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 C'est pas convenable de se moquer !

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Esmera Yanis
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MessageSujet: C'est pas convenable de se moquer !   Jeu 2 Juin - 10:30

Tiens les oiseaux ont arrêtés de chanter...La nuit doit être tomber. Je pose une main sur le lourd rideau noir qui est d'ordinaire chaud pendant la journée. La chaleur s'estompe... J'essuie mon front d'un revers de main, a force de plisser les yeux sur le tableau, mon champ de vision n'arrive plus à s'habiter à une surface plus grande que les carré de toile. Cela doit faire des heures que je n'ai pas lever la tête de mon œuvre...elle est pourtant loin d'être finie. Le visage est peint aux un-tiers, boucles noires n'apparaissent encore que d'un côté. Le coup, lui est finie. Impossible de me sortir son image de la tête. Pourquoi diable n'ai-je pas réussie à réduire cet effet de projecteur sur celui-ci ? Voila un bien grand mystère.

Ho là là ! Mon atelier-chambre d'amis-brique à brac est vraiment en bazars. Un peut de rangement ne lui ferait pas de mal. C'est comme si quelqu'un allé utiliser ce canapé de si tôt....C'est vraie ça. C'est finie d’accueillir du monde à la maison. Fini les soirées au coins du feu en bonne compagnie... Et c'est repartie pour un tour ! A quoi sa sert de déprimer? A rien...mais... A rien, exact ! Alors on se secoue...et on range ce bordel si ça peu faire penser à autre chose. Non mais qu'est-ce que je fous ? Je ferais mieux de me gorger de haine et de trouver l'odieux connard qui m'a mise dans cet état et de me faire justice ! Les tubes de peintures sur l’étagère à côté du vieux tourne disque et des vinyles soigneusement rangés, les pinceaux dans leur pots...Ouais, be c'est pas gagné... Trop de souvenirs à ranger. Il y en a partout. Fût une époque, j'étais organisée, mais là, c'est n'importe quoi. Les albums photos sont éparpillés sur la canapé-lit, au lieu de la bibliothèque juste au dessus. J'attrape les lourd...ou pas si lourd que ça maintenant, volume et les remets à leur place.

« Aïe ! »

Une main frotte le haut de mon crâne et je ramasse le dictionnaire anglais-roumain qui vient d'essayer de m’assommer. J'ai toujours voulue apprendre la langue de mes parents. Je pourrais lires les livres qu'il m'a laissé et les journaux intimes de mon grand-père. Bien sûre j'ai quelques notions, sinon ce serait trop compliqué quand je vais...j'allais, aux rassemblements. Certains sont des puristes qui refusent de parler anglais quand nous sommes entre nous... Je vais pouvoir m'y mettre. C'est vrais, que maintenant, j'aurais tout mon temps pour apprendre la langue...Mais c'est pas ce soir que je vais recommencer. Aller, à ta place comme le reste.

Ah ! C'est déjà mieux. Au moins, j'ai fais place net. Si je le voulais, je pourrais dormir là. Mais bon, j'ai un lit avec un matelas tout neuf de moins d'un mois. Quel gâchis d'argent... Il servira peut être un jour.

Hop un drap sur le chevalet...pas certaine qu'il tienne si je le laisse à peine accroché comme ça... bon, même s'il tombe, du moment que le chat ne se frotte pas à la toile, ça ne risque rien...J'ai envie d'un thé ! J'ai envie de sang serait plus juste. Non, en fait, j'ai envie de faire du thé. Si je le bois, je devrais le vomir... Après tout, ça dégagera une odeur agréable qui changera de l’encens.

Direction la cuisine...Oh non ! Pour quoi j'ai ouvert le frigo moi ? Maudit reflex ! Et voilà, je déprime. Voir les yaourts que je refuse de jeter au milieu des poches...On le fait ce thé? Bouilloire sur le gaz, placard à thé. Quelque chose de fort, de embaumant...Va pour celui-là. Bien noir avec de l'écorce de citron.

C'est quoi ça ? J'approche de la porte, Sergeil miaule comme un diable et gratte.

« Qu'est-ce qui t'arrive mon chat ? »

Pourtant la chatière n'est pas bloquée, je sais qu'il peut sortir s'il en a envie. Alors pour quoi gratte-t-il comme ça ? La dernière fois qu'il a fait ça, il y avait un alligator à deux mètres de la porte. J'attrape le fusil. Un coup en l'air devrait suffire à faire fuir la bestiole. J'approche d'une fenêtre et pousse le lourd rideau pour jeter un œil...Il est timbré ce chat. A force de renifler des vapeurs de sauge, voilà où sa mène. L'animal est peut être plus loin et je ne le voie pas, voilà tout. Là ! J'ai vue un truc bouger ! C'est bien trop grand pour un alligator, et c'est pas tout seul. On y voit pas grand chose, mais il y a quelque chose ou quelqu'un. C'est pas vrais ! Alors on ne peut même pas s'isoler en paix ? Il faut qu'on vienne me débusquer jusqu'ici ?

Oh, mais j'y pense. Et si c'était la police, qui vient m'arrêter ? Après tout ce serait normal, j'ai agressé quelqu'un. De haut placé qui plus est. Je suis dangereuse, c'est vrais. Ils leur en aura fallu du temps pour me trouver. Je pose le fusil. Si on vient m'arrêter, autant me rendre sans faire d'histoire. Qu'est-ce qu'il faut pas dire comme conneries ! Ils attendrons, ma vengeance passe avant tout ! Non je ne vais pas faire d’esclandre. Et si c'est le TPH, ou un groupe anti-outre? Là c'est différents, ils n'ont pas d'autorité. Si les humains veulent m’arrêter, il faut que ce soit pour aller dans un tribunal.

De toute façon sa ne sert à rien de se poser des questions. J'attrape une lampe torche et peut être mon courage, si je le trouve. Main sur la poignet. J'hésite à reprendre le fusil...au pire, il est à porter de main. N'importe quoi ! Je n'ai plus besoin d'un fusil. Aller ! J'ouvre. Lampe torche en avant.

« Qui est là ? »

Ma voix est timide et légèrement tremblanteQuelle autorité... Oh ça va bien l’ironique de service ! Attend je rêve pas ? Bess ? La tutrice vient me voir ? Alors là c'est sûr, je vais me faire décapiter. Elle sait ! Au non, elle sait ! Elle vient me tuer. En plus elle a l'air de très, très mauvaise humeur. Minute papillon. D'où elle sort comme ça ? Elle est dans un de ces état la tutrice, et le maigrichon avec elle est pas mieux...vampire! Voilà pourquoi le chat faisait tout un foin, il a sentie des chimolos. Tu m'étonne qu'il avait la frousse.

« Bess ? Qu'est-ce qui vous est arrivé ? »

L'inquiétude est là. Est-ce qu'ils se sont fait attaqué ? Par qui ? Mais surtout, comment en sont-ils arrivé à finir chez moi ? Je suis trop loin de tout.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Sam 4 Juin - 11:35

Esteban commençait vraiment à en avoir marre. Tout était malsain dans le rapport qu'il entretenait avec cette "femme", si on pouvait encore l'appeler ainsi. Elle se moquait de lui. Elle se permettait de ne rien prendre de ce qu'il disait au sérieux, tandis qu'il l'avait pourtant rarement été autant. Ses nerfs frisèrent avec une spontanéité dangereuse et sous le coup d'une voltige imprévue, il faillit répondre quelque chose. Mais c'était sans compter l'ascenseur émotionnel qui l'attendait, car le vampire n'avait pas fini de s'exprimer, et elle était maintenant en train de lui avouer qu'elle comptait se servir de lui. Il était étonné qu'elle l'exprime aussi ouvertement. Il fallait vraiment qu'elle pense qu'il n'aviait aucune chance de s'enfuir, maintenant qu'ils étaient perdus dans la nature, bien loin du centre-ville où Esteban peinait déjà à avoir des repères.

Il s'arrêta de marcher, comme frappé de stupeur. Il essaya en vain de croiser les yeux de son interlocutrice afin de vérifier qu'il avait bien compris. "Oui j’ai des plans pour toi, qui n’en a pas? Franchement? ". Il n'y avait pas à tortiller. Même Esteban était incapable de se tromper lorsqu'il s'agissait d'interpréter une déclaration aussi évidente. Une expression blessée vint remplacer l'irritation sombre qu'il avait précédemment arborée.

"... Je ne vous permets pas.. !"

C'était vrai que jusqu'à peu son destin avait été tout tracé, mais ça lui avait parfaitement convenu car ses exigences et celles des membres de sa famille avaient à peu de chose près été compatibles. Il avait toujours fait en sorte de rester à la limite de leurs bonnes grâces, même si ils avaient un peu grincé des dents à son entrée à l'université. Lorsqu'il avait décidé de lancer ce procès contre l'avis d'une bonne partie des Luz-Descalzo, ça avait certes un peu modifié la donne et on l'avait alors considéré d'un oeil légèrement plus sombre, mais c'était quelque chose qui aurait fini par se tasser à force d'années, si seulement il n'était pas tombé malade. Si seulement il ne s'était pas retrouvé coincé dans cette peau de monstre à dents longues. Si il n'y avait eu que ça, les propos du vampire l'auraient peut-être agacé, mais probablement pas choqué autant. Elle éveillait dans son esprit l'image rampante de Darian. Il sentait le toucher sordide d'une main géante qui glissait contre son dos et venait enserrer son cou. Ses doigts glacials refroidissaient son corps peu à peu, en même temps qu'une horreur grinçante montait, et l'obligeait à serrer les mâchoires. Son père était celui qui l'avait fait faire des choses dégoutantes en lui faisant croire qu'elles n'avaient rien d'amorales et qu'elles étaient même nécessaires à sa survie. Il l'avait utilisé sans aucune forme de respect. Il n'avait été qu'un objet tenu de garder le secret. Du moment qu'il avait commencé à se montrer moins docile, Darian avait changé de comportement. Il avait cherché à l'humilier, il lui avait fait du mal. Il était allé plus loin qu'il ne l'avait jamais été afin d'essayer de renouveler son emprise sur lui et de lui tirer toute forme de combattivité. Et pendant des mois encore il était parvenu à ce qu'Esteban se taise et subisse en silence, même si le procès avait fini par rompre cette routine affreuse.

Il s'était cru libéré de ses chaînes et voilà qu'elles l'avaient retrouvé, sous une forme différente. L'horreur que lui procurait Darian se mélangeait au reste de ce que les précédentes heures avait fait naître dans ses entrailles. Crispé, il avançait en regardant le sol et aurait probablement sauté en l'air au moindre mouvement fait dans sa direction. C'est alors qu'il remarqua une bâtisse au loin. C'était petit et ça semblait relativement rudimentaire, mais si ça signifiait qu'il en avaient fini avec la marche et les monstres crocodiles humains, alors il accueillait la nouvelle avec un soulagement relatif. Il restait tout de même un peu inquiet, il ne savait toujours pas ce que sa kidnappeuse voulait de lui. Il espérait fuir avant d'avoir le temps de le découvrir. Instinctivement il aurait voulu le faire dès maintenant, mais il se faisait violence, il tentait de se raisonner : la nuit était trop avancée pour qu'il soit raisonnable d'essayer de retrouver son chemin jusqu'à la ville ce soir. Il avait manqué de brûler la veille et ça n'avait pas été agréable. Et il n'était pas encore temps pour lui de laisser le soleil purifier sa carcasse impie. Il posa une question qui lui valut un coup derrière la tête, lequel eut donc l'effet escompté : après un saut nerveux d'un bon mètre et demi sur le côté, Esteban lança un regard aigu en direction de la femme vampire.

"Ne.. me touchez pas."

Souffla t-il entre ses lèvres gonflées de dégoût. Ses entrailles lui donnaient l'impression qu'elles allaient s'avaler toutes seules. On pouvait voir un léger tremblement au niveau de ses bras et de sa lèvre inférieure. L'arrière de sa gorge lui donnait l'impression qu'il allait se soulever à tout moment et il se demanda bien ce qu'il pourrait réussir à vomir, comme il n'avait  rien avalé depuis sa transformation et que son corps ne devait probablement plus produire de bile. La sensation des doigts contre sa nuque lui semblait plus réelle que jamais. Ca ne l'empêcha pas de suivre le mouvement lorsqu'elle se remit en marche... mais à distance.

Quelques dizaines de secondes plus tard, il clignait des yeux en murmurant un juron en espagnol pour lequel sa mère, si elle avait été là, lui aurait probablement fait les gros yeux. Une lueur aveuglante venait d'apparaître entre les arbres et lui était arrivée en plein les mirettes, si bien qu'il n'y voyait plus rien, comme il s'était accommodé à la pénombre depuis un bon moment. Il s'écarta de la lumière, les mains devant le visage, avec l'impression que ses yeux allaient se mettre à fondre. La forme de la lampe torche était encore gravée sur sa rétine. Il battit des paupières pleines d'eau jusqu'à ce que la douleur daigne enfin baisser en intensité. Il tourna alors prudemment la tête pour voir une femme rousse parler avec "Bess", sa kidnappeuse. Elles semblaient bien se connaître, ce qui lui laissait une impression étrange. C'était difficile pour lui d'envisager que quiconque puisse s'entendre avec cette mégère cruelle, étant donné l'aperçu qu'il avait pu avoir de sa personnalité.

Il baissa progressivement les bras, sans savoir si il se sentait rassuré ou plus inquiet. La nouvelle arrivante n'avait pas l'odeur du sang humain. Son coeur ne battait pas. Elle n'était pas "vivante". Un autre vampire. Voilà qui l'empêcherait de sauter sur quiconque malgré la soif qui grandissait en lui et devenait de plus en plus handicapante. Néanmoins, voilà qu'il se retrouvait en compagnie d'un mort-vivant de plus. Il avait beau savoir qu'il faisait désormais partie de cette même catégorie, l'idée lui déplaisait. Jusqu'à présent, il n'avait pas rencontré un seul vampire fréquentable et il était bien certain qu'une telle chose ne devait pas exister. "Bess" lui avait dit qu'il garderait sa personnalité et qu'il ne se mettrait pas à arracher les yeux des gens sans scrupule, mais quel crédit pouvait-il accorder à ses propos ?

On ne lui parlait pas et il aurait pu rester silencieux, attendre que sa compagne d'infortune s'explique toute seule sur les raisons de leur venue, mais il était agacé. Ca faisait trop longtemps qu'il n'avait pas réellement pu faire ce qu'il voulait et il était resté muet durant un temps qui pouvait sembler contre-nature, lorsqu'on connaissait son habituelle propension à s'exprimer dans tous les sens. Il croisa les bras, se dressa avec autant de dignité qu'il était encore capable d'en avoir en étant couvert d'immondices, et enfin il esquissa une moue d'ennui pédante.

"Oh... Ce qui lui est arrivé ? Eh bien c'est très simple. Tandis qu'elle était dehors pour une raison X ou Y elle a jugé bon d'arracher les yeux d'un passant sous prétexte qu'il était un peu trop insistant, puis elle m'a trouvé, puis elle m'a flanqué un révolver derrière le crâne pour m'obliger à me laisser faire, puis elle a voulu que je la suive alors que j'avais mieux à faire, puis elle m'a poussé dans les égoûts et de sa FAUTE, on s'est retrouvé à fuir deux monstres dégoutants. Puis nous sommes sortis dans ces bois inacceptablement perdus et maintenant elle est tellement sûre que je ne retrouverai pas mon chemin qu'elle ose sans détour m'avouer qu'elle compte m'utiliser. Puis comme il va faire jour nous sommes venus ici et il semblerait que nous soyons dans l'obligation de partager votre abri. Puis... Oh et puis j'en ai marre, je veux rentrer chez moi..."

