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 Des verres vides et... une biquette ?

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Asch Räder
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MessageSujet: Des verres vides et... une biquette ?   Lun 4 Avr - 1:24

Il y avait des jours avec et il y avait des jours sans. Depuis quelques mois, les jours étaient plus sans qu'avec. C'était arrivé à un point qu'il n'aurait pas cru possible. Il peinait à se reconnaître lui-même, et pourtant cette langueur paralysante était devenue son quotidien avant qu'il ne se rende compte de ce qui était en train de lui arriver.

Il y avait un vide béant en lui. Il le sentait en permanence. Parfois lorsqu'il se levait le matin, le trou n'était qu'à peine perceptible et il arrivait à passer une journée presque normale. Parfois comme aujourd'hui par contre, il était presque impossible d'ignorer cette sensation glaçante qui transperçait ses organes internes. Il s'était pris des coups et il en avait eu, des trucs pétés. Il en avait vécu, des séjours à l'hôpital. Mais rien n'était comparable avec ce dont il était victime depuis cette nuit fatidique dans le Bayou.

Bref. C'était encore un de ces matins où il avait dû longuement se forcer à se lever. Franchement, à quoi bon ? Pour qui ? Pour quoi ? Quel but poursuivait-il ? Quel intérêt y avait-il à faire tous ces efforts pour exister, lorsque l'existence en elle-même lui paraissait aussi inintéressante ? Il se demandait même comment il avait jamais réussi à trouver la moindre parcelle de piment à sa vie jusqu'à présent. Il ne comprenait plus le concept. Il ne savait plus quoi faire pour occuper ses heures libres car aucune activité ne lui semblait plus digne d'être réalisée... Déjà qu'il n'avait jamais été d'un genre très curieux ni très actif à la base au dehors des sports de combat qu'il pratiquait pour évacuer sa colère envahissante. Une seule chose était certaine : la solitude qu'il tolérait plutôt bien auparavant lui était devenue insupportable. Il ne comptait plus le nombre de fois où il s'était roulé en boule dans le coin de son lit en rentrant chez lui et où il avait passé la journée à rester prostré mollement dans le meilleur des cas, et à chialer comme un gamin en se haïssant pour ça dans le pire d'entre eux. Si on pouvait trouver un seul point positif à son état actuel, c'était peut-être qu'il avait tendance à s'énerver un peu moins aisément. La rage demandait une énergie qu'il n'avait plus qu'en quantité très limitée.

Les rares moments supportables qu'il passait étaient lorsque Cooper passait au Trick ou aux Plaisirs Coupables et où il avait l'occasion de parler avec son ami, la présence duquel était chaque fois une véritable gorgée d'oxygène dans un univers saturé de gaz irrespirables. Il ne l'aurait jamais avoué même si ça devait se voir sur sa gueule, mais la présence du norme était le seul truc qui lui permettait de tenir le coup. Si Cooper n'avait pas été là, il aurait probablement essayé de se flinguer à nouveau. Même si l'idée lui passait encore occasionnellement par la tête. Il essayait de garder intactes ses routines quotidiennes. Mais c'était dur.

"Salut... J'y vais."

Il salua d'un geste bref les employés du Trick duquel il n'avait fait que l'ouverture, ce soir. Son regard fuyant fit de son mieux pour éviter de croiser celui de quiconque. Il n'avait pas envie de parler. Il n'aimait pas les tronches inquiètes qu'on lui lançait occasionnellement, en partie parce qu'il ne savait pas exactement comment les interpréter. Une partie de lui ne pouvait pas croire que quiconque puisse s'inquiéter de son état. Du coup cette bienveillance faux cul l'énervait. Les gens essayaient juste de se sentir bien eux-mêmes, et ça passait par la sensation d'être une bonne personne qui se souciait du bien-être d'autrui... Mais dans le fond dès que ça commençait à partir en steak, ces gens regrettaient de s'être impliqués et se demandaient ce qu'ils foutaient là. Alors il n'impliquait plus personne. Sauf Cooper, parce que lui, c'était différent.

Le métamorphe croisa son reflet dans les vitres de la devanture. Pas étonnant qu'on le regarde de cette façon... Il avait une gueule de déterré. On aurait facilement pu le confondre avec un de ces zombis qui déambulaient occasionnellement dans les rues de la Nouvelle-Orléans : le teint pâle, les cernes noires et marquées, l'air grave et éteint. Malgré sa carrure entretenue, il se dégageait de lui un truc inhabituel. Une impression de fragilité, de fébrilité. Pwah... Qu'est-ce qu'on en avait rien à foutre. Il soupira, agacé par l'image détestable que lui renvoyait le reflet. Puis il décida qu'il n'avait aucune envie de rentrer chez lui ce soir. Il était lent, et il était à fleur de peau. Même la présence rassurante d'Alcide ne le sauverait pas d'une crise de sanglots ce soir. Il n'avait pas envie de chialer ou d'avoir encore plus mal... Ça ne voulait dire qu'une chose. Plutôt que de prendre la route de son appartement, il allait bifurquer, et rentrer dans l'un des autres établissements de la rue, au sein duquel sa présence devrait d'ailleurs passer plutôt inaperçue.

Un soir de plus, il allait se murger pour oublier et pour ne plus rien ressentir. Il le faisait probablement trop souvent pour que ça soit bon pour sa santé mais il n'en savait strictement rien à foutre. Encore qu'il ne savait pas si les métamorphes pouvaient avoir de véritables problèmes avec l'alcool. Se renseigner ne l'intéressait pas. Sa vie n'avait aucune valeur. La raccourcir n'était pas un problème. L'idée lui était même agréable, à vrai dire.

"Je vais prendre dix shots de vodka."

C'était moins cher par dix. Puis il fallait bien ça pour commencer à bourrer la tronche à un métamorphe. Encore un problème dû à sa foutue nature ça... Il fallait tout consommer en quantité chevaline pour réussir à ressentir le moindre effet. Il étala l'argent sur la table, non sans souffler d’agacement face au visage circonspect du barman, lequel voyait probablement un peu trop souvent sa tronche ici. On savait comment ça allait terminer. Ça ne serait pas la première fois qu'Asch dormait dans la rue parce qu'il ne retrouvait pas le chemin de chez lui. L'homme haussa les épaules puis commença à préparer sa commande.
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Stephan Carter
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Lun 4 Avr - 3:14

Stephan regarda l'heure. Il n'était pas très tard, mais c'était un de ces soirs où il n'y avait quasiment personne à part une poignée d'habitués qui regardaient la scène ou étaient dans les backrooms. Le méta avait l'habitude de ce genre de soirée où les gens consommaient peu, et où il n'était pas spécialement utile dans le club. Néanmoins il nettoyait et essuyait fidèlement les verres, toujours à l'affût d'une nouvelle occupation. Son esprit était pas mal préoccupé par plusieurs choses, dont le fait qu'il était maintenant à la Nouvelle Orléans depuis quelques temps, et qu'il n'avait toujours pas trouvé d'appart. L'avantage avec sa vie sous son pont, c'était qu'il avait la liberté de partir dans la forêt quand il le souhaitait, avait des sources de nourritures quasi-infinies avec la verdure des alentours. En plus, malgré son installation en carton (littéralement) et sa place sous le pont, il passait souvent beaucoup de temps dans la forêt, et y vivait les week-ends sous ses deux formes, selon son envie. Il évitait bien sûr les endroits malfamés des bois, et restait toujours à la lisière, mais demeurait dans une certaine liberté de faire ces choix. Et étrangement, ne pas être bloqué par la notion d'un appartement qui lui était sien n'était pas tant désagréable.

Mais, bien sûr, une fois cela dit, il y avait des mauvais côtés. Les chiens errants, les gens qui venaient le faire chier, les autres gens qui pouvaient provisoirement squatter sous son pont... Après tous ces mois, peut-être qu'il serait temps de se rendre utile, et de vivre plus banalement, sans l'angoisse qu'on lui pique sa place.
Il venait de finir d'essuyer un verre, le levant à la lumière pour vérifier qu'il n'y avait pas la moindre trace quand il soupira. Qu'est-ce qu'il avait? Ce soir il n'était pas d'humeur. Il avait plus de mal que d'habitude à se focaliser sur les choses simples et mouvements répétitifs habituels. Précieuse n'était pas physiquement présente à l'heure actuelle dans la salle du club, mais il se voyait mal aller lui demander l'autorisation pour sortir. Cela dit, ils en avaient déjà discuté un soir comme celui-ci: quand il n'y avait vraiment personne et qu'elle était occupée dans une backroom ou autre, il avait le droit de quitter son poste. Elle faisait suffisamment confiance à Stephan pour savoir qu'il ne partirait pas pour rien en plein service. Au moins elle pouvait être certaine de son honnêteté. Le fait qu'elle soit occupée à l'heure actuelle, et que lui devenait presque dingue d'ennui, il retira son tablier, décidant finalement de mettre les voiles pour la soirée. Si la patronne avait besoin de lui plus tard, elle pouvait toujours l'appeler si le service devenait trop difficile à gérer; mais les soirs comme celui-là, Stephan les connaissait bien. Tous les signes d'une soirée tranquille étaient alignés.

Il posa le tablier sur le comptoir dans un coin, et partit mettre son blouson. Le jean moulait ses épaules et lui donnait une sensation rassurante d'avoir une seconde peau, plus dure. Il disparut par la porte sans un bruit, sachant que Précieuse pourrait certainement deviner que c'était lui qui ouvrait la porte, de par son habitude à le faire très doucement pour ne gêner personne. Une fois dehors, la bouffée d'air frai lui fit un bien fou. Il leva la tête au ciel, respirant un grand coup. Il n'avait aucune idée de ce qu'il pourrait faire de cette soirée, mais cela pouvait très bien se changer en séance de broutage d'herbe. Il commença à marcher, mains dans les poches de sa veste, quand il perçu des cheveux rouges plus loin dans la rue. Cela attira immédiatement son attention, et au vu de la silhouette, il n'avait aucun doute que c'était le videur à mi-temps, Asch. Apparemment le métamorphe n'avait jamais réussi à passer au-delà de sa méprise pour la biquette, et agissait toujours de façon distante depuis ces derniers mois. Il haussa les épaules intérieurement, se demandant subitement si ça s'améliorerait un jour. Il avait eu l'occasion d'en apprendre plus sur lui, sur pourquoi il était comme ça, agressif et froid... Après avoir su ça, il sentait qu'Asch avait tous les droits pour détester Stephan. Mais cela étant dit, il s'inquiétait toujours. Autant que possible il l'observait à distance, vérifiant s'il n'avait pas l'air trop mal ou quoi... Avec le méta loup, il était toujours difficile, surtout ces derniers temps, de faire la différence entre "aller presque bien" et "aller mal".

Leur distance était aussi la raison de cette incertitude. Le loup avait un tel tempérament que même quand Stephan sentait l'envie ou le besoin de lui faire un commentaire motivateur, sa seule réponse était soit très énervée, soit inexpressive. Quoi qu'il en était, la chèvre avait du mal à approcher le loup rouge, et encore plus de mal encore à le sortir de ses pensées. Mais que pouvait-il faire, vraiment?

Une pensée lui traversa l'esprit. Peut-être qu'en dehors du boulot ça serait plus simple? Visiblement Asch venait de sortir de son autre boulot au Trick, alors pourquoi ne pas aller discuter, ne serait-ce que lui demander si son service s'était bien passé? C'était con comme notion, mais il voulait vraiment réussir à parler avec le métamorphe; surtout depuis qu'il avait apprit tant de choses à son propos, il était difficile de ne pas ressentir de l'empathie pour lui. Il traversa donc la rue, marchant toujours dans la direction où il avait vu Asch partir. Où allait-il? Chez lui? Il ne savait même pas où le bougre habitait... Mais quelque chose lui disait que ce n'était pas là qu'il se dirigeait. Il suivit donc approximativement dans ses pas jusqu'à ce qu'à nouveau des cheveux rouges attirent son attention. Là, le Wild Bar. Un nom presque parfait pour le métamorphe pour le coup. "Le Wild Asch". La pensée le fit sourire, qui disparut aussitôt ; verrait-il un jour Asch sourire?

Stephan hésita subitement sur le pas de la porte. Entrer ou non? Après réflexion, que pouvait-il faire? S'il apparaissait comme ça, Asch penserait peut-être qu'il était en train de l'espionner, et surtout prendrait mal sa présence intrusive dans son petit monde... Mais voir la quantité de verre que servit alors le barman lui firent prendre une décision. Il fumerait une clope devant le bar, puis rentrerait, pour bien montrer à on-ne-sait qui regardait qu'il était là pour son propre divertissement. Oui cette situation le rendait un peu parano, mais il ne pouvait pas y faire grand chose. Il roula une cigarette et l'alluma une fois qu'elle s'était logée dans son bec. Il chercha du feu dans ses poches mais quelqu'un lui en tendit un. Levant les yeux, il vit pour la première fois la jeune femme aux cheveux rouges, aux yeux verts et au teint un peu pâle. Son sourire était sincère, mais il y avait une euphorie dans son regard pétillant qui le mettait mal à l'aise. Il le lui rendit avec un timide "merci" et la regarda repartir dans sa vive discussion avec un autre client dehors, une pinte quasiment vide à la main. L’exubérance des gens le mettait toujours un peu mal, mais bon, ils faisaient bien leur vie. Il fuma en faisant quelques pas ça et là, sans quitter la devanture. Une fois finit, il écrasa le mégot contre sa semelle, le jeta dans le cendrier et entra. Il traversa la petite foule qui était déjà bien en forme, mais pas encore trop bruyante. Il remercia le hasard qu'il y avait une place libre de chaque côté du métamorphe aux cheveux rouges. Il ne se posa pas la question du pourquoi et s'assit près de lui.

Subitement, en le regardant, il comprenait pourquoi les gens l'évitaient : il avait l'air mal. Pire que mal, il avait l'air mort. Aussi vite que possible Stephan détourna son regard et tomba sur les verres vides devant lui; le barman semblait en train de se préparer à le resservir. Une dizaine de verres, et à l'odeur, de la vodka. Stephan attira rapidement l'attention du barman, qui, étonnamment, sembla plus ravit qu'autre chose de servir quelqu'un d'autre que Asch.

"Pint of bitter please." Il demanda doucement.

L'homme devant lui fut plus que content de lui servir la pinte. Stephan n'avait pas pour habitude de boire, mais bon, ce soir, il ne se poserait pas de questions éthiques ou morales. S'il se pointait au bar pour ne rien commander, ça aurait eu l'air louche pour tout le monde. Une fois sa pinte devant lui, il hocha la tête en posant sa monnaie sur le comptoir, et hocha la tête au barman qui encaissa. Il demeura en silence, prenant sa première gorgée de bière.
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Asch Räder
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Lun 4 Avr - 10:54

Asch observa avec délectation le barman empiler les verres à shooter devant lui et les remplir du liquide qui allait sauver sa soirée. Il pouvait à peine attendre de sentir l'engourdissement caractéristique envahir son corps et son esprit. Le transporter ailleurs, là où rien ne pourrait plus lui rappeler la façon dont cette existence dénuée d'intérêt lui mettait sur la gueule, jour après jour. Il troquerait sans hésiter la chape visqueuse qui écrasait habituellement ses épaules par la force du mépris qu'il se vouait à lui-même contre la buée tiède, confortable, de l'ivresse. Il avait besoin de cette insouciance artificielle si il voulait tenir un jour de plus sans que ne reviennent à l'assaut ses envies d'en finir.

Son œil sombre jaugea un premier verre, qui finit presque instantanément dans le fond de son gosier. Il enchaîna sans attendre sur un autre. Puis un autre. Ainsi de suite jusqu'à ce qu'il pose le sixième cadavre et s'ébroue en grimaçant. La vodka pure ça avait un goût de détergent. Il n'aimait pas spécialement ça à vrai dire mais c'était le premier truc qui lui passait généralement par l'esprit et il ne buvait pas pour le goût ni pour savourer. Son objectif était clair : il cherchait à atteindre la cuite le plus rapidement possible. Il termina le rail de verres aussi rapidement que possible sous les yeux blasés du barman qui n'avait même pas pris la peine de lâcher la bouteille, comme il savait ce qui allait arriver ensuite.

L'alcool commençait à taper, même si c'était faible par rapport à la quantité ingérée. Un pareil combo de cul sec aurait probablement envoyé sur le tapis une bonne partie de la population norme tandis qu'Asch et ses foutus gènes métamorphes n'étaient en train d'expérimenter qu'une vague lourdeur généralisée dans les membres. Il soupira et s'appuya sur le comptoir sans délicatesse, soulagé par cette once de sensations familières qui étaient en train de monter et d'envoyer chier la tristesse grinçante dont il n'arrivait plus à se départir autrement. Un énorme soupir lui échappa. Il cligna des yeux et profita brièvement de ce moment de transition dans lequel il avait l'impression d'être capable de suivre la montée de son taux d'alcoolémie aussi clairement que si il était face à un graphique sur la télé.

"... La même chose."

L'homme derrière le comptoir roula des yeux mais ne répondit rien. Asch avait déjà étalé l'argent sur la table et il n'était pas encore totalement ivre mort, donc il ne pouvait pas refuser de le servir, même si il savait pertinemment que ça allait encore mal se terminer.

C'est à ce moment précis que quelqu'un prit la place vide à côté du loup. Il fut systématiquement pris entre deux sentiments contradictoires : il avait l'impression qu'on entrait sur son territoire - il avait fait exprès de prendre une place à l'écart de celles qui étaient déjà occupées afin de s'isoler - et c'était passablement dérangeant. Mais d'un autre côté la personne à côté de lui émanait une chaleur et une présence qui lui donna instantanément l'envie de se coucher sur le côté, de s'étaler sur son bras et de s'endormir jusqu'au lendemain. Ah. Peut-être que l'alcool tapait plus fort que prévu, en fait. Il avait remarqué qu'il était légèrement plus sensible à ses effets lorsqu'il était dans un mauvais jour. En plus, il n'avait rien bouffé de la journée. Pas faim. Impossible d'avaler le moindre truc. De toute façon, tout avait un goût de carton. Ah... La musique lourde l'engourdissait presque autant que les grammes d'éthanol dont il venait de faire une réserve express. Ses paupières papillonnèrent tandis qu'il frissonnait d'aise et laissait son esprit s'enfoncer mollement dans les grésillements saturés des guitares électriques, qui le transportaient comme... une vague calme. Il allait bientôt se mettre à flotter. C'était cool... Il adorait flotter. C'était juste trop bien de flotter. Bon, ils venaient ces shooters ?

Une voix s'éleva sur sa droite, et il remarqua, horripilé, qu'il la connaissait un peu trop bien. Nan. Encore ? Sérieux ? Même ici ? Mais... Comment il faisait ? Asch venait du Trick O'Clink. Les Plaisirs Coupables le suivaient même lorsqu'il sortait de son autre boulot maintenant ? Mais ça s'arrêtait un jour cette misère ou bien fallait que ça devienne de pire en pire sans interruption ? Asch tourna un regard peu amène sur Stephan. Car c'était effectivement lui. Perplexe, il l'observa en silence durant quelques secondes. Si il avait encore été parfaitement sobre, il se serait contenté de l'ignorer, mais là, ça allait être un peu différent. Il fronça les sourcils.

"... Qu'est-ce tu fous là Stephan ? T'es encore en train d'me suivre ? Tu m'veux QUOI à la fin sérieux ? C'est Précieuse qui t'as demandé de me faire chier en me collant au cul ? T'en as pas marre de faire le toutou de cette... le mot là. Truc."

Ouais allez... Les shooters étaient là. Il en leva un et l'avala pour faire passer le mot dont il n'arrivait plus à se souvenir. C'était un peu plus fort que "garce" et pour une fois un peu plus original que "connasse".
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Stephan Carter
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Lun 4 Avr - 12:54

Stephan regarda son propre verre une fois qu'il le reposa sur le comptoir. Il regarda le contenu clair avec un air calme. Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas bu de bière. Pas que cela lui avait manqué, mais les circonstances ne lui semblaient pas vraiment propices à ça, et ça l'agaçait un peu. Il était bien trop nerveux à l'idée de communiquer avec Asch alors que ce dernier avait amplement les capacités de lui démonter la gueule si l'envie lui prenait. Il aurait subitement voulu se faire tout petit, invisible. Peut-être qu'il aurait dû se mettre sur un siège plus loin? Difficile à dire... Mais après tout, il était venu pour parler, pas pour le stalker de loin comme il le faisait habituellement.

