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 Enquêtes paranormales, chapitre I

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Samuel B. Ledu
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MessageSujet: Enquêtes paranormales, chapitre I   Mer 6 Avr - 3:09

Non loin du port et de ses docks, lovée entre le Mississippi et le lac Pontchartrain, Palm Street portait dignement son nom, érigeant avec cadence ces longs palmiers qui bordaient le bitume tout neuf et ses voitures rutilentes. Bien ancrés dans le folklore américain, les drapeaux aux cinquante étoiles flottaient fièrement au vent et le bal des claquements de portières et des "Chérie, je suis rentré !" faisaient office de concert urbain improvisé. Au 171, une maison blanche typique trônait au milieu des hortensias en fleur et faisait face à un cerisier touffu où pendulait sagement une balançoire faite de brics et de brocs. Rien d'exceptionnel, me direz-vous, mais alors qu'on s'approchait de la bâtisse et que l'on franchissait le perron, plus aucun doute n'était possible quant à la nature du propriétaire de cette porte. En bois massif, avec des pentures en fer forgé qui tournoyaient de çà de là, c'était surtout le judas de cette dernière qui trahissait clairement la présence d'un magicien, engoncé autour d'un ouvrage stylisé en argent  représentant un triskel...

A l'intérieur, l'entrée et son gros tapis à franges offraient des photos de paysages du monde entier à son spectateur. Avec un agencement assez classique, elle distribuait la voie vers l'étage supérieur, la salle à manger et le salon. Tout au fond, on distinguait l'entrée vers la cuisine et ce qui devait être la cave ou une salle d'eau. Ou un placard à balais, qui savait... Alors que l'aspect extérieur de la bâtisse se mariait admirablement avec ses voisines, l'intérieur en revanche dénotait franchement d'un magazine d'intérieur américain, sobre, nouveau et éclairé. Tout le mobilier était d'un autre temps, la plupart du temps en bois et venait s'y insérer des chandeliers, des gros morceaux de roches ou encore de petites sculptures de bois. Avec ses tentures chamarrés et ses tapis persans, on se serait cru facilement dans une vieille brocante !

Dans le salon, Sam se reposait tranquillement sur le canapé, après une longue journée de travail. Nous étions en semaine et le jeune mage attendait la visite d'un étranger. Plusieurs bougies avaient été allumées ainsi qu'un bâton d'encens très léger aux notes subtiles de vanille et de jasmin. Un petit feu crépitait joyeusement au dessus de ce qui était sans nul doute l'autel wiccan de la bâtisse. Des bougies, des chapelets, des petits cailloux, une mangue et un verre de lait se battaient avec science pour rester en place et tel un gros chat, Youn se réchauffait paisiblement devant la cheminée, gueule posée sur sa patte. A regarder de plus près, on s'apercevait que la panthère avait pris ses marques, ou plutôt qu'elle les avait laissées, tant parfois le mobilier accusait ses griffures et ses mâchouilles quotidiennes. Sam, lui, regardait les informations et pianotait entre deux sur son téléphone pour répondre à des messages ou encore consulter les éphémérides futures. En jetant un coup d'oeil à la vieille horloge, il constata que son invité ne tarderait surement pas et s'en alla dans la cuisine un instant pour revenir tranquillement avec des verres, un seau de glace, quelques boissons et des petits fours qu'il avait concocté. Son sourcil se haussa, il regarda à la fenêtre et constata qu'effectivement, son visiteur était sur le point de franchir le perron. Sam sifflota une petite mélodie distinctive et la panthère, sans rien dire, se retira de son coin de repos et fila à pas de félin vers la cuisine. Sam, lui, se dirigeait vers la porte et alors qu'on frappait à celle-ci, il l'ouvrit et accueillit son visiteur d'un sourire large et franc, suivi d'une poignée de main toute aussi large et franche.


"Entrez, entrez, monsieur Mishkin. Bienvenue ! Suivez-moi, nous serons mieux dans le salon pour discuter de tout çà. Vous avez trouvé facilement, j'espère... Je vous sers quelque chose à boire ou vous préférez entrer directement dans le vif du sujet ?"

Toujours aussi souriant, Sam s'était installé sur un vieux fauteuil en cuir et insistait de la main pour que Dimitri s'assît en face, sur le canapé...
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Dimitri Mishkin
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MessageSujet: Re: Enquêtes paranormales, chapitre I   Mer 6 Avr - 12:02

Arrivé à la Nouvelle-Orléans, Dimitri avait pris ses quartiers dans un appartement qu’il avait pris soin de louer avant son arrivée. L’hôtel aurait pu être suffisant, mais quitte à rester plusieurs mois, le Wiccan avait préféré s’installer confortablement pour pouvoir prendre ses aises. L’appartement se situait au sommet d’un immeuble d’une douzaine d’étages situé en centre-ville. Assez moderne, le bâtiment remplissait parfaitement les attentes du Russe, qui l’avait d’ailleurs choisi pour certaines caractéristiques techniques. Accueilli par le concierge, ce dernier lui avait présenté les services disponibles avant de l’accompagner jusqu’au pas de la porte avec ses bagages. Après l’avoir remercié d’un pourboire généreux, Dimitri avait passé le pas de son futur chez lui, constatant avec appréciation que ses instructions, pour l’aménagement, avaient été respectées à la lettre. Il passa rapidement en revue les différentes pièces, laissant Snips découvrir son nouveau terrain de jeu à sa guise. Dans le salon, il s’arrêta plus longuement devant ce qui ressemblait à un petit autel et alluma deux bougies qu’il déposa soigneusement devant deux statuettes. Il resta silencieux quelques instants, contemplant les lueurs des flammes faire vaciller la lumière et danser avec les ombres sur le bois des figurines, puis il retourna à ses affaires. Il prit le temps de s’installer, enfin juste assez pour ranger ses affaires et prendre ses marques dans son bureau, qui serait son nouveau lieu de travail. Le matériel informatique avait été livré et installé quelques jours plus tôt, et il passa une bonne partie de la fin de la nuit à le mettre à jour avec ses préférences et, surtout, ses propres données. Une fois les préparatifs terminés, il s’était accordé un sandwich avalé sur le pouce et s’était écroulé sur le lit de sa chambre, conscient qu’il devait être frais pour la fin de la journée, puisqu’avait lieu l’une des raisons pour lesquelles il s’était déplacé jusqu’ici, et qu’il ne comptait pas rater une telle occasion.

Réveillé par Snips, qui ne s’était pas privée de se substituer au réveil, Dimitri profita d’une longue douche pour se mettre les idées au clair. Il s’occupa ensuite de se raser et de se préparer, enfilant, pour l’occasion, une tenue légèrement décontractée - un peu dans l’optique smart-casual comme auraient tendance à le dire certains fashion-addict. Le Wiccan n’était pas trop porté sur la mode, mais il avait toujours l’habitude de présenter plus que convenablement et savait que les gens jugeaient beaucoup sur les impressions, même si ce n’était pas une bonne chose. Passant dans la cuisine pour se préparer un café, il passa également un coup de téléphone au concierge pour faire appeler un taxi dans l’heure à venir. Il ne connaissait pas trop les conditions de circulation, mais il avait suffisamment d’avance. Au pire, il lui serait toujours possible de marcher et flâner un peu, n’est-ce pas ? Il profita de son café en observant la ville depuis la grande baie vitrée de son salon, gratifiant Snips, qui était venue se poser sur son épaule, de caresses un peu distraites. Le Russe pensait à son rendez-vous, à la personne qu’il allait rencontrer et à ce que cet entretien allait peut-être signifier. Dans ce possible contrat, ce n’était pas tant le contenu qui risquait de réellement le passionner, mais son employeur. Bien entendu, il avait fait ses petites recherches, s’était renseigné de la façon la plus méticuleuse qui soit, sans forcément aller chercher les détails les plus piquants, mais il n’était pas difficile de trouver des renseignements pour qui voulait en trouver et, surtout, savait où chercher. Ainsi donc il était curieux de savoir ce que Samuel  Benjamin Thomas Ledu, 36 ans et actuellement assistant du directeur de la communication de la FROUTCH – le nom avait beaucoup amusé Dimitri – mais, surtout, Mage de la Trinité de la Nouvelle-Orléans, même si c’était assez récent, recherchait vraiment. Mais encore une fois, la simple perspective de travailler avec cet homme était, en elle-même, un motif suffisant.

