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 I would like a blond cabaret (A.)

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MessageSujet: I would like a blond cabaret (A.)   Mer 24 Sep - 19:40


La chanson était diffusée par de discrètes enceintes quand elle passa la porte du bar. Pas un chat, les chaises étaient retournées sur les tables de bois ciré, l’horloge au mur semblait arrêtée. Tout le contraire de l’agitation qui régnait dans la rue, où le soleil déclinait faiblement.

La Charlie qu’elle avait eu au téléphone ne serait pas dans les parages ce soir et avait refilé la corvée de l’entretien à l’un des employés. D.A. avait été visiter les Vieux Quartiers dès son arrivée pour un premier repérage, s’imprégner un peu de l’essence de la ville, voir ce qu’elle avait à lui offrir. Une petite pancarte dans la vitrine d’un bar de rue, le Wild Bar, indiquait un poste de serveuse à prendre. Finalement, elle n’aurait peut-être même pas à prospecter le lendemain. Elle avait inscrit les coordonnées sur son papier déjà bien griffonné et appelé le soir même la proprio. Une voix rauque et doucereuse à la fois, un mélange qui ne l’avait pas laissée indifférente. Vu la clientèle de son bar, il n’était pas impossible qu’elle soit métamorphe elle-même. D.A. penchait pour une chatte rousse ou un alligator. Allez savoir, en Louisiane… D.A. l’imaginait s’accoupler à un gros mâle aux écailles émeraude dans les bayous au moment celle-ci lui donnait le nom du type qui serait sur place. Elle la remercia poliment et lui affirma qu’elle serait à l’heure. Par contre, elle n’avait pas du tout saisi le nom en question. Elle verrait bien sur place. Traverser la moitié de l’Amérique en autocar l’avait épuisée. Son contact ne lui avait donné rendez-vous  que dans trois jours. L’entretien était demain.

En général, sous réserve ne pas être difficile et de chercher un peu, ça n’était pas bien difficile de dégoter un job de ce genre, d’autant plus dans une ville animée comme la Nouvelle-Orléans. Les gens semblaient aller et venir ici, les places de serveuses devaient se libérer fréquemment.
D.A. n’avait jamais eu l’occasion de côtoyer des métamorphes, elle n’en connaissait que peu personnellement. Quelques rares ados avec lesquels elle était allé à l’école appartenaient à la race mais elle n’avait jamais noué de liens particuliers avec eux.

L’intérieur du bar était si silencieux à cette heure. Seule la musique tournait en fond, très doucement. D.A. s’était interrogée souvent sur ce tube qui passait à la radio. J’aimerais un cabaret blond… Elle imaginait des stroboscopes et des boules à facettes en forme d’étoiles, des danseurs et des funambules perdus dans un chaos de cotillons dorés et brillants. Sans doute pas ce que le chanteur avait eu en tête.

Un grand gars débarqua de la réserve (ou des toilettes). La voix doucereuse de cette Charlie au téléphone lui revint à l’esprit. Amon, comme le dieu égyptien ? Abe, le mec-poisson du vieux film Hellboy ? Axe, Alan ? Rien à faire.
Le type était grand et massif, il la dépassait probablement d’une tête. Il avait le genre de bras à même de faire cesser les éventuelles bagarres de comptoir sans trop de mal. Dans un endroit aussi rempli de testostérone, le barman qu’il fallait.

“Salut. Je suis D.A. Sailer, Charlie a du te parler de moi.”

