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 Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.

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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeDim 28 Juil - 21:27

Gael avait encore des petits moments d'absence mais se montrait beaucoup plus réactif qu'il ne l'avait été dernièrement. Cela suffisait à rassurer Karl qui se permit donc d'aller voir dans l'autre pièce ce qu'il s'y était passé. La situation avait probablement été critique, mais c'était dorénavant terminé. Esteban dormait dans les bras de sa tante qui, quant à elle, était encore bien éveillée.

Il s'approcha d'elle et lui donna les dernières nouvelles. Puis, il lui demanda ce qu'il en était de son côté. Dans un autre contexte, sa réponse spontanée aurait pu être drôle. Là, pas vraiment.

Rien de ce qui concernait Olivia n'était drôle, en ce moment. Karl savait que la mère d'Esteban était dans un sale état. Il savait aussi qu'Esteban n'aurait jamais sombré à ce point si elle ne l'avait pas rejeté. Il se refusait à juger qui que soit car ce n'était selon lui pas son rôle, mais si on lui avait demandé son avis, il se serait montré soulagé que Luisa compte aller recadrer sa sœur rapidement. Il espérait, néanmoins, qu'elle ferait preuve d'assez de tact pour  convaincre Olivia d'agir plutôt que l'inverse. Il n'était pas certain qu'un pur déferlement de colère soit la solution. Cela dit, il ne pouvait que faire confiance à Luisa : elle savait ce qu'elle faisait, et puis c'était sa sœur.

L'étudiant choisit de ne faire aucun commentaire. Il ne laissa pas voir ce qu'il pensait non plus. Il se concentra directement sur les informations suivantes. Rien ne l'étonna vraiment. Si ce n'avait pas été la culpabilité d'avoir blessé Luisa, ça aurait certainement été le fait d'être condamné à rester dans l'ombre en pleine journée, ou la perspective de devoir boire du sang régulièrement, ou encore autre chose. On ne pouvait pas compter sur le calme, ni sur la platitude apparente du vamp : ces émotions, ou leur absence, ne faisaient que cacher le point auquel il allait mal. Il fallait s'attendre à ce que de nouvelles effusions de ce type puissent survenir à tout moment.

La toute dernière déclaration de Luisa le laissa pensif. Il était vrai qu'ils ne pourraient sans doute plus aussi régulièrement compter sur la naïveté comique d'Esteban pour égayer leurs soirées, dorénavant.

"Après ce qui est arrivé, il aurait été étonnant qu'il reste aussi... innocent qu'il l'était. Mais c'est probablement pour le mieux : il va en avoir besoin."

Ce n'était que le début, pour Esteban. Cette transformation allait - un peu trop littéralement - l'obliger à aiguiser ses crocs. Il y aurait ceux qui chercheraient à l'utiliser, et ceux qui chercheraient à le détruire. Il faudrait qu'il se défende des deux. Il ne pouvait pas faire ça en restant l'adulescent qu'ils connaissaient, si tête en l'air que cela en devenait tout à la fois terriblement agaçant et attendrissant.

Luisa demanda à Karl comment il se portait. Spontanément il eut envie de répliquer "Je vais bien", mais se retint, car il goûtait l'ironie de cette presque réponse. C'était mot pour mot ce que Gael avait sorti au médecin. Tout le monde ici savait ce qu'il en était vraiment, et Karl était le premier à juger - gentiment - son abnégation presque maladive. Il aurait été hautement ironique qu'il reprenne ses mots. Il était tout aussi hautement inconcevable qu'il avoue sa fatigue. Ce n'était pas le moment.

"Pas de problème."

... Oui, ça voulait sensiblement dire la même chose que ce qu'il n'avait pas dit. Eh bien tant pis.

"Merci. Il y a besoin de quelque chose ? Sinon, je vais vous laisser dormir."

Karl n'utiliserait certainement pas la carte de Luisa. Il savait qu'elle avait les moyens, mais il n'aimait pas ça. Puis il préférait éviter de sortir, ou de faire venir qui que ce soit ici tant qu'Esteban y serait. De la même façon, il n'irait pas dans la chambre qu'elle lui proposait. Il fallait que quelqu'un reste debout pour veiller Gael et pour être en mesure d'agir rapidement si le moindre souci arrivait.

Si il avait fait part de ses plans à Luisa, elle aurait certainement essayé de le dissuader, alors il préféra ne faire mine de rien. Il revint dans le salon et décida de s'asseoir. Il choisit à dessein le fauteuil qui avait l'air le moins confortable. Mais ils avaient tous l'air confortable. Maintenant, il allait falloir s'occuper. C'était une bonne chose qu'on ait inventé les smartphones, car il n'avait rien d'autre sur lui. Puis "on" le laisserait probablement pianoter un moment sans que cela éveille le moindre soupçon... Après tout, il avait peut-être des gens à prévenir de son absence prolongée.

--

De nombreuses heures plus tard, la journée était bien avancée. C'était le début d'après-midi, mais dans l'appartement plongé dans le noir il était impossible de le deviner. Esteban eut une inspiration brutale, comme si il était en train de s'étouffer. Après cela, sa respiration reprit. Encore légèrement somnolent il fronça les sourcils, cligna des yeux, et se tourna sur le dos. Perdu, il lui fallut quelques instants pour se rappeler d'où il se trouvait. Le soleil l'avait obligé à rester chez Luisa.

