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 Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.

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Luisa Selva Moreno
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeDim 20 Mai - 21:59

Et Karl eut bien fait de se retenir, car si Luisa l'avait vu sourire ainsi elle se serait effectivement certainement vexée de s'être fait avoir comme une bleue... ce qui n'aurait fait que renforcer l'impression de ressemblance plus que flagrante entre la tante et le neveu. Bien entendu, l'une comme l'autre s'en défendait, mais quiconque les côtoyait suffisamment pouvait se rendre compte qu'il était impossible pour eux de nier leur lien de parenté, que ce soit par le physique ou leurs caractères bien plus proches qu'ils ne l'admettraient. Mieux valait donc se contenter d'en sourire intérieurement, et ce même quand la cheffe d'entreprise intrépide à la poigne de fer laissait se fissurer le masque qu'elle gardait en permanence entre le public et le privé. Non pas que cette soirée n'entre pas dans la seconde catégorie mais... Et bien, Luisa était ainsi, tout simplement. Ce n'était pas son genre d'admettre ses faiblesses. Et le fait qu'elle le fasse aussi facilement en disait en réalité bien plus long sur son état qu'elle ne le voudrait.

C'est également pour cette raison qu'elle finit par présenter des excuses à haute voix, chose qui n'arrivait absolument jamais, comme Gael le signifia immédiatement après. Elle savait que c'était sa façon à lui de lui dire que ce n'était pas un problème. L'argentin avait toujours été dévoué à la famille Selva Moreno, ou plutôt à Olivia, Luisa et Esteban. Il ferait n'importe quoi pour l'un d'entre eux, comme il l'avait encore prouvé ce soir en frôlant la mort (n'ayons pas peur des mots) pour nourrir un jeune vampire n'ayant rien ingurgité depuis des semaines. L'important pour lui était qu'à présent ils avaient une chance concrète d'aider Esteban, peu importe les moyens par lesquels ils avaient dû procéder.

Il s'avéra que Karl pensait à peu près la même chose, comme il le signifia en prenant à son tour la parole. Luisa n'avait pas relevé la tête de son assiette en l'entendant ricaner (...elle l'avait mérité, et le fait qu'elle le pense montrait encore une fois le stade de fatigue auquel elle se trouvait) mais le fit lorsque l'étudiant commença à parler. La brune sourit légèrement et hocha brièvement la tête. La conversation était terminée, ce qui n'était pas plus mal, car elle n'était pas à l'aise avec ce genre de discussions. Les sentiments, ce n'était pas vraiment son truc, beaucoup plus celui d'Olivia.

Cependant, la mexicaine ne put s'empêcher de remarquer une fois encore à quel point les caractères des autres deux humains présents étaient proches. Elle eut un léger rire : en fin de compte, elle ne devrait pas s'en étonner. L'un était le meilleur ami de la mère, l'autre du fils, et quand on connaissait la ressemblance entre ces deux-là il était plus que logique de voir qu'ils s'entouraient du même type de personne.

Le garde du corps haussa un sourcil interrogateur dans sa direction auquel elle ne répondit pas, se contentant de retourner à son assiette avec un sourire mystérieux sur le visage. L'homme ne s'en préoccupa pas plus que cela. Tout d'abord, parce qu'il n'avait pas les capacités physiques ou psychiques de le faire pour le moment, mais aussi parce qu'il connaissait assez Luisa pour savoir que quelle que soit la réflexion qu'elle venait de se faire, elle finirait bien par la partager à un moment ou un autre. Il préféra donc se concentrer sur sa nourriture, bien plus compliquée à ingurgiter que dans des circonstances habituelles. En réalité, ses yeux papillonnaient et il sentait que la terrible fatigue qui lui avait laissé un instant de répit un peu plus tôt refaisait surface...

"Tu devrais manger un peu, Karl."

La prise de parole soudaine dans le calme et silencieux penthouse eut le mérite de capter l'intérêt du garde et donc de le réveiller assez pour jeter un oeil à la scène qui se déroulait en face de lui. Luisa avait relevé la tête de son assiette entre deux bouchées pour prendre une nouvelle gorgée d'eau et remarqué le regard que l'étudiant posait sur son ami. La fatigue dans ses yeux avait laissé place à une certaine forme de tendresse. Il était clair que les deux jeunes tenaient énormément l'un à l'autre, comme elle avait pu en être témoin dans la salle de bain, malgré la façon dont Esteban niait avec plus ou moins de véhémence. Franchement, la mexicaine ne comprenait pas ce que sa soeur avait contre le jeune Ziegler. Il était intelligent et intuitif, adaptable et supportait les frasques de son imbécile de fils sans se plaindre... Il avait tout pour plaire !

Ou presque, évidemment. C'était donc avec un sourire compréhensif et une voix si calme qu'elle en était presque douce que Luisa avait conseillé au jeune homme de manger à son tour. Ce n'était pas parce qu'il n'avait pas donné son sang qu'il n'allait pas avoir besoin de forces. Après tout, ils avaient encore du pain sur la planche, même si -normalement- le pire était passé.

Luisa allait ajouter autre chose quand elle sentit brusquement un poids sur son épaule. Elle tourna la tête pour tomber nez à nez avec celle de Gael qui, les yeux fermés, semblait perdre la bataille contre le repos qu'il avait également bien mérité. Elle fit la moue (oui, celle-là) et tourna à nouveau le regard vers Karl.

"A ton avis, vaut-il mieux qu'il essaie de manger encore un peu ou qu'on le laisse dormir ?"

Il avait avalé quelques bouchées et bu un autre verre, ce qui n'était pas si mal mais toujours minuscule comparé à la quantité de sang qu'il avait donnée. Néanmoins il était également épuisé, et le forcer à manger quoi que ce soit de plus pourrait être plus contre-productif qu'autre chose... Le choix n'était pas si aisé.

Dans son demi-sommeil, l'argentin grommela des paroles inaudibles.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeLun 21 Mai - 9:38

La réaction de Karl à la proposition formulée fut relativement immédiate, il n'avait pas eu besoin de réfléchir. La spontanéité réflexe de sa décision fut trahie par la façon dont il commença à bouger avant que Luisa ait entièrement fini sa phrase. Avec un léger sourire, il leva les mains en signe de refus poli :

"Merci, mais je vais bien."

Ce n'était pas entièrement vrai : il commençait effectivement à avoir faim. Il était tard et la soirée avait été lourde en émotions. Cependant il était selon lui hors de question qu'il pioche dans la nourriture de Luisa, et encore moins de Gael. Ils en avaient bien plus besoin que lui, qui pourrait se nourrir en rentrant, et qui n'était pas au bord de l'anémie.

Il s'en serait voulu de les priver d'une part utile à leur convalescence, et puis cette subite mise en avant le mettait mal à l'aise. Ils n'étaient pas ici pour s'occuper de lui, lequel pouvait d'ailleurs très bien le faire tout seul, compte-tenu du fait que son état était loin d'être critique, contrairement à celui des trois autres protagonistes présents. L'intérêt de Luisa était flatteur, mais un peu gênant. Karl n'avait jamais aimé être au centre de l'attention. Esteban était en cela le meilleur meilleur ami qu'il aurait pu avoir : son exubérance, autant que sa célébrité, attiraient à lui tous les regards, laissant au jeune norme la place à l'ombre qu'il préférait largement. Même si parfois, cela signifiait aussi supporter les maladresses et le manque de respect d'un adolescent multimilliardaire qui n'avait pas toujours le sens de la décence dans ses relations.

Sauvant (provisoirement) Karl, que Luisa n'allait très certainement pas laisser s'en tirer à si bon compte, Gael tomba comme une pierre sur l'épaule de la mexicaine, et attira immédiatement à lui les regards inquiets des deux normes encore conscients. Aucun d'entre eux n'était médecin. Ils pouvaient difficilement affirmer quoique ce soit de façon certaine.

Luisa cherchait à se rassurer en lui demandant son avis sur la question, mais le fait était qu'il n'en savait pas plus qu'elle. Il hocha la tête de droite à gauche, et haussa les épaules, impuissant.

"En toute franchise, en l'absence de l'expertise d'Esteban pour nous prévenir d'une urgence à venir, je serais d'avis de faire appel à un professionnel."

Il n'était tout de même pas normal que Gael s'évanouisse à plusieurs reprises de cette façon. Il était épuisé, ce qui par contre l'était, normal. Mais dans ces proportions, un avis médical, et peut-être une surveillance en hôpital, auraient probablement été le choix avisé. On ne pouvait pas faire venir n'importe qui ici, et il faudrait inventer une explication qui n'implique pas Esteban. C'était compliqué. Mais pouvait-on risquer la vie de Gael sous ce prétexte ?

"... En attendant, je suppose que ça n'aiderait pas énormément qu'il s'étouffe en avalant de travers."

Si Gael était encore suffisamment conscient pour les entendre, il allait détester cette discussion. Karl en était bien désolé : il n'aurait pas aimé non plus. Cependant, il leur fallait être un minimum prudents et réalistes.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeVen 27 Juil - 16:12

Luisa haussa les sourcils en direction de Karl avant même qu'il ait fini de s'exprimer. Car si sa réponse était spontanée, elle était également prévisible : la mexicaine connaissait bien ce genre de caractère qui restait dans l'ombre et refusait qu'on s'occupe de lui lorsqu'il estimait qu'il y avait plus important (c'est-à-dire tout le temps) : l'homme à ses côtés était fait du même bois. Elle n'aurait pas dû s'en étonner. Ce n'était pas un regard de reproche pour autant. Plutôt un "Tu crois vraiment t'en sortir comme ça ?", qui prouvait que la cheffe d'entreprise avait retrouvé un peu de son éternelle énergie.

Cependant, elle comprenait également qu'il puisse considérer son état comme secondaire, dans ce contexte précis. Il n'était pas un vampire à la psyché visiblement éreintée s'étant nourri pour la première fois depuis des semaines, ni les personnes ayant brisé le jeûne dudit vampire en servant de casse-croûte au-delà des limites du raisonnable. Bien qu'il minimise son rôle et/ou ses problèmes la plupart du temps, c'était cette fois probablement justifié.

Mais quand même. Luisa était fatiguée et sa faim avait partiellement été à l'origine de cette commande. Néanmoins, elle savait parfaitement que la part que constituait sa commande allait être trop importante pour elle : elle n'avait pas l'appétit de moineau d'Olivia, mais n'était pas non plus une grande mangeuse, il était rare qu'elle finisse son assiette en-dehors des grands restaurants gourmets qu'elle fréquentait lors de ses repas d'entreprise, où l'esthétisme de l'assiette était généralement privilégié à la quantité de son contenu.

Elle s'apprêtait donc à lui expliquer qu'il ne la priverait en rien en prenant un peu du contenu de son assiette, ne serait-ce que pour ne pas risquer de se sentir mal à son tour, quand elle sentit un poids sur son épaule et tourna la tête pour trouver celle d'un argentin luttant difficilement contre le sommeil (ou l'évanouissement, le doute était permis).

Dans un autre contexte, Luisa aurait secoué la tête avec un amusement faussement agacé. C'était tout à fait le genre de Gael de trouver un moyen de détourner l'attention de ceux qui ne la souhaitaient pas, quitte à passer lui-même provisoirement sous les feux de la rampe alors que c'était quelque chose qu'il détestait. C'était le type de petits sacrifices qu'il était prêt à faire pour les personnes qu'il appréciait. Mais la mexicaine savait parfaitement que le geste ici n'avait absolument rien de calculé. Le garde du corps était dans un état déplorable et n'arrivait pas à le cacher malgré ses tentatives successives de minimiser la situation au cours de la soirée.

Plus inquiète qu'elle ne l'avouerait ou le montrerait jamais -nouvel indice signifiant qu'elle avait repris du poil de la bête, puisqu'elle s'était montrée bien plus vulnérable que d'habitude ces dernières minutes- Luisa se tourna à nouveau vers Karl pour lui demander son avis. Ils étaient à présent dans une sorte d'impasse où aucun des choix qui se présentaient directement à eux ne paraissait bon, ce que la réponse de l'étudiant ne fit que lui confirmer.

A la mention d'Esteban, elle tourna prudemment la tête vers son neveu. Ce dernier était toujours profondément endormi -ou en "veille", puisque les vampires ne dormaient jamais vraiment- et paraissait bien plus paisible qu'éveillé. ...Ce qui, vu son état, n'était pas vraiment un critère, mais il était hors de question de le priver de ce repos psychique pour lui demander de les assister concernant Gael. La proposition de Karl était donc plus logique et plus raisonnable.

Cependant, elle allait s'avérer difficile à mettre en place : il était évident que Gael ne pourrait pas se conduire lui-même à l'hôpital (il était hors de question que cette possibilité soit ne serait-ce qu'évoquée), et faire venir quelqu'un ici allait être un risque de plus... mais le cheminement de pensées de Luisa suivait celui de Karl : était-ce vraiment un prétexte pour mettre la vie de Gael en danger ?

Les sourcils froncés en signe de réflexion, la mexicaine hocha distraitement la tête en entendant la nouvelle réplique de l'étudiant. Evidemment, il valait mieux éviter de...

"Mhm... Vous êtes insupportables."

Luisa haussa un sourcil en direction du garde du corps qui s'était exprimé d'une voix pâteuse, sans bouger la tête ni même ouvrir les yeux.

"Parce qu'on s'inquiète de te voir t'évanouir et t'étouffer en plongeant la tête dans ton assiette ? Je tiens à te signaler que je ne suis pas un coussin, dans ce cas."

La cadette Selva Moreno ne fit cependant pas le moindre mouvement montrant qu'elle attendait effectivement de l'argentin qu'il s'éloigne. Par ailleurs, malgré ses paroles, son ton était bien plus doux et amusé que vexé et montrait indirectement qu'elle comprenait le sens que Gael avait voulu donner à ses paroles, sans pour autant l'accepter : elle voulait bien que le garde du corps estime qu'il ne soit pas nécessaire de s'intéresser à lui 98% du temps, mais s'il y avait bien un moment où il fallait le faire, c'était quand il s'évanouissait à tout bout de champ après une très importante perte de sang ayant déclenché des hallucinations passagères.

Ce ne fut qu'après quelques dizaines de secondes que Luisa claqua des doigts, se rappelant de quelque chose.

"Quand j'ai parlé avec les voisins... Il me semble que celui du 15C est un ancien spécialiste à la retraite. Lui ou sa femme, je ne sais plus exactement. Je peux peut-être les convaincre de t'examiner ? On pourrait aviser ensuite s'ils estiment qu'il te faut quelque chose de plus formel."

Et il serait plus facile de convaincre deux de leurs voisins de se taire plutôt qu'un éventuel médecin qu'ils choisiraient dans l'annuaire. Voire de se rendre chez Luisa pour procéder à tout cela, mais déplacer le garde n'était absolument pas une bonne idée pour le moment (...peut-être serait-il possible de le faire avec Esteban cependant, ne serait-ce que pour qu'on ne le reconnaisse pas), d'autant que Gael n'avait toujours pas bougé et ne s'exprimait que par des bruits de gorge plus ou moins distincts. La cheffe d'entreprise se tourna vers Karl.

"Tu le côtoies plus que moi dernièrement... A ton avis, ça veut dire qu'il est d'accord ?"

Cela ne la dérangeait pas d'aller chercher le couple une fois qu'elle tiendrait sans problème sur ses jambes : elle faisait amplement confiance à l'étudiant, d'autant que pour le moment il n'y avait plus (trop) de danger.


Dernière édition par Luisa Selva Moreno le Mar 5 Mar - 19:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeJeu 9 Aoû - 22:15

Karl crut bien un instant que Luisa allait finir par lui enfoncer une part de curry dans le gosier indépendamment de sa volonté, mais l'intervention involontaire de Gael changea la donne.

Ce n'était pas une excellente nouvelle pour autant : son état, malgré les propos rassurants tenus par Esteban plus tôt, était extrêmement inquiétant. Le garde du corps n'était certes pas très loquace en temps normal mais là, il paraissait avoir des moments où il perdait entièrement contact avec la réalité et ne les entendait/écoutait même plus. Et puis évidemment, il y avait cet autre souci : il n'arrêtait pas de s'évanouir.

