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 Erasun Schahrazed

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MessageSujet: Erasun Schahrazed    Mer 25 Mar - 1:14

État Civil

Nom : Erasun
Prénom : Schahrazed ou Schehrazade c'est pareil, Maja
Race : Métamorphe - Panthère de Perse
Âge : 55 ans

  • Âge apparent : 24 ans

Date de Naissance : 12/09/1997
Situation de Famille : Célibataire
Profession / Activité : Je viens d'arriver alors je me contente pour l'instant d'un job de serveuse au Wild Bar, histoire de me donner des moyens.

Morphologie



  • Apparence Animale : La panthère de Perse, ou léopard iranien, est avec la panthère d'Afrique, une des plus grosses sous-espèces de ce genre. Plutôt courte sur patte, sa queue est à peu près égale à la longueur de son corps. Son pelage est bien sûr orné de rosettes noires, claires à l'intérieur, sur un fond jaune pâle, tellement pâle qu'il parait blanc de loin. Les parties inférieures du menton à la queue le sont vraiment. C'est la pâleur de sa robe qui la différencie des autres léopards. Schahrazed est spécialement claire, entre le blanc et le doré, un peu gris. Originaire du Moyen-Orient, elle voit la neige autant que le soleil. Son crâne est manifestement important par rapport au reste du corps ce qui lui procure une mâchoire puissante lui permettant de s'attaquer à des proies plus grosses qu'elles. Ses yeux de félins sont vifs et d'un vert d'eau tranquille, attendrissant malgré sa nature de chasseur.

Taille : 1m68

Poids : 56 kg

Corpulence : Son visage, son buste et ses bras sont minces ce qui contraste avec le bas de son corps, plus voluptueux dirons-nous, tout en gardant une silhouette svelte dans son ensemble. Sa poitrine est donc présente mais pas généreuse du tout, contrastant assez avec ses formes au niveau des hanches (...) :p. Sa mâchoire est très carrée ce qui lui donne un air masculin, suivie d'un cou très fin, ses joues un peu creuses et les lèvres pulpeuses. Le nez est un brin grossier et les sourcils épais.

Couleur de cheveux : Noirs à sa naissance, s’éclaircissant l'été, ils sont bruns aux reflets dorés la plupart du temps. Secs et ondulés avec une certaine épaisseur, lui arrivant à la poitrine, il lui est arrivé de les lisser dans sa jeunesse. Elle préfère désormais les laisser naturels, les laissant libres ou les attachant quand ils la gênent...

Couleur des yeux : Vert d'eau, comme son animal-totem.

Allure générale : J'aime pas qu'on me regarde, mais j'aime pas non plus qu'on me regarde pas. De toute façon, étant  métamorphe, j'ai l'impression que c'est dur de passer inaperçue ; les gens sentent la différence. Il ne savent pas d'où elle vient, ils ne se posent sans doute pas la question, mais ils la sentent quand même. Je ressens le félin en moi à chacun de mes gestes et paroles. Ce n'est peut-être qu'une impression mais je pense que ça intimide les gens. J'suis pas vamp' ni sorcière mais je sens que j'ai une certaine autorité naturelle et une force de persuasion quand je m'y attends le moins, quand je perds mes moyens, justement. Mais dans certains états je peux me montrer aussi vulnérable qu'un fauve rachitique né en captivité, en cage. Et être aussi pitoyable qu'un chat de salon qui pleurniche son repas au pied de son maître. Plus que tout, je respire la liberté, je l'inspire et l'expire, et son odeur ne me quitte plus. Mon allure générale est détendue et sereine, plus paisible qu'anxieuse.

Allure vestimentaire : Ca dépend de ma situation mais ici je commence une nouvelle vie et je promets d'essayer d'être le plus propre sur moi-même que possible, d'avoir l'air sérieuse! Tout en restant détendue, il ne faut pas abuser, je ne jette pas mes baggy et mon treillis, mais je compte bien refaire ma garde robe et m'acheter des chemises et des blazer .... Hahaha ...

Particularités éventuelles : Heum j'ai un grain de beauté sur la lèvre inférieure, non, ce n'est ni de la saleté, ni du stylo...

Psychologie


Défauts : J'suis ignoblement têtue et délicieusement rebelle. Un brin prétentieuse mais alors vraiment un brin. Peux me montrer rancunière en cas de trahison, la soif de vengeance ne me quitte que rarement, œil pour œil dent pour dent. Mais si tu mérites mon pardon je le saurai n'ayez d'inquiétude... j'suis pas du tout un tyran non plus, même si j'aimerai bien parfois... certains l'auraient bien mérité. Une certaine haine vit en moi depuis que j'ai pris conscience du monde dans lequel on vit. J'ai tendance à trop réfléchir et à être perfectionniste quand ça n'a pas lieu d'être. Méfiante à la mort et sur la défensive, comme un animal sauvage craintif face à l'humain, je me suis déjà montrée peureuse. Le sang chaud coule dans mes veines de tous les côtés ; maternel paternel, et animal. Pas ma faute si je peux partir au quart de tour. Je perds facilement mon ambition parce que l'espoir tue. J'ai fait connaissance avec la dépression et notre relation a toujours été électrique... Très lunatique, j'ai tendance à me sentir morte à l'intérieur... Mais ma condition de métamorphe m'a permis de me relever à chaque fois. Ha, oui, je dors trop, et je ne suis pas du tout du matin. "Si l'avenir appartient à celui qui se lève tôt... laissez-moi tout seul au bord du gouffre parce que je me lève tard" :'D

Qualités : Si, si, j'en ai quand même, je crois ^^ A part tout ça j'ai le coeur sur la main, et personne ne sort de chez moi sans s'être passé un truc sous la dent. Culture oblige. Quand j'aime je ne compte pas, et si copain veut à l'origine dire "compagnon de pain", si t'es mon pote, je donne mes yeux. Et si je ne te connais pas et n'ai pas de raison de te refuser quelque chose, cette idée ne m'effleurera jamais l'esprit. J'essaie d'être au maximum serviable et d'être là pour les êtres qui me sont chers, même si je suis de nature assez solitaire. Et même si la vie m'a parfois rendue aigrie, je suis à la base une personne gentille et je ne ferai pas de mal à une mouche sans raison valable. Sincère et franche, l'hypocrisie ne me traverse que dans le cadre du travail, d'une mission à accomplir ou autre. Vive d'esprit j'assimile facilement même si mon cerveau est un peu bousillé depuis.. Quand je vais bien, je respire la bonne humeur et un sourire ne quitte jamais mes lèvres, ça en devient énervant. De nature positive j'essaye de voir le bien dans chaque chose que je rencontre, mais je peux également me montrer extrêmement pessimiste en fonction du chemin que je viens de parcourir... Jamais stressée, cela m'a parfois causé du tort mais rend ma vie sereine au quotidien. Et même quand j'angoisse ça ne se voit généralement pas, sans forcément le vouloir je dissimule bien mes émotions. J'aime rire. Mais j'exècre les gens moqueurs qui humilient les plus faibles qu'eux, j'en ai d'ailleurs fait une affaire personnelle et défend quiconque a besoin d'une aide. J'adore aider, me sentir utile, c'est dans le bonheur des autres que je vis. Je crois en la justice par dessus tout et j'espère  de tout mon coeur qu'elle triomphera tôt ou tard.

Croyances : " Quiconque aima jamais porte une cicatrice " Mais j'ai toujours soigné mes plaies, aussi j'aimerai bien qu'elles disparaissent pour me laisser goûter à ces légèretés... A ces belles choses pardon ... Il faut que j'y mette du mien, je sais... Qui vivra verra... On verra... J'y crois, pour mon entourage, j'y crois très fort! Je crois en la paix, en la nature, en l'amitié. En la justice par dessus tout. Je crois tout court, c'est déjà bien, non?

Religion : Alors là je vais choquer, mais j'suis musulmane de culture. De croyance aussi, si, si. Mais bon, voilà quoi, vous comprenez... Je me pose plus que des questions, mais la flamme de la foi, tant bien que mal, persiste.

Goûts : J'aime la viande rouge O:) J'aime les plats épicés, qui ont du goût. Je sale trop mes plats. Sinon je suis pas vraiment difficile... Mon instinct animal m'a appris que la bouffe, c'est avant tout pour se nourrir ...
Carrément hétéro, et, ahem, zoophile, d'une certaine manière.. oO
J'aime la culture en général, elles me passionnent toutes. Sauf peut-être la culture occidentale, européenne... Mais je suis d'avis qu'il faut tout voir et tout connaitre, alors j'ai débarqué aux Etats Unis ;) .

Talents, savoirs notables : Je chasse comme une fauve ;) Je me défends pas mal, par rapport à la plupart des filles que vous avez pu croiser. Je me débrouille en dessin, j'aime bien ça. Je danse -latina/orientale, normal ::) - en revanche, en musique, zéro, désolée...

(+) Espoirs, buts, rêves : Comme dit précédemment, j'aimerai faire régner la justice sur ce monde. J'aimerai que personne ne souffre par le désir d'un autre, que les intolérances disparaissent, qu'elles soient raciales ou autre, entre Normes, ou des Normes à nous Outres. Faire disparaître la pauvreté, et même l'argent, ça se mange pas l'argent, putain, ça sert à quoi !! J'aimerai qu'aucune espèce d'animal ne soit encore en voie d'extinction et que l'environnement soit respecté autant que ces connards de dirigeants du monde qui le pourrissent... En gros, je veux changer le monde What a Face

(-) Angoisses, regrets, phobies : Mmmhh ... J'ai tant fait pour les oublier qu'elles sont parties en fumée ... Il y a bien ce jour-là en Amazonie avec Matthew, même si c'est une affaire classée pardonnée... La mort de mon père... Ces chiens de la casse de mon enfance en Iran qui se veulent religieux alors qu'ils ne sont qu'adeptes d'une secte de la mort... J'ai peur qu'ils me retrouvent un jour... Y'a aussi l'armée américaine mais ça faut pas trop le dire ici j'imagine... Ha oui la mort d'Andrej quand même la plaie est en cours de cicatrisation.

