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 [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]

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Esmera Yanis
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MessageSujet: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Dim 29 Mar - 23:45

Je suis de bonne humeur. D’excellente humeur même. Je dirais même plus d’humeur légère, idéale pour faire la fête. Ce n'est pas pare que je ne vais pas à Houma comme presque tout les ans que je ne peux pas fêter le printemps ! J'ai repris du poil de la bête, ça fait plaisir. Où elle est ? Ah ! Trouvée ! Puisque je ne sort pas de chez moi ce soir, pas besoin de me maquiller pour avoir l'air d'avoir plus de couleurs, pas besoin de coiffer mes cheveux pour qu'ils cachent la roue rouge sur ma gorge d’albâtre et pas besoin non plus de faire attention à se que je porte. Ce soir je me fait belle pour le printemps, la lune et mon chat. J'en profite pour mettre cette robe que m'a offert mon père pour mon futur... Mais rien ne m’empêche de la porter juste pour moi. Robe blanche d'un seul morceau de tissue fin et transparent comme un simple voile. Elle est...aérienne. Ce soir est placé sous le signe de la libertés alors au diable le soutien-gorge qui me serre. Autant rester pied nue, c'est plus sympa pour danser.

Maintenant que je suis prête, il faut que j'organise l'ambiance. D'abord, le feu de bois à quelques mètres devant chez moi. J'ai l'habitude d'allumer des feux ça fait partie des premières choses que j'ai appris étant enfant. Retour dans le mobile home, sous le lit je sort délicatement le tourne disque familial...Houla qu'il est vieux ce truc et plein de poussière ; une rallonge aussi ça peut être utile.  Une bouteille de palincă poire abricot, directement importée de Hongrie, miam, on verra bien l'effet que ça me fera, je ne suis pas allés jusqu'à attraper un hérisson, mais comme c'est liquide je pense que l'alcool sera plus facile à ingurgiter. Mon violon ! J'ai faillit oublier mon violon. N'importe quoi. Non attend, il manque quelque chose... les disques... La tête de linotte ! J'attrape le carton qui faut avec les vieux vinils héritage inestimable. Quel dommage qu'on est perdue le gramophone. Ok se sont des vieilleries que plus personnes n'utilise depuis plus d'un siècle mais c'est trop la classe. Avant de sortir de laisse deux trois petites lumières tamisés allumées au cas où le feu s’éteigne, que je ne retrouve pas pommée dans le noir comme une idiote.

Ah ! Le feu à bien pris sa fait plaisir. Il faut dire que sa fait des années que j’allume le feu au même endroit, ce coin reste le meilleur pour ça. Les arbres le gardent à l'abris du vent, et le cercle de pierre isole le brasier de tout contactes extérieurs. Je choisie soigneusement le morceau que je vais mettre, je ne les connais pas tous. Je m'étais toujours dis qu'une vie ne me suffirait pas pour que j'apprenne à jouer sur chaqu'un d'entre eux, mais maintenant, j'ai tout mon temps pour les écouter et m'exercer dessus. Le violon, le deuxième chose que j'ai appris après allumer un feu. Des années et des années d'inspiration manouche. J'aime bien le jazz manouche, mais j'avoue que j'en reviens toujours aux racines. J'opte pour un, le pose religieusement sur le tourne disque soigneusement dépoussiérer et lance la musique. Les premières notes timides montent et l'ambiance se pose. Des violons, un accordéon, des acclamations...


Nous y voila, la Roumanie m'ouvre ses bras, en se début de printemps que je fête se soir. La bouteille ouverte, deux verres pleins. Un pour moi et un pour les morts. Je bois, juste pour avoir le gout des fruits fermentés, même si se n'est pas aussi bon qu'avant, mes souvenirs comblent les trous.

La lune est magnifique se soir et les étoiles tentent de lui faire concurrencent en brillant de milles feu. J'ouvre l'étui, enlève le foulard de ma mère et sors mon instrument. Deux trois notes avant de finir de l'accorder et je tente d'accompagner...il me semble de ça c'est l'oncle de mon père et ses oncles à lui. La musique m'emporte dans un jeu de note et de pas de danse au tour du feu. Les yeux fermés, je suis là bas. Je ne comprend pas la langue, mais je sais de quoi ils parlent, la musique est langage universelle, elle parle du pays, elle parle de la lune et du printemps. Des fleurs qui fleurissent et des châteaux pleins de mousse verte. Ce soir je fait la fête et un bout de Roumanie s'est invité dans le bayou.
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Blake Davis
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Lun 30 Mar - 16:49

Blake était de retour à la Nouvelle-Orléans depuis quelques courts mois, mais il avait déjà écumé à peu près tous ses quartiers, ses rues, ruelles plus ou moins sombres, et les endroits où près d'un an plus tôt, il avait exécuté ses contrats sordides de routine. Il était longtemps resté loin de la périphérie de la ville, d'une part car une partie de lui cherchait sans doute encore à s'accrocher à ses habitudes passées, et de l'autre car c'était le genre d'endroits où il avait toutes les chances de rencontrer d'autres métamorphes - outre la rue principale qu'il avait soigneusement évitée afin de ne pas passer devant le Trick O'Clink. A ce stade, comprenons qu'il se foutait comme d'une guigne de croiser un changeling lambda qu'il n'aurait pas connu, même si ça devait être le Sachem ou un quelconque gugusse haut placé dans la hiérarchie locale. C'était ses connaissances qu'il essayait d'éviter : la Combattante et la Namir-ra, notamment. Il n'était pas prêt à les revoir. A vrai dire il ne savait pas exactement ce qu'il cherchait en retournant dans cette ville. Il avait ressenti le besoin de revenir sur ses pas. Il l'avait fait, mais il n'était pas beaucoup plus avancé. Au final, ça risquait de se solder sur sa mort plus ou moins accidentelle, et connaissant les deux femmes si elles avaient l'impression qu'elles auraient pu empêcher cette issue, elles s'en voudraient. Alors que ça n'était pas leur problème, ni leur fait, ni encore moins leur faute. Blake continuait d'être réticent (même si moins qu'avant) à l'idée qu'on essaie de le réparer parce qu'il n'avait pas envie d'aller mieux, considérait ne pas le mériter,  et était persuadé, de toute façon, que ça n'était pas possible sans passer par la case décès. Il ne voulait pas non plus faire plus de dommages collatéraux qu'il n'en avait déjà fait durant la dernière quinzaine d'années. Il ne s'était pas retrouvé une conscience. Il était toujours capable de tuer sans ciller et sans rien vraiment ressentir. La corruption morale n'était pas quelque chose à laquelle on échappait si facilement. Cela dit, il était encore capable de vouloir préserver certaines personnes, qu'il avait ironiquement fini par apprécier, d'une souffrance qu'il pouvait leur éviter.

Malgré tout ce soir, peut-être était-ce la folie du printemps qui revenait - il n'y croyait pas vraiment - ses pas l'avaient menés jusqu'à sa caisse, et sa caisse (par ailleurs bien rouillée après un an d'inutilisation... il avait déjà du bol qu'elle n'ait pas été ramassée par la fourrière), jusque dans le Bayou. Agacé contre lui-même, il espérait n'être pas venu ici dans l'espoir inconscient de justement rencontrer accidentellement celles qu'il essayait d'éviter. La solitude, parfois, pouvait faire faire de grosses conneries, et l'ex-tueur à gages savait qu'il n'était plus immunisé à ses effets comme ça avait longtemps été le cas. Dès qu'il fut arrivé sur place, pourtant, ses inquiétudes se tarirent. Ces paysages n'avaient rien à voir avec ceux qu'il avait parcouru de long en large au Canada. C'était tout aussi humide, mais beaucoup moins neigeux. Les odeurs et les bruits de végétations apaisaient sa souffrance sourde. A défaut d'être entouré, il avait au moins l'impression d'être dans un endroit où même seul, il lui serait agréable de rester. Ok, c'était un coup d'épée dans l'eau. C'était comme de mettre un pansement sur une plaie par obus, ou d'essayer de recoudre un bras coupé avec du fil de nylon, mais c'était mieux que la plupart des soirées qu'il avait passé jusqu'à présent, si bien qu'il décida de passer la nuit ici. Et peut-être le jour suivant. Peut-être d'autres encore. Peut-être allait-il même abandonner sa forme humaine pour une semaine ou deux, comme il l'avait souvent fait "au pays des élans".

L'un des pans de son trench coat en cuir s'accrocha dans la végétation. Il tira dessus négligemment, peu soucieux d'abîmer la matière déjà fort élimée du vêtement. Il était relativement rare qu'il porte quelque chose d'aussi long - et surtout d'aussi socialement considéré comme classe - qu'un trench coat, en cuir ou pas, mais celui-ci était dans un tel état que finalement, il ne détonait pas vraiment avec le reste de son look  improbable. C'était encore le même jean noir où il y allait bientôt avoir plus de trou que de matière qu'il portait, et on se demandait comment ses Doc Martens brunes parvenaient à rester en un seul morceau malgré le sol parfois inégal qu'elles foulaient. Il avait passé ses traditionnels bracelets de force, couplés au débardeur noir qui cachait difficilement ses muscles épais. Les holsters de ses armes n'étaient cachés que par le manteau qui pendait négligemment contre ses jambes. Son pas lent devint hésitant, puis s'arrêta lentement, alors qu'il entendait de la musique venir d'un peu plus loin. Il avait cru être seul, dans un coin inhabité, et pourtant lorsqu'il tourna la tête, il vit de la lumière. Ça n'était pas tant la curiosité qui l'amena à s'approcher qu'une simple absence de raisons de ne pas le faire. Peut-être aussi était-ce besoin encore un peu refoulé de présence, de vie, de contact humain. Ces choses qu'il avait longtemps fuies, alors qu'il en avait toujours eu énormément besoin : il ne fallait pas se leurrer, le loup était un animal social, et à de très rares exceptions près, doués ou pas dans les rapports avec autrui, ceux qui l'avaient comme totem n'étaient pas du genre à savoir rester seuls bien longtemps.

Il s'arrêta à une dizaine de mètres d'un mobile home devant lequel se trouvait une jeune femme rousse, pas très... Pas très vêtue. Enfin si, mais vu la transparence de sa robe, elle aurait pu ne rien porter, ça aurait presque été pareil. Pour cette raison, il n'avança pas plus. Ainsi, il ne pouvait pas vraiment la détailler. Elle ne s'était certainement pas attendue à ce qu'une espèce de vieux clochard vienne l'emmerder alors qu'elle avait visiblement prévu de rester seule - ou alors, elle attendait quelqu'un, et ça n'était clairement pas lui. Il évita de trop la dévisager - surtout en dessous du visage. Il n'en avait pas encore vraiment ressenti les effets mais il le savait : la saison des amours était de retour. Même à cette distance, et même si le fait de ne plus refouler sa nature lui rendrait l'époque plus gérable, il préférait ne pas prendre de risque. Ce qu'il s'était passé l'année dernière lui avait suffi. Le mieux aurait été qu'il parte, cela dit la lueur aléatoire du feu, cette présence évanescente et le son du violon lui faisaient du bien. Ce n'était pourtant pas son style de musique. Il n'avait jamais été doté d'une terrible sensibilité artistique, mais ce bruit là lui faisait le même effet que le bruissement du vent glissant dans les feuilles des arbres, que l'odeur vaseuse du fleuve voisin, ou que les appels des animaux cachés aux alentours. Bizarre. Il avait perdu l'habitude de trouver ça apaisant. Ça changeait des cris déchirants des guitares saturées, avec lesquelles il continuait encore de s'abrutir régulièrement. La broussaille de ses cheveux mal coiffés appuyée contre un arbre, il se laissa glisser jusqu'à s'asseoir par terre, et simplement attendre, écouter. Les coudes sur les genoux, les bras tombants, il regardait le ciel sans ciller.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Mar 31 Mar - 12:13

J'adore ça ! Ça doit bien faire vingt minutes que je n'ai pas décollé mon menton de mon instrument et que je le tien bien haut. Pourtant je ne ressens aucune fatigue, pas même de raideur dans la nuque ou de crampe dans les bras. C'est incroyable, je pourrais jouer toute la nuit si ça me chante. Jusqu'aux premières lueurs même si je suis joueuse. Histoire d’accueillir le début du bleu dans le ciel avant de rentrer bien à l’abri. Quel plaisir de faire se que l'on aime sans aucunes restrictions ; Si je vivais en ville la police aurait déjà débarquée pour satisfaire les plaintes des voisins. Des gens bien comme il faut. Avec eux la musique, passé 22h devient un  tapage assourdissant. Ici dans la forêt je ne risque pas d'importuner les chouettes. A la limite je fais fuir les lapins et c'est dommage pour alligators. Mais je fais se qui me plaît, comme toute bonne gitanes qui se respecte. Oui des gens pas comme il faut, mais des gens libres. J'enchaîne morceaux gaies et plus tristes, c'est ça notre musique, même si elle est entraînante, il y a toujours une pointe de tristesse si on regarde entre les notes. Car nous n'oublions jamais le mal qui nous a été fait, non jamais. C'est ça être tzigane. Nos cours d'histoires on les prends autour du feu en musique, et elle n'est pas très belle notre Histoire. Peuple persécuté, traqué, chassé, quasiment exterminé, déporté, dénigré... mais toujours fier et toujours on se relève. Quand on nous frappe on ne tend pas l'autre joue, non ! Nous on revient à plusieurs et on cogne de toutes nos forces. Œil pour œil, dent pour dent.

Et attention à ceux qui croient qu'on est tous les même. Même notre musique est différente celons d'où vient les racines de la famille. Je suis gitane, mais pas andalouse, sinon j'aurais plus de chance d'avoir appris la guitare plutôt que le violon. Je suis tzigane roumaine moi. Ma famille vient de Valachie. Après je ne dénigre aucunes famille de gitan, bien au contraire. C'est quand on se rassemblement et qu'on échange nos expériences que notre culture évolue. La musique ne fait pas exception. J'aime vraiment ces moment où j'écoute les sons qui viennent d'ailleurs et que je réfléchie à comment je peux les intégrer à ma musique.

Le vent souffle sur mon visage et soulève mes cheveux. Je fais un tour sur moi même comme entraîner par la brise. Je m'amuse comme une folle. J'ouvre un œil et je voie Sergueï qui me regarde de travers, ses yeux de chats sont écarquillés. Ça fait un moment qu'il ne m'a pas vue d'aussi bonne humeur. Le pauvre, il a subit ma déprime sans broncher. Je devrais peut être prendre un chien, sa lui tiendrait compagnie et j'aurais quelqu'un avec qui jouer quand je me lâche comme se soir. C'est vrai que là ça manque d'un chien qui me tourne autour en sautant et aboyant pour ajouter un peut plus à ma bonne humeur. Et pour quoi pas une tortue aussi ? Non mais je te jure. La solitude sa ne fait pas que du bien. Qu'importe j'y penserais plus tard, pour le moment je m'amuse.

La brise ne m'apporte pas que des idées saugrenues. Ne t'arrête pas de jouer. Continue comme si tu n'avais rien remarquer. Je suis presque sûre que j'ai sentit quelque chose. J'arrête de sauter dans tout les sens. Je continue à jouer, un peut moins fort mais plus mécaniquement, pour me concentrer sur se que j'ai sentit. Mais surtout, je crois bien que j'ai vue quelque chose bouger dans la direction des bois. Allons bon, quoi encore ? Je suis pénarde chez moi, je ne sors plus pour ne pas risquer de d'attaquer qui que se soit et voilà qu'on vient directement chez moi. Qui sa peut être ? Steve ? C'est vrai que je devais l’appeler, mais ça fait des mois que je n'ai donné de nouvelle à personne. A part lui je ne voies pas qui pourrait venir ici où j'habite. C'est trop perdue pour qu'on y tombe par hasard. Et mes amis d'enfances pense que je suis à Houma pour fêter le printemps avec une partie de la communauté gitane de Louisiane. Mais si c'est lui pourquoi ne s'avance-t-il pas ?

Je finie doucement mon morceau, lève l'archet de mon instrument et relevé la tête de lecture du tourne disque pour faire un peut de silence. Je ne compte pas crier pour me faire entendre, j'ai horreur de ça.

« Je ne mord pas et ma musique est gratuite. » Mais quelle truffe. L'expression est sortie toute seule. « Je ne mord pas » Sérieusement ? Comment je peux assurer une chose pareille ? Bon, mon nouveau statut de monstre n'est pas connue par tout le monde et on peux dire qu'il y a au moins une chose de vrais dans ma phrase.

