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 Rendez-vous avec l'ex ex de mon ex.

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Izolda Sokołowska
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MessageSujet: Rendez-vous avec l'ex ex de mon ex.   Mar 1 Déc - 0:03

La psy ne savait pas si c'était comique ou triste. Il y avait peut-être beaucoup de Luz-Descalzo dans la Nouvelle Orléans, mais elle connaissait qu'une seule femme Descalzo. Du moins c'étaient les histoires dont Sergio lui parlait quand elle travaillait pour le BIAS à l'époque. Devoir faire face à une cliente qui est la compagne actuelle de son ex était digne d'une série télévisé foireuse, mais Izolda devait garder ses esprits. Trop d'excitations ces dernières semaines. Sa rencontre impromptu avec Ailin l'a laissé quelque peu drainé émotionnellement avec les sentiments mixtes vis à vis de cette femme. Puis quand elle avait sauvé les miches du Wiccan, quand elle avait apprit que son frère était en phase terminale... sa famille qui la détestait, mais aussi la biopsie qu'elle devait passer il y a trois semaines. Chaque sonnerie de son téléphone dans son cabinet et de sa maison lui coupait le souffle; chaque questions telles que "puis-je parler à madame Sokoloska" (les anglophones avaient un mal fou à prononcer son nom de famille correctement) ou l'anticipation d'entendre "twój brat zmarł w szpitalu dzisiaj rano" était comme un vase qui allait déborder à la toute dernière goutte. Quand elle entendit la voix familière d'un collègue du BIAS au téléphone après avoir regardé dans les news les évènements récents, elle sentit une boule se former dans son ventre. Elle eut vent que personne du BIAS pouvait sortir un mot quelconque d'elle et ils pensaient qu'Izolda pouvait éventuellement parvenir à briser le mur qui s'était formé autour de son âme.

Ses conditions étaient simples: amener la matrone Luz-Descalzo dans son cabinet. Il fallait un environnement stérile, mais un environnement qui ne ressemblait pas à une salle d'interrogation ou une prison. Elle avait une multitude de choses dans son cabinet pour apaiser l'âme des gens nerveux ou tout simplement brisés. La questionner dans le QG du BIAS était hors de question. Sa deuxième condition était simple: son échange avec Olivia resterait privé et aucune information n'allait être transmise au BIAS. Izolda était soumise au serment d'Hippocrate et si Olivia décidait de révéler les informations au BIAS elle le ferait elle-même.

En mangeant ses œufs brouillés avec une petite tranche de pain elle écoutait comme d'habitude la radio. Cette fois elle entendit la voix de sa mère qui prônait l'esprit patriotique, la famille et les humains. Parce que quand ce ne sont pas les immigrés ce sont les Outres. Sans plus attendre elle éteint la radio et enfila ses habits de travail. Positive. Il faut rester toujours positive.
En arrivant dans son cabinet, non-loin de chez elle, Izolda s'installa confortablement sur son fauteuil et consulta son journal. C'était une urgence bien évidemment donc ses rendez-vous étaient repoussés d'une journée. D'ailleurs elle a réservée la journée entière pour Olivia, vu que le BIAS lui avait payé une somme en avance pour travailler sur la patiente. Avoir une journée entière avec Olivia était peut-être pas la meilleure chose au monde, mais en tant que bonne travailleuse il fallait continuer comme d'habitude et laisser les craintes de côté. Si le BIAS lui faisait confiance, autant croire qu'elle avait les moyens d'ouvrir la coquille.

11h45. Izolda prépara l'endroit comme il fallait, le fauteuil réservée pour sa patiente était prêt avec un coussin pour se déstresser, des mouchoirs devant sur la table basse avec un pichet d'eau et un verre vide car la psy ne voulait pas assumer ce qu'allait boire Olivia (ou si elle allait boire quoi que ça soit). Avant de passer aux choses sérieuses elle mît en marche son téléphone pour voir s'il y avait des clients potentiels à rappeler. Au moment où son doigt avait appuyé sur la touche, la sonnerie froide retentit dans le cabinet. Son sang se glaça et elle laissa le téléphone sonner plus de trois fois avant de le lever et répondre d'une toute petite voix apeurée.

Elle et l'homme de l'autre côté du fil échangèrent quelques courtoisies jusqu'à ce qu'elle demande à quel sujet était l'appel.

- C'est au sujet de vos tests. Ne vous en faite pas, rien n'est critique, mais je vous demanderais de bien venir nous voir à la clinique.

- Je ne voudrais pas être laissé dans le noir, j'ai un client important aujourd'hui.


- Très bien. Avec les complications après votre hystérectomie il y a plus de dix ans nous avons trouvé quelque chose ... d'inhabituel. Je ne puis vous en dire plus sans vous montrer les résultats en personne.

Elle hocha la tête tout en regardant quelque peu dramatiquement par la fenêtre. En reposant le téléphone à sa place, la Polonaise décida que pleurer n'était pas une option. Il lui restait une minute avant son rendez-vous et elle prit soin de consulter les quelques notes qu'elle avait sur la patiente et tout ce qu'elle a pu sortir du BIAS et des histoires précédentes de Sergio. Elle en savait beaucoup, mais les notes les plus importantes ont été mise sur un bout de papier.

*Femme mûre d'une riche famille pétrolière. Religieuse jusqu'à la moelle. Vie familiale pré-maritale avec Darian Luz-Descalzo: froide. L'homme a maltraité son enfant. Sentiment de haine très probable. Vie mariée malheureuse. Esteban Luz-Descalzo son fils. Aimé plus que tout, très possiblement considéré comme son monde.

Possible: amour manqué de ses parents (?) ou son mari transmit à son fils avec plus d'intensité.*


Cela allait être une longue journée.
En fermant ses notes elle alla ouvrir la porte et passer son visage par la feinte.

- Madame Luz-Descalzo je vous prie.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous avec l'ex ex de mon ex.   Sam 5 Déc - 19:58

Depuis le siège conducteur, Gaël jeta un œil dans le rétroviseur pour observer son employeure.

Personne n'avait été capable de lui faire décrocher un mot depuis qu'ils avaient quitté le studio d'Esteban. Absolument personne. Le personnel du BIAS avait pourtant bien suivi les instructions que l'argentin -relayé par Karl- leur avait donné. Ils s'étaient montré des plus compréhensifs avec Madame Luz-Descalzo, lui parlait d'une voix calme, et évitant de lui faire part de la moindre information concernant la chasse au vampire qui était déjà en train de se mener. Gaël, lui, avait tenu à être au courant de tout, ce qu'on n'avait pas vraiment pu lui refuser. Il avait donc appris que la trace du jeune héritier avait été perdue assez tôt, et qu'il y avait des chances pour qu'il se soit enfui très loin et très rapidement pour se protéger du soleil. Au moins, la plupart des professionnels s'accordaient à dire qu'il était vivant (...autant qu'il puisse l'être, dirons-nous), ce qui était un véritable soulagement. Le fait qu'on n'ait pas la moindre idée de l'endroit où le néo-vamp pouvait se trouver ?
Not so much, comme ils disent ici.

Karl et lui étaient passés par de nombreuses séances d'interrogation, toutes plus décevantes les unes que les autres. Non, ils ne savaient pas si cette transformation était volontaire (même s'ils doutaient fortement que ce soit le cas) ; non, ils n'avaient jamais entendu parler d'une éventuelle envie de transformation chez Esteban (soyons honnêtes, la simple mention d'Outre avait tendance à lui dresser les cheveux sur la tête... ou à le faire partir dans de grands discours religieux) ; non, ils n'avaient aucune idée de l'identité de celui ou celle qui l'avait transformé et NON, ils ne savaient pas où le jeune Luz-Descalzo pouvait bien camper. Une liste de questions qui apportait plus de questionnements que de réponses en soi.