Sa voix se brisa sur la fin de son coup d'éclat. Ses épaules s'étaient progressivement voutées. Il se détourna et s'éloigna sèchement tandis qu'il retenait de nouvelles larmes, coincées douloureusement dans sa gorge. Qu'elles s'expliquent entre elles si elles voulaient... Il n'avait pas le courage ni l'énergie d'être plus poli. De toute façon était-ce bien nécessaire de l'être avec de pareils démons ? Il se cala contre un arbre, recroquevillé en boule dans une tentative désespérée de retrouver un peu de chaleur, un peu de sens... Cette absurdité polaire lui donnait envie de s'enterrer sans attendre.
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Dim 19 Juin - 15:13

*Proteste tant que tu veux, tu n'as plus le choix. Tu apprendras.*

Pensa-t-elle. Il n'allait pas s'ouvrir à elle, sa manière de faire devait changer, mais il était trop tard. Il fallait qu'il comprenne les faits et dés qu'un moment calme se presentera, elle fera en sorte qu'il l'écoute. Avec toute l'attention possible. Pour le moment, c'était sa main qui fut plus rapide que ses mots. Il était tellement tête à claque... C'était presque relaxant de lui faire des petites baffles. Il n’avait vraiment pas de chance le pauvre garçon!

- Tu te tais alors.

Court et discret. Elle ne voulait pas faire trop de bruit car qui sait ce qui se cachait derrière ce gros rideau de pluie. Il faisait froid, mais la Tutrice ne le sentait plus par dessus l’excitation à l’idée d’une bonne douche. D’ailleurs Bess vit Esmera ouvrir la porte méfiante à leur vue, puis elle se mit à poser sa question à laquelle l’ingrat avait commencé à répondre à sa place. La Tutrice n’avait pas spécialement besoin de soupirer, la biologie étant tel qu’elle était, mais dans ce cas elle lâcha un très gros soupir exaspéré. Bess ne voulait pas être ici, mais le ramener chez elle avec toutes les rumeurs glauques qui courraient autour de sa famille? Aux moins la gitane avait un mobil-home et son peuple en général fuyait tout et n’importe quoi. D’un autre côté, elle aurait pu le ramener dans une des usines abandonnés, le bâillonner, prendre une batte de baseball et…

- Que c’est dure d’être un enfant, ladee-fuckin’-dah. - elle re-arrangea son trench-coat, remarquant qu’elle montrait un peu trop de chair - Je n'ai pas besoin de m'expliquer, la situation étant critique, je te demande de nous accueillir et j’ai besoin d’un coup de main.

Bess n’alla pas attraper le jeune héritier par le col ni par le bras, si elle devait l’attraper elle l’écorcherait de suite, sa patience était totalement à bout et son envie de revenir chez les reptiles était… un peu plus ponctué. Il était totalement recroquevillé sur lui-même près de cet arbre...Décidément, il ne voulait pas faire partie de la troupe "démoniaque", cette position et ce paysage lui donnait un air très particulier. Elle l’interpella et lui fit signe de s’approcher vers elle et la petite rouquine. La Tutrice faisait autant confiance à Esmera qu’à un chien enragé, elle avait beau être gentille et silencieuse, son attitude générale la gênait. Ce regard qui cachait des tendances psychopathes était dur à louper pour quelqu’un comme Bess qui a bossé avec des personnages en tout genres et couleurs; dans tous les senses du terme. Et pourtant quelque chose lui disait que la situation était un peu plus difficile avec Esmera. La brune se retint de vomir quand elle prit un bout de quelque sur ses cheveux entre les doigts pour le balancer loin, de l’autre côté. Aux moins avec cette pluie son visage n’était plus aussi recouvert par n’importe quoi. En jetant un œil par dessus l’épaule de la gitane, Bess voulait calculer sa situation. Douche ou pas de douche…? C’était bien un réduit, on ne pouvait pas le nier, mais aux moins personne n’allait fouiller la cabane d’une gitane. Une vague de peinture caressa ses narines; elle peignait?

- Pouvons nous entrer? Une douche serait la bienvenue, ou un marais… Qu’importe, j’en ai marre de sentir l’odeur de la bouse à chaque pas. Je crois ne pas être la seule...

Elle posa un regard sur son petit "prisonnier". Il n'avait aucune idée, ce n’était pas grave. Ce qui était grave c’était la sensation d'un mal de crane, mais aussi cette tension qui se formait dans l'estomac de la Tutrice. Quelque chose n'allait pas, Esmera était stressée et ce n'était pas que par leur apparition impromptue. Quelque chose clochait et son sentiment de sécurité s'estompait, cependant il fallait faire preuve de sang-froid. Pour sa cause comme pour celle du jeune garçon car si quelque chose tournait au vinaigre Esteban serait perdu. Bess étant elle, rien que pour mettre la pression sur la tzigane, la fixait de ses yeux saphirs comme-ci elle allait développer un pouvoir de divination. Non pas que la divination était vraiment en besoin dans sa situation, Esmera avait l’air d’un enfant qui avait volé un Snickers dans un magasin et qui savait qu’un moment à l’autre l’enfant allait recevoir une fessée. Ou est-ce qu’elle se trompait? Peut-être qu’Esmera n’avait pas l’habitude d’avoir de la visite et elle se tient en garde à chaque fois. Seul le temps en dira plus, pour l’instant elle sentait les égouts.
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Esmera Yanis
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Mar 21 Juin - 10:45

Oh mince ! Je baisse la lampe pour ne pas plus les éblouir. Que je suis bête des fois. Dès que j'ai reconnue la tutrice j'aurais due la baisser. Si je n'étais pas restée tétanisée sur place, c'est ce que j'aurais fait oui.

« Les...quoi ? »

Ma phrase n'est qu'un souffle. A mi-chemin entre l'incrédulité et la peur.

Je rêve ou le garçon vient de dire que la tutrice a arraché les yeux d'un type comme ça ? … Qui est-ce pour dire des choses pareils ? Est-ce qu'il ment pour essayer de me piéger ? En fait ils savent ce que j'ai fait et ils se moquent de moi ! Deux seconde ! On se calme et on fait ce pour quoi les gens qui viennent habituellement jusqu'ici font... Oui. Il a beau faire nuit et pleuvoir, je devrais pouvoir repérer deux trois indices...Ils sont couvert de...je dirais bien que c'est de la boue, mais même avec la pluie qui brouille l'odorat je sens bien ce que c'est. Donc l'histoire des égouts est vraie. Vue l'état des fringues de la tutrice, je dirais que l'attaque est vraie aussi. Cette conclusion je l'avais de toute façon déjà faite. Concentre toi ! Même dans cet état, il me semble que je reconnais des vêtements de luxes plutôt onéreux. Je en connais personne portant l'équivalent de mon salaire mensuel sur le dos faire un tour dans les égouts puis dans les marais par pure plaisir. Son phrasé est spécifique lui aussi. Cette maniérer de prendre de haut avec arrogance, on dirait...prouve qu'il n'est pas n'importe qui. Il est donc peut probable qu'il soit du genre et à traîner dans les égouts, et à venir dans le bayous, et à monter un bateau, pour piéger une pauvre fille comme moi. Verdict? C'est sûrement la vérité passée par le prisme de sa vie de fil de riche qui n'a jamais travailler pour avoir le luxe dans lequel il baigne.

Est-ce qu'il pleure ? Je le regarde s'éloigner et se caler contre un arbre. Un sourire toute aussi ironique que discret apparaît à mes lèvres. Alors comme ça la tutrice arrache des yeux... Et moi qui m'inquiétait d'avoir mordue quelqu'un. Peut être qu'elle peut se permettre se genre de chose grâce à son statut de tutrice. D’ailleurs si elle est avec un vampire, c'est peut être que lui aussi est novice dans son état de non-mort.

Hein ? Quoi ? La panique se lit sur mon visage. Une situation critique ? Mais comment pourrais-je donner un coup de main ? Moi qui ne suis bonne à rien depuis ma transformation...En plus de ça elle veut entrer, mais si elle entre, elle va voir où je vie. Elle va voir tous les grigris accroché partout, les tableaux, les photos de ma famille perdue. Elle va voir que j'étais entrain de me faire du thé, que mon frigo est encore pleins de nourriture. Ho la la j'ai honte. En plus elle a vraiment l'air en colère... Et si elle entre dans la chambre d'amis et qu'elle voie le tableau est-ce qu'elle va comprendre ce que j'ai fait ? Non mais t'es sérieuse là ? A croire que je n'ai rien entendue de ce que le garçon à dit. Elle arrache les yeux des gêneurs et braque un flingue sur les novices qui ne coopèrent pas...A mais oui ! Je me souviens qu'elle a fait presque la même chose la fois où elle m'a amené dans cette boite de nuit et que je ne voulais plus lâcher le métamorphe...

Arrête de détourner les yeux ! Je soutiens le regard de Bess. Si j'avais encore une once de culpabilité qui me hantait, elle est maintenant très loin. Comment ai-je pus prendre autant la tête avec une morsure non consentie ? Cela en est risible. J'adresse un sourire aimable à la tutrice qui s'impatiente et me foudroie du regard.

« Mais bien sûr entre je t'en pris. La salle de bain se trouve au font du couloir dernière porte à droite.»

Ma voix est calme, j'ai repris de l'aplomb et m'écarte de la porte pour qu'elle entre dans mon salon de là elle voie très bien le couloir au font.


« Il y a des serviettes propres dans le meuble à côté de la baignoire. Fais comme chez toi.»

Le pauvre garçon...on dirait qu'il essaye de fusionner avec l'arbre. On ne peux pas le laisser dans cet état. J'attrape le parapluie de l'entrée et sort à sa rencontre. Est-ce que je ressemblais à ça cette nuit là ? Le visage contre le bitume à attendre une aide qui n'est jamais venue. Il a fallut que je me relève toute seule. Seule ? Non, bien sur je ne suis plus seule depuis cette lui d'horreur. La Soif est là, elle est toujours là. Elle rampe au font de moi et remonte petit à petit pour m'engloutir toute entière. C'est dur de ce voir dans un état aussi pitoyable. Pour quoi la tutrice ne l'a pas ramené chez elle comme avec moi ?

J'évite les mouvements brusques en m'approchant de lui et tend le bras pour qu'il soit à l’abri de la pluie. Ce n'est pas grave si je me mouille un peut. Je tente de lui faire un sourire rassurant, même si je ne le suis pas moi-même. J'ai toujours cette boule au ventre de savoir que je m'approche d'un vampire. Ce qui est vraiment n'importe quoi puisque je suis moi aussi un chimolo.

« Vous devriez renter s'il vous plaît. Il faIt froid et vous êtes trempé. Venez vous mettre au sec, j'ai fait du thé.»

Mais quelle idiote je fais ! Qu'il face froid ou humide, on s'en fiche maintenant. Il faut que j'arrête d'avoir un comportement humain.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Mar 28 Juin - 16:44

Un froid glacial irradiait de l'intérieur de ses entrailles jusqu'au bout de ses doigts, qui picotaient vaguement. Il lui engourdissait le cerveau. Esteban avait l'impression probablement fausse d'avoir le tournis. Une émotion trop lourde broyait sa gorge et lui enfonçait les yeux dans la tête. Il soupira doucement et ferma les yeux. Une partie de lui aurait voulu s'offusquer du fait que la tutrice était une fois de plus en train de se moquer de sa souffrance. Le reste aurait voulu pouvoir s'endormir afin d'échapper au cauchemar qu'il vivait. Ces émotions étant incompatibles, il en était rendu à une inaction désespérée qu'on ne pouvait même pas qualifier d'attente, car il était à l'instant même persuadé qu'il n'avait plus grand chose d'autre à attendre de la vie (ou de la non vie) que cet abandon poisseux dans lequel il se noyait, entouré d'indifférence.

Il ignora quand sa tortionnaire l'appela et ne répondit aucunement à son geste qui l'incitait à revenir. Après qu'elle l'eut ainsi traité, et qu'elle se fut ainsi moquée de lui à intervalle régulier, elle pensait qu'il serait coopératif ? Eh bien non. Qu'elle se débrouille. Il n'avait jamais souhaité venir ici, il était fatigué, en détresse, et il ne ferait pas un pas de plus tant qu'il n'aurait pas de raisons valables de le faire. Il détourna la tête autant que possible afin de montrer clairement son rejet. Il en profita pour poser le front contre l'écorce de l'arbre qui le soutenait, et il eut l'impression de se sentir vaguement mieux. Ce tronc lui donnait un repère solide lorsqu'il n'en avait plus aucun. Nausée et tournis baissèrent légèrement en intensité. Conscient de l'origine de ce mieux être, il posa une paume contre le végétal rugueux et se concentra sur le bruit apaisant du vent qui passait entre ses feuilles et de la pluie qui tombait par gouttes légères dans son ramage, puis atteignait le sol via des chemins sinueux. Ne pouvait-il pas oublier où il était, qui il était, laisser toute cette douleur disparaître avec son identité, et juste profiter de la brise soulageante ? C'était tentant. Cependant, l'odeur immonde qui provenait de ses vêtements ainsi que des morceaux non identifiés coincés dans ses cheveux, raclés contre sa peau, rendait l'exercice difficile.

C'est probablement pour cette raison qu'il réagit aussi rapidement dès lors que le mot magique "douche" fut prononcé. Il ouvrit les yeux brutalement, redressa subtilement la tête et prit un air contrarié. Il refusait catégoriquement d'esquisser le moindre geste laissant entendre qu'il avait entendu et qu'il réagissait positivement à la proposition formulée à mi-mots, et pourtant, la tentation était grande. Maintenant qu'elle avait demandé la première, la tutrice allait probablement passer avant lui, ce qui lui paraissait inadmissible étant donnée l'urgence que son état insalubre constituait. Ne pas montrer son enthousiasme à l'idée de se récurer ne ferait que rendre cette malheureuse issue plus probable, mais sa fierté l'obligeait à se taire. Agacé, il tenta de se convaincre par la pensée de l'inutilité de toute action : Y avait-il un endroit où se laver dans ce cabanon de toute façon ? Ca paraissait improbable. Il ne perdait donc probablement pas grand chose à garder le silence.

Durant un dixième de seconde il jugea son stratagème ingénieux. Puis le démon roux pris la parole et son enthousiasme s'écrasa comme une crêpe jetée trop fort sur le plafond. Affligé, il tourna finalement un visage désolé dans la direction des deux autres. Ce n'était pas juste ! Il avait plus besoin de cette douche que cette criminelle. Non seulement il avait trainé toute une journée dans le fond d'une poubelle avant de passer par les égouts, mais en plus, il avait besoin d'une pause. Il fallait qu'il s'isole, ne serait-ce que quelques minutes, sans quoi il allait finir par définitivement perdre la tête. Il chutait épisodiquement au bord de la rupture, et il n'allait pas tarder à y rester pour de bon si on ne le laissait pas reprendre ses esprits.

