AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

 

 Quand Justice flirte avec Vengeance...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
William Delacroix
Vamps
avatar

Vamps


Identification
Emploi: Traqueur
Age apparent: 28 ans
Dangerosité:
18/30  (18/30)

MessageSujet: Quand Justice flirte avec Vengeance...   Mer 20 Jan - 18:06

Difficile de dire qu’il faisait frais en ce début de soirée à la Nouvelle-Orléans, surtout lorsqu’on avait connu les hivers du nord de l’Europe. L’humidité n’arrangeait pas les choses cependant, mais c’était tout à fait supportable, même si, à l’ombre du flirt des quarante degrés en été, tomber sous la barre de la vingtaine commençait à en faire frissonner certains. Les trottoirs étaient encore assez animés, visiblement certains prenaient le temps de finir quelques courses ou d’autres commençaient déjà leur longue soirée de plaisir, de débauche ou toute autre activité du genre. Au milieu de ce flot d’individus plus ou moins anonymes, une ombre filait droit, à pas posés et réguliers, l’œil attentif à tout ce qui l’entourait, sans réellement en avoir l’air. L’heure du rendez-vous était précise et, comme à son habitude, William n’avait pas prévu d’être en retard d’une seule seconde. Les choses aidant, il serait probablement un peu en avance, ce qui était toujours de bon ton, surtout lorsque l’on représentait l’instigateur du rendez-vous. On l’avait contacté via le canal habituel, une lettre cachetée adressée dans sa boîte aux lettres, le Vampire avait d’ailleurs cru à une simple traque ordinaire, mais la surprise avait été de taille lors du briefing de la mission quelques jours plus tôt. Apparemment, la cible était connectée, bien trop connectée pour ainsi dire, et une action directe était inimaginable dans l’état actuel des choses. Visiblement, de son vivant, le dénommé Eddie Weaver était un partisan anti-Outre particulièrement virulent, mais une mésaventure avec un Vampire l’avait transformé en ce qu’il détestait le plus. Si le Français appréciait l’ironie de la situation, cela n’avait, finalement, fait qu’empirer le problème Weaver, qui s’en donnait désormais à cœur joie pour massacrer ceux qu’il détestait encore plus, même s’il faisait partie des leurs. Les choses auraient pu rester simple si ce même homme ne faisait pas partie d’une des seules familles à pouvoir faire pression sur la communauté vampirique.

Et c’était là où la donne se compliquait sérieusement. Les Weaver étaient les principaux dirigeants de l’association en charge de la gestion des réserves de sang du pays et, par conséquent, des interlocuteurs avec suffisamment de poids pour faire fléchir la hiérarchie et les pousser un marché fort peu attractif. Probablement consciente que les fautifs n’étaient autre qu’eux, les Weaver s’étaient empressé d’assurer la protection d’Eddie en faisant pression sur les Vampires en menaçant de couper court aux apports sanguins. Compte-tenu de la situation actuelle, il y avait fort à parier que cela engendrerait un gros problème de ravitaillement et, bien entendu, risquerait d’augmenter drastiquement le nombre d’agressions perpétrées par les Vampires. Malheureusement, les agissements du bien-nommés, à savoir meurtres à tour de bras et particulièrement sanglants, ne passaient pas inaperçus et le BIAS ne manquerait pas de finir par remplir son rôle à un moment ou à un autre. L’idée de protéger un meurtrier face à l’organisation judiciaire ne plaisait pas vraiment à la hiérarchie et c’était compréhensible. La situation était particulièrement intenable et, s’il était hors de question de céder à ce chantage, il fallait trouver un moyen de contourner le problème pour pouvoir s’occuper du problème Weaver. Le dilemme était donc assigné au Traqueur, principalement à cause de ses compétences en la matière, mais il ne travaillerait pas seul. On avait fait appel au Talion, une organisation dont William avait entendu parlé à quelques reprises mais à laquelle il n’avait pas spécialement porté d’intérêt. Tout ce qu’il savait, c’était qu’elle n’appréciait pas nécessairement tous ceux qui s’en prenaient aux Outres. Ces derniers avaient convenu d’envoyer quelqu’un pour les aider à réfléchir sur une action commune qui permettrait aux deux entités de trouver une satisfaction mutuelle dans l’affaire Weaver. Et le rendez-vous de ce soir était l’occasion pour les deux futurs partenaires de se rencontrer.

Tandis qu’il continuait à marcher, il arriva enfin devant un grand bâtiment imposant et dont le style remontait probablement au siècle précédent, si ce n’était plus. Reconverti depuis plusieurs décennies en musée, il abritait de longues galeries ornées de tableaux plus ou moins grands et de statues plus ou moins hautes, parfois posées sur des piédestaux lorsqu’il ne s’agissait que de bustes. L’heure de fermeture allait bientôt sonner, mais le musée était au courant que deux individus auraient le droit d’acheter deux tickets à un tarif très spécial, leur permettant de rester la nuit entière s’il le fallait. Approchant du guichet, William se pencha en avant et remit une petite carte à travers l’espace situé au niveau du comptoir. « Un ticket, s’il vous plait. » Le guichetier observa la carte et le Vampire un court instant avant de lui donner un ticket et de lui souhaiter une bonne visite. William passa donc l’entrée et se dirigea vers l’aile Ouest du musée, jetant à peine quelques regards sur les chefs-d‘œuvres qui se trouvaient là. Le Français aimait la peinture, mais il ne pouvait hélas pas perdre de temps à s’arrêter de ça de là pour son seul plaisir. Quelques visiteurs avançaient en direction inverse, conscients que le musée ne tarderait pas à fermer, ce qui confortait le Traqueur sur le fait que le lieu de rendez-vous serait très tranquille. Ce dernier avait été fixé dans un recoin de l’aile Ouest, où peu de visiteurs s’aventuraient, même de jour, devant un tableau de Pierre-Paul Prud'hon, La Justice et la Vengeance divine poursuivant le crime. Arrivé devant la dite pièce, William jeta un œil autour de lui, personne, puis à sa montre. Il avait quelques minutes d’avance. D’un naturel patient et particulièrement stoïque, il resta debout devant le tableau, observant ce dernier avec intérêt, non sans se demander quel allait bien pouvoir être son équipier, lui qui, d’ordinaire préférait travailler seul. Malheureusement, ce point avait été non-négociable.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t2696-vampire-william-delacroix-tr
Skyler Skinner
Wiccans
avatar

Wiccans


Identification
Emploi: Pharmacien - Ambassadeur du Talion et Dealeur de sort de la W
Age apparent: 31 ans
Dangerosité:
26/30  (26/30)

MessageSujet: Re: Quand Justice flirte avec Vengeance...   Jeu 21 Jan - 18:24

Une ranger fit son bout de chemin jusqu'à l'arrière train malchanceux d'une hyène qui émit un glapissement contrarié. Skyler s'était pourtant contenté de pousser pour la faire avancer plus vite. La délicatesse était certes une qualité qui lui manquait complètement et Rictus, son familier, ne faisait pas exception à la règle, mais il évitait tout de même de taper dessus. Ces bestioles explosaient déjà suffisamment rapidement sans qu'on les y aide (... ou juste à peine). Autant éviter de les abîmer avant l'heure.

