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 Une Vodoun dans la ville.

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Evie Methali
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MessageSujet: Une Vodoun dans la ville.   Jeu 7 Jan - 11:41

Evie ouvrit les yeux, le regard fixant la vieille charpente du grenier. Elle le contempla, sentant son esprit s’éveiller lentement alors que ses rêves s’effacèrent doucement. L’intégralité du bois au-dessus de sa tête avait été rénové quand sa grand-mère avait acheté la maison pour ouvrir sa boutique. Elle se souvenait de l’avoir observée, cachée dans un coin de la salle alors que la grande dame préparait ses rituels. L’endroit n’avait pas changé, à part qu’il avait bien gagné en poussières et toiles d’araignées ; de plus elle avait élu domicile ici, et des cartons logeaient partout dans la salle…
Elle se dressa sur son matelas, qui était à même le sol, sans la moindre armature. Prenant son temps, elle prit les vêtements qui se trouvaient dans une pile à ses pieds et se vêtit. Aujourd’hui elle avait du rangement à faire ; inutile de s’habiller trop proprement. Elle opta pour un sarouel rouge et un haut noir à col roulé, cachant son tatouage.

Se promenant avec les pieds nus, elle alluma quelques bougies autour de la salle ; la lumière électrique n’était pas adaptée pour ce lieu, étant souvent trop forte, surtout au réveil. Prenant soin à ne pas pouvoir provoquer d’incendie, elle commença à déballer des livres et les mettre sur ses étagères. Il y avait toutes sortes de bouquins dedans ; des vieux grimoires familiaux, des recettes de cuisine, des contes, des histoires, des analyses sur le Voodoo… Elle s’intéressait à tant de choses qu’il y avait trop de sujets pour avoir un thème par étagère… Du coup tout était mélangé, et ce désordre-là ne la gênait pas.
Par la petite trappe au fond du grenier, elle entendit son père l’appeler. Soupirant, elle traversa le rideau pour regarder le bas de l’échelle. Son père était là, entouré d’autres cartons…

« J’ai pas encore fini de déballer ce que j’ai déjà là. Dit-elle, espérant qu’il ne lui passe les cartons dans l’immédiat.
-Tant pis, débrouille-toi, tu encombres la boutiques avec tout ton bazar. »

Elle soupira bruyamment ; inutile de cacher son agacement. Le désordre sur les étagères ne la gênait pas, mais l’encombrement de son espace de travail la rendait dingue… Il allait lui falloir des jours avant de pouvoir pratiquer n’importe quel petit rituel.
Sans attendre son père lui passa les cartons, un à un ; les contenus étaient parfois légers, parfois lourd… Elle ne savait même plus ce qu’il y avait dedans. Elle espéra juste qu’il n’y avait pas des masses de choses inutiles. Une fois tous les cartons disposés autour d’elle dans le grenier, elle contempla le lieu avec un sourire amer. En plus des cartons, elle allait devoir aménager tout ça pour que ça ait l’air un minimum supportable pour recevoir des clients… Encore une chose qui allait prendre des jours !

« C’est bon, c’est tout ? Demanda-t-elle à son père qui avait commencé à retourner dans la boutique.
-Pour le moment ; j’ai appelé un fournisseur pour qu’il t’amène de quoi commencer tes machins là.
-Euh… Tu lui as demandé quoi exactement ?
-Le stricte nécessaire pour des apprentis magiciens. »


Elle avait envie de hurler.

« Ce n’est pas parce que je ne pratique pas régulièrement que je suis une apprentie, et encore moins magicienne ! T’es vraiment idiot des fois ! »

Il haussa les épaules, désintéressé, et disparut de sa vue. Elle se leva et shoota dans le premier carton qui se trouvait à sa portée ; heureusement pour elle il était léger et ne contenait rien de fragile. Son père était un imbécile. Il ne connaissait rien aux rituels vodouns, à part qu’on pouvait facilement gagner de l’argent à piéger des touristes, et l’argent, c’était tout ce qui comptait pour lui. Et le connaissant, elle aurait à payer les fournitures qu’il avait commandé de sa poche ! Elle qui n’avait déjà pas grand-chose financièrement parlant…
Grommelant, elle descendit dans l’intention de se faire un café ; au moins la cafetière était en accès libre, bien que son père lui demanderait d’acheter la sienne quand elle serait installée… Il était d’un prévisible ce vieux con.
Elle se servit une tasse et entendit soudainement la voix de son père, pleine d’un faux enthousiasme. Sa gorge se serra ; elle détestait ce ton. Tendant néanmoins l’oreille, elle écouta ce qu’il disait.

« Ah ce sont les fournitures pour ma fille ! Bien bien ! Je vous laisse régler ça avec elle ! EVIE ! »

Elle soupira et passa sa tête dans le couloir, dévoilant sa tête rouge et ses yeux clairs, un sourire aux lèvres. Son regard se tourna vers la porte d’entrée de la boutique, où son père se tenait devant le nouvel arrivant, le cachant donc de sa vision.

« Eh bien entrez, faites comme chez vous ! »

Elle imagina très bien le regard pincé de son père aux mots.