Il ne se rendit compte qu'il avait eu les yeux dans le vide un long moment que lorsqu'une voix, toute proche de lui, le fit violemment sursauter. Il n'avait pas entendu la jeune fille approcher. Recroquevillé, il lui jeta un regard craintif, rapidement adouci par le ton qu'elle prenait avec lui. Esteban fut incapable de cacher sa surprise. Étant donnée la façon dont il avait été traité depuis qu'il avait rencontré la tutrice - voire depuis sa transformation - qu'on lui tende une main amicale et qu'on le traite avec compassion était aussi inattendu qu'agréable. Ou du moins, cela aurait probablement été agréable si pour une raison X ou Y, ça n'avait pas fait monter en lui une émotion violente, incontrôlable. Des larmes lui montèrent aux yeux. Sa gorge se bloqua et durant quelques secondes, il fut incapable de répondre quoique ce soit. Sa voix était un peu rauque lorsqu'il en retrouva la capacité :

"Oh, merci... J'aime beaucoup le thé... Même si il ne serait pas très hygiénique d'en boire dans cet état... Avez-vous aussi une machine à laver dans cet endroit ? Je ne sais pas si ça suffira je n'ai jamais vu des vêtements aussi sales... C'est écœurant je suis désolé d'être aussi peu présentable... Mais je ne me suis d'ailleurs même pas présenté, c'est inconvenant. Je suis Esteban Luz-Descalzo. Je suis enchanté de faire votre rencontre."

Tout en parlant il avait fait en sorte de se redresser et il observait maintenant la nouvelle venue avec une intensité presque effrayante. Pouvait-il trouver en elle l'aide dont il avait désespérément besoin ? Il avait oublié qu'il s'agissait d'un vampire et à vrai dire, la situation lui échappait progressivement. Ainsi qu'en témoignait son air hagard, il était au bord de la démence, son mental étant incapable de supporter l'enchaînement acharné des événements.

"C'est qu'il sent bon ce thé... Il embaume jusque là ! C'est pourtant troublant, je crois bien être incapable d'en reconnaître la saveur... Pourriez-vous m'éclairer sur ce point ?"

La voix aussi blanche que sa peau était devenue grise, il tremblait. Des effluves puissantes provenaient de la maisonnette et il se dit qu'il n'avait jamais eu aussi soif de thé que maintenant. Mais c'était étrange. D'où provenait ce relent métallique ? Cet arrière goût salé qui restait en bouche ? Cette nuance animale qui rappelait l'odeur des poils d'un chat ? Quel thé pouvait bien avoir une senteur pareille ? Sa gorge lui donna brutalement l'impression de prendre feu et il vacilla, les doigts serrés contre une lèvre asséchée. Il retenait à grand peine son envie d'ouvrir le gras de son pouce contre la pointe d'un croc. Ses dents lui donnaient l'impression d'être devenues aussi sensibles que de la peau. Elles lui faisaient presque mal.
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Jeu 29 Sep - 17:12

Mince. Il ne m'a pas vue arrivé et je l'ai surpris...bon il ne m'attaque pas c'est déjà ça. Déjà que je commence à dégouliner avec l'averse que je me prend pour le mettre lui au sec sous mon parapluie. Il ne manquerait plus qu'il perde les pédales et me saute dessus. Non pas qu'il a l'air du genre à le faire, mais là, il me fait penser à un animal acculé. Il n'y a rien de pire qu'un animal acculé. Ils sont imprévisibles et agressifs. Ses yeux brillent. J'ai dit quelque chose de mal ? Mince, je n'aurais pas due parler du thé. Mais il ne faut pas le prendre comme ça. Je comprend que sa face mal de ne plus pouvoir profiter du plaisir gourmand d'un thé ou d'un éclair au chocolat. Mais pour tout se qui est liquide, on peut toujours ajouter un peut de s... enfin bref ! Le rendre plus digeste. En plus j'ai quelques poches bouteilles de sang de lapin.

On dirait bien qu'il sur le point de craquer. Oui be je n'étais pas beaucoup mieux quand je me suis faite agressé. Personne ne m'a aidé à me relever dans cette ruelle. Il a fallu que je trouve seule la force de décoller mon visage du bitume plein de mon propre sang. Rien que d'y penser, mon regard se fait blessé. Je suis triste de se qui m'est arrivée, triste pour ce qui lui arrive aussi. Il est tout aussi perdue que je l'ai été...peut être plus encore. Le pauvre, il a vraiment besoin qu'on soit gentil avec lui. Si la tutrice me l'envoie j’espère que c'est parce qu'elle pense que je peux faire quelque chose pour lui venir en aide. Mais comment pourrais-je lui venir en aide alors que je n'arrive pas à m'aider moi-même ? On te demande pas de l'éduquer non plus. Oui ! Je peux au moins être aimable et réconfortante. J'aurais bien du mal à lui faire voir le bon côté des choses quand je n’arrive pas moi non plus. Mais je peux essayer de le réconforter ce soir. Et qui me réconfortera moi ?

Sa remarque est étrange. Pour quoi se préoccupe-t-il de l'hygiène à un moment pareil ? Oui bon, moi aussi je n'étais pas cohérente ce soir là. S'il veut se raccrocher à une machine à lavé ey ue tasse de thé. Grand bien lui face. Je suis prête à lui faire autant de thé qu'il le voudra toute la nuit s'il le faut et même plus encore.

Son regard me met mal à l'aise. Il me prend pour sa bouée de sauvetage ou quoi ? Oui be avant de saucer qui que se soit, il faut d'abord que je me sauve moi. Après on verra. Mais si je peux l'aider même un peut. Est-ce que sa ne vaudrait pas le coup que je face le maximum, comme j'aimerais qu'on le face pour moi ?

« Oui bien sûr ! Vous êtes ici chez vous. Nous sommes réputé pour notre hospitalité, vous pouvez en profiter autant que vous le voudrez. »

La tradition voudrait que je lui dise « Tu es ici chez toi sous ma protection je jure sur mon sang trois jours et trois nuits. », Mais cette formulation n'a de sens que lorsqu’on est Tzigane, et encore, faut-il appartenir à la bonne branche et aux bonnes familles. Il n’appartient ni à l'un ni à l'autre, donc je ne vais pas utiliser de formule pompeuse qui pourrait en plus effrayer un étranger. Surtout que pour le moment, le mot commençant par S doit être tout autant tabou qu'il ne l'est dans ma culture.

« Non, ça va, ne vous excusez pas... »

La fin de ma phrase ne sortira jamais de ma bouche. Luz-Descalzo...Comme Luz-Descalzo ? La famille Luz-Descalzo ? Par le Destin ! Cette histoire va faire un bruit de tout les diable ! J'aimerais pas être à la place de sa mère. Rien qu'avec la presse ils en ont pour des mois avant qu'on ne leur fiche la paix. Au moins j'ai l’anonymat pour moi. C'est déjà ça. Ici on me laisse tranquille et je peux disparaître de la circulation.

« Je...heu...je m'appelle Esmera Yanis. »

Je me sens toute intimidée face à une personne comme lui. Mes yeux ne m'avaient pas trompés, il n'a rien à faire dans le bayou en pleine nuit, sous la pluie et encore moins dans des égout.s Je lui tend une main amicale mais peu assurée.

« Je vous en pris appelez moi Esme, comme tout le monde. »

Oui pitié, sa me détendrait même un tout petit peut. Je me rend compte que mon mobile-home dont je suis si fière de par son luxe et son espace doit tellement lui paraître ridicule. Je suis sûre qu'il rentrerait au moins six fois dans son salon.

Il sent le thé de là ? Mais... Comment est-ce possible ? Banane ! Concentre-toi! Ah mais c'est vrais, moi aussi je sens l'écorce de citron si j'y fait attention. Il faut dire que depuis tout à l'heure j'occulte absolument tout pour me concentrer sur mes deux « invités ». Mais quand même, il faut être concentré pour le sentir et je n'ai pas l'impression que Esteban le soit. Peut-être a-t-il sentit autre chose. J'essaye de me concentrer un peu pour savoir quoi...Il faut avouer qu'il dégage des odeurs pour le moins...persistantes dirons-nous. Elles prennent le pas sur tout le reste. Voyons voir... Non vraiment je ne voie pas. Je ne sens rien d'autre que nous trois, mon chat et loin derrière le citron du thé. D'ailleurs j’entends la bouilloire qui siffle sur le feu .

« C'est un thé noir à l'écorce de citron. Je fais le mélange moi-même. »

Cela me permets d'y ajouter à l'envie certaines plantes aux effets divers et variés tel qu la sauge Ou d'autres espèces dans des buts similaires. Ainsi je peux mettre mes « clients » dans les dispositions qui m’avantage pour rester crédible dans mes discours.

Houla danger ! Il tremble et je connais se regard, il est à deux doigts de ce mordre les doigts. Vite il faut faire quelque chose...Mais la tutrice n'est plus là, elle a filé sous sa douche...Elle me refile un néonat et se casse. Pour de vrais ? Elle n'a pas peur que je face ou dise des trucs qui pourrait ruiner l'éducation qu'elle doit lui donner?

Je présente doucement ma main devant le visage d'Esteban, peut être arriverais-je à capter son attention de cette façon. Peut être ira-t-il même jusqu'à la prendre et ainsi retirer ses doigts de ses lèvres. Je lui sourie gentiment pour lui assurer que tout va bien se passer. Je ne suis pas franchement sûre de moi sur ce cou mais qui ne tente rien n'a rien.

« Je vous en pris venez. J’entends l'eau qui a fini de chauffer. »

Doucement je l’entraîne vers l'intérieur de mon chez moi en faisant attention a ce que le parapluie reste bien au dessus de lui. Avant d'entrer, je fais tinter un des grigris accrochés à côté de ma porte, celui qui empêche les mauvais esprits accrochés aux gents d'entrer. Une minuscule croix en fer tinte contre un support métallique en forme d’œil dans un triangle. A l’intérieur deux canapés et trois fauteuils disposés en cercles sur un sol quasiment totalement recouvert de tapis persans aux couleurs usées. Les multitudes de cadres photos et tableaux aux murs et une table basse ronde en bois de rosier au centre du cercle. Héritage familiale. L'une des rares choses qui à vraiment de la valeur autre de sentimentale dans cette habitation. Heureusement, j'ai rangé la boule de cristal et le taro sur une étagère au lieu de la table en question.

J'indique à Esteban les canapés et l'invite à s'y asseoir pour aller chercher deux tasses dans la cuisine. J'hésite...est-ce que je mets du sang de lapin dans nos tasses ou pas ? J'ai peur de sa réaction. S'il est comme moi dans le rejet total. Comment est-ce que j'aurais réagis si on m'avait faire boire du sang sans mon consentement ? Je connais la réponse...mal. Très mal même. Ah, je sais ! Je débouche une petite bouteille en verre et verse un peut de sang dans ma tasse et seulement dans la mienne.

Je reviens vite vers lui et lui donne la tasse qui ne contient que du thé. Ainsi s'il le désire, je lui laisserais la mienne.

« Tenez...Si vous voulez, je peux regarder dans mes placards. Il y a des vêtements de mon père que je peux vous prêter le temps que je lave vos vêtements. »

Ils seront un peut grand c'est sûr, mais c'est mieux que rien. A moins qu'il ne préfère rester en tenue légère le temps que ses fringues se lavent. Mais oui je peux au moins lui laver ses habits, il se sentira mieux une fois propre dans des vêtements propres eux aussi.
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Ven 30 Sep - 11:13

Esteban peinait à croire qu'il avait finalement atteint un lieu où il pourrait, l'espace d'un instant, disposer d'une illusion de confort et de normalité. Le ton doux, la généreuse hospitalité de son interlocutrice faisait monter en lui une émotion violente. Ses yeux gorgés d'eau autant que de reconnaissance ne dérivaient plus de ceux d'Esme, ainsi qu'elle souhaitait qu'il l'appelle. Il acquiesça nerveusement, prêt à se plier à toutes les contraintes qu'elle voudrait bien lui imposer tant qu'elle restait bienveillante à son égard et qu'elle lui permettait de prendre une pause vis-à-vis des changements sauvages qui avaient pris le pas sur sa vie.

"Je... Merci. Je suis enchanté de faire votre connaissance, Esme... Bien que ça ne soit probablement pas la chose à dire dans ces circonstances. Je... Je suis confus, je dois vous remercier pour votre aide... Vous êtes telle un rayon de soleil dans une nuit qui paraissait sans fin..."

Coupé dans ses absurdes élans poétiques, Esteban se rendit compte que la métaphore utilisée était loin d'être pertinente. Il se figea, et répéta, l'air hagard :

".. de soleil ?"

Et c'est ainsi qu'il parut se rappeler que l'astre en question ne représentait plus grand chose de positif dans ce qu'il restait de son existence, laquelle pouvait effectivement se résumer à une nuit éternelle. Un glapissement horrifié claqua dans le fond de sa gorge. Il faillit faire une crise de panique, bien heureusement coupée lorsqu'il décela un fumet odorant des plus agréables qu'il interpréta comme étant une odeur de thé. Pour sa santé mentale, mieux valait qu'il ne se rende jamais compte de son erreur.

Il oubliait qu'il était un vampire en train de parler à un autre vampire, et si une odeur lui plaisait et lui donnait faim, alors c'est que c'était l'odeur d'une nourriture des plus humaines, des plus convenables. Ses traits se défirent comme on lui dictait la liste des ingrédients ajoutés à la mixture. De l'écorce de citron ? Son nez était-il devenu si gourd qu'il était incapable de reconnaître cette senteur pourtant aisée à isoler ? Ou bien était-ce que les effluves horribles dégagées par ses vêtements se mêlaient aux odeurs extérieures et en corrompaient sa perception ? Il avait l'air penaud lorsqu'il répondit :

"Oh... Vraiment ? Je... suis impatient de le goûter."

Et c'était étrangement vrai. Il avait tellement soif qu'il s'en serait mordu les mains si il s'était écouté. Son pouce toucha le tranchant d'un croc beaucoup trop long pour être humain. Il sursauta violemment. Un nouveau gémissement glissa entre ses lèvres déformées par l'effroi.

"... Qu'est-ce que c'est que ça... Non c'est juste du thé... Juste du thé... Tout est parfaitement normal... Nous allons prendre le thé."

Sur un ton nerveux à la limite de la démence, il psalmodia ces mêmes mots jusqu'à ce que les doigts d'Esme passent devant son visage. Il loucha dessus d'une façon qui eut été comique dans des circonstances moins dramatiques. Pas de chance, ce fut la main qui n'était pas contre sa bouche qui bougea dans la direction de celle qu'on lui tendait. Il s'arrêta à quelques centimètres, comme atteint par une prise de conscience brutale.

"... Je. Non. Je vais vous salir. Je suis couvert d'immondices, je refuse de vous imposer ce même traitement..."

Il s'appuya donc contre le tronc d'arbre où il reposait pour se relever. Bon gré mal gré, il retrouva une position debout approximativement stable. Ses doigts palpaient toujours ses dents avec une nervosité grandissante lorsqu'il suivit son hôtesse jusqu'au petit cabanon. Sa démarche était balourde, voire incertaine. Indigne du fier paon qu'il incarnait en temps normal, dos droit et nez levé à la hauteur de son snobisme naturel.

