justement. Les signaux n'avaient pas été clairs, et c'était pour ça qu'il y avait eu erreur. Il hocha la tête de droite à gauche à deux reprises.

"... Mais c'est ça le truc. C'était pas clair et du coup, il a mal compris. Il pensait que j'étais d'accord. J'imagine que du coup pour lui, c'était comme si il l'avait demandé, et qu'il avait déjà eu sa réponse."

En était-il vraiment sûr, pourtant ? Une légère hésitation dans sa voix indiquait le contraire. Il tentait de se remémorer la manière dont tout s'était exactement passé. Il était vrai qu'il s'était initialement récrié de façon véhémente et que cela aurait dû suffire à empêcher, en théorie, tout accident d'arriver. Mais la saison était aussi en cause... Elle rendait l'esprit d'un métamorphe moins accessible, et Stephan n'était déjà pas toujours très prompt à capter ce qu'on lui disait, ou ce qu'on essayait de lui faire passer, lorsqu'il était dans son état normal. Par la suite, c'était sa faute à lui. Il n'avait (malheureusement) pas été avare en initiative, une fois sa faible résistance vaincue.

Jesse n'avait pas terminé. L'ajout qu'il fit ensuite n'aida pas le métamorphe à y voir plus clair. Il n'arrivait pas à savoir comment il se sentait au sujet de cette nouvelle interprétation de l'accident des toilettes. Il se rendait compte qu'il n'avait pas envie d'y réfléchir. Les choses étaient déjà suffisamment compliquées avec Stephan pour qu'il se perde dans ce nouveau degré de réflexion. Pour qu'il l'explore assez longtemps pour effectivement se mettre à éprouver un nouveau type de rancœur à l'égard du barman.

Asch soupira encore, tout en secouant rageusement la tête. Avec une détermination non moins rageuse il prit une nouvelle fourchette de nourriture qu'il s'enfonça dans la bouche, avant de mâcher puissamment. Et d'attendre de n'avoir plus la bouche pleine pour finalement répondre :

"Je sais pas. C'est le bordel en l'état. Je préfère éviter de revenir là-dessus du coup... Je crois. Ce qui est fait est fait. Tout le monde a pris cher dans l'histoire. Fin du chapitre."

Il enfourna une nouvelle fourchette... Au moins, sa volonté de fuir les pensées perturbantes l'empêchait de se souvenir qu'il avait encore la nausée.
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Jesse Coleman
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Lun 8 Jan - 20:00

Et il fallait avouer que la situation du métamorphe loup n'avait pas grand chose d'enviable. C'était quelque chose que Jesse savait déjà avant d'échanger plus que des regards à l'entrée du club, mais il fallait avouer que même lui n'aurait pas pu imaginer l'entièreté de la situation. La manipulation de Précieuse particulièrement. Il était pourtant bien au fait du point auquel il fallait se méfier de cette femme, et elle parvenait encore à le surprendre...

Mais ce n'était pas le moment de laisser à nouveau passer son admiration (toute scientifique) pour cette femme. Il avait déjà été établi que son hôte n'appréciait pas, et même s'il n'était pas réellement empathique, il savait que ce n'était pas la chose à répondre au regard sombre et au soupir que son interlocuteur venait d'avoir. Le doctorant se contenta donc d'une sorte de moue qui aurait pu paraître entièrement compatissante si elle n'avait pas été alliée à cet éclat dérangeant de ses prunelles cachées derrière ses lunettes de vue, donnant cette impression qu'il y avait quelque chose de plus sombre à son expression.

Cela faisait également partie de cette "polyvalence" que le rouquin avait remarquée. La loyauté de Jesse était indubitablement acquise à Ailin, et pourtant cela ne l'empêchait pas d'admirer le machiavélisme de Précieuse, dont elle faisait souvent preuve à l'égard de la vamp (selon des méthodes qu'il admirait beaucoup moins, certes). De même, il était venu ce soir sans grande expectative, et avait découvert que le jeune Räder valait beaucoup plus que ce que l'on pouvait supposer au premier abord. Il ne lui accordait pas son amitié pour autant, tout au plus un intérêt scientifique qui avait des chances d'augmenter et de l'amener à lui donner un coup de pouce de temps en temps, comme en cet instant précis. A charge de revanche, au moment où il trouverait cela opportun. En toute bonne foi et le tout sans que sa fidélité ne se déplace d'un iota. Ce qui faisait partie de sa dangerosité.

Inutile de se perdre dans ce genre d'explications, néanmoins. D'abord, parce que l'étudiant n'était pas du genre à prendre la peine de mettre en mot son caractère, ses réflexions personnelles et tout ce que cela engendrait. Ensuite, parce que ce qu'Asch avait besoin de savoir, il semblait l'avoir compris. Il paraissait assez intelligent pour se méfier suffisamment de lui tout en acceptant ce qu'il avait à offrir, ce qui ne pouvait que mener à une situation profitable pour tous les deux. La mettre en mots n'était donc qu'un effort stérile, chose que Jesse ne faisait jamais.

Le sujet revint donc une fois de plus sur Stephan, et sur la façon dont son comportement n'avait pas vraiment été typique de l'agneau blanc qu'il paraissait être lors de la fameuse saison des amours ou tout avait capoté (...enfin non, pas vraiment). Le jeune homme aux cheveux rouges ne semblait pas s'être rendu compte qu'il n'était en rien responsable des premiers événements. Bien sûr, il avait été partie prenante de l'action, mais il ne l'avait en aucun cas enclenchée, au contraire. Dans un sens, il avait même été forcé, bien qu'il ait ensuite pris volontairement parti à la chose. D'après les récits que l'étudiant avait reçus, toujours.

Ce pourquoi il avait essayé de montrer à Asch cette facette des événements. Et aussi parce que, en un sens, ça expliquait à nouveau le comportement de Stephan dans la matinée. Il avait peut-être eu l'impression de le forcer une nouvelle fois, et n'avait pas voulu en arriver là parce qu'il se rendait (enfin) compte que ce n'était pas un comportement acceptable. Le métamorphe ne semblait pas entièrement convaincu par son explication, mais le brun avait senti à son intonation qu'il était parvenu à le faire douter. C'était le moment d'avoir l'un de ces mouvements dont il était spécialiste.

Sans un mot, le regard fixé sur l'outre, le chercheur haussa un sourcil. A ses yeux, ce n'était pas lui qu'il essayait de convaincre, mais lui-même. Ce haussement de sourcil avait donc la valeur d'un "Es-tu sûr ?" qu'il n'avait pas besoin de prononcer. Il était dubitatif, et ce simple sourcil haussé suffisait à le montrer. Il aurait pu embrayer sur sa théorie, mais il avait une autre affirmation à faire avant. Stephan était gentil, extrêmement gentil même, dégoulinant d'une gentillesse qui lui donnait envie de vomir par moments, mais cela ne l'empêchait pas de prendre de mauvaises décisions qui amenaient à des actions (et réactions) négatives. La dernière preuve en date était le canif que le norme avait toujours dans sa poche. Et il fallait cesser de voir la gentillesse de Stephan comme une excuse. "Oui, mais il est gentil" était une excuse qui avait fait son temps.

Le locataire des lieux ne paraissait pas entièrement convaincu. Jesse étudia ses réactions sans un mot, ne souhaitant pas l'empêcher de se nourrir maintenant qu'il donnait enfin l'impression de pouvoir le faire. Voilà qui lui donnait l'occasion de rebondir sur ce qu'il n'avait pas encore énoncé. Le doctorant haussa les épaules.

"Si c'est ce qui te convient. Cependant, garde en mémoire que ce n'est peut-être pas le cas de Stephan. Et qu'il est possible que sa culpabilité passée continue d'influencer ses actions présentes. Tout le monde ne vit pas dans l'action de l'instant."

Même si c'était clairement le cas du loup rouge, comme il le lui avait plus ou moins expliqué plus tôt dans la soirée. Les personnes d'action étaient du genre à ne pas trop ruminer le passé, et à éviter de le laisser avoir une place trop importante dans le présent. D'autres personnes, plus portées sur la discussion et/ou la réflexion, pouvaient ruminer pendant bien longtemps certaines de leurs actions, les amenant à prendre des décisions par rapport à un événement qui avait pour d'autres depuis longtemps été dépassé. Il formula sa conclusion à voix haute.

"C'est aussi pour ça que la communication est importante."

Bien qu'il puisse comprendre qu'Asch n'ait nullement envie de parler lorsque Stephan finirait par se pointer après son service. Selon ses critères, il s'était probablement beaucoup plus exprimé sur ses ressentis qu'il ne l'avait jamais fait.

