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 Je ne connais toujours pas votre nom...

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MessageSujet: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 20:56

L’après-midi avait étendu son hégémonie sur la Nouvelle-Orléans, amenant avec lui la chaleur lourde d’une fin d’été. Profitant d’une journée libre de tout travail au Wild Bar, Aaron s’était mis en tête de profiter du beau temps pour faire un tour de moto. Après avoir équipé son blouson de cuir à l’effigie des Werewolves, comme l’était son dos, il avait enfourché son bolide et était partie dans les rues de la ville sans réellement savoir où il allait. Les routes de cet état étaient suffisamment longues et droites, passablement désertiques aussi, pour profiter agréablement des étendues sauvages qui pouvaient border le Mississippi. Traversant les rues, essayant de faire fi de la chaleur à chaque fois qu’il devait s’arrêter à un feu tricolore, il put enfin profiter des longues lignes droites après plusieurs minutes à « trépigner » comme un coureur aurait pu le faire quelques instants avant le départ d’une course. Conscient néanmoins que les policiers rôdaient souvent dans les parages, il préféra ne pas prendre de risques et se contenta des limitations de vitesse usuelles, ne roulant pas plus pour la vitesse que pour le simple fait d’avaler le bitume et de profiter de ce vent artificiel qui le rafraichissait quelque peu. Profitant du paysage, il continuait à laisser parler le moteur de sa Ducatti. Il avait toujours apprécié ses balades en solitaire, n’ayant de compte à rendre à personne d’autre qu’à lui-même. L’espace d’un instant, il regretta son ancien statut de Stigma, ce rôle d’électron-libre dans la Meute, lui permettant de pouvoir s’isoler quand il le souhaitait et quand Luka ne pointait pas le bout de son museau. Certes, il ne regrettait pas vraiment les raisons qui le poussaient sur la route, mais quand même, il aurait préféré ne pas avoir à se retrouver avec la responsabilité de s’occuper d’une Meute entière. Même si, au fond, la plupart n’avait rien à redire à ce sujet.

En parlant de Meute, c’était peut-être l’occasion de leur rendre une petite visite. Après la fin de la guerre des gangs et le départ des Vypers, les Werewolves s’étaient installés durablement à la Nouvelle-Orléans. Profitant de l’opportunité qu’avait saisi Sam, l’ancien Alpha, Aaron avait décidé d’installer leur « repaire » dans un vieil hangar désaffecté qu’ils avaient obtenu pour une bouchée de pain et qu’ils avaient retapé petit à petit. D’abord prévu pour leur servir de repère et d’endroit pour bidouiller leurs motos. Pour rendre le tout agréable, ils avaient monté un petit bar juste à côté, face à la route, qui accueillait principalement les loups de la Meute, mais, de temps en temps aussi quelques motards qui passaient par là, pourvu qu’ils ne soient pas Vampires. Rapidement, le mot s’était un peu passé en ville dans la communauté des motards et l’endroit était devenu assez connu. La Meute s’était alors arrangée pour se diversifier un peu et le garage était devenu public, un endroit où tout le monde, ou presque, pouvait venir faire réparer son engin, obtenir quelques conseils ou faire faire un peu de customisation. C’était l’occasion de faire rentrer un peu d’argent dans les caisses communes pour financer l’entretien et les fournitures. La petite affaire n’était pas très rentable, mais elle tournait toute seule et, à vrai dire, c’était la seule chose dont ils avaient besoin. Eviter le « rouge » était suffisant. Bifurquant à une des rares intersections, il reprit la route vers la ville ou plutôt vers sa périphérie où se trouvait le fameux garage. Il ne tarda pas à y arriver et se gara devant le bar et jeta un œil à la grande enseigne qui se trouvait devant l’entrée, entrebâillée du hangar. C’était une louve de la Meute qui l’avait dessinée, et, il fallait l’admettre, elle avait de la gueule. Cette moto stylisée à tête de loup était une petite merveille.

Il ôta son casque et entra dans le bar avant de saluer les siens avec plus de chaleur qu’on ne lui aurait cru. Il s’attarda au comptoir, profitant qu’il ne soit pas le barman pour se faire servir un verre et discuter avec quelques amis. Ils échangèrent quelques nouvelles et quelques remarques portées sur la mécanique. D’ailleurs, en parlant de ça, Aaron devait s’occuper un peu de son bébé et faire quelques vérifications ainsi que la bichonner un peu. Il abandonna donc ses compagnons et ressortit, avant de prendre sa Ducatti pour la rentrer à l’intérieur du hangar où il salua d’autres membres de la Meute tandis qu’il apportait son engin dans un coin du hangar, à l’écart. La faisant rouler sur une rampe, il plaça la moto sur un plateau en hauteur qui lui permettrait de s’en occuper plus facilement. Il se débarrassa ensuite de son casque, de son manteau et de son T-shirt qu’il déposa dans un coin, sur une chaise, avant de se retourner vers son bébé mécanique. On arrivait à peine au milieu de l’après-midi, cela lui laissait le temps de bien s’en occuper, pour l’examiner sous toutes les coutures et effectuer quelques menues tâches de maintenance, comme les niveaux ou une petite vidange. Il n’allait pas se priver pour la décrasser de A à Z. C’était l’avantage de savoir bricoler sa propre moto, on pouvait y passer du temps et prendre un plaisir fou. Il alla récupérer un chariot à outils de libre et commença à se mettre au travail. Cette journée allait finir aussi bien qu’elle avait commencé, il en était convaincu.
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Brume Sullivan
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 21:04

Lou avait eu de prime abord une bonne idée. Il fallait préciser de prime abord, parce que depuis qu'ils marchaient tous les deux comme deux imbéciles sur le bord de la route, le jeune homme poussant sa bécane en pestant et suant à grosses gouttes, ils avaient franchement l'air de deux pingouins perdus en plein désert. La direction vous laisse libres de trouver les qualificatifs qui s'accordent avec cette image. La prochaine fois qu'elle acceptait une balade à moto quelque part, elle n'oublierait pas de lui demander un double du contrôle technique pour être sûre de ne pas se retrouver en train de marcher en plein soleil en jeans et Doc', même si par chance, sa veste tenait bien repliée sur son épaule et jetée par-dessus comme un sac à patates. Elle maudissait son habitude d'être toujours en noir, tout comme le fait que le casque qu'elle tenait sous son bras absorbait tout autant la chaleur et lui donnait une impression de brûlure assez désagréable. La moto, c'était vraiment pour celles qui en étaient raides dingues. Brume était certes dingue, mais trop souple, même si cela n'avait rien à voir avec le fait de pouvoir tenir et/ou apprécier une balade sur ces drôles de bêtes motorisées. A bien y réfléchir, il faudrait peut-être changer le motard. Et négocier les termes de la sortie. Ou ne plus jamais accepter de sortie de ce genre, c'était encore le plus efficace. C'était Christophe qui râlerait, mais il n'avait qu'à se déplacer autrement.

"Il est encore loin, ce fameux garage ? A ce rythme on va finir lyophilisés avant d'arriver en ville." Un long soupir, et elle faillit entendre, elle le savait, une remontrance. Il s'en abstint, sans doute parce qu'il savait effectivement qu'elle n'avait pas ouvert la bouche depuis trois quarts d'heure. Depuis qu'ils étaient en panne, en fait. Et il avait eu de la chance que le coup de la panne ne traverse pas son esprit, sinon en revanche, il aurait entendu parler du pays dans un idiome qui n'aurait plus rien, mais alors plus rien de sexy, ni de sensuel. Même si elle savait d'avance qu'il ne comprendrait pas un mot de son péruvien abondamment modifié par les divers dialectes de sa région perdue au fin fond de la forêt. Au pire, ça n'aurait été que mieux. Quand on ne comprend pas vraiment, on comprend ce que l'on veut, et c'est parfois bien plus catégorique que ce que l'on a eu l'intention de dire. Il se contenta donc de désigner d'un signe de tête un hangar qui semblait un peu à part dans le paysage urbain, comme le garde peu aimable et accueillant d'une frontière invisible. Il y aurait sans doute eu une belle photo à faire, mais c'était bien le dernier de ses soucis à cette heure. "Il doit rester quoi ? Cinq cent mètres, maintenant. Et ça tombe bien, je commence à avoir l'impression de mourir." Por Dios, qu'elle le comprenait ! Même si elle se doutait que pousser sa grosse cylindrée n'avait rien d'agréable, et elle était bien contente de ne pas avoir à le faire. De toute façon, quand ça concernait ce type d'objets, elle préférait ne pas y toucher de peur de faire une catastrophe quelconque. Il n'y a que ceux qui font rien qui ne font pas de bêtise, n'est-ce pas ?

Les derniers mètres furent pénibles, mais quelque chose les rendait tout de même moins que ce qu'ils auraient dû l'être. Et si dans d'autres circonstances, elle aurait préféré trouver un lieu plus professionnel, tant qu'elle pouvait se mettre à l'ombre quelques minutes, elle serait contente. S'asseoir à l'ombre serait le nec plus ultra. Elle se dit que tant qu'elle était accompagnée, il ne pouvait pas lui arriver grand chose, intentions à son encontre ou non de la part de Lou. Quelque part, elle se demandait bien si elle pouvait vraiment être en danger au milieu de motards. Au pire des cas, elle avait des jambes, elle pouvait courir. Ils arrivèrent comme deux fantômes, trempés de sueur mais pas encore complètement lessivés. Son ami connaissait les lieux, c'était visible. L'accueil fut à quelques railleries, surtout sur le fait de tomber en panne avec une fille à bord. Et oui, ça n'arrive pas qu'à ceux qui font exprès ! Son accompagnateur répondit qu'ils n'avaient pas marché beaucoup, ce qui fit, du coup, pas mal rire l'un de ceux qui semblaient être mécanicien... Motard ? Peu importait ! "La demoiselle n'a pas l'air d'être d'accord sur la durée." Et non, elle ne l'était pas ! Mais elle se serait bien gardée de lancer une pique à ce moment-là, c'aurait été gâcher de l'énergie et sans doute perdre son moyen de transport au retour.

Elle bavarda poliment, offrit quelques sourires malgré tout radieux, bien trop contente d'être à l'ombre et à peu près au frais pour être ingrate envers leurs hôtes provisoires. L'attention fut bien vite portée sur ce qu'il était arrivé à cette pauvre chose dont le moteur ne ronronnait plus pour l'instant, et ça lui convenait parfaitement. Plus personne ne faisait attention à sa présence, la moto était sur une plate-forme, comme d'autres qui attendaient aussi, on allait commencer à regarder ce qu'elle avait. C'était le bon moment pour s'éclipser dans un coin et reposer ses jambes. Discrètement et sans rien signaler à personne, elle se glissa entre plusieurs éléments plus ou moins gros, puis trouva l'endroit rêvé : un bout de mur vide, dans un coin, avec personne à côté. Personne, ou presque. Oh, tant pis, pour s'asseoir dans un coin et fermer les yeux en essayant de sécher un peu, elle ne risquait pas de beaucoup le déranger. Ce ne fut qu'au moment d'être à seulement trois pas et surtout quand il se releva qu'elle le reconnut ; en même temps, entre une armoire à glace en t-shirt dans une supérette et un grand motard torse-nu, il peut y avoir deux personnes différentes. L'inconnu de la supérette, donc, qu'elle avait copieusement traumatisé à coups de blagues cyniques et morbides, se trouvait là, et en présence d'outils qui pouvaient potentiellement servir de défense, voire de vengeance. C'aurait presque été à se tordre de rire par terre. Elle se contenta d'un large sourire amusé, préférant simplement signaler sa présence pour ne pas l'effrayer. "Vous ici ? Décidément, vous n'avez pas de chance, avec moi !"

Passant dans son dos et remarquant l'immense tatouage, elle se dirigea sans rien toucher vers l'espace libre qu'elle avait repéré, essayant de le rassurer au passage, si c'était bien sûr encore possible. "Mais ne vous en faites pas, aujourd'hui je compte m'asseoir dans mon petit coin et ne surtout pas bouger." Et se faisant, elle prit place bien contre le mur, assise directement au sol, évitant de toucher du dos la paroi qui risquait d'être brûlante, posant sa veste en travers de ses jambes. Elle se souciait peu du confort, se poser était une telle délivrance. Un long soupir de soulagement le plus silencieux possible, sa main passa dans ses épais cheveux déjà bien mouillés. Ça plus son débardeur qui collait à sa peau, elle devait avoir l'air d'avoir couru un marathon. Et pourtant ! Elle la maudirait longtemps, cette idée de balade à moto.
Et ce fut en rouvrant les yeux qu'elle se rendit compte qu'elle avait loupé quelques petits détails en voulant à tout prix s'asseoir, mais il fallait bien le reconnaître, ce petit poste d'observation valait de l'or. Chassant cette idée de son esprit pour ne pas passer pour la harceleuse de la fois précédente, elle referma les yeux et respira tranquillement, faisant abstraction des bruits un peu plus loin qui lui rappelaient déjà ses longues heures au salon... en pire !
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 21:08

Avec patience, Aaron s’était mis à l’ouvrage. S’occuper d’une moto demandait des connaissances en mécaniques, bien entendu, mais également beaucoup de finesse et, malgré ce que l’on pouvait penser, l’Alpha des Werewolves n’en manquait pas. Sans se presser, il avait commencé à démonter quelques pièces de son engin afin de décrasser quelques endroits un peu plus difficiles d’accès. Quitte à y prendre tout l’après-midi, autant faire les choses correctement. Dans le hangar, quelques autres membres du gang discutaient entre eux ou s’affairaient sur d’autres motos, apparemment celles de clients à en juger par les différents modèles. Les motards du gang privilégiaient les modèles « classiques » mais les mécanos de la Meute étaient capables de travailler sur à peu près toutes les cylindrées et toutes les marques, une expérience qu’ils tenaient de plusieurs années de vadrouille. Un plus qui leur permettait de traiter tous les genres de problèmes sur tous les modèles. De son côté, le barman du Wild Bar était seulement capable de s’occuper de sa propre moto, ce qui, au fond, était bien suffisant. Tandis qu’il continuait à démonter une bonne partie du moteur, il en profita également pour commencer la vidange. Ce soir, tu seras presque aussi neuve que quand tu es sortie de l’usine. Il n’allait pas jusqu’à lui parler vraiment, mais il s’imaginait très bien qu’elle serait effectivement comme neuve quand elle quitterait ce hangar d’ici quelques heures. Très méthodique, les différentes pièces démontées étaient déposées en ordre sur un plan de travail mobile dont les tiroirs ouverts regorgeaient d’outils divers et variés et dont quelques uns avaient déjà servis. Quelques traces de cambouis sur les bras, Aaron ne cherchait pas spécialement à rester complètement propre. Se salir était inévitable mais le hangar possédait quelques douches qui permettaient au membre de la Meute de se débarbouiller.

Au fond du bâtiment, l’Alpha n’avait pas entendu tout de suite l’arrivée d’un couple malchanceux en termes de mécanique. Ce n’est que lorsqu’ils pénétrèrent dans l’ancien entrepôt avec la moto, accompagnés de l’un des mécanos. Il y prêta à peine quelques secondes d’attention, de toute façon, ce n’était pas vraiment ses affaires. Reprenant ses petites affaires, accroupi sous l’élévateur, il fut surpris d’entendre de bruits de pas non loin. Sans réellement s’inquiéter, il termina ce qu’il faisait avant de se relever, le regard posé dans la direction d’où provenaient les sons.  Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il reconnut la jeune femme qui se dressait devant lui et qui, apparemment semblait également surprise elle aussi, même si, comme dans son souvenir, elle sembla bien vite s’en accommoder, se contentant, encore une fois, de prendre le parti d’en rire. Il allait répondre quelque chose mais elle le prit de vitesse et tandis qu’elle passait derrière lui pour s’installer, selon ses dires, sans son petit coin. Il la suivit du regard lentement alors qu’elle s’asseyait par terre. De ce qu’il en voyait, elle avait du marcher un sacré moment sous le soleil du début d’après-midi pour être dans un état pareil. Ses vêtements lui collaient littéralement à la peau. Nul doute qu’elle devait trouvait l’air « frais » du hangar passablement rafraichissant. Et encore, heureusement qu’ils ne possédaient pas d’air conditionné, sans quoi elle mourrait probablement de froid en cet instant même. Il esquissa un petit sourire avant de reporter son attention sur le bolide à l’arrêt. « Le mur est en pierres, vous devriez apprécier son contact étant donné que vous semblez mourir de chaud. » Oui, il y avait quelque chose d’amusé dans sa voix, mais en même temps, il était difficile de faire autrement. Elle avait l’air d’une pauvre petite créature malmenée par le climat.

Abandonnant la jeune femme, dont il se souvint qu’il ne connaissait même pas nom, à son sort non loin de lui, il reporta son attention quasi-complète sur ce qu’il faisait encore quelques instants auparavant. Attrapant un outil, il se glissa à nouveau sous l’élévateur et entreprit de continuer à démonter les quelques pièces qu’il voulait encore soigneusement nettoyer. Alors qu’il s’affairait, il se rendit compte qu’il avait besoin d’un outil particulier mais il ne pouvait pas quitter sa place pour le moment. Il hésita quelques instants et puis se lança. Après tout, il n’avait rien à perdre. « Dites… Hum… Miss T-shirt mouillé ? Je peux vous demander un service ? » Il n’avait pas besoin de parler fort pour qu’elle l’entende et, s’il s’était permis une telle « dénomination », c’était principalement parce qu’il y avait peu de chances que les autres personnes du hangar ne les entendent. « Il me faudrait une clef plate de huit, deuxième tiroir en partant du haut. Vous pouvez bien me passer ça ? » Il ne lui était pas venu immédiatement à l’esprit qu’elle ne connaissait peut-être pas les différents outils qui pouvaient se trouver dans ce tiroir mais si cela pourrait rappeler des gags bien connus, il n’avait hélas pas de meilleures solutions sous la main. Au pire, ils finiraient bien par tomber sur la bonne clef à force de se tromper. Il jeta un coup d’œil depuis sa position pour voir si elle avait accepté de bien vouloir lui donner un petit coup de main. Après tout, ce n’était qu’un juste retour des choses après le petit service qu’il lui avait rendu au supermarché, n’est-ce pas ?
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Brume Sullivan
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 21:15

Il n'avait pas l'air de beaucoup se soucier de sa présence, et ce n'était peut-être pas plus mal. Après tout ce qu'elle avait pu dire la dernière fois, elle se demandait d'ailleurs bien ce qu'il aurait bien pu lui dire. Il avait l'air d'être du genre poli et pas trop bavard. Et quand il n'y avait rien à dire, Brume s'en contentait parfaitement. Surtout après avoir marché autant de temps par un temps qui, elle devait bien l'avouer, était trop radieux à son goût, même si elle n'était jamais à se plaindre du beau temps. Il existe des cas de force majeure quels que soient les prérequis de base. Elle rouvrit les yeux quand elle l'entendit l'interpeller à propos du mur, un peu surprise et considérant cet air amusé avec une curiosité elle aussi légèrement amusée. Était-il en train de se moquer d'elle et de son état plus liquide que solide ou de son incapacité à analyser correctement son environnement direct ? Dans les deux cas, elle aurait fait pareil. En pire. L'espace d'un instant, elle se dit qu'elle devrait tout de même veiller à être plus délicate qu'un motard de presque deux mètres. Pour une ancienne ballerine grande comme une lycéenne, ça serait tout de même mieux. Le remerciant laconiquement pour l'information mais non sans sourire, elle s'appuya alors contre le fameux mur, et profita alors d'une deuxième source de fraîcheur en plus de l'air déjà plus agréable du hangar dans sa globalité. Comme quoi, même un endroit dans lequel elle n'aurait jamais mis les pieds en étant seule de peur de finir en elle ne savait trop quoi pouvait avoir du bon.

Il se passa un bon moment pendant lequel elle resta les yeux fermés, jetant de temps à autre des regards sur cet homme dont elle ne connaissait toujours pas le nom mais duquel elle allait finir par connaître le tatouage par cœur si elle continuait à le lorgner de trop. En fait, elle le faisait au hasard des sons, sur le moment son attention plus attirée par le bruit que par la vue elle-même, mais il fallait bien le dire, il était difficile de ne pas regarder un homme comme lui. Il était grand, bien bâti, musclé. Le cauchemar de tous les hommes qui devaient l'entourer. Tant pis pour eux, ou tant mieux, peut-être ? Après tout, il y avait bien encore quelques femmes, quel que soit le milieu, pour préférer une bonne discussion à un corps parfait, et vu qu'il n'avait pas l'air très bavard, ça pouvait en rebuter certaines. Tout comme certains hommes qui privilégiaient eux aussi d'autres qualités qu'un physique de poupée gonflable pour choisir leur compagne. Même si cela n'empêchait personne de se rincer l’œil de temps en temps.

Déjà moins en nage et plus à l'aise, elle se demandait si finalement se faire une légère sieste ne serait pas une bonne idée pour faire passer cette sensation de fatigue qui n'en était pas vraiment une, mais la voix grave de l'inconnu des rayonnages la fit sortir à nouveau de sa bulle. Et elle comprit une chose : elle n'était pas la seule à ne pas se gêner. Comprendra qui voudra. Un sourcil légèrement haussé car tout de même un peu sceptique sur l'appellation pourtant proche de la réalité, elle ne fit pas moins cas de sa demande, car après tout, en effet, elle pouvait bien lui rendre un petit service, et elle l'imaginait mal lui proposer quelque chose d'indécent au milieu de tout ce petit monde. D'autant que ce n'était pas le genre de la maison. Mannequin lingerie, peut-être, affamé, certainement pas. S'il ne trouvait pas lui quelque chose à se mettre sous la dent, l'humanité n'avait qu'à trembler pour son renouvellement quotidien.
Et là, commença le drame intérieur de Brume. Car oui, ce genre de choses arrivent, surtout à des personnes d'une autre langue maternelle que celle de leur pays de résidence et qui se faisaient avoir par des demandes trop précises des natifs. Elle essaya de faire le tri dans sa tête : plate, huit, deuxième tiroir en partant du haut. Le fait que se soit une clé, c'était encore autre chose. Elle savait bien entendu ce qu'était une clé en tant qu'outil, mais une clé plate, pour l'instant, elle n'en avait qu'une très vague idée qui, elle le sentait, serait à des lieues de la réalité. Et ce n'était pas faute d'avoir quelques fois réparé la toiture ou fait d'autres travaux dans son quartier de Puerto Maldonado, mais toujours avec des moyens plutôt rudimentaires. Autant dire que dans ces conditions, savoir que c'est une clé plate ou une clé de douze, on s'en fiche un peu du moment que ça permet d'arriver à faire ce que l'on veut.

Sans attendre, elle se leva, laissant sa veste par terre là où elle se trouvait en se souciant bien peu de l'état du sol, et alla trouver le fameux meuble. Deuxième tiroir en partant du haut. Avec précaution -trop, il fallait bien le dire- elle essaya d'ouvrir le fameux tiroir, puis se rendit compte qu'il fallait tout de même un peu forcer. C'était un atelier d'homme, il fallait utiliser quelques muscles, hein ! Toujours en faisant attention car il aurait été dommage de se prendre le tout sur les pieds, elle fit coulisser et le cauchemar commença. Tout était certes bien rangé -du moins par rapport à une boîte à outils traditionnelle-, mais fallait-il encore retrouver toutes les caractéristiques requises pour être sûre de tomber sur la bonne clé. Parce que bien sûr, il y en avait plusieurs types, c'aurait été tellement facile ! Bon, calmons-nous... Il avait dit de huit. De huit... "Pour le huit, c'est bien des millimètres ? Pas une forme spéciale ?" Quitte à passer pour une imbécile, autant s'assurer qu'on ramenait bien le bon objet et ne pas passer pour une plus grande imbécile, qui croyait tout savoir. Finalement, elle vit une série de numéros sur la réglette qui tenait les clés, et se dit que oui, elle avait l'air d'une imbécile. Tant pis ! "Laissez, je pense que j'ai trouvé." Et oui mais non. Il y avait une autre série d'outils plats qui auraient pu selon elle faire l'affaire -après tout, elle n'avait pas vu la pièce à démonter ou remonter, il était assez dur de savoir quelle forme il convenait d'utiliser- et dans cette série-là, bien sûr, il y avait aussi un outil qui correspondait à une taille huit. Évidemment... Bon, tant pis !

