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 Une noisette sur la tête.

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Evie Methali
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MessageSujet: Une noisette sur la tête.   Sam 9 Jan - 17:48

"Tu n'as pas fini de foutre la merde partout où tu vas? Je sais plus où mettre mes articles en vente avec tes conneries! Tu sers à rien, tu prends juste de la place! Et si tu commençais à faire de la pub pour attirer les touristes, hein? Si un jour tu veux être indépendante faudrait t'y mettre ma grande!"

Evie faisait comme elle le pouvait, mais la voix agressive de son père traversait son âme, se glissant sous sa peau comme un serpent, glissant jusqu'au recoin de sa tête qui contrôlait la douleur et l'énervement. Quand il l'appelait "ma grande", c'était que ça allait chier si elle ne faisait rien, surtout si elle restait là. Des frissons traversaient tout son corps alors que ses mains tremblaient, crispées en poing, plantant ses ongles dans ses paumes. Elle sentait le sang glisser entre ses doigts clos. S'il savait réellement ce qu'elle était capable de faire avec ce sang, il n'irait pas aussi loin pour l'énerver. Ce n'était pas lui hurler dessus qui allait l'encourager à faire quoi que ce soit. Mais malgré la haine qui montait en elle, la seule réaction visible sur son visage furent les larmes de frustration. Elle en avait marre, elle était impuissante. Voyant qu'elle pleurait, il interpréta mal leur sens.

"Eh bah? On chiale? Peut-être que ça va aider à te faire rentrer dans la tête que tu n'es rien! Que tu n'es là que grâce à MA bonne volonté de t’accueillir! Tu serais dans la rue sans moi! Une clocharde, une merde! Je t'ai donné un avenir! Personne ne veux de toi, sauf moi! Du côté de ta mère, tout le monde s'en fout de ta gueule! Tu ne portes même plus leur nom, c'est dire! T'as été déshéritée pour une bonne raison pauvre merde! Alors grandis un peu, et rends-toi utile!"

C'était trop, il fallait qu'elle s'échappe, sentant les voix autour d'elle prendre de plus en plus d'ampleur dans son moment de faiblesse. Si elle se laissait aller, elle pourrait faire une connerie... une grosse connerie, qui lui coûterait bien plus que de se faire déshériter cette fois-ci. Elle n'avait plus trop le choix. Sans attendre une seconde de plus, elle courrut par la porte de la boutique, fuyant, courant, ne cessant de retenir les palpitations qui prenaient son coeur et ses bras. Elle ne savait pas où elle se dirigeait, mais s'en moquait. Elle pleurait en courant, passant à côté de gens qui passaient par hasard par là et qui la regardaient, sourcils dressés. Elle leur hurla dessus au passage.

"Vous regardez quoi bande de cons?!"

Pour immédiatement sortir de leur champ de vision. Elle devait faire quelque chose, elle ne cessait d'entendre les voix, toujours plus fortes, toujours plus présentes, comme des ombres qui lui tournaient autour. On devait la prendre pour une folle, courir sans s'arrêter, se jetant en avant à corps perdu dans l'espoir d'échapper aux entités qui la suivaient de près, invisibles aux yeux de tous. On lui avait dit, un jour, que c'était une bénédiction d'avoir la Vue... Elle n'avait jamais été en tel désaccord. Elle était maudite, c'était tout ce qu'il y avait à dire. Ce pouvoir lui avait coûté trop de choses... Elle n'en voulait pas. Si seulement son frère avait été celui qui en avait hérité... Elle n'aurait jamais brisé sa famille, elle n'aurait jamais été abandonnée et reccueillie par son avare de père! Il n'avait aucune appréciation pour elle, mais il jouait le rôle du mec qui en avait quelque chose à foutre d'elle... Alors qu'elle le savait, c'était juste pour le fric. Elle n'avait pas besoin que les ombres lui disent pour qu'elle sache que c'était vrai.

Elle mit un moment avant de se rendre compte qu'elle ralentissait petit à petit, fatigant, jambes tremblantes. Ses poumons la brûlaient, et l'acide lactique dans ses muscles lui faisaient attrocement mal. Elle s'arrêta donc, pour reprendre un peu son souffle, et regarda autour d'elle. Pour le moment ses yeux étaient flous, et elle ne reconnu pas où elle se trouvait. Respirant encore lourdement, elle se pencha vers le sol, mains sur les genoux pour se soutenir à la perpendiculaire. D'une main lourde elle essuya ses yeux, puis se redressa, regard éclaircit mais fatigué. Ah, elle était à côté de l'Université. Elle avait donc tant courru? Elle n'avait pas vu le temps passer, noyée dans son propre esprit. Au moins c'était calme autour maintenant. Les voix ne venaient plus la perturber, et elle pouvait respirer sans sentir sa gorge se serrer avec l'effort. Décidément, il fallait qu'elle fume moins, ça allait vraiment finir par la tuer. A la pensée, cela dit, elle sortit une clope roulée à l'avance dans sa petite boîte métallique. Elle chercha son briquet et rendit le bout de sa cigarette incandescente. Elle fuma en marchant doucement. Elle n'avait jamais mis les pieds dans ce quartier; en même temps, depuis qu'elle était arrivée à la Nouvelle Orléans, elle n'avait fait que ranger son grenier... Et n'avait pas eu le temps de faire du tourisme. Et son père ne la laissait pas sortir quand elle voulait, essayant d'imposer des horraires strictes sur une personne volatile... Forcément cela avait des répercussions. Mais son père ne pouvait pas la comprendre, pas comme il était un Norme basique, sans éducation réelle ou culture. Il n'était venu au monde que pour se faire de l'argent sur le dos des autres de toute façon.

Elle se balada, tête un peu dans les nuages, dans le vague. Ses paumes encore ensanglantées lui faisaient mal, mais elle n'avait même pas de mouchoirs pour les nettoyer... Elle était fatiguée, elle en avait marre. Il n'y avait nullepart où aller. Peut-être que si elle passait la nuit dehors son père se calmerait, voyant sa source de revenu disparaitre...? Non, il rirait à son retour :

"Eh bah? Tu sais comment ça fait sans moi dehors hein?"

... Il n'y avait rien qu'elle pouvait faire pour donner tort à son père, et surtout pas pour qu'il s'en rende compte. Il était borné. Il n'avait aucune empathie, et reprochait à tout le monde de ne pas se mettre à sa place. Fumant, marchant lentement, de façon las, elle ne reprit conscience que lorsqu'elle s'aperçue qu'elle était dans un parc. Il y avait globalement une grande plaine d'herbe devant elle, bordée d'arbres et de petits chemins de briques. Elle laissa ses pieds la guider, prenant petit à petit de plus en plus conscience d'où elle se trouvait. C'était déjà agréable de se sentir à nouveau en possession de tous ses moyens. Mais avec cette retrouvaille, les émotions refirent surface, et, bien que plus calme, elle se laissa pleurer en silence, marchant doucement, yeux déjà enflés, regard dirigé vers ses pieds. Elle tint ses bras contre elle, comme pour s'empêcher de tomber en mille morceaux. Quand elle sentit ses jambes trembler de plus en plus, elle dirigea ses pas de plus en plus lents vers un arbre, et s'écroula contre, sans élégance, continuant de pleurer. Cette fois-ci, elle se laissa aller totalement, ruinant ce qui pouvait rester de son maquillage sombre.  

Après quelques temps, ses nerfs finirent par se calmer un peu, et, soudainement, elle sentit quelque chose tomber sur sa tête. Elle plissa les yeux sur le coup, ne comprenant pas ce qui venait de se passer, quand l'herbe à côté d'elle bougea un peu; là où l'objet qui lui était tombé sur la tête avait rebondit pour finir.
Elle souleva la petite chose. Une noisette? Elle dressa des yeux encore humide vers les feuilles au-dessus de sa tête. Elle était sous un noisettier, et elle n'avait même pas remarqué! Elle sourit, et allait baisser la tête quand elle vit du mouvement sur la branche au-dessus d'elle. Alors la noisette ne serait pas tombée d'elle-même? Dressant un sourcil, elle sécha ses larmes pour mieux voir, sans jamais lâcher la noisette qui lui était tombée dessus, mais ne sembla pas apercevoir en entier ce qui bougeait dans l'arbre.
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Eden Brewster
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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Sam 9 Jan - 20:46


La démarche légère, le pas sautillant, Eden, fraîchement débarquée à la Nouvelle Orléans, avait décidé de se promener un peu pour faire connaissance avec son nouvel environnement. Tout ici la fascinait, les commerces, les gens, la ville en elle-même. Cet endroit était vivant et sentait bon les Outres, même si elle ne pouvait réellement distinguer que les autres métamorphes et les vampires. Qu’importe, c’était bien suffisant pour lui donner le sourire, elle qui voulait vivre au milieu de gens comme elle et intégrer une grande communauté, elle était servie. Même le bar où elle avait trouvé une place de serveuse était tenu par deux membres de sa race. C’était d’ailleurs ce qui l’avait poussé à entrer ici plutôt qu’ailleurs. Elle était passée devant d’autres établissements avant, le Danse Macabre qui sentait le vampires à pleins nez - autant ne pas postuler dans un endroit ou on aurait tant envie de la pomper - et devant Les Plaisirs Coupables - rien qu’au nom, elle savait qu’elle n’avait pas envie d’y travailler - puis elle était finalement passée devant le Trick et c’était dit que ça c’était un endroit fait pour elle. Elle était ravie de travailler là-bas et de mettre ses talents au service d’autre métamorphes.

Aujourd’hui c’était relâche et elle avait commencé la journée en passant un coup de fil chez elle, dans le Wyoming. Elle avait promis d’appeler dès son arrivée mais elle avait été emportée par le tourbillon de la ville et avait totalement oublié de le faire. Et puis se trouver rapidement un travail et un logement, ça demandait autant d’effort que d’énergie. Une chance pour elle d’avoir trouvé si vite. Elle ne doutait d’ailleurs pas que sa bonne bouille et sa joie de vivre lui avait bien servi pour parvenir à ses fins. Elle ne lui avait par contre été d’aucune utilité pour se préserver du savon que lui avait passé son frère quand il avait reconnu sa voix. Elle avait beau être l’aîné, elle en avait prit pour son grade et le petit Dos Argenté n’avait pas mâché ses mots pour lui faire comprendre qu’ils étaient morts d’inquiétude et qu’il avait bien failli abandonner leur père pour foncer à la Nouvelle Orléans et la retrouver. Elle se félicita intérieurement d’avoir finalement appelé parce que voir débarquer son jeune frère au milieu de son lieu de travail, ça aurait fait désordre quand même. Il était très gentil le frérot mais quand il se mettait en colère, ça volait dans tous les sens… Le côté jeune gorille sûrement.

Une fois la famille rassurée et après avoir prit directement des nouvelles de son père, elle avait filé sous la douche, avalé une pomme en guise de petit déjeuné et avait filé faire un tour en ville. Par réflexe, elle était retournée près du Trick et avait poursuivit sa route. Elle aimait bien les vieux quartiers et y avait vagabondé un moment avant d’aller déambuler dans le quartier français. Si le France ressemblait à cet endroit, elle irait volontiers y faire un tour. Elle avait fait une longue halte devant la Cathédrale Saint Louis, regrettant de ne pas avoir de smartphone pour la prendre en photo. Eden n’utilisait jamais ce genre d’objet, elle n’avait d’ailleurs rien dans les poches à part quelque pièces et billets rangés dans une pochette microscopique accrochée autour de son poignet avec la clé de sa maison. Il se connaissait et il aurait été franchement stupide pour elle de se promener avec tout un tas de trucs qui disparaîtrait en même temps que ses fringues à un moment ou un autre. C’était d’ailleurs son plus gros problème, elle aimait tant sa forme animale qu’elle se transformait pour un oui ou pour un non et lassait ses fringues à l’abandon pour aller se balader dans les arbres. Elle n’emportait toujours que son cordon qu’elle passait autour de son cou et qui la gênait toujours affreusement.

Une fois le regret de ne pouvoir immortaliser la cathédrale passé, elle tourna les talons pour se rendre du côté du quartier des affaires. Il y avait pleins de choses là-bas aussi et elle déambula un long moment avant que le besoin d’une pause ne se fasse ressentir. Elle regarda autour d’elle et avisa ce qui semblait être un énorme espace vert au bout d’une rue adjacente à celle où elle se trouvait. Un parc, voilà ce qu’il lui fallait, des arbres, de l’herbes, des petits animaux, elle se sentirait comme un ours polaire sur la banquise. Elle bifurqua donc prestement et sautilla jusqu’à ce qu’elle se retrouve entourée d’arbres en tout genre.