« Sinon j'ai un très bon alcool hongroie que je suis prête à partager. » Non parce que en fait...quitte à me regarder jouer, je préférerais mieux voir la personne. Parce que là sa me stresse d'avoir l'impression qu'il y a quelqu'un entre les arbres qui m'observe. Surtout que je ne suis même pas certaine d'avoir vraiment vue bouger un truc. C'était peut être un écureuil qui descendait d'un arbre. J'ai un peut la trouille, je n'ai rien pris pour me défendre. La carabine est à l’intérieur. Non mais n'importe quoi ! Ce n'est pas à moi d'avoir la trouille, c'est plutôt à lui. C'est moi le monstre ici !
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Jeu 2 Avr - 23:26

Blake avait perdu le fil de ses propres pensées. Il n'était pas loin de dormir les yeux ouverts, mélancolique et tourné vers le ciel. Ça n'était pas chose désagréable, parce que dans cet état il ne pensait plus à grand chose. Ça l'empêchait de broyer du noir, chose qu'il n'arrêtait plus de faire depuis... Peu importait quand. Il avait perdu le compte des jours, des semaines, des mois, et ça n'avait aucune foutue importance. Il se rendit compte que la jeune femme au violon avait cessé de jouer. Ça aurait pu être parce qu'elle changeait de morceau, ou bien parce qu'elle avait décidé de faire autre chose - du genre manger, boire, qu'en savait-il - mais il eut l'intuition qu'il n'en était rien. Le tourne-disque s'était tu à son tour, et le silence tomba, lourd, inquisiteur. Blake eut l'impression de sentir son échine se hérisser : l'absence de son, et ce sixième sens que les animaux pouvaient avoir et qu'ils partageaient avec leurs cousins outres, lui indiquait qu'il avait été repéré. C'était étonnant. Les instincts rouillés du tueur s'ajoutèrent à ceux du loup, et il ne put s'empêcher d'émettre un raisonnement mécanique : à cette distance, elle n'aurait pas dû pouvoir remarquer sa présence. C'était quelque chose qui lui semblait strictement impossible pour un norme, même bien entraîné. Il doutait fort qu'elle cache de quelconques systèmes de vidéo surveillance dans sa maisonnette. La cible visée n'était donc très certainement pas une humaine normale. Peut-être même qu'elle n'était pas humaine du tout. Il était trop loin pour capter son odeur. Le vent ne soufflait pas du bon côté.

... Et la rouquine n'était pas une cible, non plus. Il avait beau avoir décidé qu'il était grand temps qu'il se mette à la retraite, il y avait des réflexes qui avaient la vie dure. Comme celui de considérer à peu près tout le monde comme une extension possible du canon de ses flingues, du genre de celles qu'on explosait en appuyant sur une gâchette. Il remarqua qu'une de ses mains avait glissé contre l'un des revolvers cachés sous son bras - celui avec les balles en argent. Il penchait plus pour une non-humaine que pour une sorcière. Si il avait marché dans un quelconque sortilège de détection, la demoiselle aurait sans doute réagi bien auparavant. Il avait l'impression qu'elle s'était plutôt basée sur son instinct - comme il était lui-même en train de le faire. Lentement il retira la main de l'intérieur de son manteau. Vide. Il n'était pas question de se (re)mettre à flinguer tout ce qui l'emmerdait lorsqu'il n'avait pas prévu d'être emmerdé. D'autant qu'elle avait toutes les raisons de lui demander des comptes : c'était lui qui l'avait espionnée en premier. Et puis elle était clairement en train de l'inviter, ce qui était relativement sympa de sa part, mais surtout pas mal inattendu : elle ne portait pas exactement le genre de fringues avec lesquelles il aurait imaginé qu'on puisse être à l'aise à l'idée d'accueillir un étranger. Et elle n'avait aucun moyen de savoir si cet étranger valait le coup qu'elle partage ce fameux "très bon alcool hongrois" avec quiconque. Selon lui d'ailleurs, ça ne le valait pas.

Deux choix se présentaient à lui : partir sans un mot et la laisser tranquille, au risque de lui provoquer quelques sueurs froides, ou bien approcher ainsi qu'elle l'invitait à le faire. En temps normal Blake n'aurait pas hésité et aurait sélectionné la première option. C'était plus simple pour tout le monde : elle retournait tranquille à sa soirée solitaire (après quelques minutes à baliser à l'idée d'être espionnée, certes), et lui se contentait d'aller buller ailleurs. Vu que c'était la saison des amours et qu'elle était à moitié à poil, ça aurait été aussi plus prudent, parce que Blake n'avait plus aucune confiance en ses capacités à se restreindre depuis l'épisode du parc, de l'arbre et de la Sorcière qui avait eu lieu l'année dernière. Cela dit, il fut le premier étonné de se rendre compte qu'il n'avait vraiment aucune motivation pour fuir. Au contraire, il se sentait aimanté, de façon presque irrésistible, en direction de la voix. La solitude était vraiment capable de faire d'énormes dégâts à ceux qu'elle harcelait de façon régulière. Tel un zombie il se releva et hésita encore un peu. Puis il se tourna en direction du feu, les mains dans les poches. Il savait qu'il était en train de faire une énorme connerie. Mais il allait la faire quand même. Comme quand il était jeune... Un ricanement désincarné lui échappa. Voilà que maintenant, il accumulait les défauts de ses personnalités récente et ancienne. Comme si il n'était pas déjà mal barré rien qu'avec l'une ou l'autre, dissociées...

"Désolé pour l'entrée en scène type stalker de seconde zone... C'est pas beau d'espionner, je sais, mais j'avais pas l'intention de vous emmerder et je ne pensais pas que vous remarqueriez ma présence."

Il s'était approché. A cette distance là, il pouvait sentir l'odeur caractéristique que pouvaient dégager les vampires. Je ne mords pas, qu'elle disait, hein..? Il eut envie de sourire, mais s'abstint. De toutes les créatures dotées de parole existant sur Terre à sa connaissance, les vamps et les métas prédateurs étaient les deux types pour lesquels l'expression "je ne mords pas" était la moins pertinente. Et si on devait encore départager les deux, selon lui, les vamps l'emportaient haut la main. Mais ce n'était pas beau, de se moquer. Il ne fit aucune remarque désobligeante. Il avait presque tout perdu, mais l'éducation égalitariste prodiguée par Ian, son mentor, était invariablement restée une importante composante de sa personnalité.

"... Je passais dans le coin par hasard, aussi improbable que ça puisse paraître. Mais je vais y aller, vous inquiétez pas..."

Quelle personne censée aurait voulu passer la soirée à proximité de sa sale gueule ? Il se le demandait bien. Il ne tuait peut-être plus personne mais les gens continuaient de le fuir comme la peste lorsqu'ils le croisaient. Et puis, ainsi que son regard détourné en témoignait, la saison des amours risquait de rendre un quelconque échange correct difficile. Il s'en rendait maintenant compte : certes, la déprime l'assommait et l'amenait à fonctionner au ralenti, mais il n'était pas encore totalement rendu insensible au charme évident de la jeune (?) vampire.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Mer 8 Avr - 22:52

Est-ce que j'ai rêvé ? Rien ne bouge, pas un bruit. Même la nature semble s'être tue pour écouter avec moi. Mais voilà, rien. Je n'aime pas ça, je n'aime pas ça. Se sentir observer, épier. Non, mais sans rire, je préfère largement que quelqu'un surgisse dans un « désolé, je ne voulais pas effrayer et en même temps je ne pensais pas croiser quelqu'un par ici. », plutôt que de ne pas être certaine. Je crois bien que c'est la première fois que je ne me sens pas en sécurité ici. D'être perdue dans les bois apporte un certain réconfort, on sait bien que les voleurs ne viendront pas ici. Trop perdue, pas de signe de richesse.

A ça y est ça bouge ! J'ai presque fini par croire que j'avais rêvé. Holà, il a pas l'air des masses commode lui. Dans le style tueur à gage, paramilitaire mercenaire je lui donne une nomination. Je ne bougerais pas. Pas un seul mouvement de recul. Je suis ici chez moi, et je n'ai pas à m'inquiéter. Je sais que je suis capable de fondre sur lui plus vite qu'il ne pourra m'attaquer et qu'une fois mes crocs dans son coup, il ne se débattra pas. Alors je ne reculerais pas ! Mais bon, il ne fait pas de geste brusque alors pas la peine d'être tendue. Mais plus il s'approche plus je me tends. Cette sensation, cette odeur...

C'est pas vrai ! Dites moi que je rêve ! Un métamorphe... Je me crispe. Il faut encore que je tombe sur un métamorphe. Ou plutôt qu'il me tombe dessus. Du coup je revois deux choses. La première, pas sûr que je sois plus rapide que lui, en fonction de l'animal en lequel il se transforme. Deuxièmement « Je ne mord pas... » Sauf que comme à chaque fois que je croise un métamorphe, ma gorge se met à me démanger. Merde, s'il se rend compte que je suis un vampire, il va croire que j'ai mentis pour l'attirer. Sauf que je ne savais pas que c'était un métamorphe. Et puis cette expression ça fait des années que je l'utilise : « Je suis tzigane, je ne mord pas ». C'est plus un automatisme qu'autre chose. Et lui il va croire que je veux le piéger. En même temps je le croirais à sa place. Pourvue qu'il ne se rende pas compte que je ne suis pas humaine. J'aurais due demander à Bess si les métamorphes peuvent nous repérer. Mince !

Bon, autant tenter une respiration. C'est un peut maladroit et le souffle n'est pas régulier. Après tout je devrais être fatigué avec le temps que je viens de passer à jouer. Ah ? Ça y est, je commence à faire quelque chose qui ressemble à une respiration.

Il vient de me parler non ? Quelle tête de linotte, je n'écoutais pas. Je ne vais tout de même pas lui demander de répéter. Je me contente de sourire naïvement. En le laissant s'approcher un peut plus. Je ne décèle rien d'agressif dans sa démarche ni dans le ton de sa voix, donc à moins qu'il ne m'a dit avec un calme olympien qu'il allait me tuer, je n'ai rien à craindre. C'est quand même le troisième métamorphe que je croise en peut de temps depuis ma transformation. D'être un outre doit attirer les outres. Je préférerais attirer les gens normaux pour avoir l'air normale. Mais je ne devrais pas faire la difficile. C'est quand même un chouilla dépriment de fêter le printemps seule avec son chat.

Il veut partir ? T'en mieux, du ballait la grosse bête. D'un autre côté, c'est le Destin qui l'a conduit à se perdre par chez moi. Je crois au destin. Je crois surtout que je n'ai pas envie d'être seule en fait. Oui je n'ai pas envie d'aller en ville et prendre le risque d'attaquer quelqu'un. Pas encore. Mais je n'ai pas envie d'être seule à me morfondre ou a peindre le portrait de cette femme. Je le terminerais, mais pas ce soir. La solitude fait vraiment des dégâts.

"Attendez !" Sans m'en rendre compte j'ai fait un pas en avant, vers l'inconnue. Le bras tenant l'archer tendue en avant. Et voilà, je me sens bête maintenant. Mince, je n'ai pas pensé à une raison pour lui proposer de rester. C'est vrai, je n'est aucunes raisons de le faire déguerpir, mais aucunes autres de le faire rester, si ce n'est que je n'ai pas envie d'être seule. Ma tenue ne me gêne en rien. J'ai déjà été plus déshabiller que ça en présence de beaucoup plus de monde. C'est ça les gitans...

"Heu..." Oui, très réussit dans le genre sûre de soi. Je suis vraiment une gourde. Aller du nerf ! Je me reprend, tête haute, dos droit, sourire avenant. J'ouvre un bras en signe de bienvenue et montre une des chaises près de la bouteille et des verres.

"Asseyez-vous, s'il vous plaît. Je n'ai que trop rarement d'invité surprise pour que ça me dérange." Le ton amical et accueillant, plus le sourire version pût pour un dentifrice. Je tente de lui donner envie de rester.

La solitude...
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Ven 1 Mai - 19:31

C'est un oeil sincèrement étonné que Blake avait placé sur la jeune vampire au moment où il allait commencer à se détourner pour partir et la laisser tranquille. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle l'arrête. Qui donc pourrait bien vouloir la compagnie de quelqu'un comme lui ? Faudrait être sacrément dérangé. Ou bien désespéré. Ou les deux. A moins que ça ne soit son sang qui l'intéresse, ce qu'il aurait pu comprendre : Aux yeux (ou plutôt aux narines et aux papilles gustatives) d'un vampire, ce devait très certainement être la seule attraction que sa personne dégageait.

Qu'importe les raisons de la "jeune" (?) femme, une chose était certaine : ça faisait TRÈS longtemps que Blake n'avait pas été invité (si on voulait bien retirer les "rendez-vous d'affaire" auquel il participait souvent de la liste). C'était déstabilisant, et il se rendait compte qu'il avait presque oublié comment faire pour réagir à ce genre de propositions. Presque : il lui était arrivé de devoir prendre un rôle et de devoir jouer la comédie durant certaines de ses missions et c'était la seule chose qui avait permis à ses mécanismes sociaux de ne pas rouiller au point d'être devenus parfaitement inutilisables.

Saisi, il se rendit compte que ça faisait quelques secondes qu'il n'avait absolument rien répondu. Il avait balayé le corps de la rouquine des yeux une fois de haut en bas, une fois de bas en haut, et il n'était pas loin d'entamer une nouvelle descente. Ses veines commençaient à chauffer. C'était inadapté. Il détourna la tête et passa une main contre son menton, moins honteux qu'agacé par les pulsions qui commençaient à se pointer et à influencer la (non) conversation.

"... Dans ce cas je vois mal pourquoi je refuserais l'invitation. Merci."

... Il se demandait tout de même ce qu'il était en train de foutre. Des raisons de refuser, il en aurait eu trois tonnes, quand bien même il ne pensait pas être une menace à la sécurité de cette fille : C'était une vampire et elle saurait très certainement se défendre au cas où il perdrait les pédales. De plus l'animal au fond de lui s'était calmé depuis qu'il avait renoué avec son être profond. Il ne risquait plus de péter un câble sans prévenir et de se mettre à attaquer tout ce qui bougeait. Il avait troqué la rage aveugle et la vengeance au goût rouge et salé contre cette tristesse, cette mélancolie lancinante dans laquelle il serait aussitôt replongé si il s'était éloigné. Mais quand même... Qu'il accepte si rapidement, lui qui avait passé les quinze dernières années à fuir le contact, et qu'il ressente cette impression fugace, ridicule, de réconfort... Terry devait certainement être mort de rire au fond de la tombe. Lui, et toutes les victimes de Blake qui avaient suivi.

D'ailleurs, tandis qu'il s'asseyait, il se prit à ricaner à ses propres dépends. Cynique, il n'avait pas perdu ce goût de l'auto-dérision corrosive qu'il avait gagné en même temps que ses qualités morales s'émiettaient. Le rire avait été discret, muet. Inutile de passer pour un fou auprès de son interlocutrice, même si ça allait être difficile pour lui de paraître parfaitement sain d'esprit, en bon déchet qu'il était devenu sur presque tous les plans. Il leva deux billes à la couleur incertaine à l'intérieur des perles vertes dont son hôtesse était dotée. On ne lisait pas grand chose d'autre sur son visage qu'une intense fatigue et que son éternelle absence d'expression. L'année passée l'avait profondément changé, certes, mais il n'avait pas récupéré tout de ce que son exil sanglant lui avait fait perdre. Ses instants "d'humanité" restaient très périodiques. Ou bien n'était-ce que ce que son corps, qui n'avait plus l'habitude d'exprimer grand chose de plus que menace et promesse de mort, laissait supposer ?

"... Je dois quand même vous prévenir, même si j'imagine que vous le savez : cette période de l'année est pas exactement la meilleure pour moi."

Il avait choisi ses mots aussi savamment que possible : il n'allait tout de même pas lui demander de s'habiller moins léger lorsqu'elle l'accueillait chez elle et lui proposait à boire alors qu'elle aurait pu le virer comme un malpropre, mais il voulait tout de même que les choses soient dites clairement. Il ne lui était pas venu à l'idée qu'elle puisse ignorer qu'il sache qu'elle était un vampire, et de ce fait qu'elle puisse être étonnée de voir qu'il savait qu'elle savait qu'il était un métamorphe. (... Oui, c'était compliqué). De ce fait, il n'avait pas jugé utile de donner plus de détails que cela.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Dim 3 Mai - 0:01

Il hésite...Il ose hésiter ? Avec la gueule qu'il a...et qu'est-ce qu'il a à me reluquer comme ça ? Ba, j'ai l'habitude qu'on me dévisage des pieds à la tête et vice et versa. Ok, donc même chez les outres une gitane ça fait cet effet. Tu peux te transformé en une bête à poils, plumes, écailles ou que sais-je et tu bloque sur gitane. Et c'est moi la bête de foire. J'essaye de cacher mon soupir de déception avec un sourire que j'ai bien du mal à ne pas faire paraître triste. Ah ! Il a remarqué, mince. Réaction de honte, il détourne la tête. Pas sûr qu'il reste du coup. Bon il faut croire que je vais passer la fête du printemps toute seule...

Ah ? Le sourire sur mon visage devient vraiment lumineux et sincère. Je dois  avoir l'air désespéré...pathétique. Il reste, voilà qui me met du baume au cœur. Il reviens sur ses pas et s'assoit sagement comme je le lui ai proposé. Je pose mon violon et l'archet pour attraper la bouteille. J'attrape le verre dans lequel j'ai bus et le vide d'une traite, je sais que je devrait me faire vomir à un moment, mais c'est pas grave. Je ne peux tout de même pas lui donner le verre pour les morts, ça ne se fait pas. Une fois le verre à nouveau plein je lui tends.