Sans se démonter, elle prit les deux, une dans chaque main et s'approcha de son inconnu toujours bloqué sous sa moto. Faisant attention de ne rien heurter, elle se glissa à la lisière de la plate-forme, un genou à terre et tendit ses deux mains assez bas au cas où l'un des outils ne lui échappe des mains. Était-ce seulement des clés, d'ailleurs ? Oh et puis zut ! "Et voilà, mon cher Buchannon. J'ai vu qu'il y avait deux objets plats et numérotés huit, et je vous avoue que je ne sais pas à quoi ressemble une clé plate, alors j'espère que je ne me suis pas complètement plantée !" Elle eut un sourire désolé, quoiqu'amusé. Elle devait vraiment passer pour une cruche, mais d'une force. "Sinon j'y retourne, ne vous en faites pas !" Oui, il valait mieux préciser, parce qu'il avait tout de même l'air de ne pas pouvoir bouger, et si de plus près elle pouvait voir quelques détails somme toute intéressants, elle n'allait pas non plus le laisser indéfiniment plié en quatre pour le plaisir des yeux !
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 21:20

L’appellation faisait davantage référence à la simple réalité qu’au fait qu’il s’était ingénié à profiter de cet état de fait. Certes, il n’était pas désagréable de regarder une femme portant des vêtements… au plus près. Toutefois, ce n’était pas vraiment pour des talents de coureur de jupons que l’Alpha était connu en ville. Surtout que, depuis quelques semaines, il avait été, on pouvait le dire, sérieusement refroidi en la matière. Le travail, la mécanique et les Werewolves avaient été ses portes de sortie et même s’il avait pu sentir que quelques demoiselles de la Meute avaient prit le départ de Sarah comme une opportunité à saisir, il n’avait pas vraiment le cœur à ça. Ce qui, pour une fois, était une expression à prendre au sens propre. Aussi, la plastique n’était pas vraiment quelque chose qui retenait son attention très longtemps, d’autant plus que, dans le cas présent, il y avait une autre « beauté » qui la méritait et nécessitait d’être aux petits soins avec elle. Au moins les motos restaient-elles fidèles. Pourvu qu’on les traite convenablement, il était rare qu’elles tombent en panne de manière impromptue. La plupart du temps, les « problèmes » n’étaient que des oublis de maintenance qui expliquaient pourquoi telle ou telle pièce décidait de rendre l’âme subitement. Après, Aaron comprenait facilement que tout le monde n’avait pas nécessairement le temps ou l’envie de passer plusieurs heures par mois, voire par semaine, pour prendre soin de simple mécanique. Mais au fond, c’était un loisir comme un autre, même si, dans le cas présent, pour le barman, cela s’avérait plus d’un échappatoire que d’un simple passe-temps. Même s’il n’avait pas attendu que Sarah parte précipitamment de la Nouvelle-Orléans pour se mettre à bidouiller encore et encore la mécanique de sa compagne de chevauchée.

Une fois entièrement à quelque chose, l’Alpha s’occupait difficilement du reste. Il avait peut-être une vague oreille à ce qui pouvait se passer non loin de l’entrée. Quelques voix s’élevaient et parvenaient de manière assez diffuse aux oreilles du barman qui, cependant, restait concentré sur sa propre affaire. L’inconvénient de ces moyens de transport étant qu’ils étaient légèrement fragiles et nécessitaient de l’attention. Ce n’était pas vraiment le moment de faire une erreur d’inattention. Plus facile à dire qu’à faire apparemment étant donné qu’il se retrouvait maintenant coincé, tenant une pièce d’une main et un outil de l’autre sans opportunité de pouvoir s’extirper de sous l’élévateur. Il entendit quelques bruits de pas à proximité, signe que sa demande n’était pas tombée dans l’oreille d’une sourde et, rapidement, il put voir une paire de jambes se diriger vers l’endroit qu’il lui avait indiqué. Se tordant un peu, il essaya de jeter un œil pour vérifier qu’elle ne se trompait pas de tiroir mais il dut admettre que sa tentative se solda par un échec. Il ne put qu’entendre de vagues sons avant que le tiroir ne semble finalement s’ouvrir. Il était vrai qu’ils n’étaient pas à prendre avec le dos de la cuillère et l’idée qu’elle puisse avoir du mal à le tirer vers elle ne l’avait pas effleuré de prime abord. Restait maintenant à savoir si elle pourrait lui ramener l’outil dont il avait présentement besoin. Et, hélas, il dut se rendre à l’évidence que ce n’était pas gagné quand elle lui demanda s’il parlait bien de millimètres. S’il avait pu, il se serait probablement passé les mains sur le visage de dépit, mais, après tout, tout le monde ne connaissait pas les spécificités des outils de mécaniciens. Il allait cependant répondre quand elle avoua penser avoir la réponse à sa question par elle-même. Tout n’était peut-être pas perdu. Peut-être.

Il patienta quelques instants supplémentaires avant de voir les pieds se tourner dans sa direction et se rapprocher avant de finalement revoir la tête de la jeune femme passer sous l’élévateur, lui tendant ses deux mains dans lesquelles se trouvaient… Deux objets dont il n’avait pas besoin. Il resta silencieux quelques instants, pas vraiment parce qu’elle n’avait pas su lui ramener ce dont il avait besoin, mais plus parce qu’il avait entendu la manière dont elle l’avait appelé. Buchannon ? Ca lui disait quelque chose, mais il lui fallut quelques instants pour faire la connexion avec Alerte à Malibu, une vieille série des années 90. L’inspiration du surnom venait probablement de sa façon à l’appeler « Miss T-Shirt mouillé ». Œil pour œil. En quelque sorte. Il releva les yeux vers la jeune femme qui proposait d’y retourner pour lui ramener ce dont il avait besoin. « Désolé Pamela, mais il va me falloir quelque chose d’un peu plus plat que ça. » Un peu d’amusement pointait dans le ton de sa voix, mais on ne sentait pas la franche rigolade. Après tout, il n’était pas vraiment habitué à ce genre d’exercice. Sauf peut-être avec Luka et encore… Sa répartie était toujours sur un ton plus froid que la moyenne. En tout cas, c’était un juste retour des choses, n’est-ce pas ? De toute façon, quitte à ne pas connaître son nom, si elle commençait à l’affubler de pseudonymes, il n’allait pas se priver. Il ferma les yeux quelques instants et réfléchit avant de reposer à nouveau son regard d’ambre sur la métamorphe. Restait à espérer qu’elle ne se vexerait pas de sa petite remarque. « Elle devrait être rangée au fond du tiroir, sur la droite. Si vous voulez bien. »
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Brume Sullivan
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 21:30

Brume se doutait bien que ses piètres connaissances en mécanique n'aideraient pas à se repérer dans un tiroir plein d'outils, mais elle devait l'avouer, elle ne pensait pas un instant qu'elle se planterait à ce point. Ce n'était pas bien grave. Après tout, elle était coiffeuse, pas mécanicienne, elle ne jouait là ni sa carrière ni sa réputation. De toute façon, il la pensait déjà un peu disjonctée, il ne devait pas vraiment s'attendre à ce qu'elle parvienne du premier coup à trouver ce qu'il cherchait, ou alors par un sacré coup de chance. Et vu qu'il le prenait avec humour, c'est qu'il ne lui en voulait pas trop qu'elle se soit trompée. Ce n'était pas un mauvais bougre, et la bonne volonté, ça paie toujours ! Tout de même un peu dépitée devant son manque cruel de savoir en la matière, elle baissa un instant la tête, pourtant presque hilare. Il fallait le dire, il savait trouver les comparaisons qui faisaient mouche. Une multitude de vannes fourmillèrent dans son esprit, qu'elle chassa car de trop mauvais goût ou tout simplement pas assez drôles. Ce n'était pour sûr pas avec Lou qu'elle pourrait rire autant, il était certes de bonne compagnie, il manquait cruellement d'humour, surtout quand cela venait à l'autodérision, ce dont elle le savait incapable de faire preuve, surtout depuis qu'elle avait essayé de lui lancer gentiment une ou deux petites piques affectueuses, mais si même en tant qu'ami il n'était pas capable de supporter quelques vannes, il était bien hors de question qu'il fasse un pas de plus dans sa vie. Si ce n'était pour elle ne pas se retrouver devant un mur ou des reproches, c'était aussi pour qu'il ne souffre pas d'avoir l'impression d'être la risée de sa copine. Il n'avait qu'à s'en trouver une autre, les célibataires courraient les rues de la Nouvelle Orléans. Elle attendait cependant de savoir ce qu'elle devait faire, car après tout, il pouvait tout aussi bien ne rien lui demander en se disant qu'elle était trop bête, même s'il semblait réfléchir. Puis il rouvrit les yeux, et malgré l'obscurité, elle y vit un regard certes fermé, mais d'une couleur à la fois surprenante et qui pour un humain avait quelque chose de surnaturel. C'étaient des yeux ambrés de prédateurs, et un instant l'idée lui traversa l'esprit qu'il devait être une sacrée menace, surtout s'il avait une taille aussi impressionnante sous forme totémique qu'en tant qu'humain. Enfin, c'était ce qu'elle s'imaginait. Un homme de ce gabarit se transformant en lémurien pouvait avoir son charme, mais ça risquait tout de même de casser quelques mythes.

Il finit par lui donner l'indication qui lui manquait, puis elle rit légèrement, le regard pétillant de malice tandis qu'elle se demandait si elle allait se décider à la lancer, puis se dit que ça ne pouvait pas faire de mal : "Ouf ! J'ai eu peur un instant que vous ne vouliez m'utiliser comme clé, mais j'allais vous dire que risquais de ne pas être assez efficace !" Un clin d’œil sans sous-entendu et elle recula d'un demi-pas pour se redresser et retourner vers le fameux meuble qui détenait la clé de toutes les solutions, y compris celle qui remédierait à son ignorance. Finalement, cette clé avait attisé sa curiosité, et elle le savait, elle ne résisterait pas à la tentation de lui demander ce qu'étaient les deux outils qu'elle lui avait présentés, ou tout du moins leur nom. Il y a trop de bonnes choses à savoir dans une vie pour en rater ne serait-ce qu'une seule. Si elle l'avait pu, elle aurait jeté un coup d’œil pour savoir quelle était la forme de ce qu'il fallait démonter ou resserrer, mais il aurait fallu se rapprocher et elle préférait faire au plus pressé : aller chercher ce qu'il faut et après se renseigner. Les deux échecs retrouvèrent leur place à leur numéro huit respectif -car non, elle n'était pas encore assez ratatinée par la chaleur au point de ne pas faire la différence entre leurs formes respectives- puis elle se mit en quête d'une nouvelle réglette similaire qui serait "au fond à droite". Elle ne vit d'abord rien malgré l'obscurité qui régnait dans ce fond de tiroir, puis finalement, une espèce de grosse toile sombre enroulée lui fit de l’œil. La péruvienne tendit le bras, fut assez peu surprise d'avoir l'impression qu'elle ne pourrait pas attraper dans son intégralité cette chose, et qu'en plus, le tout soit assez lourd. C'était sûr et certain, dans cet atelier elle devait passer en beauté pour une petite femme fragile et un peu cruche. Tant pis, elle n'était pas là pour briller ni pour se faire remarquer !

Délicatement, elle défit la lanière qui tenait enroulée l'épaisse toile plastifiée pour voir apparaître une série d'outils effectivement beaucoup plus plats et qui semblaient déjà bien plus ressembler à ce qu'il demandait. Ne prenant pas de risques, elle retourna près de la plate-forme, s'agenouilla de nouveau assez près avant de dérouler avec précaution quoiqu'assez rapidement le tout sur le sol. "J'espère que cette fois, c'est bien ça. Je suis une bien piètre assistante !" Bon, il s'agissait de retrouver le huit, là-dedans. Et ce ne fut pas aussi simple ni aussi difficile que ce qu'elle aurait pu penser, mais juste évident. Décidément, quand elle était en congé, elle fonctionnait vraiment au ralenti. En faisant tout autant attention, elle lui tendit ce qu'elle était quasiment sûre d'être le bon outil, un léger sourire aux lèvres, tout de même amusée et peu sûre d'elle sur ce coup encore, mais elle ne pouvait pas indéfiniment se tromper, non ? Son sourire devint hilare mais pas moqueur, s'imaginant déjà se faire gentiment refouler sur sa bêtise. "Alors, Buchannon, ce coup-ci, c'est la bonne ?"
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 21:37

S’attendre à ce qu’elle lui ramène directement le bon outil était surement un doux rêve, car, après tout, tout le monde n’était pas mécanicien de profession. Au fond, c’était peut-être déjà une bonne chose qu’elle avait su lui présenter deux clefs dont les dimensions auraient pu coller. Au moins avait-elle essayé de l’aider, ce qui, déjà, était une bonne chose. Sans le savoir, il était plutôt d’accord avec elle, avec un peu de patience, elle finirait bien par épuiser toutes les possibilités disponibles dans le tiroir et trouver la bonne. Voilà pourquoi il avait accepté qu’elle essaye à nouveau. Au fond, il n’avait pas vraiment le choix, hormis peut-être celui de lui proposer de prendre sa place et de tenir la pièce dans sa position d’origine. Une solution qu’il ne préférait pas tenter, peut-être parce que cela impliquait également de faire une passation de position sous l’élévateur ce qui n’était pas le plus pratique. Autant la laisser faire quelques allers retours avec le tiroir qui se trouvait non loin et qui finirait bien par livrer le trésor dont il avait besoin. Alors qu’il croisait son regard, il s’attendait peut-être à ce qu’elle rétorque une petite phrase bien sentie qui faisait suite à sa propre taquinerie. Il fallait dire qu’avec Luka, il avait quelques heures, voire semaines d’entrainement dans les pattes. A force de se faire alpaguer verbalement par l’Oméga, il avait un peu apprit à avoir du répondant, même si, la plupart du temps, il préférait botter en touche ou tout simplement ignorer les bêtises de son colocataire et meilleur ami. Dans le cas présent, c’était surement cette espèce de bonne humeur contagieuse qui émanait d’elle qui le poussait, plus ou moins, à jouer le jeu, au moins un peu. Après tout, cela ne pouvait pas faire de mal, si ?

Son rire résonna un peu. Peut-être même qu’il glissa jusqu’à l’entrée du hangar. Qu’importait. De toute façon, il n’y avait rien à cacher de toute façon. Ce ne serait pas la première fois qu’on verrait l’Alpha des Werewolves en compagnie féminine, c’était d’ailleurs le cas quasiment toutes les semaines au Wild Bar et pour ce qui était des rires, il y en avait aussi au comptoir. Enfin, ils pouvaient toujours venir jeter un coup d’œil. Ils seraient déçus. « Je ne suis pas sûr d’avoir le tour de main pour utiliser un outil comme vous. Mieux vaut assurer et utiliser le conventionnel. » Il n’avait pas de meilleure répartie sous la main, en même temps, il imaginait quand même mal l’utiliser comme une clef. Ou alors il fallait une serrure ou un boulon bien spécial à ouvrir. Non l’idée était définitivement quelque chose à oublier, ou alors des images très bizarres allaient finir par faire leur petit bonhomme de chemin dans l’esprit du métamorphe. Il ne bougea pas tandis qu’elle se retirait et retournait en direction du tiroir. Sans le vouloir, mais sans le regretter non plus, il profita du mini-spectacle un petit sourire sur le coin des lèvres, peut-être pas très fier de ses pulsions masculines, mais il ne pouvait pas y faire grand-chose. Il entendit quelques cliquetis métalliques avant qu’elle ne finisse par se retourner à nouveau vers lui. Elle franchit encore une fois les quelques pas qui le séparaient d’elle et se baissa à nouveau avant de dérouler devant lui une toile qui contenait, effectivement, des clefs plates. En même temps, le contraire eut été étonnant mais peut-être aurait-il pu lui préciser le contenant. Il eut un léger sourire tandis qu’elle se fustigeait elle-même, inutilement. « Pour une personne débauchée sur le tas, je trouve que vous vous débrouillez quand même plutôt bien. »

Il l’observa jeter un œil à l’ensemble des clefs avant de finalement en choisir une, la bonne, pour la lui tendre avec précaution. Il fit l’échange entre l’outil qu’il tenait et celle qu’elle lui tendait avant de se pencher vers ce qu’il voulait faire depuis plusieurs minutes maintenant. Pouvant enfin retirer le dernier lien qui retenait à la pièce, il donna quelques tours de clefs avec méthode. Sa question le fit sourire mais il ne tourna pas la tête vers elle. « Bien plus utile que ce que vous m’aviez ramené la première fois, Pamela. » Il donna un dernier tour de clef et la tendit à nouveau à la jeune femme pour qu’elle récupère l’outil. Il termina de dévisser à la main avant de retirer la pièce enfin libre de l’autre. Il jeta un œil derrière avant de finalement se relever après avoir quitté la place qu’il occupait depuis plusieurs minutes. Faisant le tour de l’élévateur, il déposa la pièce à côté des autres. Plongeant la main dans le tiroir, il retira l’un des outils qu’elle lui avait apporté quelques minutes plus tôt. « Pour la prochaine fois, s’il doit y en avoir une, ceci est une clef à œil. Pratique pour les vis hexagonale. » Il la rangea à nouveau et tira l’autre outil. « Et ça, une clef Allen. Pas vraiment indiqué pour les boulons. Mais j’avoue, elles sont plates toutes les deux. » Il lui fit un clin d’œil amusé avant de ranger à nouveau la clef. Il jeta un œil aux pièces qui se trouvaient sur l’établi. Attrapant un chiffon, il se mit en tête de nettoyer consciencieusement chacune d’entre elles. « Merci pour le coup de main au fait. » Il esquissa un sourire en se tournant vers elle avant de finalement donner à nouveau du chiffon sur les pièces de métal.
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 21:48

Il se montrait plutôt gentil dans ses mots, surtout après l'entrée en matière qu'elle lui avait offerte lors de leurs courses respectives. Ce n'était pas une mauvaise chose, pour ne pas dire que c'était vraiment appréciable. Finalement, les choses les plus simples, c'étaient encore le meilleur moyen de passer sa vie sans encombre et sans vague. Même si Brume avait vérifié d'une façon plus intense que non, ça n'est pas toujours vrai, mais ça reste tout de même exceptionnel. Elle s'en serait d'ailleurs bien passé, sauf que dans la vie malheureusement, il y a les autres, et quand les autres décident de faire des choix à notre place, on ne peut vraiment ni prédire les évènements ni les conséquences. Parfois, elle se disait que vivre en ermite au sommet des Andes paraissait une solution recevable à ce genre de désagréments. Parfois, seulement. La compagnie humaine finirait par lui manquer tôt ou tard. Même si ça prendrait sans doute une bonne cinquantaine d'années. Pour le moment, elle ne savait pas trop si elle devait s'inquiéter ou non qu'il ait en effet formulé -avec humour, certes- l'idée de se servir d'elle comme clé, même si c'était pour rejeter cette éventualité. C'était de toute façon un juste retour des choses après toutes les bêtises qu'elle pouvait lui dire avec un naturel qu'il ne trouvait visiblement pas déconcertant. C'était encore une fois une bonne chose, il n'était pas toujours chose aisée de plaisanter avec un ou une inconnue quand le concerné n'est pas habitué ou ne se trouve pas dans le contexte adéquat pour qu'il ne se sente à l'aise. Il avait l'air de s'en accommoder, du moins traduisait-elle ses réponses ainsi.

Le fait qu'il veuille la rassurer sur son utilité la fit presque rire, mais pas méchamment. Il était drôlement poli, ou alors c'est qu'elle n'avait pas l'air si cruche que ça, après tout. Ce n'aurait été pas véritablement grave dans la mesure où elle ne comptait pas devenir mécanicienne ni même s'occuper d'un quelconque véhicule dans les années à venir. Elle entretenait son vélo, c'était déjà bien assez pour l'année ! Même si en apprendre un plus juste pour le plaisir d'en savoir plus et d'avoir satisfait une curiosité presque maladive sur tout et sur rien n'était pas de refus. Elle verrait bien si elle parviendrait ou non à poser quelques questions, mais surtout si elle parvenait à trouver les bonnes avant même de penser à ouvrir la bouche. Parler, c'est une chose. Parler à bon escient -même si parfois, on se demande bien qui c'est, ce Bonnessian !-, c'est mieux. Surtout quand la personne à qui l'on veut s'adresser est occupée à quelque chose qui peut s'avérer délicat... ou non, d'ailleurs. On n'aime pas forcément être dérangé lorsque l'on travaille. Elle récupéra en essayant de ne pas le faire tomber ce qui lui était inutile depuis qu'il lui avait demandé cette fameuse clé de huit, puis la posa à côté de la grande housse pour ne pas qu'il ne tombe accidentellement en provoquant un bruit de tous les diables. Tandis qu'elle releva les yeux, le doux nom de Pamela revint à ses oreilles. A croire que ça allait rester ! A noter que ce ne serait pas non plus éminemment dérangeant pour ne pas dire que ça ne changerait pas grand chose. Il savait parfaitement que ce n'était pas son vrai nom, et son prénom étant imprononçable pour un américain, il valait encore mieux qu'il continue à l'appeler comme la bimbo en rouge d'une autre époque.

Toujours agenouillée au sol, Brume prêta une attention toute particulière à la raison pour laquelle on lui avait demandé cet outil : le démontage d'une pièce. A quoi servait-elle, c'était une excellente question. Question qu'elle poserait sans doute une fois qu'il serait sorti de sous cette plate-forme et qu'il n'aurait plus besoin de nouvel outil dans ce meuble au rangement si particuliers. S'il y avait bien une chose qui fascinait la péruvienne, c'était de voir à quel point des personnes de prime abord bourrues savaient parfois faire des choses d'une minutie incroyable, ou alors avec une délicatesse qui semblait sortie de nulle part. Elle ne doutait pas un instant qu'un homme de carrure imposante puisse être plus fin qu'il n'y paraît, certains de ses amis danseurs en étaient la preuve vivante, mais tout de même, voir l'agilité d'une main qui lui paraissait faire deux fois la sienne restait tout de même intéressant. Sa grand-mère disait toujours que les gens qui savent faire quelque chose de leurs dix doigts auront toujours quelque chose à faire si la réflexion pure ne servait plus un jour. En cela, elle n'avait pas tort. L'intelligence pratique peut valoir de l'or dans pas mal de situations, même si bizarrement certains dévaluaient ces activités salissantes et pas toujours gratifiantes. Ils étaient bien contents que d'autres se soient sali les mains pour construire les murs entre lesquels ils habitaient, mais sans doute qu'ils n'y pensaient pas tous les jours en regardant ces mêmes murs. Elle nota à ces gestes qu'il avait les doigts plutôt fins, ce qui devait sans doute avoir ses avantages en mécanique, du moins l'imaginait-elle.