Luisa.. C'était elle qu'il sentait contre lui. Il se tourna vers elle et observa en silence son visage endormi. Des bribes de souvenirs, de phrase, lui revenaient. Elle en faisait bien trop pour lui. Il restait persuadé que le monstre qu'il était devenu ne le méritait pas. Mais il n'avait plus la force de la repousser pour le moment.

Plutôt que de se rendormir Esteban décida de se décoller d'elle aussi délicatement qu'il en était capable, puis de s'asseoir. Une envie bien trop connue creusait son estomac, asséchait sa bouche, et rendait ses nerfs beaucoup trop sensibles. Il avait déjà soif. Tout ce sang qu'il avait bu avait été bien rapidement consommé. Il n'avait suffi qu'à compenser son très long jeun. Esteban soupira. Sombre, mais étrangement calme, il leva le pouce afin d'en plaquer la surface charnue contre ses crocs. Toujours aussi réels.

.. Il allait donc vraiment falloir qu'il joue le jeu. Aucun doute à avoir, il était un vrai vampire. Il avait mis ses proches en danger en refusant de voir la vérité en face. Il était grand temps qu'il prenne ses responsabilités. Et cela commençait par trouver un moyen viable de se nourrir qui n'implique pas sa famille, ses amis, et encore moins d'envoyer qui que ce soit à l'hôpital.

Esteban prit son front dans sa main, soupira (encore) très fort, puis se mit à la recherche de son téléphone, dans sa poche. Aucun nouveau message. Ça n'avait pas d'importance. Il ouvrit une page de navigateur et entama des recherches horrifiantes, mais fascinantes. Dégoûtantes... Mais exaltantes.

La part de lui qui avait besoin d'être acceptée, qui avait envie de vivre, allumait en lui des sentiments contradictoires, désagréables et tout à la fois agréables... En tous les cas très étranges. On aurait pu considérer cela comme un bon signe, le début d'une guérison... Esteban, quant à lui, ne voyait pas les choses ainsi. Il ne s'en détestait que plus. Tout ce qu'il voyait, c'était la soif qui faisait naître en lui des choses répugnantes.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeDim 25 Aoû - 23:09

Luisa n'attendait pas de réponse concernant sa sortie sur Olivia : elle lui avait échappée, et en prime elle savait parfaitement que Karl préférerait se taire. Ils ne s'étaient jamais vus auparavant mais la mexicaine avait eu assez d'échos pour avoir une bonne idée de la non-relation qui existait entre sa soeur et le meilleur ami d'Esteban. Ce dernier avait tout intérêt à tenir sa langue dès qu'il s'agissait de son aînée, et ce même devant son meilleur ami. Pas que Luisa lui en aurait voulu s'il s'était répandu en insultes à cet instant précis, elle n'était pas loin de faire de même. Mais c'était de sa soeur dont on parlait, tout de même.

La conversation revint plutôt aisément sur le néo-vamp endormi dans ses bras. S'il paraissait aller relativement "bien" depuis qu'il s'était nourri, il était évident que les crises n'allaient pas s'évincer d'un coup. Quelque chose s'était brisé lors de sa transformation, et cela n'avait rien à voir avec le vampirisme en lui-même, mais à la façon dont il avait été élevé et ce qui en avait découlé. C'était avec une certaine douceur tintée d'amertume que Luisa avait lancé qu'elle aurait préféré que son filleul reste encore un peu naïf et inconséquent. Avec tout ce qu'elle avait pu mettre en place avec Juan au travers des années pour parvenir au contraire, elle goûtait profondément l'ironie de la situation.

Néanmoins, elle hocha la tête aux paroles de Karl. C'était pour le mieux, en effet. Les épreuves qui l'attendaient allaient être autrement plus difficiles que ce qu'elle avait initialement prévu, et Esteban allait devoir s'y préparer. Qu'il soit devenu moins innocent qu'auparavant finirait par devenir un avantage, plus rapidement qu'ils ne le voudraient en réalité.

Sur ces évidences, la mexicaine finit par s'enquérir de l'état du dernier membre de leur groupe encore debout. Karl n'avait pas particulièrement mauvaise mine, mais la fatigue ni sied à personne et inutile de prétendre que tout va bien avec la nuit qu'ils avaient passé. Luisa eut un vague sourire amusé. "Pas de problème", c'était une façon de dire qu'il n'allait pas plus mal que les autres, et qu'il allait pouvoir rester en état de fonctionnement. Plus ou moins. La brune n'allait pas le blâmer : elle aurait fait plus ou moins la même chose à sa place. Elle serait même venue veiller à ses côtés si elle n'était pas si fatiguée suite au prélèvement sanguin. Mais il fallait qu'elle soit raisonnable, elle aussi.

D'ailleurs, on le lui disait. Il était temps qu'elle se repose. La mexicaine hocha doucement la tête de gauche à droite. Non, elle n'avait besoin de rien, et Esteban non plus, à priori.

Il ne lui fallut pas plus de dix secondes pour s'endormir une fois Karl parti de la chambre.

Gael, de son côté, avait sagement commencé à boire son eau mais n'en avait pas encore vidé le tiers (ce qui était déjà beaucoup quand on regardait la quantité que Karl lui avait mis sous le nez, certes). Il avait profité d'une pause pour sortir son téléphone de sa poche et tenter d'envoyer un message à Olivia, pour la prévenir de son absence pour la journée : il avait peut-être tendance à minimiser ses problèmes mais ne restait pas moins lucide quant à son état. Cependant, il ne lui fallut pas longtemps pour se rendre compte qu'il était incapable de taper un message correct. Se penchant à nouveau sur son eau, il entreprit donc de continuer à s'hydrater en attendant que l'étudiant revienne.