Son regard expert dériva presque immédiatement sur les tapis et le mobilier qui trônait au milieu de la pièce. C'étaient de belles pièces, qu'il n'aurait jamais cru trouver dans un endroit pareil. Leur présence le laissaient d'ailleurs perplexe. Il n'eut pas été plus étonné de découvrir une chasse d'eau en or massif dans des toilettes publiques insalubres, perdues dans le fond d'un quartier pauvre et malfamé. Bien sûr, il n'avait lui-même jamais vu de ses yeux ce genre de lieux. C'étaient comme des légendes urbaines, et il doutait d'ailleurs de leur réelle existence. Peut-être ses camarades de classes avaient-ils cherché à lui faire gober des âneries. Mais après avoir voyagé au travers des égouts, il n'avait aucun mal à imaginer l'odeur, l'apparence  et l'étroitesse glauque et suintante de ces cabines infectes.

"C'est... C'est une décoration très atypique. Oh. Seriez-vous de ces gens qui aménagent des installations désaffectées pour en faire leur maison ? J'aime beaucoup ce genre de pratique... C'est très imaginatif, et les résultats d'une telle entreprise laissent bien souvent rêveur. J'imagine qu'on doit s'habituer à la taille, par contre. J'ai moi même passé quelques mois dans un studio, et ce n'était pas si terrible qu'on me l'avait dit, même si je n'en ferais certainement pas une habitude..."

Du coin de l'œil il vit qu'Esme était en train de lui proposer de s'asseoir. Il leva les mains pour refuser l'invitation, choqué par l'idée. L'avait-elle bien vu ? Et bien senti ? Voulait-elle vraiment repeindre son salon avec la mixture odieuse qui le recouvrait, ainsi que le parfumer définitivement ?

"Oh je ne peux pas m'asseoir dans cet état... je souillerais cet endroit d'une manière qui, je le crains, vous forcerait à remplacer votre charmant salon... Cela vous perdrait du temps."

Avec le mobilier ancien, si l'on souhaitait trouver une pièce d'un style, d'un âge, d'un bois particulier, il fallait s'impliquer autrement qu'en sortant les billets. Bien sûr, il était toujours possible  de déléguer la recherche, mais ça ne la rendait pas forcément plus rapide. Esteban se souvenait d'avoir douloureusement dû attendre plus de trois jours pour une élégante console qu'il avait voulu ajouter à sa chambre de Little Rock. Il avait cru mourir d'impatience.

On lui fourra une tasse dans les mains. Il observa son contenu chaud en hésitant. Il n'était pas vraiment décent de boire tandis qu'il restait debout comme un piquet. Puis l'odeur n'était pas celle qu'il avait capté plus tôt... Le thé ne lui donnait pas autant envie qu'il l'avait cru. Pourtant il décelait quelque chose en provenance de l'autre récipient, tenu par Esmera... Il jeta un regard envieux dans la direction de la tasse en question. Qu'avait-elle donc rajouté dans son mug ? Il était incapable de reconnaître cette effluve délicieuse. Peut-être avait-elle juste rajouté du sucre à la mixture ? Le sucre avait ce pouvoir de sublimer les goûts et les senteurs trop fades, de les amplifier, jusqu'à transformer le plus triste des desserts en festival de délice.

Il secoua la tête. Cette tasse bien chaude était réconfortante, quand bien même il manquait un petit quelque chose. Mais son contenu était loin d'être prioritaire. Il était nettement plus intéressé par cette histoire d'habits propres, ainsi qu'en témoigna son regard dont l'intérêt aigu avait été ravivé par la dernière proposition de la jeune femme.

"... Ce serait adorable de votre part. Mais il serait ridicule que je salisse d'autres vêtements... En premier lieu il faut... Je dois... Je ne peux pas rester comme ça... C'est affreusement dégoutant..."

Le bruit d'eau constant qui s'échappait de la salle de bain lui en indiqua l'emplacement et il se tourna dans cette direction, envieux. Ses mains se mirent à trembler si violemment qu'il ne tarderait pas à renverser ce qu'il avait entre les mains. Sa gorge se gonfla de larmes inattendues. Il fallait qu'on lui laisse la place. La seule chose qui comptait vraiment à cet instant précis, c'était qu'il puisse s'ôter toute cette crasse.

"... Je ne me sens pas moi même... S'il vous plaît... Il faut que je nettoie toute cette horreur..."

On comprendrait aisément que par l'horreur en question, il ne parlait pas uniquement des déchets dont il était couvert.
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Ven 30 Sep - 20:55

Je voie que même maintenant je n’arrive toujours pas a accepter les remerciements. Je suis gênée qu’il soit reconnaissant envers moi. Mais en essayant de rester objective et en inversant les rôles, car je me souviens encore parfaitement de lorsque j’étais à sa place, je comprends. J’ai un peu peur qu’il se raccroche un peu trop à moi. Je suis déjà tellement en morceaux, que je ne sais pas comment je pourrais l’aider à garder la tête hors de l’eau.

« Je suis heureuse si je peux vous aider un temps soit peut. »

La réflexion me fait autant mal qu’a lui visiblement. Le soleil me manque, je n’ai que la lune pour me consoler. Si j’avais pue me douter, j’aurais bien plus profité de l’astre du jour. Mais comment aurais-je pue, même une seconde, imaginer qu’un jour…qu’une nuit je deviendrais un monstre succeur de sang ? Rien ! Absolument rien n’aurais pue m’y préparer. Je ne suis pas de ses fans qui idolâtrent les vampires. Bien au contraire, je les ai toujours fuies comme la peste.

C’est de toucher ses crocs qui le met dans cet état ? Une petite minute…Ce pourrait-il que lui aussi ne soit pas dans cet état de non-mort de sa propre volonté ? Est-ce pour cela que Bess l’a trainé de force jusqu’ici ? A quoi pense-t-elle ? Croit-elle qu’en me le présentant, il se rendra compte qu’il n’est pas le seul et qu’il va accepter la situation plus facilement ? Si c’est le cas, se n’est pas très malin de sa part. A ça non ! Je suis loin d’avoir accepter ma transformation.

Comment fait-il pour être prévenant envers moi dans cette situation ? Il est dans un tel état de nerfs, comment peut-il faire attention aux autres ? Quelle force il a… A oui vraiment je suis impressionnée et même un peu admirative. Je lui sourie tristement en le regardant peiner pour se mettre debout. Pour respecter sa volonté, je ne l’aide pas. Quand même je reste proche, on ne sait jamais, le sol n’est pas très plat et je doute qu’il est l’habitude de marcher dans ce genre d’endroit. Je ne voudrais pas qu’il tombe, alors je reste prête à le rattraper.

Désaffectées ? Il parle de ma maison là ? La maison pour laquelle j’ai due travailler d’arrache pied pour pouvoir me l’offrir ? Je ne m’étais pas trompé sur le côté gosse de riche, mais là c’est juste impressionnant. Qu’est-ce qu’elle a la taille ? Ce n’est pas assez bien pour lui ? On se calme, il est certain que mon chez moi doit paraitre ridicule comparait au sien. Mais quand même après m’être offert mon mobile-home il ne me restait plus rien pour les meubles, tout est de la récup de meubles de mes parents et de la Famille. Seul le matelas est neuf. Il ne faut s’énerver et rien répondre. Il est dans un sale état lui-même. Et puis…il a dit que mon salon est charmant. Venant qu’une personne comme lui c’est certainement un compliment que quelqu’un comme moi n’aura jamais plus. C’est vrai que le style bohème devient à la mode ces derniers temps. Pour le coup, ici c’est de l’authentique. Si sa lui plaie tant que ça, je sais où il peut trouver une montagne de ces vieilleries et des personnes prêtes à les lui vendre.

Mais du coup il a l’air mal à l’aise debout avec sa tasse. Je tire un tabouret miteux mais qui supporte aisément le poids de deux comme lui. Je ne peux pas le laisser comme ça. Il faut qu’il se pose et qu’il se détende autant que possible. Et puis je l’ai mis là où il n’y a pas de tapis, comme ça plus d’excuses.

« Je vous en pris, vous serez mieux assis. Je ne regretterais pas ce tabouret si jamais il s’imprégnait, promis. »

Je voie bien qu’il est déçut. Il doit sentir l’odeur du sang dans ma tasse. Mais je ne sais pas comment lui en parler. Le pauvre, il est dégoulinant et en plus il tremble. Je suis bien placée pour savoir que ce n’est pas de froid. Maintenant je peux apprécier toutes les expressions de son visage. Il est comme un miroir qui me reflète il y a quelques temps. Devant cette image du passé,  j’ai envie de pleurer avec lui. De le prendre dans mes bras pour lui mentir et lui dire que tout ira bien, comme j’aurais voulue qu’on me prenne dans les bras et qu’on me mente. Je sourie avec empathie pour ne pas pleurer. Maudit soit ce dont que nous avons de pouvoir nous identifier aux personnes en face de nous et ressentir leurs émotions. Avec lui ça ne fait que me renvoyer ma propre douleur en pleine face tel un ras de marais qui voudrait tout emporter sur son passage.

« Je comprend. Quand Bess aura fini, je vous donnerais de quoi vous changer après votre douche. Vous me donnerez vos habits et je les laverais du mieux que je pe…  »

Que… Comment ne…Non ! Cela ne se peut pas ! Ce serait tellement… Plus je l’imagine propre, plus je…Non ! Il ne peut pas ! Comment ne l’ai-je pas remarqué plus tôt ? La ressemblance est frappante. Non ! C’est proprement impossible !

Et pourtant…Je n’ose plus bouger. Ni même parler. Je sens que si je bouge même d’un millimètre, je serais percée à jour. C’est une catastrophe ! Dehors, dans le noir et sous la pluie je n’ai rien vue. Mais maintenant qu’il est à la lumière, je ne peux plus douter. Il lui ressemble tellement. Il ressemble tellement à la femme de mon tableau. A cette pauvre personne que j’ai attaquée. Non ce n’est pas possible ! Quelle divinité, de quel culte ai-je bien pue contrarier pour mériter ça ?

Les larmes montent. Vite, il faut que je pose ma tasse avant de la lâcher. Mon visage se déforme, le sourire disparait pour ne laisser que de la tristesse et de la honte. Mes jambes me lâchent progressivement. Je passe en position à genoux. Qu’est-ce que je cherche ? A faire acte de contrition peut être ?

« Pardon…pardon…  »

Des sanglots secouent ma voix. C’est pas le moment ! Et puis quoi ? Tu vas lui dire que tu as mordu quoi ? Sa sœur, sa mère ? Tu crois que c’est le moment ? Non…non bien sûr que ce n’est pas le moment. J’ai eu l’impression qu’il voyait une bouée de sauvetage en moi. Je ne peux pas lui montrer le monstre incontrôlable que je suis. Trouve un truc à dire. Mais quoi ? Qu’est-ce que je peux bien lui dire ? Il faudrait déjà que j’arrête de pleurer.

« Je…Pardon…je suis désolé. C’est que…  »

Aller ! Du nerf ! Dans tout mensonge il y a une part de vérité. Alors rien que la vérité…mais vraiment…mes mauvaises action me retombe dessus. Je m’essuie un œil avec la main et renifle aussi discrètement que je le peux.

« Pardon, de craquer comme ça…mais quand je vous voie, ça me rappelle mon agression. Jamais je n’ai voulue devenir ce que vous voyez mais un monstre m’a agresser, violé, et m’a tran… et voilà comment je suis maintenant.   »

Pardon d’être le monstre que je suis. Mais si je ne mets plus les pieds en ville c’est qu’il y a une raison. Je ne veux plus prendre le risque d’attaquer qui que se soit. Je ne le supporterais pas.[/b]
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Sam 1 Oct - 15:09

Esteban observa longuement le tabouret qu'on venait de lui proposer, gêné de constater qu'il lui fallait obtempérer. Il se rendait compte qu'il ne restait pas debout uniquement par souci de ne rien salir. Il n'avait pas envie de s'installer. Il était recouvert de saleté. Comment pourrait-il jamais se détendre en profitant d'une tasse de thé chaude, alors qu'il dégoulinait des rejets collants des poubelles et des égouts ? Il jeta un coup d'œil malheureux dans la direction d'Esmera mais n'osa pas lui faire part de ses réserves.

Habituellement, le jeune homme n'aurait pas hésité à se plaindre bruyamment qu'on le traitait mal et à exiger qu'on lui fournisse le moyen immédiat d'obtenir satisfaction. Il était inconcevable qu'on l'oblige à rester crasseux et qu'on attende de lui qu'il patiente gentiment jusqu'à ce qu'une place se libère dans la salle de bain. Il se serait donc montré parfaitement insupportable, exigeant et capricieux, sans prendre en compte le fait que son hôtesse lui offrait déjà beaucoup et qu'elle ne lui était obligée en rien. Ce qui lui arrivait depuis la nuit dernière semblait lui avoir mis un peu de plomb dans la tête, ou bien l'avoir amené à relativiser. Bien qu'au bord des larmes, il prit place sur le tabouret et parvint à sortir, dans un filet de voix :

"... Merci..."

Mais de se montrer conciliant ne changeait rien au fait que tout ceci le dérangeait atrocement. Pour ne rien aider, le thé avait une odeur fade en comparaison de celui que s'était versé Esmera. Il ne comprenait pas l'origine de cette différence, ni pourquoi elle ne lui avait pas donné la même chose. La frustration qu'il intériorisait devenait délicate à gérer. Il ne lui fallut que peu de temps pour craquer. Ses mains tremblaient tellement qu'il allait bientôt se renverser la tasse sur les genoux. Il formula sa principale préoccupation sous la forme d'une supplique désespérée. Il fallait qu'il aille se laver. Le reste pouvait attendre un peu. Cette purge, elle, aurait déjà été urgente au début de la nuit, avant qu'on ne le sorte de sa benne à ordure.

Et voilà qu'on lui refusait encore cette douche pourtant nécessaire. Il en aurait hurlé. Pourquoi ne pouvait-on pas sortir cette horrible femme de la salle de bain ? N'avait-elle pas mérité d'attendre, plutôt que lui ? Elle l'avait traité d'une manière parfaitement inacceptable et c'était une criminelle. Une meurtrière. Comment se faisait-il qu'elle soit prioritaire ? Il fronça des sourcils contrariés, la lèvre tremblante d'émotion. Tout son corps brûlait sous l'effet d'une bouffée de chaleur insupportable, produite par sa frustration bouillonnante. C'était parfaitement insoutenable et il n'avait aucune idée de ce qu'il allait bien pouvoir faire pour éviter de succomber à l'envie qu'il avait de se ruer dehors pour se rouler dans la boue. Même la boue lui serait plus douce, et lui paraîtrait plus propre que cette pellicule infecte aux odeurs de décomposition. Il finissait par avoir la nausée.

"Je vous en supplie je ne peux pas attendre plus longtemps..."