Elle se promena le nez en l’air, un sourire accroché aux lèvres quand son regard fut attiré par un arbre en particulier. Ses yeux s’agrandirent et un mot s’imposa à son esprit… ”NOISETTTES !!!” Son estomac sembla se réveiller quand elle vit bien accrochées à leur arbre. Elle marchait depuis des heures et sa pomme avait cessé de la caler depuis un moment déjà. Sans compter qu’en prime, elle pourrait s’offrir une petite virée sous sa forme animale, que demander de plus. Elle quitta le chemin pour le contourner et se cacher de la vue des gens, précaution qu’elle prenait rarement et commença à se tasser sur elle-même. Lentement ses vêtements parurent trop grands pour elle jusqu’à ce qu’elle disparaisse complètement dans leur plis et qu’ils finissent par former un tas difforme sur le sol mousseux. Elle émergea du petit tas, cordon autour du cou et grimpa à toute vitesse pour atteindre les plus hautes branches. Avant de se mettre en quête de la plus belle noisette, elle regarda la vue qu’on avait d’ici. Le noisetier n’était pas très grand mais offrait une vue dégagée sur une portion du parc. Les nuances de vert et de marron lui mirent du baume au coeur et elle couina joyeusement en rejoignant des branches moins élevées pour trouver son bonheur. Elle fit le tour du tronc, avisant un trou qui ferait une très bonne cachette et fourra sa tête dedans pour en constater la taille. Pas immense mais suffisant pour y stocker une belle quantité de noisette, par contre c’était dégoûtant, si elle décidait de l’utiliser, il faudrait qu’elle enlève toutes ses toiles d’araignées.

Elle ressortie sa tête de la potentielle cachette et se mit enfin à la recherche de son déjeuner. Il y avait beaucoup de noisettes toutes plus appétissantes les une que les autres, mais après plusieurs passages sur les branches, elle jeta son dévolu sur une en particulier, parmi le petit groupe de quatre, elle était la plus belle, la plus mûre, elle serait délicieuse. Elle progressa rapidement sur la branche et allait attraper son repas quand celle-ci se détacha d’elle-même et tomba de l’arbre. Et zut ! Elle était mûre s’était certain, tellement qu’une simple vibration un peu trop prononcée de la branche l’avait fait de décrocher et tomber en émettant un poc… Un poc ? Eden se pencha pour regarder en bas. Un poc ça n’était pas normal. Une noisette qui tombait dans l’herbe émettait un léger flof. Néanmoins, elle était tombée sur une surface recouverte de quelque chose, car si c’était sur quelque chose de dur, c’était un tac qu’elle aurait entendu. Elle regarda vers le sol pour apercevoir une tête qui se relevait vers elle. Elle se redressa sur la branche, réfléchissant rapidement, son précieux sésame avait poké en tombant sur une tête rouge. Quelqu’un avait son déjeuné entre ses mains… Ni une, ni deux, Eden avisa la distance, se plaça au bord de la branche et sauta en déployant son patagium pour planer jusqu’à atterrir sur le visage levé dans sa direction. Elle en descendit immédiatement, n’ayant aucune envie de se faire dégager à grand coups de mains mécontents et progressa le long du bras de la femme pour s’accrocher à son poignet, agripper sa noisette entre ses dents et écarter les doigts des deux mains pour la récupérer. Vive comme l’éclair elle avait ensuite sauté du bras pour rejoindre son genou et avait regardé la femme en couinant. Elle agita ses petites pattes vers la branche puis vers la tête rouge comme pour s’excuser et prit finalement son trésor entre ses doigts après avoir réajusté la position de sa clé autour de son cou. Elle se lécha les babines et attendit la suite, prête à tout lâcher et partir à toute vitesse si les choses tournaient mal.

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Evie Methali
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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Sam 9 Jan - 21:51

Si Evie avait eu un minimum de réactivité, elle aurait peut-être pu empêcher l'attaque surprise qui lui tomba relativement imprévisiblement sur la gueule. Elle eut bien plus peur que de mal, mais resta néanmoins figée un bon moment. Son esprit était encore bien trop embrumé pour comprendre réellement ce qui venait de lui arriver, mais petit à petit, les liens se firent dans sa tête. Elle regarda la créature qui siégeait maintenant sur son genoux, yeux vides. Elle observa la bestioles s'agiter, faisant des gestes comme ceux bah... d'un humain. Elle n'avait jamais vu d'animal faire une telle chose sans avoir été dressé d'abord. Un Méta alors? Elle n'en n'avait pas rencontré beaucoup, et n'avait jamais entendu parler d'un métamorphe écureuil; cela ne voulait pas dire que ça n'existait pas, bien sûr!

Elle passa un peu en revue les événements qui lui étaient arrivés à l'instant : elle avait reçu une noisette sur la tête, et, très peu de temps après avoir levé la tête pour voir d'où elle venait, elle avait été assaillie par une petite créature, qui lui atterrit à même le visage. Quelque part, bien heureusement que la créature n'avait pas été plus lourde, cela aurait pu faire mal. Avec comme avec des pattes de velours, la petite bestiole surprenante était vite descendue de sa tête jusqu'à son bras pour attraper la noisette qu'elle tenait... Elle avait sentit ses petites pattes ouvrir ses doigts pour en sortir le trésor caché. Avec vivacité, comme un éclair gris, l'écureuil avait sauté jusqu'à son genoux une fois la noix convoitée en main. Étalée comme elle était contre l'arbre, la bestiole était à hauteur de son visage, au sommet de son genoux tenu à la verticale.

Fatiguée comme elle l'était, les yeux gonflés et cernés de rouges, elle ne put s'empêcher de sourire. L'écureuil ne ressemblait pas à ceux qu'elle avait déjà vu; par ailleurs celui-ci avait une bien grande différence : la peau étendue entre ses pattes avant et arrière signifiait bien une chose, c'était un écureuil volant. L'idée de pouvoir planer d'arbre en arbre la fit sourire d'avantage. Le couinement avait certes bien attiré son attention brumeuse, et ses gestes l'amusèrent grandement. Il y avait sans doute un message que la bestiole voulait faire passer, mais Evie n'était pas en état d'y réfléchir. Elle contempla la créature, s'attendant à ce qu'elle s'échappe au plus vite; mais elle demeura sur son genoux après avoir ajusté une cordelette autour de son cou : une clef.

La jeune vodoun sourit à la vue de l'écureuil volant sur son genoux. Sérieusement, c'était ça que lui envoyaient les divinités? En même temps, il n'y aurait sans doute rien d'autre qui pourrait la faire autant sourire à l'heure actuelle. N'ayant pas essayé de déchiffré le message de la créature, Evie ne bougea pas, ayant peur de faire fuir l'écureuil gris au ventre tout blanc. Ses grands yeux l'analysaient, contenant une intelligence brillante et vive.

"Désolée de t'avoir embêté dans ta chasse..." murmura-t-elle enfin. "Il semblerait que je me mets en plein milieu du chemin de tout le monde ces derniers temps."

Elle avait cru qu'elle n'avait plus rien à lâcher, mais la preuve du contraire surgit en grosses vagues de ses yeux. Elle ne savait pas pourquoi, comment. Est-ce que c'était la simple présence du rongeur sur son genoux qui avait fait ça, ou simplement le fait que quelqu'un était avec elle, dans l'instant? Ou les mots de son père, qui cognaient l'intérieur de son crâne comme une balle rebondissante, la blessant toujours plus, chaque instant? Quoi qu'en était la raison, elle ne pouvait retenir les larmes, ou les gémissement d'agonie qui venaient du fin fond de son âme. Automatiquement ses mains se levèrent vers ses yeux pour les cacher, puis remontèrent vers son crâne, agrippant la racine de ses cheveux.

"Désolée..." gémit-elle entre deux tremblement d'agonie. "Désolée..."

Elle pleurait à chaude larmes, ses paumes ensanglantées contre son front laissant une trainée rouge sur sa peau blanche. Elle ne le remarqua même pas, retenant des cris et hurlement que l'angoisse faisait remonter. Elle faisait une crise de panique, elle n'arrivait plus à respirer correctement, agrippant ses cheveux plus violemment. Elle était terrifiée, elle devenait dingue, les voix autour d'elle lui hurlait de mourir, d'abandonner, de tout lâcher. Elle perdait la raison, elle ne savait plus qui elle était, où elle était, comment retourner dans son corps qui refusait de lui obéir. Elle avait envie de frapper l'air autour d'elle, faire reculer les ombres qui l'entouraient, fondaient sur elle sans lui laisser de répit.
Elle tremblait de tout son corps, pleurait, gémissait, retenait ses cris. Elle ne comprenait plus rien, son cerveau embrouillé par le manque d'oxygène que sa respiration vive et saccadée de hoquet provoquait.

D'un coup il n'y avait plus rien, elle était seule, dans le noir. Dressant la tête, elle sentit les ombres caresser sa peau en passant, lui tournant autour comme une tornade affamée, qui n'attendait qu'une chose : la dévorer. Il n'y avait pas un son, à part un "tac, tac, tac, tac" régulier... Le son d'une horloge? Pourquoi? Où était-elle? Elle ne se souvenait de rien, et cherchait désespérément un point d'appui. Il n'y avait rien d'autre que le son. Elle essaya de s'extirper de cette obscurité qui était en train de l'engloutir. Si elle n'en sortait pas maintenant, elle serait perdue à jamais!

Serrant les dents, elle enfonça ses ongles dans le sol invisible, se tirant, se traînant en avant, vers le haut, forçant un retour vers la conscience. Elle ne pouvait pas se laisser avoir, pas maintenant, pas encore. Elle savait comment elle avait échoué la première fois, là il était hors de question de se laisser avoir comme une novice. Elle n'avait pas sa place ici, l'obscurité était un corps étranger qui ne lui voulait que du mal; tant qu'elle avait ça en tête, elle aurait tous les outils pour s'en échapper.
Elle grimpa, grimpa, éternellement, galérant encore et toujours mais n'abandonnant jamais. Les voix qui lui disaient de se laisser aller s'estompèrent, et bientôt, ses yeux ouverts revirent enfin la réalité.

Une seconde s'était écoulée, pas plus, elle le savait. Une seconde durant laquelle son corps avait été totalement immobile, mort. Elle l'avait vu chez sa mère, ce regard vide, comme un corps sans âme, sans la lueur de la vie. Elle reprit son souffle, comme si elle n'avait pas respiré depuis des siècles, comme si elle était restée sous l'eau trop longtemps. L'inspiration qu'elle prit, comme la première d'un enfant, la fit se redresser, dégageant ses voies respiratoires avec un grand bruit, quasiment exagéré... mais il ne l'était pas, pas pour elle. Elle y avait échappé cette fois-ci, mais la prochaine... Qui savait? Elle avait les yeux fermés, et ne savait pas où elle était, mais laissa les sensations revenir doucement dans son corps, comme si son âme se replaçait dans la coquille, reprenant le contrôle de tous les recoins. Elle avait besoin d'un câlin... Vraiment.
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Eden Brewster
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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Sam 9 Jan - 22:33


Perchée sur le genoux de la femme, Eden la fixa de ses petits yeux noirs. Elle avait les yeux rouges et gonflés et en regardant mieux ses mains, elle vit du sang dans ses paumes. Eden n’aimait pas le sang, elle n’aimait pas voir les gens blessés ou tristes et elle aimait encore moins quand ces deux critères étaient réunis en une seule et même personne. Sa noisette serrée contre son coeur, elle hésitait sur ce qu’elle devait faire. Partir et la laisser là lui paraissait tout simplement impossible, elle ne pouvait pas tourner le dos à une personne en détresse sans se rappeler son propre passé, et elle n’aimait pas que son passé lui revienne. Dans le même temps, il n’y avait pas grand chose qu’elle pouvait faire sous sa forme actuelle. Un écureuil de 12cm de long n’était pas très utile dans une situation de crise et reprendre forme humaine devant tout le monde… Elle n’en avait pas particulièrement envie.

Elle regarda la femme sourire et son regard s’illumina, un sourire c’était bien, c’était bon signe, c’était engageant. Un sourire c’était prometteur. Mais elle ne bougeait pas par contre. Est-ce que c’était à cause d’elle ? Elle avait peur de la faire tomber ? De la faire fuir ? Elle était figée ? Ah non, être figé c’était mauvais ça par contre. Elle penchait la tête d’un côté, puis de l’autre en cherchant à déchiffrer ce qu’elle voyait. Puis elle parla et les mots qu’Eden entendu ne lui plurent pas du tout. Elle s’agita sur le genoux de la femme et garda sa noisette contre elle d’une patte, agitant l’autre dans le vide. Elle pointa la noisette, puis l’arbre, mima la chute sur la tête de la femme en pointant son propre crâne puis tapota son petit poitrail blanc pour dire qu’elle se trompait et que c’était de sa faute. Il ne fallait pas la laisser croire qu’elle était responsable, c’était faux. C’était au mieux le hasard, au pire sa faute pas elle, pas celle de la dame. Elle sautilla sur place et recommença les même gestes en couinant vivement. Bon sang ce qu’elle pouvait détester ne pas être douée de parole sous forme animale.

Puis Eden se figea. La femme se mettait à pleurer et elle ne savait pas ce qu’elle devait faire. C’était de grosses larmes ça, pas une chouinerie enfantine. Elle leva les mains vers son visage et laissa de grandes traînées rouges sur ses joues. Eden ne put que secouer la tête, elle n’avait pas à s’excuser de pleurer, ce n’était ni un crime, nu un drame. Sauf qu’elle se sentait encore plus impuissante et désemparée. Elle serra fort sa noisette contre son coeur, son museau frétillant de peur. Elle semblait avoir du mal à respirer, comme si elle se noyait. Elle connaissait ça, elle avait fait quelque crise d’angoisse après la perte de sa mère et de son fiancé. Et il n’y avait grand chose à faire pour aider, à part peut-être serrer fort la personne dans ses bras.