« C'est du palincă à la poire et à l'abricot. Je le fais venir directement de Hongrie. » C'est un peut vaniteux de ma part d'ouvrir une aussi bonne bouteille alors que je ne peux pas vraiment l'apprécier. Mais au moins sa m'a permis d'offrir un très bon alcool à cette personne. C'est ça le Destin....

Il a l'air particulièrement épuisé. Ça pourrait être un vagabond qui passe sa vie à marcher ; ou alors il s'est perdue ce matin et il a passer toute sa journée à marcher pour tenter de sortir du Bayou. Dans les deux cas, mon éducation me dit que je dois lui offrir de quoi se reposer. Bon je vais avoir du mal à lui proposer de se reposer chez moi s'il le désire, sauf si je lui explique d'abord ce que je suis avant et que je lui assure que je ne tenterais rien. En même temps qu'est-ce qui le pousserait à me croire ? Absolument rien. A sa place je n'aurais pas confiance en toutes les promesses que pourrait me faire un vampire. Sauf bien sûre celle de me vider de mon sang. Mince, je me rend compte qu'en fait je suis comme touts ces gens qui se bornent à leurs préjugés sans chercher plus loin. Je traite les vampires comme me traite les gens qui voient que je suis une tzigane. Maintenant que suis dans la peau des deux, un vampire et une gitane, je me rend compte de pas mal de chose. Il va falloir que je travaille tout ça, sinon je ne serais rien d'autre qu'une tête de turc. Et c'est hors de question.

La phrase me perturbe et je ne prends pas la peine de le cacher. « J'imagine que vous le savez... ». Pour la période, je suppose qu'il parle du printemps. Je n'ai encore jamais vraiment vue de mes yeux se que fait le printemps à un métamorphe. J'ai entendue et lut des histoires dur les agressions qui augmentes pendant cette période parce qu'ils sont comme en chaleur. Mais ce n'est pas ça qui me perturbe, c'est délicat de sa part de me prévenir ; mais c'est le « vous le savez ». il sous-entend que je sais qu'il est un métamorphe, mais touts les gens que je croise dans le Bayou ne sont pas des métamorphes Bon stop ! Il faut arrêter de se voiler la face. Il sait qui je suis. Mon sourire s’effondre et je prend une mine grave. La soirée qui avait si bien commençait et était en train de prendre une tournure sympathique, vient de faire un virage à cent quatre-vingt degrés et ça ne sera peut être pas agréable pour moi. Mon regard se plonge dans le siens. J'arrête de simuler une respirassions.

« Comment vous avez sue ? Qu'est-ce qui m'a trahit ? » Ma voix est calme et posée. S'il me répond c'est l'occasion d'apprendre comment mieux me dissimuler à l'avenir. Dans le cas contraire je vais sûrement me retrouver à regarder un animal en chien de faïence toute la nuit, lui qui se méfie de moi et moi qui vais prendre mille précautions pour qu'il ne me saute pas à la gorge.

« Pour moi ça ne change rien, je n'ai pas soif et je n'essayerais pas de vous mordre. Je veux juste fêter la venue du printemps car chez moi c'est une fête et avoir de la compagnie en cette occasion est très agréable pour moi. » Peut importe s'il me croit ou pas. Je ne lutterais pas ce soir. Mais s'il savait que je suis un vampire et qu'il s'est quand même approché c'est qu'il compte rester sans faire d'histoire. Ou alors c'est qu'il veut me tuer. Au quel cas, j’espère qu'il est plus en forme qu'il n'y paraît, parce que je ne me laisserais pas faire. Ça non!
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Dim 3 Mai - 14:10

"... Merci."

Il récupéra le verre qu'on lui tendait pour passer le nez au dessus et en jauger le contenu. Il se rendit compte qu'il appréciait le geste et qu'il était sincèrement curieux de goûter ce produit qu'il n'avait jusqu'à présent eu que très peu d'occasions d'essayer, malgré ses nombreuses années d'errance. Qu'il ne soit pas indifférent à son environnement était suffisamment rare pour être noté. Peut-être avait-il bien fait de rester, quand bien même le réconfort apporté par cette soirée improvisée serait aussi bref et volatile qu'un voile d'éther dans une bourrasque de vent frais.

Il se rendit compte qu'il n'avait jamais eu l'idée de se lancer dans une collection d'alcools. Bien occupé, il n'était jamais allé chercher très loin et se contentait de ce qu'on trouvait le plus facilement : ça arrachait la gueule et en quantité suffisante, ça saoulait. C'était à peu près tout ce qu'il avait demandé. Dans les bars, il s'était fini à la vodka, au whisky, à la tequila, ainsi qu'à quantité d'autres substances qu'un foie humain aurait potentiellement eu du mal à supporter jusqu'à son âge actuel et sans trinquer autrement qu'en heurtant deux verres à la santé des protagonistes qui, ironiquement et à chaque gorgée, se la pourrissaient. Bon. Ça aurait peut-être été moche de faire un cul sec. Ce breuvage là n'avait rien en commun avec les mixtures qu'il s'enfonçait habituellement dans le gosier. Il plongea ses lèvres dans la mixture "directement venue de Hongrie". Il se demanda vaguement si elle n'avait jamais eu de soucis avec la douane, mais ne prit pas la peine de poser la question, car il avait autre chose en tête. La saison des amours et ses aléas, par exemple.

"Ça fait longtemps que j'avais rien bu de ce genre..."

Il enchaîna directement sur une phrase de prévention qui valait ce qu'elle valait. Il ne se sentait pas d'humeur à sauter sur tout ce qui bougeait, mais mieux valait prévenir que guérir. Lorsqu'on était un métamorphe, on ne rigolait pas avec le printemps. Il en avait fait les frais. Une certaine sorcière aussi... Même si cette cinglée avait eu l'air plutôt contente de l'issu de leur "discussion". Il ne voulait plus y penser. D'ailleurs il avait de bonnes raisons de ne plus y penser : distrait par la réponse qu'avait formulé la rousse à son égard, il fronça les sourcils. Le temps qu'il tourne la tête pour la regarder dans les yeux, ses neurones s'étaient déjà connectés entre eux et il avait déduit les évidences qui s'imposaient. Son regard vide sonda celui de son interlocutrice durant une seconde qui pouvait paraître courte ou terriblement longue selon la façon dont chacun la vivait.

"Ça fait pas longtemps que vous avez rejoint le merveilleux monde des outres, hein ? Ça m'étonne tout de même que personne ait trouvé utile de vous prévenir..."

Tandis qu'il sirotait le contenu du verre, il porta une attention rapide à leur environnement. Le camp. La solitude évidente dans laquelle la fille semblait plongée et son attitude désespérée lorsqu'elle l'avait invité. Si il avait fait plus attention aux signes, il aurait pu se douter de quelque chose avant. Si elle était jeune, sa famille humaine existait sans doute encore et elle avait l'air d'en être coupée puisqu'elle en était rendue à célébrer seule une fête qui semblait importante pour elle. Rejetée ? Quant à son créateur, il n'avait pas l'air d'être dans le coin non plus. Soit il était tout bonnement inexistant, soit il s'occupait fichtrement mal de sa progéniture. Dans tous les cas, la pauvre gamine donnait l'air d'être indécemment paumée. Ah, et elle paniquait pour rien, aussi. Il pouvait comprendre pourquoi : énormément de métamorphes éprouvaient de la méfiance (si ce n'est une haine souvent injustifiée) à l'égard des vampires. Blake trouvait cela dommage. Son avis - et celui de Ian - était loin d'être majoritaire, si bien que la réaction de la jeune femme ne l'étonnait pas vraiment.

"Tu n'as pas à te justifier devant moi, tu sais. Le sang de métamorphe tente les vampires... La saison des amours tente les métamorphes d'une façon qui n'est pas moins dangereuse. Je serais le roi des hypocrites de t'en vouloir d'une chose contre laquelle tu ne peux rien. Donc, fais moi le plaisir de ne pas complexer. Vraiment."

C'était les actes qui comptaient... pensait celui qui en avait fait suffisamment pour se payer un voyage en première classe dans les Enfers les plus profonds qui existaient. Mais ce n'était pas de lui dont on parlait, et il détestait percevoir la peur de son hôtesse qui craignait qu'il réagisse mal alors que jusqu'à présent, elle avait été on ne peut plus sympa avec lui. Bien sûr, ça aurait pu être un piège - on trouvait des psychopathes partout - mais outre le fait qu'il se foutait comme d'une guigne de tomber dedans, son instinct ne lui dictait aucune méfiance. Et il avait un très bon instinct, même si évidemment, il n'était pas infaillible. Il avait changé de ton le plus naturellement du monde. Ne restait plus qu'à espérer que la jeune femme ne s'en offusque pas : la distance polie ça allait bien deux minutes, mais ça n'était pas dans son caractère. De plus, il avait maintenant conscience de la jeunesse de son interlocutrice. Elle n'était sans doute pas énormément plus vieille que l'auraient été ses enfants si ils avaient survécu, et cela éveillait en lui des sentiments qu'il avait longtemps crus éteints pour de bon. Il avait envie de l'aider. Fichtre... la situation comme son état psychologique étaient totalement surréalistes. Au moins, il n'avait pour un temps absolument plus aucune envie de lorgner sur les vêtements trop léger de son interlocutrice. Il se rendit compte qu'il n'avait toujours pas répondu aux questions posées :

"Dans certains cas c'est l'instinct. Les vampires peuvent avoir une gestuelle légèrement différente, quelque chose dans le regard ou même dans la façon d'agir, voire d'articuler... Tout dépend du métamorphe, de son animal, de ses capacités d'observateur voire de son entraînement. Mais j'vais te dire le truc qui est quasi infaillible, du moment que le vent va dans le bon sens ou qu'on est simplement suffisamment près..."

Il posa un doigt sur son nez sans la quitter des yeux.

"C'est l'odorat qui nous trahit dans la majorité des cas. Je sens pas l'humain pour toi, tu sens pas l'humaine pour moi non plus. A ta santé."

Il termina le verre, qu'il avait déjà bien vidé.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Jeu 14 Mai - 11:29

Ce temps d'arrêt est atrocement long. Il choisie sa réponse ou il hésite à me sauter dessus ? Je n'aime pas quand les réponses se font du tac au tac je l'avoue mais quand elles tardent à venir je ne sais plus quoi penser. C'est peut être parce que je prend moi-même le temps de réfléchir avant de parler, de calculer les conséquences éventuelles de chacun de mes mots. De ce fait, j'ai l'impression que les autres font pareil. Alors je me méfie de ceux qui répondent trop vite et de ceux qui réfléchissent plus d'une demi seconde pour répondre par une question dont ils ont déjà la réponse et ce avant même que j'ai posé la question. C'est entièrement ma faute, je n'ai pas qu'à être aussi calculatrice. Pourtant, je commence à trouver ça plutôt plaisant. Qu'un homme prenne le temps de choisir ses mots avant de me répondre. Comme s'il me inconsidérée dangereuse ou à caresser dans le sens du poil. J'aime cette sensation de puissance prédatrice que je ressent à cet instant précis. Même s'il n'en est rien, ce n'est pas interdit de fantasmer que je sache.

Mes sourcils se froncent d'étonnement méfiant. Il m'a percé à jour, plus que je ne le pensais...étrange. Peut-il vraiment lire aussi facilement en moi ? Ou est-ce que cela à un rapport avec la fin de sa phrase. Je ne répond. Sa question à clairement l'aire d'être rhétorique. Inutile de se précipiter pour répondre à une évidence. Il y aurait donc un moyen pour les métamorphes de découvrir les vampires ? Un moyen imparable de toute évidence.Voilà qui ne va pas arranger mes affaires. La tutrice m'avait prévenue que la liste de mes ennemis s'était allongée en même temps que ma vie écourtée. La non-vie promet de ne pas être de tout repos. Il va donc falloir que je me méfie des métamorphes et peut être aussi d'autres outres. Lesquels sont-ils encore capable de me mettre à jour aussi facilement qu'en s'approchant un minimum de moi. En tout cas je sais d'expérience qu'un humain aussi méfiant soit-il ne se doute de rien tant qu'il n'a pas mes crocs plantaient dans la gorge.
Je secoue la tête. Pourquoi faut-il je pense à cette horrible nuit maintenant ? Mes démons me rattrapent un peut trop vite à mon goût.

Il me fait à nouveau penser à un mercenaire à sa façon d'analyser, peut être, son environnement. Je le voie bien qu'il repaire les lieux, je ne suis pas si naïve non plus.Soit ça vient de son instinct animal, soit c'est son mode de vie. J'en ai connue des roms qui à force d'avoir agir hors la loi – plus que d'ordinaire, je veux dire – finissaient par être constamment sur le qui-vive. Ceux-là font rarement de vieux os. La pression permanente fini par les pousser à faire des erreurs et c'est là qu'ils se font avoir.

Me voilà entrain de hocher la tête totalement incrédule. Cet « homme » est-il un modèle de tolérance pour parler ainsi ? Voilà une chose à laquelle je ne m'attendais pas. Ces mots sonnes étrangement. Même de mon vivant je n'ai que trop rarement entendue se genre de discourt. J'aurais bien voulut le rencontrer avant de mourir. Il a beau avoir une tête à faire peur et l'allure qui va avec, en fait il n'est se qu'il paraît. L'expression se méfier des apparences ou on juge pas un livre à sa couverture n'a jamais aussi bien collé à une personne qu'à lui. Le décalage entre son paraître est se qu'il me montre de lui et juste énorme. En fait il, cet homme qui me fait froid dans le dos est profondément bon. Ou alors c'est un excellent acteur. Mais j'ai envie de croire qu'il sincère et honnête. Je suis sincèrement impressionnée.

Reprend toi ma vielle, on dirait que tu va baver. Je décroche avec difficulté mon regard ébahit de l'étranger. Combien de fois n'ai-je pas rêvé qu'un étranger parle ainsi ? Combien de fois j'ai espérer voir les mentalités changer ? Et voilà qu'au fin font de mon troue je trouve quelqu'un d'encore plus tolèrent que je ne l'ai jamais été.

Trêve de rêverie. Voilà la réponse que j'attendais. Alors c'est aussi simple que ça ? C'est juste une question d'odorat. C'est plutôt logique maintenant que j'y pense. C'est vrai que je sens les métamorphe, c'est donc normal que moi aussi j'ai une odeur qui me différencie des humain. Je me détend tout à fait. Donc aucun moyen pour que je me dissimule entièrement aux yeux et aux narines d'un métamorphe.

Je lève la bouteille dans un geste tellement mécanique et connue que la phrase « tu en veux ? » n'est aujourd'hui plus que superflu. Elle en deviendrait même insultant tan elle sous-entendrait que l'interlocuteur à besoin de sous-titre. C'est pas tout ça mais si je n’entretiens pas un minimum la conversation on va finir par croire que je suis devenue muette. Puisqu'il a décidé du ton à employer, autant le suivre.

« Moi c'est Esmera...Esme si tu préfères. Ravie d'avoir une compagnie qui ne risque pas de partir en hurlant ou m'attaquer, sa me change de ses derniers jours. »
Ou qui cherche absolument a se que je la morde aussi, mais bon sa gâcherait l'ambiance de le dire. C'est vrai qu'entre le métamorphe de  la boite de nuit, la riche mexicaine et l’espèce de métamorphe de gros chat qui m'a sauté dessus, ça change quelqu'un qui discute calmement.

« C'est vrai que ça ne fait pas plus de quelques jours que je me suis faite attaquer et que...heu...tu voies quoi. » Pas facile de trouver les mots pour dire ça. On avait dit pas d'évidence inutile! Oui mais bon, autant que se soit clair. Et puis ce n'est pas une évidence qu'un connard m'a transformé contre mon grès. Là au moins il sait que je n'avais pas pour ambition de devenir un suceur de sang sur mes fiches d'orientations scolaires. Et puis il faut que j'arrête de dire « jours », maintenant, le mot approprié c'est « nuit ».

Et voila j'ai due pourrir l'ambiance. Sans déconner, est-ce que c'est un jour a parler d'agression ? Non ! Bon alors...
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Sam 30 Mai - 14:17

Blake répondit par un geste muet au geste muet de sa voisine : il n'y avait effectivement pas besoin de mots. Le silence était plus lourd de sens que n'aurait pu l'être n'importe quelle phrase bateau. Il esquissa un sourire roublard tout en mettant le verre à portée de la bouteille. Il n'avait aucune raison de refuser l'offre : il en faudrait plus que ça pour lui bourrer la gueule, chose qu'il ne pouvait certes pas se permettre, même si c'était toujours tentant, histoire de repousser la déprime durant quelques heures. Avec la saison des amours qui débutait et une compagnie si peu habillée, en plus d'être agréable à l’œil, ce type de perte de contrôle volontaire aurait été spécialement peu raisonnable.