Le téléphone sonna. Attrapant le combiné depuis son bureau où il s’était laissé aller à un peu de travail le temps que son taxi arrive, le concierge lui indiqua que ce dernier l’attendait en bas de l’immeuble. Remerciant son interlocuteur, le Wiccan verrouilla son outil professionnel, referma son ordinateur portable et le mit dans sa sacoche qu’il passa en bandoulière avant d’attraper son téléphone et quitter son appartement, non sans Snips qui, habituée, avait sauté sur son compagnon en mouvement. Glissant un billet au concierge au passage, Dimitri monta dans le taxi, qui ressemblait plus à un service de location avec chauffeur qu’un véritable taxi. Enfin, peu importait véritablement. « 155, Palm Street. » Il n’y avait plus une trace de russe dans sa voix, et d’ailleurs cet accent ne revenait que lorsqu’il parlait effectivement russe ou lorsqu’il s’énervait, ce qui, avouons-le, n’arrivait pas souvent. Mais, à force de parler plusieurs langues, on apprenait aussi à prendre les accents adéquats, ce qui était pour le mieux. Profitant du voyage pour observer la ville et ses habitants, Dimitri ne se formalisation pas du fait que le trajet ne fut pas exempt d’embouteillages, c’était le genre de choses prévisibles qu’il avait pris en compte. Déposé devant le 155, il remercia son chauffeur avant de se voir remettre un numéro « pour le retour ». Une fois la voiture partie, il se mit en marche vers le numéro 171, sa destination finale. Prenant le temps de profiter un peu du quartier, indifférent aux personnes qu’il pouvait croiser, bien qu’il rendait volontiers les salutations qu’on lui adressait, il se trouva finalement devant une bâtisse blanche. Il l’observa quelques instants, mais pas vraiment pour sa beauté architecturale. Puis, sa sacoche sur l’épaule, il passa finalement le perron et s’approcha pour frapper à la porte sur laquelle le triskel ne manqua pas d’interpeler le Wiccan. De son côté, Snips était partie gambader dans les environs. Il aurait probablement pu s’inviter avec elle, mais sa présence n’était pas indispensable. On lui ouvrit rapidement et, sans surprise, il reconnut le visage sur lequel il avait déjà effectué quelques recherches. Il rendit la poignée de main avec un sourire avant de s’exécuter et d’entrer dans la demeure. « Bonjour monsieur Ledu. » Il suivit son hôte vers un salon qu’il parcourut brièvement du regard, constatant qu’ils n’avaient définitivement pas les mêmes goûts en matière d’intérieur. S’installant dans le canapé, comme on lui indiquait, Dimitri répondit d’un ton cordial aux interrogations du Wiccan. « Le taxi n’a pas eu l’air d’avoir du mal, en tout cas. » Il y avait une petite pointe d’amusement dans ma voix. « Je ne serais pas contre un verre d’eau, pour accompagner le vif du sujet. » Il remercia son hôte lorsque celui-ci lui tendit le fameux verre et posa celui-ci sur la table basse avant de poser son regard d’un bleu acier sur ce dernier. « Alors, dites-moi tout, que puis-je faire pour vous ? »
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Samuel B. Ledu
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MessageSujet: Re: Enquêtes paranormales, chapitre I   Mer 6 Avr - 14:45

Sam s'exécuta et servit au russe son verre d'eau avant de se servir lui aussi, mais d'un verre de jus de fruits. Visiblement, Dimitri maîtrisait ses cordes vocales car aucun accent soviétique ne venait râper en bouche et sa diction outre-atlantique était belle et bien plus que scolaire. Il avait eu envie de le féliciter mais s'était retenu, par simple formalité. Sam s'installa plus confortablement sur le fauteuil et jaugea un instant son interlocuteur...

"Bien... Par où commencer..."

Sam se rendait subitement compte que c'était la première fois qu'il devait expliquer à un pur étranger les raisons de ses recherches. Lorsque sa grand-mère lisait ou contestait ces dernières, Sam était toujours un peu anxieux, de peur de décevoir ou de se voir contredire ses efforts mais là, il en était tout autrement. Le fait était qu'il ne connaissait pas grand chose de concret sur les faës et son éditeur avait été clair sur le sujet. Il voulait du scoop, du scoop et encore du scoop. Loin de l'envie de vouloir faire du buzz ou de révéler des secrets honteux sur les faës, Sam avait quand même le goût pour le travail bien fait et s'était donc mis en tête de chercher par tous les moyens tout ce qui pourrait être intéressant concernant ces outres si particuliers.

"J'aimerais que vous fassiez des recherches de fond sur le groupe Gaea. Je suppose que vous en avez entendu parler..."

Il se sentait idiot, tout à coup, qui n'en avait pas entendu parler ? A part peut-être un ermite dans sa grotte ou quelque peuplade amazonienne qui persistait encore et malgré tout au monde technologique, tout le monde avait déjà vu au moins quelques extraits de ces vidéos incroyables. Sam, lui, avait regardé toutes les vidéos, lu tous les commentaires et avait même épluché certains fora qui s'étaient montés uniquement sur le sujet. Wiccan et travaillant dans le renseignement, Dimitri avait certainement dû plus qu'en entendre parler.

"J'aimerais savoir qui se cache derrière ce groupe, quel est leur but précis et ce qu'ils savent exactement sur les Outres, et plus précisément sur le Petit Peuple. Enfin les faës..."

La machine était lancée, Sam parlait de ce qu'il aimait, ca se voyait, son ton était enjoué. Décontracté, il courba son dos pour attraper une boîte en bois sur la table et la mit sur ses genoux. Il but une gorgée et continua ses explications tout en sortant des feuilles à rouler et une grosse tête de marijuana bien grasse.

"Je ne crois pas au hasard et je pense que toutes ces révélations, de l’avènement des vampires jusqu'à cette tablette de schiste égyptienne, sont reliées étrangement vers un même dessein..."

D'un coup de langue adroit, Sam terminait de rouler son joint et l'alluma.

"Mais avant d'aller plus loin, j'aimerais que vous me parliez un peu de vous. Vos domaines de compétence, votre parcours dans la wicca, si cela ne vous dérange pas trop. J'aime savoir avec qui je travailleet mon éditeur est prêt à financer une partie de votre cachet. Oh ! La fumée ne vous dérange pas ?"
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Dimitri Mishkin
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MessageSujet: Re: Enquêtes paranormales, chapitre I   Ven 8 Avr - 14:28

Dimitri était une personne capable de s’adapter assez facilement à son environnement, principalement parce que sa vie reposait principalement sur le principe d’adaptation et également parce qu’il avait surtout conscience que c’était là une capacité primordiale lorsque l’on voulait faire des affaires ou, plus simplement, survivre. Qui plus est, c’était une philosophie qui s’appliquait souvent à l’art de l’Incantation, car même si l’on était prudent dans cette discipline, il fallait toujours composer avec un rituel inconnu et donc, potentiellement, imprévisible. Par habitude d’ailleurs, il s’était laissé à étudier distraitement son environnement magique, par réflexe, parce qu’il aimait toujours s’intéresser à ce qu’il pouvait bidouiller, modifier, s’approprier. On ne l’appréciait pas toujours pour ses talents, et il le comprenait aisément, mais il s’en fichait, c’était bien trop amusant et passionnant pour qu’il fasse autre chose. Et, soyons honnête, si les Wiccans ne désiraient pas voir leurs sortilèges être modifiés, détournés ou volés, ils n’avaient qu’à faire le nécessaire pour les protéger, tout simplement. C’était un peu le même parallèle avec les données informatiques. On pouvait blâmer les pirates d’accéder à des données secrètes, ce qui restait un crime puni par la loi, mais il y avait également eu des cas où les propriétaires eux-mêmes avaient été condamnés pour ne pas avoir fait le nécessaire pour protéger suffisamment ces mêmes données. Bien entendu, Dimitri savait que cela ne justifiait pas nécessairement tous ses actes, mais il s’amusait parfois à penser que des choses non-protégées forçaient la main à n’importe quel pirate à s’en emparer, pour empêcher quelqu’un d’autres de le faire. Une sorte de légitime piratage, au même titre que la légitime défense. Il songea d’ailleurs que, bien plaidé, ce genre d’argument aurait des chances de passer, sur un malentendu. Se rencontrant davantage sur la discussion, il s’intéressa au sujet de son futur contrat.