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MessageSujet: Re: I would like a blond cabaret (A.)   Mar 30 Sep - 17:37

Aaron avait laissé la porte du bar ouverte. A cette heure-ci, les habitués savaient qu’il n’y avait personne et aucun nouveau-venu ne se laisserait à rentrer dans un établissement dont aucune chaise n’était descendue des tables et où il n’y avait personne. De toute façon, il ne s’absentait pas éternellement, juste le temps de se changer dans le vestiaire situé en coulisses, dans l’espace réservé aux employés. Il en avait profité pour faire un tour à la réserve et récupérer quelques bouteilles qui viendraient remplir le bar vidé la veille, voire même plutôt la matinée même. C’était somme toute le même rituel à chaque prise de service pour Aaron lorsqu’il faisait l’ouverture, si ce n’est que, cette fois-ci, il avait du venir un peu plus tôt. Charlie l’avait appelée la veille pour le prévenir qu’une personne semblait intéressée par le poste de serveuse qui venait de se libérer quelques jours plus tôt. La précédente employée ayant décidée de déménager pour suivre son conjoint. Ceci dit, le Werewolf avait suffisamment d’expérience en la matière pour savoir que, généralement, on ne restait pas éternellement au même endroit. Lui-même avait multiplié les établissements, principalement parce qu’il était toujours en mouvement. Qui plus est, ces emplois là étaient facile à prendre et, généralement, facile à quitter car tout le monde savait que le job serait repris quelques jours plus tard par quelqu’un d’autre. Ceci étant dit, sa sœur avait été contactée par une certaine D.A. du moins c’était le nom qu’elle lui avait donnée mais qu’elle ne pourrait pas lui faire passer l’entretien et que, s’il voulait bien, il devrait s’en charger. Elle avait ajouté qu’elle lui faisait pleinement confiance et que même s’il était bourru, il saurait faire les bons choix. Il avait essayé d’argumenter, en vain. Non pas qu’il ne voulait pas le faire, mais simplement que ce petit afflux de responsabilité le dérangeait un peu. C’était son bar à elle, pas le sien.

Pliant devant sa sœur, comme souvent par le passé, il était donc venu plus tôt ce jour-là pour accueillir celle qui serait peut-être la nouvelle serveuse du Wild et qui travaillerait avec les trois autres qui faisaient leur roulement – et s’arrangeaient parfois entre eux – pour que le bar compte toujours deux serveurs comme il comptait toujours un barman. C’était le minimum pour que cela tourne convenablement et puis le Wild n’était pas particulièrement énorme et même s’il pouvait accueillir un nombre important de clients, deux personnes en salle et une au comptoir suffisait généralement pour servir convenablement, même en heure de pointe. Le plus difficile était surtout de passer entre les tables, ce qui n’était pas affaire de nombre d’employés. Tandis qu’il plaçait des bouteilles d’alcool dans la caisse qui lui servirait à les transporter, il se surprit à repenser à son propre entretien ici. Incroyablement commun, jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il faisait face à sa propre sœur, qu’il pensait morte depuis tant d’année et dont il portait la responsabilité sur ses épaules tel le monde pour Atlas. Cela avait été un moment particulier, mais, depuis, ils avaient l’occasion de rattraper beaucoup de ce temps qu’ils avaient perdu. L’un et l’autre avaient changés, forcément, mais, au fond, il restait entre eux la même complicité que lorsqu’ils étaient enfants. Il avait toujours eu ce côté protecteur, peut-être encore plus aujourd’hui maintenant qu’il savait véritablement ce que « la perdre » pouvait signifier pour lui, et elle toujours ce côté taquin envers lui mais non sans tendresse fraternelle. Il sourit pour lui-même et agrippa la caisse avant de se diriger vers la salle. Normalement, l’intéressée devait déjà être arrivée.