Arriva bien vite le temps de tout replier et de tout ranger dans le fameux meuble, ce qu'elle fit avec un peu moins de précaution, mais tout de même sans heurt. Contre toute attente, il s'approcha et lui remontra les deux outils qu'elle avait choisis en premier, à tort, et lui expliqua avec une froideur presque amicale ce qu'étaient ces deux choses. On ne pouvait pas vraiment le qualifier d'avenant si on le comparait à Brume sur l'instant, mais en effet, il y avait quelque chose de véritablement avenant par rapport à ce qu'elle avait entraperçu dans sa voix et dans ses gestes. Si ce petit cours la surprit légèrement, ce fut son clin d’œil qui la laissa presque bête, même si un sourire étirait déjà ses lèvres en réponse. Il n'était pas un si mauvais bougre, et quitte à attendre que la moto de Lou ne soit réparée, autant que ça ne soit pas en écoutant poliment le discours qui commençait à la barber de son ami. Il avait beau être gentil, il semblait toujours sur le point de s'énerver, elle ne savait jamais pourquoi. Restant à proximité mais conservant une distance respectable, son léger sourire ne lui échappa pas, ce qui lui fit se dire qu'il n'était pas aussi froid qu'elle n'avait pu le penser à leur première rencontre. "Je vous en prie, ce n'est rien. Merci à vous pour le petit cours, j'irai me coucher moins bête, ce soir." Il nettoyait toute une série de pièces qui en effet avaient l'air d'en avoir besoin, et il le faisait avec grand soin. Sans douter une seconde que cela devait avoir son importance, elle se demandait bien quel effet exact cela produisait sur la machine, hormis une plus longue durée de vie. Elle venait de comprendre grâce à ses petites explications qu'il ne se formaliserait pas si elle lui posait une question a priori stupide. Alors, elle se lança : "Est-ce que ça change vraiment quelque chose, de nettoyer tout ça ? Enfin, sur le long terme, je me doute que ça permet à la moto de durer plus longtemps. Mais est-ce que vous sentez une différence quand vous repartez et que tout a été décrassé ?" Sa propre voix lui donna l'effet d'être ridicule, ce qui la fit légèrement rire avant qu'elle ne s'excuse, toujours légèrement hilare. "Pardon, je dois vous paraître bête, j'aurais pu trouver autre chose à vous demander."
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 21:52

Aaron n’avait jamais été foncièrement méchant, simplement solitaire. Luka avait été le premier, sinon le seul, à percer cette carapace qu’il avait hérissé autour de lui pour se protéger depuis les évènements de la Révélation. La perte de Charlie et de ses parents – du moins ce qu’il pensait à cette époque-là – était quelque chose de beaucoup trop difficile à supporter. Dès lors, se lier avec des personnes avait été difficile et, il fallait l’admettre, même la Meute ne le connaissait pas vraiment. Son rôle de Stigma lui convenait parfaitement. Un peu à l’écart, l’épée de Damoclès au-dessus de la tête de tous ceux qui pensaient trahir un jour cette communauté. Peu de gens, à cette époque, faisaient attention à lui et cela lui convenait parfaitement. Aujourd’hui, les choses étaient un peu différentes, principalement parce que sa position au sein de la Meute avait changée. Certains voyaient toujours le Stigma en lui, c’était une évidence, et il était probablement difficile d’ôter cette image de lui. Sans compter les potentiels « contestataires » qui le voyaient toujours d’un mauvais œil depuis la passation de pouvoir un peu houleuse. Toutefois, personne n’était encore venu lui disputer la place, probablement à cause d’une certaine crainte, mais peut-être aussi parce que la grande majorité des Werewolves étaient plutôt contents de la situation actuelle dont il avait été, en quelque sorte, le maître-artisan. Et, comme le disait Luka, certains devaient se rendre compte que sous ses airs de « grand méchant loup bourru », se cachait quelqu’un de bien moins méchant qu’il n’y paraissait. Encore fallait-il posséder de la patience et une bonne pioche pour y arriver, selon ses propres mots. Ce qui ne semblait pas être le cas de cette jeune femme qui débarquait, pour ainsi dire, pour la deuxième fois dans son quotidien.

Si l’Oméga avait pu observer la scène, il aurait probablement trouvé cela fort intéressant et se serait fait un plaisir d’observer le tout discrètement, sans se faire remarquer. Et au fur et à mesure, Aaron en avait un peu conscience lui-même mais, il fallait se rendre à l’évidence, il ne pouvait pas vraiment être désagréable avec elle. D’abord parce qu’elle ne semblait pas bien méchante et, ensuite, et probablement surtout, parce qu’elle avait cette « manie », en quelque sorte, de rayonner une certaine bonne humeur contagieuse. C’était peut-être son sourire, son rire ou sa manière de tout tourner à la rigolade peut-être. Il était difficile d’opposer de l’indifférence sans passer pour un véritable salaud, ce qu’il n’était pas. Alors oui, il s’était laissé prendre au jeu. De toute façon, cela n’engageait à rien et puis cela avait le mérite d’occuper un peu l’après-midi, probablement pour l’un comme pour l’autre. Certes, l’Alpha et sa solitude légendaire auraient pu s’en passer sans le moindre problème mais ce n’est pas parce que l’on n’a pas faim que l’on n’accepte pas un morceau de gâteau au chocolat. « Il n’y a pas de quoi. J’imagine que ça ne vous servira sans doute pas, mais on ne sait jamais. » Il ne l’imaginait pas vraiment faire de la mécanique, peut-être parce qu’elle n’avait pas ce côté un peu trapu, viril des mécaniciens. Et puis, il songea que, finalement, ça n’était pas forcément incompatible, voire même, que cela pouvait avoir quelques petits avantages de ne pas être forcément très grand ou bien taillé. Certaines pièces pouvaient être difficiles d’accès et il n’était pas toujours possible de lever un véhicule grâce à des machines pour se faciliter le travail. Alors peut-être que oui, finalement, il pouvait l’imaginer les mains dans le cambouis, couchée sur un chariot de visite, à sortir la tête de sous une voiture à l’arrivée d’un client. Mais, visiblement, ce n’était pas le cas actuellement.

Tandis qu’il continuait de s’affairer méthodiquement sur la pièce qu’il tenait entre les doigts, passant et repassant, encore et encore, avec le chiffon pour la nettoyer avec minutie, il tourna la tête alors qu’elle lui posait une question. Pendant qu’elle précisait sa pensée, il reposa son regard sur ce qu’il faisait, donnant peut-être l’impression de ne pas s’intéresser à la métamorphe, ce qui n’était pas du tout le cas. D’ailleurs, il veilla à ne pas le lui montrer en prenant la parole une fois qu’elle eut terminée. « Ce n’est pas forcément une question bête. » Il posa son chiffon et commença à observer sa pièce d’un peu plus près. « Pour la mécanique, on dit souvent que c’est lorsque ça fait un bruit « bizarre » qu’il faut commencer à s’inquiéter. Mais, généralement, c’est que c’est déjà trop tard. » Après un examen à l’œil nu, il reposa la pièce propre à sa place. « La mécanique, c’est un peu comme la médecine, mieux vaut prévenir que guérir. » Il se tourna vers elle et la regarda quelques instants avant de se tourner vers sa moto. Il fit quelques pas vers le bolide à l’arrêt et l’observa, passant une main sur le moteur. « Ce n’est pas nécessaire d’en prendre soin, mais c’est un passe-temps agréable, et on y gagne. » Il eut un sourire pour lui-même et se retourna pour se diriger à nouveau vers les autres pièces qui méritaient qu’on s’occupe d’elles. « Et quand on s’occupe bien d’elle, elle ronronne comme un charme. » Il fallait l’admettre, aux oreilles du métamorphe, il y avait difficilement son plus agréable que celui du moteur d’une moto, que ce soit au ralenti ou à pleine vitesse sur les longues lignes droites bitumées du désert. Mais tout le monde n’était pas toujours du même avis.
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 22:00

Brume n'avait aucun a priori sur l'apparence des personnes et leur fonction ou leur passion dans la vie. Si elle avait tout à fait le physique d'une danseuse ou qu'elle ne surprenait pas le moins du monde quand elle disait être coiffeuse, elle avait parmi ses amies quelques unes qui n'avaient pas l'air d'être hôtesses de l'air ou encore institutrice pour une école maternelle publique d'un mauvais quartier. Si le physique devait déterminer le caractère et les envies des gens, le monde serait bien uniforme ! Cependant, elle devait l'avouer, ce type avait une dégaine en parfait accord avec ce qu'il faisait. Il aurait très bien pu passer pour un garde du corps ou un videur de prime abord, ou pourquoi pas un agent fédéral ou un policier ; bref, une fonction qui aurait mis en avant une espèce d'autorité naturelle qu'il n'avait même pas besoin d'afficher pour qu'elle saute aux yeux de tous. Il cadrait cependant bien dans cet environnement, et sans doute son aisance y était pour quelque chose. Même s'il était vrai que dans l'imaginaire collectif, on voyait rarement un mécanicien ou un motard maigrichon, encore que cela existait bien quelque part puisqu'à part certaines disciplines sportives à haut niveau et le mannequinat, il y avait peu de domaines fermés à certaines catégories physiques de personnes. Et surtout pas lorsqu'on en vient aux loisirs et passe-temps. De la même manière, elle n'était pas non plus catégorique sur l'utilité des choses que l'on apprend dans une journée. Qui savait ce qui pourrait lui arriver le lendemain ? Ou même dans quelques mois ou années ? On ne sait jamais de quoi la vie est faite, et peut-être qu'un beau jour, en effet, ça lui servirait, comme ça ne pourrait jamais être le cas. Elle doutait un jour entretenir un quelconque véhicule, mais sans doute ces outils avaient été créés pour d'autres fins dont elle ignorait encore l'existence.

Elle ne rêvait pas pourtant il lui semblait qu'il était plus avenant que lors de leur première rencontre, en même temps le cadre et le ton était tout à fait différents. Certes, ils restaient des étrangers l'un pour l'autre, mais il y avait eu un certain dégel qui n'était, il fallait le dire, ni dérangeant ni arrangeant. Brume demeurait une personne avenante et agréable quel que soit son interlocuteur, que ce soit par envie ou déformation professionnelle. Se montrer hostile n'était pas véritablement utile dans la vie, elle n'avait jamais essayé mais elle était persuadée que la bonne humeur était la clé pour passer une bonne journée. Faites semblant d'être heureux et vous finirez pas l'être accidentellement. Pour l'heure, le but était surtout de ne pas se gâcher le reste de l'après-midi, surtout depuis que la fraîcheur du hangar avait à peu près stabilisé sa température et lui permettait dès lors de se concentrer sur autre chose que sa mésaventure sur la route. Si dans un premier il avait paru se désintéresser de ce qu'elle disait, il n'en répondit pas moins. Comme quoi, les hommes aussi sont capables de faire deux choses à la fois. Il semblait être attaché au fait qu'elle n'était pas si cruche qu'elle pensait le paraître, ne se doutant pas qu'il y avait une bonne partie d'auto-dérision dans cette manière de se voir. Elle devait l'avouer, Brume se trouvait légèrement ridicule, mais n'en avait pas honte. On a tous nos bons et nos mauvais moments.

Au fil de ses mots, elle se rendit compte de l'évidence de sa question avec une envie de se mordre la langue, mais se contenta de sourire au cas où il lèverait les yeux. Mieux valait ne pas décourager les bonnes intentions. Ainsi donc, c'était un passe-temps ? Une chose était sûre, ce type aimait sa bécane et il en prenait soin, peut-être même plus que certains hommes ne le faisaient avec leur femme. Il y en avait qui feraient mieux d'en prendre de la graine, surtout avant d'aller traîner les amies en plein soleil parce que quelque chose ne va pas. Avec un peu de malchance, les réparations prendraient suffisamment de temps pour qu'elle ne perde patience et ne rentre à pied. Ce qui risquait malheureusement d'arriver, elle le sentait. Elle fut tirée de cette mauvaise pensée par une comparaison qui ne la laissa pas complètement indifférente. S'il savait à qui il parlait, il n'aurait sans doute pas fait ce choix de mots ! En tant que parfait inconnu, cette affirmation était parfaitement innocente et sans sous-entendu, pourtant il aurait pu en être tout autrement. Autant le prendre à la rigolade, après tout, au moins il en savait sur certaines choses, au mieux ça serait. Elle n'était pas sûre qu'il y ait deux femmes dont l'animal totem était l'ocelot en ville, et au plus de monde serait au courant pour sa forme animale au plus elle serait facilement atteignable. Il fallait bien se protéger d'une manière ou d'une autre.

"A vous entendre, on croirait que vous parlez d'un chat. En un peu moins caractériel, j'imagine." Son sourire se fit plus taquin avant qu'elle ne jette un coup d’œil vers l'avant du garage où se trouvait encore Lou et le mécanicien qui s'occupait de leur fichu moyen de locomotion. Ce n'était pas lui qui risquait de mettre les mains dans le cambouis, et elle s'en moquait bien. La seule chose qui lui pesait dans cette histoire, c'était qu'elle était en partie tributaire de l'état dans lequel il avait laissé venir sa moto. Ils avaient l'air d'en avoir encore pour un moment. "J'en connais un qui aurait mieux fait de faire comme vous au lieu d'attendre que ça ne soit trop tard." Oui, elle devrait sans doute repartir par ses propres moyens, mais ce n'était pas véritablement un problème en soi. Elle ne dormirait que mieux, voilà tout ! Préférant laisser de côté ces pensées négatives, son léger sourire revint tandis qu'elle cherchait des yeux un autre chiffon comme celui que son interlocuteur tenait dans les mains. "Vous ne voulez pas que je vous donne un autre petit coup de main ? Je crois que j'en ai pour un moment, alors autant me rendre utile. Je pense que pour nettoyer, je devrais m'en sortir à peu près bien." Son sourire se fit plus taquin : "A condition que bien entendu, votre jolie compagne à moteur accepte qu'une inconnue mette la main à la pâte."
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 22:12

Oui, s’il avait su à qui il parlait, il se serait certainement abstenu d’une telle comparaison. Parce que, finalement, c’était assez tendancieux dans un tel contexte. Même si, pour lui, il n’était pas rare de faire cette comparaison. Les moteurs étaient bien connus pour ronronner lorsqu’ils tournaient correctement. Peut-être pas de la même façon que les félins mais il imaginait mal leur attribuer une autre façon de s’exprimer. Mais il ne fut pas surpris que son invitée du jour lui fasse remarquer sa comparaison. Dans le collectif mécanicien, il y avait certaines expressions qui n’étaient peut-être pas connus de tous, même si, au fond, c’était probablement tombé dans le langage courant. Il esquissa un sourire très léger tandis qu’il attrapait une nouvelle pièce à nettoyer. La comparaison était assez juste au fond. « Pour le caractère, ça reste à vérifier. Il lui arrive d’avoir ses petites humeurs. » En effet, malgré l’entretien constant et le fait qu’il était aux petits soins pour son véhicule à deux roues, il n’était pas impossible que certains petits imprévus pointent le bout de leurs nez. Une matinée un peu trop fraiches, un voyage un peu trop long… A défaut de félin, certains comparaient les motos à des femmes, qui, comme elles, pouvaient avoir leurs humeurs. A traiter avec dévotion et passion pour ne pas les froisser et les motiver à tenir jusqu’à la destination. Tomber en panne au milieu d’une route en plein désert américain n’avait rien d’agréable, tout comme le fait de passer plusieurs heures dans la poussière et le sable pour essayer de trouver le problème et tenter d’y remédier tant bien que mal. Et, pour le coup, Aaron parlait d’expérience. Certaines choses ne se prévoyaient pas, mais, bien entendu, on pouvait limiter les risques et diminuer considérablement les chances de se retrouver face à ce genre d’imprévus désagréables.

Alors qu’elle commentait le comportement de son ami avec lequel elle était arrivée ici, l’Alpha jeta un œil, lui aussi, vers l’entrée du hangar où les deux silhouettes s’affairaient aux côtés d’une moto. Revenant sur ce qu’il faisait, il attrapa à nouveau son chiffon et recommença son opération nettoyage et haussa les épaules. « Je ne connais pas ses habitudes en termes de maintenance, mais même quand on en prend soin, on n’est jamais complètement à l’abri. » il était mal placé pour juger de toute façon, et puis, au fond, cela ne l’intéressait guère. Ce que faisaient les autres n’étaient pas vraiment quelque chose d’important pour lui. S’ils devaient négliger leurs affaires, c’était leur problème quand elles tombaient en panne. D’une certaine manière, cela l’arrangeait un peu parce que cela faisait tourner le hangar, même si, généralement, on venait plus les voir pour des entretiens classiques voire même et c’était l’une des spécificités de la maison, pour du tuning. Peinture, modifications de carrosserie, le garage des Werewolves s’était spécialisé en la matière, principalement parce que certains membres de la Meute étaient très doués dans le genre. Il n’était d’ailleurs pas rare de voir des modèles de leur cru commencer à faire leur apparition dans les rues de la Nouvelle-Orléans. C’était une mode courante et même Aaron s’y était livré, même si, dans son cas, c’était resté relativement discret. L’opulence n’était pas son genre, si vous ne l’aviez pas encore remarqué. Aussi, sa moto était loin des clichés tuning qu’il pouvait exister sur le sol américain, entre les flammes et autres peintures à motifs très particuliers, sans parler des teintes souvent vraiment extravagantes. Enfin, les goûts et les couleurs étaient toujours soumis à discussion, mais tant que le client était content, c’était bien l’essentiel.

Alors qu’il surveillait encore méthodiquement le nettoyage qu’il venait d’effectuer sur l’une des pièces, il s’arrêta tandis que la jeune femme s’adressait à lui, en lui proposant son aide, assurant, à sa décharge, que pour nettoyer, elle serait surement d’une bien plus grande utilité que pour trouver une clef plate. « Je vais finir par croire que vous prenez goût à la mécanique. » Elle essayait probablement juste de s’occuper tout en se rendant utile, peut-être parce qu’elle culpabiliser de lui « faire perdre son temps » en « l’embêtant avec ses questions. Dans un sourire, il ouvrit l’un des autres tiroirs de l’établi et le tendit à la jeune femme. « Au pire, on ne lui dira rien. » Il avait dit cela sur le ton de la confidence, un peu comme si la principale concernée aurait réellement pu les entendre. Il lui tendit l’une des pièces qui trônaient encore devant lui. « Ne vous embêtez pas à la faire briller comme un sou neuf, il suffit de retirer la crasse. » Il en profita également pour attraper un petit flacon qui contenait un produit détergent. « Si malgré vos efforts, elle vous résiste. Mettez un peu de ça sur le chiffon, ça devrait lui régler son compte. » Il y en avait rarement besoin, mais, par moment, frotter ne suffisait pas. Progressivement, le Werewolf s’était replongé dans le silence, concentré à sa tâche, parcourant, à l’aide de son propre chiffon, les moindres recoins de la pièce pour l’en débarrasser du cambouis résiduel. Dans l’opération, ses mains ne restaient pas immaculées, mais le loup était habitué à ne pas être « très propre » durant les opérations de ce genre et était particulièrement indifférent à l’idée d’être recouvert de cambouis de toute façon. Une bonne douche avant de partir et ce serait réglé. Mais, d’ici là, il fallait finir ce qu’il avait commencé.
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 22:20

Elle s'attendait sans doute à un refus de prime abord, ce fut certainement pour cette raison qu'elle se trouva légèrement surprise quand il lui tendit le dit chiffon en se prenant à son jeu. Peut-être l'image du motard qui refuse que l'on touche à son "bébé" restait-elle gravée de façon trop forte dans les esprits ? Même si peu avenant selon les critères de Brume, celui-ci ne semblait pas récalcitrant, mais en même temps, ce n'était qu'une question de nettoyage et non d'entretien plus poussé. Encore un peu et elle aurait pu volontiers croire qu'il y avait une Mme Bucchanon quelque part dans ce hangar, prête à bondir sur la première occasion de chasser cette indésirable inconnue qui n'arrêtait pas de rire et de sortir des blagues douteuses. Elle s'en fichait d'ailleurs un peu, ce n'était pas vraiment son problème si une telle chose arrivait, du moins se plaisait-elle à penser qu'elle ne serait absolument pas concernée. Elle aurait dû cependant comprendre à sa remarque quant à son goût nouveau pour la mécanique qu'il accepterait volontiers un peu d'aide. Il devait avoir compris son besoin de ne pas rester sans rien faire comme une potiche qui lui ferait simplement la conversation, ce qui au demeurant aurait pu être tout à fait sympathique si elle avait su trouver quoi lui dire et ne pas simplement poser une série de questions sur la mécanique, ce qui aurait pu vite essouffler la discussion. "Attendez avant de vous emballer, je n'ai même pas encore touché une pièce !"

Ce qu'elle fit sans attendre, commençant avec délicatesse avant de rapidement se rendre compte que le nettoyage n'était pas tendre, surtout avec le peu de force qu'elle avait dans les mains et le grand manque d'habitude de ses doigts pour ce genre de tâches. Pourtant, maladroite, elle ne l'était pas. Elle se sentait un peu pataude entre le poids et la forme de la pièce, mais elle finit par prendre le coup, essayant de frotter un peu plus fort pour ôter les traces en effet bien visibles et graisseuses qui parsemaient le métal. "Oh, ce n'est pas moi qui risque de frotter trop fort !" Il avait dû lire dans ses pensées, car tandis qu'elle s'imaginait déjà dans la situation gênante durant laquelle elle aurait besoin de le laisser finir le travail, il déplaça plus près d'elle la bouteille d'un produit visiblement miracle. Il était prévoyant ! A croire qu'il avait l'habitude d'avoir des assistantes inexpérimentées et pas très costaudes. Ou tout simplement qu'il avait l'intelligence de s'imaginer que ça ne serait pas évident pour elle si lui aussi avait quelques difficultés ? Son anticipation était dans tous les cas la bienvenue. "Merci. Même si je ne m'en sers pas, psychologiquement ça soutiendra Pamela." Un léger rire, puis elle se remit au travail, en silence. Ne jamais parler pour ne rien dire, ça use la salive et les nerfs. Surtout quand on a quelque chose d'autre à faire.

Il se passa un moment de silence, à distance raisonnable et convenable l'un de l'autre. Surtout convenable. Le silence n'était d'ailleurs pas véritablement total, mais c'était tout comme. Les gros bruits du hangar avaient fini par passer en arrière-plan de sa conscience et n'étaient plus trop dérangeants quoique toujours forts. Elle se demanda comment un métamorphe -voire tous les métamorphes en ces lieux- pouvaient supporter ces bruits à longueur de journée, puis se rappela qu'elle-même passait le plus clair de son temps dans le bruit des sèche-cheveux et autres machines infernales, à tel point que lorsqu'elle rentrait, elle ne supportait que le silence, une voix humaine ou encore de la musique à bas volume. Il n'y avait que lorsqu'elle sortait qu'elle n'avait pas le choix, mais l'ambiance compensait souvent le fait d'avoir mal au crâne ou des acouphènes en arrivant chez elle, au calme. Ils devaient tous être habitués à supporter ces petits désagréments et peut-être ne même plus y faire attention. Elle avait la bizarre impression que la pièce allait lui glisser des doigts à chaque fois qu'elle choisissait un nouvel angle pour la nettoyer, et pourtant elle restait bien dans sa main. C'était peut-être le fait de devoir se concentrer qui lui faisait oublier le reste. Elle aurait presque oublié pourquoi elle se trouvait là au lieu d'être tranquillement installée à lire sur son balcon, malheureusement, une voix familière parvint à ses oreilles.

Des rires retentirent près de la plate-forme où elle avait abandonné Lou et sa moto, et s'éleva dans les airs la phrase qu'il aurait mieux valu éviter. "Ah ! C'est ma copine qui va être contente quand elle saura ça !" Connaissez-vous le réflexe félin ? Rapide et pas malin, il frappe souvent où ça fait mal, au sens propre comme au figuré. Alors que quelques secondes de silence complet planèrent, Brume entendit sa propre voix résonner sur des mots qui avaient dépassé sa pensée : "Sa copine ? Depuis quand il a une copine ?" Si certains n'avaient pas remarqué sa présence, c'était dès lors fait. Si d'autres pensaient encore à un couple malheureux tombés en panne lors d'une balade en amoureux, la vérité fut rétablie. Si certains ne pensaient rien, ils avaient matière à rire. Comprenant l'immense gaffe qu'elle venait de faire, elle baissa les yeux et se remit à sa tâche, laissant échapper un "Oups..." à voix très basse et peut-être moins gêné qu'elle ne l'aurait pensé dans un premier temps. Oups. Ça, elle pouvait le dire. Si la délicatesse était d'ordinaire une des qualités données aux chats, l'art de mettre irrésistiblement les pieds dans le plat devrait être répertorié comme l'un des dommages collatéraux que leur vivacité implique. A bien y réfléchir, d'ailleurs, ce n'était pas tant ce qu'elle avait dit qui pouvait être gênant mais plus le fait que tous l'avaient distinctement entendue et comprise. Et puisqu'il semblait vouloir crâner en disant qu'il était accompagné et non un dragueur du dimanche qui s'est fait surprendre dans son programme bien ficelé, ça ne pouvait que lui faire du bien de se prendre une douche froide. Il clamerait sans doute haut et fort que les motos, contrairement aux femmes, savaient tenir leur langue quand il le fallait grâce au simple fait de ne pas en avoir. Capricieuse, oui, mais pas contrariante ni embarrassante.