Ainsi donc, Samuel s’intéressait à la fondation Gaea. Le Wiccan avait déjà effectué quelques recherches sur le sujet lors du fameux coming-out des Faës. Il était vrai que ce dernier avait été orchestré d’une façon particulièrement adroite et il n’était pas tout à fait certain qu’il ne s’agissait là que d’une opération de marketing. Dimitri avait trouvé deux ou trois pistes intéressantes mais, s’il avait déjà constitué un dossier conséquent, d’articles, de vidéos et d’autres types de fichiers, il n’avait pas spécialement eu l’occasion de les mettre à profit. Voilà qui semblait parfait pour remettre ces informations au goût du jour. Le Russe acquiesçait volontiers sur le fait que les coïncidences n’existaient pas, cela, il en avait quasiment fait son crédo. Rien ne devenait public sans une réelle motivation, qui n’était pas forcément celle que l’on avançait. Beaucoup d’informations n’étaient que de la poudre aux yeux, visant à cacher le plus important et, surtout, la vérité. Observant son hôte se rouler un joint, Dimitri resta imperturbable, lui-même ne fumait pas et ne buvait quasiment jamais, mais chacun faisait ce qu’il voulait, du moins, tant que cela n’avait pas un impact sur les objectifs du Wiccan. Par contre, il ne s’était pas attendu à la tournure que prit la discussion. Des informations, sur lui ? Mieux connaître son partenaire ? Voilà qui était inédit et, surtout, qui n’était pas vraiment dans ses habitudes. Non pas que le Russe fut particulièrement secret, mais il n’était pas vraiment enclin de se dévoiler ainsi, conscient de ce que l’information pouvait représenter. Après tout, il la manipulait depuis suffisamment longtemps pour réaliser son potentiel. Le Wiccan invita son homologue à continuer de fumer d’un geste de la main. « Je vous en prie, faites comme chez vous. » Il esquissa un sourire à demi-amusé et but une gorgée du verre d’eau avant de le reposer sur la table basse.

« Je dois admettre que vous êtes le premier à vouloir en savoir davantage sur moi. » Il avait dit cela sur un ton pensif, même s’il songeait que la raison principale à ce simple fait consistait dans la réalité que ses employeurs savaient généralement qu’il était malvenu de poser ce genre de questions. « Je suis en freelance et j’ai plusieurs cordes à mon arc. La diversification est une nécessité lorsque l’on souhaite survivre sur le marché du travail. » Il esquissa un sourire franc. « Je peux volontiers vous dire que je suis tout à fait qualifié pour répondre à votre requête, du moins, en me basant sur ce que vous venez de me dire. Néanmoins, j’ai bien peur que je ne puisse réellement satisfaire votre curiosité à mon sujet. » Il riva son regard dans celui de son hôte. « Je n'ai pas vraiment l'habitude de me présenter sous toutes les coutures, me limitant au strict nécessaire professionnel. Toutefois, je peux comprendre que vous vouliez quelques garanties sur mes compétences. » Attirant à lui sa sacoche en cuir, il l’ouvrit d’un geste et sortit d’abord une feuille de papier contenant une liste de compagnies, avec les adresses de contact. « Voici un résumé de mes précédents employeurs dont chacun pourra répondre à vos questions. » Alors qu’il présentait la feuille de papier, il sortit également son ordinateur portable, l’ouvrit et le déposa sur la table basse. « Pour vous donner une idée plus pratique de mes connaissances, je peux également vous montrer ceci. » Après avoir pianoté sur son clavier tout en parlant, il tourna l’ordinateur vers son interlocuteur, lui présentant un dossier à son nom qui, s’il s’y aventurait, contenait la plupart des informations que Dimitri avait pu piocher sur lui, ou du moins, une partie suffisamment équivoque pour démontrer ses compétences.
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Samuel B. Ledu
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MessageSujet: Re: Enquêtes paranormales, chapitre I   Ven 8 Avr - 15:27

Sam écouta Dimitri égrainer ses talents et ses principes de vie tout en comprenant très vite qu'il n'en dirait pas plus. Dommage. Le russe lui tendit alors ce qui devait être une liste de ses employeurs antérieurs mais Sam n'y prêta pas attention. Il prit la feuille, lui sourit courtoisement et la posa directement sur la table basse, sans autre procès. Le wiccan ne voulait pas spécialement savoir avec qui le russe avait bien pu travailler, il désirait simplement savoir à qui il avait à faire. Cependant, il fut tout de même surpris en parcourant tout ce que Dimitri avait pu dénicher sur son compte. Du nom de sa maîtresse au CP jusqu'à son contrat chez FROUTCH, tout ou presque y était annoté et compulsé de façon chronologique...

( Mademoiselle Lacheau... Je ne me souvenais même plus de son nom... Elle était gentille... )

Encore un peu nostalgique, Sam se leva et ouvrit l'un des tiroirs d'une commode pour en ressortir un gros dossier bien rempli et son grimoire de recherches. Il se rassit sur le fauteuil, calla le grimoire sur l'accoudoir et entreprit d'ouvrir le dossier contraint par un élastique vieillot. Pétard en bouche, il grimaça à deux reprises avant de tendre à son tour des documents à Dimitri...

"Voici ce que j'ai déjà trouvé sur Gaea. C'est assez maigre mais cela vous aidera surement pour votre enquête."

Les documents ne contenaient que quelques noms, liens internet et deux ou trois photos imprimées à la va-vite. Rien de croustillant mais Sam avait tout de même cibler les principaux acteurs de ce groupe mystérieux. Enfin, il regarda Dimitri, fronça des sourcils puis haussa des épaules, comme si ce geste ponctuait sa mise en confiance. Il lui confia alors un autre document, contenant quelques photos de cette fameuse tablette de schiste.

"J'ai tenté de traduire quelques passages avec... Des amis... Malheureusement, il s'avère que ces clichés sont de faibles qualités et il manque plusieurs bouts de la tablette. Tenez..."

Il lui confia alors une clé USB, laquelle contenait un fichier de la reconstitution en 3D de la tablette de schiste égyptienne. Plusieurs parties manquaient et le tout ressemblait à un puzzle inachevé. Quelques morceaux de la pierre avaient même été mises sur le côté car personne n'avait réussi à trouver leur emplacement d'origine, faute de mieux. Sam avait hésité un instant, ce rendez-vous était professionnel et il avait tiqué sur le fait de dire qu'il avait demandé de l'aide de son père et de l'Amicale des Egyptologues du Finistère... Il finirait peut-être par lui dire, mais pas tout de suite.