"Si on est en retard ça sera de ta faute..."

... Et pas du tout parce qu'il n'avait pas fait attention à l'heure tandis qu'il faisait son inventaire hebdomadaire à la pharmacie, ni parce qu'il avait été si absorbé par les diverses affaires qu'il lui fallait mener de front qu'il était probablement resté une vingtaine de minutes à réfléchir debout sans bouger, les sourcils froncés, la main tenant fermement une quelconque boîte de pansements d'estomac, d'anti-verrues ou de laxatif. Il avait fini par se rendre compte qu'il aurait déjà dû partir depuis dix minutes et il avait tout bouclé à l'arrache sans prendre la peine d'éteindre le poste de radio.

Non, c'était la faute de la hyène : l'abrutie n'avait pas trouvé mieux que de se laisser coincer dans le placard à balai, et il avait mis un temps fou à la retrouver. En guise de représailles, il l'aurait bien forcée à garder un seau métallique sur la tête pour les trois jours à venir si seulement il avait eu le temps de le lui fixer sur le crâne et de se protéger du concert qu'elle lui aurait probablement donné ensuite en cherchant en vain à se libérer. Bref, tout ça pour dire qu'il n'était pas exactement en avance. Pour ne pas aider, si il croisait un flic - comprenons l'un de ceux qui n'était pas encore corrompu jusqu'à l'os - il risquait encore de perdre du temps à devoir lui "expliquer" pourquoi il se baladait avec un animal communément considéré comme sauvage et dangereux.

Il ne se presserait pas pour autant. Le Talion n'était pas celui qui avait le couteau sous la gorge dans l'affaire, si bien qu'il n'avait aucun besoin de se plier aux règles de bienséance qui auraient voulu qu'il s'inquiète de son manque de ponctualité ou même de retenir ses habituels élans caustiques au moment où il rencontrerait son contact aux dents longues. Skyler sortit son tabac et entreprit de rouler une cigarette, s'arrêtant juste le temps de regarder où il allait pour traverser la rue sans se payer une bagnole. Il coinça la cigarette entre ses lèvres avant de remettre ses deux mains au fond de ses poches. La clope s'alluma toute seule, et il gueula une nouvelle fois sur Rictus. Non, ça n'était pas l'heure de chasser les pigeons. Qu'ils soient à plume ou en uniforme, d'ailleurs.

Le punk râla sur les passants tandis que la foule devenait plus compacte. Il enviait la hyène qu'il avait tout de même suffisamment bien dressée pour qu'elle longe les murs et se fasse discrète. Ça n'empêchait pas quelques cris apeurés lâchés de temps à autre par les gens qu'elle croisait, mais au moins, on évitait l'émeute. Il faudrait vraiment qu'il songe à lui foutre un collier muni d'un dispositif furtif un de ces jours, avant qu'il ne finisse par regretter de ne pas avoir pris un chien à la place. Au bout de quelques minutes de galère supplémentaire, il arriva devant le bon bâtiment. Il leva la tête et siffla face à la structure impressionnante.

"Les vamps et la mise en scène... Une longue histoire de symbiose. J'vous jure..."

Il eut un ricanement amusé, secoua vaguement la tête de droite à gauche puis jeta son mégot dans une poubelle - à force de risquer le Triple Retour, on finissait par devenir superstitieux. Il s'approcha du guichetier qui semblait ne pas vouloir cesser de regarder un point derrière lui dont il connaissait la nature sans même avoir à se retourner. L'employé ne prit même pas la peine de baisser les yeux sur son beau laisser-passer tout neuf. Blasé d'avance, Skyler chercha la lame de rasoir dans sa poche. Voilà pourquoi il détestait quand les rendez-vous n'étaient pas donnés dans des lieux privés.

"Vous avez un ticket pour moi, je crois..."

"C'est quoi ça ?"

"A en croire la tronche que vous tirez, je dirais que c'est une hyène."

"... Les animaux ne sont pas autorisés dans l'enceinte du musée."

"Trop dommage. Vous voulez que je la laisse dans votre loge ?"

"Il faut que j'appelle la sécurité ?"

Oh, pétard. Il n'avait pas de temps pour ça, alors tant pis. Skyler poussa un long soupir tandis qu'il passait une main dans ses cheveux. Aujourd'hui, les mèches à l'avant étaient teintes en vert d'eau tandis que leur extrémité - et celle du reste - brillait d'un jaune si fluo qu'il en paraissait presque phosphorescent. Il posa le bout d'un doigt ensanglanté contre le clou de bois rouge sur son oreille droite.

"Un TICKET, s'il vous plaît..."

Il tapota du doigt sur le bord du plateau en pointant la preuve papier qui prouvait la légitimité de sa demande.

Quelques minutes plus tard, Skyler avait réussi à obtenir gain de cause. Il prit enfin la peine de se remémorer l'ensemble de la situation tandis qu'il avançait d'un pas nonchalant dans les couloirs. Son œil morne traînait sur les tableaux sans s'y attarder. Ça n'était pas vraiment son trip et il avait mieux à faire. L'affaire en cours... Ce n'était quand même pas exactement rien, sinon, il n'aurait pas pris la peine de se déplacer en personne. Les Weaver étaient une famille dont les moyens de pression concernaient une bonne portion des outres de la Louisiane entière et au delà de la gravité du chantage auquel ces moldus décérébrés soumettaient les vampires, qui était évidemment intolérable, l'organisation pouvait trouver son bonheur de bien des manières si les choses prenaient une tournure appréciable.