Il y avait cependant quelque chose qui risquait de devenir gênant si elle continuait à imaginer la tête que devait faire Lou, car en cet instant, rire aux éclats n'aurait été bien vu de personne, y compris d'elle-même. Se moquer d'elle-même, souvent ; des autres, jamais. Réprimant comme elle pouvait cette envie de rire, elle resta les yeux fixés sur la pièce qu'elle nettoyait, n'osant pas lever le nez de peur de ne vraiment plus être convenable. Au tact d'un bulldozer s'il fallait ajouter la délicatesse d'un tractopelle : la grande classe. Finalement, elle décida de régler le problème en tournant le dos au plan de travail, les reins légèrement appuyés sans peser contre le bord. Le mur, lui, ne lui ferait aucune distraction. Ne sachant pas vraiment ce qu'en pensait son compagnon d'établi pouvait penser d'une situation des plus ridicules, il fallait bien le dire, elle tenta tout de même à voix beaucoup plus basse. "Vous devez vous dire que je suis une sacrée plaie. Mais vous pensez qu'avec un petit coup de clé on peut me resserrer quelques boulons ?" Elle marqua un temps d'arrêt suite à une idée folle qu'elle laissa échapper, heureusement toujours en chuchotant : "Et attention ! Il est hors de question de me tuner comme Pamela, le rouge me va très mal au teint !"
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 22:27

Bien entendu, Aaron n’était pas encore convaincu de l’utilité réelle de la laisser s’occuper du nettoyage d’une pièce autre que celui de lui donner quelque chose à faire pour qu’elle ne se sente pas inutilement encombrante. Certes, ce genre de tâche ne nécessitait pas de compétences particulières mais l’Alpha avait sa propre vision du travail bien fait lorsqu’il s’agissait de sa moto et, à ne pas en douter, il repasserait derrière elle, ne serait-ce que pour vérifier ce qu’elle avait fait. De là, il serait à même devoir s’il lui serait nécessaire de donner un coup de chiffon supplémentaire ou non. Néanmoins, ce n’était potentiellement pas une raison pour ne pas la laisser mettre les mains dans le cambouis. On pouvait difficilement imaginer qu’elle puisse mal faire quelque chose, du moins pas au point de poser des problèmes. De toute façon, dans le cas contraire, le Werewolf se serait sans doute contenté de refuser poliment son offre, avec l’une ou l’autre raison. Il doutait qu’elle aurait réellement cherché à argumenter les motifs du refus. Et puis elle devait bien se douter qu’il n’allait pas lui faire confiance aveuglément. Le rappeler aurait juste été inutile. Au lieu de cela, le métamorphe observait en silence la jeune femme qui venait de se saisir de la pièce qu’il venait de lui tendre. La façon dont elle passa le chiffon sur le métal au premier passage lui arracha un sourire silencieux qu’il garda pour lui-même. Il y transpirait une douceur prudente presque mignonne, même si, au fond, ce métier ne souffrait pas d’autant de tendresse. Elle sembla s’y faire assez rapidement, commençant à frotter un peu plus fort, seule condition sous laquelle la crasse accepterait de décamper. Aaron haussa les épaules quand elle lui fit remarquer que ce n’était pas elle qui allait frotter comme une forcenée. Il devait avouer que, de ce qu’il en avait vu, il était assez convaincu de cela. Il n’y avait rien de moqueur dans cette répartie insonore, simplement un réalisme légèrement amusé comme pouvaient en témoigner ses lèvres étirées dans un demi-sourire.

Il fallait s’y faire, mais l’Alpha n’était pas nécessairement quelqu’un de très bavard. Il n’allait pas faire complètement l’asocial, surtout que, pour être tout à fait franc, la compagnie n’avait rien de désagréable venant de la part de la métamorphe. Mais on chassait difficilement le naturel longtemps. Il fallait juste espérer qu’elle ne se formaliserait pas de cela, même si, au fond, il était convaincu qu’elle n’était pas de ce genre là, voire même qu’elle était parfaitement apte à faire la conversation par elle-même si elle le souhaitait. Tandis qu’il s’affairait sur sa propre pièce, finissant de la nettoyer, il jetait des coups d’œil discrets mais constants en direction de sa voisine, ne serait-ce que pour s’assurer, un minimum, qu’elle ne rencontrait pas de difficultés imprévues, un peu comme un maître surveillerait son apprenti, avec peut-être un peu plus d’inquiétude compte-tenu que la « santé » de sa moto était entre les mains d’une inconnue qu’il ne connaissait guère. Le silence qui les entourait, relatif compte-tenu des bruits constants présents dans le hangar, était symptomatique de ce qu’il pouvait se passer lorsqu’Aaron était occupé à quelque chose. Econome de ses mots, il préférait souvent ne rien dire parce que c’était surtout plus simple. Luka ne partageait pas ce point de vue, mais, heureusement, il n’était pas présent aujourd’hui. Encore que, avec les témoins, il ne manquerait pas d’être mis au courant de cet événement. Et, bien entendu, le Werewolf en entendrait parler encore plusieurs jours. Il entendait déjà son ami le lui dire sur un ton moqueur. « Alors ? Il paraît que tu donnes des cours particuliers de mécanique à de jolies filles ? » Aaron se voyait déjà rouler des yeux et s’enfoncer un peu plus dans son canapé avec la ferme intention de ne pas dire quoique ce soit de plus. L’Oméga était particulièrement doué pour chercher le moindre petit sens caché dans ses propos et lui qui ne rêvait que de le voir tourner la page « Sarah » saisirait surement l’occasion, alors qu’au fond, ce n’était rien de plus qu’une rencontre.

Perdu dans ses pensées, il avait changé de pièce depuis quelques instants quand une voix, provenant de l’entrée du hangar, résonna à son oreille. Surement le malchanceux qui était tombé en panne. Encore trop à ses propres idées, il n’avait cependant pas dégagé le sens de ses paroles, uniquement conscient qu’il venait de s’exprimer suffisamment fort pour que cela atteigne le coin où ils étaient. Par contre, il ne manqua aucunement la répartie immédiatement de la jeune femme qui s’était exclamée aussi fort que lui, sinon plus. S’arrêtant, en même temps que, probablement, tout le hangar, il posa son regard sur la métamorphe d’un air surpris. Voilà qui était… inattendu. Peut-être parce que tout le monde s’était pris à penser, Aaron y compris, que la demoiselle accompagnait effectivement le motard malchanceux. Ce n’était pas vraiment les affaires du métamorphe, qui s’en fichait un peu à vrai dire, mais c’était plus l’enchainement qui l’avait surpris. Il sourit pour lui-même quand elle se rendit compte de sa « gaffe ». Il détourna le regard quand elle marmonna un « Oups » probablement plus pour elle-même que pour lui, préférant se remettre à sa pièce qui nécessitait un bon coup de chiffon, non sans se départir d’un léger sourire en imaginant, malgré lui, la tête que devait tirer celui qui était venu avec elle. Se faire reprendre devant une meute d’inconnus ne devait pas être très agréable. Le silence refit son apparition pendant quelques instants avant que la jeune femme ne le rompe à nouveau. Tournant la tête vers celle qui s’était adossée à l’établi, face au mur, qui ne le regardait pas encore, il resta sceptique à ses propos. Elle tourna finalement la tête vers lui, avant de rajouter quelque chose qui accentua encore un peu plus son trouble. « Je… Vous devriez faire attention aux mots que vous employez, certains pourraient… Hum. S’imaginer des choses. » Il fallait admettre qu’il lui avait fallu un peu de temps pour éviter de se méprendre. Il laissa quelques instants passer, songeant finalement que ce n’était peut-être pas la meilleure des choses à faire. « Pour le reste… Je ne vous connais pas assez bien pour penser quoique ce soit. Même si je ne crois pas me tromper en disant que quelqu’un qui vous connaît devrais savoir à quoi il s’exposait en disant quelque chose comme ça. » Il s’intéressa à nouveau à sa pièce qu’il briquait avec attention. Fallait-il rajouter quelque chose pour détendre l’atmosphère ? Changer de sujet peut-être… « Mais si je dois tuner, je compte bien éviter le rouge. Je n’aime pas vraiment cette couleur. Un comble, je sais. » Il faisait surtout référence au fait que s’il était Mitch, il portait également le rouge, tenue oblige. Enfin, il avait dit cela avec légèreté. L’occasion peut-être de passer à autre chose que ce qui venait de se passer.
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 22:36

Devant le trouble de son interlocuteur, elle comprit que quelque chose clochait. Deux solutions : soit elle venait de parler dans un péruvien des moins intelligibles, mais il n'aurait pas compris ; soit elle venait de dire une toute autre chose que ce qu'elle s'était entendue dire pendant une hallucination auditive des plus carabinées, ce qui aurait expliqué qu'il n'ait en effet pas compris. Plus proche de la seconde solution, elle n'en fut pas moins mal à l'aise de comprendre qu'il n'avait pas saisi ses intentions. Car comme dirait l'autre (à lire sans reprendre son souffle) : entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d'entendre, ce que vous entendez, ce que vous avez envie de comprendre, ce que vous croyez comprendre, ce que vous comprenez, il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même ! Oui, bah j'aurais mieux fait de ne pas essayer, tout compte fait. Comme quoi l'humour est toujours une arme à double tranchant, que ce soit avec ceux que vous connaissez sur le bout des doigts ou ceux que vous ne connaissez pas. Tout dépend de ce qu'ils vous croient capable de faire ou non. Malheureusement pour Brume, elle avait mal attaqué sa propre image lors de leur première rencontre, il était assez difficile de penser qu'elle puisse alors paraître saine d'esprit voire innocente sur les sous-entendus les plus gras de ses propos, surtout après avoir parlé de hachis parmentier de psychopathe (notez tout de même la visée écologique de cette initiative : si la viande doit attendre à perpétuité derrière des barreaux, autant ne pas la gâcher ! J'arrête, c'est ça ?). Pourtant, il semblait lui accorder le bénéfice du doute, et quelque part, elle lui en était grandement reconnaissante. Il y a du bon à tomber sur des hommes qui se fichent des femmes. Si, il y en a. Peu, mais il y en a.

Comprenant enfin ce qu'il avait compris alors qu'elle avait cru dire ce qu'elle avait dit avec une volonté des plus innocentes, elle se sentit, pour une rare fois dans sa vie, piquer un fard. Piquer un phare lui aurait été bien plus utile pour pouvoir se cacher derrière, malheureusement cette idée quoiqu'amusante aurait pu être à la fois douloureuse et tristement mortelle, tout dépend de si l'on considère qu'elle aurait soulevé le bâtiment de ses petites mains ou l'aurait réceptionné avec ses petits bras ; dans les deux cas, ça n'aurait pas été sans peine, et le hasard ce serait transformé en mauvaise fin de cartoon. Les joues légèrement rouges, elle se racla légèrement la gorge, baissant le nez et articulant un « Ah, vous pensez ? » à peine audible. Un silence gêné s'installa entre eux, la blonde se demandant si elle devait intervenir pour lui dire qu'elle n'avait pas eu l'intention de sous-entendre quoi que ce soit de ce registre, ou si au contraire elle devait laisser faire l'intelligence de son interlocuteur pour qu'il comprenne -cette fois-ci peut-être la bonne chose- qu'elle n'avait voulu dire ce qu'il avait compris. Même si en y réfléchissant bien, il y avait bien d'autres façons de les interpréter, même si celle-ci était la plus dérangeante. Ou peut-être pas. Mieux valait encore qu'il comprenne un sous-entendu bas placé au lieu d'une demande courtoise de grands coups d'outils mécaniques en pleine face, il restait encore dans une norme rassurante. Enfin, si l'on prenait en compte les marges un peu crasses -et romantiques, ne l'oublions pas !- qui pouvaient exister et qu'elle connaissait bien.

Se décidant finalement à reprendre sa place initiale face à l'établi, elle n'en sourit pas moins aux dernières remarques de son inconnu de la supérette. Il y en a qui ont des beaux amants de Saint-Jean, mais que voulez-vous, on fait avec les moyens du bord. C'était presque étrange d'ailleurs de voir qu'elle avait plus à se méfier des idées que se faisaient ses amis que de l'image qu'elle renvoyait à des personnes qu'elle connaissait à peine. A moins qu'il n'ait un bon sens aigu et inné, mais ça, elle ne le saurait sans doute jamais. Il y avait tout de même assez peu de probabilités pour qu'elle le recroise un jour, il ne fallait pas se leurrer, et ça ne lui faisait pas grand chose. Pour l'heure, elle essayait surtout de se défaire de sa gêne en pensant à autre chose, et heureusement il avait pris l'initiative d'ouvrir la marche. Elle prit cependant le temps de lui jeter un regard, un sourcil haussé malgré son léger sourire. « Vous savez que vous en savez plus long sur moi que mes amis ne pensent me connaître ? C'est flippant. Vraiment flippant. » Son sourire s'élargit avant qu'elle ne retourne au nettoyage de la pièce qui avançait comme il pouvait tandis qu'elle faisait de plus gros efforts pour ôter les taches les plus récalcitrantes. « Pour ce qui est du rouge, c'est en effet un peu dommage. Mais on ne choisit pas son uniforme. Le problème du noir, c'est que ça aurait fait Batman à la plage. Plus classe, mais nettement moins cheesy. »

La péruvienne fit tourner la lourde pièce entre ses doigts pour vérifier les coins qu'elle avait pu oublier, prise d'une soudaine envie de minutie, sans doute pour justement oublier la présence de Lou et de sa mauvaise humeur à l'entrée du garage. Elle pouvait s'asseoir sur son moyen de transport pour le retour... Ou justement non. Il risquait de partir sans prévenir, ce qui rendrait donc difficile la tâche d'y prendre place. Elle pouvait toujours essayer et inventer par la même le air-moto, mais dans un hangar rempli de motards, elle n'était pas sûre du succès qu'aurait cette idée. Dans une cour d'école, à la rigueur, elle aurait pu être bien accueillie. Dans ce lieu, ils se diraient sans doute qu'elle était sincèrement atteinte et qu'il vaudrait mieux l'achever avant qu'elle ne souffre trop du ridicule, qui certes ne tue pas, mais peut devenir franchement douloureux dépassé une certaine dose. C'était un peu comme la piquouse, sauf que contrairement à celle-ci, le ridicule ne fait jamais planer. Ou alors c'est qu'on est un clown, mais dans ce cas le problème se pose autrement et avons-nous vraiment le temps de le traiter ?

Revenons à nos moutons (Avec un loup, en plus, les moutons c'est rigo... Oui, promis, j'arrête).

Brume releva les yeux un instant de son menu travail et croisa le regard soupçonneux de son ancien ami -on n'allait pas se mentir-, les bras croisés et un air plutôt renfrogné. Non, décidément, le sens de l'humour n'était pas sa qualité première. S'il décidait de bouger de sa place, elle allait entendre parler du pays. Il détourna le regard. Sauvée pour l'instant ! Elle soupira profondément, se remettant à ses taches. « Les bonshommes, je vous jure ! » Elle marqua un temps d'arrêt, puis releva le regard vers son professeur intermittent de mécanique. « Ne le prenez pas pour vous, vous n'étiez pas visé. » Encore quelques instants de silence, elle céda à utiliser une goutte du produit qu'il lui avait proposé pour une tache noire et encore un peu épaisse à son goût, puis satisfaite d'avoir une pièce presque immaculée -il lui avait bien que ça ne devait pas être absolument parfait-, elle la posa sur l'établi délicatement, et essuya un peu ses mains avec le revers du chiffon au cas où elle aurait de la graisse sur le bout des doigts, même si elle se moquait bien de l'état de ses vêtements quand elle rentrait. « Et voilà, monsieur le prof' ! J'espère que je ne vais pas trop me faire taper sur les doigts... Sans mauvais jeu de mots, c'est promis ! » Oui, maintenant elle allait le préciser. A chaque fois. Deux précautions valent mieux qu'une. A ce compte-là, il n'était pas rendu...
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 22:39

Peut-être aurait-il dû s’abstenir de préciser que ses paroles pouvaient être interprétées de diverses façons. De toute façon, il doutait sincèrement qu’elle essaye de lui proposer quoique ce soit de graveleux. Ils se connaissaient à peine et, de son point de vue, elle n’avait clairement pas l’air intéressée par l’idée de sauter, littéralement ou non, sur le premier inconnu qu’elle pouvait croiser. Et puis même si ça avait été le cas, il aurait sans doute décliné, avec plus ou moins de politesse, la proposition. La Saison des Amours était passée, non sans mal, et l’idée « simple » du simulacre de la reproduction avec une inconnue ne le tentait pas plus que ça. Aussi, sans arguments… convaincants, il y avait peu de chance pour qu’elle parvienne à ses fins si c’était là ce qu’elle recherchait. Toutefois, il en doutait. De son propre avis, il avait juste eu l’esprit mal placé au moment où il ne le fallait pas mais la possibilité qu’elle l’ait faite à escient n’était pas nulle. Enfin, mieux valait essayer de ne plus trop y penser. Ce n’était pas évident compte-tenu du silence qui s’était instauré entre eux après cette petite réflexion. Comme toujours, il aurait peut-être mieux fait de tenir sa langue. Comme le disait Luka, son ami n’était pas doué pour l’art de la conversation finissant toujours, d’une manière ou d’une autre, par refroidir l’atmosphère, qu’il le veuille ou non. S’il avait été là, il se serait contenté de lever les yeux au ciel et d’hocher silencieusement la tête de dépit. Rien que d’y penser, cela fit sourire le mécanicien qui avait toujours eu le chic d’énerver – gentiment – son meilleur ami lorsqu’il s’agissait d’être sociable. Un coup d’œil à la principale intéressée, discrètement, lui permit de remarquer qu’elle venait probablement, elle aussi, de réaliser ce qu’il avait compris de prime abord. Preuve, s’il en était une, qu’elle avait dit cela innocemment de prime abord.

Changer de sujet. Oui, la meilleure des choses à faire pour éviter de continuer à s’emmurer dans un silence assez peu agréable et lourd de sous-entendus qui, finalement, n’avaient pas lieu d’être. Essayer de rebondir sur des choses plus terre à terre et moins sujettes à double interprétation. Il était cependant claire que son invitée-surprise avait quelque chose de franc et direct, peut-être simplement vraie. Pas de chichis, pas de faux-semblants, elle disait ce qui lui passait par la tête, même si, comme cette fois-là, cela pouvait lui jouer quelques tours. Le souvenir qu’elle lui avait laissé à la superette était plus « déjanté », mais peut-être n’avait-elle fait que surfer sur le ridicule du comique de répétition. Il fallait dire, qu’avec du recul, cet épisode-là, avait eu vraiment quelque chose de surréaliste et, à y repenser, c’était probablement la seule et unique fois qu’il ferait ce genre de rencontre dans ce genre d’endroit. Pourquoi ? Parce qu’il doutait sincèrement qu’il puisse y avoir à la Nouvelle-Orléans deux personnes comme elle. Ce qui était loin d’être un défaut, bien au contraire. Il leva un sourcil quand elle lui avoua qu’il la connaissait mieux que ses amis. Etait-ce seulement vrai ? Il se contenta d’hausser les épaules dans un demi-sourire. « Disons que les inconnus sont moins influencés par des sentiments parasites, je ne suis pas sûr que ce soit si étonnant que cela. » Ce qui était pour ainsi dire vrai, surtout, si l’on se basait sur les dires de son amis, quelques minutes plus tôt, qui, apparemment, la voyait comme une « copine ». Ce qui, surement, devait affecter quelque peu la vision qu’il pouvait avoir d’elle. Mais, encore une fois, ce n’était pas vraiment ses affaires et si ces deux-là avaient quelque chose à se dire, c’était à eux de régler ce détail.

« Et puis le noir, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour passer des heures au soleil si vous voulez mon avis. » Même si, à ne pas en douter, les sauveteurs de Baywatch auraient surement eu aussi une certaine classe avec des maillots tout de noir. Enfin, on n’allait pas refaire une série qui datait de plus de soixante-dix ans. Il retourna à ce qu’il faisait, donnant un dernier coup de chiffon à la pièce en cours, non sans observer du coin de l’œil ce que la jeune femme faisait avec la sienne, des fois que. Sans s’intéresser à ce que pouvait faire son ami, à défaut de petit-copain puisque tout le monde était désormais au courant, il reposa l’objet métallique sur l’établi avant de tourner la tête vers la métamorphe à sa nouvelle exclamation. Il croisa son regard tandis qu’elle précisait qu’il ne devait pas se sentir visé. « Oh… Je dois avoir mes heures perdues où je ne suis pas d’agréable compagnie non plus. Du moins, c’est ce que vous dirait l’un de mes amis. » Oh oui ! Il imaginait parfaitement ce que pourrait dire et faire Luka en cet instant. Un peu du même genre que les remarques qu’elle pouvait glisser à son ami. Un même sens de l’humour. Ils s’entendraient bien tous les deux, probablement. Il jeta finalement un œil à la pièce tandis qu’il la prenait en main pour la tourner et l’observer sous toutes les coutures. Sérieux, il la reposa avec un petit sourire au coin des lèvres. « Pour une novice en la matière, c’est plutôt pas mal ! Je laisserais vos petits doigts tranquilles pour cette fois-ci. » Il reposa la pièce à côté des autres. Désormais toutes propres, il ne restait plus qu’à passer à la phase finale. « Eh bien, je pense qu’on va pouvoir passer aux choses sérieuses. » Il avait posé son regard sur elle en disant cela, si bien qu’il était inutile de préciser qu’il était parfaitement conscient du double-sens, mais que, pour lui, cela n’avait rien de lubrique.
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Brume Sullivan
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 22:49

La journée de la gaffe s'était finalement déclarée, mais le Docteur Plouc ne diagnostiquait rien de grave. Le lendemain serait une nouvelle journée avec son lot de bêtises, et celles-ci seraient oubliées, même si elle devrait sans doute compter sans Lou dans son carnet d'adresses. Après tout, un peu d'écrémage de temps en temps ne fait pas de mal. On conserve souvent des relations avec lesquelles on ne se sent pas parfaitement à l'aise ou des gens avec qui l'on ne sait jamais trop quoi dire parce qu'on ne sait pas comment les prendre, et elle devait bien le reconnaître, c'était exactement le problème avec Lou. Il avait mis toute la meilleure volonté du monde pour se faire accepter, fait des efforts considérables, mais elle n'était pas la seule à avoir ce sentiment d'inconfort en sa présence, surtout parmi ses amies femmes. Comme quoi, quand vous courrez trop après les gens, ils ne viennent pas nécessairement vers vous ! Le plus gros problème de Brume résidait bien là-dedans : à ne rien attendre de personne, elle n'attirait pas toujours les bonnes personnes. L'élément le plus marquant de cette foule de personnages en demande d'attention et d'auditoire restait son amour de vampire, ou comme elle l'appelait parfois « mon taré bien aimé », qui, quoique redondant, restait encore le meilleur exemple extrême qu'elle avait sous le coude pour illustrer ce propos. Encore qu'elle se demandait parfois s'il n'aurait pas fini par le faire avec n'importe quelle autre fille du salon si elle ne s'était jamais décidée à se montrer plus agréable le temps d'un shampoing avec lui. Il y en a qui ont des coups de foudre, d'autres entre qui ça mousse, et puis enfin certains qui ont éclaté quelques bulles. Peu rassurant mais malheureusement vrai, on lui avait dit que c'était bien plus sa personnalité que la situation qui avait dû attirer ce fou, et quelque part elle ne savait pas si elle devait s'en sentir flattée ou non. Paraît-il qu'il existe chez ces gens un feeling, que dans des cas comme celui-ci ils choisissent précisément leurs victimes, qu'une sorte d'alchimie se crée entre les deux. Entre deux quoi, elle se demandait encore. Comme quoi, les coups de foudre peuvent se transformer en coups de massue !