Il eut confirmation de cela lorsqu’il poussa la porte et put sentir qu’une nouvelle fragrance était venue s’immiscer dans celle du bar. Rien de fort, rien de dérangeant, mais simplement une différence qui se remarquait lorsqu’on disposait, en tant que métamorphes, de quelques sens un peu plus développés que la moyenne. Elle se présenta. D.A. Sailer, oui c’était bien ce qui lui semblait avoir entendu. De toute façon, qui d’autres pourrait être là ? Il se dirigea derrière le comptoir avec la caisse. « Aaron, enchanté. Je vous en prie, faites comme chez vous. Je dépose ça et j’arrive. » Libre à elle de choisir la table qu’elle préférait, même s’il y avait de fortes chances qu’elle prenne la plus proche d’elle, ce qui conviendrait parfaitement. Le Métamorphe déposa la caisse derrière le bar et, après avoir disparu derrière celui-ci, se redressa pour se diriger vers la jeune femme. Tandis qu’il avançait, il l’observait de pied en cap, ne serait-ce que pour se faire une petite idée. Ses cheveux clairs attirèrent son regard mais ce genre de choses finissait par ne plus réellement compter à la Nouvelle-Orléans, là où l’on côtoie les créatures les plus improbables en permanence. Une bonne chose, elle ne semblait pas être une Vampire. Peut-être une Norme ? Ils auraient l’occasion d’y revenir. Il tendit sa main et veilla à ne pas serrer trop fort, parce qu’on ne savait jamais, puis tira une chaise et s’installa en face. « Alors ? Nouvelle venue à la Nouvelle-Orléans ? » Pour ainsi dire, elle ne semblait pas vraiment du coin, même si, pour une ville patchwork comme celle-ci, c’était difficile de pouvoir le dire avec certitude, mais, surtout, c’était rarement les locaux qui prenaient des emplois de ce type, même si, au fond, cela restait un emploi agréable pour ceux qui y prenaient du plaisir. « Vous voulez boire quelque chose peut-être ? »
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MessageSujet: Re: I would like a blond cabaret (A.)   Jeu 2 Oct - 17:33

A blond cabaret prenait fin quand D.A. s’assit à une des tables proches, décontractée, qu'elle déposa sa veste sur le dos de la chaise. Le barman avait un visage et une allure qui pouvaient laisser penser qu’il était bourru au premier abord, mais sa façon de s’adresser à elle était posée, directe et la mettait à l’aise. Cela dit, il n’avait pas l’air d’adhérer au tutoiement. D.A. se mit naturellement à niveau avec lui.

Aaron (ah, c’était ça) serra doucement sa main, la ménagea sur la poigne, lui demanda si elle était bien nouvelle, si elle désirait boire. C’était bienvenu de sa part de vouloir la mettre dans de bonnes dispositions pour un entretien.

D.A. avait tellement changé de boulot ces dernières années qu’elle ne ressentait plus d’anxiété au regard de ces passages obligés. Si le courant ne passait pas, elle allait simplement voir ailleurs. Il y avait beaucoup d’endroits intéressants où tisser sa toile, beaucoup de lieux dorés, méconnus. Sa réaction serait sûrement différente si le job lui tenait vraiment à coeur, mais ça n’était jamais arrivé jusque là. L’idée qu’on se faisait de certains boulots étaient comme autant d’illusions, D.A. en avait vu se briser la plupart et n’y prêtait plus attention. Ce qu’elle préférait, c’était l’ambiance des bars, des restaurants qui servent tard la nuit, les bistrots, quelques clubs, librairies, magasins de disques… C’était à ses yeux les lieux phares où creuser son trou. Elle travaillait de préférence près de chez elle, pour se faire des relations dans la ville locale et pour assurer un peu ses dépenses. Elle faisait son chemin. Après tout, qu’est ce qui comptait à part ça ? On vit, on fait ce qu’on a à faire, et on s’éteint.

Elle accepta la proposition :

“Je goûterais avec plaisir quelque chose de local. Surprenez-moi.” D.A. sourit doucement en extrayant un CV de son sac, au cas où il veuille jeter un oeil. Le papier avait beaucoup de références peu explicites et représentait assez bien la vie changeante de la blonde. “Je suis arrivée en ville hier, pour tout dire. Je n’étais encore jamais venue dans la région. C’est un endroit assez… étrange. Tellement de choses au même endroit.”

Elle lui dit ça d’une manière qui confiait à croire qu’elle était un peu déboussolée, mais d’une manière excitante. A la manière d’une gosse qui joue les exploratrices.