Si on vous parle des Outres, vous réagissez comment ? Nature par dessus tout, j'ai une petite rancœur contre les Wiccans mais on n'est plus au Moyen-Âge et je me suis déjà entendue avec certains d'entre eux. J'aime bien les vamp sans trop savoir pourquoi, je m'entends bien avec eux. Les Faë m'insupportent quelque peu mais je vais au delà de mes intuitions sinon à quoi servirait ma forme humaine... Rien à dire sur les Vodouns si ce n'est que je n'en ai que très rarement croisé. En gros je ne suis pas raciste et je suis ouverte mais reste sur mes gardes ;)

Et votre sentiment vis à vis des Normes ? Disons que j'essaye de mettre mon mépris de côté, j'y travaille. Je ne suis absolument pas raciste et j'aurai toujours la même attitude que j'ai un Norme ou un Outre devant moi mais disons que j'ai été souvent déçue... J'en ai beaucoup côtoyé mais aucun ne m'a réellement convaincue... Et puis de façon générale voyez ce qu'ils ont fait à la Terre... M'enfin bref je suis quand même optimiste et j'espère changer d'avis le plus vite possible.

Êtes-vous satisfait de votre existence ?   Je m'estime heureuse d'avoir rebondi et si je suis ici ce n'est pas pour parler de mes bas !

Possibles évolutions ou objectifs futurs : Trouver un meilleur taff, peut-être reprendre des études, qui sait? Me rendre utile ici d'une façon ou d'une autre, peut-être intégrer Gaea s'il y a possibilité, ou n'importe quelle assoce du genre..

Particularités éventuelles : Je suis passée par plusieurs périodes d'alcoolisme mm.. En gros je suis une ex-junkie mais ça c'était avant!

Relations Sociales

  • Pour les Changelings : un Compagnon de Meute ? Matthew Williams avec qui j'ai cohabité en Amazonie.

Relations particulières notables : A part lui je ne connais personne ici mais qui sait, le monde est si petit...

Antécédents :


Quelque chose à dire sur votre Famille ?
Mon père était vénézuelien et métamorphe condor des Andes... Ma mère iranienne et son animal totem est le caracal.

Événements de votre passé qu'il convient de connaître :
Juillet 2017.
C'est dans un appartement duplex du quartier de la vieille ville de Téhéran que déjeunait une famille plutôt méconnaissable un vendredi d'été. Une iranienne de 40 ans mariée à un vénézuélien de trois ans son aîné y vivaient avec leurs deux enfants, de 20 et 16 ans. Le cadet, Ilyas, était un jeune brun aux yeux ambres, inscrit au lycée international de la ville. D'un caractère plutôt discret, il savait observer et réfléchir avant de prendre la parole, tout en sachant s'affirmer, ne manquant pas d'avoir confiance en lui. Schahrazed, ou Schehrazade, avait terminé ses études l'année précédente et ne faisait rien de spécial What a Face , passant juste une dernière année avec ses parents avant de prendre la route. Cette famille était aussi descendante des démons de tous les côtés : Kiana, d'un prénom signifiant "éléments de la nature", était une métamorphe dont l'animal-totem était le caracal, tout comme son mari, Luis, métamorphe condor des Andes.

Attablés tous les quatre en ce jour saint qu'est le vendredi, c'est au milieu du déjeuner que la police sonna à la porte. Tous un peu étonnés par cette visite imprévue, ils ne s'imaginaient pas qu'un tel malheur puisse leur tomber dessus. Luis se leva pour ouvrir au nouvel arrivant ; la police lui tendait déjà un papier sous le nez. Sans même lui laisser le temps de lire ne serait-ce que le titre, ils lui demandaient de le suivre - ils le lui ordonnaient. La mère, alertée, se leva après s'être voilée et laissa les deux jeunes à table, fermant la porte derrière elle. Schahrazed essayait d'épargner l'inquiétude à son frère en lui lançant des bouts de phrases anodines, elle-même tétanisée par la peur. Ilyas qui n'était malheureusement plus un petit garçon était aussi lucide qu'elle à cet instant et ne saisit pas la perche qu'elle lui tendait. "T'as des devoirs, pour demain?" Essayant de donner à sa voix le ton nonchalant qu'elle avait d'habitude. Il leva les yeux de son assiette, sa tête soutenue par sa main, le coude sur la table, d'un air las, pour lui lancer un regard moqueur. "T'en as d'autres comme celles-là? Fais gaffe tes jambes tremblent tellement elles vont se faire la malle..." Sans même s'en rendre compte, Schaharazed jeta un regard sous la table. Ses jambes ne tremblaient pas, pas encore. Une haine de la police et de l'autorité en général lui avait causé ce foutu réflexe de trembler lorsqu'elle y avait à faire, même quand elle n'avait rien à se reprocher. "Enfoiré..." Ne pouvant retenir un sourire, elle se redressa et repris ses couverts. En prenant un air ironiquement sérieux, elle désigna son assiette à son frère avec sa fourchette. Malheureusement, l'heure n'était pas aux plaisanteries et le ton montait derrière la porte de la cuisine. De plus en plus aigu, ils devinaient que leur mère avait pris les choses en main et échangeait avec les policiers ; c'est elle, l'iranienne. Essayant de rester de marbre, l'aînée peinait tout de même à s'empêcher de jeter des regards inquiets vers la porte fermée. Se comprenant en un seul regard, les deux frères allèrent coller leurs oreilles à la porte.
*
Ils aboyaient des accusations stupides et incohérentes ; accusaient mon père de ne pas être à la mosquée à cette heure-là - et eux, ils sont en train de prier, peut-être?? - et donc, logique, de sorcellerie. Je me rendais compte qu'en réalité, ils ne savaient pas très bien pourquoi ils devaient emmener mon père et ne faisaient qu'exécuter les ordres, en bons flics débiles. La porte claqua et je fis mine de débarrasser la table lorsque j'entendis des pas se rapprocher. Ma mère était seule, une expression qu'elle voulait impassible mais le visage voilé par la haine. Elle commença à faire la vaisselle sans mot dire, sans même prendre la peine de se décoiffer.
La semaine qui suivit, nous nous rendions tous les jours à la prison pour voir mon père. Son exécution était prévue sept jours après son arrestation. Je n'en revenais pas...
Avec la Révélation, mon père était accusé de sorcellerie par témoignages, c'étaient nos très chers voisins qui avaient pris peur et porté plainte. Mon père était un sorcier démon qui se transformait en oiseau diabolique la nuit venue .. Notre famille était néanmoins déjà connue des services de police, pour diverses raisons, "modernité abusée", peut-être... J'avais moi-même déjà eu quelques altercations avec elle. Avant les élections, nous étions protégés par les connaissances mondaines de mes parents. Ce temps était révolu et le nouveau régime allait nous le faire sentir.
Dans un autre pays, l'accusation aurait probablement été retournée contre eux et ils auraient directement été internés en psychiatrie ... Mais je vivais dans un pays de débiles - ou plutôt d'illuminés parce qu'ils avaient raison, au fond. Et puis il y avait eu la Révélation, mais je ne pensais pas que les iraniens en avaient eu vent...

"Ennemi de Dieu", mon père fut pendu ce 20 juillet 2017.

Prétextant une visite à la famille de mon père au Venezuela, nous fuyions l'Iran pour l'Espagne, escale officiellement, le deuxième billet d'avion fut annulé au plus vite. Nous nous y sommes installés pour une vie "paisible" à Madrid, puisque nous parlions tous l'espagnol.
*
Avant de partir, je fis un tour de la ville avec mon frère. Nous nous rendîmes en périphérie de la ville, au pied des monts Elbourz encerclant la ville de Téhéran. Mon frère pris le volant car, malgré son âge, il risquait moins de problème que moi, étant une femme. Nous avions l'habitude de venir ici avec mon père, étant enfants. Ilyas gara la voiture et nous en descendîmes pour marcher un peu. Une légère brise courait au crépuscule, agréable après une si chaude journée. S'asseyant par terre, sur le sol rocheux, nous commencions à nous remémorer notre enfance dans ce pays. Le lycée international qui était plein d'étrangers à l'époque, maintenant, presque vide, et que des iraniens. La vie était tellement plus facile il y a 10 ans ... Qu'il s'agisse de l'ambiance générale du pays, ou de notre capacité à comprendre ce qui se passait autour de nous, il y avait une douve.
"- Tu te rappelles de la tête que t'as fait quand tu as compris que t'étais méta?" J'éclatai de rire. Moi je m'en rappelle très bien... Je te raconte encore ??" Je ris encore. Mon frère avait terriblement honte de cette histoire et sa seule évocation le rendait grognon.
C'était en plein hiver. Il avait 12 ans, j'en avais 15. Venus dans ces mêmes montagnes, mais bien plus haut, bien plus loin, à l'abri des regards indiscrets avec mon père, ce dernier m'entraînait justement dans le contrôle de mon animal-totem. Mon frère voulait toujours venir avec nous, il chialait toujours comme une fillette pour qu'on l'y emmène. Ce jour-là, mon père accepta et Ilyas était avec nous, adorable petit bonhomme avec son bonnet et ses moufles. On jouait, batailles de boule de neige et chats à foison. Maîtrisant assez bien mon animal-totem, quand ce fut à mon tour d'être le chat, je prévus de faire une blague à mon frère en l'effrayant sous forme de panthère. Caché derrière un rocher, rieur, je bondis devant lui, rugissant, canines visibles. Il fit de grands yeux qui devinrent rouges, et des rivières de larmes commencèrent à en couler. Son réflexe fut étrange ; il se mit à quatre patte et commença à fuir ; ses pleurnicheries étaient devenus des couinements qui ressemblaient à ceux d'un chien. Interloquée, je marchais lentement derrière lui pour ne pas non plus le rendre fou. Il courait de plus en plus vite et commença à hurler à l'aide ; hurler, comme un loup, pas comme un Homme. Il retrouva enfin mon père qui le prit dans ses bras. Je me suis pris un sacré savon ce jour-là ...

En ce qui me concerne, mes parents ont décidé de me faire intégrer l'école plus tard que je le devais normalement, afin de m'apprendre à maîtriser mon totem. Etant une femme et, je le répète, dans un pays de fou, ça ne paraissait pas anormal au grand public.
Un jour comme les autres, vers mes 10 ou 11 ans, j'ai paniqué à la vue du feu. Assise sur le canapé à côté de mon père, ce dernier craqua une allumettes à quelques centimètres de moi afin d'allumer sa pipe. Sans m'en rendre compte, j'ai bondi hors du canapé et me suis retrouvée au sol, à trois mètres de lui, à cracher comme un félin. Mon père s'est tout simplement levé et m'a pris dans ses bras pour me rassurer. Il cria à l'attention de ma mère, dans la cuisine : " Kiara, un deuxième félin dans la famille ! J'ai décidément pas de chance !" Son animal-totem étant le condor des Andes, un oiseau, les disputes entre ma mère et lui étaient sauvages. Je ne comprenais pas, et ce soir-là, mes parents me contèrent la plus belle histoire fantastique de ma vie. Une histoire vraie en plus, si, si. J'étais tout de suite fascinée, contrairement à mon frère qui eut du mal à accepter la nouvelle de sa propre condition. Tout cela contredisait totalement tout ce qu'il avait pu apprendre à l'école, par ses amis, par les cours de religion.