"Ce que nous avons traduit est assez semblable à ce que la Presse a pu dire sur son sujet. A deux trois hiéroglyphes près. Et il y a aussi cette capsule qui fait débat. Bref, je vous passe les détails mais... Seriez-vous à même de nous proposer quelque chose pour ce problème. Gaea à côté, c'est du gâteau. C'est clair que ce que je vous demande, c'est pas vraiment légal et surement dangereux si vous vous faîtes chopper. Pour vous et pour moi... Mais je reste convaincu que nous pourrions en apprendre bien plus si nous pouvions mettre la main sur cette tablette. Je peux comprendre si vous refusez cette partie du contrat... Ceci dit si vous acceptiez de nous aider, c'est tous les Outres que vous aideriez par la même occasion... Sans vouloir vous influencer..."

Sam n'était pas vraiment au fait de toute la technicité mise en oeuvre lorsqu'il fallait corrompre des réseaux et s'infiltrer dans des bases de données. Il était cependant clair, du moins dans son esprit, que trouver des informations sur la tablette de la Révélation était autre chose que de trouver qui se cachait derrière Gaea ou de trouver des informations sur son propre compte.

( Si vous ou l'un de vos agents étiez capturés ou tués, le Département d'État nierait avoir eu connaissance de vos agissements. Bonne chance, Jim. Héhé...)

"J'en ai discuté avec mes amis. Si vous acceptez de nous aider, nous vous aiderons en retour. Il va falloir bien plus qu'une connaissance accrue de l'informatique pour ne pas se faire remarquer. Je crois qu'un petit coup de pouce de la déesse pourrait nous être bénéfiques. Qu'en dîtes-vous ? Encore une fois, vous êtes libre de refuser, je peux comprendre, je me contenterai des informations sur Gaea si vous pensez que c'est trop pour vous..."

Sam ponctua sa dernière phrase par un petit sourire et il ralluma son joint qui s'était éteint. Il espérait avoir piqué au vif le russe et que son intérêt et pour l'information et pour le défi allait se voir grandir... Ou pas...
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MessageSujet: Re: Enquêtes paranormales, chapitre I   Ven 8 Avr - 16:43

Le Russe avait plusieurs règles auxquelles il se conformait, ce qui était, en soi, l’une des raisons pour laquelle il était encore libre de ses mouvements à l’heure actuelle. On ne faisait pas ce qu’il faisait sans un minimum de professionnalisme et de discrétion, sans quoi, on finissait rapidement derrière les barreaux. D’ailleurs, il avait soigneusement évité de glisser tout renseignement trop privé dans le dossier qu’il venait de présenter aux yeux de son potentiel futur employeur, ne serait-ce que pour ne pas se dévoiler trop tôt. Pour obtenir des renseignements sur Gaea, Dimitri doutait sincèrement de devoir réellement s’exposer, sur un plan légal, même si certaines recherches pointues nécessiteraient surement d’aller voir d’un peu plus près la façon dont ils protégeaient leurs données et leurs archives. Néanmoins, d’ici là, il aurait tout le temps de voir venir et, qui plus est, le client se fichait généralement de savoir comment les informations avaient été obtenues, tant que le résultat était là, ce qui convenait parfaitement au Wiccan, qui préférait rester très corporate sur ses méthodes et ses contacts. Il ne sut pas dans quelle mesure sa présentation avait convaincu son hôte, mais il récupéra l’ordinateur lorsque celui-ci se leva, à la recherche de quelque chose. Déposant ce dernier à côté de lui, sur le canapé, il suivit Samuel des yeux avant de le voir revenir s’installer sur le fauteuil avec un grimoire et un dossier. Curieux, il n’attendit pas avant de se saisir des documents qu’on lui tendit pour jeter un œil aux informations qu’ils contenaient. Des noms, des lieux, des photos… Certaines lui parlaient, évoquaient une sensation de déjà-vu, pour les autres, ce serait probablement une bonne piste pour poursuivre les recherches déjà entamées. Absorbés par une lecture rapide, il acquiesça rapidement de la tête pour confirmer qu’ils pourraient être d’une aide substantielle.

Lorsque Samuel lui tendit d’autres photos, il déposa les premiers documents et jeta un œil aux nouvelles photos qui représentaient une tablette, probablement celle dont il avait fait mention quelques minutes plus tôt. Il les observa avec attention. Bien entendu, il n’y avait pas grand-chose à en tirer visuellement parlant, car même si Dimitri avait fait quelques recherches sur le sujet par le passé – à l’époque où elle avait fait parler d’elle – il n’avait pas forcément les connaissances pour travailler directement sur le sujet lui-même et s’était contenté de ce qu’il avait pu trouver dans des langages plus récents. Le Russe prit la clef USB qu’on lui tendit également, avec un regard un peu circonspect. « Vous permettez ? » Il brancha la clef à son ordinateur portable, jetant un œil aux fichiers tandis qu’il écoutait le Wiccan lui parler en lui expliquant que leur traduction partielle différait très légèrement de la version officielle. Il s’arrêta néanmoins de regarder son écran pour poser son regard sur son interlocuteur quand ce dernier évoqua la possibilité de travailler sur cette fameuse tablette, considérant que ce ne serait pas très légal. En réalité, Dimitri était un peu surpris d’apprendre qu’il y avait une seconde offre dans la première, mais, au fond, ce n’était pas trop étonnant. Il ne s’y était juste pas attendu cette fois-ci, mais peut-être aurait-il dû. Quoiqu’il en soit ce n’était pas trop grave. Il resta fixé sur son hôte, sans réellement réagir, même à l’évocation de la grande cause Outre. Le Russe n’était pas spécialement porté sur les idéaux. Certes, c’était probablement fabuleux de pouvoir se convaincre que l’on travaillait pour quelque chose de beaucoup plus grand, mais, pour lui, il n’y avait que le goût du travail bien fait, peu importait vraiment ce qu’il y avait vraiment derrière. Sans être particulièrement égoïste, il pensait davantage à lui, en premier lieu.

Le Wiccan repoussa légèrement son ordinateur et se tourna vers Samuel, signe qu’il était toute ouïe, enfin, normalement, et il le laissa terminer sa proposition. Une aide de la part d’un Mage de la Trinité de la Nouvelle-Orléans, voilà qui lui parlait davantage que l’idée de faire avancer la cause Outre. A ses derniers mots, le freelance esquissa un léger sourire et se cala dans son canapé. « Monsieur Ledu, si vous me le permettez, j’aimerais vous poser une question avant de poursuivre cette discussion. » Cette question le taraudait depuis que la question de légalité avait été posée sur la table. Parce que pour des travaux de recherche sur Gaea, cet homme aurait probablement pu prendre quasiment n’importe qui déjà présent dans cette ville sans avoir à faire venir Dimitri sur place. Mais, bien entendu, lorsque la frontière du légal et de l’illégal rentrait en jeu, on ne pouvait pas faire confiance à n’importe qui. « Je serais curieux de savoir ce qui vous a poussé à me contacter pour cette offre. » Oui, curieux, il l’était désormais, car la discussion avait pris une tournure inattendue et cela l’intriguait au plus au point. Généralement, pour les requêtes particulières, le bouche à oreille faisait son petit effet, néanmoins il n’avait pas eu l’impression que son hôte faisait partie de ses réseaux, peut-être une de ses connaissances ? En tout cas, la réponse intéressait réellement le Russe et il l’écouta avec attention. Maintenant, concernant l’offre elle-même, tout n’était pas encore tout à fait clair. « Qu’attendez-vous précisément de moi au sujet de cette tablette, Monsieur Ledu ? »
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Samuel B. Ledu
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MessageSujet: Re: Enquêtes paranormales, chapitre I   Ven 8 Avr - 18:36

"Autant être franc avec vous, c'est ma grand-mère qui m'a soufflé votre nom. J'étais assez frileux au départ mais plus le temps passe et plus je me rends compte qu'il n'y a pas d'autres moyens. Je vais certainement m'en vouloir pendant des années mais c'est un sujet qui dépasse largement mes petites convictions personnelles. Ces tablettes, car elles sont plusieurs, parlent de nos origines, nous devrions pouvoir y avoir accès et ce n'est pas le cas. Il y a donc anguille sous roche, j'en suis convaincu..."