Nulle doute qu'il ne pouvait faire marche arrière, puisque bien sûr le méta loup avait reconnu sa voix. Simultanément il se demanda le pourcentage de chance de survie dans la situation actuelle. C'était peut-être un peu bête comme idée, mais il était plus que certain qu'Asch n'allait pas juste papoter tranquillement comme s'ils étaient deux potes de longue halène. Il sentit d'ailleurs les yeux du méta rouge sur lui, et il se retint de croiser son regard, ses propres yeux rivés sur son verre, non sans remarquer la rangée de shooters que le barman venait de lui resservir. Il ne savait pas qu'Asch buvait autant, mais quelque part cela n'aurait pas dû le surprendre vu ce qu'il savait de lui maintenant. Il ne savait pas sur quel ton Asch allait lui adresser la parole, ou même s'il avait l'intention de parler tout court. Stephan était actuellement dans une posture pénible pour lui, où il se savait foutrement pas anticiper la suite, puisqu'il n'avait jamais côtoyé Asch... En dehors de leur saison des amours précédentes, mais il tenta de ne pas y penser, vu le fossé que cette situation avait creusé entre eux. Bien sûr que la biquette ne comprenait toujours pas pourquoi il n'arrivait pas à passer au-dessus de ce souvenir, mais il refusa de le juger pour autant - il avait été assez maladroit au début pour ne pas chercher à deviner la raison.

Les mots qui suivirent gardèrent Stephan dans un silence incertain. Bon, il avait l'air très agacé. Ah, et il avait remarqué que la chèvre le suivait plus ou moins, de par son "encore". Merde. Il avait tout fait pour être discret dans son attention pour lui, et avait maintenu ses distances... Chier. Et maintenant il mettait la faute sur Précieuse. Stephan grinça des dents, peiné qu'il ne puisse pas juste se mettre en tête qu'il était inquiet pour lui, et qu'il s'était envoyé tout seul pour essayer de lui parler.

"C'est pas Précieuse qui m'envoie." Grogna-t-il à moitié, frustré de ne pas savoir comment lui parler, miroitant son propre ton.

Il fut silencieux un moment puis se souvint que ses mots pouvaient être mal interprétés; Asch était en fuite après tout, dire ça comme ça c'était sacrément sous-entendu. Il soupira en reprenant un ton plus calme; il ne fallait surtout pas envenimer la situation.

"Je t'ai vu assis là alors je me suis dit que ça serait pas mal de boire une pinte, vu que je me permets pas souvent ce genre de chose."

Il préféra ne pas commenter sur le fait qu'il l'ait traité de toutou de Précieuse, ou "truc" comme il le dit sur le coup. La chèvre le regarda boire son premier shooter, ne doutant pas que le prochain allait très bientôt suivre. Il préféra ne pas savoir quel mot il avait en tête, et soupira. Oui bon, il avait commencé à l'appeler "Maîtresse" par amusement, parce que Stephan était comme ça, et la patronne donnait des surnoms à tout le monde alors pourquoi ne pas la surnommer elle-même? Si on lui avait dit qu'il mettait Précieuse sur un piédestal, Stephan aurait été choqué. Bien sûr qu'il la mettait en valeur! Elle était une femme extraordinaire! Il l'admirait énormément pour sa ténacité, et à son maintient ferme de l'ordre dans l'enceinte du club. Bien sûr il y avait des débordements, surtout avec le tempérament de Asch, mais les choses revenaient toujours comme avant, et la wiccane lui avait offert un boulot, un toit qu'il avait refusé par principe... Elle était quelqu'un de bien! Pourquoi personne ne semblait voir ça?
Il se contenta de grimacer un peu mais n'en dit rien à ce sujet. Les gens avaient un mépris clair pour la patronne des Plaisirs Coupables, grand bien leur fasse si ça les soulageait de casser du sucre sur le dos des gens.

Il soupira, essayant de se détendre en buvant une gorgée. Tous ces silences allaient faire chier Asch, mais merde, il ne savait tout simplement pas comment lui parler. Dès qu'il ouvrait la bouche il avait l'impression d'insulter le méta loup... Du moins c'était ce qui lui semblait vu la gueule que tirait le méta à chaque fois qu'il lui parlait.

"Et donc oui, je te suis, et alors? On n'a pas le droit de s'inquiéter pour ses collègues de nos jours? Chacun pour sa pomme, comme d'hab?"

Il jeta un regard sincère à Asch, le regardant fixement. Il voulait que le méta rouge le croit, vraiment. Mais rien ne pouvait le forcer à ça... Surtout s'il pensait que c'était Précieuse qui l'envoyait; là forcément avec cette idée en tête on n'avait pas envie de lui faire confiance. C'était frustrant, et agaçant, et Stephan n'aimait pas prendre le ton pédant si ce n'est arrogant d'avant... Pourquoi il pouvait pas juste passer un détecteur de mensonge pour qu'Asch voit la vérité? Il posa un coude sur la table pendant que son autre main leva sa pinte vers ses lèvres, yeux rivés sur le méta aux cheveux rouges.
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Asch Räder
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Mar 5 Avr - 10:43

Asch fut surpris de la réponse formulée par le méta chèvre. L'alcool commençait à monter et à son grand dam (car ça n'allait pas DU TOUT avec sa réputation de gros bras) il avait toujours eu un visage trop expressif pour être capable de cacher parfaitement ce qu'il ressentait, si bien que même Stephan au plus haut de sa naïveté ne serait pas capable de rater sa réaction maladroite. C'était bizarre d'entendre ce type grommeler, lui qui semblait toujours être souriant, de bonne humeur, au taquet, volontaire... Bref. Tout le contraire de ce que pouvait être Asch lorsqu'il travaillait aux PC. Voire de ce qu'il pouvait être tout court depuis les derniers mois. Il tourna un regard hésitant sur son interlocuteur.

Asch ne paraissait pas agressif ni vraiment remonté. Juste totalement perplexe. Il ne le voyait pas mentir lorsqu'il disait être venu de son plein gré. C'était même pas dit que ce mec soit capable de mentir à vrai dire. Cela dit Asch avait du mal à comprendre ce que Stephan pouvait bien lui vouloir, si personne ne l'envoyait. Ils avaient eu des relations très froides depuis le début faute à la manière dont ils s'étaient rencontrés, en pleine saison des amours. Ce qu'il s'était passé entre eux n'était pas franchement glorieux, puis Asch avait ensuite fait tout son possible pour maintenir une distance de confort, car il était affreusement gêné par ce qui était arrivé et par... Ce que Stephan pouvait encore lui inspirer, même maintenant. Ça devait être la première fois depuis la soirée d'Halloween qu'il croisait directement son regard. Embarrassé, il le détourna presque aussitôt.

"...Ah..."

Asch et son éloquence de compétition. Le jeune homme ne valait rien socialement et dès qu'il tombait les masques, dès qu'il cessait de tirer la tronche et d'agresser tout ce qui l'entourait pour la seule raison que les choses/personnes en question existaient, on s'en rendait rapidement compte. La présence de Stephan le crispait. Il n'avait aucune idée de la façon dont il était censé la gérer. Il prit un verre et se l'enfila cul sec dans l'espoir que le geste ou l'ivresse montante lui dérouilleraient quelques réflexes où lui inspireraient une meilleure façon de réagir. Il ne savait toujours pas quoi faire lorsqu'il reposa le récipient, mais au moins il était un peu moins mal à l'aise. Avoir quelque chose à faire était rassurant.

L'autre méta décida de développer un peu plus les raisons de sa présence. Il l'avait vu et il s'était assis pour lui tenir compagnie. Asch observait le fond de son verre avec un peu trop d'insistance. Ça aurait été Cooper, il aurait compris... Mais Stephan ? Pour toutes les raisons citées précédemment, il n'avait pas à voir pourquoi son cas l'intéressait. Il avait bien remarqué qu'il était suivi même si il n'y avait fait que très peu attention parce qu'il avait d'autres préoccupations... Mais donc Stephan n'obéissait pas à Précieuse ? Pourquoi est-ce qu'il lui collait au cul dans ce cas ? Quelle personne au cerveau normalement câblé s'éclatait à suivre son collègue nuit et jour sans lui adresser la parole, comme un vieux stalker libidineux ? Attend... Ça ne pouvait pas être à ce sujet quand même hein ?

Une grimace dégoûtée aux lèvres il allait lui rentrer dans le lard quitte à aborder directement ce sujet auquel son lui sobre n'aurait même pas osé toucher du bout des neurones lorsque son interlocuteur lui évita cet embarras.

"Et donc oui, je te suis, et alors? On n'a pas le droit de s'inquiéter pour ses collègues de nos jours? Chacun pour sa pomme, comme d'hab?"

Sur le cul, Asch sentit ses traits se défaire de stupéfaction. Que... Hein ? Il était en train d'essayer de lui faire croire qu'il lui collait au cul depuis tout ce temps parce qu'il s'inquiétait pour lui ? Le loup peinait à y croire. Il n'avait pas l'habitude qu'on se soucie de sa pomme, pour reprendre la formulation utilisée par le barman. Il peinait déjà à croire que Cooper soit entièrement sincère dans la manière qu'il avait de traîner avec lui et il avait peur de le faire chier. Mais Stephan ?

"... Je dois vraiment avoir une sale gueule j'imagine."

... Bordel l'alcool le rendait émotif. Il n'avait pas prévu d'être accompagné sinon il n'aurait jamais consommé autant d'un coup. Et le pire c'était que la seule solution à court terme qu'il voyait pour contrer son embarras était de... Vider un autre shooter. Ce qu'il fit, avant de cligner des yeux en espérant que leur humidité ne serait pas trop visible.

"... Arrête d'me regarder comme ça c'est super gênant..."

Rendu bavard par la vodka, Asch exprimait ce qu'il cachait habituellement sous son air bougon. La façon qu'avait Stephan de le sonder le mettait dans un embarras profond. Surtout vu l'état de nerfs dans lequel il était. Il n'aimait pas qu'on le voie lorsqu'il était comme ça.

".. J'comprends pas. Avec ce qui est arrivé tu devrais me détester. Qu'est-c'que ça peut te foutre du coup ? Qu'est-ce que ça peut vous foutre à tous... J'me sens mal j'ai l'impression de vous devoir quelque chose après mais j'peux pas le rendre... Cooper il est comme toi... Mais lui j'comprends un peu mieux. Pis alors toi c'est juste gênant. Mais... Oh bordel j'aurais su que tu te pointerais j'aurais pas commencé à me bourrer la gueule à ce point..."

Le visage aussi rouge que ses cheveux, il enchaîna trois autres shooters sous les yeux inquiets du barman qui, derrière le comptoir, avait pourtant l'habitude de le voir se mettre des cuites magistrales. Mais généralement il allait quand même moins vite avec le second rail...
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Stephan Carter
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Mar 5 Avr - 12:35

Stephan c'était un peu préparé à tout. Asch le méprisait tellement de base qu'il s'était plus ou moins mis en tête qu'à un moment où à un autre, le loup rouge lui donnerait une beigne monumentale qui le ferait voler à l'autre bout du bar. Avec cette pensée en tête, il était difficile de ne pas plisser les yeux en anticipation de dit coup, ou encore à la limite, on aurait pu penser que s'il ne venait pas aux gestes, il viendrait au moins aux mots... Et vu comment la voix du méta portait, il y perdrait bien un tympans. Mais le visage d'Asch se décomposa alors qu'il le regarda du coin de l'oeil. Se préparait-il à lui hurler dessus? Ses mains avaient l'air immobiles pour le coup.

La surprise de Stephan miroita donc celle de Asch quand il ne réagit pas de la façon dont il s'était attendu. Il n'y aurait rien eu de surprenant entre une engueulade, une baston ou même un froid monumental tout en silence. Asch était adepte du silence, durant lequel il tirait normalement juste une gueule énervée. Mais là, c'était totalement différent, inattendu. Lorsque le méta rouge tourna son regard vers lui, il y voyait un air perplexe, surprit. Les yeux de la biquette s'élargirent. Il n'avait jamais vu Asch avoir une telle expression sur son visage, et pire encore, elle était très sincère. Il était juste perlexe, confus. Evidement lorsque leur regard se croisa, le méta rouge détourna immédiatement les yeux, avec une seule réponse audible. "...Ah..."

Quoi, c'était si choquant de voir Stephan venir le voir? Bon d'accord leur relation était tendue, mais Stephan était à fond pour la diplomacie, et il aurait bien voulu juste papoter avec Asch, ne serait-ce que de choses connes ou quoi... Il n'avait aucune idée de ce que les mecs avaient entre eux comme sujet de conversation habituellement [cissitude et cliché]. De ce qu'il entendait des clients des PCs, ceux qui se mettaient au bar qui discutaient entre deux danses, ça tournait souvent autour de porno. Que ce soit magazines, sites ou quoi... Pas qu'on ne pouvait pas aborder la question de cul entre Asch et Stephan, mais il préféra maintenir ce sujet très loin, vu ce que cela avait fait à leur relation. Il préféra ne rien répondre à ce "ah" très expressif qu'il était...Ahem. Il laissa plutôt ses yeux tomber sur la main de Asch qui descendit un nouveau shooter. Décidément. Stephan ne s'était jamais pris une "cuite", mais il était certain que juste ce qu'il venait de boire l'aurait mis par terre en beuglant.

Il avait à peine eu le temps de voir la grimace se former sur le visage d'Asch qui semblait mettre des choses en lien... Mais vu son expression en formation, il préféra répondre aussi vite que possible, ne feignant par son agacement. La réaction d'Asch à ça fut... A nouveau, inattendue. L'expression de dégoût et mépris disparut aussitôt, et à nouveau il avait l'impression de l'avoir confus. Ses mots le firent sourire; pas pour se moquer, mais juste le voir aligner deux mots était un soulagement. C'était peut-être la première fois qu'il l'entendait dire tant, avec autant de facilité. Stephan haussa les épaule mais ne pu retenir son honnêteté et sa franchise; les mots sortirent d'eux-mêmes sans comprendre que c'était plus ou moins de la rhétorique.

"Ouais... Un peu quand même."

Dire qu'il avait une sale gueule était une vérité, mais Stephan aurait bien voulu rajouter une petite blagounette ou quelque chose pour détendre l'atmosphère... Mais dire qu'il aimait bien sa gueule aurait à nouveau pu être mal interprété. Bon sang, c'était vrai quoi, Asch était canon quand il donnait pas l'impression qu'il allait lui arracher ses dents une par une et lui faire bouffer sa jambe (en plus sans dents ça devait pas être facile). La pensée disparut aussitôt qu'il vit les yeux du méta rouge luire. C'était pas seulement la lumière qui faisait cet effet; une pellicule d'eau s'était formée sur ses yeux (eau ou quoi que soient les larmes), en vidant un autre shooter.

Stephan resta silencieux, et détourna le regard comme Asch le lui demandait. Ce n'était pas parce qu'il avait envie de ne plus le regarder, mais c'était parce qu'il se sentait lui-même gêné. Que le méta rouge pleure, ça ne faisait aucune différence pour lui; il avait vu des bien plus durs chialer toutes les larmes de leur corps pour une raison ou pour une autre (en étant barman on en voit de toutes les couleurs)... Mais c'était cette étrange sensation de découvrir une nouvelle parcelle d'Asch, qu'il gardait caché bien au fond de lui, sous les couches de rage et de haine qu'il montrait à l'extérieur au quotidien. Il avait l'impression qu'il venait d'éplucher un oignon abîmé sur l'extérieur, qui donnait pas du tout envie, pour découvrir qu'une fois ces couches retirées, il y avait quelque chose de très beau et admirable en son centre. Bien sûr il n'avait vu cela qu'un fragment de seconde, mais ça avait été suffisant pour faire valser une émotion en lui; l'envie de revoir ce centre, et, assez étrangement, de le protéger. Il regarda son verre devant lui, subitement n'ayant plus aucune envie de le boire.

Il écouta Asch, se rendant compte qu'il ne l'avait jamais entendu parler autant. Il lui fallu toute la volonté du monde pour ne pas le regarder pour le fixer avec des yeux de lémuriens. Ce qu'il dit maintint Stephan dans le silence pendant quelques secondes. Il le regarda enchaîner les shooters à une vitesse phénoménale, puis ses yeux tombèrent sur le barman. De ce qu'il pouvait y voir, le type était surprit et inquiet. Alors c'était inhabituel qu'il boive comme ça? Il regarda à nouveau Asch, se moquant de l'ordre précédent. Il avait de la peine pour lui, il savait pas quoi faire. Mais merde que faisaient les mecs ensemble pour se rassurer? Les filles entre elles se faisaient des câlins et tout... Mais les mecs? A part se foutre un gros coup de poing dans l'épaule, il voyait pas [je vomis mais je vomis tellement ce cliché de merde. Steupho je te hais].

Il étendit alors une main légèrement tremblante et fit un petit "pat pat" du bout des doigts. Asch le détestait suffisamment, à voir s'il n'allait pas déjà lui arracher la main en question... Mais décidant qu'avant qu'il n'ait le temps de s'énerver, il retira sa main et ouvrit enfin la bouche.

"Je vois pas en quoi je devrais te détester. Tu me hais, okay ça j'ai bien compris, mais ça n'empêche que je n'ai jamais ressentit la moindre animosité contre toi, parce que tu as tes opinions, j'ai les miennes, et je vois pas pourquoi ça devrait être un mépris dans les deux sens."

Il soupira, soudainement fatigué.

"Honnêtement, si tu devais quoi que ce soit à ceux qui essaient de t'aider... Je dirais que la seule chose que tu peux devoir à quelqu'un dans ces cas-là c'est de la gratitude - et encore même pas besoin de le montrer. Merde tu crois que je suis venu pour moi-même me sentir bien en me disant "oh je vais l'aider et faire une bonne action j'irai au paradis haha"? Déjà je crois pas au paradis alors bon. Et puis merde, je suis venu parce qu'à défaut de pouvoir aider un ami, je peux au moins faire de mon mieux pour un collègue!"

A son tour d'être tout gêné et frustré; il bu finalement quelques bonnes gorgées de bière, ne regardant plus Asch. Une fois le verre à nouveau sur le comptoir, il le fixa, peiné.

"Mais si vraiment ça te gêne que je sois là, dis-le. Je veux pas te faire chier, et je suppose qu'il n'y a rien que je puisse faire pour t'aider si tu n'as pas envie..."

Il soupira, essayant de ravaler sa peine pour Asch - il n'en savait rien si ça allait le gêner, mais il préférait le dire.

"Je sais ce que c'est l'isolement, la solitude... Si j'avais eu quelqu'un pour me passer du temps avec moi de temps en temps, j'aurais jamais quitté ma maison, je me serais jamais enfuit pour essayer de vivre pleinement ailleurs. Et puis quoi, regarde où j'ai atterri."

Il rit nerveusement, ne pouvant se retenir.

"Tout le monde me prend pour le toutou de Précieuse, jamais quelqu'un ne m'a demandé si j'étais content d'être là en dehors de la patronne... Heureusement que y'a Cooper dans le tas, sinon je pourrais affirmer avec certitude que je n'ai pas d'amis!"

Il rit en secouant sa tête, regard vers son verre.

"Et me voilà à m'apitoyer sur mon sort alors que ça aurait pu être tellement pire... Je te donne, volontiers, l'autorisation de me taper dessus. Je crois que ça nous ferait du bien à tous les deux."

Il refusa de lever les yeux vers Asch, ayant peur de sa, ou ses réactions.
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Mar 5 Avr - 14:47

Les épaules crispées, Asch ne sut pas comment réagir au geste compatissant de Stephan. C'était sympa de sa part et en un sens il appréciait. Il avait besoin de ce genre de marques de compréhension (à défaut d'être de l'affection) plus qu'il ne l'aurait jamais avoué. Cela dit c'était de son collègue, qu'on parlait. Le métamorphe avec lequel il avait... truc... accidentellement. Par conséquent, c'était super gênant. Le geste innocent devenait douteux et embarrassant. Asch pinça les lèvres, les joues toujours aussi rouges qu'au préalable - et ce n'était pas juste à cause de l'alcool. Il avait l'air de ne plus savoir où se mettre. Voilà la tronche qu'il aurait tiré en permanence face à Stephan si, lorsqu'il était sobre et maître de lui-même, il ne préférait pas cacher tout ça sous son caractère ronchon.