« Vous voulez quelque chose à boire ? Un café, thé, tisane, que sais-je, un whisky ? »

Son père se retourna vers elle avec un regard froid, auquel elle répondit avec un large sourire ; au moins le mouvement de son père venait de dévoiler très légèrement l’inconnu à la porte. Elle n’en perçu que les cheveux, qui semblaient être de sombres dreadlocks. Cependant avec la lumière de l’extérieur, elle vit quelques reflets plus pâles… Elle ne savait absolument pas à qui elle avait affaire, charlatan ou non, mais elle espérait qu’il était plus fiable que son père… Et ça, ce n’était pas bien difficile.
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Lincoln Greenwater
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MessageSujet: Re: Une Vodoun dans la ville.   Jeu 7 Jan - 17:50

Lincoln avait été plutôt surpris de la commande de Methali, tous ces ingrédients et objets cérémoniels c'était pas trop son genre. Le vieux était plus connu pour sa capacité à pomper le fric de touristes en mal d'ésotérisme qu'à réellement communiqué avec les Loas. D'ailleurs, son mépris évident pour la culture vaudoue n'était pas pour le faire apprécier de la communauté de la Nouvelle-Orléans. Mais bon, les affaire du vieux Maître des Poupées n'étaient pas très florissantes, et une commande était une commande. Aussi Lincoln avait-il accepter de livrer un carton entier de couteaux sacrificiels, d'herbes et d'ingrédients hallucinogènes ou magiques, des bols, des pilons, quelques fioles de sang d'animaux, et un petit pétard, cadeau de la maison.
Lincoln avait appris à soigner ses clients, et une telle commande, 500$ tout de même, méritait bien une petite pilule pour la faire passer.

N'ayant pas d'autre employé que lui-même, le vieux vaudoun devait se charger lui-même de la livraison, l'avantage, c'était que le vieux Methali avait son attrape-couillon pas très loin. L'hiver était doux en Louisiane, aussi décida-t-il d'y aller à pieds. Bon le carton n'était pas vraiment léger, mais vu qu'il avait cent-cinquante mètres à faire, il pouvait bien se permettre un peu d’exercice. Il faut dire qu'il s'était un peu laissé allé dernièrement, et même si son corps avait jusqu'à présent plutôt bien encaissé ses abus, il s'était mis soudainement à stocker à quelques endroits peu flatteurs. Putain, c'était pas beau de vieillir.

Après avoir correctement empaqueté ses fournitures, il enfila un petit gilet (parce que quand même, ça c'était rafraichit...), s'accrocha à ses tongs (parce que quand même, ça s'était pas rafraîchit à ce point-là...), et attaqua son voyage. Il ne prit pas la peine de fermer la porte de son échoppe, de toute façon, personne n'aurait osé voler un vaudoun, fallait être complètement con.
La lumière de l'extérieur lui fit cligner plusieurs fois des paupières et ne manqua pas de lui piquer les yeux, à tel point qu'il en eut les mirettes humides. Il sortait trop peu de son atelier, ou alors pas assez en journée, la lumière du jour n'était clairement pas son alliée. D'autant plus qu'elle avait tendance à faire ressortir toutes ses rides, et bien qu'il accepter son âge sans trop rechigner, ça n'avait tout de même rien de flatteur de croiser son image dans une vitrine et de se demander si on ne voit pas à travers...

De loin, Lincoln ne ressemblait à rien, des vêtements très amples, généralement de couleurs ternes à défaut d'être sombres, dissimulait son corps pourtant relativement mince, son gilet tout détendu et pelucheux donnait l'impression d'avoir été trouvé dans une poubelle du coin, quand à ses dreads entremêlés de cheveux d'argent, elle ne rajoutait clairement pas un aspect entretenu au bordel. Bref, quiconque aurait suspecté Lincoln d'être un honnête patron d'entreprise aurait eu une intuition paranormale ou aurait proprement trop picolé.
Il arriva rapidement, quoique pas sans souffrances, devant la boutique de Methali, ce dernier l'attendait derrière sa devanture, avec un air aussi factice qu'il était mielleux. Lincoln l'avait croisé plus d'une fois au Cadavre et le type passait clairement plus de temps à tirer la tronche qu'à se marrer. Bon d'un autre côté, notre vaudoun n'était pas non plus un modèle de joie de vivre, donc il était plutôt mal placé pour juger. ceci dit, lui faisait la gueule toute le temps, au moins c'était clair pour tout le monde!

Poussant la porte de la boutique avec son dos, il eut quelques difficultés à faire passer le carton dans l'encadrement, mais après quelques invectives grommelées tout bas et un deux jurons plus audibles, il réussi à opérer un demi-tour correct pour faire face à son client:


"Dites voir, c'est pas commun comme commande venant de votre part, je ne savais pas que vous vous étiez réellement mis au vaudou..." Lui lança-t-il alors qu'il posait, un peu moins délicatement qu'il ne l'aurait voulu, sa précieuse cargaison.

Le vieux Methali lui expliqua rapidement que c'était pour sa fille. ce qui lui fit quelque peu hausser le sourcil. Il n'avait jamais entendu parler d'elle, et pourtant tout se savait à un moment ou à un autre dans le quartier. Methali commençait à lui tourner le dos, et le vaudoun commença à voir naître en lui une certain appréhension. Visiblement le type se désintéressait complètement de la livraison, dont il laissait sa fille seule responsable. Celle-ci ne tarda pas à pointer le bout de son nez alors que son paternel tournait définitivement les talons pour s'éloigner vers une destination inconnue, mais qui n'impliquait certainement pas un portefeuille...