Sam préféra éviter de parler du pourquoi du comment Yvonne Marie Ledu avait entendu parler de Dimitri. D'ailleurs, elle-même avait été très vague sur le sujet mais son sourire enjôleur et son expression énigmatique avait parlé pour elle. Sam aurait pu parier qu'elle avait, parmi les amants qu'elle collectionnait avec minutie, un gros dur bien massif, un bad boy de la pègre russe ou d'Ukraine, tatoué et dangereux. Il en était persuadé. Tout en expirant quelque fumée opaque et teintée de citron épicé, il continua de parler à Dimitri.

"Précisément, j'aimerais avoir tout ce que vous pourrez trouver de graphique. Photos, vidéos, schémas en 3D, bref tout ce qui pourrait nous amener à reconstituer les tablettes pour pouvoir les étudier en profon... Deur... Ne vous inquiétez pas..."

Sam avait plissé ses yeux et décalé son regard légèrement sur la gauche. Alors qu'ils étaient en pleine discussion soutenue, Youn s'était invitée, gracieuse et féline, parmi eux. Sans bruit, ses pas l’amenèrent vers Sam et elle dévisagea Dimitri de ses yeux verts pétillants puis l'ignora fermement, préférant poser sa lourde tête sur l'accoudoir du fauteuil. Déconcentré l'espace d'un instant, Sam se pencha vers la bête, lui embrassa le front et se mit à la grattouiller derrière les oreilles. Youn était une panthère noire qui avait son petit caractère et ses têtes. Certaines lui revenaient, d'autres pas, et visiblement, Dimitri faisait parti du premier groupe puisqu'elle n'était pas en train de lui faire admirer ses énormes crocs en guise de bienvenue. Cependant, Dimitri restait un inconnu et qui savait au juste si tout allait bien se passer. La panthère était plutôt "roots" et tranquille mais il lui arrivait d'être sauvage et menaçante avec les inconnus qui osaient entrer dans son territoire. Sam avait eu beau user de toutes les connaissances magiques dont il disposait mais rien n'y faisait, sa nature sauvage et conquérante l'emportait largement contre les talents du mage. Sam et sa grand-mère étaient considérés comme sa famille et contre toute attente, West avait développé avec l'animal une complicité bien plus importante que jalousait un peu Sam. Bien qu'elle était son familier, elle lui préférait sans nul doute possible la compagnie de son patron. Et elle détestait le facteur et le chat du voisin alors que le petit yorkshire d'à côté avait le droit à des mamours et une léchouille en règle à chaque fois qu'il s'enfuyait et atterrissait dans le jardin de Sam. A croire qu'elle faisait exprès de développer des sentiments contraires à ceux de son maître... Quand même inquiet pour la sécurité de l'informaticien, Sam posa délicatement son joint dans le cendrier et se leva tout aussi doucement en prenant Youn par le collier.

"Excusez moi, je vais la mettre dans son enclos, nous serons plus tranquille. Je reviens de suite... Oh, et n'hésitez pas à piocher dans les petits fours, je les ai fait exprès !"

Tranquillement et par un genre de sifflement presque inaudible, Sam encouragea la Bête de le suivre. Elle regarda une nouvelle fois l'informaticien russe, bailla lourdement puis suivit Sam vers le fond du salon. A peine une minute plus tard, Sam revint et se rassit.

"J'aurais du la mettre dans son enclos directement avant que vous n'arriviez, je suis désolé."

Avec son arrivée surprise, Sam avait perdu le fil de la conversation. Il bredouilla un peu dans sa barbe puis, quand il se rappela, il reprit :

"Ah oui... Profondeur et petits fours..."

Avec son sourire malicieux, il en prit un dans sa bouche et regarda Dimitri, intrigué par la réponse que ce dernier pourrait lui donnait. Allait-il accepter ?
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Dimitri Mishkin
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MessageSujet: Re: Enquêtes paranormales, chapitre I   Mer 13 Avr - 11:28

Il était difficile de dire que l’identité de la personne responsable de cette mise en relation éveilla un regain de curiosité et une pointe de surprise de la part de Dimitri. Sa grand-mère, réellement ? Bien entendu, il avait du noter quelques informations sur cette femme encore présente dans la vie de son potentiel futur employeur, mais il n’avait pas poussé le vice d’aller jusqu’à enquêter réellement sur elle. Peut-être aurait-il dû, ou, en tout cas, ne manquerait-il pas de le faire à l’occasion. Il était toujours intéressant de donner suffisamment d’intérêt aux personnes qui en valaient la peine. En tout cas, si son interlocuteur avait voulu attirer son attention, il n’avait pas pu faire mieux et le Russe était désormais tout ouïe et, surtout, encore un peu plus détendu, compte-tenu du fait qu’il savait ce que l’on allait plus ou moins attendre de lui, et, comme il s’en était douté en premier lieu, une offre pouvait toujours en cacher une autre. Silencieux, il continua d’écouter ce que l’on avait à lui dire, apprenant qu’il y avait plusieurs tablettes et que, visiblement, Samuel Ledu y accordait beaucoup d’intérêt, visiblement mû par la volonté de restituer à la communauté Outres un pan entier de ses origines. C’était noble, d’une certaine façon, malheureusement, ce n’était pas le genre de motivation qui poussait réellement le freelance à agir. Il fut un temps, il aurait peut-être pu se sentir impliqué, mais, malheureusement, s’il savait que le karma pouvait avoir une forte influence sur son propre domaine d’expertise, il ne savait que trop bien que l’Humanité, dans son ensemble, sans distinction de races, était une bien mauvaise débitrice. Néanmoins, si le Wiccan souhaitait œuvrer pour celle-ci, Dimitri n’y voyait aucune objection, du moment qu’il y trouvait son compte et quelque chose lui disait qu’ils finiraient bien par trouver une façon adéquate pour régler leur arrangement.

Le Mage de la Trinité cherchait tout ce qui pourrait lui être utile pour déchiffrer ces tablettes. Photos, vidéos, schémas, probablement des dessins peut-être, voire des croquis et des notes de recherche. Mais qu’en était-il des tablettes elles-mêmes ? Pensait-il qu’elles étaient hors limite ? Elles l’étaient peut-être, mais le fait qu’il ne mentionne pas la possibilité laissait suggérer qu’il y avait un pas qu’il ne souhaitait pas franchir. Suivant le regard fuyant de son interlocuteur qui l’enjoignait à ne pas s’inquiéter, les prunelles du Russe se posèrent sur une silhouette noire, gracieuse, féline. Au courant de cette particularité, Dimitri n’eut pas réellement de mouvement de recul, mais il se tendit légèrement, ne cillant pas d’une once lorsque son regard croisa celui de la panthère. Il n’en n’avait pas particulièrement peur, conscient qu’il avait de quoi se défendre, mais ce n’était pas quelque chose à prendre à la légère. Il resta silencieux et l’observa l’ignorer avant de rejoindre son maître qui la gratifia d’un peu d’affection avant de songer à la mettre dans son enclos. « Je vous en prie. » Tandis qu’on le laissait seul dans le salon, il en profita pour ranger un peu mieux ses affaires et piocha dans les petits fours, comme on le lui avait enjoint de le faire. Ces derniers étaient plutôt gouteux, et il se surprit à y piocher à nouveau à deux reprises, par simple gourmandise, avant de prendre une gorgée d’eau. Le propriétaire des lieux revint alors. « Ne vous excusez pas, j’imagine que vous avez quelques difficultés à réfréner ses instincts et que vous préférez éviter qu’elle ne me saute à la gorge. » Il esquissa un sourire amusé, il n’avait pas été difficile pour lui de ressentir la magie qui entourait l’animal lors de son arrivée dans le salon. « Mais je peux comprendre qu’elle préfère la confort de la maison à son enclos. » Il eut une pensée pour Snips et se concentra à nouveau sur la discussion.

