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 Un endroit vraiment très peu convenable.

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Esteban Luz-Descalzo
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MessageSujet: Un endroit vraiment très peu convenable.   Jeu 25 Fév - 18:33

Esteban se retint de crier quand il sentit qu'on lui prenait l'épaule. Un frisson le secoua et il fut incapable d'empêcher le vampire de le faire tourner. De toute façon il l'aurait sûrement laissée faire. D'accord, il avait retrouvé sa langue et se sentait de contrarier un peu les plans de la femme vampire en s'exprimant contre, mais il n'avait pas oublié qu'elle lui avait pointé un revolver contre l'arrière de la tête quelques minutes plus tôt et il n'avait vraiment aucune envie de lui donner celle de recommencer. Perturbé, il faillit tomber par terre. La peur que lui inspirait l'outre reflua rapidement au profit d'un autre souci qui enflait, et qui n'allait pas tarder à devenir encore plus embêtant que cette compagnie inopportune. Ses yeux se révulsèrent brièvement. Il amena l'une de ses manches contre son nez et sa bouche afin de bloquer les odeurs extérieures. Certes ses vêtements ne sentaient pas la rose après une journée entière passée dans une poubelle, mais c'était mieux que de prendre de grandes gorgées de cette effluve d'hémoglobine tentante qu'il avait à deux pas de lui et face à laquelle son interlocutrice l'avait remis, volontairement ou non. Si il avait souhaité cacher le malaise grandissant que lui procurait cette soif impie, c'était raté. Il avait l'air aussi frais qu'un poisson qui aurait attendu dix jours sur un étal. Tant bien que mal il tenta de se concentrer sur ce qu'elle était en train de lui dire.

Fiston. Elle l'avait appelé fiston. Mais pour qui se prenait-elle ? Un éclat de rébellion passa dans ses yeux mais mourut aussitôt. Il était trop mal pour se récrier. Lorsqu'elle lui annonça qu'il aurait dû être content d'être tombé sur elle et pas sur quelqu'un de plus dangereux, ses yeux tournèrent comiquement sur la victime au sol. Ils revinrent bien vite au vampire qui n'en avait pas fini avec lui.

"Ou pire, un humain."

Il accusa le coup. Une douleur criante naquit dans les prunelles claires. Il baissa les yeux et se laissa retourner une fois de plus, touché plus qu'il n'aurait voulu l'admettre. Elle venait d'énoncer clairement qu'il n'était plus humain et que les fameux humains pouvaient potentiellement être devenus ses pires ennemis. Il en savait suffisamment sur le TPH pour savoir que c'était vrai, mais c'était une réalisation qu'il aurait préférée ne pas avoir avant un bon moment. Il ne voulait pas admettre qu'il était passé dans l'autre camp et d'ailleurs, ça n'avait jamais été son intention. Si seulement il avait pu rejoindre son appartement... Si seulement il avait pu s'y enfermer. La soif de sang n'aurait plus été un problème là-haut et autant que possible il aurait pu rester éloigné de ces luttes d'influences auxquelles, si il ne pouvait plus faire partie du camp des humains, il ne voulait pas participer. Après tout ça ne durerait que le temps du procès... Ensuite de ça, il se suiciderait. Il pouvait bien tenir quelques mois sans se laisser corrompre plus que ce n'était déjà fait, n'est-ce pas ?

Il comprit que le vampire n'allait rien faire pour sauver sa victime et il paniqua légèrement. Il n'était vraiment pas en état de penser droit et encore moins de réfléchir calmement à ce qu'il aurait dû faire. Le téléphone dans sa poche le brûlait presque. Il voulut en approcher la main : tant pis pour la discrétion, il n'aurait moralement pas supporté de laisser quelqu'un agoniser par terre juste parce qu'il avait préféré se protéger que de le sauver. Néanmoins il n'eut pas le temps d'aller jusqu'au bout de son geste car la femme vampire était en train d'ouvrir une bouche d’égouts, sans prendre en compte ses plaintes précédentes. Il écarquilla les yeux et se tourna vers elle, désarmé.

"Qu.. Qu'est-ce que vous faites ! Je vous ai dit qu..."

Sa voix mourut lorsqu'il vit qu'elle avait à nouveau sortit le pistolet. Il avala sa salive, non sans fixer l'objet, hagard. Allait-elle finir par vraiment l'utiliser ? Non parce qu'un coup était vite parti... Et elle semblait bien prompte à vouloir le menacer avec. Ses yeux suppliants cherchèrent ceux de sa "kidnappeuse". "Pitié, pas les égouts", semblaient-ils vouloir dire. Mais c'était trop tard et avant qu'il comprenne ce qui lui arrivait, une force le poussait en avant. Il trébucha... Et n'eut bientôt plus rien sous ses pieds.

"AAAAAA..ie."

Il était encore tombé la tête la première et contre le sol fort peu ragoutant des égouts, c'était clairement pire que sur le pavé. Ecoeuré, il s'essuya le visage avec sa manche, non sans se dire dans un coin de sa tête que c'était probablement une des choses les moins convenables qu'il avait jamais fait de sa vie. La douleur reflua, il cessa rapidement de saigner. C'était monstrueux. Une blessure pareille l'aurait facilement conduit à l'hôpital si il avait encore été humain. Esteban leva la tête. Il faisait sombre et il était franchement effrayé. La vampire n'était pas encore descendue et il se rendit compte qu'il aurait pu en profiter pour fuir, mais quelque chose le retenait. N'allait-il pas rencontrer d'autres créatures effrayantes dans ces égouts ? Et qu'allait-il faire si il se perdait ? Non... Il était pieds et poings liés, il fallait qu'il se laisse guider. L'odeur lui fit froncer le nez. Même après une journée dans un container puant, il n'était pas capable de supporter les égouts sans ciller. Cela dit il était hors de question qu'il bloque sa respiration. Les larmes aux yeux, il se rendit compte qu'il n'arrivait pas à se relever. Il tremblait. Il n'en pouvait psychologiquement plus. Son esprit frôla les souvenirs de la veille mais les repoussa bien vite, bien loin. Ses yeux se firent opaques et il tenta de réguler sa respiration trop large pour éloigner la crise de panique qui le guettait. Si il pensait à sa mère maintenant, à tout ce qu'il avait perdu en moins de vingt-quatre heures.. Il n'allait pas être capable de continuer. Et il ne pouvait pas se permettre de ne pas être capable de continuer.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Sam 5 Mar - 22:27

“Je hais mon boulot” se disait-elle en refermant le couvercle après s’être faufilé. Le groupe n’était plus si loin et rien ne disait qu’ils allaient passer par là, mais c’était une situation d’urgence et il fallait prendre toutes les précautions. Difficile à dire si le jeune garçon le comprenait. D’ailleurs, il était toujours là; ça va, il commençait à apprendre. Il était inutile d’essayer de fuir dans les égouts, Bess saurait le retrouver. Sûrement apeuré dans un trou, recroquevillé sur soi. Comme une chenille. Elle regarda à droite et à gauche et tout ce qu’elle voyait était de la crasse, le long tunnel et les entrées et sorties diverses bien plus loin; il fallait impérativement sortir du centre-ville. Il y avait aussi des chances à ce que le BIAS fouille les égouts, de ce fait s’ils arrivaient à aller jusqu’aux limites de la ville ça serait bien.
Bess posa son regard sur Esteban, qu’elle le veuille ou non, elle sentait une once de peine pour lui, mais l’exprimer serait inutile ou même rejeté. Sûrement parce qu’elle ignora ses requêtes à propos de l’homme au sol. Ou les égouts.

- Il faut qu’on sorte de la ville, nous allons passer par le dessous du centre-ville, la rue principale et si tout va bien nous serons aux périphéries. - le pistolet en main elle pointa vers la droite pour qu’ils y aillent. - Tiens-toi près de moi, tu ne veux pas glisser et te salir. Ça serait triste.

Heh, triste… La situation était déjà assez triste. On lui avait posé un lapin, elle fut agressée, elle avait loupée la possibilité imminente de manger un metamorphe et maintenant il fallait éviter un scandale « inter-espèce ». Elle commença à avancer et s’attendait à ce qu’il la suive pas pour pas, ou du moins qu’il se tienne près d’elle. Il avait beau la détester, elle ne le blâmait pas autant. C’était neuf, s’il n’allait jamais s’y habituer il sera une autre statistique dans le cadre du suicide vampire. Le plus important serait de le convaincre qu’il peut continuer sa vie comme d’habitude, sauf qu’il y avait des restrictions au niveau de la lumière du jour et de sa diététique…Oh la diététique, il avait l’air affamé. Il faudrait peut-être lui dire maintenant ? Non, il n’est pas con. Il sait ce qu’il doit manger, c’est maintenant dans sa nature, il va sentir le sang comme les humains sentent un McDo à 3 kilomètres. Il pourra survivre, certes, mais il sera qu’un mollusque sans force. Des animaux peut-être? Sauf s’il est végétarien…Urgh. Parlant d’animaux, un petit groupe de rats venait tout juste de sortir d’un trou et se faufiler entre les pieds de la vamp, passant tout juste près du jeune Werther.

- Ne sois pas perturbé par les rongeurs ou tu vas te ramasser. Ce n’est que du fast food avec des pattes. – elle sourit en coin, se demandant entre temps s’il allait être perturbé par la comparaison.

Oh manger du rat, ces souvenirs d’antan quand elle devait rester cachée dans les égouts pour une mission. Plus jamais. Maintenant c’était aux petits nouveaux d’avoir cette magnifique expérience. Elle n’allait pas lui donner la nouvelle maintenant, c’était un peu trop tôt et il semblait déjà assez traumatisé par les événements. Son entrée n’a pas été des plus calmes et posées, il n’allait surement pas lui faire confiance dès le départ, peut-être même jamais… Cependant, si elle arrivait à le convaincre de l’aider elle ferait en sorte de le lui récompenser. Le garder pour elle serait un atout.
Juste pour voir, elle prit une grande inspiration. L’odeur était absolument putride, ce mélange de toilettes, déchets de cuisine et autres lui donnaient envie de vomir. Est-ce qu’il était vraiment en train de respirer comme le ferait normalement un humain? Ce genre d’habitude était dur à réprimer, mais si l’on sait qu’on a la possibilité de ne pas respirer certaines choses… Bah !

- Ne me dis pas que tu respires cette crasse? Pour l’amour du ciel, rien que pour t’épargner une moindre chose comme cette odeur tu pourrais te retenir, faut arrêter de se martyriser comme ça, voyons !

Son ton était ferme, mais elle se retint de continuer pour le moment. Elle n’était pas sa mère et heureusement... Pour différentes raisons d’ailleurs.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Dim 6 Mar - 11:59

Esteban dut cligner des yeux plusieurs fois pour tenter de sortir de cette torpeur handicapante qui l'avait pris suite aux assauts répétés de Détresse et Panique. Il se sentait enfermé dans son propre corps, retranché dans un tout petit bout de cerveau depuis lequel il assistait à la situation. La femme vampire était désormais à côté de lui et elle lui parlait. Il se fit violence pour tenter de se concentrer sur ses mots, conscient qu'elle ne lui répéterait peut-être pas les instructions deux fois. Pourquoi aurait-elle été charitable avec lui, après tout ce qui venait d'arriver ?

Mais ça n'allait pas être bien compliqué. Il allait simplement devoir la suivre et elle le mènerait quelque part, à la sortie... Il ne savait pas trop où, à l'extérieur de la ville. Peu lui importait, vraiment. Le seul endroit où iul aurait voulu aller était de toute façon son nouvel appartement, et il apparaissait qu'il ne pourrait pas le rejoindre tout de suite. Puis il était déjà en train de respirer l'air putréfié des égouts. Là où ils iraient ça ne pourrait pas être pire. Et il n'avait même plus besoin de craindre pour sa vie. Que demandait le peuple, vraiment ?

L'ironie mordante ne dépassa par la périphérie de son esprit mais elle contribua à lui faire retrouver un minimum de sang froid. Ses jambes cotonneuses acceptèrent de le porter provisoirement bien qu'il aurait aimé pouvoir s'accrocher à quelque chose pour être certain de ne pas tomber. Les murs de cet endroit horrible ? Hors de question. Sa compagne de voyage ? Encore moins, et de toute façon elle n'aurait probablement pas accepté qu'il salisse ses vêtements en pesant les souillures des siens dessus. Lui-même était plutôt réfractaire à cette idée : même de facture modeste, il était impensable de tâcher volontairement et peut-être irrémédiablement un trench coat lorsqu'on pouvait faire autrement. Esteban ne serait pas l'instigateur d'un crime pareil ! Il devrait marcher seul, donc. Un ricanement ironique lui échappa. Un cynisme dangereux et qu'il ne se connaissait pas lançait des assauts contre son mental. Il essayait de l'envahir, et le laisser faire était tentant. Ca aurait fait moins mal et ça aurait été moins difficile. Cette pensée autant que ce qu'il expérimentait l'effraya : était-ce comme ça que tous les vampires devenaient ces monstres dont il avait assisté aux méfaits ?