Devant ses yeux, elle s'était figée. Avait-elle fini par se rendre compte du supplice qu'il vivait ? Cherchait-elle un moyen d'amener "Bess", comme elle l'appelait, à sortir prématurément du bain ? Il l'espérait vivement, tout en passant dans son esprit les possibilités qui lui resteraient dans le cas inverse. Pouvait-il l'acheter ? Habituellement, c'était quelque chose qui marchait tout le temps, mais il avait appris la veille, à ses dépends, que son argent n'était pas capable de le protéger de tout. Il n'était que peu tenté par l'idée de retenter l'expérience si tôt après son dernier échec. Alors pouvait-il faire livrer une cabine de douche d'extérieur, ou même un jacuzzi à mettre devant cette masure ? Il l'offrirait bien volontiers à Esme. Malheureusement, ainsi qu'il le constata avec impuissance, les livreurs ne pourraient rien faire en moins d'une trentaine de minutes tout au mieux. Il était bien incapable d'attendre si longtemps. Et puis il devait admettre à contrecœur que la Tutrice avait eu raison sur un point : il fallait qu'il reste caché. Tout le monde ne lui voudrait pas que du bien, en ville, suite à ce qui lui était arrivé.

De tout ce que son interlocutrice aurait pu lui répondre, les excuses dramatiques qu'elle lui fournit, tombée à genoux face à lui, était bien la dernière chose à quoi il s'attendait. Il fut tellement surpris qu'il en oublia de continuer à trembler. Son visage se défit sous l'effet d'une stupéfaction naïve et il répondit sans réfléchir :

"Oh mais... Ne soyez pas comme ça, je sais bien que ce n'est pas votre faute après tout elle est rentrée chez vous sans même vous attendre, ce qui est d'une incorrection parfaitement intolérable."

Voilà qu'elle pleurait ! Diantre, il n'avait jamais voulu la mettre dans un état pareil. Sans compter qu'il allait très mal, et qu'il était donc à fleur de peau. Il avait l'empathie sur le bout des doigts, des lèvres, et de tout ce qui pouvait représenter un bout physique ou mental dans le corps humain. Non, sauf ça. Ce n'était pas convenable du tout. Ses yeux se mirent à leur tour à couler comme des robinets. Il retenait à grand peine les sanglots qui lui barraient la gorge et crispaient son visage. Entre la situation dans sa globalité, son besoin bafoué de propreté et le spectacle aqueux auquel Esme le soumettait à l'instant présent, il n'en pouvait juste plus. Et ça, c'était avant qu'elle formule en des termes plus clairs la raison de son émotivité. Imaginons donc l'effet que lui fit son annonce, dangereusement détaillée.

Esteban ne sentit pas la tasse échapper à ses doigts gourds, ni se fracasser lourdement sur le sol en projetant son contenu un peu partout. Ses yeux aveugles ne voyaient plus la pièce, ni Esmera. Il était de retour dans une rue sombre. Perdu, quelque part entre l'université et le quartier sanglant. Une silhouette se profilait à l'angle, éclairée par un rayon de lune délicat. Des bouffées de longs fils blancs glissaient sur les flancs élimés de la créature qui se tordait d'une manière affreuse pour l'atteindre. Il entendait la voix de son père qui se moquait de lui après lui avoir pris la dernière des choses qu'il avait laissé intacte jusqu'à présent. Les propos devenaient informes et changeaient de registre. Il se moquait toujours, mais il parlait de la femme blanche. "Je suis fâché... Elle a réussi à te prendre ce que je n'ai jamais réussi à t'ôter pour de bon". Voilà qu'elle lui sautait dessus. Elle le plaquait au mur et lui répétait inlassablement qu'il mentait. Qu'il devait être un faë. Puis elle le mordait et son sang n'était pas à son goût. Il sortait le coupe papier et le lui enfonçait dans l'épaule. Rageuse, elle levait la tête en hurlant et sous le voile de cheveux clairs, ce n'était pas son visage, mais celui de Darian qui apparaissait, étiré dans une expression maléfique qui injectait une horreur acide, vrombissante, tout du long de son échine.

Dans la réalité, il avait violemment plaqué ses paumes contre ses oreilles et s'était rétracté, les deux genoux tout contre son corps, perché sur le tabouret. Il gémissait sans s'arrêter, en proie aux souvenirs mêlés de traumatismes récents, et d'autres plus anciens, qu'Esmera avait involontairement réveillé. Seuls quelques mots intelligibles passaient ses lèvres, à intervalle irrégulier, dans un marmonnement angoissé :

"Non... Humain... pas un faë... Arrêtez... Lâchez... Lâche... Arrête.. papa... Pourquoi ? Veux... Normalement... Juste... Je te hais... Arrête... Arrête... Arrête... S'il te plaît..."

Son esprit fragilisé venait de déraper dangereusement dans une zone d'incohérence et de souvenirs douloureux.
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Jeu 13 Oct - 9:05

On fait une belle paire de pleureuses tous les deux les larmes aux yeux. Non mais sérieusement, du nerf ! On est des vampires merde ! Quand bien même. Une minute de répit et de lamentation. Est-ce trop demander ? Me voilà face à quelqu’un dans le même état que moi. Un peu d’empathie mutuelle ne peut pas nous faire de mal à tous les deux…Oui bien là, c’est un peu trop. Je léve les yeux et voie la prostration d’Esteban…

Ah non ! Pas la tasse de maman…Trop tard… Je regarde impuissante la tasse bleu lavande tomber et se briser sur le sol. C’était la préférai de ma mère. Je l’aimais bien aussi. Mais bon, rien n’est définitif dans ce bas monde et comme le disait papa, il ne faut pas s’attacher aux choses matérielles. Mais ça me fait quand même quelque chose de voir la fausse porcelaine rependue sur le sol au milieu d’une flaque de thé à l’écorce de citron. Thé dont je n’étais pas spécialement friande avant. Mais voilà, aujourd’hui, je prends les boissons les plus fortes en goûts pour tenter de ne pas oublier se que j’ai pue ressentir avant. Bien sûr, si je n’y ajoute pas un peu de sang, elles restent fades et pas du tout appétantes. Esteban aussi ressentira le besoin de se raccrocher à des souvenirs comme ceux-là. C’est triste pour lui. D’un autre côté, je ressens un certain soulagement malsain de voir quelqu’un dans la même détresse que moi. Ne plus se sentir seule au monde et savoir qu’une autre personne partage ma souffrance. Atténue illusoirement celle-ci.

J’ai beau savoir que c’est mal, je ne peux m’empêcher…Et pour quoi  ce serait mal ? Pour quoi ne pourrais-je pas attraper cette occasion d’être moins mal ? Mais…Rien ne dit que j’ai mordue quelqu’un de sa famille après tout. Heu…si quand même. La ressemblance est bien trop prononcée pour qu’elle ne soit qu’une coïncidence. Oui et bien cette famille en particulier est nombreuse alors rien ne dit que cette femme est une proche parente. Et puis, je ne l’ai pas tué, alors rien n’est irréversible. Lui aussi il finira par mordre la cousine de quelqu’un sans le vouloir et sans consentement. Je peux peut être accorder cet état de fait…sauf si quelqu’un est là pour l’épauler et…Qui ça ? Toi ? Tu n’es déjà pas capable de t’épauler toi-même. Alors comment pourrais-je être un soutien pour… Stop ! de toute façon la question ne sera pas réglée ce soir.

Je me relève péniblement en attrapant les plus gros morceaux de la tasse et prend une voix rassurante.

« Ce n’est pas… »

Il est beau ton protégé tien. Un sourire sadique passe furtivement sur mon visage. Je m’affole. Il est mal, il est très mal. Mais qu’est-ce que je peux faire ? Rien ! Tu ne vas rien faire, car c’est le taf de la tutrice. Mais oui ! C’est ça ! Bess !

« Bess ? »

Là c’est sûr elle t’a entendue avec ta voix peureuse.

« BESS ! Il se sent mal, il faudrait que tu viennes, genre maintenant ! »

En même temps si elle est sous la douche et qu’elle a décidé de profiter…Et puis je ne la sens pas du genre à se précipité au moindre signe d’étourdissement d’un de ses protégés.
Il va falloir donc, que je prenne les choses en main… C’est bien beau de le dire, mais maintenant…

Il vient d’être transformé ? Je n’ai pas besoin de chercher longtemps pour me rappeler ce que j’ai ressenti à ce moment là. Je m’approche doucement du garçon.

« … »

J’aimerais lui dire que tout va bien. Que tout va s’arranger. Qu’il ne faut pas s’inquiéter, mais les mots ne sortent pas. Qu’est-ce que j’aurais dis à la personne qui aurais osé me mentir à ce point ? Rien ne va, ça ne va pas s’arranger. C’est même le contraire, son enfer ne fait que commencer. Mais il y a une chose que je peux faire, il risque de m’en vouloir, mais ça devrait le calmer un peut. Et puis c’est du sang de lapin et non d’humain, peut être que ça atténuera la chose. Je lui tends ma tasse gentiment sans le toucher.

« Tenez. Ce n’est pas grand chose, mais ça va vous faire du bien. Il faut essayer de ce calmer »  

Je jette frénétiquement des cous d’œil au couloir en espérant que la tutrice va apparaitre comme par magie. Moi, elle avait réussie a me calmer. Alors pourquoi pas lui ?
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Ven 14 Oct - 10:27

Au travers des images effrayantes et des tremblements douloureux qui peuplaient son univers, Esteban capta une lueur. C'était ténu, et c'était indistinct. C'était un point de chaleur tendu à proximité de son visage, vers lequel il se sentait, sans comprendre, irrésistiblement attiré. Le jeune vampire pleurait sans aucun contrôle sur ses larmes, qui formaient désormais un flot continu, insignifiant en vue de la violence de toutes ces choses qui l'assaillaient, qui tentaient de violer son espace personnel en rentrant sous sa peau, en rampant sous son épiderme comme une onde acide, visqueuse, qui aurait dû lui donner la chair de poule. Darian l'entourait. Il entendait son rire sardonique se briser sur les parois de sa conscience, puis former d'insupportables échos, projetés en tous sens. Un gémissement lui  échappa. Il ferma les yeux, provoquant la chute de deux gros rouleaux d'eau salée. Ses mains tendues dans la direction du point chaud reculèrent, crispées. Il faillit les croiser contre lui pour tenter de se protéger des ombres. Des douleurs fantômes apparaissaient au niveau des zones de son corps qui avaient été violentées par son père, puis par une autre. Il ne faisait plus la différence.

"... Arrêtez... Ne me touchez pas.. Laissez moi..."

Sa bouche tremblait si fort qu'on aurait dit que sa mâchoire inférieure allait se détacher. Face à ces perceptions terribles, il aurait dû perdre le sens d'absolument tout le reste. Pourtant le point chaud était toujours là, plus tentant que jamais. Il se rendit compte que sa température seule ne le décrivait pas. Il émettait autre chose que cette onde douce et réconfortante. Une effluve chatouillait ses narines et à chaque bouffée, lui prodiguait une satisfaction indescriptible. C'était comme nettoyer puis panser une blessure infectée. Tout à la fois douloureux et intensément agréable. C'était sain, et c'était la chose à faire pour que tout aille mieux.

Les larmes cessèrent de couler sur son visage étiré par une expression vacante où se mêlaient fascination et convoitise. Il finit enfin par mettre ses mains autour de la tasse tendue par Esmera. Presque instantanément, il la porta à ses lèvres et en vida le contenu avec une avidité telle qu'il manqua de s'en verser la moitié dessus. Dans une autre situation, on aurait probablement ajouté, un rire dans la voix, que son comportement n'était pas très convenable. Néanmoins son attitude de bête sauvage, sublimée par le goût du sang qui coulait dans sa gorge par frissons délicieux, ne donnait aucunement envie de plaisanter.

En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, la tasse était vide. Esteban sentait une chaleur agréable se répandre dans ses entrailles. Il était intimement persuadé qu'il s'agissait des effets de ce thé aussi fameux qu'il était brûlant. Il ne remarquait pas sa peau , dont la teinte d'aspirine grisâtre se gorgeait de quelques teintes brunes timides, comme pour essayer de retrouver l'éclat de son ancienne carnation. Il leva les yeux sur son hôtesse. Les rideaux de son délire s'étaient ouverts, marquant la fin de la représentation. Il se retrouvait sauvagement projeté dans la réalité, avec dans le ventre une boule impérative qui lui dictait des mots répétitifs, intransigeants, voire cassants : "Encore... encore... ENCORE... ENCORE !!". Ils finirent par déborder du barrage grinçant qu'était devenu sa bouche :

"Encore... Il y en a encore..."

Et du besoin, vint la certitude. L'odeur radieuse venait d'ailleurs. Ce n'était pas juste un relent d'impression. Il se leva, chancelant, et déploya ses capacités olfactives comme il ne l'avait jamais fait jusqu'à présent. Yeux écarquillés, il se tourna en direction de la cuisine.

"Là... C'est là-bas..."

Et d'avancer dangereusement, penché vers l'avant, avec la démarche d'un zombie boiteux attiré par l'odeur d'un confit de cerveau. Il trébucha, faillit tomber par terre. En temps normal il n'aurait pas manqué de se vautrer, mais la soif parvenait même à le rendre moins maladroit qu'en temps normal. La porte de la salle de bain se déverrouilla, déversant dans la maisonnette un ensemble de pas nonchalants et de grognements agacés. La tutrice allait arriver à temps pour un spectacle navrant. Pas dit qu'elle le qualifie de cette façon ni qu'elle fasse quoique ce soit pour l'arrêter, cependant... Elle trouverait probablement plus pratique de composer avec un Esteban correctement nourri plutôt qu'avec un nouveau-né affamé, mentalement fragilisé, et d'autant plus prompt au drama qu'il avait besoin de se nourrir d'urgence.
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Lun 17 Oct - 10:26

L’hésitation est compréhensible, mais il faut qu'il se calme. Malheureusement je ne voie pas d'autre moyen pour ça que celui de le nourrir. Si je pouvais lui donner mon propre sang je le ferais sans hésiter, mais voilà, d'un je en suis pas certaine que le sang de vampire nourrie les vampires et de deux, je ne crois pas non plus qu'il soit emballé à l'idée de mordre qui que se soit dans l'instant présent.

« Je ne vais pas vous toucher, promis. Dites moi se que je peux faire. »

Ah ! Il arrête de pleurer. C'est bien Esteban, il faut boire. Je me souviens quand c'était mon tour. Une poche n'a pas suffit à me sustenter. Ce n'est pas que la Soif est plus forte au début, mais plutôt, qu'on ne la connais pas et donc on y cède sans vraiment se poser de question. Les questions viennent après...et le véritable supplice aussi. Je ne m'attend pas à se que ces quelques gouttes de sang de lapin lui remplissent l'estomac, mais peut être cela le calmera suffisamment pour avoir une discussion cohérente avec lui.

Il fallait s'y attendre. Ce n'est même pas un amuse bouche qu'il vient d’avaler. Il en veut encore. Oui je sais bien. Mais qu'est-ce que je pouvais faire ? Lui tendre le bocal de sang de lapin ? Je ne suis pas certaine que cela aurait arranger les choses.

Je le regarde se diriger vers la cuisine. Ne sachant pas quoi dire ou quoi faire. Est-ce qu'il faut que je l'en empêche ? Faut-il que je lui propose de le servir à nouveau sans lui dévoiler l’ingrédient secret du thé ? Tu peux aussi le regarder se vautrer sur le sol...

Hein ? Ah ! Je me précipite pour le rattraper. Mais il ne tombe pas. C'est miraculeux, il a l'air si faible et tellement gauche. Je me demande même s'il a déjà mis les pieds dans une cuisine.