Arrivé sur les lieux de la rencontre, le wiccan découvrit une grande forme qui était en train d'attendre devant un tableau. Le choix du titre l'avait faire rire quand on lui avait transmis ses instructions et de voir enfin la pièce en question le lui rappela. Il s'arrêta à proximité de l'autre outre, Rictus trottinant derrière lui d'un pas cliquetant sur le parquet. La hyène vint s'asseoir sagement à ses pieds. Quant à lui, il commenta simplement :

"Eh bien l'âge n’entame pas l'humour à ce que je vois... C'est vous qu'on doit féliciter pour ce trait d'esprit hilarant, ou bien ?"
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4113-skyler-skinner
William Delacroix
Vamps
avatar

Vamps


Identification
Emploi: Traqueur
Age apparent: 28 ans
Dangerosité:
18/30  (18/30)

MessageSujet: Re: Quand Justice flirte avec Vengeance...   Ven 22 Jan - 17:55

Le tableau n’était pas forcément ce que l’on pouvait appeler un chef-d’œuvre, du moins, il ne provoquait pas chez le Traqueur de réelles sensations, mais peut-être était-ce simplement dû au fait qu’il n’était pas là pour jouer les critiques d’art, mais bel et bien pour résoudre ce qui s’apparentait, mine de rien, à une petite crise, notamment pour les Vampires. Si les poches de sang finissaient par devenir une ressource rare, il fallait craindre à de sérieux bouleversements et, au-delà de ça, il était compréhensible que la Hiérarchie, et probablement surtout le Maître Vampire, n’accepte pas vraiment de se laisser intimider de la sorte, surtout pour quelqu’un qui allait probablement continuer à tuer et qui ne méritait finalement que l’arrestation ou la mort. D’ailleurs, le scénario idyllique consistait à rendre caduques les pressions des Weavers et, ensuite, d’attraper ce fameux Eddie et de lui appliquer, non sans plaisir, la Justice Vampire de la Nouvelle-Orléans. Il restait cependant à savoir comment ils s’y prendraient. William était relativement intelligent et capable de monter des plans précis ainsi que de se charger de leur exécution, mais, dans un cas comme celui-ci, il fallait d’abord désactiver une menace qui n’était pas vraiment de son ressort. Enlever Eddie Weaver discrètement était dans ses cordes, il pouvait même s’assurer que personne ne pourrait remonter jusqu’aux Vampires, mais, même dans ce cas, les menaces seraient mises à exécution. On ne pouvait pas dire que le chantage était idiot, bien au contraire, mais, malgré tout, le Français restait confiant. Il n’existait jamais de plan infaillible et si leurs maitres-chanteurs pensaient qu’il suffisait de menacer pour forcer les Vampires à plier le genou, ils se mettaient sérieusement le doigt dans l’œil, car ces derniers n’allaient pas se contenter d’attendre les bras croisés. Lorsque l’on met une laisse à un chien sauvage, la première chose qu’il cherche généralement à faire, c’est de la ronger, pour se libérer.

L’heure du rendez-vous était déjà passée de quelques minutes, mais toujours personne à l’horizon. Certains auraient pu y voir de quoi s’en trouver outragé, mais, il fallait se rendre à l’évidence, il n’était pas clair que la ponctualité, soit encore une valeur importante en ce monde et, après tout, c’était peut-être là une relique du passé, tout comme lui. William en profita pour tourner légèrement sur lui-même, pour observer d’autres peintures qui se trouvaient là, immobiles et silencieuses, attendant de pouvoir prendre leur nuit de repos, après une longue journée à être observées, parfois longuement, par des visiteurs curieux qui faisaient semblant de s’intéresser à elles. On ne pouvait pas dire que le Traqueur avait une quelconque connaissance artistique en la matière, mais, finalement, l’expérience n’était pas déplaisante. Il y avait bien certains tableaux, surtout ceux dits « modernes » qu’il ne comprenait jamais vraiment, mais il avait toujours prit beaucoup de plaisir à observer des paysages peints, surtout lorsque ceux-ci faisaient référence à des lieux qu’il connaissait bien. Certains peintres avaient le don de pouvoir saisir, avec leurs pinceaux, des atmosphères uniques, des sentiments même, qu’ils arrivaient ainsi à partager avec d’autres, qui se trouvaient finalement à des milliers de kilomètres de là, ou qui permettaient, à certains, de se retrouver au milieu de pensées et de visions familières. Cela faisait quelques temps qu’il n’entendait plus de chuchotements ou de bruits de pas et le musée devait avoir fermé officiellement ses portes. Bien entendu, cela ne posait pas de problème, puisque les employés étaient prévenus, donc il était possible d’entrer, même après la fermeture. Redressant le col de son long manteau de cuir noir, le Vampire acheva son tour d’horizon de la pièce et se remit face au premier tableau.

Ce n’est que quelques minutes plus tard qu’il commença à entendre des bruits de pas qui se confirmèrent rapidement et semblaient bien aller dans sa direction. Ce qui alarma le Traqueur, c’était un autre bruit, assez régulier lui aussi, qui indiquait peut-être qu’il y avait plus d’une personne. On lui avait pourtant dit qu’il n’y aurait qu’une seule personne à ce rendez-vous. Sur le qui-vive, il attendit que les pas se rapprochent encore, se tournant légèrement vers la porte d’entrée de la pièce, afin de pouvoir rapidement évaluer la potentielle menace. Un homme passa finalement la porte. La trentaine peut-être, une coiffure résolument tape-à-l’œil, mais qui lui allait plutôt bien. A ses côtés… Un chien ? Non, loin de là. Le Vampire observa l’animal quelques secondes avant de reporter son attention sur son interlocuteur qui se moquait du tableau qui se trouvait devant eux. A vrai dire, on ne pouvait pas dire que le Traqueur avait également haussé les sourcils devant cette mise en scène. Il haussa les épaules. « J’aimerais m’en attribuer le mérite, mais hélas, non. Toutefois… je pourrais passer vos félicitations à qui de droit si vous le désirez. » Il y avait une petite pointe d’ironie dans sa voix, mais, finalement, le lieu de rendez-vous n’était pas si mal. Il jeta un dernier regard au tableau et esquissa un sourire avant de jeter un bref regard au compagnon à quatre pattes de son futur collègue. Il n’avait rien contre les animaux, mais il était surpris – quand même – de voir un animal, normalement sauvage, se comporter, finalement, comme un animal de compagnie. Ceci étant dit, il n’était pas rare d’entendre parler d’Hommes capable de faire de même avec des lions ou d’autres animaux réputés dangereux. Il reporta son attention sur l’homme en face de lui. « C’est une hyène, n’est-ce pas ? Plutôt peu commun comme animal de compagnie. » Ce n’était pas dérangeant, il s’en amusait, après tout, il restait difficile d’être encore surpris après toutes ces années, il n’allait pas se plaindre lorsque cela arrivait. « Ce n’est pas trop problématique pour se promener dans la rue et entrer dans des musées ? » Il n’avait pas spécialement de connaissances en matière de régulation animale, mais, clairement, il se faisait une bonne idée de la tête des passants qui croisaient l’animal sur le trottoir. Il tendit sa main ouverte vers son interlocuteur, après tout, s’ils allaient devoir se côtoyer quelques temps, autant essayer d’être un minimum sociable. « William Delacroix, à priori, votre homme à tout faire, ou peu s’en faut. »
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t2696-vampire-william-delacroix-tr
Skyler Skinner
Wiccans
avatar