Lorsqu'il fit preuve de suffisamment de lucidité pour râler sur Karl et Luisa, l'étudiant ne put empêcher un large sourire - en coin malgré tout - de déformer ses lèvres. Il était soulagé de voir Gael suffisamment conscient pour réagir, qui plus est avec humeur, comme on aurait pu l'attendre de sa part dans ces circonstances. Cela prouvait qu'il les avait écoutés, et aussi qu'il n'avait pas encore entièrement le pied au bord de la tombe.

Discret, tel qu'à son habitude, Karl laissa Luisa répondre à l'entêté sans prendre la peine d'y rajouter quoique ce soit : elle avait été suffisamment éloquente. En revanche, il redressa la tête et l'écouta attentivement quand elle ouvrit la parole pour faire part d'un plan qui venait de lui apparaître.

Les sourcils froncés, les lèvres pincées, Karl convenait qu'il s'agissait de la meilleure option à leur disposition. Mais les faire monter jusqu'ici ? Voisins ou pas , discrets ou pas... Cela paraissait à Karl extrêmement imprudent. Fallait-il vraiment choisir entre la sécurité de Gael et celle - à long terme - d'Esteban ?

Coupé dans ses réflexions par une amusante question de Luisa, l'étudiant se reprit à sourire compulsivement, et il haussa les épaules : selon lui, Gael n'était pas d'accord pour grand chose, mais devait tout de même avoir conscience de la nécessité de toute cette opération. Son grognement était probablement... un signe d'assentiment, de mauvaise grâce et à contrecœur, mais tout de même. Aussi peu soucieux de sa santé fut-il, le garde du corps était un homme raisonnable et il se doutait bien qu'il n'allait pas les aider longtemps si il passait l'arme à gauche en plein milieu du penthouse d'Esteban, faute à trop d'imprudence.

"A mon avis, je pense que nous sommes tous d'accord pour dire qu'aucun autre choix n'est envisageable... Que cela soit agréable ou non. Par ailleurs..."

Karl leva les yeux sur Esteban. Puis sur le plafond de verre, qui commençait doucement mais sûrement à s'éclaircir. Demander au jeune vamp d'utiliser ses pouvoirs pour déplacer Gael n'était - psychologiquement parlant - pas la meilleure idée du siècle. Cependant, accueillir quiconque d'étranger dans le penthouse non plus. Il leur fallait de toute façon faire en sorte de déplacer le vamp jusqu'à l'appartement de Luisa avant que le jour ne se lève. Ils avaient pensé à l'excuse du coiffeur, mais celle-ci fonctionnerait aussi. En plus d'assurer l'anonymat du jeune vamp de bien des façons.

Là encore, c'était une solution imparfaite, mais probablement la seule valable qu'ils avaient.

"Malheureusement, je pense qu'il nous faut le réveiller. Ça ne peut pas se passer ici. Et il faut de toute façon le faire descendre avant qu'il ne commence à faire jour."

Cette fois, il se tourna vers Luisa. Luisa n'était pas Olivia, mais si il existait quelqu'un à qui cette tâche devait être laissée, c'était probablement elle. Esteban avait besoin de ses amis, mais dans un cas pareil, c'était sa famille qui primait. Quitte à ce que cela contrarie encore quelqu'un d'autre, cette fois de servir de substitut à une personne qui n'était pas ici...

... c'était de toute façon la soirée des solutions imparfaites.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeDim 28 Avr - 21:43

La situation avait perdu une partie de sa tension. Cela ne voulait pas dire que tout était calme pour autant, car l'ascenseur émotionnel avait fait pas mal de trajets depuis le début de la soirée. Cependant, avec Esteban nourri et endormi (ou du moins ce qui s'y apparentait le plus pour un vampire) et Gael qui semblait doucement mais sûrement reprendre ses esprits malgré une fatigue flagrante, il semblait que le plus gros de la tempête était passé. Pour le moment.

Luisa n'était pas la seule à se sentir soulagée. Au petit sourire en coin que Karl laissait passer, son angoisse à lui devait également s'être légèrement dissipée. C'était bien. La mexicaine avait certes été impressionnée par ce qu'elle avait vu chez de gamin, mais il n'en restait pas moins un enfant de l'âge de son neveu... beaucoup plus mature, beaucoup moins naïf, mais qui ne devrait pas pour autant en avoir autant sur les épaules. C'était une bonne chose qu'il se détende un peu. Evidemment, elle aurait préféré qu'il accepte de manger un peu, mais on ne pouvait pas tout avoir. Et puis, leur nouvelle préoccupation l'avait détournée de cette mission.

Esteban devait quitter cet endroit avant que le jour se lève et Gael avait besoin d'un avis médical. Luisa avait bien une idée, qu'elle partagea à voix haute, principalement pour Karl, puisqu'il semblait qu'ils n'étaient plus que deux à pouvoir prendre des décisions éclairées en cette fin de nuit. L'interlude de grognements du garde du corps permit néanmoins de repartir sur quelque chose d'un peu plus léger, même s'il ne fallait pas se leurrer : si la cheffe d'entreprise rebondissait dessus, c'était principalement parce qu'elle était soulagée de l'entendre, même pour des borborygmes incompréhensibles.

La réponse de l'étudiant la fit hocher légèrement la tête, avant qu'elle suive son regard vers le plafond. Qui s'éclaircissait dangereusement. Un juron marmonné entre deux rangées de dents impeccables lui échappa, du genre de ceux qui auraient fait frémir Esteban s'il avait été éveillé... et qu'elle adorait jeter en temps normal pour déclencher cette moue contrariée qu'il avait en commun avec sa mère.

"...En effet."

Karl avait raison. Ce n'était pas très étonnant, le gamin avait l'esprit affûté et ne parlait pas pour ne rien dire. Des qualités qu'elle appréciait, il aurait fait un bon assistant... il étudiait la communication, non ?

...Ce n'était pas le moment. Prenant une nouvelle bouchée de son curry de lentilles, Luisa se tourna vers les deux autres Normes qui la regardaient (l'un de façon plus vitreuse que l'autre) et soupira fortement. Elle n'aimait pas du tout cette situation, mais elle n'était certainement pas la seule. Et autant elle adorait se plaindre en temps normal (tare familiale), autant ce n'était particulièrement pas le moment. Elle posa ses couverts avant de se tourner vers son neveu, qui paraissait dormir paisiblement...

...probablement parce que, pour la première fois depuis des semaines, son cerveau ne remuait pas de pensées déprimantes. Elle était presque désolée de devoir le réveiller, mais il allait leur être impossible de le transporter ainsi, même sur quelques mètres interrompus par un trajet d'ascenseur. Gael aurait pu le faire, dans d'autres circonstances, mais c'était hors de question à présent. Il n'était même pas dit que l'homme tienne seul sur ses pieds.

Délicatement, Luisa passa donc une main sur la joue de son filleul. Elle se mit ensuite à l'appeler plusieurs fois, chuchotant doucement en espagnol au creux de son oreille. A la voir faire, on aurait pu croire qu'il s'agissait de la délicatesse même. Rien n'était pourtant plus éloigné de la vérité.

"Esteban... Tebi, chéri, il faut te réveiller... On va aller chez moi, ce sera plus simple pour faire tout ce dont on a parlé et que tu reste en sécurité, d'accord ? Mais il faut y aller maintenant, alors réveille-toi s'il te plaît..."

Une partie de son esprit se disait qu'il allait probablement avoir besoin d'un sac de voyage. Il avait peut-être porté la chemise précédente pendant des semaines, mais s'ils vouaient que le jeune vamp reprenne du poil de la bête, il était important que ces mauvaises habitudes ne reviennent pas au galop.

Peut-être n'était-elle pas la seule à y avoir pensé. Pendant qu'elle continuait de chercher à réveiller l'héritier le plus tendrement possible (ce qui relevait déjà du miracle), l'un des deux autres occupants de la pièce avaient éventuellement pu avoir un cheminement de pensées similaire. Même si l'un des deux était pour le moment trop concentré sur le fait de garder les yeux ouverts pour penser à autre chose.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeLun 29 Avr - 1:06

Karl contemplait - ou essayait de contempler - leurs autres solutions. A la limite, il aurait pu porter Esteban sur son dos jusqu'en bas, même si ça aurait été difficile car il n'était pas un exemple de force physique brute. Cela dit, les vampires n'étaient pas spécialement connus pour la profondeur de leur sommeil. Karl aurait détesté qu'Esteban reprenne conscience alors qu'ils étaient dans le couloir entre deux appartements, l'un juché bon gré mal gré sur l'autre. Non seulement Esteban aurait fait une scène impossible, mais il aurait aussi pu avoir une réaction spontanée malheureuse, le blesser, ou pire. Un bras cassé n'effrayait pas l'étudiant (qui préférait éviter de mourir prématurément, cela dit), mais Esteban n'avait pas besoin de culpabilité supplémentaire.

Et puis il y avait Gael. Même si ils s'y mettaient tous les deux, Luisa et lui n'arriveraient pas à transporter le garde, lequel ne paraissait absolument pas en état de se transporter lui-même. Non, il avait beau tourner le problème dans tous les sens dans sa tête, la seule solution avait déjà été énoncée : il avaient besoin de l'aide et de la coopération du néo-vamp. Luisa devait en être au même stade de réflexion, car elle approuva ses propositions sans en remettre la moindre parcelle en question.

"Finissez de manger avant tout chose... La suite ne sera pas nécessairement de tout repos."

A ce stade c'était un euphémisme, mais un euphémisme utile. Tout le monde était déjà au bout du rouleau, ils n'avaient pas besoin de se plomber avec ce genre de désagréables constatations. Ils prirent le temps qu'il fallut, et puis Luisa revêtit le rôle laissé douloureusement vacant par sa sœur aînée. Sans bouger de sa place, Karl se fit discret, silencieux, et surtout très attentif. Il allait falloir faire comprendre leur manque d'options à Esteban, ce qui ne serait pas forcément si facile : l'héritier avait la tête dure. C'était un autre euphémisme.

--

Son corps lui paraissait très lourd... On l'appelait, quelque part, au dessus, dans une couche de réalité qu'il rechignait à percer. Le sommeil, l'oubli, étaient agréables. Ce qui l'attendait au-delà d'eux en revanche... Esteban n'avait plus aucune idée de ce dont il s'agissait, mais il savait que c'était cauchemardesque. Il ne pourrait pas le supporter à nouveau. Il ne voulait plus jamais se réveiller.

Malheureusement pour lui, entre ce qu'il voulait et ce dont son corps était capable, il y avait un gouffre. Ses yeux se mirent à papillonner, sa respiration reprit brutalement, comme si il sortait d'une longue apnée, et puis il fut projeté dans l'éveil sans filet, sans ceinture de sécurité. Pas d'engourdissement matinal pour les vamps... Le sentiment de fatigue leur était inconnu et contribuait au sentiment que l'héritier avait d'être devenu cette chose inhumaine.

Hébété, il ouvrit des yeux vides, reposés, mais pleins d'interrogations. Peu à peu, la lumière se fit et le vide se remplit, mais pas de la meilleure des manières. Les détails de la vie quotidienne lui revinrent un par un. Les deux normes et demi qui l'observaient eurent l'occasion de suivre cette nouvelle descente aux enfers. Le cœur du jeune homme s'alourdissait à vue d’œil, à mesure que tout espoir le quittait, et que son visage s'éteignait. La transformation. Le rejet d'Olivia. Le penthouse. Luisa, Karl et Gaël. Le goût du sang. Une bataille perdue de plus. Beaucoup trop de batailles perdues.

Fixant Luisa sans la voir, l'écoutant sans l'écouter, il parvint à froncer les sourcils puis il commenta à voix basse :

"... Vous êtes encore ici ?"

Après s'être donné en spectacle comme il l'avait fait, il aurait dû se douter qu'on n'allait pas le laisser seul de si tôt, mais il venait de revenir à lui. Malgré son immédiate acuité cérébrale, certains détails lui avaient échappé. Grognant à moitié, il prit appui sur ses bras pour se redresser. Par réflexe il observa le ciel au travers des baies vitrées. Il était clair. Il n'allait pas tarder à lui brûler les yeux. Il fallait qu'il retourne se cacher du soleil... Envahi par une tristesse douceâtre, qui donnait à ses traits un aspect blasé quand elle décrivait en réalité un déchirement aigu mais devenu trop habituel pour qu'il le ressente encore pleinement, il s'apprêtait à répondre, mais il n'en eut pas le temps. Karl lui coupa l'herbe sous le pied.

Car Karl avait parfaitement compris que son meilleur ami allait encore faire sa tête de mule. Ces quelques minutes de sommeil lui avaient redonné juste assez d'énergie pour qu'il soit à nouveau capable de se montrer contrariant. Il n'allait pas le laisser faire. La façon dont il allait s'exprimer risquait de paraître abrupte, mais c'était ce dont ils avaient besoin en cet instant : une prise de conscience rapide, une impeccable efficacité. Il se rattraperait plus tard.

"Gael a besoin de voir un médecin, on ne peut pas le faire venir chez toi pour des raisons évidentes. Il faut qu'on descende chez ta tante. On n'y arrivera pas sans toi."

... Voilà qui lui coupait la chique. Ce n'était pas ce à quoi il s'était attendu. Ce n'était pas de lui dont il était question, mais de Gael. En un sens, c'était plus facile. Après avoir cligné des yeux, il se tourna vers le garde et constata que ce dernier n'avait effectivement pas l'air bien. Une vague de culpabilité le secoua, associée à un sentiment d'horreur sourde qui rafraîchit la température de la pièce de plusieurs degrés. Il était responsable de cette situation. On avait besoin de lui pour la régler... Et c'était parce qu'il était le seul capable de transporter Gael. Parce qu'il était désormais doté d'une force monstrueuse.

Il se sentait hideux... Son amertume et sa résignation gagnèrent encore en intensité, au point qu'il était redevenu aussi sombre qu'avant de s'endormir.

"Je vais t'aid...
- J'y arriverai mieux seul et tu le sais parfaitement."

Karl avait essayé d'épargner ses sentiments, c'était gentil de sa part, mais c'était inutile. Rien ne pourrait probablement le faire aller plus mal, et maintenant qu'il avait bu du sang humain... Il était au-delà de toute forme de disgrâce. Puis il avait mis Gael dans cet état. L'aider en retour était la moindre des choses qu'il pouvait faire.

Il posa la main sur celle de Luisa, la serra brièvement pour la remercier de s'être occupée de le réveiller, et puis sans un regard, il se redressa et s'avança vers Gael, auprès de qui il s'agenouilla. Il lui adressa un regard profondément gêné, même si il tentait de le cacher. Non seulement Esteban et Gael avaient toujours eu une relation involontairement difficile, mais cette situation inversée avait quelque chose d'absurde.

"... Évite juste de le faire tomber parce que tu as encore trébuché sur un bourrelet de moquette fantôme alors."

La plaisanterie, inattendue, parvint à détendre l'atmosphère de façon elle aussi parfaitement inattendue. Esteban n'était pas en mesure de crier au scandale comme il l'aurait fait dans une autre vie. Cependant, en se comportant ainsi, Karl faisait revivre un passé qui lui avait atrocement manqué. On lui rappelait qu'il était maladroit, et il en aurait presque pleuré de joie. C'était le monde à l'envers.

"... Haha. Très drôle."

Il fixait le sol pour éviter, par fierté, d'en montrer trop. Cependant, l'un des coins de ses lèvres s'était très légèrement retroussé. Mais l'instant nostalgique ne serait que mitigé, et de courte durée : il fallait encore qu'il prouve sa monstruosité en portant le garde jusqu'à l'appartement de Luisa, perspective qui ne l'enchantait pas plus qu'avant.

"...Allons-y."
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeMer 8 Mai - 22:28

De façon totalement égoïste et dans un élan qu'elle ne se reconnaissait pas (pas qu'elle ne se sache pas égoïste, au contraire elle était parfaitement au fait de la façon dont elle faisait passer sa famille et ses affaires au-dessus de tout), Luisa se sentit un peu vexée par l'absence de réaction d'Esteban à son égard. Elle n'en montra rien et se fit d'ailleurs aussitôt la réflexion intérieure qu'il s'agissait d'un comportement bien plus propre à Olivia qu'à elle-même : depuis quand tenait-elle à ce point à l'attention de son filleul ?

...Que personne ne réponde à cette question.