Au milieu de tout cela, Olivia était restée stoïque. On aurait pu la comparer à un roc qui tenait la barre face à la mer déchaînée s'il n'avait pas été évident qu'elle s'était déjà laissé abattre. Elle répondait à peine quand on l'appelait, et il fallait la solliciter de mille manières plus douces les unes que les autres pour espérer obtenir la moindre réaction de sa part. Plusieurs agents avaient tenté de lui soutirer quelques mots, on avait appelé tous les psychiatres et psychologues du BIAS à la rescousse, mais personne n'avait eu le privilège d'entendre sa voix. Même Sergio, qui avait été appelé par ses anciens collègues, s'était retrouvé démuni face à l'absence de réaction de sa compagne. Bien sûr, face à tant de monde, il ne pouvait agir autant qu'il l'aurait voulu, mais le son de sa voix et sa présence avait à peine reçu un regard vide de la part de son aimée, qui serrait l'oreiller qu'elle avait emporté avec elle comme si sa vie en dépendait.

C'était le Sénateur qui avait lancé l'idée de faire appel à Izolda. Après tout, elle avait été l'une de leurs meilleurs psy, et si personne ici ne pouvait tirer quoi que ce soit de la mexicaine, il ne voyait plus qu'elle. Pris par ses obligations, il avait rapidement dû repartir, confiant la suite des opérations à Gaël, qui avait bien l'intention de ne plus quitter son employeure des yeux. C'en était suivi une conversation téléphonie entre l'agent du BIAS qui les avait pris en charge et la jeune femme, avant de cette dernière ne finisse par donner son accord. Sans qu'il ne sache vraiment pourquoi, le garde du corps avait trouvé l'interlocutrice légèrement réticente, avant de faire part de ses conditions. Si Olivia n'avait pas été en état de choc, elle aurait eu tôt fait de faire un lien entre les indices qu'on était en train de lui mettre sous le nez, ceux qui n'allait pas tarder à arriver, et cette mystérieuse jeune femme dont elle ne connaissait pas le nom et qui avait failli donner à l'homme de sa vie tout ce qu'elle s'était refusée.

Quelques minutes plus tard, Gaël et Olivia étaient dans une voiture prêtée par le Sénateur (puisque l'argentin avait laissé la sienne au jeune Rosenbach pour qu'il reconduise sa sœur en lieu sûr), en destination de la rue principale. Il ne leur avait pas fallu longtemps pour arriver et -miracle- trouver une place à proximité du cabinet. Une fois garé, le châtain tourna la tête vers son amie. Elle avait toujours le regard vide, les yeux emplis d'un désespoir qui faisait mal à regarder. L'argentin essayait d'en montrer le moins possible, mais toute cette situation lui faisait mal au cœur. Cependant, il fallait qu'il soit plus solide que cela.


"Allez, Chiquita, allons-y..."

Olivia leva les yeux vers lui, signe qu'elle l'avait entendu. C'était déjà ça de pris. Soupirant, le garde sortit de la voiture et ouvrit la portière passager à l'arrière, pour que la brune sorte à son tour. Elle tenait toujours son oreiller enlacé dans ses bras, et Gaël l'avait surpris à une ou deux reprises enfoncer son nez dedans, comme pour s'imprégner de l'odeur de son fils (ou s'assure qu'elle était toujours là). Intérieurement, il soupira : il ne connaissait pas cette mademoiselle Sokolowska, mais une chose était sûre : elle avait du pain sur la planche.

Quelques minutes plus tard, Olivia et Gaël étaient dans la salle d'attente de la psychiatre. Ils étaient seuls, ce qui n'étonnait pas le garde : il avait été maintes et maintes fois répété que tout ce qui se passait aujourd'hui devait rester le plus discret possible. On ne voulait pas que des vautours s'emparent du nouveau volet de cette tragédie à la sauce Luz-Descalzo avant que ces derniers soient en état d'y faire face. Oh, les réactions du reste de la famille... le garde du corps n'osait même pas les imaginer.

Enfin, une porte s'entrouvrit, laissant passer un rai de lumière et le visage d'une jeune femme à qui il donnerait environ trente ans. Cela ne pouvait être que leur "hôte". Gaël lui fit un signe de tête aimable, puis se leva, enjoignant son employeure à faire de même. Cette fois, Olivia n'avait pas eu la moindre réaction quand on l'avait appelée. Elle ne reconnaissait pas cette voix, elle n'avait pas envie de se montrer. Quelque part dans un recoin de son esprit encore un tantinet rationnel, elle savait pertinemment qu'elle se trouvait dans un état déplorable. Faire (encore) de nouvelles rencontres à cet instant précis n'était pas parmi ses envies les plus folles. Elle voulait juste son fils. Cette pensée la fit serrer à nouveau son oreiller.


"Olivia, il faut que tu y ailles, Chiqui..."

La brune tourna la tête vers son garde du corps. Ses yeux noirs brillaient, et on sentait que quoi qu'il se passe dans sa tête à cet instant précis, elle n'était pas loin de fondre en larmes. Son ami passa une main dans ses cheveux dans un geste de tendresse fraternelle, un mince sourire aux lèvres, pour tenter de couvrir toute cette détresse qu'il voyait dans ses yeux.

"Je t'attends ici. Ne t'inquiète pas, je ne bougerai pas."

Il ne pouvait pas rentrer (secret médecin-patient oblige), et pensait de toute façon qu'il était plus simple pour tout le monde qu'il se retire du jeu maintenant. S'il restait, Olivia compterait sur lui pour parler à sa place, et ce n'était pas du tout le but de l'expérience.

D'un geste, il poussa doucement son employeure vers la porte entrouverte. Olivia suivit, le pas mécanique, et entra dans le bureau d'Izolda, serrant toujours son oreiller contre elle. Une fois coupée de son garde du corps et ami, elle ne sut plus comment réagir. D'instinct, elle plongea son visage dans l'oreiller et respira profondément. Cela la calma un peu... Assez pour qu'elle fixe de ses yeux vides, mais brillants la femme qui l'avait faite entrer.

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Izolda Sokołowska
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MessageSujet: Re: Rendez-vous avec l'ex ex de mon ex.   Dim 6 Déc - 21:47

Gaël se leva et lui fit signe de tête poliment tandis qu'Izolda lui sourit gentiment avec un petit hochement de tête. Elle revint dans son cabinet et attendit qu'Olivia vienne la rejoindre par elle même. Une boule se forma dans la gorge de la psy, elle n'arrivait pas à se concentrer avec les nouvelles qui lui ont été annoncés et elle n'avait aucune envie de jouer au docteur avec l'ex de son ex. Surtout qu'Izolda devait ramasser Sergio à la petite cuillère. Un homme comme lui aurait pu trouver mieux comme femme, que ça soit elle ou Olivia, elles n'étaient pas à la hauteur. Ce n'était pas comme-ci Izolda détestait Olivia, loin de là, elle ne la connaissait pas, mais elle avait ses propres problèmes à ce moment et elle imaginait une femme horriblement froide et cruelle quand perturbée.
La brune passa par sa porte et Izolda la referma juste derrière elle. Cette fois elle eut la possibilité de l'examiner et faire un profiling en personne.