"Pas forcément dès ce soir, certes."

Le doctorant eut un demi-sourire amusé sans qu'on comprenne réellement la source de sa gaieté. Probablement qu'on ne le saurait pas à moins de le lui demander. Et là encore, il était possible qu'il ne réponde pas. Son regard se posa un instant sur l'assiette dont le contenu semblait diminuer tout doucement.

"Tu sembles avoir repris du poil de la bête. Sans mauvais jeu de mots."

Ce qui signifiait probablement que son tour de garde n'allait pas tarder à être terminé. Tant que le sortilège de Précieuse n'obligeait pas le métamorphe à se précipiter chez elle la queue entre les jambes. Mais au vu de l'horaire, il avait peut-être abandonné, qui sait ?
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Mer 10 Jan - 11:17

Ok. Asch voulait bien admettre qu'il avait peut-être été un peu naïf - ou bien avait lourdement manqué de réflexion, puisqu'il avait tout bonnement refusé d'y repenser depuis - concernant les implications de chacun dans ce qui était arrivé lors de la fameuse saison des amours, mais il y avait des limites même à ce dont Jesse serait capable de le convaincre.

Il était en train de lui dire que Stephan éprouvait peut-être de la culpabilité vis-à-vis du comportement qu'il avait eu à ce moment là. Que c'était peut-être l'une des raisons qui l'avaient poussé à fuir aujourd'hui. Qu'il aurait peut-être besoin qu'ils en parlent, même si cela paraissait inutile à Asch, car ce qui était fait était fait.

Le jeune homme cessa de se nourrir et reposa sa fourchette. Il commençait à ne plus en pouvoir et avait au minimum besoin d'une pause, dont il se servit pour jeter à son interlocuteur un regard lourdement circonspect. Il n'eut pas le temps d'exprimer ses doutes, puisque Jesse n'avait pas terminé. Encore une fois Asch devait admettre qu'il avait probablement raison et qu'il existait entre Stephan et lui un souci de communication, dont il était d'ailleurs le principal instigateur : Asch n'arrivait pas à communiquer autrement que par la violence par principe, mais avec Stephan, ça avait été encore pire, à cause de toute cette gêne et cette tension qui existait entre eux.

A cause de ce qu'il avait passé son temps à repousser, à ignorer, à son propre sujet. Qu'il commençait à peine à oser regarder en face, sans pour autant en être arrivé au stade où il arriverait à mettre des mots dessus et encore moins à l'assumer ouvertement.

Ils avaient parlé de tout cela au préalable. Jesse lui avait permis de comprendre ce qui devait probablement avoir traversé la tête du barman, qu'il avait d'ailleurs fortement eu envie d'envoyer contre le mur. Ces explications se suffisaient à elles mêmes. Elles n'étaient même pas vraiment compatibles avec cette nouvelle facette de la situation que Jesse tentait de dépoussiérer. Le doctorant avait une psychologie impressionnante, pour ne pas dire carrément flippante, mais cette fois, Asch avait l'impression qu'il n'avait pas entièrement tapé juste. Peut-être parce qu'il avait zappé le point auquel Stephan pouvait se montrer beta lorsqu'il s'y mettait. Ça devait être difficile à imaginer, pour quelqu'un dont la réflexion, l'analyse et la compréhension fine d'autrui étaient comme une seconde nature. Asch, plus primitif, ne l'avait quant à lui pas oublié.

"Très sincèrement, j'en doute. Ça m'était pas venu à l'esprit, et je pense pas que ça lui ait traversé le ciboulot plus qu'à moi. Si il s'est pas rendu compte des conséquences de ses actes ce matin, tu crois vraiment qu'il en aura été capable à ce moment là ? Non... Surtout compte tenu de l'image qu'il s'est visiblement faite de moi. Il a juste dû penser que j'avais regretté après coup, et que je le montrais en l'évitant et en me comportant froidement. Sans se sentir le moins du monde responsable, puisque incapable de concevoir en quoi il a merdé si personne ne le lui pointe du doigt..."

C'était pas spécialement sympa, et c'était aussi très amer, mais il fallait comprendre Asch : avec tout ce que cette discussion avait permis de soulever, après toutes ces réalisations fulgurantes, il ne pouvait pas être parfaitement zen à propos de l'inconséquence de celui qui lui avait pourtant promis qu'il resterait, contrairement à tous ceux qui étaient partis ou l'avaient trahi d'une manière ou d'une autre, et lui avaient donné l'impression que cette issue était inéluctable. Qu'il ne méritait rien de mieux. Asch n'avait plus envie de lui enfoncer la tête dans le mur, c'était déjà ça : il pouvait bien le traiter un peu. Après tout Stephan l'avait mérité. Il s'était vraiment comporté comme un idiot fini.

La discussion arrivait peu à peu à son terme et la fréquence plus lente des relances permettait à Asch de ressentir ce qu'il restait de tout ça lorsque le silence s'étendait et qu'il n'y avait plus rien à penser non plus. Il se sentait... bizarre. Comme au terme d'un rêve puissant qui donnait l'impression d'avoir été profondément transformatif. Il savait qu'une partie de cela lui venait de ce qu'il avait finalement admis concernant son orientation sexuelle. Cela changeait évidemment bien des choses sur la manière dont il se voyait lui-même. Mais il n'y avait pas que ça...

Il posa les coudes sur la table, afin de prendre une fois de plus son visage entre ses mains. Cette fois cela dit, il n'y avait pas de gêne ni de honte, ni d'affliction dans ce geste. Juste un profond sentiment d'étrangeté. Ses yeux fixaient le vide, comme si il avait été capable de voir très loin. Il était déstabilisé.

"... Ça me paraît totalement surréaliste. Ça a jamais été mon truc, j'ai jamais eu besoin de ça. Je crois que j'avais fini par me dire que ça arriverait jamais, parce que c'était juste... pas codé chez moi je suppose. J'ai l'impression d'entendre quelqu'un d'autre parler, et agir, du coup... Un peu comme la première fois qu'on abuse un peu trop de l'alcool je suppose. C'est vraiment trop bizarre."

Cela tenait en grande partie à la façon dont Asch avait refusé avec véhémence de reconnaître par qui il était attiré, mais il y avait quand même un part de vérité là-derrière : pendant tout ce temps, il n'avait tout de même pas ressenti un fort besoin d'être avec quiconque romantiquement ni sexuellement, il s'était toujours suffi à lui-même. Cette histoire lui tombait donc sur le coin de la gueule d'une façon doublement perturbante. Pour des raisons parfaitement indépendantes de ces histoires d'homosexualité.

Même ainsi il paraissait plus en forme qu'il ne l'avait été quelques minutes au préalable. Jesse le lui fit remarquer et la première réaction qu'Asch eut fut de regarder la pendule, laquelle indiquait une heure tardive. Son shift terminait en théorie dans moins d'une heure. Il esquissa un rictus rapide et laissa un éclat de rire sec lui échapper. Il n'aurait jamais ri à une blague concernant son totem au préalable, mais il acceptait dorénavant mieux le loup qui dormait en lui - même si il aurait apprécié qu'il cesse de se montrer dangereusement sanguinaire - et il se rendait bien compte que Jesse avait dit ça de façon parfaitement innocente. Contrairement à celle qui généralement usait de ce genre de rhétorique.

"Si c'est sans mauvais jeu de mots alors, ça va. Ça aurait été con que Précieuse se rende compte que tu avais volé dans sa réserve. Généralement elle apprécie pas trop."

Marquant juste un temps pour reprendre sa respiration et changer de sujet, il ajouta enfin :

"... Mais ouais. Je crois. Je vais probablement t'abandonner pour la douche. Ça devrait diminuer certains risques. Même si au club, ça a jamais été un souci majeur."

Cela dit la nudité ne faisait pas partie de son job à lui - Dieu merci - et il était trop pudique pour que le sortilège parvienne à lui faire faire le trajet jusqu'aux PC à poil. Surtout qu'il aurait risqué de se faire arrêter pour exhibitionnisme, chose qui l'empêcherait tout autant d'arriver à destination à temps. Bref : il avait besoin de cette douche, et elle retarderait sûrement les effets du sortilège qui pouvait à tout moment se remettre à le forcer à rejoindre les Plaisirs Coupables. Si il faisait durer suffisamment, il pouvait peut-être tenir jusqu'à l'heure théorique à laquelle se bouger ne servirait plus à rien, car le ferait arriver après la fin de ses heures de taf.
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Jeu 11 Jan - 22:11

Si Jesse multipliait les hypothèses, c'était parce qu'il en savait assez sur la personnalité humaine pour savoir que chaque être ne se résumait pas à un seul comportement. Bien sûr, Stephan n'était pas du genre à se poser trop de questions (ce qui était une partie du problème), mais personne n'était à l'abri d'une prise de conscience ? Après tout, Asch l'avait positivement surpris. Le doctorant ne voulait donc présumer de rien, mais la circonspection de son hôte ne l'étonnait pas vraiment.