Il ne fallut que quelques secondes à la mexicaine pour reprendre ses esprits et se concentrer sur la conversation qui était en train d'avoir lu. Les trois Normes avaient sciemment ignoré la question du propriétaire du penthouse, et Karl venait de lui couper toute retraite en lui énonçant sans détour la raison pour laquelle son réveil était nécessaire. Le regard de la brune se tourna vers le garde du corps et son assiette : Gael avait avalé quelques bouchées de plus depuis la demande du moins hispanique d'entre eux, mais ce n'était toujours pas glorieux. S'il reprenait doucement des couleurs, il semblait sur le point de s'effondrer à tout moment. Et il était assis. Nul doute qu'il ne tiendrait pas sur ses jambes. Ce qu'Esteban semblait avoir compris également.

L'argentin, lui, malgré son regard un peu vitreux, n'avait pas manqué la culpabilité dans le regard du fils de sa meilleure amie. Peut-être parce qu'il l'y avait vue plus souvent qu'il ne le montrait. Il était sur le point de lui dire quelque chose d'inutile (du type "Ce n'est pas de ta faute" ou encore "C'était ma décision, Gamin"), mais Karl lui coupa à son tour l'herbe sous le pied en proposant son aide. Et il n'eut même pas le temps de lever un sourcil peu convaincu en direction du Petit (qui, soyons honnêtes, n'était pas un modèle de force physique) que son ami lui répondait, plutôt sèchement, d'ailleurs.

Luisa grinça imperceptiblement des dents. Cette soirée avait tendance à lui faire craindre la moindre réplique un peu revêche de la part de son neveu : il ne manquerait plus qu'il leur file entre les doigts après tout ce qu'ils avaient réussi à accomplir. Elle savait à quel point Esteban était buté, et il avait acquis un tempérament et une absence de considération pour lui-même qui l'amena provisoirement à se demander s'il n'allait pas trouver la force de les repousser à nouveau.

Et puis, il serra sa main dans la sienne. L'inquiétude de la mexicaine se fit un peu moins pesante. Il n'avait pas l'air de vouloir les envoyer paître. Il s'agissait simplement d'une manifestation d'un caractère un peu revêche qu'elle saurait -elle le savait- apprécier avec le temps. Luisa caressa donc tout aussi brièvement les doigts du jeune homme avant de se tourner vers les autres et d'envisager l'idée de se lever.

La réplique de Karl la fit pouffer sans qu'elle puisse se contrôler. Elle imaginait un peu trop bien la scène, pour en avoir été témoin de nombreuses fois (ainsi que de la crise de mauvaise foi qui suivait en guise de justification). Elle n'en rajouta pourtant pas, se contentant de regarder ailleurs : il ne manquerait plus qu'Esteban l'incendie du regard pour s'être moquée de lui, ce qui n'était "absolument pas convenable" selon ses dires.

Gael n'était de son côté pas en état de esclaffer, mais il sentit l'air étouffé de la pièce s'alléger sensiblement à la suite de cette petite pique. Il eut un vague sourire, sans le diriger vers quiconque. Puis Esteban fit à son tour une remarque et il tourna son regard foncé vers lui. En réalité, il n'était pas beaucoup moins gêné. C'était certes ridicule, mais même dans des moments pareils, attirer l'attention était tout ce qu'il voulait éviter. De plus, il était conscient que la situation n'était pas idéale pour le jeune héritier non plus. Il tenta d'articuler quelque chose qui ressemblait probablement à des excuses, sans parvenir à sortir le moindre son, plus par pudeur que parce qu'il n'en était pas capable.

Puis le jeune vampire annonça le départ et le garde du corps fit de son mieux pour se redresser un peu et rendre les choses plus faciles : l'un de ses bras passa autour du cou du vamp, mais il n'était pas certain d'avoir fait le geste lui-même. Une partie de son esprit était encore assez lucide pour se dire qu'il était vraiment dans un sale état.

"Gael la princesse... Je regrette presque de ne pas pouvoir prendre de photo."

Un grognement indistinct répondit à la réplique amusée d'une Luisa qui prenait doucement appui sur le canapé pour se relever. Parce qu'elle avait beau faire la maligne (...comme toujours), elle n'en menait pas large. Mais elle devait être capable de mettre seule un pied devant l'autre. Normalement.

Elle échangea un bref regard avec Karl. Y avait-il quelque chose à faire avant de partir ? Probablement pas : l'état de Gael était ce qu'il y avait de plus important pour le moment. Ils pourraient certainement s'occuper du reste pendant qu'un spécialiste s'occuperait de lui.

Quelque chose lui disait qu'elle allait probablement proposer une pyjama party chez elle pour le reste de la nuit. On était loin de ce qu'elle avait pensé être le déroulement de cette soirée de retrouvailles.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeSam 11 Mai - 18:33

Il n'y avait rien à dire qui rendrait la situation plus simple, et en ce sens, le silence de Gael - volontaire ou non - était probablement de bon ton. Esteban n'attendait de tout façon aucune excuse de sa part : c'était de sa faute si il était dans cet état. Non content d'avoir bu son sang, il n'avait pas su s'arrêter avant que cela soit un problème. Il avait failli le tuer. Ce transport en lieu sûr, là où Gael pourrait être examiné par un médecin, il le lui devait bien. Aussi désagréable cela puisse être pour l'un comme pour l'autre, pour des raisons à la fois similaires et différentes.

Ils étaient donc sur le départ. Une fois la poigne de Gael suffisamment affirmée autour de son cou, le jeune vamp tenta de mettre son cerveau sur pause le temps de l'effort. Il glissa une main sous les genoux du garde et s'apprêta à le soulever. A défaut d'être véritablement lourd, il était... encombrant, et Esteban voulait être sûr que sa prise était suffisante pour permettre un transport sécurisé.

C'est à ce moment que Luisa trouva bon de faire une plaisanterie qui ne plut ni à son objet direct, ni à celui qu'elle touchait par extension. Le premier répondit en grognant. Le second pinça vaguement les lèvres et posa sur sa tante un regard morose.

"Tu n'aurais de toute façon PAS pu prendre de photo."

Sous-entendu, il ne l'aurait certainement pas laissée faire, quitte à mettre hors service tout ou partie du matériel électronique qu'elle transportait. Il était peut-être mort, et sa non-vie ne rimait plus à grand chose... Il avait perdu une grande partie de sa dignité, mais il tenait à préserver le peu qu'il lui restait intact. Ça l'aiderait à tenir jusqu'à la fin du procès.

Karl s'approcha de Luisa dès qu'il remarqua la façon dont elle titubait - ou qu'elle aurait titubé si le canapé n'avait pas été là pour la soutenir. Quelque chose lui disait que Gael n'était pas le seul à avoir besoin d'aide pour le trajet. Il ne voulait pas se monter trop intrusif, néanmoins : Luisa était loin d'être la moins fière de ses trois compagnons (même si la concurrence était rude). Esteban allait probablement culpabiliser plus qu'il ne le faisait déjà si il comprenait que sa tante n'était plus en état de marcher seule "à cause de lui", déjà qu'il devait certainement se sentir responsable pour avoir mis Gael hors service. Il aurait mieux valu, et de loin, qu'elle parvienne à se débrouiller seule. Mais ils feraient avec ce qu'ils auraient.

Le norme oublia ses préoccupations au profit d'un vide cérébral soudain. Quelques secondes plus tard, il se rendit compte qu'il avait laissé sa mâchoire tomber, et il fit en sorte de corriger le tir, de ne plus rien laisser paraître histoire d'éviter d'embarrasser Esteban. C'était une chose de savoir qu'il était capable de soulever Gael comme un fétu de paille... C'était autre chose d'être à moins de deux mètres de lui, alors qu'il le faisait effectivement. Leur différence de gabarit rendait l'acte encore plus impressionnant.

Esteban lui-même n'en menait pas large, à vrai dire, ce qui par chance l'avait empêché de remarquer la tête qu'avaient pu tirer les trois autres alors qu'il se relevait sans aucun mal malgré sa charge. Les yeux ronds, choqué, il resta quelques instants immobile et silencieux. Il n'avait jamais réellement utilisé sa force nouvellement acquise. Il en avait encore moins testé les limites. Le sentiment de puissance qui en découlait aurait pu être agréable si il ne l'avait pas tout bonnement horrifié. Aucune douleur dans ses muscles... Aucun signe de fatigue... Si il avait besoin d'une nouvelle preuve de sa monstruosité, alors il l'avait sous les yeux. Ou du moins, Karl et Luisa l'avaient.

"..."

Il aurait bien eu envie de les mettre face à cette réalité qui lui paraissait évidente, mais qu'ils refusaient de partager : il était trop dangereux pour qu'on le laisse aller librement, surtout pas à long terme. Seulement ce n'était ni le lieu, ni le moment. Et il n'avait pas suffisamment récupéré non plus pour tenir tête à Karl et Luisa réunis à l'occasion d'une discussion qui serait plus que très certainement laborieuse.

Direction la porte d'entrée, donc. Un pas devant l'autre, doucement, et en se contorsionnant pour voir quelque chose à ce qu'il faisait... Il était hors de question qu'il donne raison à Karl en ratant une marche, ou en se prenant les pieds là où il ne fallait pas. Il aurait risqué de blesser Gael.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeDim 12 Mai - 17:38

"C'est bien ce que je dis."

Un sourire amusé et un baiser mimé en direction de son neveu. Luisa était de ces personnes avec qui on pouvait difficilement avoir le dernier mot : elle était bien trop têtue et fière pour la majorité d'entre eux. Esteban, cependant, lui faisait généralement une belle concurrence. Il n'était pas rare qu'ils se lancent dans des discussions impossibles à arrêter juste pour être certains d'être celui qui rabattra le caquet de l'autre. La plupart du temps, Olivia faisait cesser leur petit jeu par une remarque joueuse sur le point auquel ils se ressemblaient... ce qu'ils niaient tous les deux aussi sec.

Ce soir néanmoins, la mexicaine doutait que son filleul ne rentre dans son jeu. Ce n'était pas tout à fait le moment, il fallait l'avouer. Mais au moins, elle aurait continué à détendre l'atmosphère et à détourner quelque peu son neveu de l'exploit qu'il s'apprêtait à accomplir.

Si le contexte avait été autre, la norme aurait certainement laissé échapper un sifflement appréciateur en direction d'Esteban en le voyant soulever le garde du corps de sa mère comme s'il eut s'agit d'un carton de couches. On avait beau savoir qu'un vampire était capable de soulever des charges impressionnante, c'était autre chose de s'en rendre compte. Plus encore quand le vampire en question était votre flaquito de neveu et la charge un homme dans la force de l'âge, possédant un entraînement militaire et qui soulevait des poids tous les jours pour rester en forme.

Mais Esteban était bien trop... insatisfait, de sa condition de vampire pour que ce genre de réaction soit possible. Luisa n'était peut-être pas la plus délicate des Selva Moreno, mais elle savait encore quand il valait mieux qu'elle se taise. Maintenant, par exemple.

C'est alors qu'elle remarqua que Karl s'était discrètement approché d'elle. La mexicaine lui lança un regard aigu qui montrait qu'elle n'était pas dupe : il avait probablement remarqué qu'elle ne tenait pas excellemment bien sur ses jambes, bien qu'elle n'atteigne évidemment pas le niveau de Gael. Ce gamin était beaucoup trop observateur pour son propre bien, cela ne lui avait jamais attiré des problèmes ?

...Comme si elle pouvait parler.

Une fois n'était pas coutume, la cheffe d'entreprise décida de mettre provisoirement sa fierté de côté. C'était déjà une chose qu'Esteban sache qu'il avait quasiment vidé le garde du corps de sa mère de son sang, mais s'il se rendait compte qu'il avait également pompé une bonne dose chez Luisa, ils risquaient de le perdre à nouveau. Accepter l'aide tacite du jeune homme était le meilleur moyen de laisser le vamp dans l'ignorance.

C'était mal connaître Luisa de penser qu'elle n'allait pas malgré tout trouver un moyen de profiter de la situation. Avec un sourire amusé, la mexicaine passa son bras sur les épaules de l'étudiant et l'entraîna à sa suite.

"Chacun son Prince, c'est ça ? Allez, viens Karl, on va leur montrer ! Laissez passer le plus beau couple je vous prie !"

Il était plus logique qu'ils passent devant de toute façon : ils avaient les clés. Mais la tête d'Esteban, aussi concentré qu'il pouvait être sur sa tâche, devait valoir le coup. Sans compter celle de Karl. Il lui semblait bien avoir vaguement entendu Gael pouffer d'ailleurs... A moins qu'il ne soit en train de tousser ?

Peu importe : ils atteignaient l'ascenseur.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeDim 12 Mai - 20:46

Le manque de réactivité d'Esteban vis-à-vis des taquineries de Luisa en disait long sur son état mental, même si aucun des trois normes n'était plus dupe à ce stade. Certes, à l'instant même, il "fonctionnait". Mais le degré d'interactions qu'il entretenait était minimal, ou presque. Ça n'augurait bien de bon pour ce qu'il se passerait dès lors que son aide ne serait plus requise. Luisa savait déjà comment l'occuper durant quelques premières heures, c'était déjà ça.

Esteban souleva donc Gael sans (aucun) mal sous les yeux ébahis de sa tante et de son meilleur ami. Après un bref moment d'incrédulité, il commença à avancer, prudemment, de sorte à conduire le garde du corps à destination sans malheureux incident.

C'est alors qu'il vit passer Luisa et Karl devant lui, l'une tenant l'autre par le cou. Peut-être était-ce l'épuisement moral, ou simplement ce qu'il restait de la naïveté maladive du vampire, qui était en cause... En tous les cas, ce dernier n'y vit que du feu. Pour lui, Luisa était en train d'être Luisa, soit de faire une plaisanterie inappropriée à un moment qui l'était tout autant. Il soupira pour la forme. C'était évidemment gênant... Cela dit, il était moins gêné maintenant que le visage de Gael n'était plus dans son champ de vision. Sans contact visuel, la proximité physique n'avait pas la même signification.

"... C'est parfaitement ridicule."

Là où il se serait en temps normal plaint bruyamment pendant plusieurs longues minutes après avoir viré rouge pivoine, il se contenta de cette brève réplique, prononcée sur un ton qui n'était que le spectre de ses habituelles intonations choquées. Karl quant à lui était loin de prendre la chose aussi "mal" qu'on aurait pu le penser. Comme il faisait dos au vampire, il n'avait pas besoin de jouer la comédie. Loin d'être embarrassé par cette situation, il avait laissé un sourire de malice satisfait s'étirer sur ses lèvres. Il tourna un regard pétillant sur Luisa pour lui dire en silence ce qu'il ne pouvait pas formuler tout haut en présence d'Esteban : "Bien joué".

Esteban serra les dents lorsqu'il arriva à la porte d'entrée. Il n'y avait pas beaucoup de place pour passer. Il craignait de cogner Gael dans l'encadrure en passant.

"... C'est bon, en largeur ?"

Pour la hauteur, il ne se faisait pas de bile, mais comme l'imposant garde était plus ou moins couché dans ses bras le souci de verticalité s'était pour ainsi dire retourné à 90°, et largement amplifié - la porte étant plus grande en hauteur. Ils finirent par passer d'une façon ou d'une autre puisqu'ils arrivèrent à l'ascenseur, où le problème se manifesta à nouveau. Il n'était pas aisé de s'entasser à quatre dans la cabine, quand bien même elle était spacieuse. Gael prenait bien involontairement toute la place.

Esteban laissa à Luisa l'honneur de demander l'étage. Si elle lui avait dit celui auquel son appartement se trouvait, il l'avait déjà oublié. Les portes se refermèrent, la pesanteur allégée leur indiqua que la cabine était en chemin et puis, suite au "ting" caractéristique, l'ascenseur s'ouvrit sur un étage inconnu... Un étage qui lui parut immédiatement hostile. Tout son corps se crispa, ses pupilles s'étrécirent, sa respiration devint subitement irrégulière.

Dans ce couloir, ils pouvaient croiser n'importe qui. Il pourrait être reconnu. Et si il n'était pas reconnu, on pourrait en tous les cas reconnaître ce qu'il était. On pourrait facilement le catégoriser comme "vampire", le juger en tant que tel. Il n'avait plus eu besoin de se confronter directement à cette réalité depuis qu'il était arrivé ici.