Wiccans


Identification
Emploi: Pharmacien - Ambassadeur du Talion et Dealeur de sort de la W
Age apparent: 31 ans
Dangerosité:
26/30  (26/30)

MessageSujet: Re: Quand Justice flirte avec Vengeance...   Mar 26 Jan - 15:17

Skyler ne prit pas la peine de répondre verbalement à la proposition que son interlocuteur venait de faire de passer ses compliments à l'instigateur de cette soirée musée. Ses lèvres s'étirèrent légèrement dans ce qui ressemblait à la naissance d'un sourire mordant. Ses yeux captèrent ceux du vampire et un message silencieux passa : ils s'étaient compris. Skyler avait relevé la pointe d'ironie dans la voix du mort-vivant et la considéra comme une bonne nouvelle. Ca se passait toujours moins bien quand ses contacts étaient du genre à ne pas comprendre son sens de l'humour ou bien à ne pas l'apprécier. Skyler n'était pas du genre à se retenir pour les épargner.

Sans surprise, la prochaine réaction du vampire fut à l'égard de Rictus. La hyène avait cette fâcheuse tendance à attirer l'attention sur elle en permanence... Skyler baissa les yeux sur la créature poilue, laquelle était visiblement ravie d'être subitement devenue le principal protagoniste de l'histoire. Elle dressa ses oreilles innocemment et frétilla sur place comme l'aurait fait un gros chien. Le wiccan lui jeta un regard blasé, incrédule : il était bien placé pour savoir que si l'imbécile partageait certainement l'intelligence d'un cabot avec qui la nature n'aurait pas été très sympa, elle pouvait se montrer bien plus fourbe, pour ne pas dire vicieuse.

Il avait tiqué sur l'emploi du mot "animal de compagnie". Les sorciers n'aimaient généralement pas qu'on réduise leur familier à cette vulgaire dénomination et il se demanda brièvement si le macchabée avait pu manquer de deviner de quelle espèce Skyler faisait partie. Il devait certainement savoir que le Talion n'embauchait pas de normes. Quant aux clous en bois et autres talismans qu'il portait sans s'en cacher, ils formaient un indice au moins aussi flagrant que la présence de l'animal à ses côtés. Un ricanement sec lui échappa comme son interlocuteur mettait le doigt sur un problème très à propos.

"Je crois que le guichetier s'est pissé dessus en nous voyant arriver. Disons qu'avant la révélation ça aurait été plus compliqué. Là au moins la plupart du temps les gens la prennent pour un métamorphe sous forme animale. Notez que ça en empêche pas certains de virer hystériques quand même... Ah, ces moldus..."

Son rire mourut dans un accent condescendant. Ses yeux fixes tournèrent leur teinte impitoyable sur l'immortel et même si il continuait de sourire, on pouvait remarquer que quelque chose dans son attitude s'était durcie : il était temps de passer aux choses sérieuses. Ils n'étaient pas venus ici pour compter les puces de la hyène. Le vampire devait être dans le même état d'esprit que lui car il profita de ce moment pour lui tendre la main et se présenter. Skyler n'aimait pas spécialement serrer des mains car la plupart de ses sorts étaient contenus dans les chevalières qu'il portait en quantité importante sur ses doigts, néanmoins il ne broncha pas et répondit à l'invitation par une poigne aussi ferme qu'il pouvait l'être en affaires, et même si dans ce cas précis les intérêts du Talion et de la hiérarchie vampire convergeaient.

"Appelez moi Skyler. "Diplomate" pour vous savez qui à mes heures perdues. Si si. Je sais, on dirait pas."

Un rictus carnassier apparut à la place de la précédente expression glaciale, ensuite de quoi il voulut sortir une clope puis se rappela qu'ils étaient dans un musée et que les détecteurs de fumée qu'il entrevoyait au plafond étaient potentiellement réglés sur une sensibilité de puissance "loi de Murphy". Contrarié, il soupira et entreprit de commencer à mettre la situation à plat :

"Bon. Qu'est-ce qu'on vous a dit concernant cette coopération ? Qu'est-ce que vous savez déjà ?"

Skyler en avait déjà une idée relativement précise mais ce William Delacroix n'était pas obligé de le savoir, si on prenait en compte le fait qu'il n'avait aucun moyen de se douter qu'il était face à un gradé au sein du Talion louisianais.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4113-skyler-skinner
William Delacroix
Vamps
avatar

Vamps


Identification
Emploi: Traqueur
Age apparent: 28 ans
Dangerosité:
18/30  (18/30)

MessageSujet: Re: Quand Justice flirte avec Vengeance...   Lun 8 Fév - 17:24

Pour être tout à fait honnête, William n’avait pas nécessairement prit le temps de jauger l’organisation de son interlocuteur, principalement parce qu’il n’en avait pas eu le temps. Averti quelque peu au dernier moment, ce qu’il savait du Talion se résumait simplement à ce qu’il avait pu en apprendre de manière accidentelle. Bien entendu, il avait essayé d’en savoir un peu plus avant de se présenter au musée mais on ne réalisait pas des miracles en l’espace de quelques heures. Ses retours se feraient dans les jours à venir, d’ici là, il se fierait uniquement à son instinct, qui, il fallait l’admettre, n’était pas si mal que cela. Après tout, il n’avait pas survécu toutes ses années, à son poste, sans avoir un minimum de jugeote. Pour ce qui était de la nature Wiccane de son futur partenaire, quelques indices avaient pu abonder en ce sens, mais, pour être honnête, le Traqueur n’était simplement pas au fait des habitudes des sorciers concernant leurs animaux pour faire preuve de méchanceté volontaire. Tout au plus fallait-il voir là l’expression du détachement du Français pour certains détails dont il n’avait pas forcément l’usage. Malgré ses nombreuses années d’existence, William n’avait côtoyé les Sorciers que très peu et leurs préférences lui étaient un peu étrangère, ou, si elles ne l’avaient pas été un jour, n’étaient pas nécessairement restées gravées au plus profond de sa mémoire. Malgré tout, dans l’hypothèse où le concerné aurait pu s’en offusquer, il aurait été légitime de penser que le Vampire se serait platement excusé de son manque de tact, totalement involontaire. C’était peut-être le problème de travailler la plupart du temps en solitaire, on en oubliait quelques fois, qu’il y avait certains détails à ne pas oublier. Dans tous les cas, il ne fut pas étonné d’apprendre que la hyène avait l’occasion de soulever certaines passions.