La louloute était plutôt bien foutue, sa démarche langoureuse et sa taille fine terminait un tableau somme toute très agréable. Lincoln, que les convenances agaçait plus qu'autre chose, se dit qu'il avait bien mérité une petite pause pour cet effort, aussi sortit-t-il d'une de ses poches sa pipe, et de l'autre une boîte d'allumettes.
Avant de glisser l'engin dans a bouche, il se fendit néanmoins d'un:


"On peut fumer ici?" Qui n'attendait évidemment aucune réponse, et commença à s'allumer sa dose de ganja quotidienne. Alors que l'instrument commençait à relâcher dans l'air une fumée parfumée et entêtante, il continua:

"Un whisky ça me va très bien, mais je n'aime pas vraiment boire seul (Gros, gros mensonge...), vous m'accompagnez, Evie? C'est bien ça?"

Il tira une autre latte et envoya un beau nuage s'écraser au plafond de la boutique. Il pointa le carton du doigt et rajouta:


"Y'a de quoi vous relaxer scotché sur le côté du carton, récolte perso, croyez-moi c'est autre chose que la merde qu'on vous vendra au centre-ville dans les ruelles sombres."


Il finit par tendre sa main vers la jeune femme, un petit sourire sur les lèvres que masqua un nouveau rideau de fumée.


"Au fait, moi c'est Lincoln..."
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Evie Methali
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MessageSujet: Re: Une Vodoun dans la ville.   Jeu 7 Jan - 19:31

Lorsque son père tourna enfin les talons, Evie eu une vue totale sur le livreur qui était, somme toute, d'apparence assez mature, au regard sombre et inexpressif à première vue. Il était vêtu simplement, et elle aimait bien le fait qu'il portait des tongs; les chaussures étaient toujours un détail intéressant lors d'une nouvelle rencontre. Elle ne savait pas s'il était réellement un fournisseur voudoun, mais en tous cas, il n'avait pas l'air d'un grand commerçant. S'il s'était pointé en costume cravate, elle aurait tourné les talons sans même le regarder une seconde fois. Si il était un charlatan, alors il avait au moins l'apparence d'un homme qui sait quelle allure prendre pour jouer le bon rôle.

Elle ne put s'empêcher de sourire à l'arrogance de son action - il demanda s'il pouvait fumer, mais alluma sa pipe sans attendre une réponse. Après tout, ce n'était pas elle que cela allait déranger; mieux encore, c'était à son père que ça allait déplaire. Tant mieux. Il n'avait qu'à pas la laisser se débrouiller pour payer... Et vu la taille du carton, son portefeuille allait douiller - tant que le contenu lui servirait à gagner un peu d'avance pour ses rituels... Après il n'y avait plus qu'à faire la publicité pour attirer des touristes niais qui auraient de la chance ou non; ce n'était pas de son ressort.

Elle hocha la tête à sa suggestion de boire du whisky. Elle en avait eu envie dernièrement, et profita donc que c'était la réserve de son père pour le sortir. Cela n'empêcha pas de prendre son café avec par ailleurs. Elle approcha donc avec un plateau et le posa sur le comptoir, remplissant raisonnablement les deux verres. Au passage elle sentit l’odeur du contenu de la pipe fumante et sourit ; ooooh son père n’allait pas aimer ! Elle le regarda alors qu’il pointa vers le carton. Ah ? De sa récolte personnelle ? Là elle était intéressée ! Elle n’avait pas eu le temps de se renseigner dans le quartier de quoi se trouver des provisions dans ce domaine –si c’était du bon, elle saurait maintenant où aller s’approvisionner.
Il étendit la main et se présenta. Lincoln, un nom à bonne sonorité selon elle. En réponse elle prit sa main, la serra un peu professionnellement avec un sourire sincère.

« Enchantée, Lincoln. Merci pour l’offre, c’est avec grand plaisir ; vous aurez sans doute des nouvelles si je viens à manquer ! »

Bien sûr qu’elle viendrait à manquer, sa réserve était déjà quasi-vide, mais elle n’en dirait pas un mot à l’homme devant elle. De plus, un cadeau comme ça, bien qu’agréable, restait douteux. A nouveau la taille du carton reprit une bonne place dans son esprit, dans la zone qui induisait le stress. Elle n’avait pas de suite envie de parler finance, et lui passa, en lieu de ça, l’un des verres, puis prit le sien, avant de trinquer.

« Santé. Sourit-elle. »

Elle bu deux gorgées, le laissa infuser sur sa langue quelques instants, avant de sourire de satisfaction ; au moins, son père avait bon goût pour ce genre d’alcool, et ça, c’était fort plaisant. Mais malgré son aise actuelle, le contenu potentiel du carton la travaillait, alors elle posa son verre et ouvrit, sans vergogne, le carton.
Elle en contempla l’intérieur en silence. Quelques couteaux sacrificiels, des herbes diverses dont elle contempla les noms avec une certaine satisfaction, des bols de bonne qualité, et des fioles contenant du sang. Elle en prit une et observa le contenu visqueux. Hm, tout était assez satisfaisant, et allaient lui servir pour commencer rapidement… Une fois le grenier aménagé. Elle soupira intérieurement à la quantité de travail requise pour pouvoir enfin se mettre au boulot.
Se redressant enfin, elle sourit et prit une nouvelle gorgée de whisky.

