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 Des tresses et du café

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Izolda Sokołowska
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MessageSujet: Des tresses et du café   Lun 23 Fév - 12:18

Le réveille sonna deux fois à 7h pile et c'est la que sa main gracieuse et ensommeillé appuya sur le bouton. Son rituel devait se faire: elle s'assit sur son lit et prit plusieurs minutes à méditer. En se levant elle déposa un léger baiser sur la photo d'enfance de son frère qui était atteint de leucémie.
Elle alla bouillir l'eau dans sa bouilloire et prit une douche rapide et complète avec lavage de cheveux (car il fallait noter qu'elle ne les lavait pas tous les jours, mais une fois tout les 6 jours). En sortant de la douche et en s'essuyant avec beaucoup d'attention elle appliqua une baume pour sa peau qui était toujours très plaisante au toucher. En allant dans sa cuisine elle se versa un petit café, pas bien fort car c'était toujours son deuxième vers midi qui lui donnait un coup de pouce. Son petit déjeuner consistait en des choses simples et traditionnelles à la Pologne; un oeuf brouillé, du jambon, des tomates poivrés et salés et un verre de jus juste à côté. Tout cela en écoutant la radio polonaise. Elle entendait plus sur sa famille à la radio qu'au téléphone. Après tout, son père ne s'était jamais intéressé à elle et sa mère devait surement faire un signe de croix rien qu'en y pensant. Évidemment, ses études et son passé ne lui ont pas donné de bonne réputation chez les Sokołowski's. Ce jour-là était le dernier jour des élections, à voir si sa mère allait les remporter; l'ex ministre de l'éducation et peut-être première femme présidente de la République Polonaise. Izolda s'inquiétait pour le futur des Outres dans son pays natale, elle a toujours été active pour protéger leur droits de vie sans être molestés par les êtres humains. Sa mère avait une idée complètement différente à elle.

En ayant fini son petit déjeuner elle enfila son uniforme habituel: une jupe grise qui descendait jusqu'à ses genoux, une chemise blanche à manches courtes et une veste grise qui devait être de la même collection que sa jupe. Ses chaussures étaient simples, mais qui avaient une certaine classe. Des boucles d'oreilles en perle placés sur ses lobes, sa petite croix en argent offerte par son grand-père décorait son cou long et fin. Un petit coup d'eye-liner à la fin et elle était en route pour aller dans son bureau.

Il était 8h30 et elle avait une demi-heure pour se préparer et consulter son agenda (l'avantage d'avoir son cabinet à quelques minutes de chez soi). Une sorte de demi-journée à vrai dire, elle devait donner un masterclass sur les habitudes et réactions métamorphes pendant la saison des amours. Un sujet qui lui était vachement intéressant. À 9h son premier patient était venu: un vaudoun qui était arraché d'un côté par sa religion catholique et de l'autre c'étaient les Loas qui lui parlait. Puis une Wiccane qui semblait avoir des problèmes assez basiques comme des voix dans sa tête. Ça commençait à être une journée intéressante dés le départ car c'étaient des clients qu'elle aimait bien et qui venaient à chaque rendez-vous religieusement.

Elle avait 10 minutes de répit, elle vit son agenda et le nom de Brume sauta à ses yeux. Izolda se souvenait de cette jeune métamorphe. Elle venait une fois tous les 3 ou 6 mois et même si son attitude en général était assez enjoué, la jeune avait des troubles psychologiques lié à des sources externes. Dans ce cas là, elle se contentait plus à l'écouter que de lui décortiquer le cerveau, même si travailler en tant que conseillère avec ses diplômes et son entrainement était rare. Pour rendre la session plus décontractée, elle bougea sa chaise en cuir, le canapé et la table basse dans l'autre bout de son cabinet spacieux. Le divan restait, mais elle alla vers son placard et ressortit un ballon de Klein avec une forme en plastique pour garder le ballon sur place. Ayant placé les deux par terre, elle s'assit pour tester l’efficacité et le confort de celui-ci.