La psychiatre laissa autant de place à Olivia que possible. Elle ne la connaissait pas et ne voulait pas assumer quoi que ça soit. Par contre pour le coup, Izolda était très surprise. Ne l'ayant jamais vue, mais entendu les descriptifs, sa voix à la radio et les histoires de Sergio elle imaginait une personne différente. Izolda se voyait parler à une Vénus de cuivre; fière, arrogante, à faire tomber de haut avec des avis et des propos pertinents. Une Vénus qui n'avait pas honte de ses opinions et qui restait de marbre devant une situation pareille. Au lieu de cela elle était devant une femme brisé par la disparition de son enfant. On dirait qu'elle n'avait pas fermé l’œil de la nuit et sa posture ainsi que son langage corporel démontrait beaucoup de détresse. La blonde n'avait pas beaucoup d'amour pour la matrone Luz-Descalzo, après tout elle était avec son ex et la manière dont elle l'avait traité au départ l'avait laissé perplexe pendant très longtemps. Sergio ne voulait pas laisser Izolda de côté pour revenir dans les bras de son ex, mais Izolda savait qu'avec ses problèmes d'intimité et son don de culpabiliser sur soi allait empêcher une relation de qualité. Il était clair que depuis tant de temps, Sergio et Olivia étaient bien ensemble.

D'un côté c'était bien de voir qu'une entité aussi cruelle dans son imagination était une humaine comme les autres avec ses angoisses et son humanité en général. Maintenant il fallait qu'elle parvienne à se concentrer, car ouvrir la coquille de la Mexicaine semblait déjà être une mission compliqué. La manière dont Olivia serrait le coussin était triste à voir. Elle la voyait inspirer profondément les odeurs du coussin qui devait avoir encore l'empreinte des cheveux de son adoré. Izolda avait comprit qu'Olivia était dans l'appartement de son fils quand le fiasco a eut lieu. Tout ce qu'elle avait comprit était le fait que son fils fut possiblement transformé contre son gré vu que sa réaction initiale était une fuite. Là, ce n'était qu'une supposition personnelle. Bref, une seule chose était sûr: Olivia était confuse et apeuré pour son petit. Quand leur regard se croisa, Izolda remarqua que ses yeux étaient absolument magnifiques et elle comprit pourquoi Sergio était tant enchanté par son charme. Même en étant aussi brisé, cette femme était resté classieuse. Elle remarqua la petite croix en argent et gentiment, la Polonaise fit signe de main à sa patiente de s'assoir sur le canapé en cuir bien confortable.

- Bienvenu Madame Luz-Descalzo. Je m'appelle Izolda Sokołowska et je suis ici pour vous écouter si vous désirez une oreille. Je tiens tout d’abord à préciser que rien ne sortira de ce cabinet et que tout ce que vous décidez de partager avec moi restera avec moi.

Avant de récupérer son carnet elle arrangea son chignon et le petit foulard en soie qui couvrait la morsure sur son cou. La psychiatre avait beau être religieuse, chaque personne avait ses propres démons à combattre. Le sien s'appelait ''Le Manque'' et il engloutissait sa vie sociale et romantique entièrement. Pour l'oublier il lui fallait cette affection malsaine qui venait d'une personne vampirisé. En plus à ce moment elle avait le coup de fil du docteur en tête. Que voulait-il dire par quelque chose “d'inhabituel”? C'était perturbant, mais il fallait arrêter d'y penser. Elle n'allait pas le voir aujourd'hui, il n'y avait aucun moyen à réparer quoi que ça soit, de ce fait il lui était inutile de se torturer ainsi. Et puis, elle avait beaucoup de travail devant elle. Izo s'assit sur le fauteuil devant sa patiente et la fixa quelque peu avant de lui adresser la parole une fois de plus. Ses yeux essayaient d'attraper son regard, sans être pour autant forcé, mais plus pour avoir un contact quelconque avant qu'elles ne parlent plus de ce qui s'était passé.

- S'il vous plait, mettez-vous à l'aise et faites comme chez vous. Voulez-vous quelque chose à boire? Le choix est ample.

Pendant qu'elle attendait la réaction de la Mexicaine, elle ouvra son carnet avec les notes initiales qu'elle avait fait sur Olivia. En encerclant le paragraphe elle mit un grand point d’interrogation et commença à écrire un nouveau paragraphe. Son écriture était petite, elle voulait avoir beaucoup de place pour ses analyses.

Femme mûre. +/- quarantaine d'années. Vidé d'émotions. Sous état de choc. Espoir: encore quelque chose dans son regard. Religieuse, croix en argent au cou. Coussin en main, surement de son fils. Triste à voir. Ne pas pousser à la conversation. Risque de se refermer

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MessageSujet: Re: Rendez-vous avec l'ex ex de mon ex.   Sam 12 Déc - 0:15

Gaël observa son employeure passer la porte du bureau de la psychiatre sans mot dire. Il attendit que cette dernière soit bien refermée avant de se rasseoir dans une des chaises de la salle d'attente en soupirant profondément. Puis il ferma les yeux et passa une main sur son visage fatigué. C'était un véritable cauchemar. Tout ceci ne pouvait pas réellement être en train d'arriver. Malheureusement, une vibration dans la poche de sa veste allait lui prouver que non, il ne rêvait pas.

De son côté, Olivia ne savait plus exactement quoi faire. Seule, face à une inconnue (qui ne l'était pas tant que cela, mais pouvait-on la blâmer de ne pas être en état de faire le lien ?), avec son dernier repère laissé de l'autre côté de la porte, comment pouvait-elle parvenir à garder son calme ? D'un autre côté, se retrouver seule face à quelqu'un qu'elle connaissait pas lui permettait de fuir la réalité. C'était comme si tout cela n'avait pas existé. Comme si cette matinée horrible n'avait jamais eu lieu. En un sens, c'était salvateur.

...Du moins, cela le serait si elle ne serrait pas contre elle cet oreiller, portant encore le parfum de son enfant, comme pour lui rappeler qu'elle ne rêvait pas. Que cette matinée terrible avait effectivement eu lieu, et que l'horreur de la situation était loin d'être terminé.

La jeune femme lui fit signe de s'asseoir, et la mexicaine hésita. Son regard passa de son interlocutrice au canapé, puis à la porte derrière laquelle se trouvait son garde du corps, avant de revenir sur le siège. Il était évident qu'elle semblait hésiter sur la procédure à suivre : sortir sans un mot serait certainement la solution la plus simple, car Olivia n'avait pas envie de mettre des mots sur ce qu'elle ressentait. Tout simplement parce qu'elle ne trouvait pas les mots, et qu'elle ne ressentait plus rien. Rien d'autre qu'un grand vide qu'elle tentait vainement de combler par le biais d'un coussin à l'odeur légère. Malgré tout, elle finit par accéder à la requête muette de la polonaise, se posant sans un bruit sur le bord de canapé. Tout dans son langage corporel montrait qu'elle n'avait pas particulièrement envie d'être là. Mais, une fois encore : où avait-elle réellement envie d'être ?

Même si la proposition de prendre place sur le canapé avait été gestuelle, la blonde avait tout de même pris la parole, et bien qu'elle n'en ait pas particulièrement donné l'impression, Olivia l'avait écoutée. Elle s'était présentée, et lui avait proposé de parler, en lui garantissant une certaine sécurité. Pour autant, elle savait qu'elle ne pourrait pas tout dire. De toute façon, elle n'avait pas envie de parler : on lui avait trop demandé de le faire jusqu'à présent, et chaque demande n'avait fait que la renfermer un peu plus. En parler, c'était admettre l'horrible réalité. Et pour le moment il en était hors de question, elle ne s'en sentait tout simplement pas capable.