« Aïe ! »

Dans ma précipitation, mes doigts se sont crispés sur le morceaux de tasse que je tien. Je regarde impassible les petits éclats qui sont maintenant dans la chaire et des gouttes vermeilles tomber au sol. Et un petit soupire blasé sort de ma bouche. Cette fois sûr, je pourrais pas la recoller. Il va falloir que je nettoie tout ça maintenant... mais d'abord, je m'occupe d'Esteban et le devance sur son chemin. Le bocal de sang est posé sur le plant de travail à côté de la bouilloire. Je me place sur le trajet du garçon pour lui barrer la route. Mes yeux essayent de capter les siens, j'ai un sourire triste sur les lèvres. Pauvre être pathétique. j'étais comme ça moi aussi.

J'entends la tutrice qui arrive. Je la reconnais sans peine aux grognement de mécontentement qu'elle produit. Très vite je la voie. En serviette dans mon salon. Elle est loin d'être bête ou longue à la comprenette. En voyant la scène, elle comprend se qui se passe. Le regard noir qu'elle me jette me fait comprendre que j'ai plutôt intérêt à ne pas m'interposer et à laisser le passage au jeune vampire affamé.

« Je...je ne crois pas qu'il soit prêt...»

Je voudrais soutenir son regard...mais...j'ai une dette envers elle. Je ne dois pas immiscer dans son travail. J'aurais mieux fait de ne pas ouvrir ma bouche. De quel droit je me permet de juger si un vampire est prêt a boire du sang ou pas ? Après tout, je ne suis pas tutrice.

A contre cœur je m'écarte du passage, pour laisse à Esteban le loisir d'accéder au bocal contenant un liquide sombre et épais.

Je ne vais quand même pas rester les bras croisés. Il faut que j'essaye de détourner son attention.

« Regardez Esteban ! La douche est libre ! »

Je veux bien lui frotter moi-même le dos en guise de punissions si j'arrive à mes fins. Même si je sais que la tutrice va me passer un sacré savon.
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Lun 17 Oct - 22:33

C'est de manière tout à fait inattendue que son hôtesse apparût face à un Esteban qui ne s'attendait pas à ce qu'on lui barre la route. Il fronça les sourcils, vaguement contrarié, bien qu'il eut du mal à ressentir quoique ce soit d'autre que l'élan qui le forçait à aller dans la direction du fumet capiteux. Durant un bref moment, il eut même du mal à se souvenir de qui elle était. Perturbé, il baissa les bras, cligna des yeux.

"... Euh..."

Puis les informations revinrent lentement : il était chez elle, ce qui impliquait qu'il se comporte en fonction. Ah. Voilà qui était fâcheux, car il n'avait qu'une seule envie, soit celle de la pousser sans ménagement afin qu'elle dégage le chemin, et qu'il puisse reprendre où il en était.

"Je vous prie de m'excuser, je dois passer..."

Et suite à une révérence succincte, vibrante d'impatience, pour ne pas dire d'exaspération, il esquissa un pas sur le côté afin de contourner la jeune femme. Moins d'une seconde plus tard, son visage avait retrouvé son expression vacante, laissant entendre que le peu d'esprit qu'il venait de retrouver n'était en réalité que le fruit de réflexes bien huilés, qui le poussaient à se comporter de la façon la plus convenable possible en toutes circonstances, même lorsqu'il n'était plus exactement lui-même.

Des bruits sur le côté lui indiquèrent l'arrivée en fanfare d'une autre personne, dont il ne se soucia pas. Tant que ça ne le concernait pas, il s'en fichait. Et puisqu'il était de nouveau capable d'approcher de son objectif sans qu'on vienne le contrarier, eh bien c'était que ça ne le concernait pas. CQFD.

Il n'eut pas la même impression lorsque la jeune fille rousse lui adressa la parole (... ou du moins qu'il crut qu'elle lui adressa la parole), cherchant à le dissuader de boire le contenu de la fiole qu'il pouvait dorénavant voir, posée sur un plan de travail. "Je ne crois pas qu'il soit prêt", arguait-elle. Esteban n'avait jamais apprécié de boire du thé froid, et il devait bien admettre que celui-ci ne lui donnait pas l'impression d'être bien fumant, si l'on en jugeait par la vitre lisse du flacon, qu'aucune buée ne recouvrait, et par son bouchon dont aucune vapeur ne sortait, mais cette odeur ne le trompait pas : même tiède, il fallait qu'il en reprenne. Il ne doutait pas que ce serait délicieux et réconfortant. Pourquoi gardait-elle jalousement ce délice pour elle ? Pourquoi en était-elle si avare ? Était-ce si compliqué, de partager ?

"Oh mon nez ne me trompe pas ! C'est prêt, très prêt ! Bien assez prêt ! Pourquoi faut-il que vous soyez si frileuse ? Je ne compte pas déposer un brevet dessus ni vous voler la recette !"

Il entendit comme un ricanement qui venait du côté duquel la troisième présence s'était fait connaître.

"Je n'ai pas l'impression qu'il soit d'accord avec toi... Laisse le faire. Je ne sais pas exactement depuis combien de temps il traînait dans la rue."

Cette discussion sans queue ni tête l'agaçait, d'autant qu'il n'en comprenait décidément ni les tenants, ni les aboutissants. De quoi étaient-elles en train de parler ? Le laisser faire quoi ? Était-ce une sorte de langage crypté ? Il hocha la tête avec mécontentement et laissa échapper un sifflement irrité. Ses mains sur le flacon constataient sa fraîcheur étonnante. Il aurait pensé que le thé aurait tout de même un peu tiédit la bouteille. Il fut prit d'un bref doute : peut-être la boisson n'était-elle réellement pas apte à la consommation ? Peut-être aurait-il dû attendre qu'Esme fasse ce qu'il fallait pour la rendre exquise, comme à la première tasse.

Ses doutes s'envolèrent aussitôt. L'effluve puissante ne pouvait pas le tromper. Et même si c'était le cas, il s'en fichait. Il avait l'eau à la bouche et il ne pouvait plus attendre. Il déboucha le flacon, laissant un nuage odorant s'élever et manquer de lui couper les jambes, faute à l'intensité des saveurs dégagées. Il hoqueta et porta la fiole à ses lèvres.

"Regardez Esteban ! La douche est libre ! "

Trop tard. Plus rien ne pouvait détourner son attention de la boisson. Il s'écroula à genoux sur le sol dès que le liquide glissa sur ses papilles gustatives. Il y avait comme un arrière goût dérangeant dans ce thé. C'était probablement parce qu'il n'était pas assez chaud, et sa température tiédasse avait même tendance à le rendre écœurant. Il était épais et il lui aurait juré sentir quelques grumeaux. Il avait la nausée, et dans le même temps, de façon incompréhensible, c'était comme si il n'avait jamais rien bu d'aussi bon. Cette Ambroisie avait comme un effet magique : il sentait sa motivation monter. Son énergie vacillante, se gonfler, brûler, claquer comme un drapeau dans le vent.

Les odeurs d'égout et de poubelle revinrent à l'assaut, comme si son odorat s'était brutalement affiné, ou bien s'était départi d'une couche de surdité. Il grimaça et chercha  à se relever, sans récupérer le flacon vide qu'il avait laissé gisant par terre.

".. oh... Je..C'est... affreux... Où sont ... Où est..."

Si ça continuait, il allait vomir. Il ne voulait pas vomir. Ce qu'il y avait dans son estomac à l'instant même devait y rester. Il sentait dans ses tripes qu'il avait eu raison de boire cette substance dont il n'était subitement même plus sûr qu'il s'agissait de thé. Du sirop ? En tous les cas, c'était un tonique diablement efficace. Une main plaquée contre la bouche et le nez, il dévala dans le couloir et chercha désespérément la salle de bain du regard.
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Lun 24 Oct - 20:03

La réflexion de la tutrice me fait retrousser les lèvres, comme si j’allais grogner. Mais le son ne sort pas. Je ne suis pas un animal, ce n’est pas demain la veille qu’on m’entendra grogner. Montrer les crocs reste mon maximum. J’ai remarqué que je suis plus susceptible depuis mon agression. Plus à fleur de peau aussi et surtout, plus prompte a devenir agressive. Pour autant, je fais attention à ce que la tutrice ne prenne pas pour elle. Mais je sais qu’elle a vue. Elle voie tout. Sauf peut être mon plus grand péché. Pas encore…

Le pauvre, il est tellement faible que le voilà à genoux. Il ne pouvait rester debout bien longtemps. J’aimerais l’aider, mais il va encore me crier de ne pas le touche. Mieux vaut le laisser boire en paix. Je me souviens qu’il ne valait mieux pas m’approcher les premiers soirs et surtout le premier où Bess m’a conduite dans le quartier sanglant pour que je morde pour la première fois.

Les yeux tristes plongés dans ceux satisfait de la tutrice. Je sais très bien qu’elle a raison. Pourtant, même si je sais que c’était la chose à faire, je ne crois pas qu’il fallait que cela se passe exactement comme ça.

« Se qui me gène, c’est qu’il n’a pas l’air d’avoir comprit se qu’il boit. »

« Il comprendra bien assez tôt. »

Serte… Pourtant autant, que fait-on s’il refuse en bloc qu’il vient de boire du sang comme si c’était du petit lait ? Ce n’est pas mon problème, pour rappel, je ne suis ni tutrice, ni sa mère… C’est vraie oui, mais s’il vomie sur mon sol ça va quand même devenir en partie mon problème. Je regarde le pauvre Esteban, qui essaye de demander les toilettes.

« Première porte à droite. A droite ! »

On ne sait jamais. Il vaut mieux répéter deux fois au cas où.
Non parce que à gauche c’est ma chambre. D’un je ne voudrais pas qu’un inconnue entre dans ma chambre, encore moins pour vomir. Et la deuxième porte c’est la chambre d’amie/atelier avec le portrait en court de réalisation. Je me demande…qu’est-ce qui serait plus catastrophique ? Qu’il vomisse au pied de mon lit ou devant le tableau ? Si possible j’aimerais qu’aucune des deux situations n’arrive.

Je ne suis pas sûre, mais je crois bien que Bess se marre dans mon dos alors que je m’engouffre dans le couloir pour être sûre qu’Esteban passe par la bonne porte.

Dans la salle de bain la buée témoigne de la température de l’eau utilisée par la tutrice. J’attrape une serviette propre et attend que le pauvre garçon se remette de ses émotions. Voilà a quoi on aurait du s’attendre quand il se serait rendue compte de la nature de se qu’il a bue.

« Je suis désolé Esteban, j’aurais due vous prévenir. »
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Mar 25 Oct - 11:32

Oh mais quelle horreur... Comment avait-il réussi à supporter sa propre odeur durant tout ce temps ? Il était persuadé que même le clochard le moins porté sur l'hygiène de la Nouvelle-Orléans devait sentir moins fort que lui. Les effluves mêlées de jus de déchets décomposés, d'excréments, d'eau croupie, et d'un tas d'autres nuances écœurantes dont il n'arrivait pas à cerner la teneur l'entouraient tant et si bien qu'elles lui paraissaient solides. Il nageait dans leur texture gélatineuse, l'estomac prêt à se retourner et à lâcher sur le sol un contenu qui lui paraissait incompréhensiblement vide. Pourtant, il venait de boire ce thé... Tonique. Ou quoique ce put être, en réalité.

Et il avait imposé sa présence puante à Esme. Il était entré chez elle, s'était assis sur un de ses tabourets, et devait avoir laissé sur son passage un fumet qui serait probablement difficile à faire partir. Quelle honte. Il n'avait jamais été aussi humilié de toute sa vie. Il aurait dû rougir, dans une pareille situation. Il était éminemment angoissant d'être incapable de sentir le fard lui monter aux joues, ces bouffées de chaleur prendre sa tête en otage, parce qu'il savait pertinemment que c'est ce qui serait arrivé si il avait été juste un peu moins mort. Les larmes lui montèrent aux yeux. Des  tremblements. Non. Surtout, il fallait qu'il évite d'y penser maintenant. Une chose à la fois, où bien il se mettrait à hurler.

Première porte à droite, disait-elle derrière lui. Heureux qu'on lui donne une direction plutôt que de devoir chercher partout, il s'engouffra dans le couloir, une lueur déterminée dans les yeux, du côté qu'il pensait être le bon.

"A droite !"

Il s'arrêta brutalement et retraça dans sa tête le chemin qu'il venait de parcourir. Ah oui, mince. L'autre droite. Il leva un doigt en signe de réalisation, trouva la force d'émettre un ricanement gêné, puis fonça sans plus attendre de l'autre côté, si désespérément lancé qu'il faillit encore se vautrer de tout son long.

Ni une ni deux, il passa la porte et ne prit pas la peine de la verrouiller, ni même de la fermer. Un soulagement diffus le gagna. La vapeur d'eau, chaude et épaisse, formait d'agréables volutes contre sa peau. Elle calmait un peu la torture à laquelle son nez était soumis, son odorat légèrement effacé par les senteurs d'humidité, de savon et de chaleur. Il fonça dans la douche, et se rendit compte un peu tard qu'il était tout habillé.

"Oh ! Mais quel idiot... Je vais tout salir. Enfin, encore plus, s'entend. Qui rentre dans une cabine de douche avec ses chaussures ? Vraiment je n'ai plus toute ma tête, ce soir... Ca aurait certainement été plus simple de la garder si on n'avait pas failli me l'arracher."

Ses associations d'idées tordues l'avaient mené près d'un sujet dangereusement délicat, ce qui s'entendit à sa voix qui, progressivement, se teintait de tremblements fragiles. Il acheva sa réplique sur un gémissement horrifié, une main fermement plaquée contre sa bouche. Les flashbacks n'étaient pas loin. Mais le désagrément olfactif restait prioritaire. Son affreuse odeur lui permettait ironiquement de garder les pieds sur terre, et de ne pas repartir dans une quelconque crise de folie.

Il n'était pas trop tard pour se corriger : Il retira donc ses chaussures en toute hâte, sa chemise, dont les boutons récalcitrants étaient en train de l'énerver, et dut trouver un endroit où la poser sans que l'engeance qu'elle représentait risque de se répandre ailleurs. Quand ce fut fait il commença à s'énerver sur l'ouverture de son pantalon, au moment quasi exact où on lui adressa la parole. Il n'avait pas remarqué qu'on l'avait suivi. Un peu plus, et il aurait compris qu'il n'était pas seul tandis qu'il avait le pantalon sur les genoux.

"Je suis désolé Esteban, j’aurais due vous prévenir."

La surprise le fit sursauter. Il émit un glapissement, s'emmêla les pieds d'une façon parfaitement improbable, et tomba à la renverse. Sa tête heurta douloureusement le mur et il se frotta l'arrière du crâne en jurant tout bas dans sa langue préférentielle (soit en espagnol). Revenu à lui, il entreprit de répondre :

"Je... Oui probablement. C'est vrai. Mais vous m'avez prévenu tout en me surprenant, c'est donc difficile à juger. Je dois admettre que cette situation est un peu gênante, bien qu'elle aurait pu l'être largement plus si vous étiez arrivée cinq à dix secondes plus tard. Mais je multiplie les bévues, si bien que je n'ai pas vraiment le droit de m'en plaindre. Mais j'ai du mal à cerner les enjeux de votre initiative..."