"Je suis déjà recouvert d'immondices... Un peu plus un peu moins..."

Par contre, l'odeur était vraiment gênante. Il n'était pas certain de réussir à la supporter plus d'une dizaine de minutes. Il fit de son mieux pour localiser un morceau de sa manche qui était encore propre et non sans grimacer, couvrit son nez et sa bouche avec le tissu afin d'avancer sans quitter le couvert de son masque à gaz de fortune. C'était déjà mieux... Il pouvait maintenant ignorer le fumet pernicieux, même si il lui fallait tout de même faire quelques efforts d'imagination pour cela. Et en parlant d'imagination, la comparaison des rats avec un fast-food ambulant fit monter en lui ce qui ressemblait à une envie de vomir. A moins que ce soit juste le souvenir de ce qu'était une envie de vomir ? Dans tous les cas ses yeux hagards tombèrent sur les rats en cavale et il les ouvrit grand, juste avant d'esquisser une grimace réprobatrice.

"Quelle horreur..."

Bien que toujours masqué par la manche salvatrice, le visage du jeune homme prit l'une de ces expression snobinardes dont seul lui et sa mère avaient le secret. Il se redressa plus droit qu'il ne l'avait été durant les dernières heures et rappela par cette posture son rang à... l'éminente... population des égouts. Il ne boirait pas de sang, il l'avait déjà décidé depuis longtemps. Mais si il y avait quelque chose qu'il ne goûterait pas, et encore moins que du sang humain... C'était les fluides grossiers de ces animaux vagabond, dégoûtants. Certes, Esteban était ouvert aux expériences inhabituelles : il avait pris un studio à la fac pour tenter de s'intégrer à la population estudiantine et de voir ce que c'était d'être un étudiant "normal". Il avait été ravi d'assister à une soirée folklorique organisée sur le campus et avait même posé des yeux curieux sur le contenu d'un gobelet en plastique rempli de bière bon marché. Mais il y avait des limites ! Les siennes avaient été depuis longtemps atteintes, et ça n'allait pas en s'arrangeant. Et en parlant de ça, voilà que sa voisine s'étonnait qu'il respire l'air malsain des égouts. Mais ne lui avait-il pas dit qu'il était hors de question qu'il retienne sa respiration ? Eh bien il avait été évidemment sérieux ! Agacé, il tapa du pied par terre.

"Plutôt que de commenter ce que je fais ou non, pressez le pas je vous prie ! Comme ça, je n'aurai pas besoin de supporter ces effluves plus longtemps que nécessaire."

Que nécessaire, oui. Et si elle osait lui répéter que ce n'était en rien nécessaire, pour des raisons qu'il avait décidé d'ignorer, alors il lui répondrait avec son plus beau regard noir. Un claquement sec se fit entendre dans un croisement qu'ils allaient bientôt atteindre. Esteban poussa un cri de souris et enclencha la vitesse vampire : il se retrouva sans transition caché derrière son guide. Il... faudrait vraiment qu'il apprenne à contrôler ses élans car cette rapidité impie était vraiment fort peu convenable. Mais pour le moment, ce qui l'inquiétait, c'était surtout de savoir ce qui avait fait ce bruit.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Mer 9 Mar - 15:56

Oh il semblait devenir apathique! A-t-il finalement perdu interet a tout ce qui l’entoure? S’est-il resigne a suivre la Tutrice sans chercher a lui compliquer la non-vie? Ou est-ce qu’il a vraiment ecoutee la brune et s’est pris par les miches pour finalement agir comme l’homme qu’il etait (ou du moins devait l’etre?). Quoi qu’il en soit, Bess se demandait a quel point la vampirisation pouvait jouer avec la psyche des gens et leur sens du bien ou du mal. La vampire de plus de 300 ans savait tres bien ce qui etait bon ou mauvais, mais en soi, elle s’en foutait un peu et se tenait surtout a ce qui etait important pour elle. Bon, il est vrai qu’elle aime bien qu’on lui cherche les noises, parce qu’elle n’avait jamais assez de conflits physiques et qu’elle s’ennuyait a en crever. A present, son existence avait la possibilite de changer, ce garcon pouvait l’ouvrir. Quelque chose lui disait qu’elle ne voulait pas qu’il termine en psychopathe, elle avait deja Esmera qui n’etait pas tres bien dans la tete (en soi, ce n’etait pas etonnant avec ce qu’elle avait vecu), mais que le jeune heritier Luz-Descalzo disjoncte… Elle se retint de rire a sa replique, il avait du mal avec toute les “atrocites” du monde souterrain, car comment un petit bourgeois pouvait trainer les egouts? Quoique, les atrocités étaient pires à l’époque.

- Fait pas cette tete-la - dit-elle sans meme le regarder, mais elle pouvait que se douter de sa tete vu la maniere dont il a repondu, son ton etait un peu plus neutre, moins ordonnant - tu survivra si tu es attentif à ce que je t’apprendrai - elle tourna sa tête brièvement de profil afin de le voir se côté - et ca ce n’est pas négociable.

Il n’y avait pas beaucoup à dire. Bien entendu qu’il allait survivre, il avait peut-être besoin d’un moment de réflexion, mais dans son état la réflexion serait surtout “je veux rester cacher et me laisser pourrir”.
Il voulait respirer l’air putride des égouts? “À ta guise” dit-elle. Bess n’allait pas insister, mais elle savait qu’ils étaient encore loin de la sortie; la vamp voulait le lui rétorquer quelque chose quand soudain elle eut vent du claquement aussi. Au même moment que le garçon s’est mit derrière elle à la vitesse grand V, elle souleva sa main qui tenait le pistolet chargé tout en essayant de bien couvrir la présence d’Esteban avec son trench coat. Il n’y avait pas assez de place pour manoeuvrer, mais aussi pour contourner l’obstacle s’il y en avait un. Soit elle devait faire face et risquer la vie du héritier Méxicain, soit ils pouvaient faire très vite demi-tour et fuir en utilisant leur vitesse surhumaine. Pour le moment il n’y avait encore rien, mais le son du claquement ressemblait énormément au clic d’une arme à feu, si un membre du BIAS traînait les égouts, il y en aurait encore plus. La merde totale.

- Tant que je suis là tu n’as pas vraiment à craindre - murmura-t-elle, presque en sentant l’adrénaline monter à sa tempe - mais si ça dégénère, tu fais demi-tour et tu cours aussi vite que tu peux, je serais derrière à te guider.

Soudain des pas se firent entendre de l’autre côté du long couloir. Elle NE s’attendait pas à voir qui que ça spot, mais soudain une voix se fit entendre de l’autre côté. Une voix qui hérissa le poil de la Tutrice.

- Habibi, tu m’as si vite remplacé? - l’accent Égyptien se fit entendre, un peu decu - Pour un des tiens, en plus.

Merde. Merde, merde, merde. Elle savait très bien où son “copain occasionnel” travaillait. Même qu’elle savait quel genre de métamorphe il était. Ce désavantage la fit reculer un peu, sans trop bousculer le garçon derrière elle. Aucune chance de contourner l’obstacle, ni de nager dans la crasse. Bess ne voulait pas tirer sur lui, après tout il y avait toujours des chances à ce qu’ils se voient une fois de plus… mais savait-il qu’elle était en possession de sa “promotion”? Elle espérait que non. Ils étaient en pleine saison des amours, elle pouvait le provoquer afin de gagner un peu plus de temps à fuir en faisant demi-tour… ou risquer de tout perdre. Flûte, elle n’en avait que faire.

- Aux moins ceux dans les égouts ne posent pas de lapins. Et toi, tu cherches ton père ou bien ta mère ici?

Le silence était glacial, puis soudain elle entendit le pistolet dans la main du métamorphe tomber et le rugissement de l’homme fut bestial. Bess savait très bien ce que ça voulait dire, surtout quand elle vit un semblant de queue se former, qui dépassait le mur où il se cachait. Brusquement elle se tourna et retourna rapidement le jeune garçon par les epaule, le pistolet ayant pratiquement éffleuré sa joue pour qu’il commence la course. Tout en crescendo.

- … cours, cours, COURS! - puis trés bas afin que personne d’autre qu’Esteban ne l’entende - Troisième à droite, tout droit puis… deuxième à gauche. Ne te retourne pas!
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Mer 9 Mar - 20:17

En plus d'être une criminelle et une outre - ce qui était certes plus ou moins synonyme - cette femme n'allait pas tarder de lui renvoyer l'image d'une rustre sans manières. Le jeune homme considérait qu'il avait encore le droit de faire toute les têtes qu'il voulait, et celle qu'il arborait à l'heure actuelle lui paraissait particulièrement bien adaptée à la situation. Quand allait t-elle cesser de lui faire des propositions ignobles ? Les égouts, et maintenant les rats !

Ses lèvres se pincèrent fermement. Voilà qu'elle se remettait à lui faire la morale ! Esteban était bien persuadé qu'il n'avait pas besoin d'elle pour survivre, sachant qu'il n'avait de toute façon aucune intention de survivre bien longtemps. Se terrer en hauteur dans un appartement à proximité duquel personne n'habitait et où les odeurs d'hémoglobine tentatrices ne l'atteindraient pas... C'était tout ce dont il avait besoin. Il était suffisamment grand pour se cacher du soleil tout seul ! Il n'avait pas besoin d'une baby-sitter et pire encore, il répugnait à écouter les fameuses leçons qu'elle lui promettait. Il y voyait là une forme inacceptable de corruption. Il aurait préféré rester aussi ignorant et innocent que possible, ne serait-ce que pour réussir à garder cette once de dignité dont il aurait très certainement besoin pour ne pas succomber à la tentation de mettre fin à ses jours avant la fin du procès.

Esteban ne répondit pas. Il n'était pas entièrement idiot et il avait compris qu'elle ne tolérerait pas de refus. Quitte à refuser donc, mieux valait le faire en silence. Qu'elle pense donc qu'il l'écoutait ! Si elle baissait suffisamment sa garde, il finirait peut-être par réussir à lui échapper une fois qu'ils seraient sortis de ces souterrains infects. Elle n'insista pas plus pour qu'il cesse de respirer et Esteban en fut fort aise. Il opina fermement, afin d'exprimer l'intensité avec laquelle il espérait qu'elle s'en tienne à cette conclusion là. C'était son choix et cette inconnue n'avait pas voix au chapitre.

Esteban avait espéré que ce séjour au bord des rivières de déjections de la ville ne serait que très court, mais il fallait évidemment que quelque chose n'aille pas et contrarie leurs plans (ainsi que leur rapide échappée). Le claquement lui avait fait peur et il s'était caché derrière son guide qui, pour une fois, semblait être sur la même longueur d'onde que lui. Il se fit aussi petit que possible derrière le trench coat généreusement proposé comme cachette et alla jusqu'à se mordre la lèvre afin d'être sûr de n'émettre aucun son malheureux. Comme on s'y serait attendu de sa part, il avait oublié qu'il disposait maintenant d'une paire de crocs acérés, si bien qu'il se perça la peau accidentellement et émit un cri de douleur qu'il étouffa aussitôt dans sa main, les yeux plissés tant il les fermait fort. Quel idiot il faisait ! Au temps pour la discrétion.

Le son d'un révolver qu'on armait retentit. Un frisson d'effroi glissa dans le dos du jeune vampire, qui crut un instant qu'il allait défaillir. Sa main livide agrippa le manteau de sa compagne forcée comme pour crier à l'aide. Il se retint d'ailleurs de lui hurler dessus afin d'exiger qu'elle lui dise ce qu'elle voyait. Seulement il était plus important qu'il efface sa présence. Il ne voulait pas être retrouvé, et encore moins dans cette situation humiliante. Une odeur peu ordinaire chatouilla ses narines et il se rendit compte qu'elle ressemblait à celle qu'émettait le prétendu frère d'Erin. Encore un outre ? Était-il donc condamné à ne faire plus qu'en rencontrer dorénavant, et dès qu'il poserait le pied hors de chez lui ?

- Habibi, tu m’as si vite remplacé? - l’accent Égyptien se fit entendre, un peu déçu - Pour un des tiens, en plus.

Il eut l'impression de geler sur place, tant cette voix ainsi que la réplique qu'elle avait charriée lui déplaisaient. Habi.. quoi ? La femme vampire semblait connaître cette créature. Créature qui l'avait injustement rangé dans la même catégorie que la sangsue.

"... Je ne suis pas... !"

Le reste des mots ne franchit pas sa bouche. D'ailleurs, il n'aurait même pas dû commencer. C'était parfaitement incompatible avec la façon dont il s'évertuait à cacher sa présence et son identité. Il se traita silencieusement d'idiot, s'affubla une multitude de noms d'oiseau, et porta les mains à ses tempes pour appuyer dessus, et frotter, au bord de faire une nouvelle crise de panique. Non. Il ne faisait pas partie des "siens" de cette meurtrière, de cette tortionnaire. Non ! Il avait peut-être le corps d'un vampire mais il refuserait toujours d'être affilié à eux. Il lui était insupportable qu'on le traite comme un membre à part entière de cette... vermine... démoniaque !