"... Dépêche toi de nous montrer où aller..."

... Ou bien pouvait-il lâcher Gael au beau milieu du couloir et remonter chez lui à toute vitesse, tant qu'il faisait encore nuit ? Maintenant que les trois normes étaient descendus ici, ils pourraient facilement trouver une aide externe. Esteban n'en menait pas large. Il tremblait comme une feuille et ne devait son absence de tachycardie qu'à sa condition mort-vivante. Il dut se faire violence pour ne pas fuir, comme l'idée venait de lui traverser l'esprit.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeMer 22 Mai - 17:07

Si Luisa était déçue de l’absence de réaction de son neveu, elle n’en montra rien. Elle savait bien que le néovamp n’était pas au meilleur de sa forme, et si elle n’était jamais contre une victoire facile, elle n’allait pas non plus s’en vanter.

Bien qu'en réalité, elle aurait préféré qu’Esteban réponde. Cela aurait été un indicateur plus rassurant sur son état mental. Le fait qu’il abdique si facilement était plus contrariant qu’autre chose, en y réfléchissant bien.

Mais la mexicaine n’allait pas montrer son inquiétude non plus. Elle l’avait suffisamment fait, et ils avaient de toute façon d’autres chats à fouetter. Pour le moment, le plus important était d'emmener Gael dans un lieu où il pourrait recevoir la visite d'un médecin. Ses jours ne semblaient pas en danger, mais mieux valait l'avis d'un spécialiste. Ne serait-ce que pour savoir ce qu'il fallait faire pour le remettre le plus rapidement possible sur pieds.

Malgré une manège et une poker face bien en place, Luisa n'en menait pas large. Plus que l'autre adulte de la pièce, certes, mais pas au point de se mettre à courir. C'est pourquoi l'aide de Karl était la bienvenue... et l'occasion de railler à nouveau son neveu, parce qu'elle était probablement incapable de s'en empêcher.

Et aussi parce que cela ferait mieux passer la pilule. Esteban ne risquait pas de se poser des questions si elle transformait un appui nécessaire en un énième jeu : il y avait du bon à être considérée comme quelqu'un qui s'amusait en permanence.

La réplique eut l'air de fonctionner : la réaction d'Esteban n'était pas aussi intense que ce qu'elle aurait pu être, mais elle avait le mérite d'exister. Et de l'avoir effectivement détourné de la véritable raison de cette accolade. Karl lui-même reconnut son talon d'un regard pétillant, auquel elle répondit par un clin d'oeil amusé. Des années de pratique.

Ils passèrent la porte sans problème, n'étant pas particulièrement imposants ni l'un ni l'autre, mais le problème se posait effectivement concernant le vampire et son précieux colis : Gael prenait déjà de la place lorsqu'il se tenait sur ses deux pieds, mais là...

"Essaie de passer en diagonale, histoire d'assurer le coup."

Il ne manquerait plus que le garde du corps se cogne la tête contre le mur.

Une petite descente en ascenseur plus tard, ils arrivaient à l'étage de Luisa. La brune laissa échapper un soupir satisfait, comme si un noeud dans ses épaules se défaisait à la vue de cet endroit familier : ils en avaient bientôt terminé pour la soirée.

Ce n'était pas du tout la façon dont Esteban voyait le couloir, malheureusement. Gael fut le premier à s'en rendre compte, malgré son état. Le Gamin s'était crispé, paraissait presque frissonner, et ce n'était pas le poids de l'effort. L'une des mains de l'argentin se déplaça vers l'épaule de l'héritier sur laquelle il appuya une pression légère, en signe de soutien. Pas de mots, cependant. Ils n'en avaient jamais vraiment échangé, de toute façon.

Luisa, elle, ne remarqua le souci qu'en entendant la voix de son filleul. Puisqu'elle menait la marche, les réactions du jeune homme lui avaient échappées. Mais en l'entendant, elle tourna aussitôt un regard aigu sur lui et pinça les lèvres. La nuit se terminait, mais leurs soucis ne faisaient que commencer.

"Troisième porte à droite, nous y sommes presque, Tebi."

Elle avait tenté de garder sa voix la plus calme possible, pour ne pas le brusquer plus qu'il ne l'était déjà. Depuis des semaines qu'il se terrait dans son immense appartement, pas étonnant qu'il soit loin de se sentir à l'aise dans ce couloir. Sans compter les circonstances.

Ils arrivèrent bientôt à la-dite porte, qui fut rapidement ouverte. Le hall d'entrée était relativement grand et débouchait sur un salon imposant (pas autant que celui d'où ils venaient, néanmoins), décoré dans des tons beiges et orné de plusieurs canapés d'angle. Luisa fit un vague signe vers l'un d'entre eux.

"Tu peux poser Gael sur l'un des canapés, Tebi."

Elle traîna Karl jusqu'à pouvoir s'asseoir à son tour et tourna la tête vers le jeune étudiant.

"Je ne suis pas sûre que toutes les volets soient fermés..."

Mais elle n'était pas certaine non plus qu'envoyer le meilleur ami de son neveu en mission maintenant était le meilleur moment... Au moins, les volets roulants du salon étaient bien en place, ils étaient donc tranquilles pour le moment.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeMar 25 Juin - 18:00

Esteban n'avait vraiment pas envie de cogner Gael dans le mur. Ça n'allait pas le tuer - tant qu'il gardait des mouvements doux en tous les cas - mais le garde du corps en avait déjà suffisamment vues dans la soirée, de sa faute qui plus est. Ils n'avaient jamais été entièrement à l'aise l'un avec l'autre, mais ça ne signifiait pas qu'Esteban était insensible au mal qui pouvait lui arriver. Il prit donc autant de temps et de soin qu'il en fallut pour assurer le passage sans heurts en dépit de sa maladresse récurrente.

Cela finit par les mener quelques étages plus bas, dans un couloir étranger au néovamp. Ce dernier vivait très mal son nouvel environnement, ce que personne ne manqua. Il tressaillit en sentant la main de Gael se poser sur son épaule, pas tout à fait certain de savoir si sa sollicitude l'aidait ou se contentait de le mettre mal à l'aise. Même entouré, Esteban avait du mal à ressentir le soutien qu'on lui offrait. Un soutien qu'il avait tendance à prendre pour un obstacle plus que pour tout autre chose depuis qu'il s'était présenté plus tôt dans la soirée. Il déglutit et s'accrocha tout de même à ce contact, ainsi qu'à la voix de Luisa, pour tenter de garder son sang-froid jusqu'à la porte d'entrée. Elle avait raison. Ils y étaient presque. Pour le moment, ils n'avaient encore croisé personne. Les abandonner si près du but, dans une telle situation, aurait été un échec de plus à son compteur. Il fallait qu'il tienne bon.

Raide, il tourna donc dans la bonne direction et cibla immédiatement la porte indiquée par sa tante. Il pressa le pas afin de la rejoindre plus rapidement, toujours soucieux de ne se prendre les pieds nulle part afin d'éviter un fâcheux vol plané. Tandis que Luisa déverrouillait la porte, beaucoup trop lentement à son goût, le vamp tourna des yeux hagards à droite et à gauche. Il s'attendait à tout moment à voir surgir un voisin. Que cela n'arrive pas lui paraissait presque impossible, et pourtant, pour une fois, la chance fut de son côté.

Il entra dans l'appartement de Luisa. La pression retomba presque instantanément. Soulagé, il s'approcha des canapés indiqués afin d'y déposer Gael sans attendre. L'instant de gêne n'avait que trop duré, sans même parler du confort que Gael ne devait très certainement PAS trouver, perché dans des bras beaucoup trop courts pour le soutenir décemment. Esteban se redressa dans un long soupir. Il se rendit compte que quelque part, au fond de lui, il était encore tendu. Maintenant, il allait falloir faire le chemin arrière. Il ne se sentait pas prêt à affronter ce couloir une nouvelle fois, même si il avait cette fois la possibilité de se déplacer de la porte à l'ascenseur trop rapidement pour que quiconque ait le temps de le remarquer, ou en tous les cas de le reconnaître.

La voix de Luisa le sortit de ses rêveries éveillées.

"Je ne suis pas sûre que toutes les volets soient fermés..."

Il se tourna vers elle et rejeta sa proposition sous-entendue d'un revers de la main nonchalant. Il avait déjà les yeux sur la porte d'entrée.

"Ne t'embête pas, je ne vais pas rester longtemps..."

Karl l'avait sentie venir mais retint tout de même la nuée de jurons que sa tête de mule de meilleur ami lui inspirait, immédiatement tout de suite. Mais Esteban était - ironiquement - un peu trop optimiste. Si il pensait vraiment pouvoir remonter là-haut sans problèmes tout du moins. C'était moche, mais pour son propre bien, ils venaient probablement de le piéger. Dès qu'il fut libéré du poids de Luisa, il se redressa et décida de faire mine de rien.

"Hmm, je vais quand même m'en charger, au pire ça ne sera pas beaucoup plus long de les ouvrir à nouveau."

Il se dirigea vers une pièce voisine, dans laquelle les volets n'étaient effectivement pas fermés. Et il étouffa le sentiment de victoire qui le prit lorsqu'il vit la couleur du ciel. Parmi les nombreuses choses qu'Esteban n'avait jamais vraiment su compter, on trouvait le temps. Quand ils étaient partis du penthouse, la nuit avait déjà largement commencé à se retirer. Le vamp n'avait pas mesuré à quel point le jour pouvait se lever vite. Pourtant, c'était une scène qu'il l'imaginait avoir contemplé à de nombreuses reprises, jusqu'à ce que la douleur soit trop forte et l'oblige à se cacher dans ce cabinet des horreurs qui lui servait de chambre.

"... Tu es sûr que tu as le temps de remonter ? J'ai l'impression qu'on a un peu trop tardé..."

Surtout, ne pas le contredire. Aller dans son sens, au moins en apparence.

Esteban tourna un regard inquiet vers la porte que Karl avait à dessein laissée ouverte. Il s'en approcha... Et s'élança dans la pièce avec un peu trop d'enthousiasme. Un cri sonore s'en suivit, accompagné d'insultes que seuls les deux autres hispanophones de la troupe comprendraient. Si Olivia avait été présente, elle aurait probablement fait une syncope à l'entendre parler aussi grossièrement et d'ailleurs, elle avait dû faire de son mieux pour que tel vocabulaire n'entre jamais dans son langage. C'était très certainement Luisa qui avait dû s'empresser de ruiner ses efforts, car qui d'autre s'en serait chargé ?

Esteban reparut côté salon aussi rapidement qu'il en était sorti, les bras serrés contre lui. De légères cloques disparaissaient déjà du dos de ses mains, et de son front rougi. Il retrouva bien vite sa couleur (sur)naturelle, mais le mal était fait. Et un sacré mal de chien. On ne pouvait pas dire qu'il avait hâte de ce fameux bain de soleil qu'il s'était programmé lorsque tout serait terminé, même si il lui tardait de revoir la lumière du jour, ne serait-ce qu'un bref instant. Dépité, pour ne pas dire catastrophé, il dut se rendre à l'évidence : il n'avait d'autre choix que de passer la journée ici.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeVen 28 Juin - 22:47

Le voyage aurait pu être beaucoup plus désagréable pur Gael. De toute façons, sa tête était en coton, il n'allait donc pas se plaindre de quoi que ce soit. Cela ne l'empêcha pour autant pas de remarquer le malaise du fils de sa meilleure amie et de tenter de lui apporter un soutien maladroit mais existant. Toute cette situation l'était, maladroite, de toute façon. Leur relation n'avait jamais dépassé ce stade.

Il ne fallut pas longtemps pour qu'ils atteignent l'appartement de Luisa, quoiqu'en pensent l'angoisse et l'impatience de son neveu. Une fois la porte ouverte, c'était assez ironiquement un piège qui se refermait sur l'héritier Luz-Descalzo. Pas tout à fait volontaire, mais définitivement nécessaire.

Luisa, depuis sa partie de canapé, lança une phrase somme toute innocente. Les réactions ne se firent pas attendre. Celle d'Esteban, tout d'abord, qui ne voulait évidemment pas rester une seconde de trop en compagnie de qui que ce soit d'autre que sa solitude. A ses yeux, ils avaient probablement déjà beaucoup trop insisté. Luisa ne put s'empêcher de se sentir à nouveau peinée face à ce constat. Son filleul se forçait à une solitude qui le détruisait à petit feu bien plus efficacement que quoi que ce soit d'autre. Allaient-ils seulement pouvoir l'aider à redevenir le jeune homme insouciant qu'il avait pu être avant ce désastre ?

La mexicaine s'apprêtait à faire une remarque, mais elle fut devancée par Karl. Karl, et ses habiles manipulations. Luisa devait admettre qu'il savait manier Esteban presque aussi bien qu'elle. Cette façon qu'il avait de se soumettre à son avis tout en s'assurant que le néovamp finirait par abonder dans son sens de lui-même... Une jolie maîtrise de la rhétorique Luz-Descalzesque.

...Le fait qu'il en avait fait exactement de même avec elle plus tôt dans la nuit ne l'avait même pas effleuré.

Il était évident pour la cheffe d'entreprise que le soleil se levait déjà depuis un petit moment. La pendule dans le salon le lui avait déjà signifié. Aussi, elle ne fut en rien surprise quand elle entendit son neveu glapir de douleur et sentit un coup de vent entre la chambre et le salon. Les insultes colorées dans sa langue natale lui arrachèrent un sourire amusé qu'elle tenta de partager avec l'autre occupant des canapés, mais elle tomba sur les yeux fermés de Gael.

Aussitôt, son regard se baissa vers le torse du garde du corps, mais les mouvements réguliers de celui-ci lui indiquèrent qu'il s'était probablement rendormi. Un soupir passa les lèvres de la brune : la fatigue était présente chez elle également, mais il était hors de question qu'elle se laisse submerge maintenant. Certes, Karl était doué, mais ce n'était pas une raison pour le laisser à la fois le poids de la gestion d'Esteban et d'eux-mêmes. La cadette Selva Moreno était bien assez têtue (et avait moins subi que son camarade) pur ne pas se laisser submerger par l'engourdissement qu'elle ressentait de toutes parts.

Estimant qu'elle lui avait laissé assez de temps pur gamberger seul sur la suite des événements, le regard sombre de la femme se tourna enfin vers son neveu, visiblement dépité de constater qu'il allait être coincé une journée entière auprès de sa tante. En temps normal, elle l'aurait chambré à ce sujet. Cette fois, elle se contenta, elle aussi, d'aller dans son sens.

"Je sais que ce n'est pas la meilleure solution et que tu préférerais rentrer chez toi Tebi, mais nous n'avons pas vraiment le choix. Essayons de faire contre mauvaise fortune bon cœur et profiter de cette journée, tu ne crois pas ?"

Un léger regard vers Karl, un autre sur Gael, avant de continuer.

"La première chose à faire et d'aller chercher le voisin. Pourquoi n'en profites-tu pas pour visiter ? J'aimerais ton avis sur l'agencement de la salle de séjour d'ailleurs, je suis certaine qu'elle te plaira." Silence. "Et j'appellerai mon amie pour cette coupe."

Peut-être que l'occuper suffisamment allait l'empêcher de broyer du noir. Quant à elle, il allait falloir qu'elle aille demander ce fameux service à l'ancien médecin qui habitait un peu plus loin dans le couloir.

...Mais pas tout de suite. Il fallait se reposer un peu d'abord.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeMer 10 Juil - 23:15

Luisa décida, pour une fois, de brosser Esteban dans le sens du poil. Elle avait été bien inspirée car même si le vamp ne s'était pas rendu compte de la façon dont on venait de se jouer de lui, sa nervosité faisait qu'il en aurait fallu peu pour le remonter. Au contraire, le calme et la compréhension dont fit preuve sa tante permirent au jeune homme de se détendre sensiblement. Ses épaules retombèrent, sa respiration redevint plus fluide. Son visage s'affaissa, alors qu'il se résignait. Avait-il eu un autre choix ? La vie de Gael ne lui paraissait pas en danger, mais ça ne signifiait pas qu'il ne fallait pas consulter un médecin : le déplacer avait été urgent et Esteban avait été le seul à pouvoir s'en occuper. Cette situation étant inévitable, il ne servait à rien d'avoir des regrets.

