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 Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.

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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeDim 28 Juil - 21:27

Gael avait encore des petits moments d'absence mais se montrait beaucoup plus réactif qu'il ne l'avait été dernièrement. Cela suffisait à rassurer Karl qui se permit donc d'aller voir dans l'autre pièce ce qu'il s'y était passé. La situation avait probablement été critique, mais c'était dorénavant terminé. Esteban dormait dans les bras de sa tante qui, quant à elle, était encore bien éveillée.

Il s'approcha d'elle et lui donna les dernières nouvelles. Puis, il lui demanda ce qu'il en était de son côté. Dans un autre contexte, sa réponse spontanée aurait pu être drôle. Là, pas vraiment.

Rien de ce qui concernait Olivia n'était drôle, en ce moment. Karl savait que la mère d'Esteban était dans un sale état. Il savait aussi qu'Esteban n'aurait jamais sombré à ce point si elle ne l'avait pas rejeté. Il se refusait à juger qui que soit car ce n'était selon lui pas son rôle, mais si on lui avait demandé son avis, il se serait montré soulagé que Luisa compte aller recadrer sa sœur rapidement. Il espérait, néanmoins, qu'elle ferait preuve d'assez de tact pour  convaincre Olivia d'agir plutôt que l'inverse. Il n'était pas certain qu'un pur déferlement de colère soit la solution. Cela dit, il ne pouvait que faire confiance à Luisa : elle savait ce qu'elle faisait, et puis c'était sa sœur.

L'étudiant choisit de ne faire aucun commentaire. Il ne laissa pas voir ce qu'il pensait non plus. Il se concentra directement sur les informations suivantes. Rien ne l'étonna vraiment. Si ce n'avait pas été la culpabilité d'avoir blessé Luisa, ça aurait certainement été le fait d'être condamné à rester dans l'ombre en pleine journée, ou la perspective de devoir boire du sang régulièrement, ou encore autre chose. On ne pouvait pas compter sur le calme, ni sur la platitude apparente du vamp : ces émotions, ou leur absence, ne faisaient que cacher le point auquel il allait mal. Il fallait s'attendre à ce que de nouvelles effusions de ce type puissent survenir à tout moment.

La toute dernière déclaration de Luisa le laissa pensif. Il était vrai qu'ils ne pourraient sans doute plus aussi régulièrement compter sur la naïveté comique d'Esteban pour égayer leurs soirées, dorénavant.

"Après ce qui est arrivé, il aurait été étonnant qu'il reste aussi... innocent qu'il l'était. Mais c'est probablement pour le mieux : il va en avoir besoin."

Ce n'était que le début, pour Esteban. Cette transformation allait - un peu trop littéralement - l'obliger à aiguiser ses crocs. Il y aurait ceux qui chercheraient à l'utiliser, et ceux qui chercheraient à le détruire. Il faudrait qu'il se défende des deux. Il ne pouvait pas faire ça en restant l'adulescent qu'ils connaissaient, si tête en l'air que cela en devenait tout à la fois terriblement agaçant et attendrissant.

Luisa demanda à Karl comment il se portait. Spontanément il eut envie de répliquer "Je vais bien", mais se retint, car il goûtait l'ironie de cette presque réponse. C'était mot pour mot ce que Gael avait sorti au médecin. Tout le monde ici savait ce qu'il en était vraiment, et Karl était le premier à juger - gentiment - son abnégation presque maladive. Il aurait été hautement ironique qu'il reprenne ses mots. Il était tout aussi hautement inconcevable qu'il avoue sa fatigue. Ce n'était pas le moment.

"Pas de problème."

... Oui, ça voulait sensiblement dire la même chose que ce qu'il n'avait pas dit. Eh bien tant pis.

"Merci. Il y a besoin de quelque chose ? Sinon, je vais vous laisser dormir."

Karl n'utiliserait certainement pas la carte de Luisa. Il savait qu'elle avait les moyens, mais il n'aimait pas ça. Puis il préférait éviter de sortir, ou de faire venir qui que ce soit ici tant qu'Esteban y serait. De la même façon, il n'irait pas dans la chambre qu'elle lui proposait. Il fallait que quelqu'un reste debout pour veiller Gael et pour être en mesure d'agir rapidement si le moindre souci arrivait.

Si il avait fait part de ses plans à Luisa, elle aurait certainement essayé de le dissuader, alors il préféra ne faire mine de rien. Il revint dans le salon et décida de s'asseoir. Il choisit à dessein le fauteuil qui avait l'air le moins confortable. Mais ils avaient tous l'air confortable. Maintenant, il allait falloir s'occuper. C'était une bonne chose qu'on ait inventé les smartphones, car il n'avait rien d'autre sur lui. Puis "on" le laisserait probablement pianoter un moment sans que cela éveille le moindre soupçon... Après tout, il avait peut-être des gens à prévenir de son absence prolongée.

--

De nombreuses heures plus tard, la journée était bien avancée. C'était le début d'après-midi, mais dans l'appartement plongé dans le noir il était impossible de le deviner. Esteban eut une inspiration brutale, comme si il était en train de s'étouffer. Après cela, sa respiration reprit. Encore légèrement somnolent il fronça les sourcils, cligna des yeux, et se tourna sur le dos. Perdu, il lui fallut quelques instants pour se rappeler d'où il se trouvait. Le soleil l'avait obligé à rester chez Luisa.

Luisa.. C'était elle qu'il sentait contre lui. Il se tourna vers elle et observa en silence son visage endormi. Des bribes de souvenirs, de phrase, lui revenaient. Elle en faisait bien trop pour lui. Il restait persuadé que le monstre qu'il était devenu ne le méritait pas. Mais il n'avait plus la force de la repousser pour le moment.

Plutôt que de se rendormir Esteban décida de se décoller d'elle aussi délicatement qu'il en était capable, puis de s'asseoir. Une envie bien trop connue creusait son estomac, asséchait sa bouche, et rendait ses nerfs beaucoup trop sensibles. Il avait déjà soif. Tout ce sang qu'il avait bu avait été bien rapidement consommé. Il n'avait suffi qu'à compenser son très long jeun. Esteban soupira. Sombre, mais étrangement calme, il leva le pouce afin d'en plaquer la surface charnue contre ses crocs. Toujours aussi réels.

.. Il allait donc vraiment falloir qu'il joue le jeu. Aucun doute à avoir, il était un vrai vampire. Il avait mis ses proches en danger en refusant de voir la vérité en face. Il était grand temps qu'il prenne ses responsabilités. Et cela commençait par trouver un moyen viable de se nourrir qui n'implique pas sa famille, ses amis, et encore moins d'envoyer qui que ce soit à l'hôpital.

Esteban prit son front dans sa main, soupira (encore) très fort, puis se mit à la recherche de son téléphone, dans sa poche. Aucun nouveau message. Ça n'avait pas d'importance. Il ouvrit une page de navigateur et entama des recherches horrifiantes, mais fascinantes. Dégoûtantes... Mais exaltantes.

La part de lui qui avait besoin d'être acceptée, qui avait envie de vivre, allumait en lui des sentiments contradictoires, désagréables et tout à la fois agréables... En tous les cas très étranges. On aurait pu considérer cela comme un bon signe, le début d'une guérison... Esteban, quant à lui, ne voyait pas les choses ainsi. Il ne s'en détestait que plus. Tout ce qu'il voyait, c'était la soif qui faisait naître en lui des choses répugnantes.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeDim 25 Aoû - 23:09

Luisa n'attendait pas de réponse concernant sa sortie sur Olivia : elle lui avait échappée, et en prime elle savait parfaitement que Karl préférerait se taire. Ils ne s'étaient jamais vus auparavant mais la mexicaine avait eu assez d'échos pour avoir une bonne idée de la non-relation qui existait entre sa soeur et le meilleur ami d'Esteban. Ce dernier avait tout intérêt à tenir sa langue dès qu'il s'agissait de son aînée, et ce même devant son meilleur ami. Pas que Luisa lui en aurait voulu s'il s'était répandu en insultes à cet instant précis, elle n'était pas loin de faire de même. Mais c'était de sa soeur dont on parlait, tout de même.

La conversation revint plutôt aisément sur le néo-vamp endormi dans ses bras. S'il paraissait aller relativement "bien" depuis qu'il s'était nourri, il était évident que les crises n'allaient pas s'évincer d'un coup. Quelque chose s'était brisé lors de sa transformation, et cela n'avait rien à voir avec le vampirisme en lui-même, mais à la façon dont il avait été élevé et ce qui en avait découlé. C'était avec une certaine douceur tintée d'amertume que Luisa avait lancé qu'elle aurait préféré que son filleul reste encore un peu naïf et inconséquent. Avec tout ce qu'elle avait pu mettre en place avec Juan au travers des années pour parvenir au contraire, elle goûtait profondément l'ironie de la situation.

Néanmoins, elle hocha la tête aux paroles de Karl. C'était pour le mieux, en effet. Les épreuves qui l'attendaient allaient être autrement plus difficiles que ce qu'elle avait initialement prévu, et Esteban allait devoir s'y préparer. Qu'il soit devenu moins innocent qu'auparavant finirait par devenir un avantage, plus rapidement qu'ils ne le voudraient en réalité.

Sur ces évidences, la mexicaine finit par s'enquérir de l'état du dernier membre de leur groupe encore debout. Karl n'avait pas particulièrement mauvaise mine, mais la fatigue ni sied à personne et inutile de prétendre que tout va bien avec la nuit qu'ils avaient passé. Luisa eut un vague sourire amusé. "Pas de problème", c'était une façon de dire qu'il n'allait pas plus mal que les autres, et qu'il allait pouvoir rester en état de fonctionnement. Plus ou moins. La brune n'allait pas le blâmer : elle aurait fait plus ou moins la même chose à sa place. Elle serait même venue veiller à ses côtés si elle n'était pas si fatiguée suite au prélèvement sanguin. Mais il fallait qu'elle soit raisonnable, elle aussi.

D'ailleurs, on le lui disait. Il était temps qu'elle se repose. La mexicaine hocha doucement la tête de gauche à droite. Non, elle n'avait besoin de rien, et Esteban non plus, à priori.

Il ne lui fallut pas plus de dix secondes pour s'endormir une fois Karl parti de la chambre.

Gael, de son côté, avait sagement commencé à boire son eau mais n'en avait pas encore vidé le tiers (ce qui était déjà beaucoup quand on regardait la quantité que Karl lui avait mis sous le nez, certes). Il avait profité d'une pause pour sortir son téléphone de sa poche et tenter d'envoyer un message à Olivia, pour la prévenir de son absence pour la journée : il avait peut-être tendance à minimiser ses problèmes mais ne restait pas moins lucide quant à son état. Cependant, il ne lui fallut pas longtemps pour se rendre compte qu'il était incapable de taper un message correct. Se penchant à nouveau sur son eau, il entreprit donc de continuer à s'hydrater en attendant que l'étudiant revienne.

Ce qu'il fit un peu plus tard, alors que l'argentin avait de nouveau abandonné son pichet et s'était étendu sur le dos, les yeux dans le vide fixant le plafond. Une tâche sombre dans sa vision périphérique lui fit tourner la tête, et il tendit la main tenant le téléphone en direction de Karl.

"Petit, tu pourrais me rendre un service et prévenir Olivia ? Juste... qu'elle ne m'attende pas."

Ce qu'elle ferait, dans le cas contraire. Surtout si il ne répondait pas à ses appels. Ce qu'il risquait de ne pas faire, il sentait déjà le sommeil revenir en force.

-

L'absence de chaleur. Ce fut ce qui la dérangea en premier. Étonnant lorsqu'on sait qu'un vampire ne dégageait plus de chaleur humaine, mais au vu de leur position, c'était à attendre. Dans un demi-sommeil encore palpable, Luisa frissonna. Le changement ne lui allait pas et il était certain qu'elle n'allait pas tarder à se réveiller elle aussi. Lentement, les derniers méandres du sommeil refluaient. Ses sourcils se fronçaient, ses lèvres se pinçaient. Ce fut lorsqu'Esteban soupira à nouveau qu'elle finit par ouvrir les yeux, pour tomber sur le dos de son neveu, assis sur le bord du lit, penché sur quelque chose qu'elle était bien incapable d'identifier. Luisa n'était pas vraiment du réveil.

Il lui fallut donc un moment pour émerger, et un autre pour se décider à se redresser également. Elle n'avait aucune idée de l'heure qu'il était et avait laissé son téléphone dans son sac, dans le salon. C'était très bien comme ça, elle n'aurait pas apprécié être dérangée dans sa nuit. Elle se passa une main sur le visage. Groggy, mais bien plus en forme que la veille, c'était indéniable.

Enfin, elle s'intéressa de plus près à son neveu. Qu'est-ce qu'Esteban pouvait bien être en train de traficoter ? Sourire en coin, la mexicaine s'avança le plus silencieusement possible (bien que cela ne serve à rien pour des sens vampiriques) dans le dos de son filleul avant de se redresser pour passer une tête par-dessus son épaule et jeter un coup d'oeil à son téléphone. Une exclamation surprise lui échappa.

"Oh, intéressant !"

Elle ne savait pas trop comment prendre le fait que le jeune homme soit en train de se renseigner sur ce genre de chose, cependant. Bonne nouvelle, ou annonce de crise imminente ?

Elle le saurait bien assez tôt.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeMar 27 Aoû - 0:00

Karl releva le nez de son portable, vaguement étonné d'entendre Gael l'appeler : il pensait qu'il avait déjà - encore une fois - sombré. Indépendamment de ça, le garde n'était pas du genre à demander de l'aide si facilement. Lorsqu'il s'agissait de son travail, vraisemblablement, il était prêt à faire ce genre de sacrifices. L'étudiant retint un sourire en coin. Il se redressa et avança pour prendre le téléphone de la main de Gael.

"Aucun souci, je m'en charge... Le prétexte de la maladie suffira ?"

Ce n'était même pas vraiment un mensonge : Gael était effectivement cloué au lit pour la journée. Karl jeta un coup d’œil aussi respectueux que possible aux précédents échanges entre Olivia et Gael. Loin de lui l'idée de les espionner, mais il fallait qu'il reproduise efficacement la façon d'écrire de l'employé afin d'éviter que sa patronne se doute de quoi que ce soit. Lorsqu'il eut fini, il rendit son bien à Gael et il retourna à sa place, aussi prêt qu'il pouvait l'être à affronter la nuit blanche qu'il avait devant lui.

Et il y parvint, pas sans difficulté. Il lui fallut quelques cafetières. L'exercice devint plus rude lorsque son téléphone vidé agonisa. Mais il ne s'endormit pas. En début d'après-midi, lorsqu'il commença à y avoir du mouvement dans la chambre d'à côté, il était devenu si pale qu'on aurait facilement pu penser que c'était lui, le vampire de cet appartement. Il avait des valises noires sous les yeux et luttait à chaque instant contre le sommeil. Sa volonté, toutefois, n'avait pas faibli : rien ne s'était passé jusqu'à présent, mais ça ne voulait pas dire que rien ne se passerait. Il veillerait aussi longtemps que nécessaire.

--

Si Esteban n'avait pas été si concentré sur ses recherches, il aurait entendu Luisa arriver. Il l'aurait aussi très certainement sentie arriver : Son corps émettait une chaleur qui manquait au jeune vamp et, surtout, empestait le sang à plein nez. Lorsqu'il était assoiffé, comme maintenant, l'odeur caractéristique dudit fluide lui sautait littéralement aux narines à la moindre stimulation.

