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 Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.

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Esmera Yanis
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MessageSujet: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Jeu 30 Oct - 23:19


Tien ? On dirait bien que j’ai réussi à la faire taire. Cette voix intérieure qui me pousse à changer et qui me harcèle depuis cette affreuse nuit.  Je peux agir à ma guise on dirait bien, oui. Maintenant qu’elle a eu se qu’elle voulait, j’ai la paix. Il a quand même fallut que je lui cède. Que j’appelle mon patron pour poser touts mes congés accumulés  en une seule fois. Au moins cela me laisse un peut de temps au comment vais-je expliquer à mon patron que je ne peux plus faire d’autres horaires que celles de nuit. Mais demain est une autre nuit désormais. Pensons à autre chose. J’ai toute la nuit devant moi, et bien d’autres encore.

Un débardeur noir très court sous un haut blanc translucide qui laisse deviner le hérisson sur mon flanc, avec un long jupon tout en nuance de violet vif. Un violon accordé et son étui ouvert posé devant moi. Ma rose d’or pend à ma gorge, un bandeau qui pousse mes cheveux en arrière, la roue sur mon cou prend l’air.

Je frotte les cordes de l’instrument sous mon menton et des sons s’élèvent en notes, qui en s’associant forment une mélodie de mon enfance. Celle-là c’est mon père qui l’a composé en Valachie. Il la jouait lorsque la nostalgie le prenait en otage certains soirs. Elle parle de la Lune qui vient chercher un gitant loin de son pays, pour lui faire traverser l’océan dans ses rayons d’argent. Ensemble, ils passent au dessus de la France, touchent du bout des doigts l’arc de triomphe. Suisse, Allemagne, Autriche, Hongrie, les pays défilent à une folle vitesse. Après les frontières de la Roumanie franchisent, la forêt noire se trouve sous leurs pieds. Le paysage ralentit aux premiers châteaux des voïvodes  et Lune le dépose délicatement sur l’herbe humide d’un camp. Là, au milieu des roulottes les flammes d’un dansent à l’unisson avec les hommes et les femmes au rythme du violon, de la guitare, de la flûte et du tambourin. Et la nuit est fête. Les chants résonnent, les musiques retentissent dans l’immensité de Valachie la Grande. Mais lorsque l’aube pointe à l’horizon, Lune affolée, le presse d’entrer dans ses rayons de lumière pour retourner d’où ils viennent avant que la chaleur du Soleil ne la brûle en la faire disparaitre. Alors, à contre cœur, il regarde s’éloigner la terre, les fôrets, les montagnes, les pays, un continent. Bientôt, il est de retour sur le nouveau monde. Les guitares, la flûte et le tambourin se sont tus. Seul sont violon résonne encore. Solitaire dans l’aurore. Et il est l’heure de le poser pour aller se coucher.

Je tiens la note plus que nécessaire. Retiens inutilement la nostalgie d’une époque depuis longtemps fini et que j’ai maintenant perdue. Je pourrais toujours jouer jusqu’à l’aube, cela ne change pas. Mais maintenant je suis un chimolo comme dans les histoires effrayantes que me racontais mon père et ma mère. Pas tout à fait comme eux. Dans leurs histoires, les chimolos étaient voïvodes ou nobles. Dans touts les cas, saigneurs de Valachie la Cruelle. Ors, je ne suis ni noble, ni princesse. Je ne commande pas aux loups et les tziganes ne me servent pas. Je ne me suis pas non plus transformée en chauve sourie géante ou en brume verte. Non je ne suis pas tout à fait comme ces êtres de légendes.

Doucement, ma main se lève et mon visage se désengage de l’instrument de l’instrument. Dans l’étui quelques billets, déposés par de généreux mécènes anonymes, se débattent pour ne pas se noyer sous la ferraille. Si j’étais encore humaine et que je choisissais la vie de Bohème, j’aurais presque de quoi manger la semaine après avoir payé la dîme. Mais je ne vie pas dans un camp, j’ai bien une habitation (un mobil home serte), j’ai un salaire à la fin du moi (même si ça reste à voir) et surtout, je ne suis plus humaine donc plus besoin de manger.

Aujourd’hui j’ai tiré les cartes. Comme le faisait de temps à autre ma mère quand elle savait que je lui mentais ou que je cherchais à dissimuler une chose que de toute façon elle avait vue. Une manière comme un autre d’entretenir l’héritage de notre peuple. Les cartes sont toujours restaient sourdent à mes questions et ce n’est pas ce soir quelles y répondrons.

Alors c’est ça que tu veux faire ? T’emmurer dans le déni et les stupides superstitions des gitans ? Je pourrais faire tellement mieux.

« Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : " Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,

Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! " »


D’autres pièces viennent rejoindre les autres dans un tintement bruyant. Finalement je crois bien que je m’amuse.

« Un peut de votre temps pour savoir ce qu’il vous réserve ? Votre corps est le gardien de votre destiné et vos mains ne demandent qu’à le révéler. » Lire dans les lignes de la main, le premier tour de passe passe que m’a appris ma mère.
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Olivia Luz-Descalzo
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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Mer 5 Nov - 2:23

Un autre jour qui s’achevait et avec lui le sentiment du devoir accompli. Olivia passait dans les rues avec le cœur empli de bons sentiments et l’envie de continuer à faire le bien autour d’elle, comme cela avait été le cas toute cette journée.

Elle avait commencé dans la matinée avec un discours dans une école primaire du centre-ville, pour expliquer aux enfants pourquoi s’occuper d’un animal était long, parfois fatiguant, mais toujours quelque chose de positif et la création d’une relation merveilleuse. Elle avait d’ailleurs offert à l’établissement un hamster/cochon d’Inde par classe –au nom de son association bien entendu- ainsi qu’un an de nourriture pour les petites bêtes afin d’aider à la sensibilisation de ces chères petites têtes blondes. L’idée n’avait pas ravie tous les parents, mais les enfants, eux, étaient aux anges !

Puis elle avait déjeuné avec Sergio, avant de se rendre dans un centre hospitalier où elle avait fait don d’une somme absolument exorbitante pour le commun des mortels (une bagatelle, selon elle, donc…) pour le développement de leur aile de recherche contre le cancer, grand mal du vingt-et-unième siècle (notez l’ironie de la chose, au vu de la maladie de son fils dont elle ignore tout), le tout au nom de la Fondation Selva-Moreno (une « lubie » qui l’avait prise avec sa sœur Luisa : chaque année depuis leur plus jeune âge, les intérêts de leurs divers comptes étaient mis de côté. Pendant leur adolescence, elles avaient décidé d’utiliser cet argent pour des dons à des causes qu’elles s’estimaient devoir supporter et avaient donc créé cette Fondation. Cette initiative avait été saluée par leurs parents à l’époque, qui voyaient là l’impact positif évident sur la réputation de la famille et avaient laissé faire. Depuis, les sœurs Selva Moreno n’avaient jamais arrêté).

A présent, elle sortait de la messe du soir à la Cathédrale Saint-Louis, où elle avait donné de sa personne pour aider le personnel à distribuer la soupe et autres couvertures aux nécessiteux, qui affluaient à cette époque de l’année. Elle avait ensuite bien évidemment assisté à la messe, et était à présent sur le chemin du retour, envahie par un sentiment de plénitude. Enfin, Gael devait passer la chercher dans une grosse demi-heure, il avait été pris dans des bouchons, et Olivia avait donc décidé d’en profiter pour se balader un peu malgré l’air frais –elle est Mexicaine, elle avait toujours froid- de cette fin janvier.

Il était très rare qu’elle possède un tel moment de solitude. D’ailleurs, cela ne la dérangeait pas : elle détestait être seule, et ce depuis la naissance de Luisa. Dire que celle d’Esteban avait exacerbé ce côté de sa personnalité serait un doux euphémisme, mais il lui arrivait parfois d’apprécier être seule. Très rarement, mais ce début de soirée en faisait partie.

Alors qu’elle tournait au coin d’une rue, atterrissant dans la rue principale, Olivia fut attirée par une musique. Elle n’était pas une parfaite mélomane, mais il lui semblait reconnaître le chant d’un violon, qui s’arrêta bientôt. Déçue, la multimilliardaire s’apprêtait à rebrousser chemin pour continuer sa balade quand une voix retentit. Elle n’avait rien d’une cantatrice des opéras auxquels Olivia avait pris l’habitude d’assister, mais elle restait plaisante. Alors Madame Luz-Descalzo continua sa route, jusqu’à arriver non loin d’une jeune femme à la chevelure de feu. La Mexicaine eut une pensée pour la petite-amie de son fils avec un léger sourire amusé, mais heureusement pour Erin, la comparaison s’arrêtait là.

« Heureusement », car si Erin avait abordé le genre de tenue que la jeune Tzigane (vu son accoutrement, difficile d’en douter) portait à présent le jour de leur rencontre officielle, Olivia aurait purement et simplement posé son veto à cette relation. Mais Esteban ne lui aurait pas fait l’affront de présenter une telle demoiselle, elle le savait parfaitement. Elle ne l’avait pas éduqué ainsi.

Ceci étant, malgré la désapprobation évidente qui transparaissait dans ses traits et son attitude pincée (on ne cessait pas d’être une aristocrate), Olivia s’approcha et sortit quelques pièces de son sac, qu’elle jeta dans l’étui au sol. Après tout, ce n’était peut-être pas la faute de cette jeune femme si elle ne pouvait pas s’acheter des vêtements corrects, et c’était son devoir de dévouée (?) chrétienne de l’aider, non ?

Quand le chant se termina et que la jeune femme proposa de lui lire les lignes de la main, Olivia tiqua. Ce n’était certainement pas une expérience à laquelle elle était habituée, et d’ailleurs…


« C’est gentil de votre part, Mademoiselle, mais je ne crois pas en ces tours de passe-passe et autres sornettes… »

Son ton restait aimable, comme toujours, mais son air pincé était en place et la lueur dubitative dans son regard en disait long sur ce qu’elle pensait de tout cela. Elle continuait d’ailleurs de dévisager la jeune femme avec un air qui ne laissait de très peu de doute quant à l’avis qu’elle avait sur sa tenue. Elle se permit une remarque.

« N’avez-vous pas froid ? Je suppose que des vêtements chauds ne sont pas votre première préoccupation, mais tout de même, l’hiver n’est pas des plus cléments… »


Olivia ? Avoir conscience que ses propos étaient au bord de la condescendance et du mépris raciste ? Absolument pas, et c’était certainement le pire…
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Esmera Yanis
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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Lun 17 Nov - 21:39

En voila une femme de bonne condition, ça se lit sur elle, pas besoin d’être voyante pour le voir. Les habits, les bijoux, le maquillage et le regard de haut empreint d’une compassion hypocrite, lui permettant de se regarder dans la glace ce soir, en se disant  « j’ai fait une bonne action aujourd’hui, j’ai gagné ma place dans la société. » Je ne suis même pas étonnée qu’elle refuse ma proposition. Ce n’est pas le genre d’une dame telle qu’elle.

« Seuls ceux qui craignent l’avenir refusent aussi catégoriquement. »

Ton entrainant empreint d’une touche de défis aimable pour forcer la main. Au vue de ses richesses, en voila une qui pourrait me lâcher quelques pièces et pas des centimes. Mais attention, elle n’est pas dans la catégorie « pigeon », non, bien trop classe pour ça. Celle-là il faut la cajoler, la caresser dans le sens du poil. Et si on ne se sent pas à la hauteur, il vaut mieux la laisser filer.

Bim ! Celle-là je l’ai prise en pleine face. C’est rare que ce sujet arrive aussi tard dans la conversation. D’ordinaire, cette réflexion est une attaque frontale et la première phrase qui fuse telle une flèche en plein cœur. En quoi ma tenue vestimentaire, la passionne autant, d’un. De deux, je ne crains plus le froid depuis quelque temps. Non pas que je n’ai pas l’habitude de ce genre de pique, mais je ne sais pas pour quoi sa me touche plus d’habituellement. Allons, il ne faut pas le prendre mal. Cela fait partie du jeu. Je passe une main sur ma gorge qui me démange sensiblement.

« Le costume fait partie du personnage cherre dame. »

Grand sourire ironique qui ne colle pas du tout avec le ton sincère et aimable de ma voix. Je ne suis pas la reine de la répartie. Du coup, je suis toujours un peut fière de moi lorsque je trouve une nouvelle réponse aux clichés qu’on me jette à la figure. Je dois avouer que je ne suis pas mécontente de celle-là.  

« Habillée ainsi, est-ce que je ne colle pas parfaitement avec l’image que vous vous faites d’une représentante du peuple tzigane ? »

Il faut croire que je suis en forme ce soir. Ce doit être les la tenue qui me donne des ailes. Pourtant, et ce, malgré que cet échange m’amuse beaucoup, ma gorge sèche me pique douloureusement, si bien que cela gâche mon plaisir et commence à sérieusement à m’agacer. J’acceptais avec ironie touts les préjugés, avant. Mais absolument rien ne m’oblige à en faire de même maintenant que je suis autre chose. « On a qu’une seule vie », mais moi j’ai la chance d’en avoir une deuxième, et je compte bien la mener comme je l’entend. Je me racle la gorge et me reprend d’un sourire.