Sauf qu’Eden était actuellement un écureuil, avec des bras bien trop petits pour pouvoir serrer autre chose qu’un doigt ou un poignet. Elle n’arriverait même pas à faire le tour de son bras ou de sa cheville. Seulement ça commençait à devenir urgent… La femme se figeait brusquement et sembla vide pendant un moment. Un instant qui lui paru durer une éternité durant laquelle elle la cru morte. Eden paniqua et regarda de tout les côtés pour trouver de l’aide, mais il n’y avait personne autour d’elles. Personne… Pas âme qui vive en dehors d’elle. Elle se retourna vers la femme et ôta son cordon de son cou. La femme semblait émerger d’un cauchemar et reprenait son souffle comme si elle avait failli mourir asphyxiée.

Le corps d’Eden se tordait déjà, grossissant et se déformant pendant une bonne minute jusqu’à avoir reprit forme humaine. Les cuisses autour de la jambe de la femme, elle se jeta en avant pour passer ses bras autour de son cou, sa noisette dans une main, le cordon dans l’autre. La nudité n’était pas un problème pour les métamorphes même s’il serait vraiment malvenu quelqu’un les trouve dans cette position compromettante. Eden s’en fichait pour le moment, elle était juste inquiète pour la dame. A vrai dire, elle ne se demandait même pas si elle serait gênée de se retrouver avec une inconnue totalement dénudée autour du cou.

”Faut pas me faire peur comme ça.”

Sa voix était douce, comme le murmure destiné à rassurer un enfant. Le nez dans son cou, elle passa son cordon autour de son poignet et caressa les cheveux rouges de sa main ainsi libérée.

”Ca va aller ?”

Elle ne bougeait pas, le derrière pointant outrageusement vers l’allée, offrant une vue imprenable sur son anatomie.

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Evie Methali
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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Sam 9 Jan - 23:46

Evie était encore entre deux mondes... Entre le rêve et la réalité, sentant petit à petit son corps lui obéir. Elle pu bouger les doigts de pied, ce qui était déjà rassurant; ses épaules tendues virent à redrescendre d'elles-mêmes, calmée petit à petit. Elle ne savait pas vraiment ce qu'il se passait, ni physiquement, ni mentalement, mais elle se sentait en sécurité, protégée par une présence dont elle ne connaissait rien. Les esprits avaient-ils pris pitié d'elle? Maman Brigitte l'aurait-elle prise dans ses bras, comme elle l'avait toujours souhaité?

Hm... Ce parfum un peu sucré, chaud, doux pour ses narines... Vanillé même! Puis serait-ce une pointe de noisette qu'elle sentait là? Elle ne s'attendait pas à ça de la part de la grande Loa... Ce n'était certainement pas le souvenir qu'elle en avait. Fronçant les sourcils, elle dressa doucement ses bras, entrant en contact avec un corps physique, bien là. Ses mains se rejoingnirent derrière le dos de la personne. Son cerveau, encore complètement embrumé, prit un moment à se souvenir de la présence d'un écureuil... Du moins, il fut un temps. Maintenant le corps qui la tenait était bel et bien humain. La peau nue sous ses mains était douce, légère, si bien qu'elle essaya de ne pas y toucher, pour ne pas la souiller. Il lui fallu un temps pour comprendre qu'il y avait des bras autour de son cou. Eh bien. Elle avait voulu un câlin, en voilà un.

Ses oreilles s'éveillèrent aux mots qui soufflèrent dans son cou, provoquant des frissons dans son dos et sur ses bras.

"Faut pas me faire peur comme ça." Murmura la voix, douce, légère...

Elle sentit sa main se dresser pour caresser ses cheveux. Cela la détendit, tout en la chargeant d'émotions. Elle ne pleura pas cette fois-ci, décidément enfin vidée de toutes les larmes possibles. Elle posa sa tête au creux de son cou, respirant calmement, profondément, profitant du parfum agréable que proposait la jeune fille contre elle. Jeune fille, peut-être, une voix douce, un peu aigüe, un parfum sucré. Evie n'osa pas vraiment vérifier, étant donné qu'elle avait bien compris que l'écureuil et la personne contre elle était bien une et la même... Cela voulait dire que la personne était nue. En d'autres circonstances cela l'aurait rendue agacée ou excitée. Là elle était juste trop fatiguée pour ressentir quoi que ce soit d'autre que de la gratitude pour le/la méta.

”Ca va aller ?”

Elle hocha la tête, silencieuse, yeux clos. Elle ne su pas combien de temps elle resta comme ça, mais son esprit reprit enfin sa route, et elle pu réfléchir sérieusement. Cette personne était nue! Et en plein milieu d'un parc qui plus est! Ca ne la gênait pas? Et si un vieux pervers passait dans le coin et les voyait? Oh elle n'osait pas y penser, et se redressa légèrement. Pour la première fois, elle vit l'écureuil sous forme humaine sous ses yeux. Le corps d'une jeune femme, pas de doute. Mais elle se contenta de regarder dans ses yeux, les siens grisâtres, de plus en plus foncés sur les bord de l'iris. Elle avait un visage doux, amical... Innocent. Evie avait connu un paquet de gens, plus mal intentionnés les uns que les autres. Cette parfaite inconnue venait de l'enlacer, se mettant à nu, littéralement, pour la calmer. Il n'y avait pas une once de malice dans ses yeux, chose qu'elle trouva impressionnant, et très agréable. Elle ne put se retenir face à des yeux si larges et beaux, de glisser le dos de sa main contre sa joue.

A nouveau son cerveau refit un tour, et elle sentit ses joues chauffer. Ah. C'était peut-être un peu trop familier comme geste, sans oublier que la jeune femme était encore nue, et sur elle! Un peu paniquée, elle se redressa, regarda au sol autour d'elle. Si ça se trouve, elle n'avait pas vu les vêtements de la méta en s'écroulant contre l'arbre. Du coup, inquiète, n'osant pas lui demander où étaient ses vêtements, elle retira son manteau et le mis autour de ses épaules.

"Merci et euh... Ca va? T'as pas trop froid?"

Elle lui frotta un peu nerveusement les épaules, puis se figea. La situation, dans son ensemble, qui était si étrange... Elle explosa de rire. Ses nerfs avaient lâché, elle remit ses bras autour de la méta, riant, sans pouvoir s'arrêter.

"Pardon!" Dit-elle, riant encore.

Elle mit un petit moment à se calmer, les bras toujours autour de la jeune femme. Ne la lâchant toujours pas, elle dit :

"Merci encore... Moi c'est Evie... Tu as des vêtements quelque part peut-être?"
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Eden Brewster
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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Dim 14 Fév - 12:59


La dame sembla reprendre vie, lentement, très lentement, elle la sentie bouger contre elle. Sa respiration revint à la normale et ses doigts entrèrent en contact avec sa peau. Eden n'était ni farouche, ni pudique et même si elle ne laissait pas n'importe qui poser ses doigts sur elle, il n'était pas question qu'elle dise quoique se soit puisque c'était elle qui s'était sciemment mise dans cette situation. Et puis, elle était contente que la dame retrouve son calme. Elle avait eu peur pendant un temps et si son cerveau avait refusé de fuir, son subconscient lui avait susurré tout l'inverse. Eden était une vraie trouillarde et si la dame ne le savait pas, elle s'en rendrait vite compte, mais une trouillarde parfois inconsciente du danger. C'était un mélange un peu étrange parfois et il la poussait à se mettre dans des situations relativement gênantes. Comme celle-ci, totalement nue dans un parc, en train d'enlacer une parfaite inconnue.

Parfaite inconnue qui sembla retrouver la parole aussi. Eden souffla enfin, c'était une très bonne chose ça. Elle la laissa bouger à sa guise sans esquisser le moindre geste, souriant quand elle la sentie hocher la tête en guise de réponse. La situation sembla s'apaiser pour la dame et Eden était contente si c'était en partie grâce à elle. Relevant le buste, elle regarda la dame se redresser et son sourire s'élargit quand elle passa le dos de sa main contre sa joue. Ce genre de geste ne la dérangeait pas plus que ça, elle y était bizarrement habituée, sans doute parce qu'elle suscitait souvent ce genre de réaction. Elle n'avait jamais comprit pourquoi d'ailleurs, mais elle s'était faite une raison. Son propre père lui caressait tout le temps la tête et les joues quand elle le fixait de ses grands yeux innocents.

Elle se retrouva finalement avec le manteau de la dame sur les épaules et ne put s'empêcher de laisser un rire léger passer ses lèvres. La nudité n'était pas vue de la même manière chez les métas, c'était quelque chose de naturel. Alors certes, il n'était pas bon de se retrouver totalement dénudé en toute circonstances mais le fait en lui-même ne dérangeait pas l'écureuil volant qu'elle était.

"Oh non ça va, je suis habituée !"

Comme tous ses congénères d'ailleurs, il n'était pas dans leur nature d'être frileux, pour la plupart d'entre eux en tout cas. Et ça n'était pas conseillé quand on passait beaucoup de temps sous forme animale et qu'on reprenait forme humaine n'importe où et par tous les temps. Elle sourit en la laissant lui frotter les épaules et rit avec elle quand elle ne put se retenir. Se retrouver à nouveau avec ses bras autour d'elle ne la dérangea pas et elle posa ses propres mains sur les flans de la dame.

"Eden ! Et ils doivent être quelque part derrière cet arbre."

A l'entendre, c'était l'évidence même et elle se dégagea doucement pour se redresser dans le but d'aller vérifier. Elle se releva doucement sans prendre la peine de serrer le manteau contre elle et, quand elle se retourna, se retrouva nez à nez avec un gamin haut comme trois pommes qui se mit à couiner, sautiller et crier tout à la fois. Surprise, Eden se figea et ne se rendit compte qu'au dernier moment qu'une énorme bonne femme fondait sur elle tel un oiseau de proie, les yeux exorbités et le sac à main brandit telle une arme.

"Non mais vous n'avez pas honte !!! Osez vous promenez ainsi en public ! Il y a des enfants ici mademoiselle ! Déguerpissez espèce de dévergondée ! De... De prostitutée !"

Paniquée, Eden couina et fit le tour de l'arbre pour se cacher derrière le tronc. Ce genre d’agression, bien que compréhensible vu la situation, lui faisait totalement perdre ses moyens et elle fit la seule chose dont elle se sentait capable et qui était également un réflexe instinctif de survie.

Quand le gamin fit le tour de l'arbre pour voir où elle était, il ne trouva qu'un tas de vêtements, ceux d'Eden, bien pliés, et le manteau d'Evie qui gisait en un tas informe.

"Oooh, la dame a disparu maman !"

Du haut d'une branche, discrète, Eden vit la femme faire le tour du tronc et regarda la gamin qui ramassait quelque chose sur le sol. Une clef autour d'un cordon. Eden sursauta et commença à s'agiter, attirant les regards des deux antagonistes, c'était sa clef ça ! Sans réfléchir, elle bondit de la branche exactement comme elle l'avait fait avec Evie et atterri sur la mère qui se mit à pousser des cris furieux. Eden, ne s'y attarda pas et d'un petit bond, se retrouva perchée sur la tête du gosse qui s'agita lui aussi en criant comme un beau diable. L'Ezo Momonga ne se démonta pas et descendit jusqu'aux mains du gamin pour en extirper son bien avant de filer à toute allure pour aller se réfugier... Contre le ventre d'Evie. Elle s'était glissée sous la couche de vêtements et s'était roulée en boule contre la peau de son ventre, serrant sa petite clef contre elle.

Tout ça s'était passé tellement vite que la petite boule de poils en avait le coeur qui frôlait l'implosion. Elle n'osait pus bouger et se contenta d'écouter ce qui se passait. La mère semblait trainer son rejeton derrière elle pour quitter les lieux à toute vitesse tandis que le gosse en question hurlait qu'il voulait qu'on lui donne la bestiole. Non mais oh, Eden n'était pas une bestiole ! C'était un Ezo Momonga tout ce qu'il y avait de plus... De plus froussard. La preuve en était qu'elle n'osait plus bouger une oreille, se contentant de trembler comme si sa vie approchait dangereusement de son terme. Pauvre Evie qui se retrouvait spectatrice de ce triste spectacle. Voilà ce qu'était Eden, une trouillarde totalement inconsciente des conséquences de ses actes.

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Evie Methali
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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Dim 14 Fév - 14:51

Pour une fois, Evie avait l'impression d'avoir une chance extraordinaire. Ce n'était pas toujours gagné avec son style de vie de tomber sur des gens tout à fait honnêtes... Surtout quand elle passait plus de temps en boîte de nuit à finir avec des inconnus qui n'avaient qu'une chose en tête. Elle avait l'habitude qu'on se serve d'elle pour une raison ou pour une autre; tant qu'elle en tirait quelque chose, elle s'en moquait assez allègrement, et vu sa libido, elle en était même ravie. Mais il était vrai que même si la plupart du temps elle savait les plans seconds des gens qu'elle voyait, elle était parfois surprise, et, plus rarement encore, en mal. Cela arrivait néanmoins d'avoir des gens mal intentionnés, qu'il avait parfois fallu taser pour qu'elle puisse partir en paix.

