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 So much for a show (A. Dyce)

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MessageSujet: So much for a show (A. Dyce)   Sam 27 Sep - 18:48

D.A. arriva au carrefour indiqué à vingt-et-une heure. Ailin lui avait fait dessiner un petit plan du quartier au téléphone pour qu’elle puisse s’y retrouver sans mal. Près du hangar, les rues étaient désertes, les Vamps locaux n’étaient pas encore de sortie. Le jour venait à peine de se terminer. Adossée à un lampadaire crasseux, D.A. attendit patiemment que sa vieille connaissance se manifeste.
La ville n’avait pas cessé de la surprendre depuis son arrivée il y a trois jours. Maintenant qu’arrivait enfin l’heure du rendez-vous tant attendu, D.A. se sentait fébrile.

La troupe dont lui avait parlé Ailin ne serait sur place qu’un court moment, pour deux soirées, deux représentations. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour donner sa démission au magasin de disques vintage dans lequel elle travaillait près de Coney Island et prendre son premier billet d’autocar. Elle avait vécu près de huit mois à Brooklyn, il était temps de passer à autre chose.
Trois ans plus tard, ce coup de fil d’Ailin lui avait pourtant paru étrange. La vampire ne lui avait pas parue aussi caustique et pétillante qu’à l’époque où elles s’étaient fréquentées. Elle se demandait d’ailleurs pourquoi celle-ci n’avait pas pris la peine de lui donner des nouvelles de Sigmund. Sans doute attendait-elle qu’elles soient face à face.

Leur première rencontre s’était faite dans les coulisses d’un spectacle contemporain où elle avait dansé. Intrigués par son talent d’humaine, le couple l’avait introduite dans des soirées privées, fait rencontrer des as du milieu et même fait participer à des auditions dites ‘underground’, auxquelles on ne pouvait accéder que par un bouche à oreille subtil. D.A. avait seize ans à l’époque. Ils avaient finalement cessé de se fréquenter quand elle était partie visiter une réserve à Hawaii. D.A. était partie avec le souvenir des vampires avec lesquels elle avait travaillé, dansé. Leurs gestes si rapides qu’ils en devenaient flous, les danses éthérées, la blancheur des costumes sur les peaux diaphanes qui ne voyaient jamais le soleil. Vivre sans le soleil, D.A. ne le pourrait jamais. Et dans un monde où les danseurs pouvaient avoir des centaines d’années de pratique et se mouvoir comme des gazelles, filer aussi vite que des lions dans la jungle, les danseurs humains avaient une concurrence écrasante.
D.A. n’était pas la plus disciplinée des danseuses. C’était loin d’être ce qu’on attendait d’elle quand on l’embauchait sur un show. On le lui avait répété cent fois : c’était sa fougue, son lâcher-prise qui était merveilleux à voir. C’était ce que les metteurs en scène avaient attendu d’elle toutes ces années où elle circulait de ville en ville, dans les cabarets obscurs, les spectacles grand public, les cirques itinérants, sans jamais trouver sa tribu. On attendait d’elle qu’elle relâche totalement les digues et danse à sa manière, un savant mélange de douceur et de sauvagerie, d’instinct à peine entravé. C’était aussi ce qui avait tapé dans l’œil du couple de vampires. La violence de ce qu’elle était.

D.A. était donc consciente que quoi qu’Ailin ait voulu lui faire découvrir, cela vaudrait forcément le détour. La Vamp connaissait ses goûts, et les relations qu’avaient les deux compères dans le milieu artistique étaient tout bonnement hallucinantes.
Sur les murs du hangar adhéraient encore les tracts imprimés pour d’anciens shows, des noms de troupes obscures, des photos de trapézistes, de clowns grimaçants. L’aspect destroy donné à toutes ces ambiances rendait-il hommage à la vraie nature du cirque derrière ces murs ? D.A. n’avait jamais résisté à ce genre de lieux. Parcs d’attractions en friche, manoirs désertés, maisons hantées, comme autant d’endroits qui l’attiraient irrésistiblement.

Une ombre se dessina au bout de la rue, à peine soustraite à la lumière crue d’un lampadaire. La silhouette était filiforme, avançait vite. Ailin Dyce. D.A. rangea son papier dans le revers de sa veste.