« Alors cet avenir ? »

A-t-elle vue la lueur de défis qui vient de s’allumer dans mes yeux ? Je ne crois pas. Les défis et l’amusement, sont bien dominants dans ma voix. Ma gorge gratte. J’ai soif, mais je garde mon sourire.
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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Ven 21 Nov - 5:08

L’étincelle de dédain qui éclaira le regard de la mexicaine l’espace d’un instant n’avait plus rien d’innocent ou de non voulu, cette fois. Elle, avoir peur de l’avenir ? Voyons, c’était totalement ridicule. Il suffisait de la regarder pour savoir qu’elle ne manquerait jamais de rien, et c’était quelque chose dont Olivia était parfaitement consciente. Bien sûr, il restait cette histoire de divorce, mais ce n’était qu’une bagatelle qui serait bientôt réglée –du moins l’espérait-elle. Oh, et le procès qu’Esteban avait engagé contre Darian qui promettait d’être difficile, bien sûr, après tout son fils s’attaquait à un ténor du barreau et à un être particulièrement mauvais et manipulateur, mais elle avait pleinement confiance en la justice –si ce n’était Humaine, au moins celle de Dieu- qui saurait prendre la bonne décision. Ah, et il y avait aussi le fait que sa relation avec Sergio n’avait jamais été aussi compliquée que depuis qu’ils vivaient ensemble, peut-être à cause des révélations qu’elle lui avait faites, certes…

La confiance d’Olivia vacilla, et son allure dédaigneuse avec pour laisser place à quelque chose de plus fragile, qu’elle tentait en général de cacher à la sphère publique (elle connaissait bien trop la facilité avec laquelle les journalistes pouvaient profiter d’une telle attitude). Cette Tzigane l’aurait elle si facilement percée à jour ? Cela serait particulièrement déplaisant pour la richissime héritière, qui aurait donc embrayé sur un commentaire assez désagréable, énoncé de façon plus ou moins inconsciente. Il fallait dire que la tenue de la jeune rousse n’avait rien de convenable. Ce qui était dommage, elle semblait si jolie avec sa peau d’albâtre…

Le mouvement que la belle fit vers sa gorge ne fit que conforter Olivia dans son opinion : Voilà qu’elle avait mal à la gorge ! A force de mal se vêtir, elle devait couver quelque chose, la pauvre enfant… Un petit sourire involontairement suffisant s’étendit donc sur le visage de la brune : Ce n’était pas faute de l’avoir prévenue !

Les yeux noirs d’Olivia inspectèrent une fois de plus la tenue de sa vis-à-vis quand cette dernière lui expliqua que cela faisait partie du personnage. Un
« Certes… » peu convaincu lui échappa pour toute réponse à la question qu’elle lui posa, sur un ton qu’elle n’avait que moyennement apprécié d’ailleurs, comme le signifiait son sourcil haussé. Ce n’était tout de même pas une raison pour risquer la Mort ! Elle se demandait si cette jeune femme avait encore ses parents. Car huit ou dix-huit ans, même si Esteban avait voulu devenir acteur ou quoi que ce soit qui lui aurait imposé de mettre sa santé en danger, Olivia n’aurait jamais laissé faire ! Enfin, son fils faisait bien attention à lui, elle en était convaincue… Non ?

Et puis, après un raclement de gorge –elle couvait quelque chose, c’était certain !- la jeune Tzigane lui redemanda si elle souhaitait voir son avenir. Olivia n’était pas plus convaincue que plus tôt, mais la façon dont elle l’avait titillée –peut-être sans le vouloir ?- plus tôt avait déclenché un aspect de sa personnalité qui lui jouait bien souvent des tours : sa curiosité. Curiosité qui la perdrait certainement un jour, mais pas ce soir…n’est-ce pas ?


« …Très bien. Vous m’avez convaincue de me laisser tenter… Surprenez-moi, Mademoiselle… »

Olivia opposait à la lueur de défi qui émanait de la rousse une confiance sans bornes…en elle-même, évidemment. Tellement qu’elle se permit une nouvelle remarque.


« N’auriez-vous pas une écharpe à vous passer autour du cou ? Il a l’air de vous irriter, vous couvez certainement quelque chose… »

Elle n’insisterait pas plus, et lui présenterait ses mains, extérieurement prête à entendre ce que la gitane pouvait avoir à lui dire. Intérieurement, la mexicaine n’était pas aussi sûre d’elle qu’elle aurait aimé l’être…

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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Mer 17 Déc - 17:33

Il me semble que j’ai touché quelque chose, avec ma provocation bateau. Donc c’est bien que derrière  son mur de dédain et son sourire satisfait à mon raclement de gorge, que quelque chose la préoccupe, ne serait-ce qu’un tout petit peut, mais juste assez pour ouvrir une brèche. Comme quoi, il est toujours utile de jeter un caillou sur la montagne pour voir quelles pierres vont en tomber. Sa apporte deux choses. D’une part, j’apprends qu’elle a au moins une préoccupation qui lui pourrie la vie en se moment. D’autre par, et le plus important, cela me donne de la crédibilité à ses yeux. Il n’est rien de plus dangereux que de donner du crédit à un gitant qui en veut à votre argent. Cela revient à lui donner un pouvoir qu’il peut, - et dont il abusera.- exercer sur vous.

Après avoir attendue quelques secondes et avec révérence je prends la main tendue dans ma paume d’albâtre aussi froide que le marbre. Faire dans le cérémoniale permet de prendre le temps de formuler dans ma tête.

Maintenant, elle veut que je la surprenne. Bien…le jeu commence. Faites vos paris. Je dois vite savoir qu’est-ce qui lui fait peur. Age mûr mais se promène seule le soir dans une rue de commerce. Est-elle célibataire ? Non ! Une femme de sa prestance ne peut pas être veille fille. Donc veuve ou divorcée…ou en instance. Premier risque : j’opte pour la veuve. Hispanique, sûrement catholique –elle ne divorcerait pas – donc des enfants. Classe sociale…hum…je dirais haute bourgeoisie à sa façon de me dire « à vous passer ». Plutôt enfant unique.

« Je crains que non, mais peut que grâce à vous j’en aurais une avant demain. » Mais de quoi elle se mêle encore ? Une fois ça n’a pas sufi ? Je disais quoi déjà ? Ah oui ! L’enfant roi pour qui elle s’inquiète perpétuellement. Second risque : Un enfant surement des démêlés avec la justice. Les fils de riches trop chouchoutés deviennent soit des famellettes, soit des délinquants. Oui je mise sur des préjugés, mais il faut bien miser sur quelque chose. Je choisi le délinquant. Enfin dernier risque – il vaut mieux se limiter à trois, ma mère en prenait beaucoup plus, elle était douée – un amour naissant…ou un amant. Qu’elle n’ose pas faire entrer dans sa vie officiellement car trop jeune ou de peur de passer pour une intrigante. Trois risques, ce soir je n’en prendrais pas plus. Car plus j’en prends plus je peux perdre mon pouvoir. Ma gorge me brûle, fait chier !

« Je ne vous parlerais pas de ligne de vie, contrairement aux charlatans. Vous n’êtes pas dame à vous faire avoir par les diseuses de bonnes aventures des fêtes foraines. » Flatter son égo, décrédibiliser les collègues. C’est le secret pour se créer de fidèles clients. Le bout d’un doigt parcoure une grosse crevasse, puis un deuxième glisse sur une moins visible. Je m’arrête et prend un regard triste que je plante dans ses yeux.

« Pardonnez-moi. Je ne voulais pas remonter les douleurs que vous endurez. Toutes mes condoléances pour cette longue histoire de votre vie qui s’est terminée. » Rester vague, tout en étant précise, elle remplira elle-même les blanc pour que mes paroles collent à son histoire. Si elle est réceptive bien sûr. Je prolonge le contact visuel avec mon expression de compassion. Si j’arrive à créer un lien amical ou un mal aise, je peux faire exploser ses défenses. Mais tout va dépendre de mon second pari. C’est quitte ou double. Je me replonge dans la contemplation de sa paume. Du bout des doigts « j’écarte », « pousse »,  « démêle » et « attrape » les lignes.

« Oh ! Que de tourments. » Cette fois, je ne la regarde plus et fronce un peut les sourcils.

« Le fruit de vos entrailles vous cause bien des soucis. » En soit cette phrase d’apporte rien. Sauf si elle est crédule. Mais cette dame n’est pas un pigeon.

« Il va avoir de gros problèmes. Je le voie aux prises avec la justice. Vous êtes à ses côtés bien évidemment.  Il aura besoin de votre soutien, même s’il le refusera. Il vous faudra le protéger dans l’ombre. » Là j’avoue, je suis peut être trop gourmande. Ça passe ou ça casse. Je suis d’humeur joueuse. J’ai envie de l’ébranler la grande dame. Vite tamiser tout ça.

« Ah ! Un rayon de soleil ! » Maintenant le coup final. La bonne nouvelle en perspective. Toujours finir sur une note joyeuse.

« Je voies l’amour. Cet amour est un beau sac de nœud mais il vous faut un peut de patience. Tout vient à point à qui sait obtenir se qu’il veut. » Il ne faut pas déconner non plus, rien n’arrive si un reste assis.
Je scrute les réactions sur son visage. Le moindre signe qui m’ouvrirait la porte pour aller plus loin. Je me racle encore la gorge. Je crois bien que j’ai soif.
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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Sam 10 Jan - 18:25

Olivia avait donc laissé la jeune femme lui prendre les mains, une lueur de défi enfantine au fond des yeux. Elle n'était pas particulièrement considérée comme une femme secrète : sans prendre plaisir à parler de sa vie dans les journaux, on estimait qu'entre son activité associative et ce que les journalistes parvenaient à récolter d'informations, la mexicaine n'avait pas le temps, ou l'occasion de se réserver des activités loin des phares de la population. Et pourtant...

En conclusion, Olivia savait parfaitement quelles informations la Tzigane pouvait avoir obtenu via la presse, et quelles autres pouvaient éventuellement avoir été obtenues par d'autres moyens.

Alors que la discussion sur le rhume que pouvait couver la jeune rousse refaisait surface, Olivia lui sourit avant de lui répondre avec cette générosité chrétienne qui la caractérisait –être dubitative ou ne pas être en faveur d’une façon de vivre de son prochain ne voulait pas dire qu’il ne fallait pas lui venir en aide lorsqu’on en aurait les moyens. Et Olivia, en ce cas précis, aurait plus que cela, pensait-elle.


« J’ai un ami qui fait des écharpes de cachemire de la meilleure qualité… Je me chargerai de vous en faire parvenir quelques unes… Je suppose que vous n’avez pas de problèmes avec les couleurs… »

Une réflexion dite sans mauvaise intention, faisant référence à la couleur vive du jupon de la jeune femme, mais qui pouvait facilement être mal interprétée. Dire les choses d’une façon qui lui paraissait évidente mais qui pouvait toujours être prise différemment par ses interlocuteurs était une tare que la multimilliardaire partageait –malheureusement pour lui- avec son très cher fils. Elle n’avait cependant pas conscience de la portée possible de ses propos, évidemment, puisqu’elle serait persuadée d’œuvrer au mieux.

L'héritière eut un demi-sourire quand la rousse lui fit part de sa façon de procéder. Discréditer des collègues, voilà un schéma qui ne lui était pas inconnu. Après tout, élevée par une famille de businessmen et ayant rejoint une famille de politiciens, on aurait beau la prendre pour une idiote, Olivia avait tout de même vécu dans ce genre d’ambiance depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvienne. Et si elle ne pratiquait pas vraiment le genre, elle s’en était assez approchée pour en reconnaître les mouvements. Cependant, la mexicaine ne dit rien et se contenta d’écouter, un sourire aimable sur le visage, celui qu’elle servait en temps normal aux journalistes.

Silencieuse, Olivia prit soin de retenir les moindres paroles de la Tzigane, un simple sourcil haussé. Elle semblait lui parler de son divorce -qui était forcément difficile à avaler, même si nécessaire-, du procès en cours d’Esteban, qui s’annonçait ardu –il fallait dire que le petit n’avait pas choisi l’adversaire le plus facile, Darian était un vrai requin. Tout ce que la rousse annonçait, sur un ton des plus théâtral, était vrai, oui. D’un autre côté…

Si le visage d’Olivia n’avait pas montré le moindre sentiment inattendu au fil des explications de la gitane, une lueur de surprise passa dans son regard sombre à l’évocation du « rayon de soleil » dont elle semblait vouloir parler. Jusque là, Olivia ne s’était pas sentie en danger par ce que la jeune femme avait pu lui dire. Cette fois, c’était différent.

La richissime héritière tenta de retirer sa main de celles de son interlocutrice, n’y mettant pas une grande force mais avec un mouvement qui n’était pas équivoque. Le jeu était terminé.


« …Je vois que vous savez lire. C’est bien. J’en suis ravie pour vous. »

Le ton ne cachait plus l’ironie et la supériorité qu’Olivia ne pensait pas forcément ressentir, mais qu’elle utilisait très régulièrement pour se sortir de ce genre de situations. Il fallait dire que les dernières paroles de la Tzigane avaient de quoi être inquiétantes. Si elle n’avait pas vraiment peur que des nouvelles d’une possible aventure entre Sergio et elle soient révélées par les journaux (certains magazine people s’en donnaient déjà à cœur joie, mais tant que cela ne restait qu’une rumeur il ne s’agissait pas d’un problème), et si elle ne croyait pas vraiment à ces histoires de visions et de voyance gitane, elle préférait ne pas tenter le Diable, comme on le disait chez elle.

« Si vous n’avez pas d’autres Unes de magazines plus ou moins intellectuels à me faire partager, je pense que nous en avons terminé. »

Hors de question de la laisser voir qu’elle avait pu être mise à mal par ses propos, la future ex-Madame Luz-Descalzo préférait battre en retraite, en restant sur ses premiers arguments : rien de tout ce qu’elle venait d’entendre pouvait être autre chose qu’une vulgaire récupération de divers propos journalistiques. N’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Dim 1 Fév - 21:02

Cette gorge me fait vivre un véritable enfer depuis… Encore une fois, pour qui elle se prend ?A s’imaginer que je suis tellement dans le besoin que je ne peux même pas avoir une quelconque exigence sur la couleur de sa foutue écharpe ? J’incline la tête avec un sourire polie a sa proposition. Attends ! Tu ne vas pas lui répondre ? Tu vas la laisser te parler comme ça ? Je fronce les sourcils et secoue imperceptiblement la tête pour cacher cette mauvaise humeur d’un nouveau raclement de gorge. Elle va finir par croire que je suis contagieuse si je n’arrive pas à me tenir. Oui la façon dont elle a dit la chose, avec une condescendance bourgeoise peut être mal prise… Tu es bien gentille d’ajouter descendance.… Mais cela fait partie du jeu. Et il en faut bien plus pour me faire sortir de mes gonds. Toi peut être, mais pas moi.