“Bosser dans un bar de la capitale mondiale des spiritueux… ça doit valoir le détour. L'expérience m'intéresse. Je voyage beaucoup, mais j’ai été élevée au Canada. Je pense rester dans les parages un moment, j’ai été invitée à assister à plusieurs spectacles dans un cirque local. Je suis danseuse.”

D.A. se demandait jusqu’où son interlocuteur voulait qu’elle aille. Aucun patron ne voulait la même chose au cours d’un entretien. Certains s’arrêtaient à un petit détail dans le CV et toute la discussion partait sur ça, certains étaient carrés, voulaient savoir s’ils avaient une personne de confiance en face, qui sache le relayer (voire le remplacer), certains préféraient parler de tout et de rien pour s’assurer que le courant passe. Mais D.A. se rappela qu’Aaron n’était pas le patron. Peut-être qu’il n’avait jamais fait passer d’entretiens.

D.A., elle, était curieuse. Elle se souvint des adolescents mal dans leurs peaux qu’il y avait eu dans sa classe quand elle était au lycée, qui subissaient des “changements importants”, avait expliqué un de ses professeurs. Elle se rappelait avoir vu un des garçons dont la nuque s’était subitement recouverte de poils, une foisonnance intrigante qui ne pouvait pas être due qu’à la puberté. Elle avait vu les ongles d’une fille avec qui elle partageait un bureau devenir crochus, qui avait eu de jour en jour plus de mal à se servir de ses pinceaux en cours de dessin. D.A. avait eu de la peine pour cette fille dont on s’était moqué et méfié. Elle avait semblé si peu sûre d’elle à cette époque que D.A. n’avait pas eu l’occasion de l’approcher. Vu l’aspect des ongles, elle aurait parié que c’était un bel oiseau sous sa nature animale. Son père avait remarqué son intérêt et lui avait offert à lire quelques ouvrages sur les métamorphes de sa bibliothèque personnelle.

Elle avait fréquenté des vampires. Elle avait fréquenté des sorciers en pagaille. Mais jamais de métamorphes. Et maintenant qu’il y en avait probablement un devant elle, elle se demandait s’il était bien avisé d’en parler. Et si c’en était un, quel animal ? Vu la carrure, quelque chose de gros, d’imposant… Une bête intimidante. Respectueuse.

Elle avait tendance à oublier qu’elle était au milieu d’un entretien. L’idée de côtoyer ces êtres de près lui était attirant. Acquérir un nouveau savoir. Comprendre pourquoi cette fille avait tant souffert à l’adolescence de l’apparition de ses serres. Deviner quel animal se cachait derrière le visage de ce Aaron. Découvrir si la patronne était bien une crocodile qui frayait dans les bayous. Voilà ce qui attirait D.A. par dessus tout : l'idée d'étendre son univers et ses connaissances. Un héritage familial.

La blonde se remua les méninges. Entretien.

“Quelles sont les exigences de la maison ? J’ai déjà travaillé dans plusieurs bars sur de courtes périodes. Je m’adapte facilement, mais y a t-il des choses à savoir ? Qu’attendez-vous de moi ?”

La musique passait toujours doucement en fond sonore à leur conversation. D.A. reconnut All I Have To Do Is Dream des Everly Brothers, un groupe qui datait d’il y a près d’un siècle maintenant. Une de ses chansons favorites.

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MessageSujet: Re: I would like a blond cabaret (A.)   Mar 7 Oct - 17:49