Aujourd'hui, la situation semblait vraiment toute autre. Elle n'avait pas l'habitude qu'on fasse attention à elle, surtout sans arrière pensée apparente. Généralement, les gens aimaient bien qu'on rende service en échange. Bien sûr là elle n'en n'avait pas la certitude, mais elle avait sérieusement l'impression que la métamorphe devant elle était pleine de bonnes intentions. Si c'était vrai ou non, elle ne le saurait pas rapidement, mais elle était tout de même nue sur ses genoux pour la réconforter quoi; pas n'importe qui ferait ça, sacrifiant leur intimité pour rassurer un.e inconnu.e.
Et ses yeux... Tellement innocents, elle avait l'impression qu'elle affichait toutes ses émotions à même son visage, comme un livre ouvert. Il n'y avait aucun moyen qu'elle puisse retenir ses pulsions, d'où la caresse de la joue... Elle était juste... Trop... Mignonne. Ce fut presque pire encore lorsqu'elle parla; elle avait donc l'habitude du froid?

Il fallu toute la volonté du monde à Evie pour se retenir de lui faire un hurlement de groupie. C'était quoi cette voix? Trop adorable, mais qu'est-ce qui la prenait?! Elle calma tant bien que mal les battements de son coeur, et eu particulièrement du mal quand elle posa ses mains sur elle aussi. Argh, elle avait l'impression qu'elle allait mourir de mignonnitude.
Eden. Quel beau prénom. Le pire étant que ça lui allait attrocement bien. Evie subit une nouvelle attaque de mignonnitude, et l'écouta dire où ses vêtements étaient. Bon, elle avait sans doute bien envie de se rhabiller quand même. Elles se détachèrent donc l'une de l'autre; Evie tenta tant bien que mal de ne pas lorgner, surtout quand la méta se leva, sans vraiment prendre la peine de fermer le manteau. La vodoun était un peu trop obnubilée pour voir qu'elles n'étaient plus seules. Non elle ne lorgnait pas, mais avait dû débrancher son cerveau pour justement ne rien voir. Elle ne vit donc pas l'enfant et sa mère qui s'étaient rapprochés. Seulement quand la grande femme se mise à crier qu'elle sortit de sa rêverie floutée. Dénergondée? Prostituée? Non mais elle avait quoi dans la tête la dame là?!
Evie était immédiatement debout, et s'interposa devant la femme en voyant Eden fuir derrière l'arbre.

"Non mais vous allez pas bien?! Insulter des gens comme ça! Vous pourriez aussi tenir votre saleté de môme en laisse, lui apprendre à avoir un peu de pudeur aussi!"

La femme s'enflamma. Visiblement, elle n'avait pas apprécié qu'Evie s'interpose.

"Et vous pensez être mieux?! Sale lesbienne! Vous vous rendez compte de l'image que vous donnez pour mon enfant, hein?!"

"Quoi, vous voulez dire lui montrer qu'il n'y a pas que l'hétérosexualité qui existe? Oh oui, pour sûr cette notion va traumatiser ce petit gosse fragile! Autant bien lui insuffler que c'est un homme, une femme, cis, bien sûr, et que le reste c'est contre nature! Ô elle est belle la mentalité archaïque!"

Elle ne sembla pas comprendre le mot "cis", ou même l'ignorer totalement malgré un dressement de sourcil. Elle allait reprendre quand le môme cria quelque chose. Evie, remontée jusqu'aux bretelles, n'avait aucune envie de continuer le débat avec une pauvre conne qui pouvait l'insulter si facilement. En plus, elle était même pas lesbienne - pansexuelle je vous prie.
Elle finit par réaliser ce qu'avait dit le môme, et regarda autour d'elle. Ah oui, merde elle était où Eden maintenant? Elle n'avait pas vraiment réfléchit à l'effet qu'aurait pu lui donner l'agression de la dame, et avait préféré s'interposer rapidement au lieu suivre la méta....

Elle entendit donc des cris paniqués, terrifiés, d'abord de la mère, puis du môme. Faisant rapidement le tour de l'arbre, elle fut assaillie par l'écureuil qui se glissa d'un coup dans ses vêtements; elle ne put se retenir de rire aux chatouilles que provoquaient ses petites pattes sur son ventre, que les deux gens prirent comme une moquerie de sa part. Elle s'assise rapidement sur son derrière sans se brusquer; pour éviter à l'écureuil tout inconfort, et resta là, à rire. Elle remonta un peu ses genoux pour cacher la bosse que faisait Eden sous son ventre, ricannant toujours le plus naturellement du monde. Le môme braillait quelque chose comme "je veux la bestiole!" pendant que sa mère le trainait pour rapidement quitter les lieux. Sans pouvoir se retenir, elle leur cria :

"Vous pourriez aussi apprendre à votre môme que y'a pas que des foutus Normes dans ce monde, et que les Outres sont des êtres libres, et qu'ils ne peuvent appartenir à personne!"


Elle retint une insulte sur la fin et posa ses mains en arrière, regardant les deux partir à toutes jambes. Elle soupira, nouvellement rafraîchie.

"Quels cons ces Normes..."
Murmura-t-elle, plus pour elle-même qu'autre chose.

Une fois que son coeur eut reprit un rythme normal, elle regarda dans le col de son t-shirt, regardant au-delà de sa poitrine et son soutif pour voir la petite boule de poils enroulée contre son ventre.

"Hé Eden, ça va? Ils sont partis, tu peux sortir si tu veux."

Cela dit elle ne fit rien pour l'encourager à partir, et laissa le choix à la méta de le faire quand elle en avait l'envie. Ce n'était pas comme si la petite source de chaleur sur son ventre la dérangeait. Elle ne put s'empêcher de sourire en la regardant, puis sortit son nez de son t-shirt pour regarder l'arbre au-dessus d'elle. Les feuilles bougeaient dans la brise, avec un rythme léger. Gardant les bras en arrière, à côté de l'arbre, elle détendit ses jambes et ferma les yeux, écoutant le calme du parc. Elle avait enfin l'impression de pouvoir profiter de cet instant, tout en gardant une bonne humeur.
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Eden Brewster
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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Dim 14 Fév - 17:54


Occupée à se transformer et à se mettre à l'abri, Eden n'avait pas réellement prêté attention à ce qu'avait pu dire ou faire Evie et dans le cas contraire, elle lui en aurait été infiniment reconnaissante. Prendre ainsi sa défense était vraiment adorable et elle aurait apprécié le geste si elle n'avait été occupée à fuir cette saleté de gosse. Eden aimait les enfants en temps normal, mais ce qu'elle n'aimait pas s'était être prise par surprise et se faire agresser de la sorte. Cette vieille bonne femme lui avait sauté dessus comme si elle était une criminelle. Pauvre Eden, ça n'était tout de même pas de sa faute si les habits des métamorphes ne changeaient pas de forme en même temps qu'eux et s'ils finissaient toujours par se retrouver les fesses à l'air.

Perchée en haut de son arbre, elle avait fini par passer à l'attaque pour récupérer sa précieuse clé. S'il y avait bien un objet dont elle refusait de se séparer, c'était celui-là. Comment pourrait-elle rentrer chez elle si elle ne l'avait plus. Les métamorphes n'avaient pas plus de poches qu'ils ne portaient de vêtements, à moins d'être des marsupiaux, ce qui aurait parfois bien arrangé l'écureuil qu'elle était. Seulement ça n'était pas le cas et il lui avait bien fallu prendre son courage à deux mains pour récupérer son sésame.

Une fois son bien de nouveau en sa possession, elle avait fait la seule chose qui lui paraissait censée et appropriée, elle avait couru se réfugier sous les vêtements d'Evie en tremblant. Elle l'entendait rire et la sentait bouger contre elle mais il était hors de question qu'elle bouge une oreille. Il était déjà assez compliqué comme ça que de ne pas faire mal à Evie avec ses petites pattes griffues, elle ne pouvait pas non plus empêcher ses doigts et son poils de la chatouiller.

Elle l'avait senti se laisser tomber et avait retrouver une position un peu moins périlleuse, un peu moins... verticale. Le gosse et sa sale mère semblait avoir déguerpi non sans une réplique d'Evie bien placée. Le calme revint mais Eden persista à ne pas bouger, tremblant encore en serrant sa clé contre elle. Elle était d'ailleurs toujours roulée en boule quand Evie lui parla et ne daigna pas relever la tête dans la seconde. Elle attendit un peu, reprit une position normale, passa sa clé autour de son cou et commença à rejoindre lentement la sortie en passant par le haut. Le bout de son museau apparut sous le col et ses moustaches s'agitèrent dans toutes les directions tandis qu'elle humait l'air à la recherche d'un signe de danger. Tout semblait calme...

Elle risqua sa tête, ses grands yeux noir scrutant les alentours puis le reste de son corps quitta rapidement la chaleur des vêtements pour aller se réfugier derrière le coup d'Evie. Un coup d’œil à droite, rien. On se déplace un peu pour jeter un coup d’œil à gauche, rien non plus. Pas d'odeur particulière... Elle alla se dresser sur l'épaule pour regarder tout autour puis descendit pour rejoindre son genoux, jusqu'à la pointe de sa chaussure. Vers l'allée à droite, rien, vers l'allée à gauche, rien non plus. Eden allait pousser un soupir de soulagement quand un craquement sonore se fit entendre. Son inspiration se transforma en couinement apeuré et elle fit volte-face pour remonter en biais le long du mollet et aller se planquer entre le sol et l'arrière de son genou.

Invisible depuis l'extérieur, elle voyait très bien ce qui se passait et s'agrippa un peu plus au tissu quand un chien  émergea d'entre deux arbres, suivit de son maitre. Elle n'avait pas peur des chiens, seulement des chats, mais elle était encore stressée de ce qui venait de se passer et elle trouvait le moment assez mal choisi pour finir comme casse-croute canin. Les deux individus partirent et elle s'extirpa de sa cachette après avoir retrouver tout son calme. Elle remonta une énième fois sur le genou, scruta une dernière fois les alentours, puis lâcha enfin son soupir de soulagement en se laissant tomber sur le ventre, façon étoile de mer.

Dès qu'elle eut reprit ses esprits, elle se redressa et lissa son poils comme le ferait un humain avec ses vêtements puis se tourna vers Eden pour lui faire signe. Elle alla attraper le bas de sa chemise, puis se désigna elle et enfin l'arrière de l'arbre, ce qui devait vouloir dire à peu près "Je reviens, je vais me changer." Elle quitta donc les jambes d'Evie d'un bond et contourna le tronc pour aller reprendre forme humaine à l'abri des regards et après s'être assurée qu'il n'y avait personne.

Elle revint deux ou trois minutes plus tard, tenant devant elle le manteau qu'elle époussetait d'une main. Elle se laissa tomber près d'Evie et le lui rendit.

"Merci beaucoup. Je ne suis pas... Je suis très trouillarde... Rapport à mon totem tout ça..." Elle lui offrit de grands yeux innocents soutenu par un sourire gêné. "Merci pour le manteau. Je n'imagine pas comment ça aurait tourné si je ne l'avais pas eu."

Elle se frotta les bras comme pour se protéger d'une nouvelle attaque et scruta les deux côtés de l'allée. Une mauvaise surprise par jour ça lui suffisait amplement. Puis elle reporta son attention sur Evie et pencha la tête sur le côté, curieuse.

"Pourquoi tu pleurais ?"

Eden prendre des gants ? Pourquoi faire ? Evie l'avait déjà vu toute nue et en pleine crise de trouillardise aigüe, tandis qu'elle-même l'avait vu en larmes et dans une attitude proche de l'imitation parfaite de la mort, ça créerait indubitablement des liens qui rendait le passage de pommade superflu.

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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Ven 4 Mar - 17:59

Le petit rongeur n'avait pas bougé pendant quelques temps. Evie avait attendu patiemment, regardant les feuilles au-dessus de sa tête. Il faisait bon, et heureusement. Elle s'en serait encore plus voulu si Eden s'était retrouvée nue sous la pluie. Enfin, elle était en sécurité, c'était ce qui comptait.

Elle sentit la métamorphe se mouvoir, et ferma les yeux, écoutant le son du vent dans les arbres aux alentours pour ne pas penser aux pattes qui avaient tendance à la chatouiller. Elle sentit plus que vit l'écureuil bouger dans son cou, regarder autour, grimper sur son épaule, renifler l'air, vérifier si la voie était libre. Le comportement ne la surprit pas; bien qu'elle n'avait jamais vraiment discuté avec des métamorphes, elle savait bien que les individus adoptaient les caractéristiques de leurs totems, sous forme animale ou humaine d'ailleurs... Et elle avait déjà remarqué le comportement craintif des écureuils. Sa vigilance ne la surprit donc pas.

Evie baissa les yeux vers Eden alors qu'elle sauta à son genoux, puis le bout de ses pieds pour regarder les alentours. Elle sourit et attendit, observant la petite créature se mouvoir facilement, bondissant, sautillant... Jusqu'à ce qu'un chien la fasse sursauter, et elle se réfugia sous la jambe de la vodoun avec un couinement apeuré on-ne-peut-plus adorable. La jeune femme sentait les griffes agrippées à son jean mais ne dit rien; de toute façon, ils étaient presque bons pour la poubelle, troués de partout comme ils l'étaient. Une fois calmée, elle regrimpa sur le genoux d'Evie. Elle regarda la métamorphe, un sourire aux lèvres. Elle enviait leurs capacités tout de même... Elle aurait tellement voulu pouvoir devenir un animal, comme un oiseau... Enfin, elle savait qu'ils ne choisissaient pas leur totems, mais ça restait un pouvoir très classe, et nettement plus pratique que de pouvoir communiquer avec les morts... En cas de danger, Evie pouvait juste courir à toutes jambes ou se battre; ses pouvoirs ne la sauveraient pas. Au moins, si elle était métamorphe, elle pourrait se transformer en animal et fuir... A moins d'être une tortue, là ce serait assez triste comme totem.