Ce n'était pas pour autant qu'il fallait ignorer l'importance de la conversation. Particulièrement dans cette relation extrêmement bancale que les deux métamorphes avaient installé. Alors il était effectivement possible que l'étudiant exagère un peu. Ou du moins, présume de choses qui n'étaient (malheureusement ?) pas exactement à la portée du barman, comme son collègue le fit remarquer peu après. Jesse eut un léger sourire.

"J'ai toujours été un imperturbable optimiste."

Était-il sérieux ? Mentait-il ? Y avait-il une menace derrière ces quelques mots alliés à un étirement des lèvres aussi amusé qu'il était dangereux ? Impossible à deviner, même si lorsqu'on connaissait le jeune homme on se doutait que son attitude résidait dans des demi-vérités et des nuances de gris. Asch avait probablement son idée quant à l'interprétation de la réponse.

Le professeur avait de toute façon pris la décision depuis un moment d'aller parler à Stephan à la fin de son shift (au vu du dernier sms envoyé par Asch, ils devraient probablement se croiser), et il ne le faisait pas pour le plaisir de la conversation. Il avait une idée très précise de ce qu'il voulait communiquer, même s'il serait probablement impossible de le faire en une seule discussion. Qu'à cela ne tienne, le brune était également un homme patient.

Ce fut donc la seule réponse que le locataire des lieux obtint, avant de se mettre lui-même à faire une confession qui amena son interlocuteur à darder sur lui un regard pointu derrière ses lunettes. N'aurait-il pas été témoin de l'évolution de la discussion, et de l'attitude présente du rouquin, il aurait pu croire qu'Asch faisait preuve d'une étonnante psychologie et parvenait à lire à travers lui. Mais il savait bien que ce n'était pas le cas. Affichant un nouveau sourire, cette fois beaucoup plus honnête que le précédent, Jesse le rassura de quelques mots.

"On s'y habitue."

Peu importe l'interprétation qu'il en faisait. Ce n'était pas comme si Asch allait la partager, ni comme si Jesse allait la confirmer (ou l'infirmer).

Le temps passait plus lentement, au fur et à mesure que la conversation se faisait moins nécessaire, et par conséquent moins appuyée. Finalement, le norme fit une remarque qui aurait pu être mal prise concernant le regain d'appétit du métamorphe. Ce dernier en profita même pour plaisanter, et le brun le suivit avec une moue qui traduisait son amusement.

"Elle n'apprécie pas grand chose qui ne lui soit pas profitable."

Et évidemment, voler dans sa réserve ne l'était clairement pas. L'outre annonça alors qu'il allait prendre une douche et l'étudiant lui répondit d'un hochement de tête. C'était probablement une bonne idée, surtout si son cher barman décidait de se pointer. Ce qu'il ferait, s'il voulait éviter que Jesse l'y traîne d'une manière particulièrement désagréable.

Cela sonnait également la fin de son tour de garde, ce qu'il mentionna en se levant de sa chaise.

"Je vais te laisser en ce cas. Je suppose que je peux te faire confiance pour ne pas jouer avec ton rasoir."

Toujours avec ce demi-sourire énigmatique, le doctorant plongea la main dans la poche arrière de son pantalon, d'où il retira les clés de l'appartement, puis le canif, qu'il posa sur la table avant de s'adresser au métamorphe lupin avec un clin d'oeil.

"Oh, et un dernier conseil avant de te quitter : la prochaine fois, si tu veux faire ça bien, un coupe-papier en argent serait bien plus efficace."
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Ven 12 Jan - 17:56

"J'ai toujours été un imperturbable optimiste."

Cette déclaration arracha au métamorphe loup un ricanement cynique désincarné. Puisqu'il n'y avait presque aucune chance pour que Stephan se soit pris la tête sur le sujet cité avant, Asch doutait que le risque que Jesse lui apporte cette prise de conscience soit dramatique : c'était une chose que le barman porte ça en lui sans rien dire pendant des années. C'en était une autre qu'il le découvre pour qu'Asch comble ses inquiétudes presque immédiatement. Il aurait tout de même préféré que Jesse se taise, mais il n'avait pas l'énergie d'entamer cette conversation, surtout qu'elle serait probablement inutile car il se doutait bien que plus il lui demanderait d'être discret, plus son interlocuteur se ferait un plaisir de faire exactement le contraire.

Asch n'avait jamais été impressionnable. Même dans des circonstances qui lui étaient défavorables, il en fallait beaucoup pour l'inquiéter, si bien que l'éventualité d'une "menace" silencieuse s'évapora presque aussitôt, portée par un vent de fatalité. Restait donc l’ambiguïté du sérieux et du mensonge qui n'en était pas vraiment une car il paraissait évident qu'on se situait entre les deux. Un mec aussi analytique ne pouvait pas dire un truc pareil en toute sincérité, et puis il tirait sa tête des moments pince sans rire, qui ne faisait qu'alimenter l'interprétation immédiate qu'Asch avait donc eu de sa réponse : ça n'avait été qu'un trait rhétorique rendu plus drôle par ce qu'il pouvait avoir de pertinent autant que par l'inverse.

Le genre de trucs auxquels on ne pouvait répondre à son tour que par une pique mordante teintée de vérité. Ça tombait bien, vu que c'était l'un des seuls modes de communication verbale qu'Asch maniait avec facilité.

"Par rapport à moi, tu prends certes pas grands risques à l'affirmer."

Le sujet de conversation mourut, comme les autres avant, et Asch eut l'occasion de se retrouver en tête à tête avec lui-même juste assez longtemps pour comprendre et analyser un peu mieux comment il se sentait vis-à-vis de tout ce qui avait été mis à jour et discuté au cours de l'heure précédente. Il parvint à la conclusion que ces questions d'attirance sexuelle n'étaient pas la seule chose qui le perturbait, mais que c'était l'idée même d'envisager une relation qui le laissait perplexe, tant ça lui était inhabituel et tant il avait toujours eu l'impression, même non formulée,  que ces choses ne le concernaient pas ni ne le concerneraient jamais.

Impulsif comme à son habitude, il leva sur Jesse un regard aigu aussitôt sa réponse prononcée. Elle n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd. A vrai dire, il n'était pas vraiment surpris, ou bien pas totalement. Le brun était quelqu'un de froid au premier abord, et même au second. Il n'était pas bien plus aimable que lui - certains le trouveraient même certainement moins agréable, et pourtant Asch avait la réputation d'être en permanence particulièrement grognon et mal luné. A leur manière, ils étaient donc tout aussi asociaux l'un que l'autre et il n'était pas très surprenant que Jesse admette à mi-mots éprouver autant d'intérêt initial que lui pour les échanges et préoccupations dont il était question.

Son expression évolua pourtant brutalement vers quelque chose de confus, voire de perturbé. Son interlocuteur indiquait qu'il vivait ou avait vécu quelque chose  de similaire à ce qu'Asch expérimentait et le jeune homme sut immédiatement qui cela pouvait concerner. Jesse et Ailin paraissaient bien trop proches et passaient trop de temps ensemble pour que cela, dans ce contexte, reste anodin.

Mais alors, si ils étaient d'une quelconque façon ensemble... Cela voulait-il dire que Jesse l'avait bassiné avec tout ça en donnant l'air d'être extérieur au problème, quand il était lui aussi concerné ? Asch eut envie de lui poser la question, mais quelque chose d'incompréhensible le retenait. Et ce n'était même pas sa réticence à aborder oralement le moindre sujet comportant le mot "gay", ou bien l'un de ses dérivés. Non... C'était quelque chose de plus atmosphérique, qui ne le concernait pas lui. Quelque chose ne collait pas. C'était absolument illogique et incompréhensible, mais son instinct était bien l'une des seules choses qui ne le trompait presque jamais. Il ne lui fit donc pas l'affront de le contredire et préféra se taire, baisser les yeux, et laisser passer le moment.