Elle est très forte. Ou alors je me suis totalement planter. Mes deux premiers paris semblent tomber à l’eau. Aucunes réactions. Rien.  Je commence à paniquer. Je me suis à ce point trompé ? Comment ai-je put perdre à ce point la main ? Est-ce que la transformation forcée que j’ai subit m’a à ce point changée ? Au point que même mon héritage est perdu à tout jamais ? Je ne peux même plus être ce que les stéréotypes font de moi. Il me reste quoi ? Devenir un Chimolo, dévoreur d’humain ? Stop les lamentations ! Je ne vais pas passer mon temps à te sortir la tête du caniveau comme l’autre nuit. On ne parle plus de cette nuit !

Mais que vois-je ? Une réaction. Violente même. C’est bête, mais je suis contente d’avoir ébranlée la dame. Au moins, je n’ai pas perdue mon héritage… D’abord je retiens sa main. Mais rapidement je la lâche avec un  raclement de gorge gêné. Je ne veux surtout pas être violente. Mais je n’ai pas pus me retenir, c’est un instinct qui c’est manifester.

Lire ? Pour quoi me parle-t-elle de lecture ? Est-ce qu’elle est connue ? Encore ce ton. J’en ai plus qu’assez quelle se permet de me prendre d’aussi haut. J’ai comme un gout de fer au font de la bouche.

« Pardonnez-moi, mais sauf si vous avez fait la une d’une revue biologique, je ne vous connais pas. » Elle se braque, c’est donc que je l’ai touchée.  Je peux donc con… Non ! Le jeu est fini ! Tu as assez joué. Tu as assez servie de carpette à cette poule de luxe des beaux quartiers. A mon tour de jouer… Non ! Tu n’en a pas besoin. Tu t’es nourrie il n’y a pas si longtemps. Pas si longtemps ! Deux nuits ! Deux nuits qu’on a rien avalé. Tu veux nous tuer, idiote. Mais tu ne vas pas l’attaquer quand même. Tu ne vas pas agir comme… Dis le...Dis le et je lui ferais bien pire. Brave petite voix agaçante. Un sourire carnassier apparait sur mon visage.

Un regard à droite, je compte cinq poivrots qui sortent d’un bar, la musique est étouffée quand la porte se referme. Un regard à gauche, des passants s’éloignent de nous. Derrière-moi une ruelle en cul-de –sac. Ma gorge me pique, elle gratte, elle brûle. J’ai soif. C’est ta faute. Et puis elle aussi, elle ferait mieux de présenter plus de respect aux gens. Elle ne sait pas quel monstre peut se cacher derrière ceux qu’elle rabaisse par son comportement de bourgeoise. Elle s’énerve et la veine de son coup gonfle juste suffisamment pour que je voie son pouls battre à vive allure. Ce spectacle m’hypnotise. Je ne peux détourner mon regard de cette veine. Elle renferme tant de sang, tant de vie pour moi.

Ah je suis un chimolo, un bouffeur d’humain ? Et bien je vais t’en donnais une bonne raison de penser que je suis un monstre. Et surtout, n’oublie pas…c’est ta faute si on a si faim. Ce qui va se passer est de ta faute. La prochaine fois tu n’agiras pas de manière aussi irréfléchie.

«J’ai une dernière chose à partager avec vous en effet. » Ma voix se fait enjôleuse. Il parait que je dégage des phéromones qui met les humains en confiances. Doucement, avec la délicatesse d’un félin je le prends à nouveau sa main et la lève doucement jusqu’à mon visage. Je m’enivre du parfum de cette femme et me laisse aller à gouter du bout de la langue sa peau. Elle est douce et légèrement salée en cette mi-nuit. Je lève les yeux sur elle avec un sourire engageant. Puis en un éclair je tire de toute mes forces sur ce bras à entraine la femme dans la ruelle. Je lui fais décrire un arc de cercle jusqu’à ce qu’elle rencontre le mur de brique et me plaque contre elle, une main sur sa bouche. C’est bien vrais que je suis un peut plus forte qu’avant et plus rapide aussi. Je sens pourtant que je pourrais faire mieux. Mais ce n'est pas le moment.
Son coup appelle ma bouche. Mes gencives me font mal et je sens mes canines qui me démangent. Et cette odeur… Si enivrante, si envoutante… Le bout de mes crocs se pose sur cette peau si fragile. Il suffirait que j’exerce une toute petite pression pour que je la perce. J’ai si soif que je salive abondamment. Je ne peux plus me retenir…

« C’est ta faute. »Je murmure à peine dans un souffle froid comme la mort et perce la fine peau de son coup.

Timidement mais surement, le sang se mêle à la salive dans ma bouche grande ouverte. Sa douleur est vite balayée par une vague de plaisir. Pendant ce temps le divin nectar coule dans ma gorge et apaise enfin la brûlure de la Soif. C’est comme un baume apaisant. Son sang et délicieux, pas aussi sucré que le métamorphe, mais aussi doux qu’on chocolat chaud un soir d’hiver.
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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Dim 8 Fév - 23:36

« Respire. »

« Respire. »

« Brume, arrête, tu vas vraiment t'évanouir. Respire. »

Elle souffla longuement, écartant un instant le micro de son téléphone portable de sa bouche pour éviter la saturation à Christophe puis tenta de reprendre un rythme respiratoire à peu près normal, pourtant ses poumons avaient décidé de danser la samba, comme si eux avaient déjà quitté son lieu de travail pour faire la fête et boire de mojitos alors même qu'elle était toujours prostrée derrière son comptoir, la tête collée dans un coin sous une étagère dans une position des plus inconfortables, même pour un félin. Un pied contre le mur en face, elle parvint à se dégager par un jeu plutôt désagréable de bassin et de dos, ponctué par divers sons plus ou moins étouffés en fonction du statut d'étranglement de sa gorge et du taux de fourmillement à cause de sa mauvaise posture conservée depuis plusieurs minutes. Une scène bien pitoyable lorsque l'on sait qu'elle s'y était bien mise toute seule, comme une grande, sans même demander l'aide ni l'avis de personne. C'était d'ailleurs bien là tout son problème dans cette histoire : avoir cédé à la panique.

Christophe semblait attendre au bout du fil. Il devait sans doute en avoir assez de parler dans le vide, il fallait dire que ces derniers temps il perdait vite patience. Une histoire dont il ne voulait pas parler. Ou tout simplement la peur que le malade ne vienne la chercher le rendait irritable. Elle espérait qu'avec le temps, il avait oublié cette date fatidique, mais elle s'était bien rendue compte que même quinze après ses parents, sa sœur, ses amis de Chicago, tout le monde continuait à penser à elle plus que d'habitude à cette période précisément. A croire qu'ils tenaient un calendrier des agressions passées dans la région ou que c'était gravé dans leur mémoire génétique. Dans les deux cas, c'était inquiétant. Dans le second plus que dans le premier, on se serait cru dans une mauvaise série de science-fiction. Dans le premier cas de figure... Elle ne préférait pas s'imaginer ses amis et sa famille tous membres d'une grande secte adoratrice des ocelots. C'était bien trop dérangeant. D'autant que ça n'était pas vraiment à l'ordre du jour.
Actuellement son plus gros souci c'était cette foutue rouquine buveuse de sang qui s'était plantée pile devant sa boutique. Combien de probabilités y avait-il avec toutes les enseignes qu'il y avait sur cette foutue rue pour que la seule vampire tzigane du coin se soit collée juste là devant sa vitrine ? Combien ? Elle ne voulait même pas savoir la réponse, elle aurait encore plus eu l'impression d'avoir la poisse. Il y a des fois, il faut savoir se dire avec résolution qu'on est peut-être pas fait pour vivre. Le problème surtout avec cette fixette paranoïaque, c'était qu'elle avait précisément choisi l'hiver pour venir s'installer là, cette garce. Et c'était bien la mauvaise partie de l'hiver, celle qui la concernait le plus sans que cette inconnue ne le sache vraiment. Encore un peu et elle serait sortie soulever la jupe de cette malheureuse pour vérifier que ce n'était pas son ravisseur déguisé en femme qui se tenait là et jouait du violon.

« Remettons les choses en ordre, veux-tu ? » Christophe en avait assez du silence. Il devait sans aucun doute être aussi stressé qu'elle. Elle acquiesça par un son inarticulé. Oui, il fallait remettre un peu d'ordre dans tout ça.
« Tu as terminé plus tard et tu as vu cette femme dehors ? »
« Pas vraiment. Ma dernière cliente est arrivée tard, repartie plus tard et au moment de la raccompagner à la porte, je suis restée un moment sur le pas et je l'ai sentie. Je ne l'ai pas vraiment vue, au départ. Quand j'ai senti son odeur j'ai refermé la porte de suite, je me suis jetée sur les clés, j'ai fermé à double-tour, puis j'ai fermé et j'ai tout éteint et là je t'... »
« Whoo ! Oh ! Oh ! Respire, tu vas cracher tes poumons. Ça serait dommage, tu risques d'en avoir besoin pour courir jusqu'à chez toi. »
Humour façon chocolat des Andes : noir avec un arrière-goût de cendrier. Un soupire au bout de la ligne.
« Tu comptes faire quoi, du coup ? Rester enfermée jusqu'à ce qu'elle s'en aille ? Tu sais que ça risque de prendre du temps, tant qu'il fait nuit ça ne la dérange pas vraiment de rester là... »
Elle haussa les épaules. Il ne pouvait pas le voir mais devait sans aucun doute se l'imaginer.
« Ce n'est pas comme si je pouvais me rouler en boule dans une des serviettes de la réserver et y passer la nuit. Si j'avais été Norme, c'aurait sans doute été une autre histoire... »
« Oui, c'est l'avantage de n'être que mini-moi. Si tu dors dans un coin, tu peux encore espérer passer inaperçue. Bon... ça va aller ? »
« Oui, je pense. »
« Sûre ? »
« … Oui ! »
Le petit jeu dura, comme deux chats qui se taquineraient en se poussant les pattes. Trois petits coups. Réponse timide. Un nouveau coup. Puis un autre. Puis un autre. Puis... Une protestation rugie. Si cette manière de faire n'était pas étrangère dans les mœurs humaines, l'image de ces taquineries était d'autant plus vraie entre eux. Finalement ils raccrochèrent après chacun s'être souhaité bonne nuit, un souhait bien ironique pour la métamorphe qui allait bientôt se retrouver seule avec sa peur qu'éventuellement la buveuse de sang au-dehors ne l'ait repérée et ne se mette en tête de faire voler sa vitrine en éclats. Elle ne préférait plus y penser. Après tout elle avait deux pièces suffisamment isolées de la partie vitrée pour qu'on ne la repère pas.

Il se passa un bon moment pendant lequel elle se força à faire comme si de rien n'était dans sa réserve, la porte légèrement entrouverte au cas où, juste assez pour qu'on ne voie pas trop de lumière à l'intérieur. Ce n'était pas comme si elle n'avait rien à faire, de toute façon. Lancer une machine avec les serviettes utilisées dans la journée, par exemple. Ranger des flacon, remplir les rayonnages de la réserve avec le reste des cartons pas encore défaits. Si elle voulait, elle en avait pour la nuit ! Puis la musique s'arrêta, et elle entendit une voix s'élever. Sans doute la femme vampire qui essayait de gagner sa croûte. Elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Ce n'était pas comme si les vampires étaient potentiellement plus dangereux que certains métamorphes ou autres Outres. Certes, cela dépendait toujours des individus en eux-mêmes. Il y avait des vampires qui se maîtrisaient parfaitement et des métamorphes agressifs avec des formes particulièrement dangereuses. Le seul souci résidait dans le fait que se transformer en animal ne rendait pas le fait de boire du sang, si possible humain, pour survivre. C'était triste à admettre, mais après tout, à chacun ses avantages et ses inconvénients. On était sans doute moins beau quand on était métamorphe mais on était tout de même drôlement plus confortable pour chauffer les pieds pendant la nuit ! Surtout dans le cas de Brume. Le seul souci c'est qu'on ne pouvait pas vraiment se réchauffer ses propres pieds. Et c'est en général là que la démonstration tombe à l'eau (pas l'ocelot).

Ce fut quand elle entendit une nouvelle voix que les choses se gâtèrent. Non pas qu'elle ait reconnu un timbre particuliers qui aurait pu l'inquiéter. La conversation semblait relativement calme, plutôt plate, il fallait le dire. Puis le ton sembla être un peu différent et les voix aussi. La seule chose dont elle était sûre, c'était que la nouvelle venue avait un accent qui n'était pas du coin. C'était léger, très léger. Latino. A vu de nez, mexicaine ou peut-être jusqu'au canal de Paname, mais pas plus loin. A son langage très chaste, elle devait être certes croyante (si elle était latino-américaine, dire quelle était croyante relevait du pléonasme, encore que), mais surtout très bien éduquée. Et elle ne pensait pas là à un statut social en particuliers, sa mère avait cette même manière de parler alors qu'elle était bien loin d'être riche. Finalement, la curiosité l'emporta. Elle jeta un œil par la porte de la réserve qu'elle ouvrit et vit une élégante femme brune se faire emporter par l'étrange tzigane (et donc pas par la curiosité même si l'individu qui venait de l'enlever pouvait sans doute compter comme une curiosité) jusqu'à une direction qu'elle avait peur de reconnaître. A moins que cette deuxième femme qu'elle n'avait pas eu le temps de détailler ni de reconnaître ne soit aussi un femme vampire ou ne soit une donneuse de sang régulière, elle était bel et bien en train de se faire agresser. Comme dirait l'autre : merci, Madame Soleil !