Mieux ne valait même pas y penser. C'était dimanche, la journée s'était avérée inégale, elle avait rattrapé le tir et elle s'occupait l'esprit et les mains -de façon tout à fait convenable !- en attendant que la température ne baisse, et ce en charmante compagnie. Notez l'ironie : en général, on attend rarement que la température ne baisse lorsque l'on est en charmante compagnie avant de l'avoir faite monter au plus haut auparavant. Mais ça ne serait pas convenable ! Après tout, elle ne savait toujours pas son vrai nom, et c'était bien le cadet de ses soucis. Qu'il s'appelle Mitch, John ou Kasimir n'aurait absolument rien changé à la situation. Ils seraient tout de même debout derrière un établi à tranquillement nettoyer des pièces de moto. Sans compter sur le fait qu'après l'entrée en matière fracassante qu'ils avaient eue, ils n'étaient plus à ça près. Elle ne retint pas un léger rire à sa remarque, bien trop proche de la vérité à son goût. « Vous avez raison, je crois que ma déception prend le pas sur ce que je dis. » Et c'était sans aucun doute vrai. Il ne fallait pas aller bien loin pour qu'elle en trouve la preuve : sa sœur. Pour beaucoup une espèce de folle alcoolisée qui ne sait pas se tenir, professionnellement une tête à claques impossible à éradiquer du paysage, sentimentalement osons les mots, une belle salope. Pourtant, c'était bien sa grande sœur, sa moitié, celle qui la faisait rire et qui était merveilleusement à l'écoute quand il le fallait, même si elle était une source inépuisable d'ennuis et de catastrophes en tous genres. Oui, les sentiments y sont pour beaucoup dans ce que l'on pense d'une personne, mais la situation présente la gênait pas mal. Pourquoi diable à chaque fois qu'une femme riait à une blague d'un homme ou acceptait une invitation en tout bien tout honneur, il fallait que d'une manière ou d'une autre ça lui retombe sur le coin du nez ? Encore que ça n'était pas tout à fait le cas, pour l'instant celui qui en faisait les frais était bien homme. Et bien naïf.

La conversation était rare, mais pas besoin d'en faire des pages quand quelques phrases suffisent. Quand on a rien à dire, mieux vaut économiser sa salive, surtout par une chaleur aussi prenante ! D'autant qu'elle savait pertinemment qu'elle risquait de se retrouver sans transport pour le retour, alors autant ne pas gaspiller ses réserves d'eau et ne pas arriver comme une grenouille desséchée chez elle. Il y a tout de même un atout considérable à ne pas se sentir obligé de parler : on ne se fatigue pas non plus l'esprit inutilement. La communication ne consiste pas simplement en un flot incessant de paroles, et lorsque l'on est métamorphe on en est plus conscient que quiconque. Elle avait attendu le verdict, les deux paumes appuyées sagement sur l'établi, et fut plutôt satisfaite, accueillant son compliment avec un sourire sincère mais appuyé pour donner un effet comique et sans doute un peu plus enfantin... Qui contrasta avec la dernière phrase qu'il lâcha, elle l'espérait, en toute connaissance de cause, même si la gaffe aurait été vraiment belle. La péruvienne rit de bon cœur, prenant un air faussement choqué avant de lui répondre : « Ah bah bravo ! Elle était bien placée, celle-là. Je suis curieuse de voir les choses sérieuses arriver, cela dit. »

Ce fut évidemment le moment qu'avait choisi Lou pour arriver et sans doute lui proposer de rentrer tout de même avec lui. Son ton lui fit comprendre qu'il avait changé d'avis à l'entendre de ce dernier échange. « Tu ne t'ennuies pas, à ce que je vois ! Quelque chose me dit que tu n'as pas besoin que je te raccompagne non plus. » La métamorphe haussa un sourcil. Il était décidément très sérieux, beaucoup trop sérieux. Un peu moins en apparence que l'inconnu de la supérette, mais avec beaucoup moins de second degré. Elle haussa les épaules, un peu plus sarcastique que ce à quoi il avait dû s'attendre : « Ҫa ne ressemble pas à une proposition très amicale. » Elle soupira. « Rentre tout seul, Lou. J'ai assez à penser sans me rajouter une crise de jalousie inutile et puérile. Fais attention sur la route. » Elle avait osé espérer que ça serait suffisant, et fut surprise que oui. Il lui ferait sans doute une scène au téléphone, plus tard, quand il n'y aurait plus cette grande baraque à côté d'elle pour potentiellement l'évincer ou lui dire de se la fermer. Car après tout, elle aurait pu connaître cet inconnu (ah, cette litote !) bien plus que la réalité, il n'en avait aucune idée. Et même si Brume n'était pas véritablement pointilleuse sur le physique pour ne pas dire qu'elle fonctionnait plus au charme qu'à la perfection, Lou aurait eu du mal à rivaliser avec un chippendale. Vraiment beaucoup de mal. Il tourna les talons et partit d'un pas rapide en direction de l'entrée du hangar pour récupérer sa moto et partir. Elle soupira longuement. Que de tensions pour si peu de choses !

La blonde releva les yeux vers son interlocuteur bénévole et lui adressa un sourire faussement embêté : « Je vais devoir rester plus longtemps pour vous aider, du coup. Si je rentre à pieds maintenant je vais finir comme un homard. Avouez que vous l'avez fait exprès ! » Son sourire plus amusé revint sur ses lèvres. « Alors, j'espère que pour les choses sérieuses je ne vais pas y laisser des doigts, je vais en avoir besoin pour travailler demain ! » Oui, autant penser à autre chose, oublier qu'elle serait en partie cassée par cette journée et qu'elle allait devoir rentrer à pieds. Autant profiter de la fraîcheur de ce hangar tant qu'elle ne gênait pas. Oui, autant s'amuser encore un peu avant d'aller griller le long de la route !
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 22:55

Passer aux choses sérieuses… Voilà qui avait de quoi être lourd de sous-entendus, surtout lorsqu’on n’avait pas assisté à la conversation entière. Certes, il y avait une petite ambiguïté sous-jacente mais qui serait allé jusqu’à imaginer qu’ils auraient pu se laisser aller à ce genre de « choses sérieuses » en plein milieu d’un hangar loin d’être désert. Ceux qui connaissaient un minimum l’Alpha de la Meute des Werewolves savaient qu’il n’était pas homme (ou loup) à se laisser aller de la sorte avec du public. Ce dernier esquissa un léger sourire quand elle réagit à sa remarque. Le contraire eut été fort étonnant, il devait l’admettre. « Je ne suis pas du genre à cacher mon jeu bien longtemps. Vous les verrez bien assez tôt. » Enfin… C’était sans compter sur l’apparition du « petit-ami », ou de celui qui s’imaginait encore quelques instants plus tôt être sur la bonne voie pour le devenir avant d’être gentiment douché en public. Aaron se retourna quand il entendit une voix retentir derrière lui. Observant de pied en cap le fameux « Lou », le métamorphe allait se mêlait – de ce qui ne le regardait que peu – pour essayer d’apaiser les choses quand la jeune femme le devança. Apparemment, il n’était pas réellement la peine d’essayer de sauver quoique ce soit, surtout quand la principale intéressée sort la hache pour saborder elle-même le navire. Il eut un petit sourire pour lui-même, qu’il camoufla en baissant la tête vers ses mains desquelles il essuyait les dernières traces de cambouis, ou, plutôt, essayait de le faire. Il était rare d’y parvenir sans de l’eau et du savon de toute façon. Enfin avoir les mains sales était loin d’être son problème ou alors il aurait du changer de hobby. Sincèrement. Il observa la scène sans dire un mot et fut surprit que le fameux Lou n’ait pas davantage de répondant.

Il regarda l’intéressé tourner le dos et s’en aller. Sa moto semblait être réparée et il donna raison au Werewolf qui entendit le moteur démarrer. Il jeta un bref regard à l’ensemble quittant le hangar et se retourna vers la jeune femme tandis qu’elle faisait le constat du départ de son – ancien – ami. « Pour une fois que j’ai le droit d’avoir une assistante. Je n’allais pas la laisser partir avec le premier inconnu, non ? » Il se prenait au jeu. Après tout, cela n’avait rien de désagréable et puis on ne pouvait pas le blâmer de faire en sorte que l’instant soit agréable plutôt que l’inverse, non ? Aaron était suffisamment sérieux le reste du temps pour se décoincer un peu, comme sa sœur lui conseillait de le faire. Peut-être était-ce le fait aussi qu’il avait en mémoire cet épisode du supermarché de quartier qui lui revenait en mémoire ou bien finalement que sa bonne humeur était contagieuse et qu’il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire, si ce n’était de se laisser, un peu, aller. « Par contre, si vous voulez rester jusqu’à supporter la chaleur extérieure, vous allez attendre longtemps Pamela. On ne commence à respirer que lorsque le soleil se couche par ici. » L’avantage et l’inconvénient d’avoir un hangar à l’extrémité de la ville. Le Bayou n’était pas réputé pour être tendre, climatiquement parlant. Bien qu’il n’était pas tendre, tout simplement, à vrai dire. Le mécano se retournait vers son bolide situé sur l’élévateur pour y jeter un regard circonspect. Oui, le sérieux allait commencer. Démonter et nettoyer étaient toujours aisés. Ensuite, il fallait remonter tout cela avec autant de délicatesse et, surtout, sans faire de fausses connexions ou laisser de jeu dans les serrages. Un boulon de mal vissé et cela pouvait mal finir, surtout lancé au milieu de la route à plus de 130 km/h.

« Manuelle aussi ? » Il s’était retourné vers elle dans un demi-sourire. Il était évident qu’il ne l’imaginait pas mécanicienne et, à vrai dire, il pouvait y avoir diverses raisons pour lesquelles elle ne voulait pas qu’on abime ses doigts. « En tout cas, ne vous inquiétez pas, si vous ne faites pas trop de bêtises, vous devriez rentrer sans être trop abimée. » Il se tourna vers le l’établi qui contenait les outils. « Si je peux vous demander de vous pousser un peu… » Une fois qu’elle se fut exécutée, il ouvrit plusieurs tiroirs dont il sortit quelques clefs dont la fameuse clef plate dont il avait eu besoin quelques minutes plus tôt et qu’elle lui avait passée. « Les choses sérieuses consistent à remonter les pièces correctement et, bien entendu, au bon endroit. » Rien de bien compliqué, simplement mieux valait savoir dans quel ordre les placer et comment bien les fixer. Ses outils dans une main, il releva le regard vers la jeune métamorphe. « Du coup, je vous laisse le choix. Vous voulez me passer les pièces nettoyées à la sueur de votre front ou vous préférez serrer les boulons ? » Il posait la question mais avait une petite idée de la réponse. Peut-être parce qu’il se doutait qu’elle n’oserait peut-être pas s’atteler à la partie la plus « délicate ». Mais, même si c’était le cas, il n’y voyait pas d’objections, puisque, bien entendu, il ne manquerait pas de surveiller cela avec beaucoup d’attention. Laisser quelqu’un toucher à sa moto était une chose, la laisser faire sans surveillance, en était une autre. Et puis, même si ce n’était que pour du nettoyage, elle avait au moins su montrer qu’elle n’avait pas deux mains gauches. C’était déjà ça.
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Brume Sullivan
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 23:10

Lou parti, une certaine tension s'évapora, si légère fût-elle, et elle en était plutôt soulagée. Le mythe des relations amicales impossibles entre hommes et femmes se devaient d'être abolies un jour, mais pas celui-là. C'était bien dommage, elle se serait bien passé d'une telle scène et surtout d'une situation aussi embarrassante. L'innocence de certaines personnes qui se refusent à croire que parce que les autres s'intéressent humaines à elles, ils sont forcément à deux doigts de l'infarctus sexuel et meurent de désir à leur intention parce qu'il n'existe bien entendu aucun autre être vivant au monde qui mérite l'attention du sexe qui eux les attirent ; l'innocence de ces personnes, cette innocence qui tenait visiblement plus de la légende même les années cinquante passées, manquait sérieusement au quotidien. Brume devait sans doute passer bien des fois pour une ingénue, cependant la franchise de ses attitudes lui paraissait suffisante pour qu'aucune ambiguïté ne persiste dans ses relations, mais c'était sans compter sur d'autres qui sur-interprétaient parfois la réalité, bien sûr à leur avantage. Les relations humaines étaient tellement, mais tellement compliquées ! Certes, dans la nature non plus les rapports entre représentants mâles et femelles n'avaient rien de facile, quoique déjà plus pragmatiques et beaucoup plus simplifiés. Elle n'en était pas encore au point de se faire ermite dans la nature au milieu d'animaux sauvages, mais il y avait tout de même des avantages à ne pas se prendre la tête comme le faisaient les Normes. Malgré leur condition en partie humaine, les métamorphes avaient la plupart du temps cet avantage de ne pas être victime de ces maladies nerveuses qui vous rendent la vie difficile et plus encore celle de votre entourage.

Mieux valait ne plus y penser pour l'instant et se concentrer sur l'activité proposée -de façon beaucoup plus amicale, en tout bien tout honneur, comme dirait l'autre- afin de ne pas sombrer dans des considérations négatives. Loin d'être une idiote, quand elle le pouvait Brume préférait éviter de tomber dans des travers sombres et tortueux qu'il était difficile de rattraper, pour la simple et bonne raison qu'elle aurait pu rester au plus bas une fois sortie de sa cave et qu'elle avait pourtant remonté la pente, certes en plusieurs années, mais avec moins de difficultés que les personnes qui s'enferment dans leur mal être. Certains sans le vouloir se complaisaient d'ailleurs dans cette situation. La péruvienne avait fait un choix, celui de ne pas laisser un si gros traumatisme l'envahir, alors pensez-vous, la susceptibilité d'un ami qui déjà parvenait à lui taper sur le système de temps à autres, que pouvait-elle bien lui faire ?

La conversation reprit son cours avec naturel, comme si rien ne s'était produit. C'était une stratégie appréciable de la part de cet inconnu de la supérette, qui visiblement préférait évacuer le sujet, et il n'avait pas tort. C'était encore la meilleure chose à faire, surtout pour garder le calme et ne pas rajouter de l'huile sur le feu. De toute façon, qu'aurait-il bien pu lui dire ? Qu'elle avait été incorrecte ? Inconvenante ? Ça n'avait pas l'air d'être le genre de la maison, et de façon générale ce n'était pas le genre de choses que l'on se permettait de dire à une personne que l'on ne connaît pas assez. Non, il n'avait rien à lui dire alors il ne disait rien. C'était une bonne philosophie de vie qui devrait être appliquée par plus de personnes en ce bas monde. Mais c'était bien ce qui faisait le charme de la communication, l'imprévu.

Elle sourit, entre amusement et étonnement, un sourcil haussé, puis finit par rire à sa remarque. Ne pas laisser partir son assistante, en voilà une bonne raison ! Surtout avec le premier inconnu ! « Vous avez raison, mieux vaut qu'elle reste avec le second inconnu, c'est plus sûr. J'espère juste que vous n'allez pas le regretter ! » Un clin d’œil et elle rit à nouveau, plus légèrement mais de bon cœur. Cet individu de prime abord froid avait l'air de bien cacher son jeu, justement, et d'être en fait bien plus agréable qu'il n'y paraissait de prime abord. Il était sans doute réservé, comme beaucoup de personnes l'étaient pour à la fois se protéger et avoir la paix. S'exposer sans faire attention, en voilà une drôle d'idée ! Brume n'était pas ce que l'on appelait une personne réservée en général, bien au contraire, elle allait très facilement vers les autres, mais elle savait en revanche garder secret ce qu'elle ne voulait pas divulguer sur sa personne. Ce qu'elle maîtrisait d'ailleurs plutôt bien depuis le temps qu'elle pratiquait cette technique parfois peu subtile qui consistait à ne pas en dire trop ou à changer de sujet. C'était peut-être bien là une marque d'intelligence, même si bien sûr on ne pouvait jamais poser de règle pré-établie en ce qui concernait le genre humain dans son ensemble. Elle haussa les épaules à sa dernière remarque, plutôt désinvolte. « Oh, ça n'est pas bien grave ! Je ne suis pas tenue à un horaire précis, mais je m'en voudrais de squatter ! Ce n'est pas non plus un chenil pour animaux abandonnés sur un bord de route, ici. » Sachant l'un et l'autre ce qu'ils étaient, il n'y avait aucun risque qu'il ne prenne mal cette allusion à peine voilée ni cette note d'humour. Après le hachis parmentier de psychopathes, rien de ce qu'elle pourrait dire ne pourrait sans doute le choquer ni le surprendre. Elle n'avait rien fait contre, de toute façon, et ne ferait rien pour rétablir quoi que ce soit.

Elle ne bougea pas de son poste, cependant prête à exécuter les ordres sans doute peu difficiles du Bucchanon de la mécanique. A une débutante il n'allait certainement pas demander des choses très complexes, et dans tous les cas elle ne comptait pas se risquer à faire des choses qui pourraient être mal faites. Outre le fait qu'elle lui ferait perdre du temps parce qu'il faudrait passer derrière elle, ce pouvait tout simplement être dangereux. « Manuelle est un bien grand mot ! Je ne fais rien d'extraordinaire, je suis juste coiffeuse. » Pas besoin d'en dire plus. Non seulement la plupart des hommes se fichaient royalement de connaître une coiffeuse, elle n'avait rien d'intéressant à raconter là-dessus. Apprendre de nouvelles choses était déjà bien plus intéressant, surtout avec quelqu'un d'aussi coopératif sur la question. De nouveau, elle haussa les épaules à sa remarque, se fichant pas mal de ce qui pourrait bien arriver tant que ça n'était pas un doigt cassé, ce qui serait assez difficile à réaliser, il fallait bien le dire. Que pouvait-il lui arriver de pire qu'éventuellement la moto lui tombant dessus ? Rien, a priori.
Elle se poussa comme il le lui demandait, sans rien dire, toujours légèrement souriante, prenant une place qui ne gênait aucune des allées et venues pour lui. Elle aurait sans doute eu plus de facilité à se faufiler à sa place, mais leurs gabarits n'étaient certes pas les mêmes, pour ne pas dire qu'ils étaient opposés. Ce devait être assez drôle vu de l'extérieur, ce duo parfaitement différent pour ne pas dire entièrement antagoniste mais qui cohabitait sans problème. Comme si le physique pouvait avoir quelque chose à voir avec l'entente de deux personnes pourvues d'intelligence.

Il annonça le programme, et elle dut l'avouer, elle avait presque envie de lui dire qu'elle regarderait faire -non sans se rincer l'oeil mais elle éviterait bien entendu de lui confier ce genre de détails- et qu'elle ne comptait surtout toucher à rien, mais finalement la deuxième option lui laissait un champ d'action déjà bien plus à sa mesure. S'il avait pu être dans sa tête au moment où il avait énoncé l'idée qu'elle puisse remonter les pièces à sa place, il aurait sans doute eu cette même image d'un immense tas de chaussettes qu'il faudrait tirer par paires en moins de dix minutes, même si bien sûr se tromper dans le tri des chaussettes n'avait absolument rien de dangereux. Se tromper dans la pose des pièces sur un véhicule, c'était une autre histoire ! Même si pour le coup, beaucoup auraient sans doute aimé que ces deux choses soient sur un pied d'égalité. Celui des chaussettes, évidemment ! Imaginez un centre de tri des chaussettes propres dont la survie de l'Humanité dépendrait, la vie prendrait un tout autre sens ! Une monnaie basée sur les chaussettes, peut-être même qu'on pourrait envisager du trafic de chaussettes dans les rues, comme médicaments, comme remèdes de grand-mère ou encore grigris spiritistes, comme drogue ! Et puisqu'il existe du jus de chaussettes, pourquoi ne pas en faire une alcool ? Une liqueur unique qui mettrait tout le monde d'accord sur les dangers de l'alcool au volant, puisque de toute façon les voitures et les routes n'auraient plus aucune importance face à la magnanime présence des chaussettes auprès des humains ! La chaussette comme remède à tous les maux de l'Humanité ! La chaussette toute puissante ! Une armée infinie qui envahiraient les rues, les champs, les greniers et les terres en friche ; une armée dont l'on ne pourrait se débarrasser pour certains qu'un mois de l'année, car il faudra bien vite les supplier de venir nous aider à supporter le froid de l'hiver et remplir de nouveau leur rôle impitoyablement nécessaire et sacré ! Tremblez, car elles seront sans pitié !

J'en étais où déjà ? Ah oui, la clé plate.

Sur le coup légèrement gênée, elle prit une petite seconde avant de répondre ce qu'il préférait sans doute entendre. « Eh bien, je crois que je vais en rester aux outils pour aujourd'hui ! Je m'en voudrais de faire une catastrophe et puis une chose après l'autre. Aujourd'hui c'est cours de vocabulaire ! Je serre déjà assez les boulons comme ça ! » Peu convaincue du véritable impact de sa blague, elle le laissa s'installer et mettre ce qu'il fallait mettre en place. Il était bien plus efficace et méthodique pour ce genre de choses. Brume reprit sa place, un genou à terre, l'oreille et l'esprit aux aguets. Vu sa taille et le peu d'espace qu'il avait pour travailler, mieux valait ne pas trop le faire attendre quand il aurait besoin de quelque chose. Même s'il avait l'air de solide et plutôt habitué, ce n'était pas une raison ! Maintenant, il ne faudrait pas non plus qu'elle se trompe en lui ramenant les outils. Rien qu'à le voir accroupi, elle avait mal aux jambes à l'avance pour lui, mais en effet, il devait avoir l'habitude. A quoi bon avoir tout ces muscles si ce n'est pas pour s'en servir ? Après une telle journée, son dos ne devait pas être en reste non plus. Elle parlait en connaissance de cause pour faire le mouvement inverse, celui de tirer vers l'arrière pour pas mal de gestes dans son salon de coiffure, à commencer par tous ces foutus brushing, alors sans doute qu'être plié en deux pendant une longue période ne devait pas faire du bien non plus.

Une idée lui traversa cependant l'esprit, voyant sa grande carcasse se faire comme elle pouvait sa place sous l'élévateur. « Si par contre vous avez besoin que je glisse juste les pièces à leur emplacement, vu que j'ai les mains plus petites, n'hésitez pas. Si tant qu'à faire je peux vraiment servir à quelque chose. » Oh certes, elle se doutait qu'à deux là-dessous, ce ne serait pas commode et qu'il allait dire non... et il n'aurait pas tort ! Après tout, il avait bien réussi à passer les doigts pour enlever les pièces, il pourrait bien faire l'inverse. Cependant proposer ne coûtait rien, surtout quand l'on sait que l'on ne va pas se formaliser de la réponse. Il se passa quelques petites minutes pendant lesquelles elle l'observa, voyant ses gestes précis d'habitude et rarement gênés par le peu d'espace. Il était concentré sur ce qu'il faisait, et elle n'osait pas le couper en lui parlant comme si en le faisant elle allait non seulement le déranger mais empêcher le bon déroulement des choses. L'Ocelot restait impassible, immobile, scrutant chaque geste comme pour comprendre quelque chose d'essentiel ou de fondamental dans ce qui aurait pu paraître trivial. En oubliant sans doute aussi que ses piètres connaissances en mécanique ne lui permettraient jamais de comprendre de visu, surtout sans avoir la scène complètement sous les yeux, ce qu'il était en train de faire. Elle attendit qu'il y ait un petit moment de relâche pour lui poser une question qui lui brûlait les lèvres depuis un moment. « C'est votre métier ? La mécanique, je veux dire. Vous avez l'air tellement passionné. » Apprendre le contraire aurait pu être décevant, cependant elle savait combien les passe-temps pouvaient être bien plus passionnants et prendre encore plus l'esprit que les simples emplois que l'on occupait pour se nourrir. Elle verrait bien. La tête bien haut et légèrement penchée sur le côté, elle attendait sa réponse, posée, curieuse, à la limite de l'espièglerie comme savent l'être certains félins.
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 23:30

Les histoires des autres n’étaient pas réellement un sujet sur lequel s’attardait Aaron. Qui plus est, il doutait sincèrement que la jeune femme eut un intérêt quelconque à évoquer ce qui venait de se passer. Et puis, il n’était pas obligatoire d’avoir fait plusieurs années d’études compliquées pour comprendre que ce n’était qu’une désillusion d’un garçon qui pensait avoir un ticket et venait de se prendre un râteau. A qui cela n’était pas arrivé ? Ceci dit, il ne connaissait ni l’un, ni l’autre, et n’avait aucune idée de ce que pouvait être leur passé commun. Aussi ne s’était-il pas permis de juger, ou alors simplement sur ce qu’il venait de voir, parce qu’au fond, il était difficile de ne pas avoir d’avis sur ce dont on était témoin. Mais, pour sa part, l’Alpha se contentait de penser que le dénommé Lou aurait mieux fait de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de faire un commentaire. De son expérience, la jalousie n’était pas nécessairement ce qui attirait le plus les femmes, du moins pas lorsqu’elle prenait la forme de remarques désobligeantes. Peut-être pourrait-il en tirer quelques conclusions et éviter une prochaine erreur lors d’une prochaine « conquête » ? Il s’en remettrait de toute façon. Peut-être finirait-il par revenir vers elle pour lui présenter des excuses et passablement essayer de redevenir amis. C’était ce que certains faisaient, incapables d’aller de l’avant. Mais, encore une fois, ce n’était pas son problème, juste le leur et le Werewolf n’avait aucune envie de s’y retrouver mêlé. C’était peut-être aussi la raison pour laquelle il préférait changer de sujet, en plus du fait que, de toute façon, il n’avait rien à en dire. Au moins ne s’y retrouverait-il pas trop pris à parti. Il posa son regard sur elle tandis qu’elle lui faisait remarquer, non sans amusement, qu’il était surement bien moins dangereux de rester avec un autre inconnu.