« En parlant de petits fours, je dois vous présenter mes compliments ils sont succulents. » C’était la moindre des choses, non ? Son regard se fit ensuite plus sérieux, ne quittant pas celui de son hôte. « Concernant notre affaire, si votre grand-mère vous a parlé de moi, vous savez peut-être que je n’accepte que les travaux que je sais mener à bien. S’il y a bien une chose que je déteste, c’est de ne pas tenir mes promesses. Et, même si je sais ce que vous recherchez, je n’ai hélas, pour le moment, aucune idée de ce que je devrais faire pour l’obtenir. Ce qui m’amène donc à la question suivante : y’a-t-il des limites que vous souhaiteriez fixer, Monsieur Ledu ? » La question pouvait paraître vague, voire étrange, mais, elle était probablement lourde de sens pour son interlocuteur qui, s’il avait fait appel à lui, devait avoir une petite idée de l’étendue de ses fonctions. Et, justement, Dimitri devait savoir jusqu’où il pouvait aller pour remplir son contrat, car cela faisait une différence majeure dans la faisabilité ou l’infaisabilité de ce dernier. Il pouvait être facile, modulo les connaissances adéquates, de contourner des pare-feux, des systèmes de sécurité et accéder à des serveurs, mais certaines informations demandaient davantage de moyens, de préparations, mais, surtout, une implication beaucoup plus importante. La question n’était pas pour se dédouaner, mais simplement pour s’assurer de savoir jusqu’où allait la motivation du Wiccan en face de lui. « En complément à cette question, vous avez parlé de récupérer des schémas, des vidéos, des photos, mais qu’en est-il des tablettes elles-mêmes ? » Car, à sa décharge, il était probablement plus intéressant d’étudier directement l’objet convoité que de simples reprographies, aussi précises soient-elles.
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Samuel B. Ledu
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MessageSujet: Re: Enquêtes paranormales, chapitre I   Mer 13 Avr - 15:57

Dans quoi s'embarquait-il ? Sam avait failli s'étouffer lorsque le russe lui parla des limites à fixer. Avait-il compris ce qu'il avait compris ? Sam s'en voulait déjà de contacter un hacker mais un tueur à gages, c'était hors de sa portée. Oui, il voulait en savoir plus sur ces tablettes mais certainement pas à tout prix, et certainement pas au prix d'une vie. Le wiccan devenait subitement mal à l'aise sur son fauteuil et tenta de se calmer. Pourtant l'idée de pouvoir manipuler ses tablettes trottait dans sa tête. Le russe avait raison, les étudier "in corpore" pourrait bien être la solution idéale. Cependant, il fallait les voler. Sam était prêt à assumer le fait de vouloir voler des documents intangibles car ces tablettes révélaient des secrets qu'il estimait très importants pour l'ensemble des Outres et il lui semblait évident que distinguer le grain de l'ivraie était vital si les informations divulguées par la presse s'avéraient vraies. Mais assumer un pur vol, bien authentique, à la Arsène Lupin, c'était quelque chose dont il n'était pas sûr d'assumer pleinement, même s'il agissait pour la "Cause". Si le grand Mage apprenait çà, il serait révoqué, clairement.

"Je... Hummm... Vous me faîtes douter tout à coup... Ce qui est sur c'est que je ne souhaite avoir de sang sur les mains... Le meurtre est clairement ma limite... Cependant, vous touchez du doigt un point essentiel... Je... Mais ça serait vraiment impossible... Nous ne savons même pas si... Hummm... Suivez-moi, s'il vous plaît..."

Sam se leva, intrigué. Ses sourcils froncés, il attrapa un petit four et invita le russe à le suivre à l'étage. Il passa ses doigts sur certaines moulures de la porte ouvragée devant laquelle il s'était arrêté et on finit par entendre quelques cliquetis avant que cette dernière daignât s'ouvrir. Il pénétra alors dans ce qui semblait être à la fois un bureau, une bibliothèque et une salle optimisée pour les rituels. Craies, bocaux, atelier, ciseaux à bois et livres poussiéreux cohabitaient étrangement avec tapisseries, tentures et autres bougies diverses, de couleurs et de tailles différentes. Une vraie antre de sorcier, en somme. Sam se dirigea droit vers la bibliothèque. En plissant des yeux, il parcourut les livres avec les doigts et finit par sortir un gros volume relié en cuir qui semblait sortir tout droit d'un autre siècle. Sam le posa sur le porte-livres en fonte qui trônait majestueusement au beau milieu de la pièce et se mit à consulter l'index. Visiblement écrit à la main, enluminé de dorures et de sigles étranges, le vieux livre semblait avoir été transmis par des générations de sorciers. Sam consulta deux ou trois pages avant de s'arrêter sur une nouvelle, content de lui...

"Je crois avoir trouvé une solution qui nous permettrait de ne pas réellement voler ces tablettes. Je n'y avais même pas pensé... Ceci dit, je n'avais pas du tout pensé à l'idée de s'approcher de ces tablettes. C'est surement dangereux en plus..."

Sam ne quittait pas du regard les pages de ce livre et semblait à la fois apeuré et excité. L'idée de devoir faire quelque chose de répréhensible ne le séduisait guère mais en revanche, la complexité de fabrication de cet artefact l'enivrait presque...

"Si nous arrivions à nous approcher assez près de ces tablettes, je pourrais être à même de les copier parfaitement. Et sans avoir à les voler... Bon bien sur, il il faudra surement entrer par effraction mais... Hummm, je m'emballe désolé..."

Soudainement, sa raison reprit le dessus sur son imagination fertile et son goût immodéré pour la magie. Sam regardait maintenant le russe avec une certaine attention teintée de peur et de doute. Au départ, il voulait lui demander de mettre la main sur certains documents qui auraient pu l'aider dans ses recherches et maintenant, le voilà en train d'envisager une effraction pure et simple.

"C'est ridicule... Excusez-moi... Je me suis un peu trop emballé... Il est clair que posséder ces tablettes serait plus que bénéfique pour mes recherches... Je ne sais pas si mes épaules, en revanche, sont aptes à supporter une telle décision. Et en plus, je vous ai pris pour un voleur. Excusez-moi, ce n'était pas mon intention... Non vraiment... Quel idiot... Comme si deux personnes pouvaient prévoir et arriver à bien sur un tel projet... Ca serait de la folie..."

Il en souriait presque avec effroi. Plongé dans les yeux du russe, la graine avait cependant germé. Qu'allait être sa réaction. Dans quoi l'embarquait-il ?
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MessageSujet: Re: Enquêtes paranormales, chapitre I   Jeu 14 Avr - 12:10

Même si sa question pouvait laisser penser le contraire, Dimitri n’était pas un tueur à gages, loin de là. Certes, il avait probablement commis la grande majorité des crimes informatiques référencés, avait également enfreint plusieurs autres lois, mais il n’avait jamais tué un homme, du moins, pas à sa connaissance, mais il n’excluait pas la possibilité de dommages collatéraux, une fois le larcin commis. Le Russe s’occupait de récupérer des informations, des objets, pour le compte de personnes qui désiraient laisser ce genre d’opération à un professionnel. Dans l’idéal, il utilisait ses connaissances en informatique pour obtenir ce qu’il désirait, ce qui était rendu possible avec la dématérialisation et la duplication, parfois à outrance, des informations. Malheureusement, il n’était pas toujours possible d’opérer à distance et il n’était pas exclu d’intervenir directement sur site. Le hacker n’irait pas jusqu’à se considérer comme un monte-en-l’air particulièrement agile, mais à défaut d’éviter les grilles de lasers ou les caméras, il était simplement du genre à les désactiver, simplement. Certaines opérations délicates avaient requis des collaborations avec plusieurs personnes, mais, cela, il le gardait à sa discrétion, se contentant de présenter le tarif à la fin. Dimitri ne travaillait qu’avec des personnes qu’il connaissait et, surtout, des personnes en qui il avait pleinement confiance, ce qui n’était pas facile à trouver de nos jours. A titre d’anecdote, il n’était pas rare non plus qu’il utilise ses talents d’incantateur pour contourner ou passer des défenses moins… orthodoxes. Mais, encore une fois, il appréciait la possibilité d’avoir plusieurs cordes à son arc, et c’était aussi la raison pour laquelle ses services étaient appréciés, en dehors de sa discrétion et de son professionnalisme. De son côté, Dimitri s’assurait simplement de recevoir, en guise de paiement, quelque chose à la hauteur du service qu’il fournissait. De l’argent, bien entendu, mais il avait compris depuis longtemps que, comme le dit l’adage, l’argent n’achète pas tout.