Très confortable...!

Pensa-t-elle, fière de son idée. Il est vrai que certains patients étaient plus aptes à communiquer leur angoisses dans un milieux plus confortable. Dans le cas de Brume, elle aimait faire des tresses à Izolda tout en lui contant ses problèmes. Au départ c'est Izolda qui se mettait sur le canapé pour qu'elle puisse le faire, cependant cela avait commencé à la rendre inconfortable (évidemment, ayant eu des problèmes elle-même). Donc l'idée du ballon.

Après avoir fini la préparation des lieux, la jeune femme prit une bougie très légèrement parfumé et la posa sur la table. Elle avait déjà remarquée que cette bougie particulière avait tendance à avoir un effet serein sur ses patients métamorphes.
Elle entre-ouvrit la porte assez pour faire entendre sa voix au minimum, elle ne la levait presque jamais, même pour se faire entendre par ses patients.

- Brume Sullivan, je vous prie.
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MessageSujet: Re: Des tresses et du café   Dim 8 Mar - 14:11

Tout était confus, si douloureusement confus. Les images apparaissaient par spasmes, insaisissables, comme des éclairs, des flashs. Par bribes elle captait des sons distincts, des morceaux de phrase pris çà et là, le tout se mélangeant dans un mal de crâne dont elle ne parvenait pas à se défaire. Elle n'était pas sûre de reconnaître sa voix, pourtant elle ne voulait pas y penser. Puis elle se rappela qu'on lui versait quelque chose dans la bouche, quelque chose de froid, légèrement poisseux, une odeur de fer et de charogne lui montant au nez, et alors qu'on la forçait à boire, elle s'étouffa.
Elle se réveilla finalement en toussant fortement, comme si effectivement on avait essayé de la faire boire de force pendant son sommeil. Son front lui paraissait lourd, pourtant elle n'avait pas de fièvre. Assise dans son lit, la sensation que l'air était glacé attaquant sa peau et ses poumons, la tête encore dans le vague, elle jeta un coup d’œil à son réveil et en ressentit un profond désarroi. Seulement quatre heures ? Vraiment ? Elle soupira et se laissa retomber en arrière, passa la main dans ses cheveux, les décolla de son front tout en respirant le plus profondément, le plus calmement possible. La période était passée, pourtant, c'était sûr et certain, elle avait passé son tour pour cette année. Quelque chose avait dû le déranger, ou alors quelqu'un avant elle sur la liste avait été agressée plus tard qu'en janvier. Sans doute. Ou peut-être qu'il avait décidé de retarder légèrement son passage, après tout, n'était-elle pas la seule outre dans le lot des victimes ? Il avait peut-être peur qu'elle ne se soit préparée et qu'il ne puisse pas être assez fort contre elle, mais elle n'y croyait pas. Elle n'était jamais qu'un gros chat. Certes, un gros chat avec des griffes particulièrement acérées et des dents de grands félins, donc autrement plus dangereuses que celles d'un chat ordinaire. Elle n'en restait pas moins un bien petit volume contre un vampire. S'il était vraiment devenu vampire, car pour le coup, cette donnée aussi était restée au conditionnel. Ou alors les autorités en étaient sûres mais préféraient ne pas lui en faire part sous le banal prétexte de sa sécurité qui ne serait sans aucun doute pas plus assurée pour autant.