Mais Esteban était très concentré. Il se laissa donc surprendre avec une maladresse digne de l'humain qu'il n'était plus. Le jeune homme sursauta violemment. Un cri involontaire lui échappa. Il lâcha son portable sur le lit. Paniqué, il tenta gauchement de le récupérer : sa hâte ne lui fit perdre que plus de temps. Enfin il cacha honteusement l'objet contre sa poitrine et se tourna vers Luisa, l'air terriblement gêné. C'était trop tard : elle avait vu ce qu'il était en train de faire.

... C'était idiot, mais il fallait qu'il se justifie. Pourtant Luisa devait bien se douter qu'il ne cherchait pas comment se procurer du sang parce que ça lui faisait plaisir. Elle savait combien cette idée lui faisait horreur. Mais voilà, il devait être sûr qu'elle le comprenait : Il n'était pas en train de changer d'avis.

Était-ce vraiment sa tante qu'il essayait de convaincre, ou bien lui-même ?

Esteban soupira lourdement. Il détourna les yeux, en proie à une honte paralysante. Il détestait avoir été pris la main dans le sac à un moment aussi embarrassant. Il savait ce qu'il avait à faire, désormais, mais Il peinait encore à assumer publiquement tous les aspects du choix qu'il avait fait de mettre fin à son jeun, pour de bon.

"J'ai déjà soif... Et il est hors de question de faire comme hier, donc."

Cela dit, il ne savait pas trop comment faire. Il existait des services de livraison à domicile, mais on ne pouvait pas vraiment faire livrer des poches de sang chez Luisa. N'était-ce pas trop risqué ? Quant à se déplacer... Il n'oserait jamais demander à quiconque de le faire pour lui, que ce quiconque tienne ou non sur ses jambes. Comme il était incapable de résoudre ce problème, il décida de le remettre à plus tard. Il glissa son téléphone dans sa poche et se tourna entièrement vers Luisa, vraisemblablement désireux de changer de sujet.

"Comment vas-tu ? Tu te sens mieux ?"

Question qui pouvait paraître ironique venue de quiconque présentait comme Esteban à cet instant précis : débraillé, définitivement décoiffé par un bout de miroir, l'air fragile, prêt à se nouer une corde autour du cou.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeDim 1 Sep - 0:24

Professionnel au-delà du raisonnable, Gael détestait être incapable de faire son travail, que ce soit par maladie ou autre chose indépendante de sa volonté. Demander à Karl de lui rendre ce service ne lui faisait pas plaisir du tout, mais c'était ça ou laisser Olivia s'inquiéter, l'appeler et manquer de se mettre à sa recherche (ou plutôt d'appeler la police pour qu'elle le fasse) : c'était totalement déraisonnable, pour tellement de raisons différentes, qu'il n'avait pas réellement hésité avant de demander l'aide du Petit. A sa question, il hocha brièvement la tête.

"Ça devrait."

Il était encore trop fatigué et pas assez opérationnel pour penser aux détails qui lui seraient sinon automatiquement venus à l'esprit : pas la peine de trop en dire et inutile de se prendre la tête avec ses notions d'espagnol : Darian ayant pratiquement interdit le personnel hispanophone à Little Rock, Olivia et son garde du corps avaient pris l'habitude de communiquer dans les deux langues. Cependant, en fouillant dans les échanges de sms, Karl s'en rendrait compte de lui-même. Il ne fallut pas très longtemps pour que l'esprit de l'argentin abandonne de nouveau et qu'il s'endorme dans le canapé, non sans avoir bu quelques gorgées de plus.

-

Esteban restait Esteban : facile à surprendre quand il était tellement pris par quelque chose qu'il en oubliait tout ce qui pouvait se trouver autour de lui. Durant ses jeunes années, Luisa avait longuement eu l'occasion de le surprendre ainsi lorsqu'il était en train de lire : l'adolescent qu'il était à l'époque se perdait bien trop aisément dans les récits qu'il dévorait assez facilement pour l'accro aux jeux vidéos qu'il était également. Une facilité d'immersion, supposait-elle.

En attendant, l'héritier réagit exactement comme la mexicaine s'y attendait, et elle se contenta de s'éloigner d'un coup de hanches en riant pour le laisser faire son cirque. Vraiment, la prochaine fois, il faudrait qu'elle le filme.

Le jeune vamp réussit à rattraper son téléphone qu'il cacha contre lui comme un secret honteux, posant sur Luisa un regard profondément gêné. Elle lui répondit par un sourire amusé.

"Tu me donnes l'impression de t'avoir pris la main dans le sac en train de regarder deux beaux jeunes hommes huilés faire des choses pas très catholiques..."

Vraiment, c'était hilarant ! Evidemment, après s'être outré comme on l'aurait attendu de lui, son neveu lui expliqua le pourquoi du comment elle l'avais surpris en train de rechercher divers moyens de se nourrir : il avait à nouveau soif. Le visage de la cheffe d'entreprise, sans se fermer totalement, devint un peu plus sérieux. Il était vrai que l'outre avait beaucoup jeûné, et qu'il allait devoir s'abreuver très régulièrement avant de pouvoir reprendre une consommation jugée normale. Luisa n'était cependant pas mécontente que son filleul se soit fait cette remarque seul : l'emmener sur ce chemin de réalisation aurait été beaucoup plus complexe s'il n'avait pas fait le premier pas lui-même. Elle s'apprêta à lui répondre, mais Esteban changea de sujet avant qu'elle ait eu le temps de dire quoi que ce soit (ce qui était rarement le cas habituellement mais rappelons-le : Luisa n'était pas du réveil). Elle lui sourit à nouveau, avec plus de tendresse que de moquerie, cette fois.

"Beaucoup mieux. Rien de tel que beaucoup trop d'heures de sommeil pour se requinquer !" Elle lui fit un clin d'oeil amusé. "Et toi Esteban, comment te sens-tu ?"

Il n'était pas dit qu'elle obtienne une réponse honnête, mais au moins, elle aurait essayé.

Une fois sa réponse obtenue, Luisa s'étira longuement avant de se décider à quitter le lit et poser les pieds au sol.

"Allons dans le salon. Je suis persuadée que Karl a fait exactement ce que je ne lui ai pas conseillé, soit veiller tout le temps de notre sieste. Il doit être épuisé."

C'était dit sans une once de malice, mais avec une pointe d'amusement presque tendre. Elle n'aurait pas agi autrement si elle avait été à la place de l'étudiant. Néanmoins, maintenant qu'ils étaient debout, il était important que le jeune homme se repose, sans quoi il risquait de s'effondrer d'un moment à l'autre. S'approchant de la porte, Luisa tourna la tête vers son neveu.

"Tu viens, Tebi ?"

Elle n'avait pas oublié ce qu'il était en train de regarder quand elle s'était réveillée, mais ils en parleraient plus tard.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeMer 11 Sep - 0:21

Pendant un court instant, Luisa parvint à faire se dessiner sur les traits d'Esteban l'ombre de cette expression pincée caractéristique qu'il partageait avec sa mère. Cela avait été discret, et très fugace. Le jeune homme allait encore trop mal pour réellement s'offusquer des bêtises débitées par sa tante. Il n'aimait pas être associé au visionnage d'une vidéo indécente mettant en scène "deux beaux jeunes hommes huilés", mais cette idée, aussi honteuse soit-elle, restait en deçà de la réalité.

Ces questions d'orientation sexuelle n'étaient rien par rapport au poids que représentait son vampirisme. Malgré tout il trouva de bon ton de se plaindre :

"Tia..."

Mais on sentait que, dans le fond, il y mettait moins de cœur qu'à l'habitude. Luisa avait efficacement noyé le poisson... Cependant, Esteban ressentait tout de même le besoin de se justifier. Il expliqua donc à sa tante le but des recherches qu'elle l'avait vu effectuer.

Puis il chercha à changer le sujet de la discussion. Cela dit, ledit changement de sujet n'était pas entièrement opportuniste. Il s'intéressait réellement à l'état de Luisa : à cause de lui, hier soir, elle tenait à peine sur ses pieds. Il voulait être sûr qu'elle était remise.

Elle lui assurait que oui. Sceptique, il attendait pour s'en réjouir : elle était tout à fait capable d'édulcorer la réalité afin d'apaiser sa conscience. Elle lui retourna la question, et la réaction d'Esteban fut immédiate.

Il baissa un regard aigu sur les draps et resta un peu trop longuement silencieux. Le jeune homme ne voulait pas l'inquiéter... Cependant, il ne voulait et ne savait pas mentir.

"... Je survivrai à la journée."

Cette façon de ne pas répondre était tout aussi inefficace pour rassurer Luisa que la réalité brute énoncée, cependant, il ne pouvait pas mieux faire. De toute façon, ça devait se voir à sa tête. Puis Luisa savait.

Il était donc tant qu'ils se lèvent, ainsi qu'elle le lui proposa immédiatement après. Être ici ou dans le salon lui importait peu, mais elle soulevait un point important : il y avait une chance que Karl soit resté éveillé toute la nuit. Si c'était le cas, alors il fallait absolument qu'ils le libèrent. Il fallait qu'il se repose. Esteban n'avait qu'une conscience partielle de tout ce qui était arrivé hier soir, mais il se rendait tout de même compte d'une chose, et c'était que Karl en avait beaucoup - trop - fait.

Il se leva à la suite de Luisa et constata avec soulagement qu'elle était en effet capable de se déplacer seule sans le moindre problème. Elle avait donc dit vrai : elle se sentait mieux.

"Je suis là, Tia..."

Tout lui semblait futile, et la motivation lui manquait. Cela dit il se laissa traîner à l'extérieur de la chambre. Par réflexe, il protégea son visage en sortant de la pièce, pour se rendre compte qu'à l'extérieur, tout était encore plongé dans le noir. Il posa un bref regard sur Gael qui dormait toujours... Puis Karl. Dans le fauteuil. Éveillé, mais semblable à l'ombre de lui-même. Il était aussi pâle qu'un cachet d'aspirine, avait des cernes noires creusées sous les yeux - on aurait dit un panda - et le regard plus vide que celui d'une vache regardant les trains passer. Le norme releva la tête à leur arrivée et fit mine de rester impassible alors qu'il devait très certainement se sentir soulagé.

"Oh. Bonjour... Bien dormi ?
- Oui, merci. Et toi, pas dormi. Tu vas me faire plaisir et tu vas aller au lit tout de suite."

Karl eut un rictus nerveux. Il n'était pas très courant qu'Esteban le materne. Généralement, c'était plutôt l'inverse.

"Ne t'inquiète pas, je ne compte pas battre un record."

... Autre façon de dire qu'il n'avait pas l'intention d'aller dormir immédiatement non plus. Esteban roula des yeux au ciel.

"Tu n'en fais vraiment qu'à ta tête.
- C'est toi qui dit ça ?"

Un bref regard noir du vampire, tandis qu'il s'installait là où il y avait de la place.
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Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Vide
MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeVen 13 Sep - 17:37

Aurait-elle été bien réveillée (…donc debout depuis au moins deux heures et trois cafés), Luisa n’aurait pas hésité à lever les bras en l’air en signe de victoire. Cette indignation typique de son neveu lui avait manqué. Il n’y avait qu’Esteban qu’elle arrivait à faire réagir ainsi. Et Olivia, bien entendu.

Alors oui, c’était minime. Oui, cela traduisait encore son apathie et sa non-envie d’interagir. Mais c’était présent. Cela avait le mérite d’exister. Et ils partaient de tellement loin qu’on pouvait se réjouir de chaque évolution, aussi minime soit-elle.

Le sujet vira. Luisa n’avait pas l’intention de s’éterniser plus sur ce que son neveu était effectivement en train de regarder. Lui s’inquiétait de son état, mais elle se sentait bien. Vraiment, elle avait juste eu besoin de sommeil. Elle retourna la question à son neveu, sachant très bien que sa réponse ne serait que polie. Au moins, il prenait la peine de lui répondre, et sans mentir. Pas qu’il ait l’habitude de le faire, mais Luisa savait très bien qu’il ne fallait pas présumer de grand-chose avec Esteban. L’imprévisibilité faisait partie de son quotidien, à présent.

Ses priorités brièvement échangées, il paraissait plus important à la mexicaine de retourner dans le salon principal afin de relever Karl qui, elle en était certaine, n’avait pas fermé l’œil depuis plus de vingt-quatre heures. Pour autant, elle n’oubliait pas son filleul et s’assurait qu’il la suive bien : il était hors de question qu’elle le laisse seul, ne serait-ce qu’une minute.

Ils arrivèrent finalement dans le salon. Gael dormait toujours à poings fermés, ce qui n’était pas un mal : les horaires du garde du corps étaient très certainement erratiques depuis la transformation du fils de sa patronne, sans compter l’inquiétude inhérente à cette situation. Karl, comme la cheffe d’entreprise le supposait, était aussi éveillé qu’il pouvait l’être tout en donnant l’impression de pouvoir s’effondrer d’une minute à l’autre.

L’étudiant les salua et demanda des nouvelles. Luisa s’apprêtait à lui répondre mais Esteban fut plus rapide. Elle assista à la discussion avec un sourire en coin, hautement amusée mais trop peu réveillée pour faire plus de réflexion. Elle se dirigea donc vers la cuisine américaine aménagée, une oreille toujours sur la discussion mais l’ensemble de son cerveau était concentré sur le café.

…Ou presque. En entendant la dernière phrase de son neveu, la brune pouffa, renversant la cuillère de café destinée à la machine sur le bar. La réponse de Karl, traduisant en tous points ce qu’elle pensait, lui arracha un nouvel éclat de rire.

Une nouvelle cuillère de café au bon endroit, cette fois, et le percolateur est en route. Rien ne vaut un bon expresso pour se réveiller. Le bruit de la machine ne semble absolument pas déranger l’argentin toujours endormi, ce qui en dit long sur son besoin de sommeil. Luisa jeta un œil sur la gourde près du garde du corps. Vide. C’était bien. Il devait donc être simplement en train de récupérer des forces.

Prenant sa tasse au passage, Luisa passa derrière le fauteuil de Karl. D’un geste précis acquis par la force de l’habitude, elle appuya sur un bouton qui fit descendre le dossier tout en lançant les unités de massage présentes à l’intérieur. Petit sourire amusé aux lèvres et tasse à la main, elle continua son chemin pour aller s’installer sans la moindre délicatesse (autre que celle nécessaire à ce que sa tasse de café salvatrice ne s’éparpille pas partout) à côté d’Esteban.

Enfin, elle prit le temps d’adresser un regard de connivence à Karl. Elle avait bien remarqué qu’il avait choisi le fauteuil apparemment le moins confortable de l’assemblée (autant qu’ils puissent être, car on parlait de Luisa). Sauf que ce fauteuil avait une raison d’être bien particulière : la fonction de massage, toujours utile après une journée de négociations tendue.

Ou une nuit des plus agitées suivie d’une journée de veille.

Ce n’est qu’après tout cela que la norme prit une gorgée du café tant attendu. Un soupir de bien-être passa la barrière de ses lèvres et, enfin, elle s’adressa aux deux garçons.

« Bonjour, mes chers. Karl, je t’aurais bien proposé un café mais je pense que tu en as bien assez bu pour la journée… » Un regard vers Esteban. « Quant à toi, si j’ai bien compris, ce n’est pas de café dont tu as besoin… »

Non, elle n’avait pas oublié. Et maintenant qu’elle avait son propre liquide salvateur entre les mains, elle était prête à en discuter.