Il acquiesça donc, bien obligé d'être d'accord. A la tête qu'il tirait, muet, le regard morne et fuyant, on voyait clairement qu'il ne se faisait pas d'illusion quant à la proposition de Luisa de "profiter de la journée". Il avait perdu le goût de profiter de quoique ce soit depuis longtemps, au point de ne plus réussir à se souvenir de ce que ça faisait. Même d'un point de vue utilitaire, il voyait mal ce que cette journée chez Luisa pourrait lui apporter.

Empêtré dans un bourbier mental impressionnant, perdu entre deux phases de conscience altérée, il avait déjà oublié la mèche de cheveux courte unique qui lui chatouillait le visage. Suite à de multiples propositions qui n'éveillèrent que très distraitement son attention, Luisa lui rappela ce détail inesthétique qui, si il avait été dans son état normal, aurait dû lui paraître tout bonnement insupportable, au point qu'il n'aurait pas accepté de rester dans cet état dix minutes de plus.

Il leva une main étourdie au niveau de sa joue et passa ses doigts le long des cheveux massacrés dont il redécouvrait littéralement l'existence. Détaché, il remarqua :

"Ah... Oui. C'est vrai."

Aussi inquiétant que cela puisse être, il n'arrivait toujours pas à s'en soucier, tout comme pour son apparence débraillée qui le laissait de marbre. Cela dit il était en un sens content de constater qu'il n'allait pas entièrement perdre sa journée.

Visiter l'appartement était, par contre, au dessus de ses forces. Il n'en avait pas envie, et encore moins de donner le moindre avis personnel. Il verrait ça lorsqu'il trouverait le courage.

"Je visiterai plus tard... Je peux me cacher, en revanche."

Il posa les yeux sur Gael, raison de sa proposition. Sa respiration était régulière, tout comme les battements de son cœur, mais pour son confort et pour se rassurer, les autres voudraient probablement faire venir ce médecin sans trop attendre. Karl émergea d'une quelconque autre pièce. Il venait probablement de fermer le dernier volet.

"A quelle porte dois-je sonner ? Je peux aller chercher ce voisin..."

Karl était évidemment une fois de plus en train de couvrir Luisa. En se proposant, il lui évitait de trahir sa faiblesse et lui permettait de garder Esteban dans l'ignorance encore un peu plus longtemps. Avec un peu de chance, il ne se rendrait jamais compte de rien.

Le vamp ne savait en réalité pas quoi faire de sa propre carcasse. Au penthouse, il lui aurait suffi de suivre la routine : se déplacer jusqu'au laboratoire photo, se prostrer dans un coin... "Attendre" le lendemain et puis retourner n'absolument rien faire, mais sur le canapé. Il se déplaça sans réfléchir en direction des fenêtres et s'éloigna ce faisant, sans même avoir conscience de la portée de son geste, des autres occupants de la pièce. C'est évidemment dans un coin qu'il trouva refuge. Il resta debout mais se tassa contre le mur comme si il avait cherché à fusionner avec ce dernier. Son contact le rassurait. Pour des raisons similaires il croisa les bras contre son torse et tint fermement ses coudes entre ses doigts serrés, légèrement tremblants.

Il éloignait ses démons en faisant son possible pour ne pas les regarder en face, car il ne voulait pas être la cause de nouveaux problèmes. C'était une autre des raisons pour lesquelles passer la journée chez Luisa était une très mauvaise idée... Cela faisait des lustres qu'il n'avait pas "bien" vécu le confinement diurne auquel il était forcé. Il ne suffirait que d'un instant d'inattention pour que l'angoisse le fauche et qu'on le perde pour une durée indéterminée.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeJeu 18 Juil - 14:00

Esteban hocha la tête à ses paroles et Luisa retint de peu le soupir de soulagement qui l'envahit. Elle n'était absolument pas prête à contenir une nouvelle crise de la part de son neveu. Le fait qu'il soit d'accord avec elle était donc hautement rassurant, en plus de satisfaisant. La mexicaine tenta donc de pousser un peu : puisqu'il était d'accord avec le principe, pourquoi ne pas lui proposer quelques activités pour s'occuper le temps que durerait sa convalescence ici ? Dans l'esprit de néovamp, il était clair que cela ne dépasserait pas la journée. Il ne savait pas encore que sa tante et marraine en avait décidé autrement.

Et que, têtue comme elle était, la faire changer d'avis serait un beau bras de fer.

Elle lui proposa donc plusieurs activités, et il était évident à sa tête qu'il n'en retenait aucune. Cependant, il finit par porter la main à ses cheveux, ce qui était une bonne chose, du moins aux yeux de la cheffe d'entreprise. La réaction en demi-teinte (voire complètement terne) derrière ? Un peu moins, mais on faisait avec ce qu'on avait. Si Esteban avait dû s'enthousiasmer comme à son (ancienne) habitude, ils n'en seraient pas là. Il fallait donc qu'elle aussi apprenne à faire contre mauvaise fortune bon coeur.

C'est pourquoi Luisa se contenta d'un hochement de tête à son tour lorsque son filleul répondit qu'il n'était pas vraiment d'humeur à visiter. En temps normal, elle aurait insisté, l'aurait traîné elle-même et forcé à faire des commentaires sur absolument toutes les pièces (ce qui les aurait facilement occupés une heure). Mais elle ne tenait pas assez bien sur ses jambes pour cela, elle le savait. De plus, insister à ce point l'amènerait simplement à braquer Esteban, ce qui était une très mauvaise idée au vu de la configuration actuelle.

Comme quoi Luisa était capable de discernement et de considération, quoiqu'on en dise.

Bien qu'elle n'arrivait certainement pas à la cheville de Karl, qui venait de sortir d'une pièce (probablement pour vérifier les volets) et se proposait d'aller chercher le médecin. Luisa n'était pas dupe et s'avait très bien qu'il prenait sur lui pour éviter de montrer à Esteban le point auquel Gael n'était pas le seul mal en point de l'affaire. Honnêtement, aurait-elle eu plus d'énergie, elle l'aurait embrassé ! En plus, les réactions qui auraient suivi l'auraient certainement fait rire.

"C'est l'appartement 14 C, en face à gauche." Un instant de silence. "Merci, Karl."

Et il était bien assez malin pour en déduire qu'elle ne le remerciait pas par simple politesse, mais bien pour la raison derrière son geste. Un léger sourire adressé à l'étudiant plus tard, Luisa tourna à nouveau la tête dans la direction où se trouvait son neveu quelques instants plus tôt... pour s'apercevoir qu'il n'était plus là. La mexicaine tourna la tête un peu partout avant de se redresser, incapable de l'avoir dans son champ de vision. Ses viscères se comprimèrent un instant sans qu'elle ne puisse y faire quoi que ce soit.

"...Esteban ?"

Il n'avait pas fait l'imbécile en tentant de s'enfuir quelque part à une vitesse surhumaine, n'est-ce pas ? Il venait d'accepter de rester et n'était pas assez en forme pour leur faire un coup pareil, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ???

Luisa n'était pas prompte à la panique. C'était plutôt le truc de sa soeur. Cette nuit cependant, pour des raisons évidentes, les rôles semblaient avoir été redistribués. Ce n'est qu'une fois complètement redressée sur le canapé que la cheffe d'entreprise nota son filleul calfeutré dans un coin de pièce entre un meuble et une fenêtre. Soupirant lourdement (qui a dit "de soulagement" ? Certainement pas elle), la brune appela une nouvelle fois le jeune vamp, toujours sans obtenir de réponse. Il n'avait pourtant pas l'air bien, et elle ne réfléchit pas très longtemps avant de se décider.

Oui, c'était bien si Esteban ne se rendait pas compte du point auquel elle était épuisée (par sa faute). Mais c'était encore mieux s'il ne faisait pas une (nouvelle) crise d'angoisse psychotique alors que la journée commençait à peine.

Prenant sur elle, Luisa entreprit donc de se lever et, une fois sur ses deux pieds et suffisamment stable pour ne pas voir flou, de se diriger vers son neveu, en prenant soin de s'appuyer sur les divers meubles pour ne pas tomber (il ne manquerait plus que ça). Elle fut assez rapidement face à lui et posa une main (et la plupart de son poids) sur l'étagère et l'autre sur ses bras croisés, tout en l'appelant à nouveau.

"Tebi..."

La mexicaine entreprit de caresser doucement le bras de son filleul. Elle n'était pas tout à fait assez sur pieds pour le prendre dans ses bras (et finirait probablement par s'effondrer sur lui plutôt que l'inverse, ce pourquoi elle gardait son autre bras fermement appuyé à l'étagère), mais n'hésiterait pas à le faire si le vamp montrait le moindre signe d'un tel besoin. Si elle pouvait éviter de le culpabiliser davantage, néanmoins...

"Viens avec moi dans la chambre. Karl est plus que capable de s'occuper de Gael." Elle ajouta, sourire malicieux aux lèvres. "J'ai l'impression qu'il fait ça depuis quelques temps, de toute manière."

Quand Luisa avait-elle raté une occasion de charrier son prochain quand elle se présentait ? Probablement jamais, soyons honnêtes.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeJeu 18 Juil - 17:14

Karl n'eut, sans surprise, aucun mal à comprendre le sous-entendu lancé par son interlocutrice. Il lui répondit avec un sourire, jeta un regard vaguement inquiet sur Esteban, puis prit la direction du couloir. Il aurait préféré éviter de laisser Luisa seule avec le vampire, qui n'était pas au mieux de sa forme, mais à un moment il fallait faire un choix et ils avaient communément décidé de faire de l'état de Gael une priorité.

Il n'avait de toute façon pas le loisir de se poser ces questions trop longtemps. L'air de rien, il lui fallait réfléchir à ce qu'il allait dire au voisin. Expliquer qu'il venait de la part de Luisa était la partie facile. Justifier qu'un homme presque exsangue occupe son canapé était en revanche un peu plus délicat. Il ne pourrait probablement pas lui cacher qu'un vampire s'était nourri de lui. Il allait devoir mentir et lui faire croire que la chose s'était passée à l'extérieur. Bien préciser que la morsure avait été volontaire. Que le vampire n'avait bu trop de sang qu'accidentellement. Il ne fallait pas que le médecin s'alarme et cherche à contacter BIAS, police, ou autres dérangeurs de la même espèce...Eh bien. Advienne que pourra, il était parti.

Pendant ce temps là, Luisa s'était fait une frayeur en n'arrivant plus à voir où Esteban était passé. Après l'avoir localisé elle s'était avancée vers lui sans que ce dernier ne se rende compte du mal qu'elle avait à marcher. Il fallait dire qu'il était très concentré à ne pas craquer en plein milieu du salon. Il fixait les fenêtres fermées avec une telle intensité qu'on l'aurait cru sur le point de faire fondre les volets par le regard.

Luisa posa une main sur son bras tout en même temps qu'elle l'appelait.  Il émergea brutalement de ses pensées, ou de leur absence. Un sursaut brusque, un vague son étranglé... Le jeune vamp, un peu hagard, tourna la tête et constata la présence de sa tante. La réalité lui avait encore échappé.

"..."

Elle avait raison. Si Karl était parti chercher ce médecin alors il fallait assurément qu'il migre dans une autre pièce. La chambre lui paraissait être une option tout à fait valable. Il n'était de toute façon bon qu'à dormir, dans le meilleur des cas.

La réflexion qu'elle fit concernant la relation grandissante entre son meilleur ami et le garde de sa mère aurait du le laisser pensif, si son esprit n'avait pas été aussi occupé. Seulement, et cela se voyait, Esteban menait une lutte intérieure épuisante. Une parcelle de lui cherchait à s'échapper et à se concentrer sur cette fatalité dérangeante : il était enfermé. Il faisait jour, et il était incapable de sortir dehors. Incapable même de mettre le nez par la fenêtre. Cela serait ainsi pour toujours. Il ne verrait plus jamais le moindre rayon de soleil. Le ciel bleu n'était plus qu'un souvenir révolu. Dehors, le monde se réveillait. Bientôt l'effervescence gagnerait toutes ses rues, ses trottoirs, ses places. Les gens partiraient à l'école, au travail... Quant à lui, il était condamné à rester cloîtré ici, dans ce tombeau de verre et de ciment. Rien ni personne ne pourrait jamais rien changer à ce qui était devenu sa seule et unique option possible. Sa seule réalité.

Ces pensées n'était pas présentes à proprement parler, sans quoi Esteban aurait déjà succombé à une nouvelle crise. Cependant elles l'entouraient, le survolaient, le frôlaient, et menaçaient en permanence de s'installer en lui plus durablement.

"Je... Oui. Tu as raison il faut aller ailleurs... Il faut se cacher."

Il parlait lentement, il paraissait absent. C'était comme si il avait prononcé ces mots pour être certain d'en comprendre le sens. Il parvint tout de même à la conclusion qu'il lui fallait bouger, puisqu'il était urgent qu'ils déménagent. Esteban se redressa donc, forçant inconsciemment Luisa à se décaler et à ne plus s'appuyer que sur le meuble voisin. Le jeune homme fit trois pas puis se retourna vers sa tante.

"...Où est-ce ?"

Il remarqua alors qu'elle n'avait pas fait mine de le suivre. Luisa était toujours appuyée à l'étagère, très lourdement. Il tiqua et un zeste de réalisation éclaira son regard. L'incrédulité céda sa place à une surprise ténue, mêlée de consternation :

"... Tia... ?"

Ce n'était quand même pas ce qu'il imaginait ?
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeDim 21 Juil - 18:24

En effet, Karl n'avait pas la plus simple des missions. Ce matin aucune ne l'était, de toute manière. Mais Luisa était confiante (comme toujours) : elle avait devisé plusieurs fois avec le-dit voisin et l'homme ne lui avait pas paru du genre à crier au loup à qui voulait bien l'entendre. Et puis, sinon, il suffisait de le prendre par les sentiments : serment d'Hyppocrate, tout ça, il n'allait tout de même pas laisser quelqu'un souffrir inutilement sous prétexte qu'il avait choisi de nourrir un vampire, n'est-ce pas ?

Karl avait du culot, il l'avait déjà prouvé à la mexicaine plusieurs fois en quelques heures à peine. Ne lui restait plus qu'à continuer sur cette voie.

Luisa s'était quant à elle attribué l'autre mission, celle d'empêcher Esteban de faire une nouvelle crise d'angoisse psychotique. Vu l'état de fatigue dans lequel elle se trouvait, ce n'était pas gagné, d'autant que son neveu s'était retranché dans un coin hors de son champ de vision. Elle avait fini par le rejoindre, s'appuyant au passage sur tous les meubles possible, incluant Esteban lui-même quand elle avait enfin fini par l'atteindre. Le néo-vamp lui jeta un regard auquel elle commençait malheureusement à s'habituer, montrant qu'elle venait une fois de plus de le sortir d'un cercle vicieux.

Enfin, qu'elle venait de capter son attention, du moins. Il aurait été présomptueux de penser réussir à sortir Esteban de ses idées noires par un simple geste et une petite blague -à laquelle il n'avait pas réagi, d'ailleurs. L'héritier finit néanmoins par lui répondre, bien qu'avec beaucoup moins d'entrain que ce qu'on aurait pu espérer, qu'il leur fallait effectivement se déplacer. Luisa en aurait soupiré de soulagement, si le moment le plus délicat n'était pas justement sur le point d'arriver.

"Traverse la pièce, première porte à gauche."

La mexicaine ne souhaitait pas que son filleul la voie en position de faiblesse. Parce qu'Esteban avait cette sale tendance à être moins naïf qu'on ne pouvait le penser justement lorsqu'on espérait qu'il le soit. Et à cet instant précis, elle doutait de pouvoir donner le change assez efficacement, ce qui n'était pas sans la contrarier profondément.

Luisa n'avait donc toujours pas quitté sa place (et son appui salutaire) contre son étagère lorsque son neveu l'appela. Elle leva aussitôt la tête vers lui, ignorant les étoiles qui commençaient à pointer le bout de leur nez dans son regard suite au mouvement trop brusque. Elle lui fit un léger sourire, balayant l'inquiétude qu'elle sentait poindre chez le néovamp.

"J'arrive, j'arrive, pas d'inquiétude, tu ne vas pas te perdre."