Subitement il y eut un rugissement animal et la mâchoire d'Esteban tomba. Il sentit que son corps se figeait. Un mot se forma dans son esprit : métamorphe. Ses pensées, au bord de l'incohérence, se remirent à dériver à des endroits inattendus. C'était ce que sentait le sang de métamorphe. Le frère d'Erin était un métamorphe. Son estomac vide se souleva, révolté par cette idée déplaisante. Puis il se souvint qu'il était en danger, et la réaction de sa protectrice acheva de le paniquer. Elle lui disait de courir lorsque ses jambes, paralysées par la torpeur, ne répondaient plus.

"J.. J... H..."

Visiblement il avait aussi perdu la faculté de parole. Il cligna des yeux à plusieurs reprises et se mit à respirer de plus en plus fort, jusqu'à ce qu'enfin un déclic se fasse et qu'il retrouve l'usage de son corps tétanisé. Il y eut un coup de vent, une ombre aussi légère qu'un nuage, puis plus rien.

Troisième à droite. Ensuite, qu'avait-elle dit ? Bigre ! Ses jambes allaient si vite que son esprit n'arrivait plus à suivre, à moins que cela soit juste parce qu'il n'arrivait plus à se tirer de la tête le hurlement terrifiant que leur agresseur avait poussé juste avant qu'il s'en aille. Tout droit ? Et ensuite quoi... Troisième à gauche ? Faisait-il erreur ?

Inconscient d'avoir été un tunnel trop loin, il s'arrêta dans un tube sombre particulièrement effrayant à son goût. D'un autre côté, tous les recoins des souterrains lui auraient paru particulièrement effrayants tandis qu'il était obligé de les parcourir seul. Il faisait nuit noire. Même un vampire n'y voyait goutte au delà de quelques mètres. Il n'y avait pas l'ombre d'une échelle vers l'extérieur, sans quoi il en aurait profité pour s'enfuir. Une petite rivière "boueuse" coulait en cliquetis aquatiques depuis le sommet d'une minuscule cascade, produite par un dénivelé brutal. Elle produisait des éclats de lumière glaçants. Il avait l'impression d'entendre quelqu'un bouger au travers des glouglous dégoûtants. Diable, il respirait trop fort, c'était insupportable. Il cacha sa bouche et son nez de plus belle tandis qu'il s'appuyait contre la paroi humide en faisant de son mieux pour ignorer ce qui pouvait la recouvrir. Il se sentait plus en sécurité lorsqu'il longeait le mur. Un regard à gauche, à droite. Il remarqua une ouverture, et ce qui ressemblait à une petite salle isolée. Persuadé que la femme vampire finirait par le retrouver, il s'y glissa. Restait à espérer que le métamorphe ne la tue pas et que ça ne soit pas lui qui lui tombe dessus plutôt qu'elle... Au moins ici, c'était clos, c'était petit, et il saurait tout de suite si il était seul ou non, il lui suffirait de surveiller l'entrée.

Esteban essayait de ne penser à rien. C'était une fois de plus nécessaire pour qu'il parvienne à garder une once de sang-froid, dont il avait besoin pour rester discret d'une part, et ne pas devenir fou de l'autre. Il s'adossa au mur (un peu) plus propre de sa cachette et se laissa glisser par terre.  Il posa ses bras croisés sur ses genoux et perdit son visage dans ce cocon faussement protecteur. Il tenta de calmer ses tremblements. Puis il se mit à attendre qu'on vienne le chercher... Qu'aurait-il pu faire d'autre ? Il n'était pas de taille à affronter des métamorphes, lui. Il ne prit même pas la peine de tendre l'oreille pour essayer de capter des bribes de l'éventuel affrontement. Il était fatigué. Il en avait marre. Il voulait sortir d'ici. Un sanglot unique déchira sa gorge.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Sam 12 Mar - 13:19

Le môme faisait trop de bruit. Le métamorphe a dû remarquer qu’elle cachait quelque chose, sauf qu’il ne pouvait voir correctement ce qu’elle cachait derrière son trench-coat. Il était tout petit, mais qu’est-ce qu’il gémissait... Elle avait parlée au-dessus de sa voix, les chances étaient qu’il avait entendu une voix masculine derrière elle, ce qui pouvait provoquer a sa jalousie… Mais rire de la famille de l’Egyptien…Bref, il était en pleine transformation partielle, mais les chances étaient qu’il allait entièrement prendre sa forme de croco, pour l’instant cela jouait à leur avantage, elle connaissait son ‘amant’, il essayait de se contrôler comme il pouvait à chaque fois et cette fois n’était pas diffèrent.

- AVANCE !

Hurla-t-elle quand il gémit et finalement il s’était mis à courir et elle derrière lui, le couloir était long, et au moment où ils avaient tourné à la troisième droite elle entendit un éclaboussement d’eau très lourd, il n’allait pas prendre trop de temps a les rattraper a sa vitesse maximale et il aurait fallu trouver une planque au plus vite et loin des narines du crocodile du Nil. Quand elle tourna à droite elle remarqua qu’il continuait tout droit comme un con, elle allait s’arrêter et le suivre, mais elle vit le croco un peu plus loin continuer la course et elle n’avait pas d’autre choix que de continuer comme elle devait. Ayant perdu son petit initié, Bess poussa un juron bien immonde, bien comme il fallait et très british et elle réfléchissait a comment elle allait le trouver dans cette purée. Pour l’instant elle devait perdre le reptile qui la poursuivait, elle, sans poursuivre le jeune garçon. Bien évidemment qu’il avait une dent contre elle avec le commentaire qu’elle lui avait fait. On n’insulte pas les familles Egyptiennes comme ça.
Furieuse, elle trouva un tout petit passage au bout de ce tunnel par lequel elle pouvait se faufiler et dans lequel elle pourrait potentiellement coincer le metamorphe. Toujours à la vitesse vampire, elle arriva à une distance idéale pour se laisser tomber et glisser sur la crasse afin de s’infiltrer dans l’ouverture. Son trench-coat a failli y passer avec les dents du croco qui n’ont qu’arrachés un bout de ses cheveux. Furieuse, elle pointa son pistolet droit dans le museau coincé de celui-ci, mais s’arrêta net avant d’appuyer sur la gâchette. La Tutrice ne voulait pas laisser plus de corps qu’elle ne devait, surtout pas un corps de la BIAS ; il ne savait pas ce qu’elle cachait. C’aurait pu être un amant comme tout le monde et elle saurait trouver n’importe qui pour jouer ce rôle s’il le fallait. Esteban, ce con, a du se terrer quelque part… Elle l’espérait, sans elle il allait errer les tunnels et se perdre et ayant déjà vu la chance du jeune garçon, s’il essayait de sortir par une des bouches dans les alentours il allait soi se prendre le couvercle dans la gueule ou, pire, se retrouver dans le quartier général du BIAS. Dieu l’en protège.

De l’autre cote elle fit face à un autre tunnel. Il fallait qu’elle retrouve le Mexicain et échappe l’Egyptien. D’ailleurs, ça ne prendrait plus trop de temps pour lui de se débloquer de l’ouverture et elle pouvait soi trouver un moyen de le bloquer pour de bon jusqu’à ce qu’il se calme ou se planquer quelque part jusqu’à ce qu’il perde intérêt. Se fritter contre un crocodile? Elle avait déjà fait ça avec un taureau, c’était bien plus simple… Elle n’a pas la force adéquate pour se battre avec un reptile de cette taille. Ni le matos… Ce qui était bougrement embêtant. Bess s’était levée et en se retournant elle faisait face à la mâchoire entre-ouverte d’un autre animal qui allait lui mâcher le visage. En un sursaut et un cri aigue elle fuit dans l’autre sens, cœur dans la gorge en tournant dans la direction générale d’où elle pensait trouver Esteban, un autre reptile bloqua son passage.
« Fils et mère », dit-elle de manière sarcastique dans sa tête. La Tutrice n’avait plus assez de temps à réfléchir et elle plongea dans un autre petit passage qui l’amena dans une sorte de cul de sac. 4 murs crades, un des murs avait une ouverture ovale un peu plus petite qu’elle. Bess aurait pu potentiellement passer en enlevant son trenchcoat, mais le passage était inaccessible à cause des barreaux. Coincée pour de bon, elle vit le crocodile du Nile essayer de passer, mais il fut tiré par sa queue par l’autre qui voulait protéger son territoire. Ce jeu allait durer encore un moment, mais elle se laissa tomber à terre comme un sac a patate ; les yeux écarquillés, couverte de crasse, quelques cheveux arrachés, quelques coupures qui laissaient échapper du sang… pas grand-chose, mais assez pour l’irriter. Elle regarda à droite et à gauche, mais en vain elle était bel et bien bloquée par les deux reptiles qui a présent se tapaient sur la gueule. Fatiguée, elle passa sa main dans sa chevelure et se mordilla la lèvre, essayant de garder son sang-froid, quand elle entendit un sanglot de l’autre cote qui la fit sursauter une fois de plus, droit sur les pieds. C’était le petit, elle avait une chance monstre d’être tombée sur le garçon et elle passa son bras à travers les barreaux.

- Psst, Esteban – murmura-t-elle – c’est moi. Ca va, tu tiens le coup? T’as eu énormément de chance qu’il m’ait suivit. J’ai failli y passer deux fois.

Elle regarda derrière elle, pour voir si par hasard un des deux reptiles n’a pas gagné la bataille et décidé de s’en prendre à sa peau de morte-vivante.

- Ecoute-moi bien – son ton était un peu plus fort, et elle posa son front entre deux barreaux pour se faire mieux entendre - il faut impérativement que l’on sorte d’ici pendant qu’ils sont occupés. Ta voie est libre, mais la mienne est bloqué par le metamorphe et sa mère…Enfin…Sa mère – elle lâcha un rire amer – je crois que c’est un vrai alligator cette fois. Qu’importe! Je ne peux pas courber ces barreaux toute seule. J’ai besoin de ta force.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Dim 13 Mar - 12:18

Une certaine torpeur gagna Esteban qui restait dans l'attente qu'on vienne le chercher. Au bord d'une nouvelle rupture mentale, il s'efforçait de ne penser à rien. C'était comme si il avait été à ras bord : une pensée de plus, et tout s'effondrerait. Si il avait été en sécurité, ou du moins dans un endroit où il entendait rester un moment, ça n'aurait pas été un souci. Mais là... Il fallait qu'il garde toute sa tête au moins jusqu'au moment où lui et son guide sortiraient des égouts. Quant à ce qu'il se passerait ensuite... Il ne répondrait probablement plus de rien.

Il sursauta en entendant une voix inattendue l'appeler et une vague hideuse de soulagement le submergea. Une partie de son esprit s'insurgea contre ce sentiment : comment pouvait-il être heureux de retrouver ce vampire meurtrier ? Il était vrai qu'elle était son seul espoir de sortir d'ici en un seul morceau, mais ce n'était pas une raison valable pour éprouver la moindre sympathie à son égard ! La petite voix criarde qui dans son cerveau tentait de le remettre sur les rails était très faible, parce qu'il avait très peur, et qu'il avait désespérément besoin qu'on l'aide. Dans ces conditions, n'importe qui capable de lui servir de pilier et de lui éviter de ployer puis de se briser était le bienvenu.

Le fait était que cette dame... non. Cette CRÉATURE, se forçait-il à penser, venait de l'appeler par son prénom puis avait eu la délicatesse de lui demander comment il vivait ce qui lui arrivait. Il en éprouvait une forme de gratitude qu'il n'assumait pas. Elle lui donnait un point d'ancrage et il était dans l'incapacité de le refuser. Il quitta donc sa position prostrée et se baissa à hauteur des barreaux pour voir le visage de son guide, coincé derrière la fenêtre minuscule. Quand bien même il aurait été en état de se dire qu'il préférait lui cacher ces sentiments encourageants, il n'en aurait pas été capable. Ses capacités de menteur s'arrêtaient à l'omission des sévices qu'il avait subies ainsi que de sa maladie. Le reste du temps, il était malheureusement un livre ouvert. Ses yeux grand ouverts plongèrent dans ceux de l'autre vampire, et elle dut probablement y voir toute cette dépendance terrifiée, ce besoin qu'on lui prenne la main, qu'on lui dise que tout irait bien et qu'on le guide là où une telle chose serait possible.

"Pourquoi est-ce qu'il a attaqué..? Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est toujours comme ça ?"

Des images de cette soirée passée dans la cave de son oncle à surveiller une mère de famille vampirisée lui revenait, ainsi que l'empathie qu'il n'avait pu s'empêcher de ressentir et qui l'avait amené à se rétracter ainsi qu'à différer son entrée officielle dans le TPH. On lui avait appris que les outres étaient des créatures entièrement mauvaises par nature mais ce soir, face à cette femme en pleurs, il n'avait pu s'empêcher de douter de la véracité de ces affirmations. Néanmoins les preuves affluaient maintenant dans l'autre sens : de la façon dont il s'était fait transformer jusqu'à la manière dont il avait rencontré son actuelle interlocutrice, rien dans les circonstances récentes n'avait aidé à améliorer la vision désastreuse qu'il avait des vampires. Et maintenant, voilà qu'il rencontrait un de ses "premiers" métamorphes prédateurs et qu'il... se transformait, et tentait de les manger sans qu'Esteban soit capable d'en voir la raison. Y avait-il la moindre logique dans le monde des outres, ou bien est-ce que tout n'était que violence incohérente, souffrance, cruauté ? C'était comme si il était déjà en Enfer.