Ce qu'il fit un peu plus tard, alors que l'argentin avait de nouveau abandonné son pichet et s'était étendu sur le dos, les yeux dans le vide fixant le plafond. Une tâche sombre dans sa vision périphérique lui fit tourner la tête, et il tendit la main tenant le téléphone en direction de Karl.

"Petit, tu pourrais me rendre un service et prévenir Olivia ? Juste... qu'elle ne m'attende pas."

Ce qu'elle ferait, dans le cas contraire. Surtout si il ne répondait pas à ses appels. Ce qu'il risquait de ne pas faire, il sentait déjà le sommeil revenir en force.

-

L'absence de chaleur. Ce fut ce qui la dérangea en premier. Étonnant lorsqu'on sait qu'un vampire ne dégageait plus de chaleur humaine, mais au vu de leur position, c'était à attendre. Dans un demi-sommeil encore palpable, Luisa frissonna. Le changement ne lui allait pas et il était certain qu'elle n'allait pas tarder à se réveiller elle aussi. Lentement, les derniers méandres du sommeil refluaient. Ses sourcils se fronçaient, ses lèvres se pinçaient. Ce fut lorsqu'Esteban soupira à nouveau qu'elle finit par ouvrir les yeux, pour tomber sur le dos de son neveu, assis sur le bord du lit, penché sur quelque chose qu'elle était bien incapable d'identifier. Luisa n'était pas vraiment du réveil.

Il lui fallut donc un moment pour émerger, et un autre pour se décider à se redresser également. Elle n'avait aucune idée de l'heure qu'il était et avait laissé son téléphone dans son sac, dans le salon. C'était très bien comme ça, elle n'aurait pas apprécié être dérangée dans sa nuit. Elle se passa une main sur le visage. Groggy, mais bien plus en forme que la veille, c'était indéniable.

Enfin, elle s'intéressa de plus près à son neveu. Qu'est-ce qu'Esteban pouvait bien être en train de traficoter ? Sourire en coin, la mexicaine s'avança le plus silencieusement possible (bien que cela ne serve à rien pour des sens vampiriques) dans le dos de son filleul avant de se redresser pour passer une tête par-dessus son épaule et jeter un coup d'oeil à son téléphone. Une exclamation surprise lui échappa.

"Oh, intéressant !"

Elle ne savait pas trop comment prendre le fait que le jeune homme soit en train de se renseigner sur ce genre de chose, cependant. Bonne nouvelle, ou annonce de crise imminente ?

Elle le saurait bien assez tôt.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeMar 27 Aoû - 0:00

Karl releva le nez de son portable, vaguement étonné d'entendre Gael l'appeler : il pensait qu'il avait déjà - encore une fois - sombré. Indépendamment de ça, le garde n'était pas du genre à demander de l'aide si facilement. Lorsqu'il s'agissait de son travail, vraisemblablement, il était prêt à faire ce genre de sacrifices. L'étudiant retint un sourire en coin. Il se redressa et avança pour prendre le téléphone de la main de Gael.

"Aucun souci, je m'en charge... Le prétexte de la maladie suffira ?"

Ce n'était même pas vraiment un mensonge : Gael était effectivement cloué au lit pour la journée. Karl jeta un coup d’œil aussi respectueux que possible aux précédents échanges entre Olivia et Gael. Loin de lui l'idée de les espionner, mais il fallait qu'il reproduise efficacement la façon d'écrire de l'employé afin d'éviter que sa patronne se doute de quoi que ce soit. Lorsqu'il eut fini, il rendit son bien à Gael et il retourna à sa place, aussi prêt qu'il pouvait l'être à affronter la nuit blanche qu'il avait devant lui.

Et il y parvint, pas sans difficulté. Il lui fallut quelques cafetières. L'exercice devint plus rude lorsque son téléphone vidé agonisa. Mais il ne s'endormit pas. En début d'après-midi, lorsqu'il commença à y avoir du mouvement dans la chambre d'à côté, il était devenu si pale qu'on aurait facilement pu penser que c'était lui, le vampire de cet appartement. Il avait des valises noires sous les yeux et luttait à chaque instant contre le sommeil. Sa volonté, toutefois, n'avait pas faibli : rien ne s'était passé jusqu'à présent, mais ça ne voulait pas dire que rien ne se passerait. Il veillerait aussi longtemps que nécessaire.

--

Si Esteban n'avait pas été si concentré sur ses recherches, il aurait entendu Luisa arriver. Il l'aurait aussi très certainement sentie arriver : Son corps émettait une chaleur qui manquait au jeune vamp et, surtout, empestait le sang à plein nez. Lorsqu'il était assoiffé, comme maintenant, l'odeur caractéristique dudit fluide lui sautait littéralement aux narines à la moindre stimulation.

Mais Esteban était très concentré. Il se laissa donc surprendre avec une maladresse digne de l'humain qu'il n'était plus. Le jeune homme sursauta violemment. Un cri involontaire lui échappa. Il lâcha son portable sur le lit. Paniqué, il tenta gauchement de le récupérer : sa hâte ne lui fit perdre que plus de temps. Enfin il cacha honteusement l'objet contre sa poitrine et se tourna vers Luisa, l'air terriblement gêné. C'était trop tard : elle avait vu ce qu'il était en train de faire.