Devant le désarroi de son interlocuteur, le Russe resta circonspect le temps de quelques secondes. L’avait-il vraiment pris pour un meurtrier ? Il devait peut-être penser à retravailler son image, il ne pensait pas faire aussi peur, ou alors peut-être que le côté russe faisait son effet sur l’imagination de son hôte ? Il esquissa un léger sourire et se leva à la suite de ce dernier pour le suivre à travers la maison jusqu’à une porte ouvragée dont il actionna un mécanisme pour en provoquer l’ouverture. Le freelance eut un autre sourire pour lui-même, admirant l’ingéniosité relative du mécanisme et se demanda dans quelle mesure cet homme allait lui révéler d’autres secrets de se genre ? Il pénétra à la suite de Samuel dans une pièce dont l’utilisation ne faisait aucun doute et, croisant du regard ce qui s’apparentait à un autel, il fit un petit salut discret, comme s’il présentait simplement ses hommages. Il resta ensuite au centre de la pièce, non loin d’un porte-livre, observant la pièce et son compagnon qui parcourait la bibliothèque, cherchant visiblement quelque chose. Ne souhaitant l’interrompre, il resta silencieux jusqu’à ce qu’un vieux grimoire soit posé et ouvert et quelques pages tournées. Curieux, Dimitri jeta un coup d’œil à la page que montra le Wiccan. A sa voix, il pouvait dire que l’idée de s’intéresser aux tablettes elles-mêmes le captivait et l’apeurait. Etait-ce l’idée de pouvoir poser physiquement la main sur ces objets mais la perspective de devoir enfreindre la loi pour cela qui provoquait une telle dualité ? Probablement. Le sujet lui tenait visiblement à cœur, mais il n’avait probablement pas encore réellement réfléchi à tout ce que cela impliquerait s’il souhaitait le menait à bien. Le freelance esquissa un sourire et posa une main sur l’épaule du Wiccan. « Reprenons les choses depuis le début Samuel. » Il esquissa un petit sourire, un peu gêné. « Me permettez-vous la familiarité de vous appeler Samuel ? »

Il prit une petite seconde pour choisir ses mots et enleva la main de l’épaule du jeune homme. « Je suis beaucoup de choses, mais certainement pas un meurtrier. » Il aurait probablement pu le faire, voire pouvait encore le devenir, mais c’était beaucoup trop d’ennuis à son goût. « On fait appel à mes services pour récupérer des choses. Des informations, des dossiers, des fichiers, des objets… De nos jours, beaucoup de choses sont accessibles sans avoir à se lever d’une chaise, et c’est principalement ce que je fais. Certains cas me demandent néanmoins d’intervenir plus… directement. » Dimitri parlait calmement, posément, sans quitter des yeux le Mage de la Trinité. Il pouvait lui parler de cela maintenant, car il savait réellement pourquoi il était ici et peut-être que cela aurait le mérite de rassurer son interlocuteur. « Mon travail est de préparer et d’exécuter un projet comme celui auquel vous pensez Samuel. Et, croyez-moi, sans vouloir me faire mousser, je suis plutôt bon à ce que je fais. » Il esquissa un sourire, après tout, il n’aurait probablement pas été recommandé à sa grand-mère dans le cas contraire. « Trouver des schémas, des fichiers, des photos ou des vidéos de vos tablettes pourra peut-être se faire à distance, peut-être aurais-je besoin de m’introduire quelque part. Pour être honnête, je n’en sais rien car, pour l’instant, je n’ai aucune idée de l’endroit où je pourrais trouver de telles choses. Bien entendu, si vous désirez ces tablettes, physiquement, il ne sera pas possible de le faire à distance. » Le Russe avait conclut sa phrase avec un regard entendu. On ne volait pas des objets par des câbles de fibre optique, enfin, pas encore, quoiqu’avec un peu de magie...

« La question est de savoir jusqu’où vous penser pouvoir aller. Mais, rassurez-vous, vous ne serez pas impliqué. Quoiqu’il arrive. » Il laissa un bref silence pour insister sur ce dernier point. Après tout, c’était aussi pour cela qu’on utilisait ses services. « Cependant, on n’échappe pas à sa propre conscience. » C’était un fait, énoncé comme tel. Dimitri ne jugeait pas le Wiccan et ne le ferait jamais. Ce n’était pas son rôle de juger les actes des autres. D’ailleurs, c’était implicite dans son regard, dans ses gestes. Il était là pour un travail, simplement, et il savait déjà que ce travail était illégal, cela faisait longtemps qu’il l’avait accepté. Néanmoins, pour Samuel, c’était une autre histoire. Ce n’était peut-être pas sa première fois en dehors des sentiers battus, mais, probablement la première fois où il allait, peut-être, donner l’aval à un crime caractérisé, et ce n’était pas rien. Le freelance songea que c’était peut-être la première fois que quelqu’un faisait appel à lui sans vraiment être convaincu, sans vraiment savoir sur quoi s’engager. Malheureusement, si le Russe ne le jugerait pas, quelle que soit sa décision, ce n’était pas non plus à lui de l’aider à faire son choix. Tout au plus pouvait-il lui présenter les solutions qu’il pouvait offrir, mais rien de plus. Pour le reste, le Mage allait devoir s’accorder avec sa conscience et ses projets pour déterminer ce qui avait le plus d’importance à ses yeux, faire un choix et, probablement ce qui était le plus difficile, vivre avec.
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MessageSujet: Re: Enquêtes paranormales, chapitre I   Ven 22 Avr - 17:22

Sam écouta Dimitri avec attention et découvrit encore une fois que les préjugés avaient tendance à être balayés comme de vulgaires feuilles mortes sur le perron de la vérité. Dimitri exposait clairement ses compétences et avait compris les doutes de Sam. Il devenait évident, et pour plusieurs raisons, que cette collaboration allait être intéressante mais certainement pas pour ce en quoi les deux hommes s'étaient rencontrés. Il y avait ces genres de rencontre où l'on en ressortait grandi et plus sage et Sam pensa à cet instant que c'était le cas. On n'échappait pas à sa propre conscience mais on n'échappait encore moins au destin. Sam se mit même à se demander si sa grand-mère n'avait pas orchestré tout ceci en sachant pertinemment ce qui allait se passer. A cet instant présent, son cerveau bouillait, il fallait clairement revoir ses ambitions à la baisse, ou plutôt sous un autre angle, en fait. Un peu à la manière des traductions hiéroglyphiques, ou lorsqu'on observait un tableau de Klimt ou encore lorsque l'on voyait un film britannique. Il fallait s'immerger dedans, tenter de comprendre et de soulever les différentes lectures que l'on pouvait déceler. Un peu comme ce sigle du lion, qui, selon comment il était représenté, assis, debout, tenant une plume ou portant son regard vers l'est, avait une toute autre signification, une toute autre approche de son discernement.

"Vous avez raison, Dimitri... Il y a des choses dont je ne suis pas prêt à en assumer les répercussions. Restons sur de l'information classique si nous pouvons... Gaea et ces tablettes. Tout ce que vous pourrez trouver me sera utile."