Il dut évacuer ces pensées éparses car... comment s'appelait-elle déjà ? Bref. Elle lui demandait d'écouter et il était au fait que la situation demandait à ce qu'il soit le plus coopératif possible. De plus il était parfaitement d'accord avec ce plan : sortir d'ici le plus vite possible avant de se faire dévorer par des bêtes féroces, c'était la chose à faire. La façon dont elle souhaitait qu'il l'aide lui fit néanmoins ouvrir des yeux ahuris, dont la pupille étrécie exprimait le choc. Il refusait toujours les changements qui s'étaient opérés en lui et si il ne semblait pas trop mal vivre les pics de vitesse dont il avait plusieurs fois fait preuve (peut-être parce qu'il ne se rendait pas vraiment compte de ce que ça donnait de l'extérieur), il en allait différemment d'une quelconque capacité qu'il aurait pu avoir à plier des barreaux en acier.

"... Mais je... !"

Sa première réaction fut un déni involontaire. Il voulait dire qu'il était incapable de faire une chose pareille, qu'il n'avait pas cette puissance. Cependant il se rendit rapidement compte qu'il n'en savait rien. Il n'avait pas testé les limites de sa nouvelle force. Il se souvenait avoir réussi à plier la poignée d'une benne à ordures. A déformer plusieurs fois du métal. Malgré une grimace réticente il s'approcha sans broncher de l'ouverture et posa ses mains sur les cylindres métalliques. On lisait dans son expression l'humiliation qu'il ressentait à l'idée de devoir faire une chose pareille, mais aussi la résilience avec laquelle il acceptait cette épreuve mentale. Il comprenait qu'il n'y avait pas d'autres choix. Il était habitué à ce genre de situations ou il lui fallait choisir entre la peste et le choléras, après tout.

Il fut effaré par la vitesse avec laquelle les barreaux se plièrent grâce à leurs efforts conjugués. Une boule douloureuse se forma dans sa gorge. Il l'ignora et laissa plutôt le vampire passer tandis qu'il se faisait tout haut une réflexion monocorde :

"... Mieux vaudrait les remettre droit ensuite. Ils ne pourront pas passer par là."

Mais les tremblements dans ses mains allaient-ils le laisser faire ? Il retenait ses larmes à grand peine, et ses yeux brillaient d'une détresse honteuse, cuisante.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Dim 20 Mar - 14:17

La Tutrice voulait l’attraper par le col et lui faire manger les barreaux. Non pas qu’elle était irritée par ses questions, elles étaient valables, mais plutôt parce qu’il avait cet air dans son regard. Cet air qui voulait dire « j’ai besoin d’une mère » et rien qu’à y repenser elle voyait en lui Michael Cardwell. Son pêchée et la culpabilité non-assumée qui la dérangeait. Son regard fut moins paniqué, mais plus de marbre, elle devait contrôler son envie sanguinaire et elle aurait pu tirer une balle dans le croco ou l’alligator, mais elle n’avait aucune envie d’être coupable d’un crime contre le BIAS. Elle avait déjà assez de problèmes comme ça et son but actuel était de fuir les bêtes sanguinaires. De ce fait elle jeta un vif œil sur la commotion derrière elle, les sons étaient sinistres et dans le pire des cas ils se lasseraient de se taper sur la gueule pour parvenir à la bouffer, ou pire, vu la saison des amours…

- Shhhh... – murmura-t-elle, surtout pour se calmer elle-même rien qu’à l’idée d’être le jouet d’un croco – Ce n'est pas toujours comme ça. Je t’expliquerais tout ce que tu veux, mais il faut que tu m’aides! Attrape ce barreau, s’il te plaît.

Elle attrapa le barreau qu’il tenait déjà en sa main, effleurant la peau du jeune garçon sans le faire exprès. De toute les manières, elle sentait qu’a ce rythme-là pour fuir il faudra qu’elle le porte sur son dos. Il avait déjà pris un mauvais couloir, qui sait à quel point il était tête en l’air? Elle n'a jamais douté de son intelligence, mais pour ce qui en est de sa concentration et sa confiance en soi... Pas difficile à remarquer que ce garçon était un cas. Avec l’aide d’Esteban, un des barreaux fut facilement et rapidement courbé avec leur force jointe, mais Bess n’avait aucune chance de passer avec son sac et son trench-coat et c’était hors de question de laisser ces accessoires et son « ami de longue vie » qu’était le manteau. Elle se dépêcha de courber quelque peu un autre barreau et elle enleva son sac pour le balancer de l’autre côté ainsi que le trench-coat dans les bras du garçon. La Tutrice était à présent que dans son accoutrement habituel, le long haut et ses leggings...ses chaussures ruinés par les déchets... aux moins pas de belle robe cette fois. « On ne me paye pas assez » se dit-elle. Elle était déjà en train de se faufiler en travers des barreaux quand un des reptiles fit une apparition instantanée et essaya de l’attraper. La vampire poussa un cri de surprise avec un très haut et fort « eat shit you massive cunt ». Il avait dû mal calculer la distance entre elle et sa jambe car le croco a voulu justement l'emporter, mais au lieu de cela il emporta la majorité de son haut avant de se faire mordre la queue par l’autre reptile et tiré vers l’arrière afin de terminer ce qui avait été commencé. Quelle misère, elle se trouvait ventre à terre, corps et cheveux entièrement dans la crasse et le pire pour elle, le dos à moitié découvert ; toutes les brûlures et cicatrices horripilantes à la vue… Bref, elle se leva aussi vite qu’elle pouvait, le reste du haut couvrant quelque peu son soutien-gorge en dentelle, mais le bas n'était que leggings noir et chaussures... Sans commenter au départ, Bess lui fit signe de main d'attendre et elle commença à remettre les barreaux à leur place sans son aide, aux moins un des barreaux... mais quand elle en avait fini elle récupéra son trench-coat, s'essuya un minimum avant de se couvrir et commenta :

- Bonne idée pour les barreaux, t'as bien fait – elle lui donna une tape légère au dos – mais sortons d'ici, c'en est assez.

Elle vérifia brièvement son sac et ses poches pour s'assurer que le pistolet était à sa place. Il ne fallait qu'une preuve qu'elle était bel et bien dans cet endroit, le pistolet était enregistré à son nom. Accorder confiance à un métamorphe qui fût appelé à travailler le jour d'un rencart à la saison des amours? C'était déjà assez pour rejeter les accusation car « possible délusion ». Bess attrapa le jeune garçon par la manche pour se dépêcher de sortir de cette chambre des horreurs remplie de rugissements reptiliens. Elle fit en sorte d'être en devant d'Esteban cette fois, son visage était une représentation d'une rage mêlé à une grande tristesse. Ce haut a survécu à beaucoup, bien plus qu'elle ne pouvait l'admettre et voilà qu'il était totalement ruiné. La Tutrice voulait presque pleurer, mais il fallait se contenir devant le garçon. D'ailleurs, à ce stade là il fallait qu'ils se dépêchent tous les deux car la bagarre n'allait pas durer plus longtemps et maintenant qu'ils avaient la grande partie de son haut, ils pourraient facilement la retrouver. Bande de chiens!

- Si on se grouille pas nous ferrons de beaux sacs à mains pour crocos... – elle s'arrêta pour s'accroupir – grimpe sur mon dos. T'es déjà assez déboussolé et stressé comme ça.

La Tutrice espérait tout de même que le garçon n'allait pas commenter sur ce qu'il avait vu. Elle était contente de lui donner les réponses à ses questions d'avant, mais pas plus. Après tout il ne devait pas en savoir plus sur elle, pour le moment. Un jour peut-être faudrait-il qu'elle se dévoile un peu plus, histoire qu'il lui fasse un peu plus confiance, mais ils n'en étaient pas encore là.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Dim 20 Mar - 15:48

Par chance pour tout le monde, Esteban était un grand étourdi. Ce soir il était même un grand étourdi trop choqué pour remarquer qu'on lui envoyait des ondes de danger dans la figure. Il ne se rendit donc absolument pas compte que la femme vampire éprouvait des envies de violence à son égard, et se plia à ses ordres sans opposer la résistance farouche dont il avait fait preuve jusqu'à présent.

Les barreaux furent rapidement tordus, ce qui le choqua énormément aussi. C'était à se demander si il y avait une limite à la quantité de baffes qu'il pouvait se prendre tout en ressentant la douleur associée. Il aurait aimé qu'on lui offre une pause. Ou bien juste une énorme anesthésie, si possible définitive. Sans un mot il récupéra le manteau qu'elle lui avait lancé et se prit à le plier correctement pour tenter de contenir sa nervosité. De cette façon il ne pensait pas aux bêtes féroces qui les attendaient de l'autre côté... Ni au vampire qui était probablement en train de s'extirper du mur et auquel il avait bien involontairement lancé des premiers signaux de coopération. C'était un peu tôt pour qu'il développe déjà un syndrome de Stockholm... Il se rassura en se disant qu'il était perdu dans les égouts et qu'il avait juste besoin d'elle pour s'en sortir entier. Rien de plus. Au delà de ça c'était une meurtrière qui arrachait des yeux en plus de boire le sang des honnêtes gens (et même des malhonnêtes. Ca ne se faisait de toute façon pas). Il fronça les sourcils et prit un air expert tandis qu'il essayait tant bien que mal de se rassurer en cherchant dans cette situation impossible le peu de familiarité qu'on pouvait y trouver. Il épousseta le trench coat sans se rendre compte de l'ironie faisant qu'il avait manqué de le déchiqueter avec les ongles quelques temps auparavant.

"... Il va falloir l'amener au pressing. Bien sûr il serait plus rapide d'en racheter un mais, oh, il se peut que vous teniez à cette pièce bien qu'elle soit un peu... Je crois qu'il faudrait démonter les manches lesquelles sont bien trop abîmées. On trouve ce genre de tissu assez couramment, mais il est aussi possible de jouer sur les changements de couleur ou de matière. Oh ! Mais je ne sais pas si l'odeur partira bien facilement. Il serait nettement plus facile d'en acheter un nouveau..."

Il aurait probablement pu continuer longtemps si un boucan infernal ne l'avait pas interrompu. Il sursauta, hurla, se boucha les oreilles, puis presque aussi vite rouvrit les yeux et fonça dans la direction de la fenêtre où la tutrice était en train de se battre contre des mâchoires énormes. Les yeux écarquillés il se pencha en avant, passa la main dans l'ouverture et tira sur le bras du vampire pour l'amener vers lui sans même vérifier si elle était entière ou bien si elle avait perdu une ou deux jambes dans l'affaire. Il fut rassuré de la voir venir en un bout et se rendit compte après coup qu'il avait encore fait montre d'une force physique disgracieuse de... "surnaturalité". Il grimaça mais ne prit pas le temps de s'apitoyer sur son sort, car les bêtes étaient encore là et il fallait absolument les empêcher de passer. Il proposa de remettre les barreaux en place et allait d'ailleurs le faire sans se rendre compte des risques qu'il prenait de se faire manger un doigt dans l'affaire, mais sa compagne de mésaventure l'en empêcha d'un signe. Perplexe il ne se sentait pas de lui désobéir et il recula pour la laisser passer. Ses yeux s'attardèrent d'abord sur son travail, puis ils dérivèrent rapidement sur son corps trop dénudé pour que cela soit bien convenable. Une moue de gêne pincée voulut s'afficher sur son visage mais se mua en stupéfaction informe au moment où ses yeux tombaient sur les cicatrices qui striaient le dos de l'intéressée.

Outch. C'était... quelque chose. Ca avait l'air douloureux, ou plutôt ça avait l'air de l'avoir été. Mais depuis quand les vampires gardaient-ils ce genre de traces lorsqu'ils étaient blessés ? N'étaient-ils pas censés avoir un pouvoir de régénération indécemment puissant ? Son monde bascula lorsqu'il se rendit compte que ces marques avaient pu lui être faites quand elle était encore humaine. Il se rendait seulement compte que c'était une personne, avec une histoire. Qu'un jour, elle avait aussi fait partie des enfants de Dieu. Puis qu'elle avait cessé d'en être peut-être de la même manière que lui. Avait t-elle choisi ou bien cela lui était-il tombé dessus d'une façon similaire à ce qu'il avait vécu ?

... C'était là tout un tas de questions idiotes. Elle arrachait des yeux. Il ne fallait pas chercher plus loin. Cette fois il avait bel et bien l'air pincé et surtout, il faisait en sorte de regarder ailleurs, car il aurait été parfaitement indécent qu'il la fixe lorsqu'elle était dans cette tenue. Vampire ou pas. Il lui tendit le manteau sans la regarder.

"Hey ! Doucement !"