... C'était idiot, mais il fallait qu'il se justifie. Pourtant Luisa devait bien se douter qu'il ne cherchait pas comment se procurer du sang parce que ça lui faisait plaisir. Elle savait combien cette idée lui faisait horreur. Mais voilà, il devait être sûr qu'elle le comprenait : Il n'était pas en train de changer d'avis.

Était-ce vraiment sa tante qu'il essayait de convaincre, ou bien lui-même ?

Esteban soupira lourdement. Il détourna les yeux, en proie à une honte paralysante. Il détestait avoir été pris la main dans le sac à un moment aussi embarrassant. Il savait ce qu'il avait à faire, désormais, mais Il peinait encore à assumer publiquement tous les aspects du choix qu'il avait fait de mettre fin à son jeun, pour de bon.

"J'ai déjà soif... Et il est hors de question de faire comme hier, donc."

Cela dit, il ne savait pas trop comment faire. Il existait des services de livraison à domicile, mais on ne pouvait pas vraiment faire livrer des poches de sang chez Luisa. N'était-ce pas trop risqué ? Quant à se déplacer... Il n'oserait jamais demander à quiconque de le faire pour lui, que ce quiconque tienne ou non sur ses jambes. Comme il était incapable de résoudre ce problème, il décida de le remettre à plus tard. Il glissa son téléphone dans sa poche et se tourna entièrement vers Luisa, vraisemblablement désireux de changer de sujet.

"Comment vas-tu ? Tu te sens mieux ?"

Question qui pouvait paraître ironique venue de quiconque présentait comme Esteban à cet instant précis : débraillé, définitivement décoiffé par un bout de miroir, l'air fragile, prêt à se nouer une corde autour du cou.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeDim 1 Sep - 0:24

Professionnel au-delà du raisonnable, Gael détestait être incapable de faire son travail, que ce soit par maladie ou autre chose indépendante de sa volonté. Demander à Karl de lui rendre ce service ne lui faisait pas plaisir du tout, mais c'était ça ou laisser Olivia s'inquiéter, l'appeler et manquer de se mettre à sa recherche (ou plutôt d'appeler la police pour qu'elle le fasse) : c'était totalement déraisonnable, pour tellement de raisons différentes, qu'il n'avait pas réellement hésité avant de demander l'aide du Petit. A sa question, il hocha brièvement la tête.

"Ça devrait."

Il était encore trop fatigué et pas assez opérationnel pour penser aux détails qui lui seraient sinon automatiquement venus à l'esprit : pas la peine de trop en dire et inutile de se prendre la tête avec ses notions d'espagnol : Darian ayant pratiquement interdit le personnel hispanophone à Little Rock, Olivia et son garde du corps avaient pris l'habitude de communiquer dans les deux langues. Cependant, en fouillant dans les échanges de sms, Karl s'en rendrait compte de lui-même. Il ne fallut pas très longtemps pour que l'esprit de l'argentin abandonne de nouveau et qu'il s'endorme dans le canapé, non sans avoir bu quelques gorgées de plus.

-

Esteban restait Esteban : facile à surprendre quand il était tellement pris par quelque chose qu'il en oubliait tout ce qui pouvait se trouver autour de lui. Durant ses jeunes années, Luisa avait longuement eu l'occasion de le surprendre ainsi lorsqu'il était en train de lire : l'adolescent qu'il était à l'époque se perdait bien trop aisément dans les récits qu'il dévorait assez facilement pour l'accro aux jeux vidéos qu'il était également. Une facilité d'immersion, supposait-elle.

En attendant, l'héritier réagit exactement comme la mexicaine s'y attendait, et elle se contenta de s'éloigner d'un coup de hanches en riant pour le laisser faire son cirque. Vraiment, la prochaine fois, il faudrait qu'elle le filme.

Le jeune vamp réussit à rattraper son téléphone qu'il cacha contre lui comme un secret honteux, posant sur Luisa un regard profondément gêné. Elle lui répondit par un sourire amusé.

"Tu me donnes l'impression de t'avoir pris la main dans le sac en train de regarder deux beaux jeunes hommes huilés faire des choses pas très catholiques..."

Vraiment, c'était hilarant ! Evidemment, après s'être outré comme on l'aurait attendu de lui, son neveu lui expliqua le pourquoi du comment elle l'avais surpris en train de rechercher divers moyens de se nourrir : il avait à nouveau soif. Le visage de la cheffe d'entreprise, sans se fermer totalement, devint un peu plus sérieux. Il était vrai que l'outre avait beaucoup jeûné, et qu'il allait devoir s'abreuver très régulièrement avant de pouvoir reprendre une consommation jugée normale. Luisa n'était cependant pas mécontente que son filleul se soit fait cette remarque seul : l'emmener sur ce chemin de réalisation aurait été beaucoup plus complexe s'il n'avait pas fait le premier pas lui-même. Elle s'apprêta à lui répondre, mais Esteban changea de sujet avant qu'elle ait eu le temps de dire quoi que ce soit (ce qui était rarement le cas habituellement mais rappelons-le : Luisa n'était pas du réveil). Elle lui sourit à nouveau, avec plus de tendresse que de moquerie, cette fois.

"Beaucoup mieux. Rien de tel que beaucoup trop d'heures de sommeil pour se requinquer !" Elle lui fit un clin d'oeil amusé. "Et toi Esteban, comment te sens-tu ?"

Il n'était pas dit qu'elle obtienne une réponse honnête, mais au moins, elle aurait essayé.