« En voilà un excellent début ! J’avais peur que la commande de mon père soit passée comme une moquerie, vu le vocabulaire qu’il a utilisé… mais on ne le refera pas, un con reste un con. »

A cela elle entendit son père tousser dans la pièce d’à côté et elle ne pu s’empêcher de rire fort. De toute façon, elle pouvait dire ce qu’elle voulait, son père n’oserait pas la mettre dehors, vu ce qu’elle allait lui rapporter une fois le travail entamé. Cependant les fournitures présentées lui donnèrent une idée… Elle ne savait pas où dégoter un ingrédient qui lui serait nécessaire dans un avenir plus ou moins proche selon les possibilités… Ca ne coûtait rien de demander.

« Combien je vous dois alors ? Ah un instant d’abord, voulais savoir, vous ne sauriez pas où je peux me procurer du sang vampire par hasard ? »

Une demande tout à fait sincère, presque innocente avec le ton qu’elle avait utilisé pour demander ; avec un peu de chance Lincoln saurait au moins où elle pourrait en dégotter. Elle ne savait pas si c’était une bien bonne idée de demander ça comme ça, mais il fallait bien essayer ; ce n’était pas comme si elle avait peur du risque.
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Lincoln Greenwater
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MessageSujet: Re: Une Vodoun dans la ville.   Mar 12 Jan - 17:57

Le vieux vodoun devait bien reconnaître que si le père était un hôte bien piètre, la fille s'avérait bien plus douée. Enfin, Methali avait toujours été réputé pour être un connard de première, il avait toujours profité du système, aussi loin que Lincoln s'en souvienne, et c'était à cause de type comme lui que le Vaudou avait petit à petit perdu de sa véracité pour tomber dans une parodie de religion orgiaque.
Alors oui, les vodouns aimaient faire la fête et profiter de tous les plaisirs de la vie, mais bon, ils ne passaient pas pour autant le journée à picoler, fumer et baiser. Enfin pas tous...

Acceptant le verre que lui tendait Evie, il trinqua avec elle et s'envoya une lampée du breuvage ambré. Ah ça, le vieux était peut-être un gros con, au moins son whisky, lui, était agréable. Lincoln avait toujours pensé qu'on pouvait se faire une idée des gens en voyant leurs goûts, il fallait croire que Methali était l'exception qui confirmait la règle.
La bouffée de marijuana qui suivit finit d'harmoniser l'alcool et l'herbe: ça c'était un mélange vraiment goûteux. Alors que Lincoln allait annoncer la couleur concernant le prix, la jeune femme lui coupa l'herbe sous le pied avec une demande qui était pour le moins surprenante. Il devait reconnaître que la jeunette avait une belle paire de roupettes de poser la question aussi directement, et sans baisser le ton qui plus est. Lincoln n'était pas non plus du genre à faire des secrets, il avait toujours détesté chuchoter, et bien qu'excellent menteur, n'avait jamais pris goût à ça. Néanmoins, il avait appris qu'en ce qui concernait le sang de vampire, il valait mieux se montrer discret et surtout, prudent.
Bien sûr qu'il savait où s'en procurer, et bien sûr il aurait probablement pu directement répondre à la jeune femme, mais ça aurait été la conduire à une mort quasi-certaine. Ceux qui dealaient ce genre de produit n'étaient généralement pas des types bien (certainement pas des vodouns, en tous cas), et pour ce qu'il en savait ils travaillaient généralement tous avec la Mafia W. Et si ça ne suffisait pas à vous rendre prudent, des chasseurs vampires sillonnaient généralement la ville, traquant ce genre de deals, et y mettant fin de façon "définitive".
Bien entendu, il y avait des moyens plus propres de se fournir en sang de vampires, certains d'entre-eux en faisait commerce, mais à des prix exorbitant et totalement prohibitif pour quiconque n'était La Baronne ou quelque bourgeois accro à l'ésotérisme.

Le visage de Lincoln se ferma soudainement. Il ne s'agissait plus ici d'un simple échange de faveur, il fallait faire comprendre à la petite qu'elle s'aventurait sur un terrain dangereux. Il reposa son verre lentement, et pris une longue bouffée de sa pipe.


"Je vous conseille vivement de baisser d'un ton quand vous aborder ce sujet, on ne peux jamais réellement savoir qui écoute..." Dit-il d'un voix sombre et qui pour le coup, portait peu.
"Vous êtes jeune, Evie, et il serait réellement dommage que l'on vous retrouve dans une ruelle, un couteau plantée dans le dos, ou pire, qu'on ne vous retrouve pas du tout."
Il marqua une longue pause, qu'il mit à profit pour reprendre une gorgée de whisky, et tirer à nouveau sur sa pipe.

"Néanmoins, j'ai quelques contacts... Si je vous déconseille de mener vous-même vos recherche, je dois pouvoir m'arranger pour en acquérir quelques fioles. Ce ne sera pas gratuit cependant, et je vous demanderai la plus grande discrétion quant à ma participation."