« Il va falloir remettre la séance de coiffure à plus tard. »

Le ton de sa voix laissait croire qu’elle était déçue, mais au final pas tant que cela : plus longtemps ils retarderaient cette fameuse coupe, plus longtemps Esteban n’aurait d’autre choix que de rester chez elle. Et ainsi, jamais seul.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeSam 14 Sep - 10:07

Karl était tellement bien réveillé qu'il eut l'impression de tomber à la renverse, au ralenti. Tout impassible qu'il arrivait à rester en temps normal, cette fois-ci, il ne parvint pas à cacher le tic de contrariété qui lui vint spontanément. Il l'avait dit : il n'avait pas l'intention de battre un record, il allait bien finir par aller dormir à un moment ou à un autre. Cela dit, avant cela, il aurait bien voulu discuter quelques minutes avec Esteban et Luisa, afin de se faire une idée de leurs états respectifs. Tant qu'à faire, il préférait aussi ne pas tomber comme une masse en plein milieu du salon et devant spectateurs.

Tant de plans qui étaient lourdement contrariés par la fonction massage du fauteuil, que Luisa venait de mettre en route. Entre le dossier qui s'était légèrement penché en arrière et les têtes de massage qui malaxaient son dos ankylosé, il ne se donnait pas plus de cinq minutes avant de sombrer bien inopinément dans les bras de Morphée.

"..."

Un court regard agacé sur Luisa, qui ne voulait certainement pas dire merci. Karl était pourtant un parangon de politesse, mais ils savaient l'un comme l'autre qu'elle n'avait pas appuyé sur ce bouton pour l'arranger ou lui faire plaisir. Il y avait aussi qu'une nuit blanche avait tendance à user les nerfs et rendre moins patient n'importe qui, même les meilleurs.

Tentant de diminuer les dégâts, Karl se redressa dans le fauteuil. Il s'y installa en tailleur. Ainsi, le haut de son dos échappait aux assauts répétés du robot masseur. Il ne prit pas la peine de répondre aux insinuations qu'elle ajouta dans la foulée, installée à côté d'Esteban. Elle avait raison sur ce point : il avait bu suffisamment de café. Ça lui avait retourné l'estomac, il n'avait pas spécialement envie d'en reprendre un nouveau. Et puis immédiatement, le sujet dériva sur Esteban d'une manière qu'il jugea un peu... Brutale. Il tourna discrètement les yeux sur le vamp, lequel était, comme il s'y était attendu, en train de réagir avec véhémence. Enfin... Une forme de véhémence principalement intériorisée, disons.

Il ne s'était pas du tout attendu à ce que Luisa ramène le sujet sur la table de manière aussi directe. Esteban sursauta violemment et eut l'impression qu'un poids de vingt kilos lui tombait sur la tête et les épaules. Si il n'avait pas été en manque de sang, il aurait certainement rougi comme une pivoine. A défaut, il rentra la tête dans les épaules et échappa un commentaire tout à la fois absurde et très parlant :

"D... Désolé !"

Tremblant, le jeune vamp porta une main dans ses cheveux. Il tira légèrement sur une mèche, puis se frotta fébrilement le front, comme pour tenter de recouvrir ses esprits. Difficile de dire si le geste avait le moindre rapport, même lointain, avec la mention du coiffeur, ou si il était juste inspiré par le mal-être d'Esteban.

Il avait un peu décollé sans prévenir, effectivement, ainsi qu'en témoignait son regard absent, hanté. L'heure n'était pas à la crise, cependant : on voyait qu'Esteban faisait de son mieux pour se raccrocher à la réalité. C'était une lutte intérieure rude, mais sur laquelle il avait le dessus, pour le moment.

Ce n'était que Karl... Mais c'était malgré tout difficile pour lui de parler ouvertement de ses besoins monstrueux face à une personne supplémentaire (et demi, si on comptait Gael). Il observa brièvement son meilleur ami, lequel le fixait attentivement, sans commenter.

Karl s'était effectivement fait la réflexion qu'un "ce n'est pas ta faute tu n'as pas à t'excuser" n'aurait servi à rien en ces circonstances. C'était une évidence et elle n'aidait en rien l'héritier à mieux vivre son vampirisme.

Esteban s'éclaircit la gorge et sortit à nouveau son téléphone. Il en fixait l'écran pour se donner une contenance, et c'était à peu près tout. Il avait mémorisé toutes les informations dont il avait besoin.

"Il y a bon nombre d'entreprises qui livrent... Mais je ne pense pas qu'il soit malin de faire livrer quoique ce soit de cet acabit ici."

Il allait falloir se déplacer. Ce dont Esteban était bien incapable en pleine journée. Hors de question qu'il demande à qui que ce soit de sortir pour lui ramener du sang, cela dit... Il se sentait trop honteux. D'ailleurs, il n'osait plus regarder personne dans les yeux.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeSam 14 Sep - 12:02

Karl ne donnait pas l'air de très bien prendre sa légère manipulation de la machine. Elle s'y était attendue. Ce qu'elle avait moins anticipé, par contre, c'était qu'il le laisse transparaître à ce point. Luisa savait pourtant très bien l'irritabilité que pouvait provoquer le manque de sommeil, elle qui jouait avec son rythme en le rendant particulièrement erratique. Elle fit pourtant mine de ne pas remarquer son regard noir et continua son chemin. De toute façon, ce n'était pas comme si il n'avait pas les moyens d'arrêter la machine de lui-même. Et puis, elle lui avait fait une fleur : le bouton sur lequel elle avait appuyé était celui des massages courts, tout devrait rentrer dans l'ordre assez rapidement. Il prit la décision de couper court à tout cela en se redressant et en se mettant en tailleur dans le fauteuil. Grand bien lui en fasse.

S'installant aux côtés d'Esteban, elle ne prit la parole qu'une fois en état de le faire : sa petite discussion avec son neveu au réveil ne comptait pas : elle était faible et influençable tant qu'elle n'avait pas pris son café.

Ce qu'elle prouva dès la première gorgée dans son système. Sentant la caféine tracer un chemin d'éveil bienvenu entre ses différents neurones, elle reprit la parole avec son style à la fois rentre-dedans et mutin qui lui était propre. Cependant, elle n'avait une fois de plus pas anticipé le fait qu'Esteban allait particulièrement la prendre au mot. Il s'excusa, ce qui amena sa tante à se tourner vers lui avec incompréhension : vraiment, elle ne comprenait pas. Puis elle le vit se tortiller les mains et les cheveux et elle réalisa que certes, peut-être avait-elle été un peu brutale. Il était vrai qu'elle s'attendait plus à ce que le jeune homme s'exclame à nouveau, comme il l'avait fait plus tôt dans la chambre, bien qu'avec un semblant de mauvaise grâce.

La mexicaine finit son expresso et posa la tasse sur la petite table entre les divers fauteuils et canapés avant d'hausser les épaules.

"Ce n'est pas un problème, Tebi. Cela va te donner plus de temps pour réfléchir à cette coupe mulet !"

Un léger sourire amusé en faisant référence à un (au seul ?) moment un tant soit peu comique de la soirée passée. Le sujet retourna bien vite sur la boisson dont Esteban avait besoin, et le vamp se pencha sur son téléphone tout en donnant les informations qu'il avait récoltées au réveil. Tranquillement, Luisa se posa à nouveau contre lui, penchant la tête sur l'épaule de son filleul pour avoir accès à l'écran du smartphone dernier cri.

"Quelle est l'entreprise la plus proche ?"

Il n'avait pas besoin de demander. Cela ne la dérangeait absolument pas de s'y rendre pour récupérer le nécessaire. De toute façon, comme Karl lui avait bien signifié qu'il n'avait pas la moindre intention de s'assoupir maintenant, il pourrait rester discuter avec son meilleur ami. Et puis, Gael finirait bien par se réveiller à un moment où un autre.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeSam 14 Sep - 17:11

L'état d'Esteban n'était pas encore tout à fait stable. Il avait gardé suffisamment de lucidité, cette fois, pour en être parfaitement conscient. Il ne voulait être un poids pour personne, surtout pas après tout ce qu'il leur avait déjà fait subir. Ainsi, même si il n'était pas vraiment d'humeur, il décida de rebondir sur la porte de sortie que lui offrait Luisa en rappelant une discussion qu'il avait eue plus tôt, dans la nuit, avec Karl. Il roula des yeux, les leva au plafond et grimaça (d'une façon sensiblement exagérée, personne ne serait dupe).

"Urg... Je te remercie chaleureusement pour cette image mentale, dont je me serais bien passé."

Les réflexions des Selva Moreno amusèrent Karl, qui se dérida bien vite : il ne faisait pas la tête et n'avait pas non plus cherché à foudroyer Luisa du regard, plus tôt. Sa contrariété l'avait simplement emporté le temps de réaliser ce qui était en train de lui arriver, et elle s'était pour une rare fois exprimée sans filtres. Il émit un éclat de rire discret mais n'ajouta rien de plus. Il était décidément bien silencieux... Plus qu'à l'habitude. En l'observant attentivement, on pourrait remarquer qu'il clignait des yeux bien plus souvent qu'il ne l'aurait fallu, et qu'il s'était déjà un peu affaissé, malgré sa tentative pour rester droit et alerte. Il avait les paupières très lourdes et ses yeux n'allaient pas tarder à se fermer tous seuls, qu'importe ses tentatives pour rester éveillé : maintenant que Luisa était en mesure de le relayer, la tension retombait et avec elle, sa capacité à veiller plus longtemps.

Le poids de Luisa pressa bientôt l'épaule d'Esteban, que ce contact rassérénait malgré l'envie de sang, réveillée par leur proximité. L'odeur était entêtante, mais il fit de son mieux pour ne pas le faire remarquer. Il se concentrait sur l'écran, fixait les poches de sang qui défilaient à mesure qu'il parcourait les pages, et essayait de se convaincre que les effluves voluptueuses qui le perturbaient tant en provenaient. Quelque chose en lui se détendait en même temps qu'autre chose se crispait, et c'était une sensation très étrange.

"Je crois qu'il y a une antenne de Bloodbank corporation à environ 500m... Attend."

Il cliqua sur la carte et tenta de localiser la boutique en question. Malheureusement, il avait énormément de mal à se concentrer. Sa stratégie visant à concentrer son envie de sang sur les poches intégrées au design du site fonctionnait terriblement mal... Sans qu'il comprenne vraiment pourquoi, il arrivait presque au résultat inverse : un sentiment désagréable était en train de naître en lui. Quelque chose au niveau de l'estomac... Et tout à la fois dans ses bras, en haut de son dos... Cela lui donnait froid, des frissons désagréables, et cela le mettait très mal à l'aise. Il n'arrivait pourtant pas à mettre de mots sur ces sensations. Et pendant ce temps, au contraire, il y avait cette chaleur battante qui l'attirait, tout contre lui...

"Att... Attend."

Raté. Il avait vraiment fait de son mieux, mais il n'y arrivait pas. Il fallait qu'il s'éloigne. Il posa une main sur son épaule et l'invita aussi délicatement qu'il en était capable à s'éloigner. Il déglutit... Se tourna légèrement dans la direction inverse.

"... Désolé."

Il ne fallait surtout pas qu'il se concentre sur ce sentiment de honte qui était en train d'éclore, une fois supplémentaire, et de teinter son paysage intérieur déjà particulièrement mouvementé de nouvelles nuances criardes et douloureuses. La boutique... Une fois qu'il eut l'adresse, il tendit son téléphone à Luisa. Il avait l'air terriblement penaud. Il ne pourrait jamais se faire à ce besoin bestial qui pouvait aller jusqu'à lui faire perdre toute raison, au point qu'il devenait capable de se jeter sur ses proches pour les vider de leur fluide vital. C'était tout bonnement impossible. Et il n'avait pas envie que ça le soit.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeDim 15 Sep - 10:47

Luisa eut un léger sourire. Elle n'était pas du genre à se laisse marcher sur les pieds, mais elle n'aimait pas non plus créer de conflit gratuit (titiller Esteban ne comptait pas : ça c'était simplement drôle). La nuit avait été stressante pour tout le monde, et particulièrement pour ceux qui n'avaient pas encore pu récupérer. Entendre Karl rire doucement de leurs bêtises était donc agréable. Esteban avait décidé de rentrer dans son jeu, ce qui n'arrivait pas toujours mais montrait toujours leur complicité plus grande qu'affichée lorsque c'était le cas.

Un coup d'oeil vers l'étudiant norme lui permit de remarquer qu'il ne tenait plus aussi bien debout qu'il l'aurait voulu... cependant, Luisa n'allait rien faire pour l'empêcher de sombrer. Karl avait déjà énormément pris sur lui, et s'il se laissait submerger maintenant, c'était qu'une partie au moins de ses préoccupations s'était envolée. Luisa caféinée, elle était effectivement apte à reprendre les commandes de ce navire en perdition qu'ils représentaient tous les quatre.

La tête posée sur l'épaule de son filleul avec l'excuse de vouloir regarder ce qu'il se passait sur son écran. Si Luisa avait bien compris quelque chose de cette soirée catastrophe, c'était que son neveu avait terriblement besoin de contact, sans oser en demander (alors qu'il n'aurait jamais hésité à une époque...peut-être moins envers elle, certes). La mexicaine faisait donc ce chemin à sa place, prenant toute excuse possible pour se rapprocher de lui sans qu'il prenne cela pour un aveu de faiblesse ou une tentative de le materner (ce n'était de toute façon pas son genre).

Suivant d'un oeil les manipulations du vamp sur le smartphone, Luisa surveillait de l'autre le garde du corps en face d'elle. Gael bougeait doucement, ce qui voulait dire qu'il n'était probablement pas loin du réveil. Une très bonne chose, sachant qu'elle allait probablement devoir quitter les lieux et qu'elle ne donnait pas dix minutes à Karl pour dormir du sommeil du juste. Le timing aurait pu être plus mauvais.

Le regard sombre de la mexicaine se concentra sur la carte qu'Esteban tentant tant bien que mal d'ouvrir, mais elle n'eut pas le temps de trop le faire, car le jeune homme ne tarda pas à lui mettre une main sur l'épaule pour la dégager gentiment.

Dans un autre contexte, Luisa se serait probablement insurgée. Déjà qu'elle n'était pas très câline, mais en plus il la virait sans concessions ? Qu'il ne s'étonne pas qu'elle ne revienne pas le voir tiens, ce neveu indigne ! Le tout avec un grand sourire amusé qui montrerait bien qu'elle ne penserait pas la moitié de ses mots. Mais maintenant qu'Esteban était un vampire, ce geste n'avait plus rien à voir avec un malaise vis-à-vis de sa proximité de manière générale. Du moins pas totalement. La cheffe d'entreprise n'avait pas oublié qu'il lui avait avoué avoir encore soif (ce qui n'était pas étonnant si l'on considérait qu'il s'était nourri hier pour la première fois depuis des semaines) et se doutait donc bien que ce qui le gênait dans sa présence, c'était l'appel du sang.

Elle se décala donc sans résistance et afficha un sourire calme et rassurant aux paroles de son neveu, qui semblait tout catastrophé de devoir la virer de la place qu'elle s'était octroyée. Luisa n'était pas Olivia. Elle ne prenait pas ce mouvement comme un rejet, comme sa soeur trop sensible pouvait le faire. D'autant qu'il s'agissait au contraire d'un geste d'amour, d'une certaine façon. Esteban ne voulait pas lui faire de mal. C'était pour ça qu'il l'éloignait.