Elle se bénit intérieurement que les occupations respectives des deux personnes et ses vêtements noirs ne l'aient pas faite repérer dans l'obscurité de sa boutique. Le bruit de la machine à laver, en revanche, aurait pu être plus suspect. La direction qu'avait pris la femme vampire avec sa future proie n'était pas bien difficile à deviner : la ruelle qui longeait juste son salon et permettait, éventuellement, de déboucher sur la cour intérieure qui elle-même donnait sur la porte arrière du salon. Quelque part, égoïstement, elle espérait qu'elles se contentent de s'arrêter à la ruelle. D'un autre côté, elle ne pouvait pas s'empêcher de vouloir vérifier que tout allait bien, se sentant un peu coupable de penser de façon si égoïste. Car après tout, qu'avaient fait les personnes qui l'avaient potentiellement vu se faire frapper à la tête le jour de son enlèvement ? Rien. Et pouvait-elle seulement laisser à quelqu'un ce manque de chance de n'avoir personne pour intervenir ? Non, résolument, non. Alors peut-être que vérifier serait encore le meilleur moyen de savoir quoi faire. Juste vérifier que ce n'était peut-être qu'un jeu entre elles.

Elle réfléchissait à toute vitesse. Fallait-il sortir comme ça et appeler ? Non. En tant que métamorphe, elle faisait une proie de choix et même si elle laissait cette femme tranquille, ce n'était pas dit qu'elle puisse intervenir convenablement. Mieux valait rester discrète. Étant passée maîtresse dans l'art de commencer à se transformer pendant qu'elle se déshabilla, elle ne perdit pas une seconde. Vérifier. Juste vérifier que tout allait bien et puis rentrer. Et si ça n'allait pas ? Pas le temps d'y penser, elle verrait bien. Juste avait que ses mains ne se transforment pour un moment, elle déverrouilla la porte arrière qui donnait sur sa salle de toilettage et l'entrouvrit à peine, ne voulant pas leur donner l'occasion de s'engouffrer dedans et éventuellement s'enfermer toutes seules à l'intérieur. Une agression dans son magasin pile à cette période de l'année, ce serait un comble. Et vraiment suspect. Mais vraiment.

Une fois transformée, elle se tapit près de l'ouverture de la porte, les oreilles en arrière, le souffle court. Y aller ou ne pas y aller. Prendre le risque ou rester à l'abri. Y aller ou ne pas y aller...
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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Mar 10 Fév - 4:16

Avant de devenir beaucoup moins agréable, Olivia eut un sourire en réponse à l’acquiescement de la jeune femme. Elle était certains qu’une écharpe du même violet que sa longue jupe serait du plus bel effet ! Ou alors un vert doux, pour rehausser l’émeraude de ses yeux… Oh, elle pourrait bien lui envoyer les deux, ce n’était pas comme si elle devait regarder à la dépense, et cette Tzigane semblait cruellement manquer de moyens…

Ses pensées positives envers la rousse s’étaient malheureusement éteintes assez tôt, au fur et à mesure qu’elle lui avait dévoilé son jeu. Pas qu’elle s’était attendue à quelque chose de sortant réellement de l’ordinaire, puisque les « vrais » diseurs de bonne aventure n’existaient pas, n’est-ce pas ? Il y avait bien assez d’espèces étranges et dérangeantes comme cela pour en ajouter une de plus à la liste. Malgré tout, Esmera finit par toucher un nerf chez la richissime héritière. A la mention de ce nouvel amour, qui était sensé lui apporter un peu de joie dans ce monde de brute, malgré ses difficultés (c’était là un résumé grossier, mais il était plutôt éclairant en l’état), Olivia tiqua. Elle tiqua tellement qu’elle décida de suite d’arrêter de jouer. Elle était convaincue que les Voyants n’existaient pas (Dieu seul connaissait l’avenir de chacun), mais il était hors de question qu’elle donne du grain à moudre à cette fille, ou aux journalistes avec lesquels elle pourrait finir par travailler. Hors de question qu’elle laisse s’échapper une rumeur qui pourrait mettre en danger non seulement son couple, mais aussi le bon déroulement du procès de son fils. Hors de question qu’Esteban subisse encore à cause d’elle. C’était déjà bien trop arrivé.

La mexicaine avait manqué de darder un regard noir sur son interlocutrice quand elle avait tenté de retenir sa main, mais elle l’avait laissé partir assez facilement. Elle laissa tomber son bras le long de son corps, se permettant une nouvelle remarque, à laquelle l’autre répondit avec une surprise qui sonnait presque sincère. Olivia aurait pu la croire, dans un autre contexte. Mais elle en savait trop pour ne pas être de ceux qui lisaient ces torchons, que ce soit dans une salle d’attente quelconque, pour passer le temps, ou par réel plaisir. Il était impossible qu’il en soit autrement. Elle ne voulait même pas penser à la possibilité que la gitane puisse avoir obtenu ces informations autrement. C’était impensable.

Elle ne sut pas ce qui l’empêcha de s’en aller à l’instant même où elle finit sa dernière phrase. Son éducation, qui lui disait qu’on ne s’éloignait pas sans les salutations de mise ? Ou quelque chose de plus pernicieux, ce magnétisme auquel elle n’avait pas fait attention jusqu’à présent et qui la forçait à ne pas tourner le dos à celle qui disait avoir encore quelque chose à lui dire ? Ou ce ton enjôleur avec lequel elle l’interpelait ? Un mélange de tout cela, très certainement, qui l’amena à rester un peu plus longtemps. Trop longtemps. Si elle avait su…


« Qu’est-ce que… qu’est-ce que vous faites ? »

Sa voix sonnait comme embrumée à ses propres oreilles. C’était extrêmement étrange, d’autant plus qu’elle avait senti que, ces dernières minutes, elle avait perdu le contrôle de cet accent hispanique qu’elle cachait fort bien en temps normal. Mais le plus étrange, dans tout cela, c’était certainement l’attitude de sa vis-à-vis, qui… léchait sa main ?! Mais qu’est-ce qui lui prenait de faire une chose pareille ? Et qu’est-ce qu’il lui avait pris à elle de la laisser faire, surtout ?! Elle ne se souvenait même pas l’avoir laissée lui prendre la main à nouveau. Oh, tout cela ne lui disait rien qui vaille. Elle avait un mauvais pressentiment…

Une demi-seconde plus tard, Olivia atterrissait contre un mur de brique de façon assez violente pour être légèrement assommée. Pour autant, son regard sombre était écarquillé et laissait échapper une peur qu’elle aurait traduite en un cri si elle en avait eu l’occasion. Mais la main du Vampire (car il n’y avait plus de doute, avec les crocs qu’elle pouvait voir) l’en empêchait. Cependant, Madame Luz-Descalzo tentait tout de même de se faire entendre. Des paroles inintelligibles, d’autant plus qu’elles étaient atténuées par la main qui recouvrait sa bouche. Un appel au secours que personne ne pourrait entendre, que personne ne pourrait comprendre. La peur surpassa la sensation d’étourdissement, et la brune sentit son cœur palpiter. Cela devait certainement se voir sur toutes les veines visibles aux yeux de cette Créature du Diable. Si c’était encore possible, le regard de la mexicaine s’agrandit plus encore. Allait-elle mourir ici, ce soir ? Dans cette ruelle ou personne ne penserait à venir la chercher, sucée jusqu’aux os par un Monstre sans âme ? Retrouverait-on seulement son corps un jour, où cette Horreur allait-elle aussi se charger de jeter son cadavre au fin fond du Bayou ?

Ses réflexions furent stoppées par une phrase que la rousse prononça. « C’est ta faute. » Trois mots qu’elle avait pensés bien plus souvent qu’à son tour, dits sur un ton froid qui lui aurait glacé les sangs si elle n’avait pas été aussi effrayée. Comment pouvait-elle savoir une chose pareille ? Comment pouvait-elle atteindre ainsi des pensées qu’elle tentait d’enfouir au plus profond d’elle, cette culpabilité qui la rongeait jour après jour sans qu’elle ne parvienne à s’en sortir ? Ces Immondes Créatures avaient-elle également accès au subconscient de personnes comme elle ?

Autant de questions qui n’auraient plus lieu d’être dès lors que les crocs de la Tzigane s’enfoncèrent dans sa chair. La douleur qui lui fit brièvement froncer les sourcils s’évanouit bientôt au profit d’une sensation qui fit rouler ses yeux dans leurs orbites et tomber la tête en arrière contre la brique. Au fond d’elle, quelque chose hurlait de douleur et de rage. De peur aussi, d’une frayeur immense. Mais cette voix n’avait plus le moindre poids. Elle était spectatrice de sa propre déchéance. Son esprit ne répondait plus, c’était son corps qui prenait les commandes. Corps qui tentait désespérément de tendre le cou, comme pour demander plus de plaisir.

Voilà qu’elle se damnait en succombant aux pouvoirs de la Luxure de ces êtres aux dents longues. Plus rien d'autre n'avait d'importance et pourtant, quelque part au fond de son être, une petite voix continuait de hurler et de prier qu'on lui vienne en aide.


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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Mar 10 Fév - 22:21

Voila ce qui arrive lorsqu’une jeune vampire, violer, tabasser et vider de son sang par celui qui l’a transformé refoule totalement sa nouvelle nature. Elle ne se nourrie pas suffisamment pour contrôle ses nouveaux instincts, et quand une contrariété vient elle perd le contrôle.

Comme c’est triste. Elle était pourtant si bien partie pour rattraper la merde dans laquelle elle était tomber. Tomber sur la tutrice après avoir été abandonné, être prise en charge. Et finalement perdre les pédales et viole une des trois lois des vampires. Elle saute à la gorge d’une dame tout se qu’il y a de plus convenable.

Elle lui offre de lui faire apporter une écharpe, elle accepte par charité de la regarder faire son numéro. Et c’est comme ça qu’elle la remercie ? En lui éclatant la tête contre un mur de brique, la mordre sauvagement et lui dire que c’est sa faute par-dessus le marcher.

La voila qu’elle ne peut pas s’arrêter. Elle ne contrôle pas sa soif. A tel point qu’elle n’a pas remarquer la créature métamorphe et l’odeur de sa peur qui s’approche.

Quelle tristesse…
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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Dim 15 Fév - 18:40

Un appel au secours retentit. Elle bondit au dehors sans réfléchir.

C'était fou comme parfois les réflexes allaient à l'encontre de ce que le bon sens nous dicterait dans un premier temps. Comme une intuition qui finalement serait la bonne n'était rien d'autre que l'expression d'une peur infondée. Car l'instinct d'un animal le trompe rarement, voire jamais. Celui d'un métamorphe n'était pas moins fiable, juste plus surprenant, non pas parce qu'il était moins logique, simplement parce qu'il s'opposait parfois, voire souvent, au bon sens inventé par les humains. Encore une question de points de vue qui ne pouvaient pas être opposés ni mis en parallèle tant ils étaient différents. C'était sans doute pour cette raison qu'elle préférait attaquer la menace avant qu'elle n'en fasse trop, parce que les ocelots sont des animaux solitaires, territoriaux, qui détestent avoir un autre prédateur dans leur environnement et qu'ils préfèrent les mettre dehors. Et tant pis si elle ne faisait pas plus d'une bonne dizaine de kilos, elle aurait toujours bien assez de dents et de griffes pour faire mal, pour repousser cette chose. Dès lors qu'elle était dehors, avait-elle vraiment le choix ?

En un éclair elle fut à l'angle de la cour intérieure, tout près des deux femmes et même avec le peu d'éclairage public qui s'offrait dans cette rue, elle parvenait à parfaitement distinguer ces deux silhouettes à demi-enlacées dans une situation peu confortable. Elle n'avait pas le temps de considérer le tableau, à vrai dire elle n'avait aucune envie d'en conserver un quelconque souvenir, mais sans doute qu'il y avait une certaine beauté dans le tragique à trouver dans la position de ces deux corps qui n'avaient pas d'autre choix qu'être là, liés l'un à l'autre, l'esprit du premier perdant peu à peu le contrôle sur ses bras, ses jambes. Oui, si la situation n'avait pas été aussi dramatique, il y aurait sans doute eu un beau cliché à prendre. Malheureusement la réalité était bien moins jolie que la surface lisse d'un papier glacé dans une salle d'exposition.

Calculant seulement la force qu'elle mettrait dans ses pattes, elle sauta d'un bond qu'elle espérait suffisamment puissant, griffes en avant, sur la femme vampire, sans un cri, sans un grondement. Quite as a mouse, comme ils disaient dans le coin. De toute façon, ça n'aurait rien changé. La femme vampire ne paraissait pas capable de faire attention à ce qui l'entourait, bien trop occupée à son œuvre de sangsue. Si elle n'était pas elle-même une carnivore avérée sous forme totémique, elle serait sans doute dégoûtée par l'odeur du sang. Elle ne savait même pas vraiment ce qu'elle ressentait, elle savait juste qu'elle devait éloigner cette chose, la blesser, l'empêcher de revenir, la faire fuir ! Peu importait, il fallait mettre un terme à cette situation. Tout de suite.

Ses griffes s'accrochèrent dans les chairs de la demi-morte et prenant un appui qu'elle espérait assez puissant, elle pesa de tout son poids sur l'épaule et le flanc de la rouquine, laissant échapper un grognement rageur alors même qu'elle n'aurait pas fait la fière dans d'autres circonstances. Le corps sous ses pattes s'affaissa légèrement, du moins fut déstabilisé et elle dut se contorsionner pour reprendre un minimum d'équilibre avant de retomber sur le sol, parfaitement en suspension sur l'avant de ses pattes, tous ses muscles sous tension. Sans même attendre, le souffle court, elle poussa une sorte de cri puissant qui se voulait menaçant. Ce n'était pas vraiment la nature des ocelots de faire du bruit, même lors d'une confrontation. A vrai dire cette puissance vocale ne leur servait pas à grand chose si ce n'était se retrouver quand la saison le voulait. Cependant, elle avait dû largement informer tout le quartier qu'un félin mécontent se trouvait dans les rues, quand bien même ce cri n'était pas identifiable pour les habitants du coin. Parfois, être un animal méconnu des populations n'a pas toujours ses avantages. Surtout quand on ne pousse pas de beaux rugissements rageurs comme le font les tigres ou les lions. On peut toujours avoir d'autres atout, cela dit !