Non mais enfin elle aurait pu attendre qu'il se relève avant de lui tirer sur le bras de cette façon ! Il avait failli tomber par terre. Un peu plus et elle lui déboitait le bras ! Cependant il était bien d'accord sur l'idée de sortir et il ne fit rien pour la ralentir. Il préféra se concentrer pour s'adapter au rythme qu'elle lui imposait. Pile au moment où il commençait à s'y habituer elle cessa de courir. Surpris, il dérapa dans une trace visqueuse dont il ne voulait ABSOLUMENT pas connaître la nature. La glissade se termina sur les fesses. Il se mordit la lèvre pour retenir un cri douloureux. Au moins il ne risquait plus de se rompre le coccyx avec ces bêtises... Ou du moins pas d'une façon qui serait longtemps handicapante. Mais monter sur son dos ?

"Non ! J'aurais l'air idiot, je peux marcher !"

... Clairement il en donnait la preuve, effondré sur le dos dans les immondices comme il l'était. Un cri terrible lui parvint et il lui sembla que les créatures étaient plus proches d'eux que précédemment. Avaient-elles retrouvé leur piste ? Ils n'avaient pas le temps de se disputer !

"... Bon d'accord ! Mais si vous parlez de ça à quiconque.. ! Et dépêchez-vous pitié je ne veux pas les voir..."

Il se releva prestement pour s'accrocher au dos du vampire tant bien que mal, sans trop savoir quelle position adopter pour paraître le plus digne... Ou plus précisément le moins stupide. Il grimaça.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Mar 29 Mar - 20:43

Depuis le début qu’elle essayait de se dépêcher à passer par ce petit truc étroit elle l’entendait parler de pressing. C’était vraiment bête, mais une bonne technique pour calmer les nerfs était de penser à autre chose et de d’occuper son cerveau. Bess le faisait aussi quand la situation se présentait, sauf qu’en pensant à autre chose elle arrivait à faire son boulot aussi. Elle avait l’habitude de réciter des textes dans sa tête qu’elle a dû apprendre étant jeune, notamment les contes pour enfants tels que Barbe Bleue (allez savoir pourquoi Barbe Bleue était son préféré). Il s’arrêta net quand elle fut maltraite par le croco. D’ailleurs, quand elle fuyait avec lui elle se trouvait devant et se demandait de pourquoi avait-il décidé de l’aider? Elle pouvait s’en sortir seule, mais ses actions lui étaient un peu étranges ; après tout, c’est bien la Tutrice qui l’avait forcé à la suivre dans ce trou pourri. Entre temps elle savait qu’il avait raison, son trench-coat se faisait vieux… Elle avait réussie à gagner quelques faveurs d’un wiccan qui lui a gentiment renouvelé son habit, mais c’était en 2015… Quand il commença a protester elle claqua des doigts quelques fois, quelque chose qui pouvait irriter n’importe qui; ce signe qui fait ‘grouille toi’.

- Je te ferais bien une croix de bois, croix de fer si tu fais de même, mais je crois qu’on en a pas vraiment besoin. – répondit-elle un peu blasée par son aventure.

Elle le sentit s’accrocher à son dos, comme un koala…Il ne pesait même pas beaucoup. Etait-il toujours aussi chétif? Bess s’abstint de faire un commentaire sur le poids du garçon, elle avait déjà été assez cruelle avec pour le secouer. Elle avançait vivement, plus en courant, ils étaient assez loin de la commotion pour s’en sortir et elle devait récupérer des forces, lui d’ailleurs aussi… Quand est-ce qu’il a bu la dernière fois? Avait-il bu depuis sa transformation? Il y avait tant de choses qu’elle voulait lui demander vu que c’était son boulot, mais si elle le bombardait il allait se refermer. Totalement. Elle se contenta de faire parlotte sur un sujet qui puisse lui être un peu plus proche du coup, car pourquoi pas, ils étaient encore un peu loin des périphéries, mais autant faire passer le temps.

- Je ne veux pas le remplacer. Je l’ai depuis 1917. Certes, j’ai réussi à le rafraichir plusieurs fois… Ca a beau être du matériel, chaque objet matériel vient avec son histoire et ses souvenirs. Tu dois en avoir aussi, non? Pour te dire, j’ai toujours une poupée en porcelaine chez moi. Anne.

Bess semblait presque un peu gênée par cet aveu, comment une vieille vamp de plus de 300 balais pouvait encore garder de l’attachement pour des souvenirs archaïques? Elle pouvait parler des heures des mementos d’antan qu’elle a acquis, la majorité est dans son manoir ancestral à Bristol, mais certains des plus chers restent toujours avec elle. Comme son tout premier « Brown Betsy », le flintlock de son ex-mari qu’elle a réussi à récupérer… Son sous-sol était soit un musée, soit une cage à hamster ; chacun pouvait le voir à sa manière. Bess s’arrêta a un carrefour et réfléchit à quelle route elle devait prendre, entre temps elle s’exprima honnêtement envers le jeune garçon.

- Merci d’ailleurs pour l’aide. C’est noté et très apprécié.

La brune ne semblait plus aussi glaciale et sarcastique, d’ailleurs elle lui fit une petite tape sur un des bras qui entourait son cou. Rien de trop personnel, c’était bref. Elle prit le chemin vers la droite, rien que pour éviter le Walhalla car il n’y avait rien de pire que de le faire passer par cet endroit, lui qui était déjà bien traumatisé par les métamorphes et les vampires en tout genre. Il faudrait peut-être qu’elle trouve un moyen de lui faire changer d’air sur les Outres, car l’aventure qu’ils avaient passés pouvait en dégouter beaucoup. Elle entendait les bruits de la rue principale à présent ; avec tout ce tremblement ils étaient passés en dessous du campus universitaire, cela pouvait s’entendre avec les jeunes qui faisaient la fête et les hurlements des jeunes. D’ailleurs, qu’allait-il faire de ses études le petit? Ça devait être difficile de penser avoir tout perdu alors qu’au final, Bess savait qu’il avait gagné encore plus. A part les possibilités restreintes en bronzette et gastronomie, le monde s’ouvrait à lui et il pouvait profiter de son immortalité pour la découverte et encore plus. Ce n’était pas trop le moment pour en parler de toutes les manières, il n’allait aucunement écouter ses arguments. Un mioche aussi borné que lui…Urgh.

- Je suppose que tu as des questions? Profite-en.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Mar 29 Mar - 21:54

Esteban grimaça et souffla précipitamment, un peu comme un chat aurait pu le faire, à cela près que c'était sa manière très humaine à lui d'exorciser des propos qu'il aurait préféré éviter d'avoir à entendre. Bon d'accord : elle n'était peut-être pas si humaine que ça, sa manière de faire. Il ne se rappelait pas d'avoir jamais si bien réussi à produire ce genre de sons et la présence des crocs fermement dressés dans sa bouche lui indiquait clairement la raison de cette subite performance.

"Vous devriez savoir qu'il est très peu conseillé de formuler ce genre de serments ! De plus, de la part de quelqu'un comme vous, je ne suis pas exactement sûr qu'il ne s'agisse pas d'un blasphème..."

Tout comme il n'était pas exactement certain qu'il avait bien fait de prier comme il l'avait fait dans les heures qui avaient suivi sa transformation. Il n'avait pas pu s'en empêcher. C'était un réflexe fermement ancré chez lui et il n'avait pas été en état de lutter contre, mais maintenant qu'il y pensait, toute la malchance qui lui tombait dessus à l'heure actuelle... N'était-ce pas le résultat de son arrogance ? N'était-il pas en train de payer pour avoir osé appeler Dieu à l'aide lorsqu'il faisait partie de ceux qui n'y avaient plus droit ?

Eh bien il n'en savait rien mais les crocodiles étaient derrière et comme il n'avait aucune envie de se faire dévorer, il allait à contrecœur devoir monter sur le dos du vampire. Il s'exécuta avec mauvaise humeur mais comme il voulait que ce départ soit rapide et efficace, il n'ajouta rien de plus. Il s'accrocha fermement, ce qui fut probablement la meilleure idée qu'il eut de la soirée. Sa "monture" démarra en vitesse vampire et eut-il été juste un peu moins bien accroché, l'élan aurait probablement été capable de le projeter en arrière. Il aurait eu l'air malin, accroché par les jambes à la taille de cette femme qui l'aurait trainé derrière elle, le crâne dans la poussière. Esteban raffermit sa prise sur le cou du vampire et se pencha en avant, d'une façon qui l'obligeait à garder le visage trop près de celui de sa compagne d'infortune pour que cela soit entièrement convenable. Peu importe... Il n'était plus à cela près. C'était la preuve qu'il commençait à avoir moins peur d'elle. Il avait compris que pour le moment, même si il s'agissait d'une affreuse créature qui arrachait des yeux humains et laissait des gens agoniser sur le pavé, elle ne lui voulait rien de mal, probablement parce qu'elle le considérait comme l'un des siens. C'était avec une certaine frilosité qu'il devait admettre qu'elle n'avait pas tout à fait tort. Néanmoins Esteban n'avait aucune intention de se laisser aller à cette nature perverse qu'il était bien forcé de partager avec elle.

Subitement elle reprit la parole et il ne comprit pas tout de suite où elle voulait en venir. Esteban étant Esteban il aurait été capable de ne pas faire le lien avec le trench coat sur lequel il avait disserté plus tôt, ce qui les auraient mis dans une situation passablement gênante, mais pour une fois, peut-être parce que l'adrénaline lui avait réactivé quelques connexions neuronales, ou simplement parce qu'il avait terriblement besoin de cette issue de secours afin de garder la tête froide, il comprit après quelques secondes où elle voulait en venir. Sa respiration se calma. Ses mains devinrent plus assurées. Oui, le pressing... Remplacer le vêtement vétuste par un autre. Depuis 1917..? Tout ça ? Appartenait-il à une arrière arrière grand -mère ou quelque chose comme ç...

Oh.
Non.
Mieux valait probablement ne pas y songer.

On allait plutôt se concentrer sur la suite de la conversation, laquelle l'aiderait probablement à ne pas devenir complètement fou. Il était donc question de biens matériels. De biens matériels auxquels on tenait, qui étaient plein de souvenirs et d'émotions, et qu'on voulait garder. En avait-il ? En voilà un sujet de conversation qui risquait d'être efficace pour lui éviter de faire une crise... ! Les muscles du jeune homme se crispèrent et il baissa la tête tandis qu'il réfléchissait à tout ce qu'il avait laissé derrière lui. Beaucoup de ses effets personnels étaient remplaçables mais certains autres avaient une valeur bien différente. Ce genre de valeurs qui ne trouvait pas son équivalent en monnaie et qu'on ne pouvait pas acheter, à son grand dam, car il lui paraissait étrange de ne pas être en mesure d'acheter quelque chose. Il se prit à penser à cette chevalière qu'il avait reçu à son anniversaire et qui signifiait son appartenance à la famille Luz-Descalzo en tant qu'adulte. Et il y avait pire. Il osait à peine y songer.

"... Je ne préfère pas y penser... Je ne peux pas rentrer chez moi pour les récupérer de toute façon... Et je ne peux plus le porter, ça brûle..."

Trop tard. Sa croix en argent. Cadeau de sa mère, qui portait la même en tout temps et toute circonstance. Il ne la retirait jamais. Il avait été obligé de le faire suite à sa transformation parce qu'elle lui brûlait la peau et que c'était insupportable. Esteban se remit à trembler et il dut se mordre la lèvre pour contenir l'émotion qui voulait le submerger. Il fallait qu'il reste conscient. Il fallait que son esprit reste clair et fonctionnel. Il était dans un endroit dangereux, avec une étrangère dangereuse, et il n'avait pas encore atteint la destination qu'il s'était fixée et où il pourrait craquer tout son saoul. Il posa son front contre l'épaule du vampire tandis qu'elle le transportait ailleurs et il respira bruyamment tandis qu'il se vidait l'esprit dans l'espoir d'évacuer toutes ces émotions qui le torturaient et le handicapaient. Il nota que la femme vampire s'était arrêtée et lorsqu'il releva la tête, quoique fragile, il avait réussi à contenir le plus gros de ce qui avait voulu sortir. Il pinça les lèvres et baissa les yeux. Il l'avait aidée parce que c'était la chose à faire ! En quoi cela méritait-il un remerciement ? Ah. Mais c'est que son oncle et ses amis du TPH auraient probablement jugé que la chose à faire était plutôt de lui enfoncer un pieu dans le cœur. Oui, eh bien ceux là n'étaient pas perdus au fin fond des égouts lorsqu'ils affirmaient ce genre de choses, alors ils pouvaient bien faire les fiers ! Esteban quant à lui ne pouvait compter que sur cette outre si il souhaitait un jour voir à nouveau la lumière du sol... de la lune.

Surtout, ne pas penser au fait qu'il ne verrait plus jamais le soleil briller. Il ne voulait pas se perdre à nouveau.

"Est-ce que vous arrachiez déjà les yeux des normes que vous croisiez quand vous en étiez encore une ou bien est-ce que c'est de perdre votre âme qui vous a rendue capable de ce genre de choses ? Je ne veux pas me mettre à tuer des gens ni à les blesser ou les mutiler..."