Cependant, la psychanalyste n'avait pas l'air de vouloir trop insister, contrairement aux autres personnes que la mexicaine avait croisé depuis le début de la journée. Elle la regardait sans un mot, ce que la brune lui rendait bien, sans le moindre sentiment. Il n'y avait rien dans le regard noir d'Olivia, ni émotion, ni réflexion. Rien d'autre qu'un grand vide à l'image de ce qu'elle ressentait. En un mot comme en cent, elle était totalement perdue. C'était quelque chose qu'elle n'avait pas ressenti depuis bien longtemps, elle qui avait eu la sensation de trouver sa place quelques dix-huit années plus tôt. Mais bien sûr, puisque ses repères venaient de s'effondrer (ou plutôt de se faire pousser une paire de crocs), il était normal qu'elle revienne à cette impression d'existence désuète.

Les yeux d'Olivia s'éclairèrent très légèrement quand Izolda lui proposa quelque chose à boire. On lui avait proposé plusieurs fois de se mettre à l'aise plus tôt dans la journée (ce qui n'était pas des plus aisés à l'arrière d'une voiture qui n'était pas la sienne, conduite par un inconnu et qui n'allait nul part, de surcroît), on lui avait donné un verre d'eau (plusieurs fois également, peut-être avait-on peur qu'elle se déshydrate, ou que c'était la soif qui l'empêchait de prononcer le moindre mot) mais jamais on ne lui avait proposé plus que cela. Ce simple "quelque chose" était différent, et rassurant, en un sens. Cette femme ne semblait pas comme toutes les personnes qu'elle avait vues ce matin. Peut-être était-elle différente.


"..."

Elle hésitait à parler, tout de même. D'abord parce qu'elle ne voulait pas laisser l'impression qu'elle pourrait parler (elle n'en avait pas la moindre envie, et avait le cœur trop lourd et l'âme trop en peine pour revenir sur ce sujet dont tout le monde voulait absolument qu'elle parle), mais aussi parce qu'elle ne faisait pas confiance à sa voix. Sa main vint instinctivement caresser la petite croix en argent qu'elle avait autour du cou, ce qu'elle faisait souvent lorsqu'elle était nerveuse. Cependant, elle s'arrêta en plein geste. Cette croix... c'était Esteban qui la lui avait offerte.

"...Auriez-vous du thé ?"

Sa voix était tremblante, et sa main retombée sur l'oreiller. La jeune psy était penchée sur son carnet, dans lequel elle était apparemment en train d'écrire quelques notes, et Olivia espérait sincèrement pouvoir réussir à refouler les larmes qui lui venaient aux yeux avant qu'elle ne relève la tête... bien que ce soit peu probable.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous avec l'ex ex de mon ex.   Dim 13 Déc - 16:44

Elle leva brièvement les yeux sur sa patiente. Bien entendu, la psy ne voulait pas la forcer a quoi que ça soit et elle sentait son hésitation a lui adresser la parole avant qu'elle ne demande finalement une tasse de thé. "Bon début" se disait-elle. Izolda se doutait quelle sorte de traitement elle a pu recevoir des employés du BIAS, ils n'avaient pas la réputation d’être doux et attentionnés quand il s'agissait de situations de haute alerte, surtout quand le temps pressait. Izolda, quant a elle, prenait son temps et ne voyait aucun avantage à presser ses patients et les obliger à parler. S'ils veulent parler ils parleront, si c'est urgent et qu'il faut une réponse ou un témoignage; tant pis. Si la réponse est tellement importante, ils pourront attendre; Olivia n'avait possiblement rien vu et que sera sera à la fin. En conclusion: on lui a donné les outils, on lui a demandé de l'aide et ils étaient d'accord avec ses conditions. La Polonaise avait plus de chances à ouvrir la coquille de la Mexicaine que les gros lourds du BIAS.

Elle vit les larmes dans ses yeux se former et la manière dont elle tenait sa croix et ce coussin. Izolda était soulagé de voir qu'aux moins il y avait des réactions émotionnelles et que l'apathie n'avait pas prit le dessus. Avoir quelqu'un qui s'est bâti un mur autour ne l'aidait pas. Il lui fallait l'approcher prudemment et bien entendu avant qu'Olivia ne remarque à qui elle avait a faire. La polonaise doutait que Sergio lui ait donne plus de détails qu'il ne le fallait sur elle, mais dans son état de choc elle avait d'autres tracas que de lancer des dagues sur "la méchante ex copine". C'était, bien entendu, un problème minuscule comparé à la marré de malchance et de tristesse qui est passé par sa vie.
La Polonaise ignora les larmes, beaucoup n'aimaient pas être rappelés qu'en fait "ils sont en train de pleurer", les mouchoirs étaient sur la table et Olivia pouvait s'en servir librement. Il lui serait pas vraiment professionnel de faire quelconque remarque, de venir lui taper sur l'épaule ou de lui dire que tout ira bien. Ce genre de choses sont laissés aux amis; Izolda imaginait que la Vénus en cuivre en avait des masses. Après lui avoir communiqué sa demande pour le thé, elle posa son carnet sur sa chaise tout en se levant.

- Certainement
- dit-elle en s'approchant du petit comptoir avec la bouilloire.

Discrètement, elle se frotta en dessous de son petit foulard en soie là où la marque des dents était resté et elle ouvrit le cabinet de sa main libre. Il était étrange de voir le contenu derrière la petite portière. Elle avait plusieurs marques et goûts de thés et de cafés, l’étagère du milieu avait des petites confiseries salés et sucrés et l’étagère tout en bas avait un petit coffre fort gris fermé et verrouillé avec un code. Le contenu du coffre était inconnu à ses patients du jour. Les seuls qui connaissaient son contenu étaient elle et les vampires qui venaient pour leur rendez-vous chaque Mercredi et Jeudi soir. Le confort du client lui était important pour qu'il puisse parler librement, il fallait qu'elle les fasse sentir comme chez soit. "Gosc w dom. Bog w dom" comme elle le disait très souvent en Polonais, une habitude qui n'a jamais vu un déclin. La Polonaise ne pouvait que se douter qu'Olivia ne désirait pas être ici, interrogé par une nouvelle personne qui lui est inconnue. Gentiment elle lui adressa la parole, un peu embêtée:

- Excusez-moi madame, je n'aimerais pas assumer comment vous prenez votre thé. J'ai de la camomille, de la menthe, de l'earl grey et du yerba mate pour ceux qui n'aiment pas le café. Ah! J'ai aussi du Poleo, je viens tout juste de remarquer. Un de mes patients était Mexicain et il m'avait offert une belle boite à son rendez-vous final. J'ai des confiseries si vous le souhaitez aussi. - elle tourna sa tête un peu plus en arrière pour faire contact avec elle.

Son regard était plein de gentillesse. Non pas de la compassion, elle ne pouvait pas compatir et ne voulait pas assumer non plus qu'elle savait ou comprenait par quoi la matrone Luz-Descalzo passait. Son travail était de l'écouter et potentiellement la guider hors du trou pour retrouver ses repères et avancer. Dans ce genre de situations, si c'était quelqu'un d'autre qui voyait la femme actuelle de son ex en tant que patiente, elle trouvait que c'était beaucoup de chance. Quelqu'un d'autre aurait causé des problèmes, prescrit quelque chose de mauvais ou simplement donné de mauvais conseils car il y avait beaucoup de remords. Izolda était naïve quant il s'agissait de la bonté d'autrui et l'attitude de "pardonne et oubli", mais elle n'était pas stupide. Peut-être qu'assez de temps s'est écoulé, mais la jeune femme réalisait sa jalousie: Olivia avait offert plus de bonheur à Sergio. Du bonheur qu'elle n'aurait jamais pu partager avec qui que ça soit.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous avec l'ex ex de mon ex.   Lun 21 Déc - 22:07

Olivia avait vu la jeune psychologue croiser son regard. Une très légère rougeur de dessina sur ses joues foncées, à peine perceptible. La belle blonde ne pouvait qu'avoir remarqué ses larmes. Pourtant, elle ne faisait aucun commentaire, ce que la mexicaine apprécia instantanément. Il n'était pas convenable de sa part de se laisser aller en public, quand bien même le-dit public ne se constituait que d'une seule personne. Elle avait déjà enfreint cette règle un bon nombre de fois dans la journée et aurait dû se dire qu'elle n'était pas à une personne près, et pourtant il y avait quelque chose chez cette femme qui faisait qu'elle se sentait mal à l'aise de lui montrer autant de faiblesse. Si elle prêtait un peu plus attention à son instinct et aux informations qu'elle avait, elle finirait certainement par comprendre pourquoi...