« J’imagine que certaines personnes sont plus hermétiques à ce qui sort de l’ordinaire, quel que soit leur origine. » Et peut-être cela dépendait également des propres compétences de ces mêmes personnes. Après tout, William pouvait ne pas être trop surpris par la hyène, conscient qu’elle ne représenterait qu’une menace relativement mineure, même si elle pourrait se révéler particulièrement tenace et difficile à maîtriser, mais les gens normaux, eux, s’imaginaient, pour la plupart, déjà mis à terre et en pièces par l’une des mâchoires les plus puissantes du règne animal, aussi, il n’était pas très étonnant qu’ils en aient une peur relativement plus violente. Le Traqueur nota le changement dans l’attitude de son interlocuteur et, pour être honnête, y fut tout à fait réceptif. Ils n’allaient pas passer des heures ici à parler du tableau ou bien du temps qu’il pouvait faire à cette époque de l’année. Il était temps de se mettre au travail, même si, pour le moment, c’était probablement le Wiccan qui aurait fort à faire en premier lieu. Une poignée ferme, visiblement décidée… Skyler, Diplomate. Cela voulait probablement en dire long sur les raisons pour lesquelles c’était lui qui se retrouvait en face du Français et pas un autre, même si le Talion devait posséder plusieurs diplomates et même si l’organisation n’aurait pas envoyé un bleu pour résoudre cette affaire – enfin c’était ainsi que le Vampire considérait les choses et il espérait que ce fut vraiment le cas – il était tout à fait convenable d’imaginer que ce n’était pas la tête de l’organisation qui allait prendre part à cette affaire, tout comme le Maître de la Ville avait délégué à un Traqueur la responsabilité de la réussite – ou de l’échec – de cette opération. « S’il y a bien quelque chose que je sais, c’est qu’il est difficile de se fier aux apparences. » Et il était probablement l’un des mieux placés pour savoir que les diplomates aussi changeaient d’apparence selon les époques. Et, surtout, que l’apparence n’était jamais un gage de bonne, ou de mauvaise, qualité.

Quand on lui demanda ce qu’il savait concernant leur future coopération, le Traqueur haussa légèrement les épaules. « Pas grand-chose en réalité. On m’en a expliqué les causes, et décrit notamment le dénommé Weaver et le chantage exercé par sa famille sur la communauté Vampire. Un chantage auquel la hiérarchie veut mettre un terme rapidement, sans dégâts collatéraux, et, compte-tenu de la puissance des Weaver, il va falloir ruser. » Il esquissa un léger sourire, légèrement amusé. « Et comme j’imagine qu’ils préfèrent une paire d’as qu’un simple atout pour remporter la mise, j’imagine qu’ils ont fait appel à votre organisation pour mettre toutes les chances de leur côté. » William n’avait prit aucunement ombrage de ce fait. Même s’il aurait accepté la tâche en solitaire sans broncher – bien qu’il aurait probablement demandé l’autorisation à qui de droit – c’était compréhensible de mettre plusieurs personnes sur une affaire de cette envergure. Le droit à l’erreur n’était aucunement envisageable et même s’il aurait été possible de trouver des alternatives, la perte d’un afflux aussi conséquent de sang aurait forcément eu des conséquences, probablement assez gênantes. « Je me suis renseigné un peu sur les Weaver, mais on ne peut pas dire qu’on m’a laissé beaucoup de temps devant moi pour préparer mes leçons, aussi, j’imagine que vous devez en savoir plus que moi. » Le Traqueur était tout ouïe et, surtout, savait ranger son égo quand il le fallait. Travailler pour le dénommé Skyler ne le dérangeait pas, pourvu que cela amenait à la bonne conclusion.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t2696-vampire-william-delacroix-tr
Skyler Skinner
Wiccans
avatar

Wiccans


Identification
Emploi: Pharmacien - Ambassadeur du Talion et Dealeur de sort de la W
Age apparent: 31 ans
Dangerosité:
26/30  (26/30)

MessageSujet: Re: Quand Justice flirte avec Vengeance...   Mar 15 Mar - 11:39

Un sourire roublard accompagna les mots du traqueur. Effectivement, se "fier" aux apparences pouvait amener à des situations où l'on faisait ou bien disait de la grosse merde bien épaisse. Skyler était très bien placé pour en parler mais d'une part, il n'était pas ici pour ça, d'autre part il n'avait aucune raison de confier ces pensées à un étranger. Il préféra passer à la suite immédiatement.

Et c'est là qu'il déchanta. Perplexe, il tourna la tête en direction de son interlocuteur. Il crut d'abord à une blague mais non, visiblement, le vampire était sérieux. Il ne savait strictement rien de plus que ce que tout le monde savait déjà. L'air mauvais, Skyler se ferma et poussa un large soupir. Comme si il avait du temps à perdre à parler dans le vide... Soit la hiérarchie vampire négligeait de respecter son allié et prenait le Talion pour une bande de guignols, soit il y avait eu un malentendu quelque part.

"Pas grand chose en réalité. Bah bravo. Dites... J'aurais cru que votre hiérarchie prendrait un peu plus au sérieux la menace qui pèse sur elle. Le Talion a accepté de mettre son nez dans l'affaire, mais un peu plus d'implication serait pas de trop. Ce rendez-vous est censé être un échange d'informations. On est censé s'occuper de trouver les failles de Weaver et vous, une fois qu'on y sera arrivé, de passer à l'action. C'est pas exclu qu'on vous envoie de l'aide... Mais  le minimum qu'on attend de votre part, c'est de la bonne volonté. Je pense pas que mes chefs apprécieront trop d'apprendre que les vôtres nous ont envoyé quelqu'un informé au dernier moment. Et "informé", c'est un bien grand mot."

De mauvaise humeur, il eut encore envie de fumer. Il se souvint une fois de plus que c'était plus que déconseillé tant qu'il serait dans le musée, et ça ne fit qu'aggraver sa bougonnerie.