... C'était le monde à l'envers. Stephan ne voyait pas en quoi il aurait dû le détester et lui pensait, par contre, qu'Asch ne pouvait pas le saquer. Il se rendit compte qu'il avait probablement espéré le lui faire croire. Que c'était ce que son attitude laissait entendre. Aurait-il été en mesure de réfléchir correctement, il se serait rendu compte que c'était préférable que Stephan continue à penser comme ça. Parce qu'avouer qu'en réalité, c'était juste qu'il le mettait super mal à l'aise et qu'il se sentait bizarre en sa présence... C'était risqué. Ouais mais... Alcool. Il ne se souvenait subitement plus des raisons pour lesquelles il aurait dû se la fermer.

"Mais chai pas sktu dis ni les opinions là... Jte hais pas en plus c'est débile mais t'es chiant... Tu fais chier... Pourquoi fallait que jcouche avec un mec en plus pour ma première fois et tout ? Pis ça t'gêne pas t'es con ou quoi ? Je suis pas gay !! Pis c'est juste de la chance si t'étais consentant !"

Oh bon sang... Cette fois il était totalement cuit. Et ça ne faisait que quelques minutes qu'il avait avalé les premiers verres. Il aurait dû s'inquiéter de ce qui allait se passer lorsque les boissons qu'il venait d'ingurgiter viendraient s'ajouter aux effets qu'il expérimentait déjà mais il était trop occupé à profiter de la pause émotionnelle que lui procurait son ivresse. Ça y était... Il flottait... C'était trop bien mais y avait l'autre chèvre à côté et c'était gênant mais trop bien... Mais il se sentait même en état de discuter avec Stephan là. Il était chaud à côté de lui c'était trop bien les gens chauds. Les bras lourdement croisés sur le comptoir, Asch décida de bouder un moment le reste des shooters. Ses yeux clignaient et tentaient de soutenir le regard du barman des PC. Il parlait beaucoup ça commençait à devenir dur à suivre. Juste de la gratitude ? Boudeur et penaud, Asch cala son nez entre ses bras croisés. Il murmura à moitié :

"... J'ai toujours l'impression qu'c'est pas assez..."

Il comprenait l'idée. On ne l'aidait pas pour obtenir quelque chose en retour mais... Merde. Il n'arrivait pas à comprendre comment les gens pouvaient décemment avoir envie de s'occuper de quelqu'un comme lui et du coup, il avait toujours l'impression de faire chier. De devoir s'excuser. Il secoua la tête en signe de négation peut-être un peu trop énergiquement lorsque Stephan demanda si il préférait qu'il se casse. En fait, non. C'était gênant mais il était bourré et si il devait se retrouver seul là... Il allait bader. Faute à la façon dont ils avaient entamé cette discussion, l'alcool n'avait pas sur lui l'effet euphorisant qu'il avait attendu, même si ça l'empêchait de trop réfléchir. Eh merde il avait encore les larmes aux yeux.

... Mais c'était quand même gênant. Pis en plus Stephan parlait et tout... Lui aussi il se sentait seul ? Bah ils étaient deux. Pis Cooper était vraiment cool, il sauvait tout le monde. Même si du coup ça rendait ptetre sa relation avec Asch un peu moins spéciale. Il eut un vague pincement au cœur, puis s'en voulut instantanément. Nan mais il se prenait pour qui exactement ? Il était con ou quoi ? Bien sûr que Cooper allait pas être pote exclusivement avec lui ! Il aurait déjà dû être content qu'il lui accorde autant de temps et d'attention tout court.

"Cooper l'est cool... J'pense que je serais déjà mort si Cooper il était pas là... J'aurais avalé une pierre. Pis d'autres trucs... J'avais pensé à la javel mais ça pue la pisse de chat... Mais j'veux pas te taper dessus... J't'ai déjà... C'est bon quoi. J'en ai marre de taper sur tout le monde des fois... Mais j'arrive pas à arrêter parce que ça m'énerve... Les gens ils sont chiants... Pis j'en ai marre... J'vais juste boire ce truc..."

Un shooter de plus dans sa gorge tandis que ses traits crispés prouvaient avec quelle force il était en train de se retenir d'éclater en sanglots.
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Jeu 7 Avr - 0:04

L'embarras de Stephan était visible sur son visage. D'une part il était angoissé par la réaction qui pouvait surgir d'Asch à tout moment lorsqu'il venait à réaliser qu'il le détestait toujours autant malgré l'alcool... Et il était embarrassé parce que même si Asch ne réagissait pas mal, il trouvait que c'était un contact totalement inadapté à la situation. Il avait l'impression que c'était très peu pour la quantité de souffrance que semblait ressentir le videur. Avec ça il était tout aussi frustré de ne pas savoir quoi faire pour l'aider.

Il cru voir la rougeur du méta, ses lèvres pincées jusqu'à ce qu'elles soient plus pâles que le reste de son visage. Il détourna très vite le regard. Ils devaient avoir l'air beau tous les deux, deux cons dé métas incapable de communiquer comme des gens normaux, à regarder leurs verres respectifs dans un silence tendu. Incapable de lire l'expression, il se prépara limite à recevoir un coup à un moment ou un autre. Si le geste de compassion était vu dans un autre sens, ça pouvait mal se terminer...
Mais il n'y eu pas plus de réaction que ce rougissement du visage. Ses yeux ressortaient quand ça faisait ça, c'était assez étrange; du moins du point de vue de la biquette. Asch avait écouté ce qu'il avait eu à dire, il rebondit rapidement dessus, les mots moins précis et déterminés après les derniers verres...

La mâchoire de Stephan tomba automatiquement aux mots. Quoi? il venait de bien entendre là? Mais? C'était quoi cette histoire? Il détourna immédiatement ses yeux de Asch pour regarder le bois du comptoir avec un air totalement surpris, si ce n'est choqué. Il fronça les sourcils après une seconde pour regarder Asch à nouveau; il mentait, pas vrai...? Non, non vraisemblablement non. Stephan se courba légèrement, donnant l'allure d'être plus ou moins affalé sur son siège. Ses yeux avaient repris la direction du comptoir.

"Je... Je savais pas que t'étais... Fin... Mais c'est pour ça que tu m'en a voulu tout ce temps...! Enfin je sais que tu viens de dire que tu me hais pas, mais tu as aussi admit que j'étais chiant alors bon..."

Tout devenait subitement plus clair. Bon l'affirmation qu'il n'était pas gay était tout autant à prouver pour la biquette, mais il préféra maintenir le moindre commentaire de côté; certes la saison des amours rendait dingue... Mais Stephan n'aurait certainement jamais eu d'attirance physique pour quelqu'un qui ne l'intéressait pas à la base... Enfin... Stephan était peut-être particulier comme ça. Les années de rejet de son totem faisaient leur boulot.
Mais que Asch lui admette que Stephan avait été sa première fois... Bon, la sienne n'avait pas été glorieuse non plus, mais il se doutait que parler de ses expériences sexuelles passées intéressaient bien le métamorphe rouge. Peut-être que Asch avait ce côté romantique dont beaucoup de gens semblaient souffrir? Que la première fois c'était important et tout... Il n'en savait rien du tout. Mais il comprenait que, quelque part, ça le gênait psychologiquement de l'avoir eu avec Stephan... Mais fin... Quasiment un an pour passer au-delà de ça! Pourquoi y était-il encore tant attaché à cet événement qui avait été plus ou moins traumatique? La biquette préféra ne rien dire sur ce sujet de plus, vu que ça semblait embarrasser le méta aux cheveux rouges.

Lorsque la chèvre lui fit remarquer qu'il ne suffisait que d'avoir de la gratitude envers les gens qui l'aidaient, il ne fut pas surprit par sa réaction. Le jeune Carter soupira. Ouais, il connaissait cette sensation, bien sûr...

La réaction d'Asch quand il lui demanda s'il voulait qu'il parte lui figea un sourire léger aux lèvres. Voilà, comme quoi, sous toutes ces couches de rejet et de haine, il y a bien un coeur qui a besoin, comme beaucoup, qu'on fasse attention à lui. Il était plus que content de ne pas devoir quitter son siège. Même si leur relation était encore tendue, il était soulagé d'avoir apprit les causes, ou au moins certaines des raisons qui avaient provoqué la froideur de leur relation. Ca ne pouvait que s'améliorer après ça, non?
Il écouta attentivement Asch parler de Cooper. Automatiquement un léger sourire s'était étiré sur ses lèvres. Ouais le Norme était cool, et il était soulagé que le méta rouge voyait le gars comme quelqu'un de bien qui... Qui... Quoi? Son sourire disparut instantanément, et une grimace d'horreur vint la remplacer. Mettre fin à ses jours?! Mais?! MAIS?! Ses pensées spiralaient à l'idée, sa tête tournait comme s'il venait d'arrêter de respirer tout le temps du dialogue. Mais... Mais comment pouvait-il penser une chose pareille?

Alors qu'Asch pu un nouveau shooter, Stephan finit sa bière; en prenant bien plus de temps pour vider la pinte, mais c'était normalement pas quelque chose qu'il aurait fait normalement. Ouais là il comprenait qu'Asch ait besoin de boire. Bon sang mais comment... Comment avait-il pu être aussi aveugle? Ses yeux s'humidifièrent alors qu'il atteint le fond de son verre, et il frotta ses yeux comme si la douleur venait juste du fait d'avoir bu de la bière cul sec...

"Comment tu peux penser une chose pareille?"

Sa voix était bien plus étranglée qu'il ne l'aurait souhaité, mais au point où ils en étaient... C'était très Stephan ça, de voir de la valeur dans chaque vie, chaque instant, et de ne pas arriver à supporter l'idée de suicide. Il avait envie de lui tenir le bras et lui hurler dessus en le forçant à le regarder, ou lui pousser l'épaule, ou n'importe quoi! Tout pour réveiller cet abruti de méta rouge! On ne pouvait pas penser des choses pareilles!

"Tu peux pas!" Continua-t-il, avant de se mordre la lèvre inférieure, réalisant qu'il venait plus ou moins de crier.

Il posa son front dans ses mains pour se cacher des gens qui pouvaient être attirés par le son, et la détresse réelle qui se trouvait dans sa voix. Il fit un bref signe au barman pour qu'il lui resserve une pinte. Le type s'en aperçu et le servir; son regard impénétrable. Stephan essaya de soupirer, mais le seul bruit qui surgit de sa gorge fut un gargouillement ridicule alors que les larmes coulaient d'elles-même sur ses joues.

"Je peux pas... Imaginer ça... C'est trop horrible... Tu peux pas..."

Si Cooper n'avait pas été là. Mais bon sang le Norme était un casse-cou total! Et si il venait à mourir?! Ca arrivait tous les jours les accidents! Et si Cooper mourrait, il se suiciderait parce qu'il n'y aurait plus personne à qui parler?! Non! C'était injuste! Il n'avait pas envie de dire les mots... Et puis que pouvait-il dire? il avait trop d'empathie pour Asch à l'heure actuelle pour juste cesser de pleurer comme un con. Décidément aller au bar c'était mauvais pour sa santé, vraiment! Deux trajets au bar et deux crises de larmes... Fallait pas que ça devienne une habitude! Subitement il rit amèrement, se détestant de le dire mais visiblement il avait besoin que le méta l'entende.

"Tu parlais de pas savoir "rembourser" les gens qui t'aident... Et si tu commençais par mettre un peu de valeur sur ta vie... T'imagines même pas... Si tu disparaissais..."

Il rit et sanglota à la fois. Il était ridicule; Asch comprendrait certainement pas pourquoi il était en train de chialer aussi. D'accord leur relation était tendue, mais ils étaient collègues, et certes ils avaient fait des choses pas catholiques dans les toilettes... Ca ne voulait pas dire que Stephan ne verrait pas la différence s'il était là ou non. Ne plus avoir la présence d'Asch du jour au lendemain aurait été une horreur à supporter.

"Toi aussi tu fais chier merde." Grommela-t-il, riant à moitié en essuyant ses larmes d'une main tremblante.

Pourquoi fallait-il qu'on aborde le sujet du suicide? Un sujet qui le frappait tellement à chaque fois... Et dont il ne voulait plus jamais entendre parler.
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Jeu 7 Avr - 8:18

Asch tourna des yeux gênés (et aussi qui commençaient à s'emmêler, ses muscles oculaires venant d'enfiler des patins à glace) sur Stephan, lequel avait l'air totalement surpris. Ses lèvres étaient toujours aussi pincées. Ben quoi ? C'était pourtant évident à la façon dont s'était passée leur séance aux toilettes nan ? Ah bordel il n'en revenait pas qu'il venait de lui dire ça... Si il se rappelait de ça demain, il allait criser. Probablement rester dans son lit roulé en boule catastrophé, le visage au fond des mains avec l’impression qu'il allait mourir de honte si il esquissait le moindre geste. Il le savait mais ça l'empêchait pas de parler. Cette tête d'imbécile l'énervait à rien comprendre... Fallait tout lui dire ! Il en avait vraiment ras le cul que Stephan soit aussi clueless à propos de tout. Pourtant c'était pas un mauvais bougre... Mais qu'est-ce qu'il était con et ignorant, putain !

"Mais c'pas pareil... C'est.. chiant d'être chiant mais c'est... Tu vois Rachel, elle, je la hais. C'pas pareil. Sinon j'aurai déjà tué tout l'monde j'crois... Précieuse ça suffit comme ça hein... Après si y en a trop ça fait boum."

... Est-ce qu'il savait qui était Rachel au fait ? Asch n'était même plus certain de lui en avoir parlé. Mais nan attend. C'était à Cooper qu'il en avait parlé. Il parlait jamais à Stephan pour les raisons sus-citées. C'était une catastrophe. Ses neurones étaient en charpie. Et le seul truc qu'il trouvait à faire pour y remédier, c'était de boire encore plus. Comme si ça allait arranger son cas.

Suite à un sermon de biquette, qui en arriva au sujet de Cooper, justement, Asch se retrouva à penser une fois de plus tout haut. Il n'avait aucune conscience du fait que Stephan était probablement en train d'apprendre qu'il avait déjà attenté à sa vie une fois et qu'il y avait sévèrement pensé à plusieurs autres reprises. Il n'était pas non plus capable d'imaginer que ça aurait la moindre chance de le toucher. Même sobre il n'aurait pas pensé que son collègue en aurait la moindre chose à faire, alors, beaucoup trop de centilitres de vodka plus tard, on n'en parlait pas.

Pour cette raison, il haussa un sourcil en entendant le ton dramatique que prenait le barman, subitement. Il avait les bras croisés sur le comptoir et c'était probablement le seul truc qui l'empêchait de tomber par terre, mais il voulut tout de même s'assurer qu'il n'était pas en train de se tromper... Si ça se trouve Stephan était en train de se foutre de sa gueule et de rigoler et c'était pour ça que sa voix tremblotait. Sauf que ça c'était pas sympa. Si il faisait ça il allait s'en prendre une.

Le visage du loup, rougit par l'alcool, tourna donc une expression peu amène sur son voisin de comptoir. L'expression en question fondit une fois de plus comme neige au soleil faute à la surprise qu'il ressentit en croisant ses yeux brillants. Empathie faisant, il se rappela qu'il avait lui-même du mal à contenir ses pleurs et il dut se mordre la lèvre très fort pour réussir à ne pas laisser couler ses larmes de crocodile. Il disait plein de trucs sur un ton vraiment très impliqué, Stephan... C'était bizarre. Asch n'aurait pas pensé qu'il s'intéressait à lui à ce point. Il aurait probablement été un peu plus sympa avec - tout en essayant de calmer ses ardeurs bizarres et en lui faisant comprendre que c'était niet pour recommencer à... bref. Ouais il aurait probablement été un tout petit peu plus cool avec si il s'en était rendu compte plus tôt. Parce que fallait quand même être sacrément gentil pour lui dire tout ça.. et tout. Nan, c'était faux. Il n'avait absolument pas envie de lui faire un câlin. Dans ses rêves. Pas de câlin. ... C'était chiant de se retenir sérieux.

N'empêche qu'il tapait fort. Les yeux du loup s'écarquillèrent, touchés par une phrase en particulier. "Tu parlais de pas savoir "rembourser" les gens qui t'aident... Et si tu commençais par mettre un peu de valeur sur ta vie...". Il sentit les larmes enfler dans sa gorge et s'exprima sur un ton étranglé avant même de s'être rendu compte qu'il était en train de parler.

"... Mais j'essaie... Mais j'y arrive pas... J'vois plus l'intérêt... Je sais plus comment on fait... Pis en plus c'est dangereux pour les gens dehors parce que les dents et tout après... Pis ça fait mal tout le temps et tout est à chier, j'en peux plus... Mais j'essaie parce qu'il dit pareil ! Arrête de pleurer..."

Trop tard. C'était son tour de mettre sa tête entre ses bras croisés et d'éclater bruyamment en sanglots, non sans faire tomber plusieurs des shooters vides par terre. Par chance aucun ne se brisa, mais le barman actuellement en service s'approcha tout de même avec des yeux gros comme des soucoupes, réprobateurs.

"... Si vous pouviez le ramener chez lui, ça éviterait qu'il démarre une bagarre, ou qu'il finisse entre deux poubelles à l'arrière du bar comme la plupart des dernières fois."

Charmante façon de mettre une connaissance du loup au courant de ses agissements douteux du moment.
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Jeu 7 Avr - 17:00

Bon bon, pour le moment Asch ne semblait pas avoir très envie de lui taper dessus... C'était déjà étrange de se faire à l'idée qu'il n'était pas aussi colérique que normalement, du coup c'était perturbant. Il ne lui semblait ne jamais avoir vu le méta loup aussi "calme". Oui les guillemets étaient importants, parce que Stephan doutait qu'il était détendu. Ce n'était pas parce qu'il n'avait pas encore perdu une dent ou quoi que le videur était dans un état qui empêcherait ça. Enfin, c'était déjà rassurant de voir qu'il n'était pas agressif...

Peut-être que ça aurait été mieux en fait. Son regard empli de gêne n'aida pas à se sentir rassurer. Merde, il avait dit une connerie, obligé. Il fronça les sourcils en écoutant la réponse d'Asch. Ah, ouais, on lui avait parlé de Rachel... Pas en détail, mais il comprenait le mépris qu'il avait pour elle. Il essaya de ne pas plisser des yeux lorsqu'il mentionna Précieuse. Pourquoi fallait-il qu'elle soit toujours mise du côté des gens méchants... Il ne connaissait vraiment personne d'aussi attentionnée envers lui. Peut-être que Stephan était un cas à part? Mais en quoi il méritait ce favoritisme? Ca l'embêtait qu'Asch la voit comme ça... Cela dit, il n'allait pas le contrarier en disant le contraire. Qu'il dise avec tant de facilité qu'il aurait tué tout le monde... C'était pas très agréable. Malgré tout, il était tout de même rassuré qu'il ne voit pas la situation sous un jour trop négatif quand même. Comme il disait : "si y'en a trop ça fait boum." Ca n'avait pas encore fait boum, donc ce n'était pas tant désespéré... Si?

"Ca explique pas mal ton mi-temps." Stephan murmura en hochant la tête. "Ca permet de changer un peu les idées, changer d'air... Et de ne pas me trouver détestable!"

Il sourit très vaguement à la tentative d'humour. Il avait envie de détendre l'atmosphère, mais y'avait pas franchement grand chose à faire...

Puis c'était partit en steak végétarien. Parler de suicide avait déclenché une vague de frissons dans le dos de la biquette, un malaise palpable le prenant. Il se détestait de s'imposer comme ça sur Asch, mais merde, il fallait qu'il comprenne, que la vie avait plus de valeur qu'il ne semblait le penser! C'était injuste! Personne ne devrait avoir envie de mettre fin à ses jours.

Lorsqu'il regarda Asch, ce dernier sembla froid, amère, puis lorsque leurs yeux se fixèrent, il perdu toute émotion négative. Quoi? Il croyait qu'il mentirait à ce genre de sujet?! Plus énervé que jamais, Stephan avait envie de l'engueuler, mais qu'est-ce que ça changerait. Tout le monde le prenait pour un con, Asch aussi visiblement, mais il n'avait pas imaginé une seconde que l'on puisse penser ça de lui... Penser que Stephan pouvait mentir, pouvait se moquer de sa souffrance... Il avait envie de hurler, vraiment pour le coup. Déjà personne le croyait de manière générale, mais sur l'empathie quoi... C'était insultant, plus que le fait de penser qu'on le détestait.