Hormis sa chevelure pâle, la nouvelle venue ne payait pas de mine et, à vrai dire, Aaron n’y aurait certainement pas fait attention outre mesure s’il s’était contenté de la croiser dans la rue. Ce n’était pas un mal cependant, attirer sans cesse les regards finissait par devenir une plaie pour beaucoup de personnes. Pouvoir passer incognito pouvait devenir une compétence particulièrement appréciée, mais ce n’était pas donné à tout le monde. Même si Aaron était assez commun, en quelque sorte, sa carrure massive, elle, passait rarement inaperçue et il suffisait de voir la façon dont les passants évitaient généralement de croiser la route. Pas jusqu’à changer de trottoir certes, mais ils redoutaient surement de se faire bousculer. Enfin, peu importait vraiment. Avec le temps, le Métamorphe s’était habitué à ce genre de détails, jusqu’à ne plus vraiment y faire attention. Si les gens étaient trop bêtes pour se fier à l’apparence physique et s’imaginer des choses, c’était leur problème, pas le sien, même si, au fond, cela pouvait devenir le sien dans certaines circonstances. Mieux ne valait pas s’attarder sur la question. De toute façon, il n’était pas ici pour penser à lui, mais plutôt pour évaluer la nouvelle venue, même si, au fond, il devrait se fier uniquement à son instinct et rien de plus. Ce n’était pas comme si Charlie lui avait laissé une liste de « critères » à remplir. Je sais que tu te débrouilleras très bien avaient été ses mots. La blague. Il avait signé pour être barman, pas directeur des ressources humaines… Enfin, embaucher une serveuse devait être dans ses cordes. Les seuls critères qu’il pouvait envisager étaient d’ordre pratique et si le courant ne devait pas passer, ce n’était pas comme si renouveler le poste serait difficile. Généralement, la main d’œuvre ne manquait pas pour ce genre d’emplois. Maintenant, le Wild Bar n’attirait peut-être pas non plus toutes les foules.

Aaron se releva alors qu’elle lui demandait de la surprendre. Une mauvaise idée dans certain cas, mais il n’allait pas non plus lui faire peur, ce n’était pas dans son intérêt, ni dans celui du bar. « Vous aimez vivre dangereusement je vois. » Il avait dit cela avec un ton légèrement amusé alors qu’il se glissait derrière le bar et attrapait un verre à cocktail qui ressemblait, ou était sensé ressembler, à une lampe-tempête, avant de le poser sur le comptoir. « Une spécialité de la Nouvelle-Orléans donc, une. » Il s’affaira de son côté, attrapant la bouteille de rhum blanc et en versa dans le shaker. Il la reposa et s’empara de sa voisine, celle qui contenait du rhum brun et en déposa également une lampée dans le petit récipient métallique. Durant sa préparation, il continuait d’écouter ce que la jeune femme lui disait. Nouvelle-venue ? Ce n’était pas vraiment surprenant, encore moins le fait de trouver la ville « étrange ». C’était un melting-pot de beaucoup de cultures, de races, et de beaucoup d’autres choses. En quelque sorte, la Nouvelle-Orléans était un mélange de presque tout ce qui pouvait exister dans le monde entier. Et, forcément, comme un cocktail dans lequel on mettait un peu de tout, ce n’était pas forcément très bon. « On s’y fait rapidement et ce n’est pas désagréable. » Même si, bien entendu, tout n’était pas rose. Hélas. Il continuait d’ajouter des liquides à sa préparation. Jus de fruits de la passion, jus d’orange. Il attrapa un demi-citron qu’il pressa directement au-dessus du shaker avant d’y rajouter un peu de sirop et encore un peu de grenadine avant de rajouter un peu de glace et de le refermer et de le secouer énergiquement entre ses mains.