Bon, il en rajoutait peut-être un peu. Quoique... Lui-même avait mis un certain temps à trouver un dealeur valable et suffisamment malin pour échapper aux vampires. Bien entendu, son sang n'était clairement pas prélevé avec le consentement du propriétaire, et Lincoln devait bien avouer qu'il n'aimait pas forcément l'idée de faire fonctionner ce genre trafic. Mais les vampires étaient réellement des merdeux arrogants, et bien que le vodoun soit un pacifiste, il avait étrangement moins de scrupule à voir un vampire mort. Et puis après tout, une fois le vampire mort, il aurait été dommage de gâcher tout ce sang...
Il revint à son interlocutrice.


"Je suis curieux... Qu'est-ce que vous comptez faire de ce sang? Si vous êtes, comme je le suspecte, une vodoun, vous devriez savoir que ce n'est généralement réservé qu'à des rituels et invocations extrêmement puissants. J'espère que vous savez où vous mettez les pieds, jeune fille?"

Tout bon vodoun avait appris à se dispenser au maximum du sang des morts-vivants, pour la simple et bonne raison que le sang animal faisait généralement un excellent substitut. On utilisait le sang de vampire si l'on voulait qu'un sortilège soit sûr de fonctionner ou pour le rendre trois fois plus puissant. La vodoun était encore jeune, et vu le paternelle qu'elle se coltinait, Lincoln avait quelques doutes quant à son apprentissage. Aucun initié ne devait être ignoré, autrement il pouvait s'avérer dangereux, aussi bien pour lui que pour la communauté. Et si personne ne prenait rapidement Evie sous son aile pour lui enseigner proprement les choses, la louloute risquait fort de s'embarquer dans quelque chose qu'elle n'arriverait pas à gérer...
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Evie Methali
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MessageSujet: Re: Une Vodoun dans la ville.   Mer 13 Jan - 16:56

Dès qu'elle parla du sang de vampire, le visage de Lincoln se ferma. Elle le contempla en silence, ne regrettant pas un instant d'avoir demandé. Oui il y aurait eu des façons plus subtiles de le faire, mais Evie n'était pas d'humeur subtile. Avant tout, elle voulait des informations, et ça, c'était toujours une priorité. L'homme devant elle posa son verre sur le comptoir avec un air grave, tout en tirant sur sa pipe.

Toujours aussi détendue, la jeune femme fini le fond de son verre d'un coup; maintenant, elle avait surtout envie de son café. Une fois son verre terminé, elle le posa, et prit la tasse fumante, regardant Lincoln avec un air neutre, bien que légèrement souriante. Elle adorait quand on lui disait de baisser d'un ton; ça lui rappelait les soirées finissant chez des inconnus où on lui demandait de se retenir de faire des bruits pendant ses ébats... Et honnêtement, cela lui avait toujours donné encore plus l'envie de crier! Bien sûr, dans le cas présent, le danger n'était pas un parent mécontent, voir conjoint comme cela lui était arrivé quelques fois... Lincoln devait bien avoir ces raisons. Mais dans ce sens là, Evie n'était pas renseignée bien sûr; jusqu'à maintenant elle n'avait jamais essayé de trouver du sang autre que celui d'animaux, et ne connaissait pas les réseaux Vamps et leurs exécuteurs. Elle se doutait bien de leur existence, mais avait du mal à comprendre pourquoi les suceurs d'émoglobine ne commerçaient pas tout simplement leur sang comme les vodouns avec leurs sorts et gris-gris, voir même les wiccans dont les talismans fleurissaient un peu partout en popularité! Certes l'usage du sang de vampire n'était pas forcément chose conseillée, elle le savait très bien... Mais encore une fois, elle ne voyait pas en quoi elle pourrait échouer.

Elle sourit alors qu'il lui rappela qu'elle était jeune, et que, comme il disait, il serait triste de la retrouver morte, ou ne pas la retrouver du tout. Evie n'avait pas peur de mourir, c'était là bien une chose qu'elle acceptait comme faisant partie de la vie.
Pour vivre pleinement, il faut accepter qu'un jour, notre coeur cessa de battre, et que notre corps pourrira sous terre, ou se fera manger par des charognards. Qu'on soit homme, femme ou autre, adulte ou enfant... La mort est un passage obligatoire de la vie, et il en est ainsi pour tout le monde. Certes certains vivent plus longtemps que d'autres, mais le résultat reste le même : personne n'est réellement immortel.

Finalement, il se laissa un peu tenter. Après tout cet accord pouvait leur être bénéfique à tous les deux, bien qu'il faille qu'elle se fasse un peu d'argent d'abord. Il avait donc un contact. Tant mieux, ça l'éviterait de chercher ailleurs et se faire tuer bêtement; parce que oui, elle n'avait pas peur de la mort, mais tenait à vivre un peu avant de rendre son dernier souffle. Elle hocha automatiquement la tête alors qu'il parla de la discrétion quant à sa participation; elle avait une grande gueule pour beaucoup de choses, mais pas quand il s'agissait de trafics dans ce genre.