Moment qui passa donc alors que Jesse lui indiquait qu'il n'allait plus tarder. S'en suivit un échange de plaisanteries sur Précieuse, que l'humain lui avait rappelé - en beaucoup moins désagréable et irritant - en échappant un jeu de mot "innocent" tournant autour de son totem. Asch se déridait à mesure que les piques fusaient : c'était en fait plutôt agréable de se foutre de la gueule de cette connasse dans son dos avec quelqu'un qui savait exactement à qui il avait à faire, même si ces plaisanteries étaient loin d'être aussi méchantes que ce que la sorcière aurait pu mériter. Il ne pouvait pas le faire avec grand monde : Stephan la prenait pour une sainte et ne supportait pas qu'on dise le moindre mal à son sujet. Alice ne lui parlait plus vraiment, et citer jusqu'à l'existence de leur ennemie commune n'aurait servi qu'à la faire rager. Elle avait encore moins de sens de l'humour que lui lorsqu'il s'agissait de la wiccane. Pourtant, il réalisait que ça pouvait faire du bien de cesser juste un instant de tout prendre au sérieux, et de railler un peu... Que la situation fut dramatique n'était pas une raison pour ne pas la dédramatiser un peu lorsque c'était possible. Ca ne durerait pas, mais pour un bref moment, c'était soulageant.

Mais il n'était plus temps de discuter : il avait clairement fini de manger. Jesse était sur le départ. Il était grand temps qu'il prenne une douche, ce qu'il fit remarquer, aidant par là-même son interlocuteur à officialiser plus facilement son départ. En silence, Asch baissa les yeux sur les objets que Jesse lui rendait et qu'il avait posé sur la table en même temps qu'il s'était redressé.

"Nan j'ai abandonné cette idée pour l'instant..."

Bien sûr, rien n'était parfait et Asch allait globalement trop mal pour pouvoir promettre que l'envie de recommencer ne lui reviendrait jamais... Surtout qu'il se passait en règle générale trop de merdes dans sa vie pour que cela lui soit facile à éviter.

Dans ce contexte, le commentaire suivant parut donc encore plus décalé, et Asch ne cacha pas sa perplexité alors qu'il relevait le nez pour regarder Jesse dans les yeux. Jesse, qui venait de soulever un point auquel il n'avait effectivement pas pensé. Pris dans l'étau de sa douleur, il n'avait pas eu assez de neurones disponibles pour analyser la situation jusque là. En se coupant le poignet avec une lame en acier standard, il aurait effectivement bien eu du mal à se vider de son sang car la plaie se sera instantanément fermée. Bien sûr il aurait pu continuer à remuer la lame pour tenter d'aller jusqu'au bout mais entre la douleur qui lui aurait procuré l'acte et l'épuisement impliqué par une grave anémie, il n'était même pas dit qu'il aurait réussi à arriver jusqu'au point létal. Il aurait tout aussi bien pu s'évanouir avant.

Jesse lui offrait donc le moyen de faire en sorte de ne pas se rater, la prochaine fois que l'envie lui prendrait.
Bien bien. Parfait. Ce type était tout à fait normal.

"... Quelque chose me dit que t'as dû entendre ça un paquet de fois : je sais pas vraiment si je dois te remercier pour ce conseil."

C'était glauque, en vrai. Mais dans le fond il s'en foutait... Il avait déjà accepté depuis un bon moment l’ambiguïté du personnage, ainsi que l'idée qu'il ne pourrait jamais être aussi simple et sincère avec lui qu'il préférait l'être en générale dans toutes ses relations : aimer et faire entièrement confiance. Détester et entièrement défier. Refuser les prises de tête.

Oui, mais avec Jesse, c'était ok. Il avait beau être dangereusement chelou, il comprenait son fonctionnement, savait comment aider, avait une discussion intéressante et, en plus de ça, il était drôle. Autant de choses qui donnaient à Asch l'envie de faire une des premières exceptions qu'il avait jamais fait de sa vie.

D'ailleurs, il était encore en train de se marrer. Discrètement, mais tout de même.

"... Je te retiens pas plus. Merci d'être passé et... tu sais. Le sauvetage de vie, tout ça. Non pas que ça ait été d'une importance critique, mais c'était quand même sympa de ta part."

... Si Jesse influençait Asch de telle sorte à nourrir ce germe d'ironie jusqu'à ce qu'il pointe plus régulièrement, ça n'allait probablement pas rendre la communication avec Stephan plus aisée.
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Lun 15 Jan - 17:45

Jesse savait pertinemment que, s'il décidait de parler de ce manque de discernement à Stephan, ce dernier allait probablement passer la soirée à se confondre en excuses auprès du videur, ce qui n'était pas vraiment l'idée que celui-ci devait se faire du reste de sa soirée. D'un autre côté, Stephan allait se confondre en excuses de toute façon, au vu de ce que le doctorant lui avait déjà dit avant de venir ici. Techniquement, ils n'en étaient donc pas à une révélation près.

Ceci étant dit, et aussi étonnant que cela puisse paraître, le brun commençait à apprécier le rouquin. Il ne s'était (presque) pas ennuyé de la conversation, ce qui était assez peu commun pour être remarqué. Et puis, Asch ne semblait pas attendre de lui qu'il soit plus attentif ou compatissant. Il acceptait ce qu'on lui donnait, sans se plaindre, ce qui était appréciable (et, pour Jesse, assez peu fréquent pour être mentionné). Et il y avait également toutes les autres raisons qui faisaient qu'il était resté ce soir.

C'était donc uniquement par sympathie pour le métamorphe lupin que l'étudiant se contentait de cette réponse en demi-teinte. Plonger un peu plus Stephan dans la culpabilité et l'auto-apitoiement ne le dérangeait pas le moins du monde, mais il était pleinement conscient qu'Asch serait celui qui en ferait les frais, et pour cela, il était prêt à mettre une barrière à sa franchise légendaire.

Pour la soirée. Parce qu'il ne fallait pas croire qu'il laisserait Stephan s'en tirer comme ça non plus.

La réplique cynique du locataire lui fit afficher un demi-sourire à la fois mystérieux et amusé. Il appréciait le trait d'humour -certes noir- (une autre des raisons pour lesquelles il n'avait pas pris la porte beaucoup plus tôt) et le faisait remarquer avec sa discrétion habituelle.

Le sujet de discussion passa, et ils restèrent dans le silence juste assez longtemps pour que l'outre fasse une légère introspection sur ce qui lui arrivait. Étonnement, Jesse choisit de faire un commentaire. Il aurait très bien pu se taire, se contenter d'une onomatopée plus ou moins affirmative ou même dire quelque chose qui aurait été moins évident. Mais il y avait derrière cette petite phrase une nouvelle sorte de test, à laquelle le professeur aimait soumettre la moindre des personnes avec laquelle il conversait.

Il était déjà acquis que le jeune Räder n'avait rien du benêt qu'on lui disait qu'il était. Le norme avait d'ailleurs remarqué qu'en plus de son humour (qui était de base assez travaillé, car ce n'était pas le genre qui se comprenait forcément à la première lecture), Asch avait un instinct assez développé. Rien à voir avec son totem, même si ça aurait pu, mais quelque chose de plus complexe que cela. Aussi, avec ces quatre mots, le doctorant cherchait à voir jusqu'où pouvait s'étendre cette intelligence, cette sensibilité qu'il avait déjà pu discerner. Et il ne fut pas déçu.

Ce qui était pratique avec le rouquin (bien que le californien était certain que cela devait l'agacer plus qu'autre chose), c'était qu'il était comme un livre ouvert. Entier, lire dans ses expressions était aussi simple pour Jesse que de jouer le premier air de contrebasse qu'il avait appris il y a quinze ans. C'était naturel et cela ne demandait aucune réflexion.

Il nota donc aisément que son affirmation avait interpellé son hôte, et qu'il en avait déduit certaines choses. Probablement, qu'ils fonctionnaient plus ou moins de la même façon à ce sujet. L'air confus qu'il prit ensuite, cependant, montra qu'il était allé encore plus loin, cherchant certainement à savoir comme il avait pu faire cette réflexion et, dans le contexte actuel, à qui il pouvait référer. La réponse n'était pas compliquée, puisqu'il ne cachait pas son amitié avec Ailin, et qu'il était évident qu'ils passaient beaucoup de temps ensemble. Cette simple déduction n'aurait pas dû le rendre aussi perplexe, néanmoins. Ce qui démontrait qu'il n'avait pas terminé là.