Elle ne pu s'empêcher de rire légèrement quand Eden s'étala à plat ventre sur son genoux, l'air épuisée. En même temps, gérer son angoisse tous les jours ne devait pas être facile non plus! La vodoun retint la pulsion de caresser sa petite tête; elle devait être bien assez en stress sans qu'Evie vienne en rajouter. L'animal se redressa sur ses petites pattes arrières et lissa son poil; un comportement très humain qui la fit sourire.

Le message de la méta était clair, et elle dressa la tête une fois la créature derrière l'arbre. Là, Evie se laissa tomber entièrement dans l'herbe, allongée à regarder les feuilles et les branches au-dessus de sa tête. Bras croisés derrière son cou, elle se concentra sur sa respiration, sur le silence, sur le calme du parc. Elle avait mal aux yeux encore, et ils devaient être bien gonflés et rouges. C'était épuisant de se mettre dans des états pareils pour si peu... Enfin, "si peu". Si elle pouvait ne pas ressentir la moindre émotion lorsqu'il s'agissait de son paternel, elle aurait été en bien meilleure santé; autant physique que mentale.

Lorsqu'Eden revint de son côté de l'arbre, elle était entièrement vêtue, et en train de dépoussiérer son manteau. Elle avait envie de lui dire que ça servait à rien; la vieille veste en avait vu bien d'autres, et des bien plus sales. La vodoun hocha la tête à son commentaire. Elle avait bien cru comprendre que sa crainte n'était pas volontaire; l'instinct de survie était bien plus fort chez les métas [enfin, pas certaines biquettes cela dit]. Elle rit lorsqu'elle dit qu'elle ne savait pas comment ça aurait pu finir.

"Eh bien je vais dire que même si je n'avais pas eu ce manteau, je t'aurais certainement donné un autre de mes vêtements quand même. Là on aurait fini toutes les deux quasiment à poils - ça aurait eu de quoi choquer ces idiots de normes."

Elle détourna le regard vers le ciel lorsqu'elle lui demanda pourquoi elle pleurait. Bon, entre elles y'avait plus vraiment de secrets physiques, bien qu'elles ne se connaissaient absolument pas... Elle lui devait bien une réponse, vu qu'elle avait sacrifié un peu de dignité pour la rassurer. La vodoun soupira bruyamment, peut-être un peu trop.

"Des problèmes avec mon père. Il met mes nerfs à vif, donc après quelques temps je craque. Disons que ma relation avec lui est pas évidente."

Elle tourna sa tête vers Eden avec un sourire doux. Là venait le bout un peu délicat... Soit la métamorphe réagirait "positivement" ou non, vu la réputation des réanimateurs. Ce n'était peut-être pas nécessaire de lui dévoiler, mais elle ne voulait pas mentir à la jeune femme.

"Pour lui, mes capacités de vodoun sont un moyen de gagner de l'argent et rien d'autre. Et sans ces capacités, je ne suis rien pour lui. Le fait que je sois sa fille n'est qu'un malheureux incident pour lui, dont il veut tirer profit, tant qu'à faire... Je suis sûre que tu es ravie d'en apprendre autant sur ma vie." Finit-elle avec un peu d'amertume.

Elle n'aimait pas la faiblesse qu'elle sentait dans ses os quand elle parlait de sa vie privée. Elle ne pourrait cependant pas mentionner les ombres qui lui dansaient quotidiennement autour, qui n'aidaient pas à son état mental. Ca, c'était encore bien trop privé.

"Quelle journée..."

Elle sourit en retournant ses yeux vers le ciel, soupirant à nouveau, pas de lassitude, mais juste de fatigue. Elle posa alors une main sur son ventre, gardant l'autre pour maintenir sa tête.

"Merci de ton aide, Eden... Et désolée de t'avoir fait perdre ta noisette, elle avait l'air bonne."
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Eden Brewster
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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Jeu 17 Mar - 12:56

L’idée qu’Evie lui aurait donné un autre de ses vêtements si elle n’avait pas eu son manteau fit partir Eden dans un éclat de rire léger. Vu l’ampleur de l’agression alors qu’Eden s’était tout de même retrouvée bien couverte, elle imagina l’apocalypse que ça aurait été si elles avaient toutes les deux plus ou moins dévêtues. La mère de famille en aurait fait une syncope et son sale gosse se serait certainement bien amusé à essayer de la choper. En gros, ça aurait été le même cirque mais avec une coincée du derrière en train de réchauffer l’herbe plutôt qu’en train de gueuler comme un veau.

”J’en connais une qui n’aurait pas supporté l’image ! Ça aurait été marrant ! Enfin marrant… Après coup...”

Un grand sourire toujours accroché aux lèvres et le regard pétillant, elle se refit la scène en s’amusant toute seule avant d’en venir à un sujet un peu moins agréable. L’état dans lequel elle avait trouvé Evie. Toutes ces larmes qui parsemaient son joli visage et qui ne devraient pas avoir leur place dans ses yeux. Eden avait retrouvé son sérieux, gommé son sourire et la fixait avec douceur. Qu’elle n’ait pas peur d’être jugée, ça n’était pas dans les habitudes du rongeur. Craintive et trouillarde oui, mais du genre à sauter aux conclusions ou à se fier à des idées préconçues, pas du tout.

Une relation conflictuelle avec son père, un petit craquage. La tête d’Eden se pencha légèrement sur le côté. Qu’est-ce que c’était que ce paternel ? On avait pas idée d’être assez con pour pousser sa fille à se mettre dans un tel état. Et puis son enfant, ça devrait être le centre de sa vie ? Il y avait tellement de gens comme ça, de familles qui se déchiraient, d’enfants et de parents malheureux. Eden n’avait jamais eu ce problème avec ses parents, ils avaient toujours formé un couple uni, attentif et attentionné envers leur deux enfants. C’était ça, une famille, pour Eden. Un noyau de gens sur lesquels on peut toujours se reposer, qui ne nous laisserons jamais tomber et qui sont prêts à tout pour vous redonner le sourire quand vous n’avez pas le moral. Et ça, Evie en était privée.

Le regard d’Eden fut voilé par la tristesse et la compassion, c’était injuste ce qui lui arrivait et, elle ne savait pas comment, mais elle voulait lui redonner le sourire.

”Tu es une vodoun ?”

Bien loin de donner l’impression d’être dégoûtée ou apeurée, le regard de l’écureuil se fit pétillant de curiosité. Étincelle qui disparue presque aussitôt, ça n’était pas le moment de s’intéresser à ça, elle aurait tout le loisir d’y revenir après.

”Franchement, pour ton père, j’ai du mal à concevoir qu’on puisse agir comme ça avec sa fille. Tu devrais être la prunelle de ses yeux pas une vulgaire source de revenus…” Eden soupira et secoua la tête, incapable d’appréhender ce genre de comportement. ”Pourquoi tu reste chez lui ? Tu serais mieux ailleurs à mon avis !” Eden pencha à nouveau la tête sur le côté et prit place contre le tronc d’arbre, son épaule collée à celle de la vodoun. ”Oui je suis ravie, enfin ravie, pas ravie de ce qui t’arrive évidemment ! Mais je suis contente d’en savoir un peu plus sur toi et que tu te confies à moi. Ça peut que te faire du bien !”

Elle regarda les branches d’arbres et les bouts de ciel bleu entre les feuilles. Une journée calme et paisible, loin du tumulte de la ville et du tourment provoqué par certains idiots finis. L’endroit était propice à la réflexion, aux confidences, à la naissance d’une nouvelle amitié. Vodoun ou pas, Eden s’en fichait, elle n’en avait jamais côtoyé et ne savait que ce que lui avait raconté son père, c’était des gens qui pouvait réanimer les morts. Les morts en question devenaient des zombies qui obéissaient à celui qui les avait réanimé, si elle avait tout bien comprit. Voilà, c’était tout ce qu’elle savait et elle n’avait pas besoin d’en savoir plus pour déterminer que c’était des gens comme les autres avec une vocation bien à eux mais qui avait son utilité. A l’époque, Eden aurait donné très cher pour revoir sa mère et son fiancé une dernière fois, leur dire à quel point elle les aimait et à quel point ils lui manquait. Elle ne savait pas si le vaudou pouvait servir à ça, mais si elle en avait connu un dans son patelin, elle aurait tenté le coup.

”T’en fais pas pour ça, c’était juste une noisette ! Regarde !” Elle désigna les plus hautes branches de l’arbre, au-dessus de leur tête. ”Si vraiment j’en veux, y’en a encore plein ! Pour un ventre sur patte comme moi, le parc c’est un garde-manger géant !”

Avec sa vue perçante, elle passa en revue les noisettes qui pourraient lui plaire. Il y en avait une belle, bien grosse, à la pointe d’une branche si fine qu’elle ne supporterait peut-être même pas son poids plume, ça se tentait. Ou celle-là, un peu plus petite mais parfaitement mûre  et bien accrochée à une branche épaisse et sans risque. Sous forme animale, cet arbre seul pourrait la nourrir pendant des semaines.

Elle quitta les branches des yeux, laissant son regard suivre un couple de personnes âgées qui se promenait. Ils étaient tellement mignons, leur main libre étaient jointes tandis que l’autre enserrait la poignée d’une canne. L’amour jusqu’à la mort, ça faisait peur dit comme ça, mais c’était magnifique.

Eden se redressa brusquement et se posa sur ses fesses de façon à voir le visage d’Evie. Non, elle ne comptait ni la demander en mariage, ni lui demander de partager le reste de sa vie. Mais une idée lui trottait dans la tête, et quand quelque chose trottait dans la tête d’Eden, il y avait un moment ou il fallait que ça sorte.

”Tu veux venir t’installer chez moi le temps de te retourner ? C’est pas grand, c’est pas le luxe, c’est le bordel, mais tu serais loin de ton père !” Elle marqua une courte pause qui ne laissa pas le temps à Evie de répondre. ”Et puis tu sais, je viens d’arriver en ville, je suis pas habituée à vivre toute seule et… A deux, on pourrait trouver un appart plus grand ! Avec chacune son espace ! T’en dis quoi ? Et non, je suis pas folle, je sais qu’on se connaît pas mais, j’ai pas envie de savoir que tu vas retourner chez cet idiot qui te sert de père et que tu risques de te retrouver à nouveau dans cet état…”

Ça manquait de prudence comme proposition mais l’instinct d’Eden la poussait à faire confiance à la vodoun. Il y avait des situations qui permettaient de juger rapidement les gens, comme une inconnue qui vous couvre de son manteau, vous protège d’une agression ou vous laisse se servir de son corps et de ses vêtements pour vous abriter. Evie avait été adorable et patiente avec elle et elle n’était pas obligée de le faire. Alors oui, elle avait la confiance du rongeur et elle était sérieuse dans sa proposition de collocation.
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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Dim 27 Mar - 21:37

Le rire léger et sincère d'Eden la fit sourire. C'était fou comme ses émotions positives étaient transmissibles à la vodoun. Dans l'instant elle aurait eu du mal à croire que quelques temps auparavant elle pleurait toutes les larmes de son corps. Elle hocha la tête à la constatation d'Eden avec un large sourire, montrant toutes ses dents. Oh ça aurait été marrant pour elle, du début à la fin, et elle n'aurait aucun scrupule à gueuler quand même, en soutif ou intégralement nue! (Après tout, les engueulades à poil, elle en avait eu un paquet.) Mais la vodoun nota l'air de sérieux qui reprit la méta, bien que ses yeux restaient extraordinairement doux. C'était tellement étrange d'avoir une personne si empathique devant elle... Evie n'avait pas toujours la chance de se trouver dans des situations similaires en étant si bien entourée. C'était d'ailleurs une aubaine pour le coup, et après réflexion, l'écureuil venait sans doute de lui sauver la vie, sans même s'en rendre compte. Les ombres étaient loin à l'heure actuelle, mais pouvaient ressurgir dans sa faiblesse.

Elle garda donc la tête haute et le regard fixe. Il ne fallait pas qu'elle se laisse démoraliser comme ça, plus jamais, au risque de ne pas se réveiller de son état la prochaine fois. Elle dressa subitement un sourcil après avoir observé le regard d'Eden après ses mots. Au lieu de l'expression surprise ou inquiète, elle y trouva plutôt une étincelle de curiosité qui disparut aussitôt. Evie hocha simplement la tête avant que la méta ne parte dans un autre sujet rapidement - quelque part elle n'était pas surprise de cette vivacité d'esprit, de passer d'un sujet à un autre, d'une situation à une autre quasi-simultanément. Etant méta, et rongeur en plus, il fallait savoir être vive d'esprit, et c'était donc un trait transféré à sa personnalité.

