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 Je ne connais toujours pas votre nom...

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Brume Sullivan
Métamorphes
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Métamorphes


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Emploi: Coiffeuse
Age apparent: Entre 22 et 28
Dangerosité:
13/30  (13/30)

MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 23:55

Le temps passait, avançait, tranquillement, suivant son cours, tout comme leur conversation un peu éparse mais facile à suivre. Elle aurait en effet pu regarder l'heure, mais elle n'en voyait pas l'intérêt. Personne ne l'attendait, elle n'avait rien en particulier à faire en rentrant chez elle, et le coup de fil de sa sœur pourrait bien attendre un peu. Pour ce qu'elle aurait à lui raconter... Quoique, Soledad faisait partie de ces personnes qui par nature parviennent à se mettre dans des situations extraordinaires à peu près une fois par semaine et qui en plus s'en étonnent et ne trouvent pas normal que ça n'arrive qu'à eux, selon leur formule. Un sketch téléphonique, en effet, on pouvait voir la chose sous cet angle. Tant qu'elle ne se retrouvait plus dans ses histoires toutes plus folles les unes que les autres, après tout, ça ne faisait pas de mal de se marrer un bon coup sur les lamentations de sa chère grande sœur. Aux dernières nouvelles, elle était tombée amoureuse -comprendre follement attirée sexuellement par un individu de sexe masculin jusqu'à ce que celui-ci ait épuisé toutes les sources d'intérêt qui avaient pu attirer le regard de la veuve noire péruvienne- encore une fois, d'un jeune architecte tout juste sorti de l'école -comprendre étudiant encore fragile sur le plan psychologique mais créatif sur d'autres plans que l'architecture- et dios ! Oui, il était salement créatif, le bougre. L'entendre raconté par téléphone avait quelque chose d'autant plus dérangeant qu'elle n'avait en général rien d'autre sous les yeux pour distraire sa pensée, une incapacité totale de faire comprendre à sa sœur que les détails allaient trop loin par une petite moue dégoûtée ou consternée, ni même l'intervention de Christophe pour revendiquer qu'il préférait encore penser sa sœur toujours vierge. Il y avait des fois un avantage certain à avoir un homme au milieu d'une discussion de cet acabit, surtout quand c'est Soledad qui tenait la barre, avec mauvais jeu de mots, évidemment !

Certes, il avait dû être surpris par son rire soudain, mais il devait aussi commencer à cerner le personnage, ou du moins à s'habituer à son côté complètement fou et imprévisible. Il fallait bien l'avouer, elle soignait ses effets en la matière, et le faisait souvent sans s'en rendre compte. Il ne semblait de toute manière pas s'en formaliser, alors autant ne pas y prêter soi-même trop d'attention. Il n'avait pas véritablement le choix et elle non plus, d'ailleurs. On ne contrôle pas ce genre de choses, et dans son cas, s'il y avait bien une chose qu'elle se refusait à contrôler, c'étaient les rires et les fous rires. Tant pis pour les films que les autres se feraient ou ne se feraient pas. Il y a des fois où il ne vaut mieux pas trop se poser de questions. Et c'était quelque part ce qu'il y avait eu d'agréable jusque là et qui resterait sans doute : il n'y avait pas besoin de se poser de questions, les choses étaient, point. Devant sa gêne, elle lui fit signe de la main de laisser tomber, un sourire toujours amusé aux lèvres. Elle doutait fort qu'ils se revoient un jour, encore moins de façon aussi prolongée, mais si cela devait arriver une nouvelle fois, il faudrait bien qu'il oublie son côté taquin. Ou s'en souvienne. Le tout était en effet qu'il ne se retrouve pas incommodé par la suite à cause d'un simple échange positif entre eux. Malheureusement, en matière de commérage, les hommes n'étaient pas mieux lotis que les femmes ! Ils pouvaient même parfois être pires. Mais comme il l'avait si bien dit, ils pourraient tout aussi bien remettre quelques pendules à l'heure si cela devenait trop insistant voire trop lourd.