Visiblement ses mots un peu secs eurent un effet... mais pas celui escompté. Stephan ne savait pas ce qui lui était passé par la tête réellement; il avait juste eu envie de rassurer le loup, de lui faire prendre conscience qu'il regardait la question du mauvais point de vue... A peine les mots sortis, le méta rouge répondit par un flot qui fit d'autant plus mal à Stephan qu'il finit avec la tête dans les bras en pleurant lourdement. Et voilà, Stephan pleurait peut-être autant que lui, retenant les bruits étranglés qui venaient de sa gorge. Il voulait pas voir Asch souffrir, il voulait pas qu'il ait de telles pensées dans sa tête... Le bruit des verres tombant à terre n'attira pas l'attention de Stephan; ce fut surtout l'interruption du barman qui le rendit très amer. Oh il avait envie d'être insultant lui aussi; il en avait rien à faire de comment Asch s'était retrouvé auparavant, et quoi qu'il en était il ferait tout pour que ça ne se reproduise plus... Ses mots ne faisaient que lui rappeler que Asch était seul, et qu'il souffrait - c'était trop. Il avait envie de pisser contre le bar, juste pour gaver le barman. Certes il comprenait que le type ne voulait pas subir les répercussions d'individus ivres, mais dans ce cas-là il s'était trompé de métier. Et de dire si clairement ce qu'avait fait Asch avant, ça ne le mettait pas dans une place positive dans son opinion.

"On partira quand il voudra partir." Dit-il entre des dents serrées. "Pas avant."

Parce que même ivre, Stephan n'avait pas l'intention de l'énerver d'une quelconque façon, et par son ton, il venait de bien faire comprendre au barman qu'il en avait rien à foutre de sa gueule. Sérieusement, ils étaient deux boulets en train de chialer, et le mec venait se plaindre... C'était pas franchement le moment idéal. Là Asch était fond du fond du gouffre, qu'il en vienne à pleurer était assez un signe; même si l'alcool était sans doute une des raisons qui venaient de faire qu'il était aussi émotif, ça ne changeait en rien le cas présent. Ignorant sa propre conscience qui lui disait qu'il risquait d'y perdre un bras, il mit son bras autour des épaules d'Asch, lui frottant brièvement le haut du dos. L'enlacer aurait aussi été une possibilité, mais déjà ce contact n'était pas un geste habituel, alors il ne voulait surtout pas mettre le méta dans un état pire que celui actuel. Il n'en savait rien s'il écoutait, mais il préféra lui parler dans l'oreille, se rapprochant de lui.

"Ecoute Asch si tu peux... Je veux vraiment que tu saches que si c'est trop dur pour toi d'avancer tout seul, tu peux toujours me demander de l'aide. Que ce soit maintenant, demain, dans dix ans... Je suis peut-être qu'une biquette, mais je veux vraiment être là pour toi."

Il lui frotta l'épaule en s'écartant un peu d'Asch, soupirant, séchant ce qu'il avait eu comme larmes, maintenant séchées par sa prise de sérieux.

"Tu me dis quand tu veux partir, okay? Je te ramènerai chez toi."

Il pensait tous ses mots. Même la pinte qui restait nouvellement remplie devant lui pouvait rester telle si Asch lui demandait de l'aide pour rentrer.
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Ven 8 Avr - 8:12

Asch n'était déjà pas toujours sensible à l'humour lorsqu'il était sobre, mais alors lorsqu'il était sur le point de tomber par terre et de se rouler dans son vomi, on n'en parlait pas. La blague qu'essaya de faire Stephan se solda donc sur un bide complet. Elle se perdit dans le vide intersidéral  qu'on trouvait actuellement à la place de chaque liaison synaptique qu'Asch avait pu avoir avant d’entamer la vodka. En résumé, il n'avait strictement rien compris. Il n'eut aucune forme de réaction.

C'était avant que le sujet du suicide tombe un peu par hasard en plein milieu de la discussion. La faute de ce même vide intersidéral, duquel sortaient des sujets totalement random et parfois inattendus lorsqu'on le laissait faire ce qu'il voulait. Stephan essaya d'ancrer Asch dans la réalité, de le convaincre que son existence avait de la valeur, de lui donner conseil sur la façon dont il aurait pu gérer ses envies morbides, mais ça n'eut pas l'effet qu'il aurait voulu. Le métamorphe était bien d'accord avec lui : mourir n'aurait pas été très cool pour les  gens qui, de plus ou moins bonne volonté, avaient fait de leur mieux pour éviter que ça n'arrive. Cependant c'était vraiment très difficile de s'en tenir à ça lorsque vivre était devenu quelque chose qui lui semblait marginal et carrément pas instinctif. C'était un combat de tous les jours d'en rajouter un de plus à la liste de ses échecs (car il suffisait qu'il se lève le matin pour avoir raté un truc, à son goût, tellement il était à chier). C'était déjà suffisamment difficile d'y penser, mais en plus, cette abrutie de chèvre était en train de pleurer comme si ça avait été elle qui était triste. Impossible  de retenir ses larmes plus longtemps. Il éclata en sanglots épais, incontrôlés.

En fermant les yeux et en plongeant sa tête sur le comptoir il se rendit compte du point auquel sa tête tournait. Il manqua  de se vautrer par terre. Il n'était pas certain de savoir si c'était agréable ou au contraire carrément horrible... En fait ça aurait été probablement mieux si ça n'avait pas fait monter une nausée surprise dans le creux de son estomac. Au loin, le barman disait un truc à Stephan, mais il avait l'impression d'être enfermé trop loin à l'intérieur de son cerveau pour être en mesure de les écouter. Pis en plus y avait un teubé qui faisait la sirène sans s'arrêter et qui lui vrillait les oreilles avec ses geignements alcoolisés. Ah... C'était sa voix ça, non ? Ouais.. C'était lui qui pleurait. Il en avait vachement envie, de pleurer. Quelque chose faisait super mal, comme si il était blessé sauf qu'il n'avait aucune plaie. Il commençait à oublier comment il s'était mis dans cet état.

Le barman soutint le regard de Stephan, conscient qu'il n'avait pas été spécialement délicat ni agréable. Cela dit c'était aussi son boulot d'éviter que ça dégénère, et avec le loup rouge, ça avait tendance à dégénérer très rapidement. C'était vraiment bien que quelqu'un soit avec lui pour une fois tandis qu'il se mettait dans des états pareils. C'était pour cette raison, avant d'être par souci de garder le club en état, que l'homme avait jugé bon de prévenir ce qui avait l'air d'être un ami de l'ivrogne.

"Comme vous voulez. Mais je disais ça pour lui. Ça me paraissait bien que quelqu'un soit au courant, et vous aviez l'air de bien le connaître."

C'est vrai qu'à les voir comme ça, Asch plus ouvert en dix minutes qu'il l'avait été tout le reste de sa vie sauf en présence de Karin, on aurait pu avoir l'impression de voir deux amis de longue date en train de se consoler. L'alcool faisait vraiment des ravages, surtout lorsqu'on le mélangeait avec une grosse couche de dépression.

Asch eut un long frisson lorsque la biquette passa le bras sur ses épaules. C'était chaud. C'était rassérénant. Ça mettait un peu de baume sur ses plaies. Il aimait bien, mais quelque chose lui disait que ça aurait dû lui poser plus de soucis que ça. C'était censé être gênant non ? Pourquoi Stephan était-il gênant ? Il n'arrivait plus à se souvenir. Il disait des trucs... cools. On aurait dit Cooper, mais en pas pareil. Il était sérieux ? C'était très... beaucoup de choses. Enfin il croyait parce qu'il arrivait plus trop à écouter mais c'était des mots très galvanisants et très forts et très gentils... C'était la deuxième personne à lui avoir jamais dit des trucs pareil. Il leva des yeux mouillés, tandis qu'il était encore en train de renifler et de retenir les restes de pleurs qui lui restaient dans la gorge. Il se tourna et faillit se vautrer sur Stephan. Il ne regretta pas parce que c'était chaud. C'était cool les trucs chauds. Il se retrouva nez à nez avec l'autre métamorphe et le regarda donc dans les yeux si près qu'il sentit le sang se mettre à battre un peu trop fort. Pourtant il était trop alcoolisé pour que ça lui fasse vraiment de l'effet cette connerie... Ah. Il se souvenait de pourquoi Stephan était gênant maintenant.

"... T'es quelqu'un d'cool en fait... C'est dommage qu't'es gênant... Pourquoi t'es si gênant ? Ça serait plus facile si t'étais pas supeeeeeeeeer gênant... Tu sais pas j'ai chaud j'crois c'est ta faute mais je sais pas pourquoi... T'es juste près ok ? Tu veux dla vodka ?"

Il souleva un shooter pour lui mettre sous le nez, tout en versant la moitié sur leurs genoux mutuels. Ah... Il avait zappé la partie où on lui proposait de le ramener.
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Mar 12 Avr - 11:11

Le silence total qui suivit la pauvre tentative de blague de Stephan le fit réfléchir a deux fois a son approche. Bon', il allait devoir user de bien autre chose pour rassurer le meta loup...
Ce qui avait suivit n'avait rien eu de bien glorieux non plus... Stephan etait pas un pleureur... du moins d'ordinaire. Deja le fait qu'il ait pleuré en présence  d'Alice etait chose notable et etrange, maiz se mettre a pleurer là comme ca... c'etait moche, et bien ridicule. Mais quand on a vecu comme Stephan, difficile de ne pas avir de l'empathie pour le meta rouge. N'ayant apprit que récemment le passé très peu glorieux de Asch avait mit bien des choses en perspective... Pire encore quand le sujet du suicide etait tombé. La biquette savait ce qu'etait la dépression, il l'avait vécu  de plein fouet quelques mois apres avoir quitté le berceau du Texas où  il etait né. Au début il s'etait sentit libéré du joug familial, de la tyrannie de ses oncles, tantes, cousins et cousines. Il s'etait bien amusé, vivant presque une vie bohème... Mais les choses avaient changé assez rapidement apres ça. Quand l'euphorie etait dépassée, il ne restait que l'angoisse, la solitude et la crainte d'etre rejeté à nouveau... Qu'où qu'il aille on ne le verrait que comme une merde, un faible, une personne inutile. Lorsque cette idees'etait ancrée, il n'y avait plus rien eu a faire. Il n'avait plus quitté sa chambre de colloc, ne mangeant plus, bougeant plus, vivant plus. 
Qu'est-ce quil'avait sauvé de tout ça? Les mots de la seule personne en dehors de ses parents qui avait tout fait pour aider Stephan : Ian Carter. Le metamorphe avait toujours tenté de motiver Stephan a donner le meilleur de lui-même. Et il etait aussi la seule petsonne que la biquette ne voulait pas decevoir.
Alors il s'etait redressé, se disant que si Ian le voyait, il serait triste, peut-etre déçu qu'il ait abandonné la vie si subitement... Asch avait besoin d'une personne comme Ian, mais visiblement il n'allait pas trouver ce soutien chez sa famille. Il aurait bien voulu lui-même endosser ce rôle, mais s'en savait incapable, surtout quand leur relation etait si tendue lorsqu'ils etaient tous les deux sobres.

La biquette secoua la tete et fit face au barman qui l'avait tiré de ses pensées. Bien pour lui? Stephan serra un peu les dents. Ouais Asch etait pas dans le meilleur des etats, mais ca ne voulait pas dirr que le barman ne faisait pas que defendre ses propres intérêts. Bien sur c'etait inquietant de devoir nettiyer apres quelqu'un aussi ivre que Asch, mais ca restait quand meme un peu son boulot; Stephan avait eu a le faire a maintes resprises, et il le referait certainelent encore longtemps, quand qu'il gardait le poste de barman. En meme temps il se voyait mal faire autre chose... ce que faisaient les strip teasers etait un oeu au-dela de ses capacités physiques... bref. Revenant a ses moutons, stephan se rendit bien compte que vu de l'exterieur ils devaient paraitre comme des gens qui se connaissaient bien... C'etait etrange pour lui de se dire qu'ils avaient maintenant une proximité qu'ils n'avaient jamais eu auparavant.
Il n'avait pas tant remarqué les pleurs d'Asch, mais realista vite lorsque le son cessa. Ah oui, ca avaut ete assez fort quand meme. Il fut prit de court lorsqu'Asch se redressa, reniflant, yeux légèrement gonflés, joues rouges et humides... il y avait quekque chose de tres sincere dans son visage...ce'etait agreable a regarder. Enfin, ca le fut jusqu'à ce qu'il finisse nez a nez avec lui, dans une proximité genante pour tout le monde. Stephan fut subitement rouge jusqu'aux oreilles,pire encore apres les mots qui sortirent de la bouche du meta rouge... Et dire que sobre il n'aurait jamais dit un truc pareil. Bien sur que Stephan etait flatté qu'Asch dise qu'il etait cool et tout... mais la suite etait peut-être un oeu ttop personnelle pour ne pas etre embarrassante.

Stephan ne su pas trop quoi dire ou faire, alors il regarda le shooter qu'Asch venait de renverser a moitié sur eux. Bon, peut-être quele barman avait raison sur un point : ramener Asch serait en effet sage, mais pas pour les raisons auxquelles il pensait. Stephan ne voulait pas avoir cette discussion. Enfin, il ne voulait pas qu'Asch perde cette sincérité en se reveillant... S'ils abordaient ce qu'il s'etait passé, c'etait finit. Le videur se braquerait, et il n'y auait plus ce genre de discussion. Certes il etait ivre là, mais s'il venait a s'en souvenir il ne lui pardonnerait pas de l'avoir laissé continier... alors la biquette afficha son meilleur sourire naif, comme s'il n'avait rien comprit, et eloigna un peu son visage du sien, comme s'il n'avait lui-même pas subitement un peu tropbchaud.

"Toi aussi t'es cool! Quand tu donnes pas l'impredsion que tu vas m'etrangler dans la minute! Mais je comprends pourquoi tu le fais alors c'est pas grave. Eh bah oui je suis chaud, je suis une biquette, pas un lezard! C'est l'avantage du sang chaud."

Il posa a nouveau ses yeux sur le shooter et soupira, le prenant.

"Juste celui-ci et on y va,okay? Je pense qu'une bonne nuit dr sommeil te fera du bien."

Il bu le verre cul sec; heureusement qu'il ne restait que la moitié du contenu... unplein l'aurait mis par terre pour sur.

"La vache! Comment t'as fait pour boire tout ça? Tu m'etonnes que t'aies chaud aussi. Aller viens,je te ramene chez toi. Tu peux t'appuyer sur moi si t'as besoin d'aide pour marcher."

Il se leva et resta debout pres du meta rouge, maintenant une main sur son epaule. Il etait prêt à l'aider volontiers... et on ne pouvait ignorer que ca lui faisait du bien une proximité comme celle-là.
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Mar 19 Avr - 16:52

Le barman soutint le regard de Stephan sans ciller ni réagir plus avant. Il avait dit ce qu'il avait à dire. Si les clients n'écoutaient pas ses conseils, ensuite, il s'en moquait pas mal. Ce n'était pas lui qui faisait botter le train par le videur puis qui se faisait sortir sous prétexte de faire trop de grabuge, ni qui passait la nuit à frissonner dans le caniveau. Il en avait fait plus qu'il n'avait été obligé de le faire. Il s'éloigna sans un mot ni une attention de plus dès qu'il fut appelé à servir ailleurs.

Le loup et la biquette eurent quelques échanges maladroits qui s'achevèrent sur Asch, parlant trop, et approchant du nez de Stephan un shooter de vodka qu'il renversa à moitié sur leurs genoux. Le métamorphe n'avait évidemment rien senti. Il remarqua néanmoins la façon dont Stephan s'éloignait de lui, comme pour le fuir. Son visage se renfrogna légèrement. Bah quoi ? Qu'est-ce qu'il avait fait encore pour mériter de se faire regarder de travers ? On allait encore considérer que sa présence était un problème ? Qu'il était responsable d'un quelconque événement de merde duquel il était pourtant lui aussi victime ? Pourtant il avait essayé d'être sympa, là. Allez quoi... Si on avait peur de lui même quand il essayait d'être sympa, on allait où ?

... Quelque chose fit tilt dans sa tête. Il se souvint qu'il faisait en temps normal tout ce qu'il pouvait pour garder ses distances avec le méta chèvre. Que ça lui était nécessaire pour garder contenance et éviter de penser aux (seuls) moments qu'ils avaient partagés, lesquels étaient ultimement compromettants, en plus d'être embarrassants. Il eut un léger mouvement de recul tandis qu'une hésitation fragile transparaissait dans son attitude. Il aurait dû arrêter, nan ? Il allait le regretter amèrement demain, nan ? Mais il avait pas envie d'arrêter là... La présence de Stephan lui faisait du bien et il était dans un état où ça n'était pas loin d'être la seule chose qui comptait. Le barman était d'ailleurs plus ou moins en train d'essayer de le rassurer, cependant l'une de ses affirmations eut l'effet inverse de celui qui était escompté. Asch recula de quelques centimètres. La vodka trembla dans son récipient, s'approchant dangereusement du bord. Cela dit il n'en restait déjà plus grand chose et il aurait vraiment fallu en être au point de tomber par terre pour parvenir à en renverser encore plus.

"Mais je comprends pourquoi tu le fais alors c'est pas grave."

Oh. Merde.

".. T.. Tu comprends ? Euh... Je.. Y a rien à comprendre ok ?"

Oh. Bordel. De. Merde. Non. Il était hors de question qu'ils abordent ce sujet et encore moins qu'Asch le retire de l'orée de son esprit où il était confortablement rangé. Il osait à peine effleurer ces préoccupations du bout de la conscience lorsqu'il était en tête à tête avec lui-même, alors en parler avec le principal intéressé ? Ah... Cela dit ça pouvait être juste parce qu'il avait mal vécu la dernière saison des amours, indépendamment de ce que ça pouvait impliquer d'autre. D'ailleurs ça n'impliquait absolument rien d'autre. Il secoua la tête violemment. Nan. Il n'y avait pas pensé. Rien d'autre. ... Ça tanguait grave. Il se vautra à moitié sur Stephan, qui heureusement lui avait déjà pris le verre de vodka des mains.

"Mais y'n resd..."

Stephan fit un bruit bizarre, ce qui amena Asch à relever pâteusement le nez pour croiser son visage grimaçant. Ben c'était un métamorphe non ? Qu'est-ce qu'il lui disait tomber par terre là ? C'est pas parce qu'il avait des cornes plutôt que des crocs qu'il devait faire exception à la règle. Pas drôle cette règle, d'ailleurs. Chère pour le porte-monnaie. Asch fronça les sourcils, l'air de se demander si Stephan se moquait de lui.

"C'est... la f'te au tr'c là. Le.. magie. Le tr'c d' méta... D'puis j'peux... C'est d'fficile d'être bourré... C'chiant..."

Son estomac était lentement en train de se soulever et de former une boule mais il n'y prêta pas garde. Il était content que Stephan veuille le ramener chez lui, à cela près qu'il ne se sentait pas prêt à partir, pour des raisons liquides évidentes. Ignorant la main sur son épaule, Asch tourna un visage défait et surtout, un regard de détresse sur le comptoir.

"... Mais y en resd plein..."

La vodka était en train de lui donner la gerbe. Il fallait quelque chose pour faire passer. Si Stephan n'avait pas fini sa bière il lui aurait certainement piqué une ou deux (grosses et dégoulinantes, comme) gorgées pour tenter  de faire passer son malaise. A défaut... Il goba un autre shooter. Soigner le mal par le mal, qu'on disait ? Ouais... Pas dit que ça fonctionne très bien.
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Stephan Carter
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Sam 30 Avr - 23:44

Stephan avait l'impression de subitement se retrouver coincé face à cette version d'Asch qu'il n'avait jamais vu auparavant. C'était dans ce moment-là qu'il pouvait vraiment voir l'ampleur de l'obscurité qui semblait engloutir le videur. Et oui, il était coincé devant ce visage torturé, changeant, incertain et ivre. Il aurait voulu avoir tous les outils pour le soutenir, le sortir momentanément de cette torpeur enivrante... Mais comment faire? Il n'était qu'un barman, et un métamorphe paumé; que pouvait-il faire pour aider son collègue? Ce qu'avait dit Asch sur lui le rassurait un peu, comme quoi qu'il ne le haissait pas vraiment... Cependant, cela pouvait toujours être à cause de l'alcool. Lui-même était bien placé pour savoir qu'ivre, il aimait tout le monde. C'était autant un atout qu'un inconvénient, et du coup, il ne savait pas vraiment quoi penser. Si Asch lui avait dit sobre, il l'aurait dit immédiatement. Alcoolisé, c'était une autre affaire. Il voulait lui faire confiance quand il disait qu'il pensait que Stephan était quelqu'un de cool, mais bon, on en revenait au même problème. Alors il était allé dans le sens de cette tirade ivre, en pensant lui-même tout ce qu'il disait.