Le regard gris perçant attendait de voir ce qui allait se passer ensuite. Il était presque possible de voir les rouages tourner dans les yeux turquoise. Pour qu'au final... il ne dise rien. Jesse eut un sourire neutre, et pourtant étrangement approbateur. Bonne réponse. Ce jeune homme était décidément tout sauf un idiot.

Convaincu qu'il ne serait plus utile ce soir (il avait enfoncé assez de portes en une soirée) et préférant rester sur une impression positive du métamorphe-loup (on n'était jamais à l'abri d'une grosse déception intellectuelle), l'étudiant annonça à mi-mots qu'il n'allait pas tarder. De toute façon, le Club allait bientôt fermer, et ils avaient l'un comme l'autre d'autres personnes à voir. Une petite plaisanterie au détriment de Précieuse plus tard (pour une fois que c'était elle qui prenait !), Asch lui offrit une occasion de partir en déclarant qu'il allait se doucher. Il lui fit une nouvelle remarque qui pouvait être prise à la fois comme une marque d'humour et tout son contraire, à laquelle le rouquin choisit de répondre sérieusement.

Ce qui n'empêcha pas Jesse de faire preuve de son cynisme habituelle, en dévoilant que, dans tous les cas, le métamorphe qu'était le videur aurait difficilement pu mettre efficacement fin à ses jours avec le canif qu'il lui avait confisqué. La perplexité du méta-loup, allié à son commentaire et son rire léger, le fit sourire à nouveau, sans qu'on sache s'il était moqueur ou sincère. Comme toujours. Il haussa imperceptiblement les épaules.

"Je ne suis pas un ange-gardien, Asch. Tu prends tes propres décisions. Ce soir, j'ai simplement pensé que la raison pour laquelle tu voulais la prendre n'en valait pas exactement la peine. Mais au final, je ne suis pas là pour t'empêcher de le faire à tout prix. Tu es ton propre maître, malgré tout ce qu'on met en oeuvre pour te donner l'impression du contraire."

Debout, il avait pris la clé de l'appartement pour rouvrir la porte, et permettre sa propre sortie. Il la reposa à l'endroit où il aurait dû la trouver une fois l'entrée déverrouillée, et se tourna vers le métamorphe qui était en train de le remercier. Cette fois, il n'était pas si difficile de noter la sincérité de la légère courbure de ses lèvres.

"... De rien. C'était bien plus intéressant que je ne l'aurais cru, aussi étrange que cela puisse paraître."

Si on lui offrait l'occasion de continuer dans le sarcasme sur un plateau, qui était-il pour dédaigner l'offre ?

A moins que le jeune homme ait cherché à le retenir ou ajouté quelque chose qui aurait mérité une réponse, Jesse partirait avec un signe de tête presque invisible en guise d'au-revoir. En fermant la porte derrière lui.


Dernière édition par Jesse Coleman le Jeu 18 Jan - 10:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Mar 16 Jan - 12:27

Asch n'avait jamais eu beaucoup d'amis avec lesquels il aurait pu vérifier cette intuition, mais quelque chose lui disait que considérer que le suicide était une affaire personnelle et pouvait effectivement se justifier ne devait pas être une opinion très populaire. La plupart des gens auraient probablement considéré que laisser quelqu'un faire consciemment, lorsqu'on avait le pouvoir de l'en empêcher, constituait un délit de non-assistance à personne en danger. Et il n'était pas question d'être un ange... Juste un être humain moralement normalement constitué.

Jesse était décidément un drôle d'olibrius. Dans d'autres circonstances, ce constat aurait pu lui déplaire fondamentalement, mais comme il était depuis un moment défini que son invité n'était de toute façon pas quelqu'un en qui on pouvait avoir confiance, justement parce qu'il avait des fréquentations moralement discutables et qu'il lui manquait à lui-même le bagage émotionnel et comportemental qualifié de décence sociale que la plupart des gens tentaient d'utiliser en public pour se persuader qu'ils étaient des gens bien - même si ils n'hésitaient pas à s'en débarrasser sous prétexte de pragmatisme ou de concepts économiques obscurs dès qu'ils avaient l'occasion de décharger leur égoïsme sur un autre coupable - cela n'eut d'autre effet que d'étirer un peu plus son rictus.

Rictus qui se transforma ultimement en grimace légère, alors que Jesse terminait son laïus. "Tu es ton propre maître, malgré tout ce qu'on met en oeuvre pour te donner l'impression du contraire". Fichtre. Il aurait bien aimé qu'il suffise qu'on le lui dise pour qu'il y croie, et surtout pour que ça soit vrai, mais il était bien placé pour savoir que ses libertés étaient grandement limitées et qu'elles pouvaient le devenir encore plus à n'importe quel moment, si Précieuse décidait subitement de lui foutre un second sort sur la gueule comme lorsqu'elle l'avait "embauché". Cela faisait plusieurs années qu'il était lié à elle. Il ne lui avait probablement fallu que quelques jours, ou semaines, pour récupérer du sortilège. Il avait certes l'intention d'agir contre son influence dans la mesure de son possible, mais il lui fallait être discret si il ne voulait pas qu'elle constate les failles et l'en empêche par l'intermédiaire d'une nouvelle salve d'ordres surnaturels. De ce qu'il savait, si elle apprenait qu'il avait failli se suicider ce soir et que c'était ce qui avait dû lui permettre de lui faire faux bond malgré l'influence du premier sortilège, elle était capable de lui interdire de mettre fin à ses jours à l'instant où leurs chemins se croiseraient à nouveau.

"Je suppose que tu sais que cette expression a été créée par des normes, avant qu'ils sachent que la Wicca fonctionnait vraiment."

Peut-être parce que Jesse en savait déjà beaucoup trop pour que cette déclaration change quoique ce soit à la situation il lui avait été moins difficile de prononcer cette allusion à la prison magique dans laquelle il était perpétuellement enfermé qu'au préalable.

Il n'y avait pas grand chose à ajouter. Jesse était sur le départ et Asch jugea bon de le remercier, tout de même, d'avoir considéré sa mort comme un gâchis et d'avoir agi pour l'empêcher malgré sa curieuse tournure d'esprit. Il le fit en plaisantant, parce que c'était plus simple pour lui d'une part et parce qu'il en savait assez sur Jesse pour savoir qu'une telle tournure l'amuserait et lui plairait probablement plus que la version sérieuse. Surtout qu'il saurait qu'Asch était sérieux quand même. Tout le monde y gagnait donc.

L'humain répondit au sarcasme par le sarcasme et arracha un ultime éclat de rire sombre au loup, qui ajouta juste, avant de le laisser partir :

"Certains risquent effectivement de trouver ça étrange."

Il pensait en grande partie à Ailin, parce qu'il savait que le vamp le trouvait profondément inintéressant. Comment le savait-il ? A son comportement, c'était évident : la sangsue l'emmerdait quand Précieuse lui demandait de le faire mais le reste du temps, elle ne l'approchait pas et ne lui accordait même généralement aucun regard. C'était en un sens une chance : il était grâce à ça épargné la plupart du temps. Il avait une expérience encore douloureuse des maltraitances dont Ailin était capable et il était bien content de ne pas avoir à les subir en permanence.

Il n'y avait plus qu'à espérer que la situation ne change pas. Malgré tout il ne regrettait pas d'avoir demandé à Jesse de se renseigner auprès du vampire au sujet de son "entretien d'embauche". Certaines choses méritaient qu'on en sacrifie d'autres. Et puis il ne se faisait que peu d'illusions : Jesse aurait probablement parlé de cette soirée au vamp quoiqu'il arrive.

Asch appréhendait le silence et la solitude qui allaient incessamment sous peu l'entourer, voire le happer puis l'écraser implacablement, comme des tonnes de litres d'eau au fond d'une fosse sous-marine. Et effectivement une fois que Jesse eut fermé la porte, il ne fallut que peu de temps pour qu'une émotion violente lui écrase la trachée et pour que ses sens s'affinent trop à son goût.

Le silence était assourdissant. Chaque bruit futile qui le traversait était douloureux. Ici, le tic tac rasant de régularité et d'impersonnalité d'une horloge. Là, les griffes dures d'un des deux animaux qui heurtaient le carrelage quand ils marchaient. Leur respiration et leurs battements cardiaques formaient une présence réchauffante, mais ce n'était pas assez pour compenser tout le reste.