De nouveau elle éclata de rire. Eh bien, cet Aaron ne manquait pas de piquant, quand il s'y mettait ! Comme quoi, il ne faut jamais se fier aux apparences. C'était d'ailleurs bien une leçon qu'elle appliquait chaque jour, mais pour d'autres raisons, vous vous en douterez. Dans le cas de son inconnu de la supérette, il fallait bien le dire, il n'avait pour l'instant rien qui ne sorte suffisamment de l'ordinaire pour être vu comme potentiellement louche voire carrément dangereux. Elle n'avait aucune preuve tangible, certes, mais elle se fiait pas mal à son instinct pour certaines choses. Elle ne devrait dans l'absolu pas le faire pour cette catégorie de rencontres, en effet, mais une conversation au détour d'une clé plate ne faisait de mal à personne, du moins en principe. Et à condition d'utiliser la clé dans le cadre de l'usage qui en est prévu initialement. Certes, c'est parfaitement le genre d'outils qui pourrait servir d'excellente masse pour assommer quelqu'un au détour d'un semblant de crime parfait -ou d'un accident, tout dépend de la violence avec laquelle la clé a sauté de vos mains ou celle avec laquelle vous avez frappé volontairement sur le crâne de la victime, quand bien même le résultat revient au même. Mais non, mieux valait ne pas penser à ce genre de visions sordides, car quand bien même la parano à ce sujet n'irait pas très loin, il n'était pas recommandé de convoquer par la pensée ce type de faits, qui la plupart du temps se sentent comme appelés à arriver et elle n'y tenait pas tant que ça. Surtout pas quand l'heure de partir semblait approcher. Il aurait été fort dommage de se gâcher le week-end, n'est-ce pas ?

« Oh, n'hésitez pas à me les envoyer, je me ferai une joie d'élargir ma clientèle ! » Formule de politesse ou la vérité ? Un peu des deux. Ne jamais cracher sur plus de travail, même si elle en avait déjà par-dessus la tête la plupart du temps. Bien sûr, il y avait des périodes de creux, mais elles se faisaient tout de même rares, surtout dans un domaine qui implique des passages réguliers au même endroit une fois que l'on a confiance en la personne mettant en application ce domaine de compétences. En résumé : qu'ils viennent, elle n'avait pas peur des mécanos ni des motards. Elle avait bien travaillé avec un socio-psychopathe, elle pouvait bien faire quelques compromis moins dangereux dans sa clientèle. Même si à la vue de l'abondante tignasse du dénommé Mike, ses ciseaux palissaient de stupeur à l'avance. Ils avaient vu pire en matière de cheveux ! Et elle aussi, d'ailleurs.
Une exclamation mit fin au bricolage et la péruvienne se mit volontairement en retrait afin de ne pas le gêner pendant la phase de rangement pour laquelle, elle le savait par expérience, elle ne lui serait pas très utile. Il n'avait de toute façon pas l'air de s'attendre à ce qu'elle mette la main à la pâte, et elle avait compris que s'il avait besoin de quelque chose, il le lui demanderait. La plate-forme regagna le sol et avec elle, elle eut l'impression que tout son dans la pièce venait de cesser. C'était pourtant loin d'être le cas, mais s'il y avait bien une chose commune à des dizaines voire des centaines de professions, c'était l'amour pour cette seconde bénie de silence qui paraît total après de longues périodes dans des bruits forts, désagréables, des ronflements continus que vous n'avez plus l'impression d'entendre au final. Et dire qu'elle était passée du bruit bien ordonné des salles de danse au vacarme bordélique d'un salon de coiffure quasi sans transition ! « Pas de souci, il va bien falloir que vous rentriez chez vous à un moment donné, vous aussi. » A son tour elle jeta un coup d’œil à l'horloge murale et diantre, oui, que l'heure avait tourné ! Elle rentrerait assez tard à la maison, mais rien n'était impossible, surtout après s'être reposée un moment.