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MessageSujet: Re: So much for a show (A. Dyce)   Mar 30 Sep - 21:26

C'est un concours de circonstances étonnant qui avait mené Ailin là où elle était aujourd'hui. Qui eut cru que l'une de ses vieilles connaissances pourrait avoir un lien - dont la principale concernée ignorait d'ailleurs la teneur - avec son actuelle "pire ennemie" ? Et qui aurait pensé que la patronne du club de strip-tease, fugitive cachant son identité, serait susceptible d'être effrayée par sa propre famille ? Ce n'était pas la première fois que la chance souriait à l'écossaise, qui avait toujours su tirer à son avantage les situations juteuses qui se présentaient à elle. Ces derniers temps, et depuis la mort de Sigmund, elle avait été victime d'une série d'événements malencontreux. Elle observait le retour de sa bonne étoile d'un œil appréciateur. C'est avec délicatesse qu'elle avait ressorti son jeu d'échec du placard, qu'elle l'avait dépoussiéré pièces par pièces, et qu'elle avait disposé ses pions en savourant chaque instant passé à mettre en place ses filets. Qu'elle doive pour s'extraire des griffes de Précieuse risquer de mettre en péril l'une des rares relations positives qu'elle entretenait encore avec l'ensemble de son réseau de connaissances ne l'inquiétait que peu. C'était un sacrifice plus qu'envisageable aux yeux du vampire : D.A avait du talent, c'était un fait. A sa façon, Ailin l'avait toujours appréciée. Elle avait été distrayante, agréable à fréquenter. Néanmoins, l'utilité qu'elle aurait dans cette affaire dépassait de loin tous les espoirs que la blonde avait jamais placés en elle. A cet instant précis, la jeune femme était devenue l'une des personnes les plus importantes gravitant dans l'univers d'Ailin. Ce n'était pas rien.

Passons sur la façon dont elle avait appris que la danseuse était en vérité la nièce de la Sorcière, ainsi que sur l'accord mystérieux qu'elle avait dû passer avec l'une des personnes les moins fiables qu'elle connaissait. S'assurer de  la stabilité de son accord avec Peter, ce fichu lutin, n'avait pas été une mince affaire, mais ça avait plus que valu le coup.

Dès qu'elle avait compris l'énormité de l'opportunité que le destin lui offrait sur un plateau d'argent, elle avait travaillé d'arrache-pied pour se reconnecter aux différents réseaux dont elle avait fait partie avant que la "cour" d'Atlanta soit annihilée par le Conseil. Ça n'avait pas forcément été évident : dans le milieu vampirique tout particulièrement, son nom avait été sali. On se méfiait d'elle. On ne lui faisait plus confiance. Par chance tout le monde n'était pas au courant du détail de ce qui lui était arrivé, et certaines personnes avaient été moins frileuses que d'autres à l'idée de renouer des liens. Quant à ceux qui avaient froids aux yeux, à force de battre des cils et de leur rappeler combien elle pouvait être utile lorsqu'on la prenait pour alliée, ils avaient pour beaucoup fini par céder. Son influence n'avait plus rien à voir avec ce qu'elle avait été lorsqu'elle était la seconde de Sigmund, mais à défaut de redorer son blason terni, elle s'était redressée. C'était déjà quelque chose : quelques mois auparavant, elle semblait avoir perdu tout espoir de recouvrir un jour une once de dignité. Elle était devenue l'animal de compagnie de Précieuse. C'était la première fois depuis longtemps qu'elle avait l'impression d'être redevenu un individu à proprement parler.