Elle soupira à nouveau. La métamorphe aurait bien aimé ne pas avoir à penser à tout ça, malheureusement, il y avait des choses que l'on ne pouvait pas évincer de sa vie d'un revers de main ou de mots. Pour le reste, la vie était tout de même plus simple. Et dire qu'il n'y avait qu'une personne en ville qui était au courant de toute cette histoire. Seulement Izolda. Elle devait la voir, d'ailleurs. Le même matin, mais beaucoup plus tard. Il fallait qu'elle dorme encore un peu, qu'elle ne cède pas à la panique et qu'elle essaie au contraire de voir le positif dans tout ça : le fou n'était pas encore venu à la Nouvelle Orléans, il était sans doute loin et il restait presque une année entière pour qu'il soit éventuellement arrêté par des autorités, qu'elles soient outres ou humaines. Mais peut-être que mettre d'autres personnes au courant dans le coin ne serait pas une mauvaise idée. Certes, elle avait bien quelques amis, mais elle ne voyait pas comment le leur annoncer et surtout elle redoutait la manière dont ils le prendraient. Dans le lot, seul Jake pouvait encore être le choix le plus judicieux mais qu'aurait-il bien pu y faire, de toute façon ? Qu'est-ce que ça pourrait bien lui faire, surtout ? Et quand bien même quelqu'un voudrait quelque chose dans tous ceux à qui elle pourrait se confier, ce serait une armée de Don Quichotte face à un véritable géant et qui plus est, un géant dont on ne savait rien. C'était peut-être ça, le pire, finalement. Et l'on revenait toujours et inlassablement au point de départ. Ne pas savoir ce qu'il se passait à chaque instant et ne pas savoir ce qui allait se passer. Une envie d'appeler quelqu'un la prit soudainement mais elle s'y refusa. On ne réveille pas quelqu'un, fût-il de la famille, à une heure pareille et surtout pas un dimanche soir quand la semaine allait démarrer juste après. Non, il fallait juste qu'elle fasse un effort et qu'elle se rendorme.
Elle se remit sur le côté et remonta les couvertures sur son épaule, fermant les yeux et essayant de ne plus penser à rien. S'angoisser dans cet appartement vide n'arrangerait rien.

Le réveil sonna et elle eut la satisfaction de se rendre compte qu'elle s'était bien rendormie. De là à dire qu'elle avait dormi, il y avait tout un monde, mais c'était déjà mieux que rien. Un passage à la salle de bains lui assura déjà une meilleure mine, elle n'aurait au moins pas l'air d'une grande déprimée en arrivant chez sa psychiatre. Elle sourit sans trop savoir pourquoi à cette idée, car après tout, elle était bien là pour s'assurer que tout allait bien ou faire en sorte que ça le devienne, pas pour entendre des mensonges. En se séchant les cheveux, elle se dit qu'il faudrait les recouper et vite, ils étaient presque déjà trop longs. A bien y réfléchir, c'était vraiment une drôle de phobie. Ce n'étaient que des cheveux, et pourtant un si mauvais souvenir. En étant coiffeuse, c'était tout de même un comble.
Un coup de crayon sur chaque œil, d'éternels vêtements noirs -sans taches de teintures, ceux-ci, elle tenait à avoir l'air un minimum propre sur elle pour aller consulter, c'était tout de même plus poli- ses bracelets autour des poignets, un petit secoué de tête pour un véritable effet décoiffé, mais après tout, c'était la mode et si l'on veut gagner sa vie dans la coiffure, il vaut mieux être à la page. Oui, elle avait l'air plus que prête. Elle prendrait son petit déjeuner au salon, elle n'avait aucune envie de rester plus longtemps entre quatre murs. Pour ce qu'elle mangeait le matin, dans tous les cas.