Elle profita du fait que la jeune femme se levait pour détourner le regard et essuyer d'un geste délicat les larmes qui perlaient au bout de ses yeux sombres. Ils se posèrent sur la vue de la fenêtre. L'endroit était agréable, donnant en plein sur la rue principale, animée mais par trop en cette heure de transit : certains profitaient de leur pause-déjeuner pour faire les boutiques, d'autres profitaient simplement d'une éclaircie et du temps clément pour flâner dans la rue, des couples heureux se baladaient main dans la main... Personne dans cette rue ne semblait au courant du drame qui venait de secouer son monde. En un sens, c'était une bonne chose : Olivia n'était pas dupe, et elle savait bien que les journaux auraient tôt fait de s'approprier toute cette histoire, quand bien même Gaël et le BIAS faisaient tout pour que cela n'arrive pas tout de suite. Elle ne pouvait que les remercier, car elle n'était définitivement pas prête à subir toute cette attention, et les questions qui suivraient encore moins. Mais si elle regardait la vérité en face, elle ne serait certainement jamais prête à considérer le fait que son fils était...

La mexicaine frissonna violemment, resserrant par réflexe ses bras autour du coussin toujours contre son ventre. Les propositions d'Izolda lui offrirent un parfait changement de sujet, et elle se concentra sur les choix qu'elle était en train de lui offrir. Un maigre sourire se dessina sur ses lèvres, éclairant avec élégance son visage tanné, quand la psy fit mention de son patient d'origine. Olivia avait l'habitude qu'on fasse attention à ce qu'elle appréciait boire et manger, une bonne dose de ceux-ci venant de son pays natal. Le fait qu'une inconnue prenne le temps de lui rappeler ses origines, aujourd'hui, était apprécié plus que d'habitude. Les agents du BIAS ne s'étaient pas encombrés de cette sollicitude. Bien que rien ne comblait le trou béant qu'elle sentait prendre de plus en plus de place dans sa cage thoracique, l'attitude de la jeune femme aidait un peu. Au moins, elle parvenait petit à petit à se reconstituer une apparence convenable.


"Un poleo serait parfait, merci beaucoup mademoiselle Sokolowska."

Le regard qu'elles échangèrent était pour la blonde plein de gentillesse et pour la brune de remerciement. La fatigue et la peur avaient effacé cette habituelle condescendance qu'elle portait sur elle, ne laissant que cette prestance inhérente à son rang et qu'on l'avait éduquée à travailler depuis son plus jeune âge : même dans la pire des situations, difficile de changer ce que l'on était. Finalement, elle retrouva assez de flegme pour s'installer plus confortablement dans le canapé de la psychiatre. Alors qu'elle serrait toujours le coussin contre elle, son autre main vint jouer avec le foulard turquoise -assorti à sa robe- qu'elle portait sur le cou, les doigts caressant le nœud qui cachait la morsure à peine visible qu'elle avait subie quelques jours auparavant. Avec une exactitude terrible, elle revécut le moment où les crocs de la gitane s'enfoncèrent dans sa chair. Olivia sursauta violemment, tremblante comme une feuille. En moins de temps qu'il n'en faudrait pour le dire, elle était debout sur ses talons hauts, les mains serrant ce maudit oreiller tellement fort qu'on avait l'impression qu'il serait incapable de retrouver sa forme rectangulaire. Et elle n'avait pas cessé de trembler.

"...Je..."

Ses grands yeux noirs regardaient autour d'elle à la manière d'un lapin pris dans les phares d'une voiture. Elle n'avait aucune idée de la marche à suivre, mais une chose était sûre : elle était seule avec une inconnue, et cela la terrorisait. La dernière fois que cela était arrivé, elle avait failli y passer, et maintenant, son fils était...

"Esteban..."

Une fois de plus, la pensée de son fils lui colla une claque brûlante qui la replongea dans une réalité brutale. Olivia se rassit aussi soudainement qu'elle s'était relevée, ses cheveux détachés cachant son visage alors qu'elle gardait la tête baissée.

"Esteban est parti..."

C'était la première fois qu'elle énonçait le prénom de son fils depuis cette affreuse matinée. Et c'était également la première fois qu'elle s'apprêtait à mettre des mots sur ce qu'il s'était passé. Du moins, si Izolda parvenait à récupérer la conversation, car là, Olivia semblait plus proche de la crise de nerfs dépressive que de la véritable déclaration.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous avec l'ex ex de mon ex.   Mar 29 Déc - 1:18

Elle hocha la tête poliment à la réponse d’Olivia. Elle se doutait que la Mexicaine allait prendre le choix le plus proche de son vrai “chez-soi”, il y avait du réconfort dans une tasse de thé ou dans un plat traditionnel, Izolda espérait qu’Olivia le retrouverait pour s’ouvrir un peu.
Le “mademoiselle Sokolowska” était poli. Cela s’entendait qu’Olivia ne faisait pas dans les prénoms directement; très bien. Beaucoup de docteurs insistaient que les patients les appellent par leur prénom par exemple. Très souvent dans son cabinet elle avait des habitués qui l’appelaient “Iza” ou “Izo”, même certains jeunes patients brisaient la glace immédiatement, mais son rôle de psy n’était pas de se rendre confortable elle-même, mais donner le plus de confort possible à ses patients. Si Olivia voulait l’appeler “mademoiselle Sokolowska”, qu’il en soit ainsi. Elle alla mettre en route la bouilloire et laisser un peu le silence planer dans l’air car il était inutile de forcer et de la pousser à parler. C’était bien ce que ces loubards au BIAS ont dû faire et après s’étonner qu’ils n’avaient réussis à rien sortir du tout. Il fallait une touche féminine et spécialiste.

Le son du silence fut brisé par le début de phrase coupé à même la seconde par Olivia. Izolda ne se pressa pas pour autant de tourner son regard vers la matrone, ses yeux vairons ne se posèrent sur elle quand le mot disparu fut énoncé. La bouilloire avait finalement fini de chauffer l’eau et doucement le contenu fut versé dans un mug de couleur bleu ciel avec des petits nuages par dessus. Pour sa part elle ne se versa qu’un verre d’eau, ayant un emploi de temps à respecter. Après tout, elle avait déjà bu un thé au matin. Voilà que sa patiente eu une réaction à laquelle elle ne s’attendait pas et elle ne réagit pas, à part peut-être continuer à la regarder de ses yeux vairons. La jeune femme était paniquée, la perte de son fils avait fait beaucoup de dégâts à sa psyché il semblerait, la manière de procéder était assez flou à ce moment, mais elle devait continuer sans vraiment prêter trop attention aux tics nerveux.

- C'est difficile - dit-elle en posant la tasse sur la table basse devant la femme - Je suis désolé pour ce qui s’est passé. J’ai confiance que le BIAS trouvera bien une solution et des réponses à nombreuses questions.

En s’asseyant, elle prit une gorgée de son eau tel un petit oiseau qui allait se désaltérer, mais après elle passa un coup de crayon sur son carnet une fois de plus.