Elle ne pu se retenir de rire haut et fort à la dernière phrase de Lincoln; un rire somme toute mélodieux, innocent semblerait-il. Mais le regard qu'elle lui jeta ensuite ne fut pas celui d'une gamine inconsciente. Ses yeux étaient sombres, froids, les murmures autour d'elle prenant de l'ampleur dans ses oreilles. Les ombres s'étaient rapprochées d'elle, mais elle les ignora. Elle ne doutait pas des intentions de Lincoln; prioritairement, il devait penser à sa propre santé, et à son argent, comme toute personne mortelle. Mais il devait aussi songer, quelque part, au bien être d'Evie. Or le ton qu'il avait emprunté pour l'appeler "jeune fille" lui rappelait beaucoup celui de sa grand-mère, lorsqu'elle avait vécu avec elle... Ces mots qui signifiaient "tu es inconsciente, et ne sais pas ce que tu fais." Sa grand mère avait eu du mérite à le dire, mais Lincoln ne la connaissait pas, et malgré les apparences, elle n'était pas une vulgaire petite débutante qui voulait juste du sang de vampire pour s'amuser.

Avant de prendre la parole, elle laissa son sourire devenir un peu plus lumineux et surtout moins narquois. Peut-être que tout cela n'avait eu aucun effet sur l'homme, mais cela avait bien peu d'importance pour elle, tant qu'il ne s'essayait pas à la prendre de trop haut. Elle n'avait pas l'âge pour avoir son expérience, mais elle avait vécu un paquet de trucs, et refusait qu'on la traite comme une gamine. Elle posa sa tasse sur le comptoir et croisa les bras, faisant légèrement remonter sa poitrine contre elle.

"Pour ce qui est de la discrétion quant à votre participation, vous pouvez avoir mon entière confiance."

Elle avait conscience que ce n'étaient que des mots, et qu'elle n'avait aucun moyen de prouver quoi que ce soit; mais elle-même savait, elle ne revenait jamais sur sa parole. Elle était bien trop franche et honnête pour ça.

"Je sais que beaucoup usent de ce sang pour des choses assez futiles, et sachez que je n'ai aucunement l'intention d'en faire n'importe quoi; j'ai tout le sang animal qu'il me faut pour ça maintenant."

Elle sourit en regardant le carton contenant toutes les fournitures. Elle releva les yeux vers lui, sourire toujours fixé sur le visage; mais il n'atteignait pas ses yeux.

"Les rituels puissants sont difficiles et échouent le plus souvent à cause du manque de préparation... Ils requièrent d'être prêts, mentalement et physiquement, d'avoir tout le nécessaire organisé depuis des mois, si ce n'est des années... Cela fait dix ans que je me prépare pour ça, et je n'ai pas l'intention d'échouer."

Elle ne voulait pas en dire plus; il n'avait pas besoin de savoir, pas tant qu'elle n'avait le sang de vampire entre les mains. Alors elle sortit passa derrière le comptoir et déverouilla un tiroir, en sortant son carnet de chèque. Elle dressa les yeux vers Lincoln, souriant comme s'il ne s'était rien passé. S'il voulait poser d'avantages que questions, ce n'était pas le moment, elle avait du rangement à faire. Elle s'accouda sur le meuble et attrapa un stylo.

"Alors nous étions à : combien je vous dois? A moins que vous ne preniez pas les chèques pour une simple transaction?"
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Lincoln Greenwater
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MessageSujet: Re: Une Vodoun dans la ville.   Dim 24 Jan - 11:01

Il avait visiblement piqué la jeune femme au vif en insinuant qu'elle ne savait probablement pas dans quoi elle s'embarquait. Il eut, l'espace d'un instant l'inquiétude d'être tombé face à une de ces personnes qui pensent qu'elles n'ont rien à apprendre malgré leur jeunesse et considère pouvoir se lancer dans les rituels les plus dangereux sans préparations. Cette inquiétude se dissipa cependant rapidement alors que le regard de la jeune femme se durcit.
On pouvait en comprendre beaucoup avec un simple regard, et celui qu'elle avait en ce moment n'était clairement pas simplement de l'entêtement, mais bel et bien une détermination qu'on ne pouvait voir que chez des personnes qui savaient où elle mettaient les pieds. C'était à la fois rassurant et un peu déroutant. Qu'est-ce qui avait pu arriver à Evie pour qu'elle fasse preuve d'une telle opiniâtreté? Certainement pas des choses drôles, en tous cas.

Néanmoins, il ne pouvait s'enlever de la tête qu'elle avait eu beau se préparer pendant dix ans, cela ne voulait pas dire que tout se passerait comme elle l'avait prévu. C'était le problème avec les Loas, ils faisaient rarement ce que vous vouliez, et certainement pas comme vous le vouliez. Il fallait savoir être malin et parfois même un peu vicieux pour les tromper. Ils avaient étonnamment tendance à la clémence quand ils découvraient une belle supercherie, allez comprendre... La volonté de la jeune femme de ne pas échouer pourrait très bien la mener à sa perte, car si les Ghédés étaient colérique, c'était bien quand on essayait de les forcer à faire quelque chose sans subtilité et avec brutalité. Si l'âge avait bien appris quelque chose à Lincoln s'était à savoir improviser durant les rituels, car les Loas avaient généralement tendance à changer les règles au dernier moment, et si vous n'étiez pas en mesure de rebondir, cela pouvait très vite devenir très dangereux...