« Inconnu ? » Il feignait un peu la surprise et, dans son regard, on pouvait se douter que la suite n’allait pas être très sérieuse. « Vous m’avez percuté à trois reprises la dernière fois. En un sens, peu de personnes me connaissent d’aussi près. » Il sourit légèrement, même si, pour lui, c’était déjà beaucoup, il fallait l’admettre. Il n’était pas sûr que sa blague ferait mouche mais peu importait réellement, de toute façon, il était un peu tard pour s’en préoccuper, quoi qu’on en dise. Inutile de préciser de toute façon que, s’il devait finir par le regretter, il ne se gênerait pas pour le lui faire remarquer, d’une manière ou d’une autre. Elle devait bien se douter qu’il n’était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, même si, souvent, certaines personnes au physique intimidant étaient parfois juste de gros « nounours ». Dans le cas d’Aaron, même s’il n’était pas non plus un monstre sans cœur, on pouvait quand même difficilement arriver à cette conclusion. Mais, pour le moment, la compagnie de la jeune femme était agréable et il ne voyait aucune raison de s’en débarrasser pour une raison ou pour une autre. Même si, dit comme ça, on pouvait davantage penser à un mauvais film inspiré d’Hitchcock : une fille se retrouve dans un hangar, bidouille de la mécanique et finit enterrée dans le Bayou à quelques centaines de mètres plus loin, ou jetée en pâture aux crocodiles. Charmant n’est-ce pas ? Qui plus est, cela aurait pu être un minimum réaliste compte-tenu du passé de l’ancien Stigma. Combien de morts jonchaient le bord de sa route ? Mieux ne valait pas compter. Mais, il n’avait aucune raison d’en rajouter un bientôt, alors mieux valait se concentrer sur autre chose, d’un peu plus gai.

« En un certain sens, s’en est peut-être un. La preuve, vous êtes ici. » Il lui fit un clin d’œil. Au fond, c’était un refuge oui, pour animaux abandonnés peut-être pas, mais un refuge tout de même, pour une Meute entière, une meute de loups (pour la plupart), qui n’avait finalement pas de meilleur endroit pour se retrouver. Parce que, qu’on le veuille ou non, une meute de motards n’est pas ce qu’il y a de plus apprécié par les locaux, lorsqu’il ne s’agit pas d’un bar situé au bord d’une route perdue au milieu de nulle part. Les citadins sont généralement assez hostiles à ce genre de regroupement, même si quelques établissements sympas à la Nouvelle-Orléans ne rechigneraient pas sur cette clientèle. Mais ici, c’était devenu chez eux, en quelque sorte. Un garage, pour les motos, un bar pour toutes les occasions, petites ou grandes. Une vie pas très compliquée. Pour ça, il y avait juste à mettre la truffe dehors de toute façon. Non, ce garage, c’était pour les Werewolves le seul endroit où ils étaient réellement chez eux. Pour combien de temps ? Cela restait à voir. Il cessa de réfléchir quand elle lui avoua être coiffeuse, même si, d’une certaine manière, elle semblait se dénigrer un peu. Elle n’avait pourtant pas l’air d’être de celles qui font un métier qui ne leur plait pas. Peut-être se trompait-il sur l’interprétation qu’il fallait donner à ses paroles. « Savoir jongler avec un peigne et un ciseau est extraordinaire en un sens. » Il lui adressa un petit sourire, peut-être plus pour indiquer qu’il ne trouvait pas cela dégradant, bien qu’à son avis, elle n’en n’avait surement rien à faire. Mais si coiffeur n’était pas un métier manuel, on pouvait surement commencer à chercher une autre définition de « manuel ». La seule remarque qu’il aurait pu se faire était qu’il n’aurait pas imaginé une coiffeuse mettre les mains dans le cambouis, mais elle ne semblait pas s’en offusquer, bien au contraire.

Tandis qu’il se tenait là, outils en main, il fut heureux de ne pas être dans la tête de la jeune femme tandis qu’elle s’imaginait tout un tas de chaussettes à trier et les élucubrations qui en découlèrent. Il l’aurait probablement prise pour une folle, mais qui l’en aurait blâmé ? Il accepta sa décision en acquiesçant brièvement de la tête et en lui tendant les outils qu’il tenait. « C’est d’accord, on mettra les vrais travaux pratiques à une prochaine fois. » Prenant les pièces du moteur dans ses mains désormais vides, il se dirigea vers l’élévateur et les déposa soigneusement sur le sol avant de s’accroupir dessous afin de pouvoir accéder aux parties qui l’intéressaient. Il fallait admettre, qu’avec sa carrure, ce n’était pas forcément très agréable, mais il avait effectivement l’habitude. Et encore, il était parfois plus délicat de s’en occuper lorsque l’on ne disposait pas de l’engin adéquat pour soulever le véhicule à deux roues. Tandis qu’il plaçait la première pièce, qu’il avait gardée en main, dans son emplacement d’origine, il eut un sourire – qu’elle ne vit bien entendu pas – tandis qu’elle lui faisait remarquer qu’elle pouvait l’aider à placer les pièces s’il le voulait. « Vous regrettez de ne pas avoir fait l’autre choix ? » Il y avait une pointe d’humour qui se dégageait de la voix qui, elle-même, sortait de sous l’élévateur. « Vous pouvez me passer la clef plate ? » Il y avait comme un air de déjà-vu et il savait qu’elle devait certainement se concentrer pour éviter de refaire la même erreur. Il attrapa l’outil, constatant qu’elle ne s’était pas trompée. « Je vois que l’apprentie apprends vite. » Il s’occupa alors ensuite de fixer la pièce en silence, à peine rompu par quelques cliquetis métalliques. Ce n’est que quelques instants plus tard, alors qu’il continuait à installer la pièce, que la jeune femme rompit le silence.

« Ce n’est pas mon métier, non. » Il continuait à s’affairer. « Mais quand on voyage beaucoup à dos de moto, si l’on veut éviter de rester en rade comme votre ancien petit-ami, il faut savoir bidouiller un peu. Et puis j’y ai pris goût dira-t-on. » Il était un peu tombé la dedans par hasard, principalement parce que son mentor, lui-même Werewolf, lui avait montré deux trois trucs et qu’ensuite, Aaron avait eu besoin de développer quelques connaissances dans le domaine pour ses longues traversées du continent américain. Au milieu du désert, il peut être difficile de trouver un dépanneur. « Et depuis, on peut dire que c’est devenu une sorte de passion, oui. » Il serra un dernier boulon et sortit la tête pour observer son assistante. « Toujours envie de venir poser une pièce ? » Il attrapa l’une des pièces qui reposaient par terre. « Promis, on commence par une facile. » Il esquissa un sourire et glissa de nouveau sous l’élévateur, essayant de se placer idéalement pour laisser de la place à la jeune femme mais également pour avoir un œil sur ce qu’elle ferait, question de précaution. Une chose était certaine, si Luka était là, il n’arrêterait surement pas de lui lancer des regards équivoques. A vrai dire, Aaron s’étonnait lui-même, mais, au fond, c’était peut-être la bonne humeur de son « invitée-surprise » qui était contagieuse. Et puis, au fond, il n’y avait aucun mal à cela, si ? C’était la première fois qu’il donnait des cours de mécanique, mais ce n’était pas si surprenant. Quoiqu’entre deux étrangers, c’était surement plus insolite. Enfin, on n’allait pas en faire un fromage. L’Oméga, en revanche…
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 23:32

Il se prêtait de plus en plus à ce jeu verbal, et elle devait l'avouer, ça lui aérait beaucoup l'esprit. Un peu comme quand elle recevait certains clients avec qui elle était sûre de pouvoir dire n'importe quoi en plaisantant, ils continueraient avec elle sur la pente sans même se poser de question. Juste pour se détendre, parce que eux aussi avaient parfois des mauvais jours ou un emploi qui leur sortait parfois par les yeux, ou tout simplement par goût de la plaisanterie bon enfant à la blague carrément douteuse. Ce n'étaient des rendez-vous ni attendus ni regrettés, encore moins regrettables, et l'espèce d'apaisement complice qui s'installait entre la coiffeuse et ces personnes avait quelque chose de mystique, que pour le coup même la magie n'aurait pu expliquer. Certains utilisent l'astrologie pour expliquer les affinités entre les gens, d'autres parlent de chimie ou d'alchimie, mais s'il n'y avait rien d'autre que les moments que l'on partage qui comptaient ? Car après tout, il n'existe que très peu de personnes avec lesquelles on décide de tout partager. Même au sein des familles ce genre de choix n'est pas évident. Bien sûr, Brume avait longtemps eu une complicité sans borne avec Soledad, mais il fallait le reconnaître, depuis sa séquestration, quelque chose s'était perdu de son côté. Elle n'en voulait pas à sa sœur de ne s'être rendu compte de rien, leurs horaires n'étaient pas les mêmes, Soledad était rentrée si tard qu'elle avait cru que Brume était déjà repartie travailler. Pour des Normes, en tant que grande sœur c'aurait du être son rôle de protéger la plus jeune. Pourtant en tant que métamorphe, cette notion ne collait pas avec le caractère de la danseuse. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'elle avait appelé Christophe et pas une autre personne. Même son père ne battait pas son aura protectrice et sauvage. Cela n'empêchait pas qu'elle soit tous les jours au courant des nouvelles folies de sa sœur et des évènements bien plus calmes qui régissaient la vie de son frère. Étrangement, c'était beaucoup moins vrai pour les deux autres qui eux, ne s'adressaient plus tellement la parole même depuis que Christophe avait fait son retour au sein de la famille. A croire que quand certaines se brisent, on ne peut plus les recoller.

En l'entendant dire que peu de gens le connaissait d'aussi près, elle ne put s'empêcher de rire, prenant un air faussement choqué mais profondément amusé. C'était à la fois candide, direct et presque de mauvais goût, mais au vu du contexte dans lequel ils s'étaient rencontrés, elle ne pouvait qu'être d'accord avec cette formulation. Et s'il ne se laissait d'ordinaire pas trop approcher, il devait en effet s'être pris quelques électrochocs en la voyant et surtout en l'entendant pour la première fois. Et c'était d'autant plus drôle venant d'un homme tel que lui qui ne devait avoir qu'à claquer des doigts en soirées ou dans la rue pour que quelqu'un lui tombe dans les bras. Oui, vraiment, il avait vraiment un sens de l'humour appréciable, comme il était toujours appréciable de voir une personne se décoincer peu à peu et devenir plus avenante, même si bien entendu, ne le connaissant pas, elle ne pouvait pas vraiment juger et appréhender ces changements. Juste trouver que ce n'était pas une mauvaise chose. Elle aurait pu noter qu'il se souvenait exactement du nombre de fois qu'elle l'avait percuté, mais elle préférait penser que c'était un hasard, un chiffre lancé comme ça, comme elle l'aurait fait. Après tout, pourquoi pousser la paranoïa quand il n'y avait rien qui présageait un malheur ? Elle se l'avouer presque à regret, une dizaine d'années en arrière, elle ne serait jamais entrée dans un hangar rempli d'outils en tous genres et surtout potentiellement dangereux, et ne serait surtout pas restée avec une personne qu'elle connaissait à peine sous prétexte qu'elle sentait qu'elle n'avait rien à craindre. Mais c'était passé, et elle ne voyait dès lors plus de psychopathes partout... ou presque plus ! Mieux valait pour l'heure laisser Hitchcock et Mo Hider sur l'étagère dans laquelle ils étaient rangés et même ne jamais y penser en se repassant la scène.

La conversation continuait sur le ton de l'humour, en pointillé, de façon calme. Il n'y avait pas besoin de plus, les choses se trouvaient bien comme elles étaient : simples. Il aurait pu au contraire lui dire que coiffeuse était vraiment un sale boulot, elle ne l'aurait pas mal pris, parce qu'elle était elle-même gaffeuse, parce qu'il n'y avait pas l'air d'avoir une retenue particulière entre eux. Pour elle, il n'y avait plus rien d'extraordinaire dans le fait de coiffer les gens, elle prenait certes un certain plaisir à voir les gens repartir contents de chez elle, mais la coiffure en elle-même restait un gagne-pain comme un autre. Tout comme la danse. D'aucuns diraient que c'était tout de même plus glamour et plus exceptionnel, mais il existe autant de mauvais danseurs que de mauvais coiffeurs dans le monde, la danse était simplement considérée comme une activité plus noble. Et dire que ça n'avait pas toujours été le cas ! Elle se contenta de hausser les épaules sans vraiment répondre. Que pouvait-elle bien dire, de toute façon ? Lui parler de l'art du coupage de cheveux ? De la difficulté de ne pas se brûler les doigts en faisant un brushing ? Autant de sujets qui de base ne la passionnaient pas, alors pourquoi s'encombrer d'une conversation aussi inintéressante ?
Les outils à ses pieds, elle attendait, toujours un genou à terre, se rappelant avec un demi-sourire ce qu'il avait dit. Remettre les travaux pratiques à une prochaine fois. Parce qu'il s'attendait à ce qu'elle revienne dans ce hangar ? Elle aurait pu s'offusquer voire se vexer de penser qu'il était suffisamment sûr de lui pour croire qu'elle était à ses pieds, mais elle savait pertinemment que ce n'était là qu'une façon de parler, à des kilomètres d'une idée quelconque de conquête dont il avait l'air -et heureusement- de se foutre royalement ! Même si l'idée de se revoir paraissait de base quelque chose de parfaitement naturel : ils avaient l'air de se tomber dessus au sens propre ou au figuré de façon parfaitement hasardeuse, alors autant exorciser la situation tout de suite, même s'il y avait tout de même peu de probabilités pour qu'ils se recroisent à nouveau par hasard.

Sa proposition lancée plus par politesse et parce qu'encore une fois sa parole avait dépassé sa pensée fut accueillie par une question qui la fit rire. « Oh, non, pas vraiment ! Je disais ça comme ça, j'ai trop peur de faire une catastrophe. » C'était quelque part étrange d'entendre sa voix sortir comme de nulle part, elle avait presque l'impression que c'était la moto qui lui adressait la parole et plus son interlocuteur quasi privilégié de l'après-midi. Elle repensa à certains événements parfois étranges qui surgissaient dans sa chère forêt, autour de Puerto Maldonado. Des esprits frappeurs, des pères qui venaient dire au revoir à leurs petits enfants endormis alors qu'ils sont en train de mourir dans leur propre linceul, des chants de femme dans le lointain, des épouses infidèles qui s'évaporent dans la nature en suivant le Tzulum... Elle entendait de là sa grand-mère dire à cet inconnu : « ¡Niño ! ¡Sal de aquí que la máquina está viva ! » Ce qui aurait donné quelque chose comme : « Sors de là, petit ! La machine est vivante ! » et ce avec le plus grand sérieux du monde. Parce que c'aurait été vrai, de son point de vue à elle. Parce que c'aurait été drôle, aussi. Parce que c'aurait été elle, tout simplement.
Légèrement perdue dans ses pensées, elle dut se remémorer ce qu'il venait de dire tandis qu'elle avait déjà posé les yeux sur les outils posés à sa droite. Clé plate. Clé plate... Ah, la voilà ! Elle regarda un peu mieux, puis la lui tendit, fière de voir qu'elle ne s'était pas trompée. Un sourire sincère mais légèrement appuyé apparut sur ses lèvres. « Je suis blonde mais quand même ! Je ne suis pas encore un poisson rouge ! »

Il répondait à sa question, et elle ne put laisser son imagination partir en l'entendant utiliser l'expression « à dos de moto ». Certes, on pouvait considérer que la machine à un moment donné devient un être à part entière, dès lors qu'il prend une importance certaine au sein de la vie d'un individu. Cependant, elle ne put s'empêcher de reposer dans sa tête le plus grand duo comique qu'elle n'ait jamais connu : son père et sa grand-mère. « Nous avons longuement voyagé à dos de moto » dirait son père, et répondrait sa belle-mère : « Ah oui ? Mais c'est quel genre d'animal, ça, le moto ? ». Et d'un ton détaché et volontairement sérieux, ce bon vieil irlandais répondrait : « Oh, je ne sais pas de quelle famille ça vient, mais il faut bien s'y accrocher. C'est un animal qui court très vite ! ». Rien de toute cela n'avait été prononcé, mais aurait pu l'être, comme des dizaines d'exemples traînaient dans sa tête. Elle suivit en même temps ce que l'inconnu disait, souriant en l'imaginant voir la scène et en même temps en se rappelant qu'il ne savait pas ce qu'il lui passait par la tête à cet instant. Une passion, donc ? A chacun ses petits trucs, mais c'était tout de même quelque chose de bien pratique à savoir, même en tant que loisir. C'était tout de même assez autonome, d'ailleurs, cela ne nécessitait pas forcément d'installation particulière, juste d'un peu de matériel, même si bien sûr certains environnement y étaient plus adaptés. Certains passe-temps étaient déjà plus compliqués à mettre en place. Elle pensait notamment à tous ceux qui faisaient du saut en parachute, du deltaplane ou encore de l'équitation. Outre le matériel, il vaut mieux avoir un certain terrain et certaines conditions réunies pour les pratiquer, sinon autant changer d'activité.

Il la sortit à nouveau de ses pensées en lui proposant de passer à des choses sous-entendues bien plus sérieuses : poser une pièce. Il se foutait d'elle ? Il n'en avait pas l'air. Il avait tout de même entièrement sorti la tête pour lui poser la question. Elle haussa un sourcil en le voyant bien décidé à la faire travailler un peu plus, et se résigna à se glisser de façon souple sous l'élévateur, prenant la pièce au passage et ce sans perdre l'équilibre. S'il ne lui avait pas fait de place, jamais elle ne se serait risquée à prendre au sérieux cette invitation. Elle fut placée de façon à peu près convenable, pas trop près de lui, lui tournant le dos pour avoir si possible le meilleur point de vue. Elle pensait voir où il fallait remettre la pièce... Ou plutôt elle en était sûre, mais elle préféra demander confirmation tandis qu'elle approchait la pièce d'un emplacement qui lui paraissait aller parfaitement. Elle scruta un instant d'un regard intense et félin l'amorce pour mieux comprendre comment elle allait devoir positionner sa main pour serrer la pièce, puis se lança, ne sentant aucune résistance sur les premiers tours. C'était la bonne pièce, le bon endroit, ouf ! Elle entama du mieux qu'elle put le pas de vis, puis quand elle comprit qu'elle ne pourrait pas serrer plus -et elle n'avait pas dû pouvoir serrer beaucoup en comparaison de son professeur bénévole-, elle l'entendit lui signaler qu'il fallait qu'elle attrape un outil parmi ceux qu'elle avait laissés en dehors de l'élévateur. Évidemment ! Elle aurait pu y avoir pensé avant, au lieu de se retrouver comme une imbécile à devoir deviner de loin quelle était la chose qu'elle devait ramasser. Elle aurait pu se déplacer, mais comme tous les chats, certaines choses évidentes ne parvenaient pas jusqu'à son esprit. Sans bouger de sa place, elle s’aplatit presque littéralement sur le sol, un genou à terre, le bras tendu au maximum et d'un geste habile du bout des doigts, elle parvint d'abord à faire glisser l'outil sur le sol, puis une fois qu'elle put s'en saisir, elle commença à se redresser lentement, commençant par ramener son bras contre elle avant de replacer son bassin et redresser son dos... Et un peu trop vite pour la tête ! Elle se heurta à la tête -et à peine au torse- de l'inconnu de la supérette qui devait être bien plus plié qu'elle sous l'élévateur. Sans même se laisser le temps de sortir une expression de douleur, elle s'excusa sur le champ : « Oups ! Pardon, vous n'avez rien ? » Certes, elle aurait pu se faire bien plus mal que lui, mais le crâne reste tout de même une partie redoutable de l'anatomie humaine. De nouveau légèrement voûtée pour ne pas le cogner encore une fois, elle jeta un coup d’œil par dessus son épaule. Elle était vraiment une catastrophe. Elle ne put s'empêcher de rire légèrement. « Vous allez finir par vraiment regretter de m'avoir rencontrée. » Elle se remit en place du mieux qu'elle put et prudemment remonta l'outil un peu lourd à ses mains jusqu'à la pièce qu'il allait peut-être intérieurement maudire. Elle était en place, mais elle se rendit compte que le geste n'était pas du tout inné. Sinon ça n'aurait pas été drôle. « Je... ça marche comment ? » Oui, mieux valait limiter les dégâts pour aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 23:36

S’il s’était posé la question, Aaron se serait peut-être demandé pourquoi il en était venu à s’occuper de sa moto avec une inconnue tout en échangeant comme si de rien n’était. Tout le monde connaissait le caractère de l’Alpha et tout le monde savait qu’il n’était pas spécialement de ceux qui allaient vers les gens ou se comportaient « normalement », sur le plan social. Dans le genre silencieuse armoire à glaces, on faisait difficilement plus professionnel que lui. Au fond, cela datait de très longtemps, probablement depuis toujours, même si la disparition, ou plutôt la supposée disparition, de sa sœur avait surement aidé à le pousser dans cette voie solitaire. Il n’était pas vraiment seul, puisque, après tout, il y avait ses compagnons de Meute, principalement Luka, pour le supporter et essayer de lui tirer les vers du nez, mais il avait toujours eu le don de rester en retrait, s’occupant de ses affaires et remplissant son rôle, même si, au sein de la Meute, il avait toujours eu tendance à être plus « accessible » qu’en dehors. Le retour de Charlie dans sa vie l’avait libéré d’une certaine culpabilité, mais ce n’était pas pour autant qu’il allait changer réellement. Peut-être était-il moins renfrogné qu’avant. Il faut dire qu’il appréciait cette façon d’être. Personne ne l’embêtait et cela lui permettait d’éviter d’être pris dans des discussions inutilement barbantes. Les ragots n’étaient pas sa tasse de thé, lui qui préférait aller à l’essentiel, sans détour. Et puis, même si peu étaient au courant, il fallait également compter avec ses propres histoires, pas vraiment heureuses, qui n’avaient pas contribuées à le pousser vers la joyeuseté. Ceci dit, ce n’était pas le genre de choses à l’abattre. Il avait fini par se faire une raison et s’était contenté de se dire qu’il ne fallait plus y penser. Ce qui lui évitait peut-être de faire partie des personnes du même acabit que le dénommé Lou.

Pourtant, malgré tout cela, il s’était laissé aller à la discussion avec « Pamela » - bien qu’il doutait sérieusement que ce soit son vrai prénom, tout comme le sien n’était pas Mitch -, sans réellement y faire attention, abaissant légèrement les « barrières » qui prennent naturellement place entre les autres et lui. Avec un peu de recul, il se justifierait surement en utilisant, comme argument, l’entrain de la jeune femme et peut-être le fait qu’elle était Métamorphe, ce qui, il fallait l’admettre, avait le don de le mettre un peu plus en confiance, même si, au fond, cela ne voulait rien dire. Ceci dit, quoiqu’on en dise, elle passait difficile pour une psychopathe ou une forcenée et il y avait peu de chances pour qu’elle représente une réelle menace pour lui. Certes, il fallait se méfier de l’eau qui dort comme dit le proverbe, mais au cœur du repaire des Werewolves, il doutait sincèrement que quelqu’un puisse décemment et « sereinement » vouloir attenter à sa vie. Même si, au fond, la première rencontre avec cette inconnue ne lui avait pas laissé le souvenir d’une personne saine d’esprit… Oh, il ne la pensait pas folle, ou du moins pas dans le sens « négatif » du termes. Certaines personnes avaient juste une étincelle de folie qui faisait juste de chaque situation quelque chose de surréaliste mais, au fond, très amusante. Peut-être se serait-elle bien entendue avec Charlie si elle l’avait rencontré, peut-être pas. Il était difficile de présumer. Sa sœur avait quelque peu changée depuis leur séparation et même s’ils s’étaient retrouvés, toutes ces années l’un sans l’autre avaient irrémédiablement modifié l’un comme l’autre. Et même si leur lien complice était resté presque intact, Aaron devait se rendre à l’évidence, il ne connaissait plus sa petite sœur comme cela avait pu être le cas avant la Révélation.