On aurait pu croire qu'Esteban était sarcastique mais c'était loin d'être le cas. Il était béatement sincère, ce qui aurait probablement effrayé toute personne douée d'un minimum de bon sens tant cela en disait long sur l'image délirante qu'il se faisait des outres et plus particulièrement des vampires. L'œil éteint, la la tête basse, il restait fermement accroché, et se gardait tout aussi fermement de formuler la moindre interrogation quant aux détails de sa nouvelle condition. Il ne voulait pas entendre parler de sang. Il ne voulait rien savoir de ce qu'était la vie d'un vampire. Il avait l'intention de s'isoler et de tout faire pour ne jamais avoir à l'apprendre.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Mer 30 Mar - 1:48

Tant de religion en ce petit. Il avait toujours la foi, c'était amusant à voir et à écouter! D'ailleurs à sa réflexion elle se contenta d'un simple ''Oui, oui bien sûr'' avant de continuer sa course. Elle le sentait très près d'elle, vraiment comme un koala avec une mère. Bess n'était pas contente non plus de cette situation, mais pour arriver à la splendeur il fallait passer par... la merde. Dans tous les sens du terme. Pour mieux encaisser ce rapprochement bien trop malsain pour elle, elle serra des dents et ne vit que bien trop tard qu'elle saignait de sa bouche tellement elle se faisait mal. La Tutrice ne savait pas s'il avait remarqué et quoi qu'il en soit, elle allait ignorer cette malfonction en s'essuyant la bouche de son satané trench-coat. Pauvre trench-coat. Bess le sentait se crisper sur elle et finalement quand il se décida de parler elle avait un peu de mal. Il ne pouvait pas revenir chez soi, certes, elle le savait déjà, mais c'était quoi cette histoire de brûlure? Est-ce qu'il avait tendance à porter l'homme-torche sur lui? Des habits pas confortables? Des bij...Ha! Bijoux en argent?! Le pauvre. Il en avait vraiment aucune idée... Sa haine pour les Outres était engrainée, mais pour battre son ennemi il faut apprendre tout sur son ennemi. Un petit coup de pouce du coup, pour l'aider à combattre « son ennemi ».

- Un désavantage à notre maladie, c'est bien dommage... Si tu porte des babioles en argent, vois pour en avoir en or blanc, ça arrêtera de brûler.

Elle sentait le front de son protégé sur son épaule et l'entendit respirer. Ça aurait été quelqu'un d'autre elle l'aurait fait tomber dans la crasse pour lui foutre des claques, mais on dirait qu'il essayait de se contrôler par lui même ce qui était déjà très bien. Bess commençait vraiment à se détester, elle aimait bien ce garçon pourri gâté; les gens riches n'ont pas vraiment la vie facile non plus à ses yeux, ils ont leur problèmes même s'ils sont différents. Son cas n'était peut-être pas totalement similaire si l'on compare les âges, mais elle avait son lot de nid douillet, un père qui l'aimait par dessus tout, l'amour de sa vie en l'apparence de son frère, un mari qui l'avait massacré... Non, il ne fallait pas penser au mari, ni au fait que son dos avait été exposé aux yeux du jeune garçon. Ses lèvres se sont serrés, il était mieux de serrer les lèvres que ses dents, moins de sang en coulait.
Tranquillement elle les amenait vers les périphéries, ils n'étaient plus très, très loin, mais elle risquait de fatiguer si elle ne ralentissait pas.

La question de l'héritier lui fit hausser un sourcil et son visage se déforma en un air qui voulait dire « hein ? ». Quelle naïveté. Non, ce n'était pas vraiment sa faute. C'était la faute aux parents. C'est toujours la faute aux parents de ne pas faire de leurs enfants des êtres curieux de tout, de les protéger frénétiquement de tous les maux de la terre... Toute une rééducation à refaire, mais le pire était qu'Esteban n'allait qu'écouter à moitié si sa réponse n'était pas comme ce qu'il voulait l'entendre.

- Je vais faire très simple. Imaginons une scène – elle fit une petite pause, elle voulait avoir l'attention totale du garçon sur son dos – on te donne un pistolet et on te dit que tu peux tuer la personne que tu veux sans qu'il n'y ait aucune répercussion. Imagine donc que tu as le droit de tuer la personne que tu déteste le plus au monde, qui t'as fait du mal ou qui t'as juste regardé de travers. Appuyerais-tu sur la gâchette? Ce scénario ne prend pas en compte si cette personne te met en danger direct donc oublie cette excuse si t'y pense. Que ferais-tu?

Bess ne pensait pas qu'il allait prendre beaucoup de temps à répondre. S'il était sincère dans sa question et non sarcastique comme elle pouvait le soupçonner, tout irait bien. Il ne pouvait pas appuyer sur la gâchette. La Tutrice se demandait s'il savait comment même utiliser un pistolet. Depuis jeune elle avait déjà quelques prédispositions à devenir une délinquante, elle se souciait peu des répercussions et du châtiment (jusqu'à l'arrivé de George). Le vampirisme n'a fait que lui donner un coup de pied au derrière et lui ouvrir plus de portes à semer la pagaille. Pour certains c'est comme ça, Esteban n'allait pas devenir comme elle. Il était trop bon, trop naïf, il semblait entièrement innocent malgré sa fierté et son arrogance.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Mer 30 Mar - 21:34

Esteban aurait probablement pu être dérangé par l'odeur aigre, relativement désagréable du sang de vampire qu'avait fait couler Bess en se mordant un peu trop fort, si seulement ils n'avaient pas été dans les égouts et si par conséquent, son odorat n'avait pas déjà été totalement saturé par les effluves âcres qu'émettait un peu tout ce qui les entourait - leurs vêtements compris, maintenant qu'ils les avaient imbibés de substances peu recommandables et d'air vicié.

L'incident passa donc inaperçu. Il avait largement de quoi s'occuper l'esprit, surtout maintenant que Bess avait mis sur le tapis un sujet probablement trop délicat à aborder avec un adolescent qui venait de perdre l'ensemble de ses repères et de ce à quoi il tenait. Elle essaya vaguement de le consoler, ou du moins de lui donner un conseil, mais elle ne parvint qu'à lui arracher un soupir triste. Il marmonna sur un ton éteint, vacillant, presque inaudible en réalité :

"Oh, c'est une bonne alternative mais je ne fais pas ce genre d'allergies... Non, c'est bien la forme qui pose problème. Je ne devrais probablement pas réessayer, ce serait un encore un autre blasphème. Puis de toute façon ça ne rimerait plus à grand chose, car c'était un cadeau..."

Le mettre en mot était pire que mieux. Il s'arrêta avant que de véritables larmes ne se forment dans sa gorge puis lui explosent à la figure. Il fallait qu'il se calme car ce n'était pas le moment de craquer, et il fit de son mieux pour contrôler sa peine déchirante. L'habitude qu'il avait de devoir apaiser la force de ses crises d'angoisses à base d'exercices respiratoires l'aida probablement à garder le cap sans faillir.

Il filaient à toute allure le long de tunnels sombres et on entendait plus un bruit. Au moins, ils avaient semé ces monstres à crocs dont le simple souvenir lui donnait d'horribles frissons. Il n'aimait pas la façon dont ils s'enfonçaient de plus en plus loin dans ces galeries qui lui donnaient l'impression de devenir plus étroite, moins nombreuses et plus rudimentaires. Une angoisse froide lui serrait l'estomac. Il se retourna pour regarder derrière lui mais cela lui donna le tournis et il faillit lâcher prise. Un glapissement lui échappa. Peu de temps après la femme vampire s'arrêtait et lui posait une question qui ne fit que serrer encore plus ses entrailles torturées. Il avait craint qu'ils en arrivent à avoir ce genre de discussion. Voilà qu'elle se positionnait en professeur et lui faisait une "fleur" en lui offrant des informations sur sa nouvelle condition.

Mais Esteban ne voulait rien savoir. Moins il en savait, mieux il se portait à vrai dire. Il esquiva toutes les interrogations les plus évidentes pour en venir à la seule chose sur laquelle il pouvait décemment accepter de se renseigner. Cette créature à dents longues lui avait donné la preuve de sa malfaisance, c'était un fait. Mais était-ce inné ou acquis avec ses crocs ? Car dans le dernier cas, cela pouvait dire qu'il allait devenir comme elle, et cette idée lui était tout bonnement insupportable. Voir son cœur se corrompre et devenir celui du monstre dont il avait la chair aurait probablement été comparable à la lente dégénérescence infligée par la sénilité.

Elle lui répondit d'une manière détournée qui éveilla son intérêt, car il ne s'était pas attendu à ce genre de mise en scène. Esteban leva un nez mi-défait, mi-intrigué. Il s'imagina donc tenir un pistolet et c'est sans surprise qu'il visualisa Darian face à lui. Un frisson d'horreur le traversa. Une moue grimaçante déforma son visage. Il préférait éviter de penser à son père lorsqu'il pouvait faire autrement. Oh ça... Il l'avait déjà voulu mort. Il savait que c'était mal mais il avait espéré à de nombreuses reprises que ce monstre s'éteigne et les laisse enfin tranquille, sa mère et lui. Néanmoins aurait-il été capable d'appuyer sur la gâchette, même en sachant qu'il n'y aurait d'autre répercussion que le bonheur d'être enfin libéré de lui ? La réponse était étonnamment simple. Sans vraiment s'en rendre compte il se redressa, fier comme un paon, au risque de déséquilibrer sa porteuse. Il esquissait cette même moue snob qui était une marque familiale et qu'on retrouvait à intervalle régulier affichée sur les tabloids, dès lors que le photographié s'était rendu compte qu'un paparazzi à l'affût avait pris son cliché sans autorisation. Il répondit sèchement :

"Il est évident que je ne toucherais pas à cette arme ! Exode 20:13 : 'Tu ne tueras point'. C'est le cinquième commandement. Je n'ai aucun droit de vie ou de mort sur cette personne et même si je la préférerais morte, elle aura ce qu'elle mérite dans l'autre vie au minimum. Puis commandements ou pas de toute façon quelle idée ! On ne tue pas les gens. C'est impensable."

On passerait sur le fait qu'ils ne considérait pas les outres comme des "gens", puisqu'il pouvait énoncer cela sans mettre en doute une seule seconde son engagement moral pour le TPH. Il cessa de tendre le dos et se tassa plutôt comme il l'avait fait tout du long du trajet, renfrogné. Il ne comprenait pas où elle voulait en venir, ce qui élimait ses nerfs déjà bien usés.

"Et donc qu'est-ce que ça signifie ? Et où est-ce que vous m'emmenez ? J'ai l'impression qu'on est si loin qu'on pourrait tout aussi bien ne plus être dans la ville ! Qu'est-ce que vous me voulez au juste ?"

Elle arrachait des yeux. Pouvait-elle vraiment ne l'aider que parce qu'il était un vampire comme elle, sachant le manque de scrupules dont elle semblait faire preuve ?
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Mer 6 Avr - 21:07

Son visage était assez près du sien, il semblait bredouiller quelque chose et elle ne capta que quelques mots, notamment “forme” et “blasphème”. Elle haussa d’un sourcil en se disant qu’il parlait d’un insigne religieux. La Tutrice a été pourtant claire, c’est l’argent et non la forme… bref, elle allait lui expliquer quand elle se mordit la langue. Pourquoi lui expliquer? Était-il naïf, ou juste con? Non, il allait réaliser que c’est juste du n’importe quoi et le laisser nager dans son idiotie était son petit geste cruel. Qu’il croye que c’est un rejeton du diable à présent, de toute manière il n’était pas à bout de s’auto-flageller. Par contre juste pour l’emmerder, elle bredouilla une phrase au hasard avec quelque mots comme : « argent » et « brulure ». Il n’allait surement pas comprendre, mais c’était pour son propre amusement. C’est normal, il fallait s’amuser comme on le pouvait, dans la crasse et la boue… et les impuretés.

Puis Ça commençait à bien faire. Sa question était totalement aléatoire, mais clairement il voyait les vampires comme des êtres appart entière et non des créatures qui étaient humaines autrefois. Son attitude de sociopathe et ses soucis psychologiques étaient bel et bien humains, le vampirisme n’a fait qu’accentuer sa mauvaise nature et ouvert des portes a de nombreuses choses malsaines. L’idée que le vampirisme était la cause de son caractère semblait vraiment stupide, quoique… après ses premiers meurtres de sang-froid, elle se demandait effectivement si sa nature vampirique l’avait transformé en un monstre. Non pas que cela semblait déranger, mais il lui fallait du temps pour comprendre que ces changements étaient venu d’elle-même. Elle sentit le garçon se redresser sur son dos, Bess n’avait pas encore perdu sa balance, mais qu’est-ce qu’il pouvait être lourd… dans tous les sens du terme. Ainsi la religion l’en empêchait? Elle n’allait pas contester cela, certains pensent que la religion les aident à être des gens meilleurs et pour certains c’était le cas. Pour lui? Qui sait. Enfin, rien ne l’empêchait de pratiquer si cela le réconforterai.