D'un pas rapide, elle marcha jusqu'à sa boutique, ouvrit la porte, la referma à clé de l'intérieur aussitôt. Elle n'aurait personne dans la matinée, elle n'aurait de rendez-vous qu'à partir de quatorze heures, autant ne pas perdre de temps en explications inutiles pour avoir laissé la porte ouverte. Il n'y avait pas grand chose à faire de bien terrible, mais le simple fait de s'occuper lui viderait la tête un bon moment. Pendant presque deux heures, elle ne fit que du ménage. C'était une occupation comme une autre. Tout y passa : les comptoirs le long des murs, la table du centre, les fauteuils, les ustensiles, son comptoir de caisse, sa réserve, la salle réaménagée pour les métamorphes... Et dire que quand elle n'était pas motivée, il lui fallait parfois la journée pour réussir à tout terminer. Elle devrait angoisser plus souvent !
L'heure arriva bien vite, et ce fut largement dans les temps qu'elle arriva. Il y avait toujours du monde, et comme toujours un silence tranquille régnait dans la salle d'attente. C'était un calme agréable et qui avait le don assez étrange de la rassurer alors même que l'agitation était sa principale thérapie quotidienne. Elle ne voyait sa psychiatre que trois à quatre fois par an, mais parfois elle regrettait presque de ne pas consulter plus souvent, ce qu'elle devrait peut-être envisager si ces cauchemars revenaient de façon trop récurrente, même si elle avait du mal à s'imaginer ce que pouvait faire la jeune femme pour l'aider. Elle avait cependant un talent certain pour apaiser et savoir quoi faire selon la situation, ce qui était certes son métier, mais Brume devait avouer que d'autres de ses collègues s'y étaient pris d'une façon qui l'avait parfois rebutée. Izolda s'adaptait en revanche à tout, comme si rien ne la dérangeait. Et ce n'était pas rien avec une angoissée comme l'ocelot, capable de marcher des kilomètres en rond si cela pouvait lui donner l'impression de se détendre.

Son tour vint assez rapidement et sans faire attendre son médecin, elle traversa la salle d'attente le plus silencieusement possible, attendant d'être dans le cabinet pour la gratifier d'un salut chaleureux.
« Vous allez bien ? » Une question peut-être bien bête mais après tout, pourquoi ne pourrait-on pas le demander à une personne du corps médical sous prétexte que ce sont eux qui nous soignent ? Et dans certains cas, mieux vaut que tout aille bien ! La bonne odeur de la bougie l'accueillit tandis qu'elle déposait son sac là où elle en avait l'habitude. Il fallait dire qu'avec le temps, beaucoup de petits rituels s'était établis entre elles, ce qui n'était pas dénué de charme. Comme tout métamorphe félin qui se respecte, les habitudes restaient une donnée importante du confort et d'un sentiment de sécurité. Elle devait aussi avouer que les longs cheveux de sirène de sa jolie psychiatre n'avaient pas mis longtemps avant d'attirer ses petits doigts. Certains jouent aux cartes ou font des scoubidous pour se passer les nerfs, Brume faisait des tresses. Et ce n'était visiblement pas pour déplaire à son médecin.

« J'ai fait de ces cauchemars affreux, cette nuit, si vous saviez ! Je ne sais pas comment j'ai réussi à me rendormir, mais vos conseils ont sans doute dû aider ! »
Avec le temps, elle avait largement appris qu'il ne servait à rien de cacher quelque chose à cette jeune femme. Non seulement parce qu'elle finirait par le découvrir, c'était son métier, mais aussi parce que c'était le meilleur moyen pour ne pas guérir. Elle n'était pas là pour enfoncer, mais pour aider. Alors autant l'aider elle aussi dans son travail et ses démarches en ne lui cachant rien. Après tout, ce n'était pas comme si dans ce métier, on avait déjà tout entendu ou presque !
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Izolda Sokołowska
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MessageSujet: Re: Des tresses et du café   Sam 14 Mar - 14:28

Elle vit la jeune femme rentrer dans son cabinet, elle fit en sorte d'avoir l'air présentable et cela se voyait, Izolda se doutait qu'elle avait mal dormit cette nuit. Sa posture, ses gestes, son look... Il lui était parfois difficile car elle exhibait des réactions post traumatiques et elle était toujours hanté par l'idée que son geôlier allait la retrouver et faire sa vengeance alors que ce n'était pas certain, mais cette épée de Damoclès restait toujours au dessus de sa tête.
Izolda hocha sa tête avec un léger sourire et elle dit avec sa manière calme, peut-être un peu flegmatique sur les bords:

- Merci, je vais bien. Je suis contente de savoir que ma méthode a quelque peu calmé vos cauchemars. Évidemment, ça ne marchera pas sur tout les coups, mais je vois qu'il y a eu quelques progrès. Avant qu'on ne commence, je m'excuse, il faudra que j’achève mon travail sur ces notes que j'avais commencé la dernière fois.