Une fois sa réponse obtenue, Luisa s'étira longuement avant de se décider à quitter le lit et poser les pieds au sol.

"Allons dans le salon. Je suis persuadée que Karl a fait exactement ce que je ne lui ai pas conseillé, soit veiller tout le temps de notre sieste. Il doit être épuisé."

C'était dit sans une once de malice, mais avec une pointe d'amusement presque tendre. Elle n'aurait pas agi autrement si elle avait été à la place de l'étudiant. Néanmoins, maintenant qu'ils étaient debout, il était important que le jeune homme se repose, sans quoi il risquait de s'effondrer d'un moment à l'autre. S'approchant de la porte, Luisa tourna la tête vers son neveu.

"Tu viens, Tebi ?"

Elle n'avait pas oublié ce qu'il était en train de regarder quand elle s'était réveillée, mais ils en parleraient plus tard.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeMer 11 Sep - 0:21

Pendant un court instant, Luisa parvint à faire se dessiner sur les traits d'Esteban l'ombre de cette expression pincée caractéristique qu'il partageait avec sa mère. Cela avait été discret, et très fugace. Le jeune homme allait encore trop mal pour réellement s'offusquer des bêtises débitées par sa tante. Il n'aimait pas être associé au visionnage d'une vidéo indécente mettant en scène "deux beaux jeunes hommes huilés", mais cette idée, aussi honteuse soit-elle, restait en deçà de la réalité.

Ces questions d'orientation sexuelle n'étaient rien par rapport au poids que représentait son vampirisme. Malgré tout il trouva de bon ton de se plaindre :

"Tia..."

Mais on sentait que, dans le fond, il y mettait moins de cœur qu'à l'habitude. Luisa avait efficacement noyé le poisson... Cependant, Esteban ressentait tout de même le besoin de se justifier. Il expliqua donc à sa tante le but des recherches qu'elle l'avait vu effectuer.

Puis il chercha à changer le sujet de la discussion. Cela dit, ledit changement de sujet n'était pas entièrement opportuniste. Il s'intéressait réellement à l'état de Luisa : à cause de lui, hier soir, elle tenait à peine sur ses pieds. Il voulait être sûr qu'elle était remise.

Elle lui assurait que oui. Sceptique, il attendait pour s'en réjouir : elle était tout à fait capable d'édulcorer la réalité afin d'apaiser sa conscience. Elle lui retourna la question, et la réaction d'Esteban fut immédiate.

Il baissa un regard aigu sur les draps et resta un peu trop longuement silencieux. Le jeune homme ne voulait pas l'inquiéter... Cependant, il ne voulait et ne savait pas mentir.

"... Je survivrai à la journée."

Cette façon de ne pas répondre était tout aussi inefficace pour rassurer Luisa que la réalité brute énoncée, cependant, il ne pouvait pas mieux faire. De toute façon, ça devait se voir à sa tête. Puis Luisa savait.

Il était donc tant qu'ils se lèvent, ainsi qu'elle le lui proposa immédiatement après. Être ici ou dans le salon lui importait peu, mais elle soulevait un point important : il y avait une chance que Karl soit resté éveillé toute la nuit. Si c'était le cas, alors il fallait absolument qu'ils le libèrent. Il fallait qu'il se repose. Esteban n'avait qu'une conscience partielle de tout ce qui était arrivé hier soir, mais il se rendait tout de même compte d'une chose, et c'était que Karl en avait beaucoup - trop - fait.

Il se leva à la suite de Luisa et constata avec soulagement qu'elle était en effet capable de se déplacer seule sans le moindre problème. Elle avait donc dit vrai : elle se sentait mieux.

"Je suis là, Tia..."

Tout lui semblait futile, et la motivation lui manquait. Cela dit il se laissa traîner à l'extérieur de la chambre. Par réflexe, il protégea son visage en sortant de la pièce, pour se rendre compte qu'à l'extérieur, tout était encore plongé dans le noir. Il posa un bref regard sur Gael qui dormait toujours... Puis Karl. Dans le fauteuil. Éveillé, mais semblable à l'ombre de lui-même. Il était aussi pâle qu'un cachet d'aspirine, avait des cernes noires creusées sous les yeux - on aurait dit un panda - et le regard plus vide que celui d'une vache regardant les trains passer. Le norme releva la tête à leur arrivée et fit mine de rester impassible alors qu'il devait très certainement se sentir soulagé.

"Oh. Bonjour... Bien dormi ?
- Oui, merci. Et toi, pas dormi. Tu vas me faire plaisir et tu vas aller au lit tout de suite."

Karl eut un rictus nerveux. Il n'était pas très courant qu'Esteban le materne. Généralement, c'était plutôt l'inverse.

"Ne t'inquiète pas, je ne compte pas battre un record."

... Autre façon de dire qu'il n'avait pas l'intention d'aller dormir immédiatement non plus. Esteban roula des yeux au ciel.

"Tu n'en fais vraiment qu'à ta tête.
- C'est toi qui dit ça ?"

Un bref regard noir du vampire, tandis qu'il s'installait là où il y avait de la place.
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Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeVen 13 Sep - 17:37

Aurait-elle été bien réveillée (…donc debout depuis au moins deux heures et trois cafés), Luisa n’aurait pas hésité à lever les bras en l’air en signe de victoire. Cette indignation typique de son neveu lui avait manqué. Il n’y avait qu’Esteban qu’elle arrivait à faire réagir ainsi. Et Olivia, bien entendu.