Il se sentait seul et à la dérive. Et d'autant plus à la dérive qu'il avait beaucoup trop à penser, maintenant que plus rien n'était là pour le distraire des prises de tête auxquelles Jesse l'avait condamné en le forçant à regarder en face ces choses qu'il avait si longtemps refusé ne serait-ce que d'apercevoir. Il fallait ajouter à cela la drôle de façon dont il se sentait à cause de cette discussion. C'était trop, et il coupa volontairement toute réflexion en soupirant très fort et en se frottant le visage. Il se redressa brutalement, renversa presque sa chaise, et décida qu'il mettrait la nourriture au frigo plus tard. Alcide ne volait pas la nourriture. Quant à Tarek... Ouais. Tant pis si le chat chouravait quelques bouchées tandis qu'il prenait sa douche. Il était prioritaire qu'il s'enterre sous le filet d'eau et que son torrent bouillonnant l'empêche de s'entendre penser.

Parce qu'il ne se sentait pas capable de penser à tout ça seul. Il avait besoin de le faire avec la personne à cause de laquelle il se sentait comme ça en premier lieu.

"... T'as intérêt à venir, abruti de merde..."

Sur cette délicate invocation, Asch qui s'était entre temps glissé dans la salle de bain et déshabillé passa sous une douche brûlante avec la ferme intention de vider le ballon d'eau chaude.
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Mer 14 Fév - 19:53

Venant de là

Le biquet avait couru une bonne partie du chemin, puis avait ralenti pour reprendre une marche plus normale, bien que légèrement pressée tout de même... Car ce n'était pas en se précipitant qu'il pourrait improviser ne serait-ce qu'un peu une fois devant le méta rouge. Mais bordel qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir lui dire? Il retournait le voir, c'était déjà un début, pourtant ça n'allait pas être suffisant de juste passer la porte et attendre qu'une conversation naisse... Car autant Asch aurait peut-être envie et besoin de dire des trucs, autant il était possible qu'il laisse totalement le barman dans un silence de mort - sans mauvais jeu de mot.

Il allait devoir lui faire face, d'une façon ou d'une autre, trouver moyen de lui expliquer... Non, il n'y avait aucune justification qui se tenait, il lui faudrait suivre Asch dans son mouvement. S'il demandait des réponses, il lui en donnerait, s'il voulait directement partir dans la pratique bah... Stephan était pas contre non plus, bien qu'il doutait que ce serait la première chose qu'ils fassent en se retrouvant... Bien qu'avec Asch on savait jamais, il était imprévisible tout de même.

Se rappeler de comment il était partit en abandonnant le videur lui donnait la gerbe. Il aurait bien du savoir, totalement, que cela aurait un effet néfaste sur lui... Le laisser tomber après ce qu'il avait dit était la pire des trahisons, et s'il se prenait une grosse claque, telle qu'elle soit, elle était tout de même bien méritée. En revanche il n'y allait pas pour se retrouver en martyr sous le joug du loup rouge... Il y allait pour réparer son erreur qui aurait été fatale sans Jesse, et il était maintenant prêt à assumer, à poursuivre ce qu'il voulait pourtant depuis des années maintenant : qu'Asch le voit comme un allié, comme un égal. C'était mal partit tout de même après ses conneries, il avait masse à rattraper, mais maintenant qu'il savait qu'Asch avait des sentiments pour lui, ça serait plus facile de persévérer jusqu'au bout, ne plus tourner son dos au videur, et essayer ensemble de construire une relation potentielle.

Enfin, ça c'était si le méta rouge ne lui défonçait pas totalement la gueule pour commencer.

C'était une possibilité, mais Stephan n'était pas sûr de vouloir lui donner trop de valeur. Si Asch le faisait, il en avait bien le droit après ce qu'il s'était passé, mais il ne voulait surtout pas que ça soit à double tranchant et que le videur s'en veuille après - car son mépris de lui-même pouvait très bien ne pas aider du tout... Ugh c'était compliqué de penser à toutes les éventualités pour être prêt... Stephan n'aimait pas l'incertitude, et encore moins les imprévus; il n'avait aucune idée de dans quel état Asch allait l'"accueillir", et ça seul le mettait dans un état d'angoisse.

Bon, respirer. Il n'aimait pas ne pas savoir ce qui l'attendait, mais en même temps il n'allait pas pouvoir l'éviter, donc autant foncer tête baissée comme le faisait si bien son animal totem. Avec cette idée en tête il trottina sur le reste du chemin à parcourir. Il se souvenait du trajet, heureusement, mais cette connaissance ne lui facilitait pas la tâche pour ce qui était des nerfs... mais en même temps, rien ne changerait, qu'il arrive maintenant ou deux minutes en retard...

Et puis de toute façon, il était déjà dans la bonne rue. Maintenant qu'il y était vraiment son être entier lui hurlait qu'il risquait de morfler en revenant ici, mais aussi que s'il ne le faisait pas il aurait probablement affaire à Jesse assez tôt, donc fuir n'était tout bonnement pas une option... Et même en fuyant le pays il aurait toujours peur de se faire retrouver par le basilisk.

Ralentissant il approcha de la porte, mains tremblantes, visage rouge de honte et légèrement transpirant d'angoisse. Il fixa la porte, souffle court, rêche, coincé dans sa gorge. Il avait tellement honte de revenir comme ça; il n'aurait jamais du partir en premier lieu. Il resta devant la porte une minute, deux, se demandant s'il se roulerait pas une clope avant de frapper parce que ça le détendrait peut-être... Mais non, il aurait pu fumer en chemin, là n'était pas la question; il voulait juste tenter désespérément de prolonger le moment avant de devoir faire face à Asch... Chose qui ne servait à rien, l'angoissant encore plus.

Prenant le peu de courage qu'il avait, il leva le poing et frappa deux coups - assez discrets quand même, sur la porte. Lorsque celle-ci s'ouvrit tout son être se figea, et toutes les idées d'excuse qu'il avait disparurent... Il resta immobile comme un con, yeux larges de panique. Que pouvait-il dire? "Salut ça va depuis tout à l'heure?" Non enfin! Il savait très bien quelle était la réponse! Lui dire qu'il était content de le voir? Pire peut-être après la connerie du matin précédent! Bordel il aurait dû faire comme le videur le soir de leur discussion et se bourrer la gueule avant de venir, peut-être qu'il aurait trouvé les mots à ce moment-là!

Mais non, du coup il demeura là, figé, tête basse un peu creusée dans ses épaules. Il ouvrit tout de même la bouche, le désespoir touchant son fond.

"Je suis tellement désolé pour ce que je t'ai fait..."

Sa voix était à peine audible; heureusement qu'ils étaient entre métamorphe sinon Asch n'aurait probablement pas entendu. il ne savait pas quoi faire d'autre, leva à peine les yeux et fixa le vide.

"Je peux entrer?"

Mais oui, entrer dans l'Antre du loup, quelle bonne idée après ce qu'il lui avait fait subir. Il avait maintenant la stricte sensation qu'il n'y avait aucune bonne issue à cette situation, mais ça c'était peut-être seulement son pessimisme qui parlait, non?
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Ven 16 Fév - 19:11

Il n'y avait pas beaucoup de temps qui avait passé depuis qu'Asch avait laissé Jesse s'en aller, et ça n'était probablement pas plus mal. Il avait eu le temps de prendre une douche. Ça avait été nécessaire pour plusieurs raisons et ça avait fait du bien, surtout qu'il l'avait mise brûlante. L'eau chaude avait un véritable pouvoir magique : lorsqu'elle vous recouvrait tout entier, le corps recevait tellement de signaux qu'il n'arrivait plus à tout gérer et du coup, on sentait moins la douleur qui venait de l'intérieur. Ça ne fonctionnait qu'au début, et encore pas tout le temps, mais ça restait quand même foutrement pratique dans des cas comme le siens. Tout particulièrement ce soir.

Il avait quand même passé un sacré paquet de temps sous le filet d'eau chaude, notamment parce qu'il ne voyait pas l'intérêt d'en sortir. Qu'allait-il bien pouvoir faire de sa peau ensuite ? Sans envies ni idées, il allait juste faire des ronds dans l'appartement en attendant la venue hypothétique d'un Stephan qu'il estimait, à ce stade, encore capable de fuir pour des raisons mystérieuses et parfaitement inaccessibles à sa compréhension.

Donc, quitte à choisir, autant faire exploser la facture d'eau et de gaz. C'était un peu comme quand on était trop bourré et qu'on faisait des trucs en sachant pertinemment qu'on aurait dû se retenir, et qu'on allait le regretter, mais qu'on le faisait quand même. Ça allait juste trop mal pour qu'il se soucie de la bonne gestion de son budget.