La vodoun sourit aux mots d'Eden par rapport à son père. C'était beau ce qu'elle disait, mais ce n'était pas le loisir de chacun de pouvoir se retrouver dans une situation aussi simple et agréable. Son père était un con avare, rien de plus. Il n'avait été fier d'elle qu'une fois dans sa vie : lorsqu'elle découvrait ses talents vodouns. A sa naissance, il n'en n'avait rien eu à faire. Elle n'avait été qu'une môme de plus, dont il ne voulait pas s'occuper parce que c'était sale, cher et que ça prenait trop de temps... Elle n'essaya même pas d'imaginer comment il avait vu son frère lorsqu'il était en vie. Non, le seul moment où elle avait eu d'intérêt, c'était quand elle avait commencé à montrer les signes et les capacités magiques... En dehors de ça, elle était juste un amas de chair coûteuse à l'entretien. Lorsqu'Eden lui demanda pourquoi elle restait chez lui, elle eu envie de rire. Si elle avait eu le choix, elle serait partit ailleurs depuis belle lurette.

"Si j'avais les moyens, je serais ailleurs depuis bien longtemps, mais il a l'avantage d'avoir une boutique dans laquelle je peux pratiquer, et donc gagner des sous pour chercher une meilleure alternative... Bon il prend un pourcentage mais..."

Elle ne continua pas, essayant de ne pas y penser. Le salaud lui faisait payer un sacré loyer pour la merde dans laquelle elle vivait. Les travaux venaient purement d'elle, tous les moyens aussi. Il était d'un égoïsme abominable...

La constatation de la méta la fit dresser les deux sourcils simultanément alors qu'elle l'observa pendant qu'elle se mettait dos au tronc de l'arbre. Elle était contente d'en savoir un peu plus sur elle? Vraiment? Vu ses yeux oui, elle était sérieuse... C'était tellement étrange. Evie côtoyait toutes sortes de gens, mais tous, sans exception, voulaient quelque chose d'elle, que ce soit sa présence, ses capacités, son cul, il y avait toujours un intérêt. Eden était venue l'aider par pur altruisme, pas pour un gain personnel. La vodoun avait toujours du mal à y croire quand même, ça paraissait bien trop beau pour être vrai... Mais sa constatation suivante donna tout son sens. Eden était une méta, rongeur qui plus est, et ces créatures étaient de nature assez simple, et avaient de la facilité à survivre sans gros moyens... Enfin, sous forme animale du moins. Elle avait connu deux trois méta qui passaient quasiment leur vie entière sous forme animale, parce qu'iels ne voulaient pas travailler ou se retrouver dans le cycle du consommateur. Ils vivaient dans la nature, et étaient bien contents comme ça. Ce parc était, comme elle le disait si bien, un garde-manger géant. Il y avait de quoi survivre... Pour certaines personnes, cela suffisait amplement. Elle ne connaissait pas Eden personnellement réellement, mais elle la voyait mal comme quelqu'un de très nécessiteux dans la vie de tous les jours, qui achetait des choses chères, luxueuses et inutiles... Mais elle pouvait bien se tromper.

Elle l'observa garder la tête en l'air, analysant ses possibles proies à coques, regard clair et calculateur. Evie aurait bien voulu voir ce qui se passait dans sa tête, mais était déjà très heureuse de pouvoir témoigner de son adorable expression. Ensuite ses yeux descendirent plus à l'horizontal pour observer un couple qui passait par là, main dans la main. Evie les contempla en même temps. Si la vodoun arrivait à cet âge-là, elle voulait se balader avec tou.te.s ses amoureux.ses en même temps... Dès qu'ils sortiraient ça feraient un cortège de vieux polyamoureux qui feraient encore des orgies dans les ruelles et les parcs... Si elle vivait jusqu'à là. Elle sourit elle-même au cliché des polyamoureux, où on partait du principe que tous faisaient des orgies. Ce n'était pas le cas de tous, mais celui d'Evie en tous cas.

Subitement elle détourna son regard vers Eden qui avait changé de posture et la regardait fixement. Il lui fallu rapidement avaler sa salive de surprise, surtout avant qu'elle prenne la parole, vu ce qu'elle avait à dire. Si la vodoun avait eu un quelconque liquide dans sa bouche, elle aurait aspergé le sol autour d'elle. Quoi? Mais? Hein? Elle resta silencieuse un bon moment à ressasser ses mots dans sa tête. Mais...?

Ses sourcils se froncèrent en la fixant droit dans les yeux. Les siens étaient parfaitement innocents, clairs, largement ouverts en toute sincérité. Mais... Hein? Elle ne pu retenir l'élan qui la prit subitement, et sa voix se leva avec une certaine force.

"Mais tu es folle de proposer ça à une inconnue! Et si j'avais des idées mal tournées dans la tête? Et si j'étais mal intentionnée et que je t'avais utilisé? Et si je mentais au sujet de tout ça, tu imagines le danger dans lequel tu te mets? Je sais que tu peux te transformer en écureuil et fuir hein, mais tu ne peux pas demander une telle chose comme ça à quelqu'un que tu ne connais pas!"

Elle n'avait pas eu le temps de respirer de tout son sermont. C'était inconscient une telle suggestion! Elle se mettait toute seule en danger à faire confiance comme ça eux gens, c'était fou! Bien sûr que la proposition l'intéressait, mais c'était juste absurde! Et elle vivait seule? Pire encore! Dire ça la mettait encore plus sur un chemin néfaste! Avec ses yeux exorbités encore sur la méta, elle prit une grande inspiration puis détourna les yeux, essayant de se calmer. Mais... pire encore si elle refusait, qu'est-ce qui empêcherait Eden de proposer ça au ou à la prochain.e venu.e?

Elle prit quelques secondes de silence concentré pour mettre ses idées en place. Enfin, elle reprit la parole, plus calme.

"Enfin... Cela dit... Je suis flattée que tu me l'aies suggéré... Mais ça reste n'importe quoi!"

Et tu sais quoi? Je vais accepter pour m'assurer que tu demanderas pas à quelqu'un d'autre, comme ça je serai sûre que tu seras un minimum en sécurité. C'était le genre de chose qui pouvait la garder éveillée, à se demander si elle n'avait pas accueilli quelqu'un de chelou chez elle, inconsciente que ses actions pouvaient la mettre en péril. Elle soupira une fois de plus et plia ses genoux contre son torse pour se balancer légèrement d'avant en arrière.

"Mais... J'accepte. Cependant qu'on soit claires : je squatte que peu de temps chez toi, et on regarde pour trouver un appart... Mais plus jamais tu demandes à quelqu'un comme ça d'habiter chez toi!"


C'était surprenant, même pour Evie, d'être aussi paniquée à l'idée de voir cette méta en danger... Et la seule chose qui lui importait maintenant, c'était de la savoir en sécurité.
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Eden Brewster
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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Ven 1 Avr - 21:29


Elle se faisait engueuler. Eden était en train de se faire passer un savon par Evie alors qu’elle venait de lui proposer de venir habiter avec elle. Elle se doutait bien qu’elle n’allait pas accepter de but en blanc, mais, pour autant, elle ne pensait se faire gronder comme une enfant qui aurait ramené un chat errant à la maison. Elle avait d’abord sursauté à cause de la puissance de sa voix, sans crier, elle y avait mit suffisamment de coeur pour surprendre le rongeur et lui faire avoir un très léger mouvement de recul. mais ce ne fut pas le sentiment qui persista. Evie avait prit la parole, Eden avait sursauté, puis Evie avait continué et Eden avait commencé à sourire et plus la vodoun parlait, plus le sourire de l’écureuil se faisait large et joyeux. Jusqu’au moment ou elle éclata tout simplement de rire.

”Je suis une métamorphe, qui plus est, en accord parfait avec mon totem, j’ai un très bon instinct et qui me trompe rarement. Et puis tu peux parler, moi je suis peut-être inconsciente, mais toi tu te fais beaucoup trop de soucis pour une fille que tu connais pas !”

Elle avait dit tout ça avec un sourire immense accroché aux lèvres et les yeux pétillants de malice. Elle s’était toujours fiée à son instinct et il lui avait rarement menti. Les seules fois ou elle n’avait pas pu s’y fier, c’était tout simplement parce qu’il ne s’était pas manifesté. Et comment en vouloir à son instinct de ne pas lui avoir fait pressentir telle ou telle chose. Des fois ça marchait, des fois ça ne marchait pas, mais quand ça fonctionnait, ça ne loupait quasi jamais, ce qu’elle pressentait finissait bien souvent par devenir une certitude ou par se produire.

Toujours aussi amusée, elle observa Evie pendant qu’elle tentait de retrouver son calme. Est-ce que ça voulait dire qu’elle allait refuser ? Eden se mordilla la lèvre, elle avait un bon pressentiment, comme si l’inquiétude de sa nouvelle amie était bon signe. Après tout, si elle se faisait autant de soucis, il n’y avait pas 36 moyens pour elle de s’assurer que tout irait bien. L’écureuil, croisa discrètement les doigts, espérant que son instinct ne se trompait pas, quelque soit l’avis des gens, Eden trouverait ça rassurant de vivre avec Evie. Elle pouvait dire ce qu’elle voulait, elle lui inspirait confiance et la faisait se sentir en sécurité, elle n’avait pas besoin de plus pour accepter facilement l'idée de vivre sous le même toit qu’elle. Et puis son père, bordel ce père ! Il n’était pas question qu’Evie passe une nuit de plus chez lui ! C’était d’un endroit chaleureux et confortable dont elle avait besoin, un endroit où elle aurait envie de rentrer et dans lequel elle se sentirait en sécurité, choyée et aimée. Protégée un peu moins, parce qu’il ne fallait pas se leurrer, Eden n’avait rien d’un Bodyguard expérimenté, c’était plutôt elle qui aurait besoin qu’on la protège, par contre elle savait prendre soin des gens et saurait bichonner Evie.

”Mais non c’est pas n’importe quoi ! C’est une proposition mûrement réfléchie !”

Elle sifflota en arborant son air le plus innocent, laissant son regard se balader partout sauf dans la direction de la vodoun. Tout, dans son attitude, hurlait ”C’est pas moi ! J’ai rien dit !” d’un air chantant et joyeux. On repasserait pour la réflexion, l’instinct d’Eden avait parlé et elle avait parlé à la suite pour exprimer une idée qui lui paraissait parfaitement judicieuse. Alors, bien sûr, d’un point de vue extérieur, autre que le sien, ça paraissait complètement dingue et elle donnait juste l’impression d’être totalement frappée, mais c’était aussi ça qui faisait son charme, cette spontanéité qui ne cachait ni subterfuge, ni mensonge, ni désir de manipuler son entourage.

Elle poursuivit sur sa lancée du ”Je ne vois pas de quoi tu parles !” en se dandinant sur place en chantonnant ”La lala lala !” d’un air presque hilare. La réaction d’Evie était tellement adorable qu’elle avait envie de la prendre dans ses bras et du lui faire un gros câlin et pas pour la calmer cette fois ! Juste parce qu’elle la trouvait trop mignonne. cette façon qu’elle avait eu de la gronder, puis cette façon de se calmer en continuant de la réprimander… C’était la choupinitude ultime pour elle ! Puis la vodoun reprit la parole et les yeux de l’écureuil volant se rivèrent automatiquement aux siens. D’abord attentifs, ils s’agrandirent pour exprimer toute la joie qu’elle pouvait contenir et, finalement, elle se jeta effectivement sur Evie pour la prendre dans ses bras.

”Génial ! Ça va être trop bien !”

Les bras autour de son cou, elle riait à son oreille en se balançant de droite à gauche. Ah la joie d’Eden ne passait par inaperçue et Evie faisait les frais de cet entrain qui la caractérisait.

”T’inquiète pas !” Elle la relâcha, recula, posa une main sur sa bouche et grommela d’une façon qui se voulait faussement incompréhensible et était donc parfaitement audible. ”Tant que tu vivras avec moi, je promet de pas recommencer.”

Elle éclata de rire puis sauta sur ses pieds sans prévenir, attrapant la main d’Evie au passage pour l’aider à se relever.

”Maintenant faut organiser ton déménagement ! Tu veux commencer par quoi ? Venir visiter mon appartement ou aller direct chercher tes affaires ?”

Prendre le temps de planifier les choses et les organiser convenablement ? Pour quoi faire ? Ce n’était pas dans la nature d’Eden de repousser les choses pour qu’elles se passent le mieux possible. Si ça devait partir en sucette avec son père, ça partirait en sucette qu’elle déménage aujourd’hui, demain ou la semaine d’après. Et si l’appartement d’Eden avait actuellement bien besoin d’un coup de ménage, il finirait de toute façon par retrouver sa poussière habituelle, autant qu’elle le voit tout de suite dans son état naturel. Après, elle n’avait qu’à pousser un peu ses affaires pour faire de place à celle d’Evie et le tour serait jouer ! C’était si simple dans le fond.

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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Sam 2 Avr - 23:43

Il fallait être honnête pour le coup : Evie était perdue. Elle était partit il y a même pas deux heures pour fuir son père, aller chialer un bon coup... Et que s'était-il passé? Elle s'était pris une noisette sur la tête, puis une méta avait reprit forme humaine pour la rassurer, à poil. Puis elles s'étaient fait engueulées par une pauvre femme avec des oeillères, puis à nouveau seules elles s'étaient mises à discuter... Et on venait de proposer une collocation à la vodoun. Elle était sensée penser quoi au juste? C'était juste le bordel dans sa tête! Et évidemment, elle faisait entièrement confiance à Eden sans réellement pouvoir mettre le doigt sur la raison, mais cette nana puait l'innocence au premier abord, et elle se doutait que son flaire se trompait là-dessus. Cela avaiat juste été une série de choses trop étranges et loufoques, pour arriver à une conclusion qui n'avait pas plus de sens qu'avant... Evie venait de faire une rencontre inoubliable, qui lui était tombée aussi subitement sur la tête que la noisette. La jeune femme aux cheveux rouges ne croyait pas vraiment au Destin, mais là, si ce dernier existait, alors il venait de faire un éclair de génie.