Izolda alla se bouillir un café dans sa cafetière et ouvrit son cabinet où on pouvait trouver des boissons non-alcoolisés en tout genre: des sirops, des cafés moulus, des thés... À droite on voyait les verres avec les mugs et à gauche quelques petites bouteilles d'eau et du lait stérilisé dans des petits container. Elle laissa la porte du cabinet grande ouverte pour la femme-ocelot. En se rasseyant devant son bureau elle dû terminé les quelques notes qu'elle avait laissé pour plus tard. Izolda voulait se concentrer entièrement sur sa patiente, autant terminer ce qu'elle avait commencé. Sans lever la tête de sa paperasse elle indiqua avec son stylo en main vers le cabinet.

- Le choix est ample, vous avez le droit de piocher et faire ce qui vous plait. Comme vous le savez, bien entendu.

C'était une habitude à Izolda de laisser le choix à ses patients, même la préparation. C'était en quelque sorte une forme de montrer que la personne est toujours en contrôle et que ce territoire, mis-à-part qu'il soit à Izolda, est toujours un territoire considéré neutre; mais aussi parce qu'Izo ne voulait jamais faire de présomptions sur la manière dont certains aiment leur boissons. Pour sa part elle aimait un simple café noir ou un thé à la menthe, l'idée de mettre un tas de crème ou de lait dans une boisson lui déplaisait énormément, sauf si c'était pour son milkshake bimensuel! Oui, elle avait un milkshake de temps à autre; elle gardait son régime strict et très stable, une sorte de gueule de bois éternelle causé par la danse classique, mais aussi pour que son sang soit appétissant aux papilles gustatives des morts-vivant. Un secret dont personne n'était au courant, tant mieux d'ailleurs, ses mœurs ne concernaient que elle, mais si elle arrivait pas à cacher son manque de stabilité le board médical lui aurait retiré la possibilité de faire son travail. Izolda espérait toujours pouvoir faire un bon boulot en temps normal, surtout que depuis des années elle n'avait plus touché à la morphine, l'idée qu'elle se fasse prendre en flagrant délit et incapable de traiter ses patients lui paraissait injuste.

Après avoir terminé avec ses notes elle les plaça dans une unité de tiroirs derrière elle et elle ferma le dit tiroir avec une petite clé; puis elle se posa par terre avec son bloc note sur le genoux, les jambes croisés devant le ballon et elle attendait que la jeune fille s'assoit et lui fasse des tresses, tout en contant ses soucis. Beaucoup auraient refusé de jouer dans le jeu des tics de certains, les trouvant inutiles et parfois “nocifs”, mais Izolda trouvait que les tics sont des choses qui rendent une personne plus vivante et humaine que d'autres. Débarrasser les gens des tics inoffensifs était presque comme essayer de débarrasser les êtres vivants de leur humanité et de leur caractère particulier.

  - Venez me rejoindre, j'essaye quelque chose de nouveau pour notre confort mutuel. Comment vous portez-vous depuis notre dernier rendez-vous?
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MessageSujet: Re: Des tresses et du café   Dim 27 Déc - 15:40