"-On était biens quand même... continua mon frère. J'ai rien dit à mes amis ... Ils ont sûrement appris la nouvelle parce qu'ils ne me parlent plus...
"-Tu en trouveras d'autres.... Et s'ils ont mal pris ce qu'ils ont appris, bon débarras."
On se rappelait les journées au souk de la ville avec Maman, les couloirs aux couleurs exotiques et aux senteurs épicées. Les commerçants gentils qui nous offraient toujours des sucreries. Les courses dans ces mêmes couloirs lorsqu'on se faisait prendre en train de piquer tout et n'importe quoi. Les randonnées à dos de chevaux de la Caspienne aux alentours de la ville. Notre premier appartement dans le centre de la ville, toujours bruyant, impossible de dormir la nuit. Ni la journée d'ailleurs. Notre adorable voisine d'au moins 80 ans qui pétait toujours forme malgré son âge. Elle cuisinait divinement bien et avait toujours des chocolats qui venaient d'Europe, va savoir comment, qu'elle utilisait comme monnaie d'échange contre notre calme. On était de vrais petits diables, c'est vrai...

Quelques larmes coulèrent de nos joues et je pris mon frère dans mes bras. Notre vie sera quand même sûrement mieux là bas. On ne pense pas aux mauvais souvenirs parce qu'ils sont déjà loin derrière nous, mais il y en a plus d'un. L'appel à la mosquée du Maghrab retentit ; la nuit tombait, il était pour nous l'heure de remonter dans la voiture et de rentrer.
**
Traumatisée, seule la haine coulait désormais dans mes veines et j'avais du mal à me concentrer sur l'élaboration d'une nouvelle vie, saine. Je ne faisais plus rien, me noyant dans tout ce qui voulait bien de moi. Ma mère aussi sombrait, mais la foi l'empêchait de tomber dans le pêcher ; elle dormait le plus clair de son temps et ne s'occupait plus de moi. Mon petit frère était la seule chose qui l'intéressait encore, lui qui fit preuve de beaucoup de maturité, travaillait dur et ses bonnes notes et appréciations aidaient ma mère à survivre.

2019.
Deux ans après, Ilyas obtenait son Bac international. De mon côté, j'aidais ma mère à la maison, et mon frère pour ses devoirs, tout en travaillant dans une réserve naturelle. Je reprenais peu à peu goût à la vie avec ma mère qui, après un an de dépression s'était non sans mal relevée, voyant que j'étais presqu'arrivée en bas de la pente.
A Madrid existait une importante communauté d'Outres, ce qui nous aidait à reprendre confiance en nous. Je m'étais fait plusieurs contacts et prévoyait une balade autour du monde avec quelques uns. Voyant que mon frère comptait rester à Madrid pour ses études, ne laissait donc pas ma mère seule, je m'autorisais enfin un départ, à 22 ans.

***
2019
Pendant plusieurs années, Schahrazed avait parcouru l'Europe et certains pays d'Afrique. La dernière année fut dédiée à quelques pays d'Asie, qu'elle survolait seulement, ne passant que quelques mois dans un pays à chaque fois. A pied, à cheval et à pattes, elle y fit des rencontres formidables - d'autres, fort minables What a Face . Ses voyages furent de toutes les teintes, avec des hauts et des bas, touchant un peu à tout et à rien à la fois. Essayant de se rendre utile dans ses associations humanitaires et pour l'environnement, guide de montagne à cheval, bref. L'Asie fut le continent sur lequel elle s'attarda le moins, l'obstacle de la langue trop haut placé, quand les pays arabes l'accueillaient à bras ouverts grâce à la proximité de sa langue maternelle avec la leur, et bien sûr la religion. Tout comme l'Europe, avec l'espagnol et l'anglais qu'elle maîtrisait parfaitement, l'italien compréhensible et le français... C'est le français :p . Rendant le plus régulièrement possible des visites à sa mère, restée en Espagne, elle y fit un saut pendant plusieurs mois, après l'Asie, avant de reprendre un long voyage vers les Amériques.  

***

Je n'avais encore jamais vu le pays de mon père. Je savais que j'allais adorer et pourquoi pas m'y installer, c'est pourquoi je gardais ce plaisir le plus longtemps possible. Enfin, c'est ce dont je voulais me persuader... En réalité, je savais, dans un recoin de ma tête, que j'y trouverais la tombe de mon père. Exécuté en tant qu'ennemi de Dieu, il n'avait pas eu le droit d'être enterré dignement et avait été jeté à la fosse avec d'autres condamnés. Tout ça d'après la milice mais j'étais persuadée qu'ils avaient brûlé le corps. Bref, le seul moyen de faire le deuil pour moi était de voir le Venezuela, si beau pays dont il m'avait décrit les paysages avec une exactitude effrayante. Tout comme la mentalité adorable de la population, entre grâce et dénuement, que l'on retrouve également dans la culture orientale. J'étais sûre de trouver là bas un petit paradis : un mélange de la chaleur ainsi que de la bonne humeur de l'Orient, marinée dans l'ouverture d'esprit occidentale... Je salivais déjà avant d'y être.

Ce voyage fut l'un des seuls que je fis en avion ; à vrai dire, j'avais pas trop le choix.
Vol de 35H, tu parles que j'm'en souviens. Avec escale, quand même, mais Dieu sait comme je hais les aéroports et les avions... J’atterrissais malheureusement à Manaus, ville du Nord du Brésil, à six heure du matin faute de prix. Ça ne me dérangeait pas tant que ça car je prévoyais ensuite de rejoindre la ville de mon père, Ciudad de Bolivar, en bus ou en voiture, traversant la forêt amazonienne, ce qui me fascinait.
Evidemment, tout ne pouvait se passer comme prévu. Exténuée par ce long voyage, je m'endormis sur un siège de l'aéroport et ratai le bus, ou le covoiturage, j'savais même pas exactement, je devais encore régler 2-3 trucs avant de reprendre mon voyage il me semble... Mais j'avais 5 heures pour tout faire, je pensais que j'aurais le temps ... Comme d'habitude, putain, je changerai décidément jamais...
Absolument épuisée par ce trajet pendant lequel je n'avais pu fermer ne serait-ce qu'un œil, il fallut que se rajoute le putain de décalage horaire, que je déteste également. Je cherchai le coin fumeur avant même de sortir, ma valise qui en plus avait mis du temps à arriver, et découvris un endroit qui me parut merveilleux. C'était d'abord une salle qui ressemblait à première vue à une cantine, puis, tout au fond, une porte en bois. Je la poussai et me retrouvai dans une espèce de terrasse, le sol en bois, des planches au dessus de nos têtes en guise de toit et surtout, les rayons de soleil qu'ils laissaient passer. Des plantes était jonchées un peu partout et des sortes de chaises longues en bois avec des tables en bois également. Bref, assise dans un coin fumeur dont l'emplacement m'avait agréablement surprise - je sais pas s'il m'aurait autant marquée si je sortais pas de ce périple -, des lunettes de soleil et un chapeau de cowboy en paille sur le nez, je prenais le soleil en fumant une sublime cigarette après 35 heures sans nicotine. Foutus aéroports américains sans coin fumeur...
Midi, le soleil commence à taper au Brésil. J'ouvre doucement les yeux, me prenant un violent rayon en pleine gueule, les referme et souris. C'est bon le soleil. Une seconde après, mon sourire se crispe. Deux secondes, j'ai sauté sur mes jambes, les yeux écarquillés comme un chat qu'on effraye alors qu'il est assoupi. Mon sac n'est plus là. Ma valise, si vous préférez, mais c'est plus un gros sac qu'autre chose. a7a neik ... Je regarde mon poignet : bon, ma montre est là, j'ai déjà au moins 5000 € de côté, j'sais même pas combien elle coûte exactement, c'est un Qatari qui me l'a offerte pour mes 21 ans. Et j'ai ma veste, avec deux trois sous dedans, quelques trucs utiles, et quatre paquet de clopes. En revanche, mon deuxième sac, mon sac à dos, a également disparu... Là dedans c'était tout ce qui est carte d'identité, passeport, carnet d'adresse, portable, carte bancaire...

***

La première chose qu'elle fit en sortant de l'aéroport, c'est s'allumer une autre clope. Ses mains tremblaient à chaque mouvement pour amener la cigarette à ses lèvres, celles-ci trop vides à son goût, putain, elle venait de perdre deux sacs. Elle se sentait ridicule désormais, avec son chapeau stupide et ses lunettes de soleil comme une vraie touriste, mais les mains dans les poches. La brune finit par s'en réjouir lorsqu'elle fit la merveilleuse découverte de son iPod, dans sa poche de pantalon. Installant les écouteurs dans ses oreilles, ça sert à quoi, sans chargeur, t'façon... elle choisi d'écouter du reggaeton, Travesuras de Nicki Jam, un chanteur chilien qui se faisait vieux maintenant. Pour se désintéresser le plus de la situation, et puis, elle était en Amérique du Sud, quand même!...
Schahrazed commença sa marche dans les  rues de Manaus. Elle se dit que ce n'était pas si mal ; elle parlait espagnol et avait la nationalité vénézuélienne, elle referait son passeport une fois arrivée là bas. Ça aurait pu être pire, vraiment pire. Elle leva les yeux au soleil, admira le ciel bleu, les immeubles que le beau temps rendait jaunes, les visages des gens, souriant. Apparemment, elle passait plutôt inaperçue, grâce à son type. Elle s'arrêta à une espèce de sandwicherie, y commanda l'équivalent d'un kebab, de la vraie viande, oui, vite. Pas le plastique des aéroports. Et alla s'asseoir sur des marches au soleil pour déguster son casse-croute, réfléchissant à ce qu'elle allait faire...

Les premières nuits furent passées dans des auberges de jeunesse pourries, la ville étant plutôt chère, impossible d'être bien logée. Sortant le soir, faisant diverses courses illicites ou pas, gagnant trois sous, Schahrazed se recréa un carnet d'adresse à Manaus. Un nouveau baluchon, rempli par ses soins et par des bonnes âmes qui lui avaient filé un coup de main, elle se fit héberger par un couple de métamorphes brésiliens. Leur ayant raconté son périple, ils n'hésitèrent pas à l'aider et à lui donner des conseils sur la vie en Amérique du Sud. "De toutes façons, si tu comptais rôder, tes sacs, tu les aurais égarés à un moment ou un autre, volontairement ou pas." Elle les remercia infiniment, leur laissa un moyen de la contacter, on ne sait jamais, tôt ou tard.