"Pas de problème Tebi, tout va bien."

Pour le rassurer, elle se décala elle-même sur le canapé, amorçant un mouvement pour se lever et remplir la gourde d'eau de Gael. L'argentin était doucement mais sûrement en train d'émerger, et la mexicaine n'allait certainement pas commencer par lui proposer un café. Ce n'était pas hydratant.

Une main autour de l'objet, elle s'arrêta dans son geste pour tendre l'autre vers le téléphone d'Esteban, l'approchant de son visage pour observer la carte. Un sourire éclaira son visage.

"Oh, je vois très bien où c'est ! Il y a un restaurant vegan absolument fantastique sur le trottoir d'en face !"

C'était heureux, car elle n'était pas à la Nouvelle-Orléans depuis très longtemps, en fin de compte. Non pas qu'elle ne soit pas débrouillarde (au contraire de certains), mais elle n'avait pas le temps de se perdre. Elle rendit le téléphone à son propriétaire et se leva, gourde vide à la main.

"Cela ne devrait pas me prendre très longtemps de faire l'aller-retour."

Elle ne laissait le choix à personne. Il était évidemment hors de question qu'Esteban sorte, Karl ne tiendrait pas debout plus de quelques minutes, et Gael ouvrait tout juste les yeux. Il n'y avait donc qu'elle pour se coller à la tâche, et cela lui allait très bien. Elle en profiterait pour commander dans le restaurant qu'elle avait mentionné.

Tandis que Gael, pâteux, se redressait le plus silencieusement possible sur son canapé, Luisa remplissait la gourde d'eau, qu'elle glissa pas-si-subtilement en face du garde du corps.

"Bonjour, Blanche-Neige !"

L'argentin lui jeta un regard blasé, auquel elle répondit par un léger éclat de rire. Puis elle se tourna vers Esteban.

"J'enfile quelque chose de convenable, et je m'en occupe. Je te laisse regarder s'il y a des formalités particulières ?"

Si jamais il pouvait se charger de préparer la commande par internet, afin qu'il n'y ait rien de plus à faire que de récupérer le colis, c'était encore mieux. Mieux valait éviter que l'on reconnaisse Luisa dans ce genre d'endroit, où l'on aurait tôt fait de savoir pour qui elle s'y rendait. La couverture d'Esteban ne ferait alors pas long feu.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeDim 15 Sep - 11:54

"Non... Tout ne va pas bien."

Ça lui avait échappé, il n'avait pas pu se retenir. La réflexion spontanée était sortie avant même qu'il ne la formule dans son esprit. Il avait d'ailleurs à peine reconnu sa voix. Ce timbre sombre ne lui ressemblait pas... Et pourtant. C'était une part de lui qui s'exprimait, neuve mais tout à fait réelle. Cette zone d'ombre et de souffrance dans sa personnalité ne cesserait peut-être plus jamais d'exister. Elle était là, lorgnant chacune des situations qu'il vivait et profitant de toutes les occasions venues pour remonter à la surface et s'exprimer, qu'il le veuille ou non.

Cette fois-ci, il était bien embêté. Ce n'était pas son but de causer plus de tracas que nécessaire à Luisa, ni aux deux autres normes qui avaient tant fait pour lui cette nuit. La lueur noire au fond de ses yeux vacilla alors qu'il faisait de son mieux pour se souvenir de qui il avait été, et de réagir en fonction.

"... C'est précisément pour ça que c'est urgent, malheureusement..."

Penaud, il lui tendit donc son téléphone. Elle avait l'air de savoir où se trouvait la boutique... C'était un problème de moins. Elle se portait d'ailleurs volontaire pour s'y rendre. Ça ne lui plaisait pas beaucoup. Il n'aimait pas l'idée de lui infliger cette contrainte supplémentaire... Cela dit, ainsi qu'il l'avait exprimé plus tôt, ils n'avaient pas d'autres choix. Il était hors de question qu'il risque de sauter au cou de l'un d'entre eux. Gael et Luisa étaient encore en convalescence... Karl était déjà affaibli par sa nuit blanche. Puis il ne pouvait simplement pas se résoudre à se nourrir de sa famille et de ses amis : c'était parfaitement incorrect. Il soupira, atterré.

"Merci..."

Il tourna les yeux sur Karl et constata que son meilleur ami n'était déjà plus vraiment présent parmi eux... Il était retourné bien involontairement au fond du fauteuil qui n'avait pas fini son cycle de massage, et il avait l'air vacant. Sa tête tombait à intervalle régulier. Il ouvrait les yeux lorsqu'il le pouvait, mais il les avait plus souvent fermés qu'autre chose. Malgré son abattement, Esteban eut un léger sourire. C'était bien. Il avait besoin de dormir.

Le temps que Gael émerge, à l'inverse, Karl était entièrement parti. Sa tête était tombée contre l'accoudoir du fauteuil et reposait plus ou moins sur ses mains. A sa position, on voyait qu'il avait lutté mais qu'il avait tout simplement perdu le combat contre le sommeil.

Luisa salua Gael de cette manière bien à elle qui parvenait à agacer tout le monde, à dessein. Esteban tourna les yeux sur le garde du corps, vaguement inquisiteur : il cherchait à voir si lui aussi allait mieux, ou bien si il avait effectivement réussi à mettre hors d'état un homme de son gabarit pour la journée entière. Pour l'instant, c'était dur à dire. Il ne parlait pas et ne bougeait pas beaucoup non plus. Il cessa de le fixer : ça allait vite devenir gênant.

Sur incitation de sa tante, il retourna sur le téléphone et cliqua sur les options de commande. Il y avait plusieurs offres... Pack 3 jours, un mois, une semaine... Une semaine lui paraissait faire un bon compromis, il ne fallait pas non plus que les réserves soient trop courtes, sans quoi ils devraient réitérer le même manège trop tôt au goût de tout le monde.

"Les commandes peuvent être retirées quasi immédiatement... Hm. Donne moi un nom de famille au hasard ?"

Il avait pensé à mettre celui de Karl mais même ainsi, c'était une mauvaise idée : il n'y avait pas tant de Ziegler que ça aux USA, et à cause de lui son meilleur ami restait trop près du feu des projecteurs. En attendant que Luisa lui réponde, il observait les options et restait perplexe. O négatif, A+, B- AB+... Était-ce réel ? Les vampires étaient-ils réellement capables de sentir la différence et d'émettre des préférences quant à tel ou tel groupe sanguin, comme si il s'était agi d'un parfum de glace ? Cela lui paraissait parfaitement incongru... Dans le doute, il sélectionna un assortiment complet. Il aurait d'ailleurs pensé qu'il aurait fallu payer plus cher pour se procurer du sang humain... Les prix étaient parfaitement ridicules. Cette entreprise était-elle fiable, au moins ?

"... Je n'arrive pas à croire qu'ils vendent ça à moins de 100 dollars l'unité."

Bloodbank corporation n'était pas spécialement connue pour ses prix abordables et il était déjà relativement difficile pour le commun des vampires d'acheter régulièrement chez eux. Pour changer, Esteban n'avait absolument pas conscience de cela. Il ne voyait qu'une chose : il fallait bien se procurer ce sang sur des donneurs, le tout sans vider les banques des hôpitaux et des laboratoires de recherche. Ça ne pouvait donc PAS être aussi "donné"... Pas sans qu'il y ait anguille sous roche.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeDim 15 Sep - 17:44

Luisa ne répondit pas à la réplique de son neveu, mais lui jeta un regard aigu. Ce genre de réponse n'était pas typique de lui. C'était quelque chose qu'il n'aurait jamais dit... avant. Il y avait dans ces quelques mots un acide qui faisait mouche, une pointe de noirceur qui laissait voir qu'il n'y avait pas que la situation qui avait changé. Esteban avait changé également.

Cela ne contrariait pas spécialement la mexicaine : un filleul plus sombre ne devrait pas être un gros souci à gérer. Il lui faudrait s'habituer à ces sautes d'humeur, mais c'était dans ses cordes. Non, ce qui commençait à l'inquiéter était s'il avait ce genre de réaction face à Olivia. Parce que sa mère ne prendrait pas cela aussi bien qu'elle, c'était certain.

Décidant qu'elle se soucierait de cela lorsque le moment serait venu (et ce n'était pas pour tout de suite, car il y avait intérêt à ce qu'Esteban contrôle sa soif de sang mieux que cela lorsqu'il verrait sa mère à nouveau), Luisa opta plutôt pour continuer la discussion et se concentrer sur ce qui pouvait être fait dans l'instant : aller remplir la gourde d'eau pour un garde du corps dans le mal, et des poches de sang pour un héritier milliardaire qui l'était tout autant. L'envie d'un second café dansa devant ses yeux, mais un regard pour Karl qui semblait à deux doigts de plonger dans le sommeil la convainquit de ne pas remettre le percolateur en route : s'il y en avait un parmi eux qui avait besoin de repos à présent, c'était lui, et la cheffe d'entreprise était certaine qu'il lutterait encore trop longtemps si un bruit plus fort que l'autre l'amenait à rouvrir les yeux.

Elle ne revint donc qu'avec une gourde d'eau pleine qu'elle posa devant Gael avec le même genre de regard que Karl avait eu la veille, remarque typique d'elle en sus. Le garde du corps se contenta de la regarder sans mot dire, mais s'approcha aussi rapidement qu'il le pouvait de l'objet : il était encore assoiffé au réveil.

Luisa quant à elle avait demandé à Esteban de préparer au maximum leur commande : plus ils seraient rapides, moins ils seraient vus, et c'était là quelque chose de primordial. C'était aussi pour cela que la mexicaine était passée en vitesse dans son dressing pour prendre ce qu'elle avait de plus passe-partout : un jean et un débardeur, qu'elle mettrait sous son éternelle veste de cuir vegan.

Sur la route entre sa chambre et la salle de bains principale (elle serait incapable d'entendre quoi que ce soit si elle faisait usage de la sienne), elle répondit à la demande de son neveu.

"Parfait, ce sera un souci de moins. Hm... Jones !"

C'était un nom qu'elle voyait beaucoup passer dans les commandes qu'elle traitait de ce côté-ci du fleuve. Avec "Smith", bien entendu, mais cela faisait un peu trop téléphoné à son goût.

Un changement de vêtements et de l'eau passée sur le visage plus tard, Luisa était de retour dans le salon, juste à temps pour entendre son filleul s'étonner de prix ridiculement bas. La brune s'approcha à nouveau pour regarder dans son dos et eut un sourire amusé en voyant la somme de la commande finale, ainsi que les prix des produits séparés. Elle passa une main dans les cheveux désordonnés du vamp, rendant sa coiffure encore plus ébouriffée.

"Crois-moi Tebi, pour n'importe qui, ce n'est pas donné. Figure-toi que j'ai moi-même appris il n'y a pas si longtemps que le prix moyen d'une "bonne" bouteille de tequila n'avait que deux chiffres !"

Elle avait formé des guillemets dans l'air avec ses doigts, amenant Gael (qui lui faisait face) à lever les yeux au ciel avec un très léger rictus amusé en la voyant faire. L’opulence dans laquelle vivaient ses employeurs (et amis) avait tendance à leur faire oublier la réalité de la vie... ou à n'absolument pas la connaître, concernant Esteban. Luisa, ceci dit, était un peu plus informée que les autres. Mais certains tarifs continuaient de l'indigner par leur manque d'importance, vraisemblablement.

L'argentin eut un regard en coin pour Karl, mais l'étudiant dormait profondément. Ah, le Petit ne savait pas ce qu'il loupait !
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeDim 15 Sep - 21:12

Jones, avait-elle dit. Cinq coups sur l'écran plus tard, le problème était réglé. Il se demandait toutefois si ils n'auraient pas mieux fait de choisir un nom comme Garcia, Martinez, ou encore Rodriguez... Les gens pouvaient être terriblement stupides, certains seraient encore capable de trouver l'association "Luisa/nom purement américain" étrange, alors que c'était en réalité parfaitement concevable, pour des tonnes de raisons qu'il ne se fatiguerait pas à énoncer. Il allait leur laisser le bénéfice du doute, cela dit... Et même si sa tante tombait sur des idiots, ils ne remonteraient certainement pas jusqu'à lui avec aussi peu d'informations.

"C'est fait !"

Il n'avait pas eu besoin de hurler, fort heureusement, car il ne s'en sentait pas l'énergie : Luisa venait tout juste de revenir dans le salon après être très rapidement passée dans la salle de bain. Face à la facture, Esteban s'étonna : les prix lui paraissaient tout bonnement ridicules.

Une main lui appuya sur la tête et le décoiffa entièrement, déjà que sa tignasse ne ressemblait plus à grand chose. Crispé, il serra les dents et s'exclama :

"Hey !"

Se servant de sa main libre comme d'un peigne, il tenta de dompter les mèches désormais éparses. Il devait avoir l'air ridicule ! Pourtant, Luisa savait qu'il détestait lorsqu'elle faisait ça. Ce n'était pas parce qu'il avait le besoin urgent d'une nouvelle coupe de cheveux qu'elle pouvait se permettre à l'envie de lui donner l'air d'un balai serpillière !

Il n'eut pas vraiment le temps de se plaindre. Elle était en train de lui expliquer que le prix des poches de sang n'était pas si bas que ça pour l'acheteur moyen. Ah oui ? Il ne l'aurait pas cru. Cette seule information n'aurait pas suffi à stopper la vague de reproches qu'il avait au bord des lèvres. Apprendre que le prix moyen d'une "bonne" bouteille de tequila n'avait que deux chiffres, en revanche ?

Esteban tourna un regard incrédule sur Luisa et répondit sans presque lui donner le temps de finir sa phrase :

"... Pardon ?"

Se moquait-elle de lui ? Gael émit un son étrange. Le vamp, sans comprendre, tourna les yeux sur le garde du corps et eut l'impression d'avoir dit ou fait une énormité. Eh bien quoi ? Ça aurait dû lui paraître si évident ? Si ce n'était pas ça, alors c'était que Luisa était en train de le faire marcher, et que le garde s'en amusait follement. Esteban avait l'habitude d'un Gael impassible, qui ne laissait que très peu transparaître ses émotions avec lui. Mais.. Eh bien cela arrivait de temps en temps, et cela le perturbait toujours beaucoup.

"C'est vrai ou bien tu te paies ma tête ?"

Un coup d’œil rapide sur Karl, qui dormait à poings fermés. Il ne fallait pas qu'ils parlent trop fort, ils allaient le réveiller... D'ailleurs n'allait-il pas avoir mal au dos lorsqu'il émergerait ? Il paraissait s'être endormi dans une position terriblement inconfortable.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeDim 15 Sep - 23:34

Luisa n'avait pas pensé à l'impact que l'agencement prénom + nom pourrait avoir pour les personnes de l'entreprise. Dans tous les cas, ce ne serait pas un problème : c'était de Luisa dont on parlait. Sa débrouillardise était légendaire au sein de sa famille (et des pièces rapportées). Il en faudrait beaucoup plus que cela pour la déstabiliser.

Occupée à se changer, elle ne revint dans le salon que pour entendre Esteban annoncer qu'il trouvait les prix ridiculement bas. Oh, qu'il ne s'étonne pas tant, il y avait pire ! Et elle s'empressa de le lui annoncer, non sans passer sa main dans la chevelure sombre du vamp, qu'elle dérangea totalement. Esteban détestait qu'elle fasse cela... c'était bien la raison pour laquelle elle s'y appliquait régulièrement depuis qu'il s'en était plaint la première fois à l'âge de quoi... quatre ans ?