Enfin, tout cela n’était peut-être que le simple déroulement d’une discussion entre deux personnes qui s’entendent plutôt bien s’en chercher à empiéter sur le territoire de l’autre. Peut-être également le fait qu’ils ne connaissaient pas leur véritable identité rajoutait au côté éphémère de cet instant qui, une fois qu’ils se seraient séparés, tomberait rapidement dans l’oubli. C’était un bon moment, mais il ne serait rien de plus. En tout cas, Aaron ne voyait pas vraiment de suite. Ceci dit, il n’avait pas imaginé de suite à la superette non plus… « C’est vous qui voyez. » Il imaginait mal quelle catastrophe on pouvait provoquer, même si, bien entendu, c’était souvent au moment où elle arrivait qu’on finissait par y penser. Toutefois, il ne comptait pas la lâcher dans la nature et ce n’était pas comme s’ils remontaient une moto pièce par pièce. Ce qu’il avait déjà fait, une ou deux fois. Et était une entreprise particulièrement risquée lorsque l’on n’avait aucune idée de ce que l’on faisait. Il eut un sourire pour la métamorphe tandis qu’elle lui tendait la clef plate. « Pour ça, il faut que je vous croie sur parole ! » Il faisait surtout référence au fait qu’étant métamorphe, elle pouvait très bien avoir comme totem un poisson-rouge, même si cela devait être assez peu courant. Ceci dit, pourquoi pas ? Il constata cependant rapidement pour lui-même qu’il était possible qu’elle le prenne en un sens moins cordial. « En tant que métamorphe, je veux dire… » Il restait à espérer que ce serait un peu plus clair ainsi, même s’il ne pouvait le garantir, après tout, elle n’était pas dans sa tête, et, en un sens, heureusement. Cela aurait pu être dangereux, pour elle comme pour lui.

Il se serra un peu plus sous l’élévateur tandis qu’elle le rejoignait. Certains auraient pu y voir quelque chose d’autre qu’une simple volonté de l’impliquer davantage dans cette « leçon » de mécanique, mais Aaron était à des années-lumière d’y penser. Et, au fond, c’était tant mieux. Parce qu’il aurait pu en être gêné. Il la laissa s’installer et l’observa tandis qu’elle cherchait visiblement où poser la pièce qu’elle tenait entre les mains. Il approuva du chef quand elle lui demanda confirmation et la laissa faire puisqu’elle se débrouillait plutôt bien pour une novice. Aaron lui précisa ensuite l’outil dont elle aurait besoin pour terminer de la fixer convenablement. Il l’observa, un peu amusé, s’étirer le plus possible pour essayer de l’attraper, avec succès néanmoins, avant de se redresser et n’eut pas le temps de réagir pour éviter le « drame », la tête de la jeune femme venant se cogner contre sa mâchoire. Ses promptes excuses arrachèrent un sourire au Werewolf, puisque, de toute façon, il y avait plus de peur que de mal. « Ne vous en faites pas, je ne suis pas en sucre. Je suis plus solide que j’en ai l’air ! » Surtout quand on avait son « air », on imaginait difficilement quelque chose de plus solide, pour être franc. Quand à regretter quoique ce soit, ce n’était pas le genre de la maison. On regrettait ce que l’on n’avait pas fait et Aaron était le genre à faire ce qu’il voulait faire. Il attrapa non sans douceur l’outil de la main de « Pamela » alors qu’elle lui demandait comment faire. « Comme ça. » Il positionna l’outil au bon endroit et fit un tour d’un geste sûr. Il le désengagea ensuite et le tendit à nouveau à la métamorphe qui s’en saisit à nouveau. « Si vous permettez… » Il prit sa main dans la sienne et la guida afin qu’elle puisse reproduire le geste qu’il venait de lui montrer. « Maintenant, c’est à vous, toute seule. » Il lâcha sa main et attendit qu’elle s’occupe d’elle-même de la suite. Il s’occuperait du complément de serrage si nécessaire, mais d’ici-là, elle pouvait encore en faire assez.

Une tête passa alors sous l’élévateur. « Aaron, quand tu auras fini de draguer, tu pourrais me donner un coup de main ? » L’Alpha tourna la tête et découvrit Mike, l’un des mécanos du hangar et membre des Werewolves bien entendu. « Toujours aussi comique et incapable de te débrouiller tout seul Mike, hein ? » Il soupira. « J’arrive. » Le bien-nommé disparut du champ de vision et le métamorphe se retourna vers la jeune femme. « Vous avez le geste, continuez jusqu’à ce que vous n’arriviez plus à serrer. Je reviens vite. » Il esquissa un faible sourire et se dégagea en évitant de la bousculer avant de s’éloigner pour rejoindre son camarade qui avait apparemment besoin de lui. Il faisait confiance à Pamela pour, contrairement à ce qu’elle disait, ne pas faire de catastrophe. De toute façon, elle semblait suffisamment douée pour pouvoir serrer cette pièce sans lui. Non loin, Mike semblait au prise avec un autre bolide. Il lui expliqua rapidement la situation et Aaron comprit pourquoi il avait besoin de lui. Dans cette histoire, quatre mains étaient nécessaires. Il l’aida, histoire de quelques courtes minutes, et retourna vers son propre bolide où, normalement, la métamorphe devait avoir terminée de serrer la pièce. Il s’accroupit à côté de l’élévateur. « Alors ? Comment ça se passe par ici ? »
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 23:38

Brume se moquait bien de savoir quelles étaient les habitudes des gens, et cela datait sans doute de toujours. Elle connaissait les légendes sur les comportements humains récurrents, et savait par expérience que dans certains cas, les habitudes sont mises à mal, que ce soit avec plaisir ou déplaisir. Et surtout, depuis son séjour forcé dans une cave, elle préférait ne pas connaître les petites manies des autres. On ne sait jamais ce que l'on peut y découvrir. Et certaines coutumes anodines ou pratiquées dans l'innocence la plus totale peuvent paraître parfaitement flippantes pour qui ne verrait plus les choses de la même manière. Ainsi, la moindre collection peut devenir le signe d'une pathologie naissante et potentiellement dangereuse ou encore le fait de toujours vérifier que tout est bien fermé le signal que vous cherchez à cacher quelque chose dans l'un de vos placards. Il fallait en général un peu temps avant que tout ne retrouve sa place et qu'elle se rende compte qu'il n'y avait rien de bizarre ou de malsain dans certaines habitudes ou rituels, alors autant partir sans les savoir, c'était tout de même plus pratique. Il était toujours plus facile de ne pas s'inquiéter des manies des personnes que l'on connaît car l'on a déjà eu le temps d'analyser si elles étaient recommandables et saines d'esprit ou non. Les mêmes lubies qui paraissaient étranges deviennent alors amusantes, simplement singulières ou parfois mignonnes voire -diantre !- adorables. Oui, même ce genre de mots peuvent venir sur le tapis pour ce genre de sujet. Il suffit juste d'un peu d'amour et d'imagination. Votre mère l'a sans doute dit à votre sujet quand vous aviez sept ans. Si. Et le temps que vous cherchiez dans votre mémoire que vous appeliez votre chère maman pour avoir confirmation, je vais continuer sans vous ! (Mais ne vous en faîtes pas, le texte ne peut pas prendre ses petites valises et ses petites jambes pour changer d'endroit à chaque vous arriverez à cette partie-même du texte, aussi vous avez tout le temps de vous interrompre pour régler le problème de cette question existentielle et reprendre votre lecture, que vous devrez peut-être recommencer du début pour ne pas perdre le fil de l'histoire, et une fois arrivé au bout de cette phrase, d'ailleurs, vous devrez sans doute la reprendre de la même façon pour parvenir à garder un minimum de cohérence entre les deux paragraphes. Si vous n'êtes pas assez attentifs, il se peut que vous oubliez de zapper cette parenthèse et de reprendre encore un fois du début...Mais ne vous en faites pas, il n'y aura sans doute aucune cohérence entre la fin de ce paragraphe et le suivant !)

A bien y réfléchir, la situation avait quelque chose de familier voire même de parfaitement naturel, du moins pour l'observateur qui ne connaîtrait rien à la situation effective. On aurait pu voir dans cette image simplement deux personnes qui passent le dimanche après-midi ensemble, soit deux personnes qui se connaissent de longue date, deux amis ou bien encore deux collègues de boulot, peut-être deux personnes qui partagent d'autres loisirs ensemble... Et pourtant, il n'y avait absolument rien de tout ça entre eux. Bien au contraire. Pour deux personnes qui ne connaissaient ni leurs noms, ni... ni... la liste risquait d'être longue, car en effet ils restaient deux parfaits inconnus l'un pour l'autre. Mais peut-être que c'était tout aussi bien comme ça, sans questions inutiles, sans angoisses inutiles. Il était vrai que se sentir au milieu de métamorphes lui donnait une impression de sécurité. Après tout, vampires et changelings n'étaient pas fait pour s'entendre, du moins pas dans la conjoncture actuelle. Être parmi les siens était quelque part comme un bouclier qui se formait, même si par ailleurs elle savait parfaitement qu'une fois sortie, ce sentiment ne serait plus qu'artificiel. Jamais ce taré n'oserait attaquer en terrain ennemi, il était beaucoup plus reptiliens, il attendait le bon moment. Quelque part il était un prédateur, un vrai. C'était impressionnant comme les instincts que les Normes qualifiaient de bas devenaient en effet une chose parfaitement regrettable dans la plupart des cas lorsque ça s'appliquait à eux. La plupart du temps, ces instincts de prédation transforment des Normes à demi-inoffensifs en brutes épaisses qui se rapprochent bien plus de l'image erronée qu'ils avaient pu avoir des métamorphes et des autres types d'Outres que l'on pouvait trouver. Finalement, c'étaient peut-être eux qui provoquaient la peur en leur sein et non les autres. Peut-être qu'ils avaient peur que cette différence de force et de capacités ne fassent qu'empirer des passions déjà passablement difficiles à laisser s'exprimer ? Il faudrait sans doute des siècles et des siècles pour parvenir à psychanalyser tout ce beau monde qui représentait une partie conséquente de la planète et parvenir à ôter tous ces mécanismes, et sans doute que le temps de trouver un remède pour chacun, bon nombre seraient déjà morts d'une manière ou d'une autre, et s'ils étaient victimes d'un crime on ne tarderait pas à reprendre les drapeaux et lever les poings contre l'une ou l'autre des communautés. Une histoire sans fin, il fallait bien le reconnaître.

Il ne semblait en tous les cas que peu enclin à croire qu'elle pouvait bien faire une catastrophe quelconque en l'aidant, et il fallait bien le dire, s'il était avec elle pour vérifier ce qu'elle était en train de faire, il n'y aurait sans doute pas beaucoup de probabilités pour qu'elle ne fasse pas ce qu'il fallait. Après tout, c'était lui le spécialiste, elle ne pouvait que se fier à son jugement. Sa curiosité féline l'emportait sur toute autre idée, puisqu'on lui proposait de partager quelque chose, d'apprendre de nouvelles choses, et jamais au grand jamais elle ne refusait une telle proposition. Oh bien sûr, il existe d'autres types de propositions qui se refusent avec un grand sourire poli, mais celles-ci n'étaient déjà plus à l'ordre du jour, et elle était bien contente de s'en être débarrassé. Il n'y a rien de pire qu'être gêné dans une situation pourtant tout à fait anodine. Elle rit à se remarque sur le poisson rouge. Oui, c'était vrai, elle pouvait l'être en tant que métamorphe, et même sans qu'il ne le précise, elle l'avait compris. Elle était simplement contente qu'il ait la délicatesse de le préciser tout de même, ce qui prouvait qu'il ne pensait pas à mal, même si pour cela Brume n'était pas susceptible. Elle acceptait au contraire volontiers un peu d'auto-dérision, même si la plupart des félins avaient une fierté et une susceptibilité au-delà de la moyenne. C'était sans doute une chance que son père ne l'ait pas élevée dans ce sens, et qu'il l'ait laissée avoir tout ce qu'il valait mieux avoir en tant que femme lorsque l'on est confrontée aux hommes : de l'humour et du répondant. Sans doute que le côté taquin des félins avait aidé à développer cette partie de son caractère, mais elle comptait bien ne jamais s'en défaire. « Et qui vous dit que je ne suis pas un joli petit poisson, en réalité ? Qui sait, vous parlez peut-être à un groooos requin baleine à l'heure qu'il est ! » Et à la voir, l'imaginer en gros poissons d'une douzaine de mètres devait en effet paraître décalé... quoique pas impossible !

A deux sous cet élévateur, ils n'avaient certes pas beaucoup d'espace, mais le manque total d'intéressement personnel de l'inconnu l'aidait plutôt à ne pas penser à leur proximité physique. En tant qu'ancienne ballerine, elle n'y voyait d'ailleurs rien de gênant. Combien d'hommes avaient dû poser leurs mains sur son corps de façon tout à fait honorable et honnête pour simplement suivre le livret et les demandes du chorégraphe ? Et il n'y avait jamais eu de sous-entendus pour se glisser dans une relation de travail qui devenait tout à fait ordinaire. Après tout, une vendeuse en lingerie touche bien plus de seins qu'un homme ne le fera sans doute dans sa vie et un kinésithérapeute est bien obligé de tripatouiller pour soigner. Il existe ainsi de multiples situations dans lesquelles la proximité physique n'a rien mais rien de dérangeant. Et que faisaient-ils là si ce n'était remettre à leur place des pièces mécaniques ? De plus, il n'avait vraiment pas la tête d'un rigolo qui s'amuserait à ça, même avec sa propre copine. Le genre d'homme à aimer que les choses soient bien à leur place et qui n'a pas besoin de sauter sur tout ce qui bouge pour que tout ce qui bouge ne lui saute dessus. C'était quelque part confortable de ne pas avoir à se dire qu'il fallait faire attention à ce que l'on disait, faisait, à sa manière de se tenir ou au simple fait de rire comme il fallait parfois le faire face à certains hommes. C'était sans doute pour cette raison qu'elle n'avait pas cherché à paraître plus intelligente qu'elle ne l'était en sortant de sous l'élévateur pour aller chercher l'outil qu'il fallait mais plutôt s'amuser à faire au plus simple, comme elle le faisait chez elle en se cognant parfois violemment la tête en se redressant -presque comme dans ce cas précis- ou en tombant parfois carrément de son perchoir sans trop de possibilité de se rattraper la plupart du temps. Le naturel, cette chose que la plupart des personnes cachent pour ne pas être rejetées des autres. Cette chose merveilleuse qui vous conduit à des situations desquelles vous pouvez toujours vous dépêtrer. Et encore une fois sa réponse la fit rire. S'il était encore plus solide que ce qu'il en avait l'air, elle n'avait en effet aucune raison de s'en faire ! C'était aussi une manière de dédramatiser la situation. Il se fichait de sa maladresse, il n'allait pas lui en vouloir pour si peu. Mais ce n'était pas le cas de tout le monde !

Avec délicatesse, il prit l'outil de ses mains et lui montra comment faire, Brume scrutant chacun de ses gestes pour imprimer au fond de sa mémoire comment faire, car elle le sentait, il allait lui demander de continuer seule, ne serait-ce que pour ne pas la laisser sur la touche. Il lui redonna l'outil puis lui montra à nouveau, sa grande patte autour de la sienne comme celle d'un père sur celle d'un enfant. Il fallait le reconnaître, la comparaison, surtout au niveau différence de taille, restait pertinente. C'était simple, nullement déplacé. Je te montre ce que je sais, tiens, regarde, c'est facile. Allez, à toi, maintenant. Elle était restée silencieuse, même quand il lui avait dit de le faire seule. Elle était presque trop concentrée pour répondre, mais ça n'avait pas l'air de lui poser de problème. Au contraire, elle préférait de loin ne pas se détourner de la tâche pour ne pas se tromper. Après tout, elle était à cet endroit précis pour cette raison, pas pour une autre !

Appliquée, elle continuait ce qu'il lui avait montré, visiblement sans se tromper, sinon il serait intervenu. Elle se rappela alors des commentaires que faisaient toujours les professeurs à l'école, quand elle était petite. Ça remontait assez loin, maintenant, il fallait le dire. Il existait deux catégories de personnes, divisées en deux catégories de sexe : les filles douces et appliquées, toutes proprettes et les garçons plus gigoteurs, moins soignés et moins bavards. Pour sûr, cette vision qu'on lui avait répété depuis longtemps l'avait longuement influencée : elle était appliquée et le restait toujours. C'était une qualité que beaucoup crierait comme faussement appliquée aux filles mais qui pourtant lui servait bien au quotidien. Parfois les gens crient après des visions préconçues alors qu'il n'y a là rien de bien méchant. Au contraire, si l'on peut valoriser le travail minutieux des petites filles, pourquoi s'insurger contre ? Elle sourit pour elle-même, à nouveau plus éloignée du métamorphe qui surveillait toujours ses gestes, jusqu'à ce qu'une voix inconnue ne trouble sa concentration jusqu'à manquer de la faire sursauter. Quand il aurait arrêté de... Quoi !? Certes, l'inconnu de la supérette venait de démontrer que ce n'était qu'une plaisanterie, mais on ne fait pas ce genre de blague quand il s'agit d'une jeune femme bloquée sous un élévateur, dans un espace restreint avec un inconnu, ça va pas la tête ? Et puis de toute façon, qu'est-ce que fiche une jeune femme dans un espace restreint avec un inconnu entourés d'objets potentiellement dangereux, hein ? Un cours de mécanique. Oui, bon, certes ! Il y a des choses qu'il faut replacer dans leur contexte mais tout de même ! Ce n'était pas une raison pour faire ce genre de blagues. Oh ! Dans quel monde vuit-on, non d'un sac à main !

Il lui donna les indications puis elle acquiesça d'un signe de tête, faisant mine de ne pas avoir prêté attention aux paroles de cet individu impromptu. Elle avait cependant noté le nom de l'inconnu. Aaron. Plus simple que Buchannon, moins kitch que Mitch. Nettement plus simple à prononcer pour une latino. Plus simple d'utilisation, en effet. Ce fut dans le plus grand silence qu'elle continua sa tâche, bien tranquille, profitant d'avoir un peu plus d'espace pour se placer en tailleur et avoir un meilleur équilibre, une meilleure prise avec ses deux maints. Et au plus elle avançait, au plus elle avait besoin de faire appel aux petits muscles de ses bras menés par une force tout de même supérieure à celle d'une femme ordinaire, il fallait bien le rappeler. Petite mais costaud ! (Oui, c'est la partie publicitaire et sponsors cachés de mon rp, ceux qui auront bien trouvé toutes les allusions auront droit à un bonbon à tête de panthère). Elle se rappela alors les après-midis sans cours ou les vacances d'été pendant lesquels elle aidait parfois les voisins, sa grand-mère ou même son père à réparer ou améliorer le bidonville organisé dans lequel ils vivaient. Sa mère avait pourtant longtemps eu un très bon poste à Lima en tant que professeur de français, mais elle était retournée à Puerto Maldonado avec la naissance de Christophe pour ouvrir une école de danse et retourner à sa favela luxueuse des quartiers à peu près acceptables de sa chère ville natale. On ne peut pas rester longtemps loin de chez soi quand l'on n'y trouve pas son compte, c'est bien connu. Et dans cet environnement que beaucoup qualifieraient d'insalubre, Brume avait fait ses armes, apprit à poser une étagère, à changer un siphon, à réparer une toiture, un mur, le tout avec ce que l'on trouvait, ce que l'on avait, ce qu'il restait au quincaillier du coin, sans s'en plaindre. Parce que grâce à On ne savait trop Qui, ils avaient un toit sur la tête et des murs pour les protéger, pas besoin de chauffage mais seulement de bonnes couvertures, d'un peu d'or sur le bout des doigts et d'une bonne dose d'imagination. C'était comme ça qu'elle avait réussi à monter son salon, à en arranger le décor presque entièrement seule. Parce que quand on a les moyens et qu'on a su faire sans, tout devient nettement plus facile.

Le dénommé Aaron revint et elle avait presque terminé. Encore quelques tours, et elle devrait sans doute abandonner l'idée de serrer convenablement seule cette pièce. Accroupi à côté de l'élévateur, il devait avoir une position bien plus confortable qu'au début, et pour l'instant il n'avait de toute façon plus trop la place vu qu'elle avait pris quelques aises. Un sourire se dessina sur ses lèvres, puis nonchalamment mais non sans une pointe de taquinerie, elle répondit : « Plutôt bien. Je n'ai pas trop de gelée à la place des bras. » Elle lui jeta un coup d’œil, et son sourire s'élargit à l'avance, puis elle revint à ce qu'elle faisait. « Alors comme ça vous êtes un peu sadomasochiste sur les bords ? Vous aimez vous plier en deux dans des endroits trop petits pour vous pour séduire des jeunes femmes... C'est une drôle de parade nuptiale... Je me disais que vous cachiez quelque chose ! » Un petit clin d’œil puis elle déclara forfait. Elle n'allait certes pas se faire mal, mais ne plus faire bouger la pièce, ça oui ! Lâchant l'outil, elle se remit sans geste brusque et restant toujours près du sol en appui sur un genou pour se glisser doucement en dehors de son poste de travail. « Je crois que vous allez pouvoir prendre le relais ou m'engueuler, ça commence à trop me résister pour que je puisse être efficace. » Une fois à l'extérieur, elle se remit debout et s'étira longuement vers le haut. « Je ne sais pas comment vous faites pour rester aussi longtemps bloqué là-dessous ! Déjà pour une demi-portion comme moi, ça n'est pas évident, alors pour vous, ça ne doit pas être facile ! »
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 23:42

S’il avait été témoin de sa propre scène, Aaron aurait surement cligné plusieurs fois des yeux, s’imaginant rêver. Tout le monde le connaissait comme quelqu’un de pas réellement social, ou, en tout cas, pas comme quelqu’un qui semblait apprécier la compagnie d’autrui et, au fond, c’était un fait : le Métamorphe préférait un certain calme à trop d’agitation, mais peut-être simplement parce qu’il faisait confiance à l’adage « Mieux vaut être seul que mal accompagné ». Et pourtant, avec cette inconnue, le naturel de la situation était presque une évidence. Qui aurait pu y croire une seule seconde connaissance l’Alpha ? Peut-être Luka, qui, au fond, le connaissait mieux que personne et avait depuis longtemps su déceler chez son ami, beaucoup de choses que d’autres ne soupçonnaient pas nécessairement ou, plutôt, n’avaient pas chercher à soupçonner. Il y aurait sans doute eu de quoi faire un livre complet pour expliquer les différentes raisons qui avaient pu pousser le Werewolf à sortir de sa « solitude habituelle » pour accepter la présence de la jeune femme en allant jusqu’à lui proposer, un peu involontairement, une leçon de mécanique improvisée. Elle était apparue, sortie de nulle part, un peu comme à la superette et il lui avait demandé un outil pour l’aider. Des faits anodins qui s’étaient enchainés, les uns après les autres, et avaient menés à cette situation, un peu étrange pour les spectateurs, mais parfaitement claires pour les protagonistes. Les faits suivaient un enchainement logique. Certes, Aaron aurait pu se contenter d’instructions verbales mais ceux qui le connaissaient bien – c’est-à-dire Luka et Charlie – savaient qu’il n’avait jamais été de ceux qui parlent beaucoup mais plutôt agissent, d’une façon ou d’une autre. Et quelques gestes valent parfois bien plus qu’un bon discours. Alors, plutôt que de lui dire « tourne l’outil ainsi », il avait été fort naturel pour lui de lui montrer le geste à reproduire, sans intention sous-jacente. Encore moins celle de la séduire, d’une manière ou d’une autre.