- Si c’est le cas des gens. Sommes-nous des gens? Ou l’on ne fait plus partit de ce camps et nous pouvons être persécutés, mis-à-mort et violenté de n’importe quelle manière? Ton jugement serait-il différent si l’homme qui m’avait agressé était, par exemple, un Wiccan? - elle s’arrêta net. - Hmh… non, t’as pas besoin de répondre. Tu as bien répondu à ma question avant, mais pense à tout cela, en temps libre…

Un autre croisement. Cette fois ils étaient près de la sortie qui allait les mener en dehors de la ville. Que faire après? Il y avait des planques ici et là, mais les endroits les moins habités étaient des cibles de cherches aléatoires assez faciles; les fight club, les braconniers et d’autres criminels pouvaient s’y cacher. S’ils tombaient dessus… non, elle ne pouvait pas risquer cela. Elle l’entendait parler, mais elle réfléchissait à la fois à ce qui devait être fait. Quelqu’un qui vivait en dehors de la ville… les faës étaient hors de question, déjà qu’elle avait un mal fou à contrôler ses pulsions quand elle était déjà pleine, Esteban semblait affamé. Il lui fallait quelqu’un qui était dans un cas similaire, pour aux moins voir qu’il n’était ni le premier ni le dernier à subir ce viol. Une idée risqué lui vint à la tête. Sa petite gitane vivait dans un mobil-home en dehors de la ville, mais elle se doutait qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas dans sa tête. M’enfin… Soit il changera un peu d’avis sur les gens soit il va une fois de plus fondre. Bref, l’impasse, mais il fallait choisir le moindre mal et aller voir sa petite initié. Elle l’entendait brailler, une fois de plus, il reprit un peu de confiance en lui dirait-on et elle s’approcha d’une sortie pour finalement le déposer sur terre en lâchant ses jambes. Bess ne prit pas vraiment de temps à se tourner vers lui quand il posait sa question, mais elle répondit calmement, sans une once d’émotion, essayant de calmer ses pulsions à vouloir lui donner une grande claque.

- Cela signifie que tu n’as vraiment pas grand-chose à craindre. - elle arrangea son trench-coat, afin de ne pas trop ressembler à un exhibitionniste - Tu es malade, pas damné et si ta religion t’aide à être un homme bien… bah, tu peux toujours la suivre. - Bess s’avança vers l’échelle et commença à grimper - Je vais te cacher pour notre bien commun, que crois-tu qu’il t’arriverait si les extrémistes te trouvaient? Ils auront vent de ce qui s’est passé. D’ailleurs, je suis navré, vraiment, mais il va falloir me dire ce qui t’es arrivé pour trouver le coupable qui t’as refilé cette MST.

La Tutrice était sérieuse, bon...plus trop vers la fin, mais il fallait trouver aux moins un bouc émissaire afin d’apaiser les humains. Elle ne prit pas beaucoup de temps à ouvrir le couvercle qui les séparaient et en pointant le bout de son nez pour voir s’ils étaient finalement tranquilles, elle remarqua le silence morbide autour d’elle, cette paix dont elle avait besoin. Il faisait gris et il commençait un peu à pleuvoir…Il lui fallait beaucoup de cette pluie nettoyante! D’ailleurs le jeune garçon avait besoin d’un coup de lavage; Bess sortit en premier et fit signe de main au jeune héritier de la suivre tout en regardant à droite et à gauche.

- J’ai une idée. Suis-moi.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Mer 6 Avr - 23:47

Esteban fut étonné de ne pas sentir son sang ne faire qu'un tour. Il fallait dire que son sang ne faisait plus de tours du tout depuis qu'il était mort, ce qui était d'ailleurs particulièrement désagréable à vivre. Ou plus précisément à non-vivre. Bref. Tout ça pour dire que son interlocutrice avait tapé étonnamment près d'un sujet qu'il n'avait aucune intention d'aborder avec elle.

Avait-il jamais émis l'idée que les outres devaient mourir ? C'était une posture qu'il savait illégale. Esteban ne cachait pas l'horreur que lui procurait l'existence de ces monstres, mais ça ne voulait rien dire. Il y avait bien des gens qui détestaient les outres, et pourtant ils ne faisaient pas tous partie du TPH... ! Il fallait qu'il agisse intelligemment. Qu'il ne donne aucune raison à cette femme de croire qu'il était impliqué d'une façon ou d'une autre avec le groupe activiste. Il n'en allait pas que de lui mais de la réputation, du prestige, de la fortune de la famille entière. Malgré les nombreuses rumeurs qui laissaient entendre que les Luz-Descalzo avaient des liens probables avec le TPH, personne n'avait jamais réussi à prouver leur véracité. Il n'entendait pas en donner les moyens à cette femme.

"... Je ne vois vraiment pas où vous voulez en venir !"

... Ah. Non. C'était mauvais ça. Très très mauvais, surtout qu'il se rendait compte qu'il était crispé, stressé, et que ça devait se sentir. Que pouvait-il rajouter pour sauver la situation ? C'était d'autant plus difficile pour lui de le savoir qu'il était plus troublé qu'il ne l'aurait admis. Les souvenirs des traitements auxquels il avait vu de ses yeux que le TPH soumettait les outres l'avaient toujours mis mal à l'aise. C'était d'ailleurs une des raisons pour lesquelles il avait préféré repousser son entrée dans l'organisation à plus tard. Il ne voulait pas être en désaccord avec la famille et encore moins avec leurs convictions. Il idolâtrait Juan et voulait penser que son oncle avait raison sur tout. Néanmoins...

"... Votre geste était un geste barbare. Peu importe qui en était la victime."

Oh. Il avait l'impression d'avoir avalé un seau d'huile brûlante. Ce n'était pas uniquement la soif qui le torturait, mais aussi l'impression d'avoir trahi les siens en formulant cette pensée qui était loin d'être un mensonge. Il le pensait vraiment. Il s'excusa silencieusement à l'encontre de Juan puis, angoissé, se demanda si sa nature perverse était à l'origine de cette perception, ou bien si il aurait déjà pensé de cette manière avant. Il se rassura vaguement en songeant à la nuit dans la cave. Ca avait commencé là. C'était ces doutes qui l'avaient amené à préférer le vampirisme à la mort pure et simple et incidemment à l'échec du procès.

Il resta pensif et tassé un instant, mais finit par être alarmé par la distance que le vampire lui faisait parcourir. Il se retourna - mauvaise idée si il y en était - puis dès qu'il eut fini de manquer de tomber, fit part de son agacement à sa "monture", laquelle en eut d'ailleurs marre de le porter. Elle le lâcha d'un coup et Esteban, qui n'avait pas vu le coup venir, tomba par terre sur les fesses. Il émit un glapissement de douleur : c'était le coccyx qui avait pris, comme on pouvait s'y attendre vu la chance qui semblait être la sienne ces derniers temps. Il se massa le bas du dos tandis qu'il écoutait d'une oreille ce que l'autre vampire baragouinait. Il avait mal, et il n'était pas d'accord. Et elle manquait parfaitement de savoir vivre ! Il le savait déjà, mais ça se confirmait : non seulement elle énucléait des passants mais, EN PLUS, elle osait le faire tomber par terre comme un vague sac à patates. Ce comportement nonchalant était inexcusable ! Hors de lui, il répondit sur un ton sifflant et agressif.

"Je ne partage pas du tout votre point de vue sur la chose et je vous prierais d'être un peu plus DÉLICATE la prochaine fois ! D'ailleurs il n'y aura pas de prochaine fois, je n'aurais jamais dû monter sur votre dos. Et je déteste être ici ! J'aurais très bien pu aller ailleurs, vous pensez que vous êtes mon seul plan ?! Et si vous voulez savoir je suis tombé sur quelqu'un d'encore PIRE que vous et c'est à peu près tout ce qu'il y a d'intéressant à dire là-dessus !"

Les larmes aux yeux, au bord de la crise de nerfs, Esteban laissait ses tendances de teigne remonter à la surface. Mortifié, il suivit tout de même le mouvement - c'est à dire qu'il monta l'échelle à la suite de la tutrice. Il se sentit tout de suite mieux une fois arrivé à l'air libre. Il prit une grande gorgée fraîche, pure, dénuée de cette horreur poisseuse, épaisse, qu'il avait été obligé de respirer durant ce qui lui semblait maintenant être une éternité. Il se rendait seulement compte du point auquel ça avait pu sentir fort là en bas. Après s'être avancé à quatre pattes sur quelques dizaines de centimètres, il leva les yeux pour fixer le ciel sombre. Des gouttelettes fines tombèrent sur son visage. Leur contact le fit frissonner, même si il était troublant de ne pas être en mesure d'en sentir la fraîcheur. Sa gorge se serra lorsqu'il balaya le paysage du regard. Dire qu'il s'était perdu lorsqu'il avait cherché le quartier sanglant depuis le campus, il y avait à peine deux jours... Comment allait-il jamais retrouver le chemin de son appartement ? Ils étaient dans une partie de la ville qui était sale, glauque, à peine habitée. Les bâtiments espacés traçaient des ombres inquiétantes à l'horizon et il n'aurait pas été étonné d'apprendre que ces rues silencieuses étaient aussi bien malfamées. Il n'avait jamais vu ce genre d'endroits que dans les livres. Esteban ne se promenait que dans les beaux quartiers. Ils étaient à côté du Bayou.

"..."

Fuir maintenant ou attendre ? Un coup d'œil au ciel lui indiqua que la nuit était déjà bien avancée. Il ne voulait pas courir le risque de se perdre trop longtemps et de rôtir au soleil. De toute façon cette virée dans les égouts et les péripéties qu'ils avaient rencontré avaient achevé le peu de résistance mentale qu'il lui restait. Vivant, il aurait été somnolent. A défaut, il avait l'impression que son cerveau s'était débranché. Ses membres étaient lourds et son esprit, gourd. Il suivit sa kidnappeuse en trainant les pieds, ses yeux éteints rivés au sol.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Jeu 14 Avr - 11:24

Il braillait, bon sang qu’est-ce qu’il braillait… Elle voulait en finir, lui mettre une balle entre les yeux, qu’est-ce qu’elle en avait marre de l’entendre. Il ne voyait pas de quoi elle parlait? Oh l’amusement… Qu’est-ce qu’il était facile de remarquer à travers ses mots, il s’était même vite rattrapé après, mais il était trop tard. Non, elle n’allait pas lui faire de remarques à ce sujet, son cerveau fonctionnait comme jamais avant. Il était naïf et avait du mal à mentir ; elle était tombée sur un gros poisson qu’elle pouvait potentiellement modeler a sa façon. Quand il tomba et se fit mal au coccyx elle n’en prêta pas beaucoup d’attention, son braillement par contre provoqua des pensées meurtrières ; Esteban était, de loin, le pire élève qu’elle avait récupérée. Afin d’arriver à la perfection, il fallait… urgh, écouter le gamin. Il ne voulait pas parler? Bah, elle trouvera un moyen de le faire parler, il fallait juste le pousser un peu…Avec son pistolet à la main ça n’allait pas être trop difficile. La Tutrice lui laissa un peu de place afin qu’il sorte des égouts, tout en regardant le ciel qui était recouvert de gros nuages pourpres : il allait surement y avoir de l’orage. Quand il se leva elle prit la route vers la sortie de la ville, tandis que lui semblait trainer des pieds… Devait-elle encore une fois le porter? Non, il s’y habituerait trop sans compter qu’il n’allait jamais monter sur son dos.

- Merci de m’avoir utilisé comme monture et de m’avoir donnée cette opportunité de t’avoir sorti des égouts et de ne pas t’avoir laissé pourrir seul comme un gland avec deux gros reptiles. – s’il y avait quelque chose que Bess détestait c’était le manque de gratitude, surtout venant des gamins pourris-gâtés - Je te rappel que tu n’es pas en position de demander quoi que ça soit, est-ce que tu t’es fait agresser ou c’était tout un accident malchanceux? As-tu vu à quoi ce personnage ressemblait?