En temps normal, il se récriait et psalmodiait sur la fragilité de son cuir chevelu et la beauté de ses mèches sombres (... ou un truc du genre, la mexicaine ne l'écoutait jamais de toute façon), mais cette fois sa remarque sur la tequila lui avait coupé la chique. Elle s'apprêtait à lui répondre quand un son étranglé leur parvint de l'autre côté de la table basse.

Gael avait avalé de travers. Cette scène était surréaliste et il avait eu le malheur de boire en plein milieu. L'exclamation d'Esteban (de la stupéfaction la plus pure, en prime !) lui avait fait perdre le peu de contenance dont il était capable au réveil. Bon sang, près de vingt-cinq ans au service d'Olivia, il aurait dû s'habituer... mais non.

Le fils de sa patronne était d'ailleurs en train de le regarder, se demandant probablement s'il était ou non en train de se payer sa tête. Derrière lui, Luisa lui faisait les gros yeux, un léger sourire sur le visage. La petite peste savait très bien quel effet allait provoquer son annonce et l'avait préparée en conséquence. L'homme toussa une ou deux fois avant que les effets de cette gorgée d'eau ne s'estompe. Esteban avait eu le temps de se tourner vers sa tante pour lui réclamer des explications, pas encore tout à fait convaincu. C'était qu'à force de se payer la tête de son neveu régulièrement, Luisa finissait par l'empêcher de distinguer le vrai du faux... L'argentin se décida à intervenir, non sans faire de son mieux pour contrôler le rictus amusé qui cherchait à s'étendre sur son visage.

"C'est vrai. La commande que tu viens de passer correspond probablement à près du tiers du budget mensuel de l'américain moyen..."

Il n'avait pas vu les chiffres exacts, mais c'était une approximation faite au vu des divers commentaires. Et aussi parce qu'il s'était renseigné sur de telles enseignes avec Karl, lorsque le néo-vamp avait pris la tangente et restait introuvable, au cas où il se serait déplacé. Luisa avait tendu un bras vers Gael tout en s'adressant à son filleul.

"Tu vois !"

Apparemment, le garde du corps devenait une sorte de ressource de taille dès qu'il était question de la vie des petites gens... Il eut un léger soupir et son regard se tourna une fois de plus vers Karl. Vraiment, quel dommage qu'il soit endormi ! Mais il fallait qu'il se repose.

Après ce petit intermède, la mexicaine avait récupéré son sac à main et s'apprêtait à sortir. Avant d'ouvrir la porte, elle s'adressa aux deux autres personnes éveillées de la pièce.

"Besoin de quelque chose d'autre ?"

Gael lui fit un léger signe de tête négatif. Une fois la réponse d'Esteban obtenue, la norme sortit, direction l'ascenseur.

Il ne lui fallut pas très longtemps pour trouver l'antenne de Bloodbank Corporation. Les employés étaient visiblement habitués à recevoir de la clientèle de tous bords, vampirique ou non (il était vrai que les Calices devaient se régénérer, après tout) et n'étaient pas très regardants tant que les commandes étaient payés. Luisa Jones n'eut donc aucun problème à récupérer sa commande et put même s'autoriser un arrêt au restaurant vegan d'en face, dans lequel elle commanda quelques petites douceurs, salées comme sucrées.

Deux sacs bien différents dans chaque main, la cheffe d'entreprise rentra tranquillement chez elle.

Pendant ce temps, l'ambiance était plutôt silencieuse dans l'appartement de la mexicaine. Esteban et Gael, comme toujours lorsqu'ils étaient seuls, étaient bien trop gênés (pour des tas de raisons différentes) pour faire plaisamment la conversation. Le garde du corps avait entrepris de terminer sa gourde, mais son regard ne cessait de se poser sur un Karl profondément endormi dans une décidément bien mauvaise position. Pour avoir beaucoup échangé avec lui au cours des dernières semaines, l'argentin savait que l'étudiant dormait mal, de base. Le mettre dans un lit ne serait vraiment pas de trop. Il se tourna vers Esteban, tout en faisant un signe de tête en direction du troisième.

"Penses-tu qu'il se réveille si on le déplace ?"

Lui ne savait pas depuis combien de temps Karl était assoupi... Il était possible qu'il ne soit plus en sommeil profond, et s'il courait le risque de le réveiller, Gael n'essaierait pas de le transporter : le Petit serait capable de se forcer à rester éveillé malgré son terrible manque de sommeil.

Suivant la réponse d'Esteban, il tenterait ou non de mouvoir le jeune Ziegler, l'allongeant sur le canapé avec délicatesse tandis qu'il prendrait sa place dans le fauteuil. Au moins ainsi, il serait mieux installé sans se sentir mis à l'écart.

Luisa ne tarda pas à revenir, plusieurs sacs à la main. Gael sentait l'odeur de la nourriture envahir ses narines, le décollant efficacement de l'écran de son smartphone dans lequel il s'était plongé pour répondre aux diverses inquiétude d'Olivia (et éviter la profonde gêne de regarder le fils de celle-ci sans rien avoir à lui dire de particulier). La mexicaine s'avança tranquillement et posa aussi délicatement que possible les sacs sur la table basse. Les odeurs qui parvenaient aux sens d'Esteban, elles, devaient être bien différentes.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeLun 16 Sep - 13:22

Comprenons une chose : la gêne qui existait entre eux était telle qu'il était extrêmement rare que Gael s'adresse directement à Esteban pour lui parler. Le simple fait qu'il le fasse aurait donc été capable de le plonger dans une intense perplexité. Mais alors là.. Non seulement il était en train de formuler autre chose qu'une réponse monosyllabique dans sa direction, mais c'était en plus de cela pour dire ce qu'Esteban aurait considéré, venu de la bouche de n'importe qui d'autre, comme un véritable tissu d'inepties.

Impossible de ne pas croire Gael, pourtant : mentir n'était pas dans sa nature. La mâchoire pendante, le vamp fixait "l'expert des petites gens" sans même avoir conscience d'être en train d'exposer ses crocs à la vue de tous.

"... Mais. Comment est-ce possible ??"

Un tiers d'un budget mensuel consommé sur un achat aussi ridicule ? Esteban n'aurait déjà pas aimé l'idée de restreindre sa consommation au point de devoir se fixer des limites... Mais alors à ce point ? Pour un vampire qui n'aurait voulu consommer le sang qu'en poches, l'argent aurait manqué avant même qu'il ait fait ses stocks pour le mois, et sans compter d'autres achats éventuels... C'était inhumain ! Comment pouvait-on vivre dans ces conditions ?

... Ça voulait aussi dire que c'était vrai, pour la bouteille de téquila ? Un prix à deux chiffres ? Et cela restait buvable ? L'air halluciné, il secoua la tête de droite à gauche. Il n'arrivait pas à concevoir de telles énormités.

... Mieux valait donc cesser d'y penser. Luisa allait partir. Elle demanda si l'un d'entre eux avait besoin d'autre chose et la réponse du jeune homme ne tarda pas :

"Non, merci..."

Cela faisait des semaines qu'il survivait vaguement, enfermé dans son penthouse sans boire, ni même manger de nourriture humaine, et sans non plus s'occuper l'esprit. Le concept "d'avoir besoin de quelque chose" lui était devenu très lointain, à l'exception de sa soif de sang, parfaitement indépendante de sa psychologie.

Luisa partie, le silence retomba. Gael s'était montré plutôt loquace, l'espace d'un instant, mais cette brève ouverture n'allait pas comme par magie faire disparaître des années de malaise. L'héritier soupira et laissa retomber son dos dans le fond du sofa. Il fixait le plafond, l'air de plus en plus morne et vacant. Oui, il s'était montré plus vif, plus réactif, depuis qu'il était levé. Cela dit il ne fallait attendre aucun miracle : dans le fond, il allait toujours aussi mal, et il ne fallait pas grand chose pour que sa profonde affliction remonte à la surface et prenne à nouveau la barre du navire. Un instant de silence et de passivité suffisait.

"Penses-tu qu'il se réveille si on le déplace ?"

Sans quitter son expression assombrie, il tourna les yeux sur Karl. Cela ne faisait pas très longtemps qu'il dormait, mais le manque de sommeil l'avait fait sombrer comme une bûche. Sa respiration était longue, paisible... Si il y avait bien un moment pour tenter de le déplacer, c'était celui-là.

"Je n'en suis pas certain... Mais il vient juste de s'endormir et je crois qu'il est trop épuisé pour se réveiller si facilement. Puis il vaudrait mieux qu'il ne se brise pas le cou... Ça ne paraît pas être une option très reposante."

Etant décidé qu'il valait mieux tenter de le déplacer plutôt que de ne rien faire, Gael se leva et s'en occupa. Esteban lui en fut reconnaissant : il n'était pas certain que le garde du corps soit suffisamment en forme pour ce travail physique et il s'était plus ou moins résigné à devoir mettre à l'épreuve sa force vampirique une fois supplémentaire. Mais non. Le rapport n'était plus inversé : Gael portait, et lui le regardait faire. C'était un peu comme au bon vieux temps.

Il allait déjà falloir qu'il vide des poches de sang pour le petit-déjeuner. S'il pouvait éviter de se sentir plus monstrueux que nécessaire, et même si ce n'était qu'artificiel, il prenait.

Luisa fut rapidement de retour. Elle posa ses emplettes sur la table. Esteban s'était attendu à ce que les poches de sang embaument au point qu'il aurait du mal à réfléchir en leur présence, mais ce n'était pas le cas. C'était logique : tout devait être emballé sous vide, afin d'éviter la moindre dégradation. Il avait un peu honte de se montrer si impatient, surtout quand on savait ce qu'il s’apprêtait à consommer, mais il fonça sur les sachets sans attendre. Tant pis pour sa fierté : mieux valait ça que d'attendre plus longtemps, au risque d'attaquer les humains dans la pièce parce que la soif lui ferait perdre la tête.

Il posa la main sur un récipient en plastique froid, lisse... Le contact lui arracha un frisson. Il grimaça.

"... Urg. Vraiment..."

De mauvaise volonté, il sortit la poche de sang du sac et la porta à hauteur de ses yeux. Il n'avait... Vraiment... vraiment... Mais alors vraiment pas envie. C'était d'ailleurs étrange. Le besoin de sang n'aurait-il pas dû supplanter tout le reste ?

... Mais ce contact. Le plastique... La couleur sombre du liquide qui devait y stagner depuis des lustres... Et d'où, de qui cela venait-il ? Ces inscriptions sur le sachet... On aurait vraiment dit une poche à transfusion. Oh, non... Il ne voulait plus être malade. Mais pourquoi pensait-il à cela exactement ?

"... C'est ... C'est dégoûtant."

Il commençait doucement à mieux comprendre le sentiment qu'il avait eu plus tôt, lorsqu'il s'était efforcé de transférer son envie de sang à l'écran de son smartphone. Mais n'était-ce pas étrange ? La veille, ça ne lui avait pas posé de problème. Peut-être parce qu'il avait été affamé ?

... Bon. Ce n'était pas comme si il avait le choix. Pas très convaincu, mais déterminé, il chercha le moyen d'ouvrir le récipient sans en mettre partout. Et du même temps, il tentait d'ignorer les vagues froides qui couraient dans ses épaules et dans ses mains, ainsi que les frissons visqueux qui lui retournaient l'estomac.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeLun 16 Sep - 21:11

Luisa était bien contente que Gael ait décidé de prendre la parole pour parler du budget de l'américain moyen, parce qu'elle était certaine que son neveu ne l'aurait pas cru si elle avait dit cette exacte même phrase. Peut-être devrait-elle arrêter d'essayer de lui faire avaler n'importe quelle couleuvre, histoire qu'il finisse par avoir confiance en ce qu'elle lui disait ?

...Hm, non. C'était beaucoup trop drôle comme ça.

Assistant à la conversation avec un sourire amusé, Luisa continuait de trouver Esteban mignon, plutôt que désespérant. Probablement parce qu'elle savait qu'elle aurait été comme lui, s'il n'eût s'agit de son année dans le public et de son challenge humanitaire. Et encore, elle avait certes appris la valeur de son porte-monnaie, mais ignorait tellement d'autres choses... Le point de vue de l'argentin était donc bienvenu.

Argentin qui ne savait pas comment répondre à la dernière question du vampire. Comment était-ce possible ? La vérité était que les familles très riches et très influentes, comme les Selva Moreno et les Luz-Descalzo, y étaient pour beaucoup. C'était possible en se privant, en faisant de (trop) nombreuses concessions... et tant d'autres chose qu'il ne convenait pas de dire au jeune homme. Il pourrait se vexer et/ou culpabiliser, et aucune de ces options n'était souhaitable aux yeux du garde du corps. Ni maintenant, ni jamais (Olivia lui avait bien appris). Il fit donc ce qu'il savait faire de mieux : sans prendre la parole, il haussa les épaules.

Luisa sortit récupérer la commande en leur demandant au passage s'ils avaient besoin de quoi que ce soit. Elle fut reçue par la négative des deux côtés. S'en suivit un moment de gêne (Esteban et Gael n'étaient généralement jamais seuls dans la même pièce) qui ne fut rompu que lorsque l'argentin demanda son avis au jeune héritier concernant la condition de son meilleur ami : Karl risquait-il de se réveiller si on le déplaçait ? Il était dans une bien piteuse position et méritait de se reposer aussi confortablement que tout le monde.

Satisfait par la réponse du vampire, Gael choisit d'échanger sa place avec celle de l'étudiant endormi. Un lit confortable n'aurait pas été un mal, mais il connaissait assez bien Karl pour savoir qu'il aurait été contrarié d'avoir été mis à l'écart... s'il ne l'était pas déjà pour s'être endormi sans prévenir.

C'était également une bonne occasion pour le garde de corps de faire le point sur ce qu'il était ou non capable de faire. L'homme se sentait plutôt en forme, mais cela ne voulait pas dire grand chose. Evidemment, il n'avait pas l'intention de faire brusquement tomber Karl faute à un muscle qui refuserait de répondre. Il fut donc extrêmement précautionneux, à la fois pour lui et pour le Petit, qu'il transporta sans encombres sur cette courte distance. Une fois assis dans le fauteuil, Gael jugea néanmoins qu'il valait mieux qu'il évite les efforts physiques encore quelques heures. Le fait qu'il n'avait rien mangé depuis un moment n'aidait probablement pas.

En parlant de nourriture, voilà que Luisa revenait avec plusieurs type de victuailles. Elle posa les différents sacs sur la table basse avant de jeter un oeil sur Karl, confortablement allongé.

"Vous auriez pu le mettre dans une chambre...
-Il n'aurait pas voulu quitter la pièce."


La réponse de Gael fut immédiate et inflexible, amenant la mexicaine à lever les yeux au ciel. Elle se serait attendue à ce qu'Esteban défende son meilleur ami sans faillir, mais là... Enfin, elle devait admettre qu'il avait raison : à la place de Karl, elle n'aurait pas aimé se réveiller seule dans une chambre à l'autre bout de l'appartement avec tout ce qu'il se passait ici.