Alors oui, c’était minime. Oui, cela traduisait encore son apathie et sa non-envie d’interagir. Mais c’était présent. Cela avait le mérite d’exister. Et ils partaient de tellement loin qu’on pouvait se réjouir de chaque évolution, aussi minime soit-elle.

Le sujet vira. Luisa n’avait pas l’intention de s’éterniser plus sur ce que son neveu était effectivement en train de regarder. Lui s’inquiétait de son état, mais elle se sentait bien. Vraiment, elle avait juste eu besoin de sommeil. Elle retourna la question à son neveu, sachant très bien que sa réponse ne serait que polie. Au moins, il prenait la peine de lui répondre, et sans mentir. Pas qu’il ait l’habitude de le faire, mais Luisa savait très bien qu’il ne fallait pas présumer de grand-chose avec Esteban. L’imprévisibilité faisait partie de son quotidien, à présent.

Ses priorités brièvement échangées, il paraissait plus important à la mexicaine de retourner dans le salon principal afin de relever Karl qui, elle en était certaine, n’avait pas fermé l’œil depuis plus de vingt-quatre heures. Pour autant, elle n’oubliait pas son filleul et s’assurait qu’il la suive bien : il était hors de question qu’elle le laisse seul, ne serait-ce qu’une minute.

Ils arrivèrent finalement dans le salon. Gael dormait toujours à poings fermés, ce qui n’était pas un mal : les horaires du garde du corps étaient très certainement erratiques depuis la transformation du fils de sa patronne, sans compter l’inquiétude inhérente à cette situation. Karl, comme la cheffe d’entreprise le supposait, était aussi éveillé qu’il pouvait l’être tout en donnant l’impression de pouvoir s’effondrer d’une minute à l’autre.

L’étudiant les salua et demanda des nouvelles. Luisa s’apprêtait à lui répondre mais Esteban fut plus rapide. Elle assista à la discussion avec un sourire en coin, hautement amusée mais trop peu réveillée pour faire plus de réflexion. Elle se dirigea donc vers la cuisine américaine aménagée, une oreille toujours sur la discussion mais l’ensemble de son cerveau était concentré sur le café.

…Ou presque. En entendant la dernière phrase de son neveu, la brune pouffa, renversant la cuillère de café destinée à la machine sur le bar. La réponse de Karl, traduisant en tous points ce qu’elle pensait, lui arracha un nouvel éclat de rire.

Une nouvelle cuillère de café au bon endroit, cette fois, et le percolateur est en route. Rien ne vaut un bon expresso pour se réveiller. Le bruit de la machine ne semble absolument pas déranger l’argentin toujours endormi, ce qui en dit long sur son besoin de sommeil. Luisa jeta un œil sur la gourde près du garde du corps. Vide. C’était bien. Il devait donc être simplement en train de récupérer des forces.

Prenant sa tasse au passage, Luisa passa derrière le fauteuil de Karl. D’un geste précis acquis par la force de l’habitude, elle appuya sur un bouton qui fit descendre le dossier tout en lançant les unités de massage présentes à l’intérieur. Petit sourire amusé aux lèvres et tasse à la main, elle continua son chemin pour aller s’installer sans la moindre délicatesse (autre que celle nécessaire à ce que sa tasse de café salvatrice ne s’éparpille pas partout) à côté d’Esteban.

Enfin, elle prit le temps d’adresser un regard de connivence à Karl. Elle avait bien remarqué qu’il avait choisi le fauteuil apparemment le moins confortable de l’assemblée (autant qu’ils puissent être, car on parlait de Luisa). Sauf que ce fauteuil avait une raison d’être bien particulière : la fonction de massage, toujours utile après une journée de négociations tendue.

Ou une nuit des plus agitées suivie d’une journée de veille.

Ce n’est qu’après tout cela que la norme prit une gorgée du café tant attendu. Un soupir de bien-être passa la barrière de ses lèvres et, enfin, elle s’adressa aux deux garçons.

« Bonjour, mes chers. Karl, je t’aurais bien proposé un café mais je pense que tu en as bien assez bu pour la journée… » Un regard vers Esteban. « Quant à toi, si j’ai bien compris, ce n’est pas de café dont tu as besoin… »

Non, elle n’avait pas oublié. Et maintenant qu’elle avait son propre liquide salvateur entre les mains, elle était prête à en discuter.

« Il va falloir remettre la séance de coiffure à plus tard. »

Le ton de sa voix laissait croire qu’elle était déçue, mais au final pas tant que cela : plus longtemps ils retarderaient cette fameuse coupe, plus longtemps Esteban n’aurait d’autre choix que de rester chez elle. Et ainsi, jamais seul.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeHier à 10:07

Karl était tellement bien réveillé qu'il eut l'impression de tomber à la renverse, au ralenti. Tout impassible qu'il arrivait à rester en temps normal, cette fois-ci, il ne parvint pas à cacher le tic de contrariété qui lui vint spontanément. Il l'avait dit : il n'avait pas l'intention de battre un record, il allait bien finir par aller dormir à un moment ou à un autre. Cela dit, avant cela, il aurait bien voulu discuter quelques minutes avec Esteban et Luisa, afin de se faire une idée de leurs états respectifs. Tant qu'à faire, il préférait aussi ne pas tomber comme une masse en plein milieu du salon et devant spectateurs.