Originaire du Canada ? Ce n’était pas trop étonnant, après tout, ce n’était que le pays voisin, même si, généralement, on retrouvait les Canadiens du côté de Detroit et de la frontière nord plutôt que du côté du Mexique et du sud. Ceci dit, à la Nouvelle-Orléans, rien n’était impossible et encore moins improbable. « Il n’y a pas spécialement d’obligation de durée, même si, bien entendu, on préfère engager avec un minimum de certitudes sur les mois à venir. Histoire de ne pas se retrouver à recruter toutes les semaines. » Après avoir secoué suffisamment le mélange, il ouvrit le shaker et en versa le contenu dans le verre avant d’y planter une paille et d’y déposer une cerise confite et un morceau d’orange décoratifs. Il déposa le sale dans l’évier – il s’en occuperait plus tard – puis passa devant le zinc et attrapa le verre avant de le déposer sur la table devant la jeune femme alors qu’elle lui demandait quelles étaient les exigences du boulot pour lequel elle postulait. « De la ponctualité, de la mémoire, de la rapidité… En un mot du professionnalisme. Il faut connaître la carte, ce qu’on sert, ce qu’on ne sert pas. Histoire de ne pas perdre trop de temps, surtout lorsque le bar est plein. » La carte indiquait ce qui se vendait, il fallait donc la mémoriser. Pour le reste, c’était une question d’expérience. « Rien de plus qu’ailleurs je pense. Réussir à s’intégrer à l’équipe pour travailler dans une bonne ambiance. Ah… » Il y avait un point important à mentionner qui lui revenait soudain. « Vous n’êtes pas sans savoir que c’est, en quelque sorte, un « bar à métamorphes » ici ? En particulier, il peut être intéressant de ne pas être trop allergique, au sens littéral comme figuré. » Il esquissa un léger sourire et fit glisser le C.V. vers lui pour y jeter un coup d’œil.
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MessageSujet: Re: I would like a blond cabaret (A.)   Mar 7 Oct - 19:09


“Ça devrait aller”, dit D.A. avec l’ombre d’un sourire au coin des lèvres. “Je n’ai rien contre personne.”


Il lui avait débité tout ce à quoi elle s’attendait dans ce travail ; rien qui l’étonne ou la surprenne. La routine, en somme, rien d’exaltant. Mais un travail est un travail. Peut-être apprécierait-elle de bosser dans cet endroit, aux côtés de ce type et des autres serveuses, de cette Charlie. Qui savait. Dans le cas contraire, elle aurait bien le temps de songer à des échappatoires.
D.A. n’avait pas relevé sa remarque sur le fait qu’elle puisse aimer vivre dangereusement, n’y voyant pas l’intérêt, bien qu’elle s’interrogea sur la pertinence du propos.

Pendant qu’il s’affairait derrière le bar, elle passa une main sur la cheville qui la lançait depuis son dernier passage à la patinoire. Un enfant blond lui était rentré dedans. Dans sa botte noire, elle n’avait pas l’accès désiré à sa peau pour soulager la douleur et elle pesta d’avoir choisi cet ensemble pour venir ici. Un cadeau de sa mère, encore. Sa mère lui offrait systématiquement des vêtements de grand couturier. D.A. les acceptait passivement. Sa mère avait du goût, c’était un fait, et elle avait l'air de tenir à ce que sa fille se montre à son image autant que possible. Ce qui fait qu’elle avait tendance à s’habiller d’une manière élégante, en chemisiers clairs et pantalon taillés avec soin, la taille fine ceinturée proprement. Elle avait bénéficié de tout ce qu’une famille aisée était en droit d’attendre d’une garde-robe. A quelques exceptions près, D.A. en conservait les habitudes. Tout cela n’avait après tout que peu d’importance.

“Vous pouvez au moins compter sur quelques mois.” répondit-elle machinalement.

Le verre qu’il déposa près d’elle avait une forme amusante. Elle en but une gorgée sans se presser, lécha le pourtour de ses lèvres.

“C’est bon, merci” dit-elle avec un léger sourire. “Comment ça s’appelle ?”

Elle en but davantage. Elle reconnut la plupart des ingrédients de la mixture. Beaucoup d’éléments différents. Comme la ville sous mes pieds, qui ouvre les mâchoires. Un bar de métamorphes, disait-il.

“Oui, Charlie m’a mise au courant hier. Ça devrait aller (...)” continua t-elle. C’était vrai : elle n’avait rien contre personne. Au premier abord. "Quant au travail lui-même, ça ne posera pas de problème non plus. Je m'adapte vite et comme je l'ai dit, ça n'est pas ma première fois."