Parce qu'il était beaucoup plus simple de tout tourner en dérision. Dans le même temps Luisa faisait en sorte d'avancer, toujours en tâchant de s'appuyer sur des meubles non loin. Cependant, l'étagère avait une fin et s'appuyer sur le mur ne lui paraissait pas des plus discret -bien que le regard que son filleul lui jetait montrait qu'il avait certainement déjà compris ce qu'il en était. La mexicaine était cependant bien trop têtue pour penser consciemment que son stratagème n'avait pas fonctionné même si elle savait que c'était le cas. Ce serait admettre une défaite, quelque chose qu'elle ne faisait jamais... ou alors comme une ruse pour laisser penser à l'adversaire qu'il avait gagné quand ce n'était absolument pas le cas. Esteban n'était cependant pas un adversaire. Elle lui fit un très léger signe de la main.

"...Viens m'aider. On ne peut pas se permettre de rester ici trop longtemps."

Parfois, il fallait mettre son orgueil de côté. Au moins, elle était assez en forme pour être de mauvaise humeur, ce qui était sans doute rassurant.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeDim 21 Juil - 21:48

Le doute se changeait lentement en certitude. Luisa ne pouvait pas le lui cacher : il l'observait bouger, il l'entendait respirer. Son épuisement était évident, maintenant qu'il y prenait garde. Il se demandait comment il n'avait pas pu s'en rendre compte avant. Il avait fallu qu'il soit bien étourdi, trop enfermé dans sa propre tête pour remarquer quoique ce soit qui ne le concerne pas directement. Un sentiment dont il avait jusqu'à peu rarement été l'objet l'étreignit brutalement : il avait honte. Mais cette honte cachait autre chose. Quelque chose d'abominable qui s'insinuait lentement en lui et glaçait peu à peu ses os. Quelque chose qu'il était pour le moment incapable de décrire, et encore moins de comprendre.

Au moins cela avait-il éloigné de son esprit le problème du jour désormais levé qui l'empêchait d'aller dehors. On remplaçait un problème par un autre. Mais était-ce vraiment pour le mieux ?

Luisa n'essaya pas longtemps d'essayer de lui faire croire qu'elle allait bien. Elle ne tenta pas non plus de se chercher des excuses... Ou plutôt de lui trouver des excuses, et il lui en fut gré. Il ne l'aurait pas crue. Cet affront n'aurait fait que l'agacer. Tout comme il avait blessé Gael au point qu'il ne tenait plus debout et perdait régulièrement conscience, il avait blessé Luisa. Elle non plus ne parvenait plus à se déplacer seule.

Il avait bu du sang, et c'était déjà terrible. Cette idée, ce concept, cette phrase... C'était déjà suffisant pour le choquer profondément et lui donner l'impression de ne plus être lui-même. Mais maintenant, il apprenait qu'il avait bu trop de sang, et qu'il ne s'en était même pas rendu compte. A deux reprises. Il aurait tout aussi bien pu les tuer.

C'était tout bonnement terrifiant. Monstrueux. Il était monstrueux. Cela, sa mère l'avait vu tout de suite, dès qu'elle avait posé les yeux sur lui suite à sa transformation. Comme elle avait eu raison.

Esteban baissa légèrement la tête, soudain très silencieux. Son regard se durcit et il comprit enfin ce qui lui donnait si froid : il était terrifié, et tout à la fois horrifié par ce qu'il était devenu. Il éprouvait une haine farouche à l'égard de cette enveloppe charnelle bonne à laisser pourrir. Il sentait la corruption dans chacune de ses cellules... Dans tout cet organisme dont il expérimentait l'anormal fonctionnement. Il sentait ses crocs, présents en permanence sous ses lèvres, et il avait l'impression qu'ils le brûlaient. Il aurait voulu les arracher.

"...Viens m'aider. On ne peut pas se permettre de rester ici trop longtemps."

"... Oui, j'arrive."

Sa voix n'avait été guère plus qu'un sombre chuchotement, dans lequel on entendait la résignation acide dont il avait déjà fait preuve à l'occasion de plusieurs brefs épisodes. Esteban s'approcha de Luisa et ne chercha à les préserver ni l'un ni l'autre : comme elle venait de le dire, ils n'avaient pas ce temps devant eux. Alors il fit ce qui serait le plus efficace : il glissa un bras sous ses genoux, un autre dans son dos, et il la souleva simplement. Elle était aussi légère qu'un fétu de paille et bien moins volumineuse que Gael. Il pouvait la transporter très facilement.

... Monstrueux. L'idée ne le quittait plus.

Il furent donc très rapidement arrivés dans la chambre. Esteban, après avoir allumé la lumière et fermé la porte, déposa sa tante sur le lit. Après s'être assuré que tout allait bien pour elle, il prit place à son tour, frotta ses mains contre son visage, et soupira très fort. Peut-être était-il sur le point de revenir sur une discussion qu'il avaient déjà eu plus tôt... Aucune idée. Il ne se souvenait plus. Il ressassait tellement.

"... Pourquoi est-ce que tu cherches tant à m'aider, tia ? Tu as bien vu ce qu'il en est. J'incarne tout ce contre quoi nous nous sommes toujours dressés. Je suis dangereux. Je suis..."

... Un monstre ? Oui, cette idée ne le quittait plus. Mais les mots étaient trop forts, ils ne voulaient pas sortir. Déjà mort ? Pas beaucoup mieux, d'autant que c'était là ce qu'Olivia lui avait fait comprendre dès le premier soir.

"... Je me déteste."

Pas du tout ce qu'il avait compté dire initialement, mais c'était vrai aussi. Sa gorge se noua et lui fit très mal. Il se mordit la lèvre et resta sans bouger, les mains fermement plaquées contre les yeux.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeDim 21 Juil - 23:22

Luisa serra les dents. Cette situation lui déplaisait fortement. Avoir dû révéler sa faiblesse à Esteban ne lui plaisait pas du tout. La façon dont il avait baissé la tête et dont il lui répondit lui plaisait encore moins. Elle perdait le peu de contrôle qu'elle avait réussi à avoir sur tout cela et elle n'appréciait pas du tout. Elle n'avait pas besoin de croiser le regarde de son neveu pour savoir ce qui était en train de lui passer par la tête : elle le connaissait mieux que personne, bien qu'il ne fallait pas le lui dire au risque qu'il fasse une gigantesque crise. ...Ou presque. La mexicaine eu un très léger sourire intérieur en se disant que Karl pouvait peut-être lui arriver à la cheville.

Il lui aurait fallu plusieurs minutes pour parvenir à maîtriser son agacement si Esteban n'avait pas pris les devants et décidé de la porter -à son tour- comme une princesse. La cheffe d'entreprise laissa échapper un glapissement de surprise, s'accrochant par réflexe au cou de son filleul de ses deux bras. Elle n'eut pas le temps de se plaindre beaucoup plus : ils arrivèrent très rapidement dans la chambre. Une pièce d'une taille plus que confortable selon leurs critères communs. Sur le côté, on pouvait voir une sorte de grande alcôve abritant un dressing complet, caché par un rideau gris perle. Au fond, une autre porte, menant à une salle de bain comportant douche à l'italienne et bain à bulles, en plus des habituels vasques et miroirs. La pièce principale était décorée dans des tons doux, mais les divers décorations rappelaient l'influence maya de leurs ancêtres. Un énorme lit en teck trônait au milieu de la pièce, couvert d'une parure d'un vert bouteille qui mettait un peu de joie dans l'ensemble. Pour être honnête, Luisa ne passait pas énormément de temps dans ses chambres. Il aurait pu s'agir d'un hôtel que cela n'aurait pas changé grand chose. Mais elle la trouvait quand même agréable.

Déposée sur le lit, la mexicaine laissa échapper un soupir. Qu'il fut de fatigue, de frustration, de dépit ou de soulagement, elle n'aurait trop su le dire : probablement tout et rien de cela à la fois. Elle était épuisée, c'était vrai, et n'aurait rien aimé de plus que de s'allonger sous les draps et de fermer les yeux pour profiter d'un sommeil bien mérité. Mais ce n'était pas le moment.

Et, à regarder son neveu qui se frottait les mains contre son visage en soupirant, elle doutait que le moment arrive un jour, à ce rythme.

Esteban prit ensuite la parole, et toute la fatigue que sa tante pouvait éprouver s'enfuit, remplacée par une intense frustration. Ce qu'il pouvait être buté. Ce qu'il pouvait ressembler à sa mère ! Elle les aimait tous les deux profondément, mais dans des moments pareils elle rêvait de les secouer violemment pour leur remettre les pendules à l'heure.

Hors de question de faire ça, évidemment. A la place, Luisa se redressa sans le lit, s'asseyant plus correctement et se tourna vers le néovamp avant de poser ses deux mains sur ses joues et le forcer à la regarder. Elle avait l'impression qu'ils avaient déjà eu cette discussion (ou quelque chose de similaire) un peu plus tôt, mais elle n'irait pas jusqu'à le faire remarquer. D'autant qu'elle le lui répéterait autant de fois qu'il éprouverait le besoin de l'entendre.

"Tu n'es pas un monstre, Tebi."

Elle n'avait pas besoin de lire dans ses pensées pour savoir ce qu'il en était. Il suffisait de lire sur son visage.

"Tu n'es pas un monstre, et je me fous de ce que tu penses incarner. Je me fous du danger que tu penses représenter. Nous sommes tous dangereux, chacun à notre façon, et n'essaie pas de me prouver le contraire."

Son autre affirmation lui coupa brièvement la chique. Mais c'était de Luisa dont on parlait. Il lui fallait plus que cela. Elle posa son front contre le sien, sans détourner le regard.

"...Et moi je t'aime. Égoïstement très certainement, stupidement peut-être, en dépit de tous les dangers si ça peut te faire plaisir. Je t'aime parce que malgré ce que tu penses de toi, ce que tu dis, ce que tu peux penser faire ou avoir fait... au fond de toi tu es toujours le petit garçon naïf, étourdi, maladroit, attendrissant, intelligent, débrouillard, rieur, enthousiaste, mauvais perdant, au goût terriblement sûr que j'ai toujours connu et aimé."

Des doigts caressèrent sa joue avant de remonter, se perdant dans les cheveux inégalement coupés.

"Moi, je t'aime. Et je sais que cette partie de toi qui t'effraie, qui te fait nous rejeter, tu finiras par réussir à la contrôler. Et je veux t'aider à le faire. Je refuse de t'abandonner. De te laisser là, tout seul dans ton malheur à griffer les murs en t'interdisant de vivre et de ressentir."

Des lèvres qui se posaient sur la joue découverte, des mots qui se glissaient dans une oreille.

"Moi, je t'aime, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu t'aimes à nouveau."

C'était plus qu'une promesse. Un véritable serment.

"Jamais je ne t'abandonnerai."
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeMar 23 Juil - 9:50

Esteban était à nouveau au bord d'une rupture intérieure douloureuse. Son corps était tendu de toute part. Ses émotions enflées comme un ballon trop plein n'attendaient qu'une toute petite pression supplémentaire pour exploser. Il entendit Luisa bouger, puis il sentit ses mains sur son visage qui tentaient de le dégager. Il sut instantanément qu'il n'avait pas envie de se laisser faire et pourtant, il laissa faire tout de même. Il n'aurait pas eu besoin de sa force surnaturelle pour se défendre de Luisa, mais il n'avait tout de même pas envie d'en abuser. Sans compter qu'il culpabilisait trop de ce qu'il venait de se rendre compte lui avoir fait.

"Tu n'es pas un monstre, Tebi."

Quelque chose se souleva en lui, à l'entente de ces exacts mots, qui collaient si précisément à ceux qu'il n'avait pas pu dire. Ses lèvres se pincèrent. Il cessa de respirer et fixa sa tante sans mot dire, avec dans les yeux une lueur intense malgré son expression désabusée. Elle avait deviné ce qu'il avait sur le bout des lèvres. Toujours silencieux, il semblait comme vouloir lui demander : "Comment peux-tu dire une chose pareille ?". Elle savait ce qu'il était. Elle l'avait vu à l'action. Des larmes coincées dans la gorge, la voix incidemment étranglée, il répondit tout doucement :

"Bien sûr que si..."

Mais elle insistait. Elle disait des choses qu'il ne pouvait concevoir. Que personne, de n'importe quel côté de sa famille, n'aurait pu concevoir. Il n'y avait bien que Luisa qui pensait comme ça, et elle cherchait à lui faire croire qu'il inventait le problème. Le regard fuyant, il cherchait à s'éloigner d'elle. Il secouait la tête de droite à gauche et refusait tout bonnement d'écouter ses divagations. Tous les outres étaient des monstres, la question ne se posait pas. Si il était un outre maintenant, alors il était un monstre lui aussi. Le problème n'était pas ce qu'il pensait, mais ce qu'il était. Et toute la famille aurait été d'accord avec lui sur ce point. A bout, il ne la laissa pas complètement finir sa phrase. Il haussa le ton brièvement pour la couper :

"Non, non, non... Il n'y a que t... IL N'Y A QUE TOI qui pense comme ça, Tia. Demande donc à Juan ce qu'il en pense. A Christian. A TOUT LE MONDE dans cette famille en fait". Il avait sciemment évité de citer Olivia, car si il le faisait, il ne terminerait pas sa phrase. "... Des créatures comme... comme ça" Un geste méprisant de la main pour se pointer lui-même. "Ils en enferment et ils en exécutent par dizaines." Heureusement que le voisin n'était pas encore arrivé. "Tu le sais. Tu les finances. Moi aussi.  On le fait tous, quand on n'est pas plus impliqué. Alors en quoi est-ce différent, hein ? Parce que tu me connais ? Ca ne  change rien du tout : ils ont tous eu des proches, eux aussi, avant de devenir cette chose infecte. Tout le monde me déteste."

Et on en venait à la conclusion logique. A cette occasion, il perdit son emphase. Sa colère retombait. L'émotion menaçait donc à nouveau de l'écraser sous ses impitoyables rouleaux. Esteban était le premier à se détester. il y eut une latence, mais pourtant c'est là-dessus que Luisa rebondit pour tenter de l'atteindre.

Suite à son coup d'éclat, et bien qu'il se laissât approcher, Esteban était sur la défensive. Il resta donc indifférent au discours de Luisa jusqu'à ce qu'elle touche du doigt un point terriblement sensible. D'autant plus sensible, peut-être, qu'Esteban ne s'était pas rendu compte de cette fragilité en lui avant qu'elle ne la lui étale en pleine face.

"Au fond de toi tu es toujours le petit garçon naïf, étourdi, maladroit, attendrissant, intelligent, débrouillard, rieur, enthousiaste, mauvais perdant, au goût terriblement sûr que j'ai toujours connu et aimé."

... Intérieurement, comme extérieurement, Esteban s'effondra. Radicalement. Immédiatement. Son front quitta celui de Luisa tandis qu'il se tassait et plongeait son visage dans ses mains. Il tomba contre son épaule, serra les dents, tenta en vain de bloquer ce qui allait sortir. Trois gémissements plus tard, le premier sanglot quittait sa gorge, absolument déchirant. Ce n'était pas les pleurs d'un adulte, ni même d'un adolescent.

Car Luisa avait vu juste. Dans un état normal, le jeune homme ne l'aurait probablement jamais admis. Quelque part, faute à ses traumatismes, à la façon dont il avait été paradoxalement surprotégé... Parce qu'il était finalement encore très jeune, aussi, Esteban n'avait pas grandi. Pas complètement. Il avait fait de son mieux pour se comporter de façon beaucoup trop responsable et beaucoup trop adulte dans toutes ces situations qu'il avait traversées seul. Avec Darian. Avec la mise en place de ce procès. Contre sa maladie et dans le deuil de sa propre existence. Et maintenant, ça.