Ne sachant pas forcément quel effet cela pourrait bien faire mais prise dans son élan, elle fit quelques pas d'intimidation vers son adversaire du moment, à demi appuyée uniquement sur les pattes arrières, lançant d'amples coups de griffes dans le vide, se rapprochant de bond en bond de la femme vampire, les babines toujours retroussées sur ses dents pointues. Ne pas la mordre. Ne pas la mordre. Si elle se retransformait, elle perdait pas mal d'avantages et d'options d'intervention. Attaquer seulement avec les griffes, juste les griffes !

Elle ne savait pas quel drôle d'air elle devait avoir, toutes griffes dehors, rugissant sans vraiment produire un son digne de ce nom, perchée sur ses muscles tendus, le poil hérissé. Un bien beau petit diable tantôt sur deux pattes, tantôt de nouveau à plat sur le sol, comme prêt à bondir. Elle ne cherchait qu'à l'intimider, qu'à la faire partir. Elle doutait de pouvoir faire plus à l'instant, alors elle espérait que ces trois bonds et ce gros dos alternés pourraient y faire quelque chose.
Ne pas la mordre. Ne pas la mordre. Surtout, ne pas la mordre...
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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Mar 17 Fév - 6:20

C’était honteux. Délicieux. Révoltant. Transcendant. Humiliant. Terriblement excitant. Autant d’émotions qui se mêlaient dans l’esprit de la multimilliardaire alors que ces crocs démoniaques enfoncés dans la chair de son cou récoltaient son sang sans vergogne, et sans qu’elle puisse y faire quoi que ce soit. Il n’était pas dit qu’elle veuille faire quelque chose contre cette intrusion, d’ailleurs.  Ses peurs et sa révolte, sa révulsion, s’étaient envolés dans l’acte, jugulés par les atouts du démon qui s’arrangeait pour ne garder que le plaisir. Oh, pour sûr, tous les sentiments négatifs referaient surface aussitôt que les canines tentatrices quitteraient le cou de la mexicaine. Mais la Tzigane ne semblait pas prête de laisser cela arriver.

Olivia avait bien les yeux ouverts, mais on ne pouvait pas vraiment dire qu’elle prêtait attention au paysage, ou qu’elle était ancrée dans la réalité. C’était plutôt tout le contraire, raison pour laquelle elle ne comprit pas immédiatement ce qu’il se passait. Tout ce qu’elle vit fut une ombre fondre sur son tendre bourreau. Et soudainement, il n’eut plus rien de tendre. Dans un geste qui paraissait à la fois mécanique et totalement irréel, la quarantenaire passa une main dans son cou. Le liquide poisseux se colla à ses doigts, et ce fut comme un révélateur. Ce qui venait de se passer la frappa de plein fouet, dans toute son horreur.

Ses jambes tremblèrent sans qu’elle parvienne à savoir s’il s’agissait de la terreur qui reprenait peu à peu possession de son corps, ou du manque de sang qui l’avait affaiblie. Un savant mélange des deux, certainement, eut-elle néanmoins la présence d’esprit de se dire alors qu’elle se laissait tomber contre le mur de brique, descendant lentement jusqu’à s’asseoir au sol, les genoux repliés devant elle. Elle venait certainement de ruiner l'une de ses plus belles robes, et pourtant c’était le dernier de ses soucis. Et sa main n’avait toujours pas quitté ce cou qui continuait de laisser s’écouler la substance carmine, bien qu’avec moins de force.

Les yeux fixés sur le mur en face d’elle, Olivia semblait perdue dans un autre espace-temps. Les cris (étaient-ce des rugissements ?!) lui parvenaient, évidemment, mais pour elle c’était comme si tout cela ne la concernait pas. Elle tentait simplement de faire le point sur ce qu’il venait de se passer. Une jeune femme, qu’elle avait prise pour une simple gitane cherchant à gagner un peu d’argent, une pauvre fille qui n’avait certainement pas eu une vie facile, l’avait arrêtée pour lui lire l’avenir. Et puis l’échange avait dégénéré, elle se souvenait avoir été à deux doigts de perdre sa constance. Et puis…une Vampire. C’était une vampire, un démon qui lui avait planté ses hideux crocs de Monstre dans le cou et qui…qui… Elle n’arrivait même pas à mettre de mots sur ce qu’il s’était passé. C’était à la fois trop proche et trop lointain. Elle avait l’impression d’avoir vécu mille ans depuis cet acte horrifiant, tellement les ressentis qu’elle avait expérimentés sur le moment et ceux qui s’imposaient à elle à présent étaient différents. Pire, diamétralement opposés, à la limite de la compréhension pour son esprit clairement traumatisé. Il lui faudrait bien plus de quelques minutes pour s’en remettre…Si elle s’en remettait réellement.

Un mouvement plus soudain qu’un autre dans sa vision périphérique lui fit brièvement reprendre conscience qu’elle n’était pas seule. Elle n’avait aucune idée de ce qu’il se passait exactement, mais plusieurs choses étaient certaines : elle n’était pas en état de se mouvoir, bien qu’elle souhaite s’enfuir à toutes jambes. Et elle ressentait une terreur qu’elle n’avait pas le souvenir d’avoir expérimentée auparavant. Son regard s’agrandit d’effroi, et un murmure aussi craintif que plaintif s’échappa de ses lèvres tandis qu’elle tendait son bras libre devant elle, dans un maigre geste de protection.


« Se lo ruego… no me haga daño… por favor… »

Elle ne s’était même pas rendu compte qu’elle s’était exprimée non pas en anglais, mais bel et bien dans sa langue maternelle. L’aurait-elle compris qu’il lui aurait paru irréalisable de parler autrement qu’en espagnol, tant elle était déphasée et apeurée. Pourvu qu'on la laisse tranquille, c'était tout ce qu'elle souhaitait. Qu'on la laisse tranquille. Qu'on ne lui fasse pas de mal...
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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Lun 23 Fév - 14:37

« AAAAAÏÏÏÏÏÏEEEEE !!! » Je me recroqueville sur mon épaule et mon flanc gauche. Quelque chose vient de me griffer, c’est à peine si il ne ma pas arracher des morceaux. Ça brûle. Mais pour quoi il a fait ça ?

« Sergueï, qu’est-ce qui te prend ? » Ma voix est pleine de reproches pour mon animal de compagnie. Il est fou ce chat ! …Une petite minute…Où je suis ? Je me redresse un peut, la main toujours sur mon épaule et l’autre bras collé contre mon côté. Heu…Ce n’est pas chez moi ici. Bien sur que ce n’est pas chez moi, je suis dans une rue. Qu’est-ce que c’est que ça ? Il est énorme ce chat ! On dirait presque un gros félin mais miniature. Et il n’a pas l’air contant du tout. Je lâche mon épaule pour mettre mon bras devant moi en protection. J’essaye de me calmer, je sais bien que si je lui montre que j’ai peur il va encore m’attaquer. Mais comment veux-tu que j’arbore un visage serein quand j’ai le plus gros félin que j’ai vue d’aussi près en liberté, me montrer clairement qu’il va m’attaquer ? La dernière fois que j’ai vue Sergueï comme ça, il essayait de faire fuir un alligator. Qu’est-ce que j’ai eu peur cette fois là.

« Du…du calme. Je voie bien que je t’ai contrarié, mais… » Attend un peut… Cette odeur...c’est un métamorphe ! Pas étonnant qu’il ne soit pas ravi de me voir. Il ne doit pas être comme celui que j’ai mordu en boite, qui lui ne demander que ça. Il doit croire que je l’ai traqué à l’odeur et que je viens le mordre. Mais je ne l’avais même pas remarqué. J’essaye de me faire rassurante. J’écarte doucement les bras de mon corps, j’ouvre les mains en signe de paix, mais je reste prête à courir pour m’éloigner de la ruelle.

« Pardon. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas là pour vous mordre. Je ne savais même pas que vous étiez ici. Je ne… » Houlà ! Mais j’ai quoi dans la bouche ? Une seconde, j’oublie le métamorphe prêt à me sauter dessus et je passe le dos de ma main sur ma bouche. Ce que je voie, m’horrifie.

« Mais qu’est-ce que… »  Ce n’est pas possible, pour quoi j’ai du sang dans la bouche ? D’où sort ce sang ? Je ne me souviens pas avoir prit une poche de sang avec moi et l’avoir bue dans cette ruelle. Qu’est-ce qui m’arrive. J’ai peur ! Une voix très faible monte derrière moi. Je pousse un cri de surprise et me retourne doucement.

« Qu’est-ce que j’ai fais ? » Plus rien à faire du métamorphe dans mon dos. Il peut bien m’attaquer s’il veut. Car si ce que je voie est bien se que je crois, je mérite de mourir sur place. La grande dame est par terre contre le mur, la main sur son coup n’arrive pas en empêcher un mince filet de sang de couler. La vue de ce liquide vermeille me noue l’estomac. Je l’ai mordue ? Pour de vrai ? Je me suis vraiment jeté sur elle, et je l’ai mordue. Comme un animal affamé ? Quelle horreur ! Je n’y crois pas, ce n’est pas possible. Je n’ai pas put faire ça. Et pourtant, elle est bien là sous mes yeux, la preuve de mon acte abominable. Je me jette à terre.

« Pardon. » Le métamophe grogne, ou fait quelque chose dans ce genre là dans mon dos. Il grogne, crache, jette la patte en avant, mais ne semble pas décider à m’attaquer. Même pour lui je suis un monstre qu’il ne fait pas approcher.

« OH VOUS CA VA HEIN ! Puisque je vous dis que je ne veux pas de votre sang ! » J’ai un sanglot rageur dans la voix. Quelle horreur. Je suis un monstre. Je lui ai pris son sang, je l’ai dévoré. Quelle horreur ! Une nausée remonte du fin font de mes entrailles. Je ne sais pas si elle est réelle, ou si c’est dans ma tête mais je penche la tête sur le côté, et essaye de vomir tout ce sang que j’ai avalé. Je refuse de l’avoir dans mon corps.  Je vais jusqu’à me coller deux doigts au fond de la gorge et essaye de me faire tousser. Mais quelle horreur ! Je suis pitoyable. Voilà que je pleure maintenant. Il faudra bien que j’assume se que je suis. Mais ça ne me plait pas je l’avoue, d’avoir volé le sang de cette femme.

Enfin, j’arrive à faire autre chose que me faire vomir. Je me redresse un peut, mais je n’ose pas m’approcher d’elle. Elle doit me voir comme un monstre. Elle aurait raison. Seul un monstre pourrait faire ça. Voler le sang de quelqu’un.

«  Pardon pardon pardon pardon pardon… » Je suis lamentable à m’excuse r en pleurant. Il fait que j’arrête. Que je me reprenne. Qu’est-ce que je peux faire ? L’amener à l’hôpital ? Non mais ça ne va pas ? Si je la touche, je risque encore de perdre le contrôle…surtout avec cette odeur de sang si déli… Quelle horreur !

A quatre patte, j’attrape mon étuis à violon et sors un billet de sous l’instrument. Je crois bien que j’ai… oui ! Un stylo noir dans une poche. Bon c’est plus qu’un marqueur, mais ça fera l’affaire. Je me tourne vers le métamorphe tout en gribouillant mon numéro de portable sur le billet.

« Je ne voulais pas… Je vous le jure. Je n’étais pas sortie pour ça. » J’ai bien du mal à empêcher ma voix de trembler. Mais je veux absolument qu’il comprenne que ce n’est pas moi ça ! Enfin, je veux dire, que ce n’est pas se que je fais…que…que. Même dans ma tête je n’arrive pas à formuler les choses. Je me tourne dans la direction de la dame. Là, maintenant, tout de suite, elle me terrifie. D’une main tremblante je fourre le billet dans son sac. Je ne peux rien faire de plus. Si je la touche… Je me lève d’un bond. Attrape mes affaires et commence à reculer vers la sortie de la ruelle.

«S’il vous plait. Amenez-la à l’hôpital. Si je la touche, je… je ne sais pas si j’arriverais à me… Oh quelle horreur. Pardon ! Je ne voulais pas… » Ce n’est pas la peine, je n’arriverais pas faire de phrase plus cohérente que ça, alors à quoi bon ?J’inspire à pleins poumons même si je sais que ça ne sers à rien, mais ce réflexe me calme un peut.

« S’il vous plait, occupez vous d’elle. Par pitié, dites lui que je suis désolé et que je n’aurais de cesse d’obtenir son pardon. Que… » Mais qu’elle idiote ! Pour quoi est-ce qu’il l’aiderait ? Pour quoi est-ce qu’il lui dirait ? Juste parce que je le lui demande ? Je suis un monstre. Même lui à peur de moi.

«Pardon » Mon étuis sous le bras, je me retourne et pars le plus vite possible. Jamais encore, je n’avais tapé un tel sprint dans ma vie. Mais qu’est-ce que je peux faire de plus ? Rester et me faire griffer à mort ? Rester et terroriser la dame encore plus qu’elle ne doit l’être ? Bon sang ! Je croyais que ma personnalité n’allait pas être altérée. Que j’allais rester la même personne. Bess m’aurait mentis pour ne pas m’affoler ? Est-ce que je deviens quelqu’un d’autre ? Qu’est-ce que je vais devenir ? je vais disparaitre petit à petit et devenir un monstre ? J’aimerais trouver un trou et me cacher et surtout, ne plus en sortie. Mais quelle horreur ! Il faut que je disparaisse, il faut que je parte, il faut…

Attends stop ! Je suis où là ? Coup d’œil droite, gauche…J’hallucine ? Ça fait combien de temps que je cours ? J’ai presque quitter la ville, c’est…wouha ! C’est surtout pas le moment de s’extasier sur ce que je peux faire maintenant que je ne m’essoufflai plus. Il est grand temps que je rentre chez moi. Je ne suis pas prête d’en sortir.