Brume n'avait jamais rien eu contre les psychiatres et psychologues en règle générale. Il fallait dire qu'avant cette mésaventure, elle n'avait jamais eu besoin d'en fréquenter. Au contraire, sa nature de métamorphe avait là-dessus un avantage considérable. Pas de crise d'ado, pas d'angoisses sur l'acceptation de soi, pas de traumatismes dans ses relations dus à une éducation trop stricte (de toute façon, ça ne risquait pas). La pression quand elle avait été ballerine n'avait pas été bien difficile à éliminer de même, car après tout le simple fait de faire du sport de haut niveau lui avait permis de toujours évacuer la moindre trace de stress qui aurait pu pointer le bout de son nez, ce qui n'avait pas été le cas de la plupart des normes qui dansaient avec elle. Cependant, le peu qu'elle en avait vu lui avait fait miroiter un monde bien étrange et des façons de faire parfois un peu brusques. Celui qui la suivait avant était adorable et au contraire plutôt laxiste, tout ce qui lui importait était que ça aille mieux, mais elle avait entendu bon nombre de personnes se plaindre de spécialistes qui les avait flingués plus qu'autre chose. C'était à se demander si certains ne prenaient pas l'expression « le cerveau est une machine » un peu trop au pied de la lettre. Seulement un être humain ne pouvait par définition pas être neutre. Aucun être vivant, en fait. Si les plantes pouvaient communiquer, elles aussi auraient sans doute leur mot à dire ! La vie en termes biologiques était faite de millions de caractéristiques différentes et même dans la nature on trouvait toujours des exceptions pour confirmer des règles. Alors pourquoi les êtres qui avaient décidé de définir ces règles pour les connaître dans les détails ne pourraient-ils pas faire exception à toutes les règles qui sont censés les régir, puisqu'eux-mêmes sont capables d'en créer ?

Izolda ne faisait pas partie de ces psychorigides. Au contraire, elle avait l'air d'aimer les êtres vivants plus que ne pourraient jamais le faire tous les religieux de la terre qui prétendent appliquer une loi universelle qui est d'aimer tous les êtres vivants sur la terre. Elle dégageait une aura de tranquilité telle qu'il semblait impossible de se sentir véritablement stressé en sa présence. Et sa petite voix douce en rajoutait à ce sentiment de plénitude qui se dégageait déjà de la pièce qu'elle avait parfaitement arrangé pour que l'on s'y sente à l'aise. Brume voyait d'ailleurs ce bureau comme un genre de grande feuille blanche sur laquelle tout le monde pouvait s'exprimer, et qu'Izolda effaçait avec beaucoup de minutie et de bienveillance à chaque changement de séance. Elle aurait été bien en peine de savoir quel genre de portrait elle aurait pu lui rendre à la fin de chacune de ses séances, mais le simple fait qu'elle accepte de se faire tresser les cheveux lui paraissait déjà une avancée énorme dans son bien être au cours des séances.

Elle savait déjà quels étaient les rituels mis en place par la jeune femme, mais elle attendait toujours poliment qu'elle lui dise d'aller se servir. Cela faisait partie de leurs habitudes, et c'était mieux comme ça. De son pas de velours, Brume s'approcha et se prépara un thé noir simple, sans sucre, comme elle avait l'habitude d'en boire chez elle. Les félins ayant toujours des problèmes de reins, le meilleur moyen pour combattre ce penchant chez les métamorphes félins étaient de se mettre aux boissons qui ralentissaient le processus. Et si l'on parvenait à aimer ces boissons, c'était joindre l'utile à l'agréable. Pendant ce temps, elle entendait les mouvements légers de sa psy dans son dos. Elle était toujours discrète, mais c'était naturel chez elle.
Quand elle lui demanda de la rejoindre, elle avait déjà apprécié une gorgée de son thé dont la qualité était toujours irréprochable. Elle prenait bien soin de ses patients ! Légèrement surprise de voir cette nouvelle installation, Brume n'en fut pas moins curieuse et s'en approcha non sans un certain enjouement. Elle déposa son mug sur la table basse près du divan et s'assit derrière la jeune femme, savourant un instant le génie de cette installation comme un enfant ouvrirait ses cadeaux de Noël. Quelle bonne, bonne idée elle avait eu là !