Elle s'était mise à diversifier ses sorties afin d'apprendre à connaître la Nouvelle-Orléans. Jusqu'à présent, elle n'en avait jamais pris la peine, trop enfoncée dans la détresse et les soucis pour daigner tisser sa toile et en recouvrir la ville louisianaise. C'est alors qu'elle s'était piquée d'intérêt pour le Cirque des Damnés, qui correspondait tout à fait au genre d'établissement qu'elle recherchait. Un hameçon digne de ce nom pour attirer sa proie, pour la garder près d'elle, là où elle lui serait utile pour le moment. Ses contacts et son expertise - qui restait égale à ce qu'elle avait toujours été, quoiqu'on en dise - lui avaient permis d'obtenir les faveurs du Cirque. C'est alors qu'elle avait appelé D.A en faisant mine de vouloir reprendre contact. Elle avait feint la générosité et lui avait proposé ce travail que les gérants du Cirque avaient accepté d'offrir, intrigués par les capacités de la jeune danseuse. Ailin les leur avaient dépeintes par les mots. Éloquente et persuasive même maintenant qu'elle avait perdu le droit de paraître comme elle le souhaitait, il ne lui avait pas été très difficile d'allumer une lueur de curiosité farouche dans le regard de ses interlocuteurs. Il fallait dire qu'elle n'avait pas besoin de mentir. L'artiste avait du talent, et le Cirque ne serait pas déçu.

La jeune femme était arrivée en ville, et l'heure était venue pour Ailin de la rencontrer physiquement pour la première fois depuis plusieurs années. Elles s'étaient donné rendez-vous à proximité du Cirque. En vérité, Ailin ne se sentait pas tranquille. Si elle avait encore été humaine, son cœur aurait sans doute battu un peu trop fort. Ce sentiment n'était pas lié à l'excitation du moment. Elle n'avait aucune crainte particulière à avoir... Aucune raison de penser que les choses auraient pu mal se passer à ce stade du plan. C'était plutôt l'idée de révéler son "secret" (ex-secret serait plus exact) qui avait tendance à lui donner des aigreurs d'estomac... façon de parler. D.A émergeait du passé d'Ailin et elles se connaissaient depuis suffisamment longtemps pour que l'annonce de sa transsexualité la surprenne. Ailin avait dû supporter ce genre de situations de façon récurrente ces dernières semaines, tandis qu'elle faisait bouger ses réseaux. Ce n'était pas pour autant que la chose lui était devenue plus facile à supporter. Elle n'avait pas eu à confronter ses problèmes d'identité sexuelle au monde depuis près de deux-cent ans. Malgré son âge et son expérience, c'était quelque chose qui restait nouveau pour elle, et qu'elle gérait donc très mal.

Malgré l'absence d'artifices destinés à modifier sa silhouette, l'écossaise restait dotée d'un profil androgyne. Grande et mince, le visage fin même sans maquillage, elle respirait une ambiguïté naturelle, dont elle continuait de jouer. La finesse de ses jambes cachées par le tissu d'un pantalon en daim camel ne jouait pas en sa faveur. Le trench coat beige relativement unisexe qu'elle portait au dessus atténuait cependant cet effet. Enfin un pull à col roulé écru échappait au tissu du manteau sans qu'aucun volume le déforme là où on s'y serait attendu. Ce genre de vêtements n'avait jamais fait partie de la garde-robe d'Ailin, qui avait toujours apprécié des tenues plus travaillées. D.A risquait de remarquer très vite l'ensemble des détails étranges dans son apparence. De toute façon, Ailin avait tout intérêt à ne pas lui cacher la vérité : elle avait prévu de l'introduire très rapidement auprès du personnel des Plaisirs Coupables. Au club, l’ambiguïté n'existait absolument plus. Au bout de la rue, l'entrée du Cirque se dessinait. Elle reconnut la silhouette qui attendait là-bas en la dévisageant. A défaut d'être assez proche pour parler, elle esquissa un sourire chaleureux.
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MessageSujet: Re: So much for a show (A. Dyce)   Ven 3 Oct - 18:16

HRP : J'en profite pour partager une chanson que je viens de découvrir, qui se marie bien.

♩ The Carnival, Amanda Jenssen


Face à face, D.A. ne sut quel protocole adopter. Elle opta pour une brève étreinte pour lui signifier qu’elle était contente d’être enfin arrivée au rendez-vous, qu’elle était heureuse de rencontrer quelqu’un de son passé. C’était toujours grisant de se revoir dans ces miroirs, en bien ou en mal :

“Nos routes se croisent de nouveau… Bonsoir, Ailin", commença la blonde. "Comment vas-tu ?" demanda t-elle machinalement. Pourtant à ses yeux, cette question était la plus ennuyeuse du monde.