*O se rends compte qu’il a disparu. Elle s’ouvre. Traumatisme après la perte de son fils. Que y’a t’il sous le petit foulard bleu? Morsure vampirique?*

La méthode du foulard lui était connue, elle le portait elle-même à ce moment pour ces raisons précises. Connaissant Olivia que des histoires de Sergio et maintenant de vu après avoir fait son profiling initial, elle était certaine qu’Olivia avait subit une agression d’un vampire si c’est bien une morsure qu’elle cachait au cou, mais elle n’avait rien mentionné à ce sujet, elle laissa tout cela de côté pour le moment. Il fallait continuer sur cette tangente si on allait parvenir à quoi que ça soit. Bien entendu, Izolda n’allait pas non plus ignorer la matrone Luz-Descalzo qui allait lui faire une grande crise dans son cabinet, de ce fait elle alluma la toute petite radio qui se trouvait sous la petite table basse. Cette méthode ne marchait pas toujours, mais plus souvent que non, cela permettrait de calmer un peu les angoisses et de se concentrer sur autre chose; dans ce cas, les sons d’une plage calme avec les vagues qui avançaient et s’en allaient. Rien que cela. Sans les animaux, sans d’autres choses autour comme le son des gens au loin. De plus, très silencieuses, comme ça il fallait plus d'effort à se rendre compte qu'il y avait autre chose.

- Je vous prie, prenez votre temps.
- dit-elle doucement - Êtes vous quelqu’un de nerveux de nature ou est-ce à cause des évènements récents?

Izolda voulait en quelque sorte dissuader la conversation de son fils disparu pour d'abord parler d’elle et faire un profiling précis de sa personnalité. Les mères pouvaient en dire beaucoup sur le caractère des fils sans même s’exprimer à leur sujet verbalement. Surtout les fils à vrai dire. Elle reconnaissait un certain modèle pendant ces cours d’histoire, la psychologie de beaucoup de jeunes hommes (héros comme tyrans) s’expliquait avec le comportement et l’élevage de la mère. De l’autre côté elle le faisait pour voir à qui elle avait à faire, pas seulement à la femme choisie par son ex. Était-elle un peu comme Izolda? L’opposé entier, comme les deux visages de Janus? S’il y avait bien une autre chose dont Izolda était jalouse, c’était le fait qu’Olivia pouvait donner des enfants à Sergio. Elle n’était pas “cassé” comme elle, quelque chose qu’Izolda avait remarqué avec soi : le souhait d’avoir un enfant lui était entièrement inexauçable et qu’importe les autres richesses, Olivia avait la chose la plus précieuse au monde. Maintenant elle l'avait perdue.

D'ailleurs il lui fallait être composé devant elle. Trop de choses arrivaient à la fois.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous avec l'ex ex de mon ex.   Lun 11 Jan - 0:56

Les yeux baissés sur ses genoux, fixant sans le voir cet oreiller qui ne ressemblerait bientôt plus à grand chose (et encore, heureusement qu'il était de la meilleure qualité, sinon il se serait désintégré depuis longtemps déjà vu comment la mexicaine le serrait sans ménagement), Olivia n'avait pas remarqué le regard que la psychiatre avait tourné vers elle. En un sens, il valait mieux, parce que les paroles qu'elle eut, alors qu'elle posait la tasse de thé chaud sur la table qui les séparait, firent l'effet d'un coup de tonnerre dans l'esprit de l'héritière, qui se redressa d'un coup.

"Une solution ?"

En l'espace de quelques secondes, Olivia María Alejandra Selva Moreno, mariée Luz-Descalzo, avait retrouvé toute sa superbe. Et il était évident qu'elle bouillait de rage. Une rage sauvage, difforme, qui prenait sa source dans le désespoir sans fin qui enflammait son coeur. Comment cette jeune femme pouvait-elle parler de "solution" ? C'était inconcevable. Cette douleur sans nom n'avait pas de solution, il n'y avait pas de miracle... Il n'y avait qu'une tristesse immense, et un Diable qui rit, dans sa barbe de feu, quelque part aux Enfers.

"Une solution ? Mais il n'y a PAS de solution. Ne le voyez-vous donc pas ?! Esteban est parti. Le BIAS ne pourra rien faire contre ça. Personne ne pourra me ramener mon fils. Personne. Je me fiche que le BIAS rattrappe cette chose sans âme. Mon bébé est parti..."

L'éclat fut comme toutes les colères habituelles d'Olivia : une tornade, qui arrive sans prévenir et qui laisse son environnement compètement détruit. En l'occurence, l'environnement, c'était elle-même : aussi rapidement qu'elle s'était excalmée, sa voix était montée dans les aigus pour finalement s'éteindre dans un sifflet comparable à un sanglot, et bientôt, il n'y eut plus que des sons étouffés dans un oreiller maltraité. Etait-ce si difficile à comprendre, pour tous ces gens qui semblaient absolument qu'elle leur donne des détails sur tout ce qu'il s'était passé, qu'il n'y avait plus rien à faire ?! Etait-ce vraiment nécessaire de la forcer à ressasser toutes ces terribles choses, alors qu'elle avait le coeur sectionné en des milliards de petits morceaux et l'impression que jamais elle ne pourrait être entière à nouveau ? Son fils était parti. Le Diable en personne lui avait volé ce qu'elle avait de plus précieux au monde. Pourquoi personne ne voulait les laisser tranquilles, elle et sa douleur ? Pourquoi s'obstinait-on à remuer le couteau dans la plaie grande ouverte et à l'agiter lentement, précautionneusement, parfaitement conscient que le moindre mouvement ne faisait qu'augmenter la taille de la plaie ?! Elle n'en pouvait plus...

La radio n'eut pas le moindre effet sur la brune. Entre l'oreiller qui handicapait déjà un peu son audition, et les pleurs qu'elle émettait en continu, le bruit de fond n'était pas assez fort pour la tirer de ses tristes pensées. La voix d'Izolda, par contre, finit par faire mouche. Il fallut de longues secondes, pendant lesquelles il n'y eut pas le moindre bruit autre que celui de ses sanglots qui tentaient de se calmer plus ou moins efficacement, avant que le visage de l'héritière ne se redresse pour plonger dans celui qui lui avait adressé la parole. On voyait dans son regard sombre qu'elle n'avait pas la moindre envie de répondre à la question. Izolda avait perdu le peu de bonne volonté dont Olivia aurait pu avoir envie de faire preuve quand elle avait parlé de cette histoire de "solution". Mais à présent, Olivia n'avait qu'une envie : rentrer chez elle et s'enfermer, seule, dans sa chambre, là où personne ne lui poserait de questions, là où personne ne minimiserait sa peine ou ne tenterait de l'augmenter par des processus aussi tortueux qu'ignobles. Et pour cela, il fallait qu'elle parte d'ici. Et vraisemblablement, le seul moyen de quitter cette pièce était de répondre aux interrogations de la blonde qui lui faisait face. C'est donc sur un ton qui en disait long sur ce qu'elle pensait du questionnement qu'elle répondit.


"Voyons voir... J'étais quelqu'un de relativement calme. Et puis, ces derniers mois, j'ai appris que mon fils avait subi des attouchements continus de la part de mon mari pendant toute son enfance et une bonne partie de son adolescence, que la moitié de ma famille était au courant et qu'on avait sciemment évité de me le dire. Puis, mon fils a lancé un procès qui fait depuis la Une de tous les journaux au moins une fois par semaine et j'ai affronté plus de journalistes à ce simple sujet que je n'en ai vu de toute ma vie. J'ai pris la décision de demander le divorce, m'octroyant ainsi les foudres de ma famille et j'ai vu ces même journalistes décortiquer ma vie privée dans les moindres lignes plus efficacement qu'un flamant rose ne dévore une crevette. Mon fils est tellement pris par cette histoire qu'il en néglige ses études et sa santé et maintenant il... il..."

Elle ne parvint pas à finir sa phrase, mais déglutit, retenant un énième sanglot. Elle était trop exaspérée pour se (re)mettre à pleurer encore une fois.

"Alors oui, les événements des derniers mois me rendent nerveuse. Désolée si ça vous choque."

Dans des moments pareils, on ne se demandait plus de qui Esteban avait hérité sa mauvaise foi et sa manie de dédaigner les raisonnements qui n'étaient pas aussi efficaces que le sien et/ou n'abondaient pas dans son sens. Même s'il était rare qu'on doute qu'il ne tienne pas tout de sa mère.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous avec l'ex ex de mon ex.   Lun 18 Jan - 0:44

La psy réalisait qu’elle marchait sur des œufs quand elle était témoin à la réaction de la brune. Elle comprenait qu’elle ne voyait plus son fils en tant qu’être normal. Son fils était une coquille vide, dépourvue d’une âme et en soit cliniquement mort. Izolda savait que ce n’était pas le cas, que son fils était bel et bien comme toujours son fils, mais atteint d’une maladie incurable. Le débattre serait fou, c’était une femme avec différentes idéologies et d'autre convictions, et en parler sans aucune substance à ce moment serait non-professionnel. Il lui faudrait avoir Esteban dans son cabinet, mais les deux femmes étaient loin de ce genre de conversation ou acte. Non-perturbé par sa réaction, elle la regardait toujours d’un air calme; elle voulait des réactions et elle les avait, il fallait qu’elle fasse preuve de zén. Aux moins la Méxicaine n’avait pas oublié ses émotions, le pire serait de travailler sur quelqu’un sans aucun répondant. Izolda ne pouvait qu’imaginer ce que ça serait d’être à sa place où la seule chose qui a une valeur à disparue en un coup de vent (ou dent dans ce cas).

Cependant, elle eut un pincement au cœur au moment où Olivia se mit à parler (ou plutôt crier) au sujet de la relation entre Darian et Esteban. Se trouvait-elle coupable? Aveugle? Mauvaise mère? Les problèmes de ce genre n’étaient pas de première dans son cabinet, mais cela touchait une famille qui lui était “proche”. Le neveu de Sergio. Le frère de son ex avait abusé à plusieurs reprises son neveu. Dit comme ça lui tordait l’estomac. De ce qu’elle avait lu dans les journaux, entendu à la radio, cet homme était un monstre qui faisait presque rêver le monde, mais pas à ses yeux. Certaines personnes au monde sont tout simplement cassé, sans la moindre possibilité de réparation. Darian était bien dans ce cadre là, en son opinion. Les médias avaient tendance à plus favoriser les paroles et les arguments de l'homme au pouvoir que du jeune garçon, mais ayant vue l'allure de Darian, son instinct lui disait de ne pas lui faire confiance, même si l'homme en soi était bien plus charismatique et avait plus d'expérience en communication que le jeune fils prodige. Izolda sentait beaucoup de peine pour Olivia et Esteban, ses opinions sur Darian n'ont été que confirmés.
Sa question était pertinente, mais elle s’attendait à ce genre de réaction, sauf qu’elle sentait qu’Olivia en parlait que pour sortir au plus vite de son cabinet et non par envie de lâcher ce qu’elle avait sur le cœur. Izolda savait très bien que tout cela arrivait bien trop vite et la brune n’avait pas le temps de proprement faire deuil ou la paix avec sa désolation. Après, c’était peut-être pas vraiment une réponse correcte à sa question mais elle n’était pas là non plus pour débattre ce qui est bon ou mauvais à dire. Olivia était sous état de choc, Izolda n’avait aucune envie de la dorloter ni de la forcer à quoi que ça soit. Cela devait venir d’elle-même. La petite radio n’avait pas d’effet, soit, la possibilité qu’elle en ait plus tard était là. Il fallait planter une graine avant de faire pousser un arbre. La blonde observait la brune sangloter sans fin, il fallait pousser parfois, mais ce n’était pas bon pour un patient dans certains cas. C’était bien trop tôt. Finalement Olivia se recomposa et redevint froide.

- Je m’excuse - dit-elle, posé, en fermant son carnet - c’était pertinent de ma part et non, je ne suis pas choquée. Néanmoins je ne veux vous obliger à rien car je ne suis pas là pour vous saigner de toute information possible. Oublions pour le moment ceux qui veulent vous questionner; je veux vous aider. Nous n’avons pas besoin de parler de cela si tel est votre souhait. Je suis là pour vous servir et vous offrir mon soutien. C’est la moindre des choses.

Elle ne rouvrit pas son carnet. Il se pouvait qu’Olivia n’allait plus reparler de tout le rendez-vous, mais le BIAS connaissait ses méthodes et il fallait qu’ils vivent avec. Izolda voulait honnêtement aider la Méxicaine, qu’elle le réalise ou non était quelque chose d’autre. Elle le faisait aussi pour le bonheur de Sergio. Pour soi-même aussi. La psy prenait toujours bon soin de ses patients et au final ces gens avec leurs problèmes en tout genre étaient sa vraie famille. L’idée était morose, mais aux moins elle savait que si elle ne pouvait aider sa propre famille, elle pouvait aider ces âmes torturés et les mener dans une meilleure direction.

- Vous faites preuve de beaucoup de courage madame. J’aimerais vous connaître un peu plus, nous n’avons pas besoin d’aborder d’autres sujets. Je ne vous oblige pas à rester non plus. La décision reviens à vous.

Du moins, elle pouvait tenter de dessiner le profil d’Olivia avec ce qu’elle avait. Quelles étaient les chances que la Méxicaine parte en courant? Elles étaient là, néanmoins Izolda étant Izolda, elle savait que tôt ou tard Olivia allait revenir. La psy sentait une peine pour elle, dans de différentes circonstances elle aurait voulu la consoler, mais son professionnalisme l’en empêchait. Elle avait son garde pour ça, son amant… mais le vide qui émanait de la brune était contagieux et rien, à part Esteban, pourrait remplir se gouffre noir formé dans son coeur.

Izolda espérait vivement qu’Olivia allait rester dans son cabinet, même si la porte était derrière elle.
Son but au final était de connaître Olivia plus en tant qu’être humain, non pas les affaires avec Esteban. Cela viendrait avec le temps. La manière de faire du BIAS l’irritait; les résultats à leurs yeux devaient être immédiats, sauf que cela prenait toujours plus de temps, encore plus si la personne en question était instable. Izolda ne lui en voudrait pour rien au monde si elle quittait le cabinet, car elle savait qu’au final elle allait revenir. La Méxicaine avait besoin de faire son deuil.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous avec l'ex ex de mon ex.   Ven 10 Juin - 14:08

Voir la jeune femme garder la même expression sans faillir tout le long de sa propre perte de calme faisait bouillir Olivia. Elle l'enviait, la petite blonde. Elle aurait aimé, elle aussi, pouvoir se détacher de toutes ces émotions qu'elle ressentait et qui l'empêchaient d'analyser concrètement la situation. Et, d'un autre côté, elle était redevable de ce trop-plein d'émotions, justement parce qu'il lui permettait d'échapper à la réalité. C'était trop compliqué, et trop détestable pour qu'elle accepte totalement le poids de cette horrible journée qui ne faisait que commencer.

L'éclat qui lui avait permis d'extérioriser une partie de sa douleur s'était changé en une froideur digne des plus grands quand la psychiatre lui demanda si elle était une personne nerveuse. Eh quoi, elle allait la diagnostiquer comme névrosée et l'enfermer dans une chambre pendant les 72 prochaines heures afin qu'elle se calme ? Elle n'avait besoin de personne pour cela, au contraire, elle n'attendait que l'autorisation de rentrer chez elle, se cloîtrer dans sa chambre et pleurer toutes les larmes que son corps pourrait être capable de produire (...c'est à dire plus grand chose vu comme elle ne cessait d'éclater en sanglots). Assise bien droite sur le canapé, le coussin toujours serré contre elle, Olivia dardait son regard noir en direction de la spécialiste. C'est à ce moment là qu'elle réalisa que les deux yeux de la psy n'étaient pas de la même couleur. Des yeux vairons. Cela lui donnait un charme, mais ce n'était pas toujours bien vu. Olivia était certaine que sa mère aurait vu là l'oeuvre du Diable.

...Bon sang, sa mère. Comment allait-elle pouvoir faire face à Alejandra et Javier après cela ? Et qu'allait dire Ricardo, lui qui avait déjà une bien piètre opinion d'Esteban depuis qu'il avait décidé de régler ses comptes en public ?! Sa prise sur le coussin se resserra. Elle n'aurait pas la force de leur dire. Elle ne supporterait pas leur dédain, leurs phrases bien senties, les insinuations selon lesquelles cet enfant pourrait l'avoir bien mérité, à force de contrarier sa famille. Juan ne lui pardonnerait jamais, et Darian... Darian jubilerait, l'odieux personnage. Olivia était encore assez lucide pour s'en rendre compte, et réaliser qu'elle ne voulait rien subir de tout cela. L'avantage de vivre chez le Luz-Descalzo le plus désavoué de la famille (...ou presque, maintenant), c'était qu'aucun des autres ne se précipiterait à sa porte pour prendre de ses nouvelles. C'était rassurant, en un sens... mais ça l'emplissait de solitude.

Voilà que la jeune blonde présentait ses excuses. Tentant de garder un visage froid (qui avait cependant été sacrément ébranlé pendant son monologue interne), la brune lui opposa un haussement de sourcil. Au fur et à mesure de ses paroles, un sourire sarcastique (dont Luisa aurait été fière) bourgeonna sur ses lèvres. Elle soupira.


"Vous ne pouvez pas me rendre mon fils, Mademoiselle. C'est pourtant là mon seul souhait."

Et ces idiots du BIAS ne le pourraient pas non plus. Personne ne le pourrait. A vrai dire, elle ne venait à se demander quand elle l'avait réellement perdu. Quand avait-il vraiment commencé à s'éloigner d'elle, avant de disparaître pour de bon ? Cela ne datait pas d'hier, pas de cette matinée horrible. Quelque chose s'était brisé, il y a longtemps. Peut-être quand il lui avait annoncé les sévices qu'il avait subis, ou cette dispute si intense qu'ils avaient eue l'été précédent. Ou encore ce jour où il lui avait fait part de sa décision d'étudier à Bâton-Rouge, chez son oncle. Oh, comme elle aimerait pouvoir remonter le temps...

"...je l'ai perdu il y a longtemps, et à présent il est trop tard."

Olivia avait baissé les yeux sur sa tasse de thé chaud en murmurant cette phrase qui lui serra la gorge. Elle qui s'était toujours vantée d'avoir une relation merveilleuse avec son enfant, pouvait-elle vraiment le dire à présent ? Cette relation n'était-elle pas basée sur plus de mensonges et de dissimulations qu'ils ne saurait le dire ? Et pourtant, cela n'avait rien changé à l'amour qu'elle éprouvait pour lui, au fait qu'elle avait toujours été prête à tout pur qu'il soit heureux, aux sacrifices qu'elle pensait avoir fait en ce sens... Et voilà que maintenant il ne le serait jamais plus. Parce que son corps était contrôlé par un démon et que son âme si douce ne trouverait jamais le chemin du Paradis, condamné à errer dans les limbes jusqu'à la fin des temps...

La mexicaine releva la tête quand on la qualifia de courageuse. La détresse laissa place à l'étonnement, tant qu'elle n'avait pas besoin de prononcer les mots à voix haute pour que la question soit explicite. Qu'avait-elle de si courageux, en cet instant ? Elle était là, à pleurer comme une madeleine devant une inconnue en serrant un coussin à l'odeur vacillante, et on lui disait qu'elle avait du courage ? C'était ridicule. Elle était ridicule, pas courageuse. Un ricanement sec et dénaturé se fit entendre, si éloigné de l'esprit habituellement aimant et compatissant de l'héritière qu'on était en droit de se demander si elle n'était pas en train de faire une nouvelle crise.


"Gael ne me laissera jamais faire. Je ne sais pas ce qu'il attend de cet "entretien", cependant. Vous dites que la décision me revient, mais j'ai perdu voix au chapitre concernant toute cette histoire à l'instant même où ce jeune homme aux mœurs passables a frappé à la porte."

Elle voulait rester froide, mais sa voix tremblait. Accuser les autres semblait plus simple, cependant. Tout mettre sur le dos de Karl, et non pas sur la réception de ce sms qui l'avait inquiétée au plus haut point, rendait les choses plus faciles. S'il n'était pas venu la chercher, peut-être que tout cela ne serait jamais arrivé. ...Non. Même elle n'était pas assez naïve pour se voiler ainsi la face. Peut-être parce qu'elle avait été rassurée, en réalité, d'avoir le jeune adulte à ses côtés pendant le voyage. Même si elle ne l'avouerait jamais.

Tentant de retrouver une contenance, Olivia tendit la main vers la tasse de thé et en avala une gorgée. C'était très chaud, presque brûlant, mais cela lui permettait de se concentrer sur d'autres sensations que celles qui embrouillaient son esprit et son cœur. Cela l'empêchait de passer en boucle les événements de la matinée dans la tête, de se demander encore et toujours ce qui avait bien pu passer par la tête de son fils, se questionner sur le moment à partir duquel elle aurait dû s'inquiéter plus, chercher à comprendre pourquoi ils en étaient tous arrivés à une telle situation, sans jamais trouver les réponses. Elle en avait marre, elle voulait rentrer, s'isoler, et oublier. Faire comme si rien de tout cela n'était arrivé. Et bien qu'Izolda lui offrait cette porte de sortie, l'héritière se montrait méfiante. Question d'habitude.


"Pourquoi souhaitez-vous apprendre à me connaître ? Vous avez tout ce qu'il vous faut dans les divers magazines qui peuplent votre salle d'attente pour vous faire une idée."

Oh, Luisa serait tellement fière. Ce cynisme et cette pointe de dédain, c'était tout à fait l'enseignement de sa cadette. Néanmoins, on voyait bien à son attitude qu'elle était simplement sur la défensive. Et ce même si la psychiatre avait été des plus compréhensives jusqu'à présent. Olivia avait l'habitude qu'on se montre des plus aimables avec elle. Tout son entourage lointain ou proche était payé pour ça. Et pourtant, après une nouvelle gorgée...

"Qu'est-ce qui vous intéresse ?"

Une question ouverte, à laquelle Izolda pouvait répondre de nombreuses façons. Le regard d'Olivia était tourné vers la jeune femme, et la brûlure du thé dans sa gorge l'avait quelque peu éloignée de la pensée d'Esteban. La prise de sa main sur le coussin qui ne tenait pas la tasse était toujours aussi forte, mais on sentait les rouages d'une autre réflexion se mettre en place. Réflexion pour laquelle mieux valait encore rentrer dans le jeu de la psychiatre, puisqu'elle était de toute façon coincée ici.
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