Elle laissa son interlocuteur faire ses vérifications, essayant de ne pas prêter attention au bruit presque assourdissant à son ouïe féline du moteur. En effet, tout avait l'air de tourner comme il fallait, elle n'avait pas été trop malhabile ! Du  moins l'espérait-elle pour le motard qui risquait de la maudire s'il arrivait un souci sur la pièce qu'elle avait posée. Même si elle doutait fortement que cela puisse arriver par sa faute, non pas qu'elle ait une confiance démesurée en ses capacités, mais il était tout de même repassé derrière elle pour s'assurer que tout allait bien. « Oh ne vous inquiétiez pas pour ça ! Je comptais ne pas trop tarder, j'ai un peu de chemin à faire avant d'arriver chez moi ! » Oui, autant bien lui faire comprendre qu'elle rentrerait à pieds, outre pour son confort social surtout parce qu'elle n'était pas trop sûre de vouloir prendre place à l'arrière de la moto d'un presque inconnu dont elle ne savait rien et dont personne dans ses connaissances ne savaient d'ailleurs quoi que ce soit, quand bien même il semblait habiter dans le même quartier. Et tant qu'à faire, autant dissuader tous les autres par la même occasion, même si le simple fait d'avoir l'air de connaître un spécimen aussi imposant devait être un moyen déjà suffisant d'écarter les idées malvenues de la supposée concurrence. Si tant est bien sûr qu'une blondinette un peu maigre puisse attirer le regard d'un motard, car selon les idées reçues véhiculées par les médias -ce qui est quand même drôle pour des motards de voir les idées reçues à leur sujet elles-mêmes pourvues de véhicules que l'on pourrait contester, critiquer ou appesantir d'autres types d'idées reçues-, selon des idées reçues, donc, il est préférable d'être sexy et un peu mieux fournie pour être appréciée de la communauté motarde qui loin d'être bête préfère sans doute pouvoir poser la main sur plus de chair que d'os, comme à l'époque bénie pour la féminité assumée des années 1950 où les rondes avaient la part belle dans le cœur des hommes. Quelque part, heureusement pour elle qu'elle n'avait pas connu cette époque, car pour le coup son célibat aurait été encore plus assuré qu'à cause d'une simple incapacité à faire confiance à autrui, pour peu que l'on puisse qualifier de simple le fait qu'un traumatisme de l'ampleur de celui qu'elle avait subi ait mis plusieurs années avant de s'atténuer suffisamment pour qu'elle ne vérifie plus les moindres recoins de son appartement même fermé à double tour à chaque fois qu'elle rentrait chez elle.

Un léger sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il commentait le bruit qui s'échappait de son véhicule. Elle n'aurait pu en dire plus, à vrai dire, elle n'y comprenait pas grand chose à ces histoires de mécaniques et de moyens de transport. Si elle choyait son vélo qu'elle n'utilisait déjà pas beaucoup, elle était extraite d'une culture où l'on se déplace en bateau si l'on veut aller vite pour peu cher, à pied quand ça n'est pas possible, en bus quand on n'a vraiment pas le choix et en voiture quand on en a les moyens. Certes elle avait son permis de conduire, mais dans les Andes, il y avait tout de même peu de voitures dignes de ce nom -même si les vieilles voitures bien retapées avaient leur charme, il fallait bien le dire- et surtout n'avait pas d'autre place que le simple fait de permettre d'aller d'un point A à un point B. Il y avait tout de même des motards ou des amoureux du volant pour venir tester les routes peu avenantes des montagnes, mais c'était tout de même assez rare, surtout la saison des pluies venue. Peut-être que si un jour elle recroisait cette personne, elle pourrait en apprendre plus sur sa passion pour les motos et essayer de comprendre son point de vue, mais pour l'heure, il valait mieux rentrer chez soi. Ne pas abuser des bonnes choses autant que faire se peut, et surtout avant de faire une overdose. Finalement, la question tomba. Au moins, il le disait sans intention. Elle haussa les épaules, toujours souriante : « Je vais rentrer à pieds, tranquillement. Je n'ai rien d'autre de prévu, de toute façon. » Glissant sa main dans la poche intérieure de sa veste, elle en sortit son porte-feuille duquel elle tira une carte de visite de son salon. « Tenez, si vous voulez m'y envoyer vos enquiquineurs. A défaut de leur faire un lavage de cerveau, je pourrais toujours leur faire un lavage de crâne ! » Déjà plus hilare, elle remit son porte-feuille à sa place et passa sa veste, même si elle se doutait qu'elle risquait d'avoir chaud avec. Se la trimbaler sur le bras ne serait de toute façon pas plus confortable. Se tournant vers la sortie sans perdre de vue son interlocuteur, elle le salua d'un léger signe de tête. « Peut-être à une prochaine fois par hasard, mais en attendant rentrez bien et passez une bonne soirée. »