Il dressa un sourcil, puis sourit doucement à la réponse du métamorphe rouge. Okay, il n'y avait rien à comprendre. Même s'il y avait eu quelque chose à comprendre, rien n'aurait été moins douteux que la capacité de Steupho à en capté le sens entier. Il laissa le sujet partir dans un autre sens, vu que le videur le souhaitait ainsi. Cependant le voyant secouer la tête, il comprit bien qu'il y avait bien plus à approfondir dans le sujet qui n'avait même pas été énoncé clairement; mais il ne pousserait pas Asch, tant que celui-ci ne voulait pas, surtout s'il était aussi alcoolisé. Ce fut donc le bon moment pour boire le contenu du shooter et s'en plaindre. Bah oui quoi, Stephan n'était pas spécialement fan d'alcool, et préférait passer le temps de l'autre côté du comptoir à surveiller ses clients qu'à se faire lui-même surveiller. Il eu à peine le temps d'entendre les mots du méta, qui visiblement se plaignait qu'il restait encore à boire. Ouais ben... Il n'était pas sûr d'avoir la capacité de porter Asch au cas-où ils en venaient à ça. D'ailleurs, il ne savait même pas exactement où il habitait... Bon, ça serait une question à se poser une fois en route, et visiblement il n'était pas prêt d'avoir envie de quitter son tabouret, duquel il tanguait déjà.

Il écouta Asch, ne s'empêchant cependant pas de grimacer au goût du shooter. Ugh, de la vodka pure, c'était vraiment pas son truc; un mélange aurait été plus supportable, là il avait l'impression d'avoir avalé de l'essence bio. Certes le méta rouge soulevait un certain point; la régénération rapide des cellules faisaient bien sûr qu'il était difficile de vraiment être totalement ivre, mais Stephan n'avait jamais essayé d'aller jusqu'à ce point-là; et bien sûr, même en tanguant, Asch en tenait une bonne, vu que la quantité ingurgité aurait certainement tué un norme inhabitué. Cela ne voulait pas dire qu'il avait l'intention de tenter le diable et laisser le méta rouge finir le reste des verres...

"D'accord, c'est dur d'être bourré quand on est un méta, mais est-ce que c'est une raison de te ruiner pour ça?"

Il regarda avec un peu de peine les verres restants, subitement un peu plus mal qu'avant. Voyant qu'Asch n'avait pas l'intention de bouger, il s'approcha un peu plus de lui, tenant plus fermement son épaule. Il ne voulait absolument pas faire la morale au méta rouge, ou quoi que ce soit, mais il était vraiment inquiet, et c'était visible sur son visage; quoique, ivre ce n'était pas forcément facile à voir.

"Ecoute Asch, je veux pas t'empêcher de boire, mais je veux pas que tu te retrouves dans la rue à vomir ou dormir sur le trottoir ou dans une poubelle! Laisse-moi t'aider. S'il te plait, t'as pas besoin de te faire du mal comme ça."

Il était incertain que le videur comprenne la moitié de ses mots. Il était subitement plus agacé qu'inquiet. Bon sang pourquoi fallait-il qu'il soit si... incapable! Il voulait aider Asch, mais comment, quand ce dernier se faisait du mal en pleine connaissance de cause? Oui sa vie était pourrie, oui il avait souffert et les choses n'allaient pas en s'améliorant, mais s'auto-détruire ne changerait rien à ça. Stephan était peut-être trop optimiste, mais il était déterminé qu'en changeant d'attitude, qu'en essayant d'aller de l'avant au lieu de regarder en arrière sur ses erreurs, il pourrait s'en sortir. Ou du moins, donner l'impression qu'il essayait.

Il aurait voulu savoir comment menacer Asch, ou avoir une menace suffisante qui le ferait oublier toute boisson et le ferait quitter le bar. Il grommela intérieurement aux mots du méta rouge. Ouais, il savait qu'il restait plein de verres... Mais combien de neurones fonctionnels dans sa tête? Comment pouvait-on être aussi borné? Ce n'était pas comme s'il pouvait demander un "doggy bag"- déjà faudrait-il qu'Asch ne se sente pas insulté par le terme - pour ses shooters. N'y avait-il donc pas d'autres solutions...?

Stephan prit le premier shooter devant lui, le bu cul sec en tapant le cul du verre sur le comptoir. Il tourna un regard luisant (bien que souffrant) à Asch en disant :

"Bon, si tu veux finir, je t'aide, et on fait la course?"

Il prit un autre shooter, juste pour montrer qu'en toute vérité, il le ferait, jusqu'au bout, si cela pouvait le permettre de ramener le videur chez lui; il ne serait pas ivre, surtout que le méta rouge avait bien de l'avance sur lui... Mais il aurait mal, très certainement. Avec un sourire un peu joueur, il mit le verre à ses lèvres. Plus qu'à voir si le méta mordrait à l'appât.
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Lun 30 Mai - 9:11

"Oui."

La déclaration avait été ferme, puissante et sans appel. Il y avait quelque chose d'involontairement théâtral dans la façon qu'Asch avait eu de se tourner totalement vers Stephan et de chercher ses yeux, puis de les fixer impitoyablement. Un peu plus et on aurait pu voir une moue butée se dessiner sur ses lèvres incertaines, malgré la difficulté qu'il semblait avoir à garder la moindre expression faciale nette. Autrement dit "oui", c'était dur d'être bourré quand on était méta et c'était une raison tout à fait valable pour qu'Asch se ruine dans l'idée d'atteindre cet état de vapeurs acides et insouciantes.

Il y a quelques mois il n'aurait peut-être pas dit la même mais tout était devenu très différent depuis que sa vie quotidienne lui était devenue insupportable. Si il n'avait pas l'occasion de décrocher totalement dans les pires moments, il ne savait pas exactement comment ça allait se terminer. Ou plutôt, IL craignait d'en avoir une idée précise. Il avait peur de succomber à la tentation de prendre la sortie de secours en dépit de la force avec laquelle on l'avait prié de ne pas le faire, et de tout ce qu'il devait à Cooper.

Le loup se tourna lentement vers les shooters. La voix de Stephan résonnait dans sa tête sans qu'il n'arrive plus vraiment à la situer. C'était comme si la chèvre n'existait pas vraiment mais était une sorte d'émanation de sa conscience qui lui parlait pour tenter de le raisonner... C'était probablement une bonne chose qu'il ait cette impression tenace car sans cela, il n'aurait pas forcément apprécié qu'on lui donne des conseils, quoiqu'il fut plus prompt à les écouter qu'à son habitude ces derniers temps, comme il était particulièrement paumé. Il cligna des yeux, et s'accouda au comptoir. Il semblait perdu dans des pensées très profondes mais ce n'était évidemment qu'une illusion : vu la soupe d'éthanol dans laquelle ses neurones baignaient, c'était à peine si il savait encore parler.

C'était difficile d'assimiler tout ce que disait Stephan-ange-d'épaule quand il lui fallait déjà passer une bonne partie de sa concentration dans l'action de ne pas vomir tout le contenu de son estomac sur le bois. Certains trucs le marquaient plus que d'autres, et ce fut notamment le cas de la toute dernière partie de son sermon. D'une façon ou d'une autre, le fait de s'entendre dire qu'il n'avait pas besoin de se faire tout ce mal éveilla une émotion violente qui chercha à sortir de son ventre tant et si bien qu'elle se mêla à sa nausée et en augmenta largement la douleur. Tandis que ses yeux s'humidifiaient à vue d’œil il dut se mordre la lèvre très fort. Le turquoise de ses yeux se teinta de piques jaunes. Certaines de ses dents devinrent plus tranchantes. Il sentait leur volume anormalement acéré appuyer contre la peau qu'il pinçait.

Il fallait qu'il se calme avant de partir dans une nouvelle crise de pleurs. Il n'était pas venu ici pour pleurer... Ça servait à quoi d'être bourré si c'était pour pleurer quand même hein ? Une grande inspiration plus tard, Stephan était en train de lui proposer de finir de boire sur un jeu de vitesse. Truc qu'Asch aurait accepté en toute circonstance parce que sa fierté l'empêchait de dire non (... et accessoirement de perdre). La proposition était providentielle et il se jeta dedans sans filet. Ça se traduisit par un nouveau mouvement franc en direction de Stephan. Et par un regard étrangement animé par l'esprit de compétition.

Asch se précipita sur le comptoir où il attrapa un des derniers shooters. Il ouvrit grand les yeux et pinça des lèvres en constatant que son collègue avait pris de l'avance sur lui : il n'avait pas attendu le top pour boire.

"Tu... trches ! Ça compte pas si ça était pas en... commenc.. route."

Un rictus défiant tenta d'étirer le coin de ses lèvres. Ça ne fonctionna qu'au terme d'un grand nombre d'efforts et de spasmes alcoolisés. C'était un peu bizarre à regarder sachant que les yeux d'Asch restaient pleins de larmes contenues. C'était déjà inhabituel de ne pas le voir tirer la gueule, mais ce mélange d'expressions, c'était le comble.

"T'... gagneras pas... ça. J'te parie ce que tu veux qu'tu perds ! Allez viens j'te laisse choisir quoi..."

Asch qui devenait joueur et qui laissait Stephan, la personne qui de tout son entourage devait lui faire le plus peur (... oui, même Précieuse ne l'effrayait pas autant dans l'absolu, elle se contentait généralement de l'énerver) choisir les gages. Il fallait vraiment que son taux d’ébriété ait dépassé toute limite acceptable.
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Stephan Carter
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Ven 10 Juin - 12:20

On dit que les chèvres ont la tête dure, et il est vrai que c'est un fait avéré... Mais là, dans l'instant, Asch venait de remporter la victoire du plus borné. Cette moue déterminée un peu vaporeuse sous l'effet de l'alcool, et cette manière de se tourner vers la biquette pour bien lui montrer sa détermination... Stephan aurait même trouvé ça un peu drôle s'il n'était pas aussi sérieux dans l'instant à cause de son inquiétude pour le videur. Oui bon, Asch pensait ce qu'il disait dans l'instant, que ça valait le coup de se ruiner. Stephan savait ce que c'était d'essayer de se cacher sous des nuées d'alcool ou autre pour oublier un quotidien pourrave... Mais il avait dépassé ce stade, il avait réussi à trouver mieux à faire - enfin, surtout parce qu'il vivait dans un quotidien agréable pour lui. Il ne savait pas ce qu'Asch reprochait à son propre quotidien, et n'était pas prêt à demander. Evidemment il savait qu'il avait vécu des choses vraiment moches, et que son passé était lourd à porter... D'ailleurs il n'aurait pas été aussi déterminé à l'aider s'il n'avait pas su ces choses sur sa famille et son vécu. Bien sûr il ne savait pas tout, mais en savait assez pour vouloir soutenir le videur.

Alors cela avait mené à sa tirade de morale qui, honnêtement, aurait fait chier n'importe qui. Mais bon, il n'aurait jamais la conscience tranquille s'il se taisait. Il regretta quasiment aussitôt d'avoir ouvert la bouche. Le changement chez Asch fut clair comme le jour, surtout lorsque ses yeux changèrent de couleurs. Merde alors, il avait encore dit un truc qu'il fallait pas. Décidément il était vraiment inutile quand il essayait de faire quelque chose pour le métamorphe rouge...
Donc ce fut la chose à faire, de prendre le shooter et proposer une course. Là subitement ça changeait la donne. Stephan ne pouvait pas dire qu'il connaissait très bien Asch, mais il était clair qu'il était quelqu'un de fier, et compétitif. Décidément, il n'avait jamais eu de meilleure idée. Déjà au moins il venait de découvrir un moyen de faire qu'Asch soit coopératif; changer quelque chose en jeu, en compétition, ça faisait avancer les choses. Evidemment, Stephan allait amèrement le regretter; la vodka pure, ça faisait quand même sacrément mal, et c'était vraiment dégueulasse.

C'était sans doute pas le lieu ou le moment, mais les pensées de la biquette virèrent subitement vers sa famille. Il ne les avait pas contacté depuis si longtemps... Et eux n'avaient aucun moyen de savoir où il était, ou même s'il était encore en vie. Peut-être qu'il faudrait y remédier un jour... Mais à quelle occasion? Et puis qu'aurait-il à raconter, honnêtement? Qu'il bossait dans un bar avec des strip-teasers? Ils n'étaient pas chastes non plus mais il désapprouveraient sans doute... Et puis quoi, ça faisait si longtemps... A quoi ça servait? Seraient-ils contents d'avoir la moindre nouvelle? Si ça se trouvait ils seraient outrés et mécontents après tant d'années de silence de sa part... Peut-être qu'ils l'avaient déshérité mentalement, fait comme s'il n'avait jamais été de leur sang? A y réfléchir sincèrement, il en doutait. Merde quoi, il les connaissait quand même bien, et on ne changeait pas aussi drastiquement, même après des années. Non, ils seraient contents d'avoir de ses nouvelles, et il serait sans doute content d'avoir des leurs... Mais restait qu'il ne savait pas ce qu'ils pourraient leur dire.

La pensée tournant en rond comme un poisson rouge dans son bocal, il n'y avait rien eu de mieux que de boire le shooter. Déjà ça le faisait ignorer sa pensée précédente, et en plus ça faisait réagir Asch. La lueur animée dans ses yeux le fit sourire. Outré par le fait que Stephan ait "triché" en buvant un shooter sans que la compétition ait terminée, il le regarda en prendre un pour lui-même. Bien que la situation faisait un peu de peine à la biquette, avec Asch au bord des larmes à cause de ce qu'il avait dit avant, mais déterminé à gagner... C'était un peu gênant, mais il ne pouvait dire que c'était surprenant. Il écouta donc le videur. Un sourire apparut sur ses propres lèvres alors qu'il prit un verre pour le rapprocher de lui.

"Alors on parie? Très bien. Hmm... Si je gagne... Si je gagne tu me dois un vrai sourire, un vrai de vrai. Pas quand auras bu, donc pas maintenant, mais tu me devras un sourire, et je tâcherai de te le rappeler. Et toi, si tu gagnes, que veux-tu de moi?"

Il ne put s'empêcher de sourire. Il prit le verre en anticipation. Quoi que soient les résultats de ce pari, Stephan gagnerait à ramener Asch chez lui, mais au moins là, il avait une vraie raison de vouloir gagner, pas seulement pour ramener le videur au plus vite. Son propre esprit de compétition était maintenant enclenché. Subitement il pensa à autre chose et se fit un pari à lui-même.

Si je perds, j'envoie un lettre à mes parents avec une adresse pour qu'ils puissent aussi me contacter.

Il hocha intérieurement la tête et se prépara à souffrir d'une overdose de vodka.
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Lun 11 Juil - 0:53

Le sourire de compétition commença aussitôt à fondre sur les lèvres du métamorphe, lequel était en train de se rendre compte que le monde était drôlement bizarre autour de la tête de son interlocuteur. Déjà il avait l'air d'avoir des yeux qui voulaient pas rester en place et un visage qui bougeait tout seul, puis les formes devenaient moins nettes, puis ça tanguait sévère et c'était comme si les éléments de décor s'étaient donnés le mot pour former autour de la tête de Stephan une espèce d'auréole aveuglante,kaléidoscopique. Une auréole hein ? Il en aurait probablement ricané si il avait été en état de faire le parallèle avec le comportement de bonne poire trop naïve du collègue concerné. Là... Il aurait déjà été positif qu'il ait conscience de l'envie de vomir grandissante qui lui grattait inconfortablement le fond de l'estomac.

Rien à foutre de savoir comment il se sentait ou pas, de toute façon il n'avait probablement plus aucune terminaison nerveuse fonctionnelle. Ils en étaient à parier sur qui finirait le plus rapidement le reste des shooters et il était évident que ça serait lui. Il ne pouvait pas perdre à un jeu à boire contre Stephan. Ce même Stephan qui avait l'air de rechigner à mettre le bout de son nez dans une banale choppe de bière, qui grimaçait en goutant de la vodka pure, et qui avait lui-même avoué ne pas tenir l'alcool si bien que ça, pour un métamorphe. Puis même si ça n'avait pas été le cas il aurait quand même fallu qu'il gagne par principe : d'une, c'était SES shots qu'il avait acheté, et donc ils étaient censés être plus gentils avec lui qu'avec le reste du monde parce qu'ils lui devaient bien ça (... quelque chose ne tournait pas rond avec cet argument mais il ne parvenait plus vraiment à savoir quoi), de deux... Eh bien de deux sa fierté n'aurait jamais admis une défaite, et cela même si ça n'avait pas été contre une chèvre mais contre un troll des cavernes de Sibérie élevé aux biberons de vitriole. Cette estime de soi superficielle était tout ce qui lui restait en stock donc bon, forcément, ça rendait mauvais joueur. Même si vu son caractère de merde, il aurait probablement été mauvais joueur quand même dans une meilleure période.

Son expression déjà liquide et changeante se défit platement lorsqu'il entendit la requête de son adversaire. Un vrai sourire ? Il songea d'abord que c'était bizarre comme requête parce que c'était pas très cher payé, un sourire. Puis il se souvint que ce n'était pas le genre d'expressions qui lui venait facilement. D'autant qu'il ne savait absolument pas ce que pouvait être un vrai sourire... Plus inquiétant encore, fallait que ça soit un vrai sourire sans alcool. Du genre un sourire SOBRE ? En direction de LUI, le mec qui avait rendu définitivement gênant son rapport à la sexualité en le dépucelant d'une façon totalement... involontaire et dégradante ? Et (c'était important et il fallait le préciser) gay alors qu'il ne l'était pas ? Vingt secondes passèrent probablement dans un silence gênant tandis qu'il essayait en vain de trouver deux neurones en état d'allumer une synapse et de lui faire avoir l'éclair de génie qui lui permettrait de savoir comment réagir à cette proposition singulière.

"... Parce que tu sais... faire egzprès de vraisourire toi ? J'sais pas faire ce genre de trucs ! En plus t'es gênant c'est pas pratique pour... ça. Oh pis merde d'accord... Mais ça sera ton b... t... job. D'y arriver parce que j'sais pas . Pis t'façon on s'en fout j'vais gagner. Fais pas cette tête t'es gênant."

Pis c'était agaçant de le voir vraisourire aussi... C'était comme Stephan faisait là un vrai sourire ou bien c'était un faux ? Pis il faisait exprès du coup ? Pis... Heeeey mais il buvait sans lui !

Asch s'empressa de prendre un verre sur le comptoir... ou du moins il crut le faire. Ses doigts se refermèrent sur du vide à sa grande stupéfaction. Il comprit alors qu'il commençait à voir double. Suite à un juron trop audible pour être discret, il attrapa un verre et s'en versa une bonne partie sur la main. Il le but, et se souvint miraculeusement qu'il avait oublié de répondre à une question.

"Euh. J'sais pas. Tu... Ok. Si j'gagne... T'arrêtes de protéger ... TOUT LE TEMPS, Précieuse quand j'suis là... Parce que ça m'énerve.. Tu sais rien... Pourquoi personne croit jamais c'que je dis ? J'en ai marre qu'ça soit toujours de ma faute..."

Aaaah non sujet de discussion de merde localisé: il ne fallait surtout pas qu'il aille par là sans quoi il allait se remettre à bader. Il avait déjà les larmes aux yeux et une boule de rage se formait au fond de sa gorge. Vite. A boire. Sa main s'élança vers un autre shooter en renversant quelques verres vides au passage. Il le leva au niveau de ses lèvres et....

... Rien. Totalement vide. Tain c'est pour ça que ça paraissait léger. Il grogna et tenta avec un autre. Vide, encore. Mais bordel ! Pourquoi ses yeux le trahissaient maintenant, pile lorsqu'il était vital qu'il parvienne à différencier les boissons consommées de celles qui restaient à boire ? Sous le coup de l'énervement, il se redressa afin d'avoir une meilleure vue d'ensemble du comptoir (... c'était foncièrement inutile étant donnée sa taille colossale qui lui permettait déjà de prendre une bonne hauteur en restant assis, mais il aurait fallu qu'il soit plus sobre pour se faire cette "ingénieuse" réflexion).