Mais c'était trop dur. Il tenait debout parce qu'il le fallait. Ça ne signifiait pas que chaque coup ne le blessait pas un peu plus. Intérieurement, il était fissuré. Depuis longtemps. Dans le fond, oui, il y avait cet enfant qui n'en pouvait plus d'être seul, qui se sentait tout petit et incapable de faire face à toutes ses responsabilités. Cet enfant complètement perdu, abandonné par sa mère, terrorisé, qui ne voyait que le gouffre en face de lui et que l'injustice qui lui avait été faite. Cet enfant là n'avait jamais voulu mourir. Ne s'était jamais entièrement résigné. Pourquoi était-il tombé malade ? Ce n'était pas juste. Pourquoi l'avait-on agressé, transformé avant que son heure ne soit venue ? Injuste. Pourquoi seulement avait-il dû recourir à cette solution ? Pourquoi ? Qui d'autre à son âge était obligé de devenir un monstre pour ne pas cesser d'exister ? Injuste, injuste, injuste.

Il avait changé, c'était indéniable. Pourtant, une grande part de lui restait invariable, immuable. Il le savait. C'était bien pour ça que c'était aussi dur. C'était bien pour ça qu'il souffrait tellement. Le petit garçon dont parlait Luisa se sentait prisonnier dans ce corps et dans cette existence qu'il ne pouvait pas assumer. Se contrôler ? Vivre, vraiment vivre, alors qu'il était devenu cette chose ? Mais comment faire ? Le nez contre l'épaule de Luisa, il secoua la tête de droite à gauche, lentement. Comment ? Il voulait que tout redevienne normal. Il voulait revenir à la maison. Se réveiller de ce cauchemar sans fin. Retrouver tout ce qu'il avait perdu. Tout ce qui lui avait toujours paru couler de source. Et bien évidemment, il voulait de l'amour. De la sécurité. Quoi de plus naturel ?

Esteban glissa ses mains dans le dos de Luisa, cherchant une étreinte sans même vraiment s'en rendre compte. Ses sanglots paraissaient inconsolables.

"... Pas juste... C'est pas juste... C'est pas juste... C'est pas juste..."

Cette pensée obsessionnelle avait fini par passer la barrière de ses lèvres, discrète et saccadée entre ses cris, mais bien présente.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeMer 24 Juil - 13:45

Et même si Esteban avait tenté de la repousser, Luisa aurait insisté. Il était têtu, c'est certain, mais elle l'était plus encore. Des années de pratique en plus, peut-être ? Mais aussi, et surtout, en cet instant précis, la profonde conviction d'être dans le bon. Pas aux yeux de leur famille, non, c'était vrai. Mais les Luz-Descalzo (et les Selva Moreno, elle devait l'admettre bien que cela lui fasse mal au cœur) avaient des notions de bon, de bien et de juste qui n'étaient absolument pas objectives. Luisa s'en était rendu compte il y a longtemps. Mais pour cela, elle avait dû sortir de sa zone de confort. Elle avait dû quitter sa cage dorée. Elle avait dû choisir de se confronter au monde de bien des façons.

Esteban n'avait rien vécu de tout cela. Il avait été savamment façonné, construit selon un schéma prédéterminé depuis des années (oserait-elle dire "des siècles" ?) et protégé de tout et tout le monde par une mère qui n'acceptait pas que quiconque fasse du mal à son enfant ("...ou presque" ne put s'empêcher de penser une mexicaine légèrement agacée par la réaction de son neveu). Une enfance dorée, endoctrinée, qui l'amenait à penser que les paroles des hommes de sa famille étaient d’Évangile et qui l'avait détruit, maintenant qu'il était dans cette situation.

Étiquetée comme "rebelle de la famille", mais terriblement douée pour les affaires de cette même famille, Luisa naviguait sur une corde raide depuis des années avec des talents d'équilibriste qui n'étaient plus à prouver. En écoutant la réaction de son neveu et filleul, cependant, elle eut extrêmement envie d'envoyer paître toutes les leçons de bonne conduite qu'elle se contentait de suivre d'un pied et de mettre Esteban face aux contradictions de ses croyances et lui faire reconnaître le point auquel son oncle, son cousin et son père ne faisaient rien de juste.

Mais elle parvint à se calmer. Ou plutôt, l'aveu de son neveu la coupa dans sa colère. Elle ne s'attendait pas à une telle conclusion, alors qu'elle était pourtant évidente. Mais dans la bouche de l'héritier multimilliardaire, qui n'avait jamais douté de rien à ce niveau, ou du moins pas ouvertement, c'était déstabilisant. Esteban et Luisa se ressemblaient plus qu'ils ne l'admettaient, et aucun des deux n'avouait aussi facilement ce genre de chose. Tout comme ils n'avouaient pas facilement l'inverse, du moins l'un envers l'autre.

Et pourtant, Luisa ne se posa même pas la question. La réplique vint d'elle-même, comme une évidence. Elle, elle l'aimait. Plus que beaucoup, plus qu'elle ne le disait. Pour tellement de raisons différentes. Ce n'était pas parce qu'il était le fils de sa sœur qu'elle le supportait. Dans tous les sens du terme. Malgré ses crises, sa bondieuserie à n'en plus finir, ses critiques incessantes, c'était aussi avec lui qu'elle vivait des aventures palpitantes, qu'elle riait (parfois à ses dépends), qu'elle organisait des soirées convenables ET inoubliables... C'était son être entier qu'elle avait appris à apprécier et qu'elle aimait, envers et contre tout. Luisa ne se laissait pas facilement approcher. Mais elle était de ceux qui, une fois fait, donnaient tout sans concession. Heureusement pour elle, elle savait bien s'entourer.

Quelque chose craqua. La norme ne comprit pas de suite à quoi c'était dû, mais elle sentit Esteban s'effondrer littéralement entre ses doigts. Il tomba contre son épaule et elle l'entoura doucement, continuant de lui murmurer des choses tendres à l'oreille. Un peu plus tôt, la pensée qu'un étranger soit arrivé dans l'appartement -ou même que Karl soit revenu seul, après tout que savait-il vraiment ?- l'avait un peu tendue, mais il n'y avait maintenant plus que la peine de son filleul qui éclatait au grand jour, la blessure qui n'en finissait pas de couler, qu'il avait tant bien que mal cicatrisé au fil des années et des épreuves successives et qui ne tenait plus.

Non, ce n'était pas juste. Les bras de la tante se resserrèrent fortement autour de la silhouette informe. Une main remonta pour la passer dans les cheveux noirs. Luisa sentait son épaule devenir moite et la chaleur n'était pas en cause. Elle luttait de son côté pour retenir ses propres larmes. Tout ce qu'elle était capable de faire, c'était de bercer Esteban le plus tendrement possible, se balançant doucement d'avant en arrière, murmurant des choses sans queue ni tête à une oreille probablement incapable de l'écouter plus que cela.

Non, ce n'était pas juste. Esteban était trop. Trop jeune, trop innocent pour traverser toutes ces épreuves successives qui lui avaient été imposées. Trop doux pour le monde dans lequel il avait grandi ; trop gentil pour la violence qu'on espérait qu'il perpétue ; trop sage pour le minimum de désobéissance qui aurait pu le sauver des atrocités commises par d'autres ; trop responsable pour accepter l'appui des autres ; trop abandonné pour penser le mériter.

Au milieu des larmes, une colère comme elle n'aurait jamais cru pouvoir en éprouver un jour à l'égard de sa sœur. Luisa n'aurait jamais dû être là ce soir. Elle n'aurait pas dû être celle qui berce un pauvre garçon perdu, abandonné par la chance qu'on avait toujours cru lui sourire. Sa mère aurait dû être là. Celle qui, depuis toujours, était son seul appui, son seul support inconditionnel. Et qui l'avait abandonné comme les autres. Comme tout ceux qui ne méritaient pas ces pleurs et cette vie sombre qu'Esteban s'imposait. Elle le serra un peu plus fort, bien décidé à aller rendre visite à Olivia dès que possible pour lui expliquer son point de vue et la ramener à la raison.

Mais Olivia n'était pas importante pour le moment. C'était Esteban qui gémissait contre son épaule, hurlait dans ses bras, pleurait dans ses cheveux. Esteban, qu'elle tentait désespérément de ramener au calme par des gestes doux, des baisers sur les tempes et des "Je t'aime" murmurés au creux de l'oreille. Doucement, tout doucement, la mexicaine entreprit de se laisser tomber contre les oreillers, entraînant son neveu avec elle. Après ça, peut-être parviendrait-il à s'endormir de nouveau, ce qui ne serait vraiment pas un mal.

L'idée que le salon pouvait certainement entendre les cris ne lui était pas passé au-dessus de la tête. Mais personne ne saurait se méprendre : c'était une douleur au-delà de toute autre que l'on pouvait entendre. Que l'on puisse penser après cela qu'un vampire assoiffé de sang avait profité d'un instant d'inattention pour attaquer un homme qui n'avait pas eu le temps de se défendre ; et non qu'un homme avait volontairement donné de son sang pour empêcher un jeune vampire en pleine crise d'identité de s'auto-détruire serait un mensonge éhonté.

Mais peut-être qu'elle réussirait à calmer Esteban avant qu'un étranger n'arrive dans le salon. Ce serait la meilleure solution, vraiment.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeMer 24 Juil - 23:02

Pleurer était épuisant. Esteban avait eu son compte d'émotions aujourd'hui et, vampire ou pas, la sieste qu'il avait faite plus tôt n'avait pas suffi à ce qu'il s'en remette intégralement. Son esprit était donc déjà en train de se dissoudre dans la souffrance, dans les spasmes, les cris, les soupirs qui lui échappaient. Sa tête était lourde. Elle tournait. Il peinait à articuler les mots qu'il s'échinait pourtant à répéter machinalement :

"Pas juste. Pas... Pas ju... P..."

L'étreinte de Luisa autour de lui se resserra, et c'est ce qui sembla mettre fin à sa litanie pour de bon. Esteban poussa un soupir, trembla, et s'agrippa à sa tante comme si il avait craint de tomber. Comme si il avait craint qu'elle disparaisse... Tout comme d'autres avant elle avaient disparus. Il ne parlait plus, certes, mais il pleurait toujours autant. La peine ne réduisait pas. Il était parfaitement inconsolable.

Se rendait-il compte que Luisa n'était pas celle qui aurait dû être là ? Que cette scène aurait dû leur paraître incongrue à l'un comme à l'autre ? Non. Le mode survie était enclenché, Esteban n'était plus capable que de prendre ce dont il avait besoin, sans quoi il ne se serait tout simplement pas permis de le faire, ou même de montrer ce besoin. Les caresses et les mots d'amour étaient autant de pansements posés sur la plaie béante à l'intérieur de lui. C'était comme d'en mettre sur un membre mutilé : insuffisant. Mais pour lui qui n'avait plus rien eu de tel depuis des semaines, et s'était destiné à ne plus jamais recevoir ce genre  d'attentions, cela restait terriblement précieux.

Il se laissa doucement coucher contre le matelas, incapable d'aller contre ce mouvement qu'il accueillait de toute façon avec autant de plaisir qu'il était capable d'en ressentir alors qu'il n'était plus qu'une douleur géante. Secoué par les sanglots, il se roula en boule, tout contre Luisa. Son visage creusait dans son épaule et ne semblait plus vouloir s'en détacher.

C'était insupportable, insoutenable, de ne pas pouvoir revenir en arrière. Il en avait le besoin irrépressible, son incapacité à changer ce qui était en ce qui avait été lui donnait l'impression répétée de tomber dans un gouffre.  Il voulait rentrer. Il aurait voulu vivre encore sur le campus. Retourner à Little Rock. Revivre ces moments de paix qu'il avait partagé là-bas avec Olivia, dans les nombreuses périodes où son père n'était pas là. Être humain, juste encore un instant.

Dieu. Il n'arrivait même plus à ce souvenir de ce que cela faisait, de ce que l'on ressentait, lorsqu'on était encore vivant.

Il était gorgé d'amertume et d'un déni acide qu'il pensait pourtant avoir dépassé. Et pourtant, Luisa était là. Pourtant, elle l'apaisait. Alors que la fatigue prenait peu à peu le dessus et qu'il sombrait dans une somnolence anxieuse, ce repère lui permit de se diriger vers une zone plus calme... Presque acceptable. Presque supportable. Doucement, les pleurs se tarissaient. Les spasmes se calmaient. Il ouvrit à moitié les yeux à la recherche du visage de sa  tante, mais c'était trop d'efforts, vues leurs positions. Esteban échappa un dernier soupir et s'abandonna à l'épuisement. Il avait l'impression de flotter. Ses membres comme ses oreilles bourdonnaient gravement. L'endormissement serait presque immédiat. D'ici peu, sa respiration cesserait, et il ne serait plus qu'une masse inerte entre les bras de son aînée.

--

Lorsque Karl ouvrit la porte de l'appartement, suivi de près par un étranger, son cœur manqua un battement. Il lui fallut toute la maîtrise de lui dont il était capable - c'était à dire beaucoup - pour maintenir son air imperturbable. Il ignora les sueurs froides qui cherchaient à le déconcentrer et se tourna vers son invité avec un sourire poli :

"... Et voilà pourquoi Luisa ne pouvait pas vous accueillir elle-même. C'est une histoire assez compliquée, je préfère vous épargner les détails."

Le timing était mauvais. Esteban paraissait avoir une nouvelle crise. Ce n'était pas sa faute, mais on entendait ses pleurs déchirants jusqu'ici. Il fallait espérer que ce voisin médecin n'allait pas faire de suppositions fumeuses... Fumeuses et beaucoup trop pertinentes pour leur bien à tous. De la main, il montra Gael, toujours installé au même endroit.

"Le voilà donc... J'espère que vous pourrez nous rassurer."

... Il espérait aussi qu'ils pourraient compter sur sa discrétion.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeVen 26 Juil - 16:35

Dans la chambre, les plaintes d'Esteban finirent par se calmer. Allongé sur le lit, roulé en boule dans les bras de sa tante, ses pleurs se faisaient plus silencieux, bien que toujours présents. Luisa le berçait doucement sans discontinuer, passant une main dans son dos et l'autre dans ses cheveux, murmurant ce qu'il avait besoin d'entendre, des mots doux aux affirmations quand à sa présence auprès de lui. Elle le serra un peu plus contre lui, fourrant son nez contre ses cheveux sombres, inspirant profondément pour s'empêcher de fondre en larmes à son tour.

La mexicaine attendit patiemment que les pleurs comme la poigne du néovamp cessent pour se laisser aller au sommeil à son tour. Cependant, avec tout ce qui lui traînait en tête (divers déroulés de conversation avec sa sœur, notamment), il n'était pas dit qu'elle parvienne à s'endormir de suite, et ce malgré son état de fatigue avancé.

Entre temps, les cris de l'héritier avaient sorti le garde du corps de son propre sommeil. Sourcils froncés, initialement inquiet de se trouver seul dans cette pièce, il réalisa rapidement que Luisa ou Karl devaient se trouver avec le fils d'Olivia. Quant à l'autre...

L'argentin était en train d'essayer de se redresser quand il entendit la porte d'entrée s'ouvrir et la voix de Karl. Ah. Oui. Le médecin. Il avait presque oublié. Ses sourcils se froncèrent un peu plus. Gael n'aimait pas l'idée de causer ainsi du souci, et encore moins celle de laisser un inconnu entendre ce qu'il pouvait se passer dans une autre pièce. Esteban ne leur pardonnerait jamais s'il apprenait cela (...même s'il était techniquement fautif, ce que personne ne lui reprocherait) et l'homme lui-même ne se pardonnerait jamais de mettre le fils de sa patronne en danger, quand bien même sa propre sécurité était en jeu.

Heureusement pour tout le monde, le chirurgien à la retraite n'était pas des plus vindicatifs. Bien que Norme, il avait fait quelques années de service en compagnie de l'actuel chef de service du Charity's Hospital, ce qui avait évidemment façonné son jugement des outres. S'il était conscient que certains, comme les vampires, étaient capables du pire, il avait aussi témoigné d’infamies pas moins terribles de la part d'humains dans ses urgences. Sa fidélité était donc au serment qu'il avait prêté près de cinquante ans plus tôt.

En espérant qu'il ne fasse pas partie de ceux dont l'argent pourrait ouvrir les boîtes de Pandore... Mais Luisa se chargera probablement de cela dès qu'elle sera en état.

L'homme, grand, un léger embonpoint depuis l'arrivée de la retraite et une chevelure courte poivre et sel assortie à sa barbe de trois jours, se tourna vers Karl en entendant ses explications. Ou plutôt, sa non-explication. Un très léger sourire aux lèvre, il acquiesça, une lueur de compréhension dans les pupilles. Il n'eut cependant pas le loisir d'ajouter quoi que ce soit, que Gael se faisait à nouveau entendre.