Embarrassé et incapable de savoir comment réagir dans une situation aussi bizarre, il se contenta de s'asseoir dans le coin de la douche, les jambes ramenées contre lui, l'air mi-intimidé, mi-contrarié. Il ne fallut que peu de temps avant qu'il pince le nez et cache tous ses orifices faciaux, l'air dégoûté.

"Oh mais quelle engeance... Ca ne partira jamais avec une seule douche..."
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Mar 15 Nov - 11:30

Aïe ça doit faire mal. Tomber comme ça dans la douche…oui je crois bien. Mais quel empoté… C’est pas sympa de ce moquer. Je n’étais pas dans un état plus stable que lui. Une épave qui ne tenait debout que parce qu’elle a compartimenté ses émotions. Ce n’est pas beaucoup mieux. Ça fait très sociopathe. Et je n’aime pas ça.

« Pardon ? »

Mais de quoi il parle ? Comment ça cinq secon…

« Oh ! »

Mais quelle co… Je me suis beaucoup trop précipité. Je n’avais pas anticipé qu’il pouvait vouloir filler sous la douche. Effectivement un peut plus et je tombais nez à nez. Ou plus tôt nez à queue en occurrence. Quelle idiote je fais. Je me complains en excuses à moitiés bredouillées. Effectivement maintenant que je voie sa chemise et ses chaussures posées, je comprends mieux.

Mais alors il ne s’est pas rendu compte qu’il a bue du sang tout à l’heure ? D’accord, alors mieux vaut ne rien dire pour le moment. Je me ferais suffisamment incendier après. Là de suite, je préfère qu’il ne pense à rien et qu’il essaye de se détendre sous la douche.

Le pauvre, il est tout recroquevillé. Tu m’étonnes qu’il désespère de faire partir l’odeur. Je vais devoir en brûler de l’encens moi aussi. Sinon même mon chat va fuir la maison et plus aucunes bestioles ne voudront l’approcher. Pourvue que sa ne s’incruste pas dans les fauteuils.

« Mais non, mais non, je suis sûre qu’en frottant bien vous arriverez à vous en débarrasser. Je vous laisse une serviette propre sur le lavabo ici. »

Ma voix est calme est un peut maternelle. J’avoue que je ne m’y attendais pas à celle-là. Mais c’est vrai que j’ai vraiment envie de le rassurer. Du coup je me dis que je ne vais lui faire l’affront de l’aider à se relever. Il le fera quand il se sentira prêt. Je pose la serviette et tire le rideau de douche avant de ramasser les affaires salles.

« Donnez mois le reste de vos habits que je puisse vous laissez tranquille et aller les laver à leur tour. Je reviendrais plus tard avec des vêtements propres. »

Je pense maintenant, que les habits de mon père vont lui aller. Je ne m’étais pas rendue compte à quel point il est grand. C’set parfait du cou. Je sais exactement où se trouve un pantalon et un sous-pull. Ça devrait faire l’affaire. Quoi que. Il a l’air plutôt maigre et papa était très sportif, il se peut que le pantalon soit un peu large…oh c’est bon j’ai une ceinture aussi.

« Je me souviens de ma première douche après…heu…Bref. J’y ai passé un temps interminable. J’étais persuadé que aussi longtemps qu’elle durerait, rien de ce qui était arrivé n’était réel. Alors prenez votre temps. »

Aller ! Donne moi vite ton pantalon et tes sous-vêtements que je puisse déguerpir de là. Même si ça veut dire me retrouver seule avec Bess qui à l’air passablement de mauvaise humeur. Je préfère ça à la situation actuelle.
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Ven 18 Nov - 11:07

Incrédule, Esteban n'était pas aussi certain que son hôtesse de ce qu'elle avançait. Il n'avait jamais rien senti d'aussi horrible et il n'imaginait pas comment il serait possible de faire partir un pareil fumet en une seule douche, fut-elle longue et particulièrement savonnée. Il soupira, les yeux fixés sur le trou d'évacuation de la douche. L'énergie frénétique qui l'avait transporté de la cuisine jusqu'à la salle de bain était en train de le quitter. Il se sentait littéralement retomber comme un soufflé au fromage. Une serviette sur le lavabo. Oui.. Voilà qui serait utile si il daignait un jour sortir d'ici.

Mais à ce moment là, il devrait à nouveau faire face à cette jeune fille, bien qu'elle fut plutôt sympathique compte-tenu du fait qu'il s'agissait d'un mort vivant. Pire : il devrait faire face à cette horrible femme qui l'avait kidnappé, ainsi qu'à ce qu'elle lui avait réservé. Ce n'était pas ce qu'il avait prévu. Il avait compté sur sa solitude relative, sous le filet d'eau, pour trouver le moyen de fuir la maison et de retourner en ville. Quelle heure était-il ? Aurait-il seulement le temps d'exécuter un tel plan avant que le soleil ne se lève ? Comment arriverait-il à ses fins ? Des yeux, il chercha vaguement la présence d'une fenêtre, ou même d'une lucarne sur laquelle il pourrait exercer cette ignoble force, afin de se creuser un chemin vers l'extérieur.

Puis il remarqua qu'on était en train de lui parler et il sursauta.

"Que.. Ah ! Oui, je vous prie de m'excuser..."

Les yeux fous, il marmonnait plus qu'il ne parlait. Ses doigts butaient contre les boutons. Il paraissait être devenu incapable de mesurer les distances correctement, ni de contrôler la force qu'il mettait dans chacun de ses gestes. C'est donc avec difficulté qu'il se contorsionna hors de son pantalon et qu'il retira ses derniers vêtements, avant de passer timidement le nez à l'extérieur du rideau de douche et de donner l'ensemble au vampire.

Elle fit une dernière remarque, qui le conduisit à cligner des yeux. Quelque chose se pinça en lui. Quelque chose se brisa. La lueur dans son regard défaillit, s'éteignit, comme la flamme d'une bougie sur laquelle le vent aurait trop soufflé. Ses prunelles atones se levèrent doucement, jusqu'à fixer celles de son interlocutrice.

Il voyait  de quoi elle voulait parler, pour la très bonne raison qu'il n'était pas au soir de sa transformation. C'était sa seconde nuit. Lorsque la veille le pire était arrivé, il s'était pressé de rentrer sur le campus et de se terrer dans son studio universitaire, où il avait presque directement foncé à l'intérieur de la douche, sous laquelle il était resté une bonne heure. Il était alors loin d'être aussi sale que maintenant, et pourtant, il s'était senti couvert d'abjection. Il s'était récuré sans discontinuer, dans le vain but de se nettoyer de la honte et de l'horreur au sein desquels cette agression l'avait définitivement emporté.

"... C'est vain, n'est-ce pas ? C'était pire qu'autre chose la première fois... Et ça le restera à la seconde."

Et sur ces propos, prononcés sur un ton monocorde qui aurait paru inquiétant à quiconque le connaissait un peu, il rabattit entièrement le rideau de douche, ignorant au possible la boule douloureuse qui s'était formée dans sa gorge. Il ouvrit le filet d'eau et le rendit aussi chaud qu'il était capable de le supporter, désireux d'une part de décaper les odeurs plus efficacement, et de l'autre de faire de même avec son esprit engourdi.

Il perdait le courage d'esquisser le moindre geste. Il s'était passé trop de choses et tout lui retombait dessus, désormais qu'il avait droit à cet instant d'isolement illusoire, et l'occasion de retourner en tête à tête avec lui-même. Il se laissa glisser au sol, où il se roula assis en boule, le nez au niveau des genoux.

Il avait passé la journée dans une benne à ordure, après avoir fui les réactions horrifiées de ses proches, et après avoir vu sa peau se gonfler de cloques douloureuses fautes à l'effet du soleil, qui avait failli le tuer. Il avait vu une femme arracher les yeux d'un homme et sembler n'en éprouver aucune forme de remord, ni même de désagrément. C'était comme si ce genre de choses avaient fait partie de sa vie de tous les jours. Cette même femme l'avait détourné de ce qu'il aurait dû faire ce soir en le kidnappant et en l'amenant ici. Elle l'avait traîné dans les égouts. Il avait été poursuivi par des monstres. Des métamorphes à gueule d'alligator. Et ne comptons même pas les souvenirs épars de son agression. Tout ça,  en moins de deux jours. Il y en avait trois, il avait vu sa mère et ils avaient pris le thé ensemble, profitant d'un calme et d'une normalité rieuse. Les détails de ses derniers rendez-vous avec Karl, avec Erin, avec tout le monde lui revenaient. Et le contraste vertigineux avec les derniers développements lui donnait envie de hurler. Il se mit à sangloter bruyamment.
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Mer 30 Nov - 18:01

« Merci »

Je récupère le tas de vêtements que l’on me donne en murmurant vaguement, plus par habitude qu’en réfléchissant vraiment à ce que je dis. Je vais enfin pouvoir quitter cette ambiance qui me pèse lourdement. Le voir me déchire le cœur, en admettant qu’il m’en reste bien un. Son image me renvoie à celle que j’étais il n’y a pas si longtemps. J’aimerais l’aider, mais n’est-ce pas peine perdue ? Comment pourrais-je prétendre aider quelqu’un, si je ne suis pas capable de m’aider moi-même ?

Bon il va falloir que je tente de récupérer ces habits…Par la Roue du Destin, je ne sais vraiment pas comment je vais m’y prendre. J’aurais bien besoin d’un coup de main un chouilla magique… Pas de panique, je vais commencer par la base et tout fourrer dans la machine avec une lingette anti-décoloration et en cycle tâche difficiles. On verra bien comment sa ressort dans deux heures. Ensuite on avisera.

Le regard qui me porte me provoque des frissons dans tout le corps. On dirait qu’il est brisé en milles morceaux et que rien ne pourra le réparer. C’est atroce…Du nerf ! J’efface la lueur triste dans mon regard pour lui sourire tendrement et l’encourager. J’aimerais le réconforter, mais là tout de suite, je ne peux pas. Le bras dans les bras pour lui faire un câlin est totalement exclut tant qu’il n’aura pas pris de douche et/ou enfilé des vêtements.

Il faut que je sorte…

« Hein ? »

Qu’est-ce qui est vains ? De se laver ? Je me fige… C’est trop bête, j’avais presque un pied dans le couloir. Sa réflexion me glace le sang, je me tourne, le regard blessé, pour le voir fermer le rideau de douche et l’entendre ouvrir le robinet d’eau chaude.

S’il n’avait pas disparue derrière ce rideau salvateur, je croie bien que je me serrais littéralement effondré sur le sol. Il a tapé là où sa fait mal et sans sommation. De plus le ton de sa voix avait quelque chose de familier, presque comme s’il résigné Il a raison, la première douche n’efface rien et les suivantes non plus. C’est atroce chaque nuits, c’est atroce dès qu’on y pense comme maintenant. Je ne peux pas en supporter davantage.

De retour dans la pièce à vivre, je tombe sur Bess avec toute sa mauvaise humeur à poil. Je vais direction la machine à lavé dans le coin cuisine et je fourre le tout de dans.

« T’as rien autre à boire que du sang de lapin ? »

Je comprends mieux d’où vient sa mauvaise humeur. Le ventre à patte a faim. Sachant bien qu’un animal sauvage est dans de meilleures dispositions quand il a le ventre plein, j’ouvre le frigo et en sort  l’une de mes dernières poches de sang humain, volées à l’établissement du sang. Je les garde précieusement au cas où la chasse soit mauvaise ou que j’entre dans une sorte de crise qui se transformerait en frénésie de soif de sang. Je ne sais pas si c’est possible, mais je préfère me tenir prête à toutes éventualités. Je lui tends la poche et lui désigne le bord de levier où un verre propre n’attend plus qu’elle. La tutrice ne se fait pas prier et attrape la poche et le verre.

« Si tu veux, tu peux m’emprunter des vêtements. Ma chambre c’est la porte en face de la salle de bain… »

Elle n’a pas l’air pressé de s’habiller. Ce n’est pas un problème pour moi à ça non. La pudeur entre filles, c’est totalement stupide de mon point de vue. Je retourne à mon lave linge pendant qu’elle vaque. Je l’entends vaguement s’éloigner. Le temps que je face attention au programme et à la température de chaque étiquette, la voilà qui revient avec des fringues à moi sur le dos. Bon au moins elle a trouvé toute seule.

Un téléphone sonne…ce n’est pas le mien c’est certain. La tutrice décroche après avoir poussé un soupire en voyant le nom sur l’écran.

« Quoi ? … Maintenant ? Je suis plutôt occupé là de suite. Vous ne pouvez pas attendre ? … »

Elle pousse un soupir exaspéré et me regarde avec un air suspicieux. Mais qu’est-ce que j’ai fait encore ?

« Ok c’est bon j’arrive. »

Elle raccroche et me regarde longuement avec se regard qui me transperce à chaque fois. Comme si elle savait que j’avais fait une connerie et qu’elle attendait juste de me faire suffisamment peur pour que j’avoue toute seule. Du genre « je sais que tu sais que je sais, alors épargnes nous du temps et dit le… ».

« Bon les loulous je vous abandonne. Les grands chefs ont besoin de moi.  Soyez sages. »


« Hein quoi ? »

Elle est sérieuse là ? Elle veut vraiment partir et laisser Esteban ici avec moi ? Mais qu’est-ce qui tourne pas rond chez elle ? Et puis je fais quoi moi avec lui ? C’est son boulot à elle de ramasser les épaves et de leurs donner les clefs de la réussite chez les vampires. Je ne saurais pas comment m’y prendre juste pour l’empêcher de dire bonjour au soleil. Je suis paniquée.

« Relax Esme, tu t’occupes de lui et je reviens le chercher demain soir. »

Et elle me dit ça comme ça. Mais oui bien c’est bien sûr ! Rien de plus facile que de s’occuper d’un nouveau vampire qui n’a rien demandé à personne et surtout pas d’être transformé.

« Attends ! Je ne sais pas faire se que tu fais. »

Encore une fois, je ne suis pas la tutrice.

« Tout va bien se passer. Empêche-le de sortir et c’est tout. Il est très important, hors de question qu’il se perde dans le Bayou. Tu as plus d’expérience que lui sa ne devrait pas te poser de problème. »

Elle me fait un signe de la main et file plus vite qu’une fille de joie de la chambre de son client après avoir reçut sa paie. Me voilà seule avec lui…

« Mais quelle divinité j’ai bien pue offenser ?  »

Bon, première chose, je verrouille la porte et range la clef dans ma poche. Si elle a insisté pour ne pas le laisser sortir c’est qu’il risque de vouloir le faire. Je ne vais pas quand même devoir l’attacher j’espère. Juste pour vérifier…Oui c’est bon, je savais bien que les fenêtres sont elles aussi verrouillées. Bon…heu…je fais quoi maintenant ? A par attraper le chat et le mettre dans ma chambre pour éviter une catastrophe ?

A oui ! Les vêtements ! Avoir un truc à faire sa m’aide. Dans l’atelier, j’ouvre un placard. Je sais que c’est là que j’ai rangé les vêtements de mes parents pour les vendre un jour…peut être. Le tableau sous son drap me nargue. Je ne peux pas m’en empêcher, c’est plus fort que moi…  je jette un rapide coup d’œil…Il n’y a pas de doute… ils sont de la même famille. Quelle horreur ! Qu’est-ce que je vais faire ?