Lorsque la jeune femme se présenta, le loup ne put s'empêcher de sourire de plus belle : un sourire dur, cynique, pas forcément très adapté en vue de la situation. Cette fille venait d'être transformée, elle était totalement paumée, elle n'était certainement pas d'humeur à l'humour noir: il y avait de bonnes chances pour qu'elle se traîne des traumatismes récents, pas encore forcément bien cicatrisés. Mais voilà... Si le tueur avait décidé de se mettre à la retraite et si sa personnalité avait régressé de quelques degrés, qui le rapprochaient de l'homme qu'il avait été avant que le ciel ne lui tombe sur la tête, il y avait des blessures, des erreurs, des choix, qui quoiqu'on fasse laissaient des traces indélébiles. Son regard devenu opaque dériva sur le paysage. Son expression moribonde prouvait que ses pensées s'étaient un peu éloignées du sujet. Une voix corrosive lui vrilla la cervelle : lui non plus n'avait plus franchement l'habitude qu'on l'accueille à bras ouverts, sans méfiance, ni défiance, ni agressivité, ni effroi. Oh... Il l'avait cherché, il ne le niait pas. Et il savait pertinemment que sa gueule était à faire peur - au bas mot. Reste qu'il se sentait en mesure de comprendre la frustration que la gamine devait ressentir, quand bien même ils étaient très différents : il l'avait cherché. Elle, il semblait qu'on la lui avait imposée. Un éclat de rire froid lui échappa.

"Blake. Je crois que je vois ce que tu veux dire... Mais ça devrait se tasser pour toi, une fois le temps d'adaptation passé."

Il ne chercha pas à apprendre dans quel contexte ses compagnies des derniers jours étaient "parties en hurlant". Un sourire involontairement trop pointu à une petite mémé pro-TPH... Un pas de trop dans la direction d'un métamorphe souris, une perte de contrôle involontaire, qui aurait éventuellement pu mal se terminer... Oui. Même ça, il était capable de l'envisager sans juger, pour la très bonne raison qu'il était la dernière personne en mesure de le faire : il avait fait tellement pire, avec ou sans son sang froid, qu'il était franchement mal placé pour faire la morale à qui que ce soit. Rien à voir avec Terry non plus... Le chemin qu'avait suivi ce cinglé paranoïaque était bien différent. Même ainsi... Blake s'était rendu compte qu'il avait failli faire pareil, alors même qu'il faisait son possible pour ne pas lui ressembler. C'était cette prise de conscience qui -partiellement du moins - lui avait fait perdre foi en ce qu'il faisait. La colère s'était évaporée en ne laissant derrière elle plus que désolation, détresse, abattement.

Il n'avait pas suivi les chemins de son propre inconscient. Par contre, il sentit la vague de tristesse et de désespoir s'abattre sur lui lourdement. Il dût s'accrocher comme un forcené pour ne pas se laisser emporter par ce flot de douleur incohérent. Pour continuer à suivre la discussion, et ne pas laisser la jeune vampire seule avec ses aveux, et la carcasse échevelée d'un changeling dépressif. Impossible, cependant, de ne pas remarquer son changement d'humeur. Il tourna la tête en direction d'Esmera afin de la regarder dans les yeux. Il essayait d'assimiler ce qu'elle venait de lui dire. Quand il y parvint, une pointe de colère parvint à le ranimer. Il émit un grognement étouffé, et prit une gorgée de liquide.

"Un accident ? Ou bien un enfoiré que ça amuse de laisser des nouveaux vampires sur le pavé ?"

Tout compte fait, il y avait encore des choses qui étaient capables de le révolter : durant sa carrière de tueur, il avait parfois dû torturer. Il avait parfois dû tuer des innocents pour couvrir ses traces et il l'avait fait sans sourciller, sans ressentir le moindre remord. Mais le sadisme gratuit... Ça, c'était quelque chose qu'il ne pouvait pas comprendre et encore moins supporter. Il fut soulagé de se rendre compte qu'il s'agissait d'une différence résiduelle entre lui et l'alpha maudit qui avait détruit sa vie. Il passa le verre d'alcool à moitié plein à la rouquine : elle risquait d'en avoir besoin rapidement, vu le thème abordé.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Sam 6 Juin - 0:43

De l'humour acide. C'est tout à fait ce dont j'avais besoin pour arrêter de me lamenter sur mon sors. J’achète ! Il pense que ma situation va s'arranger quand j'aurais fini de m'adapter à mon nouvel état ? Moi je pense que rien ne bougera temps que je n'aurais pas fait un des deux choses suivantes : Une : fait une psychanalyse de trois ans ou trente ans – en fonction du thérapeute - ; Deux : obtenir vengeance – et ce n'est pas avec la justice vampire que je l'aurais -. Ou alors il dit ça par pitié pour que je me sente mieux. A sa tête je dirais que ce n'est pas son genre. Mais depuis tout à l'heure, son comportement n'est absolument pas en adéquation avec son attitude. Du coup je hoche la tête sans vraiment savoir à quel point il est sincère dans ses dires.

« Un accident ? »

Je pars dans un rire ironique et plein de dégoût. Je ne pensais pas que j'étais capable d'un tel son. Mais un monstre a brisé quelque chose en moi, c'est normal que mon comportement en soit altéré.

« Je ne pense pas non...Je ne pense pas qu'après m'avoir battue à mort...violé et vidé de mon sang, ma transformation soit un accident. » J'ai une petite pointe de je ne sais quoi qui fais que je sens bien que j'ai comme une amertume coincée dans la gorge.

Ça non, ce n'était pas un accident. Je ne me suis d'ailleurs jamais posée cette question. Même pas après avoir sauvagement attaqué, et par accident, une humaine. Même sans l'intervention du métamorphe, je sais que je n'avais pas l'intention de le faire. Alors, je sais très bien qu'il n'a pas fait ça par accident.


Super. J'ai vraiment pourrie l'ambiance. Qu'est-ce qui m'a pris de dire ça ? Oui je suis en colère et oui je n'ai pas encore pue l'extérioriser, mais est-ce une raison pour le faire devant un inconnue qui a certainement autre chose à faire que de m'entendre me lamenter sur mes petits problèmes...Petits problèmes ? PETITS PROBLEMES ? Pour de vrais ? A qui je veux faire croire ça ? J'ai pas bientôt fini de me voiler la face ?

Je prends le verre qu'il me tend et je le vide. Je en pense pas que ça me fera l'effet que j'aurais bien besoin, mais rien que pour le geste...Il y a une chose qui pourrait me mettre les idées en vrac et me faire complètement penser à autre chose. Le sang d'un métamorphe. Avec ça, je suis sûre de m'enivrer a ne plus penser à quoi que se soit. Cette chose est à ma portée, et pourtant, je n'en ai pas vraiment envie. A croire que je me complets dans mon état actuel.

En même, il est hors de question que je laisse ma colère retomber. Si je le faisais, je ne suis pas sûre que j'aurais encore la volonté de chercher ma justice. Il faut que j'entretienne ma haine ! Elle est ma bouée de sauvetage. Au moins, avec elle ne fais pas du sur-place.

« Excuse moi. Tu n'as certainement pas envie d'entendre se genre de chose. Mais je ne me laisse pas abattre, crois moi, le jour où je le trouve... »

Est-ce que j'ai besoin de continuer ma phrase ? Le jour où je le trouve, il regrettera ne pas être vraiment mort. Il préférera être un cadavre inanimé.


C'est bien beau tout ça. C'est bien beau de vouloir faire ça. Mais sérieusement, est-ce que j'en suis capable ? Je ne suis pas un chasseur. Je ne sais pas à quoi il ressemble. Je ne sais même pas par où commencer. Je ne sais pas me battre contre un vampire. Il est sûrement plus puissant que moi, plus fort, plus rapide...

« Si je le trouve... » Laisse échapper dans un souffle.

Si au moins j'avais encore le soutien de la Famille. Mais même ça il me l'a prit. Je n'ai plus...

« D'une façon ou d'une autre je le ferais payer ! »
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Mar 7 Juil - 12:00

La rouquine eut un rire qui fit écho à beaucoup de choses, à l'intérieur de Blake. Le dégoût, le cynisme, c'était des choses qu'il connaissait bien. Ce genre de son, il ne l'avait entendu que dans la gorge de ceux à qui la vie a fait dans les pires crasses qui soient. Généralement du genre sale, avec des morts, ou pire. Son visage se départit de toute expression autre que la concentration. Il tourna les yeux sur Esmera, impassible, peu soucieux de savoir ce qu'elle pouvait bien penser de lui et de ses hypothèses visiblement gentillettes vis-à-vis de ce qui était réellement arrivé. Il attendait la suite : Arrêterait-elle là les confidences, ou bien déciderait-elle de lui donner le détail de ses mésaventures ? Il se sentait d'humeur attentive, ce qui était probablement aidé par le fait qu'il se foutait comme d'une guigne de ce qu'une vieille carne comme lui pouvait devenir, et qu'il était fatigué de ses propres problèmes. Cette jeune vampire, elle, avait encore un avenir, contrairement à lui. Enfin... Il ne la connaissait pas suffisamment pour en être certain, mais au moins il en avait l'impression.

Il n'aurait pas (ou plus) pensé pouvoir ressentir une colère empathique aussi sincère que spontanée, surtout pas pour une étrangère. L'ancien Blake, celui qu'il avait laissé crever à San Jose avec le reste de sa famille, l'aurait pu. C'était l'une de ses spécialités. Ça lui avait valu pas mal de problèmes à l'époque. Peut-être était-ce l'une des nombreuses choses qui avaient amené Terry à se méfier de lui, puis à penser qu'il cherchait à lui voler sa place d'alpha. Néanmoins il n'aurait pas pensé qu'il restait quelque chose de suffisamment vivant dans le monstre qu'il était devenu pour que ce type d'émotion viscérale puisse encore lui tordre les boyaux, bloquer sa gorge, faire briller les trous noirs qui lui servaient d'yeux, et serrer ses mâchoires. Peut-être faisait-il un transfert. C'était sans doute le cas, vu la bile qui lui était montée dans la bouche, vues les images ensanglantées qu'une telle description pouvait faire remonter à la surface.

Un grognement qui n'était qu'à moitié humain passa entre ses dents tandis qu'il essayait de revenir dans la réalité. Il avait détourné les yeux et passait une main sur son visage en regardant le ciel. Bon sang... Il existait bel et bien des criminels qu'il serait à jamais incapable de comprendre. Une petite voix agaçante, dans sa tête, essayait de détourner son attention du véritable sujet : "Oui mais la transformation en elle-même n'est peut-être qu'un accident tout de même ! Quelles auraient été les raisons de ce type de vouloir que sa victime devienne un vampire orphelin ? L'a t-il amochée au point que c'était devenu pour elle son unique chance de survie ? Là encore, l'acte de transformation est inutile vu que lorsqu'elle n'est pas consentie, la justice la considère aussi durement qu'un véritable meurtre. Alors aurait-il eu des remords et serait-ce une manière de se donner bonne conscience, lui "sauver" la vie ? Nan... Une ordure pareille ne connait certainement pas le remord. Du pur sadisme ? Juste pour pouvoir fantasmer dessus ? Ou bien est-il suffisamment cinglé pour la surveiller, comme un rat de laboratoire ?". Il se fit violence afin de cesser ses théories foireuses : il n'était pas en train de tenter de faire le profil de la cible de son prochain contrat. Peu importait que l'agresseur d'Esmera l'ait transformée volontairement ou non, finalement : après qu'il l'eut battue, qu'il eut violé son sang, et violé son corps, il n'y avait pas à tortiller.

"...Quel salopard..."

Du coin de l'oreille, il se rendit compte qu'elle s'excusait. Il cligna des yeux et lui accorda à nouveau son attention. Ses inquiétudes étaient infondées, mais elle ne pouvait pas le savoir.

"Ne t'excuse pas : j'ai l'habitude d'en entendre, et d'en voir des vertes et des pas mûres. Si quelqu'un devait demander pardon, ça serait à ton agresseur de le faire. T'es pas responsable pour lui, et si tu as besoin d'exprimer ce qui t'es arrivé, faudrait être sacrément con pour t'en vouloir et encore plus pour chouiner."

Légèrement distant, il goûta l'envie de vengeance qu'il avait entendue dans la voix de la jeune vampire, qu'il avait lue dans ses yeux, et qu'elle avait fait passer à demi-mot dans ses propos. C'était quelque chose qu'il comprenait, ô combien parfaitement. Néanmoins, il en était à ce stade où il se demandait si c'était vraiment une bonne idée, de se laisser aller à ce besoin de traque, de sang, œil pour œil et dent pour dent. C'était comme ça qu'il avait sombré. Qu'aurait été sa vie, si il s'était arrêté après Terry ? Voire si il avait laissé quelqu'un d'autre le traquer et avait écouté Ian, en restant à San Jose ? Aurait-il seulement été capable de survivre, ou aurait-il mis fin à ses jours dans la semaine suivante ?

"... Je peux t'aider à le trouver. Mort ou vif, comme tu préfères. Mais crois moi... au bout du compte et même si tu le rencontres, si l'un de nous deux doit avoir du sang sur les mains, il vaut mieux que ça soit moi. C'est pas quelque chose d'anodin. Ça serait encore quelque chose qu'il t'enlèverait."

C'était sorti tout seul. Son regard subitement hanté, hagard, trahissait la spontanéité irréfléchie de sa proposition. Il avait dit qu'il arrêtait... Qu'il en avait fini avec ce job. Mais ce n'était pas comme si il acceptait un nouveau contrat : il n'y avait pas d'intérêt commercial là derrière, pas de question financière, rien d'autre que l'envie d'aider cette fille, qu'il ne connaissait que depuis quelques minutes, mais qui pour des raisons qui le dépassaient attirait sa sympathie.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Ven 17 Juil - 15:17

Le son qui sort de sa gorge n'a vraiment rien d'humain. On dirait un prédateur. Plutôt canin, mais certainement pas un chien. Ça doit venir de l'animal en lequel il se transforme. J'avoue que ça ne me surprend pas qu'il s'agisse d'un prédateur. Il n'a absolument rien d'un lapin. Je me demande à quoi il ressemble. Un loup noir et massif peut être, avec des yeux jaunes et luisants d'une lueur cruelle... un véritable traqueur qui pourchasse sa proie, lui tourne autour, la laisse s'échapper mais ne lui laisse aucunes chance, jamais... Le grand méchant loup en personne. Mais je n'ai rien du petit chaperon rouge. Je dirais même que les rôles sont ici inversés. Pour le moment il a l'air si docile et gentil alors que moi je dégouline de colère.

Ce grognement fait vibrer une chose au font de moi. Une chose bestiale et primaire que je ne connaissais pas. C'est plutôt surprenant et même très...étrange.

Preuve qu'il n'a rien du grand méchant loup violeur de mère-grand et de petite fille, il est empathique. En plein sur ma longueur d'onde. « Salopard » le mot est un doux euphémisme appliqué qui m'a mise dans cet état.
Même si les événements importants de la vie d'une gitane se déroulent de nuit et que je commence à appréhender mes nouvelles facilités, j'aurais mille fois préféré rester vivante. Comment puis-je exister en tan que tzigane alors que de par mon existence je viole un de nos plus grand tabou ?  La Mort...et que la seule chose apte à me nourrir et un deuxième tabou ? Non décidément il aurait été mieux que je sois morte cette nuit là. Est-ce qu'il le savait ? Est-ce qu'il était au courant de se que je suis ? Est-ce qu'il me surveillait depuis plusieurs nuits ou est-ce que c'est juste un hasard, comme je l'ai pensé jusqu'à maintenant ? Maintenant que je me pose la question, c'est vrai que la coïncidence est énorme. Dans les légendes de mon père, les tziganes étaient soumis de force aux chimolos. Ils les servaient et en échange les vampires ne les transformaient pas. Ils ne buvaient même pas de leur sang. Clamant que notre sang n'est pas digne d'eux. Comme s'il avait un goût particulier pour eux, comme si nous n'étions même pas des hommes. Vérité ou encore une manière de nous rabaisser ? Sont-ils capable de faire la différence entre une personne du voyage et une personne ? Alors non, se ne serait pas un accident, se serait bien volontaire. Mais c'est absurde ! Oui ma transformation n'est pas accidentelle. Mais est-ce qu'elle était préméditée ? Est-ce qu'il m'a choisie ? M'a-t-il observé pendant des heures et des nuits pour tout savoir de moi ? Quel plaisir sadique a-t-il assouvie en me frappant à mort et tout le reste ?

Rha ! Toutes ces questions me font bouillir de rage ! C'est encore pire ! Pour quoi je me les pose maintenant ? A croire que le c hoc s'estompe à peine et que je commence enfin à récupérer des facultés de réflexions. Est-ce que la haine peut rendre fou ? Parce que si c'est le cas, il va vite me falloir un psy. Je sens bien que je suis en équilibre sur un fils. De quel côté vais-je tomber ? Car c'est certain, je vais tomber. Rester en équilibre n'est pas une option. Comment vais-je finir ? Est-ce que je vais me noyer dans la colère et disparaître pour devenir autre chose. Quelque chose de sombre et vengeur ? Et quand je l'aurais eu ? Quel tribunal tzigane le jugera ? Qui appliquera la sentence? Moi! Mais est-ce que je me sentirais mieux ? Je ne vais pas revivre pour autant. Alors à se moment, quand j'aurais fini de courir pour ne pas penser aux choses importante, quand il aura payer et que je n'aurais plus de raison d'être en colère. Plus de cible où la diriger... On verra le moment venue. C'est loin d'être jouer. Quand bien même se sera fini, je n'aurais pas fini de courir, car d'après la tutrice je n'ai pas vraiment le droit de me faire vengeance. Mais une tribune vampire ne peut pas comprendre les crimes qu'il a commis. Et j'ai besoin qu'il soit jugé pour ces crimes là ! Ceux qui la commis à l'encontre de mon peuple. Les tabous et les interdits qu'il a violé seul un tzigane peut les comprendre te les juger.