D.A. se souvenait relativement bien de l’époque où elle avait fréquenté Ailin et son créateur. Les fringues que portait la Vamp détonnaient sérieusement avec les souvenirs qu’elle gardait d’elle. Elle l’avait toujours vue chic, soignée, très… féminine. Son androgynie soudaine était un spectacle curieux à voir. Jusque là, D.A. n’avait jamais remarqué que la comparaison était aussi flagrante. Se pourrait-il que… ? Son regard glissa l’espace d’une ou deux secondes à l’endroit où le manteau beige s’entrouvrait, avant de revenir se planter dans ses yeux. D.A. resta perplexe. Et ça n’était qu’un tiret de plus à ajouter au lot des choses qui la laissaient perplexe.

Elle se répétait souvent les mêmes questions, peut-être dans l’idée que quelque chose finirait par faire tilt dans sa tête. Pourquoi Ailin l’avait recontactée maintenant ? D.A. était persuadée de ne pas la connaître sous son mauvais jour ; elle avait côtoyé la blonde sous un bon ciel. Elle la savait égoïste et parfois mal lunée, bien qu’elle n’ait jamais eu à faire à cette facette fâcheuse du personnage. Qu’est ce qui avait bien pu la pousser à l’introduire au Cirque ? Du peu qu’elle savait sur ambiguïté de son caractère, l’idée que ce soit par pure bonté de cœur la faisait hausser un sourcil.
Mais après tout, avait-elle conclu pour elle-même, à quoi bon passer à côté de cette opportunité ? Cet endroit faisait tant parler de lui à la Nouvelle-Orléans. C’était le lieu phare du divertissement forain. Ça n’était pas dans la nature de D.A. de tourner le dos à un appel pareil. Elle avait désiré venir ; elle était donc venue. Advienne que pourra : tout a son lot de conséquences. Rester à Brooklyn en aurait eu aussi, et pas forcément des meilleures. Elle avait laissé un sacré lot de frustrations derrière elle en partant à la va-vite. Tout s’était réglé comme les engrenages d’une horloge géante. De manière trop parfaite, peut-être.

D.A. imagina pour la centième fois ce qui pouvait l’attendre à l’intérieur de ces murs et vit ses doutes s’évanouir sous la lueur de sa curiosité. Elle n’était pas seulement intriguée, elle était excitée et émue, comme à chaque fois qu’elle approchait d’un lieu similaire. Un fruit empoisonné au rêve. Elle voyait des lumières multicolores briller au niveau du toit, ou la tôle avait du être remplacée par du verre à certains emplacements. Il y avait de l’activité là-dedans. Elle se demandait aussi s’il n’y aurait que des vampires. Elle espéra intimement que non. D.A. s’en méfiait de manière générale. Ils étaient trop vieux, expérimentés et physiquement puissants ; ne pas s’en méfier serait stupide. Qui plus est, ils étaient loin de se montrer aussi sages que ce que la société attendait d’eux…

Une musique puissante se mit à retentir à travers la tôle, enveloppa la rue déserte d’une ambiance de chocolat fondant. Un tempo de cœur qui bat, une voix de femme ensorcelante. Peut-être qu’ils commençaient à répéter à l'intérieur ?

“Nous attendent-ils ?” demanda D.A. en glissant un regard vers les portes closes du vieux hangar.


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MessageSujet: Re: So much for a show (A. Dyce)   Jeu 16 Oct - 16:27

[Pardon pour le retard ! Mon rythme va redevenir plus stable à partir de maintenant :) ]