Au bout de vingt ou trente minutes, il décida tout de même qu'il aurait l'air con si son collègue arrivait alors qu'il était encore sous l'eau, mouillé, et totalement à poil. Son état de métamorphe ne l'avait pas doté d'une vitesse surhumaine qui lui aurait permis de se sécher, de s'habiller et d'ouvrir la porte à temps. Mieux valait donc anticiper. C'était déjà suffisamment compliqué entre eux, autant éviter les écueils évidents et les difficultés additionnelles.

Comme dit, il n'y avait pas beaucoup de temps qui avait passé depuis que Jesse était parti, et Asch n'eut heureusement pas celui de ruminer, ce qui lui évita de prendre un recul qui ne lui aurait fait que du mal. La plupart des gens fonctionnaient mieux en réfléchissant. En prenant le problème de haut, en le regardant dans sa globalité. Pas Asch. Sans l'authenticité brûlante qui allait avec son impulsivité naturelle, il était perdu, et il faisait des conneries. Ou bien il ne faisait rien. Ce qui était pire qu'une connerie.

On toqua à la porte. Un bref relent de peur perça ses intestins du bas vers le haut, mais le tout se mêla très vite dans d'autres sentiments brutaux, qu'il avait du mal à identifier. Il y avait du soulagement, mais il y avait aussi de la colère résiduelle. Il était en tous les cas très content de ne pas avoir été livré à lui-même trop longtemps, parce que ça aurait encore pu facilement partir en steak.

Il décida que ce n'était pas le moment de se demander ce qui l'attendait derrière la porte. Surtout pas le moment d'utiliser son cerveau pour tourner et retourner la situation dans tous les sens avant d'agir. Sans la moindre hésitation, il sortit donc de la salle de bain dans laquelle il venait à peine de finir ce qu'il avait à faire, et il traça jusqu'à l'entrée.

Il ouvrit la porte, pour se retrouver face à Stephan.
Ca, c'était un premier bon point. Parce qu'avec sa loose habituelle, ça aurait tout à fait pu être quelqu'un d'autre. Genre le voisin qui venait demander du sucre, ou une connerie de ce genre.

Son visage s'assombrit légèrement, parce qu'il n'aimait pas la façon dont l'autre métamorphe se tenait. Sa posture respirait la honte. Cool si il s'était rendu compte du fait que son comportement avait été blessant - au bas mot - mais pour tout dire, Asch n'avait pas grand chose à cirer de ses excuses, ou de sa culpabilité. Elles ne leur serviraient à aucun d'entre eux, et c'était pas comme ça qu'ils allaient faire avancer leurs problèmes.

"D'accord. Content de savoir que tu t'en es au moins rendu compte, parce qu'à un moment j'ai eu un doute. Cela dit, c'est pas de tes excuses dont j'ai besoin, Stephan."

Et incidemment, il se décala pour le laisser entrer, poussant un soupir d'humeur qui lui était habituel. Arborant son fidèle air blasé, il détourna les yeux et grogna entre ses dents.

"Je t'ai pas non plus demandé de venir pour que tu restes sur le seuil... Viens."

Ce n'était pas de l'agressivité qui ressortait de son attitude, mais uniquement ce caractère bourru sous lequel il cachait ses fragilités, et qui lui permettait de gérer. Un minimum.
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Mar 20 Fév - 0:49

Devant le fait accompli, Stephan ressentait une multitude de choses. Parmi la terreur et la crainte et l'angoisse de faire encore plus de merde, il y avait, là-dedans, un certain soulagement d'être en face du videur. Si Asch ne lui avait pas demandé de venir, il n'aurait probablement pas pris la décision de le faire de lui-même, pourtant c'était quelque chose d'important. Du coup il s'était quand même excusé, c'était la moindre des choses maintenant qu'il comprenait comment Asch avait vécu son départ.

Asch lui répondit donc et... Aïe, ouais. C'était mérité, y'avait pas à dire, mais aïe quand même. Venant de Jesse ce genre de phrase ça faisait mal, mais là c'était le loup rouge, et se faire remonter les bretelles par ce dernier c'était très efficace aussi. Mais il était allé droit au but, sincère, et c'était ce qu'il fallait maintenant. Stephan aurait pas dû s'enfuir, et il ne pouvait plus faire marche arrière, pas avant qu'ils aient mis les choses au clair.

Le videur le laissa passer, faisant remarquer qu'il l'avait pas appelé pour qu'il reste sur le seuil de la porte. C'était pas faux, mais quand même. Le ton qu'il avait prit paraissait habituel pour Stephan, bien que sur l'instant il n'était pas sûr d'y lire de l'énervement ou simplement l'attitude standard du loup pour qui il était plus facile d'être ainsi qu'autrement. Il fit donc un pas dans l'appartement, puis un deuxième. Il leva les yeux pour regarder autour de lui mais eu du mal à se focaliser sur quelque chose. Il avait l'impression d'être compressé dans sa propre peau.

Prendre, ou ne pas prendre l'initiative de s'assoir. Là fut la question dans l'esprit de Stephan. Ne pas le faire pouvait insinuer un peu qu'il n'avait pas l'intention de rester longtemps, ou qu'il n'avait pas envie d'être là, or c'était pas le cas, pas exactement... Or s'il s'asseyait ça voulait aussi un peu dire "asseyons-nous et discutons de cela comme des gens" alors que Jesse avait tout de même bien fait comprendre que le loup rouge était un homme d'action, et pas de mots... Inutile de dire qu'il ne savait pas quoi faire dans le cas présent. Il était inquiet, mais ne regrettait en rien sa venue, qui était importante si leur relation devait sortir de cette merde goudronneuse. Inspirant profondément Stephan s'approcha de la table et retira sa veste en jean pour la poser sur le dossier de la chaise. Il posa ses mains sur le dossier, incapable de savoir s'il devait s'assoir ou pas, agir ou non. Il prit une profonde inspiration. Il avait envie d'ouvrir la bouche, expliquer pourquoi il avait fuit...

Mais c'était pas de lui qu'il s'agissait, qu'Asch comprenne ou non la raison de sa fuite n'avait pas d'importance, le résultat pour lui restait le même. Il était là pour le méta rouge, pour eux, pour ce qu'ils pourraient être. C'était lui qui avait fait de la merde avec lui, et Jesse avait été clair. Personne d'action... Agir... Mettre en pratique.

Physiquement bouger son corps dans l'état actuel des choses, c'était compliqué. Il regarda juste du coin de l'oeil où se trouvait Asch. Ses nerfs étaient tendus, tout son être était crispé. Agir. Il lui devait bien ça. Mais pourquoi était-ce si difficile de bouger? Il avait bien sauté sur lui le matin précédent, sans réflexion... Pourquoi maintenant c'était compliqué! Bon okay il l'avait abandonné dès que les choses avaient monté en températures, mais quand même, là il ne pouvait pas faire marche arrière.

Bouge bon sang.

Il alterna le poids de son corps d'un pied sur l'autre, toujours incapable de lever les yeux totalement. Asch avait raison: ce n'était pas de ses excuses dont il avait besoin... Il avait été plutôt aisé, maintenant posé dans cette situation, de dire à Jesse ce qu'il avait l'intention de faire. Mettre les choses en pratique? Eeeeh. Pas si aisé. Il fallait qu'il arrête de réfléchir en biquette... Réfléchir en Asch.

Il leva enfin les yeux pour fixer les siens. S'il était Asch, la maintenant, qu'est-ce qu'il voudrait? De la clarté? Une assurance? Une certitude que Stephan allait pas repartir en courant? Il lui devait bien ça. Enfin le barman bougea. Jusque là on avait presque pu voir les rouages tourner dans sa tête. Agir comme Asch.

Il fit quelques pas et arriva à hauteur du videur, ou du moins face à son torse. Il était grand le bougre. Avec cette proximité subite il sentit son être entier se hérisser, la température montant brutalement dans ses oreilles. Il glissa une main presque tremblante contre la taille du loup rouge, et s'approcha plus près de lui, son coeur palpitant de façon erratique. Il mit l'autre bras autour de sa taille et lui tint le dos, le serrant le plus possible - sans faire mal, même si c'était de Asch qu'on parlait. Il aurait pu rester comme ça des heures, si son cerveau ne venait pas de kickstarter son corps dans l'humeur appropriée à la situation. Il se détacha de lui, leva un bras pour tenir l'arrière de la tête du videur, se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa.

Ca aura pas du tout pris trop de temps tout ça.
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MessageSujet: Re: Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).   Mar 20 Fév - 10:42

Ça lui parut très, très, très long.