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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Dim 8 Mar - 19:48

Par un heureux hasard, la femme vampire fut sensible à ses griffes. Par miracle, elle-même avait résisté à l'envie d'utiliser ses crocs pour attaquer la tzigane. C'était sans doute égoïste, mais elle préférait encore conserver sa forme animale si elle devait se carapater en cas de riposte. Si cette humaine avait deux sous de jugeote, elle se lèverait et partirait en courant tant qu'il en était encore temps. D'un autre côté, elle ne pouvait pas la blâmer, qu'aurait-elle fait elle-même à sa place sans la force naturelle des métamorphes, qui n'était certes pas grand chose comparée à celle d'un vampire -encore que cela dépend du vampire, tout comme cela dépendait du métamorphe- mais toujours plus efficace que rien du tout ou si peu. C'était aussi bien facile de faire la maline tant que ce n'était pas elle qui avait mordue. Dans pareille situation, un treuil n'aurait pas été suffisant pour la décoller du sol et faire sortir ses ongles du mur, quand bien même on vous raconte tout un tas d'histoire sur le plaisir procuré lors d'une morsure de vampire. Elle ne voulait pas y croire. Elle avait déjà été mordue par le passé, par un félin, elle savait pertinemment que c'était tout sauf agréable. Et il était simplement hors de question qu'on lui fasse une démonstration pour lui prouver le contraire, elle préférait laisser ça aux masochistes qui déguisaient leurs désirs de douleur derrière des excuses chimériques. Autant se faire mordre par un serpent, c'était le même nombre de crocs ou de crochet et sans doute le même effet.

La gitane s'adressa à elle, finalement, de façon directe. Elle ne devait pas avoir mis beaucoup de temps avant de comprendre qu'elle était face à un métamorphe. Outre le simple fait qu'un ocelot ne vit en général pas dans cette région, l'odeur ne trompait pas. C'était bien là toute l'origine du désamour entre vampires et changelins, le fait de pouvoir se pister à l'odeur et ce même sans avoir au préalable marqué son territoire, même si pour les vampires dont le système rénal ne fonctionne plus, cette opération paraît déjà plus difficilement réalisable. Elle étendait les bras, mains ouvertes, paraissait plus effrayée que prête à attaquer en échange. Ce n'était pour autant pas pour rassurer Brume qui préférait continuer son petit manège d'intimidation dans l'espoir un peu fou de faire courir pour de bon cette créature des enfers. Elle sembla alors toute absorbée dans la contemplation de son œuvre, et ce sans aucune fierté. Il y avait peut-être finalement espoir, cette jeune créature avait peut-être une chance de ne pas devenir une tueuse en puissance, mais s'en réjouir n'était pas dans la liste des priorités pour l'instant.

Les tentatives de la faire fuir n'eurent pour tout résultat que faire lever la voix à l'importune. Oui, ça elle avait compris qu'elle n'en voulait pas après son sang, et de toute façon qu'elle essaie ! Tout ce qu'elle voulait, c'était qu'elle dégage de là. Quelque part, le fait qu'elle précise ne pas vouloir de son sang ne la rassurait pas et l'engageait à ne pas abandonner ses positions défensives. Sans plus faire de bruit, elle se glissa sur le côté, faisant le gros dos, prête à bondir au moindre signal, à montrer les crocs -mais ne pas les utiliser !- mais surtout à ne pas la laisser toucher à nouveau cette personne. Elle ne la connaissait ni d'Eve ni d'Adam, peut-être de visage ou peut-être de nom, sans doute qu'elles ne se seraient pas calculées en se croisant dans la rue, mais ce n'était pas une raison pour l'abandonner à ce genre de sort. Puis, venues de nulle part, des pleures s'élevèrent dans la nuit, comme la seule chose sensée depuis le début de cette soirée qui prenait des tournures de plus en plus étranges.

De ses yeux d'or, elle surveillait chacun des mouvements, chacune des inclinaisons du corps de la gitane. Bon sang mais qu'est-ce qu'elle fichait ? Elle s'apprêtait à montrer les crocs quand elle comprit ce qu'elle était en train de faire. Laisser son numéro. Comme quelqu'un qui, en assumant sa responsabilité dans un accident de la route, aurait laissé le sien à la famille ou l'accompagnateur d'une personne qu'il aurait renversé, ou aux autorités. Il y avait bien peu de personnes dans son genre à ce jour, et l'espace d'un instant, Brume eut de la peine pour cette jeune femme qui n'avait pas l'air de savoir se contrôler et sans doute ne devait pas s'être transformée en buveuse de sang depuis très longtemps. La vie est souvent faite de choses injustes, et ce semblait être le cas pour elle. Si elle n'avait pas l'air si imprévisible et si elle avait eu ses bras, la péruvienne l'aurait sans doute prise dans ses bras pour la consoler et lui promettre qu'elle s'occuperait de cette femme, qu'elle ne devait pas s'en faire. Elle lui aurait sans doute aussi conseillé de rentrer chez elle et prendre un bon chocolat chaud, mais en l'état, ça n'aurait été que lui rappeler à quel point elle était loin de partager des données communes avec des personnes plus proches de la vie. Mais elle se contenta de rester campée sur ses pattes, un peu moins vindicative mais toujours prête à se défendre au cas où. Elle se perdait dans ses excuses. Oui, tout cela elle pourrait bien lui dire, mais les prières hispaniques de cette pauvre femme ne lui donnerait peut-être pas le loisir d'apprécier à sa juste valeur ces excuses qui avaient certes lieu d'être. Mais n'étaient peut-être pas audibles pour tout le monde. Elle ferait un essai quand la dame serait moins choquée. Dans un froissement de jupe, la vampire partit à une vitesse exceptionnelle et unique à cette race. Si seulement ses cordes vocales lui avaient permis de produire le moindre son rassurant. Malheureusement les ocelots n'étaient pas les champions de la communication sonore. Tant pis, ça n'aurait de toute façon rien changé.

Bien. Maintenant commençait la partie amusante. Avant toute chose, se retransformer, en gros chat elle ne pouvait pas faire grand chose. Et garder un œil sur cette femme, on ne savait jamais ce qui pouvait traîner d'autres dans les rues, et une absence d'une minute pouvait être l'occasion d'un bon nombre de choses indésirables à commencer par un vol de sac à main jusqu'à un vol de dame tout court. Ce qui serait fortement fâcheux, elle devait encore l'amener à l'hôpital ou du moins s'assurer que quelqu'un de confiance l'y emmènerait. Il y avait des cas où elle trouvait que la transformation pouvait être tout de même plus rapide. C'était surtout pénible de ne pas pouvoir faire ce que l'on souhaitait en attendant. En l'occurrence, rassurer la personne. Elle était en état de choc, c'était quelque part une bonne chose. Elle ne tenterait rien à l'encontre de ce qu'elle ferait si elle n'avait d'ici à ce qu'elle redevienne humaine pas le temps de revenir complètement à elle. C'était une pensée horrible, ne pas vouloir que quelqu'un revienne à lui, mais elle n'avait pas véritablement le choix, elle devait le reconnaître.

Quand elle put se mettre sur pieds, certes nue, elle se rapprocha de la mexicaine et se mit un genou à terre près d'elle. Bon, déjà, comment lui parler ? Elle avait l'air d'avoir choisi sa langue maternelle, elle lui parviendrait sans doute mieux aux oreilles.
« Que no se preocupe, señora. No le voy a dañar, soy aquí para ayudarla. Lo siento para lo que vio, pero no tenía otra elección para protegerla. Ahora, vamos a ir en un lugar más seguro. »
Ne pas lui laisser le choix, de toute façon, elle ne l'avait pas. C'était parti pour le côté délicat de la chose. Elle aurait certes pu la faire marcher, mais elle avait peur que ça ne soit trop difficile de la guider jusqu'à la porte. Et puis elle aurait le choix de partir en courant, le loisir de le faire, et ce pourrait être la source de nombreux problèmes. Dans ce foutu pays et avec toutes ces lois, elle pouvait encore avoir d'autres problèmes, surtout en tant qu'outre, pour ne pas avoir aidé une personne en danger. Alors non, autant prendre ses responsabilités jusqu'au bout.

Le plus doucement possible, elle prit la main qui était de son côté et la souleva dans la sienne, préparant un geste pour passer le bras de la mexicaine derrière son cou. Oui, elle était plus grande, mais elle allait la porter. Ce ne serait pas un grand exploit, elle ne devait pas peser bien lourd.
« Ahorita me voy a llevarla hasta mi tienda. Podrá llamar alguien para cogerla, ¿mh? Que no tenga miedo, ahora nada mal puede pasarle. »
Le sac sur les genoux de la dame, le bras sous les genoux, elle resserra sa prise sur les côtes, autour des jambes, prit un bon appui sur ses pieds nus puis la souleva d'un coup comme elle aurait soulevé une enfant, même si la taille de cette femme la déstabilisa au départ. Le seul problème d'être relativement petite dans le coin, même s'il ne lui arrivait pas tous les jours d'avoir à transporter du monde. Et encore, une chèvre et une mexicaine, ça commençait déjà à faire beaucoup !
D'un pas rapide et assuré, elle retourna dans la cour intérieure puis poussa la porte entrouverte de son dos. La salle de nuit ne devait pas avoir l'air bien rassurante, mais elle devrait s'y faire, elle ne pouvait pas allumer la lumière de suite. Le plus délicatement possible, Brume posa son fardeau sur une chaise que les clients métamorphes utilisaient d'ordinaire pour poser leurs affaires avant de passer sur la table, puis alla refermer la porte à clé et allumer la lumière. Le contraste fut violent, mais elle n'avait pas vraiment le temps de s'en incommoder. Elle se rhabilla en vitesse, puis fonça dans sa réserve pour aller chercher de quoi faire un pansement certes sommaire mais qui aurait peut-être le don de rassurer son invitée. Allumer la bouilloire au passage, tiens, ça n'était pas bête. Lui proposer un petit thé pour essayer de la réconforter. Rien ne coûtait d'essayer, si ce n'était un refus.

Elle revint alors dans la pièce où elle avait laissé la mexicaine, s'armant d'un sourire juste assez large pour ne pas paraître trop forcé. Certes, la peur la tenaillait encore, mais elle n'était pas la victime, elle se devait d'agir avec maîtrise et ne pas céder à la panique.
« Ne vous en faites pas, je vais vous nettoyer la plaie et vous faire un petit pansement le temps qu'on vous emmène à l'hôpital. Vous voulez appeler quelqu'un ? »
Elle se rendit compte trop tard qu'elle venait de repasser par l'anglais, mais après tout, elles arriveraient bien à se comprendre. Elle posa sur sa table de toilettage la bouteille de désinfectant, les ciseaux, le scotch médical et les compresses. Pas grand chose, mais mieux que rien. En cachant ses tremblements, elle commença à nettoyer le sang sur la peau laissée visible d'une main ferme mais douce, espérant que ce serait suffisant pour qu'il n'y ait pas de protestations. Au pire du pire, elle aurait suffisamment de miroirs dans le salon pour se débrouiller toute seule si elle le désirait.
« C'est assez rare de croiser des vampires qui ne se maîtrisent pas, vous n'avez pas eu de chance. Je n'aime pas beaucoup ces créatures non plus, je n'en laisserai pas une de plus approcher d'ici pour ce soir. Vous voulez boire quelque chose en attendant que quelqu'un ne vienne vous chercher ? Ça vous aidera peut-être à vous calmer et à retrouver vos esprits, vous avez subi un gros choc. »
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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Ven 17 Avr - 2:31

Bien sûr qu’elle aurait dû en profiter pour s’enfuir à toutes jambes. Une partie de son esprit, celle qui avait su rester lucide tout le long de ce cauchemar éveillé, lui hurlait à perdre haleine de prendre ses jambes à son cou et de partir sans jamais se retourner. Gaël ne devait plus être très loin maintenant, les embouteillages dans cette ville n’étaient jamais si longs… Mais combien de temps était passé, exactement ?

Jamais Olivia Luz-Descalzo n’avait eu l’impression d’avoir aussi peu de contrôle sur elle-même. C’était quelque chose qu’on lui avait toujours demandé, ce pour quoi on l’avait éduquée. Elle se contrôlait en tout temps, et les moments où elle se laissait réellement aller se comptaient sur les doigts de la main. Mais cette fois, c’était différent. Elle voulait, mais ne pouvait pas. Elle était incapable de bouger. Complètement amorphe. En état de choc.

La rousse –la Vampire !!!- semblait s’adresser à elle. Olivia la regardait sans la voir. Et pourtant, son corps réagissait : elle tremblait. Comme si, bien que son esprit ait brièvement cessé de répondre, son corps savait qu’il ne fallait pas que cette chose s’approche. Et alors que la gitane se penchait vers elle, les yeux sombres de la mexicaine s’agrandirent, terrorisée qu’elle était. Effrayée au plus profond d’elle-même, mais incapable d’esquisser le moindre geste, même pour s’éloigner du danger. Elle vit Esmera déposer quelque chose dans son sac à main, l’entendit parler à quelqu’un qu’elle ne voyait pas, trop concentrée qu’elle était sur la créature qui lui inspirait le plus de crainte, mais ne comprenait ni la portée du geste, ni le sens des paroles. Son cerveau avait tout bonnement cessé de fonctionner, concentré sur la seule et unique idée qu’elle ne voulait pas mourir ce soir. Elle ne pouvait pas. Que ce passerait-il, si elle partait dès lors assister à son Jugement Dernier ? Parviendrait-elle à atteindre le Ciel ? Elle en doutait fortement. Et en ce cas, comment pourrait-elle prendre soin de Sergio et Esteban depuis l’au-delà ?