Un mois plus tard, elle reprenait son chemin. Des amis l'accompagnèrent en voiture à l'orée de la forêt amazonienne, où elle devait prendre un bus qui la traverserait.
***

Devant cette merveille de la nature, je restai bouche bée. A la foi pleine d'admiration et comme triste à l'idée que cette vue puisse m'être arrachée un jour, comme devant ma mère, je pouvais en pleurer si je la regardais trop longtemps. Le parfum de la chlorophylle n'avait jamais été aussi puissant à mes narines, et j'inspirai longuement cette senteur enivrante. Même pas envie de fumer quoi que ce soit pour embellir le moment, il se suffisait à lui seul. Sans m'en rendre compte, mes jambes me tractaient à travers les feuilles et les lianes, dans cette jungle hostile à l'humain mais un vrai terrain de jeu pour moi. Je détectais déjà les odeurs de proies enivrantes et juteuses, réveillant mon instinct de chasseur endormi depuis trop longtemps. Les paupières fermées, mon imagination ne pouvait se taire quand tous mes sens étaient exacerbés sauf ma vue. Des flammes vertes et rouges, et jaunes, dansaient devant mes yeux, sous mes paupières, elles me brûlaient comme pour me susurrer de les soulever. Mes pieds s'évadaient toujours à travers le sol feuillu de la forêt, évitant à merveille les bûches, lianes, et diverses pierres, véritables pièges pour  les Normes mais une sécurité pour moi. Et quand mes paupières libérèrent mes yeux, toutes les teintes de vert furent aspirées à l'intérieur, m'éblouissant de verdure. Je ne m'étais pas sentie aussi bien depuis tellement longtemps ... J'avais l'impression de retrouver ma maison après une éternité. Le lieu était tellement dominé par la nature que la flore y formait un toit, laissant passer les rayons puissants de l'équateur à travers ses feuilles et fleurs ... J'y sentais ma mère, mon frère, et même mon père, et même moi ! Je savais que même lorsque nous n'étions pas réunis, nos âmes ne se quittaient jamais d'une semelle alors était-ce ça, notre jardin secret... ?

*
Ayant désormais parcouru environ 1 kilomètre à pas de loup, les yeux éblouis, scintillant de lumières vertes déjà présentes dans leur teinte naturelle verte d'eau, elle se retrouvait assise sur un rocher au bord d'un ruisseau, toujours dans une sorte de transe dans laquelle elle restait volontairement. Doucement, elle commença à se dévêtir. Il devenait maintenant plus audacieux de ne plus se montrer sous forme humaine mais avant ça, elle devait mettre ses affaires en sécurité, ce qui ne fut pas un problème. Après avoir jeté un dernier coup d’œil à sa boussole, en un rien de temps, utilisant judicieusement tout ce qu'elle avait à sa portée et s'aidant quand même d'un couteau qu'elle avait dans son sac et de quelques fils et aiguilles, elle construit un semblant de cage pour ses affaires, inaccessibles aux animaux. Elle le recouvrit de plantes odorantes pour ne pas attirer l'attention dessus et s'étira longuement, profitant de pouvoir se tenir debout et nue sans complexe. Un par un, elle glissa ses pieds dans le ruisseau, frissonnant, et, s'accroupissant, amena l'eau fraîche à sa nuque et à son visage. Son totem n'attendit pas une seconde de plus et elle se retrouva les quatre pattes dans l'eau, sa queue faisant trempette derrière elle. La féline leva les yeux au ciel et d'un bond se hissa hors de l'eau, continuant déjà sa marche tout en s'ébrouant, sa longue queue la suivant en se balançant de gauche à droite.

***

Un mois et quelques kilomètres plus tard, je ne faisais plus qu'un avec la forêt. Ma vie était splendide et se résumait à des siestes perchées dans les arbres au soleil, à des parties de chasses colorées et délicieuses, à des rencontres pures et sincères qui sont le propre des animaux. J'avançais à mon rythme, transportant ma cage de survie à chaque fois que je reprenais une nouvelle marche après avoir exploré un nouveau territoire.
C'était à la fin de la journée, le soleil de fin du crépuscule tapait sévère, l'humidité rendant la température presque insupportable, j'étais épuisée et j'avais trempé mon museau dans un fruit écrasé au goût très fort, ce qui encombrait mon odorat. Je mourrais de faim et n'avais pas croisé une seule proie facile depuis deux heures ; seulement des oiseaux et des proies vives, que je n'avais franchement pas l'énergie de chasser à cet instant.
Traînant mon corps lourd de branche en branche, je restai en hauteur tout en ne guettant que la Terre ferme. Mes yeux essuyant le territoire de gauche à droite, la langue pendant, je repérai finalement un daguet brun, cervidé d'Amazonie, proie parfaite qui me rassasiera d'emblée. Très bas sous mes pattes, il n'avait pas remarqué ma présence et broutait tranquillement l'herbe humide de la jungle, sur une espèce de petit sentier de terre et de sable non abrité par les arbres, laissant le soleil et le vent caresser le sol. A pas de velours, je me hissai petit à petit en bas, jusqu'à me retrouver à un bond de ma proie. Mes narines encombrées, je ne le sentais qu'à peine en concentrant tout mon odorat sur lui ; je me concentrai alors plus sur ma vue et mon ouïe. Rampant sans bruit, à la manière royale des félins, aucun de ses mouvements n'échappait à ma vigilance. Un sourire en coin, je bondis sur ma proie, prévoyant d’atterrir sur son dos, mes griffes l'immobilisant et son cou à portée de ma mâchoire... Mais quelque chose se passa car je fus propulsée hors de potée de la bête et la seule chose que j'avais entre mes griffes l'instant d'après fut de la terre battue. Absolument handicapée par mon absence d'odorat, ce que je vis en levant ma tête me fit perdre absolument toute conscience humaine ; un autre félin venait de sauter aussi, m'éjectant au bord de l'arène, et faisait déjà demi-tour à la poursuite de la bête qui en avait profité pour filer. L'autre félin que j'identifiais tout de suite comme étant un jaguar, de part sa carrure et sa force plus importante que la mienne, et le seul "léopard" d'Amérique latine, m'avait apeurée, et je ne rebondis pas tout de suite. Cette course sans queue ni tête était recouverte d'un nuage de sable, nous cachant à tous les trois la vue. Sans perdre de temps, ma fierté de félin touchée en plein cœur par le vol de ma proie et relevée par le même échec de mon concurrent, je reprenais ma course avec une vitesse motivée par la compétition. Quelques foulées plus loin, je les rattrapais, ne prenant pas le même sentier qu'eux, cachée entre les arbres, je plongeai sur le cervidé, coupant court la course des deux fugitifs. L'agrippant à la gorge de mes dents, je ne pensais qu'à en finir avec ma tâche et ignorais l'autre félin qui, lui, ne m'avait pas oubliée et tenta de m’éjecter de ma prise d'un coup de patte étrangement nonchalant. Volant sur le côté, je ne desserrai pas ma mâchoire, au contraire la refermai encore plus sous le coup du choc, la terre violentée propageait encore des tourbillons de fumée de sable autour de nous. Le sang de la biche coulait le long de ma bouche et coupait d'autant plus mon odorat, le sang encore chaud venu se coller à mon museau, se propageant sur mon pelage clair. Je suffoquais, les yeux écarquillés, exténuée, cette journée ne voulait donc pas me laisser de répit. Essayant de me hisser maladroitement entre les arbres derrière moi, en marche arrière, c'est là que je croisai enfin le regard de mon adversaire.
Ce dernier me ramena à la réalité, me rappelant d'un coup qui j'étais, d'où je venais ; je n'étais pas née dans cette forêt, ce daguet n'était mon seul espoir de survie car si je le voulais, pouvais prendre forme humaine et me nourrir de fruits. Il me rappela que je n'avais pas réellement besoin de lui prouver que j'étais sur mon territoire car je n'y étais pas. Je reprenais ma respiration après avoir lâché prise et me redressai, gonflant le torse ; Je distinguai peu à peu ce que j'avais en face de moi, dissimulé dans la poussière, ses grands yeux bleus et tranquilles me dissuadant de bouger, je n'avais plus peur, c'était un métamorphe. Il avait en fait cessé de m'attaquer depuis un instant et cela justifiait le manque de puissance dans son dernier coup de patte qui m'avait d'ailleurs étonnée. Reprenant mes esprits et mon humanité, tout m'apparaissait maintenant évident ; il n'y pas de léopards en Amérique du Sud, seulement des jaguar, bien plus grands et puissants que nous autres, justifiant mon impuissance face à lui. Ce détail m'avait poussée à croire qu'il était dans son espace naturel et m'avait donc arraché toute possibilité de soupçon. De plus c'était un mâle, chose à laquelle je n'avais pas fait attention, justifiant la différence de taille due à la différence d'espèce et non seulement au dimorphisme sexuel très présent chez les gros félins. Et je comprenais enfin d'où venait l'étrange électricité présente dès le début de l'altercation et la soif de compétition qui ne me touchait pas vraiment d'habitude. Foutu nez, comment n'avait-il pas senti cela..