Elle écouta les mots d'Eden, incrédule tout de même face à son explication. Elle avait vu sa panique au départ se changer petit à petit en un sourire purement amusé. C'était quoi ce délire? Pire encore, elle éclata même de rire après qu'Evie vienne de l'engueuler pour son aise qui pouvait être dangereuse en d'autres circonstances. Elle dressa un sourcil toujours aussi incrédule lorsqu'elle lui parlait de son instinct. Oui, bon, elle n'était pas métamorphe, mais ceux qu'elle avait côtoyé n'avaient pas été comme elle... peut-être qu'ils avaient juste été plus étranges... Ou c'était juste Eden qui était bizarre. La seconde possibilité n'était pas à écarter.

Evie sourit très légèrement en haussant les épaules. Oui elle se faisait du souci pour une personne qu'elle ne connaissait pas, et alors? Bon, d'accord, la vodoun était fondamentalement égoïste sur de nombreux points, mais elle n'était pas moins empathique, surtout face à une telle personne. Peut-être qu'elle se trompait sur toute la ligne, qu'Eden n'était pas du tout comme elle semblait, et qu'elle cachait des choses... Mais elle avait du mal à croire cette notion. Et puis cet immense sourire radieux... Ca pouvait pas cacher quoi que ce soit. Ses yeux étaient larges, ouverts, exprimant toutes ses émotions à même son visage par des expressions très claires aux yeux d'Evie.

Cela n'avait donc pas empêché la vodoun de continuer, déterminée à faire entrer dans sa tête que demander comme ça à quelqu'un, c'était une décision qui fallait prendre après des heures de réflexion, à juger le pour et le contre, mesurer les options, décider après analyse de la situation dans son ensemble... Bon sang mais elle ne connaissait pas Evie! Son instinct sentait pas qu'elle avait fait des choses pas nettes et qu'elle n'était pas aussi inoffensive qu'elle n'y paraissait? La pensée la traversa en même temps qu'un souvenir, et elle frissonna, essayant de virer l'image de sa tête au plus vite.... Mais Eden était déjà partie dans sa réponse, comme quoi la proposition avait été "mûrement réfléchie". Evie avait vraiment du mal à y croire. Mais elle maintint ses yeux dans les siens, la regardant siffloter.

Evie avait donc été déterminée à continuer... Et Eden se dandinait, chantonnant, complètement... INCONSCIENTE. La vodoun avait du mal à en croire ses yeux. Mais qu'est-ce qu'il se passait dans sa tête? Est-ce qu'il y avait quelque chose là dedans à part des chansons et des noisettes? Comment avait-elle pu survivre jusqu'à là sans subir une attaque violente ou un traumatisme autre? Elle avait l'impression d'être face à quelqu'un qui n'avait jamais vécu dans le monde, qui était resté dans une bulle pendant toute sa jeunesse et qui sortait à peine de l'oeuf avec un émerveillement d'enfant. Evie ne savait tout simplement pas où se mettre. Comment avait-elle pu voir une collocation entre elle, comme ça, juste à l'aide de son "instinct" qui disait "ladida t'inquiète je suis sûre qu'elle a rien derrière la tête!" C'était pas sensé avoir des instincts de survie les métamorphes? Là, elle avait la vague impression d'en douter pour le cas d'Eden.

Bien sûr, lorsqu'Evie accepta, la réaction de la méta écureuil ne la surprise pas des moindres. Enfin, si, mais venant d'Eden, elle ne voyait pas en quoi elle pouvait se dire que ça aurait pu être autrement. L'expression de son visage ne pouvait mentir; la pure joie qui émanait de la jeune fille était tout simplement sans pareilles. Evie n'aurait dû donc pas être surprise lorsqu'Eden jeta ses bras autour de son cou, lui sautant plus ou moins dessus pour lui rire dans l'oreille. Le rire était presque infectieux, mais la vodoun avait peur que le sien sortirait nerveux et tendu. Quelqu'un devait surveiller cette méta, ou elle allait finir dans une ruelle sombre...

Toute la gestuelle et les expressions d'Eden mettait Evie dans un sentiment de... Besoin de protéger. La vodoun n'avait jamais été maternelle, et n'avait jamais eu l'intention de l'être de sitôt, mais voir la méta agir et se comporter comme une enfant qu'on vient de punir pour avoir mangé trop de bonbons qu'elle aurait volé sur le haut du placard, ça déclenchait des choses qu'elle n'aurait jamais cru possible. Elle voulait vraiment qu'Eden soit en sécurité, qu'elle sache qu'elle était entre de bonnes mains, qu'elle fasse pas de conneries, et que surtout, elle ne se laisse pas aller à toutes ses pulsions subitement, au risque de courir après un papillon et se perdre à la nuit tombée. Certes c'était infantilisant de sa part, mais on aurait dit qu'Eden faisait exprès qu'on ait cette réaction par rapport à elle! Et pourtant la vodoun était quasi sûre qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'elle provoquait chez elle... "Tant que tu vivras chez moi". C'était quoi cette menace cachée sans en être une? Si elle revenait sur sa parole Eden irait courir voir lae prochain.e venu.e pour lui demander une colloc! Mais elle était folle!

Subitement Evie se retrouvait entre le marteau et l'enclume. Un marteau très poilu, doux, chaud et adorable, et une enclume qui risquait de faire plus mal au marteau qu'à Evie. Décidément. Maintenant elle n'avait plus vraiment le choix! Mais pire encore, Eden s'emportait vraiment! Elle dû lever les mains vers la méta alors qu'elle se leva, essayant de faire de même sans se casser la gueule, encore étourdie par les événements.

"Nan mais attends deux secondes Eden!" Dit-elle, à bout de souffle comme si elle venait de courir un marathon. "Tu sais quoi, avant de penser au déménagement et tout, passons un marché, d'accord?"

Elle espéra subitement que cette idée calmerait un instant les pulsions folles d'Eden, et qu'elle serait capable de retenir les conditions.

"Je viens vivre avec toi, volontiers, mais AVANT TOUT... Ecoute-moi bien hein."

Elle lui prit les deux épaules pour l'empêcher de bouger momentanément. Elle avait l'impression de parler à une enfant qui ne pouvait pas tenir sur place pendant deux secondes. Elle pria subitement que si elle avait un jour des enfants, ils seraient amorphes et blasés dès la naissance.

"Je viens visiter ton appart maintenant. Je reste la soirée si tu veux, puis je rentre chez moi, je dors chez moi, je fais des affaires demain matin, je viens chez toi pour UNE SEMAINE maximum, et après on voit si la cohabitation prolongée est possible, d'accord?"

Décidément il fallait vraiment mettre un frein à cette petite, ou elle rendrait Evie complètement dingue.
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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Dim 3 Avr - 1:06


Quand elle était lancée et pleine d’énergie comme c’était le cas en cet instant, il était particulièrement compliqué de calmer les ardeurs d’Eden. Elle partait dans tous les sens, fonçait droit vers son but et ne laissait que peu de choses l’en détourner. Son entrain avait un côté complètement fou et elle avait conscience que son attitude pouvait faire peur ou inquiéter. Or, en temps normal, il n’inquiétait que les personnes qui lui étaient proche, pas celle qu’elle venait de rencontrer. Et ça, c’était un vrai signe, même si ça ne devait en être un que pour elle. La plupart des gens l’aurait insulté, traité de folle, repoussé… Bref, aurait mit fin à ce qu’ils auraient pensé être une mascarade avec fermeté, voir méchanceté. Evie l’avait engueulé, elle s’inquiétait pour elle et la trouvait inconsciente. C’était le signe qu’elle voulait son bien et pas lui faire du mal, ou alors elle était une excellente actrice. La vivacité d’Eden et la vitesse de ses paroles et de ses réactions ne laissait, en réalité, que peu de place à la fausseté et à la comédie. Alors, certes, la vodoun était peut-être une excellente actrice et l’écureuil volant allait se retrouver avec de gros problèmes, mais c’était la vie et elle trouverait bien le moyen de s’en sortir.


Dans le fond, il était difficile de comprendre sa façon de penser, de comprendre pourquoi elle se fiait autant à son instinct. Mais, en réalité, si Eden semblait agir sur un coup de tête, il y avait toujours un fond de réflexion et une certitude caché derrière ses décision et cette proposition de cohabitation ne faisait pas exception. Après tout, c’était un grand chambardement dans son quotidien et il paraissait totalement irréaliste qu’elle puisse prendre cette décision sans un minimum de réflexion… Quoi que.


Elle était prête à partir, prendre le chemin de son appartement quand Evie prit la parole. Elle avait l’air essoufflé et l’entrain d’Eden disparu au profit d’une nouvelle pointe d’inquiétude. Elle ne dit pourtant rien, il paraissait évident que le moment était venu de laisser la vodoun parler et elle le fit, son regard rivé au sien et entièrement concentrée sur elle. Est-ce qu’elle allait vraiment trop loin ? Non, tout ça semblait peut-être fou mais c’était la meilleure chose à faire. Non pas la meilleure, la seule chose à faire. Evie ne pouvait pas rester chez son père, jamais Eden ne supporterait jamais de la savoir si malheureuse à devoir vivre avec cet espèce d’homme cruel.


Un marché ? Eden haussa un sourcil en penchant la tête sur le côté. Quel genre de marché ? Elle pinça légèrement les lèvres et attendit la suite… Jusqu’au moment ou l’attente lui parut trop longue et ou ses orteils commencèrent à la démanger, elle avait besoin de bouger et rester ainsi sur place alors qu’elle avait tant de choses en tête était une vraie torture. Alors elle commença à trépigner, à passer d’un pied sur l’autre, à regarder de tous les côtés. Ce que voulait dire Evie était important mais Eden avait un besoin presque viscéral de bouger, de l’emmener chez elle pour lui montrer son appartement, d’aller faire ses cartons. Il y avait tant de choses à faire, il ne fallait pas perdre trop de temps.


Elle se retrouva soudain figée, quand Evie posa ses mains sur ses épaules pour canaliser son attention. C’était comme si ses deux pieds s’était brusquement enfoncés dans le sol, la bloquant sur place. Pas très agréable comme sensation mais ça avait au moins eu le mérite de la calmer. Ok, elle partait trop dans tous les sens, il était temps de se calmer et de revenir à la réalité. Sa proposition était folle et son envie de l’appliquer dans la seconde, encore pire. Il fallait savoir prendre son temps et… Et non ! Elle n’avait pas envie du tout qu’Evie retourne passer une nuit au même endroit que cet homme horrible ! Elle se mordit la lèvre inférieure, baissant la tête en l’écoutant. Puis, de façon assez brutale, ses pieds retrouvèrent leur liberté et elle bondit littéralement sur place, tiraillée par l’inquiétude.


”Mais !” Elle prit une grande inspiration pour se calmer et commença à donner inconsciemment des coups sur le sol avec un pied. ”Je veux pas qu’il est encore l’occasion de te faire pleurer ! Je sais que c’est fou de vouloir tout précipiter mais… Il est nocif pour toi !” Elle donnait l’impression d’avoir du mal à contrôler ses émotions, pourtant, après avoir expirer tout l’air de ses poumons, elle agita ses épaules et releva la visage vers Evie, un sourire timide étirant ses lèvres. ”Ça fait peur pas vrai ? Moi je veux dire.” Elle se mordilla la lèvre inférieure. ”On fera comme tu veux, mais toi promet moi que quoiqu’il te dise, tu laisseras pas ses paroles t’atteindre.” Elle alla passer ses bras autour d’Evie sans prévenir avant de la relâcher. ”Je veux plus te voir dans l’état ou t’as finis tout à l’heure.”


En larme c’était une chose mais cette sensation fugace qu’elle était morte, elle ne voulait pas revoir ça, c’était trop flippant. Si Evie devait mourrir, il fallait que ça soit d’une mort douce, de vieillesse, dans son lit et dans son sommeil. Alors oui, Eden savait qu’elle se faisait des films et que vraiment très peu de personnes mourraient de cette façon, mais elle ne voulait pas lui souhaiter autre chose.
Elle recula d’un pas et sembla expirer toutes ses émotions négatives d’un coup ce qui lui permit d’afficher un sourire doux quand elle releva le visage vers Evie.


”Va pour une soirée et une semaine de test ! Mais ça se passera très bien, j’en doute pas ! Je sais qu’il y a des trucs de sacrifice chez les vodouns, mais tant que je retrouve pas de sang de mes boissons, je pense que ça devrait pas me déranger !” Elle lui tira la langue puis lui fit signe de la suivre. ”On y va ?”


Elle prit à peine le temps de la laisser réfléchir qu’elle tournait déjà les talons, direction la sortie du parc. Elle sautillait joyeusement sur le chemin, évitant les gens, les enfants, les chiens en chantonnant. Puis elle finit par ralentir le pas et vint se placer à côté de la vodoun.