Je hoche de la tête pour approuver ses mots. Oui je n'ai pas à m'excuser. Quand à cet être...des excuses ne suffiront pas. On ne touche pas une femme du voyage, on ne la viole encore moins, on ne vole pas un gitan, on ne touche pas au sang, on ne tue pas un tzigane et on ne l'arrache encore moins à une mort digne pour en faire un nosferatu, un non-mort !


Il faut que je me calme ! La dernière fois que je me suis laissée aller à la colère, j'ai attaqué quelqu'un. Je n'aimerais pas que cela se reproduise, surtout pas avec lui. Sa suffit de se comporter comme une bête sauvage qui mord...Mince. L'image n'est pas correcte avec Blake devant moi. C'est comme sortir une expression qui devant une personne handicapé devient une insulte. Bon, après tout, je peux bien penser se que je veux, il n'est pas dans ma tête et il ne lit pas mes pensées. Encore heureux, sinon il verrait à quel point je peux avoir l'air d'une cinglée en ce moment. A me parler à moi même et à me répondre en plus. Non mais sérieusement...

Quoi ?...

Il vient de me proposer son aide ? Mais...pour quoi ? Je pose sur lui un regard abasourdi. Rare sont les inconnues à m'avoir proposer leur aide. Surtout pas après avoir découvert d'où me vient me physique exotique. Et lui, il propose de m'aider à trouver le monstre ? Comme ça ? Heureusement que je suis morte et que je ne peux plus rougir.

Je me lève d'un bond de la chaise sur laquelle j'étais. Dos à lui, pour pas qu'il assiste à la succession d'émotions qui va s'y lire dans les secondes à venir. Les gens normaux ne proposent pas leur aide à une tzigane qu'ils ne connaissent pas, c'est se que la Famille n'a pas arrêté de me rabâcher depuis que je suis toute petite.. Et s'ils ne font, c'est qu'il y a un piège. C'est viscérale, les gens n'aime pas les marginaux que nous sommes. D'un autre côte, Blake n'est pas se qu'on pourrait appeler un modèle de personne intégré à la société. Alors quoi ? On se serre les coudes entre reclus ? Ou autre chose ? Une vie de méfiance n'arrange pas mon dilemme. Je fais deux pas pour m'éloigner un peut. Mettre de la distance entre moi et cette bouée de secours qui n'est peut être qu'une illusion.

Et puis c'est quoi cette histoire ? Pour quoi c'est lui qui aurait le sang de cet immonde salopard sur les mains ? « Immonde salopard »...ça lui va bien... C'est ma vengeance ! C'est donc à moi d’appliquer la sentence. Je me tourne pour lui faire face. Je suis parfaitement calme.

« Tu crois que je n'en serais pas capable ? »

Ma voix prend un ton cynique et j'affiche un sourire de défit.

« Je suis héritière d'un peuple plutôt vengeur dans l'âme. On a ça dans le sang. Et ce n'est pas parce que je suis toute seule maintenant que ça va changer... »

J'ai refais un pas dans sa direction, juste un. Je ne suis pas encore prête à accepter l'aide d 'un inconnue. Mais je commence à concevoir l’idée que cela soit possible.


« Pourquoi m'aiderais-tu ? Qu'est-ce que tu attendrais en échange ? »

Mes questions sont direct, j'en ai conscience. Elles sont peut être trop brusques aussi. Mais je suis méfiante et je veux en avoir le cœur net. Peut être ne devrais-je pas chercher à savoir. Mais même avec le comportement contradictoire à son apparence qu'il me montre depuis qu'il est arrivé, je n'arrive pas à croire qu'il soit aussi bon samaritain.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Mar 21 Juil - 17:37

Blake n'ayant pas les yeux tournés sur la jeune femme à ce moment là, il entendit et sentit Esmera bondir de sa chaise plus qu'il ne la vit faire. Si il s'était méfié d'elle, et surtout si il lui était resté une once d'instinct de préservation au sein de son océan de pensées suicidaires, peut-être se serait-il redressé, aurait fait quelques pas en arrière et aurait adopté une position défensive juste au cas où. Mais il n'avait ni la force ni l'envie de faire une chose pareille : d'une, il doutait que la jeune vampire pète un câble et se décide à l'attaquer dans un moment pareil. De deux, il n'avait pas envie de l'affoler plus qu'il ne l'avait visiblement déjà fait avec ses propositions étranges. Ok. Il devait bien l'avouer : il avait dû paraître trop enthousiaste pour être honnête. Il ne pouvait pas blâmer Esmera : à sa place, il se serait méfié lui aussi. Puis il ne fallait pas qu'il oublie d'où elle venait. Il n'était pas totalement inapte à appréhender ce qu'elle pouvait penser : il se souvenait encore de l'attitude de la meute face au reste du monde, et notamment face à ces normes qui les jugeaient en permanence et se pensaient suffisamment supérieurs pour leur interdire d'avoir les mêmes droits qu'eux. Ian mettait de l'eau dans leur vin lorsqu'il le fallait, mais ils avaient tout de même de bonnes raison d'être sur la défensive. Il savait que son comportement égal, peu soucieux des origines de chacun, autant que possible dénué de préjugés, n'était pas forcément bien accueilli par tout le monde. Reste qu'il avait sincèrement envie d'aider et qu'il n'allait pas faire semblant d'être réticent à cette idée sous prétexte qu'elle était gitane juste pour lui faire plaisir en la mettant dans une situation plus habituelle et qu'elle saurait mieux gérer, nan... Par contre ce qu'il pouvait faire, c'était la fermer tant qu'on ne lui demandait rien, éviter les gestes brusques... Bref. Faire en sorte de ne pas prendre la gueule d'une menace potentielle... Ce qui n'était certes pas évident vu sa dégaine éternelle.

Sans bouger, le regard fixe, à l'affut, il attendit qu'elle parle. Et lorsqu'elle le fit, il s'autorisa enfin à tourner la tête, à lever les yeux dans les siens, mortellement sérieux.

"Si je croyais que tu n'en étais pas capable, j'aurais pas pris la peine de te donner ce conseil. C'est justement parce que je crois que tu en es tout à fait capable que je te le déconseille. Mais ne t'inquiète pas : c'est ton histoire, ta décision. Je ne te mettrai pas de bâtons dans les roues, je me contente de te proposer mon aide. Je ne te l'imposerai pas si tu n'en veux pas."

Blake avait évolué dans un monde bien sombre où il avait vite appris qu'il n'y avait pas que l'habit qui ne faisait pas le moine : peu importait ce à quoi une personne ressemblait, sa jeunesse, son apparente fragilité. Une bête pouvait se cacher sous n'importe quel masque, et ceux qui avaient subi l'injustice pouvaient devenir les plus dangereuses d'entre elles. Il aurait vraiment voulu qu'elle le laisse porter le coup final et évite de salir le bout d'âme que son agresseur n'avait pas réussi à lui voler... Mais ce n'était pas à lui d'en décider, et qui sait ? Peut-être était-ce déjà trop tard. Que savait-il d'elle après tout ? Il voulait qu'elle comprenne qu'il était prêt à l'aider selon les conditions qui lui conviendraient. C'était d'elle dont il s'agissait : pour lui, cette situation n'était qu'un écho grotesque aux événements qui l'avaient mené à ce qu'il était devenu.

Il était tout à fait normal qu'elle se demande d'où lui venait cet élan de générosité. La gratuité, ce n'était pas quelque chose de naturel dans ce monde pourri. Lui-même avait fait payer cher ses services durant de très longues années et c'était bien la première fois qu'il proposait de faire un boulot contre rien du tout. Il allait falloir qu'il lui serve un bobard... Non. Il se rendit compte avec une pointe d’étonnement sincère qu'il n'avait absolument pas besoin de mentir. Au contraire : il avait envie de parler. De s'expliquer. Même si il n'était pas sûr d'avoir les mots. Il soupira et baissa la tête, troublé.

"Tu m'étonnes, que ça a l'air bizarre... En vérité je t'ai proposé ça sur un coup de tête, sans arrière pensée. Je fais pas grand chose de ma vie ces derniers temps. Un dernier but avant d'en avoir terminé... J'imagine que ça peut pas faire de mal. Même si j'avais dit que je décrochais..."

Un sourire triste apparut au coin de sa lèvre, moins dur que toutes les expressions qu'il avait eu jusque là. Le fantôme d'une époque révolue qui remontait à la surface tandis que les souvenirs affluaient. Lorsqu'il prit la parole, sa voix donnait l'impression de s'être enrouée :

"...A une époque, j'avais..."

Il s'arrêta. Il avait faillit dire des mots qui n'étaient jamais sortis, mais ils étaient restés bloqués dans sa gorge. Ils étaient encore trop douloureux, ainsi que l'exprima la grimace dans laquelle il perdit son soupir suivant.

"... j'ai perdu tout ce que j'avais à cause de l'alpha de ma meute. Je l'ai traqué, je l'ai tué, ma vie a basculé dans la violence. Disons que je suis spécialement bien formé pour traiter ce genre de problèmes...Et que j'ai aucune confiance en la justice d'état."

... Et il y avait ce sentiment d'attachement étrange. Était-ce la saison des amours qui lui jouait des tours, ou bien Esmera avait-elle réveillé en lui des souvenirs d'une autre vie, tandis qu'il était spécialement vulnérable en ce moment ? Il osait à peine formuler cette idée, tellement elle lui semblait indécente. Cette gamine ne pouvait pas lui rappeler sa fille, et encore moins ce qu'elle aurait pu devenir si elle n'était pas morte. C'était... malsain. Et pourtant, il avait bien peur d'avoir mis le doigt sur l'un des nœuds du problème.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Mar 18 Aoû - 23:17

Il a vraiment l'air sérieux. Quelque chose dans ses yeux veux me le faire croire ça ne fait aucun doute. Mais comment pourrais-je y croire ? C'est bien la première fois que j'ai une interaction sociale sérieuse avec un outre. Je ne préfère pas compter Devon, lui c'est autre chose. Ce n'est que charnel. Alors que là...Est-ce qu'ils sont aussi bon menteurs que les gitans ? Aucunes idées. Rare sont ceux qui ont put me monter un bobard sans que je ne m'en aperçoivent, ou même sans que j'ai un petit doute à un moment donné. Mais là, rien. Mon détecteur est en panne. Même pas un petit bip d'alarme.

C'est pour ça que je me méfie autant. Comment ce pourrait-il qu'un inconnue à qui j'ai seulement offert un verre veille me rendre un service aussi grand ? Ce n'est pas non plus qu'il soit grand le service, mais plutôt qu'il s'agisse d'un meurtre. Même si le mot n'a pas été prononcer, ils parlent ni plus ni moins de traquer, trouver, enlever, juger et finir par mettre fin à l'existence de quelqu'un. Est-ce que j'en suis vraiment capable d’ailleurs ? Ce n'est non plus comme si j'avais été sans reproche toute ma vie. Bien sûr j'ai fait du vol de porte feuille. Mes parents présentaient ça comme un jeu plutôt que de la malhonnêteté, mais en vérité, il fut un temps où c'était une nécessité. Heureusement pour moi cela n'a pas durée. Mais je sais comment récupérer une poule grâce à un grains de maïs et du fil ou acheter un cochon par cher avec une éponge et des tranches de lard.

Un dernier but ? Décrochais ? Mais qu'est-ce qu'il est en train de m'avouer ? Est-ce que c'est vraiment ce à quoi je pense ? Alors j'avais raison, il est loin, très loin d'être un bon samaritain. Le grand méchant loup dévoile son visage petit à petit. Pourtant je ne crains pas pour ma vie. Ou plutôt pour ma non-vie. Cet homme ou quoi qu'il puisse être et venue à moi sans arrière pensée, cela je le crois. Il a entendue ma musique et elle l'a guidé à moi. Moi qui suis dans une impasse d'où je n'arrive pas à sortir. Il a entendue des brides de mon histoire et il me propose son aide gratuitement. Et là il m'avoue à demi mots qu'il un tueur à gage à la retraite. Comment croire que ce n'est pas l'accroche d'un roman qui commence mal ? Et ce sourire...

J'ai peur. J'ai vraiment peur. De quoi? Je ne sais pas. Qu'est-ce qui me terrorise à cet instant précis? Je ne suis pas sûre. La promesse d'avoir bientôt en mon pouvoir l'immonde salopard, ou le fait que Blake me dise qu'il veuille m'aider, comme ça. Allons bon, c'set vrais que le voir me proposer son aide me déboussole. En plus voilà qu'il m'annonce que tuer des gens, ce n'est pas forcément la chose la plus compliqué qu'il est fait. Et comme si ça ne suffisait pas, il dis qu'il veut me préserver. Depuis quand un inconnue se fait autant de souci pour moi ? Merde ! Voilà que je me mes à trembler. Je suis comme tétanisé. Quelle idiote je fais ! Rien n'est gratuit dans ce monde, je suis bien placée pour le savoir. Oui rien n'est gratuit...

Je me reprend et me redresse. Les quatre mots qui viennent de sortir difficilement de sa bouche me font réagir. Ils sonne comme un pacte qu'un gajo voudrait passer avec un tzigane. Je ne dis rien, je ne bouge même pas d'un cils et j'attends. Connaît-il les anciennes coutumes ? Non. Il a voulut dire une chose que son âme refuse de laisser échapper. Une chose encore trop douloureuse pour être dite. Pourtant, il essaye, mais ce qu'il dit n'est pas important. Non ce n'est pas les mots qu'il utilise qui sont important.

Je m'approche. Un, deux, trois...J'ai largement dépassé le périmètre que j'avais ériger pour m'éloigner de lui. Mais...je ne sais pas, il y a quelque chose dans ces mots qui ne voulaient rien dire tant que la phrase ne sera pas fini qui me pousse vers lui.

Je me mets à genoux juste devant lui, fixe mes yeux verts dans les siens et pose doucement mes mains sur ses genoux. Ma voix est calme, assurée.

« Dis moi. »

Oui c'est un peut léger, mais est-ce que j'ai vraiment besoin d'en dire plus ? Est-ce que j'ai besoin de grandes phrases pour lui demander de me parler de cette fameuse époque ? C'est vrai qu'il n'est pas issue de la même culture que moi. Pourtant mon père me l'a bien apprit « Si un gajo, te raconte son histoire, tu dois l'écouter et raconter la tienne pour le remercier de son cadeau. ». Car oui, une histoire est un cadeau pour des gens dans la seule culture est orale. Toutes les histoires son précieuses. Surtout celles qui parlent du passé qui fait se que nous sommes aujourd'hui. Alors

« Si tu veux vraiment lier ton existence à la mienne, il faut que tu me parles. Moi aussi je te parlerais, et après seulement nous prendrons la décision. »

J’espère ne pas paraître trop étrange à ses yeux. Et encore, il n'a pas encore vue comment on selle un vrais accord avec un tzigane. C'est quand même fous que je me raccroche autant à mes origines, maintenant que ce que je suis devrait m'en priver. Mais ce n'est que lorsqu'on perd quelque chose que l'on se rend compte à quel point on y tien.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Mer 19 Aoû - 1:18

Si Esmera avait souhaité lui faire perdre ses moyens, elle n'aurait pas pu s'y prendre mieux, ni à un meilleur moment. Tandis qu'il avouait des choses difficiles, Blake avait fait une chose qu'il ne faisait presque jamais : il avait baissé sa garde. Il était devenu plus vulnérable à plusieurs éléments. A la saison des amours, tout d'abord. Ensuite, à tout ce qui pouvait provoquer en lui un éventuel débordement émotionnel. Les deux étaient bien évidemment tout à fait capable d'agir de concert et d'augmenter considérablement leur effet ce faisant. Blake tiqua : Esmera s'était installée dans une position qui rendait beaucoup trop visible sa... robe transparente, et ce qu'elle avait en dessous. Il eut l'impression qu'il faisait subitement beaucoup plus chaud, ce qui fit naître en lui un sentiment hideux : Esmera était ou paraissait trop jeune, il l'avait déjà associée au fantôme de sa fille. Se mettre à fantasmer sur elle à cet instant précis lui paraissait atrocement sale et il culpabilisait presque autant que si elle avait effectivement été de son sang. Il eut un spasme dans le genou qu'il tenta de contenir. Il leva un regard vacillant. Les pics de douleur qui s'étaient réveillés lorsqu'il avait expliqué sa situation étaient encore loin d'être partis : ils vinrent au contraire se mêler à ses nouvelles préoccupations jusqu'à ce que se forme en lui une véritable tempête d'émotions. Il lui aurait fallu plus qu'une carte ou qu'une boussole pour être capable de faire du rodéo sur une bête pareille. Ses yeux étonnamment vivants, surtout lorsqu'on considérait qu'ils étaient généralement parfaitement vides, donnaient une idée éloquente du trouble qu'il traversait. Il dut attendre un long moment avant d'être capable de prononcer le moindre mot. A force d'essayer, il parvint à occulter la tentation charnelle. Dès que sa libido fut revenue à un niveau plus acceptable, il parvint à reprendre là où il s'était arrêté.