"Comprenez qu'il y a des trucs qu'on pourra apprendre plus directement que vous, et vous des trucs que vous pourrez apprendre plus directement que nous. Du genre qui a transformé Weaver. Qui d'autres que cette famille a de l'influence sur les décisions de la banque de sang, et forme un allié solide avec les vampires louisianais ? Qui peut nous aider, parmi vos potes fiables et puissants, autrement dit ?"

Ce n'était pas forcément le meilleur angle d'attaque, mais on ne pouvait pas négliger ces alliés potentiels. Ils connaissaient bien les Weaver et ils pouvaient avoir de bons tuyaux dans lesquels le Talion se ferait alors un plaisir de s'engouffrer. Il y avait des vampires au Talion qui auraient pu se charger de ça, mais un haut gradé aurait plus vite fait d'obtenir ces infos. De son côté Skyler avait engagé des recherches. Ses espions grappillaient des infos d'ordre plus... général. Il attendait d'avoir une piste solide pour la partager, encore que le Talion ne donnait pas d'infos gratuites. Il filait un coup de main à la hiérarchie vampire, pas le contraire. Même si il avait de bonnes chances de grappiller une influence intéressante dans le processus.

La hyène avait senti que son maître s'échauffait un peu et s'était mis à pousser des gémissements ridicules dans tous les sens. Elle était maintenant en train de lui tourner autour non sans laisser des traces d'urine sur le parquet propre du musée. Le wiccan l'observa d'un œil blasé. Ah, non... Elle n'allait pas lui refaire de l'incontinence de stress ? Ou bien était-ce qu'elle avait négligé de pisser AVANT d'entrer dans le bâtiment, et qu'elle avait maintenant tout le mal du monde à se retenir ?

"Rictus... Tu fais ça sur mes chaussures, je te tue."
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4113-skyler-skinner
William Delacroix
Vamps
avatar

Vamps


Identification
Emploi: Traqueur
Age apparent: 28 ans
Dangerosité:
18/30  (18/30)

MessageSujet: Re: Quand Justice flirte avec Vengeance...   Mar 29 Mar - 14:29

Pour les quelques minutes qu’ils avaient passées ensemble dans cette salle du musée, William devait admettre que son partenaire, ou du moins ce qui s’en rapprochait le plus, ne lui déplaisait pas. Après des années, voire des siècles, à travailler plutôt en solitaire, même si les partenaires n’avaient pas manqués, il avait pensé qu’il serait plus difficile de faire confiance aussi facilement et, pourtant, le dénommé Skyler lui démontrait petit à petit le contraire, ce qui, avouons-le, avait le mérite de ne pas lui déplaire, même si cela pouvait le surprendre un peu. Il restait cependant encore à voir de ce qu’il adviendrait de cette coopération et s’il serait possible d’enlever cette épine du pied de la hiérarchie sans faire trop de vagues. Le Traqueur savait qu’on s’était adressé à lui pour des questions de réputation, mais son statut légèrement différent ne l’indiquait pas comme le mieux placé pour faire partie de cette équipe. Cependant, il n’y avait aucune raison de laisser exploser un scandale ici la Nouvelle-Orléans, car, mine de rien, la menace que faisaient planer les Weavers pouvait également prendre une tournure nationale, même s’ils ne se doutaient probablement pas de l’immense épée de Damoclès qu’ils venaient de lever au-dessus de leurs têtes. La hiérarchie avait décidé de faire profil bas et de régler l’affaire sans créer de précédent, ni éveiller trop l’attention de la presse, mais, au final, si la situation devait mal tourner et que cela devait finir brutalement, les Weavers ne s’en sortiraient pas vivants. Cet état de fait laissait d’ailleurs le Français perplexe. Seul le fait de vouloir étouffer l’affaire pouvait protéger les maîtres-chanteurs, mais pensaient-ils vraiment que la situation resterait dans ce statu quo indéfiniment ? C’était improbable de penser qu’ils n’avaient pas de portes de sortie à leur usage, mais pourtant le vampire n’en voyait aucune pour eux, pas après de telles menaces.

Face au renfrognement de son interlocuteur, le Traqueur haussa un sourcil, un peu surpris, et puis comprit rapidement son désarroi. Présenté comme ça, William avait effectivement l’air d’un touriste, mais, malgré tout, il restait professionnel. Certes, il avait été mis dans la confidence au dernier moment, ce qui l’avait d’ailleurs étonné, mais, apparemment, ils avaient attendu l’aval de Mina pour le mettre sur le dossier. Cependant, cela, il n’était pas vraiment d’actualité de le présenter au dénommé Skyler, même si, d’une certaine façon, il y avait des chances pour qu’il soit au courant, s’il avait fait quelques recherches dans ce sens, ou du moins l’apprendrait-il après cette soirée. En soi, ce n’était pas une excuse, mais il fallait l’admettre que, pour le coup, le Français n’avait pas eu l’occasion de récupérer les informations dont il aurait pu avoir besoin. Certes, il avait fait quelques recherches sur les Weavers, sur leur emprise sur l’AABB et sur les connexions de ces derniers et les dossiers qui pouvaient exister sur eux. Malheureusement, il n’y avait pas le temps de mener les recherches personnellement, pas avant le rendez-vous et si le Traqueur avait déjà contacté quelques connaissances pour obtenir des réponses, elles aussi avaient besoin de temps pour obtenir les informations désirées. Aussi, face aux accusations fondées de son collègue, le Vampire resta stoïque. Il était inutile de chercher à bomber le torse et il était de toute façon conscient qu’il y avait eu un peu de laisser aller de ce côté-là. Avant qu’il ne réponde, il observa la hyène de son interlocuteur commencer à s’agiter et, de ce qu’il en savait vis-à-vis des animaux qu’ils connaissaient mieux, elle donnait vaguement l’idée qu’elle avait besoin de sortir pour se soulager. Conscient qu’il n’y avait rien à gagner à rester ici, William esquissa un léger sourire à la menace de Skyler, destinée à son Familier. « Nous pouvons continuer à l’extérieur, si vous préférez. »