D'ailleurs, Esteban venait de se jeter sur les sacs contenant les poches de sang avec une indélicatesse qui ne lui était pas coutumière... Personne ne fit cependant la moindre remarque, Luisa et Gael sachant parfaitement ce qui causait cette attitude peu convenable. Le jeûne à peine transformé pouvait avoir quelques conséquences, en effet...

Plus pour s'occuper qu'autre chose, la brune entreprit d'aller chercher des couverts dans l'un des placards prévus à cet effet. En entendant son neveu faire des remarques qu'elle n'aurait pas attendues d'un vampire affamé (d'un Esteban dans son état normal, oui, bien entendu, mais là l'apparence de son déjeuner aurait dû lui être bien égale), elle haussa un sourcil, mais se contenta de proposer son aide de la seule façon dont elle le pouvait.

"Veux-tu un verre, Tebi ?"

Elle échangea un regard interloqué avec Gael, qui ne comprenait pas plus qu'elle cette réaction pour le moins étrange. Par contre, le garde du corps avait noté que cela ne s'arrêtait pas aux paroles. Le corps entier du vampire semblait réagir de manière parfaitement inadéquate au vu de la situation... Pour le moment, l'argentin décida de ne rien dire et de continuer à défaire les sacs de nourriture. Ce n'était pas comme si il pouvait y faire grand chose, de toute façon. Il attendit que Luisa revienne (avec ou sans verre, selon la réponse du filleul) pour ouvrir les boîtes qui semblaient contenir divers assortiments de plats végétariens, épicés ou non, plus succulents les uns que les autres.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeMar 17 Sep - 22:44

Esteban n'écoutait que d'une oreille la conversation qui avait lieu entre Luisa et Gael. Ils avaient tous les deux raison à leur manière et il n'avait pas l'esprit à les départager : la soif était telle qu'il avait déjà foncé sur le sachet qui contenait les poches de sang.

Il en avait saisi une mais se rendait progressivement compte que quelque chose, à ce contact, à cette vue, le dérangeait profondément.

"Veux-tu un verre, Tebi ?"

... C'était peut-être tout simplement ça. Après tout, la présentation de son "petit-déjeuner" était en l'état fort peu ragoûtante. Qui avait envie de boire le contenu de ce qui ressemblait à des poches médicalisées ? Pas lui, toujours, semblait-il. Luisa ne le lui aurait pas proposé un récipient plus adéquat, il le lui aurait demandé. Cela lui éviterait aussi d'avoir l'air d'un sauvage.

"Oui s'il te plaît..."

Elle eut tôt fait de revenir avec un grand verre à eau. Esteban la remercia et posa l'objet sur la table. Faisant fi de ses frissons de dégoût, il approcha ses dents du capuchon de la poche et le fit sauter. Il avait l'impression que ses lèvres le brûlaient... Qu'il les avait posées sur un véritable nid de bactéries. Que le goût de la mort glissait, pernicieux, à l'intérieur de sa bouche. Crispé, sans pouvoir empêcher ce geste réflexe, il s'essuya d'un revers de main. Ne faisait-il pas froid, ici ? N'était-il pas censé ne plus pouvoir ressentir ce genre d'écarts de températures ?

... Il fallait qu'il se concentre sur ce qu'il était en train de faire. Il tenta donc d'oublier ce drôle d'épisode et s'appliqua plutôt à verser le contenu de la poche dans le verre. Le fait qu'il y arrive sans en mettre la moindre goutte à côté était déjà un exploit en soi, lorsqu'on connaissait sa maladresse légendaire.

"Cela... présente déjà mieux..."

Pourquoi n'était-il pas convaincu ? Il tenait maintenant le verre plein dans sa main, et il n'avait toujours pas envie de boire. Même l'odeur lui paraissait différente... Terne. Passée. Aigre, tournée ? Pourtant non. Ce sang n'avait rien de périmé, il était juste froid. Il approcha le verre de ses lèvres, tentant de se convaincre que ce n'était qu'une habitude à prendre, un mauvais moment à passer. Mais il était de plus en plus confus : là où il aurait dû boire sans soif, il continuait de freiner des quatre fers. Cela commençait à lui donner de véritables sueurs froides.

"... C'est bizarre..."

... Des grumeaux. Pourquoi visualisait-il des grumeaux ? Non. Il fallait qu'il cesse de réfléchir. Il ferma les yeux, secoua la tête vivement, puis mit le liquide dans sa bouche.

Première gorgée. Froide. Visqueuse. Les grumeaux... Comme ce soir fatidique où Bess Butler l'avait conduit chez Esme. Du sang ? Lui avait-elle fait boire du sang déjà à ce moment là ? Il n'y avait pas de grumeaux dans cette boisson là, et pourtant, il sentait leur texture gluante éclater contre sa langue en autant de saveurs malsaines, comme des morceaux de vieux cadavre dans lesquels il aurait croqué, craquant une poche de pus supplémentaire à chaque mouvement de langue. La vague toxique glissait pernicieusement dans sa gorge et de là, dans chacune de ses cellules, qu'elle contaminait. Noire. Étrangère et malade... Nécrosée, même. Ce n'était plus du sang, c'était du liquide d'embaumement. Du formol. Son corps l'accueillait et se putréfiait de l'intérieur, un peu plus à chaque contact.

Il reposa le verre et ouvrit grand les yeux. Quelque chose se passait en lui... Ses nerfs étaient au bord de la rupture et tout son système digestif était en train de se rebeller contre ce avec quoi il venait de l'irriguer. Il porta ses deux mains devant sa bouche.

"...ur... rrr..."

Un premier réflexe vomitif  le secoua et il comprit qu'il allait tout rendre. Il disparut d'un coup de la vision des deux normes éveillés de la pièce et des portes se mirent à battre à tout va : le vamp cherchait les toilettes. Moins de deux secondes plus tard, on l'entendait vomir tout le contenu de son estomac.

Il y avait du sang partout dans la cuvette... Du sang froid, du sang malade et médicalisé. Il essuya sa bouche avec sa chemise... Et encore. Et encore. Il ne pouvait pas admettre qu'une seule goutte de cette horreur reste en contact avec lui. C'était sale, abject... Mort. Et cela risquait de le rendre plus mort lui-même si il le touchait dans la moindre mesure.

"Je ne comprends pas..."

Pourtant, il avait soif ! Et l'envie qu'il avait ressentie plus tôt était réelle... Et la veille, son expérience de la boisson avait été tout à fait différente. Que lui arrivait-il ?
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeVen 20 Sep - 21:43

Suite à la réponse positive de son neveu, Luisa avait amené un verre en plus des couverts nécessaires pour la nourriture. Elle tendit l'objet à Esteban, qui s'en empara et put donc continuer ce qu'il était en train de faire, avec un dégoût très étrange pour qui avait été témoin de son... engouement de la veille. Gael était plus particulièrement préoccupé car il avait noté que la répulsion du vampire n'était pas seulement dans ses paroles, mais aussi dans ses gestes et ses réactions, qu'il ne contrôlait pas forcément.

Les deux adultes observaient du coin de l'oeil l'héritier porter le verre à présent plein à ses lèvres, suffisamment pour se tenir au courant mais sans le fixer comme un animal de foire. Il se sentait déjà assez monstrueux comme ça, Luisa et Gael le savaient tous deux et n'avaient aucune intention d'en rajouter.

En entendant son filleul dire que c'était "bizarre", Luisa ne s'était pas méfiée. Au contraire, elle était retournée à ses couverts parce qu'elle ne trouvait rien d'étrange au fait que justement, Esteban trouve cela étrange de boire du sang dans un verre : il était un vampire, il fallait qu'il s'y fasse s'il voulait continuer à vivre au moins jusqu'au procès (bien qu'elle avait bon espoir de le convaincre de renoncer à son plan de suicide ridicule d'ici là). Evidemment, elle rationalisait pour ne pas se concentrer sur ce qui fâchait : le problème était beaucoup plus complexe que cela et elle le savait. Mais il fallait se concentrer sur l'essentiel pour essayer d'avancer petit à petit.

Gael, lui, n'avait pas eu la même réaction. Au contraire de la mexicaine, la phrase d'Esteban l'avait alerté. Il y avait quelque chose de profondément incohérent dans son comportement face à ce sang dont il avait pourtant décidé de la nécessité de lui-même (s'il avait tout compris). Le fait qu'il soit aussi peu inspiré (alors que cela avait été tout le contraire la veille), qu'il donne l'impression d'extrêmement mal vivre sa boisson et que tout son corps se soit tendu (sans oublier qu'il paraissait avoir des sueurs froides, chose théoriquement impossible pour un vampire) étaient autant de signes que le garde du corps considérait avec le plus grand sérieux. Quelque chose clochait.

La confirmation vint quelques secondes plus tard, alors qu'Esteban posait une main devant sa bouche et disparaissait de leur vue, traversant littéralement à toute vitesse l'appartement. Les deux autres se levèrent de leur siège aussitôt en échangeant un regard inquiet. Gael se vit également obligé de combattre le vertige qui le saisit immédiatement. Il s'était levé trop vite. S'en rendant compte, Luisa posa une main sur le bras de l'argentin, lui indiquant de se rasseoir. Ce qu'il fit, bien que de mauvaise grâce. Ils savaient où Esteban était parti de toute façon. Les bruits qu'il faisait étaient éloquents.

Luisa se rendit donc au chevet de son neveu qu'elle rejoignit dans les toilettes les plus proches du living-room. Il n'avait pas fermé la porte, et elle nota aussitôt le liquide carmin qui se trouvait au fond des toilettes au lieu du fond de la gorge d'Esteban. Ce n'était pas comme si il aurait pu vomir quoi que ce soit d'autre, après tout. Elle posa une main sur l'épaule du jeune homme, qui s'essuyait compulsivement les lèvres.

"Est-ce que ça va ?"

Au-delà de l'évidence, évidemment. Esteban devait se douter que la question de Luisa n'était pas là pour qu'il exprime par les mots la situation qu'elle était clairement capable de voir, mais plutôt pour qu'il lui dise s'il se sentait autrement affecté par quoi que ce soit. Ce qui était techniquement impossible, en vue de sa nouvelle qualité de vampire, mais peut-être avait-il cherché à jeûner si longtemps qu'il ne pouvait plus ingurgiter le sang correctement ? Elle n'en savait absolument rien. Elle passa une main dans son cou.

"...Retournons dans le salon."

Il y avait certainement une explication à tout cela. Elle voulait regarde de plus près le bon de commande et la poche que le jeune vamp avait tenté de boire, histoire d'y voir un peu plus clair. Et il était évident qu'il fallait toujours qu'Esteban se nourrisse, et qu'il n'allait pas pouvoir faire ça depuis les toilettes.

Plus ou moins obligé à rester dans le canapé, Gael avait sorti son téléphone et entreprit des recherches. Tout comme Luisa, son premier réflexe fut de questionner l'intégrité de l'entreprise d'où provenaient les poches. Mais il ne trouvait rien de particulier. Au contraire, Bloodbank coporation était renommée, bien cotée, et même l'antenne où Luisa était allée retirer la commande était notée comme l'une des meilleures de la Nouvelle-Orléans en termes de satisfaction et relations-clients. Non, il y avait autre chose... et le garde du corps se demandait si ce n'était pas lié au comportement de l'américano-mexicain.

Une recherche plus large sur son navigateur, contenant les mots "vampire",  "rejet" et "poches de sang", lui offrit un début de réponse. Il parcourut quelques lignes, plusieurs sites, avant d'en trouver un qui lui donna la réponse qu'il cherchait. L'argentin eut un profond soupir. Ils n'étaient vraiment pas au bout de leurs peines.

Avant d'être interrogé, il tendit son téléphone à Luisa, qui était elle-même en train de comparer le bon de commande et les poches reçues, s'assurant qu'il n'y avait rien de défectueux et s'apprêtait à lui demander quoi. Elle haussa un sourcil en voyant Gael lui couper ainsi la chique. Pas qu'il n'essayait jamais (elle parlait beaucoup, paraissait-il), mais il y parvenait peu. Ses yeux sombres parcoururent rapidement la page et s'agrandirent de surprise sur un passage, avant de faire des aller-retour entre le téléphone, les poches de sang et Esteban. Enfin, elle eut une réplique qui reflétait certainement l'état d'esprit de la majorité des personnes présentes dans la salle.

"Quand il n'y en a plus, il y en a encore..."

Elle était plus blasée qu'autre chose, à ce stade. Et commençait à sacrément s'inquiéter pour son neveu. Parce que si ce qu'elle lisait sur cette page était vrai, et qu'Esteban en était atteint, cela voulait dire que se procurer de la nourriture en restant incognito allait être beaucoup, beaucoup plus compliqué que prévu.

Et elle n'était pas certaine qu'Esteban vive cette contrainte supplémentaire particulièrement bien.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeSam 21 Sep - 9:53

Atterré, Esteban ne se rendit compte de la présence de Luisa à ses côtés que lorsqu'elle posa sa main sur son épaule. Le jeune homme essuya une dernière fois ses lèvres puis leva sur sa tante un regard poignant de perplexité. Et pas que de perplexité, d'ailleurs... Il était évident qu'il vivait plutôt mal ce nouvel épisode. Se convaincre de boire du sang de lui-même avait été suffisamment compliqué. Attirer l'attention sur les spécificités de son alimentation rendait la pilule encore plus difficile à avaler, d'autant qu'il avait une idée relativement précise de l'image qu'il devait renvoyer, agenouillé par terre, la chemise souillée, et face à la cuvette des toilettes remplie du sang qu'il venait de vomir. Ajoutons à cela l'anxiété que lui procurait cette situation : Que venait-il de se passer ? Qu'allait-il faire, si cela recommençait ? Comment était-il censé se nourrir ?

"Je... Je crois..."

Non, ça n'allait pas. Mais même Esteban était capable de comprendre que ce n'était pas ce que son aînée cherchait à savoir. La "crise" était passée. Son estomac vide, il n'était plus "malade". Il acquiesça donc en silence quand elle lui proposa de retourner dans le salon.

En silence, Esteban se releva. Il suivit Luisa hors de la salle de bain, l'air égaré. Il marchait comme dans un rêve, parfaitement incapable de comprendre ce qui lui arrivait. Il tenait fermement son poignet dans sa main, soucieux de cacher les tâches de sang qu'il avait lui-même étalées sur le bord de sa manche. Il devait avoir l'air d'un sauvage...

Luisa fouinait dans les poches sur la table, à la recherche d'un indice. Gael était fourré sur son téléphone. Karl dormait profondément dans le canapé qu'on lui avait réservé. Ne sachant pas vraiment où se mettre, Esteban resta debout, passif. Il les regardait faire, un peu abruti. Il était tellement pris de court par cette entière situation qu'il était actuellement incapable de prendre la moindre décision pour lui-même. Retourner s'asseoir ne lui paraissait pas adéquat : il avait l'impression d'avoir mis du lait sur le feu. Malgré son apparente immobilité, il avait la bougeotte. Ses nerfs n'étaient pas loin de craquer une fois supplémentaire. Quiconque le regardait avec un peu d'attention s'en rendrait compte : il y avait dans ses yeux cette électricité fébrile qui ne trompait pas.

Esteban tourna vivement les yeux sur Gael alors que ce dernier soupirait. "Vivement" n'était probablement pas un terme assez fort, en réalité, car le mouvement de sa tête, trop rapide, avait été quasiment imperceptible. Le geste, digne d'un film d'horreur, avait été parfaitement incontrôlé. Fort heureusement, Esteban ne s'était pas rendu compte de ce qu'il venait de faire et de l'effet que cela pouvait avoir sur le spectateur norme. Il assista à l'échange sans mot dire... Du moins jusqu'à ce que Luisa prenne la parole. Il attendait qu'on lui explique. Sa tension avait atteint un paroxysme, ainsi que les deux autres eurent l'occasion de s'en rendre compte quand il échappa nerveusement :

"Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce que vous avez trouvé ?"