Aucune idée n'est plus mauvaise que de se lever trop vite (ou de se lever tout court) après avoir ingéré une indécente quantité d'alcool. Asch s'en rappela aussitôt que ce fut trop tard. Ses yeux manquèrent de sortir de leurs orbites alors qu'il devenait aussi pâle qu'un vampire anémique. Ce fut une véritable explosion dans son crâne, et une implosion au niveau de ses organes internes. Le monde se transforma en toupie. Un goût rance se manifesta à l'arrière de sa langue, signe caractéristique indiquant qu'il allait se changer en geyser de façon imminente. Dans le bar ? Devant Stephan ? Hors de question.

Il fit tomber son tabouret et se prit pour une boule de flipper sur les quelques mètres qui le séparaient de la porte, au cours desquels, instoppable, il bouscula quelques clients et dérangea quelques tables. Pas moyen de s'excuser : si il ouvrait la bouche, ça allait sortir tout seul. Dès qu'il fut arrivé dehors, miraculeusement sur deux pieds (... l'adrénaline, cette hormone merveilleuse) il s'effondra et commença à dégobiller dans la terre d'un buisson à côté de l'entrée. Tu parles d'un terreau fait maison...
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Mar 30 Aoû - 11:32

Stephan ne se pensait pas quelqu'un de méchant, du moins il espérait vraiment ne jamais faire de mal à qui que ce soit qui ne le mérite pas... Sauf que là bah... Ca avait été une bonne idée de motiver Asch à un défi, un truc qui le ferait finir ses verres plus vite pour partir... Mais qui était-il pour interférer ainsi? Jusque là il n'avait pas eu un seul moment de doute: il fallait qu'il aide Asch et le sorte de ce bar pour le ramener chez lui, point barre. Mais maintenant...

Pour être honnête, le métamorphe rouge avait l'air mal en point; certes il l'avait été depuis le départ, avec des vagues d'émotions qui menaçaient de l'envahir totalement, entre la tristesse et la rage brûlante dont il était plus que capable... Il ne voulait pas faire souffrir Asch, et savait que ces émotions il les gardait normalement pour lui et ces verres de vodka qu'il prenait avec vigueur. Cependant ce n'était pas une chose saine, n'est-ce pas? Quelque part Stephan voulait se rassurer, se dire qu'il aidait le videur d'une certaine façon en le faisant exprimer son mal-être... Garder tout ça emmagasiné ne pouvait que lui nuire! Alors pourquoi est-ce qu'il avait l'impression de trahir sa confiance en agissant ainsi alors qu'il était totalement alcoolisé et ne savait pas vraiment ce qu'il disait?

Il ne pouvait que contempler le videur, et espérer que sa soirée ne se finirait pas trop mal... S'il pouvait le ramener chez lui au moins il aurait la certitude qu'il serait relativement en sécurité. Mais que savait-il? Etait-ce bien plus dangereux de le laisser seul? Et si il tentait de se faire du mal? N'était-ce pas sa responsabilité aussi de savoir qu'il ne ferait pas une telle chose? Non, techniquement pas. Ils étaient collègues, et avaient partagé une situation un peu embarrassante pendant la saison des amours, mais ils n'étaient certainement pas amis. Non, techniquement Stephan ne lui devait rien, ou inversement. Cela dit, moralement c'était une autre affaire. Stephan était quelqu'un de foncièrement empathique quant à la souffrance d'autrui, et ça ne lui paraissait pas normal qu'Asch souffre seul en silence.

La biquette se durcit intérieurement, renouvelant sa détermination à prendre soin de Asch, même si ce n'était que pour cette soirée; il ne pourrait jamais être toujours là pour lui, à moins que le videur ne lui fasse confiance, ce qui n'était pas le cas, et ne le serait certainement jamais. Depuis la saison des amours, Asch avait toujours agit de façon un peu agressive avec lui, et il lui en voulait pour ce qu'il s'était passé... Stephan n'avait jamais voulu cette mauvaise attitude envers lui, puis après tout, pendant la saison des amours ils avaient tous du mal à contrôler leurs pulsions... Ca avait paru normal à la chèvre d'agir ainsi... Il n'avait sans doute pas assez réfléchi avant de faire ça. Mais que pouvait-il y faire? Il avait passé tant d'années entouré de gens aussi étranges les uns que les autres, qui ne se prenaient pas la tête pour une simple histoire de baise pendant la saison des amours, quelque soit le sexe de la personne. Il y avait eu des doses de soucis bien sûr, mais rien de tel qu'ici. De façon générale, quand quelque chose allait mal, Stephan avait l'habitude de parler du sujet jusqu'à ce que la normalité se rétablisse, qu'on mette les choses à plat, et qu'on dise les excuses nécessaire pour reprendre une relation banale... Mais il n'avait pas fait le pas d'en discuter avec Asch, et ça avait dû commencer à pourrir en lui. De plus il était fort probable qu'il n'en n'ait parlé à personne, donc il n'avait pas du évacuer ces émotions...

Il écouta le métamorphe parler, ses mots lents parfois, hésitants sur leur prononciation. Oui, Stephan avait remarqué qu'Asch ne savait pas vraiment comment faire un "vraisourire" comme il disait d'un mot, et bien sûr que Stephan savait le faire, mais ce n'était pas une chose aussi fréquente qu'on pourrait le croire. Il écouta en silence, attendant qu'il finisse de parler, déterminé à gagner de toute façon. Il y avait tant de choses qu'Asch ne pouvait savoir, ne pouvait comprendre... Stephan souriait tout le temps, de façon récurrente, surtout au bar pour le boulot aux Plaisirs Coupables... Mais la biquette n'avait pas non plus la vie extrêmement facile, et le sourire qu'il montrait au travail... Ce n'était pas réellement ce qu'il appellerait un "vraisourire". Bien sûr il voulait faire plaisir aux clients et à Précieuse, montrer une bonne image malgré les choses qu'il ait fait au bar... Comme porter un harnais et une muselière; il avait bien sourit sur le coup, mais il aurait bien pleuré aussi en toute honnêteté.
Non Stephan n'avait pas tout à fait la vie facile. Il vivait sous un pont, certes par sa propre volonté, mais il demeurait qu'il était totalement incertain de l'avenir. Il avait peur, peur de s'installer quelque part... Car si un jour l'envie lui prenait de partir, il aurait trop de choses à abandonner. En restant à la rue comme il le faisait, il était satisfait, n'avait que très peu de choses, et pouvait mettre les voiles quand bon lui semblait. Certes Précieuse lui en voudrait énormément s'il faisait ça, mais il ne pouvait être certain qu'il allait rester dans le coin dans les décennies à venir... Il avait eu un but en venant, et n'avait toujours pas trouvé Nathalie, bien qu'à présent ce but lui paraisse lointain et absurde. Allait-il mettre les voiles comme elle un jour, sans rien dire à personne? Précieuse ouvrirait le bar le soir pour se rendre compte que son barman n'était pas là, Ailin s'en moquerait sans doute allègrement, ou peut-être même est-ce que ça l'arrangerait? Il n'y aurait personne pour protéger Peter si elle faisait le même coup que lors de leur première rencontre... Précieuse n'avait pas levé le petit doigt ce jour-là, et elle ne le ferait certainement pas une autre fois...

Ca l'angoissait d'y penser, mais s'il était tout à fait honnête... Il n'avait que peu réellement sourit depuis son arrivée. Evidemment il était content d'avoir un emploi aux PCs, et aimait bien Précieuse... Mais personne n'avait vraiment réussi à le faire "vraisourire". Il faisait une grande distinction entre son sourire habituel de tous les jours; ce n'était pas un mensonge, son sourire était sincère, mais ce n'était pas la même chose. Ce qu'il demandait d'Asch dans l'instant dans le pari, c'était juste un sourire banal... Il se voyait mal lui soutirer un "vraisourire", quand lui-même n'arrivait pas vraiment.

Il pensait dire quelque chose, mais préféra se taire finalement. Il regarda Asch tenter de prendre un verre... Puis échouer lamentablement, en n'empoignant que de l'air. Il jura indiscrètement et attrapa un verre, cette fois-ci victorieusement, mais sans compter sur sa force brute qui fit qu'il en versa bien la moitié à côté. Stephan ne dit rien, ne sachant pas trop quoi faire. Il n'avait plus envie de sourire maintenant... Que les humeurs sont changeantes. Il était arrivé avec plein d'espoir, maintenant Asch avait déteint sur lui.

Puis le méta rouge évoqua sa requête. Si Stephan avait été sous forme de chèvre, ses oreilles se seraient dressées, puis plaquées en arrière. Protéger Précieuse? Elle était assez grande pour... Ah, la défendre, c'était ça qu'il voulait dire.
Ce qu'il dit fit un peu mal à entendre. Toute sa vie on lui avait dit qu'il ne savait rien, qu'il était inconscient et rien qu'une stupide chèvre qui n'était que bonne à faire du fertilisant... Il plissa un peu les yeux mais ne montra pas à quel point cette phrase l'avait frappé. Cette douleur fut remplacée par de la peine. Entendre Asch dire que personne ne le croyait... Qu'on dise que c'était toujours de sa faute. Il ne savait pas quoi lui répondre, surtout quand il vit la peine que ça lui faisait. Il avait envie de l'aider, véritablement, mais que pouvait-il faire à part lui tapoter l'épaule en disant que tout irait rien? Et encore, ce n'était qu'un mensonge; rien n'irait rien du côté de Asch, rien ne pouvait changer du jour au lendemain. Cela faisait déjà quelques temps qu'il allait mal, et Stephan n'était pas le sauveur de qualité qu'il pensait être parfois...

Avant que Stephan puisse agir il avait attrapé un verre, bousculant au passage d'autres vides, et le porta à ses lèvres. La biquette avait commencé à lui dire, mais il avait compris une fois que rien ne sortit... Le verre était vide, et cela avait l'air de bien l'énerver. Une boule d'angoisse se forma dans son ventre; et si il s'énervait au point de se transformer? Il en attrapa un autre sous le regard inquiet de Stephan qui vit clair comme le jour qu'il était vide aussi. Il allait en pousser un plein verre lui quand le méta rouge se leva brusquement, faisant presque sursauter la biquette... Puis son teint changea brusquement. Eh merde, là ça voulait dire que ça arrivait à ébullition.

Stephan n'eut pas le temps d'agir qu'Asch avait renversé son tabouret, et s'était élancé vers la sortie - la biquette se leva immédiatement pour aller après lui (après avoir ramassé le tabouret parce que bon, c'était une bonne chose à faire), s'excusant auprès des clients que le loup avait bousculé violemment pour s'extirper du lieu.
L'air frai de l'extérieur le frappa; une fois qu'on quittait un lieu aussi chaud et vivants, tout paraissait froid et vide ailleurs. Il trouva Asch en train de vomir ses tripes près d'un buisson... Ils ne seraient pas tentés de rentrer cette plante cette nuit, ça c'était sûr.

Il approcha doucement, ne sachant pas trop quoi faire. Les cheveux du méta étaient partout sauf dans son dos, et il voyait les tremblements de ceux dont le corps éjecte le contenu de l'estomac. Il attrapa les cheveux d'Asch avec une certaine hésitation, et les ramena en arrière pour qu'il ne gerbe pas dessus. C'était la première fois qu'il touchait les cheveux du métamorphe, et ça lui paraissait à la fois étrange et agréable... Du moins si la situation n'avait pas été celle où Asch était en train de vomir dans une plante. Il attendit que les tremblements finisse, espérant que le contact de la biquette ne le gêne pas trop. Il s'accroupit près de lui, essayant de ne pas respirer l'odeur de vomi à côté de lui. Il savait que la question serait idiote, mais il la posa quand même.

"Ca va, tu veux de l'aide pour te lever?"

Il attendit la réponse calmement, sachant que presser Asch ne pourrait que mener à de mauvaises choses.

"Si tu veux je te ramène chez toi, je crois que tu as besoin de repos."

Cette fois-ci il espéra vraiment que le méta serait raisonnable, et qu'il accepterait sans trop chahuter. Il fallait qu'il rentre et qu'il dorme, même s'il allait aller sacrément mal le lendemain... A moins que son organisme ne se rétablisse assez vite... Il ne savait même plus si lui-même avait eu des problèmes de gueule de bois; il préférait ne pas penser à ce temps-là. Il regarda Asch, attendant fermement une réponse. Il ne pourrait le forcer s'il ne voulait pas rentrer, mais ne pouvait pas rester le babysitter trop longtemps non plus...
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Dim 25 Sep - 18:11

Stephan s'étant montré très attentif, mais peu actif dans la façon qu'il avait de réceptionner les informations fournies par Asch sans y répondre, ni sans montrer ce qu'il pouvait réellement penser (... mieux ne valait pas compter sur le loup pour lire ses expressions faciales correctement lorsqu'il n'était même plus capable d'aligner deux syllabes, surtout qu'il avait cette tendance à ne jamais regarder dans les yeux lorsqu'il parlait), tout ce qu'il y eut entre le moment où les deux hommes se lancèrent dans leur pari un peu fou et celui où Asch se rendit compte que son estomac n'allait pas lui permettre d'aller au bout du jeu se passa très, très vite.

En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, le métamorphe rouge était dehors en train de nourrir les plantes. Pas sûr qu'elles apprécient le bonus éthanol. Vomir n'était vraiment pas quelque chose d'agréable, déjà lorsqu'on était sobre. En plein milieu d'une cuite telle qu'on voyait tout en double, que tout tanguait et que chacune des parties intoxiquées de son corps commençait à se plaindre douloureusement, ça devenait un véritable enfer, à la limite du supportable. En ce sens, c'était une chance qu'on s'en souvienne rarement le lendemain. Cette fois cependant, il était possible qu'il lui en reste quelques bribes, car quelque chose de foncièrement inhabituel lui arriva.

Ses cheveux traînaient par terre, tout autour de lui. Ils n'avaient pas encore été souillés par la soupe odorante directement sortie de ses entrailles, mais comme ils pendaient dangereusement dans la direction des jets d'acide, c'était quelque chose qui pouvait arriver d'une minute à l'autre. Ça n'aurait pas été la première fois, ni sans doute la dernière.

Il sentit quelqu'un arriver dans son dos et, au comble de l'étonnement, constata que cette personne ramassait ses cheveux pour les tenir en arrière. La sensation était très inhabituelle - et donc par conséquent très gênante - mais aussi vraiment agréable, pour des raisons qu'il aurait eu du mal à analyser dans son actuel état. C'était loin d'être la première fois qu'il se faisait vomir avec l'alcool et autant qu'il se souvienne (même si ça ne voulait certes pas forcément dire grand chose), personne n'avait jamais  pris soin de lui dans ce genre de moments. Ses "potes", si il pouvait les appeler comme ça, n'avaient jamais pris cette peine. Avec les airs de gros dur qu'il se donnait, ils auraient probablement eu du mal à deviner que ça lui ferait plaisir, d'une façon complètement tordue. Puis il fallait malheureusement dire qu'ils ne l'avaient jamais apprécié suffisamment pour faire acte d'un tel altruisme à son égard.

L'aide inopinée fournie par Stephan l'aida à vivre un peu moins mal les instants d'apocalypse gastrique qui suivirent. Ça devait probablement se voir à son attitude moins crispée, même si il était difficile d'être parfaitement serein, posé et encore moins glamour lorsqu'on était en train de dégobiller ses tripes par terre.

Lorsqu'il eut enfin terminé, il se sentait déjà beaucoup mieux. Il était aussi glacé, si bien qu'il tremblait sans pouvoir s'en empêcher. Il tourna un regard gêné et bien involontairement reconnaissant dans la direction de la chèvre, qui le prit au dépourvu en s'agenouillant à côté de lui. Éminemment embarrassé, il détourna les yeux et espéra que la chaleur qu'il ressentait au niveau des oreilles n'était due qu'à un effet secondaire bizarre de son excessive ingestion d'alcool. Ou bien qu'il faisait assez noir pour couvrir la couleur cramoisie qu'il pouvait deviner. Il ne maudirait jamais assez sa physiologie pourrie qui le rendait excessivement prompt à prendre des couleurs.

"Euh.. je.. euh... Te... T'embête pas je ... j'vais y arriver.. je crois..."

Il était encore vraiment très ivre, mais la mésaventure l'avait quand même fait pas mal dessaouler. Suffisamment pour qu'il arrête de débiter des conneries sans cohérence, en tous les cas. Suffisamment pour qu'il retrouve une notion toute relative du concept d'embarras et de celui de retenue. Il prenait conscience du fait qu'il serait très embêtant de se laisser ramener chez lui par Stephan. Qu'il aurait la honte de sa vie, une fois qu'il serait de nouveau sobre. Pourtant... Bordel, il ne voulait pas rentrer. Surtout par si c'était pour se retrouver seul dans ce petit appartement déprimant, où il allait encore macérer dans ses idées noires et ses envies d'en finir. Ok, il y avait Alcide et Tarek (surtout Alcide, parce que Tarek était un véritable chieur qui aidait rarement à améliorer son moral), mais ça ne suffisait jamais. La compagnie de Stephan, si gênante fut-elle, lui paraissait être une bien meilleure perspective. Quitte à s'en mordre les doigts le lendemain.

Mais il y avait un autre problème. Il ne pensait pas mériter qu'on se soucie de lui comme ça et il culpabilisait énormément des tracas qu'il causait à son collègue trop gentil. Il ne voulait pas que Stephan contrarie ses plans, ou sacrifie ce qu'il avait prévu de faire de sa soirée pour veiller sur un boulet comme lui. Doublé d'un ivrogne. Qui devait puer le vomi, par dessus le marché. Il s'essuya le front d'un revers de manche.

"Tu dois avoir mieux à faire... J'veux pas t'emmerder plus que je l'ai déjà fait... J'peux trouver la .. la route. Au pire j'dors par terre... J'lai déjà fait. Y a pire."

En s'appuyant au mur avec les poings il avait réussi à se relever. Son expression rendue (encore plus) limpide par l'ivresse traduisait quelque chose de brouillé. Comme une question qui lui brûlait les lèvres. Une envie qu'il n'osait pas formuler.

".. Mais."

Il était vraiment trop bourré. Ça avait failli sortir. Il ne voulait pas que Stephan parte maintenant. C'était complètement absurde, mais il avait envie de rester avec lui. Sa présence lui faisait du bien. Ça changeait. Il s'était habitué à ce qu'elle le mette mal à l'aise mais là, elle lui procurait une chaleur sourde au niveau de l'estomac, et il n'avait pas envie que cette petite flamme s'éteigne.

"...Nan rien."

Si Asch avait eu conscience du regard de loup battu qu'il était en train de jeter sur Stephan, comme il essayait de se la fermer et de le laisser partir, il serait probablement immédiatement mort foudroyé, langue ressortie, yeux révulsés, gorge éternellement coincée dans un "rrrrrrrrrrrrrrrrhhhhhhhhh" de honte intense.
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Dim 25 Sep - 20:24

En arrivant à la Nouvelle Orléans, Stephan n'avait pas vraiment songé à se faire des amis. Jusque là cette prévision s'était bien réalisée ainsi. En dehors des Plaisirs Coupables, il ne connaissait pas grand monde, et bien sûr sa rencontre avec l'autre métamorphe, Brume, l'avait fait douter sur le fait de se lier d'amitié avec quelqu'un... Mais Stephan n'était pas suffisamment apte à entretenir des relations sociales, et vivait déjà assez simplement, ce n'était pas comme s'il pouvait inviter quelqu'un à manger chez lui, dans son carton sous son pont. Non les choses ne s'étaient pas déroulées dans un sens prompt à avoir des amis. Evidemment il ne pouvait considérer Asch comme un ami; il était un collègue avec lequel il avait eu une aventure lors d'une saison, que ce dernier avait profondément méprisé, et donc en avait grandement voulu à la biquette... Il ne voulait pas lui en vouloir, mais que le méta rouge montre si peu d'ouverture d'esprit avait été une chose blessante.