Comprenons que quand Asch avait "invité" (forcé la main serait plus exact) Stephan à revenir le soir même, il n'avait jamais eu l'intention que ça continue à traîner et que ça se passe dans la gêne, les sous-entendus chiants, et les non-dits qui l'étaient encore plus. Il avait eu la ferme intention de le mettre, dès l'arrivée, face au choix qui s'imposait : maintenant il fallait savoir ce qu'il voulait. Soit il prenait son courage à deux mains et il acceptait de tenter un truc avec lui, soit il lui  disait clairement le contraire et il le laissait aller mal tranquille, mais sans confusion. Sans le plomber encore plus, parce que c'était dangereux ces conneries, il risquait encore de finir avec une lame à la main - et grâce à Jesse, en argent la prochaine fois.

Il n'y avait pas de compromis possible. C'était allé trop loin, depuis trop longtemps. Parce que ça ne datait pas d'aujourd'hui, ni de la veille. Stephan était la définition même du truc qui était allé trop loin depuis qu'Asch le connaissait ou presque, alors maintenant restait à savoir si on préférait oublier que c'était arrivé et continuer à se voir sans se voir, ou bien si on voulait assumer la trolointtitude en question.

Ça lui avait pris du temps, et ça avait demandé un Bélier de Guerre humain pour défoncer tout ce qu'il restait de son déni et de la gêne qu'il éprouvait à l'idée d'être attiré par ce mec - et par d'autres dans le passé, sans jamais se l'admettre ouvertement ni même considérer que ça avait pu être vraiment ça. Il y avait toujours une bonne excuse - mais Asch, lui, était dorénavant prêt à se lancer, certes sans filet, mais à se lancer quand même.

En fait il n'avait pas l'impression d'avoir beaucoup d'autre choix. La petite partie de lui qui avait encore envie d'aller mieux et de survivre devenait assourdissante dès lors qu'on abordait ce problème et le poussait dans les bras de l'autre métamorphe.

Lequel paraissait s'être changé en statue de sel, depuis qu'il avait déposé son blouson sur la chaise. Au moins, il avait retiré une couche, ce qui montrait qu'il avait l'intention de ne pas prendre ses jambes à son cou dans les prochaines minutes.

Asch ne savait pas exactement ce qui le retenait. Il avait pourtant eu l'intention de prendre l'initiative, de lui énoncer les choses en ces termes et sans ambages. Peut-être que c'était un truc, dans son attitude, qui lui disait que quelque chose était en train de se passer dans le cerveau du barman et qu'il fallait le laisser processer tout seul.

Parce qu'à vrai dire, c'était effectivement plus à lui de faire un premier pas que le contraire. C'était lui qui s'était barré. C'était à lui de dire si il avait changé ou non d'avis depuis le moment où il l'avait repoussé sous prétexte que ça allait trop vite à son goût.

Comme si ça n'avait pas été trop vite durant la première saison des amours qu'Asch avait jamais subi de sa vie...

Asch, contrairement à ce qu'il avait prévu, resta donc silencieux tout le temps que Stephan prit pour réfléchir. Il croisa les bras pour se donner une contenance, le fixa sans ciller au risque de lui percer le fond du cerveau avec les yeux, mais il attendit. Et ça lui parut durer une éternité.

Puis enfin, Stephan leva les yeux pour le regarder. Les battements de son cœur s'accélérèrent - ce qui n'était jamais discret lorsqu'on était avec un autre métamorphe, leur ouïe étant suffisamment fine pour le percevoir. Un frémissement secoua son échine. Un tressautement oculaire vint donner une nouvelle preuve de sa nervosité - pour ne pas dire de sa terreur totale.

La dureté de son expression fondit comme de la neige à mesure que son vis-à-vis entamait un rapprochement physique. Cela commença par un étonnement diffus, qui peu à peu se changea en incertitude mêlée d'une vulnérabilité qu'il évitait généralement de montrer en rageant de tous les bouts, mais pas ici. Elle explosa dans son attitude et dans ce trop d'expressivité qui faisait que les gens parvenaient généralement à lire en lui comme dans un livre ouvert dès lors qu'il ne se cachait pas sous sa commode bougonnerie. Dans la même progression, ses bras se décroisèrent, laissant inconsciemment le champ libre à Stephan.

Quelque chose s'enflamma lorsque la main de ce dernier initia un contact significatif. Le souffle immédiatement court, il dut reprendre une respiration inattendue. Tout commença à s'emmêler dans sa tête, dans un mélange d'agréable et de désagréable. La satisfaction du contact, et le reste de son incapacité à assumer de le vouloir. La joie qui recouvrait sa douleur permanente et l'empêchait brièvement de la sentir, et puis la peur panique que Stephan puisse à nouveau faire marche arrière et le laisser après avoir pourtant choisi ce qui était en train d'arriver. Il lui avait déjà fait le coup une fois, comment pouvait-il être sûr qu'il n'allait pas recommencer ?

Il avait tellement peur qu'il en tremblait, et tout était tellement fort qu'il avait envie de chialer. Mais c'était vraiment pas le moment, si bien qu'il se retenait, pas loin de se mordre la lèvre pour empêcher aux larmes de monter et de rendre son regard brillant. A son tour il passa une main dans le dos du barman, sans serrer, parce qu'il doutait encore. Est-ce que cette fois c'était la bonne ? Est-ce qu'il pouvait sans risque se jeter à l'eau, ou bien est-ce que Stephan allait encore foutre des freins au plus mauvais moment ?

Asch était encore en proie au doute quand la main de son collègue appuya sur sa nuque pour l'inciter à se baisser, mais ce n'est pas pour autant qu'il ne se laissa pas faire. Au contraire, il y mit une bonne volonté à la hauteur du bouillonnement intérieur qu'il ressentait et dans lequel il se noyait presque. Quand leurs lèvres se touchèrent, ce fut compliqué de continuer à se méfier. Il y avait juste trop de trucs en même temps, et aussi étonnant que ça puisse paraître, sa trouille n'était pas ce qu'il y avait de plus intense.

Il y avait toujours cette retenue. Cette crispation. Cette sensation qu'il n'aurait pas dû être en train de faire ça. Ce refus d'accepter que c'était lui, que ça faisait partie de lui, et que rien de ce qu'il pourrait dire ou faire n'y changerait quoique ce soit.

Cependant il avait déjà identifié le problème. Il avait accepté d'essayer de travailler dessus. Il avait même accepté l'idée qu'il irait mieux une fois qu'il aurait arrêté de se voiler la face, et qu'il parviendrait à assumer pleinement ses envies, ses émotions, ses sensations. Alors il récolta tous les petits cailloux qui parsemaient son esprit et puis il les serra bien fort dans sa main mentale, avant de les jeter dans un précipice sans fond. Il occulta volontairement tous ses préjugés, et tout ce que son mental lui dictait, et fit en sorte de plonger la tête la première dans les sensations pour en tester pleinement la réalité. Les accepter  telles qu'elles étaient. Les apprécier telles qu'elles étaient.

Oui, il était gay, et alors ? Oui, il était attiré par Stephan comme un papillon par la lumière, et il existait entre eux un truc fort qu'il n'avait jamais ressenti avant et qui était extrêmement plaisant. Et alors ? Est-ce que le ciel allait s'effondrer ? Non. Par contre, si il refusait une fois de plus d'admettre que tout ça était vrai, il allait juste réussir à se faire encore plus de mal. A se mutiler émotionnellement, et il n'avait vraiment pas besoin de ça.

Ce fut comme l'effondrement d'un barrage. Comme si on avait allumé la lumière. Comme prendre une grande respiration fraîche après être resté trop longtemps dans un environnement confiné. Subitement, tout était vrai. Ce qui l'amena suite à un hoquet silencieux à renforcer le baiser initié par Stephan et par à son tour serrer son corps contre le sien. Qui réagissait. Et c'était normal. Les doigts de sa main libre se glissèrent dans la nuque du Barman, afin de renforcer le contact et puis à un moment, il fallut qu'il reprenne sa respiration, alors il s'éloigna juste un peu, tout en laissant leurs fronts en contact.

Cette pause n'allait probablement pas durer longtemps, ne serait-ce que parce qu'Asch était sur le point de reprendre où ils s'en étaient arrêtés, dépassé par ses propres gestes, mais il en profita tout de même pour jeter un regard brûlant mais interrogatif sur Stephan. C'était bon ? Ils pouvaient continuer cette fois ?
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Un réveil qui déboîte. Non pas comme ça (enfin si un peu).

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