« Un grooos requin baleine risquerait de se sentir à l’étroit à la Nouvelle-Orléans, je pense. » Le Bayou n’était pas l’endroit le plus adéquat pour un poisson de cette taille, mais, il était vrai que cela n’était pas impossible. Ceci dit, il n’adhérait pas vraiment à cette idée, peut-être parce que son caractère ne « collait pas », de son point de vue. Mais, encore une fois, il pouvait se tromper.
« Mais, si je me trompe, je ne vous encourage pas à me donner tort là maintenant, tout de suite. » Un requin baleine sous un élévateur aurait été… comique. Bien que dangereux pour celle qui aurait eu besoin d’eau pour respirer. Toutefois, la perspective de finir écrasé par une énorme masse de poisson ne l’enchantait guère, pour être honnête. Enfin, il doutait qu’elle se soit laissée aller à une telle démonstration, mais, après tout, on ne savait jamais. Et puis au moins cela avait le mérite d’être drôle, non ? En tout cas, cela ne l’empêcha pas de veiller au bon déroulement de la leçon en lui montrant, avec lenteur, le geste qu’elle devrait reproduire avant de l’aider en prenant ses mains. Une fois montré puis reproduit avec elle, la métamorphe était normalement en mesure de continuer d’elle-même ce qui, effectivement, fut le cas. L’intervention de Mike ne fut pas des plus bienvenues mais, malheureusement, il était difficile de refuser, principalement parce qu’il brûlait d’envie de démentir les propos de son camarade de meute. Draguer sous un élévateur n’était pas vraiment la spécialité de l’Alpha et il ne manquerait plus que la jeune femme se fasse de fausses idées à son sujet. Néanmoins, nier en bloc n’aurait pas arrangé les choses et abandonner la demoiselle à son activité improvisée était, selon lui, un bon moyen de démontrer qu’il ne lui courait pas après.

« T’as rien trouvé de mieux pour avoir mon attention, hein ? » « Avoue qu’on ne te vois pas souvent à faire des leçons de mécaniques à des demoiselles, il y a de quoi se poser des questions. » Il n’avait pas tort mais ce n’était pas pour autant qu’Aaron allait lui donner raison.
« Je pense plutôt que tu es jaloux de ne pas pouvoir jouer les séducteurs. » Renverser le problème, une bonne solution. Généralement. « Donc, tu ne nies pas, hein ? » Raté.
« Arrête de dire des bêtises et dis-moi plutôt pourquoi je suis là. » Le Werewolf esquissa un sourire et lui résuma la situation avant qu’ils ne s’emploient tous les deux à régler rapidement le problème auquel Mike était confronté. Rien de bien difficile, encore une fois, surtout pas pour deux mécaniciens confirmés comme eux. Le Métamorphe s’éloigna de son ami et de son engin se dirigeant à nouveau vers le fond du hangar où l’attendait sa propre moto et, normalement, une mécanicienne en herbe en-dessous, si elle n’avait pas déserté son poste devant la responsabilité et la peur de faire une bêtise. Ce qui, au demeurant, l’aurait étonné. Elle n’avait pas l’air du genre à abandonner facilement. Mais il se faisait peut-être une idée. Les évènements plus ou moins récents ne le plaçaient pas en excellent juge de la nature métamorphe. « Essaie d’avoir son numéro au moins. » L’Alpha ne répondit même pas, se contentant d’un geste de la main, agacé. Il n’y avait rien qui l’énervait plus que ce genre d’amalgames. Et puis, il ne voulait pas finir en hachis de psychopathe… Rien que ce souvenir de leur « première » rencontre le laissait encore perplexe.

Alors qu’il s’accroupissait à côté de l’élévateur pour jeter un œil en dessous, il constata que rien de grave n’était apparemment arrivé. Il esquissa un sourire quand elle lui confia ne pas avoir de gelée dans les bras. Il était vrai que cela pouvait aider à serrer convenablement les boulons, ou à les desserrer. Le regard qu’elle lui jeta en dit long sur le pourquoi de ses paroles suivantes. La remarque de Mike n’était pas tombée dans l’oreille d’une sourde apparemment. Il soupira.
« Au moins vous savez que je n’ai rien d’un paon. » Il n’y avait rien d’autre à rajouter, en espérant tout de même qu’elle ne s’imaginait pas réellement qu’il essayait de la séduire car, pour le coup, cela jetterai surement un certain embarras sur la situation. Il préféra saisir la perche du changement de sujet pour s’offrir une échappatoire bienvenue. Alors qu’elle se dégageait de sous l’élévateur, il prit sa place et attrapa l’outil pour vérifier le serrage. Ce n’était pas parfait mais c’était compréhensible.
« Quand il faut, il faut. Et puis, après il y a le plaisir de rouler avec. Un petit mal pour un grand bien, on va dire. » Il serra encore un peu la pièce et déposa l’outil sur le sol avant de se saisir d’une autre pièce qu’il positionna avant de la fixer à l’aide d’un autre outil dont il s’était saisit également.
« En tout cas, vous n’avez pas à rougir de votre tour de main, Pamela. » Jeu de mot ? Peut-être bien. Bien entendu, cela allait plus vite lorsqu’il s’en chargeait, mais il avait l’habitude et on ne pouvait pas vraiment faire une comparaison pertinente. Tout entier à son activité, il ne se rendit pas vraiment compte qu’il laissait le silence s’installer, même si, au fond, pour lui, c’était tout à fait normal. Pourquoi parler quand on n’a rien à dire ?
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Brume Sullivan
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 23:47

L'espèce de candeur dans laquelle se déroulait la scène avait quelque chose d'agréable. De nos jours les gens inventaient toutes sortes de prétexte pour se faire des films, car les films justement leur avait rentré dans le crâne que si un homme et une femme qui ne se connaissaient pas beaucoup partageaient une activité ensemble, c'était forcément qu'il y avait ou allait y avoir une histoire de fesses derrière. C'était d'ailleurs consternant de voir à quel point les gens se sentaient obligés de faire un commentaire bien senti dans ces cas-là, la plupart du temps désobligeant et déplacé, alors qu'il était bien plus simple de faire comme si de rien n'était ou tout simplement adresser un « bonjour » à la personne que l'on ne connaît pas. Oui, ce serait aussi bien plus poli, mais visiblement il ne fallait pas trop en demander. Et malgré tout son sens de la répartie, elle ne se serait jamais permise de faire la remarque mais il fallait bien le dire, au bout de quarante-sept ans d'existence, on se lasse de ces blagues qui n'en sont pas et qui parfois mettent les gens dans la panade, ou -pire !- leur casse leur coup quand ils essaient effectivement et de façon tout à fait honnête et discrète de séduire quelqu'un. Lassant, c'était le mot, oui. Surtout quand il venait couper au beau milieu un moment tout ce qu'il y avait de plus banal et tout à fait agréable. Et le pire, sans doute, avec ces gens-là, c'est que ce seront les mêmes qui vont reprocheront de leur sortir ce genre de phrase quand ce sera leur tour de se retrouver en bonne compagnie et qui eux, en revanche, ne penseront qu'à ça. Il y avait des fois où l'humanité, outre ou non, la désespérait. Comme lui disait trop souvent Soledad : « tu vis dans le pays des Bisounours, ma vieille ! ». Et ce n'était pas ça qui l'avait empêchée de se faire enlever et le reste !

Faisant mine de ne rien noter dans un premier temps quand son professeur improvisé était parti, elle avait pris le parti de le prendre à la rigolade. Elle savait que ça donnerait ans doute raison à l'autre, mais tant pis. Il valait mieux qu'elle ne joue pas les offusquées, surtout après ce qu'il s'était passé avec Lou. Et puis, si elle ne disait rien, il n'y aurait aucune possibilité de mauvaise interprétation de ses propos. Sans parler du fait qu'elle était adulte et qu'en tant que femme adulte, elle n'avait plus assez d'énergie ni même de conviction quant à défendre sa vertu, depuis bien longtemps enterrée dans un coin de sa mémoire. De toute façon, ça ne servait à rien de le faire, les hommes continueraient tout de même à taquiner les femmes sur le sujet, et en se pensant drôle. Autant rentrer dans leur jeu ou les ignorer. Le contraire aurait pu être gênant voire vexant -et surtout très peu crédible- pour le jeune homme dont il était question. Peu crédible parce qu'encore une fois, elle en était persuadée, il n'avait pas besoin de faire un grand effort pour se trouver des prétendantes et prétendants qui seraient ravis. Même si bizarrement, elle ne parvenait pas à se l'imaginer au bras de quelqu'un, il avait un côté extrêmement distant que même dans la sympathie et les sourires il parvenait à conserver parfaitement. Ce qui n'était pas plus mal, ça devait empêcher bon nombre de personnes de se faire des idées que de toute façon la péruvienne n'aurait pas eues. Au contraire, s'il s'était mis à la draguer de trop près, sans doute qu'elle aurait fui, car un mâle de cette taille, avec une force telle, seul avec elle, n'aurait pas beaucoup d'efforts à faire pour en faire ce qu'il aurait voulu, quand bien même elle avait de base une plus grande confiance dans les métamorphes. Cependant, toujours se méfier des passions humaines ! Qu'elles soient mêlées à l'animal ou non.

Oubliées ces paroles déplacées, elle continua sa tâche, comme une enfant appliquée qu'elle avait sans doute été -elle ne se serait pas risquée à s'avancer là-dessus-, sans se soucier de ce qu'il pouvait y avoir autour. Même si elle entendait parfaitement et distinctement ce qu'il se disait un peu plus loin. Elle se contentait de le garder dans un coin de sa tête, avec un petit sourire. Si les hommes regardaient d'un œil amusé les conversations des femmes, l'inverse pouvait être vrai. Plus bourrus, moins dans le détail, plus directs -et encore, pas pour tout- ils n'en étaient pas moins amusants et parfois attachants dans leur manière de parler. Bien sûr, quand il s'agissait d'hommes relativement convenables, n'oublions pas l'effet de meute. Ce fut comme ça qu'elle entendit, lancée de façon maladroite, l'idée émise de lui demander son numéro de téléphone. Le professionnel à la rigueur ! Et encore...
Mais le tout restait tout de même qu'elle parvienne à s'occuper de cette pièce et qu'elle ait fini sa partie du travail avant qu'il ne soit revenu. Elle se rappela avec un sourire pour elle-même ses premiers boulots en tant que coiffeuse, son temps en tant qu'apprentie ; les listes longues comme le bras de choses à faire, impossibles à terminer en une journée normalement, mais que l'on essayait tout de même de faire du mieux que l'on pouvait pour prouver que l'on était volontaire ; les premiers travaux faits soi-même, sous l’œil vigilant du patron ou de la patronne qui avait presque toujours un reproche au coin des lèvres. Pour certains, un cauchemar. Pour Brume, une période qui lui avait rappelé le peu d'études qu'elle avait faites, et surtout qui lui avait parue bien plus simple que les longues heures à la barre ou sur scène. Prenant son temps pour ne pas rater son geste et forcer le pas de vis de la pièce, elle essayait tout de même d'être efficace, et se concentrer là-dessus lui avait fait oublier sa légère contrariété et toutes les idées stupidement noires qui auraient pu en découler.

Il revint, elle le taquina à nouveau. Sa réponse fut un peu abrupte, mais elle se doutait que c'était bien là sa manière de s'exprimer en règle générale, pas de quoi lui en vouloir, donc. Pas vraiment vexé, pas vraiment ravi qu'elle ait noté la phrase de son acolyte. Comme quoi, il n'y avait pas que les femmes que ce genre d'interventions gonflaient ! Elle ne fit pas de commentaires supplémentaires sur la situation, et une fois qu'il eut pris sa place, changea de sujet. Autant ne pas faire durer les sujets qui fâchent, ils ne se connaissaient pas assez sans compter sur le fait qu'il pourrait penser qu'elle le draguait allègrement à son tour en pensant avoir une ouverture possible. C'était ça, l'égalité des sexes ! Être un gros lourd n'était plus réservé aux hommes, pourtant que ce genre de choses soit passé dans le domaine féminin avait un arrière goût amer de recul. Même si quelque part, les hommes allaient finir par passer pour des gentlemen, même les moins fins. La roue tourne, comme dirait l'autre ! « Oui, je me doute qu'une fois qu'on peut en profiter, on oublie les quelques heures passées sous ce machin ! Mais vous avez quand même bien du courage ! »

Il ne lui demanda pas son aide pour la dernière pièce mais elle ne s'en formalisa pas. Il avait peut-être envie de rentrer ou de simplement respecter l'état de son dos, puisqu'elle venait de s'en plaindre de façon détournée. Certes, elle était capable de tenir encore un peu, mais mieux valait, surtout après les remarques des autres, oublier toute idée de continuer pour le prétexte de continuer puisque de toute façon, le seul but de cette démarche était de faire passer le temps à la jeune femme jusqu'à ce qu'elle puisse repartir à pieds jusqu'à la vieille ville. De nouveau installée sur le sol, prête à l'aider s'il en avait besoin, elle ne put retenir un éclat de rire franc à la remarque, délicieusement innocente, de son inconnu de la supérette. Et après il s'étonnerait encore qu'on lui dise qu'il draguait ! C'était presque trop mignon. « Faites attention à ce que vous dites, vous aussi, il ne faudra pas sortir cette phrase de son contexte ! » Un grand sourire hilare mais sincère aux lèvres, elle essayait de ne plus rire à nouveau, même si elle en avait envie à chaque fois qu'elle y repensait. Ce serait sans doute une phrase à garder de côté s'ils se revoyaient ce qui était possible mais peu probable. « Mais ne vous en faites pas, je le prends comme un compliment. Je suis contente de savoir que je n'aurai officiellement pas de soucis à ouvrir un pot de cornichons, même en étant une demi-portion ! »

Il se passa encore quelques minutes pendant lesquelles elle conserva le silence, regardant tantôt ce que faisait le dénommé Aaron, tantôt le reste du hangar. Et ce fut par hasard qu'elle tomba sur deux silhouettes, tout près de l'entée, en train de discuter. Sa vue féline lui permit de vaguement reconnaître la tenue du malotru qui était venu les déranger, et il était tout à fait en droit de discuter avec quelqu'un d'autre. C'était un fait anecdotique, ponctuel, quelque chose de tout à fait banal... Jusqu'à ce qu'ils se mettent à regarder tous les deux dans leur direction. Ils jouaient à quoi, là ? Ils échangèrent à nouveau quelques paroles, un air plutôt amusé au visage -du moins c'était ce qu'elle parvenait à distinguer de là- puis les regardèrent à nouveau. Eh bien, eh bien... Il y en avait deux qui étaient en train de se faire des films ! Boh, ça n'avait rien de méchant. Combien de fois s'en était-elle fait avec ses collègues de Chicago quand elles s'ennuyaient pendant les périodes de creux, juste pour pouvoir passer le temps ? Elle était mal placée pour les blâmer ! Un léger sourire aux lèvres, elle reposa son regard sur son interlocuteur, et lui lança sur le ton de la plaisanterie : « On dirait que je vais devoir vous donner mon numéro si vous ne voulez pas vous faire harceler par vos collègues ou si je ne veux pas les retrouver en train de me stalker sur mon lieu de travail ! »
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MessageSujet: Re: Je ne connais toujours pas votre nom...   Mer 5 Nov - 23:53

L’Alpha se serait volontiers passé de la mauvaise publicité que lui faisait Mike. Il était vrai que beaucoup de membres s’interrogeaient parfois sur le côté « solitaire » de leur leader, même si on lui connaissait quelques aventures. Certaines rumeurs faisaient même état d’une relation avec une membre des Vipers mais personne n’en faisait grand cas étant donné que cela ne restait de toute façon que de simples rumeurs. Si certaines louves de la meute des motards s’étaient aventurées sur le territoire d’Aaron pour « tâter » le terrain, elles avaient dû faire contre mauvaise fortune bon cœur, apparemment il n’était pas intéressé et c’était bel et bien le cas. A vrai dire, il avait d’autres chats à fouetter – que notre Ocelot de passage n’y voit aucun signe de mauvais augure, mais une banale expression – que d’aller conter fleurette de gauche à droite pour trouver chaussure à son pied. Instinctif, il avait toujours laissé les choses « se faire », conscient que, si quelque chose devait se passer, il n’y aurait pas besoin de faire du rentre-dedans pour que ça puisse avoir lieu. Qui plus est, il n’était sans doute pas un modèle de séduction incarné. S’il possédait un physique non négligeable pour cet art, il n’en maitrisait aucunement l’aspect social, toujours plus proche des animaux que des Hommes, et, dans le monde animal, ces choses-là étaient bien plus simples, du moins de son avis. De toute façon, on ne pouvait pas dire que ces dernières histoires – et surtout la dernière – se soient réellement bien passées au point de lui donner envie de recommencer. Et puis, il n’en n’avait pas nécessairement besoin. Il y avait la Meute, Luka, Charlie. Suffisamment de personnes pour lui tenir compagnie, lui qui, de toute façon, avait passé une bonne partie de son existence à vivre quasiment seul. Pourquoi changer les vieilles habitudes ? Ou, plutôt, comment les changer ?

Il n’avait aucune idée de ce qu’elle avait entendu de sa discussion avec son camarade, mais préféra ne pas mettre de lui-même le sujet sur le tapis en revenant. Il espérait simplement qu’elle ne le prenne pas au pied de la lettre. En effet, il n’était pas de bon ton qu’elle se méprenne sur ses intentions, surtout qu’il n’en n’avait aucune, si ce n’est celle, pour une fois, d’être plus agréable qu’une tombe. Le fait qu’il se « connaissait », au moins visuellement, y était probablement pour quelque chose, mais il n’avait pas fait plus d’effort que la normale. A bien y réfléchir, elle faisait probablement le gros de la discussion et il se contentait de se laisser porter et répondait ce qui pouvait lui venir, même si ce n’était pas très inspirant. Enfin, elle devait s’en contenter, sinon elle serait probablement déjà partie voir ailleurs. Ou alors la perspective d’avoir une leçon de mécanique lui plaisait suffisamment pour « supporter » le manque de conversation. Enfin, elle n’avait pas l’air de se forcer. Ou alors essayait-elle de le séduire ? Il s’interrompit quelques instants et puis remballa cette idée aussi vite qu’elle était venue. Il n’était pas un bon juge de la nature humaine – ou en tout cas pas quelqu’un de bien placé pour le faire – mais elle n’avait semblé à aucun moment chercher à « profiter » de la situation, aussi, c’était très peu probable. Il préféra se concentrer sur ce qu’il avait à faire et sur la conversation en cours, ce qui lui évitait de continuer à s’imaginer des bêtises aussi grosses que lui. A croire que Mike avait réussi à l’atteindre plus qu’il ne l’avait voulu. Il fallait toujours quelque chose – ou quelqu’un – pour que le plus simple devienne, d’un coup, beaucoup plus compliqué. Il aurait bien distribué quelques baffes pour la peine.

« Je n’irai pas jusqu’à appeler ça du courage, plutôt l’habitude. » Gardons les qualités pour quelque chose qui en valait véritablement la peine. Il y avait du courage à se dresser contre ses amis, contre les siens, pour les empêcher de faire une folie. Se plier en deux pour réparer une moto, difficile d’aller jusqu’à un tel vocabulaire. Enfin, ils n’allaient pas commencer à se batailler le bout de gras pour une simple vision des choses. Puis certains en seraient allés jusqu’à parler de « courage ordinaire » et de toutes ces choses dont Aaron n’avait pas grand-chose à faire. Ceci dit, il était peut-être trop modeste pour considérer ce qu’il faisait comme extraordinaire, ceci dit, il ne voyait pas ce qu’il y avait de courageux à passer sous un élévateur. Tandis qu’il continuait à s’affairer de son côté, concentré sur sa pièce, il tourna la tête lorsque la jeune femme se mit à rire. Avait-il quelque chose de drôle ? Il se repassa la phrase qu’il venait de lâcher et ne voyait pas ce qu’il y avait de si drôle. Les mains toujours affairées, mais à l’arrêt, il l’observait alors qu’elle était installée juste à côté, attendant qu’elle aie fini de rire pour peut-être avoir une once d’explication. Quand elle lui avoua qu’il ne fallait pas répéter ce qu’il venait de dire hors contexte, il comprit plus ou moins le sens caché que pouvaient prendre ses propos et préféra détourner le regard pour le reposer sur la mécanique. Cela lui éviterait de paraître gêné. Ce sous-entendu n’était absolument pas voulu et, heureusement, elle n’avait pas l’air d’en prendre offense. Il n’aurait plus manqué qu’elle finisse par croire ce qu’avait dit Mike quelques minutes plus tôt ! Rien qu’à cette idée… Et à l’entendre rire ainsi, d’autres devaient déjà se faire des films.

« Je… Hum… Désolé. » La réaction typique. Mieux valait éviter de dire des conneries supplémentaires. La prochaine fois il réfléchirait surement à toutes les interprétations possibles de ce qu’il pourrait dire avant d’ouvrir la bouche. Si elle lui pardonnait cet écart, elle ne le ferait peut-être pas deux fois. Non pas qu’il puisse s’offusquer de l’offusquer, mais, après tout, il n’avait aucune raison de vouloir la mettre mal à l’aise. Tandis que le silence les enveloppait à nouveau, surtout Aaron, d’une couverture rassurante, ce dernier terminait de serrer quelques écrous qui achèveraient l’intervention de la journée, la remarque de son invitée lui fit ni chaud ni froid. Principalement parce qu’il savait que Mike était une véritable commère et que ce devait surement être lui qu’elle avait surpris en train de discuter avec quelqu’un d’autre. Il jeta un coup d’œil mais ne vit pas spécialement ceux dont elle faisait mention et haussa les épaules, tout en donnant quelques tours de clefs. « Bah, ils peuvent toujours essayer de m’harceler. Et, au pire, je resserrerai quelques boulons de plus. Ils se lasseront vite. » Ils savaient de toute façon qu’il n’était pas dans leur intérêt d’essayer de l’embêter trop longtemps, chose que, bien entendu, elle ne pouvait pas forcément savoir. Sans compter qu’il y avait cette notion de Meute qui lui échappait complètement, sans aucun doute, ce qui était tout à fait normal. « Ceci dit, si vous tenez à les coiffer, vous pouvez essayer de leur donner votre numéro. Ca ne leur ferait peut-être pas de mal ! » Mike, surtout, avait une sacrée tignasse. Mais refusait que quelqu’un d’autre que lui y touche. Aaron n’avait jamais su si c’était une superstition ou juste une expérience ratée chez un coiffeur par le passé.

Le dernier tour de clef donné, il essaya de forcer encore un peu mais estima que tout était bien en place. « Bien ! » Il posa la clef avec les autres et se dégagea de l’élévateur avant de s’étirer une nouvelle fois. Il jeta un œil dessous pour vérifier que rien ne trainait et appuya sur un bouton qui activa la machine qui fit redescendre lentement le plateau. Il en profita pour faire le tour et récupérer les outils avant de les ranger dans l’établi duquel il les avait sorti. « Je crains que la leçon de mécanique soit terminée pour aujourd’hui. » Il jeta un œil à la grande horloge qui se trouvait dans l’entrepôt. Déjà ? Le temps était passé vite. Enfin… Il paraît qu’en bonne compagnie on ne voit pas le temps passer. Il eut un léger sourire pour lui-même avant de se diriger vers sa moto qui venait de toucher le sol. « Si vous en avez assez, il devrait faire meilleur dehors, mais vous pouvez rester encore un peu si vous voulez. Ne pensez pas que je veuille vous mettre dehors. » Il enfourcha son bolide et mit le contact avant de tourner la poignée d’accélération. Le moteur rugit tel un lion et se calma ensuite pour ronronner comme un gros félin heureux. Le métamorphe eut le sourire et coupa l’engin. « La récompense d’un bon travail. Il n’est de meilleur son à mon oreille que le ronronnement d’un moteur bien choyé. » Il esquissa un sourire et se tourna vers la jeune femme, s’accoudant sur son guidon. « Alors ? Qu’allez vous faire ? » Il aurait pu lui proposer de la ramener, mais avec la réflexion de Mike, il avait peur que cela soit mal interprété, sans compter qu’ils n’auraient pas finis de jaser. Mieux valait s’abstenir, même s’il l’aurait fait en tout bien tout honneur. Il lui était déjà arrivé de prendre quelques personnes en stop sans que cela ne dérape.
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