Cependant, ce soir il découvrait un aspect de Asch qu'il n'avait pas eu l'occasion de voir, et d'autant plus qu'à présent il en savait bien plus sur le passé de ce dernier, ce qui expliquait des comportements qu'il avait jugé très négativement. L'ivresse l'avait rendu honnête, si ce n'est brusque, mais en même temps on ne pouvait pas trop en demander quand son caractère général tendait bien vers le colérique violent. Combien de fois il avait menacé de se battre avec un client, ou même avec les autres collègues des PCs... Bon, son avis sur Précieuse était le sien, et il ne pourrait lui faire changer d'avis sans avoir l'histoire complète quant à leur relation.

Là, à le voir vomir ses tripes sur à côté du Wild Bar, il avait vraiment envie d'aider son collègue. Il savait qu'il ne pouvait aider tout le monde, surtout quand nombre de gens ne voudraient pas d'aide de toute façon, et surtout pas de la part de quelqu'un qu'ils voyaient comme un pervers sexuel qui avait profité de la saison des amours pour... Bref, il n'avait pas envie de faire un dessin. Mais il voyait que quelque part, Asch voulait de l'aide. Enfin, vouloir était un bien grand mot. Il pensait ne pas mériter cette attention, cette aide, mais Stephan n'était pas réputé chevalier blanc pour rien. Tout le monde méritait de l'aide, tout le monde devait avoir au moins une chance, et Asch n'avait pas encore profité de la sienne, de chance.

Il avait prit et tenu les cheveux de Asch avec une certaine hésitation, surtout vu la gêne que le méta rouge semblait montrer autour de lui, mais il se dit que le faire était une bonne chose, et finalement il le fit le plus naturellement du monde, comme il l'avait déjà fait pour d'autres (qu'il ne connaissait même pas), sans même se poser la question de si Asch avait déjà eu un ami pour le faire; pour lui, c'était évident qu'il y avait toujours quelqu'un avec assez d'empathie pour faire ceci, c'était la moindre des choses. Ce geste sembla rendre le videur moins tendu, et Stephan vit avec un certain soulagement que l'éjection gastrique par voie orale se passait relativement bien. Déjà, ça serait moins de toxines dans le sang qui le rendraient malade sur une plus longue durée. Il semblait se calmer alors que le rythme se ralenti, mais tremblait de façon assez prononcée. Il ne savait pas à quoi c'était dû, mais se retint bien de poser la question pour le moment.
Lorsqu'il s'accroupit à ses côtés, il aperçu le regard d'Asch, un regard d'un seul instant, mais qu'il n'avait jamais vu porter sur son visage. Il y avait de l'embarras, ça il connaissait bien maintenant avec lui, et autre chose, une lueur de positivité, de la reconnaissance? Peut-être, difficile de dire quand il disparut aussitôt. Il n'en pensa rien; il devait être un amas de pièces de puzzle émotionnel à l'heure actuelle. Il retrouva l'allure habituelle de la gêne, détournant le regard rapidement, et devint plus rouge qu'avant; difficile à croire que c'était possible, surtout après l'alcool ingurgité qui l'avait déjà rendu bien teinté.

Sa proposition pour le raccompagner fut immédiatement refusée; ce n'était pas comme s'il s'attendait à ce qu'il accepte, maintenant qu'il arrivait à aligner deux mots. Oui c'était bien d'avoir vidé son estomac de tout cet alcool, au moins il devait aussi pouvoir aligner des pensées et pouvoir le formuler. Stephan accepta le refus avec un peu de peine; il préférerait le voir bien arrivé, dans la sûreté de son chez-lui... Idéalement plus encore, au chaud dans son lit, mais là, ça serait aller trop loin certainement pour le méta rouge et sa fierté. Il soupira mais s'apprêta à hocher la tête, se faisant à l'idée de juste rentrer chez lui, bien que ça l'emmerdait.

Mais la phrase suivante le coupa, et il dressa la tête pour le regarder. Il essuyait son front avec le dos de sa manche, et ne le regardait pas. Il tremblait toujours, mais il l'avait dit... Et ça, c'était déjà trop pour Stephan. Dormir par terre? Ce n'était pas parce qu'il l'avait déjà fait que c'était quelque chose à reproduire! Il fronça les sourcils, mécontent. Il n'osa rien dire pour le moment, voyant qu'il commençait à prendre le courage de se lever. Il fit de même, le miroitant, lâchant ses cheveux uniquement quand ils ne menaçaient plus du tout de tomber dans les déchets gastriques. Il maintint ses sourcils froncés et croisa ses bras; bien que l'apparence n'avait rien d'imposant ou quoi que ce soit.

Puis un mot sortit de sa bouche. Stephan baissa les bras et le regarda. Il paraissait bien pâle maintenant quand même, mais il y avait quelque chose dans son expression qui le fit se figer. Il le fixa calmement, attendant une suite. Il y avait toujours quelque chose après un "mais". Il attendit, sentant son estomac papillonner. Tout son être anticipait quelque chose, lui hurlait des encouragements pour le dire, juste le dire! Il n'y avait rien de mal à demander un peu d'aide, juste pour le raccompagner! Bon sang pourquoi il ne continuait pas!!

"Nan rien."

On aurait mieux fait de foutre une baffe à Stephan, ça l'aurait moins agacé. Il avait envie de hurler subitement; mais le sentiment le quitta au moment où il vit son visage. Certes il avait refusé de formuler la phrase... Mais ce regard. Pire qu'un chien battu... Un regard qui lui donnait presque envie de pleurer. Visiblement, il n'était pas capable de dire ce qu'il voulait, mais là il montrait bien qu'il avait besoin de quelque chose, et ça, c'était un miracle venant du méta rouge. Un regard de loup battu, qui aurait cru que ce genre de truc marcherait sur une bête biquette. Il ne serait pas capable de le dire, mais Stephan serait capable de proposer.

Le truc maintenant c'était pas de l'envoyer partir en courant en disant quelque chose de travers. Peut-être qu'il ne voulait pas qu'il le raccompagne chez lui, peut-être, même sans doute que ça le gênait...

"Tu sais quoi, on peut au moins faire un bout de chemin ensemble si tu veux! Ca me gênerait pas de marcher un peu avec quelqu'un... Puis ça nous coûte rien, aller hop on y va!"

Il se montrait souriant et énergisé, peut-être trop, tout pour pas montrer qu'il était effrayé qu'Asch refuse. Du coup, il ne lui avait même pas laissé de choix. Une question avec comme réponse "oui" ou "non" serait une invitation à des problèmes. Il commença à marcher, fit quelques pas et ralentis pour vérifier qu'Asch suive le mouvement, sans pour autant se retourner, au risque de lui mettre une pression qui n'était pas nécessaire. Avec un peu de chances, ils arriveraient enfin à se mettre en route, et Stephan pourrait faire comme s'il habitait plus loin que chez le videur, donc pourrait s'assurer qu'il rentre bien... Evidemment, il espérait que ce n'était pas trop loin de son pont.
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Dim 25 Sep - 21:31

Bah voilà. Ça lui trouait le cul - juste au sens figuré fort heureusement - mais il venait de refuser la main qu'on lui tendait, non pas car il craignait de regretter le matin suivant (même si ça serait forcément le cas), mais parce qu'il ne voulait pas être une source de problème pour Stephan. Asch en avait marre d'être une source de problèmes, tout court.

Ses neurones se battaient en duel. Une part de lui regrettait de ne pas agir plus égoïstement. Cette aide, il en avait besoin. Même bourré, il s'en rendait compte. Surtout bourré, probablement. L'urgence était vitale, mais malgré tout il restait incapable  de se laisser porter par ce besoin. Et ce n'était même pas sa fierté à la con qui l'en empêchait, comme il était bien trop ivre pour s'en soucier encore... Nan. Juste cette foutue culpabilité, qu'il nourrissait depuis si longtemps qu'il n'avait pas le souvenir d'avoir jamais fait sans. Elle était devenue immense, étouffante, depuis cette affaire dans les bois où son loup enragé avait blessé une innocente. Telle une bête noire elle veillait au dessus de ses épaules et le poussait à se faire du mal tout seul, à se mépriser, à se laisser paraître encore plus détestable, pour que le monde lui renvoie une image similaire à celle qu'il avait de lui-même. Et à refuser quand on essayait de le sauver, visiblement.

Il ne le connaissait pas beaucoup, mais de leurs peu d'échanges, Asch savait de Stephan qu'il n'était pas du genre à remarquer grand chose, ni à insister longtemps lorsqu'on lui refusait un truc. Enfin... Sauf durant la saison des amours, tragiquement. Il avait donc toutes les raisons de penser que le métamorphe végétarien passerait son chemin sans tarder maintenant qu'il l'avait selon toutes convenances libéré de ses responsabilités. Ça devait probablement le soulager.

Imaginons sa surprise lorsqu'au contraire, son collègue déboula verbalement sur lui pour, lui proposer de l'accompagner au moins sur un bout de chemin. Son visage se défit. Il tenta tant bien que mal de ne pas paraître soulagé (... échec critique). Immédiatement, Culpabilité revint à l'assaut pour lui rappeler que la chèvre pouvait tout aussi bien se sentir obligée d'insister. Stephan eut l'idée éclairée de ne pas lui laisser l'occasion de se récrier. Asch détestait habituellement qu'on tente de le mener à la baguette, ou de faire preuve de la moindre once d'autorité sur lui. Néanmoins dans ce cas précis, c'était salutaire. Voilà qu'il était déchargé de la moindre responsabilité. Il ne pouvait plus s'en vouloir de perdre du temps à Stephan, puisque c'était le barman lui-même qui avait décidé de lui emboîter le pas.

Chose assez incroyable pour être notée : Il ne répondit pas. Pas pour râler. Pas pour opposer d'arguments. Rien. Il se contenta de suivre le mouvement, dans une attitude presque docile (... des poules allaient pleuvoir et des dents pousser aux sauterelles) qui signifiait son accord silencieux.

Pris par un élan inattendu, il claudiqua plus vite, histoire d'arriver au niveau de Stephan plutôt que de marcher derrière lui. Bras croisés, il tremblait toujours autant. L'alcool avait cessé de le réchauffer et au contraire, maintenant, il se transformait en glaçon. Et comme c'était l'époque des miracles, il se sentait poussé en avant... Poussé par une envie de s'ouvrir. Une envie de parler, qu'il n'avait jamais eu naturellement qu'avec Cooper. Qu'il n'aurait certainement jamais cru pouvoir éprouver à l'égard de son collègue "gênant". De celui avec lequel il partageait une histoire qui n'existait pas, et qui ne devait jamais être racontée, ou remémorée.

Il ouvrit la bouche et la referma aussitôt. Il avait envie de parler, c'était bien beau, mais il ne fallait pas oublier qu'il était juste à chier dans cette discipline : il constata qu'il ne trouvait aucun sujet de conversation valable. Il n'avait pas envie de s'épancher. Parler de lui-même... brr. Il avait déjà suffisamment gerbé. Autant ne pas se filer une seconde nausée.

".. Je... euh. Je sais pas si je vais me souvenir du chemin. Tiens... si tu veux bien. Hm..."

Gêné, il passa son téléphone à Stephan, sur lequel il avait eu la bonne idée d'enregistrer l'image GPS avec l'itinéraire permettant de faire le chemin de la rue principale à chez lui. Il y avait eu des fois où il n'arrivait carrément plus à se souvenir de l'adresse donc bon... Il avait anticipé les suivantes en glissant le cliché dans sa galerie photo. Néanmoins, lorsqu'il était trop bourré, il était encore foutu de confondre la gauche et la droite et de ne pas arriver à destination. Mieux valait qu'il passe la responsabilité au copilote, puisque ce dernier semblait être motivé à marcher avec lui.

Mains dans les poches, il inspectait le sol avec une moue faussement distraite. Il espérait que Stephan ne s'exclamerait pas qu'ils habitaient dans des directions opposées et qu'il ne prendrait finalement pas congé de lui dans la minute. L'appartement n'était pas très loin. Au centre-ville, un peu plus en direction de l'université. Un coin un peu pourri à vrai dire, mais au moins, il ne payait pas cher en loyer. Tant qu'il ne se faisait pas cambrioler...

"... Tu peux passer si tu veux. Enfin, je t'oblige pas. J'imagine que t'as pas envie. Mais au cas où. Faut juste faire gaffe au chat il est  rouge. Enfin non c'est pas ça le souci. Il griffe. Il s'énerve pour rien. C'est un gros con."

... Oui, la ressemblance entre Asch et Tarek était perturbante, et ne se résumait pas qu'à la teinte de leur pilosité.

"... Alcide est cool si t'as pas de soucis avec la bave. Enfin il me fait chier un peu depuis qu'il me prend pour son pote. Il est un peu con ce husky... Mais au moins il est pas rouge."

Si Stephan arrivait à suivre sans décrocher, il mériterait probablement une médaille de l'ivresse déchiffrée. Quant à Asch, il regardait fixement devant lui, bouche crispée. S'exprimer de la sorte, c'était comme sauter dans le vide sans filet, au bout d'un élastique à moitié coupé. La corde pouvait tout aussi bien rompre. Il voyait d'ici la tâche rouge explosée que sa dignité formerait sur le sol.
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Dim 25 Sep - 23:37

C'était souvent assez miraculeux que Stephan ait des élans de clarté comme il venait d'avoir. Généralement, il prenait les mauvaises décisions, faisaient des choix de merde, et globalement ne servait qu'à faire rire la galerie; pas qu'il le sache, bien sûr. Combien de fois une idée paraissant sage avait menée à une baffe ou pire, un passage chez la police municipale. Evidemment il n'était jamais du genre à faire en connaissance de cause; il ne savait rien des conséquences de ses actions avant de les accomplir... Là, maintenant avec Asch, ça avait vraiment été un miracle, ou un éclat de génie, difficile à dire avec lui.

Bien sûr sur le coup il était encore plein de doutes et d'hésitations. Et si Asch ne suivait pas? Et si tout ça ne le faisait que passer pour un con...? Peut-être qu'Asch ne voulait véritablement pas de sa présence? Non, Stephan était aveugle 99% du temps, mais dans le cas précis, le méta rouge lui avait fait le regard d'animal battu, et ça, ce n'était pas anodin. Du moins il espérait? Bon sang pourquoi le videur ne pouvait-il pas dire les choses clairement! D'ailleurs pourquoi Stephan était-il le seul dans son propre entourage à être suffisamment ouvert qu'il n'avait aucune crainte à dire ce qu'il voulait? C'était à croire qu'il avait plus de couilles, ou moins de cerveau, ou les deux, pas qu'il puisse lui-même le comprendre.

Néanmoins, ayons pitié de la biquette qui a fait bien des efforts pour en arriver là, et dans le cas présent, il ressentait une certaine fierté tout de même à avoir pris les choses en mains, d'avoir saisi l'opportunité d'aider Asch dans sa seule réelle capacité actuelle. Il avait cru voir un certain soulagement sur le visage du méta rouge avant de se retourner et se mettre à marcher.

Au début il eut des doutes, vu qu'il n'y avait rien que le silence pour l'accompagner; n'avait-il pas commencé à marcher? Etait-il énervé par sa prise d'initiative? Il ne pu cacher un léger soupir de soulagement quand Asch se mit à marcher à côté de lui au lieu de derrière - au moins maintenant il n'avait pas l'impression de le mener involontairement quelque part. Il pensa rapidement au fait qu'il n'avait jamais marché à côté d'Asch dans la rue, et qu'il n'hésiterait pas une seconde à aller dans les quartiers les plus dangereux des grandes villes avec le méta rouge à ses côtés; le type en tenait une bonne de posture malgré son mal être récurent. A le voir marcher à côté de lui, il avait l'impression d'avoir un garde du corps gavé aux hormones. Chose étonnante, Stephan avait un peu de fierté à marcher pas à pas avec lui. Il avait réussi à l'emmener, c'était une excellente évolution.

Bon certes, là il tremblait et avait les bras croisés comme s'il avait excessivement froid et... Ah, Stephan n'avait pas pensé que ça serait le cas en fait. Il avait du mal à imaginer le méta rouge avoir froid... Pourquoi ça? Peut-être un univers parallèle, un autre monde... Bref, là il ne savait pas trop quoi faire. Il aurait pu lui filer sa veste, mais déjà elle aurait été trop petite, et elle ne lui aurait certainement pas donné plus chaud qu'avant. Bon, avec un peu de chance ça serait pas trop loin... Il entendit Asch prendre une respiration comme pour parler, mais ne le fit pas. Stephan n'était pas trop tenté de marcher dans ce silence, mais c'était mieux qu'une discussion finissant sur un désaccord ou une autre boulette comme ça à cause de son manque de tact. Si le videur voulait parler, il le laisserait commencer une conversation... Sinon ça serait silence, pas la plus dramatique des fins.

Puis finalement Asch se lança. Ah. Hein? Stephan ne put que le regarder d'un air ahuri. Ne pas se souvenir du chemin jusqu'à chez lui? Vraiment? Il prit le téléphone dans ses mains, toujours surpris, figé même, malgré la continuité de son pas. Il était bourré mais quand même! C'était une chose bien étonnante pour la biquette qui avait toujours eu un excellent sens de l'orientation, et devait connaitre les rues à peu près par coeur; au moins celles de la vieille ville. Enfin, il n'allait pas juger quand il avait ses propres problèmes avec nombre d'autres choses. Il trouva l'itinéraire, et se rendit compte qu'il connaissait déjà la rue où Asch habitait, et était déjà certainement passé devant plusieurs fois en visitant la ville lors de sa première année à la Nouvelle Orléans.
Du coup il avait du bol, c'était presque le chemin habituel qu'il prenait pour rentrer; voire le même quand il prenait des détours pour éviter de rentrer trop tôt à son carton. Il hocha la tête et indiqua vaguement la direction, faisant comme s'il suivait le GPS pour ne pas vexer Asch - qu'il connaisse la rue où il habitait alors que lui-même se souvenait mal du chemin... Certes ivre, mais il s'en rappellerait peut-être. Valait mieux mentir alors? Déjà il ne voulait pas qu'on apprenne qu'il vivait sous un pont...

"Ah bah ça tombe bien, je suis pas loin!" dit-il le plus naturellement du monde possible - possible quand on est une biquette incapable de mentir, mais avec un peu de chance Asch ne verrait pas la différence.

Ils avaient marché quelques pas quand Asch dit la phrase la plus inattendue du monde. Hein? Il évita de le regarder, vu que ça n'avait pas dû être une chose facile à dire pour lui. Evidemment s'il s'était arrêté après la première phrases Stephan n'aurait pas eu envie de rire nerveusement. Là pour le coup, ce n'était plus une question de ce qu'il voulait. L'heure où les chiens pissaient sur son carton était déjà passée, il n'avait aucune autre responsabilité à part prendre un minimum soin d'Asch... Et pour qu'il le dise, ça devait VRAIMENT être à un stade critique. Peut-être que son idée de trouver Asch en sécurité dans son lit ne serait pas juste une illusion? Bon qu'on ne prenne pas ça pour un fantasme hein, il voulait juste qu'il soit en lieu sûr avec un seau à côté au cas-où il vomirait à nouveau. Ca n'avait pas l'air d'être le cas mais on savait jamais.
Quand Asch continua à parler, Stephan trouva qu'il avait perdu un peu le fil. Qui s'énervait pour rien et était un gros con? Merde il n'avait pas pensé une seule seconde qu'Asch pouvait avoir un colocataire! Pourtant c'était une chose commune! Ah mais...!
Heureusement que le videur avait un deuxième animal de compagnie, ce qui le ramena sur le bon chemin. Ah, un husky. Donc le "Tarek" précédent devait être un animal aussi? Cool, mais on ne pouvait écarter la possibilité d'un colocataire. Enfin, il ne voyait pas Asch loger avec qui que ce soit, mais on savait jamais.

Finalement il n'avait pas tout compris, mais ce n'était pas dramatique, au contraire, c'était sympa d'apprendre que le méta rouge avait des animaux de compagnie. C'était sympa d'apprendre quelque chose sur lui venant de sa propre bouche et pas d'un tiers parti. Il sourit et ignora le gps pour le moment, il avait repéré la route bien facilement.

"Eh bien écoute ça me ferait plaisir de les rencontrer! J'ai jamais eu de véritable animal de compagnie... J'ai eu un poisson rouge une fois mais il est mort."

Euh, ça sortait d'où ça? C'était un souvenir lointain et inutile, d'autant qu'il n'enrichissait pas franchement la conversation.