En étant déjà témoin de la chance et de l’agilité du jeune garçon, elle ne serait pas étonnée s’il avait été accidentellement transformé. Ce n’était pas sa faute s’il n’avait pas autant de chance, c’est le destin qui l’a pris pour un con. La personne était bien plus dangereuse qu’elle? Qui était cette personne? Il lui fallait absolument savoir si elle espérait avoir une promotion, cela pouvait jouer joliment en sa faveur. Elle jeta un œil sur le jeune garçon qui semblait à bout, ses sentiments étaient assez confus aussi : en pensant à la famille du gamin, le calvaire par lequel il devait passer avec son père (du moins ce qui a été dit dans les medias) et son éducation générale… cela lui causait un peu de peine. Tout cela suivit très vite par un sentiment de dégout envers soi et ce que le garçon représentait. Elle voyait en lui Michael et c’était pénible, ses regrets de l’avoir assassiné sous ordre de Stigma lui revenaient comme un relent d’une soirée très arrosée et son instinct initial était de lui arracher la tête de ses propres mains. Peut-être que le destin l’avait pris pour une conne aussi? Si, effectivement, il y avait un Dieu quelque part, elle pouvait interpréter cela comme une rédemption. S’occuper de lui comme elle l’aurait fait de son propre fils? Bess était noyée dans ses pensées, mais le dégout revint a sa place : il n’y avait pas de Dieu, elle était rongée par ses remords alors que pendant tant d’années elle ne devait plus y penser, elle stagnait et c’était le mal. Sans compter le salaud qui l’épiait de temps à autre, il ressemblait tant aux Cardwell qu’elle avait du mal…

- Renforce toi et avance, prend cela comme une opportunité et moins comme une malédiction car tu peux faire tant de choses – elle murmura la suite, comme-ci elle se parlait à soi-même finalement - tu ne t’en rends même pas compte car tu t’apitoie sur ton propre sort…

Eh oui, ce n’était pas idéal. Avec son argent, la possibilité d’une alliance avec la Genosis Corp. et les coffres du conseil vampirique… Peut-être même en trouvant de l’aide chez la Mafia…Non, surement en ayant besoin d’aide de la Mafia vu la situation d’Esteban ; une porte vers l’Eldorado s’ouvrait à toute la communauté vampirique. Soit elle allait lui ouvrir les yeux à toutes ces choses qu’il avait la possibilité de faire, soit elle le forcerait à voir. Bien entendu elle préfèrerait que la méthode soit aussi pacifiste et diplomatique que possible, cependant elle ne pouvait pas tant compter sur celle-ci vu la tête de mule qu’elle trainait derrière elle.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Mer 20 Avr - 0:12

Un long frisson parcourut l'échine engourdie du garçon, qui croisait fort les bras contre lui comme pour se donner du courage. Il avait l'impression de sentir des aiguilles de solitude transpercer chaque centimètre carré de sa peau. Le sentiment désagréable d'avoir oublié quelque chose, tout en sachant pertinemment que ce quelque chose n'était autre que sa propre personne égarée. Il savait que c'était une perte irrécupérable, néanmoins il l'aurait mieux vécue si seulement il avait pu rejoindre le lieu prévu de sa retraite, plutôt que de devoir suivre une inconnue qui l'embarquait dans des histoires qui ne le concernaient pas.

Des larmes grimpèrent à ses yeux lorsqu'elle reprit la parole. Il supportait mal qu'on lui crie dessus, même sachant qu'il avait été le premier à se comporter de façon désagréable. Il supportait encore moins qu'on le rende coupable d'une chose à laquelle il ne pouvait strictement rien puisqu'on l'avait obligé à suivre le mouvement. Ca lui rappelait les méthodes que son père utilisait sur lui depuis qu'il était tout jeune pour tenter de le manipuler et de l'amener à se taire, ainsi qu'à être docile. Ces méthodes là ne marchaient plus. Surtout pas dans la bouche d'une inconnue, qui n'avait jamais eu aucune emprise psychologique sur lui. Il marmonna une réponse mouillée, mais néanmoins pleine d'une remontrance acide, mais sincère. Surtout sincère. Il ne pouvait pas être de mauvaise foi lorsqu'on titillait les traumatismes que son père lui avait laissés.

"Oh arrêtez un peu deux minutes... Je ne voulais pas vous suivre. Sans vous, il n'y aurait eu ni égouts ni crocodiles. Vous ne poursuivez que vos propres intérêts, et je ne vous dois rien du tout."

Néanmoins elle avait raison sur un point : elle l'avait kidnappé et il était il ne savait trop où, incapable de se repérer tant la ville était loin. La nuit était trop avancée pour qu'il s'essaye à fuir. Il ne voulait pas brûler maintenant. Il n'était pas en position de demander quoique ce soit. Cela dit ce n'était pas lui qui demandait une faveur, c'était ELLE qui voulait en savoir plus sur des événements dont il n'avait aucune envie de parler. Rien ne l'obligeait à s'exprimer. Au contraire, le silence pouvait être une forme de moyen de pression qui obligerait cette femme à prendre des pincettes avec lui, si l'information l'intéressait vraiment.

Il s'en serait arrêté à cette réflexion si elle n'avait pas été armée, mais il se souvint de la pression métallique glaçante qu'elle avait exercé contre son crâne lorsqu'elle l'avait mis en joue pour l'obliger à se calmer, ce qui lui semblait être une éternité plus tôt (... dire que ça ne faisait que quelques dizaines de minutes). Il hésita à ne rien dire tout de même, car il n'avait vraiment aucune envie de contenter cette créature grossière et qui ne faisait preuve d'aucune sorte de manières, mais il se sentait trop fragile pour supporter un nouvel affront physique. Il soupira donc fort, ferma ses yeux humides. Il fit en sorte d'avancer d'une façon plus dynamique, si bien qu'il la précédait de quelques pas en avant et n'était plus obligé de la regarder.

"On a essayé de boire mon sang, je me suis défendu, je suis tombé, et ensuite je ne sais plus. Tout est noir."

Il n'en dirait pas plus, ainsi qu'en témoignait le ton sec et sans appel de sa voix. Ses épaules se mirent à trembler. Des larmes silencieuses coulèrent contre son visage. Il avait l'impression qu'on était en train de trouer son cœur à la perceuse manuelle. Des images de la veille lui revenaient. Le visage blanc, les cheveux de neige de son agresseuse, qu'il avait alors trouvée si belle... Pourquoi ne s'était t-il pas plus méfié ? Pourquoi n'avait t-il pas attendu juste un peu plus longtemps ? Un soir de plus et cette rencontre aurait probablement été évitée... A cet instant précis il aurait encore été humain. Peut-être aurait t-il été avec Erin, quelque part, en train de profiter d'un nouveau voyage improvisé dans des contrées inconnues. En train de vivre à 300%, à défaut d'avoir le temps de mener une vie entière à un rythme normal. Peut-être aurait t-il été en train de savourer un délicieux repas avec sa mère, qu'il pouvait maintenant voir nettement plus souvent depuis qu'elle était descendue à la Nouvelle-Orléans. Ou de jouer à un jeu vidéo avec Karl sur cette télé ridiculement petite qu'il avait récupéré dans son studio. De profiter du folklore exotique de sa "vie d'étudiant normal", certes entrecoupée de temps à autre par les obligations du procès. Une main calée contre sa bouche il retenait des cris de refus, de colère. Il ne pouvait pas être mort. Ca ne pouvait pas être vrai... Ces sensations tièdes qui auraient dû être froides provenaient probablement d'un rêve. Ses pas légers, qui lui donnaient l'impression que ses jambes avançaient toutes seules... ça ne pouvait pas être la réalité. Seule sa gorge douloureuse à force de se racler et de se retenir de faire des bruits moins discrets lui rappelait que ce cauchemar était bel et bien réel et qu'il ne s'en réveillerait pas. La voix de la femme vampire tomba comme un cheveu sur la soupe.

"Renforce toi et avance, prend cela comme une opportunité et moins comme une malédiction car tu peux faire tant de choses. Tu ne t’en rends même pas compte car tu t’apitoie sur ton propre sort…"

Son regard mort tourna lentement dans la direction de l'aberration, laquelle tenait des propos encore plus aberrants que la possibilité de sa simple existence. Ca n'aurait pas plus sonner plus faux. Ca n'aurait pas pu être plus offensant. Le ton monocorde, dans à peine plus qu'un murmure, il fut avare sur sa réponse :

"...Taisez-vous. Juste... Taisez-vous, avant que je devienne impoli."

Il força encore le pas. Il avait peur de ce qu'il ressentait. Esteban avait pour habitude d'être si doux qu'il était probablement incapable de faire du mal à une mouche. Seulement, il en arrivait à avoir des envies de violence subites face au comportement intolérable de sa kidnappeuse. L'innocence verte de ses yeux se trouva corrompue. Elle vira dans des teintes sombres où des éclairs meurtriers se partageaient le territoire avec un désespoir lancinant qui lui donnait envie de tout envoyer valser puisque de toute façon, il avait déjà perdu le soutien de tout le monde et n'était plus qu'une espèce de monstruosité mort vivante. Cette tentation qu'il ressentait,et dans laquelle il aurait été facile et confortable de se laisser plonger, l'effrayait et l'horrifiait plus que tout le reste de ce qu'il vivait à l'heure actuelle. En respirant amplement, il essaya de se vider la tête.

Il remarqua qu'ils approchaient d'un bâtiment. Qu'était-ce..? Une cabane de garde forestier ? Des toilettes publiques ? Non. Ce n'était certainement pas dans un endroit tel que celui-ci qu'on installerait ce type de commodités. Il cessa d'avancer tandis qu'il fixait leur destination, l'air méfiant.

"Qu'est-ce que c'est ? Ce réduit vous appartient ?"

Tant qu'aucun métamorphe crocodile enragé ne se cachait dans cet abris, il s'en accommoderait probablement pour cette nuit et la journée qui irait avec. Mais il n'était pas rassuré.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Mer 1 Juin - 0:57

Bess se souvint pourquoi elle ne sentait aucun instinct maternel. Elle voyait ses mômes imaginaires devenir comme lui et quelle catastrophe cela serait pour sa santé psychologique déjà atteinte! Sa main se mit à spasmer une fois de plus, sans qu’elle ne le fasse exprès; elle voulait le frapper. Avec un peu de volonté elle s’arrêta et ignora les répliques balancés par le chenapan. Sa condition vampire lui permettait de jamais devoir dormir ou vieillir, mais là, dans cet état elle se sentait fatiguée et plus vieille que jamais. Tout ce qu’elle voulait faire c’est se laver entièrement et retrouver son canapé… Sa télé… “Animal ou Méta” y passait à cette heure-ci. Certes, le replay de l’autre soir, mais quand même!

Quand elle lui posa la question, sa réponse fût décevante. Le petit con cachait beaucoup, mais elle allait lui sortir les vers du nez un jour. Un jour quand elle aura le trône… afin d’atteindre la perfection il fallait passer par des étapes. La crasse, la paperasse… on dirait qu’il n’y avait pas de fin avec la crasse. Cette étape allait bien la préparer pour la paperasse.
Bess avançait tout en silence, il y avait beaucoup de vampires qui n’en faisaient qu’à leur tête et leur ignorance pouvait non seulement coûter cher à eux, mais aussi à la communauté entière. La Tutrice eut un flot de pensées catastrophiques et n’importe qui sentirait la panique monter. Elle? La catastrophe était son domaine à elle et la bande de Stigma. Elle sentait tout de même que Mia aurait perdu patience aussi à force.

- Hoho… Tu va devenir insultant? J’ai hâte. - son rire se fit sec, sarcastique - Ah mais avant tout je voudrais quand même te payer un compliment. Tu es perspicace quand l’envie te prends. Oui j’ai des plans pour toi, qui n’en a pas? Franchement?

Elle n’attendait même pas de réponse, son ton semblait pincé, comme-ci ce sujet la touchait aussi. En effet, depuis sa naissance il y avait que des plans dans sa vie. Sa naissance était un plan égoïste pour faire vivre sa mère à travers elle, dans la relation incestueuse de son père. Elle faisait partie des plans de sa “belle-mère”... De George...Depuis le départ elle était dans les plans de quelqu’un, même pour Stigma elle faisait partie d’un plan. Bref, quand la vie t’offre des citrons…

Elle vit finalement au loin ce que le garçon avait appelé un réduit. Effectivement c’était loin d’être l’espace le plus étoilé au monde. D’ailleurs ca ne méritait pas vraiment une étoile quelconque. Pour le remettre en place, mais aussi pour son propre plaisir elle lui donna une légère frappe à l’arrière de la tête. Bien entendu pas trop forte, elle ne voulait pas lui arracher la tête du cou; assez fort pour le choquer, mais aussi pour qu’il ferme son clapier devant la gitane plus tard. Esmera. La petite les aiderait, oui, mais elle ne lui faisait pas entièrement confiance. La gitane parlait, mais elle faisait en sorte de ne pas en dire trop. Ceux qui parlaient trop avaient quelque chose à cacher, quant à ceux qui ne parlaient pas assez… C’était souvent pire. Quelque chose dans ses yeux montrait qu’elle n’était pas tout à fait “là”. Bess sentait un manqie de gens de confiance depuis la Révélation, surtout dans des situations d’urgence.

- Ce “réduit” t’accueillera tant qu’il le faut, histoire que les choses se calment. Donc tu te tais. Ou bien: je vous prie de garder le silence à ce sujet. Gamin.

Exaspérée, mais aussi excitée par l’idée de finalement nettoyer son visage à moitié couvert de crasse et de pluie… Sans compter que la grande majorité de ses cheveux était collante et gluante...Urgh, la vamp n’essayait pas de trop y penser sous peine de fondre en larmes. Au lieu de cela elle s’imaginait frapper et battre Esteban, car c’était un minimum défoulant, tout en avançant de pas ferme vers le “réduit”.
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MessageSujet: Re: Un endroit vraiment très peu convenable.   Sam 4 Juin - 11:35

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Un endroit vraiment très peu convenable.

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