Sans se presser, elle regagna l'entrée du hangar, salua les personnes qui se trouvaient à proximité, puis prit la direction de la ville, prenant soin de ne pas marcher trop près de la route, les mains enfoncées dans les poches de sa veste, profitant de l'air qui se rafraîchissait, devenu beaucoup moins étouffant. Elle était beaucoup plus détendue que lorsqu'elle était arrivée en compagnie de Lou, cet interlude mécanique avait été plutôt positif. Mais pas question de recommencer un tel cinéma chaque semaine !
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 23:56

Les envoyer chez elle… En voilà une bonne idée ! Enfin… Cela restait à voir. Aaron n’était pas convaincu que sa bande de rustres ait vraiment besoin d’une coupe ou plutôt qu’il la supporte. C’était terriblement cliché, mais la plupart de ses hommes avait quand même des coupes à faire frémir des ciseaux et des peignes. D’ailleurs, en parlant de peignes, cela devait surement faire plusieurs semaines, voire plusieurs mois, qu’ils ne devaient pas en avoir vu de très près. Certes, ce n’était pas la norme des Werewolves et il suffisait de regarder Aaron – ou même Luka – pour ça, mais certains avaient une crinière à faire pâlir un lion. Il prit la carte qu’elle lui tendait et y jeta un œil. Tant pis pour Pamela ! Ceci dit, tandis qu’il voyait d’inscrit le véritable nom de la jeune femme ainsi que plusieurs informations purement professionnel, il réalisa tout de même que ce prénom ne lui convenait pas – tout autant que Mitch sonnait étonnement kitch sur lui – mais également qu’elle avait du entendre son prénom lorsque Mike était venu le débaucher pour un coup de main. L’avait-elle fait exprès ? Histoire d’égaliser les connaissances ? Enfin, ce n’était pas important. Il la remercia d’un hochement de tête avant de ranger finalement la fameuse carte de visite dans la poche arrière de son pantalon, seul lieu où il savait qu’elle serait à l’abri des regards indiscrets pendant un certain moment. La laisser à portée de tous était la meilleure façon de propager encore les ragots, quoique, pour le coup, il n’était pas convaincu. Il avait vu la façon dont était écrit le prénom de l’intéressée mais n’était pas certain d’arriver à le prononcer. Une aubaine, au moins on ne viendrait pas lui murmurer son prénom à longueur de journée. Toutefois, mieux valait ne pas prendre de risque, même si, pour le coup, il n’avait rien à cacher, quoique ces camarades puissent en penser.

Ceci dit, à bien y réfléchir, cet après-midi avait été, étrange. Avec un peu de recul, c’était la première fois depuis un petit moment qu’il laissait quelqu’un s’approcher – en quelques sortes – d’aussi près. Ceci dit, cela ne signifiait pas pour autant quelque chose. La bonne humeur de la jeune femme était contagieuse, en quelque sorte, et il n’avait pas craché sur un coup de main qui s’était présenté au bon moment. Peut-être n’y avait-il pas à chercher plus loin et de toute façon il n’en n’avait aucune envie. Personne ne se faisait d’idée ici, sauf peut-être les deux imbéciles au fond du hangar qui discutaient encore en leur jetant des petits regards de temps à autre. Elle le salua finalement. Il ne savait pas si la laisser rentrer seule était une bonne idée. Le Bayou pouvait avoir ses inconvénients parfois mais elle savait surement ce qu’elle faisait et il n’allait pas lui imposer quoique ce soit. Pour ce qu’il savait d’elle, il était convaincu qu’elle n’aurait certainement pas hésité à lui demander si elle l’avait voulu, ou du moins l’imaginait-il ainsi. Il lui retourna la politesse en lui souhaitant un bon retour et de passer une bonne soirée. Il l’observa pendant quelques instants prendre le chemin de la sortie et replongea dans son monde, abandonnant sa moto pour finir de ranger l’établi. Il regarda ses mains et se fit la réflexion stupide de se dire qu’il n’avait surement pas manqué de salir celle de la métamorphe. Enfin, on pouvait s’y attendre dans une « leçon » de mécanique, non ? Il soupira et préféra se changer les idées en allant prendre une douche. Elle n’avait pas eu tort. Il allait devoir rentrer et il était hors de question qu’il parte dans cet état. Il ne fit pas attention aux chuchotements des commères de service et se changea les idées sous des litres d’eau chaude avant de finalement enfourcher sa moto fraichement réparée et reprendre, à son tour, le chemin vers la ville. Quelle journée…

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