”Tu sais, j’ai pas exactement agit sur un coup de tête. Ça a pas prit de temps mais j’ai analysé la situation. Et puis il y a quelque chose que tu dois savoir, quand je parle de mon instinct, déjà il est pas infaillible, je le sais. Mais surtout, il va jamais me mettre en garde si jamais t’es le genre de personne à aller dépecer des gens pendant ton temps libre." Elle afficha un sourire amusé en mimant le geste de façon comique. "Ce qu’il me dit, c’est pas si t’es dangereuse de façon générale, c’est si tu le seras pour moi. Et il me dit que tu le seras pas. Et j’ai couplé à ça à ton attitude envers moi. Tes gestes, tes mots. Tu m’as couverte, tu m’as protégée, tu te fais du soucis pour ma sécurité. C’est un tout qui fait que je te fais confiance. Je m’en fiche de ce que tu fais avec les autres, mais je sais que tu me feras pas de mal à moi. Tant pis si je me trompe.” Elle croisa ses bras derrière sa tête en continuant de marcher, souriante malgré le sérieux de ses paroles. ”Et puis je suis peut-être qu’une boule de poils qui sera jamais capable de combattre, mais je peux aussi avoir envie de protéger des gens et je veux te protéger de ton père. Alors prend-moi pour une folle si tu veux, mais moi j’ai pas envie de douter et de me demander si tu vas pas me trancher la gorge dans mon sommeil. J’ai envie de croire en toi… Non je crois déjà en toi, Et à moins d’agir en conséquence, aucune parole ne me fera changer d’avis.”


Elle décroisa les bras et enfonça ses mains dans ses poches. Elle était comme ça, elle ne croyait pas en un Dieu, par contre elle croyait en les gens, elle était convaincue qu'il y avait du bon en chacun et qu'il suffisait de creuser un peu pour le trouver. Evie ne risquait pas de faire exception, son attitude envers elle était tellement adorable, jamais Eden ne pourrait lui tourner le dos. Et, à vrai dire, même si elle lui faisait du mal, il y avait fort à parier pour qu'elle persiste à vouloir la protéger de son père.




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Evie Methali
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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Dim 3 Avr - 19:43

Bien sûr Evie s'était attendue à de la résistance - Eden était tellement lancée comme ça, il était difficile de se dire qu'elle lâcherait l'affaire aussi facilement. Mais, cela étant dit, sa réaction n'était pas moins amusante pour la vodoun, qui avait de plus en plus de mal à en vouloir à la méta. Bon sang c'était quoi ces gens hyper confiants là? Elle avait l'impression que depuis qu'elle était arrivée en ville, tout le monde semblait s'intéresser à elle, tout en lui faisant confiance. C'était absude pour elle qui avait longuement été rejetée de tous.

Elle observa les efforts d'Eden pour se calmer face à la proposition de marché. Ca n'avait pas l'air de spécialement marcher pour ce qui était de son agitation physique. Elle trépignait, sautillant presque sur place. Bon, il allait falloir régler ça rapidement avant qu'elle parte en courant. Mais ce qu'elle avait à dire surprit plus Evie qu'elle ne l'aurait cru. Le fait qu'il soit nocif pour elle était un fait avéré, elle le savait pertinemment, mais qu'Eden le dise, qu'elle s'inquiète qu'elle retourne là-bas... Ca avait l'air de la chambouler, de la travailler. La vodoun n'avait pas l'habitude qu'on s'inquiète pour elle de la sorte, c'était tout à fait étrange. La dernière personne qui lui avait porté ce genre d'attention avait été sa mère avant sa mort.

Le retrait soudain de la méta l'attrista. Elle avait l'air tellement... Fragile. Quand elle se mordit la lèvre il lui fallu toute la volonté du monde pour se retenir de la soulever dans ses bras. Bon sang mais comment elle pouvait faire surgir des émotions pareilles chez elle? Cela dit, en lieu de ça, ce fut Eden qui passa ses bras autour d'elle, regard luisant. A vrai dire, elle non plus n'avait pas envie de finir dans le même état qu'avant, surtout que celui-là n'était pas entièrement dû à son père... Mais il avait été fautif dans l'affaire. Sa capacité à l'affaiblir la mettait en danger, bien plus que ce con pouvait l'imaginer. C'était peut-être une mauvaise idée de retourner le voir ce soir, mais elle ne voyait pas d'autres possibilités... Si elle rentrait assez tard il serait couché, et elle n'aurait pas à tomber sur lui avant le matin, et donc il n'y avait aucun risque.

Lorsque la méta accepta le marché, elle sourit. Elle était trop mignonne ça devrait être illégal. Elle se retint de rire nerveusement à la notion de sacrifice. Elle se voyait mal exercer dans l'appartement d'Eden... Ca aussi ça poserait problème. Peut-être qu'il y avait un grenier ou une cave dans le coin? A moins de continuer à travailler chez son père, juste comme employée? Elle se voyait mal faire ça aussi. Si elle partait, elle avait bien l'intention de couper les ponts définitivement, à moins qu'il ne lui propose un loyer fortement réduit juste pour avoir son grenier comme local à rituel. Mais elle voyait mal son père perdre la moindre occasion de gagner de l'argent... Cela dit... Une illumination la prit. Si elle lui jetait une malédition de malchance, il n'aurait pas de clients... Pas de clients pas de revenu, pas de revenu.... La boutique serait obligée de fermer. Un sourire s'étendit inconsciemment sur ses lèvres. Oh elle allait faire couler la boutique de son père, et demanderait à d'autres de l'aider s'il le fallait. Oh oui. Immédiatement l'idée de loger chez Eden était géniale. Avec son aide, juste en cohabitant, elle ne subirait aucune répercussion de la part de son paternel. Même si il savait que c'était sa faute, que pourrait-il faire?

Elle regarda Evie dans les yeux, les siens luisants de joie. Il lui fallu toute la retenue du monde pour ne pas sauter sur la méta et la remercier mille fois - bien qu'elle le ferait un jour, pour sûr. Elle la suivit alors qu'elle se mise à marcher, même sautiller sur le chemin. Elle courru à moitié après elle pour garder une proximité avec elle - n'empêche que la rapidité de la jeune femme était impressionnante... En même temps Evie n'était pas très sportive avec ses poumons de grosse fumeuse.

Les mots d'Eden la prirent à nouveau par surprise. Décidément c'était le jour pour ça. Sa sincérité était ce qui lui fit le plus d'effet. Pourtant ça avait l'air d'amuser la méta, chose qui l'aurait fait glousser en l'enlaçant tellement que c'était adorable; bien que ce qu'elle disait la mettait pas très à l'aise. Elle l'observa mettre les mains derrière la tête comme si c'était un sujet aussi léger qu'une sortie au cinéma. Qu'elle veuille la protéger de son père était admirable... Mais ça lui paraissait tellement étrange vu qu'elle s'était mise en tête que c'était elle qui devait être protégée de ses pulsions folles. Mais cette fois-ci, lorsqu'elle parla du tranchage de gorge, Evie rit nerveusement avant que ce dernier ne devienne un rire sincère mais un peu moqueur.

"Jamais je pourrais te faire du mal je crois... On se connait peut-être mal, mais moi aussi j'ai envie de te protéger."

Et voilà qu'elle aussi était très honnête, mais bon. A la voir se démarcher avec la main dans ses poches à présent, Evie ne put se retenir. Merde, elle aussi avait le droit d'avoir des pulsions folles. Elle se mise à rire et souleva subitement Eden dans ses bras, la soulevant du sol dans un câlin phénoménal. Elle avait l'impression de commettre un crime contre cette mignonnitude, mais elle n'y pouvait rien. Portant Eden en faisant quelques pas, elle ne cessa de rire avant de s'arrêter, reposant les pieds de la méta sur la terre ferme.

"Tu es vraiment folle tu sais? Redis encore un truc aussi mignon et je te porte sur mon dos jusqu'à la maison, d'accord?"

Elle rit marchant en avant, mettant les mains dans ses poches pour se retenir de la porter à nouveau - pas que ça l'aurait dérangé, mais bon, elles ne se connaissaient toujours pas vraiment et vu comment elle était presque cardiaque dans ses réactions, valait mieux ne pas pousser. Elle se contenta de soupirer en reprenant la marche.

"Rentrons à la maison, on avisera ensuite!"
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Eden Brewster
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MessageSujet: Re: Une noisette sur la tête.   Lun 4 Avr - 17:58


L’envie de protéger un autre être était une si belle chose et si révélatrice. Même le pire enfoiré de la terre, s’il en venait à vouloir protéger quelqu’un, prouverait par ce geste qu’il y avait du bon en lui. C’était ce qu’Eden essayait de trouver chez les autres, cette petite étincelle de bonté grâce à laquelle vous trouveriez toujours grâce à ses yeux. Ce petit truc qui vous rendrait fréquentable et appréciable. Jusqu’ici, elle n’avait jamais eu à creuser trop profondément chez les gens, ça finissait par sortir tout seul et quand ça n’était le cas, ça voulait généralement dire qu’elle n’avait même pas essayé. Il y avait des gens comme ça, de ceux qui hantent les cauchemars, dont on savait d’avance qu’il n’y avait rien de bon à en tiré. Mais, par chance, ils étaient rares, vraiment très rares et elle pouvait donc s’amuser à creuser autant qu’elle le voulait chez ceux qu’elle rencontrait.

Dans le cas d’Evie, elle n’avait même pas eu besoin de creuser, le bon en elle prenait une grande place et s’était exprimé tout seul dès les premiers instants de leur rencontre. Cette veste sur son dos, c’était un geste banal mais qui en disait long. Et elle ne parlait même pas du fait de ne pas l’avoir rejetée alors qu’elle l’avait prise dans ses bras sans prévenir et en étant entièrement nue. Beaucoup de gens l’aurait repoussé, parfois même violemment, en lui demandant ce qui n’allait pas chez elle. Mais Evie n’était pas de ceux-là, parce qu’Evie était quelqu’un de bien, qui méritait qu’on s’intéresse à elle et qu’on s’en occupe. Évidemment, ça pourrait ne pas être valable aux yeux du reste du monde, mais quelle importance, c’était le cas pour Eden et c’était tout ce qui comptait pour elle.

”On va faire une belle paire toutes les deux ! Ça va être marrant !”

Si elles passaient leur temps à s’inquiéter l’une pour l’autre, ça allait effectivement vite devenir comique. Eden pouvait sans problème imaginer les scènes, Evie qui s’inquiéterait qu’Eden invite quelqu’un de louche chez elles, Eden qui s’inquiéterait… De tout en fait. Tout ce qui allait sortir de l’ordinaire et être une potentielle source de problèmes ou de sentiments négatifs, et tout pouvait le devenir selon elle, était une cause d’inquiétude de son point de vue. Elle se rappelait de son frère et de ses sorties en forêt sous forme animale, de ses trajets à pied pour aller à l’école, de ses sorties scolaires, de… Il ne devait pas y avoir eu une seule minute de sa vie ou elle ne s’était pas fait du soucis pour son cadet, c’était plus fort qu’elle. Ça avait d’ailleurs en partie motivé son départ du cocon familial. Après l’accident, elle était devenue surprotectrice avec lui, c’était tellement poussé qu’elle parvenait à s’en rendre compte sans pour autant pouvoir se contenir.

Elle fut arrachée à ses pensées quand ses pieds quittèrent le sol sans prévenir. Elle poussa d’abord un cri de peur particulièrement aigu puis, comprenant que c’était la vodoun qui était à l’origine de son décollage, se mit à rire avec elle en s’accrochant comme elle pouvait. Comme quoi, elle n’était pas la seule à avoir des pulsions subites. Après, chacun son type de pulsion, elle-même serait toujours plus du genre à enlacer les gens puisque les soulever n’entrerait certainement jamais dans son domaine de compétence, à moins de tomber sur plus petit et plus léger.

”Je ne dis plus rien.”

Elle lui tira tout de même la langue avant de tiquer sur un truc. La maison ? Elle n’avait pas rêvé ? Elle jeta un coup d’oeil discret à Evie, un sourire satisfait étirant ses lèvres. A la maison. Et oui, c’était presque acquis déjà, elles vivaient (presque) officiellement ensemble. Et ça lui faisait rudement plaisir que la vodoun s’exprime en ces termes. A tel point qu’elle attrapa son bras à deux mains et y resta accroché jusqu’à ce qu’elle leur fasse passer la porte de son petit nid.

La visite fut rapide, un salon, une chambre, une cuisine, une salle de bain et une espèce de débarras totalement vide. Ce désert d’affaires compensait avec le bazar qui semblait régner naturellement dans le reste de l’appart. Eden n’aimait pas particulièrement les corvées et ça se voyait. Les deux seuls endroits bien rangés était le bout de mur contre lequel elle posait la boite de ses instruments, son violon d’un coté, son saxophone de l’autre et le rebord de la fenêtre sur lequel était posé une boite à chaussure remplie de coton et contenant ce qui semblait ressembler à une minuscule couverture. Eden dormait souvent là quand elle voulait rester sous forme animale, c’était mieux que de se perdre dans son lit. Lit qu’elle annonça d’office qu’elle laissait à la vodoun, elle n’en avait pas besoin pour le moment, son canapé convertible était très confortable et sa boite à chaussure encore plus.

Le reste de la soirée se passa sans anicroche et dans la meilleure des ambiances. Puis vint le lendemain et l’aménagement d’Evie. Aaaaah, ça allait être bien cette collocation !

[This is the end !]

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Une noisette sur la tête.

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