Plus que l'explication qui avait suivi, ces deux mots - "Dis moi" - lui avaient fait un choc inattendu : il avait senti son sang ne faire qu'un tour. Une dose d'adrénaline inhabituelle s'était déversée dans ses veines, avait dilaté ses pupilles. Il n'avait pas compris pourquoi il avait froid, ni pourquoi son cœur battait à tout rompre, si fort qu'il avait l'impression qu'il n'allait pas tarder à lâcher. Maintenant qu'il avait retrouvé quelques capacités de réflexion, il comprenait qu'il devait être... paniqué. Ou effrayé. Ou les deux. Lui qui s'était dissocié de son humanité et de ses vulnérabilités, ça faisait très longtemps qu'il n'avait rien ressenti de tel : il ne se souvenait plus de la dernière fois où une telle chose était arrivée. Avait-il peur de parler ? Peur de devoir se souvenir ? De revoir ces images, de risquer de revivre l’événement ? De visualiser tout ce qui aurait pu être et n'avait jamais été ? Pouvait-il vraiment parler de tout ça sans risque lorsqu'il n'avait toujours pas osé déterrer les reliques du passé qu'il avait gardé cachées dans ses affaires tout ce temps ? Ça n'était pas tout à fait vrai : cette dernière année, il avait passé son temps à confronter les choses qu'il avait si longuement évitées - il n'avait pas eu le choix. Le retour de sa forme de loup avait éveillé ses souvenirs masqués, ses émotions éteintes. Il s'était rappelé de tout ce qu'il avait ressenti lorsque sa vie avait basculé. Parler, c'était le degré de détails suivant. Le goût de la neige canadienne lui revenait en bouche.

En avait-il seulement besoin ? Après tout rien ne l'obligeait à aider cette fille, quand bien même quelque chose le poussait vers elle. Était t-il nécessaire qu'il se plie à son rituel ? Ou plutôt, cela en valait-il le coup ? Il se souvint alors du fait qu'il avait été celui qui avait eu envie de se confier. Il n'avait jamais essayé jusqu'à présent, et il n'aurait jamais pensé que ça serait si difficile. Tout d'abord, il fallait qu'il se calme. Il plongea son visage dans ses mains et expira longuement. Son pouls décéléra légèrement. Il ne savait même pas quels mots il aurait dû utiliser. Ni par quoi il aurait dû commencer. Tout le monde était mort. Ça faisait beaucoup de choses à décrire.

"..."

Les mains liées, mais le visage de nouveau dégagé, il leva les yeux pour croiser ceux d'Esmera. Il ne voulait pas rester sur cet échec, peu importe la raison pour laquelle il voulait dépasser ce stade auquel il stagnait depuis trop longtemps. Mais la charge était encore trop dure à supporter pour lui. Lentement, ses émotions refluèrent et lui permirent de se cacher derrière une nouvelle barrière, plus fragile que celle qui lui avait permis de tenir les quinze dernières années : celle-ci ne durerait sans doute pas plus que quelques minutes, juste le temps de prendre la distance nécessaire à la préservation de son peu de reste de santé mentale. Bientôt, les billes noisettes étaient redevenues aussi mortes qu'à leur habitude. Son ton quant à lui avait pris cette teinte monocorde que beaucoup lui connaissaient.

"Il a tué ma famille. Ma femme et mes deux enfants. La première avait cinq ans. Le second, à peine un an. Il n'en restait plus rien. Égorgés. Démembrés. "

Il ne voyait rien. Les mots avaient une saveur creuse : ils ne lui appartenaient pas. Leur sens ne l'atteignait plus. Comme si il n'avait pas été concerné. Comme si il s'était contenté de répéter ce qu'on lui avait soufflé dans l'oreille. Il s'arrêta à cette description succincte mais complète et se figea. L'aura dangereuse du métamorphe était revenue en même temps que ses anciennes expressions, et que cet état de "grâce" morbide dans lequel il ne ressentait plus rien, si ce n'est le soulagement de ne plus rien ressentir. Si Esmera avait encore quelques doutes quant à sa profession, ils risquaient maintenant de fondre comme neige au soleil.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Jeu 20 Aoû - 0:13

Mince, je ne pensais pas que mon geste aller le faire réagir autant. Un tremblement dans sa jambe me fige. Il ne vaut peut être pas mieux que je bouge, je risquerais de le faire réagir encore plus. Son regard est étrange. Il me fait douter de se que j’ai crue bon t’interpréter. Peut être que je me suis totalement plantée. Ça ne serait pas la première fois, cela reste une chose rare. Ceci dit depuis ma transformation, je ne suis plus sûre de quoi que se soit. Il a l’air en proie à de fortes émotions. Mais c’est trop chaotique, je n’arrive pas à déchiffré quoi que se soit. Qu’est-ce qui peut bien le mettre dans cet état ? Est-ce que cette « époque » est si troublante pour qu’il en a des tremblements ? Ou alors peut être n’a-t-il pas l’habitude que quelqu’un soit tactile avec lui. Mais ça il devra si faire. Nous autres gitants sommes comme ça. Il faut qu’on touche. Toujours. C’est notre façon à nous de nous exprimer.

Ça je la reconnais au moins. Je la vie quasiment au quotidien pour la reconnaitre entre mille. Bonjour Peur, bonjour Doute, bonjour Panique, moi c’est Esmera. Visiblement je l’ai secoué. Pourtant ce n’était pas le but recherché. J’ai juste voulue agir normalement. Comme l’aurait fait quelqu’un de mon peuple. Comme je l’aurais fait si j’étais encore vivante. Il faut croire que je n’en ai plus le droit. Ou alors c’est lui qui n’est pas préparé à ça. Mais il ne devrait pas paniquer comme ça. Il fuit mon regard ou alors il se fuit lui-même. La deuxième solution est sûrement la bonne. Pourtant il ne devrait pas être aussi affecté par mes mots. Il pourrait m’envoyer chier, je ne le prendrais pas mal. Il a été si gentil avec moi depuis son arrivé. C’est déjà énorme se qu’il a fait et je ne serais pas capable de lui faire comprendre à quel point je lui suis reconnaissante de se qu’il est et de se qu’il m’a apporté pendants ces quelques minutes. Alors il doit m’envoyer chier. Se serait tellement plus facile. La bouée disparaitrait, comme je m’y attendais et tout le monde pourra reprendre sa vie là où elle était restée.

Aucun son ne sort de sa bouche. Elle est comme scellée par un pacte, bien trop lourd pour être rompu. Il est des choses qui ne peuvent être dites. Des choses que notre esprit refuse de laisser s’échapper. Je comprends ça, même si dans ma culture ses choses sont banni, car tout doit être dit, tout doit être partagé. C’est seulement comme cela que notre peuple peu continuer à exister.

Son regard…Il se passe quelque chose. C’est étrange. On dirait qu’inexorablement, comme une vague qui se retire pour mieux fracasser les rochés,  quelque chose s’éteint dans ses yeux. Comme s’il était entrain de me quitter. Il part. Où ? Je ne sais, mais il est entrain de partir, ça c’est sûr. Est-ce qu’il est entrain de se transformer ? Je n’ai jamais vue de transformation de métamorphes, je ne sais pas s’il y a des signes avant coureurs. On m’a aussi parlé de métamorphoses partielles qui seraient induites par de fortes émotions. Mais est-ce que je l’ai secoué à ce point ? Non je ne pense pas. Ou alors son silence viendrait de là. Et je suis en bien mauvaise posture pour m’éloigner de lui et prendre mes jambes à mon coup. Car il est hors de question que je lui fasse de mal.

Ah, il a desserré les dents. Je comprends se qu’il dit, mais je n’entends rien. Comment dire. Se ne sont pas « les » mots qui devraient sortir de sa bouche. On dirait une leçon qui a été apprise et qui est récité. Même si je ne doute pas qu’il ne la récite pas au reste du monde. Mais j’ai comme l’impression que c’est se qu’il se récite souvent à lui-même. Le ton est trop…mort. Il n’y a rien dans se qu’il dit. Pas une émotion, pas une hésitation alors que tout à l’heure il en était remplit. Oui c’set atroce se qu’il me dit.  Et le voila figeait maintenant.

Qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi je tremble ? Son regard…il me fait peur. Quelque chose à changé, ce n’est plus la même personne qui est au dessus de moi. Lui c’est un prédateur, un tueur. Il pourrait m’achever d’un geste sans même que je n’ai le temps de réagir pour fuir. J’en suis sûre. Je me sens comme une proie. Et ce tueur me fixe, sans bouger. Si c’est moi qui bouge, j’ai peur qu’il n’attaque.

Pourtant je ne peux pas rester comme ça. Dit sait quand est-ce qu’il se sera lasser de ce jeux de regard, car je ne détourne pas le mien.

J’inspire une grande bouffée. Il m’a offert une histoire, je lui dois la mienne. Même si la sienne est biaisée, je me dois de réagir. J’essaye de reprendre l’air de fierté que j’ai acquise ces derniers jours, mais pas sûre que j’arrive à faire illusion. Alors autant garder le ton sérieux du gitant qui compte une histoire qui n’a encore jamais été entendue.

« Je suis une Tzigane, originaire de Valachie, j’ai été élevé en tant que telle avec la solidarité de la communauté, ses tabous et sa méfiance réciproque de la société humaine. Je me suis battue pour pouvoir vivre dans les deux mondes, en partie du moins pour se qui est des humains.
Il y a quelques nuits alors que chercher ma moto une créature à violer quasiment touts les tabous de mon peuple en moins de 20min. Je dis vingt, mais je ne sais pas vraiment combien de temps il lui a fallut pour faire son œuvre. Il m’a jeté contre un mur pour m’assommer… »


Merde ! C’est plus compliqué que se que je ne pensais. Je tremble de plus belle. Mes yeux piquent. Est-ce que je pleure ? Je n’ai pourtant pas de hoquet caractéristique dans la voix, ma gorge est nouée serte, mais de convulsion qui m’indique que je sanglote. Alors se doit être des larmes silencieuses. Merde ! C’est dur.

« Il m’a frappé en me tenant par la gorge, encore et encore. Je me suis défendue, je l’ai même blessé. Mais ça n’a fait que provoquer son hilarité… »

Mes mains se crispent sur ses genoux alors que ma voix n’importe comment, je me déstabilise moi-même. J’essaye de me contenir. Je détesterais lui faire du mal. Mais là, je ne suis pas certaine de me contrôler. Et je ne sais pas jusqu’où peu aller ma nouvelle force. Je voie cette main me plaquer la tête contre le mur de brique.

« Il m’a volé mon sang. Et au moment où je pensais que j’allais mourir et être libéré de lui, il… »

Je m’étrangle avec les mots qui suivent. Est-ce possible d’avoir la gorge aussi bloquée alors que je suis morte ? Alors que mon corps ne fonctionne plus physiologiquement parlant.

« Il m’a prit bien plus… »

Quoi ? Une voix étouffée et c’est tout ? Tout à l’heure le mot est bien sorti tout seul, alors pourquoi maintenant il ne veut plus ? Mais ce n’est pas fini, je dois continuer. Il faut que je finisse mon histoire pourtant. Sinon ça n’aura aucuns sens d’avoir commencer. J’ai le souffle court, je n’arrive pas à reprendre mon souffle. Calme toi merde ! Je suis morte, je ne peux plus respirer. Bess me l’a dit. Si je me borne à vouloir respirer, je vais me fatiguer plus qu’autre chose. Je me calme enfin.

« Excuses moi…je continue. »

Ma voix redevient calme, mais je n’ai toujours pas de contrôle sur mes mains. En faite je ne les sens pas. Bon ce n’est pas grave on verra bien quand j’en aurais fini. Car c’est maintenant que l’histoire va devenir intéressante.


« Depuis, je suis un mort-vivant. Rien que ça c’est un tabou. Je ne peux plus me réfugier auprès des miens. Je découvre de nouveaux besoins, de nouveaux démons avec lesquels on m’a imposé de coexister. De nouvelles règles, de nouvelles lois.
Je ne me contrôle pas encore. Il n’y a deux nuits j’ai agressé une femme parce qu’elle m’avait mal parlée. J’allais la tuer… »


Inutile de s’étendre plus sur elle. Je culpabilise déjà suffisamment, pas besoin d’en rajouter encore une couche. J’ai un tableau à finir.

« Ce soir, je voulais retrouver mes racines en fêtant le printemps car chez moi c’est une fête joyeuse. On se retrouve tous les ans dans un lieu différent et on fait la fête pendante des nuits. Mais cette année plutôt que de retrouver ma famille j’ai rencontré un inconnu. Un homme qui ne me voie pas comme un monstre contrairement aux miens. Qui s’est approcher de moi, partager de l’alcool. Il m’a parlé, il m’a écouté et il m’a proposé de m’aider. Grâce à lui je me suis senti plus humaine que de mon vivant. L’inconnu a été prévenant avec moi et moi je n’ai sue que le mettre dans l’embarras. »

Voila, mon histoire touche à sa fin. Je n’ai plus grand-chose à dire si ce n’est :

« Je m’en excuse et je lui dis merci. »

Je crois que j’ai fait honneur aux traditions. J’ai rarement était aussi éloquente. Mais il faut croire que lorsqu’on à vraiment quelque chose à dire et bien, les mots sont nombreux et ils viennent.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Jeu 20 Aoû - 16:11

Blake se rendit compte qu'il se sentait subitement très calme. Calme comme il ne l'avait jamais été depuis plus d'un an. Il n'était pas certain de savoir si il était en train de se retrouver ou de se perdre. Ça dépendait de quelle partie de lui on parlait. En tous les cas, ce sang-froid soudain lui permettait de voir les choses avec une clarté bienvenue : il se sentait d'humeur analytique.

Il remarqua donc immédiatement la peur d'Esmera. C'était un sentiment qu'il avait appris à reconnaître dès qu'il se présentait chez ses clients comme chez ses victimes : la peur était un excellent indicateur. Grâce à elle, on savait ce que l'on pouvait se permettre de faire ou non. Quand tenter un coup de bluff. Quand se préparer à subir une attaque surprise de la part d'un prétendu allié. Elle tremblait et l'observait comme si elle venait de le voir pour la première fois. Peut-être était-ce le cas : elle n'avait pas encore fait connaissance avec ce Blake là. Peut-être que ce n'était le cas de personne à la Nouvelle-Orléans : quand il était arrivé l'an dernier, il avait déjà commencé à perdre le contrôle, à craquer. Il était déjà dépendant au sang de vampire. L'éclat du tueur qu'il revêtait à l'heure actuelle était celui avec lequel tout avait débuté. Celui qui avait fait sa réputation.

Il choisit de ne rien dire : il avait l'habitude d'effrayer un peu tout le monde. Son allure entre le clochard, le junkie et l'adolescent rebelle, associée à l'aura morbide qui se dégageait de lui en permanence, amenaient régulièrement à ce type de situations. Il avait conscience qu'une partie de lui regrettait vaguement cette issue : il appréciait la rouquine même si il venait juste de la rencontrer, et il n'avait pas envie de la faire fuir. Mieux valait lui montrer qu'il restait docile, malgré sa gueule de déterré.

Elle fit preuve d'un self-control impressionnant : plutôt que de perdre ses moyens et de couper court à la discussion, elle fit comme si de rien n'était et commença sa propre histoire. Le tueur salua mentalement cette qualité, nécessaire à tout bon traqueur. Il avait déjà oublié les mots qu'il avait prononcé plus tôt, alors il n'eut aucun mal à se concentrer sur son histoire. Il retint précisément chaque mot. Sans trop savoir pourquoi, il sentait qu'il devait être extrêmement attentif. Que c'était la chose à faire. Le loup n'aimait pas ce genre de non-sens : ça n'allait lui servir à rien et ça n'était donc pas une décision rationnelle, ni logique. Le masque était déjà en train de s'effriter. Et ce n'était pas Esmera qui allait en ralentir la dissolution, étant donné les chemins qu'elle lui faisait prendre.

Il tiqua lorsqu'il vit qu'elle hésitait, et que ses yeux étaient devenus brillants. Il vit des larmes couler.  Les billes mornes eurent un sursaut brillant. Sa bouche se tordit. aurait-il dû la laisser faire ? Clairement, elle tentait de mettre des mots sur des choses trop difficiles, et qui plus est bien trop récentes. Elle risquait de déclencher des choses qu'elle ne pourrait ensuite pas gérer : il était bien placé pour savoir ce que ça pouvait donner. Il eut un geste très court dans sa direction, aussitôt arrêté. Elle avait repris.