***

Les deux trois mois qui suivirent furent d'autant plus formidables que le premier passé ici. Pas que la solitude me dérange, mais être accompagné, ça arrange aussi, il faut l'avouer. Se répartissant les tâches, diverses corvées de chasse et s'aidant mutuellement lorsque l'autre était dans le besoin, tout en sachant parfaitement respecter l'intimité et l'amour de la solitude de l'autre en bons félins, la colocation était idéale. Nous pouvions même reprendre forme humaine sans être absolument terrorisés à l'idée d'être attaqués ou découverts, deux Hommes seuls dans la forêt Amazonienne c'est toujours moins suspect qu'un seul. Evidemment tout n'était pas symbiose et nombreuses furent les altercations entre Matthew et moi, s'étant rencontrés sous forme animale en tant que rivaux, les nerfs jaillissaient toujours facilement. Il était plus âgé que moi et si sa sagesse me fascinait, elle m'agaçait aussi. Jeune à l'époque, j'aimais avoir raison et être reconnue pour mes valeurs et j'en avais marre d'être la seule des deux à être impressionnée ; complexée d'être jeune et femme, je ressentais toujours le besoin d'avoir quelque chose à affirmer, caractère qui m'est absolument étranger d'habitude, plus du genre rien à prouver à personne... Changellings, mi Homme mi animaux, de surcroît mâle et femelle, nous ne cédions pas tout de suite à nos instincts qui devinrent malgré tout insupportables et puis pourquoi pas, à la fin...?
Jamais vécu aussi sauvagement avant ces trois mois et jamais eu d'expérience aussi intense depuis. Puisque toutes les bonnes choses ont une fin, il parait logiques que les meilleures ont les plus brutales?
Toujours se dirigeant vers le Nord, nous tombions un beau jour sur un village "civilisé". L'observant de loin, nous réfléchissions avant d'y mettre les pieds. Notre instinct nous déconseillait de nous y introduire et j'avais franchement envie de l'écouter. Matthew ne fut pas de cet avis et, après une énième embrouille, il décida de s'y rendre seul. Têtue, ne voulant pas lui obéir, je restai plantée là, entre les arbres, à le regarder partir. Il n'avait pas l'air d'un vieux fou à sortir de la forêt comme ça, sa dégaine d'aventurier et surtout son type blanc... J'hésitai à courir afin de le saisir par le bras et le tirer dans la forêt, mais ça ne ferait qu'attirer l'attention et de toutes façons, je n'y arriverais jamais... Je me déplaçais le plus possible pour qu'il reste dans mon champ de vision mais il en disparaissait déjà. Malheureusement, quelques secondes suffirent pour que je le localise à nouveau ; des cris, de femmes, d'hommes, d'enfants s'élevèrent et j'eu le malheur de comprendre aussi vite ce qui était en train de se passer.... Parlant un dialecte indigène, je ne comprenais pas ce qu'ils disaient entre eux ; je ne comprenais que ce qu'ils essayaient de dire à Matthew, en espagnol : " Monstruo ! Diablo ! Demonio !". Je soupirai, mon front rencontra brutalement mon poing je le lui avais dit ... instinct féminin + animal et il ne m'a quand même pas écoutée... que dois-je faire maintenant... je n'entends même pas sa voix, il est peut-être déjà mort..
La nuit commençait à tomber. Cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas passé une nuit seule... J'en avais presque peur, de plus ce qui venait de se passer ne présageait rien de bon... Je me retirais alors à notre QG du moment, me perchais sur quelques branches, et laissa le sommeil me prendre au clair de lune...

**

Je l'attendis un à deux jours à peine, rôdant autour du village et de notre Quartier Général. J'avais déjà perdu espoir de toute façon et reprenais vite ma route, le visage meurtri. Après mon père, ça faisait la deuxième personne qui crevait autour de moi pour la même raison. Je crachais de dégoût sur le bitume brillant, comme fondu par le soleil. J'avais décidé d'arrêter mes conneries et d'en venir une bonne fois pour toutes à mon  but ; le Venezuela, au lieu d'errer éternellement comme une gamine perdue. Rejoignant la civilisation la nuit, pour ne pas être vue et finir comme Matthew, j'avais pris une route qui sortait de la forêt pour séparer deux champs. Chapeau sur la tête, lunette sur le nez, baluchon sur l'épaule, je marchais, les mains dans les poches, attendant quelque chose, n'importe quoi, un arrêt de bus, des voituriers qui auraient la bonté de m'avancer sur la route sans me violer, des paysans en charrette...

****

Plusieurs mois passèrent, Schaharazed avait maintenant rejoint la ville de Caracas. Ayant passé le dernier mois à Ciudad de Bolivar, plus ou moins avec la famille de son père, elle n'était pas revigorée mais plutôt horrifiée. Elle y était restée aussi longtemps que sa politesse et son éducation le lui avait permis ; au bout de trois semaines, elle craquait et prenait le premier train pour Caracas. Là bas elle contacta des amis du couple de Manaus qui l'avait aidée plusieurs mois auparavant. Un peu comme dans chaque ville où elle se rendait, se concoctait un carnet d'adresse tous types, plutôt faramineux ici il faut bien l'avouer. Schehrazade se rendit également au poste de police, où l'attendait son passeport qu'elle avait signalé égaré dès son arrivée à Ciudad. Avec son passeport elle pouvait désormais récupérer sa carte bancaire et autres formalités qui lui rendirent son indépendance.
L'iranienne faisait également la rencontre de Raul, un Vénézuélien au moins aussi paumé qu'elle avec qui elle s'entendait assez bien pour vivre chez lui un certain temps. Raul avait les yeux bleus et les cheveux châtains dorés par le soleil, sa peau était presque rouge contrairement à la sienne, également basanée mais plutôt dorée ; il dansait très bien et fumait de l'opium en dessinant / bricolant dans sa maison magnifique et pourrie à la foi. Fasciné par la culture orientale, il posait toujours des questions à son amie. Il n'était pas amoureux d'elle et elle encore moins, mais ils se plaisaient et s'entendaient très bien, riaient et dansaient à merveille ensemble, tout en se détruisant, ensemble.. C'était bien sûr aussi un métamorphe, loup, mais s'était tellement détruit que son instinct semblait à la foi s'éteindre petit à petit, et le gagner dangereusement... En fait c'est surtout qu'il ne maîtrisait presque plus son animal-totem qui le rappelait à l'ordre à sa guise et l'abandonnait à la foi...
*
Il était excessivement gentil même si tous les drogués ont leurs sautes d'humeur. Un jour, après avoir passé la nuit dehors, il est rentré étrangement tôt, vers midi ou 11h, avec un étranger. Je dormais encore dans la chambre quand je les ai entendus rentrer. Raul a très clairement installé l'invité dans le salon, un salon du style marocain que je l'avais aidé à installer, lui a servi quelque chose à boire et est venu me voir après l'avoir dignement accueilli. Je l'ai trouvé hideusement beau ce matin-là ; vêtu uniquement d'un treillis, il laissait voir son corps sec et musclé à la fois. Un jean clair, large et déchiré tombait sur ses hanches et sur son caleçon blanc. Des lunettes d'aviateurs aux verres miroirs sur la tête, ses cheveux blonds - pour moi, blonds :p - ébouriffés, ses yeux bleus brillants et son joint roulé à la va-vite que je devinais entre l'index et le majeur, il se tenait dans l'encadrure de la porte, adossé à celle-ci. "Ven , te mostraré algo....un desconocido..." Viens, je te montre un truc, un étranger.. Les volets des grandes fenêtres de la chambre laissaient s'échapper deux fils de jour, qui éclairaient plus ou moins mon interlocuteur. La pièce était obscure et plutôt vaste, 20m² environ, le parquet vieux et grinçant comme s'il se plaignait de ne pas avoir été verni depuis des siècles. Plutôt vide, la pièce contenait un matelas posé sur un lit en bois à peine 20cm au dessus du sol, à côté duquel il y avait une lampe de chevet sans abat-jour posée avec un vieux cendrier sur un semblant de table de nuit ainsi que des armoires à moitié vides encastrées dans le mur.
Je le regardais, allongée sur le dos, mes yeux mi-clos qui brillaient dans le noir pareil à ceux des félins, la couette me couvrant à moitié à cause de la chaleur. Raul me répétait de me lever, il était étonnement d'humeur joviale ; dommage, j'étais plutôt d'humeur à passer la journée au lit... De plus j'avais senti l'odeur du nouvel arrivant et elle me semblait familière tout en m'évoquant des souvenirs sur lesquels je n'arrivais pas à mettre d'image mais qui ne me semblaient pas joyeux. Sans attendre, me connaissant assez pour savoir que s'il attendait que je me lève il pouvait en avoir pour la journée entière, il traversa la chambre et ouvra doucement les fenêtres, puis les volets juste au dessus de ma tête. Je m'enroulai dans la couette en me cachant les yeux et me mis à ronronner ; rien à faire, il voulait vraiment que je me lève. S'approchant de mon oreille, il me chuchota des espèces de mots doux et me frappa au dessus de la couette avant de quitter la pièce, désormais inondée de lumière. Après m'être assurée qu'il était sorti, je sortis timidement ma tête de la couette et soupirai. Il est même pas midi putain... A ma gauche, j'aperçu du coin de l’œil de la fumée qui s'échappait du cendrier où Raul m'avait si attentionnement laissé son joint.. Je soupirai avec le sourire, et me levai finalement, le saisissant au vol. A peine vêtue, j'ouvrai au hasard une des armoires et piochai tout aussi au hasard une robe de chambre en peau de lama, m'arrivant au dessous du genou. Je regardai la pauvre armoire, absolument bordélique pour rien car à moitié vide, en expirant la fumée d'un air défaitiste. Je choisi des habits dont j'ignorai la provenance, puis me traînai hors de la pièce toute recroquevillée dans ma robe de chambre.
Une fois dans la grande salle qu'était le salon, je me dirigeai tout de suite vers la cuisine, ouverte, pour me servir du café, déjà prêt pour une fois. Je me retournai pour traverser la pièce et rejoindre les deux hommes qui avaient l'air de bien discuter quand, lorsque mon regard se posa sur le nouvel arrivant, je lâchai ma tasse de café qui ne s'écrasa pas contre le sol car en plastique, mais qui déversa tout son contenu entre les creux du parquet. En revanche, le joint demeura bien serré entre mes doigts, instinct de survie What a Face Je courrai chercher un torchon et essuya le sol mais Raul se leva d'un bond, s'accroupit à côté de moi en m'arrachant le torchon des mains, il me chuchota des "T'inquiète, on s'en fout du parquet, t'as vu son état ... Quel est le problème? Tu ne l'aimes pas? Il t'a fait du mal ? Tu n'aimes pas ses yeux?... Si son côté naïf, enfant et moqueur agaçait les autres, c'était probablement notre plus grand point commun et je répondais de la même façon Non je l'aime pas on le tue hein?.." Il sourit et me jeta le torchon dans les mains avant de rejoindre l'invité. Je me relevai doucement en souriant pour rassurer Raul et me retournai pour aller me resservir du café. Je n'arrivais pas à le regarder dans le yeux, j'essayai de reculer le plus possible l'instant où je devrais le saluer. Reprenant mon sang froid, je retournai et me dirigeai vers lui d'un pas ferme et assuré, arborant même un sourire au coin des lèvres. C'est une sensation des plus étranges que de revoir en chair et en os quelqu'un que l'on croit mort, de qui on a fait le deuil. Lui n'avait pas bougé, tellement agaçant, tellement de maîtrise. Peut-être avait-il même remarqué mon odeur dès son entrée dans la maison... Il se leva à ma venue, hocha la tête en guise de salut. Immobile, je souris de toutes mes dents pourtant et lâcha un froid "T'es vivant alors...." très ironique ; j'avais déjà envie de le faire chier. On se rassit côte à côte et je me fondais en excuse tout en lui reprochant quand même un tas de truc, Fallait m'écouter, blablabla... Raul ne comprenait rien mais fut soulagé de ne pas avoir à faire les présentations et que Matt soit un ami et non un ennemi. Ce dernier m'expliqua comment il s'en était finalement sorti. Je bénissais cette jeune fille qui l'avait sauvée. Cette nouvelle me fit énormément plaisir car elle me rendis mon goût de la vie pendant une seconde ; Matthew n'était pas mort comme mon père et un ange l'avait sauvé. Cela me redonnait foi en l'humanité et une chaleur s'empara de mon corps à cet instant-là.