"Je vois que vous semblez déterminée, et très probablement bien préparée, mais malheureusement cela ne suffit pas toujours. Quoi qu'il en soit rester sur vos gardes, car rien n'est plus traître qu'un Ghédé, et j'ai vu des personnes bien plus expérimentées en payer le prix."

Il finit la dernière gorgée de son verre, et le reposa sur le comptoir, il tira une dernière latte de sa pipe avant de continuer:

"Je sais que nous ne nous connaissons pas, mais si vous prévoyez, comme je le suspecte, un rituel puissant, il vous faudra un témoin. Ce dernier sera aussi bien une aide supplémentaire au cas où ça tourne mal, qu'un observateur qui veillera à ce que vous ne vous éloigniez pas des pratiques vaudoues."


Car il existait plusieurs sortes de magies, très semblables au vaudoue et pourtant bien plus sombres et généralement bien plus dangereuse. Certains des esprits les plus vils et les plus anciens à errer dans les limbes avaient acquis des pouvoirs égaux à ceux des Loas, parfois même supérieurs. Ils étaient plus enjôleurs, vous promettaient monts et merveilles contre une rétribution obscure. Mais ce qu'ils désiraient en général c'était vous posséder, retraverser le voile et marcher à nouveau dans le monde des vivants pour y semer mort et désolation. Ces esprits pouvaient être invoqués par certains rituels parfaitement interdit au sein du vaudou traditionnel. Le témoin était aussi là pour veiller à ce que personne ne viole ce précepte. Bien entendu, l'existence de ces esprits relevait quasiment du mythe étant donné que personne n'avait encore réussi à entrer en contact avec eux, mais les fantômes avec lesquels Lincoln avaient pu discuter avaient tous sans exception mentionné une présence, lourde et malsaine, observant leurs moindres échanges avec les vivants. Et quand la question était posé aux Loas, ils avaient tendance à entrer dans une colère noire, ou tout simplement à s'évaporer pour éviter de répondre.
Lincoln revint à son interlocutrice:


"Vu que vous venez d'arriver en ville, et que je doute fortement que votre paternel soit d'une quelconque aide, en supposant qu'il veuille bien témoigner, je vous propose mon concours."

Il savait par expérience que beaucoup de jeunes éprouvaient une grande réticence à laisser quelqu'un observer leur premier rituel, tout simplement parce que celui-ci était généralement motivé par des raisons très intimes. ce n'était pas nouveau, et ça serait pendant encore longtemps la première cause des vocations pour le vaudou. Lincoln lui-même en était passé par là. Pourtant, comme tous les autres, il s'était plié à cette condition.


"Je sais que cela peut paraître invasif, mais sachez que je ne serais pas là pour vous juger. Mon seul devoir sera d'intervenir si la situation dégénère ou si vous vous égarez dans des voies proscrites."

Il laissa sa proposition en suspens. Visiblement la jeune femme en avait fini avec lui, et lui demanda le prix de sa livraison. Il eut presque des scrupules à lui annoncer là couleur, mais bon, il fallait bien vivre.

"Je vous fait le tout à 450$, compte-tenu de la qualité du matériel, je suis en dessous du prix initial. ma marge ne sera pas énorme, mais je peux vivre avec. Et puis je sais ce que c'est de démarrer."

Il eut un sourire bienveillant, l'atmosphère devait se détendre un peu, ou ça allait très vite devenir invivable...



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Evie Methali
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MessageSujet: Re: Une Vodoun dans la ville.   Dim 14 Fév - 15:34

Evie avait bien conscience de ses défauts, et savait que le premier sur la liste était le fait qu'elle pouvait être une vraie tête brûlée quand il s'agissait de sa fierté. Qu'on la prenne pour une véritable débutante était, entre autre, une des choses qui la faisait vite s'énerver. Ce n'était pas volontaire de la part de LIncoln de la faire s'enflammer ainsi, il ne s'était d'ailleurs certainement pas attendu à une réaction aussi vive... Les mots du vodoun qui suivirent souligèrent bien le fait qu'il parlait en connaissance de cause; et il avait l'âge pour prouver sa valeur expérimentale. Evie s'en voulue un peu de s'être emportée aussi rapidement, et d'avoir été à la limite de l'insultant.

Elle descendit donc de ses grands chevaux et soupira, main sur le chèquier, un peu agacée par son propre comportement. Elle valait quand même mieux que de s'énerver comme une vulgaire adolescente. Elle était tout de même jeune, et la bienveillance de Lincoln était tout à son mérite. Il N'avait pas de mauvaises intention, loin de là, et elle comprenait bien sa volonté qu'Evie ne fasse pas d'erreurs ou se mette elle-même en danger. Il était souvent difficile pour elle de garder la tête froide quand il s'agissait de la résurrection de son frère. Elle détendit donc ses épaules et sourit faiblement.

"Désolée, j'ai un peu les nerfs à vif en ce moment..."