A peine eut-elle pensé à son fils qu’Olivia sentit les larmes lui monter aux yeux. Ce fut certainement ce qui lui permit –en partie- de ne pas remarquer que la forme à quatre pattes se transformait lentement. Qu’allait-on dire à son fils ? Comment ce dernier parviendrait-il à tenir tête à l’ignoble Darian, si elle lui causait un nouveau malheur par sa disparition ? Il n’y aurait plus que Christian pour le soutenir. Oh, et Sergio, bien entendu, mais sa position au sein de la famille n’était pas encore suffisamment rétablie pour que son impact soit réellement bénéfique… Qui s’occuperait de son bébé, si elle n’était plus là ? Il fallait qu’elle survive, il fallait qu’elle se tire de ce pétrin, qu’elle s’en sorte !

A ce moment-là, Olivia aurait presque pu tenter de se lever et de partir. C’était sans compter sur la femme nue qui était soudainement apparue à ses côtés, et qui lui parlait dans sa langue maternelle. Abasourdie, la multimilliardaire se laissa faire. La vérité était que son esprit, retrouvant pourtant peu à peu ses capacités de réflexion, n’arrivait toujours pas à commander son corps. Elle aurait voulu s’enfuir, et les tremblements qui la parcourraient encore ne rendaient cette pensée que plus omniprésente encore, mais elle était incapable d’ordonner à ses muscles de faire le moindre mouvement. Ces Démons avaient-ils également la possibilité de paralyser les gens normaux ? Elle ne serait pas étonnée qu’on ne sache pas tout de ces monstres, mais elle n’aimait pas du tout l’idée.

…Ce qui expliquait certainement pourquoi elle se sentit soulagée quand la nudiste la prit dans ses bras et que, dans un réflexe insoupçonné, elle passa ses bras autour du cou de la jeune femme. Elle observa ses propres mains entrelacées derrière la nuque de la péruvienne (elle avait tout de même été capable de reconnaître son accent, comme quoi son cerveau semblait fonctionner à sa guise) pendant un moment, mais le rythme de marche la fit dériver vers le visage de sa porteuse (parce qu’elle n’imaginait pas avoir pu contrôler cela elle-même), qu’elle observait sans le voir. Elle n’avait pas les traits habituels des latinos, ou même leurs couleurs (qu’Olivia, entre sa peau mate et ses cheveux foncés représentait bien plus), mais il y avait un petit quelque chose qui traduisait ses origines hispaniques, même si la multimilliardaire n’aurait su dire quoi. Le fait qu’elle se soit jetée à son secours sans réfléchir, peut-être… ou peut-être y avait-elle réfléchi. Si ça se trouve, elle l’avait reconnue, et s’était portée à sa rescousse pour pouvoir lui réclamer de l’argent plus tard ? Non, Olivia refusait de croire cela. Elle gardait bon cœur et une gentillesse profonde, et si elle n’aurait pas osé s’approcher d’un Démon pour venir en aide à un(e) inconnu(e), elle n’était pas la dernière à aider son prochain…Du moins elle aimait à le penser.

La mexicaine cessa de se poser trop de questions quand l’étrange duo entra dans ce qu’elle pouvait reconnaître (sa vue dans le noir n’était pas excellente, mais il y avait tout de même de l’éclairage dehors) comme un salon de coiffure. Elle ne se rappelait pas la dernière fois qu’elle avait mis les pieds dans un tel endroit. Oh, elle avait dû, une ou deux fois, certainement avec Luisa, par pure curiosité… mais ça c’était arrêté là. Olivia n’aurait jamais laissé quelqu’un d’autre que Maribel s’occuper de ses cheveux, et ce depuis qu’elle avait décidé, à l’âge de 4 ans et demi, qu’elle était la meilleure coiffeuse que ses parents avaient jamais engagé ! Depuis, quand elle avait envie d’une coupe (ce qui arrivait à peu près tous les mois, parce qu’il était hors de question qu’on repère la moindre fourche, racine ou cheveu blanc du sommet de son crâne à la point de ses cheveux), elle envoyait le jet à la recherche de la mexicaine. Et personne d’autre. Maribel lui avait bien dit songer à prendre sa retraite bientôt, mais…

La vivacité de la lumière coupa Olivia dans ses réflexions. Elle cligna plusieurs fois des yeux, sans faire un seul autre mouvement sur sa chaise. Puis ses yeux se posèrent à nouveau sur le corps qui traversait la salle, vraisemblablement pour se vêtir, et elle retrouva enfin sa capacité de parole.


« Mais… vous… nue ! »

…Ou peut-être pas autant qu’elle l’aurait espéré. Il fallait dire que la situation était particulièrement cocasse, et si Olivia n’avait pas encore fait le lien entre la jeune femme, sa nudité et l’absence subite du gros chat de tout à l’heure (et il était possible qu’elle ne le fasse jamais, ayant cette superbe capacité –semblable à celle de son fils- d’ignorer tout ce qui la dérangeait, couplé à une naïveté proche de l’idiotie), il n’empêchait qu’une femme nue, dans la rue, et transportant une autre femme –en prime- n’avait rien de convenable ! Décidément, ce n’était pas sa soirée…

Et c’est sur cette réflexion –à priori- innocente que son cerveau se décida à fonctionner de nouveau. Elle venait de se faire agresser. Voler. De son sang. Par un Vampire. Brutalement, les tremblements reprirent, peut-être plus violents qu’un peu plus tôt alors qu’elle était effondrée dans cette ruelle. L’une de ses mains remonta à nouveau à hauteur de son cou, frôlant les plaies du bout des doigts. Une grimace peu convenable lui échappa. Etait-ce vraiment douloureux, ou c’était purement psychologique ? Elle n’était pas certaine d’avoir la réponse. Enfin, au moins, ça ne saignait plus abondamment. C’était déjà cela.

La jeune péruvienne revenait et s’adressait à elle. Cette fois, Olivia eut l’impression de contrôler son geste en tournant la tête vers elle. Elle retrouvait peu à peu ses esprits, mais restait assez calme. Il était fort probable qu’elle finisse par céder à l’hystérie, cependant. La propriétaire (supposait-elle, mais ce serait étonnant qu’elle ne le soit pas, ce genre d’endroit était rarement ouvert à cette heure tardive) lui posait une question, et il serait impoli de ne pas lui offrir de réponse… non ? Elle n’était pas sûre de parvenir à parler correctement, ceci dit, et décida donc d’hocher légèrement la tête, ses tremblements calmés, pour lui signifier que oui, elle devrait appeler quelqu’un. Pas qu’elle en avait particulièrement envie. Elle savait déjà que, quoi qu’il arrive, elle ne dirait rien de tout ceci à qui n’aurait pas besoin d’être au courant. Et, à part son chauffeur et garde du corps personnel, personne d’autre n’avait besoin de savoir ce qu’il venait de se passer. Il était hors de question qu’elle inquiète Sergio ou Esteban. Elle était vivante, tout irait bien maintenant…Inutile de les alerter.

La multimilliardaire sursauta violemment en sentant quelque chose dans son cou. Son regard sombre plongea dans le bleu de la jeune femme, les pupilles agrandies par la terreur.


« …Qu’est-ce que… ?! »

Elle se rendit compte, un peu trop tard, qu’elle ne faisait que nettoyer sa plaie, comme elle l’avait annoncé un peu plus tôt. Peut-être aurait-elle dû faire un peu plus attention à ses paroles… L’air penaude mais sans baisser la tête comme elle aurait pu en avoir le réflexe, légèrement tremblante, Olivia pinça les lèvres avant de se reprendre.


« Pardon je… Je suis désolée. Je suis... sous le choc. Je crois. »

Un éclat de rire qui n’avait rien de joyeux, et encore moins à voir avec son rire habituel, passa la barrière de ses lèvres. L’hystérie commençait peu à peu à monter. Olivia tenta d’inspirer profondément, cherchant à se calmer. Les paroles de sa sauveuse la rassuraient plus qu’elle ne pouvait l’exprimer, même si les larmes qui commençaient à remplir ses yeux puis couler le long de ses joues étaient révélatrices : maintenant que le choc était –à peu près- passé, le contrecoup se faisait sentir.

« Je… je ne sais pas… »

Elle balbutiait, comme une enfant, tentant vainement d’essuyer ses larmes d’une main, et en s’aidant de sa manche. Un mouvement qu’elle ne se serait jamais permis en temps normal, mais rien n’était normal à présent. Et puis, sa robe était déjà foutue alors… Quand bien même elle ne l’aurait pas été, le souvenir associé serait bien trop noir à présent pour qu’Olivia songe à la porter à nouveau. Quand elle y pensait, la seule chose qu’elle avait envie de faire à cet instant précis, c’était de serrer son fils dans ses bras aussi fort qu’elle le pouvait et lui chuchoter combien elle l’aimait. Elle avait bien failli tout perdre ce soir…

Tremblante, elle fouilla dans le sac qui était toujours sur ses genoux pour y trouver son téléphone portable. Le billet laissé par Esmera avait glissé depuis bien longtemps, mais il ne vint même pas à Olivia l’idée de s’en soucier. Elle déverrouilla le smartphone, qui s’illumina sur une photo qu’elle avait prise avec son fils lors de leurs dernières vacances. La vue du sourire resplendissant d’Esteban fit craquer ses dernières barrières, et elle tenta bon gré mal gré d’étouffer un sanglot. Une nouvelle slave de larmes essuyées vulgairement plus tard, elle trouva le courage d’ouvrir un nouveau message et de murmurer une nouvelle phrase.


« Peut-être… peut-être qu’un thé me ferait du bien, vous avez raison. »

Une phrase entière sans presque aucune hésitation ! Si elle n’avait pas l’air aussi misérable, on pourrait presque penser qu’il s’agissait d’une véritable évolution.
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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Dim 27 Déc - 19:34

Elle ne fit aucun commentaire quand elle s'excusa de s'être presque emportée quand elle avait commencé à la désinfecter. Après tout, on ne sait jamais comment on réagirait dans la même situation, et si elle-même n'avait pas paniqué quand elle était montée dans la voiture de la personne qui l'avait amenée au commissariat le plus proche, c'était bien parce qu'elle était beaucoup trop faible, même si elle se doutait au fond d'elle qu'elle aurait très bien pu décider d'attaquer cette personne, ce qui aurait été stupide. Une option comme une autre, néanmoins. Il fallait rester patiente et surtout ne pas envahir le peu d'espace vital qu'elle avait dans cet endroit inconnu. Elle avait déjà été choquée de sa tenue plus que légère, autant ne pas en rajouter une couche en se comportant de façon qui aurait pu passer pour grossière. Tandis que la belle dame fouillait dans son sac pour sortir son téléphone, elle vit le billet glisser au sol, mais ne fit aucun commentaire. Si le geste avait été volontaire, mieux valait éviter toute conversation qui aurait pu s'envenimer ou encore faire culpabiliser inutilement une victime.

Comme si de rien n'était, elle ramassa tout le matériel qu'elle venait d'utiliser pour la soigner et alla le jeter dans la poubelle qui se trouvait dans un coin de la pièce. Elle devait la laisser reprendre ses esprits, et pour l'instant à part lui adresser de légers sourires pas trop joyeux, elle ne pouvait rien faire. Elle n'était de toute façon rien ni personne pour lui proposer de parler, et à sa place n'importe qui se méfierait d'une inconnue, surtout après ce qu'il venait de se passer. Elle venait de se faire agresser par une femme, après tout, qui avait l'air plus jeune que Brume. La seule différence entre l'une et l'autre, c'était bien que la coiffeuse détenait un local dans lequel elles étaient enfermées à clés. Il pourrait se passer un millier de choses comme il pourrait ne rien se passer du tout. Mieux valait faire en sorte que son invitée impromptue sache qu'elle n'avait rien à craindre. Elle lui jeta un coup d'oeil quand elle affirma bien vouloir boire quelque chose. Elle avait son téléphone dans les mains, semblait au bord de la crise de nerfs. La métamorphe l'avait entendue sangloter. Elle se doutait que ce ne devait pas être facile. Comment réagirait-elle si elle avait été mordue à sa place, et de façon aussi brutale ? Elle tenta de prendre sa voix la plus rassurante, et un léger sourire aux lèvres, essaya de répondre le plus naturellement du monde :

« Oui. Je vous apporte ça tout de suite. Je serai dans ma réserve, je laisse la porte ouverte, ne vous en faites pas. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous m'appelez. »

Et joignant le geste à la parole, elle laissa la porte en bois vernis grande ouverte, laissant entrevoir la machine à laver qui ne demandait rien d'autre que d'être ouverte et vidée des serviettes qu'elle contenait et des étagères remplies de produits en tous genres. Rien de bien inquiétant, un salon de coiffure comme les autres, et c'était bien le but de la démarche, lui montrer qu'il n'y avait rien à cacher. Elle attrapa la bouilloire sur la table qui avait fini de chauffer, prit une théière qui trainait sur le bord de son évier, dans le récipient à thé duquel elle mit une bonne cuillère à soupe de thé blanc, le tout à une main, avant de verser l'eau bouillante sur les feuilles pour les laisser infuser un moment. Elle sortit deux tasses d'un petit meuble sous l'évier de ce qui devait être à l'origine une cuisine à l'arrière d'une maison possédée par des gens plus fortunés qu'elle et leur donna un petit coup de torchon propre par pur acquis de conscience. Elle avait vécu dans une région plutôt pauvre, elle savait à quel point l'hygiène était primordiale pour espérer survivre. Et il était toujours plus agréable d'être bien reçu chez d'autres, surtout quand l'on ne va pas bien. Le temps que le thé infuse suffisamment, elle ouvrit la machine et fit tomber les serviettes dans une bassine avant de les fourrer dans le sèche-linge juste au-dessus de la machine. Quand on veut être efficace, on s'équipe ! Elle jeta un sourire bienveillant au passage à la dame dont elle ne connaissait toujours pas le nom puis servit le thé avant de le lui apporter.