**
S'apercevant vite de la situation, Matthew m'avait tirée hors de mon trou avec un coup de pied au cul. Je savais au fond de moi qu'il avait raison mais il était également dur pour moi de l'avouer à haute voix, et je fus loin de céder de suite. Raul n'acceptant pas de partir et d'émerger, je quittai son domicile tout en gardant de bons termes avec lui. Je suivis Matthew en Colombie où je repris une vie saine, travaillant, et reprenant mon activité dans des associations diverses. Mais ce dernier devait quitter la Colombie quelques temps après, et partir pour l'Europe. Je choisis partir en même temps que lui mais de rejoindre ma famille en Espagne où je passais plus d'un an auprès de ma mère et de mon frère.


Dernière édition par Schahrazed Erasun le Jeu 16 Avr - 19:33, édité 23 fois
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MessageSujet: Re: Erasun Schahrazed    Mer 25 Mar - 1:16

***

Plusieurs années s'écoulèrent, et j'étais revenue en Amérique latine. Centrale, plus précisément. Au début plutôt bien dans mes baskets, la Grande Révélation me fit un choc. Intégrée dans la société, au Costa Rica, je travaillais dans une énième association et exerçai divers C.D.I. dans tout ce qui voulait bien de moi lorsque j'appris la nouvelle. C'était un vendredi ...
Je ne sortis pas de chez moi du week end, préparant mon départ comme une voleuse. Voyant ce que cette Révélation provoquait dans l'Opinion publique, je fis des valises aussi vite que possible. Je ne pouvais plus rester trop près de la "société" et des institutions, trop risqué. Énième rechute...
Replongée jusqu'au cou dans le milieu underground, toutes les personnes que je rencontrais, qu'elles soient exécrables ou adorables, ne provoquaient que ma stagnation. Dans le même état que moi, ça se serre les coudes mais ça ne se tire pas hors du gouffre. Pour aider les autres efficacement, il faut d'abord savoir s'aider soi-même. Mais ces personnes étaient les seuls qui ne se souciaient pas de mon identité, qui ne me posaient pas de question. C'était le seul lieu et entourage où je pouvais vivre librement, sans ségrégation, car eux aussi étaient tous fugitifs d'une certaine façon ...

Pendant les premiers jours de printemps de l'année 2052, je me réveillais étrangement tôt, un matin, vers 8h, dans mon domicile du moment. Après avoir remonté toute l'Amérique centrale, je me retrouvais dans un squat au Mexique. A côté de moi dormait encore Andrej, un russe qui habitait au squat. Je détournai la tête, dégoûtée ; foutu saison des amours, qu'est ce que je fous ici... Celle-ci m'avait semblé particulièrement violente d'ailleurs. Blond comme les blés et beau comme un enfant à la base, ses cernes, son teint blafard et sa maigreur me frappa. Il ne ronflait pas, à vrai dire je ne l'entendais même pas respirer, comme si c'était devenu difficile pour lui. Ses yeux étaient mi-clos, ses cheveux sales et sa barbe à peu près rasée à la va-vite. Il avait vraiment l'air d'un cadavre. Je m'étais redressée et l'observais depuis quelques secondes, dans le vague. L'odeur qui émanait de la pièce quand je repris vraiment mes esprits me donna la nausée et je courais à la salle de bain. L'état de celle-ci me dégoutta encore plus et alors que je me jetais de l'eau froide sur le visage par de mouvements brusques, me donnant presque des gifles à chaque fois, je sentis la bile remonter jusqu'à ma gorge. Je me retrouvai à genou devant les toilettes à vomir tout ce que j'avais dans les tripes ; rien. Le goût de la bile me faisait encore vomir ; ça n'en finissait pas ...
Je restai encore quelques minutes dans les toilettes, assise par terre contre le mur, la tête dans les mains. Mes vomissements m'avaient donné le vertige et je me rendais compte que je devais vraiment songer à me nourrir si je ne voulais pas finir comme Andrei.
Je me relevai et me repassa de l'eau sur le visage. Un goût répugnant infestait ma bouche et j'avais terriblement envie de me laver les dents... j'ai même pas de bosse à dent putain... Mais qu'est ce que je fous... Je me lavai quand même la bouche à l'eau, crachant plusieurs fois. Le miroir sale et brisé me montra mon reflet. Fait chier c'est bien la dernière chose que j'ai envie de voir... Mais je m'y forçai , s'il y avait bien quelque chose qui pouvait me relever c'était de voir ce que j'étais devenue, vu comme l'image de l'autre junky m'avait horrifiée... Pale. J'étais pale. Je sais pas comment j'avais fait mais ma peau avait perdue sa teinte dorée, brillante, vivante. Je restai toujours basanée mais les couleurs étaient plus froides que chaudes... Des cernes violettes creusaient un véritable chemin entre mes yeux et mon nez. Mes lèvres étaient gercées et avaient aussi perdu leur couleur foncée qu'elles avait d'habitude. Heureusement, mes cheveux bruns étaient de nature très sec, ce qui évitait qu'ils deviennent gras au bout de plusieurs jours sans me laver. Il étaient quand même trop secs, comme de la paille, et absolument emmêlés, broussailleux, en pagaille. Maintenant presque blonds aux pointes, ce n'était même pas beau ; ils avaient juste l'air brûlés, sans vie leur couleur perdue. Je ne parle même pas de mon cou, tellement maigre que mes clavicules étaient largement visibles. Mes épaules étaient devenues pointues... Mes mains squelettiques ... Staghfallah que Dieu me pardonne... Je repassai un dernier coup d'eau sur mon visage et sorti en claquant la porte.

Rentrant dans la chambre obscure en me bouchant le nez, je saisi rapidement une robe de chambre et un paquet de cigarette pour me diriger dans le salon. Les autres habitants du squat, à moitié endormis sur le canapé devant la vieille télé, me saluèrent sans ménage. "Salut Schehra" "La nuit a été bonne?" Suivi d'un rire faible, fatigué et moqueur. Il finit par s'étouffer en toussant. "La ferme Pavlo je sais que t'es jaloux. De toute façon fini tout ça, je me casse. Y reste du café?" Habitués aux sautes d'humeur des uns et des autres, ils ne relevèrent pas, même si j'imaginais Pavlo se mordre les lèvres. De toutes façons s'il réagissait, ça prouverait que j'avais raison. L'autre type, plus vieux, c'était Charlie. "Y'en a ici viens donc le boire avec nous..." Après avoir fouillé la cuisine, et ce fut vite fait car plus qu'à moitié vide, je me résignai à boire le leur. "Allez viens c'est bon t'en trouveras pas... On va pas te manger..." C'étaient sûrement les deux types que j'aimais le moins dans ce squat. Pavlo, un jeune grec vulgaire et stupide qui passait le plus clair de son temps devant la télé depuis mon arrivée ; et Charlie, un mexicain/américain, plus jeune que moi en réalité, la quarantaine, qui se prenait pourtant pour le doyen, était quand même sage et plutôt aimable. Mon apparence de jeune fille de la vingtaine était agréable pour certaines choses, encombrante pour d'autres. Je me plantais alors face à eux, et saisi un briquet sur la table basse devant eux - dégueulasse elle aussi ewww retiens-toi . Charlie poussa une tasse dans ma direction et me servis enfin du café. Je les remerciai froidement en amenant le liquide chaud à mes lèvres. "Tu nous refuses quand même pas une clope en échange de cet honorable service qu'on vient de te rendre..?" lâcha Charlie, un sourire on-ne-peut-plus moqueur au lèvre, suivi d'un clin d’œil. Crève connard... Après un long soupir, je sortis deux cigarettes de mon paquet que je jetai négligemment sur la table, sans les regarder. Il continua "T'es encore jeune toi, ça se voit...". Ma mâchoire se rétracta et mes mains se resserrèrent sur ma tasse d'une main, sur le filtre de la clope de l'autre. Toi ça se voit ton cerveau il est aussi gros qu'une noix et t'as pas touché une meuf depuis 4 ans... Je pensais très fort, mais je n'avais pas d'énergie à dépenser pour des raclos. J'allais me retourner et quitter la pièce quand la voix de Charlie retentit à nouveau, d'un ton plus calme, plus sérieux, plus fort, qui me retint de partir. "Il va bien Andrei?" Pavlo continua " Il avait l'air dans un sale état hier quand même..." Je les observai d'un regard inquisiteur et des plus méfiants. Se moquaient-ils de moi ? "Tu t'en rappelles pas ou quoi?" A vrai dire, pas très bien... Mais tant qu'ils en parlaient, je me souviens qu'il a piqué du nez après son fixe du soir... Ce qu'il fait souvent donc rien à signaler de ce côté-là... La première partie de la soirée, où ces très chers hommes étaient présents avec d'autres amis, c'est vrai qu'il était particulièrement joyeux ce qui nous a permis de passer un bon moment une fois couchés... Et puis il a tapé son fixe et a dormi net. Je me suis préparée une pipe d'opium et ai fait de même peu de temps après... A vrai dire je ne le connaissais pas tant que ça et moins bien qu'eux, donc s'ils avaient remarqué quelque chose de spécial ils n'avaient pas forcément tort "Si, si, je m'en souviens... Mais j'en sais rien, moi, je le connais pas ce gars... "On est d'accord, alors va voir s'il respire normalement, t'es gentille..." Je ne relevai même pas mon regard vers Pavlo et me tournai vers Charlie pour l'écouter : "C'est vrai, va voir, on sait jamais.." Lassée, je levai les yeux au ciel pour cacher mon inquiétude tout de même présente, et tournai les talons vers la chambre.