Et c'était tout à fait vrai; son père la mettait dans un état pas possible, et ce n'était que le début. L'emménagement était loin d'être terminé, et elle n'attendait qu'une chose : pouvoir se mettre au travail. Bien sûr elle n'allait pas commencer avec le rituel qu'elle attendait depuis une décénie, mais plutôt des choses basiques, surtout pour se mettre au travail pour communiquer plus simplement avec des esprits, et attirer des clients qui pourraient lui permettre de manger à la fin du mois... Mais quand elle songeait à la quantité de rangement qu'elle avait à faire, c'était particulièrement rageant. Elle n'eut pas besoin de penser longtemps à la proposition de Lincoln, n'ayant elle-même pas l'intention de faire le rituel pour son frère seule.

"Je serai honorée si vous pouviez être témoin du rituel. Je ne m'attendais pas à facilement me faire des alliés en ville, et j'ai conscience du danger que représentent les Ghédés; j'en ai déjà payé le prix. Je serais vraiment une idiote de refuser votre offre!"

Le prix de la marchandise ne la surprit pas. Bien sûr elle n'avait vraiment pas grand chose de base pour travailler, et avait conscience que même le stricte nécessaire allait lui coûter gros. Mais comme il le disait si bien, il avait baissé son prix par rapport à l'estimation originelle. Elle lui en était très reconnaissant; elle le lui rendrait d'une façon ou d'une autre.
Elle rendit donc le sourire au vodoun, légèrement soulagée. Elle n'aurait pas su dire pourquoi concrêtement, mais demeurait bien heureuse de la tournure de cette entrevue.
Sans hésitation, elle nota le montant exact, détacha le chèque et le lui donna.

"Merci de votre aide, Lincoln. Je suis sûre que nous nous reverrons bientôt."


Elle pensa aux cartons qui l'attendaient dans le grenier et essaya de ne pas soupirer. Elle n'avait pas envie de perdre de temps avec le rangement, mais c'était une étape plus que nécessaire. Au moins, elle avait de quoi se lancer dès qu'elle avait la salle préparée pour les rituels.
Elle passa de l'autre côté du comptoir et ouvrit la porte avec un clin d'oeil et un sourire sincère. Inutile de déranger le vodoun d'avantage, ils avaient sans doute tous les deux du pain sur la planche, chacun de leur côté.

"Passez donc une bonne journée, et j'espère qu'elle vous sera plus fructueuse que jusque là! Si vous voulez bien m'excuser, j'ai plein de rangement à faire. Repassez quand vous voulez."

Elle maintint son sourire sincère, une lueur d'espoir et de vie dans les yeux.
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Lincoln Greenwater
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Age apparent: 52 ans
Dangerosité:
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MessageSujet: Re: Une Vodoun dans la ville.   Dim 3 Avr - 19:25

Evie sembla se détendre un peu en l'écoutant. C'était rassurant, très rassurant même, une belle preuve de maturité qu'on ne voyait que trop rarement ces derniers temps chez les jeunes.
Alors que la jeune femme lui remplissait son chèque, tout en lui faisant part de son étonnement de trouver des alliés aussi rapidement, il eut un sourire rassurant.


"Vous devriez venir à la cérémonie qui aura lieu à l'Hounfor samedi prochain. Rien de très spectaculaire, quelques prières aux Loas, un ou deux adieux à des défunts prématurés, mais cela vous permettrait de vous familiarisez avec vos frères et soeurs. Vous seriez surpris de voir à quel point notre communauté est soudée, malgré les difficultés qu'elle peut rencontrer en ce moment."

Et c'était vrai, si la communauté s'était clairement réduite ces cinq dernières années, elle s'était aussi en quelque sorte rapprochée. Attention, tout n'était pas rose, loin de là, il existait malgré tout des dissidences. Les évènements récents, doublés d'un manque cruel de chef spirituel digne de ce nom, avait quelque peu ébranlé les convictions de certains. Lincoln lui-même avait fait un effort considérable pour garder le cap et tenter de garder la communauté unie. Il fallait bien reconnaître aussi qu'il était un des derniers anciens encore un tant soit peu concerné, en dépit de la distance qu'il avait toujours gardé vis-à-vis des Barons. Il était plus facile pour les vieux de tourner le dos aux problèmes plutôt que de les affronter, et beaucoup avaient oublié leur devoir de conseil et d'accompagnement. Mais Lincoln n'était pas ceux-là, plus que jamais la communauté avait besoin de guides et de conseillers, de personnes prêtes à écouter sans juger, et des personnes autres qu'un Baron.

Evie avait terminé de remplir son chèque et lui tendit, il l'accepta avec un sourire, le plia en deux et le glissa dans une de ses poches.
Puis il hocha simplement de la tête en guise d'adieu, avant d'ajouter:


"C'était un plaisir de faire affaire avec vous, Evie. Je suis sûr que nous nous reverrons très vite. Ne saluez pas votre père pour moi, de toute façon je gage qu'il s'en tamponne royalement. A bientôt!"

Il fit un demi-tour sur lui-même et repartit d'un pas tranquille, non sans lâcher un dernier nuage de fumée avant de passer la porte. Finalement la journée n'avait pas été si nulle que ça. Il avait s'était fait une belle petite somme, avait pu reluquer une jolie minette et s'était peut-être fait une disciple. Définitivement ça aurait pu être pire...
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Une Vodoun dans la ville.

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