« C'est vraiment super ! Vous êtes géniale. » s'exclama-t-elle avant de prendre deux mèches de cheveux entre ses doigts fins et de commencer à les lisser entre ses doigts pour bien lier les cheveux entre eux. Elle ne perdait jamais de temps quand elle avait une si jolie chevelure, si bien entretenue entre ses doigts. Se déconcentrant légèrement de ce qu'elle faisait, elle tâcha de répondre à la question qui suivait :
« Eh bien, ça va plutôt bien. En règle générale en tous les cas. Je fais quelques cauchemars, mais sinon je ne me sens plus du tout obligée de marcher vite en rentrant du travail. Il m'arrive de vraiment prendre mon temps, maintenant, presque trop ! Sinon, même quand je commence à faire des rêves à propos de ça, j'arrive à me calmer, une fois que je suis réveillée, à me rationaliser et à me dire qu'il n'y a pas de problème, que si quelqu'un était chez moi, je l'aurais entendu. J'ai même réussi à n'appeler personne pour en parler. Maintenant je dois reconnaître qu'en ce moment j'ai du mal avec certaines saveurs. La viande crue, par exemple, ou une viande saignante. Ça faisait longtemps que je n'avais pas eu ce problème, mais j'imagine que ça va vite revenir à la normale. Je suis un carnivore, je ne vais pas me laisser bien longtemps ! »

Elle essayait toujours d'en rire plus ou moins, de ne pas tomber dans l'accablement le plus total. Au contraire, ça l'aidait à toujours avancer, même si parfois le cœur n'y était pas. A force de se dire que tout va bien, on finit par avoir l'impression d'aller mieux.
Il y eut un moment d'hésitation pendant lequel Brume se demanda si elle devait faire part d'une information qu'elle avait vue quelques jours plus tôt, au risque de passer pour une paranoïaque. Puis elle se rappela qu'elle ne devait rien lui cacher, encore moins une information d'une telle importance pour elle, pour sa survie.

« Il y a quelque chose qui m'inquiète un peu, par contre. Je ne sais pas si j'ai vraiment raison de me faire du souci, mais il y a quelques jours, sur un journal en ligne, j'ai vu un article sur une agression faite par un vampire au Canada. J'ai vu la photo de la fille qui s'était faite agresser, elle ressemblait beaucoup à la femme qui s'est suicidée il y a quelques années après sa séquestration par la même personne que moi, mais elle était beaucoup plus jeune, elle devait avoir tout juste vingt ans. Il lui a presque arraché la tête tellement il l'a mordue fort au niveau du coup. Et apparemment, il aurait essayé de lui ouvrir le ventre avec les dents pour sans doute y récupérer plus de sang. J'imagine. Mai le pire, ce n'est pas ce qu'il lui a fait. Enfin, si, c'est absolument horrible et je ne peux pas imaginer la douleur et la peur qu'elle a dû ressentir quand il a fait ça, mais de mon point de vue, il y a une potentielle grande mauvaise nouvelle. » Elle soupira, lâchant complètement les cheveux de sa psy. Est-ce qu'elle arriverait à le dire sans se mettre à sangloter ? Après tout, ce n'était rien qu'une supposition, rien d'autre. « J'ai vu une photo de la maison où ça s'est passé. Ce n'est qu'une maison abandonnée, tout le monde peut y avoir accès et n'importe qui peut y commettre ses petits crimes à peu près tranquille. Mais... C'est la maison où j'ai été enfermée. J'ai été incapable de la retrouver à l'époque, j'étais incapable de la décrire, mais quand je l'ai vue, j'ai su que c'était là où j'étais. La descente à la cave, la porte en fer, les vitres cassées, les arbres autour... Tout ça je l'ai vu quand j'en suis sortie. Mais ça ne veut peut-être rien dire, peut-être que ce n'est pas lui. C'est peut-être juste un autre fou qui serait devenu vampire ou une histoire entre deux personnes qui a mal tourné on ne sait pas pourquoi... »
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MessageSujet: Re: Des tresses et du café   Dim 3 Jan - 15:15

La psy était très heureuse de voir Brume excitée à la vue du nouvel arrangement. Là était la nature enjouée et souvent sur excité de la féline, Izolda l’avait remarqué dés le départ à leur premier rendez-vous, même si les débuts étaient un peu plus difficiles. La Polonaise avait peut-être une vue naïve et faible en comparaison avec ses confrères psychiatres vis-a-vis des patients et leur donner un peu plus de confort que d'habitude pouvait s'avérer une mauvaise idée, mais elle trouvait qu'un peu de compassion ne ferait pas de mal et si elle voulait qu'ils reviennent pour se faire aider il fallait leur donner une bonne raison pour revenir.