"Je vais bien."

Le voisin ne perdit pas son sourire.

"Laissez-moi en juger par moi-même, cher Monsieur."

L'argentin grommela pour le principe, refusant résolument de tourner le regard vers Karl. Le petit insolent devait probablement cacher un rire... si son inquiétude pour Esteban et toute leur situation ne l'emportait pas sur son amusement. Gael laissa donc l'étranger l'ausculter sans -trop- râler, si ce n'était le moment où il tenta à nouveau de se redresser et qu'il fut arrêté par une main ferme contre son torse. Cet homme avait des gestes sûrs et ne semblait pas faire traîner dans le but de récolter plus d'informations (il fallait dire que les pleurs s'étaient taris depuis). Le garde du corps répondit aux questions du médecin de sa façon habituelle, soit en parlant le moins possible. Il ne fallut que quelques minutes au chirurgien pour se relever et se tourner vers celui qui, vraisemblablement, était le seul à aller assez bien pour être considéré en charge de cette affaire.

"Il ira bien. Il s'en est fallu de peu mais ce n'est qu'un cas de fatigue extrême. Veillez à ce qu'il boive régulièrement, au moins trois litres d'eau dans l'heure qui vient."

Il jeta un coup d’œil à l'homme allongé qui l'écoutait attentivement.

"Et évidemment, du repos. Interdiction de quitter ce canapé avant la fin de la journée qui commence. Si vous avez des obligations, il va falloir les annuler."

Gael fit la moue. Encore quelque chose qu'il allait être compliqué d'expliquer à Olivia.

"Transmettez mes meilleurs vœux à Luisa. Qu'elle fasse attention à elle."


L'homme n'avait pas l'intention de s'éterniser. Il serait parti après les salutations et remerciements d'usage, à moins qu'on ne le retienne.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeVen 26 Juil - 21:51

Karl aurait probablement souri des échanges entre Gael et son médecin improvisé si le contexte avait été différent. Seulement, il se sentait plutôt tendu. Esteban avait bien involontairement ruiné toute l'histoire qu'il avait mise au point pour justifier l'état du garde du corps sans trahir son secret. C'était la seconde fois qu'il prenait le soin de monter un plan savant, d'en orchestrer le déroulement dans le moindre détail, pour qu'un Luz-Descalzo - ou qu'une Selva Moreno - en annule d'une façon ou d'une autre tout le bénéfice. Karl ne faisait pas ça pour la gloire, dans l'absolu il se moquait donc de la façon dont ils atteignaient leurs résultats. Cependant il restait humain : il n'appréciait pas se mettre dans des situations inconfortables pour rien. Puis il craignait les réactions du chirurgien. Qu'allait-il avoir compris exactement ? A quel point se montrerait-il fiable ? Ou au contraire corruptible ?

Si il en croyait le dernier regard qu'ils avaient échangé, cet homme avait compris que le vampire responsable de l'état de Gael n'était pas resté dans la rue... Et qu'on l'entendait même s'égosiller dans la pièce juste à côté. Le jeune norme garda une expression neutre et ne chercha pas à se justifier plus avant. Il n'y avait rien qui prouvait que la situation que devait gérer Luisa était en rapport avec celle qu'ils avaient eux-même sur les bras et Karl ne comptait pas donner au médecin des raisons d'avoir plus de soupçons.

Gael était donc réveillé. Ronchon, embarrassé, bien décidé à regarder ailleurs, mais conscient. C'était plutôt bien : avant le départ de Karl, même les cris désespérés d'Esteban n'auraient pas été capables de sortir le garde du corps épuisé du sommeil. Il assista à l'auscultation en silence, se détournant dans les moments où il lui semblait poli de laisser au patient son intimité, puis il écouta les conclusions du médecin.

Esteban avait vu juste : la vie de Gael n'était pas en danger, même si ils n'avaient pas été loin de devoir appeler une ambulance. C'était ce à quoi Karl s'était attendu, mais qu'un professionnel de santé le leur répète restait rassurant. De plus, l'homme avait des conseils à leur offrir qu'il allait s'appliquer à mettre en oeuvre sans attendre.

"Très bien. Je vais y veiller."

Il fallait bien que ce soit lui qui s'en occupe : Gael était incapable de bouger du canapé, et on le lui avait de toute façon interdit. C'était avant tout pour cela que Karl prenait sur lui la responsabilité des soins à venir.

... Et peut-être aussi un peu parce qu'il pensait tout à fait Gael capable de négliger les recommandations du médecin, non pas parce qu'il se moquait d'aller mieux, mais parce qu'il pensait ne pas avoir besoin d'autant de précautions. "Je vais bien", bla bla bla. Il avait déjà tenté de descendre des escaliers seul alors que dans les minutes suivantes il ne tenait plus debout, il fallait faire attention.

Leur "invité" était sur le départ. Une brève peur traversa le jeune homme, qui fit en sorte de la garder invisible. Dans une telle situation, des salutations somme toute banales pouvaient masquer des sous-entendus dérangeants. Karl espérait que lorsque cet homme conseillait à Luisa de faire "attention à elle", il ne cherchait pas à dire qu'il doutait de ses fréquentations.

"Je le lui dirai. Merci pour tout, pardonnez moi encore de vous avoir dérangé à une heure pareille."

Lorsqu'il ferma la porte et qu'ils ne furent à nouveau plus que quatre dans l'appartement, Karl se sentit soulagé. Il jeta un bref regard à Gael mais ne s'arrêta pas : il avait vu la cuisine plus tôt, lorsqu'il fermait les volets. Et c'était là qu'il se rendait. Quelques minutes plus tard, Karl revint avec une énorme gourde d'eau qu'il posa devant Gael avec une énergie qui parlait d'elle-même. Un gros "TIENS, et tu as intérêt à tout boire" n'aurait probablement pas été plus éloquent. Ce pourquoi, suite à un regard appuyé, il enchaîna immédiatement sur le sujet suivant :

"Je vais rester encore un peu donc si il y a besoin de quoique ce soit... Mais tout de suite, je vais aller vérifier comment ils vont."

Karl n'allait pas tarder à avoir sommeil lui-même, certes, mais il ne pouvait pas partir. Gael ne tenait plus sur ses jambes, Luisa non plus, et la psychologie fragile d'Esteban ne le rendait pas beaucoup moins invalide que les deux autres. Tant pis. Il irait faire du café - il avait vu la machine - et puis il rattraperait son sommeil manqué dans la journée. Il laissa brièvement Gael à son canapé et à sa gourde d'eau, et puis il s'approcha de la chambre de laquelle les cris étaient sortis, plus tôt.

Il ouvrit la porte très doucement, de sorte à ce qu'elle fasse le moins de bruit possible en tournant sur ses gonds. Là, il glissa un nez discret dans la pièce. Si tout le monde dormait, il n'allait pas les déranger. Malgré la pénombre, il distinguait la silhouette d'Esteban, tassée en boule contre celle de Luisa. Dans cette posture, il ressemblait à un enfant plus qu'au jeune adulte qu'il était récemment devenu, mais Karl n'allait certainement pas juger : avec tout ce qu'il avait vécu, il était plus que normal qu'Esteban passe par ce genre de moments. Luisa le tenait contre elle d'une manière qui le rajeunissait encore un peu. Elle paraissait avoir géré avec brio la situation car le vamp paraissait dormir profondément. Quant à elle, par contre, il voyait d'ici qu'elle était encore réveillée.

Karl s'avança prudemment, soucieux de ne pas réveiller Esteban. Il attendit qu'elle lui fasse signe pour parler à voix basse :

"Le voisin a entendu et je pense qu'il a plus ou moins compris ce qu'il s'est réellement passé. Gael va bien, mais il va devoir rester ici toute la journée sans bouger. Et boire beaucoup."

Son attention revint sur Esteban. Il n'était pas là lorsque cette nouvelle crise avait commencé et ne savait donc pas vraiment ce qui l'avait provoquée.

"...Est-ce que ça va aller ?"

Par ailleurs il avait toujours sur lui un certain papier... Une lettre. Plus le temps passait, plus il se disait que ce n'allait pas être à lui de la donner à Esteban. La position dans laquelle la tante et le neveu étaient à l'instant en disait long. Puis elle vivait dans le même immeuble que lui. Elle avait plus de chance d'être là au moment où Esteban serait prêt à lire ce texte.

Cela dit, Luisa était épuisée et il ne voulait pas la retenir de dormir plus longtemps que nécessaire. Il attendrait encore un peu.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitimeDim 28 Juil - 18:43

Si Esteban était connu pour sa maladresse légendaire (qui l'amenait notamment à faire foirer les plans savamment élaborés par son meilleur ami sans s'en rendre compte), Luisa était connue pour son instinct et sa chance tout aussi légendaires. Qui l'amenaient, certes, à faire foirer les plans savamment élaborés par le meilleur ami de son neveu sans s'en rendre compte, mais aussi à faire généralement les bonnes rencontres et confiance aux bonnes personnes.

C'était le cas avec ce médecin. Malgré ce qu'il pouvait avoir compris de la situation (et les pleurs d'Esteban n'étant pas des plus discrets, ils avaient tout du vampire hautement culpabilisé par ses actions), il n'avait pas assez d'éléments en main pour savoir exactement à qui il avait à faire : la tête et le nom de Luisa n'étaient pas connus, et même si Gael apparaissait souvent aux côtés d'Olivia, on s'intéressait rarement aux gardes du corps. Ou aux meilleurs amis silencieux. L'anonymat de l'héritier Luz-Descalzo était donc préservé.

L'homme s'attela à la tâche pour laquelle on l'avait fait venir à cette heure indue de la matinée et prodigua jugement et conseils. La vie de l'argentin n'était pas en danger -bien qu'il s'en soit fallu de peu. Repos et hydratation abondante en cette journée devrait suffire à le remettre sur pieds, tant qu'il ne cherchait pas à jouer avec ses limites. Mais de ce qu'il voyait dans le regard de l'étudiant, ce dernier s'assurerait que les recommandations soient bien suivies.

Un dernier hochement de tête entre deux salutations d'usage et le chirurgien était parti. Ses mots étaient plus pour indirectement souhaiter à quiconque était en train de fondre en larmes de prendre soin de lui, mais le doute était effectivement permis et personne ne reprocherait à Karl sa méfiance, au vu de tout ce qu'il venait de se passer.

Il pourrait toujours en discuter plus avant avec Luisa lorsque cette dernière lui rendrait visite.

Gael n'avait pas quitté l'étranger des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse derrière la porte. Il soupira ensuite, sans savoir exactement s'il s'agissait de fatigue ou de soulagement : probablement un mélange des deux, vu son état. Il croisa à peine le regard de Karl et sut instantanément ce que le Petit s'apprêtait à faire. Il n'allait pas l'en dissuader : en réalité, maintenant qu'on en parlait, il avait même un peu soif.

Le bruit de la gourde posée devant son nez le sortit de ses pensées (il n'était peut-être pas aussi réveillé que cela). Le garde du corps releva le nez sur l'étudiant et hocha la tête. Il apprécierait lui aussi de savoir ce qu'il se passait exactement, bien qu'il fasse confiance à Luisa pour s'occuper de son neveu. Ce n'était pas comme si elle pouvait l'amener dans une de ses folles aventures au sein même de son appartement, tout de même. ... N'est-ce pas ?

L'argentin secoua la tête. Il n'allait pas commencer à s'imaginer ce dont Luisa était capable. Cette liste était infinie. Au lieu de ça, il allait être sage et commencer à boire l'énorme gourde que Karl lui avait apportée, en attendant le retour de ce dernier avec des nouvelles qui allaient être réelles et bien plus rassurantes que ce qu'il était en train de s'inventer.

...S'il ne s'endormait pas entre temps, évidemment.

Luisa était elle aussi en train de lutter contre le sommeil. Elle espérait bien que Karl passerait les voir afin de les tenir au courant de l'état de Gael, qu'elle avait vu s'endormir en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire une fois qu'ils avaient passé la porte de l'appartement. Par ailleurs, elle se doutait bien que le jeune homme n'allait pas rester sans rien faire s'il avait entendu les pleurs de son filleul. Elle ne fut donc pas étonnée de voir la porte s'entrouvrir peu de temps après qu'Esteban se soit définitivement endormi. En le voyant pointer le bout de son nez elle sourit doucement et attendit que l'étudiant s'approche pour lui faire un léger signe de tête, seul membre qu'elle pouvait bouger sans craindre de réveiller l'enfant qui la tenait comme une peluche. Mais elle faisait approximativement la même chose, donc tout allait bien.

La mexicaine pinça les lèvres lorsqu'on lui dit que le voisin avait entendu et probablement compris ce qu'il s'était passé. Elle comptait aller le voir personnellement pour le remercier dans tous les cas, mais cet état de faits risquait de rendre la visite plus urgente que prévue... et honnêtement, elle avait d'autres chats à fouetter. Cependant, la sécurité d'Esteban restait une priorité absolue. Elle chamboulerait donc ses plans... dès qu'elle serait capable de les mettre en place.

L'annonce de l'état de santé de Gael, elle, était rassurante. La jeune femme laissa échapper un soupir de soulagement. C'était déjà ça de gagner. Elle n'avait évidemment aucune objection à ce que l'argentin squatte son canapé pour la journée : elle ne l'aurait de toute façon pas laissé repartir dansa avoir la certitude qu'il était capable de rentrer seul à la Casa del Sol.

Enfin, Karl se tourna vers Esteban et posa la question qui devait lui trotter dans la tête depuis qu'il était revenu avec le médecin. Le regard de Luisa redescendit vers la tête brune et elle passa une main tendre dans les cheveux noirs comme lorsque, enfant, il s'endormait sur elle après avoir pleuré toutes les larmes de son corps quand sa mère était obligée de le laisser avec elle plus de deux heures.

"Je pense qu'Olivia n'appréciera pas ma prochaine visite."

Le lien s'était fait tout seul. Pour qui n'était pas dans sa tête, ce n'était pas aussi évident. Elle soupira et reprit plus explicitement.

"Il est seul. L'abandon de sa mère et l'isolement dans lequel il s'est plongé le rendent complètement fou."

Mais cela, ils le savaient déjà.

"Il s'était prostré dans un coin du salon une fois qu'on a cessé de le solliciter. Je suis allée à sa rencontre pour essayer d'éviter la crise d'angoisse, mais il a réalisé que je ne tenais pas très bien sur mes jambes."

Un nouveau soupir.

"Parfois, j'aimerais retourner au temps où il était aussi naïf que tout le monde le pense. Cela m'aurait permis de lui faire croire qu'il n'y était pour rien."

Elle releva son regard vers Karl, l'observant attentivement.

"...Et toi, ça va aller ?"

Elle savait qu'ils avaient commencé cette soirée sur le mauvais pied, tous les deux, mais ce n'était déjà plus d'actualité. L'étudiant avait dû prendre en charge bien plus de choses qu'il n'aurait dû, et même s'il avait le dos large, tout humain atteignait tôt ou tard son seuil de résistance. Luisa lui sourit doucement.

"N'hésite pas à faire comme chez toi. Il y a une autre chambre avec salle de bains au fond du couloir. Tout est prêt à l'emploi. De même pour la cuisine, et s'il n'y a pas ce dont tu as besoin, ma carte est dans mon sac."

Elle savait très bien que le jeune homme n'en abuserait pas. Et puis, on parlait de Luisa : même si Karl décidait d'en abuser, il ne le ferait jamais au point que ce soit un problème pour son compte en banque.

Pour des raisons évidentes, Luisa n'allait pas pouvoir lui tenir compagnie durant les prochaines heures comme toute hôte le devrait : Elle était épuisée et devait donc se reposer (ce qu'elle était beaucoup plus à même de faire dans un lit qu'autour d'un café), mais aussi -et surtout- elle refusait de laisser Esteban et qu'il risque de se réveiller seul. Elle n'était peut-être pas la plus fine des psychologues, mais elle le connaissait assez pour savoir qu'il ne le prendrait que comme un abandon de plus. Et c'était hors de question.
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MessageSujet: Re: Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.   Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon. - Page 5 Icon_minitime

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Luisa, ou l'intuition crochue... pointue. Pardon.

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