Il se dirigea vers une issue de secours qui se trouvait dans la salle et poussa la porte – qui ne déclencha, bizarrement, aucune alarme – invitant son interlocuteur à sortir. « Eddie Weasler est le fils de Robert Weasler, directeur de la Banque du Sang de Louisiane et, à ce titre, membre du conseil de l’AABB. Il est particulièrement influent de ce que j’en ai entendu parler, probablement aidé par son frère, Ron, qui fait dans le lobbying pharmaceutique. » Le Vampire ferma la porte derrière lui et profita de l’air de la nuit. « Vous devez sans doute déjà tout ça. J’ai quelques contacts à qui j’ai demandé des informations plus spécifiques sur Robert et Ron Weasler, mais je n’aurais les retours que dans quelques heures. » Il ne cherchait pas d’excuses et se contentait d’annoncer des faits. De toute façon, c’était cela ou rien dans l’état actuel des choses. « Concernant son géniteur, j’ai quelques pistes, mais je ne pense pas qu’il nous servira à grand-chose, A part à nous servir d’appât pour attirer les Weaver une fois que nous aurons pu nous occuper des détails connexes. » Il sortit une feuille de son manteau qu’il tendit au jeune homme. Elle contentait des dizaines de noms. « C’est une liste de ses victimes confirmées, je n’ai pas encore pu la passer complètement u peigne fin, mais il n’y a pas l’air d’avoir de schéma particulier. Il tue des Outres pour le plaisir de tuer. Cependant il y a peut-être aussi des gens qu’il avait intérêt à voir mort, on ne sera pas trop de deux pour y jeter un œil. » Il laissa quelques secondes au Wiccan pour regarder la feuille si cela l’intéressait. « SI on veut éviter les remous, il faut couper les Weavers de leur influence sur l’AABB. On pourrait essayer de jouer sur les autres membres, Robert n’a pas que des amis là-bas. Je pourrais avoir deux ou trois contacts qui pourraient en pousser certains à le mettre à la porte, mais il faudra un motif et une majorité. Ou alors, on essaie de faire ça de manière locale et de l’éjecter de la Banque de Sang de la Louisiane, mais mes ramifications locales sont plus à titre informatif que politique. »
Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t2696-vampire-william-delacroix-tr
Skyler Skinner
Wiccans
avatar

Wiccans


Identification
Emploi: Pharmacien - Ambassadeur du Talion et Dealeur de sort de la W
Age apparent: 31 ans
Dangerosité:
26/30  (26/30)

MessageSujet: Re: Quand Justice flirte avec Vengeance...   Ven 1 Juil - 19:36

Si il y avait une chose qu'on devait rendre à César - ou plutôt à William Delacroix - c'était son calme et sa courtoisie, qu'il possédait visiblement tous les deux en quantité impressionnantes. Skyler et son tempérament franc, direct, parfois irréfléchi, n'y avaient pas été de main morte. Il avait exprimé sa déception sans chercher à épargner l'amour propre du vampire. La plupart des gens auraient réagi avec mécontentement. Pas avec le sourire, et encore moins en laissant les reproches couler sur eux sans chercher à s'en dégager. Il surveillait Rictus du coin de l’œil pour s'assurer du fait qu'elle n'approchait pas trop près de ses chaussures lorsque le mort vivant lui proposa de continuer la discussion ailleurs. Toujours renfrogné, Skyler émit un vague grognement dont on aurait difficilement pu dire si il était d'approbation ou d'autre chose. Continuer à l'extérieur ? Encore eut-il fallu qu'il y ait quoique ce soit à continuer... Il était hors de question qu'il file des infos à la hiérarchie si cette dernière n'était pas foutue de lui revaloir la pareille, d'autant que c'était ses hommes à lui qui seraient chargés de limer les griffes des Weaver, même si il était prêt à octroyer aux vampires un droit de regard sur ses stratégies. A la rigueur, il leur céderait un veto. Si il était de bonne humeur. Autant dire que c'était mal parti.

"D'accord, si c'est suffisamment isolé."

Si ça ne l'était pas, il pouvait toujours régler le problème, mais si le choix se présentait il préférait éviter de gaspiller ses sortilèges pour rien. Utiliser un sort de haut niveau dans l'objectif d' emmerder Précieuse durant ses jours de congé était une chose... En claquer un pour empêcher un échange stratégique de sortir de la bulle hermétique dans laquelle il se déroulait par contre... Ça ne valait le coup que si ce dernier présentait un réel intérêt !

Il ne broncha pas lorsque William ouvrit la marche : au moins pourrait-il fumer une fois à l'extérieur, et Rictus cesserait probablement de menacer ses rangers avec ses déjections puantes. Un coup d’œil sur le nouveau paysage lui permit de se rendre compte qu'ils étaient dans une cour intérieure, interdite au public et probablement tout aussi déserte que le reste des bâtiments. Il leva le nez en direction des toits, excessivement hauts. Personne ne s'amuserait à s'y balader à moins  de les épier volontairement, et au stade où ils en étaient, les chances pour que les Weaver aient entendu parler de leur association étaient quasiment nulles...

Quasiment nulles, vraiment ? Du côté du Talion il savait qui exactement avait eu l'info et qui n'était au courant de rien. Il était à peu près certain que rien n'avait filtré. Côté vampires par contre, il n'en avait aucune foutue idée. Ce traqueur semblait n'avoir été mis dans la confidence que tout récemment tandis que l'affaire était sur le feu depuis déjà plusieurs jours. Il n'y avait aucun moyen pour lui d'être certain que leurs secrets demeuraient pleins et il n'avait pas suffisamment confiance en William pour se contenter d'une affirmation de sa part. Suite à un claquement de langue agacé, il s'ouvrit encore le doigt et passa son gras nonchalant contre une chevalière qu'il fit glisser dans le creux de sa main. Il la tendit au vampire.

"Mettez ça. La précaution peut sembler inutile, mais mieux vaut prévenir que guérir."

Dès lors que William aurait glissé la chevalière à son doigt, leurs propos deviendraient inaudibles à tous, sauf eux-même. Si besoin, Skyler lui offrirait alors de plus amples explications, mais il préférait éviter d'en dire trop tant qu'ils étaient exposés.

Le wiccan tourna un regard curieux sur son interlocuteur qui venait de reprendre la parole et qui, d'une façon aussi inattendue qu'agréable, était en train de lui montrer qu'il l'avait peut-être jugé trop rapidement. Une lueur approbatrice s'alluma dans les billes grises. Toute trace de mécontentement disparut, au profit d'une mine concentrée derrière laquelle on imaginait sans mal les rouages de son cerveau tourner. L'une des premières choses que Skyler avait fait était évidemment d'étudier la composition de la famille proche d'Eddie. le portrait - même partiel - que William en tirait lui permettait d'étudier la situation sous un autre angle. Rob et Ron Weaver étaient les cibles les plus directes, les plus évidentes qu'ils auraient pu trouver, mais il n'y avait pas qu'eux, sans quoi ça aurait été plus facile. Le traqueur apporta une précision qui fit naître en Skyler une braise de plaisir machiavélique. Ron faisait dans le lobbying pharmaceutique. C'était une piste qu'il n'avait pas encore suivie, mais qui pouvait être particulièrement intéressante à étudier, comme ça tapait très près de la maison.