D'un coup fort et impatient, je poussai la porte et traversai la pièce d'un pas anxieux. J'ouvrai les volets et les fenêtres d'un coup sec afin de laisser la lumière du soleil pénétrer la pièce, et l'air frais la désinfecter. Je me tournai enfin vers Andrej, la respiration coupée. En fait, j'avais compris. Il n'avait pas changé de position et sa poitrine ne se soulevait pas. Ses yeux étaient toujours à moitié ouverts. De mes  mains tremblantes, je vérifiai son pouls, prenant son cou entre mon index et mon pouce, comme pour l'étrangler. Je restai une bonne minute dans cette position, espérant avoir raté un battement de cœur si faible que mes mains engourdies ne l'auraient pas remarqué. Mais rien ne se passa. L'homme que je tenais entre mes mains était bel et bien mort. Quand je réalisai ça, je ne bougeai plus. Mes mains restaient figées autour de son cou et mes yeux étaient écarquillés comme jamais, fixant un tableau inexistant sur le mur en face de moi. Des nausées me reprirent et je lâchai prise pour protéger ma bouche de ma main avant de courir aux toilettes. Je vomissais encore. De la mousse, au goût acide et amer en même temps coulait dans la cuvette des toilettes. Je me relevai et me lavai encore la gueule quand j'entendais Charlie m'appeler au loin "Ca va Schehra ??". On ne peut mieux... Merde, il avançait dans le couloir. Quand il ouvrira la porte de la chambre, il comprendra. Au lieu de ça il toqua à la porte des toilettes, comportement tout à fait inattendu à mon égard. "Ca va?" Répéta-t-il. J'essayai de dire oui mais mon visage se crispa et des larmes commencèrent à couler. Je les essuyai aussitôt et ouvrai la porte d'un coup sec, ignorant Charlie qui restait planté là. Dans la chambre, je ramassai tout ce qui m'appartenait et faisait mon sac. J'avais dormi à côté d'un mort. C'était évident, il était mort sous le choc, juste après son flash. Après tout ce qu'il avait absorbé hier, l'overdose était envisageable. Les deux crevards du salon l'avaient remarqué ; pas moi, j'étais dans le même état que lui mais merci Dieu je ne me piquais pas... Mon instinct l'a ressenti, pourquoi je me suis levée de si mauvaise humeur à 8h du matin... Charlie ne tarda pas à me rejoindre. Il traversa la chambre de la même manière que moi et s'apprêtait à faire la même chose que moi quelques minutes avant. "Cherche pas, il est mort. Et moi je me casse d'ici avant de finir comme lui..." Il m'ignora et s'assit sur le lit à côté de lui, calmement, beaucoup plus calmement que moi - Facile aussi, il venait pas de passer la nuit avec, lui... - et pris son pouls. Exactement comme moi aussi, il resta longtemps dans cette position, à la recherche d'une once d'espoir. Et moi, je m'affairai derrière, jamais été aussi rapide et efficace que ce matin-là. "Tu vas pas partir quand même?" Stressée, les nerfs à vif, le sang chaud qui jaillissait, saison des amours oblige, de plus cela faisait trop longtemps que j'étais entourée de Normes seulement, le ton s'élevait et j'avais désormais du mal à me contrôler. Il fallait que je parte d'ici, et vite. "Oh, si! Ça fait  longtemps que j'y pense et Andrei vient de me tirer la sonnette d'alarme. Sans le vouloir, tu viens de me sauver la vie, Andrej". Des larmes coulaient le long de mes joues mais ma voix et mon visage étaient à peine différents, excédée. Pavlo venait d'arriver, insupportable... "Oh, ça va, on est pas dans un film romantique tu vas t'en remettre, je sui..." "La ferme Pavlo, appelle une ambulance, la police, je sais pas, moi, rends-toi utile pour une fois, fais quelque chose..." "La police hahahaha tu veux qu'on ait encore des emmerdes ou quoi... C'est bon quoi le beau russe est mort on va pas en faire tout un plat... L'ambulance? A quoi bon? Cet homme est aussi mort que ton père Schahrazed, c'est un croc-mort qu'il faut appeler..." Enfin prête, sac sur le dos, chaussures aux pieds, lunettes sur le nez, un grand sourire malgré mes joues humides et rougies, je me dirigeai vers la porte "Salam, les gars! Je vous souhaite une mort pas trop sale si vous restez dans ce trou à rat... Au fait, un rat, j'en ai croisé un aux toilettes tout à l' heure... Ciao, bonne vie!" Excitée par la remarque de Pavlo, je faisais mon cinéma, voulant surtout m'échapper de cet Enfer le plus vite possible, et leur éviter un sale quart d'heure. Je me dirigeai vers la sortie, s'ils continuaient avec leurs conneries j'allais les bouffe tous les trois... Oh merde j'avais dis tous les trois? Il faut que je me tire... "tu vas quand même pas partir comme ça..." repris Charlie d'un air sombre. Je m'arrêtai devant la porte, fouillai dans mes poches, en sorti 50 dollars et mon paquet de cigarette, et les jetai sur le lit. Sans même jeter un regard dessus, Charlie me fixait, impassible. "Franchement, que veux-tu que je fasse... Je ne le connais vraiment pas et je crois vraiment que c'est un signe pour que je parte. Ses papiers sont dans sa veste, là bas, j'crois. J'veux pas m'attirer d'autres problèmes. Quand je suis arrivée, il était déjà là et vous aussi. Vous êtes des hommes et même si je reste quelques heures encore, ça servirait à quoi à part me tuer un peu plus... L'argent c'est pour lui, j'espère que je peux vous faire confiance au moins là-dessus. En tous cas il n'est plus entre mes mains et je n'en suis plus responsable... Soyez gentils et laissez-moi partir avec votre accord. J'en ai pas besoin vous en faites pas, c'est juste pour ma conscience... Ok?" lachai-je d'un ton plus exigeant que suggestif. Charlie soupira et se leva. Il me serra la main et se retourna. Je quittai la maison.
***
Je me retrouvai dans la banlieue de Tijuana, seule. Entrant dans le premier bar tabac, je m'achetai quatre paquets de Pueblo jaunes, celles que fumait mon père. Je demandai au buraliste s'il avait une salle wi-fi. Positif, je m'y installais alors avec un café. Il faudrait que je mange mais c'était impossible tout de suite, je vomirais tout à la seconde à mon avis. Bref, je n'avais pas beaucoup de temps et checkai mes mails dans l'espoir d'y trouver une solution. Des mails de ma mère... De mon frère... Auxquels je répondais rapidement, juste histoire de leur dire que je n'étais pas morte et que j'allais bien. Ma mère ne savait absolument rien de mes aventures débauchées.. Matthew m'avait aussi envoyé plusieurs mails. Il s'est installé ! Aux Etats-Unis ?! Quelle idée... Vieux fou... Il me demandait de mes nouvelles tout en me donnant des siennes. Il avait l'air d'être bien à la Nouvelle-Orléans et me proposait de venir l'y voir, si j'en avais envie. Pas du tout envie d'aller aux Etats Unis mais pourquoi pas, cette nouvelle tombe à pic. Bon, le message datait de trois semaines, mais mieux vaut tard que jamais. Je lui répondais sans trop préciser que je le rejoignais dans la semaine, qu'il m'était arrivé un truc horriiible et que j'avais besoin de lui, je ne suis pas bien du tout. Si je peux te donner plus de précisions sur mon arrivée je le ferais, sinon, ne commence à t'inquiéter que si cela fait plus de deux semaines que tu n'as plus de nouvelles... Salam !

Quelques détails à savoir sur votre arrivée à la Nouvelle Orléans ? Vous y êtes natif ? Je viens d'arriver, pour émerger, pour voir Matthew, et puis je voyage tout le temps donc ce n'est qu'une page de plus.

- Bas les Masques -


Derrière l'écran, vous êtes : Mon pseudo, Suki, Platypus, Chilly... Mon prénom, Louisa ^^
Vous serez souvent là avec nous ? Déjà, il faut savoir que chez moi les wee end c'est vendredi samedi et j'ai cours le dimanche ;) Et pour moi c'est le contraire, je suis externe et j'écris plus la semaine que le week end où je passe peu de temps chez moi ^^
Comment avez-vous connu Voodoo Child ? Ca faisait longtemps que je n'avais pas RP, j'ai eu une pulsion What a Face , suis allée de forum en forum, topsite etc, jusqu'à m'arrêter ici, coup de coeur !
Avez-vous déjà un double/multi compte ? Nope mais après peut être bien si j'ai le temps ;)
Avez-vous des suggestions, des questions, des compliments ou des tomates à nous jeter à la figure ? Des fleurs I love you

Vous attestez avoir lu le règlement, et vous engagez à l'appliquer à-la-lettre ? Wallah What a Face

***


Culture Musicale :

Aimez-vous la musique ? J'aurai du mal à affronter le quotidien sans elle oui.
Musique (chanson) préférée : Pas une en particulier, je suis pas fan de musique elle m'aide juste à m'évader.
Style de Musique détesté : Pop/Commercial, hard metal... Mais bon à la fin il y a du bon et du mauvais partout hein !
Chanteur/Chanteuse qui vous fait fantasmer *: J'sais pas...

Culture Littéraire :

Aimez-vous lire ? Ça va, mais j'en suis vite lassée.
Livre préféré *: Les coups de minuit
Personnage de Roman préféré : J'en ai pas...
Journal le plus lu **: Ici, L'Organe bien sûr...

Culture Culinaire :

Salé ou Sucré ? Salé, de loin!
Votre plat préféré : Kabab persan bien saignant de ma Maman What a Face
Votre boisson préférée : Whisky *hum hum* ... Thé à la menthe, karkadé..
Êtes-vous fin cuisinier ? Mmhh 14/20 on va dire!
Votre restaurant préféré ** : En ai pas...

Culture Visuelle :

Vous regardez beaucoup la télé ?
Absolument pas, je l’exècre..
Votre émission préférée * : Aucune.
Vous allez souvent au cinéma ?
Si on m'y invite pourquoi pas...
Votre film préféré * : Y'a pas...
Acteur/Actrice qui vous fait fantasmer *: Y'en a pas vraiment..
Vous fréquentez les musées, les galeries d'art ? Un peu, oui, mais j'suis pas à fond...
Votre artiste préféré * : Dali, surréaliste du XXème siècle.
Votre toile préférée * : In search of the fourth dimension.