Ailin ne manqua pas le regard appuyé de la jeune femme. Cette réaction était prévisible, et incidemment prévue par le vampire, qui avait pris le temps d'analyser l'état de sa relation avec D.A pour réagir en fonction. Elle ne lui avait jamais donné l'occasion de penser qu'elle pouvait être vile, ni sournoise. A vrai dire Ailin s'était toujours montrée à la demoiselle sous son meilleur jour. Elle et Sigmund s'étaient montrés intéressés et généreux. Évidemment, il aurait été difficile de ne pas remarquer leur côté snob, élitiste. Il s'agissait de défauts qu'on associait de manière traditionnelle aux vampires, lesquels avaient tendance à se sentir supérieurs aux humains "normaux" pour des raisons évidentes. Il faudrait que la danseuse ait obtenu des informations d'une autre source pour être en mesure de penser qu'Ailin pourrait ne pas être aussi sincère qu'elle en avait l'air. Des lettres qu'elles avaient échangées, l'écossaise n'avait pas eu l'impression que ça avait été le cas. Bien sûr il n'était pas impossible que sa petite protégée cache mieux son jeu qu'elle pouvait ne le laisser paraître... Il était hors de question pour Ailin de baisser sa garde. Elle pouvait cela dit jouer le jeu de l'émotivité. Elle n'aurait même pas à beaucoup se forcer : après tout, elle avait de bonnes raisons d'aller mal. Et d'ailleurs, elle ALLAIT mal. Il avait fallu qu'elle réapprenne à masquer ses émotions, qu'elle ne pouvait décemment pas laisser filtrer face à Précieuse ni face à Peter. L'un comme l'autre auraient profité de ce jouet offert à leur cruauté. La blonde n'avait vraiment pas besoin de ça.

Elle cligna des yeux en interceptant le regard posé à l'ouverture du col de son trench coat. Elle cilla d'une façon désordonnée et détourna les yeux, l'air subitement fragile et embarrassé. L'une de ses mains vint triturer distraitement le col du vêtement comme pour en resserrer les bords. Elle prit la parole sur un ton dont elle cachait les tremblements :

"Je te mentirais en disant que tout va bien... Mais nous aurons tout le temps de discuter plus tard, très chère... Ne tardons pas à rencontrer tes futurs employeurs."

Elle cacha l'affliction sous un sourire affable et lui montra la direction du Cirque. Le geste n'avait d'autre utilité que sa politesse : étant donné le bruit que faisaient les répétitions à l'intérieur du bâtiment, il aurait fallu être stupide pour ne pas avoir compris que c'était ici que ça se passait. Elles se dirigèrent vers les volets métalliques gigantesques qui tenaient lieu de porte d'entrée. Ils étaient fermés, ce qui n'arrivait pas souvent : comme beaucoup de choses au sein du Quartier Sanglant, les attractions ne dormaient jamais vraiment. Le Cirque avait dû fermer pour la journée le temps d'effectuer une maintenance. Il ne rouvrirait ses portes que dans quelques heures. C'était le moment rêvé pour passer un "entretien" (si l'on pouvait dire : le job était déjà décroché) sans risquer les regards des trop nombreux curieux.

"Oui. Ils sont prévenus de ton arrivée. Je leur ai vanté tes qualités et ils sont curieux de voir de leurs propres yeux ce dont tu es capable. Ils vont très certainement te demander de passer une audition, pour la forme. Ils m'ont déjà assuré qu'ils te prendraient."

L'écossaise décocha un regard malicieux dans la direction de son amie. Ensuite, elle tapa sur l'une des portes, qui se mit à émettre un vrombissement grave. Elle décida d'appeler. Comme elle haussait le ton, sa voix parut plus grave et profonde qu'elle ne l'était habituellement. Elle avait volontairement évité de masquer le réel ton de sa voix, afin que le doute s'infiltre de plus belle dans l'esprit de D.A.

"Bonjour, y a t-il quelqu'un pour ouvrir ?"

Les volets grincèrent. On était en train de les déverrouiller pour les laisser passer. L'employé vérifia leur identité, puis il leur indiqua dans quel sens aller pour atteindre les locaux de la direction (ce qui était bien inutile : ce n'était pas la première fois qu'Ailin venait). Les lueurs irrégulières des rares manèges allumés jetaient de grandes ombres édulcorées sur le sol. Le bitume prenait des allures de piste de boîte de nuit. Des machines mortes dressaient leurs bras mécaniques au travers du paysage urbain. Des bâches en plastiques, des ficelles à l'agonie tentaient en vain de couvrir leur silhouette froide et rigide pour les empêcher de rouiller. Ailin entraînait D.A entre les bungalows, là où le public n'était pas censé aller, car il n'y avait rien de très intéressant à voir. On ne venait ici que lorsqu'on avait une raison spécifique de le faire : en l'occurrence, rencontrer les gérants de la Fête pour obtenir un contrat. Elles arrivèrent devant une nouvelle porte, plus petite, moins impressionnante que la précédente.
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