De retour devant la porte de la salle de bain que j’ai laissé entrouverte j’entend l’eau couler. C’est bon, il est encore là de dans. Je pose doucement une pile de vêtements sans faire de bruits à côté de la serviette et recule jusqu’à  la porte. Je m’assoie par terre dos à la salle de bain. Je ne sais vraiment plus quoi faire. Moi, le monstre que je suis-je devrais prendre soin de cette personne derrière moi ? C’est absurde ! Comment je fais s’il veut partir ? Ou rencontrer le soleil pour que tout s’arrête ? Ou S’il sait que j’ai mordue une personne de sa famille ? Non c’est trop ! Des larmes coules sur mes joues. L'entendre pleurer me fend le cœur… C’est pas possible, je suis tout autant pathétique que lui. On dirait que je stagne et que je n’avance pas depuis ce soir là. Il faut prendre les choses en mains.

« Vous avez raison…ça ne disparaît pas. Mais vous savez se qui me fait tenir ? »

Je laisse ma question en suspend. Je ne sais pas s’il m’entend, mais sa me calme de parler de cette voix monocorde.

« C’est la promesse que je me suis faite de retrouver celui qui m’a rendue comme ça, et lui de le lui faire payer ! Impossible qu’il s’en sorte comme sans conséquences. »


Après on verra bien. Un objectif à la fois. Si ça me permet d’avancer, c’est déjà énorme.

« Si vous voulez,on peut essayer de trouver ensemble votre raison. »

Faire quelque chose de constructif c'est pas plus mal.
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Sam 10 Déc - 18:29

La tension de cette nuit insoutenable, précédée de la journée d'horreur qu'il avait eue, se sentait enfin autorisée à partir, maintenant qu'il était "seul" sous le filet d'eau, en tête à tête avec lui-même. Tout lui revenait avec une acuité douloureuse. Son agression. Son réveil. Le moment de désolation qui avait suivi dans lequel il avait essayé de se laver de cette perversion néanmoins devenue inaltérable. Celui où il avait envoyé cette salve de messages malvenue, pour prévenir ses proches qu'il devrait "s'absenter un moment". L'instant de battement durant lequel il était sorti dans sa chambre baignée de soleil, oublieux de sa nouvelle intolérance, qui lui avait valu des cloques douloureuses et de devoir se cacher chichement sous son lit pendant toute la journée, pour éviter de subir de nouvelles brûlures. Les heures affreuses qui avaient suivi, durant lesquelles il avait du moins profité de son téléphone pour préparer son départ, car il ne pouvait plus vivre dans ce studio et encore moins dans un endroit où on pourrait facilement le trouver. Cette recherche avait probablement été la seule chose qui lui avait permis de rester cohérent.

Puis, son studio envahi par des proches inquiets pour lui. Leur visite transformée en catastrophe dès qu'on l'avait repéré. Sa nouvelle cachette sous le rideau de douche, dans l'espoir vain qu'on ne le reconnaisse pas. La réalisation grave de Karl. Le refus de sa mère, horrifiée, qui l'avait regardé comme un monstre, et dont il était certain qu'elle le considérait maintenant comme mort. Et n'avait-elle pas raison ?

Il se tassait si fort sur le sol qu'il avait l'impression qu'il allait bientôt s'y incruster comme une tâche. Il aurait voulu pouvoir rentrer dans les murs et lâcher tout concept de souvenir ou d'identité. C'était trop douloureux d'être lui à cet instant précis. Même si c'était justement de ne plus l'être tout à fait qui lui faisait tant de mal. Ses sanglots affreux restaient à demi coincés dans sa gorge, comme des gargouillements d'agonie. Il se mit à trembler. Sa voix, à sortir comme des spasmes, des cris nerveux de refus, de colère, et de souffrance.

Une journée entière allongé dans une poubelle, rendu inerte, apathique, incapable de ressentir la moindre chose si ce n'est la douleur d'avoir tout perdu. Ses vêtements, son être entier sali par le jus odorant de la benne à ordure aussi sûrement que par cette affreuse transformation, dont le vil résultat avait fusionné avec sa chair jusqu'à ce qu'il fut impossible de les considérer comme deux choses différentes. Un homme énucléé devant lui. La responsable de ce crime sanglant qui l'avait enlevé contre son gré, traîné dans les égouts, endroit que seuls des monstres de leur acabit pouvaient probablement considérer comme une route valable. Encore une souillure supplémentaire, comme une traînée de boue sur son âme ou bien sur ce qu'il en restait. Les alligators qui avaient bien failli les manger. Puis seulement, ce répit auquel il avait peine à croire.

Et que valait-il, vraiment ? Il était chez une inconnue, perdu loin de la ville, si bien qu'il n'était même pas certain de savoir retrouver son chemin. Il se sentait complètement perdu. Même si la jeune fille rousse était gentille avec lui, elle restait le même genre de monstre que celle qui l'avait traîné ici en premier lieu - et qui était encore là - ainsi que celle qui l'avait rendu comme ça. Aurait-il dû vraiment lui faire confiance ? Pouvait-on se fier à un vampire ? Il lui apparaissait clairement que ça ne devait pas être le cas. Ses rencontres récentes l'en avaient convaincu.

C'était ce qui rendait peut-être plus difficile encore cette transformation brutale. Non seulement il n'avait pas choisi ce moment... Non seulement on lui avait arraché le précieux temps qu'il lui restait à vivre et à partager en tant qu'être humain, mais en plus, il commençait à très sincèrement regretter son idée initiale. Il aurait mieux fait de s'en tenir à ce que lui avaient dit Juan et Christian. Que ces créatures étaient horribles et qu'elles méritaient la mort. Ce qu'il avait vu dans ce cachot, lorsqu'il avait dû surveiller cette mère de famille transformée, éplorée... Cette scène qui lui avait paru insupportable et faute à laquelle il avait repoussé son entrée officielle dans le TPH, pris de doutes et de remords, lui avait fait commettre une terrible erreur. Il n'aurait jamais dû compter sur la possibilité d'une éventuelle transformation pour prolonger son temps de vie jusqu'à la fin du procès. Il avait été avide, et maintenant, il était puni. Très durement.

"... Pourquoi... Pourquoi je suis sorti... Je n'aurais jamais dû faire ça... C'était stupide... Pourquoi est-ce que j'ai fait ça ? Je ne veux pas avoir fait ça..."

Mais ses suppliques désespérées, entrecoupées de hoquets douloureux, n'y feraient rien. C'était trop tard. C'était fait. Il en prenait une conscience froide. L'inéluctabilité de ces faits ainsi que de ce qui allait arriver maintenant le frappait de plein fouet. Il se sentait glacé malgré le filet d'eau bouillant et, lentement, ses sanglots se tarirent jusqu'à le laisser complètement vide de toute forme d'émotion. Atone, hébété et l'esprit pourtant terriblement coupant, il ressassait la suite des événements afin de ne pas se perdre entièrement dans l'océan de ses espoirs brisés. Maintenant que c'était fait, il lui fallait s'en  tenir à son plan originel. Profiter de ce temps supplémentaire qui lui était offert afin de mettre son père derrière les barreaux, si ce n'est sur la chaise électrique. Là où il le méritait, et là où il ne pourrait plus blesser personne. Quant à la suite... Eh bien il avait déjà tout prévu. Il suffisait qu'il tienne jusqu'à ce moment. Puis, il serait libéré.

C'est à ce moment précis qu'il entendit une voix derrière la porte. Il ne s'y était pas attendu mais il ne trouva pas la force de sursauter pour autant. Il comprenait les mots qu'on dirigeait vers lui sans réussir à les ressentir. C'était comme si ils tombaient dans un trou noir qu'il aurait avalé et dans lequel tout ce qui avait pu avoir de l'importance un jour était redirigé, pour le laisser agir ainsi qu'il était attendu de lui qu'il agisse. Ou plus précisément, ainsi qu'il l'attendait encore de lui-même.

Platement, il se rendit enfin compte qu'il lui fallait prendre du savon pour retirer cette saleté que le karsher brûlant ne suffirait pas à faire partir. Il se mit à frotter, sans trop savoir quoi répondre à son interlocutrice, laquelle devait certainement attendre de lui qu'il réagisse à sa tentative pour l'aider.

"... J'ai déjà une raison. A vrai dire je n'ai plus que ça... Et je m'y attellerais déjà si cette... criminelle ne m'en avait pas détourné en me kidnappant."

Voilà qu'une colère froide montait à l'égard de cette fichue vampire arracheuse d'yeux... Tout était de sa faute. Elle n'avait fait qu'empirer sa situation.
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Jeu 14 Sep - 10:29

« En voilà une bonne nouvelle ! Vous allez pouvoir avancer alors. »

Ma voix et beaucoup plus enjouée que ce que j'aurais voulue. Mais c'est vraie que c'est une bonne nouvelle. Au moins il ne va pas tenter de se suicider avant le retour de la tutrice. D'ailleurs il n'a pas l'air de la porter dans son cœur.

« Vous serez sûrement soulager d’apprendre qu'elle est partie alors. Au moins pour ce soir vous n'aurez plus à la supporter.»

Je peux comprendre que tout le monde n'apprécie pas sa façon de faire, mais d'un autre côté elle fait son boulot de tutrice et personnellement je trouve qu'elle le fait bien.

« Je sais qu'elle paraît très détachée et qu'elle est brute de décoffrage, mais vous savez, elle fait ça pour nous aider. Je ne sais pas se que je serais devenue si elle ne m'avait pas trouvé dans mon caniveaux le soir où l'on m'a agressé. »

D'un autre côté, je n'ai pas non plus envie de le braquer alors, s'il veut croire que Bess est une insupportable garce c'est aussi son choix. Et je le respecte.

Par contre s'il ne s'entend pas avec la tutrice, comment peut-il apprendre tout ce qu'il doit savoir sur sa nouvelle condition ? J'ai bien peur que dans notre cas l’ignorance ne soit pas une bonne chose.

« Je ne suis pas certaine d'être d'aussi bons conseils qu'elle mais si vous voulez poser des questions, je tacherais d'y répondre du mieux que je peux. »

Je peux au moins faire ça pour lui. Après tout j'ai probablement mordue sa tante ou que sais-je. C'est bien la moindre des choses.
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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: C'est pas convenable de se moquer !   Jeu 16 Nov - 12:43

Avancer... Oui. Il allait pouvoir avancer alors que jusqu'à peu il s'était trouvé dans une situation inextricable, le nez collé contre une échéance morbide contre laquelle il n'était pas certain de gagner. Il avait maintenant tout le temps du monde devant lui et la certitude de voir la fin du procès contre son père et il aurait dû s'en réjouir, mais une telle chose lui était impossible lorsqu'il s'était dans le même temps fait voler les derniers instants qu'il aurait pu passer avec ses proches.

"Cela en valait-il vraiment la peine... Je n'ai même pas eu le temps de dire au revoir."

Il ne fallait surtout pas qu'il aille plus loin dans cette réflexion, et surtout pas qu'il songe à Olivia, sans quoi il allait quitter l'état de résignation abrutie béni dans lequel l'avait laissé sa crise de larmes, et qu'il avait grand besoin d'un répit, autant que de pouvoir penser posément.

Il fit donc barrage à toute nouvelle pensée émue et parvint à rester atone, à l'intérieur comme à l'extérieur. Ses émotions n'étaient cela dit pas suffisamment court-circuitées pour l'empêcher de ressentir une surprise diffuse lorsque la jeune femme derrière la porte lui apprit que la tutrice avait quitté le domicile. Il arqua doucement les sourcils et tourna les yeux sur la porte, rendu un moment muet car il était en train de réfléchir.

Elle avait tant insisté pour venir ici et pour s'approprier sa personne qu'il s'étonnait de la voir ainsi lâcher la bride. N'avait-elle donc pas peur qu'Esme le laisse partir avant qu'elle revienne le chercher ? L'envie de s'enfuir dès le soir même lui revint très forte, mais il la tua dans l’œuf, conscient qu'il n'avait absolument aucune idée d'où il se trouvait et que le soleil risquait de se lever avant qu'il n'ait réussi à revenir en ville ainsi qu'à trouver son nouvel appartement, ainsi qu'à en prendre possession. C'était un risque qu'il ne pouvait pas prendre.

Au moins la journée serait-elle plus agréable si il ne devait la passer qu'avec Esme qui, malgré son statut de vampire, s'était pour le moment montrée tout à fait charmante. Cela n'empêchait pas Esteban de se méfier d'elle, car gentille ou pas elle restait munie d'une paire de crocs, mais il préférait largement sa compagnie à celle de Bess. Qu'elle essayait d'ailleurs en vain de défendre. Il siffla sa désapprobation entre ses dents.

"Je me ficherais bien qu'elle paraisse détachée, ou même qu'elle se montre outrageusement désagréable et malpolie, si au moins ce n'était pas une meurtrière semblant n'éprouver aucuns remords. Tant mieux pour vous si elle vous a aidée, mais elle n'a fait que rendre ma journée plus difficile et vous ne me convaincrez pas de son talent dans le rôle de """tutrice""" ". Il avait presque craché ces mots. "Car dans mon cas, elle s'est montrée plutôt, voire entièrement, désespérément médiocre."

La colère froide qu'il éprouvait pour Bess enflait au fur et à mesure que toutes les émotions négatives qu'il avait en lui se dirigeaient vers cette cible unique bien commode. Voilà qu'il en avait marre de traîner dans la douche. Il se leva sèchement et sortit afin d'avance jusqu'au lavabo où l'attendait une serviette dont il se servit immédiatement pour se sécher les cheveux, puis le reste du corps.

Il chercha brièvement des yeux un sèche-cheveux grâce auquel achever sa mise mais s'arrêta tout aussi brutalement, piqué de la réalisation que tout cela n'avait plus aucune forme d'importance maintenant qu'il était devenu cette chose. Il n'avait pas le courage de passer plus de temps que nécessaire à entretenir cette aberration biologique qu'il entrevoyait dans le miroir sans oser la regarder en face. Sa propre image le blessait. Mais il en aurait presque oublié de répondre aux mots généreux qui continuaient de lui arriver depuis l'autre côté de la porte, malheureusement incapables de le soulager de la moindre manière.

"Je vous remercie pour votre aide... Néanmoins j'en sais déjà trop à mon goût."

Il enfila plutôt les vêtements prêtés, d'une qualité douteuse qui le laissait perplexe. Était-ce à ça que ressemblait le prêt-à-porter qu'on trouvait dans ces magasins grand public qu'il n'avait jamais fait qu'effleurer d'un regard curieux, attiré par leur exotisme prolétaire ? C'était une question de plus qui n'avait aucune importance. La solitude commençait à l'oppresser. A le faire paniquer. Il était propre, vêtu, et il n'avait plus rien à faire tant que la journée n'était pas passée, et qu'il ne pouvait de ce fait pas chercher à partir. Cette soudaine oisiveté l'effrayait, car il lui semblait impensable que la vie puisse reprendre son cours de la moindre manière.

Il ouvrit la porte et chercha Esme d'un regard désespérément perdu. Et maintenant, quoi ? Il était juste censé accepter la banalité des situations qui allaient suivre, alors même que le monde autour de lui s'était effondré ?

"... Je ne sais pas quoi faire."

Allait-elle seulement comprendre où il voulait en venir ?
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C'est pas convenable de se moquer !

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