Tant de plans qui étaient lourdement contrariés par la fonction massage du fauteuil, que Luisa venait de mettre en route. Entre le dossier qui s'était légèrement penché en arrière et les têtes de massage qui malaxaient son dos ankylosé, il ne se donnait pas plus de cinq minutes avant de sombrer bien inopinément dans les bras de Morphée.

"..."

Un court regard agacé sur Luisa, qui ne voulait certainement pas dire merci. Karl était pourtant un parangon de politesse, mais ils savaient l'un comme l'autre qu'elle n'avait pas appuyé sur ce bouton pour l'arranger ou lui faire plaisir. Il y avait aussi qu'une nuit blanche avait tendance à user les nerfs et rendre moins patient n'importe qui, même les meilleurs.

Tentant de diminuer les dégâts, Karl se redressa dans le fauteuil. Il s'y installa en tailleur. Ainsi, le haut de son dos échappait aux assauts répétés du robot masseur. Il ne prit pas la peine de répondre aux insinuations qu'elle ajouta dans la foulée, installée à côté d'Esteban. Elle avait raison sur ce point : il avait bu suffisamment de café. Ça lui avait retourné l'estomac, il n'avait pas spécialement envie d'en reprendre un nouveau. Et puis immédiatement, le sujet dériva sur Esteban d'une manière qu'il jugea un peu... Brutale. Il tourna discrètement les yeux sur le vamp, lequel était, comme il s'y était attendu, en train de réagir avec véhémence. Enfin... Une forme de véhémence principalement intériorisée, disons.

Il ne s'était pas du tout attendu à ce que Luisa ramène le sujet sur la table de manière aussi directe. Esteban sursauta violemment et eut l'impression qu'un poids de vingt kilos lui tombait sur la tête et les épaules. Si il n'avait pas été en manque de sang, il aurait certainement rougi comme une pivoine. A défaut, il rentra la tête dans les épaules et échappa un commentaire tout à la fois absurde et très parlant :

"D... Désolé !"

Tremblant, le jeune vamp porta une main dans ses cheveux. Il tira légèrement sur une mèche, puis se frotta fébrilement le front, comme pour tenter de recouvrir ses esprits. Difficile de dire si le geste avait le moindre rapport, même lointain, avec la mention du coiffeur, ou si il était juste inspiré par le mal-être d'Esteban.

Il avait un peu décollé sans prévenir, effectivement, ainsi qu'en témoignait son regard absent, hanté. L'heure n'était pas à la crise, cependant : on voyait qu'Esteban faisait de son mieux pour se raccrocher à la réalité. C'était une lutte intérieure rude, mais sur laquelle il avait le dessus, pour le moment.

Ce n'était que Karl... Mais c'était malgré tout difficile pour lui de parler ouvertement de ses besoins monstrueux face à une personne supplémentaire (et demi, si on comptait Gael). Il observa brièvement son meilleur ami, lequel le fixait attentivement, sans commenter.

Karl s'était effectivement fait la réflexion qu'un "ce n'est pas ta faute tu n'as pas à t'excuser" n'aurait servi à rien en ces circonstances. C'était une évidence et elle n'aidait en rien l'héritier à mieux vivre son vampirisme.

Esteban s'éclaircit la gorge et sortit à nouveau son téléphone. Il en fixait l'écran pour se donner une contenance, et c'était à peu près tout. Il avait mémorisé toutes les informations dont il avait besoin.

"Il y a bon nombre d'entreprises qui livrent... Mais je ne pense pas qu'il soit malin de faire livrer quoique ce soit de cet acabit ici."

Il allait falloir se déplacer. Ce dont Esteban était bien incapable en pleine journée. Hors de question qu'il demande à qui que ce soit de sortir pour lui ramener du sang, cela dit... Il se sentait trop honteux. D'ailleurs, il n'osait plus regarder personne dans les yeux.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeHier à 12:02

Karl ne donnait pas l'air de très bien prendre sa légère manipulation de la machine. Elle s'y était attendue. Ce qu'elle avait moins anticipé, par contre, c'était qu'il le laisse transparaître à ce point. Luisa savait pourtant très bien l'irritabilité que pouvait provoquer le manque de sommeil, elle qui jouait avec son rythme en le rendant particulièrement erratique. Elle fit pourtant mine de ne pas remarquer son regard noir et continua son chemin. De toute façon, ce n'était pas comme si il n'avait pas les moyens d'arrêter la machine de lui-même. Et puis, elle lui avait fait une fleur : le bouton sur lequel elle avait appuyé était celui des massages courts, tout devrait rentrer dans l'ordre assez rapidement. Il prit la décision de couper court à tout cela en se redressant et en se mettant en tailleur dans le fauteuil. Grand bien lui en fasse.

S'installant aux côtés d'Esteban, elle ne prit la parole qu'une fois en état de le faire : sa petite discussion avec son neveu au réveil ne comptait pas : elle était faible et influençable tant qu'elle n'avait pas pris son café.

Ce qu'elle prouva dès la première gorgée dans son système. Sentant la caféine tracer un chemin d'éveil bienvenu entre ses différents neurones, elle reprit la parole avec son style à la fois rentre-dedans et mutin qui lui était propre. Cependant, elle n'avait une fois de plus pas anticipé le fait qu'Esteban allait particulièrement la prendre au mot. Il s'excusa, ce qui amena sa tante à se tourner vers lui avec incompréhension : vraiment, elle ne comprenait pas. Puis elle le vit se tortiller les mains et les cheveux et elle réalisa que certes, peut-être avait-elle été un peu brutale. Il était vrai qu'elle s'attendait plus à ce que le jeune homme s'exclame à nouveau, comme il l'avait fait plus tôt dans la chambre, bien qu'avec un semblant de mauvaise grâce.