« Et voilà. Je n'ai que du thé blanc, j'espère que ça vous ira. Faites attention, c'est encore très chaud. » Elle l'avait vue avec son téléphone à la main et se demandait si engager plus la conversation serait une bonne idée. Dans tous les cas, le silence n'était pas la solution optimale. « Vous avez pu contacter quelqu'un pour venir vous chercher ? Dans tous les cas, sachez que je peux vous emmener à l'hôpital si vous le souhaitez, ça ne me dérange pas. Je n'ai pas de voiture mais je peux m'arranger avec un voisin pour qu'il me prête la sienne. »

Elle remarqua alors à peine la tenue de cette belle inconnue qui ne devait pas se sentir particulièrement à l'aise. Sortir avec une robe aussi tâchée, surtout quand l'on est aussi bien habillée, ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire. Brume pensait reconnaître son visage, mais si c'était le cas, c'était que cette personne était relativement connue. Elle se rappellerait son nom, autrement. Alors peut-être que lui offrir de se couvrir un peu plus ? Sans faire un bruit, de son petit pas léger, elle retourna vers l'avant de la boutique et récupéra son gilet qu'elle avait apporté là en prévision d'une sortie. C'était un gilet long, large, noir, absolument pas le style de vêtement que pourrait porter une dame comme elle, mais quand on est dans une telle situation, on ne fait pas la difficile. Elle revint vers elle, lui tendant de la façon la plus délicate le cardigan :

« Tenez, si vous voulez vous couvrir pour ne pas attirer l'attention ou ne pas attraper froid. Il est propre, je suis partie avec ce matin. Ça n'est pas très élégant, mais comme ça personne ne pourra vous poser de questions gênantes. »

Ayant décidé qu'elle avait assez bougé, elle s'assit sur son tabouret autour de la même table que Mme Luz-Descalzo dont elle ne se rappelait toujours pas le nom, un peu plus loin pour lui laisser de l'espace.

« Je me doute que la réponse sera non, mais est-ce que vous voulez que je dépose plainte à la police pour vous ? A votre place, je veux dire. »
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MessageSujet: Re: Des lignes de ta mains aux veines de ton cou.   Dim 10 Jan - 17:35

La prévenance de sa sauveuse était à souligner. Aurait-elle été dans son état normal, Olivia se serait empressée de sortir son chéquier et de lui donner une somme à la hauteur des remerciements qu'elle lui devait (ce qui lui suffirait largement pour agrandir ce local et acheter de nouveaux produits hauts de gamme et technologies dernier cri si elle le souhaitait, tout en restant une pacotille pour le compte en banque de la riche héritière). Seulement, la mexicaine était encore trop secouée pour que cette éventualité lui parvienne à l'esprit. Nul doute qu'elle le fera à un moment où à un autre : il aurait simplement été impoli et mal-élevé de sa part de s'en aller comme une voleuse alors que cette jeune femme venait de lui sauver la vie. Pire, ç'aurait été complètement immoral, et son éducation tout comme sa religion le lui interdisait. Mais à présent, la tête penchée sur son téléphone où trônait cette photo de son plus beau joyau, la brune avait du mal à garder l'esprit alerte. Ce fut à peine si elle parvint à apprécier la proposition de boisson chaude de son hôte et à y répondre, alors avoir la présence d'esprit de signer un chèque... plus tard, peut-être.

Elle entendit la jeune femme accéder à sa requête, et lui annoncer qu'elle partait non loin. Mais qu'elle laisserait la porte ouverte, signe qu'elle ne craindrait rien. Les yeux noirs d'Olivia, pleins de larmes à peine contenues, s'étaient écarquillés l'espace d'un instant à la pensée qu'on allait la laisser seule. Elle s'était sentie trembler de nouveau, seulement et simplement calmée par la suite de l'annonce. La jeune femme restait à portée de voix. C'était rassurant. En l'état, Olivia avait bien plus peur de rester seule que de rester en compagnie d'une inconnue qui déambulait complètement nue dans les rues à la tombée de la nuit... ce qui en disait long sur l'état de choc de la mexicaine, qui n'aurait jamais accepté une telle absence de convenabilité en temps normal.

La brune suivit du regard la jeune femme pendant quelques secondes, comme pour s'assurer qu'elle n'allait effectivement pas s'enfuir et la laisser seule alors qu'il faisait nuit (quand elle pensait à ce détail, elle sentait à nouveau ses jambes trembler, comme si un autre de ces monstres pouvaient lui sauter dessus depuis la porte fermée à n'importe quel moment). Une fois qu'elle vit son hôte se mettre à faire bouillir de l'eau, le visage de la quarantenaire se baissa sur son téléphone. L'écran était repassé en veille, mais il lui suffit d'une manipulation pour que l'écran de nouveau message fasse son apparition. De manière presque mécanique, Olivia se mit à tapoter sur l'écran, mais elle s'arrêta bientôt. Que pouvait-elle dire ? « Bonsoir chéri, je me suis fait agresser dans la rue par un vampire mais j'ai été sauvée par une inconnue et maintenant je suis chez elle, tout va bien, j'appelle Gael pour qu'il vienne me chercher, ne t'inquiète pas » ? C'était ridicule. Un rire nerveux lui échappa, bientôt suivi par de nouveaux sanglots étouffés. Ah, la fameuse crise tant attendue... Elle ne pouvait rien dire. Ni à Sergio, ni à Esteban. C'était une évidence. Et si elle prévenait Gael ainsi, elle pouvait être sûre qu'il appellerait aussitôt, et elle ne supporterait ni son ton inquiet, ni ses remontrances (
« Tu n'es pas assez prudente Chiqui, tu ne fais pas assez attention à ton environnement ! », elle l'avait déjà tellement entendue qu'elle pouvait parfaitement l'imaginer, de son regard mi-agacé mi-tendu d'inquiétude à son attitude protectrice). Un profond soupir lui échappa, inspiration bienvenue entre deux crises de larmes. Il fallait qu'elle se calme. Si elle n'envoyait rien, son garde du corps finirait par appeler dans tous les cas. Inutile donc de rendre les choses plus compliquées.

Au moment de taper l'endroit où elle se trouvait, elle réalisa qu'elle n'en connaissait pas l'adresse. Elle jeta un regard en coin vers l'autre salle, croisant le regard clair qui lui fit un sourire aimable. Olivia sentit les bords de ses lèvres fines se soulever en retour. Un progrès. Elle demanderait plus tard. Reprenant l'écriture de son message, elle se contenta de préciser qu'elle ferait parvenir une adresse précise d'ici quelques minutes. Elle eut tout juste le temps de l'envoyer avant que sa sauveuse ne revienne avec une tasse de thé chaud. Olivia posa son téléphone sur la table juste à côté, avant de prendre l'objet entre ses doigts.


« Merci... »

Sa voix traînait un peu, autre témoin de son état anormal. Un murmure, même empli de fatigue et de sanglots contenus, ne traînait pas. La prise de parole d'une Selva Moreno ne traînait pas, de manière générale. Mais on avait bien compris que plus rien n'était normal depuis ces affreuses minutes. Rien que le souvenir des événements firent frissonner la femme à la peau tannée, si bien qu'elle se força à se concentrer sur les paroles de sa vis-à-vis pour ne pas se laisser emporter dans une nouvelle crise. Le parfum chaud du thé aidait également.

« J'ai contacté mon garde du corps... Il ne devrait pas tarder mais... vous avez une adresse exacte ? Je n'ai pas pu la lui donner et je crains qu'il s'impatiente si je tarde trop à préciser. »

Le nez plongé dans les vapeurs du thé, Olivia esquissa un léger sourire. Penser à son ami et à son caractère parfois grognon la soulageait un peu. Même si elle savait déjà qu'elle allait essayer un savon en bonne et due forme pour avoir été assez têtue pour ne pas l'attendre, comme il lui avait demandé de le faire. Ah, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Une fois la réponse de la jeune femme obtenue, l'héritière se serait dépêchée de la transmettre à Gael avant que ce dernier ne fasse une syncope en l'appelant pour demander des explications. Elle n'avait vraiment pas la force de le faire au téléphone. Déjà, rien qu'à l'idée de devoir mettre des mots sur toute cette histoire à un moment où un autre, elle se sentait trembler à nouveau. A moins qu'il ne s'agisse de l'hôpital, que la jeune entrepreneure venait d'évoquer ?

« L'hôpital ? Non, surtout pas. Non non non, je ne peux pas... Ce serait attirer trop d'attention. Même la clinique... Si Darian apprend quoi que ce soit, il en jouera, et Esteban serait dévasté, incapable de... Je ne peux pas. Pas l'hôpital. »

Impossible de dire si Olivia espérait réellement être claire dans ses propos ou si elle était principalement en train de se parler à elle-même. Toujours était-il que la façon dont elle hochait la tête de gauche à droite était significative de ce qu'elle pensait de la proposition (somme toute très gentille) de son hôtesse. Si elle allait dans un quelconque lieu public, cela se saurait. D'autant plus s'il s'agissait d'un hôpital ou d'une clinique privée. Elle connaissait bien trop les paparazzis et autres journalistes pour savoir qu'elle ferait vite les frais de leurs spéculations en tous genres, et si elle voulait cacher ce qui venait de se passer à son fils, se rendre à l'hôpital n'était clairement pas une option. De plus, Darian aurait tôt fait de trouver une façon tordue de tourner son agression à son avantage, si jamais il venait à l'apprendre. Et si Olivia était morte de peur à cet instant précis, elle était encore plus déterminée à ne pas donner d'arguments dont son ignoble mari pouvait se servir. Pas question d'aller ouvertement soigner une morsure vampirique ou que ce soit. Cela resterait entre elle, cette jeune femme, et Gael. Voilà tout.

La riche héritière quitta ses réflexions quand elle vit un tissu noir danser devant son visage. Elle sursauta, ne s'attendant pas vraiment à ce que la jolie blonde ait bougé (Dieu, qu'elle était discrète !) mais se calma rapidement en voyant qu'elle lui tendait un gilet. En écoutant ses paroles, elle semblait à nouveau réaliser quelle apparence misérable elle devait donner d'elle-même ce soir, et pinça les lèvres. Elle était tout sauf convenable, assurément ! Et dire qu'on voulait qu'elle aille à l'hôpital dans cet état ? Voilà une raison de plus de ne pas le faire, ça non ! Elle prit néanmoins le gilet qu'on lui tendait avec reconnaissance, avant de l'enfiler doucement. Ce n'était pas de la meilleure qualité, mais Olivia n'avait pas vraiment à se plaindre. Au contraire.


« Je vous remercie. C'est très prévenant de votre part. »

Elle aurait généralement agrémenté ses paroles d'un « Mademoiselle... » qui laissait à penser qu'elle espérait une présentation en règle, mais elle ne voulait pas paraître impolie en n'usant pas du bon qualificateur. Après tout, dans leurs pays d'origine (elle se souvenait bien avoir entendu l'accent péruvien dans les paroles de la jeune femme) on se mariait tôt, et Olivia ne voulait pas froisser celle qui lui avait sauvé la vie. Elle décida donc de laisser tomber pour le moment : il y aurait bien un autre moment de la conversation ou elle pourrait obtenir un nom.

Sans insister, donc, la mexicaine profiter d'un bref moment de silence pour prendre une gorgée de son thé. Le liquide chaud coulant dans sa gorge lui faisait du bien : au moins, elle avait d'autres sensations au niveau de son cou que la démangeaison provoquée par les crocs qui se rappelaient à son bon souvenir. Et puis, bien qu'elle ait l'estomac noué par tout ce qui venait de se passer, elle réalisa qu'il était agréable d'avaler quelque chose, fusse-ce uniquement liquide. Et puis, la jeune femme reprit la parole, lui faisant une proposition généreuse, mais qu'elle ne pouvait pas accepter. Les yeux dans ceux de son interlocutrice, Olivia secoua de nouveau la tête, une seule fois.


« C'est très gentil à vous mais... Je ne peux pas. Si le BIAS est au courant, ça reviendra forcément dans les médias. Je ne peux pas me permettre ça, ce serait trop déstabilisant pour Esteban, avec le procès qui ne va pas tarder... »

Sans compter que tout ce que faisait le BIAS était scrupuleusement analysé par Sergio, qui tenait à son ancien travail comme à la prunelle de ses yeux. S'il voyait passer son dossier, il lui reprocherait aussitôt de ne pas lui en avoir parlé, et Olivia ne voulait surtout pas lui en parler. Il était Sénateur, il avait bien d'autres choses en tête. S'inquiéter pour elle était bien le dernier fardeau qu'elle voudrait lui imposer. De même pour Esteban. Elle ne pouvait tout simplement pas rendre toute cette histoire publique, ce qu'elle prit la peine de formuler à voix haute.

« Il vaut mieux pour l'ensemble de ma famille que tout cela reste entre vous, Gael et moi. Rendre cette histoire publique, d'une manière ou d'une autre, ne fera que donner un peu plus de grain à moudre aux journalistes, et mon fils n'a pas besoin de cela en ce moment. »

Peut-être qu'elle était là, son occasion... En général, Olivia était très fière de sa famille. C'était ce qu'elle avait de plus cher, ce pour quoi elle avait été élevée. Mais ce soir, après tout ce qu'elle venait de subir, elle devait avouer que le poids de son nom de famille lui laissait un goût amer, et un sourire fatigué.

« Je suis Olivia Luz-Descalzo, enchantée. »
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