- Je suis très heureuse que cela vous plaise. Je me demandais comment faciliter votre tâche et ne pas me prendre un torticolis, quand je suis tombé sur ce ballon dans mon storage.

Dit-elle, assise sur le divan avec les jambes croises. Elle sentait les doigts passer sur ses cheveux et elle savait que la session avait bel et bien commence. La jeune dame lui parlait de ses angoisses, mais aussi du fait qu'elle allait un peu mieux que d'habitude. Elles ne se voyaient dans son cabinet que deux à trois fois par an, mais le progrès qui a été fait ne pouvait pas être ignoré. Finalement Brume n'avait plus tellement peur du noir et de marcher seule dans la rue le soir, c’était un grand plus. Que son manque d'envie pour la viande saignante soit revenu était assez commune, certains traumatismes ne s'en iront pas pour toujours, mais là ce n’était qu'une question de vouloir attaquer le problème ou le laisser courir si ce n’était pas vraiment une priorité pour le patient. D'ailleurs, elle prit l'occasion d'en parler.

- Que la viande saignante ne vous soit plus aussi plaisante est normal; ces choses peuvent revenir en vagues, il y a souvent quelque chose qui est un déclencheur de ces réactions.

Elle ne pouvait pas savoir si ce que Brume disait était en relation avec son manque d’envie pour la viande. Izolda l’écoutait avec attention et elle fronça les sourcils, essayant d'analyser la situation. La polonaise ne pouvait qu’imaginer ce que cela pouvait représenter, elle comprit de suite pourquoi elle hésitait à en parler. Peut-être tiré par les cheveux, mais les chances étaient qu’il s’agissait du même fou à lier qu’avant. Ou un nouveau.
Les peurs de Brume étaient rationnelles, du moins c’est ce que Izolda se disait, car après avoir vécu une chose pareille, entendue les nouvelles et reconnu son ancienne prison… tout cela se passait bien trop vite et à la fois. Elle sentait la présence de la métamorphe derrière elle qui avait laissé tomber ses mèches blondes, ça y est c'était le mauvais signe. Son visage formait une mixture d’un air pensif et d’inquiétude; Izolda était psychiatre depuis longtemps et ne voulait pas mentir et dire ce que la personne espérait entendre. Parfois il fallait aller dans des territoires difficiles pour pouvoir sortir de l’autre côté.

- Non, Brume, je comprends tout à fait. Avec toutes les expériences que vous m’avez conté je comprends votre inquiétude et vous avez raison de l’être. Ceci dit, il est possible que cela soit une coïncidence, comme vous l'avez dit.

Elle ne pouvait nier le fait que ce n’était qu’un simple psychopathe et que cette histoire était un hasard. Là, il ne restait plus que la maison abandonné, ce lieu qu’elle ne savait pas placer géographiquement, mais maintenant c’était possible. Lui conseiller de parler aux autorités et risquer de s’attirer la presse comme les mouches à la viande avariée? Parler à la communauté vampirique en leur donnant les détails précis du criminel au cas où il mettrait pied en Louisiane? Ou continuer comme avant sans y penser et attendre le pire? Peut-être se trouver un garde? Non, c'était bien trop exagéré; quoi que, certaines personnes assez confortables financièrement auraient fait exactement ça.

- Est-ce que vous avez vu des photos du criminel en question dans ce journal? Ont-il des indices quelconques sur son emplacement ou est-ce encore très vague?

Izolda ne voulait pas sauter aux conclusions directement, elle était toujours dans la même position et elle ouvrit son carnet sur sa jambe pour y gribouiller quelques notes en Polonais. Il lui fallait des détails et elle voulait vraiment aider la jeune femme qui lui faisait des tresses. Les injustices de la vie pouvaient être cruelles.
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