Elle le vit parcourir des yeux le bout de papier censé représenter sa vie et cela la fit rire intérieurement. C’était ridicule, mais c’était le jeu. Il avait les yeux sur le haut de la page. Elle le laissa parcourir la feuille en silence, sirotant passivement son cocktail infernal. Elle aimait le goût que laissait le rhum sur sa langue, le foyer de chaleur dans sa gorge.
Il avait du voir qu’elle était jeune, que son bout de papier était étrangement rempli pour une fille de cet âge. Les nombreuses années de conservatoire, de patinage, d’activités personnelles, beaucoup de petits boulots aux quatre coins du continent, pour les vacances d’été, scolaires, de multiples stages en Europe, en Afrique… Une fille active, la jeune D.A. Ce CV lui concédait au moins cela, même s’il éclipsait tout ce qui était vraiment intéressant sur son compte.
Il pourrait constater qu’elle était dynamique et indépendante, qu’elle avait déjà travaillé dans des lieux similaires. Elle doute qu’il en demande plus. Quand à ce que le courant passe... ça ne dépendait pas vraiment que d’elle.
En attendant, elle croisa les jambes et se mit à regarder la carte qui trônait sur la table. Il finirait bien par se décider. Normalement, ça n'était pas à lui de poser les questions ?

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MessageSujet: Re: I would like a blond cabaret (A.)   Lun 13 Oct - 13:34

Ne rien avoir contre personne n’était hélas pas suffisant dans cette ville car, bien souvent, c’était les autres qui avaient quelque chose contre vous, que vous le vouliez ou non. Enfin, il n’allait pas non plus lui faire peur avec ces histoires. Le monde entier connaissait la Nouvelle-Orléans et si elle était venue ici, elle avait sans doute une petite idée de ce qui l’attendait, autant au niveau culturel que criminel. Même si, au fond, le crime faisait partie de la culture locale, d’une certaine manière. Et puis, s’il avait fallu pousser la franchise jusqu’à son extrême, il aurait fallu éventuellement lui faire remarquait qu’elle allait être la collègue d’un barman membre d’un gang de motards dont le passé était probablement aussi rouge sang que celui d’un criminel notoire. C’était surement là une précaution inutile et puis, de toute façon, personne n’avait besoin de savoir pour son passé ou même son présent. Si certains Werewolves venaient souvent boire un verre ici, ils avaient été depuis longtemps briefés sur le fait que leur attachement au gang restait en dehors du bar. Tout au plus affichaient-ils toujours un certain respect vis-à-vis de l’Alpha mais généralement cela ne se remarquait pas et, quand bien même, n’importe qui pourrait prendre ça comme un simple salut. Il était de toute façon hors de question pour Aaron de mêler ses histoires avec les affaires de sa sœur, simplement parce qu’il ne voulait pas qu’elle devienne la cible de potentielles menaces, même s’il devait se rendre à l’évidence, quelqu’un qui cherchait réellement à l’atteindre ne ferait pas dans la dentelle. Mais s’il ne s’agissait que des Werewolves en règle générale, le Wild Bar ne deviendrait pas une cible de choix, bien au contraire. De toute façon, le gang avait son propre bar qui était, du coup, une cible bien plus logique pour ceux qui souhaiteraient faire passer un message.