On lui tendit le téléphone et il fut très vif pour l'attraper. Ses yeux parcourent l'article, jusqu'au moment de tomber sur le paragraphe qui les intéressaient. Il écarquilla alors les yeux, avant de laisser affolement et dépit prendre progressivement la main sur lui, à mesure qu'il prenait connaissance de la fameuse définition.

"Nécrohématophobie : Aussi nommée "peur du sang mort". Cette affection, bien qu'assez rare, est couramment diagnostiquée chez les vampires ayant de leur vivant été en contact rapproché avec la mort et la maladie, notamment dans les hôpitaux. Beaucoup de vampires atteints par cette affection ont eu personnellement à faire à une longue maladie, mais il est aussi possible de la développer beaucoup plus brutalement, suite à un traumatisme important et/ou à une transformation violente. Dans les cas les plus avancés, les vampires atteints de nécrohématophobie sont parfaitement incapables de boire le sang ponctionné puis stocké dans des récipients "morts". Ceux là sont obligés de boire à même la veine de calices volontaires."

En détresse, il releva brutalement les yeux sur Luisa et Gael, cherchant dans le fond de leur regard quelque chose qui pourrait le rassurer... Quelque chose qui lui prouverait qu'ils n'étaient d'ores et déjà pas persuadés que c'était bien de ça qu'il était question. Ils ne pouvaient pas poser un diagnostic aussi facilement, n'est-ce pas ? Pas comme ça. Pas au bout d'un seul essai et sans aucun professionnel de santé pour valider leurs hypothèses...

... Pourtant, il le savait : cette définition le décrivait beaucoup trop bien. C'était encore pire lorsqu'on savait que la leucémie était une maladie du sang. C'était forcément un facteur aggravant. Quant à subir une transformation violente... Oui. Il réunissait tous les facteurs de risque. Ça ne pouvait pas être un hasard.

Mais cela devait-il forcément dire qu'il faisait partie de ces "cas les plus avancés" cités par l'article internet ? Non. Il ne pouvait pas s'y résoudre. Il fallait tout essayer.

"..."

Esteban rendit son téléphone à Gael et tourna un regard de détermination froide, presque métallique, sur les sachets résiduels. Il en empoigna un et vérifia le groupe sanguin. O-. Le précédent avait été A+. Peut-être cela changerait-il quelque chose ? Il versa le contenu de la nouvelle poche dans le verre vide et tenta de l'approcher de son visage.

... Son geste fut cette fois bien vite amorti. Il l'avait fait une fois... Il reconnaissait maintenant les signes et surtout, il était bien incapable de recommencer. Mettre ce liquide dans sa bouche était au dessus de ses forces, alors qu'il savait quelle réaction cela allait lui arracher. Il frissonna, sentit son ventre trembler. Un gémissement de frustration lui échappa alors qu'il éloignait le verre de son visage. Il avait essayé de forcer, mais ça ne fonctionnait pas. C'était comme si des aimants de polarité similaire s'étaient trouvés dans sa bouche et à l'intérieur du récipient.

"... Peut-être en chauffant ?"

Oui ! C'était une bonne idée, ça non ? Le sang froid, c'était dégoûtant. Mais le sang chaud ? Ce serait presque comme si il sortait de cette fameuse veine qu'il essayait à tout prix d'éviter... L'esprit et les yeux vides, il emporta le verre plein avec lui dans le coin cuisine... Luisa devait bien avoir une casserole quelque part ?
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeMar 24 Sep - 19:26

Luisa fouillait dans les différentes poches de sang à la recherche du moindre indice. Il n'était pas normal qu'Esteban réagisse ainsi, c'était un vampire ! Les vampires ne tombaient pas malades, c'était là la principale raison pour laquelle certains choisissaient cette vie. Esteban parmi eux. S'il avait une telle réaction près avoir tenté de se nourrir, cela ne pouvait donc provenir que du sang qu'il venait (de tenter) d'ingérer, la mexicaine en était convaincue.

Gael, de son côté, avait entrepris des recherches internet, alerté par le comportement du jeune homme face aux poches avant qu'il ne se décide à en ingérer le contenu. Il savait que la raison de ce départ précipité ne résidait pas dans la qualité du sang qu'ils venaient d'acheter.

Il ne lui fallut pas très longtemps pour trouver l'information qu'il recherchait. C'était bien quelque chose comme cela que le garde du corps craignait. Après un soupir, il passa son téléphone à Luisa pour qu'elle cesse de fouiller partout et prenne elle aussi connaissance des informations. Le regard de l'argentin se tourna ensuite vers Esteban. Le vampire ne semblait pas à l'aise, ce qui ne le surprenait pas particulièrement. Mais surtout, il paraissait... tendu. Sur les nerfs. Quelque chose qui n'était pas forcément une bonne nouvelle étant donné son nouveau statut.

Néanmoins, cela pouvait se comprendre au vu de la situation actuelle. C'était la seule raison pour laquelle Gael ne disait rien. Quand Luisa prit la parole, ce fut presque si le riche hériter ne lui sauta pas dessus. Sa tante n'avait cependant pas l'intention de le faire marcher en traînant des pieds pour lui répondre (ce qu'elle faisait sans aucun problème en temps normal). Elle se contenta de tendre le téléphone à son filleul qui se mit à lire attentivement ce que Gael et elle venaient de découvrir. La mexicaine échangea un regard avec l'argentin. Evidemment, il n'y avait pas de raison de penser qu'il s'agissait là de la seule et unique possibilité, mais les symptômes étaient éclairants...

Les deux adultes levèrent les yeux sur Esteban en même temps de ce dernier les fixait, cherchant une explication, vraisemblablement incapable d'avaler tout debout la description d'un trauma sorti tout droit des méandres d'Internet. En temps normal, Luisa aurait apprécié son scepticisme. Aujourd'hui, il était relativement mal venu, car cela signifiait qu'ils allaient avoir bien du mal à le convaincre.

"Il y a de fortes chances..."

La question dans son regard clair était évidente, et la cheffe d'entreprise n'avait pas envie de lui mentir, mais elle devait bien avouer qu'il serait présomptueux de tirer des conclusions trop hâtives. Ce pourquoi elle suivit la seconde tentative de son filleul avec attention, cette fois, apercevant les signes qui avaient alerté Gael un peu plus tôt.

"..."

Luisa ne répondit pas de suite à la proposition d'Esteban, le laissant se lever et se diriger seul vers la cuisine. La vérité était que l'idée de chauffer du sang humain dans sa cuisine ne l'enchantait guère, elle qui ne mangeait, ne portait ni n'utilisait de produits d'origine animale. Mais il s'agissait d'Esteban, et contrairement à l'opinion populaire, elle adorait son neveu et était prête à tout ou presque pour lui. Instinct familial, sans doute.

Avec un peu de retard donc, Luisa se leva et rejoignit son filleul dans la cuisine américaine juste à côté du salon qu'ils étaient en train d'utiliser. Elle lui posa une main sur l'épaule en passant devant lui pour ouvrir l'un des placards de l'îlot central. Elle en sortit une petite casserole et la lui tendit.

"Tiens. Tu sais te servir des plaques ?"

Le doute était permis. Suivant sa réponse, elle ferait ou non la manipulation elle-même afin d'allumer l'induction, avant de se reculer légèrement. Juste assez pour laisser Esteban gérer -et surveiller si jamais il était incapable de se servir de la casserole- mais suffisamment pour ne pas recevoir de plein fouet les effluves sanguines.

"Ne le laisse pas bouillir, ce serait pire que mieux, je crois."

Et ce n'était ni sarcastique, ni moqueur, pour une fois.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeMar 24 Sep - 23:15

Luisa l'avait exprimé elle-même, sans prendre la peine de mâcher ses mots : la coïncidence était trop grosse pour ne pas correspondre à une forme de réalité, d'autant que le site sur lequel Gael avait cherché l'information semblait plutôt fiable. Cependant, Esteban n'était pas prêt à baisser les bras. Pas si vite. Avant de se résigner, il lui fallait tout tenter.

... Ne serait-ce que parce que si aucune solution ne se présentait à lui, il ne le supporterait pas.

C'est ainsi que le jeune vamp s'éloigna en direction de la cuisine, emportant avec lui le contenu de son verre. Si le sang froid le dégoûtait à ce point, alors peut-être suffisait-il de le réchauffer articiellement pour créer l'illusion.

Tout concentré qu'il était à organiser sa tentative, il ne se rendit pas compte des réticences de Luisa. C'était heureux qu'il en soit ainsi car Esteban l'aurait mal vécu, indépendamment des réelles raisons de la mexicaine, qu'il aurait d'ailleurs intellectuellement tout à fait comprises. La partie la moins rationnelle de son être n'aurait en revanche pas suivi le mouvement.

Il frissonna quand elle toucha son épaule. Nouveau signe de sa nervosité. Il était encore très hébété, ce qui justifiait qu'il l'observât passivement sortir une casserole puis la lui tendre. Suite à un temps de latence digne de son esprit embrouillé, il empoigna le manche de l'objet et soulagea Luisa de son poids.

"Merci..."

Savait-il se servir des plaques ? C'était une question pertinente. Esteban avait depuis longtemps appris à faire son propre caramel : c'était bien la seule notion de cuisine qu'il avait, et la seule chose qu'il réussissait assurément chaque fois qu'il l'entreprenait. Cela lui avait paru important d'apprendre, à l'époque, car il voulait pouvoir en manger n'importe où, à n'importe quel moment du jour et de la nuit, même lorsque les domestiques de ses parents n'étaient pas là pour le lui préparer. Lorsqu'il avait emménagé dans son studio sur le campus - une lubie qu'il avait eue de vouloir faire "comme tout le monde", pour une fois - il avait été particulièrement heureux de son initiative. Et il avait encore amélioré sa maîtrise de la recette, car véritablement personne ne l'aurait alors cuisinée pour lui.

Cela dit, il savait utiliser un modèle de plaque. On retrouvait le même à Little Rock, à Bâton Rouge, ainsi que dans son ancien appartement (... l'appareil était certes ridiculement inefficace, mais son fonctionnement était similaire). S'il en existait d'autres, il n'était pas du tout certain de savoir s'y prendre avec. Il commença donc par tourner les yeux sur le four de Luisa et par en analyser les réchauds avec application. Puis il acquiesça avant de répondre, se donnant involontairement l'air d'un expert en pleine évaluation :

"Oui, pas de souci."

Esteban posa la casserole sur la plaque et vida son verre à l'intérieur. Il ne put retenir une petite grimace et cette fois, elle n'était pas uniquement due à son dégoût maladif. Les vagues rouges intenses qui recoloraient le fond du récipient ne lui paraissaient tout simplement pas naturelles. Faire chauffer du sang humain dans une cuisine ? L'idée était proprement ridicule, au bas mot. Horrifiante, si on voulait être plus exact. Et pourtant... Il tourna les boutons, mettant le feu sur une position moyenne. Son intention n'était pas de tout faire brûler.

Ni de faire bouillir quoique ce soit. Il tourna un regard fatigué sur sa tante, considérant son conseil avec le plus grand sérieux. Il ne savait pas ce qu'il se passait quand on faisait bouillir du sang mais il était approximativement sûr que ni l'odeur ni la saveur ne conviendraient à ses goûts bien involontairement capricieux.

Quelques minutes passèrent. Le sang chauffait doucement et son arôme devenait de plus en plus présent. Malheureusement, et c'était mauvais signe, rien de tout cela ne lui ouvrait l'appétit. C'était une odeur de réchauffé, très différente de celle qui émanait directement des veines humaines. Une odeur rance, insidieuse, qui lui donnait des hauts le cœur chaque fois qu'il mettait le nez au dessus de la casserole. Qui voulait boire du pus cadavérique, peu importe sa température ?

Esteban voulut forcer, car c'était l'opération de la dernière chance. Il plongea le petit doigt dans la casserole - non, ce n'était pas convenable, mais tant pis - et, constatant que la température était adéquate, il glissa ensuite ce doigt dans sa bouche.

... Pour que ses yeux s'écarquillent à nouveau et qu'il le retire bien vite, non sans pousser un gémissement déchirant. Le monde s'effondrait en dessous de lui, et d'ailleurs, ses jambes décidèrent subitement qu'elles ne voulaient plus le porter, alors même qu'une vague de panique l'emportait, suite à la réalisation qu'il était en train d'avoir :

Ça ne marchait pas. Ça ne marchait pas, et il n'avait plus d'autre idée. Ça ne lui laissait plus qu'une solution pour se nourrir.

...Mais c'était impossible. C'était insoutenable. Il allait imploser. Il allait simplement mourir sur place, parce qu'il était impensable qu'il continue d'exister malgré tout le poids de ce qui l'écrasait, tirait sur lui dans tous les sens pour qu'il s'éparpille et ne soit plus qu'un vague champ d'émotions dispersées.

Il glissait. Il serait bientôt au sol. Ses mains entouraient sa tête et il était possédé par un cri silencieux qui ne s'arrêtait plus de sortir, comme dans ces cauchemars étranges où l'on pouvait tout simplement perdre le contrôle de soi-même. Quand sa voix revint, il ne se montra pas beaucoup plus éloquent :

"... Non... non non non non... non non non..."

... Non ! NON ! Il avait envie de hurler sa révolte mais n'y arrivait même pas. Impossible.  Il refusait catégoriquement. Il ne pouvait pas. Comment allait-il faire ? Il n'avait pas le choix. Mais c'était trop pour lui. Tout était trop pour lui. Il voulait perdre connaissance maintenant et ne plus jamais se réveiller.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeSam 28 Sep - 11:51

Luisa avait noté la réaction de son neveu lorsqu'elle avait posé sa main sur son épaule. C'était en partie ce qui l'avait convaincue de rester à proximité malgré la réaction instinctive qu'elle éprouvait face à la... préparation. Elle n'interdisait à personne de son entourage de ne pas préparer la moindre viande en sa présence (elle n'était pas si radicale et en faisait bien trop à sa tête pour imposer quoi que ce soit aux autres), mais elle s'arrangeait en général pour être loin des préparatifs. Avec ce qu'il se passait actuellement dans sa cuisine, c'était impossible et elle en était bien consciente.

La mexicaine passa donc une casserole au vampire et lui posa une question qui aurait pu faire lever les yeux au ciel à n'importe qui mais qui, dans sa famille, était loin d'être superflue. Luisa était intimement convaincue qu'Olivia ne s'était jamais mise devant des fourneaux de sa vie, à part ceux de sa dînette d'enfant -et encore elle était certaine qu'elle faisait comme si la nourriture apparaissait comme par magie quand elle tenait ses salons de thé imaginaires. Il n'était donc pas déraisonnable de penser qu'Esteban pourrait ne pas savoir utiliser les plaques correctement. D'ailleurs, le jeune homme ne se vexa pas de la question et prit au contraire le temps d'étudier attentivement l'objet avant de lui répondre. Comme quoi.