La mexicaine finit son expresso et posa la tasse sur la petite table entre les divers fauteuils et canapés avant d'hausser les épaules.

"Ce n'est pas un problème, Tebi. Cela va te donner plus de temps pour réfléchir à cette coupe mulet !"

Un léger sourire amusé en faisant référence à un (au seul ?) moment un tant soit peu comique de la soirée passée. Le sujet retourna bien vite sur la boisson dont Esteban avait besoin, et le vamp se pencha sur son téléphone tout en donnant les informations qu'il avait récoltées au réveil. Tranquillement, Luisa se posa à nouveau contre lui, penchant la tête sur l'épaule de son filleul pour avoir accès à l'écran du smartphone dernier cri.

"Quelle est l'entreprise la plus proche ?"

Il n'avait pas besoin de demander. Cela ne la dérangeait absolument pas de s'y rendre pour récupérer le nécessaire. De toute façon, comme Karl lui avait bien signifié qu'il n'avait pas la moindre intention de s'assoupir maintenant, il pourrait rester discuter avec son meilleur ami. Et puis, Gael finirait bien par se réveiller à un moment où un autre.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeHier à 17:11

L'état d'Esteban n'était pas encore tout à fait stable. Il avait gardé suffisamment de lucidité, cette fois, pour en être parfaitement conscient. Il ne voulait être un poids pour personne, surtout pas après tout ce qu'il leur avait déjà fait subir. Ainsi, même si il n'était pas vraiment d'humeur, il décida de rebondir sur la porte de sortie que lui offrait Luisa en rappelant une discussion qu'il avait eue plus tôt, dans la nuit, avec Karl. Il roula des yeux, les leva au plafond et grimaça (d'une façon sensiblement exagérée, personne ne serait dupe).

"Urg... Je te remercie chaleureusement pour cette image mentale, dont je me serais bien passé."

Les réflexions des Selva Moreno amusèrent Karl, qui se dérida bien vite : il ne faisait pas la tête et n'avait pas non plus cherché à foudroyer Luisa du regard, plus tôt. Sa contrariété l'avait simplement emporté le temps de réaliser ce qui était en train de lui arriver, et elle s'était pour une rare fois exprimée sans filtres. Il émit un éclat de rire discret mais n'ajouta rien de plus. Il était décidément bien silencieux... Plus qu'à l'habitude. En l'observant attentivement, on pourrait remarquer qu'il clignait des yeux bien plus souvent qu'il ne l'aurait fallu, et qu'il s'était déjà un peu affaissé, malgré sa tentative pour rester droit et alerte. Il avait les paupières très lourdes et ses yeux n'allaient pas tarder à se fermer tous seuls, qu'importe ses tentatives pour rester éveillé : maintenant que Luisa était en mesure de le relayer, la tension retombait et avec elle, sa capacité à veiller plus longtemps.

Le poids de Luisa pressa bientôt l'épaule d'Esteban, que ce contact rassérénait malgré l'envie de sang, réveillée par leur proximité. L'odeur était entêtante, mais il fit de son mieux pour ne pas le faire remarquer. Il se concentrait sur l'écran, fixait les poches de sang qui défilaient à mesure qu'il parcourait les pages, et essayait de se convaincre que les effluves voluptueuses qui le perturbaient tant en provenaient. Quelque chose en lui se détendait en même temps qu'autre chose se crispait, et c'était une sensation très étrange.

"Je crois qu'il y a une antenne de Bloodbank corporation à environ 500m... Attend."

Il cliqua sur la carte et tenta de localiser la boutique en question. Malheureusement, il avait énormément de mal à se concentrer. Sa stratégie visant à concentrer son envie de sang sur les poches intégrées au design du site fonctionnait terriblement mal... Sans qu'il comprenne vraiment pourquoi, il arrivait presque au résultat inverse : un sentiment désagréable était en train de naître en lui. Quelque chose au niveau de l'estomac... Et tout à la fois dans ses bras, en haut de son dos... Cela lui donnait froid, des frissons désagréables, et cela le mettait très mal à l'aise. Il n'arrivait pourtant pas à mettre de mots sur ces sensations. Et pendant ce temps, au contraire, il y avait cette chaleur battante qui l'attirait, tout contre lui...

"Att... Attend."

Raté. Il avait vraiment fait de son mieux, mais il n'y arrivait pas. Il fallait qu'il s'éloigne. Il posa une main sur son épaule et l'invita aussi délicatement qu'il en était capable à s'éloigner. Il déglutit... Se tourna légèrement dans la direction inverse.

"... Désolé."

Il ne fallait surtout pas qu'il se concentre sur ce sentiment de honte qui était en train d'éclore, une fois supplémentaire, et de teinter son paysage intérieur déjà particulièrement mouvementé de nouvelles nuances criardes et douloureuses. La boutique... Une fois qu'il eut l'adresse, il tendit son téléphone à Luisa. Il avait l'air terriblement penaud. Il ne pourrait jamais se faire à ce besoin bestial qui pouvait aller jusqu'à lui faire perdre toute raison, au point qu'il devenait capable de se jeter sur ses proches pour les vider de leur fluide vital. C'était tout bonnement impossible. Et il n'avait pas envie que ça le soit.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitime

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