Néanmoins, il était peut-être plus constructif de s’intéresser à la future nouvelle serveuse qu’à des problèmes qui ne le concernaient que lui. Charlie comptait sur lui – même s’il trouvait toujours cela incongru – pour faire cet entretien et il comptait bien le mener à son terme. Ceci dit, il n’y avait pas trente six choses à demander ou à connaître sur ceux qui venaient demander un tel job. Après tout, cela ne demandait pas des qualifications exceptionnelles et encore moins des études supérieures. N’importe qui avec un minimum de jugeote pouvait faire cela et c’était bien pour cette raison qu’Aaron lui-même avait enchainé les établissements en fonction de ses propres pérégrinations. L’avantage était qu’on savait tout de suite si on était pris ou non et qu’on pouvait repartir plus ou moins librement sans prise de tête. Ceci dit, si la nouvelle comptait rester quelques mois, c’était déjà une bonne chose. Les nouvelles têtes étaient un plus, mais quand cela tournait trop souvent, il pouvait y avoir un effet négatif sur l’ambiance générale dans l’équipe. L’absence de lien avait cet effet là. « Un Hurricane. » Et la ville en avait vu passé quelques uns. « Le nom vient du verre, inspiré des lampes-tempête. Un classique né ici. » Avec des années de pratique, l’Alpha pouvait se vanter d’avoir une bonne connaissance des cocktails « classiques » dont la recette n’avait pas changé malgré les années. Les bars avaient toujours leur « spécial », mais on ne touchait pas à des monuments comme l’Hurricane, le Sazerac ou le Bloody Mary. Tandis qu’il jetait un coup d’œil au C.V., il l’écouta tandis qu’elle lui rappelait qu’elle n’aurait sans doute pas de mal à s’adapter. Il n’allait pas remettre en doute sa parole. Elle était à l’aise en ce moment, là où certains auraient peut-être été moins tendus, pour des raisons quelconques. Ceci dit, croisée dans la rue, dans un endroit quelconque, il n’aurait pas forcément eu l’intuition de la penser faites pour ce job. Les apparences étaient toujours trompeuses…

« On n’a pas que des métamorphes comme clients, mais ils constituent une bonne partie de la clientèle. Ceci dit, ça reste des clients comme les autres. Si vous avez un problème avec l’un d’eux, il suffit de venir me voir. Comme partout, certains se croient tout permis avec quelques verres. » Il y avait beaucoup de choses sur ce bout de papier, certains seraient même allés jusqu’à dire un peu trop. Mais ce n’était pas pour un poste de serveuse qu’on allait s’inquiéter d’un C.V. bidonné ou en tout cas Aaron ne le ferait pas. Il aurait de toute façon le loisir de se rendre compte des capacités de la jeune femme dans les jours à venir lorsque viendrait la pression des heures de rush. Ceci dit, quelques noms attirèrent son regard plus que d’autres. En effet, certains de ces établissements, il les avait lui-même fréquentés quelques temps. « Et quelles nouvelles avez-vous de ce bon vieux Freddy, du Calico Jack ? » Il releva son regard vers elle. L’établissement portait le nom d’un célèbre pirate et, dans ses souvenirs, la décoration était fidèle à cette référence. Il n’était pas resté longtemps, un ou deux mois tout au plus, mais ayant fait de nombreuses fermetures, l’Alpha avait sympathisé avec le patron, surnommé Freddy. La jeune femme avait sans doute fréquenté le Calico des années après lui et il n’était pas même pas évident que l’établissement n’avait pas changé de propriétaire entre temps. Enfin, cela aurait été amusant. « J’y ai travaillé quelques semaines aussi par le passé. D’ailleurs, ce n’est pas le seul établissement sur votre C.V. que j’ai également eu l’occasion de fréquenter. » Un point commun ? Peut-être. En tout cas, vu les périodes indiquées, elle n’était pas partie car on l’avait mise dehors. De toute façon, il n’allait pas appeler les différentes références pour avoir un avis. Il se ferait le sien lui-même, c’était plus efficace, quoiqu’on en dise et il n’était pas vraiment certain que les propriétaires respectifs se souviennent suffisamment de leurs employés. Qui se souviendraient de lui si Charlie les avait appelés pour avoir des références ? Peut-être les derniers, et encore. « Vous pourriez commencer quand ? » La question usuelle. Il savait qu’elle était fraichement débarquée, mais avait-elle déjà réglé d’autres problèmes comme le logement et autres ? « Et si vous avez des questions ou besoin de quoique ce soit… Il suffit de demander, on verra ce qu’on peut faire. »
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