Il fit marche arrière et se contenta de la regarder faire. L'intensité de son expression revenait peu à peu, comme si le barrage s'était lentement ouvert, à l'instar d'un robinet d'eau à peine tourné. Elle avait l'air de tenir à tout dire, même si c'était difficile. Si c'était si important pour elle, il n'avait pas le droit d'intervenir ni de l'arrêter. C'était sa décision et il la respecterait. Il serra les dents, car ses capacités à ressentir de l'empathie étaient en train de revenir elles aussi. Il ne pouvait pas imaginer une seule seconde ce que ça pouvait être, de vivre ce qu'elle avait vécu : pour des raisons évidentes, il ne serait jamais exposé à ce genre de menaces. Cependant il imaginait que ça avait dû être très difficile, et comme au début de leur discussion, il éprouvait une colère terrifiante à l'égard du criminel qui avait joué avec elle comme on se serait curé le nez avec un mouchoir jetable. Elle eut besoin de s'arrêter. Afin de ne pas la perturber, il prit parti de ne pas la toucher. Il émit tout de même un vague encouragement :

"Prends ton temps."

Il n'était pas certain qu'elle arriverait à finir. Pourtant, elle reprit encore. Il n'était plus aussi étonné que la première fois, mais il nota tout de même l'événement. Il nota aussi la merde noire dans laquelle la jeune femme était : non seulement elle était orpheline de sang et avait été battue et violée, mais en plus, elle avait perdu sa communauté et était obligée de vivre à contre courant, au milieu de créatures qu'elle n'avait pas l'air d'apprécier des masses. Il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'elle ait du mal à contrôler son appétit, déjà qu'il était rare qu'un nouveau vampire soit bien doué pour le faire même lorsqu'il avait toutes les raisons du monde d'avoir un équilibre mental stable.

Voilà qu'elle en arrivait à lui. A vrai dire, qu'elle dresse un tableau si positif de sa propre personne lui fit vraiment bizarre : il avait l'habitude d'être une nuisance, une menace, si ce n'était pire. Il n'avait pas eu l'impression de faire grand chose et pourtant, on aurait dit qu'il avait fait une bonne action. Il se sentait presque un peu moins sale. Presque ému. Ça n'était pas si mal, pour une fois, de troquer contre autre chose son manteau d'oiseau de mauvaise augure et de porteur de mort. Comme elle avait terminé, il l'observa un long moment. Il n'avait aucune expression particulière sur son visage, mais il avait l'air d'être plongé dans une longue réflexion. En tous les cas, Esmera n'avait plus devant elle le prédateur auquel elle avait fait face peu de temps avant. Finalement, il glissa une main sur celles que la jeune vampire avait laissé sur ses genoux. Il la fixait sans ciller.

"Je ne sais pas si tu t'en rends compte, mais tu es une personne extrêmement courageuse, Esmera."

... Et forte, de surcroît, même si ça allait plus ou moins ensemble. Il en fallait pour aller jusqu'au bout d'un témoignage pareil. Il était familier avec le concept de traumatisme. Il n'aurait pas été capable de faire la moitié de ce qu'elle avait fait tout en gardant la tête sur les épaules : on en avait eu la preuve plus tôt. Mais bon de toute façon ça n'était pas nouveau : bien que téméraire jusqu'à l'auto-destruction, Blake était lâche. Si ça n'avait pas été le cas, il aurait sans doute eu une autre vie.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Jeu 17 Sep - 21:23

Voilà c'est dit. Bon sens, je n'arrive pas à contrôler ce tremblement. Ce n’est pourtant pas la première fois que je me fais agresser ou que j'en parle. Mais en même temps, ce n'est pas un conseil tzigane en face de moi et ce n'est pas une simple agression. J'ai quand même compté l'histoire de mon meurtre et pas d'une banale agression.

Le contact de sa main me surprend, mais, et c'est le plus important, il est calme le tremblement qui me secoue. Elle est grande de sa main. C'était étrange mais son regard a encore changé. Il ne me fait plus peur comme tout à l'heure. Étrangement, je le trouve rassurant, même si il m'a terrorisé il y a deux minutes à peine. Je ne comprends pas encore pourquoi son comportement a changé. Peut-être à cause de l'animal. Il paraît que les métamorphoses ont des comportements bestiaux. je me demande qu'est-ce qui a déclenché cette réaction ? Et quel prédateur peut-être aussi glacial et terrorisant ? Un alligator peut-être. Dans le genre froid et glacial, le reptile colle plutôt bien à la personnalité.

Moi ? Courageuse ? Je reste bouchebé par sa remarque. En quoi je me suis montré courageuse ? Parce que j'ai vidé mon sac ? Ça n'a rien à voir avec du courage ça. Encore si je n'avais pas pleuré...mais là, je ressemble plus à une enfant, qu’à une adulte courageuse. Et puis, si j'étais courageuse, j'irai seul à la recherche du fieffé salop qui m'a assassiné. Je n'attendrais pas que l'aide de ne inconnu me tombent du ciel comme ça. Attend ! On ne sait toujours pas s'il va m'aider ou s'il va retirer sa proposition.

Je ne sais pas quoi répondre. J'ai un petit sourire dans un soupir triste. Il peut se vanter d'avoir laissé une tzigane sans voix, et c'est pas banal. Ils sont rares les moments de ma vie où je n'ai pas su quoi répondre et encore plus rare ceux impliquant d'autre personne que des gitans.

« Je ne crois pas non. »

Je me libère du poids de sa main et me lève. Tiens ? Je m'attendais à une crampe y a des fourmillements dans les jambes. Mais rien. Elles obéissent sans protester. Je suis morte ! C'est ça. J’oublie encore. Plus de circulation sanguine, plus de circulation coupée donc, plus de crampes ou de fourmillements. Je vais pouvoir tenir des positions improbables sur des durées aussi longues que mes caprices peuvent l'être.

Qu'est-ce que ?... Une odeur sucrée...d'où vient-t-elle ? J'hume l'air. Ça vient de ma main. Je la lève devant mes yeux. Ce n'est pas grand-chose, juste une tache humide et rouge sur le bout de mes doigts. Un coup d'œil sur les genoux de Blake. Visiblement ce n'est pas son jean plein de trous que j'ai agrippé, mais ça chaire à l'intérieur d'un des trois. Ce n'est pas vraiment une plaie, plutôt une grosse égratignure. Mais le sens métamorphose est vraiment trop sucré pour que son odeur et la décence d'être discrète. Et cette goutte est tout mon univers, je ne peux pas m'en détacher. Je me souviens comme le sens de ce métamorphosa dans la boîte de nuit était délicieux. Ma gorge me gratte... Tellement je succulent que j'ai bien failli ne pas le lâcher. Heureusement que baisse ma reprise. Ma gorge pique... Je n'ai rien avalé depuis de si bons. Le sens de l'humaine était trop amère, en plus je les vomis. Hors de question de devenir une voleuse de sang ! Depuis je me contente de presque rien. Mais surtout de rien qui n'a aussi bon goût que doit avoir le précieux liquide sur mes doigts.

Est-ce que j’ai le droit de me lécher les doigts ? Fais le… Les crocs ont poussés, je les sens qui pointes sur mes lèvres pour sortir de ma bouche et s’exposer à la vue de tous. Fais le… Je suis obligée d’ouvrir la bouche pour pas m’entailler les lèvres. J’ai l’air de quoi, suspendue à quinze centimètres de mes doigts le bouche ouverte ? On s’en fiche, fais le… Mon autre main passe sur ma gorge, c’est fou se qu’elle peut me brûler. Comme ce soir là. La nuit où j’ai sauvagement attaqué l’espagnole.

J’ai une envie irrésistible de me lécher les doigts, mais je ne sais pas pour quoi quelque chose m’en empêche. Mais impossible de savoir quoi. On s’en fiche, de pour quoi, ou d’où il provient ce sang, moi j’ai soif. Fais le !


Dernière édition par Esmera Yanis le Sam 19 Sep - 18:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Sam 19 Sep - 13:13

Modeste, ou bien pas complètement consciente de la force mentale que ça pouvait demander, de faire face à ce type de traumatisme sans perdre entièrement la boule... Blake eut un demi-sourire. Il ne retirerait pas ce qu'il avait dit, peu importe si elle le croyait ou non.  Peut-être se souviendrait-elle, dans les moments où tout n'irait pas très bien, que quelqu'un pensait cela d'elle. Peut-être cela pourrait-il l'aider. Peut-être pas. En tous les cas, ça n'aurai pas été faute d'essayer. Il avait fait ce qu'il avait à faire, et n'avait rien d'autre à ajouter à ce sujet.

Il avait l'impression d'avoir réussi d'une manière ou d'une autre à apaiser la jeune vampire, si bien qu'il resta immobile jusqu'à ce qu'elle décide d'elle-même de s'éloigner. Il se redressa et remarqua l'odeur caractéristique qui émanait des traces qu'elle avait laissé sur ses genoux tandis qu'elle parlait. Il avait senti qu'elle serrait fort.. Mais il n'avait pas remarqué qu'elle était allée jusqu'à enfoncer ses ongles sous la peau.

Ohoh... Allaient-ils avoir un problème ? Il se concentra sur l'expression de la jeune femme, subitement presque aussi sérieux que si il avait été en plein milieu d'une traque. Ce n'était pas pour lui qu'il s'inquiétait, mais bel et bien pour elle, car elle était jeune et les jeunes vampires résistaient moins bien à l'attrait du sang que ceux qui étaient plus expérimentés. Ne parlons même pas du sang de métamorphe... En avoir à l'air libre à proximité, et sur les mains de surcroît... Il y avait de quoi faire péter un câble à pas mal de novices. Esmera avait toutes les raisons de ne pas apprécier ce qu'elle était devenue... Si elle cumulait les attaques par perte de contrôle, d'une part elle finirait par se détester irrémédiablement, d'autre part le BIAS allait finir par lui tomber dessus. Blake n'était pas certain que la loi soit beaucoup plus indulgente à l'égard des nouveaux nés que des vieilles branches : elle était en danger.

Première chose à faire : rester calme, immobile, discret. Tout pour ne pas l'inciter plus que de raison à lui sauter à la gorge. Ensuite ?  Réussir à détourner son attention du liquide tentateur. Parler à l'Individu, et pas à la Soif. Même si il allait devoir aborder le sujet qui fâchait avant qu'un drame ne se produise.

"Ça fait combien de temps que tu ne t'es pas nourrie correctement ?"

Peut-être se trompait-il, mais son sens déductif venait de connecter plusieurs choses ensemble : la pâleur de la rousse, les circonstances dans lesquelles elle avait été transformée, ses origines et le rejet incident qu'elle avait du concept de vampirisme, l'agression dont elle avait été l'auteure... Et enfin, le caractère excessif du lien tentateur qu'il était en mesure d'observer entre elle et les gouttes de sang sur ses mains. Il était prêt à lui fournir un repas correct et complet, mais pour tout le monde il fallait que ça soit un acte consenti, avant lequel il aurait nettement fait comprendre qu'il était volontaire et qu'il n'y avait aucune raison de se sentir mal pour s'être servi de lui comme d'une canette de coca géante.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Mer 21 Oct - 10:50

« Correctement ». Depuis quand ne me suis-je pas nourrie correctement au vue de mon état actuel ? La bonne question c'est plutôt quand est-ce que je me suis nourrie correctement depuis que je suis morte ? La réponse est facile : une seule fois. Quand la tutrice m'a sortie du caniveau d'où elle m'a trouvé. Depuis... et bien la seule fois où j'ai sauté à la gorge d'un humain, j'ai vomis, incapable de supporter la pensée d'avoir volé le sang de cette femme. Et depuis ? Je ne m'en souviens pas. C’est ça le problème ! Je fais n’importe quoi et sa me retombe dessus rapidement. Si je ne me nourrie pas, ce n’est pas étonnant que j’ai le comportement d’une affamé devant la moindre goute vermeille.

« Va savoir… »

Ma voix est désincarnée.
Où est-ce que tout ça va me mener ? J’étouffe la Soif, jusqu’à ce qu’elle me rattrape et me prenne en otage. Puis elle me déconnecte de la réalité et me change en monstre assoiffé de sang. Avant de me replonger dans un autre cycle. Ou alors, je me remue le popotin et je commence à assumer. Sortir la nuit, me nourrir sur quelqu’un ou trouver un autre moyen, mais du sang dans tout les cas et faire ma vie. Et je vais faire quoi de mon éternité ? Continuer à faire mon travail ? Je peux toujours faire les services de nuit. Vive les trois huit. Et après ? Je voulais faire quoi avant ? Avoir une famille, un mari aimant, des enfants. Pour la petite maison dans la pairie c’est un peu foutue. Il suffit de me trouver un autre but à atteindre. Mais lequel ? On peut commencé par retrouver le salopard qui m’a fait ça. Ensuite, advienne que pourra. En attendant, je suis toujours tétanisée bouche ouverte. Je sens les crocs qui me démangent et la salive qui monte. Mon estomac est noué, les lèvres qui tirent comme par la déshydratation.

Il me suffit de pas grand-chose, c’est juste devant moi, à ma porté.

« Je ne veux pas être comme ça. Je ne veux pas être affamé. Je ne veux pas non plus sauter à la gorge des gens pour les mordre et me faire vomir après, incapable de supporter se que je fais. »

Par pitié, ne me dites pas que je vais encore pleurer. Je ravale mes larmes. Déprimer ok, mais stop les inondations. Ça ne peu pas durer. Ce n’est pas comme ça que se comporte une tzigane.

« Tout ça c’est à cause de l’autre raclure. C’est ça faute ! »

Oui, il va payer. C’est la première chose que je dois faire. C’est ma seule priorité. Chaque chose en son temps. D’abord il paye après on verra se que je peux faire de ma nouvelle vie.

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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Dim 1 Nov - 11:00

Blake n'aima pas la réponse que la jeune femme lui fournit. C'était une réponse vague, une façon d'esquiver le problème qui prouvait que le dit problème existait bel et bien. Ses yeux s'étrécirent légèrement avec la concentration. Au delà de ça il se prépara au cas où (se laisser attaquer sans rien tenter dans le cas où elle perdrait le contrôle serait sans doute encore plus mauvais pour la santé mentale d'Esmera que pour sa santé physique à lui) mais ne fit rien de plus, conscient que la balle n'était pas encore revenue dans son camp.

Vint ce qui ressemblait à un craquage psychologique en bonne et due forme. Elle rejetait complètement le concept de vampirisme dans lequel elle vivait ou survivait maitenenant depuis plusieurs semaines. Elle faisait partie de ces gosses abandonnés qui détestaient tellement ce qui était advenu d'eux qu'ils s'essayaient à l'abstinence. Pire des mauvaises idées. On disait beaucoup de chose sur les vampires non pratiquants. On disait nettement moins souvent que tous ceux qui réussissaient avaient passé leurs premières décennies à boire la soupe d'hémoglobine comme tout le monde pour apprendre à connaître leurs besoins, leurs pulsions, la façon de les réprimer. On oubliait souvent de citer, aussi, les repas frugaux mais réels qu'ils étaient obligés de faire à intervalle plus ou moins régulier pour être capable de tenir le jeun le reste du temps. La rouquine n'était pas la première qu'il rencontrait. Qui se ressemble s'assemble, Blake en avait croisé, d'autres comme lui, que la vie avait détruits d'une façon ou d'une autre... Par le passé il avait notamment vécu dans un squat où il avait rencontré un groupe de jeunes orphelins qui survivaient tant bien que mal en essayant de suivre leurs préceptes auto-destructeurs. Tous n'avaient pas survécu aux mois qui avaient suivi. C'était un souvenir amer, quoique le loup fut à cette époque trop imperméable pour se soucier de la vie de ces fugueurs aux dents longues. Il avait pourtant essayé d'en aider quelques uns. Il s'apprétait à recommencer, mais cette fois l'enjeu était différent. Il se sentait étrangement plus concerné. Le déni se changeait en colère dans la voix de son interlocutrice. Voilà qu'elle mettait la faute sur les épaules de son agresseur. D'autres que lui auraient sans doute cherché à calmer cette rancoeur. Pas Blake. Ca aurait été l'hôpital qui se foutait de la charité. Puis il était persuadé que ces émotions étaient un moteur. Parfois le dernier qui raccrochait quelqu'un à la vie. Ca avait été son cas, après tout.

"C'est vrai. C'est de sa faute. Une raison de plus pour lui faire mordre la poussière... Et autant te dire qu'il fera pas semblant si tu me laisses une occasion de m'occuper de son cas. La plupart des gens ont aucune reconnaissance d'être en vie... jusqu'à ce que j'arrive. Là, subitement, ils font moins les malins."

Niveau réplique de série Z il y allait fort tiens... Il savait pas d'où l'idée de présenter les choses comme ça lui était venue, mais peu importe, ça résumait bien : si Esmera laissait Blake mettre son grain de sel dans cette histoire, l'agresseur de la jeune femme allait regretter d'être né. Mais ça ne suffisait pas de dire ça. Maintenant il fallait qu'il passe à l'étape suivante, plus délicate. Il lui proposa d'un geste de revenir s'asseoir à côté de lui. Risqué tant qu'elle avait soif... Mais toujours mieux que de la laisser prendre de la distance sans réagir.