Sam passa derrière son bureau, ouvrit un tiroir et tendit une enveloppe replète au Russe...

"Voici une avance sur vos honoraires. J'ai confiance en vous."

Sam hésita un instant puis poursuivit :

"Ce n'est pas de posséder ces tablettes qui m'intéresse ou encore de découvrir qui se cache derrière Gaea. Je ne suis intéressé que par ce que ces deux choses voilent. L'information, la connaissance, ce n'est qu'un début tout au plus. Au pire, nous ne trouverons rien de bien intéressant, au mieux, ce ne sera qu'un tremplin vers... Autre chose... Vous savez, je viens de terminer mon livre, je viens à peine d'être nommé mage de la Trinité et Beltaine arrive à grand pas. Je suis convaincu que quelque chose de bien plus grand s'esquisse à l'horizon... Something wicked this way comes, si vous voyez ce que je veux dire..."

Sam le sentait. Quelque chose était sur le point d'éclore. Il ne savait pas quoi exactement mais le sentait clairement. A ce point dans sa pensée, il était persuadé que cela était basé sur sa vie professionnelle, en quelque sorte. Il ressentait ceci depuis son passage à la Source et ce sentiment ne l'avait quitté depuis. C'était peut-être aussi pour cela qu'il avait accepté de rencontrer Dimitri. Car c'était un fait établi, et Dory le poisson pilote, le savait mieux que personne. "Bah si tu fait en sorte qu’il ne lui arrive jamais rien, il risque de ne jamais rien lui arriver…" Parfois, il fallait donner un petit coup de pouce pour que les choses arrivent. Dans toute sa vie, il avait surtout suivi le courant et ne s'était jamais vraiment "mis en danger" pour avancer dans la vie. Il était peut-être temps de se prendre en main, tout seul. Joe ou sa grand-mère ne seraient pas éternelles et ne seraient pas non plus tout le temps présentes pour le guider vers ce qui allait être sa propre vie. Sam souriait franchement vers Dimitri. Ces deux-là allaient accomplir des choses intéressantes, il en était certain...
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MessageSujet: Re: Enquêtes paranormales, chapitre I   Mar 26 Avr - 10:47

Le Russe n’était pas réellement du genre à s’étendre sur ses propres affaires ni sur la façon dont il les menait, mais, visiblement, son interlocuteur ne savait pas vraiment à qui il avait à faire et, de ce fait, il semblait naturel de présenter, sous un regard plus objectif, l’étendue des services qu’il pouvait rendre, contre la rémunération adéquate. Cette discussion laissait d’ailleurs penser à Dimitri qu’il devrait peut-être s’intéresser davantage à la grand-mère du Wiccan, ne serait-ce que par simple curiosité, pour savoir ce qui pouvait motiver une femme d’un certain âge à conseiller à son petit-fils un homme dont les pratiques n’étaient pas particulièrement les plus recommandables. Il y avait peut-être plus à savoir sur cette famille qu’il n’y paraissait et s’arrêter à un Mage de la Trinité n’était peut-être pas la meilleure chose à faire. Heureusement, l’incantateur qu’il était ne rechignait pas à apprendre de ses erreurs. Au contraire, c’était probablement l’une des raisons pour laquelle il avait réussi à se hisser à ce niveau, autant sur le plan strictement professionnel, officiellement et officieusement parlant, que sur le plan magique, même s’il savait que ce dernier domaine méritait un peu plus d’attention de sa part, mais, malheureusement, il lui faudrait d’abord trouver quelques partenaires, sans quoi, il serait beaucoup plus délicat de réellement progresser. Conscient que ses explications semblaient porter leurs fruits, le Wiccan fut relativement ravi de constater qu’il avait réussi à se montrer clair et pédagogue vis-à-vis de son interlocuteur qui, lui, semblait davantage conscient de ce que le Russe pouvait lui apporter, même s’il restait visiblement toujours un peu mal à l’aise, ce qui était compréhensible. Pour être honnête, Dimitri avait davantage l’habitude de travailler avec des gens qui savaient et qui ne se posaient pas vraiment de questions, mais se contentaient de dire ce qu’ils voulaient. Mais il fallait se faire une raison, il n’était pas face à un quelqu’un d’habitué à ce milieu.

Le Wiccan ne fut pas surpris par les paroles de son homologue. Il y avait certaines choses que l’on n’était pas prêt à assumer, peu importait les réels enjeux, les conséquences, elles, ne valaient pas toujours la chandelle. C’était un choix raisonnable, parfaitement compréhensible, mais qui, soyons honnêtes, faisait ni chaud, ni froid, au Russe. Bien entendu, il pouvait comprendre Samuel, se mettre à sa place et, il l’avait un peu fait lorsqu’il avait décidé de se faire un peu paternel sur ce coup-là, mais, professionnellement parlant, cela ne faisait aucune différence pour lui, du moins, sur le principe. En pratique, bien entendu, cela serait une autre affaire, mais ces détails-là ne valaient pas la peine d’être évoqués, même si, sans le vouloir le Mage avait été particulièrement évasif dans ses réels besoins. L’information classique pouvait, elle aussi, requérir l’utilisation de moyens poussés, mais, au fond, Dimitri était suffisamment intelligent pour comprendre ce qui se cachait derrière les mots employés par son interlocuteur. Aussi resterait-il sobre, même s’il avait conscience que cela finirait par limiter ses actions et réduirait forcément les résultats qu’il pourrait obtenir. Lorsque Samuel lui tendit une enveloppe, pour une avance sur ses honoraires, Dimitri repoussa gentiment celle-ci du plat de la main. « Jamais avant d’avoir rempli ma part du marché, Samuel. » Il y avait certaines règles auxquelles il était attaché et, qui plus était, il avait suffisamment de moyens pour ne pas avoir à être payé, même partiellement, d’avance. C’était aussi un moyen de continuer à être motivé pour arriver au bout de ce pourquoi on l’employait, mais principalement une question de principe, et gage de bonne foi, dans un milieu où la méfiance restait de mise et où la réputation avait son importance.

Il écouta néanmoins avec attention ce que Samuel avait à lui dire. Il prêchait, en quelque sorte, un convaincu. L’information n’était jamais une fin en elle-même, c’était toujours un moyen. Qu’il s’agisse d’un moyen de pression ou d’un tremplin, elle n’était là que pour servir à faire quelque chose d’autre. Dimitri n’était pas convaincu de partager la même vision que son homologue, mais, avec le temps, il avait appris à mettre ces choses-là de côté. Travailler pour des gens ne signifiait pas nécessairement partager leurs idéaux, et encore moins leur vision des choses, mais il n’était pas dupe, certains de ses contrats n’avaient pas forcément servis une cause particulièrement juste. Le Russe se contenta d’esquisser les épaules, un léger sourire sur les lèvres, ayant saisi la référence, un peu vieillotte, du moins s’il pensait à la même. « De mon expérience, il y a toujours quelque chose à l’horizon, qu’on le veuille ou pas. Le seul choix qui nous reste, c’est de faire, ou non, le maximum pour être prêt lorsque l’heure viendra. » Il observa le Wiccan avec, étonnamment, une certaine bienveillance. Peut-être devrait-il s’intéresser davantage à son livre, également. Sa nouvelle nomination en tant que Mage de la Trinité en disait long sur ses talents, mais cette rencontre avait souligné un caractère qu’il n’aurait pas songé rencontrer chez une telle personne. Il fallait croire que le passé forgeait davantage que la profession, et il était encore jeune, aussi. « En parlant d’heure, vous avez un délai précis en tête ou je vous fais parvenir tout ce que je peux récupérer dès que possible ? » Certains clients préféraient avoir toutes les informations d’un coup, d’autres aimaient voir les choses avancer petit à petit. Mais s’il y avait une chose qu’il avait appris dans le métier, c’était que le client était effectivement roi.
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Enquêtes paranormales, chapitre I

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