Goûts :

Votre couleur préférée :
Rouge
Votre saison préférée : Printemps/été.
Votre fleur/plante préférée : Camélia
Votre animal préféré : Heumm vous parlez de mon plat préféré ou bien...? What a Face
Le défaut que vous détestez le plus chez quelqu'un : L'hypocrisie/la fausseté, l'avarice.
La qualité que vous appréciez le plus chez quelqu'un : La sincérité, la générosité, la gentillesse, et le cran, j'sais pas trop si c'est une qualité...
Si vous pouviez réaliser un de vos vœux les plus chers : Ça se dit pas un vœu bande de malade!! :OO :p

Côté Cœur :

Êtes-vous en couple ? Nope
Êtes-vous amoureux ? Non plus...
Êtes-vous vierge ? Non mais j'aimerais bien parfois...
Êtes-vous un Coureur(se) de jupons (pantalons) ? Pas du tout mais la saison des amours ne vous demande pas votre avis...
Plutôt amitié ou amour ? Amitié.
A quoi devra ressembler (physiquement, moralement) votre âme sœur ? Je sais pas trop, pas trop de critère spécifique pour le physique. Bien sûr il faudrait qu'il me plaise dangereusement mais je suis ouverte à tout.. Même si je serais plutôt étonnée si je finissais avec un blond ou un asiatique What a Face Sinon j'aimerai qu'il soit discret, pas trop grande gueule mais que sa présence soit remarquable. J'aimerais qu'il soit le genre de mec avec qui tu vas n'importe où sans jamais avoir peur de qui / de quoi que ce soit. Que ma famille l'approuve si elle le rencontrait ... M'enfin bref qu'est ce que je dis de toutes façons j'ai perdu espoir depuis un bout de temps déjà..




* Attention, nous jouons en 2048, lorsque vous parlez d'une personne, d'un objet ou de quoi que ce soit qui était vivant ou qui avait cours en 2010, pensez qu'il est peut-être mort ou a peut-être disparu (tombé dans l'oubli) à l'époque où nous jouons. Vous pouvez donc inventer de nouvelles célébrités comme bon vous semble ou vous baser sur de « vieux » artistes des débuts 2011 par exemple. Vous pouvez également les inventer ^^

** Veillez à citer en priorité des choses présentes sur le forum (Restaurants de la NO, journaux inventés qui sont « dans l'ambiance » du forum etc...) ;)



Dernière édition par Schahrazed Erasun le Mer 15 Avr - 21:45, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Erasun Schahrazed    Mar 14 Avr - 21:01


    Voilà, tout est bon normalement I love you
    Désolée du triple post, du temps que ça a pris et de la longueur de l'histoire je ne m'en rendais pas compte en écrivant ^^
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MessageSujet: Re: Erasun Schahrazed    Mer 15 Avr - 13:22

Hello !

Pas de soucis pour le temps de rédaction, maintenant place à la modération ! ;)

Une petite coquille dans les informations morphologiques, le "k" de kg s'est perdu en chemin. ^^ De manière générale, les descriptions mériteraient d'être un peu plus approfondies que l'on puisse savoir à quoi Schahrazed ressemble. Comment arrange-t-elle ses cheveux ? Comment s'habille-t-elle en attendant son changement de vie ? etc...

Dans les défauts et qualités, tu parles d'une "méfiance à mort" mais également de confiance et de ne rien refuser sans qu'on lui en donne une raison. Ces deux éléments semblent se contre dire un peu.

Au niveau des évolutions futures, Schahrazed parle de rejoindre les rangs de Gaea seulement d'une plus tôt il est dit qu'elle ne supporte pas les faës et de deux cette organisation est réservée aux Faës. Ta méta peut s'en approcher en faisant des dons ou bien rejoindre une organisation partenaire de Gaea...
Dans l'histoire de ton personnage, tu ne parles pas beaucoup de son enfance. Comment a-t-elle grandi ? Comment a-t-elle vécu ses premières métamorphoses ? A-t-elle eu du mal à s'y faire et à les contrôler ? Ces choses sont importantes à connaître pour situer ton personnage.
Au niveau de l'arrivée à Manaus, il semblerait que la vie y soit très chère en raison de son accès très difficile, principalement par avion ou par bateau. De même il y a donc peu de chances pour que ta panthère en soit partie en bus ou par voie routière en tout cas. Apparemment il y a des routes, sorry. ^^"

En dernier point, je dirais que tu ne parles pas de la Grande Révélation ayant eu lieu il y a quelques années seulement. Sans avoir causer autant de remous que la Révélation, la vie a très certainement changé pour ceux qui ont décidé de croire à ces nouvelles informations sur l'origine des outres.

Si tu as des questions, n'hésite pas à me MP. En attendant je te laisse corriger ces deux trois petits points. :)

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MessageSujet: Re: Erasun Schahrazed    Mer 15 Avr - 21:07

Ha, désolée pour le k de kg, ça a du beaucoup vous perturber en effet x) ..

Pour le caractère je ne pense pas parler de confiance...? Aussi je ne vois en quoi je me contredis en disant qu'elle est méfiante et généreuse à la fois...? Le don ne fait pas de mal au généreux et ne lui requiert pas de confiance... Et puis disons qu'elle est d'abord généreuse puis est devenue méfiante en grandissant, elle donne tout en prenant ses précautions si elle ne connait pas la personne... Être généreux ne veut pas dire s'oublier et mette ses besoins de côté non plus :) En fait c'est un trait de caractère très oriental et c'est possible d'être les deux à la fois je l'assure!

Ok pour Gaea et autres associations désolée, autant pour moi je n'avais pas vu que c'était réservé aux Faes, de toutes façons je verrais ça plus tard en m'installant :)

Ha bon je pensais que mes premières dents de lait ne vous intéressaient pas ..? xD Pour Manaus et le coût cher de la vie, ça n'a pas vraiment d'impact sur mon histoire en fait.. Si ? Il est possible de se débrouiller dans n'importe quelle ville... Sinon, j'ai ajouté quelques trucs : au début, juste après la deuxième * pour l'enfance, et à la fin, c'est le premier paragraphe du deuxième post, pour la Grande Révélation :)

Pfff franchement pour l'apparence, j'ai regardé les présentations des autres joueurs, ils ne précisent pas vraiment plus que moi, mais bon, je préciserai ses tenues et son physique dans mes posts c'est sûr :)) J'ai tout de même un peu étoffé les descriptions sous vos ordres.

Voilà tout merci d'avoir lu I love you
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MessageSujet: Re: Erasun Schahrazed    Jeu 16 Avr - 3:32

C'est la façon dont c'était tourné qui nous avait laissé un peu perplexe,  mais en effet la méfiance et la générosité ne sont pas antagonistes et ton personnage peut sans problème être les deux, c'est surtout l'idée d'être à la  fois trop confiant et pas confiant en son prochain qui posait souci., être "généreux mais méfiant" est effectivement parfaitement gérable :)

Ne t'inquiète pas pour Gaea, le fait est qu'on avait pas des masses précisé,  et qu' on avait pas pensé que quelqu'un serait intéressé par l'idée de les rejoindre ! (ce pourquoi on s'est penché dessus maintenant)

Même si on se fiche de tes dents de lait on essaie de rester logique et (manque de bol pour toi Razz) on a quelqu'un dans le staff qui connaît actuellement des gens en Amérique Latine et a quelques infos sur Manaus, d'où les précisions faites.

Concernant les descriptions physiques je suis quasiment sûr que le staff récent demande des infos plus précises que ça sur les personnages des joueurs. C'est pas forcément grandiose : on cherche juste à connaître l'apparence globale des gens, pour se faire une idée de ce à quoi ils ressemblent !

N'hésite pas à nous dire lorsque les modifications sont terminées ! Ainsi qu'à nous contacter par MP si la modération et/ou notre façon de faire ne te conviennent pas pour X ou Y raisons ! On est à l'écoute :)
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MessageSujet: Re: Erasun Schahrazed    Jeu 16 Avr - 15:44

Oui effectivement on est de plus en plus exigeants au fil du temps. Merci d'avoir fait les modifications en tout cas. ^^

Tout est bon excepté le passage sur les premières métamorphoses. Il faut bien penser qu'elles apparaissent vers l'adolescence avec un animal totem déjà sous une forme adulte (cf. FAQ Métamorphes). Ajoute quelques années aux frangins et c'est tout bon. ;)
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MessageSujet: Re: Erasun Schahrazed    Jeu 16 Avr - 19:43

Voilà, j'ai ajouté quelques années pour les Métamorphoses et précisé le coût de la vie à Manaus :) J'avais vérifié qu'une traversée de l'Amazonie était possible de Manaus mais pas fait assez de recherche sur la ville en elle-même, navrée ^^

Oui je comprends bien, c'est vrai que les fiches que j'avais regardées dataient un peu déjà ... Est-ce que c'est bon comme ça ? ^^

Désolée c'est juste que ça faisait longtemps que j'étais sur ma fiche et l'avais revue plusieurs fois, donc j'étais un peu blasée de voir qu'il y avait des trucs à rectifier et surtout aussi minimes xD En tous cas j'ai hâte de commence, merci d'avoir lu I love you

(Arn, je suis assez perturbée de la ressemblance de ton perso avec moi même hahaha .__. A part la couleur des yeux, exactement celle dont je rêve *__* )

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MessageSujet: Re: Erasun Schahrazed    Jeu 16 Avr - 20:59

Parfait ! C'était le coût de l'avion plutôt que le coût de la vie, en fait, comme c'est une ville à laquelle il n'est pas très facile d'aller, les vols sont très chers et du coup ça mettait un peu à mal ta logique de voyage, c'est surtout pour ça qu'on a voulu le préciser. Mais je t'accorde que c'est tatillon de notre (surtout moi, j'avoue xD) part ;)

Mais allez, la torture est terminée, te voilà validée !!!  

Enfin, terminée, c'est vite dit... Pour commencer ta nouvelle vie de Métamorphe officielle, il y a quelques petites choses à faire :

  • Ouvrir ton Carnet Mondain et ton Inventaire (Le post-it en début de forum te donnera toutes les infos ;)).
  • Dans la section Carnet Mondain il va falloir demander une évaluation de ton niveau de dangerosité.
  • Générer ta fiche d'identification dans ton profil (qu'il te faudra aussi remplir avec le lieu d'habitation de ton perso et les divers liens vers sa fiche, carnet mondain et inventaire).
  • Facultatif mais utile si tu souhaites aider le forum ou gagner de l'argent (on ne dirait pas mais ça va bientôt être très utile What a Face) : Voter dans les topsites. Les autres moyens que tu as pour gagner de l'argent sont indiqués dans la section Inventaire.
  • Tu peux suivre l'activité du forum sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter).
  • Enfin tu peux créer/compléter ton profil Tour de Jeu


Tu pourras retrouver les autres membres du forum sur la chatbox ou dans le flood mais il y a également un groupe skype réservé aux membres.

Aussi, tu peux t'abonner à la newsletter du forum ou au moins à suivre le topic suivant Le Journal du Forum qui est obligatoire pour être au fait de tout ce qui se passe sur le fo'.

Et voilà ! Et si tu cherches des compagnons de RP, tu peux faire une demande ici, ou envoyer un MP à une personne précise si tu as déjà une idée en particulier.

Bienvenue à la Nouvelle-Orléans et bon jeu ! Very Happy
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