"Mais bon," ajouta-t-il avant qu'il ne se mette à rire de lui-même. "j'ai toujours voulu avoir un chien, vu qu'apparemment ces bestioles sont plus tolérantes des chèvres vu qu'elles ont souvent le même genre de comportement."

Mouais, encore pas terrible. Mais au moins ils se rapprochaient de la destination - il devait combler la conversation pour le moment, il se sentait trop ridicule de dire ce genre de choses.

"Mais après je me suis dit que tant que j'ai pas un logement et un emploi stable... Pas qu'être barman c'est pas stable, c'est juste que je pense pas que je ferai ça toute ma vie. Remarque en temps que métamorphe c'est plus facile, on parait jeunes bien plus longtemps. T'imagine un vieux papy qui tient le bar de ce genre d'établissement?"

Maintenant c'était au tour d'Asch d'arriver à suivre la conversation. Pour le coup il était probable qu'il n'y arrive pas. Décidément... Heureusement qu'ils étaient bientôt arrivés, et que c'était Stephan qui tenait les manettes pour les guider! Sinon plus de conversations comme ça et ils mourraient d'ennui ou de rire...
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Lun 26 Sep - 11:03

Asch n'en était pas au stade où il avait envie de soupirer de soulagement, mais craignait qu'une fois de plus, ça se voie sur sa figure, qu'il l'était, soulagé. Son appartement avait l'air d'être sur le chemin du métamorphe chèvre, qui n'allait donc pas se casser à l'improviste. Et par dessus le marché, qu'il ne dérangerait pas outre mesure en le faisant se déplacer dans un sens inadapté. Il hocha la tête en signe d'approbation.

"... Cool..."

Sa voix était à moitié restée coincée dans sa gorge, si bien qu'elle lui avait paru ressembler à un grincement plus qu'à quoique ce soit d'autre. Il toussota jusqu'à ce que le chat dans sa gorge accepte de partir, puis toujours à la recherche d'un sujet de conversation valable, il finit justement par en parler d'un autre. Rouge. Chieur comme pas deux. Bref, Tarek, le félin dont il avait écopé de la charge. Il dériva rapidement sur Alcide, tentant bon gré mal gré d'oublier qu'il venait de proposer à Stephan de venir chez lui. C'était atrocement gênant, si bien que la verve avec laquelle il parlait de ses animaux de compagnie n'était qu'à moitié due à l'alcool, l'autre moitié venant de sa volonté de noyer le poisson,  de faire passer la pilule avec fluidité sans que personne ne bugue sur sa soudaine et inhabituelle hospitalité.

Restait à voir comment le barman réagirait. Si il tiquait, si il lui faisait la moindre remarque indiquant sa surprise ou mettant en avant la sympathie bizarre dont Asch faisait preuve à l'instant, le loup allait probablement s'effondrer, à l'agonie. Nouvelle vague de soulagement intense, donc, lorsque la chèvre lui fournit une réponse positive qui ne laissait rien paraître de l'étrangeté de la situation. Asch se décrispa sensiblement. Une lueur enthousiaste naquit dans ses prunelles claires, comme si l'absence d'embarras l'avait incité à continuer sur la voie du partage. Il avait toujours les mains dans les poches et il leva le nez sur le ciel étoilé, comme pour réfléchir. Il paraissait subitement moins mal luné qu'il n'en donnait l'habitude. Les miracles de l'éthanol et de la solitude.

"Ah... Faut dire c'est rouge. C'est forcément con du coup ça meurt. Comme le chat. Enfin non il est vivant. Et pas que. Mais c'est la faute à ma tante..." J'sais plus ce que je dis bordel..."

Associé à un frisson hagard, un ricanement alcoolisé lui échappa. Il se mit à trembler de plus belle et en vint à croiser les bras une fois supplémentaire pour tenter de se réchauffer. Heureusement que la chèvre était là pour reprendre le flambeau de la discussion, sans quoi cette dernière aurait rapidement sombré dans des manteaux d'incohérence épais dont plus personne n'aurait jamais réussi à les extirper avant que l'alcool ne quitte leur organisme définitivement (... surtout celui d'Asch, certes).

La réflexion apportée par son accompagnateur le laissa pensif, et peut-être aussi un peu perplexe. Les chèvres avaient-elles réellement le même comportement que les chiens ? Un husky, c'était un chien-loup.. Du coup c'était plus ou moins censé avoir des points communs avec son animal totem. Voilà que Stephan chamboulait son monde en lui racontant qu'Alcide pourrait bien avoir plus de points communs avec sa bestiole cornue qu'avec lui. Il fronça les sourcils et grogna d'agacement entre ses dents. Ah, le fourbe. Dire qu'Alcide l'avait presque convaincu de dormir packé avec lui certains soirs où ça allait très mal, chose qu'il n'avait pas faite pour l'unique raison qu'il avait trop peur que sa transformation tourne à l'eau de boudin comme les autres fois où elle avait eu lieu.

"Va dire ça à Alcide... Il essaie de monter une meute dans mon appart, ptetre vous pourrez faire une meute de chèvres alors. Remarque ça m'paraît mieux... Ça explique pourquoi il a bouffé personne, lui, au moins."

Reste qu'il était contrarié, et que ça se voyait sur sa tête. Une meute. C'était sympa, ce concept. Surtout pour quelqu'un qui souffrait de la solitude et de l'isolement autant qu'Asch pouvait le faire ces derniers temps. Il se sentait ridicule, à regretter d'être propulsé au dehors du cocon d'appartenance créé par... par son foutu CHIEN. Et tout ça parce que son totem était un peu trop sauvage sur les bords.

Un lourd soupir lui échappa. Il ne reprit la discussion qu'au vol, loupant donc le moment où Stephan lui avouait ne pas avoir de logement stable. En même temps vu son degré d'alcoolisation, par sûr qu'il aurait compris ni relevé de toute façon. Le métamorphe chèvre le menait vers des réflexions de métamorphe qui restaient fascinantes, pour lui qui venait tout juste de découvrir qu'il en partageait la nature, et qui était trop con pour s'être déjà posé ce genre de questions tout seul. A moins qu'il les ait volontairement évitées...Il haussa les épaules.

"Bah... Y a des papis classes. Pourquoi pas après tout ? Mais j'imagine que t'auras pas à te poser cette question de toute façon."

Il tiqua fortement.

"... Moi non plus d'ailleurs. C'est trop bizarre..."

Ils venaient d'arriver à un croisement. Bouche entrouverte, Asch tenta de reconnaître la rue... Merde. Trop bourré, il n'avait plus aucun repère. Plus rien ne lui paraissait familier. Il allait effectivement falloir que Stephan fasse le GPS.
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Stephan Carter
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Lun 26 Sep - 12:36

Stephan ne commenta pas lorsque la voix de Asch resta coincée dans sa gorge, en faisant une voix légèrement suraigüe le temps d'un instant - un grincement serait la bonne façon de décrire le son. Il ne savait pas si c'était dû à un certain stress ou un surplus d'émotions comme le soulagement... En tous cas il n'allait pas lui demander lequel des deux en était la cause. Il entendit le toussotement mais fit mine de ne pas l'entendre jusqu'à ce qu'il continue la conversation. Parler des animaux avait été un bon début, bien que du coup Stephan n'avait pas été apte à trouver une réponse convenable.
Sa propre réponse à l'invitation de passer chez lui sembla soulager le méta rouge; ouf, une bonne chose déjà. Il constata la détente lorsqu'Asch leva le nez au ciel pour regarder les étoiles, ou le peu qu'on pouvait voir avec les lumières de la ville. La suite le fit sourire. Au moins il avait pu rebondir sur le fait que son poisson avait été rouge. "C'est con et du coup ça meurt". C'était une façon de voir les choses, bien que le rapport à la couleur l'aurait bien fait rire en d'autres circonstances. Le rapport avec son chat le rendit curieux, et il ne pouvait s'empêcher de demander :

"Tu l'as depuis longtemps ce chat? Ca doit pas toujours être facile de s'en occuper s'il a si mauvais caractère."

Le ricanement d'Asch ne lui échappa pas, si bien qu'il tourna sa tête pour le regarder. Ah mince il tremblait encore plus maintenant. Décidément l'effet chauffant de l'alcool ne fonctionnait plus du tout; c'était souvent ça après avoir vomi le contenu de son estomac. Ca lui faisait de la peine mais il ne savait pas quoi faire; valait mieux accélérer le pas peut-être? Arriver plus vite pour être au chaud?

Ah et maintenant il en avait trop dit. Pourquoi grognait-il maintenant? Il n'aurait donc pas aimé le parallèle entre les comportements de chèvres et de chiens? Pourtant il n'y avait rien là-dedans qui devrait l'offenser, si? Il écouta ses mots avec les sourcils froncés. Une meute dans son appart? C'était sympa comme idée, bien qu'il imaginait, en bonne chèvre, qu'il fallait avoir la place pour accueillir plusieurs membres pour former une meute. Une meute de chèvre? Il ne pu s'empêcher de rire légèrement - chose qu'il regretta immédiatement lorsqu'il entendit le reste. "Il a bouffé personne, lui, au moins." Alors là fallait pas qu'il enfonce Asch dans des réflexions négatives, sinon tout ce travail serait pour rien, et il n'avait pas l'intention de laisser le méta rouge se morfondre dans ce genre de pensées... Il ne connaissait toujours trop peu du passé du videur pour savoir de quoi il parlait réellement. Avait-il blessé quelqu'un? C'était possible, surtout quand il pensait à ce que lui avait dit Alice et son histoire de totems destructeurs... Il n'en n'avait pas vraiment cru un mot; chacun ses croyances, mais il y avait de la vérité dans le fait que les comportements de totems prédateurs. Ses cousins en étaient un parfait exemple... Bon valait mieux pas penser à ces gens-là. Du coup maintenant Asch était mécontent, contrarié...

"Les chèvres sont pas du genre à former des meutes, c'est plus réputé qu'une chèvre solitaire se joigne à une meute de chiens en se croyant l'un d'eux et soit acceptée. C'est un peu con les chèvres en fait, ça assume jamais d'être ce que c'est... Ca se voit comme un mouton ou un chien le plus souvent."

Ce qui en disait long sur Stephan au final. Il n'avait jamais assumé son totem, et encore aujourd'hui avait bien du mal à admettre ce qu'il était. Peu de gens étaient au courant, et ça lui allait bien comme ça. Que Précieuse le sache n'aurait pas été dramatique si elle ne lui rappelait pas tout le temps sa nature de biquette... Enfin, ce n'était pas dit méchamment. Il se rappela du temps où il s'était gavé de viande en refusant d'être végétarien comme son animal totem... Chose qui avait mal tournée, évidemment. Il n'avait jamais autant vomi ses trippes, et avait été malade pendant des semaines. Ses parents avaient été tellement inquiets, et c'était pour cette en partie qu'il avait quitté le foyer familial. Il ne supportait pas leur pitié et leur peine à le voir souffrir ainsi; ce n'était pas comme si c'était leur faute qu'il était une bête d'élevage.

Les conversations allaient un peu en dessus-dessous, mais ça ne gênait pas Stephan, qui était même content de ne pas rester fixé sur une seule idée à la fois, au risque de se lamenter lui aussi. Il ne put s'empêcher de sourire à la notion qu'il y avait aussi des papis classes. Il pensa à un vieux vodoun qu'il avait connu comme client dans un bar. Le gars avait été couvert de tatouages, percé de partout avec des bijoux colorés, et demeurait excessivement vif malgré ses 89 ans. Ca ça avait été sa notion de papy classe.

"Ouais... Ne pas vieillir physiquement jusqu'à la fin... Bizarre."

Ses pensées dévièrent jusqu'à ce qu'il vit la nervosité d'Asch alors qu'il regardait autour d'eux. Ouais visiblement il était bien bien perdu le pauvre. De façon à le rassurer, Stephan regarda le GPS et lui indiqua :

"On est pas loin, plus que quelques minutes puis tu seras au chaud!"

Du moins, il l'espérait. Il se demanda subitement comment il allait pouvoir pousser Asch à aller se coucher sans le froisser ou l'agacer. Peut-être qu'il ne voulait pas encore dormir? Le comportement du méta rouge était imprévisible, mais dans tous les cas il lui faudrait être couvert et bien au chaud... Comment faire pour qu'il ne soit pas embarrassé et se braque...? Il y penserait sur le coup. Il fallait maintenant agir le plus naturellement du monde pour ne pas gêner le videur, qui pourrait tout aussi vite s'énerver, et tout cela n'aura été pour rien.
Il guida le pas en silence, plongé dans sa propre réflexion et ne sachant pas trop quoi dire...

"On est dans ta rue là apparemment!"

Aller reste positif, trouve l'adresse, emmène-le au chaud.

"Si j'en crois ton GPS, on y est maintenant!"

Il se tourna vers Asch avec un sourire, espérant qu'il avait ses clefs. Il se demanda subitement si ce ne serait pas plus sage de les lui demander... Non, il fallait que le méta rouge vienne à lui, pas inversement. S'il le poussait trop, ça pourrait mal tourner.
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MessageSujet: Re: Des verres vides et... une biquette ?   Mer 28 Sep - 21:48

C'était marrant quand même, parler. D'habitude il aimait pas trop, souvent parce qu'il n'avait personne à qui parler de toute façon et que de s'exprimer à tort et à travers finissait par lui faire plus de mal qu'autre chose. C'était comme lâcher des bouts de vulnérabilité à tous les vents... Laisser les Autres voir ce qu'il y avait de plus fragile en lui. Ca lui foutait la honte d'une part, et de l'autre, ça lui donnait l'impression d'être en danger. C'était donner des armes à quiconque pourrait avoir envie de le blesser. Sobre, il ne se confiait donc qu'à très peu de personnes. Sa soeur. Cooper. Alice, même si dans ce dernier cas ça n'avait pas super bien fonctionné, et qu'il l'avait amèrement regretté par la suite.

Ivre, maintenant, il déballait sa vie devant Stephan Carter. Le mec qu'il évitait comme la peste dès qu'ils étaient dans le même périmètre, de peur de raviver le souvenir de ce qui avait eu lieu entre eux, qu'il avait bien l'intention d'oublier et de faire oublier autant que possible à tous ceux qui étaient au courant. C'était ça, la magie de l'alcool... On avait beau être éminemment conscient du fait qu'on aurait jamais fait ça en temps normal et qu'on allait être catastrophé en se réveillant le lendemain, on allait quand même jusqu'au bout de la connerie. Et en plus, on s'en foutait. Et en plus on était content. Faire des conneries alcoolisées était une source de bonheur et de chaude euphorie telle qu'un cœur dépressif comme celui d'Asch était incapable de s'en couper volontairement. Ce confort provisoire, c'était comme une source chaude dans laquelle se plonger, alors qu'on évoluait nu dans un désert de glace.

Le métamorphe rouge n'hésita donc pas une seule seconde avant d'ouvrir la bouche. La question posée par le barman était limpide. Pour une fois, il savait exactement ce qu'il allait y répondre, et il était pris d'une folle envie de donner autant de détails que possible. Son cœur s'était mis à battre plus fort, comme sous l'effet d'une vague d'excitation enfantine. Il observait le sol fixement, mais l'air qui déformait son visage à cet instant précis était ce qui, de tout le panel d'expressions qu'il pouvait prendre involontairement, devait le plus se rapprocher du vraisourire demandé par la chèvre plus tôt. Dommage, il était trop bourré pour que ça compte.

"Baaaah justement. L'est à ma tante. C'est pour ça qu'il est rouge et moi aussi. Elle voulait peindre ses murs avec la magie là et ça a pété. Après on était rouge son autre chat a explosé. C'était crade. Du coup j'sais plus ça fait longtemps... L'est tellement chieur qu'elle en pouvait plus. Elle me l'a donné en disant qu'on s'entendrait mieux. Il me faisait pas trop chier avant en vrai, moi. Mais après ma mère m'a fait pété une durite avec un collier magique et boum... Métamorphe. Du coup il est relou maintenant... connard de chat."

La suite de la discussion l'amena à s'inquiéter de sa relation avec son chien, qui tentait depuis que sa nature métamorphe s'était déclarée de le faire rentrer dans sa meute. C'était passablement pathétique car il en venait à être jaloux des chèvres qui hypothétiquement pourraient s'avérer être plus proches de son husky que lui-même, et cela tout en ne le connaissant pas personnellement. Absorbé par ces réflexions aux relents de basse-cour, il tenta malgré tout d'entendre ce que rajoutait Stephan à ce même sujet. Le tout formait un joyeux bordel dans son cerveau qui ne tarda pas à se mélanger dans tous les sens. Des meutes de chèvres... Ou de chiens chèvres qui étaient pas des chiens... Pwah. Ça devenait compliqué. Il se frotta la tempe, dents serrées.

"J'capte plus rien.. C'est comme des chiens ou comme des chèvres du coup ? Attend mais c'en est déjà des... du coup ça peut pas être comme ce que c'est... Oh ptain ça me file la gerbe ce truc..."

Car il n'avait bien évidemment aucune autre raison plus probable d'avoir envie de vomir. Ce n'était pas comme si il avait bu en un très court intervalle de temps, une quantité d'alcool normalement capable de tuer un homme.

"Ça assume jamais d'être ce que c'est..?"

La phrase lui parlait sans qu'il ne sache trop pourquoi. Il fronça les sourcils en observant le ciel, nébuleusement et nauséesquement mélancolique. Certain sans savoir se l'expliquer qu'il avait tout intérêt à faire attention à ce qu'il racontait lorsqu'on s'approchait de ce genre de sujets. Ptetre était-ce simplement que certains loups de sa connaissance s'assumaient mal aussi... Enfin. C'est pas comme si il avait pas essayé, hein. Mais bouffer quelqu'un en plein milieu de sa phase d'initiation n'avait pas foncièrement aidé à ce qu'il accepte ce côté animal, obtenu d'un géniteur violeur qu'il haïssait par principe et dont l'héritage lui donnait l'impression de n'être qu'une chiure dans le paysage. Il se sentait dégueulasse de naissance. Il frissonna, et ce n'était pas le froid.

Que le sujet dérive sur les papis classe et l'absence d'âge physique des métamorphes fut donc salutaire, comme le videur n'avait pas été loin de se casser le moral tout seul en laissant son esprit partir trop loin. Il était plutôt content de n'être pas le seul à trouver ça bizarre, de rester jeune jusqu'au moment de clamser de non-vieillesse. Il imaginait que Stephan devait savoir qu'il faisait partie de cette catégorie d'outres depuis plus longtemps que lui, et il était donc rassurant de voir que, malgré tout, il était encore capable de s'en étonner.

Mais ils étaient paumés... Enfin non. Asch était paumé. Ce n'était par chance pas le cas de son collègue, qui se mit pour de bon à jouer le rôle d'un GPS sur pattes. Asch renifla, agacé de ne rien reconnaître de ce qui l'entourait. Il n'en avait pas pris compte jusqu'à présent mais c'était quand même passablement humiliant, d'être incapable de rentrer chez lui tout seul.

"... Jme paume pas quand j'ai pas bu... Ou quand j'ai un peu bu... Mais là y a tout qui bouge et tout..."

Et ses bras se décroisèrent pour une fois de plus venir fourrer leurs mains dans ses poches. Son visage cachait son embarras sous une moue renfrognée trop éthanolée pour être aussi crédible que généralement. Nerveux, il sortit une cigarette et constata avec soulagement qu'il était encore capable d'activer son briquet sans foirer l'allumage. Ce qui était tout de même un exploit non négligeable lorsqu'on voyait ses tremblements qui n'allaient pas en s'arrangeant.

Il fit quelques pas de trop, ne captant qu'avec une grosse latence l'information fournie par Stephan comme quoi ils étaient arrivés. Il se tourna vers la porte du voisin et ne reconnut pas son immeuble.

"Euh..."

Un, deux, trois, quatre... Cinq secondes, avant qu'il ne tourne de quelques degrés sur la gauche et reconnaisse la porte du hall d'entrée.

"Ah."

Il fouilla sa poche à la recherche des clés. Elles étaient là, mais lorsqu'il chercha à ouvrir le loquet, il eut l'initiative pour le moins foireuse de glisser dans la serrure à l'ancienne la clé plate, minuscule, de sa boîte aux lettres. Le gabarit n'était absolument pas adéquat et sans surprise, il ne parvint qu'à avoir l'air idiot. Il observait sans comprendre sa main tourner sans que rien ne se passe.

"Hmm.. ? C'pas la bonne porte ?"
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Des verres vides et... une biquette ?

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