Une fois qu'elle eut obtenu satisfaction, Luisa se recula donc légèrement pour laisser son filleul s'occuper de sa tambouille et fit son maximum pour retenir la grimace qu'elle avait sur le bord des lèvres. Au lieu de penser à ce qui tournait dans sa casserole, elle se concentra sur le dos d'Esteban. Il était tendu, c'était une évidence. La cheffe d'entreprise pinça les lèvres. Même elle était capable de sentir l'odeur du sang qui montait dans la cuisine, et le fait que cela ne fasse pas réagir le jeune homme de manière positive en disait long. La mexicaine comprenait qu'il ait voulu essayer, mais cela ne semblait que malheureusement confirmer leurs doutes : Esteban faisait probablement une réaction phobique aux poches de sang. Luisa retint un soupir : il ne leur manquait plus que cela, en réalité.

Elle sortit son téléphone dans l'optique de chercher une solution convenable, mais s'arrêta immédiatement en entendant le vampire gémir bruyamment. Très vite, elle remit l'objet dans sa poche et se précipita à la rencontre d'Esteban, glissant ses bras autour de sa taille et accompagnant sa chute sans un mot. Il était inutile de chercher à lui faire garder les pieds au sol. Bientôt, ils furent tous les deux sur le sol de la cuisine et Luisa entreprit de passe une main dans les cheveux de son neveu en lui chuchotant des mots doux pour tenter de le calmer. Il n'y avait pas grand chose de plus qu'elle pouvait faire pour le moment. Il leur fallait attendre que la réalisation cesse d'être trop dure, qu'il se remette un minimum.

Mentalement, Luisa était déjà en train de réfléchir. Il était hors de question de réveiller Karl pour qu'il serve de donneur : l'étudiant était épuisé et avait besoin de reprendre des forces après avoir veillé aussi longtemps. Envisager l'idée que Gael ou elle serve à nouveau de calice était dangereux : elle se sentait en forme -et elle était convaincue que le garde du corps dirait la même chose- mais cela ne voulait pas dire que leurs corps seraient capables de subir une deuxième perte de sang en si peu de temps. Pour l'argentin toujours, il était même certain que ce serait dangereux au vu de son état de la veille. Il leur fallait donc quelqu'un d'autre. Mais elle n'avait pour le moment aucune idée de qui.

Elle s'en préoccuperait en temps voulu. Le plus important actuellement était de réguler la crise d'Esteban, en train de s'effondrer dans ses bras. Elle le serra un peu plus fort, chuchotant des mots doux à son oreille, lui affirmant qu'ils allait trouver une solution et que tout irait. Elle ne voulait pas lui mentir en ajoutant "bien", car elle savait que c'était pour le moment impossible. Mais ils y arriveraient. Parce qu'elle était là, qu'ils étaient ensemble et qu'ils se soutiendraient quoi qu'il arrive.

Il fallait vraiment qu'elle s'occupe d'Olivia une fois la situation d'Esteban stabilisée.

Gael, de son côté, avait préféré laisser Luisa gérer la crise du jeune homme : il savait qu'Esteban n'était pas forcément rassuré par sa présence, faute à divers événements, et il ne souhaitait pas réveiller des traumas qui frémissaient déjà suffisamment à la surface. Le nez toujours plongé dans son téléphone, le garde du corps tentait donc de voir s'il existait d'autres solutions. Il voyait bien certaines choses passer, mais n'était-ce pas terriblement proche d'une idée de trafic d'êtres humains ? D'autant que cela signifiait amener un.e inconnu.e ici, et il n'était pas convaincu que ce soit une bonne idée.

Mais cela restait envisageable en derniers recours.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeSam 28 Sep - 22:38

Ce n'était même pas de la peine... C'était de l'horreur pure et dure. Elle pulsait dans ses veines comme de l'essence. Elle formait autour de lui un grand halo glacial, dans lequel il se noyait complètement. Par terre, il reposait contre Luisa, mais tout ce qu'il sentait, c'était le sol qui continuait de se dérober sous lui. Il chutait à grande vitesse, comme si les nombreux étages du gratte-ciel avaient disparus, et que plus rien ne l'empêchait d'affronter directement la gravité. Il voyait blanc, et il criait sans crier. Ses poumons se vidaient à s'en faire mal, sans qu'un son ne daigne sortir. Ses mains étaient autour de sa tête et tout à la fois partout en haut, en bas, sur les côtés... Ses bras n'avaient plus de position fixe, alors même qu'ils restaient parfaitement immobiles.

Tous les soirs, il lui faudrait sortir, s'engager dans ces quartiers sordides où il avait perdu la vie, chercher de vulgaires donneurs de sang, uniquement intéressés par le plaisir pervers de la morsure vampirique ?

Non. Impossible.

Il ne le voulait pas, mais ce n'était même pas ça le souci : il en était parfaitement incapable. Sortir... Être vu comme le monstre qu'il était. Aborder ces gens... Leur faire cette demande abjecte, et s'humilier ainsi tous les soirs à répétition, pour une durée dont il n'avait aucune notion ?

Non. Impossible.

Retourner à ses précédentes résolutions, alors ? Rester abstinent ? Se restreindre aussi longtemps qu'il en était capable, à tout le moins ?

Ça non plus, ça n'était pas possible.

Il comprenait les risques, dorénavant. Le procès l'empêcherait de rester isolé dans son penthouse autant qu'il l'aurait souhaité. Même sans cela, on pouvait compter sur les humains de son entourage pour prendre des risques inconcevables en montant le voir, comme ce soir. Il aurait beau essayer des les tenir éloignés, il n'y arriverait pas forcément. Mal se nourrir, c'était prendre le risque de les attaquer, de les blesser.

Y avait-il une porte de sortie quelque part ?

Il étouffait sous le poids de sa propre panique. Un filet se resserrait progressivement autour de lui et il n'y trouvait aucune faille... Aucune solution viable à ses problèmes. Il devait changer ses habitudes de vie drastiquement, et il ne savait pas comment faire.

Il devait devenir une autre personne, et il refusait de faire le deuil des dernières bribes qu'il restait encore de son ancien lui. C'était la même chose que lorsqu'il refusait entièrement de boire du sang, en bien pire.

Et s'il y prenait goût ? Et s'il se changeait en cette créature mauvaise, assoiffée de sang, qu'on lui avait décrit en long, en large et en travers ? Était-ce souhaitable, pour ne plus souffrir ? Ou était-ce un cauchemar ?

... C'était un cauchemar. Cette constatation, sortie de tout contexte, résumait entièrement ce qu'il vivait. Affreux. Irréel. Des doigts dans ses cheveux... Des sensations externes ?

Pour le meilleur et pour le pire, Esteban revenait à lui. Il prenait conscience de Luisa, des mots doux qu'elle glissait dans son oreille, du sol dur en dessous d'eux... De cette étreinte qu'il ne méritait pas, au même titre que ses encouragements, fondés sur une réalité qui lui paraissait bien différente de la sienne.

Comment cela pourrait-il aller ? Tout ce qu'il sentait, dorénavant, c'était ce qui pulsait dans ses veines. La soif lui donnait des envies inavouables, impitoyable, présente même au plus inadapté des moments.

Les cris muets cessèrent. Il fondit en sanglot. Avant de plaquer son front dans le creux du cou de Luisa, néanmoins, il prit soin de plonger ses crocs dans sa propre main. Ça faisait un mal de chien... Mais il n'y avait que ça qui lui permettrait d'être certain de ne céder à aucune de ses abominables pulsions. Une grimace déforma son visage. Des éructations rauques accompagnaient ses pleurs : Esteban se dégoûtait profondément.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeDim 29 Sep - 22:41

Il ne l'entendait pas. Luisa avait l'impression que peu importe ce qu'elle faisait, cela n'atteindrait jamais le jeune homme qu'elle serrait pourtant sans ses bras à s'en faire mal. Esteban était entré dans une nouvelle crise, induite par cette nouvelle qui s'empilait au-dessus des autres. C'était un véritable cauchemar. A chaque pas qu'ils faisaient, ils se heurtaient à de nouvelles difficultés.

C'était une bonne chose que la mexicaine soit la plus têtue de la famille (et c'était peu dire) ! Il était hors de question qu'elle baisse les bras et abandonne. Ils trouveraient une solution, elle en était persuadée.

Sans pouvoir faire quoi que ce soit d'autre, Luisa continuait de serrer son neveu dans ses bras. L'une de ses mains se logea dans ses cheveux, continuant de lui murmurer tous les mots doux qui lui venaient par la tête, sans vraiment chercher à ce qu'ils fassent sens.

A force d'efforts, elle finit par le toucher. Il revenait à la réalité. Ses cris muets se transformèrent en pleurs... puis il se tourna afin de poser son front dans son cou. Luisa expira profondément. Ce n'était pas une délivrance, mais c'était un début. Elle le serra contre elle, posant sa tête sur la sienne et continuant ses caresses et ses mots doux.

Elle ne se rendit pas compte de suite de ce qu'il était en train de faire. Puis elle sentit quelque chose d'étrange, comme si sa main était dans son cou. Elle s'écarta légèrement, juste pour voir ce qui était en train de se passer et eut un bruit de surprise. Forçant sur ses bras, elle se redressa pour passer en position assise, entraînant Esteban avec elle.

"Tebi, ne fait pas ça. Arrête, s'il te plaît."

Elle posa une main sur la sienne, forçant doucement pour la retirer de sa bouche. Bon sang, ça devait faire un mal de chien ! A quel point était-il insensible à la douleur maintenant ? Les vampires souffraient comme tout le monde des blessures physiques, non ? Si ce n'était qu'ils étaient plus résistants...

"...Lâche ta main Tebi, s'il te plaît. Lâche... Laisse..."

Elle le lui répéta tout le temps nécessaire à ce qu'il effectue la tâche, puis fit bien en sorte de garder sa main dans la sienne. Elle entrelaça ses doigts aux siens et fit glisser leurs bras jusqu'au sol, s'assurant qu'il ne recommencerait pas son geste.

Elle n'avait aucune idée du temps que cela avait pris. Elle reprit après un instant de silence, reposant sa tête sur ses cheveux et frottant sa joue contre ces derniers en signe d'affection.

"Cela paraît insurmontable à présent, mais ça ne le restera pas. Je te le promets. Nous trouverons une solution. Mais pour le moment il faut s'occuper des étapes une à une, d'accord ? Commençons par nous relever."

Luisa n'initia pourtant pas le mouvement. Elle ne le ferait que si Esteban bougeait, pas avant. Il fallait lui laisser la main-mise sur quelque chose, aussi minime que ce soit. Il y avait tellement peu de choses qu'il contrôlait en ce moment...
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Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Vote_lcap14/30Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 160125120054759347  (14/30)

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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitimeLun 30 Sep - 0:04

La douleur était horrible, mais bienvenue. Elle le ramenait à la réalité. Lui évitait de repartir quelque part, dans un sombre coin de son esprit où ne coexisteraient plus que ses ténèbres intérieures et sa soif. Qui sait ce qui aurait pu arriver dans un pareil cas ?

Puis rien n'était pareil lorsqu'on savait qu'on allait guérir presque immédiatement de ses blessures. Les hurlements de ses terminaisons nerveuses n'indiquaient pas la longue convalescence ni les séquelles qu'elles auraient dû signifier.

"Tebi, ne fait pas ça. Arrête, s'il te plaît."

Il ouvrit les yeux. Poussa un gémissement plaintif lorsque Luisa tenta de lui faire lâcher prise. De le faire éloigner la main de sa bouche. Ne comprenait-elle pas que c'était la seule façon qu'il avait d'être sûr qu'il n'allait pas l'attaquer ?

Cela mit donc un temps conséquent, car il était bien décidé à tenir bon. Mais c'était Luisa. Elle était aussi têtue que lui. Dans l'état de détresse et de fatigue psychologique qui le caractérisait en ce moment, il n'était plus un adversaire à sa hauteur. Son insistance l'épuisait, au point qu'il finit par obtempérer pour qu'elle cesse de forcer, de répéter, de ne se focaliser que là-dessus. Ses sanglots doublèrent immédiatement en volume.

Elle prit sa main... Il l'arracha. Il trouva le bon sens d'en essuyer le dos écorché contre ses vêtements, puis il laissa sa tante kidnapper ses doigts à nouveau, si elle le souhaitait. On aurait pu trouver étrange qu'il pense à ce détail dans l'état où il était, mais c'était une chose à laquelle il était très sensible : il en avait fallu très peu pour le transformer. Il ne voulait pas d'un accident.

Il louchait sur les veines qui étaient à une distance indécente de son visage. Sa respiration devenait rauque. Son corps tremblait légèrement de l'effort qu'il faisait pour ne pas céder à ses pulsions, encore bien mal contrôlées. La veille, il aurait été incapable d'une telle retenue. Mais ce n'était encore pas assez pour lui. Le danger était présent. Son comportement, hideux. Bestial.

Il peinait atrocement à se concentrer sur ce que Luisa disait.

Insurmontable. Solution ? Étapes ? Se relever.

Se relever. Oui... Il fallait qu'il se relève. Il n'y avait que ça qui l'éloignerait efficacement de sa tante avant qu'il ne la confonde pour de bon avec un casse-croûte géant. Parce que c'était prioritaire, il fut rapide à réagir. C'était bien.

Ce qui l'était moins, c'est que de fil en aiguille, il commença par s'éloigner, sans lui laisser d'autre option. Il refusait donc son aide, alors qu'il tenait à peine sur ses jambes. Ce n'était pas idéal, mais c'était nécessaire.

Lentement, comme un ivrogne qui aurait perdu le sens de l'équilibre, il chercha des prises autour de lui pour s'appuyer. Il se servit du plan de travail et de la cuisinière, contre lesquels il appuya lourdement son poids dès que ce fut possible. L'accident était probable.

... L'accident était là. Son coude toucha la casserole qui perdit l'équilibre et se répandit sur le sol dans un vacarme monstrueux. Mais ce n'est pas ça qui perturba le jeune homme, lequel porta plutôt son attention sur les flaques de sang projetées au sol. On aurait dit une scène de crime. Ses pupilles s'étrécirent, ses mains retournèrent entourer sa tête.

... Du sang. Il lui fallait du sang mais pas ce sang.
............ Scène de crime.
... Il avait besoin de sang. Rouge. Salé. Il l'entendait pulser dans trois corps différents.
............................... Assaut... Meurtre... Assassinat.
... Boire du sang, tout de suite.
................ Crime.

Les pensées bouillonnaient, les perceptions omniprésentes arrivaient à saturation et il se rendit compte qu'il n'allait pas pouvoir le supporter plus longtemps. Ces tentations, alors qu'il ne pouvait, ne devait mordre aucun des humains présents dans cette pièce, devenaient purement ingérables. A bout, il poussa un cri de désespoir poignant. Puis il disparut littéralement sous les yeux de Luisa. La porte de la salle de bain claqua. On verrouilla un loquet.

Il ne sortirait pas de là avant que la violence du besoin de sang ne se calme un peu. Il était hors de question qu'il fasse prendre le moindre risque à Karl, Gael ou Luisa.

"... Je vais bien."

Façon de parler. Il voulait simplement que Luisa comprenne qu'il était revenu à lui, et qu'il n'allait pas chercher à se blesser, ou quoi que ce soit de cet ordre.

"Mais j'ai... besoin.. d'espace. Désolé pour le sol."

Et peut-être avait-il aussi besoin d'une douche froide. Il était au bon endroit pour ça, mais pour le moment, juste prostré dans un coin, comme si il avait cherché à fusionner avec le mur carrelé.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 6 Icon_minitime

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