"Je serais curieux de lire les rapports de vos agents lorsqu'ils les auront récupérés. Mais je suis d'accord avec vous. Rob n'est probablement pas notre meilleure option."

Gardant ses réflexions pour lui pour le moment, il laissa le vampire passer à la suite et lui tendre ce qui ressemblait à une liste de noms. Le pharmacien la souleva, sans cacher sa moue circonspecte. Il parcourut le document des yeux rapidement, sans plus. Aucun nom en particulier ne lui tapait dans l’œil. Il rendit le document au traqueur avec un geste brusque, sans élégance, et sans prendre la peine de le regarder.

"Ça ne sera intéressant pour moi que si un membre de cette liste possède des amis influents qui pourraient vouloir se venger. Ceci dit, si son étude peut vous permettre de deviner certaines des prochaines victimes d'Eddie, elles ont droit à une protection. Un mot de votre part, et j'en parlerai aux bonnes personnes. Celles dont c'est le boulot."

Instinctivement, la piste ne lui paraissait pas suffisamment chaude pour mériter sa pleine attention. Il préférait laisser le problème aux vampires plutôt que d'impliquer ses propres enquêteurs. Il réviserait son avis si on lui apportait des informations solides à propos d'une des victimes. En attendant, il préférait tourner son regard là où on n'attendait pas à ce qu'il le pose. Une approche détournée leur serait plus profitable. Ce pourquoi la proposition suivante fit naître en lui des sentiments mitigés. Il acquiesça tièdement.

"Couper les Weaver de l'AABB ou détruire leur influence au niveau de la banque de sang locale est une possibilité, mais je préférerais qu'on n'en vienne là qu'en dernier recours. Leur nouer une corde autour du cou sans qu'ils s'en rendent compte et menacer de la resserrer pour les rendre plus dociles serait déjà plus judicieux, mais je me demande si il n'y a pas un moyen d'éviter de se les mettre à dos. Il ne faut pas les sous-estimer. Il n'y a pas que Rob et Ron même si vous avez souligné avec justesse leur implication. Cette famille est une hydre, et certaines têtes sont mieux cachées que d'autres. Prenez Elsa Weaver, la mère d'Eddie. Elle ne fait partie de rien à proprement parler mais on l'invite à toutes les réunions. Il paraît qu'on la compare souvent à une dragonne et que son avis fait loi dans de nombreuses situations. C'est une femme intelligente, habituellement raisonnable. Je doute qu'on puisse tirer quoique ce soit de Rob. On me l'a décrit comme un homme impulsif et trop fier pour reconnaître ses erreurs. Mais Elsa ? Si on cherche à négocier quelque chose, passer par elle pourrait être une idée."

Il marqua une brève pause et leva une main pour compter sur ses doigts.

"Oliver Scott. Daisy Weaver. Francis Gonzalez. Lisa King. Jamie Scott. J'en passe. Qu'ils soient proches ou cousin, par le sang ou par alliance, on les retrouve tous soit dans le comité de direction de notre banque locale, soit à un poste important au sein de l'AABB, soit à faire joujou dans une des filiales de Ron, lesquelles sont pour beaucoup en quasi symbiose avec les organisations citées précédemment. Ça fait longtemps qu'ils se transmettent le pouvoir par piston et autres joyeusetés oligarchiques. C'est vrai qu'il peut y avoir des loups dans la bergerie, mais je si j'étais nous, je me méfierais un peu des moutons, et du risque de mourir étouffés dans la laine."

Content de sa métaphore, il laissa un sourire carnassier s'étirer sur ses lèvres. Ses déductions semblaient le passionner, ainsi qu'en témoignait l'intensité de son regard et le ton presque théâtral qu'il prenait pour exposer les faits.

"Si on veut éviter les remous comme vous le dites si bien, il faut faire changer les Weaver d'avis. Il faut renverser leur chantage pour qu'il acceptent de nous livrer Eddie. Mieux vaut éviter de chambouler leur petite sphère de pouvoir si on peut se le permettre. Et je peux vous assurer qu'on le pourra, et même qu'on aura le choix des armes. Il faut trouver un point d'entrée dans leur machine et leur mettre un gros caillou dans les engrenages. Prenez Ron : c'est une cible alléchante. Si on parvient à mettre son business en péril, le bonhomme nous mangera dans la main. Reste à savoir qui d'Eddie ou de Ron et de ses comptes en banque est le plus important. Qui finance les probables pots de vin de toute cette petite fratrie ? Qui est l'ainé ? D'où viennent ces sociétés ? Entrepreneuriat réussi accompagné de nouilles culbordantes et saupoudrées des billets de papa maman ? Héritage significatif ?"

C'était des questions auxquelles il faudrait répondre avant d'envisager de s'en prendre à Ron Weaver en espérant toucher tous les autres. Skyler aimait cette idée car prendre ce chemin détourné pourrait éventuellement leur permettre de rester vierges de tout soupçon, si ils s'y prenaient bien. Si il s'y prenaient encore mieux, il y avait même moyen pour eux de se présenter comme les bons samaritains qui viendraient en aide aux pauvres hères en faillite et qui leur empêcheraient la ruine. Qui disait Weaver redevable disait nouveaux privilèges à exploiter. Et pendant ce temps là, Eddie serait toujours mort et remort. Mais Skyler s'emballait... Ils étaient encore très loin d'une telle victoire stratégique.

La hyène avait fait un tour dans le jardin et était réapparue nettement moins agitée. A force de voir son maître et le vampire à qui il parlait bouger des lèvres sans émettre le moindre son, néanmoins, elle avait fini par se remettre à gigoter. Ça n'était pas normal et par conséquent, ça la dérangeait. Mal à l'aise, elle s'approcha de Skyler et se mit à lui mordiller le mollet en poussant des gémissements de protestation. Il la repoussa mollement.

"Arrête ça, bécasse... Eeet je sais même pas pourquoi je me fatigue à lui parler."

Vu qu'évidemment, elle ne l'entendait pas. Bien sûr, qu'elle en soit capable n'aurait probablement pas changé grand chose.
_________________

Revenir en haut Aller en bas
http://www.thevoodoochild.com/t4113-skyler-skinner
 

Quand Justice flirte avec Vengeance...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Voodoo Child :: ¤ SCENE I: Le quartier des affaires ¤ :: ║Le Centre ville║-
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit