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 [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]

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Blake Davis
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Lun 21 Déc - 15:33

Blake garda les yeux détournés un long moment. En fait, il les ferma. Il attendait que l'effet de la saison daigne le laisser tranquille pour le reste de la soirée, et vu son état lamentable ça aurait dû arriver rapidement. Mais voilà : cette saison des amours était anormalement puissante. Il en avait entendu parler bien sûr mais n'avait pas eu l'occasion de tester lui-même ses effets puisque jusqu'à présent elle n'avait eu aucune prise sur lui. Heureusement, se disait-il, que ça n'était pas arrivé l'année passée. Un appel pareil lorsque le loup en lui avait été au bord de la folie, qu'il n'avait presque plus été capable de le contenir... voire absolument plus du tout à deux reprises dont une avait finie de façon un peu trop violente et dénudée contre un arbre du Weston Park ? Bigre... ça aurait été un massacre.

"... Nan c'est rien. L'un comme l'autre m'aurait pas posé de souci en temps normal, mais ce printemps c'est vraiment quelque chose."

Ce n'était pas des excuses masquées, mais plutôt une forme d'avertissement : Esmera n'était pas la seule à avoir des soucis de contrôle et ceux de Blake, malheureusement, ne s'arrangeraient pas avec une gorgée de sang. Pas cette fois. Bref... Le marché était scellé, pas la peine de passer mille ans à analyser ce qui venait d'arriver. Il se sentait enfin un peu mieux. Après avoir vaguement secoué la tête pour se débarrasser des derniers parasites qui ne voulaient pas le lâcher, Blake se tourna vers Esmera et donna la conclusion : il était temps de passer à autre chose puisque ce soir, c'était censé être la fête. Il accepta sans hésiter le verre qu'elle lui proposait, pas mal indifférent aux gouttes de sang qui pouvaient encore joncher l'intérieur du récipient.

Blake était à fleur de peau. Moins depuis quelques minutes, depuis qu'il parlait à Esmera et depuis qu'il s'était décidé à s'occuper d'elle, mais à fleur de peau quand même. La musique qui s'éleva dans l'air quand la rouquine lança son tourne disque le lui rappela sans transition. Elle aurait pu l'apaiser ou lui faire oublier ses problèmes, tout comme le violon qui l'avait attiré ici lui avait fait du bien. Cette fois pourtant, pour une raison ou pour une autre, ça ne fonctionna pas. Peut-être était-ce que la joie bondissante qu'on entendait sauter de cuivres en percussions et de percussions en cuivre avait tendance à passer bien au dessus de lui, dans des strates d'oisiveté et de joie que même ponctuellement, il n'était plus capable d'atteindre. Ce décalage entre l'ambiance déclarée et la façon dont il se sentait avait effectivement tendance à le plomber. Il sentait une lassitude lourde le gagner qui n'avait rien à voir avec l'agréable compagnie d'Esmera, et tout à voir avec la chimie foireuse son cerveau. Il y avait aussi les crépitements de la machine à chanter : Ellie avait été une collectionneuse passionnée et si il n'avait jamais vraiment compris son intérêt pour certains genres musicaux qui étaient à la mode il y avait plus d'un siècle de ça, il lui avait fallu admettre que la qualité du son qu'elle parvenait à sortir de ses vieux vinyles poussiéreux dépassait de loin tout ce que l'ère moderne avait pu leur offrir en miniaturisé comme en dématérialisé. C'était grandiose, presque comme d'avoir l'orchestre à côté de soi, en train de jouer. Presque oui... à l'exception des crépitements, des défauts que l'âge avait laissé sur la précieuse surface des disques. A une époque, Blake leur avait trouvé du charme. Maintenant, ces craquements délicats lui apparaissaient comme d'obscurs messagers dont la voix sinistre avait tendance à lui faire pleurer les oreilles. On ne réparait pas les dégâts qui étaient figés dans le passé.

Il accueillit la tristesse comme la vieille amie qu'elle était devenue. Il l'avait laissée à la porte quinze ans mais depuis le Canada, ils avaient eu l'occasion de se rabibocher, de rattraper le temps perdu, et maintenant il n'hésitait jamais à lui ouvrir la porte... tant qu'elle venait seule. En l'occurrence elle était belle et bien seule et porteuse d'une forme tordue d'apaisement : il n'avait plus autant besoin de se soucier de ses hormones lorsqu'il était dans cet état. C'était tant mieux, car Esmera n'avait visiblement aucune intention de l'épargner. Ses mouvements de danse hypnotique lui rappelaient douloureusement le point auquel sa robe était légère, presque transparente. Le regard du métamorphe devint opaque. Son esprit se perdit dans une rêverie silencieuse. Il eut suffisamment de lucidité pour se dire que si un de ses ennemis avait tenté de le canarder à ce moment précis, il se serait fait avoir comme un bleu car sa concentration était beaucoup trop focalisée sur la danseuse. Les phéromones produits par les vampires et qui les rendaient pourvus de ce charme surnaturel qui faisait leur réputation jouait probablement en sa défaveur. Le verre de sang qu'avait bu la jeune femme semblait avoir toutes sortes d'effets... Au moins, il ne lui avait pas sauté dessus.

"... hm ..?"

Il se rendit compte qu'elle était revenue vers lui et qu'elle lui parlait, tandis qu'il était encore à moitié perdu dans ses non-pensées. Il ne l'avait pas quittée des yeux, mais n'avait pas été foutu de se concentrer sur ce qu'elle lui avait raconté. Il recomposa la situation à partir de ses bribes de souvenirs flous. Blake ne demandait pas de remerciements, mais pourquoi refuser son hospitalité quand elle la proposait ? Ce n'était pas comme si il avait été attendu nulle part. Et c'était loin d'être la première fois qu'il découchait des endroits qu'il louait pour dormir. Le seul risque était que la saison finisse par l'emporter sur la raison, mais il y avait peu de chance que ça pose problème : question tentation, on ferait pas pire que ce qui venait d'avoir lieu, et puisqu'ils n'avaient pas encore renversé la table dans un élan sauvage qui les auraient conduits à se frotter d'un peu trop près, il considérait qu'il pouvait lui piquer un matelas sans trop de risques. Même si la "clé" de la chambre qu'elle venait de citer faisait un très mauvais argument : ce n'était pas une porte qui risquait d'arrêter ni l'un ni l'autre d'entre eux si ils souhaitaient passer de force.

"Ok, j'essaierai pas alors... Même si je risque de ne pas dormir beaucoup plus que toi. J'y arrive pas en ce moment."

C'était un fait, et il l'avait cité sans émotion. Il voulait juste la prévenir, qu'elle ne trouve pas bizarre de le voir encore éveillé bien après l'heure du coucher, et qu'elle n'aille pas se dire qu'il restait éveillé parce qu'il craignait qu'elle le bouffe pendant qu'il dormait. Il alluma la clope qu'il avait sorti en parlant. Il songea qu'il devait paraître un peu rabat-joie : il n'avait pas esquissé un geste depuis tout à l'heure et ne trouvait rien à dire de plus que ça. La lueur éteinte dans ses yeux justifiait son apathie. Voilà qu'il n'avait à nouveau plus envie de rien faire.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Lun 4 Jan - 9:25

Je sourire de soulagement, heureuse qu'il accepte ma proposition, je n'ai pas grand chose à offrir, comme tous ceux de mon espèce. Les gens « normaux » le savent rarement mais l'hospitalité est la chose la plus importante que l'on peut offrir à un étranger. Il ne s'agit pas de l'offre que je viens de lui faire ; mais de l'hospitalité au siens d'un camp et donc une porte ouverte sur toute une communauté. Mon offre à moi est bien pâle à côté. Mais qu'est-ce que je peux bien y faire ? Nous n'avons rien et nous donnons tout. Sa remarque me rassure au moins je ne passerais pas des heures à tourner dans ma tête des interrogations sinistres.

« Merci. Tu verras on y est bien dans ce lit... »

Heu...c'était pas un peut tendancieux cette phrase ?...Je secoue la tête, il faut que j'arrête de voir le mal partout. je commence à ressembler à une grenouille de bénitier alors que je ne suis même pas catholique.

Bref, je laisse la musique tourner et changer sans m'en occuper et je m'assoie prêt de lui. Du bout d'un orteil je caresse l’étui ouvert de mon violon. Un espèce de silence vient de nous tomber dessus. Malgré les sons du tourne disque, il est assourdissant. Mince, est-ce que j'ai dis quelque chose qui l'a vexé ? J'aimerais bien relancer la conversation, mais qu'est-ce que je pourrais dire ? Ce n'est pas comme si nous étions de vieux amis avec des points communs sur lesquels nous pouvons déblatérer pendant des heures. Alors relancer une discutions, voilà qui promet d'être compliqué. Arrête de te tortiller sur place on dirait une gamine qui va se faire dessus ! Je reprend un certain aplomb, voir une confiance insolente. La même que j'ai eu face au métamorphe dans la boite de nuit. Celle du séduisant prédateur. Mais un tel changement vas...Il suffit !

J'en ai assez d'être une vierge effarouchée, tremblante de peur et fragile comme de la vieille porcelaine. Un peut d'ardeur que diable. Ors de question de passer le reste de la nuit à le regarder dans le blanc des yeux. Si on veut de la conversation, il va falloir l'obtenir par nous-même. Marre d'être en attente.

« Une question me brûle les lèvres. »

A mon ton, on dirait que j'enchaîne d'une conversation à une autres, comme s'il n'y avait pas eu ce long silence. Mon sourire innocent est plus mature maintenant. Je passe de l'enfant à la femme. Voilà un changement qui n'est pas pour me déplaire. Je ne peux pas toujours être cette créature pitoyable que j'ai montré plus tôt, si je pouvais l'effacer ce serait même avec plaisir. Adieu la pleurnicharde, bonjour la confiance en soit... Mais je sais que j'ai encore beaucoup de chemin à parcourir avant d'en arriver là.

« En quel animal te transformes-tu ? »

J'aurais quand même put lui demander avant si cette question se posée. Au diable les convenance, au diable ta timidité. Et surtout ne te gène pas pour aller voir ailleurs si tu n'y est pas ! Non je ne lui demande pas si c'est déplacé. Pas même un « je ne sais pas si je peux le demander... » ou une fin de phrase à la « si ce n'est pas indiscret. ». Si j'ai envie de poser une question je la pose, si j'ai envie de le mettre à la porte aussi et si j'ai envoie que cette foutue porte vole en éclat...
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Mer 2 Mar - 11:45

C'était fâcheux, ce silence. Blake se rendait bien compte qu'il dérangeait Esmera. Pour sa part il lui aurait convenu si il n'avait pas été empli de gêne : la déprime le rendait d'humeur contemplative, et là où Esmera avait installé sa maison, il y avait de quoi contempler. C'était un emplacement plutôt osé, d'ailleurs... Cette pensée lui chatouilla le crâne comme un petit oiseau, puis elle s'envola avec les autres. La vampire était agitée, quoiqu'elle fit de son mieux pour retrouver de l'aplomb. Il décida de se tourner vers elle à défaut de parler. Ce n'était pourtant pas comme si il était incapable de faire la conversation, même si il en avait perdu l'habitude depuis le temps qu'il vivait en solitaire, mais pour le coup il était à court d'idées. La torpeur paralysait son corps comme son esprit. Il esquissa ce qui ressemblait vaguement à un sourire triste. Il avait encore du mal à arborer ce genre d'expressions mais il y arrivait déjà mieux qu'il y avait un an ou tout au mieux, il aurait réussi à faire une grimace inquiétante.

"Désolé. T'aurais probablement pu trouver une compagnie plus passionnante que la mienne..."

Il avait probablement réussi à être plus intéressant que d'habitude jusqu'à présent, mais maintenant que la nuit se tassait la magie se dissipait, et voilà ce qui restait : un vieux croûton dépressif dont l'attitude cassée démoralisait tout ce qui passait à moins de trois mètres de lui. Il émettait à présent probablement plus d'ondes de négativité que de menace, ce qui n'était pas peu dire étant donné qu'encore maintenant, il restait à faire peur.

Esmera changea de sujet. Bien. Elle avait raison. Ça leur changerait peut-être les idées à tous les deux. Blake eut pour réflexe de se crisper. Il se raisonna et força ses muscles et ses mâchoires à la détente : il était à la retraite, ok ? Il n'avait plus d'intérêt à se cacher. En plus il lui avait révélé le plus lourd de ses secrets tout à l'heure... Ou du moins il avait essayé. Il s'était cru prêt mais visiblement ça avait l'air de toujours lui rester au travers de la gorge. Et au travers du cerveau, à en croire la façon dont il s'était dangereusement approché de l'état d'esprit du tueur. Ne serait-ce pas mieux pour lui d'y revenir et d'arrêter de se poser tant de questions, tout simplement ? Nah... Ces interrogations là aussi étaient dangereuses. Se perdre dans l'absence de sentiments était nocif pour lui. Il était arrivé au bout de ce qu'il pouvait tenir sans péter une durite et sans devenir un fou dangereux à la hauteur de ce que Terry avait été. Ok donc. Une question. Laquelle.

Légèrement assombri, Blake hocha la tête en signe d'approbation. Il était à l'écoute.

« En quel animal te transformes-tu ? »

Ah. Ce n'était que ça. Ses lèvres s'étirèrent en un rictus amère. Ses propres réactions lui paraissaient disproportionnées maintenant qu'il avait entendu ce dont il s'agissait. Il n'avait pas perdu cette habitude prise des années auparavant de se moquer de lui-même dès qu'il en avait l'occasion. Il n'aurait pas eu l'air plus con si il avait sauté en l'air et pointé son flingue sur un lapin en pensant qu'on tentait de l'attaquer par derrière. Il n'y eut pas de temps de latence, ni d'hésitation :

"En loup."

C'était marrant de se dire que les normes avaient tant d'histoires de loup-garous dans leur culture littéraire et cinématographique d'avant la Révélation, sans même parler des légendes qui avaient été à l'origine de ces fictions, alors qu'ils avaient eu autour d'eux une large panoplie de change-formes tout en poils, en plumes et en écailles. Pourtant, en théorie, ça aurait pas dû être eux les moins discrets.

"Ouais je sais... Pour l'originalité on repassera."

Il émit un son étouffé, qui devait probablement être une naissance de rire avortée.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Mer 9 Mar - 18:53

Le loup...c'est un signe ! On appelle souvent les enfants levenito ou lovenita. C'est comme ça que m'ont appelé mes parents les premiers années de ma vie. C'est forcément le destin quand on sait qu'elle place tien le loup chez les tziganes. Pourtant il a l'air de se dénigrer totalement. Mais pour quoi ? Ne sait-il pas que le loup est un animal noble et respecté ?

« Je ne suis pas d'accord. Tu es le premier que je rencontre. »

Je lui sourie, après tout c'est la vérité, puisque c'est même la première fois qu'un métamorphe me confie qu'il se transforme en loup.

« Tu sais c'est une drôle de coïncidence qu'un loup propose son aide à une tzigane. On dirait presque une légende de mon peuple. »

Solitaire ou en meute, il fuit les villes surpeuplées et la compagnie des gadjos. Sa fidélité envers sa compagne et son clan est exemplaire, ainsi que son courage, surtout lorsqu'il s'agit de défendre sa famille. Le loup ressemble beaucoup aux gitans en fait. C'est pour sa qu'on a beaucoup de légende les concernant.

« A une époque il n'était pas rare de voir un loup compagnon d'un tzigane, il n’attaquai ni la famille ni les cheveux, les considérant comme faisant partit de sa meute. Le loup est comme le kakou qui enseigne aux jeunes les secrets et les pièges de la vie et de la nature. »

En y repensant c'est peut être la raison pour laquelle on associé beaucoup les tzigane aux loup-garous.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Dim 13 Mar - 19:13

Il tourna un regard étonné sur Esmera. Ah ! Elle l'avait pris au sérieux. Il fallait dire qu'il avait un sens de l'humour bien particulier. Généralement les gens ne sautaient pas sur la première occasion venue de se foutre de leur propre gueule. La façon dont Blake utilisait l'autodérision en permanence pour dresser de lui-même un portrait peu fameux pouvait effectivement paraître étrange. C'était sa manière de dédramatiser sa situation pourrie, sur le principe du "mieux vaut en rire que d'en pleurer". Mais en vrai il n'avait rien contre son totem. Classiques ou non, originaux ou non, tous les totems métamorphes étaient respectables et méritaient d'être représentés. Il n'avait jamais eu de souci avec le loup. Même durant cette période où il s'en était éloigné jusqu'à s'aliéner lui-même et ne plus oser lui accorder de place dans sa vie de peur de ce que ça allait faire remonter... Il n'avait jamais rien eu contre l'animal qui dormait en lui. Mais ça ne l'empêchait pas de faire des blagues de merde.

"Vrai ? Marrant parce que selon une connaissance, il paraîtrait que la ville en est infestée... à croire que quelque chose nous attire ici."

Un ricanement sec lui échappa, mais il se tut presque immédiatement parce qu'Esmera avait trouvé quelque chose à dire, et c'était particulièrement intéressant. Il s'étonna de la capacité qu'il avait soudain retrouvée de s'intéresser à ce que d'autres pouvaient lui raconter. Depuis quinze ans il avait écouté beaucoup d'histoires, mais il s'était toujours senti éloigné, inatteignable. Il regardait le monde au travers d'une vitre et n'était plus vraiment capable de le toucher ni de le ressentir. Pourtant ce soir il ressentait une curiosité qui n'avait rien de feinte. Son intensité et sa sincérité le troublait. C'était nostalgique. C'était des sentiments qui appartenaient à un autre loup, qui lui ressemblait beaucoup mais qui avait la peau plus lisse et paraissait moins fatigué. Il retrouvait des sensations qu'il pensait avoir perdu à jamais. Blake avait toujours été curieux de la différence et il adorait ces moments de partage, de confiance, où chacun dévoilait ses histoires, voire parfois ses secrets. Quoi de plus enrichissant ? Il écoutait d'une oreille très attentive.

Un sourire au coin des lèvres, il se dit qu'il aimait bien ce hasard. Ça le consolait brièvement de toute la peine qu'il se traînait et sa vie avait beau être merdique, il était visiblement encore capable de déterrer quelque perles de bonheur éphémère à l'occasion. Il n'était pas certain que ça vaille bien le coup de continuer à se battre... Mais pour le moment il était prêt à s'oublier dans le présent.

"Je dois admettre que ça tombe plutôt bien... Bon pour la meute, faudra repasser par contre. J'ai quitté la mienne il y a bien longtemps."

Nostalgique, il baissa la tête, un vague sourire aux lèvres. Il était étonné d'en parler... Étonné que les mots aient franchi ses lèvres si aisément, aussi. Un an auparavant il y aurait fallu les lui arracher par la torture, et voilà que maintenant il suffisait de quelques minutes de discussion avec une fille qu'il ne connaissait pas vraiment, même si il se sentait un lien étrangement intime avec... Et il en était à se remémorer le temps douloureusement éloigné de San José. Le loup est comme le kakou qui enseigne aux jeunes les secrets et les pièges de la vie et de la nature. Blake ne pouvait s'empêcher de penser à Ian. Cette description lui correspondait mieux qu'à lui-même, qui n'avait pas pu le suivre sur la voie qu'il sillonnait... Bah. Les regrets étaient inutiles, et dangereux. Il ne devait pas leur montrer un visage vulnérable sans quoi il se ferait bouffer par eux aussi sûrement que par un banc de piranhas.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Ven 22 Avr - 20:20

Ah bon à ce point ? je n'aurais pas crue qu'il y en avait autant.

« Infestée de métamorphe loup ? Il y en a tant que ça ?»

Je ne pose pas vraiment la question. C’est une habitude que j’ai de parler à haute voix. A force de vivre seule, on fini par parler à personne en particulier. Et puis c’est aussi une déformation professionnelle, on attend d’un personnage mystique qu’il s’exprime au « monde » sans s’adresser à quelqu’un en particulier. L’effet est toujours réussi. Tout ça mis bout à bout, j’ai développé certains tic, comme celui de verbaliser mes interrogations alors que je ne cherche pas à les poser.

« Une meute ? »

Wouha ! Il a fait partie d’une meute ? Je veux dire, une vraie meute. Avec un alpha, un bêta et tout ce qui va avec ? Les métamorphes font vrais ce genre de choses ? Ce n’est pas juste des histoires que raconte les gens comme pour rajouter une couche sur les clichés de l’ignorance ? Je suis très étonnée. Jamais je n’aurais pensé que le mimétisme était aussi fort.

Oh il sourit. Toutes mes interrogations s’envolent. D’un coup je suis toute apaisée. C’est vrai qu’il ne faudrait pas que toute l’énergie que je viens de gagner s’envole aussi vite qu’elle est arrivée. J’essaye de me modérer mentalement. Et puis, il commence à s’ouvrir et je suis curieuse de tout ce qu’il pourrait me dire. C’est rare que je n’essaye pas d’analyser quelqu’un. C’est vrai que lorsqu’il est arrivé, je n’étais pas vraiment dans l’optique. Mais maintenant, j’ai envie d’en savoir plus. Même si le temps passe et que je commence à me dire que la nuit devrait pas tarder a toucher à sa fin.

« Est-ce que tu fais ça souvent ? …je veux dire te balader en pleine nuit entre la forêt et les marais. »

Et voilà, je suis lancée. Le naturelle revient a font et ma curiosité pointe le bout de son nez. Pour autant, je ne suis pas du genre intrusif et je ne demanderais pas de choses trop personnelles.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Lun 6 Juin - 12:52

Blake haussa les épaules à la question d'Esmera, même si elle était plus ou moins rhétorique. Si il y avait tant de loups que ça en ville ? Ce n'était pas vraiment à lui qu'il fallait poser la question... Après tout il en était longtemps parti, et avait fait en sorte de côtoyer sa communauté métamorphe aussi peu que possible. Certes, certains membres éminents de cette dernière n'avaient eu de cesse de venir vers lui même lorsqu’il faisait de son mieux pour rester éloigné d'eux, mais le résultat était le même.

"C'est ce qu'on m'a dit plusieurs fois, mais en réalité j'en ai personnellement croisé aucun durant mon séjour. Mais je suis pas d'ici à la base."

Elle semblait surprise qu'il ait fait partie d'une meute mais il ne releva pas l'information, tout occupé qu'il était à considérer l'évolution étrange qu'avait suivi son esprit durant l'année. Il y avait des choses qui n'étaient subitement plus taboues quand elles l'avaient été durant une grande partie de sa vie. Il n'aurait pas cru possible de retrouver ne serait-ce qu'une once de légèreté lorsqu'il était question de ces sujets. Et pourtant... Il avait évoqué la meute sans que cela lui donne l'impression que tous ses organes passaient au rouleau compresseur. Pouvait-on considérer cela comme prometteur ? Pas franchement. Tout était cassé, foutu, et peut-être qu'il avait juste fini par se rendre compte qu'il était inutile pour un homme mort de pleurer sur son sort, déjà bouclé. Ces explications auraient dû lui convenir. Pourquoi sonnaient t-elles partiellement faux ? Le feu était chaud et la présence de la jeune vamp avait aussi tendance à lui mettre du baume au cœur. Peut-être n'était-il plus exactement dans son état normal, emporté par un confort mental qu'il n'avait plus expérimenté depuis longtemps. Il y avait en lui un grand nombre de barrières qui n'étaient plus aussi effectives qu'au préalable.

Mais ça n'avait pas grande importance, et elle venait de poser une question amusante. Il émit un ricanement dont il était impossible d'analyser la signification, et il leva les yeux vers le ciel.

"Hmm hmm... En ce moment, ça m'arrive. J'ai toujours bien aimé errer au petit bonheur la chance. Voir sur quoi je pouvais tomber... ou ce qui pouvait tomber sur moi, en laissant le hasard faire. Mais jusqu'à l'an dernier, je me contentais de faire ça en ville."

Pensif, il hésita avant de continuer, plus pour lui même que pour son interlocutrice.

"... J'avais oublié combien ça pouvait être calme, et pourtant mille fois plus vivant que le centre. Hmm... je l'aurais surtout pas supporté."

Le bruit, le hurlement abrutissant auquel il soumettait ses oreilles en permanence et qui l'empêchait de penser... Il n'en avait plus besoin comme avant. Il y a un an, cette ambiance paisible, pleine de senteurs, de vibrance, l'aurait probablement rendu fou. Comment aurait-il pu accepter l'existence d'une pareille paix ? De cette énergie positive qui se dégageait des arbres et des êtres vivants alentour qui respiraient, qui continuaient leur chemin, tandis que lui avait vécu la fin du monde ? Comment accepter cette absurdité ? Cette injustice ? Tandis que tout ce à quoi il tenait était en train de pourrir entre les roches humides. Entre les quatre planches grinçantes d'une silhouette aux angles glaçants, dont l'image encore maintenant l'anéantissait. Tout aurait dû être et rester vide, sans quoi il aurait dû accepter l'absence inacceptable et la douleur qu'elle provoquait. Un chatouillement lui indiqua la présence d'une larme, luttant à l'orée d'une cerne pour tomber sur sa joue. Il l'essuya d'un revers de pouce et soupira. Était t-il voué à revivre ces étapes de deuil en boucle jusqu'au jour où il clamserait enfin ?
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