"Mais une fois qu'on a constaté ça : ok, il t'a transformée, et on peut pas y faire grand chose. Le reste n'est pas une fatalité, tu sais ? La soif, il faut la combler, mais c'est toi qui a le pouvoir de choisir comment. rien ne t'oblige à rester affamée, et encore moins à sauter au cou des gens. Des donneurs consentants, tu en trouveras plein, et si tu ne veux pas mordre, il suffit d'un verre."

A ce sujet, il prit celui dans lequel ils avaient partagé la liqueur, le vida si il en restait, puis sortit de sa poche son cran d'arrêt, avec lequel il s'entailla très vite la main, conscient d'une part qu'elle pourrait tenter de l'en empêcher, et de l'autre qu'elle pouvait péter une durite en sentant l'odeur du sang métamorphe déployé. Il voulait éviter qu'elle boive directement à son bras, surtout si elle sortait les dents : Blake aussi avait son lot de pulsions surnaturelles à contenir en cette époque de saison des amours. La dernière chose dont ils avaient besoin tous les deux, c'était qu'Esmera lui injecte un shot d'aphrodisiaque maison.

"... Comme ça par exemple."

Allait-elle l'engueuler comme du poisson pourri pour avoir fait ça sans son accord ? Ouais ben c'était ça ou bien la laisser lui ouvrir la jugulaire dans les trois minutes à venir... Elle était très loin de paraître capable de se retenir plus longtemps.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Jeu 12 Nov - 10:52

Je n’arrive pas a détourner les yeux de mes doigts mais j’essaye d’écouter ce qu’il me dit. C’est compliquer de tout saisir, il fait de longue phrases et je suis hypnotisé par le sang sur mes doigts. Pourtant il y a une chose que je discerne : il dit vouloir m’aider, il dit vouloir faire payer le fieffé connard qui m‘a mis dans cet état. Mais…mais… Je lève les yeux sur lui, oubliant quelques secondes la Soif. Profitant de se répit pour frotter mes doigts pour faire disparaître le sang. J’hésite à m’approcher. Non ce n’est pas la Soif qui me fait hésiter, mais si je m’approche de cette main tendue, je prends le risque d’être blesser par un retour de bâton que je ne connais que trop bien. On croit que l’on peut faire confiance à quelqu’un en dehors de la Famille parce qu’il est gentil un temps et on se rend compte qu’il ne voulait qu’endormir notre méfiance pour mieux nous isoler et nous frapper dans le dos. Quel autre choix ai-je ? je ne sais rien du salopar qui m’a agressé et Blake semble habitué à ce genre de « chasse ». De plus, il se comporte avec attention. Et si c’était de la comédie. Et s’il jouait bien son rôle. Et s’il était de mèche avec l’autre et que tout ça fait partie d’un plant tordue. Que dit mon intuition ? Elle m’a fait rarement défaut celle-là, j’ai toujours pue me fier à elle. Je pose une main sur ma gorge à l’emplacement de la roue et la caresse…Aller ! Prenons le risque. S’il ment  je le lui ferais payer cher !

Je m’approche doucement, mais surtout avec une pointe de crainte et je m’assoie comme il m’y invite. Pour l’écouter avec plus d’attention cette fois. Voilà ! C’est ce que je me tue à me répéter. Enfin ! Peut être que maintenant que sa sort de la bouche de quelqu’un d’autre, je vais finir par le croire. Ça fait du bien de l’enten…

Le bruit de cran réveille dans l’inconscient de la vampire un souvenir, qu’elle aurait préféré ne pas se rappeler. D’un œil elle voit le métamorphe s’entailler la main, mais elle n’a pas le temps de réagir pour l’en empêcher. Puis vient l’odeur, et là c’est l’esprit humain qui déconnecte pour ne laisser place qu’à l’instinct de survie. Les crocs poussent, la bouche s’ouvre, les muscles se tendent à tel points qu’elle commence a se lever de la chaise sans même sent rendre compte pour prendre une meilleure posture afin de sauter sur sa proie. Il faut croire que l’humanité est encore suffisament forte pour combattre la Soif.



Hien quoi ? Qu’est-ce qui vient de m’arriver ? D’où j’ai eu une absence ? Pour quoi je suis en position semi-debout ? Et qu’est-ce que j’ai à saliver comme ça ? Bon sang mais rassie toi !

Je crois rêver. Il vient de s’ouvrir la main devant moi alors qu’il sait que je suis prêt de disjoncter et l’a mis dans son verre. Mais pour quoi il a fait ça ? A ton avis Banane ! Doucement avec une maîtrise plus que partielle de ma main je prends le verre.

« Merci. »

Il n’y a pas de reconnaissance dans ma voix. Je n’en suis pas encore capable. Se suppose que ce geste à une grande signification, je le ressens au fond de moi, mais je n’ai pas envie de la saisir pour le moment. Bon maintenant que j’ai ce verre avec tout ce sang qu… Inutile de réfléchir trente ans et bois ! Pintade ! D’un mouvement de tête je chasse cette voix agaçante. Finalement c’est à deux mains que je tiens le verre, j’ai bien trop peur d’en perdre une goutte.

« Merci »

Ah ? Il y a plus d’émotion dans celui-là. C’est quand même le sang d’un métamorphe qu’on offre et je sais quelle valeur il a.  Cette fois c’est bon je me lance. Doucement je porte le verre à mes lèvres et essaye de boire le plus lentement possible pour profiter au maximum de son contenu. Si seulement je trouvais le moyen de rentrer ces crocs. A cause d’eux j’ai laissé échapper un peut du précieux liquide et maintenant il me coule sous le menton en me chatouille le coup. Le sang d’un méta, c’est vraiment exceptionnel ! J’aimerais en avoir plus. Il est tellement sympa avec moi depuis le début, il peut bien m’en donner encore… NON ! Hors de question de faire ça.  Houlà, j’ai la tête qui tourne et j’ai bien chaud tout à coup. J’avais oublié que ça faisait ça aussi, et ce sourire… Non franchement heureusement qu’il n’y a pas de miroir, j’ai bien peur d’avoir un sourire béat et je ne veux surtout pas voir ça.

Maintenant, il faut que je prenne ma décision. Est-ce que j’accepte la possibilité qu’on me vienne en aide, comme ça ? Oh et puis zut ! Au Diable les préjugés. Je ne sais pas si c’set à cause du sang, mais j’ai une vague de confiance en moi qui monte. Je sens que je peux déplacer des montagnes. S’il était béta, mon sourire vient de se changer en espiègle. La métamorphose est surprenante. En faite je tournais au ralentit jusqu’à maintenant.

Je me lève à nouveau, impossible de rester en place maintenant que j’ai cette énergie en moi. Face à lui le m’approche encore un peu plus et j’entre dans son espace personnel.

 « D’accord, j’accepte que tu veuilles m’aider. »

Je pose délicatement mes lèvres sur les siennes pour sceller l’accord. Chez nous le papier est intitule, seul les actes comptent. Bon j’avoue que sur les deux manières de sceller un accord je préfère celle-là, elle est quand même plus hygiénique.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Ven 4 Déc - 20:33

Il la sentit se lever à côté de lui et il sut immédiatement qu'il y avait un risque non négligeable qu'elle l'attaque. Il n'avait pas peur. Mourir ici et maintenant ne lui faisait ni chaud ni froid. Il aurait juste été embêté pour la gamine que cet acte aurait mise dans la merde... Sans même compter le traumatisme qu'il aurait probablement constitué. Bon tous les vampires n'étaient pas non plus si puissants: il était entraîné et donc particulièrement costaud. De plus sa force de changeling lui était revenue. Si Esmera n'avait pas une force hors du commun pour son espèce, il aurait probablement pu la retenir et tenter de la raisonner.

Mais il n'y eut pas besoin de s'en soucier car Esmera sut se contrôler. Bien ! C'était prometteur. Rassuré, il se dépêcha de remplir le verre (quitte à devoir fouiller dans la blessure pour qu'elle coule un peu plus vite). Il soutint le verre jusqu'à être certain qu'elle le tenait bien. La réponse qu'elle lui avait fournie lui donnait l'impression qu'elle n'était qu'à moitié ici et il n'avait pas envie de gâcher le précieux liquide par terre. Métamorphe ou pas il dormait très peu en ce moment : elle aurait peut-être besoin de plus et il ne pouvait pas se permettre de lui refiler la moitié du sang que contenait son corps, donc il ne fallait pas gaspiller. Dès qu'il le put il tint son bras pour limiter le saignement. Ça serait vite cicatrisé.

Elle réitéra ses remerciements, plus animée. Blake eut un sourire en coin. Elle acceptait sans broncher, et n'avait pas l'air spécialement dégoûtée par le contenu du verre. La situation n'était peut-être pas aussi mal barrée qu'il l'avait imaginé.

"C'est pas grand chose va..."

Pour certains, c'était de l'ordre du "big deal". Pour beaucoup, même. Lui par contre ne voyait vraiment pas le problème, d'autant plus que sa régénération accrue lui éviterait toute forme de malaise durable. Son sang serait vite régénéré, et il avait rempli un estomac vide. Plus jeune, la pupille de Ian Carter qu'il avait été s'était souvent demandé pourquoi les donneurs métamorphes étaient si rares, alors qu'ils tenaient nettement mieux le coup que les humains et qu'en plus, leur sang était plus nourrissant. Maintenant il était plus conscient des divers facteurs amenant à cette situation mais d'un point de vue personnel, il n'avait pas changé de comportement d'un iota.

Elle avait maintenant l'air nettement plus en forme, éveillée, pour ne pas dire euphorique. Bon... L'euphorie, c'était un peu trompeur : le sang des changeling avait cet effet sur les vampires. C'était ce qui se rapprochait le plus de l'alcool pour eux. Mais après tout elle avait compté faire la fête ce soir alors pouvait-on vraiment dire que ça tombait mal ?

Elle en profita pour accepter la proposition qu'il lui avait faite plus tôt. Chouette... Voilà qui lui donnerait un but pour quelques mois. Enfin... Plus ou moins. Il savait que cet objectif aurait bien du mal à le détourner de sa détresse envahissante dès lors que la rouquine ne serait plus dans les parages pour le stimuler. Bon.. Il allait avoir besoin d'infos. Le lieu exact. Les témoins éventuels. Il lui faudrait aussi contacter la hiérarchie vampire, qui pouvait connaître le profil de l'agresseur. Pas à la Nouvelle-Orléans, mais il avait déjà bossé plusieurs fois avec eux. Ah... Ils allaient probablement être perplexe et se demander qui avait bien pu embaucher Blake Davis à l'occasion d'une affaire qui aurait dû concerner leurs Traqueurs. Le métamorphe n'était pas certain de vouloir leur révéler qu'il faisait ça gratos. Mieux valait que personne ne sache de façon certaine qu'il avait arrêté les contrats. Et sinon... Euh. Ah. Houlà.

Esmera l'avait pris de cours. Comprenons bien que Blake était du genre à respecter autant qu'il en était capable les cultures des personnes qu'il rencontrait, et loin de lui l'idée de se plaindre de la façon dont les gitans pouvaient sceller leurs contrats... Mais on ne pouvait pas exactement dire que ce baiser était le bienvenu. Il était à plat, ok, mais ça restait la saison des amours, et une saison des amours particulièrement violente. Nerveux, il s'éloigna aussi vite que possible du visage de la jeune femme. Il détourna le regard et fit de son mieux pour contrôler ses pulsions envahissantes. Pis malsaines en plus. On avait dit qu'Esmera lui rappelait ce qu'aurait pu être sa fille.. Il n'avait donc pas spécialement envie qu'une attirance sexuelle se développe entre eux. Il fit de son mieux pour se changer les idées en reprenant la discussion en cours :

"C'est un marché alors. Faudra qu'on parle un peu plus. Mais on verra ça plus tard. C'est censé être un soir de fête, n'est-ce pas ?"

Et un soir de fête, on s'amusait en faisant des galip.. non. En.. en jouant du violon ! Par exemple. Probablement en dansant mais faudrait pas compter sur lui. Et il ne savait trop quoi d'autre... il avait du mal à rester concentré.
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MessageSujet: Re: [Chez Esmera] La fête du printemps [saison des amours]   Sam 5 Déc - 2:53

« Ah ! Pardon. J’aurais due te prévenir. C’est comme ça qu’on scelle un accord…je me voyais mal te cracher dans la main. Désolé »

J’ai repris du poil de la bête moi. Avec ce ton faussement désolé et ce sourire taquin, je n’ai pas l’impression qu’il y a une minute à peine, j’étais au bord d’un gouffre. Mais sa réaction me vexe un peut. Je ne suis pas si repoussante pour qu’il s’éloigne aussi violement. Quand même… Ah mais non ! Je suis bête. C’est à cause du printemps. Il m’a dit un truc tout à l’heure la dessus. C’était quoi déjà ? Il a l’air d’avoir une grande maîtrise de lui quand même. J’ai entendue tout un tas d’histoire de viols fait par des métamorphes pendant le printemps. Pourtant depuis qu’il est là il n’a absolument rien fait. Ou alors je ne suis vraiment pas son genre. Peut importe.

« Oui tu as raison, ce soir c’est fête ! »

J’attrape la bouteille et lui propose un autre verre. Ça manque de musique tout ça. Aller hop, j’abandonne Blake. Oh pas longtemps, juste le temps d’atteindre le vieux tourne disque. Je choisie un des vinyles et lance la mélodie. Une musique gaie et entrainante monte petit à petit. Cette fois c’est un chœur de femme qui fait une introduction de quelques secondes rapidement remplacé par des percussions et des cuivres frénétiques et le ton est donné.


Aller, voyons voir si je n’ai rien perdue de ce que ma mère m’a appris. Je commence à esquisser quelques pas de danse avant de prendre confiance et là je me lance vraiment. Une chorégraphie tout ce qui a de plus classique pour moi. Des pas empruntés au flamenco Romanov complétés par des balancements de hanche hypnotiques et des tours sur moi-même qui font voler les voiles de ma tenue blanche. Mes bras accentuent mes mouvements par des gestes de balanciers entrecoupés de tape pour appuyer les jetés de jambes. Je me joins au chœur par petites touches. Le chant n’a jamais été se que je préférais dans les fête. Moi mon truc c’est jouer de la musique ou danser. Je joue avec les voiles du jupon, leur faisant décrire des cercles de plus en plus hauts, jusqu’à les prendre directement par les mains et les faire tourner à la verticale ou m’enrouler dedans, créant une spirale en tournant sur moi-même. La musique accélère et mes mouvements deviennent de plus en plus rapides. Jamais encore je n’avais réussit à suivre aussi bien ces tempo là, pourtant ce soir cela me semble si facile.

Pour mieux visualiser:
 

Effectivement tout est plus facile quand on ne s’essouffle pas au moins de quelques minutes. Je me prédis de longues nuits à danser autour du feu si jamais je commence à me lasser du violon. J’aimerais bien que Blake vienne me rejoindre dans une danse, les pas masculins ne sont pas bien compliqués, mais je suppose qu’il ne voudra pas se prêter au jeu et je ne veux pas non plus avoir l’air de trop  insister.

C’est vrai que depuis ma transformation c’est la première personne qui me témoigne de la sympathie et j’avoue en manquer cruellement en ce moment. Alors je ne voudrais pas tout gâcher en en demandant trop. Il est là, il s‘occupe de moi, c’est déjà beaucoup. Il faudra que je trouve un moyen de le remercier. Même si je ne sais pas encore quoi, il va vraiment falloir que je me creuse la tête. Mais pour le moment je ne peux pas faire grand-chose.

J’ai l’impression que mes gestes sont plus fluides, et plus sensuels que d’habitude. Comme si tout mon corps cherchait à séduire par chacun de mes mouvements. Ce n’est pas désagréable, en tout cas pas pour moi. La musique se poursuit, mais moi je l’abandonne pour revenir près de Blake.

« Tu sais, je me creuse la tête pour savoir comment te remercier. Je ne sais pas faire grand-chose de spécial, mais je peux au moins t’offrir l’hospitalité. Pas la peine d’essayer de refuser, j’ai un lit très confortable et je n’ai plus besoin de dormir. En plus il y a de la nourriture dans les placards que je n’arrive pas à jeter. »

Mon ton est amusé mais ferme, je n’en démordrais pas. Je tiens absolument à ce qu’il accepte. Je ne peux rien faire de plus pour le moment. Je n’arrive pas encore à maîtriser mes nouvelles capacités, alors je n’ai rien de spéciale si ce n’est un grand lit avec un matelas d’une qualité remarquable. Je regrette à présent tout l’argent que j’ai mis dedans puisque ne me servira plus. Alors autant qu’il serve à quelqu’un, et si ça peut être quelqu’un de bien c’est encore mieux.

« Ah, et la chambre ferme à clef. »


Un clin d’œil complice pour montrer que je plaisante. Il peut bien avoir les idées qu’il veut moi je me sens invincible. Ah ! Merci Blake.
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